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IjNCYCLOPÉDIE
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A.NTIQUITÉS, MYTHOLOGIE,
PLOMATIQUE DES CHARTRES ,
ET CHRONOLOGIE.
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TOME SECOND.
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-ï A P A R I S ,
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PANCKOUCKE , Libraire, hôtel de Thou, rue des Poitevins ;
A L I É G E .
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j^-=: Plomteux , Imprimeur des États.
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M. DCC. LXXXVIII.
Avec Approbation et Prifilége du Roi,
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ENCYCLOPÉDIE
MÉTHODIQUE.
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PAR ORDRE DE MATIERES;
PAR UNE SOCIÉTÉ DE G E N S- D E - L E T T RE S ,
DE SAVANS ET D’ARTISTES;
Pricedee d’wi Vocabulaire , fervant de Tahle pour tout
V Ouvrage; ornee des Portraits de MM. Diderot &
D’Azembert^ premiers Éditeurs de /"Encyclopédie.
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EXPLICATION
Des Ahréviations qui expriment la rareté des Médailles.
Le Zéro fignihe que la tète , ou la
Médaille dont on parle , ne fe trouve point
en te! métal , ou en tel module.
C , que laAlédaille eft commune , ^ n’a
devaient ;furtout en bronze) qu’à proportion
de fa confervation.
P- , que la Médaille eft rare , & qu’elle
eft d’un plus grand prix qu’une Médaille
c*nimune.
RR, que c’eft une ^lédaille précieufe \
QU elle vaut le double , & fouvent davantage,
d’une Médaille délîgnéc par une feule R.
R R R , que cette Médaille eft d’une grande
rareté , & qu’elle manque fouvent dans des
collections nombreufes.
RRRR , que cette Médaille eft unique ,
ou d’une rareté extrême.
GB , défigne le grand bronze.
MB, le moyen bronze.
PB , le petit bronze.
On obfervera que la collection entière
des Médailles de Pellerin eft réunie au cabi-
net du Roi, la fuite des impériales d’argent
de l’a'obé Rotheîiii, à celui du roi d’Efpagne;
que les pierres gravées du baron de Sto'cà
appartiennent aujourd’hui au roi de Prufte,
(5c que le roi de Maples vient de réunir à fa
collection des antiques de Pompeia & d’Her-
culanum_, toutcequi étoit renfermé à Rome
dans les palais Farnèfe & FarneJIna , &c dans
la Villa-Farnèfe.
C H L C H L
Les etrtlcles Chlæxa, Cmlæxula , Chlatka , XAaina, Læka^ Chlaixz , trouvent à la ûr.
du prernier Folume.
C
C’étoit un manteau que
les militaires portoient fur leur cuiraffe ou fur
leur runi(3ue. ils l’attachoicnt lu l épaule , &
çtie'quefois fur I eftomac avec un bouton. Suidas
que iN'uma-Pompiiius en fut l’inventeur. Mais
û lero:t plus exa(5t de dire qu’il en introduific
1 afaye chez les Romains ; car on voit par les
Grecs en porro'ent de fem-
blab.es par-delTus leur armure. Les Romains 1 ap-
pelèrent paludamentum , pour l'ordre équeftre ,
pour les généraux . pour les empereurs ; & faeum
pour iSS roîii^cs, lîeiyc.iius le d:t exprciTénieat
■ XA.-'t'if rü £S troJK^da
Quant au paludrmeraum , les Grecs qui
onr écrit l’iiiitone romai.ie, le déCgnent ordi-
nairerr.cnr par le mot
« Au rapport de. Strabon , dit ’vs’'infke!'nann ,
la cklatnyae étoit p’utôt oval.'- rjtie ronde : c’étoit
en général un 'ytemeiitdes gens de guerre {Strah.
l- Z. 1 19-} ■ Elle couvrobrép. nie gauche; pour
r. ei! ■ -e pas emba- raCe en marchant , on la
pcrtoit courte , & on ’ attachoit fur i'épaule gau-
■Ar.tiquiiis ^ Tome
che. Plus d’une ftatue nous prouve que ce man-
teau étoit de, forme ovale ou ronde ; mais celle
qui nous le montre le plus clairement , eft une
figure plus grande que nature, placée dans le
jardin du pape au mont Quirinal. Ce manteau a
été donné communément aux figures héroïques ;
il eft même lingulièrement affeâé à Caftor Sc i
Pollux , qui le portent déployé fur les épaules,
&c attache avec un nœud fur la poitrine : cof-
tume qu Elien , dans Suidas , dit erre un trait
caraftériftique des Diofeures , ainfi que je l’ai
expliqué dans mes monumer.s d’antiquiré. C’f ft
dans cette vue que Platon dit à Arinippe : Il
” n’appaqient qu’à toi de porter la ckLmyde &
«les hatllons,» pour défigner fon indifférence
dans l’élévation & dans l'abai.Tenient. C.hez les
Athéniens , la- cklamydc étoit auflî un vêtement
des jeunes gens ( Luteian Amor. p. ç/Cy ) , c’eft-à-
d:re , de ceux cui, depuis l’âge de oix-huît jufcu’à
celui de vingt ans , étoient prépofés à la garde
de !a^ VI. le , & qui fe formoient par ce fervice à
1 art ae la guerre {Artemidor.Ofairocrit. /. i. c. y 6.).
A
2 C H L
Le manteau que ces jeunes zens portoient é-Oiu
anciennement noir, &: i‘ relia tel jufqu au ‘
aH.drien, où le célèbre Herode- Atucus .eur
donna une -'.è/jzrvic blanche o
l. a. r. f ÎC. : - J'obferverai auiîi que dans les pe,o- |
tures du Térence du Vatican , la chiamjae e
donnée génc'ralement à preique tous les ]x,une
gens de condition libre- Les manteaux des guer-
tiers avoient coutume d’êcre tourtes cc irangcs
en dedans , Ksa-^«j-=<, pour tenir chaud ^F.titarcn.
Lati/. 95a- A 34- )• ” . , .
Cette fourrure & ces longs poils etoient 1 at-
tribue caraccériftique de la cklaina , & fervoient
à la faire diilingaer de la cklamyde , qui croît
d’une étoffe légère & fouvent de pourpre. La
chlamyde d’ailleurs étoit ouverte , & la pcenula
fermée de tour côté coinme un fac- La lacerna
embrafioit étroitement tout le corps , ce qui la
diftinguoit totalement de la Mamyde.
On en attribuoit l’invention aux Macédoniens ,
qui la communiquèrent aux TheiTaliens & aux
Arcadiens , c’ell-à- dire , aux habitans des pzys
montueux. Les autres Grecs & les Romains adop-
tèrent cet habillement ; mais ils le portèrent plus
court que les Macédoniens , à qui la chlamyde
fervoit à les garantir du froid. La longueur de
}a chlamyde macédonienne en faifoit fans doute
le caraCl^e diftinélif. C’eft aînfi que la por«cîent
les Babyloniens & les autres barbares-
Les deux rois captifs du Capitoie portent des
chlamydes d’un travail fort recherché. Les Thef-
vanens , habitant le pays froid de la Grece ^ en
portoient aufli de très-longues , ce qui les fit
appeler par Strabon On en voit
fembîable au Lheffalien Protefilas , qui le
diftmgue des autres perfonnages d’un bas-relief,
publié & expliqué par Wtnckelmann , n°. 1^5 des
lyloniimenti inediti-.
Un bas-relief de la Villa- Alb-ani , publie par
Winckelmann fous le n'-'. 174 de fes Monum^enti
inediti , Qui repréfente Alexandre & Diogène ,,
nous a fait diftinauer le caraftère propre de la
chlamyde Macédonienne , fa longueur. _ Celle
d’ -Alexandre defeend plus bas oue la cheville du
pied , tandis que celle de Diogène, & des
Saïues héroïques, touche à peine le gras de la
jambe.
La chlamyde étok Thabk des ehafleurs , & le
pins Couvent ils ne portoient que celui-là. Us la
Kjetoient fur le bras gauche , comme on le
voit à l’Apollon du Belvédère ; ils l’entortilloient
auflî autour de ce bras ,pour en faire une efpèce
de boucher , cklam.yde clapeant hrachium ,, dit
îfonius. Sur plüfîeurs bas- reliefs antiques , &
principalement fur ceux qui repréfentent la fa-
uneufe chalfe du fanglier de Calydon , on voit
des héros nuds , avec le bras gauche ertonilié
dans- une draperie., qui, eü certainement leur
iMamyde^
Oa a. donné quefe^efois. au. naantean des fssi'
C H L
mes le nom de chlamyde. Virgüe appeüe^de cî
nom le ma.meau de Didon (Æ.e. x.-. 1,7- ^ ■
I Sld:>niam piSio ckhmydem cîreumdata limho.
! Tacite s’ell exprimé de même en parlant d.A-
1 c^rinoine, mère de A'êron x/:._ 50- 4-^ -
' \ï:u.c procal Jgrippina aurata chlamyae. Le man-
teau qui étoit l’unique habrliement des petus
enfans d’une naiffance dillinguee , P' ““
nom relatif à la chl :m.yae t on Lappdoit
du. a ( mot.}-.
Quoique les manteaux des femmes ffe des etï-
far^ fuitenr aflimilés à la chlamyae , ce 'fo'- ^
toujours employé par les Grecs pour e g^ ^
l’habillement des gens de guerre. 11 dl <^7
Philoftrace ( Ub. y. c. 4>- * f S'iî
eu de l’inclination pour la guerre, qaU aima,
la c-^tLAMToe & la vie militaire.
ordinairement la chlamyde = ,, rnUat
mération des parties de l’habillement d un foldat
(^PfeudoL il. 4- 4^' '* '
Etiam (kpas efi chlamyde ,& mach&ra & petafo.
On fait que ce poète a traduit
ques grecs 3 c’eil pourquoi auffi il deiigne fon-
vent les gens de guerre par le mot ttilamydams
( îLid.. il. 2. 9. ) X
Duceret chlamydatos cum macharis^
3c { ibid. I V. 1-. 8.) ■*
i . . - • Qais hic komo chlamydàtiis efl.
Les écrivains latins fe font fervi plus rarement
du mot chlamyde, pour dtfigner les perUinneS-
oules chofes qui dépendoient de l’art militaire,
parce qu’ils employoient ordinairement les mots
fdffum 8c valudamentum , qui croient fes lynony-
mes dans leur langue , comme l’atreile Fonius.
( XIV il.') : Paladamentum ejî vefiis que. nunC-
chlamys dicitar. Cependant CAcéton {pro Rabir..
c. 10 ) reprochoit à S.i lla de paroitre avec la
chlamyde & la chauiTure militaire dans .es vules
où les autres generaux rr avoient jamais pa.it
que revêtus de la toee C’étoit avec la toge que-
les premiers Romains étoient repréfentes dans,
les peintures , fur le marbre &r le bronze, parce
que la toge étoit l’habiüement des triompnateurs-
C’eft pourquoi Valère-Maxime x 1. G. 2. ) a repris
Seipion l’Afiattque , de ce ou’îl avoir fait p.aeer
dans le '"aqitole fi ftatue revêtue de \i..chlamydc:
& claaufTée avec- la crepida : L- Scipionis fiatuami
chlamydataatv & crepidatam 1 1 Capitolio cernirrits^
quo habita videlitet , qai'a aliquanda ufas erat ^
giem Juamfôrmamm ponivalidî^
C H L
Les chh-rr.ydes étoient orJinairemînt faites de
Line, comme les autres habilletnens } ce'îesdcs
nibans Sc des centunons étaient diitinguées de
la ckls-r.wdi du foldat , en ce eu' elles étoient
plus légères Sc moins vc'ces. Les Grecs les por-
toient blanches [Pollux vu. 13. )• Pl'-itarque dit
cependant dans la vie de Philopcmen , que les
foldats de ce général avoient des chlamydts à
fleurs Se diverfement colorées. Chez les Romains
on les portoit de la couleur naturelle de la laine ;
mais celles des généraux & des empereurs étoient
teintes en pourpre. Caîigaia tras^erfant en triom-
phateur le pont qu'il avoir fait conftriiire de
Baies à Pouzzole , porta la première chlamyde
de f de que l'on eût vue à Rome. Elle étoit
rouge (jDzo. zrjr. p. 6^^.), ornée d’or & de
pierres précieufes des Indes. Commode allant
au théâtre, imitoit cet empereur infenfé , & éta-
loit aux yeux des Romains indignés une chlamyde j
tuTue d’or & de foie, telles que les portoient ■
les rois barbares.
C H O 3
I frayeur que lui avoir caufé la mort fubire de Tes
i frères & foeurs, elle demeura toute fa vie ex-
j tnordinairement pâle. Elle époufa Nélëe , qui
I la rendit mère de douze fils. Hercule en tua dix
I â la prife de Pylos ; le onzièm.e fut changé en
; aigle , 6c le dernier fut le célèbre èseflor. Voyc^
ÎS'elef. , Nestor , Niobé.
Son nom vient de ve’-dâtre.
Cheoris , jeune nymphe , époufa Zéphyre ,
qui lui donna l'intendance fur toutes les fleurs.
V oye-^ Flore. Les Romains fubitituèrent cette
divinité à Chlorés , & la reconnurent pour la
déelTe des fleurs v. 195-.) .•
Chloris eram, que. Flora vocor. Corrupta latïno
Nominis eft rwfiri llttera Grsca fono.
Chloris étoit fille du fleuve Arélurus , Sr
fut enlevée par Borée , dont elle eut un flls
nommé Harpax. Foye^ Arcturus, Borés.
CHLAMYDULA , petite chlamyde. C’étoit
Punique vêtement des enfaiis d’une nailTance dif-
tinguée en Grèce & à Rome. Ils étoient ordi-
nairement nuds , 3c couverts feulement d’une
petite chlamyde flottante. Les grands habilloient
ce la même manière de petits enfans qui leur
fervoient de jouet 3c d'amufement (^Herodian. i.
17. 5-).
X ^ légère 8c courte. Dion
rapporte {xlvi. p. 166.) que Calenus reprochoit
à Cicéron de porter un vêtement aufli volup-
tueux. Démefthènes avoir elfuyé le même repro-
che ( Gell. I. y.). Cette conformité de goût
entre les deux plus célèbres orateurs , eft très-
rcmarq^ble.
CH LO ILS s hxieme jour du mois Thar-
gelion l^îlefychias Sc Eufljth. Iliad. I. & Paufan.
in Att:cis,') on célébroit à .Athènes des jeux, des
fêtes appelées chloies , , 8c l’on immoloit
un bélier dans le temple de Cérè^-Chloie , qui
étoit piacé dans l’Acropole ou dans fes envi-
rofis. Pau'.anias n’explique pas ce fur-nom de
Céres , qu il croit cepe.ndant renfermer quelque
myftêre connu des prêtres feuls j cependant Por-
ter le dérive avec vraifemblance de gramen,
furnom très-analogue aux fruits de la terre , aux-
quels préfidoit Cérès. Ce furnom eft analogue
a celui d’su-^Aoo», que lui donne Sophocle ( (Sdrp.
Colon. 167; ), 8c que le fchoüjfte de ce poète
dit etre celui fous lequel on adoroit Cérès dans
fon temple bâti auprès de l'Acropole.
CHLORIS , fi'.'e d’.Amphion 8c de Niobé .
échappa à la vensea.ice de Latone. Son premier \
nom étoir .Melibée : elle eut le furnom de Chlo- ;
rr>j parce que ne s’étant jamais remife de la
CHOCHÆUS , furnom d’Apollon, qui lui fut
donné à caufé du culte particulier que lui ren-
doient les habitans de Chocke , t autrement
appelée Séleucie. Jules Capitolin lin Vero, c. 8.)
& Ammien (/. zj.) difent que la pefte qui rava-
gea l'univers du tems de Lucius- Vérus , com-
mença dans la Babylonie , 8c fortit d’un coffre
d'or brifé par an foldat romain dans le temple
d’Apollon Ckochétus.
CHODACES ou Cjxod^css. Vitruve (^x. C.)
délîgne par ce mot des gonds qui roulent dans
des crapaudines.
CHŒNICE
CKCENIX.
Chénice.
CHŒ'XISQUE. Pftjyep Chénisque.
CHOES ou Chous , fécond jour de la fête
des .Antheftéries , dans laquelle chacun buvoic
dans un vafe particulier. E oyc^ Anthesté-
RIES.
CHŒUR. Cet article eft placé dans le dicélion-
naire de grammaire & de littérature.
xOAAS, fête de Bacchus, félon Héfychius.
CHOM. Eoyei Chon.
CHOMER, meftire de capacité employée dans
l’Afie Sc dans l'Egypte. Eoyci CoR.
CHON. )
CHOM. f
SOM. V Le grand étymologifte dit qu’Her-
SOAfî/5. ( cule portoit dans h langue égyp-
DSOM. J tienne le nom de chon y Sc Héfy-
chius affûte que pluSeurs perfonnes reconnoif-
foient l’Hercule égyptien dans le dieu Pataique
appelé Gignon OU Gigon. Jablonskî croit que ces
trois mots grecs font un corruption du mot
•Aij
4 r H O
cr rht:-!-: : ' - ■ .! .cu: t.ire force, courage ou
, Qui j\oii ju fc les cor.nou-
. ;cs . c.res de i'igypce ^ apr^îoit
: . L. Vit. r'j ' - g- 2.8 ealz. JCy.T. )
Ce de la "ei’er-, -r.i t-;î
.:e exp'ica;.‘.;i: du nom a Hercu e eg- ptien ell
c. par ji cr.ir-e , 'ui érok rrès-verlé dans
Jes an.iqa.tes ce I’* gyp:e ( oarai'Vi. lib. i. c. 2.0.) :
S.:cra:i Ce aug jiijtma .ig-yp.z; lierc..iern rcLi
-glcnc ve.ie-ar^îiii- , ..Itraojc n-.imo‘'i.^7n , qss. apud
il os rétro lungtjfsma if , ut care.rtim i.iitic cc-
luut. Z; f creaitur & glgtates i.it<.rtmi(fe , cum cœlo
propug.’iuret , qujji vjetTOS DEORC.sf.
CKONIDAS , gouverneur du jeune Théfè'e,
mérita, par fes ta!ens & Ton appiication à former
ce jeune prince , que les Athcniens rhonoraffcnt
comme un demi - dieu. Us lui immoioient tous
les ans un bélier, le jour qui précédoit la fête
de 1 héfée } honorant , avec raifon , dit rlutar-
que J la mémo're de celui qui avoit formé leur
héros.
C H O
CHORÈGE. 7 . , V, ,
CliOii.tGUS. y Si Ton en croît Athenee^,
xoptros. J
(/G. xjr.) les chor'ges nétoient pas ceux qui
f-dfoient la déperiie des fpectades & de la ir.ii-
fitue , triais ceux cui conduifoient les chœiirs , qui
dirigeoièiiî la mafîque , de qui veilloient y i ob-
ferv^ation des anciens principes de la muiiajae ;
en un mot , leurs fonétious autoient éie^ies
memes que celles du muîicien qui oat la metme
dans nos orebeilres J ge qui les conduit- On trouve
cependant le nom de chor'rge^ donné le plus feu-
vent à celui qui prélidoit à la dépenfe des fpec-
tacies , foie qubl la fit de fon propre b’en_, foit
qudleût reçu des magiltrats les fommes nécellaires,.
Fiaute a employé deux fois le mot ckaragus dans
ce fens. i°. {in Perfa. 1.3. 78.) ••
PO, Ornatam addu.ee lepide. ttu peregritiuTH
madum,
SÀ. Tlihy ornamenta? PO. ahs chorago fumito ^
CHORAGÎüM. Ce mot avoft chez les Ro-
mai.ns trois acceptions , relatives au théâtre &
aux chœurs,
A itruve appelle cKoragtum un. lieu placé près
du théâtre, où l’on renfermojt les û bits, les
décorations , les inftriimens. de mulîque, & où
Ton difpofoit quelquefois des. chœurs de œufi-
ciens (Z/i. v. 9. ).
Dans ce paffage de Pline ( 36. i p. ) Sed. &
reiiquus apparatus Attalica vefie tahulis piciis. ,
ceteroque ckoragio fuit , on voit que ckoragium
expriiTie b pompe des. habits & des décorations
fournis par le choragus.
Apulée a employé plufieurs fois le mot cko~
ragium , pour défigner les funérailles d’une jeune
fille 138.) -• Jnm fera Hum nuptiarum mi-
ferritna virgini ckoragium firuitur ; Se Fukence
lui donne exprefîement ce fens. (Ex-pof. Prife.
Serm. §. 36.) Ckoragium virginale funus vocatur.
Cette acception ert venue fans doute du chœur
de filles, qui fiiivoient, en pleurant, le corps de
leur jeune compagne.
Dare dehet prstbetida Jttdiles locavemne^
2®'. {Pi inummus , iv. Z. I-é.)
Jpfe ornamenta a ckorago hac fumpfti fuo pers»
cu.lo„
Dans ce fens les fonélîons du chorege répondoient
à celles d’un d reéteur d’opéra.
On trouvée dans une infeription , rapportée par
Muratori, ces mots: choragüs pyrrh'.chÆ.
Ils défi.anent un chorege de la première efpece ,
c’eft-à- dire , celui qui conduifoit les danfeitrs de
b pyrfaique,
CHORÉGR-APHIE , art décrire , notet:
la danfe. On n’cn trouve aucune trace dans les
écrivains anciens. Thoinet Arbeau elt le pre-
mier qui en, ait traité , dans un ouvrage impri-
mé à Langres, en. 1588, intitulé Qrckéfegra-
phie.
CHOREION , air de danfe des anciens , cité
par Meurfius.
CHORAGUS. Voye'p ChorÈge,
CHORAULE , , choraula , Gelui qui
jouoit de b flûte avec les chœurs. Diomède le
Grammairien, {ni, p, 489. Edit. Putfek.') dit
que dans Pprigine de b comédie , les choraules
jouoient dans b comédie j mais que par b fuite
ils jouèrent feuls, comme faifoient les pythau-
îes & les pantomimes. Ce fut alors que le cko-
raule fut acco.mpagné d’un chœur auouel il pré-
fidoit, & GUI étoit compofé de fept chanteurs
félon Hvgm iFab. 273.) , Pyekaules , qui pytia
cantaverat , feptem habuh palHatos , qui voce
caraavemnt ^ unde pofieà appellatus efi ckoraur
tep.
CHORION ,. nom de b mufîque grecque ».
qui fe chantok en l’honneur de b mère des
dieux, & qui ,.difoit-on, fut inventé pat Olympe
Phrygien.
CHORTQUE , efpèce de flûte dont on accom--
pagneie les dithyratabes-
CHOROBATIE. F'üye^le.diûlionnaire des ma»
thématiques.
CHOROCIPHARISPÆ , f/mphoniSes qui:
jouoient de la Ivre plufieurs enfemble ( Suet.
Domit. 4. ic. ) : Certabant etîam prêter citharædçrs
chorocitharijîe.
CliCSODÎD.ASCALEi maître du. çbceuïv
C H O
qui ba: !a meûire , qui conduit !a danfe & le ’
chant 5 l;s L.tins rappeioier.r prdce7z.'o-. Scs
fonctî^.'.s ionr expriiiiecs uans îe poeme fécu-
Lire d Horace :
Virgtnj.m prims, , pucrique Claris
Patrijus orti ,
C F O <
fvmboîe d’Athèuis Sc de Tes colonies. On !x voit
au;îi fur les médaiües' de Lacdkée de Svrie ,
^Azetiid , de Caiaûa , d'H ierapvtna de
Lacédénacne , de Peira ^Hanter], , de Fe-'are-
thiis de Tarer.rSj de Tauroreenium ^ de Tiatr,
de \aîer.t!a en Iraiie , de ^ elia , de Melos, de
SliietopodiSj de .Nea, de Tégea en Crète.
Lesaium fcrvcre pedcm j meique
Po -licis iS'dm.
. > hrajpxa. Les égj’ptiens commençoient
leurs repas par les choux j & :1s furent imites
en ceu par .es Grecs & les riomains , qui artri-
buoient à cette plante !a propriété de prévenir
livrefTe. De là vint fans doute que Fon regarda
les choux comme les ennemis de la viene. Pline
rions apprend que Chrvfippe , Dieuchès , Pytha-
pre & Caton avoient compote des traités fur
le chou.
CHOUETTE. PhifodrateCv/r. Apollon. :I. 53.''
û r que les Egyptiens repréfentoient Minerve fous
la forme d'une ckoustu ; auiTi cet oifeau étoit-il
reyere a Sais , où Minerve ctoit honorée d'un
cuite particuîtcr , fous le nom de isiiith. 11 n ell
pas etor.nant d'après cela que les Athéniens ,
dévoues au culte de Minette, aient eu du ref-
pcct pour la chouette. C'eil pourquoi les augure;
que 1 on tircit de l'apparition de cet oi!eau Ocré ï
Atnenes, etoient toujours favorables, i hé-niilo-
eJe tenant confeil fur le pont de fon vaifléau ,
trouvant tous les chefs , fes collègues, d'un
avis oppofé au lien , vit une chouette voler à la
droite du navire & fe pofer fur le mat. II en
prit occaiion d'exhorter les chefs à fuivre
ion avis & à livrer Je combat ; ils Je firent &
Tcmportereut la vicToire {Plutarck. ia Thcmif.
tocU. *
Dans d'autres contrées l’apparraon de la
tAoyerre etoïc regardée coinme un mauvais augure
{.A.ian. Hifi.Anim. xr. c yp.). Le roi Pyrrhus
ayant vu une chouette fe poier fur la lance qu'il
tenoit , prédit, à ce que I on dilott, la mort hon-
teuie cjui 1 ateendoit à Argos,
Hiéron prêtant ferment dans la mince de
Syraeufe , un aigle fe pofa fur fon bouclier, &
une chouette fur fa lance. On conjectura qu'il
feroit un jour célébré pour fa bravoure , pour
la prudence, &quilmonteroitfurre trône
‘chouette étoit donc d'un bon augure
en mcile. Elle l'étoit néjâ du tems de la guerre
de Iroye, félon Eullathe {inlliad. K. v. 274.1
pour ceux qui tendoient des embûches aux^au^
t.es; car Homère dit que Minerve envoya une
juT'm ’ ^ Diomède &
d L lylfe , Jorfou'ils entrèrent de nuit dans le
camp des Troyens, pour reconnoitre leurs for-
ces.
,eHoü£TTi fur les médailles ( une ) eH le 1
On avoir confacré à Minerve la chouette ,
parce qu'elle voit dans les ténèbres, Sc que l'o.n
en avoir fait, à came de cette prooriéré , le fvm-
. boîe de la fageîTe & de la prudence. C'eiî pour-
quoi on la voit placée fur les monumens aux pieds
^ de l'ûinetve, quelquefois fur fa lance, & le plus
: fouver.t fur fon cafque.
L^ chouette pofée fur un autel défignoit ,
félon le P. Jofaert, que Néron, à qui appartie.nt
cette médaü.'e, avoir célébré les jeux de'Minerve
appelés Quinquatria. Mais il paroit finguüer que
I on ait voulu conferver fur une médaille Ix
mémoire d'une célébration de fêtes , qui reve-
noient à Rome deux fois chaque année. Le baron
de la BafHe aimort mieux y reconnoitre un facri-
fice particulier offert par Néron à Minerve, pour
s acquitter d un vœu dont rhiiicire ne nous a
pas confervé le fouvenir. Nous croyons donner
de ce type une explication plus naturelle, en y
recqnnoiffant un fvmbole de la fagelTe , que la
balle flatterie accordoit à cet empereur. C'efi
ainli que fur une médaille de Conftantin, le même
type eft accompagné de la légende : sapientia
PRiNCiPis PROVIDENTISSIMI ; & que Ton voir
fur une médaille de Trajan, publiée par Seguin,
une-chouette püaeée fur la colonne de ce prince.
Quant aux chouettes des médailles d’.Athènes,
elles y font le fymbole de fa protedfrice Minerve i
& les vafes fur Jefquels elles y font pofées ,
défignent,^ à ce que l'on prétend, l'inventio»
des vafes ce terre dont- les Athéniens fe glori-
fioient.
On n’a formé encore que des conjeéfares peu
Qtisfaifantes lur la chouette à deux co ps, réunis
à une feule tête , qui le trouve fur quelques mé-
dailles grecques.
UHOUS, mefiire grecque de capacité. Elfe
valoir en mefure de France 2 pintes & , fdon.
M. Paufton.
Elle valoir en mefîires grecques
6 xeftés ,
Ou 12 co tries.
Ou 48 o.xv baphon ,
Ou 72 cyathes.
Chou s. Voye-^ Cous-
CHRESES,^
CHRESIS , > une des parties de F ancfetinc
XPH2HX ,, 3
Mélopée. Elle apprend au compofîteur à mettre'
an tel arranseirent dans la ■'uite des fons, ou'îî-
cü relulîc 'uüc bonne naoduUdon & une méiôdi*
C C H R
agréable. Certe partie «'applique à dr.^érentes Tue-
ce!l:c;is de ions , appelées par les anciens ^gog^ ,
eer.éja , a^-icu-?zp:oJ:s , &c.
CHRISIPPE étoit fils nature! de Féiops &
de la nymphe Danais i oiij feîon d'autres , fa
mère fe nommoit Axioché ou Alryoche. il ctojt
d'une grande beauté, 8c fut enlevé par LaiiiS ;
mais on pourfuivit Laias avec tant de prompti-
tude ca’on lui arracha fa proie , & on l'amena pri-
fonnier à Pé'ops , qui lui pardonna. Hippodarrde ,
femme de Péiops ^ fâchée de ce que fon mari
préféroit ce bâtard à fes enfans iégicimes, exhorta
Atrée & Thyefte , deux de fes fils , à le faire
mourir ; ils refufèrent de fe prêter à ce crime.
Alors elle l'exécuta elle -même avec l'cpée de
Laius , qu’elle prit pendant qu'il dormoit. Cette
circonltancc fit foupçonner Laïus ; mais Hip-
poJamie le difcu'pa avant de mourir. Les uns
ont dit que Péiops fe contenta de ban.nir fa
femme ; d'autres qu'elle évita la mort en fe
fauvant à Midée. D'autres alTurent qu'Atrée £c
Thyeite commirent réellement ce meurtre , qu’ils
jetèrent le cadavre dans un puits, & qu'ils fe
fauvèrent à Thiphylie. On feupçonna auiTi Alcha-
toüs de ce meurtre. Vove^ Alchatoüs.
CHRISTOPHE , fils aîné de Romain Léca-
pène.
Christophob-US Aügustus.
Ses médailles font :
RRR. en or, où il eft avec fon père.
On eft incertain fi l'on en a en argent , en
bronze. Ducange en rapporte une fur laquelle
on lit les noms de Rom.ain, de Chriftonhe & de
Conftantin X , mais fans dire de quel métal
elle eft.
Christophe (S.). F'oyer Chien.
CHRODOR , dieu des anciens Germains , qu’on
croit être Saturne. On le repréfentoit fous la
forme d’un vieillard avec la tête nue, appuyant
les pieds fur un grand poiîfon. Il étoit couvert
d’une robe qui ne laiabit voir que les pieds , &
ceint d'une écharpe , tenant de la main gauche
une roue, & de la droite un panier plein de fleurs
& de fruits.
CHROMATIQUE, f mufique qui
procède par plufieurs femi-tons de fuite. Ce mot
vient du grec zçiua , qui figrdfie couleur , foit
parce que les Grecs marquoient ce genre par des
caraâères rouges ou diverfement colorés , foit
parce que le genre chromatique eft moyen entre
les deux autres , comme les couleurs entre le
blanc & le noir ; ou , félon d’autres , parce que
le genre chromatique varie & embellit le genre
diatonique pat fes femi-tons , qui font dans la
C K R
mufique le même effet que la variété des couleurs
dans la peinture.
Boece attribue à Timothée de bîilet l'invenfion
du genre chromatique j mais Athenee la don.ie à
Epigonus.
Ariftoxène divife ce genre en trois efpèces , qu’il
appelle molle , ke-niolion 3c roaicum, qui procède
par de petits intervalles ; & intenfum , dont les
intervalles font plus grands. Mous expliquerons
au mot GENRE le chromatique des Grecs; quant
aux modifications que ce même genre recevoir
dans fes efpèces , c’eft un détail qu'il faut cher-
cher dans les auteurs mêmes.
CKROMIUS , fils de Priam & d’Hercule , ’ fut
tué par Diomède fous les murs de Troye.
CHRONIES , fêtes célébrées à Athènes en
l’honneur de Saturne. C'étoient les mêmes que les
Saturnales des Romains.
CHRONOLOGIE. La chronologie en general
eft propreitient Yhifloire des tems. Ce mot eft
dérivé de deux mots grecs , yje'.os , tems , &
y.oyes , difeours. la tempore , dit Newton, quoad
orainem fuccejjioais , ia fpatio quoad ordinem fitûs
locantur univerfa. Ce magnifique tableau , oui
prouve que les géomètres favent quelquefois
peindre, revient en quelque manière à l'idée de.
Leibnitz , qui définit le tems , F ordre des êtres
fuccejjîfs , 8c Pefpace , F ordre des co-exiftans- II
n'eft queftion ici que de la fcience des tems paflés,
de l'art de mefurer ces tems, de fixer les épo-
ques , & c’eit cette fc,ence qu'on appelle chrono-
logie.
Plus les tems font reculés, plus auffi la mefure
en eft incertaine ; au/fi eft- ce principalement à la
chronologie des premiers tems que les plus favans
hommes fe font appliqués. Fontenelle {Eloge
de M. Bi dnckini , ) compare ces premiers tems
à un vafte palais ruiné , dont les débris font en-
taffés pêle-mêle , & dont ia plupart même des
matériaux ont difparu. Plus il manque de ces
matériaux , plus il eft poftîble d'imaginer & de
former avec les matériaux qui reftent différens
plans , qui n’aiiroient rien de commun entr'eux.
Te! eft l'état où nous trouvons i'hiftoire ancienne.
Il y a plus : non- feulement les matériaux man-
quent en grand nombre , par la quantité d’au-
teurs qui ont péri, les auteurs même qui nous
reftent font fouvent contradictoires les uns aux
autres.
II faut alors ou les concilier tant bien que
mal , ou fe réfoudre à faire un choix qu’on peut
touiours foupçonner d'être un peu arbitraire.
Toutes les reche rhes chronologiques que nous
avons eues jufqu'ici , ne font que des combinai-
fons plus ou moins heureufès de ces matériaux
informes. Et qui peut nous répondre que le nom-
bre de ces combinaifons foit epuifé ? Auffi vouons
nous preïque tous les jours paroître de nouveaux
C H R
ryltênnes chronologie. H y a , dit le diftioa-
na:re de Moréri foixante-dix opinions différen-
tes fur 11 ch: O -ologie depuis !e commencenrient
eu iri'nte juf^u a Jéius-Chnit. ISious nous con-
tenterons de nommer ici les auteurs les plus cé-
lèbres. l e font Jules Africain , Denis le Petit ,
Eu.èbe^S. Cyrille, dede, Scaliger, k P. Petau,
L lier us , Marsbam , Vollius, Pagi , Pezron ,
Defvignoles , f réret Se iS'ev/con : qm nomina ! Sz
de quehe difEcuité la chronologie ancienne nkft-
ehe pas , puifque après les travaux de tant de
granüs hommes , elle relie encore fi obfcure
qu'on a plutôt vu que rciblu les difficultés ! C'eft
une efpèce de perfpeéiive immenl'e à perte de
vue , dont le fond elt parfem.é de nuages épais,
a travers lefqucls on apperçoic de dii'taace en dif-
tance un peu de lumière.
S’il ne s’agiffoit , dit un auteur moderne, que
de quelques événemens particuliers , on ne feroit
pas lurpris de voir ces grands hommes différer
fi fort les uns des autres j mais il eit queftion des
points les plus effenticls de l'hiltoire profane ,
tels que le nombre des années qu; fe font écou-
lées depuis la création , l’origine de l’empire des
Chinois, les dynaliies d’Egypte, l’époque du
règne de béloliris , le con nr.encemer.t & la fin
de 1 empire d .Aifyrie , la chroTiologie des rois de
Babylone , des rois Mèdes, des fticcefiti-rs
ffôiexandie , fans parler des cems fabu.eux &
héroïques , où les difficu.tés font encore plus
nombreufes. Mém. ae Lite. & d'Hifi. par Cahbé
A-Anig.-iL
L’auteur eue nous venons de cirer, conclad •
de- là tort judicieuiement ou’ii leroit inutile de |
fe fatiguer à concilier les differens fyllêmes , ou
à en imaginer de nouveaux. 11 fuffic ’ dit-il , d en
choifir un fie de le faivre. Ce Cntiment n us
paroit être aufli celui des favans les plus illuttres
que nous avons con.ultés fur cetre matière. Pre-
nez , par exemple, le fylléme d Llïénus , aiïez
fuui aujourd'hui , ou celui du P. Fetau , dans
fon rattonartum temporum. La feule attention
qu’on doit avoir, en éciivant l’hiftoire ancienne,
C ell de marquer le guîde que Ton luit fur Ja
chronologie , afin de ne eau fer à Tes lecteurs au-
cun embarras ; car , fe’on certaffis auteurs , il y a
depuisle commencement du monde iufou’à Jéfus-
Orill 3740 ai s, uA- 693 félon d’autrl , ce “ui
fait une d'ffcrence de 3104 Cette différence doit
fe répandre fur rout l’inrervalie , prmcipa.ement
fur les parties de cet intervalle les plus proches
de la création du monde.
Je croîs donc ou îl elî" îniitPe d’expofer ici
fort au long les fentimens des chrortoiogiftes , '
S: les preuves les plus ou moins fortes fur lef-
quCiles ils les ont appuyées^ L'eus renvoyons fur
ce point a leurs ouvrages. Voici feu-'emenr les •
principales opinions fturhdurée du monde depuis
aâereauQQjufqu'à Jéfus-Chxift,
C H i{
Sel'^K. Lz
TT -T *
i-iîenus
Scaliger
Petâu ,
Riccioli
4074 ZTS.
39S4
4184
Selon les feptantes.
Eufèbe,
Les ta'PÎes alphor.fines , . .
Biccioli
fico ans.
^954
5^>A
- L’^riée de ta naiffance de Jéfus-Chffîl eil anfïi
tort diiputee 5 il y a fepe à huit ans de différence
lur ce poi.nt entre les auteurs. Mais depuis ce
tems la chronologie commence à devenir beau-
coup plus_ certaine par la quantité de monumens.
Se les différences qui peuvent le rencontrer entre
les auteurs , font beaucoup moins coufidéra-
bie.s
Annales Babyloniennes , Egyptiennes etc
Ckyddéennes , réduites a notre chronologie. C’eft à
Gibert que nous aurons l’obligation de ce que
nous allons expofer fur cette matière fi rmpor-
taiite & fi d.fficile. V oye^ une Lettre qu’il a pu-
bliée <•«1743 , Amft. Les anciens défignoient par
le nom à‘an:.ée , h révolution d’une planète quel-
conque aurotir du ciel. Eoye^ Macrobe, Eudoxe,
Varron , Diodore de Sicile , Pline, Flutarque ^
S. Auguftin, & c. Ainfi l’année eut deux, treis^
çuatre , fix , douze mois 5 8c félon Paiephare 8c
Suidas , d’autres fois un feirl jour. Mais queik
forte de révolution entendoient les Chaldéens*
quand ils s’arrogeoient quatre cent foixanre &
treize mille ans d’obfervations .= Quelles ? celles
d un jour folaire étoient leur année alironomi-
que j d’eù il s'enfuit, félon cette fiippofition
Pue ks 473 mille années des Chaldéens fe ré*
duifenr à 473 mille de nos jours, ou à 1297 SC
environ neui^ mois de nos années folaires. Or
c’ert-làprécifémentk nombre d’années qu’Eufèbc
compte depuis les premières découvertes d’ i tlas
en_ atironomie , jufcu’au p.îffage d’Alexandre eü
Ahe , & il place ces découvertes à l’an 384 d’A-
braham ; mais k pafiage d’Alexandre tft de 1 an
1582 ; l'intervalle de l’un à l’autre eti donc pré-
cifément de 1298 ans , comme nous l’avons
trouve.
Cette rencontre devient d’autant plus frap-
î»nte , qu’Arlas paffe pour l’inventeur même de
l’ilirologie , 8c par canféquent fes obfervations
comme la date des plus anciennes. L’hiftoire
fournir même des conjeâures affez fortes de
l’identité des obfervations d’.4tlas , avec ks nre-
mières obfervations des Chaldéens. Mais voyons
la fuite de cette firpoofition de Cibert.
Berofe ajoutqic iVoco ans aux obfen atrans des
Cbaldeens. L hiûbire de cet auteur , dédiée à
Anttochus Soter, fat vraifemblabkment conduite
jufeu aux dernières années de Sekticus kicanor,.
predecdleuc de cet -Intiochus. Ce kit à pen-pïès
§ C H R
cî:'S ce tenns q'.îe Babyîone perd:t Ton nom, Sc
eue les habitans pillèrent di;'i5 ia '.—le nouvelle
cun'.'truite par SeleucuSj c’elt-à-ciirC;, la -yV
avant Jéfas-Chrifr, oup'-uot la zïj ; car Etüèbe
pc’.Ts apprend. que Seleucus peuolort alors la ville
cu’H avoir bâtie. Or, les i”CPO ans de berofe,
évalués à la manière de Gibert, donnent 46 ans
iîs à fept mois J ou rirtervaile précis du paliage
d'Alexandre en Afîe, iufqu’à la première année
de la cxxnie olympiade , c'eiî-à-dire , juiqa'au
moment où Eeroie avoir conduit Ton hiîtoîre.
Les yzocco années qu'Epigène donnoit a'JX
oofervations confer'Cces à Babylone, ne ronr pas
plus de dife'cuire ; rédu'tes à des années julien-
nes, elles font 1971 ans & environ trois mois;
ce qui approche fort des 1903 ans eue Caliilthène
accordoic au meme genre d oofervations. La dif-
férence de <58 ans vient de ce que Callifthène finit
fon calcul à la prife de Babylone par Alexandre,
comme il le devoir, <k qu'Epigène conduiîir le
fien jufques fous Ptolémée Philadelphe , ou juf-
qu'a fon cems.
Autre preuve de la vérité des calculs 6 de la
furpofition de Gibert. Alexandre Polyh'itor dit ,
d’après Eerofe , que l’on confervoit à Babylone
depuis plus de 1 50000 ans , des mémoires hif-
teriques de tour ce qui s’étoit pafle pendant un
fl long intervalle. î! n’ed perfonue qui , fur ce
paffage J n’accHp Eerofe d’impoirure , en fe rap-
pelant que Kabonaiiar, qui ne vivoit que 410
à 411 ans avant Alexandre, detmifit tous les
monumens hiitoricues des tems qui l'avoient pré-
cédé. Cependant en réduifant ces ijccco ans à
autant de jours , on trouve 410 ans 8 mois &
3 jours; & les ijccco de Eerofe ne font plus
qu’une aiieâaîion puérile de fa part. Les 410 ans
8 mois & 3 jours qu’on trouve par la fuppofî-
tion de Gibert ; fe font précifénient écoulés depuis
le z6 février de l’an 747 avant Jéfus-Chriil:, où
commence rèrede NabonaiTar, jufqu’au premier
novembre de l’an .357, c’cll -à-dire, uLqu’à l’an-
née & au mois d’où les Babyloniens datoient le
règne d’Alexandre , après le règne de fon père.
Cette réduction ramène donc to’ujours à des’ épo-
ques vraies ; les 3CCG0 ans que les Egyptiens
donnoient au règne du Soleil , le même que
Jefeph ,- fe réduifent aux 80 ans que l'écriture
accorde au miniftère dé ce patriarche ; les i3 'o
ans & plus que quelques-uns comptent depuis
Menés jufqu’à Ntiihocris, ne font que des années
de lix mois , qui fe réduifent à é<SS années ju-
liennes , que le canon des rois thébains d’fra-
torthène met entre les deux mêmes règnes ; les
2956 ans que Cicéarque compte depuis Séfoftris
jufqu’à la première olympiade , ne font que des
années ce trois mois , qui fe réduifent aux 7^4
ans due les marbres de Paros comprent errre Dal
naiis, frère de SéfoUris , & les olympiades, &c.
uye^ la Litf-e de l'A. Gibert,
Far.mi tous les auteurs qui ont écrit fur la
C H R
chronologie , il en eft un dont nous parlerons us
peu plus au long ; non que fon lyliéme foit le
meilleur Se le plus fuivi, mais à caufe du nom
de l’auteur, de la fingularité des preuves far îef-
quelles ce fyftême eil appuyé , Se enfin de la
nature de ces preuves, qn.i étant altronomique
& mathématique , offre un appareil de vérités
impofantes.
beion isewton , le monde eft moins vieux de
500 ans que ne le croient les chronologiftes.
Les preuves de ce grand homme font de deux
efpèces.
Les premières roulent fur l’évaluation des géné-
rations. Les Egvpiiens en comptoierit 341 depuis
Menés iufqu’à Sethon , 8r évaiuoient trois géné-
rations à cent ans. Les anciens Grecs évaiuoient
une génération à 40 ans. Or , en cela , feloa
ÎN'ewton , les uns & les autres fe fromrrèrent.
II eft bien v-ai que trois générations orcinaires
valent environ 1 20 ans; mais les générations
font plus longues que les règnes, paice qu’il
eft évident qu’en générai les hoix-mes vivent
'plus long-rems que les rois ne rég;'.enr. Selon
NeVv'tcn , chaque règne eft d’env:ron 20 ans ,
l’un portant l’autre ; ce qui fe prouve par la
durée du règne des rois d’AngLterr" , depuis
Guillaume le C onqaéranr jurqu’à Georges ï ; des
vingt-quatre prerrJeFS rois de France , des v'ngt-
quatre fuivans, des quinze fuivans, &' e:.fin des
feixante-trois réuids. Donc les anciens ont fait
un calcul tiop fort , en évaluant les générations
à 40 ans.
La fécondé efpèce de preuves , 'plut fingulière
encore, eft tirée de raftronc.Taic. On fait rue
les poi.nts équinoxiaux ont un mouvem'nî — iro-
grade & à très- peu près uniforme d’au degré en
foixante-dou/.e ans.
Selon Ci-ément Alexandrin, Chiron, qui étoit
du voyage des Argaunotes , fixa l’équinoxe du
printems au quinzième degré du bélier , & oar
conféquent ;e folftice d’été au quinzième degré
du cancer. Un an avant ia guerre du Péiopennèfe ,
Méton fixa le folftice d'éré a’ù hL.iiième degsé
du cancer. P'jirq.ii’un degré répond à foixante-
douze ars , il y a donc fept fois foixante &
douze ans de l’expédition des Argonautes au
commei’cemenî de la guerre du réiopennèfe ,
c’tll à-dire , cinq cent quatre ans, & non pas fept
cent , comme difoient les Grecs. .
F,n ct/rrébinant ces deux düTérev tes preuves ,
îiev.'ton conrîu i que ; expédition des Argonau-
tes doft être placée 909 ans avant .léfus-Chrift,
f> von pas 1400 ans. corr.nrie on le croyoit , ce
qui rend ie mo.f’de moins vieux de yco ans.
, Ce f ’ftême , il iaut l’avouer , n’a pas fait
ji graridf rc:-une. U a été attaqué avec force par
. F' trct & par le P. Soucier ; il a cenendmt eu
Ana'ererre & en France meme des défenfeurs.
Fréret , en conibi.n'Tit 8. pa’coutanr l’hiitoirc
des tems connus, croit que iSewton s’eft ciompc
en
C H R
en évaluant chaque génération des rois à vingt
ans ; il trouve , au contraire , par différens csJ-
culs , qu'elles doivent être évaluées à trente ans
au moins , ou plutôt entre trente & quarante ans.
li le prouve par les vingt-quatre générations de-
puis Hugues-Capet jufqu'à Louis XV. par Robert
de Bourbon J qui donnent en 770 ans 32 ans de
durée pour chaque génération ; par les douze
générations de Hugues-Capet jurqu'à Charles-Ie-
Bel; par les vingt de Hugues-Capet jufqu'à Henri
III ; par les vingt-fept de Hugues-Capet à Louis
XII 5 par les dix-huit de Hugues-Capet à Charles
VIII. 11 eû affez lingulier que les calculs de
Fréret & ceux de Nev/ton foient julles l'un &
l'autre , & donnent des réfultats fi différens. La
différence vient de ce que Newton compte par
règnes , & Fréret compte par générations. Par
exemple, de Hugues-Capet à Louis XV , il n'y
a que vingt^juatre générations, mais il y a trente-
deux règnes ; ce qui ne donne qa'environ vingt
ans pour chaque règne , & plus de trente pour
chaque génération. Ainfi ne leroit-il pas permis
de penfer que fi le calcul de Newton eft trop
foible en m^ins , celui de Fréret eft trop fort en
pliLs ? En général , non-feulement les règnes doi-
vent être plus courts que les générations des
particuliers , mais les générations des rois doi-
vent être plus courtes que celles des particuliers,
Earce que les fils de rois font mariés de meilleure
eure.
A l'égard des preuves aftronomiques , Fréret
obferve que la pofition des étoiles &r des points
équinoxiaux n'eft nullement exaâte dans les écrits
des anciens; que les auteurs du même tems varient
beaucoup fur ce point. Il eft très-vraifeinblable ,
félon ce favant chronologifte , que Méton , en
plaçant le folftice d'été au huitième degré du
cancer , s’étoit conformé non à la vérité , mais
à l'ufage reçu de fon tems ; à-peu-près comme
c'eft l'ufage vulgaire parmi nous de placer l’équi-
noxe au premier degré du bélier , quoiqu’elle n’y
foit plus depuis long-tems. Fréret fortifie cette
conjeélure par un grand nombre de preuves qui
parqiffent très - fortes. En voici les principales.
Achilles Tatius dit que plufieurs aftronomes pla-
çoient le folftice d’été au premier degré du can-
cer, les autres au huitième, les autres au douziè-
me , les autres au quinzième. Euclemon avoir
obfervé le lolftice avec Méton , & cet Euàemon
avoir placé l’équinoxe d’automne au premier degré
de la. balance ; preuve, dit Fréret, que Méton,
en fixant le folftice d’été au huitième degré du
cancer , fe conformoit à l'ufage de parler de fon
tems , 8c non à la vérité. Suivant les loix de la
précèffion des équinoxes , l’équinoxe a dû être
au huitième degré Varies , 964 ans avant l’ère
chrétienne , 8c c’eft à-peu-près en ce tems- là que
le caieedrier fuivi par Méton a dû être publié.
Hypparque place les points équinoxiaux à quinze
oegres d Eudoxe ; il s'enfuivroit qu'il y a eu entre
Antiquités , Tome IJ,
C H R 5
Ht-pparque Sc Eudoxe un intervalle de roSo ans,
ce qui eft infoutenable ; à ces preuves Fréret en
ajoute plufieurs autres. On peut voir ce détail
inftruâif 8c curieux dans un petit ouvrage qui
a pour titre ; Abrégé de la chronolcgze de Newton,
fait par lui-nzéme , Ci traduit fur le manuferit an-
glais d Paris , 17a.). A la fuite de cet abrégé,
on a placé les obfervations de Fréret. II fera ben
déliré après ces obfervations, la répon e courte
que Newton y a faite ( Faris 172,6 ) , 8c dans
laquelle ü y a quelques articles qui méritent
attention.
La chronologie ne fe borne pas aux tems recu-
lés , 8c à la fixation des anciennes époques, elie
s’étend aufli à d’autres ufages , 8c particuliére-
ment aux ufages eccléfiaftiçues. C’eft par elle que
nous fixons les fêtes mobiles , entr’autres celles
de pâques, 8c que par le moyen des épacies , des
périodes , des cycles , 8rc. nous confiruifens le
calendrier ( lAoye:^ ces mots.). T^oyej^ aujf l'article
ANNEE. Ainfi il y a proprement deux efpèces
de chronologies , l’une pour ainfi dire purement
hiftorique , 8c fondée fur les faits que l’antiquité
nous a tranfmis ; l’autre mathématique 8c aftro-
nomique , qui emploie les obfervations 8c les
calculs , tant pour débrouiller les époques , que
pour les ufages de la religion.
Un des ouvrages les plus utiles qui aient para
dans ces derniers tems fur la chronologie , eft l'art
de vérifier les dates , commencé par dom Maur
d’.4ntine , 8c continué par deux favans religieux
bénédiérins de la même congrégation, dom Char-
les Clément 8c dom Urfin Durand. Cet ouvrage
préfente une table chronologique qui va fui-
vre ; elie renferme toutes les différentes marques
propres à caraâiérifer chaque année depuis Jéfus-
Chrift jufqu’à nous. Ces marques font les indic-
tions , les épaétes , le cycle pafcal , le cycle
folaire , les éclipfes , 8cc. Cette table eft fuivic
d’un excellent calendrier perpétuel folaire 8c
lunaire. V oye^ l'article CALENDRIER.
M. de Fomenelle , dans l’éloge de Bianchini , dît
que ce favant avoir imaginé une divifion de tems
affez commode : quarante fi'ecles depuis la création
jufqu’à Augufte; Çe.\TÇ.fiécles depuis Augufte jufqu’à
Charles V , chacun de ces feize fi'ecles partagé en
cinq vingtaines d’années , de forte que dans les
huit premiers comme dans les huit derniers , il
y a quarante vingtaines d’années , comme qua-
rante fiècles dans la première divifion, régula-
rité de nombres favorables à la mémoire ; aa
milieu des feize fiècles depuis Augufte jufqu’à
Charles V, fe trouve juftemsnt Charlemagne ,
époque des plus illuftres {article de fi Alembert ,
dans V Encyclopédie. ).
Nous avons cru dans un ouvrage de cette na-
ture , devoir nous interdire les difcuflîons trop
volumineufes , & les fyftêmes réfervés pour les
differtations. On n’y voit paroître que des mar-
bres encore fubfiftans , ou ‘des fuites chroaologi-
B
CHU
ai::> re!cï;''eî far des nesrbres snt'qiieSj qui_onï j
c;:' d; -ra!;s ou enfouis de nouveau. Cette reterve .
rtdu:; à trc-‘s fuites les monumens grecs ^ 'es
jr.arfoes d'.^a’cNDEt {Kcyei ce mot) > ou de
F.iros; r-. !a fuite des archontes ( /foy.'-j ce
mot; d Ati.er.ess î°- 'es olympi-ides ( Fdytj ce
mot Se la table ciiRoNOLOGiQUE.). Les monu-
mens des Romains font moins nombreux & plus
éte.ndüs ; ce font les marbres du Capitole , c’eft-
à-dire, les faftes CONSULAIRES {Voyc^ ce moC„
continués depuis Jéfus-Chrift par la fuite des con~
fuis feuls.
Quoique ces articles folent difperfés dans les
diJérentes parties de ce diâionnaire d'antiquités ^
on peut faire ufage de tous à la fois depuis Jéfus-
Chriil jufcu'à nos jours , à l’aide de la table
CHRONOLOGIQUE qui va füivre. La table de rap-
pel ci-jointe donne les époques fimultanées des
ir.onumens chronologiques antérieurs à Jéfus-
Cliridj Se en facilite le rapprochement.
La fondation de Rome date j félon les marbres
du Capitole, de la première année de la vue
olrrupL-de J & félon Varron , de la quatrième
année de la viL Voilà les faites romaitis liés aux
annales grecques.
L’archontat de Créon, premier archonte d’A-
thènes eft fxé à la première année de la xxiv^
olympiade , félon le caleul cfEufèbe par Pri-
deaux , qui nous a fourni la fuite de ces magillrats
annuels; de forte que la première année de la
xsiv= olympiade étant annexée à l’année 89S
C K R
j des marbres d’Arundel , on en doit conclure que
I la fuite desolvmpiades commence l’an Scé de leur
ère , c’eit-à-dire , entre leurs trente-up.ièrrie Se
trente-dfjvième époques.
« FiniiTons ces diicudlons par une réflexion
que nous devons à l’intérêt de la vérité 8e à i’hoR.
iicur des fameux ckronologifies ; c’eft que la plu-
part de ceux qui leur reprochent les variétés de
leurs réfuitats , ne paroiffent pas aveir fenti l’im-
poflibiiité de la précilicn qu'ils en exigent. S’ils
avoient eonfidéré mûrement la multitude prodi-
gieufe de faits à combiner ; la variété de génie
des peuples chez 'efquels ces- faits fe fontpalfés;.
le peu d’exaetitude des dates , ip.évitable dans les
rems où les événemens ne fe tranfméttoient que-
par travdition ; la manie de l’ancienneté , dont
prefqae toutes les nations ont été infeétées j les
menfonges des hiftoriens leurs erreurs involon-
taires , fa reffemblance des noms qu'i a Couvent
- diminué le nombre des perfonnages ; leur diffé-
rence qui les a multipliés plus fouvent encore
les fables préfenrées comme des véritésyles véri-
réés métamorphofées en fables; la diverhté des
langues; ce'le desmefures du tems, 8c une infinité
djiutres circonftances oui concourent toutes à
former des ténèbres; s’ils avoient, drs-|e , con-
fidéré mûremenr ces chofes , ils feroient furpris,.
non de cefou’ii s’ell: trouvé des différences entre
les fyfrêmes chronologiques qu’oîi a inventés ,
mais de- ce qu’on en ait jamais pu inventer
aucun. 5=
TABLE CHRONOLOGIQUE
Q^V 1 C O N T I E N T r-
Les olympiades, les années de Jéfus-Chrift, les indiétions , l’ère d’Alexandrie , rêré eccIeSaftique
d’A.nriochc, i’ère de Conftaiitinople , l’ère des Séieucides ou des Grecs, l’ère Céfarienne d’Antioche,,
l’ève dlEfpagne, 1 ère de Dioclétien ou des Martyrs, l’êre de l’Hégire, le cycle pafeaî , le c-.’cle de
d:x-neuf ans ou nombre dor, le cycle lunaire, les réguliers , les clefs des fêtes mobiles, le cycle,
folaire , les concurrens, les lettres d-ommicaics , le. terme pafeai & les paques de l’ancien calendrier,
les lettres dominicales, le terme pafeai 3c. les piques du nouveau calendrier, avec les épaétes depuis-
la nailTance du Sauveur jufqu’en 1900.
Nota. On a marqué au bas des pages de cette table les différences qui fe font rencontrées entre les
Orientaux & les Occidentaux , jafqu-ts vers a fin du ■'mt.: fièc’e, oour la fixation de la qâque. Ceux
qui voudront favoir les raifoas de ces diftérences , les trou'/rront'dans la deuxième partie, ch. I,.
§. O , de rhiftoire des fêtes mobftes de l’Eglife , par Bailiet Le plan eue nous nous fommes pro-
pofé , ne nous a pas permis de les y faire entrer , parce quelles font peu importantes pour ce qui
en fait I-e principal objet.
Utilité de cette table chronologique , et des calendriers .solaire et lljnaiRE»
ce Ces deux guides ferviront à corriger p’ufieurs
dates vifiblement fauffes, fans crair.te de’fe trom-
per. En voici des preuves très cla’res. La charte
de fondation de l’..bbaye de Savigni, que D. Mar-
tçne & D. Durand ont fait imprimer au premier
tome de leurs anecdotes, col. 555, eft ainfi datée t
lis-c do.iatio confirmata efi. . . anno ah incarnatistiC
do ni ni irICXlI, indiSione epaSa XXI. Ü
faut certainement lire epaSa XX, comme nous
le voyons par notre table chronologique à l’io
C H R
iiiz- I-î preuve en eft évidente, les anciens
computiftes n’avoient point d épaéle XXI; elle
n’a été mile en ufage qu en 1587 pour la première
fois. ”
a Les mêmes computiiles ne comproient que
fept concurrer.s , & ils s'en fervoient , comme
nous le dilons l'article des concurress),
pour marquer les fept jours de la femeine : ainiî
quand nous trouvons des chartes , comme on en
voit quelques unes , qui font datées de conc-^r-
rcnie Vlil ou concurrerae failli , ce font des
fautes manifeftes , que l'on corrigera toujours
par notre table , où les concurrens de chaque
année font marqués. Il en eft de même des réguliers
annuels , qui ne font aufii que fept en tout. S'il
s'en trouve un plus grand nombre dans plufîeurs
chartes mal copiées, ce font des mépri.es vifibles,
qu'il fera aifé de cornger par notre cable , où ces
réguliers font encore marqués- 11 en eft encore
de même des lunes j quand les jours en font mal
marqués par une faute des copiftes. Nous lifons dans
le a= tome de la nouvelle hiftoire de Languedoc ,
col. 50 J , une charte , qui eft a nfi datée ; FaSa eft
autem cartel idxs augafti , raeaiante die vencris ,
iiiiza y^ll in fcorpio.-ie y foie vero in leone : anno
vero ab incar.iacione domip.i MLXXIX , epacïa
XF , concurrente 1 , (i indiclione II. Au-lieu de
iuna VII , il faut lire iuna VllI, & il n'eft pas
difEciîc de le prouver par notre table chronolo-
gique , en y joignant notre calendrier lunaire.
Nous y voyons par le ciiffre 16 da .nombre d'or,
ou cycle de 19 ans , propre à cetre année , qu'en
1079 la nouvelle lune , qui commençoit au mois
d'août, tomboit le z. Le V idus augufti marque
le neuf du même mois. Commencez: à compter
un le deux du mois, comptez jufqu'à neuf inc'u-
fivement, &; vous trouverez qu'il faut lire drns
la charte que nous examinons, luna VllI, au-lieu
de luna Vil. Nous pouvons affiirer la rriême chofe
de toutes les dites renfermées dans notre table
chronologique. S'il s'en trouve de fauffes dans
des chartes , il n’y en a aucune qu'on ne puiife
<orriger avec cette table. Donnons-en encore un
exemple. Dans rh-ftoire de Languedoc, que nous
venons de citer, nous trouvons, tome a, col- 340,
Habitam eft hoc placitum Migalone anno dominiez,
incarnationis MXCV , ( MXCVI , en commen-
çant l’année avant piques,) indicîior.e 7/2/, con-
cur. II , epada XXIIII. ( Il faut lire epaBa
XX///, comme dans notre table chronologique à
l’an IC96 ; les anciens computiftes ne connoifToient
point dî epaBa XXlIII.) F feria , IlIIidus aprilis,
luna XIII. ( Il faut lire luna XII , comme il eft
encore aifé de le prouver par le nombre d’or. )
Era xMXXXIlIIClifezer^ MCXXXIIIL). La table
chronologique, rapprochée du calendrier lunaire,
nous fournit le moyen de corriger toutes ces
fauftes dates , avec une pleine aiTurance de ne
nous être point mépris. »
« Mais fi toutes ces fauITss dates , qui as yisa-
C H R la
f nent que des copiftes qui les ont mal lues dans
les originaux, peuve.nt fe corriger avec le fecours
; de cette table Sè des calendriers qui en dépendent,
i ne s’enfuit-il pas qu’en les coniulrant ians le be-
' foin , les copiftes éviteront infailliblement ces
I fortes de méprifes r Nu! d’entr’eux n'ignore , &
' généralement tous ceux qui hfent les chartes Sr
■ les aftes originaux, favent qu’il n’y a rie;’ de pics
épineux eu de plus difficile à lire que les dates ,
ou les chiffres qui marquent ces dates dans les
anciens monumens. On n’y voit pas bien s'il faut
lire I, II, III, IV, &c. dn y confond le V avec
le II, parce que les deux jambages du V ne fout
point affez unis par le bas , ou que ceux du nom-
bre II ie font trop. On y confond de même le IV
& le VI avec le IH , & le III avec l'u't & l'autre.
On y confond encore le VII avec le IIlï, ?e ainfî
de plufîeurs autres chiffres. II y en a quelquefois
de fi mal formés, ou qui le font d’une manière fi
équivoque, qu'il faut deviner en les lifant , &r
fouvent le copifte devine mal. Prefque dans tous
ces cas notre table & nos calendriers peuvent fervir
infiniment : l’ufage en fournira la preuve. »
« lis ferviront encore , com. nous l'avor.s
dit, à déterminer Tannée , le mois le jour de
certaines chartes , dont les dates paroi.lant fi va-
gues , qu’il femb'e n'ètre pas po.lible de les
Donnons-en des exemples. Nous lifons parmi les
preuves de la nouvelle hiftoire de Languedoc, t.
II, col. 319, une ch '.rte qui eft ainfî datée : FaBa
fuit aute n htc F kal. januarii , die fabbati , luna
XXF'II , regnarae Pkilippo , Francoram Rege.
C’eft Philippe I. Ce prince a régné depuis ic6o
jufqu’en i loS. Comment connoître en quelle an-
née d un rêane fi long notre charte a été donnée ?
La chofe eft facile avec notre table chronologi-
que & nos calendriers. Nous en allons donner la
preuve, apres avoir examiné nos dates avec atten
tion. Entre ces dates , nous trouvons le 28 décem-
bre marqué par V kal.januarii , & nous trouvons
encore que ce 28 décembre étoit le 27 de la lune,
luna XXVII. Pour que le 28 décembre concoure
avec le 27 deria lune , il faut néceffairement que
le premier de la lune tombe le 2 du même mois.
Ceci eft fi clair, que cefteroit faire injure au lec-
teur de vouloir le prouver. Prenons maintenant
les nombres d’or de toutes les années d 1 règne
de Philippe I , & voyons fur notre calendrier
lunaire fi nous trouvons plufîeurs de ces années
où le premier de la lune tombe le fécond de
décembre. En parcourant depuis IC70 jufqu'en
1108, nous trouvons trois de ces années, qui
font loéj , 1084 & 1 103 , où le premier de la lune
tombe en effet le fécond de décembre. Notre charte
a été donnée certainement en l’une de ces trois
années. Mais laquelle eft-ce des trois ?Pierournons à
nos dates. Le die fabbati nous apprend que c'étoit
l’année où le zS décembre étoit un famedi. Poux
que le 28 décembre tombe un famedi, il faut que
li leîBTÇ dominicâie foit F. Nous le vovons dans
Bij
J i C H R
netre cï'sn<iner folaire perpétue!;, à celui âe la
îe;tr; F. Reprenons notre table chrono.ogiCjue ^
Sr jetons les yeux fur nos trois années io6y 3 i>-o4
Sf 1 105 , St nous remarquerons qu ü n ^
I année IC84 dont !a lettre dotninica.e foit r ; &
«e tout ceci nous concluerons, avec la certituoe
h plus parfaite, que cette charte, dont les dates
nous paroiiToient d’abord fi vagues , a ete donnée
en 1084- peuvent être l'ufage & 1 avantage
de notre table & de nos calendriers en bien des
cccafîons. ,5
te Ajoutons encore quelques preuves.^ Parmi
celles qui fervent à la nouvede hifloire tie Bre-
tagne, nous trouvons une charte, 1. 1, col. 5C0,
qui eft ainli datée : Faclum ejî hoc IF hal,
eugufii , die fabbati , luna vigedma , regriante Carlo
Tege , Salomont in Britannia. Par le régné de Cnar-
îes-le-Chauve en France, & par celui de Salomon
en Bretagne , nous voyons que cette charte a été
certainement donnée vers 860 ou 870 ; mais nous
voulons en favoir Tannée précife, &: nous pou-
vons la favoir par notre table chronologique , aidée
de notre calendrier lunaire. La charte en quefoon
Z été donnée IV kal. augufli:, c’eft-à-d;re, le 25)
juillet. Ce 2p juillet étoit le 20 de la lune, luna
vigejlma. Pour que le 20 de la lune tombe le 2^
juillet, il faut que la nouvelle lune tombe le 10
du même mois. Or, nous voyons dans les nombres
d’or marqués dans notre table chronologique, &
rapportés à notre calendrier lunaire, que depuis
Tan 846 jufqu’en 883 , il n’y a que la feule année
864 dont la nouvelle lune de iuillet combe le 10
de ce mois ; ainlî la charte qi'.e nous examinons,
a été certainement donnée en 864. Pour le démon-
trer, nous n’avons point ici befoiii du famedi,
qui eft encore ici une date de notre charte ; mais
a cette date, die Jdbbati , nous étoit néceffaire,
■nous pourrions l’ajouter aux deux autres, parce
qu’en 8(34 le 29 juillet étoit un famedi, comme
on peut le voir par la ’ettre dominicale A , & par
notre calendrier folaire perpétuel, fur lequel il
n’y a qu’à jeter les yeux pour fe convaincre de
ce que nous difons. »
“ Rapportons un troifîème exemple , encore
tiré des mêmes preuves de la nouvelle hiftoire de
Bretagne , col. 302 Facia efi ifia traditio die fab-
iatt ^ fit undç nonas manü , luna XII , anno fexto
C H R
prîîicipatus ejuCdini Salomonis in Britannia. 5^ous
avons choifi exprès cet exemple , où Tannée de la
principauté de Salomon eft marquée , parce que
les mêmes dates dont nous nous feivons pour fixer
Tannée d’une chane , peuvent auiS fervir pour
fixer k commencement du règne d’un Prince.
Ainii fi nous doutions du commencement du règne
de Salomon en Bretagne, nous prouverions par
les dates de la charte que nous examinons , que
ce prince a commencé de régner en 857, parce
que toutes ces dates nous marquent Tan 863 , qui
eft la fixième d'un règne qui commence en 857.
Nous ne prouvons point ici que toutes ces dates
marquent Tannée 863 , parce que nous croyons
le lecteur en état de s’en convaincre fans nous ,
par un calcul femblable aux deux que nous avons
faits, pour fixer Tannée, le mois & le. jour des
deux chartes que nous avons examinées plus
haut. ■»
« Nous pourrions rapporter un plus grand
nombre d’exemples de chartes embarralïà.ntes ,
dont on peut fixer le tems par le moyen de notre
table chronologique. Nous pourrions auffi faire
voir combien il eft utile pour Thiftoire de fixer le
tems de ces chartes , qui font prefque toujours
données par des perfonnes qu’il eft avantageux de
connoître , & quelquefois fignées par un grand
nombre de témoins d’un rang diftingué , fur lef-
quels il y a fouvent des conteftations relatives aux
tems de leur vie & de leur mort, qu’on ne peut
décider qu’en fixant celui des chartes qu’ils ont
fignées , ou comme approbateurs , ou comme
témoins ; mais nous ne touchons cet article qu’en
p.iftant. Avec des leéleurs inftruits, un mot fiiffir,
& il eft tems de finir. Nous croyons avoir fufii-
famment éclairci lés dates renfermées dans notre
table chronologique , comme on peut le voir en
les cherchant chacune à leur article , & avoir
prouvé affez au long Tufage qu’on peut en faire
pour vérifier toutes ces dates , quand elles fe
trouvent dans nos chartes, ou dans nos chroni-
ques ; pour les corriger quand elles font vifible-
ment fauffes 5 pour empêcher qu’on n’y faiTe de
nouvelles fautes en les copiant, & enfin pour
faire voir Tufage qu’on petit faire de la connoîf-
fance de ces dates, pour fixer le tems de plufieurs
chartes qu’il eft bon de déterminer. »
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les cnnees Jhraùonscintes de Cannée IC^yptienne, ji
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■ rangea enTiice à celui des prenEers.
L'an de J. C. 475, en piuEeurs lieux o’Cccidcnt on fis Pâques
^ L'a’u de J- C- 4S2, îîs Latii’is firent Pâques Te rS Avril, ôc
I' quelques-uns même le 2: iiars, tandis eue les Orientaux &
les Égyptiens Ccicbrèrent cette fête, comme il convenoit, le
as Avril, ^ - 1. ^
' L'aa de J. C- 49) , on célébra Pâques le 2 Avril chez, les |
Latins , & le 26 Mars en Orient & en Egypte- ^
L’an de J. C- 496, les Orientaux & les Alexandrins crent
pàcues le il Avril , & les Latins le 21-
L^'ande J- C-i^.piufieursOccidenîauxEtentPâQuesleîSAVîîL
L.’^ét.yile Oü’ afzé 'ii7ii>e ^ t dans l^Bre dss ^rla marque ie>' .
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L’an de J. C. ÿi6, Pâques fut célébré le 3 Aviil par
les Alexandrins Sc les Orientaux ^ Ccic 10 par les Occi-
dentaux.
L’an de J. C. 520 , quelques Latins firent Pâques le
2 Mars.
L’an de J. C. 53^, Pâques fe célébra dans quel-
ques EgUfes d’Occident le 30 Mars. |
L’an de J. C- 545, ou célébra Pâques à C. P. , par
edit de Jufiinien , le 23 Avril. Voyez la railbn de cet
édit dans Cédréaus, fur l’an 15» de Juionien. j
L’an de J. C- jyo , les Occidentaux firent Pâques le '
17 Avril , & les Orientaux le 24 du même mois. ii
U ctoUt ou ajîérique* ^ dans l*£re des Martyrs y marque |
les années furabondanxes des Egyptiens, ||
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beaucoup de lic-ix a'OccideEt.
JJczoïU ou i^éri^iu , * dans la col^r.m de l’Ere des
Martyrs , inarqu' les aanles i'ie-calaires des Ég’vyrêens
celle de la cclc^ne de l* Hégire merlus ic' ar.Ttées iazcrce
Iclres des Arabes ,* F. déjipie la ferle ,
devons de donnée , fer.-r.e le Cycle des
qui efz ie 30 ojîJ.
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l ‘célébrèrent Pâques le 6 Avril , & les Occidentaux le 1 3 de
) ce mois , conformécnent au cycle de Viâorius.
L’an de J. C. S70 , les .Alexandrins & les Orientaux
i Êreat Pâques le 25 Avril, Se les Occidentaux le î8 de ce
I mois qnelqaes-uns même !e-2i Mars.
I , L’an de J. C. 685 , Pâques le fit le 16 Mats chez les
I Egyptien Scies Oiientaux ,& le 2 Avril chez les Occidentr
L’an de J. C. 689 , Alexandrie & l’Orient célébrèrenî
Pâques le ii Avril ,. 8c l’églifc latine le i S de ce mois. |
L’étoile ou ajlérioue * , àarts l’Are des Jefortyrs , marque
les années intercalaires des Egyptiens j celle de VHe^re ]
marque les armées intercalaires des Arabes ,* A. déftgr.e ta- ;
férié s & la — au-dejfcus de Vannée ferme U cycle des an-
nées -Arabiques ~ qui eji de 30 ans, 1
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r- i7d?, ’’*<’“/* fct ^iébré’le X4’ Avril le
c. 17 S-J nÿn»eiro:7 Sans quelques Ee'.ifes.
t ^ 74?, P-iques fe fir cbea les Alexandrins & les
iH.Jjrins qui fuivnient le cycle
I S- V.ctorius , reraxd erenr cet'e fête j Jiiq-au il dq même n-iis.
L'*n de J. C. 7.^ , Pâques fut ccl>5bcc ctex les Latins le 2$
Mars • & aiUcors ic 21 ATtü.
L*éîoil« 02 a0iri^-e * , F^re dis ^îert^s , msrrue les
arzics inisreslaires des Eçyrt'-ens j celle de la C'io’ne de l'Hs^ire
tnaT^ne hs années Irsterczlsires des Arabes i F. dcjizne ia ■S?Tj> t
& la barre —• au-dejToM de l'année f*nee U cycle des a--.nées
Arabiques , qni eji de 30 ans»
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ceUc de la colonne de V Hégire marque les années interca-
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dejjcus de l'année y ferme te Cycle des ar-iiées Arabiques , a
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Ère des Seleucides ou
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Ère des Martyrs,
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Cycle Lunaire.
Réguliers.
Clefs des Fêtes Mob.
Cycle Solaire.
Lettres Dominicales.
Concurrens.
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dejjous de Vannée^ ferme It cycle des années Afshiq»
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1091 25 Janv. 2 Fc. F 6
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celle de la colonne de l’Hégire marque 'tes années interca-
laire des Arabes. Les deux chiffres feparés par une petite
harre - dans l’Ere de l'Hégire , répondent , le FJfmier à
l'ancien calendrier , le fécond au nouveau ; P dejigne .
férié ; & la barre — au-deffeus de l'année , ferme Le eye ~
des années Arabiques j qui eji de 10 ans.
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mier à l* ancien Calendrier , le fécond au nouveau 5 F déjigne
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cycle des années Arabiques ^ qui eji de ans»
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Manyrs ^ mar^ae les Années intercalaires des K^y^cUns •
celle dé ia colonr^ ieVH'.gire rnaT-^ue Les années inierca-
Uirfs des Arahés, Le^ dtux chiffres féparés par une yecitc
barre
dms l' Ere de L* Elégire , répondent , le premier <* ^
l’ancien Calendrier ^ U fécond au nou-.-eau. ÿ t. défigr.e h j
f^nc , & la barre — au dejfous Je l'année , ferme le Cyc^: j
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arrieTi Calendrier , le fécond au nouveau ; F dèiirne
tene -, b U ba’-re — aii-deffous ce Fannie , ferme le
:es Arabiques , qui efi de jo ans.
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■liés . Tome II.
cycle des ann
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TABLE CHRONOLOGIQUE.
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1284*23 Av. 5 Mai F I
1285 12-24 Avili, F 6
128^* 1-15 Avril, F 3
1287 22 Mars, 5 Av. F i
1288 11-23 Mars F 5
1289*28 Fé. Il MarsF 2
1293 i7Fév. I MarsF 7
1291 i5-i8 Févr. F 4
1292*21? Janv. 7 Fé. F 1
1293 ii>-28 Janv. F 5
1294 4-11? Janv. F 3
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1301 21 Oci. 2 No. F 6
1302 9-21 Ociob. F 3
i303*i8Sep. 10 Oâ. F 7
1334 18-50 Sept. F 5
1305 7-1 9 Sept. F 2
130^*26 Aoiir,7St'p.F 6
1307 2S Août, F 4
1 568* 5-17 Août , F 1
1309 28juîU. 7A0. F 6
1310 14-2^ Juiil. F 5
1 311* 3 13 J'.iiil. F 7
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Vesoih en. ajlsrique * , dans la colonne de T Ere des
Martyrs , marque Us années Intercalaires des E^ymiens 5
celUde la colonne de l'Hégire marque les atnées interca
lalre des Arases. Les deux chifres ‘feparés par une petite
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L ancien calcnd'ier , le fécond
férié ; & Sa havre — au-defous
des années Pratiques , qui efi
, répondent , Se premier a
au nouveau ; A déf^ne Sa
de S’année , ferme U cyc-e
de i O ans..
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Chronologie des Juifs. Voyeij^ le diâioîtnaire
de théologie.
CHRONOS J nom que les Phéniciens & _ les
Egyptiens donnoienc à leur Saturne , qu’ils difoîent
être fils d’Uranus & de Géj ou du Ciel & de la
Terre. 11 étoit le fécond des huit grands dieux
qu’ils reconnoiffoient. JTyef Saturne j Ura-
Nus. Xfôisî veut dire tems , yi urre , 8c
ciel.
CHRYSANTINS (Jeux). Ces jeux fe célé-
broient avec la plus grande magnificence dans
Sardes , ville importante, qui prétendoit avoir la
primauté non- feulement fur les villes de la Lydie,
mais encore fur celles de la province Proconfuiaire
■de i’Afie. Les jeuxcAry/û/irires-prenoient leur nom,
fuivant quelques favans , des fleurs d’or dont
étoit tilTlie la couronne qu’on y donnoit au vain-
queur. Elle n’étoit formée , fuivant d’autres ,
que des fleurs de la plante appelée ckryfante-
mum.
Les Sardiens faifoient quelquefois célébrer ces
jeux en l’honneur des Empereurs, comme le dé-
montre une médaille du cabinet de Pellerin , la-
quelle fe trouve maintenant dans celui du roi.
Elle repréfente un athlète, tenant à la mam un
grand vafe , prix de la viâoire qu’il avoir rem-
portée. La légende cebhpeia xpycantina ,
indique les jeux chryfantins févériens , en l’hon-
neur de Septime-Sévère. Pour augmenter la célé-
brité de ces jeux, les Sardiens les donnoient fou-
vent far le modèle d’un des quatre jeux facrés
de la Grèce. C’eft ainli que pour honorer Perti-
nax , la ville de Sardes fit célébrer les jeux ckry-
fantins , qu’elle nomma helviens , du nom de
l’empereur , & qu’elle furnomma capitolins ,
parce qu’ils étoient formés fur le modèle de ceux
qui portoient à Rome le même nom. La collec-
tion des pierres gravées du Palais Royal, en ren-
ferme un monument précieux.
CHRYSAOR, naquit, fuivant Hélîode, du
fang qui fortit, de la- tête coupée de Médufe ,
ainfi que le cheval Pégafe. Au moment de fa
nailTance , . il tenoit, une épée d’or à la main ,
d’où il prit le nom de Ckryfaor. Il époafa enfuite
ia belle Callyrhoë , fille de l’Océan , de laquelle
il eut Géryon à trois têtes , & Echid.na. V'oye:^
Echidna, Méduse, Phorcis. •
CiîR YS*dOJvEt7S. Jupiter prit ce nom d’un
temple célèbre , litué près de Stratonicée én
Carie.
CHRYSARGIRE , tribut qui fe levoit fur les
femmes de mauvaife vie , & autres perfonnes de
même forte. Chryfargirtim aurum lujîrale , nego-
tiatorium pœ.ntfam. Evagrip.s en parle au ck. 35).
du irl. Lyre de fi>n hijloi-e. Zozime dit que Conf-
tantin en fut l’auteur. îl y en. a cependant des
velliges.d.ms la> vie de Cal-iguia , ;par Suét-me , &
dans, cejle- d^Aifixariire-Sévère if^iar Lampridius.
C H R IX
Evagrius dit que Conftantiri le trouva établi , 8c
qu’il penfa à i’abolir. Il fe payoit tous les quatre
ans. Quelques écrivains affurent que les-raarchands
. & le bas peuple le payoient auffi. Il paraît même
certain qu’il fe levoit fur toutes les perfonnes
& fur les animaux , même fur les chiens qu’on
nourriffoit. L’empereur Anaftafe i’abolit. Du-
moins il ôta une irapofition que l’on appeloit le
ckryfargire , laquelle fe levoit tous les quatre ans,
non-feulement fur la tête des perfonnes de quel-
que condition qu’elles fuffent, foit pauvres, loit
efciaves, qui payoient un denier d’argent ; mais
même fur tous les animaux , & jufques fur les
chiens, pour chacun defquels on payoit fix follis.
( Cedrenus').
CHRYSASPIDES. Nom qu’on donnoit dans la
m.ilice romaine à des foldats , donc les boucliers
étoient enrichis d’or. Des foldâts macédoniens
avoient porté aufii le nom de ckryfoafpides oa
chryfafpides , par la même raifpn.
CHRYSE, fille d’Hélcnus, fut aimée du diea
Mars, qui la rendit mère de Phlégias, père de
Coronis. F'oye^ PhlÏgIAS.
CHRYSEÎS , étoit fille de Chrysès , grand-
prêtre d’Apollon, de la ville de Lymeife , alliée
de Troye. Son nom propre étoit Aftyone; Ckry-
féis n’étoit qu’un nom patronimique. Lorfque les
Grecs faccagèrent Lymeffe, ils emmenèrent au
camp Chryféis avec les autres efciaves , & elle
échut en partage à Agamemnon.
Le grand-prêtre vint redemander fa fille , en
offrant de payer une rançon , & menaçant de la
colère d’Apollon fi on ne la lui rendoit. En effet,
le refus d' Agamemnon fut fiiivi de la pelle qui
fe mit dans le camp. Calchas, confulté fur les
moyens de la faire ceffer , répondit qu’ Apollon
n’arrêteroit le fléau que lorfque fon minillre feroit
fatisfait : tous les chefs de l’armée conjurèrent
alors Agamemnon de renvoyer fon efclave. 11 jr
confentit avec peine, & chargea Ulyfle de la rame-
ner à fon père. -Chrysès voyant revenir fa fille ,
invoqua Apollon pour faire cefîcr la pelle , &luî
offrit une hécatombe. Agamemnon ne crut pas
Gu’il fut de -fa dignité d’.être fans concubine ,
tandis qu’Achille avoir Briféis. Il fit donc enlever
Briféis ; d’ou vint la colère d’Achille. Chryféis
étoit groffe quand elle retau.rna chez, fon père :
elle fe vanta cependant d’être reftëe vierge; mais
quand elle ne put plus cacher fon état, elle dit
que l’auteur de fa foibleffe n'étoitpas un homme,
mais Apollon lui même. /Csyeç Achille , Aga-
memnon ,-Briséis-, Chrysès.
On voit au Capitole un bas-relief fculpté furie
tombeau d’Alex. Sévère , qui repréfen;.e la difpute
d’Achille & d’ Agamemnon au fujet dt Ckryféis,
CHRYSES , prêtre d’Apollon , père de Chry-
féis. Chryseis.
Chrysès , fils d’ Agamemnon 8c de Chryféis.
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]I crut loBg-tetns qu’il étoit fils d Apollon ; mais
Agamemnon lui apprit fa véritable origine au
moment où s’offrit une occafion de rendre fer-
vice a Orefte fon frère. Celui-ci s étant fauve
avec Iphigénie de la Cherfonèfc Taurique , em-
portant la flatue de Diane j il aborda à 1 ifle de
Sm'nthe. Ckrys'es y étoit pretre d Apobon; & il
vouloit renvoyer ces deux illuftres fugitifs à
Thoas^ roi de la Taurique. Mais Agamemnon
( qui vivoit encore félon une tradition particu-
lière j différente delà tradition ordinaire) apprit
-à Ckrysis qu’il étoit leur frère. Ckrys'es fe joignit
alors à Orefte, retourna avec lui dans la Tauri-
que, y tnalTacra Thoas. Ils fe retirèrent enfuite
à Mycènes.
CHRYSIS, prêtreffe de Junon à Argos, caufa,
par fa négligence , l’incendie du temple de cette
déeiTe. Elle avoir mis une lampe allumée trop
près des ornemens facrés 5 le feu y prit pendant
la nuit 5 elle ne s’éveilla pas affez tôt pour pré-
venir les fuites de cet accident , Sc le feu con-
fuma tout le temple. Quelques-uns ont dit qu'elle
périt dans l’incendie 5 mais Thucydide , qui étoit
contemporain ^ afture qu’elle fe fauva la nuit même
à Phliunte. Paufanias raconte cependant qu’elle
fe réfugia à Thégée, auprès de l’autel de Minerve-
Alea , & que les Argiens, par refpeél pour cet
afvle , ne demandèrent pas tju’on la leur livrât.
Elle avait exercé la prêtrife pendant jd ans, &
avoir confervé fa virginité. Les Argiens après
avoir rebâti le temple , nommèrent une autre
prêtreffe. Au refte , cette dignité étoit fi confîdé-
rée parmi eux , qu’elle fervoit d’époque à leur
chronologie ; ainfi l’on a remarqué que la guerre
du Péloponnèfe commença l’an 48 de la prêtrife
«e Ckryfis. On avoir 3 Argos tant de refpect pour
les filles qui avoient occupé ce facerdoce, que
les Argiens , malgré toute leur indignation , laif-
fèrent la ftatue de cette infortunée prêtreffe dans
la place qu’elle occupoit avant l’incendie {Paufan.
Corlnthiac. & Laconie. ).
CHRYSO.ASPIDES. Voye:^ Chrysaspides.
CHRYSOBERIL des anciens , e’eft-à-dire ,
î)éril ayant une teinte jaunâtre. C’étoit probable-
suent un péridot.
CBRYSOBULLUM^ hxxWt d’or, fceau dor
Voyei Sceaux.
CHRYSOCLAVUS,-
XPÏ20KAAB0N ,
les écrivains du bas-empi?e , pour défîgner u,.:
(ornemens d’or , appliqués fur les habits, fous la
forme de têtes de clous.
’ ^ mots employés dan'
CHRYSOCOLLE. Il eft difficile de concilier
^utes les propriétés que les ancien^s ont accordé
à leur ckryfocolle on peut cependant en recon-
Eoître plufîeurs dans k vitriol de cuivre ou cou-
peroié verre.
C H R
CHRYSOGRAFHES, écrivains en lettres dor
Ce métier paroit avoir été fort honorable. Siméon
Logothête dit de 1 Em.pereur Artémius , qu’arafit
que de parvenir à l’empire il avoir été chryfo-
graphe. L’écriture en lettres d’or, pour les titrps
des livres & pour les grandes lettres, paroit d’un
tems fort reculé. Les manuferits les plusancieas
ont de ces fortes de dorures. Il eft fait mer.tica
dans l’hiftoire des Empereurs de Confiantinople
des ckryfograj.kes ou écrivains en Ictties d’or.
L’ufage des lettres d’or étoit très-commun vers le
quatrième &: le cinquicm.e fiècles. On en voit
de beaux reftes à la bible de la bibliothèque de
l’Empereur, au Virgile du Vatican aux manufaits
de Diofeoride, de l’Empereur 8c aune infinité de
livres d’églife. Poyej l'antiq. expUq^.
CHRYSOLAMPIS. Pline 8c Solln défignent
par ce nom une pierre précieufe, qui étoit pâle
le jour , miais qui jetoiî du feu dans les ténè'ores.
On croiroit, d’après cette defeription , que les
anciens avoient connu la propriété phofphorique
du diamant ; pierre précieufe qu’ils confervoient
brute, & dont le hafard feul auroit pu dans cet
état leur révéler les propriétés.
CHRYSOLITHE ,
CHRYSOPRASE,
1
S
pierres précieufes jaunes.
ou d’un jaune mêlé de vert. Ces noms délîgnoientdes
topazes foiblemenc colorées , ou mieux encore
des péridots.
CHRYSOR , dieu des Phéniciens , que l’oü
croit être le Vulcain des Grecs. 11 avoir excellé
dans l’éloquence , dans la poéfîe lyrique Se dans
la divination ; il étoh l’inventeur de la pêche à ia
ligne Sc à l'hameçon , Sc il avoit perfeérionné
la navigation. Ces grands taiens lui firent décer-
ner les honneurs divins après fa mort. Cn voit
par ce détail que Chyfor étoit l’être imaginaire
que l’on croyoit doué de toutes les perfections
( Sanchoniaton. ).
CKRYSOS , monnoie de l’Egypte & de
Voyei Darique.
Chrysos, poids 8c monnoie des Grecs. Voye^
Statère d’or.
CHRYSOTELE A, J ., .
reus qu’Ar.-îftafe Dichore exigeoit des diftriâs q*î
dévoient fournir un foldat pour fes armées. Cette
contribution équivalente fut appelée ckryJoteleM^
(^Socrat, Hifi. IV. 34.).
' CHRYSOTHÉMIS, fille d’Agamemnon 8c de
Clytemneftre, fœur d'Orefte 8c d’Eltâre. Sopbrp-
de la repréfenre comme une perfonne cui favott
prudemment cacher aux yeux de fa mère la dou-
leur qu’elle reffentoit de l’aifaffinat de fon père >
8c qui pour cela en étoit bien traitée , tandis
qu’ÉIleé'we » ; fa- fc^ur ^ ne gouvanc stteoir
C Pî T
gémifîemsns ni fes reproches, ch étoit continuel-
lement outragée, f^oyei Electre.
CHTHONIE, furnora de Cérès, qui veut dire
terrefire , Ce furnom défignoit la vertu pro-
du&ve qu^on !m attribuoit.
CHTHONIES, fêtes que les Hermioniens célé-
broiep en l’honneur de Cérès , à laquelle on im-
inoloit piaiîeurs vaches. Ce facrifice,*dit l’anc. En
cyciopédie, ne fe palToit jamais fans un prodige;
c'eâ que du même coup dont la première vache
étoît renverfée , toutes les autres tomboient du
même côté. Quant les quatre géniffes , dit Pau-
fanias dans fes corinthiaqu.es , font auprès du
temple , on Pouvre , on en fait entrer une , &
I on ferme auffitôt la porte; en même tems quatre
matrones qui font en dedans, afforament la vic-
time & Pégorgent ; elles rouvrent enfuite la
porte^pour laîffer entrer la fécondé viciime , &
de même pour la troidème & pour la quatrième,
qui font ainli égorgées les unes après tes autres
par ces matrones. Si on les en croit, les trois
dernières vidtimes tombent toujours du même
coté que la première, & celafe raconte comme un
prodige. Paufanias n’a garde de dire que du même
coup dont la pr entière vache étoit renverfée , toutes
les autres tomboient du même côté»
CHTHONIl dii fl .
xeoNioi terreftres., ou m-
fernaux. On défignoît par ce furnom Jupiter des
enfers, ou Pluton, Mercure conduéleur des âmes,
Eacchus & les mânes. Qtc); ; ces deux mots
tiennent dans les épitaphes grecques la place des
diis manihus , qui commencent ordinaircmenî les
épitaphes latines.
CRUS. )
CROCUS. > Voyen^ CHeHS.
3COÏS. 3
CHYNDONAX , c^eft le nom d’un de ces
pontifes apoelés chez les Gaulois grand druide ,
ou chef des druides. Son tombeau fut découvert ;
auprès de Diyon en i ^pS. On y trouva une pierre
ronde & creufe , qui coatenorc un vafe de verre
orné de plulîeurs perntares. Autour de cette pierre
on lifoit en grec Pinfcriprion fuivante : « Dans
» le bocage de Mithra , ce tombeau couvre lé
corps de Chyndonax , chef des prêtres. Impie
éloigne toi, les (dieux) libérateurs veillent au-
» près de ma cendre
* I
Le bocage de Mithra , dont piarle cette épita-
phe , étoit confàcré à Apollon , que les Gaulois
appeloient Mithra , lorfqu’ils le eonfidéroient
comme le Soleil ( Supplément à C Entyclopéaie.
CHYPRE, Cyprus. L’une des plus grandes ifles
®e la mer Méditerranée, Elle eû far les côtes
de l’Anatolie , dont elle n’eil: éloignée que de
feize heues- On la îîomrria auîref>&. Macarie „
Mscaria ^ e’'e$-à-di£e j heureufei fcïîtmêç» Os
C H Y
5?
prétend que ce fut à caufe de fa fertilité, & le
l’abondance des métaux qu’elle prodaifoit. Elle
fur ZUiii appelée, xîcamantis , Cerafiis Amatkufa ^
Afpelia J Cryptos , Colinia & Speckia. Il y avoî*
fur-tout des mines de cuivre , métal qui , dit-on ,
a pris fon nom cuprum de cette ifle. Les princi-
pales villes écoienc Salamis & Paphos, dont i’una
avoir un temple de Jupiter l’autre de Vénus.
Toute 1 jile étoit confacrée à cette déefîé, que
Sréfichore & Horace appellent Cyprigénie, c’elt-
a-dire, née en Chypre. L’an dpô de la fondatioa
de Rome, Caton fat envoyé parles Romains en
Chypre, & il la réduilit en province de la répu-
blique. Céfaria donna à Cléopâtre. Après fa mort
elle retourna aux Romains. Enfin dans la divifios
de l’empire elle fut attribuée aux Empereurs Grecs.
Chypre. KYnrmN.
Les habitans de cetre ifîe onr fait frapper , fous
l’autoriré de leurs proconftils, des médailles impé-
riales grecques en l’honneur d’Augufte, de Tibère,
de Claude, de Galba , deV efpafien , de Titus
Trajan, de Septime-Sévère , de Domna , de Cara-
calla , de Géra , de Macri.n.
CHYTRES,"} , rv ^ ^ ,
XYTPOI ( Cnytres etoit le troî-
lîème jour des antheftéries , où l’on faifoir cuire
-dans des marmites, en l’honneur de Bacchus & de
Mercure , toutes fortes de légumes , qu’on leur
offroit pour les morts. On dit que cette fête fus
inftituée par Deucalion après le fameux délu^je
qui porte fon nom. Ceux qui furvécurent à ce
fléau , offrirent à Mercure-rerreftre toutes fortes
de graines & de femences , pour le rendre pro-
pice aux mânes des mortels qui avoient été fnb-
mergés. Il n’étoit permis à perfonne de toucher
à cette offrande , & aucune prêtreffe même n’y
goûtoit ( SckoL Ariftoph. in Aekarn. & Kan.
Ckytres étoit dérivé de , marmite.
XYTPrNA A. PoIIux (■ Onomofi. lîb. décrit ce
jeu_ d’enfant , qui efl le même que notre collin-
maillard. L’enfant que l’on appeiok , mar-
mite ou pot , s’affefoit à terre , & les autres en-
fans couîroient autour de lui en lui faifant des
niches, jufqu’à ce qu’il pût en faifir unSc le met-
tre à fa place.
CIBORIUM, \ I T- -
KiB£2PiON , f Egyptiens doa-
noient au calice qui renfermoit les fleurs de la,
feve d’Egypte. Ils en faifoient des vafes i boire
pour les enfans iAthen. ni. 72. -a.) j de-Iâ
vint aux vafes à boire ordinaire le nom généri-
que ciborium. Horace s’en eft fervi ( Od. 7,
il. Je
Oblîviofo Tevta mafiosi
Ciboria expie.
ga- ?&jgî^ KîS.TÆâ.Ta3gi
5+ CIC
Les médailles autonomes de cette ville font :
KRRR. en argent.
RRRR. en bronze.
O- en or.
Elles ont quelquefois pour type le dieu Lunus.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en riionneur dyElius. de Verus ,
de M. Aurèie, de Septime-Sévère , de Caracalla,
de Diaduménien , de Maximin , de Gordien Pie ,
de Trajan, de Déce, de Géta^ de Diaduménien,
de Maxime , de Tranquilline.
CIC CAB O S , poids de l’Afîe & de T Egypte.
Voyei Kikkabos.
CICER. « Le pois chiche, cicer des Romains, eft
naturellement falé 5 c’cR pourquoi il brûle la terre.
Ses gouffes ou iniques font rondes, fa tige rameufe,
fa racine furculeufe & profonde. On doit le laif-
fer tremper dans de Peau durant deux' jours avant
que de le femer. Le cicer & Yervum font long-tems
en fleurs, mais moins que la fève. Il y a plulieurs
fortes de pois chiches ; les différences fe font remar-
quer dans la grolfeur, la figure, la couleur Scie goût.
Ï1 y a le cicer arietinum , le pois bélier , qui efl
blanc 5c noir, & relfemble à une tête de bélier;
il y a le cicer punicunzy le pois de Carthage. On
feme ces efpèces dans le courant du mois de
février ou de mars , par un tems humide , Sc
dans la terre la plus fertile. Il y a encore le cicer
eolu.mbin.um , pois colombin , pois de pigeon , ou
pois de Vénus ; il eft blanc , rond , léger 8c moins
gros que le pois bélier. La cicercula eft un cicer
d'une efpèce plus petite ; elle relfemble au pifum
ou pois commun , 8c fon grain eft d'une rondeur
inégale de même. Elle fe femoit en janvier ou
février (février Sc mars) , dans une bonne terre
Sc par un tems humide. Dans la Bétique , on
nourrit les boeufs avec la cicera : on la concaffe
fous une meule , puis on la fait tremper dans de
l'eau pour l'adoucir 8c la rendre molle; ainli pré-
parée , on la mêle avec de la paille broyée , &
on la donne aux troupeaux. La ration pour deux
bœufs eft de feize livres (onze livres poids de
E-.arc ). Les hommes en mangent auffi. Elle a le
même goût que la cicercula ,• on ne l'en diftingue
que par fa couleur, qui eft plus brune, 8c tirant
prefque fur le noir. Les meilleurs pois chiches
font ceux qui relfemblent à Y ervum. Les noirs
& les roux font plus fermes que les blancs. 11 y
a un cicer fauvage, femblable par fes feuilles au
cultivé. Il eft d'une odeur forte {Métrologie
de M. Paucidn , extrait de Caton , &c. ).
_ Le poids chiche bouilli ou frit étoit la nour-
riture la plus ordinaire du peuple de la Grèce &
de Rome. Ariftophane en parle fouvent dans fes
comédies ; 8c jl en eft fait mention dans les écri-
vains latins.
Martial dit des différentes efpèces de pois bouil-
lis oij frits , que ç'étoit un met peu agréable
f. 42. V. 75».) ;
C I c
Et fervens cicer , & tepens lupinus ,
Parva efi cænula , quis poteft negare.
On en vendoit à Rome aux fpeâateurs dans les
théâtres Sc les amphithéâtres '( ibidem. ) :
Quod otioft
Vendidit qui madidum cicer corom.
Les candidats qui vouloient gagner les fuffrages
du peuple , !ui faifoient diftribuer gratuitement
des pois frits dans les fpeétades {Rorat. Sut. il.
3. 182.) :
In cicere, atque faba, bona tu perdafque lupinis,
Litus ut in circo fpatiere , atque xneus ut fies,
Perfe peint cette diftribution avec l'énergie qui
le caractérife {Sat. j. 177.) :
Cicer ingéré large
Rixanti populo , nofira ut Floralia pojfint
Aprici meminijfe fenes.
CICERO , furnom de la famille TULLIA.
CICEREIA , famille romaine , dont on n'a
des médailles que dans Goltzius.
CICÉRO. On a donné fans aucun fondement
le nom de cet orateur célèbre à une ftatue du
Capitole , 8c on l'a gravé fur fa bafe. Pour moti-
ver cette fuppofition , on lui a incrufté à la joue
un pois , cicer , qui fait allufîon au nom de Ci-
céron.
Le palais Mattel renferme une véritable tête
de Cicéron, avec fon nom gravé au bas du bulle.
V/inckelmann ( Rifi. de l'An. lib. 6. chap. f )
croit que c'eft un ouvrage du dernier ficcle de
la république, il eft vrai que la forme des let-
tres ne parok pas affez élégante pour cette épo-
que ; mais ce favant antiquaire fait dillinguer,
avec raifon, deux fortes d'infciiptions, les unes
gravées fur les monumens par des ouvriers , char-
gés uniquement de la gravure des lettres , & les
autres par les ftatuaires eux-mêmes , qui n'ayant
pas l'habitude de graver des lettres , ne pouvoient
leur donner une forme auffi élégante. C'eft-j^
fans doute le cas du Cicéron du palais Mattel ,
dont le nez , les lèvres 8c le menton font des
reftaurations modernes.
On voit à Herculanum un bufte que l’on croit
être celui du même orateur. Il y a une médaille
fauffe , qui le repréfente avec le pois fur la joue.
Plutarque a écrit le premier ( Cicer. ) que le célé-
bré orateur de Rome fut appelé Cicéro , à caiife
d’un porreau relfemblant à un pois qui étoit
placé fur le bout de fon nez. Mais il eft facile às
montrer le ridicule de cette affertion trop accré-
ditée , en obfervant que Varron , écrivain lati”
BStérleur à Plutarque , avoir dit que les Tullius
avoient été furnomniés Cicéro , à caufe des pois
qu'iis culrivoienc avec beaucoup de foin j ù cice-
ribus ferendis.
CICUBJNUS y furnom donné à la famille Ve-
turia. , à caufe de la douceur des mœurs de fes
snersbies (^Varr. de Ling. Lat, vr.
CIDARIA. Paufanias dit au fuiet d’une image
de Cérès , furnommée Cîdaria. le jour des
grands myftères , le prêtre prend cette image &
la met fur fou vifage. S’armant enfuite de petites
baguettes, il en donne quelques coups aux natu-
rels du pays, en fuiv^ant un certain ordre (^Ar-
cadic.). « 11 ne s’agit ici que d’un mafque de la
déeüé , qui étoit coëffe de la cidaris , & qui ,
fuivant la forme ordinaire des mafques antiques ,
enveloppoit toute la tête jufqu’au col. Le Prêtre
frappoit ainfi les Fhénéates, pour rappeler -l’ar-
rivée de Cérès dans leur contrée , & la punition
qu'elle infligea à quelques habitans de qui elle
avoit été mal reçue. Quant à ceux qui accueilli-
rent cette m.ère fugitive , elle leur fit connoïtre
toutes les efpèces de légumes , les fèves excep-
tées. Telle étoit la tradition des Arcadiens.
CIDARIS. Peilerin ( Lettre il. fur divtrfes mé-
dailles ).
“ La cidaris , telle que nous la voyons figurée
fur des médailles de rois , étoit de forme coni-
que , & terminée en pointe. La différence qui fe
trouve entre les unes & les autres , confifte feu-
lement dans les acceiToires. II y en avoit aux-
quelles étoient attachés des fanons, qui pendoienc
fur les épaules, & des cordons' qui fe lioientfous
le menton. On en voit de cette forte fur les mé-
daiiles £ Arface & de Tiridate , premiers rois des
Parthes, que j’ai rapportées, l’une R. Pi. XV.,
Laatre Suppl. III. Pi. i., & fur îa médaüle de
Miîhridate Evergête , que Béger & Spanheim
ont publiée j mais elies étoient portées auilî
fans fanons, comme il paroït par des médail-
les d’autres rois, & particulièrement par une des
deux du roi Samus , que le P. Frceiich a rappor-
tées , par celles de Xerx'es , roi à‘ A.rfamofzt; ,
que ?yI. l’abbé Barthélérr.i a publiée , Se par la
préfente médaille du roi Arfamus. »
« Sur toutes ces médailles, la cidaris étoit en-
tourée du diadème , qui étoit !a marque ia plus
dîftînciive de ia fouveraineté , & de plus eîie efl
dr'oite, parce qu’il n’étoit permis en Perfe qu’aux
20!S feuls de porter la cidaris droite , ainfl que la
tiare. Quoique ces deux fortes de coeffures diffé-
railent trop l’une de l’autre par leur forme , &
même par leur nfage , pour n’avoir pas dû être
diili.nguées chacune par fon propre nom , les écri-
vains grecs les ont fouvent confondues , en don-
nant celui de tiare à ia cidaris , foit parce que
îe nortï d-e tiare ieur étoit plus ce-.nnu, foit parce
qu£ c’ étoit îa coëfFure i a plus fpiendids dé. toutes-
celles qui étoient portées par les rois. Quelques-
uns cependant en ont fait îa difdnéiion j Plutarque
entr’autres racontant comment Artaxcrces avoic
nommé Darius , fou fils aîné, pour fon fuccef-
feur , dit que ce fut en lui accordant le privilège
de poner la cidaris droite. Ce fut aufïi la cidaris
que Demaratus , Lacédémonien , demanda au
grand Xercés de pouvoir porter droite dans une
entrée publique à Sardes , & non pas îa tiare ,
comme on a traduit en françois , d’après la tra-
duéiion latine de Sénèque, qui avoit pris pareil-
lement l’une pour l’autre. Non -feulement elies
différoient par leur ferme , la tiare étant aufïi
large par le haut que par le bas , tandis que la
cidaris étoit terminée en pointe ; mais elles dif-
féroîent encore en ce que la tiare étoit toujours
chargée d'ornemens , & fouvent de divers Tym-
boies , au-iieu que la cidaris eil repréfentée unis
& fans ornemens. J’en infère que la cidaris étoit
pour ies rois d’un ufage ordinaire , Sc que celai
de ia tiare étoit réfervé à des jours de fête & ds
cérémonie , comme je le remarquerai plus parti-
culièrement à l’article de la tiare. ^
« S’il n’appartenoit qu’aux rois feuis en Perfe
de porter !a cidaris droite , il étoit libre aux prin-
ces de la faraiiJe royale, & aux g^rands officiers
dé la porter inclinée. Je remarque qu’il y a des
médailles d’autres rois , fur lefquelles elle n’eft
pas repréfentée droite. Celie que porte Tiridate
fur fa médaille , citée plus haut , paroït avoir la
pointe recourbée par-devant , à-peu-près comme
le bonnet phrygien ; & celle qu*on voit fur la
tête d’ Arfamus, dans la préfente médaille, pe.nche
en arrière. Celle que porte le même rei, repréfentér
à cheval fur le revers,, préfente au bout de ia
pointe un bouton , qui fe voit aufïi aux cidaris
d’Epiphane & de Callinicus, fils d’Antiochus IV,
roi de Commagène , qui font repréfentés pareil-
lement à cheval fur une médaille. ”
“ 11 n’efl: guère poffibie de rendre raifon de
ces variétés , qui fe trouvent dans les accefïbires
de la cidaris ; mais iis ne changent rien à fa
forme fpécifique. On peut juger cependant que
Arface & Tiridate, fon frère, qui s’étoient révol-
tés fous Antiochus II , roi de Syrie , n’auronf
fait d’abord ou’ajouter le diadème à. la co.éfrure
' qu’ils portoient auparavant , & qiv Arfamus , en
formant la dvnafïie d‘Arfamcfate , en aura ufé
de même en mettant le diad-ême aurour de. la
ciaaris , oui étoît d’un üfage commun en Armé-
nie. Si dans le commencement de fon règne il ne
l’a p.as portée droite , c’étort apparemment parce
qu’il étoit tributaire des rois de Syrie , ou parce
qu’il ne fe trouvoit pas alors affez puiiTant pour
fe comparer aux rois Parthes , qui , à Limitation
des ro'S de. Perfe , prétendoient peut-être avoir
fpuls le privilège de la porter droite. A l’égard
du bouton attaché aux cidaris ci-devant mention-
nées, fi ce n’étoit pas feulement une efpèce d’or-
nement ,ii pQuvoit avoir fon ufage Se fon utilité
5^
CIG
pour ceux qui alloient à cheval. « Voye^
"Qu£t2i;ÎSakCrrI.3.i90c^eh^
des rois de Perfe étoit enrouree d un bandeau
royal ou diadème bleu .& hlanc : Ctdartm Perjl
regiiim capuls vocahant injigne . hoc c&ruleaff
al'jû iifiinclcL circumibat.
ClDRA.cn Phrygie. kiApahnQN.
M. Pabbé le Blond a publie une médaillé de
cetce ville, frappée en l'honneur de M. Aureie.
CIDRE. Voyei SicERA.
CWTESSUS , en Fhrvgie. xiayhccEic.
On a des médailles impériales grecques de cette
ville , frappées ^en Ihonneur des deux Philippes
cnfemble^ de uomitien féal.
CIEL. Voyei Uranus.
CiERZ75, en Bichynie. KiEPE.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RRRPv. en bronze. . • . f Pellerin.J
O. en or.
O. en argent.
CIGALE. Cet infedle étoit confacré à Apol-
lon , comme au dieu ne la voix cc du chant ;
fans doute parce qu'il chance contiuellement &
nonà caufe de la beauté de fon chant. ^ _
Les Athéniennes d'une nailTance relevee, lioient
leurs chevelures avec des poinçons , dont la tête
étoit formée par une c-gale d'or.
CIGOGNE. Cet oifeau qui fe nourrit de rep-
tiles , d’infecdes Sc de vers, eft utile aux habitans
des pavs marécageux. C'eR à ce titre que ^es
TheiTaHens avoîent pour la cigogr.e une efpèce
de vénération. Clément d'Alexandrie (_in Protrepc. '
Ta prife pour un culte. Les Romains empruntè-
rent des Grecs le refped pour la dgog.m , avec
l’opinon quelle noarriffoit fon père & fa mère ,
lorsqu’ils étoient devenus vieux. Ils en firent l’em-
b’éme de la piété filiale , & ils la placèrent fur les
médailles à côté de la piété.
Malgré ce refpefl , on vit Sempronius Rufus,
ancien^réteur, faire fervir les petits de la cigogne
fur fa table , & mettre à la mode ce mets nou-
veau. Horace fait mention de cette nouveauté
( Snt. il- a. 49. ) :
Tutus irai Raomhas , tutoque ctconia nido .
Daàec vos aucior docuit pr&torius,
Rufus ayant été refufé depuis, lorfqu’i! demanda
le conuilat, un poète malin vengea la cigogne par
répigramme iuivante :
Ciconiaruni Rufus fe conihor ,
Tlancls duobus efl his elcgantior :
$-,ifruglorum puncl-l fptcm non tuUt ,
Çiconiiiruut povuliis niQfteni uicus efl.
C I G
L’amour filial qui diftinguoit les cigognes, eit
avoir fait un oifeau de bon augure. Artüa {Procop.
VarJal. I. ) fe difpofant à lever le fiège d’Aqui-
lée, apperçut au point du jour une cigogne, qui
nichoit fur une tour, enlever fon nid & s'enfuir
à tire-d’aile. Il conçut une bonne efpérance à
cetce vue ; & le foir même la tour s'écroulant
lui ouvrit la ville d’Aquilee.
Cigogne , ckonia. Les Romains appeîoient de
ce nom une maniéré de fe moquer de qiielqu un,
en préfenranr denière lui tous les doigts d’une
main , réunis en forme de bec de cigogne {Perf.
Sut. I. j8.^ :
O jîne , à tergo quem. nulla. ciconia pinflt.
Cigogne , ckonia . étoit encore le nom d’une
longue perche . à l'aide de lacnelle les jardiniers
puifoient de l'eau , & qui imitoic , en s devant
& s’abaiffant alternativement, le mouvement du
bec des cigognes.
Cigogne. Fbyrç Antigone , fiile de Laomé-
dcn.
CIGUË. Elle neft point aufi venimeufe quen
G'ice. Prefnue tour le monde convcent que cette
plante , prife intérieuiement étoit un poifon , &
perfonne n’ignore que c' étoit celui des .Athcnier.si
mais quelles que fuffent les qu.-lités mortelles de
la ciguë dont il fe fervoient , il eft certain que
celle qui croît dans nos contrées n’a point ce même
degré d; malignité. On a vu dans nos pays des
perfonnes qui ont mangé une certaine quantité
de fa racine & de fes tiges fans en mourir. Ray
rapporte dans fon hiflolre des plantes , d après les
oblhrvations de Bo'.vle , que la poudre des ’-acines
de cf ué , donnée à la dofe de vingt grains cans
la fièvre quarte , avant le paroxiime , eft au-
deffus de tous les diaphorétiques. M. Reneaume ,
médecin de Blois {Obfervn-. 3 y 4.), dit en avoir
fait prendre , avec beaucoup de fuccès , une demi-
dragme en poudre dans du vin , & juiqu'à deux
en infufion pour les skirr’nes du faie & du pan-
créas ; mais ce médecin n’a jamais guéri des
skirrhes , & fi fon obfervation étoit vraie , en-
prouveroit feulement que la racine de aguë n eft
pas toujours nuifible.
Nous croyons cepen.Iant avec les plus fages
médecins , que le plus prudent eft de s’abftenir
dans nos climats de l’ufage iirerne de cette plante.
Elle y eft afïéa. venimeufe pour fe garder de^ i2.
donner intérieurement; car elle caufe des nu-
peurs, & d'autres accidens fâcheux- Son meilleur
antitode eft le vinai rre en gaife de vomitif, avec
de l’oximel tiède , en quantité fuffifante pour pto-
curer & faciliter le vomiffement.
Elle ne pafjit point pour venimeife a PotflC-
Ce qui eft némmoins finaulier , & dont il_ Lut
convenir, c’eft que la ciguë ne pafioit noint a
Rome pour un poifon , tandis qu’à Athèiics^f^
B’en pouvcît douter ; à Rome, au contraire ^ on la
regardoit comme un remède propre à modérer &
à remperer la bile. Perfe (^Satyre r. vers I4J.)
die jà-deffus ;
• • . . . . . . . BUis
Intumuit , quam non extinxerit urna. cicaîA.
Horace en parle auffi comme d’un remède j dans
fa fécondé LpiC! e , L. il. vers 53.
Sed quod non défit hahentent
Que foterunt u'.tquam fiatis expurgare cicute ?
I^i mehus dormire zutem qudm ficrîbere verjiis.
oc Préfentement que j’ai plus de bien qu’il ne m’en
00 faut, ma folie ne feroic-elle pas à l'épreuve de
>= toute la ciguë J li je n’écois perfuadé qu’il vaut
00 rmeüs dormir que de faire des vers ? »
Fiine {iiv. XIV. ch. XXII. ) yante les propriétés
de la ciguë peur prévenir rivrelTe , & prétend
qu’on peut en tirer piufîeurs remèdes. Lefcale
rapporte quelque part , que voyageant en Lom-
bardie J on lui fervit de la falade où il y avoir
de la ciguë J ce qui i’étonna forts mais qu’il revint !
de 'fa furprife quand il fut que les gens du pays
en mangeoient ^ & qu’ils n’en étoienr point in-
commodés. Les chèvres en broutent la racine ^
& les cifeaux en mangent la graine fans incen-
vénient; mais les effets des plantes fur les ani-
maux ne concluent rien pour i’ho.mme j & toutes
les autorités qu’on vient de citer ne fauroient
contrebalancer le poids de celles qu’on leur op-
pofe. I! refte toujours certain j d’après le grand
nom'bre' d’exemples funeltes rapportés dans les
tranfiaciions philofopkiques dans les Mémoires
d-e V Académie des Sciences , dans Wepfer & ail-
leurs J que toutes les efpèces de ciguës font veni-
meufes.
Obfcrvation far la coupe de ci aux que hut So-
crate. Lorfque le bourreau d’Athènes vint pré-
fenter à Socrate la coupe de fac de ciguë , il
l’avertit de ne point parler , pour que le poi-
fon qu’il lui donnoit opérât plus promptement.
On ne voit pas comment les effets du ixsifon pou-
-vo'ient être accélérés par le ulence de 'b perfônr.e
qui le prenoic 5 mais que ce fût un fait ou un
préjugé^ le bourreau ffagilfoit ainS que par ava-
rice . & dans la crainte d’être obligé , fuivant
la coutume, de fournir à fes dépens une nouvelle
dofe de ce breuvage j car Plutarque remarque dans
la vie de Fhocion , tam. vi. de Dachr , p. 4O0 ,
que tous fes amis ayant bu de la ciguë , & sue
n’en reftant plus pour ce grand homme , l’exé-
cuteur dit qu’il n’en broyeroit pas davantage fi
on ne lui donnoit dcaze dragmes (en i /8é, en-
viron d uze livres de notre mennoie) , cul étoit
le prix que chique defe coûccit. Adors Fhooion
voulant éviter tout retard j dt remettee ceîce j
Antiquités J T-ame 11,
) /
Tomme à rexécuteur , en difant ; « dans Athènes
» il faut donc tout acheter , jurqu’à la mort?»
Article de M. le chevalier DE JaUCOURT.
Il n’ei't pas pofilbie de découvrir quelle étoit
I; ciguë des anciens, parce que cette plante n’eit
pas l:i feule. venimeufe qui fe trouve dans la fa-
mille de ombeliifères. Î! y a quelques efpèces
d’eenanthe, une efpèce de berle, nommée
erucs, folio ( C. B.) , qu’an a reconnaes pour des
poifons dangereux. Cette dernière plante a ’ fait
le -fujet d’un ouvrage entier , & Vfepfer a ent
qu’elle étoit la ciguë aquatique.
CILBIANI fuperiores , dans la Lydie. kiABîA-
NCN rax A-NQ.
Ces Ioniens ont fait frapper , fous l’autorité
de leurs archontes, des médailles impériales grec-
ques en l’honneur de Trajan, de Commode, de
Domna , de Domitien , de Caracalla.
CmsiÀtri inferieres , dans i’Ionie. KIABÎANCK
TON KATO.
Ces Ioniens ont fait frapper, fous l’autorité
de leurs feribes , des médailles impériales grec-
ques en l’honneur d’.AugulIe.
CILICE , vêtement fait de poils de chèvre ou
de bouc , dont i’ufage eff venu des anciens Cili-
ciens , qui portoi-ent de ces fortes 3’habirie-
mens , particulièrement les foldats & les ma-
telots,
Nec minus inter ea barbas , încanaque menta^
Cinypkii tondent hirci , fetafque cornantes ,
Ufum in cafirorum , & miferis velamina. nautis,
Géorg. i. iiL
Peut-être le vrai fens de ces vers eit-ll qu’aa-
ciennement les foldats & les matelots fe fervoiert
de ces fiffus de poils de chèvre pour en faire des
tentes & des voiles j & c’elt ce que femble infînuer
Afeonius Pedianus , dans une remarque far la
troihème verrine , où il dit : Cilicia teraa in caf
trorum ufam atque nautarum.
CILICIE (Terre de). C’eft fuivant Théo-
phrafte , une efpèce de terre qui fe trouvoit en
Cilicie. Cet auteur dit qu’en la faifant bouillir
dans de l’eau , elle devenoit vifqueiife & tenace:
on s’en fervoit pour en frotter les feps de vigne,
8e: les garantir des vers 8e des autres infeS-es.
Bill penfe avec raîfon que cette terre étoit bitn-
mineufe, d’une connûance felide; que la chaleur
de Teau bouillante la rendoit afiez molle pour
pouvoir s'éter.dre , 8e que par fa qualité tenace
& vifeueufe eîleiarrêtoît les infeâes, ou les chaf
fois par Ton odeur forte.
CÎLIX, fils d’Agénor , félon Hérodote , 8e
frère de Cadmiis , ayant été envoyé, ainfî que
fes fr.res , à la recherche d’Europe , fa fœur.
Si as Payant pas trouvée, n’ofa retourner à la
5^ CIM
cour de Ton père. îl établit dans la Cilicîcj a
laquelle il donna fon nom.
CILLA. Voye:^ EsAQUE.
CILLIUS color , étoit la couleur du poil des
ânes, parce que les Doriens appcloient ces. ani-
maux yjxxn.
CILO , furnom de la famille FLAM'INIA.
Feftus lui donne pour motif un front pointu &
étroit : Cilo dicitur ^ cul frons efl eminentlor , ac
àextra finifiraque velut recifa vldatur.
CIMETIÈRE. Foyei Enterrer.
CIMIER. Koyei Casque.
ClMINA. On, appeloit à Rome de ce nom
une fource d’eau , qui y étoit amenée du mont
Ciminus. Panvini i’a confondue avec l’eau faba-
tine 5 mais il s’eâ trompé. On a découvert en
entier l’aquedac de l’eau fabatine , qui^alfe loin
du mont Ciminus,
CIMMERIS , furnom de la mère des dieux ,
qui étoit en vénération chez les Cimmériens
^Hefychius. ).
CIMOLIS , ille, KiMrîAi.
Les médailles autonomes de cette ille font :
RRRR. en bronze. ( PelUrin.)
O. en or.
O. en argent.
Leur type ell un trident.
Or. tiroir de cette ifle une terre argilleufe, célè-
bre dans la médecine des anciens. Ovide l’a con-
ib.ndue avec la craie {Métam. i. 7. v. 463.)
Hinc kumilem Myconem y crecofaque rura Cimoli.
CINA. Voyei CiNNA.
CINCINN ATUS ( Quimzus ). « Une ftatue,
dit Winckelmann ( Mifl. de V An. liv. 6. ch. 6.) ,
appelée vulgairement Quintius Cineïnnatus , pla-
cée autrefois dans la Vdla - Montalto , enfuite
dans celte de Négroni, & maintenant à Verfailles,
paffe comrhunément pour être une des figures
héroïques qu’Aiigulle fit ériger dans fon forum.
C’eft une figure d’homme fans aucune draperej
elle attache une de fes fandales fur le pied droit,
tandis que l’autre fandale eft à côté du pied gau-
che qui eft niid. Derrière la ftatue , & à fes pieds,
eft un grand ft c de charrue, qui paroît avoir été
la principale caufe de fa dénomination ; car on fait
que ceux qui portèrent à Quintius Cindnnatus
les marques de la diébture, le trouvèrent. occupé
à labourer fon champ. Mais ce foc ne fe trouve
pas indiqué fur les ftatues publiées par Rodî j &c
Mafféi, qui explique cette antique d’après la sra-
vure , & qui n’y a pas trouvé le foc, ne hifte
pas de lui confever fon nom. Au-lieu de nous
parler de cet Jnrtrament de labour, il nous raconte
Thiftoire du célèbre didateur , fans apporter au-
C I M
cune preuve qui juftifie la dénomination de fj
ftatue. «
« Le même MafFéi , en rapportant ailleurs une
pierre gravée , y trouve , avec tout aufft peu de
fondement , le portrait de Cincinnatus ,• cette
pierre d’ailleurs me paroît de fabrique moderne
( Gem. Ant. t. 4. n°. 8. ). Quant à notre ftatue ,
on peut prouver au contraire que , malgré le foc
de charrue , le nom de Cincinnetus ne peut nul-
lement lui convenir , parce qu’étant fans drape-
rie , elle ne fauroit repréfenter un perfonnage
confulaire. Car on doit regarder comme une
maxime fondamentale , que les Romains , diffé-
rens des Grecs en cela , repré.fentèrent toujours
drapées les figures de leurs grands hommes , à
l’exception de la ftatue de Pompée. Par .confé-
quent la figure en queftion eft héroïque. Elle
repréfente , fi je ne me trompe , Jafon , au mo-
ment où Pélias , fon oncle paternel, le fit inviter
avec d’autres perfonnes à un facrifice folemnel
qu’il faifoit àlN'eptune. .Tafon, que Pélias ne con-
noiffoit pas, fut appelé à cette folemnité pendant
qci’il labouroit fon champ ’.Apfollod. Bibl. l. i,
p. z6. 6. Schol. Pirtd. Pytk. ,3^. v. 153.) , ce qui
ell indiqué par le fcc placé à côté de la ftatue.
Ayant traverfé le fleuve Anaurus , il fe hâta â
fort qu’il oublia de fe chauffer le pied gauche , &
qu’il ne mit de chauffure qu’à fon pied droit. Peiias
voyant paroître devant lui Jafon dans cet ajufle-
ment , comprit le fens d un crade obfcur , cui
l’averriffoit de fe garantir de celui qui viendroit
le voir chauffé d’un feul foulier. C’eft -là , je
crois, la véritable explication de cette ftatue. L’an-
tiquiîé fait aufti mention d’une figure d'Anacr-éon ,
repréfenté avec un feul foulier, parce qu’il avoit
perdu l’autre étant ivre ( Antkol. L 4. c. 37. p.
367. /. 21. 31. p. 368. /. é. ). »
On ne peut s’empêcher de reconnoître Cincin-
natus fur une agare-onyx ( claf. jr. r.°. i6y.) du
baron de Stofeh , à caufe de l’épi de bled qui
eft placé à côté de lui , pour défigner le labou-
rage auquel il étoit occupé à l’arrivée des députes
du fénat. Sur cette pierre , Cincinnatus attache
à fes jambes les botines ouvertes (Voyei' ce
mot ) , &■ fon cafquc eft placé devant lui auprès
d’une colonne avec fon bouclier.
CINCTICULUM, tunique courte êe légère
des adolefcens. Plaute en parle ( Bacch. ni- 3'
28. J:
CinEHculo prAcincîus -in ftlLa apud mtgiji’'un
ajjideres
Cum Uhrum legeres.
CINCTUM , efpèce de tiinîque qui ne s’elc'
voit pas jufqu’aux épaules ( Porphyr. ad Hcrat^
Art. Pet.n. yoO Cinîium efl genus tunica infr^
peSius aptatü. C’étoiî une efpèce de campeflrt»
Voyeo^ ce rt>ot.
59
C I N -
CINCTURA , taaique ferrée avec !a ceinture,
Oainriliea a erapiové le mot cinciura dans cette
acception, lcirfqu.’ji a dit (xj. 5.) de la toge
agencée avec goût , qii'elie tomboit par-devant
juiqu'à'. a moitié des jambes, & par derrière un
"peu piushaut que la chictura ^ c’eft-à_ dire , que le
bord de la tunique ferrée par une ceinture : Pars
ejus prior mediis cruribus ovtime terminatur , pof-
csrior eàdem portionc aldus quam ciriBura.
CÎNCTUS , défigne un foldat dont le ceintu-
xon , cinguLum miiitare , étoit l’attribut dif-
tinélif.
CixcTUS Gahinus, Voye‘^ Gabikus.
CIN CTUTI, Horace défigne par furnom les
Cetkegus , ces anciens Romains fi auftères & de
mœurs fi fimples {Art. Poet. n. jo. ) .•
Fingere ciaButis non exaudha Cethegis
Continget.
On a donné diverfes explications du mot cînc-
tuti , qui font très-recherchées & peu vraifem-
blable. 11 faut l’entendre par oppofition à difcinc-
tus nepos , c’eft-à-dire, qu’il défigne des hommes
toujours ceints , ayant toujours leurs habits re-
troufles , ou plus exaélemenr, des hommes labo-
rieux & fans ceffe occupés..
}
PoIIux & Hefvchius
CINDAL OPÆ CTÆ.
XINAAAOriAIftTAI.
appellent de ce nom de jeunes gens qui s’exer-
-çoient à lancer des pieux ( lUvsây.ii ) dans un ter-
rein mol , & à renverfer ceux de leurs adverfaires
qui y étoient plantés debout.
CINDIADE , furnom de Diane. La ftatue de
D lane Cindiade , dit Polybe , avoir cela de par-
ticulier, que quoiqu’elle fût en l’air, il ne pleuvoir
ni ne neigeoit jamais fur elle.
CINÉRAIRE. Les antiquaires ont adopté ce
mot pour diftinguer les vafes ou urnes qui ren-
fermoient des cendres , d’avec les vafes delH-
nés à tous les autres ufages. Voyet^ Urne ciné-
raire.
CINiLRARlUM. Foye:^ Urne cinéraire.
CINERARÎÜS.I J -
CÎNIFLO f ueux mots defignoient
chez les Romains des ferviteurs ou efclaves des
deux fexes , chargés de préparer les poudres de
diverfes couleurs, & fur-tout les poudres rouffes
ou blondes que les femmes répandoient fur leurs
cheveux. Leur emploi étoit appelé incinarïum
(^Sofipater. l. l,\ ; Mine muLïere myflerium inci-
narium dicitur.dsam Cato in Originzbus,mulieres y
inquit , noflrs, capiilum cinere irMngiîabant y ut
rutiliLs ejjtt crinis.
Par la futte ces mots défignèrent des perruquiers
8e des barbiers j car oa lit dans Catulle (lxi.
î|8.;:
'N une tuum cinerarius
Foîidct os.
CINGULA. FoyeiSAtiGLt.
CINGULUM milkare, CeiNTURON.
CirtGULUM novs. nuptt. Foye^ CEINTURE.
CINIFLO. Foyei Cinerarius.
CINNAy furnom de la famille CORNELIA.
CINNABRE. Les anciens connoiflbient aiiifi
bien que nous les deux efpèces de cinnahre , le
naturel & l’artificiel ; par cianabre naturel^ ÜS
entendoient le mercure combiné avec le foufre;
ils lui donnoient le nom de minium. Pline dit qu’on
s’en fervoir dans la peinture 5 aux grandes fête*
on en frortoit le vifage de la ftatue de Jupiter ,
& les triomphateurs s’en frottoient tout le
corps, apparemment pour fe donner. un afpeél
fanglant & terrible. Par cinnabre artificiel , ils
entendoient une fubftance très-différente de celle
à qui nous donnons actuellement ce nom ; c’étoit ,
fuivant Théophrafte , un fable d’un rouge très-
vif & très-brillant, qu’on trouvoit dans l’Afie mi-
neure, dans le voifinage d’Ephèfe. Oa en féparoit
par des lavages faits avec foin , la partie la plus
déliée.
Les anciens médecias ont encore donné le nom
de cinnabre à un fuc purement végétal , connu
parmi nous fous le nom de fiang-dragon y ils l’ap-
peloient x.iiya'iâ.^i î» cinnabre des Ir.des. Ceoen-
dant il paroît par un paflàge de Diofeoride, qu’ils
connoiflbient parfaitement la différence qu’il j a
entre cette matière & le vrai cinnabre.
CINNAM.OMUM. On croit aujourd’hui que
cet aromate , dont les anciens ont padé fi diver-
fement, étoirla cannelle, qu’ils tiroient de Ceilan
& de la côte de Malabar*
CINTAR , monnoie ancienne de l’Egypte & de
l’Afie, qui valoir, félon M. Pauefon, yooo liv.
en monnoie aCIuelle de France.
11 valoir en monnoie des mêmes pays :
40 mines de MoiTe ,
Ou 97 grands céfephs ,
Ou 100 onces d’or.
Ou 200 dariques ,
Ou 6co tétraftarères.
Ou 1 200 diftatères ,
Ou léoo héxadrachmes ,
Ou 2400 tétradrachmes.
CîNTAR, ancien poids de l’Afie &de FEgyp»
te. Il valoir , félon M. PauClon , en poids dê
France 4f livres 8f
U valoir en poids des marnes pays :
40 mines de Moïfe,
Ou 96 mines talmudiques.
Ou ICO rotules.
Ou éoo tétraftarères ,
Ou I2C.3 onces d’or,
Hij-
êo C î N
Ou I f?co héxadrachmes ,
Ou 2400 tétracirachiT.es ,
Ou 9600 drachmes.
CINTHIEN. f^oyei Cynthien.
CINXIA , furnom de Junon. 11 lui fut donné
à Rome , parce qu’elle étoit cenfée délier la cein-
ture des nouvelles mariées. On en fit aulfi une
iéefle particulière J qui préfidoit aux noces.
CINYRAS, fils de Pygmalion & de fa ftatue^
écoit roi de Cypre. Il eft connu par l’incefle invo-
lontaire QU il commit avec Myrrha ^ fa fille ,
duquel naquit le fameux Adonis. F’oyrç Adonis,
Byblos j Myrrha. On difok qu’il etoit mort
de chagrin du crime dans lequel fa fille l’avoit
fait tomber. D’autres ont raconté qu’il périt par
ks mains d’Apollon , pour avoir ofé difputer le
prix de la mufîque à ce dieu.
Les Grecs avoient envoyé Palamède à Cinyras,
pour en obternr des auxiliaires ; mais cet ambaf
îadcHT J loin de s’acquitter de fa commiffion ,
perfuada .à Cinyras de ne pas fe joindre aux Grecs.
Il revint chargé de préfens , & les garda tous
pour lui, à l’exception d’une cuiraffe, qu’il donna
a Agamemnon de la part de Cinyras. 11 fit efpé-
rer cependant que le roi de Cypre enverrok une
flotte de cent vaiffeaux ; mais ceux qu’il envoya
étoient tous , excepté un feul , des vaifTeaux de
terre-cuite, & montés d’hommes de verre. A la vue
de cette dérifion infultante, Agamemnon chargea
Cinyras de malédictions ; les Grecs s’emparèrent
«nfuitc de l’ifle de Cypre, & Ten chafsèrent.
" L’hiftoire mythologique eft pleine de variétés
touchant le père , les femmes , les fils & les filles
de Cinyras ; mais cet article eft trop peu inté-
jeffant pour qu’on s’arrête ici à le difcuter. Seu-
lement il parok certain que ia mère de Myrrha
s’appeioit Cenchréis. On lui dopjie jiifqu’à cin-
quante filles , qui s’étant attiré la colère de .Tu-
non , furent métamorphofées en Alcyons , ou ,
félon Ovide , en pierres, qui fervoient de degrés
pour monter au temple de la déelfe. Cinyras ,
avant fa querelle avec Apollon , avoit mérité ,
par fa beauté , toute la tendreffe de ce Dieu. Il
l’avoir comblé de tant de richeffes , qu’elles paf-
foient en proverbe comme celles de CréCus y Sc
il lui donna de plus l’art de deviner. Vénus fut
aufli fenfible à la beauté de Cinyras , & lui pro-
digua fes faveurs En reconnoiffance , il lui con-
facra la ville de Paphos , qu’il avoir fait bâtir,
& lui éleva le fameux temple où Vénus fe pfai-
Ibit tant. 11 voulut lui même être le prêtre de
lit déeffe ; &; dans la fuite le facerdoce de Paphos
fut toujours attaché à la famille rovale. Voysr
Pàohos, Tamiras, Vénus. On parlok d’un
autre temple que Cinyras avoit fait élever à I.a
même décile fur le mont Liban. Ce fut lui qui
fonda les villes de Paphos, -de Cinyrée & de
Smyrne. On lui attribuok l’invention des tuiles,
des tenailles, du marteau , du léviex & de i’eji.-
C î P
clume. D’après cela , il eft évident que l’on a
confondu en un feul pîufieurs princes du nom
de Ci.iyras.
CIPH03. Voye^ M.A.CHAON.
CIP 1.4, 'i
CIPPJA, 1
médailles :
famille romaine dont on
RR R- en argent.
R R R. en bronze.
O. en or.
a u£î
CIPOLLIiS'I ( donné par les Italiens i
une forte de marbre, dont la couleur dominante,
qui tire fur le vert des ciboules, cipolline , eft
placée en grandes veines , plus ou moins fortes.
Il n’eft pas bon pour faire des ftatues, à caufe à%
ce bariolage j mais on en fait des colonnes , des
tables , des cippes , &c. On le tire de Carrare 3c
de quelques autres endroits. Les anciens , au
moins les Romains du rems de Gaüién & des
tyrans , en ont fait ufage. On en a déterré dans
une vigne de lamaifon Sforza-Céfarini , lituéeau
bas du mont Aventin, à la place de l’ancien porc
du Tibre , deux grands blocs bruts , portant cha-
cun une infeription , don; la forme des lettres
annonce cette époque. L’une de ces inferiptions
marque le confulat , & indique , à ce qu’il fem-
ble, celui qui a fait venir ces pierres , avec leur
nombre. Au bout du premier bloc il y avoit ;
RULIANO COS
EX RAT
JA LIN TI V
LXXXIII
Au bout du fécond bloc on lifok :
SUBCERAAÎTMCIS
PRCRESCPMLLIBN
Ce conful Rulianus n’eft pas connu. Il fe trouve j
à la vérité, pîufieurs confuls de ce nom, tires-
de la famille des Fabius , qui portoient le furnorrv
de Rullianus j mais ils rernontent au tems de la
république. Ces inferiptions , qu’on a fciées de
leurs blocs , fe trouvent aiiiourd’hiii dans la V ilia-
Albani, & I on a fair des blocs deux colonnes
qui ont paffé en .Angleterre en 1767.
CIPPE , portion de colonne ronde ou quarree?
fans chapiteau , pofée fur une bafe. Les anciens
employoient les cippes à divers ufages : tar.tôr on
y gravoit les diftanccs , & c’étoienc des colonnes
milliaires ; tantôt on y gtavoit le nom des che-
mins, & ils f.tifoient alors les mêmes fonélionS’
que les hermès-mdicatenrs des routes; tantôt les
cippes étoient des bornes , ou fervoient à confer*
v.er la rusnooire de q^uclque cvcneiacnt rcmaxqnA’'
C î P
fele ; tantôt enfin , & le plus fom-ent , on gravoit
les épitaphes fur les cippes qui indiqaoierit ies
terreins confacrés à la fépulture de certaines
familles. Kous ne parierons dans cet ardcie que
de la dernière efpèce de cippe.
Les cippes des fépuitures étoient placés ordi-
nairement fur les bords des chemins fréquentés.
On les plantoit à l’extrémité d’un efpace quarré j
ou quarré-longj deftiné à la fépulture de la famille
qui_en avoir fait l’acquifition ^ ouqui le confacroit
pour cet ufage j de manière que ni les héritiers ,
ni aucune autre perfonne n’avoient le droit de
s’en emparer & d’en changer la deftination. Cette
défenfe étoit ordinairement gravée fur le cippe ,
avec l’étendue du terrein , area , confacré à la
fépulture. Horace en a inféré la formule dans fes
fatyres (t. 8. 12. ) :
Mille P des infronte , trecentos cippus in agrum
Hic dahat : h&redem hoc moruimep.tuTn ne feq^ue-
retur.
<x Le cippe apprenoit que Varea occupoît mîlle
pieds de longueur fur le bord du chemin , &
trois cents de largeur , pris fur le champ ; il
défendoit au(E aux héritiers de s’emparer de ce
terrein.
Les £gles qui auroient exprimé l’étendue de
cette area , étoient les fuivantes , M. P. I. F.
CCC. I. A. Celles qui s’adreiToient aux héritiers
varioient davantage : on iiibit fur les cippes tantôt
H. M. AD. H. N. T. hoc monumentum ad k&redes
non tranjlt ; tantôt PI. M. H. N. S. hoc monumen-
tum k&redes non fequitur ; tantôt H. M. O. D.
A. kuic monumento omnis dolus abefio , ô’c. Êl£.
Les cippes des fépuitures ont fouvent été pris
pour des autels , à caufe de leur forme & de leurs
ornemens ^ fur-tout quand l’infcription ne ren-
fermoit pas une épitaphe proprement dite. Cette
méprife n’en eff pas une ^ à proprement parler 5
car les cippes étoient confacrés aux divinités
infernales , & aux mânes en particulier ^ comme
l’apprennent ces fgles fi communes far les tom-
beaux J e. K- êiûiç , aux dieux infer-
naux , D. M. diîs manibus , aux dieux mânes.
D’ailleurs la partie jjopérieure des cippes efi fou-
vent creufée en forme de cratère ou de coupé ,
comme les autels , & percée ^ comme eux ^ du
haut en bas ^ pour faire couler dans les urnes ,
fixées fous le cippe à l’embouchure du trou^ les
libations crue Ton faifoic dans le cratère. Fabretti
{Tkef. IrCfcript. pag. ig8.) a cité un grand nom-
bre de dp- es ainfi perforés, & un enrr’antres qui
renfenr.oit encore dans Touverture inférieure du
conduit, defti.né à procurer fécoLiiement des liba-
tions , le col d’une urne de verre , qui y étoit
introduit fur une longueur de plus de quatre
pouces.
Le mot n/pf £ J cippus ^ feul, défignoit fouvenî
€ I ?
le tombeau ; & c’eît dans ce fens que l’a pris Hot-
tinger, dans fon traité des lomoeaux des Hé-
Dreux , de cippis Hebrsorum.
Cippe étoit auflfi un inilrument de bois , qui
fervoÎB à rciirmenter & à enchaîner les coupables
& les efclaves. C’éroient des efpèces d’entraves
ou de ceps , qa’on leur mettoit aux jambes. Il
en efi: fait fouvent mention dans les aûes des
Martyrs.
Cippe àu pomœrium , était une borne qui fi.xoiî
l’enceinte d’une ville. On en a trouvé à Rome
près du Tybre , hors, de la porte Flamiaienne ,
avec cette infeription :
IMP. CæSAR. DI VI. E
AUGUSTÜS
PONTIEEX. MAXIMUS
TRIBüNIC. POTEST. XVII
EX. S. e. TERMINAVIT
R. R. PROXIM. CIP. PED. CLXI.
Lorfqu’on . traçoit avec la charrue l’enceinte
d’une nouvelle ville , on fixoit d’efpace en efpace
des cippes , fur lefquels on oôfoit d’abord des
facrifices , & on bâtiiïbit enfuite des tours.
CIPPUS. Céfar appelle de ce nom (de Bella
Gallic.^vii. 75.) des pieux très-aigus, qui fer-
voient à défendre des rerranchemens. TertuHien
appelle cippus un morceau de bois qui fervoit
à maintenir les plis de la toge iorfqu'on ne la
portoit pas (de P ail. c. y. } .• Etîam ciim reponi-
tur , nulli cippo in crajiinum demandatur.
CIPSELüS. Hoyei Cypselus.
CIRADINO (Marti). Gruter { yy. ly.) rap-
porte une infeription trouvée en Efpagne , dans
laquelle on donne ce farnom à Mars. Si Ciradinus
eft mis ici pour Gradivus , l’abus eft étrange.
CIRCÉ , fœur de Pafiphaé & d’Œtès , étoit
fille du Soleil , félon Ho.mère , & de la Nymphe
Perfa , qui avoir l’Océan pour père. Quelques-
uns ont dit qu’elle étoir fille d’Hécate. C’eft une
des plus fameufes enchantereiTes ou magiciennes
dont la mythologie ait parlé. Elle faifoit fa demeure
dans rifle d’/Ea , fur les côtes d’Italie. C’eft-îà ,
dit Virgile, que la fille du Soleil fait retentir de
fes chants une forêt inacceffible. Là en entend 3
aux approches de la nuit, ruirir des lions enchaî-
nés, & heurler dans leurs prifons des loups énor-
mes, des ours & des fangliers furieux. Ces bêtes
féroces furent autrefois des -hommes, qné la
cruelle transforma ai.nfi par la force de fes en-
chantemens. Circé changea , dit Homère , les
compagnons d’Llyfiç err pourceaux ; mais Ulyiïe
eut le talent de fe préferver de fes ch.armes , en
lui faiTant prendre ce l’amour peur lui t ü en eîiï
riiêms un ÈIs- F'ovex Teeegcxe,
éi CIR
Pour Te venser des meeris de Giauc'-^ j
«Singea la beUe Scylla en un monilre efFroyaoie,
plyc7 Glaucus, Sci'iXA. Eileavou, dic-on,
le pouvoir de faire defcendre les etoues du ciel.
CL cé époufa le roi des Sairr.ates , qu elle eir.poi-
fonna bientô: après. Le Soleil , fon pere , pour
la retirer d'entie les mains du peuple irrite^ la
prit alors fur ion char , & la tranlporta en Ita-
lie. Rien n égaloic la beauté de fa voix & celle
de for. vifage , que la dépravation de fes moeurs.
Cependant inalgie les enchantemens , fo cnir.es
& fes mœurs corrom. :ues , elle ne lailia pas de
recevoir les honneurs divins. On l’adoroit encore ,
dü rems de Cicéron, dans l’ifle d'Æa , ou eue
avoir régné , après avoir été chaiîée de la Sar-
Parlcrai-jc de Clrcé j die M. Rabaud de ^aint-
Etienne , cette autre magicienne ? Si Ion veut
bien fe rappeler la géographie des pays fepten-
trionaux de l'Europe, on verra que la généalo-
gie de cetre princeiTe , n'eft que la géographie
de la province de Circaffie. On l’appeloit les champs
de Circé , Circsi campi. Apollonius (h iJ.)^dit
que le Phafe defeend des montagnes d'Amaran-
the, au pied defquelles font les champs de CVré;
Sc Dionyfîas Ater nous apprend qu'à l'extrémité
du Pont-Euxin habitent les ïyndarides, & en'.uite
ks Colques , qui touchent au Caucafe , & qui
y vinrent autrefois d’Egypte ; que le Caucafe ,
le long du détroit d'Hircanie, forme une chaîne
de montagnes élevées , d’où defeend le Phale ,
qui , coulant dans les campagnes de Circé vers le
midi, fe précipite dans l'Euxin. 11 y avoir une
ville appelée Circ&um , lîruee fur le Phafe ; & la
capitale de ce pays s'appelle encore aujourd’hui
Terké (on doit cbferver que le nom de Circé fe
prononçoit en grec Kirké. ). Cette contrée étoit
autrefois très-peuplée 5 Sc il paroît , par ce qu’en
rapporte Celiarius (r. i. p. 110. izi.) , que la
civilifation y avoir fait de grands progrès. Selon
cette géographie , la CircalEe , voifme de la
Ferfe , de la Média & de la ville d’Æa , dévoie
être parente de Perfée , ou de Perféis , ou du
rei Perféus, & de Médée, 5e d'Æétas. Or , l’hif-
toire le dit ainlî : comme province orientale pour
les Grecs, Circé étoit fille du Soleil; comme
voifine de la Perfe , elle étoit fœur de Perféis
ou de Perfée. Sous les deux rapports de voifine
de la Perfe Se de contrée orientale , elle étoit
petite-fille de, Perféus , père d'Hécate , 8e fille
d’Ailéropé , qui dévoie le jour à Hypérion ou
le Soleil. Comme voifine de Pille d’Æa , elle
étoit fœur d Æétas, 8e alors elle étoit née du
Soleil Se de Perfé ; ou bien elle n’écoit pas la
fœur d’Æétas, mais fa fille, 8e alors elle étoit
fœur de Médée ; 5e Hécate , fille de Perféus ,
étoit leur mère à toutes deux. Et voilà que Per-
féus , roi de la Taurique , c'eft-à-dire, le mont
Taurus, 8e laCircaiîie, 8e la Médie, 8e la Perfe,
8e le pays d'Æa , fo.nt de uès-proches parens ,
C T R
alternativement fils , pèi es , frères & foetus les
uns des autres. » C ’elt ainii que la géographie a
ferai à cet élégant écrivain your débrouiliet piu-
fieurs tables mythologiques.
Laélance U. 1 . c. è i . ) dit que Circé fut auffi
appelée MaRica (V'oyei ce mot) , 8e que les
habitans de î.iinturne l’adoroient fous ce nom.
Mais d'autres aiTurent que c’écoit Vénus qu’ils
honoroient fous la dénomination de Marica.
Muratori (553. 3. Thef. hfer.') rapporte Ijin-
feription fuivante, trouvée eu Efpagne , ot gravée
en l'honneur de Circé :
AUCTORITATE. IMP. CAES.
M. AURELII. AN'TONiNI. PU. FELIC.
AUG. PARTH.C. MAX. BRIT. MAX.
PONT. MAX. ET DECRETO OOLL
XV. SAC. FA.C. SERVIES. CALPURNIUS
DOMITIUS. EEXTER. PROMAGIST. ARAM
CIRCES. SANCTISSIMAE. RESTITUIT
DEEICAT. XVII. K. JUL. IMP. ANTONINO
AUG. mi. BALBINO. II. COS
CIRCENSES ludi. Voyei Cirque (Jeux du).
CIRCENSES equi. Voyei Cheval.
CJR CITOR defignoit , dans la milice , l’officier
prépofé aux rondes, 8e dans P.ordre civil, un
artifan qui erroit dans les villes 8e les campagnes
pour offirir fes fervices.
CIRCOÀ'CISION. Nous voyons dans Hérodote
( Iii>. 2. ) , Diodore de Sicile (Hh. 2 & 4. ) , Se
Strabon {Hb. 16 & 17.) , que les Egyptiens Se
les Ethiopiens pratiquoient cette cérémonie dou-
loureufe, fans que l’on put favoir lequel de ces
deux peuples l’avoit enfeignée à l’autre, lis dileut
aufli que les Phéniciens Se les Syriens imitèrent
en cela les égyptiens leurs voiûr.s. Hcroaoteajou^
encore à ces peuples ci-co:.cis les Colches , K
il conclut de cetre conforndré de pratique , qu us
étoient une colonie fortie de l’Egypte. Des Coi-
ches, la circoncifion fe répandit parmi ks peuples
qui habitofent les bords du Thermodoon 8e du
Parthénius. ,
La circoncifion étoit une des épreuves auxquelle*
les prêtres égyptiens foiimectoient ceux qui vou-
loient être initiés à leurs myftères 8e à leMS
connoilTances phyfiques ou mathématiques. C ci
de la circoncifion que l’on entend le pauage ds
Po^hyre ( ita Pytkagor. p. 183 . ; , où cet e.tiy
vain die : que les prêtres de Tk'ebes prcficrivuifi ^
Pytkagore des épreuves très - pén bits ii
éloignées des principes religieux établis dans
CIRCULATOR. Voyei Charlatan.
ClRCUMFORANEl. Foye^ Charlatan.
. ClRCl/MLATIO , aétion de feeouer queîq“®
C I R
Ciiofe en tournoyant. Lorfque les Grecs & les
Komains purifioient quelque objet prorane par
le moyen des flambeaux , ou par rafperfion
de l’eau luflrale , i’s obfervoient religieufement
ce la jeter en tournant fur eux- mêmes. Ils fai-
foient de plus faire un tour fur lui^même à l'objet
qu’ils vouloient purifier , comme ils le prati-
cuoient en adorant les fimulacres des divinités.
De-là vient que prefque tous les mots grecs rela-
tifs aux facrifices & aux luftrations , font précé-
dés de la prépofition , autour. Servius {in
Æneîd. vi. Z25). ) nous fournit cette explication :
Circumtulit , vurgavit. An.tiqnam verbum efi. P lau-
tus : Pro larvato te circa^nferam , id eft purgato.
JNam liifiratïo d circumladone dicta efi vei teds. ,
vel falpkaris. ADORATION.
CIRCUMPEDES , efclaves ou ferviteurs qui
étoient toujours placés auprès de leur iniitre ,
ou à fes pieds . pour exécuter plus promptement
fès volontés. Cicéron dit ( Verr. i. 36. y : Senvs
artifices pupilli ciim kaberei domi , circumpedes
autem hommes formofos & literatos.
CIRCUMPOT ATIO , repas funèbre, tes
Grecs & les Romains avoient coutume de faire
après les funérailles ^ un repas en l’honneur des
morts. Ils y affiuoient couronnés de rcfes^ & la
gaieté qui y régnoit^ faifoit bientôt perdre de
vue l’ami ou le parent dont on venoit de pleurer
la perte. Solon à Athènes , & les décemvirs à
Rome , s’efforcèrent d’abolir cet ufage abfurde 5
mais ils ne purent y réuffir. La loi des XII tables
UBI SERVILlS UNCTÜRA , OMNISQUE CIR-
cvMPOTATio TOTLATUR , demeura prefque
toujours fans effet.
Winckeimann a reconnu l’emblème d’une cîr-
cumpotatio , fur une améthylle de Stgfch {il. claf.
n°. 79S ). On y voit deux génies^ dont i’un porte
un flambeau renverfé , emblème de la mort ,
l’autre tient d’une main un arc & une flèche ^
& préfenre de l’autre un bocal au premier génie.
Ce bocal défîgne , félon Winckel.mann , le repas
funèbre, appelé chez les Grecs -rrfiihs-Tivoii , ^^x.-
, Tkcçof , & par les Latins drcumpo-
tatio.
CJRCUMViERTERE in orhem, V^oyeq^ ADO-
RATION,
CIRE. Les anciens ont employé la cire à un
grand nombre d’ufages différens- Iis s’en fèr-
voienr quelquefois , comme nous, pour s’éclai-
rer, Bougie. Les peintres l’employoient
pour I’encaustlque, ( P'àyei ce mot.). Les
fculpteurs faifoient leurs modèles en .cire , &
c’eft à la dernière main , qu’ils leurs donncéent
avec les ongles , que fait aiieflon Juvénai {Sat.
8. ) :
Exig'te , ut mores teneros ceu poliice ducat.
Ut fi qais ara ■vulium facit.
€ î R ^3
Ils faifoient auSî des bulles e» cïre , gui retra-
çoient à chaque famille les traits de fes ancêtres
iilultres , que l'on plaçoit dans les atrium , & que
l’on portoîc aux fiinéraiiles. Ces portraits en dre
étoient défignés fouvent par le mot ttra. Ovide
dit ( Fafi. 1. 591. D :
Perlege difpofitas generofa jper atria ceras.
Et Juvénai {Sut. nu. 19. ) •■
Tota licet veteres exornent undique cerA
Atria.
Les magiciennes faifoient auffi , pour leurs
enchantemcMis , des figures de cire , qui repréfen-
toient ceux qu’elles devouoient aux malheurs 8c
à la mort. Ovide dit {Heroi. vi. 91.) :
Devovet abf entes , Jïmulacraque cerea fingh.
La cire fervoit aux anciens à lier les tuyaux
de leurs Syringes {Voye^ ce mot), ou flûtes
ruftiques. Martial fait parler un de ces inftrumens
grolïiers {xiv. 63.) :
Quid me compacîum ceris , & arundine rides ?
Q_u& primicm exfirucla efi fifiula , talls erat.
On couvroit les œuvres-vives des navires avec
un enduit de cire-, afin d’empêcher l’humidité
d’en pénétrer les bordages 5 & l’on en peignoit
à l’encauftique les œuvres- mortes. De-là vie.nt
qu’Ovide donne aux navires i’épithète cerats
{Heroid. v. 4a..) :
CAriila ceratas accipit unda rates.
L’ufage le plus ordinaire de la cire etoit pour
écrire , à caufe de la facilité quelle off; ,it pour
les ratures. Nous parlerons plus bas des tablet-
tes de cire. Lorfqu’on y écrivoit des lettres ou
des teflamens , on les repüoit , les iioir avec u.n
fil , &■ o.n remettoit de la dre fur Ce fli pour re-
cevoir l’empreinte d’un cachet. Quelqu’un dans
Plaure {Bacch. iv. 4. 64.) voiiîa'rt écrire une
lettre , demande un Iryle , de la dre , des tablettes
& du fil :
Scylum , ceram , & tahellas , & linum.
On avoir coutume de monineravec de la falive
la pierre qni fervoit à cacheter , de peur que la
cire ne s’y attachât. De - là vie.nt que Juvénai
appelle gemma uda , un anneau qui fervoit de
cachet ; ce que fon fchoüafte exprime par cette
pbrafe ; faliva taBam propter fignaculi imp’efio-
nern. Ovide dit de lui même à ce fuiet quelaus
chofe de très- fpiritueî > il fs peint cachetant
<^4 CIR
les lettres qu’il envoyoit du lieu de Ton exîl a
Rome , & mouillant fon anneau , non pas avec
de la falive, comme il failoit autrefo:Sj mais avec
fes larmes ^Trifi. r. 4. y.) :
tiens quoque me fcnpfit • fisc qua jlgnabar , ad
' os eji
Ante , fed ad madldas gemma relata gênas.
Dans les teftamens ^ on diftinguoit la première
page ou tablette à gauche ,* de la leconde qui
croit à la droite, par les mQXSpima cera & cera
ima , ou extrema. Sur la première croient écrits
les noms des héritiers principaux , & ceux des
légataires fur la fécondé- Cette explication fait
entendre les vers fuivans d’Horace {Satir. il.
5- Jv) :
, . . , . . . Quid prima fecundo
Cera velit verfu , folus , multifne cokétres ,
Veloci pcrcarre oculo.
On mêloit du minl-im ( le cinnabre naturel )
avec de la cire pour h colorer 5 & elle fervoit
dans cet état à faire des deffins dillingués de ceux
du fond, ou à faire des remarques fur une tablette
écrite. Achille Tatius dit de la fpkere alxiratus ,
qu'il y avait de la tire colorée avec du. minium.
Cicéron écrit à Atticus ( x :■/. 2. ) .• Noftrum opus
tiii approhari letor, ex quo ai(r, ipfa pofuifii , qas
mini fioreiitiora funt vifa tuo jucicio ; xerulas cnim
tuas mi.niatulas illas extimefcebam.
cc L’ufage des tablettes de bois dans les aéles
publics, difent les auteurs de la nouvelle diplo-
matique, efl fi bien attefté par les loix & les
auteurs , qu’il feroit inutile de fe mettre en frais
pour appuyer un fait dont la vérité ell au-deifus
de tout doute. La plupart de ces tables étant
enduites de cire , il ne falloir qu’un ftyle pour
y tracer des caraâères. .A Paris, la bibliothèque
du Roi , l’abbaye de Saint- Germain-des-Prés ,
celle de Saint-Viftor, & le couvent des Carmes
DéchauîTés, pofsèdent des tablettes ainfi écrites}
niais elles ne font pas d’un âge fort reculé. Il fc
trouve aufl'i , dans le trefor royal des chartes ,
des tab’es de bois enduites de cire , du commen-
cement du XIV- fiècle ou environ. Arrondies par
le haut , réunifiant la forme & la réalité d’un
regifre , elles renferment le détail des charges
ou dettes de l’état , le paiement des officiers ,
les dépenfes de la cour , les aumônes du roi, &c.
Les nages de ces fortes de tablettes font quel-
quefois au nombre de vingt. Des bandes de nar-
chemin , collées p.ar le dos des feuillets, en font
de.s livres aCTez proprement reliés. On ne voit
écrit fur celles du tréfor des chartes , que le reéio
des feuillets, dont la moitié fupérieure demeure
fans écriture. Celles de Saint-Germain forment
un carré obiong. Elles font écrites à l’ordinaire
C I R
(
i
des deux côtés , excepté la première & la der-
nière page , qui fervent de couverture. «
ce Les tablettes des RR. fP. Carmes portent
les mêmes caraâères; mais elles font plus dans
la forme des livres ordinaires , ah;fi que celles de
Saint-Méior. Ces dernières renferment les dépen-
fes faites par Philippe-le-Bel, pendant une partie
de fes voyages en 1301. Celles de la bibliothè-
que du roi roulent fur le même fujet , & font
à-peu-près du genre & du caraélère des précé-
dentes , ainfi que celles de Saint-Gertnain-des-
Prés. Tout ce qu’on peut tirer de plus curieux
de ces monumens, ce font les voyages de quel-
ques-uns de nos rois, les villes où iis ont iejourné,
& par où iis ont paffé} leurs aumônes, les noms
& les dignités de plufieurs de leurs officiers 8e
de divers feigneurs , le prix des denrées 8e k
valeur de i’argenc, ellimce fur celle des chofes
les plus néceffaires à la vie. On trouve des tablet-
tes femblables dans les autres royaumes. Outre
celles d’Italie , Samuel Schmid décrit celles de
Helmftad en Saxe. Tobie Eckard en p-arle au®
dans fa defeription fur les archives, imprimée a
Quidlembourg , en 1717- ”
ce La cire de toutes les tablettes que nous avon»
vues, efi ou noire, ou d’un verd devenu fi obfcur,
Qu’ii eft fouvent difficile de le diltinguer du noir.
Elle étoit apprêtée de façon , qu’elle avoir appa-
remment plus de fermeté que n’en a la cire ordi-
naire. Du ihoins feroit-il aujourd’hui difficile dea
effacer l’écriture , fans l’approcher du feu. 11 y
eritroit de la poix & autres matières femblables.
Il falloiî bien'même que cette écriture pût relîf-
ter aux plus fâcheux accidens. .4u rapport
d’Eadmer , S. Ai.felrr.e , alors prieur du Bec ,
ayant trouvé une preuve invincible de la néceffite
de l’ex'ftence de dieu , preuve fondée fur la
notion qu’ont tous les hommes , fans en e.xcepter
les athées, de l’être très parfait , il écrivit cet
argument fur des tablettes de cire , . qu'il remit
à un rèligieux pour être gardées précieufemenr.
Celui-ci les cacha dans la partie la plus lecrete
de Ton lit 5 mais le lendemain il les trouva fur .e
pavé , & la cire répandue çà & là par petits
morceaux. Ramaffés & chacun rem's à fa place ,
ils repréfentèrent récriture dans fa totalité. Ce
qui ne feroit pas arrivé lâus miracle , fi
avoir eu moins de confiilance , 8e fi la cire avoir
été plus molle. Eaudri , abbé de Bourgeuil ,
dans la defeription en vers qu’il a faite de fis
tablettes, dit que la cire en tcoit verte , quelles
n’en éroient enduites que d’un côté, 8e que les
32 pages dont elles étoienr compofées , les deux
extérieures déduites , ne donnoient que quatorze
pages fur lefquelles on pût écrire- Les auteurs
du moyen âee sppeücnt ces tablettes taoun-
Chez les anciens , elles portoisnt ce nom &
celui de cer.^ prefque indiiféremment. Elles n e-
toient pas toiiiours de cire. La craie , le pL^f"
donc ouïes eniiili’oit , ie-s mettaient également
en
C î R
en état de recevoir toutes fortes d’écritures.
“ L uiage des tablettes de cire, s’etl maintenu
^ns les journaux , & dans les livres de recettes
& de dépenfes J jufqu’à ce que le papier de chiffre
ait^prévalu. Les manufaçiures établies en divers
endroits rendirent cette matière lî commune j Sc
ia reduifirent à un û bas prix^ que' les tablettes
fle bois enaiiites en cire ne pouvoienc pas coûter
moins. D ailleurs les livres de papier étoient in-
comparablement plus commodes. & plus agréables
a la vue. II n’étoit pas , à la vérité , néceiraire de
renouveier fort fouvent les tablettes : on en avoit
un certain nombre 5 & quand rien n’obligeoit
f. I écriture ^ on l’efraçoir pour e.n
*'ki autres. îl eft peu de ces anciennes
tablettes , ou 1 on ne découvre quelques veiiiges
Q une écriture encore plus ancienne , échappée
* attention^de ceux qui avoient pris à tâche de
anéantir. Nous'en avons remarqué & fur les
tablettes du tréfor des chartes , & fur celles de
^aint-Germain-aes-Pres , que nous avons déchif^
très dans toute leur étendue. Mais il ne faut pas
^ijiondreces traits avec certains mots oubliés^
& qu on écrit après coup en interligne. »
" C cft par la raifon que de nouvelles écritii-
les le fuccédoie.nt les unes aux autres fur ces
tablettes ^ qu’on n’en trouve guères de plus
anciennes que les premières années du xiv=llècle.
Comme bientôt après on leur fubftitua des regif-
tres de parchemin ou de papier, on ne prit plus
-a peine de rajeunir les premières. On les lailla
Q abord dans les archives comme des meubles
mutiles Elles devinrent avec le tems des anci-
quail.es on crut devoir refpeéier. On les garde
aujour. i.ui comme des curiofités, qui tirent leur
principal mente de leur rareté.
Qre punique. Cette préparation , qui étoit Ja
ba.e ael_a peinture encauflique des anciens, avoit
la propriété de fe diiTôudrs dans l’eau comme les
ftvons, & elle fervit à la médecine, félon Pline.
M le chevalier de Lorgna {Journal de Pkvf. nov.
lly-J ^ '■etrouvé cette préparation. Il prend ,
en ^^Ltîvant a la lettre le procédé de Pline , de la
c.r. blanchie par l’eau de la mer, comme on le
pratique encore dans les provinces maritimes à
i exemple des anciens. Il la jette dans une lefïive
de natron, qui eft le nitre de Pline, à la quantité
dune partie de natron contre vingt de dre
Cette préparation a très-bien réuffi pourl’encauf-
-tique & n’offre aucun danger à craindre pour
ia medecine.
•î cornmerce n’eil jamais affez pure ;
1 faut la blanchir par les procédés indiqués dans
Finie , & fe fervir de natron d’Egypte.
r ^ la par M. Bachelier, fe
fait avec 1 aikali du tartre. Mais ce favon a l’in-
convenient a etre déliquefeent & d’altérer cér-
ames couleurs, & notamment les bleus ou azurs,
r oyer ENCAUSTIQUE. '
Antiquités , Terne II,
CIR cj
Cire (Droit de). Voye^ Cerarium.
CIRNEA, vafe à mettre le vin {Pl-aut. Ampkw
I. I. 275.} :
Cædus erat vini : indï implevi cirneam.
f. i ce Si
ES.)
les chartes pari-
CÎROGRAFHE.
C TR O GRA RHUM.
^ CHARTES-PARTIES. ^
des ne furent jamais totaiement abolies , difeat
les auteurs de la noirv'elle Diplomatique , du
moins la mode fembia-t-e!Ie s’en paffer en cer-
tains fièdes, pour faire place aux ch.^nts-pûrdes.
Celles-ci étoient divifées en ligne droite par des
caractères , des images , des lettres majufcules.
La défiance avoit fait changer les chartes écrites
d’une même teneur , en chartes divifées par des
lettres capitales ; un furcroît de précaution fit
couper en zigzag , ou en for.me de fçie , ces
mêmes lettces , & conféquemment les pièces fur
lefquelies elles étoient écrites. C’efi ce qu’on
appelle indemivs. , charts, indentats. , indentatû lit-
ters, , feripta in.den.tata. »
« Quand on.faifoit un aéie double entre deux
33 parties intéreffées , dit le P. Lobineau f Hifi. ■
33 de Paris ^ tom. ,3. p. lxvii. ) dans fon Glofiaire-i
33 on écrivoit fur la même pièce de vélin , en
33 commençant vers le milieu , & continuant
33 jufqu’au bout de chaque côté , & entre les
33 deux copies on écrivoit en groCes lettres ie
33 mot chyrograpkum , que l’on coupoit enfuite ou.
33 en ligne^roite, ou en ligne dentelée; & cha-
33 cunc des parties emportoit fon duplicata, àii
33 repréfentation duquel, dans la faire , on ne pou-
33 voit manquer de reconnoître la vérité de l’aile
33 par la rencontre des lettres coupées. 35 Cet
ufage a en quelque forte été renouvelé de nos
jours dans les billets de banque du fameux fyf-
tême , & même' dans les billets de loterie. 33
« Le mot chyrograpkum n’étoit pas fimplement
le nom de ces chartes , il y tenoit encore lieu
de fymbole , à la faveur duquel on devoir recon-
noître leur vérité. Nous-avons trop de chofes à
dire de ces fymboles , i.nfcHpLions , lettres ou
peintures partagées par la moitié , pour nous
refufer liberté de créer un terme d’art qui
nous délivre des circonlocutions perpétiielies qu’il
ne fercit pas poffible d’éviter autrement. Nous
n’en voyonspoint déplus propre que le mot même
cirograpke , qui fe produit fans cefTe fur les char-
ts.s-parties , & fur les plus anciennes endentures.
Nous nous en fervirons donc pour ces écritures
ou lettres capitales, coupées par la moitié, & oui
fe trouvent à l’un ou à plufieurs des quatre côtes
des chartes. Et nous ne nous bornerons pas à
en ufer ainfi , loriqu'eiles porteront en tête ou
ailleurs le mot cyrographum ; mais nous étendrons
quelquefois cette dénomination aux autres inic.np-
dons qu’on y fubllicue de tenjs en tems. Seulemenî
l
66 C I R ^
nous oppofcrcns .nos cirograpkes à ces autres
infcriptions , & nous qualifierons les premières
cirograph.es proprement dits. On pourra conti-
nuer d’appeler drograpkes les chartes - parties.
Nous nommerons drograpkes , 5c non pas ckiro-
grapkes , leurs infcriptions marginales ; parce
qu’elles montrent communément ce mot écrit fans
h dans fa première fyllabe. “
« Les infcriptions coupées par moitié des plus
anciennes ch.zttcs-parties qu’on connoiffe , ne
manquent guères de renfermer cyrograpkum 5 mais
il paroît fouvent accompagné du nom des con-
tradans;, de celui de leurs dignités, ou de leurs
églifes. A ce terme , il n’eft pas rare de joindre
quelque épithète, comme memoriale, commune ,
&c. Quelquefois il eft fuivi de pluheurs mots qui
fpécifient la charte , par exemple , cyrograpkum
teflimoniï ifiius feripturs. , &c. On donne ordinai-
rement tant d'étendue aux lettres qui compofent
le drographe , OU bien on lailTe entr elles tant
d’intervalie , qu’on n’a pas belbin d’y ajouter
d’autres expreflions. «
« Chez les Anglo-Saxons , les chartes croient
divifées parles lettres {Hickes,DiJfert.Epift.p.y6
77.) de l’alphabet, par des mots que les plus
habiles nç fauroienr deviner , par le ligne de la
croix , & plus communéuient par cyrograpkum ,
auquel on ajoutoit quelquefois les noms & du
donateur & du donataire. »
Depuis la domination des Normands en Angle-
terre , les cyrographes continuèrent de paroitre
aux marges fupérieures , inférieures & latérales
de leur chartes-part/cj , ou de leurs endentures,
depuis que la mode en fut venue. C’étoit quel-
quefois une infeription édifiante, comme in no-
mine domini : Jkejus Maria. Jefus : quelquefois
Jefus merci : ave Maria , dont la dernière lettre
n’étoit pas toujours marquée. Souvent on fe fer-
voit d’autres paroles , lettres ou fentences , au
gré des contradhans. Souvent les lettres de l’al-
phabet , ou plutôt un nombre d’entr’elles plus
ou moins grand , étoient rangées tout de fuite
en guife de drographe. Pour l’ordinaire cyrogrs-
pkum avoir la préférence fur les autres infcrip-
tions. On le répétoit même en tout ou en partie ,
autant de fois que le nombre des contradlans
exigeoit qu’on tirât d’exemplaires d’un ’adie de
la même teneur. En France , on employoit à peu-
près les mêmes cirographes. L’invocation de la
fainte Trinité : In nomine Patris , & Filii , &
Spiritus Sanüi , amen , s’y trouvoit fouvent par-
tagée entre ceux qui avoient un égal intérêt à
ia pièce. ”
Pour rendre cet article complet , lifez celui
d’ENDENTURES.
CIRQUE. Nous ne parlerons ici des cirques
que relativement aux antiquités ; & ce que nous
dirons de leur confirudiion , ne fe trouvera dans
*e diélionnaire que pour faciliter l’intelligence
C I R
des anciens auteurs. Dans cette vue , «oas com-
mencerons par l’article particulier du cirque de
Caracalla , dont les ruines ont été étudiées avec
foin & difeernement.
La defeription du de Caracalla fut com-
muniquée autrefois par M. le chevalier de Lu-
mifden au P. Jacquier , & imprimée dans le
Journal étranger avec des inexadlitudes (tome
"VIII); nous l’allons donner d’après l’original
anglois de l’auteur.
Prefque vis-à-vis de l’églife de Saint-Laurent ,
près de la voie Appienne, à environ deux milles
de Rome, il y a un cirque que l’on croit être celui
de Caracalla , quoique quelques auteurs , & ea
particulier le favant FabrettiC^éc Aquis.p. 166.),
l’attribuent à Gallien.
De’ quinze cirques que l’on comptoir à Rome
& dans fes environs , pliifieurs font entièrement
détruits; d’autres fubfiftent encore en partie;
mais on n’y diftingue plus que l’emplacement.
Celui de Caracalla eft le plus entier; il en relie
même alfez pour nous donner une idée diftinéle
des cirques. On y voit les bornes , mets , & on
peut fuivre \zfpina, au milieu de laquelle croît
élevé l’obélifque , qui eft placé aujourd’hui fur
la fontaine élégante du Bernin, à la place Nayone.
Ce cirque étoit entouré de trois rangs de lièges ,
conftruits le long de fes deux côtés, fous lefquels
il y avoir des portiques pour fe retirer en cas
de pluie. Le liège de l’empereur, ou le podium,
étoit du côté gauche du cirque (le plus étroit),
vis-à-vis la première meta. Panvini , dans fou
favant traité de Ludis circenfibus , a donné un
plan 5c une élévation de ce cirque , & une vue
de fes ruines. Il auroit été à fouhaiter que fon
plan eût été plus exad ; car il a placé , contre la
vérité J la fpina au milieu du cirque , à diftanccs
égales des lièges 5c des deux côtés. Cependant
elle fe rapprcchoit d’environ 38 pieds anglois
du côté gauche. Cette inégalité n’étoit point l’effet
du hafard ; on l’ avoir pratiquée à deifein , afin
que les chars & les chevaux parcourant d’abord
le côté droit du cirque , eulfent au commence-
ment de la courfe un cfpace plus large pour
pouvoir plus aifément fe devancer l’iin l’autre.
Mais quand ils avoient paffé la dernière rntta
pour revenir aux carceres d’où ils étoient partp j
plulieurs des chars fe trouvoient fi retardés, qu un
moindre efpace fuftîfoit à leur paflage.
L’extrémité du cirque du côté de l’eft, fe
mine en' demi-cercle. La meta de l’occident eft
placée à une diftance confidérable des carceres ,
afin que les chars pulTent tous commencer la
courfe avec un avantage égal. C’eft auffi
cette raifon que le côté droit du cirque eft p'us
long que le côté gauche ; 5c que les carceres ne
font pas en ligne droite , comme dans le pjau
de Panvini. Ils forment une portion du cerc.e»
dont le centre eft le point du milieu entre la pj^'
mièr.e meta 5c le côté droit du cirque ; ce qu
C I R
ft'it airément vérifier en examinant les ruines de
ce cirque dans Piranèfe. Par ce moyen tous les
chars J, dans quelque rang qu’ils fufîent placés,
avoient un efpace égal à parcourir : ce qui ex-
plique TexprefÉon d’Ovide , aquus carcer :
Alaxime jam vacno pr&tor fpeciacula circo
Quadrijugis éiquo carcere mifit equos.
Amor. lib. 3. Eleg. 2.
La fpîna était confîdérablement élevée au-deffus
du plan de l’arène , afin que les chariots ne puf-
fent point heurter les autels , ou les flatues qui
en faifoient l’ornement.
Les m.ets, avoient un peu plus de largeur que
la fpitia. L’adrefîè des cochers confiftoit à paffer
le plus près poffible des mets, fans brifer leurs
ch ars. Par cette manœuvre iis abrégeoient leurs
eourfes :
Metaque fervldis
Evitata rôtis, .......
Le long des deux côtés du cirque, entre les fiéges
& l’arène , il y avoir un fofle plein d’eau appelé
euripe , pour empêcher les chariots d’approcher
trop près des fpeétateurs.
■ Il y avoir un efpace d’environ douze pieds
entre Jes'^er.e & la fpina , qui fervoit de paffage
pour monter les degrés de la fpina, 8c pour entrer
dans les cellules pratiquées fous les mets , où on
croit que les autels de Confus étoient cachés.
Dans l’arène ou grand efpace, fitué entre la pre-
mière meta 8c les carceres , on donnoit fouvent
des combats de gladiateurs 8c de bêtes féroces 5
quelquefois même on y introduifoit de l’eau pour
repréfenter des naumachies.
La defcription de ce cirque particulier , fait
connqître la manière de corriger le défavantage
des différentes places des carceres. En les fuppo-
fant droites ( comme .on l’avoit fait jufqu’à ce
jour) , tout l’avantage étoit pour les chars qui
en occupoient la gauche , parce qu’ils avoient
une courfe moins longue à fournir que les chars
de la droite. On a cru détruire un défavantage
auflî marqué, en faifant tirer les places des car-
eeres au fort ; mais ce moyen ne faifoit qu’en
varier les vidrimes. Depuis que l’on a vu les car-
eeres circulaires du cirque de Caracalîa , le défa-
vantage des pofitionss’eft évanoui, 8c l’équilibre
s’eft parfaitement rétabli. Nous allons donc paffer
a la defcription générale des cirques , devenue
plasiimple Sc plus intelligible par la découverte
de celui de Caracalîa.
ün cirque étoit un grand bâtiment , toujours
plus long que large , où l’on donnoit différens
fpeâ:acles. Un des bouts, le plus étroir, étoit
termine en ligne droite , l’autre étoit arrondi en
dsnjî-csfvls j ks deux côtés qui partoient des
CIR
extrémités de la face droite , Sc qui alloient ren-
contrer les deux extrémités de la face circulaire ,
étoient les plus longs 5 ils fervoierrt de bafe à
des fiéges ou gradins placés en amphithéâtre pouT
les fpeélateurs'. La face droite, & la plus étroite,
étoit compofée de douze portiques , pour les
chevaux 8c pour les chars ; on les appeloit car-
ceres : là il y avoir une ligne blanche d’où les
chevaux commençoient leurs eourfes. Aux quatre
angles du cirque , furie pourtour des faces, il
y avoir ordinairement quatre corps de bâtimens
quarrés , dont le haut étoit chargé de trophées ;
quelquefois il y en avoir trois autres dans Is
milieu de ce pourtour, qu’on appeloit meniana.
Le milieu de l’efpace renfermé entre les quatre
façades dont nous venons dé parler , étoit oc-
cupé par un maffif d’une maçonnerie très-forte,
de douze pieds d’épaiffeur fur fix de haut ; oh
i’appeloit fpina circi. Il y avoit fur la fpina des
autels, des obélifques, des pyramides, des llatues
Sc des tours coniques : quelquefois les tours
coniques étoient élevées aux deux extrémités ,
fur des maffifs de pierre quarrés , 8c féparés par
un petit intervalle de la fpina, en forte qu’elles,
partageoient chacun des efpaces compris entre
les extrémités de la fpina 8c les façades intérieu-
res du drque , en deux parties , dont la plus
grande de beaucoup étoit entre la façade 8c les
tours. Au bas des gradins en amphithéâtre ,
placés fur les façades du cirque , on .avoir creufé
un large foffé rempli d’eau, 8c defliné à empê-
cher les bêtes de s’élancer fur les fpeclateurs^î
ce. foffé s’appeloit euripe. Les jeux, les combats,
les eourfes, 8cc. fe faifoient dans l’efoace com-
pris de tous côtés entre l’euripe Sc la fpina circi ;
cet efpace s’appeloit area 8c arène. A l’extérieur
le cirque étoit environné de colonnades , de gale-
ries , d’édifices, de boutiques de toutes fortes de
marchands , 8c de lieux publics.
Les bâtimens qu’on appeloit cirques à Rome ,
s’appeloient en Grèce hippodromes 8c flades. Voyet^
Hippodrome 8c Stades. On attribuoit à Rom®
l’inflitimon des jeux publics à Romulus , qui
les appela confualia , nom pris de Confus , dieu
des confeils , que quelques-uns confondent avec
Neptune-équeftre. Les jeux qui fe célébroienc
dans les cirques , fe faifoient avant Tarquin en
pleine campagne , enfuite dans de grands enclos
de bois , puis dans ces fuperbes bâtimens dont
nous allons parler.
On célébroit dans les cirques des eourfes de
chars, aurigatio {Voyet^ ChAR 8c COURSES)»}
des combats de gladiateurs à pieds , pugna pedefiriit
(.F'oyei Gladiateurs)} la lute, luta (Voye:^
Lu TE) ; les combats contre les bêtes , venatia
( V oye^^ Bestiaires ) ; les exercices du manège
par les jeunes gens, ludus trojs, jeux de Troye>
les combats navals , naumackia ( Voyet^ NaumA-
CHIES). .
Oh cojnptoifà Rome jufqu’à quinze cîrquesf
- CIR
mais ils n’cîoient pas tous de la même grandeür
& de la même magnificence.
Le cirque d’Hadrien dans la quatorzième
région , près de l'endroit où eft aujourd’hui le
château Saint -Ange. Il fut ainlî appelé, félon
quelques auteurs , de l’empereur Hadrien , qui
le hf conftruire. Il n’étoit pas magnifiques les uns
prérendent que ce fut un fimple enclos de bois,
d’autres qu’il étoit de pierre noire. On croit en-
core en remarquer des veftiges ; mais il faut
avouer qu’aucun ancien auteur ne parle d’un cirque
bâti par Hadrien.
Le cirque d’Alexandre. Il étoit dans la neu-
vième région , où elt aujourd'hui la place Na-
vonne, félon P. Viétor. On en voit la figure fur
quelques médailles d’.^lexandre Sévère. 11 s’ap-
peloit auffi le cirque agonal , parce qu’on y avoit
célébré les jeux de Janus .Agonius. On prétend
que c’eft par corruption d’Agonius, qu’orua fait
Je nom Navonne. On dit qu’c.n découvrit les relies
de ce cirque creufant les fondemens de l’églife
de Sainte- Agnès.
Le cirque d'Antonin Caracalla , ou peut-être
■de Galiren. Il étoit dans la première région, à
l’endroit où ell aujourd'hui la porte de Saint-
Séballien, anciennement appelée la porte Capene.
Cn c-oit en avoir des relies dans l'églife Saint-
Sébaliien & le capo di Bove. Le pape Innocent
X fit ériger fon obéhTque fur la magnifique fon-
taine de la place Navonne le commence-
ment de cet article.
Le cirque .Apollinaire. V'oyeq^ cirque Flaminius.
Le czVçüf d’Aurélien 11 étoit dans la cinquième
région; mais il faut plutôt l’appeler cirque 6‘Hé-
lagahale , parce qu’Auréjien ne fit que le réparer.
Voyeq^ plus bas le cirque d^Hélagabale.
Le cirque Calirenfis. Il étoit devant la porte
Labicana ou de Prénelle , aujourd’hui la porta
Mjggiore, non loin de l’amphithéâtre Caflrenfîs ,
derrière Sainte-Croix-en-.Térufa!em. On prétend
qu'il n’étoit qu’à l’ufage des foldats , & que
c’ell auffi le même cirque que celui d’Hélaea-
bale.
_ Le cirque de Domitia. II étoit dans la quator-
zième région ; & on a lieu de conieélurer que
c’étoit le même que le cirque d’Hadrien.
^ ]^e cirque d’Hékgabale étoit dans la quinzième
régio n. Son obélifque ell regretté des favans ; il
étoit chargé d’hiéroglyphes : on en voit les mor-
ceaux dans la cour du cardinal François Barberin.
Il relloit encore, il n’y a pas long-tems, des
vertiges de ce cirque. Auréîien répara ce cirque ,
ce qui le lui a fait attribuer oar plufieurs écri-
vains.
^ Le cirque Flaminius. Il étoit en la neuvième
ïégion , dans des prés appelés alors prata Fla-
minia II fut bâti l’an GO, par Cneius Flaminius ,
cenfeur , le même qui fut defiiit par Anniba! près
du lac Trafimène. Cneius Oclavrus l’orna d’une
dott’üJe galerie de colonnes corinfhiehnes. Il étoit
t
C I R
hors de la ville. C’étoit-là que commençolt 1*
marche des triomphes , & les triomphateurs y
dilinbuoient aux foldats les récompenfes mili-
taires. On y célébroit les jeux Apoilinaires
& l'on y tenoit marché. Qu^nd il étoit inondé
du Tibre , la célébration des jeux fe transféroit
au mont Quirinal. On croit qu’il fut ruiné dans
la guerre des Goths & de l’empereur Jurtinien;
& l’on prétend qu’en lyoo on en voyoit encorf»
des vertiges, à l'endroit où eft aujourd’hui l’égiife
de S. Nicolao aile Calcare.
Le cirque de Flo'c. II étoit dans la fixième
région , dans un enfoncement , entre le Quiri-
nal & le Pincius. C’étoit-!à qu’on célébroit les
jeux Floraux. On prétend que c étoit un théâtre
& un cirque , & qu’il occupoit l’endroit appelé
aujourd hui la Piaq^a Grimana.
Le circus intimas 11 étoit dans la vallée M.ur-
cia ; mais comme le grand cirque s’y trouvoit
auffi , on les confond.
Le cirque de Jules-Céfar. On prétend qu’il
s’étendoit depuis le maiifolée d'.Augufte jufqu’à
la montagne voifii.e; mais il y a des doutes même
fur fon exillence.
Le grand cirque étoit dans la troifième région
qui portoit fon nom. On l’appelott le grand y
parce qu’on y célébroit les gr.mds jeux, les jeux
confacrés diis magnis , OU parce qu’il etoit le
plus grand des cicques. 11 lu: comtMncé par
Tarquin l’ancien, dans la vallee Afa cij^entre les
monts Palatin & .Aventin. Les fénateurs & les che-
valiers s’y faifoient porter des banquettes de bois
appeléesç/ûrz , qu’on remportott à la fin des jeux.
Il fut dans la ffiiee orné , embelli & renouvelé
fous plufieurs empereurs , mais fur -tout tous
Jules-Céfar. Sa longueur, félon Pline, étoit de
trois ftades Srdemi,zo8i pieds, fi les ftades
font olympiques , & fa largeur , y compris les
édifices , de quatre arpens , ou de 920 pieds.
Il pouvoir contenir , félon Denis d’Halycarnaffe,
I <ooco hommes, félon Pline zéccoo, ou rnême
380000 félon P. Viélor. A fon extrémité circu-
laire il y avoit trois tours quarrées , & deux a
l’autre extrémité. Dans les derniers tems ces tours
appartenoient à des fénateurs, & palfoient à leurs
enfans. Le bas de ce cirque en dehors étoit un
rang de boutiques , ménagées dans les arcades
les plus baffes ; fon euripe avoit dix pieds de
largeur, fur autant de profondeur. La premiers
rangée des fiéges étoit de pierre , le' autres de
bois. L’empereur Claude fit cor.llruirc en marbre
les carceres , ou endroit d’où partoient les che-
vaux S: les chars ; il fit auffi dorer les bornes ,
& il défigna une place fur la fpina pour les léna-
teurs. Les carceres étoient à la petite façade du
côré du Tibre , au nombre de douze. La première
chofe que l’on trouvoit en s’approchant de la
fpina par ce côté ; étoit le jierit tempie appelé
s.des Murcis, ou autel dédié à Vénus. Vers ce tem-
ple étoit celui du dieu Confus q iltouchoit prefq'J®
CIR
les trois pyramides rangées en ligne droite qu'on
appeloir mets. , les bornes. 11 y avoir trois autres
mets % l’autre bout ce qui ne faifoit que fix ^
cacique le roi Théodoric en ait compté fept- La
/pjna écoic contenue entré ces trois bornes d’un
côté J & les trois autres bornes de l’autre. On
voyoit liir la fpina l’autel des Lares , ara poten-
des dieux puifîans deux colonnes
avec un fronton formant comme l'entrée d'un
temple ^ un autre morceau femblable dédié à
Tutel'.ne avec un autel;, une colonne portant la
llarae de la Yiéloire , quatre colonnes, dont l’ar-
chitrave, lafnfe, la corniche étoient ornées &
lurmontées de dauphins , dédiées à Neptune , ia
itatue de Cybèie , aüîfe fur un lion ; au pied
du grand obélifque , vers le centre du cirque , an
temple du Soleil, un trépied à la porte de ce
temple, une ftatue de la Fortune fur une colonne,
un Bâtiment à colon'nes , couronné de pierres
rondes , obîongues , & dorées , qu’on appeloit
les œufs des courfes , ova ciirriculorum , & qu’on
devoir félon le nombre des courfes achevées ,
des temples , des colonnes , des itatues , &c.
une ftatue de la ^'iéioire fur une colonne, l’autel
des grands dieux , un obélifque plus petit que
le precedent , confacré à la Lune 5 enfin les trois
autres bornes , mets. Augufte fit fiibftituec l’obé-
lifque à un grand mât, qui etoit dreffé au milieu
du cirque , & qui lui donnoit l’air d’dn vaiîTeaa.
L’empereur Conlrance y en éleva un fécond plus
haut que le premier : celui-ci eft maintenant à la
porta dd Popolo ,• l’autre ell devant i’égüfe de
Saint-Jean de Latran. Le long des façades du
en dedans, il y avoir comme aux amphi-
théâtres le podium ou place des fénateursj au-
deffus les fieges des chevaliers romains; plus haut
une grande galene régnant tour autour du cirque ^
au-deffus de cette galerie de nouveaux gradins ,
continués les uns, par ordre, au-deffus des autres
juiquau haut de la façade, où les derniers gra-
dins étoient adoffés co.ntre l’extrémité du petit
orars d architecture qui fervoit de couronnement.
Lans les jours de jeux on jonchoit i’arène de
faole b.anc. Caligula Sr d’autres empereurs y
firent répandre , par magnificence , du cin-
nabie , du fuccin , & du vitriol bleu ou chry-
, focolle. On y avoir pratioué un grand nombre
de portes. Il fut brûlé fous ?^éron, & il s’écroula
fous Antonin le pieux ; mais on le releva tou-
jours , jufqu’à ce qu’i! fut rafé entièrement fans
qu on fâche a quelle occafîori. I! n’en refte plus
que ^des veftiges , à l’endroit appelé •valU di
Cercki.
ffe cirque de Néron. I! étoit dans la quator-
zième région de la ville , entre le Janicule & le
Jatican ou eft aujourd’hui l’églife de Saint-
Pierre de Rorne, devant laquelle Sixte-Quint fît
élever fon obelifaue.
cirque de Sallufte. Il étoit dans la fîxième
région , près de la porte Colline , vers le Quiri-
C I R
nal & le mont Pintius. Il en refte des veftiges,
quoique la plus grande partie foit comprife dans
les jardins Ludovifiens , où l’on en voit l’obé-
lifqtie. ^
^ Le cirque Vatican. C’eft le- même que celui de
Néron. Quoiqu’il y eut lix carceres à chacun des
cotés du cirque , les courfes ne pouvoient com-
mencer que de l’un des côtés. Des fix carceres,
il n’y en avoir que quatre dont on ouvrit les
portes pour les quatre radions, jufau’â ce que
Domitien ajoutât deux nouvelles factions , afin
Quhlen pût fortir fix à la fois, & qu’iî ne reftât
point de portes fermées. Ceux qui concouroient
pour la courfe, avoient toujours à gauche la fpina.
en partant.
Les factions étoient diftinguées par la couleur
de leur haoit. il n y avoir dans ie commence-
ment que la blanche & la rouge ; on y aioura
la verte & la biCue, enfiute la doree Sc la pour-
prée, qui ne durèrent pas long-rems. Lts'^ fac-
tionnaires étoient ou des efclaves, eu des affran-
chis , ou des étrangers ; cependant quelques
enfa.ns de famille , des fénateurs, & même des
empereurs, ne rougirent pas dans-la fuite de faire
la fonction vile à’aurige , ou de cocher. Ces
faélions^ divifoienc It peuple , dont une partie
favonfoit la première couleur , & une autre
partie s’intéreffoic à la fécondé, ce qui caufa fou-
vent des émeutes.
Cirque (Jeux du), circenfes luii. Les jeux
'du cirque , circenfes ludi , que quelques aiiceu'î's
appellent circenfes , étoient 'des combats que
les Romains célébroienr dans le cirque , d’où ils
avoient pris leur nom , & non de Circé , comme
l’ont cru Tertuiiien & ie tradudeur d’une omi-
fon de Cicéron contre Verrès , qui rend circenfes
ludi par jeux de Circé. Ils fe faifoient 'en l’hon-
neur de Confus, dieu des confeils. On les appeloir
âuiii /eux romains , en latin luai romani , parce qu ils
étoient aufÎ! anciens que Rome, ou p'arce qu’ils
avoient été inftitués ou plutôt rétablis parRomu-
lus _; & grands jeux , en latin luai magni , parce
qu’ils fe célébroient avec plus de dépenfe & de
magnificence qu’aucuns autres , & parce qu’ils
fe faifoient en l’honneur du grand dieu Neptune,
qui étoit auiî! le dieuConfus. Ceux qui difent qu’ils
furent inftitués à l’honneur du Soieil, confondent
la pompe du cirque avec les jeux ou les courfes
du cirque, l es jeux du cirque furent inlHtués par
Evandreà l’honneur de Neptune, & rétablis par
Romulus;. parce eue ce fut par ie confeil de ce
dieu qu’il fit l’enlevement des Sabines ( Val. Max.
il. 4. 4.). La pompe du cirque n’étoic qa’un<*
partie ou le préludé des jeux du ci’-aue. C’éto''t
une fimpîe cavalcade à l’honneur du Soleil ; au-
heu que dans les jeux du cirque c’étoient des cour-
fes de chevsux-
Jufqu’à Tarquin le vieux, on célébra les ieus
de cirque dans r’ifle du Tibre , & ils ne s’appeioieus
yo CIR
que les jeux romains ou con/ua/^s/ depuis que ce
prince eut bâti le cirque , ils en prirent le nom,
parce qu^’ils s’y firent toujours.^ Il y avoit fept
fortes d’exercices. Le premier reunifloit la lutte,
les combats avec l’épce , les barons, les piques ;
le fécond étoit la courfe j le troifième la danfe }
le quatrième le palet , ou le difque , les flèches ,
les dards , toutes autres fortes d’armes fembla-
blesj tous ceux-ci fe faîfoient à pied j le cin-
quième étoit la courfe à cheval; le fixième la
courfe des chars, foit à deux , foit à quatre che-
vaux : dans cet exercice on divifoit les combattans
d’abord en deux quadrilles, & puis en quatre ,
& elles portoient les noms des couleurs dont
elles étoient vêtues. Il n’y avoir d’abord que
la blanche & la rouge ; on y ajouta enfuite
la verte & la bleue. Ce fut Oenomaüs, roi
de Pife , qui inventa la diftinèlion des couleurs
pour les divers quadrilles des combattans aux
jeux du cirque ; le verd étoit pour ceux qui re-
préfenroient la terre , le bleu pour ceux qui re-
préfentoient la mer. Domitien ajouta encore
deux nouvelles couleurs à ces quatre, le jaune
& le violet ; mais elles n’ont pas duré. Dion
l^lib. Lxvii.) dit le jaune & le blanc; mais le
blanc étoit plus ancien. Il étoit encore une des
couleurs du cirque au cinquième fiècle , comme
on le peut voir dans Cafliodore (/iv. iil, ép.
yi.).
L’empereur Hadrien fixa les jeux du cirque ,
dont le jour varioit fuivant les caprices des em-
pereurs, ou fuivant les rits religieux, au xi'des
calendes de mai (^Harduini, Hiji. Aug. ex Num-
mis. fol. p. joo. ),
CIRRATÆ,^
CIRRES , >• veftes. Capitolin (Pertin. c. 8.)
BieiRRES,}
appelle les habits des foldats cirratas. Vefis , dit-
il , per cirratas militares. Les anciennes Glofes
rendent le mot cirra par celui de long poil : fcaXTii; ,
eirra , villus ; paXXvAs, villofus ; & ailleurs bicir-
res , S'Ift.aXXoi , V^efies cirrats étoient donc
des manteaux velus, ou à longs poils, d’un côté,
& bicirres , des manteaux velus des deux côtés.
Ces derniers s’appeloient & amphi-
malla {Voyei Amphimallum ). Telles furent
les lacernes, félon l’ancien interprète de Perfe
(^Sat. I. 29.) ; Lacerna pallium fimbriatum ^ quo
olim foli milites utebantur.
CIRRHA , étoit le port le plus voifin de Del-
phes , ce qui a fait confondre fon oracle avec
celui de la Pythie , fi toutefois ce n’eft pas à
tort que quelques écrivains en ont dîflingué
deux.
CIRRUS, ■) . , ,,
CIRRATI , ) deux mots ont un double
fens; tantôt ils expriment des cheveux frifés
i-Foyei CUJEYEUX), Sc umôt ils dçfignent Içs
C I
O
longs poils des étoffes velues ( Foyer plus hait
CiRRATÆ.).
CISELER. -J
CISELEUR. > Q uintilien indique une différent»
CISELURE.)
entre la fculpture & la dfelure , qui efl affez pré-
cife, & qu’il trouve dans les matériaux employés
de fon tems par les deux arts. L’or , l’argent , le
bronze & le fer font la matière que travaille le
cifeleur; & le fculpteur emploie le bois, l’ivoire,
le marbre , le verre &: les pierres précieufes. {Infa.
Ordt. il. 21.). Et c&latura , que auro , argento ,
are ,ferro , opéra effcit. Nam fculptura etiam lignum,
ebur , marmor , vitrum , gemmas , priter eas , qui,
fupra iixi , compleBor. Cette différence n’exifte
plus la même aujourd’hui relativement aux pier-
res précieufes & au verre , qui fe travaillent au
toqret ; mais on peut l’admettre pour les autres
matériaux.
Les Romains donnèrent à la dfelure Sr aux
vafes dfel'es des noms formés du grec , toreutice
& toreuma y qu’il faut chercher à leurs articles
refpeétifs. Ils fe fervojent cependant des mots
c&lata , cilator , ctlatura 8c cilum. Us diftin-
guoient quelquefois l’orfévre , argentarius , du
cifeleur y cslatur , comme on le voit dans l’épitÿ
phe fuivante .•
ANTIGONUS. GERMANIC. CÆSAR
ARGENTARU s
VIXIT. AN. XLII.
AMIANÜS. GERMANIC. CÆSAR
CÆEATOR
FECIT.
CISIARÎVS. .} Le dfum étoit une voiture I
deux roues, félon Nonius Marcellus {il- §■
biroti genus. 11 avoit un fiége fait en forme de
cofi-'re , appelé capfus ,• Feflus nous l’apprend ;
Ploximum ait appellari Catullus capfum in cifo,
capfave y cum ait : gingivas veto ploximi habet
veteris. On atteloit des mules au dfum ( Yic^
Catal. in Sabinum.') :
Sabinus ille , quem videtis hofpites ,
Ait fuijfe mulio celeberrimus :
Neque ullius volantis impetum df. . . • •
Elles étoient quelquefois au nombre de trois >
félon Aufone (Epif. nu.) , trijuge dfium.
Le dfum étoit une voiture très -légère , car
Cicéron dit ( pro Sext. Rofe. c. 7.) qu'on aVOit
fait près de huit pofles de France dans>üx heur^
de nuit avec des dfum : Decem koris noBurni
fex & quinquaginta millia pajfuum dfis
Il paro'it que les femmes ne faifoient pas u ag^
des cifum j çax c’eif toujours des hommesso*
C I s
yarîe Aufone toutes les fois qu’il fait mention
de cette voiture. On appeloic cifiari-ds le cocher
au cljlum , & Ulpien en parle ( in Leg. i^. ff-
Locat.
CISPIUS morts. Cétoit félon Feiîus , un
«les deux fommets des Efquilies , qui avoir pris
fon nom d’un particulier appelé Cifpzus. Il étoit
fcparé de l’autre fommet ^ nommé Oppius j par
le vallon Subara.
CISSÉIS:, roideThracejpèred’Hécubej femme
de Priam.
CISSON , jeune homme de la fuite de Bac-
ehus J qui fut métamorphofé en lierre , après
avoir perdu là vie dans la fureur d’une des fêtes
de ce dieu. Le nom grec KisrA; , du lierre^ a fait
naître Cijfon. ' '
Mercure efl furnommé Ciffbnîiis dans l’infcrip-
tion fuivante (^Muratori ^Ttief. Infer. I44. 3-) >
peut-être à caufe de l’éloquence dont il' étoit le
dieu. Les orateurs fe couronnoient-ils de lierre
comme les poètes ?
DEO MER.CURIO CISSO
NIO DUBITATIA ■ CASTütA
NATIONE. SYRIA TEMPXUM
ET. PORTICUS. VETUSTATE
GOLLABSUM DENUO DE SU®
RESTITÜIT
CÎSSOTOMIESj fêtes inftituées cher. les Phlia-
tiens en l’honneur d’Hébéi déelTe de la jeuneffe.
Les jeunes gens y étoient couronnés de lierre j
plante toujours verte j véritable fymbole de la
deeiîe Hebe. 'K.iTTr.Tsptog , lignine coupe-lierre.
CISSTBIUM ,\ ' ^ . r •„ ,
kiesybîon , 3 orne de feuilles de
he^e {y.urPcç) , ou fait de bois de lierre. Les
palïages des auteurs grecs & latins qui en font
mention ^ peuvent recevoir indifféremment ces
deux explications.
CISTE mylHque , corbeille que l’on portoit
en grande pornpe dans les orgies , dans les myf-
teres de^ Cybele , de Ceres , & "dans plulîeurs
autres cérémonies religieufes. La cifte des myftè-
res d’Eleufîs renfermoit {Atk. l. xi.) du féfame,
des efpèces de bifeuits appelés pyramides , des
gâteaux ronds , des grains de fel, des pavots &
des paftilles ; c’étoit de ces mets dont enten-
doient parler les initiés , lorfqu’ils difoient qu’ils
avoient pris dans la cifte. Qn y ajoutoit encore
des grenades , auxquelles les initiés ne pou-
voient toucher , du lierre , des férules 3 de la
moèle d’arbres , enfin la figure d’un dragon
confacre a Bacchus f Clemen. Protrep. p, ip, ).
Il y a piufieurs dilTertations fur ces corbeilles
myiliques j bc on a toujours alTuré qu’elles étoient
C I S Jt
tiffues dejoncj comme dans l’origine des myftè-
' res. Mais on voit à Rome deux ciftes mylHques
de bronze. L’une étoit au cabinet des Jéfuites,
& V/inckelmann l’a décrite {An. v. i .) ; & l’autre
appartient à M. l’abbé Vifeonti 3 éditeur du mu-
féum de Pio-Clémentin. Toutes deux ont été
trouvées aux environs de,PaIeftrine3 & ce font
des vafes cylindriques avec des couvercles. Sur
le couvercle de la première 3 on voit Bacchus
debout appuyé lur deux Faunes. La draperie de
Bacchus eîl parfemée d’étoiles pour déiigner lé
Bacchus-NoÂiurne :
Noétarni trieteria Bacckî.
Sur une petite lampe qui fert de bafe à ces figu-
res 3 eft gravé le nom de celui qui a fait fabriquer
cette cifte 3 avec celui de l’artiSe.
Bacchus paroit auffi fur ie|Couvercle de l’autrs
cifte , mais appuyé fur un feul Faune 3 qui porte
une longue queue , comme les deffi noient les
Etrufques. Autour de la cifte eft gravée une bac-
' chanale.
Dans les monumens qui repréfentent des bac-
chanales èc fur les médailles 3 on voit fouvenr
la cifte entrouverte avec un ferpent qui en fort.
Quelquefois la ftatue de Bacchus eft placée fur
la cifte ; quelquefois auffi la cifte eft aux pieds de-
Bacchus.
CISTOPHORA. ■>
CISTOPHORE. f ^ , ,
CISTOPHORUS. C On trouve dans le recueil
CISTIPHORE ? ^ inicnptiüRS de Mura-
lori le mot Cistophorus (179. i.) & (178. 3.),
celui de cistophora deæ nilotidis isidis
PüRÆ. C’étoient ordinairement chez les Grecs de
jeunes filles d’une condition relevée , qui portoienr
dans les pompes publiques les corbeilles facrées.
On les appeloit auffi canéphores. Voyerp^ ce mot.
Les Romains faifoient peu de cas 3 au rems
de Martial , des ciftopkores ou ciftipkores , fi l’on
en juge par une épigramme de ce poëtt{lii>. j.
17. V. 3.) :
Hum te pojfe negas 3 nîfi lato Gelliaj clavo ,
Nubere , nupffli , Gellia , ciftifero.
CISTOPHORES 3 médailles grecques aînlî
appelées de la cifte myftique qui en eft le type.
On peut affurer trois chofes fur les ciftopkores ;
■1°. ils ont tous été frappés dans i’Afie mineure 3
à Apamée & à Laodicée en Phrygie, à Pergame
en Myfie3 à Sardes & à Tralle’en Lydie3“'&. à
Ephèfe dans l’Ionie. Ceux que Gokzius , &
djaprès lui le P. Panel 3 dans fa differtation fur les
ciftopkores , ont attribués à l’ifle de Crète , font
fuppofés^ou ma! lus. Tous font d’argent; &
3°. du même poids j c’eft-à-dire, des térradrach-
mes. Quoique les hiftorieus aient pajlé piufieurs
“71 c I S
fois des cîfiophores par centaines de mille j i!s
font cependant très-rares aujourd hui , & c eft
un prodige d’en avoir des iîx villes dans le même
cabinet.
Les ciftophores ont été frappés feulement dans
les lix villes nommées ci-delius , parce que les
conventus jaridici des peuples de la province
d’Aiie y étoient établis par les proconfùls romains ,
qui y renoient leur forum. Selon les apparences ,
tous les peuples & diftriéls dépendans de ces
jurifdiélions J fourniiîoient Içur contingent en
argent pour la fabrication des cîfiophores qui s’y
frappoient , & qui fervoient à payer le tribut
que les Romains exigeoient d’eux en cette efpèce
de monnoie.
CISTRE. Voye:^ Sistre.
CITATIONS des droits civil & canonique.
Comme les citations de droit font ordinairement
écrites en abrégé nous les allons expofer ici
pour en donner l’intelligence.
Citations du. droit civil.
Ap. Jufiin. ou Infiitut. lignine aux inftitutes.
D. ou. f. aux digeües.
Code ou c. au code.
Cod. Tkécd. au code Théodolien.
Cod. repet. prelecl. repetitæ prælecliones.
Autkent. ou autk. dans l’authentique.
Leg. ou 1. dans la loi.
ou parag. au paragraphe.
Novel. dans la novelle.
Novel. Leon, novelle de l’empereur Léon.
Argum. leg. par argument de la loi.
Giof. dans la glofe.
H. t. en ce titre.
Eod. t. au même titre.
In p. ou in. princ. au commencement.
i/z yi à la .dn.
Citations du droit canon.
C. ou can. au canon.
Cap. au chapitre.
Cauf. dans une caufe de la fécondé partie du
décret de Gvatien.
De conf. dans la troiiîème partie du décret qui
traite de la confecration.
De pœn. au traité de la pénitence qui elî dans
la fécondé partie du décret.
Difi. dans une dilHnétion du décret ds Gratien.
Ex. ou extra, c’eft dans les décrétales de Gré-
goire iX.
Ap. Greg. IX. dans les mêmes décrétales.
Extrav. comtn. dans les extravagantes co.mmu^
nés.
Extrav, Joan. dans les extravagantes ou conf-
titutions de Jean XXII.
In fexta ou in 6. dans la colleélion de Boniface
y 111 , appelée le fexte.^
fl-y. Bon. ou appendisç Bonifacii ^ dans le fexte.
C I T
Q. qu. OU qu.ifi. quellion.
ÿ. ou verj. au verfet.
CITÉ. ■) J J • , .
CIVITAS. 5 civitas, déli-
gnoit anciennement un état , un peuple avec toutes
fes dépendances , une république particulière
Ce mot ne convient plus guères aujourd’hui qui
quelques villes d’Allemagne ou des cantons fuiffes
Quoique les Gaulois ne forma.Tent qu’uir^,
même nation , ils étoient cependant divifes en
plulieurs peuples , formant prefqu’autant d’états
réparés, que Céfar appelle cités , civitates. Chaque
cité avoi: fes alTembiées propres, & elle envoyoit
de plus des députés à des aifemblées générales
oi'i l’on difeutoit les intérêts de plulieurs can-
tons. Mais la cité-ou métropole , ou capitale dans
laquelle fe tenoit l’affcmblte. , sappeloitpar
excellence civitas. Les Latins difoient clvitas
Æduoram , civitas Lingonum , civitas Senonum ;
& c’eft fous ces noms qu’Autun, Langres & Sens
font délîgnés dans 1 itinéraire d'.Anconin.
Dans la fuite on n’appela c.té que les villes
épifcopales ; cette diltindion ne fuofille plus
guères qu'en Angleterre , en le nom de cité n’a
été connu que depuis la conquête; avant cette
époque toutes les villes s appeloient bourgs. Dans
la bulle d’érection , de divilîon & d’aflignation
des évêchés de Poitiers , de .Maiilezais Se de
Luçon , le pape dit qu'il érige en cités les villes
de Maiilezais & de Luçon : Maliafenfem Ù it
Lucionio villas in civitates erigimas , 6’ civitdtu.ni
vocabulo decoramus. Si le Itége épifcopal d’une
ville étoit hors les murs, l’endroit où il étoit
s’appeloit la cité , & la ville retenoit le nom de
ville. On appelle encore aujourd’hui à Arras da
nom de cité, cetre partie' de la ville où ell la
cathédrale , & l aiitre partie qui eft féparée de
la première par des murailles , s’appelle la vi&.
Il en ell de même de Conferans , de Limoges,
&c.
Cité (Droit de) chez les Romains. Cet arti-
cle appartient au diétionnaire de jurifprudence;
nous avons cru cependant devoir mettre ici un
abrégé , qui fera utile aux antiquaires dont la
jurrfprudence n’ell pas l’étude principale. U eil
pris de l’encycloDédie.
Chez les Romains, le droit de cité, c’ell-à-dire,
la qualité de citoyen romain , fut conSdére comme
un titre d’honneur, & devint un objet d’é.mu-
lation pour les peuples voifins qui tâchoient de
l’obtenir.
Ceux qui étoient réellement habitans de Rome,
jouirent d’abord feuis du titre & des privilège*
de citoyens romains. *Romulus communiqua bien-
tôt le droit de cité au peuple qu’il avoir vaincu,
& qu'il amena à Rome. Ses fuccelfeurs firent
même chofe , jufqu’à ce que la ville étant
peuplée , on permit aux peuples vaincus de reftef
chacun dans leur ville ; & cependant pour -c*
C î T
at-tac&er pîus fortement aux Remasns j on leur
accorda le droit de cité ou de bourgeoifie romaine ,
enforte qu’il y eut alors deux fortes de citoyens
romains J les uns qui étoient habitans de Rome ,
& que 1 on appeloit cives ingenui y les autres qui
demeurojent dans d'autres villes , & que l'on
appeloit murâcipes. Les confuls 8c enüiite les
empereurs communiquèrent les droits de cité à
différentes villes & à différens peuples fournis à
leur domination.
La loi 7 a-u code os- iitcolis , porte que le
dortiîcile de quelqu’un dans un endroit , ne lui
attribue que la qualité d’habitant ; mais que celle
de citoyen s'acquiert par la naifîance , par l'af-
franchifïèment , par l’adoption j & par l’élévation
a quelque place honorable.
Les droits de cité confîftoient chez les Romains,
i“. à jouir de la liberté ; un efclave ne pouvoit
etre citoyen romain , & le citoyen romain qui
tomboit dans l’efclavage , perdoit les droits de
cite. 1^. Les citoyens romains n’ étoient point
fournis a la puilTance des magiftrats en matière
criminelle , ils arrêroient leurs pourfuites en
diCznt ci-vis romanus fum ; ce qui tiroit fon origine
de^ la loi des douze tables , qui avoir ordonné
qu’on v.e pouvoir décider de la vie & de l’état
d un citoyen romain , que dans les comices par
centuries. 3^. Ils avoientle droit de fuffrage dans
les atfaires de la république. 4°. Ils étoient les
feuls qui eiiffent fur leurs enfans la puilTance telle
que les loix romaines la donnoient. j°. Ils étoient
auffi les feuls qui puflent exercer le facerdoce &
la magiftrature; & ils avoient plufieurs autres
privilèges.
Le droit de cité fe perdoit, i'’. en fe faifant
recevoir citoyen d’une autre ville ; 2®. en com-
mettant quelque aéiion indigne cr«n citoyen
romain , pour laquelle on encouroic la grande
dv'gradâcion appelée Ttiaxima capztzs diminutio ,
Q“i ôtoit tout à la- fois le droit de cité Sr la
liberté 5 3®. la moyenne -dégradation , appelée
media capitis diminutio , èîoit aufE le droit de
cité ; telle étoit la peine de ceux que l'on effa-
çoit du tableau des citoyens romains, pour s’être
fait inferire fur le tableau d'une autre ville. Ceux
qui croient exilés ou relégués dans une ifie ,
foufrreient auffi cette moyenne dégradation, &
conféquemment perdoient les droits de cité.
_ Pour connoître le droit de cité chez les Athé-
niens, voyez Citoyen.
CITERIA, caricature que l'on portoit à Rome
dans certaines cérémonies publiques. Elle renfer-
mait un homme qui ne ceffoit pendant la m.arche
de débiter des bouffonneries, qui fem.bloient fortir
de la bouche du mannequin. On peut conclure
de^l’épigramme fuivante de Martial (xrx. 182,)
qu’il étoit fait de terre cuite ;
Ehriiis hic feelt terris put»
Antiquités ^ 'Tome lit
Monjira Prometheus :
Saturnalitio lufit & ille luta.
CITERNE. Dans les ruines des édifices anti-
ques , on a fouvent méconnu la véritable defti-
nation de ces falles baffes , dont le plafond eft
foutenu par un grand nombre de piliers ou colon-
nes , & qui ne font éclairées par aucune ouver-
ture. Les dépôts des eaux appliqués à différentes
hauteurs contre les parois , n'ont pas toujours é-té
apperçus , ou ils ont été pris pour les reftes des
encomhremens. C'étoient de véritables citernes ,
telles que la falle baffe des Thermes de Julien ,
que l'on voit dans la rue de la Harpe à Paris.
La defeription que Winckelmann a donnée d’ua
de ces vaftes édifices fouterrains , fervira à déter-
miner leur véritable deftination.
cc L'énorme réfervoir , nommé pifeina mirabi-
lis , lequel étoit deftiné pour le fervice de la
flotte romaine-près de Mifenum , fe rempliffoit
d'eau de pluie , que les foidats y venoient cher-
cher pour la tranfporter fur les vaiffeaux, comme
on peut le conjefturer par l’infpeétion de quel-
ques tuyaux qui fe trouvent en-haut , & par
iefqiiels on faiîbit probablement paffer l'eau. Ce
réfervoir fourerrain eft porté par des piliers à
égales diftances les uns des autres, & qui forment
cinq galeries voûtées, dont chacune a treize palmes
romains de largeur (fept pieds fept pouces). »
CITHÆRON , en Béotie. Ki©.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RRRR. en bronze Pellerin.
O. en or.
O. en argent.
Trois croiffans forment leur type-.
CITHARA. >
ki©atÎs' l différens noms défîgnent
CITHARE. s petite lyre, qui a été appe-
lée auffi chelys. Elle différoit de la grande lyre
ou barbytos (V'oyezt_ ce mot) , parce qu’on en
pinçoit les cordes avec les doigts , fans employer
le plecirum , & parce qu’elle n’avoit point de
magas , vuide formé vers le bas de i'inflrume.nt
pour en augmenter le fon. On reconnoît la
cithare ou petite lyre dans celle que -tient Terp-
ficliore , trouvée à Herculanum , a-vec cette inf-
Cription TEF’J-ÎXOPH aypan ( Pittur. t. 2. tav.
J. ) , & dans l’infirume.nt que tient u-n M-ercure
de la Villa-Négroni.
CITIIARISTA , joueur de l^'re qui ne s’ac-
compagnoit pas de la voix.
CITHARISTERIENNE , nom d'une efpèce de
flûte des Grecs, dont parle Athénée. Daiêchamp
dit , dans fon commentaire fur çet auteur ,
qu'elle a reçu ce nom parce qu'elle s'accordoit
bien avec la cirhare. Dans ce cas , elle devok
avoir un fqa très-doux, iiAtis foible, pour nç
K
74 C I T
pas étouffer celui de rinftrument qu’elle accom-
pagnoit.
CITHARISTIQÜE ^ genre de mufique & ae
poéfîe;, confacré àraccompagnementdeia cithare.
Ce genre dont Amphior.;, fils de Jupiter & d’An-
tiope , fut l'inventeur prit depuis le nom • de
lyrique.
CITHAROEVUS , joueur de lyre qui s’ac-
compagnoit de la voix, qui difputoit des couron-
nes aux jeux pythiens & delphieiis.
L’habillement des joueurs de lyre & de flûte
étoiî fi recherché, les auteurs en font fi fouvcnt
mention , que nous avons cru devoir en déter-
miner avec foin les détails dans cet article. Nous
l’avons étudié fur lesmonumens, entr’autres fur
trois bas-reliefs publiés par Winckelmann , dans
Çcs Monument! inédit! , n®. 189, de la \ illa-Pam-
pbili, n°. 80, fculpture étrufque, &c n°. 187 delà
Villa-Albani.Lejoueurde lyre du premier bas-relief
porte un mafque fans barbe , une couronne de
laurier & des cheveux longs tombant en trefies
fur le col & fur les épaules. Il eft vêtu d’une
tunique qui tombe jufqu’à terre , & qui couvre
les bras jufqu’au poignet. Une ceinture très-large
placée fur les hanches , ferre foiblement cette
tunique, comme on le voit à fes plis qui font
tous perpendiculaires , & qui ne font ni brifés,
ni interrompus. Un manteau très-ample Se flot-
tant, pend des épaules du joueur de flûte. Sa
chauffure eft formée d’une femelle fimple , liée
fur le pied avec des bandelettes croifées. De la
main droite il tient un pleélrum aufti long que
le bras, pris depuis le coude jufqu’au poignet,
terminé d’un côté par une pointe mouffe recour-
bée , & de l’autre par une feuille de lierre , ou
une efpèce de fer de flèche. Cette dernière extré-
mité du plectrum eft placée fur les cordes d’une
grande lyre , que le joueur tient de la main gau-
che. Enfin ce joueur porte un bracelet au-deffus
du coude.
Le perfonnage du troifième bas-relief, qui
repréfente la mufique, félon Winckelmann, eft
aflis. II offre à peu de chofe près le même cof-
tume. Ses cheveux font moins longs , & une
bandelette les alfujettit tous autour de la têre. Sa
chauffure eft. un foulier plein, calceus cavus ,
&c fon manteau eft fi ample , qu’il couvre le
fiége fur lequel il eft rejeté en partie. 11 faut
' obferver ici la double tunique dont nous allons
parler.
Sur la fculpture étrufque , ou du moins com-
pofée dans le ftyle étrufque , paroilfent trois
divinités qui regardent une ftatue d’Apollon ,
placée fur un cippe quarré vers lequel elles por-
tent leurs pas. Celle qui eft la plus voifine du
cippe , & qui doit fixer feule notre attention ,
pince une grande lyre avec les deux mains ,
comme nous pinçons aujourd’hui la harpe. Elle
porte un diadème élevé fur le front , & de longs j
cheveux tr'effés. Elle eft vêtue , d’une tunique à I
C I T
plis droits, dcfcendant jufqu’à terre, & par,
delfus cette première d’une fécondé tunique
terminée aux genoux , & liée par une longue
ceinture. Un manteau très-ample & flottant, def-
cend de fon épaule gauche.
A l’aide de ces trois defcriptions , nous allons
expliquer facilement les paffages des anciens qui
font relatifs aux joueurs de lyre , de flûte , &
aux muficiens publics en général. Leur man-
teau étoit orné de bordures en or (Juven. Sat. x.
zio. J :
Et quihus aurata mos efl fulgere lacerna....
Souvent il étoit de pourpre ou de couleurs diver-
fes ( Cicer. Mer en. ir. egj.) : Uti citkaroedus pro-
dierit optime vefiitas , palla inaurata Indutus ,
cum chlamyde purpurea colorikus variis intexta ,
cum corona aurea , magràs fulgentibus gemmis
illaminata.
Leurs tuniques defcendoient jufqu’aux talons,
comme celles des femmes , ce qui les a fait appe-
ler quelquefois floU (Varr. de Re. Rufiic. ni.
15.) ; Q^uintus Orphea vocari jujfit , qui cum eo
venijfet cum fiola , & cythara , & cantare effet
Ces tuniques, appelées , ou tuni-
ques droites , parce que tombant jufqu’à terre ,
elles avoient l’air de fe tenir droites fans fou-
tien , ont été défignées quelquefois par l’addition
des mots farts ceinture , à {mjifcîre? , dit Pollux^.
( vu. 13.). Apulée cependant, décrivant l’habille^f
ment d’un joueur de lyre , parle de fa ceinture
grecque (Florid.p. 791.). On peut accorder ces
deux écrivains , en difant que Pollux veut parler
de la ceinture ordinaire , ^ona , qui ferroit les
tuniques , & que ne portoient pas les joueurs de
lyre. Apulée , au contraire , entend par ceinture
grecque , cette large ceinture que l’on remarque
feulement aux perfonnages de théâtre , & qui
ne ferrant pas le corps , ne changeoit point la
direéiion perpendiculaire des plis de la tunique
droite. Quant aux longues manches de cette tuni-
que , elles font clairement défignées dans le même
texte d’-A^pulée.
Le manteau des joueurs de'lyre & de flûte étQir
remarquable par fon ampleur & par fa longueur.
Il traînoit derrière eux , comme le dit Horace
(^Ars Poeti. n. 21 y. 7 ;
. . . . Eraxitque vagus per pulpita \-efem.
On peut obferver aifément cette ampleur aux
manteaux des perfonnages fculptés fur les trois
bas-reliefs que nous avons cités plus haut, & fur
le troifième en particulier.
Pour ce qui eft du foulier plein que porte le
perfonnage du troifième bas-relief, Libanuis
( in vlta Demofth. ) , nous apprend que les joueurs
de flûte paroiffoicnt fur la fcènc avec des chaiif-
C I T
fures de femmes , & que Battuîus d’Ephèfe ea
donna le premier exemple.
La coëffare des joueurs de lyre n’étoit pas
moins recherchée que leur habillement. Ils por-
toient, contre l'ufage ordinaire, les cheveux longs
& fr’fés- Virgile délîgne Jopas par ce caradlère
dillinétir (^Ænezd. i. ~4q.. ) :
> . . . Cithara crinitus Jopas
J’erjonat aurata.
La fable fît de ce roi un mont placé entre la
Béotie & l’Attique , confacré à Bacchus & aux
Mufes. C’eft fur ce mont que les poetes ont mis la
fable d'Aécéon , les Orgyes de Bacchus Amphion
jouant de la lyre, le Sphinx d’Œdipe, &c.
C1THÉR.0N (Médaille de la ville de),
ClTHÆRON.
CITHERONIA. Junon fut ainfî nommée de-
puis fa réconciliation avec Jupiter , opérée par
le confeil de Citkéron.
IVîartial donne aux mufîciens la même épithète
( XII. 49. I . ) :
Crlnits. Line p&dagoge turhs,.
Cette longue chevelure étoit couverte d’une
couronne de laurier , que les riches muficièns
portoient d’or. C’eft avec ce laurier d’or que
Lucien nous {Adv. indocîu.m') nous peint le joueur
de lyre Evangelus , arrivant à Delphes pour dif--
puter les prix de mufique.
Ce n’étoit pas alfez d’avoir palTé la plus grande
partie de la vie à fe perfectionner dans le jeu des
inftrumens , d’avoir vécu , pour conferver la
beauté de la voix, dans une continence forcée
par I infertion d’un anneau de métal dans le pré-
puce ( Koye:^ INFIBULATION) 5 un joueur de lyre
foliicitolt, avant le combat mufîcal, les fuffra-
ges de fes juges rigoureux , & témoignoit par
l’altération des traits de fon vifage , la défiance
de fes talens , & l’apprehenfion de déplaire au
nombreux auditoire qui alloit être témoin de fes
fucces ou de fa honte. Suétone peint avec éner-
gie le farouche Néron dans ces craintes mortel-
les (ifer. c. zj. n. 6.) : «liparloit, dit-il, avant
que de commencer le combat , il parlait à fes
juges avec le refpecl le plus profond, les priant
d obferver qu’il avoir pris toutes les précautions
qui éroient en fon pouvoir , mais que Tévéne-
ment dépendoit du caprice de la fortune 5 que
des hommes auffi fages & aiifll inftruits qu’ils
1 étoient , ne devoienc tenir aucun compte du
pur hafard. Ceux-ci l’exhortoient à prendre du
courage , & il les quittoit alors avec une conte-
nance plus affûtée , &c. Stc. ==
CITHAROIDE , air de cithare , ou chanfon
compofée pour être chantée avec l’accompagne-
ment de cithare.
CITHEron , roi de Platée en Béotie , paiToit
pour 1 homme le plus fage de fon tems. Il trouva
le moyen de réconcilier Jupiter & Junon, Cette
Déelfe , offenfée des galanteries de fon mari ,
voulut rornpre entièrement avec lui par un di-
vorce public. Citkéron, confulté furies moyens
de faite revenir la déeffe , confeiila à Jupiter de
feindre un nouveau mariage ; le confeil fut fuivi,
réufilt parfaitemeat.
CITHERONIUS , furnom donné à Jupiter ,
par la même raifon que l’on donna à Junon celui
de Citheronia.
CITOYEN. On peut diftinguer deux fortes
de citoyens ,\ts originaires Sc les nacuralifés. Les
originaires font ceux qui font nés citoyens. Les
naturalifés , ce font ceux à qui la fociété a
accordé la participation à fes droits & à fes
franchifes , quoiqu’ils ne foient pas nés dans fon
fein.
Les Athéniens ont été très-réfervés à accorder
la qualité de citoyen de leur ville à des étran-
gers 5 ils ont mis en cela beaucoup plus de dignité
que les Romains. Le titre de citoyen ne s’ert
jamais avili parmi eux 5 m.ais ils n’ont point retiré
de la haute opinion qu’on en avoir conçue ,
l’avantage le plus grand, peut-être, celui de s'ac-
croître de tous ceux qui i’ambitionnoient. 11 n’y
avoir guères à Athènes de citoyens que ceux qui
étoient nés de parens citoyens. Quand u.n jeune
homme étoit parvenu à l’âge de- vingt ans , on
l’enregiilroit fur le regiftre des citoyens , & l’état
le comptoir au nombre de fes membres. On lui
faifoit prononcer dans cette cérémonie d’adop-
tion , le ferment fuivant à la face du ciel. Arma
p.on dehoneflabo ÿ me üdftaniem , quifquis iLie faerit ,
■ focium. relinquam ; pugnabo quoqne pro focis Ù
aris , folus & cum multis patriam neç turbabo ,
nec prodam ; navigabo contra qitamcumqzie defiina-
tiis fuero regionem ; folemnitaîes perpétuas obfer-
vabo q receptis conjuetidinibus parebo , & quafeum - .
que adhuc populus prudenter Jiatuerit ampleStar ,•
& fi quis leges fufeeptas fufiuierit , nifi comproha-
verit , non pertnitiarn. p tuebor , denique , folus
& cum reliquis omnibus , caque patria Jacra colam.
DU cognitor&s , Agrauli , Enyalias , M.ars , Ju-
piter , &c. &c. Plut, in peric. Voilà un prudenter ,
qui abandonnant à chaque particulier le jugement
des loix nouvelles , étoit capable de caufer bien
des troubles. Du refte , ce ferment efi: très-beau
& três-fage.
On devenoit cependant citoyen d’Athènes par
l’adoption d’un citoyen , & par le confentement
du peuple ; mais cette faveur n’étoit pas ccni-
miine. Si l’on n’étoit pas cenfé citoyen avant vingt
ans , on étoit cenfé ne l’être plus lorfque le
grand âge empêchoit de vaquer aux foncrions
publiques. Il es étoit de mêiue des exilés' & des
7<î C I T
basnisj à moins que ce ne fût par I oftraclûiie.
Ceux qui avoient fubi ce jugement n étoient
qu’éioignés.
Pour conliituer un véritable citoyen^ romain j
iî falloic trois chofes ; avoir Ton domicile dans
Rome, être membre d’une des_ trente-cinq tribus,
& pouvoir parvenir aux dignités de la républi-
que. Ceux qui n’avoient que par conceffion , &
non par naiflance , quelques-uns des droits du
citoyen, n’étoient, à proprement parler, que des
honoraires. Voye^ Cité. Lorfqu’on dit qu’il fe
trouva plus de quatre millions de citoyens romains
dans le dénombrement qu’Augufte en fit faire ,
il y a apparence qu’on y comprend & ceux qui
réiidoient aéluellement dans Rome , & ceux qui ,
répandus dans l’empire , n’étoient que des hono-
raires.
Il y avoir une grande différence entre un citoyen
8c un domicilié. Selon la loi de incolis , la feule
nailfance faifoit des citoyens , & donnoit tous les
privilèges de la bourgeoifie. Ces privilèges ne
s’acquéroient point parle temsduféjour.ll n’y avoir
fous les confuls que la faveur de l’état , & fous
les empereurs que leur volonté qui pût fuppléer
en ce cas au défaut d’origine (Encyclopédie.).
CITREA arhor des Romains. V oye:^ Cyprès.
CITRON. Appius , dans fon traité de la pré-
paration des mets , ne fait aucun ufage des citrons ,
que les Romains n’aimoient pas , dit-il , à caufe
de leur goût acide , & dont ils ne fe fervoient
que pour éloigner les teignes de leurs vêtemens.
Les citrons ne furent connus à Rome que vers
le tems où Lucullus y apporta les cerifes du
Pont ; & l’on ne voit point de citrons fur les
anciens tableaux repréfentant des fruits , dont
il fe trouve un grand nombre dans le cabinet de
Portici.
Lifter , célèbre médecin de la reine Anne , &
éditeur du livre de Cœlius Apicius ; De ohfoniis
és condimentis de pve arte coquinaria (Lh. x. Lond.
1705. zVS®. ) , fait fur cela plufieurs remarques
curieufes (dans le livre i. c. 21.'). Il dit que les
citrons n’ont été connus que fort tard par les
Romains , & qu’ils n’étoient point ce qu’on
appelle proprement edalia. Pline (/. xxm.) aflfure
que les Romains n’en faifoient encore ufage de
fon tems que comme un contre-poifon. Citrn
contra, venenuminvino hibuntur ,vel ipjn, vel femen.
Mais Athénée {Deipnos. l. iii. c. 7.) nous ap-
prend que les Romains , fes contemporains , fai-
foient un grand ufage des citrons , qu’üs regar-
doient comme une chofe fort rare , & qu’ils
mcttoient dans leurs vêtemens.
CITRONNIER des Romains (Prétendu). Voyex
Cyprès.
CIV AUX (Dans le village de) près de Poitiers,
on trouve un efpace de plus de trois milles toifes
quarrées plein de tombes de pierres > prefque
C ï V
toutes à fleur de terre , au nombre de fix à fepj
mille. Il y en a de toutes les grandeurs. Elles
n’ont ni fépuiture , ni infcriptions. En 1737, on
en ouvrit quelques - unes , dans lefqueiles on
trouva des fquelettes , quelques pièces de mon-
noies, même des médailles antiques. La tradition
du pays les donne pour un monument d’une vic-
toire remportée par Clovis fur Alaric 3c les
Vifigots. Le P. Routk , dans fa differtation fur
cet objet, fait voir que les tombeaux de Chaux
ne font point une refte d’antiquité gauloife ou
romaine 5 que ce n’eft point un monument de la
viétoire de Clovis fur Alaric , mais qu’ils font
les monumens d’un ancien ci.metière de chré-
tiens.
CIVIQUE (Couronne). On donnoit ce nom
à une couronne de chêne , que méritoit à Rome
celui qui avoir fauve la vie à un citoyen dans
une bataille ou dans un aftaut. Cette couronne
étoit formée d’une branche de chêne garnie de
feuilles & de glands. Plutarque (91. Q_usfiion.
Roman.) rapporte plufieurs raifons , qui ont pu,
à fon avis , faire choifir le chêne pour cet objet.
La plus vraifemblable eft prife dans la facilité
de trouver ce végétal en tous lieux. Peut-être
s’y eft il mêlé un principe religieux, en ce que
le chêne étoit fpécialement confacré à Jupiter &
à Junon.
L’ufage du tems de la république fut que le
citoyen à qui l’on avoir fauve la vie, plaçât
lui - même la couronne civique fur la tête de
fon libérateur. Aulu-Gelle (r. 6.), Polliix(r/.
57. ) , attellent cet ufage. Cicéron en fait une
mention exprefie ( pro Plane, c. 30.) .• At id etiam
gregarii milites faciunt inviti , ut coronam dent
civicam , & fe ai aliquo fervatos ejfe fateantur.
Volvhe. ( loco citato) ajoute même que le tribun
forçoitàfaire cet aélede reconnoifi'ance celui qui
avoit été fauve , lorfqa’il ne s’y portoit pas de
lui-même, & que celui-ci étoit obligé pendant
toute fa vie d’honorer fon libérateur comme un
fécond père , §c de lui rendre tous les devoirs
d’un fils.
Les empereurs s’attribuèrent entr’autres droits,
celui de diftribuer les couronnes civiques. Tacite
en eft garant (Annal, xr. 11. y.) .- Si finguUs
manipularibus , fait-il dire à Corbuloil , prs-cipua
fervati civis corona imperatoria manu tribueretur ,
quod illi & quantum decus , ubi par eorum numerus
adipifeeretur , qui attulijfent falutem , ép qui accc-
pijfent ?
Cicéron fut décoré de la couronne civique ,
après la découverte de la conjuration de Catilina.
La flatterie la plaça fur la tête d’Augufte , &
plufieurs de fes médailles portent pour type
cette couronne avec la glorieufe légende : ob
CIVES SERVATOS s. C. Cet empereur en tiroit
tant de gloire , qu’il la fit placer fur la porte de
fon palais , comme nous l’apprenons de Suétone
C I Y
ds ces Vers d'Ovide (l. 3. TriH. Eus. 1. v.
3J0 ••
En, domus ksc , dixi j jovis efi j quod ut ejfe
■putarem
uiugurzum menti querna corona dabat.
Tibère J plusdifllmuléj refafala couronne civique ,
que Ton vouloir placer dans fon atrium.
Les ibldars regardoiens cette couronne com-
îïîe la plus noble des récompenfes militaires-
CIVITA-TUB.CÎ11NO , eft une montagne de
forme obiongue , à trois milles au nord de Cor-
neto en Italie. Le fommet -s'étend comme une'
feule plaine continuée. Quantité de médailles ,
de llatues & d'infcripdons qu'on y a trouvées
en ditférens teins ^ ont fait conjecturer que c’é-
toit dans cet endroit qu’avoir été autrefois la
ville puiffante & célèbre qui avoir donné fon
nom aux Tarquins. Aujourd'hui ce n'ell plus
qu’une plaine labourée. Vers le fud efi élevée une
autre montagne j au niveau de Civita-Turchino ,,
qui 1 unit à Corneto ; le fommet en eft également
plat ^ & forme une étendue de trois à quatre
milles de longueur.^ Il eft couvert de plufîeurs
centaines de petites élévations , faites de main
d hommes ; les habitans les . appellent en leur
langue monti-rotti. Ôn en a ouvert environ une
douzaine à différentes reprifcs j & on a trouvé
dans chacune des appartemens fouterrains taillés
dans le roc vif. Ces appartement varioient pour
la forme & ies dimenhons 5 tantôt c'étoit une
grande chambre d'entrée, au bout de laquelle on
trouvoit un très-petit cabinet -, tantôt la première
pièce n'étoit qu’une eipèce de veftibule , d'où
l'on etitroit dans une fécondé beaucoup plus
grande. Quelquefois le fouterrain ne confilloic
que dans une feule pièce, foutenue par une
colonne , autour de laquelle on tournoie par une
ouverture de vingt à trente pieds. Quant à l'entrée
de ces fouterrains , c'étoit toujours une porte
de cinq pieds de hauteur, fur deux pieds & demr
de largeur. Quelques-uns ne reçoivent de jour
que par l’entrée 5 d’autres en reçoivent encore
de la voûte , par une petite ouverture conique
ou pyramidale ; pluueurs ont une efpèce d'am-
phithéâtre , ou petit parapet qui règne tout
autour de la muraille , & qui eft une partie du
rocher ainh taillé. Quant aux antiquités qu'on
y. ce font pour la plupart des vafes de
différentes formes j on en a trouvé quelques-uns
dans des cercueils avec des offemens de morts.
Du refte, les appartemens fouterrains font plus
©U moins ornés de peintures & d'inferiprions.
ïi y en a trois fur-tout, dont la partie fupérieure
des murs eft chargée tout autour d'un double rang
a inferiptions etrufques , avec des peintures au-
deftbus , plus bas une forte d'ornement qui
tient lieu d architraYÇ. On n'y a point encore
découvert de bas-reliefs. Les peirirutcs font à
trefque , la manière eft à peu-près celle qu’on
remarque communément fur les varesiérrufques ,
quoique certains morceaux femblent de beaucoup
fupérieurs à tout ce qu'on a vu jufqu'ici de la
peinture étrufque. Le deftin en général eft léger ,
mais bien conçu , & propre à montrer que î’artifte
étoit capable de donner des ouvrages plus finis.
U jugeoit fans doute que plus de délicatefte feroir
en pure perte dans un lieu fouterrain £ peu
éclairé. On fait que chez les Romains, dans l’àge
de leur gloire , les arriftes employés à ces fortes
d’ouvrages funéraires, deftinés à refter enfevelis
dans robfcurité d'un tombeau , fe contentoienc
d’exprimer fortement leur penfée dans une ébau-
che légère , fans fe donner la peine d'y mettre la
dernière main. M. Jankins, Angicis , eft le pre-
mier voyageur de fa nation qui ait vifité ces belles
antiquités étrufques.
CIVJTAS. Voyeq_ CiTÉ ClTOYElST.
CIÜS , en Bithynie, depuis Prufias. kiangî?.
Hunter pofTédoit une médaille autonome de
bronze , avec la légende ci-deftiis , & un navire ,
que M. Combe attribue à dus. M. Neumann en
a publié une fécondé de même métal , fur laquelle
on voit le dieu Lunus.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en l'honneur de Domitien joint à
Domitia , de M. Aurèle, de Vérus, de Crifpine ,
de Domna , d'Alex. Sévère , de Maximiri ,
Tranquilline, de Trajan-Déce, de Trébonien ,
de Sévère, de Gordien , de Gallien.
CLABA , mafliie & branche d'arbre. Varron
fde Re Ruftic. l. 40. & Nonius , iv. 473.) dit
des branches que l'on retranchoit en taillant les
arbres : Nam etiam nunc rufiica voce intertaliare
dicitur divedere , vel -excidere ramum ex utraque
parte equabiliter precifum , quas alii clabulas , alii
taleas appellant.
CLABTJLARE , chariot entouré de ridelles
faites de branches d'arbres, clabulis , pour retenir
ies objets dont on le chargeoit.
CLABULARIS curfus. Voyeq_ CoURSE.
CLADEE, un des fleuves de la Grèce, à qui
on rendit des honneurs & un culte , félon Paa-
fanias. Sa ftatue & fon autel étoient placés dans
le temple de Jupiter à Elis.
CLADEüTERIES , fêtes qu'on céîébroit dans
îe tems où l'on taiiloit les vignes. Héfychius en
fait mention. K^iaJsuTJîiusi)! & , défignent une
ferpette 5 c’elt pourquoi on donnoit aiiflî à ces
fêtes le nom de bîsbaia.
CL Alt. Les anciens faifoient périr quelquefois
les coupables en les plongeant dans des eaux
croupiffantes , & ies accablant du poids d'une
claie chargée de pierres. On croit que ce fuppiiee
7? C L A
étoit employé fréquemment à Carthage. C cft
pourquoi Plaute y fait une allufion directe dans
fon pœnalus (r. z. 6y.) :
Sub cratim uti jiihcas fefe fupponi , atque eo
Lapides imponi multos , ut fefe neces.
Les Tlomains les imitèrent {Tit. Livi. i. 51- ^
IV. 50.). Les lâches & les infâmes périffoient
auffi fous la claie chez les Germains {Tacit. Germ.
c. 11. n. Z.) .■ Ignavos & imbelles , & corpore
infâmes coeno , ac palude , injecta infuper crate ,
rpergunt.
CLARA (Dzsia), fille de Didier-Julien.
Didia Clara Augusta.
Ses médailles font :
RRR. en or.
RRR. en argent.
RR. en G. B.
O. en M. B.
CL IrIU^ ^ \ d’Apollon qui avoit
un bois facré j un temple & un oracle à Claros,
en Ionie , près de Colophon. Voye^ Claros.
CLARIGATIO.
CLARIGATION.
Akdrolepsie.
CLARISSIMAT. ’>
CLARiSSlME. > Clarilfmus fut un titre
CLARÎSSIMUS. y
d’honneur très-fréquent fous le bas-empire. Le
clarijpmat avoit été inconnu aux Romainsdutems
de la république. On commença à nommer un fé-
nateurV. C. vir clarifimus , fous Tibère ; car le
jurifconfulte C.Cafîms-LonginusfLe^. z. §. Pen.de
Origine Jurif.^tipçelleicsi^.e époquC:, pour la pre-
mière fois J duras perfonas , les fiiles & les femmes
des fénateurs. Ælius-Marcianus ^ qui écrivoit fur
la jurifprudence fous le règne d’Antonin-Pie ,
appelle les fénateurs cla--ijfmos viras. Le même
empereur donne le titre de clarijjimus (Leg. 5. C.
de kis qui not. infam. ) aux proconfiils. Les con-
fuls jouirent , à. plus forte rai.fian . du clarijftmat.
On l’érendit enfuite aux gouverneurs . aux cor-
reâeurs & aux préfidens des provinces , excepté
celui de Dalmatie, qui étoit appelé perfectijllmus ,
aux comtes du fécond ordre & aux confuîaires.
On le voit fouvent exprimé dans les inferiptions
par ces deux figles V. C.
CLAROS 3 ville d’Ionie ^ confacrée à Apollon,
que l’on y honoroit d’un culte particulier. Le
temple & l’oracle qu’il avoit dans cette ville ,
lui firent donner le furnom clarien ou clarius.
Quelques écrivains les dérivent cependant de l’ifie
de Claros dans la mer Egée, où Apollon avoir
auffi un temple célèbre.
Manto , difoit-on , fille du devin Tiréfîas ,
C L A
avoit bâti la ville de Claros , après la prife de
Thèbes , fa patrie , par les Epigones. Elle ne
ceffa d’y pleurer la deilruélion de Thèbes , & fes
larmes firent naître la fontaine de Claros , ainfi^
appelée du mot grec , pleurer. On a dit
auffi que cette ville prit fon nom du mot fon^
kaüooç , & en dorique xzéjiaj , parce qu’elle échut
à Apollon par le fort. Tacite nous a fait con-
noître la manière dont le dieu rendoit fes oracles
à Claros Annal. Lib. il. c. 54.). Ce n’éîoit point
une femme, comme à Delphes, c’étoitun prêtre
ignorant , & ne fachant pas même lire , que l’on
choififfoit pour cette fondion dans certaines
familles de la ville de Milet. On lui apprenoit
les noms & le nombre des confultansj après
les avoir entendus , il fe retiroit dans uns
caverne , buvoit de l’eau de la fontaine formée
par hianro , & il rendoit enfuite les oracles en
vers. Tacite ajoute que la fin prochaine de Ger-
manicus lui fut annoncée affez obfcurement ,
difoit-on, par cet oracle. Si l’on en croit
Pline , l’ufage des eaux de cette fontaine àbre-
geoit les jours du Prêtre d’Apollon (Aê. il. c.
103.).
Claros , dans l’Ionie, kaafhnqn.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en l’honneur de Faulline-jeune.
CLASSES ou centuries du peuple romain.
Voye-^ Monnoîe des Romains fous Servies.
CLASSIARIUS , foldat de marine, matelot
& pilote. On trouve un exemple de cette der-
nière acception , qui eft affez rare , dans 1 hiftoire
de la guerre d’Alexandrie {Rift. c. iz.) : Hon.
jam virtute propugiiatorum , fed feientia clajjiario-
rum fe vicias vident.
CLÂSSICUM. Ce mot doit être rendu, félon
les occafions , par ceux de charge & de boutefelle.
Dion (/ii. 47.) a décrit la manière dont on fon-
noit le cla0cum dans un camp. Un feul trompette
( car les Rom.ains en avoient dans l’inlantene
comme dans la cavalerie) placé auprès de la tente
du général ou de l’empereur , donnoit par fon
ordre le premier lignai. Un certain nombre de
trompettes placés en rond autour des aigles ,
repondoient à ce fignal ; 8c fur le champ tous les
trompettes de toutes les cohortes repondoient a
l’envi le clcjficum. . . ,
C’étoitunedesprérogaîivesattachéesà la dignité
im.périale ou à celle du général , d’avoir auprès
de'fa perfonne le trompette deftiné à donner le
premier fignal du clajjîcum : Roc injigne videtur
imperii, dit Végéce (i. ZZ.), quia canitur impe-
ratore prsfente.
On donnoit auffi le nom de clafîcum à l’air que
jouoient les trompettes , pendant que l’on punif-
foit de mort un foldat {ibid.) ; Clajfcum cani-
tur , ciim in militem capitaliter animadvertitur.
Le même mot délignoit encore l’ufage où 1 oo
79
C L A
croît à Rome j de trcmpeîter dans les carrefours
un citoyen accufé d’un crime capital.
CLASSICUS. Ce mot nélîgnoit fur les navires
un rameur , à Rome généralement un citoyen
clajfé par Servius , & en particulier un citoyen
de la première clajfe. On le trouve aufli employé
dans Varron {deLing. Latin, iv- 16.) pour déïigner
le trompette chargé d’affembler les clajfes pour
les comices.
Cx..4ssicv s furnom de la famille LOLLIA.
CLASSIS. Voyei fî-OTTE.
Cz,Assis défigne quelquefois une armée de
terre. Feftus le dit exprelTément : CLaifis procinBa,
exercims inflruBns.
CLATRA, divinité des Romains , qui avoit
la garde des grilles & des barreaux , clatrorum.
Viélor place dans la fîxième région de Rome ,
un tem.ple dédié à Apollon & à Clatra. Muratori
a publié (2y. n. 1. Tkef. Infer.') une table de
bronze J fur laquelle on lit Apollcni Sc Cla-
TRÆ au-deffus d’un Apollon & d’une figure
de femme. Apollon eft reconnoiffable à fa tête
rayonnante à fa lyre & au foudre. La femme
èft ccèîFée avec le lotus 5 elle tient d’une main
un fîftre avec un ferpent j 8e de Fautre le nüo-
mètre. On voit à fes pieds une proue de vaifTeau.
D’après ces attributs , Clatra feroit un furnom
d’Ifis. On ignore ce qui a pu le lai faire donner.
CLAKARIUM , don en argent que faifoient
dirtribuer les généraux à leurs foldats , pour ache-
ter les clous dont leur chaufTureétoit garnie {Tacit.
Hiji. ni. jO. 7. ) : Ipfos in regione bello attrita ,
inopia , ô” feditiofâ, militum voces terrehant , cla-
varium (donativi nomen eft) fagîtantium.
CLAVATA veftlmenta , dit Feftus, funt vefii-
menta davis intertexta. C’étoient le LATICLAVE
& Fangusticlave. Voye-^ ces deux articles.
CLAUDE I , oncle de Caligula.
Tiberiüs Claudius Cæsar Augustus
Germa*nicus.
îes médailles font :
C. en or. il y en a des revers R, “
R RR. reftituées par Trajan.
C. en argent.
RR. en médailles grecques d’argent.
RR. en médaillons latins d’argent.
RR. en médaillons grecs d’argent.
R. en médaillons de potin d’Egypte , avec le
nom de Meffaline, Sc fa figure debout au revers.
C. en G. B. de coin romain.
On y trouve des revers rares.
C. en M. & P. B.
O. en G. B. de colonies.
R. en M. B. & RR. avec les têtes de fes enfans.
R. en P. B.
C L A
RRR. en G. B. grec.
C. en M. B.
RR. avec les têtes de Drufus & d’Antonia.
Et R. avec fa tête & celle d’Agrinpine.
R. en P. B.
On trouve des médaillons grecs de bronze de
ce prince. Vaillant n’en avoit pas connu. Pellerin
en a publié un.
Les tetes d’Augufte , que Claude fît peindre
à la place des têtes d'Alexandre, fur deux tableaux
qui repréfentoient ce conquérant, nous prou-
vent combien peu de goût cet empereur avoit
pour les arts(P/i/z. l. 3y. c. ^6.). Mais curieux
de porter le nom de protefteur des lettres , il fie
aggrandir le muféum , ou le logement des favans
d’Alexandrie ( Atken. Deipn. l. j.)', 8c fon ambi-
tion fe borna à pafTer pour un habile grammairien.
Nouveau Cadmus , il voulut mériter la gloire
d’avoir inventé des lettres : c’eft lui qui mit ea
ufage le i, ou F renverfée.
Le beau bufte de Claude ,xxou\é aile Fratocchie
( Montfauc. Ant. expi. t. f. pl. 1 1^. ) , paiîà en
Efpagne avec le cardinal Girolamo Coionna.
Lorfque le parti autrichien , dans la guerre de
la fucceflion d’Efpagne, fe futemparé de Madrid,
milord Gailoway chercha ce bufte , 8c apprit qu’il
étoit à l’Efcurial , où il le trouva fervant de con-
tre-poids à l’horloge de l’égiife. Il le fit enlever
de-Ià 8c tranfporter en Angleterre.
Ün ouvrage très - im.portant du tems de cet
empereur, feroit le fameux morceau nommé vul-
gairement le grouppe d’Arie 8c de Pénis , dans
la Villa-Ludovifi , fi la repréfentation pouvoir
s’accorder avec cette dénomination. Mais cette
explication eft fauffe. Voye^ Arie.
On voit à la Villa-Albani une fratue d’empe-
reur , vêtue d’un vafte paludamentum , 6c à la-
quelle on a adapté une tête de Claude.
Le veftibule de l'hôtel-de-ville de Lyon , ren-
ferme deux tables de bronze , fur lefquelles eft
gravée la harangue que prononça Claude dans
le fénat, en faveur des Lyonhois, fes compa^
triotes.
CLAUDE II, ou Je Gothique.
Marcus Aurelius Claudius Augustus.
Ses médailles font :
RRRR. en or.
RRR. en argent fin.
RR. en médaillons de bronze.
R. en P. B.
RR. à peu-près du modèle de G. B, de la colonie
d’Antioche de Pifidie.
RR. en médailles grecques de G- B.
RR. en G. B. d’Egypte , de la forme des mé-
daillons.
C. en M. & P. B, de la même fabrique.
C. en P. B. latin. Il y a dans ces modules des
revers rares , tels que celui qui a pour légende
REGI ARTIS.
§© C L A
On ne eonnoît point , depuis ce régné Jufqu a
celui de Dioclétien , de médaillés d argent fin.
CLAUDIA ou CLODIA, famille romaine,
dont on a des médailles.
RR. en or.
C. en argent.
R. en bronze.
Les furnoms de cette famille font AISERhl-
HUS , CENTHO , DRUSUS , GLUCIA ,
MAR CE LL US , NER O , PUL CHER.
Goltzius en a publié quelques médailles incon-
nues depuis lui.
CLAUDIA , veftale dont la réputation étoit
devenue équivoque. Elle trouva une occafion de
faire preuve de fa vertu, qu unair trop libre, joint
au grand foin de fe parer , avoir rendu fufpeâer
Le peuple romain ayant fait apporter de Phrygie
à Rome la ftatue de Cybèle , on dit que le vaif-
feau s^’arrêta tout court à l’embouchure du Tibre ,
fans qu’on pût le faire avancer. On confulta l’o-
racle des Sybüîes, qui dit qu’une vierge devoir
le faire entrer dans le poit. Claudia fe préfenta ,
adrelTa tout haut fa prière à la déelTe 5 & ayant
arraché fa ceinture au vaiiîeau , elle le rit avancer
fans réfiftance , ce qui la fit admirer de tout le
monde.
La juftification miraculeufe de cette veftale ,
eft repréfentée fur un médaillon de Fauftine-
lïière J qui eft au Vatican , & qui avoir appartenu
au cardinal ,Albani (^Numifm. Card. Alex. Albani.
tab. 27. n. 3.).
On la voit aulTi fur un autel du muféum capi-
tolin , où Claudia, la tête couverte avec fa palia,
tire un navire fur lequel Cybèle eft affife. Syn-
tychefit élever ce monument, en action de grâces
de la fanté qu’elle croyoit avoir recouvrée par
la vertu de Cybèle Salvia , pour Salutifera ,
& de fon navire, quelle appelle auffi Salvia
dans le même fens,
JvîATRI DEUM ET NAVI SALVIÆ
SALVIÆ VOTO SUSCEPTO
CLAUDIA SYNTYCHE
D, P.
Claudia , fille de l’empereur Claude.
On trouve le nom de Claudia fur une médaille
grecque , rapportée dans le tréfor britannique de
Hajm , tome 2, pag. 18).
Claudia , fille de Néron.
Diva Claudia Neronis Filia.
Les médailles où l’on voit fon nom font :
RRR. en P, B. On y lit autour d’un temple :
DIVA CLAUDIA NERon/T fiUa ; au revers :
DIVA POPPÆA , à l’entour d’un autre temple.
Et fur une autre médaille : POPPÆA AUG. ,
avec deux temples , comme fur b médaille prér
cédente.
C L A
Claudia {Aqua). Hoye^ ClAUDIENNE.
CLAUDIAS , en Cappadoce. KAAYAiEaîC.
Hunter polTédoit une médaille autonome de
bronze , avec certe légende-, & une femme à
tête tourrelée , afflfe , que M. Combe attribue à
Claudias.
CLAUDICONIUM, dans la Lycaonie, kaay-
AEÎKONIEfîN.
Cette ville a fait frapper une médaille impé-
riale grecque en l'honneur de Néron {Pellerin ,
il. 141.).
CLAüDIENNE ( l’eau ) , aqua claudia. Caligula
voyant que les fept aqueducs de Rome ne fufîi-
foientpas pour les befoins & le luxe de cette grande
ville , rit venir l’eau qui porta le nom de Claude ,
fon fucceffeur, fous le règne duquel les aqueducs
de l’eaa claudienne furent achèves , 1 an 8co de
la fondation de Rome. Cette eau étoit très bonne,
& prefqu’autant que l’eau Marcia. Elle arrivoit
à Rome fur le mont Ccelius, d’où Néron la fit
conduire dans fon palais par le moyen d’un aque-
duc , dont on voit quelques reftes fur le mont
Cœlius. Deux fources fournilTc-ient l’eau clau~
dieniLî ; l’une commençoit , félon Pline , à 40
milles de Rome, fur le chemin de Sublacum, 8c
fe réunilfoit à 8 milles de Rom.e à une fécondé,
pour arriver enfemble par la porte Majeure. De-
là Peau claudienne tournoit vers la bafilique de
Latran , & fe diftribuoit enluire au peuple vers
le remple de Claude , que l’on croit être aujour-
d’hui Saint-Etienne-le-Rond.
Le gourmand Virellius préféroît l’eau claii-
dienne , à toutes les autres dont Rome s’abreu-
voit.
CLAUDIOP QLIS ,àûr.sh Lycaonie.XAAYAio.
Vaillant attribue à cette ville, exclufivement
à Claudiopolis d’ifaurie , des médailles impéna-
ics grecques, frappées en l’honneur de Faultine,
jeune, de Gordien-Pie, de Tranquüline , de
Claude Gothique.
Claudiopolis , dans l’Ifaurie. KAAYAIOIIO-
AEITPX. ^ ,
Cette ville a fait frapper ces médailles irnpe-
riales grecques en l’honneur de Domuien, d Ha-
drien , d’Antonin , ce Caracalla.
CLAVE. Vçyei Clavus.
CLAHIGER, furnom d’Hercuie, à caufequH
portoit la maffue.
porte-clefs. Ebyïç Clef.
CLAUSÎUS, dieu qu’on inroquoit en fermant
une porte. Patulcius.
CLAVUS. 11 n’eft aucun objet fur lequel les
antiquaires aient eu des opinions auiu oppofe^*
que fur le clavus , dont la largeur plus ou moins
' grande , établififoit la diftinélion entre le Laticlavc
ôç V angufiiclave. Une fgaile de ces opinions
aujourd’lnii
C L A
aujoarJ’hui avoir été embralTée par îe plus grand
nombre des antiquaires j nous i'expofe'rons plus
bas.
Sigonius (^de Judic. iil, 19;) ^ Zamoski {de
Sénat. Roman. 1 . 1 8. ) j & Egnatius ( in Lamprid.) ,
ont dit que le clavus étoit fous ia forme de fleurs.
Mais on fait que les hommes libres, fi f on excepte
les débauchés , ne portèrent jamais à Rome des
habits ornés de fleurs. On n°en vit jamais qu’aux
femmes & aux efeiaves.
Accurfe ( ad Leg. §. ff. de Aur. & Arg. Leg. )
& {Comment. Reip. Rom. il. 3. & riii.
4. ) ont pris les clavus pour des fibules , des
bulles 3 ou de petits globes d’or & de pourpre,
que Ton coufoit vers la poitrine. Ce fentiment
eft dIus extraordinaire que le premier. Dans le
grand nombre de ftatues , reprefentant des con-
fu.aires , 6c des hommes vêtus de la toge , qui
fubfiltent encore , on n’en voit aucune qui porte
aucune fibule, bucun globule faillant. Il eft d’ail-
leurs certain que les Romains garnirent de clavas
de pourpre des nappes & des ferviètes , ce qui
les auroit rendu d’un ufage fort incommode ,
fi les clavus avoient eu quelque relief.
A ces deux opinions , qui font .infoutenabîes,
a fuccédé celle qui regarde les clavus comme des
morceaux de pourpre, coufus au-devant de ia tuni-
que des fénateurs & des chevaliers. Elle, eft feule
d’accord avec les paffages des auteurs latins ,
qui, en parlant des clavus ^ font toujours men-
tion de tunique , de pourpre & dè couture. Acron
dit {in Horat. Sut. 1. j. 3 J.) : Latum clavum
purpuram dicit, que 'in peclore extenditur fenato-
rum : gr&ci vocant. Varron {de Ling.
Lat. VIII. §. 37.'! parle exp'refle ment de pièces
coufues à la tunique : Siquis tunicam in uj'u ita
confuit , ut altéra plagula Jît angufiis davis ,
altéra lotis : utraque pars in fuo genere caret ano-
logia. Ulpien défigne auffi les clavus comme des
pièces coufues aux habits ( l. veflimentum }
Inflits, , piclurs., clavique qui veftibus infuuntur.
La pourpre du clavus eft exprimée dans le com-
mentane d’ Acron , cité plus haut , & dans le
vers d’Horace que ce commentaire-explique :
Induitur humeris cum lato purpura clavo.
Les morceaux de pourpre coufus à la tunique
des fénateurs & des chevaliers , étoient-ils ronds ,
ou longs comme des bandes ? Oélavien Ferrari
{de Re Ÿ efi. ) afiure qu’ils étoient ronds , & il
fe fonde fur la fignificafibn propre du mot cla-
vus , qui défigne , félon lui , un clou à tête
ronde , tels qu’étoient ceux des portes du pan-
théon. Mais on peut lui faire deux objections
très - fortes , auxquelles il feroit impoffible de
repondre d’apres fes principes. D’abord clavus
n eft pas toujours pris dans l’acception panicu-
îiere adoptée par Ferrari. Vitruve parle de clous,
auxquels il donne l'épithète mufeariiÿ ou ces clous
Antiquités , Tome IJ.
C L A Si
avoient leurs têtes façonnées en figures de mou-
ches , ou i’expreffion de Vitruve défigne, comme
le penfent plufieurs philologues, des chevilles de
bois , c’eft-à-dire , des morceaux de bois d’une
épaifleur à très-peu près égaie, & fans tête. Dans
ces deux cas , on voit que Ferrari a donné trop
de latitude à l'exprelTion ordi.naire de clou. Il
eft: certain d’ailleurs que l’on ne voir point ordi-
nairement de ces omemens ronds aux tuniques
des figures repréfentées dans les peintures anti-
ques.
. On peut aiTurer que les clavus étoient des baa-
des de pourpre, coufues à la tunique par-devant ,
& qui defeendoient de la poitrine aux genoux-
Cette pofition perpendiculaire empêche de les
confondre avec les limèus , ou bandes qui por-
toientlenom de méandres , quand elles formoient
des entre -lacs. Nous apporterons d’abord une
preuve de fait : dans le grand nombre de figures
peintes dans les plafonds & les voûtes des cata-
combes , qui font deffinées dans le Roma fotte-
ranea de Bofio , la plupart font vêtues de tunià
ques ornées, de deux bandes perpendiculaires ,
d’une couleur différente de celle du fond.
A cette preuve de fait, nous allons joindre des
textes clairs & précis. Acron , cité plus haut,
dit que le clavus s’étend fur le fein des fenateurs :
In peciore extenditur fenatorum. Ut purpurs, diï
Quintiiiea , en parlant du laticlave , rea'e defeen-
dant. Horace eft plus exprelSf encore ( Sat. I4
6. 28.) :
. , . . Latum demijit peUore clavum.
D’après des paffages aufti clairs, il eft démontré
que’ les clavus étoient des bandes de pourpre ,
coufues perpendiculairement fur le devant de la
tunique aes fénateurs & des chevaliers , & dont
la plus grande ou- la moindre largeur diitmguoic
ces deux ordres.
Le mot clavus s’appliqua par la fuite aux ban-
des de pourpre dont on orna les nappes , les
ferviettes & les couvertures des lits. Martial ftic:
d’une nappe ainfi ornée (rr. 46. 17.) :
Rt lato varlata rtiappa clavo.
Voyei Angusticlave & Latîclavs.
CLAXENDIX. Prifeien (v. 7. fipp.) dit qus
ce mot défignoit une efpèce de coquille , doct
on couvroiî les fceaux , ^gilla , pour les coa-
ferver.
CLAZOMÉNE, en Ionie. kAazomenicm.-
Ses médailles autonomes font :
RRRR. en or Réllerin.
RRR. en argent.
C. en bronze.
Ses types ordinaires font un cygne , un béîiei?"
couché ou debout , un fanglier ailé à mi-corps., '
fz CLE
Cette ville a fait frapper ; fous rautorité de
fes préteurs ^ des médailles impériales grecques
en Tbonneur d'Auguite , de Livie , de Claude,
de Titus, d'Hadrien, de Doihna, de Géra, de
Valéiien , de Gallien.
^ClIdOMANCe/} divination qui
fe pratiquoit avec des clefs. KPis/f veut dire clef
en grec, & fcccv-nia, divination. On ne trouve que
le nom de cette divination , & l’on ignore com-
ment elle fe pratiquoit.
CLÉDONISME , efpèce de divination qui
étoit en ufage parmi les anciens-
On n’eft pas d’accord fur l’objet & la manière
de cette forte de divination , parce que le mot
grec xAîjJ®», duquel eft formé clédonifme , fe prend
en plulieurs fens : i'’. pour un bruit, rumor ;
i^. pour un oifeau , avis ,• & 3 pour un dérivé
du verbe x-Xcta , & par contraéiion xAa», qui ligni-
fie évoquer. De-là les auteurs donnent plulieurs
lignifications au mot clédonifme. Les uns préten-
dent que c’étoit une efpèce d’augure ou de pré-
fage , tiré des paroles qu’on avoir entendues. Au
rapport de Cicéron , les Pythagoriciens obfer-
voient , avec une attention fcrupuleufe , non-
feulement les paroles des dieux , mais encore
celles des hommes , & étoient perfuadés que la
prononciation de certaines paroles caufoit des
malheurs j par e.xemple , fi l’on prononçoit le
mot incendie dans un repas’; c’eft pourquoi ils
difoient un domicile , au-lieu d’une prifon , &
les Euménides , au-lieu des Furies. Le clédonifme ,
pris en ce fens , revient à une autre efpèce de divi-
nation nommee onomancie. Foye^ ONOMANCIE.
D’autres foutiennent que par clédonifme , il
faut entendre un augure tiré du chant ou du cri
des oifeaux ; & que c’eft en ce fens qu’Horace
a dit :
Impios parrjt recinentis omen,
Et Virgile ;
• • • • Cavn pr sdixît ai ilice comix.
Ce qui ne diffère point de la divination appelée
mrnithomancie. Voye^ ORNITHOMANCIE.
Enfin quelques-uns difent que le clédonifme ,
pris dans le troifième fens, étoit la même chofe
que 1 évocation des morts._ C’eft le fentiment de
Glycas ; ce Nam x.XtS'cf , dit-il , vocari geniorum
» per excantationes certas attraéllonem , & è fublimi
» deduaionem.^ DeduBâ voce a zXa , quod idem
x>ft cum xAeeS , evoCO. 30 Voyez ÉVOCATION &
NÉCROMANCIE.
CLEF. Euftathe (ad Odyjf. /r.) attribue Tin-
vention des clefs aux Lacédémoniens ; jufqu à
eux , on n avoir fermé les portes , félon lui ,
avec des nœuds, Pline , qui vivoit philieurs
CLE
lîècles avant ce commentateur , indique un ccr-'
tain Théodore de Samos pour l’inventeur des
clefs {vu. jé.).
Le bois femble avoir été la première matière
qui fervit à faire des clefs. C’étoit fans doute un
fimple crochet , que l’on introduifoit dans I3
porte par un trou , & à l’aide duquel on foule-
voit ou reculoit une efpèce de pêne ou de verrou.
Les habitans de certains cantons du Limoufin ,
ferment encore aujourd’hui de cette manière leurs
étables & écuries. S. Auguftin parle de clefs de
bois {de DoBrin. Chrift. iv. II.) ; Quid prodefi
davis aurea , fi aperire quod volumus non poteft f
Aut quid- obefl lignea , fi hoc potefi ? Dans ce paf-
fage , il fait aufli mention de clefs d’or. Mais
les plus communes étoient de bron7e ; l’on en
voit un grand nombre de cette matière dans le
cabinet de Sainte-Geneviève , & dans toutes les
collecfions d’antiques.
La forme des clefs antiques varie à l’infini j
mais celles qui font les plus remarquables , ont
leurs tiges terminées d’un côté par le panneton ,
& de l'autre par un anneau. Quelques antiquaires
ont cru y reconnoître les clefs dont les. maris
faifoient préfent à leurs nouvelles époufes , au
moment où elles entroient dans leur maifon ,
pour leur annoncer qu’elles alloient être chargées
de la garde & du foin du ménage. 1 eftus a re-
connu une, autre allégorie dans cette tradition
des clefs faite par les époux ; il Ta prife pour un-
fouhait relatiF'à la facilité de l'accouchement t
Ad fignificandam partûs facilhatem. Loriqu’ un-
Romain faifoit divorce avec fon époufe , il lui
reprenoit ces clefs ( Cicer. Pkilipp. il. 28. )
M-imam fias res fibi kabere jujfit ex xii tahulis .-
davis ademit , exegit. De même Tépoufe rendoit
les clefs au mari, quand elle vouloir s’en féparer
( Ambrof. Epifi. 6y ) : Mulier cffejifa daves remi~
fit , domum revertit. La coutume de jeter les clefs
& une bourfe fur la tombe du mari , à l’hérédité
duquel la femme renonçoit , qui étoit établie en
France dans le moyen âge , prenoit fon origine
dans cet ufage des Romains.
Quoique les Romaines fufiènt chargées des
clefs de leur maifon , elles n’avoient pas cepen-
dant celles de la cave. Fabius Piétor racontoic
dans fes annales, dit Pline {xiv. 13.), que
dans les premiers tems de Rome , une femme
ayant forcé une armoire pour y prendre les defs
du cellier, fut condamnée par fa famille à mourir
de faim.
Dans les lîècles du luxe , les Romaines char-
geoient du foin de leurs clefs un efclave , qui les
fuivoit en portant ce gage de confiance- Martial
raille agréablement Eucifon , qui , malgré fes
richefles , pouffbit l’avarice & la défiance au
point de n’ofer confier fes clefs , félon l’iifage, ^
un ferviteur , & de les porter toujours lui-meme
( iS- ) •
CLE
Eqziztl Juperbo , nohili ^ locupltti ,
Ctciait repenie magna de finu davis.
ÎSMjnqziam , Fabulle , nequior fuit davis.
La c/e/ laconique étoit, félon quelques phi-
lologues ^ une clef d'une forme particulière , &
félon d’autres , une efpè.ce de fauiîe def Les i
Romains défîgnoient les fàufTes clefs par l’épithète
adklteri.. Ovide parle de l’ufage qu’en faifoient
les amans, des femmes mariées {^Art. Amani.
l^omins cùm doceat j quîd agamus y adultéra
davis.
Quelques philologues fe fervent du mot caria,
pour défigner une faajfe-def ; & iis s’appuient de
l’autorité de Fèftus-Avienus j qui s’en fert dans
l’expiicition des vers d’Aratus, où le poëte-aftro-
nome , voulant peindre la foible lumière de Caf-
fiopée, dit qu elle ne paraît pas plus dans le ciel ,
qu'une clef carienne dans une ferrure :
Lux hehes efl matri , vix qualem caria quondam
Noverit intrantem per claufira fonantia clavem.
Les divinités égyptiennes & grecques portent
fouvent des clefs. ÎSous allons expliquer ces fvm-
boles.
De tous les attributs que portent les dieux de l’E-
gypte^ il n’en eft point d’aulfi difficile à interpréter
que leprétendii tau , appelé crux anfata parles an-
tiquaires 5 il n’en ell aucun dont les auteurs j qui
ont fait des fyftêmes fur les antiquités j aient
■donné des explications plus extraordinaires. Cet
attribut , formé d’une croLx furmontée d’un cer-
cle , fe trouve ordinairement fur les obélifques
dans la main d’Ofiris , & fouvent dans celles des
ftatues d’Ilîs. Ecoutons fur cet objet Kircher.
«x Les habitans du Nil apprirent les propriétés
» miraculeafesdutaUjdesHébreux,qui]es tenoient
M des patriarches J comme ceux- ci les avoient ap-
M prifes d’Adam , auquel dieu lui-mêm.e les avoir
»= enfeignées. (XircÂerf ObelifcusV ampkilius , pag,
=3 368.). Ce favant en cherche l’explication dans
la cabale des Juifs; & il fait repréfenter les quatre
élémens par les bras , le fommet & le pied de la
croix. Ruffin & Suidas avoient déjà trouvé dans
cet attribut le fymbole évident de la vie future,
défignée autrefois , félon eux , aux Patriarches
& aux Hébreux fidèles, par cette croix furmontée
d’un cercle. Kircher n’a eu garde d’omettre cette
explication ^ qui rentroit dans l’ordre des vérités
théologiques , gravées , félon lui , fur tous les
obélifques. On la retrouve dans Jablonski même,
oui s’efî: d’ailleurs fouvent éloigné des opinions
de Kircher.
Cleyron f Journal f rom grand Caire W'i it:cnt by
tkg Prcfetto ofEgypt. j dit qucJa croix cgyptienr.e
CLE S3
repréfentoît un inftrument de jardinage , deftiné
a planter des végétaux , un plantoir en un mot.
C’étoit une bouffole , ü l’on en croit Hewart
( Tkéolog. Payenne , part. i. pag. ii.) , cité pse
Aî. PaW (Reck.Phil.fur lesEgypt. & les Chinois.'),
qui rapporte enfuite fon opinion particulière,
cc Aujourd'hui, dit-i! , il n’y a pas de favant qui
x> ne fâche que cette célèbre croix à anfe , qui
» reparoît tant de fois dans les hiéroglyphes, eft
« une repréfentation fort voilée de la partie géni-
» taie de l’homme : c’eft enSn le phallus ; de forte
" qu on ne peut prefque réfléchir férieufement à
» la prodigieufe bévue d’Hévvart ; car il 7 a ,
» comme l'on voit, une diftance affez grande du
M phallus à la bouffole. Je m’étonne mêm.e qu’ii
» ne fe foie pas apperçu que ce ligne, foit Ample,
” foit compofé J eft tourné en tous fens fur les
” obélifques , Sc vers tous les points cardinaux
« du monde. Lorfqu’on le voit fufpendu au cou
» des figures , alors fon extrémité regarde la terre,
«? précifément comme les Indiens portent aujour-
d’hui fur la poitrine le lingam , qu’on fait être
» une repréfentation du même objet, mais beau-
» coup moins voilée. «
Après une affertion auffi pofitivede M. Fax?,
il fembleroic que la croix égyptienn^ne deman-
deroit plus aucune explication , & que l’on ne
pourroit s’empêcher d’y reconnaître le phallus.
Nous avons cependant encore des doutes; nous
ne trouvons même aucune reffemblance entre la
croix égyptienne & le phallus , & moins encore ■
entre cet attribut & \t lingam des Indiens, ainfi que
tout le monde peut s’en convaincre par la fîmple'
infpecrion de ces monumens. Nous allons propo-
fer une explication plus fîmple & plus naturelle
de cet attribut. Heureufement que le comte de
Caylus l’a entrevue , en difant que c’étoit peut-
être une clef! Si nous n’avions cette égide pour
nous couvrir , nous ferions expofés aux traits
aigus que M. Pavv s’eft plu fouvent à lancer, fans
motifs, ou d’après' les prétextes les plus frivo-
les , fur les gens de lettres les plus reipeéta-
bles.
On’voit au muféutn du Capitole , deux Ifts de
marbre , beaucoup plus grandes que nature , 8c
travaillées dans le ftyle imité des anciens Egyp-
tiens. Elles tiennent l’une & l’autre une d^
antique, relies que nous en offrenttous les muféura
connus. Ces clefs font compofées d’un anneau,
par lequel on les tenoit , & c’eft ainfi que les
figures des obélifq-ues portent la croix égyptienne ;
d’un ciroifillon , dont lés deux branches plus ou
moins prononcées foutiennent Panneau ; d’une
tige & d’un panneton. Cette dernière partie de la
clef paroîr à une des deux Ifis; mais à l’autre elle
eft effacée par la tige , qui eft placée fur une même
ligne entr’elie & l’ceii du rpeéfareur. Cette pofi-
tion de la cfe/'anrique à la fécondé ïfîs, lui donne
une r.-rffenibiance p-arfaite avec la croix furn-ion-
tée d’un cercle , ou le préiendu tau .des figures
L ij
l4 CLE
d'Ofiris & d’Iiîs. M. Anquetiî a retrouvé a ail-
leurs entre les mains des Indiens une croix fans
panneton, furmcntée d'un cercle, qui leur fervoit
iiabituellenient de clef.
Winckelmann , qui dans fon admirable Hîftoire
de l'Art che-^ les Anciens (!. 2. c. 2.), a fi bien
développé les caractères des divers ftyles , eft le
premier qui ait fait difiinguer celui des anciennes
figures égyptiennes, d'avec le ftyle imité des tems
pollérieurs , & fur-tout du règne d'Hadrien. Il
reconnoît ces deux Ifis de marbre pour uii ouvrage
grec , fait à Rome dans le haut-empire. Nous
pouvons donc conclure avec certitude que fous
les empereurs, & les artifies grecs, & les Romains
qui les faifoient travailler , & les prêtres égyp-
tiens qui initioient les Romains aux myftères des
divinités du Nil , croyoient que la croix égyp-
tienne n'étoit qu'une fimple clef , puifqu’ils l'ont
remplacée par celle-ci dans les mains des deux Ifis
du Capitole.
Au relie , cette opinion n’étoit pas particulière
aux_ Grecs , qui exerçoient à Rome les arts du
defîin. Elle avoit été celle des habitans de la
Grèce , dans les beaux jours d’Athènes & de
Lacédémone. Iis plaçoient des clefs dans les
mains d’un grand nombre de leurs divinités , que
cet attribut faifoit appeler psne-cUfs , ;
tels étoient Minerve , Hécate , le Soleil & l’A-
mour. Ces attributs, apportés anciennement dans
ja Grèce avec les divinités qui remplacèrent Ifis ,
Ofiris , & les autres dieux égyptiens , s’y con-
fervèrent long-tems ; mais leur véritable fignifi-
cation n’y fut jamais connue, ou elle fe perdit,
parce qu'il n’y avoit point encore d'écrivains.
On tirera cette conclufion, en examinant lafutilité
des raifons que les poètes des fiècles pollérieurs
fubftituèrent aux traditions égyptiennes. Proclus
(v. 5. Apud. Fabric. Bîbl. Gr. vol. «S- p. ycS. ) ,
dans fon hymne au Soleil , lui donne pour attri-
but une clef, parce qu’il ouvre les portes du jour.
Caliimaque Obf. in Calllm. pag. y8i-)
en donne une pareille à Minerve , parce qu’elle
favoit, félon Efchyle (Eumenid. v. 850.), trou-
ver les ch fs de l'endroit où Jupiter dépofoit fon
^foudre. La c/e/ dans les mains d'Hécate à triple
vifage, défignoit celle du Tartare. C’étoit fans
doute la même raifon qui fit nommer Eaqiie porte-
tlef , x.Xr,ctZxos , fur une infcription rapportée par
Lluratori (.Thef. Infer. p. Dans l'Hippo-
ïthe d’Euripide (v. 538.,) , l’Amour ell le porte-
slefàe. l’appartement de Ténus , fa mère ;
'TeJ' 7sts
4Si>\.TaT0V ô-aXlfeen
'3.'i<yAo'ëx‘^. . . ,
Cette allégorie ingénieufe n’a pas befoîn d’êrre
expliquée ; mais elle nous fait comprendre l’in-
îïutioa de rawteur de i’iiymae à l'Amour, attri-
CLE
bué à Orphée , qui l’appelle auifi porte - clef.
L’artille qui a gravé une belle fardoine de là
colledlion de Stofeh (/F. clajfe , n°. 730. ) , ^
amplifié , fi l’on peut parler ainfi , cette même
allégorie, en faifant porter à un Amour un trouf-
feau de clefs , au-lieu d’une feule que lui avoient
donnée les anciens poètes grecs.
C'eft ainfi que les fiècles pollérieurs ont dou-
blé le foudre de Jupiter , le gouvernail de h
Fortune , le vifage de Janus, d’Acca-Laurentia ,
qu’ils ont triplé même le corps d’Hécate, de
Géryon , la tête de Cerbère , &c. 8cc. On a cru
fans doute donner une plus grande idée de la
puiffance des dieux , en multipliant & les attri-
buts qui les indiquoient , & les figures qui les
repréfentoient. Cette-caufe , puilée dans la nature
de l’efprit humain , expliqueroit peut-être natu-
rellement le goût inné des Afiatiques , confidérés
depuis rionie jufqu’aux pays qui , habités autre-
fois par les Sim , le font aujourd hui par les-
Chinois & les Japonois , pour les Rames char-
gées de plufieurs têtes, de plufieursbras ou deplu-
fieurs corps. Mais cette explication fimple pourra
déplaire à ces écrivains toujours emprelfes a re-
poulfer les chofe? qui fe préfentent d elles-
mêmes à l'efprir , tandis qu’ils adrnetrent les abfur-
dités les plus révoltantes , & qu’ils tourmentent
de la manière la plus cruelle & la plus arbitraire
les anciens auteurs , pour les ren^e complices
des égareraens de leur imagination.
Si nous voulions rapporter tous les attributs
que tiennent les figures égyptiennes, à 1 agricul-
ture , nous pourrions ici nous étayer du témoi-
gnage de Cleyton , qui a reconnu dans la croix
égyptienne un plantoir , un inflrument du jar-
dinage J mais nous lailTerons cette explication
détournée , pour embrafler celle du comte de
Cayliis , & nous croyons avec lui que c’étoit
une fimple clef Ainfi le penfoient les artifies des
fiècles pollérieurs , qui ont fculpré les deux Ifis
du Capitole j ainfi i’avoient penfé les Grecs des
anciens tems , qui donnèrent la clef d Ifis a
Minerve & à Hécate , divinités par lefquelles ils
remplaçoienc l’ifis égyptienne ; & la clef d’Ofiris
au Soleil , qui le repréfentok.
Qu’efi-ce que les anciens habitans de l’Egypte
avoient voulu défigner en métrant une clef dans
les makis d’Ofiris & d’ifis ? Nous le trouverons
en étudiant les dogmes des Egyptiens. Plutarque
dit que ce peuple ’plaçoi': régions du midi
fous la direèlion immédiate d’Ofîris, & les con-
trées du nord fous celle de Typhon , dont la rner
étoit l'écume fatale. De-là' vient qu’ils regardè-
rent le Nil comme un écoulement d’Ofiris. C’étort
donc ce dieu qui amenoit de l’Ethiopie en
Egypte les eaux du fleuve falutairej c’étoit lui
qui ouvrok les canaux defiinés à les répandre ,
& les réfei-voks où l’on en confervok une
Une clef n’étoit-elle pas le fymbole naturel de
cette opération, à laquelle les Egyptiens rappot-
CLE
tcient tous îes phénomènes de la nature & tous
leurs dogmes religieux ?
Ofîris d’aiiîeurs étoit la force productive de
la nature , ce qui étoit indiqué par fon attitude
©fefcène, que les Grecs & les Latins rappelèrent
dans les fiatues du dieu des jardins. Une clef deve-
Roit encore fon ft-mbole fous ce nouveau rap-
port. Quejques Grecs , & plufieurs antiquaires
modernes à leur exemole, ont paru fe rapprocher
de notre explication en donnant à cet attribut
le nom du phallus , avec lequel il n'a cependant
aucune reffemblance fenfible.
Quant à Ifis, que les Egyptiens croyoïent être
la Lune ^ elle pouvoir , à ce titre , porter aulTi
une clef; car e'étoit à la Lune quhis attribuoient
les accroiffemens- du Nil , parce qu'ils la faifoient
fouveraine des vents ^ & fur-tout des vents du
Kîidi J toujours favorables à ces accroilfeTnens.
N'étoienr-ce pas afiez de raifons pour lui don-
ner le même attribut qu à Oliris, conlîdéré comme
le père du Nil ?
Llef fur les médailles des ifles Cleides (On
voit une).
Clef des fêtes mobiles.
ce Les anciens appeloient ces clefs , c laves ter-
mînorum. Nous les appelons les clefs des fêtes
■mobiles j parce qu'on s'en fervoit autrefois pour
connoître quels jours du mois tomboient les fêtes
mobiles , le dimanche de la fepruagéfîme , ie
premier dimanche'de carême ^ le jour de pâques ^
le dimanche des rogations , & enfin le jour de la
pentecôre. On trouve ces clefs marquées parmi les
dates de quelques chartes. Voici la manière dont
les anciens en faifoient ufage. ”
cc Suivant leur langage ^ le terme de la feptua-
géfime étoit le 7 janvier; celui du prem.ier diman-
che de carême, le 28 du même mois; celui de
pâques, le ii mars; celui des rogations, le 15
avril ; celui de la pentecôte , le 29 du même
mois. C'efl; de ces jours fixes qu'il falloir partir,
©u commencera compter, pour trouver les jours
de ces fêtes mobiles par ie moyen de ces clefs.
Un exemple rendra ceci plus intelligible. L'année
535 de Jéfus-Chrift , comme on ie voir dans la
sable chronologique, avoir i y pour des fêtes
mobiles. Je veux favoir , par l'ufage de ce nom-
bre , quel jour tomboit, en cette année 535 de
Jéfus-Chrift , le dimanche de la feptuagéfime. Je
commence par compter un le 7 janvier , deux le
8, & ainfi de fuite jufqa'à 15 inclufivement , ce
qui me conduit jufqu'au 21 de ce mois auffi in-
eluiîvement. Le dimancho après ce 21 eft celai
de la feptuagéfime ; & je vois par la lettre domi-
nicale, qui eft B, que ce dimanche eft le 23
janvier,, parce que la lettre dominicale B répond
à CS quantième. Cette opération faite , j'en fais
une fécondé , en commençant par compter un ie
28 janvier, & je fuis conduit par mon nombre
i J jufqii’au 1 1 féyrisî iaclufivemsiiE, Le diijaauche
CLE 85
qui fuit ce jour , eft le premier dimanche de
carême; & toujours par ma lettre dominicale B,
je trouve que ce dimanche tomboit la 533= année
de .Téfus- Chrift , le 1 3 février. Je fais une troilième
opération femblable aux deux premières , en
commençant par compter un au 1 1 mars , & je
trouve que le jour de pâques tomboit le 27 du
même mois. J'en fais une quatrièmepour compter
un le ly avril , & je trouve que le dimanche des
rogations , qui eft le cinquième après pâques ,
étoit le I mai. Enfin je fais une dernière opéra-
tion en commençant par compter un le 19 avril,
& je trouve que le jour de la pentecôte tomboit
le IJ mai de la 533^ année du Sauveur. Tel eft
l'ufage que îes anciens faifoient des clefs des
fêtes mobiles. Pour m'afiurer de la certitude de
ce calcul , je jette îes yeux fur le calendrier B de
notre calendrier folaire perpétuel , où pâques
tombe le 27 mars , & où toutes les fêtes mobiles
de l'année font marquées ; & je trouve que j'ai
fort bien rencontré , en me fervant des clefs
dont nos anciens faifoient ufage pour indiquer
les- jours où ces fêtes tomboient, d'où je conclus
que leur méthode étoit bonne. Mais je fuis dif-
penfé de m'en fervir, ayant aujourd'hui un calen-
drier perpétuel , qui m'indique toutes les fêtes
mobiles & immobiles fans la moindre opératiqn
(^r Art de vérifier les dates.'). »
CLEIDES , ifles. Sans infcription.
Leurs médailles autonomes font ;
RRRR. en bronze. . . . Fellerin,
O. en or.
O. en argent.
Le fymbole de ces ifles eft une clef, & leur
type eft un aigle volant,
« Cette médaille doit , par fon type qui repré-
fente une clef antique , appartenir aux ifles Clei-
des , du mot , qui fîgnifîe une clef. Elle a
d'ailleurs au revers un oifeau volant , qui étoic
le type commun des monnoies de plufieurs autres
ifles & villes maritimes , comme de Seriphus „
Siphnus ^M.alea , Scc. Les Cleides étcient fituées
près de i'ifle de Chypre , vis-à-vis un promontoire
qui port oit le même nom. Les. anciens ne font
pas d'accord fur leur nombre. Il n'y en avoit que
deux, félon Strabon. Pline en compte quatre.
C'eil de Larnaca en Chypre que cette médaille
eft venue ( Comte de Caylus , J. pL jj. 6.). »
CLEIDOMATIE. Voyej Clédomantie.
CLÉîfîENCE , vertu mife au rang des divini-
tés. Il fut réfoiu , dit Plutarque, de b-âtir on.
temple à la Clémence de Céfar ; & en effet , on
en voit un fur une de fes médailles. Les fymboîes
de la Clémence font un rameau , la patère & Is
hafte pure. Ciaudien dit que cette divinité ne
doit avoir ni temple, ni ftatue, parce quelle ne
doit habiter eue -dans îes coeuTs. îi fait de îs
Çléramce uns bellê defcripüaii dans lâa goissse
tty CLE
fur le premier confulat de Stélicon ( il. <5. ) :
Principio magni cufios Clementîd mundi ,
ÇluijavisincoliiitiOTmm,q^iiA temperat nhram
Frigoris & FLammu medium, quAmaxima nam
Ccelicolam , ( nam prima chaos Clementia folvit
Congeriem miferata radem , vultuque fer eno
Difcujji tenebris in lucem fecula fadit)
Hac dea pro remplis , & thure calentibus aris
Te fruimr.
Il dit ailleurs (de Conful. Manl. n. iGj.) :
Nonne vides , ut nofira foror Clementia trifies
Ohtundat gladios.
La bafe de la flatiie de la Clémence étoit dans
Athènes un lieu d’afyle.
CLEMMATERES , vafes à boire, petits,
'creux, fans pied Sc fans oreilles. Athénée (lib.
XI.) en fait mention, & dit qu’ils fervoient aux
Galles confacrés à Cybcle. KèPteaxa défgnent en
grec des farmens ; & l’on peut conjedturer ,
d’après l’étymologie , que les clemmateres en
étoient ornés.
CLÈO. Voye^ ThÉtis.
CLEOBIS. Foyei Biton. Ces deux frères,célè-
bres par leur piété filiale , avoient à Argos {Pau-
fan. l. i. p. lyjO deux Itatues de marbre. On les
voit fur une pâte antique du baron de Stofeh
( IV. clajfe , n°. 17. ) , traînant fur un char au
temple de Junon leur mère décrépite. Béger a
publié un- deffm de ce m.ême fujet ( Spicileg.
Ant.p.iag].).
CLEOBULE. Voye^ Cléopâtre.
CLÉODÉE, fils d’Hyllus, petit-fils d’Hercule,
fut un des héros à qui la Grèce érigea des monu-
mens héroïques ( Herodot. l. 7. ).
CLÉODICE, femme d’Himère.FoyfçHiMÈRE.
CLEODORE-, Nymphe oui fut aimée de Nep-
tune , dont elle eut Yzxni& {Paufan. lib. 10.).
Voye[ ClÉOPOMPE , PARNASSE.
CLÉODOXA , une des fept filles de Niobé ,
qui périrent par la colère de Latone , félon
Appollodore.
CLÉOMÉDE d’Aftypalée , étoit fi vigoureux
Sc fi fort , qu’étant entré un jour dans une école,
donc le plancher étoit foutenu par un fort pilier,
d’un coup de poing il renverfa le pilier , 8e
écrâfa une troupe d’enfans qui étoient dans cette
école. Se voyant enfuite pourfuivi par les parens,
il fe jeta dans un coffre , qu’on ne pur jamais
ouvrir fans le mettre en pièces ; mais on n’y
trouva plus Cléomids. Qn eut recours à i’oraçle
C L E
pour le confulter fur cet événement. S: la Pythie
répondit que Cléom'ede etoic le dernier des demi-
dieux. En conféquence de cette réponfc , Jej
Grecs érigèrent à Cléom'ede des monumens héroï-
ques. Plutarque rapporte cette fable à l’occafioa
de l’enlèvement de Romulus dans le ciel, & met
ces deux fables fur le même niveau ( Paufan i»
Eliac. ).
CLEONÆ , dans l’Argolide. kAeq.
Les médailles autonomes de cette ville forÆ :
RRRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Cleonæ, dans l’Achaie. KAEi2NAiî2N.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en l’honneur de Commode , de
Domna , de Caracalla , de Géta , de Plautille.
CLÉOPÂTRE, femme d’Antiochus VIII, roi
de Syrie.
Les médailles fur lefquelles elle eft jointe à
Antiochus VllI , font :
RRR. en argent.
C- en bronze.
O. en or.
Cléopâtre , femme d’Alexandre Bala , roi
de Syrie.
Ses médailles font:
RRRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Cléopâtre avec Juba, fils, fon époux, mî
de Numidie.
Ses médailles font :
RR. en argent.
RRR. en bronze.
O. en or.
Cléopâtre feule.
Ses médailles font :
RRR. en argent.
RRR. en bronze.
O. en or.
Cléopâtre II , mère de Ptolémée VIII &
de Ptolémée IX , roi d’Egypte. BASZIAISSHS
KAEOnATPAS.
Ses médailles font :
RR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Cléopâtre , dernière reine d’Egypte.
CLEOPATRA REGINA REGUil FiLjORUM:
Regum.
Ses médailles font :
RRR. en or , fuppofé qu’on en trouve indubi-
tables.
RR. en argent.
RRR. en médaillons d’argent, au revers d’An-
toiae.
CLE
îî y a nn coin faux qui eit difrt'rent des Cifto-
p’iores.
RR. en M. B. latin ^ ou d'Egypte.
RR. en P. B. latin , ou d'Egypte.
Deux Itatues de femme couchées , Tune auBelvé-
dère & rautreàlaVilla-Médicis^porîentlenomde
Cléopâtre, parce qif on a pris leurs bracelets pour des
ferpens. Elles repréfentent vraifemblabîement des
nymphes endormies ^ ou le repos de Vénus ainfi
qu'un favant Ta obfervé il y a long-tems ( Stepk.
Pigk. in Schotti Itin. Ital. p. jzô.). On dit cepen-
dant que Cléopâtre fut trouvée morte dans une
attitude pareille ( Galen. ad Pifon. de Theriaca ,
c. 8- p. 941. £dit. Charter, t. 13.), Du refte , la
tête de la première figure n'a rien de remarquable j
elle eft même un peu de travers. La tête de la
fécondé , que quelques-uns vantent comme une
merveille de l’art , & qu'ils comparent aux plus
belles têtes de l’antiquité (PC.chardfon , Traité de
la Peint, t. Z. p. 206. ) j eft indubitablement mo-
derne j & de la main d'un artifte qui n'a jamais
eu d’idée nette ^ ni du beau de la nature ^ ni
de celui de Fart. Au palais Odefcalchi on voyoit
autrefois une figure abfolumenr reffemblante à cel-
les-là 3 & comme elles au-defliis de la grandeur
naturelle ; elle a paffé en Efpagne avec les autres
ftatues du même cabinet { Hiji, de V Art. Uv. 6.
ck. G.').
Cléopâtre ou Cléobuîe , fille de Borée &
d’OrithyC;, femme de Phinée.
Cléopâtre j fem.me de Méléagre. Voye:^ Al-
cyons^ Méléagre.
CLÉOPOMPE /père de Parnafte. Voye^ Par-
nasse.
CLÉOSTRATE jeune homme de Thefpie
en Béotie j qui la délivra ^ par fa mort , d’un
monftre, auquel il falloit donner tous les ans
un jeune homme à dévorer. Voye^ Thespie.-
CLEPSIAMBE. Héfychius & les autres Lexico-
graphes grecs difent que ce mot défignoit dans le i
poète Alcman des chanfons particulières , ou de
petits poèmes que l'on chantoit en certaines oc-
cafions particulières.
CLEPSL4NGOS. Ariftoxène mettoit , félon
Athénée ^ le depfimgos au nombre des inftrumens
étrangers aux Grecs, telsquele phœnix, le peclis,
la magade, la fambuque, le trigone, le fcindapfe
& Fennéacorde.
CLEPSYDRE. Ayant trouvé les cadrans folai- ■
tes J les anciens ne poflfédoient pas encore le
moyen de mefurer toujours le tems 5 car ils ne
pouvoient s'en feivir que dans le jour 8r par u.n
tems ferein. Pour y fuppléer dans la nuit & dans
î abfence du foleii > on inventa Izclepfydre , efpèce
de faoüer , dans lequel Feau produiibît le même
effet que le fable, a produit depuis. Les Egyptiens
paroiftent en avoir été les inventeurs. Horus-
Àpoii© ÇH’.ercgl, cap. 15.) dit que les prêtres ds s
CLE. S7
{ cette nation employoient, pendant la nuit, de®
kydrofcopes , ou horloges à eau, pour faire leurs
obfervations aitronomiques. 11 ajoute qu’elles fe
vuidoient exactement eu un jour équinoétiaî 5 ce
qui paroit moins extraordinaire que la forme
bizarre donnée à ces machines par les prêtres
égyptiens, c’étoit celle d'un linge qui urine.
Les Grecs reçurent probablement des .Egyp-
tiens la connoiflance des clepfydres , avec celle
des autres arts. Les Athéniens s'en fervoient
dans l'aréopage, pour mefurer le tems que dé-
voient employer les avocats de Faccufé & de
Faccufateur. Un officier, nommé Eçié’nù , avoir
Finfpeélion des clepfydres , & annonçoit la fin
du tems accordé. Les avocats avoient foin de
n'en pas perdre un feui inftant ; & nous voyons
dans Démofthène & les autres orateurs grecs ,
que Fon fufpendoit l’écoulement de la clepfy-
dre , pendant qu'ils lifoient ou faifoient lire les
loix qu’ils citoient , ou quand il furvenoit quel-
que affaire étrangère à leurs caufes. L’on voit
auffi dans ces orateurs , qu’il éroit permis à celui
dont le plaidoyer n’avoît pas rempli tout le tems
accordé par Fufage , d'en céder le refte à un
autre orateur, c'eft-à-dire , de lui céder une par-
tie de fon eau : difoit le premier,
^ Si Fon en croit Pline (/. 7. c. 60.) Scipion
Nafica inventa les clepfydres à Rome : Tune Sdpio
Tiafica , collega L&natis primas aqua divifit horas
&que noctiam ac dierum. Mais la fuite de ce paf-
fage fait voir qu’il s'y agit d'une depfydre
publique : Idque horologium fub teBo dicavit ,
anno urbîs 595 : tamdiu populi romani indifereta
lux fuit. Les orateurs ne parlèrent bientôt plus
à Rome , comme à Athènes , que pendant un
efpace de téms mefuré par la depfydre. Cet ufàge,
qui étoit appelé diclio ad depfydram , caufa la
corruption de l'éloquence , félon Quintilien ( xii.
ô. ) , & félon Fauteur du livre de V Orateur (c,
38. n. I.).
On employa dans les armées romaines la clep^
fydre , pour mefurer les veilles de la nuit. Le
primipile obfervoit cette machine , & annonçoiî
les différentes veilles. Céfar fait mention des
mefures d eau dans fes commentaires (de Bell.
Gall. V. 13. §. 4.) : Nos nihil de eo percunSa~
tionibus reperiebamus , nifi eertis ex aqua men-~
furis breviores ejfe noBes , quam in contin.ep.ti
videbamus. V^égèce parie exprefîément des dep~
fydres militaires (/i/. 8. ) .• Ideo in quatuor parus
ad depfydram funt divifa vigilia , ut p.ort amplius
quâm tribus koris noBurnis neceffe fit vigilare.
L’Egypte , qui avoir vu paroître les premières
clepfydres , les vit auffi jperfeéiionner par Ctéfî-
bius d’Alexandrie , qui vivoit dans le fecoîKl
fiècle avant Jefus-Chrift, fous le règne de Pto-
lémée Phyfeon. Ce machinifte célèbre fit mou-
voir, par la chute de Feau des clepfydres , des
roues dentées , qui communiquoisnt leur koï.-
S8 .CLE
vement à une colonne. L’eau
abaiifoit une petite llatue , qui j ^
baguette , indiquoit les mois àc les heures , gra-
vés fur la colonne tournante. Vitruve a décrit
plulîeurs autres efpèces d horloges à eau tres-
compliquées en apparence.
On dérive le nom de clepfydre des mots grecs
xA2îr7ïO' J dérober leau.
Sur un des deux bas-reliefs du palais Mattéi ,
qui repréfentent les noces de Thétis & de Pelee,
félon Winckelminn {Mor.umenti antichi ineditï),
Morphée tient une clepfydre.
Clepsydre. On lit dans Athénée (^lihro iv.
Deipnofopk.^ qu’il y avoir un inllrument de
mulique à tuyaux , appelé clepfydre , inventé par
Ctéfibius, barbier de prbfelîîon j mais favant
dans l’art de conftruire des. inftrumens hydrauli-
ques , & qui avoir laiffé un traité fur cet art.
Voici la defcription qu’ Athénée donne du clep-
fydre.
« Cet inltrument, affez femblable par fa figure
à un autel rond ^ doit être mis au nombre des ,
inftrumens à tuyaux ; les ouvertures des tuyaux
croient tournées vers l’eau , de manière qu’en •
l’agitant ^ le vent produit par cette eau , faifoit
rendre-un fon doux aux tuyaux. Il y avoir des
efpèces de balanciers , qui paffoient au-delà de
l’inftrument. « Il paro'it par cette defcription que
c’étoit un véritable orgue hydraulique. Autfi
Athénée conclut-il fa defcription par ces mors :
« Voilà , Oulpian ! tout ce que je peux dire de
M l’orgue hydraulique. »
CLÉROMANTIE , forte de divination qui fe
faifoit par le jet des dés ou des oflelets. Hercule
avoir un oracle à Dura dans l’Achaie dont les
répontes fe rendoient en jetant quatre dés. Le
Prêtre répondoit fuivant les nombres que l’on
avoir amenés.
Ce nom eft compofé de KX?fcç,fortj & de fiailtU,
divination.
CLEROPECTÆ , îe.mmts cpn fe mantroîent
à Rome dans les jeux publics avec les bate-
leurs. Elles fautoient par - deifus des épées ^ &
vomiflbient des flamnàes {Buleng. de Tkeatr. i.
34‘)"
CLEROTES J 1 étoîent quarante-quatre Athé-
kahpûtoi , s _
niens, félon Follux, ou cinquante, félon Suidas,
choifis par le fort dans chaque tribu, pour juger
du fait des monnoies , dans les caufes où il
s’agifloit de fommes plus fortes que dix drach-
mes.
CLIBANAIRE. f. m. Nom d’une ancienne
iniiiee & cavalerie perfanne , euiraffiers perfans.
Cataphraclarius , cUhanarius. L’empereur Sévère-
Aisxandre , dans un difcours qu’il fit au fénat ,
après fon triomphe fur les Perfes , rapporté par
C L I
Lampridius ( dans fa vie , c. y6. ) , dit , entre
autres chofes : nous avons tué dix mille cuiraf-
fiers , qu’ils appellent clibanaires. Les anciens
Perfans appeloient four ^ ce que nous appelons
cuirajfe , c’eft-à-dire , une arme défenfive de fer,
qui couvre le corps depuis les épaules jufqu à
la ceinture , un corfelet de fer. Il différoit de
celui des Romains, en ce que celui-ci étoît de
plufieurs pièces, qui avoient la forme d’écaillesj
au-lieu que celui des Perfans étoit tout d’une
pièce comme les nôtres. Comme elle étoit recour-
bée en voûte , & faite en forme de four , les
Perfans l’ appeloient d'un mot qui , dans leur lan-
gue , fignifioir four, & les Romains clibanus , qui
lignifie la même chofe; les foldats qui étoient
armés de cette efpèce de cuiralfe, fe nommoietit
cLibanarii , clibanaires. Ainfi la milice etoit per-
fanne , & le nom étoit latin , comme l’a remar-
qué Saumaife. Car nous ne favons quel étoit le
nom perfan.
Saumaife convient cependant que les cuiralTes
à écailles étoient aufli appelés clibanus. Les glofes
bafiliques , & l’anonyme qui a écrit en latin de
re Behicâ , expliquant ce que c’eft que thoraco'
macki , ou, félon Saumaife, thoraconaüi , don-
nent du clibanus la même idée que nous.
CLIBAIsUS. Les Romains^ appeloient quel-
quefois de ce nom des vafes d argent , dans lef-
quels on dillribuoit le pain aux convives. Pétrone
s'en fort dans cette acception (c. 3L) • Circum-
ferebat Ægypüus puer clibano argenteo panem.
Ce nom leur fut donné fans doute parce qu’ils
étoient ronds & convexes comme les fours de
campagne , ou tourtières , appelées clibam ,
dans lefquelles les Romains faifoient cuire le
pain.
CLIDOMAÎS'TIE. Voyei Clédomancie.
CLIENTS.
CLIENT A. > Oh appeloit client chez les
CLIENTELA.'S
Romains , un citoyen qui fe mettoit fous la pro-
tedion ie quelqu’autre citoyen de marque , lequel
par cette relation s’appeloit fon patron, patronus.
Koyeç Patron. _ , r •
Le patron afliftoit le client dans fes befoins ,
& le client donnoit fon fuffrage au patron quand
il briguoit quelque magiftrature , ou pour lui-
même , ou pour les amis- Les chens devoient
refpefter leur patron , & le patron de fon cote
devoir à fes cliens fa proteftion & fon fecours.
Ce droit de patronage fut inftitué par Romulus,
dans le delîein de réunir les riches Sc les pau-
vres , de façon que les ans fulfent exempts aU
mépris, & les autres de l’envie. Mais la conditios
des cliens devint peu-à-peu une efpèce defcia-
vage adouci. ^ . ,
Cette coutume s’étendit enfuite plus loin >
non-feulement les familles , mais les^^vi [es
les provinces emières J même hors de l’îtahe, ia
' fuivireiu:
C L I
fuivirent : la Sicile par exemple ^ fe mit fous ’a
proteélîon des Marceiius, Lacédémone fous celle
ces Claude iSuet. Tih. c. 6. n. z. , Bologne fous
celle des Antoine (fi. Aug, c. 19. ) = Sec.
Lazius & Budée rapportent l’origine des fiefs
aux patrons & clzens de l’ancienne Rome ; mais
il y a une grande différence entre la relation du
vaffal à fon feigneur ^ & celle du client à fon
patron. Car les clzens , outre le refpeft. qu’ils
dévoient rendre ^ & les fuôrages qu’ils dévoient
donner aux patrons, étoient obligés de les aider
dans toutes leurs affaires , & même de payer
leur rançon s’ils étoient faits prifonniers à la
guerre , en cas qu’ils n’eaffeDt pas alfez de bien
pour la payer.
Sans la liberté qui dirtinguoit les cliens des
efclaves , la condition des uns & des. autres
auroit été auflî malheureufe , tant ils avoient
de devoirs à remplir auprès de leurs patrons.
Des le point du jour , les cliens fe rendoient
à la porte de leurs patrons , pour leur fouhaiter
une heureafe journée i_Man. il. 18. 3.) .-
Mane falntatam venio , tu diceris ijfe
Ante falntatam ^ jam fumas ergo pares.
La première 8c la fécondé heure étoient employées
à ces faluts {Mart. iv. 8. i.) .•
, Prima fai utantes atque altéra continet hora.
On s emprefToit tellement pour s’acquitter le
premier de ce dev’oir-, que l’on fe donnoit à
peine le tenis de peigner fes cheveux (Man.
iii. ib. 3.) .■
Horridus ut primo femper te mane faluîem
Per mediumque trahat me tua fella lutum.
Les ftimats , la neige & la pluie ne pouvoient
en difpenfer les ixialneureux chens ( Juven. Sat.
V. iç)):
..... Habet Trebius propter quod rumpsre
fomnum
Debeat , & ligulas dimittere , foüickus ne
Tota falutatrix jam turba peregerit orbem
Sideribus daoiis , aut illo tempore , quo fe
Frigida circumagunc pîgri farraca Boots,.
Ces vers de Juvenal nous apprennent que le;
cliens avoient fouvent plus d’un patron , &
qu ils leur rendoient à tous les mêmes devoir;
avec le meme zele. Sénèque les appelle faluts
loues {de Brev. Fit. c. 14 ) , ckm per dLrlds
domos meritoriam falatationcm circumtulerint. Ces
hommages etoient en effet payés par le don
lournaiier 4e hfportula , que le patroo faifoit
■Antiquités ^ Tome II.
C L I 8 9,
difîribuer à fes cliens { Foye^ Sportula } •
iNous voyons dans la diflribution de cette fpor-
:> faite par Juvénal ( Sat. i. 120.) , que ce>
chens étoient très-nombreux , qu’ils venoient ea
cnercher cette diftribution journalière, Sc
qu lis Y amenoient leurs femmes , lors même
qu elles étoient malades.
Lorfque ie ptitron fortoic de chez lui pour fe
rendre au barreau, aux comices, ou au palais
de 1 em-pereur , cette foule de cliens , revécue de
toges blanches , entouroit fon cheval , fa litière,
ou le précédoiî- pour lui faire ouvrir le Dallage
(Juvénal ^ Sat. x. 44.) .'
Tune prscedentia longi
Agmirâs ojfcia , & niveos ad fr&na Quirites :
Defojfa in loculis ^ quo s fportula fecit amicos.
Cette couleur de la toge d’un client , ie fait appe-
ler blanc par Martial (i. 56. 13.) ;
IA on amet hanc vitam , quifquis me non amat ^
opto :
Vivat & urbanis albus in officiis.
Quand le crédit ou l’éloquence du patron
avoit fait gagner un procès à fes cliens , ceux-ci
lui dopnoient un témoignage public de leur re-
connoiirance , en attachant des couronnes à la
porte de fa mai fon. Cornélius Galius nous l’ap-
prend de lui-même (i. 13.) ;
Sspe perorata percepi Vite coronam ,
Et data font lingus prsmia digna mes.
Les cliens faifoient quelquefois des créfens à
leur patron , & les provinces s’empreflbient de
lui offrir ce que leurs contrées ou leurs manur
fadiires produifoient de rare & de précieux.
Horace y fait aliufion dans les vers où il du qu’il
n’a point de clientes occupées à travailler pour lui
la pourpre de Lacédémone ( Od. il. 18. 7.) ;
. . . . . Nec laconicas miki
Trahunt konefis purpuras clients.
Au telle , les patrons recevoient audl leurs
cliens étrangers dans Rome , & leur don noient
un afyle dans leur palais. Nous en voyons un
exemple dans l’eunuque de Térence ( r.'8. 7. ) :
• • . • . . . Tum autem Phsdris
M.eo fratri gaudeo amorem omnem ejfe in tratt'i
quillo : Una efl domus.
Thaïs patri fe commendavit in clientelam , & fidem,
Nobis dédit fe.
M
J© C L I
KAFA-IAKlAES , gradins. Athente^C hh. 6.) ap- ;
pelle de ce nom des femmes attachces au fcrvjce |
des reines , qui fe profrernoienc devant leurs |
chars ou leurs chevaux, en prtfentant leur uos
comme un marchepied j, afin de *eiir aidei a y
monter. On fait que les anciens ne fe iervoîent pas
û'etrier.
CLIMÉNÈS , fils d’(Enée , roi de Calidon.
Voye:^ (EnÉE.
Les médecins vifitansétoient
CLirslQvJh. 3
appelés de ce nom , par oppofition aux méde-
cins que l’on confultoit dans leurs maifons.
Ce mot étoit dérivé de xaAîj , Hc- On lit dans une
ancienne infeription : P. decimus e. héros
MERULA , MEDICÜS CLINICUS , CHIRURGUS
OCULARIUS.
CLINOPALE. Domitien , perdu de débau-
ches, créa ce mot honteux , quil^ dériva de
, lit, & de , Irttte , pour déligner l’ha-
bitude des chofes obfcènes , comme une efpèce
d’exercice utile à la fanté. {Suet. Domit. ): Ajjidui-
tatem concabitûs , velut exercitatior.is genus ,
Clinopalem vocabat Domitianus.
CLIO, la première des Mufes , fille de Jupiter
te de Mnémofine , ayant ofé faire des remon-
trances à Vénus, fur fon intrigue avec Adonis,
en fut punie par cette Déeffe. Vénus lui infpira les
foiblelTes de l’amour, & elle devint mère. F oye^
JIUSES-
Sur les médailles delà famille Pomponia , Clio
eft exprimée par une tête couronnée de laurier ,
& par un rouleau d’où pendent des courroies.
Peut-être cependant faut-il reconnoître ici Cal-
iiope ; car ce rouleau eft commun à l’une & à
l’autre dans les peintures d’Herculanum.
Dans le Muféum Plio-Clémentin , Clio eft dif-
tinguée par le rouleau qu’elle déploie comme
Mufe de l’hiftoire ; ainfi que dans les peintures
d’Hercuîanum , où Calliope en porte un fem-
blable. Mais cette dernière tient ordinairement
des tablettes.
aiio tient feule un rouleau fur le farcophage
du Capitole, où font repréfentées les neufMufes.
Elle paraît avec cet attribut fur le marbre de
l’apothéofe d’Homère.
Son habillement eft fîmpîe , & elle porte des
bottines dans le Muféum Piio - Clémentin. Au-
fonne la caraétérife par le vers fuivant :
Clio gefi-a camns tranfaclis tempora. reddiu
Cette Mufe préfidoit à l’hiftoire qui renferme
l’éloge des héros ; c’eft pourquoi on dérive fon
nom âws 5'2 x>,î!a de la louange, ou de xxloç la
renommée. Les premières hiftoires de tous les
f>euples font ordinairement des poéfies que l’on
«hante Celks des Grecs furent de cette efpèce ,
C L T
Ei on s’acconrpagnoit de la lyre en les chaptant.
C’eft ainfi qu’Achilie {liiad. IK. v. 189.) s'amu-
foic à chanter les louanges des héros, xAiaiAf^t,
fur une lyre qu’il avoir enlevée avec d’autres dé-
pouilles. Dc-là vient que Clio préfidoit a la poéiie
hillorique.
Clio étoit une des Nymphes compagnes de
Cyrène, mèred’Ariitée.
KAiriON. Les Grecs donnoient ce nom à une
porte qui étoit pratiquée fur les théâtres anciens ,
& par laquelle entroient les chars qui portoient
les héros & les héroïnes des tragédies.
Jacques Byres , voyageur anglois , a donné la
defeription des ruines d’un ancien théâtre tai-e
dans le roc à Taormiho en Sicile. 11 a obkrve
fur l’efpace qui féparoit la fcène de i orcbeftre,
une popte dont les jambages avoient ete uféspar
les effieux des chars.
CLITA, une des Grâces , fuivant les Lacédé-
moniens. P'oyei PhAENNA.
CLirUS , colline , pente douce. Il 7 en avoir
plufieurs à Rome. Clivas capitolinas etoit la
montée du capitole du côte à'x forum. Clivas c—
cumeris étoit dans la rue Salarie. Auprès de^ la
porte de S. Sébaltien , non loin de la porte Cape.ae
& du temple de Mars qui l’avoifinoit , étoit place
le clivas hlartis. L’inlcription fuivante , trouree
dans les environs, nous apprend que cette coLiae
fut abaifiee :
CLIVUM. MARTIS. PER. PUBLICA
IN. PLANITIEM. REDEGERUKT.
S. P. Q- R.
On montoit fur l’aventin par le clivas publieras,
qui commençoit au forum boarium. Feftus nous
apprend que les deux trères Publicius étant Ediles ,
employèrent des amendes à faire appianir cette
colline , pour la commodité des voitures ; & ono
de-là elle fut appelée clivas publicius. Ovide parle
de cette colline C Eafl. v. ) :
Parts locant clîvi , qui tune erat ardua rupes ,
Utile nanc iter efi , P uhliciumque vocant.
Le cUvus publias n’étoitpas éloigné du fagutal,
comme le dit Solin ( c. i. ) ; Tarquinius-Supersus
clivum pullium ad lucum fagutalem. Le clivas
feauri appartenoit au mont Cœüus. S. Grégoire e»
parle dans fes lettres. { lib'. vu. 13. )
La partie de la rue Subuira , qui montoit a
efquilies , s’appeloit clivas fuburrar.us.
cendoit du mont Palatin au grand cirque , 10 °
Donati, & vers le forum , félon Nardini ,
clivas vieioris.. On appeloit enfin une partie
efquib'es, voifine du Fagutal, clivas viroius
orbius , à caufe de fes finuofités , orbes..
C L O
J ^^OACARIUM , impôt deftiné à Tentretien
des cloaques de Rome. Les Cenfcurs du temps de
^ république avo ent loin de réparer ces ou-
vrages admirables d'architedture ^ & Ton prenoit
Jes rommes necefTaires dans le tréfor public; mais
fous les Empereurs i! y eut des Infpesâeurs de
Cioaques , curatores . & un impôt fut établi pour
cette dépenfe.
^ CLOACINA , DéefTe des Cloaques. Titus-
Tatîus Ro! des SabinS:, ayant trouvé par hafard
une llatue dans une cloaque , iengea en Divi-
nité. 6e la coniacta tous le nom de Cloacinà, Cloa-
CLYiarn y dit MinutlUS elix J T'atzus df* iTivcult
coluit.
Cloacîn A cil auiïi un furnom donné à Vénus ^
à caufe d'un temple quelle avoit près de Rome ,
dans un lieu marécageux où autrefois les Ro-
mains & les Sabins , après S'être fait la guerre
pour le rapt des Sabines j s'étoient réunis en un
feu! peuple. II n'y a que Pline qui en faffe men-
tion. ( ip. ) Au relie, il appelle cette Vénus
Cluacina, épithète qu'il dérive de cluere , puri-
^ Ciuie de. h cérémonie que pratiquèrent les
Sabins & les Romains lors de leur réconciliation,
pour fe purifier du fang qu'ils avoient répandu.
CLOAQLE. Denis d'Halicarnaffe nous apprend
que je Roiqarquin le vieux, eft le prem'ier qui
conitruiSt des canaux fous la ville de Rome, pour
en conduire les immondices dans le Tibre." Les
.canaux de cette efpèce augmentèrent inlenfible-
ment , fe multiplièrent à mefure que la ville
s agra.ndit , & furent enfin portés à leur perfec-
tion fous les Empereurs.
Comme les Romains , dans les premiers temps
de la république , travaiiloient à ces canaux, ils'
trouvèrent dans un d'eux la llatue d'une femme ;
î'S en forent frappés; ils en firent une DéelTe
qui prefidoic aux cloaques , & qu'ils nommèrent
Cioaclue. S. Auguflin en parle au liv. iv de la
Ciîé de Dieu , ch. xxni.
Il n'en faHoit pas tant pour engager des peuples !
de ce caractère à la multiplication de ces fortes
f; 0'J'''pgês : leur religion s'y vit intéreffée; car
î's meloient une efpèce de fentiment religieux à
leur attachement pour la ville de Rome ; cette
ville, fondée fous les meilleurs aufpices ; cette
ville, dont le capitole devoir être éternel comme
elle, & la ville éietnelle comme fon fondateur.
Le defir de l'embellir fit fur letirefprit une impref-
fîon. qu’on ne iauroit imaginer.
qexerr.ple , l'émulation, l'envie de s'iüuftrer,
ae s attirer les fmTrages & la confidération de fes
compatriotes, & plus que tout cela, l'amour du
bien cornmim, que nous regardons aujourd'hui
comme un etre de railon, produifirent ces édi-
fices fulserbes & néceflaires qu'on admirera tou-
jours ; ces che.mins publics qui ont réfalté à i'in-
jure de tous les temps; ces aqueducs qui s'éten-
daient quelquefois à cent irullss d’iialie , qui
C L O or
percés à travers les montagnes, qui four-
niiibient à.Rome cinq cent nulle muids d'eau dans
vingt-quatre heures; ces cloaques immenfes , bâ-
ties^ fous toute l'étendue de la ville , en forme de
i voûte , tous lefquelles on alloit en bateau , où
caps quelques endroits des charrettes chargées de
rom poavoient paffer , S: qui étoient arrofées
d une eau continuelle qui empéchoi: les ordures
d y pouvoir féjourner , ( il y en avoir une entre-
autres qui fe rendoir dans le Tibre de tous les
côtes & de toutes les parties de la ville) ; c'étoïr,
dit l'line , le plus grand ouvrage- que des mortels
euffent jamais exccaté,
Cafliodore , qui étoir Préfet du Prétoire fous
Théodoric, Roi des Goths , & bon connoiffeuf
en architeclure , avoue ( dans le recueil de fes
lettres , epift. xxx. lib. v. J qu'on ne pouvoit con-
fîderer les cloaques de Rome fans en être émer--
veillé.
Pline , ( lib. xxxiir. ch, xv ) dans la deferip-
tion qu'il donne des ouvrages que l’on voyoit de
fon temps dans cette capitale du monde, remar-
que encore que l’on y admiroit par-defTus tous
les aquéducs fouterrains de ce genre , ceux que
conitruifiî Agrippa à fes dépens pendant-fon édi-
lité, & dans iefquels il fit écouler toutes les eaux
& les ordures de cette ville immenfe. il s'agit ici
d'Agrippa, favori & gendre d’Augufte , qui dé-
cora Rome, non -feulement des cloaques dont
parle Pline , mais de nouveaux chemins publics,
& d’autres ouvrages aufl'i magnifiques qu'utiles
en particulier de ce fameux temple qu’il nomma
Panthéon , confiruit en l’honneur de tous les
Dieux, & qui fubfifte encore à quelques égaids
fans fes anciennes flarues Sz fes autres ornemens,
fous le nom de Notre-Dame de la Rotar.de. ( A.rt.
de Af. le Chevalier de Jeueourt. )
Les Cenfeurs forent chargés de l’entretien &
üiî nécoiemsnr des cloaques de la rt publique.
Mais les Empereurs créèrent pour cet objet des
officiers particuliers, appelés curatob.es cloa-
"CARUèvî, comme on l'apprend, de rinferiptio-ii
fuiyante :
EX AUCTORtTATE
IMP. CÆSARîS DÎVI
NERVÆ FIL. NERVÆ
TRAJANI. AUS. C-ERM.
PONTiFiCIS MAXIMI
TRIBUNICiÆ POTF.ST. V
CONSUL ini P. P.
TI. JULIUS FEROX CUS.ATOR
ALVEI ET RIPARUM TIBERIS
ET CLOACARUM URBIS TER
MINAVIT RIPAM R R PROXIMO
erppo Eccci.xxxvi. s.
(^hîarlian. top. iirh.Rom. v. xy.....)
U i;
'fz CIO
On empîoyoit au nétoiemcnt des cloaques les
criminels. Pline ledit expreffément (épi,î. x. 41. ) :
Soient ejufmodi ad balneum , ad purgationes cloa-
carum , item munitiones viarum dan.
CLOCJ, furnom d’un nome propre aux joueurs
de flûte, ( Vollux i lih. ;x. c. 10. )
CLOCHETTES. } ScholkKî Je TMocrite
dît ( idyl. il. V. 36. ) que les anciens faifoient re-
tentir de petites cloches d.uis les facriflces d’ex-
piation , dans les myftères des Cabires,des Cory-
bantes & de Eacchus , qui a’étoient , félon la
remarque de S. Clément d’Alexandrie , que des
expiations , parce qu’ils croyoient que le fon
de l’airain ckajfoiî Its fouillures , àniXasi-My râ»
On fe fervoit de clochettes principalement dans
la célébration des Bacchanales & des myftères de
Bacchus. Sur un bas-reiief du Capitole, repré-
fentant un triomphe de ce Dieu , on voit un
Bacchanc , à la tunique duquel font attachées de-
vant & derrière plufieurs clochettes , afin d’ex-
citer un grand bruit en danfant. A. la Villa-Sac-
chetti, près de Rome, on voit une Bacchante avec
des clochettes y & il y en a une femblable dans
les jardins Fanièfe , au-delà du Tibre.
Ceux qui avoient été ir.itiés aux myftcres de
Eacchus , avoient foin de l’annoncer fur leurs
tombeaux , en y faifant graver des fymboles ou
des attributs de Bacchus. C’efl: pourquoi l’on voit
lî fouvent fur les farcophages , des B.rcchanales ,
les triomphes du Dieu du vin j & quelouefois fes
fymboles feuls, tels que le thyrfe, ou la cor-
beille myfiique , ou même les clochettes. On
trouve ces dernières fculptées fur le farcophace
d’un enfant qui avoit été initié aux mvflères de
Eacchus , comme on l’apprend de fon épitaphe ,
expliquée par le favant Fabretti.
Efchyle dit que Tydée portoit des clochettes
attachées à l'anfe de fon bouclier, & Euripide
en a orné auffi le bouclier de Rhoefus , Roi de ■
Thrace , & le poitrail de fes chevaux. ( (Efchvl.
Jept. conî. Theb. v- 301.)
Dàne fur lequel Silène eft monté, porte ordi-
nairement une clochette pendue au cou. C’eit ainfl
qu’il eft repréfenté fur un monument fépulcral
de la Vigne Albani, où on lit; ZûHC Anamxkcic,
le fo.^vencr de la vie. Phèdre peint un mulet fier
de fa clochette. ( il. S. 4 )
Cclfa jcervlce eminens
Ctarumque collo jacïans tinîinnaèulum.
■ Cet ufage d’arracher des clochettes au col des
beftiaux les a fait^ippe'er par Sidoine f er-ift. xt. )
greges tintinnilulatos. Les Grecs & les Romains
en attachoient au.ftî aux harnois des chevaux
Arillophane ( liane, iv. i. ^c,. ) & Phavorinus en
font mention.
C L O
Les clochettes _ d’un Priape de Fortici font de
bronze,damafquinéesen argent. Apparemment que
leur fon devoir produire un effet à-peu-près fem-
blable à celui des clochettes qu’on attachoit aux
boucliers des anciens 5 ici , elles étoient faites pour
infpirer de la terreur aux ennemis; & là, elles
avoienc pour objet d’éloigner les mauvais génies.
Cette opinion fuperftitieufe fit placer auflî des
clochettes fuus les chars des triomphateurs avec
des fouets, félon Zonare ( it.p. 32. )
Chez les Grecs , les marchands de poiffons ap-
peloient dans les marchés les acheteurs avec une
cloche ou clochette ( Plutar. fympof. jv. 4. )
Strabon raconte des habitans d’Iafus ( xiv. p,
463. ) qu’un habile joueur de lyre ayant fait re-
tentir la place publique de cette ville des fons de
fon inftrument, fut écouté par les laflens, juf-
qu’à ce qu’une cloche annonçât l’ouverture du
marché aux poiffons. A. ce bruit tous les auditeurs
abandonnèrent le muficien.
C etoit avec une cloche que l’on annonçoit à
Rome l’ouverture des bains. ( Maniai, xiv. 16^.)
Redde pilam , fonat es thermarum i Icdere pergis ?
V^irgine vis fola lotus abire domum ?
Urlînus dit cu’il avoit une c/ocAerre de bronze,
trouvée en i5'48 dans les ruines des Thermes de
Diocletien , fur laquelle étoient gravés ces mots:
FIRMI BALNEATORIS.
Le Soldat , chargé de faire les rondes de nuit
dans les forrereffes & les camps des Grecs, por-
toit une clochette , ce qui le fit appeler dans leur
langue Coaonophore ( Arifiopk. Aves p. y8o. 8c
Sckolicjies. & Suides. ) Héfychius dit que cet
Oiîicier annonçoit fon paffage par le bruit de la
clochette , afin de connoitre par la réponfe ou le
filence des fentineiles , fi elles étoient endormies.
Thuevdide parie aufîî de cet ufage. p-
C’étoit une cloche qui réveilloit à Rome les ef-
claves , & qui les appeloit au travail. ( l.ucian. de
mercede ccnductis. ) On y poitoit aiiffi des clo-
chettes dans les pompes funèbres , pour avertir de
leur paffage le Fiamine de Jupiter, de crainte que
ce Pontife ne conrraétât une impureté légale, en
attendant les flûtes des funérailles. La même rai-
fon peut-être faifoit attacher des cloc’nettes au col
des criminels que l’on conduifoit au fupplice-
( Plaut.Pfcad )
Il faut obferver que dans tout cet article nous
avons employé indifféremm.ent les mots cloches
&r clochettes , non - feulement pour défigner de
véritables cloches & clochettes , mais encore des
bafSns de métal, lanx , qui en faifoient quelque-
fois l’office.
ClOCHES de cryftal pour les plantes. Les Ro-
mains s’en fervoient dans leurs vergers pour faito
mûrir & pour conferver les fruits. Nous la?"
C L O
nons de la 68® épigramme du 8® livre de
C L O
- . . Q^ui Corcyrei vidit Pomaria regis ,
■K.US , Entelle , tuA proférât iPie domâs.
Invida purpureos urat ne brurr.a racemcs ,
Et gelzdum Bacchi mènera frig'us edat;
Condita perfpicua vivit vlndemia gemma.
Et tegitur felix , nec tamen ava latct.
F œmineam lacet fie per bomhycina corpus :
Calculas in nitidâ file nurneratur aquâ.
Q_aid non ingenio volait Natura licere ?
■Aatumnum Jierilis ferre jabetur hyems.
« Celui qui a vu les vergers du Roi de Corcyre
( Alcinoüs ) leur préfère ta maifon champêtre
cher Enteilus. Tu fais préferver des rigueurs de
Thiver les grappes pourprées de la treille , & em-
pêcher la froide gelée de dévorer les dons de Bac-
chus. Le raihn vit enfermé fous un cryttal tranf-
parentj qui Je couvre fans le cacher. Ainiî une
gaze légère laiffe voir les formes d'un beau corps j
ainiî J’œîl peut compter les cailloux au fond d'un
ruîiTeau lympide. Que peut refufer encore à l'in-
duftrie humaine la Nature avare ? Le ftérile
hiver ell forcé de donner les fruits de l’au-
tomne. »
CLODIA. F'oye:^ Claudia.
CLODI ANUS , furnom de la famille CoR-
NELIA.
CLODÎUS. IQ faudroit , dit Winckeimann ,
( kifi. de^ C Art. liv. 6. ch. j. ) parler ici d'une belle
ftatue plus grande que le naturel ^ & confervée
à la Villa Panifii: ^ s'il étoit vrai qu’elle repré-
fentâr l'ennemi de Cicéron ^ le fameux Clodius ,
ainfi qu'on l’a avancé dans quelques écrits. C'efl
une figure de femme drapée , dont ie fein a peu
d’élévation.caradère qui, joint aux cheveux courts
&■ frifés, peu en ufage chez les perfonnes du j'exe ,
a été la raifon de cette dénomination. On a pré-
tendu que cette figure repréfentoit Clodius , lorf-
qu'ü s'introdg.iiit fous l'habit de femme chez Pom-
pera , epoufe de^Ceiar , avec laquelle il avoir une
intrigue , & qu’il voulut s'ouvrir l’accès auprès de
fa maïtreffe, à la faveur des myfcères de la bonne
Déefle , que cette dame célébroit darsfa maifon.
I! faut convenir que la dénominarion de cette
ftatue, quelque peu fondée qu'elle foit , elt alïéz
favante. îdais les cheveux de cette figure qui re-
préfente Electre , font entièreinent traités comme
s’üx du grouppe d’É'edtre & d’Orefte dans la
\iila Lüdovifi, appelés mal - à - propos Papirius
avec fa mère.
Comme je crois rétablir la véritable dénomi-
nation de cette itatue , dont le focle antique elt
aefectueux , je m imagine que la figure d'Éledtre,
avec celle d Oreüe qui ell perdue, formoient en-
^5
le^ble un grouppe, de façon que îe bras gauche
Q Eieclre repofoit fur l'épaule d’Orelle.
CLODONES. Plutarque dit qu’on donnoit ce
nom aux Bacchantes de la Macédoine j mais il ne
nous apprend pas pourquoi.
CLOELIÆ fcfik , retranchement creufé à
quatre niiljes de Rome.
, ^hONIüS , un des cinq chefs qui conduifoient
.es Béotiens ds Thèbes au liège de Troyc, fur
cinquante vailfeaux.
CLOTHO , la plus jeune des trois Parques : fon
nom fait allufion à fon office ; car elle ell cenfée
n.er (x.xd4itfi) le temps de la vie, ou, félon d'au-
tres, c’ell elle qui tranche le fil de nos jours.
y oye^ Parques.
portes de bronze à Herciilanum ,
dit winckelmann, étoient ornées de gros clous
de brofize; on les a placés fur les trois côtés du
piedellal fur lequel porte le cheval'de bronze du
cabinet ^de Portici. La tête des clous des portes
du Panthéon, a cinq pouces de diamètre. Il y en a
deux dans la collection des antiques du Roi. On
appeloit cette e.^pèce de clous, clavi capitati , à
caufe du travail fini de leurs têtes ( Var. de re ruti.
lib. II. c. 9. ) ; & Bentley ( Not. ad Hor. l. 7//.
carm. 24. v. 6. ) veut qu'on air donné auffi à ces
tetes le nom de veriices. Philander ( Annot. ad
Vnrav. l. v:i. c. 3.^. 275.) croit que ce font ces
clous que Vuruve appelle clavi muficarii , fenti-
ment que d’autres ont auffi- fourenu. Pline ( /fi.
XII. C- 57y) donne le nom de muficarium, (chalfe-
•mouenes ) aux larges bouquets du haut de la tige
üe quelques fleurs & plantes qui contie.nnent la
graine. Diofcpnde { lib. m. c. yç. ) fe fert pour
ceia cu^mot de irjuéshjy, parafol ; &■ comme quel-
ques chaires - mouches ont peut - être eu cette
forme , on foiipçonne que c efr-là ce qui a donné
lieu a cette dénomi.nation. La tête d’un clou de
bronze du cabinet du collège Romain, a vérita-
blement la figure d’an parafe! en rorme de cham-
pignon ; ce qui fa.ns doute doit avoir eu quelque
fignification particulière; car ie lo.ng de la queue
carrée de ce clou font gravés piufieurscaraclères
& fur l’un des côtés on lit: iao s abaQ0, J'ai vu
cependant la tête d'un gros clou de bronze . far
laquelle étoit travaillée une mouche en refief;
elle avoir été achetée par ie F. Paciaudi , pourie
Comte de Caylus. ”
On voit dans le cabinet de Ste Geneviève trois
clous de bronze, longs de cinq pouces, & dont îa
tête n’a que cinq lignes de largeur. Il y a fur la
tige des lignes tracées obliquement. Ces clous üm-
ples 6c dénués dornemens, ont oueiquefois été
confondus avec des aiguilles de têt.;. Fovez
Büllæ. "" ^
Clou. Tite-Live rapporte que les anciens Ro-
mains , encore greffiers & fauvages , n'avoienî
94-
C L U
pour annales S-: pour faites que des c/ow qu h
Lachoient au ir.ur du temple de Minerve, qui
faifoit partie de celui de jupiter-Capitoiin^ ri dit
auff. que lesEtrufques, peuples voifins de Rome,
en fichoient à pareille intention dans les murs du
temple de Nortia , leur Deeffe. Tels furent les
premiers monumens dont on fe fervit pour con-
ferverla mémoire des événemens, au moins celle
des années ; ce qui prouve qu^an connoiffoit encore
bien peu l'écriture à Rome, & qui rend douteux
ce que' les hiftoriens ont raconté de cette ville
avant fa ptile. pat les Gaulois. D autres pteteri-
dent que c’étoit une fimple cérémonie de religion ,
& refondent auiTi fur Tite-Live , qui dit que le
Dii3:ateur,ou un autre premier Ivlagirtrat, attachoit
ce c/pu myftérieux aux ides de Septembre ,
Septembr. clavurr^ pungut ,• mais ils n expliquent ni
le fens ni l’originè de cette cérémonie , & !a^ re-
gardent feulement comme un fecours pour "an-
cienne cbronologie , iutabondamment ajouté aux
annales écrites.
On avoir aulîi coutume à Rome , dans les oa-
lamités publiques , d’attacher un clou dans le
temple de Jupiter. Dans une pelle qui défola
Rome . le clou facré fut placé par le Didateur , &
la contagion ceffa. En cas de troubles inreîiins &
de fécefnon, c'elt- à-dire de fcklfme de la popu-
lace, on avoir recours à ce clou. Dans une cir-
coüiiance fingalicre où les Dames Romaines don-
noienr à leurs maris des phiitresqui les empoiion-
noient, on penfa que le clou qui dans les temps
de troubles avoir affermi les hommes dans le bon
fens , pourroi: bien produire le meme effet fur
l'efprit des femmes. Cn ignore les cérémonies
qu’on employoit dans cet ade de religion ,
Tite-Live s’étant contenté de marquer qu’il n’ap-
partenoir qu’au Didateur, ou à fon defaut au plus
confîdérable des Magillrats de placer le c/aa. Man-
lius Capitolinus. fut le premier Didateur créé pour
cette fondion. ( de L Acad, des Bell. Lett.
tom. V!. )
CLOVL4 , famille Romaine , dont cn a des
médailles que l’on place avec celle de la famille
ClOULIA. Voy:-[ ce mot.
CLOULIA, famille Romaine, dont on a des
médailles :
RR. en argent.
R. en bronze.
O. en or.
CLUACÎNA. Voye^ Cloacîna.
CLUDO , poignard de théâtre à l’ufage des
Romains , & qui ne drfféroit en rien du notre ;
la lame rentroiî dans le manche quand on s'en
frappoit, Sc un reiTort fpiral l’en faifoit fortir
quand on s’écoit frappé. C’eft ainfi que le décrit
Achiile Tatius ( Buïeng. de Tkeat. I. yj.)
CLUNACULUMj c’étoit un couteau des vie -
timaires.
C L Y
CLUNIA , en Efpagne. Ci.ounioq.
Les médailles autonomes de cette ville font t-
PiRR. en bronze. . . . Florer. . . . Hunter.
O. en or.
O. en argent.
Devenue Mu-Jcipe, cette ville a fait frapper
des médailles .latines en l’honneur de Tibère,
avec cette légende: Cluxia.
CLUPEUM. Voyet^ Bouclier votif.
CLUSîUIdl (monument de). Voyei^ le dicîlon.
d‘ ArckiteBure.
C LU FI A. Foyer CzortA.
CLYMÈNE , fille de l’Océan , fut aime'e da
Soleil , dont elle eut Phaéton & les Kéliadss.
Foyer Heliades , Phaeton.
Clymène , autre fille de 1 Océan , & compa-
gne de la INymphe Cyrène , mere d Arillee.
CLYMEMUS, père d’Harpalice. Foyei H.4.R-
PALICE.
CLYPEUS. Bouclier.
CLYTE, femme du Roi Cyficus, n’ayant pa
furvivre au Roi fo.n époux , qu elle aimoïc
éperduement , fe pendit de defefpoir. Foyer
Cysicus.
CLYTEMNESTRE croit fille de Léda, femme
de Tt'P.dare , 8c foeur de Caflor , de Poi.ux Sc
d Hélène. Elle époufa en premières noces fan-
taie , fils de Thyefte , dont elle eut un fils. Selon
Euripide , dans Iphigénie , Agamemnon , Roi
d’ Argus 3 rua le père & Is fils , & enleva Clytem-
nefire contre fon gré. Calfor & Pollux , pour
venger cet affront , lui déclarèrent la >
mais Tyndare , leur père , qui avoir confeihe i en-
lèvement, réconcilia fon nouveau gendre avec
fes fils. Ce mariaae fut très-funefte à Agamemnon
& à fa famille. .A peine ce Prince fut-il parti pour
la guerre de Troye ,, que h Reine fe laifîa fe-Lure
par Egyfte ( ^ ÉsYSTE. ) & fe fervic enfume
de lui pour faire périr fon mari, iorfqu il reymt
à Argos. Cachant le parrîcide qu’c lie mcairoit fous
de t'eiiKes careffes , un jour qu’A.gamemnon frot-
toir du bain , elle lui fit donner une tunique fer-
rée car le ir.ur, qui lui otoit entiereinent a
facuiré de faire ufage de fes bras. Clytemnejire ÎX
EgyRe fe jetèrent alors fur lui , & le maui.cre
renr. Orefte venyea long-temps après cette mort
fur fa mère , qu’ü tua .avec EgvRe l'on acuitere.
Clytemncflre , dans l'Eledtre de Sophocle, prêt-
pour prétexte de l’a'faTinat de fon m.iri li mort
d’Iphigénie , à laquelle Ag.amemnon avoir con-
fenri. Foyyr Agamemnon , CassanuRE ,
Égyste ,Y:EcrRE , On este.
CLYTIDES. La fâmille.des Clytldes dans la
Grèce croit épécialemenc ceÜinée aux'fonCticns
des -- . . ''.'.icas , avec cahe des Jamides.
C'i^Y 'E , 'me des Yvînphes de l’Océan;
a'. '-'ir •ÙÀ d’Apoiioii , e'^t le chagiin de s
C L Y
vcir abandonnée ponr Leuccihcé ; piquée de
carte prétérancc > ï.,r f- .va 'Tioven de faire périr
^ t; '!a:5 _àpr ;o-^ u: plus pour elle que
ce qui ;'_-a eans un tel déiefpoir ,
ou e;;e le irPli !T:o,.;--r i: aim. Couchée nuit &
jovjr 'ur r terre, It' n." ~ x épais , tournant fans
yen X vers e i', .^ii, elle Taccompagnoît
de les e :c;;;ûs pênuânt route fa courfe , jufqu’à
ce cacv::n elle fut changée en cette neiir , qui fe
t-urne toujours vers le foleil, & qu’on appelle
kenotrope ^ touniefol , oü fiiTipIement foltil.
CLYTJL'S , un des géans qui firent la guerre
aux Dieux -, Vulcain le terralfa avec une mafi'ue
de fer rouge , & le mit ainfi hors de combat.
CLl^TIUS, fils d’Aîcméon & de la nile de
Phégée, fe fépara de fês oncles maternels, ne
doutant pas qu’ils n’euiTent tué fon père , & fe
retira en Éîide , où il iaiffa de ia poftérité. Le
Devin Épérafie defeendoir de lui. Fbjfç Alc-
méon.
^CLYTIüS, frère de Calétor, qu’Ajax tua au
fiege de Troye , & père de Procléa , femme de
Cygnus.
C N. Lorfque l’on trouve cette figle jointe à
des nombres dans un ancien calendrier , on la
p>end pour une abréviation du mot con.giarium.
Lorfqu elle fe trouve feule , ou jointe à un nom
propre , elle eft l’abrégé de Cns.us.
CNACALÉSIE. Diane fat ainfî appelée d’un
temple que lui avoient élevé les Caphyens dans
l’Arcadie ,^fur le mont Cnacalus. Les fêtes que
1 on y célébroient en fon honneur portoient le
meme nom. (^Paufan. in Arcad. ')
CNj±.US ou CNE US. Ce mot dans fon ori--
gtne déligna chez les Romains ceux qui étoient
nés avec quelque difformité 5 il devint enfuite un
prénom de la famille Domitia. On le prononçoit
GNÆus ; de-là vient qu’il eft fouvent écrit de
cette manière fur les marbres, où on lit aufll quel-
quefois fimplement kæus fans c ni a.
CNAGIA. Diane étoit adorée dans la Laconie
fous ce nom, qui lui vint de Cnagins. Ce Lacédé-
monien étant efclave dans la Crète , s’empara
d’une ftatue célèbre de Diane , & fe fauva dans
fa patrie avec la ftatue & la prêrrelTe.
KNHMiAES , bottes. Homère emploie toujours
ce mot au pluriel 5 & cependant nous voyons fur
plulieurs monumens que les Grecs n’en portoient
qu’une feule. PYye? Botte & Bottine.
CNEPH. 1 Y . ,
CNüPHIS ( £.îo!ent des noms lynonymes a
celui à Agatkodéman. ( Poy/:^ ce mot. ) Ils àélï-
gnoient dans la théologie Égyptienne l’Être Su-
preiTse qui régir tout i’univers. On l’appeloit
CnepA lorfqu il envoyoit des bienj , & Titkramho
quand il envoyoit des maux. Eusèbe ( Pmp.
E’vangeL I. c. 10. p. 41. ) attefte l’identité à^Âgo-
à-.adémon & de Lneph ^ &: il défigne au mêm-s en-
C N A O 5
I droit la figure hiéroglyphique £bus laquelle on
; mpréfencoit Agathe-démon. Cet emblème étoit
U aoord le 0 des Grecs, où, félon Eusèbe, un
serpent^ étendu dans un cercle qu’il touchoit des
deux cMés ; fecondement , une croix dans un
cercle Çy). Le dernier fymbole eft le pkis com-
nnan } & l’on voit fouvent dans les monumens
Egyptiens des fphynx qui appuient une de leurs
patres fur cette efpèce de roue. Horapollon donne
1 explication de ces deux emblëmes , dans le pre-
mier deiquels le cercle repréfentoit i’ar.ivers , &
la ligne ^droite le ferpent, tandis que dans le fé-
cond c’étoit par la croix que i'imivers étoit repré»
fenté , ainfî que le ferpent par le cercle. Il dit
C I • cæ;?. 64. ) que les Egyptiens défignoient
par le fymbole d’un ferpent entier, l’efprit ou le
genie^ qui parcourt ou entoure tout i’univers ,
c eft-a-dire , Agatkodémon ou Cnepk.
Plutarque a fouvent erré en parlant des anti-
quités Egyptiennes. II dit ( de Ifide & Ofiride ,
P- 359- ) tous les Égyptiens dépenfoient de
fortes fommes pour les funérailles des animaux
qu’ils adoroient , & que l’on ne devoir faire
d exception à cette propoution qu’en faveur des
habitans de la Thébaïdi , parce quils n aaoroient
pas un Dieu -mortel , mais un Dieu appelé Cneph ^
qui n étoit point- né , éi qui ne pouvait mourir. Hé-
tpdote , d’écrivain Grec le mieux inftruit des an-
tiquités Egyptiennes , afiure au contraire ( Ub. z.
74. ) qu’il y avoît auprès de Thèbes des ferpens
facrés fans venin, petits, chargés de deux cornes
fur le fommet de la tête ( cerafles LinnA ) , que
les habitans du pays enfeveliffoient avec refpeét
dans^le temple A Jupiter. Ce ferpent eft
tkqdémon , qui paraît li fouvent fur les médailles
ttÀgypte , & fur les Abraxas, où il porte ordi-
nairement le nom de Cnupkis.
Jablonski a trouvé dans la langue des Coptes,
l’ancienne langue Egyptienne , que le mot cnupkis
veut dire bon , & que le mot cnepk eft devenu par
des additions ordinaires à cette langue, celui de
cnupkis. On voit dans Jarr.bllque ( de Myfter. feci.
vin, c, ) qQg le nom d’un Dieu Égyptien étoit
’E/zràv, icion OU ickton. En réurdiîant ickton 8c
cnepk , génie-bon , on aura icknuphis , Ononyme
éé agatkodémon , ou de Tâme du monde.
Cnepk , ou l’ame du monde , étoit la même di-
vinité que Pkthas ou Vulcain; mais les Piato-nr-
ciens modernes firent de ces deux noms deux divi-
nités diftinéles ; ils en firent meme trois en y r©i-
gnant Neitk ou Minerve , fimple emblêmeAe la
fagefTe pu principe créateur, iis créèrent pour sres
trois divinités nouvelles un nom commun , eslià
de Camepkis-, qui veut dire en langue cophtique,
confervateur de l’Egypte.
^ L’utiiité que les Egyptiens tiroient des eaux da
R il , le firent appeler par excellence le bon- géra e,
o\Z Agatkodémon (^Ptolem. lib. iv. c. fA,ou Cneph,
De-là yisxix que h. tête, du ferpent facrê eft. ossi-
c,^ C N I
quefois remplacée fur les mcdaiiies d Egypte par
celle de Sérapis , c’eft-à-dïre, de la divinité par-
ticulièrs du I^il. C^eft suffi s csul'e de cette deno-
mination que f on donna aux Pretres qui gardoient
les bœufs facrés . fymboles particuliers du Nil
fertilifateur de l’Egypte , des noms compofes de
celui de Cnuphis ; tels furent Onupkis , Ichonu-
phis , &c. _ ^
Cnuphis avoit un temple célèbre dans 1 ule
d’ÉIéphantine , fituée fur les confins de l’Egypte
8c de l’Éthiopie. ^
Eusèbe, (Pnpar. Evang. lih. 3. c. it. p. iiy.)
die que les Égyptiens lepréfentoient Cnepk fous
la figure d’un homme de couleur bleuâtre, &
prefque noir , tenant une ceinture ou un feeptre.
Sa tête étoit ornée de grandes plumes.
\ en Carie KNi & KNIAIÎ2N.
CNIDUS 3
Le fymbole de cette ville eft un lion à mi-
corps.
Ses médailles autonomes font :
R. en argent.
R. en bronze.
O. en or.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en l’honneur de Nerva , d’Anto-
nin, de M. Aurèle, de Fauftine jeune, de Sévère,
de Caracalla, de Plautüle.
Cnihi , appelée aiîùi Gnide , étoit célèbre par
le culte qu’elle rendort à Vénus , & par la llattie
de Cette DéeiTe , qui étoit l’ouvrage de Pra-
xitèle. —
Les joncs de Cnide étoienr employés pour
écrire fur les feuilles du pap tus , S; on les tranf-
portoit dans tout l’empire Romain.
CN’IS.’\ÏE , danfe <5c air de danfe des Grecs ,
qu'on exccuto'it fur la flûte.
CNOSSUSj'en Crète. KN'SîeinN.
Les médailles autonomes de cette ville font :
R. en argent.
C. en bronze.
O. en or.
Leurs types ordinaires font :
Le labyrinthe.
Un carquois.
Un aigle éployé.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en l’honneur d’Augulle.
CNUPHIS. Eoyei Cneph.
COA vejîis. Voye^ Cos.
CO A CT ILIA. \ „
COACTILIARIUS. Ç
Feutre.
COACTIO. Ce mot défignoit dans les cirques
les demandes extraordinaires du peuple. Tantôt il
exigeoit {cogebat) de nouvelles courfes par-delà
le nombre fixé par l’ufage , tantôt il vouloit que
te! cochet courût avec les chevaux de tel autre ,
quelquefois il demandoit que tel cocher fournît
COA
une cour.fie fans fouet, & fans exciter fes che-
vaux du gefte ou de la voix. Il eft fait mention de
ces coaciiones dans les épitaphes des cochers.
y oyei Cocher & Mcliarh.
COALEMUS , Dieu de l’imprudence. k««X£^.«î
veut dire, imprudent , fot.
COB.ALES. C’étoient des génies malins Se
trompeurs , de la fuite de Bacchus. Il en eft parlé
dans Ariftophane. Son Scholiafte ( in Fluto v.
) dit que les Clobales étoient des génies ma-
lins 8c trompeurs , de la fuite de Bacchus. Ce mot
eft grec , & fignifioit chez les Grecs à peu-près ce
que lignifie chez nous un efeamoteur , un filou,
un bohémien. KoÇkXüj , dit le même Scholiafte ,
fur le V. 1047 de la Comédie des Grenouilles ,
eft la même chofe que sraiSçftî, c’eft-à-dire, un.
rufé ; 8c fur le v. 270 de la Comédie intitulée
les Cavaliers , il dit qu’il lignifie trompeur ,
filou. Héfychius l’interprète encore , un jafeur,
un caufeur,un hableuc.; d’autres, felori lui , l’ex-
pliquent par fiaraU; , un difeur de fadaifes ou de
bagatelles ; & d’autres enfin un débauché, un
rieur, un railleur, un bouffon. On les appeloit
aulli , félon le Scholiafte cité , Kafvyotpcpc; , tory-
nephore , c’eft-à-dire , qui porte une maftue , un
garde. Les cabales étoient donc des gens de la
•fuite de Bacchus, 8c comme fes gardes; mais ils
ctoient en même-temps des bouffons , qui , par
leurs bons mots , leur babil , leurs tours depaife-
palfe, ieurs rufes, efeamotoient tout ce qu ils pou-
voient, bc fiioutoienr les gens.
COBALT. On verra à l’article Azur l’eflâi
qu’a lait M. Darcet , de l’Académie des Sciences,
fur la couverte bleue d’une petite liis de terre cuite
Égyptienne , par iequei il a prouvé qu’on y avoit
employé un véritable cobalt. Voici un palîage de
Ai. ne Pav/ fur le même objet. ( Recker. Ph.iloJ.
Jur les Egypt. & les Chinois , t. l - p. 7^7. ) :
« Il y a un point qui concerne l’état de la chimie
chez les Égypners , Se qu on peut dire être cou-
vert de beaucoup de ténèbres, i-üne afïïire quun
Souverain de l’Egypte avoit trouvé le moyen de
contrefaire la pierre précieafe , nommée cyanus ,
8c qui n’a aucun rapport avec le faphir des mo-
dernes ; ce que AI. Kiii a t-'s-bien prouvé. ' E oyt\
fon Traité dis Pierres d- rh-..-jphrafte. Le cyanUS
des anciens étoit un lapis ht^uli). Or , comme Es
anciens diftinguoient leur cyanus en mâle &
melle , Agricola a cru que le procédé dont il e-t
ici queftion , confiftoit à réhaïUfer la couleur &
à changer les femelles en mâles par leur proprî
teinture. ( Tmciurâ ex cyano fœminà fit mas. Ptt-
mus autem gemmam ilium tinxit Rex Ægypti ■' ctyj'
tilU etiam 6’ vitra fie tinguntur ut fpcciem cyatit
exprimant ,- fed tacius maxime lingua. facile deprt-
kendit fraudem. De nat.Fofilliuw.,p. 623. col- .
paffage feroit croire qu’ Agricola ne connon.oiî
point le cyanus des anciens). Mais je n’exarnine-
xai pas tout cela, étant convaincu, comme je fi
fuis
COB
fais que Pline s’eft trompé , & a confondu une
opération arec une autre. On trouve beaucoup
plus de lumière dans Théophrafte;, qui dit que le
Roi d^Egy-pte dont il s’agit, avoir découvert la
méthode de faire du bleu ou du faux azur 5 de
forte qu’il n’eft point proprement queftion d’une
pierre précieufe , mais d’une fubilance colorante ,
pour teindre les fayences, les émaux & les verres.
Quand on voit les ouvriers Egyptiens employer
des feîs alkalis & une efpèce de gros fable, alors
on ne doute point qu’ils n’ayent ciré, comme on
fait aujourd’hui , de la fubitance métallique du
cobalt, une terre , qui , étant mêlée de foude &
de filex , fe vitrifie aifément , & produit ce qu’on
nomme maintenant le bleu d'émail. La difEculté
eft de favoir dans quel temps peut avoir vécu ce
Roi, dont le nom n’exifte nulle part dans les mo-
^ numens j mais c’eft une folie manifefte de vouloir
que ce foit le père de Ptolémée, fils de Lagus. ”
Le Comte de Caylus avoir confulté,en lydo,.
fur les poteries étrufques & campaniennes. Roux,
chimifte célèbre de Paris. Voici la réponfe qu’il
en avoir reçue , & qui eft entièrement conforme
au réfultat trouvé par M. Darcet ( Caylus , Rec.
ir. p. 233 J. ^
« Les différens morceaux de poterie que vous
M m’avez envoyés , Monfîeur , démontrent évi-
» demment que les habitans de Velieïa avoient
== toutes les différentes efpèces de poteries dont
» nous nous fervons aujourd’hui j qu’üs avoient
» trouvé l’art de les enduire de verre, de plomb,
53 &c. Ils avoient , comme nous , une fayence
qui m’a paru parfaitement femblable à celle de
" nos manufaétures. Il y a même quelques mor-
« ceaux qui égalent la plus belle fayence de la
” Chine. Le bleu de ces fayences m’ avoir fait
conjeéturer qu’ils y em.ployoient le fafre ou
la chaux de cobalt ,• cette conjecture s’eft tour-
ï’ née en certitude , depuis que j’ai vu la matière
» bleue en grappe , que vous m’avez commu-
niquée.
=3 Cette matière eft compofée d’une fubftance
« fixe , vitreufe , mêlée avec du fable , qu’on y
» diftingue à la loupe 5 le lavage , en enlevant une
=« portion de ce fable, enfonce la couleur: les
” acides , qui d’ailleurs ne mordent pas fur elle ,
» lors même qu’on les fait bouillir, produifent le
même effet.
” Ce qui pourroit faire douter que ce fût du
» vrai fafre , c’eft la couleur qui eft bleue , au
M lieu que ceile qu’on emploie aujourd’hui dans
» nos manufaClures eft d’un gris cendré 5 mais
=> cela même me confirme dans mon opinion. Le
» fafre que nous employons aujourd’hui n’eft que
» la chaux àc cobalt, qui refte après qu’on a fé-
» paré l’arfenic , & à laquelie on mêle du fable
& de I eau, ce qui lui fait prendre corps. 11 y
» a bien de l’apparence que les premiers métal-
» lurgiftes , qui traitèrent la mine qui fournit
cette fubftance , n’avoient en vue que d’en re-
Antiq^uités , Tome II,
C O
91
" tirer l’arfenic. Quelque hafard leur aura appris
« que le réfidu vitrifié avec quelque fondant, don-
” nqit un verre bleu 5 ce qui les aura engagés à le
^ foire entrer dans les émaux ; & peur cet effet,
" ils auront commencé par le foire vitrifier j mais
s’étant convaincus dans la fuite qu’il étoit égal
” d’y employer la chaux de cobalt , ou le verre
» qu’elle produit , on fe fera épargné les frais
" d’une vitrification inutile. Ainfî , la couleur
» bleue du fafre de Veiieia, démontre la naif-
" fonce de l’art qui traite de cette matière.
On peut encore m’o'ojeéter que les Auteurs
» anciens n’en ont point parlé. J’avoue que je ne
» connois aucun Auteur qui en ait fait mention
« avant Agricola , qui dit dans fon traité de natura.
” foJfiliuTn ( page 348. édit, de Bâle , lyjS. )
M plumbi ciaerei recrementum ( c’eft le nom qu’il
» donne à la chaux de cobalt , dont il ne connoiL
=3 foit pas la nature ) cum rebus m-etallicis qusu
» liquatd vitri fpeciem gerunt , permiftum vafa
33 vitrea & ficlilia cœruleo colore tingit »
COCALUS, Roi de Sicile, reçut chez lui Dé-
dale, que Minos perfécutoitj charmé de pof-
féder un homme fi célèbre , & qui s’étoit fignalé
par plufieurs beaux ouvrages, il n’eut garde de
s’en défaire lorfque Minos vint le lui redemander
à main armée ; il défendit fon hôte , & fit même
périr ié-Roi de Crète. C Ovid. Miét. lib. 8- )
COCCEIA , famille Romaine, dont on a
des médailles :
RRR. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
Le furnom de cette famille eft Nsrva,
Goltzius en a publié quelques médailles incon-
nues depuis lui.
CO C cm A.
CO c CINE us.
COCCUS.
rouge C coccineus color ) leurs laines , avec un
fubftance colorante ( coccus ' que l’on recuei'loie
fur des végétaux 5 comme ils les teignoient en
pourpre , ou rouge violet , avec un coquillage
appelé murex. Les étoffes colorées avec Iz-coccus
( coccina & coccinea ) étoient d’un grand prix , S:
on les afümiloit à la pourpre. ( Javénal. fat.
iiI.zS}.'):
..... Cavet hune quem coccina ls.na
Uitari jubet , & comitum longijjlm.us ordo.
{^Miartial. il. 39. )
Coccina famofâ, donas & janthina mçech&.
Quelle étoit cette fu’nftance que l’on recueillait
fur les végétaux , & que l’o.n appeioit co£cus ?
Écoit-ce la cochenille d’Amérique , ou le ker-rsès
N
lA. )
JEU S. y
3
Les anciens teignoient en
5>s C O €
fourni par une efpèce de chêne-vert j ou enfin la
cochenille de Pologne ?
1°. On peut affurer que la fubftancc colorante
que les anciens appeloient coccus , n étoit pas
fournie par l’infecle qui s’attache au figuier des
Indes , caBus opuntia & caBus coccinellifer de
Linnée ; puifque l’Amérique, où fe trouve cetar-
briffeau , ne leur étoit pas connue.^
2°. Il y auroit de la témérité à dire que les
anciens n’ont jamais employé pour teindre en
rouge l’infede qui s’attache aux racines du file-
rantkus perennis de Linnée , du fraifier & de
quelques autres plantes; car il fe trouve dans plu-
lieurs contrées de l’Europe , & en particulier dans
la Pologne , où l’on en faifoit encore dans le der-
nier ficelé un grand commerce pour les teintures
des pays du Nord & de l’Afie.
3^. Le Ko'xxsy des Grecs & de Diofeo-
ride , le coccus de Pline & des Latins , & le ver-
micuLus de Lucilius, étoient l’infeéle appelé au -
jourd hui kermès , qui s’attache à une efpèce
d’yeufe ou de chêne- vert , qui efi commune en
Languedoc & en Efpagnc. C’efi de- là que les
Romains tirèrent leurs coccus , ainfi que de la
Galatie , de l’Arménie , de la Cilicie & de
l’Afrique.
COCETUM Nejloris. Tertulien ( contra Va-
lentin. c. 12. ) parle de cette boiffon de Neftor ,
appelée par Homère lliad. A. 640. ) Elle
étoit compofée , félon Feftus , de miel & de jus
de pavots. Voye-^ Cycéon.
COCHENILLE. Voyei Coccus.
COCHER. Ceux qui conduifoient les chars
dans les cirques & les hippodromes , étoient ap-
pelés à Rome Aurigs. & Agitatores. Ces cockers
étoient ordinairement des efclaves, des affranchis
ou des étrangers. Un citoyen libre fe feroit désho-
noré s’il eût fait dans les jeux les fonélions de
cocker. De-Là vint qu’il fut défendu par les loix
Romaines ( Cod. xi. tit. 40. leg. 4. ) d’élever aux
cot A er J vainqueurs, desmonumens dans les places
& les portiques publics. Elles ne le permirent que
dans les avenues du cirque ou fur le profeenium du
théâtre. II paroît cependant que cette flétriiTure
n’etoit qu’une note d‘ ignominie très-légère , ou
qu’elle ne fut pas toujours imprimée aux cockers ;
car Ulpien ( 1. 4. ÿ. de procurât. & defenf. ) eft
d’avis que ces hommes ne foîent pas regardés
comme infâmes ; generaliter ita omnes opinantur ,
ii utile videtur , ut neque agitatores igaomi-
niofi haheantur.
Sur le déclin de la république & fous les Em-
pererr'’, on vit de jeunes Romains d’une naiffance
diftinguée conduire des chars dans les jeux pu-
blics. C Afeon. in Orat. Cicer. p. 148 é’ p. iy2. )
Caligula donna des jeux, dans îefquels il n’y eut
d’autres cockers que des Sénateurs ( Suit, in Cal.
c. i S. r, (S. ) ,• & il en fit les fonctions lui-même ,
fur le pont qu’il couftruifîîà Bayes.
C O C
La Divinité que les cochers invoquoient avec
le plus d’ardeur, étoit Neptune équeftre ,
chez les Grecs. Ils rendoient auffi un culte parti-
culier à Epona, dont ils plaçoientla itatuedans
les écuries. {Juvénal, riii. 152. )
Jurât
Eponam , & fades olida ad prtfepia pillas.
Ils couronnoient derofes cette ftatue {^Apul. Met.
ni. p. 96.) : Refpido pile- media , qu& fiabuli trabes
fuflinebat , in ipfo fere meditullio , Epona Dea
ftmulacrum prafidens adicula, quod accuraù corollis
rofeis recentibus fuerat ornatum. Mercure recevoir
aufli les hommages des cochers , parce qu’il pré-
fidoit aux Carceres , auprès defquelies fa ftatue
étoit placée.
C’étoir aulfi près des Carceres ejue l’on conf-
truifoit des chambres dans lefquelles les cochers
s’habilîoient pour lescourfes- Vélius Longus parle
de cet ufage ( de orthographia ) ; Inverfs armis
gladiatores pugnajfe non eft dicendum ; fed verfts ,
hoc eft iranfmutatis : fed nec inverfs pannis agi-
-tajfe aurigas , fed verfis. On vit quelquefois le
même cocker courir alternativement fous les li-
vrées de deux faétions différentes ; il falloir bien
alors qu’il pût changer d'habillement loin des yeux
du peuple.
Après s’être revêtus de leur habillement dif-
tinétif , les cochers fe plaçoient debout fur leurs
chars , & ils nouoient les rênes des chevaux der-
rière leurs reins , afin d’être foutenus dans la rapi-
dité des courfes. Nous voyons dans Srace un co-
cker tombant de fon char , dénouer les rênes qui
l’entouroienc , de peur d’être traîné par les che-
vaux ( n. J04. ) :
Ruit ilicct ex fui
Aonius , nexufque diu per terga volutus
Exuit y ahripitur longe moder amine liber
Currus.
Lutatius , commentateur de Stace , dît , fur cet
endroit : Se habenarum nexu , quo involutus per
terga fuerat , liheravit , ne cum loris implicitus tn-
heretur.
Dès que le fignal étoit donné , les cochers fai-
foient partir leurs chars avec la rapidité de féclau.
Arrivés auprès des meta , fis s’eftorçoient ue
rafer le mur de la fpina, d’enlever à leurs con-
currens h. place la plus voifine de cette fpina_y
afin de tourner le plus court poffible. Le mot ert-
pere feul défignoit l’aétion du cocher qui enlevoit
cette première place à quelqu’un de fes con^
currens. .
Arrivé au but , le cocker vaiirqueur defcendoit
de fon char , s’élançoit fur la fpina piour y rece-
voir les prix de la main des Brabeutes ou des Pre-
fidei^ des jeux. Le hérauk publiait alors fon ns®
99
C O
te fa viéloire. Les prix varioient fuivaRt les jeux ;
c'êtoient des palmes , des manteaux , des cou-
ronnes, des ftatues, &c. Quant aux couronnes
d'or , on ne les donnok aux cockers qu à certaines
époques , après le jour des jeux , comme nous
l'apprenons d'une lettre de Pline ( x. £19. ) :
AthLecs, ea , qujL pro ifelafiicis certaminihus conf-
tituijii , deberi Jîbi putant ex eo die , quo funt coro-
nati. Les cockers faifoient graver fur leurs tom-
beaux le nombre des viéloires & des prix qu'ils
avoient remportés , avec le détail des attelages
qu’ils avoient conduits , & des factions auxquelles
Ils avoient appartenus. En voici un exemple C Fer-
rer, M.uf. Lapid. ni. Mémor, 43. )
M. AURELIUS. POLINICES. NAT. VERNA. QUI.
VIXIT.
ANNOS. XXIX. MENSES. IX. DIEBUS. V. QUI
VICIT.
PALMAS. DCCXXX VII. SIC. IN. RüSSEO. DCCXXV.
ÎN. PRASINO. IV. IN. VENETO. XII. IN. ALSO.
XVII.
DECEMIUGE. VIII. SEIDGE. IIX.
Les Grecs érigeoient fouvent des monumens à
îa gloire des cochers vainqueurs dans les courfes
de chars. On peut fe former une idée de ces mo-
numens par quelques morceaux en mofaïques qui
portent les noms des perfonnages , & que l'on
voit a Rome dans la mailon Maflimi. On peut en
acoutnr une notion encore plus nette par l'inf-
peét'.on d’un ce ces cochers vainqueurs , monté
fur un quadrige , & exécuté prefque de grandeur
naturelle dans un bas-relief, faifanr partie d’une
grande urne funéraire de forme ovale , qui fe
trouve à la Villa Albani. Winckelman l'a publié
dans Tes monumens de l’antiquité. ( Monum. Ant.
ined. n°. 203.) La Villa Négroni renferme aufli
une ftatae qui repréfente un vainqueur du cirque.
On de la peine à reconnoître cette figure au-
jourd hui , parce qu’en la reftaurant , on en a fait
un jardinier , a caufe d'un poignard recourbé en
forme de ferpette, qui eit attaché à fa ceinture ,
& que le vainqueur du bas-relief de la Villa Albani,
porre dc^ia même manière- D'après cette fauffe
idée, OR lui a f.iit tenir aufli une houe de jardinier.
Du refte, ces cockers du cirque, à qui l’on dre-ïbit
des itatues , ct fient la plupart du temps des gens
cm bas peuple. On les reconnoifToit en voyant
leurs corps entourés d’upf ceinture depuis la poi-
trine jufqu’âu bas-ventre, & leurs têtes chargées
d un cafque piar , fans cimier, garni de plumes des
deux cotes.
Sidoine parle en général de ces attributs diftinc-
tirs des cockers ( Carm. 2^ . n, ^ I . ) :
Vcfird înjîgnla cop.tinent Tnhûfirt
C O c
Ora , & lora man is , jxbafque tortas
Cogunt fiexilibiis latere nodis.
On reconnoît dans ces vers les cheveux du cocker
de la Villa Albani relevés en un feul rouleau.
Suérone ( Calig. c. ic). n. j. ) défigne par les mots
quadrzgarius habitus ^ ces mêmes attributs. Les
plis que formoit autour du corps des cochers leur
tunique courte & entrelalTée de bandelettes, l’onc
fait appeler par le code Théodofîen ( cité plus
haut ) rugofi firius. Stace a parlé aufli de leurs cal-
ques ornés d’ailes. ( Theb. rr. 330. )
Ipfe kabitu niveus : nivei dant colla jugales.
Concolor eft albis , 6? caffis , & infula. crijiis.
Le Poète défigne fans doute par r/i/L'/iZ une bande-
lette qui lioit leurs cheveux & les tenoit relevés.
Athénée ( v.p. 201. F. ) appelle çréTxcnt levaf-
que des cochers ; ce qui défigne fon peu d'éléva-
tion , & ce qui s'accorde avec le monument.
Dans les tems héroïques, les cochers s^aiTeyoient
ou fe tenoient debout aux côtés des guerriers qui
combattoient fur les chars. Sous le bas-Empire,
ils s'affirent fur le devant des chars , lorfqu’ils eu-
rent quatre roues. On voit un exemple de ce der-
nier ufage fur un marbre , publié par Onuphre
dans les Antiquités de Vérone.
COCHLEA , porte des fouterreins ( cavee ) o4
l'on renfermoit les animaux deftinés aux amphi-
théâtres. Varron dit (de Re Ruflica ni. ). );
Ojlium kamile efi anguftam , & potiffimam ejus gene-
ris , quod cockleam appellant , ut folet ejfe in cavect
in qua tauri pugnare [oient.
COCHLEAR , mefure des foüdes & des liqui-
des chez les Romains. Voyezq Ligute.
COCHON. « Tous les pafteurs , dit M. de Favr
( Recher, fur les Egyptiens , ton:, i. 147. ) n’étoient
pas en Égypte un objet d'horreur. C’eit propre-
m.ent à ceux qui gardoient les troupeaux de ce—
chons , qu’on avoit interdit l'entrée des temples :
ils étoient diftingués du refte de la nation par leur
longue chevelure ,& ne pouvoient s'allier qu'entre-
eux ; de forte qu’ils ont conftamment formé une
tribu ifoîée , couverte de beaucoup d’opprobre.
Comme iesÉgvptiensentretenoieRt des troupeaux
de cochons pour le fervice de l’agriculture , ils
avoient inftitué deux grandes fêtes , pendant lef-
quellescn n'offroit pas. d'autres animaux en vic-
times que ceux-là 5 fans quoi iis fe feroient trop
multipliés , St au-de'à du befoin qu'on en avoit.
Aufli oermettoit-on alors au peuple d’en manger
la chair, pourvu qu’il n’y touchât point .après îa
pleine lune , jour auquel ce facrifice devoir s’exé-
cuter hors de l'enceinte des temples , & non par
la main des miniftres. ”
« ïl faut pardonner à Hérodote, St encore à
Eudoxe, cité par Élien, d'avoir dit que les Egyp-
N ij
100 C O C
tiens fe fervoient de -cochons pour labourer &
pour herfer les terres , car leur erreur n’eft point
£ étonnante qu'elle paroit Têtre^dès que l’onfup'
pofe que ces animaux voraces étoient introduits
dans les campagnes immédiatement après l’inon-
dation j pour y confbuimer les racines des plantes
aquatiques ^ le frai de grenouilles, & tout ce que
les Ibis ne pouvoient emporter en auffi peu de
temps qu’il s’en écouloit entre la retraite du Nil
& l’infiant du premier labour, donné avec la
charrue , inflrument donc on n’a jamais pu fe
palfer. =>
«■ J'ignore £ cette pratique a produit des effets
auflî avantageux pour la culture , qu’on fe l’étoit
perfuadé dans ces fiècles reculés dont il eft ici
queftioii j car dans la fuite on l’abandonna cnticre-
raent. Et alors cette tribu fi déteftée , parce quelle
gardoit des animaux jugés utiles , & réputés im-
mondes , difparut au point qu’il n’en eft jamais
plus fait mention ; mais on peut foupçonner , que
profitant des troubles furvenus par la révolté gé-
nérale contre les Perfans, elle s’aftbcia à d’autres
pâtres , & forma cette célèbre république de vo-
leurs Egyptiens , qui fe retranchèrent dans un
marais du Delta, à peu de diftance de la bouche
Héraciéotiquc du Nil, comme nous le voyons dans
He ioQore (^Æthiopiques , llv- i- p. 9. ) Quelques
palfages des Idylles de Théocrite ont fait croire
mal- à-propos que Ptolémée Philadeiphe parvint
à ditfiper & à détruire enfin totalement la confé-
dération de ces brigands, iidyl. xv & xn/.) Mais
la vérité eft qu’elle fe foutint pendant plus de
quatre cent ans après la mort de Philadeiphe ; &
on vo;t dans la vie de l'Empereur Marc- Aurèie ,
que ce fut fous fon règne que les Romains affoi-
blirent cet état en y femant la difcorde , contre
laquelle aucune république n’a jamais réfîfté , &
bien moins une république de voleurs.»
Athénée ( /iv. ix. p. 37^. ) rapporte , d’après
Agathocle le Babylonien , que le cochon étoit 1
un animal facré chez les Cretois , parce qu’ils
croyoient que Jupiter avoir été allaité par une
truie. Ils avoient pour cet animal une extrême
vénération. Les Praïfiens , feuls entre les peuples
de Crète , immoloient des cochons mais ce facri-
fice avoir été ordonné par les loix qui leur pref-
ctivoient cette viéiime.
On peut attribuer avec affcz de vraifemblance
la répugnance qn’avoient les Crétois pour les
facrifices des cochons , aux liaifons de commerce
& de religion qui fe formèrent de bonne heure
entre -eiK & les Egyptiens. Quant aux autres
Grecs , fi l’on en croit Varron ( de Re Rufiica^
Ub. il. c. 4. ), le cochon fut la première des vic-
times qu’ils offrirent aux Dieux. Ovide Ub.
X r. ) a chanté cette tradition :
Er prima putatur
Jîofiiafus meraife necem , quia femina pando
Eruerat rofiro ,fpemque interceperat ar.nï.
CGC
On voit fur un autel d’Hercule au caoitole •
& fur quelques médailles d’Eieufis , dans'l’Atu
que , un cochon avec la maPfue d’Hercuk placée
au-deffus de cet animal. On immoloit un cocho
dans les petits myftères d’Éleufis ; c’eft pourquoi
on regarde ce type comme une allufion à l’initia-
tion d’Hercule aux petits myftères. ils furent éta-
blis par Eumolpus , pour dédommager Hercule
qui, ^n’étant pas citoyen de l’Attique, ne po'u!
voit être admis aux grands myftères d’Eleafis.
On immoloit auffi le cochon à VHercules Ruf.
tiens , qui étoit la même divinité que Sylvain.
Les Argiens ( Ath. Lib. ni. ) immoloient aufS
des cochons à Vénus dans les hyftéries, fêtes qui
avoient un nom dérivé de celui des viétimes : îj,
défigne en grec un cochon.
De tous les facrifices où l’on immoloit des co-
chons , ceux de Cérès étoient les plus célèbres ;
& c’eft à cette Déeffe qu’ils furent immolés pour
la première fois, félon Ovide { Faft. i. 349. ) ;
Prima Ceres avids. gavifa efl fanguine porcs. ,
Vlta fuas merits csde nocentis opes.
Nam fata vere novo teneris laclentia fuccis
Eruta fetigers comperit ore fuis.
Le dégât que fait cet animal dans les moiffons
n’étoit pas, difoient les Pontifes, la feule raifort
qui le faifoit facrifier à Cérès , ils en apportoient
une fécondé plus myftérieufe , c'étoit la fituation
de fes yeux qui l’oblige de regarder toujours la
terre.
On immoloit une truie avec des cérémonies
particulières , lorfqu’on faifoit des alliances &
lorfqu’on fe marioit. lAeye^-en le détail au mot
TruiEx
Cérès , Hercule & Sylvain n’étoient pas les
feules divinités que l’on honoroit par des facri-
fices de cochons , :1s étoie.tt encore immolés aux
autels des Lares. Cette offrande étoit faite ordinai-
rement par ceux qui vouloient guérir de quelque
folie ou manie, Sc par ceux qui en avoient été gué-
ris. Horace {Sat. il. 5. 164.) dit de celui qui n’eft
point fol :
Immolet squis
Hic porcum laribus
Et Plaute, dans les Ménechmes ( il. z- IJ-) •
jiE. Aiolefcens , quibus hic prédis porci veneurtt
Sacres finceri? CT.Nummo.ME. eumameaccipe-
Jubé te piari de mea pecunia.
Nam ego quidem infanum ejfe te certo feio.
Les mc-ts facres finceri dans ces vers de Plaute^
défigqent un cochon gras & fans défaut , k mênts
C O c
qui Cil appelé Tnyfiicus dans Tibulle. il. z6. ; :
Hofiiaque è pUna myfiica porcus hara.
C O D loi
morale efi û bien cachée ^ où la verfificat!o;i eiî
fi belle, rappelle poétiquement à'fon ami la né-
celfiié de mourir.
II etoit appelé auSî porcus yàcer après le 14' jour
de fa naiffance, parce qa"on ne pouvoir TofFrir aux
Dieux qu'à cette,époque.
Cochon de Troye. II eft fait mention dans
Macrobe (77/. 12 ) d'un mets appelé de ce nom.
C'etoit un cochon rôti & rempli de pièces de gi-
bier entières , comme ie cheval de T roye étoit
plein de gens armés.
CO CLÉS , fiirnom de la famille Hokatia. Il
défignoit un borgne , comme on le voit dans ces
vers de Plaute ( Cure. ni. 23. ) :
De coclhum profapia te ejfe arhitror;
LLam ii faut monoculz.
Si Ton en croit Denys d’Halycarnaffe ( v. p. 29 y.)
le peuple Romain éieva une ftatiie de bronze à
Ilorutius- Codes.
COCYTE , un des quatre fleuves des enfers.
C'étoit un fleuve d’Épire , ou plutôt de la Thef-
protie qui en étoit une partie : il tomboit avec le
pyriphlégeton, dansie marais .4chérufia. L’étymo-
logie de Ton nom & fon voifinage de l'Achéron ,
l’ont fait mettre par les poètes Grecs au nombre
des fleuves des enfers. En effet , cocyte veut dire
pleurs ^ gémijfemens , de x-asydiu , gémir. Il a donné
fon nom aux fêtes Cocytiennes qu'oa céiébroit en
i'honneur de Proferpine.
Le cocyte des poètes Latins étoit le ruiffeau de
ce nom qui couloir en Italie, près du lac d’Averne ,
& is. déchargeoit dans le lac Lucrin , lequel fut
enfin prefque comblé par une montagne de cen-
dres qu'on vit s'élever du fond de ce lac dans un
tremblement de terre arrivé le 29 Septembre
Ce n’eft donc pas feulement de l'Epire que les
poètes ont tiré l'idée des fleuves de l'enfer 5 le lac
d’Italîe , & les fontaines d'eaux chaudes
qui étoient aux environs , y ont également donné
lieu. Tous ces endroits étoient fi couverts de bois
depuis Bayes_& Pouzzol„ que les eaux y crou-
pi.Tant, pafibienr pour être des plus mai-fainss ;
& les vapeurs qui fortoient des mines de foufre &
de bitume, qui.y font en grand nombre, ne pou-
voient pas s’exhaler aifémenr.
Agrippa , favori d’Augufte , rempli d’amour du
bien public , fit couper ces bois , & nétoyer fi
bien les lieux voifins, que depuis les eaux devin-
rent claires & nettes, au rapport de Srrabon. Mais
c ell pour cela même que les poètes ornèrent
leurs écrits aes anciennes idées qu’on avoir du
cocyte. Horace C ode xiv. iiv. il. v.l8. ) & Vir-
gile ( Æneïd. liv. VI. v. 323. ) en donnèrent
l’exemple.
Le premier, dans cette ode à Pofthume, où h
J^ifendus ater flutnine languido
Cocytus errans.
COCYTHUS , médecin , difciple de Chîron ,
qui guérit la bleflure d’ Adonis 5 ce qui fit dire que
le Cocyte^ des enfers avoir rendu le jeune Prince
a la lumière du jour. Équivoque des noms, fon-
dement d’un grand nombre de fables!
CODitTANÜS. Voye^ Champ.
CODEX. Ce mot avoir chez les Romains plu -
fîeurs figni.fications. La plus commune étoit celle
de défigner un cahier de feuilles de parchemin ou
di, papyrus, different au rouleau , volumen , en ce
que les feuilles étoient collées ou liées enfemble
par un feiil côté , comme nos reliures m.odernes.
On en voit de femblables fur plufieurs monu-
mens antiques, & en particulier fur ie bas-relief
du n°. 1 84_des monumenti inedzti de Winkelmann ,
& fur la pierre gravée N°. 170 du même recueil.
Les barques ou navires faits de planches affem-
blees , lurent appelés par analogie naves codicurist
ou^ caudicarzsL. Quelques philologues ne recon-
noiflent ici que de fimples radeaux. Leurs patrons
ou pilotes étoient appelés codicarü.
Co77Ex défignoit aufli un madrier ou tronc de
bois auquel on enchainoir les efclaves pour les
punir. Properce en fait mention. ( ir. 7. 40. ) :
Codicis îmmundi vzncula fentit anus.
Juvenal en parle auffi, lorfqu’ii décrit la ven-
geance que les dames Romaines tiroient des ef-
claves qui avoient favorifé les amours de leurs
maris ( zl. 37. ) ;
Horrida quale facit rejidens in codice pellex.
CODICARlAE.'l --
CODICARII. ^
Codex.
CODICILLI ; c' étoient de petits codex , & I3
forme quarrée \em étoit particulièrement affeâée.
Les codicilU ét<^nt des tablettes ou des lettres.
Sur le bas-relief d’un tombeau qui eft au palais
Accoramboni^de Rome, & qui repréfente Orelre
& Pylade près d'être facrifiés par Iphigénie , on
voit au bas du piédeftal de la ftatue de Diane Tau-
rique , une tablette quarrée garnie d'une petite
bordure , pour défigner les codidUi ou la lettre
par laquelle Orefte fe fit reconnoître à fa fœiir.
La nourrice de Phèdre préfente à Hippolite les
codiczlli quarrés , ou la lettre dans laouelle Phèdre
dédaroit fon amour à ce héros infortuné, fur an
bas-relief ae la Villa Albani, publié fous le n"^.
IC2 des monumenti inedzti de Winkelmann, où fe
trouve suffi le bas-relief précédent fous le n?. 145?.
102
C (S L
CODONES. } «^éfigiioic proprement chez
les Latins par ce mot , emprunte des Grecs , une
Clochette. Comme les clochettes dont on garnif-
foit les harnois des chevaux & les habits des Bac-
chanîes étoitévafées , ils délîgnèrent par le même
nom le pavillon ou l'extrémité inférieure de leurs
inftrumens à vent. Les codones , ou pavillons faits
de cornes de bœufs ou d'ivoire repréfentoient
Ibuvent des gueules d’animaux féroces ^ comme
on le voit fur les bas-reliefs antiques.
CODONOPHORE, | c/orWa :
KQA0N0<50?0E , J
tels étoient les oiÉciers qui faifoient les rondes
dans les camps ou dans les villes de guerre ; tels
étoient ceux qui précédoient à Rome les convois.
f^oyei ClQCHETTES.
COELIA J famille Romaine , dont on a des
médailles :
O. en or.
C. en argent.
RRRR. en bronze.
Le furnom de cette famille eft Caldus.
CCELIMONTANI. 1
CŒLIMONTlUM. f Lemont Cælius , fur
CŒLIOLUS. t lequel ett aujourd'hui
CŒLIUS. 3
bâtie la bafilique de S. Jean-de-Latran ^ fut réuni
à la ville de Rome ^ par Romulus , fi l'on en croit
Denys d'Halycarnafïé ( il. )■ Tite-Live dit que
cette réunion fut faite par Tullus Hoft iiius ( /. 30. ) j
Strabon ( v. p. i6z. ) par Ancus Marrius ; l'acite
( Annal, iv. 6ÿ 2. ) enfin par Tarquin l’ancien.
Ce dernier écrivain raconte que le mont Cœlius
portoit le nom de Qaerqueiulanus , à cau.^e des
chênes dont il étoit couvert; mais qu’il prit de-
puis celui de Cœles Vibenna ^ chef d’une horde
étrufque J auxiliaire de Tarquin j établi fur fon
fommet.
Tibère ( Suet. Tlb. c, 48. n. 3. i) voulut changer
le nom du mont Cœlius , & lui faire porter celui
d’Augufte , fou père adoptif ; mais ce fut fans
fuccès. Le nom de Lateranus , d’où eit formé celui
de Latran , dura plus long-temps ; Se il vint de la
nuifon des Lateranus , famille confulaire , qui en
faifoit le principal ornement.
Le mont Cœlius fit appeler Cœlimontium , la fé-
condé région dans laquelle il étoit placé , & Cœli-
moni.mi, les Virginius qui l’habiroient.
Quant au CxHolus , ou petit Cœlius , il paroît
que c’étoit le prolongement du Cœlius, fur le-
quel eft bâtie 1 eglife de S. Grégoire.
CŒLISPEX. î^oyei Apollon-Cceltspex.
COELU ou CGILLÜ , dans la Mumidie.
Æe. MUNICIP. CŒE. Æliam Municipium
Cœlliou Coillitanum. Mauvaife légende de Vail-
lant : elle appsïtient à eœlam ou culla dans la
Cherfonèfe de Thrace.
C (E N
Æl. MuNICIP. COIL. Ælium Municipium Co'cl
litanum. Ce municipe a fait frapper des médaüLs
latines en l’honneur d’Antonin ^ de Vêtus ^ de
Commode j de Caracaüa , de îlîacrin , d’Élagib^le
d’Alex-Sévère , de Maxime, de Gordien- Pie ^ dé
Philippe père, de Philippe fils, d’Hoftilien.
C(ÆLLM , ou CÜLLA , dans la Cherfonèfe
de Thrace.
Æl. MuNICIP. CCEL. Æliam Municipium
Cœlum..
Cette ville, devenue colonie Romaine , a fait
frapper avec la légende ci-delTus les médailles que
Vaillant a ma!-à propos attribuées à Co'élu; & d’au-
très médailles en l’honneur de Sept. Sévère , dç
Velufien. -
C(SLUS , ou le Ciel , étoit fils de la 'Terre,
fuivant Héfiode; 8c par fon mariage avec famère,
il produifir Satur.'ie, Rhea, l’Océan, les Titans,
Sc beaucoup d’autres divinités. Codas, ayn crai-
gnoit de fi terribles enfans, les tenoit enfermés ,
& ne leur permettoit pas de voir le jour ; mais
Saturne Payant furpris endormi , le fit Eunuque;
Sc des parties coupées naquirent les Géans, les
Furies, les Nymphes , 5c la belle Vénus. C'eftie
même être mythologique que Uranus. Xoyei^ ce
mot.
COEMPTIO. Voyei Mariage.
CCENA. Le repas appelé cœna par les Ro-
mains, fut quelquefois le fécond de la journée,
8c il répondoir alors à notre i'ouper. Mais ils don-
nèrent le plus fouvenr ce nom au repas unique
qu’ils faifoient en été , vers les quatre heures du
foir, 8c vers les cinq en hiver. Nous ne parlons
ici que des repas principaux , 8c non du déjeuner
8c du goûter.
Les quatre heures du foir , ou la neuvième
heure d’été , paroiffoit fixée invariablement pour
la cœna, comme l’ attelle Maniai ( iv. S. 6.):
Impeiat exfiruSos frangere noua toros.
C’eft pourquoi .luvénal reproche à un de fes con-
temporains de fe mettre à table une heure avant
les autres pour prolonger le temps confacré au
repas :
Exfal ah odava Marias bibit , & fruitur Dis
Iratis
La cœaa éroit ordinairemenr précédée du bain,
fouvenr on la prolongeoit fort avant dans la nuit.
Néron , au rapport de Suéroiie ( c. 27. rP. iQ
commençait ce repas à midi , 8c ne le fintlfoiti
qu’à minait: Su.is epulas k medio die ad mediaat
noctem protraxit. De- là vient que dans le plus
grand noinbre des monumens antiques repréfen*
tant des repos , on voit toujours des lampes.
On trouvera les décaüs communs à la ceeua Sc
aux autres repas dans l’article Repas,
C Œ N
Ceena adjicialis i &, fclon quelques philolo-
gues ^ aditialis , étoit un repas qae les pontifes
donnoient pour leur inauguration.
Cœna adventitia & adventoria , étoit Ic repas
que Ton donnoit à Farrivée de qaeiqu’un.
Cœna. Ajiiva , repas léger , tel qif on le fait en
été dans les pays chauds. Dans les Ménechmes de
Plaute ( //. I. 30. ) un aéteur dit piaifanament :
Ædive admodum viaticati Çamus.
Cœna augtiralis eft la même chofe que cœna
odjicialis.
Cœna Capholina , repas que l’on donnoit au
Capitole en l’honneur de Jupiter aux ides du
mois de Novembre. On ( Tfr. Liv. xxiv. ) plaçoit
la Itatue du Dieu couchée fur un lit auprès de la
table & celles de Junon & de Minerve aiTifes à
fes côtés fur des lièges. Ces divinités étoieut fer-
vies fplendidement^ & vers ie milieu de la nuit
les mets recherchés qu’on leur préfentoit étoient
mangés par les fept Epulons.
Cœna centenaria. Les loix fotnptuaires défen-
dirent aux Romains dé dépenfer plus de cent as
dans un feul repas j delà vint le nom de cœna
centenaria , donné aux repas qui étoient confor-
mes aux loix.
Cœna Cerealis , repas fomptueux, tel que l’on
en donnoit pendant la célébration des Céréales.
Plaute dit ( M.énec. i. i. ) ;
Cereales cœnas dat , ita menfas exfiruît ;
Tantas firuices concinnat patinarias.
Standum efi in lecîo ^ fi quid de fummo petas,
Cœna cynica , repas de cynique. Cette feéie de
pliilofophes affeéioit de fe nourrir de légumes &
de mets communs. Pétrone dit ( c. 14. ) :
Ipfi qui cynica traducunt tempora cœna.
Cœna dapalis , repas fomptueux. Nonius ( il.
§. .iOO. ) : Dapalis cœna rj? amplis dapibus plena.
Cœna dialis , repas digne du fouverain des
Dieux. V ayeç Cœna Capitislina.
Cœna dubia , repas fj recherché, que les convi-
ves ne faventquel mets ils doivent manger de pré-
férence. C’eil l’explication que donne Térence:
(E
N
105
donnoient aux Magiftrars & aux Sénateurs pour
ceiCDrer le jour où iis prenoient le nom d’-s-u-
guiîe. ■
Cœna libéra , repas dans lequel un maître fai-
oit adeoir a fes côtés î’efclave auquel il donnoit
la liberté. On donnoit aulu le même nom au repas
que prenoient en public les gladiateurs & les cri-
mineis condamnés à mort , quelques jours avant
les jeux ou avant leur fupphce. La liberté qu’on
leur accoràoit dV demander quelques mets à kar
CHOIX, fît appeler ce repas cœna libéra.
Cœna mufica , repas frugal & modéré.
_Cœna natalhia , repas que l’on donnoit pour
ceiebrer 1 anniverfaire de fa naifîance.
Cœna nuptialis , repas de noces.
Cœna Pontificalis ou Pontificum , repas fomn-
tt^eux que l’on donnoit à Rome en public aux Pon-
c inauguration. Il y en avoit
deux hxes a ces époques préci.res, l’un au ix^ des
calendes d Août , & l’autre au xiii^ des calendes
de Novembre.
Cœna popularis y repas que l'on donnoit an
peuple Romain le jour des triomphes, le jour où
1 on payoït la dixme à Hercule, &c. On le don-
noit dans les portiques dont les temples étoient
environnes.
para repas dans lequel on ne fervoit
point de viandes , mais de Amples légumes.
Cœna recia , repas fo-mptueux. Martial l’op-
po.e a la mediocre portion de nourriture , appelée
Jportula y que les grands diftribuoient a leurs
clients ( VII. 4. g;- 10, ) ;
Promijfa efi nobis fportula , reBa data efi.
Cœna Saliaris y repas des Satiens, ou digne des
baliens par fa fomptuonté. Les Prêtres de Mars
etoient fameux par leur gourmandife.
Cœna triumphalis y re^S que donnoit an peu-
p e un General Romain le jour qu’il triomphoir,
Pline dit que Cefar fit fervir fix mille lamproks
dans un de ces feftins. Lucullus ( Platarc. > traita
dans une Semblable occafion tous les Romains
qui habitoient la ville & les fauxbonrgs.
Cœna viatica , repas que Ion donnoit à an
parent ou a un ami le jour de fon départ PîaHtp-
(BaccA. I. 1.61.): ^
Pgo forori mes. cœnam kodie volo date vîaticam.
Ubi tu dubites quid fumas potijfimum,
C^a funebrij.^ H y avait deüx efpèces de repas
funebre , une qui confiftoit dans les mets offerts
aux Dieux Mânes fur le bûcher , & l’autre qui
etoit un feliin ou affiftoient les parens & les amis
du mort apres les funérailles. Cette dernière ef-
peqe s appeioit proprement filicernium. Voyez ce
mot. ^
Cœna împeratoria , repas que Iss Empereurs
CCSNJCULARIJ. ■> ^
CŒNACULARIUS. f J-e martre d’un hôtel
garni étoit appelé Cœnacularius ; & faprofeflion
etoit exprimée par ces mots : Cœnaudariam fa~
cere.
CIENACULUM , dernier érage des bâti-
Rome fur pauvre & mo-
ddte, fes batlmens fbrent compofésd’un rez-de-
chauiiee & d un feul étage} mais fur la fin de Is
république §c fous les Eaipereurs> üsexirem qïo-
104- C Œ N
iîeurs étages. Le dernier , ou le plus eleve , fut
appelé cosnaculum , de I3. corna, repas du foirque
Ton y prenoit ordinairement ( . de Ling. Latin..
IV. 33 - ) : Ubi cœnabant , ccenaculum vocitabant.
Tofiekqziam in fuperiore parte cœnitare cœperunt ,
fuperioris domûs univerfa cœnacula dibia.
On montoit à ces derniers étages par des ef-
caüers particuliers ce qui les fit appeler quelque-
fois fcaU , comnîe on voit dans ces vers de Mar-
tial ( I. 118. 7.) :
Et fcalis habita tribus ,fed altis.
Dans la Grèce, les femmes habitoient cet en-
droit des maifons comme le plus retiré.
A Rome, c’étoit le logement des étrangers &
des pauvres citoyens. Juvénal dit , en parlant des
pauvres , que Tépée des cohortes , envoyées par
les tyrans, ne menaçoit que les palais , & jamais
les cœnacula (x. 17. ) ;
Egregias lateranorum obfidet ides
Tota cokors : rarus venit in cœnacula miles.
Les derniers étages des cirques , ceux qui s’éle-
voientau-deflus des gradins , étoient aufli appelés
cœnacula. Ils étoient divifés en boutiques & en
loges pratiquées au-deifus pour voir les jeux. Les
Cenfeurs louoient au profit du fifc ces boutiques
& ces loges ( Bulenger. de Circo. c. 33. )
C(SN ATICA 5 contribution que les foldats
Romains exigeoienc des habitans des provinces,
fous le prétexte de fournir à leur repas. Cet abus
introduit dans le Bas-Empire, fut réprimé par les
Empereurs Valentinien & Yalens.
CCENATIO , falle à manger des Romains.
Ils en avoient pour les différentes failbns, & ils
lesornoient de décorations changeantes, afin de
varier les fîtes avec les fervices. Sénèque parle de
ce luxe ( Epifi. 90. ) ; Qui verfatilia cœnationum
laquearia ita coagrnentat , ut fubindè alia fades at-
que alia fuccedat., & toties tecîa , quoties fercula
rnutentur.
CŒNATGRIA vejfis , habit que les Romains
prenoient en fe mettant à table. Il y en avoir de
différens pour les deuxfexes, comm.e on Tapprend
du paffage fuivant ( Pompon, leg. ff.de aur. (i
argent, légat.'): Q. Irîutius ait , fcire fe quemdam
fenatorem muliebribus cœnatariis uti folitum.
CŒNOSTGME , linéaire & itiné-
raire deTAfîe & de TÉgypte. EeyepLiCHAS.
CŒUR fur les médailles ( un ) efl; le fymbole
de la ville de Cardia.
CŒUS , un des Titans , étoit frère de Saturne
& de l’Océan, félon- Diodore. Il époufa Phœbé ,
dont naquit Latoiie. Les poètes donnent une autre
génération à Latone. Voyey^ Latone.
ÇOGNITOR, Foyei AvoqAT.
C O H
COGNOMEN. V oye:^ Nom.
COHORTALES , ferviteur du Préfet du Pré,
toire.
COHORTE, c’étoitchez les Romains un corps
d’infanterie , de la dixième partie d’une légion. U
contenoit trois manipules, chaque manipule deux
centuries, d’où l’on voit que chaque légion étoit
de foixante centuries, de trente manipules & de
dix cohortes.
Il y avoir dans la cohorte les quatre fortes de
fantaflîns des armées Romaines ; les velites , les
hafiati , les principes Sc les triarii : quand elle
étoit complette , les velites y étoient au nombre
de cent vingt j les hafiati au même nombre 5 les
principes pareillement , 8c les triarii au nombre
de foixante 5 ce qui fait quatre cent vingt foldats.
Au relie , ce nombre augmentoit ou diminuoit ,
félon que la légion étoit plus ou moins forte.
La première cohorte étoit la plus confidérée;
elle était compofée des principaux centurions &
des meilleurs foldats. Dans un ordre de bataille ,
elle avoir la droite de la première lignes comme
les grenadiers de nos régimèns ; les autres fui-
voient dans l’ordre naturel , enforte que la troi-
fième étoit au centre de la première ligne de la
légion 5 la cinquième à la gauche ; la iéconde en-
tre la première & la troifième j la quatrième entre
la troifième & la cinquième 5 les cinq autres co-
hortes formoient la fécondé ngne dans leur ordre
naturel. On croit que Marius fut le premier qui
divifa la légion en cokwrtes. Foyey^ Légion. La
première cohorte devint auffi dans la fuite la plus
nombreufej elle fut quelquef ds de iioj hom-
mes, tandis que les autres n’éroientque de yyj.
Cohortes auxiliaires , c’étoient celles qu’en-
voÿoienc les alliés : elles portoient le nom de -leur
nation ou de leur chef; elles étoient aufildiftinguées
parpremière, deuxième: troi ième, quatrième, &c.
Cohorte dite equitataq elle étoit compofée d’in-
fanterie 8c de cavalerie ; elle étoit de mille hom-
mes, fept cent foixante fantaffins , deux cent qua-
rante cavaliers. On i’appeloit auffi cohorte mil-
liaire , à caufe de ce nombre. Les infcriptions font
fouvent mention de cohortes equitats. On lit dans
Gruter: l. fl. t. f. q. vîR seculari. prae-
FECTO COHORTIS FRlMAE EQUITATE ; & fit
une autre infcription du même recueil : P. eicinio.
P. Ç. GAL. MAXIMO PRAEFECTO COHORTIS II.
GALLORUM EQUITA-TE.
Cohorte dite peditata y elle n'étoit compofee
que de fantaffins.
Cohorte prétorienne , troupe de foldats choifis
qui fervoit de garde au Préteur ou au général.
Elle étoit compofée, félon quelques-uns, de fa.n-
taffins & de cavaliers ; car on lit dans Suétone
( Cal, c. 4T ti. i. ).• Quo faclo , proripuit fe cum
amiccs , & parte equiturn pntorianorum. Elle fut
inlHtuée ( liv. il. 20. ) par Fublius Pofthumius ,
Djâateuçs P. Scipion féparu dans la fuite de fo«
armes
C O H
armée les meilleurs troupes pour la former; il
augmenta fa paie j & l’exempta de tous les tra-
vaux militaires. Augulle forma fous le nom de
cohorte prétorienne , un corps de neuf cohortes.
Septime-Sévère augmenta encore ce corps. Il étoic
uniquement deftiné à la garde des Empereurs &
de leur maifon , & commandé par le Préfet du
Prétoire qui avoir fous lui des Tribuns & des
Centurions. Il était prsfque tout infanterie : d'a-
bord on n’y admit que des Romains; on y int.>:o-
duifît avec le temps des étrangers, des Germains,
des Bataves, des Thraces, &c. 11 avoir la paye
double , & fe tenoit dans un camp retranché pro-
che de Rome ; il avoit des enfeignes militaires & des
boucliers particuliers. Il excita dans la fuite beau-
coup de troubles. ConRantin décruilît fon camp,
& le calfa. Les Prétoriens s'étoient rendus redou-
tables à plulîenrs de fes prédécelTeurs ; ils éli-
foient ou dépofoient les Empereurs de leur pro-
pre autorité ; ils forçoient quelquefois le Sénat à
reconnoître celui qu'ils avoîent choif. Dans ces
révolutions , ceux qui prétendoient à l’empire ,
étoient obligés de s’attacher cette milice redou-
table qui difpofoit du diadème.
Cohorte dite togata j c’étoit celle qui faifoit la
garde des rues à Rome ; c’étoit la milice de la
police; elle marchoit avec la toge , n’ayant d’arme
^4^ 1^^ lance & l’épée. Elle étoit peut-être fou-
mife a l'inTpeclion du Préfet du Prétoire ; car
Martial l'appelle togati M.artis cufios ( vi. y G. i.);
Ille fa cri laterzs cufios , ISlanisqae togati:
Crédita cui fummi cafira fuere ducis.
A moins que cette expreffion de Martial ne délî-
gne l’ufage des Prétoriens, de porter dans Rome la
toge, & non le fagum militaire, ufage que M.
Aurèîe étendit à toute i’Itaîie. Capitolin ( r. 27. )
Cohortes dîtes vigilum; elles furent inftkuées par
Augufte ; elles fervoient dans les incendies. Il y en
avoit feptj une pour deux régions de la ville;
chacune avoit à fa tête un Tribun , & toutes
etoient commandées par un ofEcier appelé le
Préfet des vigilum ; elles étoient diftribuées en
quatorze corps-de gardes. Il y a des auteurs qui
font monter Je nomore de ces cohortes lufqu’à
trente & un ; mais il y a heu de croire qu’ils fe
trompent. Se qu’ils prennent pour des cohortes ce
qui ji’en étoit que des divifîons. Ces cohortes
n étoient point cenfées troupes; elles étoient pref-
qu entièrement compofées d’affranchis , qu’on ap-
peloit par dérilion fparteoli. Voye:^ ce mot.
Cohortes dite urbans.- on appeloit ainfî lix mille
hommes partagés en quatre cohortes , chacune de"
quînze cent. Augufte les inftitua pour la défenfe
de !a vii.e ; elles avoîent des cafernes. On les noni-
moit encore milites urbanitiani , troupes de ville.
Elles étoient commandées par le Préteur , appelé
tutelaris , ce^qiii leur fi: donner aufS quelquefois
le nom de cohortes prétoriennes.
.Antiquités y Tome IJ,
COI 105
COIN, tiorceau de métal qui fert à marquer
les monnoies lorfqu’on les frappe.
Les antiquaires ont demandé fouvent fi les
médailles avoîent été moulées ou frappées ; &
ils paroifieat encore partagés fur ce point. Ün troi-
fieme parti a cherché à les rapprocher , en fuppo-
fant que les médailles étoient d’abord moulées
groflièrement , & qu’elles étoient enfuite frap-
pées au marteau. Je ne faurois embraffer aucune de
ces trois opinions exclufiv'ement. Les médailles
auroient-elles en effet ce degré- de perfection
qu on y aamire , fi elles av'oient été fimplemenc
moulées ?
Si d ailleurs 1 ufage etoit de fe fervir du marteau
feul , quel bras auroit pu frapper les beaux mé-
daillons d’or de Lyfimaque , d’Arfinoé , &c. , les
tétradachmes , les ciftophores , les médailles de
grand bronze , & fur-tout les médaillons de
ce métal ? Ce n’eft point encore afïez. Qui
aurost pu frapper ces énormes pièces entre lef-
qiielles on en voyoit du poids de deux livres,
qu’Elagabale donnoit en préfent , & dont, Ale-
xandre Sévère interdit l’ufage ? Pour tout dire eis
un mot, croyons qu’il a toujours été au - delTus
des forces humaines de frapper .au marteau des
médailles fourrées, qui font de fer, recouvert de
feuilles d’argent.
L’examen d’un coin Romains qui elt confefvé
dans la collection des antiques de Ste Geneviève ,
m’a donné la folution de ce problème fi long-
temps defiré. Ce coin eft de bronze, & il porte en
creux la tête d’Augufte couronnée de laurier ,
avec la légende : caesak. augustus patek.
PATRîAE. Sa forme eft celle d’un paraboloïde ; &
il a été moulé dans cette forme , fans qu’on puiffe
yjeconnoître aucune trace d’applatiffemenr. Ce
cône a quinze lignes de hauteur perpendiculaire ,
onze lignes de diamètre à la bafe qui porte une
tête , une légende prefqae effacée , & un cor-
donnet. On ne peut douter de l’authenticité de ce
coin. Il eft de même matière & de même forme
que les deux coins prouvés en 1799 par les ou-
vriers qui travailloient à la fontaine de ?iifmes.
L’un de ces derniers fut placé par ordre de l’In-
tendant , fous le balancier de la monnoie , qui , du
premier coup , le brifa en mille morceaux. On re-
connoit à cette rupture i’aigreur & la dureté que
l’étain donne au cuivre dans l’alliage appelé bron-
ze. M. Tillet, dÆ r.4cadémie des Sciences, a dé-
veloppé, dans un mémoire couronné par l’Aca-
démie de Bordeaux, la propriété dont jouit l’étain,
un des métaux les plus dudilcs, de durcir par ibn
alliage tous les métaux. Auffj cet amateur "éclairé
des arts & de l’antiquité , que Winckelmann ap-
pel e immortel, le Comte de Cayius, a-t’ii reconnu
la prefence de l’étain dans l’analyfe qu’il a faite
d un morceau des coins de Nifmes.
L’infpeélion du coin que je décris, m’a appris
trois chofes fondamentales dans l’art numîfma-
nqüe. i“. Que les anciens faifoient leurs coins d*
O
COI
bronze J & qu’ils les mouloient. Le cabinet de
Ste Geneviève pofscde , à la vérité, deux coins de
fer publiés avec celui de bronze par le P. du Mo-
linet, qui ne donna les premiers pour antiques qu’en
annonçant des doutes. Nous les avons examinés,
& ne pouvons les regarder comme antiques. Ils
ont trop de reiTemblance avec les coins des Pa-
douans, pour être d’une date antérieure. D’ail-
leurs , la rouille dont les funeftes effets ont rendu
les colleéiions d’antiques fî pauvres en inlfrum.ens
de fer , n’auroit sûrement pas refpeâié les coins
des anciens, s’ils avoient été de ce métal. Ajou-
tons à ces confidérations la difScu'té de réfcrver
fur des coins de fer des reliefs, pour produire des
cavités , telles qu’on en voit fur les médaillons
d’Egypte & fur les plus anciennes médailles grec-
ques. Difficulté qui s’évanouit à la vue des coins
moulés.
2®. il paroît que les anciens ne frappoient au
marteau que les médailles d’or & d’argent , les
quinaires 8c les médailles d’un module encore plus
petifj 8c ils ne frappoient pas imm.édiatement fur
les coins. Celui dont nous parlons n’a pas feize
lignes de hauteur. Comment auroit-il débordé la
main du nvonnoyeur , quand celui-ci eût été-
même un pygmée ? Le marteau auroit d’ailleurs
écràfé ce coin de bronze. Il n’a cependant pas la
plus légère trace de percuffion , quoiqu’il ait fen-i
affez long-temps pour dégrader la tête 8c ufer les
lettres. Comment les Romains fe fervoient - ils
donc de leurs coins ? Je répondrai plus bas à cette
queftion.
3°. Ileft très-vraifemblabîe qu’ils employoient
une machine plus forte que le marteau pour frap-
per les médailles d’un module fupérieur aux qui-
naires , les médaillons 8c les malTes énormes de
métal qu'Elagabale deftinoit pour faire des lar-
gefles. Ôn penfe bien que nous ne voulons pas
parler du balancier, dont l’inventeur, françois à
ïamais célèbre , vivok fous Louis XIII. Nous
croyons qu’ils fe fervoient d’un mouton , fembla-
b!e à celui qui ell employé par les boutonniers
& par les ouvriers en acier. Cette machine étoit
en ufage en France dans les hôtels des monnoies ,
fous Henri II, fous fes trois fils, feus Henri IV
ëc fous Louis XIII. C’eft à la grande force 8c à
la préctfîon du mouton que l’on doit les belles
monnoies des règnes de Henri IV 8c de Louis
XIII jufqu’en 1640. La virole fervoir alors, avant
i’ingénieufe machine de Cailaing , à former des
lettres fur la tranche des pieds-forts. Cette pièce,
qui enveloppe 8c alTujettit le flaon Sc les coins ,
étok inconnue aux anciens, comme M. l’Abbé
Barthélemy l’a démontré d’après les bords dé
leurs médailles toujours défedueux. On voit des
pieds-forts qui ont jufqu’à fix lignes d’épaiffeur 8c
feize de diamètre 5 iLs Cious attellent la force dii
moiâtoia, 8c nous font concevoir la manière dont
tes anciens s y font pris pour fraDper les beaux
métiaillons grecs 5c les pièces de largeffe.
C O I
L’impoffibilité phyfique où ils étoient de les
frapper au marteau , fiiffiroit feule pour leur faire
attribuer l’ufage du mouton. Nous allons cepen-
danr montrer de plus qu ils connoiffoient cette
puiffante machine. Ils l’employoient pour enfon-
cer les pilotis. Vitruve , parlant d’un terrein fur
lequel on veut établir des fondations , dit que
s’il n’eft pas fo’ide , on l’affermira en y chafiànt
des pilotis à l’aide du mouton , foLiiania. fifiuca-
tionièus. II parle encore de cette manière de fon-
der dans un autre endroit. Céfaren fait auffi men-
tion dans fes Commentaires ; il ell certain que les
anciens diftinguoient deux efpèces de moutons j
car ils connoiffoient auffi la hie des paveurs. Ces
machines, qu’ils voyoient tous les jours dans les
mains de leurs efclaves, leur offroient un moyen
fimple 8c expéditif pour frapper les fortes mon-
noies qui auroient réfillé aux coups de marteau.
Toutes les circonftances font donc conjecturer
qu’ils le faifirent , 8c qu’il a produit ces chef-
ci’ oeuvres de l’art, qui font l’ornement des cabi-
nets. Peut-être employotent-ils auffi à cet ufage
une prefle à vis , telle qu’on la voit dans lespref-
foirs de vendange, fur la médaille de Trajan-Dèce,
frappée à Boftra , en .Arabie , fur une médaille de
Scvêre-Alexandre , 8c fur une troifième que Vail-
lant a cru être de Tyr, 8c frappée pour Gallien.
Cette preflè auroit été une ébauche du balancier.
De pareilles machines , dira-t’on , dévoient
pulvérilér des coins de bronze ! Il eft facile de ré-
pondre à cette objeélion , en remettant fous les
yeux le coin Romain que nous avons décrit plus
haut. Il ne porte aucune empreinte de coup , Sc
n’a aucune trace de percuffion , quoiqu’il foit trés-
ufé par le travail. Les Romains ont donc fu l’em-
ployer long-temps fans le fatiguer, Sc cela pat
un moyen fort fimple. Ils fe fervoient probable-
ment d’une maffe de fer ou de cuivre d-arci par
un fort alliage d’étain , ou enfin de quelque fubf-
tance plus dure que le bronze ordinaire. Cette
maffe étoit creufée pour recevoir 8c ferrer le coin.
comme la machine appelée mandrin par les tour-
neurs. Elle le recouvrok de tous les côtés, ex-
cepté celui de l’empreinte , 8c offroit au mouton
iiue forte réfiilance. Ce n’eft point ici une fuppo-
firion gratuite. De légères traces de preiffion , im-
primées fur les côtés du coin , près de fa bafe ,
nous ont fait naître cette idée fi fimple 8c fi natu-
relle que le Comte de Caylus avoit eue avant
nous. On n’auroit pas pu faire ufage du mandrin
en frappant avec le marteau, parce que le coup de
cet inftrument, beaucoup moins énergique que le
mouton , auroit trop perdu de fa force fi
avoit été tranfmife au coin à travers un corps in-
. termédiaire.
A préfent que nous arons développé, autant
qu’il étoit en notre pouvoir , le méchanifme du
monnoyage dés anciens , nous pouvons répondre
à ceux qui objeéient fans ceffe, comme une abfur-
> dite , la multitude des coins néceffaires pour
COI
variété infinie des tnéda.'lles-moniîoîes. Les coins
étant de bronze & moulés^ demandoient peu de
temps pour être en état de fervir. Un jour feu!
fufEioir prefque à l’ouvrier qui les fouriiüToit. II
fabriquoit en argile le moule du coin , 8c pouvoir
fe fertur j pour imprimer en relief la légeruie , de
lettres mobiles ; ce qui eit annoncé par les renver-
femenS:, les tranfpolîtions J & parle défordre qui
régné fi fouvent dans les légendes & les inf-
criptions des médailles. Il verfoit enfaite dans ce
moule durci au feu le métal fondu, & retouchoit
le coin au burin lorfqu’il étoit refroidi. Ce pro-
cédé, quoique très-fimple, n’avoit été preffenti
par aucun antiquaire , que je fâche , avant le
Comte de Cayliis. Seul il Ta foupçonné ; mais en
1 appliquant uniquement à la fabrication des coins
eux-mêmes , parce que fans doute les idées fim-
pies fe préfentent toujo urs le s dernières à i’efpric.
Lorfque les Grecs commencèrent à frapper des
médaillés", ils fe fervirent d’abard de deux coins
pour chacune ; l’an de ces coins portoit un type
en creux, & l’autre portoit le même type en re-
lief. Il ne faut pas confondre ce méchanifrhe avec
celui des bracféates. Il paroît que pour frapper
ces monumens informes du moyen âge , on n’em-
ployoït.qu’un feu! coin chargé du type en relief,
& que J on appîiquoit la feuille de métal taillée
en rond , c’efi-à-dire , la braéléate , fur un corps
peu dur tel que le plomb. Ce fupport cédoit à
, 5 ^ la braeféate portoit parce moyen ,
te a i aide d’un feul coit, le même type en creux
& en relief.
Les artiftes Grecs apportèrent de bonne heure
quelque changement à leur première méthode ,
parce qu elle iailfoit couler fouvent la médaille
•entre les coins, de manière que les deux emprein-
tes ne fe répondoient prefque jamais. Pour remé-
ther à cet inconvénient , que la viro/e , inven-
tion moderne , fait difparoxtre , ils réfervèrent fur
un des coins , & quelquefois fur les deux , des
parties plus elevées que le rePee du champ , afin
qü elles fixafient le flaon. Ces parties réfervées de
reuef, tantôt carrées , tantôt partagées en quatre
carrés, tantôt chargées de têtes ou de rinceaux,
& ûe traits bizarres , ont été pnfes par les anciens
antiquaires pour la repréfentation des quatre quar-
tiers de certaines villes , des jardins d’Alcinoiis ,.
&c. Mais leur véritable objet a été déterminé de
nos jours par M. l’Abbé Barthélémy , de l’Acadé-
mie Royale des Infcriptions & Belles -Lettres.
Coin. On trouve quelquefois en Angleterre,
en remuant la terre, des inftrumens de cuivre qui
ont la forme d’un coin. Iis font de différentes
grandeurs, depuis trois jufqu’à quatre pouces de
longueur , & larges d’un pouce & demi. Ils font
affilés par un bout comme une hache, s’élargif-
fant un peu à ce bout-Ià; & par l’autre bout , &
tout le relie de leur corps ils font carrés. Ils font
creux & ouverts par le gros bout oppofé à celui
qui eft tranchant j à i’un des côtés de ce gros bout
COI IQJ
efi ans petite anfe. Les côtés ont répaiflêu>- d’-ane
ligne environ , quelquefois plus & quelquefois
moins. Ce n’eft pas feulement en Angleterre qu’oH
en trouve, il y en a auiTi en France, en Bretagne
particulièrement & en ISormandie. On en \°o3î:
deux dans le cabinet de Ste Geneviève. Ils ont
environ quatre pouces de long, un pouce de large
fur chaque face à l’endroit aigu, un pouce & fept
lignes dans leur plus grande iargeur.
Les antiquaires font partagés fur l’origine &
I ufage de ces coins. Quelques-uns les ont pris
pour des pointes de flèches ou des haches d’armes
des ancieiîs Bretons 5 mais ils fo.nt trop gros pour
des pointes de flèches , & paroiiTenc'bien petits
pour des haches d’armes. D'autnes ont cru q-ae
c’écoientdes têtes de catapultes des Romains. Soeed,
biîforien Angîois, a cru que c’étoient des armes
des anciens Bretons. M. Hearne , habile anti-
quaire Anglois , n’eft pas de ce fentiment, parce
que ces coins n’ont aucun rapport avec aucuines
des armes des anciens Bretons que nous connoif-
fons. De plus , puifqu’on en trouve en France,
il ne paroît pas que ce foient des armes des Bre-
tons; car de prétendre que les Bretons étant ori-
ginairernent Gaulois, que leurs armes & celles des
Celtes étoienc fembla'bles, & que les coins que
l’on trouve en France font des monumens des an-
ciens Gaulais ; cela ne paroît pas vraifemblable ,
parce qu’aucune des armes Gauloifes , que nous-
cosnoifibns beaucoup mieux que celles Vies Bre-
tons, n’ont de rapport à ces coins M. Hearne a
cru d’abord que c’étoient des inftrumens fervar.r
aux facriflees chez les Romains ; mais iis ne ref-
} femblent point à toutes les figures que nous en
avons. Ainfi , il conclut q-ue c'écoient des cifeaur
dont les Romains fe fervoient à tailler & à polir
les pierres dont ils faifoient les murailles qui eh-
touroient leurs camps. Le tro'a qu’on y voit fer-
voit à les emmancher, & la petite anfe à les pen-
dre à la ceinture des foldats & ouvriers ; & en
effet ,les foldats font ainfi repréfentés fur la co-
lonne trajanne. D’ailleurs, rien n’eft plus 'com-
mun parmi les anciens que les inftrumens de cui-
vre ; tous les auteurs en parlent ; & Cambden
prouve que non-feulement les outils, mais auffi
les armes des Grecs , des Cinibres & des Bretons
étoient de ce métal, auquel les anciens favoient
donner une trempe vigoure’ufe que le Cçmte de
Caylus a retrouvée. Un curieux antiquaire qui ,
depuis quelques années, a trouvé de ces coins
dans l’ifle de Man, auffi bien qu’un grand nom-
bre d’urnes, avec des infcriptions rhuniques , con-
clut de-ià que ce font des monumens Celtiques ,
parce que les Romains, dit-il, n’ont jamais mis le
pied dans cette- ifle -; mais M. Hearne n’eft pas de
fon avis , parce que Plutarque afture qu’un nommé
Démétnus pafla à l'i-fle de Man fous l’Empereur
Hadrien.
Un curieux de France a conjeâuré que ces
■coins , emmanchés d’une manière convenable,
Oij
loS COI
polivoient (ervir aux foldats pour efcaîader les
murs , ou pour monter par dehors fur dos ma-
chines de guerre , en les faifant entrer à force
dans les joints des pierres , des poutres ou des
ais j & que la petite boucle fervoit à les peitdre à
la ceinture des foldats. Mais ces inftrumens font
peu propres à entrer dans les joints des pierres j
ils font trop gros. Un autre croit au contraire que
ce font les dents des roues avec lefquelles on
bandoit les baülles. Il s'appuie de l’autorité de
Vitruve , qui , dans le ch. iG de fort xe Uv. , dit en
effet qu’il y avoir des baliiles que l’on bandoit
avec des roues à dents ; d’où cet antiquaire pré-
tend que les coins en queftion ^ creux en dedans,
étoient employés à e-mboîter des morceaux de
bois qui étoient attachés comme des dents à te-
nons & à mortaifes , aux jantes des roues , qui
fervoient à bander les baliftes; ces roues, dit-il,
étoient enfuite arrêtées par des crémaillères , 3c
attachées aux deux côtés de la balifte. L’anfe ou
l’anneau qui eft à côté des coins , fervoit , félon
lui , à les emboîter ou déboîter plus aifément , en
y palfant une petite barre de fer pour les frapper.
Les grandeurs diftérer.res , ajoute-t’il , font voir
qu’il fervoient à des roues de différentes gran-
deurs. A difeourfe concerning fome antiquities la-
tely fonnd in. yorkshire. Thoms Hearne. Oxfon.
in-8^. 1710.
M. de Genfàne a propofé dans fon traité de la
fonte des mines, une autre opinion ; il croit que ces
coins fervoient à fixer le travail des mineurs , &
qu’on les enfonçoit à ce dtllèin dans le toit ou
dans les parois des filons.
■Te fuis très-éloigné d’adopter aucune de ces
opinions. Je penfe que les foldats Romains por-
toient un certain nombre de ces coins de bronze
pendus à leur ceinture par l’anfe ou l’anneau que
l’on voit à tous ; qu’ils y enfonçoient les piquets
de bois deftinés à retenir les cordes des tentes , &
que ces coins de métal n’étoient ajoutés aux pi-
quets de bois que pour faciliter leur entrée dans
les terreins durs & pierreux.
Coin, bataillon pointu, cuneus. V^oy.eq^ le Dic-
tionnaire de ï Art Militaire.
COLABRISME , danfe que les Grecs avoîent
apprife des Thraces. Pollux ne nous en dit pas
davantage fiir le colabrifme.
COLACRÈTES. Les Co lacrites } KoXaxpérai ,
xs:XayoiTat -, ( c’ell akifi que les Scholiaftes & les
Lexiques les nomment au mot xuXaxptTtii ) étoient
des Quêteurs ou Tréforiers des deniers publics ,
, dit HefvchiUS, àpyeptxei Txpdxt. L'aU-
. cienScholiafied’Artifophanedit (Invefp. r. Ô93.);
On appelle Colacrcte , celui qui garde les deniers
de la ville, qui efi tréforier des épices des juges,
& des- dépenfes qui fe font pour le culte des
Dieux 5 ii répète à peti-près la même chofe fur le
vers 1340 de la cornédte des O i je aux , & ajoute
que iss Coiacretes fQumûToient fur les fonds "de la.
COL
marine, au voyage & aux autres dépenfes des
Théores , qu’on enyoyoit à Delphes. Timée , dans
fon Lexique , intitule : srtpi rSv Tcapa.
X'Is»» , fur le mot , y.a'haypira.t. , quî eft le même
que x(aXa.x.p%Ta.i , s’explique comme le Scholiafte
en difant que les Colacretes font les Tréforiers
des épices.des juges , & des dépenfes pour le culte
des Dieux.
Les colonies Grecques portèrent en Afiale nom
& la charge des Colacretes , qui font appelé'S Colè,.
crûtes fur un marbre de Cyzique. Peut-être cette
leçon , qu’on lit diftinftement fur le monument ,
eli-elle préférable à celle du Scholiafte & des
Lexiques ; l’infeription nous apprend que les Co-
lécrates de Cyzique étoient au nombre de dix , 8c
même de treize , en y comprenant les trois der-
niers qui étoient du corps des Pkiletsres. (^Recueil
de Caylus , Z. pag. 23 2. )
COLAX & COLAXES , fils de Jupiter &
d’Ora. Valerius Flaccus en parle dans fes Arga-
nautiques ( /. 6. v. 48. ) :
DuBorque Colaxes ÿ
Sangais & ipfe Deum,
K.oAa| {ioni{\c faneur.
COLÉCRATES. Foye^ Colacretes.
COLÈRE. Foyei Tithrambon 3c Ire.
COLIADE , nom que Paufanias donne à Vé-
nus , & fous lequel elle avoir un temple. Il iîgiû-
fioit Vénus la danfeufe , & venoic de xeXtâie.je
danfe. Le Scholiafte d’Ariftophane ( nubes ) ki
donne une autre étymologie. Un jeime homme de
i’.-ittique ayant été fait prifonnier par des Pirates
Tyrrhéniens, puis délivré d’efclavage par la Eile
de leur Chef, qui en étoit devenue aino^reufe ,
éleva fur un promontoire de fon pays un temple à
Vénus Coliade. Il dériva ce furnom dumotxsAes,
pieds & mains , en mémoire de fes liens.
COLICOPIS, fille d’Othréus, Roi de Phrygie,
S: femme de Thoas , Roi de Lemnos. Voyti^
Thoas.
COLIPHIUM , forte de pain fans levain *
groflîer , pefant , pétri avec le fromage mou , Sc
qui fervoir de nourriture ordinaire aux athlètes, l!
en eft parlé dans les Satyres de Juvénal. Il falloir
avoir un bon eftomac pour digérer aifément une
pareille nourriture -, de-ià vint le proverbe d’une:
fanté athlétique.
COLISÉE, amphithéâtre ovale qui fut bâtid
Rome par Vefpalien. Am.pkiiheatrum Fcfpafani.
Le colifée fut élevé dans le heu où étoit l’étang ,.
lacus , de la maifbn dorée de Kércn. On y voyoït
autrefois des ftatues qui repréfentoient toutes les
provinces de l’empire , au milieu dei'quelies étoit
celle de Rome, ten.ant une pomme d’or, comme
témoigne ügution. On a aufli appelé colifée pat
exrenfion un autre amphithéâtre de l’Empereur
Sévère. On y donnoit des jeux & des combars
COL
d’hommes Sr de béres farouches. Le temps & les
guerres ont ruiné ces colifées. Le nom de colifis
Vient du latin cpUfeum j formé de coloJfs.um ,
caufe du cololfe de Néron j qui étoit à Rorne près
du colifée , ou, félon Nardini j de Tltalien co-
iifeo.
COLLACTANEUS.^ —
COLLACTEUS. S- Les marbres antiques
ccLACTiüs. y
font des témoignages encore fubfiftans dp mar-
ques d’attachement & de. fouvenir que les Ro-
mains donnoient' aux cendres de leurs frsres &"
fæurs de lait , qui font délîgnés par ces trois dif-
férens noms.
■ On lit entre-autres dans le Tkefaurus infcripu
de Muratori , les reiles d’une épitaphe que voici.
SüÆ. COLLACTANEÆ. FECIT. L. VAL.
CERTÜS. L. VALERIO. LUCINO. FILIO. PIENTIS-
SIMO. FECERUNT. ( 1ZZ6. n. I. )
COLLaTINAj ou CoLLiNA , péeffe qui pré-
fidoit aux Monts & aux Vallées, dit S. .4uguiHn.
COLLATINE. La porte de Rome , appelée
autrefois de ce nom, parce qu’elle étoit fur le
chemin de Callatia , - s’appelle auiourd’hui porte
Pinciane y du palais des Pincius , qui en étoient
voifins.
COLLEGA equitif. Muratori ( 850. 6. Thef.
Infer. ) rapporte l’infcription fuivanre :
B. M.
C. SECUNDI
NO JDLIANO
EqriTI LEG
XXII. PR. P. F. AN
M. XXXV. STIP. XV-
e. SERANIUS VE
CTIUS SECUNDUS
HERES ET CONLEGA
F. C.
Ce mot conlega défigne-t’il ici un cavalier du
même efeadron , ou une efpèce de frère-d’arnies ?
COLLEGE. Les Romains appeioient collège
tout aiTemblage de pliilieurs- perfonnes occupées
aux mêmes fbnélions, & liées, c’eft-à-dire, unies
enfemble pour y travailler de concert. Iis em-
pioyoient ce mot non -feulement pour les per-
fonnes occupées aux fonctions de la religion , du
gouvernement, ou aux arts d’oeraux ; mais encore
pour celles qui exerçoient les arts méchaniques.
. Ainn ce nom figniSoit ce que nous nommons un
corps , une compagnie , un corps de métier, un
métier. îl 7 avoir dans l’empire R-omain non-feu-
lement ie collège des Augures , le college des Ca-
pitolins, c’eft-à-dire, ceux, qui avoienr l’intendance
■ des jeux Capitolins > mais auPù k collège des aiti-
C O L ï 09
fans, collegium artificum ; le collège des charpen-
tiers , collegium fabrorum , oû fabrorum tigna-
riorum ,• le collège des potiers , collegium figula~
rum ; le collège des ferruriers, collegium fabrorum
ferrariorum le collège des ingénieurs ou des gens
qui travailloient aux machines de guerre , c’eft-à-
Qîre, des charpentiers de l’armée , tignariorum ,•
aes dendrophores , dendropkororum ,• des cento-
naires , centonarîorum ,• des faifeurs de cafaques
militaires , fagariorum ; des faifeurs de tentes ,
tabernaculariorum ,■ des entrepreneurs des four-
rages,/ViZirrio/nxœ:,- des boulangers, collegium pif-
torum ; des joueurs d’inftrumens, tibicinam , &c-
Pliuarque dit que ce ( invit. Num. ) fut Numa qui
dîvifa le peuple Romain en diifFérens corps , ap-
roiî des membres des antres collèges , ne for-
maffent point avec ceux ci des liaifons contrai-
res aux repos public. Les collèges proprement
dits étoient diftingués des autres fociétés ou foda ;
lités ,qui n’éïoient pas établies par l’autoriré pu-
blique fous la forme de collège , en ce que ceux
qui compofoient un collège pouvoient traiter des
affaires communes de leur collège , qu’ils faifoient
un corps dans l’état , en ce qu’ils avoient une
bourfe commune, un agent pour faire leurs af-
faires , comme aujourd’hui les Syndics de nos
communautés ; qu’ils envoyoient des députés aux
Magiftrats quand ils avoient à traiter avec eux 5.
qu’ils pouvoient faire des réglemens , des Itatuts
pour leur collège , pourvu qu’ils ne fuifent point
contraires aux loix de l’état ; qu’ils avoieirt un;
chef ou préfident appelé Préfet j qu’ils fe fous-
divifoient en décuries , préfîdées par-des Décu-
rions î qu’ils fe mettoient fous la protection d’urs
Grand , d’un Prince ou d’une Princefié même^y
dont ie collige (e difo-ît le client ^ &c. &c-
Florus attribue la formation àz.% collèges no-rr,
à Numa,. comme Plutarque^mais àServius Tullius:
( I . 6. 3.. ) ; Ab hoc rege populus Romanus relatus
in cenfum-y digeflus inclajfes , decuriis atque colle.^
giis dijîributus , fummaque Regis falertja îta ordi-^
nata efi refpuhlica , ut omnia patrimov.ii , dignî~
tatis y Atatis' y artium , oficïorumque difcrïrmna ire
tabulas referrerttur.
Les provinces Romaines imitèrent îeiircapirare,,
& les marbres nous ont confervé le foiiyenir d’are
grand nombre de collèges établis dans les diffé-
rentes villes de l’empire.
Les collèges étoient compafés de citoyens , Se
donnoient à Rome leurs fufrrages dans les comices-
Cicéron fe félicitoit d’avoir été rappelé de i’exiE
par ceux de tous les collèges {pr-odomo , c. z. 8. ) r
Nul'lum eü'in kac urbe collegium , quod non ampiifi
fmè non modo àe falute mea , fed stiam de.' digrtt-
tate decreverit.
COLLIER. Pour mettre de l’ordre dans cet ar-
ticle , nous diftinguerons trois efpèces ce colliers: y,
comnie ks Romains femblent les a.voir dîÊicgtks
1 10 COL
eux-!ncmes par les mots monile , torques &
col Lare.
îfidore établit formellement une éiftinétion en-
tre monile & torques. Torques , dit-il, & huila a
viris geruntur , a fæminis monilia & catella ,
c'eft- à-dire , les hommes portent les torques &c les
bulle, le monile & les chaînes d’ornement appar-
tiennent aux femmes. Quoique cette diilinétion
paroiffe alfez bien fondée , elle a été combattue
par quelques philologues j mais les autorités qu'ils
ont alléguées contre Ifidore, prouvent feulement
que les écrivains Romains ne fe font pas toujours
aftreints à la précifion ; ce qui eft arrivé d’ailleurs
à tous ceux qui ont eu occafion de parler des ob-
jets loumis aux caprices de la mode. Lorfqu’Ovide
dit , en pariant d'Atys C ItUt. v. 50. ) :
Indutus cklamydem Tyriam , quam limkus obibat
JLureus , ornahant uuruta monilia collum.
il lui attribue un monile, quoiqu-'il ne fort pas une
femme, parce qu’il le repréfente habillé comme
un barbare OU phrygien. D’ailleurs Fellus dit ex-
preffément que le monile étoit une parure de
femme : Monile efi omatus muUeris
Monile défigne aulfi dans les auteurs latins le
cellier des chevaux. Virgile dit de ceux du Roi
Latinus :
Aurea gecloribus demîjfa monilia fendent.
Le monile ou collier de femme étoit en ufage
chez les É^pnens. Le plus grand nombre de leurs
lhatues , nreme celles des hommes & des divinités
en font orriees. On peut conjeéiurer d’après ces
monumens, que les Egyptiens aimoient à fe parer
de colliers faits avec dès fruits ,• des filiq.ues de
p'anteslégumineufes , des plumes, & en particu-
lier de plumes de la poule de .\umidie. Il faut
en dire autant des peuples barbares & des étruf-
ques , les perles Sc les pierres précieufes étoient
employées dans leurs colliers.
Quant aux fernmes Grecques &:*Romaines , il
paroît qu’elles n’en portoient point en public ,
quoique elles aimalfent à s’en parer dans les fef-
tins 8c les danfes qui .fie faifeient dans l intérieur
des maifdns. Dans le valle recueil de Y/inckel-
iTiann , intitule Monumenti inediti , on ne voit de
colliers bien prononcés qu’à des femmes affifes
fur des lits de tables, célébrant une orgie. Cette
diliinétîon dans 1 ufige des colliers peut fe con-
edier avec les textes nom'oreux dans lefquels il en
eftfait mention, 8c qui femblent être démentis !
par les monumens.
On trouve plufieurs delTms de colliers dans le
recueil du Comte de Caylus. M. Guattaiii a publié
rians fes monumenti anticki ( année 1784. ) le
iledm d’un co/AV d’or trouvé à Rome dans un fé-
pulcre , hors de la portp S, Laurent. Il eft com-
C O L
pofe de camées , de péridots 8c d’hyacinthes.
Strabon ( rr/ les EfpagnoU
portoient des colliers de fer. ^ *
Servius , dans fon commentaire fur l’Én^ïJ-
( I. ^y8. ) donne au collier des femmes le nom d?
jegmentum , & il établit une différence entre ce
rnot 8c celui de monile. Monile eft le nom géné
nque , 8c fegmentum défig.ne une bandelette ou
bande de pourpre, d'étoffe brochée en or, ea
argent , 8cc. telle qu'on en coufoit fur les habits
pourfervirde bordure : Monile, omamentum gut~
taris , quod & fegmentum dicunt: ut Juvenalis feg.
menti , & longos habitus. Licet fegmentales vejles
dicamus , ut ipfe vi. 89.
Torques & torquis défignoient ces colliers qui
étoient la récompenfe 8c le figne de la valeur; ces
colliers , que les généraux Romains diftribuoient
folemnellement aux braves foldats , 8c qui fai.
foient appeler ceux-ci milites torquati. Les colliers
militaires étoient ordinairement d’or, 8c l’on en a
trouvé plufieurs fois dans des fépultures Ro-
maines. On les annonçoit auflî dans leurs épita-
phes. On lit dans Gruter {page 1096. n. 4.);
L. LEPIDO. L. F. AN
PROCULO.
MIL. LEG. V. MACEDON.
DONIS. DONATO. AB. IMP.
VESP.iSIANO. AÜG.
EELLO. JUDAICO. TORQUIB.
Et dans Smetius ( page 5-2. )
C. ARRIO. C. F. COR. CLE.MENTI.
MIL. IX. COH. PH,.
EQUITI. COH. EJUSDEM. DONIS.
DONAT. AB. I.MP. HAD.
TORQUIBUS. ARMILUS. PHALE
RIS. OB. BELL. DACICUM.
Ces aeux inferipnons nous apprennent aulG que
le même foldat recevoir quelquefois deux ou plu-
fieurs colliers pour récompenfe , 8c que les fim-
taffins 8c les cavaliers en étoient décorés égale-
ment. Hirtius le dit expreifément {de belL Hijpaa.
c. 2.6. ) : Cijar ob virtutem turmi Caftans, prsfeclo
donavit torques aureos duos.
Le poids & la grandeur du collier d’honneur,
du torques , peuvent être déterminés par les textes
oc les monumens. Quant au poids, une lettre de
Valérieu au Procurateur de la Syrie ( Poil. T.
Claud. c.i}. nous apprend qu’ils étoient quel-
quefois d une livre d or ( livre romaine de douze
onces ) ; hulc ftlartum dabis , torquem lihralettt
iinum.... La Rame du Gladiateur Ba0 , de la
Famphiii, Sc le bas-relief de l'Archigalle du Caph
1
COL
tsle J nous font voit que ees colliers étcient très-
larges , & qu’ils defcendoient fur la poitrine ,
comme les bauffe-p ois de nos officiers. On ne doit
pas être étonné^ d’après cela, de voir dans Am-
mien-Aîarceilin ( xxix. un Tribun pofer fon
collier en guife de diadème fur la tête de Firmus^
&■ ( XX. 4. ) un enfeigne^ draconarius , faire pour
Didms JubanuSj le même ufage du collier ^ qui
ecoit une des marques de fon grade.
Les colliers d’honneur ne furent pas toujours
d’or J & nous; rouvons dans Pline ( xxx. 1. ) une»
diftinâion relative à ce métal : Auxiliares quippe
& externos torquibus aureis dcnavere , at cives non-
rdfi argentezs Les auxiliaires & les étrangers
reçurent des colliers d’or j & ceux des citoyens
ne furent que d’argent.
COL III
voici la figore & l’infcription. Il y a trois trous
aux endroits marqués ici par des cercles.
TENE
ME QUIA
FUGIO
ET
RE
VOCA
MB
IN
VIA
LATA
AD
0' FLAVIUM
0
D
M
Les Gaulois fe paroient dans leurs armées de
colliers d’or; & l’on fait que Manlius Torquatus
fut ainii appelé à caufe d’un ferablable ornement
qu’il enleva à un Gaulois j après l’avoir tué dans
un combat fingulier. Florus parle d’un collier d’or
du poids de cent livres , donné era préfeîit par la
nation des Gaulois : Ciim ei Galli torquem aureum
centum ponda dedijfent.
Herodien ( ni. 14.) dît que les Bretons por-
toient des colliers de fer , & des ceintures ou
cuiraffes faites de ce métal. Ils avcient auffi des
colliers à:ho\ïz félon Strabon ( iv. p. 138.); mais
ce luxe paroît invraifemblable chez un peuple
auffi pauvre. Ün pafTage de Solin ( c. 22. ) explique
cette inyraifemblance ; il y dit que les Bretons
employoient pour leur parure ^ & en particulier
pour les gardés d’épée, des dents de cétacés, qu’ils
favoient rendre auffi blanches que l’ivoire.
^ Nous avons vu plus haut le Gladiateur Bato orné
d’un collier double ou à deux rangs ; ce qui eft
conforme à i’ufage où étoient les préfidens des
jeux de prodiguer aux Gladiateurs & aux athlètes
cette récompenfe , deftinée dans fon origine aux
militaires feuls.
. Collare étoiî un inftrument de fupplice , comme
le carcan des peuples modernes. On le donnoit
principalement aux efclaves qui s’étoient fauvés
de leurs atteîiers, & qui avoient été repris. Lu-
cillius ( apud. non. î. §. 162.) le compte parmi les
infl:rum,ens du fupplice que l’on faifoit fouffriraux
efclaves fugitifs t
Cnm manicis , catulo , collarique ut fugiàvum
Déportent.. •
Pignorîus ( df/frvzj)- rapporte rînfcrîptîon fuî-
vante, qm étott gravée fur un de cts colliers i
TENH ME, QUIA FUGI ET REVOCA ME liOiVUNO
MEO BONIFACIO UNARIO.
On voit au Mufeum de Florence une lame ds
bronze qui pendoit au cailler d’un, efdave. En
Cdilier d’Ériphile. Voyei^ Érifhile.
Collier d’Hélène. Voye^ Hélène.
COLLINA ,Dée&. Voyei^ Collatina,
COLLINE , porte de Rome , appelée auffi
Salaria , à caufe du fe! que les Sabins apportoienr
par la voie qu’elle commençoir. Elle porta auffi le
nom à‘Agonenfe , parce que les facrifices des Ago-
nales étoient offerts fur le mont Quirinal , voifin
de cette porte. Le champ où l’on enterroit vives
îqs V eftales coupables , étoit Elue dans fes en-
virons. *
COLLINE des iardîns J ") • ,
COLLIS hortorum , f montagne de
la ville de Rome , où étoient les jardins de Sailufte.
Elle fut renfermée dans l’enceinte de la ville par
l’Empereur Aurélien. Le fépulcre de Néron la
rendit célèbre, il y avoir une loi qui ordonnoit à
tous ceux qui afpiroient aux charges de la répu-
blique de monter fur cette colline , afin qu’ils
fuffent vus par le peuple affemblé dans le champ
de Mars, pour l’élediion des Magiftrats.
Collis Diane. , ie m.ont Aventrn , ainfî appelé
d’un tempde de Diane. Martial parle deux fois de
cette Colline vzi.pz. i. & xn. 18. i. )
Collis ladarîs. Nardinî croit la reconnoître
dans l’endroit de Rome où eft bâti»k couvent de
S. Dominique
Collis mutialis. On croit la reconnoître dans Is
Villa-Aldobrandini ; c’étok-là qu’éroit bâti le
temple de Fidius.
Collis faliitaris. Cette colline eft aujourd’haï
occupée par le palais du Quirinal ou- de Monte-
Cavallo.
Collis teflaceus. y'oye-z_ TesxaciO-
COLLYBUS , la fomme que les changeurs
exigent pour leur falaire , quand ris échangent:
certaines efpèces contre d’autres. Cicéron expli-
que ce mot en drfant à Verrès ( uL 78. ■) Ex
Omni pecunia , quam aratoribus folvere dehulfië „
certis nominibus deduciiones fieri folebanz y primuTS.
pra (peciaâon.e & collyba^... Nam collyBus t£e gds
I I 2.
COL
poteft , chm utanzur omnes uno genere nummorum ?
Le mot a la même fignification en grec.
'■)ES. >-
=. )
Ces mots dérivés de
COLLYRÆ.
COLLYRIDES.
koaaïpiaes.
petit pain rond, gâteau, &c. defignenr
la coéffure de quelques femmes de l'antiquité , &
celle de Fauftin’e - Jeune en particulier. Les che-
veux étoient liés derrière la tête, trelîés & nattés
en rond. Une aiguille ou poinçon les affujétiffoit
dans cette forme.
COLOBUS, •)
COLOBIUM , > tunique fans manches , ainlî
XOAOBÏON , 3
appelée par oppofition avec la tunique à longues
manches, x,uHhrt>y , vêtement des barbares. 11 ne
faut pas prendre à la rigueur cette définition ; car
le coLûhiiim avoir des prolongcmens en forme de
manches larges , qui defcendoient prefque juf-
qu au coude ; mais les manches étroites du
fcjra! defcendoient jufqu’au poignet. Les Romains
ne portoient dans les villes que le colobium Sc la
pénule ou la toge. Dans les camps ils portoient le
fagum & la cklamyde. Nous apprenons cette dif-
tinétion de la ir- loi du code : Sed cklamydis ur~
rare depojito quieta coloborum ac penularum indi-
cant vejlimenta.
On voit à pIufieBrs figures des tableaux d’Her-
culanum, des robes S: des tuniques avec des man-
ches courtes , qui ne defcendent que jufqu’aii mi-
lieu du bras proprement dit 5 ce font àtscolobiam.
Ces prolongemens font quelquefois fendus & af-
fembiés avec des boutons.
Le clavas des Chevaliers & des Sénateurs étoit
coufu fur la tunique ordinaire , ou colobium ;
delà vint que les Grecs défignèrent le clavus par
le mot *92100:0». Acron nous l'apprend ( ad. Horat.
fat. I. 5. 36): Latum clavum , purpuram , qui in
peclore extenditur Senatorum j Gr&ci t'û» luXoZîayti
vacant.
COLOCASE, 7 , . V r '
COLOCASIE, r plante étrangère , efpece
cV'arum ou pié-de-veau. De toutes les fciences ,
celles qui ont le plus befoin de fc prêter un fecours
mutuel, font I hiftoire ancienne & la botanique;
car il ell néceiTaire, pour l’inteiligence de quantité
d'ufages, ou myftérieux ou économiv|Ues , que
les Eg5'ptiens faifoient des plantes de leur pays ,
de difeerner celles qui fe trous'ent repréfentées fur
les monumens.
Les antiquaires qui fe font flattés d'y réiiGTir en
confultant Théophrafte , Diofeoride & Pline ,
n'en ont pas pu juger sûrement, parce qu’aucun
de ces IMaturaliftes n’avoit vu ces plantes dans
leur lieu natal. D'ailleurs, les deferiptions qu'ils
MOUS en ont laiffées étant très -courtes, très-im-
parfaites & fans figures, on n'a pu en faire ;r.e
]ufie application aux partiçs détachées des ph.n-
C O L
tes que les fabricateurs de ces monumess ant
voulu repréfenter.
C’eft donc au fol de l'Egypte. même & au fit
du Nil , qu'il faut avoir recours pour en tirer les
pièces de comparaifon qui leur ont fervi de types.
C'ell fur la vue des plantes, ou rapportées sèches
de ce pays-là, ou tranfplantèes dans celui-ci, ou
très-exactement décrites par ceux de nos meil-
leurs botanirtes qui les ont défignées d'après le
naturel , comme l’a fait Profper Alpin , que l'on
peut appliquer avec précifion à celles qui ont fervi
d'attributs aux Dieux, & de fymbole aux Rois &
aux villes d’Égypte , des noms qui leur convien-
nent fuivant les genres auxquels elles ont du
rapport.
C’eft la marche qu’ont fuivie d’habiles gens
pour découvrir la colocafie des anciens , & pour
être en état de la ranger fous le genre de plante
auquel elle doit appartenir.
Comme fa principale qualité fe trouvoit dans fa
racine, dont on faifoit du pain, & que de cette
racine , de laquelle les Arabes font encore com-
merce , il naît une fleur & des feuilles du genre
à’ arum , on ne doute plus que ce n’en foit une
efpèce ; & tous les botaniftes. modernes , depuis
Fabius Columna & l’ouvrage de Profper Alpin
fur les plantes d’Égypte , font conftamment de
cet avis. Le nom vulgaire de culcus ou colcas ,
qu’elle femble avoir retenu de l’ancien coiucjfa,
doit encore contribuer à confirmer cette opinion.
Ses feuilles font auflî larges que celles d'un
chou. Sa tige eft haute de trois à quatre pieds, &
grofle comme le pouce. Ses feuilles font grandes,
rondes , nerveu.fes en deifous , attachées à des
queues longes & grofles, remplies d’un fuc aqueux
& vifqueux. Les fleurs font grandes , arnpies
comme celles de l'arum , de cou.eur purpurine ,
monopétales , de figure irrégulière , en forme
d’oreÜle d'âne. 11 s'élève de chaque calice un piiiil
qui devient enfuite un fruit pretque rond , ren-
fermant quelques graines. La racine eft charnue,
bonne à manger. Cette plante nait dans liede
Candie, en Égypte , & près d'Alexandrie. Les
habitans de Damiette la cultivent parcicialicre-
ment. On voit dahs les environs de cette vüle de
vaftes champs couverts de fes larges feuilles, ha
racine eft conique , &: plus grofte que celle du
lotus. Elle eft d un goût moins fade que ia pomme
de terrç. ^ '
Les antiquaires reconnoîtront donc aujourdnui
La fleur de cette plante fur la tête de quelques Har-
pocr.ites & de quelques figures panthées , p^r
forme d’oreille d’âne ou de cornet, dans lec.tjs
eft placé Ip frti.it ; il y a toute apparence qu e-ie
étoit un fymbole de fécondité. Y oyc\ les Mtti-
de /‘Acad, des In J. t. 11. .
Les curieux de nos pays cultivent la coloccj>c
avec beaucoup de peine, ils la plantent dans d-*
■ pots pleins de la meil'.eure terre quhl eft
d’avoir, & la tiennent toujours dans des f-ff-
laus
COL
ians î'expofer à l’afr qui endommageroit promp-
tement fes feuilles ; rarement on la voit pro-
duire des fleurs ; fa racine cuite a le goût ap-
prochant de celui de la noifette. On ne fait où
Eontius a pris qu'elle eft d'une qualité vénéneufej
& qu'avant d'être mangeable j il faut la ma-
cérer quelques jours dans l'eau.
Il eft certain qu'en Égypte^ en Syrie, en Candie
& autres régions orientales , on en mange fans
aucune macération , comme les navets en Alle-
magne. Elle a , étant crue , un peu d'arnertum.e
& d'âcreté vifqueu.^e 5 mais toijt cela s'adoucit
entièrement par la cuilTon.
_ Du refte , cette plante n'a point de vertus mé-
dicinales.
Le chou karaïbe des Américains répond pref-
que fur tous les rapports à la colocafie d'Egypte j
car c'eft aufïî une efpèce d’arum d'Amérique j
dont les racines font greffes , de couleur de chair
par - dehors , jaunes en dedans , d'une odeur
douce J fes feuilles reffemblent à la grande fer-
pentine. On fait du potage avec fes feuilles & fes
racines.
Les Egyptiens ( Diod. ficul. i. pag. 52. / avant
l’ufage des graminées, fe nourrirent d'herbes, de
feuilles & de racines de plantes aquatiques- La
reconnoiffance pour les divinités auxquelles ils at-
tnbuoient la découverte de l'agricuiture , les
porta à conferver le fouvenir de leur nourriture
agrefle, en plaçant fur la tête ou dans les mains
de ces mêmes divinités les plantes fauvages d'où
ils la tiroient. C'eft pourquoi on voit la colocafia
former fouvent une partie de la coëffure d'Ofiris ,
d'ifîs ; on la voit même fur la tête d'un épervier
dans la fable Iliaque & fur les obélifques.
Non-feulement les Egyptiens fe nourriffoient
des racines de la colocafie, mais ils faifoient en-
core un grand ufage de fes larges feuilles. Elles
leur fervoient à fabriquer des enveloppes , des
C9tnets , & même des vafes à boire. Strabon le
ait expreffément. Du temps de Pline on avoir
feme dans l’Italie la colocafia ; & ce naturalifte
parle aaffi de l’ufage où étoient les Égyptiens de
boire l'eau du Nil dans fes larges feuilles qu’ils
rouloient & replioient en forme de coupes ( zxi.
c. ly. Adefque Nilz fiai dotibus gaudent , ut
implexzs colocafia, foliis , invariam fpeciem vafo-
rum , potare gratilfimam habeant fierhur jam k&c in
Italia.
Le^ palais délicat des gourmets de Rome ne
put s accommoder de la fubftance filandreufe des
racines & des tiges de la colocafia , félon ces vers
de Martial {xm. 57. ).-
Nilzacum ridebis olus , lanafque fiequaces ,
Improba cum morfiu fila , manuque trakes.
COLOCASIA. Pallas étoit adorée, à Sycione
fous ce nom , dérivé de Kéros- & de Le
Antiquités , Tome IL
COL r!3
I premier mot exprime un petit manteau ce featr-
j que portent plufîeurs Déeffes j le fécond une chol^
1 tronquée, & üeft relatif à la petiteffe de ce man-
I teau. Pallas a dans prefque tous les monumens un
i petit manteau rond, femblable à un camail d'Evê-
que. Ce manteau eft le plus fouvent chargé de la
tête de Médufe , & c'eft alors la redoutable
égide.
^ COL(ENA , furnom de Diane , ainfi appelée
d'un temple qu'elle avoir dans l'Afie mineure ,
près du marais Colæ , jadis le marais Gygée , à
40 ftades de la ville de Sardes en Lydie. ( Strabo.
/. 13.)
COLCENIS 3 furnom de Diane , fous lequel
elle étoit adorée par les habitans de Myrrinunte 3
dans l'Attique. Ce nom lui venoit , félon Paufa-
niaSj de Colœnus , ancien Roi d’Athènes.
COLOMBE 3 oifeau favori de Vénus; c’eft
pour cela qu'on l'appeloit i'oifeau de Cythère.
Vénus le portoit à la mainj dit Apulée; & plu-
fieurs monumens anciens lui donnent cet attribut:
elle i'atteloit à fon char ; elle-même fe tranf-
formoit en colombe , félon Élien. Voye-^ Péris-
TÈRE.
Des colombes , dit Homère , prirent foin de
pourvoir à la nourriture de Jupiter ; auîïi avoit-il
des colombes pour ie fervir à table. Les habitans
d’Afcalon & d’Hiérapolis avoient un fouverain
refpeél pour les colombes ; ils n’ofoient ni en
tuer ni en manger 3 de peur de dévorer leurs
Dieux mêmes: ils nourrifîbient avec foin toutes
celles qui naiffoient dans leurs villes. Lts colombes
furent auffi confacrées chez, les Syriens & les Affy-
riens, parce qu'ils croyoient que l’âme de leur
fameufe Reine Sémiramis 3 s'étoit envolée au
ciel fous la figure d'une colombe. Voyeq^ Sémi-
ramis.
Cette vénération des Syriens pour les colombes
a été chantée par Tibulle ( i. 7. 17. ) :
Quid referam ut volitet crebras intaÜaper urhes
Alba Valafiino culta columba fyro.
Martial a célébré auffi dans fes vers la défenle
de manger des colombes , qui étoit particulière
aux Prêtres de Vénus f 13. 6éi. ):
Ne violes teneras pr&duro dente columbas ,
Tradita fi Crtidia fiunt tibi facra dca.
Silius dit que deux colombes fe reposèrent jadis
fur Thèbes ; que de-là l'une s’envola à Dodone,
où elle donna à un chêne la vertu de rendre des
Oracles ; & que l'autre , qui étoit une colombe
blanche 3 paffa la mer 3 St s'envola en Lybie ,
où, après s’être pofée fur la tête d'un bé!ier3
entre fes deux cornes , elle rendit des oracles aux
peuples de la Marmorique. La colombe de Do-
done rendoit auftl elle - même des oracles : elle
P
1^4 COL
érftit dorée , dit Plûloftratey poft'e fur un chêrft ,
& environnée de gens qui arrivoient de toute la
Grèce , les uns pour facrifier , les autres pour
confulter FOracle. 11 y avoir cependant des Prê-
tres & des PrêrrefTes qui s’enrichiffoient de leurs
*^lïi^2ndes. Sophocle dit que des colombes de la
foret de Dodone avoient donné à Hercule un
Oracle qui déterminoit la fin- de fa vie. Voyez
Dodone. ^
Colombes mejfageres. Voye^ Pigeons me_,fa-
gers.
Colombes qui volent fur les médailles frap-
pées dans les ifles (O.n voit ordinairement des).
De ce que PhPodrate a dit dans fes tableaux,
que la colombe de Dodone étoit dorée , il ne faut
pas en conclure que fon plumage fut de couleur
d'or. Dorée eR une épithète qui fignlRt belle ou
agreible. Virgile a d’t Vénus dorée, & Pindare
Us voluptés dorées. On fait cf ailleurs par Héro-
dote & par les Mythologues , que ces prétendues
colombes etoient de vieilles femmes.
COLONARIl. Voyei Latuci celonarn.
COLOiS’ATE, furnom deBacchus, ainfî nom-
me du temple qui lui étoit confacré fur une émi-
nence appelée colonna , auprès de Lacédémone.
COLONE , dans la Melfenie. KO/.fiNAûN.
D autonomes de cette ville font :
KKKK en bronze Pellerin.
O. . . en argent.
O. . . en or.
Les pîus anciennes colonies dont
rh;Loire ja.de mention, font celles qui fortirent
d Egypte pour peupler la Phénicie, & de proche
^ proche I Archipel & le continent de la Grèc-
On Ignore entièrement les principes politiques fur
lefquels inrent iondees ces colonies Egvpticnnes
Mais on fait qu'en fondant le royaumeVAreos
& ce U! d Athènes, elles portèrent dans la Grcce
rX'; coutumes , le goût des arts & leur
re.igion. C elf aufii aux Phéniciens , fondateurs de
TheDe^,que les Grecs furent redevables de récri-
ture , du commerce & de la navigation.
imitèrent les Egyptiens & les Phé-
fo-'itJerent comme eux un grand nom-
C O
L
Bicier
1. J ' vuijiiijc cu,\ un grand nom-
bre de colonus. M. de Bougainville compofâ, en
1745 un Mémoire fur les coW Grecquer
qui menta le prix propofé par l'Académie des
Inftr^pnons & Belles-Lettres. Nous en donne-
rons iCi un extrait, qui mettrais Ledeur à même
Le retour des Héraclides eft l’époque &: b
«rangers. J hucydiae 1 avance en termes formels
cote mantime de I Afie , d’Italie & fa Sicile. '
Les Eoliens, chaflés par les Doriens de b
partie du Pcioponefe qu’ils avoient ufiiroép a
^mps de Pélops , ouvrirent la route aax^autr “
Grecs. OreP.e avoir ete l’auteur ( Strab. L xin
P- 582. ) de cette colonie; mais ce Prince étant
mort dans l’Arcadie , laiifa l’exécution de-fon
projet à fes defeendans ( Strab. l. xtv. p. n
qui , après avoir long-temps erré , fe répandirent
dans toute la côte de l’Afie , depuis Cyzique juf-
qu’au Calque , 8: fondèrent douze villes , dont
Smyrne étoit la plus conlidérablc.
Environ quatre générations après , la plupan
des Doriens que Codrus avoir établis à Mé^are
pafsèrent dans l’.Afie , où ils bâtirent les villes de
Cnide & d’Halicarnalfe , fans compter celles qu'ils
conlf mihrent dans les iîles de Rhodes & de Cos.
Ces villes Doricn.nes, au nombre de fix, {Strab.
l. vin. p. 385. ) formèrent une fociété réduite
depuis à cinq par l’cxclufion d’HalîcarnafTe.
Enfin, vers le même temps, les Ioniens , forcés
d’abandonner leurs demeures dans le Péloponèfe,
formèrent une multitude nombreufe , à laquelle
fe joignirent les defeendans de Neftor , & un
grand nombre d’autres peuples. Réunis Tous la
conduite d’Androclus, fils de Codrus, ils traver-
sèrent la mer , & s’établirent dans les plus belles
parties de l’Alîe mineure , où ils fondèrent douze
villes , qui , par leur étroite union , composèrent
le corps Ionique.
Les principales vues des peuples du Péloponèfe
fe tournèrent du côté de l’Italie & de la Siciit.
Crotone & Tarente font des colonies Lacédémo-
niennes. .Archias de Corinthe fonda SyncuiSj
qui , ayant elle-même peuplé la Sic'le de plufieurs
villes iiîues de fon fein, rendit Dorienne une pané
confidérable de cette ifle.
Les Grecs pénétrèrent encore dans plufieurs
autres contrées. Les Phocéens d’Afie fondèrenr
dans les Gaules MarfeiJle , qui devint la métro-
pole de quelques villes, entre-autres d’.Antibes&
de Nice. L’Efpagne eut auffi des villes Grecques
( Strab. L ni. p. 140. & Cyrène , l une des
plus puiffanres de l’.Afrique , cette république,
long temps rivale de Carthage, tiroir fon origine
d’une colonie de Lacédémoniens ; fans parler de
Naueratis , fituée à une des embouchures du Nil ,
de Byzance , de Périnthe , de Sinope, d'Héraclée,
& de tant d’autres répandues dans la Thrace,
dans le Pont, & jufqu’aux extrèmriés de l’.Afie.
Un grand nombre de motifs dilférens avoient
donné naiffance à tant de colonies fondées par
nations Grecques, foit dans l’intérieur meme,
foit hors du fein de la Grèce. Ces n.rgrations
croient ou forcées, comme quelques-unes de cédés
dont nous venons de parler , ou volontaire^
Dans les premiers temps où les étabruVemens
étoient encore peu folides , & la forme de chaque
gouvernement mal affurée, la crainte d’une J-U'
vafion prochaine , le défit d’éviter des voilm-S
dangereux , décerminyient les Grecs à change»
COL
facilement de denieiue ; ramoiir de l'indépen-
daiice leur faüoic quelquefois abandonner leur
|Mcne J comme firent les MeiTeniens, pour cher-
cher ious la conduite d’Ariftomènes une terre
eîxangere 5 rnais libre : quelquefois la curiolîté
leule ^es éloignoit de leur pays natal. La beauté
cuclirnatjla fertilité du terroir attiroient alors,
ou fixoïent le urs pas irréfoius dans des lieux oui leur
miroient une retraite sûre ou un féjour agréable,
t antôt u.T Prûice, mécontent de voir régner à fa
р. ace ou fon frere ou 1 ufurpateur du trône de i'es
pères & quelquefois même la liberté s'établir
lur les ruines du pouvoir fuprême , aüoit fe faire
un royaume, & devenoït le chef d’une colonie
nombreufe, compofée de gens que la. légèreté,
I elperance , des raifons fouvent plus preiïantes
actacnoient à fa fortune. Tantôt une m.ahdie cop-
tagieufe , une famine rendoienc une ville déferre ,
& tranfportoient ailleurs feshabitans. Combien de
n'ont pas été fondées par l’ordre des
üracies ? Combien d'autres ont dit leur établif-
fement à des vœux folemneis faits dans diveiTes .
cmconltances Enfin un des motifs les plus com-
muns était la trop grande multitude des citoyens ,
dont une pa; tie fe voj.-oit dans la néceffité de s'exi-
ier eiie-méme.
t orfque l'enfonce de la Grèce flir paffée , &
qae ces petits royaumes donc elle étoit remplie
le turent chanfos en autant de réoubliques in-
depencantes , I eg-aiité qui régnoic entre ces difré-
lens états cura peu j quelques-uns s'élevèrent
Dieniot au-aelius des autres, & tinrent le pre-
mier mng car, s la Grèce. Telles furent Athènes ,
Laceaemene Thèbes & Corinthe. L'ambition
^es îe:;cit ^rivaies , & tes deux premières fur-tout
^yant œ pius Drille dans la défenfe contre les Per-
с. ^5 Parttigeient entre-clies l'autorité princioaic ,
, prefque toutes les villes à entrer dans
eut a.iiance. Ainli , il fe forma dans ie fein de la
-rece^ deux ligues , dont l'une avoit les Athé-
îîîens a fa tète , l'autre reconnoiffoit les habitans
oe ^aceaemone pour chefs. De -là ces guerres fan-
g.ai.tes entre les deux républiques , auxquelles
î^aut ce qui portoit le nom Grec avoit part , &
fur-tour celle donc Thucydide nous a laiffé l'hif-
toîre. Cette j.aioufie réciproque donna aux Grecs
ae nouv«.ux rporifs pour faire à l'envi des étabüf-
femens. raiîojt-ii contenir un peuple fournis, s’af-
iurer ia conquête d’une Province'? On y bdtiffoit
une ville 3 on envoyoit une colonie dans fa capi-
tale , uont on chaffoit les habitans. üne îfle avoit
Uii port commode , pouvoir atTurerîa navigation ,
ervir d entrepôt au commerce, faciliter la com-
fmi.mcatron d’un pays à l'autre ; une ville étoit le
cent.e ou la ciei d une région , offroit une b-tr-
ricre. & ime retraite , une place d'armes ; on y
rai.oir paSer un nombre decitoyens fulEfant pour
n peuoler on la conferver. C'étoic autant d’aVan-
Wees uont aucun n écnappoit à la politique des
COL I Y I
pe Texpofé de tous ces motifs , U rcfulte né-
ceiiairement que toutes les colonies Grecciiës
n croient pas d'une même efpèce ; auffi ces éta-
Dullemen.s avoienc-ils entre -eux dts difréiences
► eileutieiles qui naiflbient de la natute raême des
lieux pour_ leiqttels ils étoient deîlinés , & des
râlions qui les occalionnoient ; différences que
les Grecs avoient fom de marquer expreffément
parcelle des noms qu'ils leur donnoientj car ils
n cioienr pas tous indidéremment défîgnés par le
meme. Notre langue n'a q.u'un feu! terme' pour
exprimer toutes fortes de migrations hors dû lieu,
lie la naiiiancej elle leur donne à toutes indiftinc-
temeat le nom de colonie. Ce n'eft pas la même
cnofe chez les Grecs , & le nom dA^,ir.L
( apoïkia ) qui paroît d’abord, général , & peuc-
être unique . celTede l'être quand on examine la
plus près. On ne s‘en fervoit que pour
^i..igner les colonies envoyées dans des pays bar-
bsrïis ou dererts , dans la feule vue de les peupler.
Il convient, par exemple , à prefque toutes celles
aont nous avons parlé jufqu à préfent. Alais lorf-
qme, pour punir une ville rébelle , ou pour s'af-
itirer de la fidélité d’un pays, de la . poffe.dlon
d une province, la république vidlorieufe ou fou-
veraine, fans en exclure les anciens habitans, j
partie de fes citot'ens , qui ,
mêlés aux originaires, les obligeoienf de partager
leurs biens avec eux , alor.s ceux qui formoiens
cette colonie portoient, au lieu du 'nom à’â'sôncû
( apoïkoi ) , celui de (dérouchoï) , nom
fort propre, & qui préfeote en même-tems i'idée
de la manière dont ils étoient choifîs, de la dif-
trfoutio_n_ qu'on devoit leur faire dans leur nou-
velle habitation , & de la forme même dont on j
procédoir. C'efl: la définition qa’en donnent Démof-
thene, dans une de fes harangues contre Phi'ippe ,
citée par Harpocration, & ifbcrate, dans fon pa-
négyrique. Le mot grec y-hStag ( cleros ) traduit
httéralement , fignifie fort, & le Schoüafoe de
1 hucydide , i'explique par celui de ( mer/s
fortiori ; explication fort juiîe , parce qu'en' effet
on donnoît le nom de ( cleros ) à ces por-
tions de terre qu’on afiignoit par fort aux nou-
veaux habitans d’une ville conquife.
il faut obferver foigneufement que ceux qui
étoient envoyés dans ces villes conquifes ne pér-
doient pas leur qualité de citoyen. Les Athéniens,,
quoique tranfportés hors de leur patrie , étoient
toujours cerdés attachés à une Tribu & à un
bourg de l’Attique. C’eft ainfi qu’Épicure, quoi-
que fils d’un habitant de Samos , étoit appelé Athé-
nien par jîiogène Laerce ( Dloge. Laert'.in Epie. ),
& qu’il fàifoit partie, félon jes auteurs, du bourg
de Gargette & de la tribu Egeïde. ( Ælian. Va-
riai. ITT. )
V oîci le détail des cérémonies ufitées dans l’éta-
bhUement des colonies. Elles étoient uniformes
par touteja Grèce. Nous ne parlons ici que des
colonies envoyées au nom de la réDubiieue , car
P ij ‘
ï\6 COL
pour ces troupes errantes , que 1 attachement à
un chef rebelle ou mécontent , 1 amour de la nou-
veauté } ou d’autres motifs femblables eloignoient
de leur patrie , on fent bien que leur fortie n ^toit
rien moins que publique , & qu’elle avoir plutôt
l’air d'une fuite que d’un voyage. Les anciens
nous ont confervé quelques-uns de ces ufages.
1°. On drefibit un rôle de tous ceux qui dé-
voient former une colonie ^ & la levée s’en faifoit
à peu-près comme celle d’une armée ; on leur
donnoic un cheC & la patrie de ce chef étoit tou-
jours la métropole de la ville qu’ils alloient fon-
'der. C’eft ainlî que tous les peuples de l’Ionie,
quoique fortis de différentes parties de la Grèce ,
reconnoiifoient les Athéniens pour leurs fonda-
teurs, ( Hérodot. & Thucyd. pajfim. ) parce
que le chef de cette coUnie avoit été un des def-
cendans de Codrus. De - là vint qu’ils refusèrent
d'admettre les Phocéens d’Afîe dans leur affem-
blée générale, à moins qu’ils ne fe choifilTcnt des
chefs dans cette famille.
Quelquefois les habitans de plulieurs villes dif-
férentes , mais fituées dans la même région , fe
ïéunilToient enfemble dans une habitation com-
mune , fans être conduits par aucun chef tiré
d’une ville particulière. Alors la métropole de
cette colonie étoit la contrée entière dont ils
étoienr fortis. T el ell le cas où fe trouvoit Lacé-
démone , fondée par les Doriens ( Diod. l. it. p.
6o. ) proprement dits , c’eft-à-dire , par les peu-
ples de cette petite province { Strab. l.ix.p. 417. )
à qui on donnoic le nom de Tétrapole , à caufe
des quatre villes qu’elle renfermoit , & dont trois
fubjîftoieHt encore au temps de la guerre du Pélo-
ponèfe.
On faifoit précéder le départ de ceux qui
compofoient la colonie par des facrifees foiem-
nels , pour obtenir la proteélion des Dieux
( Dionys. Haliccr. l. i. p. 1 3 ) : on confultoit les
augures & les préfages.
5®. L’état leur fournilToit des armes, des vivres
& toutes les provifions néceffaires. ( Liban, in
»rgum. orat. Demojîhen. de Cherfonefo .')
4'’. On leur donnoit au nom de la rei ublique
des diplômes ou patentes , revêtues de toutes les
formalités qui rendent un aâé authentique ( Hy-
peryd. apud Harpocrationem) , & l’original de ce
décret étoit garde dans les archives , fuivant la re-
marque de M. de Valois.
y°. On nommoi't des commilTaires pour régler
k partage des terres ( P lato , de leg. L ii. ) entre
les nouveaux habitans , pour donner au gouver-
nement une forme convenable , & pour étabnr
les loix du pays.
6°. Des Minières dépofitaires du. culte de la
patrie marchoient à la tête avec les images des
Dieux tutelaires , & le feu facré qu’on tiroir du
fanéfuaire de la mietropole. .Cette cérémonie étoit
Il cfTentielie , ou une colonie formée des habitans
de plufxeurs vihes , reconnoiiioïc pour fa métro-
COL
pôle celle qui foiirnifToic le feu facré, Zc qu»
nom du Prytanée s’emploie indifféremment
les auteurs pour celui de la ville dont un peu^lg
ell originaire. C’eft ainfî qu’Hérodote ( tiérod. l
I. c. 146. ) parlant de là colonie Ionienne, dit
qu’elle étoit compofée de Phocéens , d’Abantes
de Pyiiens, d’.Arcadiens, 8t de gens fortis duPryl
tanée d’Athènes. Tel eft le nom que l’on donnoit
au lieu dans une partie duquel brûloir cette fiami
me fi précieufe : fanétuaire infiniment refpefté
que des ténèbres majeftueufes déroboient aux
yeux prophanes , & dont l’intérieur renfermoit,
félon route apparence, outre le feu facré, les
Dieux Pénates de l’état', & ces objets inconnus
auxQuels la fuperftitieufe antiquité attachoit h
confervation des villes & des empires.
7°. Enfin , dans un certain cas, toutes les céré-
monies ci-deffusldécritesétoient précédées par une
autre alTez fingul'ère, qui avoit lieu lorfque les ha-
bitans étoient trop nombreux pour le territoire
qu’ils occupoient ; alors , foit que cet excès vint
de la trop grande multiplication , qu on regardoit
comme un effet de la faveur des Dieux ( Dionys.
Halicarn. l. r.p.ï^.), foit qu’il fut caufé par ur.e
famine , marque certaine de leur colère , on co.u-
facroit à une divinité particulière autant de per-
fonnes qu’il en naiffoit dans une année , & on les
faifoit partir pour faire la conquête d une nou-
velle patrie , fous les aufpices de ce Dieu , dont
on croyoit la protection affurée. Ce dernier ufage
avoit lieu chez plufieurs nations , tant grecques
que barbares , fuivant la remarque de Denys d Ha-
licarnaffe. • . ,
11 eft important, pour l’étude des Hiftonens
Grecs , de connoitrc les droits que les métropojes
confervoient fur leurs colonies, Sc le degre oe
protection que les métropoles s’obligeoient a
donner à leurs colon' es.
1°. Les colonies croient obligées d’envoyer tous
les ans à leurs métropoles des députes charges
d’offrir en leurs noms des facrifices aux ^
la patrie, &:de leur préfenter lespremices de -e'-f*
fruits. Les villes grecques d’Afie envoyosem es
prémices de leurs moiffons à Athènes (
panegyr. & Ariftid. in eleus. ') , comme a .a vi-
de qui elles tenoient à-la-fois &
les grains. 2°. Si le feu facré venoit à s etein
malgré les foins aftidus de ceux qui veilloiei-t a^^
ccnlérvation , les colonies ne pouvoient le ra ■
mer que dans le Prytanée de leurs fonha;-
(Etymolog.) 3°. Les' colonies étoieut oD.ige^
tirer leurs prêtres du fein de la métropole '
liafi. Thucyd. ad l. t. c. ly. ) 11 ne^ faut
tendre ceci d’nne manière trop generale, l
niftres particuliers de cette foule de divini^
bahernes qui peuploient les villes , d
fans doute compris dans la loi. Il ne s agu « ^
des pontifes du Dieu tutélaire, de
culte tenoit le premier rang.^.^. Dans la i ..ggs
tion des viélimes, ou eommenyîoit par les c
COL
de !a métrepole , s'il s’en trcuvoit quelqu’un pré-
fent. Les Corinthiens fe plaignent dans ThuQ'-
dicie ( /. 7. c. 25.) de ce que les Corcyréens ne
leur ont jamais rendu ce- devoir, Les pre-
mières places dans les foieiT!nitcs publiques, dans
les jeux J dans les affemblées, appartenoient aulTi
aux citoyens de la métropole. 6'=. C’çtoît i’ufage
des colonies d’orner les temples de leur ancienne
patrie, de préfens confidérables , de dépouilles
d’ennemis, de trophées, de fiatues & d’autres
embeîlilfemens. Les auteurs Grecs en fournifl'ent
plufîeurs exemples, & Paufanias en particulier.-
( I. c.. 18. ) 7°. La plupart des villes grecques
payoient tous les ans à celle d’Athènes quelques
mefures d’huile , comme un aveu de l’obligation
qu’elles lui avoient de l’olivier. 8^. Les citoyens
des métropoles avoient le droit de faire des allian-
ces dans les colonies , & d’y contracter des ma-
riages , de manière que leurs enfans étoient ci-
toyens en naiflant. 5)°. Ils avoient auffi le droit
d’acheter des terres ou d’autres biens dans le ter-
ritoire des colonies. 10°. Ils y jouiffoient dans
toute fon étendue du droit d’hofpitaiité,qui étoit
réciproque entre la métropole & les colonies.
11°. Les métropoles avoient le droit de donner
ces Légiflateurs à leurs colonies , foit pour y éta-
blir la forme de leur gouvernement, foit pour l’y
faite revivre , iorfque des difeordes inteftines ou
des guerres étrangères l’avoient renverfée ( Plutar.
in Dione. ) 12°. Elles avoient auffi , félon toute
apparence , le droit de faire pafier dans leurs co-
lonies àc nouveaux habitans,que les anciens étoient
obligés d’admettre à la participation de leurs biens
( Liban, in arg. orat. de Ckerfor.. & Herodot. vi. c.
33. 4. ) 13°. Les co/o;î/fx étoient obligées , toutes
les fois qu’elles vouloient faire queiqu’étabüfîe-
ment , de demander un chef à leurs métropoles :
iifage très-ancien chez les Grecs, fuivant'la re-
marque de Thucydide ( i. c. 32. ) 14°. Spanheini
met encore au nombre des devoirs d’une coiW/e,
celui de tirer fes généraitx du fein de fa métro-
pole. ( Dioi. xx.p. 828. ) 1 5°. Enfin , le plus im-
portant de tous les droits des villes Grecques fur
celles qui leur dévoient la nailfance, c’efi, fans
contredit, celui qu’elles avoient d’exiger d’elles
dans toutes fortes d’occafibns des fecours propor-
tionnés à leurs forces. Au moindre figna! les colo-
nies étoient obligées de joindre leurs troupes à
celles des mérropol’esj d’ouvrir leurs ports, leur
territoire aux flottes , aux armées dé ces der-
nières; d’en recevoir même les 'habitans lorfqu’iis
avoient befoin d’un afyie ; & dans ce cas , non-
fculement de partager leurs terres 3Ye.ctux{Tkue:yd.
L. ni. c. 34. ) , mais de leur céder encore la prin-
cïpale autorité. Il fufEt de parcourir l’antiquité
Grecque pour en trouver des exemples nom-
breux.
Le nombre des privilèges généraux attribués
aux tîiétropoles , relativement à leurs colonies,
s’étoit accru de quelques privilèges partie»- -i
COL 1 17
liers, dont il feroit trop long défaire mention-
On doit conclure de tout ce qui précède , qu’il
y avoir entre les métropoles & les villes qu’elles
avoient fondées , une alliance naturelle qui fub-
fiitoit réellement fans avoir befoin d’être rïiarquée
par aucun trait pofitif. Cette union étoit fi forte ,
qu’elle paifoit par-defTus tous les traités faits arec
des étrangers. Dès qu’une .métropole étoit en
guerre-avec quelque peuple allié de fa colonie ,
cette alliance diiparoiiroir aiufitot. La fidélité in-
v'iolabîe que les filles det oient à leurs mères, les
obligeoit d’y renoncer , quelque avanrageufe
qu’elle leur fût, & malgré le danger qu’il y avoir
fciivent à la rompre.
C’étoît un principe univerfellement reçu chez
les Grecs ; & Thémiilocie voulant détacher les
Ioniens du parti de Xercès , à qui ils avoient four-
ni cent vaiifeaux , ne manqua pas de leur mettre
déviant les yeux un tel motif , comme fupérieur à
toutes les raifons qui avoient pu les déterminer à
fuivre ce Prince. ( Ilérodot. l. vm. c. 22. )
Si la qualité de métropole donnoit tant de pri-
vilèges honorifiques , tant de droits utiles , elle
impofoit auffi des devoirs réels, indifpenfabies ,
auxquels l’honneur des métropoles étoit engagé j
devoirs d’une efpèce précifém^u la même que
ceux dont la nature charge les pères envers les
enfans. Le droit qu’elles avoient po-ar la plupart
de donner des Magifirats, des Généraux, des Lé-
giflatenrs à leurs colonies , en montrant leur fupé-
riorité , marquoit en même temps la foin qu’elles
en prenoient. Elles étoient obligées de leur fervir
en quelque forte de tutrices, de les foatenir, de
les protéger, de partager leurs difgrâces , de leur
donner toutes fortes de fecours dans la guerre ,
de veiller en toute occafîon à leurs iiitérêts ; &
ce n’eft qu’à ce prix que les colonies leur dévoient
& leurs hommages' Sc leur obéiffance. Les enga-
gemens avoienr des deux côtés la même force , &
la négligence des unes à les remplir, mettoient
les autres en droit de les rompre* ( Thucyd. l. r,
c. 34. ) cc Que les Corinthiens apprennent , difenr
» ceux de Corcyre , qu’une colonie n’eft obligée
” de refpedter & d’honorer fa métropole qu’au-
“ tant qu’elle en reçoit des bienfaits : » principe
générai dont la vérité eft évidente, quoique l’ap-
plication particulière que les Cocyréens s’en fâi-
foient , ne fût pas jufte.
Ilparoît, par un fait très remarquable, & peut-
être même l’unique de ce genre dont nous avons
connoiflance , qu’une colonie abandonnée par fa
métropole pouvoir alors en fecouer le joug, &
s’adrelfer a fon aïeule ,_c’eft-à- dire, à la ville qui
avok fondé celle à qui elle devoit la naifiance,
auquel cas celle-ci acquéroit fur le champ les
droits de métropole immédiate , qui avoient juf-
qu’à ce moment appartenus à l’autre. Ce trait fe
lit dans ihucy^'lide , qui le rapporte comme la
fource apparente de la guerre du Péloponèfe.
. Tant qtie les villes mères juftinoient par k«r
iiS COL
conduite îs titre qu^cües portoiont , & fe main-
tenoient dans la poifeiTion de prérogatiycs ,
en s'acquittant de leurs obligations, les villes
aïeules ( nous employons ce terme pour éviter la
longueur ) n'avoient fur les colonies aucun pou-
voir , ou du moins rfexerçoient fur elles qu'un
pouvoir indireél. Ce qui n empêchoit pas que les
colonies n'euiïent pour eHcs toutes fortes d'égards
& de déférences , & même ne fuffent, feion les
apparences, obligées de les fecounr dans les occa-
ficDS, foit de concert avec leurs métropoles im-
médiates , fôit feules , lorfque ceiles-ci refufoicnt
ou étoient hors d’état de le faire. ..nous n'en cite-
rons qu'un feul exemple entre plufieurs. Dans la
bataille de Mycale ( Herod. l. jx. c. 91. & 94. ) ,
Hérodote met à la tête des Grecs Un célébré De-
vin nommé Déiphone, que les Corinthiens avoient
fait venir d'.Apolionie, dont les Corcyréens, leurs
defcendans , étoient fondateurs. On s'étonne peut-
être de voir ce Devin mis au nombre des fecours
réels 5 mais la furprife ceflera , lï l'on réfléchit fur
l'idée que la fuperrtition Grecque fe formoit des
Devins , & fur - tout de ceux qui paffoient,
comme Dtiphone , pour héréditaires , fur l'effet
que leur préfence produifoit dans les armées , fur
le rang qu’ils y «enoient, & la part confîdérable
qu'on leur donnoit aux plus éclata.ns fucccs.
Nous ne nous étendrons pas autant fur les co-
lonies Romaines , parce que cette matière a été
traitée à fond parSigonius, Spanheim, Manuce,
& par plufieurs autres favans écrivains.
Romulus fonda les premières colonies Romai-
maines ( Dionys. si. p. 88- ) , en peuplant fes
conquêtes de citoyens Romains. Cette inftitation
politique eut deux objets , celui d’affermir la do-
mination Romaine dans les villes conquifes , &
celui de débarraffer Rome d'une population fura-
bendante. Telles furent les premières colonies
envoyées par les fucceffeurs de Romulus , & par
les Confuls ou les Dictateurs dti temps de la ré-
publique ; on les appelle proprement colonies Ro-
maines, pour les dillinguer des colonies militai-
res , formées de foldats vétérans que l'on vouloir
récompenfer. Les Duumvirs repréfentoient dans
les colonies les Confuls de Rome ; car ces émi-
grans cherchoient à rappeler en tout leur ancienne
patrie. De-là vint que les plus célèbres colonies
eurent , ainfi que Rome, un capitoie, un cirque,
un amphithéâtre, un palaûum , un hôtel des
monnoies , Scc-
Quant aux droits dont jouifToient les habitans
des colonies , on les trouvera aux articles- droit du
pays Latui , Mr/itscms , droit Italique , &
Auroîsojfies , c’eft-à-dire, villes libres. Nous di-
rons feulement ici que les villes déclarées libres
par les Romains , n’obtenoient pas par cette dé-
claration le droit de cité Romaine pour leurs ha-
feirans.. Rhodes , Sr plufieurs autres villes de l’Afie
firent dans ce cas.
Les municipes de ckoyens Romains étoient des
COL
villes dont les habitans avoient obtenu les privi-
lèges attachés au droit de cité Romaine ou de
bourgeoifiej dans ce cas, fi on leur affignoit une
tribu dans laquelle ils puffent donner leurfuffrage,
iis étoient citoyens Rornains auffi parfaitement
que s'ils fufTent nés à Rome, quoiqu’ils fe gou-
vernaffent par leurs propres loix. Se non par les
loix Romaines. Le droit de donner fon fuffrage
dans une tribu Romaine , par une fuite nécef-
fairc de pofTéder les charges de Rome, confti»
tuoit proprement le droit italique. C'éteit le plus
beau privilège que les Romains pulTent accorder à
une colonie ou .à un mur.icipe , paifqu'ii exemptoit
d'ailleurs de toute contribution.
Les villes latines , ou celles à qui l'on avoit
accordé le droit du pays latin , étoient , à propre-
ment parier , exemptes des tributs , & elles ne
payoient pas les fommes qu’on impofoit fur les
villes des provinces qui étoient deftinées à la
folde des troupes, ce qui faifoit appeler ces der-
nières fiipendiarii. Mais on exigeoit d’elles une
certaine fomme répartie avec proportion , fuivant
un tarif arrêté , ex' formula , & un certain nom.bre
de gens de guerre foudoyés à leurs dépens. Leurs
habitans pouvoient acquérir facilement, mais cha-
cun en particulier , le droit de cité Romaine, lis
en jouiflbient même de fait lorfqu’ils avoient exer-
cé dans leur pavs une des magiüratures annuelles,
c'efi- à-dire , lors qu'ils y avoient été Duumvirs,
Édiles , Quefteurs , 8cc. , ou lorfqu'ils s'étabîif-
foient à Rome fans lailfer de pofiérité dans leur
pays natal.
Colonies' ( médailles des ). Les médailles qui
ont été fabriquées dans les colonies Romaines,
font , fans contredit , les monurnens les plus cu-
rieux qui nous refient des débris de l’empire Ro-
main : elles ont été encore, déroutes les médailles
antiques , les nioins fujettes à être contrefaites ,
à caufe de la rudeffe de leur fabrique,. qu’il feroit
en quelque façon impoflîble d’imiter. On en trouve
très-peu de belles , & on eft heureux quand fer
celles qu'on acquiert les figures font un peu con-
fervées , & les légendes lifibles. C’eft l efpèce de
médailles la plus favante que nous ayons , mais la
plus défagréable par la laideur des pièces , &
par conféquent la moins aifee à contrefaire , parce
qu’un habile ouvrier ne fera jamais capable d imi-
ter que ce qu’il y a de plus beau. On peut donc re-
garder prefque toutes les médailles des colories
comme antiques. Si on en trouve de Grec-
ques , telles que celles de la colonie d'Antioche ,
de Samofate , ou d’autres de cette efpèce qui pa-
roifiênt moulées, on ne doit pas les rejeter, car
elles n’en font pas moins antiques.
Les médailles des colonies pourroient faire chez
quelque curieux qui aimeroit la géographie an-
cienne, une fuite différente de ce'Ie des villes, fort
nombreufe , fort agréable Sc fort aifée , avec le
fecours que nous avons maintenant pour la for-
f’ mer Si pour la bien entendre. On eiuead ici
COI,
tolonîes , non-feulement ces vüles ouïes Romains
CKVoyoient des citoyens pour décharger la ville
de Rome d'un trop grand nombre d'habkanSj ou
pour réccmpenfer les vieux foidats^ en leur don-
nant des terres & des étabiiiiernens j mais auflî ces
vihes que les Romains bâtiffoienc de nouveau ;
celles où iis n'envoyoient pas j à la vérité de
nouveaux habitans , mais dont les citoyens obte-
• noient le droit de circyens Romains ouïe droit du
pays latin. Ces villes portoient le nom de colorda _
eu celui de munlcipium , foir qu’elles fufient dans
la Grèce J foit qu'elles fufiént lîtuées ailleurs; car
les Grecs regardcient ce mot ’K.cÀcenu comme^i-un
mot confacré qu'ils avoient adopté par refpeft.
Le nombre de ces médailles de colonies devien-
Gioit encore bien plus grande fi l'on y joignoit
toutes les villes qui ont frappé des médailles en
leur nom propre ^ fans confidérer fi elles font ira-
-périales ou non^ fi elles font grecques ou latines j
jnais pour perfeéiionner un cabinet en ce genre j
>I faudroit y placer comme têtCj ce qui efi revers
dans les impériales , enforre que la figure de
1 Empereur n’y feroit conlidérée que par acci-
dent.
On ne voit point ^ difoit le Père Jobert ^ que
les colonies ayent jamais frappé de médaillons. I!
eft meme très- rare de trouver des médailles de
colonies en grand bronze jufqu’aa règne de Sept.
Severe ; mais on en trouve une infinité en'moyen .
& en petit bronze j qui font la beauté de ces
fuites.
^ Vaillant a cependant fait graver un médaillon
d Auguftej frappé à Saragofie, un de Livie^, frappé
a Fatras & un de Tibère ^ frappé à Turiaj'o , au-
jourd'hui Tarraçona en Efpag.ne : ce font les deux
premiers & le quatrième du recueil de l'Abbé de
Camps. Ce même antiquaire en décrit ailleurs
( Vaili. Num.prAft. t. i. p. 190. ) un autre d'Au-
gulie J frappe a Cordoue , comme on l'apprend de
la légende colonia Patricia.
7 outes les médaillés des colonies font rares en
comparaifon des médailles ordinaires , quoique
les unes foient plus rares que les autres^ tant parmi
les grecques que parmi les latines. Leur beauté
dépend _ou_du type, quand il efi hiftorique ou
extraordinaire , ou du pays, quand ce font cer-
taines villes peu connues, d'où l'on apprend quel-
que trait de l'an-cienne géographie ; enfin quand les
charges Sr les dignités de ceux qui les ont fait
battre font lîngulières.
Quand il n’y a qu'un bceuf fur le revers , ou
deux bœufs avec le prêtre qui conduit la charrue, .
ou les feules enfeignes militaires , la médaille
pane pour commune. Cela nous apprend néan-
mo. ns quels ont été les premiers habitans de la
CO O, nie , Git le Pere Jobert ; car s'il n'y a eue la
eftarrue, c eit figue que ce n'ell que du peuple
qu! y a été envoyé ; s i! n’y a que des enfeianes,
cela marque- qu'elle a éré peuplée par de vieux
iQ.dacs. bi 1 on treuve tout cafembli ies bœufs ^
COL 119-
St les enfeignes, cela veut dire que c’sR du ‘peu-
ple & des foîdats. On diitingue même fi ç’a été
intanrene ou cavalerie , par la diverfiré des éteii-
earts > 8e fouvent l’on connoît iufqu’à la légion
dont ils étoient , par le nom qui' s’y trouve écrit.
On en verra les exemples à l'ouverture du livre des
colonies de V aillant. .
Cette ingénieufe Obrérvation efi due au fameux
Rapiiaei l-abretti ( Tabntt. col. Trcjan. cap. z,
v.j.i.') , de qui ’i'ailiant l’a voit empruntée ( Vcill.
ISnm. col. t. 1. p. 2. ) Siais j’avoue, dit le Baron
t.e la^ Baftie ,^que je ne la trouve pas affez bien
fo^ée pour l'adopter ; car, quant à l’homme
Q^^on. voit repréfenté fur le revers de plufieurs
médaillés de colonies , vêtu de la toge , dont un
pan lui couvre la tête , & conduifant une charrue
attelée d'un bœuf & d’une vache , tout le monde
convient que c’ell un Prêtre qui remplit une céré-
monie'^ religxeufe , ufitée dans ia fondation de
toutes les villes que les Romains faifoient bâtir,
foît que ces villes duifent être peuplées par des
foldats vétérans, foit qu’on y dut envoyer du
fimple peûpîe. 2^. II n’eiî pas moins certain que
ceux qu’on envoyoit à une nouvelle colonie , foie
qu ils fufient foldats, foit qu'ils ne le fuiiênî pas ,
marchoient également en ordre militaire ( V.Lips.
ad Tacit. ann. l. jv. yg. divifés par centuries,
conduits par des Tribuns , & précédés par des
enfeignes qu’on porroit à leur tête. De-là il s'en-
fuit que la charrue ne convenoit pas moins à une
colonie militaire qu’à celle qui n'étoit compofée
que_ de firnpîes citoyens , 8s que les enfeign-e's mi-
litaires , à moins qu’on y ajoutât le nom de's lé-
gions d’où étoient tirés les foldats deftinés à
fonder ime colonie , pouvoient égaiem'çnt défi-
gner celles qui u’etoient peuplées que par de fim-
ples citoyens Romains. Velleïus Patercuius, après
avoir fait l’énumération de toutes les colonies que
les Romains avoient établies en Italie avant que
d’en fonder dans les provinces, ajoute: ( VeÎL Â2-
terc. l. I. c. 15. 1 que depuis ce te.mps - là il n’y
eut plus que des colonies rnilitaires. Corinthe étoiE
donc colonie militaire , fuiv.arit cet auteur , qui
écrivoir peu d’années avant la mort de Tibère 5
cependant on, trouve fur une médaille de Corin-
the, frappée fous A.ugiifte ( C aill. Nam. col. t. r,
p. 31. ) , le type du Prêtre qui conduit une char-
rue, 8s on iTy voit point d'enfeignes militaires.
On peut dire |a-même chofe de Mérida en Efpa-
gne j fon nom feul ,. colop.ia aagafla emerita , défi-
gne affez qu’elle avoir été formée de foldats émé-
rites ou vétérans ; ee ne font pourtant pas des e.a-
feignes qui font repréfenrées fur les nrédailles que
cette colonie fit frapper fous Auguite. {ii>- p.- 54-)
Je conviens cependant que lorfque les enfeignes
repréfentées fur ies médailles des colonies , por-
tent le nom de quelque légion , on e'î en droit
d'aiTurer que ces colonies ont été formées par les
foldats de ces légions j mais quand on ne IL .fur
ces enfeignes le nom d’aucune léÿ'àa , foir qu'eSes
Les avances des lieux fur les chemins étoient
marquées chez les Romains depuis C. Gracchus
par des colonnes milliaires. f^oye^ MilliAIRES.
On voit des colonnes torfes aux angles d un
farcophage , deflîné par BoifTard , & publié par
Gruter (612. 9.)- Les caraétères de l’épitaphe an-
noncent le fiècle des Antonins. Cette bizarrerie
fut inconnue aux Grecs, & les Romains ne 1 adop-
tèrent que peu de temps avant le déclin de l’ar-
chiteélure. Les antiquaires profiteront de cette
obfervation , lorfqu ils voudront prononcer fur
des monumens Romains où fe trouveront des
colonnes torfes.
Les plus anciennes ro/onnea doriques n ont point
de bafe; c’ed pourquoi Vitruve n’a point parlé
de bafe, lorfqu’il a décrit l'ordre dorique Céfé. j v.)
Les ruines du théâtre de Marcellus oft'rent par-
tout des colonnes doriques fans bafe. On ne voit
point de bafe à celles de Peftum, qui , d ailleurs,
font de forme conique. Ces légères connoiffances
de l’ancienne architeciure font indifpenfables pour
les antiquaires.
Colonnes , ou Sùles d’Hermès. Ln Arabe
nommé Abenephi , & beaucoup d’autres écri-
vains qui n'étoient po nt Arabes, ayant confondu
les obélifques avec les prétendues colonnes her-
métiques^ il convient de faire celfet la confufion ,
& de fixer les idées & les termes ( Abenephi apud
Kirch. in obelifeo Pamphileo , p. 45. ). Car enfin ,
ces chofes n'avoient aucun rapport entre-elles ,
dit M. de PaW , ( Rtch. fur les Egypt. c)i . ). Ma-
néthon, pour compofer l’hiftoire de l'Egypte,
avoit confulté les Stèles d’Hermès , drefîes dans
les Syringes ou les allées fouterraines ( Syncel. in
Ckron. p. 40.) ; mais on ne trouve nulle part qu’il
ait coafuité les infcripiions gravées fur les obélif-
ques. Il ne faut d’ailleurs pas prendre en un feras
ligoureux ce mot de Stèles ou de colonnes hermé-
liques : c’étoient tout au plus des cippes , & plus
fouvent encore des tables de pierres ce que les
Alchimifies Arabes ont bien fait connoître en
nommant la pkqiie d’émeraude , fur laquelle ils
croyoient qu’Hermès avoit gravé fes préceptes,
ia table Smaragdine 3 comme on dit les tables du
Décalogue.
Les écrivains de l’antiquité , & Manérhon lui-
même nous apprennent que les Stèles herméti-
ques étoient renfermés d.'ns la partie la plus fe-
crette des temples , dans l’Adytum , & même au
fond des caveaux ou les Prêtres fe retiioient pour
étudier. ( Apotdefmau lib. v. verf 2 & 5. édit.
Gronovii. )
Par-là on voit qu’ils différoient infiniment des
obélifques , qui étoient expofés aux yeuxdetout le
monde à l’entrée des principaux édifices publics s fur
des monumens ainfi expofés, fignificatîfs par leur
figure, les inferiptions n’étoient point efîènticiles,
tandis que les inferiptions feules conlütuoient les
Stèles hermétiques.
COI,
Colonnes d’Hercule. On dit qu’HercuIe ayant
pénétré dans fes expéditions jufqu’à Gades ou
Çadera^, aujourd’hui Cadix en Efpagne , crut être
à l’extrémité de la terre , & fépara deux monta-
gnes qui fe toiichoient , pour faire communiquj^
la Méditcrrannée avec l’Océan. Hercule penknt
que ces deux montagnes , connues fous le nom de
Calpé & Abyla , étoient les bornes du monde, y
fit élever deux colonnes pour apprendre à la pof.
térité qu’il avoit poufiTé )ufques-là fes conquêtes.
Les habitans de Cades firent bâtir dans la fuite à
ce héros un temple magnifique à quelques dif-
tances de leur vrüe , dans lequel ou voyoit des
colonnes d’or & de bronze chargées d’anciennes
inferiptions &: d’hiéroglyphes, qui repréfentoient
les douze travaux d’Hercule. Strabon dit qu’on
nommoit ces colonnes , ports Gadaritans , les
portes de Gadira , & qu’on les pofa dans un
temple.
Colonne Antonine prétendue. Elle fut élevée
en l’honneur de M. Aurèle. Elle eft creufe ; on a
pratiqué en-dedans un efcalier de 2c6 marches.
Elle a lyy pieds de hauteur , mefure ancienne,
ou léo , mefure Romaine d’aujourd’hui: cin-
quante-fix petites fenêtres l’éclairoient. Le temps
& le feu l’avoient beaucoup endommagée. On la
répara fous Sixte V. Ce Pontife fit placer au haut
une ftatue de S. Paul , fondue en bronze Sc dorée,
ornement aflez barbare j car qu’y a-t’il de plus
mauvais goût , pour ne rien dire de pis , que k
ftatue d’un apôtre du chriftianifme au haut d’un-
monument chargé des actions militaires d’un Em-
pereur paj en .'On y voit la légion fulminante ;
un orage épouvantable conferve l’armée Ro-
maine prête à périr de foif, & met en fuite
l’ennemi. Elle eft placée à ia droite delbi
Strada det Corfo. On y entre par une porte prati-
quée à fon piédeftal : une plate-forme quarrec
portant une grille de fer lui fert de chapiteau.
C’eft par erreur que l’on attribuoit autrefois cette
colonne à Antonin-le-Pieux.
Colonne Antonine véritable. C’eft par erreur
que Ton attribuoit la colonne précédente^ a Anto-
nin-le-Pieux ; celle de cet Empereur a été trouvée
dans la fuite fous des maifons d’où Clément XI k
fit tirer. Elle eft de marbre tacheté de rouge , &
femblable à celui qui vient de Sienne en Egypte •
elle a cinquante-cinq pieds de hauteur. On ht luï"
un de fes côtés,: D/vo Antonio Augujio Pio
toninus Augufius & verus Auguftus filH- Gn volt
fur la bafe l’apothéofe d’Antonin , & une
funèbre conduite par des gens à pied ,^à chevri ^
en chars ; Mare-Aurèle & Vérus firent fculp-^
ces bas-reliefs après la mort de leur père.
Colonne beüique , celumna belUca ,
devant le temple de Bellone à Rome , oerriet'-
le cirque Flaminien , où eft maintenant le
vent dit Tor-di-fpecchi. Quand on
j guerre à des peuples , le Conful lat-qch d£ ue
COL
«a contre cette colonne un dard vers la conurée
qu’ils habitoient.
Huic folet kafia manu helll prAnup.tia mittl ,
In regem & gentes , cum placée arma capi.
( OvjB. )
Colonne de Céfar, columna Cæfarîs : eiie étoit
de marbre de Numidiej elle avoir vingt pieds de
hauteur ; on l’avoir élevée dans le forum romain
â l’honneur de Jules Céfar. On y lifoit cette inf-
cription : Parenté patrie,. Le peuple l’avoir en
telle vénération , qu’il y faifoit des facrifices ,
qu’il y terminoit fes différends , & qu’il y juroit
par Céfar. Dolabella la fit abattre ; & Cicéron
l’en a loué. II y en a qui orétendent que ce ne
fut dans les commencemens qu’un autel ^ que le
peuple & le faux Marius avoient fait conflruire >
qu’.4ntoine éleva la colonne fur cet autel , 8c
que rinfcrîptîon étoit parenti optzme mérita.
Colonnes de Conftantin, d’Arcadiiis ou de
Théodofe. A Conftanfinople il s’ étoit confervé
jufqu’au commencement de ce üède deux colonnes
ornées de bas reliefs ^ dans le goût de ceux de la
colonne Trajane à Rome : elles avoient été érigées ,
1 une à l'honneur de Conftantin , & l’autre à
l’honneur d’Arcadius ou de Théodofe ( Bandur.
lmp. Orient, t. z.p. ycS.'. Les bas-reliefs de celle-
ci ont été gravés d’après les deffins de Gentile
Belhrio ^ peintre Vénitien , que Mahomet II ap-
pela à Conltantinople ; mais il paroît que rartilte
a infiniment embelli l’ouvrage dans fon deffin. Il
eft certain que le peu que nous connoiflons de la
première en donne une très-mauvaife idée j & la
met bien au-delfous de la dernière. A l’égard de
la colonne d’Arcadius ^ on n’en voit plus au-
jourd’hui que la bafe de granit dans le quartier
nommé Concajai. La colonne même fut démolie
par les Turcs au commencement de ce lîècie ,
parce qu’elle avoir été ébranlée plus d’une fois
daiis lesfféquens tremblemens de terre , & cu’on
craignoit. que fa chûte ne causât un grand dom-
mage a la ville. La colonne de Conftantin ^ nom-
mée la colonne brûlée , eft placée dans le quartier
appelé V ifirk'iam , 8c elle eft comDofée de fept
grands cylindres de porphyre ^ fahs compter la
bafe. Dans fon origine ^ cette colonise éioit fur-
montée de laftatuede Conftantin. Après avoir été
endommagée plufieurs fois par le feu , elle fut ré-
parée pat l’Empereur Alexis ComnèneS:, comme
l’indique une infeription grecque.
Colonne laélaite „ columna lacîaria : elle étoit
dans la onzième région de Rome ; toutes les mères
y portoient leprs^nfans par fuperflition 5 quel-
ques-unes les y iaiuoient expofés par indigence ou
par inhumanité : on appelle maintenant le lieu de
cette Colonne la Pîa-^i^a Itlontanara.
Colonnes légales . étoient chez les Lacédé-
moniens des colonnes élevées dans les places pu-
C O L 123
bîiqueSj où étoient gravées fur des tables d’ai-
rain les loix fondamencaies de l’état.
Colonne mœnienne , columna mxnia elle
étoit dans la huitième région : elle fut élevée ,
félon quelques- uns à l’honneur du Confiil Mœ-
nius J après une viétoire remportée fur les An-
tiates J félon d’autres , par un certain Mœnius ,
qui s’étoit ré.^ervé ce droit en vendant fa maifoa
aux cenfeurs Caton & Flaccus , afin de voir de -là
les combats des gladiateurs , qui fe donnoientdans
le. forum. Comme la forme en étoit particulière,
on donna dans la fuite aux édifices femblables le
nom de mæniana , dont on a fait le nom Italien
mignani. 11 eft fait mention dans les auteurs La-
tins de deux colonnes meeniennes ; c’eft au pied
d'une de ces deux colonnes que les Triumvirs, fur-
nommés Cupira/esj jugeoient les voleurs & autres,
bandits.
Colonnes roftrées, columne rofirate^ c était-
là qa’on attachoit les éperons des vaiffeaux pris
fur l’ennemi. La première fut élevée à l’occafion
de la vicioire navale de C. Duilius fur les Car-
thaginois. Elle étoit dans le forum Romain 5 oa
la trouva en ijéo près dé l’arc de Sévère. Le Car- '
dînai Alexandre Farnèfe la .fit porter au capitole;
elle eft de marbre blanc. Àugufte en avoir fait
conftruire au même lieu quatre autres femblables,
avec les éperons des navires qui furent pris fur
Cléopâtre.
Colonne Trajane. Le plus grand ouvrage du
temps de Traian eft la colonne qui porte fon nom.
Ce monument croit placé au milieu du forum, que
ce Prince avoir fait bâtir par Apollodore d’Athè-
nes ; pour en conferver « mémoire , on avoir
frappé une médaille d’or-qm eft de la plus grande
rareté , dont le revers nous offre un édi.fice de cette
place. A l’égard de cette fameufe colonne , il eft
certain que ceux qui auront occalîon d’en exami-
ner les figures d’après les plâtres qu’on en a tirés ,
feront frappés de la variété étonnante de tarit de
milliers de têtes. On voyoit encore au feizième
Cède la tête de la ftatue coloflale de c«c Empe-
reur, debout fur cette colonne ( Ciacon, Colum,
Traj. p. 4. ). On ignore aujourd’hui ce qu’elle eft
dev'enue^- Quant aux édifices de fon forum, qui
entouroient la colonne Trajane, Sc qui étoieat
plafonnés ou voûtés de bronze {Paufan. l. 5.),
on peut s’en former une idée par une colonne du
plus beau granit noir , tirant fur le blanc , qui j
fut découverte en 1765, & qui porte huit palmes
8c demie de diamètre Cette colonne fut trouvée
lorfqu’on creufa les fondemens d’une chim.Tée
pour aller au palais Impérial ; on y découvrit eâ
même-temps une portion du couronnement, ou
la corniche de l’architrave qui portoit cette co-
lonne. La corniche , qui eft de marbre blanc , a
au-delà de fix palmestlc haut envir.on 41 pouces
François). Or, comiiie la corniche n’eft que le
tiers, & encore moins, de l’entablement, il faut
que cette dernière partie ait eu au delà de dix-
114 COL
huit palmes de hauteur ( environ TO pieds Fran-
çois ). Le Cardinal Albani a fait placer cet
ornement à’archiredture dans fa Vida , avec
une infcripcion qui indique 1 endroit ou ü a ete
trouvé. En fouillant ce terrein on découvrit en-
core dans le même endroit cinq autres coloaries de
pareille grandeur y oui font reltees au fond de la
tranchée J parce que perlonr.e n a voulu faire les
frais de les en tirer. Ainh, les fondemens de la
chauffée du palais Impérial repofent fur tes co-
lonnes.
Ce monument fut élevé en 1 honneur de Trajan ,
mort Tan 117 de Jéius- - hiilt, à 1 âge de 64 ans ,
dans une ville de Cil'cie , alors nommee Ssli-
nunte , depuis la ville de Trajan , Trajanopolis ,
que les Turcs apnellent à prélent Iflénos.
Un d:s plus fuperbes reftes de la m .gnihcerce
Romaine eit la colonne Trojn.ie , qui a plus immcr-
talifé l'Entperenr Trajan que toutes les plumes
des hiftoriens ffaurcient pu faire.
Elle avoir i x8 pieds de haut , & Ton y mpnte
par un efcalier de 18 J degrés, éclairé de 4r fene-
ires; on y voit tôiu auteur en bas - reliefs tous
les exploits de Trajan , dont les cendres furent
placées au haut de cette colonne , dans un urne
dor.
Les figures de cette colonne ont peu de re.iet ,
& deux pieds romains de hauteur vers^le bas de
la colonne. Mais celles du haut paroii.ent^de la
même hauteur, parce que, luivant les règles de
la perfpeétive, on leur a donné plus de longueur à
mefure qu’elles approchoient du fommet.
Colonne Théodofienr.e. V oyei^ Colonnes de
Conftantin , &c.
Colonne de Pompée. Voyei Pompée.
Colonne de Cuffy. On admire^ en Bourgogne
un des plus beaux monumens de l'antiquité, c’etl
la colonne de Cii(fy , dont le P. Momfiucon atni-
bue fauffement la découverte à Moreau de iMaii-
tour. Le doéte Saumaife , qui y fit un voyage en
jézp , connut le prix de ce bel ouvrage. Après en
avoir exammé le deffm, la ftruéfiire & les figures,
il jugea que cette colonne avoir été élevée en
mémoire de la viéfoire que Céfar remporta fur les
Heîvétiens , aujourd’hui les Suiffes , à quatre ou
cinq lieues de Bibrafte. M. de la Mare la fit defli-
ser par le célèbre Jean Dubois. Samfon l’a mar-
quée dans la carte du diocèfe d’Autun, qu’il donna
en iuf9. D- Martin en a inféré le plan dans fa
Religion des Gaulois ; &Ro!lin en a fait mention
dans VHiJtoire Ancienne. M. Pafumoc , ancien
profeffeur de phyfique à Auxerre , connu par de
laborieufes recherches fur les voies Romaines , a
long-temps étudié cette colonne , qu'il a deffmée ,
& qu’il doit publier un jour avec une difi'er-
tation.
CuJfy-tJ-colonne , ainfi nommé pour le diilin-
guer de plufieurs autres vil’ages de même nom
dans la province , eft uue paroiffe du bailliage de
Beaune» à trois lieues Queff-nord-oaeil de Beau-
COL
ne , cinq d’AiituH , & à un quart du village
d’ivry.
A deux portées de fufil de Cu.Jfy , en tirant
droit au nord, dans un fond affeti'- ouvert, au
pied des chaumes d’Auvenet , connus par le gi-
bier & les plantes cuticules qu’on y trouve , &
par la voie romaine qui les traverte , on voit une
colonne de pierre faite de plufieurs afnies: elle a
deux pieds trois pouces & demi de diamètre par
le bas, & elle eft élevée fur un double pié-
deftal. ,
Il ne refie de ce monument que les deux pie-
delfaux, & environ les denx tiers de la hautear
de la colonne ; le refte a été enlevé, favoir, le
chapiteau & l’entablement „ . r
T'out ce monument efi conffnnt dune tort
belle pierre rcafsatre, qui prend le pod coui.ne
le marbre 5 chaque affife efi dune feuie pierre:
elles font toutes pofées à fec, c^’^telt-a-dire , fans
mo’.tier ni ciment. Le P. Letnpereur du que
ces affîfes étoient retenues par dc:s crampons ui
un
Seigneur de
bronze qui ont été enieves par
C'-jfy. , ,
M. Thoraaffm avoir toujours regarde cette co-
lonn e covnvnz étaa.t d’ordre corinthien, a cauiCue
fon renflement, qui fe trouve toujours au nets
de la hauteur par en-bas; & ce riers efi ici dun
peu plus de deux diamètres Sr demi du bas de .a
coloLe. Sa conjeaure fe vérifia par la decouverte
qu’il fit en Septembre 1714, de la parue lupe-
rieure du ch.rpiteau de cette co/evzxe , qu: fe trouve
dans la grange d’Auvenet , métairie a une lieue ^.e
h colonne, où un Seigneur de Czj-Jfj la fit tranf-
porter pour fervir de mardèle ava puits de cette
métairie. ■ r u n
Ce chapiteau déplacé n’efi pas moins fymbOi -
que que le pîédeftal de la cola.-znze i aii-ueu des
rofes du tailloir , on y voit fur chacune des quatre
faces une tête de divirnee payemae , auxquel.es on
a donné une grofïèur confiderabî-e poux *es rrn^u.
faire difiinguer du bas de la calo.ine »
quelles occupent une bonne pai'tie des faces du
chapiteau, ce qui a empêché d’>- mettre des vo-
lutes , des ygettes, des colicole s , &c. : ce ion
feulement de grandes feuilles d acanthe qui
niffent le refte de chaque face du chapiteau , dont
les revers du fommet oui fe recrourbent lous £
angles dit tailloir, font l’effet des volutes.
dans Vignoîe des exemples de joareils fymbous
fur des chapiteaux corinthiens ctiKiens, ou> ^
lieu de rofes du tailloir, ce font ..des têtes de diu*
nités , quoiqu’elles ne feient p.as vd’une pr<>P°^‘"’
fi grofiê que celles .lu chapiteau e »t- queftion. L
de ces têtes eft environnée de rayons, & n
point de barbe , ce qui l’a lait aifément
noicre pour celle d’Apollon ; l’aii-cre tête nyun-U
barbe fort touffue 5e un air majeffueux,
roit être celle de .lupiter ; h tro’ fàème tête ,
qu’affez effacée, eft auTi d’un Ko nnme harou. £ ‘
i efi fruité , 2e porte quelque ciro Te qui
COL
ner Tidée d’une dépouille de lion j Sr annoncer
Hercule ; pour la denuérc tèie , il n en relie que
la place , & l’on r. v peur nen-diitinguer i les trois
autres font belles de de bon goùî.
Les figures du piédeftal de la colonne font dans
des efpèces de niches peu enfoncées . terminées
aiternativenienr , les unes en pointe , les ^autres
en Cintres furbaiîiés ^ ce qui n'eiî point diitiague
dans is plan duT. Montfaucon). Ces figures étant
pvifes dans i’épailleur de la pierre j ont peu de
relief.
La première 3 qui regarde le midi , repreiente
îvJinervej fon cafque Si fa chouette la font aifé-
menc c'onnoitre.
La fécondé à droite efl Junon , habillée en ma-
trone J tenant de la droite une patere , qu elle
fambie préfenter à fon paon , & de la gauche une
kafia para , qui eft une pique fans fer ^ marque de
la divinité.
La troifième eft un jeune homme prefquenud ,
qui a le pied gauche pofé fur une pierre ou^ fur
un cippe j & la main droite élevée 5 il eft difficile
d’expliquer cette figure , parce que^ les fymboles
en font prefque enxièrement effaces. ^Cependarit
M. Thomaffin croit avoir apperçu un loudre a la
main droite ; en ce cas ^ ce feroit un Jupiter fans
barbe , ainfi qu’il eft repréfenté fur quelques mé-
daillés , avec la légende lovi crefeenti.
La quarrième figure eft un homme , tenant
fous fon bras gauche un poulet 3 auquel il donne
à manger dans un patere qu il tient de la main
droite j ce qui achève de le faire connokre pour
un augure.
La cinquième figure repréfente un jeune Bac- '
chus J appuyé fur un bâton , qui pouvoit être un
thyrfe ; il eft orné de la dépoiulle d un tigre j &
il a un jeune chien à fes pieds.
La fixième femble annoncer une divinité ma-
rine ; c’eft une femme prefque nue ^appuyee de la
main droite fur un timon ou gouvernail de navire j
8c foutenant de la gauche une urne renverfes^
qui répand de l’eau itifquen bas
La feptième eft un Hercule , appuyé de la droite
fur fa maffue 3 8c tenant de la gauche la dépouille
du lion ; ce n’eft peint un Hercule gaulois , dont
il n'a pas les fymboles.
La huitième & dernière figure eft un captif qui
a l’air abattu Sc les mains liées : il n’eft Couvert
que d’une (impie tunique 3 ce nte parje milieu du
corps, & qui' ne le couvre que depuis Ip épaules
jufqu’aux genoux 3 laiflar.r les bras 8c les jambes
découverts. Cet habit ne défigre ni un Romain ni
un Gaulois ; car les Gaulois portoient des habiile-
sr.ens longs avec de grandes manc'lies : feroit-ce
l’habit d’un Kelvétien ? En ce cas la conjeélure
du grand Saumaife feroiî pleinement vérifiée :
M- Thomaffin le Ibupçonne auffi, & il ajoute que
la beauté de ces figures ne permet pas de douter
quelles ne foient du haut empire , du temps d'Au-
guîle au de Tibère au plus tard.
COL 125
COLOPHON, en lofA'e. xoAoe>nNiQN.
Les médailles autonomes Ue cett^ viiie font:
RRR.. en argent.
R. en bronze.
G. en or.
Son type erdinaire eft un cheval a mi-corps ^
ou des att.ibuts d’ Apollon Citriei- _ ^ ^
. Cette ville a fait frapper 3 fous l’auronte de fes
Fréteurs , des médailits impériales grecques en
rhonnear des Empereurs 8c Impératrices depuis
Domiîien jufqu’à Galiiea. — Eue avoir un Oracle
d’Apoiion célè'bre.
COLOR.4.TOR Livl£. Mnratori (897.
Infer. ) rapporte i’infcnption fuivante 3 faite a
i’honneur d'un pei.ntre de Livie :
A N T E R O s
I. I V I A E
C O E O R A T O R.
COLOSSÆ, enPhrygie. xo.40CCKNpN.
Les médailles autonomes de cette vüie font ;
RRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
COLOSSES , ftatues d’une hauteur extraordi-
naire. La grandeur énorme de ces maffes an-
nonce le goût pour le gigantefque , dont les
Égyptiens furent toujours animes. Le Roi Sefof-
tris fit, dit on, placer à Memphis , dans le temple
de Vulcain , les ftatues de fa femme, de lui-
même. 8c de fes enfans , dont les unes avoient
trente coudées de haut, 8c les autres vingt. Les
Grecs imitèrent les Égyptiens , 8c 1 on a conferve
la mémoire du colofe d’Apollon , haut de trente
coudées, apporté à Rome & placé dans le Capi-
tole par M. Luculliis, qui l’ avoir enlevé aux Apol-
loniates du Pont ( P lin. 347. )• Nous ferons un
article particulier du coloffe de Rhodes, à caufe
des variations qui fe trouvent a fon 'fujet dans les
anciens écrivains.
Apollon ou le Soleil , & Jupiter , furent entre
les Divinités celles que l’on fe plut à repeefenter
fous des formes colojfèics . Home feule renfeimoïc
deux colojfcs d’Apollon , un du Solen propremejrt
di't,* 8c deux de Jupiter. Néron en fit Çever un
haut de cent ou cent dix pieds dans , la voie facrée.
Ce colojfe avoir été deftihé pour lui > mais on le
dédia au Soleil, dont on y plaça la tête âu lieu ds
celle de Néron. L’un des calojfes^ d’Apollon étoit
de bronze s il avoir cinquante pieds de hauteur,
& étoit placé dans le temple d’Ausufte-
Domitien s’étoft fait élever, dans le mdieu de
la place publique , une ftatue équeftre de cent
pieds de haut , que le Sénat fit abattre ap_rè$_ la
mort de ce tyran. Le colojfe d’iîercule, que Fabius
Maximus Verriicofus enleva de Tarente , & qtCii
fit placer dans le capitole , écoit une ftitne de
bronze que Lyfippe avok faite. Celuide Junner
^i6 COL
^ut exécuté par ordre de l'Empereur Claude, Sc
placé proche' du théâtre de Pompce j & pour
cette raifou il fut appelé Jupiter Pompeïen. Spu-
rius Carvilius , après la défaire des Samnites , ht
fondre toutes les armes de bronze qu il avoir pri-
fes fur eux , & en fit faire une ftatue de Jupiter ,
aux pieds de laquelle il étoit repréfente. Ce coLoJJe
fiat mis auiîi dans le capitole. ^
J^es Gaulois reçurent des Romains ce put pour
les ftarues gigantefques j & Pline dit qu un fcuip-
teur appelé Zénodore , fabriqua a Clermont en
Auvergne un colojfe de Mercure de quatre cens
pieds de hauteur. ^ • i. j •
Colosse de Rhodes. Après avoir fait 1 admi-
ration des Grecs & des Romains , 1 etonnement
des Sarrafins & des Barbares , après poir etc
chantée par les poeies , & cbnfacree à 1 immorta-
lité par les hilforiens, cette prodigieufe ftatue a
été re}etée au nombre nés fables & des chimères
par Muratori {Annal, ital. t. iv.p. III. ). Il ne
tient pas a cet illuftre Italien que les peuples les
plus célèbres de l’antiquité n aient pris un pigmee
pour un géant. J’avoue que les contradiéfions ap-
parentes des hirtoriens qui ont décrit le colojfe , la
variété des proportions qu’ils nous ont tranf-
mifes , & de la durée qu’il lui ont aflîgnée , ont
pu jeter quelques nuages fur là réalité de fon exif-
tence. Mais s’il eût comparé avec foin les réful-
tats de ces proportions , évalué & cornbiné les
différentes mefures , pefé le mérite Zc l’autorité
des écrivains qui nous en ont confervé le fouve-
nir , ce favant auroit eu fans doute plus de cir-
confpeCtion ; il auroit apperçu au travers de ces
brouillards une lumière fixe , qui , fuivie conftatn-
ment , l’eût conduit à la vérité. Je vais parcourir
— ce prétendu labyrinthe, Sc donner fur l’hiftoire &
}»« dimenfions du colojfe des détails qui porte-
ront fon exiftence à l’évidence la plus frap-
punte.
Démétrius , fils d’Antigone, afltégea la ville de
Rhodes, à caufe du refos“ quelle avoir fait de re-
noncer à l’alliance de Ptolémée. Une caufe fi ho-
norable mérita aux Rhodiens des fecours .de la
part de tous leurs alliés, 8c en particulier de Pto-
lémée, que leur reconnoiffance aimmortalifé fous
le 'nom de Sauveur ou Socer. L afirégeant fut
forcé de renoncer à fon eatreprife ; 8c, Bien loin
deconferver fa haine pour ces généreux infulai-
res , il conçut pour eux la plus haute eftime : il
voulut à fon départ leur en laiflér un témoignage
authentique ; ce qu’il fit en leur abandonnant fes
machines de guerre , vendues depuis trois cens
talens. La reconnoiffance des, Rhodiens éclata
avec la plus grande magnificence , à l’égard de
Ptolémée, leur allié, Sc d’Apollon, leur Dieu tu-
télaire. Ils réfo’urent d’élever à l’honneur du So-
leil un colojfe d’une grandeur extraordinaire.
Charès de Lyndes fut confulté fur ce projet.
Les Rhodiens lui demandèrent quelle fomme il
exigercit pour faire une ftatue de telle hauteur
COL
( Sextus Empiricus adv-erf. Matkematlcos , lih^
vii.j) Sur fa rcpdnfe ils en voulurent une qui eût
le double de grandeur. Cet architede n’exigea
qu’une fomme deux fois plus confidérable. Mais
à peine eut-il commencé fen travail , qu’il vit l’or
des Rhodiens dépenfé en entier. Le chagrin & le
défefpoir s’emparèrent de cet artifte ; il fe pendit.
Lâchés , fon compatriote , ac’neva dans l’efpace
de trois olympiades , & plaça fur fa bafe le co-
lof e fl vanté Ç xxxiv. cap. 7. ). Pline,
dont les détails font d'ailleurs affez exaéls , ne
fait aucune mention de Lâchés , 8c donne toute
la gloire au premier. ^ ^
A peine cinquante-fix ans s’étoient écoulés de.
puis cette époque, que le colofe fut renverfe pat
un violent tremblement de terre : il fe brifa aux
genoux, 8c demeura étendu jufqu’à ce que les
Sarrafins s’emparotenr de 1 ifle de Rhodes. Ces bar-
bares , que la hardieffe du travail ne remplit pas
d’admiration , mais qui ne confidércrent avec
étonnement que fa maffe énorme , le niirent m
pièces ; ils le vendirent à un marchai^ Juif d Eme-
fc. Que de morceaux d’une antiquité refpeéiable
8c d’un travail merveilleux ont été fondus par
cette nation avide du gain le plus fordide ! piof-
crire dans tous les climats, éloignee ^ tous les
arts honnêtes , elle étoit donc en polieflion des
le feptiéme fiècle , d’un commerce qui n a d objet
que les effets dégradés ou hors de mode , & de
but que la deftruélion !
Dix-huit écrivains Gfecs ou Latins , qui ont
parlé du colofe , 8c dont je rendrai compte pms
en détail , s’accordent en général fur ces faits.
Mais cette harmonie eft de peu de duree , oc ..
chaos femble prendre fa place, lorfqu on
par leurs témoignages à fixer les époques Sc les
dimenfions précites de la ftatue. Trois des pre-
mières vont nous arrêter; l époque de Ion CiCC
lion, celle de fa chute, 8c enfin celle de fon anean-
tiffement. La feconde fixera les deux autres ( ®
lib. V. Orof. lib. iv. cap. 12. Paul, j.nj'
rr/. Mari. lib. ,. ). Polybe , Orofe , 1 Abbe d U -
perg, le Diacre Paul , Marianus Scotus, 8c Gooe-
froi de Viterbe , difent unanimement que
lofe fut renverfé dans le tremblement de terre
qui ébranla l’Archipel 8c une partie de 1 Aiie.
sèbe le place à la première année de la ,
olympiade , 214 ans avant J. C._, fejon lA ^
Lengîet. ( S. Jérôme , qui a copié a la le.tre
texte d’Eusèbe , l’a change pour 1 époque ,
afligne mal-à-propos la CLxviii' olymp-a c )
Voilà une époque prccife ; fi on en retranche
quante-fix ans , on trouvera avec Phne L
mière année de la exxv' olympiade , 2b0
avant J. C. A fuivre les vifions 8c les
Cédrenus , on placeroit l'année de fa conitruC j
dans h XV U'" olympiade; ecqui eft
vraifemblance. Celle de fa deilruélio^ ^ei c
tainc. Quoique tous les peuples de la yjrece '
Roi d’Égypte eulléut offert aux Rhodiens des le-
COL
cours con:^dérabîes , pour réparer les domrsages
occafionnés par le tremblemenr de terre , & fur-
tout pour relever le coLoJft j ceux-ci les employè-
rent à d'autres ufages , & fupposerent un Oracle
qui défendoit le récabliffement de la Ifatue du So-
leil. C'eli Strabon ( Strab. tiv- xir , ) qui nous
apprend cette particularité.
Pline dit qu'elle étoit couchée par terre dans le
temps qu'il écrivolt j & qu'on appercevoît dans
les fraétures de valtes cavités & de gros quarners
de pierre renfermés pour l'affurer fur fa bafe. c-ile
refta dans cet état jufqu’à l'année dj ae J. Ç.
temps auquel les Sarralins la brisèrent. Nous 6x0ns
cet inilant à la douzième année du règne de Conf-
iant Il ( Confiant, de Adminift. cap. 20. )^apres le
Diacre Paul , Conftantin Porphyrogénète j la
chronique de Théophane & Zonare ( Zonar. Ann.
lih. II. ). Tous s'accordent parfaitement fur le
temps de fa dellruclion , ils ne varient que fur fa
durée. On la trouve de 935 ans j en voyant^ la
ftatue fondue l'an 280 avant J. C. , & briiée l'an
653 du même. Paul & Conftaatin lui donnent
1360 ans J & Cédrenus ajoute encore cinq ans à
cette fable.
Les dimendans de cette énorme ftatue nous
arrêterons moins de temps-que fon hiftoire , quel-
que contradiélion qu’on trouve dans les hiftoriens
à leur fujet. Strabon > Pline , Iftdore de Seviile
( Ifid. Orig. lib. xiv. cap. 6. ) qui floriffoient pen-
dant que le colojfe exiftoit encore^ ont pu le voir
ou apprendre de leurs contemporains les details
qu’il nous en oht rranfmis. Ils lui donnent foi-
xante & dix coudées de hauteur: le premier rap-
porte même deux vers d'un Simonide autre que
le chantre des demi-DieuX;, Caftor & Pohux , gra-
vés fur la bafe du colojfe , & portant expreffément
foixante & dix coudées. Il eft vrai que CGnitannn^
Théophane & Cédrenus font mention de quatre-
vingt coudées. Mais on obfervera qu iis font bien
poftériêursà la deftruâion du colojfe ; que la dif
férence entre oySikm; & sAl&yiç eft aflez petite
pour pouvoir être rejetée fur une faute decopifte
répétée par les deux autres hiftoriens calqués dans
cet endroit exaétement fur le premier ; & que le
dernier en particulier n’eft célèbre que par fes
erreurs de fait & de chronologie. Il s'eft cepen-
dant rapproché par le nombre* de cent vingt-fept
pieds de la véritable hauteur, qu'il abandonne en
lui donnant quatre - vingt coudées. En effet ,
foixante-dîx coudées moyennes , chacune d’un
pied & dix pouces de roi , donnent un. peu plus
de cent vingt-huit pieds , hauteur la plus vraifem-
blable du colojfe.
Ne nous arrêtons cependant pas abfolument à
cette première détermination , & cherchons de
nouvelles mefares dans le paftage de Pline. Ce fa-
vant naturaiifte dit, que peu de perfo-nnes
pouvoient embrafier fon pouce ; . que la lon-
gueur de fes doigts fiirpaiToit la hauteur des ftatues
«xdL-iîites : voilà deiix proportions Êxes Sc pié-
C O L
127
cifes. PoiAr treuver la première , on_ obfervera
d'abord que M. le Conat?de Biifion place I^grande
taille au-deftus de cinq pieds 6x pouces, & que le
peu de perjbnnes doit s'entendre par conféquent
d’hommes ayant une taille plus élevée ; je me
fuis attaché à neuf pouces. Perfbnne n’ignore que
la diftance d’une main à l'autre dans un homme
dont les "bras font étendus , eft égale fa hau-
teur. Ainft- donnant au pouce du ciriq pieds
& neuf pouces de circonférence, on aura, par
les proportions connues des fculpteurs-, ( le pouce
d’un homme de cinq pieds neuf pouces de hau-
teur , a trois pouces de circonférence ) cent
trente-un pieds de hauteur : écart très-peu fen-
ftbîé.
La fécondé dimenfion donnée par, Pline, acUe-
ve la conviéfion. L’index d'un homme de cinq
pieds neuf pouces, a communément trois po.uces
de longueur : il eft donc laivingt-troiheme partie
de fa hauteur. Donnons aux ftatues ordinaires la
hauteur de l’homme qui nous fert de terme de
comparaifon , & la proportion de l index du co-
loffe donnera cent trente-deux pjeds. Nous avons
donc obtenu quatre nombres par des voies ditrè-
rentes, 127, 128, 131 & 132, qui offrent peur
réfiilrat Hioj'en cent vingt - neuf pieds. Ainiî 0:2
peut hardiment 6xer là hauteur approchée de cetre
prodigieufe ftatue à cent vingt- huit pieds. Il eft
fâcheux pour Muratorr qu’on rencontre une har-
monie 6 parfaite entre les hillortens qui nous en
ont tranfmisle fouvenir. Sans doute que dix-huit
écrivains de difrérens pays n’ont pu avoir entre-
de connivence réelle depuis le ftècle qui a pr-e-
eux I
cédé la naîffance du Saut^eur jufqu’au qainzaeme
qui l’a fuivi. Aiiflî terminero-is - je ici cet arti-
cle , s’il ne reftoit encore q.uelques obfcurités
à dtffiper , & quelques détails à conferver fur
cetre merveille.
Voilà le calojfe exiftant. Comment a-t’oti pB
remuer une mafte auffi cordidétable ? Les vast-
feaux'paflbient-ils entre fes jambes à pleines vo-iîes
Combien de chameaux ont été emplov'és à en;
îranèporter les débris 1 Pour répondre à h pre-
mière queftion , recourons encore aux propor-
tions d’un homme de cinq pieds neut pouces ae
hauteur, nous trouverons quu’ contient a. ,Deu-
près onze pieds cubes de matière. La folidité du
coloife eft pat conféquent de deux cens trente
pieds cubes, lefquelî fappofés de cuivre ordi-
naire, pefa-nt 648 livres le pied cube, forment ura
poids total de 148,900 livres , ou près de ijo»
quintaux. Les Annales des Arts nous ontconferve
le poids de maffes plus cdnftdérables , qu’ils cnc
déplacé & élevé fur une bafe. L'obéliique de
Saint-Jean de Latran à Rome porte iJ2 pieds de
hauteur , fans la bafe fur laquelle il eif dreffé^
Les deux côtés du qaarré qu’il forme à fa naîlè
fance font de huit & de neuf pieds Sup-
pofaat cette raafte d’un marbre oid!n?,n-e „ c-ui
poids de 232 livres le gied cube , fon poids
1 2 § COL
COL
fera dé 71 jjOsS livres. Où eft fimpoffibilitë de
dreifer' üne iîatue cinq fôis moins Lourde ? 1! pa-
roi't d'ailleurs que les Rhodiens avoient un goût
particulier polir les ftatues coloJfaLes. On en comp-
toir dans leur ifle , félon Pline, plus de cent , dont
une feule auroit fait rornement de toute autre
ville. Le même auteur, le dirai -je ? parle d un
coLoffe de quatre cens piedS , élevé de.Ton temps
à Clermont en Auvergne , par un certain Zéno-
dore.
Il efc probable que ces prodiges de l'art n’étoient
pas fondus d’un feui jet: le long efpace qu'auroit
eu à parcourir le métal enfufion, lui'auroit donné
le temps de fe refroidir , & auroit fait manquer
la fonte. Sans doute qu'ils ne l'auront été qu’en
tonnes , c'elbà-dire , par parties. On peut conjec-
turer encore avec plus de fondement , que le co-
lojfe de Rhodes étoit un ouvrage de platinerie ou
de cuivre battu au marteau ; ce que Pline nous
donne à entendre en difar.t , qu'on appercevoit
d’énormes cavités dans fes débris. La üatue du
Connétable de Montmorency à Chantilli , la
chaire de S. Pierre à Rome , qui a quatre-vingt
pieds de hauteur, & le cobjfe d’Arona, dans l’état
de Milan , repréfentant S. Charles Borromée ,
haut de cinquante à foixante pieds , nous offrent
des exemples de ce genre de travail , & diminuent
notre étonnement. Si un Souverain peu riche, &
une petite ville ont pu approcher de fi près de la
magnificence des Rhodiens , qui doutera que ces
derniers , aidés par les plus opulentes cités de
la Grèce , aient fabriqué ce célèbre monument }
On peut regarder comme très-douteux ce que
nous trouvons dansduChoul, fur les ornemens
du coLoJfe & fur fa pofition. Vigenère , écrivain
du feizième fiècle , parcit être le premier qui l’ait
placé à l’entrée du port, & les jambes écartées.
Cependant on défend fon opinion , & nous en
donnons ici ia preuve.
Comment les vailfeaux pafToient-üs entra les
jambes àxitobjfe? Elles avoient à peu -près foi-
xar.te pieds de longueur , en y joignant les ciiilTes ,
& étoient placées fur deux rochers qui , fermant
l’entrée du port, ne Ltiifoient de pafl'age que pour
11:1e galère Perdons de vue nos vaitTeaux de ligne,
qui portent jufqu'à cent quatre - vingt pieds de
mâture. Reprérentons-nous ceux des anciens, qui
tous aboient à rames , 2c ne porioient dès lors
que des voiles fort petites , côtoyant toujours le
conrinent, & tirant très-peu d’eau. Or, quelque
petite que foir la hauteur des rochers Q\ii fcrv'oient
de baie au colojfe , nos galères p.afiéront entre fes
jambes avec toutes leurs fitm.nes, batiderolles &:
voiles déployées. Rien ne doit donc étonner dans
cet ouvrage admirable que la hardicilé du fculp-
teuf , & celle de rhifiorien qui i’a révoqué en !
doute , centre le témoignage de toute l'anci- i
quîcc. I
Le nombre des chameaux qui tranfportèrent I
les débris de la futuc du Sq’sü, forme encore une '
difficulté qu’il faut applanir. Je ferai remarquer
auparavant quelle route oblique ont pris Rolün
& Jofeph Scaliger pour eftimer fon poids. Au
lieu de le conclure de fa folidité par les calculs
ordinaires, ils l’ont conclu du nombre & de la
force des chameaux. Aufli leur erreur eft fi confi-
dérable , qu’à chercher la hauteur du colojfe par
le poids qu’ils lui affignent, on la trouveroit de
fix cens pieds au moins ; calcul extravagant. Le
diacre Paul, Zonare & Cédrenus font mention
de neuf cens chameaux. Le refpect outré & l’ad-
miration exceffive pour l’antiquité, donc étoient
pénétrés les deux auteurs modernes que j’ai cités,
leur, a fait adopter aveuglément ce nombre exa-
géré. Conibntin Porphyrogénète en compte tren-
te mille , & Théophares en ajoute encore qiutre-
vingt. C'eft d’eux qu’il faut dire avec Juvénal :
Q^^iicquii Grscia mendax audet in kijtoria. Le P.
Riccioü , dans fa chrono'ogie réformée , a réduit
ce nombre à 318, Tentant le ridicule des neuf
cens. Pour moi je les réduits encore à cent ; fondé
fur la vraifem’olance , fur le témoignage de la Mar-
tinière, de i’Abbé de Vercot, 8z fur une tradition
confiante. Les grands chameaux , félon Châtain
& M. le Com^e^deBtiffon, portent jufqu’à treize
quintaux , qui , multipliés par cent , donnent une
charge de treize cens qumtaux. Si i’o.n confidere
que le pied grec eil de quelques lignes plus court
que le notre; que j'’ai fuppofé, contre le témoi--
gnage de Pline, le colojfe maffif ; que d’ailleurs ü
croit d’airain , mélange de cuivre & d’étain plus
léger d’un feptième que le premier ; de qu’enfin le
déchet & les vols avoient diminué fa maffe , on
rapprochera aifément les quatorze cens qumtaux
trouvés par mon calcul , des treize cens que nous
fournit la charge de cent chameaux
COLOSSINUS. \
COLOSSENUS. Ç
Color. Pline donne ce
nom à la couleur pourpre , Se il la tire de celle
dei fleurs du çyclame C 9- )• b vepribus naf
cicar cydaminum. Flos ejus colojfnus in coTonas
rrzr rn r f fr ftf r
COLUM 'clncrium. L'infirument que les an-
ciens emplovoient à paffer le vin s’appeloit >
colum v’^idrium. On en conferve deux dans le ca-
binet d’flerculanum ; ils font d’un métal blanc. Se
travaillés avec élégance. Chacun eft formé de deux
plats ronds Se profonds ; ( le diamètre eft u un
demi-îaalme, 4 pouces François) garnis d’un man-
che appiati , les deux plats font faits de façon que
l’un entre parfaitement dans l'autre ; Se les man-
ches fe joignent fi bien qu’étant réunis , le
ne paroit taire qu’un feui vaiffeau. La partie Su*
périeureeff percée d'une manière particuhete
c’étoit toujour.s fur ce premier plat qu'on venoit
le vin . qui couloir dans le plat inférieur, d’ou on
le riroit pour en remplir enfuire les coupes.^
A dix lieues de l’ancienne Capone , près dun
endroit auoclé Trcbbi.i , .M. liarnilton fit ouvri.
' pluficurs
COL
pliifîeurs tombeaux pour en examiner Tarchîtec'
ture , & pour découvrir des vafes étrufques ou
campaniens. Entre-autres vafes & uftenfiles qu'il
Y trouva piacés autour du fquélettCj étoit un
colum vmarium de bronze , efpèce de jatte pro-
fonde , percée dé plufieurs trous en forme de
tamis , & garnie d'un manche. Cette jatte s'adap-
toit à une foûcoupe fans trous ^ & fervoic à paiTer
le vin. Car les vins des anciens que l'on confervoit
dans les grands dolia de terre cuite , préférable-
ment aux tonneaux de bois , étoicnt plus épais
que les nôtres ^ & avoient befoin d'être paflcs
dans un colam.
Colum nivurium , paffoire deftinée à épurer la
neige que les Romains mettoient dans leur
boiffon pour la rafraîchir. Les riches avoiest pour
cet objet des colum d'argent , mais les pauvres &
les citoyens moins riches fe fervoient d'un fac de
lin ou d'un tamis. Nous trouvons cette diftinction
dans une épigramme de Martial ( 14 ) :
Setinos moneo nofira nive frange trientes :
Pauperiore mero tzngere lina potes.
Il feroit affez difEcile de décider fi les colum
trouvés à Hercuianum ont fervi à pafîer le vin ou
la neige.
C’étoit un maufolée
COLUMEAÎRE.
COLUMBARIUM, f
ou un tombeau deftiné à renfermer les cendres de
quelque famille illuftre. Le nom de columbarium
fut donné à ces maufolées , à caufe de la refTem-
biance qn'ils avoient dans leur intérieur avec un
colombier^ columbarium. Les urnes, olls, qui con-
ten oient les cendres, étoient placées les unes au-
deffus des autres , dans des niches pratiquées dans
le mur, comme les nids des pigeons. Il y avoir
ordinairement une infeription au-deffus de chaque
urne, qui apprenoit le nom de la perfonae dont
elle ren fermoir les cendres.
En 1726 , on trouva près de Rome le columba-
rium de la maifon de Livie, c'eR-à-dire, des of-
ficiers de fa maifen , &■ de leurs femmes & enfans.
Plufieurs antiquaires d'Ita’ie ont donné la figure
de ce columbair e avec les infcrîptîons que l'on y
lifoir. Le Père Montfaucon a publié le deffin d'un
femblable cglumbaire ,• & l'on en voit un pareil
dans les peintures de Sante-Bartoli.
Spon ( Mifceilan. Antiquit. ) a publié les inf-
criptions qu'on lifoit dans le columbaire de la fa-
mille Abuccia. En voici la principale :
X. ABUCCIUS HERMES IN HOC
ORDINE AB IMO AD SUMMUM
COLU'^tBARIA IX. OLLÆ XVIlf
5IBI nOSTEP.ÎSQUE SUIS.
Les niches renfermoient quelquefois deux
Autii^uitcs , Tome if.
COM 129
urnes ; c’etoient les cendres du mari & de la
femme.
COLUMELLA , petite colonne. On donnoic
ce nom aux cippes que l'on élevoit fur les fépul-
tures. Cicéron dit ( de leg. iL 26. ) que le Légis-
lateur Pittacus fixa à un cippe, ou columella de trois
coudées de hauteur les ornemens des fépultures :
Pittacus fuper terra tumulum noluit quid fiatui ,
nip columellam tribus cubitis ne altiorem.
COLUMNARII , gens perdus de dettes, &
qui avoient été fouvent cités par le Préteur au
pied de la colonne Méniane (C/cfr./àmi/. nu. 9.).
Nolo te putare Favonium a columnariis prsteritum
effe.
COLUMNARIUM , impôt que la loi Julia
fomptuaire avoir établi far le nombre de colonnes
qui fe èrouvoient dans chaque édifice de Rome.
COLYBRASSOS, en Ciücie, koatbpacceon.
On a des médailles impériales grecques de cette
ville, frappées en l'honneur de Trébonien-Gaiius,
de Salonin. Pellerin.
COLYSÉE. Voyei Colisée.
COMÆUS , furnom d'Apollon, fous lequel iî
étoit adoré à Séleucie , d’où fa ftatue fut portée
à Rome , & placée dans le temple d'Apolion-
Palatin. On dit'que les foldats qui prirent Séleucie
s'étant mis à chercher dans le temple d'Apollon
Com&us des tréfors qu’ils y fuppofoient cachés ,
il fortlt par l'ouverture qu'ils avoient faite , une
vapeur empoifonnée qui répandit la pefte depuis
cette ville jufques fur les bords du Rhin 5 c'eft-à-
dire que ce pillage & cette pefte ( fi elle eft vraie )
arrivèrent en même-temps , & que le peuple ,
toujours fuperftitieux , regarda l’un de ces événe-
mens comme la caufe de l'autre. Apollon - Comsus
veut dire Apollon a belle chevelure ,• I sdee poéti-
que de donner à Apollon une belle chevelure
blonde , vient , félon toute apparence , de la ma-
nière éparfe dont on voit fes rayons lorfqu 11s
tombent obliquement fur une forêt épailFe , &
qu’ils pafient entre les feuilles des arbres^comme
de longs filets lumineux & blonds. Les Naucra-
tiens célébroient fa fête en habit blanc , feloa
Athénée.
COMAGÉNE. Voyei Commagène.
COMANA , dans le Pont Galatique. KO-
MANQK. . .
Les médailles autonomes ae cette ville lont;
RRR. en bronze.
O. en arge.nt,
O. en or.
Leur type ordinaire eft l’égide.
Devenue colonie Romaine, Comana a fait frap-
per des médailles latines en l’honneur de Cara-
calla , avec cette légende :
COL. lüL. AUG. F. COMANORUM. — Coîvnîa
Julia AuguJlafclijC Comanorum.
1 3 O C O M
COMANE. Bellone.
COMARCiOS, air J ou nome de fiatc des
Grecs.
COAÎASIE. Foyêç Gélasie.
COAÎBAT J fe dit des jeux folemuels des Grecs
& des Romains à l'honneur des Dieux , tels
ou étoient les jeux Olympiques , les Pythiens^ les
Kéméens , les Ifthmiens , les combats du Cirque,
les Aftiaques & les autres «font nous parlerons a
leur place. Les combats qui sj falfoient etoient la
eourfe , la lutte , les coups de poings , le palet ,
Scc. Les combattans, qui fe nommoient aihUus ,
s Y préparoient dès la jeunefi'e par des exercices
continuels , & un régime très-exadl. Ils ne man-
geoient que de certaines viandes , & a certaines
heures; ils ne buvoient point de vin, & n avoient
point de commerce avec les femmes ; leur travail
& leur repos étoient réglés.
Les anciens fe plaifoient à voir àts comoats
d'animaux domeftiqnes. Tous les ans, à certain
jour marqué, on falloir combattre dans le theatre
d’Athènes des coqs en 1 nonne ur de ceux dont
Thémiltocle , allant combattre les Perfes , prK le
chant pour un augure favorable ( Æiian. il. 28. )-
Le Comte de Cayius ( Rec. ni. page^ zhi. ) a
publié un deffin relatif aux combats^ d’animaux.
Cette gravure rcptéfente deux Romains , qui pa-
roilïent âgés , & qui font combattre bien ferieuie-
ment leurs chèvres. Sans admettre aucun fujet de
fuperftition dans cette gravure , il eil: à préfumer
que les paris intéreffoient ces deux Romains au
fuccès de ce combat.
On voit deux boucs qui combattent fur les mé-
daillés de ThelTalonique.
COMBE , fille d'Ophias , fut changée , dit
Ovide , en oifeau , pour la préferver de la fureur
de fes enfans ( M.ét. 7. v. 382. ) .•
COM
d’où elle fut appelée , félon Cafaubon , rofirat»
domus.
La hauteur des temples fe comptoir depuis le
pavé jufqu’à la pointe du comble ; e eil pourquoi
la hauteur totale du temple de- Jupiter à Gkgenti
étoit de cent vingt pieds grecs.
On a déduit de fort loin l’étymologie du mot
grec qui fignifie comble , & l on a cherché à y
trouver la reffemblance d un aigle eploye. Winckel-
mann pcnfe qu’on a peut-être mis dans les com-
mencemens un aigle fur le comble des temples,
parce que les plus anciens étoient confacrés à Ju-
piter , & que de-là elI venu le nom grec.
COMÉDIE. Voye:^ le DiSiionnaire de Litté-
rature,
COMÉDIEN. -Autant les Acteurs étoient en
honneur à Athènes , ou on les chargeoit quelque-
fois de négociations & dambaRades , autant
étoient-iîs méprifés à Rome. Non-feulement ils
n’avoient pas rang parmi les citoyens ; mas en-
core , iotfqu’un citoyen montoit fur le theatre
-avec eux , il étoit chaflé de fa tribu & privé du
droit de fuffrage par les Cenfeurs, C’eft ce que
nous apprend Scipion dans Cicéron , cite par
S. Augullin ( Cité de Dieu, liv. n.
Ciun artem luiieram feenamque totarn prohro du-
cerent , genus id haminum , non modo honore rtli-
quorum civium , fed etiam tribu moven notatioue
cenforiâ voluerunt. L’exemple de Rofcius , dont
Cicéron faifoit tant de cas, ne prouve pas le con-
traire. L^’orateur eiHmoic à. la vérité les ta. eus ir
Comédien ; mais il prifoit encore davantage les
vertus, qui le dillinguoient tellement de^ fes ca-
marades , quelles fembloient devoir 1 excmre du
théâtre. , „
On peut dire la même chofe du Comédien don
on lit l’épitaphe fuivante à Rome, au-deia du pont
Milvius :
Ai^acethis Vletiron,in qua trepidandbus alis ,
Ophias effugit natorum vulnera Combe.
II y eut une tinirt CarrAe , fille d’.Afopus, qui
ftit furnommée Ckalcls , pour avoir invente les
armures de cuivre.
COMBLE ou FRONTON. comble s’appe-
loît en grec «rW ou oArainà, un nç^ le yoyoit
qu’aux bâtimens ou aux temples dont le toit for-
moit avec la couverture un triangle équilatéral ;
car les maifons n’étoient pas toutes en terraffe 8c
fons comble , comme le prétend Saumaife. On peut
s’en convaincre par h vue de peintures anciennes.
l’on regarda le comble du çalais de Céfar comme
fin pronoftte de fon apoîhéofe future ; il ne faut
pas entendre par-là le comble feul , mais la fculp-
ttre en bolTe , ou plutôt les figures entières qui
ornoieiit cet édifice , fuivant k manière de déco-
rer les frontons des temples. Pompée fit placer des
proues de YaifTcau fur le comble de fa tnaifon ,
LAUDAXeS. POPULO. SOLITUS. MANBATA.
REFÉRRE.
ABLECTOS- SCENÆ. PARASITUS- APOLllNIS^
IDEM.
MüLTARfTM. IN MIMIS. SALT ANTIBUS. UTlUS.-
ACTOR.
Les Empereurs & les ConRils sécompeafbient
les Comédiens qui excelloient dans leur art ,
leur diftribuanc des couronnes , des ,
anneaux & des palmes , foit pendant le /
foitdans les jeux Capitolms ou dans ceux a • P
Ion. Les appkudilTemens du peuple
gnoient ordinairement ces récompenfes- re
publié une infeription qui parle de ce co
nement ;
1. SURREDI. L. F- CLV
FELICIS,
C O M
PROCURATORIS. AB
SCAEN. TKIAT. IMP
CAESAR. DOMITIAK
PRINCIPI
CORONATÔ. CONTRA
OMNES. SCAENICOS.
Et Sidoine Apollinaire ( Carm. xxiu. 4M-)
Hic mox pr&cipit &quas imperat^r
Palmîs ferica , torquibus corenas
Conjungi , & meritnm remnnerari.
Les figures d’hommes qui repréfentent des
perfonnages comiques ou tragiques^ font les feules
q-ui portent des manches longues & étroites ,
ainfi que nous le voyons à deux petites llatues ae
comiques à la villa Mattel , & à une autre fembla-
b!e à la villa Albani, de même qu à une figure
tragique fur un tableau d’Herculanum (Prît. Ere,
t, 4. tav. 4t. ). Cependant cet ajuâement eft en-
core plus fenfible ^ & fe voit à un plus grand
nombre de figures fur un bas - relief de la villa
Pamîiii , que Winckelmann a fait conncitre dans
fes monumens de l’antiquité ( Monum. Ant. ined.
189.)- Les valets de Comédie ■portoitnt àeSxxs
1 habillement à longues manches étroites ^ une
cafaque courte avec des demi - manches {Pict.
A4, ritv. -33. )•
Pour connoïtre les collâmes des Tragiques
Grecs & Romains^ il faut confulter les bas-reli^s
.des moniLTnenti de Winckeimann , qui en repre-
fentent plufieurs. Les peintures du Térence du
Vatican feront eonnoitre de même les coftumes
des comiques.
Les théâtres des anciens ayant une étendue
triple & quadruple des nôtres , on donnoit aux
Comédiens des habülemens qui fiiifoient diftinguer
de fort loin les tôles dont iis étoient charges. Par
exemple ^ les mafques des femmes, qui , dans les
tragédies apportoiènt la nouvelle de quelque mal-
heur , étoient accompagnés de chevelures lon-
gues , éparfes & fiotcantes fur les épaules. Le
principal perfonnage de femme dans les mêmes
tragédies, portoit ordinairement fes cheveux noués
fur le front , ou le corymbion des jeunes filles.
De même encore les parafites & ceux qui ven-
doient des femmes débauchées portoient^un bâ-
ton droit , appelé «(iss-xs? ; les divinités enampe-
tres J les bergers, les payfans.portoient le bâton
courbé , ou pedum i les Hérauts , les Envojres,
les AmbaflTadeurs port.oient un caducée} les Héros
dans la tragédie tenoient une maffue ; les Rois
s’appuyoient fur un feeptre long & droit , &'c.
&C. Voye-q_ ACTEURS , AcTRICES , TRAGIQUES.
CCrmTES. }
déf^n.r d-ins foB crîgîns des rerfennes diûinguées
COM I
qui étaient à la Cour ou à la fuite de l’Empe-
reur ; elles furent ainfi nommées h Comitanda ,
vel commeando. De-lâ vint qu’on appela Comtes
Palatins ceux qui étoient toujours dans le palais
au côté du Prince. On les nommoit aufl'i Cornues k
latere. Au temps de la république on appeloit
Cornâtes chez les Romains tous ceux qui accora-
pagnoient las Proconfuls 8c les Pro-préteurs dans
les provinces pour y fervir la république , comme
les Tribuns, ceux qu’on nommoit Prsfecti, Içs
Ecrivains , &c. Cela paroît par l’Oraifon de Ci-
céron , pro C. Rabirio Pafiumo , n. 13. SoUS les
Empereurs les Comtes étoient tous les Officiers
de la Maifon de l’Empereur. Il femble même
qu’on peut faire commencer les Comtes dès le
temps d’Augufte , qui prit plufieurs Sénateurs
pour être fes Comtes , ainfi que Dion k rapporte
( l. LUI. ) c’eft-à-dire, pour l’accompagner dans
fes voyages , & pour i’affifter dans les affaires qui
fe jugeoient alors avec la même autorité que II
elles eufTent été jugées en plein Sénat. GaUiea
leinble avoir aboli ce Confeil , en défendant aux
Sénateurs de fe trouver dans les armées; &_fes
fiîccelTeurs ncle rétablirent pas. Mais s’ils n’avoient
pas avec eux un corps de Sénateurs, ils y fuja-
piéoient par un Confeil compofé de gens de mé-
rite. DécébaJe, Roi des Daces,du rems de Trajan,
voulant peut-être imiter les Empereurs , avoit
auifi fes Comtes , qui étoient des perfonnes confi-
dérables, mais non les premiers de fon royaume.
C’eft Dion qui nous l’apprend C /. lxviu. )
Ces Confeillers des Empereurs étoient donc vé-
ritablement Comtes , c’ell- à-dire , compagnons da
Prince, & ils en prenoient quelquefois le titre,
mais en y ajoutant le nom du Prince qu'ils accom-
pagnoieiit. Ainfi c’étoit plutôt une marque de leur
emploi qu’un titre de dignité. Conftantin en fit
une dignité , & c’eft fous lui qu'on commença à'
le donner absolument au Comte Denis & à divers
autres ; & cet ufage étant une fois établi , on le
donna affez indifféremment , & à ceux qui fui-
voientla Coiir,ou qui accompagnoient l’Empereur,
& généralement à prefque toutes fortes d Offi-
ciers , comme on le peut voir par la longue Ikte
qu’en a faite du Cange.
On donnoit aaffi le titre de Comte pour honorer
ceux qui avoient bien fervi le public ; par exem-
ple , dans le code , cette qualité eft donnée aux
Avocats & aux Profeifears en Jurifprudeace qui
avoient fervi vingt ans. Amfi, quoique le titre ou
le nom de Comte fut en ufage avant Conftantin ,
ce n’écoit point encore le nom d’une dignité par-
ticulière &: dérerminée. C'eft cet Empereur qiu
en fit une dignité , & qui divifa les Comtes en
trois ordres , ainfi'que nous l’apprend Euicoe ,
dans la vie de ce Prince. Les premiers portoienc
le titre d'illuftres , illujlres ; les féconds celui de
clarifiimes , cLui^rr.i , 81 cXiWdXe, fpectabiles ; :es
troifiènies fe nommoient très-pariaits , perfcâyf-
Le Sénat étoir compofé des deux pre.miers
COM
ordres ; ceux du dernier n’y entroient point j
mais ils jouiffoient de plufieurs des privilèges des
Sénateurs. Il y avoir plufieurs efpèces de Comtes ,
dont les uns fervoienr fur terre & les autres fur
mer. Le premier de tous s’appela dans le basr
Empire Protocomte , Protocomes.
A peine le nom de Comte fut-il devenu un titre
d'honneur chez les Romains , qu’il fut ambitionné
par un infinité de particuliers , qu’il devint très
commun > & par conféquent peu honorable. Il y
eut des Comtes pour le fervice de terre , pour le
fervice de mer , pour les affaires civiles , pour
celles de la religion, pour la jurifprudence, &c.
Nous allons expofer en peu de mots les titres &
les fondions des principaux Officiers qui ont porté
dans l’antiquité le nom de Comte , félon l’accep-
tion antérieure à celle qu’il a aujourd’hui dans
l’Europe.
On nomma Comf.s Egypti un Miniftre chargé
de la caillé des impôts fur la foie , les perles , les
aromates, & autres marchandifes précieufes : fon
Fouvoir étoit grand > il ite rendok compte qu’à
Empereur ; le gouvernement d’Egypte étoit at-
taché à fa dignité 5 on le défignoit auffi quelque-
fois par Cornes rationalis [ummarum. Comfs eraril,
ou Cornes largitionum , une efpèce d’intendant
des finances des Empereurs , le garde de leurs
revenus , & le diftribureur de leurs largelTes.
CoMES Africa. , ou dux limitaneus , un gouver-
neur en Afrique des forterelTes & places fron-
tières i il commandoit à feizc fous -gouverneurs.
CoxEs alanus , le chef d’une compagnie de fol-
dats Alains j il étoit fubordonné au magifier mîLi-
tiim. CoMEs armons , un officier chargé par l’Em-
pereur de l’approvifionnement & de la fubfiftance
générale de Conftantinople. Comes arckiatrorum
facri pa/atü , un chef des Archiatres du facré pa-
lais, ou le premier M-édecin de l’Empereur 5 il fut
du premier , du fécond ou du troifième ordre ,
félon le plus ou le moins de crédit qu’il obtint au-
près du Prince. Comes argentoratenfs , un com-
mandant de la garnifon de Strasbourg. Comes
aari , un garde de la vailfelle d’or & d’argent de
l’Empereur , ou un officier chargé de mettre en
ordre l’argent des coffres de l’Empereur , on
fappeloit encore directeur fcriniî aurea mafa ,
ou infpeéleur général des mines. Comes Bri-
tannia , celui qui commandoit fur les côtes de
cette province pour les Romains j il s’appeloit
aufîî Cornes mariiimi cratîus , Comes littoris , Co-
mes littoris Saxonîci per Britanniam. Comes buc-
t'mdtorum chef des trompettes, un infpeéteur
& juge de cette troupe- Comes cafirenfis , un
chef des bas-officiers de la bouche du Prince, ou
un pourvoyeur général du camp , ou dans des
temps pjus reculés , le gouverneur d’un camp ou
d'un château fortifié. Com-es catapkraBarius \XTX
chef de cuirafiiers. Comes czoïtatts , le premier
magillrat d une viV-e. Comes clioariarius ^ le meme
qtK euiaphr.actarius. Comms commerciorum , Uli
C O Aî
mfpeéleur général du commerce ; il avoir fous lui
lesintendansdu commerce de l’Orient, de i’Égyp.
te , de la Méfie , de la Scythie , du Pont & de
rillyrie j ils veilioient tous aux importations , ex-
portations, Sfc. & ils étoient foutenus dans leurs
fonctions par une milice particulière. Comes facri
corfiflorii , un officier de confiance de l’Empereur;
il afiifîoit à la réception des Ambaffadeurs ; il
avoir place auconfeil, lors même qti’oa y déii-
béroit des affaires les plus fecretres; ce Comte fut
du premier ordre. Comes contanorum , uachef
despiquiers.EoAtzs difpoftionum,un miniftre de la
fuerre ; il avoir fa caiffe particulière, d’où il étoit
appelé princeps fai fcrinii, in capite conftitittus,prior
in fcrinio, Comes domefticoram , un chef des gardes
de l’Empereur ; fa fonélfon en paix & en guerre
étoit de veiller à la perfonne de l’Empereur fins
pouvoir s’en éloigner : il abufa quel,;uefois de fi
place. II y avoir des gardes domeftiques à pied &
à cheval > on appeloit ceux-ci proteüores , & on
les comprenoit tous fous le nom de pratoriard.
Comes domorum , un infpeéleur des bâtim.ens du
Prince ; il portoit en Cappadoce le nom de Comes
domus divins. Comes equorum regiorum , un grand
écuyer de l'Empereur. Comes excubitoram , ua
chef des gardes de nuit. Comes exercitus ,. Comes
rei militaris un général d’armée. Comes fœdera-
torum , un chef des foldats étrangers & des foit-
dovés. Comes formarum , un infpeâeurdes aqué-
ducs ; on l’appeloic auffi adilis ou curator forma-
rum. Forma fignifioit un canal de brique , de char-
pente ou de piçrre dure.. Cet infpecteur étoit fu-
bordônné au prafecïus urbis. Comes gildoniaci ,.
un infpcéteur des domaines que Gildo poffédoit
en Afrique , & qu’il perdit avec la vie l’an 401 de-
J. C. Il étoit fubordonné au Comes rerum priva-
tarum. Comes korreorum , un infpecteur des gre-
niers. Comes Italia , le gouverneur des fron-
tières de l’Italie. Comes Italicianus oil Galltcanus,
le tréforier de la chambre des domaines des Gaines
& de l’Italie; on Tappela quelquefois Cornes Ur-
gitionum , quand fon diltrîét fut borné à un dioce-
fê. Comes largitionum comhatenpum , un trefo-
rier de l'Empereur & un diftribureur de fes bien-
faits privés ; il fuivoit le Prince en voyage ; les
commis s’appeloient largiti'onales comitatenfes , de
largitionibus , de privatis , de facris , de comitc-
tenfibus , noms fynonymes entre-eux , comme
largiûo , ararium , fifeus y &c. Comes largitionum
privatarum y vLXt comxb\tnr des revenus^ perfon-
nels & propres de l’Empereur , & dont il ne de'
voit aucun compte à l’État; fes fubalterrms sap-
pelotent rationales rei privata ; leur cherporroît
le nom de prafeBus ou procurator rei privata , 1
veilloit aux bona caduza , vaga mancipia ,
Comes largitionum facrarum^ un controleur de
finances deftîhées aux charges de l’État, comme
les honoraires des magiftrats , la paye des mm
taires, &c. ; on l’appeloit quelquefois Comes
crurum Comes largitionum , Cornes facraxum~ ‘
COM
munerationu.m. Il régloit les affaires du fifc^ H en
faifoit exécuter les débiteurs i il fournifi'oit à
I entretien des édifices publics : fon diflriét étoit
Erès-étendu ; il jugeoic à mort ; il connoiffoit des
tréfors trouves ^ des impôts , des péages , du
change ^ des réparations , des confifeations , &c.
Co2,î:ss Ltgum j un profefieuT en droit. Coiitus
i.mitis ou iimiianeus , un gouverneur des force-
reffes limitrophes. Coj.:zs marcarum , le même
que limitanius. Coj^es maritimê. ^ un gouverneur
de côtes ; Tes fubalterrres s’appeloient vice-comites
maritime.. Copies matrone , xzn écuyer chargé
d'accompagner une femme ou une fiile de qua-
lité 5 c'etoit pour elles une imprudence que de
n'en avoir point. Cou es metallorum per lllyricum,
un infpedleur des mines de ce pays 3 il étoit fou-
rnis au Cornes largitionum facramm. Cojîes nota-
riorum , un chef des gens de robe , depuis us
chancelier. Comes numeri cokortis , un chef d'une
troupe de fix compagnies de foldats , qu’on appe-
loît numerus. Coîîes obfequii , un maréchal-des-
logis de l’Empereur. Comes officiorum ^ le chef de
tous les officiers fervans au palais de l'Empereur.
Comes Orientis , un vice-gérent àüPrefecius.pre-
torii Orientis ; ils s'appeloit w&.vrej'es Orientis.
Comes pagi , un baflli d'un village. Coetes por-
tuum , un infpeéteur des ports ^ en particulier des
ports de Rome & de Ravennes. Comes palatinus
ou Comtî a latere , un. juge de toutes les affaires
qui concernoient l’Empereutj fes officiers j fon
palais , fa maifon ; c'eft de-là que defeendent les
Princes Palatins d'aujourd’hui , & les Comtes Pa-
latins. Comes patrimoniz facri , contrôleur des
revenus propres de l'Empire 5 iî étoit fubordonné
au Cornes privatarum domus divine. Comes pre-
fens ^ chef des gardes de fervice. Co2.ees pre-
vincie onreHor provincie , un gouverneur de pro-
vince ; il étoit Comte du premier ordre ; il com-
Biandoit les troupes en guerre 5 il jugeoit à mort
pendant la paix. Les Landgraves de ri4Jiem3gne
font remonter leur origine jufqu'à cet officier.
Comes rei militaris , OU exercitus ou miLitnrn ,
un générai chargé de la confervation d'une pro-
vince menacée de guerre. Comes rei priVate , ou
rerum plrivatarum ou largitionum ; voyeq^ plus
haut. Comes renumerationum facramm y yoye:^
plus haut. CoM-ES riparum & alvei , ou plus an-
ciennement curator alvei , un inipecieur du Tibre;
il étoit fubordonné au ptéfét de la ville. Comes
fagittarius , un chef d'archers : ces archers fai-
Ibient partie de la garde à cheval de l'Empereur..
Comes fckole, un chef de clalTe : les officiers du
palais étoient diftribués en claffes 5 il y avoir celles
des feutariorum , des vexillarlorum j. des filentic-
riorum , das exceptorum , des ckartularîorum ,
&c. Ceux qui compo-foient ces clafTès fe nom-
moîent fcholares , & leurs chefS j Comités fckola-
' r-iim. Ils etoiènt fubordonnes au ma gifler officia-
jzum. Comes vacans ^ un officier vétéraoi Comes
-utfliarii ^VLVi garde du linge de, l'Ensgeïeiir.yil s'ap^r
C O M
T33
peîoît ZMfli linee veflis magifier : il étoit fous le
Cornes largitionum privatarum.
, Les i-rançois , en s'érabliflant dans les Gaules ,
n abolirent pas entièrement la forme du gouver-
nement aes Romains. Comme les gouverneurs
des villes & des provinces s'appeloient ComEcs cc
Dhc-Si Lsjic voulurent point y apporter de chan-
gemeut. C-ts gouverneurs commansioient à la
gueiTe;^ & pendant la paix ilsrendoienr la juftîce.
Ainfi J par les Comtes du temps de Charlemagne
il taut entenare le plus fouvent les juges ordi-
naires, & tout enfemble les gouverneurs de villes.
Iis etoient àu-deffous des Dues & des Comtes
qui etorent gouverneurs de pirovinces. Ces der-
niers avoient donc fous eux des Comtes confii-
tues dans les villes part'cuiières , & ne cédoienc
point aux Ducs , qui n éroienr , comme les Com-
tes , que /impies gouverneurs de provinces. Ces
derniers Comtes rendirent leur dignité hérédi-
taire ^fous les derniers Rois de. la deuxième race ,
qui émient trop faibles pour fe faire obéir. Ils
ururpèrent même la fouveraineté, lorfque Hugues
Capet parvint a la couronne , fon autorité n-'érant
ni aflêz reconnue , ni afièz affèr.mie pour s'oo-
pofer à ces ufurpateurs. C’eft de-là qu'eft venu le-
privilège des Comtes ,. de porter une couron.-ier
fur leurs armes. Ils la prirent alors comme jouif-
fint de tous lés droits des fouverains. Mais peu-
Rois ont remis ces Comtés fous leur
obéifîance , & les ont réunis à la couronne..
COMitSSATiO , collation ou repas léger que
faiiorentles Romains peu de temps avant que de-
fe coucher. Suétone ditde Titus (r. 7. n. i. ; qu'il-
prolongeoit jufqu’à minuit ce repas avec Tes amis t
Quod ad mediam noBem comejfationes cum. profa-
fiflimo quoque familiariunt extenderet.-
COMETES. yoyeq;_ Égialée.
COMÉTHE , fiile de Ptérélas. yoyer Amehs-
TR.10N. .
COSîETHO ,. PrêtrsTe de Diane- Fhyrr MÉ-
NALiPPUS-
COMÊthÉ , L-’e ^2 Ptérélas Roi des
Téléboéns, trahir fon père par une fureur de-
l’amour. La deftinée de Ptéiéras aépendoit d'um
cheveu , dont fa fille feule avoir conn-oillance-»
Amphitrion étant venu affiéger Thaphos ,. capitale"
Gâs 'Téléboëns-, ne- pouvoir la prendre^ iorfqsK;
Cométo, devenue ainouremé du généra! ennemi
crut lui plaire en trahilfant fon père; elle gd uoa
donc ce cheveu fatal. Ptérélas fut tué ; & Cométo-^
pour récompenfe de fa peffidie, fut mifeà.morc
par ordre de celui pour l’amour duq-uei elle Ka.voiE
fiiitei
COlHEIro ( Apollon ). Woyeq^ Comævse.
COMICtt , endroit de Rome. dans- la. vnie rér-
giôrï-,.au pied. du. mont Palatia;,, vers: le. eagitalfeia
134 CO M
proche le fo"u.ni romaiir j où fe tenoicrit ordinai-
jeîT'cnt les Comices par curies, il u eioit , félon
toute apparence , ferrac que d'un !r.ur_ percé _de
deux portes J par une delqueiies une curie forcoit,
tandis' que la curie fuivante enrroit par Taucre ^
félon l'ordre gardé dans les ovU'm on fepta , zu.
champ de Mars. Une lu: couvert qu en 34). On
y ht auiTi des portiques , & on y éleva des Ibtues;
cfétoit-îà qu était le putc'sl Hbor.is ^ i’aucel ou les
magirtrars prêtoient ferment; ie figuier fauvage
fous lequel la louve a\«oit allaité Rémus & Ro-
mulus ; ia Grande pierre notre que Romulus ehoilît
de fon vivant pour fa tombe, &c. On y jugeo^t
certaines caufes. On y punifidic les malfaiteurs ;
en y fouettoir à mort ceux qui avoient corrompu
des vertales. On croit en \ oir aujourd hui les reftes
entre les églifes de Ste Marte la Libératrice éc cis
S- Théodore.
CO MIC RS. C’eR ainfî qu'on appeloi: les affem-
blées du peuple Romain , qui avotent pour objets
les afftires del Etat, comitia. Elles eioicnt convo-
quées & dirigées, ou par un des deux Conluls ,
ou dans la vacance des Confu's par i'Interrex ,
par un Préteur , un Diefateur , un fribun du peu-
ple , un fouverain Fontire (ce qui n'écoit pas or-
diinire ) un Décemvir ou un Edile.
Les Comices fe tencient pour Péieélion d’un
magifîraî, pour quelque innovation dans les ioix ,
pour une rtfolution de guerre , réledlion d’un
gouverneur , la dépofuion d’un général , ou pour
le jugement â’un citoyen. On s’aîïembloic dans
le champ de Mars 011 dans le forum , à l’endroit
anpelc comnium , ou dans le capitole. Les citoyens
h'abitansce Rome , ou des autres parties de l’em-
pire Romain , y étoient indiilinétement admis.
Cn ifafiembloit point de Comices les jours de
fêtes, les jours de foires, ni les jours malheu-
reux. De forte qu’il n’y avoir dans l’année que
184 jours de Comices , marqués psr un C dans le
calendrier de Jules-Céfar , & appelés comitiaux.
Ils étoient remis quand il tonnoi: ou quand il fai-
foit mauvais temps, jove tonante , faigurame ,
comitia populi liahere nefas ,- lorfqiie les augures
ne pouvoient commencer ou continuer leurs ob-
fervatiens. La liberté des affembiées Romaines
fut très-cenée fous Jules-Ctfar, moins fous Au-
guffe , plus ou moins dans la fuite , félon le carac-
tère des Empereurs.
La diifincfioa des Comices fuivit la diftribution
du peuple Romain. Le peuple Romain étoi: divifé
en centuries, en curies &: en tribus : il y eut doac,
fur-tout dans les commencemens, les Comices ap-
pelées comitia. trïhuta , les ettnata 8c les centuriata.
Jls prirent auffi des ncftms différens , fuivant les
ungiftratures auxquelles ils dévoient pourvoir; &
ii y eut les Comices confaltria , pra.ta'i.'i , ndilitia ,
cenfori.: , poraif.cia , pi'oçonfularia , proprttoria 8c
tribtmrtia, fans compter d'autres Comices , dont
i’ubjet étant particulier , le nom l'écoic auiTi, tels
que les calaia.
COM
Comices dits sdilitia , affembiées où Ton elifoit
les Ediles Curules Se Plébé'iens; clies étoient çuel-
quefois convoquées par les Tribuns du peuple
quelquefois par les Ediles ; le peuple y étoit dif-
tribué par tribus.
Comices dits calata y le peuple y étoit dilfribué
par curies ou par centuries. C'éroit un Liéteur qui
appeloit les curies ; c’étoit un Cornicere qui appe-
loir les centuries ; elles étoient demandées par fe
college des Prêtres, & convoquées par les Con-
fuls ; on élifoit dans les centuries un rex facrip.
culus , Se dans les curies un fiaminc ; on n'appe-
loit que dix-fept tribus : ce n’ét«ient donc pas
proprement des affembiées qu’on pût nommer co~
mitia, mais confilia; on y fâifoit les aéies appelés
adrogations ou adoptions de ceux qui étoient leurs
maîtres , fui juris ; on y paffoit les tefiamens ap-
pelés de ce nom , tefamenta calata j on y traitoit
de la cérémonie appelée teflatio facrorum , ou de
l'accomplilîement des legs deftinés aux ciiofes
ficrées , félon quelques-uns, ou de la confécra-
tion des édifices félon d’autres.
Comices Ans cenforia , a'iemblces ou l’on élifoit
les Cenfenrs : ie peuple y étoit dil-rioué par cen-
turies , un des Confu'.s y préiidoit ; le Cenfeur
élu entroit en charge immédiatement après l’élec-
tion , à moins qu’il n'y eût quelque caufe de
nullité.
Comices dits cer.tjiricta, affemblees ou le peu-
ple étoit dilfribué en 193 centuries : on y decidoit
les affaires à ia pluralité des voix des centuries ;
on en fait remonter l’inftitution juf'qiies fous le
Roi Servies Tullius ; on y élifoit , au temps de la
république, les Confuls , les Préteurs, les Cen-
feurs, quelquefois les Proconfuls, le rex facronm;
on y délibéroic des loix , des traités ce paix , des
déclarations de guerres , du ingement d un ci-
toyen in crimine perdutliiems. Les Confuls y pré-
fîdoient , en leur abfence c’étoient les Diétareurs,
les Tribuns militaires qui avoient puiffançe coa-
fulaire , les Décemvirs appelés legilas feriiendts ,
Vinterrex j on les annonçoit au peuple par des
; crieurs ou par des affiches ou publications faites
dans trois marchés confécutifs ; on ne les tenoit
point dans la ville , parce qu’une partie du peupiC
s’y trouvoit en armes; c’étoit au champ de .Mars-
O land les Quefteurs ou Tribuns du peuple
fidoient, il ne s’agiiToit que du jugement dun
citoyen ; cependant il falloir que le Comice fut
autorifépar le confentement d’un Conful. Lyti-
que l’objet de l’affemblée étoit ou la publication
d’une loi , ou le jugement d’un citoyen j
n’avoit point de jour fixe ; s’il s’agiffoic de 1 élec-
tion d’un magiffiv.r , elle fe faifoit uéeeffairement
ava«t que le temps de la fonélion de cette magu'
trature fût expiré. Il n’y eut cependant de
fixe qu’en 60c; ce fut le premier Janvier. .
11 faüoit toujours l’agrément du Sénat; & ,
i dépendait de lui d'infirmer ou de cenfirmer l-i de
! iibérafior- qu Comice. Ces actes du delpotifmç p^'
COM
trk?ea déplaifoient au peuple ; & QylnîHS PQ-
bhus Fhiio parviBt à ks réprimer ^ en taifant pro-
pofer au peuple les fuiets de délibération & les
opinions du Sénat ^ par le Sénat même j ce qu'on
appeloit autores péri. Le peuple devint ainfi juge
des délibérations du Sénat , au-!ieu que le Sénat
avoir été jufqa'alors juge des fiennes. Quand le
Scnat vouloir des Comices , on les pubüoit comme
BOUS avons dit; le jour venu , on confuitoic les
Augures J on faerifioit; & s'il ne furvenoit aucun
obftacle le Préfiaent conduifoit le peuple au
champ de Mars. Là , il propofoit le fujet de îa
délibération J Favis du Sénats & difok au peu-
ple: Rogo vos , quirites , velitis , jubeatis , &c,
Auflîcôc chaque citoyen fe rangeoit dans fa ciaffe
& dans fa centurie; on commençoit à prendre les
voix par la première clafTe & dans cette ciaffe
par les dix-huit centuries de chevaliers ; on paf-
foit enfuite aux quatre-vingt autres centuries.
Quand le confentement étoit unanime l'affaire
étoit prefque terminée. Si les fenrimens étoient
partagés , on prenoit les voixjde la fécondé ciaffe ;
en cas de partage des voix , on prenoit celles de
la troifîème ; & ainlî de fuite jufqu'à la quatre-
vingt-dix-feptième. En cas d’égalité de voix dans
les cinq premières claffes, ou dans les 19a cen-
turies qui les compofoient , la lîxième ciaffe dé-
cidoit. On alloit rarement jufqu'à la quatrième ou
cinquième ciaffe. Sous la république ^ on metroit
tous les noms des centuries dans un vafe, & l'on
en tiroir au fort le rang de voter. La première
centurie tirée s'appeloit centuria pr&rogadva. Les
autres centuries adhéroient ordinairement à fon
avis, & cette centurie à l'avis de celui qui votoit
le premier. Les Candidats ne négîigeoient doTTc
pas de s’affûter de cette première voix. Les cen-
turies qui doniToient leurs voix après la première ,
fèlon que le fort en avoir ordonné , s'appeloient
jur& vocatü. Il importoit encore beaucoup de
s’affurer de la voix du premier de chaque jure
vocata.
Ces Comices par curies repréfentèrent dans îa
fuite les Comices par tribus ; au-!ieu qu'ancien-
nement on n'entroit point en charge fans avoir
ctê élu par les Comices , appelés tributaria & cen-
turiata. Alors le peuple votoit à haute voix ;
comme cela n'étoit pas fans inconvénient, il fut
arrêté en 611 , far les repréfentations du Tribun
Gabinius, que les voix fe prendroient autrement.
On employa des tablettes. S'il s'agiffoit de laix,
on tnettoit fur la tablette les lettres V. R. uti
'’ogas , ou la lettre A. antiqao , j'abroge. Pour
l'eleélion d’un Magiflrat , on mettoit fur la ta-
olette la première lettre de fon nom. Ces tablettes
étant dilîn’buées au peuple par ks Diribiteurs ,
la^ centurie dite pr&rogativa , appelé# par un
crievir , approchoit & entroit dans une enceinte ;.
on en recevoir les tablettes fur le pont à mefure
quelle paffoit, & on les jetoit dans des urnes
gardées par les cajîoa'sjqj peux empêcher k firaiide. ■
C O M 135
Qnand les tablettes étoient toutes reçues , les
ciiftodes OH gardiens les tiraient des urnes , & fé-
paroient celles qui étoient pour & contre, ce
qui s’appeloit dirimere fufragia ^ ils marquoienc
les fuffrages différens par le moyen des points :
ainfi des autres centuries. Lorfqu’il y avoir
égalité de voix , & que par conféquent la diffé-
rence étoit nulle , on n'annonçoit point cette
centurie , & on la paffoit fans mot dire , excepté
dans les affaires capitales, ou quand il s’agiffoit
d'emploi ; alors on faifoit tirer au fort les Candi-
dats. Pour le confulat, il falloir avoir non-feule-
ment l’avantage des fuffrages fur fes compéti-
teurs, mais réunir plus de la moitié des fuffrages
de ch.aque centurie. Alors que Féieciion étoit va-
lable, celui qui tenoit les Comices, difoit : Quod
miki , magiflratuique meo , populo , plebique B.o-
man& bene atque feleciter eveniat , L. Miursnam
confulem renuntie. Cela fait , les Comices fe fépa-
roient; on accompagnoit l'élu jufques chez lui ,
avec des acclamations , & l’on rendoic les mêases
honneurs à celui qui fortoit de charge.
Comices confulaires ; le peuple y était difirfbué
par centuries ; on y élifoit les Confuls. Les pre-
miers fe tinrent en 24y par Sp. Lucretius, in-
terrex pour lors , & on y nomma Confuls iff.
Jun. Brutus & Tarqiiinms Collatinns. On créa
fouvent un interrex pour préfîder à ces Comices ,
quand l'éleélion des Confuls ne fe pouvoit faire
au temps marqué. \J interrex fous lequel l’élection
des Confuls fe commençoit, n’en voyoit pas or-
dinairement la conclufion, fon règne n’étant que
de cinq jours ; on en créoit donc un fécond. Ce
fut dans la fuite à un Conful à tenir les Comices
confulaires. Au défaut d’Exconfïil , on créGÎt un
Dictateur. lisfetenoient à la fin du mois de Juillet:
ou au commencement d'Août. Lorfque les féances
étoient interrompues j l'éleélion duroit jufqu'atî
mois d'Oélobre. Cependant les Candidats ou pré-
tendans au Confulat s’appeloient Corfuls défignés „
Confules defignati ,• la fonélion des Biâateurs
ne finiffoit qu'au premier Janvier ; & avant qu'orï
eût fixé le premier Janvier,. qu'aux premiers jours
de Mars. Alors les Confuls défignés entroient e»
exercice. Voye-i^ les Csmices Centuriata.
Comices dits curiata ; affemblées OÙ le peuple
étoit diitri’oué dans fes trente curies, & où l'oiï
terminoit les affaires félon le plus grand nombre
de voix des curies. On en fait remonter l'origine
jufques fous Romuliis. On dit même qu'à la mort
d'un Roi , on en élifoit un autre par curies : e'étofe
alors un interrex qui tensit les Comices ^ dans la
fuite ce furent les Confuls , les Fréteurs;, les Dic-
tateurs, les Interrex , les fouverains Pontifes,,
auxquels cependant les hÜloriens n'attribuent pas
ce droit unanimement. On délibéra dans ces Co-
mices des loix & des affaires capitales des-citoyens 5
on y procéda à l'éleélion des premiers MagSiratS j
jufqu'à ce que Servius Tullius fnllituât les Comi-
ces dits centuriata & y traasfeïât les. affames, ks
i3<7 COM
pius importantes. Les Augures y étoient appelés ,
parce qu'il ne fe renoir jamais de Comices qazpK»
les avoir confultés. On ydecidoitde ce qui concer-
noir Je commandement des armées , les forces
des armées , des légions qu on accorderoit aux
Confuls , du gouv'ernement des provinces j & au-
tres affaires relatives à la police 6i à la guerre.
C droit encore dans ces afîemüiees que fe failoient
les adoptions , les teftamens , ré'iedtion des fia-
mines , 5cc biles n’ctoient compofées que des ha-
bitans de Rome , parce qu’il n’y avoit qu’eux qui
fiiiîénr divifés en curies : le forum Romain en
étoit le lieu. On y ctoit convoqué par des crieurs.
Celui qui y préfidoic propofoit 1 affaire , & il
ajoutoit : i>i itu voois videtur , quirites difceditc
in curias 6” fufragium inite : chacun fe rangeoit
dans fa curie ; on droit au fort le rang des curies j
elles donnoient leurs fuffrages , qu’on ne prenoit
que Jufqu’à ce qu’il y eut feize curies d’un même
avis. Les délibérations étoient précédées par des
Auaures , & eiles n'avcient lieu que dans le cas
où rien ne s’y oppofoit de leur part. Lorfqu’on eut
inflicué les Comices appelés diftributia , les droits
des Comices dits curiuta , fe réduilîtent à 11 peu
de chofe , que les trente Licteurs des curies s’af-
feniblèrent feuls:, & décidèrent des affaires pour
lefqtiellcs on avoit auparavant convoqué les cu-
ries. .A.U refte , ils ne fe tinrent jamais qu’aux jours
comitiaux ^ fans égard pour la faifon.
Comices dits pontificia ; le peuple y étoit alfem-
b!é au nombre feulement de 17 Tribus choifies
par le fort. On y élifoic le fouverain Pontife. Ce
fut un Pontife qui les convoqua & qui les tint
jufqu'à ce que ce droit eût été transféré aux Con-
fuls par la loi Domina.
Comices dits pritoria ; le peuple y étoit alTem-
blé par centuries ; on y élifoit les Préteurs j &
ils étoient tenus par un Coiiful. Comme il y avoit
quelquefois jufqu’à dix Préteurs à nommer, &
que ie nombre des Candidats étoit grand les
féances duroient 11 long- tems qu’on divifoit l’élec-
tion, & qu’on différoit celle vie quelques Préteurs.
Ces Comices fe tenoient , un , deux , trois jours ,
& rarement plus tard , après les ■ comices con-
fulaires.
Comices dits Proconfulariu & Propretoria ; le
peuple y étoit affembié par tribus ; on y élifoit
les Proconfiiîs & les Propréteurs , lorfqu’il y avoit
piufîeurs gouvernemens de provinces à remplir ,
plufieurs guerres à conduire , ou même -torfqu’il
y avoit une feule guerre ou un feul gouvernement
demandé par les deux Confuls ou Préteurs en
même temps. Quant à la manière de les tenir ,
P’bveç les comices aits centuriata.
Comices dits qu&ftoria ,• le peuple y fut d’abord
affembié par curies , & on y élut les Quefleurs
jufqu’à ce que ce droit fût transféré aux comices
par tribus. Ils étoient tenus par un Conful ; on y
pvocédpit par curies dans le forum Romain , &
par tribus dans le champ de Mars.
COM
Comkes àits facerdotum ; le peuple y étoit af-
fembié par tribus ; on y élifoic les Prêtres , & il
Conful y préi'idoit.
Comices dits tribunitia ; ils fe tenoient par
tribus j ony élifoit les Tribuns militaires. Ik com-
mencèrent en 593 ; les uns étoient au choix du
peuple, les autres àu choix du général, & on les
dilfinguoic des premiers par le nom de Tribuni
rufuli. Il ne faut pas confondre ces Comices avec
ceux ou l’on élifoit les Tribuns militaires, Con-
fuLari poteftate , car ceux-ci étoient alfemblés par
centuries, ni avec ceux où l’on créoit les Tribuns
du peuple. Quoique le peuple y fût convoqué par
tribus , ils n’étoient cependant point tenus par
un Conful, mais par un l'ribun.
Comices dits tributa ; affemblées ou le peijple
étoit divifé en fes trente-cinq tribus. -Ils commen-
cèrent en Z63 , dans l’affaire de Marcius Coriolan,
& la loi publicia les autorifa en z8z. Dans les
comices par centuries , tout dépendoit , comme
on a vu , de la première clalfe ; dans ceux-ci , au
contraire, c’étoit le peuple entier qui décidoit.
Les capite-cenfi ou praietarii , ou ceux de la
(ïxième clafTc , votoient comme ceux de la
première. On y éiifoit tous les .Magiftrats compris
fous h dénomination de magifiraeus urbani mi-
nores ordinarii ; favoir , les Édiles curules & Plé-
béiens, les Tribuns du peuple, les Quefleurs,
les Triumvirs dits capitules , les Triumvirs noc-
turnes, les Triumvirs dits monetaUs y les Magif-
trats dits urbani minores extraordinarii , comme
les Préfets des vivres , les Duumvirs dits navales ,
les Quefleurs du parricide , les Infpeéteurs des
rues & chemins, les Clmnqntyns mûris tunibuf-
que refeiendis , les Triumvirs ou Quinquevirs
dits menfarii y les Magilf rats dits provinciales or-
dinarii , comme les Proconfuls, Propréteurs &
Proquefieurs ; les Magiftrats dits provinciales ex-
traordinarii , comme les Triumvirs, les Quinque-
virs ou Septemvirs , colonie, deducende aut agris
dividundis , quelques-uns des Tribuns militaires,
qu’on appeloit par cette raifon Tribuni comiûati ,
& les Prêtres des collèges. On y faifoit auflî le*
loix appelées Plébifcites; on y jugeoit les ci-
toyens , mais non pour caufe capitale ; ik pou'
voient y être condamnés à l’amende ou à 1 exil.
On y décernoit le triomphe ; on y traitoit des
privilèges des citoyens , des alliances, de l’exemp-
tion de la loi , &cc. Ils étoient tenus par les Dic-
tateurs, les Confuls , les Tribuns militaires,
fulari potefiate , les Préteurs & les Tribuns du
peuple , avec cette différence que ces derniers 0 f
pouvoient que décider les affaires, & quil aP'
partenoit aux premiers d’y pourvoir aux dignités*
Ces afîcmblées fe lenoient fans le confen-
tement du Sénat , & les Augures ne pouvoient
les empêcher ni les retarder. On élifoit^ les_i«a-
gjflrats dans le champ de Mars ; on y expédioit le*
autres aff.u'res , ou au capitole ou dans le
Romain, iis fe tenoient les jours comitiaux : f _
‘ n’alfembloit
n’afrembloit qns dix-fept tribu; posr î’éiedion
d’un Prêtre ; alors celui qui en avoir neuf pour
lui ■ étoit nommé. Ces Comices par tribus ne méri-
toienr , à proprement parler j que le nom de con-
fina. plebis ; aucun Patricien n'y aiîîftoit , n’étant
point formés du peuple entier ^ mais feulement du
commun du peuple , plebs.^
COMINIA , famiiie Romaine j dent oa a des
médailles :
RRR, en bronze.
O. en or.
O. en argent.
COMIOS , dans les Gaules.
Ses médailles autonomes font :
RRR. en arge.nt. . . . PeLlerin.
O. en or.
O, en bronze.
COMITATENSES , 'i , , • „
COMITATUS C droit Ro-
main J qui défignoient le cortège du Prince &
ceux qui le compofoierrt.
CO^iMAGENE. Les Reis de Commagene ,
dont on a des médailles, font :
Samus , Thcofebes & Le Jufie.
Antiocnus IV, Roi ^ grand Roi.
.Totape
Épiphané & Ca’Jinicus, ....
li y en a auui des médailles incertaines.
Le lymbole ordinaire de cette contrée efl la
Commagene , herbe qui y croiflbit , dont Pline a
célébré les vertus , & que Dalechamp a pris pour
le nard de Syrie.
CoMMAGÈNE, en Syrie. KOMMAniNfitN.
Les médaillés autonomes de cette ville font i
RRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Leur type ordinaire efl le capricorne.
^^CoMMAGENE. Cette plante , dont Pline a cc-
IcDre les vertus, placée fur les médailles, elt le
fymboie ordinaire de la Commagene , & le type
ordinaire de Samofate.
COMMANIPULARIS ,
COMMANIP UL US ,
COMMANIPULO ,
compagnie , ou manipule. Nous trouvons le pre-
mier mot dans Tacite ( hifi. iv. 46. 7. ) ; Prenfiare
csmmiiiupularium. peBora. On trouve le fécond
dans Spartien ' Peficenn. c. 10. ). Le troilième fe
lit dans une ancienne infcription : Commakipu-
LUS. ET. HERES. EJUS. CONTUBERNALI. KARIS-
SlJvtO.
}
foldat d’une même
COMMtAi US , congé à temps donné à un
fcldat par fon Tribun.
. COMMENCEMENS
Voyer ANNEES DE J. C.
Anûq-dités , Tome IL
des différentes années.
fiOMMENTACULUM. Les Prêtres affec'
toient chez les Rom.ains un langage furanné &
minreiligible pour les autres citoyens 5 tel étoit ce
mot dont ils fe fervoient pour défigner une ba-
guette. Iis la porroient dans les marc’hes publi-
ques , aSn d’écarter la populace. Feftus nous a
conferve cette bizarrerie; Comment aciilam
gertus virgule , quant fiamines porcahant , pergentes
adfiacrficium , ut à fie komines amoverent,
COMMENTARIENSIS. >
COMMitNT ARIlS. f Les mots cota-
COMMENTARIUM. ( mentarius &C com-
COMMENTARIUS. 3
mentarîum lignifient un compte, ou un état, ou
un^ regifrre 5 celui de commentarienfis , un greffier
qui étoit auffi défigné par cette autre expreflion à
cotnmentariis. Les marbres antiques offrent mille
fois cette dernière expreffion jointe aux noms des
chofes dont le régître étoit chargé. Ainfi , a corn-
mentariis aquarum, défignent l’officier prépofé à 'a
diflnbution des eaux qu’apportoit relou tel aque-
duc ; d commentariis ratioràs hereditatum , délî-
gnent le tréforier des fommes que levoient les
Empereurs fur les héritages, &c. &c.
f-O^^AÎtRCE. P oye^ le UiSionnaire de Com-
merce. I
COM MIS S 10. ■)
COAIMITTERE. > Celui qui donnoit des ieuï
^ COMMISSOR. 3
ctoir appelé commijfor , & la célébration des jeux,
ccmmtffîo. Mais le mot committere avoit une ligni-
fication plus reftreinte,- il exprimoit l’a&tion dVi?-
parier deux Athlètes , deux Gladiateurs, deux
Orateurs ou deux Poëres pour difpater an prix,
ou une couronne.
COxMMODE 3 fils de Marc-Aurèle , Lucius
Ælius AüreliusCommodus .4ug.ouMarcus
Aureliu5 CoMMODus Antoninüs Augustüs.
Ses médailles font:
RRR. en or; il y a quelques revers RRRR.
RRRR. en médaillons d’or. "
RRR. en quinaires d’or.
RRRR. en médailles grecques d’or ; au re7eî«
on vo:t la tête du Roi Saurotnate.
C. eb argent ; il y a quelques revers RS.
C. en G. B. On trouve dans ce module la tête
deFauîtine au revers de Commode :îI y a au fur-
plus un grand nombre d'autres revers" rares ,, âc
très- rares.
C. en M. B.
RRR. en G. B. de colonies.
R. en M. & P. B.
R. en G. B. grec.
C. en M. & P. B. & RR. en M. B. au revet^
des tetes de Marc-.Aurèle & de Faultine.
RR. en G. B. d’Egvpte.
Moins rares dans les autres modules.
On trefuve plus de 120 médaillons latins Ss
grecs de ce règne.
S
■13 s COM
Malgré la rareté des médailles d’or de C»m~
mode J il y en a trente-huit différentes , avec deux
médaillons dans le cabinet du Roi. Cette fuite Im-
périale d’or eft la plus nombreufe & la plus riche
qu’on ait jamais formée.
« La dernière école de l’art > dit Winckelmann
( kift. de £Art. vi. c. 7. ) créée , pour ainfî dire j
par Kadrien, de l’art même tombèrent en déca-
dence fous & après le règne de Commode , l’indi-
gne fils & fuccelîèur de Marc-Aurèle. Du refte ,
I Artifte qui fit la belle tête de cet Empereur
jeune, fait honneur à l’art. Cette tête, qu’on
voit aujourd’hui au capitole, paroit avoir été faire
dans le temps que Commode monta fur le trône ,
c’eft-a-dire , dans la dix-neuvième année de fon
âge. Mais la beauté de ce morceau nous prouve
que le maître qui le fit avoit peu de rivaux, il eft
certain que toutes les têtes des Empereurs fuivans
ne font pas com.parables a celle de Commode. ^
« Les médaillons de bronze de cet Empereur
méritent , auffi bien pour le deflîn que pour l’exé-
cution , d'être rangés parmi les plus belles mé-
dailles Impériales. Les coins de quelques-unes de
ces médaillés font gravés d’une fi grande fineffe ,
que fur une entre - autres qui repréfente une
Roma , afSfe fur une arm.ure , & offrant un globe
à Com.mode , on diftingue aux pieds de la Déeffe
les petites têtes des animaux dont les peaux fer-
voient à faire des fouliers {Buonarroti, Ojf. fopr.
alc^Medagl. tav. 7. n°. y. ). Il eft vrai qu’un ou- .
vrage en petit ne fournit pas une induélion sûre i
en faveur d’un travail en grand ; celui qui fait fitire
le modèle d’un petit navire , n’a pas pour cela la
capacité de conftruire un vaiffeau qui puif& braver
la fureur des flots. Sans cette confidération , plu-
fiears des figures placées fur les revers des mé-
dailles des^ Empereurs fuivans , qui font affez
l^ien deffinées , feroient tirer de faufles conc’u-
fions fur les principes généraux de l’art. Achille ,
deffiné paffablement en petit , paroît un Therfite
étant exécuté en grand par la même main. Le
même effet réfiilte de la diminution & de l’aug-
mentation des figures ; mais il eft plus facile de
paffer du grand au petit dans le deftln, que du petit
au grand : comme il eft de fait qu'on voit mieux
de haut en bas que de bas en haut. Santé ^artoli
crt une preuve de cette aflertion ; bon dciTmateur
gç bon graveur à l’eau-forte, il s’eft acquis de la
réputation en publiant quelques ouvrages de l’an-
tiquité. lia du mérite tant qu’il defline de petites
figures de la grandeur de celles des colonnes de
Trajan & de Marc-Aurele ; mais lorfqu’il veut
pMr cette mefure & deifiner plus en grand , il
îj’eft plus le même , comme le prouve fa colleaion
de bas-reliefs , connue fous ce titre ; Admiranda
antiquitaüs. Du refte , i! eft pofflble oue les revers
de quelques médailles du troifiême fiècle qui an-
noncent un travail fupérieur à l’idée que nous
a\ ons de ce temps , foicut fottis de coins plus j
atiiiiens. » r
C O Aî
« Le Sénat ayant réfolu d’anéantir la mémoire
de Commode , comm.ença par faire détruire fes
images. Le Cardinal Alexandre Albani, en faifant
creiifer les fondemens de fa fuperbe maifon de
plaifance à Nettuno , au bord de la mer, près de
l’ancien Antium , trouva plufieurs buftes & têtes,
de cet Empereur , portoient des marques de
mutilation. A tGUte?Tes têtes on voyoitque le vi-
fage avoit été détruit à coups d’outil.»
C’eft à tort que l’on a cru reconnoître Com~
mode dans l’Hercule du Belvédère , qui porte un
enfant fur fa peau de lion ( Hercule)^
de même que dans la figure du palais Farnèfe ,
qui porte un jeune homme mort. (Foyej Atrée.)
Ce tyran fai-ouche & infenfé voulut donner fou
nom au mois d’Aout : de-là eft venue l’infcrip-
tion fuivante trouvée à Lanuvium t
IDUS COMMCDAS
ELIANO COS.
Il avoit ajouté aufli fon nom à celui de Rome, &
il l’appeloit Keupuê'tay'ïti.
COMMODÈVES, nom de quelques Divinités
champêtres des Gaules.
COMMUNIS Libertas Legionis Quarts.. Mu-
ratori ( Tkef. Infer. 874. ) rapporte l'infeription
fuivante , de laquelle il conclut que les légions
avoient des efclaves & des affranchis ; mais iL
n’ofe donner aucune explication du mot vlvo.
D. M.
CENIS. DOMIT. Vir
ANN. LX. ET. AFFUTl
ARISTONIS CONJUGI EJVS
VIVO AUI. IMPERATCRI3
COMMUNIS LI3. LEG. IIII.
EARENTIBUS PIISSIMIS
POSUIT..
COSIMÜNS (Dieux) , D/i communes. On dom
noir ce nom chez les Romains aux Dieux qui
étoient adorés par plufieurs nations , & à ceu^x qui
protégeoient indiftinélement l’ami & l’ennemij
du nombre des premiers étoient Jupiter, Venus,
le Soleil, Src. ; du nombre des derniers. Mais j
Bellone , la Vîéioire , &c.
COMPAR. Ce nom défigne un mari dans I
taphe fuivante ( Gruter. 793. n. 9.) :
JULIA. MATRONA
ADR. AQUILINO. COMP -
COMPARARE défignoit h divifion des ptf
vinces à délendre , faite entre les Confuls aptes
leur éleftion, & l’appariement des Gladiaccors
C O M
COMPAS. Les Poètes ont fait honneur de foéi
invention à Icare 5 mais H7gin {fab. 274. } l'a
rcliituee à Perdïx, fils de la fœur de Dxdalus; &
il ajoute que cet habile mécanicien , jaious de
îa gio;re de fon neveu, le tua. II eft cependant
difficile de croire que le célèbre labyrinthe de
Dédale ait pu être deffiiîé & bâti fans compas.
Le cabinet d’Hercuianum renferme pîufieurs
inurumeas de géométrie , tels que des mefures de
longueurs repliées fur elles-mêmes , des compas
de ddfcrciites granderîrs , parmi lefquels il faut
remarqtîer une efpèce às compas de rédu&ion. Ce
compas a , comme les nôtres , quatre pointes qui
forment deuxangiesoppofésaufommet, un grand
& i autre petit j de forte que ce dernier eft de la
moitié de Tautre , & ifindique par conféquent
que la moitié de la hgne qu^on mefurc avec le
prem-er. ' f
On voit un femblable compas fur une Sardoine
antique de Fricoront ( Gem. Ihter. 4®. l'fy.
tav. 6. ) , où il fe trouve gravé à coté d'une
équerre & d'une herminette.
COM
des figurés de laine qui repréfentoient des hom-
mes & des femmes , en priant les Lares & la
Manie de fe contenter de ces figures , & d’épar-
gner les gens de la maifonj pour les efclaves, au*
lieu de figures d'hommes , on offroit des balles
ou pelottes de laine. ÇScaliger , poet. 1. i. c. 28. )
Le Roi Tullius avoir établi que les efclaves qui
célébfoient les cotnphalss , jouiroient de la überce
pendant tout le temps que dureroit la fête ; c’étoit
en effet un moyen très-propre à procurer l’avan-
tage des familles , que de gagner i'affedlion des
efclaves , en les faifant jouir quelques-temps de la
liberté. Augufte ordonna qu’on orneroit de fleurs
deux fois l'année , au printemps & en été , les
liatues des Dieux Lares Guiétoient dans lès carre-
fours.
COMPITALICE , compitalicius , qui appar-
tient aux fêtes compitales. Le jour compztÆce ,
dzes compitaizctus , étoit celui auquel on célébroit
les compitales. Les jeux compitaUces , ludi com-
pitalitii , étoient les jeux qui fe faifoient à cette
COMPITALES J fêtes qui fe céîébroient chez
les anciens en l'honneur des Dieux Lares; compi-
taiizia. Ce mot vient du latin compitum , un carre-
four ; & cette réte fut amiî appelée , parce qu’elle
fe cciêoroït dans les carrefours. Les compitales
furent inftituées par Servius Tullius, lîxième Roi
QC Rome ; c eft-a-dire , qu'il les établit à Rome.
Qnoiqiie Dion dife dans fon quatrième Livre que
cette fête fe célébra d’abord peu de temps après
les Saturnales, il paroit néanmoins qu’elle n'avoit
poinr détour fixe, au moins au temps de Yarron ,
comme l'a remarqué Cafaubon {in Suet. Aicg. c.
3 1- )• 11 t! y avoir alors de compitales qu'une fois
chaque^ annee ; mais .Augufte les fit célébrer deux
fois. C croît une fcre mooile. Se le lour auquel*
la devojt célébrer s’an.nonçoit tous les ans.
C’étoit ordinairement dans le mois de Mai , com-
wie le prouvent les Faites d'Ovide & le Calendrier
Romain.
On facrifioit une truie pendant les compitales
{ Proper. l. iv. él. I. }. Les Prêtres qui céîébroient
ces fetes etoient des efclaves & des affran.chis.
Les compitales furent inftituées , dit Macrobe ,
i Satzimal. I. r. 7.) non-feulement à l'honneur des
Lares , mais auffi de la Manie , leur mère. Elles
furent miles en oubli bientôt après leur inllitu-
tion ; mais Tarquin-Ie -Superbe les rétablit; &
1 O^'^cle , qui ordonna ouè i'on
fa enflât des têtes pour des têtes, c’elt- à-dire ,
pour la fante & la profpérité de chaque famille,
enfans. Brutus , après avoir
chaüe les Rois , interpréta les parole s de l'Oracle ,
& orûonna qu aa-iieu de têtes d’enfans on offrît
a ces Dieux des têtes de pavots.
Pe-naanlt les compitales, chapue fîmiîîê tréttoit
porre de fi maifon h ftarue de la DéeTe Àîa-
nie. On ftifpen-aoît auffi aux portes des maifons
Ces noms font dérivés de compitum ou compe-
tum, qui vient de competo , je concours; c’eft un
endroit où pîufieurs rues concourent , aboutif-
fent. Avant la fondation de Rome, les compi-
tales fe céîébroient dans les carrefours des vida-
ges y car cette fête eft plus ancienne que Rome.
Les anciens élevoient dans le milieu des carre-
fours de petits temples percés d'autant de portes
qu'il ^y ayoit de rues aboutiffant à ce carrefour.
De-là vint le culte rendu aux carrefours eux-
mêmes ( Voyei CARS.EFOUR.)
On voit à Yérone une infeription qui attelle
l’exiilence de ces petits temples : Compitum re-
FECERUNT TECTUM PARIETF.S ALLEVARUNX
VALTAS LIMEN DE SUA PECUNIA L-4.RIBUS
DANT COSSO CORNELIO LENTULO L. PlSONS
AUGURE COSS.
Dans les champs on voyoit de fimpîes niches
au-liea de temples dans les carrefours ; & le» la-
boureurs y entaiToient par forme d’offrande des
jougs brifés ( Interp. Perf fat. iv. IJ.').
COMPLICES dii, c'étoie.nt les mêmes qaè
ceux appelés confentes. Arnobe dit ( adv. gentes.
l. 5 - )•■ Mos co ifcntes & compiiees ketrufei aiurit
& nomhiant ; & il explique ce furnom, q^uhd ank
oriantur occidant unà.
CÙMPLOSUS. V'oyej_ Applaudîssemens.
COMPLUVIUM , efpace vuide , ou cour
placée dans le centre des bâtimeas Romains ,
pour recevoir les eaux des toirs.
^ CO-MFOSITin. Le dernier ordre que les anciens
aient trouve , eir l’ordre compofte ou romain. Il
confifte en une colonne avec un chapiteau corin-
thien, auquel on 2 ajouré les volutes de l’ordre
ionique. L arc de Titus eft le plus ancien édiiice
qui nous relie de cet ordre.
S -fj
140 C O M
COi'ÎPOtSERE Claàiatores. Vpyci Appa-
rier.
COMPULSOR , Sergent ou Huififier qui exi-
geoit le paiement des fommes dues au fifc.
COMTE. Tiayej- CoMES.
COMUSj Dieu de la joie , de la bonne chère
desdanfes nodïurnes. Dieu favori de la jeunefie
libertine. On le repréfente jeune , la face enlumi-
née dhvreife , & la tête couronnée de rofès ,
parce qu’on' s'en couronnoit affez ordinairement
dans les fellins. C’ell de Cornus , dit Philoftrate ,
que vient , ou comejfuri , faire bonne
chère.
CoMUS air de danfe chez les Grecs. ’
CON.\N.A , dans la Pifidie. komaneoï.
Cette ville a fait frapper des médailles Impé-
lial^ grecques en l’honneur de M. Aurêle j de
Sept. Sévère ^ d’.A.!ex. Sévère. *■
CONC. Sur les médailles de colonies. Voyei^
CONCORDIA.
CONCHA , mefure romaine, valant la moitié
du cyathe , pefant 5 drachmes , i fcripule Se zo
grains d’huile.
CONCHYLIUM. Voyei Pourpre.
CONCILJABULUM. Servius dit que ce nom
défîgnoit l’endroit d’une province où les Préteurs
ctabüffbient des foires. Les Propréteurs , les Pro-
confuls y faifoient auffi aflembler les peuples de
la province pour leur rendre la jiillice. Ce con-
cours nombreux fit par la fuite ériger en muni-
cipes ces condtiahulum.
CONCILIUM. , alTemblée du peuple Romain ,
à Pexclufion des Patriciens ; on l’appeloit auüi co-
mices par tribus. Au relie, Tite-Live iTa pas
toujours obfervé cette différence , 8c il apoeile
( ni>. VI. c. 20.) conciliam l’afîemb!é-c qui jugea
Manlius , quoiqu’elle fût convoquée par cen-
turies.
COiVC7C>.V£5. Fbyep Harangues.
GOXCLAMATION , cérémonie que les Ro-
mains pratiquoient lorfqu’il mouroit quelqu’un
de leurs parens ou amis. Elle confifloit à fonner
du cor ou de la trompette , pour annoncer que le
malade venoit de rendre le dernier foupir. Selon
Dom Jacques Martin ^ la conclamation étoit le
premier de tous les devoirs que les Romains ren-
doient aux morts 5 i’origine de est ufage remonte
au-delà de la fondation de Rome j c’eft de toutes
les cérémonies celle qui a été le plus générale-
ment & reiigieufemeat obfervée , puifqu’elle ne
s’eft éteinte qu’avec le paganifme ; c’étoic une
cérémonie purement civile, qui ne faifoit point
partie de la religion , & cet ufage de fonner du
cor ou de la trompette étoit continué pendant
huit jours. On appeloit à grand cris le mort
par fen nom avare que de brûler le ca-
davre, afin' d’arrêter l’ime fugitive, ou de la
C O N
réveiller fi elle étoit cachée dans le corps,
quoiqu’il n’eût aiieim ligne de vie. Pour anno.n.
cer qu’il n’avoit point répondu , parce qu’ü
étoit décédé, on difoit conclamatum eft ; Hc on
■défignoit par ces mors condamata compara , les
corps appelés ainfi à haute voix avant que de les
mettre fur le bûchtr. Un écrivain latin voulant
exprimer la ruine de la république , a dit d’elie;
De revuolica conclamatum efi.
On appeioit aufii conclamation le fignal qu’on
donnoit aux fo'dats Romains pour plier bagage
& décamper. De-là l’expreffion conclamare'vcfa.
Conclamare ad arma étoit le fignal de fe tenir
prêts à donner. Ils répondoient à l’un & à l’aune
• fignal en criant va[a & arma.
CONCORDE , DéefTe s les Grecs l’adoroient
fous le nom de cUo^ota. Elle avoit un temple à
Olympie. Les Romains lui élevèrenrhin temple
fuperbe dans la huitième région de leur ville , à
la perfuafion de Camille , après qu’il eut rétabli
la tranquillité dans la ville. Ce temple fut brûlé,
& le Sénat & le peuple le firent rebâtir. Tibère
l’augmenta & Torna : on 7 reçoit quelquefois le
coafeil ou les affemblées du Sénat ; il en refce
encore des vertiges au bas du capitole , entre-
autres fept colonnes très- belles avec leurs chapi-
teaux ; quelques perfoanes doutent cependant
qu’elles ayent appartenu à ce temple. La Concorde
avoit .encore deux autres temples , l’un dans la
troilîème région, & l’autre dans la quatrième. 0i>
célébroit à Rome fa fête le 16 Janvier, jour au-
quel on avoit fait la dédicace de fon temple. Elle
étoit repréfentée vêtue d’une longue tunique
debout , entre deux étendards , quand elle
étoit militaire ; mais la Concorde civile étoit une
femme afllfe, portant dans fes mains une branche
d’olivier 8e un caducée, plus ordinairement une
proue de navire 8c un fceptre,ou une corne d’aboiv
dance dans la main gauche. Son fymbo.e étux
deux mains unies , ou plus fimplemenc le esr
ducée.
CONCORDIA. Ce mot, joint au nom d’une
colonie fur les médailles Romaines , indique ,
félon Vaillant , que cette colonie a été fondée o»
rétablie à la même époque qu’une autre colons
dont elle fait gloire d’être alliée. Concordia e -
ici fvnonyme du mot ifca7<ùai qui defigne fur
médailles grecques Yaldance de deux villes con-
fédérées. On Ht fur les médailles latines d-
méeenBkhyniercoL jul. conc. aug.
c’eft- à-dire , Colonia JuLia Concordia
Apamena. La fondation fimtdtanée des deux vu e
Apamée de ^ithynie 8c Pruila , 8c ?
réfulta entre elles de cette fimultanéité de fou
tioa , font annoncées ici par le mot
Concordia. On donnoit ce nom. à 1 ■
d’une cohorte. Elle étoit compofée dune
étendue placée dans une couronne de laurier ,
fiébéc au bout d’une lance..
C O N
CCNCREPAHE dîgicis. Voye-:^^ Doigts.
COXCüJbl.Vli. V^eye^ ie Dictionnaire de Jurij~
prudence.
COis CL'BîVM, minuit J ou la partie de la
nu't qui s^écou’e après minuit.
COATURRENS & LETTRES DOMINICALES,
i-cs années communes font compcfées de ja fe-
snames ici un jour j & les années biliextiles font
cotr.pofées de pz femaines ce deux jouis. 'Ce jour j
eu ces deux jours furnuméraires ^ font appelés
concurrens , parce qu'ils concourent arec le cycle
fojairCj ou qTiIs en fuirent ie courSj ainiî qu’on
va le voir.
La première. année de ce cycle on compte un
concurrent y la fécondé deuXj la troiliéme trois ,
la quatrième quatre 3 la cinquième Ex 3 au-L’eu de
cinq J parce que cette année ell bilTextile j la
Exième fept 3 la feptième un 3 la huitième (Rux ,
la neuvième quatre 3 au-lieu de trois, parla rai-
fon que cette année eli encore bilTextile 3 & ainfi
des autres années , en ajoutant toujours un dans
les années communes, & deux dans les bilïèxtiies,
& en recommençant toujours par un 3 après avoir
compté feptj parce quEl n’y a que fepr concur-
rens, autant qu’il y a de jours dans la fcmaine3
& autant qu’il y a de lettres dominicales.
Ces lettres dominicales font A3 B3C3D3E3
F3 G , & fervent, comme perfonne ne l’ignore,
à marquer les jours de la femaine. A, déEgne le
premier jour de l’année 5 B , le fécond 5 C , le
troifième, & ainE des atitres, par un cercle per-
pétuel 3 jafqii’à la En de l’année. Comme l'année
commune finit par le même jour de la femaine
qu elle commence 3 & l’année biiîextile un jour
apres , le^dettres Dominicales qui marquent ie
jour de la femaine , changent chaque année en
rétrogadantj de forte que E la lettre G 3 par
exemple 3 marque le Dimanche d’une année com-
mune 3» la lettre F marquera le Dimanche de
f année fuivante , E cette année eft commune }
mais fi elle eil bifiextiiej la lettre F ne marquera
le Dimancne que jufqu’au 24 Février inclufive-
nient^3^ & la lettre E le marquera depuis ce jour
]^fqu a la fin de i année. Cela fe fait ainfi dans les
années bilîèxtiles , a caufe du jour intercalaire
ajouté au mois de Février en ces années-!à. Les
fept lettres qui marquent également tous les jours
de la femaine , font appelées Dominicales, parce
que le Dimanche eft le premier jour de la femaine,
& celai qu’on cherche princioalement par l’ufage
de ces lettres A , B , &c.
Le concurrent i répond à la- lettre Domicale F ,
fe iaE,le3 àD, Îe4à C3le y à B, le 6 à A,.
fe 7 a G. C eft ce qu on peut remarquer dans notre
Table CmtorroLOGiQUE , ou nous avons placé
ks concurrens à côté des lettres Dominicales du
Calendrier julien, parce qu’on trouve un grand
nombre de enartes qui font datées de ces concur-
Trem. . appelés qiieiqiiefo.is.êpatZ^ £oLi:^ ou epeMe. [
C O N
14Î
majores , pour les diitfnguer des épaCtes de -la
lune ^ appeiée.s Amplement épacies.
y L utage des concurrens , dut M. de Marca , fut
” introduit pour trouver par leur moyen & des
” réguliers des calendes de chaque mois , le pro-
:>= pre jour ce la femaine 3 ce que les Chrétiens
” inventèrent dès ie temps d'U Concile de Nicée,
pour favcir déterminément le jour d-e Pâques,
=-■ lequel devant être célébré le Dîmanch.e , en
« Phonneur de la réfurreâion 3 & non le Vfen-
” dredi J félon l’opiruon condamnée de quelques
“ Qaartodécimains 3 qui céiébroient la Pâque du
" crucifiement , & non celle de la réfurreâion ,
» il étoit nécelTaire d’inventer un ordre perpétuel
=> pour indiquer avec afl'erance la première férié.
” En Occident on y a pourvu fort aifément 3 par
” le moyen des lettres Dominicales 3 tinfi que
” Bède Ta expliqué il y a plus de mille ans. Mais
" les Chrétiens orientaux qni n’ont point la mé-
” thode des fept lettres alphabétiques pour mar-
== quer les fept jours de la femaine 3 font obligés
” d’avoir recours à un moyen plus fubtil 3 qui
==■ eft celui des concurrens & des réguliers. Les
” vieux. Calendriers latins confervent cette inven-
“ tion 3 non pas comme néceffaire 3 mais à caufe
” de fa gentilleiTe. C’eft pour cela que Scaliger
=•= dit fort bien qu’il faut retenir la fcience des
" concurrens , & en rejeter l’ufage. Maximes Mo-
” nachus , en fon Compoft Eccléfiaftique 3 du-
■o blié par ie P. Pérau , explique fort diftinsftem'enî
" ces concurrens , o^u 11 nommme épactes du foJei;,
=>3 & les réguliers qu’il nomme jours ajoutés. Paul
« Alexandrin 3 qui écrivoit l’an 377, & Vettius
” Valéns Antiochenus donnent des règles pour
=» trouver le Plinthe ou les concurrens'" Szjéga-
” liers3 dans le calendrier Égyptiaq.ue, & iTthio-
=3 pique. JoannesChryfococcès fait la même chofe
X) pour les années Arabiques & PerEques. Qui
:>= voudra favoir la méthode particulière de ces
» concurrens , piourra lire Bède3 Scaliger & le P.
« Pétau 3 dans Tes notes fur ie Compoft de Ma-
x> xime. =3 ( Tli£^ de Béarn. , p. 4^1.1
Dans les Chartes , îa lettre Dominicale de
Tannée eft fouvent employée avec les notes ebra-
nologîquesj mais quelquefois 3 au-Heu de la nom-
mer 3 on fe contente de la défigner par le rang;
qu’elle tient dans Talphabet. AJnfî, au-lieu <&
marquer littera A , on- met littera 1 , au-lieu de
littéral y, on mttlittera IJ , & de même de.s au-
tres 3 témoin cettè Charte de" Raoul , Comte
d’Evreux t ABum efl koc R.odomo civitate , anno oB
Incarîiatione D. N. ' J. C. M.XI. Indict. IX „ [it~
tera L II , luna XI T' , XXII. Xal. Octobrians.
régnante Roberto Rege Francorum é" Procurante:
NorrrcannîamRichardo II, infede RotOTnagenJ! Æ~
chipr&fule Roberto. (Pommèraye , hiji. de lAho.
de. S. Ouen de Rouen, art., i. p. 422.
CONDALUS. Feftus dit que ce mot défiansïst
uaaHH-ÎÆÏî. t Candaliias aarudus ç^c«rAaMujn.£m.iii^r
14^ C O N
a-auli genus. Plaute l’a employé pour défigasf
Panneau d’un efclave. ( Trm.. tv. ^.j.) •,
Satin’ in thermopolio
CondaLiam es obLitus.
CONDAMNÉS à mort, ou à quelques peines
graves. Ceux qui étoient condamnés chez les Ro-
mains à l’efclavage , ne pouvoient jamais être
attranchis. Ceux qui iiditnx condamnés aux bêtes ,
ad befiias damnati , étoient relevés de leur fen-
tence j quand iis avoient tué la bête féroce que
l’on avoir lâchée fur eux. ?>ia!s s’ils étoient con-
damnés à être expofés aux bêtes , feris ou beftUs
objici , on en lâchoit toujours contre-eux jufqu’à
ce qu’ils fuifent devenus leur proie. Il y avoir de
meme une ddlinélion entre ceux qui étoient con-
damnés ad opus metalli , aux travaux métallurgi-
ques , & ceux qui l’étoient ad metailum , à l’ex-
traction des m.inerais. Les fers des premiers étoient
plus légers^ Sc leur fort moins'malheureux, puif-
qu’on les condamnait ad metailum , lorfqu’iiS
s’écoient fauvés de leurs atteliers. Les Jurifeon-
fultes établilfoient encore une diiférence entre les
erirriinels condamnés ad luaatn glcautoriam , &
ceux qui l’étoien: ad gladium. Les féconds dé-
voient périr dans l’année , félon Ulpten , fous le
glaive des gladiateurs ; mais les premiers n’étoient
obligés de combattre dans l’arène que pendant
cinq ans , & ils obtenoient de plus les mêmes ré-
compenfes que les gladiateurs volontaires, \tradis
8c le bonnet de la liberté. On leur donnoit le
radis au bout de trois ans , & le bonnet à la fin
de leurs travaux.
Tibère fit rendre unSenatus-Confuîte qui fixoit
l’exécution des fentences criminelles , au dixième
jour après le prononcé f Tacit, Annal, iil. j i . 3 . )
On tripla depuis cet intervalî# ( Cod. ix. 47. zo. '■
Le bourreau lioit à Rome les mains des criminels
derrière leur dos , pour les conduire au fupplice ,
& il relevoit leurs cheveux fur le front , afin que
rien ne pû: les dérober à l’ignoAinie. lis étoient
cxécurés hors de Rome , dans un champ appelé
fefiertium , auquel on arrivoir par la porte Meeia
ou Efquiline. Mais lorfque l’on craignoit que la
vue du criminel n’excitât quelque fédition, on lui
faifoit trancher la tête par les Liéleurs dans la
prifon , ou on l'y étrangloit. Les cadavres des
plus grands criminels refioient fans fépulcure ,
& devenoienc la proie des animaux carnafSers;
on traita avec cette rigueur les rêlles'de Tibérius
Gracchus ( aler. Maxim, iv. 7. i.) Les parens
rachetoient à prix d’argent les cadavres de ceux
qui étoient coupables de moindres crimes. Mais
dans tous les cas il étoit défendu de porter Jans
les funérailles les images des parens qui avoient
été condamnés â mort (Tacit. Annal, ni. 76, 4.)
CONDICERE ad ceenam, s’inviter à manger
chez quelqu’un. De-Ià fut appelé condiéfa ceena >
C O N
un repas fimple & frugal , que nous nommons
trivialement , la fortune du pot.
C ON DIT ORES faSlionum. L’infeription fuij,
vante a donne occafion de rechercher que! étoit
l’emploi ou la dignité du coaditor facUonum
C. POMPEIO FüSCENO CONDITORI FACTIONIS
RUSSATAE. On a cru d’abord que c’étoit le chef
ou le proteéfeur d'une faction du cirque ; mais il
a bien déchu lorfqu’on a trouvé le mot conditor
expliqué dans un ancien Lexicographe par ceux-ci
c’eii-à-dite, celui qui frotte d’huile
Les cochers ou leurs chevaux ( Salmas. in Pol-
lion. )
CONDYLE , mefure linéaire & itinéraire de
l’Afie & de l’Égypte.
Elle vaut un pouce & 77^ de France, félon M.
Pauéion.
E!^ valoir en mefures anciennes des mêmes
pays , Z esbaa.
COÀ’DYLEATIS , furnom de Diane , adorée
à Condylcis , en .Arcadie. Ce furnonr fut changé
dans la fuite en celui d’As-«/%oKb7’ , qui veut dire
étranglée , parce que des jeunes gens lui mirent
par pafTe-temps une corde au cou ; irrévérence
qui les fit lapider par les Caphiens. Cette puni-
tion déplut à la Déefie , qui fit blefler toutes les
Caphiennes enceintes. L’Oracle confeiüa à ces
femmes de rendre les honneurs funèbres aux
jeunes^gens , & d’appaifer leurs mânes.
CONFARRÉ.ATION. Cérémonie Romaine qui
confiftoit à faire manger dans les mariages d’un
même pain au mari & à h femme , afin que leurs
enfans puflent être élevés au facerdoce. Les Ro-
mains l’appeloient confarréation , confarreatio- La
confarréation étoit la plus religieufe des trois ma-
nières de contrafter le mariage ufitées chez les an-
ciens Romains. Elle confiftoit en ce que le grand
Pontife & le Flamine de Jupiter uniffoient , joi-
gnoient , marioient l’homme & la femme avec
du froment & un gâteau falé. C’eft ce qu en àc
Servius fur le premier Livre des Géorgiqnes. U.-
pien ( Cap. q. Init. ) nous apprend qu'on y o&o't
un pain de pur froment , & que l’on prononçoit
une certame formule en préfence de dix témoins.
Denys d’Kalicarnafte ajoute que le miri & «
femme mangeoient d’un même pain de Iroment »
& qu’on en jetoit fur les viélimes. ( Titi-Liva
t. I. p. 968. ). , .
Quand le mariage contraélé par confirreati»»
fe rompoit , on appeloir ce divorce aifareation.
Ce nom vient du gâteau falé, a farre é’
fj-isâ. . £
L*a confarréation tcmba en defuétude TaHa
de la rcpubüque , comme on le voit <ians Tacit
( Annal, / t'. l6. n. i. ). Tibère voulant e’îre M
Flamine de Jupiter à la place de Seryias
ginenfis , ne put trouver trois patriciens n:S
père & de mère fi.mc'S.par m con
ne lefqnels on devoir ciioinr, fmyanr
uûgç J le FiamiBC de Jupiter. Pcuc-èrrela
fa'ré.ition , y’’"
C O N
Thilon ne tomba-relle en àéfuétude çtie par k
réougnance qubavoient les pères à voir leurs filles
foalîraites par cette cérémonie à leur puiffarice ,
& miies entièrement fous celle des maris.
On voit fur plufieurs figures gravées antiques ,
un homme & une femme debout, fe doanant ia
main droite ; la femme tient ordinairement trois
épis de blé dans la main gauche. Ces gravures
font fans doute un type de la cérémonie du ma-
riage par la confarréation , qui étoit le plus ancien
rythe des Homains , & par le moyen de laquelle
uxor conveniebat in manum mariti ( Ulpian. fragm.
IX. I. ).
Nous voyons en effet dans ces figures l’air
grave & religieux; celle de l’homme eil vêtue de
long J togata , celle de la fe.mme porte la ftola ,
& un manteau ou péplum rejeté fur les. épaules.
Si celle-ci ne paroît pas avoir la tête enveloppée
de la Flammza nuptiale , qui étoit un ajufiement
"jaune en ufage dans la cérémonie des noces ( P Un.
lib. 21. XXII. ) , nous y voyons du moins qu’elle
a les cheveux roulés & relevés autour de la tête
comme Diane & comme la Viéloire. C’étoit la
manière de fe coëlfer des vierges & des nouvelles
mariées. De plus , la femme donne la main droite
à l’homme , & de la gauche elle tient les trois
épis de blé, & voilà la cérémonie religieufe énon-
cée dans le fameux paffage de Pline : Quia & in
fcicns nikil religiojius confarr eationis vinculo erat :
Novdque nupt& farrettm pr&ferehant (7£i>. l8. ni. )
Le farreum , à la vérité , étoit , félon Feftus
ide V erb.fignif. v- farreum') an gâteau, g-OTaj libi
ex farre faBum. D’u-n autre côté les trois épis
peuvent également bien lignifier le farreum de
Pline , & marquer relTentiel de la cérémonie ;
car le far rôti étoit de la plus ancienne inltirution ,
& c’étoit un aéle religieux des Romains de rôtir
le far aux fêtes des Fornacalia , où on faifoit des
facrifices à h Déelfe Fornax ( Ibid. v. Fornacalia.
Piin, loc. cit. il. Ovid. Faft. l. Z. ) & OU le rô-
tilFoit dans Fépi même ( Plin. l. i8. xxxiii.
Conf. X. J.') Spicam farris tofli pifente pilo.
Quoi qu’il en foit, ce type pouvant être celui
de la cérém onie du mariage pat la eonfarr éation ,
il s’enfuit que les autres fymboles , repréfentés
£ fouvent fur les pierres gravées , c’eft-à-dire, des
mains qui fe touchent avec des épis de blés , en
font également les emblèmes.
CONFECTEUR. Gladiateur qui combattoit
contre les bêtes, beftiaire , homme quife îouoit
pour combattre les bêtes dans l’amphithéâtre ,
eonfeSor . Les Confedeurs étoient ai’nfi appelés 'à
conficiendzs befiiis , parce qu’ils tuoient les bétes.
Voye^ Bestiaire. Les Grecs les appeloianr
•îrejaGAs; , c ell-a-aire , hardis , défefpérés , témé-
, quî S expofent, qui fe jettent dans le péri!.
A>e~ià les Latins avoient formé les motsyizriîiàaLiil
& parabolarii, qu’on ieurdonnoit auÆ. Le premier
£it adopte par les. CbrétieEs qui aggelèrent va-
C O N 143
ràholani , les valets qui fe confacroient au fer-
Vice des hôpitaux, & s’expofoient ainlî à toutes
les maladies. Outre ces mots empruntés du grec ,
les Latins appeloient encore les Confecleurs en
leur langue , audaces, hardis, téméraires & co~
piat& , du grec YioTstsirai C Saumaife fur Tribellius
Pollio , dans «k vie de Gallien. c. 12. p. 285. c. de
rilifi. Aug. de 1‘ édition de Paris , 1620.)
CONFECTORABJUS. Muratori ( 9)4- 5.
Thef. Infer. ) rapporte l’infcripiioa fuivaïue :
LOCÜS FORTUNATI
CONFECIORARI.
ïl croit avec raifon que cet Arti&e étoit un tein-
turier en laines , appelé autrement confeBor , &
non un chaircuiner , comme l’avoir penfé Gruter.
Voyei^ CoNFECTORES.
CONFECTORES , teinturiers. Ce nom venok
de lana confecia, laine teinte , comme nous l’ap-
prenons du Scho-iiafte de Juvénal ( Sat. x. 38. ) ;
Eanam confeclam pro infecîa pofuit.
CoNjxcTOKxs sris. On trouve ces mots dans
une infeription confervée à Séville , chez le Duc
d’Alcala, où Spon l’avoit copiée ( Mife. Erudit.
Ant.fed. VI. p. 221.). Cet antiquaire les a traduits
par des ouvriers employés aux mines de cuivre....
Mais nous croyons qu’ils ont pu déiîgner plus
particulièrement ceux qui changeoient le cuivre
rofette en laiton, & qui par-ià teigneient en jaune
( conficiebant ) le cuivre rouge.
CONFICERE kefiias , vel gladiatores, Voye:^
CONFECTEUR.
CoNvicERxferias latines. Les Prêtres Romains
fe fêrvcient dans leur langue facrée de ce mot, au-
lieu de celui de perficere o‘u de ciakdere , ter-
miner.
CONGE SACRE , lûgene , mefure de capacité
pour les liquides , employée dans l’Afie & dans
l’Égypte. Elle valoir, félon M. Paiiâon , en n.e-
fures de f rance, x pintes & Elle valoir en
mefures anciennes des mêmes pays , i cab & f ,
ou 2 mares, ou 3 ehénices, ou 6 iogs , ou 12
mines.
Conge sacré , lagenon ^ mefure dè capacité
pour les fondes , employée dans l’Afie & dans
l’Égypte. Elle valoit,_ félon M. Pauclon , en me-
fiires de France ffif boi'Teau-.. Elle valoir en
mefures anciennes des mêmes pays i cab & f , ou
2 mares, ou, 3 ehénices, ou 6 logs ou 12 hé-
mines.
Conge , mefure de capacité pour les liqueurs
des anciens Romains. Elle valoir , félon M.
Paudon, 3 pintes & de France. Elle valoir
en mefures du même peuple , 6 fextarius, ou 12
hé-mines , ou 24 quartarius , ou 48 acétabules,
ou 72 cyathes , ou 2S8 ligules.
On.' conîioû deux conges ahtiqms confervés
/
144 C O N
l'un dans le cabinet de St_e Geneviève , & l’autre |
au palais Farnèfe , qui vient d être tranfporte a
Naples avec les autres richeffes de ce palais. .1 en
vais donner les capacités^ en mefiires de Paris
rafeSj telles que les a trouvées IVÎ. i iilet> de 1 Aca'
demie des Sciences, à l’aide de fon ingénieufe
machine , inventée pour la réduélion des mefures
de liouides & de foiides.
Le conge antique du cabinet de Ste Genevieve
contient ai 3 pouces 9 lignes 4^ cubes, ou 8
livres 10 onces 4 gros, 63 grains , ou 3J
poiflbns y o'-i 4 pi^ints i denai-fept. , i poiffon
d’eau de Seine clarifiée.
Le favan: de Peirelc étant à Rome fit faire ,
avec fon exaélitude connue , une copie du conge
qui étoit au palais Farnèfe. Cette copié eil con-
fervée avec la plus grande partie de fa colleél.'on
dans le cabinet de Ste Geneviève. En voici la ca-
pacité : 182 pouces 6 lignes cubes, ou 7 livres
6 onces 2 gros 70 grains ou 30 poilTons
ou 3 pintes 3 demi-feptiers , o poiffon de la
ïivême eau de Seine ( la pinte raie de cette eau
pèfe 3 1 onces i gros 5 la même pinte comble pefe
2 livres. )
Les deux conges du cabinet de Ste Genevies^e
font dans le rapport'de 2280 à 1947, ou ^
près de 19 à lé. Leur différence eft de 31 pouces
2 lignes -/’s cubes , ou de i livre 4 onces i gros ,
63 grains ou de 3 poiffons jî, ou de o pinte
2 demi feptiers i poiffon
Le conge du palais Farnèfe fervolt d étalon au
Capitole fous le règne de Vefpafien , & contenoir
10 livres romaines d’eau, fuivant l’infcription qui
y eft gravée :
IMF. C.4ESARE.
VESPAS. VI. cos.
T. CAES. A VG. F. IlII.
MENSYRAE.
EXACTAE. IN
CAPITOLIO.
P. X.
CONGÉ; c’ étoit anciennement,' comme au-
jourd’hui, une permiffion donnée aux foldats de
s’.abfcnter de l’armée ou de quitter tout-à-fait le
fervice. On en diftinguoit de plufîeurs fortes chez
les Romains , comme parmi nous.
Le congé uàfolu , mérité par l’âge Sc le fervice ,
& accordé aux vétérans , fe nommoit miffio jufia
& honefin; ils pouvoient avec ce congé difpofer
librement de leurs perfonnes.
Le congé à temps étoit appelé commeatus ; qui-
conque abandonnoit l’armée fans ce congé, étoit
puni comme déferteur, c’eft-à-dire, battu de ver-
ges &: vendu comme efclave.
I! v avoir une fécondé efpèce de congé abfolu
qui différoit un peu de la première. Elle ne laif-
C O N
foit pas que d’ètre de quelque confidération
parce que les Généraux l’accordoieHt pour lairuà
de bleffures, de maladies & d’infirmités. Tite-
Live & Ulpien en font mention fous le titre
mijfio Cizufarla. Ce co-gé n’empêchoit pas ceux cai
l’avoiem: obtenu d’afpirer encore aux récompeni'ôs
militaires.
La troifième efpèce de congé abfolu étoit de
pure faveur , graziofn mifio ; les Généraux la
donnoient à ceux qu’ils vouloient ménager; mais
pour peu que la république eu fouffrît ou que les
Cenfeiirs fulfent difficiles , cette grâce étoieffien-
tôt révoquée.
Enfin il y en avoir une quatrième véritablement
infamante , turpis & ignomimofa mijfto. C’eft ainfl
qu’au rapport d’Hirtius Panfa, dans Irfiftoire de
la guerre d’Afrique , Céfar , en préfence de
tous les Tribuns ik des Centurions, chaffa de fon
armée A. .4vienus, homme turbulent , qui avoir
commis des exactions; Sc A. Eonteius, comme
mauvais citoven & mauvais officier.
Augufte établit deux degrés dans le congé
légitime ; il appela le premier exauSoratio. Ce
privilège étoit accordé aux foldats qui avoient
fervi le nombre d’années prelcrit par la loi ,
& par fon moyen ils étoient dégages de leur
ferment, affranchis des gardes, des veilles, des
fatigues , ’ôc en un mot de toute charge mili-
taire, excepté de combattre contre l’ennemi. Les
vétérans qui l’avoient obtenu yivoient feparésdes
autres troupes, & fous un étendard partictiLer
appelé vcxiLluift xittranofuîti y lis attencioient ri
plût à l’Empereur de les renvoyer avec la récom-
penfe qui leur avoir été folemneliement pro-
mife. Cette récompenfe formoit avec le co.-ge
ahÇoiiL le fécond degré qu’ils appeloient
mijjto. Augufte avoir arraché au congé ubfolu une
récomoenfe certaine & réglée , foit en argent,
foit en* fonds de terre ; Zc il l’avoir fait pour em-
pêcher les murmures & lesfédirions. ^
\J honnête congé que Galb.a fit délivrer a
foldats vétérans, fut expofé l’an 68 a'a eapuç-»
fur une table de bronze. 11 fut tranfcrit enluire ,
comme pour fervir d’expédition à
d’entre-eux, fur une tablette • de cuivre , q
Mafféi a fait repréfenter d’après l’ongmal
fon hiftoire diplomatique (
tères en font grofiiers. Les fouilles d
on: fourni un fécond congé honnête ; il ^
pofé de quatre tablettes de bronze , êj
des deux côrés. Le catalogue des antiques de
ville en offre le deffm
CONGIAIRE, don ou préfent repréfenre
une médaille. Ce mot vient de celui
congrus , parce que les premiers prefens q'J .
fit au peuple confiftoient en huile & en vi
fe meruroient par conges.
Le congiaire étoit proprement un preic
les Empereurs faifoiep.t au peuple Romain > -
C O N
<}HS Von faifok aux foidats ne s’a^peloieat point
ccngiizires , mais donaîifs. DONAxàFS.
L'inicription des congiaires ett CONGIARIUM ,
ou XÎBER ALITAS.
Tibère donna pour congiaires 300 pièces de
rnonnoie à chaque citoyen ; Augufte en donna
ayo; 3005 400; Catigula donna deux fois trois
cens fefterces par tête. Néron en donna quatre
cens ; c’eft le premier Empereur dont les con-
giaires foient marques fur les médailles. Hadrien
donna des épiceries , du baume ^ du fafran j Com-
mode yay deniers ; Aurélien des gâteaux de deux
livres J du pain, de Thuile, du porc, & d’autres
mets.
Les petits enfans n’étoient point exclus de cette
libéralité du temps d’Augulle , quoi qu’aupara-
▼ant il falloit que les enfâns eulfent douze ans pour
y avoir part.
Il n’eft plus fait mention de congiaires dans les
médailles des Empereurs depuis Quintillus ; foit
que les Monétaires ayent alors ceffé de repréfen-
ter ces fortes de libéralités fur la rnonnoie } foit
que ces Princes n’ ayent pas eu le moyen de deftî-
ner à ces dépenfes leurs revenus , qui pouvoient à
peine fuffire à foutenir les guerres fanglantes qui
dévattoient l’empire.
CONJOINTS, ou Assesseurs. Veye^ ce
dernier mot.
CONISALE , faux Dieu de l’antiquité. Coni-
faltiLs : c’étoit un Dieu impur adoré chez les
Athéniens , qui l’honoroient à peu-près de la
même manière que les Lampfaciens honoroient
Priape ( Strabon. l. iil. ). Plufieurs croient que
Priape & Conlfale font la même Divinité , à la-
quelle on rendoit le même culte dans deux en-
droits différens.
CONISTERIUM , lieu dans les gymnafes où
l’on raffembloit de la poufficre , dont les athlètes
fe couvroient après s’être frottés d’huile , afin de
pouvoir être faifis plus facilement. On l’appeloit
^oF;Vpa chez les Grecs , & chez les Latins pulve-
rarium. Le fable ou la ppuffière dont fe fervoient
les athlètes étoit tiré d’Egypte.
CONJURATION, CONJURATIO , cérémo-
nie qui fe pratiquoit dans les grands dangers ;
alors les foldats juroient tous ènfemble de rem-
plir leur devoir. Le Général fe rendoit au capitole ,
y plaçoit un étendard rouge pour l’infanterie , un
bleu pour la cavalerie , & difoit : Qui vaLt.^
rempublicam falvam me fequatur ; les foldatS qui
s’étoient raffemblés répondoient à cette invitation
par un cri , & marchoient de-là contre l’ennemi.
Ils juroient alors tous enfemble d’obferver les
lois militaires ; à la dififérence des enrôlemens or-
dinaires , où chacun d’eux prêtoit en particulier
le ferment militaire , facramentum mllitare.
f ONIUM , en Phrygie. Pelleriaiui a attribué
•Antiquités , Tome II,
C O N 145
une médaille de bronze autonome & unicae.
M. Eckhel Ta reftituée avec raifon à Iconiam,
KONiox Ç lequel Jup<ter tut
adoré par les habitans de Mégare, où il avoir un
temple fans toit , ce qui lui fit donner le nom de
Conius ou de lupiter le poudreux.
CONNIDAS , ou CoNNiDiEs. Voye^ Cira-
NIDAS.
CONOB. Les cinq lettres Congé , qu’on lit
dans l’exergue de plufîeurs médailles du bas^
empire , font diverfement interprétées par les
plus favans antiquaires. La plupart leur font ligni-
fier que la rnonnoie a été marquée à Conftanti-
nople, Confiantinopoii ohjîgnata, ou Conftantinepoli
offlcina monstaria fecanda. Mais cette explicatioa
ne peut guères fe foutenir , puilque conob eS;
gravé fur les monnoies de l’Empereur Honorlus
& de fes fucceffèurs , fur celles de nos RoisThéo-
debert , Childebert , Chiîdéric II , & fur celles
des anciens Rois Wifigoths , lefqueîles conâar.i-
ment n’ont point été frappées à Conilantfnopîe.
Malgré les conjectures & les réponfes ingénieu-
fes des antiquaires , le mot conob eft encore uns
énigme, dont on ne peut donner une explicatioa
fatisfaifante.
On peut en dire autant de Comob , Sc des au-
tres exergues du bas-Empire. Uoye^ Exergues.
CONOUIUM , dans la Grande - Bretagne.
KONOVO.
Les médailles autoHomes de cette yîHc fosc:-
RRRR. en argent. . . . PelUrin.
O. en or.
C. èn bronze.
CONQUE. Uoyei CoNCHA , comme mefure.
Les anciens fe fervoient quelquefois , en guife de
trompette , de la coquille appelée conque marine.
On la voit dans les mains des Divinités de la
mer.
CONQUISITORES. Les Romains donnoient
ce nom à ceux qu’ils envoyoient dans les cam-
pagnes & dans les différe.ntes régions de Rome,
pour découvrir les citoyens que la crai.nte oa rat-
tachement à leurs foyers empêchoit de fe ren-
dre fous les étendards de la république.
On trouve dans Plaute iAmpky. Prolog, n. é).)
ce mot employé pour défîgner des perfonnes qiii
alloîent dans tous les rangs des théâtres pour exa-
miner & punir ceux des fpeClateurs qui faifoier.î
cabale en faveur de quelque Auteur
Ut conquijitores Jinguli in fabfellia tant
Per îotiim civcam fpeciatoribus ,
Si cul fuuxores deleguîos viderint ,
Ut kis in cavea pignus capiatur tog&.
CONSCRITS. Uoye-^ Pxtres eonfcrtptî-.
>4^ C O N
CONSÉCRATION des temples. Dédi-
cace des autels & des Prêtres. V oye^ Inau-
guration.
CONSÉCRATION. On défigne par ce mot,
dans la fcience numifmatique , Tapothéofe d'un
Empereur , fa tranflation 8e fa réception dans le
ciel parmi les Dieux , exprimée fur une médaille.
D'un côte on voit ordinairement la tête de l’Em-
pereur J couronnée de laurier , quelquefois voi-
lée j & dans i’infeription on lui donne le titre de
Divus. Au revers il y a un temple , un autel, un
bûcher, ou un aigle fur un globe, & qui prend
fon elTor pour s’élever au ciel ; quelquefois l’aigle
ell pofé fur l’autel ou fur uncippe. D’autres fois
l’Empereur paroît dans les airs porté fur un aigle
qui l’enlève au ciel; & l'infcription eft toujours
Cqnsecp.atio. Ce fon:-Ii les types les plus or-
dinaires. Au revers des consécrations d’Antonin on
voit quelquefois la colonne Antonine. Au -lieu
d’une aigle, les Impératrices -ont un paon. Les
bonneurs rendus après la mort aux Empereurs ,
qui cenfiiloient à les mettre au nombre des
Dieux , font délignés par le mot confecratio ^
par celui de pater , par ceux de Divus Augufius
pater ^ de Deo & Domino Caro. Quelquefois au-
tour des te.mples 8c des autels on lit Memoria
felix , ou memoris, scerru.. Pour les Frincelfes,
Æternitas , ou fiieribas recepta j du côté de la
tête Diva ; & chez les Grecs Qi'a-
On trouve chez les Egyptiens un fymbole par-
ticulier de la confécration des Dieux, c’eft de les
voir placés fur des barques 8c fur des navires.
Les médailles du bas-Empire offrent aufïi ( Buo-
narroti , Oj/i p. ilq. Patin. ISum. lmp. p. aco. )
des Empereurs afiis fur des barques. II faut remar-
quer à ce fuje: ce que dit Porphyre {,de Antro
Mufar. ap. Cafaub. in Atken. l. xi. p. 790. ) que
les Egyptiens ne croyoien: pas qu’il fût conve-
nable aux Dieux de marcher fur la terre , Sc que
p.vr ce te raifon ils les repré.fenroient fur des na-
vires. Opinion qui dérivoit fans doute de leur ref-
peéî religieux pour le Nil.
CONSENTES. Les Romains appeloient ainû
des Dieux du premier ordre , mais dont les noms
étoieat cachés & inconnus , Cor, fentes. Les inf-
criptions nous apprennent que pairmi les Confentes
il y avoir non -feulement des Dieux., mais auflf
des Déeflès. On trouve i. o. m. dis. deabvsq.
PVB. GONSENTIBVS. V. M. S. Yarroii ( dans
Arr.obe ^ l. iil. ) dit que leur nom venoit des
Étnifques , qui les appeloient au.Ti complices ;
mais on eft encore partagé fur la raifon qui leur
fit donner ce nom , fur fon origine 8c fa lignifi-
cation. Q'nelques-uns veulent que Confentes foit
la meme cllofe que Confcnti entes ^ ^ qu’ils avent
é|é ainlî nommés, parce qu’ils étoienr toujours
d’accord dans ce qu’ils premetroient tous de con-
certa D’autres prétendent que Confentes ell la même
chofe que Conjutentes j 8c que la raifon qui laur
C O N
fit donner ce nom , eft qu’ils étoient les Confeiî.
1ers de Jupiter. Varron le dit en effet C dans Ar-
nobe ) ; mais il apporte une autre raifon de ce
nom : c’eft, dit- il, qu’ils naiffoient 8c qu’ils mou-
roient enfemble , quod unk oriantur , & occidant
unit. Junius croit que ce nom vient de l’ancien
verbe confo , confis , qui fignifioit la même chofe
que confulo.
1! y avoit douze Divinités Confentes , fix Dieux
8c lîx DéelTes ; Sc Varron dit qu’ils avoient peu
de pitié yimiferationis parciffima. On dit cotnmu.
nément que ces Dieux Confentes étoient ceux
qu’Ennius a renfermés dans ces deux vers :
Juno i Vefta, Minerva, Ceres, Diana, Venus,
Mars ,
Mercurius , Jovis , Neptunus, Vidcanus, Apollo,
Manilius dit que ces douze Divinités préiidoient
chacune à un mois de l’année ,ainfi qu’il eft mar-
qué dans un ancien calendrier des payfans Ro-
mains , qui eft gravé fur un marbre du palais Far-
nèfe. Mais comment ignorott - on les noms des
Dieux Confentes ? Comment étoit-il défendu d’ap-
prendre ces noms s’ils étoient publics & confa-
crés dans des vers ? Comment Jupiter fe trouve-
t’il parmi les Confeillers de Jupiter ? Audi Sca-
liger expliquant Feftus, obferve que les Dieux
Confentes étoient des Divinités particulières à cha-
que famille.
Il y avoir entre-autres douze Divinités, que les
anciens rcconnoifibient pour celles qui avoient le
foin particulier des chofes néceffaires à une vie
tranquille 8c heureufe- Jupiter 8c la Terre ètoiera
révérés comme les proteêieiirs de tout ce qui eft
à l’ufage des hommes ; le Soleil 8c la Lune comme
les modérateurs des temps ; Céres 8c Bacenus
comme les difpenfateurs du boire Sc du manger,
Eacchus Sc Flore comme les confervateurs ces
fruits 8c des fleurs ; Minerve Sc Mercure^ comme
les proteclaurs des Beaux-Arts, qui perfectionnent
l’efprit , Sc du commerce qui entretient 8c aug-
mente les rkheffes ; 8c enfin , A énus 8c le Bo^
Succès, comme les auteurs de notre bonheur^
de notre joie , par le dorud’une nombreufe lignee,,
& par l’accompliffement de nos voeux- . , . ,
Les Grecs joignirent à -ces douze Divinités
Alexandre-le- Grand , comme le Dieu des con
quêtes ; mais il ne fut pas reconnu par les n -
mains , quî‘ tranfpcrtèrent les douze autres
Grèce en Italie, où ils étoient adorés dans
temple commun à Pifé.
Varron reconncît diftinefement deux fortes
Dieux éori/en/cj J’invoquerai, dit-il
„ Dieux Confentes , non pas ces Dieux o
les ilatues dorées font dans le cj
» la ville , ces Dieux dont fix font males i.
M femelles ; mais les douze Dieux qui aidenîj^
qui vaquent à l’agriculture. »
C © N
n les nomme enfuite ( Uh. r, de re rûfilca. ) ï-
Jupiter &ia Terre^ ictSokii & la Lune, Riibigo
^ Flore, Minerve & Vénus , l'Eau fe le Bon-
Événement , Gérés & Bacchus. Au refte , Jupiter
étoit le premier de toutes les clalTes de Dieux
Consentes y comme on, le voit dans l infcription
fuivante :
J. O. M.
OÆTERISQUE
DIS CONSENTIBUS.
CONSENTIES.ouConsentiennes, Confenna,
fetes à rhonneuE des Dieux Confentes , dit Feftus,
inftituées par le confenrement de plufieurs per-
fonnesj ckft-à-dire , félon Scaüger, de toute une
famille ; car cet auteur, dans fes notes fur cet en-
droit de Feftus, prétend que les Dieux Confentes
étoient des Dieux que chaque famille fe choifif-
foit , & les fêtes confentiennes , les fêtes & fa-
criSces que chaque famille leur faifoit -, car outre
les Dieux généraux & les fêtes publiques , chaque
famille avoir fes Dieux tutélaires , fes patrons ,
fes fêtes & fes facrifices paniculiers.
CONSERENTES Du. V^oye^ Coxsj.rivs.
CONSERVATION , terme d’antiquaire. Il
fîgniêe le bon état , la perfection , l’intégrité
d’une médaille que le temps n’a point ufée, n’a
point rongée 5 dont toutes les figures , tous les
traits, toute l’infcription , toutes les lettres font
bien confervés. Les médailles du cabinet du Roi
font d’une confervation étonnante. Une belle con-
fervation ,- plus ou moins belle. |Voilà une mé-
daille d’une grande confervation. Celles-ci font en-
core d’une alfez bonne confervation.
CONSERVATOR. Domitien rendit un culte
à 3\ifite.x-Confervateur , pour le remercier de lui
avoir fauvé la vie dans la fédition de Vitellius. il
lui éleva un petit temple , & lui dédia un autel ,
fur lequel il grava les motifs de fa reconnoifiànce.
Plufieurs médailles Impériales portent pour type
l’image de Jupiter avec la légende jovi conser-
VATORI. Arnobe ( adv. Gentes , lib. j. ) dit que
le .lupiter - Confervateur était Efculape , appelé
plus fouvent fauveur , ou
CONSERf^ATORES DU. On trouve dans
Thomafi (de Donar. c. ly. ) l’infcription anticue
fuivante , où il eft fait mention des Dieux confer-
vateurs que leurs noms particuliers jtfoient
BIIS ÎJN
CONSERVATORIBDS
PRO SALUTE
ARIAE SUAE
N. NONIUS
MAÇRIHI CONSECR.
exprimes ;
■0
C O N ,47
ConsBRir. -STORES sdiiim ftcmntm. On trouve
dans plufieurs infcriptions Romaines ce titra
donné à ceux qui, par leurs charges, étoiekt
obli |és de veiller à la confervation des édifices
facres ; tels furent d’abord les Cenfeurs , & en-
fuite les Ediles.
CONSERVATRICE, furnom qu’on donnoij à
Junon , 8c fous lequel elle eil défignée dans les
types de fes médailles par un cerf. En voici i’ori-
gine : de cinq bidies. aux cornes d’or, 8c plus-
grandes que des taureaux,qaeDiane pourfuivit un
jour dans les plaines de Theffalic, cerre Déefie
n’en prit que quatre, la cinquième fut fauvée par
Junon J & devint le fymbole de cette Déefié ,
adorée fous le nom de Junon confervatrice.
CONSEVIUS,
CONSIVIUS y Divinité Romame , qui
préfidoit à la conception des hommes : Qfi con-
fationibus concubitalibus profit, félon Tertullien,
( ad nation, il. c. Z. j & Macrobe dit que Janus
s’appeloit Cenfevins , nom qui lui venoit à con-
fenendo , id efl , a. propagine generis kumatti , qu&
Jano auBore conferitur {^Saturn. l. i.c.s^. )
'Arnobe (//^. y. ) parle des Dieux ConsER-Eie-
TEs , ou des Lares adorés fous ce.nom, comme
de Divinités qui préfidoient amli à la formation
des hommes.
CONSIDIA, famille Romaine , dont on a des
médailles.
RRR* en bronze.
C. en argent.
O. en or.
Les furnoms-de oetterfamille font jr(*rr.isr£7-s-,
pÆTirs.
CONSIGNATIO. Voye^ Époptée.
CONSISTOIRE t: d
CONSÎSTQRIUMS^ ^ Empereurs Roma nî.
C’étoit leyir confeil intime & fecret.
Le mot confifiorium , qui vient de fijîsre , fignî-
fioit proprement le lieu où s’^lTembloit ce confeil;
enfuite on a pris le nom du iieu’o’à il fe renoit
pour le confeil même , 8c on a appelé de-îà comi-
tés confifioriani ceux qui étoient de ce confeil.
Iis étoient qualifiés du titre de viri fpeBabiles ,
qui étoit le fécond degré dans l’ordre de la no-
blefife , ceux qui avoient ce titre étant aa-deuiîs
de ceux que l’on qualiâoit cLariffimi , &• précédés
feulement par ceux qui avoient le titre fillufires
ou fiuperillufires , qui n’étoit accordé qu’aux pre-
miers Officiers de l’Empire. Ces Comtes ou Con-
feillers du confifioire étoient égaux en tout aux
proconfuls pour les honneurs & privilèges. Ces
mêmes Officiers , leurs femmes-, ea.^anSj fervC
teurs & fermiers, icuilToient auffi des mêmes pri-
vilèges en plaidant , foit es demandant ou en d -
fendant , que l’Empereur Zénon avoir accordes
aux clariiïimes Princes de^l’école. C Cod, Hv. xii.
Üt. Xi )
T ij
14? C O N
C ONSÎVA y furnom d’OpS , Divinité qui pré-
fidoit aux biens de la terre: fa fête fe célébroit
feus ce nom le 2j du mois d’Aoiit. Voye:^ Opi-
coN5i%^Es. Confiva étoit dérivé du verbe femer ^
tonf;rcre ^ conféra , confev 'i.
CONSTANCE. Quelques médailles de l’Em-
pereur Claude ( Agofli. Dial. il. p. ) offrent
la Confiance fous la figure d’une femme aflife ou
debout J ayant uncafque fur la tête, & portant une
lance de la main gauche j fur (quelques autres mé-
daiilcs la Confiance n’a ni cafque ni lance j mais
elle porte toujours l'index de la main droite élevé
à la hauteur & près du vifage , dans l’attitude
d’une perfonne qui réfléchit attentivement. Les
modernes ont ajouté, à ce t/pe de la Confiance fi
fimple & fi beau, une colonne (Ripa. Iconolog.
part. 1. n°. 0,1.')
Constance ( médailles de ) Voye'p^ Coxsf
T.iHTIA,
Constance-Chlore ou Constance I du
Eom. Flavius V.aLLB.iüs Cosstastius Cæ-
SAK & poflea Augvstus. ■
Ses médailles font :
ÊRR. en or.
Il y a des revers très-rares.
H. en argent.
II y a des re vers fort rares.
ER. en médaillons d’argent.
RRR. ea médaillons de bronze^ Sc certains re-
vers RRRR.
C. enM. &P.,B. latin.
R . en P. B. d’Égypre.
Constance II^ fils de Conftantin Flavius
Julius F'allzius Cokstastius CÆSAR^pof-
tea Augustus.
Ses médailles lontt
C. en or.
il fe trouve des revers raie&.
ER en quinaires d’or.
RRR. en médaillons d’or j il y en a deux dans
îe cabinet du Roi , de la forme ordinaire des mé-
daillons.
On en voyoit un unique dans le cabinet de feu
■M.^d’Ennery ; il eft d’un très-grand mmdule , &
57^ grains : fl y a d’un côté la tête de Conf-
tance avec fa légende ordinaire j & au revers :
«alu-s et spes rei puel îcæ, avec trois femmes
debout, en habits militaires; elles tiennent de la
main droite chacune une hafte , Se s'appuient de
la gauche fur un bouclier.
C. en argent.
RR. en médaillons d’argent.
Il y en a plufiearsau càbi.net du-RoL
RR. en mêdailîoDs de B.
C. en M. & P. B.
Constance IÎL Constastivs Augv'slus
Ses médailles font :
RRRR. en or ; on en connoît aéluellemenr
iffoiSi ane dans is cabinet du Roi ^ une dans celui
C O N
de l’Empereur J Se la dernière dans le cabinet de
feu M. d’Ennery.
On n’en connoît point jufqu’à préfent en ar-
gent ; mais on doit croire qu’il y en a eu fabâ-
quées de ce métal.
O. en B.
Constant , fils du tyran Confiaatin , Coirs-
T Alt s Augustus.
Ses médailles font :
O. en or, en bronze.
RRR. en argent : cette médaille, qui a été re-
connue dans ce fiècle, étoir auparavant confon-
due avec celles de Confiant , fils du grand Conf-
tantin.
Elle eft beaucoup plus rare en France qu’en
Italie.
Constant II , fils d’Héraclius - Cônftantia.
Cokstahs feu Constastisus Auqustus.
Ses médailles font ;
R. en or.
RR. en argent.
R. en M. Se P. R.
Constant , troifième fils de Conftantin. Fla-
vius Julius Constats Cæs.ir^ pofiea Av-;
CUSTUS.
Ses médailles font :
C. en or.
Il y a dans le cabinet du Roi une médaille d’or
RR. de ce Prince , qui a pour légende au revers :
Victor omnium gentium , avec des captif
aux pieds de l’Empereur.
RRR. en médaillons d’or ; il y en a fix au ca-
binet du Roi : deux de ces médaillons font .plus
grands que le volume ordinaire.
C. en argent; il y a des revers RR.
RR. en médaillons d’argent ; il y en a plus de
douze ai> cabinet du Roi.
R. ea médaillons de bronze.
C. en M. Se P. B.
Constant: A, femme de Licinius. Flavla
Ju-LIA CoLtSTAÎtTIA AuGUSTA.
Comme fes médailles ne font connues que dans
le recueil de Goltzius j on n’eft pas affûté de leur
réalité.
CoNSTAKTiA , femme de Gratien. FlaviA
JuLTA CONSTASTIA AuGUSTA.
Goltzius rapporte une médaille de cette Imper
rairice;, elle a été citée par d’autres Antiquaires;
mais on ne la trouve dans aucun cabinet.
Constantin I, ou le Grand , fils deConG-
tance-Chlore. Flavius Falsriüs ComsTANTLjj^
nus Maxiaius Augustus.
Ses médailles font r
R. en or, quelques revers font RR.
RRR. en médaillons d’or.
Il y en a deux petits au cabinet du Roi.
R. en médailles d’argent.
Il y a des revers très- rares , entre - autres
C O N
eû f* voyant les têtes de Crifpe Sc de Conftamin
le jeune.
RRR. en médaillons d’argent.
RR. en médaillons de bronze. On place à la
fuite des médaillons de ce Prince ceux qui re-
préfentent les têtes de Confiantinople & de la
jDéefie Rome.
C. en M. B. &’ RRR. avec la qualité de fiU
d'Augufle du côté de la têne> & au revers : genio
ÏILII AÜGUSTORUM.
c. en P. B. feu M. Génébrier en. avok formé
une colleétion de douze cent.
Confiantin eft le premier des Empereurs dont
on voie fur les médailles la tête ceinte du diadème.
Celles de fes prédécefleurs font couronnées de
laurier.
Rien ne fait mieux connoître l’état pitoyable
des Arts fous ConftantinAt-Qxzvtà que les Ratues
de cet Empereur , dont l’une fe voit fous le por-
tail de Péglife de S. Jean-de-Latran, & deux au-
tres fe trouvent au capitole. A l’égard des bas-
reliefs qui font fut l’arc de Confiantin , on fait
que tout ce qui en eft bon fut enlevé de l’arc
de Trajan. D’après cette obfervatlon , il n’eft
prefque pas croyable que la peinture antique qui
repréfente la Déeffe Roma , & qui eft au palais
Barberini ait été faite du temps de Confiantin.
« Ce qui nous fournit^ dit Winckeimann ( hifi.
de VA-rt. liv. 6. c. 8. ) une preuve encore plus cer-
taine de la décadence de la fculpture &c de l’archi-
teélure fous Confiantin , c’eft le prétendu temple
de Bacchus , à côté de i’églife Ste Agnès , hors de
Rome , où , fuivant la relation de l’hiftoire &
rinfpeétion des yeux ^ le petit temple nommé au-
jourd’hui Santa Confian^a , fut bâti par cet Em-
pereur à la prière de Ste Confiance ^ fa fille , parce
que c’eft-là qu’elle fut baptifée j & qu’elle vou-
lut être enterrée. Mais ce qui prouve encore que
ce temple ne peut pas être plus ancien, & qû’il
date d’un temps ou l’on détruifoit les anciens édi-
fices pour en employer les matériaux à la conftruc-
tion des nouveaux , ce font les colonnes, dont les
bafes & les chapiteaux fe trouvent tous inégaux,
de forte qu’aucune de ces parties ne correfpond
parfaitement à l’autre. D’après cela, je ne conçois
rien à l’aveugle prévention de Ciampini ( Ciampin.
Vet. Monum. r. i. p. 13?. ) qui avance exade-
sient le contraire : il trouve une parfaite propor-
tion dans tous les membres , parce qu’il veut dé-
montrer que c’eft un véritable temple antique de
Bacchus , que Confiantin n’a fait que confacrer à
un meilleur ufage. Cet homme , d’ailleurs très-
fàvant , montre lî peu de connoifTance de l’art ,
qu’il croit que les cinq beaux candélabres de
marbre , dont deux fe trouvent dans ces tom-
beaux, & les trois autres à l’égiife de Ste Agnès,
ont été fabriqués alors pour le temple en qiref-
îion. Mais ces candélabres , de la hauteur de huit
pa.mes , font travaillés fi artiftçsient , qu’ils ne i
C O N 149
fauroient être attribués qu’aux meilleurs artiftes
du règne de Trajan oa d’Hadrien. »
M A l’égard da grand farcopkage de poiphyre
qui renfermoir le corps de Ste Confiance , on y
voit repréfentés la vendange & le prefTurage j le
même fujet fe trouve répété en mofaïque fur le
plafond de la galerie extérieure de cet édifice :
lur l'urne on voit travailler de petits génies ailés,
& fur le plafond des faunes. Ce font ces figures,
, en partie bachiques, qui ont fait donner à cet édi-
fice le nom d’un temple de Bacchus. Mais nous
favons qu’alors la religion chrétienne n’étoit pas
encore-entièrement purgée des ufages payées , de
qu’on ne fe faifoit point fcrupule de mêler le facré
avec 1-e profane ; quant à l’art même , il eft tel
qu’on doit l’attendre de l’efprit de ce fiècle. C’eit
ce qui réfulre au-fti de la comparaifon de ce farco-
phage avec un autre tout femblable , qui eft placé
dans le cloître de S. Jean-de-Latran. Ce dernier
fàrcophage, qui renfermoit le corps de Ste Hé-
lène, mère de Confiantin-\e.-Gxzx\à , eft décoré
de figures à cheval qui combattent, & de pri-
fonniers placés au-deftbus. ”
Constantin ( Arc de ). Voye-^ Arc de
triomphe.
Constantin (Colonne de). Colonne
de Confiantin , &c.
Constantin le jeune, II du nom. Flavius
Claudio s Constastisus juxtos. Cæ-sak, Ci
pofied Augustvs.
Ses médailles font :
RRR. en or, avec le titre de junior.
Il y a au cabinet du Roi un grand & un petit
médaillon en or, de Confiantin le jeune.
O. en argent pur , à ce que l’on croit, excepté
en médaillons , qui font RRR.
RR. en potin ou billon.
RR. en médaiüons de bronze.
Il y en a qui font précieux par la rareté des
revers.
O. en M. B-.
C. en P. B. J RR. avec des Ccnfulats.
II y a une médaille d’argent pur , où l’on trouve
une tête jeune , couronnée du diadème fans lé-
gende. (Quelques antiquaires l’attribuent à ce
Prince , parce qu’au revers on lit constan-
TiNUS CÆSAR, & qu’on voit dans le champ
trois palmes avec une étoile fiir celie du milieu ,
ainfi que dans les médailles de fes frères.
Constantin III, ou Tyran fous Honorius,
Flavius Claudius ConstazitususAugustus,
Ses noédaiües font :
RR. en or.
R. en argent,
RRR. en P. B.
Constantin IV. Pogonat , ots èarBu^
TAXTIXUS AuGUSTUSi
Ses médailles font î
R, ea or.
C O N
i5(>
^R- en argent.
RRR. en médaiilons de B.
Q. en’ M. B.
R. en P. B.
CoisfsTANTiN V J Cbpîonyfnci Cokstanti-
jzcrs Aùgvstus.
Ses médailles font :
R. en or.
O. en argent & en B.
CONSTAMXtN VI- CoXSTAKTISUsAsxaaSTUS.
Ses médailles font :
RRRR. en or-
O- en argent & en B.
Constantin VII. Co^staxt-ixus Aacus-
TV-S.
On ne- connoît point de médailles qui foient re-
connues pour, appartenir à, oet Prince ou à Léon
l-’Arménien. On pe.ut^pourtant croire qudl y en a-
eu de fabriquées-, fojr. à Cooftantinople , foit
dans d’autres villes. ( pendant un.règne de plus de
lêpt années.) ;. mais: elles ne font point encore
connues.
Constantin' VIIIÏ: CcrxsTAXTisus Au-
eusTus.
Ses médailles font-:-
RR. en or, fur lefqiielîes il eft avec fon père.
O. en argenr.
R. en B. où il eft avec Bafile.
Constantin IX, fils de Romain I. Coxstax-
TINUS Augustüs.
On ne connoît point de médailles de cçt Em-
pereur.
Constantin X, furnommé Porphyrogénète.
CossTAXTixus Augustüs.
Ses médailles font :
RR. en or.
O. en argent.
R. en M. B. avec fa tête feule.
RR. avec fa tête , & celle de Zoé fa mère.
Constantin XL Coxstantixvs Augvs-
TUS.
Ses médailles font :
RR. en or , avec Bafile fon frère.
O. en argent.
C. en B. , également avec. Bafile.
Constantin XII , Monomaque. Constax^--
tixus.Augüstus.
Il y a dans le cabinet du Roi , 8< il y avoir dans
celui de M. Pellerin , des médailles d’or de Conf-
tantin Monomaque & de Zoé.
Constantin XIII , Ducas. Coiistaî!tix.us
Ducas Augustus.
Ses médailles font ;
RR. en or.
O. en argent.
RR. ça M'. B.
C O N
' Constantin XIV. Paléologüe ; dernier
Empereur de Conftantinople. Coxstastixus.
Palæologus Augustus.
Ducange rapporte un grand médaillon d’argent
de cet Empereur j on n’en connoît ni en or ni en
bronze.
Constantin Ducas ( Porphyrogénète. )
■ CoKSTANTlNUS DuCAS AuGUSTU^.
On ne trouve ce Prince fur aucune ^médaille
de fon temps.
Constantine. Ex.ayiAj£fzr.< Coxstaktixa
Augusta.
Ses médailles ne font connues que dans Golt-
zius , & font par conféquent fufpeétes.
CONSTANTINOPOLIS. Les médailles de
cette ville fans nom d’Emperem, font :
C. en bronze.
Ot en or.
' O. en argent?
On les place à la fuite des médaifles du grand
Confiantin.
CONSTANTINOPLE ( Ère de % « L’Ére^e
Conjlantineple , ainfi que celle d’Alexandrie ,
commence à la création du monde. Dans cette
période , la première année de l’Incarnation tom-
be en 5509, Se répond , comme dans notre Ere
' vulgaire , à la dernière de la 194^ Olympiade, &c
à la première de l’Olympiade fuivante. L’empire
Grec & l’églife de Confiantinopte adoptèrent cette
manière de fupputer les temps, qui palfa dans
tous les aéles, & s’eft maintenue tant que l’em-
pire a fubfifté. L’églife grecque, encore même
aujourd’hui , n’en connoît point d’autres. Les
Mofcovites, qui l’avoient reçue des Grecs avec Je
chriftianifme , l’ont de même confervée jufqujau
règne de Pierre-le-Grand. On dillingue dans l’Ere
de Confiantinople deu.x fortes d’années , la ci-
vile & l’eccléfiaftique. La première s’ouvre avec
le mois de. Septembre ; la fécondé a commencé ,
tantôt au 21 Mars , tantôt au ler Avril. »
« L’Ére dont nous parlons étoit en ufage à
Conflantinople avant le milieu du feptième fiècle ,
comme on le voit par le traité du Comput <k
S. Maxime, qui fut compofé l’an 641. Les aétes
4u vie Concile général ^ terminé l’an 68 1 de notre
Ère vulgaire, fontdatésrie l’an du monde Ô189.
Retranchez de cetteTomrae 681 , reliera celle de
y yo8 , qui forme l’Ere de Conflantinople. Dans la
fuite, on voit tous les aâes publics de l’empire
Grec , datés de la même Ère. de vérifier
les Dates. )
CONSUALES. \ r ri!
CONSUALIA. f &fnfualia,eonflualeslüdt,
fèces à l’honnear du Dieu Ceafe ou*Confusj c'eft-
C O N
à-^re, Neptune. On y faifoit une cavalcade- ma-
gnifique, parce que Neptune paffoit pour avoir
donné le cheval aux hommes. Delà lui venoit Ton
furnom àyqaeftre, /Ws/oî. On dit que c'eft Évran-
ore qui inftitua certe fête. Romulus la rétablit
enfuite fous le nom de Confus , parce que ce
Dieu iiii avoir fuggeré le deffein d’enlever les
Sabines. Car Romulus ayant infritué les jeux con.-
fuales ^ Y invita fes-voifins , & fe fervit de la fo-
Jemnité des facrifices & des jeux pour enlever les
Sabines , qui croient venues à la cérémonie. Pour
y attirer plus^de monde, il avoir répandu de tous
cotes qu il( avoir trouvé un autel caché fous ‘terre ,
qu il vouloir confacrer en faifant des facrifices au
Dieu à qui cet autel avoir été érigé.
lî eft parlé des confuales en "plufieufs endroifs
du calendrier Romain. Les confuales éroient du
nombre des jeux que les Romains appeloient fa-
cres , parce qu ihs étoient confacrés i une Divi-
nité. Dans les commencemens , ces fères & ces
jeux ne différoient point de-ceux du cirque. De-là
vient que Valère-Maxime , ( /. il. ck. 4. ) dit que
renlèvement desSabines fefit au jeux du cirques
& Servms, {Eneid. 1. vm. -v. 656. ) aux can-
fiiales. On couronnoit & on laifîbit repoler les
chevaux & les ânes’ces jours-là, parce que c’éroit
la fête de Neptune l’Equeftre , dit Plutarque,
( Rom. quifi. 48. ). Feftus ajoute que ces jeux fe
célébroient avec des mulets , parce qu’on croyoit
«jue c’étok le premier animal qui eût fervi à
traîner le char. Selon Servius , les confaales tom-
boient au ij^d’AoÛTj mais Plutarque & Denys
^ H^licamalTe' les placent dans le mois de IV^ars.
Ces fêtes diffèrent de celles qu’on appeloit 2^<rp>.
tiinales.
CONSUALI Deo. Voye^ fur ces mots d’une
infcription antique , ( Grater^ 54. 3. ) le mot
CONSUS.
CONSULAIRES ( Fades ) , dressés SUR LES
marbres du Capitole.
El. B. Ces Fades fuppofenr, jufqu’à la naiffance
sfe J. C. la fondation de Rome dans la ire ^.n-
né'ede la viie Olympiade. Nous les fuivrons juf-
qu’à cette naifTance 5 mais depuis elle, nous fui-
vrons avec tous les ChronoiogiRes modernes le
calcul de Varron , qui fixe cette fondation à l’année
Tve de la vie Olympiade , c’eft-à-dire , qu’il la
fait plus ancienne d’un an que les marbres du Ca-
pitole.
Sous le pfmtifieat de Paul III,. vers le mi-
,!eu du feizieme fiecle, on déterra à Rome une
raronique gravee fur le mar’ore , qui renfermoit
ia luire des Confuis, des Diéiateurs, des Tribuns
mi.itaires de des Cenfeurs , avec les triomphes des
Generaux Romains. Attribuée d’abord à Atricus,
eue fixa I-es regards de tous les Cens-de-Lertres
& Fit placée su Cac-itole dont elle, renfermoit
C O N
*.51
les fartes glorieux. Pighius en donna unê explica-
tion, dont voici l’extrait.
Ere
du
Capitole
Le Roi Romulus fonda la vilfe de
Rome la première année de la 7“
Olympiade , 'où Daiclès -Meffénien
remporta le prix dé la courfe , fous
le règne deCharope,Ù Athènes -
Duree
Mqu-à
l*annie
t 1749.
Oit
’2-f3S
47 xyox
5,U ijot
-,
_xi^ jour avant les caietvdeS dé Mai
il partagea le peuple’en divers ordres j.
favoir, le Sénat , les Chevaliers &
les Plébeïensj il forma des Tribus ,
établit des Curies , donna cks loix,
& inftitua les facrifices. . . . ,
Romuhas à fa mort fut mis au
rang des Dieux, 8c furnommé Qui-
rinus
Il y eut cetfe année an interrègne
pendant lequel les Sénateurs gou-
vernèrent tour-à-tour . . . . .
Numa PompiliuSj fils de Porapi.
Sabin , nommé Roi par les fuffragee^
du peuple & Tautorité du Sénat,,
ayant donné la paix au peuple R^
main , fut Je premier qui -ferma- le
temple de Janus. Il établit des fa-
crifices , des cérémonies religieufes,
8c régla tout ce qui concernoit le
culte des Divinités j il partagea Tan*-
nee en xii mois., fixa les jours où
Ton pouvoir rendre la juftice , 8c
ceux auxquels il n’étoit pas permis
de s’afTembler. Il étabiit*des collè-
ges de Prêtres , d’Augures , de Fla-
mines, de Veftales, d’autres ordres
facrés , divifa le peuple en plufieurs
collèges, Sc établit plufieurs loix. .
Le Roi Numa Fompilius , fils de
Pompi. Sabin meurt l’an ....
Tullus Hoftilîus, fils d’Hoftiiius ,
Sc petit-fils d’Hoftiliüs , eft élu Roi
par le choix du peuple & Tautorité
des Sénareurs. Il établit une difei-
pline militaire , ouvrit le temple de
Janus que Numa avoit fermé j 8c
ayant reculé les bornes de l’empire
Romain , if agrandit le Pomœrium
d’^après Tavis du collège des Prêtres. 82 2447
Tullus Koftiliiis meurt dans un
incendie l’an 1 1 3
Ancus Marcius , petit-fils de
Numa, eft choHî par le peuple Sc
le fénat pour gouverner Rome : il
donna des loix à la ville , &
Tembeliic de bâtimens magnifiques.
Ayanp reculé les bornes de l’empire
Romain ,, il agrandit le. PomariuiR
59
81
25-00
2458
ii;
242!?
C O N
C O N
152
lErt
du
eapuolc
avec rapprobâtîoti des Pontifes. • •
Ancus Marcius meurt 1 an . . .
Lucius Tarquin^ l’ancien u®
Démarate ^ monta fur le trône de
Rome par le choix du peuple & la
volonté du fénat. Il agrandit 1 ordre
des Sénateurs & celui des Cheva-
liers. Il arracha des mains des Etruf-
ques les ornemens & les marques
de la royauté dont ils s’étoient em-
parés
Lucius Tarquin eft aflafliné. .
Servius Tullius , fils de Servius ,
eft le premier qui s’empara du trône
fans le choix du peuple & fans l’agré-
ment du fénat ; il établit le cens , cé-
lébra quatre fois le luftre; il parta-
fca en tribus le peuple & le terri-
toire de Rome ; ayant reculé les bor-
nes de l’empire , il agrandit auffi Iç
Pomœrium d’après l’avis des Prè-
Servius Tullius eft afiTaflâné cette
année
114
137
Durie
jufqu’à
l.*année
178s.
242y
2402
138
174
2401
256;
17I ^5*^4
218 1321
L- Tarquin-le-Superbe_, fils de L.,
périt- fils de DçmaratCj s’étant em-
paré du trône fans demander l’agré-
ment du peuple & du fénat, releva
la majefté de la ville de Rome , en
conftruifant le capitole. Il établit les
fériés latines , & créa les II \ irs
chargés de l’infpedion des livres Si-
byllins , qu’il acquit pour le peuple
Romain .219 1320
Il eft chafté du trône & de la ville
par le peuple, qui reprend fa liberté
le neuf des calendes de Juin l’an. . 244 2295
CoxsvLS créés depuis cette époque.
L. Junius Brutus s’étant choifi un
Collègue , eft tué & remplacé par
Sp. Lucretius Tricipitinus qui, étant
raort dans l’année , eut pour fuc-
celfeur M. Horatius Pulviüus. Lu-
cius Tarquinius Collatinus , nommé
Gonful avec Brutus , eft obligé , par
fan Collègue, à fe démettre. On lui
fubroge P. Valerius, qui fut fur-
nommé Poplicola 244 2293
Publius Valerius Poplicola II. . . 24^ 2294
Avec Publius Lucretius Tricipi-
tinus.
P. Valerius Poplicola TII . . . . 246 2293
M. Horatius Puivillus II.
Sopurius Lartius Flavus^ .... 247 2292
Titus Hermiçrius Aquiliüus,
Are I "Duris
àu I
capitoU 1 natis.
248
249
230
231
232
234
*3Ô
M. Valerius, flls de Volufîus. . .
P. Pofthumius Tubertus.
P. Valerius Poplicola iy . . . -
Titus Lucretius Tricipitinus IL
P. Pofthumius Tubertus II . . •
Agrippa Menenius Lanatus.
Opiter Virginius Tricoftus. . . .
Sp. Caffms Vifcellinus.
Pofthumius Cominius Auruncus.
T. Lartius Flavus, premier Di^at.
Sp. CafriusVifceIlinus,preOTrV Gé-
néral de la Cavalerie.
Set, Sulpiçius Camerinus. . . .
M. T uliius Longas , mort pendant
/on Confulat.
Pub. Veturius Gcminus . . . •
T. Ebutius Elva.
T, Lartius Flavus IL ..... 233
Q. Clœlius Siculus.
A. Sempronius Atrarinus . . .
M. Minucius Augurinus, _
A. Pofthumius Albus Regillenfis ,
fait DiSateur
T. Virginius Tricoftus.
T. Ebutius Elva , fait Général de
la Cavalerie.
Ap. Glaudius Sabinus Regillenfis. .
P. Servilius Prifcus.
A. Virginius Tricoftus Cœiiraon-
tanus . .
T. Veturius Geminus Cicurinus.
M. Valerius , fils de Volufius , eji
créé Dictateur pour appaifer une
fédition , & mérite le furnom de
Maximus
Q. Servilius Prifcus , eJi Général
de la Cavalerie.
Sp. Caffius Vifcellinus II. ...
T.Poftumus Cominius Aruncus IL
T. Geganius Macerinus. ....
P. Minucius Augurinus.
M. Minucius Augurinus II. . . .
A. Sempronms Attratinus II.
Q. Sulpiçius Camerinus. '. • . .
Sp. Lartius FJavus II,
C. Julius Juins .......
P. Pinarius Rufus Mamercinus
Sp. INantius Rutilus
Sexrus Furius Fufus.
C. Aquillius Tufcus. .....
T. Sicinius Sabinus.
Sp. Caffms Vifcellinus III. . . .
ProcuhisVh'rginiusT ricoftus Rutilus.
Cæif. Fabius Vibulanus
Ser. Cornélius Colfus Maluginenfis.
Lucius Æmiiius Mam.ercinus. , ,
Q. Fabius Vibiilanu? IL
238
2(30
2(3 1
262
2(Î3
2^4
1(33
iSé
267
i6$
2Ô9
2291
2290
2289
228S
2287
233 22§5
228J
2284
2285
237 2282
2282
2289
M.
2279
2278
2277
21/é
2273
2274
2273
227^
2271
227Q
F abtus
C O N
C O N
M. Fabius Vibuknus .
L. Valerius Poplicola Potitus. •
C. Julius Julus .......
Q. Fabius Vibulanu?III.
Cælb Fabius Vibulanus . . . .
Sp. Furius Fufus.
Cn. ‘Man’lius Cincinnatus. . . .
M. Fabius Vibulanus II^ fui tué
dans un combat,
Cæfo Fabius Vibulanus III. . . .
F. Vir^nius Tricoftus Rutilus.
L. Æmilius Mamercinus II. . . .
Câius Servitius Strufluls Ahala^
qui étant mort pendant fa magif-
trature , fut remplacé par
C. Cornélius Lentulus Efquilinus.
C. Horatius Pulvillus
T. Menenius Latanus.
A. Virginius Tricoftus Rutilus. . .
Sp. Servilius Struâius.
F. Valerius Poplicola
C. Nautius Rutilus.
Lucius Furius Medulliiyis Fufus. .
A. Manlius Vulfo.
Lucius Aemilius Mamercinus III. .
Vopifcus Julius Julius.
L. Pinarius Rufus Mamercinus. . .
P. Furius" Fufus.
Ap. Claudius Sabinus
T.QuindliusCapitolinusBarbatus.
Lucius V alerius Poplicola Potitus II.
T. Aemilius Mamercinus
A.Virginius Tricoftus Cœlimontanus.
T. Numicius Prifcus.
T. Quintius CapitoIinusBarbatus II.
Q. Servilius Prifcus.
T. Aemilius Mamercinus IL . . .
Q. Fabius Vibulanus.
Sp. Pofthumius Albus Regillenfts. .
Q- Servius Prifcus IL
Q. Fabius Vibulanus IL . . . ;
T.Quintus Capitolinus Barbatus III.
A. Pofthumius Albus Regillenlis- .
Spurius Furius Medullinus Fufus.
P. Servilius Prifcus
L. Aebunus Elva , morts tous les
deux dans leur magifirature.
T. Lucretius Tricipitinus. . . .
T. A eturius Geminus Cicurînus.
P. Volumnius Amintinus Gallus. .
Ser. Sulpicius Camerinus.
P. Valerius Poplicola II, mort dans
fa magifirature , & remplacé par
L. Quintius Cincinnatus
C. Ciaudius Sabinus Regillenfîs.
Q- Fabius Vibulanus III
L- Cornélius Maluginenfis Coftiis*. •
Antiquités , Tome 11,
Ere
du
Cap.
Durée
jufqud
ijo ii6^
271 2268
ijx xt6j
273 xx66
274 xx6s
27J 2264
276 2263
277 zx6x
278 2261
279 22^0
280 2239
281 2,238
282 22‘37
283 2236
284 2233
283 2234
286 2233
287 2232
288 2231
289 " 2230
290 2249
291 2248
292 2247
293 2246
294 2243
155
Ere I Z}urée
du I jurqu’d
Cap. j
C. Nautîus_ Rutilus II. ; : i . 293 2244
L. Minucius Augurinus , fut obligé
de fe démettre de fa charge, à caufe
de fa mauvaife conduite dans 1‘ Al-
gide.
L. Quintius Cincinnatus j_/ûir Pic--
tateur,
L. 1 arquitius Fîaccus , Général de
la Cavalerie.
C. Horatius Pulvilkus . . . . . x^6
Q, Minutius Augurinus.
M. Valerius Maxumus 297 2242
Sp. Virginius Tricoftus Cœlimon-
tanus.
Les jeux féculaires furent célé-
brés cette année par ordre du Sé-
nat. M. Geganius Macerinus , &
C. Nautius Rutilus étant Ilvirs.
T. Romilius Rocus Vaticanus. . . 298 2241
C. A'eturius Cicurinus.
Sp. Tarpeius Montanus Capitolinus. 299 2240
A. Aeternius Fontinalis.
Sextus Quîntilius V'arus, mort dans
fa magifirature. ...... 300 2239
P. Horatius Tergeminus.
P. Seftius Capitolinus. . 301 2238
C. Menenius Latanus.
Ap. Claudius Craffinus 302 2237
T. Genucius Augurinus.
Ils abdiquèrent , afin que l’on
pût ckoifir les Décemvirs fuivans ,
qui devinrent dépofitaires du pou-
voir légijlatif
Ap. Claudius CrafSnus.
Sp. Poftumius Albus Regillenfis.
T. Genacius Augurinus.
P. Seftius Capitolinus.
Sp. Veturius Cicurinus.
Ser. Sulpicius Camerinus.
C. Julius Julus.
T. Romilius Rocus Vaticanus.
A. Manlius Vulfo.
P. Horatius Tergeminus.
Ap. Claudius Craflinus IL . . i 303 223^
Q. Fabius Vibulanus.
M. Cornélius Maluginenfis.
L. Minutius Augurinus.
T. Antonius Merenda.
M. Rabuleius.
M. Sergius.
Cæfo Duiiius.
Q. Foetelius Libo Vifolus.
Sp. Oppius Cornicenfis.'
V
Î54
c 0 N
Ere
Durée '
«
du
iufqu à
Caf.
178*.
C O N
Les Décemvirs précédetis furent
chligés d‘ abdiquer, d caufe du crime
tt Ap. Claudius ; & on ckoifit pour
Confiés :
L. Valerius Poplicola Potitus. . .
M. Koratius Barbacus.
504
2235
5°;
2234
0
c\
2235
307
2232
308
2231
Lar. Herminius Aquilinus. • • •
T. Virginius Tricoftus Cælimon-
tanus.
M. Geganius Maccrinus . . • ■
C. Julius Juîus.
T. Quintius Capitoîinus Barbatusl\ ■
Agrippa Furius Fufus._
Sîarcus Genutius Augurinus. . .
C. Curtius Philo.
Tribuns militaires avec autorité de
ConfuLs,
Aulus Sempronius Atratinus. . _ . 309 2.230
F,. Acilius Longus, & T. Cla?lius
Siculus , qui abdiquent , & font
remplacés par:
L. Papirius Mugillanus 5 Conful la
même' année avec L. Senaprouius
Atratinus.
Marcus Geganius Macerinus IL . . 310
T.Quintius Barbatus CapirolinusV .
Fremiers Cenfeurs. L. Papirius Mu-
gillanus , &: L. Se-uipronius
Atratinus.
M. Fabius Vibulanus. . . • • _ • 3 ^ ^
Pofthumius Ebutius Elva Corni-
cenfis.
C. Furius Pacillus Fufus 312
M. Papirius Craffus.
Procalus Geganius Macerinus. . . 315
L. Menenius Lanatus. _
T. Quintius Barbatus Capitoîinus VI. 3 14
Agrippa Menenius Lanatus.
L. Quintius Cincirunatus II j, Dic-
tateur^
C. Servilius Stra£ius Ahala, M.atîr&
de la Cavalerie.
2229
2228
2227
222é
2225
Ere
àu.
.1
Mam. Emilius Mamerdnus » fait
Diciateur^
L. Quindius Cincinnatus, Afartre
de La Cavalerie. »
M. Cornélius MalugLnen-fis. . . • 3^7
L. Papirius Crafi'us.
C. Julius Julus II 5^®
Ê. Virginius Tricoftus.
Q. Servilius Prifcus , Dictateur ,
furnommé Fldenas.
Pofthumius Ebutius Elva Corni-
cenfis , Maître de la Cavalerie.
Cenfeurs. C. Furius Pacilüs FuftjSj
&M. Geganius Macerinus.
C. Julius Julus III.’ 3^^
L. Virginius Tricoftus II-
Maui. Emilius Mamercinus , Dic-
tateur.
A. Poftumius Tubertus , Maître de
la Cavalerie.
Tribuns Militaires avec autorité
de ConfuLs.
M. Fabius Vibulanus. . .
M- Foslius Flaccinator.
L. Sergius Fidenas.
320
Tribuns Militaires avec autorité
de Confuls,
Mam. Aemilius Mamercinus. I ; 3î| -2224
T. Quindius Cincinnatus.
L. Julius Julus.
Marcus. Geganius Macerinus. . , 316 2223
E. Sergius i furnommé Fidenas.
Autres Tribuns Militaires avec
autorité de Confiés.
L.Pinarius R ufus Mamercinus. .
L. Furius Medulliiius.
Sp. Poftumius Albu’s Regîllenfis.
321
322
T. Quintius Pennus Cincinnatus.
C Jiïîhis Mento.
A. PoftiimiusTubertus^U/iïiZtear.
L. Julius Julus , Maître de la
Cavalerie.
C. Papirius Craffus. ..... 323
L. Jalius Julus.
L. Sergius Fidenas IL . . _ . • . 324
Hoftus Lucretius Trîcipitinus.
•T. Quintius Pennus Cincinnatus H. 325
A. Cornélius Coffus.
C. Servilius Strudus Ahala. ... 326
L. Papirius Mugillanus IL
Tribuns Militaires de.
T. Quintius Pennus Cincinnatus III.
C. Furius Paciliis.
M. Pofthumius Albus Regillenlîs.
A. Cornélius Coffus
M. Emilius MamercinusIII,UiS-
A. Cornélius CoffuSj,iVl.a;e /a Caw
327
Ddrie
jufqu'i
17SS.
2224
Z22t
2J.Z0
zzîÿ
22lt
2217
22ÎÔ
2217
2214-
22IJ
iZtZ-
C O N
Ere
Duree
àu
jufqu’à
Cap,
1786.
C O N
in
jEt€ I Duree
du I jufqziâ
Cap. i I jSü.
Tribuns M-ithaircs , &e,
Aulus Sempronius Atratirms. . . jiS 221 1
L. Furius Medulünus.
L. Quintîus Cincinnatus.
L. Horatius Barbatus.
Tribuns Militaires ^ &c.
P. Lucretius Tricipitinus. . . , 336 220j -
L. Servilius Struâus.
Agrippa Menenius Latanus II.
Sp. Vecarius Craffus Cicurinus.
Tribuns Militaires , &c.
Ap. Claudius Craffus Regilienfîs. . 325 2210
Sp. Nautius Rutilus.
L. Sergius Fidenas U. 5
Scx. Julius Juius.
Cenfeurs.
Lucius Julius Juius.
L, Papirius Craffus.
C. Sempronius Atratinus. . . . 330 2209
Q. Fabius Vibulanus.
Tribuns Militaires , &c,
A*. Sempronius Atratinns III. . . 3 37 xxas,
M. Papirius .Mugillanus II.
Sp. Nautius Rutilus.
Q. Fabius Vibulanus.
Tribuns Militaires ,
P. Cornélius Coffus. . ' . . ; 533 22i»r
Quintius Cincinnatus.
C. Valerius Pennus Volufus.
N. Fabius Vibulanus.
Tribuns Militaires 3 &<:.
L. Manlius Vuifo Capitolinus. . . 331 2208
Q. Antonius Merenda.
L. Papirius Mugillanus.
L. Servilius Struâus.
Tribuns Militaires , Ùe.
Q. Fabius Vibulanus IL . . . . 339 2203
Cn. Cornélius Coffus.
P. Poftumius Albus Re^llenfis ,fut
tué dans une émeute.
L. Valerius Potitus.
Titus Quintus Capitolinus Barbatus. 3-32
Humerius Fabius Vibulanus.
Tribuns Militaires , &c,
T. Quintius Pennus Cincinnatus IV. 333
M. Manlius Vuifo Capitolinus.
L. Furius Medulünus III.
A. Sempronius Atratinus IL
Tribuns Militaires j 6’c.
Agrippa Menenius Latanus. ... 334
Sp. Nautius Rutilus.
P. Lucretius Tricipitinus
C. Servilius .Axilla.
Tribuns Militaires y &c,
M. Papirius Mugillanus
C. Servilius Axilla II , Maître de
la Cavalerie,
L. Sergius Fidenas III.
Q. Servilius Prifeus, DiMateur.
Confuls.
L. Papirius Megillanus.
Màm. Emiiius Mamerçinas.
2207
xio6
2203
M. Cornélius Coffus
L. Furius Meduilinus.
Q. Fabius Ambufius. . . . . ,
C. Furius Paciius.
Cera/êurj. L. Sergius Fidenas, & Q.
Servilius Prifeus Fidenas.
M. Papirius Mugillanus
C. Nautius Rutilus.
M. Emiiius Mamercinus
C. Valerius Potitus Volufus,
Cn. Cornélius Coffus
L. Furius MeduIIinas IL
540 2199
34-1 2IfS
342 2197
343 2.1^
344
2204
I ribuns JSliLitaîrc's ,
C. Julius Juius. 345' 2104
P. Cornélius Coffus.
C. Servilius Ahala , Maître de la
Cavalerie,
P. Cornélius Rutilus Coffus , J>/c7.
Tribuns Militaires , éfe.
C. Valerius Potitus Volufus n. . . 346 210?
C. Servilius Ahala IL
M. Fabius Vibulanus II,
L. Furius Meduilinus.
V ii
C O N
C O N
-Efc j Durit
du I jufqiLÀ
Cap^ \ 1786*
iSS
Trih’J.ns Mititaires , iic.
P. CorneHus Rutilus Coffus. .
L. Valerius Potitus-
Cn. Cornélius CoiTus.
M. Fabius Ambuftus,
Ere
Ourle
du
jufqdà
Cap.
1786.
- 347 2.19^
Tribuns M-ilitaires y é’r'. *
C. Julius Julus 54^ 2191 .
M. Emilius Mamercinus.
T. Quintius Capitolinus Barbatus.
L. Furius MeduHinus IL
T. Quindius Cincinnatus,^
A. îilanlius Vulfo Capirolir.us.
Tribuns Militaires , &c.
P. Liciniiis Calvus^ premier Tribun-
Plébéien. . . . ^ .
P Manlius Capitolinus»
P. Mælius
Pp. Furius Mcdullinus.
L. Titinius.
L. Publilius Philo.
Tribuns Militaires é’r.
C. Duillius .......
L. Attilius Longas.
Cneius Genucius Aventinenfis.
M. Pomponius.
Volero Pubülius Philo.
M. Veturius Craffus Cicurînus.
ÎI.3 iiSé,
W4 -21
Tribuns Militaires y
•
p. Cornélius Maluginenfis. .. . . 549? 1190
Sp. Nautius Rutilas 111.
Cn- Cornélius Cofl'us il.
C Yalerius-Potitas V olufusIIL
C- Fabius AmbuRus.
M. Sergius Fidenas.
Tribuns Militaires ,
M- Emilius Mamerclnus U. » . . 55° 2189
;M. Furius Fufus.
Ap- Claudius Craffus.
Li Julius Jdus.
Î,I. Quindihus Varus.
L. Valerius Potitus III.
>LFurius Çamillus. Cenfeurs.
îi Potlumîus Abiîius. >
Tribuns Militaires y,
L. Valerius Potitus. ..... 35J
L. Furius MeduHinus.
M- Valerius Maximus.
M. Furius Çamillus IL
Q. Servilius Prifcus.
Q. Suipitius Camerinus.
Cenfeurs' C. Valerius Potirtis- j &
• M. Emilius Mamercinu-s.
Tribuns Militaires , &f. ^
L. Julius Julus 35^ 21S5
L. Furius MeduHinus IIII.
L. Sergius Fidenas.
A. Poftumius Albinus Regillenfis.
A. Mandas Vulfo.
P. Cornélius Maluginenfis. Ils ab^.
àiqiàrent^
Tribuns Militairss , drc.
Q.' Servilius Ahala. ÏIÎ. .... 35L 21&8
Q Sulpicius Camerinus.
Q. Servilius Prifcu^ Fidenaf,
A. Manlius Vulfo. Il-
L. yirginius Tricoftus.
M- Sergius- Fidenas IL
Tribuns Militaires ,
L- Valerius Potitus IIIL . . ; ; yja 2187
L. Julius Julus.
Jé. Furias CamilIus. .
M- Emilius Mamercinus lîL.
Cn Cornélius Dofliis-
. £. Fsbias Aœbufias IL
Tribuns Militaires y é’c.
P. Licinius Calvus. .... 357 ati&t
L. Atiniiîs Longus IL
P. Manias Capitolinus IL
L. Titinius IL ‘
P. Mïlius IL
C. Genucius Aventinenfis , tué
dans un combat.
M. Furius Cumillus , Dictateur^
P. Cornélius Scipio ^ Maître de /«a
Cavalerie..
Tribuns Militaires , &<?.-
F. Cornélius Coffus. . . , .1 558
S. Cornélius Scipio.
C ON
C O N
lErt 1 Durie
du jupiuâ
178^.
M. Valerias Maximus II.
C. Fabius Ambuiius IIL
L. FuriusMedullinus Vi
Q. Servilius Prifcus Fidenas III.
• Xre
du
Cap.
157
Dures
jufqu'â
178(5.
T ribuns Militaires , &c.
T. Quintius Cincinnatus. .
L. Servilius Prifcus Fidenas.
L. Juîius Juius.
L. Aquilinus Corvus^,
L. Lucretius Tricipirmus.
Ser. Sulpitius rufus.
366 ii7J
Tribuns Militaires , Ùc.
M- Furius Camilîns II 2180
L. Furius Medullinus VL
C. Emilius Mamercînus.
Sp. Poftumius Albin us Regillenlîi.
P. Cornélius Scipio IL
L. Valerias Poplicola.
L. Lueretîus Flavus. ... ; : jfo 2^179
Ser. Sulpitius Camerinus.
L. Vaîerius Potitus 361 2178
M. Manlius Capitolinus. Ils abdi-
quèrent.
Cenfeurs. C. Julius Julus^, mort dans ■
' magiftrature , remplacé par
M. Cornélius Maluginenfis 3 &
L. Papirius Curfbr.
Tribuns Militaires , &c.
L. Lucrethis Flavus ^ 2177
Ser. Sulpitius Camerinus.
M. EmiHus Mamerinus.
L. Furius Medullinus VIL
Agrippa Furius Fufus.
C. Emilius Mamercînus II.
• «•
Tribuns Militaires ^ &c.
Q Fabius Ambuftas . . t i T 3^3 2176
Cn. Fabius Ambufttrs.
C. Fabius Arnbuftus.
Q. Sulpitius. Longus.
Q Serviiius Prifcus Fidenas IIÎT.
Servilius Cornélius Maluginenfis.
M. Furius Caroiilus II,
L. Vaîerius Potitus, Maître de la
Cavalerie.
Ces Tribuns furent continués tannée
fuivante par un S. C. . . . 3.64 ^‘7 S
Taibuns Militaires , ô’c.
E. Vaîerius Poblicola II. . ; : f >174
L. Virgilius Tricoftus.
Pubî. Cornélius Coffus.
A. M^lius Capitolinus.-
L Emilius Mamercinus.
L. Poftumius Albinus Regiîlenfis,.
M. Furius Camillus, Diciateur.
Servilius. Ahûz xMat, de la. (U
Tribuns Militaires , lie.
L Papirius Cutfor, ..... 347 217^
C. Sergius Fidenas.
L. Emilius Mamercinus II.
L. Menenius Lanatus.
L Vaîerius Poplicola.
C. Cornélius Cofius.
Tribuns Militaires ,
L, Furius Camillus IV. . . ; ; z6Z 2X71
Q. Servius Prifcus Fidenas Vl.
L. Quintius Cincinnatus.
L. Horatius Pulvillus,
P. Vaîerius Potitus Poplicola.
Ser. Cornélius Maluginenfis.
Tribuns Militaires , &c.
A. Manlius Capitolinns IL . - i aCq x%79
P. Cornélius Coflus.
T. Quintius Capitolinus ^ Maître
de la Cavalerie.
L. Qutntius Capitolinus..
C. Papirius Curfor.
C. Sergius Fidenas.
A. C’o.rnelius Colïus ^ HiBateur,
Tribuns Militaires ,
Ser- Cornélius Maluginenfis IIL .' . 3-70.
P. Vaîerius Potitus Poplicola IL
M. Furius Camillus V.
Ser. Sufpitius Rufus IL
C. Papirius Craffus-
T. Quintius Cincinnatus IL.
Tribuns Militaires , &C.
L. Vaîerius Publicola. IV. . : : 371 23-eS
A. Manlius Capitolinus HT.
Ser. Sulpitius Rufus III.
L. Lucretius Tricipitinus IL
L. Emilius Mamercinus IIL
. jV£ Trebonius 'flavus*.
C- O N
C O N
En
dit
Cap.
Dmrèi
jujfqu’à
ij66^
1 5*8
Ere I Durée
du I jufqu’à
Cap. j lyijtf.
Tribuns M-ilitaires j &Ci
Sp. Papirius Craffus 2167
L. Papirius Crafliis.
Ser. Cornélius Maluginenfîs IV •
Q. Serviüus Prifcus Fidenas.
Ser. Suipitius Prætextatus.
L. Eraiüus Mamercinus IV.
Tribuns Militaires j û’c.
ja. Furius Caisillus VI. . . • • 373
A. Poflumius Albinus Regillenfis.
L. Poftumius Albinus Régillenfîs.
L. Furius Meduilinus.
L. Lucretius Tricipitinus III.
M. Fabius AmbuRas.
Tribuns Militaires ,
L.ValeriusPopIîcoIa V. .... 374
P. Valerius Potitus Poplicola III.
L. Menenius Lanatus II.
C. Sergius Fidenas III.
Sp. Papirius Curfor.
Ser. Cornélius Maluginenfis. V.
T. Quintius Cincinnatus ^ Diciat.
A Sempronius Atratinus, MûAre
de la. Cavalerie.
( C. Sulpicius Camerinu».
Cerfeurs.<Sp. Poilumius Albinus
Regillenfis.
Et a leur place ,
Ser. Sulpicius Rufus ,
L. Furius Meduilinus^ qui abdi-
quèrent.
Tribuns Militaires , &c.
P. Manlius Capitolirjus 3'7J 21^4
C. Manlius Capitolinus.
L. Julius Julus II.
C- Sextilius.
M. Albinius.
L. Antiilius.
Tribuns Militaires , ô’c.
Sp. Furius Meduilinus. .... 57(5 2l<?3
Q. Servilius Prifcus Fidenas II,
C. Licinius Cal vus:
P. Clœlius Siculus.
M. Horatius Pulvillus.
L. Geganius Macerinus, _
- ^ ( Sp. Servilius Prifcus.
Çenfeurs. q Siculus,
Tribuns Militaires ^ &c,
L. Emilius Mamercinus V. . . . 377
Ser. Suipitius Prætextatus II.
P. Valerius Potitus Poplicola IV.
L. Quintius Cincinnatus H.
C. Veturius Craffus Cicurinus. '
C. Quintius Cincinnatus.
C 37S 2.1G1
Anarchie A Rome. . .. -^380
21 ji
Pendant que L. Sextius Sextinus
Lateranus , & C. Licinius Stolon
CalvusétoientTribuns duPeuple.
Tribuns Militaires , &c.
L. Furius Meduilinus II. . . . ^ 382 215:7
P. Valerius Potitus Poplicola V*
A Manlius Capitolinus IV.
Ser. Sulpicius Prætextatus III.
C. Valerius Potitus-
Ser. Cornélius Maluginenlîs VI.
Tribuns Militaires ,
Q. Servilius Prifcus Fidenas III. . 383 21^6
M.Gornelius Maluginenfîs.
C. Veturius Craffus Cicurinus II.
Q. Quintius Cincinnatus.
A., Cornélius Coffus.
M. Fabius Ambuftus IL
Tribuns Militaires , é’d
L. Quintius Capitolinus. . , 1 5^4 ^^13
Sp. Servilius Struéhis.
Serv. Cornélius Malurinenfis Vli.
L. Papirius Craffus.
Serv. Suipitius Prætextatus IV. *
L. Veturius Craffus Cicurinus.
M. Furius Camillus J . . 384 2154
L. Emilius Mamercinus ^ Maître
de la Cavalerie. Ils abdiquèrent ,
& on mit a. leur place y
P. Manlius Capitolinus , Dictateur,
C. Licinius Calvus , premier Plé-
béien, Maître de la Cavalerie,
Tribuns Militaires , Idc.
A. Cornélius Coffus II 3*^^
L. V eturius Craffus Cicurinus II.
M. Cornélius Maluginenfîs II.
P. Valerius Potitus Poplicola VL
M- Geganius Macerinus.
C O N
f, lîanlias Capitollnns îl.
Camille ^ âgé de 8o ans , créé Dic-
tateur^ réconcilie le peuple & le
fénat > & bâtit le temple de lee
Con.cord.e.
T. Quintiiis Q’ncinnatus Capito-
linus J Maître de la Cavalerie^
CoîTsui-s ckoijis pour la première
fois parmi les Plébéiens.
L. Einilius Marne rciniK j Patricien.
L. Sextius Sextinus Lateranus ,
Plébéien.
Cenfeurs. A. Poftumius Regiileafis ,
& C. Sulpicius Petîcus.
L. Genucius Aventinenfis. . . .
Q. Servilius Ahala.
C. Sulpicius Peticus.
C. Licinius Calvus.
, L. Emilius Mamereinus II. . ; ,
Cn. Genucius Avcntinenfis.
L. Manlius Capitolinus Imperiof-
fus. Dictateur.
L. Pinarius Natta ^ Maître de la
Cavalerie.
f M. Fabius Ambûftus.
^ ' iC. Furius MeduIIinus.
Q. Servilius Ahala IL . . , . .
L. Genucius Aventinenfis IL
Appius Claudius Craflus Sabinus
Regillenfis , Dictateur.
P. Cornélius Scapula, Maître de
la Cavalerie.
C. Licinius Calvus IL .... ;
F. Sulpitius Peticus TL
T. Quintius Pennus Capitolinus
Crifpinus 3 Dictateur.
Set. Cornélius MaluginenfiSjAfÆîi.
de la Cavalerie.
M. Fabius Ambuflus. .....
C Perilius Libo Vifolus.
L. Servilius Ahala j DiBateur.
T. Quintius Pennus Capitoh’|nus
Crifpinus, de la Cav.
M. Fopîiius Lenas
Cn. Manlius Capitolinus Impe-
rfofüs.
€. Fabius Ambuflus. .....
C. Plauîdus Proculus.
C. Sulpîîius Peticus , Diüateur.
M. . ValeriusPoplicola, Maître de
la Cavalerie.
C. Marcius Rutilas
Cn. Manlius Capkolinus Impe-
ïiofus IL
Sfe
du
Cay,
Durée
jufqud
3-87 il P
388 iiji
389 ZI JO
390 2149
391 2148
392 2147
393 2146
394
.3 9 S
3:96 2143
C O N
c. Fabius Ambuflus IL i i i .
M. Pômpilius Lenas II.
C. Marcius Rutilus, premier Dic-
tateur Plébéien.
C. Plaatius Proculus, Maître de
la Cavalerie.
C Sulpitius Peticus III. . . , .
L. Valerius Poplicola.
M. Fabius Ambuflus III
T. Quintius Pennus Capitolinus
CriCpinus.
C. Sulpitius Peticus W
M. Valerius Poplicola III.
. T. Manlius ImperiofusTorquâtUS,
DiBateur.
A. Cornélius Coflus Arvuia, Afa/r.
de la Cavalerie.
P. Valerius Poplicola
C. Martius Rutilas IL
C. Julius Julus, Dictateur.
L. Emilius Mamereinus , Maître
de la Cavalerie.
C. Sulpitius Peticus V. ....
T. Quintius Cincinnatus Capito-
linus.
M. Fabius Ambuflus,
Q. Servilius Ahala , Maître de la.
Cavalerie.
Cn. Manlius Capitolinus
Imperiofus.
C. Martius Rutilus, pre-
^ mier Plébéien.
M. Popiüus Lenas IIL ....
L. Cornélius Scipion.
L. Furius CtimiVms , DiBateur.
P. Cornélius Scipion, Maître de la
■ Cavalerie.
L. Furius Camillus. .....
Ap. Claudius Craflus , mort dans
fa Magiflrature.
T. Manlius Torquatus, DiBateur.
A. Cornélius Coflus .4rviaa ,Maît.
de la Cavalerie.
M. Popilius Lenas IV. ....
M. Valerius Corvus.
C. Claudius Craflus Regillenfis,
Dictateur.
C. Livius Denter, Maît. de la Cav.
C. Plautius Hypfeus
T. Manlius Imperiofus Torquatus.
M. Valerius Corvus H. . . , ,
C. Petilius Libo Vifolus.
On célèbre cette année 407 de
la fondation de Rome . les jeux
féculaires par ordre du Sénat t
M. Fabius Ambuflus, & C. Julias
Juins étant Ilvars.
Zre
du
Cap.
159
Durée
jufqiLà
B6.
397 ii42
398 214Î
399 214©
403 2139»
4SI 213g
■402 2137
Cenfeurs.
4^3
404 '2135
403 2134
40^ 2133
407 2132
ii>o
C O N
C O N
M- Fabius Dorfo.
Ser^ Suipitius Camerinu^
L. Furius Catîiüîus ’
Cn. Manlius Capitolmus, Maure
de la Cavalerie-
C. Marcius RutÜus IIL • • ' . *
T. Manlius Itnperiofus lorqua-
tUS II- , -n n
P. Valerius Poplicola,
Q. Fabius AmbuftuS:, Maure de
la Cavalerie.'
Guerres des Samnites.
Ere
Durée
du
juÇqu'à
Cap.
1786.
00
2131
409 413®
410 2.12-9
411
412
M- Valerius Corvas. - • • • *
A Cornélius Cornélius. Couus Ar-
vina. . , n. »
f M. Fabius Ambultus.
Cenfears. Popilius Lenas.
C. Marcius Rutilas
O . Servilius Ahak. _
AI. Valerius Corvus, Dictateur.
L. Emilius Mamercinus Prirernas ,
Maître de la Cavalerie,
C- Piantius Hypikus. • • .* • •
L. Emilius AlamercinusPrivernas.
Us abdiquèrent.
X. Manlius Imperiofus Torquatus. - 4 5
'p. Decius Mus , qui fe dévoua. _
L. Papirius Craffus , ?refeur ü
Dictateur. ,
E. Papirius Curfor, Maure de la
Cavalerie.
T. Emilius Mamercinus. . • • . •
Q. Publilius Philo , ConÇul 0“ Dic-
tateur. ,
D. Junius Brutus Scæva , Maure
de la Cavalerie.
L- Furius Camillus
C. MæniusNepos,
C. Suipitius Longiis. . •
C. Eiius Pætus.
C. Claudius Craffus Regillenlis ,
Dictateur.
C. Claudius Kortator , Maure de
la Cavalerie.
C. Papirius Craffus
Cæio Duilius. „
>JL Valerius Corvus 4^^
M. Atilius Régulas,
E. EmiliusMamercinusPrivernas, ^
Dilîateur.
Q. Publilius Philo, Maître de la
Cavalerie.
J Veturius Calvinus. . » ^ •
Sd Pollumius Aibinus.
P'. Cornélius Rufinus , DiBateur.
1^. AntWilus J Maître de la Caval,
2128
2117
2126
Ere
du
Cap.
420
421
Durée
jufquà
lySe.
2119
2II§
414 2123
MS
416
417
419
L. Papirius Cuefor
C. Petilius Libo Vifolus-
A. Cornélius Coffus Arvina II. •
Cn. Domitius Calvmus.
M. Papirius Craflus , DiBateur.
P. Valerius Poplicola, Maure de
Cavalerie.
I Q. Publilius Philo.
Cenfeurs. gp. Poftamius Albinus.
M. Claudius Marcellus
C- Valerius Potitus Flaccus.
Cn. Quintilius Varus, Dictateur.
L. Valerius Potitus , Maître de U
Cavalerie.
L. Papirius Craffus 4^5
L. PlautiusVenno.
T. Emilius Mamercinus PrivernasII.
Cn. Plautius Decianus. ^
C. Plautius Proculus , furnomme
depuis Venox. . •
P. Cornélius Scapula.
L. Cornélius Lentulus
Q. Publilius Philo II,
M. Claudius Marcellus, Dictateur,
Sp. Pollumius Aibinus, Maître de
la Cavalerie.
C. Petilius Libo Vifolus. , • '
• L. Papirius Mugillanus.
L. Furius Camillus II. ; . • -
D. Junius Brutus Scæva.
L. Papirius Curfor , Dictateur. . •
Q. Fabius Maximus Rüllianus ,
remplacé par L. Papirius Ciaffus,
Midtre de la Cavalerie.
^ r f M. Valerius Corvus.
Cenfeurs. Petilius Libo VifoluS.
C. Suipitius Longus 4?°
Q, Anlius Cerretanus-
Q. Fabius Maximus Rullianus. .. 4M
-L Furius Corvus.
A. Cornélius Coffus Arvina , Du-
tateur.
M. Fabius Ambuftus, Maître de
la Cavalerie.
T. Voturius Calvinus II. . - • • .43^
2122 Sp. Pollumius Aibinus II.
Q. Fabius Ambuftus , Dictateur ^
ZI U P. Emiims Pætus, Maître de la
Cavalerie , ayant .abaique , on
leur fubfiitua ,
AI. Emilius Papus , Dictateur.
L. Valerius Flaccus, Maître de la
Cavalerie.
2120 L. Papirius Curfor II 433
Q. Publilius Philo III.
C. Mainius ISepos, Dictateur.
M. FofliusFkccinator, Maître de
424
AM
426
417
428
429
iiié
2115
2114
1113
2112
2111
210e
art 24
7U3
2I«9
2108
2167.
210^
la
C O N
C O N
îa Cavalerie. Ils ahdiquerent
on mit a leur place y
Sj. Cornélius Lentulus, Dldateur,
L. Papirius Curfor, Maître de la
Cavalerie.
SfS
du
Cuf.
Vurià^
jufpuà
178^.
i- Papirius Curfor III 454 ziof
Q. Aulius Cerretanus.
L. Plantius Vénno 43 j 2104
M. Foflius Fiaccinator.
Q. Emilius Barbala 436 2103
C. Juniiis Bubuicus Brutus.
Sp, Naucius Rutilus 437 210Z
M. Popiiius Lenas.
L. Emilius Mamercinus PriVernas,
DiBateur.
L. Fulvius Curvus, Maître de la
Cavalerie.
L. Papirius Curfor ÎV. - , . . 438 2101
Q. Publilius Philo.
Q. Fabius Maximus Rullianus ,
DiBateur,
Q- Auüus Cerretanus , Maître de
la Cavalerie. Ayan.t été tué dans
un combat , il fut remplacé par y
C. Fabius AmbuRus , Maître de la
Cavalerie.
3tl. Ptetelius Libo - 439 21CO
C. Sulpitius Longus-
C. Mainius, DiBateur.
M. Foilius Fiaccinator J Maître de
la Cavalerie.
ï,. Papirius Curfor V 440 2099
C- Junios Bulbulcus Brutus II.
C. Peteüus Libo Vifolus, DicBat.
M- Pætelius Libo , Maître de la
Cavalerie. '
M. Valerius Maximüs 441 2098
P- Decius Mus.
C. Sulpitius LongUS , Dictateur.
C. Junius Bubuicus Brutus, Maît.
de la Cavalerie-
Ci. Junius Euibuîcus Brutus III. . . 442 2097
Q Emilius Barbula II.
Q Fabius Maximus Rullianus IL . 443 2096
C. Martius Rutilus, qui fat appelé
Cenforinus,
L. Papirius Curfor, Dichateur. . 444 2095
C. Junius Bubuicus Brutus, Maît.
de la Cavalerie.
P. Decius Mus. . . . ^ . 443' 2094
Q. Fabius Maximus Rullianus III.
App. Claudius Cæcus 446 2093
L. Volmmniùs Flamma Violens.
Q. Marcius Tremulus. .... 447 2092
P. Cornélius Arvina.
P. Cornélius Scipion Barbatus ,
Diciateur.
Q, Decius Mus , de la Cav-
Antiquités y Tome II,
j6l
Ere ! 'Durée
du I jufquâ
Cap. ! ijZe.
L. Poff umius Megellus. III. 448 *•
T. Minucius Augurinus , ayant été
tué dans un combat y il fut rem-
placé par ,
M. Fulvius Corvus Pætinus,
P. Sempronius Sophus. ..II
P. Sulpitius Saverrio.
449
2090
Ser. Coriielius Lentulus- . . . ,
L. Genutius Aventinenfis.
4P
2089
M. Livius Denter
M. Emilius Paullus , Maître de la
Cavalerie
451
2088
Q. Fabius Maximus Rullianus , DiB.
M- Valerius Corvus , DiBateur.
P. Sempronius Sophus, Maître de
la Cavalerie.
452
2087
Q. Appuleius Panfa
M. Valerius Corvus.
4J3
M. Fulvius Petinus. . . . • •
T. Manlius Torquatus, auquel fut
fuiftitué M. Valerius Corvus.
454
2085
L. Cornélius Scipio I
Cn. Fulvius Centumalus-
455
2084
Q Fabius Maximus Rullianus IV. •
P. Decius Mus III.
456
2083
Ap. Claudius Cæcus II. . . •
L. Volumnius Flamma Violens II.
457
2082
Q. Fabius Maximus Rullianus V. .
P. Decius Mus IV , qui fe dévoua
pendant fan quatrième confulat.
458
2e8i
L- Poftumius Megellus II. . . .
M. Attiliiis Regulus.
459
2083
L. Papirius Curfor
Sp Carvilius Maximus.
éfo
2079
Q. Fabius Maximus Gurges- • . .
D. Junius Brutus Scæva.
Ap- Claudius Cæcus , Dictateur.
C. Marcus Rutilus , Maître de la
Cavalerie,
461
2078
L, Pollumius Megellus III. . . .
C. Junius Brutus Bubuicus-
4^2
2077
P. Cornélius Rufinas
M. Curius Dentatus.
463
207d
M. Valerius Maximus Corvinus, .
Q, Cædidus Noâua.
464
207J
Q. Martius Tremulus
p. Cornélius Arvina-
465
2074-
M. Claudius îtîarcellus
C.,Nautius Rutilus.
Q. Hortenfîus , DiBateur.
M.- Livius Denter , Maître de la
Cavalerie.
466
2073
M. Valerius Maximus Potitus. - .
C. Elius Pætus.
4<57
2072
C. Claudius Canina. .....
M. Emilius Lepidus-
468
2071
C- Servilias Tucca- .....
L. Cæciiius Metellus.
4^9
X
2070
X
C O N
C O N
loi
P. Cornélius Dolabella Maximus.
Cn. Dcmitius Calvinus.
C. Fabrxius Lufcinus. . • •
Q. Emiiius Papus,
t Ere
Durée
du
jufqu'à
Cap.
470
20(39
471
20(58
Gi^srrs de Tarente & de Pyrrhus.
L- Emiüus Barbuîa. 472. ^©67
Q Marcius Philippus.
P. Valerius Lævinus 47? xo66
T. Coruncanius Nepps.
P. Sulpitius Saverrio. ..... 474 2065
T. Decius Mus , tué dans un combat,
C. Fabricius Lufcinus II 47I 2064
Q. EmiliusPapus II.
P. Cornélius Rufinus II. ... . 476 2063
C- Junius Brurus Bubulcus II.
Q. Fabius Maximus Gurges II. . 477 2062
L Genucius Clepfina.
P. Cornélius Rufinus j DiSateur.
C. Elius Pætiis J Maître de la
Cavalerie-
M. Curius Dentatus III. . , , . 478 2061
L. Cornélius Lentulus Claudinus.
M. Curius Dentatus III 479 2060
Ser. Co.nelius Merenda.
C. Fabius Dorfo Licinus 480 2039
C Claudius Canina il.
L. Papirius Curfor IL . . . . • 481 2058
Sp. Carvilius Maximus IL
C. Quinclîius Claudus. ... : 482 2057
L. Genucius Clepfina.
C. Genucius Clepfina II 483 2036
Cn. Cornélius Blafio.
Q. Oguînius Gailus 484 2055
C. Fabius Pidlor.
P. Sempronius Sopbus 485 2034
Ap. Claudius Craffas.
M. Atilius Regulus 486 2.033
L. Julius Cîbo.
M. Fabius Pictor 487 2032
D, Junius Fera.
Q. Fabius Maxinaus Gurges III. . . 488 2031
L. .Mamiiius Vituius.
Première Guerre Punique.
Ap Claudius Caudex 489 2030
M. Fulvius Flaecus.
M. V alerius Maximus MeflTala. . . 490 2049
îfî. Otacilius Craflus.
Cn. Fulvius CentumaluSj I>iSat.
Q. Marcius Philippus J Maîire de
la Cavalerie.
L. PouumÎHS Megeüus- .... 491 2048
Q. Mamiliüs Vituius.
L. Valerius Flaccus. ..... .^92 2047
T. Otacilius CraiTus.
Cn. Cornélius Scipio Alina.
L. Duillius.
C. Aquiliius Fiorus.
A. Attilius Calatinus
C. Sulpitius Paterculus.
C. Atilius Regulus Serranus . .
Cn. Cornélius Blafio IL
Q. Ogulnius Gallus , DiBateur.
M. Lætorius PlancianuSj Maître
de la Cavalerie.
L. Manlius Vulfo Longus.
Q.Cædicius: fut [abrogé enfaplac
M. Atilius Regulus.
Ser. Fulvius Pætinus Nobilior
M. Emiüus Paullus.
Cn. Cornélius Scipio Afîna II
A. Atilius Calatinus.
Cn. Servilius Cæpio. . .
C. Sempronius Blæfus.
C. Aurelius Cotta . . .
P. Servilius Geminus.
L. Cxcilius Metellus IL .
C. Furius Pacilus.
C. Atilius Regulus II. . .
L- Manlius Vulfo II.
P. Claudius Pulcher. . .
L. Junius Pullus.
M. Claudius Glicia , Dictateur
ayant été forcé d‘ abdiquer , or. lui
[abrogea ,
A. Atilius Calatinus , DiBateur.
L. Cxcilius- Metellus J Maître de
Ere j
Durée
jufqui
Cap. [
178s.
493
20.36
494
2043
495
2044
496
^043
497
2042
e
498
2041
499
2040
0
0
2039
301
2038
302
2037
303 203(5
304 2033
la Cavalerie,
C. Aurelius Cotta II
*
0
2034
P. Servilius Germinus IL
L. Cxcilius Metellus
. 306
2053
M Fabius Buteo. ,
M. Otacilius Craflus IL . . •
. 307
2032
M. Fabius Licinus.
T. Coruncanius , DiBateur.
M. Fulvius Flaccus . AfûtVr de la
Cavalerie.
M. Fabics Buteo II
. 308
2031
C. Atilius Bulbus.
A. Manlius Torouatus AéHcus. .
. 309
203c
C. Sempronius Blxfus II. .
C. Fundanius Fundulus. . . -
. 310
2029
G. Sulpitius Gallus.
C. Lutatius Catuius
. 311
2028
A. Poftumius Albinus.
A. Manlius Torquatus Attkus II.
. 31^
2027
Q. Lutatius Cerco,
C. Claudius Centho
2026
M. Sempronius Tuditanus.
C. Mamiliüs Turinus. . . . .
- J14
2025
Q. Valerius Faite.
C O N
C O N
T. Sampronius Gracchus. ;
P. ValeriusFalto.
L. Cornélius Lentulus Caudinus.
Q. Fulvius Flaccus.
P. Cornélius Lentulus Caudinus.
C. Licinius Varus.
Ere
du.
Cap,
• 5IJ
Durée
jufqu'â
x-jSe.
ZO24
. yi(S 2023
. 517 2022
Les jeux féculaires furent célébrés eette
année par ordre du Sénat : M. Æmilius &
M. Livius Salinator étant Ilvirs.
T. Manlius Torquatus.
C. Atilius Buibus IL •
L. Poftumius Albinus. . :
Sp. Carviliüs Maximus.
Q. Fabius Maximus Verrucofus.
M. Pomponius Matho.
M. Emilius Lepidus. .
M. Pobücius Malleolus.
M. Pomponius Matho IL .
C. Papirius Mafo.
C. Duiiiiis^ Dictateur.
C. Aurelius Cottaj M.aître de la
Cavalerie.
M. Emilius Barbula. . ; : î J23
M. Junius Fera.
L. Poftumius Albinus IL - C . 5'24
Cn. Fulvius Centumalus.
Sp. Carviliüs Maximus IL . . 425
Q. Fabius Maximus Verruco-fus IL
P. Yalerius Flaccus. .... j2<5
M. Atilius Reclus.
M. Valerius Meffala. ..... 527
L. Apuftius Fullo.
. J18
• 5^9
; 520
• Jii
. 522
2021
2020
20-1 9
2018
2017
2016
2015
2014
2013
2012
Guerre de la Gaule Cisalpine.
L. Emilius Papus
C. Atilius Régulas.
Q. Fulvius Flaccus II. . . .
T. Manlius Torquatus IL
L. Cæcilius Meteilus, Dictateur.
N. Fabius Buteo , Maître de la
Cavalerie.
C. Flaminias Nepos. i . . .
P- Furius Ph'ilus.
Ce Cornélius Scîpio Calvus. •
M. Claudius Marcellus.
P. Cornélius Scipio Afîna.
M. Minucius Ru fus.
Q. Fabius Maximus Verrucofus ,
^délateur ,
C. Flaminius IN'epos , Maître de la
Cavalerie : ayantabdiqué ^ on mit
d deizr place ,
IVi. Eïiiîlilis .Es-rbLiis. J Diciateur.
Q. Emilius Pætus. Maître de la
Cavalerie.
L. Veturias Philo, . . . ,
528
y-9
Fjo
SD
SD
SD
2011
2010
20c P
2008
2007
2006
C. Lutatias Catulus , ayant abdi-
qué, on leur f abrogea,
M. Emilius Lepidus II, &M. Va-
lerius Lxvinas,
M. Livius Salinator. .7,7
L. Emilius Paulus.
Ere
du
Cap,
F54
Seconde Guerre puniquS.
P. Cornélius Scipion. . , • S bS
T. Sempronius Longus.
Cn- Servilius Geminus. . . • Sb^
C. Flaminius Nepos II, auquel fut
fubftitué M. Atilius Regulus IL
Q. Fabius Maximus Verrucofus ,
Dictateur ,
M. Minucius Rufus , Maître de la
Cavalerie ; & en leur place
- L. Veturius Philo , Dictateur.
M. Pomponius Matho , Maître de
la Cavalerie.
C. Terentius Varro. .... 337
L. Emilius Paulus II , tué dans un
combat.
M. Junius Pera , DiBateur.
C. Sempronius Gracchus , Maître
de la Cavalerie.
L. Poftumius Albinus, ^ en fa place ,
M. Claudius Marcellus. . •138
auquel on fubfiitua ,
Q. FabiusMaximusVerrucofusIII.
T. Sempronius Gracchus.
Q. Fabius Maximus Verrucofus IV* 5'39
M. Claudius Marcellus HL
Q. Fabius Maximus, //j de Quintus, j’4a
T. Sempronius Gracchus 11.
C. Claudius Centho , DiBateur.
Q. Fulvius'FIaccus , Maître de la
Cavalerie.
Q. Fulvius Flaccus III. . ; . J41
Ap. Claudius Puîcher.
P. Sulpitius Galba Maximus. . . 542
C. Fulvius Centumalus.
M. Valerius Lævinus IL . . • j’43
M. Claudius Marcellus IV'".
Q. Fulvius Flaccus, DiBateur
P. Licinius Craffus Dives, Maître
de la Cavalerie.
Q. Fabius Maximus Verrucofus V. 344
Q- Fulvius Flaccus IV.
M. Claudius Marcellus V. . • 34J
T. Quinétius Crirpinus.
T. Manlius Torquatus, DiBateur.
C. Servilius Pullex Geminus ,
Maître de la Cavalerie.
C. Claudius hlero 34(5
ÎA. Livius Salinator IL
M. Livius Salinator, Dictateur.
X ij
ï6y.
Durée. ■
jufjuta
17Ô6.
200^
2004
200J
20Ci
tOOî
2000
1999
1958
1997
1996
199/
1995
C O N
C O N
%é4
Maître de
Q, Cæciîius Metellus
la Cavalerie.
Q. Cæcilius Metellus.
L. Veturius Philo,
î*. Cornélius Scipion TAfricam.
P. Licinius Craffus Dives.
Q. Cascilius Metellus , DiBateur.
L. Veterius Philo ^ Maître de la
Cavalerie.
Cornélius Céthégus.
P. Sempronius Tuditanus.
Cn. Ser/îlius Cæpio. ....
C.Servilius Nepos.
P. Sulpitius Galba Maximus ,
Dictateur.
M. ServiliusPulex Geminus, Maît,
de la Cavalerie.
Ti. Claudius Nero
M. Servilius Pulex Gemiuus.
C. Serviüus Nepos , Dictateur.
P. EliusPætus, Maître de la Cav-
"Cn. Cornélius Lentulus.
P. Aelius Pætus.
Guerre de Macédoine contre Philippe.
P, Suipitias Galba Maximus II.
C. Aurelius Cotta.
ï.. Cornélius Lentulus.
P. Villius Tappulus.
T. Qùintius Flaminirrus. .
Sex. Aelius Pætus Catus.
C. Cornélius Céthégus.
Q. Minutius Rufus.
X.. Furius Purpureo. .
M Claudius Marcellus.
31. Porcius Cato.
L. Vaîerius Flaccus.
P. Cornélius Scipion Africain IL .
T. Sempronius Longus.
L Cornélius Meriila. ....
Q. Minncius Thermus.
L- Quintius Flamininus. . . . j6i
Cn.Domitius Ahenobarbus.
Ere \
dtt 1
Cap. 1
Durée
jufqu’à
iqié.
f47
1991
34.8
1991
349
1990
330
1989
331
1988
33i
1987
pc.
198^
334
1983
333
I9S4
. 33 <î
E983
337
1982
338
I.9S1
1980
19 L9
1978
Guerre d’Anttochus.
3î. Aciiius Glabrio. .
P. Cornélius Scipion Nalîca.
L. Cornélius Scipion FAiiatique.
C. Lælius Nepos.
Cn. Manlius Vulfo. . ;
M. Fulvius NobiHor.
C. Livius Salînator. .
M. Vaîerius Meflaîa.
31. Err.ilius Lepidiis. . . ;
C. Flamiaius Nepos.
Sp. Fofliimius Aibinus. ,
Q. Marcius Phiüppus..
• 1577
. 564 1975
- s^f 1974
. 566. 1975;
• 1^7 197a
. du
eaphoU
Dufte
jufyu’è
1786.
App. Claudius Pulcher._ ^
31. Sempronius Tuditanus.
P. Claudius Pulcher
L. Porcius Licinus.
Q. Fabius Labeo. ....
31. Claudius Jlarcelîus.
L. Emilius Paallas. _. . . •
Cn. Bæbius Tampbilus.
P. Cornélius Céthégus.
M. Bæbius Tamphilus.
A. Poftumius Aibinus; . ^ •
C. Calpurnius Fifo , qui mourut
dans fa magiflratitre; on lui fui f-
titua
Q. Fulvius Flaccus.
L. Manlius Acidinus Fulvianus.
Q. Fulvius Flaccus. Ces deux Con-
fuls étaient frères.-
M. Junius Bmtus. ....
A. Manlius A'ulfo.
C. Claudius Pulcher. . . . •
T. Sempronius Gracchus-
Cn. Cornélius Scipio Hifpallus.
On lui fabfiifue 3.
C. Vaîerius Lævinus.
Q. Petilius Spurinus-
F. 31ucius Scævola- . . . .
M. Emilius Lepidus II.
Sp. Poftumius Aibinus Paullulus. .-
Q. 3îucius Scævola; . ,
L- Poftumius Aibinus. P •
M. PopiliuS Lænas.
C. Popilfus Lænas.. . • • •
P. Aelius Ligus.
Ces derniers Confuls font pris
parmi les Plébéiens tous les aeux
pour La premfere. fois.
Guerre de Perse e.
P. Licinius Craiïus. . . - •
C. CaiTms Longinus.
A. Hoftiitus Mancinus.
A. Arilius Serranus.
Q. Marcius Philippus II. -
C. Serviüus Cæpio.
L. Aemilius Paullus. ....
C. Licinius Craffus.
Q. Aelius Pætus. • . £ . .
M- Junius Pennus-
C. Sulpitius Galius. . . •
3I. Claudius Marcellus.
T. 31anlius Torquatus. . . .
Cn. Odavius Nepos.
A. Kîanüus Torquatus.
Q. Caffius Longinus-
T- Sempronius Grachus- .
3L Ju’^ncus Thalna.
568 1971
369
1970
370
19%
371
1968
37^
1967
373
igéâ
374
1963
373
1964
376
1965
377
1952
378
i9(3i
379
iç6o
0
00
1939
381
1-958
582
1937
383
199^
00
1933
00
1934
586
1933-
387
1932
488
1931
389
1930-
390.
194?
C O N
lErt . I Vurh
du,
capitol e | 178 tf.
ÿ. Cornélius Scipron Nafîca. . 591 1948
C. Marcius Figulus; ayant abdi-
qué, on leur fubÿdtua ,
P. Correiiüî Lenîulus
Cn- U'-'.: luus Ahenobarbus.
M Valeri..îs.-ue';a!a. ...... 59! 1947
C. ïa::; ; rs Srrabo.
L. Anicius Gaiius 593. I94<î
M Cornélius Céthégus.
Cn. Cornehus Doiabella.- . . . . 594 1943
M Fuivius Nobiiior.
M- Emilius Lepidus. ..... J93 1944
C. Popîlius Lenas,
Sex. Julius Cæfar . 396 1943
L. Aui'eliusOreftes.
L. Cornélius Lentulus Lupus. . . 397 194^
C. Marcius Figulus IL
P. Cornélius Scipion Nafica II. . . 398 1941
M. Claudîus Aîarcellus IL
Q. Opimius Nepos. ..... 399- 1940
L. Polîiimius Albinas , on lui fubf-
ticue M. Aciiius Giabrio.
Q. Fuivius NoLilior. ..... doo 1939
T. Aniiius Lufcus.
M. Claudîus Marcellus III. . . . éoi 1938
L. Valerius Flaccus.
L. Licinius Lucuilus. . . . . , 6oz 1937
A. Pofiumius Albinus.
T. Quintius Flamininus. .... tSo3 193 ô
M. Aciiius Balbus.
Troisième Guerre Punique.
L. Marcius Cenforinus. ....
M. Manlius Nepos.
Sp. Poliumius Albinûs. . i . .
L. Calpurnius Pifo Cæfonnînus.
P . Cornélius Scipio Africanus Aemi-
lianus. ........
C. Liv'ius Mamilianus Drufus.
Cn. Cornélius Lentulus. ....
L. Muinmius.
Q. Fabius IMaximus Aemiiianus. .
L. Hoftilius Mancinus.
Ser. Sulpitius Galba. .....
L. Aurelius Cotta.
Ap. Claudîus Pulcher
Q- Cæcilius Metellus Macedo-
nicuSi
C; Cafcilius Metellus Calvus. . .
Q FabiusMaxiraus Servilianus.
Cn. Servilius Ctepio. ...... ,
Q. Porapeiuç.
G. Lîeüus Sapiens. .........
Q. Servilius Cæpio.
Cn. Calpurnius Pifo. .... . ..
M. Popilius Latnas.
S..Çomeiius Scipio Nafics: Serapio.
do4 1933
603 1934
606 1933
60J 1932
(5o8 1931
«Î09 1930
61.0 1929
éii 1928
dl2 1927
615 I92<S
614 1923^
^13
c O N
D. Junîus Brutus Callaicus.
M. Emilius Lepidus Porcina. . .
C. Hoftilius Mancinus.
P. Furius Philus
Sêx. Atiius Serranus,
Ser. Fuivius Flaccus. .....
Q. Calpurnius Pifo.
P. Cornélius Scipio Afrieanns Aemî-
lianus IL . . .. .. .
C. Fuivius Flaccus.
P. Mucius Scævola. .....
L. Calpurnius Pifo Frugi.
P. Popilius Lænas. . . . . i .
P. Rupilius.
P. Licinius Craffas Mudanus. . .
L. Valerius Flaccus.
C.Claudius Pulcher. .....
M. Perpenna.
C. Semprcnius Tuditanus. . . .
M. Aquülius Nepos.
Gn. Odravius Nepos. - ....
T. Annius Rufus Lufcus.
L. Caffius Longinus. ... . .
L. Cornélius Cinna.
M. Emilius Lepidusi .....
L. Aurelius Oreftes.
Les jeux féculaires furent celé-
brés cette année pour la qua-
trième fois J par un ordre du Sé-
nat : A. Manlius Torquatus & L.
Mummius Nepos étant Ilvirs.
M. Plautius Hj’pfæus. ....
M. Fuivius Flaccus. *
C. Cafllus Longinus. . . r . .
C. Sextius Calvinus.
T. Cæcilius Metellus Baleriarius. .
T. Quintius Flamininus.
Cn. Domitius AhenobarbuSi . . .
C. Fannius Strabo.
L. Opimius Nepos .. .. . .
Q. Fabius MaximuS'AIlobrogicus.
P.Maniiius Nepos
C. Papirius Carbo.
L. Cæcilius Metellus Delmaticus.
L. Aurelius Cotta.
Marcus Porcius Cato 5 onlui fuhftîtua-
Q. Aelius Tuberon. .
Q. Marcius Rex.
L. Cæcilius Metellus . . . ...
Q. Mutius Scævola.
C. Licinius Geta. . . . ... .
Q. Fabius Maximus Eburnus.
M. Aemilius Scaurus. .....
M- Cæcilius IMetelIus.
M- Aciiius Balbus. ... .....
C- Porcius Cato.
C, Cæcilius Metellus Caprarius.
Ère
du
Cdp,
16$
JDurée
Jufqu'é
616 1923
61J 1922
él8 1921.
6ïçf 1920
620 1919
6zi 191S
622 1917
61^. 191(5
624 1915
61 j 1914
616 1915.
(327 291^
<528 1-911
<5'29 191G
630 1909
63.1 1908
(332 1907'
^33' iç)oS'
<^34 190V
C33. 1904,
63(5 1903
<337 1902.
638 1901;
639 1900
^40 1899
C O N
C O N
166
Cn. Papirius Carbo.
JVÎ.Livius Drufiis.
L. Caîpurnius Pifo Cæfoninus.
Guerre de Jugurtha.
P, Cornélius Scipio Nafîca. . . . 642 1897
L- Caîpurnius Pifo Beftia.
3VI. Minucius Rufus ^ 645
Sp. Poflumius Albinus.
Q. Cæcilius Aîetellus Numidicus. - 644 1895
M. Juüius Silanus.
Ser. Sulpicius Galba 645 1894
Q. Hortenfîus NepoSj auÿue/ on
fub^itue y
M. Aurelius Scaurus.
L. Caflius Longinusj auquel on.
fubflitue
51. Aemilius ScaurusiII. . . ; . 64*5 1893
C. Marius-
C. Atilius Senranus i 647 1892
Q. Servilius Cæpio-
P. Rutiiius Rufus. ...... 648 1891
Cn. Mallius Maximus.
C- Marius II. • <>49 185)0
C. Flavius Fimbria.
C. Marius III - . . éjo 1889
L. Aurelius Oreftes.
C. IMarius IV 1888
Q. Lutatius Catulus.
C. Alarius V • 1887
Manii. Aquillius iXepos.
C- I^IariusVI.' ....... 653 1886
L. Yalerius Flaccus.
M. Antonius Nepos. \ . . . . iSSp
A. Poflumius Albinus.
Q. Cæcilius Metellus Nepos. . .6^$ 1884
T. Didius Nepos.
Cn. ComeliusLentuIus. .... 6^6 1883
P. Licinius Craffiis.
Cn Domitius Ahenebarbus. . . 6^j 1882
C. Caflius Longinus.
L. Licinius Crafliis 638 1881
Q. Mucius Scævola.
Q. Cœüus Ca'dus- . . i . • . 659 1880
L. Domitius Ahenobarbus.
C. Yalerius Flaccus 660 iBjg
M. Herennius.
C. Claudius Pulcher 661 1878
M. Perpenna.
L. Marcius Philippus. . . - . . 662. 1877
Sextus Julius Cæfar.
G ü E R RE DES MARSES.
L. Julius Cæfar 66^ 187(3
P. Rutiiius Lupus.
Cn. Pompeius Strabo. ..... ^($4 j87j’
L. Porcius Cato,
Ere 1
Durée
du I
juj^u'à
L. Cornélius Sylla Félix. ; ; : .
Q'. Pompeius Rufus.
Cap. 1
66s
1 -fis.
%4
Cn. Odaviijs. .......
L. Cornélius Cinnaj on lui fubfiUua
L. Cornélius Merula.
666
187}
L. Cornélius Cinna II
C. Marcius VII . étant mort , on
lui fubflitua'L. Yalerius Flaccus.
667
1872-
L. Cornélius Cinna III
Cn. Papirius Carbo.
66%
1871
Cn. Papirius Carbo II
L, Cornélius Cinna IV.
65ÿ
1870
L Cornélius Scipion TAIiatique. .
Cn. Junius Norbannus.
670
C. Marius
Cn. Papirius Carbo III.
L. Cornélius Sylla Félix ^ Diclat,
L. Yalerius Flaccus.
671
i8ég
M. Tullius Decula
Cn. Cornélius Dolabella.
671
1867
L. Cornélius Sylla Félix IL . , .
Q. Cæcilius Metellus Plus.
1866
P. Servilius Varia Ifauricus, . . .
Ap. Claudius Pulcher.
<374
i86_f
M. Emilius Lepidus
Q. Lutatius Catulus.
67s
1864
D. Ju.niusBrutus. ......
M. Emilius Livianus.
676
1863
Cn. Odtavius
C. Scribonius Curio.
(>11
1862
L. Oftavius
C. Aurelius Cotta.
678
1861
L. Licinius LucuIIus
M. Aurelius Cotta.
(379
1860
M. Terentius Varo Lucuîlus. . .
C. Caflius Varus.
680
i8;9
L. Gellius Poplicola
Cn. Cornélius Lentulus Clodianus.
68 1
i8y8
C. Aundius Orelles
P. Cornélius Lentulus Sura.
682
1837
M. Licinius Craflus-. .....
Cn. Pompeius Magnus.
68}
i8j6
Q. Hortenfîus
Q. Cæcilius Metellus Creticus.
684
i8yy
L. Cæcilius Metellus
Q. Marcius Rex.
68}
18/4
C. Caîpurnius Pifo
M. Acilius Glabrio.
686
i8j5
M. Emilius Lepidus
L-Volcatius Tullus.
687
i8;a.
L Aurelius Cotta
L. Manlius Torquatus.
688
i8yi
L. Julius Cæfar
L. Marcius Figulus.
689
1830
M. Tullius Cicero
C. Antonius.
690
1849
D. Junius Silanus.
L. Licinius Murena.
691
1848
£re
du
Cap,
Durit
jufqu à
1786,
641 1898
C O N
M. Purpîus Pifo Calpurnianus.
M.Vakrius MelTaiâ Kiger.
X. Afranius !..
Q. Cædiius Sîetellus Celer.
C. Julius Cæfar
X. Calparnius Bibulus.
X. Calpurnius Pifo Csefonniniis. .
A. Gabinius.
Pj Cornélius Xentulus Spinîher.
Q. Cæcilius Metelius Nepos.
Cn. Cornélius Lentulus Marcellinus
L. Marcius Phiüppus.
Cn. Ponapeius Magnus IL . .
3f. Liciaius CrafTus II.
Luc. Domitius Ahenobarbus. .
Ap. Ctaudius Pulcher.
Cn. Domitius Calvinus. . . . ,
M, Valerius Meffala.
Cn Pompeius Magnus III. . . .
'PrcîTiier Conj'ul Jaizs Collegus y
vers les culcTidés du mois dl Jïoût j
il's’affbne ,
C. Cæcilius Metellus Plus Scipio.
Ser. Sulpitius Rufus
M. Claadius MarcelJus.
L. Emilius Pauilus
C. Claudius Marcellus.
C. Claudius Marcellus. , . . .
L. Cornélius Lentulus Crus.
C. Julius C^fâr ^ Conful d** Dictuteur
fans Maître de la Cavalerie,
P. Servilius Varia Ilauricus. ConÇul.
Q. Funus Calenus. ......
P- Vatinius'
C. Julius Cæfar, Dictateur.
M. Antonius, Maître delà Ca~
* valerie.
C. Julius CæfarlIX Confulà DiBat.
M. Aemilius Lepidus.
C. Julius Cæfar ly ^ Confal & DiB.
M. Aemilius Lepidus , Maître de
la Cavalerie : la même année
Confal pour trois mois
Q. Fabius MaximuSj
C. TreboniuSj au premier ^mortfu-
bitement^on fubftitua C. Caninius
Rebilus.
C. Juiius Cæfar V , DiBat, & Confal.
M. Aaniüus Lepidus, Maître de
la Cavalerie. Celui-ci étantw.ort,
& Cn. Domitius Calvinus , défi--
gne a fa place , n ayant pas fuc-
cede , C&far nomma pour Confié
& Maître de la Cav. M. Anto-
nrus ; _ CAfar étant ajfajfiné,.
on lui fubfihua P, Cornélius
Lolabêlia.
£re 1
du 1
Cap. j
6cjz
Duree
jufqu’ û
1786.
1847
%3
1846
694
1845
695
1844
6ç)6
1843
6c)7
1841
898
1841
699
1840
70e
1839
7G1
00
00
70Z
1837
703
1836
704
00
M
703
1834-
705
1833
707 1832.
708 1831
709 1830
C O N
c. Vibius Panfa
Ayant été afihjfiné, on lui fulf-
titua _C. Julius Cæfar, qui, dans
la Juite , devint tLmpereur , & fut
appelé Augufie. Ayant abdiaué le
Confulat , on lui fubfihua C. Ca-
rinas.
^ Prirtius , ayant été tué , on mit
a. fa place Q. Pædius, qui, étant
mort aufiî ,füt rew^placé par P. Ven-
tidius J qui était aujfi Fréteur,
Triumvirs pendant cinq ans,
M. Emilius Lepidus.
M. Antonius.
lmp. Cæfar Auguflus.
C O m s U Z s,
L. Munatius Plancus. . . ; ; ,
M. Emilius Lepidus IL
L. Antonius
P. Servilius Varia Ifauricus IL
Cn. Domitius Calvinus
C. AEnius Pollio.
On leur fuhfiitue ;
L. Cornélius Balbus.
P. Canidius CrafTus.
L. Marcius Cenforinus. . . ; :
C. Calvifius Sabinus.
Appius Claudius Pulcher. . .
C. Norbanus Fi accus.
T R lUMviRs pendant cinq ans,
M, Emilius Lepidus IL
M. Antonius IL
lmp, Cæfar Au^ftus IL
M. Vipfaaias Agrippa. . . ; .
L. Caninius Gallus. On lui fuhfiitue
T. Statilius Taurus.
L. Geüius Poplicola. .....
M. Cocceius Nerva.
On leur fuhfiitue ;
L. Munatius Planeus IL
P. Sulpitius Quirinus.
L. Cornificius. . . . . r ; ,
Sex. Pompeius.
Lucius Scribonius Libo. . , . ,
M. Antonius II. Il abdiqua le'iec
Janvier, & on mit 'a fa place
L. Sempronius Atratinus.
Juillet , Paulus Emilius
Lepidus.
C. Memrnius.
Au icï îsoyembre , M. Kerenriius
j6y
Ere
'Duree
du
Jufqud
Cap,
17S6.
710
182.9
71 1 ï2zB
7ii 182.7
713
714
715 i8i4
71 é i8i3
717 i8z2
718 iSzi
719 182c
C O N
C O N
î^8
C. Cæfar 0<5tavien lî. •
On lui fubflitue P.
Ere ]
Durlc
du- 1
jufquu
C(2^. 1
1786-
720
1819
Autronius
Pætus.
L. Voicatius Tullus.
Au lef Mai , L. Flavius.
Au Juillet , C. Fonteiuî
Capito.
M. Acilius Aviola.
Septembre Vinucius.
Au Oâohre , L. Larojlius.
Cn- Domirius Ahenobarbus, . . . 7-^^
C. Solîus.
Au ICI Juillet ,1^. Cornélius.
Au Novembre , N. Valerius.
Ç. Casfar Oétavien III 7^^
M. Valerius Meffala Corvinus,
Au ICI Mai, M. Ticius.
Au lei Octobre , Cu. PompeîUS.
c. Cæfar Odavien IV. • ‘ . . • 7^3
M. Licinius Craffus.
Aux Cal. de Juillet , C. Antiftius
Vêtus.
Aux Ides de Septembre , M. Tullius
Cicero.
Aux Cal. de Novembre , L. Sænius.
C. Cæfar Odavien V 7M
Sex. Appuleius
Aux Cal. de Juillet, Petit. Yalcrius
Meffala-
C. Cæfar Ociavien VI. ....
M. Agrippai!.
C. Cæfar Odavien Augufte VIL .
M. Agrippa III.
C. Cæfar Odayien Augufte VIÎI.
T Statilius Taurus II.
C. Cæfar Oftavien Augufte IX. .
M. Junius SilasTUS.
C. Caefar Ociavien Augufte X. . .
C. Norbannus Fiaccus.
C. Cæfar Odavien Augufte .
On lui fubflitua Lucius Seftius.
A. Tereniius Varro Murena , au-
quel on jubflitua Cn. Calpumius
Fifo.
G. C«far Odavien Augufte J Die-
tuteur perpétuel , abdiqua , en fe
réfervant V autorité de 'Tribun...
M. Claudius Marcellus Aeferninus. ’ 731 iSoS
L. Arruntius.
Q. Aemiiius Lepidus. ..... 732. 1807
M. Lollius.
M. Appuleius. ....... 733 x8o<j
P. Si'lius Nerva.
C. Sentius Saturnbus. 734 1805
Q. Lucretius Vefpiilo.
Aux Cal. de Juillet , M. Yînucius.
Viplanius Agrippa..
725 1814
726 1813
72.7 1812
728 1811
729 1810
730 1809
Ere
IDitrS*
du
Jufqui
Cap.
Ijié.
P. Cornélius Lentulus Marcellinus.
73;
1804
Cn. Cornélius Lentulus.
C. Furius. .
736
00
0
C. Junius Silanus.
On célèbre cette année les jeux
féculaires pour la cinquième fois.
L. Domitius Ahenobarbus. . • .
737
I§02
P. Cornélius Scipio.
Aux L. Tarius Rufus.
M. Livius Drufus Libo
738
1801
L. Calpumius Pifo.
M. Licinius Craffus
739
1800
Cn. Cornélius Lentulus.
Ti. Ciaudhis Nero.
740
1799
P. Quintilius Varus.
P. Sulpkius Quirinus. .....
741
1798
M, Valerius Meffala Barbatus
' AemilianuSj auquel onfuhfiitua
C. Vaîgius Rufus , auquel fut
fubrogé C. Caninius.
Q. Aelius Tubero
742
1797
P. Fabius Maximus.
Julus Antonius Africanus. , , •
743
1796
Q. Fabius Maximus.
Nero Claudius Drufus
744
1795
T. Quintius Crifpinus.
C. Marcius Cenforinus. ....
745
1794
C. Afinius Gallus.
Ti. Claudius Nero II
746
1793
Cn. Calpumius Pifo.
D. Lîelius Balbus. . .....
747
1792
Cn. Antiftius Vêtus.
C. Cæfar Odavien Augufte XII.
748
1791
L. Cornélius Sulla.
C. Calyilîus Sabinus. .....
749
1790
Lj Paffienus Rufus.
1789
L. Cornélius Lentulus
750
M. Valerius Meffaünus.
C. Cæfar Odavien Aueufte XIÎL .
7;i
1788
M. Plautius Silvanus ; on lui fubf-
titue C. Caninius Gallus.
Coffus Cornélius Lentulus Getulicus.
7S^
I7I7
L. Calpumius Pifo.
C. Cxfar , f.ls adoptif d’ Âugufie. .
7J3
1784
L. Emilius Paullqs.
P. Vinucius. ... .....
754
1785
P. ALftnius Varus.
COjNSULS KOMAINS depuis Jefus-Chrifl.
Les Confi'Jats ne duroient toute l’année que
dans les temps de la République -Romaine. Dans
la fuite 5 comme il n’y avoir pas affez de Çonui-
laires pour remplir tous les emplois qui leur
étoient affedés , à caufe du grand nombre des
Provinces , les Empereurs ne firent des Connus
que pour quelques mois , alla de pouvoir
C O N
«n fubftlnieî d’autres ^ qu’cui appeloit fubrogés ,
fubilitués & petits Confuls. 11 n’y avoit néan-
moins que ie nom des Confuls ordinaires, ou de
ceux qui commençoient au mois de Janvier, dont
on fe fervoit dans la fupputation des temps. Le pre-
mier Confulat des Empereurs , fur-tout depuis
Claude , marque l’année qui a fuivi leur promo-
tion. De plus , le même Confulat des Empereurs
fe comptoic .toujours jufqu’à ce qu’ils en prif-
fent un nouveau. Ainfi, le cinquième Confulat de
Trajan fe compte jufqu’au fixième, c’eil- à-dire ,
depuis 1 an 103 jufqu’à 112. Une autre remarque
a faire, c’eft que le premier Confulat ordinaire fe
compte pour un fécond Confulat , lorfqu’il eft
précédé d un Confulat fubrogé, qu’il ne faut pas
confondre avec les ornemens ou les honneurs
Confulaires, Suivant cette règle , Claude ayant
pris ie Confulat au mois de Janvier de l’an 42 de
J. C., 2e de fon règne, elf nommé Confiai pour
la deuxième fois, parce qu’il l’avoit été le pre-
mier Juillet de l’an. 57 de J. C. , & premier de
Caligula. II en eft de même de Vefpafien , dont le
deuxieme Confulat marque Fan 70, parce qu’il
avoir été peut Confiai pendant les deux derniers
mois de 1 aa yi. Enfin , quand il n’y avoit point
de Confiais nommés dans l’année , ou qui fuffent
reconnus^ pour tels ( ce qui arriva quelquefois
dans la decadence de 1 empire ) on comptoir par
le Confulat précédent. Nous en fournirons plus
d’un exemple dans cette lifte.
Pour obvier à toute m.éprifè, on n’a marqué
que les noms certains des Confuls, fans y ajouter
leurs prénoms & furnoms , lorfqu’üs ont paru
douteux ou fiippofés. Muratori , dont l’exaélitude
eft connue , nous a fervi de principal guide à cet
égard. ^
Vis-à-vîs de chaque Confulat, nous plaçons
d’un côté les années de l’incarnation ; de l’autre,
celles de la fondation de Rome , auxquelles il cor-
refpond. C’eft le calcul de Varron , qui place
l’époque de Rome à la ive année de la VK Olym-
piade , 7^3 ans avant J. C. que nous fuivons,
comme le plus commun & le plus auterifé. Ceux
qui reculent cette époque d’une année, avec les
fartes Capîcoiins, ou de deux, félon le calcul de
Ftondn , ou même de fix, d’après Fabius Piefor,
peuvent aifément fe concilier avec nous , au
moyen du Confulat qu'ils ont coutume d’in-
diquer.
Ans de Jefus-Chrijl.
I Cauîs Cæfar , fils d‘ Agrippa
par Augufle.
M. Æmiiius Faulus.
Z P. Vinicius ,
P. Alfenius Varus.
3 L. Ælius Lamia,
M. Servilius.
4 Sex. Ælius Cams ,
C. Sentius Sitarninus.
Antiquités , Tome 11,
Ans de Rome.
, adopté
7i4
755
75^
757
ré’9
Ans de Rome:.
75S
759
761
7(Î3
7.54
fabfiicué h pre-
C O N
Ans de Jefus- Chrijî,
§ L. Valerius Meffala Volufus,
Cn. Cornélius Cinna Magnus.
6 M. Æmiiius Lepidus ,
L. Arruntius.
7 A. Licinius Nerva Silianfls,
Q. Cæciiius Metelius Creticus Silanus ,
P. Cor. Lent, Scipio,' 1 fulfiitués le
T. Q. Crifp. Valerianus. j Juillet.
8 M. Furius Camillus ,
Sex. Nonius Quintiiianus ,
Lucius Apronius , fubfiituis le
AuI. Vibius Habitus. 3 lei Juillet.
9 Sulpicius Camerinus ,
C. Pompeius Sabinus,
M. Papius Mutilus, "î fubfiitués le
Q. Poppæus Secundus. 3 Juillet.
10 P. Cornélius Dolabella ,
C. Junius Silanus ,
Serv. Corn. Lent. M.îîuginenSs ,
fubflitué le premier Juillet.
11 M. Æmiiius Lepidus ,
T. Scatilius Tauras ,
L. Caff. Longinus
mier Juillet.
12 Germanicus Cæfar ,
C. Fonteius Capito,
C, Vifelhus Varro , fubjiitué le premier
Juillet.
15 C. Silius ,
L. Munatius Plancus.
14 Sex. Pompeius, (i)
Sex. Appuleius.
15 Drufiis Q'æis.x . fils de Tibère ^
C. Norbanus Faccus.
16 T. Statilius Sifenna Taurus,
L. ScriboniusLibo ,
P. Pomponius Græcinus , fubfiitué te
premier Juillet.
17 C. Cæciiius Piufus ,
L. Pomponius Fiaccus Græcinus.
18 Tiberius Aug. IIl,
Germanicus Cæfar II.
L. Seias Tubçro, \ r tu-.. ’
C. Rubellius Èîandus. j
19 M. Junius Silanus,
L. Norbanus Balbus.
20 M. 'Valerius Meffala ,
M. Aurelius Cotta IL
21 Tiberius Aug.
Drufus Cæfar IL
ZZ-' C, Suipitius Galba ,
Q. Haterius Agrippa,
M. Cocc. Nerva , \ r tn- r
C. \ribiasRufinus.
23 C. Afînius Pollio,
L. Antiftius Vêtus ,
(i) Cette année Augufle fit faire un nouveau dénoin-
bieruent du peuple ftouisin , qui fe trouve monter à
4ij7oeo hommes.
Y
7^1
76G
767
768
769
779
771
772
773
774
775
■J76
170 C O N
Ans de J. C. Ans de Rome,
Q. Jun, Blxfus J fubftitué a Pollio le
premier Juillet.
a4 Serv. Cornélius Céthégus, 777
L. Vifeliius Varro.
?»i. Afinius Agrippa , 778
CoiTus Cornélius Lentulus.
x6 C. Calvilius Sabinus , 779
Cn. Corn. Lentulus Getulicus,
Q. Marcius Barea, ■> fubjîit.
T. RüitiusNummus Gallus. j le i Juil.
XJ M. Liciuius Craffus Fragi, 780
L. Caipurnius Pifo.
28 App. Junius Silanus , 781
Silius Nerva.
29 L. Rubellius Geminus , 782
C. Fufius , ou PiuHus Geminus,
Aulus Plautius, 1 fubfiitués le pre-
L. Nonius Afprenas, / mier Juillet.
30 L. Calîjus Longinus , 783
M. V iii'c us.
C. Caffius Longinus, "î fubfiitués le
L. IN'atvius Surdinus. 5 ^ Juillet.
31 Tib erius .Aug. V , jufquàu 9 Mai , 784
Æiius Sejanus, tué le i^J^ovembre^
Sextidius , ou Sex. Teid’us 1 f
Canill ^leçMat.
L. Fulcinius Trio , fubfiitué le i Juil.
Pub. Memmius Regulus , fubfiitué le
X Octobre.
32. Cn. Domitius -Ahenobarbus , 785
M. Furiiis Camillus Scribonianus ,
A. V iteilius , fubfiiiué au^ dernier le
I Juillet.
33 L. Sulpicius Galba , (i) 786
L. Corn. Sydla Félix ,
L. Saivius Oîho , fubfiitué à Galba, le
I Juillet.
34 Paulus Fabius Periïcus , 7S7
L. Viteiiius.
3 J C. Ceftius Gallus, 788
M. Servilius Nonianus, ou Monîanus.
3<S Sex. Papinius Allenius , 789
Q. Plautius.
37 Cn. .Acerronîus Proculus , 79G
Caius Petronius Pondus Nigrinus , (2)
C. Caligula , Imper. ^ fubfiitués le pre-
Tiber. Claudius. (3) f mier Juillet.
(i) Gaiba portoît alors le prénom de Lacius, qa’ilchan-
|;ea , étant Empereur, contre celui de Servius. Cependant
®n voit des monumens où il tft appelé Saivrus , en oarlant
de fon Confnlat.
f^ond de ces deux Confaîs elî plus communément
appeieC. Pontms Nigrinus.
(t) Çaüguîa & Claudius ne tinrent le Confirlat que deux
ris. On pas affûte de ceux qui leur fuccédèrent.
-ms croît que ce furent Tibciius Viuidus Quadiatus ,
Q CutuBs Rut.is» ’ ?
Ans de Rome.
791
792,
C O N
Ans de 7, Çt
38 M. Aquiilius Julianus .
P. Nonius Afprenas.
39 Caius Aug. II ,
L. jA promus Cælîanus .
M. Sanguînius, fubfiitué à Caius , le
1 Février.
Cn. Domitius Corbulo , fubfiitué le
I Juillet.
Domitius Africanus, ou Mti, fubfiitué
le Août.
40 Caius Aug. III , feul. Quelques-uns lui jçj^
joignent mal ^ L. GelllUS PopÜcola.
41 Caius Aug. IV, 794
Cn. Sentius Saturninus.
Q Pomponius Secundus , fubfiitué
à Caius , U J Janvier.
42 Tib. Claudius Aug. II ,jufqua la fin de 797
Février.
Caius Cæcina Largus.
43 Tib. Claudius .Aug. lïïjjufqud la fin de jc)6-
Février.
L. Viteüius II , pire de l'Empereur de
ce nom.
44 L. Quinddus Crifpinus II, 797
Marcus Statilius Taurus.
Manius Æmiiius Lepidus , fubfiitué
au premier.
43 ?tl. ViciniusII, 79S
Taurus Statilius Corvinus.
4<î P. Valerhis -Aiiatkus II, 799
M Junius Silanus.
Velleius Rufus, ") r ta-. >
^ ^ ^ jubjtituei
Oilorius Scapula.
47 Tib. Claudius Âug. lY, 8co
L. Vicellius IIl.
48 An\\is X'kcVlios , depuis Empereur y 8ci
Q. Vipfanius Publicola,
L. A'itellius , frire tï'Aulus , fubfiitué
le 1 Juillet.
49 A. PompeiusLonginus Gallus, 802
Q. Veraniüs,
L. Memmius Pollio , 1 fubfiitués le
Q .Aldus Maximus. / xMai.
JO C. Antillius Vêtus , Sej
M. Suillius Rervilianus.
ji Tib. Claudius Au^. V , 804
Serv. Cornélius Orfitus.
C. Minunus Fundanus, le
C. Vettennius Severus, J i Juillet.
Titus Flavius Vefp)afianus,yü^jîûtk à
l'un des deux, le' L Novembre.
j2 Pubî. Corn. Sylla Fauftus , 805
Lucius Saivius Otho Titianus.
j3 Decimus Junius Silanus , 80F
Quintus Haterius Antoninus. (i)
(i) Quelques-uns donnent pont Confuls fabftiwes
estte année , Sex. Palpelius Hiftsr , Ôc L. Ped:niiisi Giais
dans. le vrai , i"oa ne fait point à <^ueile anrî«ê ils
iknoiînt.
c ON
jins de J* C.
J-ns de Rome,
j4 M. Afinius Marcellus ,
Alanius Acilius Aviola,
807
55 AiÊro Aug. jufqu au premier Mars
L. Antiftms A^ems.
, 808
Q. Volufius Saturninus ,
P. Cornélius Scipion.
57 Nero Aug. Il, jufqu au 1 Juillet ,
L. Calpurnius Pifo.
809
(I) Sio
58 Nero Aug. III ,
Valerius Meffala.
8î I
59 L. Vipftanius Apronianus,
L. Fonteius Capito.
8î2
60 Nero Aug. IV ,
CoTus Cornélius Lentulus.
813
C. Cæfonius Pætus ,
C. Petronius Turpilianus.
S14
62 P. Marius Celfus,
L. Afinius Gallus.
81J
^3
67
816
817
818
819
820
821
822
-L- rtuiiæus oeneca ,■ 1 jubpitues le
Trebellius Maximus. 3 i Juillet.
C. MemmiusReguIuSj
L. Virginius Rufus.
64 C. Lecanius BafTus ,
M. Licinius Craffus.
éj A. Licinius Nerva Silianus . (2)
M. Veliinius Atticus. ■
Anicius Cerealis , fuhflitue a VeRinius
le premier J uilltt . tué par ordre "
de Néron.
66 C. Lucius Telefinus ,
C. Siieconiiis Paulinus.
L. Fonteius Capito II ,
C. Julius Rufiis.
65 C. Siiius Italiens , ( c’eji le Poete J
M. Galerius Trachalus
6^ Serv. Sulpicius Galba Aus. II,
T. yinius Rufinus.
Salvius Otho Aug. 'ijuèjiitués en
L. Salv. Otho Titianus. 3 Janvier.
L. Verginius Rufus , le
y opifcus PompeiusSilvailus. 3 i l*iars.
TitusArnus AnconinuSj J/LMftaéi le
P. Alanus CelfusII. j i Mai.
C. Fabius Valens, _ \fuhfiituésle
Aultis Al.’enus Cæciua. 3 i Septembre.
Rofcius , fubfiitué le O'Bob.
a C^cina , dégradé ce jour-la même.
Cn. C^ciiius Simplex, y le
C Quintius Atticus. 3 i Novembre.
70 Fl. Vefpafianus Aug. Hj 82?
Titus Cæfar I.
M. Licinius Mutianus , \fubftitués le
Publ. Valerius Afiaticus. 3 i Juillet.
U 1-’^ îe Confulat de Néron iufqa’à
L. cifusSaU^ ^ ’
('-) Plautius Lateranus , celui dont la célébré Bafilique
« ^asran a «re fon nom, avoir été dciigne pcm cette
aa.,î.c i mais ü fut tue avant d’eutret an charge. ^
C O N I7Î
de j. C. Arts de Ro)&e.
L. Annius Bafîus , 'ifubfiitués U
C. Cæcina Pætus. 3 i Novembre.
71 Flav. Vefpafianus Aug. III, * 824
M. Cocceius Nerva.
Flav. Domitianus Cæfar , '{^fubpit. le
Cn. Pædius Callus. j i Mars.
72 Vefpafianus Aug. IA' J 823
Titus Cæfarll.
75 Domitianus Cæfar II , §16
AI. Valerius Meflaiinus..
74 Vefpafianus Aug. V, 827
Titus Cæfar III.
Dornitianus CteJd^v , fubftitué à Titus,
le I Juillet.
73 Vefpafianus Aug. AT, 828
Titus Cæfar IV.
Domitianus Cæfar IV, \fubflit. le
AI. Licinius Mutianus III. 3 ^ Juillet.
•j6 A'efpafianus Aug. VII, 82a
Titus Cæfar V,
Domitianus Cæfar A"" , \fuhflitucs le
T. Plautius Silvanus IL j i Juillet.
77 Vefpaaanus Aug. ATII, Sjo
Titus Cæfar AT.
Domitianus Cæfar VI, \ fuhflitaés le
Cn. Jul. Agricola, 3 i Juillet.
78 L. Ceionius Commodus, 8ji
Decimus No vins Prifeus.
79 ATfpafianus Aug. IX, (i) 852
Titus Cæfar VIL
M. Titius Frugi ,
VitiusA'inius, oa A^inidianus Julianus,
fubfiiîués le I Juillet.
80 Titus Aug. ATII, gj5
Domitianus Cæfar VII.
8x L. Flavius Silva Nonius BalTus, 354
Afin! us Poliio Verrucofus. (2)
82 Domitianus Aug. VIII , Sj
T. Flavius Sabinus.
83 Domitianus Aug. IX , SjtS
Q. Petilius Rufus II ,
C. A'aler. Meffa!inus,yii/r/titeàRufus.
84 Domitianus A-üg. X, 837
Sabinus.
85 Domitianus Aug. XI, 838
T. Aurelius Fulvus, ou Fulvius.
86 Domitianus Aug. XII, (5) 839
Ser. Corn. Dolabella Aletellianus.
87 Domitianus Aug. Xin, 840
A. A'olufius Saturninus.
88 Domitianus Aug. XIV, 841
L. Minucius Rufus.
89 T. Aurelius Fulvus II , « 842
A. Sempronius Atratinus.
(1) Le P. îvianC prétend que Dcmiticn fut Confu! cette
année après la mort de fon père.
(2) Unepisrcription anci.nne appelle le premier de ces
deux Conluls, Lucius Flavius Silvanus.
(5) Ce fut fous ce Coafulat que Us- jeux Capitolins
faicm inûitaés.
y ij
C O N
C O N
Ans de J. C.
Ans it Home.
*5)0 Domitianus Auf. XV j,
M. Cocceius Nerva II»
91 M. Lipius Trajanus_,
M. ÂciJius Glabrio.
92 Domitianus Aug. XVI ,
Q. Voluiîus Saturninus.
93 Pompeius Collega
Cornélius Prifcus. (i')
94 L. Nonius Torquat. ÀfprcnaSj
T. Sex. Magias Lateranus j (2)
L. Serg. Paolus J yâéjî/raé à Lateranus.
93 Domitianus Aug. XVII, (3)
T. Flavius Clemens. (4)
96 C. Antiftius Vêtus ,
C. ManlÎBs Valens.
- 97 Nerva Aug. III ,
L. Verginius RufusIII ,
Cornélius Tacitus , fuccejfeur de
Rufus.
98 Nerva Aug. IV ,
M. Ulpius Trajanus Cæfar IL
99 C. Sofîas Sentcio ,
A. Cornélius Palma.
100 Trajanus Aug. III ,
M. Corn. Fronto III.
101 Trajanus Aug IV,
Sex. Articuleius,
Corn. Scipio Orfitiis , fuccéda le ï
Mars à l'un des deux ^ a ce que
845
844
843
846
847
848
849
830
831
85^
853
8;4
Von croit.
Bebius Macer , fûhfiîtués U
M. Valet Pauîinus. ( i Mars.
Rubricus Gallus le l Juil. Le
Q. Cælius Hifpo. ^ dem.nefipassûr.
102 C. Sofius Senecio III , (3) 833
L. Licinius Sura II.
103 Trajanus Aug. V, 836
(1) plufieurs rapfouert à cette année tes Confnts fubf-
thues, M. LoUius pautinu--, Valetius Afiaîicus Satuininus,
& C. Ar.r.îas Jalius Quaé.ratus i d’aiives les mettent fous
l’année précédente } mais nous n’ofons rien décider là-
ne Sfus.
(i)LeF. Pagi donne pour Collègue au premier de ces
deux Conflits , M. Areiinus , ou Arricinus Clemens, que
Domitien £i mourir cette année. M. de Tillemor.t croit
<iie Cîemtns lui fut feulement fubflituéi mais l’année de
Ion Confulat eit fort incertaine.
(3) C’eft ici le dernier Confulat de Domîtîen , fuivast
tous les faftrs Ccnfulaires. Cependant te P. Chamillait
avcjt dans fon cabinet une médaille qui portoir la marque
d’un i8e Confulat de ce Prinet. Elle prouveroit qu’il en
aurcit pris pcflcgîon aiant fa mort, & ne chargiroit rien
à la chronologie ordinaire. D’aiiléu'S , on pourroit croire
que cette médaille avoir été fiappce cf avance.
%
(4) T. Fl. Clemens étoit confin , & non pas onde de
DkJmitien , étant fils rfe Sabinus , frète de Vefpaàen. Do-
initien le fît moarîr veis le mois de Juillet de cette année ,
à caufe du chriftianifine qa’il profèffoit.
(e) Ce Conful n’eft pas aitlfi sur que Ibn Collègue;
*iab nous fuivoBs ks meilleurs Antiquaires.
Ans de J. C. Ans de Sent,
L. Appius Maximus. (l)
104 L. Licinius Sura III , 857
Pub. Horatius Marcellus. (2)
Î03 Tib. Julius Candidas II, 838
A. Juiius Qindratus II.
106 L. Ceionius Commodus Verus, 859
L. Tutiiis Cerealis.^
107 L. Licinius Sura III , 8<aO
C. Sofius Senecio IV.
108 App. A nnius Trebonius Gallus, 8éi
M. Atilius Metellus Bradua.
L. Verulanus Severus, I
oa Severianus , V fubftitués^
App. Annius Gallus. 3
109 A. Cornélius Palma II,
C. Calvifius TuUus II ,
Publias Ælius Hadrianus
/ubfiitués.
L. Pubikius Celfus.
110 Servius Salvidienus Orotus ,
M. Peducæus Prifeinius.
111 C. Calpurnius Pifo ,
M. Vettius Bolarms-
yfuèji. le I Mars,.
OrAis Servianus II,
L. Fab. Juiius.
Ui
Us
864
fuivant uneinf-
criptiondePan-
vini.
II2
Trajanus Awg VI ,
T Sextius .Africanu?.
L. Pubikius Celfus II,
C. Clodius Prifeinus^
Q. Ninnius Hafta ,
P. Manilius Vopifeus.
L. Viplianius MeiPala ,
M. Vrergeltanus Pædo,
lié L. ÆliusLamia,
Ælianus Vêtus,
ii:
“3
114
“5
Qiiir.ftius Niger ,
C. Viplianius Apronianus.
118 Hadrianus Aug. II ,
Tiberias Cfaudias Fufeus Alexander.
119 Hadrianus Aug III ,
Q. Junius Ruiiicus-
120 L. Catilius Severus, (3.)
T Aurelius Fulvus.
121 L. Annius Verus II ,
Aurelius .Augurinus.
122 Manius Acilius Avioî»,
Caius Gorn Panfa.
123 Q. Arrius Pætinus, (4)
(1) Le P. Mar.fi donne pour Confuis ordinaires de cette
année , à la place de ces deux-ci, Sura II de Pubüus Ncia-
tius Marcellus ; mais fes preuves ne fout nuilcmenl con-
vaincantes
(1) Norrs ?e Manlî pîaeenten cette année nos deux Con-
fuis de la précédente. '
r
(5)-Catiiius Severus fut le bifàieul maternel <îe l’Emp**'
reur Antonin.
(4) Une infc îption rapportée pat le P. Manli ^appeil* **
Conful Q. A.'ticukius Panitiur.
Sé;
U6
Uj
868
8^9
87©
871
Sjr
873
874
873
876
C O N
Ans de J. C. Ans de Rome.
L. Venuleîus Apronianus.
J 24 Manius Acilius Glabrio , 877
C- Beliicius Torquatus.
125 P. Corn. Sdpio Afiaîkus II, 878
Q Vettîus Aquüinus.
ï2é M. Aniiius Verus 111 , 879
Eggfus Ambibulus.
127 Titianus j 880
Gallicanus.
128 L. Nonius Torquatus Afprenas lî , 881
M. Annius Libo , (i)
129 Q. Julius Balbus , 882
P. Inventius CelAjs II,
C. Neratius Marcellus ria- '
Cn.LoI!iusGal!us.
Î30 Q. Fabius Catullinus, 883
M. Flavius Afper.
ï 3 1 Ser. Odavius Lænas Pontfanns , 884
M. Antonius Rufinus.
132' Sentius Augurinus, 88j
Arrms Severianus , ou Sergianus IL
133 M. Ant. Hîberus , 886
Nummius Sifenna.
134 C. Jul. Servianus III, 887
C. Yibius Varus. (2)
135 Ponûanus, 888
Atilianus , ou Atelanus.
136 L. Ceionius Commodus Verus , 889
Sex Vetulenus Civxa Pompeianus.
137 Lucius Ælius Cæfar II, 890
L. Cæcilius Balbinus Vibulius Pius.
138 Camerinus, 891
Niger.
139 Antoninus Pius Aug. II , 892
C. Eruîtius Prælens IL
A. Jun. R\xB.nns jfubjiitué au premier.
140 Antonius Pius Aug. III, 893
M. Ælius Aiireiius Verus Ctefarr-
Ï41 M. Peducæus Syloga Pïifcinus,. 894
T. Hænius Severus.
342 L Cufpius Rufiaus, 893
L. Statius Quadratus,
143 C. Beliicius Torquatus , il itoit fils du 896
deuxieme Confiai de Van 124 de
, J. C.
T. Claudius Atticus Herodes. (j).
144 P. Lollianus Avitus > 897
Maximus
345 Antoninus Pius Aug. lY , 898
Marcus Anrelius Verus Cæfar IL
Î46 Sex. Erucius Clarus II , 899^
Cn. Claudius Severus.
(i) Annîirs Libo fut onde patetoeî de PEsnperenr
Marc-Aurelec
(^) Le F. Manfî nonvue ainfi ces deux Confiiîs : L. Sei-
Xilius Uibus Seivianus , & Vibius Juvemius Varns,
(3) B étoû (PAtEenes, fç avok eafeigaé réloq^aencê à
Matc-Auiele & a Lucius V«b«,
C O N
173
Ans de Rome'
5)00
Ans de J. Cl
147 Largus ,
Meffaünus.
Ï48 L. Torquatus III,
M. Salvius- Jiilianus.
149 Serv. Scipio Orntus,
Q Nonius Prifcus.
130 Gallicanus,
Vêtus.
131 S. Quintiüus Co.ndianus ,
S. Quintiüus Maximus,
132 M. Aciiius Glabrio. (i)
M. Valerius Omullus.
135 C. Bruttius Præfens,
A. Junius Rufinas.
134 L. Ælius AurelhîsCommodus,
Titus Sexrius Lateranus.
133 C. Julius Severus ,
M. Junius Rufinus Sabinianus.
136 M, Ceionius Silvanus ,
C. Serius Augunnus.
137 Barbarus, (2)
Regulus.
138 Tertulins ,
Claudius Sacerdos.
1 39 Plautius Quintilius II ,
Statius Prifcus.
16® Appius Annius Atilius Bradua ,
T. Clodius Vibius Barus, ou Varus.
161 M. Aurelius Verus Cæfar III ,
L. Ælius Aurel. Commodus IL
162 Q- Junius Rulticus,
C. Vettius Aquilinus.
163 Paftor,
Ælianus , ou Lælianas.
Q. Muftius Prifcus , fiuhfiltué a P un
des deux..
364 M Pompeius Macrinus,
Pub. Juventius Celfus-.
163 L Arrius Pudens ,
M. Gavius Orfitus.
166 Q. ServiîiiB Pudens ,
L. Fiifidius Pollio.
167 L. AureËus Verus Aug. III,
Quadratus.
168 Apronianus II,
L, Vetthrs Paulus (3)^
169 Q. Sofius Prifcus Senecio , (4) ’
P. CtBlins Apollinarius,
(i) Noris & Pagî , d’après Fanvini ^ dbnîient aii premier
le prénom de Sextius . & au fécond celui de Caius. Non?
fuivons Muratorr, qui donne à ces deux Confias lé même
prénom de Marcus.
(1) Une ancienne infcîîpiion, rapportée parNori*, ajoute
SW nom de Barbarus celui de Vetulenus.
(î) Griîter rapporte une infcription q.ui donne porw Col-
le^gae au fécond de ces Confuls , T. Jun. Momanus. Celui-
ci aura vraifemblabicment été fubftïtué au premier.
I4) On ne connoît qu'une feule inrcription OÙ le fsu-
3u>mde Séaéeiolok dcmniaceConfuL
901
9C2
903
904
903
çc6
907.
908
909
910
9ÎI
912
913-
914
913
ç)i6
917
918
919
92©
921
922
C O N
C O N
î74
Ans de JC.- Ans de Rome.
170 M. Cornélius Céthégus , 9^3
C. Erucius Clarus.
171 L. Septimius Severus II , 924
L. Aufidius Herennianus.
172 Maximus, 9^3
Orfitus.
173 M. Aurelius Severvs II , 926
Tib. Claudius Pompeianus.
174 Gailus , 9^7
Fiaccus.
173 Calpurnius Pifo , - 9^^
M Salvijs Julianus.
i~6 T. Vitrafîus Pollio II , 929
M. Flavius Aper II.
lj~ L. Aurelius Comnuodus Aug. 930
Quintillus.
178 Orfitus , 931
Rufus..
179 L. Aurelius Commodus Aug. IIj (i) 932
Publias Martius Verus.
180 C. Bruttius Præfens II ^ 933
Sex. Quintilius Condianus.
18 1 M. Aurelius Commodus Aug. III , (2) 934
L. Antiflius Burrhtis II.
182 Pomponius Mamertinus , 933
Rufus.
183 M. Aurelius Commodus Aug. IV J 936
C. Aufidius VidIorinus.II.
284 L. Coflbnius Eggius Marullus , 937
Cn. Papirius Ælianus.
1S3 M. Corn.Nigrinus CuriatiusMaternus, 938
M. Attiiius Bradua. (3)
186 Commodus Aug. V J 939
M. Acilius Giabrio II.
187 Crifpinus, 940
Ælianus.
188 C. Alliiis Fufcianus II, 941
Duliius Silanus II.
189 Silanus & lliy eut cette année .fui- 942
Silanus. (4) 5 ■vttntle P.Pagi, zj Conf.
Ï90 M. Aur. Commodus Aug. VI, 943
M. Pecronius Septimianus.
191 Caffius Apronianus , • 944
Bradua.
192 M- Aur. Commodus Aug. VII, 943
P. Helvius Pertinaxll.
193 Q. Sofius Falco , 946
C. Julius Erutius Clarus.
(i) Commode n’ avoir que feize ans. Ileft !c fécond qui
ait été revêtu de la dignité de Confal avant Tige de vingt
ans. Néron l’avoit été le premier (l’an 55 de J. C. ) à
17 ans.
(1) Commode changea fon prénom de Lucius en celui de
Marcus , après la mort de Marc-Aurèîe.
(3) On voit une ancienne infctiption qui çone Matcrno
& Attico co£. Peut-être Atticus avoit-îl été fubftitué à
Bradua.
(4) Oa n’eft pas cetrain des prénoms de ces Confuls.
Ans de J. C. Ans de Rome.
194 L. Septimius Severus Aug. II,
Decimus Ciodius Septimius Albinus
Cæfar il.
193 Scapula Tertullus , (i)
Tineius Clemens.
196 C. Domitius Dexter II , 94^
L Valerius Meffala Trafea Prifcus.
197 Appius Claudius Lateranus, 930
Rufinus.
195 Saturninus , (2) 931
Gailus.
199 P. Cornélius Anulinus II, 931
M. Aufidius Fronto.
2CO Tib. Claudius Severus , 933
C. Aufidius Vidorinus.
201 L. Annius Fabianus , 934
M. Nonius Arrius Mucianus.
202 L. Septimius Severus Aug. III , 933
M. Aurelius Antoninus Caracalla
Aug.
203 L. Fulvius Plautianus II, (3) 93^
P. Septimius Géra.
204 L Fabius Septimius Cilo II , 937
Flavius Libo.
203 M, Aurel. AntoninusCaracallaAug.il, 938
P. Septimius Geta Cæfar.
206 M. NummiusPrimus Senecio Albinus, 939
L. Fulvius Rufticus Æmiüanus.
207 Aper , 9^0
Maximus.
208 M. Aurel. Antoninus Caracalla Aug. III, 961
P. Septimius Geta Cæfar IL
2C9 Pompeianus , 962
Avitus.
210 Manius Acilius Fauftinus , 963
Triarius Rufinus.
zii Gentianus, 9^4
Baffus.
ziz C. Julius Afperll ,7 9*’)
C. Julius Afper. 3 '
Z13 AntoninusCaracallaAug.lv, 966
D. Cælius Balbinus II. (4)
Z14 Meflala , ,9^7'
Sabinus.
ZI 3 Lætus II,
Cerealis
116 Catius Sabinus II , 9^9
Cornélius Anullinus.
fi) On croit que ce Scapula cftlc même qui, depuis, étant
Proconful d’Afrique , perfécuta fi cruellement les Chie*
tiens , & à qui Tertullien adrefla fon Apologétique.
(2) Les Prénoms de Tiberius 8c de Caius qu’on donne a
ces deux Confuls , ne font pas sûrs.
(î)piautien étoit beau-père de Caracalla. Sévère voulut
qu’il fût appelé Confuf pour la fécondé fois , quoiqu'il ne
l’eût pas eneore été. A l’égard de Geta, on croit qu'il était
le frère , 8c non le fils de Sévère.
(4) Il y a lieu de douter fi ce Conful ne s’appelcit pa«
plutôt Albinus que Balbinus,
C O N
Ans de J, C. Am de Rome,
xij C, Bruttîus Prsefens, 970
T. Meffius Extricatus II.
ii8 M. Opellius Severus Macrinus Aug. 971
Oclatinus Adventus.
219 M. Aurel. Anton. EiagabalusAug. II ^ 97i
Sacerdws JI. (_i)
220 M. Aurel. Anton. ElagabalusAug. III J 973
Entychianus Comazo.
2.21 Gratusi Sabinianus j. " 974
Claudius Seleucus.
222 Aurel. Anton. Elagabalus Aug. IV > 973
M. Aurel. Severus Alexander Cæfar.
223 L. Marius Maxi.mus II, 976
L. Rofcius Ælianus.
2.24 Julianus II ^ (2) 977
Crifpinus.
225 Fufcusllj 978
Dexter.
216 Alexander Aug. Il , 979
L. Aufidius Marcellas IL
227 Albinus , 980
Maximus.
228 Modeilus , 981
Probus.
229 Alexander Aug. III , 982
Dio Caffias II, (3)
M. Ant. Gordianus , fubfilaié au,
fécond.
230 L. Virius Agricola , 983
Sex. Catius Clementinus,
231 Pompeianus, 984
Pelignianas.
232 Lupus , 9§j
Maximus.
233 Maximus, 98g
Paternus , ou Paterius.
234 Maximus II , 987
C. Cæiius Ürbanus.
23; Severus, _ _ ^ 98g
Quinclianus , ou Quintilianns.
236 C. Julius Maximinus, Aug, 989
Airrreanus,
237 Perpetuus ,
Conielianus.
238 Pius, OM Ulpius. 99 J
Pontianus.
Claud. Julianus, ■> , ,,
Celfus Eiianus. Ç (4)‘
(t) Le prénom de Licinius , que Pagi donne à ce Con-
nil , ne le rencontre dans aucun ancien monument; mais
Jsianchint cite fur cette année un tube de piomb , où il eli:
appeîe-Tineîus Sacerdos.
3a fecontfcfo' <îue Julien fut alors Conlùipour
U). Dio Cafitus eft le célébré Pliftoïkn de ce nom , qui
fe trouve auffi appelé Dyonilius dans une andenne infcrip-
tion rapportée par Doni.
? l’Empereur Maximin, arrivée fur
y ordonna que les d. uv nouveaux
fc'lCX Æar. f
C O N
175
Ans de Rome,
992
9V3
994
991
95(5
997
995
999
looa
Atis de J. C,
239 M. Ant. Gordianus Aug,
M. Acilius Aviola.
240 SabinasII,
Venuftus.
241 M- Ane. Gordianus Aug. Il,
Ciyica Pompeianus.
242 C. VettiuS'Auicus ,
C. Afinius Prætextatus.
243 Arrianus ,
Papus.
244 Peregriniis,
Æmilianus.
: 243 M. Julius Philippus Aug,
Titianus.
24(5 Præfens ,
Albinus,
247 M. Julius Pbiîippus Aug. IP,
M. Julius Pbiiiippus Cæfar,
248 M. Julius Phiiippus (Senior) Aug, 1001
III s (1)
M. Julius Phiiippus ( Junior )
Aug. II.
249 M. Æmilîanus'II , » 1002,
Jiinius Aquilinus,
250 C.Me.riiusQ.Tra3anusDeeiusAug.ïI, looî
Max. Gratus. '
231 C. M. Q. T, Decius Aug. III , 1004
Q. Decius (Herennius ) Etrufeus
Cæfar.
232 C. Trebonianus Gallus Auq. II, -rnoe
C. Vibius Volufianus Cæfar. ^ ^
233 C. Vibius Volufianus Aug. II, jooA
Maximus.
234 P. Licinius 'Valeriahus Aug. ü, 1007
P, Licinius Galiienus Aug.
'233 P Licinius Valerianus Aug. IH,. mn»
^ P.. Licinius Galiienus Aug, IL
2c6 Maximm ^
Glabrio. °°9-
237 P. Licinius Valerianus Aug. PV, loio
•P- Licinius Galiienus Aug, III^,
M. Caffianus Latinius Pafta.mus. ,
fuéfhué. (2)
238 Memmius Tulcus„ m,,
Baffus.
239. Æmilianus,
Baffus. ^
2i5o P. Cornélius Secularis IT,
Junius Donatus- IL
1013
(r) CetK année ^Empereur- Phiîipae célébra î Romo
1 année millénaire de la ibndarion. Æ,. «-ome
marque Capitolin, dans la vie de Gdrdien 7’“'^ ’ w”'"’?
mmssÊMise
Msmsmm
C O N
C O N
i 7<>
Ans ds J. C. d'
Rome.
161 P. Licin. Gallienus Aug. IV ,
L. Petronius Taurus Volufianus (i)
1014
x(>X- P. Licinius Gallienus Aug. V ,
Fauftinus.
ici;
2(?3 Albiniis II ,
Maximus Dexter.
1016
264 P. Lie. Gallienus Aug. VI ,
Satu minus.
1017
P. Licinius V*alerîanus II ,
L. Cæfonius Lucillus Macer Rufi-
nianus.
1018
266 Gallienus Aug. V II >
Sabiniiius.
1019
267 Paternus ,
Arcefilaus.
1020
208 Paternus 11 ,
Marinianiis.
1021
269 M. Aurelius CUudius’ Aug. II, (2)
Paternus,
1022
270 Antiochus II,
Orfitus.
Î023
271 L. Dominas Aurelîanus Aug.
BalTus IL (3)
1024
272 Quietus ,
Veldumianus, ou Veldumnianus.
1023
273 M. Ciaudius Tacitus ,
Placidianus.
1026
274 L. Domitius Aurelianus Aug. II ,
C. Julius Capkolinus.
1027
273 L. Domitius Aurelianus .Aug. III ,
T. Xonius Marceliinus.
1028
Aurelius Cordianus , \fubfizt.
le
V^elius Cornif. Gordianus. s XK Sept.
M. Ciaudius Tacitus Aug. II, (4)
Æmiüanus.
1029
277 M. Aurelius Probus Aug.
M. Aurelius Paulinus.
1030
278 Probus Aug. II ,
Lupus.
1031
279 M. Aurelius Probus Aug. III ,
Nonius Marcellus II.
1032
280 ^îeflala ,
Gratus.
1033
281 M. Aurelius Probus Aug. IV'’,
Tiberianus.
1034
282 M. Aurelius Probus Aug. V ,
ViTtorimis.
Ï033
(i) Quelques infcriptions iui donnent ençoee le nom
d'Egnatius avant celui de Volufianus.
(a) îl ne tefte ptefqu’ aucun veflige du premiet Copfulat
de Ciaudius.
{^Une infetiption publiée par Reland , d’après Gudius ,
donne à BalTus les prénoms de N. Ceiftnius Virius ; une
autre, mife au jour par le même , iui attribue ceux de Lucius
Ceionius Virius ; mais ni l’une ni l’autre ne font sûtes , au
jugement de Muratoii.
(4) Vopifeus fait mention d’un Æliantts Scorpianus , qui
étoit Conful le 5 Février de cette année ; ce qui donne lieu
de ct^ie que Tacite ne gaida qu’un mois le Goniulat;
idrtî de d. C, ^nj de Rofits,
283 M. Aurelius Carus Aug. (i) 1035
M. Aurelius Carinus Csefar.
284 M. Aureiius Carinus Aua. II , 1037
M. Aurelius Numerianus Aug.
aSj C. Auxel. Valerius Diocletianus 1038
Aug. II ,
Ariftobulus. (2)
xZ6 M. Junius Maximus II , 1059
Vettius Aquilinus.
287 C. Aurelius Valerius Diocletianus 1040
Aug. III. ,
M. Aur. Vaier. Maximianus ( Her-
cuüus ) Aug.
288 M. A. V. Maximianus ( Herculius ) 1041
Aug. II ^
Pomponius Januarius.
289 Bafîus II J 1042
Quintianus.
290 Diocletianus Aug. IV, I045
Maximianus Herculius Aug. III.
291 C. Junius Tiberianus II J 1^44
Dio.
292 Annibalianus , i'^4I
Afelepiodotus.
293 Diocletianus Aug. V J lO/s^
Maximianus Herculius Aog. IV.
294 Fl. Valerius Conftantius Cæfar „ IC47
C. Galerius Valerius Maximianus
Cæfar.
29J Tufeus , 1^4°
Anullinus.
296 Diocletianus Aug. VI, ^ l®49
Flavius Vaier. Conftantius Cæfar II.
297 Maximianus Herculius Aug. V , 1050
Galerius Maximianus Csefar II.
298 Anicius Fauftus ,
Virius Gallus.
299 Diocletianus Aug. "VHI , lO’^i
Maximianus Herculius Aug. VI.
300 Conftantius Cæfar III , IPJI
C. Galerius Maximianus Cæfar III.
301 Titianus II ,
Nepotianus.
302 Conftantius Ctefar IV* ,
C. Galerius Maximianus Cæfar IV.
305 Diocletianus Aug. VIII ,
Maximianus Herculius Aug. VII.
304 Diocletianus Aug. IX,
Maximianus Herculius Aug. VIIF
(1) La chronique d’Alexandrie donne encore pour Cott-
fuls de cette année Diocletianus 8c BalTus . pat où il pa.o*
qu’ils furent fubûitués aux deux précédens.
(2) On voit Carinus cette année Conful. Muratott
penfe qu’il y eut cette année quatre Confuls , deux
rOriept, Dioclétien avec un Collègue qu’on ne
pas , Sc deux pour l’Occident , Carin 8c Atiftobule.
Rivai prétend avec plus de fondement qu’il n’y 4
deux, & qu’après la mort de Catin, Dioclétien
fon nom à celui de çç riyal , 6c conferva celui d /» ■>
{ toljqle,
|0^
IOJ9
io6o
C O N
Ans^eJ.C. Ans de Rems.
^of Conftiintius Caffar V , ioj8
Galerius Maximiaiius Cæfar V.
306 Conftantius Aug. VI
Galerius Maximianus Aug. VI.
J07 M. A. V. Maximianus ( Herculius )
Aug. IX, (i)
Flavius ValeriusConftantinus Csefar.
^08 M. A. Val. Maximianus ( Hercuiius ) 1061
Aug. X.
C- Gajerius Maximianus Aug. VIL (2)
309 Maxennus Aug. II, ' > 1062
M. Aurelius Romuliis > à Rome.
Cæfar , y
PolL Conrulatum, (3) \korsde
MaxiniianiX, & GaleriiVIl. y Rome.
|i© Maxentius Aug, III, l „ 1063
RomuiusCæfarlI. f
Anno II poil Confulatum "J hors
Maximiani ( Herculii ) X, ^ de
& Galarii VIL (4) j Rome.
|li Gai. Valer. Maximianus "J hors
Aug. VIII, de
Maximinus Aug. j Rome.
C. Ceionius Rufius Volu- 'i
fianus , >à Rome.
Eufebius. j
giz ELValer. ConftantinusAüg. ■> ^ . lofîr
Publ. Valer. Licinianus
Licinius Aug. 3
Maxentius .Aug. IV , à Rome.
Maximinus Aug. \en Orient , fe^oit
Picentius. Ç .'Ue/qaes-uns.
|ïj Flav. Valer. Çonilantinus Aug. III , iq66
Publ. Valer. Licinianus Licinius
Aug. III.
J 14 C. Ceionius Rufus Voluiïaniis II , 1067
Annianus.
(i) Le tyran Ma.xence , qui régnoit alors en Italie , dclî-
pofi fextum Cenfielatam. Il entendoit
^ “5 l'année précédente. Il paroît nésntiioins
qu oa reconnoiffbit en Occident, ou du moins en Ita’ie
meme des ie commencement de 307, les d£u.x Confuis oue
aous avons marqués. En Orient , ii y en eut deux autres qui
turent nennnes par Galère Masimien i lavoir , Sévère u-
pfte & Marimin Céfar. Peut-être auiH Conftantia fut-il
luo.iitue a Severe apres fa mort. En général . il eft difScüe
oc marquer au jufte les Confuls entre les années joiî & jij
parce que ce n’étoient point les mêmes par-tout , & qu’il y
Italie qui n’étoient point reconnus dans le refte
de 1 Empire.
deux Confuls ne furent pas reconnus à Rome
pendant les trois premiers mois. A leur place Maxcnce s’y
iit déclarer Conful avec fon fils M. Aurelius Romulus.
U) Ce font les Confuls qui furent reconnus à Rome j
jnais on ne connoit pomt ceux qui furent élus dans les Pra-
vmees , ni meme s il y en eut. L’afage le plus commun fut
503. poÆ Meximiani X,
anf.él Confiils cctte
à ^ ' peut-être furent-ils fubffituçj
.Antiquités y Tome II.
C O xV 177
Ans de - J, c. Ans de Rome.
31 J Flav. Valer. Conftantinus Aug. IV , 1068
Pub). Vaier. Liciniati’ùs Licinius
-4ug. IV.
316 Sabir, us, loéo
Rufinus.
517 Gviniiis Galli- V leur Confulat ne 1070
canus , > commença que Le
Baffus. 3 17 Février.
318 Licinius Aug. V 7 - 1071
Flav. Julius Crifpus Cæfar , fils de
Conflantin.
319 Conftantius Aug. V , nvec fon fils , 1072'
Valerius Licinianus Licinius Cæfar,
fils de V Empereur Licinius.
320 Coniiantinus Aug. , 1075
Fl. Valerius Conftantinus Cæfar.
321 Crifpus Csefar II , 1074
Conftantinus Cæfar H.
322 Perronius Probianus,
Anicius Juiianus.
323 Acilius Severus , 1071?
Vetcius Rufinus.
324 Flav. Julius Crifpus Cæfar III, 1077
Flav. Valerius Conftantinus Cæfar III.
325 Paulinus, 1078
Juiianus.
32*0 Conftantinus Aug. Vn , Ï079
FI. Jui. Conftantius Cæfar.
327 Fl. Valerius Conftantinus, lo8»
Maximus.
328 Januarius, oa Januariniis, io8e
Juiîus.
329 Conftantinus Aug. A'IÎI , 1082
Conftantinus Cæfar IV.
440 Gaîücanus, 1QS3
Symmachus.
331 Annius Bafliis, 1084
Ablavius.
332 Pacatianus , loS'j
Hilarianus.
333 Fl Delmatius , io85
Zenophllus.
334 L. Ranius Acontlus Optams , 1087
Anicius Paulinius Junior.
335 Julius Conftantius J. (I) io88
Ceionius Rufius Aîbinus.
336 Flavius Popilius Nepotianus , (2). JoSj
Facundus,
337 Felicianus , 1093
Tib. Fabius Titîanus.
338 ürfus, _ 1091
Polemius.
339 Conftantius Aug. II ^ I094
Flavius Jul, Conftans Aug.
(r) Julius Conftantius fut père de Gailus St <1® Jplien ,
qui fat depuis Empereur.il efi le premier qui ait porte le
titre de Patrice avec L. Ran. Acont. Optatus.
(2} Ce Népoîianus èfi le meme qui ufurpa rEmpire ^
ry
C O N ■
' Ans de JZome
C O N
Ans de J. C*
340 Acindfnus, IC93
L. Aradius ValeriuS ProculuSj ou
Proclus.
341 Anton. Marcellinus > IC514
Petronius Probinus.
542 Cofiftantius Aug. lîlj 1095
Conftans Aug. IL
343 M. rAeramius Metius Furms Baburius IC96
Cæcilianus Proculus,
Romiilus. -
344 Leontins ,
Saliiiflius.
343 Amantius ,
Aibinus.
346 Conilamius -Aug. JV, (i)
Conitans .A ug. III.
347 Rufinusj
Eufebius.
348 FL Phiüppiis y
Fl. SaJia y ou Salius.
349 Ulpius Limenius ^ 1 10.2
Aco Catuliiniis Philomatins , ou
Phiionianiis.
3JQ Sergûis , _ 1103
Nignnianus.'
331 Poft Confulatum Ssrgii & Nigrinfani ^ 1104
diins f empire non fournis au tyran
hlagnençe.
Dans la partie qui lui était foumife y
comme les Gaules , idc.
Magnentius ,
Gaifo.
332 Conîtantiiis Aug. V J 1103
Flav. Conllantius Gallus Cæfar.
Mais fous Magnence y
Decenrius j fon frère , &
PailüüS.
335 Coüftantias Aug. YI , jicé
Coniiantiiis Gallus Csefar IL
334 Conilantius Aug. A’'II , 1107
Conliantius Gallus Cæfar III.
333 Flav. Arcetio^ _ _ 110&
Q. Flav. Metius Egnatius LoIIianus,
336 Conilantius Aug. VIII , ‘ 1109
Flav. Claud. Julianus Cæfar.
337 Conilantius Aug. IX , li lO'
Juhanus Ccefar IL
338 Neratius Cerealis, lli i
Datianus.
359 FL%ius Eufebius J, lii2
Flav, Hypatius^yô« frire. (2)
3<So Conilantius Aug. X ^ 1 1 j ^
Julianus Cæfar 111.
361 FI.\v. Tanriis J
FUy. Florentius.
(^I.es Empereurs ne s’ étant point d’aborA accordés fur
les Coni lus de cette annee , on en data les cieniieis mois ,
■ÿojt Cônjuta:um Amcnzii &■ Alsinis
if Itères d'Iafébk ,feirjne de l'Empetetw Coogancî,
Ans de J. C. Ani^t Rome.
362 Mamertiiuis, nj,
Nevitta.
363 Julianus Aug. IV, ii,g
Secundus S- iüfîius.
364 Jovinianus Aug. . 1117
_FIav.V arrontanusNobilifïimHspuer.
363 eLiv. A'’a!enthiianus -Aug. iiiS
Fiav. Valons Aug.-
566 Gratianus Nobiliiîîmus puer, iii^
Dagalaïphus.
367 Lupicinus, 1120
Jovinus.
368 Valenrinianus Aug. II, un
Valons -Aug. IL
369 A'alencinianus Nobiliffimus puer, (i) 1122
A’iclor.
370 Valenrinianus Aug. III, ^ 1123
A'aiens .Aug. III.
371 Flav. Gratianus Aug. Il , 1124
Sextus Anicius Petronius Probus,
372 Dominus^Modeilus,
Ariathous.
373 Valentinianus .Aug. IV ,
Valons Aug. F/.
374 Gratianus Aug. III, nij
Equitius.
573 Poil Confulatum Gratiani&Equitii (2) 112S
37<S Valons Aug. V, 112.9
A^aienrinianus Junior Aug*
377 GratianusAug.lv, IM®
Flav ius Jlcrobaudes.
378 V'^alens A.ug. VI, 1131
Valentianus Junior A.ug. IL
379 Docmius Magnus Aufenius , 1132
Q. Clodius Hermogenianus Oly-
brius.
580 Flav. Gratianus Aug. V , 1133
Flavius Theodolîu.s Aug,
381 Flavius Eucherius , (3) 1134
Flavius Syagrius.
382 Antonius, 1133
Afranius Syagrius.
383 FI. Merobaudes II , en Occident. 113^
Fiav. Satuminus , en Orient.
384 Clearchiis, en Orient. II37
Flav. Richomeres , en Occident. (4)
_ 383 Flav. Arcadius Aug. 113S
Bauto.
(i) Le jeane Valentinien, nommé sulfi Ga’atès , étoit
fiîs de l’Empereur Vaîcns , 5c n’avoir alors ijuc trois ans,
étant né !e i8 Janvier jdd. Il mourut dans i’.enfànce.
(2} I.e tuniuite de la guerre fit qu’il n’y eut point cette
année de Confuls,
(j) Le prénoin de Flavius , dit Miiratori , qui commença
depuis Conffantin à devenir commun parmi les Généraux,
tut probablement un titre d’nonneur qu’ils obtinrent des
Empereurs , qui fe faifoient gloire eux - niêines de ie
porter.
(4) Gu Ricimer, Franc de nation. Il fut père de Théo-
doiic , Roi des Ftâiies.
1097
IC98
1099
1100
1101
C O N
Ans de ). C» - Ans de R^me,
385 Fiay. Honorius NobililCnuis puer , ii?9
Evodius.
387 Vaîenrinianus Au^. III , 1140
Eutropius.
388 Theodoniis Aug. II, 1141
Cynegms. (i)
389 Fi. Timafius , 1142
Fl. Promotus
390 Valentinianus Aug. IV J 1143
Neorerius.
391 Tatianus, tous deux en 1144
Q. Aure!. Symmachus. ) Occident, _
39X Fl. Arcadîus Aug. II , 1 145-
RitSnus.
393 Theo iolius Aug. III, 1146
Abundantius. (2}
394 Arcadius Aug. III , Ii47-
Ho.norius Aug. II.
^95 Anicîus fiermogenianus Olybrius, 1148
Anicius Frobinus. Tous les deux
pour L' Occident. Ils étaient frères,
39<S Arcadias Aug. IV ,
Honorius Aug. III.
397 Fi. Cæfarius ,
Nonius Atticus.
C O N
598 Honorius Aug. IV,
Fl Eutychianus.
399 Fi. Mallms Theodorus,
Eutropius (3)
4C0 FI. Stilicho ,
-Aurelianus.
401 Vincentius.
Fravita.
402 .4rc3dius Aug V,
Honorius .4ug. V.
403 Theodofius Junior Aug.
Fi. Rumorid'us.
404 Honorius Aug. VI ,
Ariftænetiis.
403 Fl. Stilicho II ,
Anthemias.
406 Arcadius Aug. VI,
Anicius Frobus.
407 Honorius Aug. VII ,
Theodofius Junior Aug. IL
408 Anicius BaiTus ,
FL Phi lippus.
409 îIonorius-Aug. VIII ,
Theodofius Junior Aug. III. (4)
(-) On voit des infcriptions qui donnent pour Confuls
de cette année Magnus Maximes Aug. ( C’eld !e tyran
Maxime ) & Fabius Titianus, le même qui fut préfet de
Kome autîi cette année.
(1) Le tjrran Eugène prit cette année le titre de Conful en
Uccident.
j.Ij) Oît ne mit point Eutropius dans les aâes publics
d Occident.- Cet eunuque, le 18 Janvier de cetre année ,
fut prive de tous fes honneurs , relégué en Chvore, & peu-
apres décapite. - ‘
(4) On conferve à Trêves , dans l’Egiife de S. Paulin ,
1149
1130
1131
1132
1134
1136
1157
1138
1139
ii<î©
iï6i
1162
af es de y ^ C, Â.rts de.
410 Fl. Varanes,
Terrullus , pour Attale d Rome,
41 1 Theodofius Aug. VV ,feul.
412 Honorius .Aug.^^IX,
Theodofius .Aug. V.
413 Lucius, en Orient.
Heraciianus, en Occident. (îj
414 C. Fab. Conftaiîtius , en Occident, {T)
FI. Conilans , en Orient.
413 Honorius Aug. X,
Theodofius Aug. VL
416 Theodofius Aug VIÎ ,
Jumus Quamis PaÜadius.
417 Honorius Aug. XI,
FI ConflantfLis IL
418 Honorius Aug XII,
Theodofius .Aug. VIII.
419 Monaxius,
Piintha.
420 Theodofius Aug. IX,
Fi. Conîtantius III.
421 Euftathius ,
Agricola.
422 Honorius Aug. XIII ,
Theodofius Aug. X.
413 Afclepiodotus,
Fl. Avitus Marinianus.
424 Caftinus ,
Viftor.
423 Theodofius Aug. XI,
Valentinianus Cæfar.
^.z6 Theodofius Aug. XII,
A'alentinianus Aug. IL
427 Kteriis , ou Hierius ,
Ardaburius.
428 Flavius Félix,
Ta unis.
429 Florentius,
Dynamius, ou Diony-fius.
430 Theodofius Aug. XIÏI ,
Valentinia.nus Aug. III.
43 1 Bafius ,
Flavius Antiochus.
432 Flavius Aërius ,
Vâierius.
435 Theodofius Aug XIV,
Petronius Maximus.
434 Areobindus , ou Aviovindus ,
Afpar.
une îafeription oîi l'on voit Honorius Sr le tj'rcn Cons-
tantin , Confuls de cette a-nnee. Conftantin avoir pris
pourpre à Arles en 407, & le foible Honorius lui avoit cédé
l'Efpagne avec une partie desGaulçs.
(i) Il fut mis à mort pour crime de révolte cette année ,
& l'on efiaça fbn nom de tous les actes publics Si parricu-
iiers. C’eft pour cette raifon que plafieuts Ciironiqucs Dé-
marquent pour Conful de cette année que Lucius.
(t) Tels font les piénom , nom & fnrnotr. dç ce CoiifuJ ,
qui fat père de l’Empeieur Vaienîinien Iiî, & Empereuf
iui-mème.
Z ij
Î79
Rome.
Il6j
1164
1163
ii6y
-i 1(58
1169
1170
Il 71
IÎ72
II7Î
1174
1175
II7â
1177
1178
ÎI79
I l§tï
I l8i
i 182
ii8|
1184
ï 183
I i8é
Î187
C O N
C O N
Î190
1 191
1191
119J
iSo
Ans de J. C. Ans de Rame-
435 Theodofius Aug. XV, 11S8
Valentinianus Aug. IV.
43 6 Flavius Anthemius 1 1 89
Ilidoms, \ en Orient.
i-lavius Senator. j
437 Aëtiusll ,
Sigifvultus , ou Sigisboldus.
438 Theodofius Aug. XVI,
An. Acii. Glabrio Fauftus.
439 Theodoiîus Aug. XVII ,
Feilus.
440 Valenii.iîaims Aug. V,
Anatoüus.
441 CyrU3,_/êaZ en Orient. Il n‘y eut point 1194
cette année de ConfuL en Occident.
442 Eudoxius, Il 91
Diofcorus.
443 Petronius Maxi'mus II , 1196
Paterius , ou Paternus.
444 Theodoiîus Aug. XVIlIj 1197
A.!binus.
44J Valentinianus Attg. VI , 1198
Komus, ou Nonius, appelé aulfî dans
quelques infcriptions Albinius.
44A Fl. Aëtius III, . , , 1199
Q. Aurelius Sym- i
machas. , _ ÿn OcciUent.
447 Callipius, eu Alj^piùs,^/: OcciiZe/zt. izoo
Ardaburius , en Orient.
448 Fl. Zer.o , I2si
RulFius PrîEtextatus Pofttimianus.
449 FI. Afturius, iioz
Fi- Protogenes.
450 Vale.ntinianus Aug. VII, 1203
Gennadius Avienus,
4.yi Fl. Marcianiis Aug. 1204
^ Fi. Adelphius.
4yi bporanus ,
izoy
îzoé
Fl. Herculanus.
453 Vinccmalus ,
Opiiio.
434 Stunius, 1207
Aëriiis, différent du cé.rehre A'étius.
433 Valentinianus Aug. VIII, 1208
Anche nu us.
43éVar3nes, ■> , izoo
Johannes. ^
Fparchius Avicus Aug. en Occident.
437 Fl. Conftantinus , 1210
Rufiis.
438 Fi.^LeoAug. _ ^ J2II
ir; Jul. Val. Majorianus Aug.
439 Fl. Riciroer, <.
Patricius.
460 Magnus ,
Apollonius. -
IZ13
(0 Sous ces deux Cor.fu'.s^ ks Novelles de Theodofe
?ur;nt fubUees. Yakmiaieiî ]«* cftn^jijaa i'ajmée fuj.
vaptsv
^’^tàeJ.C.^ Ans de Rome.
4<jX Severinus, ' 1214
Dagalaïfus.
4(îz Léo Aug. 11 , ' 1213
Libius Severus .Aug. (i)
4A3. Fl. Cæcinna Balîlius ■ izid
A h vi an us.
464 Ruflicius, oa Rufticus, IZ17
Fl. Anycius Olybrius.
463 Fl. Balîlifcus , izi§
Henniniricus, ou Armanaricus.
AfiG. Léo Aug. III,' IZ19
Tatianus.
4(37 Pufæus , izzo
Johannes.
468 Anthemius Aug. II izzi
469 Alarcianus, izzz
Zeno Ifauricus.
470 Jordanes , IZZ3
Severus.
471 Léo Aug. IV, 1214
Probianus.
472Feftus, 1223
Marcianus.
473 Léo Aug. V,/eaA 1226
474 Léo Junior Aug. ffeul. 1227
475- Z ViîO Aug. II, feul, ou poil Conf. 1218
Leonis Jun.
476 Balilifcus II , 1229
AnTiatus.ZA"io/2 le fit mourir la même ann.
Afjj Poil Conf. Balilifcill, & Armati, 1230
478 Illus, oa Hellus,/ira/. I231
479 Zeno Aug. ÏII 1232
480 Bafilius Junior V. C.yia/jOJ^poR Conf. 1233
Zenonis lil.
4I1 Placidus , yl-i/Z. 1234
48Z Trocondus , 1233
Severinus Junior.
483 Faufrus,/W, oapoIlConf.Trocondi, 123(5
484 Theodoricus , Ko! des Gotks ^ 1257
V enantius.
483 Q. Aurel. Memmius Syrritnachus. 1238
Junior , feul ^ ou poil Conf Tbeo-
dorki y. C.
48(5 Decius, 1239
Longinus.
487 Boëtius V. C.feuL 124^^
4§8 Dynamius, 1141
SiSdius.
489 Probinus, IM^
Eufebius.
490 Fl. Faultus Junior , 1243
Fl, Longinus II.
491 Fl. Olybrius Junior, /ea/. I-I44
49Z Fi. Anailalius Aug. 1243
Fl. Rufas , ou Rufinus.
(i) Sévère ne fut reconnu cette année ni en quaUîéd’Em*
pereur , ni en qualité de Conful, dans l’Orient. Les Fades
Siciliens & l’anonyme ds Scaligcj lui doimeni SetpsntiUS
pouv Collègue,
C O N
Arts it 7- C.
Ans lie R»me.
45^3 Eufebius II ,
Albinus.
494 Turcius RuSus Apronianus Afterius,
- Fi. Præfidius.
49 J FE Viaror V. C. Aa/, en Occident. ■
496 Pauîus , feul , oapbll Conf- \ iaroris.
497 Anailalîus Aiig. Il , feul j ou poft
Conf. Viatoris II.
498 Johannes Scytha ^
Paulinus.
499 Johannes Gibbus, feul. (i)
5©o Fl. Hypatius ,
Patricius.
joi Ruf. Mag. Fauftas AvknuSj
F!. Pompai us.
502 Fl. Avienus Junior ^
Probus.
503 Dexicrates,
Volufianus.
504 Céthégus feul , en Occident.,
joy Sabinianus ,
Theodorus.
jc6 Areobindus ,
Meffala.
507 Anailalîus Aüg. III ^
Venantius.
508 Celer ,
Venantius Junior.
509 Importunus ,feul, appelé Opportunus^
Tnal-c- propos par quelques-uns. Il fat
Conful en Occident.
<10 Anicius Manlius Severinus Boëtius
Y. C. feul.
fit Secundinus ,
Félix.
512 Pauîus,
Mufchianus , ou Mufeianss.
513 Probus,
Clementinus.
514 Senator V. C. (Magnus Aurel. Caflio-
dorus ) feul) en Occident.
51 J Anthemiüs,
Florentinus , ou Florentius.
51C Petrus V. C. feul , en Occident.
517 Anaüanus, digèrent de l’Empereur, (2)
Agapitus.
518 Magnuç V. 0..,feul, en Orient,
519 Jultinus Aug.
Eutharicus.
520 Vitalianus ,
Rullicus , ou Rufticius.
1246
1247
124S
1249
1250
I2;i
1252
1254
1236
1257
1258
1249
1260
I2!3l
1262
1263
1264
I2éy
1266
1267
1268
1269
1270
1271
1272
Ï273
(i) Quelques - uns y joignent Afclépion , fondés fur
deux lois du Code Jaftinienj ujais ce Code abonde en
fautfes dates.
(2) On conftrve à Liège d,es Diptyques Confulaires, que
ce Ccr.r«i avoit envoyés à fÉvcqtTe de 'Fongres, & à la tète
cefquc.'t dfe donne, pour nra’-q ne de a haute nobîeifè, les
ro.nis k iesctresfui.-rns: Plavius Anafiafim Paulus Prohus
Sié'intsznas Pompeius , v.r illujlris , Ccmes Domef ’corum
£<piitum, Car-fül cr àinarli's.
C O N iSi
Ans de J. C.
521 Juftinianus,
Valerius.
522 Symmachusj,.
Boëtius.
Ans de Rotüd'.
1274
1275
523 -Fi. Anicius Maximus J feul en Occïi.
324 Jultinus Aug. U ,
Opiiio.
323 Fl, Theodorus Phiioxenas J,
. Antcius Probus Junior.
32(0 OlybriuSj/èa/, en Occident.
527 Vettiiis Agoriiis Balilius Mavcrtius,
feul , en Occident.
328 Juftinianus Aug. \\,ftul..
329 Deciiis Junior V. C. feul„ en Occident.
330 Fl. Lampadius,
OreRes.
331 Poft Confiîlatum Lampadii 8c
Oreltis.
332 Poft Confulatura Lampadii &
Oreftis II-
333 Juftinianus Aug. III, /et.'/.
334. Jufti.nianus A.ug. IV ,
Fi. Theod. Paulinus Ju.nior. C’efi
. le dernier Conful d‘ Occident.
335 Belifantis J /èa/ etî Orient.
Poft Conf. Paulini , en Occident,
336 Poft. Conf. Fl. Belifarii, en Orient.
Poft Conf. Paulini II , en Occident.
337 Poft Conf. Belifarii II, en Orient ,
Poft Conf. Paulini ûtt/to F/J, en Occ.
338 Fl. Joannes,yêa/, en Orient.
539 Appio, yètt/, en Orient.
Poft Confulatum Paulini Y, en
Occident.
540 FI. Juftinus Junior , feul, en Occident.
Les années qui fuivirent le Confulat
de ce Jujiin, différent de V Empe-
reur Juffm le jeune , furent quelque-
fois , mais rarement , datées en Oc-
cident CpOST JUSTIHUM , OU PosT
Consul ATUjtf Justini r témoin,
l infcription qu on voit fur le tom-
beau de S. uiurélien , Archevêque
d’ Arles , dans la chapelle de S. Ni-
ffer a Lyon , laquelle porte que ce
Saint mourut la xie année apres le
Confulat de Jufin : témoin encore
l’épitaphe de S. Niffer , Evêque de
Lyon , d la fin de laquelle on lit ,
fuivant Severt , dans fa chronologie
des Archevêques de Lyon , oeiit jv
NONIS ( NONAS ^ AERTLIS SE!/
XXXIII , FOST JUSTINUJf ET J N-
DicTsoNE SEXTA , Ce qui revient
au 2 Avril 373.
341 Fl. Bafliias Junior, en Orient. C’efi
le dernier particulier qui a été
Confié.
izyS
1^77
1278
1279
1280
Î2§ï
I2§2
1283
1284
Ï283
1284
1287
1288
I2S9
1290
Ilot
1292
1293
1294
542 Poft Confalataui BaftH Y. C
Î293
C O N
Arts dt J. C. Ans de Rome.
J43 Poit Confulâtum Bilîlii , anno II. 1296
544 Poil Conl'ulatum Baiîlii j anno III. 12,97
J4J Poil Conf. Bafiiii , anno IV, & ainji 129^
des années fuivamcs , en ajoutant
un dt ckaq'se année. Cette manière de
compter i<.s années , Fost Consu-
LATUM BaSILII ANStO PRIMO, tri
542 , efl tres-commune , & cefl celle
de Jufiinlen dans fes Novelles, &
des Fapes dans leurs Lettres. Mais
il y en a une autre plus aifée , qui
efi de Victor de Tunnone. Il marque
Lan )42 > par la fécondé année d‘ après
le Confulat de Fafle, au-lieu de le
marquer par la première ; l’an 5'43j
par La troif eme année , au-lieu de la
' Jeconde après le même Confulat , &
airf. des autres , en comptant, tou-
jours une année plus q’ue n en comp-
tent ceux qui marquent tan J42 par
la première année après le Confulat
de Bafle. La manière de compter de
Victor , quoique plus rare quel' autre,
ne doit point être oubliée. Ceux qui
la négligent font expofés à des Ana-
ckrcr.ifmes d‘ un an.
Il ny a plus de Conful jufquk
Jufiîn le jeune , qui en prit le titre le
premier Janvier de l'an ÿ66 , (d en
transféra le nom <& la aignité aux
feuls Empereurs. C‘ était la X^e année
après le Confulat de Bafle , félon
la P Lus commune manière de compter ,
ou la z6e félon la moins commune ,
que nous avons dit être de Victor de
Tunnone. Depuis ce temps , les Em-
pereurs furent Les feuls Confuls , G?
chacun d’eux pour une fois feule-
ment ; de manière qu après leur pre-
mier Confulat , on comptait les- an-
pies faivantes àved la formule Post
Cos s U LATUM , jufqud ce qu'ils
cejfajfent de régner ce qui fut imité
par les premiers Empereurs François.
(Voyez Pagi,' Crit. ad an. ^6j, &
Muratori, Annali. (LTtaiia, t, iit ,
PP- 4^4 - 4^S- )
GONSLLAlRESj oude famille (médailles).
Le Roi Servius - Tullius fut le premier fous
lequel on frappai Piomedeia raonnoiede bronze,
Servius Rex primas fgnavit ss , dit Piinc. Ce
Prince y fit graver la^figure d un bœuf, ou d’un
bélier , fuivanr la meine Auteur. Varron, dans
ks fragmens qui nous reilent , & Camodore ,
( Cafiod. Var. l. ini. ja. i. attiibuenr de même
à Servius - Tullius l’origine de la monnoie
de; bronte. li n’y en eut point d’autre à Rome
avant ian 483; de. la rbudation. Toutes les
C O N
pièces qui furent frappées dans cet intervalle
de temps , étoient , ou des ajfes , ou des parties
de \‘as , telles que les femijfes , quadrantes , fex-
tantes , ô’c. Ordinairement, pour marquer la va-
leur de chaque pièce de monnoie, on y gravoit
autant de points quelle valoir d’onces. Les cabi-
nets des curieux font encore aujourd’hui remplis
de CCS anciennes monnoies. Le Père du Molinet
a donné les devins de quelques-unes, dans fon
cabinet de Sainte Geneviève j fon exemple a été
fuivi parBéger, dans le tréfor de Brandebourg,
par Baudelot, dans fes réflexions fur les deux plus
anciennes monnoies d’or Romaines , & par le
P. de Vitry, dans un article des Mémoires de Tré-
voux. Ces afès font vérita’Dlement les plus an-
ciennes médailles latines. Les médailles des fa-
mîlles Romaines , qu’on appelle communément
médailles Confdaires , n’ont été frappées ( au
moins la plupart ) ni par les ordres de ceux dont
elles portent le nom , ni m.ême de leur vivant.
C’étoitles Direéleurs de la monnoie, autrement
les Triumvirs Monétaires, qui comnaencèrent à y
faire mettre les noms de leurs ancêtres ou des
hommes ilîullres de leurs maifons. Il y a grande
apparence que cet ufage ne s’ell introduit que
vers le milieu du feptième lîècle de Rome. Si l’on \
avoir en effet frappé des médailles Confulaires dès
le temps où la monnoie d’argent commença d’avoir
cours, nous nous appercevrions d’une très grande
différence entre celles de ces médailles qui furent
frappées les premières , & celles qui ne remon-
tent pas au-delà de Jiiles-Céfar & d’Augufte ;
nous diftinguerions les progrès que l’art de battre
monnoie a fait infenflblement depuis fon cam-
mencemenr jufqu’à fa perfcélioîi. Mais fi l'on com-
pare entre-elles les médaillés des familles Romai-
nes , on verra au contraire qu'elles patoîfient
prefque toutes de la même fabrique , & qu'il n’y
a entre les plus imparfaites & celles qui font les
mieux frappées qu’une très-légère différence; en
forte qu’on fera forcé de convenir que même les
plus anciennes font d’un temps où l’art commen-
çoir déjà d’approcher de fa perfeélion. Cette ref-
fcmblance, qui eil frappante, porte à croire que
l’ufage de graver fur la monnoie les noms des
grands Hommes & des Magiftrats , ne s’eft intro-
duir à Rome que vçrs le temps de Marius & de
Syila.
Les médailles Confulaires forment une fmte
nombreufe , qui pourroff aller jufqu’à deux oa
trois mille. Elle offre peu de chofes curieufes , iOit
pour les légendes , foit pour les tvpes , fi ce n elt
dans les médailles qui ont été frappées depuis la
décadence de la République , & qui devroient
commencer naturellement la fuite des Impé-
riales. Avant ce temps, ces médailles portent
fimplenient la tête de Rome cafquée > ou cei;e de
queloue Déiré , & le revers efl ordinairement une
I Victoire tramée dans un char , à deux ou à quatre
I chevaux.
C O N
E eft vrai que vers le feptième fîècîe de Rome ,
les Triumvirs Monétaires fe donnèrent la liberté
de mettre fur les médailles les têtes des hommes
illüftres J qu^ils comptoient parmi leurs ancêtres j
& de les y repréfenter^ fait fous leur figure pro-
pre 5 fojt feus celle de la Divinité tutélaire cie leur
famille. Cet ufage eut lieu jufqu'à la décadence
de la, Repuohqae J que Ton commença à graver
fur les médailles les têtes de Jules-Céfar ^ des
Conjures qui le tuèrent j des Triumvirs qui en-
vahirent la fouveraine puiiTance ^ & de tous ceux
qui eurent depuis parc au gouvernement. Car iuf-
qu à cette époque , il ne fut permis à perfonne de
graver fa tête fur la monnoie. Ce privilège étant
regardé^coiîjme une fuite de la royauté , dont le
nom même fut jufqu alors odieux aux Romains.
Quand donc vous trouverez far les médailles
Confulaires la tête de Romuius & des premiers
Rois des Romains celles de Metellus^ de Réguius,
de Caldus , ou d'autres femblables il ne faut
pas croire qu'elles ayentété frappées du vivant de
ceux quelles repréfentent ^ puifque du temps des
Rois J par exemple J la mionnoie d’argent n'étoit
pas en ufage j mais dans la fuite quelques-uns de
leurs deicendans , étant chargés du foin des mon-
noies, en ont fait battre en l’honneur de leurs an-
cêtres, comme un monument & une preuve de
leur propre noblelTe.
Il faut obferver pour l’arrangement des Confu-
iaires , qu’elles font prefque toutes d'argent , &
de la troifième grandeur ( parce que ce font, ou
des deniers Romains , ou des quinaires , ou des
feflerces), qu'on en trouve néanmoins de tout
métal , & même des trois grandeurs dans le bron-
ze 5 mais avec cette différence qu’à peine en a-t'on
50 ou 60 d'or , & 400 de bronze 5 au-lieu que
l’on en connoît près de 2000 d’argent. C’eft pour-
quoi on place l'or & l'argent avec le petit bronze ;
à la fuite les grand & moyen bronze
mêlés enfemble.
Dans le Tkefaurus Morellianus , qui elî: l'ou-
vrage le plus étendu fur les médailles Confulaires ,
on trouve 2cé familles Romaines, dont il a fait
graver 241 5 médailles , fans comprendre dans ce
C O N 1S3
nombre les médailles qu'on n'a pu attribuer à au-
cune famille particulière, & qui vont à 135-, ni
les médailles Confulaires , qui ne fe trouvent que
dans les faftes de Goltzius.
_ La luire des familles fe peut faire en deux ma-
nières : i'*. comme Urfin l'a fiire , c’eit-à-dire y~
par ordre alphabétique des noms dÜTereus des fa-
milles , qui fe lifent fur les médailles , mettant
enfernble toutes celles qui paroilfent appartenir à
la meme maifon. Cette manière a moins d'agré-
ment j mais elle eft réelle & véritable j 2°. comme
Goltzius 1 a faite , c'eft-à-dire , par les ftiies
Confulaires , mettant à chaque année 'es médailles
des Confuîs de cette année. Cette fécondé mi-
nière eft belle & favante; mais par malheur elle
n'a que de l'apparence , & dans la vérité l’exécu-
tion en eft impoflible. D'abord nous n’avons au-
cune médaille des premiers Confuls , depuis l’aa
244 jufqu'à l’an 485 , ce qui 3 obligé Goltzius de
mettre à leur place feulement les noms de ces
Magiftrats , félon qu’ils fe trouvent dans les faf-
tes. Enfuite depuis l’an 483 jufqu’à l’empire d’.-su-
gufte, les médailles que Goltzius rapporte n’ont
été frappées , ni par les Confuls , ni pour
les Confuls dont elles portent le nom , mais feu-
lement par les Monétaires, qui étant de la même
famille , ont voulu conferver leur nom ou celui
de leurs ancêtres.
Les médailles Confulaires- n’ont point été con-
trefaites auffi fréquemment que les’ médailles des
P-ois Grées & les Impériales. Comme on a moins
d’empreficment à rechercher cette efpèce de mé-
dailles , dont il y ■ a peu de belles fuites , les fauf-
faires r/ont pas autant cherché à les contre-
faire que les autres. D’abord on en trouve peu
d’une confervation allez parfaite , pour être pro-
pre à former un beau moule; de p-lus , à l’ex-
ception des Confulaires , reftituées par l’ordre de
l’Empereur Trajan & de très-peu d’autres , toutes
ces médaillés ne valent guère que leur poids ; ce
■qui n’a pas donné lieu aux fauflaires de les imiter.
On ne croit pas qu’il y en ait de coin moderne;
mais on n’afiureroit pas non plus qu’il ne puiûê
s’en trouver de moulées.
C O N
C © N
MÉDAILLES DES FAMILLES, ou CONSULAIRES ,
Publiées par Morel.
ISr. B. On place à la Tuite des Confulaires les as , les jemis , le^ dodrans , les quadrans , les
fextens , les ftips , les /efterces , & les médailles de Rome , qui reffembient par leur fabrique
aux précédentes.
ABURIA. Cette famille
fCORDIÂ.
3
a y médailles.
ACCOLEIA en a
I
CORNELIA.
CORNUFICIA.
121
3
ACILIA.
i8
COSCONIA,
I
AEBÜTIA.
4
COSSüTIA.
II
AELIA.
2^4
CREPEREIA.
6
AEMILIA.
43
CREPÜSIA.
33
AFRAINIA.
8
CRITONIA.
I
ALITiA.
I
CUPIENNIA.
2
ALL1ENA.
I
CÜRIATLA.
5
AiNNIA.
z8
CüRTIA.
4
ANTESTIA.
7
DiDIA.
3
ANTIA.
3
DOiMITIA.
19
antistia.
S
DURMlA.
7
antonîa.
130
EGNATIA.
10
APPÜLEIA.
3
EGN'ATÜLEIA.
I
APRONIA.
S
EPPIA.
2
AQUILLIA,
II
EPRÎA.
I
arria.
7
FABIA.
38
ASINIA.
6
FABRICIA.
2
atia.
i
FABRINLA.
3
ATI LIA.
8
FADIA.
I
ATTIA.
I
FANATA.
2
AüFIDIA,
2
FARSULEIA.
II
AURELIA.
X7
FLAMIATA.
4
AXSIA.
8
FLAVIA.
3
BAEBIA.
8
FONTEIA.
|o
EELLIA.
2
FüFIA.
2
BETILIENA,
I
FULVIA.
II
CAECILIA.
33
FüNDANIA.
5
CAECINA.
I
FÜRIA.
10
CAELIA.
I
GALLIA.
3
CAESENNIA.
5
GELLIA.
?
caesia;
i
GESSIA.
3
CALIDIA.
I
GRANIA.
2
CALPURNIA,
ïjo
HERENNIA.
IJ
CANINISIA, .
8
HIRTIA.
I
CARISIA.
2-3
HORATIA.
4
CASSIA.
37
HOSIDIA.
2
CESTIA.
6
UOSTILIA.
J
CIPIA.
1
ITIA.
I
CLAUDIA.
43
JULIA.
122
CLOVIA.
1
JÜNIA.
7)
CLOVLIA.
6
JUV’ENTIA.
3
COCCEIA.
I
LAETÎLIA.
2
COELIA.
21
LICINIA.
Jî
COMINIA.
I
LIVIA.
2,
COMSIDLA.
10
LiVIÎNEIÂ.
13
COPONTA.
1
LOLLIA.
12
LUCILIA.
I
PORCIA.
x6
LüCRETIA.
II
POSTUMIA.
12
LÜRIA.
7
PROCILIA.
2
LÜTATIA.
3
PROCULEIA.
12
MAECIA.
3
PUPIA.
3
MAECILIA.
4
QLTNCTIA.
12
MAEXIA.
4
QLTNCTILIA.
■>
?
MAIANIA.
2
RABIRIA.
I
MAMiLIA.
18
RENIA.
i
MAN LIA.
8
ROSCIA.
43
MARCIA.
41
RUBELLIA.
I
MARIA.
46
RUBRIA.
19
MEMMIA,
IJ
RUSTIA.
2
MESCiNIA.
6
RUSTICELIA.
1
METTIA.
8
RUÏILIA.
I
MINATIA.
3
SALVIA.
4
MENDIA,
4
SALUSTIA.
2
MINEIA.
3
SANQUINIA.
4
MINUTIA.
10
satriena.
22
MitREIA.
- 2
SAUFEIA.
J
MUCIA.
2
SCRIBONIA.
6
MUNATIA,
3
SEMPRONIA.
22
MUSSIDIA.
2c
SENTIA.
NAEVIA.
27
SEPULLLA.
a
NASIDIA.
3
SERGIA.
I
NERATIA.
2
SERVIELA.
2)
NERIA.
I
SESTIA.
4
NONTA.
3
SEXTILIA.
2
NORBANA.
X6
SICINIA.
5
NOVIA.
2
SILIA.
4
NUMITORIA,
J
SOSIA.
3
NUiMONIA.
I
SPURILIA.
I
OCTAVIA.
2
STAT IA.
2
ÔGULNIA.
J
STATILIA,
4
OPEIMIA,
7
SUILLIA.
?
OPPIA.
9
SULPICIA.
32
PAPIA.
TADIA.
2
PAPIRIA.
16
TARQUITIA.
2
PEDANIA.
2
TERENTLA.
14
PETILLIA.
2
T.40RIA.
2
PETRONIA,
Ï9
TITIA.
<j
PLNARIA.
lo
TITINIA.
2
plaetorla.
i7
TITURIA.
33
PLANCIA.
8
TREBANIA,
4
flautia.
9
TULLIA.
5
PLO.aA.
4
VALERIA.
14
POBLICIA.
ly
VARGLNTEIA.
3
POMPEIA.
35
VENTIDIA.
3.
POMFONIA.
33
YERGiLIA, «
VERRIA.
VERRIA.
VETTIA.
VETÜRIA.
VIBIA.
VIMCïA.
VIPSAMA.
VÎTELLIA.
ÏJMMÏDiA.
VOrONiA.
VOLTEiA.
VOLUMNIA.
IXCERTA.
MISCELLANEA.
5
3
?4
Z
155
zo
Mèdaillzs de Familles
qui ne font connues que
dans Golt^fas & dans
quelques autres Anti-
quaires , mais que
Morel a cru devoir pu-
blier.
ACILIA.
ALLIA.
A ELI A.
AEMILIA.
ALBIA.
ALFINLA.
ANir IA.
AN.NÎA.
ANTIA.
ANTISTIA.
ANTONIA.
APPULEIA.
APRONIA.
AQUILLIA.
ARRÜNTL4,
ASINIA.
ATILLA.
S
i
3
6c,
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I
I
3
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4
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Z
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3
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ATTELA.
I
AUFIDLA.
I
AURELIA.
8
AUTRONIA,
3
BAEBIA.
I
CAECÏLA.
17
caedicia.
I
calvisia.
Z
CALPLRNI.A.
10
CANIDIA.
3
CANINIA.
3
CARISIA.
5
CARVILIA.
Z
CASSIA.
3
CESTIA.
I
CICEREIA.
I-
CLAUDIA.
z8
COCCEIA.
2
CORNELIA.
44
COSSUTIA.
I
DIDIA.
I
DüILIA.
3
DOMITIA.
7
DüRMLA.
I
EGNATIA.
r
FABIA.
* ij
FLAMINIA.
4
FLAVIA.
Z
FONTEIA.
I
FüFIA.
I
FULVIA.
i;
FURIA.
FLRNIA.
GABINIA.
I
GELLIA.
4
GINUTIA.
iP
HELVTA.
I i
HERENNIA.
I
HERMINIA.
I
HIRTIA.
I
HORTENSIA.
Z 1
iHORATIA.
iHOSTlLiA.
ILAETORIA.
ILICINIA.
LUCRETIA.
LUTATIA.
MAECILIA.
MAMILÎA.
MANILIA.
MANLIA.
MARCIA.
MARIA.
MüCIA.
MESCINIA.
MÏNÜCIA.
MLMMIA.
MüNATIA.
MUSSIDIA.
NAÜTIA.
NONÎA.
.NORBANA.
OGTAVIA.
OGULNIA.
OPIMA.
PAPIA.
PAPIRIA.
PASSIENA.
60
16
1
3
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14
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7
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i§5
POMPO^TÏA,
Z
PONTÎNTA.
r
POPILLIA.
3
POPPEA.
Z
PORCIA.
5
POSTÜMLA.
10
PUPIA.
QUINCTIA.
QÜINCTILIA.
RÜBRIA.
RÜPÏLIA.
RUTILIA.
SANQUINIA.
SEMPRONIA.
SENTÎA.
SEPÜLLIA.
SERGIA.
SCRIBONIA.
SERVILIA.
SEXTIA.
SILIA.
SOSIA.
STATÎLIA.
SÜLPICIA,
TARIA.
TEREiXTIA.
TITIA.
TREBONIA.
TüLLIA.
VALERIA.
VALGIA.
VATINIA,
VENTIDIA.
VETÜRIA.
VIBIA.
ViLLIA.
VINICLA.
VIPSANIA.
VIRGINIA.
VISELLIA.
VOLCATIA,
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6
I
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Z
I
4
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I
Z
8
X
I
I
Surnoms des Familles Rqmaines qui fe lifent fur leurs Médailles,
ACHAÎCUS. . famille Mummîa^
ACîDiNüS. Manlia.
ACiSCüLUS.
ÆMILIANüS.
AFRICA-NUS.
agrippa.
AHALA.
AHENOBARBUS,
AISERNÎNüS.
ALBTNUS.
AMBÜSTAJS.
antiatîcüs.
ASIAGENES.
Antiquités , Tome
Vaieria.
Cornelia.
Cornelia.
Luria, Vipfania.
Serviüa.
Domitia.
Claudia.
Junia , Peftumra.
Fabia.
Mænia.
Coraeiia.
IL
ASTN.A .... famille, Cornelia.
ASPER.
ASPRENAS.
ÂTRATÏNÜS.
ATTICUS.
AUGüRINüS.
BALA.
BALBÜS,
BALEARICUS.
BARBATUS.
BARBüLA.
Treoonia.'
Nonia.
Sempronia.
Manlia.
Minucia.
Ælia.
Acilia , Atia ,
Antonia , Cornelia
Nævia , Thoria,
Cæcilia.
Antonia,
Ætr.ilia.
A a
i8^ C
O N
BASSCS. . . . famille. Betîlîéfia , VénticîiÆ.
BESriA,
"Calpurnia.
BIBULÜS.
Calpurnia.
BLÆSÜS.
Sempronia.
BLANDUS.
Eubellia.
BLASIO,
Cornelia , Hcivk:
BROCGHUS.
Furia.
BRÜTUS.
Jur.ia.
BUCA.
Æmilia.
BULBUS,
Atilia.
EüRSîO,
Juiia.
BÜTEO.
Fabia.
CÆPIO.
Ser l’ilia.
ۮSAR.
Juüa.
CÆSONIÜS.
Calpurnia.
GALATÎNUS.
Atiüa,
CALDÜS.
Cœlia.
GALENES.
Fufia.
GALLAÏCUS.
Junia.
GALVINUS.
Domina Seftià.
GALVÜS.
Cæcilia , Cornelia.
GAMILLüS.
Furia.
GAPELLA.
Nævia.
CAPITO.
f Atteûj Fonîeiaj.
G Maria Oppia.
GAPITOLTNUS.,
Petilia.
GAPRARIUS.
Cæcilia.
GARBO.
Papiria.
CARINAS.
Albia.
GASCA.
Servilia.,
CATO.
Porcia.
GATULUS.
Lutacia , Valeria.
GATES.
Ælia.
CAUDINXS.
Cornelia.
CELER.
Cæcilia , Caflia.
GENTHO.
Claudia.
GELSUS.
Papia.
CENSORINUS,
Marcia,
CENTUMALUS;,
Fui via.
CERCO.
Lutatia.
CESTIANUS.
Plætoria.
CETHEGUS.,
Cornelia.
CICERO;
Tullia.
CILO.
Flaminia,
GINA.
Cornelia.
CLASSICUS.
Lollia.
CLAÜDiANUS.
Livia.
GLODIANÜS.
Cornelia. ,
GOCLES.
Horatia,.
CORDES.
Mucia.
CORNüTUS.
Carcilia.
GORVINÜS.,
Valeria.
COSTA.
Pedania..
COTTA.
Aurélia.
CR ASSITES.
Furia.
GRASSES.
S Cxdlh , Canîdia ,
\ Claudia J Licinig,
GRETICUS.
Cseciüa.
GRISPINÜS.
GULEO.
Quindia.
Terenîi.a.g
C O N
CURIO. . . . famille. Scribonîa.
DECELA.
Tulli^
DELMATICES.
Cæcilia.,
DOLABELLA.
Cornelia.
DOSSENUS.
Rubria.
DRUSUS.
Claudia, Livra.
EBURNÜS.
Fabia.
FABATES.
Rofcia.
FALTO.
Valeria.
FIGULUS.
Marcîal
FIMBRIA.
Flavia.
FLACCES.
( Fulvia , Norbana,
\ Pomponia . Valeria,
FLAMININUS.
Quindia.
FLORES.
Aquilia.
FRUGI.
Calpurnia,
GALBA.
Sulpida.
GALLES. ' .
f Anida , Afinia,
G Caninia , Sulpicia..
GE.MINUS.
Aburia , Servilia.
GETA. .
Holîdia , Liciniâ.
GLABRIO-
Adlia.
GLYCIA.
Claudia.
HABITUS;
Vibia.
HEMICYCLES.
Flavia.
HISPALES.
Cornelia,
HISPANIENSIS.
Fabia.
HYPSÆES.
Plautia.
ISAERICUS.
Servilia..
JEDEX.
Vettia. »
JENIANES.
Lidnia.
LABEO.
Fabia.
LABIENES.
Aria.
LÆCA.
Portia.,
LÆNAS.
Popilia.
LÆVINUS,
Valeria.,
LAMIA.
Ælia.
LARISCOLES..
Accoleia..
LENTULUS.
Cornelia.
LEPIDES.
Æmilia.
LIBO.
^ Julia J Livia ,
(. Marcia , Scribonià.,
LICINÜS.
Fabia , Porcia.
LIMITANUS.
Mqmilia.
LIVIANI^S.
Æmilia. Terenria.
LONGINUS.
Calfia.
f Manlia .
LONGES.
\ Mullîdia , Sempronia^
LECELLUS.
Lidnia , Terenria.
LUPERCES.
Galiia.
LEPES.
Riitilia.
LUSCUS.
Anicia.
MACEDONICUS.
Cæcilia.
MACER.
Licinia . Sepuîlia.
MAGNES.
f Cornelia, PompeUj,
t PoRumia.
MALLEOLES.
Poblicia.
MALUGINENSIS.
Cornelia.
MAMILIANUS.
Livia.
MANCINES.
Hoftilia..
MARCELLUS. familli
MARIDIANÜS.
ftUTriO.
MAXIMÜS.
MEGELLÜS.
AÎERULA.
MESS AL A.
METELLüS.
MOLO.
MUCIANUS.
MURCUS.
MURENA
MYTILUS.
NASICA.
NASO.
NATTA.
NERO.
NERVA.
NERULINUS.
NIGER.
NOBILIOR.
NONIANUS.
NüMIDICUS,
ORESTES.
OTHO.
PÆTINüS.
PÆTüS.
PALIKANÜS.
PANSA.
PAPPUS.
PATER CULÜS.
PATERNUS.
PAÜLULÜS.
PAÜLLÜS.
PERA.
PEREGRINÜS.
PHILIPPUS.
C O N
, Claudia.
ColTutia.
Pomponia , Papùia.
C Carvilia ^ Egnatia ,
Fabia . Manïia ,
( Sulpicia J Yakria.
PoRumia.
Cornelia..
Valeria.
CKciiia.
Pomponia.
■ Licinia.
Scatia.
Licinia , Terentia.
Papia.
Cornelia.
Axia.
Pinaria.
Claudia.
Cocceia j Licinia.-
Suiliia.
Cæcilia J Valetia,
Fulvia.
Confidia.
Cæcilia.
Aundia j Aurélia.
Salvia.
Fulvia.
J Ælia , Antonia ,
< Ccniîdia , Fulvia.
Lolüa.
Vibia.
Æmilia.-
Sulpicia.
Fabricia.
Poftuuiia.
Æmilia.
Junia.
Arria.
Marcia.
REGLNU3 .
REGULES.
RESTIO.
ROCUS.
RüFUS.
RüLLüS.
RUSTICUS.
RUTILES..
SABINÜS.
SABULA.
SACERDOS.
SÆVINÜS.
SALINATOR.
SAPIENS.
S^SERNA.
SATURNINES.
SCARPUS.
SCAVRUS.
SCÆVULA.
SCIPIO.
SECUNDUS.
SEIANÜS.
SERANUS.
SERAPlO.
SERRATES.
SERVILIANUS.
SILANUS.
SILIANUS.
SILVANUS.
SILÜS.
SISENNA.
SOPHUS.
SPINTHER.
SPURINÜS.
C O N
X%~]
Antiftia.
Atilia , Livineia.
Ântia.
Crepereia.
Aurélia, Cordia, Egna-
tia , Lucilia, Mefcinia,
Miautia, Plauîiaj Po«i-
:ia, Pomponia, Saivia,
f Sulpicia , Taria j Tkia ,
^Valgia , Varia.
Serviüa.
Aufidia.
Verginia.
{Calvifia, Minatia
Poppæa , Tituria.
Coffutia.
Licinia.
Flavia.
Livia.
Lîelfa.
Hofiilia.
Sentia , Valgiàj Volulîai-
Pinaria.
Æmilia j Aurelia.
Mucia.
Cornelia.
Arria.
Allia.
Atilia.
Cornelia.
Manlia.
Fabia.
Cæciiia , Juniê.
Licinia.
Plautia.
Sergia.
Cornelia.
Sempronia.
Cornelia.
Petilia.
PHILO.
Veturia.
STOLO.
Licinia.
PHILUS.
Furia.
STRABO.
Pompeia, Volteîa,
PICTOR.
Fabia.
SUFFENAS.
Nonia.
PIETAS.
Antonia. ^
b SULPICIANUS.
Quindlia.
PISO.
Calpurnia.
SELLA.
Cornelia.
PITIO.
Sempronia.
SERA.
Cornelia.
Plus.
Cæcilia- Pompeia.
SURDINUS.
Nævia.
PLANCIANÜS.
Lxtoria.
TAMPILUS.
Bæbia.
PLANCUS.
Munatia, Plautia.
TAPPULUS.
Yillia.
POLLIO.
Afinia, Bxbia.
TAURES.
Statilia.
POTITUS.
Valeria.
THERMES.
Minucia.
PRISCüS.
Muilidia.
TORQUATUS.
Manlia.
PULCHER.
Claudia.
TRIGEMINUS.
Curiatia.
PULEX.
Servilia.
TRIO.
Lucretia.
PUBLICOLA.
Gellia.
TROGUS.
Maria.
PURPUREO.
Furia.
TüBERO.
Ælia.
QüINCTILIANüS.
Nonia.
TUDITANUS.
Sempronia.
QUIRINUS.
Sulpicia.
TULLÜS.
Mæcilia , Volcatîa.
REBILUS.
Caninia.
TURDUS.
Papiria.
REGILLUS.
Æmilia.
TURPiLIANÜS.
Petronia.
A a ij
C O N
TCRRINUS, . famille. Mamilia.
IVuiTionia.
Quinctia.
Terentia j-Vifellia.
^ I.icinia , Quindnia
“Î-Vibia.
Serviiia.
Fabia.
Lucret a.
Anriitia.
Voconia.
Manlia.
ABB.ii(iATiOKs des noms propres qui font
fw les ^Médailles , & fur les Confulaires en
particulier. .
A. Aldus , nom d’homme.
AEM. ou AIMIL. Æmilius , Aimillus.
ALVIT. Ahitius-
AO. ou AQL. Aquilius.
ARR. Arrius.
BÆB. B&bius ou Bx.bia.
B. ALB. Balbiis.
B A R. 8. Barbaius , ou B arhula.
BROC. Brocch.HS.
CAE. ou COE. Cdlius J ou Ccelius.
CAE. C&cins..
CAL. Calpurrùus.
CAM. Camillus. Camille, nom donné à l’enfant
qui portoit dans tes facrifices la boîte aux
parfuüis.
Cap. Capito , ou CapitoUn.a.
C. CL?. Caius Cupiennius.
CEST. Ceflius, ou Ceftia.
C. F. Caius Fabius.
C. F. C. N. Caii Filius , Caii Nepos.
CL. Clauiius , OU Claudia.
CLA. Ciaudius J ou Claudia.
C. L. AL G. F. Caius Lucius , Augufli Filius.
C. L. CÆSS. Caius , & Lucius Csfares.
C. MALL. Caius Malleolus.
CN. DOM. AMP. Cr.&us Domitius Amplus.
COMM. Commodus , ou Commodiana Colonia.
C. OVAL. KOSTIL. COINTUS. Caius FaUns
LîojliUanus Quintus.
C. P-AET. Caius Pdtus.
CRAS. Crajfus.
C. VAL. HOST. M. QUINTUS. Caius Valens
Flûfiiiianus Jrîarcius Quintus.
G. VÉT- LANG. Caio F ettio Languido.
D. C A, Divas C&fir Âupudus.
D. C. L. SEPT. ALmFuDecimus Ciaudius Lu-
des Septimus Albinus.
DEC. Decius.
D. F. D. N. Decimi Filius ^ Deèimi Nepos.
DOM. ou DOMIT Domitius, ou Domitianus.
DR. CA.ES. Q. PR. Drufus Csfar QuinquennaUs
Prsfecius.
C O N
EGN. GAL. AÜG. Egnatius Galiienus Au-
gufius.
T. Fabius t ou FAB. Fabius.
FABPJ. FABRÎC. Fabridus.
FAD. Fadius.
F. AN. Femius , Fannia,
FL. Flavius.
FL.A.M. Flaminius.
FOUR. Fburius pour Furius.
FcL. Fulvius.
G. Galendicus , furnom de Volulîea.
GAL. Galerius , Galendicus.
.GR.A ou GRAC. Gracchus.
HEL. ou HELV. Hehius.
IlERAC. Heraclkus.
HIP. Hifpius.
IMP. CAES. G. M. O. Gnaus Me fus Quintus.
JUL. V, MAXIMUS'e. Julius Férus Maximus
Cifar.
JUN. Junias.
K. Kdfo.
K. AN. Kaninius.
L. Lucius.
LUC. ÆL- Lucius Ælius.
L. C.AN. Lucius Caninius.
L. COE , ou CAE. Lucius Cœlius.
L. F. L. N. Lttcii Filius , Lucii Aepos.
L. H. T. I.ucius Hofiilius Tubero.
LON. Longus.
L. P. D. Æ. P. Lucius Papirius Dejignaîus Ædilis
Plebis.
L. R. Lucius Rubrius, OU Rofcius.
L. S. DEN. Lucius Sefeinus Dentatus.
LUC. Lucanus , ou Lucria.
LUP. Lucercus.
MA. Manias.
M. ÆM. Marcius Æmilius.
M.A. C-ANl. Manius Caninius.
MAÇ. DECENT. Magnentius Decentïus.
M. .ANN. Marcus Aiinius.
M.AR, OU MR liées, ou MARC. Marcius,
Marcia , Marcus.
M. AUF. ou AF. Marcus Aufidius.
^ 3ÎES. Aîejfius.
ME TOE. Metscus , Metecus.
MINAT. Minatius.
M. M.AR. Marcus Marcellus.
M. POP. Marcus Popilius.
Mü. Mutins , Munatius.
N. F. N. N. Numerii Filius , Nurxerii Ntpos.
NIGER. Nîcercus.
NIG. Niger.
Nü. Numa ( Pompilius. )
OGUL. Ogulnius.
OLY. Olympius , Olympe, Olympique.
OPEL OpeimJus , Opimius.
OPEL. Ôpelius.
PÆT , ou P.E , P s. tus.
F.API. Papirius.
FIÜ , ou PlYES. Pivefvius.
VAALA.
VALERIANUS.
VARRO.
VAR.LS.
VATLA.
VE.RP.UCOSL^.
VESPjLLO.
VETUS.
ViTULÜS.
VULSO.
C O N
PLAN. Planezis.
PLÆ. TB.AN. PiéLtorius Tranquillus,
POL. Pollio.
POJii. Pompezas.
FLFIE. Pupienas.
Q. CAS. Qzizntus G-jjïtus.
Q. iVi. Q_uui!us irlarcius,
Q. O. C. FAB. Quiato Ogulnzo & Czzla Fablo.
Q. PAFIR. CA.R. Q. TER. MON. Quirao Papîrh
Cariane , & Quinto Terentio Mentano.
QüAD. Q_uczdrzitus.
RES. Refiius , Rejiitutzis.
SAUlr. O» SAF. Sauffeïa , Sauffeïus.
SCR, Scribonia , Scribonius.
SEMP. Sempronia , Sempronius,
StNTL Seruia , familie Romaine.
SIL- Silius.
Sr. b>purziis.
SULL. Sizlla y ou Sylla.
TüR. Terentius.
T. FL. Titus Flavius.
1 î- 7 ib trias.
T. M. AP. CL. Titus M.anlius & Appius - Clau-
dius .
TR A N. Tram^ilLus.
TREBAN. Trebanius.
TREB. Trehonianus. ■
TUL. H. Tuilus Hofiilius,
VAR RLF. Varias Rufus.
A ENT. Ventidius .
\Ei. LANG. Vettius Languidus,
VIB. Vibius.
LL. ou uLP. JJlpius.
A'OL. Volulîus.
VOLER. VoUro.
Y. Abréviations.
CONSULAIRES. "i
CONSULARES. > Un homme Confulain
CONSULARITAS.y
etoit, au temps de la République j celui qui avoit
été CoHÛii Mais fous les Empereurs on donna le
meme titre à ceux qui n’ayant jamais exercé le
Confulat , avoient cependant été honorés du
rang & des marques de cette dignité. L’état de
ceux-ci & leur dignité ne fe défignoient pas par
le mot Confalatus , mais par celui de ConfaU-
ritas. Le titre de Confulaire devint dans la fuite
encore plus commun, & conféquemment moins
honorable.
On appeloit alors Confulaires ies Gouverîieurs
de certaines Provinces. Il y avoft quinze Confu-
laires çn Orie«, cinq en Alie, trois da.ns le Pont,
deux dans la j hrace , trois en Illyrie , huit en
Italie, ÇH AFique, trois en Efpagne , fept
dans .es Gau.es, deux en Pannonie. "Voyez les
Notices a 2 T Empire.
Le titre ae Confilaire devint £ commun , que
Ccmi.antin ne cmignit pas de le donner -à i Inf-
pecleur des aqueducs de Rome , qui s’appela, dès
C O N Ig^
lors Confularis aqiiarum , au -lieu de Curator
aquarum.
Consulaires ( Diptyques ). Fbyty Dip-
tyques.
CONSULS, 'i ^ r ^
co:;sl-lat. f ng»-
mires de .îuriQirudence , d'EconoiTiie-Diplornâti-
que & celui de rKiftoire , pour tout ce qui ne-
garde les Confuls & le Cor.falat. Je ne donnerai
ici que les détails telatifs au coilume bc aux ufages
anciens.
Du temps de la République, les Confuls fe fai-
foient accompagner de douze Liéteurs , chargés
des faifceaux. Iis n’étoient diilingués des autres
citoyens que par la prétexte , le Iceptre d’ivoire
& la chaife curule.
La pompe de l’appareil Confulaire s’accrut fous
les Empereurs. Les Confuls po.rtèrent une toge
ornée de fleurs, de bandes de pourpre , &c. Leur
fceptre d’ivoire fut furmonté d’un aigle , tel qu’on
en voit plufleurs dans les mains des triompha-
teurs fur les médailles , & tel peut-erre que celui
qui elt confervé dans le tréfor de l’Abbaye de
S. Denis en France. Ils chaufsèrent auffi des fou-
liers dorés , comme noKS l’apprenons de Cafiio-
dore ( Var. vil. ) Lares proprios calceis auratis
egredere. Les haches que le modefte AGIerius Fo-
plicoia^ avoit ôté des faifceaux, lorfqu’ii comman-
doit dans Rome , pour ne ies reprendre qu’hors
de la capitale , ne furent plus féparées des fai-s-
ceaux. ( Cajpodor. ibid. ) ITinc efl quod etiatre
fafies atque fecures tanta potefiati prscepia funt
illigari. On attacha conftamment à ces faifceaux
, le laurier qui etoit fous les premiers. Confuls le
fymbole de quelque victoire éclatante {.Martial, x.
lo. i. ) ;
Cum ta laarigeris annum qui fafcihus intras.
Le laurier devint de plus l’ornement des maifons
des Confuls ( Martial, xri. J. lo. ) -•
Atria funt illic confulis alta mei.
Laurigeros habitat facundus fiella penates.
On verra des Confuls peints oa fculptés fur les
diptyques Confulaires ; & on en trouvera fur les
médailles de Cofa & de la famille Junia.
Conful défgné. Le peuple affembié en comices
élîfoit dans le mors de Juillet les Confuls y qui
n’entroient en fonéfon , au moins depuis l’an
6oo, qu’au premier de Janvier. Les Confuls élus
s’appeloient jufqu’à cette époque Confuls dé-
fi gnés.
Confiai honoraire. Jules -Céfar accorda les hon-
neurs & les ornemens d.e Confiai à des citoye.ns
qui n’étoient pa^ Confiais ,■ ce furent des gens îl-
îuftrés de la forte par lui, par Augiifte & put
leurs fiicceffeurs, que l’on appela Confuls kono-
rakes. ( Jufiin. Novell. 70- }
î'5?o C O N
Confuï major. L. Cæfar , dit Feftus ^ croit ^He
l'on défigne p?.r ces mots celui des deux Cor.fuls
devant qui l'on porte ies faîfceaiix j ou celui qui
eiî entré le premier en charge : vel eum , peres
quc^Ê^Jces junt : -vel cutn qui prior facius fit. On
iait'^e les faifceaux précécloient alternativement
pendant un mois un feul des deux Confuls.
Conful ordinariiLS , étoit le Confiai qui donnoit
fcn nom à l'année en entrant en charge le pre-
mier jour de Janvier. Sénèque le fut par la faveur
du Prince , comime nous l'apprenons de lui-même
( de ira ni. 3 1. ) •• Dédit {alterï) duodecim fiafices ?
Sed non fiecit ordinarium ConfitLkm. A me numerari
•volait annum ?
Confiai fiafft êlus , ou fiabrogé ; c’étoit le nom du
Confiai que l’on fubftituoit au Confiai mort ou dé-
pofé avant la fn de l'année. Il y en eut fous l'Em-
pereur Comimode iufqu'à vingt-cinq ; ce Prince i
voulut par-là m.ulriplier fes créatures. Les noms
des Confiais fiubrogés fe trouvent dans les faites j
dont ils ont fouvent troublé l'ordre .
CONSUS , Dieu des Confeils. Il avoir un tem-
ple à Rome j dans un lieu fouterrain & caché ,
pour montrer que les confeils doivent être fecrets.
On dit que c’eft dans la célébration des jeux en
l'honneur de ce Dieu , que Ptom.ulus fit enlever
ks Sabines. P'byep Con'SUALf.s.
Confias avoir un tem.pîe fur le mont Aventin ;
car en lit dans une infeription ^ rapportée par
Gruter, ces m.ots : CoNSO iN Avektino. Son
identité avec rfeptune , que nous avons annoncée
dans l'article des Confiuslss , eft prouvée par ces
mots d’une infeription publiée par Muratori ;
CoNso Neptuno atqüe aecatae.
COXTACOPÆCTES. •> . . ,
KONTAKOnAiKTHS. f
toient en fe jetant des bâtons ( ««Jal ) non-
ferrés. C'étoient peut-être aufli des bateleurs ap-
pelés auffi CONTOPÆCTES. Voyetj^ce mot.
CONTARII.
KONTO^OPOI.
y Cavaliers armés d'épieux fer-
rés J appelés conti. Capitolin les défigne fous ce
nom ( Maxim, c. 10. ) .- Placuerat ut contarii cum
eo tranfirent.
CONTOPÆCTES. l ,
KONTOnAir.THS. f Bateleurs qui amu-
foient le peuple avec des tours d’équilibre. Ils fai-
foient tenir dro'te fur leur front une perche ,
, & fur la pointe de cette perche deux en-
far.s, , qui kittoient enfemble (_Salmas, in
fioliaam , p. IO32. )
CONTORNIATES. Les médaillons & mé-
dailles de bronze auxquels les Italiens ont donné
k nom de contorniati , portenf des caraétères
auxquels il eil facile de les reconnoître. Le pre-
mier conliile dans un -cercle creufé des deux cotés
autour du champ ^ & qui eu détache un bord
C O N
d*une ou deux lignes. Havcrcàmp a conjeéluré
avec raifon , que ce cercle 2 été autrefois remoli
avec de I argent incrulté C’eft du mot contomus
par lequel il étoit exprimé dans la baffe latinité *■
qu’a été formé celui de contorniati , & non de
Crotont , lieu de leur fabricatioiij félon une vilîon
particulière d’Erizzo. 11 faut obferver que le bord
/détaché par le cercle paroît avoir été adapté au
médaillon; mais il eft continu, & fait partie de
la pièce. Les figures des contorniates n’ont pref-
que point de relief en comparaifon des médail-
lons. Leurs types & leurs têtes excèdent à peine
ceux des raounoies modernes. C’eft là le fécond
caraâère par lequel les contorniates fe, font re-
marquer.
La lingularirc des fiijets qui rempliffent le
champ de ces médailles, ne le cède pas à la bizar-
rerie de leur fabrique On. y voit les têtes des
hommes célèbres de l’antiquité, d'Homère ,d’Eu-
cüde , de Pythagore, de Socrate, d’Apollonius
de Tyane , Scc. Celles de quelques Empereurs en
petit nombre , d’Augufte , de Néron, de Trajan ,
de V'efpafien , d’Alexandre-Sévère , &c. Celles
enfin de perfonnages qui nous font|jpcbnr.us.
Des chars à deux ou à pîufieurs cheVaux , des
mafques & d'autres, objets relatifs aux jeux fcéni-
ques , forment ordinairement les revers des con-
torniates. Quelquefois ces revers paroiffent étran-
gers aux jeux fcéniques , & font inexplicables ;
m.iis on peut affurer de tous ces types en général
qa’Js ont rarement des rapports avec les têtes.
Ces mêmes types prouvent évidemment que les
contorniates n’ont jamais fervi de monnoie ; car
iis ne reffemblent à aucun des types des pièces
reconnues pour telles. On ne voit jamais fur ces
médailles extraordinaires la Déeffe Moneta , ni
les trois femmes tenant des balances, qui la rem-
placent fi fouvent. De plus, nous ne connoiffoiis
point leurs fous-multiples, ni leurs rapports de
valeur avec les monnoies d’or & d’argent. D’ail-
leurs, ils n'offrent jamais le Senatus- Confultc
S. C. ou le nom du Magiftrat qui les a fait frap-
per. ( Mém. des Inficr. VIL Z48. )
Quelques Contorniates , à la vérité, font contre-
marquées. ( rr. Suppl. PL 7.). Des quatre publiées
par M. Pellerin , la fécondé porte la contremarque
fi ordinaire £ ; & la dernière , fur laquelle on
croit voir Antinoüs fous l’emblème de Caftor,
porte une contremarque peu connue. Les contor-
niates contremarquées ont peut-être feules fervt
de monnoies ; mais on ne le peut affurer que de
celles-là uniquement , & à i’exclufion des autres
contorniates. Ne perdons pas un temps précieux a
chercher des raifons plus fpécieufes que vraies,
pour expliquer cette fingularité; attribuons-la a
la bizarrerie de quelques Magirtrats , qui failaut
contremarquer des médaillons de bronze^ pour
leur donner cours chez les peuples dont ils croient
chefs , auroat compris dans cette opération quo^*
e O N
qnes contorniates , parce qu'eiles fe trouvoient
d’un volume égal à celui des médaillons.
Ce feroit en effet une affertion étrange de dire
que les contorniates ont été fabriquées pour fer-
vir de monnoie. Nous avons déjà vu que leur
bord eft détaché du champ par le cercle ou rai-
nure auquel on les reconnoît. Cette élévation
auroit nui à la circulation en les rendant moins
fccjies à être maniées. Leur fabrication deman-
aoit des mantpaiations longues & particulières j
qui ne fauroient convenir à des monnoies ufuelles;
car il failoit une attention particulière pour for-
mer la vive-arrête qui accompagne le cercle' de
chaque coté. Ef’ailleurs plulieurs contorrâates font
enrichies d’une infcription , tantôt dans le cham.p
& tantôt fur les figures du revers. Cette recher-
che ne s’accorde pas avec la célérité qu’exige la
fabrication d’une monnoie courante. Tous ceux
qui auront étudié les Arts, & en particulier celui
du monnoyeur, fe rendront à ces raifons fuggé-
rées par l’infpeâion du travail particulier qu’exi-
geoit la fabrication, des contomiates.
Elles fuffiront pour les faire exclure du nombre
des monno:es, fans que nous ayons à infifter long-
temps fur les têtes qui y font gravées. On pour-
foit objeéler que les médailles confuiaires & les
médaillés des villes grecques portent, comme les
contomiates , des têtes de Héros oude Rois fameux.
Nous répondrons que les Monétaires, dontles Em-
pereurs ont quelquefois fuivi l’exemple en cela, ont
voulu affurer i’iiluftranon de leurs familles, en
confacrant à la poftériré la mémoire des Héros
auxquels elles appartenoient, ou des faits glorieux
par iefquels leurs ancêtres s’étorenr rendus célè-
bres. Les médailles Confuiaires portent d’ailleurs
tous les caraéferes de la monnoie , ainfi que nous
- 1 avons prouvé à leur article , tandis que les
contomiates n’en offrent aucun, & nous montrent
au contraire , par leur fabrique , qu’elles n’ont ja-
mais pu en fervir. Il faut applicuer le même rai-
fonnement aux monnoies des villes grecques, qui
ont confacré fur ces pièces, m.ars fans en changer
la delHnation , la mémoire des héros ou des hom-
mes illufîres qui étoient nés dans leurs territoi-
res, qui les avoient fondées, réparées, embel-
lies ou relevées par des privilèges & des concef-
ficns particulières.
Ce n’eft point affez d’avoir prouvé directement
que les coraorniates n’ont jamais été des mon-
noies ; il faut encore fortifier nos preuves en dé-
terrninant le véritable, ufage de ces médailles. Les
Antiquaires s’accordent avec nous fur prefque
tout ce que nous venons d’en dire. Ils ne font ;
partages que fur leur dellination , qu’ils convien-
nent cependant tous avoir été étrangère à la mon- '
noie. Jobert croyoït que les contomiates doivent
leur origine au meme deffein oui a fait refrimer
les médailles. ^Examinant enfuite leur fabrique,-,
n les a attribuées à Gaîlien , qui reftituajfhs con- .
fecxations de fes predcceffeurs. Mais cette opi- !
CON î-fs
' nifon eft. ouvertement contredite par dt'ax cantor-
niates de îûétropolis en Ionie , oui font raopor-
tées^ dans le Mémoire de Bau-delot , fur le* oré—
tendu Solon des médailles & des. pierres Vra—
vées.
Mahadel écrivit en X72 1 un Mémoire fur les con-
torniatcs. li prouva évidemm-ent , i®. qu’elles
n ont jamais été monnoie ; 1°. qu’elles ne font
pas du 'temps des Empereurs , ou des hommes-
lUufires dont elles porrent les têtes , comme
1 avoient cru Ducange .foSpanb-eim. L’orthographe
des legendes fiiffiroit feule pour en convaiucre ;
car le nom d’Homère qui accompagne la tête de-
ce^Poete, y eft écrit avec un Q, àudieu d’un O?.
ce;u^aeSaiiufte.n’a qu’une feule L, contre l’ufaee
confiant des infcriptions du temps de cet Hilrcl
rien, &c. &c. D ailleurs le goût, la grivure , le
volume, les marques des ouvriers , le ftyle des-
legendes , la forme des caractères qui accompa-
gnent les premiers Empereurs fur les contomiates
font abfolument les mêmes cueLar les médaîPes
du quatrième fiède. Il faudroit être étranger à la
fcience numifmatique pour admettre une unifor-
mité ^aufîî confiante depuis Alexandre-le-Grand
jufqu à Hononus. Nous femmes en tout ceci du
même fentimint que Mahiidèl ;. nous crevons
avec lui que les- contomiates ont été fabriquées à
la fin du troihème fîècle ,.. & qu’elles on: ceilé
vers le milieu du quatrième. Mais les contomiates-
de Metropolis en Ionie , nous empêchent de .fixer
avec cet Écrivain, Rome pour le lieude leur fa-
brication , exclufivement à la Grèce.
Morel, Havercamp, & quelques’ Antiouairesi
voyant furies revers des contomiates , des chars,,
des chevaux , des courfes à pied, des chaiTes, des-,
péchés, des luttes, des combats d’animaux , &
djutres objets relatifs aux jeux fcéniques , ont:
affedé ces médaillons aux fpeftacles publics. PIu-
lîeurs revers des contomiates offrent cependant
des types abfolument écra.ngers à. ces mêmes jeux..
Ils ont écrit de plus que les athlètes fameux y-
faifoient graver far un côté leurs noms ou ceux:
de leurs c.hevaux , avec des types analogues aux
fpeclacles du cirque. Ces athlètes ou ces aéleurs
ont laiiTé quelquefois l’autre côté du médaillon^
fans type; mais ils l’ont ordinairement rempli
avec les têtes & les noms des perfonnases ill’àf-
très qui avoient vécu dans les fiècles précédeas.
Havercamp a cependant perdu de vue cette opi-
nion , pour laquelle il avoir jadis com’uattu , dans,
fon explic.aîion d’un prétendu médaillon d’Ale-
xandre lè-Grand ; car il a cru reconnoître dans les
deux têtes qui font gravées fur un des côtés de-
cette contorniate, l’Orient & l’Occident fournis à-
Ce conquérant. Mais ces têtes n’ont point de col,
elles ouvrent d’ailleurs la bouche d’une manièrai
extraordinaire: ce font par conféquent des maf—
ques antiques.
Plus réfervé que ces Écrivains , Baudelot a die:
que ies noms placés fur les contomiates n’-^voienri
1 9 i C O N
aucun rapport avec les têtes ou avec les types de
ces médaillons. Ils indiquent feulement les noms
des Graveurs. Tel eil YEutymias des contomiates
de Néron & de Trajan , dans lequel on ne doit
pas reconnoître ie lutteur du même nom , cité
dans Pline &: dans Paufanias ; car le revers de ce
médaillon porte un char conduit par un homme :
ce qui n'a aucun rapport avec l’exercice de la
lutte. Le Graveur de cette contomiate s’appeloit
donc Eatymius , il a placé fon nom fur fon
Qiivzîge. Solon , Stepkanas , Stephonns , Pkiîinus
& d'autres Artiites ont eu la même vanité , &
l’ont fatisfaite de la meme manière.
Nous adoptons dans fon entier l’explication de
Baudeiot. Il faut croire que les contomiates n’ont
jamais été monnoie,qu elles ont été frappées dans
ie court efpace de la fin du troifième fiècle juf-
qu'au milieu du fuivant , St que les noms qui y
font placés appartiennent aux Graveurs de ces
médailles. Mais il y a une très-grande différence
entre les médailles Confulaires , les médailles
Grecaues & les contomiates, fur lefquelleson voir
quelquefois des héros ou des hommes iilaflres.
Car de ces trois claffes de médailles les contor-
niates feules n’ont jamais été deftinées à fervir de
monnoie Elles font l’ouvrage de quelques Ar-
tiiîes qui , les fabriquant pour les faire iervir de
jetons, de pièces de piaifir , comme les médailles
modernes , n'ont fuivi que leur caprice dans le
choix des têtes
CONTRA - SCRIB A , Officier des grandes
J.Iaifons Romaines , dont la fonction , fi nous la
rapportons à ce-le de Y , de Ju’ius Pol-
Jax', étoit de recevoir les comptes -de l’économe
dijpenfator , de les apolti'ler & de les corriger;
fonélion qui répond à celles de l’officier appelé
par Ifidore , revifor rationam , & que nous ren-
drions dans nos ufages par celle de controleur de
la maifon , contrôleur de la bouche, officiers con-
Bus dans la baffe latinité , fous le nom de contra^
rptulatores , chargés de l’examen des tôles.
CONTRASIGILLUM. Voyei Contrescel.
CONTREMARQUE. « Le mécanifme de
5. Part de contremarquer les médailles, à en juger
» par l’élévation du rriétal plus ou moins appa-
» rente à l’endroit qui répond direétemenr à la
53 contremarque fur le côté oppofé , ne demandoit
33 quTin grand coup de marteau fur ie nouveau
53 poinçon que le monnoyeur pofoit fur la pièce ;
53 & comme il étoit effentiel que par cette opé-
33 ration les lettres ds la légende & les figu.>-es du
53 champ de la médaille oppofé à la contremarque ,
53 ne fuffent ni appjaties ni effacées , on conçoit
j5 qifil falloit qu’on plaçât la pièce far un billot
>5 d’un bois qui cédât à la violence du coup ; c’eil
53 par ce défaut de réfiffance du boiS oui fervoic
53 de point d’appui , que le métal prêtant fous
» le marteau , fornioit une efpèce de boffç : de-
C O N
33 là fe tire la preuve que les monnoies antiques
33 ne fe contremarquoient point dans le temps
33 qu’on les fabriquoit La forrn*
» des poinçons étoit ronde , ovale ou quanée
35 de trois & de quatre à cinq lignes de diamètre ;
33 les poinçons étoient gravés en creux Ôc à re-
33 bouts , afin que leur impreffion rendit en relief,
33 & dans le fens naturel, les figures & les let-
=3 très dont ils étoient chargés. 53 (^Mém.ds i‘Ac,
des hifcr. xiv, 133. )
C’étoit aiafi que Mahudel expliquoit , en 1739,
le mécanifme des contremarques. 11 accompagnoit
cetre explication , qui eif tcès-juffe , dobferva-
tions qui n’ont pas le même mérite. Cet Acadé-
micien ne les auroit pas hafardèes , s'il eût pu
avoir connoilîance du riche tréfor que pofféda
long-temps après lui Peilerin. Tel etl le fort des
fciences qui ont les faits pour bafe : la découverte
d’un feul monument fuffir pour renverfer les plus
briilans fyitêmes. Nous allons donner le précis
dés oblêrvations de Aiahudel , & nous y join-
drons celles que de Eoze faifoit dans le même
temps fur ie même fujer.
Ojfcrv. L L art & fufage de contremarquer les
monnoies ont pris leur origine dans la Grèce ; ce
que l’on apprend en voyant le grand nombre de
médailles en argent & en bronze des villes grec-
ques , .qui font co.itrema- quccs. Les médailles des
Rois le font moins fouvent que celles de la grande
Grèce , des ifles de l'Archipel , de 1’ Afie mineure,
& d’Antioche de Syrie en particuner La fabrique
de ces monnoies paroit être plus ancienne que
les Empereurs Romains , fous le.fquels la plupart
des villes grecques confervèrear i’ufage des con-
tremarques , depuis Augufte jufqu’à Gallien.
Obferv. 11. Les Romains, du temps de la Ré-
publique , ne fe font point fervi de contremarque
fur les monnoies de bronze qui eurent cours a
Rome dans les commencemens , ni fur celles d’ar-
gent & d’or qui furent fabriquées au cinquième &
au fixièrne fiècles de fa fondat'on. L uiage n’en a
commencé chez eux que fous Augufte, & paroit
avoir été fufpendu après Trajan pour recommen-
cer fous Jullin , Jullinien , & quelques-uns de
leurs fucceffeurs. Le bronze feul y fut affujerti;
& les contomiates, qui font des médaillons de
ce métal , n’en ont pas été exemptes.
Obferv. III. Lçs Grecs & les Romains ont con-
tremarque différemment leurs monnoies ; car on
ne Voit pour contremarques fur les médailes des
Rois , & fur celles des villes , lors même qa ebes
furent foumifes aux Empereurs, que des têtes ou
des buftes, des fteurs , &c. fans aucunes lettres.
Les Romains, au contraire, n’employèrent fur leurs
monnoies de fur celles de lcur.s colonies que des
lettres ou des monogrammes. De farte qu on ne
voit ordinairement en cort Rr.jr ASQ'rr-s far les^
médailles Romaines Impériales , aucune figure , ni
fur les Grecques Impériales aucune tnfç!
grecque.
Obîeri'-
C O N
Obferv. ly. On voit fouvent jufqu’à deuX:, ë!
Kîeme trois contremarques fur les médaines grec-
ques & latines j elles y font placées fans aucun
ménagement pour les têtes & pour les revers.
Cette difformité choquante aura peut-être fuffi
pour engager les fuccelTeurs de Trajan à profcrire
cet ufage ^ qui ne reprit faveur que fous quelques
Souverains du bas-Empire^ qui avaient totalement
perdu le goût des Arts.
Oofery. V. Les contremarques des médailles
latines d un même Empereur & du même type
He font pas toujours les mêmes j & il y en a fou-
vent de lemblables fur des pièces de types diffe-
rens. Ce qui marque que le décret par lequel il avait
ete ordonne de cotsctkem A.KquBR. j s‘ était quelque-
fois etendu généralement fur toutes les monnaies
de toutes fortes de types d‘ un même ^Empereur.
Obferv. VI. Les contremarques des médailles
antiques n ont goint été le fruit du caprice des
Monétaires. Tout y annonce fautorité du minif-
tere public, foit de la part des Empereurs, foit
Ce la part du Sénat , conjointement avec le peu-
ple , repréfenté par fes principaux Magiftrats dans
les villes grecques, par les Tribuns à Rome , &
par les Decunons dans les colonies. On peut s’en
convaincre par l’explication d’un nombre de con-
tremarques des Impériales latines, que Mahudel a
jointe à fes obfervations.
^ Les principes établis dans les, obfervations pré-
cédentes ont fait croire à cet Écrivain, i°. que
I on plaçoit les contremarques pour augmenter la
valeur de certaines efpèces fans en augmenter la
matière ; & que le cours des pièces contremar-
quées n émit pas général dans tout l’empire , mais
qu il étoit limité. 2°. 11 a donné un fécond motif
a 1 ufage des contremarques , celui de repréfenter
une nouvelle fabrication néceffaire , félon lui ,
a I avenement d’un nouvel Empereur, mais ren-
due impoffible dans 1 exécution par un concours
de circonftances particulières. 3'=’. Un Empereur
faifoit, félon Mahudel , contremarquerzÇoovtOvo.
les monnoies d un de fes prédécefleurs , pour ho-
norer fa mémoire , comme par une efpèce de
reflztution ; c efl en ce fens qu’on peut , félon lui,
attribuera Trajan h contremarque DACICES . que
1 on voit fur une médaille de Domitien. 4°. Enfin
il penfe que les contremarques des monnoies an-
noncent leur deftination à des largelfes publiques.
On trouve en effet fur des médailles communes
de Juftinien & de Tibère fecpnd, la contremarque
SCLs ^ que Magnon & Pierre Diacre rendent par
ces mots f acre, largicionis. ■
, après avoir réfuté ces explications
e «lanudel , par des raifonnemens victorieux
dont nous ferons ufage peur combattre le même
ftvapt , propofa le lien. II fe réduit ( Science des
eq. 1 . pag. 333. ) à reconnoître les pièces con-
tremarquees pour ae fimples méreaux que l’on
donnoit aux ouvriers employés aux travaux pu-
buçs .^pour leur feryir a être payés des tréforiers ,
-antiquités , Tome JJ,
C O N 195
lorfqa’ils repréfentoient ces témoignages de leur
travail. II prend encore ces pièces pour des mon-
noies oblidionales, c’ell-à-dire, pour ces monneies
dont on augmente la valeur par une marque de
convention dans les villes affiégées. De Èoze ,
qui s’éleigRc ainlî de l’opinion de Mahudel fur
les médaillés latines contremarquées , fe rapproche
cependant de lui pour l'ufage des médailles grec-
ques qui font dans le même cas. La beauté'& le
finTiz leurs contremarques l’engagent à les recon-
noitrc pour le figne d’une augmentation de va-
leur.
Les Antiquaires adoptèrent fans réclamer le
fyftêrne de de Boze, jufpu’au moment où parut le
recueil de Pellerin. Cet Ecrivain , qui porta à l'âge
de Neftor le flambeau de la critique dans la feien-
ce numifmatique , crut que les contremarques
n’annonçoient point une augmentation de v'aleur;
il penfa & dit en plufieurs endroits de fes ou-
vrages, fur-tout dans fon fécond fupplément,
que les villes contremarquoient de leurs noms abré-
gés, ou de leurs fymboies , les monnoies étran-
gères auxquelles elles vouloient donner cours
dans le commerce, & l’ufage journalier concurrem-
ment avec les leurs.
M. l’Abbé le Blond s’efl fervi de ce principe
pour expliquer un médaillon des Maliens , co;zrrf-
marqué d’une vache ( M-ém. des Irfcrip. tom. 40.
pag. 92. ') explication que M. Ducens ne paroit
pas avoir combattue avec des armes égales. Nous
développerons l’opinion de Pellerin , après avoir
montré les défauts des fyftêmes anciens far les
contremarques.
On ne fauroit adopter que deux obfervations
de Mahudel, la première & la fixième : elles por-
tent fur des faits qui ne font contredits de per-
fonne. Mais on doit rejeter fon obfervation fé-
condé, dans laquelle il affure que les médailles du
temps de. la République n’ont point été contre-
marquées. Pellerin , en effet , a publié une mé-
daille confulaire ( ii.fuppl. pl. 3.) d’argent coæ-
tremarquée i fur laquelle on lit le nom de Plan-
cius , qui exerça l’édilité dans les années 699 &
700 de Rome. M. Neumann en a rapporté cinq
autres , ( tom. ii. pl. 7. ) & il prouve qu’on ne
peut affigner le temps où les Confulaires ont été
contrerfiarquées , que dans le cas où le nom d’ua
Empereur, tel que celui de Vefpafien, y eft
placé. , ^
Le principe de cet Écrivain , qui exclut les con-
tremarques en lettres grecques , des médailles
grecques, n’eft pas moins erroné 5 car on trouve
un médaillon de Commode, frappé à Héraclée,
{ii.fuppl. pl. 3.) avec les lettres capa en contre-
marque ; un médaillon ( Neumap.n, pl. 2. tom. it.)
de Septime-Sévère & d’Etrufcille , frappé à Stra-
tonicée avec la contremarque ©EO j quatre mé-
daillons de Gordien , frappés ( n. fuppl. pl. 6. 7.
& Eckef pl. 13. ) à Séleucie , avec les contre-
marques O & K 5 ua médaillon C r v. fuppl. pl, z. )
194 C O N
de Salonine ^ frappé à Sidé en Pamphylie , avec
la contremarque €. Si ces preuves ne fufEfoient
pas J nous rapporterions ici les impériales grec-
<5ues contremarquées de lettres que les Grecs &
les Latins formoientde même^ telles que des M,
des P , Src. , & qui dès-lors prouvent au moins
autant pour nous que pour Mahudeî. Tels font un
médaillon de Caracaliaj frappé ï{PeLltr, Peuples
jii. pl. 130. ) Tabès J avec la contremarque B ; un
médaillon d'Aba , frappé en ( m. fuppl. pl. 6. )
rhonneur d'Alexandre-Sévère , avec la lettre N en
contremarque y un autre de Julia Mœfa {Pell. II.
fl. 30. ) fabriqué à Laodicée , avec la contre-
marque ^ J un gordien grec de Limyra , contre-
marqué B , &C. ( Pell. Peuples iii. pag. Zf.)
Que les partifans de Mahudel ne nous cbjeélent
pas i'opinion de l’Abbé Belley^ qui regardoir les
lettres placées furies Impériales grecques , comme
des nombres relatifs aux facrifices ou à des épo-
ques. Ce favant auroit dû diftinguer foigneufe-
ment ces lettres en deuxclaffes: Tune renferme
les lettres de relief qui ont été placées dans le
champ de la médaille avec le type au moment de
fa fabrication : tous les Antiquaires font de fou
avis fur ces lettres , qui font numérales. Quant
aux lettres ineufes 3 ou placées dans l’enfoncement
qu’a produit un coup de poinçon pollérieur à la
fabrication , il faut rigoureufement en faire une
fécondé clallë & les reconnoître pour des con-
tremarquts. Telles font les lettres que nous avons
citées plus haut, & que nous rappellerons dans
tout cet article. C’eft auffi dans ce feas qu’on a
placé répisème Bau f , fur un médaillon de Tra-
jan-Dèce J frappé à Hypxpaen Lydie ( ii. fuppl.
pl. 8.); fur un Valérien d’Éphèfe , & fur un
Gallien de Métropolis. Terminons cette longue
énumération par une médaille grecque de Galba ,
frappée en Chypre, qui eli contremarquée avec
des caractères inconnus , mais plus rapproc’nés
certadnement des lettres grecques que des romai-
nes. ( Maym. ij. pl. zp. ')
Les contremarques n’ont point été mifes fur les
monnoies , comme l’a penfé 'vîahudel , pour ex-
primer une augmentation de valeur j car ces aug-
mentations n’ont jamais été plus grandes & plus
fréquentes que du temps de la République. Ce-
pendaiu nous n’avons pu citer que fix médailles
Confulaires contremarquées. Pourquoi les Romains
n’auroient-ils pas employé la contremarque à cet
iifage, puifqu’ils favoient qu’elle étoir adoptée
depuis long-temps dans la gra.nde Grèce , dans
l’Afie mineure & dans les Mes t Sans doute
parce que les Grecs ne s’en fervoient pas pour
fignifier une augmentation de valeur.
Sî les Empereurs Romains avoient eu le delfein
d^augmenter la valeur des monnoies en les contre-
marquant , pourquoi les médailles contremarquées
feroient-elles li rares en comparaifon des'mé-
daailes qui ne le font pas? Pourquoi le bronze
C O N
feul auroit-îl été augmenté ? N’auroit-on pas dé-'
truie par-là cette jufte proportion qui doit régner
dans les monnoies entre les trois métaux? Ces
Princes n’auroient-ils pas plutôt contremarqué l’or
& l’argent, ce qui leur auroit procuré en un mo-
ment un profit immenfe ? Mahudel ne pourroit
répondre à ces difficultés. Il n'expliqiieroit pas
mieux le motif qui , félon lui , auroit engagé Tra-
jan à reflituer de préférence la mémoire d’un aufli
mauvais Prince que Domitien. Cet Antiquaire au-
roir-il pu nous dire auffi pourquoi les médailles
contremarquées font plus rares que les autres. En
effet , fi la a^tremarque teno'it lieu de fabrication
nouvelle , l’avènement d’un Empereur au trône
devoir mettre toutes les monnoies de fes prédé-
ceffeurs au rebut , op les faire adopter toutes par
le moyen de la contremarque. L’abondance des
médailles contremarquées feroit une fuite nécef-
faire de cette opération expéditive. On eû cepen-
dant obligé de reconnoître leur rareté, quand on
les compare aux autres médailles.
Qu’auroient enfin répondu Mahudel & de
Boze à ceux qui leur auroient préfe.nté la même
contremarque grecque fur des pièces grecques
fabriquées dans des régions très - éloignées les
unes des autres ? S’il falloir reconnoître avec eux
une augmentation de valeur dans la contremarque^,
les médailles contremarquées du même fymboie
feroient beaucoup plus communes que celles dont
les contremarques lont différentes. K moins que
tous ces peuples divers n’euffent fait leur aug^n
mentation d’un commun acco^rd , & n’eufTent à'
ce deffein placé leurs divers fymboles fur les mé-
dailles j cet accord prétendu choque la, vraifèm-
blance.
Pour ce qui efl: des méreaux , qu’a cnr recon-
noître de Boze dans les médailles contremarquées ,
il a fenti fon fyûême fi défectueux, qu’il l’a ref-
treintaux feules médailles latines. Premier défaut
dans fon explication , de ne pouvoir être génera-
lifée. Le fécond eft auffi palpable , lorfqu’on éts-
die les lettres dont ces contremarques font for-
mées. Elles font initiales de plufieurs mots. Une
feule cependant , ou un feul mot auroit fuffi
pour des méreaux ou pour des marques d'entree
dans les fpeâacles. D’ ailleurs , on a découvert
dans plufieurs endroits, & fur-tout à Herculanum
& à Pompeia , des tefsères de bois, d’ivoire &
de brônze qui fervoient aux fpeâacles. Les inf-
criptions qu’elles po*tent en font foi. Palfons ac-
tuellement à la feule explication qui ait paru rem-
placer jufqu’icî celles de .Mahudel Srdede Boze.
Voyant plufieurs médailles frappées dans des
pays très- éloignés les uns des autres, portant
cependant la même contremarque, Pellerin fentit
que les fyftêmes de fes. prédéceffeurs ne ponr-
roienc jamais expliquer cette fingularîté; Toutes
les médailles de Laodicée, par exemple, devroienî
porter la inême contremarque , fi les Magifirats às
eette ville grecque avoient voulu exprimer par ce
C O N
figne une augmentation de valeur dans fon numé-
ra:re ^ Pellerin a publié , ( MîL. i. pl. i8. ) à la
vérité , une médaille latine de Septime - Sévère
& ae Julia Domna ^ deux médailles grecques de
Septime-Sévcre & de Caracalla, {il.fuppl. pl 3.)
toutes frappées à Laodicée en Syrie , & ayant
toutes pour les mots abrégés COL.
C/c.. Mais cette contremarque ne fe voit pas fur
d autres médailles grecques & latines de Laodi -
cée , ( Mil. r. pl. Zi. ) frappées en l’honn'eurdes
memes Septime-Sévère , Julia Domna & Cara-
calJa. Elle n'appartient donc pas à- Laodicée ,
mais à Cæfarée en Paleftine t Colonia Cs.farea.Qtj
quel autre intérêt pouvoit prendre cette ville aux
monnoies de Laodicée, que de les adopter pour
fon ufage J & . d'annoncer cette adoption par la
contremarque àç. fon nom ? Difons-en autant de la
ville de Rhodes, qui a fait mettre fon fymbole
fur une médaille de Corinthe. ( Witqleben ,
f‘^g- 75-f)
En développant ce fyfté-me , nous expliquons
trois chofes relatives aux contremarques , qui ont
paru inexpliquables dans tous les autres. Pour-
quoi les médailles de Rois font -elles moins You-
\ent contremarquées que celles des villes? Pour-
quoi l'or^ & f argent latins ne le font-ils jamais ?
Pourquoi les médaillons de bronze font -ils plus
ordinairement contremarques que les autres mo-
dules de ce métal ? Pourquoi enfin quelques mé-
dailles de villes font-elles contremarquées avec le
fymbole de la ville même qui les avoit fait
frapper ?
Les Rois de Macédoine , d'Ég}'pte , &c. ne
contraétoient que des alliances de protedion avec
ies villes grecques libres. Jamais on ne lit fur leurs
médailles le mot omonoia, employé fi fouvent
pour exprimer l’alliance ou FalTociation de deux
villes grecques. ( Les Grecs donnèrent à la vé-
rité aux Arfacides le furnom de ciaeahnes ,
mais fans lui attacher le même fens qu'au mot
précédent). On peut donc conjecturer, d'après ce
fait, que les monnoies des Rois n'avoient pref-
que point de cours dans le territoire de ces villes.
Les monnoies des villes unies, au contraire , ont
été fouvent adoptées , ou réciproquement , ou
par une d'entre-eües ; St dans ce cas, fa contre-
marque étoit placée fur les monnoies de fes alliées
en ligne d'adoption. Ceil pourquoi ies médailles
des villes font fi fouvent contremarquées , & les
médailles des Rois fi rarement.
Nous trouvons cependant un médaillon de
bronze du Rpi de Péonie Audoléon, ( Ne aman. |
1. pl. 4. ) qui S.Ü contremarqué q deux de Philippe
fécond, ( ibid.) Roi de Macédoine 5 une médaille
de bronze d'Antiochus Soter, ( Haym. i. pl. a.)
qui porte deux contremarques , dont l'une eft un
2. Deux médaillons d'argent de Ptolémée Soter,
il. fuppl. pl. J. ) font auffi contremarques , l'un
d un A, & 1 autre du monogramme fA. Cé font
des médailles grecques comremarquées avec des
C O ^95
lettres grecques , contre le principe de Mahudcl.
Tels font encore une tétradrachme d'Apamée ,
( Peuples II. pl. 43. ) contraptarquée [Xj, c'eft-à-
dire , An j une médaille grecque d'Eleutherna ^
{ibid. iit.pl. 98.) avec un O ; une autre enfin de
Paros , ( ibid. iii. pl. \oG. ) portant en contre-
marque le monogramme Nous prions d'ob-
ferver à leur fujet que MM. Pellerin , Haym ,
Eckel! , Neumann & Hunter nous fourniifenc
feuls des exemples , parce que nous avons cru
inutile d'en accumuler un plus grand nombre.
L'un des derniers, M. Neumann, a adopté fans
reftriflîon l'opinion de Pellerin, pour lequel il
témoigne dans tous fes écrits refiime & le lef-
peéi les plus vrais.
^ Pourquoi l'or Si l'argent des Romains ne font-
ils prefque jamais centremarquésT^ tandis que leur
bronze l'eft fouvent, & que l'argent des Grecs
l'efi fi fréquemment ? Nous déduifons du fyfiême
de Pellerin une réponfe fatisfaifante. Les mon-
noies d'or font fi rares chez les Grecs, qu'on peut
dire qu'ils n'en frappoient point ordinairement.
L'or des Romains leur en tenoit lieu , & avoit
cours dans toutes les villes grecques , à caiife de
la boilté de fon titre & de la puiiTance de ceux
qui le faifoit frapper. II en étoit de même de leur
argent. Le rapport des deniers Romains avec la
: drachme grecque fur long-temps celui de l'éga-
lité , comme l'a montré M. Dupuy. (■ Mém. des
Infer. 28. p. 66a. y. Et quand ce rapport fut chan-
.gé , l'inégalité fut fi petite, que l'on n'en tint au-
cun compte dans les paiemens , de forte que les
deniers & les aureus des Romains eurent toujours
cours dans les territoires des viiles grecques. 11
étoit donc inutile de les contremarquer , c'elt-à-
dire , de leur appliquer le figne d'adoption.
Nous expliquons par ce principe la refiem-
blance des contremarques qui fe trouvent fur des
monnoies frappées dans cent endroits divers. C'eft
ainfi que la vache eft placée en contremarque fur
les médailles de Sidé & d’Afpendus en Pamphi-
lie {Peuples il. pl. 73. )j fur celles des Maliens,
de Tarfe & de Nagidus en Cilicie ( Neumann, il.
pl. 73 - ) 5 fur une médaille punique , &c. ( Eckel.
pl. 13. ). La ville de Cyzique, dans la Propon-
tide , avoit adopté la vache pour fymbole , & elle
l'avoir fait mettre fur les médailles dont nous par-
lons, afin de leur donner cours dans fon terri-
toire ( Mém. infe. 40. p. 92. ). Deux médailles
d'argent de Sidé , ( Hunter. pl. 49. ) portent auRî
pour contremarque un arc dans un carquois , avec
les lettres SAP fur l'un , & tpa fur l’autre- Qui
pourroit y méconnoitre ies villes de Sardes & de
Trailes ? De même on voit une lyre pour contre-
marque ( Haym. il. pl. 46. ) fur une médaille
grecque de Philippe père , frappée à Germen , &
fur un médaillon grec de Micylène , ( Haym. i.
pl. z6 ) frappé en l’honneur de Titiana , époufe
de Pertinax , rapporté par Haym. La lyre étoit le
fymbole de Mityiène, & elle nous apprend que
£b i;
1 9 (> C O N
ces deux pièces àvoientétéadoptces par la ville de
Mitylène, pour avoir cours avec fes monnoies.
Le médaillon de Titiana nous offre ^ à la vérité ,
( en fuppofant fon authenticité ) l’exemple d’une
ville cjui a contre-marqué fes propres monnoies.
M. INeumann a publié aulTi deux médaillons d‘ar-
gent de l’ifie de Thafus, qui portent tous deux
au revers Hercule, avec la légende hpakaeoïs
saTiiPOS. L’un de ces médaillons eft corare-
marqué H.... AE, c’clf-à-dire , HP.^KAE ; & 1 au-
tre.... QTH , c’ell-à-dire , Sîîth. Ces deux contre-
marques paroiffent avoir été placées par la ville
même qui avoit frappé les médaillons. Si ces trois
exemples fe répétoient fouvent, ils pourroient for-
mer une objeftion contre le fylfênie de Pellerin ,
& fournir une preuve à Mahudel. Mais il ell très-
rare de trouver des médailles ainfî contremarquées ; '
c'elf pourquoi nous expliquerons facilement cette
£nguiarité. On peut dire que ces pièces , après
avoir été décriées, ou par un décret des Magif-
trats , ou à caufe de felfifications trop répétées ,
ont été remifes dans le commerce après un cer-
tain temps écoulé , & quelles ont été contremar-
quées à cet effet. C’eft pour la même raifon que
Junon Pronuba eft mife en contremarque i\xï un
médaillon de Caracalla , ( Haym. /. pl. 27. ) frap-
pé à Hyptepa , fur le revers duquel on voit la Divi-
nité tutélaire de la ville , portant cette même Ju-
non Pronuba , fon fymbole.
Nous rendons aufti facilement raifon , à l’aide
du fyftême de Pellerin, de l’abondance des mé-
daillons de bronze contremarques , tandis que les
médailles de ce métal le font moins fouvent dans
les trois modules. Les médaillons, comme on le
verra à leur article , n’étoient pas deftinés dans
leur origine à fervir de monnoie, quoiqu’ils fuffent
multiples des monnoies courantes, & fufceptibles
par-là de leur être ailàmilés. Lorfqu’on vouloir les
taire circuler dans le commerce , on les contre-
marquoit, & ce fceau du Magiftrat (/r. fup. pl. 4. )
les plaçoit au rang des monnoies. Les trois mé-
daillons de bronze, frappés^dans i’ifle ds Lesbos,
en l’honneur de Lucius V'érus, de Commode &c
de Crifpine , rapportés par Pellerin , en font foi :
Ss portent tous la même contremarque. De même
fur un médaillon de bronze de Commode , où
font placées au revers les Divinités d’Hiérapolis
îe d’Aphrodifias, Neptune eft mis en contremar-
que. Ce fymbole ne pouvoir convenir ni à l’une ni
à l’autre des deux villes , puifqu’elles étoient
( r/. fuppL pl- àf.) lîtuées dans l’intérieur des terres
en Pbrygie & en Carie, & que Neptune apparte-
noit à quelque ville maritime. C’eft donc à une
ville fttuée fur le bord de la mer qu’il faut attri-
buer cette contremarque. Elle ne peut l’avoir pla-
cée fur ces médaillons que pour les rendre mon-
noie ufuelle. Telle eft la raifon pour laquelle les
contremarques font plus fréquentes fur les mé-
daillons de bîonze que fiu les médailles de ce
métal.
C O N
On voit des médaillons d’Empereurs qui font
contrernarqués avec des têtes d’autres Empereurs.
C’eft air, II qu'un médaillon de Vefpafien , ( B.em.
furie P. Jobert. ) dont parie le Baron de la Baftie,
porte une tête d’Antonin en contremarque q qu’un
autre médaillon d’argent de Vefiîafien ( tu. fuppi.
pl. 98. ) a pour contremarque la tête de Marc-
Aurèle, accompagnée des lettres aïp. Mahudel
& de Boze expliqueroient mai ces contremarques ,
en difant qu’elles exprimoient une augmentation
de valeur , dont les Empereurs mis en contre-
marque auroient été les auteurs. Pourquoi alors
ces contremarques font-elles fi rares , puifque toutes
les monnoies de leurs prédéceffeurs , ou au moins
celles de toutes les années de leur règne écoulées
jufqu’à l’époque de cette augmentation, en de-
vroient être affeélées? Pellerin y fuppléera par une
explication lîmple & naturelle. ( m. fuppi. p. éj.)
cc Les Gouverneurs Romains en Syrie & en Chy-
» pre , où il reftoit beaucoup de ces médaillons
» qui y avoient été frappés, les faifoient ainfi
» contremarquer fous les règnes d’Antonin & de
“ Marc-Aurèle , pour en permettre le cours , 5c
’’ autorifer peut-être par -là les habitans à les
” donner en paiement des contributions, & les
receveurs à en faire recette- Il croit que ces
» receveurs n’auroient pas refufé non plus de re-
” cevoir les monnoies grecques de Tripolis en
« Syrie , qui font fouvent contremarquées des
” noms de Galba & d’Othon , exprimés par des
» lettres liées enfemble. »
Nous terminerons le développement du fyftêftis
de cet Antiquaire célèbre, par l’explication qu’il
a donnée des contremarques doubles & triples ,
dans laquelle on reconnoît avec admiration la fé-
condité de fon principe. Mahudel auroit vu dans
ces lignes répétés une fécondé & une troifième
augmentation de valeur. Faites cependant par la
même autorité , ces augmentations auroient du
être toujours exprimées par le même ligne : les
contremarques géminées diffèrent au contraire pref-
que toujours. Les méreaux de de Boze n’auroient
pas rendu la chofe plus intelligible j car l’in-
térêt des ouvriers les empêchoit de les fouf-
traire ou de les égarer. Les mêmes méreaux pou-
voient dès lors fervir une fécondé, une troifième
fois, 8c plus fouvent fans avoir belbin d’être con-
tremarqués. La difficulté refte donc toujours la
même.
Elle s’évanouit, fi l’on écoute Pellerin. Pre-
nons pour exemple un médaillon de Gordien,
frappé à Séleucie , fur lequel on voit pour contre-
marque la lettre O dans un renfoncement , ayant
( II. fuppi. pl. 7. ) la forme d’un delta , & enfuite
un monogramme formé d’un K 8c d’un A, La ville
de Séleucie voulant donner cours à ce médaillon
quelle avoit frappé dans quelque occafion d’éclat,
y aura mis à cet effet la première contremarque^
Ce médaillon ayant paffé enfuite dans une autre
ville qui avoir le droit de battre monnoie, y aur*
C O N
reçu îâ feeonde contremarque en figne dVicoption
& de monnoie courante. Ôn trouve aan: dans ie
de M. Hunter {_pl. ji. jN'^. 30. ) iin mé-
daidon d argent frappé dans Tifie de Chypre à
SoLi , Sc coatremarqué trois fois. li eft de la plus
ancienne îabrique, car le revers eft en creux. La
contremarque qui eft li commune fur les monnoies
de Ciücie & de Pamphylie ^ la vache , a été mife
fur ce rnédaillonpar la ville de Cyziqucj en figne
d adoption. Le loup^ qui eft la fécondé coture-
marqae ^ appartient à TArgoIide ou à la Phocide,
la fécondé patrie adoptive ; & l'animal inconnu
appartient à une troilième ville , Adana en Cilieie j
dont le nom eft peut-être indiqué par le mono-
gramme A 8c A, qui accompagne l’animal dans la
troiiieme contremarque. Ce médaillon de So/i, après
avoir été frappé en Chypre , aura fans doute été
portéàCyziquej & de-Ià fucceffivement dans deux
autres régions qui avoient aulïi le droit de battre
monnoie.
C eft ainlî que toutes les difficultés difparoif-
fent quand on développe le fyftéme de Pelierin.
Antiquaires ^ libres de préjugés & amis du
vrai , reconnoîtront donc avec lui que les con-
tremarques ont été placées fur' les médailles
pour leur donner cours & les rendre monnoie
ufuelle ^ dans les pays qui les adoptoient par
I appolîtion de leurs noms ou de leurs fym-
boles.
CONTRE-SCEL. l ^ ,
CONTRE- SCELLER, f " contre -fiels
méritent d'autant plus une difcuffion particulière ,
eu ils font moins connus parmi nous. La plupart
de nos Auteurs, dit la nouvelle Diplomatique
des Bénédiâins , qui nous fournit cet article ,
n en ont parlé que très-fuperficiellement , & les
plus exaâs font tombés dans des méprifes dan-
gereufes. Nous ne connoilfens rien de mieux en
ce genre qiie le petit traité du Doéteur Polycarpe
Leyfer , intitulé : Commentatio de contrafigilïîs
medii svi. Helmjiadzi , jtr dcc xxvi. Ce favant
dîplomatifte laiftè peu de ehofes à delîrer tou-
chant les contre-fiels d'Allemagne > mats il ne dit
lien de ceux d’Italie, de France & d'Angleterre.
Tachons de réunir ce qu'H importe de favoir fur
ce fujec 8c fur les armoiries qui en font infépa-
rables , relativement à la vérification des aâes
antérieurs au xvi« fiède. »
« On entend par contre - fiel la figure impri-
mée au revers du fceau ptîneipaL L'une eft beau-
coup plus rare que l'autre. A peine fiir un grand
nombre de fceaux antiques trouvera-t'on un ou
deux contre-fiels. Le premier côté du fceau eft
appelé adverfa par D. Mabillon, & le fe-
coni faciès, averfa quand les deux empreintes
font d égalé grandeur. Mats fi celle du revers eft
^lus petite , il luf donne le nom de comrafigillum.
î_ ne veut pas qu on prenne pour contre-fiel l'ima-
ge reprcfejîEée au dos du-lisâudê Lcuis-ls-JeuBs^
C O N I Cj-j
Ce Prince paraît d'un côté comme Roi de France j
& de l'autre comme Duc d’Aqiiitaine. Ce font
aonc J cDncfad D. Maoiilon , deux fceaux d’égale
grandeur imprimés fur la même cire. Se qui re-
gs'dent, deux états différens. Mais les fceaux da
Roi S. Edouard & des Princes Lombards a'ont-ils
pas de chaque côté des empreintes de même
grandeur ? Cependant ils n’étoient pas Souverains
4?._P^ufieurs Etats à-la-fois. Laifibns-donc cette
dsitinftTon plus fubtile que néceifaire , & appe-
lons contre-fiels toute empreinte faite fitr le dos
du fceau , pour affûter davantage la foi des ac-
tes. Nous ne mettrons pas néanmoins dans la
claffe des con-.re-fiels les revers des bulles de mé-
ta!_ J parce que cette efpèce de fceaux eft ordi-
nairement figurée des deux côtés : l’empreinte
de l’un ne fe fait pas féparéœent de celle de
1 autre. Mais les contre-fiels en cire ont été prin-
cipalement inventés , à l’effet d’arrêter les coups
de main des fauffaires affez habiles pour enlever
la cire du revers du fceau , le détacher , & le
tranfporter à un aéte fuppofé. »
Les fceaux de cire de nos Rois de la pre-
mière & de la fécondé race , ne portent point de
contre-fiels , au-Iieu que ceux des Princes Lom-
bards en eurent dès ie x= fiède. D. Érafme Gat-
tola en a publié plufieurs à la fin de fes Addi-
tions a rîlifloire de V Abbaye du Miontcajïhu Us
font appliqués au bas des Chartres , & non fuf-
pendus. C’eft donc fans nul fondement que le
doéle Heinecciiis a prétendu qu'on ne pouvoic
mettre de contre- fiel aux fceaux des anciens tems,
parce qu'ils étoient en placard & non pendans.
L'expérience & la raifon proir/ent le contraire.
Le dos de la charte , Icellée en placard , n’offre-
t'ii pas ordinairement une aflez grande quantité
de cire pour recevoir une fécondé empreinte ?
« Tous les contre-fcels des Princes- Lombards
font de la même grandeur que les fceaux. Mais iï
-y en a quelques ■'li.ns qui portent la même Icgend-e,
ou qui n’ont pçint de connexion néceftaire avec
les fceaux. S. Edouard , Roi d'Angleterre , en
avoir un fembîabie vers le milieu du xjs fiède ÿ
mais l'înfcription du premier côté s'y~ trouve ré-
pétée au fécond. Ce contre-fiel n avoir [xiint par
conféquent de lîaifon eflèntielle avec le fceau ,
& l’on pouvoir fe fervir de Fun fans l’autre. Ces-
caraâères conftituent la première 8c 1-a plus- an.-
cienne efpèce. de contre-fiels. =3
cc Ceux dé la fécondé font empreints au revers
d.es fceaux pendans , & leurs images font pareil-
lement de la même grandeur ; mais leurs légendes
font liées avec celles des fceaux , ou en font la
fuite. En voici' des exemples : Le contre-fiel de
Guillaume II, Duc de Normandie, ajoute le
titre de Roi d'Angleterre à celui de Patron , oiu
protecteur des Normands. Celui de Louis-le-
Jeune lui donne le titre de Duc d'Aquitaine , quî
ffeft que la fuite de l’înfcription du- premier côce.
Es gtasd fcesu' de- Fsîcinand-ier^ Rot d’Efpagm-i
/
î çS C O N
a pour légende ; Ferdinandus. Dei. Gratia. Rex.
AragorMTTi. Utriufque. Sicilie ,Irem. (Jérusalem)
VaLenciU. Le contre-fcel de grandeur égale achève
ainli la légende ; M.ajoritarum. Sardine. Corfice.
Cornes. Barchinone. Dux. Atkcnarum. Le fceau
de Hugues le Brun , Comte de la Marche & d’An-
goulême de l’an 1 301 porte ; S. Hugonis. Brun.
Comitis. Marckie. Le contre-fcel de même gran-
deur ajoute : Ft EngoUfme : & : Domini :
Leiniaci. ”
« La troifième efpèce de contre-fcel offre des
images ou des fymboles de moindre grandeur que
le fceau ; mais on n’y voit point d’infcription.
Tels font les contre- fais de Philippe- Augulte &
des Rois de France fes fucceffeurs, de Hugues
d’Amiens , Archevêque de Rouen , & de pluheurs
autres Prélats , Princes •& Seigneurs des xii &
xiii'^'fîècles. Ces fortes de contre-fcels ne font tels
eue par l’ufage qu’on en a fait en les imprimant
au dos des fceaux pendans. Ce font de fîmples
cachets ou fgnets , dont on pouvoit fe fervûr in-
dépendamm.ent du fceau. «
' cc H y a un grand nombre de cop.tre-fcels plus
petits que le fceau ptincipiil ^ & qui néanmoins
en font inféparab'es , parce qu’ils n’en font que
la continuation ; &: ils forment la quatrième ef-
pcce, dont les exemples font com.muns dans le
recueil des fceaux de Flandre. Celui de Philippe
d’Alface , en 1164, a pour légende : Sigillum
Fkilifpi , Corritis Fianarie ; le contre-fcel pour-
ftiit 5 &' yiromaniie. Le fceau de Baudouin , en
Il 91 J porte: Balduinus Cornes Flandrie & Fia-
noie ; le contre-fcel ■À]oXLtf. Marckio Namuci. On
lit fur le fceau de Marguerite fon époufe : Mar-
gareta Comitijfa Flandrie é Hanoie , & au contre-
fcel, Marckionijfa Namuci. Tous ces petits fceaux
ou contre-fcels expriment leur union avec le grand
fceau ; enforte qu’il n auroit guère été poflîble
de les employer féparément. Nous mettons dans
la même claffe tous ceux qui ont des inferiptions
vagues , & qu’on ne peut appliquer à perfonne en
paniculier fans le fecours du grand fceau. Tels
font les contre-fcels fur lefquels on lit : Secretum
Comitis : Sécrétant meum , ou Secretum meum
michi .* F ef imomum veri : Clavts Sigilli : Ueutn
time : Secretum colas: Ave Maria gratia plena :
Deus in adjutorium meum intende , 6v. ; Secretum
efi : Secretum ferva : Secreti eufios : Secretum veri :
Sigillum veritatis : Secretum : Annulare fecre-
tum , é'c.
cc On ne manque pas de contre-fcels fingulièrst
qui ccnfticiient une ciirquième efpèce. Ce font
ceux qui nont nulle connexité avec le grand
fceau , S: qui cependant ne peuvent fervir fins
lui. Ttl efl le contre-feel de l’Empereur Charles IV,
qui porte une aigle éployée , avec ce vetfet d'n
pfeaume 57 : Jufte. Judicite. Filii. Flominurft. Tel
tOtçXiCOKtXz contre-fcel fans infcviption de Henri,
Duc de Brunfwick , dont l’empreinte n’eft nu!!e-
iKisnt relative àu grand fceau. On range dans la
C O N
même claffe les trois contre-fcels ornés chacun
d’une fleur de lys , &c imprimés fans légende , au
dos du fceau de Volrade, Évêque d’Halberflad ,
én 1257. ”
== La fixième efpèce de contre fcels comprend
ceux qui s’annoncent eux-mêmes pour tels par le
mot contra fl gillum , qu’ils portent à la tête de
leurs légendes. Les exemples en font tres-nora-
breux dans les recueils des fceaux de Bourgogne
& de Flandre. On lit fur le grand fceau d’Othon ,
Comte de Bourgogne , de l’an 1279: Sigillum.
Othonis. Comitis. Falatïni. Burgandie. Domini.
Saline ; ZU contre-fcel: Contras. Othonis. Co-
mitis. F alatini. Burgü. Le fceau de Gui-, Comte
de Flandre, de l’an 1264 , tepréfente un cavalier
avec cette épigraphe : Sigillum Guidonis Comitis
Flandris. ; & fon contre-fcel porte 1 écu de Flan-
dre avec ces mors; Contrafgillum Guidonis. Le
contre-fcel de la Cour du Duc de Bourgogne avait
pour légende,au xV'lîècle; Contrafgillum. Curie.
Ducis. Burgandie. N txs l’an 1483, la Cour Sou-
veraine de Brabant fe fervoit dun contre-fcel
dont voici la légende; Contra. Sigillum. Ojiina-
tum. in. Brabar.cia. Tous les contre-fcels ou Coz-
trafgillum eft écrit en abrégé, & do.nt les légen-
des offrent ce mot écrit tout au long , fans ajou-
ter le nom de celui à qui le contre-fcel appartient,
fe rapportent à cette fixièm.e efpece. »
ce La feptième renferme tous les contre-fcels
qui portent dans leurs légendes la- dénomination
de Sigillum minus. Ce font de petits fceaux ,
on pouvoit faire un autre ufage que celui de
coutFe-Jc elLei‘m Xcl cft celui dont Albert 3 Archiduc
d’Autriche, & Ifabelle , Infante d’Efpagne , fon
époufe , fe fervoient pour le Duché de Gueldres.
La légende étoit ; S. minus. Ducat. Gueldrie. Et.
Comitatus. Zutpkanis.. La même infeription pa-
role fur le contre-fcel ou petit fceau de Philippe 1\ ,
Roi d’Efpagne , & Souverain des Pays-Bas. »
cc Les petits fceaux qui fervoient à contre-feller,
& qui cependant étoient appelés dans
leurs légendes conftituent. la huitième efpece de
contre-fcel. Celui d’.Amédée , Comte de Savoie ,
de l’an I3a7 , porte la croix de Savoie , canton-
née de trois foleils , avec cette infeription : Sigd-
lum Amedei. Comitis. Sahauàie. Celui de LoUiS ,
Comte d’Evreux , fils du Roi de France, de I an
1 307 , porte l’écu écartelé des armes de France
& d’Évreux , avec ces mots ; Sigillum. Comitis.
Ehroicenfis . Enfin le contre-fccl d'Eudes , Duc de
Bourgogne , de l’an 1337, porte l’écu des armes
de Bourgogne , avec cette infeription : Sigihum.
Ducis. Burgundis. Contani. Ces petits fceaux fer-
voient non-feulement de contre - fais , mais on
les employoir féparément pour fceller les expé-
ditions ordinaires & les aéfes moins imporrans.”
cc La neuvième efpèce de co trre- fcels , fe Qi-tm-
gue par l’idenûté ou la refiernblance prefque en-
tière de fes figures & de fes inferiptions avec cecies
du grarsd fceau. Celui dont Thierri , Comtç .o£
C O N
Randre J fe Tervoit en 1159^ reprérente ce Prince
cheval avec cette legende ; Theodericus dï gra-
tta^ Flandrenfium Cornes ^ & fon contre-fcel fait
voir la tete du Comte avec la même épigraphe.
fceau dont Rodolphe. Évêque d’Halberftad,
ïcellojt en 1146. le repréfente aflls tenant un livre
a i3 mam.^ Au comre-feel on voit le même Prélat
reprefenté un peu plus qnà demi-corps vêtu
û un autre habîts mais Irafcription ell *la même
que celle du fceaii. II y a dans celui d’Adolphe .
Comte de Dalle . de Tan izpo . un écu chargé de
EX befansou tourteaux, au milieu de deux cornes
de cerf a trciis andouillets . le tout environné de
rinceaux , avec cette légende : Sigillum r
Abolfi : CoMiTis : de : Dasle. Au contre-fiel,
^ forme d’éculfon. on retrouve les cornes de cerf
& 1 infcription. Ces petits fceaux^ feryant de con-
tre-fieds ^ prirent infenfiblement la place des
grands parc^e qu’ils parurent plus commodes. »
“ Ça dixième efpèce renferme les contre-fiels
qui n appartiennent point au fceau principal, mais
a celui de quelque perfonne dont il n’ell pas
meme fait mention dans Faéie fcellé. Le Doâreiir
Leyfer donne deux exemples de ces fortes de
eomre-ficels étrangers & empruntés, i^. Le fceau
tnanguîaire d un Seigneur Adsmand, de Tan rzpi.
elt en forme d’écu . repréfentant dans fa partie
fuperieure un léopard au chef ranapant . d: dans
fa partie inférieure une aigle éployée. On lit au-
tour : Si . Rodolphi. nobilis. de. Depholte.
i-'S contre feel un petit fceau oblong 8c en
ogive , chargé feulement d’une aigle éployée .
avec cette infcription ; S. Henrici. Past.
EccE. Berenstorp. z*°. Le fceau rend, dont un
Genriihomiiie Allemand fe fervoit en 12,93. pré-
fente dans un^ champ en, échiquier un éeuflbn
oblong . rempli d’un autre d’une forme ordinaire ..
qui ed lurmonte & entouré de plumages ou de
feuillages . avec cette infcription ; S. CoN-
RADI DE WeRBERGE. Au contre-fiel on voit Un
homme nud. la tête rafée. alEs fur une chaife .
écrivant dans un livre pofé fur un pupitre . avec
cette légende : S. Johis. Pleb’. in Vesdbaddel.
Le titre de Plebani ajouté au mot de Jokannis .
montre que c’eft encore ici le fceau d’un Curé.
Les nobles fe fervoient fouvent des fceaux ecclé-
iaftiques pour contre-fieller , afin de donner plus
Q autorité à leurs propres fceaux. ou parce que
iés. Clercs dveflbient les aétes . quoique leurs
nomsn y patulTent pas »
Ec On a encore découvert des contre-fiels plus
anguliers dont on peut faire une onzième ef-
p^e,. Ce font des ntr e-fids de contre-fiel ÿ c’eft-
a-dirç. qitun contre-fiel devenu un fceau prin-
cipal., au dos duquel on a mis un autre contre— [
fiel- le. elt le fceau rond de la cour eccléfiaf- i
tique- d.ialberft au . du fiècle. On voit au j
premier coté le bulle d’un Évêque, portant une
Sc ornée d’un cercle de perles j, au.- '
C O N 15^
^ffus duquel il y a deux croix. On lit autour :
^ S. Curie. Halberste. Episcop. Le contre-
Jed eft pareillement orbiculaire . mais beaucoup
P petit. Une crofTe entre deux branches d’ar-
brilieau & deux pommes, occupe le champ. On
• *4* S. FaM. ANO. DI. M. CC. XCI .
C -a-dire y SigHlum faSiam cpm-q I^omini 129I,
e D-odleur Chnifephe Leyfer ateeite eu il a vu
ioKvent le même fceau principal de FÔ^ciaîité
Daiberirad. fervir de contre-fcel aux diplômes des
Lveques ae cette ville.
EE Éa douziè.me & dernière efpèce de contre-
fiels eft la plus connue. Elle fe earaâérife par les
mots ficretum & figillum fecreti, qui paroiflent
dans fés légendes. On s’en fervmit pour les expé-
ditions & les lettres particulières Dedà le nom
de foeaiix fecrets ou i&fecret qu’on leur a donné.
Les, aipiômes munis du fceau public . ou du grand
fee^ . conjointement avec celui du fecret^iont
d autant plus dignes de foi . qu’ils annoncent que
ics empreintes ont été faites par le Prince lui--
meme . par l’Évêque . par le Garde du fceau fe-
cret. &c. ; _au-lieu que les grands fceaux ordi-
raires n’étoient quelquefois appofés que par des
Officiers fubalternes. »
^ Ec Les petits fceaux ou contre-ficels , dont les
- légendes commencent par fiecretum , font en três-
pand nombre. On en trouve des exemples dans
j^®tecuei!s de fceaux de Bourgogne, de Flandre
d Angleterre & d’.A.Ilem3gne. Le contre-fcel de
Guillaume^ de Grar^ey , ckd’an 1270 . a pour
légende : Secretu. Guilli. de Grancey.
On lit au revers du fceau de Béiftrix . Duehefte
de Bourgogne , de l’an izyCt Secretdjæ
Seatricis. Filie. Régis. Navar.^^
EE Les petits fceaux ou contre-fiels qui ajoutens
figillum devant fecretum ou fierai . ne font pas
moins nombreux que ceux qui le foopriment Eiî
voici des exemples tirés du recueil' d’Olivier de
Arée. Le contre-fid du grand -fceau de Guillaume
de Dampierre . héritier du Comté de Flandre .
n’a point d’autre légende^ que celle-ci : Sigillum:
ficreü. On. lit fur le petit fceau de Philippe-ie-
Hardi ., Duc de Bourgogne r S. Secreti. PkiUppî.
fini. Regis. Francor. Ducis. Burgandie-^^-
^ EE On a donné le nom de fceau fecret aux.
fignets . cachets & autres petits fceaux fans lé-
gendes . ou avec des. légendes qui n’expriment'
point le. mot fecretum. L’ufage des uns &’des au-
tres . plus ou moins fréquent, remonte fort haut..
Les coi}xre-fiels de même grandeur que le fceaiz
principal, commencèrent en Italie dès le fiêcle.
Ceux à qui leur moindre volume a fait donner le
nom de petits fceaux^ ou cachets ..ne furent pas.
inconnus au xi^ iiecle . puirque l’Empereutr
Henri III . qui vécut jufqu’en, loyé . fcella de
fon Çceau fecreî &, cela par prédiiséiioo: les
diplôme qu.’il accordas ans KdigieBfos de- Ni-
veüe-»
too C O N
cc Le Roi Louis-Ie-Jeune introduifit Tiifage du
petit fceau ou cachet pour contrc-fceller. La mode
s'en étabht à la Cour des Comtes de Plaiidre, vers
le milieu du xii' iîècle. On ne trouve point de
contre-fceis imprimés au revers des fceaux des
■grands Seigneurs inféricuvs aux Princes Souverains
avant ce temps-ià. On cite Dugdale pour prouver
que les contre-fcels ne vinrent à la mode chez les
Ànglois que vers Tan iii8. Mais cet Hiftorien-ne
parle , à ce qu il paroit , que de 1 ecu armorial des
Seisneurs. Circa. annum iZiB j dit-il , Dommi qui
in l’gUlis, more fvlito habebant équités armatos
cum gladiis , nunc in dorjo figillorum arma fua
pcfuerant de ncvo in fcutis. H eft difficile de croire
que la haute noblelie d'Angleterre n’ait point eu
de cachets ou petits fceaux au xii' fiècle. Ale-
xandre 1 , Roi d’Écoffe , introdu’.ht dans fa Cour
l’ufage du contre -fccL égal en grandeur au fceau
principal ; mais ni lui ni les Rois d’Angleterm du
mênre temps ne fe fervirent jamais du petit Iceau
fecret conjointement avec le grand , comme
firent les Rois de France & les Comtes de Flan-
dre- " , e. .
cc Les cachets ou çonire-feels des tveques pa-
roîfient plus anciens que ceux des Seigneurs laï-
ques. Hugues d'Amiens, qui fut élevé fur le liège
^rchiépifcopal de Rouen , l’an 113b , en^ avoir
deux différens. Chrilîophe Levfer a publie celui
que Rodolphe, Évêque d'Haîberliad, iraprimoir
au dos de fon fceau en 1146. »
cc Gudenus rapporte tme charte de Gérard ^ Ar-
chevêque de Mayence , de l'an 12.94 , qui fait
mention du coptre-fcel en ces termes : Sigillum
noflrum curri appenjîqne nofiri fecreti figHH à tergo
haie pagini efi appenjum. Cette formule prouve
que les contre-fcels n’étoient pas toujours impri-
més au dos des fceaux , mais qu'on les fufpendoit
féparément aux Chartres. En effet , Heineccius &
DÛcange obfervent que le contre-feel oii(ce.\ fecret
pendoit quelquefois au grand fceau , alors il étoit
appelé fubfîgillum,
« Quelques noms qu’on ait donnés aux petits
fceauxjilsfervirent non-feulement à contre-fceiler ,
mais ils tinrent encore lieu des grands fceaux au-
thentiques abfens ou jugés non nécciTaires, fur-
tout quand il ne s’agiffoit que d'affaires particu-
lières ou d’expéditions peu importantes. Il y a
plus : on s’ell quelquefois fervi du fceau fecret par
préférence, témoin l’Empereur Henri 111 , qui
en fcella un diplôme, pour donner aux Religieu-
fes de Nivelle une marque de fon affeélion parti-
culière. Le fceau fecret de ce Prince étoit donc
regardé comme authentique en Allemagne vers le
milieu du xi' fiècle. De pareils fceaux ne paf-
foieiit pas encore pour tels aux xui Sf xiv? dans
quelques Provinces de France, ou , pour mieux
dire , on variole far leur autorité. On voit Henri
de Vergi , Sénéchal de Bourgogne en 1146, dé-
clarer qu'il a fceiié une charte de fon contre -feel
feuiemenî , parce qu'il n’avoi: point alors d'aHtrg
C O N
fceau, &r s’engager par fermejit de la fce’ler d’ua
fceau authentique dès qu'il en aura un. Chules,
Prince de Salerne, n’ayant point encore fait faire
de fceau après être forti de prifon , fcella une
obligation de fon anneau à trois faces , & écrivit
de fa propre main : Credatis.
« Le recueil des Ordonnances de nos Rois de
la troilième race, fournit un très-grand nombre
de lettres-roy’aux fcellces feulement du fceau fe-
cret. Philippe de Valois portoir un cachet ou petit
fignet pour fceiier , fur-tout dans 1 abfence du
grand fceau. Le Chancelier ne devoir appoier
celui-ci qu'aux Lettres -Patentes, auxquelles le
petit fceau du fecret avoir été mis auparavant. D,
VailFette a publié une charte de J than aîné , fds
ci Lieutenant du Rot de France , Duc de Florman-
die , donnée à Carcaffonne le 1 1 d .4out , 1 an de
grâce 1344 , fous le fceau du fecret, en 1 abfence
du grand. Les provilîons de 1 office de Gardiea
des Juifs dans le Languedoc , données 1 an 1359
par Jean , Comte de Poitiers, fils du Roi , & fon
Lieutenant dans cette Province , furent fcellees
de fon contre-feel feulement- D. Martenne a pu-,
blié des Lettres-Patentes de Charles , fils aîné eu
Roi de France , Duc de Normandie (i Dalpnin de
Vienne , fcellées d‘ un petit fceau de cire rouge jur
fimple queue. «
Cf L’Ordonnance faite à Compiegne le 14
de Mai 135S , en conféquence de î’affenablee des
trois États du royaume , régla, par 1 article xii,
que les Lettres-Patences ne feroient point fcellees
du fceau fecret , à peme de nullité , fi ce n Çtoit
dans le cas de néceffité , ou lorfqu il s agiroi^iU
gouvernement de l'hôtel du Roi. La meme Or-
donnance ne permet de feeller du fceau fecret que
les lettres clofes , qui font devenues fi célébrés
depuis un fiècle , fous le nom de lettres de cacnet. ^
On a cependant des Patentes du 18 Mai
fceilées du fignet & du fiel fecret du Roi ,
il veut être obéi comme à fon grand fiel , lequel ej
dbfint. Le Procureur du Roi du Châtelet préten-
dit que ces Lettres-royaux ne dévoient point avoir
d'exécution , parce qu’elles n'avoient point eta
palfées par l'examen du grand fceau & de la chan-
cellerie de France , & en la manière accoutume^.
Mais le Roi Charles V les confirma. Charles V I
déclara que des Lettres-Patentes , & un aae rait
& figné de fa main , & fcellé de fon fceau
auroient autant d’autorité que s’ils étoient fcc es
de fon grand fceau. Charles de Recours ayant ete
inifitué Amiral de France , fes provifions ne tu-
rent fcellées que du fceau fecret du Roi ,
qu’on n’avoit pas en main celui de la chancellerie-
Il fut néanmoins reçu au Parlement le » J'ti
1418. Enfin , la Thauma.ffière cite des Lettres-
Patentes de Charles VH , de l’an 1439 3
du fcel ordinaire en l’ abfence du gpnd. On z*
que celui-.ci a été fouvent remplacé par le Icea
du Châtelet de Paris. >’ , /•
f. En diyerfes oeçafioES les autres
C O N
fervoienc aHflî de leurs fceaux fecrers , à k place
du grand. Magnus j Roi de Suède j fit une dona-
tion 1 an , par un diplôme dont voici la
conclufion; In cujas evidentzam firmiorem , fecre-
tum noftrum , JigiLlo non. prefente , prejentzbus eft
&.ppenfum. Il gR à préfumer que dans les bas
temps J les^Rois d'Angleterre auront quelquefois
fubllitue à leur grand fceau leur cachet , appelé
griffon. «
« Outre les fceaux équeilres réfer vés aux aéies
les plus folemnels , la plupart des Ducs , des an-
ciens Comtes & des Chevaliers de la haute no-
bleffe eurent 3 fur-tout aux xni & xiv®' fiècles^
ae petits fceaux pour les expéditions ordinaires.
Ces fceaux fecrets , ainfî que ceux des Évêques^
devinrent authentiques à mefure que les uns &
les autres cefsèrent de faire repréfenter leurs ima-
ges fur leurs grands fceaux. Ce changement pa-
avoir commencé dès le xiiî= fiècle , quoi-
qu'il n'ait été confommé qu’au xv^ Ce fut alors
qu on ne vit plus guères fur les fceaux que des
armoiries- «
CONTRIB. D. Contribulibus dédit. Les mem-
bres de la même tribu étoient appelés contri-
bules.
CONTRÔLEUR. Voyet^ Contrascriba.
CONTUBERNALES.\ , . „
CONTUBERNIUM. f Romains
lageoient onze fous la même tente j félon Ve-
gece ( il. il.) Siztgula contubernia , hoc efi , un-
decim homines deputantur. Hygin ( Cafiram. p. \.')
n’en compte que huit par tente. Cette chambrée
étoit appelée eontubernium , & ceux qui la for-
moient étoient défignés par le mot contuher-
nales.
Le mot contzibernales avoir encore une accep-
tion moins étendue. Il défignoit les jeunes Ro-
mains de naîiTance illuftre , qui accompagnoient
les Généraux en qualité de volontairesj pours’inf-
truire dans l’art du commandement.
CoTztaberfzium défigna auiTi le mariage des ef-
claves, qui ne produifoit que des efclaves, par op-
pofition au mariage des citoyens libres ^ appeié
conjligîum.
L’habitation fous le même toit fat appelée con-
tzzberniam.
OU lance courte ,
CONTUS ,
KONTos, >• épieu
venabulvm ,y
ferrée par un feul bout. C’éroit l’arme ordinaire
de ceux qui chailoient la groffe bête. II y avoir
dans iCs armées Grecques &: Romaines des cava-
liers zçptlés contarii J qui portoient pour armes
de jet ces epieux.
Lorsqu cm a;oiitoi;^à la pointe àii contus un
croc , c croit alors 1 infirument des bateliers ,
contas nautarum.
-* A^ntiqiiités ^ Tome IL
C O N 201
fOn voit foavent fur les marbres antiques , des
chaleurs armés d’épieux ^ dont le dard reffemble
à celui d’une lance ^ & eft renflé dans fon milieu j
lis portoient quelquefois ces épieux renverfés.
CONVENTUS , affemblée du peuple d’une
province Romaine J indiquée par le ProconfuI ou
le Propréteur à certain jour St dans certaine ville
de la Province. Dans ces cotzventas , les Magiftrats
publioient les Ordonnances du peuple Romain ou
des Empereurs:, & rendoient la juftice fans ap-
pel. Sicalorum civitatibus Syraeufas , dit Tite-
Live ( XXXI. 2ç). ) , aut Meffanam , aut Lilyb&iim
irtdicitar conciliam a Rr&tore Romano , convezitas
agitar : eo imperio evocati conveniunt. Les Magif-
trats tenoient ordinairement les conventus pendant
1 hiver , parce que la rigueur de la faifon fufpen-
dant les opérations militaires j ils quittoient les
camps , &■ parcouroient les provinces pour j
-.tendre la juftice : Exercitum per légat os in hy berna,
dedaxit. ( Hiri. Bell- Gall. viii. éff. ) Paucos ipfe
dies in provincia 'moratus , cam celeriter omnes
conventas percucurriffet , pùblicas controverfias co-
gnoviffet , tandem ad legiones in Belgium fe re-
cuit.
CONVIVATOR , celui qui donne un repas.
Horace dit ( Sat. il, 8- j}. ) :
Sed convivatoris , uti ducis ^ ingéniant res
Adverfs, izudare folent ^ celare fecundk.
CONVIVE. Dans les jrepas des Romains^ il y
avoir des convives , des ombres & des parafitesj
les derniers étoient appelés ou tolérés par le maî-
tre de la maifon. Les ombres étoient amenés par
les convives. Tels étoient chez Nafidiénus , Ba-
latro & V ibidius , quos Mxcenas addaxerat ambras.
On leur deftinoitle dernier des trois lits , c’eft à-
dire , celui qui étoit à la gauche du lit milieu.
Ksyer Lit de table.
hzs convives fe rendoient^u repas à la fortie
du bain ^ avec une robe deftinée uniquement
aux felHns & qu’ils appeloient veffs canatoria ,
triçlinaria, convivalis : elle étoit ^ pour le plus
fouvent;, blanche , fur-tout dans’ les jours de fo-
kmnité. C’étoit chez les Romains ,, comme chez
les Orientaux J une indiferérion puniffablc de fe
préfenter dans la falie du feftin fans cette robe.
Cicéron fait ffin Vatin. c. I2. ) un crime à Vati-
nius d’y être venu en habit de deuil , atratus
quoique le repas fe donnât à i’occafîon d'une cé-
rémonie funèbre. Capitolin raconte que Maximin
le-fils^ encore jeune J ayant été invité à la table
de l’Empereur Alexandre Sévèrç n’ayant point
d’habit de table , on lui en donna un dé la garde-
robe de l’Empereur. Cet habit étoit une cfpèce de
draperie légère , comme il paroît fur les bas-
reliefs, & qui étoit un peu plus longue que ic
palliam des Grecs. Martial reproche à Lufeus
C q.
202 C O N
d’en avoir plus d’une fois emporté chez lui deux
au-’iieu d‘un , de ia maifon où il avoir foupé.
On détachoiî ordinairement les fouliers des
convives , on leur lavoit Se. parfiimoit les pies
quand ils venoient pren 're leurs places fur les lits
qui leur étoient deftinés. Cet ufage avoir pour
objet de ne pas expofer à la boue &: à la pouf-
fîère les étoffes précieaies dont ces lits étoient
couverts.
Mais une chofe qui paroîtra ici fort bizarre,
c’efl que long-temps même après le fiècle d’.Aii-
guile , ce n’étoit point encore la mode que l’on
fournît des ferviettes aux convives , ils en appor-
îoient de chez eux.
Tout le monde étant rangé fuivant l’ordre
établi par un maître des cérémonies , prépofé à
robfervation de cet ordre , on apportoit des
xoupes qu’on plaçoit devant chaque convive. Sué-
tone, dit qu’un Seigneur de la Cour de Claude
ayant été foupçonné d’avoir volé la coupe d’or
qu’on lui avoir fervie , fut encore invité pour le
lendemain ; mais qu’au lieu d’une coupe d'or ,
telle qu’on en préfentoit aux autres convives , on
Ee lui fen it qu’un vafe de terre.
Après la dillribution des coupes , on apportoft
le premier fervice du repas. Dans les grandes
fêtes J lesefclaves , ceux de la maifon & ceux que
les particuliers avoient amenés, qui demeuroient
debout aux pieds de leurs maîtres , étoient cou-
ronnés de fleurs & de verdures , ainfl que les con-
vives , & il n’y avoir rien alors qui n’infpirât la
joie.
Quand un amd, un parent , un voifin n’avoit
pu venir à un repas où il avoir été invité , on lui
en envoyoit des portions j & c’eft ce qui s’appe-
îoit parus mittere, ou de mensa mittere.
Pendant le repas , les convives avoient coutume
de boire à la fanté des uns & des autres,, de fe
préfenter la coupe , & de faire des fouhaits pour
le bonheur de leurs amis. La coupe palToit de
main en main depuis la première place juihu’à la
derni-ère. Juvénal dit*que rarement les riches fai-
foient cct honneur aux pauvres , & que les pau-
vres n’auroient pas été bien venus à prendre cette
liberté avec les riches. C'étoit néanmoins , au
rapport de Varron, un engagement indifpenfable
pour tous les convives , lorfque pour conferver
l’ancien ufage on avoir élu un Roi. Koyep Roi du
FfSTIN.
.Au moment que les convives étoient près de fe
réparer, ils terminoient la fête par des libations
& par des vœux pour la profpérité de leur hôte
& pour celle de l’Empereur.
Enfin les convives , en prenant congé de leur
hcre , recevoienr de lui de petits préfens , qui
étoient appelés apopkoreta. Entre les exemples
que nous en fournit l’Hiftoire, celai de Cléopâ-
tre efl: d’une prodigalité fingulière. Après avoir
fait an fuperbe feflin à Marc- .Antoine & àfes Offi-
ciers dans k Cilicie ^ elle leur doniu les lits avec
C O N
leurs couvertures , les vafes d’or d’argent , les
différentes coupes qui avoient paru devant chacua
d’eux , avec tout ce qui avoit fervi au repas. Elle
y ajouta encore des litières pour les reporter chez
eux , avec les porteurs rrrême , & des efclaves
noirs pour les reconduire avec dés flambeaux.
( Athen. iv: ) Les Empereurs Vérus & Elagabale
imitèrent Cléopâtre j mais ils n’ont depuis été
im-ités par perfonne. ( Cet article a été extrait des
Mém. de C Acad- des Belles-hettres , 7. pag.
par le Chevalier de Jaucourt. j,
CONVOI funèbre. Tranfport d’un corps de la
m.aifon au lieu de fa fépulture. Chez les Grecs &:
les Romains , après que le corps avoit été gardé
le temps convenable , qui étoit communément de
fept jours , un Hérault annonçoit le convoi à peu-
près en ces termes : « Ceux qui voudront aflifter
w aux obsèques de Titus , fils de Lucius , font
» avertis qu’il efl: temps d’y aller } on emporte le
» corps hors de la maifon. Les parens & ies
amis s’afTembîoient ; ils étoient quelquefois ac-
compagnés du peuple , lorfque le mort avoit bien
mérité de la patrie. On portoit les gens de qualité
fur de petits lits appelés litières ( leciies. ) ou
exaphores , ou oclapkores , félon le nombre ae
ceux qui fervoient au tranfport. Les gens du com-
mun étoient placés fur des fandapiies ou ^bran-
cards à quatre porteurs. Le feretram paroît être
le genre , la leclica & la fandapile les efpèces. Les
pmrteurs s’appeloient vefpillones. Le mort avori
le vifage découvert ; on le lui peignoir quelque-
fois : s’il étoit trop difforme, on le couvroit.
Dans les premiers temps le convoi fe làifoit de
nuit. Cette coutume ne dura pas toujours chez
les Romains , & ne fut pas générale chez les an-
ciens. A Sparte, quand les Rois mouroient, des
gens à cheval annonçoient par-tout cet événe-
ment ; les femmes délioient leurs chevelures, &
frappoient nuit & jour des chaudrons, en accom-
pagnant ce bruit de leurs lamentations. Chaque
maifon étoit obligée de mettre un homme & une
femme en deuil. Au lieu de bierre les Spartiates
le fervoient d’un bouclier. Les Athéniens celé-
broient les funérailles avant le lever du folçil- Les
joueurs de flûte précédoierrt le convoi en jouant
l’air lugubre que les Latins appeloienr nmi^
Comme on avoit multiplié à l’excès le nombre
ces joueurs de flûte , il fut reftreint à dix j ik
étoient entremêlés de faltimbanques qui geiticu-
loient & danfoîent d’une manière exagérée; mais
cela ne fe pratiquoit que pour les convois de gens
aifés, & dont la vie avoit été heureufe._^ Cette
marche étoit éclairée de flambeaux Se de cierges»
les pauvres allumoient feulement des branches
d’arbres rélîneux. Onfaifoit accompagner le mort
des marques de fes dignités & de fes exploits ; n
y étoit liîi-même repréfenté en erre au milie" de
fes aïeux, dont on portoit les images en bufte nut
de longues piques t ces images étoient tirées pous
C O O
Gct effet ds la falle d entrcCj & on les y repîacoit
eriiaite. Si ic mort avoir commandé les armees ^
les Icgions formoient Je co.-ivoi ; elles y portoient
leiirs armes renverfées j es liéleurs y portoient
de même les raifceaux s les affranchis fuivoient
couverts d un voile de laine blanc ; les fils ou-
Vioient \c coarvoi , & avoienr Je vifage voilé. Les
nlies y afîiftoienr les pieds nuds & les cheveux
epars. Chez les Grecs , les honrimes & les femmes
portoient des couronnes dans ies convois.
_La couleur des habits deiiines pour les funé-
railles a varie ; tantôt on les porta noirs & tantôt
blancs. Qaeiquefois on fe déchiroit le vifage &
ia poitrine.^ On louoit des pieureufes qui fon-
doîent en urmes en chantant les louanges du
rnort ; elles s arrachaient aufîi les cheveux , ou
elies les coupoienr & les jetoient fur la poitrine
du mort. Lorfque'ie corps étoic porté fur un char ^
ôn coupoit la crinière des, chevaux. Quand -la
douleur croit violente, on iniultoirles Dieux , on
iançoit des pierres contre les temples, on renver-
fo!t les autels , on jetait les Dieux Lares dans la
rue. A Rome, fi le défunt étoit an homme im-
porta't , le convoi fe rendoit d’abord aux roftresj
on 1 expofoît à la vue du pieupJe ; fon fils (s il en
avoir un qui fut en âge ) Je haranguoit, entouré
des images de fes aïeux, à qui on rendoit des
honneurs rres-capables d’exciter la jeuneffe à en
niérirer de pareils : de là on alloit au lieu de la
fépulruie. Koyfj Sépulture, Funérailles,
APOTHEOSE.
CONUS , cimier du calque. Uoye^ Casque.
COOPTATION , manière extraordinaire dont
quelques corps peuvent s’aflocier des membres
qui nont pas été deftmés dès leur jeuneffe, ou
qui. n ont pas ies conditions néceffaires à cette af-
Augures , les Pontifes Romains fe
choififfoient quelquefois des collègues par coop-
îütion.
Oa lit fur des médailles de Néron : $ac:ektoos
COOFTatUS IN OMNC CONLegium SVFRA NVMerum
SX senatûs confulto.
COP A , cabarerière. Ce mot vient de canpona,
G ou on a fait caupa^ & de celui-ci copa , comme
cluda de clauda.
COPÆ , dans la Bœotie.
^ Cette ville a fait frapper quelques médailles im-
penales grecques , félon Kardouin.
COP
203
COPH , -)
COPPA, f K, ou 9.
Dans le temps où le K étoic d'un ufage général
ans toute la Grece , les Doriens qui habitoient
Corinthe , Coicyre Crotone & Syraeufe , em-
pmyoïent encore fur leurs médailles le 9 à la place
tir T ^ été rangé, avec
an ” ^ Doâeur Norton , parmi les plus
anciennes lettres de l’alphabet grec. Il fe trouve
[ E®™' lettres des Étrufques , defeendus des
I Leiasges 5 & les Latins en firent le Q. On vo-t le
I pîiis ancie.nnes médiiiles de Co-
j rinthej fur un vafe de terre cuite confervé à Ca-
j ia precieufe collection de M. le Prince
de hilcari. On le trouve aufïi parmi lés caractères
puniqaes , avec :a puiffance du Q. Le copk a te-
noit vraifembiabiement au dialecte des anciens
Doriens.
C0PHIN03 , mefure des, liquides do.'it on fe
fervoit dans l’.4fie 8c dans l’Egypte.
Edc valoir ( félon .M. Pauclon , dans fa Méfo-
logie ) en mefure de France, 8 pintes •& Elle
valoir en mefures anciennes des mêmes" pays.
I f hm , t / »
Ou Z I piloc ,
Ouafgomor,
Ou 5 conges facrès ,
Ou 4 f cab.
Ou é matés ,
Ou ç) chénices ,
Ou 18 log.
Ou 36 mines.
CuPHINOS, mefure pour les grans de i’.41Ie
oC de i Egypte. Plie valoir {Métrologie de M. Pnuc-
ru ^ T boiffeau.
Llle yaioîten meiures anciennes des mêmes pays,
I f hin , dades , ^
Ou 2 I piloc ,
Ou 2 i gomor.
Ou 3 conges facrès.
Ou 4 f cab.
Ou 6 marès ,
Ou 9 chénices.
Ou 18 iog.
Ou 36 hémines.
COPHTE.
COPHTE. I ^ _
COPHTIQUE. f Copte.
COPIA , en It.alie Copia , & depuis Th.urU.
Les m.édaiiles autonomes de cette viiie font :
RR R. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Leur type ordinaire eft une corne d’abon-
dance.
Certe ville a fait frapper une méd,aii!e latine
avec fa légende COxS>ia, en l’honneur de Céfar
&_ d’Augufte , difoit Vaillant 5 mais on efi con-
vaincu aujourd’hui que cette médaille appartient
à Lyon.
^ Ocpi.4. On lit ce mot pour légende au revers
_d une médaillé de Colonie qui porte les têtes de
Céfar & d’Augufte , fans nom de lieu. Vaillant a
interprété ce mot Copia^ 1°. par magajin militaire
orfenal. 2°. II a lu c. o. p. r. A. ,
C ell-à-aire , Colonia Otlavianorum Pacenfis Julia
Aagufu, qui défigne Fréjus. Mais la Colonie de
Lyon portoiî auffi le titre Copia ; il Eiut donc ea
C C ij
204 COP
donner une explication générale. La première Te-
roit donc la bonne , & délîgneroit Lyon comme
le magalîn des armées Romaines dans les Gaules.
COPIÆ. Ce mot étoit quelquefois fynonyme
de annona & de commeatus . 11 défignoit alors ou
des convois militaires ou des magaiins de bouche
pour les troupes, ou enfin des arfenaux.
COPURIUS , étapier.
^ épée recourbée^ fabre, tels qu’en
portoient les Gaulois & les Perfes.
COPONIA , famille Romaine, dont on a des
médailles :
RRR. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
ionnf'} ^ ÉPISÉMES.
COPPATIÆ , chevaux marqués à la cuifle
d’un ç , coph ou coppa. On voit fur une em-
preinte, dans la colleélion de Stofeh , un bœuf
qui eft marqué d’un ç fur la cuifle gauche de
derrière.
COPTAy efpèce de pain ou de gâteau extraor-
dinairement dur , que l’on apportoit de Rhodes à
Rome. Martial en parle (^xir. 68.):
Peccar.ils famuli pugno tze percute dent es :
Clara R/iodos coptam , quam tihi mift ,edat.
Alexandre de Trailes ( i. ) dit que la capta
étoit faite avec des amandes, des noix nouvelles
C cerneaux) , des raiüns lècs & des pignons : c’elt
le nougat des Provenceaiix ; car Oribafe ( lib.
medicaminum ) lui donne le miel pour bafe.
COPTE K
COPTIQUE ) langue copte eft un mélange
de l’ancienne langue égyptienne, & densots grecs
qui s’y font gliiïcs pea-à-peu, après que cette na-
tion fe fut rendue maîtreffe de ce pays. Nous
pouvons expliquer par cette langue prefque tous
les anciens noms égyptiens , & la plupart des
étymologies égyptiennes qu’on trouve dans Hé-
rodote , Diodore de Sicile , Plutarque , & dans
d’autres Auteurs anciens 5 elle offre un des prin-
cioaux fecours pour les antiquités de ce pays , qui
efi le berceau de pliifieurs Aits , de la plupart des
fciences, & prefque de toutes les.fuperftitions.
On a cru affez généralement que l’ancienne,
langue égyptienne reiTembloit à l’hébreu 8c à fes
dialeéles , le fyriaque , le chaldéen , le phénicien ,
l’arabe, l’éthiopien; mais cette idée eft entière-
ment fàuffe ; elle eft fondée d’abord fur la chimé-
rique prétention , manifeftement démentie par
l’expérience, que toutes les langues anciennes
COP
doivent être dérivées plus ou moins de l’hébreu '
& enfuite fur quelques mots qui font les mêmes
dans l’hébreu & dans le copte ; quoique d’ailleurs
le fonds & les racines de ces deux langues foient
totalement différens. On n’i pas fait attention
qu’il y a plus de mots qu’on ne penfe qui font du
nombre de ceux que les Grammairiens appellent
formés par Onomatopée , qui doivent naturelle-
ment fe reîTembler dans prefque toutes les lan-
gues, & qu’il y a aiifti plufîeurs noms, fur-tout
d’animaux & de plantes , qui font les mêmes dans
routes les langues , parce que ces animaux & ces
plantes ont confervé dans les autres langues les
noms qu’ils avoient dans les pays d’où ils étoient
originaires. Bochart étoit autii imbu de ce pré-
jugé , de l’affinité de l’égyptien avec l’hébreu ;
d’après cela , on peut hardiment décider qu’il a
peu connu la langue copte , quoiqu’il la cite
beaucoup.
Ce font encore quelques mots qui fe font trou-
vés les mêmes dans l’égyptien & l’arménien , qui
ont fait croire à Acoluthus que la langue armé-
nienne étoit le meilleur moyen d’expliquer l’an-
cienne langue d egypte. Mais après ce que plu-
fieurs .Auteurs, & fur-tout le Profeffeur Schroeder,
ont publié fur la langue arménienne, nous forâ-
mes en état de juger que cette prétendue décou-
verte d’Acoluthus doit être mifeau nombre de fes
rêveries. J’ai trouvé fur cette conjecture plufieurs
lettres très- curieufes dans le Commerce épiftolaire,
manuferit de Ludolf , Piques & Acoluthus , qui
eft à la bibliothèque publique de Francfort-fur-
le-ùlein.
Il y a dans l’alphabet copte , à côté des carac-
tères grecs, quelques autres qui font étrangers,
dont la prononciation n’eft pas bien certaine, &
que j’aurois pris pour des caraétères de l’ancien
alphabet égyptien , fi je ne les trouvois diftérens
de ces fragmens d’écriture courante, ou épiftolo-
grapkique égyptienne , que le Comte de Caylus
a publiés , & qui pourront peut-être ( fur;tout
quand on aura plus de pièces de comparaifon )
être expliqués par le fecours de la langue copte-
Théodorus Petræus , Scaliger , Renaudot ,
Piques , Hountington , Bernhard ont eu connoif-
fance de cette langue. Guillaume Bonjour , de
Touloufe, a publié plufieurs brochures qui prou-
vent qu’il y étoit verfé. Saumaife ne l’a pas négli-
gée , à ce qu’on voit par fes ouvr.iges , fur-tout
par fes années climaàériques. Jacques Rocher,
Profeffeur à Berne , l’a parfaitement connue , &
en a donné des preuves dans fa Dijfertadon far le
Dieu Cneph, ioférée dans le fécond volume des
Mifcellanea Obferv. de d’Orvîlle.
Kircher a publié , d’après des Auteurs Arabes,
une grammaire & un diéiionnaire coptes ; 1 igno-
rance & la fraude y paroifîént à chaque page ce
font cependant des monumens qu’il faut eoniU.-
ter, en tâchant de féparer foigneuferi',ent ce que
cet Auteur , dont on a découvert -quantité de
COP
fourberies lûtéraires , petites & miférables , a
ajouLe ae fa mauvaife tête aux originaux qu'i! a
donnes au jour 5 il faut aufli toujours comparer
la tpduttion Arabe qui eft jointe ^ parce qurii l'a
quelquefois mal entendue.
^ Gotholf Blumberg publia en lyiô,
a Leipnck , une grammaire copte , mieux faite
que celle o-e Kircher, & promit un diftionnaire
«e cette langue.
\eyffière de Ja Croze favoit le copte à fond J
& en a fait un diêlionnaire, dont les manufcrits
doiyent fe trouvera Berlin & à Leyde. On voit
ouvrage & des fecours dont il
s eit fervi ^ dans la cinquième claffe de la Biâ/io-
theque de Bremen.
Paui Erneil Jablonski en a profité , & a pareil-
lement employé cette langue j qu'il favoit très-
bien, pour expliquer les antiquités égyptiennes ,
fur lefquelles il a publié les meilleurs ouvrages.
11 a prouvé , par les manufcrits d Oxfort , qu’il
F. a eu différens dialeéles dans la haute & baffe
Egypte. Dufour de Longueville en avoir aaffi
parle dans fon Traité fur les Époques des anciens. \\
paroît que la différence de ces^dialedes n’a pas
Ci-c fort confidérable , & a principalement eu lieu
dans la prononciation.
J ai, avec Je fecours des imprimés coptes ^ &
de piufieurs manufcrits des bibliothèques de Paris ,
compofé un diélionnaire de cette langue ÿ j’ai cité
par-tout mes autorités , & me fuis appliqué à rap-
procher à chaque^ mot copte les anciens no-ms
Egyptiens, fur lefqaels je croyois pouvoir, par
jeter quelque lumière. J’ai toujours eu
I idee d en publier un abrégé j mais l’exécution
de cet ouvrage, qui ne peut avoir que très-peu
® ^tnateurs , quoiqu il ne paroilîè pas être fans
? fouffert juiqu’ici de grandes difficultés j
s il voit jamais le jour , il prouvera évidemment
que les racines de 1 ancienne langue égyptienne ne
font, pour la plupart , que des monofyllabes, &
n’ont aucune affinité avec quelqu’aurre langue
connue que ce foit. On y trouvera encore quan-
tités de l'eroes redoubles. On verra une langue
dont la marche & ja fyntaxe font extrêmement
Emples , & fort differentes du ftyle métaphorique
«rientai.
Les principaux ouvrages coptes imorimés'font,
®uîre ceux donc je viens de parler", la verSon
copte du N. T ^que DavidiWiikins publia en An-
gleterre ; ce meme Auteur a auffi mis au jour le
xentateuqae copte , qui eft une traduétion d'une
ve-riion grecque.
On a dans plufieurs bibliothèques la traduétion
eopte de preique tous les livres "du V. T. , & de
quelques ouvrages des premiers pères. On a plu-
neurs dîcnonnaîres coptes , grecs & arabes. Quel-
ques litanies, & des ouvrages mvftiques. Tous
ces manufcrits peuvent probablement être de quel-
que jjtilite pour l’hHloire Eccléfiairique , & fe-
ïons, certainement d un grand fecours pour la eoa-
C O Q 205
neîffance de la langue & de rantiquité égyp-
tiennes. ( Cet article efi-i de Itl. de Schmidt de
Roffdn. ).
^^Ét-iption de l’Égypte , par M. Maillet,
( redigee par M. l’Abbé Mafcrier , in-iz. z vol.
^74^3 ^ Paris, chez Rollin fils) l’Auteur obferve
que 1 on donne le nom de Coptes aux Egyptiens
naturels, c elt^^à-dire , à ceux qui habitèrent an-
aeoEement 1 iagypte , ou à ceux qui en font iffiis.
Les peuples qui l’habitent aujourd'hui font les
Maures, les Arabes, les Turcs, Tes Grecs, les
Juifs , Jes Arméniens , les Syriens, les Maronites
& les Francs : il y refie très-peu de vrais Coptes
Ion en compte tout au plus trente mille, parce
que ce peuple ayant^ été un des premiers qui
adopta la religion chrétienne, les Empereurs Ro-
mains payens s’occupèrent du foin de perfécu-
ter & de faire martyrifer les Coptes. Dans la fuite
les Emoereurs chrétiens dérruifirent les Coptes ^
fous prétexte qu’ils fuivoient 1 hérélîe de Diof-
core , patriarche d’Alexandrie. L’on obferve que’
les Coptes de ce fiècle fuivent encore le fyftême
de Diofeore. il ne relie aujourd’hui de vraies fa-
milles Coptes que dans les campagnes voihnes des
déferts , & dans quelques villages 5 mars tous ces
pieuples n’entendent pas la langue copte. Les Turcs
perfécutoient les Coptes , il les nommoient fé-
laques , c eil-à-dire , vilains villageois , termes
affez connus dans nos barbares loix des fiefs. Les
Turcs croyoient etre néceSîtés à réduire ces
villageois dans la plus affreufe fervitude, parce
que les Mahométans font moins nombreux &
moins vigoureux ,que les peuples qui habitent les
campagnes de l’Egy'pte. ,AIy-Bey , après s’être
érigé en Souverain de l’Egypte , fuivit une poli-
tiq-ue différente-
COPTOS , dans i’Êgypte KonTHroN.
_ Cette ville a fait frapper des m.édai!Ies Impé-
nales grecques en l’honrleur de Trajan & d’Ha-
drien-
COQ.^ Cét animal fiit contacté à Mars par les
Grecs , à caufe de fon ardeur pour les combats-
De-la vint que l’on trouva dans fon chant des
pronoftics de viéloire ou de défaite. Pendant que
l’on faifoit an ficrifice à Trophon.ms, peu de jours
avant la bataille de Leuêlres , les coqs ne cef-
sèrenc de chanter; ce qui fat pris par les Thébains
pour_un ligne affuré de !a grande vrcloire qu'ris
dévoient remporter fur les Lacédémoniens.
Les anciens firent du coq le fymbole du cou-
rage & de la valeur: de-là, dit Paufanias,. le ccq-
qui futmpnte le eafque de Minerve dans la cita-
delle d’Élis. « Les hommes qui tirent parti de;
“ tout , dit M. de Buffon , ont bien fii mettre en-
oeuvre cette ant.îparhia mvincible que la- Nature
33 a établie entre un coq & ’un coa iis ont cultive
33 cette h-ame innée avec tant d’art, que lès com-
33- bats de deux oifeaux de bafle-courTonî devenu-s
33 des fgsétaclea digises d’ÎEctèreljex Js eufiofiBé-
20^ COQ
« des peuples , même des peuples polis ; & en
” même-temps des moye^ns de développer ou en-
” tretenir dans les âmes cette precieule K-rocite j
“ qui eft . dic-on , le germe de i heroifme
» Çf était autrefois la folie des Rhodiens , des
» Tanagriens , de ceux de Pergame » Une
allufion que fit Thémiftocie .à ces combats, &
par laquelle il releva le courage des Athéniens,
fit infiituer par ces derniers une efpèce de fête.
Elle le céléb’roit tous les ans par des combats de
coqs , & les jeunes gens étoient obligés d'y alTif-
ter. il ne faut donc pas être étonné de voir fur un
médaillon d’Athènes un coq orné d'une palme.
Ces fortes de fpeclacles pifsèrent des Grecs aux
Romains j car nous apprenons d'Hérodien^ que
Caracaüa & Géta prenoienr plaifir a. y 'afldfer.
{Pierres gravées du Ùuc d’ Orléans , p. ^7^' i .
On voir un combat de coqs fut les medadles
des Dardaniens j & les pierres gravées- portent
fouvent le même type. L Amour préfiûe quelque-
fois à ces combats, (. Colltcc, de Stofch. ile clajfe.
) fouvent aufii ils fe font en
préfence du Dieu Terme j & les palmes dedimes
au vainqueur font attachées à fon piedelbl. Eiien
parle de Poliarchus Far. kifi. vi^i. 4. ) qui fai
fok à fes coqs chéris des funérailles publiques ,
& leur élevoit des monumens avec des épi-
Le coq étoit confacré à Minerve & a Bellone. '
On voit un facrifice de coq oÆ.rt à cette dernière
D.viiiité, fur un marnre de la Vida Aibani, pu-
blié dans les Ttioaumenti de Winckelmann , au
n°. 29.
La vigilance qu’exigeoit l’emploi de meiTager
des Dieux , rit fans doute confacrer le meme
animal à Mercure , & il l'accompagne fouvent fur
les marbres.
Efculape voyoit aulTi immoler la coq fur fes au-
tels, fans que l'on en facile la raifon. C'etoit le
facrifice des convalefcens ; & c’étoit fan': doute
une manière de parier proverbiale , pour défigner
la fia d’une maladie, que d’ordonner le facrir.ee
d’un coq à Efculape. Socrate s'en fervit pour an-
noncer que fa vie mortelle & malheureufe alioit
finir.
Le coq étoit une viétime agréable a la ^ult,
qu’il fatiguoit par fes cris ^ Ovid. Fuji. i. 455. ) .*
Nocie des, Nocll crifiatus csditur aies ,
Qubd tepidum vlgili provocat ore ditm.
On l'immoloic aux Lares chez les Romains ,
peut-être comme fils de Mercure ( Juven. Sat.
xtii. 2-33.)-'
i Larlhus crlflam promittere Galli.
L’origine fabuleufe du cdq eft racontée au mot
Alectryon, & fon ufage pour les divinations
3 Èslui d’AlECTRIOMANTiE.
COR
Coqs ( on voit un ou plufieurs ) fur les mé-
dailles de Caleno , d’Himére , de Sueffa , de
T^anum , de Dardanus , d'Ithaque.
Les anciens fe nourrif-
COQülLLEb. 3
foient , comme nous, des animaux renfermés
dans \es coquilles ,tt\s les moules, les huîtres,
8cc. Les Romains créèrent Part de les engraüTer
& de les faire parquer. Pline ( ix. 36. ) aconte ,
a après Varron , que Fulvius Hirpinus en fut l’in-
venteur peu de temps avant la guerre civile de
Pompée ; qu’il les engrailîoit avec du vin cuit en
confiftance de miel , fapâ , & avec ui.e efpèce de
gâteau ou de ^zie., farre.
cc Le Comte de Gaylus , ^parlant d’un monu-
ment Égyptien, {n°. \.pi. vi au lU tome) dit
qu’il eft exécuté fur une coquille qu en prend au
premier coup-d’œil pour une cornaline , dont la
couleur feroit , à la ver. te , un peu tauffe. Cette
coquille eft connue fous le nom de F in.ie- Marine.
On la' trouve fréquemment fur les côtes d Italie 8c
de la biciie. En difant que l'ouvrage eft exécuté
fur une coquille , c’eft dire affez qu il eft travaillé
fans beaucoup de peine. Cette gravure nous prou-
ve que dans tous les temps les hornmes orit cher-
ché à épargner la fatigue , ou plutôt la dépenfe ,
%ou à tromper d’autres hommes moins inftruits.
Elle nous prouve encore que les anciens ont em-
ployé plus d une lotte de coquilles po'ur imiter les
pierres. Il me lembie que 1 on n avo t point en-
core parlé de cette efpece , & qu on ne esnnoif-
foit que les camées faits fur des coqui les , ap-
pelées , porcelaines & cames , dont on fe
fervoit anciennement , ainfi que l on fait de nos
jours , pour contrefaire les agates-onyx de deux
couleurs , de quelauefois de trois. «
Une rovüi/A fur les médaillés de Tp eft l’em-
blëme de la pourpre 1 yrienne ; lut d autres mé-
daillés elle eft celui de Vénus. On la voit fur les
médailles de farente, de Cume , de Pyrnus, &c.
COR , chômer , mefure des folides de l’Afie &
•del’Egvpte. Elle valoit , félon la Métrologie de
M. Pauaon , en mefures de France, 25 boiiTeaux
Llle valoit , en mefures anciennes , 2,
léthec , '
Ou -2 f caphizos ,
Ou 5 væba des Arabes,
Ou 6 médimnes de Salamine, _
Ou 6 f medimnes de Paphos & de Sicile >
Ou 10 éphap ,
Ou If métrétès, •
Ou 20 fephel ,
Ou 30 modios. ^
Cor. chômer, mefure des liquides de 1 Aflc
& de l’Égypte. Elle valoit , fe on la MérrOiOgie
de M. Pauélon , en mefures de France ,538 Pjutes
& Elle valoit, en mefures anciennes des memes
pays , 2 léthec ,
Ou 2 T caphizos J
COR
Oa f væba des Arabes ,
Ou lO éphap ,
Ou 15 métrétès.
Ou 20 fephel ,
Ou 30 modios ,
Ou 7Z0 iog.
Cor. Voyei Buccîna ; c’étoit le même inf-
îrumenr. Et voye:^ Cornet.
CORA. f^oyei CoRÉES.
CORAcfdüES,} Miniftres & fêtes de Mi-
thras. f^oyei Mythryaques.
CORACESIUM, dans la Cilicie^ kopAkh-
cmTiiN.
Cette ville a fait frapper des médailles Impé-
riales grecques en l’honneur d’Hadrien.
CORACINUS color , couleur de corbeau. Les
anciens délîgnoient par ces mots un noir-brun ,
tel que celui de la toifon des brebis noires. Stra-
bon ( iil. ) appelle Ksf-alà les laines d’Efpagnej
que Pline dit être célèbres par leur couleur noire ^
( Y/77. 48. ) Hifpania nigri velleris pr&cipuas ha-
bet. Cette couleur noir-brun j telle-que celle des
cheveux noirs , doit être diflinguce du color
■pulliLs,
CORACIUS. Voye:^ Antron.
ou fêtes qui
étoient inlli-
KOPAIA , ■> -
. COREES , A
tuées en l’honneur de Proferpine. II en eft fait
mention fur des médailles de Caracalla & de Va-
îérien , frappées à Sardes & à Tarfe ^ publiées
par Peüerin.
Cette Divinité "étoit appelée Km», vierge , &
par corruption Kfipà , d’où les Romains firent
COR A , comme on le voit dans une infeription
publiée par Gruter ( pag, 309. i. 3. ). On lit fur
des médaillons & des médasles de Sicile le mot
KOPAS à côté d’une tête de femme couverte d’un
«afque-
CORAIL. Les anciens faifoient beaucoup de *
cas du corail rouge , auquel ils attribuoient la
propriété d etre un excellent contrepoifon.' L’Au-
teur du Poëme fur les Pierres, attribué fauffement
2 Orphée, a chanté la plante-pierre, ,
c eil-à dire , le corail , que i’on croyoit être une
plante , même au commencement de ce fîêcle.
Ovide dit , dans fes Aîêtamorphofes , que Per-
fée ayant caché la tête de Médufe fous des plan-
tes de corail , ces plantes furent pétrifiées par la
vertu de cette redoutable tête, & teintes ertrouge
par le fang qu’elle répandoit.
_ Le corail etoit compté parmi les pierres pré-
commerce des anciens , qui le
P^-hoîent dans le golfe Perfique , dans la mer
rouge , fur jes côtes dTAfrique, de Sicile & de |
Kapk. Les Egyptiens ea fomniUbient. une grande t
COR
207
quantité. Les Gauloîsfj; P/in. xxxit. a.) aimoienc
a en garnir leurs épées, leurs boucliers & leurs
carqpes. C’eâ encore à Marfeille que fs voit la
fabrique de corail la plus confidérable de l’Eu-
rope.
“ Le travail de cette tête de Médufe , dit le
Comte de Caylus il. _pl 87. n. 3. ) eft aufiî
mauvais que groflier , & je ne lui aurois point
donné place^ dans ce Recueil fi elle n’étoit de
corcil .- matière affez rarament employée fsr les
anciens. U n eft pas facile de déterminer le pays
ou elle a été fabriquée. Je croirois qu’on doit
1 attribuer^ a quelque Colonie Romaine. Le goût
des Romains s’étendoit avec leur empire. On imi-
toit dans les provinces les Arts qui régnoient à
Rome j & ces Arts, traités chez les nations bar-
bares , & par des ouvriers ignorons, perdorent
leurs grâces & leur beauté. Il y a cependant une
forte de recherche dans cette mauvaife tête j car
les yeux font incruftés & formés par une matière
blanche , qui peut avoir été tirée d’un coquillage.
Le trou qu’on aperçoit dans les moulures de
l’ornement qui termine le col/ me détermine à
mettre ce monument au rang des Amulettes. H a
un pouce f de hauteur, 13 lignes de largeut.^:»
On voit dans le cabinet de Ste Geneviève une
tête de dragon ou de ferpent agato-démon, ap-
portée d’Egypte , qui eft de corail , & dont les
dimenfions font un peu plus foibles que celle de
la précédente.
CORBEAU, oifeau eornheré à Apollon , parce
qu’on croyoit qu’il avoir un inftioél naturel pour
prédire 1 avenir. Ovide dit que le corbeau étoir
autrefois plus blanc que les colombes èc les
cygnes j mais qu’il fat puni d’avoir trop parié „
en perdant fa blancheur. Voyer;^ CoRONis , mère
d’Efculape. •
Les anciens tîroient fouvent des pronoffics du
croalîemcnt des corbeaux. Les Grecs en augurè-
rent la mort d'Alexandre, parce qu’on rentendit
lorfque ce Roi faifoit fon entrée dans Babylone.
Valère-Maxime & Pline rac^.tent plufieurs^xem-
ples de ce fatal augure 5 mSs le plus célèKe eft:
celui de Cicéron, ( Val. Max. i. y. ) dont un:
corbeau s’acharna à mordre la toge, au moment
où arrivoit l’efelave qui l’avertifibit de la venue
des aftaftlns. On trouve dans Pline la defcriptioiï
d’un corbeau qui , fous le règne de Tibère, mé-
rita la bienveillance da peuple Romain ,, par fon
affiduité à fe pofer fur les roftres, par fon babil
&■ fes falurs. Le peuple lui fit des funérailles pom-
peufes, & dépofa fes cendres fur le bord de ia
voie Appiénne.
Les Alexandrihs regardoient le corbeau, comnse;
un manger délicieux ( Martial., xiii. 85. ).;•
PriP-ceps Niliacis raptris caraclns macsllî&
FeÜA&pri&r t^. gloria mdlcuÿilie^
zc8 COR
Corbeau ( le ) , placé Jiir un coffre, type des
médailles de Patare / ell Fe fymbole d’Apollon ,
Divinité tutélaire de cette ville , comme le coffre
elî l’emblème de fon nom , n«r«fî( , cgffre. On
voit aufii le corbeau pofé fouvent fur le trépied
d’Apollon , ce qui l’a fait appeler par Stace
Theb. iil. Jo6. ) •• Cornes obfcurus tri-podum.
Corbeau , machine de guerre.
Le corbeau démolijfeur confiftoit en une ou deux
pièces de bois arrondies & fort longues , pour
pouvoir atteindre de loin , au bout defquelles
il y avoir des crochets de fer ; elles étoient fuf-
Eendues en équilibre comme les béliers , & on
:s pouffoit contre les crénaux pour les arracher
& les tirer à bas.
Céfar fait mention de cette machine dans fes
Commentaires : il rapporte que les Gaulois, alTiégés
dans Bourges, détournoient les crochets avec lef-
quels on droit les débris de la muraille j & qu’après
les avoir accrochés ils les enlevoient en haut avec
des machines.
Corbeau a grife, c’étoit une efpèce de corbeau
dont les anciens fe fervoient pour enlever les
hommes dans les aifaiits & 'es efcalades.
Corbeau a c -ge. Les anciens fe fervoient de
cette machine pour tranfporter des hommes lut
les murailles & les tours des places qu’ils aflié-
geoient. Vçoye^ Tellexon.
Corbeau double. Ce corbeau conlîftoit en une
groffe poutre , fufpendue par des chaînes de fer à
deux longues pièces de bois , placées fur la mu-
raille J lorfque le bélier venoit à jouer , on levoit
cette poutre en l’air , & on la lailfoit tomber de
travers fur le bélier pour empêcher fon effet. Il y
a un fi grand nombre d’exemples de cette ma-
chine dans les hiftoriens de l’antiquité , que ce
feroit perdre fon temps d’en rapporter d’avan-
tage 1 1^ feule defcription de cette machine fufSt
pour en faire connoitre la conftruélion.
Corbeau a. tenaille. Cette machine confiftoit en
une efpèce de eifeaux dentelés & recourbés en
forme de tenaille ou de deux faucilles oppofées
l’une à l’autre ; on s’en fervoit pour pincer le
bélicr..|^ l’enlever. Ces fortes de corbeaux furent
mis en cÉuvre au fameux liège de Byzance par
l’Empereur Sévère. U y a peu de liège régulier &
de vive force qui foit plus mémorable dans i’hif-
toire , ni qui ait duré plus long-temps. Dion dit
que la ville fut affiégée pendant trois ans , pour
ainfi dire , par les forces de toute la terre , 8c qu’il
y avoir le plus grand nombre de machines qu’on
eût jamais va raffemblées. Ce même Auteur rap-
porte que parmi les machines des alfiégés, il y
avoir des corbeaux à l’extrémité defqueis étoient
des griffes de fer qu’on lançoic contre les alfié-
geans , & qui , s’accrochant à tous ce qui donnoit
prife , l’enlevoit d’une vicelfe fiirprenante.
Corbeau de Duillius-. C’étoit une machine fem-
blâble à la grue donc on fe fert pour élever les
fardeaux ; os corbeau étoit compofé d’ua mâç qui
COR
s’élevolt fur le château de proue , de la hauteur
de quatre brades j ce mât avoir trois palmes de
diamètre , & fetvoit de poinçon pat le haut. La
longue pièce de bois , qu’on appelle le rancker
dans les grues, & qui portoit le corbeau , pefoit
fur le pivot de fer qui étoit au bout du poinçon;
le rancker tournoit aifément de tous les côtés fur
fon pivot , alfuré par le moyen de la fellecte fut
laquelle s’appuyoient les limons; au bout du ran-
cher il y avoir une poulie fur laquelle pafloit la
corde qui portoit le corbeau, dont la figure étoit
en cône ou pyramidale ; il devoir être de fer fondu
& crès-pefant , afin que , tombant de fon propre
poids, lorqu’on lachoit la corde, il perçât le pont
de proue ; mais comme il eût pu fortir par le
même trou qu’il avoir fait en entrant , il y avoir
des crochets de fer mobiles , attachés par des
charnières , afin que le corbeau, ayant crevé le
pont , les crochets fe plialfent , fe rouvrilfent
d’eux-memes , & fe priflent à tous ce qu iis ren-,
contrôlent. Dès qu'un vaiiTeau ainfi armé appro-
choit d’un autre, à la portée de la machine , on
làchoic la corde pour la faire tomber du plus haut
de la longue pièce de bois ; dès que le corbeau
étoit tombé on abattoir le pont , au bout duquel
il y avoir des griffes de fer pour accrocher le
bordage.
CORSES. •)
CORdîTÆ. > Les anciens employoient les
CüiiSirORES. }
hunes ou gables comme les modernes. On voit fur
un jalpe verd du Baron de Stofeh un va.lTeau de
charge fans rames , allant à la voile. Il y a au-
deflus de l’antenne une hune où aboutilfent les
cordages 8c une échelle de cordes. On le recon-
noit pour un des vaiifeaux appelés corbits. , c’eft-
à-dire , bâtimens à hune ; corbis , panier &i hune.
Dans la même colledion on trouve pluficurs au-
tres vaiifeaux avec des hunes.
Dès le temps a Hiéron , Roi de Syraeufe .
( Athcneii r, ) on plaçoic dans les hunes des foldits
qui jetoient furies vaiifeaux ennemis des flèches,
des pierres , 8cc. & des gens chargés d’cxam'.ner
les mouvemens de l’armée ennemie , que l’on ap-
peloit corbitores.
CORBONI , mefure de capacité de l’Afie &
de l’Egypte. Heminh.
CORCYRA , ifle, aujourd’hui Corfou. KOP-?
rCTBAIÛN.
Les médailles autonotnes 4c cette iflç font;
R. en argent.
C. en bronze.
O. en or.
Leurs types ordinaires font :
Pégafe.
Les prétendus jardins d’AiçtnoüS,
Une proue de navire.
Uae üiote.
COR
ÜH tridenc. — Une étoile.
Une tête de bœuf.
Les fiabîtans de cette ifîe ont fait frapper des
medaiiies impériales grecques en fhonneur de
Trajai! , de^M. Aurèie , de Fauiline jeune , de
^ Comiîîode , de. Sévère , de Domna ,
de Fiautîlle ^ de Géra , d'Élagabale j de Sévère ,
de Caracaua , de Lucilie, de Paala ^ de So^mias.
Les Grecs difoient que Corcyru avoir pris fon
nom de la Nymphe Corcyre , fille d’Afopus , que
jN'eptane déshonora dans cetteifle. HomèreCOuV,^)
fnt dire à Nauficaa que les Phéniciens leuis
oioierît Y aborder. On i'appeloit alors Pk&ada.
CORCYRA Isigra, iile j aujourd’hui Curjola.
KOP.
Khcll St Neumann attribuent à Corcyra NIgra ,
contre l’opinion de rellerin , les médailles de
bronze qui portent cette légende avec des attri- -
buts relatifs a Bacchus & à fes compagnons.
_ CORDAGE. C’eft le nom d’une danfe des an- '
ciens, qui érok vive, gaie, fort iafeive, & qu’on
ne danfoit ordinairement que lorfqa’on était ivre.
Meiiriius en parie dans fon orckeftre , & Pétrone
i’a nommée fans expliquer fon caractère. II fait
feulement plaindre Trimalcion de ce qu’on
n avoît point pris fa femme Fortunara pour dan-
fer. Perfonne , dit- il , ne fait pourtant mieux
qu’elle cette danfe que nous appelons' la Cordac-e.
CORDnS- Des cordes ,de nerfs , ou pour parler
plus exactement , de tendons ou de iLgcLtnens . Les
anciens, qui faifoient grand ufage de ces cordes
dans leurs machines de guerre , délignoient en
général les veines, artères tendons, 'ligamens ,
nerfs, par le mot nerf/ 8c ils appeloient corde de
nffs une coriéï filée de ligamens.Ils preferivoient de
choifîr, entre les tendons , ceux des nerfs & des
bœufs 5 & fur ces animaux les tendons les plus
exercés , comme ceux du col dans les bœufs, &
ceux de la jambe du cerf. Mais comme il eft plus
facile de fe pourvoir de ceux-là que de ceux-ci, c’eft
de cetr-e matière qu’on a fait à Paris les premières
cordes de nerfs, fous les ordres & la diredion du
Comte d’Hérouviîle, qui fut engagé dans un grand
nomi^e d’expériences fur cet objet, pour aflurer -
i exactitude^ de fes recherches fur tout ce qui
appartient à l’art militaire. Voici comment ces
cordes ont été-travanlées. On pre.nd chez les bon-
chers 3 les tendons des jambes ^ on les fait tirer le
p_lus entiers & le plus longs qu’il eft podible. Ils fe
tiienr de I animal aflommé , quand il eft encore
chaud. O.n les expofe dans les greniers ; on fait
eniorte qu ils ne foient point expofés au foleil,
de peur ou us ne sèchent trop vite , & qu’ils ne
auiciuent trop. Il ne faut pas non plus aile l’en-
uroit fou humide , & qu’ils pui.ffent fouffrir de la
ge^s en mver ; ces accidens les feroient corrom-
1/ ^ temps propre à prendre pour
1.S ioru trop ftcsrih le
■Anciquttes , lame II,
COR ioçy
peut ; quand iis fontjfc^n frais , on en épure la
grailfe. H faut éviter^R deux extrêmes. Avant
que de les battre, on fépare les deux bouts qui font
trop durs & trop fecs : le relie d’ailleurs s’en divi-
fera plus fticüement, ce qui ne peut arriver quand
on leur lailîe les deux bouts, qui font durs & fecs
comme du bois.
Les outils de cette efpèce de corderie fe rédui-
fent à un marteau- de fer, une pierre & un pei-
gne. Le bloc de pierre doit être un cube, dont la
furface , polie du côté qui doit fervir, ait huit à
dix pouces en quarré. Le înarteau peut pefer «ne
aemi - livre , & le peigne à huit ou dix dents éloi-
gnées les unes des autres d’environ fix lignes , &
toutes dans la même direction. Le ligament ne
doit point être dépouillé de fes membranes ; ou
les bat enfemble jufqu’à ce qu’on s’aperçoive
que la membrane foit entièrement féparée des
fibres. Sept à huit ligamens battus & fortement
liés enfemble , fuâîfenî pour faire une poignée ;
on palTe la poignée dans les dents du peigne : cette
opération en fépare la membrane, ainfi que les
fibres les nnes des autres. Le point le plus impor-
tant dans tout ce qui précède , eft de bien battre,
c eft de-là que dépend la finelTe du nerf. Si le
Berf^n’eft: priS^afTez battu, on a beau le peigner,
on 1 acccurcit en e.n rompant les fibres, fans Je
rendre plus fn. Le feul parti qu’il y ait à prendre
dans ce cas, eft de l’écharpir avec les mains, eu
feparant les fibres des brins qui ont rélîfté au nei-
gne , pour n avoir pas été fufEfamment travaillés
fous le marteau.
Quant au cordelage de cette matière , il n’a
ntn de particulier. On file le nerf comme Je chan-
vre, & on le commet foit en auffière, foit en
grelin. Avant que de fe fervir de ces cordes , il
faut les faire tremper dans l’huile la plus sralîe;
elles font rrès-é!aft'iqiies &z très-fortes. Voici une
expérience dans laquelle le Comte d’Héroiiviile a
comparé les forces d’une corde de chanvre , d'une
Corde de cnn 8c d’une corde de nerf. O-u prie le
-nerf le plus long qu’on put trouver , on le peigna
avec beaucoup de douceur j on en nia du firde
carrer ; on prit î7x bouts de ce fi!, de neuf pieds
chacun ; on les commit au tiers, c’eil-à-dire que
ces neufs preds fe réduhirentà lîxd’.ns le commer-
tage. Cette corde fe trouva de quinze lignes de
circonférence, Sc toat-à-faic fembiable^à une
corde de chanvre très-parfaite, qui avoir fervi à
quelques expériences de Duhamel fur la réfiftance
des cordes , 8c qui avoit éré faite du chanvre d’Ita.
lie le mieux choifi. On tint auffi toute prête une
corde de crin de même poids , & commife au
meme .point^que la corde de nerf, mais qui fo
trouva d.£ dix- huit lignes de circonférence. On
fit roriysre ces cordes^ , & l’on éprouva que la corde
de laer. croit une fois plus forte que celle de crin
8c d un jxieme puisque la corde de chanvre la
pi.is parfaite. La corde de nerf foun'nt 780 livres
avant la rupture. On remarqua qu’en s’alongeaut
a i O COR
parles charges fuccefrivj|||fc/on lui donnoir, les
pertes que faifoit fon Swètre étqienc à peu-
près en même raifon que les accroiflêmens que
prenoit fa longueur. & qu apres la rupture elle fe
reftinu exactement à fa longueur & groffeur pre-
iTiières-
On a fubftitué ces cordes aqx refiorts des chaifes
de porte & d’autres voitures , & elles y ont très-
bien réufG. ( Article de l'anci. Encyclopédie. )
Des cordes de cheveux. Les anciens ont auflî
fait filer des cordes de cheveux dans les cireonf-
tances facheufesqui les y déterminoient. Les Car-
thîginoifes coupèrent leurs cheveux pour fournir
des cordes aux machines de guerre qui en man-
quoient. Les femmes Romaines en firent autant
dans une extrémité femblable : malaerunt pudi-
cilfirns. matron& , deformato capite , libéré vivere
cum maritis , quam kofiibus , integra décoré , fer-
vire. Je ne cite que ces deux exemples, entre un
grand nombre d’autres que j’omets, & dont je
ne ferois qu’un éloge très-modéré lî je les rap-
portois j le facrifîce des cheveux me paroilTant
fort au-deflbus de ce que des femmes honnêtes
& coiirageufes ont fait en tout temps S: font en-
core tou§, les jours. ( Cheval, de Jaucourt.')
« J..a ceinture de corde que porte fur les reins
line Divinité Gauioife ( Rec. de Caylus ni. pl.
S8. n. 2. ) préfente une fingtilarité ; mais elle
droit en ufage dans la Gaule. I! paroît par pla-
iîeurs monumens que cette nation ne connoiffoit
rien de plus délicat; on peut du moins en être
permadé , puifqu’ils faifoienr de ces cordes grof-
lières, la parure de leurs Dieux. »
CORDIA , famille Romaine, dont on a des
Etédailles;
RRR. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
Le furnom de cette famille ert R'cfus.
CORDUBA , en Efpagne. Cordu.
Les médailles autonomes de cette ville font :
R RR R. en bronze Florei Hanter.
O. en or.
O. en argent.
CORDUS , furnom de la famille Muor^e. Le
mot cordas déiig.noit l’animal ou le vég^al dont
la nailfance avoit été tardive , tels que k foin
d'automne, ( Columel. vi.. 3. ) les agneaux nés
dans l’été, ( Rlin. vju. 47. ) &c.
CDRE , mefure. Hoyei CoR.
CORÈBE étoit fils de l\ly.gda!iis , frère d’Hé-
cube , & appelé pour cette raifon Mygdonides. Il
devint amoureux de fa coufine Cartandre ; & alla
à Troye offrir du fecours à Priam, dans l’efpé-
rance d’époufer fa fille. La nuit du fac de Trove
ayant vu la Frinrefife a.Tachée dii temple de Pal-
ks J les cheveux épars oc les mains euchainées.
COR
il fe jeta fur Tes raviffeurs, mais il fuccomba foug
leurs coups.
Winckelmann ( Rier. de Stofeh. nie dajfe
n°. 338. ) croit reconnoître Corebus tué parPéné-
lée; 1°. fur une cornaline de cette colledion •
2°. fur une pierre gravée du Marquis Lucatelli
où fe voyoit une troilîème figure qui fe plonge
une épée dans les âancs ; 5°. fur un bas-relief de
la Villa Borghèfe. Mais il ne donne aucune raifon
qui ait pu le déterminer a cette explication,
CORÉES. V oyei Kopaia après Coracinus,
ÇORESUS. Foyei Callirhoé.
CORFOU. Voyei Corcyra.
CORICEE. Coriceum , pièce des gymnafes aa ;
ciens. Les Grammairiens ne conviennent pas de
la fignification précife de ce mot. Ceux qui le font
venir du mot grec xotr. , jeune fille , prétendent
que coriceum étoit le heu où les jeunes filles s’exer-
çoient à la lutte de à la courfe. Quelques-uns le
font venir de x»:à , cheveux, & difeat que c'étoic
un lieu deftiné à couper la barbe & les cheveux.
Mercurial, fans s’inquiéter de 1 étymologie , dit
que c’étoit un lieu où l’on ferroit les habits de
ceux qui s’exerçoient dans les paleftres , ou qui fe
baignoient. Baldiis dérive le mot coriceum du mot
grec xdsiucaç, qui lignifie baie ou éteu ,• & dit que
c’étoit un jeu de longue paume 8c de ballon,
pièce néceffaire dans un gymnafe. Cette explica-
tion paroît préférable.
CORîE , les -Arc.idiens, dit Cicéron, appe-
loient de ce nom Minerve , fille de Jupiter 8c de
Coriphe , une des Océanides, 8c la regardoieat
comme inventrice des quadriges.
CORINTHE J Corinikus , ville de Grèce, dans
le Péloponnèfe ou la Mcrée , près de 1 irthme ,
ou de la langue de terre qui joint le Péloponnèfe
à la Grèce , entre le goife de Lépante Sc celui
d Enghia. Corinthe fut fondée par Sifyphe , fils
d’Éo’e , ou, félon Paterculus ( /. 1. c. 3. ) envi-
ron cent ans après le fac de Troye, par Haletes,
fils d'Hippotes , 8c le fixième des Kéraciides, de-
puis Hercule leur chef. Homère en parle ///tW.
liv. il. V. 570.). Elle s’appela d’abord ,
dit Paterculus. On croît qu’elle prit le nom Co-
rinthe de Corinthe , fils de Marathon , ou , félon
d’autres , de Pélops , qui la rétablir. C’étoit une
des plus importantes villes de la Grèce. Elle eut
d’abord des Rois ; enfuite elle fe fit république.
Lucius Mummius la prit pour les Romains , & k
pilla l’année même que Scipion détruifit Car-
thage , e’ert-à-dire , l’an de Rome éoj , •& pat
conféquent 147 avant Jefus-Chrirt, Elle fiibfifta,
félon Paterculus. J pendant 852 ans- Le feu , que le
Co-nful Mummius y fit mettre , fondit toutes «es
rtatues & les ouvrages de diïérens métaux qu il y
avoir en très- grande qu.intité ; 3c te mélange de
tous CCS diiièrens métaux fondus cufemble, pïo*
2 r î
COR
duilït r airain de Corinthe , fi rare 8c Ü cftiiïié chez
ies anciens- Jules-Céfar la rétablit , &, du temps
de S. Paul elle étoit encore florilïante. Etienne dit
qu elle s’eft appelée Épope , Pagos Ephyta ^ He-
Uopolis & Acrocorinthus. Ce dernier nom défi-
gnoit proprement la citadelle , qui étoit fi élevée,
& d'un accès fi pénible , qu'il avoit paffé en pro-
verbe de dire des chofes difficiles : Il n’eft pas
permis à tout le monde d'aller à Corinthe. Non
omnibus licet adiré Corinthum. C'étoit proche de
Corinthe que l’on célébroit les jeux ifthmiques.
Corinthe , en Achaïe. ROPiNaiûN d? kop
d? Ç.
Les médailles autonomes de cette ville font :
C. en argent.
C- en bronze.
O. en or.
Son fvmbole eft Pégafc. —
Un trident. —
Un dauphin. —
La tête de Pallas. — La Chimère.
Devenue colonie Romaine , Coriche a fait frap-
per des médailles latines avec ces légendes :
Laus. juli. coRINT. Laus ly.lia Corintkus.
Col. jul. AUG. cor. Colonia Julia Augufius Co-
rintkus , en l'honneur de Céfar avec Augufie , de
M._ Antoine, d'Augufte, de Julie, de Livie , dé
Caius avec Lucius , d’Agrippa jeune , d'Antonia ,
de Tibère , de Germanicus , de Claude, d’Agrip-
pine jeune, de Néron , d’Oéiavie , de Galba , de
Domitien, de Plotine , d’Hadrien, de Sabine,
d'Aeliiis , d’Antordn , de Fauftîne mère , de M.
Aurèle , de y érus, de Lucille, de Commode, de
Sévère , de Domna , de Caracalla , de PJautille ,
de. Géra, de Macrin, de Caligula , de Trajan ,
d'Elagabaîe J d'Alex.-Sévère , de Gordien.
Les médaillés de Corinthe ont été appelées quel-
quefois des poulains , à caufe du Pégafe qui leur
ferc de type , comme celles d’Athènes ont porté
le nom de chouettes par une raifon fembiable.
( Jul. Pollue. Onomafl. )
CORIMTHIARIUS , fondeur ou cîfeleur de
bronze de Corinthe. On trouve fur des inferip-
tions antiques, à Corintkiis faber {Muratori. 930.
10.) à vajîs Corintkiis y ( ibid. 924. 12. ) & Co-
rinthiar. Agrippe,.
CORINTHIEN ( vafe & airain. ). Voyer
Bronze. ^
CORIOL.4N. Winckelmann ( XXII t. de la
Préface de fes Monumenti inediti ) dit que l'on a
cru mal-a-propos reconnoître Coriolan & fa mère
.dans use peinture des Thermes de Titus. La
fernme qui parle à Conolan , bien loin d'être
yieiLe , comme devoit être fa mère, eft jeune j
& de pins, la feene de cette peinture eft dans un
endroit fermé, contre la vérité de l’hiftoire de
Coriolan.
Le groupe d’uii homme nud ,
COR
cafque 8c une épée, d’une femme plus petite
qui l’embraffe , placé dans la villa Borghèfe .
avoir été pns auflî pour Coriolan & fa femme
V olumnia. Mais cette figure repréfente un héros
Grec J car les Romains habüloient leurs ftatues
contre l’ufage des Grecs, dont Pline a dit ; Gr&ca.
res efi nzkil velare , Zcc. On voit un deffin de ce
groupe dans le Tkefaurus Antiq. Grec, de Grono-
vius , tom. il pl. -jC.
CORIOPSALÈS , furnom de Bacchus. Voyer
SiCYONE.
CORITÜS , Roi d’Étrurie, fut père de Jafias
& de Dardanus. C’eft par lui que les Trovens,
félon les fabfes , étoient originaires d’Italie- Voyez
D.ardanus , Ganimède.
CORIUM, la fondation ou le premier lit d’un
, ouvrage de maçonnerie.
CORNALINE. La véritable cornaline que les
vieux Auteurs François no.mment carnéoLe ou cor-
néole , n'a rien de jaunâtre comme la fardoine ,
avec laquelle on la confondoit autrefois.
Elle eft d’un beau rouge , qij’on ne peut mieux
comparer qu'à un morceau de chair fraîchemenr
coupée. Dans chaque cornaline , cette couleur
prend des tons & des nuances différentes, depuis
le rouge le plus vif jufqu’à celui qui, prefeu’en.
tièrement éteint , relfemble à la pelure d’ojsnon.
Cependant ies cornalines les plus hautes en cou-
leur, de même que celles qui font les plus nettes,
celles où l’on ne remarque aucun nuage, & qui
ne fout point traverfées par des fils & des veines
qui les fo.nt paroître ondées , & qui augmentent
les difficultés du travail , font certainement les
plus belles , & ont toujours été préférées. Ou
nomme ces dernières cornalines de la vieille ro^
che , & nous apprenons de Pline qu'on les tirck
anciennement d’un roc près de Babylone. Les
autres cornalines que la Bohême, la Sardaigne &
p’ufieurs autres endroits de l’Europe préfentent ,
font affez communes ; mais les parfaites , de
quelque lieu qu’elles viennent, font recherchées,
& il eft très - rare d’en trouver d’une certaine
étendue.
On ne peut pas confondre la cornaline avec le
jafpe rouge, parce que la première eft deini-tranf-
.parente, 8c que le fécond eft opaque.
CORNE d’abondance J cornu copie , étoit une
corne d’où fortoit en abondance tout ce que l'on
pouvoit fouhaiter, par un privilège que Jupiter
doiana à fa nourrice Amalthée. Cette corse d’abon-
dance accompagne foiivent les images de Cérès,
de Bacchus , & des Héros qui ont procuré l’abon-
dance aux hommes. On en met quelquefois deux
pour marquer une abondance extraordinaire. C’eft
ainfi qu’on trouve quelquefois Mercure , tant
parce qu'il eft le Dieu des marchands & du lucre,
.que parce quç fan ancre étoit plein de toutes
D d ij
portant uu
21 Z COR
fortes de biens , félon l’Apreur des vers attribués
à Orphée. Hercule 3 félon Fhotiiis J étoit fouvent
peint avec la corne d'abondance fur le bras ; &
cela , parce qu'il avoir coupé une corne à Ache-
I0ÜS3 qui, pour la ravoir, fit préfent à Hercule
de la corne d'Amalthée. F'oyeç A*cHelous ,
Amalthée.
Dans la colledlion des pierres gravées de Stofch ,
iqui efi chez le Roi de PrufTe, on voitle beau Ju-
piter exfuperantijfimus , qui tient une co’-ne d'abon-
dance de la main gauche. Jupiter paroît avec
ce même attribut fur une médaille des Locriens,
( Golc^. Ma^n. Gr&c. tab. 27. ) & fur le deffia
d’un bas-relief en marbre , qui étoit dans le re-
cueil de deffins du Commandeur del Pozzo, chez le
Cardinal Albani.
Quoiqu il fut ordinaire de donner pour attri-
but a Mercure la corne d'abondance , il efi très-
rare aujourd'hui de trouver des figures du mefià-
get des Dieux qui portent cet attribut. Il n'y en
a qu une feule dans la nombreufe colleélion de
Stofch ( lie clajfe , n'. 405. )
Sur une rnédaiile de Naxos, Hercule parok avec
Ja corne d'abondance. On lui voit aufifi cet attribut
la Villa Ludovifi à Rome , & fur le fragment
d un vafe confervé au palais Barberini.
Perfuade que les cornes d'abondance ne paroif-
foient jamais fans fruits dans les anciens monu-
mens , Maffei ( Obferv- lett. tsm. il. p. 249. ) a
pris pour des corses à boire , deux cornes de di-
verfe grandeur , femblables à des cornes de bœuf,
que tiennent deux figures fculptées fur la célèbre
coupe dàgate du Roi des Deux-Siciles. Mais il
ne favoit pas que la ftatue d'Harpocrate , du ca-
pitale , trouvée dans la villa d'Hadrieu, tient une
corne de bœiifde grandeur naturelle &: fans fruits,
qui efi cepend.--nt une corne d'abondance, attribut
ordinaite de ce Dieu. La corne ^ portée par une
figure qui a de la barbe , fculptée fur la coupe
et agate , eft^ de la grandeur des cornes d abon-
dance ordinaires j car elle a pour mefure la moitié
de la hauteur d. la figure. On voiîauPù au palais
uMarrri, a Rome , un génie avec de la barbe ,
dent la tète reflemble à Hercule , & qui porte
une corne fans fruits.
CoitNE d'abondance ( on voit une ) fur les mé-
dailles de Néapolis en Italie , de Paefiu.m , de
Copra.
On en voit deux fur les médailles de Larinum j
de Philomeiium , de Valentia en Italie. Ces
Cornes d aoondance doubles défignenc deux Sou-
verains regnans enfemble lur une même contrée.
Tels furent quelques Ptolémées ; tels furent Va-
leiien & Galhen , que Pon voit exprimés par ce
Gonble type fur les médailles d'Hélfopolis. (
Idnt. Colo.ri, il, p, 346- )
CORNB. ") T . .
Cornes. ^ anciens fe fen^îrenî !ong-tems
des cornes de bœuf pour boire & pour faire des
sibaîioos apres le repas ou dans Iss faciifices.
COR
Fbyfç Bœuf. On en trouve mille exemples dans
les Lcrivams Grecs, Latins, & fur les marbres
antiques.
On en voit deux en marbre à la villa Borghèfe,
qui fe terminent en tête de bœuf, & dont le
diamètre de la grande ouverture efi de près de vingt
pouces de France. Ces efpèces de coupes étoient
encore en ufage chez les Grecs dans le neuvième
C_ècle_. Elles, paroilTent aulTi fur d’anciennes ta^
pifferies {Monum. de la Monar. Franfoife de Mont-
faucon) qui repréfentent la conquête de l’Angle-
terre par Guiliaume-ie-Conquérant. En 787^ le
Concile de Calcuch, en Angleterre, défendit de
célébrer la méfié dans des calices de cornes , c’eft-
a-dire , dans des cornes à boire.' On conferve en-
core dans les cabinets des pays du Nord de ces
cornes , dont i'ufage eft déterminé par leur garni-
ture. Elles font garnies près de leur embouchure
d'un fupport de métal , terminé en pieds d'oifeau
ou autres figures faillantes , pour les faire tenir
debout fur la table , & pour empêcher que la
liqueur ne s'écoule. Olaüs Wormius en a décrit
de femblables dans fes Monum. Danlca , lib. r.
( Hafniéi 1643, & Ton en voit une pareille dans
les Atlantiques de Rudbek , ( tom. 2. pag. 274.
k- 17- ) .
Les Orientaux ont toujours fait des cornes le
fymbole de Ja force & de la puiffance; c'efi pour-
quoi on voit un grand nombre de Divinités an-
ciennes chargées de cet attribut. Tels furent Bac-
chus,Pan, Jupirer-Ammon, Junon-AoyjczM ,
( V leurs articles). Les vents eux-mêmics por-
tent quelquefois des cornea-.
Ce fut fans doute, pour faire allufiorr à cette
ancienne parabole des Orientaux, que des Rois de
Macédoine , de Syrie , de Thrace , Scc. qui n'a-
voient pas la prétention d'être crus fils de Jupiter-
Ammon , comme Alexandre-Ie- Grand , firent
placer des cornes à leurs diadèmes, f^oyez Belier-
On fe fervit fouvent des cornes au-iieu de trom-
pettes. Voye:^ CoRNETS.
Les cafques étoient quelquefois chargés de
véritables cornes d'aniraaux , comme Diodore
raffure des Gaulois; quelquefois de cornes de mé-
tal : de- là vint le nom générique cornes , qui fat
donné par la fuite au cimier, à la crête , & aux
autres parties faillantes du calque. ( Æneid. xn.
89. ) :
Enfemque y ctypeumque , & rubrs. cornua crlfl.au
Les deux boutons faülans fixés aux extrémités
des bâtons fur lefquels on rcu'oit les mainufcrits
\ov^%s, volumina y étoient appelés cemua. Ces bou-
tons étoient figurés en croiiTant, lurula , menis
afin de maintenir le volume fous leurs deux pro-
longemens ( Aufon. Profejf. Burdigal. 26. I. ) î
Quos legz's à prî'ma dediiclo s menide lihrL
Docî.ores patûa. fciio fuijfe me&.
COR
Et Ovide ( 1. 1. g. );
Can.diaa nec nigra cornua front e géras,
cabinet da Roi, {Mariette)
tin Sacnhcareur étend le bras gauche ^ & alon-
gearit le doigt indicateur & le pouce , i! femble
ce que nous nommons les cornes; forte de
ge^te qui étoit^ familier à ceux qui aiïîftoient aux
liiccnapa.es. Si Ton eu croit Gori , auteur de
cette^ooiervation ^ ce geîle ^ loin d'être infultant,
ligniiioïc la puilTance du Dieu du vin ^ qui iui-
lïieme etoir fouvent repréfenté avec des cornes ,
ou tous la figure d’un taureau.
Cornes a la tete des Rois. V syeç Bîlzer,
Cornes des autels. V'oye^ Autels.
CoRNEs-rrompettes. syej Cornets.
I ^^^^c.ILLE. La rorn£z'//£ était anciennenaeTit
»e j.ymi,o!e de l'-ünefTe 5 mais depuis que cet oifeau
eut accufe les filles de Cécrops ^ Min-erve le chaffa ^
Ce CilOîilt (A «e. ; T».../'
COR
2 1
VC JC CilaiiU J
ce cnoîiit la chouette pour le remplacer. Paufa-
luas parie d une ftatue de Minerve V qui porroit
une corneille fur le poing.
^ La rencontre ou le chant d’une corneille feule
croient d lia fimefte préfage. Yirgile (-Ecl. i.)t
.... Malum koc nobis , Ji mens non lava fui Jfet
Sape finijîra caya pr&dixh ab ilice cornix.
^ Eroienr-elles deux ou plufieurs e.nfemble ? les
epoux croyoient cette rencontre heureufe pour
leur hymen J parce qu’on célébroit l’amour con-
jugal des Corneilles.
- C Indic. p. 14. )
les fabuiCux Pygmées fe fervoient à la ehalTe de
corneilles au-Iieu de chiens.
^ Feiîus dit qu’il y avoir à Rome ^ au-delà du
xibre^^ un endroit confacré aux cora«7/ej facrées ,
corrJjearum divarum. On leur donnoit ce furnom ,,
parce qu’on les croyoit chères à Junon ; Qubd in
Juaonis tutela ejfe putabantur.
P^nvinirapporte:, dans là defeription de RomCj
1 inicription fuivante gravée en leur honneur,
& trouvée dans la xiv^ région
EEiyAS
eO RNIS CAS
SACRUM.
1 J famille Romaine j dont on a
ses médaillés :
P-R. en or.
C. en argent.
C. en bronze.
Les Mrnoins de cette famille font ; ÆtaiziA-
itt/s , ApRicAsias, AsiAGBrrzs , Asina , Bal-
sus , BzArsio,. Calvus CAUaiLTUS Ce THE^ I
Cz.QDXAEÏ.ÏfS^ Dqj,A3£LLA ^ HjS:^
s ‘^SKTVLUS , MaGSUS , MAZÜGlîtEElSls
M.EKULA , NasiCAj. SciPIO , SeKAPIO , SlSEX^
SuZLA , SwKA.
Goltzius en a publié quelques médailles mcon-
nues depuis lui.
carnemufi , ou iu moins
un,, efpece de comemafe , eft fort ancienne 5 cas
Jerome pane d’un initrument iifité dans les
temps recules, & compofé d’une peau & de deux
Chalumeaux d aimm spar l’un o.n infpirok le vent ,
& 1 autre prÿuifoit le fon. Il paroït encore, par
quelques paifages, que les anciens avoient une
eipece de cornemufe à laquelle un petit baril on
ton.nelet de bois fervoit d’outre. Kircher, dans fa
laujurgie, donne la figure d'une cornemufe faite
ans ce gour. Elle a cinq flûtes, qui toutes re-
çoivent le vent d’un cylindre , par le moyen de
-on e.mbouchiiPe. Une feule flûte a des trous pour
^.xe..iiter la rnelodie ; les deux autre-s paroiflTent
- etre rnobiles, & pouvoir tourner à volonté autour
du cylindre.
CORNES. V oye:^ CoRNE.
CORNET. - y ‘
- CORNI CINES, f On voit au Miiféum Capi-
tolin , un tombeau antique , fur leauel fontr
.culptes ces combgts d’Amazones 5 l’un des petits,
. cotes offre le combat d’une Amazone à cheval
concte un fantaflin. Un trompette les anime au
comoat avec fon- mfirument , qui eft prefea-
droit , legere.menr courbé & conique , tel que
les^cors ou cornets des anciens Paladins.
-L ufage de fouffier dans des cornes, comme
dans des trompettes, étoit établi de roare anti-
quité.
Les Héros Grecs ou ïes Crieurs aux jeux oîym-
piquesfe font aufli fervi d’une trompette courbée,,
c eiî-a-dire, d’un cornet , pour demander le filence
an.noncer enfiuce les différens exercices-, & pro-
clamer les vainqueurs. L’inferiprion gravée fur la
imtued unvamqueuràOIympie, atteftecet-ufage.
Poiiux la confervée dans fon^ Onomafiieon
{hv. Segm. 92. edit. Veftenîi. ) elle dit que
cet aunlete, qui éroit en même-temps hsrault
s’acquittoit de ce dernier emploi fans- fe fervir de-
cor, «fCés-oraAw/yyfflj. Sans doute que la voix-di
nouveau Stentor fuffifoit pour le faire entendre
de la multitude innombrable raffemblée à ces jeux
Les ftatues du prétendu gladiateur mourant d® -
capitole, nous offre, félon- la conjecture du fa-
vant Winclfelmann, un Hérault reconnoiffable as.
cor ou cornet qui eli placé fur fon bouclier.
Les Romains reçurent des Germains & dès
Gauiois rinfirument militaire qu’ils appelèrent
cornu-, & qui fit donner aux foldats qui s en fer-
voient lÊ nom. de cornicines. Les peuples du NsrdÜ
ont employé de toute antiquité las cornes poiur
s animer au combat ç c èli d’ecx. que- vÎEnnenc: lés
cornus, milmins transformés aujourd’liut e» sois-
2 14 COR
de chafle. La mythologie de i’Edda a rendu cé-
lèbre \t cornet d Odin , dont le Ion jetoit la ter-
reur & la conrternation dans le cœur de fes enne-
mis. Si les poèmes de Fingal font authentiques,
les anciens Irlandois & Ecoffois ne redoutoient
pas moins le terrible cornet d’Oflian & celui des
héros de fon âge. Les vieux Romanciers Fran-
.çois parlent fans ceffe de ces inftrumens. Us fai-
Ibient partie de l’armure des Paladins , leur
fervoient à donner le Egaal des combats, à ani-
mer les guerriers , & plus fouvent à annoncer
leur arrivée près des châteaux ou des villes. La
vie de Charlemagne , ridiculement attribuée à
l’Archevêque Turpin , dit que dans un combat Us
pa-vetis firent retentir mille cornets.
On démêle au travers de ces fables ridicules ,
Fufage conftant chez les peuples du Nord de fe
fervir de cornets dins les combats t & c’eR audi le
feul iifage que l’on puiiTe attribuer aux deux grands
cornets du cabinet de Ste Geneviève , ainfi qu’à
la corne d’or de Copenhague. Les reliefs qui or-
nent ce dernier cornet ont fervi à fixer le temps
de fa fabrique. 'Wormitts le fric remonter avant
l’année 948 , celle où le Oanemarck embrafla le
chviilianifme. Les reliefs n’offrent en etfet rien de
relatif à cette religion 5 & tout ce que l’on y voit
annonce au contraire le pagaiiiime & le culte des
faufles divinités.
On trouve encore plufieurs de ces cornets dans
les colle&ions qui renferment des monumens du
moyen âge. il y en a un à la Ste Chapelle de
Paris , un autre dans la Chartreufe des Portes en
Bugey , deux au Mufeum de Florence , Sec.
Cornet à jeter les dés. Les anciens fe fer-
voient pour jouer aisx dés, de cornets faits exté-
rieurement comme les nôtres. Les Grecs les ap-
peîoient «-«ya; , petites tours , & epifUt ; les Rc»
mains fritilli , pour imiter le bruit que l’on faifoit
en les agitant. Martial , {ir. 14. 7. ) parlant des
faturcales , dit :
Dunt hlanda vagus aléa dccemier
Ineertis fonat hinc Ci inde fritillls.
On les faifoit de corne , d’ivoire & de buis.
Le Scholiafte de Juvénal nous apprend que l’on
s’étoit fervi autrefois de cornes d’ammaux pour
jeter les dés : Apud antiquos in cornu miltehant
tejferas , mov ente] que jundebant. Aufone décrit des
cornets de buis qui étoient remplis de petites divi-
fions en forme de degrés , pour mieux agiter les
dés, & pour évnter la tromperie des dés chargés.
( Profejf. I. 14. ) :
Alternis viçibus quos précipitante rotatu,
Fundunt expafil per eava buxa gradus.
Dans les mbleaux que l'on a découverts à Her?
oa voit une caricature qui repréfente
COR
Énée portant fon père Anchife; il eft fuivi d’iuie ■
Tous les trois fuient de Troie; ils font peints*
nuds en priapes ; ils ont des têtes de chien, & ils
portent des cornets pour jouer aux aés. Cn pré-
fume que le peintre a voulu faire ailufion à Au-
gufte & à l’Empereur Claude , qui fe difoient ilfas
d’Éaée , & qu; étoient grands joueurs de dés.
CORNIÆ {Aeditmis Diane.) Muratori ( 1 1 9. i.)
rappoite une infcripcion gravée à i’honneur du
Prêtre de Diane cor, 2/4 , c’eft-à dke , à l’autel de
corne. On trouvera l’explication de ce furnoia
dans l’article A..utel.
CORNICULA. 7 - . , . ,,
CORNICULARII. 5 Co’'’'‘-^e!ii‘^rius , nom d ar»
Officier de guerre chez les Romains. C’étoit un
Lieutenant du Tribun militaire qui le foulageoit
dans l’exercice de fa charge. Les comiculaires fai-
foient les rondes à la place des Tribuns, vifî-
toienc les corps-de-gardes ; 6c ils étoient chargés
à-peu-près des mê.mes fondions que les Aides-
Major de nos troupes. Le nom de eomiculahes
fut donné à ces Officiers , parce qu’ils avoient un
petit cor , corniculum , dont ils fe fervoient pour
donner les ordres aux foldats. Suétone C dans 'e
Livre des Grammairiens illuftres ) , \ alère-Ma-
xime, {L. VI. c. i.) 8c plufieurs .Auteurs parlent
des comiculaires. II en elt auffi fait mention dans
le Droit.
On trouve dans les Notices de. l'Empire un
Huiffier ou Greffier nommé Corniculaire. Son of-
fice étpit d’accompagner par-tout le Juge , 8c de
le fervir; d’écrire les fcntences qu’il prouonçost.
Exceptor , commentarienjis , cornicularius. { GO-
DEFROY fur la L,io, Tkeodof. de Cçkort. SeJuret.
fur Symmaque , L. x, éplcre 1
Ces comiculaires, cornicularii, étoient ainfi nom-
més parce qu’ils fe tenoient à l’un des coins, cornu ,
du parquet où le îdagifirat rer doit la juftice, pour
empêcher que perfonne n’y entrât. Camicular.ii ,
qu'm cornihus fecretarii pretpriani prserant.
Ce nom pris au premier fens , vient, félon Sau-
rnaife , de corniculum, qui fîgnifie le cimier d un
cafque ; 8c en effet Pline ( x. 43, ) nous apprend
qu’on fixoit fur les cafques des cornes dç fer ou
d'airain appelées comicula. D’autres le tirent du
petit cor que portoient ces Officiers , ce qui efi
plus vraifemblable. Dans ce dernier fens on le
dérive de cornloulum , cornet à mettre de 1 encre.
CORNIPÈTE. Rabelais s’eft fervi de ce mot
pour dpfiguer boeuf qui donne des coups ds
cornes. Les Antiquaires pourroient l’adopter 8f
le fubfiituer dans la langue de la numifmatique,au
bos cornupeta , qui fert de type à tant de me*
dailles.
CORNIS CÆ. Foye^ Corneille.
CORNO. Foyei Bonnet Phrygien.
CORNOPIEN, furpom d’Hereuk. 11 venoit d»
COR
mot Comopes , que quelques peuples de la Grèce
donnoienî aux fauterelles , dont on croyoit que
ce Dieu étoit Je deftruâeur. Apollon en parta-
geoit la gloire avec lui.
CORNOUILLER de Romulus. Ce Roi vou-
lant prendre un augure , lança du mont Aventin,
ou 2! le trouvoit placé au pied du mont Palatin ^
fon javelot fait de bois de cornouiller. I! pénétra
dans la terre J y jeta des racines. La fuperftition
entoura de murs cet arbrCj devenu facré. ’^PLutarch.
Pomul. ^
'CORNUFICIA, famille Romaine dont on a
des médailles :
RR. en pr.
ERR. en argent.
O. en bronze.
CORNÜTUS, fumom de la famille Cæciî.iA.
CORŒBUS. Foyei COK ÈBE 8c PSAMMATHÉ.
COR.OÎSI ARIÜS de Triere Danae. Muratori
( ySé. I. Thef. Infcr. ) rapporte l’infcription
fuiyaate ;
ATHENIO. DE
riî. DANAE CORO
NARIDS QÜARTAE
AUFIDIAE UXORI. SUAB
BENEVOLENTI. EJUS. EX
HONORIS GAUSSA
RECIT. H. S. E.
Il croit que cet Officier de marine étoit chargé
d'orner de couronnes les navires victorieux ou les
faiies des feltins,
CORONE 3 dans la Meflenie. KOPirNAîriN.
M- Eckhei attribue à cette ville une. médaille
autonome de bronze du cabinet impérial.
CORONIS. Le mot métaphorique coronis fe
prend pour la fin d'un ouvrage j d’oà efi venue la
phrafe Coronidem imponere. Martial a dit :
Si nimius videor , feraque coronide longus ^
Effe liber : legito pauca , libellus ero.
Coronis , fille de Phlégyas j l'homme le plus
belliqueux de fon temps, fut aimée d'Apollon ^
qui la rendit mère d'EfcuIape 5 mais ayant eu un
autre amant pendant fa groffeffe, Apollon, in-
form par le corbeau de cette infidélité , prit fon
arc & fes fiècbes. Se, dans le premier mouve-
ment de fa colère ,.en perça le fein de Coronis. li
fe tepentit enfuite , mais trop tard, de s'être vengé
fi cruellement 5 Se défefpére de la mort de fa mai'-
îrefle, il punit celui qui lui avoir fait un fi mau-
vais rapport , & rendit le corbeau noir , de
blanc qu'il étoit. Quant à i'eiifant que Coronis
avoit dans fan fein, le Dieu, l'en retira, & le
COR 215
fit porter dans l’antre du Centaure Chiron : c' étoit
Efculape. Coronis participa aux honneurs divins
qu on rendit à fon fils j elle eut une ftatue dafts
le temple R'Efculape, chez les Sycioniens , & fut
m.jfe au rang des Divinités.
Coronis, fille de Phlégyas, Roi d’un canton
de la Béotie , & fils de Mars & de Chryfe , fe pro-
menant^un jour furie bord de la mer , fut aper-
çue de Neptune , qui devint amoureux d'elle , Sz
voulut lui frire violence. Coronis prit la fuite j
mais ne pouvant éviter les pourfuites du Dieu de
Ja^mer, elle invoqua la chafie Minerve, qui I3
metamorphofa en corneille, 8c la prit fous fa
protection.
Coronis. Paufanias parle d’une Déeffe de ce
nom honorée à Sycione 5 elle n'avoit point de
temple , mais on lui facrilioit dans celui de
Palias.
î-.ORONis, une des HyadeSj fille d'Atlas. FoyeT
Hvades.
COROPISSUS , en Lycaonie. KoroîirccEiîN,
. pn^a une médaille impériale grecque de cette
Vide, frappée en l'honneur d'Hadrien Peilerin.
CORPUS. Ce mot défignoitchez les Romains
non-feulement une compagnie ou communauté
icolie£ium'), mais encore le recueil des ouvrages
d’un Ecrivain. Sénèque nous en fournit un. exem-
ple , lorfqu’ii dit à un de fes amis , en parlant dû
Livre que cet ami avoit compofé ( epifi. 46. ) i
Prévis mihi vif us efi , cum effet nec met , nec tuE
corporis , fed qui primo afpeciu aut T. Livii , eut
Epicuri pojfet videri.
CORRECTEUR, nom déchargé 8c de dignité
chez les Romains. C'éïoient des Magillrats que
les Empereurs envo-yoient dans des provinces-,
dont parlent Treb. Pollion , dans la vie de
Tetrfque père (c-, 23. /. jx. c. 9. ) , & Saumaife
.ur Soltn ipag. 8ol>. }. Tiliemont remarque ( HijE
des ç^m.pereurs t. v.p. 303. ) qu'ils croient juges
ordinaires avec les Confulaires & les Préfidens.
^ CORRmCTITRA ^ étoit le nom de fa dignité
des CorreBeurs chez les Romains. Aufone fait
mention de la Correctura d’Efpagne ( Parent,^
XXIV.. 11. )t
Nam Correctura tibî Farraco îbera trihanal
Pr&buit , affecîans. effe cUema tibu
CORROYEÜR, ct?rzMrza.r. Artémidore (i. 33.}
nous apprend que les gens de cette profeffion
etoient obligés d habiter 8c d’exercer leur art liors
des villes-,
CORSE, ille. M, Neumann rapporte à la Corjê
iHie médaille autonome de bronze , fur laquelle
on voit le Q avec trois épis 8c deux globaJes j
lut I autre côté on aperçoit une tête de fernsm
voiles»
%'\G c O
CORSET. Les Grecs avoient' la coutume de
faire porter aux Rl'es des eorjetj ues-feries , pour
leur donner une taille fine.
..... pecPorc ut graciles fient , dit T érenxc.
CORTELÎNS , Cortelinl , Officiers de la Cour
des Empereurs de Conltantinopie. C’étoient les
iimoles portiers du palais, office bas, & au-d^f-
fous de celui des Cortinaires . quTi ne taut point
confondre avec ceux-ci. ( V. Gretfcr fur Codin ,
1. l. c. v.p. IIO.) _ . ,
Ce mot vient ae corts , cortis , qui , tous le
bas-Empire , a lignifié ur.u , & s’eit dit auik de
la Cour d'un Prince.
SsiÏÏÆIraS , } J-"" Officier
pereurs de Conifantinople , dont a Fait mention
Pachvmère.
Les Cortinaires , dit le P. Pouline , ( dans Ion
gloffai.-e de Pachymsre ) étoient des Officiers
qui le tenoient en dedans de la cortina , cortine,
c'eri;-.\-dire , de la portière de la Chambre de
l’Empereur , pour être toujours prêts à recevoir
îes ordres de*!’!' mpertur ; c’etoieut proprement
les HuiîTiers de ion appartement. Le Comte des
Ccrtiacircs étcît leur chef. 11 ne faut point con-
fondre, comine ont lait ciie’ques Auteurs, les
Cortinaires avec les Cortelins. C Codin, de of.
confi. c. r. n. yo & 53. Gretfcr fur Coain , L I.
c. r. p. Z 10. M^urfus, eu mot Kap-oâi/ss. )
CORTINE des trépieds d'Apclion. Koyfç Apo-
théose a Homère. Les Quindécemvirs étoient
chargés à Rome de la garde de la cortinc facrce.
A'âlé*i-ius Fiaccus voulant exprimer qu’il étoit
Quindécemvir , dit que la cortinc d’Apollon etoit
confervée dans fa maifon ( i. 5. ) :
. ... Si cymes mihi confeia vatis
Stat cafia cortina domo.
Le nam de cette cortine expnmoit fa forme
tx>nca vc ,ferabiablc à celle des chaudrons de bronze
appelés cortinc.
CORVINUS , furnornderla famille VALEP.t.i.
Il rap peloit le fouvenir d’un corbeau qui demeura
perché fur le calque de M. Aalerius , 1 ribun
militaire , pendant fon combat finguher contre
un Gaulois qu'il vainquit.
CORUS , mefure. Voye\ CoR.
CORYBANTES. )
CORYBAiSTIQüES. >Les Phrygiens, qui fe
CORYBAS. y
srantoient d’ètre le plus ancien peuple de i’üni-
vers, (Herodot. l. il. c. jl. ) ne fortirent néan-
moins Qu’affez tard de la barbarie. Us durent les
jriemiers pas qu’ils firent vers la civilif.ition à
Leurs Jongleurs ou Devins, qui reuembloîent aux
COR
Dâôyles , leurs yoifins , mais dont rattachement
au culte pnmitir leur merita de palTer pour les
enfans de Saturne (^Straian, l. x. p.
Rhée ( Suid. in h. v. ). Remarquables par leurs
forces , ( Orpâ. Argon, v. zy. ) ils s’exercèrent
d'abord aux travaux de la métallurgie. Ovide les
repréfente occupés avec les Curètes à fabriquer
des armes défenfives {Fafl. L iv. r. 209. ). Les
ténèbres de la vie fauvage ne peuvent être en-
tièrement diuipées que par la lumière des lettres.
Les Corybantes, c’eftle nom de ces anciens Devins
de Phrygie , comprirent fans peine cette vérité j
& leurs efforts, foit pour s’inltruire eux-même's,
foit pour éclairer leurs compatriotes , fe trouvent
fuffàfamiiient défignés par la tradition , qui rap-
portoit leur origine à Apollon & à Thalie. {A^ol-
Lod. L. I. c. r. § 4. Tt^et^es , ad Lycopkr. p. 19. )
On ne conta d’abord que trois Corybantes , par
la même raifon qu’on fixa les Cabires & les Dac-
tyles à ce nombre appelé l’hypofiafe arckique, dans
le langage mylHque de .Tulien {Juiian. Orat. v. ed.
Fetav. p. 314. I). ). Les noms de ceux qui la
cornpofoient les premiers font très-a!térés , & ne
fe trouvent plus que dans le poème de Konnus.
Selon lui , les trois anciens Coryo-tntes spppe-
loient Cyrhas , Pyrrekus 6> ideus. Diodore les
réduit au feul Corybas , fils de Jafion & de Cy-
belle ( /. y. §. 49. ). Corybas , célé’otant avec en-
thoufiafine les myftères de fa mère, donnaTui-
mênae le titre de Corybantes à ceux qui rimi-
terent.
Démétrius de Scepfis a méconnu l’origine ée
ces Devins- 11 ne les regardoit que comm.e des
jeunes gens voués au cuire de la mère des Dieux ,
& choifis pour danfer armes, & fauter en cadence
dans fes fêtes. Srrabon adopte cette opinion , &
croit qu’ils n'étoient que des miniftres de Rhée
( /. X. p. 3z6. ). Mais c’eR confondre , comme
Diodore de Sicile ( Supr. cit. ) les premiers Cory-
bantjs avec leurs fucceffeurs. D’ailleurs ceux-ci
confervèrent ia prééminence dans les fonctions du
facerdoce ; une foule de témoignages ne permet
pas d en douter Ils ne ffifféroient pas des Galles,
dont le nom étbit fynonyme d'Eunuque ( Hef/cn.
in k. V. ), quoiqu’il n’y eût proprement que leur
chef, l’Archigaile , qui fut obligé de l’être j, -Srtv-
aa Æn. L ix. -a. H4. ). Les Métagyrtes étoient .es
membres d’un ordre inférieur , ( Vid. Vanaah ,
Dijf ■- i.ier 6’ Rit laurobol. c. xi ') mendians.
de p 'V nfion, & ayant pour emploi de battre Utt
tambc'. r Ife jouer de la cymbale ; initrumens qu uL
portoic; t attachés à leur col ( Clem. A'ex. F’Ctfi
p. 20. ). Dans'la fuite , leur conduite diffbjue dé-
cria beaucoup le culte de leur Divinité , qui , po^t
être furi ancien Si très-répandu, n'en devint que
plus corrompu.
La '''erre , Ops , Rhée, la mère des Dieux»
Adgeftis , la bonne Déeffe , la grande DcefTe Lir)''
gienne J &c. éroient les noms d’une meiTiC
nité, à Jaqixelie on donaoit encore les épitnens
^ de Cyoebc ,
COR
de Cybèle , de Bérécynthienne ^ Dyndinsenietîne ,
lùéenne, PylérieniiCj Pefllnuntidej &c. fuiraiK les
lieux qui lui rendoient un cuire particulier: elle
jîc différoit point d’Ifis ^ adorée chez les Égyp-
tiens J d’Aftarté chez les Phénitiens ^ & de Cérès
chez les Athéniens. L^’établiflement du culte ido-
iatrique de la Terre ou de Rhée , fous le titre de
la rnére des Dieux , qui lui méritoit fon ancien-
neté J eft marqué par Tapparition prétendue de
fa ftatue à Peiîinunte ( Marm. Oxon. Epock. x. ) ,
dans la Phrygie ^ zpv ans avant la prife de Troye ,
quelques années après l’arrivée de Cadmus & de
Danaiis dans la Grece ( ièid. ep. vu. & ix. ) ,
fous le règne de Mæon , Roi de Lydie ( Dzod.
l. iil. §. j8. ). L’^origine des myftères de cette
Deelîe ne doit pas être fort éloignée de ce temps.
Fréter en fixe l’époque vers l’an lySo ( Acad, des
Infer. ^ t. V. p. 508. ) avant J. C. -, ce qui eft très-
antérieur à Finftitution des cérémonies de la Terre^
honorée à iileufis fous le nom de Cérès.
Suivant la tradition j Midas^ aidé fans doute
des Corybantes, & après avoir bâti un magnifique
temple en l’honneur de Rhée ( Diod. L ni. §, 60.')
introduifit les mj^ftères de cette Déeffe chez les
Phrygiens J afin d’adoucir leurs mœurSj & de les
rendre plus fournis ( Clem. Alex. Protr.p. iz. ).
On ^ajoute que ce Prince fi injuftement décrié à
caufe de fa prétendue ignorance ^ avoit été lui-
même initié par Orphée ( Jufl. hîfi. L xj. c. vu. ) ,
c’eft-à-dire_,^_qu’il avoir tiré de la Thrace les céré-
monies de l’initiation. Elles annonçoient j comme
toutes les autres de ce genre j par des purifica-
tions, ce qui avoit donné lieu a la fable qui fai-
foi t purifier Bacchus par la mère des Dieux.
(^Sekol. liomer. ad il. l. vi. v. I3©. ).
Le temps de la célébration des myftères de cette
Déeffe fe trouvoit fixé à l’équinoxe du printen.-ps
Julian. Orat. v , in honor. Matr. Deor. p, 3 IC.
Sckol. Nicandr. ad Alexipk. v. 8. ). Elle duroit
trois jours , dont le premier étoit trille. II étoit
conlacré àune cérémonie fingulière, celle d’abat-
tre un pin , au milieu duquel étoit attachée la
figure d Attis (^Jul. Eirm. ETat. de err.prof.rel.p.
IJ, ed. Rigalt. Artiob. l. v , p. yz , ed. cit.
parce qu’il avoit été changé, félon quelques My-
thologues , en cet arbre ( Ovid. Métain. l. x ,
e, IC4. ) , ou parce qu’on prétendoit que fon corps
mutilé avoit été découvert au pied d’un pin par
les Prêtres de Rhée. Ils le tranfportèrent dans le
temple de cette Déefle, où il expira ( Serv. ad
Jtn. l. IX. V. 1 14. ). Mais la véritable origine de
cette œrémonie fe trouve dans la fable d’Ofiris
& ae lyphon ; il n’eft guère poffible de l’y mé-
connoître. Le fécond jour on fonnoit de la trom-
pette J & le troifiems on initioit f Julian, Ov. cit.
p. 116. ).
Le récipiendaire repondoit aux queftions du
par ces paroles : JAc mangé du tam~
tour, J ai ou de lacymoale, îi fai porte le cernas ,
{Clem. Mex. Proti.p. 13.) efpècs de rafe de
Antiquités , Tome II.
terre, dans lequel étoient des pavots blancs du
rroment , de l’huile & du miel ( Atken. l. vui ,
р. 34I' )' Cette pratique, conforme à celle d’Eleu-
fis , étoit accompagnée de beaucoup d’autres?
mais les détails n’en font pas venus jufqu’à nous.
Il eft vraifemblable qu’elles fervoient de préliini-
naire a la repréfentation de l’hilroire d’Attis.
Loin de regarder ce perfonnage comme une
Divinité , quelques-uns en ont fait un jeune Prê-
C Scrv ad Æn. l. ix. v. 1 14. ). Né impuiftant,
& fils du Phrygien Calaüs , il enfeigna aux Lydiens
les myftères de la mère des Dieux ( Paufan. Ackaïe.
с. XVII ) 5 ce qui le rendit cher à cette Déelfe, 8c
excita la colère de Jupiter. Pour la fatisfaire ,
celui-ci envoya un fanglier , qui ravagea la Lydie ,
& y égorgea une infinité de perfonnes , parmi lef.
quelles fe trouva le malheureux Ateis. Ce récit du
Poète Herméfianax peut avoir quelque fondement
hiftorique, & défigner les difputes fanglantes des
partifans du nouveau culte avec ceux de l’ancien.
Le principal Miniftre de Rhée en fut la viftimé
( Serv. ad Æn. fup. cit. ) , 8c dut à cette cataftro-
phe l’honneur de jouer dans les cérémonies .myf-
térieufes de Phrygie , le même rôle que Cadmille
dans rifle de Samothrace & de Kelmis , ou Cel-
mis, fur le Mont-Ida 5 du moins fon nom prit la
place de ceux-ci chez les Corybantes , qui divini-
sèrent par-là un de leurs anciens chefs , & furent
enfuite eux-mêmes mis au rang des Génies ou
Divinités fubalternes. Cette circonftance de la
mort d’Attis, tué par un fanglier, étoit confacrée
à Peffipunte , par l’ufage commémoratif qui per-
mettoit le facrifice de toute efpèce de quâdrupè,'
des , excepté le porc & le fanglier. A Dyme , ville
d’Achaïe , on obfervoit la même chofe dans le
temple élevé à Dyndimène ou Rhée , & à fon
compagnon inféparable. Qu’étoit-il ? Les profanes
ne pouvoient le favoir, fuivant le témoignage de
Paufanias, qui affure n’en avoir lui -même rien
appris ( Achaic. 17. ). Cependant il débite à cette
occafion une étrange légende des Galates fut
Attis , dont il rapportoit l’origine à un fonge im-
pur de Jupiter. Les Myftagogues ne dévoient
pas plus en faire mention que des rêveries d’Evhé-
mère , concernant ce perfonnage ( Diod. l. ujj
§. 58. ). Les détails dans lefquels Catulle entre a
fon égard , leur étoient également inconnus. Ce
Poète ayant plus cherché à rendre fon récit pa-
thétique, qu’à nous fournir quelque lumière fur
les traditions myftiques & allégoriques de PeSî-
nunte ; fe fiatteroit-on d’en trouver dans un dif-
cours de l’Empereur Julien , où il fe montre fo-
phifte aufli méprifable quç philofophe fu-
perftitieux ?
La. mère des Dieux , ou la Terre , eut , felcwi
lui , pour fils Attis , qui fut nourri fur les bords
du fleuve Gallus , dont il prit le nom. Devenu
grand, fa beauté infpira de l’amour à fa mère,
qui, après lui avoir tout permis, lui mit fur l.i
tête m bonnet étoilé. EUe le laiffa enfuite fe
Ee
Zifi COR
livrer entièrement au gçât qu’il avoir pour la
danfc. Ce fut en s’y exerçant qu’il arriva jufqu à
la grotte d’une Nymphe , dont il eut les faveurs.
La Terre ne tarda pas d’être jaloufe , & enjoignit
à fon fils de ne plus la quitter & de ne point en
aimer d’autre qu elle. Il n’obéit point & s’enfuit.
Comme il étoit déjà parvenu à l’extrémité d’une
forêt, Corybas ou le Soleil ordo.nna à un lion
roux de veiller fur fa conduite. Mais cet aniinal
devint lui-même le rival de la r^nphe , contre
laquelle il fe battit. Cet événement força le mal-
heureux Attis à fe rendre eunuque. Après une opé-
ration aulfi cruelle , il ne s’éloigna plus de fa
mère , qui lui donna pour gardes les Corybantes.
Julian. Or. cit.p. 309. tj. )
Si ce récit étoit celui qu’on faifoit aux initiés de
Peflînunte , comment l’Empereur Julien a-t’il ofé
en publier tous les détails ? Il a prévenu l’objcc-
lion , en ajoutant qu’une partie des my Itères de
cette ville devoit être cachée , & l’autre révélée ,
même aux profanes ( id. p. 3 16.). En conféquence
il donne l’explication de celle-ci , conformément
à fes principes allégoriques. Ils étoient à peu-prés
ceux des Écleéliques, & pouvoient être facile-
ment ramenés au ft ftême des Stoïciens. Après
avoir exercé toute la fagacité de fon cfprit, pour
adapter cette fable à fes idées métaphyfiques &
aftronoEiiques J Julien finit néanmoins par affurer
que les cérémonies myfiérieufes de PeiTinunte re-
préfentoient les travaux de la moiffon(:V.). C’étoit
Je fentiment de Varron , dont S. Auguftin nous a
confervé le témoignage. 11 paroît certain que dans
l’origine de ces myftères on y entretenoit les
Adeptes du fervice qu’avoient rendu à la focicté
ks Corybantes , foit en encourageant l’agriculture,
foit en exerçant des Arts utiles. A ces bienfaits iis
en avoient joint un fort important , celui de faire
efpérer aux initiés les récompenfes de la vie fu-
ture ( Kitam. cuiquam pollicentur dternam.
S. -Aug. Civit. loc. cit. ) y mais leur racontoient-
îls rhiiloire d’.ALttis comme on vient de la rappor-
ter ? cela n’elt pas vraifemblable. Tout étoit lîm-
ple de leur temps , & rien ne fe refîentoit des
efforts de l’invagination. Combien n’en firent pas
les derniers myftagogues du paganifme , pour
donner un fcns raifonnable aux traditions mytho-
logiques r
Le dernier jour des myftères de Peftinunte,
on faifoit éclater fa joie ( Julian. Or. cit. p. ^16) }
image du retour d’Attis à la vie ( Damafc. vit. ap.
Pkot. Biél. p. 1074. ). Alors tout retentiffoit du
bruit du tambour , du cor & des crotales ( Strab.
l. X. p. 323 &c.) , lequel excitoit l’enthoufiafme
des Prêtres de Rhée. Les anciens Corybantes ne
s’étoient jamais livrés à ces fureurs , qui femblê-
rent croître chez leurs fuccefièurs à proportion
que leur crédit s’affoibliffbit. Ils fe portèrent à
des aéles de frénéfie , dont la fuperftirion peut
feule s’honorer. Un glaive & des torches ardentes
de pin à la s-sain , pouffant des eiis affreux, & les
COR
cheveux épars , parcourant les'bois ou les tnoTr-
tagnes, ris annonçoient leur fête. Enfin , pour
donner une repréfentation du malheur d’Attis
ils femutüoient eux-mêmes , &portoient, comme
en triomphe dans les rues , la marque déplorable
de leur délire. Ces horribles & infâmes fcènes fe
renouveloient toutes les fois qu’ils efpéroient de
s’attirer par-là l’admiration d’ùn peuple ftupide
& barbare.
Quoique la conduite de ces Energumènes eut
déjà décrié dans la Grèce & l’Afie mineure le
culte de Rhée ou Cybêle , il s’intfoduifit cepen-
dant à Rome. Les Poètes Latins fe font plu à
nous décrire les coupables excès où fes Prêtres,
les Galles fe portèrent. Cela n’empêcha point d’y
établir, en l’honneur de cette Déeffe, des facri-
fices myftérieux fort connus , fous le nom de
Tauroboles, & fur lefquels le favant Vandale &
de Boze {Acad, des Infer. tome il. p. 443. ) , ne
nous ont rien laiffé à defirer. L’époque de leur
écabliffement étoit celle de l’altération totale du
culte de Rhée , ou la mère des Dieux , que L’Em-
pereur Julien s’efforce en vain d’accréditer. Ce
Prince , trop vanté de nos jours , parce que fes
ouvrages ne font point affez lus, écrivit à Arface ,
grand- Prêtre de Galatie, pour l’affurer qs’i! ac*
corderoit fa proteélion aux kabitans de Peffinurite,
s’ils fe rendoient propice cette Divinité ; que , fi
au contraire iis la négügeoient, il leur feroit reffen-
tir les effets de fon indignation {Julian. Epifi.
xLt'j. t, il. p. iq6 , ed. cit. y. Ainfi jufqu aux
derniers femps du paganifme , il fubfifta encore
quelque chofe des myftères des anciens Cory-
baraes , tandis qu’il ne reftoit plus aucune trace
de ceux des Te'c’nines , dont on n avoir meme
depuis long-temps que des idées fauffes & injuftes.
( Cet article eft extrait des Recherches fur les Myf
teres du Paganifme , par M. le Baron de Sainte-
Croix. )
SyCIEs!'} habitoîentprès
du Mont - Parnaffe. Leur nom eft pris d’une ca-
verne de certe montagne , appelée Coryce. Ine
d’elles fut aimée d’Apollon, qui la rendit urêre
de Lycoriîs.
CORYCOMACHIE , ou CORYCOBOLIE-
C’étoit , félon Burette , la quatrième^ efpèce de
fphérirtique grecque : elle confiftoit à fuipenore
au plancher d’une falle , par le moyen d une
corde, une efpêcè de fac que l’on rempüffoit dp
farine ou de graine de figuier pour les gens foi-
bles , & de fable pour les robuftes. Ce fac defeen-
doit jufqu’à la ceinture de ceux qui s’exerçoient.
Ils le prenoîent à deux mains, & le- portoiei^
aiifli loin que la corde pouvoir s erendre ;
quoi lâchant le fac ifs fe fuivoient , & îorfquu
revenoit vers eux , ils fc reculoient pour céder a
la violence du choc. Le reprenant enfuite à djax
Biains, au motnent où il étoit fur le point de de»-
COR
cendre , ils le repoufloient en avant, de tonte leur
force , s'e^brçoient , malgré rimpétuof té qui
le ramenoit , de l’arrêter , foit en oppofant leurs
mains , foit en préfentant leur poitrine , les mains
étendues ou croifées derrière le dos ; enforte que
pour peu qu’ils négligealTent de fe tenir fermes,
1 ^ort du fac qui revenoit leur faifoit lâcher
pied, & les contraignoit de reculer. Les Médecins
ordonnoient cette efpèce d’exercice, comme très-
capable de fortifier les parties du corps qui y
étoienr principalement tm^loyéts. (^Mém, de T Ac.
des Infcript. tome i , pag. l68. ) Après tant
de précautions que les anciens prenoient pour
augmenter les forces , conferver la fanté 8c
prévenir les maladies , il refteroit à favoir s’ils
etoient en général plus vigoureux que nous , s’ils
rnmient plus long-temps, s’ils fe portoient mieux ,
s lis avoient moins de maladies , ou fi on les en
guerilToit.plus facilement ( Ancien. Encyclop, )
GORYCüS,en Cilicie. kqpykiqt.
Les médailles autonomes de cette ville font :
ERR en bronze.
O. en argent.
O- en or.
Mercure efl leur type ordinaire.
. ^ frapper quelques médailles
impériales grecques en l’honneur de Gordien Pie,
ce '/alérien, de Gaiiien, de Trajan 8c de Sévère-
Alexandre.
feS.Æ. ) que cette coiffiire appartient exclu*
mu Cependant Étra,mèred«
ainfi coiffée fur un bas - relief de la
/illa-Albani, publié par ce favant lui-même, üa
bas-relief (dont il a publié auffi un fragment) qui
appartenoic au Duc Caraffa-Noja de Naples, V
Hélène , femme de Ménélas , ainfî
coiffée. D ailleurs le paffage de Paufanias ideferipe,
de Poiignote^ dans la Phocide ) fur lequel il s’ap-
puie, peut etre appliqué aux jeunes femmes com-
’ attendu que le mot ■s-afétseg
peut defigner les unes comme les autres.
Paufanias ( hè. y dit que Leucîppe,
amoureux de Daphné , fille d’Aîphée , fe déguifa
en femme pour la fuivre dans les forêts. II prit
une longue robe, & lia fa chevelure qu’il avoic
laiffé croître , comme les plies ont coutume de les
lier. Polyxène ( ibid. Pkocid. ) les portoit liés de
même dans un tableau de Polj'gnote.
L’Apollon du Vatican & plufiears fiatues de
Vénus offrent des modèles du corymbe.
Les Romaines portoient des corymhes poftiches,
comme on le voit dans ce paffage de Pétrone
( c.^ JO. ) : Ancilla Tryphene. Gitona in partem.
navis inferiorem ducit, corytnbioiiue domina adorant
caput.
CORYMBIA , ornement de la proue & de îs
pouppe des vaiffeaux Grecs Se Romains.
CORYDALLA , en Lycie. kopYAAAACN.
_ On a des médailles impériales grecques de cette
ville ^frappées en l’honneur de Tranquilline & de
Gordien Pellerin.
CORYMBE, •)
i-ORYMBION, >coiffure affeéiée fur les an-
_ CORYMBUS , 3
diens monumens à Diane , à la Viâoire , 'aux
Mules, & en général aux jeunes filles. Elle con-
fiflom à ramaffer & à lier les cheveux fur la tête,
tantôt plus haut, tantôt plus bas, en les roulant
quelquefois autour d’une aiguille. On donna le
nom dt à cette coiffure , parce qu’elle
fe terminoît en forme de cône, ou parce qu’elle
reixembloit afiez a une grappe de raifin. L-n pafîage
de Petrone nous apprend que le corymbion étoit
fait auflî quelquefois de cheveux empruntés ( Satyr.
ed.^ f arior , p. 83. ) Il ne faut pas confondre cette
coiffure avec une autre nommée &r qui
ne convenoit qu’aux adolefcens , dit-on ordinai-
rement. Cependant toutes les recherches que j’ai
objet ne m’ont découvert aucune
cifférence entre le corymbus des filles & le croby-
lus aes garçons. Euftathe d’ailleurs affure pofiti-
vement que ces deux mots delîgnoient la même
coiffure chez les^ deux fexes , & qu’elle portoit
mems un troifieme nom , feorpion , lorfqn’il
s’agiffoit des enfans.
WinckeimaBn a dit {Rip. de f Art. liv, ir. cE
CORYMBIFER. Ovide donne ce nom à Bac-
chus. La Grèce, dit il , célèbre Bacchus , qui
porte des corymhes. Les corymbes font de petites
baies qui naiffent en grouppe fur le lierre. On en
voit fouvent de pareilles dans les couronnes d«
Bacchus,
CORYPHÉE, c’eft le nom qu’Efehyle donne
à une des Furies , celle qui porte la parole pour les
autres dans l accafation des Euménides contre
Orelie. Le coryphée des Grecs étoit le chef du
chœur dans les tragédies, celui qui parloir avec:
le Héros au nom de fa troupe.
CORYTHALIENNE. Diane étoit adorés foas
ce nom dans un temple de Lacédémone , où les
nourrices portoient les enfans mâles -ù certaines
fêtes, & danfoient pendant qu’on immoloit à la
Déeffe des petits cochons pour la fanté des enfans.
Poyeii Tithenidïes.
CORYTHUS, fils de Paris Sr d’fSnone. Les
reproches que le Fleuv^e Cébrène fit à (Enone fa
fille, de ce qu’elle aimoit un mari infidèle, l’ani.
mèrent tellement du defir de la vengeance, qu’elle
envoya Corytkus fon fils vers les Princes Grecs ,
avec ordre de îes'excirer à la guerre contre Troye,
& de leur fervir de guide. D’autres difent que
Corytkus fervit d’une autre manière la vengeance
de fa mère. 11 étoit plus beau que Paris fon père ,
& il s’infinua dans le palais de Priam , tant pour
donner deia jaioalie a Pâtis que pour chercii.^
21® C O S
à pefdre Hélène. Celle-ci fur bientôt fenfible aux
charmes de Coryihus ^ & fe familiarifa avec lui
beaucoup plus que Paris ne 1 avoir fouhaité j
quand il avoir préfenté fon fils a fa nouvelle
femme. Paris en devint tellement jaloux , que
l’ayant trouvé un jour auprès^ d Hélène il le tua.
D’autres ont dit qu’à la vérité Corytkus avoir été
aimé d’Hélène , qu’il l’aima réciproquement , &
que Paris le tua; mais fans dire que fa mère_ l’eût
fubornée pour tendre des pièges à fa rivale , ils ra-
content nmplement qu’il étoit allé au fecours de
Troye. Quelques Écrivains ont prétendu qu’il étoit
fis de Paris & d’Hélène; mais ils n’ont pas fait
attention que depuis le rapt d’Hélène jufqu’à la
mort de Paris, il ne s’éroit pas pafle alTez. de
temps pour qu’aucun de leurs enfans pût être re-
gardé comme un rival en amour : ce fut néan-
moins cette rivalité qui excita la jaloufie de fon
père , & qui occalîonna fa mort.
CORYTUS fut dans l’origine l’étui de l’arc,
2c non celui des flèches ou le carquois : mais on
donna par la fuite fon, nom au carquois même.
Servius , expliquant l’Énéïde , l’affure exprefîe-
ment ( lO. v. IÛ9.) : Coriti proprie func arcuum
tkeci , dicuntur tamen etiam fagittarum , qtias &
pharetras nominamiis. Voye^ CARQUOIS.
COS , une des Cyclades , dans l’Archipel.
Ovide dit que quelques femmes de cette Ifle fu-
rent métamorphofées en vaches, lorfqu’ Hercule
en retiroit fes troupeaux ; mais il n’en dit pas la
raifon.
L’Ifle de Cos devînt célèbre chez les Grecs, par
fon temple d’Efculape 5c par la naiflance d’Hip-
pocrate 8c d’Apelle. Elle le devint encore davan-
tage chez les Romains , par la cherté 8c la fineflè
des tiffus de foie tranfparens, femblables à nos
gazes, que Pamphila y fut ourdir la première.
Cos tiroir fes foies de PAflyrie & de la Babylonie.
Les Romains voluptueux achetoient à grands frais
ces tilfus déliés pour en faire des tuniques à leurs
femmes , 8c même des habillemens pour eux ,
appelés coa vejîis.
Cos , ifle. KQTON 8c KCÎQÎÎ.
Les médailles autonomes de cette ifle font :
C. en argent.
C. en bronze.
O. en or.
Leurs types ordinaires font :
L’écréviffe de mer.
Un ferpent feul, ou entortillé autour d’un bâton.
Une lyre.
Un carquois.
Les ha'oitans de cette ifle ont fait frapper, fous
l’autorité de leurs Archontes , des médailles impé-
riales grecques en l’honneur d’Augufie, de Cali-
gula , de Néron, de Titus, d’Hadrien , d’Anto-
nin , de Domna , d’EIagabale , de Philippe père,
de Trajsn , de Septime-Scyêrc.
C O S
cos A , en Italie, kosûn.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RRR. en or.
RRRR. en argent Neumann.
O. en bronze.
Leur type eft un Conful marchant entre deux
Liéleurs.
On les plaçoit autrefois avec les médailles de
la famille Junia , parce que celles de Brutus por-
tent un type abfolument femblable. M. Neumann
croit, avec beaucoup de raifon , qu’on doit les
reflituerà Cojfea^ en Thrace. Voye^Coss^K.
COSCINOMANTIE , \
COSKINOMANTIE , f
forte de divination.
Elle fe pratiquoit par le moyen d’un crible qu’on
faifoit tourner, fufpendu par un fil, ou pofé fur
une pointe. On s’en fervoit pour découvrir, non-
feulement des perfonnes inconnues , mais encore
les fentimens intérieurs 5c cac'nés des perfonnes
que l’on connoiflbit. Théocrite en fait mention
dans fa troifième Idylle. Son nom efl formé de
, crié /e, 8c de fcas'liite , divination.
COSCONIA , famille Romaine, dont on a des
médailles :
RRR. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
C05 AfET J, va!et-de-chambre, ou perruquier.
Ce mot venoit de , orner, parer.
^ "f Magiftrats Souverains qui étoient
établis en Crète, au nombre de dix , pour main-
tenir le bon ordre dans la république ; 8c c’eil par
cette raifon qu’ils furent appelés Co/mes , du mot
grec KSTuaf , ordre, lis l’étoient à vie, ne rendoient
compte à perfonne de leur adminiftration , Sc
commandoienc les armées en temps de guerre. On
les chbififlbit par le fort, mais feulement dans
certaines familles , 8c on tiroir aufîî de ces
mêmes familles les Sénateurs qui formoienr le
confeil public. Rien n’a plus de rapport aux an-
ciens Cofmes de Crète que le Confeil des Dix éta-
bli à Venife , avec cette différence feulement que
ces derniers ne commandent point les armées.
COSMIATICUM. Boulanger {de Veciig.c.^'è.')
penfe que cet impôt avoit pour objet la toilette
de l’Impératrice ; comme les François en payent
encore dans certaines occafions , un qu’ils appel-
lent la ceinture de la Reine.
COSMIQUE , terme d’aftronomie , que le fyf-
ême mythologique de M. Dupuis a fait tranf-
orter dans les recherches fur la théologie des
îrecs ; nous devons parconféquent en donner ici
explication.
Lorfqu’on dit qu’un aftre le lève 8c fe coucte
ofmiquement , c’eft qu’il fe lève ou fe couche çn-'
lênae inftant où le foleil fe lève. Ainfi,une étqile
C O s
qui fe lève ou fe couche le matin, fe lève ou fe
couche cofmiquement. Les anciens diitinguoient
trois fortes de lever & coucher des altres , le
cofmique , I achronique & VHéliaque. Infi. Afiron,
Le lever achronique d’un aftre & fon coucher
achronique arrivent à TépoQue où cet allre eft op-
pofé au foleil dans fon lever ou fon coucher. Ils
font appelés héliaques lorfque cet aftre fe lève ou
fe couche dans les rayons du foleil , qui empê-
chent de f obferver par leur trop grand éclat , de
forte que la différence entre le lever & le coucher
kehaques d*une part , Sc le lever & le coucher
cofmiqacs de Tautre , tient à Timmerfion dans
les rayons pour les premiers, & à une plus grande
diftance pour les féconds.
€ O T lii
COSTUME. Lorfqu’un Peintre ou un Sculpteur
voudra connoître le cofiume entier d'un- ancien
peuple J ou une feule partie de ce cofiume , il cher-
chera 1 article de ce peuple ou Tarticle de Pobjet
qu il veut imiter , tel que cafque , cuirajfe , d’c.
A
COTE. Le côté gauche droit le plus honorable
chez, les anciens , lorfqifüs marchoient dans un
lieu ouvert j mais dans les rues c'étoit , comme
aujourd^ui., le haut du ^avé , foit à droite foit à
gauche., ;
Lorfqffon prenois les augures , la palpitation
du cfffç gauche annonçoit , par une fuite de la
prééminence accordée à ce côté , des chofes 8c
des événemens heureux. C'étoit le contraire pour
la palpitation du côté droit.
COSSE A , en Tbrace. KOSQn’,
M. Neumann croit, avec raifon , qu’on doit
reftituer a cette ville les médailles d’or fur lef-
quedes on lit KOSON , & que Ton donnoit à
Cofa , ville d’Étrurie. i°. On n’en a jamais trouvé
dans la Tofcane. 2®. On les trouve fréquemment
dans la bafîe-Hongrie & dans la f’ranfylvanie.
3°. On ff
'a^point de médailles étrafques qui foient
en or ; & Ton fait combien Ton en pofsède de ce
métal , frappés dans la Macédoine & dans la
Thrace ; contrées fi célèbres d’ailleurs par leurs
mines d’or & d’argent.
COSSUS , eipèce de vers qui vivent dans
Tépaîffeui- des arbres , des bûches , &c. Les Phry-
giens, les habdtans des bords delà mer du Pont,
Sc les Romains , à leur exemple, regardoient ees
vers comme un manger délicieux. Iis parvinrent à l
ks engraiffer avec de la farine. ( P lin. 17. 24. ).
Les rides de qaelqu’individu de la famille Cor-
nelîa lui firent trouver une reffemblance avec ces
vers, 8c^ lui en firent donner le furnom, qui
devint héréditaire dans une branche de cette fa-
mille.
COSSUTIA^ famille Romaine, dont on a des
médailles ;
R. en argent.
RRRR. en bronze.
O. en or.
Les furnoms de cette famille fontM aribi anus,
SABUiA.
Goltzias en a publié quelques médailles incon-
nues depuis lui. v ; .
COSSYRA^ ifîe. Les médailles autosomés de [
cette ifle font':'
RR. en bronze.
O. en or. ' :
O. en atgent.
Leur type crdinaife eft le mot Cosstt^a-^ d’ans
^e . couronne de .laurier. Il eft 'q^uelflùêfqis écrit
en lettres; puniques-;,. ; ''
COTHON. Les foldats Grecs appeloient de ce
; nom une efpèce de ftacon qu’ils portoient dans
leurs facs ou biflàcs.
Plutarque _( tom. l . pag. 44. edit. Paris. ) dit que
le xûéa» étoit un vafe de terre à l’ufage des fol-
dats Laconiens. Winckehnann a cru en reconnoî-
tre un fur un grenat de la colledlion de Stofeh
( yc clajfe , n. 94. Pline (16. 20. } parle d’un
vas viatorium , qui étoit de bois 5 ce qui lui établit
une différence avec le cothon, vafe de terre cuite. Us
vafe étrufque de deux pouces huit lignes de hauteur,
& de quatre pouces de largeur, dont le deffiîs ell
ferrné par un couvercle fixe, percé de pe'tirs trous,
a fait naître au Comte de Caylus ks réflexions
fuivantes ( jRre. lî. pl. 38. zz. i.');
« J’avouerai que plufieurs vafes étrufques de
cette efpèce, & prinapalement celui-ci rne rap-
pellent le gobelet laconique , appelé esthon, dont
les Grecs fe fervoient à la guerre. En effet , la
couleur de la terre cachoit celle des eaux fales,
qu’on eft quelquefois obligé de boire , & dont
la vue révolte k goût , & les bords étoient faits
de manière qu’ils retenoient en -dedans toute fa
boue & le limon ; de forte qu’il ne venoit à la
bouche que ce qu’il y avoir de plus pur. « C’étoit
peut-être le même vafe que Ebyz£ ce
mot.
COTHURNE. Les commentateurs ont débité
beaucoup de rêveries & d’erreurs fur cette chauf-
fure , parce qu’ils n’en ont parlé que fur d-es def-
fins défeétueux, & non fur ks monumens ori-
ginaux 5, & plus encore parce qu’ils, n’ont pas dif-
tingiié plufieurs efpèces i.&.cothurnes j il y en avait
‘ cependant deux très- différeares. Le premier co~
; thurne étoit celui des clhaflèurs &■ des voya-geurs-
; H étoit femblable à des demi -bottes molles. ou;
; à nos brodequins- mod.ernes. C’eft de celui-là, qu£
pouvoir, par la foupieffe du cuir & dès liens,
■s’ âÿpter à différens pieds,,que l’on appela
ce 1 héramène,.Gélèbre par la facHité avec laqusik
■ il fe plioit aux cFrconftances.
Les héros., des. Tragédies portoient la fecande:
; efpèce: de cçthum? ^ qui éteit élevée de .eosiîe
2.Z1 C O T
àoigts , 8f qui alloit en fe rétréciiTatit du piïd vers
la terre. On en voit fur plufîôurs monumens an-
tiques , & notamment fur un bas-relief de la ville
Panfili J à Melpomène fur un tombeau du Capi-
tole , & à une ftacue de la ville Borghèfe^ qui
rcpréfente aulïî la Mufe Tragique.
Les héros paroiffoient conftamment fur les
théâtres avec la maffue & les grands cothurnes que
le philofophe Ménippe affeétoit de porter toujours
à la ville & à la campagne. L’ampleur des habits
des Aéieurs cachoit cette difformité , qui étoit né-
cefïitée par la grandeur des théâtres.
COTHURNI milhares.l^e$ jambes.^e l’Ale-
xandre de Portici font garnies de bottinesoude co-
thurnes lacés {cothurni tTiilitares) , ainfî qu’on en
voit à quelques ftatues d’Empereurs repréfentés
armés.
COTKSUM, en Phrygîe. kotiaieqn.
Les Médailles autonomes de cette ville font :
RR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Cette ville a fait frapper , fous l’autorité de Tes
Archontes, des médailles Impériales grecques en
l’honneur de Claude , d’ .Agrippine jeune , de Do-
rnitia , de M. Aurèle , de Commode j de PlaïuiHe,
d’Alexandre -Sévère ce Maximin , de Philippe
père , de VoluCen , de Yalérien , de Gallien , de
Caracal'a , de Matidie , de Trajan , de Domna ,
de Macrin , de Maxime.
COTOGiNTA'O. Foyej; Albâtre.
COTON (fil & étoffe de ). Voye^ Byssus.
CoTO>! ( papier de ). « On a vraifemblablement
( ainfi que l’a foupçonné Maffei ) indifféremment
appliqué le terme de papier à celui de coton ,
Comme à celui de Pupyrus. Ce foupçon paroîtroit
mieux fondé , fi j reftreint aux temps plus ré-
cens le xiiiî^ fiècle , il avoir pour objet le
papier de chiffe 8r celui de coton. Mais avant
eette époque , & même depuis en Orient , le der-
nier étoit caraéiérifé par des dénominations pro-
pres ( Glojf. med. 6’ infim. Grec. Pali.ograph, p. ly
G? feq. ) & qui ne laiffoient aucune refiburce à
l’équivoque. Il étoit en efiet appelé fouvent
ckarta , ( Mém. de C Acad, des Infir. tcm. 9 , in- 1 2.
p. 323. 326. Paliograpk. p. X9. ) & fouvent bom-
bicina ou bomhacina , nar les uns cutkunea , & pat
d’autres damafeena. D. Bernard de Montfaucon
prétend qu’il fut inventé au ix= fiècle ( Alc'm. de
/‘Acad. ibid. ) , quoique le plus ancien manuferis
de ce papier qu’il eût trouvé dans la bibliothèque
du Roi avec une date , ne foit que du milieu du
XI'. Mais il en connoiffoit d’autres ipag, 324. )
qui n’étoient point pofiérieursau x'. Nous croyons
aufli en avoir vu du même temps. RocchuSj
Pyrrhus ( Sidlia facr« ^ lib. 4. p. 91. 92. ) Se D, B,
C O T
de Montfaucon parlent de chattes en papier de
coton du commencement du xii' fiècle. «
« Ce papier fe multiplia beaucoup parmi les
Grecs depuis le ix' & fur-tout depuis le com-
mencement du xiC fiècle ; mais il n’eût jamais
autant de cours parmi les Latins. Il étoit moins
rare toutefois en Italie , & particulièrement dans
les contrées où l’on parloir encore Grec, & où
l’on étoit en grand commerce avec les Grecs,
comme en Sicile, au royaume de Naples & dans
l’état de Venife. Auffi rencontre-t’on dans les
royaumes de Naples & de Sicile bien des titres ea
papier de coton , & fur-tout des diplômes accor-
dés par les Princes Normands. Mais on n’en con-
noît point d’antérieur à la fin du xi' fiècle. En
générai l’ufage du papier de coton n’eft devenu
ordinaire chez les Grecs mêmes que depuis le
commencement du xiii^ fiècle- .Avant ce terme ,
le parchemin eut toujours la plus grande vogue
dans les manuferits , ainfi que dans les chartes.
Mais David Cafîey , qui a mis au jour en 17341e
catalogue des manuferits du Roi d’Angleterre ,
ne paroit guère au fait de l’origine du papier de
coton , quand il avance dans fa préface {pag. 14.)
qu’il fut trouvé au xi' fiècle, &z qu’alors l'ufage
du papier d’écorce fut aboli ». Nou-velle Diplo-
matique.
COTTA , furnom de là famille Aurélia.
COTT.ABE , fingularité dont , au rapport
d’ .Athénée , les anciens Poètes faifoient une fré-
quente mention dans leurs chanfons. C’étoir ou
le telle de la boiflbn,ou ieprix de celui quiavoitle
mieux bu , ou plus ordinairement un amufement
paffé de la Sicile en Grèce, qui confiftoit à renverfer
du vin avec certaines circonflances auxquelles on
attachoit du plailîr. Les principales étoient de
jeter en l’air ce qui reftoic dans la coupe après
qu’on avoit bu ; mais à le jeter la main renverféc
de façon qu’il retentît fur le parquet ou dans un
vafe delliné à le recevoir , & difpofé de la ma-
nière fuivante. On enfonçoit un long bâton en
terre , on en plaçoit un autre à fon extrémité ,
fur laquelle il faifoit équilibre ; on accrochoit
aux extrémités de celui-ci deux plats de balance î
on mettoit fous ces plats deux féaux , & dans
ces féaux deux petites figures de bronze. Quand
on avoit vuidé fa coupe jufqu’à une certaine hau-
teur fixée , on fe plaçoit à quelque diflance de
cette machine que nous venons de décrire, & oP
tàchqitde jeter le telle de fa coupe dans un des
piafs de la balance. S’il en tsomboit dans le plat
autant qu’il en falloir pour le faire pancher , eu
forte qu’il frapnât la tête de là figure de bronze
qui étoit deffous, & que le coup s’entendit, oh
avoit gagné, finon on avoir perdu. Cet amufe-
méftt étoit accompagné de chanfonS. Les Sicî-
licns, qui en étôiènt les inventeurs^,'âvqient|deS
lieux publics pour s’y exercer. Ils dontioient le
nom de, ’atax , iSc à la ligueur lancefi au-biüR
C O T
çu elle iâifoit en retombant. Les Grecs , qaî
s etoient entêtés du cottabe , auguroient bien ou
ma' du fuccès de leurs amours , par la manière
dont li leur réuffilToit.
Le cottabe fe pratiquoit plus fimplement chez
ies Komains.^ Celui des convives qui vouloir ob-
tenir un préfage relatif a fes amours , vuidoit
preltju cnnerement fa coupe , & la tenant enfuitc
ctrriere-main , il lançoit au plancher Je refte de
Ja liqueur. Il auguroit enfuite bien ou mai de fes
amours J ielon la napare du bruit que faifoit cette
iiqueur en retombant fur le pavé. {Pltn. xir. xi. )
ontra bibet^i fallacias , nikil ai elidendum in
pavzmentis fonum ex vino relîquzjfe.
Une troifîème efpèce de cottabe ou de cottabîf-
me confiftoit a faire nager de petites couoes fur
un grand vafe plein d'eau ^ de jeter de loin fur
C O T
droit heureux.
COTTE D'ARMES ^ habillement militaim
quon mettoit par-deifus la cuiraffe^ comme un
emement pour drftinguer les différens partis ^
oe Je foldat du général. On l'apneloit chez
les anciens cb/amys , ou paladamentùm ^ ou fa-
gwn. C etpir une draperie ouverte de tous cotés,
^ qui s attachoit fur l'épaule droite avec une
Doucie ou ardillon. Macrobe rapporte que ies an-
ciens comparoient la mappemonde à une cotte
et tzrn2es. 7mta.rque dit qu'Alexandre-le-Grand vit
avec piaifîr le plan que les Architectes avoient fait
■C~ ^ ^ ^ Alexandrie , parce qu'elle avoir la
ngure d une cotte d’armes Macédonienne. Ce qui
prout e encore que les cottes d’armes chez les Ro-
mains ^ainfî_ que chez les Grecs n'étoienr
qu une draperie no.n fermée, c'ell que Néron,
^rapport de Suétone, s'en fervoir pour berner
et taire fauter en l'air ceux qu'il rencontroit la
nuit dans les rues.
^ Un antre paJTage du même Auteur ( Vie d’Othen)
erermine encore plus prédfément la forme de
la cotte d armes des Romains. Cet Écrivain , après
avoir dit qu un Centurion nommé Cornélius
étant venu a Rome demander le Confulat pour
fon General , voyant que fes foiiicitations étoient
fa cotte/ armes, èc montrant
a garde de fon epee :■ « V'oiià de quoi vans porter
“ a m accorder ma demande. ‘Rejello fagulo
oJ/2taens giadii capulum , non dubitafe in 'curia
cLicere , hic faciet Ji vos non feceritis. .Ôn voit car
ces parM« que la cotte d’armes couvroit les armes !
de est Officier, & qu’ü obligé de la relever '
pour montrer ffin épée , ce qui ne peut pas con-
venir a la cuiraffe. Ces fortes d'armes , comme les-
^.harpes des modernes , fervorent à dillinguer les
xo.uats de chaque parti; celles des Empereurs &
des Generaux d armées fe nomraoient palcdamert- i
tum-, & celles des bas-efficiets & des foldats ‘
Lçs officiers es gygkap de fort Isa- i
21^
goes & de fort riches; mais le Général étoit le
ieu-l qui eutle privilège d'en porter une de pour-
pre ; il Ja prenoiî en fortant de la ville , & il ^
cuittoit avant que d’y rentrer.
A I egard des fayons ou cottes d’armes des Ger-
m^ains , ils ne leur venoient que jufqu’aux han-
cnes. C etoit une efpèce de manteau qui defeea-
oir jufqu aax hanches, & qni étoit attaché par-
devant avec une agrafte ou une petite cheville.
Les François , quoiqu’originaires de la Ger-
rnanie, avoient coutume de porter ces manteau.’?
plus longs. Le Moine de S. Gai dit que c etoit un
mpteau qui defcendoit par-devant & par -der-
rière ju.qu a terre , & qui par les côtés touchoit
a peine les genoux. Dans la fuite, la cotte d’armes
des GaUiOis , qui étoit beaucoup plus courte,
devint a la mode , comme plus propre pour la
guerre, au rapport du même Auteur. Quelques
necles apres , Charlemagne rétablit l'ancien sifase.
Il paroiî que fous Louis-le-Débonnaire, on étoit
revenu à la cotte d’armes des Gaulois ; mais dans
les guerres continuelles que fes fuccelTeurs eurent
a^foutenir, la rnode changea encore ; & comme
SiOrs la plupart militaires etoient continuelle*
ment à cheval , non - feulement la cotte d’armées'
couvrit tous leurs habits , mais leur magnificence
fe reniCrma aans cet habillement militaire , qu'ils
faifoient ordinairement de drap d'or & d'argent
& de riches fourrures d hermines , de martres zé—
b€;ines_, de gris, de noir, & autres pannes qa'oB
peignoir même de différentes cooleurs. Mare Veî-
fer ( lib. IV. B.er. Aug. ) prétend que les héraults
d armes ont emprunté de ces cottes d’armes les
métaux , les couleurs & les pannes qui entrent
dans la compofition des armoiries.
Quoi qu'il en foie, les héraults d'armes porren»’
feul aujourd'hui ce vêtement, que Nked dit être
appelé auffi tunique ; fur quoi H rapporte ces mots
de Guagiun, au couronnement du Roi d'armes c
Mont-joie portera ta tunique ou cotte d’armes dit
les coites d armes 8c les barnnâètes
n'etoient permifes qu'aux Chevaliers & aux an-
ciens Hoblês, ( Recueil de V Acad, des Bdlgs-Leti,
tom.jx.'),
COTTO. Voyei CoTYTTO»
COTTUS, fils du Ciel 8c de la Terre, 8c frets
de Briarée & de Gygés, avoir, comme eux, cent
bras & cinquante têtes ; il fut auffi relégué avec
eux au fond du Tartare, aux extrémités de la-
terre. ( Hejiad. Theogon. v. L47 , & RarspRat^
e. zo. )
COTÜRNIUM vas. >
C refiëmb&ie
a une poire , Sc n avoit qu'un petirtroa par fecrueE
en verfoit la liqueur goutte à. goutte, fouvent
meme en fecouant 'le vafe. De-!à vinren-t fes*. àii~
îêîieii?- noms gmss ^ s'ga joasr
iz4 C O T
l'huile , le vinaigre & d’autres liqueurs. îl croit
employé auffi dans les facrinces pour faire de*
libations de vin , & plus généralement encore
pour verfer de l'eau fur ceux qui lavoient leurs
mains. On en voit un dans le cabinet ne Ste Ge-
neviève de Paris.
COTYLEj Trybhon, raiefure grecque pour les
liquides, valoit , félon M. Pauélon {Métrologk) ,
én mefure de France aâuelle de pinte.
Elle valoit , en mefures grecques, 4 oxybaphes
ou 6 cyathes.
CoTYLE, mefure de capacité , en ufage dans
TAfie & dans l’Égypte. Foye^ Hémine & Mine.
CoTYLE. \ caraétère dillinétif de
CoTTLiscus. 3 , . , ■
cette coupe ou vafe à boire , étoit de n’avoir
qu’une feule anfe placée fur un côté. 11 avoit en-
core , félon Athénée , un bec profond & marque.
On confond trop fouvent les cotyles avec le ^ra-
fericuLum, qui fervoit uniquement a faire des liba-
tions dans les facrifees. Le cotylc etoit confacie
à’Eacchus. C Athtn. xy. & vu id.)
COTYS. Voyei Cotytto.
CoTYS I , Roi du Bofphore.
Ses médailles font ;
RRR. en or.
O. en argent.
O. en bronze.
CoTYS II , Roi du Bofphore.
Ses médailles font ;
RR. en or.
RR. en bronze.
O. en argent.
CoTYs lil , Roi de Thrace. basiaeyx kotts.
Ses médailles font :
RRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
CoTYS Y, avec Rhefeyporis.
Leurs médailles font :
RRR. en argent.
O. en or.
O. en bronze.
COTYTTO,
COTTUS. /Le nom feul de cotytto en
COTYS. ^annonce l’origine étrangère:
COTYTTEES. )
c’eft dans la Thraçe qu’il faut la chercher. De-là
le culte de cette Divinité, affez reffemblant aux
Bacchanales {Strabon, l. x ,p. 524.'), pafla dans
la Grèce , 8c s’établit à Athènes 8c à Corinthe. Il
fut tellement en honneur dans cette dernière ville,
qu’on y regarda cotys ou cotytto comme une
Déeffe tutélaire ( Hefyck. in Korurfa. Suid ibid. 8c
in V. sLrâTuç. ). A Épidaure , elle eut un portix
que qui lai fut confacré (Paufan, Corinth.c.xvii.').
C O T
Les Chiotes l’ayant reçue direélement de Tkrace.
confondirent fa fête avec celle des Ithyphalles
{Synes. de Clavit. 8j , & ad eumPetav. r.ot.
y. 33. ). La décence en étoit donc bannie : tout ce
qui va être rapporté fert à le prouver.
Un des Poètes célèbres de l’ancienne Comédie,
Eupolis , le rival d’ Arillophane , entreprit de dé-
truire J avec l’arme du ridicule , le trop grand
crédit que ce cuite commençoit à avoir chez les
Athéniens. En conféquence il fit une pièce inti-
tulée Us Baptes ( Hépkœjî. Enckirid. 1 4 , ed.
Paw. ) , où il n’épargna point les initiés à ces
myilères. Ils prenoient fans doute ce nom de
Baptes , à caufe de quelqu’ablution préparatoire ,
comme l’étymologie l’indique. Ce courage coûta
cher, dit-on, au Poète, que les pardfans de
cotytto noyèrent dans la mer ( Vid. Politian. Mif
celL. c. X. ). A Rome, Juvénal n’eut pas à crain-
dre un lî cruel fort , quand il s’éleva contre l’in-
décence des cérémonies de cette Divinité , qui y
changea fon nom Thrace en ceux de Faïua , de
Fauna & de bonne Déeffe.
On ne doit chercher l’explication de ces deux
premiers noms que dans la langue des Sabms, qui ,
avant le règne de Numa ( LaHant , i , p. iij ,
127.) , avoient tranfporté à Rome le culte de
cette Déeffe , auquel fe mêla tellement dans la
fuite celui de cotytto, qu'ils n’y furent plus dif-
tingués. Les femmes feules étoient admifes dans
ces cérémonies nocturnes , qui fe praiiquoient
dans la maifen du Conful, en prélence des \ ef-
tales. La mère ou la femme de ce Magirtrat y pre-
fîdoit ( Plut. Fit. Cicer. t. iv , p. 460. ) , & avoit
l’intendance des facrifices qu’on y faifoit pour le
falut du peuple Romain : c’ell pourquoi cette
Prêtreffe étoit appelée Damiatrix ( Fefi. in v.
Damium. ). La coutume, ou la loi , fembloit donc
avoir vieilié particulièrement fur la décence de ce
culte , que Claudius viola le premier. Depuis cette
aétion , contre laquelle fon implacable ennemi ,
Cicéron , ne celïà de lancer les traits de fon élo-
quence C Orat. pro domo faâ , §. 40, de Harufp.
refp. §- 5 , procl. Pif. §■ 59 , ) i H ^1^ vraifem-
blable que , dans ces myitères , la pudeur ne fut
plus aufli refpeÛée.
Cette vertu paffdit pour être celle de Fatua^
ou la bonne DéePTe (Tertull. ad Nat. l. il- c. rx.)-
on prétendoit quelle n’avoit ni vu ni entendu
d’autre homme que Faunus , fon mari C Fart. apr.
Lad. l. i , p. 127. ). Dans ce cas, fqn mente
n’éroit pas fort grand ; fur-tout s’il eft vrai qu ayant
été trouvée ivre , elle fut fuftigée avec des serges
de myrte C P Ut. Qiufi. Rom. t. il , p. 268. •
/. r,p. 74. ). Ces traditions avoient donne heu a
diverfes pratiques, ou avoit été inventées po^'^
rendre rai fon de celles des myilères de la bonne
Déeffe } non-feulement l’entrée en étoit interdne
aux hommes ( Ti^uLL. Fleg. vu , v. 21 , 22._ rn?
pert. l. lY , Fleg. IX , V. 23 , 20 , ^c. ) , mais.en
çore tous les tipi.eaux qui en repréfentoienc quy '
C O T
qu’un, y étoient voilés ( Jave/z. faî. vil V. J4Î. )•
Les femmes ne portoient point de couronnes de
niyrte -, on n’en voyoit même aucunes branches
dans l’intérieur du temple ( Plue, Q uifl. Rom.
p. z6S. ). On y permettoit les libations de vin ;
mais il falloir l'appeler /aà , & couvrir le vafe
qu! conrenoit cette liqueur (^Arnoh. L v , p, 74-)-
Si d’anciennes traditions favorifoient la pudeur
& la decence , de nouvelles fournirent bientôt
des prétextes au défordre & à la plus infâme dé-
bauche. Celles - ci firent Fauna , ou la bonne
Décile , fille de Faune , qui brûla d'un violent
amour pour elle. Punie de fa réfîftance à coups de
verges de myrte, elle ne céda pas néanmoins : le
vin fut alors employé 5 8c malgré fon ivreffe , au-
cun confentement ne put lui être arraché. Enfin ,
pour fatisfaire fa pafîion , fon père n’eut d’autre
parti à prendre que celui de fe méramorphofer en
lerpent. PluSeursde ces reptiles, apprivoifés dans
le temple de la bonne Déeffe , faifoient allufîon à
fable ( Macrob. Saturn. L 1 ,c. jcrr), dont
i origine grecque n’eft pas difficile à apercevoir.
En ralloit-il davantage pour corrompre à Rome
les myfières de cette Divinité ? « On fait à pré-
” fent , dit Juvénal, ce qui s’y paffe , quand la
« trompette agite ces ménades , & lorfqu'égale-
« ment ivres & de fons & de vin, elles font voler
» en tourbillon leurs cheveux épars, 6c heurlent
” a l’envî le nom de Priape. Quels rranfports !
quelles fure-urs ! Saufella , la couronne en main ,
53 provoque les plus viles courtifannes, & rem-
=3 porte le prix oifert à la lubricité ; mais à fon
” hommage aux ardeurs de Mé-
=5 duihne. Celle qui triomphe dans cet odieux
» conflit eft cenfée la plus noble. Là , rien n’eft
feint 5 les attitudes y font d’une telle vérité ,
•3 qu’elles auroient enflammé le vieux Priam &
M I infirme Neftor. Déjà les defirs veulent être
=3 aflouvis ; déjà chaque femme reconnoît qu’elle
» ne tient dansfes bras qu’une femme, & l’antre
retentit ae ces cris unanimes : Il ejl temps ain-
• traduire les hommes. ?slon amant dormiroit-ii r
M Qu on 1 éveille : point d’amant ! je me livre aux
« efclaves: point d’efeiaves, qu’on appelle on ma-
» nœuvre. A fon défaut, l’approche d’une brute
” ne l’cffrayeroir pas. »
Le culte de cette bonne Déeffe n’appartint pas
toujours exciufivement aux femmes ; les hommes
ne voulurent pas dépendre de leurs caprices ou
des befqins de leur lubricité, pour pénétrer dans
ces myftères. ils les célébrèrent de leur côté j
rnais pour obfen'cr en quelque forte les anciens
rites, ils s habillèrent eux-mêmes en femmes. La
tète couverte de longues aigrettes , & le col orné
de colliers, ils facriSoient une jeune truie, & of-
froienr a la Déeffe un grand vafe plein de vin.
Toute perfonne du fexe étoit exclue du fanétuaire,
& le_ temple ne s ouvroit plus qu’aux hommes.
« Loin d ici , profanes , s’écrioient-ils , vos chan-
» teufes font bannies de ces lieux. Ainfi , ajon;e
Antiquités , Tom^ II,
COU
» Juvénaî , les Baptes célébroîent dans Athènes,
» à_ la lueur des flambeaux , leurs nocturnes or-
" gies , &, par des danfes îafcives , fariguoient
M leur cotytto ( Sut. il , v. 84, 92. ) »
Le collume que ce Poète fatvrique donne aux
Prêtres de cette Divinité, qu’il fait boire dans un
vafe ayant la forme du phallus , le portrait qu’il
fait d’eux J enfin ce qu’il ajoute ; on voit , dans
ces ceremonies , les mimes turpitudes que dans Its
myftères de Cybèle ÇJuvéïz. Sut. il, v. IIC-II.)
font apercevoir la reffembîance de ces miniftres
avec ceux de C»£yrro Romaine, ou la bonne Déeffe,
peut-être n’en diffère ient -ils pas- Cette conjec-
ture a d’autant plus de fondement , que cette der-
nière étoit prife pour la Terre , dont le culte étoit
uni à celui de Saturne ou le Ciel ( Macrob. Saturn.
L 1 , c. xir. ) , chez les anciens habitans d’Italie.
Les noms de Fauna & de Fatua , qu’on donnoit à
la Déeflè , étoient relatifs à l’art de prédire l’ave-
nir ( Varr. de Ling. Lat. l. v. c. ni , l. vi ,
c. r/7, Macrob. l. i , c. xii , Laiî. l.i , p. 127,
) , dont les Grecs faifoient le premier hon-
neur à la Terre ( Æfchyl. Prometk. v. 2IQ-11.
Paufan. Phoc. c. v.)\ c’eff pourquoi les Romaios
donnoient pour époux à Fauna un Devin ( V arro.
de Ling. Lat. /. r/, §. 3. ),
D’abord , pur & lîmple , le culte de cette
Déeffe, repréfentant la Terre, ne blefla point la
décence ; il ne fut corrompu que par fon union
avec celui de Cotytto. L’efprit de débauche de la
jeuneffe Romaine , & le fanatifme intéreffé des
Galles y ou Prêtres de Cybèle , achevèrent de
tout perdre , &: parvinrent , non-feulement à ren-
dre méprifables ou odieufesces cérémonies , mais
encore à décrier toutes celles du paganifme. Les
plus facrées furent fouillées, & les temples de-
vinrent i’écueil de la vertu. Quel autel aujourd’hui
n’a pas foa Clodius , s’écrioic Juvénal ( Sat. vi ,
V. 345. ) , fous le règne de Domitien ? Depuis
cette époque, le mal fit encore bien des progrès ,
qui ne pouveient qu’être açcéléirés à Rome par
l’introduélion de tant de cultes myflérieux &c
étrangers.
( Article tiré des Recherches fur les Myftères 4tt
Paganifme, de M. le Baron de Sainte- Croix.)
COU. Chez les anciens les homrnes & les fêm-
tnes avoienr ordinairement le cou nud , ainfi que
les Orientaux modernes- Les femmes feules por-
tèrent quelquefois des colliers.
J-^orfqu’on prenoit les augures , on regardoit
comme très - favorable une palpitation dans la
partie gauche du cou , & comme très - fàcheufe
celle de fa partie droite. Les préfages tirés des
palpitations de la gorge , jugulum , étoient expli-
qués dans un fens contraire.
COUCIiER, Les malades couchaient dans les
temples d’Efculape, pour entendre de la bouche
du Dieu les remèdes qu’exigeoient leurs maux.
F f
COU
COUCOIU . sifeau confacré à Jupiter. La fabîc
dit que ce Dieu ^ ayant rendu l air extrêmement
froid, fe changea en coucou, & alla fe rechauffer
fur le fe:n de Jtinon. Le mont Thornax , dans le
Péloponèfe , où cette aventure fe paffa , fat
depuis ce temps-ia appelé le mont du CoucoUo,
Voye[ JuNON.
COUDÉE , mefure prife depuis le coude jui-
qu’au bout du plus grand doigt. Cette mefure ,
qui, dans les hommes de toutes les tailles, eÜ le
quart de leur hauteur, a beaucoup varié chez les
anciens peuples. La Métrologie de M. Pauélon
nous fournit févaluation de leurs coudées comme
il fuit ;
Coudée facrée, mefure linéaire & itinéraire
de TAfie & de 1 Égypte. Elle valuit 20 pouces &
de France. Elle valoir , en mefures anciennes
des mêmes pays ,1-5 coudée lithique >
Ou I f pied philétérien.
Ou I I coudée commune.
Ou 2 pieds géométriques.
Ou 2 7 zéreth.
Ou 3 7 îichas.
Ou ô tophach ,
Ou \G condyles.
Ou 32 esbaa.
CouDEE facrée carrée, mefure geodefique
mi gromatique de l’Afie & de l’Egypte. Elle va-
îoiÉ, en mefures anciennes des mêmes pays,
4 pieds géométriques carrés. _ , . . , .
CouDEE lithique , mefure linéaire 8r itinéraire
de l’Afie & de l’Egypte. Elle valoir ly pouces
gj de France. Elle vaîoic, en mefures ancien-
nes des mêmes pays , i | pied philétérien ,
Ou I 7 coudée commune ,
Ouïr pietl géométrique.
Ou 2 zéreth.
Ou 2 f Iichas,
Ou 6 tophach ,
Ou 12 condyles ,
Ou 24 esbaa. _ ^ ,
Coudée commune , mefure linéaire & itiné-
raire de TAfie & de TEgypte. Elle valoir 12 pouces
-i±- de France. Elle valoir, en mefures ancien-
nes'des mêmes pays, 1 i pied géométrique ,
Ou I J zéreth ,
Ou 2 Iichas ,
Ou y tophach.
Ou 10 condyles.
Ou 20 esbaa.
Coudée médiocre , pied philétérien , mefure
linéaire de la Phocide , de l’Illyrie , de la Thef-
falie J de la Macédoine , de la Thrace, des Pho-
' céens en Afie , & de Marfeille en Gaule. Elle va-
loir, en mefures de France, 13 pouces ,7^. Elle
valok, en mefures des mêmes pays, i | pied
pythique ou de mefure naturelle
Ou 6 paleftes.
Oh 24 dâéiyles.
COU
Coudée de mefure naturelle , mefure linéaire
de l’Attique , du Péloponèfe , de la Sicile 8e de
la grande Grèce. El'e valoir , en mefures de
France, 17 pouces & —. Elle valoir, en meru.
res des mêmes pays ,17 pied olympique ou pied
Ou 6 paieites ,
Ou 24 dactyles.
Coüdee, mefure linéaire des anciens Somains.
Elle valoir 17 pouces de France. Elle valoir, ea
mefures du rntmae peuple, i pied &
Ou 6 palmes.
Ou 18 onces.
Ou 24 doigts ,
Ou 3<S demi-onces.
Ou y4 dueües.
Ou 72 ficiliques ,
Ou 43 2 fcripules.
coPinTrîi J S”"""
les Germains & les Gaulois ( Tacite, Jgrk.c. 33.
n. 4, & Pomp. Mêla ni. 6. ). Les Romains l’adop-
tèrent avant le temps de Domitien ; car Martial
en parle fouvent. On appela covi-arii ceux qui
combattoient montés fur des covinus.
COULEURS des habitsque portoientles anciens.
Les Égy'ptiens portoient des manteaux blancs
par-deflus une longue tunique , appelée cdajiris.
Les Prêtres Égyptiens ne portoient que cette cc-
lafiris ; elle étoit de coton blanc , félon Pline
( 19. c 2. §. 3. .
Les Affyrîens , les Perfes & îes_ autres peuples
d’Afie airnoient la couleur blanche. Les Perfes
difoient même que les Divinités n étoient habil-
lées que de blanc. La pourpre pure ou melar.gee
briiloit cependant fur les longs manteaux des Af-
fyriens. Mais il paroît que les habits tiffus ae
laines de differentes couleurs n’étoient portés que
par les enfans & les efféminés. .
Pour ce qui eft des peuples Barbares , îl feroit
difficile de dire quelque chofe de précis. Tout
rhabillemeat des trois Rois captifs de la villa
Médicis J & des deux de la villa Borghèfe ,
tés en porphyre , paroît, d’après ce choix de
pierre, avoir éré de pourpre, afin de defigneria
dignité royale. Les Ibériens de l’armée d’Annibal
portoient des tuniques de lin teintes en pourpre
(Po/yi. L y & 31 PUn. 19. c. 4.'. En general on
peut affurer que les rois Barùares avoient ^
manteaux tilTus d’or & de foie , tels que to.
mode en offrit un aux yeux des Romains , ma-
gnés de ce luxe étranger. Tarquin l’ancien po
auffi une tunique tiffue d’or , tunicam auream.
Je vais réunir les Grecs & les Romains, a eam
de la conformité d’ufage & d habillement
trouvoit entre les uns & les autres. Les a
raves n’étoient portés que par les efclaves > on
voit un à Charea travefti en Eunuque dans
peintures du Térence du Vaticao. Les etô e
cou
foie de couleur changeantej étoient un des objets
de luxe les plus coûteux ; on en voit dans la noce
Aldobrandine , dans plulîeurs peintures d’Hercu-
ianum, & Philoftrate ( Icon. l. i. n. lo ) dit que
le manteau d'Amphpon n’étoit pas d’une feule
couleur , mais qu’il en changeoit fuivant les dif-
férens afpeéts- Les femmes & les hommes eôe-
minés portoient quelquefois des étoffes avec oes
fieurs peintes ou brodées 5 mais ces exceptions
ne peuvent s’appliquer qu’à des cas particuhers.
Les chlamydes des Lacédémoniens étoient
rouges. Neitor ( Pkilofirat. l. 2. ) étoit habillé de
la même couleur. Les j'eunes Athéniens qui fe
préparoie.nt au métier de la guerre , en faifant la
garde de leur patrie , portèrent des chiamydes
noires jufqa’au temps où le célèbre Hérode-Atti-
cus leur en donna de blanches ^Pkilofirat. vit.
Sophifi. l. 2. p. ffo. ). Les autres Grecs portoient
des chiamydes blanches ( Poilux. vit. 13. ). Cn
voit feulement dans la vie de Philopémen^ par
Plutarque , que les chiamydes de fes foidats
étoient de diiférentes couleurs & ornées de
fleurs.
Dans un tableau antique ( Icon. 2. I. 24. ) les
habillemens d’Achille font d’u.n vert-céladonj par
aÜiiflon à 'a Divinité m.ariue , dont i! étoit hls-
Sextus Pompée , après avoir remporté une vic-
toire fur la flotte d'Augafle , ptit des vêtemens de
la même couleur^ s’im.aginant , félon Dion-Caffius
( L 48. ), être un des fils de Neptune. Mais Agrip-
pa ayant battu à fon tour l’armée navale de ce
jeune Romain , reçut d'Augufte , en récompenfe
de fes fervices , un étendard de couleur de vert-
de-mer.
Le manteau que les Grecs portoient dans les
villes 5 Sc la toge des Romains qui n'en différoit
que par une plus grande ampleur , étoient ordi-
nairement blancs J, aléa. Mais dans les jours de
fête J de joie , de triomphe ^ les toges paroif-
foient plus blanches , candidét , parce qu’elles
étoient lavées & blanchies avec de la craie ^ crc-
tat&, ce qui donnoit de l’éclat à leur blancheur.
C’étoit par des toges d’une blancheur éclatante ,
que les Candidats fe faifoient remarquer au milieu
de la foule des citoyens , dont les toges faites de
laine blanche étoient falies par l’ufage habituel.
Voye-^ Toge. Les Magiftrats, les Sénateurs & les
enfans qui n’avoient pas encore pris la robe vi-
rile. portoient la prétexte ^ c’eft-à-dire ^ une toge
blanche , ornée de bandes de pourpre. La trabea ,
manteau militaire blanc , orné de pourpre , fai-
foit diftinguer les Chevaliers. Quant au bas peu-
ple & aux efclaves ^ ils ne portoient point de
toges fur leurs tuniques j à caufe de la cherté de
cet ample habillement ; les moins pauvris cou-
vroient dans la faifon phivieiife leurs tuniques
rayées, ou de couleur rouiïe ( couleur naturelle
des. laines mélangées & communes ) avec des
manteaux grofners de couleur roufsâtre , pulU
ltiCirn&.
COU
227
QBânt à la couleur des habits de deuil, V'oye:^
Deuil.
Les foidats Romains portoient fur toutes leurs
armes une cotte-d’armes , fagitm , qui étoit ordi-
nairement d un blanc terne , tel que le donnent
des laines groffières 8é mélangées. Les Généraux-
portoient , au-lieu de fagum , des chiamydes ou
paludamentum de pourpre. Sur les fagum des Gau-
lois étoient peintes ou coufues des fieurs de pour-
pre, & d’autres ornemens.
Chez tous les peuples de l’aotiquité , les vête-
mens des Prêtres étoient olancs.
Winckelmann ( Hîfi. de l'Art , liv. iv , ch. y.
§. £. ) fait les obfervations fuivantes^fur les cou-
leurs des vêtemens que portoietit les ijivmités fur
les monumens antiques. « Jupiter étoit vêtu d’une
draperie rouge (^lAartian. Capel. de Napt. Phil.
l. i, p. 17. )■ Neptune, fi fa figure nous étoit
parvenue en tableau , auroitun vêtement vert-de-
mer , ou céladon , comme on avoir coutume de
peindre les Néréides ( Ovid. Art. f 3. v. 17S. ).
Tout ce qui avoit rapport aux Dieux marins,
jüfqu’aux animaux qu'on ieur facrifioit , portoit
des bandelettes d’un vert-de-mer ( F altr. fine.
Argon, l. I. V. 189. h C’en d après cet ufage que.
les Poètes donnent aux fleuves des cheveux de la
même couleur -, Ovid. Art. L i, v. 224. ). En gé-
nérai les Nymphes , qui tirent leur nom de l’eau
Nï.M<îH , LYMPH-A, font ainfi vêtues dans les
peintures antiques ( Ovid. Art. l. 5. v. 178 ). Le
manteau d’Apollon , quand il en porte un , eft
bleu ou violet ( Bartol. Pitt. Ant, tav. 2. ), &
Bacchus , dont la draperie pourroit être de pour-
pre , eft habillé de blanc. Mardanus Capeiia attri-
bue la couleur verte à CybelCj^comme étant ia
Déefîède la Terre & la mère des Etres (À i.p. ipi).
Junon, par rapport à Pair qu’elle déiigne , peut
être vêtue de bleu célefte ; mais l’Ecrivain que ;e
viens de citer l’introduit couverte d’une draperie
blanche. Cérès devroit porter une draperie jaune,
parce aue cette couleur eft celle de la moiffon ,
& qu’elle fait aîiufion à l’épithète d'Homère , qui
rappelle ia blonde Cérès. Le deffin colorié d’une
peinture antique , confervé à la bibliothèque du
Vatican , & publié dans mes monumens de l’an-
tiouité C Monam. Ant. ined. n°. 18.), nous offre
Pallss , dont le manteau , au-lieu d’être d’un bleu
céleite , comme on le voit communément aux
figures de cette Déefle , eft couleur de feu , pour:
défigner fans doute fon ardeur guerrière. Sur une
peinture d’Hercuianum nous voyons \enus avec
une draperie flottante d’un jaune doté, qui tire-
fur le vert foncé ( Pitt. Ere. t 4, tav. 8, ) , par
allufion peut-être à l’épithète de Verras la-dorée.
Une Naïade porte, fur le delEn duV atican dont nous
venons de parler , une tunique fine de couleur
d’acier, comme Virgile décrit la couleur du Tibre :
. . . Eum te'nuis glauco vtlahat amlBu
Çarbafus.
F f ij
2zS COU
Mais ordinairement les vêtemens des Naïades
font verts comme ceux des fleuves chantés par les
Pcëtes ( Sîat. Theb. 3 54. ). Au refte , ces
deux ccu'eurs font fymboliqiies , & défignent
Peau 5 la verte fur-tout fait alliUion aux rives bor-
dées d’arbriffeaux. »
COULOIR. Voye^^ Bronze & Colum.
COUPES ( fête des ). Démophoonj Roi d’A-
thènes , voyant Orefte chargé d’un parricide ,
ne voulut ni l’admettre à fa table , ni l’écon-
duire. Pour fc tirer d’embarras j il le fit fervir fé-
parémentj & afin de juftifier cette efpèce d’af-
front j il voulut qu’on préfentât à chaque conviv'e
une coupe particulière ^ contre l’ufage de ce temps-
làj où tout le monde buvoit dans la même. En
mémoire de cet événement , les Athéniens éta-
blirent une fête J où l’on faifoit la même chofe
dans le repas facré.
« Je faifirai cette occafion ^ dit Winckelmann ,
ijiifi. de LArt,l.j^, ch. 6.) pour parler de quatre
coupes d’un or pur^ delà forme & de la grandeur
d’une foûcoupe à café ; elles ont été trouvées
dans les anciens tombeaux près de Girgenti, &
fe voient dans le cabinet de M. Luccl'.efî , Evê-
que de cette ville. J’ai cru devoir décrire ces mor-
ceaux précieux , parce que les ornemens qui les
entourent paroiireiir refleœbler à la fabrique des
médailles les plus anciennes de la Sicile , & être
du même âge. Deux de ces coupes ou foûcoupes
ont extérieurement une bordure, dont les orne-
mens confillent en boeufs , travail qui peut être
appelé boflelage. On voit que cette bordure a été
frappée avec un poinçon de relief, appliqué en-
dedans du bord , pour faire fortir la bofle de l’au-
tre côté. Les deux autres foûcoupes ont pour or-
nement une bordure de points faits au poinçon.
Par rapport à l’explication des bœufs qui déco-
rent les deux premières foûcoupes, je ne crois
pas qu’il foit nécelTaire de remonter , avec le pof-
fefîeur de ces antiques , jufqu’au bœuf Apis des
Égyptiens. On fait que chez les Grecs les bœufs
croient confacrés au Soleil , & qu’ils traînoient le
char de Diane. Le bœuf peut être aufli confîdéré
comme l’emblêBie de l’agriculture , & c’eft ce que
paroît indiquer celui qui fe rencontre fur quelques
médailles de la Grande-Grèce , parce que ces ani-
maux tirent la charrue , 8c fervent à toute l’écono-
mie rurale.
Coupe des pierres. « Pour les voûtes des aqué-
ducs , des ponts & des arcs de triomphe , on
tailloir ( dit Winckclmann ) les pierres en forme
de coin ; ce que Perrault aurait pu favoir fans
aller à Rome , s’il n’avoit pas voulu prouver que
les anciens n’entendoient pas la coupe des pierres
(^Paral. des Anciens 6^ des Modernes , 1. 1 yp.
&c que par cette raifon ils ne faifoient pas d’ar-
qades de pierres, mais feulement de briques. Cet
Ecrivain ne s’eft pas rappelé que Vitruve même
parie C c. x» p. 245, l. zS, ed. '
COU
ly yi , 4 ) d’arcades conftruites de pierres taillées
en forme de coin. Il fait dire aufli à fes interlo-
cuteurs que cette ignorance des anciens les obli-
geoit à faire des architraves qui alloient d’une
colonne à une antre , 8c que comme on ne trou-
voie pas toujours des pie>rcs d’une grandeur re-
quife , on croit contraint de rapprocher davan-
tage les colonnes. Mais tout cela n’ell pas moins
faux que ce qui précède ; car on voit aux telles
d’un des plus anciens édifices de Rome , au Capi-
tole, qui étoit la demeure des Sénat .ears , on voit
encore la partie d’en-bas de l’architrave, à laquelle
pendent ce qu’on appelle les gouttes , avec huit
chapiteaux doriques : l’efpace qui eft entre deux
de ces chapiteaux prouve qu’il en manque un; 8c,
autant qu’on peut le voir par l’atchicrave , il doit
y en avoir eu feize. Cette face eft faite de pe-
tites pierres de deux palmes chacune , lefquelles
font taillées de la même manière qu’o.n le feroit
aujourd’hui en pareil cas. «
COUPOLE. V~oye^ Dosme,
COUREUR , curfor. Les Rom.ains donnoient ce
nom à des valets-ie -pieds qui étoient toujours
prêts à exécuter les ordres de leurs maîtres.
Coureur du cirque. Après les courfes de char,
venoient ordinairement les courfes des coureurs.
On en choififfoir à Rome un dans chacune des
quatre faétiens , 8c ils faifoient tous les quatre
plulîeurs fois le tour du cirque entier Pline parle
de certains coureurs ( vu. 10.) qui avoient par-
couru dans le cirque lôoooo pas ( 37 lieues de
2284 toifes, ou petites lieues ; : I\unc quiaem in.
circo quosdam curfores centum jexaginta miilia paf-
fuum tolerare non ignoramus.
Les coureurs chez les Grecs portoient pour tout
vêtement une écharpe autour des reins. Mais cette
écharpe s’étant détachée , 8c ayant fait tomoer
l’athlète Orfippus de Lacédémone, on leur per-
mît de courir tout nuds. Les Romains , du temps
de Denys d’Halicarnafîe ( vu. p. 475. ) faifoient
porter l’écharpe à leurs coureurs. Ces athîetes fe
frottoient d’huile comme les autres ( Stat. Theb.
VI. 575. ). _ _ ■ r, r
A la foixante-cinquiême Olympiade C Puujan.
Eliac. I. p. lyy.', on établit aux jeux olympiques
des prix pour les athlètes , qui couroient vêtus
8c armés de lances 8c de boucliers. Demarate tut
le premier vainqueur de ces courfes.
COURIER. Les anciens connoiflToient
des couriers } ils en ont eu de deux fortes. 1°. des
couriers à pied , que les Grecs appcloient nemt~
rodromi , c’eft-à-dire , couriers et un jour. Pline,
Cornelius-Népos & Céfar parlent de quelques-
uns de ces couriers qui avoient fait vingt , trente ^
tren:e-fix lieues Sc demie en un jour , & jufqu a
la valeur même de quarante dans le^ cirque
remporter les prix. 2°. Des couriers à cneval , qti
changeoien: de chevaux comme onfait aujoiud n’ut»
cou
Xénophsn attribue Tufage des premiers courlers
à Cyrus , Hérodote dit qui! étoit ordinaire chez
les i'erfes ^ & qu'il ny avoir rien dans le monde
de plus Vite que ces fortes de Meffagers ( 1. nu.
C. 97 &: 98. ).
Cyrus J félon Xénophon , examina ce qu'un
cheval püiMroic faire de chemin par jour^ & à
chaque journée de cheval il fit bâtir des écuries j
mit des chevaux & des gens pour en avoir foin,
avoir aufli dans chacune de ces polies un
homme qui , quand il arrivoit un courier , prenoit
le paquet qu’il apportoit , & montoit fur un che-
val frais : tandis que le premier fe repofoic avec
fon cheval , le fécond aiioit porter les dépêches
à une journée de-là j où il trouvoit un nouveau
cavalier qu’il en chargeoit, 8c ainfi de même juf-
qu’à la cour.
II n’efi: pas sûr que les Grecs ni les Romains ayent
eu de ces fortes de poftes réglées avant Augufte ,
qui les établit le premier; mais on couroit en
char. On courut enfuite à cheval j comme il pa-
roît par THifloire Eccléfiallique de Socrate ( /. mi.
^9-)- ^ ,
Dans l’empire d’Occîdent on appeloit les cou-
riers , viatores 7 & fous les Empereurs de Conftan-
tinople J curfores , d’où eft venu leur nom mo-
derne.
On voit encore que fous Dioclétien il y avoît
des relais établis de diftance en diftance. Lorfque
Conftantin eut apprit la mort de fon père Conf-
iance , qui gouvernoit les Gaules & les Illes Bri-
tanniques J il prit fecrètement & nuitamment la
poire pour aller lui fuccéder dans les Gaules ; &
dans chaque relais où il arrivoit ^ il faifoit coupel-
le jarret des chevaux qu’il y îaiffoit, afin qu’on fût
hors d’état de le fuivre & de l’arrêtcrj comme on
en eut le deflein le lendemain matin.
Les couriers des Empereurs étoient reconnoif-
fables aux plumes q-u’ils portoient à leur bonnet.
Hahent pennas in. capite , unde intelligltur fifti-
natio itineris , dit un vieux Gloffaire , cité par
Godefroi (_adL 1. Cod. Th. de Cur.).
COURONNE. L’antiquité la plus reculée ne
déféra les couronnes qu’à la Divinité. Bacchus fut
un des premiers qui s’en para. Bientôt après ^ les
facrificateurs en mirent fur leurs têtes & fur celles
des viâimes. Athénée^ ( /. nr,') 8c Q. Fabius
Picior ( /. i. ) difent que Janus fut l'inventeur
des couronnes , que c’eft lui qui s’en fervit le pre-
mier dans les ihcrifices. Mais Pline ( l. xrr. c. 4.")
dit que ce fut Bacchus. Selon Phérécydes , cité
par Tertuliien ( de Coron, c. 7. ) , Saturne eft le pre-
mier qui fe foit couronné ; félon Diodore , ce
fut Jupiter ^ après fa viâoire fur les Titans. Léon
l’Egyprien aiTure qu’Ifis fe couronna la première
d’épjes de blé dont elle avoir appris i’ufage aux
hommes. Il ajoute que Claudius Saturnias avoir
compofé un livre des couronnes , cù ii traitoic de
kur grigînç, de iems ca»&s , dç kuïs elpèçêâ , ^
COU
des cérémonies ou’on obferroit relativement à
elles.
Les premières couronnes n’étoient qu’une ban-
delette dont on fe ceignoit la tête , qui fe lioit par
derrière , & rpae l’on nomma bandeau royal ,
comme on le voit aux rit-'S de Jupiter fur les mé-
dailles des Ptolémées d’Égypte. Les Rois de Syrie
font auîfi fouvent couronnés de même. Quelque-
fois on les faifoit de deux bandelettes j enfuite
on prit des rameaux de différens arbres , puis on
y ajouta des fleurs ; 8c Tertuliien. ( à l’endroit cité )
avait vu dans le livre de Claudius Saturnius^ qu’il
n’y avoir aucune plante dont on n’eût fait des
couronnes. Pline ( l. xxi. c. 3. ) dît que P. Clau-
■ dius Pulcher fat le premier qui ajouta aux cou-
ronnes une petite lame ou bande de métal. Les
Rois MacédordeHS de Syrie font les premiers qui
portent fur les médailles la couronne rayonnante,
radiata. Les couronnes des Dieux étoient diffe-
rentes. Celle de Jupiter étoit de fleurs : elle eft:
fouvent de laurier fur les médailles; celle oeJiinon,
de vigne ; ceile de Bacchus , de vigne , de raifins,
de pampres . de branches de lierre chargées de
fleurs & de fruits ; celle de Caftor , de Poüux Si.
des Fleuves , de rofeaux ; celle d’Apollon , de
refeaux ou de laurier ; celle de Saturne;, de figues
nouvelles & fraîches ; celle d’Hercûle ^ de peu-
plier ; celle de Pan fe faifoit de pin ou d’yèble j
celle de Lucine, de diélame ; celle des Heures,
de fruits propres de chaque faifon ; celles deS
Grâces , de branches d’olivier , de même que
celle de Minerve; celle de Vénus , de rofes ; ceile
de Cérès , d’épis , de même que celle d’Ilis î
ceile des Lares, de myrte ou de romarin, &c.
Non-feulement les couronnes étoient employées
pour iesftatues & les images des Dieux, pour les
Prêtres dans les facrifices , pour les Rois & les
Empereurs J mais encore on couronnoit les autels ,
les temples, les portes des maifons, les vafes
lacrés , les viéiimes, les navires , &c. les Poètes,
ce’ux qui remportoient la victoire dans les }eux fo-
lemaels , les gens de guerre qui fe diftinguoient
dans quelque aétion , &c.
Cette marque d honneurqueles Romains avoient
empruntée des Grecs, anima le zèle des citoyens
dans les premiers temps de la république , & pro-
duifit des efforts généreux , des aéles de bravoure
& de vertu. Mais on abafa bientôt de ces fortes
de récompenfes ; elles furent prodiguées. Alors le
luxe ne permit plus de les former fimpiement de
feuilles ou de branches légères ; & î’avarfce des
Généraux les multiplia à un tel point que, feîoiî
Apnien, on en porta plus de dix mille d’or dans
la pompe funèbre de Syîîa. Suétone dirqu’Augulle
en donna.une d’or à Jupiter Capitolin , qui pefoic
pbiis de feize milliers. Enfin les couronnes d’or de-
vinrent , fous les Empereurs, des impôts auxquels
] étoient cffiiiettis tous les pays conquis-
j La couronne des Empereurs étoît ordinairetnent
[ de Jaarier i Je dïoii de h porte? fus secojdé à
23® cou
Jules-Céfar par le Sénats & fes fucceflêurs COK-
tinuèrent d’en jouir.
Juftinien elt le premier qui ait pris fur fes mon-
noies une efpèce de couronne fermee , tantôt pro-
fonde , en torrr.e de bonnet , tantôt plate , & ap-
prochant alors du mortier de nos Fréfidens ex-
cepté quelle ell futmontée d'une croix, & fou-
vet.t bordée de perles à double rang. C’eir ce que
Ducange nomme camelaacium , confondu ordi-
nairement avec le manteUt, appelé camail, à caufe
de la rclfeiriblsnce du nrot , quoique Fun foit fait
pour couvrit les épaules , tandis que l’autre cft
dqftiné à couvrir la tête.
« Les couronnes radiales fe donnoient aux Prin-
ces, dit le Père .Tobert , Icrfqu’ils étoient mis au
rang des Dieux, foit avant, foit après leur mort :
cette forte de couronnes n’étant propre qu’à des
Déités , comme dn Cafaubon , je ne prétends pas
néanmoins faire de cela une maxime confrante;
car je fais combien il y faudroit d’exceptions, par-
ticulièrement depuis les douze Céfars. Iious ne
voyons point qu’aucun Empereur vivant ait pris
la couronne radiale avant Néron , qui la méritoit
le moins de tous , Augufte même n’en ayant eu
l'honneur qu’après fa mort. ”
On voit fur les médailles pliifieurs autres efpè-
ces de couronnes qu’il faut diilinguer. Les unes ,
appelées rofiraies . font compofées de proues de
vaîfieaux enlacées les unes dans les autres ; elles fe
donnoient après les viétoires navales. Agrippa reçut
cette couronne dAugufte, après qu’il eut dénit
les flottes de Sextas Pompeius & de Marc-Antoine 5
d’autres , appelées murales , font compofées de
tours ; c’ctoit la récompenfe de ceux qui avoient
pris des villes, comme c’eft l’ornement des Génies
& des Divinités qui les protégeoient. Cell pour-
quoi Cybèle, la Déefle de la terre, & tons les
Génies particuliers des provinces & des villes, por-
tent des couronnes tourelées.
On y voit aufii des couronnes de chêne, deftmées
à ceux qui avoient fauve la vie à un citoyen ; telle
eft celle qui entoure l’infcription oh cives fer-
■t-atos, & qaifç voit quelquefois fur la tête même
du Prince.
Les_ couronnes d’hsrbe, ou graminées , corons,
gramlnes , écoient celles qu’une garnifon aiflégée
dans une place, ou une armée renfermée dans fon
camp par l’ennemi , avoient coutume de donner à
leur libérateur ; elles étoient faites avec des plan-
tes arrachées dans l’endroit même où l’aétion
s’étoit pallce. Pline ( /. x.yjj, c. 5. 4. 5 & 6. ) eti
a parlé fort au long , & il a nommé tous ceux qui
en avoient été honorés ju.ùqu’au temps où il éed-
voit. 11 eft douteux cependant qu’on en puifle
trouver quelque exemple far les médailles. Un fa-
vant des plus diftingués a cru reconnoitre une de
ees couronnes fur une médaille d’argent de la ft-
mÜle Fabia ^ rapportée par Urfin , Patin, Vail-
lant & Morel. On y voit d’un côté h tête de
Jupiter avec une barbe allez épaîiïé, couronné
COU
de laurier. Au revers la figure d’un homme nud
& debout, le calque en tête, appuyé de la gau-
che fur une haite , & préfentant de la droite une
cou’onne , que le fâvant homme a prife pour U
couronne graminée qui fut accordée au célèbre
Fabius, i’émuie d’.4nnibal. Sa conjeélure ell fon-
dée fur ce qu’on lit dans le champ de la méd.ii!:e
Q. FAB. & un monogramme qui peut défigner le
furnom Maximus. Mais la couronne reprefentée
fur ce revers eft trop petite pour que le monétaire
ait pu y marquer bien diftinélement la forme des
feuilles dont elle étoit compofées & d'ailleurs il a
exifté plus d’un Q. Fabius, & il n’y en eut jamais
qu’un fclil honoré de la couronne graminée.
Il V avoir des couronnes particulières deftinées
à ceux qui remportoient les prix dans certains
jeux publics. Ceft ainiî qu’aux jeux de l’ifthme de
Corinthe , nommés iftkmia , les viéLoneux étoient
couronnés d’àche , une efpece de petfil plus fort
& plus grand que le nôtre : on en voit la forme
fur une médaille de Néron.
Hadrien fi: faire en faveur d’Antinoüs, des
couronnes de lotus. 11 les appela antinoeia,
nom qui fe lit fur les médailles de ce favori. Ter-
tullien ( de Cor. Mil. c.iz.) a fait mention de ces
couronnes qu’on donnoit dans les jeux inftitués en
l’honneur d’Antinoüs, nomm.és aulfi antinoeia.
Les couronnes tlue les Grecs portoient autour
du ccu dans les feftins , s’appeloient ( Atktn.
Deipnos , lxv. p. 688. B. Ciem. Alex. Psdag.
L. CLc. 1. p, 185./. y.) Y!rsêo/4<«(hf,parce qu’elles
leur faifoient fentir l’odeur des fleurs de bas en
kaut.
Ceux qui voudront être parfaitement inftru’ts
de ce que les anciens Auteurs nous apprennent
fur les diadèmes, les couronnes & les autres orne-
mens de tête . des Rois , des Empereurs , des Pri.n-
ceffes , des Prêtres , des athlètes , &:c. doivent
lire le favant ouvrage de Charles Pafcnal, inti-
tulé : Caroli Pafcàalii Corons , opus lihris x dij-'
tinclum , quibus res omnis coronana e mona-
mentis eruta continetur. Pans. lOtO, jn-4®.
Lugd. Bat. 167. 8®. U faut fur-tout avoir foinjc
comparer ce que cet Auteur a écrit fur les diue-
rentes efpèces de couronnes , avec celles qui^font
repréfentées fur les médailles. Dans le /alefiana,
p. 99-103 > trouve un article fur les coiffures ,
que portent fur les médailles les Impératrices. Ce
léger effai auroit dû engager quelque Annqiuire^a,
faire des recherches particulières fur les di&erentes
coiffures qui on: été en ufage tant dans le mnî:
que dans le bas-Etnoire : les médailles fervî'’'-?;|.^^
beaucoup alors ; elles nous feroienr entendre aiy^-
rens paffages des anciens Auteurs, qu’on ne ^au-
roit bien expliquer fans leur fecours. Pour y _lnp'
pléer , en lira dans ce Diftionnaire les arbC.es
particuliers de chaque efpèce de couronne ^
plus les articles Bandeau royal , ^iadsme j
r’TTiAîîiî TrAnv . MiXP_.E, ChEVBWX, -Cas*
que , Scç.
cou
Couronne d’Arhdiie. Voy^i ARîAdne-
COURONNE (jji'plomi-iTtque .. couronnes de
nos Kois de la première race font ordinairement
de perles : elies fe terminent fouvent vers le bas
de la tête par deux perles ^ tournant à peu-près un
V coiifonne renverfé. »
« Deux autres peiles s’élèvent prefque aufil fou-
vent au-deffus de b tête , & repréfencent alors
un perlé par le haut ; quelquefois une croix ou
undîtnple ruban. Cet Y renverfé , qu on voit fur
la rête de la huitième monnoie de Dagobert , pag.
JO de le Blanc J n’eft rien autre chofe qu’un orne-
ment de cette nature. 11 eft fuiprenant qu un
auffi habile homme que le Blanc l’ait pris pour
une lettre, pour un vrai A grec , dont il dit mo-
deftement qu’il ignoroit la lignification. »
“ Ces couronnes de perles étoient quelquefois
doubles , quelquefois ce n’ étoient que de fimples
diadèmes.
cc Les couronnes de laurier font rares fous la
première race j il y a quelques couronnes fer-
mées. =3
« Les têtes font communément de profil , &
regardent vers la droite. »
« Les Rois d’Efpagne , au contraire , • font de
face , & pour l’ordinaire fans couronne ^ mais avec
«ne longue chevelure. Quelques-uns néanmoins
regardent de profil comme nos Rois , & ont des
diadèmes ou des couronnes fermées. ”
« Rarement nos Rois de ce premier âge ont des
couronnes radiées. Des feize Rois qui font aux
trois portails de' l’églife de S. Denis , il y en a
neuf dont les couronnes ont la forme de bonnets
tous différens les uns des autres. 11 y en a qui ont
au bas des bandes qui relïèmblent un peu aux
diadèmes ; les autres diffèrent confidérablement
entre-et’x. De toutes ces couronnes , trois feule-
ment ont le treffie , qui n’étoit qu’un ornement
arbitraire. =3
« Les Rois de la fécondé race n’ent point fait
repréfenter d’ordinaire leur figure fur leurs men-
noies : quand ils l’ont fait , ils avoîent coutume
de porter une couronne de laurier 5 quelques-uns
ont pourtant la couronne de perle. Ils regardent
pour la plupart de profil tournés vers la droite.
Rarement regardent-ils de face : quelques-uns ont
îa couronne de perle fur un ou deux cercles. 33
On peut remarquer fur les monnoies de Louis-
33 le -Débonnaire que fa tête , qui eft gravée fur
33 huit pièces , eft toujours couronnée de lauriers.
33 Si le doéie Coringîus les avoir vues, il fe feroit
33 fans doute épargné la peine de faire cette lon-
33 gue difiertatîon , où il tâche de prouver que
33 depuis le grand Cenftantin les Empereurs ne
33 portèrent plus que des diadèmes de peiles ou
33 de pierreries, A jamais de couronnes de laurier. 3,
Deux figures de Charlemagne ,, faites de fon
temps, même à Rome, fous le Pape Léon III,
portent la ceitrerme impériale fermée par fe haut ,
cemme la portoierd alors ks Empereurs d'Orkntu I
COU 231
La couronne de Charles-îe-Chauve , fur quelques
monumens , n’eft qu'un cercle furhauffé de quel-
ques fleurs de lys. Nous ne parlons point de quel •
ques couronnes extraordinaires de la deuxième
race. 33
Les premiers Rois de la troifième race ont en-
core moins eu i’ufage de fe faire repréfenter oa
de faire marquer quelques figures far leurs mon-
noîes. Louis Vil eft peut-être le premier qui l’aie
fait, & Philippe- Augufte eft le premier de cette
race qui fe foit fait repréfenter lui-même , encore
eft-ce très - rarement. 11 y a pourtant une tête eta
bufte & de face de Philippe î-‘, avec une couronne
furmontée de croix. Philippe II. fe fait repréfenter
de face, foit aifis fur un trône, ayant un feeptre,
terminé par une fieur de lys dans la droite, &
une fleur de lys dans la gauche , avec deux lys à
fes côtés , ou debout avec les memes attributs,
excepté qu’il tient fa gauche vuide fur fa poitrine.
Mais ces monnoies ne font peut-être pas de Phi-
lippe-Augufte, elles font tout au plus de Philippe-
le- Hardi onde Philippe-le-BeL Sa couronne porte
des fleurs de lys fur un cercle. 33
cc Bl.rnche eft repréfentée debout avec les attri-
buts rapportés plus haut, fi ce n’eft qu’elle tient
quelquefois , au-lieu de la fleur de lys , une cou-
ronne , comme celle qui eft fur fa tête. =3
cc Louis Vlil eft repréfenté fur un trône fans
les deux lys à fes côtés, mais tenant la fleur de lys
de la droite, & le feeptre de la gauche. Le trône
n’eft point terminé dans fes bras comme le pré-
cédent par des têtes d’animaux. 33
ce La couronne de S. Louis étoit ouverte , far*
montée feulement dans fon contour de quatre
fleurons , un devant, un derrière , & les deux au-
tres aux deux côtés. 33
cc Le Blanc nous repréferïte Philippe-îe-Bef
comme Philippe-Augufie, à l’exception des deux
lys' à fes côtés. Il l’a fait auffi repréfenter fur un
trône chargé d’architeclure gothique. Oa peut:
douter que ces deux figures foient du même
Roi. 33 ^
ce Chai-res-le-Bel eft debout , le feeptre dans fà
main droite , comme dans une niche d’architec-
ture gothique très-chatgée 5 on ne voit rien dans
fa gauche- 33
cc Philippe de Valois eft reprélënté ordinafre-
ment affis fur un trône d’architeâure gothique ,
tenant le feeptre de la droite , & la main de j uiliee
de la gauche- Quand il eft debout, il a îa gauche
vuide fur la poitrine. Quelquefois fon trône n’efi:
qu’un pavillon femé de fleurs de lys, & alors il
tient le feeptre de la gauche , & a la droite fur la
poitrine, coirrme un Evêque qui bénit. Quelqiîe-
fo-îs , au-lieu de fa main, de juftice, il tient la feiir
de lys 5 quelquefois il eft repréfenté achevai,
bouclier & houfïe en croix avec des ornemens^
foulant aux pieds & tuant un- dragon. =3^
cc Jean, tient uij glaive levé de la, droite, & bîe
ésufkîï asœ ikuîs de lys ftxis naisbre de: h
2$ 1 COU
che , dans un trône d’architeéiure gothique.
^ Charles Vj debout dans un ciiamp (eme de lys j
en habits longs , tenant le fceptre de la droite ,
la main de juitice de fa gauche } en habits courts «
fous un portique gothique j tenant un fabre de la
droite, & la main de julîice de la gauche.Queique-
fois il cil a.Tis, ayant à fes côtés deux dauphins,
le fceptre feulement dans la droite. On le voit à
cheval, le fabre à la main, avec des ornemens char-
gés de lys, ou de lys & de dauphins, & par le
bas découpés. Tous ces Rois font de face Ils
portent des couronr.es ouvertes femblables. »
« Sous Charles V, on voit des écus écartelés de
deux fleurs de lys & de deux dauphins. «
cc Ce Prince , repréfenté à la porte des Grands
Augaftinsj ifeft couronné que de trefles. Un favant
en a très-mal conclu que les fleurs de lys ne fe
mettoient point encore aux couronnes. »
« Philippe d’EvreiiX, Roi de Navarre, mort en
1543 , & la Reine Jeanne fon époqfe, morte en
1349, font repréfentés dans Téglife des Domini-
cains de Paris de la rue S. Jacques , avec des cou-
ronnes qui reffemblent à un mortier de Préudenr. »
« Charles Vî, debout au milieu d'un champ,
femé de fleurs de lys , ayant le fceptre dans la
droite , & la main de juitice dans la gauche , ou
aflis dans un liège dont les bras s'élèvent avec
deux têtes , l’une de dragon , l’autre humaine ,
ayant à fes côtés deux écuiïbns aux trois fleurs de
lys , le fabre dans la droite & une efpèce de bâton ,
üirmonté d’un globe, d’où fort une flamme en
croix.... Deux liens fous fes piés.
« Henri, Roi d’Angleterre, e!t repréfenté comme
Pvoi de France dans un vaifTeau , tenant de la droite
une épée, & de la gauche un écu écartelé de trois
fleurs de lys & de trois léopards , ou armé de
toutes pièces achevai, le fabre à la main, portaat
des habits & des ornemens femés de fleurs de
lys. »
« Louis XI efl à mi-corps, tenant un fabre de
la droite. ”
« La planche lxv du troifième tome des mo-
numens de la Monarchie Françoife , reprefente
Charles-Ie-Kardi , dernier Duc de Bourgogne ,
portant une couronne fermée parle haut; aucun de
nos Rois de la troifième race ne l’avoit portée de
la forte. «
« Louis Xll, de profil en buflc , efl le premier
de fa race qui porte fur fes monnoics une couronne
clofe chargée de trefles. II regarde vers la droite. ==
» Anne de Bretagne , fur un trône tenant une
épée de la droite. Se un fceptre feuille de la gau-
che, aflife fur un trône fait en chaile avec deux
pavillons à fes côtés. Louis, comme Duc d’Or-
léans, efl repréfenté de profil & en bufîe avec
un bonnet. Comme Roi , fa couronne etl , par le
bas , ornée de fleurs de lys , alternativement avec
des perles , ou fousrperles. Au fommet de la cou-
ronne une perle ou une fleur c-- îys : le cercle par
Iç bas ell orné dg perles. Quelquefois il regarde
COU
vers la gauche. Affis, il a deux lions fous fes pieds ;
il tient de la droite le fceptre , & de la gauche
la main de juflice. On voit d’un côté du trône
une tête d’animal ou de dragon de feu , & alors
la couronne n’efl point fermée. Le champ ell
vuide. 55
et François I“, en bufle & en barbe , regarde
vers la droite. Le fommet de la couronne ell ter-
miné par des fleurs de lys. La couronne ell fermée
par des bandes. »•
« L’éçullon de fleurs de lys commence auffl à
être clos; mais il ne i’eil pas toujours. François
ell anlll a demi-corps ou de face, avec une coa-
ro/znc ouverte, le fabre dans la droite, & le fceptre
dans la gauche , ou à demi-corps de profil vers la
gauche , le fabre à la main , tenant un éculfon de
la gauche. Sa couronne efl ouverte. »
« Henri II , de profil, tourné vers la droite,
ou portant une couronne clole entremêlée de perles
fimples ou triples , ou une couronne de laurier ,
ou même la tête nue. La couronne de l’éculTon ell
toujours fermée. ”
» François II & Marie fe regardant en bulle ;
une couronne fur leurs deux tètes , élevée &
ciofe. ”
et Charles IX , couronné de laurier avec une
fraife pliée, regardant vers la gauche.”
« Henri 111 couronné de laurier, regardant vers
fa droite. ”
“ Charles X regardant vers fa gauche, avec un
collet tel que le portent enepre les Pretres de
l’Oratoire , & la couronne fermée fur fa barrette
de Cardinal.
« Henri IV regardant vers la droite , couronne
de laurier. »
« Louis XIII de même avec une mouilache. ”
“ Louis XI V couronné de laurier , ou en per-
ruque fans laurier , 8c en couronne fermee. ”
( Article de la Nouvelle Diplomatique. )
KOYPOxrooos , proteâeur des adclefcens. On
donnoit ce nom {Eufiath. ad Iliad. -ie. p. I4®p- )
à Apollon , lorfque les jeunes garçons lui faifoient
hommage de leur première chevelure. Voye^
Cheveux.
COURSE DU CIRQUE. Ces courfes faifoient
la partie principale des jeux qu’on y céiébroic.
Noyei Cirque* Elle fe faifoient ou fur des chars
{Foyer Chars), ou fur des chevaux, ou meme
à pied. La courfe des chevaux Sc ies chariots com-
mençoit chez les Romains à la ligne blanche
(linea alba) ; on s’avançoit vers les bornes
plus de vîtefié qu’il fe pouvoir : c’étoit 1 écueil e
la plupart des concurrens. On faifoic fept lois
fuite le tour de h fpir.a ; celui qui achevoit
premier le'feptième tour, remportoit la victoire ^
le prix propôfé. Ces courfes étoient des efpeces i-
déhs entre plufieiirs faétions, & quelquefois e
tre des particuliers. 11 falloir éviter ^de
prccher des bornes, de crainte de s y brüçt
cou
s’cn trop éloigner j de peur que Tadyerfaire ne
pafsât entre le char & la borne. A chaque tour de
la même courje , des gens prépofés plaçoient un
ceuf fur des colonnes delfinées à cet ufage , &
autant de dauphins fur d'autres 5 de forte qu'à la
fin de la courfe entière, il y avoir fept dauphins &
fept œufs placés à la vue des fpeéfateurs. Les
Grecs n'ont pas été auffi conftans' que les Ro-
mains dans le nombre des tours fixés pour une
courfe. Homère n’en compte qu'un ; Pindare ,
douze ; Sophocle, fix ou fept. Quant au nombre
des millions ( mijpis ) il y en avoir chez les Ro-
mains jufqu'à vingt-quatre ; c'éroient comme au-
tant de parties différentes ; plus anciennement leur-
nombre étoic de vingt-cinq. Du côté des carceres
on avoir élevé des balcons, d'où l'on donnoit le
ligna! , d'abord en élevant une torche allumée ;
■& dans les temps poftérieurs, en jetant une nappe :
c'étoit la prérogative des Confuls, & en leur
abfence , des Préteurs. On immola quelquefois à
Mars le meilleur cheval. Le vainqueur recevoir
pour prix, de l'or, de l'argent , des couronnes,
des vêtemens & des chevaux. «Voici (dit l’an-
cienne Encyclopédie ) une difficulté très-réelle
fur les cozirfes : fi l'on partoit de la même ligne,
comme cous les Auteurs le fuppofent , il ell évi-
dent que ceux qui occupoient une des extrémités
de la ligne, avoienr un chemin beaucoup plus con-
fidérabie à faire que ceux qui occupoient l’autre
extrémité J & que la différence des chemins s’aug-
mencoit encore par le nombre des tours. « Notre
article. Cirque deCaracalla, fournit uneréponfe
viâorieufe à cette difficulté. Après les courfes des
chevaux & des chariots, commençoient les courfes
à pied , où celui qui avoir le plutôt atteint la
borne en courant, remportoit le prix.
Course publique : c étoiem^îaus lesjEmpereurs
de Conflantinople , des voitures & des chevaux
placés à des ftations réglées pour l’ufage gratuit
des gens de la Cour qui voyageoient dans l’Em-
pire. Lorfque Conftantin appela les Evêques au
Concile de Nicée, il leur fit donner fur toutes
les routes i’ufage des voitures publiques , curfum
publîcum ou veciuram puilicam.
Course extraordinaire , carfus clabularîs Sc
curfiis velox , ctoit une courfe des plus rapides ,
que le code ne pennettoic (i.éz.) qu’au feui
Préfet du Prétoire. Elle prenoit fon nom de la
voiture , clahulare , qui la caraâérifoit.
COURTISANES. Les courti fanes fembîent avoir
été^en honneur chez les Grecs plus que chez les
Romains. Tout le mande connoît les deux Afpa-
fies , dont l'une donnoit des leçons de politique
& d’éloquence à Socrate même ; Phryné , qui
offrit de rebâtir à fes dépens la ville de Thèbes,
détruite par Alexandre , afin que fes débauches
ferviffent ainfi en quelque manière à réparer le
mal fait par le conquérant ; Laïs , qui infpira de
l'amour à tant de Philofophes , à Diogène même.
Antiquités ^Tome fl.
COU ^33
f qu’elle rendit heureux , à Ariftippe , qui difoit
j d’elle , je pofsède Laïs , mais haïs ne me pofsede
pas ; enfin la célèbre Léontium , qui écrivit fur
la philofophie , & qui fux aimée d’Epicure & de
fes Difciplcs.
Solon établit à Athènes , fous la protedion des
îoix , des lieux ou les courtifanes fe raflem-
bîoient , comme nous l'apprenons d’un ancien
Poète cité par Athénée ( Deipn. lib. xin. ) ; &
fon intention fut d'exempter de reproches les
jeunes gens qui s’y rendraient. Nous voyons dans
Horace Caton le Cenfeur tenir le même langage
( Sat'ir. lib. I . Sat. il. v. 3 1 . ) à un Chevalier Ro-
main. C’étoit auprès du Pirée & dans le quartier
des gens de mer, que les courtifanes Athéniennes
choififToient ordinairement leur habitation. Elles
fe rendoient aulü fouvent au Céramique , à un
endroit public appelé Scirus , & au vieux mar-
ché dans les environs du temple de Vénus-popu-
laire, que Solon leur avoir afîigné pour l'exercice
de leur honteufe profeffion.
La ville de Grèce la plus célèbre par la beauté,
les grâces & les richeffes de fes courtifanes ctoit
Corinthe. Sa fîtuatîon fur les deux mers en faifoit
le centre du commerce de i'ünivers entier 5 & les
riches négocians de toutes les nations y appor-
toient leur or & leurs vices. Les courtifanes Co-
rinthiennes mettoient à leurs faveurs un prix pro-
portionné à l’opulence de ces étrangers ; ce qui
fit naître un proverbe grec rendu ainiî par Ho-
race ;
Non euivts hominum coruîngh adiré Corinthuntl
Strabon (^lib. vm.') dit que de fon temps il y
avoir encore plus de mille Corinthiennes entre-
tenues dans un temple de Vénus , donc elles fai-
foient la richefïe, en proilituant à fon profit leurs
appas fi renommés.
Les courtifanes Grecques fe faifoient rem.ar-
quer par des robes d'étoffes-à-fleurs j luxe qui les
diftinguoit des femmes honnêtes.
Domitien voulant aulfi établir à Rome une.dif-
îinclion entre les femmes de bonnes mœurs & les
courtifanes {Sueton. c. 8. ra. 9. ) , défendit à celles-
ci i'ufage des litières. Leur baffe extraélion auroit
dû leur infpirer cette retenue; car Tibère avoit
interdit par de févères Ioix ( Tacit. A^nnal. il.
85. I. ) l’exercice de cette vile profeffion aux Ro-
maines dont le grand-père, ou le père, ou le
mari avoit été Chevalier.
Les Ediles inferivoient fur un regiftre légal les
viélimes de l'incontinence publique j & ils con-
‘ damnoient à des amendes ou à l'exil les courti-
fanes dont le nom n'y étoit pas configné ( hivU x.
31. & XXII. Z. ).
On rcconnoiffoit dans les rues de Rome les
courtifanes au manteau léger & étroit qu’elle»
G g
z34 cou
poftoienc à la place de la fioln > réfervée auX
Dames Romaines i. Mure. /x. 53. i - ) •
Hanc volo qusL facilis , qu& palliolata vagatur.
La ftolu enveloppoit les Dames depuis îa tête
jufqu’aux pieds , de forte que l'on ne pouvoir
diilinguei- 'que leur vifage dans cette maffe
énorme de plis &: de draperies ( Horat. Sut, i. 2.
94-) :
Matron& , priter fachm , nil cernsre pojjts ,
Céitera , ni Cutia efl , dtmifsù vefle tegentls.
Les courtifanes , au contraire , portoient leur
manteau comme les hommes portoient la toge -,
c’eft-à-dire, que d’une épaule il pafToit fous
l’autre bras , en laiflTant à découvert & ce bras en-
tier que la tunique fans manches ne cachoit pas ,
& fon épaule qu’une tunique flottante autour du
cou laiffoit appercevoir toute entière ( Ovid. de
Arc. J il. 507. )••
Pars kumeri tamenzma tui , pars fumma lacerti
Nuda fit , il IsLva confpiciendu manu.
Jîoe vos préLCipu'e , nivea,, decet : hoc ubi vîdi ,
Ofcula ferre humera , qud patet , ufque libet.
Le cirque , les théâtres , le ftade j Tamphi-
théâtre 8c les vaftes portiques qui entouroient les
bains publics étoient fréquentés aflidument par
les courtifanes. Après que les jeux & les combats
des gladiateuis étoient flnis , on les voyoit fe pro-
mener fur l’arène , pour oflFrir leurs charmes aux
défœuvrés qui s’y raflembloient ( Lamprid. He-
liogab. c. 16 & 32.)- Ilîdore dit que le théâtre
étoit un lieu ce proftitution publique;, parce que
les courtifanes y venoient après les jeux oflrir leurs
charmes ( xmi. 41. ): Idem vero theatrum , idem
& proftibulum : eo quod pojî ludos exacios , mere-
trices ibi profternerentur. Celles qui n’exjgeoient
que deux oboles pour prix de leurs faveurs, c’eft-
à-dire , les plus viles des courtifanes , attendoient
leurs amans auprès des moulins à bled , des pâtif-
lîers ( alicarii, d'où leur vint le furnom alicarW) ,
& dans les fouterreins des anciennes murailles de
la ville , ( fumm&nium y ce qui les a fait appeler par
Martial jummaniana uxores , ni. 82. 2. ). On les
voyoit aufî'i errer fur les ports, dans les carre-
fours & dans les rues détournées. Quoique celle
de fuburra fut très-habitée , elle étoit cependant
fréquentée par \ts courtifanes , à caufe des jardins
& des bofquets publics auxquels cette rue con-
duifoit.
Lorfque les courtifanes étoient ralfemblées dans
une feule maifon , des hommes voués à cet in-
fâme commerce , appelés lenones , leur louoient
des chambres baffes & voûtées , fornices , fur la
porte defquelles ou écrivoit le nom de chacune ,
C O U
& le prix qu’elle mettoit à fa pofleiTiom. On peaç
conclure du vers fuivant d& Plaute , qu’il étoit
défendu aux courtifanes d’exiger rien au- - delà
d’une foname hxée ( Trinum. iv. 2. 47. )
Qua aàversum legem accepïfli h plurimis pecuniam,
Pétrone fait mention d’une courtifane dont os
exigeoit un as par jour pour le loyer de fa cham-
bre, celba ( c. 8- ). Sénèque voulant prouver à une
femme qu'elle s’étoit déshonorée publiquement
décrit ainfî les circonilances de fon entrée dans un
lieu infâme ( Controv. il. ) : Deducla es in lupanars
accepifli locum , pretium confiituîum eft : infriptus
efi titulus : hacienus in te inquiri potefi.
Le prix de la proftitution dut augmenter fous
le règne de Caiiguia, à caufe de l’impôt que cet
Empereur exigea le premier des courtifanes , & de
ceux qui en faifoient commerce , lenones, {^Sueu
Calig. c. 40. n. 5. Alexandre-Sévère défendit de
fouiller le tréfor public par la préfence de cet in-
fâme rétribution ; mais il If Ht employer à réparer
le théâtre , le cirque , l’amphithéâtre & le palais
qui renfermoit ce tréfor ( Lamprid. c. 24. ).
Les Magiftrats Romains craignant que les jeu-
nes citoyens ne vinlfent à négliger les exercices
auxquels la matinée étoit eonfacrée , ft les lieux
infâmes étoient ouverts dès le matin , en interdi-
foient l’entrée avant le foir , ou la neuvième heure
du jour. De-là vint aux courtifanes le furnom l'io-
naria, qui leur eft donné par le Poète Perfe (Sut,
I. V. 133. ), & que fon ancien feholiafte explique
dans le fens que nous venons de rapponer. Lorf-
que la neuvième heure étoit fonnée , les lenones
annonçoient l’ouverture des lieux de proftitution
par le fon d’une cloche ( Pauli. Diac. xiii. 2.)
Vénus , Cupidon & le Dieu des Jardins érojent
honorés d’un culte particulier par les courtifanes.
Tout le monde connoît les vers d’Aufone fu'
le miroir que Laïs , devenue vieille , confacroit
à Vénus, comme les anciens avoient couturne
d’offrir à certaines Divinités, proteâuices de i3
guerre & des autres profefflons , les armes ou les
inftrumens dont ils ne pouvoient plus faire uiage
C Eprg . Ltv. I. ) ;
Lais anus Veneri fpeculum dico : dïgnum haoeat fe
Æterna aternum forma minifierium.
At mihi nullus in hoc ufus y quia cernere talent,
Qualis fum, nolo ; qualis eram , nequeo.
Poye^ encore Amans , Cheveux.
COUS. )
KQ.O'Z. > Ces nonas déftgnoienr chez les Grecs
EHITHS. )
(Eufiatk. Iliad. & Pollue. ix. )Sc]es Romains
la face du dé qui étoit marquée de fîx. Poilu*
( vu. 33. ) compte ce point au nombre des coup
heureux.
cou
COUTEAU , inftrumer.t pointu ^ ou tranchant
fans poiiTte , dont ies vicrimaires fe fervoient pour
égorger ou dépouiller ies viciimes. Ils en avoient
de plufieurs efpèces. Le plus connu écoit la/èce/^
;pita , glaive de fer aigu & tranchant qu’ils plon-
geoient dans la gorge des animaux , Sc dont la
figure J fuivant la defcription de Feftus , appro-
choît de celle d’un poignard. La fécondé efpece
étoit le couteau a écorcher les victimes , culter
excoriatorius tranchant . mais arrondi par le haut
en quart de cercle. On faifoit celui-ci d’airain j
ainfi que la plus grande partie des autres initru-
mens des facrifices j les côtés du manche de ce
couteau étoient plats : & il avoir à fon extrémité
un trou qui fervoit à paffer un cordon j afin que
le victimaire pût le porter plus aifément à fa cein-
ture. La diiTeétion ou parcage des membres de la
victime fe faifoit avep une troinème efpèce de
couteau plus fort que les premiers, & emmanché
comme nos couperets ; c’elt ce qu’ils appe-
ioient dolabra. On voit plufieurs de ces cou-
teaux fur les médailles des Empereurs , où ces
snfcrumens font un fymbole de leur dignité de
grand Pontife : les cabi.nets des antiquaires en con-
fervent encore quelques-uns.
Homère ( Jliai. r. v. 271. t. v. zya. ) dit que
Priam & Agamemnon portoient à côté de i’épée
un couteau ou poignard Cependant Winckelmann
allure qu’il n’en a vu fur aucun monument.
C’étoit probablement cette arme poignante que
les Romains appeloient culter venatorius , & qui
eil nommée aujourd’hui couteau de chaffe. Tacite
dit {Annal, iil. 43. 3.) que d’une armée de
4OCC0 hommes , la cinquième partie feule étoit
armée comme le foldat légionnaire , & que le
relie n’avoit pour armes que des épieux & des
couteaux , comme en portoient les chaifeurs. Ceteri
cum venabulis & cultris , qu&qiie alla venatoribus
tela funt.
QoXôTÏA.tl-de-chaJfe. Voye\ CoUTEAU.
COUTRE. Voye^ Charïlue.
CRABE. « On donnoit à Diane les titres de
Limn&a 3c de Limnatis , parce qu’elle préndoit
aux ports de mer -, elle avoir un temple à Sicyone
fous le premier de ces titres {Paufan. lib. il. ia8.) ;
on la révéreit fous le fécond à Patras ( Paufan.
lib. il. p. K-jc. ) , ainfî que dans beaucoup d’au-
tres villes Grecques. Le mot grec Limnos figni-
fiant un port , & les ferres du crabe appelées
ckeln , ■marquant la courbure du rivage qui em-
braffe la mer & forme les ports , ce crufiacé de-
vint pour cette raifon le fymbole des eaux , celui
des ports, enfin celui de Diane , fous la garde de
laquelle ils étoient. Voilà pourquoi Efchyie fe
fert de i’exprelfion iioriiiW , pour mar
quer les deux bras d’un port de mer.
Sur les médailles des Brétiens , rapportées par
Goltzias, {Mag. Gretc. Tab, xxr, z.) comme
C B. A 135
fur celles de quelques autres villes, on voit im
crabe attaché à une tête àz fem.m.e ,■ cette tête eft
toujours celle ce Diane Limnatice ou Portulanc.
C’eil elle , &: non pas Amphitrite , que l’on a re-
préfentée fur des bas-reliefs & fur quelques pierres
gravées avec les ferres du crabe fur le front , ou
même quelquefois avec un gouvernail de navire,
parce que l’on avoir coutume d’ôter ce gouver-
nail aux vaifTeaux qui entroient dans ies ports ,
où ils relloient fous la proteélion de Diane. «
C’eft ainfi que M. d’Hancarville combat l’opi-
rdon de Winckelmann , qui reconnoît Amphitrite
à l’attribut des ferres de^ crabe dans la coiîùre.
Voye^ Amphitrite & Écrevisse de mer.
On voit un crabe de bronze antique de grandeur
de nature dans la collcérion des Antiquités Egyp-
tiennes du cabinet de Ste Geneviève:
CRABRA ( Acqua ). Frontin dit que ce ruif-
feau , deltiné à fournir de l’eau aux Romains ,
couloit à la droite de la voie Latine. Lorfqu’ Agrippa
fit travailler aux acquéducs de l’eau Julia , il en
fépara Yezu crabra , foie que l’ufage n’en fût pas
avantageux , foie qu’il l’abandonnât aux habitans
de Tufculum : de-là elle fut nommée l’eau répu-
diée, acqua dcmMata , 8c \ lüoT & la Notice n’en
font mention que fous ce dernier nom. Elle coule
aujourd’hui au travers de la plaine d’Aibane ,
mêlée aux dérivations des eaux Julia & Tepala,
C’eft à tort que l’on a confondu l’eau crahra avec
Y Almon , qui en eft très-diftinét , & qui a fon
embouchure particulière dans le Tibre , entre la
porte d’Oftie &c la bafilique de S. Paul.
CRACHER. La fuperftirion des anciens leur
faifoit croire qu’il falloir , pour repouffer les effets
d’un enchantement , cracher trois fois dans ies
plis de fon m.anteau ou de fa toge. Nous voyons
dans Théocrite ( Idyll. vi. 39. ) une jeune fille
fe moquer de la décrépitude d’un vieillard qui
l’aimoit , & ufer enfuite du préfervatif rapporté
ci-deffus pour prévenir les enchantetnens du vieil-
lard courroucé ; elle le tenait , dit-elle , de la
vieille Cotyttaris , qui le lui avait enfeigné. Ti-
bulle voulant peindre la honte d’un amant décré-
pit , dit que les jeunes gens s’affemblent , fe pref-
fent autour de lui , & qu’après l’avoir berné long-
temps , ils crachent tous dans les plis du devant de
leurs-toges 5 fans doute pour éviter la vengeance
de ce vieillard C i • j ■ 53-) ■
Hune puer , hune juvenis turba cifcumfetit arüa ;
Defpuit in molles & fibi quifque fnus.
Les forcières délayoient de la pouftîère avec
leur falive , & en frottoienï avec le doigt du mi-
lieu le front de ceux qu’elles vooloient défenchan-
ter ( Petron. c. 91.). IrJox turbatum fputo pulve-
rem medio fufliilit digito , frontemque repugnantis
G g H
13^ CRA
fgnavit : hoe peraclo carminé , ter me jujflt exjpusre^
On lit dans Perfe ^il. ) î
Jnfami digho , ^ luflralîbus ante falivis
Expiât
CRADE , machine de théâtre chez les anciens ,
qui fervoit pour les vols 8c les gloires.
CRADIAS , nôme pour les flûres qui étoit d’une
invention fort ancienne, paifque Plutarque, dans
fon Traité de la Mujique , rapporte d’apres Hip-
ponax que Jiîimnernius l’avoit exécuté autrefois.
CRAGUS, en Lycie. AYKmN & kpa.
Les médailles autonomes de cette ville font :
R RR. en argent.
RRR. en bronze.
O. en or.
Leur type ordinaire eft une lyre.
CRAIE. Valica , félon Pline , étoit une com-
pofition faite de grains d’épeautre concaffés , aux-
quels on ajoutoit, pour les attendrir & pour les
blanchir , une efpèce de craU particulière qui fe
trouvoit entre Pouzoles & iS'aples, fur la Lumera.
Cette craie étoit fi efientielle à la compofîtion de
Yalica , &: Valica étoit fi précieux , qu Augufte fit
pa}'er une fomme confidérable par an aux Napo-
litains, pour qu’ils en approvifionnaffent une co-
lonie qu’il avoir établie à Capoue.
Les Romains ont donné quelquefois le nom de
traie , creta , à une terre bolaire qui venoit de
rifle de Cimole, une des Cyclades. Mais cette
terre , dont ils fe fervoient pour fceller leurs let-
tres & recevoir l’empreinte des anneaux , étoit
une véritable argile.
Le plus grand ufage que les Romains fiffent de
leur creta ou craie , c’efl-à-dire , d’une argile
blanche , étoit pour blanchir & détacher leurs
vêtemens. Les foulons en faifoient pour cet objet
une grande confommaticn. C’efl pourquoi veftes
creîatt étoient fynonymes avec des habits nouvel-
lement blanchis , & non avec des habits de cou-
leur blanche; car toutes les toges étoient de cette
couleur.
Lorfqu’on expofoiî en vente des efclaves , on
leur frottoir les pieds avec de la craie , pour les
faire remarquer par les acheteurs. C’ell pourquoi
Juvénal reprochant à quelqu’un fon ancienne fer-
vitude , dit C I. ni.):
Nuper in hanc urbem pedibus qui venerat albis.
C'étoit avec de la craie que l’on frottoir les
bornes ou mett du cirque , afin de les faire diftin-
guer de plus loin. Properce défigne la fin Sc le
terme de fa carrière par le mot craie ( rr. z. 58. ) :
Eac fpatiis ultima creta meis.
CRA
On trouve fouvent l’adjeaif gypfatus employé
par les Écrivains de Rome, au-lieu de cretatus ,
blanchi ou frotté de craie.
CRAINTE. II y avoir plufieurs Divinités chez
les anciens que nous pouvons appeler du feul
nom de Crainte, en notre langue. Elles paffoieat
pour des Dieux, & non pour des Déeffes , parce
que les noms latins qui fignifient la peur ou la
Crainte, ne font pas féminins comme en françois,
mais mafeulins. Ces noms font Metus , Timor ,
Pavor. Nous nous occuperons du Dieu Pavor au
mot PtUR. ; nous allons parler ici des deux autres.
Les Poètes mettent le premier , Metus , au nom-
bre des compagnons de Mars , & en font un
génie de fa fuite : témoin Stace. C Tkeb. l. 1 ,
c. 27. ).
Le Dieu que l’on appeloit Timor étoit aufïî un
des compiagnons , & de la fuite de Mars. C’étoit
une Divinité infernale. Pour obtenir de ce Dieu
qu’il ne fût point nuifible , on lui facnnoir.le
chien & la brebis.
Héfiode dit que la Crainte étoit fille de Mars
& de Vénus. Cicéron compte la Crainte entre les
filles de la Nuit. Dans Homère , Mars ordonne à
la Crainte d’atteler fon char. Les Corinthiens,
après avoir maflâcré inhumainement les deux en-
fans de Médée , furent affligés d’une mortalité
fur les enfans. L’Oracle confulré ordonna d’ap-
paifer les mânes irritées des deux enfans , &
d’ériger une flatue à la Crainte. Dans un comoat
que donna Tullus Hoflilius, les Albains, qui
s’étoient déclarés pour lui , tournèrent le dos , &
pafsèrent du côté des ennnemis. La frayeur s’em-
para d’abord du cœur du foldar, & tout étoit
perdu, lorfque ce Prince voua un temple à la
Crainte. Le vœu eut fon effet , dit l'Hiltorien; le
foldat reprit courage, Tullus remporta la viéloire,
& porta à Rome le culte de cette Déeflè. Les
Lacédémoniens avoient placé, le temple de la
Crainte auprès du tribunal des Éphores, permadés
que rien n’eft fi néceffaire que d’infpirer aux mé-
chans la crainte d'un févère châtiment. Enfin, dps
les fermens on joignoit la Crainte aux autres Divi-
nités qu’on prenait à témoin»
CRAIaBE , efpèce de chou commun que ks
Romains mangeoient au premier fervice.
CRAMPON. P'oyei Brokze.
CRANAÉ. Voyei Spatara»
CRANIUS , un des Héros à qui ta Grèce éleva
des monumens héroïques {Paufan. Lac. ).
CRAXNIUM, dans l’Ifle de Céphalénie.Hunrer
polfédoit des médailles autonomes d’argent & ^
bronze , avec les lettres KPA & avec des
que M. Combe , d’accord avec Eckhel & Neu
mann, attribue à Cranniiim. .
Cette ville , colonie d’Athènes , a fait
des médailks impériales grecques en 1 honii^^'^
CRA
^axîmin , de Phiiippe père , d’Oîacîlîe , de
Domna J avec cette légende: kpanaiïîîî.
CRJNNON, en Theffalie. kpa.^
Hiinter pofledoi: une médaiiie de bronze avec
les lettres kp a n : : : : n ^ un cavalier galoppant,
que M. Combe attribue à cette viîie-
Ses médailles autonomes font :
RRR. en bronze.
O. en argent.
O. en or.
CRA.NTORj écuyer de Pelée. li fut tué par
les Centaures dans leur combat contre les Lapi-
thes ( Ovid. Met. XII. ).
CRAPAUD. La rencontre d’un crapaud étoit
pour les Romains d’un bon augure ( Niphus de
Augar, I. lo. ) 5 ce qui paroît bien oppofé à l’opi-
nion vulgaire, qui eft aujourd’hui répandue uni-
verfellemenc fur cet anima! cru trop légèrement
venimeux.
'Crapaub ( un) fur les médailles de Tuder.
CRASSIPESj furnom de la famille Furia.
CRASSUS , furnom des familles Cæcilia ,
Canidia , Claudia , Licinia.
CRATÉE , Déeffe des Sorciers & des Enchan-
teurs, félon Homère, & mère de la fameufeScylla.
On croît que c’eft la même qu’Hécate.
Cratée ou Crétée , fils de Minos & de Pa-
fiphaé , régna dans l’ifle de Crète avec fon frère
Deucâlion. Ayant confulté l’Oracle fur fon deftin ,
îl apprit qu’il feroit tué par un de fes enfans. II
avoir un fils nommé Althémèness-êc trois filles.
Althemènes fachant le malheur dont fon père
étoit menacé, fe bannit lui-même, & fe retira à
Rhodes : il tua l’une de fes fœurs, à qui Mercure
svoit fait outrage ; & les deux autres furent ma-
riées à des Princes étrangers , hors de leur patrie.
Ainfi Cratée fembioit être en sûreté j mais le dé-
plaifir qu’il eut de l'abfence de fon fils, l’obligea à
équiper un vaiSèau pour l’aller chercher. Il ab"orda
àj ifle de Rhodes , dont les habitans prirent auûî-
tôt les armes pour fe défendre, dans la penfée
que c’étoit un ennemi. Aithémènes y accourut
pour faire fon devoir, St tira une flèche contre
le plus apparent: c’étoir Cratée, qui mourut de fa
blelTure. Alors Aithémènes, dit-on , pria les Dieux
de ne pas le lailTer furvivre à fon malheur , Se
o’Dtint que la terre s’ouvriroit poip: l’engloutir.
C eft ApoIIodore qui raconte cette fable.
CRATÈRE. La cratère étoit une grande coupe
eans laquelle ^on mêioit fur la table le vin avec
î eau , & d ou i on pmfoit enfuite pour remplir
les coupes des convives. On en voit fouven-t fur
les monumens antiques , où leur grandeur les
fait aifément diftinguer des coupes-à-boire.
^ M Hérodote ( Hb. i. zxx. ) parle d’uns cra-
‘Cre de bronze de Is capacité de trois cents ampho-
C R E (±37
rss, deftinée par les Lacédémoniens pourCréfus,
Roi de Lydie j mais qui fut interceptée ou ache-
tée par les Samiens, '& confacrée' dans leur tem-
ple de Jiinon. Ce vafe devoir contenir 17 ~ muids
de Pans ; l’amphore anatique contenant 36 xeftès ,
félon Cléopâtre & le fcho’iafte de îsicandre. Le
même Hiftorien parle d’une autre cratère ( Ub. rv,
. zxxxi.') qu’on voyoit à Exampée en Scythie,
entre le Borifthène & i’Hypanis. Celle-ci conte-
noit fix cents amphores, qui font 3 j raaids de
Pans. « ( Métrologie de M. Paudon. )
KPATHeoFos, porte -vafe. Rhéa eft appelés.^
de ce nom dans AxhénéeiDezpn. Hb. il.p. 461.D.),
parce qu’elle étoit ordinairement repréfentée avec
un vafe dans fa main , ou appuyée fur un vafe.
CRATÈS. Un A.îhénien de ce nom introduifit
le premier des A fleurs ivres dans fes comédies.
— Un Ambaffadeur du Roi Attaîus , qui portoit
le même nom , donna le premier aux Romains ,
entre la fécondé & la troifième guerre punique ,
du goût pour l’étude de la gram.maire , que ce
peuple guerrier ignoroiî entièrement ( Sueton.
Gramm. c. 2., n. I.).
CRAüCASüS, père de Philonome. Voye^ Cy-
GNUS.
KPKAEMNON-. Leucothoé ( Odyjf. E. V. 34(5.
373. ) voyant Ülyffe fe foutenir avec peine fur la
furface de la mer, où il étoit plongé , lui tendit
fon , pour l’aider à en fortir. On peut
conclure de ce paffage que le RsèJv.isviiv croit une
bandelette avec laquelle cette IlNymphe reievoit
fes cheveux.
CRÉIUS , époux d’Euribie, & père d’Aftréus ,
de Perfé & de Pallas. Une montagne de ce nom,
ficuée dans l’ArgoIide , a pu fervir de bafe à cette
génération fabuleufe C Scholiafi. Callimachi. ).
CREMATÎO , fupplice du feu chez les Ro-
mains. C’étoit la peine de ceux 1°. qui paffoient
dans le camp ennemi , & révéloient le fecret de
l’État ( l. 8. §. 2. ff. de pœnis. ). 2°. Des faux
monnoyeurs ( L 2. C. de fais, monet. ). 3*^. Des
incendiaires. Ces criminels étoknï tous brûlés
vifs.
CREMATIEN. Pollux, dans fon Onomafticon ^
met ce nôme au nom.bre des airs de flûte.
k?em^aaon ; } de mufique des
anciens, qu’on faifoit réfonner avec les doigts.
Suivant ce qu'en dit Athénée (./. xiv.è , ce devois
être une efpèce de cafbgnettes , ou le tambour
de bafque j car il rapporte , d’après Dicéarque ,
que les crembala étoient un inftrument plus popu-
laire qu’on ne penfoit; qu’ils étoient propres à
accompagner les danfes & les chants des femmes,
& que celles ci en tiroient un fon doux, en les
faifant réfonner avec les doigts. Et glus bas il cits?
z38 C R E
un vers , par lequel il paroit qu'on faifoit les
çrembala d'airain 5 peuî-éire aiull n écoieut ce que
des grelots.
CREMNA , dans !a Piiîdie , fur les confins de
la Pamphylie. . .
Col! Jul. Aug. Cremna. Coloma JuUa Au-
gufia Cremna. ^ . r i >
Cette colonie Romaine a fait frapper des ine-
dailies latines en Thonneur d’Elagabale ^ d'Etraf-
ciüe , de Geta.
' CRÉNÉES. On donnoit aux Nymphes des Fon-
taines ou Nayades, ce nom, qui venoit du mot
grec fontaine.
CRÉON , Roi de Thèbes, ayant été délivré
par Hercule de la crainte des Myriens, qui lui fai-
loient la guerre, & voulant reconnoitre les fer-
vices de ce héros , lui donna en mariage fa fille
hîégare. Hercule s aofenta pour queiqu expédi-
tion , & Lycus tua Créon, s'empara de fes Etats,
& voulut faire violence à Mégare ; mais Hercule
l'on époux revint , la délivra des mains du ra-
vjfiéur, & punit le téméraire de fon entreprife.
Voyc^ MeG.-XRE , hjÉî.'2C£E.
Créox, fils de Sifvphe, & Roi ce Corinthe,
maria fa fille à Jafon , au préjudice de Médée.
Celle- ci voulant fe t'enger , fit périr fa rivale , &
mit le feu au palais de Créon, qui y fut brûle.
Jason 3 Glaucé , Médee.
Creon , Roi de Thèbes , frère de Jocafte ,
monta fur le trône de 1 hcbes , apres qu (Sdipe
fe fut crevé les yeux & fe fut banni lui-même de fon
royaume ; mais ii fut obligé bientôt de le céder
aux deux fils d'dEdipe. Ceux-ci s’étant entretués,
Créor. rem.onta fur le trône , auquel Ethcocle
l’avoir appelé en mourant. Le premier clTai qu il
fi: du pouvoir fuprêm.e , fur de porter une défenfc
expreffe de donner la fépuîture à Polynice. Il dé-
clara que ce Prince méritoit cet opprobre pour
avoir porté la guerre dans fa patrie ; & que qui-
conque oferoit tenter de lui rendre les derniers
devoirs , devoir être enterré tout vivant. Anti-
gone, fœur de Polynice , contrevint à la loi, &
ne fut point épargnée. Hém.on, fils du Roi , &
amant d’Antigone, fe tua fur le corps de fa maî-
treife; &z Euridice, femme de Créon , défefpérée
de la mort de fon fils , fe perça atiilî le fein. La
haine de Créon contre Polynice s’étendit jufque
fur les Argiens , qui i’avoient accompagné au
fiége de Thèbes ; il priva leurs cadavres des hon-
neurs ce la fépuîture. Théfée, Roi d’Athènes, &
ami du Roi d’Argos , fit la guerre à Créon, &
l’obligea de donner la fépuîture aux Argiens. C’efl;
fous ce Créon que parut le monftre envoyé par
Thémis , qui défoloit le territoire de Thèbes , &
qui futchalTé par Céphale , à la folliciration d’Am-
phitryon. Voyer^ AMPHITRYON , ANTIGONE ,
Lelape.
c R E
Créon, premier Archonte annuel d’Athènes.
Voye^ Archonte.
CRÉONTIADE , fils d’Hercule & de Mégare,
Voye:^ Megare.
CREPEREIA , famille 'Romaine , dont on a
des médailles ;
RRR. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
Le furnom de cette famille efi: Rocus.
CREPI , ceux qui font du bruit en frappant
des coups. Les Romains défignoient par ce furnom
les Luperqiies, à caiife des coUps de lanière de
cuir qu’ils donnoient aux femmes pour les rendre
fécondes.
CREPIDÆ , 1 gPpXcg ckaulfure ( V. ce mot).
KPHniAES, 3 ^ .
C’étoient de fimples femelles liées avec des ban-
deletces fur le pied , qu’elles laifioient uécouverc
en grande partie. Les ftatues grecques , yetues à
l'héroïque , portent cette chauffure j c'eft pour-
quoi les écrivains Romains joignent l^s crepidi
avec le manteau grec ( paLLium ) quand ils veu-
lent défigner l’habillement des Grecs. On voit
cetre m.anière de s’exprimer dans Suetone . Jorf-
qu’il dit que Tibère affeétoit de porter l naoide-
ment des Grecs , au mépris de celui des Romains
( c. 13. /-Z. I. ). Deoofito pairio kuhitu , redegi: an
pallium G’ crtvidas. Pour connoitre les crepim,
on confultera donc les ftatues grecques vetues à
l'héroïque.
Les Rom.aines portoient ordinairement cettç
chaiifture.
CREPÎTACVLUM. Toyrp Sistre.
CREPITUS , Pet. Le Dieu Crephus étoit
adoré en Égypte C Fel. in ociav. Clrig.
contra Cdf. L v. p. 235. ) & avoir un culte pani-
culier dans le Nome Pélufiaque ( Hieron. in ljui.
l. Xtîl. c. 46. ). , / n
cc S’il eft vrai , dit le Comte de Caylus ( Etc. ri.
pl. 9. n^. 4y. ) que les Egyptiens ont reconnu le
Dieu Pet , que les Romains ont révéré fous le nom
de Crépitas i cette figure de bronze accouple
qui n’eft chargée d’aucune efpèce de coe.-ure, m
même d’aucun genre de vêtement, &
tête eft rafée ; cette figure, dis- je, nous donn.-
repréfentation de ce Dieu; tout ce .
remarquer convient du moins à une AJnn
milière Sc fans cérémonie. D’ailleurs , fon aC
eft parfaitement repréfentée ; elle eft jufte N
mentanée , telle enfin quelle le doit etre^ po
cette efpèce d’expreluon. Je dirai plus : ) e"
peu vu d'aulfi complette de cetre natio^n , P,
le nud , foit pour le trait & la difpolition ;
même des fentimens de chair. UroMft
Ces railbns m’engagent à regarder ce
C R E
soûirïie un mon’j;r:enî rare & recoinmasdable ,
tours idée de fa repréfenration à part. -
i_e cabintt de St-e Geneviève re.nferme une pe-
tite liatue de bronze j qu’une atrimde fembiable a
fait appeler crepitus.
CRtPEPÆ fores , expreflîon très - fréquente
chez jes comiques latins. P'oyci Porte.
CREPUNDIA, fcîoient les joujoux des en-
fans: ce mot devint rrès-ufîré, depuis qu’on l’eut
appliqué aux marques particulières avec iefquelles
on expoioit Jes enrans pour les reconnoître un
jour. Les romans grecs & les comédies latines
° P'"'® d’autre dénouement que les rc-
connoîiiance.s opérées par les Crepundia , appe-
lées chez les Grecs Bc On en
verra le détail dans Heliodote (^JiLzhiopîc. llb. iv, ^
& dans Longus (ùi. i. drçiz initium ). Plaute
dans ie Rader^s ( ir. 4. iio. ) parle de crepundia
fur le^fquels étoient gravés les noms du père & de
la mere de l’enfant expofé 5 c’étoient une petite
épee d or^ une petite hache à deux tra.nchans d’or;,
Une petite pièce de monnoie d’argent ^ deux mains
jointes 5 u.ne pente truie avec fes cochons de lait^
& une buile d’or. On üfoit les noms fur l’épée &
fur la hache.
ÇREjpurrDiA dé/igna par la fuite les langes des
enfans expofés^ dont la couleur fervoit auiii à les
faire reconnoitre. Sa lignification devint enfin
pn.is etendue „ & il exprima le berceau ou les
langes de tous les enfans. Pline l’a employé dans
ce fens (xr.^i.) : Semeftris locutus efi Cræf fdius
in erspundiis .
CB-fPUSIA, famille Romaine dont on a des
médaiîles :
C. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
GRESILS , furnom de Neptune , du mot grec
y.pr,slo;, de Crète.
CRESPHONTE, arrière petit-fils d’HercuIe ^
chef des fiérachdes ^ rentra avec .^es deux frères
i cpiene & Anitodeme „ dans le Pélopon.nèfe ,
huit ans apres la guerre de Troye , & fe fit Roi
de Meiïéme , d’où il cliafia la portérité de Neftor.
.V oyei MèRGPE.
CBÉSUS J Roi de Lydie. Les anciens Hiftoriens
raco.ntent de ce Prince plufieurs faits qui méritent
de trouver place parmi nos fables. Créfus voulant
éprouve^ la véracité des Oracles , afin d’être en
état d aiTeoir un jugement certain fur les rtponfes
qu il en receyroit, envoya à tous ceux qui étoient
cciebres , fqit dans la Grèce, foit dans
1 .-xîrique , aes députés qui avoient ordre de s’in-
former chacun de leur côté de ce que faifoit Cré-
Jus^ dans un certain jour , & à une certaine heure
qu’on leur marqua. Ses ordres furent poncluelle-
ment exécutés. 11 n’y eut que h réponfe de i’Oîa-
C R ii 235)
cle^de Delphes qui fe trouva véritable. En voici
le lens : Je cannois le p.ombre des grains de fable
de la mer & la mefure de fs vafte étendus. 3‘ entends
le muet & celui qui ne fait point encore parler. Aies
fens font frappés de L’odeur forte d’une tortue qui
efi cuite dans l’airain , avec des chairs de brebis ,
airain dsjfous , airain dejfus. En effet, le Roi ayant
voulu faire quelque chofe qu’il ne fût pas polfi-
Dle_ de deviner , s’étoit occupé à cuire lui-même ,
au jour & à l'heure marqués , une tortue avec un
agneau dans une marmite d’airain , garnie d'un
couvercle d'airasn. Créfus , frappé de ce que l’O-
racle avoir deviné fi jufte , envoya au teâiple de
Delphes ies plus riches préfens. Enfuite Les dé-
putés eurent ordre de confalter ie Dieu for deux
articles. Premièrement , fi Créfus devoir paffer la
fleuve Halys pour marcher contre ies Perfes ; &
enfuite quelle feroit la durée de fon empire } Siir
le premier article , l’Oracle répondit que s’il paf-
foit le fieuye Halys , i! renverferoit u.n grand em-
pire 5 fur le fécond, que fon empire fubfiireroit
j’ifqa’à ce qu’on vît un mulet for le trône de
Média. Ce dernier Oracle lui fit conclure que , vu
l’impouibilité de la chofe , il écoit en pleine sû-
reté. Le premier lui faifoit efpérer qu’il renver-
feroit l’empire des Mèdes. Mais quand il vit que
le contraire de Tes préfomptions étoit arrivé , il
écrivit des reproches à i’OracIe de ce que, mal-
gré les préfens fans nombre qu’il lai avoit faits ,
il en avoit été fi indignement trompé j mais le
Dieu n’eut pas de peine à jufiifier fes réponfes.
Cyrus étoit le mulet dont l’Oracle avoit voulu
parler, parce qu’il droit ft naiffance de deux peu-
ples différens, étant Ferfan par fon père , & Mède
par fa mère. A l’égard de l’empire qu’il devoir ren-
verfer , ce n’écoit pas celui des Mèdes , mais le
fien propre.
Le fils de Créfus étoit muet de naiffance. Le
jour que Cyrus emporta d’aîTaut la ville de Sardes ,
ce jeune Prince voyant un foldat prêt de déchar-
ger un coup de fabre fur la tête du Roi , qu’il ne
connoîlToit pas , excité par fi crainte & par fa
tendreffe pour fon père , il nr un effort qui rompit
ies liens de fa langue-, & il s’écria : Soldat f ne
tue pas Créfus.
CRETA , borne du cirque. Voyet^ Cr.aie.
CRETARIÂ ars. Gruter { 041. 2, 3,4.} rap-
porte plufieurs inferiptions dans lefauelles on lit
ces mots. La mieux confervée cfl; la fuivante,
trouvée à Metz ;
ARTIS. CRETAR. DES. QUI. VIXIT
AN. XXX. M. II. ET. AMATORIAE. ANI
MÜLAE. MATPvI.^EJUS. VIVAE. O. C. A
RATÜLLIU3. AMATOR. FATRÏ. ET Î.IA.T
RI. P. C. O. S. V. T. I.
Les ioulons fe fervoient de I,i craie pour bian-
140 C R E
chir les draps ; dans ce fens on peut appeler leur
art J ars cr et aria.
\ aigrette, panache, houpe quon
tnettoit fur le cafque ; les aigrettes etoient de plu-
mes, & elles furent en ufage chez tous les peu-
ples , mais faites diverfement. Quelques-uns les
portoient grandes, d’autres petites, en plus petit
ou en plus grand nombre : les cavaliers en avoient
de plus hautes & de plus belles que les fantahms.
C’étoit un ornement pour le foldat , & en meme-
temps un objet de terreur pour l’ennemi. On les
fit d’abord de crins de cheval , & Hérodote en
donne l’invention aux Éthiopiens ; telles font les
aigrettes des Héros de l’Iliade & de l’OdylTee 5
enfuite on employa les plumes , & on préféra
celles de couleur rouge , à caufe de fa reffem-
blance avec le fang. Quelquefois on mettoit trois
aigrettes aux cafques , & c’ell de-Ià que Suidas
prétend que vint le furnom de Geryon a trois
corps. C’étoit une grande gloire d’enlever les
aigrettes du cafque de l’ennemi ; c’eft pourquoi
dans Virgile Afcagne promet à Nifus de lui don-
ner l’aigrette de Turnus. F” yye^ Casque.
Crista fignifie auffi la crête d’an coq. Lam-
pride dit qu’Elagabale les faifoit orer à des coqs
tout yivans , pour les manger comme une frian-
dife.
Crète , ancien nom de l’ifle qu’on nomme
aujourd’hui Candie. C'efi une ifle de la mer médi-
terranée , lituce à l’entrée de l’Archipel. Elle
fut appelée, fuivant les temps, Aërie , Ærla j
Curétide ou pays des Curètes, Curetis ; Hécatom-
pole, ou l’ifle à cent villes, Hécatompolis ; l’heu-
reufe, Macaros, ou l’ifle heureufe, Macaromfos.
La Crète a été célèbre dans l’antiquité par plu-
fieurs endroits. Jupiter y régna 5 8c fi l’on en
croit les Poètes, il y fut caché par Cybèle, fa
mère , pour em.pêcher que Saturne , fon père ,
ne le dévorât comme fes autres enfans ; il y fut
élevé par les Curètes. Avant Minos , l’hifloire de
Crète eii incertaine ou fabuleufe. Ce Prince, fils
d’Europe 8c d’AÜérius , Roi de Crète , félon Eu-
sèbe , 8c félon Aoollodore, de Jupiter, S: frère
de Radamante 8c de Sarpédon, eft le premier Roi
de Crète dont on fâche quelque chofe de certain.
D’autres remontent jufqu’à Teflamus , fils de
Dorus , petit-fils d’Hellen, & arrière-petit-fils
de Deucalion. Il y vint, difent-iis , avec les Eoliens
8c les Pélages , s’y fit reconnoître Roi , époufa
la fille de Cretheus , dont peut-être , difent-ils,
vient le nom de Crète, 8c il en eut l’Afterius,
dont nous avons parlé , fous le règne duquel Ju-
piter enleva Europe , que ce Dieu rendit mère
de Minos , de Radamante & de Sarpédon. Alle-
rius époufa enfuite Europe, & adopta fes fils,
auxquels il laifla fon royaume , parce qu’il n’eut
point d’enfans. La Crète fut encore fameufe par
ie fage gcuverneroent & les fages loix de Minos ,
C R E
par l’enlèvement d’Europe , par les amours de
Pafiphaë , par le tribut impofé par Minos aux
Athéniens , de douze jeunes hommes , pap
le Minotore , par le labyrinthe, ouvrage de Dé-
dale , par la viéloire de Théfée , &c. Après les
Rois, dont les derniers furent Idoménéc & Mé-
rion fon frère , la Crète fe gouverna en répu-
blique. Vaincue enfin par Metellus, elle fe donna
à Pompée. Dans la divifion de l’empire Romain
elle demeura au pouvoir des Empereurs de Conf-
rantinople, & leur fut foumife. Mais en 813 les
Sarrafins la prirent, 8c y bâtirent la ville de Can-
die, qui lui fit perdre fon ancien nom. .
Crète , xpht£2n.
Les médailles autonomes de cette ifle font :
RRRR. en argent.
RRRR. en bronze.
O. en or.
Le feul Roi de Crète dont on croit avoir des
médailles , eft Èrlinos.
Le labyrinthe eft le fymbole ordinaire de
Crète.
Les habitans de cette ifle ont fait frapper des
médailles impériales grecques en l’honneur de
Tibère , de Domitien , d’Hadrien , de Marc-
Aurèlc, de Sévère, de Trajan.
Les villes de Crète écrivoient fouvent a rebours
leurs noms fur leurs médailles autonomes.
CRETEE. Cratee.
CRÉTÉUS, fils d’ÉoIe, 8c pèred’Éfon. Foyei
PÉLIAS.
Créthèus. Voye[ Amphiaraus.
C RE T I A Flaviopolis , dans la Bithynie*
KFHTJA OAAOÏlOnoAIC.
Cette ville a fait frapper des médailles i.mpe-
rialcs grecques en l’honneur de Julia Domna, de
Sévère , de Caracalla, de Géra , de Gallien.
CRETICUS , furnom de la famille CÆcitiA.
CREVETTE. Foye^ Squille.
CREUSE , fille de la Terre , 8c aïeule de
Cyrène. Foye^ Cyrène.
Creuse, fille de Priam, fut mariée à tnre»
& fut mère de Jule ou Afcagne. Elle périt dans
l’in.cendie de Troye ; Virgile fait _ paroitre fqn
ombre devant Énée , qui la cherchoit, &_lui fatï
dire que la mère des Dieux & Vénus l'avoient en-
levée aux Grecs.
Creuse , fille d’Éreéïhée , Roi d’Athènes, &
d’une grande beauté , fut féduite par .Apono^ ’
de, ce commerce elle conçut un fils, a
d’Éredihée. F oye^ Ion.
CRI. Avant l’invention de l’artillerie , tous le^
peuples avoient des cris de guerre particuliers ,
qu’ils poufToient avec force à l’inftantdeîa cnzrS-
Le bruit 8c le fracas des armes à feu ont
C R î
ces cris inutiles , Se ils ne fubiinent pius que dans
Je biafon.
Homère fait fouvenî mention des cris que je-
toienc les Grecs St les Troyens en commençant les
combats j mais ilinlîfte plufieurs fois fur larnanière
ûifferente dont les uns & les autres agiffoienc à
cette époque. Les Troyens ( ïliad. A. 27. )
pendant toute la marche, ne cefîbient de crier \ de
Jorte qu’au moment de charger ^ ils fe rrouvoient
cpuiiés 5 & ne pou voient jeter que des cris mal
articulés & interrompus : c'eft ainfi que le prati-
quoient les Barbares. Quant aux Grecs , dont Ho-
iTicre veut vous peindre la bonne taftique , ils
rcatchoient â fennemi en filence , & en gardant
^urs rangs 5 m,ais à fa vue ils jetoient tous à-la-
fois un cri violent J foutenu, & ils s’éiançoient
en mcme-temps fur l’armée ennemie. Ce cri , fi
ion en croit Suidas & des Schoüafies , étoit
forme de la répétition fréquente de la fyüabe a/y
c eft pourquoi on nommoit ce cri par onoma-
topee
On trouvera au mot Barritüs ce qui regarde
les cris de guerre chez les Romains.
Il paroît , d’après un pafTage de Plutarque
\ irz Maria ) que les Barbares, les Efpagnols, &
its Ambrones en particulier, répétoiènt pour cri de
guerre leur nom propre.
Poîyænas, dans fcs ftratagêmes ( i. 2. ) fait
honneur au Dieu Pan de l’invention du cri. Il la
eommuniqua pendant le fommeil à Bacchus, qui , '
dans fon expédition de l’Inde , voyoit fon armée
entourée de Barbares , fans efpoir d’échapper. A
1 aide de ce terrible cri répété par les échos & les
rochers , Bacchus effraya fes ennemis , & les
vainquit.
CRIBLE. Voye^ Pain des anciens , & Van
myftique. Pline ( xmi. 2. ) dit que les Gaulois
svoient fait les premiers cribles de crin , les Efpa-
gnols ceux de hn , Se les Égyptiens ceux de Papy-
ras & de Jonc. '
CRIEUR. V Hérault & Præco.
, CRINÉS , Pierre d’Apollon. Voyez Smin-
“THÉUS.
_ CRINISUS , fleuve de Sicile, devint amoureux,
dit la fable, d’Egefte , fille d’Hippotas , noble
Troyen. Crinifus fe changea en ours pour la ré-
duire : elle en eur Acefte. Voyei Acsste ,
Égeste.
CRiOBOLE, facrifice d’un mouton ou d’un
bciier , cribolium. Le criobole fe faifoit autrefois
chez les Payens à l’honneur d’Atys , comme le
Tauroboie à l’honneur de Cybèle , mère des
Dieux. Ce facrifice fe trouve marqué fur plufieurs
bas-reliefs anciens par une tête ou crâne de bé-
lier , orné de feftons de fleurs & de fruits. Gn
offroit foiivent le tauroboie & le criobole enfem-
bie a Cybele & a fon favori , coKime on le voit
Antiquités , Tome II.
CRI 241
dans plufieurs inferiptions où ils font appelés
grands Dieux , & où le tauroboie & le criobole
font prefque toujours joints enfembie. Cet Atys
ell , à ce que i’on croit , le même que le foîeil ;
c’eft pour cela qu’il eft appelé Menotyrannus ^
Mi}ioTéfûS}Sis , Roi des Mois.
2.1. D. M. I.
ET ATTIDI SANCra
MENOTTRANNO
Q. CLODIUS FLAVIANUS
V. CL. PONT. MAJOR.
XV. VIR S. F. SEPTEM
VIR EPULONUM
TAUROEOLIO CRIOBO'
LlOQUE PERCEPTO.
(^Saumaife fur Lampridius , c. vu. de fes notes y
edit. de Paris in-folio, p. 179 6? 180. ) Dans cette
infeription , la première ligne s’explique par
Magnis Dils , -ma tri ld&& , comme on je voit tour
au long fur beaucoup d’autres qui font dans
Gruter.
CRIOPHORE. Patifanias parle d’un temple dè
Mercure Criophore , ou porte-bélier, (/tz Bs.ot.')
ainfi appelé , parce que Mercure , avoir empêché
que la- pefte ne défolât la ville de Tanagrê , en
portant un bélier tout autour des murailles. De-
là venoit qu’à la fête de Mercure le mieux fait
des jeunes garçons de la ville faifoit le tour de fes
murailles , portant un bélier ou un agneau fur fes
épaules. II y a dans lacolleâion des pierres gravées
du Baron de Stofch,qui appartient au Roi de Pruffè,
plufieurs Mercures Criopkores , c’eft-à-dire , qui
portent une tête de bélier.
CRIPHII ofienf. On lit ces mots dans une
infeription rapportée par Gruter ( 30 j. 2. ) où ce
mot eft mis pour grypkii , les griffons. C’étoit le
nom de certains Prêtres dans les myftères de My-
thra. On en pariera à l’article Mvthra.
CRISPE , fils de Conftantin , SCLAVIlrs JuLlifs
Crzspus Cæsar.
Ses médailles font :
RRR. en cr.
O. en argent pur.
RR. en médaillons de B.
O. en M. 3.
C. en P. B,
CRISFINE , époufe de Commode. SRtrrrfA
CRISPIlt.i AuGUSTA.
Ses médailles font :
RRR. en or.
Ç. en argent , excepté le revers : Diis GenU
talihiis.
C. en G. B. de coin Romain. II y en a une rare
dans la coilediion du Rai, au revers de laquelle
H iî
24-2. CRI
on lit : Rom& Æiern& , avec la Dgefîe’Ulonis
aflîfe.
O. en G. B. de colonies.
RR. en M. & P. B.
RR. en G. B. grec.
R. en M. & P. B.,
RRR. en G. B. d’Égypte,
Beaucoup moins rares dans les autres modules.
Le nom de bpoïtia ne fe voit que fur les
médailles grecques.
Il y a des médaillons latins & grecs en bronze
de cette Princeffe.
CRISPINUS^^üvnomàch famille Quikctiâ.
Ciî7S5^ J dans la Phocide.
Goltzius feul a attribué des médailles impé-
riales grecques à cette ville.
CRISTALLOMANCE , ou CRISTALLO-
MANTIE. Art de deviner , de connoitre les cho-
fes fecrettes & cachées , par le moyen d'un corps
poli ^ ou en les faifant voir dans un miroir. Au-
trement Catoptromantie. Crifiallomantia. Il y a
des impofteurs qui fe vantent de faire voir dans un
miroir une perfonne que l’on veut connoitre } par
exemple J celui qui a voléj ou fait quelque autre
chofe que l'on veut favoir. C'eft ce qui s'appelle
crifiallomance ou catoptromance , de xpc-raXAcç ,
glace, eau gelée & crijlal , verre , glace de miroir ,
& p-ayTiM divination.
CRITHOMAiSTIE , forte de divination qui
confiftoit à confidérer la pâte des gâteaux qu'on
offroit en facrifice , & la farine qu'on répandoit
fur les viûimes pour en tirer des préfages. Comme
on fe fervoit communément de farine d'orge ,
de-là vient le nom crithomantie / , orge j &
fiayltla, divination.
mangeurs d'orge. On
CRITHOPHAGES ,
KFieo<î>Aroi , ,
donnoit ce nom aux foldats Grecs que l'on avoir
punis en les réduifant à l’orge , , pour toute
nourriture {Polybius ).
C RIT ONIA, famille Romaine , dont on a des
médailles :
RRRR. en argent,
O. en bronze.
O. en or.
CROBYLUS. \ £.jpj2the dit que les cheveux
KFOBYAOX. 3
noués fur la tête formoient l'efpèce de coiffure
appelée corymbe pour les femmes , crobylus pour
les hommes , 8c feorpion pour les enfans. L’Apol-
lon du Vatican nous offre un beau modèle du
crobylus. Voyei^ CoRYMBE.
CROC. Les éléphans étoîent conduits chez
les anciens avec des crocs , ainfi qu’ils le font en-
core aujourd’hui. On le voit dans les bas ..reliefs
de la colonne Théo.dofienne à ConRantinopIe,
C R O
CROCALÉ, fille du fleuve Ifmêne, Nymphe
de la fuite de Diane.
CROCHET au bois de la lance. Winckeîmana
a publié dans fes Monumenti inediti une pierre du
Baron de Stofch , fur laquelle un cavalier pofe
fon pied droit fur un crochet fixé au bois de la
lance ^ à environ un pied de terre, pour s’élancer
fur fon cheval. Ce crochet eft très-apparent aux
enfeignes militaires fur les médailles Romaines.
CROCODILE. \ ' • r
CROCODILOPOLIS. 3 etoitfa-
cré chez pluficurs Égyptiens , tandis que d’autres
le regardoient, avec raifon, comme nuilible, &
le traitoient comme tel, dit Hérodote Leshabi-
rans de Thèbes & ceux des bords du lac Mæris,
lui rendoient un culte régulier. Ils prenoient un
crocodile qu’ils apprivoifoient , ils lui mettoient
aux oreilles des pierres précieufes & d’autres or-
iiemens d’or , l’attachoient par les pieds de de-
vant , 8c lui donnoient pour fa nourriture une
certaine quantité de viandes, qu’ils appeloient fa-
crées. Après fa mort, ils l’embaumoient, l’enfer-
moient dans des urnes facrées que l'on portoit
dans le meme labyrinthe ou étoit la fépulture
des Rois. La ville d'Arfinoë , près du lac Mæris,
prit, par refped pour ces animaux , le furnom de
Crocodilopolis , ville des crocodiles. Les Onabites,
autres peuples d’Égypte , plus fuperititieux que
les premiers , fe réjouiflbient quand ils voyoïent
leurs enfans enlevés par les crocodiles.
• Ces mêmes animaux étoient cependant regar-
dés avec horreur dans tout le refte de l’Egypte,
& l’on y en tuoit autant qu’on pouvoir en trou-
ver: d’abord parce qu'ils font farouches & inal-
faifans , enfuite parce que_ la religion infpirolt
cette haine, en leur enfeignant que Typhon,
meurtrier d’Ofiris , 8c ennemi de tous les Dieux,
s’étoit transformé en crocodile.
Plutarque dit que le crocodile^ eft le fymbole ^
la Divinité, parce qu'il n'a point de langue , 8C
que Dieu , fans proférer une parole , imprime ,
dans le filer.ee de nos cœurs , les loix de 1 équité
8c de la fageffe. Mais il eft reconnu aujourd but
que le crocodile a une langue fixée à la mac oire
inférieure, par une membrane qui la couvre en
tièrement. Les Egyptiens croyoient que les vieux
crocodiles avoient la vertu de prédire 1 avenir ,
que c’éîoit un bon préfage lorfqu ils •
manger de la main de quelqu’un , & au co
un très-mauvais lorfqu’ils le refufoient.
Si Ion compte les dents du
Achille Tatius , on trouvera que leur " ,
égale fes jours de l'année (ce fait eft contr
c’eft peut-être pour cela que les „jVun
l'image du foleil dans une barque que po
crocodile. Enfin les Egyptiens adorateurs nés
codiles , difoient que , pendant les leur
facrés à la naiffance d’Apjs, ils ^fonnei
férocité caturelle , ne faifoien: de pial a p
R O
Sc qu’au huîntîme jour après niid! j ils reuivs-
noient furieux à leur ordinaire. Ils aiïuroier.t en-
core que les crocodiles , par refpecl pour la i>?éeiTe
Ifis , qui s’étoit autrefois fervi d’une barque faîte
de l’écorce du papyrus, ne faifoient aucun mal à
ceux qui naviguoient fur le Nil dans des barques
faîtes avec cette plante.
Dans fes Recherches fur les Égyptiens & les
Chinois ( il. p. 121. ) M. de Paw fait, au fujet
des crocodiles , les réfiexions fuivantes ;
Ce qui a toujours paru inconcevable aux an-
ciens & aux modernes , c’eft le culte que quelques
villes rcndoient aux crocodiles. Cicéron eft le feul
qui ait cru que rutiiité qu’on retiroit de ces
lézards, avoir porté certains Égyptiens à les révé-
rer ; Pojfem de Ickneumonum utilitate , de croco-
dilorum , de felium dicere y fed nolo ejfe longus.
( Cicero de Mat. Deorum. lib. i , cap. 3*5.). Mais
il eût été extrêmement embarralfé de nous expli-
quer en quoi confiftoit réellement cet avantage
que les Naturaliftes , bien plus habiles dans i’hif-
toire_ des animaux que ne î’étoit Cicéron , n’ont
jamais pu entrevoir. =:>
ce Ce ne fut qu’en 1770, iorfque je m’appliquai
plus particulièrement à connoître la topographie
de l’Égypte , que je découvris que les trois prin-
cipales villes qui ont nourri les crocodiles , comme
Coptos , Arfinoé & Crocodilopolis fécondé ,
étoient lîtuées fort loin du Nil , fur des canaux
dans lefqueis ce fleuve dérive. Ainn , pour peu
qu’on eût eu la négligence de lailTer boucher les
folfés, ces animaux, qui ne marchent pas fort
avant dans les terres , n’auroient pu venir ni à
Crocodilopolis fécondé, ni à Arfinoé, ni à Cop-
tos , où on les regardoit comm.e le fymbole de
l’eau propre à boire, & propre féconder les
campagnes, ainfi qu’on le fait par Élien, & fur-
tout par un palfage d’Eusèbe ; Per hominem cro-
codilo impofitam navem ingredienîem y navemque
fignificare motum in humido , crocodilutn vero
aquam potui aptam. {Eufeb. Prnpar. Evan. lih. ni.
cap. XI. ). Le gouvernement pouvoit donc être
bien affuré qu’auffi long rem.ps que ce culte feroit
en vogue, les fuperftineux ne m.anqueroient pas
d’entretenir les canaux avec la dernière exac-
titude. »
cc II eft vrai qu’on connoît encore deux autres
villes qui nourriffoient des crocodiles , comme
Crocodilopolis troilièmc, & Ombos. Quand il
s’agit de fixer la pofition incertaine d’Ombos,
M. d’Anville héfite ; mais il faut la mettre plus
avant dans les terres vers le pied de la côte Ara-
bique; car nous favons que les habirans de cette
ville avoient creufé de grands foffés pour arrofer
leurs campagnes ; & c’eft dans ces fofles mêmes
qu’ ils donnoient à manger à leurs lézards ( Elian.
de Nat. Animal, lib. x. cap. 21. ). Après tout cela
on conçoit pourquoi ceux qui ha’DÎtoient le Nome
Arfînoite ou la province de Feium , firent voir à
Strabon uii crocodile , qu'ils nommoiënt le fucku.
C R O 243
ott le jajie , Se qu’ils oxnoieDt de braffelets &
d’oreli'ettes d’or ; car eu égard à leur iituation ,
cet ani-mal étoit pour eux l’ernblême , non pas du
Typhon comme on l’a dit , mais de l’eau amenée
par des dérivations, dont toute l’exiftence de
cette province dépend , puifqu’il ne feroit pas
poffible- d’y vivre pendant fix mois, fi on laïuoit
boucher les canaux du côté dTllahon. Et on peut
croire que les Arfinoïtestiroient de leurs crocodiles
facrés de certains augures fur l’état futur du dé-
bordement du Nil , auquel ils s’intéreffoient en-
core plus vivement que les villes ficuées au bord
de ce fleuve.
Dans rifle Éléphantine on fe permettoit la
c’nair du crocodile , qui eft très-mufquée. A Tea-
tyre, à Héracléopoîis _, & dans la grande ville
d’Apollon , on mangeoit auffi de ce lézard , & à
de certains jours perfonne ne pouvoit fe difpenfer
d’en goûter, hormis les Prêtres qui le comptoient
parmi les poilTons; de forte, dit M. PaW, que
les inftitutions des Juifs font , à cet égard , con-
formes à la règle facerdotale des Égyptiens ; &
il faut obferver que la Judée a toujours eu & a
encore des crocodiles dans une flaque d eau nom-
mée dans un petit fleuve qui le
décharge dans la Méditerranée , entre le Carmel
Sc la pointe d’ Acre."
«Quoique Plutarque ait afluré , de la maniéré
la plus pofitive , qu’on avoir vu des femmes qui
paffoient la nuit avec des crocodiles apprivoifes
dans la ville d’ Antée ; cependant perfonne n a pu
le croire. Il faut obferver que le favant Ja’olonski
s’eft imaginé que le bouc de Mendès repréfentoît
Ifis, qu’on nommoit Entes ou Antes dans la ville
d’ Antée ; & , fi cela étoit vrai , on pourroit foup-
çonner qu’un de ces excès avoir été copie fur
l’autre , à caufe de la conformité du cuite ; mais
on ne me perfuadera pas , continue M. Paw , qu il
foir fi facile d’avoir commerce ayec des crocodiles.
On a cru que tout le fecret des Égyptiens pour fe
préferver de ces lézards , confiftoit a fe rrotter
d’une infufion de fafran, comme 1 on fe frotte de
couperofe & de mufe contre les ours & de cer-
tains ferpens ; mais , fuivant Strabon , il y avoir
en Ésypte des crocodiles véritablement apprivoi-
fés , dont il n’eft plus parié^dans rHiftoire après
le quatrième fiècle de notre ere. »
Crocodile lié à un palmier ( on voit fur les
médailles de Nifmes un ). Ce type défîgne l’année
ou cette ville fut créée, colonie y année célèbre
par la réduction de l’Egypte en province Ro-
maine.
Crocodile Cle) fut les médailles & les autres
monumens antiques , elt le fymbole du Nd ou de
l’Égypte. Quelquefois il marque des fpeâiacîes ,
où il avoir été montré au peuple. Augulle fut le
premier qui donna ce fpeélacle aux Rom.ains.
On a trouvé , dans des fouilles faites Tivofi ,
un crocodile de marbre noir , qui eft placé a Rome
dans Is Muféum Pio-Clémentin.
H h ij
244 C R O
CROCOTA jaune J fouvent ornée cie
KFOKÛTOS^ f , ...
fleurs & de broderies. On en donne ordinaire-
ment une femblable à Bacchus ( Anjiopk. Ran.
V 47 ) 8c aux Divinités qiu 1 accompagnent, sa
couleur étoit jaune , ou du moins mélangée de
jaune, x.fox.cs , fafran.
CROCUS , épris des charmes de Smiîax , mou-
rut d’amour , & fut change en fleur de fafran ,
ainfi que cette ^■ymphe en if. . , ..
Crocus , fils d’Euphème, nourrice des Mufes,
ftit placée au nombre des aftres ( Sidonius ). V oyei
Sagittaire.
CRODON. Fauffe Divinité des anciens Saxons.
Crodo , Crodus , ou Krodo , Krodus. Saxon le
Grammairien {l. i.') le nomme le premier entre
les Dieux des Saxons, qui font, dit il. Codrus,
Uama , Irmus , Flivius 6? Siba. Crantzius ' Saxo-
niA , l. ri. c. 12. ) , dit qudl était honoré, fur-
tout à Harsbourg. Quelques-uns croient que C.y-
don étoit Saturne. George f abricius , au premier
livre de fes Origines Saxones , rapporte la maniéré
dont on le reoréfentoit, qui convient en effet à
Saturne. U avoir, dit-il, la figure dun moiffon-
neur , ceint d'un morceau de linge. Il te-
noit de la main droite un petit vafe plein de rofes,
& une roue de char de la main gauene , qu il ele-
vo t en l’air. li fouloit aux pieds une perche,
poifTon hériSTé d’écaüles 8c de piqtuns. On peut
croire que le culte de ce Dieu avoir pafîe de la
Grèce aux Germains voifins du Danube , de-là
dans la Saxe , 8c oue de même que le Dieu Irmus
femble avoir été fait de I’Eç.k/î des Grecs, le nom
Crodus pouvoir bien auflî venir du Kgirsç des
Grecs , qui eft le Temps ou Saturne. Charlema-
gne abolir le culte de ce Dieu avec celui de toutes
fes autres Divinités Saxones. ( Vojpus , de la ol.,
L :I. c. 53.).
CROESUS. royei Cresus.
CROISS.4NT. Les citoyens d’une naiflance il
luftre portoient à .Athènes des croijfans d’argent
ou d'ivoire , attachés fur leur chauffure , & à
Rome une lune entière ; mais on n en a vu encore
à aucune llatue. , » 1 r
Le croijfanc ornoit fouvent la tete des remines ,
comme on le voit à un biifte de ,Marciana , con-
fervé dans la villa Famfili. Cette obfervation fert
à ex'-iiquer le Poète Srace , qui di: que la coiffure
d’ .Alcmène , mère d’Hercule , étoit ornée de trois
îuncs {^Fhebaid. vi. 288. ) î
^ ^ ^ _ Tergemind crinem circumdata lunâ.
11 fait faps doute allufion à la nuit où Hercule
fut conçu , & qui en égala trois entières par fa
Sur les médailles le croifant eft fouvent employé
jicür foiuenjr le bufte des PriocefTesj parce que
C RO
celles-ci tiennent dans les États , dont le Prince eft
le folei! , la place que l’on donne à la lune dans le
ciel, te Dieu Lunus porte le croijfant aux épaules*
c’eft fon fymbole naturel,fe!on 1 opinion de certains
peuples anciens , qui regardoknt la lune comme
une Divinité mâle. Ils croyoient même que ceux
qui l’adoroient comme une Déefle , étoienr tou-
jours malheureux dans leur mariage , & qu’ils
n’étoient jamais les maîtres dans leur maifon.
Une petite ftatue de Diane , publiée par !t
Comte de Caylits {il. pL 4^. n^. 2.), préfente
une très-grande fingalarîté qu’il n’avoit, difoit-il,
remarquée fur aucun monument antique, & qui
lui fcmbloit n’avoir été indiquée par aacuit
Auteur ancien; c’eft le croijfant de la lune très-
difiinéf , & d’une proportion affez forte par rap-
port à la figure. Cette Diane porte le croijfant de-
là main droite , tandis qu’elle relève fou habille-
ment de la gauche.
Croissant fur les médailles. On le voit fur
celles d’Antioche de Filîdie , de Carrhs. , de Cy-
donia , de Mxgarfus.
On en voit trois fur celles de Ciths-ron, de Ve-
lia , de Samdalium.
Il y en a deux fur celles de ThefpU.
CROIX, ce La croix que l’on remarque fur les
monumens antiques , mêlée avec d’autres attri-
buts arbitraires , dit le Comte de Caylus , n’a au-
cun trait avec le chriftianifme. Cette figure , quand
elle eft enfermée dans le qiiarré , c’eft-à-dire ,
lorfque fe:s parties font égales , n’eft piefque ja-
mais un fymbole ; elle a été de tout temps le plus
limple des ornemens & le plus facile à trouver
& à exécuter; les plus ariciens monumens, fe
principalement ceux de l’Égypte, en donnent la
preuve. »
Cette obferv'ation eft fl vraie , que Ton voit une
croix placée fur le diadème d’une ftatue de bronze
trouvée dans les fouilles d’Hcrculanum.
cc Jofeph Barbare obferve que fur quelques-
uns des tombeaux fltués auprès du Tanaïs, quil
trouva dans fon ambaiTade de Perfe, on voit une
grande pierre avec un trou dans lequel on pre=
tend qu’étoit placée une croix. Ce feroit mal rai-
fonner que de conclure de-là que ces tomoeaus
renfermaiTent des chrétiens. Il n’y en eut jamais
dans ces régions. Mais ces efo/.v étoient 1 embleiM
du Dieu qui préfldoit aux tombeaux ( félon
d'Hancarville). On a trouvé des croix dans mille
autres lieux , 8z fur une multitude de monumens
qui n’onc jamais appartenu à des chrétiens , tels
que le Thibet , les iLatues de quelques DiviniKS
Indiennes, d’anciennes médailles des Perfes, celles
de Sidon ,' & enfin fur les tombeaux de î^axi-
Ruftan auprès de Perfépolis. Le tempje de Sérapis,
à .Alexandrie , ayant été détruit dans le
trième flècle de notre ère , on trouva des
gravées fous plufieurs pierres dans rinreneur
fes muïs. Les chrétiens & les payens voulure
C R O
fe prévaloir de cette découverte. Mais ' Socret. v,
cc'jo. 17- ) des gens qui le difoient inftruits des
hiéroglyphes;, & qui avoienr embraiTé iajeiigion
cjirétienne , afFarèrent que fuivant les règles des
Egyptiens J la croix fignifioit la vie future. C’éroit
une repréfentatîon abrégée du Phallus ou du Tau-
facré , tous deux emblèmes de la génération, &
par conféquent de la nouveUn vie que les morts
alloient acquérir da.ns les champs élyfées. »
Croix avec une anfe ou un anneau, Crux
ANS AT A. Voye'^ Clef.
CROMMYON. Le troilîème des travaux de
Théfée fut fon combat contre le fanglier de
Crommyon , félon Diodore.
CROMNA , dans la Paphlagonie. KPCMNA.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RRR. en argent.
O. en or.
O. en bronze.
CRONIES , 1
CRONIÈNES , > fêtes qu’ort célébroit à Athè-
KPONiA, y
nés en f honneur de Saturne , appelé KoAsr , au
mois Hécatombéon , nommé autrefois Cronius
( Arijloph. nubes & Hefyck. ).
Le feizième jour du mois Métagitnion , on
célébroit dans l'ifle de Rhodes des Cronies ( Theo-
doret. lib. irii. gr&c. affed. ) & Pon immoloic alors
un criminel condamné à mort par les loix.
^ ^ furnom de Saturne , & mot grec
qui fignifie le temps. On difoit que Saturne pré-
lîdoit au Temps , ou étoit lui-même le Temps:
c’eft pourquoi on le repréfentc quelquefois avec
une faalx à la main , pour marquer que le Temps
moifibnne tout. Voye:^ Saturne.
ICPO2201, cirri, Voyei CiRRATÆ & FrAN-
SES.
CROTALES. Voye^ Castagnettes. C’éroît
un des attributs de Cybèle , parce que fes Prêtres
en jouoient dans leurs danfes religieufes.
CROT ALISTRIÆ , joueufes de caftag.nettes.
On appeîoit de ce nom chez les Romains des fem-
mes publiques que Ton gageo-it pour danfer dans
les feftins & dans les fêtes domeftiques. Les Bal-
iadières de Surate repréfentent les anciennes cro-
talifiris. ; & les caftagnettes dont elles s'accom-
pagnent en danfant font les véritables crotales.
CROTONE , en Italie, kpotonîatas & opo.
Les médailles autonomes de cette ville font;
RRRR. en or. .... . EckheL
R. en argent.
RR. en bronze.
Son fViTiboie eft un trép'ed.
On voit quelquefois fur fes médailles Hercule
Bibace.
CRU
^45
Le trépied eft peut-être relatif à la gloire dont
les athlètes Crotoniates 8c Milon en particulier fe
couvroient lî fouvent dans les jeux olympiques.
CROUMA, efpèce de chant propre aux flûtes,
félon Poliux ( Onoma/i. ir. 10. ').
CRUCIirlEMENT. Le fupplice de la croix
étoit d’ufage de toute ancienneté chez les peuples*'
d'Afie. Ce fut peut-être d’eux que les Grecs & les
Romains l'empruntèrent. Au relie , ces derniers
ne le firent jamais fouffrir qu'à des efclaves ou à
des traîtres envers la patrie. Tout le monde con-
noît le récit touchatit qu’a fait Cicéron du fup-
plicc de la croix, infligé contre les loix.par l'odieux
Verrès à un citoyen Romain, & les réclamations
douloureufes de cet infortuné , qui ne ceffoit de
crier : Je Jais Citoyen Romain , Civis Romanas
film.
La défenfe exprelTe de mettre en croix un ci-
toyen, étoit rappelée à delTein, par le fupplice
du fouet infligé au coupable , attaché à un pieu
avant de le cracijier ; car ce n’étoit jamais qu'à
des efclaves que l’on faifoit fubir ce fupplice igno-
m.inieux. Après l'avoir battu avec des fouets de
cuir , on lioit fa tête & fes mains aux bras d'une
fourche , & on le trainoit avec le manche de
cette fourche , en le fuftigeant encore, au travers
des rues & des places les plus fréquentées. Vaière-
Maxinae fait mention de ces détails afEigeans
( 1 . 7. ) : Autronizis Maximus diverberatam fiervjim
fiub fiurca medio cîrco ad cracem egerat. Cette four-
che fervoit de gibet au criminel condamné à la
croix ; c’eft pourquoi les Écrivains Grecs lui don-
nent le nom de saufiç, & les Latins celui de crax^
La barbarie des bourreaux & des fpeétateurs les
pouffoit quelquefois à piquer avec des aiguillons
les criminels attachés à la fourche, foit pour hâtée
leur marche, foit pour augmenter leurs douleurs.
Plaute fait alliifîon à cette barbare coutume dans
une de fes comédies ( Moji. i. i. fi.), où l'ors
appelle crible des bourreaux , un efclave digne du
dernier fupplice :
O carnlfiïcum. crîBram ! qaod credo fore 3.
Ita te forabunt patibulatum per vîas
Stimulis ^fi nojîer hue revtnerit fienex.
Arrivé au lieu du fupplice, qui étoit toujours
hors des villes, tel que le champ de Mars à Rome
( Cic. pro Rabîrio c. 4. ) , le criminel étoit dé-
pouillé de tous fes habits; comme on le voit dans
un paffage d'Artemidore ( il. 57. ) , où ce pré-
tendu interprète des fonges dit que les rêves dans
îefqueîs on croyoit être crucifié , annonçoiens
quelque malheur aux gens riches , parce que l'on
étoit dépouillé de tout fur fa croix, & un ma-
riage C il- 58 ) proch'in aux célibataires , parcs
qu'on eft hé fur le gi'oet. Quelques critiques, oss
r
inrcrer de-là
CRU
, Bc des vers luivans u Au-
fone C Eyd. ri. 6o. ) j
J} evinêlam pojl Cerga manus , fuajîriclaque pharuis
Vinculd.
que les criminels croient attachés à la croix avec
des cordes ; mais Sénèque fait une mention ex-
prefTe des clous qui fervoient à les y fixer ( de vit.
beat. c. 19. )■• refigere fe crucibus conentur ,
in quas unufquîfque vefirûm davos fuos ipfe adigh.
Ke dreffoit-on la croix qu après y avoir lié le cri-
minel , ou le lioit-on à la croix drefl'ée ? Toutes
ces circonftatices peu irnportsntes a. connoitre ya,-
rioient probablement fuivanc les pays : c eft ainfi
que l’on voit dans Juftin ( xxti. 7. 9. ) les Car-
thaginois crucifier Bomilcar dans la^ ville & au
sailieu du marché , contre 1 ufage ue toutes les
alitres nations. ,
On laiffoit ordinairement les crucifies^ mourir
de faim & de douleur ; quelquefois on hâtoit la
mort qu’ils appeloient à grands cris , en leur per-
çant le cœur avec une lance. Leurs cadavres ref-
toient attachés au gibets ou ils devenoient la
proie des vautours : bientôt la pourriture les fai-
foit tomber en lambeaux , qui étoient enfevelis
dans les inteftins des loups & des autres quadru
pèdes carnaciers. Horace fait allufion à cette trille
fin , lorfqu’il dit ( Epiji. i. lô. 48. ) :
iMon komirtem occidi : non pafees in cruce corvos.
Un efclave dit aulfi j dans une comédie de
Flaute J oue fes ancêtres, efclaves 8c malfaifans
comme lui , n’avoient eu d’autre tombeau que la
croix , à laquelle il fent qu’il ell aufli dellmé
( M-iles. il. 4. 19- ) •
. . . . Scio crucem mihi futuram fepulcrum.
Ihi meî majores funt fui , pater , avus , proavus
ahavus.
On voit dans le Conte de la Matrone d’Ephèfe
( in P etronio ) que 1 on plaçoit quelquefois des
gardes auprès de la croix, pour empecher que les
amis du crucifié ne vinlfent enlever fon cadavre,
& lui donner la fépulture.
CRUMATA , fynonygie de crotales , ou cafia-
gnettes. Voyeq^ ce mot. Martial parle plufieurs fois
ç VI. 71. 8c V. 80. ) des danfeufes de la Bœtique
8c de leurs crumata. On danfe encore aujourd’hui
dans les provinces méridionales de l’Efpagne au
fon du même inllrument , des caftagnettes.
CRUPELLARIUS. Tacite parle de gladiateurs
pefamment armés. Gaulois de nation, 8c appelés
Crupellarii ( Annal, iil. 45. 4* )•
SCAmiLUM. }■ de l’orchcllre
avoit chez les anciens une fandale de fer ou de
CRU
bois appelée Kiin-Ça , d.ms laquelle étoit une
paire de crotales on cafiagnettes à reiîort. U bat-
toic la melure à l’aide de cette fandale, qui étoit
fixée à fon pied. Cette pratique étoit néceüaire,
à caufe de l'étendue prodigieufe des théâtres an-
tiques. Un joueur- de fl-ùte régloit quelquefois le
chœur des chanteurs avec fon crupe^ium c’eft
pourquoi Follux ( Onom. x. 33. ) ^l'appelle un
irfrument des joueurs de flûte. Ce même Ecrivain
dit ailleurs, après avoir décrit le crupefum. (r//.
22. ) que les Béotiens étoient des porteurs de cru-
peqium, peut-être parce que ce peuple étok chauf-
fé a\«ec des fandales à femelles de bois épaiffes.
Les danfeurs Romains s’attachèrent fans doute
quelquefois un crupeifum à chaque pied , & une
caftagnette à chaque main , pour marquer plus
fortement la mefure de leurs airs de danfe ; ce
qui explique les palTages d’auteurs latins , tels que
Suétone {cal. c. 34. n^- 6. ) où il ell fait mention
du bruit de plufieurs crupeqium ou fcahillum :
Deindé Caius repente magno tihiarum ficahillo-
rum crepitu cum palla , tutiicaque talari profilu.it ^
6’c. .
On voit dans le Muféuni Capitolin une llatue
de femme habillée , que l’on a appelée mal-à-
propos Bacchante. Elle tient de la. main droire
des crotales, c’eft-à-diré, deux calottes de métal,
appliquées l’une fur l’autre par leurs cotes con-
caves. Elle en a de femblables fous la fandax de
fon pied gauche: c’ell le crupeiium.
Un Faune du Capitole eft au!fi chauffe avec
le crupeqium. V'oyeq^ CASTAGNETTES.
CRUSITHYRE , air de danfe des Grecs, qui
s’exécutoit fur des flûtes : on l’appeloit auffi thy
rocopiqucm
CRURIFRAGIUM , fupplice ufîté chez les
Romains , dans lequel on Brifoit les cuifles du
criminel fur une enclume. Conttantin labonc
( ViAor. Aurel. Csfar. c. 41. n. 4. ) aveç celui rie
la croix: Conflantinus vêtus teterrimumque Jupph-
cium patihalorum , & cruriias fuffringendis primuat
removit.
CRU SR A. *)
CRUSTUARIUS. Crufia étoit un pal»
CRUSTULARIUS. }
frotté d’huile, une efpèce de gâteau ( y
XX. 2. ) : de-là vint le nom de crajlularu, don
aux pâtiflîers qui le faifoient ( Senec. epifi- 5^-
irnob. 7i. 70. ;• -rfiî*'e
Crufta défigna depuis la croûte ou la couve ^
e plufieurs chofes. Cicéron ( Uerr. iv. ^
lelle de ce nom des plaques ou ornemens
, des vafes de bronze ; 8c Saumaife (
p. 737.6. E>.) applique le
I l’ouvrier qui les fabnquoit. Crufte oei-b __
es marbres dont on incruftoit les “ches app ^
Tiens. Le pavé d’une chambre ou d’un enen
GTE
Mo^ïST^.’} défend aux femmes de
théâtre Tufage , d'ailleurs ordinaire des^ habits
défigriés par ces deux mots, & qu il dit être fa-
briqué d'une trame & d’une chaîne diverfement
colorées J c'eft-à-dire , d’étoffes de couleur chan-
geantes , telles qu’on en fabriquoit avec de la
foie & du coton ou du lin ( Cod. l. il- de Sce-
nicis. ).
CRYPTOGRAPHIE , l’art d’écrire en chiffres.
Voye:^ SXEGANOGRAPHIE.
CRYPOTOPORTIQÜE J portique fouterrabj
de K^'jTrToç f caché J, 6tC-
CRYSTALLOMANTIE. Foyei Crystallo-
MONTIE.
CTEATüS. Foyei Molionibes.
{^'T’pTC ‘S
KTEis ' t donnoit dans les myftères
d’Eleufis ce nom à la repréfentation des parties
fexuelles des femmes ^ que l'on y joignoit au
fhalius.
CTEMENÆi Foye:j^ Ctimenæ.
CTESIPHON , fur le Tygre.
Gokzius feul a attribué des médailles impé-
riales grecques a cette ville.
CTESIUS f , 1 T •
KTHSIOS Ç lequel Jupiter etoit
adoré à Athènes , où il avoir une fiatue dans le
rréfor public ( Suidas ). On lui offroit fous ce nom
de l’ambroifie, c’eft-à-dirCj félon Athénée (/.
toute forte de fruits avec du lait & de l’huile.
Kr-iV^sr veut dire celui qui préfide aux poffeffions.
CTIMENÆ , ou Ctbmxnæ , en Theffalie.
XTIMENOS& KTH.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RRRR. en argent. . . . Pellerin.
RRRR. en bronze. . . . Hanter.
O. en or.
CUBA J Divinité Romaine, qui avoir, dît-on,
foin des enfans loiTqu’ils étoient couchés , &
qu’on invoquoit pour les faire bien dormir. Son
nom venoitdu mot latin cabo , je fuis couché.
CUBICULARI Cifaris ( Avejîe). Muratori
(901.5'. TAef. Infcript.') rapporte i’iafcription
fuiyante ;
D. M.
T. FLAVIO. AUG. 1.
CAES. A. VESTE. CUBICÜLAR.
FLA.VIA. TRÎPHENE
PA.TRONO SUO
BENEMERENTI FEClT
ET. SIBI. ET. SUIS
POSTÊRISQ.
ÏK. FR. P. X. IN. AGR. P. XII.
C U 3 2 4'^
Cet affranchi croit chargé du foin de la robe-
de-ch-ambre de Vefpafien. Foyc^ Déshabillé.
CUBICULO iA). \ f. .
CUBICULARIUS. j
gnent un valet-de-chambre. On trouve fur les inf.
criptions j à cubiculo Homïtîani Aug. .... Ti,
C&faris. ... & à cubiculo domûs Augufts, ( Mura-
tori^ 908. 9. ). Ces doincitiques des Empereurs
jouirent d’un crédit plus ou moins grand , félon
l’ineptie ou le génie de leurs maîtres. Ils furent
tout-puiffans fous Caligula ( Philo, de legatîone )_,
& fous Commode , qui n’agifToir que par leur
impullîoa , ex nutu cubiculariorum omnia femper
fecerat Commodus ( Lamprid, c. îj. )- Ils devin-
rent commandans des armées ; tel fut Narsès :
Eodem tempore mijît Imperator Jufilnianus 2\ar-
fetem eunuckum , <& cuhicularium fuum in Ita^
liam. . . . (^Anafias. in FirgiliOi')i
CUBICULUM délîgnoit proprement chez les
Romains la chambre dans laquelle iis couchoient
( Farr. de ling. latin, iv. tj.). Ce nom fut aufS
donné au balcon ou loge dans laquelle les Empe-
reurs afîilloient aux jeux publics. Jules-Céfar s’eii
fit conftruire une dans l’orchefire ( Suet. Jul. c.
j6. n. 1.') , & fes fucceffeurs confervèrent cette
diftinélion. On l’appela fuggeflus tant qu elle con-
fifta en un fimple échaffaut, & cahiculum lorfqu’on
l’entoura de rideaux qui en déroboient l’intérieur
à la vue des fpeâateurs voifîns. Pline ( Paneg. c.
51. /Z. 4. ) loue Trajan d’avoir fupprimé ces ri-
deaux, & d’avoir permis à tous fes fujets de l’ob-
ferver félon leurs délits.
CÜBISTIQÜE.) _ ^
KTBîSTHTHP. > Lcs Grecs divifoient la danfe
iCrBISTHP. J
en trois efpèces , la fphérillique , l’orchefirique
& la cubijiique 3 KôS:JlSirts. Celle-ci confiftoit ea
fauts , en tours de force , & fur-tout à marcher
fur les mains.
Paciaudi, favant Théatîn , a fait un Traité fur
la cubiftique ( Roms, 1756. de athletarum.
KYBISTHSEI), & le Comte de Caylus en a parlé
favamment à l’occafion d’une petite figure de
bronze qui marche fur fes mains ( Rec. ul,
page 273. ) Voici fes obfervations :
« Les mouvemens déréglés des faivans de Bac-
chus , s’éloignent peu des tours de force ; nous
favons par les Auteurs que les anciens en ont
aimé le fpeétacle ; il eft donc agréable de trouvée
une preuve inconteftable de leur goût & d’une pra-
tique confervée jufqu’à nous 5 il eft encore plus
fingulier de voir que cette pratique eft exafte.menc
conforme à celle de nos jours. Ces raifoiis m’ont
engagé à donner le defiein de cette figure, qui
marche fur les mains , & qui porte un tonnelet
pareil , à peu de chofe près, à celui que nos fau-
teurs & nos voltigeurs portent encore aujourd’hui.
Je l’ai fait dcffuier de trois cotés , pour montrer
245 CUC
]a relîemblance , & pour faire juger , par la fim- j
p!e vue, de IVbus que les Grecs ont fait eux-
mêmes de rétabüfièment de leurs gymnafes. Ces
Grecs, qui plaçoient la danfe au rang des mar-
chés militaires , la prolb'tuerent aux baladins 5c.
aux gens les plus méprifables , fans même lui faire
changer de nom. Cet art, qui règle les mouve-
mens du corps, & qui les rend juftes Se agréables,
fut divifé en quatre principaux genres , relative-
ment aux cérénaonies de la religion , aux exercices
de la guerre , aux rpeftacles des théâtres ; enfin
aux noces, aux feftins , Se aux réjouiflTances fem-
biabies. Ainfi la cubiftique , ou l art de faire des
fauts Se des tours de force, étoit admis dans la
Grèce; mais Hérodote {Uv. vi,yers la fin) nous
prouve le peu de cas que fou faifoit des fauts en
eux-mêmes. Se de ceux qui les executoient, en
nous apprenant l’hiftoire de Ciiftene , qui refufa
fa fille à Hippodide , pour avoir fini fa danfe par
des poftures femblables à celles de cette figure.
Le Père Paciaudi a rapporté une figure abfolu-
ment pareille à celle de ce numéro. 11 Ta tirce du
cabinet des Jéfuites de Rome. «
Le même favant Comte parle encore de la
cubiftique dans un autre endroit iibid. pi. ii-
n=. 4. ) au fujet d’une pierre gravée étrafque.
cc Ce monument étrufque pourroit prouver que
les Grecs avoient corrompu les étrufques dans les
exercices de la gymnaftique ; car enfin c eft ici un
tour de force qui confiftê à fauter en avant .ou en
arrière, 6c peut-être fuc-eefl'ivement_de l’une Sc
de l’autre façon , par-defias trois pointes un peu
courbées àdeur extrémité, & placées fur une ter-
raOé qu’elles occupent en entier; pour ne lailier
aucun dor , fur l’aétion , le faut & les efforts
quelle exige ne peuvent être plus parfaitement
rendus : les tnain's du fauteur font enveloppées
dans des efpèces de gants , que le P. Paciaudi a
regardés comme des fers de lance. Ces ^gantelets
pmirrcient faire croire que les lances étoient tran-
chantes, & que le fauteur, en cas de chùre , de-
voir être en état de les toucher fans incouvenieni-,
Je ne puis rien dire de ce faut véritablement pé-
rilleux. »
Le nom de la cubiftique etoir grec , 8c vesoit
de , le faute ou je marens ft-r la tête.
ïLwbfftf étoit le fauteur,
dUBIT , tnefure. Voye\ Coudée.
CUCLÎEN. Maxime de Tyr parle d'un mode
cuclien propre aux Aîhéaiens.
1 Ces deux noms font fynony-
Eies de veftis cucullüta , Sr par contraftion de'
euculla. -Ils défignoient un manteau garni d’un .ca-
puchon , tel que le porte ordinairement Télel-
phore , fils d’Efculape , Dieu des Convalefcens,
6; tels que l’on en voit fux plufieurs nionumens
C U D
antiques cités dans les articles Bardocucullus
& Capuchon. Les voyageurs & les fo!d.îts fe
couvroient ordinairement du cucullio ; c’eft pour-
quoi Capitolin l’appelle viatorius , {ver.c- 4.) ut
vagaretur nocle per tabernas ac lupanaria , obteâo
capite cucuUione vulgari viatico. Comme il enve-
loppoit tout le corps , & couvroit la tête entière ,
il fut adopté à Rome par les débauchés, qui crai-
gnoient d’être reconnus dans leurs courfes de
nuit : de - là vient l’épithète nocturne que lui
donne Juvénal {Sut. vi. v. 118.):
Sumere noElurnos meretrix Augufta cucullos.
Lorfqus les amphitéâtres ou les théâtres n’étoienî
pas couverts par une vafte tente , les fpeélateürs
s’envelcppoient quelquefois dans un eucullus ^ afin
de fe garantir du froid & des intempéries de l’aiï
( Martial, r. 14. 6. ) :
Tllic eueullo vrofpicit caput te Bus y
Ocuioque tuaos fpeBat indecens uno.
Dans les campagnes , les efclaves deftines aüS
travaux de l’agriculture , attachoient aleuryl'i’j.m,
ou sroffe tunique, un cucullus ou capuenon. Co-
lumelle le dit, en pailant de leur habillement
( de re rufticâ I, 8. ) : Familiam munl.am,
diligenter d venta .frigore , pluviuque , que. cunâa.
prohibentur pellihus manicatis , centonibus confet-
tis , vel /agis eacuLlutis , au -lieu de cuculhs,
félon la correction de Raynaud ( de PU. feB. xr. ■.
Le cucullus n étoit pas toujours attaché au man-
teau; on le portoit quelquefois feul. Martial dit
(^xiv. 152.) à fon ami qu’il n’eil pas affez riche
pour lui fai préfent d’une lacema_ , c’eft-à-dire,
d’un manteau avec capuchon , mais qu il lui en-
voie celui-ci tout fçul :
Si pojfensy totas caperem mifijfte lacernas :
N une tantum capiti munera mitto tuo.
C’étoit ainfi que fon couvroit la tête & les
épaules des enfans à la mamelle , avec un cucu -
lus , cour lespré‘''erver du froid. Caflien {deh..oi .
Monach. ç. 4. ) & Micéphore (i.v._i4-l compa-
rent les capuchons écourtés des
lus des enfans , que le dernier afilmile a la ua •
Voyex^ ce mot. Voyei auffi BaRDOCUCULIUS a.
Capuchon.
eVeUMA, \ à faire
bouillir des liquides. Pétrone en fait mention
deux endroits de fon roman (c. 96. Se c. 95- )
CUCUPHOMORPHUS , \ i^culus. Voyc^
KOYKOÏ^ OKE<î>AAOS , >
charrue, cVFO.
C U î
CUDO. Silius Iraîicus défigne par ce nom aâ
cafque ou bonnet de peau C v-m- 494- ) :
Capiü cudone ferma
Sat cantum,
CUILLER. Le Comte de Cayîus ( iîec. iL pl.
laj. 7- ) dit: ce Cette petite cuiller étroite^
pointue & formée comme une teuiile de fau.e ,
fervoitj félon l'opinion commune , à recuesllir les
larmes des pleureufes aux enterremeiis. J'en ai vu
de beaucoup plus larges 5 mais toujours d une au-
tre forme & d'un plus grand volume. Je fais que
plulîeurs Antiquaires font revenus de cette idée >
ils ont peut-être raifon. Mais que mettre à la place
pour rendre compte de ces petits infîrumens ? ”
On voit dans le cabinet de Ste Geneviève plu-
iîeurs de ces cuillers qui ont été trouvées dans
les cendres des urnes antiques. L’ufage que j'ai
alîîgné aux vafes appelés û improprement lacry-
matozres ( V^oye:^ ce mot ) peut être affigne de
même aux petites cuillers qui les accompagnent
dans les tombeaux. Elles fervoient à puifer dans
un grand vàfe pour verfer enfuite dans les petits ^
c’eil-à-dire , daes les lacrymatoires , les liqueurs
oderiféranccs & les parfums que les afliftans ré-
pandoienr fur toutes les parties du bûcher fu-
nèbre.
CUIR & de CARTON (Monnoies de). Æf-
chine (Socr. dial, il, c. 24) & Ariftide nous ap-
prennent que les Carthaginois fe font fervis de
monnoies de cuir ; les Romains commencèrent
par fe fervir de monnoies de terre cuire & de
tuir. Cette dernière a été appelée ajfes feorteij
elle étoit en ufage à Rome avant le règne de
Numa, fuivant le témoignage de Suetone, cité
par Suidas- (iC AWaf/a.L L'Auteur anonyme du
petit Traité de Rebus Bellicis , imprimé à la fuite
de la Notice des deux Empires, ajoute qu’on im-
primoit une petite marque d'or fur ces pièces de
euir Qi»! tenoient Iku de monnoic dans le com-
merce, Formatas è coriis orbes , aura modico figna-
tÿcrunt. Enfuite Numa introduifitl'ufage despièces
de bronze, qu'on prenoit au poids, en échange
des marchandifes & des denrées ; cela dura juf-
qu’au temps de Servius Tullius, qui le premier les
fit frapper, & y fit graver une certaine marque.
On peut voir ce qu’ont dit lur ce fujet Saumaife
(de Ufur.p. 443. /ejo.) & Sperüngius {de Num.
non cuf. p. loi. feqq. Ù 2ZI. ). On vovoit.dans la
Colledlion de Jobert des fols de cette efpèce, bat-
tus fur le cuir, que la néceflité avoir obligé les
Eîollandois de frapper pendant leur guerre contre
les Efpagnols. Patin ( Hifl. des Med. p. 54. ) a
aufiî fait graver une monnoia de carton frappée à
Leyde en 1574 pendaneque les Efpagnols tenoient
cette Ville affiégée.
Philipne de Comine dit qu’après les grandes
levées d’argent faites pour la rançon du Roi Saint
Antiquités 3 Tome JJ,
C U I 245
Louis , on fut oblige de fe fervir en France d’une
monnoic de cuir dins laquelle il y a voit feuîem.enc
un clou d'argent rivé dans le milieu , 3c marqué
d'une fleur-de-lys.
Cuir, peaux & parchemiiT.
« Quoique l’antiquité , difent les Auteurs de
la nouvelle Diplomatique , confiât fouvent la
confervation de fés titres aux marbres & aux mé-
taux, & que les Modernes en ufent encore quel-
quefois de même 5 on peut prefque réduire la mai
tière des Diplômes aux peaux & aux papiers. On
écrivit certainement fur des inteftins d élephans
& d’autres {Paieogr. p. lé. Ifdor. lib. 6. cap. ilf
animaux j mais on ne montre nulle charte en cette
matière. »
“ S’il ne fe trouve point de Diplômes fur des
inteftins de reptiles, ce n’eft pas qu'au rapport ds
Cédrène (rom. i.p. 351. edit. Parif. 1647.) &
de Zonare Annal, tom. 2. L 14- p- edit,
Parif. 1687.) dans l'incendie arrivé à Conftanti-
nople fous l'Empereur Eafilifque, il n’y eût un in-
tertin de ferpenc confumé par les flammes , fut
lequel l’Iliade, TOdylTée d'Homère & les exploits
des Héros fe voyoient en lettres d'or. Mais on a
lieu de fe défier de tout ce qui n’eft attefté que
par des Grecs quand ils ont vécu comme Cédrèns
& Zonare bien des fièclss après les faits qu'ils
nous racontent. «
« Puricelli fetnble mériter plus de créance lorf.
que dans fes monumens de l'Eglife Ambrolîenne
de Milan {p. 282 & feqq-) ij nous fait connoître
l’original d'un Diplôme de Hugue SedeLothairej
Rois d’Itaiie, écrit fur la peau de poiflbn.Il porcs
le même jugement de plufieurs Diplômes de Rois
& d’Empereurs, & meme de quelques titres du
quatorzième fiècle. Peut-être qu'en y regardant
de plus près on découvriroit un plus grand nom-
bre" de chartes de cette nature. Celles dont^on a
connoiflance ne lailTent pas d’être comptées à boa
droit parmi les raretés àes archives. «
“ Cependant Murarorî , non content de révo-
quer (^Antia. Italie, tom. 3. Differt. 34. col. 34.)
en doute ou même de nier qu'il exifte dans les ar-
chives de i’Églife Ambrofienne des chartes de
peau de poiflon, propofe aux Naturaîiftes cette
queftion à réfoudre : favoir fi les poiffons ont un
cuir dont on puiîTe faire du parchem!n._ II ne
feroît pas impofllble que Furiceiîi eût pris pour
despeLx 'de'poiffon des parchemins d’une autre
nature que ceux qui remphilent oruinaiiemen. nos
archives. Nous en avons trouvé d’une moIjelTe ex-,
trême qui ne venoit point a humidité , mai^d une
préparation , & peut-être d’une origine ditxérents
de celle du commun des parchemins Au refte , il
femble difficile d'allier l’eftime qu'on témoigne
pour Puricelli avec refpèce de démenti qii on lui
donne fur l’exiftence de faits dont il prétend avoir
eu les monumens fousl es yeux Si 1 on vouloir
oppofer autorité à autorité, du moins faUoit- il
dire qu’oc aurait vu le Dlpôlaae des Rois
I 4
1^0 C U I
& Lothaire, qu’il eft réellement de parchemin
ou de quelqu autre matière fort dihingueî de la
peau de poiflbn ^ & que ks autres chartes fem-
blables de Rois d’Empereiirs, dont Puricelh Ce
déclare témoin oculaire j apres un fcrieux cxa-
îr=enj ont paru n’avoir rien de commun avec cette
peau. Au lieu de cela , Muratori allègue pour preuve
de leur non - exiftence qu il n a pas vu ces pièces.
Encore s’il nous avoit affuré que tous les titres
de ce Chartrier lui avoient pafle par les naains ,
peut-être auroit-on moins de répugnance a s en
rapporter à un argument négatif- préférablement
à un autre qui dans l’égalité des circon{ta.nces
devroit l’emporter. Ce fera donc porter Ja defe-
rence aufli loin qu’elle pourra aller pour 1 autorité
de Muratori , que de regarder la queftion comme
indccife fur l’exiftence des monumens qui le déter-
minent à contefter en général celle des chartes en
peau de poiffon ; £r adkuc fub juaice lis ejl. » _
c: Les cuirs des animaux paffés rccevoient
l’écriture du côté qu’ils étoient dépouillés de leurs
poils. Allatius ( Animadverf. in antiq- Etrufc.
fragm. n. 63. p. 114.) dit avoir vu dans les Bi-
bJiothèques de Grèce , d’Italie & d Allemagne
plulîeurs vo’umes ou rouleaux en caiVqui portent
des caraélères hébraïques fans points. Les diverfes
pièces qui les compofent ne font point collees,
mais feulement coufues enfemble. L ufage de ces
rouleaux elf aifez général chez les Juifs. Leurs
fynagogues en pourroient fournir bien des preu-
ves. Mais fans y av'oir recours, on en trouvera
dans la Bibliothèque du V atican. ( Ihid. ) , dans
celle du Roi , dans les villes de Livourne & de
Bologne en Italie. ( PaUograpk, c. 1. pag. 17.
Maffei , Iftor. Diplom. p. 73.) ” _
« On conferve dans le Couvent de Saint Do-
minique de Bologne, dans un reliquaire ferme
fous deux clefs, dont l’une eft gardse par le Sénat
de la Ville , & l’autre par les Religieux , les deux
Livres d’Efdras écrits fur un rouleau de cuir.
L’Auteur de la Bibliothèque du Vatican (p. 3^4’
aof.) ne craint pas d’avancer que ces Livres font
de la main d’Efdras même. Mais il faudroit des
preuves bien fortes pour conftiter un fait fi Sin-
gulier. On montre dans la Bibliothèque des C^ha-
noines Réguliers de Saint Sauveur de la meme
Ville un autre rouleau en cuzV, contenant le Livre
d’Etther dans fa langue originale. »
« Pétrarque habillé d’une fimpk ^ ( EçaTze.
Bouhi. eug. lib. i.) vefte de cuir paffé écnvoit
fur elle les penfées qu’il craignoit de perdre à pro-
portion qu elles fe piéfentoient à fon efprit Cette
vefte pleine d’écritures & couverte de ratures étoit
encore en 152.7 confervée & refpeéVée comme un
monument précieux de Littérature par Jaque Sa-
doler, Jean Cafa & Louis Bucatello , norns fa-
meux dans la République des Lettres- La vénéra-
tion qu’on avoit pour les Livres de S Athanafe
faifoitdireàun Abbé {Prat. fpirit. cap. 40. ) qu au
défaut de papier il falloit les écrire fur fes habits. »»
C U I
« Ulpien, au trente-deuxième Livre du Diseflg
(§. 3. leg. 52.) ne diftingue pas, comme l’a'' cru
D. Mabillon {De re DipL. Lib. 1. cap. 8. n. x.)^ [g
parchemin du cuir. Au contraire , il entend par
ce dernier la peau de certaines plantes, auffi-bieti
que celle des animaux ; mais il fait réellement ail-
leurs {D. lib. 37. tit. I.leg.i.) cette diftinâlion.
Notre favant Bénédidtin aflure qu’on s’ eft rare-
ment fervi de cuir pour drefler des chartes, fi
cependant on en a jamais fait cet ufage. Celapour-
roit avoir befoin de cuelq-ae reftriaion par rap-
port aux temps, aux lieux & aux perfonnes.»
« L’ufage d’écrire fur les peaux eft fi ancien
qu’en ne fauroit en aflîgner l’époque. Pline THif-
torien marchant fur les traces de Varron attribue
à Eumène, Ro' de Pergame en Afie, l’invention
du parchemin Ifidore de Séville n’en fait pas re-
monter ( Orig. lib. G. cap. il. ) plus haut l'origine.
Guilandini réfute {Papyr. memh. VI. pag. 91. &
/e^. ) les deux premiers '.car il ne parle point du
troifîème ) par l’autorité de Jofeph M.
lib. iz. cap. 2.), & mieux par celle d’Hérodote
(In Terpfickore, lib. 5. ca.p. 58.), qui dit que les
Ioniens au défaut de papier d Egypte fe fervirent
de peaux de chèvre & de mouton, & que de fon
temps plufieurs Barbares ecrivoient encore fur ces
fortes de peaux. »
« Les anciens Perfes , au rapport de Diodore
(Lib. 2.) de Sicile & de Ctéfias, écrivoient fut
des peaux ou des parchemins les annales de leur
nation. Il femble donc du premier coup-d œilqus
Varron Se Pline font tombés dans une meprne
bien marquée ; mais ne pourroit-on pas fuppoieî
qu’ils n’auroient point prétendu fixer aux régnés
d’Eumène & de Ptolémée Phihdelphe l ufage
d’écrire fur les peaux, mais feulement la ,
du parchemin tel que nous le faifons aujourd nui •
Il auroit même pu arriver que cet art auroit p uto
été apporté des pays barbares qu’invente a e -
game. Perfectionné dans cette \ üle , d 7
pris faveur, & de là fe feroit répandu de toutes
parts. C’en étoit aflTez pour lui faire impo
nom (Hieron. Epift. ad Chrom.') de
Voflius ne (De arte Gram. lib. 1. _
s’éloigne pas beaucoup de cette maniéré
cilier toutes chofes. » • .
et Ce que nous difons du parchemin^
au vélin , qui n’en diffère que parce qu 1 ^
peau de veau, au lieu que 1 uu^te el P
mouton. On poliflb-t l’un _& 1 autre • ^’en
ponce. Les premiers ouvriers en ,rîg-.
favoient fabriquer que de launatre 5^ jelui
lib. 6. cap. I. ). On trouva le feertt , r jiffoit
donner de la blancheur ; mais comrne 1 ^
aifément , & que d’ailleurs il fatiguo
cette decouverte eut peu de fucces. ”
« Indépendamment du nouveau le jrche-
tinguoit autrefois ( Ib:d. ) trois Cortès blauc
n-.ins, le blanc, le jaune & le ’aeusco*'-
l’étoit par nature, U ^
GUI
leurs partagées fur chacun des côtés de les feuilles.
De là ce vers de Perfe :
Jam liher & pojstis hicolor membrana capillis.
Le parchemin de couleur de pourpre étoit pour
Tordinaire également teint des deux côtés, deftiné
à recevoir des lettres d^’or & d’argent. On a non-
feulement écrit des Livres facrés , & fur-tout des
Vîs,zxxûsxs(,liieron prolog. in Job.) en parchemin
pourpré, rnais nombre de Bibliothèques & de
Tréfors d’Égîifes renferment d’anciens Miffels où
le vélin couleur de pourpre eft prodigué avec plus
ou moins de profulîon. Quelques-uns même
n’offrent que des feuilles teintes en pourpre , fans
aucun mélange de feuilles ordinaires. Nous n’avons
point vu de Diplômes ainlî colorés. Quoiqu’il en
îcxifte quelques-uns, on peut dire qu’ils font affez
rares. Voilà tout ce que nous avons à remarquer
fur la nature & les efpèces de parchemin. L’an-
cienne manière de le fabriquer ne diuéroit en rien
c’eifentiel de la nôtre. Nous allons donc nous bor-
ner à l’ufage du parchemin par rapport aux
chartes.
« Si les plus anciens manuferits, confervés juf-
qu’à préfenr, font en parchemin, ,les plus anciens
Diplômes font auflî en papier d’Égj'pte. On n’a
découvert en parchemin nulle charte antérieure
au fixième fiècle. Faute d’avoir été affez au fait
delà matière fur laquelle fe trouvent écrits quel-
ques Diplômes de nos Rois, Mafféi ( Diplom.
pag. 8o.) recule jufqu’au huitième fiècle le com-
mencement de l’ufage de faire fervir le parche-
min à l’expédition des chartes, & fon progrès au
règne de Didier, Roi des Lombards: en un mot,
dit-il, on n’a point encore vu, que je fâche, de
Diplôme original en autre matière qu’en papier,
avant l’an 700 ; mais il auroit appris qu’on en
avoir vu s’il eût jeté les yeux fur les pages 580
& 472 de la Diplomatique de D. Mabillon. Du
refte , il eft jufte d’applaudir à la fageffe de fa cri-
tique. Loin de tenir pour faux, félon la méthode
de certaines gens, tout Diplôme en parchemin,
dont la date précéderoit le huitième fiècle , parce
■qu’il n’en avoit vu aucun, ou qu’il croyoit que
les autres Antiquaires n’avoient pas été plus heu-
reux dans leurs recherches ; il ne nie pas qu’il ne
s’en puiffe trouver, ni qu’on écrivît quelques
chartes fur cette matière. Convaincu par le témoi-
gnage des Auteurs & le langage muet des manuf-
ents en parchemin, il fe contente de juger qu’or-
dinairement on le deftinoit pour les livres, & le
papier pour les aûes publics. La propofition eft
trop raifonnable pour que nous faffions diSculté
d’y fouferire dans toutes fes parties. »
« Quoique l’Italie l’emporte fur la France &
l’Angleterre pour les antiquités qu’elle tire de fon
fein , il réfulte de l’aveu du favant Marquis que
ces deux Royaumes ont fur elle l’avantage de pôf-
Léderpluileurs Diplômes originaux en parchsmig
GUI 251
du feptième fiècle. Avouons-le cependant; ni
1 Angleterre {Hîckes Ling. vet. fept. chef, pr&fat.
pag. 32.), ni l’Allemagne ( Ckroa. Godwici.
tom. 1. p. 82. ) n’employèrent jamais, pour dreffec
leurs aéles, le papier d’Égypte ou de coton. Le
parchemin fut l’unique matière dont elles firent
ufage avant la découverte du papier de chiffe.
Ainlî en fuppofant que le judicieux Gudenus
{Sylloge varier. Diplomat. praf pag. 2.) n’aura
eu en vue que fa patrie , il aura pu établir cette
règle: qu’avant l’an 1280 tous les Diplômes Sc
Ades de quelque nature qu’ils foient font e*
parchemin. »
“ De plufieurs pièces de parchemin attachées
enfemble on formoit des rouleaux appelésvm lûmes
lib. 6. cap. 12.) a volvmdo ^ OU rôles à
rotâ, ou cylindres â-so [Laert. inEpicurS)^
parce qu’ils en empruntoient la forme , & que les
bâtons fur lefquels on les rouloit étoient réelle-
ment de petits cylindres de bois, de corne (^Mar-
tial. Lib. il. Epigram. 02.), d’os, d’ivoire, de
verre ou de quelque métal. Les bouts en étoient
terminés par des globes ou des pointes de diverfes
figures, tant pour tenir en état les diverfes pièces
roulées, que pour les orner. Les anciens Juifs unif-
foient les différens morceaux de leurs rouleau*
facrés avec tant d’art, qu’on ne pouvoir en apper-
cevoir la jointure. Ce fut, félon Jofeph, un fujet
d’admiration pour {Jofeph. Antiquit. Jud. l. 12.
c. 2. ) Ptolémée Philadelphe lorfque les foixante-
dix vieillards envoyés par le grand Prêtre dé-
plièrent en fa préfence les rouleaux où la Loi de
Dieu étoit écrite en lettres d’or. «
ce 11 s’en faut beaucoup qu’on ait dans la fuite
pris la même peine pour joindre autant de pièces
de parchemin qu’en demandoit l’aéle qu’on fe
propofoit d’écrire. -Souvent au lieu de les colesr
on fe contentoit de les coudre en&mble ou de
les unir par des attaches de la même matière , pra-
tique dont les exemples fe font multipliés fans
nombre dans les bas fiècles, lors même que les
aéles étoient affez courts pour être renfermés ea-
moins d’un quart de feuille. Les procédures,
aétes judiciaires ( Sy liage varior. Diplomat. pr&f.
p, 3.), enquêtes étoient fouvenc fur des rou-
leaux de plufieurs toifes de long; mais en gé-
néral il étoit rare que les rouleaux fuffent écrits
des deux côtés. » -
c Soir que la fineffe du papier d’Égypte ait dé-
terminé les Anciens à ne l’écrire que d’un côté ,
foit que l’importance des pièces, jointe à la dignité
de ceux à qui on les adreffoir ou au nom de qui elles
étoient écrites, ne permît pas d’en remplir les deux
côtés , i’ufage de ne point écrire fur le dos des
chartes ne devint pas moins ordinaire à l’égard du
parchemin que du papier. Les lettres des Princes,
des Magiftrats & des Généraux Romains n’étoienc
jamais ÇHugo de prima ferib. orig. pag. 188.)
écrites qu’en dedans, & fuîvant la longueur de la
Quille ayant Céfar j il étoit inoui que des pe^-
Mi GUI
fonnes de fon rang ne laifîafTent pas en blanc un
des côtés de leurs lettres. Mais de tout temps les
gens du commun ne balancèrent pas à metrte
à profit le verjo comme le recîo des pièces de
peu de conféquence ^ ce qui ne dévoient point
durer à perpétuité. Comme les tefiamens pré-
voient fouvent la forme de livres , on faifoit
encore moins de difficulté d’y écrire fur le revers
de chaque feuille. Les Jurifconfultes ( IpJd. ) an-
ciens & modernes rendent non-feulement témoi-
gnage à cette pratique ^ mais ils Fautorifent en
termes formels. Depuis la chute de l'Empire Ro-
main jufqu’aux derniers temps , il étoit fort rare
qu’on portât une partie de l’écriture fur le dos
des chartes en parchemin. Quand on le faifoit ,
cela ne confiftoit guère que dans les fignatures &
autres formules finalesj encore n’en découvre t-on
prefque point d’exemples antérieurs au dixième
iîècle. Nous venons de le dire : anciennement
on écrivoit les teftamens fur plufieurs feuilles ,
êc on avoir la liberté de les remplir fans laiiTer
aucun vuide ; mais , au moyen âge on ne donna
point aux teilamens une forme différente de celle
des autres chartes : au contraire , depuis environ
trois ficelés J les teffamens, & bien des contrats^
traités & autres aâes imitent 1 ancienne forme
donc les teftamens furent revêtus ».
» Ce ne fut qu’aux xiv & xv* fiècles ^ qu’on
s’aperçut combien il étoit dangereux de fe fervir
du parchemin raclé dans les aéles publics , &
qu’on prit des mefures efficaces pour arrêter ce
défordre. En conféquence, les provifions par lef-
qaelles les Empereurs élevoient à la dignité de
Comte , avec pouvoir de créer des Notaires im-
périaux , portoient communément { Aîiifei , ifl.
diplom. pag. 6c) ) cette claufe : à condition quils
n emploieront point de parchemin ■vieux & raclé ,
mais qui /oit vierge & tout neuf >3.
» Si l’ufage du parchemin raclé dans les aftes
publics n’a jamais palfé en coutume, & s’il femble
même n’avoir eu quelque cours qu’en Allemagne,
il a eu des fuires funefies pour quelques bons
livres dont nous regrettons la perte. Lorfqu’ellc
étoit une fois jurée, tantôt on les faifoit pafîér
par l’épreuve de l’eau bouillante, tantôt par celle
de i‘ eau de chaux vive; on en enlevoit la fuper-
ficie , en un mot on les racloit; quelquefois même
on leur faifoit fubir à-peu-près les mêmes pré-
parations que fi l’on avoit voulu fabriquer le
parchemin vierge. C’efi ainfi qu'on faifoit dif-
paroicre les anciennes écritures pour en fublîi-
luer de nouvelles ».
» Ce goût barbare s’étoit répandu de tous
côtés par rapport aux manuferits. 11 s’étoit telle-
ment accrédité chez les Grecs des xii , xm &
fiècles , qu’il a fait périr beaucoup d’ex-
cellens ouvorges. On en eft affez mal dédommagé
par une foule de livres de chœur qui les rem-
placent
» Quand oa n’a pas pris 3 ou qu’on a mal pris
C U I
les précautiorts marquées pour effacer îe.s as
ciennes écritures , & qu’on s’eft contenté de les
racler, qn ne laiffe pas d en lire des portions plus,
ou moins confidérables. On expofe le feudlct
qu’on veut déchiffrer à la lumière la plus vive •
on le couvre d’une ombre légère, qui empêche
que la vue ne foit offufquée par l’éclat des rayons
du foleil ; & , pour plus grande commodité , !e
leâeur fe place entre cet afire & le manuferit.
De quelque fecret dont on fe foit fervi à deffein
de ne iaiffer fubfiffer aucun trait de l’écriture
primitive , s’il en telle encore quelque veilige ,
on vient à bout , avec plus ou moins de peine ,
d’y découvrir des lettres , enfuite des mots , 8c
même des phrafes entières ; mais ordinairement
ce travail demande de bons yeux, un beau jour,
beaucoup de rems , & fur-tout une patience qui
ne fe laiffe pas aifément rebuter par les diffi-
cultés ».
» Au relie , ce fut moins par goût de dellruc-
tion, que par une efpèce de nécefilté, qu’on ea
vint à l'extrémité fàcheufe de faire de nouveaux
livres aux dépens des anciens. Le papier & le
parchemin étoient rares , & coûtoient très-cher.^
On ne pouvoir fe palier de certains livres ; on
en voyoic d’anciens , dont on né connoifibit plus
le mérite , & dont les caraclères paroiffoient
quelquefois indéchiffrables , par le dépériffement
ou par la fingularité de leurs écritures furannées,
La pauvreté d’une part , & de l’autre le befoia
de livres d’ufage détenninoient alfez naturelle-
ment à facrifier des ouvrages fouvent très-pré-
cieux à la république des lettres 3 mais inutiles à
leurs polfelTeurs
» Jufqu’ici l’on avoit cru pouvoir reffreinlre
l’abus de racler les livres, prefque aux feuls fiècles
XI , XII , xtii , & le renfermer dans les bornes
de l’églife grecque ; mais tous les jours de nou-
veaux exemples conllatent que le mal avoit gagne
chez les Latins , & qu’il remonte bien plus haut
qu’au temps où l’on commence à connoître les
ravages qu’il fit dans l’empire des Grecs. Mura-
tori ( Antiqt liai. tom. 3. dijfert. 43. col. 834- )
dit avoir vu , dans la bibliothèque Ambronenne,
un manuferit des œuvres du vénérable Bede ,
d’une écriture de huit à neuf cens ans , fubii-
tuée à une autre de plus de mille. Maigre les-
efforts qu’on a faits pour la détruire, on y fun^
encore des phrafes qui annoncent un ancien
pontifical. Ün manuferit de S. Germain-des-PreSy
contenant le Catalogue des Hommes illuHres de
S. Jerôme , continué par Gennade , n a
plus épargné. Don .Mabiüon , qui en a publie un
modèle au cinquième livre de fa Diplomatique,
le jugeoit du vir’ fièclc. La forme des carabteres
Mérovingiens iiont il efi écrit , ne permet pas e
le faire defeendre plus bas. Cependant nousavon^
remarqué qu’il avoit été récrit, au moins
partie. On y diïlingue les caraélères de trois
ûe maaufetits plus anciens. Sa nouvelle eentu
Mérovingienne en couvre une autre bèaucotlp plus
antique J û elle n’appartient pas à la romaine cou-
ranre. Sur !e pius grand nombre de feuillets de
ce mariufcrit ^ on ne voit aucune trace d’écriture
primitive ^ foit qu’ils u’eufTent point encore fervî j
foit qü’iîs eulfent été mieux raclés que les autres ^
foit que ces deux caufes euffent concouru à la
/ois »,
CUIRASSE. « Quoique ce foit une opinion
reçue , dit M. Paw ( Rsck.far les Egypt. il. 519)3
eue les foîdats de l’Egypte ne portoient point
de cafquc , ce n’en eil pas moins une erreur qui
provient uniquement de ce conte que fait Héro-
dote : il prétend avoir obfervé du côté de Pélufe,
que les têtes des Perfans répandues fur un ancien
champ de bataille j étoient très -molles vers le
haut du crâne 3 & les têtes des Egyptiens très-
dures, parce qu’iîs étoient toujours rafés 3 & ne
portoient , fuivant lui , aucune efpèce de coif-
fure ; mais ils avoient des cafques de cuivre &
des ciiirajfcs de lin , dont quelques-unes , telles
que celle du Pharaon Amafis , ont fait l’admira-
tion de tous ceux qui les virent à Samos & à
Lindus dans l’ifle de Rhodes 3 où la plus belle
avoir été confacrée à Minerve. Cette armure ,
dont Hérodote a décrit la broderie > étoit retnar-
quabîe par fa trame, dont chaque. fil avoir été
tordu de 365 autres, par une allufion finguhère
à la durée de l’année vague , car les Egyptiens
ne pottvoient s’empêcher de revenir toujours aux
allégories , dans les chofes même où il n'enfalloît
point. Quoique la milice d’Athènes ait pris de
ces cuiraffes {Corn, Nep. I. 4.) égyptiennes, par
ordre d’Iphicrate , Paufanias a eu grande' raifon
d’obferver qu’elles ne valoient abfolument r^en ,
puifqu’elles ne réfiftoient point aux armes poin-
tues , mais feulement à celles qui tranchent ou
qui brifent , comme les balles & les pierres lan-
cées avec des frondes ».
Les cuirajfes égyptiennes de lîn étoient en
tifage au liège de Troie. Ajax , fils d’Oïlée , en
portoit une femblable , & Homère le dit expref-
fément ( liiad. B. jaS. ) Ces cuirajfes àe
toile ou de draps battus, quelquefois même feutrés
avec du fel & du vinaigre ,, étoient compofées
de plufieurs , piqués enfemble. Plutarque
{ va. Alex. ) , d't qu’Àlexandre portoit une cui-
rafe de lin double , êéfasa Ajrâj éW-Aâ?.
Telle fîit depuis celle de Galba , dont il eft fait
înention dans Suétone , qui-, parlant de la féditrorr
qu’exeira àRome la révolte d’Ôchon , àif. Loricam
tamen induit linteam , quanquam haud d’ffîmulans
■parÎLm adversiis tôt muc' ones profuturam. Saumaîfe ,
dans fes Oblervations fur Lampridius-, remarque
qu’on avoir autreFois inventé cette armure pour
le f)iilagemenr des foldatss on peut ajourer qu’il
y a bien de l’apparence que ces cuirajfes de hn
& de toile n’ernpêchoient pas qu’on ne mit par-
deffus- des cuirajfes de fer 5 on peut même croire
qtis les aftcieas avoient donné aux premières le
nom de fubarmale ; mais il n’étoit pas toujours
néceffaire d’avoir d’autres cuirajfes que celles de
iin Se de toile , puifqu’il y en avoit de fi bien
faites 3 qu’elles étoient à l’épreuve des traits. Ni-
cétas , dans la Vie de l’Empereur Ifaac I,^ rap-
porte que l’Empereur Conrad combattit long-
temps fans bouclier , couvert feulement d une
cuirajfe de lin feutrée & formée de dix - huit
doubles.
La fécondé cfpèce de cuirajfe étoît de cuir ,
& c’efi celle que Varron appelle pectorale corlum.
Tacite ( Hiji. lib. I. c. 79. ), nous apprend q-ue
les chefs des Sarmates s’en fervoient quelquefois :
Id principibus ac nobilijfmo cuique tegmen , ferreîs
lamînïs aut pr&durio corio confertum.
Cependant le fer ou le bronze étoient la ma-
tière la plus ordinaire des cuirajfes. Les Perfes
appeloient les foldats qui portoient ces fortes de
CuirafTes , clibanarios , du mot chbanum , qui
fignifioit unp tuile de fer , apparemment parce
que ces cuirajfes étoient faites d’une plaque fort
épaiffe dé ce métaL
Dans le fameux tableau de Polygnote , qui
repréfentoit le fac de Troie ( Paufan. Lacomc. } ,
oiî voyoit fur un autel une cuirajfe à’ -iiïzin , coni-
pofée'de deux pièces. Tune defqueiies couvroit
le dos & les épaules , l’autre , le ventre & la
poitrine. Elles fejoignoient enfemble fur les côtés
par des agraffes , comme le dit Silhis ( lib. vu.
624. ).
, , , , 3 . . Q_ua fibula morfus
LoricA crebro laxata refolverat îBu.
L’endroit de cette jondion , qui n’étoit jamais-
parfaite , laifibit un paffage à l’épée de l’ennemi ,
& on l’appeiie encore aujourd’huiie défaut de la
cuirajfe.
Leur grande pefànteur fît qu’on les changea
depuis contre des cuirajfes compofées de lames-
de métal, couchées les unes fur les autres ^ Se
attachées fur du cuir ou fur de la toile.
Ces cuirajfes , faites d'e chaînettes ou de plaques
de métal , placées en reco-uvrement , comme les
écailles des poiffons , émient connues des Grecs'?
ils appeloient les premières aXarissiroi Sapaxs;^, oC
les fécondés epoAt^ATct ou C efl d elles
qa Ifidore a dit (xvni. 13 .) : Sqaama efl lorica ,
ex' lamini s- srei s . vel ferreis coucatenata in moduiTt
fiquamarunt pifcis. \ irgile parle autfi d une fem—
blable armure, compofée d’anneaux & de trois
rangs de fil d’or paifé de fuite ou d’épaiffeur
QÆneid. lib. i il. v. )
Eoricam canfertam hatnîs , auroque trïllcem,
Ailleuïs le même Poëce décrit les écaillis «fe
bronze d’une autre cuirajfe ( Ibid. xt. 487. ) .•
. . . Rutulum thoraca indutus ^ ahenis
Horrebat fqaamis.
L’entortillement des anneaux, qui, les cachant
à moitié , les failoit relTembler à des hameçons ,
eft bien peint dans les vers fuivans de Silius. On
y voit aufli que les plaques d’or diftinguoient la
cuirajfe des généraux romains de celle des fimples
foldats j car il y eft queftion de l’armure du Con
fui Flaminius ( /. f. ) :
Loricam induitur , tortos haie nexilis hamos
F erro fquama rudi , permijloque exafperat aura.
La ciùrajfe des foldats , telle qu’on la voit dans
les bas-reliefs de la colonne Trajane , confiftoit
dans une tunique de cuir , courte & ferrée , au
tour de laquelle on ceignoic deux , trois ou quatre
lames de métal ( Stat. Thtbaid. vu ) :
.... Ter infuto fervant ingentia ferra
Peciora.
Et mieux encore Sidoine ( Carm. il. 312. ) .•
Nec futilis illi
Circuius impaciis loricam texuit hamis.
Ces lames étoient quelquefois remplacées par
des chaînettes ( Tkeb. xii. ) ;
Multiplicem tenues itérant thoraca catem.
On leur fubftitua enfin la cotte-de-maille (T'oyez
ce mot J & l’haubergeon.
Cuirasse fur les médaillés (Une) : lymbole
de la Dalmatie.
CUIRS , peaux & parchemin. Voye^ Cuir.
CUISINE. ■> T 1 • 1 • , , r •
CUISINIER. J laitage , le miel, les fruits
de la terre , les légumes alTaifonnés de fel , les
pains cuits fous la cendre , furent la nourriture
des premiers peuples du monde. Ils ufoient, fans
autres rafinemens , de ces bienfaits de la nature ,
&■ ils n en etoient que plus forts , plus robuftes ,
& moins expofésaux maladies. Les viandes bouR-
lies , grillées , rôties , ou les poilTons cuits dans
I eau fuccédèrent : on en prit avec modération ;
la fanté n en fouffrit point ; la tempérance régnoit
encore , 1 appétit feul régloit le temps & le nom-
bre des repas.
Mais cette tempérance ne fut pas de longue
duree .• 1 habitude de manger toujours les mêmes
chofes , & a-peu-près apprêtées de la même ma-
niéré , enfanta le dégoût j le dégoût fit naître la
cunofite ; la curiofité fit faire des expériences -
1 expérience amena la fenfualité d’homme goûta '
eflaya, diverfifia , choifit & parvint à fe fafté
ün art de l’acLion la plus fimplc & la plusnatu
relie.
Les Afiatiques , plus voluptueux que les autres
peuples , employèrent les premiers , dans la pré-
paration de leurs mets , toutes les produdions de
leurs climats : le commerce porta ces produdions
chez leurs voilins. L’homme, courant après les
richelTes , n’en aima la jouiftance que pour* fournir
à fa volupté , & pour changer une lîmple &
bonne nourriture en d’autres plus abondantes
plus variées , plus fenfuellement apprêtées , &
par conféquent plus nuifibles à la fanté : c’eft
ainfi que la délicatelTe des tables paffa de l’Alie
aux autres peuples de la terre. Les Perfes com-
muniquèrent aux Grecs cette branche de luxe,
à laquelle les fages légillateurs de Lacédémone
s’opposèrent toujours avec vigueur,
La frugalité des premiers Grecs fut long- temps
célébrée par leurs Ecrivains. Elien ( lib. ul. cap.
59. ) , nous a même confervé le nom de chaque
efpèce de végétal qui fervitde nourriture à chaque
peuplade du monde connu. Les Argiens fe nour-
rirent de poires, les Athéniens de figues, les
Tirinthiens de poires fauvages , les Indiens , de
rofeaux ou de cannes , les Carmaniens , de ré-
gimes de palmier , les Méotes & les Sauromates,
de millet, les premiers Perfes, des fruits du térébin-
the & de creflon-alénois , & les Arcadiens , de
glands- Entre tous les Grecs , les Lacédémoniens
confervèrent le plus long-temps leur frugalité pri-
mitive Sc leur faujfe noire. Cet apprêt étoit fi
iniîpide , qu’un Sybarite difoit en le mangeant ,
qu’il n’y avoir rien d’étonnant de voir les Lacé-
moniens fi courageux, puifque lui aimeroit mieux
mourir que de n’avoir , pour foutenir fa vie ,
qu’un mets auffi m2.\X'/z\s ( Athene. iv. cap. 6.).
Les repas des Athéniens furent aufli célèbres par -
leur fimplicité , & ils paûbient en proverbe ( Ibid.
1 V. cap. 3 .). Mais le commerce habituel des Grecs
Afiatiques avec les Perfes, fit difparoître cette
frugalité primitive , & les habitans du Pélopo-
nèfe ne furent par long-temps fe défendre de
cette contagion. Les Siciliens ne mirent aucune
borne au luxe des tables ; & leurs cuijiniers s’ac-
quirent , dans tout le monde connu , une répu-
tation qui égala ( fi l’on peut faire fans honte
cette comparaifon ) celle des peintres & des
fculpteurs de la Grèce.
Les Romains, devenus riches & puiflans, fs*
couèrent le joug de leurs anciennes loix , quittè-
rent leur vie frugale , & goûtèrent l’art de la
bonne chère ? Tune coquus ( dit Tite-Live , hv*
xx.xi.r'j vilifimum antiquis mancipium ,
tione & ufu , in pretio ejfe , & quod minijifium
fuerat , ars haberi coepta ; vix tamen illn qu*
tune confpiciebantur , femina erant futurs, luxuris.
Ce n’étoit là que de légers commencemens de
C U I
la fenruaüté de la table j qa’üs poufsèrent bien-
tôt au plus haut période de dépenfe & de cor-
ruption. Il faut lire dans Sénèque le portrait qu il
en fait i je dis dans Sénèque ^ parce que fa févé-
rité ou fa bile j fi Ton veut ^ nous apprend fur
cette matière beaucoup de chofes^ que desefprits
plus induigens pour les défauts de leur fiècle j
pafient ordinairement fous filence. On ne voyoit ,
nous dit-il ^ que des fvbarites couchés mollement
fur leurs lits , contemplant la magnificence de
leurs tables , repaiffant leurs oreilles des concerts
les plus harmonieux j leur vue des fpeélacles les
plus charmans ^ leur odorat des parfums les plus
exquis & leur palais des viandes les plus déli-
cates : NLollibiis , lenibufque fomentis totum lacef-
Jitar corpus , ne nares intérim cejfent , odoribus
vciriis inficitur locus ipfe , in quo luxuris, parentatur.
En effet , c'éft des Romains que vient Tufage
de la multiplicité des fervices, & Fétabliffement
de. ces domeftiques qu’on nomme échanfons , maî-
tres d’hôtel J écuyers tranckans , &c. 5 mais les
cuifiniers fur-tout étoient des gens importans ,
recherchés , confiiérés ^ gagés à proportion de
leur mérite j c’eft-à-dire , de leur prééminence
dans cet art fiatteur & pernicieux ^ qui , bien loin
de conferver la vie , produit une fource intarif-
fable de maux. Il y avoir à Rome tel artifle en
euijlneï qui l’o.n payoit par année j félon M. Pau-
dion J, environ 2400 liv. de notre monnoie. An-
toine fut fi content d’un de fes cuifiniers , dans
un repas donné à la Reine Cléopâtre , qu’il lui
lui accorda une ville pour récompeafe.
Les Lacédémoniens étoient bien éloignés de
cette dépravation , lorfque les îoix de Lycurgue
les gouvernoient encore, ils chafsèrent alors de
-leur ville , par un décret public , le Sicilien Mi-
thæus J cuifinier célèbre dans tonte la Grèce
^ Maxim, Tyr. dijfert. vit.'). Ils apprêtoient eux-
mêmes leurs repas comme les héros d’Homère
& comme Achille en particulier , que l’on voit
dans riüadc ( /. v. 209. ) couper les viandes &
les embrocher. Quand le luxe eat corrompu toutes
les villes grecques , l’art de la cuifine &*les cuifi-
niers furent très- confidérés , ainfi qu’on le voit
dans les Comédies de Plaute , où ce Pôëre , in-
troduifnnt fur la fcène Romaine des fujets Sc des
perfonnages grecs ^ a certainement confervé leurs
mœurs & leurs ufages. On 7 voit les cuifiniers
fe tenir fur les marchés publics , & fe louer à la
journée feulement , pour apprêter les grands re-
pas chez les particuliers ( Aulul. il. 4. i ) :
Pofiquum ohfonavit herus , & conduxit cocos ^
Tihicinafque kafee apud forum. . ...
Il y en avoit qui ne prenoient pas moins d’un
nummus , ou pièce d’or ( de la valeur de 20 à 25
de nos livres ):, pour une feule journée , tandis
que le prix ordinaire étoit d’une drachme j envi-
ron 20 fous ( Pf/ud. iil. 2. 20. ):
îlli drachmîs iifient miferi , me nemo potefi
hîinorîs quifquam nummo ^ ut furgam ^ fuhigere,
Kous avons vu plus haut Antoine renchérir fur
ce prix exorbitant j compté à des attifies aulli vils
que des cuifiniers.
Ces efclaves ( car les cuifiniers ne fortoient
pas de cette claffe d’hommes ) aiguifoient l’appétit
de leurs maîtres , par le nombre , la force la
diverfité des ragoûts , & ils avoient étendu cette
diverfité jufqu’à faire changer de figure à tous
les morceaux qu’ils vouioient apprêter. Ils imi-
toient les poiflbns qu’on defiroit, & qu’on ne
pouvoir pas avoir , & donnoient à d’autres poif-
îbns le goût Sc la forme de ceux que le climat
ou la faifon refufoient à la gourmandife. Le cui~
finier de Trimalcion compofoit même de cette
manière , avec de la chair de poilTon , des ani-
maux différens , des pigeons ramiers , des rour-
tereileSj des poulardes ^ &c. Athénée parle d’un
ccchan à demi rôti , préparé par un cuifinier qui
avoit eu l’adrefie de le vuider & de le farcir fans
i’éventrer.
Du temps d’Augufte , les Siciliensi’emportoient
encore fur les autres peuples dans l’excellence de
cet art trompeur 5 c’eft pourquoi il n’y avoit point
à Rome de table délicate qui ne fût fervie par des
gens de cette nation.
. ...... Non ficuls. dupes
Dulcem elaborabunt fiaporem,
dit Horace. Apicius ^ qui vivoit fous Trajan ^ avoit
wouvé le fecret de conferver les huîtres fraîches ;
il en envoya d’Italie à ce Prince , pendant qu’il
étoit au pays des Parthes , & elles étoient en-
core très-faines quand elles arrivèrent : auffi le
nom d’Apicius long-temps affeâé à divers ra-
goûts défigna une efpèce de feâe parmi les gour-
mans de Rome. .Alimens , Apicius ,
Ragoût & Repas.
On a découvert dans Herculanum des cuifines
avec des potagers & des fourneaux en briques ,
à-peu-près femblables à ceux d’aujourd’hui. Il v
a apparence que les Romains employoient pour
leurs fourneaux plus de bois que de charbons.
Le plan de ces fourneaux a été publié dans l’ou-
vrage intitulé Recherches fur les ruines de Iîer~
culanum par M. Fougeroux de Bondaroy j à Paris,
chez Defain , ir.-iz , 1770.
Tous les uftenfiles des cuifines d’HercuianUm
étoient de même à-peu-près femblables à ceux
d’aujourd’hui , mais ils étoient de bronze , épais
& étamés en argent fin ; i^. parce que le bronze
fe rouille moins facilement que le cuivre ; 2'’. parce
qu’il fe jette en moule ; 3°. parce qu’il s’étend
fous le marteau ; 4°. parce que le fer fe rouille
aifément , & ne peut pas facilement fe jeter en
moule.
Ce font des grils, des paiToîrs, des lèchefrites,
des tourtières , des coquilles pour modeler de 1»
25^ CUL
pâtifferie , des affiettes , des tafics , des cuüîefS
a bouche , de bronze j de plus , des cuillers a
bouche , d'ivoire & d’argent j le cuiileron en elt
peu concave , & la fpatule porte un bouton a
rextrêmité. ^ i r
On y a trouvé aulTi des marmites a pieds lem-
blables aux nôtres , d’autres marmites en bronze ,
avec un couvercle en dôme ; fous la marmite , il
y a un gros cylindre creux , qui rentre dans le
vafe , pour que le feu puilfe le pénétrer en peu
de temps. Leur deflin eft placé dans l’ouvrage de
M. de Fougeroux On a enfin trouvé , dans Her-
culanum , un pâté entier dans un four ; des ca-
raffes de cryfial , des aiguières , des fceaux en
terre , pour faire rafraîchir le vin , Scc. ; mais
OH n’y a point trouvé de fourchettes ni de pe-
tits chandeliers propres à mettre de la bougie fur la
table. Ce dernier ulfenfile étoit fuppléé chez les
Romains par les lampes.
Si l’on defîre connoître la manière dont les
anciens compofoient les mets de leurs repas , &
d’avoir une juilc idée de leur luxe de table , on
peut confulter, i®. Iz Dejeription que Pétrone
fait d’un fefiin de Trimalcion ^ c’cft-à-diie , du
cruel Néron : z®, les (Kuvres morales de Plu-
tarque J fes Propos de table , Sic. où il décrit les
repas des Lacédémoniens : .3°. \tsEpigram.raes de
Martial: ^°.Jul. Cefar Bulengeras Juliodunenfis ,
de CoTvnviis , /"-8®. Eugdjir.i , 1624 .'y®. Guido-
ais Paneïroli Rerum perditaram cum commenta-
rzis Salmutk. Tivalum de cibi capiendi modo vetc-
ribiis ufitato : 6“. le petit /n-i2 que le fameux
Ecrivain de la Vie .des Papes a dédié au Cardinal
Roverella^ fous ce titre : Platint Cremo-
nenjis , de hor.eflâ Voluptate Ci V alcîuiine , libri
decem. ColonÎA , ex off, Euckarii Cervicorni^
^ Article du Chevalier de Jaucourt. )
CUISS.4^RTS. Vayei Bottikes ouvertes.
CUISSE. Sur un vafe de terre cuite de Mengs ,
publié par Winkelmann ( Monur?^. inediti. n. iCO ) j
un jeune homme a une cuijfc ceinte d’une ban-
delette.
CUM
VfîS ÇAggen. Urbic. de corttr. agrar. ad Fronttm
p. 60. ) C'étoit aulfi l’endroit du bûcher dea
morts , fur lequel on plaçoit les mets funèbres
que le feu devoir confumer avec le cadavre
( Feflus )
CUJLLA ( Médailles de ). Voyeg^ CCELUiî.
CULLEÜS , mefure des liquides chez les
mains. Voyeg^ Dolium.
CüLOTES. Sur la colonne Trajane , tous les
foldats & officiers Romains portent des culotes
très-vifibles j & qui defeendenr aii-deffous du ge-
nou. Elles ne font point ferrées par une ligature
comme les chauffes des Barbares^ mais elles finiffenî
infenublement fans bordures ni reliefs.
Voyeg^ CaMPESTRE j CHAUSSES & SoBilGA»
CULUM.
CULTER. Voyei Charrue & Soc.
CULULLUS , Vafe à] boire d’une matière-
commune , & dont on ne fe fervoit que dans
les repas fimples faits avec des amis. Cette défi-
nition explique les vers fuivans d’Horace {Poet.
454- )
Reges dicuntur muliis urgere cuLillis.
Et torquere mero arnicas,
CUMÆ , en Italie. KTMAH2N.
Les médailles autonomes de cette vilie font «
R. en argent.
RR. en bronze.
O. en or.
Leur type ordinaire eft une coquiiîe > avec uné
écrevilTc de mer, ou un fer de iar.ee.
CUMATILIS color. Cette couleur étoit la
même que le cærzileus color , c'eft-a-dire , -C
verd-céladon des flots de la mer- Nonnius [xvt. t-)
en donne cette explication , & il ajoute que le
mot latin Cumatilis vient du mot grec x.uuta. ,
flots. Il rapporte enfuite ce vers d’ua certain
Titenius Serina :
CUIVRE. Voye^ Bronze.
Cuivre de Corinthe. Voyei^ Bronze.
Cuivre étamé , ou doublé d'argent. Voyeg^
Cuisine & Double.
CüLEOj furnom de la famille Terentia.
CULEUS. Voyeq^ CULLEUS.
CULIGNA, Vafe à mettre du vin, félon Feftus,
Coït coupe, foit amphore, &c.
CULIN A. Ce mot qui fignifioit ordinairement
Cuijinet défignoit auffi les lieux privés. CuLiNA,
latrina y dit la glofe d’Ifidore.
CüLÎN.^E. C’étoient des terreins dans les faux-
bourgs de Rome, dsâiacs à la fépulture des pau-
Eî quem color cumatilis deceaî.
CUMBA eft mis dans quelques glofes pou»
Zymba.
CUMERUM y vafe ou panier, dans lequel
es Camilles pertoient les inirrumens des '
:es. Les Camilles qui précédoient la mariée aan
es pompes nuptiales, portoient fes bijoux et le
■hofts confacrées à fon ufage particulier dans
lanier, appelé ( félon FtÛiis ) , Cumerum .JC
[UC nous nommons aujourd hui , la cornenic
a mariée.
CUMÉS. Pour fes médailles, Foye^ CüMÆ.
CÜMES , ville d’itaüe , fituée à une
le Bàuli à trois lieues de Naples ; elle
C Ü N
h plüs haute antiquité , ayant été bâtie même
avant Capoue par des Grecs venus de TÎIe d’Eu-
bée ou Négreponc 3, fous la conduite de Phéricide,
environ icoo ans avant J. C.
La ville de Cum.es , qui étoit fi ancienne & fi
célèbre J devint prefque déferte^ quand Baies &
Pourzol eurent attiré toute Taffluence des. Ro-
mains; du moins Jnvénai nous la dépeint ainfi^
lorfqu il dit ( Sat. 5. ) à ümbritius qudi fait très-
bien de quitter Rome pour aller dans un pays
plus foüraire & moins infeélé de Cfimes que
ne l’étoit la capitale :
Laudo tamen vacuis y quod fedem figere Cumis ,
Defiinet atque unum czvem donare Sibillœ,
C’eft à Cames qu’ étoit l’entrée de la grotte de
^ Sibiile de ce nom.
Excifitm Euhoïcæ latus ingens rupis in antrum,
Quo lati ducunt tzditus centum y ofiia centum.
On y voit en effet une grotte profonde > qui
femble fe diriger du côté de Baies j & qui pouvoit
aufll communiquer à celle dont l’entrée eft fur le
bord du lac Averne : les éboulemens qui ont
fermé les paflages , empêchent d’aller au-delà
de ICO toifcs. On y trouve un petit chemin étroit
qui conduit à plufîeurs chambres, dont une pa-
rok avoir été pavée en Mofaïque , revêtue de
Suc & ornée de peintures ; on y montroit autre-
fois les bains de la Sibylle , fon tombeau , & le
fiège où elle avoir rendu fes oracles.
Une autre voûte d’environ 80 pieds de long,
Sr qui eft garnie de niches , paroît avoir été un
lieu de fépukure, comme les catacombes de Na-
ples; Il y a encore plufieurs autres chambres
fouterrainesdans les environs de Cames.
CUNAE.
CUNABULA.
CUNARIUS.
eu N CT AT OR , glorieux furnom de Q. Fa-
bius Maximus , qui eft très-bien rendu en Fran-
çois par le mot temporifear.
CUNEUS dans les théâtres & les amphithéâtres.
C’étoiî une portion de bancs ou lièges renfermée
sntre deux chemins. Ces chemins commençoient
aux portiques extérieurs des amphithéâtres ,
convergeoient fenfiblement à caufe de la forme
ronde , & fe rejoignoient prefque fur le bord de
l’arêne ; de fone que la portion des gradins qu’ils
îfoloient relTembloit à un coin ; de - là vint à
cette portion le nôm cuneus. Auguile, dit Sué-
tone ( C. 44 n. 5. ) , aflîgna un cuneus particu-
lier à ceux qui avoient le droit de porter la
prétexte : Prstextatis ajjtgnavit caneum faam. Par
la même raifon le mot excuneati défigna les fpeâa-
teurs , <^i n’ayant pu trouver de place fur les
Antiquités , Tome Ily
C U P X 5 J
lièges, fe tenoient debout dans les chemins. Apu-
lée a coafervé ce mot ( Fior. p. 799 ) .- Seras
adveniens arrneis fais annait , locum fejfai imper-
tîunt y extimus qaifqae excuneati queruntur.
CUNINA Dea y Décfk qui veüioit fur les
enfans pendant qu’ils étoient au berceau , & qui
rendoit de nul effet les enchantemens de leurs
etxvitüx LaBanti. de falf. relig. i. ZO.).
Gruter ( 96. 9. Tkef. infeript, ) rapporte i’inf-
cription fuivante:
CUNINAE. FELICr.
SACS..
CLAUDIA. HELPIS.
D. D.
\ YailTeau deftiné ordinairement k
Kl 17 A ^ ^
tranfporter le vin, fait de bois, de forme ronde
& plus étroit vers le haut que vers le bas. C’eft
la défeription qu’en donne Hérodien ( vitr.
4. 9.). On s’en fervoit en guife de pontons
pour fabriquer un pont militaire ( Lacan, ir,
4Z0. )
Namque ratent vacua. fu^entant undique cape î
Qaarum porreBis ferles conflriUa catenis y
Ordànihas geminis obliquas excipit alnos.
Le mot rAxa défigne dans Hefychius une ef-
pèce de navire.
CUPELLA y petite coupe.
CÜPIDON. Voye^ Amour.
CuPiDON marchant & jpuant de la lyre,’
fur les médailles d’Orra.
CUPIENNIA. Famille romaine donc oa z
des médailles.
RRR. en argent.
RRR. en Bronze.
O. en or.
CUPRA. On lit dans une inlcription'rapportéa
par Gruter (10. i é. z.), Cupsa De a. Le Picenum,
àit le comte de Caylus , (Rec. zil. pag. 6j)y
étoit une partie de l’Italie , fituée entre l’Apen-
nin & la mer fapérieure ou adriatique y 8c i
laquelle répond aujourd'hui la marche d’Ancône.
Poinponius Mêla & Pline font mention de Caprec
entre les villes du Ficénum , fîîuées près de la
mer. Ptoiomée en diilingue deux, Cupra mari-
tîma 8c Cupra montana. Strabon nous apprend
que Cypra ou Cupra , étoit le nom que les
Etrufques donnoient à Junon ; Une infeription
trouvée dans un lieu fitué près de l’embouchure^
■du fleuve Tefin , porte qu’Adrien rcta’Dht le
«mple de cette Déeffe : TEMPLÜM_ DEÆ
CÜPRÆ RESTlTüIT. {_Lib. nn ) Silius Itaa
T^oyei Berceau.
T
23S C U R
licus fait aüufion au culte établi dans ce lieUj
€B difant : Et quels Utorts, fumant altaria CuprA.
CURA. Déeffe de l’inquiétude ; Hygin dit que
Cura ayant vu de l’argille , imagina d’en former
J’hommej enfuite elle pria Jupiter d’animer fon
ouvrage J & l’obtint : cela fart , il fut queftion
de lui donner un nom : la Terre prétendit que
c’étoit à elle j comme ayant fourni la matière du
corps 5 Jupiter le lui difputaj avec raifon, comme
l’auteur de ce qu’il y a de plus noble dans l’hommej
Cura eut la même prétention ^ parce que l’homme
étoit fon ouvrage j mais Saturne jugea le diffé-
rend en faveur de la Terre j Sc il régla que Cura
feroit maîtrelïè de l’homme tant qu’il vivroit.
Cura défignoit fous les empereurs un dépar-
temient préfidé par un Curator. Dans la notice
de l’empire & dans le code , les poftillons les
chevaux & les voitures des polies font exprimées
quelquefois par le feul mot curA.
CURATOR , celui qui cil chargé d’un dépar-
tement ^ ou d’une infpeétion. Voici quelques-uns
des principaux .•
Curator alvsi Tlberis ; Atigufte ( Suet. C. 37.
n. I.) créa cet office pour empêcher l’encomi-
farement du Tibre. 11 el: appelé dans une an-
cienne infcr.'ption : Curator al-vei & riparum
Tlberis & Cloacarum.
Curator annouA , infpeéleur des vivres.
Curator aquarum , infpeéleur des aqueducs &
de l’emploi de leurs eaux.
Curator cornhulorum trihuni ( Muratori 1064.
3. ) , Infpeéleur des greffiers du tribun.
Curator frumenti i comm.is aux diltributions de
bleds.
Curator kalendarii , banquiers chargés de faire
valoir & de prêter à intérêt les revenus des villes.
Curatores locorum publicorum judlcandorum ,
juges des contellations qui s’élevoienr fur la
propriété des terreinSj entre le fife & les citoyens.
Curator ludi muneris publlcî gla~
dlatorü , intendant des jeu.x publics.
Curator monumentl , prépoi'e à la confervation
d’un monument J d’un tombe.au , &c.
Curator aperum publicorum , infpeéleur des
bâtimens publics.
Curator ararii pornificumfmttnàzni des pontifes.
Curator regionum , commiffaire d’un quartier.
Curator reipublicA , ou logifia , prépofé aux
jevenus d’une munis-ipalité.'
Curator fiatuarum ^ infpeéleur de ce peuple
immenfe de ftatucsj & de ces nombreux trou-
peaux de chevaux fculptés quirempliflbient les pla-
ces & les rues de Rome , comme dit Calfiodore,
(.F tir. vu. 13. ) .• populus copiofjfmus fiatuarum ,
greges etiam abuadantijfimi equorum. . . .
Curatores tribuum , fyndics des tribus.
Curatores viarum extra urlem ,
infpeéteurs des rues de Rome ^cs
voies qui en fortoient.
C U R
_ Curatores vicorum , peut-être les mêmes ofS,
ciers juges que les Curatores regionum.
^ Curatores urbis , officiers créés par Alexandre
Séyèjc , & chargés de rendre la jullice avec le
préfêt de la ville.
CUREOTIS. C’étoit le troilième jour des
Apaturies , auquel les aSpn, jeunes gens qui
troient dans l’âge de puberté faifoient cou^^r
leurs cheveux dans le temple de quelque divi-
nité & les confacroient à Diane ou à Apollon
Voyez Apaturies.
CURETES. Suivant l’opinion commune ,Tifie
de Crête étoit leur patrie : leur origine étoit
auffi ancienne que leur généalogie fabuleufe
( Apoliod. l. I. §. 3. Tetqes ad Lycophr. p.
Serv. ad Virg. L iil , p. iil. '}. Quelques-uns.
prétendoient que les Daélyles étoient les ancê-
tres des Cur'etes , & ,que la Fhrygie avoit été leur
premier berceau. Ephore ajoutoit que Minos
les emmena avec lui dans cette iOe , ( Dioi. l.
V. 64. ) qui porta même leur nom (
/. IV. c. XX. ). Le préfidenr des BroiTes, pour
trancher toute difficulté j dit <ïue « les Cur'etes
» font les anciens prêtres de cetre partie de
» l’Europe, voinne de l’orient & de la Grèce,
» affez femblables aux Druides des Celtes, aux
» Saliens des Sab'ins , aux forciers ou jongleurs
” de Laponie, de Xigtitie, ou à ceûx des fauva-
» ges de l’-^mérique, de la Sibérie, du Kamt-
« chatka. C’ell affez vainement , continue-t-il ,
» qu’on a beaucoup difputé fur leur vérirab.le
» patrie , puifqu’on trouve de ces fortes de
» prêtres par-tout où la croyance groffière des
» religions fauvages fait le fonds des préjugés
» populaires. Mais le plus célèbre collège de
» ces jongleurs étoit en Crête. »
Il paroit certain qu’ils défrichèrent les pre-
miers cette ifle ( Curetés funt primi cultures Creta^.
Serv. ad Uirg. n. l. il. v. 132. ), & travaîlle-
renr à civilifer fes habirans. Ils leur apprirent
à raffembler en troupeaux les brebis & les chè-
vres éparfes dans les campagnes , à élever àes
abeilles, à forger ou à fondre les métaux ( DJod.
L V. V. éy. ). On leur attribuoit même des
connoîffances en aflronomie ( Tkeon. ad Atar.
l. T. V. 3 y. ). En difant qu’ils éroient fils de là
reine Méliifa , qui apprit aux Crétois de nouveau
rires & les pompes facrées ( Laclant. div- inft-
L I. c. XJ. ) , on a voulu délîgner feulemei^
que l’introduélion kur en étoit due. . , ,
Gégenes , o-u enfans de la terre ( Droa.
V, §. dy. ) , & miniftres de Rhée, (Strab. -
p. J2y. ) , font des titres fuffifans pour prouve
qu’ils adoroient très-anciennement cette Drvmit^j
à laquelle ils alfocièrent Ouranos , ou
regardé dans leur théogonie , comme la te>' ‘ "
Se le père de tous les Dieux ( Diod- '
66. ). Leur doélrine étoit donc otigmairem
ceafarme à celles de toutes ks bordes p
C ü R
qyes. îls révoltèrent contre eux celles de Crête ,
quand ils voulurent innover dans les chofes de
religion. Ces partifans de l’ancien culte étoient
les Titans, c’eit-à-dire , des Crérois , qui avoient
encore les moeurs fauvages. A Gnolfe , dans un
bois facié de Cyprès , ils avoient élevé un autel
au ciel & à la terre, auxquels ils rapportoient
leur naiiTance Id. Ibid.). Leurs prêtres, ou
leurs jongleurs ayant voulu ajouter une troi-
lîème Divinité a celle-ci, ces fauvages fe livrè-
rent aaix fureurs du fanatifme , c’eft pourquoi on
fuppofa qu’ils avoient mis en pièces le nouveau
Dieu. Cet événement étoit repréfenté dans les
myltères Gnoûiens , dont les fymboles étoient
les dès, la balle, la roue, la paume, le fabot,
le miroir & la toifon ( CLe.mtr.t. Alex Prot. p.
IJ } ,• ce qui dans le fens mydique fignifioit
que les Curètes avoient les premiers introduit
Je culte de Jupiter. Pour alEmüer davantage ces
cérémonies à celle de Sais, ou.d’Eleufis, on
y lie jouer dans la faite le rôle d’Korus , ou
Jacchus , à un ’perfonnage nommé Jafion , un
des anciens Curetes (^Serv. ad V^irg. Æn. l. ni. v.
3. uhi legend. Jajlonis pro Jafbn.is.) , & membre
de la triade Curétzque , fuivant le langage des I
EcJeéliquîS ( Procl. in Platon. Polit, ex x.i^. ) j de
même que les Daétvdes , les Carites finirent par
prêter leur nom aux Divinités des myllères de
leur pays. Ces myltères avoient beaucoup de
relFemblance avec ceux de Samdthrace & du Mont-
Ida (Strab. l. X. p. 321-22. J. Peut-être n’y garda-
t-on pas le même fecret. Diodore de Sicile fait
mention de leur publicité à Gnoffe {Üiod. L v. §.
77. ) ; mais on ne doit pas entièrement ajouter
foi au récit de cet hiftorien qui tâche d’accré-
diter, au dépens de la vérité , fon fyltême favori,
l’Evhémérifrne. Cette alTertion hardie a pris fa
fource dans des indiferétions multipliées, qui,
jointes aux contes 8c aux rêveries des Poètes , don-
nèrent heu aux fables allégoriques fur Jafion, dont
la connoiffance n’elt point étrangère à mon fujet.
Homère & Héfiode difent que Cérès eut com-
merce avec Jafion, dans une novale qui avoir
reçu trois labours, 8c que Plutus naquit de cette
union paflagère. Jupiter, félon le premier de ces
poètes, eu étant informé, frappa Jafion de la
foudre iHomer. Odyjf. L y. v. 129-8. ). Apolio-
dore prétend que ce héros mérita cette punition ,
pour avoir voulu violer la DéefTe ( Bibl. l. ni. c.
XI. ). D’autres ajoutent qu’il étoit fils de Jupiter,
dont il s’attira la colère par fon extravagance ,
qui le porta à faire fes efforts pour jouir d’un
fantôme qui avoit la figure de Çérès ( Canon,
narrai, c. xi.J, OU plutôt de la featue de cette
DéefTe ( Scymn. Chi. defer. orb. v. 684 ). Suivant
quelques auteurs , Cérès le tranfporta dans le
ciel avec Triptolème , 8c l’un 8c l’autre furent
mis au rang des conftellations , fous le nom de
gémaux Ç Ap. Hygin. afiron. poet. c. xxzi. ).
Kojis apprenons d’Héfiode que ce fut en Crête
C U R
1 8c dans un canton fertile que Jafion eut les faveurs
de la Déeffe de la terre ( Tkeog. v. ).
Diodore de Sicile , toujours imbu des principes
d’Evhémère , cherche Texplicatisn de cette fable
dans l'hiffoire , 8c avance qu’aux noces de Cad-
mus 8c d’Harmonie , Cérès fit préfent du bied
à Jafion ( /, V. §. 49. )..Qn difoit encore qu’oa
retrouva chez lui la femence de ce grain, a-près
un déluge qui en avoit étouffé le germe dans
toute l’ifle de Crête ( Sckol. Homer. ad Odyjf. L
V. V. i2y-2o. ). On fent aifément Taliégorie ;
8c l’aventure de ce héros n’en préfente que de
relatives aux travaux de Tagricuiture ( Phurti.
c. XXVIII. Heracl. alltgor. Homer. p. 493. in
opufe. Myth. ). Ils produifent néceflairement la
véritable richeffe , repréfentée par Plutus, à qui
Péleiiides de Gnoffe donnoit pour frère Phiio-
mète. Ce dernier n’eut qu’une légère portion de
l’héritage de fon père. Réduit au plus étroit
nécefl'aire , Sc ne s’accordant point’ avec fon
aîné , il acheta des boeufs 8c inventa la charrue.
Cultivant avec leurs fecours la terre, il en tira
fa fubfifiance, 8c mérita ainfi la proteciion de
Cérès , qui , enchantée de fa découverte 8c de
fes efforts , le plaça , fous le nom de Bouvier ,
parmi les conftellations ( Hyg. poet. afiron. c.
IV. ) Ce récit eft parement allégorique, 8c de-
voit être compris fans peine par les Cretois
i.nitiés aux myftères des Curetes.
C’eft néanmoins aux derniers temps du paga--
nifme, que l’invention de quelques-unes de ces'
Cibles femble appartenir. Elle ne peut précéder
l’époque de Tapothéofe des Curetes. CefTant alors
d’être Parèdres , ou affiftans de Rhée ( Hers.
incert, poet&, ap. Stob. Eclog. Phys. p. y. } , noa-
feulement iis furent regardés comme des Divi-
nités fubalternes ( . ■ • Quia Curetes latins
familiares appellantur , laclaitt.fiv'i Luttât . ad Stat,
Thebaid. L iv. v. ySy. ), auxquelles on éleva des
temples ( Paufan. lÆeJJ'en. c. xxxr. ) , mais encore
les Cretois les mirent aux rang des principaux
Dieux, au nom defquels ils juroient i’obferva-
tion des traités qu’ils faifoient entr’eux ( Ju-
ram. Hierapytn. ap. Chifiiul. antiq. Afiat. p. .1
Il paroît par un paffage de Paufaruas , que fi on
ne confondit point les Curetes avec les Diofeo-
rides , du moins on finit par avoir de la peine
à les diftinguer ( Pkot. Cod. xxxvm. ). ( Cet
article efi extrait des Recherches fur les Myficres
de Mi. le baron de Sainte- Croix.
CuRÉTES.Le nombre des Curetes qui frappent de
leurs épées fur leurs boucliers pour étouffer les cris
de Jupiter enfant, varie fur les monamens. On
n’en voit que deux fur un autel carré du Capi-
tole; on en voit trois le plus fouvent, 8c on les
confond avec les Corybantes, avec les Daclyles-
du Mont-Ida & avec les Gabires memes. An
refte ils font ordinairement nuds , avec la chla-
myde , le cafque , le bouclier long 8c l’épée.
CUS-ETICO-N, PoIIux met cet air au nombre
K k ij
200 C U R
de ceux qu'il appelle en génèral fpondées , ou fpon- 1
daïques ( Onom. lih. iv. cap. 10. ) C'étoit un
air de flûte , & à en juger par fon nom , il
devoir fervir aux Curètes , ou prêtres de Cybèle :
il devoir auffi être compofé de notes longues &
égales , puifqu'on le met au nombre des Spondaï-
ques.
CURIA. Voyei Curie.
CURIALES , ou Décurions. C’étoient les
magiftrats -des villes de province , qui , préfidés
par les Duumvirs , en formoient la municipalité.
( C. Ifidor. jx. 4. J Curiales iidem & Decuriones.
Ec dicli Curiales , quia civilia munera procurant &
exfequentur.
CcTRTAzss déngnoit les membres de la même
Curie.
Curiales défignoit auflS les bas-ofEciers j ou
les ferviteurs de chaque Curie.
eu RI AT A Comitia. Voyc^ CoMiCES.
CURIATIA. Famille Romaine dont on a des
médailles.
RR. en argent.
R. en Bronze.
O. en or.
Le furnom de'cette famille eft Tricimixus.
an-
^umA .} portion d’une tribu chez les
ciens Romains.
Romulus divifa le peuple Romain en trois tri-
bus, qui formèrent trente curies, parce que chaque
tribu fut compofée de di.x curies , c’eft-à-dire de
mille hommes. Les cérém.onies des fêtes fe fai-
feient dans un lieu facré , deftiné à chaque curie ,
dont le Prêtre ou le Sacrificateur s’appela Curion,
à facris curandis , parce qu’il avoir foin des facri-
fices. Le peuple s’alfembloit par curies dans la
partie du Forum appelée Comitium , pour y dé-
cider toutes les affaires de la République. Il ne
fe prenoit aucune réfolution , foit pour la pafx,
foit pour la guerre que dans ces affemblées. C’eft-là
qu’on créoitles Rois, qu’on élifoit les Magillrats
&]es Prêtres, qu’on établi.Toit des loix, & qu’on
adminifiroit la jtiftice. Le Roi , de concert avec le
Sénat , convoquoit ces affemblées , & décidoit
par un fénatus-confulte du jour qu’on devoir les
tenir , & des matières qu’on y devoir traiter. Il
falloir un fécond fénatus-confulte pour confirmer
ce .qui y avoir été arrêté. Le Prince ou le premier
Magiftrat prélîdoit à ces affemblées , qui étoient
toujours précédées par des aufpices 8c par des
facrifices , dont les Praticiens étoient les feuls
sninillres.
Les curies fubfîllèrent avec toutes leurs préro-
gatives jufqu’à Servius Tullius, qui, ayant trouvé
par fon dénombrement la République accrue d’un
très- grand nombre de citoyens capables de porter
les armes , les partagea en fix claffes générales ,
C U R
85 compofa chaque claffe d’un nombre plus on
moins grand de centuries. 11 établit en mêmt
temps , 8c du confentement de la nation , qu'on
recueilleroit à l’avenir les fuffrages par centuries
au-lieii qu’ils fe comptoient auparavant par têtes’
Depuis lors les affemblées par curie ne fe firent
guère que pour élire les P lamines , c’eft-à-dire
les Prêtres de Jupiter, de Mars, de Romulus-
comme auffi pour l’éleclion du grand Curion &
de quelque Magiftrat fubalterne. De cette manière
les affaires importantes de la République ne fe
décidèrent plus d’ordinaire que par centuries,
Voyei Comices.
Cependant le peuple chercha toujours à former
par curies les affemblées qu’on avoit coutume de
former par centuries , 8c à former aufli par tri-
bus ( ce qui leur donnoit encore plus d’avantage),
les affemblées qui fe faifoient par curies. Ainfi j
quand on établit, en faveur des Plébéiens, les
nouvelles Magiftratures de Tribuns 8c d’édiles,
le peuple voulut s’affembler par curie pour les
nommer j 8c quand fa puiffance fut encore mieux
affermie , il obtint de ne les nommer que dans une
affemblée par tribus ( Ckev. de Jaucoun. ).
Curie , édifice.
Le nom de curie fut donné à l’endroit parti-
culier où le Sénat avoit coutume de s’affembler.
Il falloir toujours que ce lieu fût ifolé , 8c qu’il
eût été folemnelle.ment confacré par les rites Sc
les cérémonies des Augures. L’hiftoire fait men-
tion de trois curies célèbres , ou lieux d’ affem-
blées du Sénat : la curie Calabre , bâtie , fuivant
l’opinion commune , par Rom.ulus ; la curie Hof-
tiîienne , par Tullius Hoftilius, 8c la curie Pom-
péienne , par Pompée le Grand.
C’étoit fur le mont Capitolin , près du Temple
de Jupiter , qu’étoit bâtie la curie ^ Calabre ,
ainfi nommée , parce que le Pontife , apres y
avoir ob.^ervé la nouvelle lune de chaque mois ,
affembloit le peuple , 8c lui annonçoit, Calubat,
les jours des calendes Sc des nones, La Curie Ca-
labre étoit un temple dédié à Junon-Lune.
La Curie Hoftilienne , où les Sénateurs sA-
fembloient le plus communément, étoit placée,
fuivant Nardini , près du lieu où eft aujourd iam
le grenier public de Rome } mais cette conjean.e
n’eft pas goûtée de ceux qui la placent fur e
mont Coelius. On monroit à la Curie Holtihenne
par plufieurs degrés. Sylla Tembelüt & la repara.
Elle périr par les flammes , lorfque le corps oe
Publias Cîodius , Tribun du Peuple , cet
implacable de Cicéron, y fut expofé 8c
après avoir été tué par Milon. Cet incendie
fi violent , que plufieurs ftatues de
trouvèrent liquéfiées (Dio. xt. p- 143-
ayant depuis bâti dans ce même lieu une nom
Curie , elle fut appelée Curie Julienne , 8c aci e
après fa mort par Augufte.
La Curie Pompéienne fut bâtie par
près du lieu où l’on voit aujourd h.in 1 ’
C U R
s. André délia Vallé , & à côté du magnifique
théâtre qiéil avoir fait conftruire à Rome , î’aa
699 de fa fondation. Î1 vouloir que , pour la com-
modité du peuple & pour celle du Sénat , on pût,
en attendant les fpeéfacles , s’affembler dans ce
heu. Ceft celui où Céfar fut tué } & pour lors
le peule réduifit en cendres la Cune Pompéienne.
La Curie de Marcellus fut confacrée à ce jeune
Prince par Oélavie , dans les portiques de fon
nom J placés dans la 9= région.
La Curie d’Octavie étoit placée hors da la
porte Carmentaie , au commencement ae la 9e ré-
gion ( Pliu. XXXV J. 5.).
Cicéron (ac Divin, i. 17.) parle dune Curie
des Saüens , bâtie far le mont Palatin. _
L’ancienne Curie , Curia vêtus , étoit prob.i-
blement la Curie d’Hoftilias , une des plus an-
ciennes de Rome.
Les nouvelles Curies étoient placées dans la
ville J près de la porte Capène. Ftftus en fait
mention ( Nardini Rom. vet. il. I. ).
Les vieilles Curies étoient placées dans le quar-
tier des Carias. où eR aujourd’hui S. Pierre-aux-
Liens. ( Tadt. Annal. XI J. 24. 3. )
CURIEUX. Voyei Cüriosi.
CÜRIO J furnom de la famille Scribonia.
CURION , )
CURIONIÂ , > Curion, Chef & Prêtre
CURIONIUM , 3
d’une Curie , Curio. Romulus divifa le peuple
Romain en trois Tribus & en trente Caries , dont
chacune étoit de cent hommes. Il donna à chaque
Curie un Chef, qui étoit le Prêtre de Cette
Curie , & qu’on appela Curion , Curio & Fla-
men Curialis. Il faifoit les facrifices de la Curie ,
qui s’appeloient Curionies, Curionia. Sa Curie
lui donnoit quelques fommes d’argent pour rem-
plir ce devoir. Cette penfion ou ces appointemens
s’appeloient Carionium.
Chaque Tribu choififfoit fon Curion ; & tous
ces Curions particuliers avoient un fupérieur &
un Chef, un Curion général, qui étoit à la tête
du corps des Curions , & qui gouvernoit les au-
tres : on l’appeloir grand Curion , Curio maximus.
Celui-ci étoit élu par toutes les Curies affemblées
dans les Comices- Godwin i^Antiq. Rom.
l. il. feci. 2. c. y. ) feul affure qu’il y avoir deux
Curions dans chaque Curie.
On appeloit auiTi Curions certains crieurs pu-
blics , qui dans les jeux & les fpeélacles lifoient
les requêtes des Comédiens adreffées au peuple ,
& les édits des Princes (Plin. epift. iv. 7.). Scrip-
fit publiée , ut e Curionibus eligeretur vocalijjlmus
aliquis ex ipfis , qui legeret eum populo,
CURIOSI , Officiers de l’Empire Romain fous
les Empereurs du moyen âge. Les Curiofi étoient
des gens commis pour empêcher les fraudes & naal-
verfations , fur-toa: en ce qui regardoit les pôftes
C ü R
îô î
Se les v-oitures publiques , & pour donner avis à
la Cour de tout ce qui fe p-iîToit dans les pro-
vinces , ce qui les rendoit redoutables , & leur
donnoit moyen de faire beaucoup plus de mal
qu’ils n’en empêchoient ; c’eit pourquoi Hono-
nus les cafTa fur les côtes de Daimatie , l’an 414
de J. C. On les appeloit Curiofi , du mot Cura ,
foin 3 quod caris agendis & eveSîionibus cursus
puhlici infpiciendis operam durent. Ce nom revient
à peu-près à ce que nous appellerions Contrôleurs
des Poftes. Ils étoient encore chargés de donner
avis aux Juges des crimes qui fe commettoient ,
à ce qu’il paroît par le code ( L. i. de Curiofs, ).
Tertuliien eft le premier qui en ait parlé ( L. de
Fugâ in perfec. ).
CURIS. Les Sablns honoroient Junon fous ce
nom 3 & la repréferxtoient une lance à la main ,
parce que , dans leur langue , Curis déûgnoiî
une lance. Feîtus nous a coefervé cette éty'-mo-,
logie.
2ymi’ } FbycpBiÈRE. Diofcoride(//5.2.
c. 1 10. ) dit que le curmi , ou la bière , eft nui-
fible aux nerfs , qu’elle caufe des maux de tête ,
& qa’eile engendre de mauvaifes humeurs.
CÜRRODREPANUS. Apixccyi;, en grec, défîgne
une faulx 3 & curroirepanus , en litin , un char-
armé-de-fau!x. Un ancien Ecrivain Latin ( de
Rebus bellicis ) dit que les Romains firent fabri-
quer ces chars pour combattre les Parthes : hu~
jufmodi pugnacis vehiculi genus reperit Partkics
pugns necejftas. La différence qu’il y avoir entre
les carrodrepani & les chars-arm.és-de-fau!x des
anciens peuples de l’Afie , confilloit dans la mo-
bilité des lames tranchantes , que l’on piioit oa
dreffoit à volonté. Ce mécanifme s’exécutoir au
moyen de cordes dirigées par deux Cavaliers ,
qui 3 montés fur les chevaux, conduifoienr ie
char.vuide au travers des rangs ennemis ( Scheffèr
de re vekicul. il. IJ.)
CüRSOLAIRES. Fbyep Echinades.
CURSOR. Voye^i Coureur.
CUR.SORIA J navire léger, tel que les floops
& les corvettes modernes (^Sidon. epifi. 1. j. ).
eVRTIA, famille Romaine dont on a des mé-
dailles.
RRR. en argent.
RR. en bronze.
O. en or.
CURTIüS ( M. ). On voit fur ( Muf. Florent,
t- 1. tab. zxti. n. 3.) une calcédoine du Cabinet
de l’Empereur à Florence , un homme à cheval,
courant au grand galop, auprès de qui s’élève
de terre un objet mal exprimé , qui ferpente , &
qu’on a pris pour un véritable ferpent. Malgré
la préfence du reptile, Gori 3 expliqué cette
eus
pierre , en difant que c’eft M. Curtius qui fe dé-
voue pour fa patrie j mais dans ce cas , le fer-
pent n'y fauroit convenir , a moins qu’on ne dife
que c’eit l’exhalaifon du gouffre , & alors l’expli-
cation fera vraifemblable.
CURULE. Voyci Chaise.
Chaife curule. C’étoit un fiége d’ivoire , fur
lequel certains Magillrats de Rome avoient droit
de s’affeoir. Les Sénateurs qui avoient exercé les
premières Magiil:ratures-c«™/rj,fe faifoient porter
au Sénat fur les chaifes-earrr/cj. Ceux qui triom-
phpient étoient aflis fur une chaife pofée fur un
char de triomphe , d’où ell venu le mot curule.
La chM^e-curule ( fur les médailles ) marque
la MagillraturCj foit des Ediles, foit du Préteur,
foit du Conful ; car tous ces Magillrats avoient le
droit de fe fervir d’une chaife -ca-a/e d’ivoire,
faite en forme de pliant. Quand elle ell traverfée
par une halle , c’ell le fym’oole de Junon , & elle
i'ert à marquer la confécration des Princelfes.
CLRZCLA. Eoyfj CoRCYR^ nigra.
CUSLANUS. Muratori ( 98. 2. Tkef. Infer.)
rapporte l’infcnption fuivante , gravée à l’honneur
d'un Dieu paiticuüer des habitans de Verone.
CUSLANO SAC
L. OCTAVIUS
C. F. CASSIUS
L. C. OCTAVI L. F,
MARTIALIS ET
MA CF. R.
CUSTODES. On donnoit ce nom à certains
Officiers Roma’ns , qui veüloient , dans les co-
mices, à ce que l’on ne fit aucune fupercherie
en donnant les bulletins pour l’élection des Ma-
giltra ts.
CUSTGDIARII. Grcter (F^’^-48. n.i.) rap-
porte une infeription dans laquelle il ell fait
mention du corpus Cufioaiariorum. On ne con-
noit point ces Officiers, à moins qu’ils ne fulîent
les memes que les Appariteurs.
CIJSTOS Off.ciorum. On lit ces mors dans une
épitaphe rapportée par Spon {Elfe. Erudit. Ant.
feci. 17. ) & cet Antiquaire croit qu’ils défignent
un Ojfcialis OU Appariteur.
CusTos. Voye:^ JuPITER.
CYANE , Nymphe de Syracùfe, ayant voulu
faire des reproches à Pluton qui enlevoit Profer-
pine , &■ même s’étant nsife en devoir d’arrêter
fon char , Pluton , d’un coup de fon feeptre ,
s’ouvrit U n chemin dans les enfers Cyane , dé-
folée , fondit en pleurs, & fat changée en fon-
taine de fen nom. Les Syraeufains avoient cou-
tume de faire tous les ans des facrifices près de
cette fontai.ne , 8c d’y apporter des offrandes.
C Y A
C^ .-tNEL, fille du lieuve Méandre
de Miiet, & mère de Eyblis gc de Caunul
Milet.
femme
Doye:y
CYAN'hES , écueils à l'entrée du Pont-Euxin
Ces deux amas de rochers , dont une partie eli
du côté de l’Afie, 8c l’autre du côté de l’Europe'
ne iaiflent entr'eux qu’un efpace de vingt llades!
Les flots de la mer , qui viennent s’y b n fer avec
bruit, font élever une vapeur qui obfcurcit l’air
& rend ce paflage alfez difficile : à mefure qu’on
s’approche ou qu'on s’éloigne d’un objet fetn.
blable , les points extrêmes qui le terminent
femblenx fe rapprocher ou fe reculer. On croyoir*
d’après cette illuiion optique , quand on voyoit
de loin les Cyanées , qu’elles étoient mobiles,
& qu’elles alloient engloutir les vaifîcaux qui
vouloient traverfer le Bofphore. Les Argonautes,
effrayés à la vue de ce détroit , lâchèrent une
colombe qui le traverfa affez heureufenaent , en
y perdant cependant fa queue. Ils tentèrent enfuite
eux-mênrtes le paffige , après avoir fait des facrir
fices à Junon , qui leur donna un temps ferein,
& à Neptune , qui fixa ces rochers , & les em-
pêcha de heurter le navire Argo ( Apol. Argoiu
l- tl. ) On croit que cette colombe étoit u»
navire léger , que les Argonautes envoyèrent
découvrir le paffage , & dont le gouvernail fe
brifa contre les écueils. Voye-^ Symplegades.
CYANUS. Voyei Cobalt.
CYATHE , Cyatkus , en grec , xL-Aî; , dérivé
de rJjiii , verfer : c’étoit un très-petit gobelet,
avec lequel on mefurcit le vin ou l’eau que l’on
verfoit dans les taflfes ; & cette mefure étoit La
douzième partie du fetier j ainfi le fetier {fex-
tarius ) étoit une mefure compofée de douze
cyatkes. Augulle buvoit à la fois deux cyathes
de vin , & fa plus grande mefure pour tout un
repas , étoit un fetier. On ne dit pas combien
il y metto't d’eau.
Le cyathe étoit , par rapport au fetier , cç
que l’once étoit par rapport a l'as ou à la livrî ;
c’efl pourquoi on donnoit aux parties du fetier
les mêmes noms qu'aux parties de l’as. La dou-
zième partie da fetier étoit donc un cyatkus oa
ur.cia , & ainfi de fuite.
Le cyathe étoit fait pour verfer le vin & 1
dans les taiTes. L’ufage de ce petit gobelet avoit
fon incommodité. Celui qui verfoit à boire etoit
obligé , pour remplir une feule taffe , voculum ,
de puifer à piufieurs reprifes , Sc j.ifqu’à
ou dix fois dans le crater , qui étoit un gtind
vaiffeau plein de vin Le buveur s’impatientoit ;
le vin même , verfé de ce grand vaifleau dans
cyathe , reverfé du cyathe dans la taife , pouvoir
s’éventer. Pour remédier à tous ces incon-
véniens , on inventa l’ufage des taffes inégales*
On en fit faire de petites , de moyennes & ne
grandes. Les petites étoient le fextans , qui tenok-
C Y A
deux cyatkes ; le quadrans , trois cyathes ; le
îriens , quatre cyathes ; les moyennes étoient le
quincunx , qui tenoit cinq cyathes 5 le Semis OU
I hémine , fix cyathes ; le feptunx , fept cyathes j
Je ées J huit cyathes : les grandes étoient le io-
drans , qui coîltenoit neuf cyathes j le dextans ,
dix cyathes j le deunx ^ onze cyathes.
Les Grecs J ainfi que les Romains , ont fait
ufage & du cyatke Sc des taffes inégales. Athé-
née introduit un homme qui fe fait verfer dix
cyathes de vin dans une feule taffe ; 8e voici
comment il le fait parler : «Echanfon, apporte
" une grande taffe 5 verfes-y les cyathes qui'fe
ce boivent à ce que l’on aime j quatre pour les
» perfonnes qui font ici à table , trois pour
» l'amour ; ajoute encore un cyatke pour la vic-
« toire du Roi Antigonus. Holà ! encore un pour
== le jeune Démécrius. Verfe préfentement le
dixième en Thonneur de Taimabie Vénus »-
Voilà dix cyathes verfés dans une feule taffe pour
être bus en un feulcoup.
Chez les Romains ^ du temps de Martial , lorf-
qu’on vouloir boire à un ami ou à fa maitreffe ,
on demandoit autant de cyathes qffii y avoir de
lettres au nom de la perforine à qui l’on alloic
boire. Voilà pourquoi Horace a dit;
Qui mufas amat impares ,
Ternos ter cyathos attonitus peteî
Va tes J &c.
cc Un Poète qui fait fa cour aux MufêSj ne fe
» fera point prier , dans fon enthoufîafme j pour
« boire en un feu! coup un verre de neuf cyathes ».
II ne dit pas boire neuf fois mais boire neuf
cyathes en une feule fois.
On ne fe fervoit pas feulement chez les
Grecs & les Romains de cyathes pour mefurer
l’eau & le vin à table ^ mais en général pour
jnefurer toutes les fubilances liquides j &
même les sèches. La Alédecine en fajfoit un
grand ufage j auffi les anciens Médecins en par-
lent très-fouvent. Galien, qui a écrit fur les
rnefures des liquides, en marquant leur propor-
tion entr’elles par la quantité d’huile ou de vin
que chacune contenoic , dit ( de Ponderib. &
Menf. c. 4. ) que le cyatke tenoit douze dragmes
d’huile , treize dragmes & un fcrnpule de vin ,
d’eau , de vinaigre , & dix-huit dragmes de miel.
Kos Médecins font aujourd’hui le cyatke d’une
once & demie. ( Article du Chevalier de J^u-
couRT. y.
Le Comte de Caylus a pùbîié ( Ree. vti. pl.
44. n. yé. ) un cyatke de bronze , & i! en accom-
pagne le deffin des réflexions fuivantes. “ H eft
d’un travail trop recherché pour n’avoir pas ap-
partenu à quelque particulier de bon. goût 5 il
eft fait avec tant de fimplicité & d’agrément , .
que je le préfeate foas deux afpeéls, pour faire |
I fentir au n® Vi- la liaifon de fon manche. On fait
i comment Horace parle du cyathus. De la Barre a
fait une defeription ( vol. vm. page 375; £? fuiv.')
trop exacle de cçtre efpèce de vafe dans les Mé-
moires de l’Académie des inferiptions , pour y
rien ajouter. Le manche de celui-ci pouvoir avoir
une plus grande longueur 5 j’en ai vu quelques-uns
dont la proportion de cette partie avoir plus d’un
pied J & qui , portant leur crochet à leur extré-
mité, s ’appliquoient à un cercle placé tout autour
d'une petite table ronde , & qui fervoit à la vo-
lonté des buveurs j & c’eft une confirmation q.us
m’a donnée une pièce gravée en creux , & bien
authentique ».
Cyathe , mefure grecque de capacité.
Elle valoir en mefure de France jtlh üe pinte,
félon M. Pauélon.
Cyathe, once de fetier, mefure de capacité
pour les liqueurs des anciens Romains.
Elle valoir vH-Ib de pinte de France , félon
M. Pauéion j plus de i se f once. Elle valoir , en
mefure du même peuple , 4 ligules.
Cyathe, once du fetier , mefure de capacité
pour les grains , Sec. des anciens Romains.
Elle valoir de pinte de France , félon la
Métrologie de M. Pauéion.
Elle valoir , en mefure du même peuple , 4 !i-
^ies.
CYATHISS ARE , mêler dans les coupes l’eatî
avec le vin pris dans le cyathe , c’eft-à-dire , fervir
à boire à des convives ( Plant. Mea. il. a. z8. ) :
Non feis , qui ego Jtm , qui tihî f&pijjhne
Cyatkijfo , apud nos quando potas.
CYATHO (a). Gruter ( 582. 4. ) rapporte
l’épitaphe fuivante de l’échanfon d’un Céfar ;
D. M.,
boryphoro. caesaris
A. CYATHO
VIX. AN. XX. D. XVIIII
HERRIA. VERECUNDA
MATER
FILIO. PIENTISSIMO.
FECIT. ET. SIBI.
CYBAEA y navire rend, bâtiment de trsnf-
port ( Czeer. V err. v. 17.}
CYBEBÉ , Cybebia. La Déefte Cybéhi étoit
\ la même que Cybèle , appelée KaS>î&} , KaSVS»,
KaSiQs y dérivés de Ka&iSso , tourner , remuer
violemment la tête , parce que les Galles, Prêtres-
de cette Déeffe , la remuoient Sc la tournoienc
ainfi dans leur enihoufiafme & dans leurs ecré-
sttooies.
C T B
CY3ÈLE, fiüc du Ciel Sc de h Terre, femme
de Sarurne , fut appelée la mère des Dieux ,
comme étant mère de Jupiter , Junon , Meptune ,
Pluton , & de la plupart des Dieux du premier
ordre. On lui donne plulieurs autres noms , tels
que Ofs , Rkéa , Tellus ou la Terre. ( V oyej
tous ces noms ). L'amour qu’elle eut pour Atys
fait la plus confidérable partie de fon hilioire &
de celle de fon culte. ( K oye:^ Atys. ) Elle eut
auffi des liai Tons galantes avec Jafion , qui Ig ren-
dit mère deCorybas. ( Jasion. ) Le culte
de Cybèle devint célèbre , fur-tout dans la Phry-
gie, où fes fêtes étoieiit folemnifées avec un grand
tumulte. ( Foye^ Archigalle , Corybantes,
Galles ).
On lui attribuoit l'invention du tambour, de
la fiûte & de la cymbale. Le pin lui étol: coafa-
eré, parce que le jeune A.tys qu’elle aimoit, fut
métamorphofé en cet arbre , ou qu’il fe punit
Ini-méme fous cet arbre de fon infidélité à l’égard
de cette Déefle. C’eft pour cela que dans les fa-
crifices qu’on lui faifoit tous les ans, dont Pru-
dence, ( dans l’hymne de S. Romain, v, 196. )
& Fînntcus ( de errore Prof, Relig. ) font men-
tion , on coupoit un pin, & on Üoit au milieu la
figure d’un jeune homme. Vers l’an yyo de Rome,
fur un mot que l’on trouva dans les Sybilles , en
V cherchant autre chofe , & fur une réponl'e de
i’Oracle de Delphe , les Romains demandèrent au
Roi Attalus la mère Idéenne. Ce Prince leur fit
donner une pierre , oue l'on confervoit à Peùi-
nunte, en Fhrygie, & que les habitans difoient
être la mère des Dieux j on l’apporta à Rome
avec beaucoup de cérémonie, Sc on la plaça dans
le temple de la Vidoire , qui étoit fur le mont
Palatin. Tite - Live a raconté cet événement
(i. sxix. c. îo. II. 14.). Silius Italicus l’a décrit
en vers ( dans fon xvii= livre ) , Strabon ( l. x. )
& Suétone < dans Tibère, c. 2. ) en parlent airfL.
Tous les ans les Préteurs lui faifoient un facrifice
d'une t uie. Un Prêtre Sc une PrêtrelTe Phry-
gienne en étoient- les miniftres. Habillés d’une
robe de différente couleur, à la manière de leur
pays , ils portoient la ffatue de la Déeffe en pto-
cefiîcn dans les rues de Rome , frappant leur poi-
trine , jouant du tambour de bafque, Sc dem.an-
dant l’aumône à tous ceux qu’ils rencontroient.
Les Prêtres de Cybele s’appeloient Galles , Galli ,
leur chef Archigalle, Archigallus. On lui confa-
croit le cœur des animaux , pour montrer quelle
étoit la caufe de leur génération , dit Phumutus ,
ou parce que c'eff le principe de la vie, ou ,
comme dit \ offius , pour marquer qu’on fe dé-
voiioit à elle de tout fon cœur-
Servius a cru que Cybele avoir été appelée ainfî
«Tj-i k.vZsPki rüv , dc ce qite fe<: Prêtres tour-
noient & ag'toient violemment la tête dans fes
lacrifices i mais Straoon , dont V oiiius préféré en
cela 1 autorité à celle de Servius , dit que ce nom
fut pris de la montagne Cyéeluf en Pffrygic.
' C Y B
Etienne d.e Byzance Feftus , Suidas, & l’É^y.
moiogiite , font du même fentiment. ^
On reprélentoit cette Dédie fous la figure d’aae
femme robulle Sc puiffante, prete d’accoucher
pour marquer la fécondité de la terre. La cou-
ronne de chêne quelle portoit quelquefois faifoit
fquvenirque les hommes s’étoient autrefois nour-
ris du fruit de cet arbre : fes temples étoient
ronds, pour marquer la rondeur de la terre. Les
tours dont elle étoit couronnée ordinairement
faifoient allufion aux villes qui font fur la terre :
auprès de fon char étoient des lions couchés &
tranquilles , parce que c’ell la terre qui les nourrit.
Si elle étoit aifife, c’étoit pour dire que la terre
eff en repos.
Diodore dit que Cybele étoit fille d’un Roi de
Phrygie , qu’elle apprit aux hommes à fortifier
leurs villes par des tours 5 Sc que pour cela on la
couronne de tours: qu'étant devenue amoureux
d'un jeune homme nommé Atys , le Roi le ^.t
mourir pour l’honneur de fa fille. Cybele , tranf-
portée d’amoui pour Atys , fortit furieufe de la
maifon de fon père , Sc courut par toute la Phry-
gie comme une infenfée , en pleurant Sc en bat-
tant du tambour. Après fa mort, ajoute Diodore,
les Phrygiens ayant été affliges de rtérilité Sc dc
peife, l’Oracle leur ordonna d’honorec CybÙe
comme une Déeffe ; ils initituèrent donc à fon
honneur des fêtes annuelles , Sc lui bâtirent un
fuperbe temple à Peffmunte en Phrygie. Foye^
Claudia , Mydas , Mystères
Les monumens antiques qui repréfenten: Cy-
bèle font fort rares. On voit au Capitole une de
fes ftatues qui porte de longues manches ferrées
fur les poignets : c’ell un des caractères diftinclirs
de Cybele , furnommée Phrygienne, Sc des Phry-
giens ou des peuples appelés Barbares par les
Grecs. On trouve ce même caractère à la ftatue
de Cybele afïife encre deux lions , qui eft dans le
cabinet de Ste Geneviève-
Martianus Capella repréfente Cybele z'ftc des
habits de couleur verteCi'ftr/.-r. Pkiiolog i-p- 19;)>
parce qu’elle ell la Déeffe de la Terre Sc la mère
des Etres.
La colleétion des pierres gravées de Stofeh
offre Cybele tantôt affife fur un trône , ayant une
pique & le bras gauche appuyé fur un bouclier,
tantôt affife fur un lion , Sc portant le foudre ,
fouvent affife dans un char tiré par des lions, oC
tenant un tympar.um , ou tambour de baique ,
dont on lui attribuoit l’invention , prefque tou-
jours enfin couronnée de tours. .,
Les anciens Écrivains varient fouvent dans ex
plication des attributs de Cybele, parce qu ils ne a
connoifloient pas lorfqu’ils n’éroient pas *
lès myftères , ou parce qu’ils n’ofoient la reve
aux prophanes , lorfqu’ils en avoient promis
fecrer fous la religion des fermens les P‘US a
* Lesfarnomsde Cyiè/edélîgnoisnt,
C Y B
©à on lui rendsit un culte particuliers tels étoient
Jî.érécyn,tkie , Dindymène , Idéenne , M.ygdonientii ,
T ejp.iantienne : Pfsrygzcnne ( Voye:^ ces mots ).
2'^. Ses attributs tels étoient les furnoins tarrita ,
turrigera, ou , relatifs aux tours dont
eile étoit couronnée} les furnoms ’hJ'ta , ou fanc-
tica , relatifs à fes fureurs. 3°. Ses alliances my-
thologiques , magna mater , & mater deâm , mère
des trois principales Divinités.
On avoit confacré à Cybele le pin, le taureau
& le bélier. Voye-^ Criobole & Taurobole.
Cybèle eft le fymbole des médailles de Brieula
en Lydie. Sur les médailles de Pyrrhus & fur
d'autres on voit Cybele armée du foudre.
CYBERNÉSIES J-fête que Théfée inftitua en
l’honneur de Nauôthée & de Phéax j qui fai-
foîent l’ofEce de pilote en fon expédition de Crète.
Leur nom vient du grec %.’iZi^va,ss , je gouverne.
CYBIRE. Les Rois de Cybire , dont on a des
médailles J font:
Moagete.
Amyntas.
CYCÉON J Kajcsiif J dérivé de Kuxaa) , je mtle.
Les latins rendent ce mot par çinnum. Le fenti-
tnent le plus commun eft que le cyeéon des Grecs
était une compolition faite de vin, de miel , de
fine fleur de farine d’orge j d’eau j de fromage ,
& réduite en confiftance de bouillie. II paroît
qu’il y en avoit de deux efpèces: l’une groffière j
faite d’eau & de farine ; l’autre plus fine & plus
délseate , faite de vin & de différentes efpcces de '
farine, de fromage, & quelquefois de miel. Les
Grecs entendoient aufti par ce mot toute boifton
ou mélange compofé d’ingrédiens de différente
nature, félon le genre de la maladie & l’intention
du Médecin.
Les myftères d’Éleufîs rendirent célèbre le
cyceon dans l’antiquité , parce que la chofe fe-
crete dont on l’avoit choifi pour emblème dans
ces m.yftères , fervoit à faire reconaoître entre-
eux les initiés ( Arnoh. adv. Gent l. 3. ). J’ai
jeûné, difoit un initié aux autres, j’ai ’pu le cy-
céon , j’ai pris dans la cifte & j’ai dépofé dans le
ealatkus. A ces mots fymboliques & à leur expli-
cation on reconnoiffoit l’initié. Les profanes
croyoient que le cycéon des myftères d’Èleufts
etoit employé pour rappeler celui que la vieille
Baubo fit boire à Gérés , altérée par les fatigues
de fa longue courfe.
CYCHREUS. f^oye^ Tébàmom.
CYCINNIS danfe des Grecs. Elle avoit retenu
le nom de fon inventeur, qui étoit un des Satyres,
cornpagnon de Bacchus : elle étoit moitié grave ,
moitié gaie, & reuniffoit ces deux caraâères ;
telles font a-peu-pres nos chaconnes , dont le
majeur a pour 1 ordinaire des couplets légers ,
Antiquités ^ Tomi~Jl.
C Y C 2 /?
forss & fiers, Sc le mineur des coapkts tendres
doux & voluptueux.
>
CYCLADE, partie de rhabi.'em;! t d:s fem-
mes. f^oyeq^ Amîcüluj:.
CYCLE Ç lAytkblogie }. « Les cycles , dit
M. Rabaud de Saint-Eftienne, devinrent des per-
fonnages dans l’écriture & le langage a-nimé des
anciens. Le cycle hebdomadaire étoit figuré par
Saturne , planète du Sabat , ou du jour du repos,
& qui fut depuis une Divinité dont la ftaîue
étoit liée de cordes de laisie qu’on lui ôtoit aux
Saturnales. Le cycle annuel- fut figuré, entre-
autres manières , par Janus, au double rifage , qui
voyoit devant & derrière lui , & dont la clef
ouvroît l’année. Le cycle de 1461 ans étoit dé-
figné par le beloifeau qui renailfoit defes cendres,
comme l’a expliqué Gebeiin. En un mot, tout
ce qui fe paffe dans le ciel fut écrit & peint en
images.
Les Grecs , auxquels ces connoiffances étoient
étrangères , les avoient reçues du dehors fous
ces éiémens. Eusè'oe nous apprend que c’étoit
l’ufage des Égyptiens; ufage qui, confervé par
leurs Prêtres dans la langue facrée ou primitive.,
fe perpétua long-temps dans les temples.
Cycle de Jules César. Numa Pompiiius
avoit d’abord établi à Rome .une année lunaire.
Cette manière de compter n’étoit point cxzStc ,
& étoit fujette à de grands inconvéniens. Jules
Céfar réforma le calendrier, & introduifit une
année folaire de jéy jours & 6 heures : c’eft ce
que perfonne n’ignore ; mais on ne favoit pas fi
communément qu’il eût aufti corrigé fon année
fur les mouremens de la lune. Quoique Macrobe
l'eût dit en termes exprès, & qu’il y eût de bonnes
raifons d’en ufer ainfi , comme le Cardinal Noris
l’a montré au conimencement de fa Diirertation
du cycle palcha! des .Latins , il y a eu aufti des
auteurs qui ont remarqué que l’Eglife Latine ,
avant le Concile de Nicee , fe fervmit du cycle
lunifolaire de Jules Céfar.
Biaçchini , dans fa Diifertition latine imprimée
à Rome, in-folio, en 1703, donne une defeription
& une explication générale du cycle de Céfar , que
l’on a trouvée fur un ancien marbre, il rapporte
l’infeription complète de ce monument, qui avoic
été gravée du temps d'Aiigufte , & qui ne fut re-
trouvée que fur la fin du feizième fiècle à Rome ,
fous la colline des jardins & en queiq.jes autres
endroits. Celle de Rome avoit été placée dans le
Palais Maffei , & on l’y voyoit au temps où
Paule Manuce , Charles Sigonias , Jean Gruter,
Jofeph Scaliger & d’autres la publièrent , & tâ-
chèrent de l’expliquer. Depuis, elle avoit été égarée
jufqu’au moment où Bianchini la retrouva. Quoi-
qu’elle fiait rompue , les morceaux rajuftés Tua
avec l’autre la repréfientent entière, excepté quel-
ques lignes qui étoient au-deiïus , mais qui es
x66 C Y C
font pas partie du calendrier. Il paroît , par plu- |
fleurs dates des principaux événemens arrivés
fous Jules-Céfar & fous Augufte , que ce calen-
drier avoir été fait fous ce dernier , car il n'y ell
point fait mention des Empereurs fuivans.
Il eft divifé en douze colonnes ^ dont chacune
contient les jours de chaque mois. Les jours y font
dillingués en ceux qu'on appelle Fafii , Nefafii ,
Nefajli primo , Ce Comitiales , par les lettres F.
N. N. P. & C. Les jeux publics &: les fêtes y
font enfuite exprimés en plus petites lettres ; mais
ce qu’il y a de plus fingulier , ce font les huit pre-
mières lettres de l'alphabet qui y font répétées
par ordre , en commençant par A , tk hnilfani
par H , depuis le premier jour de l’an jufqu'au
dernier. Jofeph Scaüger a cru que ces lettres mar-
quoient les nundines ou les jours de marché qui
revenoient de neuf en neuf jours ; mais Bianchini
fait obferver que , pour marquer les nundines , il
faudroiî neuf lettres ; à quoi il ajoure encore
d’autres raifons pour prouver que Scaüger s’eft
trompé.
Comme il eft marqué, dans les premières lignes
de ce monument , qu’il avoir été peint , Bianchini
foupçonne que la variété des couleurs pouvoir
avoir fervi à difiingeer quelque cycle de ce calen-
drier. Il obfervc enfuite que Jules Céfar , dans
fa manière de régler l’année , ne fuivit ni la mé-
thode des Chaldéens , ni celle des Egyptiens , ni
celle des Grecs , mais une quatrième , comme
Pline le témoigne , qui ne lailToit pas néanmoins
d'avoir du rapport avec les précédentes. C'etl ce
qu'on pourra reconneitre , fi l'on peint de cou-
leurs différentes les ogdoades ou huitaines de
lettres qui fuirent immédiatement les folllices Sc
les équinoxes. On peut fe ferviren cette occafion
des couleurs du cirque.
La première huitaine, qui com>mence au let de
Janvier, & qui va jufqu’au huit, peut être peinte
de couleur blanche j la fécondé huitaine , depuis
le 9 iufqu’au i6 du même mois, de couleur verte ;
la troifième , depuis le 17 jufqu’au 24 , de cou-
leur rouge ; la quatrième , depuis le zy jufqu’au
premier de Février , de bleu. Ces jours pourront
être mis dans une colonne qui repréfentera l’hi-
ver. Il faudra faire la même chofe depuis le 50
de Mars , jour auquel fe trouve la lettre A , la pre-
mière fois après l’équinoxe du printemps ; c’eft-
à-dire , le peindre en blanc, & les fept fuivans ,
jufqu'au 6 d‘.4vril , & garder le même ordre de
couleurs qu’auparavant dans les trois autres hui-
taines. On appellera cette colonne la colonne du
printemps. On procédera de même dans la colonne
d’été , qui commence après le folilice du Cancer,
au z6 de Juin , où fe trouve dans le calendrier
la lettre A, pour la première fois après le folilice.
On en fera autant à la colonne d’automne , qui
commence le zz Septembre , où fe trouve la pre-
SEiière lettre A après l’équinoxe.
Cela étans établi, Bianchini explique la manière
C Y C
de ce cycle lunaire recueilli de ces lettres & com
paré avec l'ennéadécaétéride de Métor & ceH
d’Alexandrie j & il fait voir l’ufage de ce cycl
pour bien rnarquer l’âge de la lune, conformétirt
à l’ufage civil. 11 montre enfuite l’ufage de ce
même cycle chez les Romains & chez .la plupart
des peuples qui étoient fournis à leur empire La
plupart des fêtes païennes étant fixées à certaines
faifons , félon les mouvemens lunifolaires le
cycle de Céfar étoit très-propre à les marquer H
montre enfin la mêm.e chofe , par le moyen des
médailles frappées pour célébrer les jours & Lj
fêtes en l’honneur des Dieux ( Supplément de
l'Encyclopédie. ).
Cycle pafchal de S. Hippolite , cycle de feize
ans , qui , étant redoublé fept fois , régloit la Fete
de Pâques pour le terme de cent douze années.
Ce cycle a pris fon nom de fon inventeur.
Comme nous n’avons rien de mieux fur le canon
pafchal de S. Hippolite que la dilTertation latine
de Bianchini , imprimée à Rome en 1703 , in-foL,
je vais donner l’analyfe de cette pièce , Hc "faire
d’abord connoître au Lefteur de quoi il s’agit.
S. Hippolite a fleuri au commencement du troi-
fième fiècle-> vers l’an zz8 , fous l’empire d’Ale-
xandre Sévère. On ne fait d’où il étoit , ni même
de quelle ville il étoit Evêque, Eusèbe n’en ayant
rien dit , & S. Jérôme ayant fait des recherches
inutiles fur ce fujet , comime il nous l’apprend
lui-même. Tillemont , fans cependant rien dé-
cider , croit qu’il efl: plus probable de dire qu’il
a été Evêque en Orient ; c’eft ce qu’on pourroit
conclure de ce qu’il a écrit en grec , & de ce
qu’Eusèbe le met immédiatement après Beryik ,
Evêque de Bollres en Arabie.
Quoi qu’il en foit , Hippolite avoit compofé
un grand nombre d’ouvrages , entre lefquels Eu-
sèbe &: S. Jérome parlent de deux fur la Fâque.
Ils ne difent rien de particulier fur le fécond ;
mais pour le premier , Eusèbe témoigne qu Hier
police y faifoir une chronologie qu’il conduiiwt
jufqu’à la première année d’Alex. Sév. de J. G
zzz , & qu’il y propofoit un canon ou cycle ce
feize ans, pour régler la fête de Paque.î! ne nous
reftoic que le nom de ce cycle , lorfqu’en I
en fouillant près de Rom.e dans les mafiires d une
ancienne Eg'.ife de S. Hippolite , bâtie dans es
champs du côté de S. Laurent , & fur le
de 'lïvoli , on trouva une ftatue de marbre •rfis
une cbaife, aux deux côtés de laquelle il y
en lettres grecques des cycles de feize
commençoient à la première année "
zzz de J. C. J & qui , étant redoublés fept >
régloient la fête de Pâque pour cent-douze an j
c’eft-à-dire , jufqu’à l’an 335. ^ 1 • Si
Perfonne ne douta que ce ne fût
Hippolite , quoique fon nom n’y fut pas- .' j.
le publia en grec. Scaüger y fit des notes '
niées à Leyde en lyqy , & il en ^
dans fon fccozid livre de la ccrredtion des
C Y C
Le Père Boucher, Jéfnice, Ta mis en îatin , &
l’a auiîî expliqué dans fon ouvrage des cycles de
Pâque. Le Cardinal Marcel Cervini, qui depuis
■ fut Pape , fit tranfporter la ftatue dans la Biblio-
thèque du Vatican , où elle eft encore. C'eft ce
cycle de cenr - douze ans qui fait le fujet de la
Differtation de Bianchini.
Ce favant Véronois , pour rexpliquer, prouve
d’abord qu’il ne faut pas fuppofer qu’après cent-
douze ans révolus , les moavemens moyens du
foleil & de la lune recommencent le même jour
de l’an civil ; mais que le jour du renouvellement
de ii lune doit être renvoyé à la femaine fai-
vante , & diffère de huit jours ; que les lettres
du calendrier de Céfarle marquent irès-comraodé-
ment j que le cycle de S. Mippolhe fut d’autant
plus volontiers reçu par les Latins, qu’il s’accom-
mode fort bien avec le cycle Julien , les olym-
piades & les octâétérides que l’on eniployoït en
ce temps-Ià j que la moindre période du même
cycle de cent-douze ans , s’accorde avec les moii-
vemens moyens de la lune.; que fepe de ces pé-
riodes en font une plus grande de 784 ans , dans
laquelle les phafes de la lune retardent de deux
jours ; mais que cette grande période écoulée
quatre fois , & jointe à une feule petite , en fait
une très-grande de 5248 ans , qui rétablit les mou-
vemens conftans de la lune en leurs temps ; que
le cycle divifé par oéliétérides , conformément
aux années civiles des Grecs & des Romains ,
peut être üluftré par les années que l’on nomme
grandes & féculaires ,- que S. Hippolice , en adap-
tant le cycle de Céfar à l’ufage des Chrétiens , a
eu égard au- temps paifé & à venir. Il paroït ,
d’après routes ces confidérations , que Jofeph
Scah'ger a parlé avec trop de mépris de ce cycle.
Bianchini explique enfuite ce qu’il y a dans
î’infeription d’un des côtés d-e la chaife de S. Hip-
poiite touchant la chronologie de l’ancien & du
nouveau Teframent, depuis la première Pâque de
Moyfe, jufqu’à celle de la mort de J C. ; par où
l’on peut voir i’ufage des trois périodes de ce
canon. Il convient néanmoins qu’il y a quelque
chofe de fautif dans ce côté de l’infcription.
Il explique enfin l’autre côté de l’infcription ,
montre la iiaifon du cycle de S. Hippolit'e avec
celui de Céfar , & enfeigne la méthode de s’en
fervir pour perfeéiionner les tables pafchales
( Supplément de V Encyclopédie ).
Cycle solaire , ou du foleil. C’eft une révo-
lution de aS années , en commençant par i &
êniffant par 28 , après quoi on recommence &
on finit toujours de même par une efpèce de
cercle ; d’où vient le nom de cycle Pour bien
comprendre ceci , il faut connoître la diftinaion
de deux fortes d années , 1 année commune &
1 annee biflexîüe'. L’année commune efteompofée
de 35 f jours , qui font 52 femaines & un jour ;
la bifîextile ell compofee de 360 jours , qui font
feruaines & 2 jours. Elle eft ainiî appelée de
C Y C 2^7
1 deux mots latins, bis fexto , parce que les Ro-
mains , dans ]-eur manière de fupputer les jours
de cette année-là , comptoienr deux fois fexto
caleitdas Manias ; une fois pour le 24 Février,
ainfi qu’ils le faifoient dans les années communes,
& une fécondé fois pour le 2y du même miois ,
afin de marquer que le mois de Février avoit 29
jours dans les années biffextiies , & qu'il n’en
avoit que 28 dans les années communes.
L'année biiTexlüe a éré inventée par Jules Cé-
far , pour accorder l’année civile avec l’année
folaire. Le foleil, pour achever fon cours annuel,
ou pour revenir précifément au même point d’où
il eft parti , met 365 jours & 6 heures ou environ.
Ces 6 heures, répétées quatre fois , font un jour.
Ainlî , pour accorder l’année civile avec le cours
du foleil , Jules- Céfar ordonna que tous les quatre
ans il y auroit une année de 366 jours , & que
cette année feroit appelée hijfextile , pour la raifoa
que nous avons dite. Les années communes finif-
fent par le même jour qu’elles commencent ,
parce qu'elles font compofées de ya femaines Sc
un jour de plus ; les années biffextiies finiffent.
par le lendemain du jour par ou elles commen-
(ent, parce qu’elles font compofées de 52 fe-
maines & deux jours de plus. Si donc une année
commune a co.mmencé le Lundi , elle finira de
même , & le Mardi fera le premier de l’année
fuivante- De - là il fuit que s’il n’y avoit que
des années communes, leurs commencemens (iî
en faut djre autant de chaque quantième de tous
leurs mois ) parcourroient ^fuccefllvement tous
les jours de la femaine fans interruption ; ce qui
produiroit un cycle de fepî ans. Mais comme il y
a des années biffextiies qui dérangent cet ordre
de quatre ans en quatre ans , il faut que les com-
mencemens de celles-ci , de même que chaque
quantième de leurs mois , ayent auiTi paffé fur les
fept jours de la femaine ( non pas , à la vérité ,
de fuite ) , pour revenir à un ordre d’annés par-
faitement femblables, par le rapport des jours du
mois aux jours de la femaine , à celles qüi ont
précédé. Tel eft le fondement du cycle folaire,
qui eft compofé de 28 ans , parce que fept fois
quatre, ou quatre fois fept , donnent ce produit ;
c’eft ce qu’on peut remarquer dans notre Table
chronologique. L’an 20 de J. C- , qui eft bif-
fexîile, eft le premier du cycle folaire, oc fe rap-
porte aux Lettres Dominicales GF, qui font
dans la colonne fuivante. Ces deux lettres , qui
marquent les Dimanches de cette année , ne fe
retrouvent qu’après 28 ans écoulés , ainfi cu’en
peut le vérifier en parcourant de fuite ces 28 an-
nées du cycle que nous indiquons , & les Lettres
Dominicales qui leur répondent; mais ceci ne
regarde que l’ancien calendrier : paffons au nou-
veau.
Depuis la réformation du Calendrier, faite en
1 582 , le cycle folaire devroit être de 4-: o ans ,
parce qu’il faut que ce nombre d’annés s’écoule
L1 ij
C Y C
avant c]uc la Lettre Dominicale , qui marque îe
Dimanche revienne préciTément au même point
où elle étoit la première année de ce cycle ^ pour
procéder de nouveau ^ pendant 400 ans , dans le
même ordre que les Lettres Dominicales ont
procédé pendant les 400 ans qu’on fuppofe
écoulés. CJe cycle de 40Ô ans commence en 1601 ,
& finir l’an zoco. Entre ces deux termes , les
années 1700 j i8cx), ic^o, n’étant point bifTex-
tües , comme l’ont été toutes les années précé-
dentes, elles dérangent l’ordre ancien des Lettres
Dominicales ; & par conféquent l’ordre du cycle
folaire , auquel ces lettres répondent , doit
être dérangé. C’eft ce qu’on peut remarquer dans
notre Table chronologique , en jetant les
yeux fur les années 1700 j i8eo & 1900 j ou il
n’y a qu’une Lettre Dominicale fi). Il y en au-
roit deux, comme on peut le voir à l’atticle des
CoNCüRREN's & des Lettres Dominica!es,fi ces an-
nées croient bilTextües, & fi le cycle de 28 ans n’étoit
point dérange (2). (JJ Art de Vérjer les Liâtes.)
Cycle lunaire, ou Nombre d’or.
Nous diflinguons, avec les anciens Computifies
Sc avec un certain nombre de chartes, le cycle de
la lune du cycle de 19 ans , quoique plufieurs
Auteurs & des chartes , en plus grand nombre
que les premières , les confondent entièrement,
il cft allez co-m-mun en effet de trouver dans les
anciens monumens cyclus luns , ou lunarîs , &
cyclus deccmnovennalis , pris indifféremment l’un
pour l’autre : c’tf: une méprile occafionnée par
la relTembiance des deux cycles. Le cycle de la
lune, ou lunaire, ainfi que le cycle de 19 ans,
eft une révolution de 19 années, après lefquelles
en recommence par un , en continuant jufqu à
dix-neuf, par un cercle perpétuel , ainfi qu’on
le voit dans notre TizhU cbronozogiqve , où
ces deux cycles font marqués. Toute la différence
cu’on remarquera entre l’un & ! autre , ell que
le cycle de la lune commence trois ans plus tard
que celui de 19 ans. Cette différence vient des
Romams & des Hébreux. Les premiers fe fervoient
du cycle que nous appelons de la lune , & ils le
commenêoîent avec le mois de Janvier ; les féconds
faifoient ufage du cycle de 19 ans , qu’ils com-
mençoient avec le mois de Mars. Les Chrétiens
(1) 11 paroît qu’au- lieu de retrancher trois années biflex-
iles fur quatre années féculatres, il eût été plus exaét d’en
fupptimei u.ne tons les i*.S ans. Par ce moyen , non-feule-
ment les années autoient répondu plus exaâtment au mou-
vement d'u folcil , mais encore 1* calcul auroit été plus
ptécis, que pat notre manière de compter, en ce que l’an-
née comntune feroit alors de 36) jours, 5 heures , 48 mi-
nutes 8c 45 fecorrdes ,• telle à peu près que la donnent les
cbfetïations les plus précifes : tandis que par notre Calen-
drier , elle efl de jiSy jours , 5 heures , 49 minutes 8c
fécondés; plus longue par conféquent qu’elle ne devroit
être , d’environ 27 lecondes. Cette remarque cft de M.
Bonne.
(2) En 17^1 , tous les Almanachs 8c Calendriers ont
donné 7 pour le nombre du cycle folaire , au-lieu de Èj «e
qui eft uoe faute couiîdéiable.
C Y C
fe font fervis de l’un & de l’autre eyJle dans L.
premiers temps 5 mais enfin celui de 10 ans a pS
valu & nos Auteurs modernes ont tellemenè
oublie cet ancien cycle des Romains, que non
n en connoiffons aucun qui l’ait employé nonr
expliquer les chartes qui en font datées. ^
Voici une de ces chartes , d’autant plus remar
quable que les deux cycles y font égaîemert
exprimés. Elle ell de Henri, Comte d’Eu , ea favp;‘l
de l’Abbaye de S. Lucien de Beauvais , & ngj-jç
les dates fuivantes : AeJa funt htte ar.no ah Incar
natione JDomini MCix , indïclione 11 , epaciâ xvjj
concurrente itii , cyclus lunarîs v , cyclus èecern.
novennalîs viji, regularis Pafeks. itit , terminus
Pafckalis xiiii kal. Mali , dies Pafchalis vu kap
Maii , LurtA ipfius diei PafekA) xxi ( Mabili.
Diplom. pag. 594. ). Toutes ces dates font très-
exaéles , & on peut les vérifier fur notre Tab^e
chronologique ; à l’année 1109. Il eft rare ce
trouver des chartes où le cycle de la lune & le
cycle de 19 ans foient aufti clairement efftingués
que dans celle que nous venons de rapporter ;
mais il n’eft pas rare d’en trouver qui foient da-
tées du cycle de la lune, félon les Romains, au
lieu de l’être du cycle de 19 ans, félon les Hé-
breux. De ce nombre font la fondation du Mo-
naftêre de Quimperlé, en 1029 , qui eft datée ,
cyclus lune / , au lieu de ivj une donation de
l’an 1069 J faite à la même Abbaye, datée cyc/us
lunA lit , au lieu de r/,- une lettre de Baldric,
Evêque de Dole , pour l’Abbaye de S. Florent de
Saumur , datée , cyclo lunarî r , au lieu de nii
( V. D. Morice , Preuv. de Vîüfioîre de Bretagne^,
t. J , col. }66 , 432 & J 17. ).
Parmi les chartes qui font datées du cycle lu-
naire félon les Romains, nous n’en avons trouvé
aucune où ce cycle ne commence au premier Jan-
vier j mais , parmi celles oui font datées du cycle
de 19 ans ou du cycle de la lune , confondu avec
le cycle de 19 ans, nous en avons rencontré quei-
ques-unes où ce cycle commence avec le mois de
Janvier, quoique naturellement il ne doive com-
mencer qu’avec le mois de Mars ; puifque^ les
Hébreux, de qui les Chrétiens l’ont pris, ne l’ont
jamais commencé qu’avec leur mois N'ifan , QH*
répond à nos mois de Mars & d’ Avril. Ces deux
commencemens du cycle de 19 ans doivent etre
remarqués , pour accorder certaines dates ou 11
paroît qu’il y a de l’erreur , quoiqu’il n y en ait
point. Iis fervent auftî pour fixer le temps de
certaines chartes , données en Janvier ou en fé-
vrier. Telle eft celle de la fondation du Prieure
de Quiberon , rapportée dans les Preuves de a
nouvelle Hiftoire de Bretagne (t _L col.^o^Ji
dont nous croyons devoir ici examiner les dates,
parce qu’elles prouvent ce que nous avançons*
Les voici t Anno ab Inearnatïone Lotnini Mxxvtiy
czrculus lanA //, indiiiio xt , ’EpaBu xxti ,
eurrens B i. Nous voyons, par toutes ces *
que çette charte a été donnée en Janvier eu
C Y C
Février de Tan ioz8 , félon notre manière pré-
fente de compter. Elle marque Tan msxyii ,
parce qu’alors on ne commençgît ordmairemenr
fannée qu'à Pâques. Le circulus bj-ns. n eft ici le
même que le cycle de 19 ans. L'Auteur de la
charte ne compte que deux , comme fi l'an l oaS
de J. C. n'étoit que la fecor.de année du cycle de
19 ans , quoique ce foir la troifième parce qu il
ne commence à compter cette troiiième annee
qu'avec le mois de Mars, & que la charte a ^te
donnée auparavant. L'indidiion xi & i'epacte
XXII marquent l'année 1028, de même que
le concurrent B i, c’eft - à - dire , bijfextili i.
Ce concurrent!, au-!ieu de Vii, que l'Auteur
uuroit pu mettre , la charte ayant été donnée
avant le 25 Février, prouve ce que nous difons
à l'article des Concurveas ( Voye^ ce mot ) , fav^oir,
qu'il y a des chartes données en des années bif-
fextiles , où le concurrent , qui ne devroit avoir
lieu que depuis ce jour-Ià , eli néanmoins marqué
dès le mois de Janvier. Pour le lima m de notre
charte, il montre qu’elle a été donnée le 7 Jan-
vier ou le 6 Février, comme on peut s'en con-
vaincre en confultant notre Calendrier lunaire.
L'accord de toutes ces dates eli donc parfait 5
mais on ne le voir tel , qu'en faifant commencer
avec le mois de Mars le cycle lunaire , pris pour
celui de 19 ans.
Mais il y a d'autres chartes où le mois de Jan-
vier efi regardé comme le premier du cycle de 1 9
ans. Donnons-en au moins un exemp'e. Parmi les
preuves du premier tome du nouveau GalUa
Ckrijliana , p. l6j , on voit un diplôme de Gaf-
ton VI , Vicomte de Béarn , qui eft ainfi daté :
Faciumefi hoc anno incarnationis F erbi :mclxxxj,
indiBloae xjv y epacla irr, concurrente 11 J y cyc’o
decemnovennali iv , feria 11 idus F ebruarii. Ce
ferla ii idus , ou ante idus F ebruarii , étoit le
neuvième Février en 1 181. Toutes les autres dates
marquent la même année. Mais , pour accorder
le cyclo decemnovennali ir avec ces autres dates,
on doit faire commencer ce cycle avec le mois de
Janvier. En ne le faifant commencer qu’avec le
mois de Mars, il faudroit in au-lieu de IV5 preuve
évidente qu’il y avoir des anciens qui faifoient
concourir le commencement du cycle de 19 ans
avec le premier de Janvier, pendant que d'autres
le prenoient du premier Mars j d'où il réfulre
que cette règle , muta cyclum lunarem in kalendis
Januarii , cyclum decemnovennalem in kalendis
Marcis , que nous lifons dans un manufcrit de
S. Serge d'Amiens , du xie fiècle , efi: une règle
femblable à la plupart des règles des comptes
êc des calculs de ce temps -là , & qu'elle n'eft
pas moins fujette à de fréquentes exceptions ,
du moins pour ce qui regarde le commencement
du cycle de 19 ans avec le mois de Mars.
Ces deux cycles , de la lune félon les Romains ,
&■ de 19 ans félonies Hébreux, fora; également
appelés Nombre d’or. On croit qu'on I*s a ainfi
C Y C
nommés , parce qu'on les écrivoit en caraéîères
d'or dans les anciens calendriers, où ils für-oie.nt
à faire connoître quel jour des douze mois fo-
laires tomboit la nouvelle lune de chaque année
de l’un ou l'autre de ces cycles. Pour cela , en
les écrivoit vis-à-vis du jour de chaque mois
folaire où la nouvelle lune tomboit , comme on
voit les épacles imprimées dans les Bréviaires de-
puis la réformation du Calendrier, faite en 1582.
On les voit auffi de même dans notre Calenitrier
LUNAIRE perpétue! , où nous les avons réunies
avec les nouvelles épaétes. Ces épaéles indiquent
les nouvelles lunes de chaque mois félon le
nouveau flyle. Les nombres d'or les indiquoient
de même dans le Calendrier'des Romains , drefie
par Jules-Céfar, & dans le vieux Calendrier de
i'Egiife , fait au temps du Concile de Kicée , en
l'an 32J. En dreffant ce vieux Calendrier, on
changea les nombres d'or qui étoient vis-à-vis
des jours de chaque mois dans le Calendrier de
Jules-Céfar , 8e: on en mit d’autres à leur place.
Ces nouveaux nombres d'or furent placés félon
le cycle de 19 ans , que nous avons dit nous venir
des Hébreux. Or, c'eft fur ce dernier cycle que nous
indiquons les nouvelles lunes dans notre Calen-
drier LUNAIRE, telles qu'elles étoient indiquées
dans le vieux Calendrier :c'eft pourquoi , fans nous
arrêter davantage au cycle que nous avons dit nous
venir des Romains, & dont nous avons affez parlé
pour faire voir l'ufage qu'on en a fait dans les dates"^
nous nous croyons obligés de pouffer plus loin nos
recherches touchant le cycle de 19 ans , fi célèbre
parmi nos anciens , 8e même encore aujourd’hui.
Ce cycle eft compofé de 19 années lunaires.
Entre ces années , il y en a douze qu'on appelle
communes ; les fept autres font appelées emboli-
miques/y du grec iiN.aKitrfiés OU i/xÇoxi.Kcs , qui veut
.dire intercalaire , inféré , ou ajouté. Les années
communes font compofées de douze mois lunai-
res, qui font 354 jours : les embolimiqnes font
compofées de treize mois lunaires , qui font
384 jours , excepté la dernière année du cycle de
19 ans , dont les treize .mois lunaires ne font que-
385 jours, félon les, anciens 8c les nouveaux
Compuriftes. Ces dix-neuf années, tant communes
qu'embolimiques , font en tout 6939 jours , &
ces 6939 jours font précifément 19 années fo-
laires , félon le calcul des anciens. Ainfi , fuivant
eux, les 19 années du cycle lunaire ou de 19 ans^
répondent parfaitement 319 années Juliennes ou
folaires j au moins ils le fappofoient ainfi dans
leur manière de comparer ou d’accorder les an-
nées, félon le cours de la lune, avec les années fé-
lon le cours du foleil. Notre Table Chronologi-
que 8c notre Cale ndrier lunaire font dreffés
farcettefuppoficion, fuivant laquelîe,îes 19 années
du cycle de 19 ans étant écoulées, les nouvelles
lunes retomboient asix mêmes jours 8c aux mêmes
heures quelles étoient tombées 19 années aupa-
jrayanr, en forte que , pour toutes les nouyehe?
î'7o C Y C
îiires . le cycle qui fuccédoit étoit entièrement
îembkble aî cyl précédent. Telle etoit la fup-
l’erreur dans leur calcul ,
parce que les d.ix-neuf années de la lune ne font
point parfaitement les 19 années du fo ei , c
ks-ci furpaffent les premières d environ une heure
& demie^ Cette heure & demie ^ negugee pen-
dant pîulîeurs liècles^ avoit dérangé confidem-
Hement & les nouvelles lunes , touy ancien
Calendrier. Ce dérangement, qu il c& wmAe
d’expliquer ici en détail . fut reforme par le Pap..
Grégoire XIII en i 582 . au m-oyen au retrancne-
ment de 10 jours que l’on fit dans le mo:_s d Oc-
tobre , pour remettre l’équinoxe ou Printemps
au 2.1 Mars, comme il étoit eu 325 . au temps
du premier concile de Nicee , qui avoir tait
d'-eflér l’ancien calendrier. Les nouvelles runes
furent auffi avancées , pour être remifes aux jours
quelles tombent (i)- On fit de plus un change-
ment dans l’ordre des fept années emboumiques
du cycle de 19 ans. Avant la reformation . ces
fept années étoient la fécondé, la cinquieine.
la huitième . la onzième . la treizième . la Sei-
zième & la dix-neuvième ; les douze autres etoient
communes. Depuis la réformation . les années
emboiimiques font , la troLième. la^iixierne . la
neuvième . la onzième . la quatorzième , la dix-
feprième . la dix-neuvième ; les douze autres lont
communes. Voyons maintenant i ordre des uoti*
velles lunes de ces deux lortes d années, -ant d.ins
l’ancien que dans le nouveau Caknd^iier. ^^omme
chaque lune , félon fon cours aftronomique ,
eft à-peu-près de 29 jours & demi , tous les
Computiftes anciens & nouveaux , en comptent
une de trente jours . ou ils appellent pUL-ie , oc
l’autre de 29 jours , qu’ils appellent cave ; &
cela , toujours à l’alternative , autant qu il en en
eux. Sur ce pian . ils donnent 30 jours a la lune
de J.anvier. 29 à celle de Février , _ ^
Mars , 29 à celle d’ Avril . 30 à celle de Mai ,
ig à celle de Juin . 30 à celle de Juillet . 29 a
ce'\e d’Âoût , 30 à celle de Septembre . 29 a
celle d’Oaobre. 30 à celle de Kovembre . &
enfin 29 à celle de Décembre. Ils gardent exac-
tement cet ordre alternatif, en aoanant toujours
30 jours à chaque lune des mois impairs, & 29
à chaque lune des mois pairs de toutes les années
communes , tant avant qu’après la réformation
du Calendrier. C’eft ce dont on peut fe convain-
cre par notre Calend RI Eît LUM AiRE .filon veut
prendre la peine de compter les jours de chaque
lanaifon de ces années communes.
11 n’eh cft y>as de même des années emboli-
miques ; dans celles - ci , les Compunfies font
obligés de déranger cette fuite de lune de 30 & de
29 jours, à caufe delà treizième lunaifon qu'ils
(î) On Jieut voit dnns notre CALENDRIER lII-NAIRI
qïiAle eft ià des nouvelles Lunes du Caltndt'eïr.
Giégoiisii, & 41; ctllfs de l’ancien Caicudtiex depuis 15 Sa.
C Y C
iatercalent dans ces années. Donnons un exemple
de ces dérangemens. Sc examinons quelles font les
lunaifons -de la dix-neuvième année_ du cycle de
1 9 ans, que nous avont dit être emboiimique. félon
tous les Computiites anciens & nouveaux , avant
3c après la reformatîon. D aoord , pour trouver
treize lunaifons, ou treize mois lunaires, dans
cette dix-neuvi me année comme dans toiit-esles
années emboiimiques . il faut favoit^ que Ji lUne
eil cenfée appartenir au mois ou ede finit , 3c
non pas an mois ou elle commence, feion ccttC
maxime des anciens Computiües : In qao com-
pletiir , menfi lunatio detur. 11 faut donc c^ie
nous remontions au mois de Décembre de la
dix-huitième année du cycle de 19 ans , pour
trouver combien de jours^ on doit donnei a la
lunaifon du mois de Janvier de la dix-neuvictne
année de ce cytA. Cela fuppofé , nous trouvons par
notre Calendrier lunaire, qu avant la refor-
mation . la lune de Janvier de la dix-neuvième
année du cycle de î 9 > commencoit le 6 du
mois de Décembre précédent que la lune de
Février commencoit le 5 Janvier; que cehe i.e
Mars commencoit le 3 Février; que ce;. e d Avril
commençoit le > Mars, cehe de Mai. le 4 Avri. ,
celle de Juin, le 3 Mai ; que celle de Juin en-
core ( parce que c eft au mois de Juin que le
trouve i’emboiifme . ou la lune intercalaire de la
dix-neuvième année du cycle de 19 ans ) , c?’]”'
mençoit le 2 du même mois, eue ceue de Juiaet
commencoit le premier , & ceue d Août . le 33
du même mois de Juillet ; ceJe de beptcvr.bre ,
le 28 Août; celle d’Odoore , le Z/ Septembre,
cehe de novembre , le 26 Oftobre ; & eufin
celle de Décembte . le 25 Novembre. \ ona les
commencemens des treize lunes de la dix-neu-
viè.me année du cycle de 19 ans avant la rctor-
mation. Pour s’en affûter . qu’on jette les yeux
fur le nombre d'or xix , marque dans notre Ca-
lendrier lunaire : on y verra qu’il répond a tous
les lours que nous venons d énoncer . a 1 excep-
tion du premier , c’eft-à dire , du 6 Decemore,
auquel répond le nombre d’or xviii , parce que
ce mois eft de la dix-huitième annee au cyde.
Ces commencemens des treize lunes de la cix-
neuvième année du cycle de 19 ans ttanr con-
nus . il eft aifé de trouver combien les ancien
Computiftes donnoient de jours à
fon en cette année-là, & quel ordre 1 s P’ ‘
dans ces lunaifons. Voici l'un & l’autre. Ils don-
noient trente jours à la lune de Janvier , |
à celle de Février, 30 a celle de. Mars, p
celle d’ Avril , 29 à cede de .'Mai , 30 a la p
mière de Juin , & 29 à la fécondé , 29 a c
de Juillet. 29 à celle d’Août. 30 a
S=utembre, 19 à celle d’Oftobre , 3°, ^
de'^Novembre , & enfin 29 à celle de
On voit combien cet ordre eft different
des années communes . où tous les C^mpu
3.ncieHS Sc modernes , donnent coaftamment 3
C Y C
leurs de lune à nos mois impairs ^ Janvier ,
Mars , Scc. , & 29 à tous les mois pairs , Février ,
Av il , &c. Cet oidre aherna-if ce 30 & zp jours j
donné aux lunaifons eft plus ou moins dérange
dans les années emboiirn ques , par le mois inter-
calaire qu'on y ajoute ; mais il ne Teft confidéra-
blement que dans ia hui ième , ia onzième & la
dix - neuvième acn e da cycle ce 19 ans avaiit la
réformation. Quant a. x autres années embolimi-
ques , fur-tout depuis la réformat on , l’ordre des
lunaifons y eft très-reu trouble par fembolilme
ou la treizième lune ajoutée. Par exemple , tour
ledéiangement qui fe trouve dans la dix-n .uvième
année du cycle de 19 ans , confifte en ce qu on y
donne deux lunes de 29 jours au moi; de Décem-
bre ; dans ies autres mois de cette an^ée, l’ordre
des lunaifons de 30 & 29 jours eft parfaitement
garré.
Nous n’entrerons point dans un plus grand dé-
tail de ces dérangemens caufés par remboüfme 5
il fiifftt d’en avoir averti en général , & d’avoir
marqué les années où ces dérangrmens font plus
conüdcrabîes , afin que fi le leétèur les remarque,
il ne juge point que ce font des fautes gliffées
dans notre Calendrier lunaire , foit pour les
années communes , foit pour les emboiimiques.
Ce Calendr.er indique les nouvelles lunes aux
jours quelles tombent, tant dans l'ancien que
dans le nouveau ftyle. Ce compiit,même .''epuis
la réfo’-ma'îon , n’eft pas entièrement conforme
au calcul aftronomique 5 & les Computiftes n’ont
pu parvenir encore à éta'blir une règle générale
qui convint dans tous les temps , ou qui marquât
pour toujours ies nouvelles fanes avec la même
Çrécifî'n que ies .Aftronôm.es les marquent. Les
épaéies ; par lefqueües on les règle da.ns le nou-
veau Calendrier , les marquent erdinairemen; u.n
jour ou deux , & quelquefois trois plus tard
qu’elles nar ivent, quoique ce Calendrier foie
dreffe avec tout e foin pofli'ole. De-là vient que
nous célébrons quelq.efois Pâques le deuxième
D^manche^ apres le 14 de la lune , quoique la
règle générale foit de la célébrer le prem e-. Les
Savans qui on: travaillé à h réformation du Ca- -
lendrier, ont prévu cet e irrégularité 5 mais ils
n ont pu y remédier fans s expo fer à tomber dans
une actre qui leur a paru beaucoup plus conft-
dérable. Ceft qu’en établiiTant une règle diffé-
rente de celle qu’ils ont établie , nous aurions
quelquefois célébré Pâques le 14 de la lune ,
comme ies Juifs j ufage qu'on vouloit abfolument
éviter. Ceci ne regarde notre Table Chrono-
LOGiQUE qu’autartt que nous y .marquons les
Pâques, foie dit en paflant pour ceux qui igno-
rent pourquoi nous célébrons quelquefois cette
grande fete lept jours plus tard que nous ne
devrions la ceiebrer ( L arc de vérîjîer les Daces.},
J PASCHAL ou LUXîSOLAîRE. le cycle
eu fokiî eft compofé de 28 ans , Sc-celui de la
C Y C
lune , de 19 an*. De ces deux cycles , de zS ans
& de 1 9 ans , muitip iés l’un par l’autre , on en
a compofé un troiftème , qui eft appelé le cycè^
pafckal , parce qu’il fert à trouver la Pâque.
C’eft une révolution de 332 années, à la fin def-
quelles les deux cycles de la lune , les -réguliers,
les clefs des fêtes mobiles , le cycle du foleil ,
les coBcurrens, ies lettres dominicales, le terme
pafchal, la Pâque , les épactes avec les nouvelles
lûtes , recommencent comme toutes ces chofes
étoient 532 années auparavant, & continuent
le même efpace d’années ; en forte que la féconde
révolution eft en tout femblable à la première ,
&■ la troiftème aux deux autres. C’eft ce qu’on
peut voir dans notre Table chronologique ,
en comparant les années de la première révolu-
tion , qui commence un an avant notre ère chré-
tienne, avec celles de ia fécondé, qui commence
en 532, & avec celles de la troiftème, qui com-
mence en 1004. Que le LeDeur prenne la peine
de jeter les jreax fur la première année de Jefus-
Chriftj ûir l’an 533 & fur i’an icé) : il verra
que ces trois années ftnt la fécondé da cycle
pafchal , & que toutes les trois font marquées
aux carasftères fuivans : Cycle pafchal 2 , cycle
de 19 ans 2 , cycle lunaire 18 , régulier i, clefs
des fêtes mobiles i y , cycle folaire 10 , concur-
rent J, lettre dominicale B, terme pafchal 2 y
Mars , Pâques 27 du même mois , épaéies n 3
que de-là il pafle à notre Ca-LENDRIer lunaire ,
il trouvera au même temps', en prenant le nom-
bre d’or 2 , nouvelles lunes , Janvier 12, Février
10, Mars 12, Avril 10, Mai 10, Juin 8 , Juih-
let 8 , Août 6 , Septembre 5 , Oâobre 4 , No-
vembre 3 , Décembre 2. Ce rapport eft parfait,
& les mêmes années de chaque révolution du
cycle pafc'hal font marquées des mê.mes caraêtères
jufqu’à la réformation du Calendrier, faite en
lySz. Depuis cette époque , îe qyc/c pafchal eft
devenu inutile pour tous ceux qui ont embrafte
la réformation du Calendrier , & il ne peut plus
fervir qu’à ceux qui n’ont point voulu s’y fou-
mettre.
Si , depuis i ySz , nous avons continué de
mettre le cycle pafchal dans notre Table Chro-
nologique 3 c’eft l'*. parce que tous ceux qui
fuiveot ie Calendrier réforrné , ne l’ont pas
adm.is 'auftî-tôt après fa publication , & eue la
plupart des Eglifes Proteltantes ont été , jufques
vers ces derniers temps , attachées au Calendrier
Jul’en^; iP. a.ûn que ceux à qui il importe de
connoître le jour, que ceux qui fuivent encore
cet ancien Calendrier , célèbrent la Pâquechaque
année , puiftent le favoir par le moyen du cycle
pafchal continué. Pour cela , il ne faut que jeter
les yeux fur l’année de ce cycle , depuis la réfor-
mation dii Calendrier 3 & la comparer avec ia
même .innée du cycle qui précède la réforma-
tion. La Pâque , ces deux années-!à , tombe le
même jour , fuivant l'ancien Calendrier. Par
27t C Y C
exemple , je veux favo'r quel jour les Proteflans
ont cllebré la Pâque en léoo : je jette les yeux fur
la Table Chronologique, & jy vois qu en
léoo , c étoit la cinquième annee tîu cych paf-
cha’ • je remorte énfaite au cycle pafchal, pré-
cédent , & je vois que la cinquième annee de
ce cycle répond à Pan de J. C. 1068. L an 1068 ,
la Pâque tombait le 23 Mars 5 d ou je conclus
fans crainte de me tromper , qu en léoo les
Proteftans ont célébré la Paque le 25 Jiars^. Par
la même opération , je trouve toutes les Pâques
des Proteftans, jufqii’à ce qu’ils ayent abandonne
l’ancien Calendrier , Bc celle de tous ^ceux qui
le fuivent encore de nos jours , quelqu annee
qa’on puifîe me propofer. Ces Pâques des fec-
tateurâ de l’ancien Calendrier avancent ou rac
culenç, fur les nôtres quelquefois d un mois
entier ; tantôt elles s’en rapprochent p us ou
moins : leurs mois ne s’accordent point aufii ^en-
tièrement avec les nôtres, ainlî ; pour bien ^ en-
tendre avec eux , il faut que dans leurs actes
publics , comme dans leurs lettres miiTives , ils
ajoutent , vieu.x ftyle ou no’uveau fiylc. La d;ffe-
rence de l’un & de l’autre eft aujourd’hui de
onze jours , dont le nouv'eau iiy^e anticipe fur
le vieux , à caufe du retranchement fait en 1582.
Ainfi , le premier du mois fuivant les Sectateurs
du vieux ftyle , eft le 1 1 félon nous j & le i9^pour
eux eft le 50 pour no Us. Cette différente manière de
compter demande quelque attention , pour nous
bien entendre avec ceux qui ne fuivent pas le^ca-
lendricr réformé. Mais revenons au cycle pafcual.
11 eft appelé , par quelques Anciens , Annus
&par d’autres, ou cyclus magnus.
Nolis l’appelons aujourd’hui la ¥ triode Vidorie.tne,^
parce quelle 4 été compofée par Viélonus , nauf
d'Aquitaine, à la perfuaftond’Hilaire, Archidia-
cre de i’Eglife de Rome , fous le Pontificat de S.
Léon-!e-Grand. Le P. Pagi , dans fa critique de
Baronius, à l’an 469, n. 3, prouve que Viétonus
la eompofa l’an 477 , à l’occafion de la difpute
qui s’étoit élevée entre les Grecs & les Latins ,
au fujet delà Pâque de l’an 47 7. Il fixe le commen-
cement de çecre période a l’année de la Pafticn
du Sauveur , qui, félon la manièie de compter
de cet ancien Auteur , répond à l’an 28 de notre
-ère chrétienne ou de l’Incarnation , comme nous
comptons aujourd’hui. La mort de S. Jean de
Réome, rapportée au premier fiècle des Saints de
l’Ordre de S. Benoît, eft ainfi datée : Anna Domini
quingenceÇimo iuadeclmo , juxca quod in cyclo B.
ViAurii. . . . numerctur j date que le P. Mabdlon
rappor.iÆ à l’an 759 de l'Incarnation , en fai Tant
commencer la période de Viéforius avec la vingt-
huitième année de J. C.
Mais cette rnanière de la commencer n’a pas
duré long-temps. Denis-le-Petit , qui a travaillé
depuis fur la même période , lui a donné un autre
commencement , Se il la fait remonter un an au-
delïus de notre ère vulgaire j en forte que la pre-
C Y C
mière année de J. C. répond à la féconda année
de la période Viéto tienne , ainfi corrigée par
Desis-le-Petit. Marianus Scotiis , dans fa Chro-
nique , à l’an 731 , dit : explicit magnus cyclus
pufckalis Dxxxcr annorum, in cujus fecundo anno y
juxia Dyonijium naeus efl Dominas. C’eft ainfi
que nous avons arrangé le cycle pafchal dans
notre Table chronologique mais nous ne
prétendons pas que cet ordre ait ete unique ,
même depuis Denis-le-Petit , & qu’il ait été fuivï
par tous ceux qui ont fiait ufage de ce cycle (i).
V oici une date qui ne s’accorde point avec cet
arrangement. Elle eft tiree d une charte impri»
mée parmi les preuves du nouveau Gallia Chrif-
tiana ( t. 2. p. 387) : Acia efl hujufmodi Ecclejia
cnrculd. . . . unno Dominics. Incdrnutionts m lxxvj y
indiaione xir, cyclo pafckalis x , epaAn xir .con.~
carrentibus v. Ce cyclo pafckalis x ne quadre point
avec notre arrangement ; il faudroit cyclo pafhali
XIII , comme on peut le voir dans notre Table
Chronologique.
Mais peut-être que cyclus pafckalis ne fe prend
point ici pour le cycle pafchal que nous expli-
quons , & qu’il fe prend pour cyclus lunaris ,
que l’Auteur de la charte auroit appelé pafckalis y
parce que ce cycle lunaire pouvoir aufii lervir a
faire conncitre la Pâque. Deux railons appuient
cette conieiftiire : i°- le cycle lunaire x répond a
l’an icjé', & le cyde pafchal _x , proprement
dit , n’y répond point : 2^. jufqu’ici nous n avons
trouvé aucune charte qui foit datee par les années
du cycle pafchal , & nous en trouvons plufieurs
qui le font par le cycle lunaire. Au refie , que
cette conjefture foit vraie ou fauffe , tl eft conf-
tant d’ailleurs qu’il faut donner plufieurs commen-
cemens aa cycle pafchal , comme il en faut donner
plufieurs à la plupart de ces fortes d époques (2).
Blondel , dans fon Calendrier Romain
neroit volontiers au cycle pafchal ou a la période
Viélorienne , un commencement bien different
de celui que nous lui donnons en luivant Denis-
ic-Fetit. cc Si l’on vouloir , dit cet Auteur , ca
(i) En dreffant fur ce cycle, f’e la manière que
l’e-ipliquonsic!, routes les Pâques de l’ancien Calendrier dans
notre Table CHRONOLOGIQUE , nous ayons moins repre-
fen:é ce qui s’eft univerleilement pratiqué dans l’Eglile juj"
ques vers la fin du vin« fiècle. qne ce qui auroit ® ^
p-auquer, comme on le peut voir dans les notes qui tout
au bas des pages de cette Table.
(2) Tans un manuscrit du College de Clermont, fui-
rant le térooigeaze du P. Labbe {Eloics hijîor. i- il- F; t
an marque ainü la date de la mort du Roi Thierri i v ,
lit de Chelles , Roi de France : Hlativitaïc Domirti ujque
:n pru-fe- te^n anr.um , in qtto Theu ' ericus , Rcx prancorurns
ie/unSus efi , DCC. XXXVII . in qu> inàl Sior.e quintat
EpnSa XV , Conenrr. i, Lunx c rcu 'um XIII- XI V- X-'
Kaleni. Aprilis , Pafeha. IX. KA. ApriLs , Luna XXN ,
XXIV de annorum PXXXII ^ fecuniiùri Or.ecos, CycL9.
Ce cyde de 53a ans félon les Grecs, avoit commence jS
ans tvant J. C'. , puifqa’en 737 il étoit à la vingt-q»am®
année de fa troifième révolution. C’eft un exttnple, 7*'
plufieurs , des divers comHienceincns qu’on a donnes
Cycle Pafcal. ,
*, rttrograaaut J
C Y C
SB rétrosrac^snt , chercher le commencement de
« cette période , il Éiudroit prendre 456 années
» avanr'la nailfance de Notre- Seigneur ^ dans
X jaqueile on pourroir fuppofercue l'un & l'autre
" des deux cycles a commer.cé > lî nous voulons ,
=3 fuivant notre ufage , que la première année
» des Chrétiens ait deux pour cycle lunaire , & dix
. w 'pour foliire. Par ce moyen , nous trouverions
” que la première période aura fini dans l'année
» 7f depuis ia Nativité , qui avoir dix-neuf lÿowx.
M cycle lunaire , & vingt-huit pour folaire j &
” partant , que l'année 76 , ayant le nombre i
!» pour chacun de ces cycles:, eft le commencement
» de ia fécondé période 5 Tannée 608 j, celui de
M la troiiième 5 Tannée 1140^ de la quatrième 5
& Tannée 1672 aaroit été celui de la cin-
“ quième , s'il n'y avoir point eu d altération
dans ces cycles ^ par la correction du Caien-
.» drier » Ainfi raifonne Blondel ^ qui marque
plutôt ce qui auroit pu fe faire , que ce qui s’eil
fait. On peur remarquer ^ dans l'extrait que nous
donnons de cet Auteur , qu'avec tous les mo-
dernes 5 il confond le cycle lunaire avec celui de
\Ç) ans. Il faut néanmoins les diîîinguer^ comme
nous le faifons voir au mot Cycle lunaire. {L’ An
de vérifier les Dates. )
Cycle de lIndiction, P^oye^ Ixdiction.
Cycle Epique. Doye:^ Cercle mythique.
CYCLEE , habitant de Platée dans la Béotie ^
qui fut honoré dans ià patrie comme un Dieu peu
dant la guerre contre les Mèdes, par l'ordre de
la Pythie de Delphes ( cjf, de Idolat. 1. 1. c. 13. ).
CYCLOPÉE, danfe pantomime des anciens ,
dont le fujet étoit un Cyclope j ou plutôt un Po-
lyphème aveugle & eruvré. Il paroit que dans
cette pantomime le cyclope étoit le jouet d'au-
tres danfeurs ; d'oùj'on fit en grec le proverbe,
danfer la cyclopée , c'eit-à-dire , être baloté,
CYCLOPES, premiers- habitans de ia Sicile.
Selon la fable , ils étoienr enfans du Ciel & de ia
Terre , dit üéfiods ; mais Homère les fait enfans
de Neptune & d'Amphytrite. Ils travailloient
fous les ordres de Viücain, dans les antres du
Mont- Etna , à forger les foudres de Jupiter. Lorf-
que cette montagne jetoit des flammes , c' étoienr
celles qui fortoienr de la cheminée des forges des
Cyclopes ; & le bruit qu'occaiionnoienc les érup-
tions de cette montagne , n etoic autre chofe que
les coups donnés parles Cyclopes fur leurs enclu-
mes. Ils avoieot auifi des ateliers à Lemnos. Voye-^
Lemnos.
C' Les Cyclopes , dit Homère , font des gens
“ fuperbes , qui ne reconnoillenc point de loix,
& qui, fe confiant à la providence des Dieux,
» ne plantent ni ne sèment , mais fe nourrifTent
des fruits que la terre produit fans être cui-
” tîvée. Le froment , l’orge & le vin croilfeut
AntÎQuhés J Tome Ih
Y C
73
» chez eus en abondance ; les pluies de Jupiter
» grolTiiTent les fruits qui mûriilent en leur Ei-
» fon. Iis ne tiennent point d’aflemblce pour, dé-
” libérer fur les affaires publiques, & ne fe gou-
» vernent point par des loix générales qui règlent
» leurs mœurs & leur police ; mais ils habitent
» les fommets des montagnes , & fe tiennent dans
» des antres. Chacun gouverne fa famiîie St règne
« fur fa femme & fes enfans j mais ils n'ont point
» de pouvoir les u.ns fur les autres. » ils ont été
nommés Cyclopes , parce qu’ils n'avoient qu’un
œil rond au milieu du front. Efeuiape ayant été
frappé de ia foudre, fon père ApoUon n’efant ven-
ger fa mort fur Jupiter , fit tomber fa colère fin-
ies fabiicateurs de ia foudre, & les tua tous à
coups de flèches- O.n les repréfente ordinairement
comme des antropophages , dévorant tous les
étrangers qui avoient le malheur de tomber en'tr®-
leurs mains. Cependant, malgré leur méchanceté ,
iis furent mis au rang des Dieux 5 <Sc , dans un tem-
ple de Corinthe, i!s avoient un autel (Paufan il.')
qui leur étoit dédié , & fur lequel on leur oîFro.it
des facrifices. Les principaux d’entre les Cyclopes
étoient Polyphime , Brontés , Stéropes 8c Pyrac-
mon. Euripide a donné une efpèce de farce en cinq
aétes , fous le nom de Cyclope. C’efl; la fable de
Polyphénie , qui veut dévorer Ulyfie & fes com-
pagnons.
«Les Cyclopes éteient des géans - énormes :
c’elt une allufion à la hauteur des montagnes vol-
caniques ; ils n’avoient qu’un œil étincelant au
milieu du front ; c’elt: une allégorie de leur cra-
tère , & une traduciion de leur nom même , qui
lignifie exactement œiL londl^ , clrci lus i «'4'#
oculus ) ; ils h-abstoient les cavernes de la Sicile :
ce font les cavités volcaniques ; iis ont habité
Tille de Lipari , qui eft aulîi un volcan ; ils for-
geoient les foudres de Jupiter , formées de trois
rayons d’eau, trois de brouillard & trois de feu;
allufion aux phénomènes qui accom,.'agaenî les
éruptions; ils s’appeloienr ( proprement) tonnerre,
foudre & éclair , parce que les volcans produifent
ces phénomènes ; dans les cavités de la Sicile ,
on entendoit retentir les bruits fourds de leurs
marteaux. Ils éroient fils du Ciel & de la Terre ,
à caufe de leur hauteur 8c de leurs racines pro-
fondes; ou ils étoienr fils de Neptune, parce que
ces volcans éroient entourés de la mer. =3
i^Polyphême , leur chef , n’efl: autre chofe que
1“ Etna J fon nom ligniiie en grec celui qui crie
beaucoup, ou le mueilïant. Ainli, le géant Foly-
botes , dans la mer Egée , fut également un vol-
can. Polyphême étoit fils de Neptune 8c d’Europe,
à caufe de fa pofition phyfique ; ou bien Ci datas,
en grec celui qui fecoue { agita , dater , agitacn) ,
8c Açftilbe, en grec l’éclair; ou de Neptune &
de ia Nymphe Thoofz, en grec la rapide. Un autre
des Cyclopes fe nommoit harpes , en grec celui
qui reçoit ÿ un autre Pyrcemon , en grec enclume
enfiammée. Enfla (car de trop longues explications
M m
î74 C y C ^
deviennent fuperfiues ) je vais citer ün paffage de
Jvonnus J qui décide évidemment la queftion.
€c Les phalanges des Cydopes accoururent : leurs
r> mains défarmées lançoient des montagnes ; les
•» pierres & les rocs leur fervoient d' armes & de
» lances; un roc étoit leur hache ^ & les flam-
» mes de la Sicile étoient leurs flèches. Les fol-
» dats portoient du feu dans leurs mains, Bronté ,
» Stéropé, Euryale , Elatreus, Ægès, Trachius ,
» & le fuperbe Alymèdes. Mais Polyphême , fils
M de ÎNeptune, dont la tête s’élevait jufqu’aux
5= nues , les furpaffoit tous. « ( î\lonni Dionys.
l. xjii. ). Peut-on mieux défigner des volcans ?
& ne voit-on pas ici le plus grand rapport entre
les combats des Titans , d'Aloüs , Typhée &
Mimas , & ceux des Cydopes dont les armes font
des rochers ? Que fera donc faventure d’Ülyffe
avec Polyphême , qui, pour fe venger, ameute
les Cydopes , & jette des pierres à ülylTe, afin de
fubmerger for. vaîffeau ? J'obferve en paflant que
ces preuves diverfes vérifient ce qu'a découvert la
phyfique moderne , que la Sicile eut autrefois un
grand nombre de volcans, dont l'Etna relie feul.
Les Cydopes font en effet en grand nombre , &
Ton difoit qu’ils dévoroient les étrangers , dans
ces temps reculés où la Sicile étoit inhabitable.
La mémoire de cette époque avoit donc paffé par
tradition allégorique jufqu'à Homère , & par con-
féquent on avoit celle du temps où la Sicile fut
habitée, & commença à devenir le grenier de
l’Italie. Ce temps eft évidemment défigné dans
cette tradition par les victoires d’Ulylfe fur Poly-
phême , par la punition qu’Apollon avoit infligée
aux Cydopes , pour avoir fourni les foudres dont
fut tué fon fils Efculape , & par les foudres dont
Jupiter les écrâfa quand il les précipita dans le
Tartare. »
« Le même fort avoit été réfervé à ces géans
audacieux, qui avoient form.é l'infenfé projet d’ef-
calader le ciel , qui lançoient des rochers en-
flammés contre les Dieux , & qui portèrent jadis
l’épouvante dans l’Olympe- Phaeton, le Serpen-
taire, l'intrépide Orion en furent épouvantés, &
chalTés de leurs places éternelles ; l'ourfe elle-
même frémit fous le pôle glacé. Le règne fut long
de ces hommes féroces , & leurs attaques furent
fouvent renouvelées ; mais tous lesJJieux réuni-
rent leurs forces, & iis furent écrâfés fous les
foudres de Jupiter ; les montagnes mêmes qu’ils
avoient lancées leur fervirent de tombeau; quel-
quefois encore ils s’agitent fous ce lourd fardeau,
& ils font trembler la Sicile; mais Jupiter les
tient en refpeél , Se les campagnes qu’ils avoient
dévallées font couvettes de riches moiflons. Voici
donc encore cette grande époque hiftorique vifi-
blement défignée ; ce qui dans des recherches ul-
térieures pourra fervir à trouver le temps où la
Sicile fut réellement habitable. Qu’on Hfe dans
cet efprit Homère, Nonnus, Virgile, Ovide, la
Gigantomachie de Ciaudien ; & Ton fe confir-
C Y C
mera dans cette vérité , que ces géans, ces Ti-
tans, ces fiers enfans de la Terre, ennemis des
Dieux & des Agriculteurs , ne font autre chofe
que des volcans. »
« Mais la Sicile n’avoit pas été le feul théâtre
de leur fureur. Il paroît qu’à la même époque ,
tous les pays que baigne la Méditerranée, depuis
la Sicile jufqu’au détroit de Marmora , avoient
été ravagés par des volcans. A la vérité , tout cela
eft conté en langage allégorique ; majs nous le
connoiflbns , & déformais il fera impofiîble de
s’y méprendre. Seroit-ce , comme l’ont dit les
anciens, que l’Océan, brifant les barrières du
détroit de Gibralîar,eût inondé un pays habité,
& formé un déluge partiel.^ Toujours eft-ii évi-
dent que toutes les ifles qui feroient les fom.mités
échappées à cette inondation , ont été volcani-
ques ; Rhodes, Mycone , Délos , Anaphé , Té-
nédos, Calydna , Icaria , & une m.ultitude d’au-
tre. ( Jfayep La belle Hijioire des Voyages de M. le
Comte de Ckoifeuil-Gouff.er , dont je ne puis citer
tous les pafîàges ). Lemnos , l’ille de \ ulcain ,
fut un des plus célèbres volcans de cette mer;
car par -tout où Vulcain étoit folemnellem.ent
adoré , on doit être afluré qu’il y avoir eu des
volcans.
Lemnos cara Deo , nee fama notior Ætne ,
Aat Lipares domus
( Vnl. Fl. l. il. V. 95. )
Ventum erat ad rupem , cajus pendentia nigrls
Fumant faxa jugis , coquicurque vaporibus a'êr.
( Jd. V. 331.)
La Reine parlant aux Argaunautes , leur dit :
Hac entra videtis ,
Vulcanique ,ait , ecce domos ; datevina prêt efque ;
Forfitan hoc factum taceat jam fulmen in, antro ,
Non dabit ipfa fidem , daufi cum murmura flammas
Eofpes , & incujfs. fonitum mïrahere majfs.
( Id V. 33J-)
C’eft à Jafon qu’Hypfipyle faifoit amfi voir les
volcans de Lemnos , que le Poète appelle le palais
de Vulcain. »
c<La Thrace éprouva les mêmes ravages ;il
que le golfe de Theffalonique , appelé autretois
lé golfe de Thermes, ou des eaux chaudes, pro-
duifit cet effet en entrant dans les terres, & fepara
l’ifle d’Eubée du continent. Les champs voilms
furent embrâfés précifément comme les campa-
gnes d’Italie , & portèrent également le nom de
cham.ps Phlégréens. Cette terre fut appelée HyJ-
tlée , OU la brûlée , ôt il y avoit en
ville de ce nomMl y eut phifieurs villes d Hepàej-
tium ou de Vulcain; une à Lemnos, dont la co '
line voifiue fourniflbit la fameufe terre de Lemnos j
C Y C
■^ne autre dans îa tribu Aitamantide en Aîtique ,
avec un teînple dédié à Vulcain. Les monts vol-
caniques de Lycie s’appeloient les monts Héphef-
tiens J & i'on y voyoit auflî une ville d’Hépheftie :
tout cela tient à des temps très-reculés , & fem-
ble appartenir à la même époque. ”
« Cependant les côtes de rAfie’ont long-temps
fumé de ce même incendie. La Troade fut fub-
mergéc ^ & il relia plufieurs volcans fur fes bords,
comme l'iGe de Typhon & celle de Ténédos.
La Myfie fut long-teftips expofée à ces rava-
ges 5 & il faut les lire dans le langage figuré
qui en a confervé la mémoire. Nonnus nous a
Sÿanfmis cette peinture allégorique fous le nom
aè^ypkée , qui fut auflî un des noms de F Etna ;
tant il ell vrai que ces perfonnages ont défigné
des volcans :
^Ita. jacet vafii fuper ora Typhnos Ætna ,
Cu]iis anhelatis ignibus ardet humus.
( Ovld. Fuji. l. / r, )
Dans les Métamorphofes, c’eft la Sicile entière
qui couvre Typhée :
V alla gigant&is injecta ejl infula membris
Trinacris , & magrtts fubjeHum molibus urget
Ætkereas aufum fperare Typkoetda fedes.
Voici un pafiage de Pindare qui confond le
Typhée ou les volcans d’Afie avec ceux d'Italie j
ce qui prouve que c'étoit un nom générique.
« L'ennemi des Dieux, Typhée aux cent têtes ,
» qui fut jadis élevé dans un antre fameux de Ci-
» licie, Typhée efi: couché dans le fond du Tar-
” tare. Maintenant les rivages efcarpés de Cumes
» & ceux de la Sicile , prefient fa poitrine velue.
» L'Etna , dont le front efi; couvert de neige du-
» tant toute l'année , cette colonne qui foutient
» le ciel, l’accable de fon poids. Du fond de cette
» montagne fortsnt des fources d’un feu pur &
» inabordable Ce reptile vomit des fleuves
» de feu , &C. ( Pindar. Pyth. Od. I . ).
M^îaintenant je vais citer un pafiage qui prouve
que ce nom de Typhée fut donné à un autre vol-
can , à celui àTfckia , près de Naples , autrefois
Inarme , Ænaria, Arima :
Tum fonita Prockyta alta tremit , dirumque cubîle
Inarims , Jovis imperiis , impofia Typhàio.
( Æneid. x. )
Et Claudien ( de raptu Proferp. l, iil. ) ;
....... Rapitne Typhϕa cervix
Inarims ?
Et Lucain ( Pharfale^ l. r. ) :
.... Ccu. Siculus fiammis urgeatihus Ætnam
Vndat apex : campana fremens tsu faxa vaporat ,
Conditus Inarimes sternâ mole Typk&us.
” La Cilicie fut appelée auflî Inarime , Arime ,
comme on le verra dans le récit de Nonnus. ce Les
» guerriers alloient & venoient dans le camp, avec
» un bruit pareil à celui d’un grand incendie qui
» embrâferoic le monde. La terre retenrifibit,
» comme lorfque Jupiter irrité la foudroie dans
« les champs Ariroéens , où l'on dit qu'eft la vafte
» couche de Typhée. « Homère , d’où ce pafiage
efi tiré ( lliad. il , 628. ), fait allufion à la Cilicie.
Les Arimes, dit Strabon , habitent la Syrie 5 c'efi
le pays d'Aram. L’Oronte , fleuve de Syrie , s’ao-
peloit autrefois Typhon. Efchyle & Pindare font
Typhée natif de la Cilicie. Toutes ces différences
viennent de ce que Typhée étoit un nom de
volcan. »
ce Cadmus allant chercher Europe, que le taureau
avoir enlevée , parcourut la terre ; ce il alla dans
" la grotte meurtrière des Arimes , où les monf-
” très infenfés brisèrent jadis les portes de l'Olym-
» pe Jupiter , qui vouloit donner le jour â
Tantale , ( Tantale étoit un mont de Myfie, au*
près duquel -étoit la ville Tantalis , la fille de
Tantale. Dans une éruption volcanique , il fut en-
touré d’eaux & de marais , en forte que ce Roi
ne pouvoir ni boire ni manger. P"cyeq_ Niosii
Plota étoit une ifle volcanique de ces parages , &
fille d’Eole , comme les volcans ou les ifles
Eoliennes d’Itajie ) , rechercha les faveurs de
Plota , fille d’Éole. Le Dieu cacha fes foudres
fous une roche, ce La roche en fat noirde ; les
” fontaines bouillonnoient par le feu caché, fem-
» blable à une flèche acérée. Le gouffre écumant
» de Mygdonie retentifibit du bruit de la vapeur ;
» & le Cilicien Typhée étendant fes mains, au
“ fignal que lui en donna la Terre, déroba les ar-
» mes couvertes de neige, mais brûlantes, de Ja-
» piter. “ La ISÎygdonie étoit une contrée de My-
fie , qui devint très-fertile depuis , comme tous
les pays volcaniques ; {Aut pingais Phrygis. Myg-
donias opes. Horat. ). Ce fut îa patrie de Niobé,
roche volcanique : là régna le Roi imaginaire
Mygdonus , frère d’Hécube , & père de ce jeune
Chorèbe , amoureux de Cafiandre , dont Virgile a
célébré la valeur & la fin déplorable.
cc Nonnus, qui fait quelques écarts poétiques,
trace enfuite une peinture de Typhée , dont la
voix horrible reflem.ble au rugifiement des bêtes
féroces, & qui réunit les fureurs des tigres, des
lions & des taureaux. Il attaque les deux, il épou-
vante les confiellations , il ofe combattre la lune
elle-même, ce Cependant les faifons intrépides ar-
» ment les phalanges célefies ; les révolutions des
« cieux font entendre leurs cris , la flamme brille ,
« l’air frémit du bruit de cette armée variée ,
M compofée de ceux qui habitent le Nord , le
« Sud, le Levant, le Couchant Orion dé-
« gaine fon glaive pour combattre le géant » } le
Mm ij
2.7^ c y G
cWen le ponrfuit , Opniachus s arme , le aragon
du pôle ^ ie Chartier , ie bouvier , tous réunif-
fent contre Fennemi commun. « Cependant Ty-
» phée ébranle les fommets du CorycuSj & pe-
îj fant fur les dots du Cilix ^ il confond de fa main
Tarfc & Cydnus «■ ( Le Corycas cft une mon-
tagne de Lvcic:, Tarfe en eft une ville , & le Cyd-
Eus eft le fleuve qui la baigne 5 ce qui déiîgne une
fubmeriîon de cette ville. ) ». _
« Le Poète peint enfuite le combat allegonque
du géant avec ‘Neptune . & enfin avec .Tupiter ^
qui le foudroie : le géant ne produit plus^ qu’un
mugilTernent fourd ; Fair defféché permet à peine
qu’il tombe une foible rofée; il ne lance plus que
quelques étincelles; fes foudres ceilent à 'la pre-
fence de Jupiter ». ( Cet article ejt de M. Rabaud
de Saint-Eftienne).
Sur un bas-relief du Capitole on nmit les Cy-
elapes qui forgent des armes, lis font prefque nuds,
& ont'les deux yeux bien exprimés. Près d’eux
font placés trois guerriers armés à l’héroïque j
avec Paiîas & deux autres femmes.^Ces guerriers
font peut-être ceux pour lefquels Vulcain avoir
forgé des armes , Achille , Memnon & Enée.
Sur un bas-reliei de la villa Albani ( M.onum.
Inediti , n°. 3b. )» on voit à Polyphême , outre
les deux yeux ordinaires, fon œil de Cyclope ,
très-bien exprimé au .milieu du front.
Cyclopes ( oa voit fur les médailles de Co-
rinthe des ), Paufanias ( Ub. 2. p. 83. ) dit que les
Corinthiens leur avoient élevé un autel.
. CYCNES. Voyez^ Cygnus.
CYDATIANO {deo). Muratori (41. i. Tkcf
infcrlpti. ) rapporte une infcription , dans laquelle
on lit Deo Cydatiana. Ce favunt dît que Cyda-
tianus étoit probablement un furnom de Bacchus.
CYDIPPE 3 Nymphe de Fifle de Délos. Voye:^
Aconce.
Cydîppe , Frêtre.fte de Junon , mère de Cléobis
8c de Biron. Y aye^ Rïton'.
Cydîppe ^ une des Nyirçhes, compagne de
Cyrène^ raère d’Ariftée.
CYDNAj-en Lycie.
M. Combe feul attribue à cette ville une mé-
daille autonome d’argent ^ avec les lettres K. Y j
& une lyre ( Nam. Vet. Hanter, ).
CYDON. Voye:^ Acacallis.
CYD-ONIA, en Crète. KYAaNlATAK.
Les médailles autonomes de cette ville font r
R. en argent.
C. en bronze.
O. en or.
Leurs types ordinaires font une louve allakant
un enfant , un aigle volant ^ un croilfant j un
raifin.
Cette ville a fait frapper des médaillés impé-
riales grecques en l’honneur d’Augufte , de Ti-
bère j de Claude, de Néron, de Yitellius , de
C Y G
Vefpafien , de Domitien , d’Hadrien , d’Antonin ,
de Julia Domna.
CYGNE. Le Mémoire que je lus à l’Académie
des Sciences le Juillet 1783 , & le 29 du même
mois à l’A.cadémie des Infcriptions fur des cygnes
qui chantent, n’étant pas imprirné à l'époque oû
parut l’article cygne du DiCîionn.ûre des Oifeaux ,
faifant partie de l’Encyclopédie méthodique , ?4.
Mauduit fe vit forcé de renvoyer au Dictionnaire
d’Antiqiiités l’article des cygnes fauvages ou chan-
tanss c’eft pourquoi je l’insère ici prefqu’en entier.
Le chant mélodieux des cygnes , célébré par
tant de Poètes. d’Hiftoriens, & même de Natu-
raliftes , depuis Homère 8c Hélîode jnfo.u’à ce
jour . n’eft il que le fruit de leur imagmation ? , .
Si au contraire il exifte . pourquoi ne l’entendons-
nous plus ? .... Ce font deux queftions dont on
s’eS occupé fouvent fans fruit, & qu’un heu-
reux hafard , fécondé par des recherches . m’a
donné lieu d’approfondir.
EHen , qui écrivcit fur l'Hiftoire des Animaux,
fous le règne d’Alexandre Sévère , vers le milieu
du troifième fiècle , a refufé le chant aux cygnes
dans fon premier livre ( cap. 30y; mais dans le
vingtième, ilafture, d’après le témoignage d‘A-
riftote, qu’on en avoit fouvent entendu chanter
dans la mer d’Afrique . & il ajoure qu’il n’en fau-
roir parler que fur le rapport d’obfervateurs étran-
gers , n’ayant jamais pu les entendre lui-même.
Pline n’avoit pas été plus heureux, malgré les-
peines qu’il s’étoit données pour ailifler à leurs
concerts (/zi. 10. cap. 23.) : aufti en nie-t-if
Fexiftence, d’après fes propres expériences ( . . .,
Falfo, ut arbhror aÜqaot experimentis. }. Hécatée.
de Milet, cité par Elien dans fon onzième livre,
(cap. I. ) , difoit que les cygnes des régions hj-
perboréennes s’apprcchcient tous les ans des Prê-
tres & des Muficiens , qui célébroient. par des
chants & des concerts d’inftrumens , la fête
d’Apollon , Sc qu’ils joignoient leurs voix mélo-
dieufes aux Hymnes facrés- Lucien cependant,,
qui favolt diftinguer les ohfervations des Natu-
raliftes des récits fuperftitieux , afllire , dans fon
Vojrage d’iralie , réel ou fuppofé {Lucianas de
elehro feu cygnis, ) , que les cygnes du Pô ne
chantoient pas. Bien loin de célébrer , par de
doux accords , la mémoire de Phaèton leur
ancien ami , comm.e le croyoient les Grecs
ils ne pouftbient que des cris défagréabîes. Les
Habitans des rives du Pô afîurêrent aux Voya-
geurs que les corbeaux & les geais pouvoient paf-
fer pour des fyrênes auprès d’eux ; il ne leur
étoit jamais arrivé de leur entendre chanter riea
d’agréable , pas plus que de trouver fur les peu-
pliers de l’ambre formé par les larmes des fœura
de Phaëton-
Tant de vari.itîons fiir un oifeau ft cqrmir en.
apparence des Grecs & des Rc«r.ains , ont jete-
le& Modernes dans une grande perplexité. Moim>
„ C Y G
^ Y Acidémie des Înfcrîptions , a réfolu îa que-
ftion , en difant que les Anciens cnt faic chan-
ter les cygnes , cornine iis ont fait parier les bê-
tes ( Aîém. , torrz. V , pag. loj. ). Cette mani/re
de raifonner meCiéroit très fort à un iNatura-
lille : au/S Aldrovande a-t-ii fuivi une marche
bien differente. J'en vais donner un apperçu
après avoir fait obferver que je paffe exprès fous
fiience la circonilance de leur mort , que l’on
croyoit être annoncte par des accens mélodie'ax.
On frit que la plupart des animaux , Curant
leur fin approcher j fe retirent dans des endroits
ccartés5&' que la nature défaillante ne fauroit pro-
duire des efforts J tels que le chant femble les exiger.
Aldrovande obferv'a le premier ^ que la trachée-
artère du cygne fauvage ne s'inftroit pas au fortir
du col immédiatetr.ènt dans la cavité du thorax ^
rnaïs feulement après avoir ferpenté dans une ca-
V'ité du lîernum j particulière à fon efpèce , à la
grue & à quelques autres oifeaux en petit nombre.
II attribue à cette conformation de la trachée ,
qui^en double prefque la longueur, deux ufages
différens ( Ornitkolog- lib, 1 9 cap. i . ) : Tun de
conferver un plus grand volume d'air, pour four-
nir a la refpiration du cygne ^ qui plonge & bar-
bote fouvent pendant un quart-d'lieure entier ;
1 autre de donner une grande étendue & un grand
volume a la voix. Nous ne dirons rien du pre-
mier ufage que le cygne domeftique devroit par-
tager avec le fauvage , puifque l'un & Tautre
fe comportent de même fur l’eau. Quant au
fécond , il devroit être commun à la grue & à
tous les oifeaux qui ont la trachée ainiî confor-
mée , fans que leur cri en foit cependant moins
défagréable. Tel fera toujours le fore des Natura-
liites qui voudront deviner les caufés finales j
1 erreur deviendra le plus fouvent leur partage.
La ftruârure de la trachée du cygne a fait
prendre a Aldrovande Taffirmative dans le par-
tage des opinions fur le chant de cet oifeau -, il a
feulement reftremt le chant au cygne fauvage ,
d apres le témoignage de Frédéric Pendau &
de Georges Braun.
Le premier lui avoir affure ou’en le pro-
menant dans une barque fur le lac de Mantoue ,
il avoir fouvent entendu le chant mélodieux de
certains cygnes. Braun difoit qu’on voyoit fur la
Manche, près de Londres, des troupes de cygnes
qui voioient_ au-devant des vaiiTeaux , &Yem-
bloient féliciter les PalTagers de leur retour, par
des cûants doux & gracieux. On n'entend plus
ce chant des cygnes dans i'îtalie ; ils font aufïi
mucLS fur le lac de Mantoue , que fur les bords
Cil Caiitre oc du IVicandre. Des Voyageurs mo-
dernes les ont cherchés en vain fur ces fleuves de
1 AnCj d apres les traditîoiis Grecques-
ce eil des cygnes Anglois chantans
de .o-raun ^ li^oughby 8c Ray' fon Commenta-
tear , en ont nie i exiftence. Cependant , Ray
ajoute ces paroles exprslEves : « Le aom An-
C Y G
277
» glois Hooper , relatif au cri perçant que l'on
” a donné au cygne fauvage, annonce qu'il a une
=3 voix forte , & qui peut être entendue de fort
loin ( Cygnum enim ferum vocem vehementem
edere , & qu& a. longinquo audiatur , -vel ipfiim
nomen Ar.glicum a clamort & vociferatione indi~
tum , arguit. Hooper W illu^hbii Ornitkol. , lib. 3 ,
cap. 2.) «. Tranferivons a leur fuite un pafîage
d'Olaiis V/ormius fur le chant du cygne ; & nous
aurons fous les yeux tout ce que les Naturaliftes
des flècles précédées en ont écrit. Ceux de notre
fiècie n'ont , pour la plupart , rien laifle fur ce
chant J eiitr'autres M. Briflbn , la première Ency-
clopédie {Tome iil.'} Sc Edwards lui-même, à
qui nous devons d'ailleurs un très-bon delfin du
cygîie fauvage. « Il y avoir, dit Wormius, da.ns
" ma maifon, un jeune homme très- véridique ,
" appelé Jean Rollorf. . . . né en Norwège;
» il m’alTura, fous la foi du ferment, qu'il avoir
entendu un jour dans le canton de Nidros , fur
» le rivage de la mer & de grand matin , un
” bruit extraordinaire & très-agréable , mêlé ce
” fifflemens & de fons gracieux. Ignorant ce
» qui pouvoir produire ces fons , dont il ne
» voyoit point la caufe, il m.o.nta fur un promon-
toire élevé , & aperçut dans un petit golfe
» voifîn une multitude innombrable de cygnes ,
” qui rendoient ces fons mélodieux & les plus
" flatteurs qu'il ait jamais entendus. J'ai appris,
” continue Wormius , de plufieurs Irlandois mes
» Difciples , que l'on entendoir fouvent cette
’> hamonie dans les endroits fréquentés par les
” rapporté , ajoute-t-il encore , ces
» difrérens témoignages , afin de montrer , par
des expériences modernes, que tant d' Auteurs
* iilui'fres ne s'éroient pas trompés en parlant du.
" enanr des cygnes {Alafanm JV ormian. nl-c.l^')
^Les Ornithologifles en ont dilfingiré deux ef-
pècesj cygnus manfaetiis , le cygne dosneftiqiie ,
fii/an des Anglois 5 &: le cygne fauvage , cygnus
ficus , en .Angleterre, widd'-fwan ou hooper. Le
principal caraélère qui les diftingue l un de l'autre
efl: l'infertion , & la plicature de la trachée-artère
dans une cavité paniculicre du flernum, avant
fon introduéfion dans celle du thorax.- A,ldrovande
qui les avoir découvertes- , les crut communes aux
deux efpèces. Ray ayant diflequé des indi-vidus de
l'iine & de l'autre , n’a trouvé la tracliée ainlî
repliée que dans le cygne fauvage. M. Daubenton a
confirmé cette obfervatfon furie cygne fauvage;
mais n'ayant jamais diîTéqué de cygne domelfi-
que, ce lavant Naturaliife nafliire pas que ce ca-
ractère lui appartienne ainlî qu'au cygne fauvage.
Ray ,' comme nous l'avons vu , le lui reflife con-
flamment , d'après des diffedtions multipliées des
uns & des autres. On peur l’en croire , & éta-
blir pour^caraélère diftinétif intérieur du cygne
fauvage, l'infertioa S-r la plicature de la trachée-
artère dans le flernum.
Le bec offre un caradière extérieur qui a été
C Y G
parfaitement faifi , quoiqu’il fe détruife après ,1a
înort par le defsèchement , comme on s en ap-
perçoit fur le cygne fauvage du ca omet du Roi.
Dans le cygne doroeilique, la ba^e üu bec eft
recouverte jufqu a l’œil dune peau noire, tandis
que le refte du bec eft rougeâtre. Dans le cygne
fauvage au -contraire, la pointe du bec eit noire,
& la bafe jufqu’à l’œil ek tres-)aune. Willoughby,
Ray & plufieurs autres dilent que_ le plumage
du cygne fauvage eft mêlé de gris , fur-tout
vers les aîîes 8c le manteau. M. Bnlion , d^ns
fa defcrioîion du cygne fauvage , faite fur un
individu 'du Cabinet de Madame de Bandevilie,
dit que ce cygne eft entièrement blanc , comme
le c^gne domeftique. Edwards eft du naême avis,
feul conforme à la vérité 5 mais tous s accordent
à repréfeiuer le cygne fauvage comme pius petit
& plus léger que les cygnes de nos canaux j ce
qui n’eft pas vrai Voila dans la plus
grande exadtitudé tout ce qu on a écrit fur les
cygnes jufqu à ce jour. Je vais à préfeat rappor-
ter mes obfervations particulières. _
Ayant appris que ron confervoît a la n^ena-
gerie de Chantilly une efpèce de cygne chantant,
je m’y rendis le 15 Juillet 1783 > ^ ayant
long-temps examinés avec un des Infpedleurs ( M.
l’Ecailler) , je recueillis les remarques 8c les ob-
fervations qu’il me communiqua avec la plus
grande complaifance.
En 1740 , un cygne , de l’efpèce du cygne
fauvage, s’abattit fur le grand canal de Cnantilly,
y fut pris & confervé pendant trois ans , après
lefquels il mourut. La grande jeunefîe dej’lnfpec-
teur à l’inftant de cette mort, l’a empêché den
conferver un fouvenir diftindl. En 1737, un pa-
reil , âgé de trois ans , fe fixa fur le canal avec les
cygnes domeftiques , y vécut pendant fix^ ans.
Après ce temps, i! les abandonna de lui-même,
oC fe tranfporta dans un baSin qui eft place^ au
milieu de la Ménagerie , 8c qui eft appelé le
baflin de la colonne, à caufe d’une colonne de
porphyre , élevée jadis dans le milieu de cette
pièce .d’eau. Un coup de tonnerre le tua en_ 1774 ;
de forte que ces deux prem.iers n’ont point été
obfervés, ou l’ont été fi mal , que nous ne les
rappellerons plus dans ce Mémoire. Le chant de
celui que la foudre écrafa , attira , pendant le
rigoureux hiver de 1769, les deux cygnes chan-
tans aéluellement vivans , mâle & femelle. Ils fe
pofèrent fur le canal , où on les reconnut aufli-
rôt pour des cygnes étrangers, à la couleur jaune
de la bafe de leurs becs. On chercha à les prendre ,
en leur jetant du grain , comme aux autres cy -
gnes : iis s’accoutumè-ent à le manger ; & après
quelques jours , ils s’approchèrent des perfonnes
qui nourriffent ces oifeaux. Alors on jeta du grain
fur l’eau du canal ; fa pefanteur le précipita au
C Y G
des nœuds couians. Us étoient âgés de trois ans
à-peu près \ c’eft-à-dire , qu ils n’avoient plus dg
duvet gris , & n oâroient qu’un plumage entière-
ment blanc.
Les ayant nais feuls dans le baflân de la colonne,
on leur coupa , jufqu’à la peau , neuf plumes
des ailes. Malgré cette op-cration , ils profi-
tèrent d’un coup de vent pour s’élever au-deffus
de la haie qui féparoit leur bafiin du grand ca-
nal , où ils fe mêlèrent avec les autres. Il fallut
recourir aux amorces & aux nœuds couians pour
les reprendre. Voulant les fixer feuls dans le baffin
de la colonne , i’Infpeâeur de la Ménagerie les
fit ejointer , c’eft-à-dire qu’avec des tenailles rou-
gies au feu, on leur abattit le fouet des ailes. De-
puis ce moment , iis n’ont plus quitté la colonne:
fans être familiers , iis fe Liftent approcher pat
rinfpeéteur , & prennent de fa main des laitues
& d’autres herbages. On leur a donné à Chan-
tilly le nom de cygnes pâles , à caufe de la peaa
jaune qui recouvre la baie de leur bec, & on le»
y appelle Amplement Us pâles.
Ces deux cygnes firent, en 1779 , une première
couvée de fix œufs, dont il naquit un feul petit,
mâle, adtueüement vivant. Ce jeune individu,
parvenu à l’adolefcence , rechercha la compagnie
des oies & des canards femelles ; mais il en fut
rebuté. Il a confervé depuis cette époque une S
forte antipathie pour les canards , qu il court fur
eux, & veut les tuer. Il a l’air fort trifte : cette
mélancolie étott peut-être produite par un acci-
dent qui le faifoit boiter depuis quelques jours.
En 1780, fes père & mère firent leur fécondé
couvée de fept œufs. Quatre petits vinrent à
terme , mais ils vécurent peu de jours. La trôi-
fième ponte de 1781 fut aufii nombreufe & auffl
mialheureufe ; les cinq petits qui vinrent feuls a
éclore, moururent bientôt. Celle de 1781 a bien
réiifti ; il en eft forti quatre jeunes cygnes , qui
font bien portans , & couverts d’un duvet gris
cendré , plus clair que le gris des jeunes cygnes
domeftiques; ils font auflî plus forts & plus gros
que les jeunes du canal , leurs contemporains.
L’Infpeâeur croit les reconnoitre pour deux mâles
Sc deux femelles , & il penfe qu’ils feront plus
gros 8c plus forts que leur père & mère.
Ceux-ci ont , comme le cygne fauvage , R
bafe du bec jaune 8c la partie cornée noire.
pointe du bec eft beaucoup plus effilée eue dans
Je cygne domeftique. Le tubercule qui eft place a
la bafe du bec de ce dernier, eft entièrement
oblitéré dans les cygnes qui chantent , comme L
repréfentent auftl les deffins de Willoughby k
d’Ed vards; leur col eft plus délié , 8c
n’avoir que la moitié de la grofleur du col des
cygnes domeftiques ; ce qui leur donne une grâce
nngulière. L’envergure des cygnes chantans c
plus grande , les plumes plus groftes , ta tau
plus haute , le col plus long de quatre doigts,
les genoux plus élevés de fix lignes au moins q
C Y G
dans îe cygne domeftiquê. Quand ils nagent , ils
ne balancent point leur tête & leur col comme
les autres, dont le mouvement relTemble à celui
des barques j mais ils paroiffent immobiles , &
fendent l’eau comme un vaifieaii. L'Infpei5î:eur
qui avoit examiné , fans diiTeétion anatomique ,
les fquelettes des deux premiers morts , leur a
conftamment trouvé les os plus gros ; il en con-
clut que les cygnes chantans doivent voler beau-
coup mieux & plus long-temps que les autres.
L’expérience a confirmé ce foupçon; car nous
les avons déjà vu s’élever par-deiïus des haies,
pour rejoindre les cygnes du canal , quoiqu’on
leur eut coupé neuf plumes des ailes : d’ailleurs
ils volent bien au-delà de la portée du fufil, &
s’élèvent à la plus grande hauteur. Leur chant,
dont je parlerai tout-à-i’heure, les fait diftinguer
dans les airs, à cette élévation. Tout le monde
fait en effet que le cygne domeftiqtie , pofé ou
volant, ne fait entendre aucun cri j il rend feule-
ment un fon étouffé & auffi foible que le rou-
coulement des pigeons, lorfqii’il eft molefté, ou
qu il appelle fa femelle. Le chant en fit reconnoî-
cinq qui paffèrent au-deflus de Chant!il7, &
s y arrêtèrent quelques heures pendant l’hiver de
1768. Cette famille étoit compofée du mâle , de
trots petits & de la femelle ; ils voloient dans
I ordre où je viens de les énoncer. Le mâle
alloit le premier à la diftance de 80 à 100 toi-
fes ; il fembloit indiquer la route aux autres ; il
étoîî fuivi par les petits, qui paroiffoient n’avoir
que deux ans j n’étant pas encore tout blancs; la
femelle fermoir la marche. Toutes les eaux de
Chantilly éroîent gelées, à l’exception d’une petite
portion du canal , où elles font vives & très-
coalantes ; ce fut-Ià que s’abattit la caravane,
preffee par la foif. Le m.âle s’approcha de l’eau
courante avec précaution , en but , & par un
petit cri étouffé , répété plufieurs fois , conq ,
couq , couq , il invita fa famille à fe défaltérer
fans crainte : elle lui obéit , & le male fit le guet
pendant ce temps-là. Dès qu’un objet nouveau
ou effrayant frappoit fa vue ou fon ouie , il
ai/ertiffoit la troupe par fon chant ordinaire &
perçant , & ils s enfayoienr de concert ; de forte
qu’on ne put jamais les joindre , & qu’ils dif-
parurent après quelques courtes ftations
Cette vigilance & cette tendreffe pour leurs
petits , les rendent d’un accès difficile. Dans les
premiers jours où les petits aéluellement vivans
furent éclos , les père & mère chaffoient loin
d eux & battcient même leur premier enfant ,
âge de trois ans , qui vit feul & trifte. Ils ont ce-
pendant fouffert depuis quelques canards dans
leur baffin. Le jeune cygne n’a pas la même com-
p.aifance pour ces oifeaiix , & il les poiirfuit fou-
vent avec coiere- On plaça , il y a quelques
années, une oie du Canada dans le baffin de la
«o-onne avec les cygnes chantans ; ce fut une
lource perpétuelle de difputes & de combats.
L’oie du Canada , dont les ai'es rfavoient peint
été rognées , attaquoit le cygne mâle avec avan-
tage ; il voloit & fondoit fur lai : celui-ci fe dé-
fendoit vigoureufement 5 mais ne pouvant s’élan-
cer hors de l’eau, il combattoit toujours avec un
défavantage marqué. Il eut enfin l’adreffe ce fai-
lir , avec le bec , le col de fon ennemi : il l’attira
yigoureufement à lui; S: le plongeant dans l’eau
plufieurs reprifes, i! cherchoit à l’étouffer. On
s’aperçut de cette manœuvre meurtrière, & on
dégagea l’oie de Canada. Celui-ci fur fi honteux
de fa défaite, qu’il s’enfonça fous des pierres qui
font placées en faillie autour de la colonne. Il
fallut 1’ en arracher de force , pour le tranfporîer
ailleurs. Ce combat fait connoître la force extra-
ordinaire du cygne chantant , qui contenoit l’oie
malgré fa défenfe , quoiqu’un homme ait de la
peine à retenir ce palmipède. Un cygne domefti-
que n’en feroit jamais venu a bout ; j’ai même
vu celui-ci battu & bleffé par le cygne chantant,
dans les expériences faites par les ordres & fous
les yeux de S. A. S. Monfeigneur le Prince de
Condé & de ùîM. les Députés de l’Académie
des Infcriptions.
V oilà affez de caraiffères particuliers pour faire
diftinguer le cygne chantant du cygne domeftique.
Il en eft cependant encore un mieux prononcé ;
c’eff le chant- On employa , pour me le faire
entendre, un ftratagême bien imaginé. On ap-
porta une oie domeftique , & on la pofa fur le
gazon qui entoure le baffin de la colonne. A
peine cet oifeau eut-il touché la terre , que les
cygnes s’avancèrent fièrement à la file l’un de l’au-
tre, le mâle le premier, pour combatîre'ce nou-
vel hôte, ils approchèrent de lui lentement , en
enflant leur col , lui donnant un mouvement d’on-
dulation femblableà celui des reptiles, & rendant
des fions étouffés. La fcène alioit être enfanglan-
tée , lorfqa’on reprit l’oie par les ailes , & on
l’emporta hors de l’enceinte : alors les deux cygnes
fe placèrent vis-à-vis l’un de l’autre , & fe dref-
fèrent fur leurs jambes , étendirent leurs ailes,
élevèrent la tête , & fe mirent à chanter leur
prétendue vitfoire à plufieurs reprifes. Pendant
ce temps, ils avoient l’air de fe pavaner, de fe
donner des grâces, à-peu-près comme le pigeon
mâle fait auprès de fa femelle. Us marquent cha-
que ton par une inflexion de tête- Leur chant
eff compofé de deux parties alternatives très-di-
ftinéles. Ils commençent par répéter à mi-voix
un fon pareil à celui qui efi: exprimé par ce
monofyllabe, couq, couq, couq, toujours fur le
même ton : on l’entendoit à peine à cinquante
toifes. Ils élèvent enfuite la voix , en fuivant ,
félon Tobfervation de l’Abbé Arnaud , les
quatre notes MI , fa ; e.e, mi , dont les deux
le mâle ,■ la. fem.
premières font du mâle , &: les deux autres de la
femelle.
Quoique leur chant ait quelque analogie, pour
i8o C Y G
h qualité An foo, avec le cri déchirant du paon,
^ il ne laiffe pas de plaire à roreille. Je ne me
.lafToiis Doint de 1 entendre , & je le leur ai faîî^re-
commencer trois ou quatre toîs par le meme
ftratagême. Il eft étonnant que ce chant foit
a^-réable ; car il eft fi perçant , qu on l'earend ^
foir de la butte d'Apremont_, monacale eioignee
d’une lieue de la menagerie. Le fait m a etc
attefté non-ftulemenc par ilnfpecteur & autres
prcpofés à la raenagerie_ , mais encoure par dos
habitans de Chantilly. Les cygn.es font enten-
die leur voix le matin, le loir, & lorfquüs font
afedfés de quelques fenfaticns fortes ou extraor-
dinaires : auiii êft-elie plus mciodieule dans le
printemps , faifon de leurs amours. Je ne les ai
; entendus que dans le mois de Juillet au com-
mencement de la mue , crife qui rend les oifeaux
plus ou moins malades; & j ai trouvé encore agréa-
ble ce chant, que je iouvent repecer.
Plufieurs Curieux & étrangers , à qui les Inf-
■pecîeurs de la Ménagerie les ont fait entendre
depuis que je leur at appris 1 intérêt que ion
pouvoir y prendre , ont ère lurpris de la force
& de la douceur de ce chant. U eft moelleux,
& remplit fiatrsuiement i’oreil'e. Obfervons en-
core que la femelle ne commence a cnanter que
uelques fecoHdes après le mâie : tel eft un rnu-
cien, qui, voulant accompagner une première
voix , oblerve des filences ; celle-ci d aineurs n a
pas la voix auili forte que le mâle ; elle ne m a
pas paru chanter à l unillon , mais un ou piuiieurs ■
tons plus bas. Le male chante ü aoord mi , fii j
oc pendant qü’il pourfuit re, mi, elle commence
mi , fa , 6c toujours de même ; ce qui produit un
accord qui doit être agréable , quand une troupe
nombreufe de cygnes eft réunie & chante en
même-temps. Au refte , ce cnanc n eft pas s-ufli
varié que celui des oiieaux cnantans ; mrds il i elt
un peu , principalement dans la derniere noie ,
fur laquelle ils font une longue tenue. La nuit pen-
dant laqueliê les' petits , acfueilemer.r vivans , for-
tirent des œufs, fut célébrée par des chants trcs-
, variés & très-fréquens ; de forte que i’Infpeéfear
les entendant, dit à fa femme qui! étoit sûre-
ment arrivé aux cygnes quelque événement ex-
traordinaire. Il les trouva effeét: veulent a la pointe
tiii jour , accompagnés de plufieurs petits.
Après ce récit fidèle de mes obfervations ,
j’examinerai à quelle efpèce de cygne on doit
rapporter le cygT.e chantant, 6c quelle eft fa
patrie. Quant à la nomenclature , je crois , après
un mûr examen , qu’on peut raftocier au cygne
fiauvage , & n’en faire qu’une feule & même ef-
pèce. J'avoue que ma première idée étoit de le
placer feul en troifième ligne , parce qu’avant la
bafe du bec jaune comme le cygne fauvage, il n’eft
cependant pas gris comme lui, mais tout b’anc.
comme le cygne domeftiqu'e. Le cygne chantant eft
d’aiiîeurs plus haut & plus gros que ce der.nier ,
& tous les Oruifhoiogiltes s’accordent à repré-
C Y G
fenter îe cygne fiauvage comme pltis mince Sc plus
petit -que, ie cygne domeftique. Mais on explique
ta'ciiement ces apparentes variétés , en obfeivant
que les cygnes fauvages décrits par ces auteurs
ic -qui éîoient des individus ifiolés ou égarés par
des coups de vent , marquoient encore ; c’eft-à-
dire , qu’ils étoient jeunes , 8c avoient encore
des plumes grifies. J e! elf celui du cabinet du
Roi. L’individu du cabinet de Mme de Bandeville,
décrit par M. Brillon , & celui d Ldvvards , font
tout blancs, ainfi que les cygnes chantans de la
ménagerie ae c.hantiiiy. ;
Nous avons vu que Ray accordoit au cygne fiau-
vage une voix force & un cri perçant ; ce qui
j prouve qu’il en avoir entendu parier vaguement:
du moins ce paffage nous aut. rife-t’il à ne faire
qu’une feule eipèce du cygne fiauvage & du cygne
chantant. Lorfqu’on pourra diflequer quelqu’un
de ces derniers , on verra fi fa trachée artère eft
conformée comme celle du cygne fauvage ; ce
fiera la vraie caraètériftique , & le temps la fera
connoirre. En attendant , fi l’analogie peut être
de quelque utilité dans i’hiftoire Naturelle, elle
nous porte à croire que le cygne chantant doit
avoir la trachée-artère replice dans une cavité
particulière du fternum ; car on a obfervé qu’il
pone, en nageant, la tête beaucoup plus en
arrière que les cygnes ■■iomeftiques. D apres toutes
ces conlidérations , on ne peut- encore établir que
deux efpèces de cygnes , le cygne domeftique &
le cygne fiauvage, auquel fie joint &^v^ec lequel
fie confond le cygne cnancant. ( La diaection qu a
faite M. Vie d’ Azir d’un de cts cygnes morts depuis
peu a confirmé ma conjeèfure ).
On eft plus embarraifé fur la patrie qu’on doit
aftîgner à ce dernier. Les anciens Naturaliftes
n’ayant jamais diftingué deux efipèces de cygnes,
ne peuvent nous donner aucune lumière liir cet
objet J à moins qu’on ne les entende par tout eu
cygne fauvage, parce qu’ils parlent toujours du
chant des cygnes. Nous trouverions alor.<^ que cet
oifeau auroit autretois habité les pays chauus ;
car le Caiftre & le ..Méandre font des fteuvesd’Aiie,
& le Pô eft en Italie. L’infpecteur de la ména-
gerie , qui m’a donné tant de renfeignemens fur
les cygnes chantans, pencheroit pour cette opi-
nion ; il croit en effet que la Cotie , ou d’autres
contrées méridionales font leur pâme. Pour moi ,
je ne faurois être de cet avis , parce que le cygne
fiauvage eft sûrement un oifeau de paffage , Se
qu'il eft inouï de voir des cileaux quitter les paj'S
chauds pour .il’er dans les climats froids pendant
l'hiver. Habite t’il les régions feptentrionales?
Le paifage d’Oiaiis Wormius 1-. feroit croire »
cependant Fontoppid.m , dans fou Hiftoire de w
Nôrwége , dit .que les cygnes qu’çn y aperçoit
font étrangers à cette contrée.
M. de Troil , dans fies Lettres fur l’Iflande ,
( pag~ iço. tred. Franf. ) afure pofitivement
les cygnes habitent cette iüe» qu’ils y pondent , ^
qu î‘S
C Ÿ G
qu’üs l’apa.îîdonnent pendant: i’kiver , à l’exception
de çueîques parefieux ou traîneurs ^ & des petits ^
qui ne quittent point dan; l’année le lieu de leur
naiflance. « Le chant des cygnes , ajoute-t-il, eft,
a .ce que 1 on prétend j des plus agréables dans
“ I.es nuits froides & noires de i’hiver ; mais il ne
nous a point paru tel au mois de Septembre
Cette obfervation eft conforme à ce que j’ai dit
PjUs haut du temps de la mue , où la voix de la
plupart des oifeaux s’afîoiblit & fe perd même
dans certaines efpèces.
Cerefulrat de ce Mémoire efl donc que le cygn.e
auvage habite les pavs fepientrionaux ; que ceux
de cette efpèce , conferrés à la mén rgerie de Cban-
tilly, ont un chant; & que les anciens ne fe font
pas^trompe's en parlant du ckant du cygne. Iis ont
en attribuant à tous les cygnes in-
oiltinéicment la faculté de chanter , qui efr parti-
cuhexe 3.U-X cygnes fauvages. Enfin, on aporéciera
Miem.ent , d’après nos obrervations, ]es‘ hvper-
boÆs des Poètes, qui ont eu dans la Nature une
b.ne reelle.
^ Prcfelleur de Copenhague ,
nstii- .0 iPande , a aiTuré depuis peu à M. Eyres de
^ ccplay a Londres, qu’il avoit entendu des cvgnes
auvages en lüande, ou ils font en grand nombre ,
cnanter avec une certaine Cadence en volant.
> ,^7"5 retrouvé le cygne chantant, & ayant
euiclie fes rnœurs, je dcfis, pour rendre aux' an-
ciens la |uftice qui leur eft due, appliquer ces no-
tions a leurs écrits, & en rétablir le véritable
fens.
■Cherchons d’abord pourquoi Je plus grand
nombre des Auteurs qui ont fait chanter les cy-
gnes, entre lefquels on compte Héfiode , Ho-
meie , Eichyle , Euripide , Théocrite , Platon ,
CaUiaaaque, Anflcte , Antipater, Cicéron , Vir-
gi.e , Lucrèce , Ovide , &‘c. &c. , ont fixé au
moment au trépas cette faculté des cyg.ies. Nous
avcr^aejaobfervé en ■gém.kalque les anciens n’en
cu^.injguoie.nt pas de deux efpdces. Ariilote ( De
Anima I , ^ ^ ^ /ié. 8, cap. iz. ) feu]
ps:le, en deux endroits de Ton Hifroire des Ani-
rnaux , de cygnes qui vivoient en fociété , à l’ex-
cmfion ,ars doute d'une efpèce (bÜuLe. On ne
connoit point encore cette farouche efpèce , oui a
, fansotendrefie pour leurs petits
s entre-tuant & fe mangeant les uns les âu-^rec ;
car on ne iauroit donner ces qualités odieufes au
.aiiyage. Eien-loin de tuer fes petits , il les
deieml vigoureiifement , comme je l’ai dit plus
meme d’ailleurs a vécu longtemps
On ne peut donc pas
e.iienure le pauage a Ariltore du cygne fauvac^e
d-cL'^' ^‘-“s^relle encore I
oiCarfr' appelée, avant Ariflote,
pari’épithête
Euripide avoir plus fait encore pour ce
volaaie, caiomnie fi injuftement ; ii a coLaré,
■^-itiouués . Tome II. " -
C Y G
8i
dans fon Eleâre, les cris de cette infortunée fiiie
d Agamemnon, au chant plaintif du jeune cygne ,
qui pleure fon père arrêté dans des pièges meur-
triers.
Il parost, par la variété des opinions que les
Anciens ont eues fur les moeurs du cygne , qu ils
i avoient mal obfervé , ou plutôt que le cygne
fauvage ou chantant étoit très-rare daias leurs
contrées. Ils ne l’avoient pas apperçu fouvenr.
Voulant donc concilier l’ancienne tradition du
enant ües cygnes avec le filence des cygnes oui
vivoieiît Clans leurs canaux, & des individus
iauv-iges reconnus par hafard & très-mal étu-
dies ; iis aflurerent qu ils ne chantoîent qu’à
iiCLire ds leur inort , & dans des endroits reti-
res où lis n’ayoient pas même d’aurres oifeaux
pour témoins de leur trépas. Ce font les propres
termes d Oppiea De venatione ). Il étoit difficile
Civ comoattre cette maniéré d expliquer l’ancienne
tradition : en fe feroit efforcé en vain de fuivr-e
^ mourant dans le creux des rochers, ou
au travers de ciéferts impraticables ; quoique
dans Aîhenée { Lih. 9. ) , Alexandre SÎyndien
amire 2e contraire , d’après fa prétendue expé-
rience. Le cygne d’ailleurs vit lî long- temps,
qu’on lui attribue jufqu’à trois lîècies de vie, &
qu <1 éil très-rare d’en voir mourir.
Le phénomène cqui l’exciroit à chanter dans
ce mornent fatal, etoit encore plus furprenant.
On difoit que les plumes de fa tète prenoient un
accrciiirement fubir en dedans du crâne , & qu’en
déchirant fon cerveau , elles lui arrachoient par
ia force de la douleur ces fons mélodieux. Ovide
a chanté cette merveille :
• . • ■ . , Velati canentia dunz
Trajecîus penna tempora , cantat olor.
Au relie.
. . . . Nec foU célébrant fua fanera cygni.
(Stage, Jib. 2^ Sylv. )
Le perroquet , félon lui , & l’éléphant félon
Oppien , pleuroient leur mort proc.haine. Les
Anciens attribuèrent auffi .cette propriété à l’oi-
feau de Vénus, & cherchèrent à jullifier , d-^-
ce: innocent fubterfuge , la tradition confiante
<lu chant des cygnes. Les Auteurs modernes ont
ete_ moins refervés; iis en ont nié formellement
l’exillence. Nous, voyons aujourd’hui combie.n a
été nuifible cette facilité à nier tout ce que nous
n^avons pas encore retrouvé ; l’indulgence & ia .
referve dont les Anciens ont ufé envers leurs
prcd-ecelîcurs, devroient nous fervir de mode'- •
mais que nous Tommes éloignés de les imiter'
rxcroiim filii ^ nox&.
Les Anciens avoient mieux connu la nature de
ce c.-apt ccicbre , que les époques auxquelles on
pouvoit i entendre. Le cygne fauvage feul entre
N n
zSi C Y G
les oifea'jx squatlques , a un chant remarquable |
par fa force. Hélîode avoir connu cette force ^ qui i
le fiifoit reffembkr au fon des inftrumens à vent.
II dit J dans le bouclier d’Hercuie . que les cygnes
s’élevant très-haut dans les airs , faifoient en-
tendre une forte vois : KtJtse/
5 Cygni ahlvolantes mggrtum clangthant.
Lucrèce & pîufieurs autres Poètes l’ont com-
parée csprefTément au fon des clairons & de la
trompette ; & c’ell ainfî que je l’ai entendue nvçi-
même. Ariitophane , en qualité de P oëte comiquej
s eft cru permis de parodier ridiculement la pa-
tate , comme il avoir fait de la vertu. Il exprime
le chant de tous les cygnes indiSinétement par les
monofylabes fiffians , tio , tia , tio , tio , tinx.
Virgile a auffi appelé les cygnes rauci :
Dant fonkam ranci per fiagna Idquacia cygni.
Mais ce Page Poëte a voulu parler du cygne
domeftique ; car il fait en cent endroits divers
l’éloge du chanr des cygnes en général. II n’y a donc
rien à réformer dans les Ecrits des Anciens fur
fa nature 5 ils en avoient des notions fûtes &
précifet.
Les Grecs ^ qui avoient tant puifé chez les
Egyptiens , les avoient peut-être reçues d’eux.
Orus-Apollo nous apprend que le cygne étoit fur
les bords du ISil l’emblème de la muiîque & des
Muficiens. D’après cette allégorie hiérogiyphiquej
Paufanias a pu dire que la mulique faifoir la
gloire du cwgne : Kbics» t3 csyifi fnsriKr; siixi ê'cias ;
& Callimaque a pu l'appeler l’oifeau des Mufesj
2*‘-'ihs-â^y opyths-.
C’eft à ce titre fans doute qu’il fut confacré à
Apollon , le Dieu de la Mulique , & qu’il ell plaçé
aux pieds d’une de fes îlatues confervées au Capi-
tole. Selon Homère , dans fon Hymne à l’honneur
de ce Dieu ^ le cygne qui joue fur les ondes du
Pénée , chante Phébus ^ & fait retentir les échos
des louanges du fils de Latone. Quelques Poètes
ont même attaché les cygnes au char de ce
Dieu , comme à celui de Vénus. Les Artilles
devroient employer cette ingénieufe allégorie,
larfqu’iis veulent repréfenter le conduéleur des
Mufes 5 ou le génie qui infpire les Pythies les
DevinSj les Hyérophantes & les Mufieiens > car
on a dit auffi que le cygne ne ch mtant qu'.';u
moment de fon trépas ^ avoir la faculté de pré-
voir l’av'emr ^ & qu’en cette qualité il ttoit con-
facré à Apollon. Que les Sculpteurs & les Pein-
tres réfervent donc au foleil le char brillant de
rubis 8c de topazes ^ les nuages dorés, les rayons
de lumière , & les coiirfiers aux nafeaux embra-
fés ; mais que le paifib’e Apollon Mufagète , que
la douce & bienfaifante Divinité de Délos, foiènt
portés fur un char fimple & mod'efte , & traînés
par les chantres mélodieux du Ca'iüre Sr du
Méandre.
L»ur confécration à Vénus , & l’agréabk
C Y G
fonéiion de conduire en tout Heu la mère des
Amours, ont été célébrées par les Poètes anciens
& modernes. Bocace ( Geneal. Deor. ) en a cher-
ché la caufe dans les iouiffances phyfiques. Sans
revenir fur des tableaux que la décence éloigne,
ne trouveroit-oa pas plus naturellement cette
caufe dans les grâces que les cygnes déploient
en chantant ? Celle qui poflede la ceinture des
Grâces, la Déeile qui a cordié le foin de fes
atours à ces. trois Divinités, doit attacher à fon
char des oifeaux qui joignent la beauté des attitu-
des à la douceur du chant. Vefpafien Stroza ,
Poète Italien , les a peints avec autant di fiddké
que d’élégance dans les vers fuivans :
cc Gantantes parlter , parîter plaadentibus alis ^
M A'érias cygni corripuére vins ».
Vénus d'ailleurs eft née du fein de l’onde , &
les cygnes habitent cet clément de préférence
aux autres ; c’eft pourquoi on les lui a confacres.
De-là ces volatiles font devenus d’un augure^
La Déeflè de Chypre les montre à Enée , après là
tempête qui avoir difperie fes vaiiTeaux , pour le
raffurer fur leur fort':
« Afp ice bis fenos Utantes agmine cycnos ;
» ij Z reduces illi ludunt fridentibus alis ,
» Et cœtu cinxêre polum , cantufque dedêre r
» Haud aliter puppcfque tua , pukefque tuorum ,
» Aut portum tenez , dut pleno fubit oftia veto ».
( Lib. i,..£neid. )
Virgile eft , dans ce bel endroit , conforme à
la tradition , ainli que nous 1 apprennent tieux
vers cités par Servius :
cc Cygnus in auguriis lyautis grat-jimus aies;
» Hune optant femper , quia nunquam mergitur
» luzdis ».
La hauteur du vol du cygne fauvage a etc par-
faitement connue des Anciens. Nous ayons vu
plus haut Héfiode l’appeller ^ itgûe ait
de Varus que doivent chanter les Foeres :
î
cc Gantantes fuklime ferent ad fydera cygni ».
Quand on découvrira quelque troupe nom-
breufe de cygnes faiivages , on vérifiera ce que
Pline a écût de leur manière de vokr. Il nnure
que la troupe fe ferme toujours en angle, comme
le batadlon des Romains , appelé cu-:eus._hes
gn-'CS , les oies faiivages Sc autres efpèces yonines
du cherchent J par cette forrre aigue, a
fendre l’air avec ;'!us de facilité. Sans doute_c. o
celui ci aura été . jjalemcnt guidé par fon i:n.<- C*-
à voler en baiailion aigu : mais ce feroit t^cp-
C Y G
accor-Jer à cet iiiftind: , que de tfee du cygne ,
avec Ovide ( Métam. il. ) :
^ . Ncc fe cxloque , Jovique
« Crédit ^ & iajiifle mijji memor ignis ab illo ,
» Stagna petit, patulofque lacas , ignemque perofi'S,
» colït , elegit contraria fiumina f,ammîs j’.
^*11 refte , la mort du cygne fauvage de Chan-
driy , écrafe par la foudre en 1774 fur ies bords
du bafîln de la Ménagerie , auroit démenti ce
'Poëte , fi l’on pouvoir croire qu’il eût dit férieu-
fement que le cygne habitoit les endroits maré-
cageux ^ pour être sûr d'éviter le tonnerre.
Dans quelle contrée étoienr fitucs ces endroits
marécageux j recherchés du cygne chantant ? Les
Anctens en nommoient piufieurs. iis parlent des
bords du Caiftre du Méandre , gu Strymon , du
Fo . de la Charente dans ies Gaules , de l’Océan ^
de la mer d’Afrique^ de rilie de PaphoSj &c. &c.
Appliquons à tous ces lieux divers ce que Pline
a dît du pafiage des cygnes en générai. Après
avoir parlé des cicognes , il avoue qu’on ignore
l’endroit précis de leur retraite j & il ajoute ( Lit.
Z O , cap. zz. ) Simili anferes olores railone
commciint.
C’efi: ainfi qu’à l’aide de recherches aiifii agré-a-
b!es qu’utiles ^ fai retrouvé dans les Ecrits d;s
A.nciens prefque tour ce que i’obfervaiion sn’a
apptis du cygne chantant. Ce chant des cygnes ,
ce fameux yJjso-.ur) à-icx , qui étoit pafïc en pro-
verbe , ne fera plus révoque en doute : les an-
ciens font vengés» Puifie ce fuccès encourager les
A'aturalnles modernes à éclairer du fiam'oeau de
i’obfervation ies récits des Grecs & des Romains '
Iis verront avec étonnement que leurs conncif-
fances étoient folides & étend es. Pour moi ^ j’em-
braflè ce trav.iil avec zèle, & je m’y dévoue.
Dans la collection des pierres gravées du Baron
de Stofch , on voit une cornaline de gravure
ctrufque. Aiercure y eft repréfenté formant une
figure dont ie corps & le cou relTem'oIent à un
cygne , & dont la tête elt celle d’une jeune fille
voilée par derrière. Ce fujet eft difficile à expli-
quer 5 & y/inc.lce!mann en convient.
“ Je vais pourtant, dit il, hafarder mes niées,
■quoiqu’elles ne me fatisfaflent pas moi- même.
La fable rapporte que ( Hygin. A(iron. c. vin.
p. 441- inter aiiciores Mytegrapkos. Ed. Vemfia-
veren.^ } Jupiter n’ayant pu fléchir Néméfis , qui
1 accabîoit de refus , perfuada à Vénus de fe tranf-
former en aigle. Jupiter prit enfiiite la figure d’un
cygne ; alors Vénus , fous la forme de l’aigle , fe
jeta fur lui. Mais^ le cygne tâc’na d’échapper à
l’aigle , & fe réfugia, comme dans un afyle , dans
le'fein de Néméfis , où le faux cygne , c’efi-à-dire ,
Jupiter , fatisfit fes delîrs. Néméfis accoucha en-
fuite d un oeuf, que_?'Iercure jeta dans le fein de
i-cda, & d’eù naquit Hélène, Dans cette fable.
C Y G ,S3
les amours de Jupiter & de Léda font bien diffé-
rentes de celles que I’o.t: raconte ordi.aairemest
dans rhiftoire de Jupiter ; mais il fe peut faire que
i--s Graveurs *'étrufqucs ayent Luiii ia tradition
que je viens d’expoferi du moins cette figure bi-
zarement compofée y a q-uelque rapport. Hélène
efi: née de Jupiter transformé en cigne ; ce que
fignifiroit ici le corps du cygne : Mercure la lit
éclore de i’œuf , & fur none pierre il paroît ia
modeler & lui donner ia forme humaine. :>»
Cygne ( on voit un ) fur les médailles de Ca-
miUrina & de Ciazomè.ne.
CYGNES, ou CYGNES, fils de Mars, com-
battit contre Hercule , qui croit monté furie che-
val Arion, & fut vaincu. Mars fut fi courroucé
contre le vainqueur de fon fils, qu’il voulut fe
battre avec lui ; mais Jupiter les fépara d’un coup
de foudre ( Hygin. c. 31-).
Cygnus , ou Cycnus , fils de Neptune &
d’une Néréide , regnoit à Colones, dans la Tro-ide,
& étoit allié des Troyens. II eut deux enfiins de
Procléa, fille de Cytîus , tk fœur de Calétor ,
qui fut tué au liège de J’roye par Ajax i un fds
nommé Ténés , Se une fille nommé Hémichéa.
Après la mort de leur mère, Cygnus fe remaria
avec Phüonotne, fille de Craucafus. Cette Philo-
nome devint amoureufe de Ténés, fon beau-fils 5
mais n’en ayant reçu que des refus, elle l’accufa
auprès de fon mari d’avoir voulu iiii faire violence,
Sr appuya fa calomnie du faux témoignage d’un
joueur de flûte. Cygnus crut fon fds coupable, &
le fit expofer fu: les flots de la mer, enfer.mé dans
un coffre avec Hémithea , qui ne voulut point fe
féparer de fon frère j ils abordèrent à Ténédos.
Cygnus ayant reconnu la calomnie, alla dans cette
ifle po ur faire fatisfaciion à fon fils. Il attacha fon
vaiflêau à un arbre ou à un rocher; &, avant
d’ofer prendre terre , il prioit fon fils d’ou-
blier le palfé ; mais Ténés, pour l’empêcher de
fortir de fa barque , coupa les cordes avec fa ha-
che , 8c Cygnus s’en retourna chez lui.
Neptune, père de Cygnus , l’avoit rendu invul-
nérable. Achille , qui combattit contre lui au
fiége de Troie , voyant que les armes ne faifoient
rien fur fon ennemi , lui ferra la gorge & l’étouiFa ;
mais dans le temps où il fe préparoit à ie dépouil-
ler , Neptune l’avoir déjà métamorphofé en cygne.
Voyei Tenés.
Cygnus , ou Cycnus, Roi de Ligurie, fils
de Sthenélée. Il étoit uni par ie fang à Phaëton ,
du côté de fa mère ; mais plus uni encore par les
iens de l’amitié. Et ayant appris la mort de foa
ami , il abandonna fes États pour venir ie pleurer
fur les bords de l’Eridan. Là , il foulageoit fa dou-
, .sur par fes chants, jufcti’à ce qu’étant devenu
vieux, les Dieux changèrent en plumes fes che-
veux blancs, & le métamorphosèrent en cygne.
Sous cette forme, il fe fouvient encore de la fou-
dre de Jupiter qui a fait périr fon ami > il n’ofe
N n ij
234 C y G
prendre fon effor j il fs contente de voler près de
la rerre, & habite réiémeriC qui ell le plus con-
traire au feu.
Cygnus , ou Cycnus , fils d’Hyriès. Voyei
r article fuivanc.
CYGNUS. ce II y a eu , dit M. Rabaud de Saint-
ERienne , fix Princes Cygnus ^ quatre d’entre-eux
ont été métamorpbofés en cygnes. Je m^arrête un
mornent ici, parce que i'y trouve une preuve de
ce que j’ai avancé , qu’une conîiellation a fourni
fouvent à plufieurs hilïoires. La raifqn en eft que
chaque peuple fit la fienne ; que pour chaque peu-
ple , une ou plufieurs confteîiaîions furent leurs
premiers Rois, leurs héros , leurs demi-dieux,
leurs protecteurs , auxquels on drelTa des autels.
Cet ufage venoit des Égyptiens qui , dans chaque
ville & dans chaque tribu , adoroient l’animal
célefte ou le perfonnage allégorique , le Décan
qui préfidoit à cette vilie & à cette tribu. La my-
thologie grecque n’eft au fond que la mytholo-
gie Egyptienne tranfplanrée. Les Dieux font Egyp-
tiens, & font pris dans le zodiaque où courent
les planètes. Les premiers Rois d’Egypte & les
premier-s Rois de la Grèce font dans le ciel ; les
Grecs adoptèrent fes fables , en traduifanr les
noms Égyptiens en leur langue ; & la collection
de toutes ces hiltoires a formé la mythologie. On
ne doit pas être furpris fi tant de perfonnages pris
fur la même tapifferie , font parens les mis des au-
tres, & fi chaque peuple ayant fes figures allégo-
riques dans ces temples , nous avons un fi grand
nombre d’hrftoires toutes femblables- »
ce Quant au Cygnus , parent de Pka'êton , qui
mourut de chagrin en voyant la chute déplorable
du cocker ; comme le cocher to.mbe dans ÏEridan ,
& que le Pô avoir ce nom , on dit que Cygnus
avoir régné en Lombardie , pays arrofé par VÉri-
dan. Un autre Cygnus , fils de. Mars , eut le mal-
heur d’avoir à combattre contre Hercule. Le
héros, monté fur le cheval Arion , fils de Nep-
tune , en detnnt aifément vainqueur. Cette fable
eil tirée dli voifinage d^ ces trois confiellations
boréales , le cygne , le petit cheval , & Hercule
agenouillé , armé de fa maffue, & couvert de fa
peau de lion. =5
cc II y eut un autre Cygnus qui combattit avec
beaucoup de valeur contre Achille , lors de la
guerre de Troye. Il étoit invulnérable : en vain
Achille l’accable de fes dards ; ils ne font que l’ef-
fleurer. Enfin le héros le jette par terre ; il lui
preffe le cop de fes genoux robuftes, &: l’é touffe.
Achille alloit Je dépouiller, mais il ne trouva que
des armes vuides , & Cygnus s’envola métamor-
phofé en cygne. Celui-ci étoit fils d’Apollon. »
ce Que dirai-je de celui qui régnoit en TheiTalie ,
dans le beau vallon de Tempe , fur les bords du
lac Hynes ? Hyries etoit fon pere. Cygnus , jeune
homme valeureux , avoir dompté its oi féaux , un
lion *urîêux, un taureau farouche, il denrande |
C Y L
une récompenfe: on la lui refufe il Ce ptéciuhe
dans la mer , Sz i! cil changé en cygne. Lft ce par
hafard que cette fable s’accorde avec l’hlitoire du
ciel , où le cy^ne , en fe levant , fait difpatoîtse
faccer.ivement le taureau , le lion , le vautour &
V aigle , 6c finit par fe précipiter lui- même dans la
mer ? jd
CYLINDRE. Fime, décrivant une pierre pré-
cieufe que l’on avoir coutume de p-rifer pour fa
longueur, dit que pour cette raifon les Anifies
aimcient mieux la Cailler en cylindre , que fous
la forme ordinaire des pierres gravées ( 37. r.
On trouve encore plufieurs de ces cyll -.drc's dans
les cblieétions de pierres antiques ; mais la plu-
part ont été gravés par les anciens Perfes. Pour-
quoi afFe6ioien:-i;s cet.e ferme particulière ? .
CYLINDUS, fils de Phrixus b: de Calciops.
Voye^ Calcigpe.
CYLLAB.4RLS, amant de la femme de Dio-
mède. La fable dit que Vénus , pour fe venger de
ce que Diomède avoir ofé I attaquer S-r la b’éffer
à la main , infpira à fa fem'me ce l’amour pour
Cyllabarus , jeune Argien; enforte que , pendant
que Diomède coinbattoft au fiége de Troye, fa
femme lui étoit inSdelle à Argos. On dit que Cyt-
labarus croit fi puiflant , que Diomède n’ofa pas
revenir chez lui , & s’alla établir ailleurs. Voye:^
Diomède. ( Servîus in Virgil. ).
CYLLARE, étoit le plus beau des Centaures,
8r mari d’Hylonome , la plus belle des femelles
de cette efpèce. Cylhire fut tué dans le combat
des Lapithes contre les Cenraures ; & Hylonome
fe tua de défefpoir du même trait qui avoir percé
fon mari. Ovide ( lAetam. liv. la- )- fait une def-
cription très-agréable de leur beauté & de leurs
amours.
Cyllarus fur aufîî un cheval de Pollux, cé-
lèbre dans l’antiquité.
CYLLENE , mont d’Arcadie , qui prit Ion
nom de Cylléne , fille d’Élarus , Roi d’Arcadie.
D’autres , au contraire , veulent que ce fût de la
montagne Cylléne que cette Princeffe , prodige
d’efprit Ik de beauté, prit fon nom. Quoi qu’il
en foit, cette montagne eft fameufe chez les
Poètes, parce que ce fur-là que Mercure fut conçu
de Jupiter & de Maia. C’eft pour cela qu’ils l’ap-
pellent fi fouvent Cyîlénien , Cyllenius. Hornius
( Hijl. Philol. L I. c. 7. ) ne croit pas cependant
que cette épithète de Mercure vienne de-là. II la
dérive du mot hébreu chelil ^ qui fignifie parfait.
CYMBALA. 1
CYMB.4LES. fCet inftrument de mufique
CYMB aLUM. Ceft défigné plus fouvent par
KY.VBAA02. 5
le plur'e! cymbale , que par le fingulier cymbalum ;
ce qui le fait diftinguer du tympanum , notre tam-
bour de bafque. D’ailleurs, la matière des prêt
C Y M
jr.ières étoit rairain ; & des peaux d’arumaux fôr-
moienr le fécond , comtr.e on le voit dans ce vers
de Stace ( Tktbaid. 8. 221. ) :
. . i . i Gemina ara fonant , Idaaque tergai
Il eft plus aifé de confondre les cymbala avec
les crotales ou caftagnettes. C’eft pourquoi j ai
décrit avec foin les différentes efpèces de cafia-
gnettcs à leur article générai, auquel je renvoie le
Ledleur. J’infifterai feulement ici fur la différence
qui étoit entre leurs formes & celle des cymbales
que je vais dérerminer.
• Les cymbales étoieiit rondes , concaves , &
reffcmbloient à des efpcces de coupes ; de- là vmt
qu’on appela cymbale un baSin , un vafe-à-boire ,
un cafque même , Sec. ( CutulL zxiu. 29. ) :
Leve tympanum remugit , cava cymbala recrepant.
Et Properce ( 6. ) :
Q_ua numcrofa fides , qaaaue £.ra rotunda Cybcles.
La forme ronde & demi - fphérique des deux
cymbales eft encore ir.ieux annoncée par leur com-
paraifoH avec la feuille de la plante appelée coty-
lédon , ou nombril de Vénus ( Scribon. larg. comp.
J). ). T outes ces autorités prouvent que les cym-
bales des anciens étoient de la même forme que
les cymb..les àcs muuques militaires modernes.
Les différentes manières de tenir les cymbales ,
les partagent en trois cfpcces. i". On voit fur les
monurnens antiques des cymbales , à la convexité
defquelles eft fixée une pointe ou un mar.che droit,
que le joueur eitiDoigncit , afin de pouvoir rrapper
une cymbale contre l'autre. Cette première efpèce
a pu facilement être confondue dans 1 explication
des monurnens, avec le bonnet des Flamines, ap-
pelé apex ( V oyez ce afot ) à cauie de la reiTem-
blance de leurs formes. 1^. Une petite anfe ou un
petit anneau fixé fur la convexité des cymbahs ,
fervoit à les tenir , en y paffant le pouce de cha-
que main. 3“. Quelques cymbales avoient un man-
che fixé à leu: convexité , par le moj’en duquel
on les faifoit retentir en les frappant l’iine fur
l’autre. L’addition du manche faifoit reflembler
ces cymbales à des bouteilics plâtres, pkîàU par- '
vijp.méL , comme les appelle Raban Maure ( Com.-_^
ment, in Judith.',, & à des cuides, coxendicibus ,
comme les appelle Pline ( Ub. aj. c. vit. >.
L’ufage des cymbales dont il eid parlé le plus
fouvent dans les anciens Écrivains , étoit cdui
qu’on en faifoit dans les myftcres de Cybde &
dans les Bacchanales. Tite-I.ive ( lib. 30.” 8. ) dit
même expreiiémert que les Romains ne connurent
les cymbales cu'avsc les mvftères facrés dont les
Etrufques apportèrent à Rome La connùifTance.
Ce fage Hiftorien ajoute que le motif pour lequel
on faifoit dans les orgies rcligieufes un û grand
C Y M 2g5
bruit avec les cymbales & les tambours de bafque ,
étoit d’empêcher qu’on n’entendu les cris & les
plaintes de ceux que l’on afTaîrmoit, ou à qui l’on
faifoit violence ; Occulebat vim , quhd prs, ulula-
tibus tympatwrum 3 & cymbalorum [irepitu nulla vox
quiritantium inter ftupra Ô ctides exaudiri poterat.
Properce , .qui n’ell pas aufïi véridique que Tite-
Live , dit que Bacchus apporta les cymbales en
Italie C iil. 16. I. ) :
Ilic uhi mortales dextra cîtm qu&reret urhes ,
Cymbala Thebar.o conerepuere deo.
Nous avons va plus haut Frcperce- appeler les
cymibales ,' &ra rotunda Cybeles , parce qu’on fai-'
foir honneur de leur invention à cette Décffe.
De-i.à vint qu’on la repréfenta fouvent fur les
monumens avec des cymbales auprès d'elle , comme
fon attribut diitindif. Au relie , fans chercher
quel en fut l’inventeur , nous dirons que les peu-
ples che2 qui on célébroic de route antiquité les
myftcres facrés , furent les plus habiles joueurs de
cymbales : tels furent les habitans du Mont-Ida
en Crète , les Corybantes &: les Curètes, habi-
tans de la même ifîe, les Telchîniens, peuple de
Rhodes , & les Samothraces en particulier.
L’horreur qü’infpiroit à Rome aux gens fages
la licence des Bacchanales, s’étendit jufqu’aux inf-
trumens qui retentiffoient dans ces orgies. Cicé-
ron reproche à Pifon ( 71°. 2q 6’ 22. } i’idage des
cymbales , qu’on ne voyoit hors des fêtes reli-
gieufes que dans ies mains des hommes mous &
efféminés.
CYMBIUM , coupe qui refTemoloit à un na-
vire, cymoA, dit Fellus.
CYMIE , en Æolie. KTMAiiîN & kym.aioic.
Les médailles autonomes de cette ville font:
RR. en argent.
C. en -bronze.
O. en or.
Leurs types ordinaires font:
Un cheval entier ou à mi-corps.
Un vafe à anfe.
Cette ville a fait frapper, fous l’aotorité de fes
Préteurs , des médailles grecques en l’honneur
d’Antonin, de Commode , de Maxime, de Gor-
dien Pie, de Tranquüline , de Valérien, de Gaî-
iien , de Salonine , de Sabine , de Néron , de
Sévère, d’Alex.-Sévère.
CY MO DOGE, une des Nymphes que Virgile
donne pour compagnes à Cyrene , mère d’Ariftée.
Le nom de cette Nymphe de la mer, ainfi que
ceux des trois fuivantes , a pour racine le mot
qui, en grec, défigne Vonde.
CYMODOCEE , une des Nvmphes qui durent
îeurnaiffance à Cjibèle, lorfqu’ei'e transforma ies
vaiUeaux d’Énée en Nymphes de ia mer : c eit «Us
C Y M
çiui, corame la pl^s éloquente j alla apprendre â
Énée le fort de fes vaiffeaux^ & leur inetamor-
phofe ( Æneid. lib. lO. ).
CYMOPOLÎE J fille de Neptune , époufa
Briirée J ie fameux géant à cent !5ras.
CYMOTHOÉ;, une des Néréides qui fe mon-
tra favorable aux froyens, & les aida à fe fauver
de la tempête que Junon avoir excitée contre-
eux (Æ/zei'd. lib. i.).
CYNIQUES. Pour leur originCj voye^ Cy:<c-
SARSE.
Winkeirnann ( Hifi. de U Art. l. IV. ch. J. c. c.')
dit du manteau double: « Quand il eft queftion
d'an manteau plié en double, il fiîut entendre
fans doute ie double dra.p des cyniques ( Horat.
l. I. ep. 17. V, 2>-. ). Il efi vrai pourtant que la
itatue d'un Fhilofophe de cette fedte , de gran-
deur naturelle, qui eft à la villa Albani, n'a pas
îe manteau plié de cette manière- Cette figure elt
remarquable par une grande beface, faite comme
une gibecière de chafleur, qui défcend de l’épaule
droite fur le côté gauche, par un bâton noueux
& par des rouleaux d'écrits à fes pieds. Cepen-
dant, comme les cyniques ne portoient point de
tuniques, ils avoieur plus befoin que d'autres de
doubler leur manteau : ce qui me paroît aufil plus
concevable que tout ce qu'ont écrit là-deii'us les
Saumaifes & les autres Commentateurs. Le mot
double ne peut pas non plus s'entendre de la ma-
nière de jeter le manteau , comme le prétendent
les favans ; car à la ilatue de notre cynique , le jft
du manteau ne diffère pas de celui de la plupart
des figures ajullées de ce vêtement. » Voyesq
Diogène.
CYInISÉA , fille d’Ârchifane , ayant remparté
le prix aux jeux olympiques, fut mife au nombre
des Héroïnes de îa Grèce 5 & , après fa mort , on
lui éleva des monumens héroïques à Oîympie
{ Paufùn. V.).
ÇYNNONESÜS , dans la Lybie.
Golîzius féal a attribué des médailles impé-
riales grecques à cette ville.
CYNNOR. Koyc^ Myrrha.
CYNOCEPHALE , efpèce de linge à longue
queue, que les Egyptiens nourrifibient dans les
temples , pour connoitre le temps de la conjonc-
tion du io eil & de la lune; car on prétendoit
que dans cette circonilance, le cynocéphale ^ privé
de la faculté de voir, refufoit toute forte de nour-
riture , & ferrl'loit s afdîger de l’enlèvement de
la lune. C'eil Horus Apoilo qui, ( lib. i. c. 14. )
rapporte ce fait. Lorfque les Égyptiens , dit-sj
ailleurs (c. ly.), veulent exprimer l'idée de la
îiouvelie lUne, ils reprefentent un cyrtocévhale de-
bout, la îete ornée d un uiade.ne, levant les mains
au ciel , adreilant les prières à h Déelïe, dans l’eC-
C Y N
[ pérance de recouvrer i’ufage de U vue dès-qu’el!e
pourra fe dégager des rayons du foleü.
Un témoignage auflï précis s’applique au fujet
repréfenté fur une pierre gravée , publiée parie
Comte de Cayius ( Rec. i. 33. ). Le cynocéphale y
paroit dans la pofture de fuppliaHt devant une
tète de Divinité j & pour le mieux caraclérifer ,
on a mis le difque de la lune au-deiTus du diademe
dont la tête eft ornée. L'Artifte a donc voulu dé-
figner ici l'irdhnt où cette planète fe débarraffe
de la lumdère du foleil.
On donnoit le furnom de cynocéphale à Anub's
& à Mercure.
On ne fait fi dans les anciens monumens le cy-
nocéphale elt .4nubis ou Mercure, ou fimplemcnc
ie fymboie de l’un ou de l’autre. Ceux qui préten-
dent que c’eil Anubis lui-niènie, difent qu’on le
repr ifentoit avec une tête de chien, St que c’eft
I pour cela que Virgile {Æneid. l. vm v. 6^8. )
l’appelle Latrator , aboyeur. Ceux qui veulent que
ce feit Mercure , difent que ie chien lui étoit
confacré j Sc Strabon alTure que le Dieu Cy-
noccpkale ctoit adoré chez les Hermopoli ains.
Ce qu’il y a de certain, c’eil que i’Anubis des
Egyptiens étoit le Mercure des Grecs & des Ro-
mains. Eoyc^ Arüeis ci-deiLus , & Vofllus ( De
IdoloEl. I. c. 27. ).
Le cynocéphale étoit une efpèce de finge , plus
grande, plus farouche que les linges ordinaires, ic
qui avoir la tête plus auprcchinte du chien, comme
Arilîote la dit au l. il. de l'liifé. des Ainim. c. 8.
Les Italiens i’appelient babuino ; les François ba-
bouin , & les flamands iaviaen. Un cynocéphale
aiîls étoit chez les Egyptiens l’hiéroglyphe des
deux équinoxes , parce qu’en croyoit qu’il ren-
doit fon urine douze fois la nuit par intervaâ-'es
égaux ; ce qui avoir donné iieu , difoit-on, à la
divifion des heures.
Dans le cabinet de Ste Geneviève on voit un
•.y -.océphale Egyptien de porcelaine bleue , de
quatre pouces de hauteur, li elt aills & appuyé
lur les ceiffes de deirière, fur fes mains & fes bras
ui fe.nt couvers en partie par un vafte chaperon
ont il eîl attablé. Une figure de femme Eayp'
tienne afîlfe , de granit noiiâtre , & confervée
dans le cabinet de RoLuidi à Rome ( Hifl. de V Art ,
Lv. il. chap. I, F. a a. ) , tient devant fa poitrine
un cynocéphale aiCs dans une calTette entourée
de quatre rangs d’hiéroglyphes , difpofcs en co-
lonne.
Cynocéphale a anflî été un nom de peuples
fabuleux de i’Ir.de. Pline C l. vu. ç, 2-), Auiii-
GeÜe ( L ix. c. 4. ) & Soiin ( c. 52.), difent ,
d’après Mégafthène , que dans plufieurs monta-
gnes de l’ir.de S: de l’Échiopie. il y a des nations
qui ont la tête d’un chien ; S. Augufiin le dit auSi.
Ils ajoutent qu’ils aboyoient comme des chiens,
qu’ils étoient farouches , & que leur moi^fiire
étoit dangereufe ; mais les relations de tous_ les
modernes n’en font aucune mention : c’étoient
C Y N
peut-êrrs des peuples qui ne vi voient que ce ta.
chsiîe. Voilà ce qui donna occafion à cette fable.
Peut-être auffi fe noiirrüToient - ils de chiens ^
comme ks habirans des ifles de la mer du Sud :
ce qui leur en fit attribuer les inclinations.
CYNOPHONTES, nom moderne donné par
Ehodiginus à une fête qu’on céiébroit à Argos
aux jours caniculaires , durant laquelle on tuoit
tous les chiens que Ton rencontroit ( Athen. Deip-
nofoph. lib. 3. ). Son nom exprime en grec la mort
des chiens- Les Romains empruntèrent ce rit des
Grecs. Voye^ Canicule.
CYN OPOLIS J en Égypte. KTNOn.
_ Cette Ville a fait frapper des médailles Impé-
riales grecques en l’honneur d’Hadrien.
CYNOSARGE J chien blanc. II 7 avoit au Midi
d vithenes , hors des murs de cette ville , non loin
du Lycee_, un lieu un peu élevé dans le voifinage
d un petit bois. Ce lieu s’appeloir cynofarge. La
Juperftition d un citoyen alarmé de ce qu’un chien
blanc sétoit emparé des viandes qu'il offroit à
fes Dieux domeîtiques , & les avoit portées dans
cet enoroir^j y avoit élevé un temple à Kercuie^
par le conieil q un Oracle interrogé fur ce pro-
nige. On facrifioit auilî dans ce temple à Hébé , à
Alcmène & à lolas.
Il y avoit aux environs un gymnafe uarticnlier
pour les etrangers & pour les enfiins illégitimes.
Gn^ donnoic ce nom dans Athènes à ceux qui
etoient nés d’un père Athénien Se d’une mère
étrangère. C etoit-là qu’on accordok aux efclaves
ialioercéj & que des juges examinoient & déci-
Coîent .es conreftations occafionnées entre les ci-
toyens par des naiiTances fufpeéles ; & ce fut aufil
o.tns ce lie^u qu Anriitnènej fondateur de la feéle
cynique s établit & donna fes premières leçons.
n prétend que fes oiiciples en furent appelés
cyniques, nom qui leur fut confirmé dans la 'fuite
par la fingularité de leurs mœurs^ de leurs fenti- |
mens j & par la hardieffe de leurs aéiions & de
leurs difcours.
CYNOSARGÉS , furnom donné à Hercule.
Ln citoyen d’Athènes, nommé Diomus . vou-
lantoftrirun facrifice à ce demi -Dieu, un chien
b.anc faifit la v:éî!me & l’emporta. Diomus . fur-
pris . entend une voix qui lui ordonnoit d’élever
un autel dans I endroit où le chien s’étoit arrêté ;
ce qu il exécuta . & il donna à Hercule le nom de
Lynojarges . en grec chien blanc.
CYNTHÎUS ,
CYNTBIA ,
CYiNTHIEN .
l^fj
C Y O
furnom df-Apollon & fis
pris de la montagné deCynthus. fituée
au milieu de rifle de Déios . où ces Divinités
etoient nees.
CYON . en Carie, kyitûn.
Les médailles autonomes de cette ville font:
RRRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Cette ville a fait frapper une médaille Impé-
riale grecque en Thonneur de Julia Domna. . . .
Pellerin.
CYPARISSA , dans lePéloponncfe. kyhapicv
CIEQN.
Cette ville a fait frapper des médailles Impé-
riales grecques en l’honneur de Domna , de Cara-
calla. de Geta. de Sept -Sévère.
CYPARISSE . jeune homme de l’ifîe de Cos,
favori d Apollon: il avoir un cerf apprivoifé qu'il
aimoit beaucoup . & qu’il prenoit foin de nourrir
lui-même > mais l’ayant tué par mégarde , il err
fut inconfolable , & pria les Dieux de lui ôter la
yie._ Les larmes qu’il répandoit en abondance,
épuisèrent à la fin tout fon fang. & Apollon le
changea en cyprès , afin qu’il fut toujours le com-
pagnon des pcrfonnes amigées.
, CYP..4iî/55i75 , en Phocide. KYH.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RRRR. en bronze Pellerin.
O. en or.
O. en argent.
CYPHI , mot arabe . qui figaifie une efpèce
de parfum fortifiant.
Mithridate donna ce nom à des trochifques
aont les Fretres d Egypte parfumoient ancienne--
ment leurs dieux pour en obtenir ce qu’ils leur de-
mandoienr. Il les fit auffi entrer dans la. compo-
fition du Mithridat . parce qu'ils font exceliens
contre les venins . contre la pefte . centre l.*s
maladies froides du cerveau. & contre les fiuxions
fur la poitrine. Ils font compofés de raifins fecs
de térébenthine . de myrrhe . de feoenanthe . de
capelle . de canne odorante . de hidlium / de
fpic-nard . de caffia lignea . de fouchet. de grains
de genievre . d’afpalath & de fafraaj à quoi on
ajoure du miel bc un peu de vin pour en former
une maflè.
CVISOoLnE bymphe du Mont-Ida . fut une
des noiirnces de Jupner, qui . pour la récom-
pe.,fer . la traïuporta dans le ciel , dit Hygin . &
la piaça vers le r^ole. Cynofure fignifie en grec la
CÏPHOlNISMr.. Le cyphonifme eilvn rupp]}cc
des Anciens . auquel les premiers Martyrs ont
ete frequernment expofés. II confilloit à erra
Jotîc de miel & expofé au folei! à la piquûre
des mouches & des guêpes. Cela fe faifoit de
trois maniérés ; ou l’on attachoit fimplement le
pauent a un poîe.ru . ou on ie fufpendolVe.n
288 C Y P ^
Tair dans un pannier , ou on I étendoit à terre ,
les mains liées derrière le dos. _
Ce mot vient du grec ; on le fait dériver de^
J qui fignifie le poteau ou pieu auquel ori
attachoit le patient , ou le carreau qu on lui met-
toit au COU;, ou un inllrument dont on fe ler-
voit pour le tourmenter.' Le Sçhoiialle d Arilto-
phane dit que c'étoit une eïpèce de cage de bois
ainfi appelée de , courber , parce eüe
tenoit le patient qu"on y renfermoit in-
cliné ou courbé; D’autres entendent par
un morceau de bois qu’on plaçoit difent-ils ,
fur la tête du patient , pour l’empêcher de fe
tenir droit. Héfîchius décrit le xlnpay comme une
pièce de bois fur laquelle on tenoir les criminels
étendus pour les tourmenter. 11 ell affez vrai-
femblable que toutes ces acceptions diiTérentes
convenoient à ce mot , & qu’il défignoit un
genre dont nous avons détaillé les efpeces. ^
Nous trouvons dans Suidas un fragment d une
ancienne loi qui condamnoit au cypkortijl-.e pen-
dant vingt jours , & à être enluite précipites du
haut d’un rocher, en habit de femmes, ceux
qui traitoient les loit avec mépris ( Article de
V anc. Encyclop. ),
CyPRA , nom de Junon chez les Etrufques ,
le même que Cupra. Voyez ce mot.
CyPRES , arbre qui étoit le fymboîe de latrif-
telfe , parce qu’une fois coupé , il ns re.nait
plus 3 ou parce que fes branches , dépouillées de
feuilles , n’oni rien que de lugubre : aulTi le plan-
toit on ordinairement auprès des tombeaux , 6e
le confacroit - on à Pluton , Dieu des Morts.
Yarron croit qu il paflè pour un arbre funelle
ou funèbre ( ce qui eft la même chofe ) , à caufe
de fon odeur , que l’on jugeoit propre à corri-
ger celle des cadavres. Veye^ Cyparisse, pour
connoître fon origine mythologique.
Cyprès d’Orienc, à feuilles aiguës, difpofées
en écailles , & à rameaux horizontaux.
L’excellente qualité du bois de ce cyprès a
engagé les Candicts à en faire de grandes plan-
tations , qu’on appelle dos filis. , tant elles font
de bon rapport. En enét , cet arbre , qui croît
au fi! vite pour le moins que le chêne , devient
prefqu’aufii gros êc plus haut. Son bois eft très-
dur, très-odorant, inaccelTible aux infeéles. Il
prend un beau poli Se une couleur agréable.
Selon Thucidids , on l’employcit pour les far-
cophages des héros , & pour les caiifes où l’on
enfermoit les momies d’Egypte. Les portes de
S. Pierre à Rome étoient aulîi faites de ce bois :
elles ont duré depuis Conftantin-le-Grand jufqu’au
Pape Eugène IV , ceft-à-dire onze cens ans, &
tourefois elles étoient encore parfiiterr.ent faines ,
lorfque ce Pape y fubditua des portes d’aîrain.
Cet arbre abonnît 1 air par fon infenfiole tranfpi-
ration. Les Médecins Orientaux envoyoient les
poitrinaires refpirer dans l’iile de Crête', aujour-
C Y P
d’hiii Candie, 0.1 ces arbres ont toujours prof-
péré.
Hyppocratc fit faire , autour d’Athènes , des
feux de cyprès & d’autres bois icfîneux, pour
arrêier les progrès de la pelle , fi bien décrite
par Lucrèce ; 6c le fuccès répondit à fon attente.
CYPRl^"^^ } fuinom de Vénus. Il lui fqt
donné à caufe de Fiüe de Cypre, près de laquelle
cette Déefie prit naiffa'ice dans l’tcume de la mer,
ou par-ce que cette ille lui étoit confacrée.
CYPROS , mefure de l’Ane & de l’Egypte.
Foyei MeTRÉTÈS.
CZERZ/A, plante. Foyej Ai canna.
CYPSELUS, Tyran de Corinthe , fils de Labda.
Pour connoître fon hiftoire mythologique , voye^j^
Labda.
Le cofife dans lequel fa mère le cacha pour
le foiiftraire à la fureur des afiaffins , étant un
des plus anciens monumens de fculpture grecque
dont les Écrivains anciens nous ayent laifie la
defcription , doit trouver place.- dans un Dickion-
naire d’AntiquiréS- ( Paufanias traduit par t At-bé
Gédoyn ^ liv. r. ).
« Une des rare&és les plus confidérables du
temple, c’eft un grand Corne de bois de cèdre,
dont le delTus eft orné de figures d’animaux,
les unes d’or , les autres d’ivoire , & les
autres gravées fur le cèdre même. Cn dit que la
mère de Cypfélus étant accouchée de lui , Sc
fachant que les Bachiades cherchoient cet enfant
pour le faire périr , s’avifa de le cache? dans
ce coffre. C’eft le même Cypfélus , qui , depuis,
fur le Tyran dt Corinthe. Les Cypféhdss , fes def-
cendans, confacrèrent ce coffre à Junon Clym-
pienne , en aêiion de grâces de ce que l’Auteur de
leur nom ayoit été fi heureufement fauve. Le
nom même de Cypfélus vient du mot grec
, area , dont les Corinthiens fe fervoient
pour fignifier un coffre ».
“ Quoi qu’il en foit , il y a fur ce coffre plu-
fieurs inferiptions en caradteres fort anciens :
les unes font compofées de lignes qui vont tou-
jours de gauche à droite , félon l’ordre naturel
& communément fuivi ; les autres , de lignes
qui vont en rétrogradant , comme par filions ,
à la manière dont les bœufs labourent la terre :
c’eft ce que les Grecs appellent jis^rt fùfrA'cy
dont nous voyons que le ftade fe double a la
courfe ; quelques- unes même font écrites en
lettres dont les traits font fi brouillés & fi con-
fus , qu’il n’eft pas poffible de les déchiffrer. Si
vous confidérez ce coffre depuis le bas jufqu en
haut , vous ferez furpris de la quantité de hgures
que l'on a gravées deffiis. »
cc Premièrement , en bas , fur le devant , vous
voyez (Enomaiis qui pourfuic Pélops fuyant avec
Hippodamie. 'Us ont chacun un char auele de
deux
CYP
deus clievaux ; mais les chevaux de Pélôps ont
des ailes. Er-fuite vous voyez k palais d'Amphia-
raüs , & une vieille qui porte dans fes bras le
/eune Atnphiloque. Devant la perte du palais ,
vous diftinguez Eryphiie avec fon collier : elle
eft debout ^ ayant à côté d'elle fes nlies Eurydice
& Démonaffe , avec le petit Alcméon j qui elt
repréfenté cud. On a oublié Alcmène , s'il eft
vrai , comme le Poète Afius le dit , qu'elle fût
êile d'Amphiaraüs & d'Eryphile. Bâton j Ecuyer
d’Amphiaraiis , tient les rênes de fes chevaux
d’une main , & une lance de Eautre. Amphiaraüs
Z déjà un pied fur fon char : il tient fon épée
lîue ; Sr tourné vers fa femme ^ on voit qu’il
s’emporte contr’elle , & que peu s’en faut qu’il
se la perce. Au défias du palais d' Amphiaraüs ,
on célèbre des jeux funèbres en l’honneur de
Péiias. Il y a une fouie de fpecbateurs ^ au mi-
lieu defquels eir Hercule aflis fur un trône : der-
rière lui eû une femme qui joue de la flûte phry-
gienne , & l'infcriprion la fait connoître. Pifus,
fils de Pérîérès , Sc.Afrérion, fils de Corneras ,
montés c.fiacun fur un char , pouffent leurs che
vaux dans la carrière. O.n dit qu’Allérion fut du
nombre des A-g'>n3utes. Pollux^ Admete &
Euphémus difputent le même prix. Si î’on en
croît les Poetes , cet Euphémus étoit fils de
I^kptune 5 & il accompagna Jafon à rexpédi-
tion de la Cokiiide. Quoi qu’il en foit , on voit
lui qui remporte laviétoirc. D’un autre
coté, Admete & Morfus, fils d’Ampyx, font aux
priies , & foutiennent le combat du cefte. Au
milieu d’eux eft un homme qui joue de la fliite,
comme il fe pratique encore de notre temps ,
pour animer les Pentatkies au combat du faut.
Le combat de la lutte fe paffe entre Jafon
8c Pelée; ils paroiffent de force égale. Eurybotfi
efl: dans la pofture d’ain homme qui jette Con
palet. Cet Eurybote , quel qu’il foie , s’eft rendu
célèbre dans cette efpèce .de' combat. Mélanion ,
îSiothée , Phalarée , Argius & Iphiclus font les
cinq qui paroiffent avoir difputé le prix de la
courfe à pied ; Iphiclus remporte le prix, &
Acalle lui met une couronne fur la tête. Cet
Ipnicius étoit le pere de Protéfilas qui alla au
fiege de Troye. .On voit , dans îe même tableau,
plufîeurs trépieds pour les vainqueurs. Les filles
de Péiias afliflent à ces jeux ; l’une d’elles eft
nommée dans rinfeription : c’eft Alcelte. lolas ,
le compagnon volontaire des travaux d’Hercu'e ,
remporte le prix de la .eo.urfe du char .à quatre
chevaux ; & c’eft par- là que finiffent les jeux
funèbres de Peliis. On voit encore Hercule qui
tue , a coup de fléchés , l’hydre de la fontaine
d Amymone 8c ^iinerve auprès de lui. Aucune
infeription r inaique n-i le héros ni l’entreprife ,
parce que 1 on ne peut s’y méprendre. La der-
rière peinture de ce tableau repréfente Phinée ,
roi de Thrace, & les fils de Borée, qui chaffent les
fu-rpies >j.
Antiquités , Tom II.
c Y P
* La facï du côté gauche n’eft pas moins rem-
plie ni moins diverfinée. Vous y voyez une
femme qui dent deux enfans dans fes deux bras ,
lun d’un côté, l’autre de l’autre; l’un blanc,
I autre noir ; l’un qui dort , l’autre qui fembie
dormir ; tous les deux ont les pieds contrefaits.
Une infeription les fait connoître ; mais , indé-
pendamment de toute infeription, qui peut douter
que I un de ces enfans ne foit le Som.meil , l’autre
la Mort , & que la femme qui les tient ne foit la
Nuit , qui eft comme la nourrice de l’un & de
1 autre ? Une autre femme , de figure gracleufe ,
en tient une laide par le cou , & , de la main
droite , lève le bâton fur elle : c’eft la Juftice ,
qui réprime & châtie l'Iajuftice. Deux autres
femmes pilent quelque chofe dans les mortiers ;
apparemment qu’elles étoient verfées dans la Phar-
naacie : c’eft tour ce que l’on en peut dire , faute
d’infeription. .Mais on ne fauroit être trompé à
la figure qui fuir. Le Graveur a eu foin de mar-
quer c|ue c’eft la belle Marpeffe, qu’ Apollon avoic
ravie à Idas , & qui, d’eli;-même, vient retrou-
ver fon mari. Vous voyez enfuite un homme vêtu
d’une tunique , qui rient une coupe d’une main ,
& un collier de l’autre : il les prefente à Alcmène
qui les reçoit ; ce qui a peut-etre du rapport à ce
que difent certains Poètes Grecs , que Juoiter prit,
la reffemblance d’Amphicrion pour tromper Alc-
mêne. Plus loin, c’eft i'îénélas en cuiraffe , qui,
l’épée a la main, pourf.u'r Hélène, comme on
dit qu îl le fi: après la prife de Trove. Médée eft
affife fur un trô'ne , ayant Jafon à fa ds-oire , &
Vénus à fa gauche. Ün vers hexamètre , écrit au-
deffus , fait connoître les perfonnages :
M-éiée efl a Jafon. ; Vénus ainfi l‘o''ionnc.
On voit aiiflj les Mufes qui fe dirpoffnt à chan-
ter , Sc Apollon qui leur donne le ton : i’inferip-
tion le marque par ce vers :
Au concert des neuf Sœurs Apollon préludant.
_ Dans le tableau fuivant , c’eft Atlas qui porte le
ciel 8c h terre fur fes épa . 'es , comme le dit la
Fable. H tient en fes mains les pommes d’or des
Hefpcrides. L’infeription ne dit point qui eft celui
qui s’approche d’Atlas avec une épée à la main ;
mais on conjeâure aifément que c’eft Hercule.
On lit au-deffus :
Atlas foutient le ciel y & néglige Us pommes.
Après Atlas , vous voyez Mars armé qui em-
mène Vénus : l’infcriprion marque feulement le
nom du Dieu. Enfuite c'eft la jeune Thétis. Pélée
veut l’embraffer ; mais Thétis , un ferpent à la
main , menace Pélée. Ce tableau finit par les
fœurs de Médufe , qui pourfuivent Perfée dans
les airs ; car e'Ies ont des ailes auffi bien eue lui :
il n’eft parlé que de Perfée dans i’infeription
« Le derrière du coffre vous prefente une image
O O
290 C Y P _ .
«ie guerre. Vous voyez àei» gros cî ifîranterie avec
quelques chefs qui font fur deux chars. L'ne partie
de ces troupes femble T?ouloir en venir aux mains ,
& vous diriez que les autre', les reconivoüTenty Sc.
font prêts à les embraiîer. Les Interprètes ne font
pas d'accerd fur le fujet ûe ce taoleau. Les uns
füfert qu’il repréfente les Etoliens fous la con-
duit-e G bxylus , & ranges^ en baraüîe contre les
anciens Eléens : ces peuples fe fouvenant quils
ctoient tous fortis de la même origine , mettent
bas les armes , Bc , d’ennemis qu’ils croient ^ de-
viennent amis. Les autres veulent que ce foient
les Pyli-ens & les Arcadiens qui vont fe livrer
bttîibe auprès de Phigalée , fur le Jardan. Mais
je r’approuve pas le fentiment de quelques autres
Oui prétendent que l’aieul maternel de Cypfelus ,
GUI étoit Con.nthien , & qui poffedoit^ ce riche
cofee 3 eu; fes mifons pour ne pas choifir un
fuie: tiré de i aiitoirc de Corinthe ^ & qu’ü aima
ir.ieur faire graver quelque événement étranger
qui d’aifie :rs n'eût rien de fort mémorable. Pour
moi 3 je hafarderai aufS ma cor.iediure. ^Cypfelus ,
en remontant jufqu’à la lixième génération j fe
troavoit originaire de Gonufe j petite ville au-
deiTus de Sievone. Dans mes Mémoires fur Co-
rinthe j j’ai dit que Mêlas 3 fils d’Antaffus, étok
' enu 3 avec quelques troupes , pour s’établir à
Corinthe , mais qu’Aletès , à caufe de je ne fais
quel oracle , ne l’avoit pas voulu recevoir : dans
la fuite 3 Mêlas fit fi bien fa cour à Aletès 3 qu’a-
près beaucoup d’importunités 3 il fut enfin reçu
dans la ville , lui & fes troupes. C’ell 3 je crois ,
cêt événement que l’on a voulu repréfenter ».
ce II me refte à décrire l’autre côté du coffre 3
c'eft-à-dire , le quatrième 3 en prenant par la
gauche. Vous vovez. premièrement Borée qui
enlève Orîthye ; il a des queues de ferpens en
guife de pieds. Hercule combat contre Géryon ,
& l’on voit comme trois Géryons dans un même
corps. Tbéfée j qui fuit, femble jouer de la lyre ;
Atiadne eft à côté de lui , & tient une cou'onne.
Vous avez enfuite le combat d’Achille & de
Memnon : ces deux hères ont leurs propres noms
pour témoins de leur valeur. Celui qui fuit ,
c’eft Méianion tprès de lui efi Atalante , qui tient
Mn faon. Hector Sc Ajax, après s’être défiés ,
en viennent aux mains i la difeorde fe fait voir
au rrudieu. d’eux , & la feure en eft hideufe. C’eft
eette Difcèrde que Calyphon de Samos a copiée 3
lorfque , dans le temple de Diane à Ephèfe 3 il a
Voulu peindre le combat des Grecs auprès de leurs
vaifieaux. Enfuire font repréfentés les Diofeures :
l’un de ces frères n’a point encore de barbe i
Kéi(?ne eft au milieu d’eux , St à fes pieds Ethra 3,
fifle de Pittheüs, en habit de deuil. L’infcripcion.
eft telle :
Réîènt avec Ethra d’ Athènes ramenée far les
Tyndarldes.
îpbidamasj fils d’Ametior, eft couché par terre j
CYP
’ Zi Cooa, pour le venger 3 fe bat contre Agamemu
non. La terreur eft figurée pat une tête de lion fur
le bouclier de ce Prince. On lit deux infcriptions3
dont l’une 3 au - défias d’iphidamas , eft ainfi
conçue :
Coon venge la mort du brave Iphidamas.
& l’autre , fur le bouclier d’Agamemnon , eft eu
ces termes :
Le ferme appui des Grecs & l'effroi des mortels,
A droite , on voit Mercure qui préfente les trois
Déeffes à Paris, fils de Priam , pour être jugées
fur leur ;bcauté ; c'eft ce que dit l’infcription.
Diane vient après , tenant un léopard d’une main »
& un lion de l’autre j elle a des ailes aux épaules j
& je n’en devine pis la raifon. La peinture fui-
vantc repréfente Caflandre embraffant la ftatue de
Miners'e , & Ajax qui l’en arrache. V oici l’inC-
cription :
Caffdndre implore en vain le fecours de Minerve.
Vous diftingaez enfuite les malheureux fils
d’(Sdipe : on voit Polynice tombé fur fes genoux >
& fon frère Ethéocle qui lui met le pied fur ja
gorge. Derrière Polynice , eft une femme j à fes
dents , aiguifées , & \ fes ongles crochus , on re-
conr.oit un raonftre cruel. L’infcriprion dit que
c’eft la Mort , une des Parques , pour faire en-
tendre que Polynice cède a la force de fon deftin,
i & qu’E'théocIe eft juftement puni. Enfin , vous
! voyez Bacchns couché tout de fon long dans une
j grotte il a de la barbe au menton ; ü rient une
j coupe d’or à la main , & porte une longue tunique
i qui defeend jufqu’aux talons : des ceps de vigne »
j des pommiers & des grenadiers tapiilent 1 enrree
de la grotte».
« Le deffus du coffre eft fans aucune infcrip-
I tion 3 il faut deviner le deiTein de l’ouvrier par la
nature des fujets qu’il a traités. Le premier qui
fe préfente , c’eft un homme Sc une femme cou-
chés enfemble fur an lie dans un antre : on com-
prend aifément que c’eft Llyfls & Circe ; le tim-
bre des femmes qui attendent leur maitrc^e a ^a
porte 3 & l'ouvrage qu’elles font , n’en iàifîént:
pas douter; car elles font quatre, & leur occupa-
tion eft telle qu’Homère l'a décrite. On voit enfuhe
un Centaure, avec des pieds d homme par-fc-
: vant 3 8c des pieds de cheval par-derrière. Près
î de lui font des chars attelés , & des femmes de-
I dans. Les chevaux font ailés , & leurs aiies font
I dorées. Une de ces femmes reçoit une armure de
^ la main d’un homme. 11 y a toute apparence que
! cela regarde la mort de Patroele , car je croirois
que ces femmes font des Néréides , dont I une >.
qui eft Thétis reçoit de Vulcain les armes qn ly
avoît fabriquées pour Achille. En effet , ceiut
qui prefente ces armes paroît n’être pas bien
ferme für fes pieds , & celui qui le fuit a
],’ak d’un forgeroivi il tient mêini des tenaiüss»
C Y R
Dn pourroit auffi croire cjue le Centaure n’efl:
autre que Chiron , qui , déjà pafTé d’une vie à
Tautre & mis au nombre des Dieux , vient
donner quelque confolation à Achille. Pour les
deux 'filles qui fuivent, portées fur une efpèce
de char traîné par des mulets j & dont l’une
tient les rênes , l’autre a un voile fur la tête ,
on croit que c’eft Nauficaa, fille d’AlcinoüSj qui
va au lavoir avec une de les femmes. Quant à
celui qui décoche des flèches contre des Cen-
taures J & qui en tue un grand nombre , on ne
peut douter que ce ne foit Hercule ^ & l’un de
fes travaux que l’on a voulu rcpréfenter. Au
reftc J je n’ai jamais pu favoir ni même deviner
qui a fait ce coffre. Pour les infcritions, je puis
me tromper j mais je les crois d’Eumélus de
Corinthe : j’en juge par plufîeurs de fes ouvrages ^
'ISc fur-tout par une Pièce de Poéfie qu’il a faite
fur Délos ».
CYRBASIE , même coeffure des Perfes que la
CiDARis. y ce mot.
CYRBES ET AXONES. Ceft le nom que l’on
donna aux loix de Solon , comme les Lacédé-
moniens donnèrent celui de Rkétra à celles que
leur donna Lycurgue. Les Cyrbes contenoient ce
qui regardoit le culte des Dieux , & les Axones
renfermoient toutes les autres loix civiles & pc-
iitîques. Ces loix étoient dépofées en original
dans l’Acropole la citadelle d’Athènes , & l’on
en avoïc feulement des copies au Prytanée. Elles
étoient écrites fur des tables de bois ^ & en bouf-
trophédon y c’cft-à-dire ^ que leur première ligne fe
recourbeit & revenait de la droite a la gauche , puis
fe recourbait de même pour retourner de la gauche a
la droite 6* airiji de fuite jufqud La fin , par une
feule ligne continuée , comme les filions du labou-
rage y au - lieu que chacune de nos lignes commence
U la main gauche éi finit d la main droite. Plutarque
dit que de fon temps on voyoit encore des relies
de ces tables.
CYRÉNAÏQUE. Les Rois de la Cyrénaïque
dont on a des médailles j font:
Battus.
Magas.
PtoTémée Apion , d ce qu’on croit.
Médailles incertaines.
Le Silpkiam eft le fymbole ordinaire de la Cy-
rénaïque.
On a des médailles latines de cette contrée
frappées en l’honneur d’Augufte & d’Agrippa.
^ La tete & le nom kïpana de Cyrène , Nymphe
aimée d’Apollon , font gravés fur des médailles
de la Cyrénaïque , qui en portoît le nom.
CYRENE , Nymphe de Thrace , fut aimée du j
Dieu Mars , qui la rendit mère du fameux Dio-
mède Roi de Thrace. Voye-:^ Diomède.
Cyrène étoit fille d’KypféuS:. Roi des Lapi-
miSy fils de Pénée & de Créufç. Celle-ci étoiî
V
■fille de la Terre y & Pénée étôit fils ce l’Océan.
Virgile dit qu’elle étoit fille du fleuve Pénée , Bz
qu’elle habitoit dans les grottes au fond des eaux
de fon père. Elle ne s'occüpoit que de la chaiTe ,
& làîfoit un grand carnage de bêtes 'féroces. Apol-
lon la vit un jour ou’elie combattoit feule contre
un lion; il s’ouvrit au centa'Uie Chiron du defiem
qu il avoir conçu de lui faire violence. Chiron lui
confeiila de prendre la voie de la douceur & de
la perfuafion j mais Apollon impatient l’enleva ,
La tranfporta en Lybie j où il la rendit mère
d’Ariftée.
Cyrène. KTfANAîiîN.
Son fymbole étoit le Sylphium.
Les médailles autonomes de cette ville Tout i
C. en or.
C. en argent.
C. en bronze.
Leurs types ordinaires font e
Le Sylphium.
Jupicer Ammon.
Un Palmier.
Une lyre.
Pline dit que cette ville étoit célèbre pôur les
pierres gravées que l’on y travailloit.
CYRÉNÉENS. koinon KïPANAîaN.
Leurs médailles autonomes font :
RRRR. en bronze.
RR. en argent.
O. en or.
CYRIADE J tyran fous Gallicn. Crsr.mz»
Pivs Feux Augustus. Quoique Goiezius Sc
UTfinus rapportent une méc'uilie d’or de Cyriade ,
on n’en connoït point dans les cabinets.
CYRNEARIUS Gruter (643. 2.) rapporte
l’infcription fuivante ;
T. FLAVIO. AUG. tlBERTO
EPAPHRODITO
CYB»NEARIO. A. VIC. PUB.
FLAVIA. AUG. LIBERTA
TYCHE. MAR. OLE. D.
Les Cyrnearii fabriquoient les vafçs appelés
cimeéi.
CYROGR.4.PHE. Voyez Cirographe.
CYRRHüS J dans la Syrie. KTrPHCTliN.
On a quelques médailles Impériales grecques
de cette ville frappées en l’honneur de Trajan^ de
M. Aurèle 5 de Vérus^, de Commode, .de Cara-
calla^ d’Antonin des deux Philippes ^ d’Elagabale.
CYRUS. Sur une carcédoine du Baron de
Stofeh, on voit un vieux Berger à qui un enfant
aflis par terre fous un arbre , tend les mains. L’ex-
pofidon Se l’éducation de Cyrus ( Herodot. l. r.
c. II.) pourroient bien être le fujec de cette gra-
vure, feica V/inkelmaaa.
O O ij
CYT
ÇYSICUS , Roi de Cyfique ou Cyzique j dans
la petite Myfie , reçut chez lui les Argonautes
très-favorablement ; & après leur avoir fourni
toute forte de rafraïchiffemens , & les avoir
comblés de préfens^ les lailTa partir. Mais un vent
contraire les ayant obligés de relâcher pendant la
nuit dans le même portj Cyfique croyant que
c’étoit Tes ennemis qui venoient le furprendre ,
alla attaquer les Argonautes, & dans le combat
fut tué par Jafon même , qui eut beaucoup de
regret de fa mort , & lui fit de magnifiques funé-
railles. Apollonius & Valerius Flaccus racontent
cette fable dans leurs poèmes fur les Argonautes.
CYTHÈRE , ifle de TArchipel , aujourd’hui
Cérigo, vis-à-vis de Crète. Héfiode dit que Vénus
ayant été produite de l’écume de la mer, fur por-
tée d’abord à cette ille fur une conque marine :
c’eft pourquoi Cytkere lui étoit paniculièrement
confacrée ; & le temple qu’elle y avoir pafToit
pour le plus ancien de tous ceux que la Grèce lui
avoir confacrés.
CYTHÉRÉA J furnom donné à Vénus , de
l’ifle de Cytkere.
CYTHÉRÉUS , furnom donné à Cupidon ,
comme au fils de Vénus , Déeffe de Cytkere.
CYTHÉRIADES, furnom des Grâces qui ac-
compagnoienr Vénus j elles étoient honorées à
Cytkere.
CYTHÉRON. Voye[ Cithéron.
CYTHÉROKIUS , furnom de Jupiter- Voyei
JUNON.
C Y Z
CYTHÉRUS , rivière de Péloponèlê en Élidel
Paufanias met à fa fource un temple confacré aux
Nymphes lonides; & ajoute que les malades qui
fe lavoient dans la fontaine du temple , en for-
toient parfairem.ent guéris. Ionides
CYTHNUS , ifle. kyoni.
Les médailles autonomes de cette ville font ;
RRRR. en argent Pelierin.
RRR. en bronze.
O. en or.
Leur type ordinaire eft une lyre.
CYZICENES , monnoie ancienne de l’Egypte
& de l’Afie. V oye^ Darique.
Cyzicènes, falonsà manger très-riches , ap-
pelés ainfî chez les Grecs , de Cyzique , ville cé-
lèbre par la magnificence des bâtimens.
CYZIQUE , dans la Myfie. KTZlKHNatî.
Le fymbole de cette ville eft une tête de lian
de profil.
Ses médailles autonomes font:
RRR. en or Pellerin,
RRR. en argent.
C. en bronze.
Leurs types ordinaires font î
Une tête de lion.
Un trépied.
Le capricorne.
Deux poifîbns.
On a des médailles Impériales grecques de cens
ville frappées fous l’autorité de fes Préteurs, en
l’honneur de la plupart des Auguftes , depuis k
premier jufqu a Claude Gothique.
D
D
Poüa expliquer les abréviations & les fîgîes
qui commencent par un ou plufieurs D, ii faut
confulter les articles Abréviations , Consü-
iaires ( médailles ) , Legendes & Villes
( médailles de peuples & de ).
D. Le Diéiîonnaire de Grammaire & de Litté^
rature fait connoitre fufEfamment les obfervations
grammaticales relatives à Tufage & à la pronon-
ciation du D chez les Romains. Je tfen rappelle
ici qu’une feule à caufe de fon utilité journalière
pour la leélure des médailles & des infcriptions.
Le D qui eft à la fin de la légende d’une très-
ancienne monnoie frappée fous le nom du peuple
latin ( /ati/zoif ) ^ quoiqu’il fut alors fournis aux
Romains , était Ordinairement ajouté par les an-
ciens a la fin des mots terminés par des voyelles^
comme il paroît dans ce qui nous relie de la co-
lonne rollralede Duillius.Ony litOTûXümodpour ma-
^^'^o^pugniindod,pourpugnanào,pondodpoilTpondo,
8tc. C’eli ainfî qu’Horace a dit {izl. od. 14. 1 1. )
ominatis
Piircice verbis.
Au lieu de male ominatis^
La lettre D étoit-elle numérale chez les Ro-
mains ; & û elle ne Tétoit pas chez eux , à quelle
époque l’efl-elle devenue chez les modernes ?
C’eft vers Tannée ijco c’efl- à-dire ^ depuis
Tufage général de Timprimerie. Les Imprimeurs,
voyant que les Romains formoient la lettre numé-
rale M à peu-près comme dans l’écriture onciale ^
ainfî CO , imaginèrent de former cinq cens , moi-
tié de miile^ par un càraélère qui fût la moitié du
lien J c efl-a-dire , par O. Pour aller plus vite , ils
rapprochoient de Tl le C retourné ^ & ils en firent
un D. Cette lettre étant devenue numérale, fît
naître le vers fuivant, dans laquelle A efl fuppofé
être aafTi numéral , contre Tufage des Romains
snciens ; ;s a
Littera D velut A qidngentos JtgtiificahiC.
^ mettant une barre fur le D de cette manière ,
D , on lui donne une valeur décuple j & il vaut
■cinq mille.
_ Les deux obfervations fuivantes prouvent in-
vinciblement que le D n’étoit pas numéral avant
1 joo.
_On lit fur une vitre de Téglife de S. Pierre à
Aire ce vers chronographiqae^qui marque Tannée
IO<j4 : BIS fepteM prebendas tv sacdvine dedifir.
Il y a dans ce vers quatre D qui n’entrent point
dans le calcul. Cette lettre n’étoic point encore
numérale au temps de la bataille de Montihéri ,
donnée en 1465 , comme on le voit par cet autre
chronographe François, qui défîgne cette année-
la : à Cheval, y a Cheval , gendaridesci Ckevai. Le
D n’étoit pas encore numéral en 1485 , comme
l’Auteur d’une differtation analytique fur les chro-
nographes le prouve par une pièce de ce genre
faite fous Charles VIIL
D , diplomatique. Les favans Bénédiéiîns au-
teurs de la Nouvelle Diplomatique , divifenc les
D des médailles , des marbres & des manufcrits
en neuf grandes fériés.
Les angles du D diftinguent communément fà
première férié. Ses lettres ont régulièrement au
moins deux côtés droits.
Cette première férié a neuf divifîons. Le plus
long vers la droite ; ze, vprs la gauche 5 3e, en A }
4«, trapézoïde 5 ye, quarré, ou polygone irrégu-
lier ; 6e y triangle , dont quelques côtés peuvent
déborder ; -e , terminés par une courbe. Les deux
premières divifîons remontent à la plus haute an-
tiquité. La ze defcend jufqu’au xie fîècie. Les
autres ne defcendent pas au-del.i du ixe fîècie.
Le lie grande férié nous offre des D aigus,
pour la plupart d’une haute antiquité. Les D en
forme de B nous viennent d’Efpagne, & s’élèvent
au vue fîècie. le fous-férie peu aigus; ze reffem-
blans aux B, ou feulement aigus par le h.aut ; 3c
par le bas, fouvent avec exteniîon d'un bout de
la panfe ; 4e en pointe par le bas , & un peu re-
courbés par le haut de la hafte vers la gauche ;
e , en pointe inférieure , avec prolongation du
out de la pan.û;, pour l’ordinaire un peu courbé
dans fon excédent.
La me férié contient des D. majufcules ordi-
naires. Quand les deux lignes fupérieure & infé-
rieure qui doivent commencer le demi-cercle, font
plutôt droites que rondes, c’efi: un indice du fîècie
d’Augufte ou des temps voifîns. A ces traits la
ire divifîon de la me férié fefait reconnoîrre. Les
fuivantes defcendent à peine au moyen âge. ze,
D perlés, à hafîe terminée en croiffant, &c. 3e ,
contournés , renverfés ; 4e , prolongés par les
extenfîons du montant ou de la panfe.
Les D de la ive férié s’ouvrent en deffous ;
tels font ceux de la ire dîvifion : ou en-delfus ; 8c
tels font ceux de la ze, ou leur halle efl prolon-
gée vers le haut , comme dans la 3e, Ces D
2^4 13 A O
oîu !a lîgure de h minufcuîcs. RaretneHt s abaif-
fent-iîs au-defibus du ixe fîècle.
Les D en forme de P , Q , O, &c. donnent !a
Ve férié. Ses deux premières foas-feries font mar-
quées au coin de la plus haute antiquité. L'une a
la haüe à-peu-près droite, & Tautre courbée.
Elles engendrent au moyen^ âge la 3e petite
fuite, dont les montans excèdent haut & bas 5
c’eft le tk Anglo-Saxon, fouvent (i) emplové
fous les Rois Mérovingiens Sc Wifigoths, durant
les Eie & vue lïècles j 4e en Qj Ce en O, avec
un point ce.ntra! j 6e , prefque en cœur des brs
temps i 7e , du moyen âge , à panfe détachée de
la hafte.
La Vi« férié en entier doit être reléguée au
bas temps, ire divifion, D fembiables à deux C
tournés à contre-fens; 2e, courbés en-delTus, aux
moins par le bout fupérieur de la panfe ; 5e , gra-
dués ou coupés par une traverfe horizontale.
La Vile férié préfente des D majufcules à
queue , notablement prolongée en-deifus. i ". Dé-
tachée du montant, & fouvent abaiflee ; 1^. cour-
bée au-delTusj 3°. s'élevant obliquement, li ell
peu de ces D. gaine foient antérieurs au xe liècîe.
De la Ville font dérivés, ou plutôt c'ell en elle
eue font renfermés les D onciaux ou ronds , 5e
les curlifs des derniers tennps. î®. S'élevant par
une queue plus droite que courbe , ils ne s'abaif-
feut pas au-deiTcus du vnie iîècle ; en C tour-
nés à rebours, renfermés entre le ve & le xie ;
3^. encore anciens, tiennent toujours du C con-
tourné i 4°. peu diÉférens de nos d curfifs ; 5°. à
queue courbée en delfusi 6°. à panfe fermée,
relacivxment à ceux de la ire & 3e divilion ; 7°.
modernes, à panfe circulaire , furmontes de leur
queue j 8°. gothiques, anguleux eu polygones.
La ixe comprend le d petit romain ; 1°. en for-
me d'a 2°. femblable à nos d d'imprimerie. Il
s'en trouve-dans des inferiptions du ive fîècle.
DA CE, AAKiA Se Dacia.
Cette contrée, réduite en Province Romaine ,
a fait frapper des médailles Impériales grecques
en l’honneur de Trajan.
Cette province a fait frapper des médailles la-
tines en l'honneur de Philippe père , d’Otacile ,
de Philippe fils, de Trajan-Dèce, d'Herennius,
d’Kortilien , de Treb. Gallus , d’Enailien , de
Gallien, de Valérien père.
La Dace eft repréfentée fur les médailles en ha-
bit de femme , portant un javelot avec une tête
d'âne , marque de fa valeur. Les anciens avoient
fait l'honneur à cct anima! de l'appeler
â^TÏriTav , indomptable , & on i’avoit choifi dans
l'Orient paur la m.onture des Princes. Quelquefois
la Dace tient une tête de bœuf ou de cheval , à
eaufe des trompettes paphlagoniennes , dont le
fon approchoit fort du cri de ces animaux. Elle
eü d'aiftres fois aflife fur une cotte d'armes , avec
(1) Le Elaac , BjpijnoieB d’Ifp. & de Dsgoberr.
D A C
une palme 3c une enfeigne, pour défiguev la vif'»
leur de fon peuple.
DÀCIUS , \ j „ r
D \C1QUE , f furent gouvernés par
leurs Rais particuliers jufqu’à la fin du premier
lîèclc de notre ère. Le dernier fut Déccbalc, que
Trajan vainquit. Cette victoire lui acquit k nom
de Dacique , que nous lai voyons prendre fur fes
médailles à la feptième année de fa puiffance Tri-
bunitienne , l'année d’avant fon vs Confulat.
Imp. Cæs. Nerva Trajanuj Aue. Germ.
Dacîcus P. M. Tr. P. vil. Ixfp. iiil. Cos. iiil*
Des. V. P. P dans Mezzabarba , p. 152.
DACTYLE , travers de doigt ; mefure linéaire
du Péloponèfe, de l’Atîique, de la Sicile, de la
grande Grèce.
Elle valoir, en mefure de France, /ooVs de
pouce , félon la Métrologie de M. Pauéton.
Dactyle, travers de doigt; mefure linéaire
de la Phocide , de l’illyrie , de la ThefTalie, de la
Macédoine, delà Thrace, des Phocéens en Afie ,
& de Marfeille en Gaule.
Elle valoir de pouce de France , félon la
Métrologie de M. Paufton.
Dactyle , travers de doigt ; mefure linéaire &
itinéraire de i’Afie & de l'Égypte. F'oyei Esba a.
Dactyle , efpèce de danfe grecque fort es
ufage chez les Athlètes , dit Héfychias.
Dactyle, îI compofoit avec l'iambe la qua-
trième partie du Isôme Pythien, fuivant Strabon.
Dactyles. La conformité des cérémonies
religteafes , & le voifinage , ont concouru
à faire confondre les Cabircs avec les Dac-
tyles. -On a même cru que ces derniers n'étoient
qu’une ponion des premiers (Srraô. l, x.p. 321.),
quoiqu'on fes ait regardés comme originaires
de Crère. La fource de cette erreur eft le furnom
d’idéens , qui leur venoic du mont Ida en Phn'-
gie , & non de la montagne du même nom, qui
fe trouvoit dans Pille de Crète , où les DaByles
ne furent jamais établis. L'autorité de Sophocle
Schol. Apoll. Rkod. l. I. V. ii2o), d’Epfeore
( Diod. L V. %. 64. ) , de Strabon ( L x. p. 3-^;)j
de DicP'^'rc de Sicile ( liv. y. 64. ) , 5: de Saint
Clén l’Alexandrie {Strom. l.x ,p. 360.), ne
permet ^.as de révoquer en doute ce que j’avance.
Allez fembiables aux Joegleurs de l’Amérique, ces
Dactyles de l’Afie cherchèrent d’abord à fe rendre
nécelTairescn exerçant , chez un peuple fauvage>
la Médecine. Ils y étoient devenus fi habiles , qne
leur nom délîgna long temps en Grèce ceux qui
profelfoient cet art ( Hesyck. in voc. A«*2t/2<or. )-
L'incendie des forêts du mont Ida leur ayant de-
couvert des mines de fer ( Clément Alex. Strym,
l. I. p. 420. ) , Üs enfeignèrent à le travailler
( Marrrtf Oxon, epoçh il. ) du moins une tradi-'O®
D A C
générâle leur attribuoic cette invention dont
l’époque étoit fixée, fous le règne de Pandion j
Koi d’Athènes j 1432 ans avant J. C. ( Uid. ).
On ajoutoit que l’invention de l’airain leur étoit
encore due ( Diod. l. v. x. 6'^. ). De pareils
fcrvices ne pouvoient manquer de leur attirer
une confidération qu’ils augmentoient par le
moyen des preliiges & des enchantemens. Aufïl
paffoient-iîs pour d’infîgnes enchanteurs , fuivant
Phérécidc & l’Auteur du Poème de la Phoronidc
Sckol. Apoll. Rkod. l. 1. V. 1116.).
Ce fut par ce dernier moyen que les Dactyles
fe rendirent recommandables , non - feulement
aux peuples de Phrygie , mais encore aux habi-
tans de Samothrace. Diodore de Sicile raconte
qu’lis causèrent à ceux-ci la plus grande furprife
en leur montrant l’effet de leurs enchante-
mens J & la manière dont ils s’en fervoient dans
les initiations & les myllères. Cet Hiftorien
^ute qu’Orphée lui-même devint leur difciple ^
^ apprit d’eux ces cérémonies ( DiW. /. v. 1.
64.). Elles dévoient être peu différentes de celles
des Jongleurs ou Devins fauvages , dont l’initia-
tion conlifte en des pratiques lîmples,, fur-tout
en des épreuves plus ou moins fortes , exigées
des afpirans. Les conquêtes de Séfoftris dans
Sc dans la Thrace y répandirent le culte
^Syptîen. Les Cabires & les Dactyles ne purent
éviter de s’y conformer j & d’adopter même
une nouvelle doélrina.
Jufqu’alors les Dactyles , comme le refte des
PélafgeSj avoient adoré le ciel & la terre. Cou-
ronnés de branches de chênes ^ ils facrifioient
à cetta dernière fous le nom de Rhée ; cfeft
pourquoi ils pafsèrent pour les Paredres ou afîif-
taios de la Mère des Dieux ( Apoll. Argon- L i .
V. 1123-23. Demetr. Sceps , & lAenardap. Sckol.
in H. L.). Leurs -4uîels n’étoient que des pierres
amoncelées fans art , auprès defqueîles iis fe raf-
fembloient peur honorer Kelmis , le srand Dem-
nameneus & le puiffant Aemon ( Sckol. Apoll.
Rkod. l. 1 , V. 112, ) qui , dans la faire, furent
pris pour des DaByles , comme les Divinités de
Samothrace lavoient été pour des Cabires. L’ex-
phcation de ces trois noms fert à le prouver.
Dans l’ancien langage des Grecs , Aemon figni-
Éoit le Ciel ( Hefyck. & Etym. Magn. in k. v. )•
Le mot Damnameneus fubfifte en partie dans
ceux de Damna , nom que porroit Cérès à Epî-
daure ( Herod. l. v. c. zxxxii. ) , & de Domna ^
qu avoir Proferpine à Cyzique ( PelUrim, Recueil
oes Médaillés, t, ni. pl, iji. Cette viüe éroit
peu éloignée du mont Ida ^ féjour des Dactyles,
ou ils hoaoroienr la Terre , en lui donnant vrai-
femblablement l’épithète de Damna ou de Dam-
■namenea , puiffante , laquelle fe trouve dans le
iragment de la Pnoronide. On fait que les Poètes
anciens^ mettoient quelquefois un genre pour
i^autre ( Vid. Tkeon. ad Arat. v. icj , &c. ). Peut-
ttre encore que r.Axteur de ce dernier Ouvrage
D A C 255
s’eft fervi du genre mafculin , parce que le Ciel
& la Terre étoient repréfentes l’un & l’autre
dans les myftères cabiriques , avec la maraue
des deux fexes, comme on le voit dans Varrô.n,
.On lit dans le Lexique d’Hefychius , que Kei-
mis étoit également le nom d’un Dactyle- Idéen ,
& celui d’un enfant. Kelmas fignifioit la peau
d un faon. Ces mots étoient donc relatifs à la
cendre jeunelTe de Cadmille de Samothrace , &
de ïlacchiis d’Eleufisj repréfentant tous deux
d’Egypte. Comme eux , Kelmis en aura
été l’image. Cette conjeélure a d’autant plus de
fondement , que dans les autres noms que Pau-
fanias donne aux Dactyles ( Eliac, i. c. vu. ) ,
on^ trouve ceux de Jafion , c’elî: i’Iacchus des
Cretois ; de Priapc (^Lucian, de Sahdt. §, 21.) ^
à caufe du Phallus qui lui étoit confacré > enha
de Pœonius , ce meme lacchus , c’eft-à-dire ,
Dionyfîus ( Hefyck. in k. v.') , fuivant les pro-
» fanes. Hercule & Epiraède ne font enaés dans
cette nomenclature , que pour défîgner la force
& la prudence , qualités d’ Aemon , le Ciel. Idas
& Acéfidas font de fîmples épithètes ou fur-
noms relatifs aux lieux qu’habitoient les Dactyles.
Ce ne fut qu’à l’époque de l’introduâion du
cuite étranger , que Kelmis prit place parmi les
Divinités DaByliqu.es , comme Cadmille parmi
celles de Samothrace.
A cette époque en fuccéda une troifîème , celle
de l’apothéofe. Aemon , Damnameneus & Kelmis
furent alors regardés , fuivant Stéfimbrote dans
fon livre fur les Myftères ( Etymol. Magn. in v.
i^itioi') , comme fils de Jupiter & de la Nymphe
Ida, parce que ce Dieu ayant ordonné à fes nourri-
ciers de 3£ter derrière eux de la pouflîére du mont
Ida^, il en naquit les Dactyles Idéens. Cette fable
allégorique , qu’on expliquoit aux initiés , n’étoic
pas la feule. Une fécondé faifoit naître ces mêmes
DaByles de i’impolïtion des mains d’Ops ou de
la Terre fur le n^nt Ida , lorfque cette Déefte
alla fe réfugier dans l’ifle de Crète ( Diomed. de
Orat. & part. Orat.p. 474.). L’allégorie eft fen-
Ébie : en reconnoilïànce de leur invention , les
premiers habitar.s de l’Ida parvinrent Sans la fuite
aux honneurs divins ( Diod. l, r. 1 64. ), de
finirent par être regardés comme des Lares ou
Divinités particulières 5 mais leur cuite ne fut ja-
mais aufti éte.ndu que celui des Cabires méramor-
phofés en Diofeorides, à caufe, Dns doute, du cré-
dit qu’avoient déjà ces derniers. Le fort des Dac-
tyles reffemhia davantage à celui des Curètes
( Hefiod. ap. Strah. l. x. p. 323. ). Ycyer Cu-
RÈTES , CORYBANTES & IdEEKS.
( Cet article dt tiré des Recherches fur les
Myfleres du Paganifne , de M. le Baron ne Ste,
Croix }.
p.4.CTYLïO]VlAN'CIE , forte de divinatiosc
j^ui fe failoit par le moyen de quelques anneaux
:ondus fous l’afpecl de certaines conftellations >■
2^8 DAM
furFeftuS, Alexander ab^ Alex. Génial, dier, VI.
8. Panvin, de Civ. Rom, c. 37. Guter, de Vet.
dur. Pont. jr. 8. .
DAMATRIUS , dixième mois de Pannce chez
les Thébains & les Béotiens. Junius ^ dans fon
livre de Anno & Menfibus , le confond mal-à-
propos avec le mois d’Oâobre : il répondoit au
mois de Juin & partie de Juillet , & tiroit fon
nom de ^ en beotien ^ qui elf
celui lie Cérès en grec ^ parce que c’eft dans ces
■mois qu'elle donne fes biens , & que l'on fait la
-xécolte des blés j dont ils rendoient grâces à cettè
PéeflTe.
DAMES Grecques & Romaines. Voy. FemmeS;,
Habits i Cheveux, Voile, Chaussure, &c.
Dames ( jeu de )• Il paroit que les Anciens
n’ont pas connu le jeu auquel nous donnons ce
nom , & que notre jeu d'échecs ou une efpèce
'de jeu plus analogue à celui - ci qu’au jeu de
Dames , étoit délîgné par les mots Calculi &
Latrunculi. F” pyej Echecs.
-fumom de la bonne DéelTe ,
c’eft-à-dire , de Cybèle ou de Maïa , félon Da-
cier. Ce nom eil grec , & vient de S'Hfcicç , & ,
félon le dialecte dorique , Jiéicsj , peuple. De-là
svtuicç ou djtfeioç , public.
Ce furnom fut donné à Cybèle par antiphrafe ,
£ l’on en croit Feftus , qui dit pofitivement que
ie facrifice offert à cette DéelTe , fe nommoit
Damium y 5c que ces noms étcâent pris du mot
grec pour , qui fignifie public ,
pour exprimer , par contre - vérité , celui de
tous ces facrifices qui étoit le moins public &
le plus fecret. En effet , on ne facrifioit à la bonne
DéefTe que dans des maifons particulières, portes
& fenêtres fermées, fans qu'il fût permis à aucun
Romme d’être préfent au facrifice , & il étoit
défendu aux femmes , qui feules pouvoient y
afTÆer, de révéler ce qui s'y palToic } c’efl; peut-
être pour cela qu’on a lî peu de connoilïànce de
ce qui regarde la bonne DéelTe.
Mais Dacier , dans fes Notes fur Feftus , pré-
tend qu’il fe trompe ; que ce n’eft point par
contre-vérité que ce facrifice fe nommoit ainfî ,
mais parce qu’il fe faifoit pour le peuple ; & il
cire fur cela Cicéron qui écrit à Atticus (/. i.
Ep. 10.) : « Je crois que vous avez appris que,
pendant que Ton faifoit le facrifice pour le peuple
chez Céfar , il y entra un homme en habit -de
femme. «Dacier allègue auffi le Gloflaire latin &
grec , qui définit ce facrifice , un facrifice qui fe
faifoit à Taîr , en lieu découvert, expofé à Tair.
Quelques-uns difent que cette Oamie étoit une
Dryade, feinme de Faune , qui fut fi chafte & fi
retirée , qu elle ne vit jamais ni n'entendit aucun
homme que fon mari ; de-là venoit ce grand foin
exclure les hommes de ces fêtes , & de voiler
DAN
même, dans la chambre où Ton les céîébi-oic
tout ce qui pouvoit avoir la forme de mâle, pein-
ture , gravure , fculpture , &c. Les femmes
feules', magnifiquement parées, fe donnoient
toute forte de licences pendant neuf jours &
neuf nuits , danfant, chantant & fe livrant à tous
leurs goûts.
EAMIArkiX,}' la bonne
Déeffe Cybèle , qui étoit furnommée Damie,
Feftus Tappelle ainfi ; mais les meilleurs Philolo-
gues lifent Damiatrix , au-lieu de Damlas.
DAMIUM. Voyez Dxmia.
DAMNAMENEU S. Voyez Dactyles.
DAMNATI. Voyez Condamnés.
DAN. Voyei Den.
DANACON,! w • J o j.
aanakhs , r Monnoie de In-gy^te & de
TAfie. V oye-^ Mehah. Les Grecs donnoient fon
nom à la pièce de monnoie que Ton mettoit dans
la bouche des morts, pour payer à Charon le paf-
fage de fa barque. Voye^ Charon.
DANAÉ , fille d’Acrifius , Roi d’Argos , fut
enfermée fort jeune dans une tourd'airain,par fon
p>ère épouvanté d'un oracle fuivant lequel fon
petit-fils devoir lui ravir un jour la couronne &
la vie. Jupiter , devenu amoureux de cette Prin-
cefle , fe changea en pluie d’or , & , s'étant in-
troduit dans la tour , rendit Danaé mère de Per-
fée. Acrifius ayant appris la groftelTe de fa fille,
la fit expofer fur la mer dans une méchante bar-
que ; mais elle arriva heureufement dans Tifle de
Sériphe , où elle fut bien reçue de Polidaùle qur
en. étoit Roi , & mit au monde Perfée.
DANAIDES. Ce font les cinquante filles de
Danaüs , neuvième Roi d’Argos. Ce Prince régnA
d’abord en Egypte avec fon frère Egy^ptus 5 mais-
celui-ci , après neuf ans d’union & de concorde,
fe rendit feul maître du royaume , & fournit forr
frère à fes loix. Egyptus avoit cinquante fils , &C
Danaüs cinquante filles. Le premier voulut donner
pour époufes à fes fils leurs coufines-germaines.
La propofition effraya les Daneïdes , de maniéré’
qu’elles s'enfuirent à Argos , afin d’éviter un ma-
riage qui leur paroiffoit impie. Arges étoit em
quelque forte leur terre natale , puifque la mai-
fon de JJaraailj étoit ifTue d’Io , qui étoit Argienne..
Pelafgus , Roi d’Argos, les reçut favorablement,.
& leur accorda fa proteéfion contre les pourfuites
d’Egyptus. Cette arrivée des Danaïdes à Argos-
■fait le fujet d’une Tragédie d’Efchile , intitulee-
les Suppliantes. Le Poète repréfente les Danaïaes
avec leur père , venant demiander un afyle à .Ar-
gos, en qualité de fuppliantes. Pelafgus jugequ-A
DAN
feroît Inhumain de rejeter îes prières de ces illar-
tres ailes 5 mais il lui paroît aufli dangereux en
même temps de les recevoir, par la crainte des
armes d’Egyptus. Cette délibération fait tout le
fond de la Tragédie grecque-
L'hilloire de Danaüs & d’Egyptus parqit bien
différente dans le Poète trag.ique, de celle que
racontent les autres Poètes Selon eux , Danaüs
ne voulant point que Tes filles .époufalTent les fils
de fon frère , foir qu’il en fut détourné par un
oracle qui lui avoir prédit quTl feroit tué par
un de fes gendres , ou plus vraifemblablement ,
qu’il fe fiattat de faire des alliances plus utiles
pour fes intérêts , s’enfuit d’Egypte avec fa fa-
rnille , & fe retira à Rhodes , puis à Argos. Il y
dîfputa le fceptre à Gélanor , en qualité de def-
cendant d’Epaphus, fils d’Io. Tandis qu’il faifoit
valoir fes prétentions devant le peuple , un bœuf
qui paffoit aux pieds des murs de la ville, fut
dévoré par un loup ; on interpréta cet événement
en fa faveur j on crut voir , dans cet étranger ,
une image du loup & un ligne de la volonté des
Dieux ; & la couronne lui fut adjugée. Voye:^
Gelanor.
Egyptus , jaloux des accroilTemens que la puif-
fance de fon frère devoir recevoir des alliances
qu’il ailoit contraéler , en choifilfant cinquante
gendres parmi les Princes de la Grèce , envoya
fes fils à Argos , à la tête d’une armée , pour
réitérer la demande de leurs confines. Danaüs ,
trop foible pour leur réfifier, confenrit au ma-
riage de fes cinquante filles avec fes cinquante
neveux j mais il fit jurer fecrettement aux Da-
xazdes , qu’armées d’un poignard caché fous leurs
robes , elles malTacreroient leurs maris la première
nuit de leurs noces. Ce projet s’exécuta , & la
îeule Hypermneftre épargna fon mari Lyncée. Ju-
piter pour punir ces filles cruelles de leur inhu-
manité , les condamna à travailler éternellement
dans le tartare à remplir un tonneau percé. Voye:^
Egyptus, Hypermnestre , Lyncée, Bé-
SRYCE.
Winkelmann a cru en reconnoître deux fur un
bas-relief de la ville Panfili , qui repréfentc Or-
phée. L’une des deux porte un petit Peau , &
Pautre une petite coquille. Ce bas - relief peut
être aufli relatif aux Thefmophories ; car 011
crpyoit que les Danaides avoient rapporté de
l’Egypte en Grèce le culte de Cérès & fes Thef-
mophories.
DANAiS ,- Nymphe mère de Chrifippe. Voyez
Chrisippe.
DANAÜS , Roi d’Argos. Voy. DanAÏdes.
Eiar.'chinî ( Iftor. univ. p. 316. ) a cru recon-
noître , furjan médaillon du Cabinet Odefcalchi,
Danaüs aflifté de hünerve , travaillant au vàiffeaii
qui deyoit le tranfporter d’Egypte en Grèce. On
poiirroit expliquer de même deux agathqs onix
de la colleétion de Stofeh, le monument d’un
DAN
299
■ Faier Navalîs ( Murptt,ori i. p. dxxv.) ^ Cur le-
quel un homme: travaille à unvailTeau, & le type
d’une médaille de la ville de Nicomédie (Froeücft
Tentam. Nnm'.p. 21 y. ) y mais Winckelmann croit
avec plus de raifon y reconnoître Argus ou Glau-
cus ; car Athénée ( /. 7. ) attribue à ce dernier ia
confiruétion du navire des Argonautes. Voyez
Argus.
DANIC, Thermos, pitebi, lupin, ancien poids
de l’Afie & de l’Égypte.
I! valoir , en poids de France , 7 grains & f J- ,
félon la Métrologie de M. Pauclon.
Il valoir , en poids des mêmes pays , i f kik-
kabos, ou 2 kération, ou 4 chalcous , ou 8 Sitarion.
DANSE. Les Grecs durent aux Égyptiens
prefque toutes leurs premières notions , dans le
temps qu’ils étoient encore plongés dans la plus
Ilupide ignorance.
Orphée ( être réel, félon la Mythologie), qui
avoir parcouru l’Egypte, & qui s’étoit fait initier
aux myftères des Prêtres d’Ifis , porta , à fon re-
tour dans fa patrie , leurs erreurs. Auffi le fyf-
tême des Grecs fur ia Religion n’étoit-ii qu’une
copie de toutes les chimères des Prêtres d’Égypte.
La danfe fut donc établie dans la Grèce pour
honorer les Dieux, dont Orphée inftituoit le culte;
& comme elle faifoit une des parties principales
des cérémonies & des facrifices , à mefure qu’on
éleyoir des autels à quelque Divinité, on inventoic
aufli pour rhonorer,des danfes nouvelles} & toutes
ces danfes différentes étoient iiommées facrées.
II en fut ainfi chez îes Romains, qui adoptèrent
les Dieux des Grecs. Numa , Roi pacifique , crut
pouvoir adoucir la rudelTe de fes fujets, en jetant
dans Rome les fondemens d’une religion ; & c’eft
à lui que les Romains durent leurs fuperftitions ,
& peut-être leur gloire. Il forma dabord un col-
lège de Prêtres de Mars j il régla leurs fondions ,
leur afligna des revenus , fixa leurs cérémonies ,
& il imagina la danfe qu’ils exécutoient dans leurs
marches pendant les facrifices , & dans les fêtes
folemnelles. Voyei Danse des Saliens.
Toutes les autres danfes facrées qui furent en
ufage a Rome & dans l’Italie, dérivèrent de cette
première.
Chacun des Dieux que Rome adopta dans îa
fuite , eut des temples , des autels & des danfes.
Telles étoient celles de la bonne Déejfe , les Sa-
turnales , celles du premier jour de Mai, &c.
Voye^-les à leurs Articles.
Les Gaulois , les Efgagnols , les Allemands >
les Anglois eurent aufli leurs danfes facrées.
Tous les Anciens ne reconnoiffent pas égale-*
ment Cybèle ou Rhée pour l’infiitutrice de la
danfe. Thé ophrafte, ciré par Athénée {i. r. p. 22.),
difoit qu’un Joueur de Flûte de Catane en Sicile y
nommé Andron , fut le premier qui s’avifa d’ac-
compagnér les fons de la flûte de divers m-owve-
niens de fon corps , qui marquoient une efpèee
Pp i;
300 DAN
de cadence. C’eft pour cela que les anciens Grecs
exprimoient le mot danfer par celui de ,
voulant faire connoîcre par-la que la danfe leur
venoit de la Sicile. Après Andron, Ciéophante de
Thèbes cultiva cet art avec fuccès, & Efchile ,
qui le porta fur le théâtre, contribua beaucoup à
fa perfection.
£rato & Therplîcore préfîdoient à la danje.
Les Grecs & les Romains eurent fur la danfe
une manière de penfer très- différente. Les pre-
miers , voifins & imitateurs des Orientaux , en
faifoient beaucoup de cas. Nous voyons , dans
une hymne d’Homère , Apollon jouer de. la lyre ,
& marcher en cadence , *«?.» Ju-
piter lui-même , le Père des Dieux & des hommes,
danfe au milieu de l’Olympe dans les vers d’un
ancien Poète cité par Athénée ( lib. i. c. 19. ).
Cornélius Népos raconte d’Épaminondas , qu’il
avoir appris l’art de la danfe & la mulique , & il
ajoute que ces deux arts , méprifés de fou temps
par les Romains , avoient joui chez les Grecs
d’une grande confidération .• Atque k&c ad noftram
conÇuetadinem fant levia , & potiùs contemnenda ,•
at in Gr&cia utiquc ohm magna laudi erant.
Ce mépris des Romains pour la danfe eft encore
exprimé plus fortement dans le plaidoyer de
Cicéron pour Murena : tiemo, dit ce célèbre
Orateur , fere faltat fobrîus , nifi forte infanit ;
neque in Jolitadine , neque in convivio honefto. In-
tempef ivi convivii , amæni loci , muitarum deli-
ciarum cornes eft extrema faitatio.
Dirons cependant , à la louange des Grecs ,
que s’ils attachoient du prix à la danÇe , c’étoit
feulement à la danfe noble & grave. Le trait fui-
vant en fournit la preuve. Clyftène , tyran de
Sicyone , ayant promis fa fille en mariage à celui
d’entre les Grecs diftingués par la naiffance, qui
remporteroit les prix dans des combats & des
défis relatifs à tous les exercices du corps , la
refufa à l’ Athénien Hippoclide, à caufe de la
Hiollefle & de la lafciveté des mouvemens qu’il
avoir exécutés en danfant ( Herodot. lib. vi. cap.
128. ). On fait de plus combien étoient méprifées
les danfes lafcives des Ioniens.
Dan5E armée : c’étok la plus ancienne de
toutes les danfes profanes : elle s’exécutoit avec
l’épée , le javelot 8c le bouclier. Les Grecs l’ap-
peloient memphitique , & ils en attribuoient l’in-
vention à Minerve.
Pyrrhus, qui en renouvela l’ufage, en a été
cependant reconnu pour l’inventeur , par quel-
ques anciens Écrivains.
La jeuneflê Grecque s’exerçoit à cette danfe ,
pour fe diftraire des ennuis du fiége de Troie.
Elle étoit très propre à former les attitudes du
corps î & pour la bien danfer , il falloir des dif-
pofirions. tïès-heureufcs & une très-grande ha-
bitude.
"Toutes les différentes évolutions militaires en-
.Uoicnt dans la compoûtion de cette danfe..
DAN
Dansï astronomique. Les Égyptiens m
furent les inventeurs. Par des mouvemens variés '
des pas alfortis , & des figures bien delTinées , ils
repréfentoient , fur des airs de caraélère , l’ordre ,
le cours des aftres & l’harmonie de leurs mouve-
mens. Cette danfe fubüme pafia aux Grecs , qui
Ijadoptèrent pour le théâtre. Koyer Strophe,
Épode , &c. Platon & Lucien parlent de cette
danfe comme d’une invention divine.
Danses Bacchiques ; c’efl le nom qu’on
donnoit aux danfes inftituées par Bacchus , 8c
qui étoient exécutées par les Satyres & les Bac-
chantes de fa fuite. Le plaifir & la joie furent
les feules armes qu’il employa pour conquérir les
Indes, pour foumettre la Lydie, & pour dompter
les Tyrrhiens. Ces danfes étoient au relie de trois
efpèces .• la grave , qui répondioit à nos danfes
terre à terre ; la gaie , qui avoir un grand rapport
avec nos gavotes légères , avec nos paflè- pieds &
nos tambourins ; enfin , la grave & la gaie , mêlées-
l’une à l’autre , telles que font nos chacones &
nos autres airs de deux ou trois caradères. On
donnoit à ces danfes les noms à’ ommelie de cor~
dace 8c de cinufts.
Danses champêtres ou rustiques. Pan ,
qui les inventa , voulut qu’elles fufîent executees
dans la belle faifon , au milieu des bois. Les
Grecs & les Romains avoient grand foin de les
rendre très-folemnelles dans la célébration des
fêtes du Dieu qu’ils en croyoïent 1 inventeur.
Elles étoient d’un caraélère vif & gai. Les jeunes
filles & les jeunes garçons les exécutoient avec
une couronne de chêne fur la tête & des guir-
landes de fleurs qui defcendoient de l’épaule gau-
che , & étoient attachées au côté droit.
Danses des Curètes et des Corib.antes.
ieloii l’ancienne Mythologie , les Curètes & lesr
Zorybantes , qui étoient les Minières de la reli-
;ion fous les premiers Titans , inventèrent cette'
ianfe. Ils Fexécutoient au fon des tambours , des
ifres , des chalumeaux , & au bruit tumultueux;
tes fonnettes , du cliquetis des lances, des épees
le des boucliers. La fureur divine dont^ Us
■oifîbient faifis, leur fit donner le nom de Cory~.
tantes. On prétend que c’efl par le fecours de'
rette danfe qu’ils fauvèrent de la barbarie du,
deux Saturne le jeune Jupiter, dont l’éducaticn
Danses des, Fes'Tins. Bacchns lès ihflitua a-
fon retour en Égypte. Après le fellin , le fon de
pluiîeurs inftrumens réunis invitoit les convives^a<
de nouveaux plaifirs ; ils danfoient des danfes de
divers genres ; c’étoient des efpèces de bals ou-
éclatoient la joie , la magnificence & l'àdrelie-
philoftrate attribue à Cornus Tinvention de ces-
danfes , & Diodore prétend que nous h dev-oss
à Therpfieoie.
DAN
Danse dès Funérailles. « Comme îa na-
« ture a donné à l’homme des gelles relatifs à
3= toutes fes différentes fenfations j il n’eft point
55 de fituation de l’ame que la danfe ne puiffe
55 peindre : auffi les Anciens^qui fuivoient dans les
53 arts les idées primitives , ne fe contentèrent pas
»5 de la faire fervir dans les occalions d’alégrelfe ;
M ils l’employoient encore dans les circonftances
>5 folemnelles de trilleffe & de deuil.
35 Dans les funérailles des Rois d’Athènes j une
53 troupe d’élite , vêtue de longues robes blan-
33 ches , commençoit la marche ; deux rangs de
33 jeunes garçons précédoient le cercueil , qui
33 étoit entouré par deux rangs de jeunes vierges.
33 Ils portoient tous des couronnes de branches
33 de cyprès & formoient des danfes graves &
33 majeftueufes fur des fymphonies lugubres.
35 Elles étoient jouées par plufleurs Mufîciens
33 diftribués entre les deux premières troupes.
33 Les Prêtres des différentes Divinités adorées
33 dans l’Attique , revêtus des marques diftinc-
33 tives de leur caraélère , venoient enfuite. Ils
33 marchoîent lentement & en mefure , en chan-
33 tant des vers à la louange du Roi mort.
33 Cette pompe étoit fuivie d’un grand nombre
=3 de vieilles femmes couvertes de longs manteaux
33 noirs Elles pleuroient & faifoient les contor-
33 fions les plus outrées , en pouffant des fanglots
33 & des cris. On les nommoit les Pleareufes , &
=3 on régloit leut falaire fur les extravagances plus
>3 ou moins grandes qu’on leur avoir vu faire.
33 Les funérailles des particuliers , formées fur
53 ce modèle , étoient proportionnées à la dignité
3= des morts & à la vanité des furvivans : l’orgueil
» eft à-peu-près le même chez tous les hommes •,
>3 les nuances qu’on croit y appercevoir font peur-
>3 être moins en eux-mêmes, que dans les moyens
33 divers de le développer , que la fortune leur
33 prodigue ou leur refufe 33. ( Traité hifiorique de
la D-anfe , tome I. l. il. e. vi . ).
Danse des Lacédémoniens^ Lycurgue, par
une loi expreffe , ordonna que les jeunes Sfaar-
tiates > dès l’àge de fept ans , commenceroient à
s’exercer à des danfes fur le mode phrygien. Elles
s’exécutoient avec des javelots , des épées & des
boucliers. On voit que la danfë zrméQ a été l’idée
primitive de cette inftitution , & le Roi Numa
forma la danfe des Saiiens de l’une & de l’autre.
La gymnopédie fut de l’inflitution expreffe de
Lycurgue. Cette danfe étoit compofée de deux
choeurs , l’un d’hommes faits , l’autre d’enfans r
ils danfoient nuds , en chantant des hymnes en
l’honneur d’Apollon. Ceux qui menoient les deux
chœurs étoient couronnés de palmes.
La danfe de l’innocence étoit très-ancienne à
Lacédémone : les jeunes filles l’exécutoient nues^
devant l’autel de Diane, avec des attitudes douces
& modeftes , & des pas lents & graves. Hélène
5‘eserçoit à cette danfe lorfque 'ITjéfée la vh > en
devint amoureux , & l’enleva. Il y a des Auteurs
qui prétendent que Paris conçut auffi pour elle
cette violente paffion qui coûta tant de fang à
la Grèce & à l’Afie , en lui voyant exécuter cette
même danfe. Lycurgue , en portant la réforme
dans les loix & les mœurs des Lacédémoniens ,
conferva cette danfe , qui ceffa dès-lors d’être
dangereufe.
Dans cette République extraordinaire , les vieil-
lards avoient des danfes perticulières qu’ils exécu-
toient en l'honneur de Saturne , & en chantant
les louanges des premiers âges.
Dans une efpèce de branle qu’on appÆloît kor-
mus , un jeune homme lefte & vigoureux , &
d’une contenance fiêre , menoit la danfe ; une
troupe de jeunes garçons doubloit les pas 5 une
troupe de jeunes filles venoit immédiatement après
eux avec des pas lents , & d’un air modefie. Les
premiers fe rerournoient vivement , fe mêloient
avec la troupe de jeunes filles , & repréfentoienc
ainfi l’union & l’harmonie de la tempérance & de
la force. Les jeunes garçons doubloient les pas
qu’ils faifoient dans cette danfe , tandis que les
jeunes filles ne les faifoient que fimples ; & voilà
toute la magie des deux mouvemens diSérens des
uns des autres en exécutant le même air.
Danse des Lapithes. Elle s’exéeutoit au
fon de la flûte, à la fin des feftins , pour célébrer
quelque grande viâoire. On croit quelle fut in-
ventée par Pirrithoüs. Elle étoit difficile & pé-
nible , parce qu’elle étoit une imitation du combat
des Centaures & des Lapithes : les différens moa-
vemens de ces monftres moitié hommes & moitié
chevaux , qu’il étoit néceffaire de rendre , exi-
geoient beaucoup de force ; c’eft par cetre raifori
qu’elle fut abandonnée aux payfans. Lucien nous
apprend qu’eux fèuls l’exécuroient de Ion temps.
Danse de l’ArchixïiNE, dans Us funérailles
des Romains. On adopta fucceffivement à Rome
toutes les cérém-onies des funérailles des Athé-
niens , mais on y ajouta un ufage digne de Is
fageffe des anciens Égyptiens
« Un homme inftruit dans l’art de contrefaire
33 l’air , îa marche , les manières des autres hom-
33 mes, étoit choifi pour précéder le cercueil : il
33 prenoit les habits du défunt, & fe couvroit le
33 vifage d’un mafque qui retraçoit tous fes traits ï
33 fur les fymphonies lugubres qu’on exécutoic
33 pendant la marche , il peignoir dans fa danfe
33 les aérions les plus marquées du perfonnage
>5 qu’il repréfentoir.
33 C’étoit une oraifon funèbre muette , qui
33 retraçoit aux yeux du publÂ: toute a vie du
33 citoyen qui n’éroit plus.
33 UArchimine, c’étoit ainfi qu’on nommoit cet
33 Orateur funèbre, étoit fans partialité 5 il ne fai-
33 foit grâce , ni en favear des grandes places dis
33 mort , ni par h crainte, du pouveit de fes
33 fuccdTeuîs.
3ot DAN
=’ Un citoyen que fon courage , fa genero-
” iîté J rélévation tie fon ame avoient rendu
« l’objet du refpea; & de l'amour de la patrie ,
” fembioit reparoitre aux yeux de fes conci-
toyens : ils jouilîoient du fouvenir de fes ver-
tus 5 il vivoic , il agiffoic encore 5 fa gloire fe
53 gravOit dans tous les efprits > la jeuneiîe Ro-
33 maine frappée de l’exemple , acmiroit fon
» modèle ; les Vieillards vertueux goûtoient déjà
« le fruit de leurs travaux , dans l’efpoir de re-
» paroître à leur tour fous ces traits honorables j
53 quand ils auroient celle' de vivre.
33 Les hommes indignes de ce nom , & nés
33 pour le malheur de l’efpèce humaine , pou-
33 voient être retenus par la crainte d’être un jour
33 expofés fans ménagement à la haine publique ^
»» à la vengeance de leurs contemporains, au mé-
» pris de la poftérité.
33 Cesperfonnages futiles, dont plufieiirs vices ,
»3 rébaiîche de quelques vertus , l’orgueil extrême ,
33 & beaucoup de ridicule, compofent le carac-
3’ tère , connoilToient d’avance le fort qui les ar-
ec tendoit un jour, par la rifée publique à laquelle
=3 ils voycient expofer leurs femblables.
» La fatyre eu l’éloge des morts devenoit ainfi
»’ une leçon utile pour les vivans. La danfe des
33 Arckimines étoit alors dans la Morale ce que
33 l’Anatomie eil devenue dans la Phyhque {Traité
»3 kiftoriqiie de la Danfe , tome 1. l. il. c, pr/.) 33.
Danses lascives. On diftinguoit ainfi les
différentes danfes qui peignoient la volupté.
C’eft aux Bacchanales que les danfes lafelves
durent leur origine. Les fêtes inllituées par les
Bacchantes pour honorer Bacchus dont on venoit
de faire un Dieu , étoient célébrées dans l'ivrciTe
& pendant les nuits : de-là toutes les libertés qui
s'y introduifirent : les Grecs en firent leurs dé-
lices , & les Romains les adoptère.nt avec une
efpece de fureur , lorfqu’ils eurent pris leurs
mœurs , leurs arts & leurs vices.
Danse de l’Hymen. Une troupe légère de
jeunes garçons & de jeunes filles couronnés de
fleurs ^exécutoient cette danfe dans les mariages ,
& ils expjimoient, par leurs figures, leurs pas &
leurs gefies , la joie vive d’une noce : c’eft une
des danfes qui étoient gravées, au rapoort d’Ho-
mère , fur le boucher d’Achille. Il ne faut pas la
confondre avec les danfes nuptiales dont on par-
lera plus bas; car elle n’ avoir que des expreffions
douces & modeftes.
Danse memphitique. Elle fut, dit on, in-
ventée par Minerve, pour célébrer la vidfoire des
Dieux & la défaite des Titans. Cétoit une danfe
grave & guerrière , qu’on exécutoit au fqn de
tous les inftrumens militaires.
Danses militaires. On donnoit ce nom à
toutes lys danfes anciennes qu’on exécutoit avec
D A N
des armes , & dont les figures peignoient quel,-
ques évolutions militaires. Plufieurs Auteurs en
attribuent 1 invention à Caftor & à Poilux ; mais
c’efi une erreur qui eft fuffifamment prouvée par
ce que nous avons déjà dit de la danfe armée.
Ces deux jeunes héros s’y exerçoient fans doute
avec un fuccès plus grand que les autres héros
leurs contemporains ; & c’efi la caiife de la mé-
prife.
Ces danfes furent en ufage dans toute la Grèce,
mais à Lacédémone en particulier : elles faifoienc
partie de l’éducation de la jeunefle. Les Spartiates
alloient toujours à l’ennemi en danfant. Quelle
valeur ne devoit-on pas attendre de cette foula
de jeunes guerriers accoutumés dès l’enfance à re-
garder comme un jeu les combats les plus terribles!
Danse nuptiale. Elle étoit en ufage à Rome
dans toutes les noces ; c'étoit la peinture la plus
diffolue de toutes les aérions fecrètes du mariage.
Les danfes lafeives des Grecs donnèrent aux Ro-
mains l’idée de celle-ci , & ils furpafsèrent de
beaucoup leurs modèles. La licence de cet exercice
fut pouffée fi loin pendant le règne de Tibère ,
que le Sénat fut forcé de chaffer de Rome , par
un arrêt folemnel , tous les danfears 8c tous les
maîtres de danfe.
Le mal étoit trop grand fans doute lorfqu’on
y apuliqua le remède extrême ; il ne fervit qu’à
rendre cet exercice plus piquant :1a jeuneffe Ro-
maine prit la place des danfeurs à gage qu’on avoit
chaflés : le peuple imita la nobîeffe ; & les Séna-
teurs eux-mêmes n’eurent pas honte de fe livrer à
cet indigne exercice- Il n’y eut plus de dilrinélion
fur ce point entre les plus grands noms & la plus
vile canaille de Rome. L’Empereur Domitien
enfin , qui n’éroit rien moins que délicat fur les
mœurs , fut forcé d’exclure du Sénat des pères
conferits qui s’étoienc avilis jufqu’au point d’exé-
cuter en public ces fortes de danfes.
Danse pyrrique. C’eft la même que la
danfe armée que Pyrrhus renouvela, & dont quel-
ques Auteurs le prétendent l’inventeur.
Danse du premier jour de Mai. A Rome
8c dans toute ritaüe , plufieurs troupes de ci-
toyens des deux fexes fortoienr de la ville au point
du jour; elles alloient, en danfant au fon des
inftrumens champêtres , cueillir dans la campagne
des rameaux verds ; elles les rapporroient de la
même manière dans la ville , 8c elles en ornoient
les portes des mai.fons de leurs p.irens , de leurs
amis, 8c dans la fuite, de quelques perfonnes
conftituées en dignité. Ceux-ci les artendoient
dans les rues, où on avoir eu foin de remr des
fables fervies de toute forte de mets. Pendant
ce jour tous les travaux ceftoient , on ne fongeoR
qu’au plaifir ; le Peuple , la nobleiTe , les rnagif-'
tracs , confondus 8c réunis par la joie générai >
DAN
fembîoîent ne compofer Q'j’.jne îVule famiüe ; üs
etoient tou.9 pares de rameaux naiifans : être fans
Cette marque diftinêtive de la fête ^ anroit été une
efpèce d infamie. Il y avoit une forte d'émulation
à en avoir des premiers ; & de-là cette manière
de parler proverbiale , en ufage encore de nos
jours : o/z ne me prend point fans vend.
_ Cette fete j commencée dès l'aurore:, & con-
tinuée pendant tout le jour , fut,, par la fuccef-
fion des temps ^ pouflee bien avant dans la nuit.
Les danfes , qui n'étoient d'abord qu'une expref-
fion naïve de la joie que caiifoit le retour du
printemps ^ dégénérèrent dans la fuite en danfes
galantes ; & , après ce premier pas fait vers la
corruption , elles fe précipitèrent avec rapidité
dans une licence effrénée j Rome , toute l'Italie
etoient plongées alors dans une débauche fi hon-
Tibère lui-m.ême en rougit ; & cette
lete fut folemnellement abolie. Mais elle avoit
i'^preffions trop profondes ; on eut beau
Ja defendre : après le premier moment de la pro-
mulgation de la loi ^ on la renouvela , & elle fe
•Teppdit dans prefque toute l’Europe^ C'eft-ià
1 origine de ces grands arbres ornés de Seurs^ qu'on
plante, dès l’aurore du premier jour de Mai /dans
tant de villes , au-devant des maifons de gens en
place. II y a plufîeurs endroits où c'eft un droit
de charge.
Danse ites Saliens. Numa Pompilias l'infli-
tua en l’honneur du Dieu Mars. Ce Roi choifit ,
parmi la plus illuRre noblefïe, douze Prêtres qu'il
nomma Suhens ^ a caufe du fü.iitillag£ Sz pétille-
ment du fel qu’on jetoit dans le feu lorfqu’on
brûloir les viâimes. Ils exécutoient leur dunfe
Clans k temple pendant le facrifice, & dans les
marenes folemnelles qu’ils faifoient dans les rues
de Rome , en chantant des hymnes à la gloire de
Mars. Couverts d une efpèce de cuiralfe d'airain ,
3ls portoient le javelot d'une main, & ie bouclier
de l’autre.
De cette danfe dérivèrent toutes celles qui
furent inüituées dans la fuite pour célébrer les
fetes des Dieux.
Danse théâtrale. On croit devoir donner
cette dénomination aux danjes différentes que les
Andens & les Modernes ont portées fur leurs
théâtres. Les Grecs unirent la danfe à la Tragédie
■& à la Comédie , mais fans lui donner une rela-
tion intime avec l’aâion principale : elle ne fut
chez eux qu un agrément prefque étranger.
Les Romains fuivirent d’abord l’exemple des
Grecs jufqu au régné d’AuguIIe ; mais il parut
alors deux hommes extraordinaires , qui créèrent
un nouveau genre , & qui le portèrent au plus
haut degre de perfeâion. H ne fut plus queftion
a Rome que des fpedades de Pilade & de Batyle.
e premier, qui étoit ne en Cilicie, imagina de
reprefenter , par le feul fecours de la danfe , des
atîîons fortes & pathétiques. Le fécond , né à j
DAN Î05
Alexandrie, fe chargea de la repréfentaticn des
aélions gaies , vives & badines. La nature avoit
donné à ces deux hommes du génie & de belles
qualités extérieures : l’application , l’étude , l’a-
mour de la gloire , leur firent développer tontes
les reffources de l’art. Malgré ces avantages, nous
ignorerions peut-être qu'us eüiréht èxiîîé, leurs
contemporains auroient été privés d’un genre qui
fit leurs delices , fans la proreétion fignalée qu’An-
gufte accorda à leurs Théâtres & à leurs compo-
fitions.
Ces deux hommes rares ne furent point rem-
places ; leur art ne fut plus encouragé par le
gouvernement , il tomba dans une dégradation
fenfible depuis le règne d’Augufte jufqu’à celui
de Trajan , où il fe perdit tout- à-fait.
Ces Articles des diférentes danses , font de
V ancienne Encyclopédie.
DANSEUR. Lucien a introduit dans le banquet
des Lapithes un danfeur avec la tête rafée ; mais
fes commentateurs ne croyant apparemment pis
la chofe décente, ont dit que ce paffage étoic
altéré. Une cornaline de Stofeh nous montre
cependant un jeune homme qui danfe avec des
callagnettes, & dont la tête efi rafée.
Dans les jeux publics de Rome les danfenrs por-
toient des plumes à leur bonnet.
DANSEUSES. Les danfeufes qu'on introduifit
dans un ferlin où étoir Socrate , fautoient par-
deffus des epees nues (^Eien. conviv. p, 8yC. ).
“ Les Anciens artifles ont obfervé , dit Winc-
kelmann ( Jïi,?. de tan. liv. IT. ch. 3. ) de don-
ner un air pofé^ & tranquille, qui caraclérifoit la
noblefïè, jufqu au.x figures danfintes , à l’exception
des Bacchantes. Il y en a qui font d’opinion que
dans les premiers temps de l’art, des artifles mefu-
roient _& régloient l'aétion de leurs figures fur
les anciennes danfes, 8c que dans les temps fub-
fequens de la Grece , les danfeufes à leur tour,
pour ne pas franchir les bornes delà bienféance,
prenoient pour modèle les figures des llatuaires
( Athen. Deipn.^ l. ïo^.p. 629. b. ) Cette aiTertion
fe trouve atteflée par plufieurs fiâmes de fe.mmes
légèrement drapées ; la plupart fans ceinture &
fans aucun attribut , font repréfentées exécutant
une danfe très-décente ( Molli diducunt candida
geftu brachia. Propert. l. 1. El. 18. v. J.) î de
forte que celles mêmes qui manquent de bras,
indiquent par leurs attitudes , que d'une main elles
foulevoient doucement la draperie par-defîûs leurs
épaules, & que de l'autre ‘elles Ta fourenoient
du côté des hanches. Dans ces fortes de compo-
fitions il faut que l’acfion rende les figures expref-
fives & fignificatives; & comme plufieurs de ces-
fiatues ont une tête idéale , elles peuvent repré-
fenter une des deux mufès qui préfidoient parti-
culièrement à la danfe , Erato & Terpfichore
(.Sckol. Apollon. Argon. /. 3. v. v, i. in Tlcfod.
Es?, a. p, 7. A. ). Il fe trouve de ces fortes de
^4
DAN
ftames dans les Villas Médicis, Albani & ailleurs.
Deux figures fembkbles
dans la Villa Ludoviü. & plufieurs ftatues d Her-
culaniim, nont pas des tetes idéales; une
autre placée au-dellus de lentree du palais Ca-
raffa-Colobrano à Naples , a une tete couronnée
tse neurs a une beauté fublime. Ces ftatues on.
PU en effet être érigées à de belles danjeujes
nuifque nous favons par plufieurs epigrammes de
ranthologie ( A/irÀo/. /. 4. c. 3)‘P- 3é2../e5-)
les Grecs accordoient de parens honneurs a ces
TT _ /-tiTô /~/aC
ngurci UC --
queftion^ c’eft quelles ont une mamelle nue, ^
qu’une pareille nudité feroit contre la décence de
ces chaftes déeffes
Danseurs de corde. Un profeffeur de Dant-
zic écrivit , en 1702 , une diflertation fur les
danfeurs de corde , de Funambulis , pleine a érudi-
tion & d’une grande comioiffancederantiquite.il
définit un danfeur de corde , un homme qui mar-
che fur une groffe corde attachée à deux poteaux
oppofés ; c’eft -la précifément ce que fignifie le
mot latin funambulus , compofe de funts , une
corde, & ^ ambulo , je marche ; mais nos dan-
feurs de corde font plus : non-feulernent ils mar-
chent ; ils danfent encore & voltigent fur la
corde.
Les anciens ont eu leurs danfeur de corde
auffi bien que nous; les mots grecs Neurobates,
Sckænobates , & le latin funambulus , qui les re-
préfente tous deur , fe trouvent dans tous les
écrivains anciens, lis avoient encore des Crem-
nohates & des Oribates , c’eft-à dire , des gens
qui marchoient fur le bord des precijiices, ou lur
des murs très-étroits. Bien plus , Suerone ( Dans
Galba, c. p. ) , Séneque (dans fon £/. Sj ), &
Pline C Liv. vul. c. 2. ) , parlent d’Eléphans aux-
quels on apprenoit à marcher fur la corde. Acron,
ancien grammairien & commentateur d’Horace ,
dit ( Sur la fatyre X du premier livre ) que
Meffala Corvinus s’eft le premier fend du mot
'funambulus , que l’on retrouve dans Térence.
Mais Grodeçk , ce profefîeur Dantzikois , dont
nous avons parlé , prétend qu il fe nompe , &
que Meffala ne vivoit qu’après_ Térence- H a
raifon ; Se Acron confond Valerius Meffaia , à
qui l’on donna le nom de Corvinus dans la guerre
çot*re les Gaulois , l’an de Rome 40; , deux cens
ans environ avant Terence ; il le confond, dis-je,
avec un de fes defcendans, qui fut un orateur
fameux du temps d’Horace.
Les danfeurs de eorde des anciens exerçoient
leur art de quatre différentes manières. Les pre-
miers vokigeoient autour d’une corde , pomme
une roue autour de fon effieu , & s’y fufpen-
doient par les pieds ou par le cou ; les fejconds y
voloient de haut en bas , appuyés fur l’eftomac,
ayant les bras & les jambes étendues ; les troi-
D A P
fièmes couroient fur la corde tendue en droits
ligne , ou du haut en bas. Les derniers enfin
non-fenlement marchoient fur une corde, maïs
iis V faifoient auffi des fauts périlleux , & plufieurs
tours extraordinaires.
DANUBE , Fleuve d’Europe. Les anciens Scy-
th'-s l’honorèrent comme une Divinité , à caufc
de l’étendue Sc de la fertilité de fes eaux. 11 eit
repréfenté fur plufieurs médaillés de Trajan.
P^OH57, dans l’IIlyrie . • •
Eckhel a attribué à cette ville une médaillé de
bronze avec la légende ci-deflhs. Neumann lui
en attribue une fécondé de même métal , avec
les feules lettres AA.
DAPALIS, nom fous lequel Jupiter fut honoré
à Rome , parce qu’il préfîdoit aux mets, dupes ^
qu’on fervoit dans les feftins.
DAPHIDAS. Ce grammairien fut puni , dit
Valère Maxime , pour avoir voulu fe moquer de
la Pythie, en lui demandant s’il retronveroit bien-
tôt fon cheval , quoiqu’il n’en eut pas perdu.
Apollon lui fit répondre qu’il le retrouveroit bien-
tôt, mais qu’il en feroit la yiélime. Peu apres,
Attalus fit précipiter Daphidas dans la mer du
haut d’un rocher appelé le cheval , a eaule
, JM /-nntré» hn.
DAPHNÉ, fille du fleuve Penee, fut aimee
d’Apollon. Ce Dieu n’ayant pu la rendre fenlible,
fe mit à la pourfuivre ; & il étoit près de 1 attein-
dre , lorfque h nymphe ayant invoque la divinité
du fleuve, fon père, fe fentit tout-d un-coup
métamorphofée en laurier. Le nouvel arbre de-
vint les délices d’Apollon , & lui fht fpecialement
confacré. C’eft ce que difent de Daphné preiquc
tous les Mvthologues. Mais S. Jean Chryfoftome
parlant félon l’opinion des habitans d Antioche ,
dit que Daphné fuyant devant Apollon , la
terre s’ouvrit, l’engloutit, & produifit fur le
champ un arbriffeau de fon nom , qui eft le 1^-
rier. Les habitans d’Antioche croyoient en e&et
que cela s’étoir naffé dans le fauxbourg de leur
ville , appelé Daphné , & qu’il avoir pris fon nom
de cette aventure.
Daphné , autre Nymphe de la montagne de
îlphes , qui fut choifie , félon Paufanias par
Déeffe fellus, pour préfider a l oracle qu
ndoit en ce lieu avant qu’Apollon en fut en
(ffeflion. Voye^ Leucippe.
Daphné , fille de Tiréfias , dont parle Dio-
ire, prophétifâ à Delphes, & y acquit le nom
Sibylle. Vdyei Manto.
Daphné (Médailles des habitans de ).
OAPHKÉES, D-'-S“ï^,EfHOEE.
D A P
SîraNipHolfES } ^W‘^-oïtDapknipko-
rie, iâ fëce qu’on céiébroic tous ies neuf ans en
Séotie , en l'honneur d’Apollon lünénien. Son
ïiotii grec éroin Aci<f7a<pop!-i. En voici l’origine:
Les Eoliens qui habitoient Arnus & 8c les lieux
•circotivoiEns , en érant fortis pour obéir à un
oracle j vinrent ravager le territoire de Thèbes
qu’alïiégeoieat alors les Péiafges. Les deux armées
le trouvant en même temps dans l’obligation de
■chommer une fête d’ Apollon j il v eut rufoetuion
d’armes > pendant laquelle les uns coupèrent des
lauriers fur i’Hélicon , les autres fat ies bords du
âeuve Mêlas , & tous en firent au Dieu une
offrande. D’un autre côté Poiémithas , chef des
Béotiens , vit en fonge un jeune garçon qui lui
faifoit préfent d’une armure completre , avec
ordre de confacrer tous les neuf ans des lauriers
au même Dieu -, & trois jours après ce fonge ,
ce général défit ies ennemis. Il eut foin de céié-^
brer la fête ordonnée ; & la coutume s’en étoit
depuis confervée religieufement dans la Grèce.
O.n prenoiî le bois d’un olivier, on le couron-
aoit de laurier Sr de diverfes fleurs , & on en
ûéceroit le fommet d’une fphère de cuivre , à
iaquelie on en fafpendoit d'autres plus petites.
Le milieu de ce bois étoit environné de couron-
nes pourpres, moindres que celle qui en ornoit
ie fommet , & le bois étoit enveloppé d’une
étoffe à frange de couleur jaune. La fphère fupé-
rieure défignoit le foleil , qui étoir Apollon ; la
fécondé repréfentoit la lune; & les plus petites
figuroient les autres planètes & les étoiles. Les
couronnes, qui étoient au nombre de 3 éj, offroie.nt
une image de la révolution annuelle. Un jeune
garçon , ayant père & mère, ouvrait la marche,
& fon plus proche parent portoit devant lui l’oli-
vier couronné , qu’on appeloit xoff». Le jeune
garçon , appelé Daphnéphore , le fuîvoit le lau-
rier à ia main, les cheveux épars, & une couronne
<i or fur la tête, il étoit vêtu d’une robe brillante
qui lui defcendoît iufqu’aux pieds , 8c portoit pour
chpiTure celle qui devoir fon nom à iphicrare.
Saivoit un chœur de jeunes filles , portant des
’uranches de laurier , chantant des hymnes , en
attitude de fuppliaates ; & la proceâlon fe tet-
uiinoit au temple d’Apollon Ifmérden.
DAPHXÉPHORIQÜE , hymne des Grecs,
chantée par des vierges dans ies dapknéphories ,
■peadant que l’on portoit des lauriers au reraple
^Apollon. La DLipknépkorique étoit du nombre
ckanfons appelées PanhérJes.
daphnéus.x ç „
fl APH ; oaruom uApoïIoîij
Iss amours avec Daphné.
f^APiiAIS 5 Sicilien , fils de Mercure , fut
•changé en rocher ,_p'iur avoir été infidèle à une
■«/Sîphe qui raimoit Sc qu’il avoir aimée. Diodorc
Aiuiquiüs ^ Tome II.
D A R Î05
i dit qu’il avoir promis fidélité à cette Nymphe ,
& fouhaité, par uneefpcce d’imprécation, d’être
privé de la vue , s’il manquoit de co.ultance. Eu
effet, il devint aveugle en punition de fon change-
ment. On lui attribuoit l’invention des vers buco-
liques ( Diod. kift. l. 4. c. 86. }.
DAPHNOMANCIE , forte de dirination qui
fe faifoit par le moyen du laurier, 8c qu’on nom-
moit ainfi , parce que ies poètes feignoient que la
Nymphe Daphné , en fe dérobant aux poiirfuites
d’Apollon , avoir été changée en laurier.
On pratiqiioic la dapknomancie de deux ma-
nières : 1°. en jetant dans le feu une branche de
laurier ; fi en brûlant elle pétilloit & faifoit un
certain bruit, on en droit un heureux préfage ;
c’étoit au contraire un mauvais figne quand elle
brûloir fans produire aucun fon , comme dit Pta-
perce.
Si lacet extînBo laurus adufia foco.
2P. L’autre manière étoit de mâcher des feuilles
de laurier, qui infpiroient , difoit-on, le don de
prophétie : aufli les Pythies , les fibylles, les prê-
tres d’Apollon n’omettoient-ils jamais cette céré-
monie ; ce qui faifoit regarder le laurier comme
le fymbole caraélériilique de la divination.
DAPHNüS , dans la Phocide. Goitzius feul
a attribué des médailles impériales Grecques à
cette vilie-
DAPIFER, Tfom de dignité 8e: d’office, grand-
maître de la maifon de l’empereur. Ce mot
latin efi: compofé de dapis , qui fignihe un mecs ,
une viande qui doit être fervie fur la table ; Sc
de fera , je porte : ainfi il figrdfie proprement
porte-mets , porte-viande , un officier qui porte
les mets , qui fert les vdandas fur la table.
Ce titre de Dapifer étoit un nom de dignité &
d’office dans la maifon impériale. Cet office fut
autrefois infcitué en France par Charlemagne,
fous le titre de Dapifc-at & SérJchauffée , qui
comprenoiî l’intendance fur tous les offices domef-
tiques de la maifon royale ; ce que nous nommons
Grand-lTaître de la maifon du Rot.
On lit dans une infcription antique rapportés
par Muratori QTkef. infer. 9 IJ. 3.), ces mots:
DAFiFEK. CæSARIS.
On a trouvé en 1783 , près de St. Jean de La-
tran , des peintures antiques qui reprévutoient
plufieurs Dapiferes , ou ferviteurs portant des
plats chargés de fruits : iis font vêtus de longues
tuniques & chaufles de fandales ouvertes. Le
fixiême a fur fa tunique , à la h.iuteur du msüeu
des jambes, des r-ofettes de broderie. Le feptième
a fur les bords de fa tunique, fur les bras ic dans
plufieurs autres endroits , des boifettss , ou ro-
fettes de broderie.
PARDANÆ Jrtes 3 la magie. Columri-'e
Qg
D R
^éfigne par ces mots relatifs à ceux de Dcrda-
narius & de Dardanus , pris dans Tacception de
Jorcisr, les opérations magiques ( x. ) :
y/a'î J Ji nuUa valet meiicina repellere pefiem ,
Dardania, venïan.t art es.
DARDANARIUS.l ... . ,
DARDANUS. j" _ ^ monopoleur.
Ce nomfedonncir autrefois à ceux qui caufoient la
diiette &ia cherté des denrées, far-tout du blé,
en les achetant en grande quantité, & les ferrant
enfuite pour en faire hauiler la valeur , & les
vendre à un prix exorbitant. Ces gens ont tou-
jours été en horreur dans toutes les nations, &
oa les a févèrement punis , quand ils ont été
reconnus.
Le mot Jyardanarîus venoit de Dardanus , qui,
difoiî-on , dctruifoit les fruits de la terre par
une efpèce de forcelierie.
On comparoît les accaparemens des mono-
pcleurs aux prétendus ravages opérés par ce
îbrcier. Tertullien & Apulée parient de ce
Dardanus comme d’un grand magicien ( TertuU.
de anint. c. cp. ) Ut iftis jam. vocabulis utar ,
quibus auHrix opinionum ifiarum masïca fonat :
ofientantes & Typhon Ù Darianus ....
A.pu.lée {Apolog. p. 5’44. ) : Ego îlle fim Pkrynon-
das .... vel ipfe Dardanus , vel cuicun-
que allas poft Zoroafirem & Hofianem inter tnages
eelebratus ejî.
DARDANIENS, (^Midaîlles des) Voye^ DAR-
DANUS J ville.
DARDANUS , fils de Jupiter & d’Eleétre une
des filles d^Atlas, naquit à Corithe, ville de Tpr-
îhénie , ou Tofcane, quo-iquhl fût originairement
d’Arcadie , félon Diodore. Un déluge arrivé de
fon temps en ce pays-Ià, Tayant obligé d’en for-
tir , il fe tranfportâ dans une ifle de Thrace ,
appelée depuis Samothrace , d’où il fortit encore
pour aller en Phrygie, où il époufa la fille du
roi Teucer , à qui il faccéda dans fon royaume.
Il bâtit au pied du mont Ida une ville qu’il
appela de fon nom , Dardanie , & qui fut la célè-
bre Troye. Son règne fut long & heureux ; &
après fa mort , fes fujets reconnoiSans le mirent
au nombre des immortels., V^oyey_ Coritus ,
Electre, Ganymede.
Dardanus , dans la Troade. AAPAANiaN.
Les médailles autonomes de cette ville font t
RRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Le coq, qui eft leur type ordinaire, annonce les
combats de coq. On y en voit quelquefois deux
qui combattent.
Cette ville a Fait frapper fous l’autorité de fes
Axcfisîites , des îaedsiiles impériales Grêcq,iies
D A S
en l’honneur d’Antonin , de Sévère , de Domna ;
de Géra , d’Augufte , de Trajan , de Fauftihe
jeune.
Dardanus , magicien. Voye:^ Dardana-
RÎUS.
DARIQUE, Cyzicène , chryfos, monnoie an-
cienne de l’Egypte & de î’Afie.
Elle valoir 25 liv. monnoie de France aduelle,
félon M. Pauâon ( Métrologie. ). Elle valoit en
monnoie des mêmes p.ays , 3 tétraftatères , ou,
6 diüatèreSj ou , 8 hexadrachmes , ou , iz tétra-
drachrr.es.
On en conferve d’or, dans les colleélions des
médailles Perfannes j & on les reconnoît à Idr-
.cher , ou foldat tirant une fièche , & agenouillé
fuivant l’ufage des archers anciens, Agéfilas (PA-
tarck. in Agejil. ) faifoit allufion à ce type , lorf-
qu’i! difoit qu’il avoir été chafîe d’.vfie par trente
mille archers t il entendoiî par-là des dariques que
le Roi de Perfe avoir difiribués aux Grecs pour les
foulever contre Lacédémone. On croit que Da-
rius le Mèdê fit frapper les premiers dariques.
DARIUS. Dans la colleéiion de Stofch (qua-
trième claffe , n^. z & 4. ) , on reconnoît fur
une Cornaline, Darius {Hérod. l.iil. c. 8j. ) élu
Roi de Perfe , au moyen du itratagêtne dont .1
fe fennt pour faire hennir fon cheval. On voit
dans ce fujet trois figures à cheval , chacune avec
le cafque , parmi lefquelles on obferve que le
cheval de l’une des trois lève la têts & henruî. La
gravure eil de la plus belle manière. Cet évé-
nement étoit gravé {Sckol. Thucid. l. 1. c. 129.
n. yy. ) fur le cachet des Rois de Perfe. Une
pâte antique offre le même fuiet : il y a ici cinq
figures à cheval j mais au-Iieu de cafque, comme
dans la précédente pierre, celles-ci ont un cha-
peau plat, femblable à celui des Macédoniens,
appelle Xauna. Le même fujet fe voit fur plufieurs
empreintes de la même colleélîon de Stofch.
DASCYLIUM , dans la Bithynie. Goltzius
feul a attribué des médailles impériales Grecques
à cette ville.
DASYLLIUS. Voyet[ Lasius.
DATATIM ludere , jouer à la paume , fe
lancer aux joueurs alternativement.
DATES. Indication du temps précis da.ns lequel
un événement s’eft paffé , ou dans lequel une
charte a été écrite. Pour déterminer la première
efpèce de dates, il faudra confulter l’article Chro-
nologie & fes dépendances.
Pour déterminer les dates des chartes , ce qur
eft un des principaux objets de la diplomatique ,
on confultera les articles A.nnée , Chiffres ,
Cycle, Epacte, Eres , Indiction, &
tout la Table Chronologique de ce diéiioa
naire , fes Calendriers & le Glojfaîre tks
Dates qui fuit. Tous ces articles forment uns
DAT
îsafe fur laquelle les farans BénéditîSns ont élevé
i’ouvrage précieux qui a pour titre VArt de
vérifier les dates.
Dates {,Glc faire des') , ou Liste Alphabé-
tique DES NOMS PEU CONNUS DE CERTAINS
JOURS DE LA SEMAINE ET D\j MOIS.
Dans les Chartes & autres anciens monumens ^
on trouve les jours de la femaine & du mois fou-
vent marqués par des noms particuliers ^ & depuis
long-temps bannis de Tufage. La lignification de
ces noms embarraffe la plupart des Leéleurs. II
nous paroit donc indifpenfable d’en donner Tes-
P'ication. iSoiis les rangerons dans Tordre alpha-
bétique , en forme de glaiTairej fans dillinciion
de gre^j de latin & de François j & lans en exceps-
ter les uimanehês j délignés par les premiers mots
de 1 Introït de la melTe , ou de quelques Répons.
Si ces mots commencent parla lettre A, nous les
placerons fous^ 1 ^ j & de même des autres j per-
fuades qu il elt plus aife de les trouver ainlî pla-
cés,, que lî nous les avions mis fous le nom géné-
nque de Dominica, ou de Dimanche. Quand un
Dimanche , une Fête ou un autre jour font mar-
qiæs par deux mots qui commencent par deux
difFeremes lettres, & dont Tun fe met av'ant ou
apres ^Tautre indifféremment , nous les mettrons
fouscnacune de ces deux lettres, aimant mieuxnous
répéter, que a expoier le Leéteur à chercher un
mot où il ne fe rencontre point.
A.
'Ahfolutionis dles , le Jeudi abfolu , ou le Jeudi-
Saint.
Adorate Dominum,^ Introït & nom du troillèffie
Dimanche après TÉpiphanie.
Adoration des Mages, îe 6 Janvier. Vovej Epi-
phaaia. '
'A.d te levdvi , Introït & nom du premier Diman-
che de l’Avent.
Anaftafimus , le jour de Paaues chez les Grecs.
Ammaram dies , le jour des Ames ou des Mons ,
le 2 rsovembre.
Antipafeha ,^Ie fécond Dimanche après Pâques
chez les ^recs j que nous comptons pour le
-premier. La iemaine qui commence par ce Dl-
manche fe nomme Antipafcals.
Apccreos , c’eft le Carême-prenant des Grecs ,
qui commence au Lundi de la Septuagéfîme \
& finit au Dimanche fuivant , jour de notre
Sexagélîme, palfé leauel ils ne mansent plus do
chair.
Appantzo^ Dom^à , ou Apparitio , feul , le 6 Jan-
vier. F Oj'Êç Epiphania.
Architrichni dies , je fécond Dimanche après
1 Lpipnanie. Voyer^ Fefium Ârckkridini. ‘
Ajpiciens à long'e , premier Dimanche d’^vent,
ainiî nommé du i Répons du i Noéiu.rne.
Afienfa Domini , anjcurü’hxii Alcefo , T AT.
4:eniîpm "
DAT joy
Afcenfio B. M. y. îa fête de TAffomption , ainfi
nommée au i:<- aède.
Aveug^e-né , le Mercredi de la ive femaine de
Carême.
B.
'Bx-ti^ogaç , îaefi , Ratnifera , vel Palmzfera , le Dï-
manche des Rameaux chez les Grecs.
Beneiicta , Introït & nom du Dimanche de la
Trinité.
Bohordicum , Bouhourdis , OU Behourdi & Be-
hourdjcii, efpèce de joute qui fe faifoit avec
des bâtons , les I & II Dimanches de Carême.
Le Dimence premier Behourdi , dans un cartu-
laire de Camorai. Le Samedi apres le Behour-
dich. ( El'ifi. généal. de la M. de Gtiîaes pr,
P- 55^-)
Borde , Brandones , Burs. , les Bordes , les Bran-
dons , les Bures ou les Bules , Dr Dimanche
de Carême, & toute la femaine qui fuit. V'cye:^
le Glofaire de Ducaage & fort Supplémep.t fur
ces mots.
B/'o/ieAerM, le Dimanche des Rameaux. {Ducange,
Suppl. )
C.
Calènes , îe aj Décembre en Provence.
Cananée (la ), le Jeudi de la première femaine
de Carême.
Candclatïo , Candelaria ^ Catideliere , Calamai
fécond de Février. V^oytx îlypapan.ti.
Cantate Domino , Introït & nom du IV® Diman-*
che d’après Pâques.
Capitilavium , îe Dimanche des Rameaux, parce
qu’en ce jour on lavoir la tête de ceux qui de-
v'oient être baptifés , pour leur ôter la crafîè
qu’ils pouvoient avoir contraâée pendant ic
Carême , les bains étant alors défendus.
Caput Jejurdi , le jour des Cendres.
Caput Kalendarum ^ caput Nonarum , caput Idutimi
Voyez Kalendî, .
Cara cognatzo, le 22 Février. Voyezi_ Fefium S. Fe-;
tri Epularezm.
Caramentrant , le Mardi-gras.
Carementranum , eu Caremeraranus , Carême-CH-;
trantj le Mardi-gras.
Caremprenium , Carême-prenant, le Mardi-gras.
Carzfizla , le 22 Février. Voye^ Fefium S. Pétri
Epiilarum.
Carnicapium , le Mardi- gras.
Carmplariam, le ùlardi-gras. C'eft ,,.peut-être une
îzMtt ,^0'â.Z Carnicapium.
CarnipriviUm , Carnifpr'ivïum. , fîgniiie quelquefois
les premiers jours de Carême , & quelquefois
le Dimanche de la Septuagéfîme, parce qu’on
commençoit dès le Dimanche à fe priver ou à
s’abRenir de manger de la chair , fur-tout les
Eccléüaftiques S; les Religieux: c’eil ce qui fait
que ce Dimanche eff auflï appelé Curnipri-
vium , Carnifprlylum ^ O'û. Pnlvicarnium Saesr^
dotum J &C,
Q q t
50? DAT
Carniyprivium novum , le Dirnanche de la Quin-
quagéfîme. Voyei Dominka ad cames Levais.
C armfprivium vêtus , le ^premier Dîmanche de
Cârcnic- j^v^nîlc ncuvawinc ficclc ^ u^ns I Egiiic
Latine , on ne commençoit rabftinence que je
premier Dimanche de Carême^ & Ion ne jeü-
noic point les quatre derniers jours de la fe-
mainê de la Quinquagéfîme , comme nous
jeûnons aujourd hiu.
Carnîfprivia ( Inter duo ) les jours de la femame
de la Quinquagéfime.
Carnivora , le Mardi-gras.
Chandeleufe (la), le 2 Février, Vsyei Hypa-
panîi.
Cheretifmus , du grec x.atgîTi<rp^os , Salutation ,
Annonciation , le 2^ Mars.
Circumdederimt , Introït 8c nom du. Dimanche
de la Septuagéfime.
Claufam Pafeka ^Vzqaes clofe, autrrfois la clofe
de Pâ-ques, le Dimanche d’après Pâques, ou la
Ouaflmodo, Le Dimanche fiiivant s appeloit
'Dominica prima pofl claufum Pafena ^ ( c eft
notre fe-cond Dimanche après Pâques ) Se ainfî.
des fuivans.
Cœna Domîni , le Jeudi-Saint.
Commemoratio omnium fidelium , le 2 Novemore
chez les Latins; le Jeudi avant la Pentecôte
chez les Grecs ; dans l’Eglife de, Mjlan au xy 15
üècie jufquen 15&2 , îe Lundi après le ïlle Di-
manche d’Oûobre.
Compaffion de laLierge , ou Notre-Dame de
Pitié , le y endredi de la femaine de la- Pafiioa.
Conceptio B. Maria ^.Conception de la Ste Vierge,
le 8 Décembre.
Confeil des Juifs, le Vendredi avant le Dimanche
des Rameaux.
Correénon Fraternelle., le Mardi die la troifièm.e
femaine de Carême.
D.
Da pacem , Introït & nom du XVIIIe Dimanche
après la Pentecôte.
D&mon ,,leDém.onmuet J le IlIe Dimanche
de Carême.
Dedicatio BafiLica Salvatoris ^ la fête d‘e la Dé-
dicace deiaBalîüque ConilantiniennederEglife
du Sauveur , ou de S.. Jean-de-Latran , le 9
ÎN O vembre.
Dedicatio Bajilicarum SanBorum Apoflolorum. Pé-
tri & Pauli ^ 20 Novembre.
Depofitio , le jour de la miort d’un Saint qui n’eft
point martyr, ordinairement.
Deus in adjutorium , Introït &■ nom du Xlle Di-
manche après la Pentecôte.
Deus in loco Sanélo , Introït & nom du XI® Di-
manche après la Pentecôte.
Dicie Dominas , Introït Sc nom du XXIlï® & du
XXIV ® Dimanche après la Pejatecôte.
Dies Abfolutionis , le Jeudi abfolu , Is, Jeudi-
Saint.
D A T
Dies Adcratiis , le Vendredi-Saint, dit audî Ven..
dredi-Aouré.
Dies Animarum , le jour des Amies ou d.es Morts^
le 2 Novembre.
Dies Burarum , jour des Bures, premier Dimanche
de CarêmÆ Voyeq_ Bords.
Diss Burdillini , la quinzaine des Eehourdiches.,
Foyer Bokordicum.
Dies Calendarum. Voyez IKalenda.
Dies carnem reiïnquens ,.en Hongrie îe Mardi-gras,.
( Perterfy, Conc. Hung. t. i.pag. 31.).
Dies Dominicus , le jour du Seigneur par excel^
lence, le jour de Pâques.
Dies F eliciffimus , le jour de Pâques.
Dies Florum atque Ramarum , le Dimanche des
Rameaux.
Dies Foco.'-am, premier Dimanche de Carêmie.
Foyeq^ Dies Burarum.
Dies Lamentationis , les trois jours de la femaine
Sainte , où l’on chante Iss lamentations de Jé-
rémie.
Dies Magr.us , le jour de Pâques.
Dits Mercurinus , k Mercredi , ainfî nommé dans;
les ftâtuts du Cardinal deFoix, en 144A.
Dies Myjieriorum , c’eil le Jeudi-Saint , chez les
Syriens & autres peuples du Levant.
Dies Nütalis , le jour du m»arryre ou de_ la mort
d’un Saint , l’anniyerfaire, de Félévatibn d’une-
Prince , d’un Pape , d’un Évêque , &c.
Dies Iseophy'toriim , les lîx jours entre le Dinian~
ehe de Pâques & celui de Quajimodo. ^
Dies Ofanr.a, le Dimanche des Ram.saux.
Dies Palmarum , Bamorum , le Dimanche desRa-
< qui précèdent le jout
meaux.
Dies Pingues , les jours gïa:
des Cendres,
Dies SanBus , le Dimanche. -
Dies SanBi , le Carême.
Dies fcruîinii , les jours des ferutins, oùj’on exa—
minoit les Catéchumènes deiîinés au baptême..
Il y avoir ordinairement fèpt fcrutms. Le pre-
mier fe faifoit le Lundi ou le Mercreai de la
troinème femaine de Carême ; k fécond , k-
Samedi de la mêmie femaine ; les cinq autres,
le Mercredi de la quatrième femaine ^ 8f^ ks
quatre jours fuivans dans pluÊeurs Éghifs ,
mais en d’antres Egiifes, ce n’étoit point les-
mêmes jours. H n’y a que le Mercredi de la qua-
trième femaine de Carêmie qui ait ete par-tout
k jour da grand ferurin ; JJies ^ ou fsria magnt
fcrutirài.
Dies folis , le. Dimanche appelé parles Aftrono»
TiOmts le jour du faUil. ^ r ''
Dies viginti , les vingt îours depuis Noël juiqu 3
l'Octave des P.eis. Lett:es de grâce àt 1*^1
1423 , la Veille des. vingt jours nommes es
Petits Rots.
Dies Viridium ^ k Jeudi-Saint dans un vieux c»
iendrier Allemand. ,
Dîmanche B.ehourdich , ou Dimanch-e des brs
DAT
don», le premier Dimanche de Carême.
Dimanche des Bares ^ premier Dimanche de Ca-
rême- V^oye-:^ Bords..
Dimanche du mois de Pâques ^ c’eft le Dimanche
de Quafimodo.
Dimanche Repus ^ ou Reprus^ le Dimanche de la
PaSioHj ainfi nommé de Repofitus ^ parce que^
fumant îe Rit Romain j la veille de ce Dimanche
on couvre les images des Saints. Repus ^ dans
notre ancien langage, répond à Repojîtus.
Divifio Apofiolorum , le IJ Juillet. On voit une
charte de Jacques de Condé , de Condato , pro
Ecclejtâ Condaîenÿ , datée in vigiiiâ divifionis-
Apoftolorum , ann. 1243 , c^’elt-à-dire , le 14
Juillet ( M-irnus op. Diplom. t..i ^ p. pjp. ).
Dodecameron , c'eft le nom que les Grecs donnent
aux douze jours qui font entre Koèl & TÉpi-
phanie.
Domine in tua mifericordia , Introït , & nom du
premier Dimanche après la Pentecôte.
Domine , ne longe , Introït & nom du Dimanche
des Rameaux.
Dominica ad carnes Levandas ^ îe Dimanche de la
Quinquagéfime.
Dominica ad carnes toîlendas , le Dimanche de la
Quinquagéfime. oye-^ Carnifprivium novum.
Dominica ad Palmas. , le Dimanche des Rameaux.
Dominica ante Brandones , îe Dimanche de la Quin-
quagéfime.
Dominica ante Candelas , le Dimanche avant la
Chandeleur.
Dominica ante Litanias , le cinquiè.me Di.manche
après Pâques.
Dominica ante SanBa Lamina , chez les Grecs le
Dimanche , dans POCtave de la Circonciüon,
ou avant l’Epiphanie.
Dominica aperta , tout Dimanche qui n’eft point ,
prévenu par POfEce de quelque Saint, ou d’une
Oclave.
Dominica Afoti, ou Bilii prodigi ^ chez les Grecs
le Dimanche de la Septuagéfime , jour auquel
on lit l’Evangile de i’Enfànr Prodigue j c’eft
chez les Latins k Samedi de la deuxième femaine
de Carême.
Dominica BenediBa , le Dimanche de la Trinité ,
le premier après la Pentecôte.
Dominica Brandonum , Burarum , Focorum , le
premier Dimanche de Carême. Voye^ Borde.
Dominica Ceci-nati, chez les Grecs lefixième Di-
manche Pafea! , qui répond à notre cinquième
Dimanche après Pâques ; à Milan , le Dimanche
de TAveugie-né eft le quatrième de Carême :
dans le refte de^l'Êglife Latine, où l’on fuit le
Rit Romain , l’EvangHe de l’Aveugle-né fe lit le
Mercredi de la quatrième femaine de Carême ,
qui s’appelle pour cette raifon le Mercredi de
l’Aveugle-nê.
Dominica Chananee , le deuxième Dimanche de
Carême.
Dominica de Fontanis , Dimanche des Fontaines j,
D A i.
1 . V . ^
le quatrième Dimanche de Carême dar.'; k
i'erche & ailleurs.
Dominica de Lignis ordztis. Voyez Bokordicum.
Dominica Duplex , le Dimanche de la Trinité ,
parce qu’il eft en même-temps le premier Di-
manche après la Pentecôte.
Dominica , J erufalem , QMztxlivaz Dimanche de
Carême.
Dominica in.Alhis, in Albis depofitis ^poft AAhas,
k premier Dimanche après Pâques , la Qaa-
fimodo.
Dominica. in Capite QyiadragefimA , en Béarn ,
Dzmenge Cabée , le Dimanche de la Quinqua-
géfime.
Dominica Indalgentie ,.\tDimzYLChc des Rameaux..
Dominica in Palmis , in Ramis , le Dimanche de&
Rameaux.
Dominica in PaJJlone Domini ^ le Dimanche de la-
Pa&on , le cinquième de Carême.
Dominica Lace prim.a , fecunda , &c. chez les-
Grecs le Dimanche après rExaltation de la
Sai.nre-Croix, parce qu'on lit ces jours-ià i’Évan-
giie^deS. Luc. On en com.pte treize, dont le-
dixième répond à notre premier Dimanche de
l’Avent.
Dominica Lues, décima quinta , five Zaclisi ,• c’eft
le fécond Dimanche après FEpiphanie chez leu
Grecs j jour auquel on reprend la lecture de
l’Evangile de S. Luc.
Dominica Lues décima fexta yjtve Publicani & Pka~-
rif&i, le rroifième Dimanche après l’Epiphanie
chez les Grecs.
Dominica Mapparum albarum , le fécond Diman-
che après Pâques.
Dominica Irlattksi prima , fecunda tertia , &C.
C’eft ainfi que les Grecs, appelknt les Diman-
ches après la Pentecôte , parce qu’on lit ces^
jours-Ià l’Evangile de S. Matthieu, divifé par
fejftions ; & remarquez que le premier de ces:
Dimanches, répond à notre premier Dimanche.'
après la Pentecôte, à la différence des Diman-
ches des Grecs après Pâques ,,,qui anticipoknu:
d’une unité fur les nôtres.
Dominica Mediana , le Dimanche d® la Pafllon.-
Folcuin. ,. dans fa. Chronique de Laube , l’ap-
pelle Mediana OBava , peut- être, parce que-
c’eft le huitième Dimanche en commençant par
celui de la Septuagéfime j mais la femaine qui.
précède immédiate.ment ce Dimanche , s’appe-
îoit aufïi lîebdomada Mediana.
Dominica menfs Pafehs. Voyez Mmlîs Pafckalis..
Dominica nova , x-veteAn , chez les Grecs 1er.
premier Dimanche après Pâques. Voye^^ Anti-
pefeka,
Dominica Olivarum y le Dimanche des Rameaux».
Dominica Orthodoxie , c’eft le premier. Dimanche;'
de Carême chez les Grecs.
Dominica , O Canna ,,Qa Ofanns y îe Dimanche das'
Rameaux.
Dominica Peralytici . chez les Gïses notre' trefe-
310 DAT
fième Dimanche après Pâques . qa’iîs appellent
le quatrième. „ . . i,,.
DoJnica pofi Alhas. Voyez Dorriiruca
Dominka vofi Afienfam Dormnt , re Dimancne
dans roaave de PAfceniion. ^ _
T> • * ■ . o\x Adorands. trucis y
kttoSe Dimanche de Carême chez les
Grecs ^ qui adorent folemnenement la Lroix
ce"jour-ii, & toute la femaine fuivante , qui
ell leur quatrième femaine de Carême.
Dominicapoft focos , poft Ignés, le Dimanche apres
les Brandons ou le fécond Dimanche de
Carême. _ , r- î
Dominica poft fancia lamina , CiiSZ Us lorecs j le
premier Dimanche après rEpiphanie. ^
Dominica pofi Strenas , le premier Dimancne apres
le premier Janvier.
Dominica prima , fecunda , tarda ante ISataU Vo-
rrini, le fécond, le troisième & le qiiatneme
Dimanche de l’Avent, dans un vieux calenarier
Romain, cité par Ducange au mot Domin^a.
T)omiràca ŸiLohc^i'^î ^ FkarijOiiy ch-7, ies GiwCS
iè fixième Dimanche après l’Epiphanie.
Dominica Qaintana , Quintane. , de ^aintana , OU
Quintaim feul, le premier de Carême , qui eit
le cinquième avant la quinzaine de Pâques.
Dominica Idamifipalmaruin , le Dîmanciie des Ra-
meaux.
Domirâca Refarredio , ne marque point toujours
le Dimanche de la Réfurreaion du Sauveur ; d
fe prend quelquefois pour chaque Dimanche de
Tannée. . „•
Dominica Rogadonum , le Cinquième Dimancne
après Pâques.
Dominica Rofic , ou de Rofa , ou Rofata,U qua-
trième Dimanche de Carême , ainü appelé , à-
caufe de la bénédi&ion d’une rofe d’or , que le
Pape fait ce jour-Ià. Il donne ordinairement
cette rofe à laperfonne la plus qualhiée qui fe
trouve alors à Rome , & l’envoie même quel-
quefois comme un rare préfent à une perfonr.e
éioignce,d’une haute dignité S: d’un grand nom.
On appelle encore à Rome ,
Dominica de Rofa , ou de Rofis , le Dimanche
dans TOctave de TAfcenfion , foit parce que
c’eft le temps où les rofes fieiiriffent, foit parce
qu’on en jetoit autrefois dans TEglife où étoit
la ftation , lorfque le Pape y ofücioit.
Dominica Samariîarâ , chez les Grecs notre qua-
tr'èine Dimanche après Pâques , qu’ils appel-
lent le cinquième.
Dominica S and a , ou Sanda in Pafeka, le jour
de Pâques.
Dominica Sancia TrirJtads , le Dimanche de la
Trinité , le premier après la Pentecôte. Il eit
quelquefois appelé le Roi des Dimanches.
Dominica de Transfigiiradone , le fécond Diman-
che de Carême , dont TEvangile contient Thif-
toite de la Transfiguration du Sauveur.
Domirdca triam Septimazaruni Pafckalis ( dans
D A T
des Lettres de Phiiippe-Augufte au Tréfor des
Chartes ) vraifem’nlablement le fécond Diman-
che après Pâques. Ce qui eft certain , c’eft que
les trois femaines de Pâques commençoient au
jour de la Réfurredion. On le voit par les Let-
tres d’ajournement du Roi Philippc-ie-Long,
adreü'ées aux Pairs de France; Ad diem Sabbati
pofi très fepdmanas inflands Pafckalis , vide-
licet ad vigefimam diem menfis ^Æaii, Ces Let-
tres , datées du 9 Avril 1317, appartiennent à
l’an 1318 , fuivant notre manière de compter.
En effet, elles font antérieures , comme^iUff
vifible , au jour de Pâques de Tannée où elles
ont été données. Or, Pâques en I3i7tomboi£
le 3 Avril. De plus , le 20 Mai étoit un Aeii-
dredi cette année , & non pas un Saniecii j mais
en 1318 Pâques tomboit le 23 Avnl 5 & le 2q
Mai étoit un Samedi, qui étoit celui de la qua-
trième femaine après Pâques.^ Voyei ces Lettres
rapportées tout au long pages 820, 821 au il tom,
du P. Anfclme. _
On trouve auOi Dominica trîum feptimanarum Pen-
tecofies , même explication.
Dominica Pyropkagi , le Dimancne de la Quinqua-
géfime., chez les Grecs , qui donnent ce même
nom à la femaine qui le précédé, i^res ce Di-
manche, il n’eftplus pe^rmh dans TEglife Grec-
que d’ufer de laitage jufqu a Pâques. ^
Dominica vacans , ou vacat , c eft le nom qu on
donne dans TEglife Latine aux deux Dimanches
d’entre Noël & TEpiphanie , parce qn’ns font
toujours remplis par une fete ou une Octave.
On a encore appelé, _ .
Dominiez vacantes y les DiiTianches oui .üiveüt stS
Samedis des Quatre-Temps & de l’Ordination .
parcs que l’Office de ces Samedis fe faifant
autrefois la nuit, il ne laiffoit pomr affez de
temps pour faire un Office propre le Dimancne
matin. Ainfi , ces Dimanches étdent_ alors ap-
pelés vacantes, parce qu ils navoienr point
d’Oînce propre. _ ^ .
- Domirdca , unam Doinhu , le deuxieme Dimanche
après Pâques , ainfi defigné dans le Journal des
Vifites que Simon de Beaulieu , Archevêque
de Bourges , & Primat d’Aquitaine , fit dans la
Province de Bordeaux en 1291. {Editio Veneta
Concil. t. xiv , p. çSé- ). ^
Dominicain, pour Domirdca , dans quelques Au-
teurs damo'yen âge, comme Dominicumfanclum,
le jour de Pâques, Dominicum fccurfum poj
claujum pafçha, le troiiième Dimanche apres
Pâques. p-
Dominus fortitudo , Introït & nom du fixieme dt-
manche après la Pentecôte.
Dominas illsiminado mea , Introït & nom mî-
quatrième Dimanche après la Pentecôte. __
Dormldo S. Maris., TA^iTomption de la SteTîsrgs»
le 15 Août. _
Dam clamarem , Introït & nom du dixième P'-*
manche après la Pentecôte.
DAT
Dum medium Jîkntium , îe Dimanche dans rCéiave
de Noël ^ & celui d'après ia Circonciiion , iorf-
qu’il tombe la veille des Rois.
E.
Eau changée en vin aux noces de Cana ,îe6 Jan-
vier. Voyez Epiphariia.
Ecce Deus adjwvat , Introït & nom du neuvième
^ Dimanche après la Pentecôte.
L Enfant prodigue 3 le Samedi de la fécondé fe-
maine de Carême-
Epipsnti 3 le 2 Février. Voyez Tîyvipan.ti.
Efiphania , Theopharâa , Épiphanie 3 le jour des
Rois 3 en Gaulois 3 Tiphaine , Eipkagne y Eié-
pjiaine , Tzépkanie , &c. Noms qui ont auffi été
donnés au jour de Noël 3 mais très -rarement 3
dans ces derniers fiècles , à moins que le nom
de Noël ne foit ajouté-, Eipkaine de Noël. On
a_ encore appelé FEpiphanie, Apparhio , appa--
rition ^de Notre-Seigneur 3 lorfqu'il s'eft fait
connoître aux hommes. Eefium Stella , la fête
de l’Etoile 3 la fête des Rois , de l’Adoration
des Mages , de l’Eau changée en vin aux noces
de Cana 3 du Baptême de Jéfus-chritt. Toutes
ces fêtes fe célèbrent en un même jour le 6
Janvier , excepté celle de Noël , qui s’eft tou-
jours célébrée le 2j Décembre en Occident.
Mais en Egypte & en Grèce 3 on l’a auffi célé-
brée avec l’Epiphanie , le 6 Janvier , dans les
premiers fièeles.
E^o mihi 3 Introït du Dimanche de la Quinqua-
géfime.
Exaltatio fancha. Cruels , fête attachée ail 14 Sep-
tembre dans 1 Eglife Grecque comme dans
i’Eglife Latine. On prétend 3 fur la foi des
Acles de Ste. Marie Egyptienne 3 qu’elle fe cé-
lébroit ayant que l’Empereur Héracüus eût
rapporte a Jerufalem la vraie Croix qu’il avoir
recouvrée l’an 618. Ce qui eft vrai , c’eft qu’à
Jérufalem on célébroit le 14 Septembre l’4n-
niverfajre de la Dédicace de i’Eglife de la Ré-
furreétion , bâtie par Ste, Hélène , & qu’en ce
jour on adoroit la vraie Croix.
■* -> Introït du Dimanche dans
1 OiRave de rAfcenfion30u du fixième Dimanche
apres Pâques.
ExpeBatio B. Maria , la fête de l’Expeftation de
la Sainte Vierge 3 ou de l’Attente ‘de fes Cou-
ches 3 le jour qu’on chante la première des
Antiennes appelées les OO de i’Avent. C’eft le
18 Décembre 3 & en quelques Egüfes 3 le 16
du tnême mois 3_comme à Paris3 où il y a neuf
Antiennes 3 a^u-lieu qu’il n’y en a que fept dans
les Eglifes ou cette fête de l’Expeâation fe fait
le 18 du mois.
Exurge 3 Domine 3 Introït du Dimanche de la
Sexagefime.
F.
Ea^s efl Dominus , Introït & nom du fécond
__ Dimanche apres la Pentecôte,
La_ Femme adultère , le Samedi de la troiiîèmc
iemaine de Carême.
Feria ad Angelum , le SIercredi des Quatre-Temps
d Avent, parce qu’on chante ce jour-là i’Evari-
Mijfus efi.
-^eria caLida , la Férié chaude 3 c’eft: la foire de
S. Jean-Baptiire à Troye.
Feria^frigida , la Foire du premier Odlobre au
meme lieu,
Feria prima , le Dimanche.
quarta major ou magna 3 le Mercredi.Saint.
^^tria quinta major ou magna, Is Jeudi-Saint.
-tria fecunda major ou magna , le Lundi Saint.
jjerza fepti-ma , major ou magna, le Saniedi-Saint.
tenu jtxta major ou magna, le Ven-dredi-Saint. ■
Feria tertia major ou. magna , le Mardi-Saint.
Feria magni Scrutinii , le Mercredi de ia quatrième
femaine de Carême, où l’on cemmençoit l’exa-
men des Cathecumenes qu on devoir admettre
au Baptême r8 jours après.
Fefium Animarum, la fête des Ames, le jour des
Morts , le 2 Novembre.
FefiuTn Apojîolorum , la fête de tous les Apôtres ,
célébrée autrefois le premier Mai chez ‘les La-
tins , le 30 Jum chez les Grecs.
Feftam^ Arckitriclini , le fécond Dimanche après
l’Epiphanie, à caufe de l’Evangile qui rapporte
le miracle des Noces de Cana.
Fefium drmorum Chrifii. Voyez FeBum Corons,
Chrifii.
Fefium Afinçrum , fête ou cérémonie autrefois
célébrée à Rouen le zj Décembre, & à Beau-
vais le 14 Janvier.
Fefium Afiymorum , le jour de Pâques.
Fefium B. M. Cleopks , le 2j Mai ancfe.nnement
a Pans.
Fefeum. R. M.Salome , le 22 Odobre ancienne-
ment à Paris.
Fefium. Bronckeris. Voyez Broncheria.
Fefium^ Calendarum, dans une charte de Marfeille,,
femble être le jour de Noël , que les Marfeil-
lois appellent encore aujourd’hui Calenes. Voy,
^ Fefium. Calendarum , au mot Kalenda.
Fefium Cam.panarum , en quelques-unes de nos
Provinces, le zj de Mars, parce que peut-être
on fonnoit beaucoup les cloches à ca'ufe de la-
,fête de l’Annonciation.
Fefium Candelarum ou CandeloCs , la Chandeleur
le 2 Février. Voyez tîypapànti.
Fefium de Clavis Domâni. Voyez Feflum Corons
Chrifii.
Fefium Conceptionis S. Joannïs B aptifis ^ le 20
Septembre à Limoges.
Fefium Corons Chrifii , fête célébrée en Alle-
magne le Vendredi d’après l’Oftave de Pâques,
ou le F endredi fuivant , fi le premier eft occupé,
Ec'-te fête eft encore appelée Fefium Armorum
Chrifii 3 I.nfirumentorum Dominiez, Pa.fionis ,
Jîafls , Clavorum , Src. Fefium de Corona Sd
Clayis Domini , de Lancea & Clavïs ,
D A T _
Fefium Coron& Domini , la fêta da k Surcaptpiî
de la fainte Couronne par S. Louis, fe célèbre
à Paris le onziènae d Août.
Fefium Diviftonis ou de Difperfione Avofiolorum ,
lorfqif ils fe féparèrenc pour aller prêche^ l'E-
vangile par tout le monde. Cette fête elt mar-
quée dans plusieurs Martyrologes au 1 5 Juillet,
& au 14 du même mois dans un Manufcrit de
S. viétor de Pans. ■ _ _ ^
Feftum Evangelifmi , cinquième Dimanche apres
Pâques. Cette fête , où Ton honore le com-
mencement de la Prédication de Jefus-Chriit ,
étoit autrefois attachée en piulieurs ueux au
premier Mai.
Feflum Herbarum , rAlTomption de la Ste Vjerge-
Fefiam Bypapanus , le 2. Février. Voyez Hypa-
panti.
Fejium Bypodiacop^orum ou SuodiaconoTum , fete
des Sous-Diacres , le premier de Pan daus quel-
ques Egîifes, ou un autre jour y dans d autres ,
à la fin de Tannée.
Fefium Infirumentorum Domimcs, Paljiorâs , de
Eanceâ Domini , d’r. Voyez Fefium Corons,
Ckrifti.
Fefium Lumîniim y la Chandeleur , le a Février.
Voyez Hypapanti. Chez les Grecs , c eîr I Epi-
phanie 3 'Esirh (^scTm.
Fefium B. Maris de Nive , Sainte Marie-aux-Nei-
ges , que FEglife célèbre le ^ Août.
Fefium S. Martini Bullionis , S. Martin le Bouil-
lant J le 4 Juillet.
Fefium Occursûs , le X Février. Voyez Hypa-
panti,.
Fefium Olivarum , le Dimanche des Rameaux.
Fefium omp.ium Sanciorum, Fête de tous les Saints,
la Toufiaints, premier Novembre, le premier
Dimanche après la Pentecôte chez les Grecs.
Fefium Falmarum , le Dimanche des Rameaux.
Fefium S. Pétri Epularum , la Chaire de S. Pierre
à A.nîioche, le 2Z Février, jour auquel les
Païens faifoient de gi'ands repas aux tombeaux
de leurs parens; d'où cette fête a été auffi appe-
lée Cara cognatio , Carifiia.
Fefium fancii Regis , en Hongrie , la fête du Roi
S. Etienne , qui tombe le X Septembre.
Fefium feptem Fratrum, le 7 de Juillet, dans un
Calendrier de Metz.
Fefium feptuaglnta duorum Chrifii Difcipulorum ^
le IJ Juillet , qui eil aafii le jour confacré à la
fête de la Dlvifiop. des Apôtres ; ce qui a peut-
être donné lieu à l'Autcur du Martyrologe
François de raaporterla fête des foixante-douze
Difciples au 4 Janvier, comme les Grecs, qui
la font ce joisr-ià.
Fefium S. Simeonis ^ le X Février. Voyez Hypa-
panti.
Fefium Stells , le 6 Janvier- Voyez Epipkania.
Fefium Stuhoram , la fêta des Foux , le premier
jour de Tan en plufieurs villes.
Fefium Tranfiationis Je fia , dans iê Teflamenc de
DAT
Roterhaus, Evêque d'Yqrck en 1498, eft f*
même que la Transfiguration , que nous célé-
brons le 6 Août. C’eft peutêtre une faute, pour-
Feflum Transfigurationis.
Fefium SS. Trinitatis ; il y en avoit deux : l’une,
le premier Dimanche après la Pentecôte j l’au-
tre , le dernier.
Fefium FaUemrurn , la fête aux Variés , le Di-
manche après la S. Denis.
Forenfiis pour Feria. On trouve dans Ludevvig des
chartes datées Forenfi III , ForenfiiV. (Reizq.
Marzuficr. tom. vu p, 147' ^54' )• ^ Mardi
& le Jeudi.
G.
Gaudete in Domino ^ Introït 8c Doin du tronieme
Dimanche de l’Avent.
Genethliacus dits Confiantinopolhans urbis , la
Dédicace de la ville de Conftantinsple , le I9
Mai.
H.
Hebdomada auikentica , la Semaine-Saînte.
Hebaomada Crucis , la Semaine-Sainte.
Hebdomas diac&ncfiima , la Semaine du renouvel-
lement c’eft la première de Pâques chez les
Grecs.
Hebdomada duplexe. \ oyez Hebdomada Frinitatis.
Hebdomada Expeciatiords , la Semaine d’après
i’A.fcenficn , qui nous rappelle l’Attente de la
defeente du Saint-Efprit üir les Apôtres.
Hebdomada Indulgentis , la Semaine-Sainte.
Hebdomada magna , la Semaine-Sainte. On don-
noit auul ce nom à la femaine av'ant la Pente-
côte.-
Hebdomada mediana (^uadragefims , la quatrième
Semaine de Carême , celle avant la Paillon. ^
Hebdomada muta , la Semaine-Sainte , parce qu’on
ne fonne point les cloches les trois derniers
jours.
Hebdomada poenalis ^ peenofia y la Semaine-Sainte,
vulgairement la Semaine péneufe.
Hebdomada fiacra , la Semaine avant Pâques ,
aufll celle qui précède la Pentecôte.
Hebdomada Trinitatis , la femaine après le Di-
manche de la Trinité, appelse auili Hebdomada
d-plex y parce qu’elle ell en mêrrie - temps la
Semaine du premier Dimanche apres la Pente-
côte.
Hebdomads Grscs ; les femaines des Grecs font
compofées, comme les nôtres , de fe-pt jours}
mais* avec cette différence , que le Dimanche
eft fouvent le dernier jour de la femame ,^ au-
lieu qu’il eft toujours le -premier de la nôtre.
Ceci mérite attention par rapport aux dates.
Le nom d’une femaine ne fe tire pas toujours^,
chez les Grecs , du Dimanche quMa preceus.
Dans certains temps de l’année , il fe
celui qui la fuit, & qui en elt comme le
Aiafi , la première femaine de Carême dasiS^^--^
1
D A
Calendrier grec , eft celle qui précède !e pre-
mier Dimanche de Carême , & dans laquelle
fe rencontre !e jour des Cendres. La feraaine
ade la Paflion ell celle qui eü fuivie immédia-
■remerït du Dîmanche de ce nom ; celle des
Jia.meaux , la femaine qui eft avant ce Diman-
che. Voici un exemple intérelTant J qu'il cil: à
propos de rapporter fur celle-ci. On lit dans
V il'e-Kardouin ^ que Conftantîuople fut prile
par les François le 12 Avril 1204, U Lundi de
-Pâques Flories. Cette expreffion a trompé quel-
ques Auteurs, qui J faute de faire -attention
que Vîlie-Hardouin comptoit les femainesà la
.grecque , ont cru qu’il marquoit par-là le len-
demasn^des Rameaux , au-lieu qu’il délignoit
le Lundi de la femainc précédente , qui effec-
tivement tomboit le 12 Avril en 1204. La fe-
anaine qui fuit les Rameaux ne s'appelle pas
cependant la femainc de Pâques chez îes Grecs,
tîiais la Semaine-Sainte , comme parmi nous.
On voit par-là que les femaines quadragéfî-
tnales des Grecs ne répondent point à celles
quoiqu'elles foient en même nombre
précifément que les nôtres. Il n’en eft pas de
même des femaines qui font encre Pâque & la
Pentecôte t elles ne prennent point leur nom
«U Dimanche qui les termine. La femaine , par
exemple , qui vient après l'Oiâave de Pâques,
s appelle , chez les Grecs comme parmi nous ,
la fécondé femaine après Pâques j mais le Di-
tnanche^iuivant , qui eû notre lècond Dimanche
^ptcs^Pàques , fe nomme, parmi les Grecs, le
troilième , & ainft des autres; en forte qu’ils
comptent fept Dimanches entre Pâques & la
Pentecôte , celui de Pâques compris, & autant
de femaines. Après la Pentecôte, ils recom-
mencent à compter le Dimanche pour le der-
nier jour de la femaine. Cependant, par une
contradidiion fingulière , les Grecs ne lailTent
pas d’appeler en tout temps , comme nous , le
Lundi ie fécond jour de la femaine , le Mardi
le troilième, & de même les fuivans.
üuiriève de S. Jean , Huitiève de S. Martin , Oc-
tave de £. Jean , Odave de S. Martin , & ainll
des autres
Hypapanti , Hypante , Hypanu , du grec
en latin Occurfus , Rencontre en françois : fête
de la Préfentatkjn de N. S. J. C. au Temple, où
fe rencontrèrent le vieillard Siméon & Anne la
Propketelïe ; Fejium S.Simeonis , Candelarîs, ^
S. M.arzA Candelaris. , Candtlofs, , Candelarum , :
Luminum , la Chandeleur ; en quelques provin-
ccs la Chandeleufe , communément la Purifi-
cation de la Sainte Vierge, que nous célébrons
îej2 Février.
L
^ ) de Coilaces, la Décollation de S. Jean.
BaïUze , Hifi. de la Maifon d‘ Aup, tome il,
P- ^95;
Antiqui tés J Tome II,
, . DAT 3,3
Jeudi , le grand- Jeudi , le Jeudi-Saint , apuelé
encore U Jeudi-blanc , à caufe qu’on diffribuoit
en ce fainr jour des pains blancs aux Pauvres ;
ce qui fe pratique encore en plulieurs Egiifes
après le lavement des pieds.
Jeudi , Magnzficet , ou le Jeudi de la mi-Carême,
ainlî nommé en Picardie , du premier mot de
la Collecte.
In excelfo tkrono , Introït Sr nom du premier Di-
manche après l’Epiphanie.
In voluntaîe tua , Introït & nom du vinsc-unième
Dimanche après la Pentecôte.
Inclina aurem tuarn. Introït & nom du quinzième
Dimanche après la Pentecôte.
Inventio fanS a, Crucis , le 3 Mai chez les Latins,
le 6 Mars chez les Grecs du tnoven âge. Les
Grecs d’aujourd’hui la joignent à la fête de
l’Exaltation.
Invocavit me , Introït & nom du premier Diman-
che de Carême.
loanncs (S.) Albus , fête de S. Jean-Baptifte ^
au 24 Juin.
Jours nataux, les plus grandes fêtes de l’année.
Voyez Natales.
Iflifuzzt dies. Dimanche de la Paflion , ainfi nom»
mé du Répons de la Proceffion.
Jzzhilate , omnzs terra , Introït & nom du troî-
lîême Dimanche après Pâques.
ludica me , Introït St nom du Dimanche de la
Paflion.
Jugement^dernier J le Lundi de la première femainc
de Carême.
lufius es , Domine , Introït & nom du dix-fep-
tième Dimanche après la Pentecôte.
IC.
Kalend& , dles . Calendarum ou Kalendariim ^ le
jour des Calendes. C’eft ordinairement le pre-
mier jour du mois précédent, auquel on com-
mençoit à compter par les^ Calendes du mois
liiivant. Nous trouvons , par exemple , dans
les Annales publiées par Larabecius, au tome
H de la Bibliothèque Céfarienne , que Char-
lemagne, revenant de Rome en 774, fe trouva
à Lauresham die Kalendarum Septembris , qui
étoit le jour de la Tranflation de S. Nazaire
dans cette Abbaye. Les tranilations des Reli-
ques fe faifoient alors le Dimanche ; & en 774,
le premier de Septembre étoit un Jeudi : ainfi
le die Kalendarum. Septembris .ne figniSe point
le premier de ce mois : il lignifie ce que la
Chronique du même Monaftère nous exprime
par lit capite Kalendarum Septemhrlum , c’elt-
â-dire , le XIX Kaltndas Septembris , ou ie
I4 du mois d’Aoùr , oui eft le premier jour
de ce mois , auquel on commençoit à compter
par les Calendes de Septembre , & qui étoit
en effet un Dimanche en 774
Sur quoi il y a deux remarques à faire t
i". qa’au-lieu de compter dans un ordre rétro-
R r
grade ^ à la manière des Romains , les jours
avant les nones j les ides Sc les calendes , les
Rédaéteuis des chartes du moyen & du bas
âge J les Gomptoient quelquefois dans un ordre
dîrecl. Ainfi, au-lieu de marquer^ par exem-
ple le 14 Janvier par XIX CaUrdas Fehrua-
rii I ils mettent priml die Calendarum Februa-
rii ; & pour le jour fuivant, fzcuniâdit Cd-
leriiarum Februaril , à la place de XVII Ka-
lendas Februarü , 8cC. : Que j dans la date
de plufieurs chartes , les jours des nones , des
ides , des calendes n entrent point en ligne de
compte : autre différence entre les Romains ,
qui , dans leur fuppiitation , comprenoient ^ &
le jour même des nones j des ides & des ca-
lendes J & celui où elles arrivent 5 par confé-
quent où nous marquerions XIX Kalendas ,
fur le modèle des Romains j nos anciens ne
mettoient que XVlll
ISous remarquerons encore que ^ même parmi
les Romains, ces mots calendes, nones, ides,
n’avoient pas toujours la même fignihcation.
Quelquefois ils fe prenoient dans un fens ab-
folu , pour marquer tout Fefpace de temps
qui avoir rapport aux calendes , aux nones &
aux ides. D'autres fois, & pour rordinaire ,
ces noms s’employoient dans une iignh
fica.tion plus reüreinte pour défigner un jour
particulier. Cette diftindtion eft importante
pour concilier des dates qui paroiffent fe
contredire. Par exemple , lorfque Suétone
dit que Tibère (Pan 784 de Rome, 31 de
J. C.) garda le Confulat jufqu'aux ides de
Mai 5 il n'eft pas contraire , quoi qu en dife
le Cardinal de Noris , à une infcription de
Noie , rapportée par ce Prélat, monument où
il eft marqué que Tibère abdiqua le Confulat
le VII des ides de Mai. Ici le nom des ides eft
employé dans un fens limité : là il embraffe
tout Pintervalle qui a rapport aux ides.
Xalends. ou Feftum Xalendamm , fête ridicule ,
profané & toute païenne , long-temps célébrée
à Rome & ailleurs le premier de Janvier.
L’Eglife a eu beaucoup de peine à l’abolir.
L.
F&tare , Introït & nom du quatrième Dimanche
de Carême.
Le Lazare , le Vendredi de la quatrième femalne
de Carême. -
Litap.ia , litanis. , fouvent confondues avec les
Rogations parnos Auteurs, parce qu’on chante
des Litanies aux Proceffions des Rogations,
&: que le mot en grec eft la inême ch'o.fe que
Rogaüo ou Supplicatio , en laun. Pour diftin-
guer les Litanies du jour de S. Marc , le 25
Avril, des^ Litanies des Rogations , on a fou-
vent appelé les premières Litania major ou
Litanîa Romana , parce qu’elles ont été or-
données à Rome par Saint Grégoire-k-Grand j
& les fécondés , Litania minor OÜ Litaraa
Gallicana , parce qu’elles ont été d’abord
établies à Vienne en Dauphiné par S. Mamert,
Evêque de cette ville, d’où elles ont palTé dans
les Eglifes de France avant que d'écrJ en ufage
dans les Eglifes de Rome & dans les autres
Eglifes étrangères.
Lundi , le grand-Lundi , le Lundi-Saint.
M.
Malade de 38 ans, le Vendredi de la première
femaine ou des Quatre-Temps de Carême.
Mardi , le grand-Mardi , Is^-Mardi-Saint.
S. Maria ad Nives , le 5 Août. Loyez Fefiim
Maria de Nive.
S, Martinus calidus . S. Martin Bouuxant , le 4
Juillet , jour de fa Tranflation._
Marzache, la fête de l’Annonciation , ainft appe-
lée par quelques-uns de nos Auteurs François ,
parce qû’elle tombe en Mars le ly du mois.
Le Mauvais Riche, le Jeudi de la fécondé femaine
de Carême.
Memento met , Introït du quatrième Dimanche
Dimanche de PAvent autrefois 5 aujourd’hui,
c’eft Rorate Ceeli.
Menfis intrans , introiens , les feîze premiers jours
des mois de 31 jours, & les quinze premiers
des mois de 30 jours. Ces jours fe comptoient
par un , deux , trois , comme nous les comp-
tons aujourd’hui ; on ne faifoit qu’y ajouter le
mot intrans OU introiens ; par exemple , Die
XIV intrante Maio , pour le 14 Mai. U n’en
eft point de même des jours marqués par
Menfis exiens , afians , flans , rejians , les quinze
derniers jours du mois. On comptoir ceux-ci
en rétrogradant. Ainlî, par exemple : Acium
tertiâ die exeunte , aftante Jiante , reftante
menfe Sevtembri , ou bien Acium tertiâ die exi-
tûs menjfs Septembris , marque le 28 Septem-
bre , en commençant à compter par la fin de
ce mois, & en rétrogradant un le 30 , deux le
29 , trois le 28 , quatre le 27 , &c. On voit
un grand nombre d’exemples de cette manière
de compter , dès le dixième ftècle , dans le
GlofTaire de M. du Cange 5 elle doit être re-
marquée pour ne point s’y tromper.
Les Grecs avoient une manière de partager
le mois fort approchante de celle ci Ils divi-
foient leurs mois en trois décades ou dixames,
& comptoient les deux premières direékment
ou dans l’ordre naturel j Myfis is-mpAiZ ,
c’eft - à - dire , menfis ineuntis j>nmâ ,
[if.a-hrûe -atéryi menfis mediantls prima , ou uieu
rt^myi undecimâ. La derniere oixasn^
étoit ordinairement comptée à rebours ■
vutU fy.yaéç itS'iySa.ry, dejinentis menfis undecima
pour les mois de 31 jours, ê'tx.àTii dedmâ'ço'àî
ceux de 30 jours. Dans î’un & l’autre ca^j
c’étoit le 21 du mois. Le compte étoit dqn^
rétrograde. Mais il femble que 3 ^ès k cifl
DAT
quiè’-ne fi&le , les Grecs ne parîageo’ent plus
leurs mois qu'en deux parties à-peu-près égaies,
& qüeç‘Éiïî>5-'s-,Kr!'îîrenfermoir toute la fécondé
qui pouyoit s’étendre jufqu’à i j jours. En effet ,
Synefius fe fert de la date t}'i; xh hxarfj
t;ç decimâ ttrtiâ definentis menus.
* fsnalls , le mois fénal , Juillet.
Menfi.s- magnus , le grand mois , Juin , ainfl
nommé , à caufe qu’il renferme les plus longs
jours.
lÆenfis Msfjloniiîn , le mois des üîelTons ( des
maifTons ) le mois d’Aoûr.
hle.ifis novnrum, le mois d’Avril.
Menfis pafcha , le mois de pâques , la quinzaine
de pâques.
Menjls purgatorius , Février, à caufe de la purifi-
cation de_ la fainte Vierge qai fe célèbre le 2
de ce mois j ou plutôt, parce que les Romains
avoient coutume d’o&rir pour des morts des
facnfices d’expiation en ce mois de Février.
Idenjls undtcirnus , menjts dacdecimus. C’étoit chez
Romains & chez les François, fous la pre-'
mière race , les mois de Janvier & de Février-
On voit même des chartes du dixième fiècle où
ils font ainfi appelés.
Mercredi des traditions , celui de la troifième
feœaine de Carême.
Mercredi , le grand- Mercredi ^ le Mercredi-
Saint.
Mefonejiime , chez les Grecs la femaine de la Mi-
Carème , qui eft leur quatrième femaine qua-
dragéfimale.
Mefopentecojie chez les Grecs, c’eR le nom
qu on donne aux huit jours qui commencent
le^ mercredi de la quatrième femaine après
pâques , & finiflent le Mercredi fuivant.
Mifereri met , Domine , introït & nom du fei-
zième Dimanche après la Pentecôte.
Mijenccriia Domini, i.ntroït & nom du fécond
Dim.anche après pâques.
z'tlijp.i, le jour ce la fête d’un Saint , comme lÆljfa
pjnchi Joanrds , pour la Saint-Jean,
Mijfi. Dornîni , alldaia , alléluia , alléluia , le
Dimanche de quafimodo. Les ftatuts fynodaux
dt Gui de Hainaut , Evêque d’Utrecht, font
de l'an l-^io , feriâ tertiâ pefi mijfas Domlrd,
alléluia , allelvda , alléluia.
N.
Platale , ou 'Ssatîvitas Domird , la nâîfiance de
Notre-Seigneut , le 25- Décembre. Fefiorum
omnium metropolis , dit S. Jean Chrjrfoflôme.
Mans , fête célébrée autrefois dans
1 eghfele premier Janvier. C’eil la plus ancienne
de toutes les fetes de îa Sainte-Vierse.
Natale S. Pétri de cathedra , la chaire de S.
Pierre à Rome le 18 Janvier, oui Antioche ’
le 22 Février.
l^atale , Natalis , ou, Naîalis Dies , le jour du
siartyre , ou de la mort d’ua fai.uî 5 mais par- .
DAT 3 î ^
ficulièreraent d’un Martyr. Le jour de la mort
d'un Saint non-Martvr eft ordinairement appelé
Depofitio.
A , les principales fêtes de l’année, Voél,
Pâques , la Pentecôte & la ToulTaint , dans
une charte de Pons , Evêque d’Arras. Ces
_fetes font quelquefois appelées Jours nataux.
Natalis , l’anniverfaire du jour qu’une perfonne
difti.nguée eft montée en dignité , comme .le
^Pape fur le faint-fiége , &c.
Natahs calicis , le Jeudi-Saint.
Natalis S. Joanrds Baptifis , c’eft la fête de la
décollation de S. Jean ( le 29 Août ) dans les
anciens martyrologes & dans les chroniques ,
à la différence de nativitas , qui eft le jour de
fa naiftance.
Natalis S. îAarî& ad Martyres , ou Dedicatî»
îLccleJiaB. Maris, ad Martyres. Le martyrologe
Romain marque cette fête le 15 Ma:. C’eft
Boniface IV qui l’a inftituce, lorfqu’il cham
gea en églife le Panthéon de Rome.
Natalis Reliquiarum , le jour de la ttanlîatioa
des reliques d’un Saint.
Notre-Dame l'Angevine, ou Septembrêche , la
nativité de la Ste Vierge, ainfi appelée en Anjou,
Notre-Dame chaffe-Mars , la fête de l’.4nnoncia-
tien*
Notre-Dame de Pitié, le vendredi avant le Di-
manche des Rameaux en plufieiirs églifes,
^ Voye^ compafllon de la fainte Vierge.
Notre-Dame aux marteaux, la fête de l’annoncia-
tion. N oye^ Daniel , Mil. Franc, tom. i. p. 135.
Nox, l’efpace de 24 heures pris d’un foir à un
autre foir. C’étoit l’ufage des Gaulois & des
Germains , félon Jules Céfar & Tacite , de
divifer le te.mps par le nombre dî nuits. Les
Francs , les Anglo-Saxons , & les peuples du
nord adoptèrent cet ufage qui avoir encore lieu
dans la France au douzième fiècle. Quot noBes
kabet infans ifle ? eft-il dit dans la vie de S.
Goar. Non noBes , dit Geofroy de Vendôme,
fecundiim confuetudinem Laïcorum , fed fecun-
dum infiituta canonum .inducias pajialamas.
Nox facrata, la veille de pâques.
O.
OBava infaAtium , le Dimanche dans l’oclavî
de Pâques , ainfi appelé par Saint Auguftin.
Oculi , introït & nom du troifième Dimanche
de Carême.
Olympias , fur la fignification qu’on a donnée a
ce terme dans les bas temps, Noye^ ce qui
eft dit à la fin de l’article des Olympiades,
Ottmes gentes , introït & nom du feptième Df-
mauche après la Pentecôte.
Omnîs terra , introït & nom du fécond Diman-
■ cm après l’Epiphanie.
Pams , le Dimanche des ci.nq pains, îe quatrième
de carême.
R r ij
^i6 DAT
Valmi feul , o'a Valmj.runz Dûs ^ !e Dima.nche
des Rameaux.
Faiaues Communiant, ou paques Ercommuniantj
& Pâques Communiaux, ie Jour de Pâques
dans une charte de Charles VI en 1387. Une
quittance rapportée par Duchene eu datée
du deux Avril, nuit de' Pâques Communiant
avant le cierge béni- Monftrelet, pour marquer
le temps où commence fon hiftoire, s'exprime
alnfi dans ie prologue : Si commencera cette
jrréfente chrop.iqueaajour de pafques Communiant,
Pan de grâce 1400. H fe prend auffi pour la
quinzaine de Pâques. Des lettres de grâce de
Tan 1389, dans le rréfor des Chartes, font da-
tées du lAardi apres la quinzaine de Pafques
. Communiant y a autres lettres de 1 390 portent
en date le Lundi de Pâques Communiant.
Pâques charneux , le jour de Pâques, a caufe
qu'on Y commence à manger de la chair.
Pâques-Neves , le jour où commençoic alors la
nouvelle année qu’on comptoir d apres la béne-
didion du Cierge Pafcal.
Parafceve , dii grec , préparation , le
Vendredi Saint, & quelquefois le Vendredi de
chaque femaine.
Pafcka feul , le faint jour de Pâque ordinaire-
ment, & quelquefois la femaine de Pâques,
comme Pajc’ialis dies. I! fe prend encore quel-
quefois , fur-tout en Italie & en Efpagne , pour
d’autres fêtes que pour celle de Pâques ; mais
ordinairement on y ajoute le nom de la fête,
comme Pafcka Pentscofles pour la Pentecôte,
Pafcka Erzpka-nU , oU Epipkanîorum , pour
l’Epiphanie , 8cC.
Pafcka claufum , Pâque cîofè , Ic Dimanche de
rOâave,,oula Quafimodo.
Pafcka- Competen-tium , le Dimanche des Ra-
meaux- , à caufé du fv'tnbole qu’on donnoit
ce jourdà à ceux qui demandoient le Baptême.
Pafcka flo-rum , floridum , Pâques fleurie k Di-
manche des Rameaux-/
Pafcka medium , le Mercredi dass rodavc de
Pâques,
Pafclia Petitum , le même que Pafcka Compe-
tentium-
Pafcka Prlmum , le îï Mars, ainfi appelé' par
plulieurs anciens , parce que Pâques peut tom-
ber ce jour-là , & qu’il ne peut tomber
plus tôt.
Pafcka Rofarum, la Pentecôte , lorfque les. Rofes
fieuriffent ou font en fleur.
Pafior horuLs , le bon Pafteur , le fécond Diman-
che après Pâques , dont l’Evangile commence :
Ego fum pafior bonus.
Paufatio S.. Marû , ie jour de rAffomptior., k
î| Août,
DAT
La Péeherefle pénitente , le Jeudi de la femaine
de la Pafùon-
Pentecofte, la Pentecôte. Ce mot marque quelque-
fois, & principalement chez les Grecs , tout le
temps Pafcal depuis Pâques jufqu a la Pente-
côte.
Pentecofies media , le Mercredi de la femaine
de la Pentecôte chez les Latins.
Peathefis , c’efl un des noms que les Grecs des-
noient à la fête de la Purification.
S. Petrus in gala Augufiz , S. Pierre aux liens,
aufîi dit S. Pierre Angoul-Aaût & Angd-
Aoât.
Populus Sion , introït & nom du feco.nd Diman-
che de l’Avent.
Prefentatio D. N. J. C. , la préfentation de N. S.
au temple , k a Février. V oycj_ Hypapanti.
Privicarnium Sacerdotum , le Dimanche de la
Septuagéflme. P'oyei Carniprivium.
Profpkonéfime, c’eft le nom que ks Grecs donnent
à la, femaine de la Septuagéflme. Ce nom veut
dire invitation , parce que dans cette femaine
on y annonce au peuple k Carême qui ap-
proche.
Proteclor nojîer , introït & nom du quatorzième
Dimanche après la Pentecôte.
Puerpérium , la fête de l’Enfantement , ou des
Couches facrées de la Vierge , le a6 Décembre-
chez ks Grecs & ks Mofeovites.
Purificatio B. MarU , la fête de la Purification
de h. Ste Vierge, k x Février. Voyei Hypapanti^
Q.
Quadragefima intrans , Quare fmeniranum , Carême
entranr. P^oyeiq Carefnentranus.
Quafimodo , introït & nom du premier Dimanche
après Pâques , qui eft celui de l’Ocbve.
Quindana , qulndena , quînquenna , la quinzaine»
Quindena Pafckéi , la quinzaine de Pâques.
Ce font les huit jours qui précèdent la fêre,
& les huit jours qui la. fuivent-
Quindena Pentecofies , la. quinzaine de la Pente-
côte , comm.ençant à la Pentecôte même, iinu
Dominzea in Quindena Pentecofies eft k fécond
Dimanche après la Pentecôte-. On. trouve auflà
Quindena Nativitatis , Quindena Purif.catzaiu,
Quindena SanBi loannzs Baptific , Quindena
SanSz Mi'chaslis , &c. même exphcaî!cn ,
c’eft-à-dire , que ces quinzaines cemmencefî'
à la fête meme. Nous en avons la pra^jj^
pouE la quinzaine de Noël dans le Coscue
de Montpellier, tenu en 1215. Pierre de Vau-
cernai le date de la quinzaine de Noël , &
acies k datent du. VI des Ides ou 8 de
Janvier»
Qumquagefima, k Dimanche de la QuinquagC'
flme ordinairement , & quelquefois k temps-
Pafcal , qui eft de cinquante jours , depajS
Pâques jufqa’à la Pentecôte mêmei. qui ^
cinquantième»
DAT
Q'jïntans, ie premier Dimanche de Carême.
a.
Jtamifpalma , le Dimanche des Rameaux.
B-eddiie qds. furx.t Ce^Jliris Cifan ^ le vingt-deu-
xièm.e Dimanche après ia Pentecôte , ainlî appe-
lé par les hiftoriens contemporains de ia ba-
taille de \\ eilîenberg près de Prague , donnée
le 8 ISovembie i6zo j DuTKinica , dnent-iis j in
qua cantatur Evar^gelium , Reddite , SilC.
Reminifcere , introït & nom du iecond Dimanche
de Carême.
Refaüle-Mois , les mois de Juin & de Juillet,
du Cange , fuppL
Refpice , Domine , introït & nom du treizième
Dimanche après la Pentecôte.
Refpice in me , introït & nom du troifième Di-
manche après la Pentecôte.
Révélation de S. Michel ( Le jour de la ) , 8 de
Mai. Voye-^ Monllrelet^ t. i , fol. 87 reclo.
Le Roi des Dimanches j le Dimanche de la Tri-
nité. V^oye:!^ Dominica fanBe. Trinitatis.
Rorate cteli , introït & nom du quatrième Diman-
che de r.Avent 5 autrefois c'étoit Mémento
met.
Rofs, dominica , le quatrième Dimanche de Ca-
rême J & celui dans POétave de rAfeenfion.
Voye'^ Dominica Rofu.
S.
Sahhatum, le Samedi ordinairement ^ ou quelque-
fois la femaine entière. De-!à viennent , una j
ou prima Sabbati , pour le premier jour de la
femaine , c’eft-à-dire ^ ie Dimanche j fecunda
Sabbati, pour le Lundis &c.
Sabbatum Acatkifti , c^’ell le nom que les Grecs
donnoient au Samedi de la cinquième femaine
de Carême : ce jour étoitfête à Conftantinople,
en mémoire de la délivrance miraculeufe de
cette ville affiégée par les Abares ; événement
arrivé Pan 6z6 , & dont ils fecroyoient redeva-
bles à la proteéiion de la Sainte Vierge Ce
jour-là on chantoit à Phonneur de ia Mère de
Dieu une hymne nommée Acatkifios , parce
qu elle fe chantoit debout. Voye:^ Grett^er , L
iil. Ohferv. in Coddinum , c. 7.
Sabbatum duodecim leBionum , Samedi aux douze
leçons, les quatre Samedis des Quatre-temps.
Sabbatum huminum , le Samedi-Saint.
Sabbatum Magnum , le grand-Samedi > le Samedi-
Saint.
Sahhatum vacans , le Samedi avant îe Dimanche
des Rameaux, ainfi appelé à Rome , parce qu’il
n avoir point d’office, le Pape étant occupé
à diftribuer des aumônes ce jour- là.
Salas Populi , tnrroït & nom du dix-neuvième
Dimanche après la Pentecôte.
La Samaritaine, îe Vendredi de la Mî- Carême,
ou de la troifième ïèmaine de Carême.
Semtiaii Dies , Voye:^ au mot Dies,
Septimana , la femaine. Voye-^ Hebdcmada.
Septimana commuais , la femaine qui commençoit
au Dimanche après la Saint Michel de Septem-
bre (Haï taus Calend. Medii avi , p. 131.)
Dans Ludewig {Rel. mjf. t. m. p. 493. J on
trouve un diplôme daté A. 1306 F cria quana
in communibus. C’eft le 5. Oâobre.
Septimana media jejur.iorum P ajckalium , la troi-
fième femaine de Carême, il ne faut point con-
fondre cette femaine avec Jîebdomada mediana
Qucdragefima.. Celle-ci eft la quatrième femaine
de Carême.
Septimana p&nofa, la Semaine péneufe, la femaine
Sainte.
Seval , le mois de Juillet. Charte de Godefroi II,
Sire de Perucis : Ce fut fait tan del Incarnation
Jefu MCGLXlV , cl mois de Seval le jour
S. Jakemé & 5. Chrifoife ( Butkens , t. I , pr.
Si iniquitates , Introït & nom du vmgt-deuxième
Dimanche après la Pentecôte.
Selemnitas folemnitatum , le faint jour de Pàques.
Safeepimus , Deus , Introït & nom du VHR Di-
manche après la Pentecôte.
Sufeeptie fanSls Crucis , la fufeeption de la Ste
Croix, à Paris le premier Dimanche d’Aout.
T,
Tejfaraçofie , c’eft le nom que les Grecs donnent
au Carême.
Tetrada , le quatrième jour de la femaine , ou le
Mercredi.
Theophania , la fête de Noël & celle de l’Epipha-
nie , confondues dans les premiers fiècles en
Orient , & célébrées l’une & l’autre le 6 Jan-
vier. De-là viennent ces mots Gaulois Tipka-^
gne y Tipkaine , Tiépkaine , Tiephanie , Tie-
phaigne , Tiphaigne , qui fignifient ordinaire-
ment le jour des Rois. Voye^^ ttpiphania.
Des Traditions , le Mercredi de la troifième fe-
maine de Carême , parce que î’Evangile parle
des fauffes traditions des Juifs , que les Difci-
ples du Sauveur iTobfervoienr point dans leur
repas.
Dransfiguratlonis Dominica , îe fécond Dimanche
de Carême , parce qu’on y chante l'Evangile
de la Transfiguration de notre Seigneur Jefus-
Chrift.
T r ans f.gur adonis fefium , la Transfigutaticui de
Notre Seigneur, le 6 Août.
Tyéphaine , Tiphaine. oyeq^ Theophania,
V. ■
Verdi-aoré , pour Vendredi-adorê , le Vendredi-
Saint , ainfi appelé autrefois parmi le peuple,
à caufe de l’adoration de la Croix.
Veuve de Naïm (la), le Jeudi de la quatrième
femaine de Carême.
Vigilia Horemii , la veille de S. Laurent , ou îe
9 Août 3 dans un Traite de Gebbehard , Evêque
3iS DAT
cHalberftat, pafi'é l’an 1477 avec l’Abbava de
Quedelinbourg {Ludewig.t. 10 y p. 93.).
Les Vianerons^ie Vendredi delà fécondé femaine
de Carême.
'^octTu ydciinditaiis y Introït 6c nom du cinquième
Dimanche après Pâques.
/ L‘Ârt de Vérifier les Dates. )
DATORUM ludüs. Foyei Echecs.
DATTES , fruit du palmier. Les Orientaux en
ont mangé dans tous les temps ; ils en favoient
extraire du temps de Strabon une liqueur fermen-
tée. Les Romains fe do-nnoient les uns aux autres
pour étrennes , au calendes de Janvier j des dattes
couvertes de légères feailles dVr ( Maniai, in
Meniis , a.4. ) .'
Aurea porrigitur Jani caryoîa Kalendis,
Les fpedtateiirs à Rome mangeoient 'des dattes
pendant la repréfenntioa des pièces ce théâtre
( Maniai, xi. 32. )
Es notas caryotldas tkeatris,
DAULIASj Airnom qu Ovide ( ai Livi. zo6. )
donne à Fhüomèle parce que fon aventure mal-
heureufe s'étoit paflee à Daulis , ville de la Pho-
cide. Vcyei Philomèle.
DAULIES , fêtes que célébroient les Argiens,
pour renouveler le fouvenir du combat de ProëtuSj
Pioi d'-Argos,,quife faifoit nommer Jupiter ^ con-
tre Acrifias J fon frère.
DA-üPHINj conileîlation qui a pris fon nom
du dauphin d’Arios , ou du dauphin qui négocia
le mariage de Neptune avec Amphicrite,. ou d’un
de ces mariniers que Eacchus changea en dau-
phins , ou enfin du dauphin qu Apollon donna
pour condiiéfeur à des Cretois qui alloient dans la
Phocide. On dit que le dauphin eft ami de rhom-
me J qa’il n’en eft point épouvanté , & que pour
en voir , il va au-devant des vailTeaux , & joue
tout au tour en fautant ; mais il fuit les vaifieaux
plutôt pour profiter de ce qu’on jette hors du
bord:, que pour aucun amour qu’il ait pour les
hommes.
Les faveurs qu’obtint Neptune d’Amphitrire j à
l’aidc du dauphin , méritèrent à ce poiffon Ij gloire
d’être l’attribut fymbolique du Dieu des mers.
C’eii pourquoi on trouve ordinairement Neptune
tenant un dauphin.
Le dauphin étoit peint fur le bouclier d’ÜlyiTej
& il peut fervîr à caraccérifer ce héros Grec , ainfi
que fon bonnet.
Sur une cornaline du Baron de Stofch , on voit
une barque fous b. forme d’un dauphin , dont l’ex-
trémité de la gueule forme l’cperon ; le devant de
la tête, la proue ; le corps , la carène & les bor-
dages 5 & la queue, la poupe le gouvernail. Sur
D A U
l’épcron eft un lièvre dans raâion de s’élancer ea
courant -, fur ia barque , par-deifus les rameurr
un grand levrier courant de toutes fes forces ; Sc
enfin fur la queue du dauphin , qui s’élève en for-
me d’ap/#re, &'au-deffus des deux timons , ua
autre quadrupède drefie fur fes jambes de der-
rière , qui 3 avec celles de devant , paroît-jouer
des deux fiâtes. Cette pierre fingiiliète doit être le
fymboie de l’invention & de ia pratique de l’art
de naviguer.
Tous ces animaux , confîdérés en général , fem-
blent vouloir nous rappeler que les hommes,
av^nt que de naviguer , commencèrent à paffer les
eaux fur les quadrupèdes. Après ces premiers ef-
fais, ils fe fervirent des bois fiottans , & ils cher-
chèrent à imiter les poifibns qui vivoient dans
i'eau , leur élément naturel , où ils les voyoient
nager avec tant de facilité : c’eft alors que pour
naviguer, ils prirent leur modèle fur les poilîbns.
Le dauphin fervant ici de vailTeau , nous apprend
que parmi les poiifons , It-daupkin fut ce modèle :
fa forme l’y rendoit plus propre que tous les au-
tres poifibns ( vie clâffe , . 3. ).
Une^pâce antique de la même colle&'on offre
un vaiilean couvert à rames , fous la forme d’un
dauphin , avec le grand mât , fa voile pliée , tous
les cordages nécelTaires , & deux figures qui tra-
vaillent à^ia manoeuvre. Cette gravure fe rapporte
à la précéde.nte. Elle confirme ce que nous y avons
dit , que le dauphin a été pris pour modèle de ia
fabrication des vaiiTeaux. Ôn voit dans le Mufeum
Florentinum une gravure femblable fur un jafpe
rouge ( t. il. tah. l. 3. ) j mais fans explication.
Dauphin , ornements des cirques anciens , qui
éroient élevés fiir de petites colonnes à l’endroit
appelé Spina circi- Voye:^ CiRQUE. On prétend
qu’on élevoit un dauphin à chaque courfe, &
qu’on pouvoir compter le nombre des courfes par
celui des dauphins. D’autres Antiquaires ont ajou-
té qu’ils éîoient placés fur des globes , comme
on' voit quelquefois les coqs au haut des clo-
chers.
Dauphin des anciens. C’étoit une mafle de
fer fondu , ou de plomb , fafpendue au haut des
antennes des vailTeau.x. On la laifibit tomber fur
les natures ennemis, qu’elle perçoit depuis le pont
jufqa’au fond de cale- Cette machine , appelée
dauphin, parce qu’elle en avoit ia figure, étoit en
ufage chez les Grecs. Dans le fameux combat
donné dans l’un des ports de Syraeufe, les Athé-
niens ayant été battus, les Syraenfains les pour-
faivirent jufques vers la terre, & furent empêchés
de paffer outre, dit Thucydide , par les antennes
des navires qu’on abaifla fur le palTage. A ces an-
tennes pendoient des dauphins de plomb , capables
de les fubmerger; Sc deux galères qui s’empor-
tèrent au-delà, furent brifées.
Sur les médailles le dauphin entortillé à un trs-
den: ou à une ancre , marque la liberté du cohh
D E
fe-ierce & l’empire de la tuer. Quand il efr joint à
un trépied d’ Apollon ^ il marque fur les médailles
Romaines le facerdoce des Quindécemvirs , qui ,
pour annoncer leurs facrifices foiemnels j por-
to-ient la veille un dauphin au bout d’une perche
dans les rues , parce qu’on regardoit ce poiffbn
comme confacré à Apollon.
Le dauphin feul ^ ou avec un trident , eîl le
type ordinaire d’Ægium en Achaïe. On le voit
Euifi fur les médailles de Byzantiumj de Carteia ,
de Corinthe J d’Eubée , de Larinum . de Lipari ,
de Nifyros, de Paedum j de RaucaSj de Syracufe^
de Tarenre . de Thera_, de Velia.
On voit un enfant nud , quelquefois aile ,
monté fur un dauphin , fur les médailles de Brun-
diiiumj, de Paelium & de Tarente-
A. E. Ces deux lettres , qui fe trouvent fouvent
fur ies médailles. Grecques frappées fous h domi-
nation des Romains , ont étéexoliquées dif&lrem-
ment par plulîeurs Antiquaires. Avant de rappor-
ter ces explications , je dirai que ces figles A. e.
font ordinairement expliquées aujourd’hui par ces
deux mots AH>.f APXÎKHS ESOYCIAC , tribunidâ
poteftate, qui font écrits tout-entiers fur quelques
médailles.
Le Père Jobert difoit, d’après Oudinetj que
JêS lettres A. E, CtOiGîît initiales ds
jjiasî J par l ordre du confeil de ville , ou plus exa-c-
ordre des états de la province j comme
le fait obferver le Baron de la Bailie, qui^ d’ail-
leurs rejetoit cette explication , croyant ^ avec
raifon , qu’aucune province n’avoit pu accorder à
une ville la permiffion de battre monnoie j droit
réfervé à l’Empereur feui ou au Sénat.
Hardoamjcet écrivain fi fécond enconje&ares
dépoun'ues de fondement ^ a pris les lettres A. e.
pour les initiales des mots A?«W;a;i , vota
publica ; mais il n’a jamais pu citer une feule mé-
daiüe qui vnnt a l’appui de fon explication.
Le Père Jobert a dit encore fur les deux lettres
A. E. que les villes grecques jouijfant du droit de
battre monnoie , en faifoîep.t frapper de deux fortes.
Selon lui 3 celte qui n était que pour le pays était
en grec. Celle qu on voulait qui eût cours dans tout
l hmpire, était en latin. l..a première portait les deux
caractères S. C. Senatus Conjulto, l.a fécondé avoit
le A. E. A<!y,«ar( Le Père Jobert femble
parler en général de la monnoie qui fe frappoit
dans les villes grecques; & cependant il eft cer-
tain 3 dit le Baron de la Bafîie ^ que tout ce qu’il
écrit en cet endroit, doit fe reflreindre aux feules
médaillés d Antioche far i’Oronte. Il fait entendre
que les lettres s. c. font affe-ftées aux feules mé-
dailles^ grecques , & A. £. aux m.édailles latines;
rien^ n eft moins exaâ que cette afïertion. I! y a
piuiieurs rnedaiiles grecques frappées à Antioche
fous Augufte, fous Tibère , fous Claude , fous
Néron , fous Galba, fous Hadrien , 8cc. oui n’ont
ni rua ni l’autre de ces caradlères ; & ûe‘pias on
DÉ pjp
E- fe ''oit fur aucune
médaillé latine de cette ville. Au contraire,, le
S- c. fe rencontre, non-feulement fur toutes les
médaillés latines , mais encore au revers d’un très-
grand nombre de médailles grecques ; Se jamais
on n’a trouvé fur aucune le A. e. fans le s. c. ,
quoique le s. c- fe voye fans le A. e. , tant dans
les médailles grecques que dans les médailles Lt-
tines Ajourez à cela que les lettres A. E. ne fe
trouvent fur les monnoies d’Antioche que depuis
Caracalia ; c’eft-à-dire , depuis que cette ville fut
devenue colonie Romaine. Cette dernière obfer-
vation fuffit pour montrer que A. E. ne fauroic
fignifier Acp/iian P.Tiuf^Jcts , décréta 'Provincic. y
püifqu Antioche, devenue colonie , avoit moij-s
befoin que jamaisducenfenrement de la province
pour etre aiitorifée à faire battre monnoie.
pÉ à jouer , tejfera luforia , différent des
olièlets.
DÉ ( jeu de ) : jeu de hafard fort en vogue chez
les Grecs 8e chez les Romains, L’origine .en eit
très-ancienne, lî l’on en croit Sophocle , Paafa;
nias & Suidas , qui en attribuent l’invention à
Paiamède. Hérodote la rapporte aux Lydiens ,
qu’il fait auteurs de tous les jeux de hafard.
Les dés antiques étoient des cubes d-e même
que les nôtres ; c’eft pourquoi les Grecs les appe-
loient yJAoi ; ils avoient par conféqaent fix faces,
comme V dpigramme xvii, du liv. xiv de Martial
le prouve:
Hic mihi bis feno numeratur tejfêra puncio.
Ce qui s’entend des deux dés avec lefquels on
jouoit quelquefois. Le jeu le plus ordinaire -étoit
à trois dés y fuivant le proverbe, 3 n
xaSîî , trois fx ou trois as y tout ou rien.
Je ne parcourrai point les diverfes manières
de jouer aux dés y qui étoient en ufage parmi les
anciens ; il me fufSra d’indiquer les deux princi-
pales-: je renvoie pour les autres aux ouvrages des
Erudits , qui les ont raffemblées dans des livres
compofés exprès.
La première manière de jouer aux dés y 8c qui
fut toujours à la mode, étoit la raSe , que nous
avons adoptée. Celui qui amenoit le plus de points
emportoit ce qu’il y avoit fur le jeu. Le plus beau
coup étoit, comme parmi nous, raSe de-fix, mot
dérive de f£s;c» û.(p£?.ùy. On le nommoit Vénus: ce
mot défîgnoit dans tous les jeux de hafard le coup
le plus favorable. Les Grecs avoient donné les
premiers les noms des Dieux , des Héros , des
hommes illuftres , & même des courrifanes fameu-
fes, à tous les coups différens des dés. Le plus
mauvais coup étoit trois as. C’eft fur cela qu’Épi-
charme a'dir, que dans le mariage, comme dans
le jeu des dés , on amène quelquefois trois , fix &
quelquefois trois as. Outre ce qu’il y avoir fur le
jeu , les perda.ns payoient encore pour chaque
310 DÉ
coup malheureux ; ce n'étoit pas un moyen _qa ils
euûcnt imaginé pour doubler ie jeu ; c étoii une
fuite de leurs principes fur les gens mameureux :
qiiils méritoient acs peines, par cela mêine qu. ils
étaient malheureux. Au refte , comme les aés_ ont
iîX faces , cela faifoit cinquante- iix comb-naifons
de coups; favoitj üx rafles, trente coups ou il y
a deux dés femblables , & vingt où les trois dés
font différens.
La fécondé manière de jotieu aux dés , généra-
lement pratiquée chez les Grecs & chez les Ro-
mains , ètoit celle-ci ; celui qui tenoit lesuM yom-
moit avant que de jouer, le coup qu il iounaitoit;
quand il Famenoit , il gagnoit ie jeu, ou quelque-
fois il laiffoit le choix à ion adverfaitc de nommer
le coup ; & fi pour lors il arrivoit , il fubiiloît la
loi à laquelle il s’étok fournis. Ceft de cette ie-
confie manière de jouer aux dés que parie Ovide
dans fon Art d! Aimer , quand il dit ;
Et modo très jaçleî numéros , modo cochet apte ,
Quam fubeat partem calUia , quamque 'voett.
{ Mém. des infeript. & Belles-Lettr. t. I. ).
Comme la fureur du jeu s'accrut à Rome à la
deca-dence de la République , celui de dés prit
d'autant plus faveur , que les Empereurs en don-
nèrent l'exemple- Quand les Romains virent
Kéron rifqiier jufqu’à quatre mille fefterces dans
nn coup de dés , ils mirent bientôt une partie de
leurs biens à la merci des dés. ( Chevalier ie
Jaucourt. ).
On a trouvé dans Herculanum quantité de dés
en ivoire , en terre cuite , &c. ils font parfaite-
ment femblables à ceux d'aujourd'hui : l'on y a
même trouvé des cornets en ivoire que les Grecs
nommoient ^vçy;:i , petites tours , d'où l'on avoir
formé ie mot latin pyrgus , cornet à jouer aux
dés.
Dans les tableaux que l'on a découverts à Her-
culanum, on voit une caricature qui repréfente
Enée portant Anchife , & luivi d'Iule : ils fuient
la ville de Troyç ; iis font peints nuds en Frîapcs,
avec des têtes de chien , & ils portent des cornets
pour jouer aux dés. On préfame que le peintre a
voulu faire allufion à Auguile & à l'Empereur
Claude , qui fe difoient ifiTiis d'Enée , & qui étoient
grands joueurs de dés.
Scheuchzer & A^Itman ont fait des recherches
fur Forigjne des dés de bois ou de terre cuite ,
que l'on trouve en grande quantité en labourant
la terre près de Zurzach & d.e Bade en Suifle,
Ces Auteurs croient que les anciennes légions Ro-
maines avoîent féjourné pendant long-temps au-
près de ces deux villes, & que ces dés fervoient à
leur amufement.
I^^’p-ycondre. On voit dans le cabinet de Ste
Geneviève deux d/j-à-coudre antiques de bronze ,
qui reiTennblent parfaitement à ceux dont on fe fert
ssjGur.G hui. L en en a auffi trouvé à H.erculanuna
DÉC
de fembiabies , excepté qu iis font ouverts par le
bout.
DEBOUT ( fe tenir ). V oye^ Assuîcgere.
DECAD ARQUE, ou DÉC/ÆUQÜE , Magif-
trat eue Lyfandre établit dans les villes de la dé-
pendance d Athènes , après fa vlétoire fur les Athé-
niens. Lyfa.'idre créa dix Magiltrats dans chacune
des villes Arh-éniensses , après en avoir chaflê tous
les partions d'Athènes ; & il n'admit perfonne
parmi ces Magifirats qui ne fût Ion hôte & foa
arni , ou qui ne lui jurât fidélité. Ainfi , il fe rendit
maître de tout le gouvernement: ce font ces dix
Âiagrdrats qu on appela Décadar qu.es & Décadu-
ques , de êtact, dix & de commandement,
magijlrature i OU de ^‘x.u.s , a'çx.aécç , Decade & de
, j’ai , je pcfséde , je contiens.
Dans Athènes il mit trente Décadarques.
DECAlÎtRON , }■ ^ Égme , de
Corinthe & de Syraeufe , toutes du même poids
& de la valeur de dix litres. Voyez Litre.
DÉCAN. Les Aftronomes anciens & les Aftro-
logues partageoient chaque figne du zodiaque en
trois parties égales , qu'ils appeloient décans. Ces
décans étoient fous la préfidence de quelque Di-
vinité particulière. Le premier décan du bélier,
par exemple , étok affigné a Mars , le fécond au
Soleil , le troifième & dernier à Vénus. On trouve
d'anciennes fphères ou d’anciens zodiaques fur
lefqueis les décans font perfonifiés & repréfentés
fous des figures particulières. Le fyftême Mytho-
Aftronomique de M. Dupuis eR fondé en partie
fur les rapports des décans entre-eux, ou avec les
diverfes conftellations.
DÉCANS , bas-officiers des troupes Romaines
qui commandoient à dix foldats ( Veget. il. 8- ) :
Èrant decani dénis militibus pnpofiti , qui nunc
caput contuberniî voeantur. Ce paffage nous ap^
prend que du temps de Végèce , au quatrième
fîècle,les décans étoient appelés chefs-de- chambre,
DÉCAPITER. Ce fupplice palfoit chez les
Grecs & les Romains pour le moins odieux de
tous ceux qui donnoient la mort. Xénophon ( Cyçi
exped. il. p. iç)}. ) parlant de Cléarque , quiavoit
été décapité , appelle ce fuppüçe le plus beau genre
de mort; & Laétance (_de mort, perfec. c. ai. )1 ap-
pelle une bonne mort , bonam mortern. Cicéron
( Verr. v. 45. ) dit que les parens du fupphcie
donnoient une fomme au bourreau pour qu’il lui
tranchât la tête d'un feu! coup. Un monument
de l’Hiftoire Eçcléfiaftique ( Rifi. pajf. C&ctli&^x
&c. p. 16. ) nous apprend que le bourreau mal-
adroit étoit obligé d'abandonner fa viftime apres
le troifième coup.
DÉCAPODE , aeène , mefure linéaire de la Pho-
cidsp de l'iUyrie, de la Theffalie, de la Mace-
üoine *
DEC
doînSj de h Thrace^ ces Phocéens en Aîie^ &
és Msîfsiile dans ies Gaules. Elle valoir , en me-
fure de France^ félon M. Pauélon ( Métrologie )
I toîfe & Fooo- Elle valoir J en mefaresdes mêmes
pays , 6 j coudées médiocres, ou lo pieds pÿrhii-
ques, ou de mefure naturelle, ou 40 palelies,
ou 160 dadhyles.
Décafode , acène , mefure linéaire de l’Atîi-
Que , du Péloponèfe, de la Sicile & de la grande
Grèce. Elle valou , en mefure de France , felon
M_. Fauâon ( Métrologie ) i roife & Elle va-
loir , en mefures des mêmes pays 3 6 j coudées
de rriefure narureiie, ou 10 pieds olympiques ou
pieas grecs, ou 40 palelles, ou s 60 dadiyies.
Decapode, acène mefure linéaire & itiné-
raire oe 1 A fie & de l’Egynte. Elle valoir i toife
& France, félon AL Paiiclon. Elle valoir,
en mefures anciennes des mêmes pays, i 'f orgyes,
«U Z bême diploun , ou 4 bé.mè aploun.
Decapode quarrée , mefure géodéfique ou
gromanque de PAfie & de PÉgypte. Elle valoir,
en mefures anciennes, 2j coudées facrées quar-
réeSj ou Loo pieds géométriques.
DECAPROl’E, Officier quilevoit les tributs,
ou recueîîîoit ies tzxes^TJecaprotus ^ jyeceTTtpriTnus.
Les Décapretes étoient obligés de payer pour les
morts , ou de répondre à PEmp'ereur fur leurs
biens de la quote-part de ceux qui mouroient
(Digejl. l. & hh. uh. de Mitner. Ù Honor. & j
I. 30. de Foilicîtat. ). Cicéron les appelle Decem-
primi dans ion Oral fondra Rofeio.
Ce mot vient J dix^ & ‘Tt^âros 3 premier ^ f
apparemment parce qffion choifilFoic les dix pre-
miers ou les dix principaux des communautés pour
faire ces levées.
DÉCARGYRE , pièce de monnoie en ufage 1
■dans 1 empire Grec. Le décargyre - s' zppeloic au-
trement mejorin.e3.8c vaioit dix argyresj c’eft de-
la que lui venoit fon nom. Il étdit la fixième
partie d'une livre 5 car il y avoit foixaste argyres
dans une livre, comme il paroît par la loi 1 du
code TReodoüen ^dp expenj. lud., & la livre étant
ce douze onces , le dicargyre en pefoit deux.
DECE , Empereur. Foye-^ Traja.n-Dèce.
DECEMBRE , dernier mois de Pannée actuelle, j
C’étoit le dixième mois de Pannée de Romulns-
De-là vint qu il fut appelé Décembrei-de decem dix:
car les^Romains commeaçoient dans les premiers
temps leur annee par le mois de Mars. Le mois de
Pécemhre_ éteit fous la proteétion de VeRa : Ro- i
mulus lui donna d’abord trente jours , Numa Iç '
a-éduifit à_29, & Juîes-Céfar lui en affigna 31'.
Les Romains celebroient dans ce mois différente.''
fêtes : le jour des Kalendes , la fête de la Fortune
qui fait enfuite tranfoortée au mois de Juillet ; le
jour des "Nones, je. ia fete de Faune j le 3 avant ]
^tiquités 3 Tome IL
DEC 521
c Jes Ides , ou le onzième du mois , ies Agonaies '
le iS avant les kalendes de Janvier, c’eft-à-dire^
) le ij« avant les mêmes kalendes, ou le 18 du
s mois, les Opales , ou fêtes d’Ops ; le lendemai.n
coiT^ençoit la fête des Sigiilaires 5 le lendemain
’ c Angéronales , & outre cela un
facnficea Hercule & à Cérès. Le aie étoit con-
lacre aux Lares j le izc , c’étoient les Larenti-
^ ^ jeuneffe , JuvenaUs.
1 ceiebroir encore en ce mois une fête appelée
Septimonium , dont Varron fait mention ( L v. de
de Décembre on célébroit la
réte des Saturnales.
Saturne était auffi particulièrement honoré dans
Cv mois ( Qu&fi. Rom. 34. Plutarc. ). Commode
tenta en vain de le faire appeler Décembre-V Attlo-
[onîen ^ à eaufe de fa maîtreffie Murcia, qu’il ai-
moit à faire repréfenter fous les traits d’une Ama-
zone; deguifement fous lequel cet infenfé ofa
paroître lui-même dans ies fpedades publics.
DECEMJUGIS 3 char attelé de dix chevaux.
J dit que Néron ( c. 24. n. 4. } parut dans
^ ^de d Oiy'mpîe , monte fur un decemjugis
qu il conduifoic lui-même : Aarigavit quoque plu-
rzfartam : Olympis vero etiam. decemjngem. C’étolï
une chofe inouïe avant cet Empereur ; & elle ne
reparut plus depuis lui ; car Ifidore ait que le plus
fort attelage , celui que l’on employoit à caufe de
«la pour honorer Jupiter, le plus grand des
, Dieux, étoit de îix chevaux ( xvm. ) : Stjuga ,
maximus carras , carrit Jovi , propter qubd maxi-
mum deorum fuorum eunt ejfe eredant.
DECEMPÉDE, inRrument dont les anciens fe
feryaient pour inefurer , règle de dix pieds, decem~
peda, La décempede étoit un inllrunicnt deftiné à
arpenter terres , une perche longue de dis
pieds, d’où elle a pris fon nom; en grec ê'txé.xes.
Ees.A^rchiceéies s en fêrvoient auffi pour donnée
aux banmens & à leurs parties les grandeurs & les
proportions convenables. Horace ( l. il. Ode i
V. 14.) fe plaipant de ia magnificence des bâti-
mens de fon fiècle, dit qu’il n’en étoit pas ainfi
au temps de Rotnulus Sc de Caton; qu’on ne
royoit point alors dans ies maifons des particu-
liers , des portiques mefarés avec k décempede ,
& tournés au Nord pour prendre le frais. Sau-
maife (/kr Salin, p. 583.') a parlé de la décempede.
Ce nom vient dp decem. dix, & de pes^pedis "pied.
La décempede , mefure itinéraire des anciens
Romains, vaioit i toife & France , félon
M. Pauâon. Elle vaioit , en mefures du même
peuple , 2 pajfus , ou 4 gradus , ou lo pûeds Rq«
mains.
Décei.îpède quarrée , mefure gromatique des
anciens Romains. Foye^ Scrupule de terre.
DECEMPEDATOR3 arpenteur qui fe fert de
la decempvdÊ^ Cicétoa emnioie es mot en narknt
S f
312 DEC
de L. Antonius ( Vhilîv. xm. i30- . .Æqniipmits
ügri puhiici & privait decempedator.
DECEMPRIML Voyei Dhcafrote.
DECEMVIRS , 7 Maeiftrats des Romains ^
DECEMVIR AT, 5 . r • j i
.créés avec autoiité fouverame pour faire des îoix
dans i'Erar. On les nomma Décemvirs ,Tpzrcc que
ce grandpouvoirne fur attribué qu’à dix perfonnes
ensemble, & feulement per=dant le cours d une
année- Mais à peine eurent- ils joui de cet ctacue
fouveraineté , c^u ils convinrent par fermenu de ne
.rien négliger pour le retenir, route leur vie. Rap-
pelons au' Lecteur les principaux faits de cette
époque de l’Hiiloire Romaine , & üifons d abord
à quelle occanon les Décemvirs furent infticues.
bans le feu des difpates entre les Patriciens &
les Plébéiens , ceux-ci demandèrent qu'on, etaoiit
des loix fixes & écrites , afin que les jugemens ne
fuirent plus l’effet a une volonté capncieufe ou
d’un oouvoir arbitraire. Apres beaucoup tie re-
fiilance, le Sénat y acquiefça. AÂors , pour côm-
pofer ces loix , on nomma les Decemvirs , I an
ÿoi de Rome. On crut qu on devoir leur accoruer
un grand pouvoir , parce qu’ils avoient à dopner
des^loix à des factions qui étoient prefque irré-
eonciiiabies. O.n fufpendit la fonction de tous les
autres Magiitrats , & , cians les Comices , iiS
furent élus feuls adminiftrateurs de la République.
Ils fe trouvèrent revêtus, par-là de la puiifance
confulaire & de la puilfance trtbunitienne^ : I une
donnoit le droit d’alfembler le Sénat } 1 autre ,
celui d’affemhler le peuple ; mais ils ne convo-
quèrent ni le Sénat ni le Peuple , & s’attribuèrent
à eux feuls toute la puilfance des jugemens : Rome
fe vit ainfi foumife à leur empire abfolu. Quand
Tarquin exerçoit fes vexations , Rome étoit indi-
gnée du pouvoir qu’il avoir ufiirpe ; quand les
Décemvirs exerçoient les leurs, Rome fut étonnée
du pouvoir qu’elle avoir donné , dît l’Auteur de
la Grandeur des Romains.
Ces nouveaux Magiftrats entrèrent en exercice
de leur dignité aux ides de Mai j & , pour infpirer
d’aîiord àe la crainte & du refpeâ: au peuple, iis
parurent en public , chacun avec douze Lideurs
auxquels ils avoient fait prendre des haches avec
des faifceaux, comme en portoient ceux qui mar-
choient devant les anciens Rois de Rome, La
place publique fut remplie p?r cent vingt Lic-
teurs qui écarioient la multitude avec un falle
& usa orgueil infupportables , dans^ une viiîe où
régnoit auparavant la modeftie & l’égalité. Outre
leurs Lîétèurs , ils étoient en tout temps envi-
Konnés d’une multitude de gens fans nom & fans
aveu , la plupart chargés de crimes & accablés
de dettes , & qui.ne pouvoient trouver de sûreté
que dans les troubles de l’Etat : mais ce qui étoit
encore plus déplorable, c’eft qu’on vit bientôt
à la fuite de ces nouveaux Magiftrats une foule de
jeunes Patriciens , qui préférant la licence à k
DEC
liberté , s’attachèrent fervilement aux difpenfa-
teurs des grâces , & qui , pour fatisfaire leurs
pallions & fournir à leurs plaifirs , n’eurent point
de honte d'être les miniftres 8e les complices de
ceux des Décemvirs.
Cette jeunefle effrénée , à l’ombre du pouvoir
fouveràin , enlevoit impunément les filles du fein
de leurs mères j d’autres, fous de foibles pré-
textes , s’emparoient du bien de leurs voifins ,
qui fe trouvoit à leur bienféance : en vam on
en portoit des plaintes au tribimai c.tsDécanvirs ;
les malheureux étoient rejetés avec mépris , U
faveur feule ou des vues d’intérêt tenoient heu
de droit & de juftice.
On ne fauroit imaginer à quel point s affaifïa
la République pendant une fernblable adminiüra-
tion : i! fembloit que le peuple Romain eut perdu
ce courage qui auparavant le faiioit crainare 8c
refpeéier par fes voifins. La plupart des Séna-
teurs fe retirèrent ; plufieurs autres citoyens fui-
virent leur exemple , & fe bannirent eux-mêmes
de leur' patrie 5 cueiques-uns même cherchèrent
des afyles chez les étrangers. Les Latins & ceux
qui fe trouvoient aflujetris à l’autorité ae la
République , méprisèrent les ordres qu’on leur
envoyoit , comme s’ils n’euflent pu^iouffrir que
l’Empire demeurât dans une ville ou il ny avoir
plus de liberté ; 8c les Grecs 8c les Sabins vin-
rent faire impunément descourfes jufqu aux pertes
de Rome.
Quand tous ees faits ne feroient pas connus,
ou jugeroit aifément à quel exces les Decemvirs
portèrent le fyftême de la tyrannie , par le ca-
raélère de celui qu’ils nommèrent conllamment
pour leur Chef, par cet Appius Cîaudîus , dont
les crimes furent plus grands que ceux du fils de
Tarquin. On fait , par exemple , qu'il fit affafliner
Lucius Siccius Dentatus , ce brave homme q-çi
s’étoit trouvé à fix-vingt batailles , & qui avoïc
rendu , pendant quarante ans , les plus grands
fervices a l’Etat. Mais on fait encore mieux le
jugement infâme qu’ Appius porta contre la ver-
tueufe Vii^inie. Denis d’Halycarnaffe , Tite-
Live , Florus , Cicéron , ont célébré à lenvi
cet événement > il arriva l’an de Rome 304 i &
pour lors le fpeâaeie de la mort de cette alje
immolée par foa père à la p'udeur 8c à la liberté,
fit tomber d’un feul coup la puiffanee exorbi-
tante de cet Appius 8c celle de fes collègues.
Cet événement excita la jufte indignation de
tous les ordres de l’Etat : hommes 8c femmes ,
à la vjile 8c à l’armée , tout fe fouleva r toutes
les troupes marchèrent à Rome pouf deii^ter
leurs citoyens de l’oppreflion , 8c elles fe ren-
dirent au mont Aventin , fans vouloir fe feparei
qu’elles n’euffeat obtenu la deftitution & E pii-'
nition des Décemvirs. , .
Tite-Live rapporte qu’ Appius, pour
Fînfamîe d’un fûpplîce public , fe donna la
en prifon. Sp. Appius , fon collègue, eut le azems.
fort ; les huit autres Décemvirs cherchèrent leur
falut dans la fuite , ou fe bannirent eux-mêmes.
Leurs biens furent confifqucs j on les vendit pu-
bliquement J & le prix en fut porté , par les
QuelteurSj au Tréfor public. Marcus Qaudius ,
i inltrument dont Appius s’étoit fervi pour fe
rendre maître de la perfbnne de Virginie , fut
condamné i mort & il aiiroit été exécuté fans
les amis J qui obtinrent de Virginius qu'’il fe con-
tentât de fon exil. Cdft ainlî que fut vengé le
fang innocent de l’infortunée Virginie , dont la
mort , comme celle de Lucrèce , tira , pour la
ieconde fois , les Romains de l’efclavsge. Alors
cnacun le trouva libre , parce que chacun avoir
ete offenfe j tout le monde devint citoyen, parce
eue tout le monde le trouva père : le Sénat & le
Peuple rentrèrent d.ans tous leurs droits-
avantage qui revint à la République de
.^dminilîranon des Décemvirs , fut le corps de
Droit Romain , connu fous le nom de Loix Dé-
£emvirales , & pins encore fous celui de Loix
■des dou^e Tables. Les Décemvirs travaillèrent
^^^ycoup de zèle pendant la première année
de leur Magillrature à cette compilation de Loix,
quils tirèrent en partie de celles de Grèce, &
en partie aes anciennes ordonnances des Rois de
Rome. Pdjeç Tables.
Je ne doute point du mérite de plufieilrs de
li E C
il ne nous relie cependant que'
mais , malgré les éloges qu’on
■ces Loix, don
des fraamens ;
-'J y G-’H
«n raie, il me femble que la vue de quelques-
îi.nes fufSt pour dévoiler le bue principal qui
anima les Décemvirs lors de leur rédaélfon 5 &
cette remarque n’a pas échappé à l’iUullre Auteur
de VEfprit des Loix.
Le génie de la République, dir-ii, ne deman-
doît pas que les Décemvirs milTent dans leurs
€ouzc Tables les L.oix loyales , fi fevères y &
faites pour un peuple compofé de fugitifs , d’ef-
ciaves & de brigands j mais des gens qui afpi-
tyrannie , navoienr_ garde de fuivre
î €q>Mt de la République ÿ la peine capitale qu^ils
prononcèrent contre les auteurs des" libelles &
contre les Poètes ,- n’étoit certainement pas de
1 efprit d’une République , où le Peuple âime à
voir les Grands humiliés, mais de gens qui vou-
ioient renverfer la liberté 5 & Cicéron,' qui ne
défapprouve pas cette loi , en a bien peu prévu
les dangereufes conféquences. Enfin , la loi qui
^couvre le mieux les projets qu’avoient les
Décemvirs de mettre la divifion entre les Nobles
& le_ Peuple, & de rendre, par cet artifice, leur
Magiftramre perpétuelle , eft' celle qui défendoit
^es mariages entre les Nobles & le Peuple- Heu-
ii-ulement , apies 1 espulfion des Décemvirs , cette
derniere Loi fut caffée , l’an 308 de Rome; &
pre.que toutes celles qui avoient fixé les peines ,
s évanouirent. A la venté on ne les abro<^ea pas
cxpre.fsement ; mais la Loi Porcia avant défendu
de metere a mort un Citoyen K^main , dlçs
3 ’ ?
n’ffiïfent pîas d’applicadon C Article du. Chevalier
de Jaucourt. ).
DeczjcîvzRi SrziTisiTs , pour Litibus juii-
candis , Magillrats Romains , tirés du Corps des-
Centumvirs , qui rendoient la jultice avec le Fré-
teur. Les Décemvirs prononçcienî fur les affran-
chiffemens ( Cicer. Cac. c. 33. & Dom. c. 29. ) ,
fur 1 état des Citoyens, fur leurs mariages, &
fur quelques autres matières civiles.
Decjmvis.1 S.ecRoRcrjr , dix Citoyens pré-
pofes à la garde & à rinfpeaion des livres fybil-
lins , a la célébration des jeux apollinaires , aux
fuppiicarioiis puDlsques. Leur nombre varia piu-
fieurs fois , & il fut porté même à quinze.
Il y avoir auffi des Décemvirs militaires ; & ea
différentes occafions on créoit des Déceravirs
pour régler & conduire certaines affaires , de
même qu’à préfent on forme des Bureaux , ou
nomme des Commiflaires pour certaines aââires.
Ainfi il y avoit des 'Décemvirs pour conduire utie
Colonie , des Décemvirs pour préparer les feffins
que Ton faifoit de temps en temps en l’honneur
de Jupiter & des autres Dieux; des, Décemvirs
pour avoir foin deffacrifices, &c. ; & quelquefois
ce n’étoient que des Septemvirs ou des Trium-
virs ,c’ell à-dire, que c’étoient des CommilTaires
que Ton créoit pour ces chofes, &• que l’on
nommoit Décemvirs , Septemvirs, Triumvirs ou
Duumvirs, félon qu’ils étoient dix , fept, trois,
ou feulement deux. V' aye^ Quindecem-vir.
DECENNALES , Fêtes que les Empereurs
Romains célébroient tous les dix ans de leur règne
par des facrinces & par des largelTes au Peuple.
Decennalia fefla.
Augufte fut l’auteur de cette coutume , & fès
fuccefTeurs l’imitèrent. On failoir auiTi dans le
même temps des vœux pour l'Empereur, en lui
confirmant l’Empire ; & ces vœux s’appeloienc
aufîi des vœux décennales ou décennaux. Depuis
Antonin Pie , on trouve ces jeux & ces vœux'
marqués fur les médailles. Frimi Décennales.
SeCÜNDÏ DECENNALES. V-OTA SOL. DecE.N'. IL
Vota süscep. Dschk. III. Ces vœux fe fai-
foient au commencement de chaque dixaine d’an-
nées; car, fur les médailles de Pertinax, qui eut
à peine quatre mois de règne , on trouve Vota
DECEN. & VOTis DECENNALiBus ; fur celles dc'
Pupien , dont l’empire ne dura pas deux ans ,
VOTIS DECENNALIBUS.
Struvius ÇAmiq, Rom. Syntagma. c. p. 24.7. J
croit que ces vœux avoient pris la place de ceux
que les Cenfeurs avoient coutume de faire au,
temps de la République pour fa félicité. En effet,
on ne les faifoit pas feulement pour le Prince ,
mais encore pour l'Etat, comme Dion (/. p-///. )
& Pline le jeune ( /. x. e;;. loi.) le marque.nc
exprelfément.
Augufte établît cette, fête pour conferYar Teca^
S f ij
5^4 DEC.
pire & FaiTîoricé abfoiue-j fans choquer le peispîe.
Penàant qu'on la céiébroit , ce Prince avoir cou-
tume de remettre au Peuple toute i'aütorité j que
le Peuple , rempli de joie j & charmé par cette
offre J lui rendoir aulîi-tôt.
DÉCENCff , frère de Magnence.
Magn.us Decentius Cæsar. j poflea Av~
6USTUS.
Ses médailles font :
RR. en or.
RRR. en argent.
RRRR. en petit médaillon d’argent : au revers,
Frincipi Juvencuîis.
RR. en médaillons de B.
C. en M. B. , excepté celles fur lefquelles iî a
îe nom à’Âugufius.
C. en P. B.
Il porte, fur la plupart de fes médailles, îe titre
de tres-vai liant Céfar.
DECERÎS , 1 . • • J-
A^KHPis j” rameurs
fur chaque rame , ou dix rangs de rames de chaque
côté.
BEC IM A, 1
DECIME., f
c’eft le nom d’une des trois
Parques 5 car les DéelTes que l’on app>eIoit com-
munément Cloiho , Lachefis & Atropos , félon
Varron & Cæfellius Vindex ( cité par Aulu-Gelle,
l. iil. c. lé), fe nommoient None, Décime &
Morte : Parque , ù partu , c’eft-à-dire de l’enfan-
temenr , où commençoit leur empire fur la vie
de chaque homme ; None & Décime , à catife
des neuf & dix mois que l’entant eft dans le fein
de fa mère , comme Varron l’explique.
Décime écoit encore le nom que les Grecs
donnoient au dixième jour après la naiffa-nce ,
auquel on tmpofoir un nom à l’enfant j ils appe-
loient aufS Décime Aixâm , îe facrifice qu’ils fai-
foient en même temps.
Décime , mefure de capacité, employée dans
î’Egypte & dans l’Afie. Foye^ Gomor.
Decimer. Les Romains ufoient de cette pein^
envers les foldats qui avoîent abandonné leur
pofte , ou excité quelque émeute dans le camp ,
ou qu! s’étoient comportés lâchement dans- le
combat. Le Général affèmbloit toutes les troupes:
îe Tribun lui amenoit les coupables , & leur re-
prochoît leur lâcheté & leur perfidie en préfence
de toute l’armée 5 enfuite , métrant leurs noms
dans une urne ou dans un cafque , il en tiroit
cmq , dix ou vingt, fuivant leur nombre j & le
cinquième, le dixième ou le vingtième paffoit
par le fil de l’épée > le relie étoic fauve.
DE CITJS mus. Cer généreux Romain étoit
monte lux: un cour.fier, lorfquhl fe dévoua pour
ia patne , en fe précipitant au milieu des efea-
«rons. Que l'on évalue , d'après cetîe réflexion ,
DEC
l’explication qui a été donnée d’une pierre gravée
du Cabinet de Srefanoni. On y voit un guerrier
nud, n'ayant que le cafque & le bouclier, ap-
puyant le genou droit fur un autel , & près de
s’enfoncer une épée dans les flancs. On a pris cet
Ajax , fds de Télamon, -çom Decius Mas.
DÉCLAMATION. Cet article appartient ex-
clalîvemenr au Diéiionnaire de Littérature &
de Grammaire.
DÉCL.4.R.lTiON de gu&rre. Y <yftz le Diniojt-
naire de V Art militaire , & f ECiALES.
DÉCOLLER. Voyei Déc.4lPixer.
DÉCORATION. Foyeip Clavus, Anneau,
Brasselet. CoiLiER, Cheval, &c.
Décos-Ation intérieure des édifices romains.
Nous avons donné, à Farticle Ch.AMBre , leur
ftruéiure , d’après %Yir!keîmann. Ce Savant nous
peindra aulTi leur décoration intérieure.
et Avant la découverte d’Hercalanum , on-aveit
pu déjà fe former une idée des décorations descham-
bres, parce qu’on en avoir vu dans les tombeaux,
dont l’intérieur s’efl: trouvé reflémblerà Finténeur
des maîfons d’fierculanum , de Refina, de Stabia,
de Pompeji. L’ornement ordinaire des chambres
y confilte dans Fendait des murs & dans les
petits tableaux qui y font peints, repréfentant
des payfages , des figures d’homme , des ani-
maux, des fruits & des bambochades ; car ancien-
ment ces peintures tenoient lieu de tapifleries
( Plutarck. Jllcib. p. 563. l. 21. ed. H. Stepk. ). »
“ Les Peintres de cette efpèce s’appeloient ,
chez les Anciens, , c’elî-à-dire. Pein-
tres de petites chofes ( Salmast. in Spartian. p. 25.
M. ). »
ce Sous la voûte des chambres ( d’autres avoîent
des plafonds de bois) régnok une petite cornicher
en ftuc . laquelle s’avançoit en faillie de deux ou
trois doigts, & elle étoit ou unie, ou bien ornée
de feuillages. Cette corniche coupait la partie-
fupérieüre de la porte, laquelle, fuivant les
règles de F.Archkeéture , devoir avoir trois cin-
quièmes de la hauteur de la chambre 5 & de cette
manière , la chambre fe trouvoit coupée tout an-
tour en deux parties. La partie fupérieure , laquelle
fervoit comme de frife à la partie d'en-bas, etoit
à celle-ci comme deux font à trois. L’efpace au-
delïus & au-deiTous de la corniche étoit partage
en compartimens ou panneaux . lefqueîs croient
plus hauts cjue larges , & avoîent ordinairernent
la largeur de la porte , laquelle formoit elIe-meme
un de ces compartimens : il y en avoit d’autres
plus petits, ronds ou quarrés , dans lefqueîs ort
peignoir une figure gu un p.îyfage. Au-àeflus ac
la corniche il y avoit la même divifion , mais de
manière cependant que les compartimens^ en
étoküt plus larges que iengs, on y peiguoit
D E C
leurs auiTî des payfages ^ des marines ou fujets
femblables.
a On voit une muraille divifée 5c décorée de cette
manière dans la galerie des tableaux à Portici.
C'eft un. morceau de plus de vingt palmes de
long (13 pieds 4 pouces ) fur quatorze (9 pieds
4 pouces ) de large. Cette muraille a comme
nous Pavons dit , des panneaux au-deflbus & au-
deffus de la corniche ^ laquelle eft enrichie de
feuillages. Des trois compartimens d"en - bas ^
celui du milieu eft plus large que celui des côtés :
le premier eft encadré en jaune , & les autres en
rouge. Entre ces panneaux , il y a des raies noires
avec des grotefques peints avec élégance. Au
milieu des panneaux , on voit des payfages fur
des fonds rouges ou jaunes. Au-deuus de la cor-
niche , il y a quatre autres panneaux , dont deux
tombent fur le panneau du milieu d'en-bas : fur
Pun eft repréfenté un amas de m.édaiHes fur une
table J avec du papier , des tablettes j une écritoire
8c une plume; fur Pautre^ on voit des poifïbns &
d’autres comeftibles. »
« En 1724 , on découvrit, fur le mont Palatin ,
une grande falle , de quarante pieds de long ,
laquelle étoit entièrement peinte. Les colonnes
de ces peintures étoient aufft grêles & aulTi
extraordinairem,ent longues que celles des tableaux
de Portici. Les figures & les autres objets repré-
fentés fur les murs de cette falle , furent enlevés
8c envoyés à Parme , & ces tableaux paflerent
enfuite à Naples avec les autres raretés du cabinet
Farnèfe. Mais, comme tous ces objets reftèrent
encaifles 8c renfermés pendant vingt-quatre ans ,
mutes les peintures ont été gâtées par la pouf-
iière ; 8c Pon ne voit plus aujourd’hui , à Capo
di Monte , à Naples , où fe trouve ce cabinet ,
que les morceaux nuds des murs fur lefquels
ces objets étoient peints. Il ne s’eft confervé
qu’une feule herma. ou caryatide 3 de moitié gran-
deur naturelle »
Décorations de Théâtre-.
Décorations , ornemens d’un théâtre , qui
fervent à repréfenter le lieu où Pon fuppofe que
fe paife Paâiion dramatique.
Les Anciens avoient trois fortes de pièces ; co-
miques, tragiques & fatyriques ; ils avoient auffi
trois fortes de fcènes , c’eft-à-dire, des décorations
pour ces trois différens genres. Les tragiques re-
préfentcient toujours de grands bâtitnens, avec
des colonnes ^ des ftatues & autres ornemens con-
%'enables. Les comiques rep>îéfentoient des édi-
üces particuliers , avec des toits & de fimples
croifées, comme on en voit communément dans
les villes ; &r les fatyriques , quelques maifons
ruftiques , avec des arbres , des roclrers , & les
autres objets que Pon trouve ordinairement à la
campagne.
Ces trois fcènes pouvoient être variées de pîu-
fieurs manières j mais la difpofition générais en
devok être toujours la même, & il fallok qu’elPes
euiTent chacune cinq différentes entrées, trois en
face , deux fur les ailes. L'entrée du milieu étoit
toujours celle du principal Acteur : ainfi, dans la
fcène tragique , c’étoit ordinairement la porte
d un palais ; celles qui étoient à droite 8c à gau-
che , étoient deftinées aux Aâeurs qui jouoient
les féconds rôles ; & les deux autres , qui étoient
fur les côtés, fervoient, l’une à ceux qui arri-
voient de la campagne, 8c l’autre, à ceux qui
venoient du port ou de la place publique. C’étoiï
a-peu-prcs la même chofe dans la fcène comique.
Le bâtiment le plus confidérable étoit au milieu;
celui du côté droit étoit un peu moins élevé ; &
celui qui étoit à gauche repréfentoit ordinaire-
ment une hôtellerie. Mais , dans la pièce faty-
rique , il y avoir toujours un antre au milieu ,
quelque méchante cabane à droite , & à gauche
un vieux temple ruiné , ou quelque payfage.
On ne fait pas précifément fur quoi ces déco-
rations étoient peintes ; mais il eft certain que la
perfpeélive y étoit obfervée : car Vitruve ( iiv.
VIII.) remarque que les règles en furent inventées
& mifes en pratique dès le temps d'Efchyle , par
un Peintre nommé Agatarchus , qui en biffa
même un Traité.
Quant aux changemens de théâtre, Servius nous
apprend qu’ils fe faifoient , ou par des feuilles
tournantes , verfatiles , qui changeoient en un
inftant la face de la fcène , ou par des châîfis ,
conduBiles , qui fe tiroient de part 8c d’autre ,
comme ceux de nos théâtres. Mais il ajoute qu’on
levoit la toile à chacun de ces changemens ; il y
a apparence qu'ils ne fe faifoient pas encore fi
promptement que les nôtres (les Anciens ievoienc
la toile pour fermer le théâtre , & la iaiffoient
tomber pour le découvrir. ). D’ailleurs , comme
les ailes de la fcène , fur lefquelles la toile portoit,
n’avançoient que de la huitième partie de fa lon-
gueur , ces décorations , qui tournoient derrière
la toile , né pouvoient avoir au plus que cette
largeur pour leur circonférence : ainfi il falloit
qu’il y en eût au moins dix feuilles Tur la fcène ;
huit de face , & deux en ailes ; & comme chacune
de ces feuilles devoir fournir trois changemens, il
falloit néceffairement qu’elles fuflent doubles, 8c
difpofées de manière qu’en demeurant pliées fur
elles - mêmes , elles formaffent une des trois
fcènes ; 8c qu’en fe tournant enfuite ks unes fur
les autres , de droite à gauche , ou de gauche à
droite , elles formafiènt les deux autres ; ce qui
ne fe pouvoit faire qu’en- portant , de deux en
deux , fur un point fixe commun , c’eft-à-dire ,
en tournant toutes les dix fur cinq pivots placés
fous les trois portes- de la fcène 8c dans les deux
angles de ces retours ( Boindin , fur les Théâtres
des Anciens. Mém. de V Académie, des Belies-Let^
très , t. 1 , ).
Les décorations tournantes fomroîent chacune
us prilsse triangaiairs q.ui îou,rn9iî.fur des pivots»
DEC
& préfencoît , à rolonté , use des trois faces or-
nées de peintures.
Après la deftruélion de l’Empire Romain , on
oublia les décorations , jufqu’à ce que le Siennois
Peruzzi ( mort en 1556), Peintre & Architevie
célèbre J en rétablit l’ulage.
DECRETORIA ARMA , armes tranchantes ^
' par oppoution aux armes des exercices , telles que
des fleurets. Sénèque dit ( epifl. 117.) : Remove
ifia 'laforia arma y decretoriis opus efi.
^ D h CUIS J decajîs , decujps , monnoîe des an-
ciens Romains. Elle valut ^ depuis la fondation
de Rome jufqu’a l’an , 10 liv. monnoie ac-
tuelle de France, félon M. Pauèfon (^Métro-
iogie. y.
Decvis feptunx fariiincia y monnoie de compte
des Romains.
Elle étoit repréfenté par ce figne X S-^ .4-
Elle valoir
Sept i onces de compte,
ou 10 as efîeâifs ,
ou IJ femi-onces de compte,
ou 30. ficiiiques de compte,
ou 60 femi-liciliqiies de compte ,
DE CULA , furnom de la famille TuUîs.,
DECUMÆ. Vofez Dixième.
Dt^CUMANI y Fermiers du di xième impofé
5ir les terres labourables. Cicéron parle fou-
vent, dans fes Difcours contre Verres, de ces
Traitans.
DECURIALES PuIIarll. Muratori ( 239. 6.
Tkef. Infcripîion. ) rapporte une infeription dans
laquelle on Ht ces mots ; & il penfe qu’ils défignent
les Rullarii de chaque Décurie.
DÉCURIE, „ -JJ.
DECURIÂ , 5 Compagnie de dis perfonnes
rangées fous un Chef nommé Décurion. La cava-
lerie Romaine étoit partagée en Décuries. Roma-
lus ayant divifé les tribus du peuple en centuries ,
fous-divifa les centuries en décuries. Tous les Of-
ficiers de la miaifon des Auguftes , furent rangés
par décuries y ainfl que les Officiers Municipaux
des villes de TEmpire,
Dbcuria Curiatia, Collège chargé du foin
des facrifices , compofé de Lifteurs , d’ Appari-
teurs , de Curiales & d’autres ferviteurs des Of-
ficiers Municipaux ou des Curies. On a trouvé une
îiiicription qui en fait foi.
E. Antonio
ÈPITYNCANO
EICTORI DEC. CORIA.
TIAE. QüAE. SACRIS
PUELICIS APPARET.
( Gutker, de vet. Jure Pont. il.
DEC
DÉCURION ; Chef d’une Décurie , tant dans
la milice Romaine que dans le Collège ou Aller»
blée du Peuple. Decurio.
C’étoit auffi le nom qu’on donnoit aux Séna-
teurs des Colonies Romaines , qui formoient uns
Cour de Juges ou de Conie üers, repréfentant le
Sénat Pvomaiii dans les villes municipales. Chi-
tatum P acres Curiales : konoratt municipiorum
Senatores. Leur compagnie fe nommoit Curia
Deçurionum , & Minor Senatus. On les appela
Décurions , parce que leur corps n’étoit fouvent
compofé que de dix perfonnes. Les villes d’Italie,
au moins; celles, qui 'étoient colonies , avoient
part, fous.Àugufte , aux éîeétions des Magiflrats
Romains : les Déçurions ou Sénateurs de ces villes
donnoient pour cela leurs fuffrages , que l’on
envoyoît fcellés à Rome, un peu avant l’éleétioa
{Suet. l. il. c. 46.).
Les Triumvirs chargés de la fondation ou de
I etablilTement de chaque colonie , fixoient le
nombre de Décurions qu’elle pouvoir exiger : ils
en établirent cent à Capoue ( Cic. de Agrar. il. ).
On les remplaçoit enfuite par des citoyens poffef-
feurs de ioo,oco nummi de fonds : Effe autem tibiy
dit Pline, centum millium cenfum faits indicat y
quod apud nos Decurio es ( epifi. 1. I9. ). Vingt-
Cinq arpens de terre procurèrent depuis le même
avantage ( Leg. 33. de Decur.y. Ce fonds de ri-
chelîès étoit nécelfaire pour fubvenir aux dépenfes
auxquelles les Décurions étoient obligés ; car on
choififfoit entr’eux les Colleéleurs de certains im-
pôts {Y . Decemprimi.) y & ils devoient faire re-
cette pleine. C’étoit encore à eux à donner des
fpefiacles au public ; de forte que la dignité de
Décurion devint très - onéreufe , & on employa
tous les moyens pour l’éviter ( Synef. epifi. 93. ).
Toutes les affaires publiques , & ,sn particulier
l’aliénation des terreins du fifc , étoient réglées
par les décrets des Déçurions dans les villes de
l’Empire , comme elles l’ étoient à Rome par les
Sénatus-confulres. De -là vient qu’on lit fur la
plupart des épitaphes : dec. bsc. décréta Decu~
rionum , ou des formules équivalentes.
Décurion des Pontifes. C’étoit (^Guther. vet.
lur. Pontif. il. 14, ^ le Chef de la Décurie Curia-
tia. II en eft fait mention dans une infeription
trouvée à Milan : '
D. M.
c. VAEERI
Petroniani
CECUR. PONTIF. SACERD.
JUVEN. MED. CAUSIDIC.
Décurion. C’étoit encore le nom de quelques
Pretres qui femblent n’avoir été créés que pour
quelques facrifices & quelques cérémonies parti-
cu.Uères^, telles que les facrifices des familles &
des maifoiis privées. Ils étoient çhpilîs par Dé-
DEC
curies 5 comme Stravius le coBjcâ:ure ; Si c’eft
pour cela qirion les iiommoit Décurions.
Quoi qu’il en foit de Torigine de ce nom, une
infcription qui fe trouve dans Gruter (p. cccxlïi.
TL. 3-), prouve ce que nous avons dit de leur
fondion j la voici : anchialus. cüb. AED. q.
TER. IN AEDE. DECURIO. ADLECTÜS. EX. CON-
SENSU DECURIONUM. EAMILIAE VOLUNTATE.
Voilà un Décurion qui l’étoit dans la maifon d^un
particulier , Q. Terentius.
DECURSIO ^ Cav'alcade faite dans les jeux
publics , ou aux funérailles , & dans les armées ,
pour tenir les cavaliers & les chevaux en haleine.
DEÇUS, ■)
DECUSIS , > YojtxDEcüis,
DECUSSIS, 3
DEDALE J arrière-petit fils d’Ereélée , Roi
d’Athènes , a été le plus habile ouvrier que la
Grèce ait jamais produit dans l’Architedlure, &
dans la Sculpture principalement. On dit qu’il
faifoit des ftatues animées , qui voyoient & qui
marchoient. Une baffe jaloufie le porta à com-
mettre un crime qui fut la fource de tous Tes mal-
heurs. Il avoit pris tant de foin de former dans
fon art les talens du fils de fa fœur, nommé
Talus ou Perdrix ( Uoye:^ Talus ), que ce jeune
homme, devenu habile en peu de tempSjdonna lieu
à fot> oncle de craindre qu il ne l’effaçât un jour.
Dédaie ne put réfîfter aux mouvemens de fa ja-
loufie , & précipita fon neveu du haut de la tour
de Minerve à Athènes. Ce crime obligea Dédale
de fe retirer dans l’iHe de Crète, où il trouva,
à la Cour de Minos , qui étoit en guerre avec Tes
Athéniens , un afyîe favorable. Il y exerça fes
talens, & s’y fit un ami & an proteéteur de
Minos : il y bâtit fon fameux labyrinthe , dont
la première deftination étoit de fervir de prifon
aux criminels : mais il fe brouilla avec le Roi ,
pour avoir conftruit la vache qui fervit à Pafi-
phaé pour fatisfaire fon abominable paflion
{ V Pasiphaê. ). Minos fit enfermer ce cou-
pable Ouvrier avec Icare fon fils , dans le laby-
rinthe. Cet édifice étoit conttruit avec tant d’art,
que , quoique Dédale en fût l’Architeâe , il ne
put en trouver les ifiaes pour fe fauver. Il eut re-
cours à fon art, fit des ailes pour lui & pour
fon fils ( UoyeT^ Icare. ) , & s’éleva dans l’air ,
vola par-demis les mers , & s’abattit dans la Ca-
labre, vers les rochers de Cumes , où il éleva un
temple à Apollon , en adlion de grâces de l’heu-
reux fuccès de fa fuite. Plufieurs Princes, dans la
crainte de dépi -ire à Minos , cui étoit très-puif-
fant fur mer, lui refusèrent un afyle; mais il le
trouva enfin chez Cocalus, Roi de Sicile. Minos,
qui chercha long-temps fon prifonnier, apprît
enfin le heu de fa retraite : il équipa une flotte
formidable , fe mit à la tête , & alla réclamer
Dédale , menaçant de déclarer la guerre en cas de
D E D 3,7
refus. Cocalus , qui ne vouloir ni violer les droits
de l’hofpitalité , ni perdre un hôte qui lui étoit
fi utile par fon induftrie, fit prier Minos de fs
rendre à Cumique pour traiter de cette affaire.
Minos s’y rendit fur la parole de Cocalus , & fia
étouffé dans une étuve où il prenoit le bain. Il y
a des Auteurs qui ont dit que ce furent les filles
de Cocalus elles-mêmes, qui, charmées des pe-
tits automates que Dédale leur donnoit pour
les amufer , firent mourir Minos dan.s le bain.
Dédale , pour reconnoïtre les oiigations qu’il a voie
à Cocalus J fignala fon féjour par plulleurs beaux
ouvrages. Il fit creuferce grand canal où fe jetoit
ie fleuve Alabas , qu’on nomme aujourd hui Can-
tera : il conftruifit , fur un rocher , près du lieu
où fut bâtie la ville d’Agrigente, une citadelle
imprenable ; trois ou quatre hommes fuffifoient
pour la défendre. Il fit plufîeurs autres ouvrages
auffi unies que magnifiques , dont Diodore nous
a donné la defeription : cet Hiftorien les avoir fou»
les yeux. On trouvoit encore , au rapport de Pau-
fanias , dans plufieurs autres endroits , des monii-
mens de l’adreffe de ce fameux Ouvrier : les
Egyptiens fe vantoient d’en avoir un grand nom-
bre dans leur pays ; & Virgile fait la defeription
d’un beau monument , où Dédale avoit grave fon.
hilloire & fes malheurs. Uoye:^ Cocalus, Ery-
CINE.
La fable de Dédale eft expliquée , félon V/inc-
kelmann {clajfe vi. n. 10. ) , par une pâte antique
du Baron de Stofeh , fur laquelle on voit un vaif-
feau qui, au lieu de voiles, efi: garni de deu.x
longues ailes attachées fur chacun de fes flancs.
Cette gravure eil répétée dans la Galerie de Flo-
rence , & nons apprend que Dédale apprit aux
Grecs à attacher des voiles à leurs bâtimens qui:
alioient toujours à rames avant lui. Les poètes
embellirent cette i.nvention , & composèrent la-
Fable de Dédale & d’Icare, fi connue, & répécdle
fi fouvem fur les anciens monumefts.
» Avant Dédale ierllatues étoient fans mou-
vement & fans vie ; à la manière des premiers
Egyptiens de qui les Pélafges avoient reçu les
arts , elles avoient les bras pendans & collés au.
corps , les pieds- joints & les yeux fermés , c’é-
toient même pour la plupart des figures informes ,
qui fe termlnoient en gaine. Dédale donna aux
lîennes des yeux, 8c mettant en mouvement les
pieds & les mains , il varia leurs attitudes ,
auffi-tôt la renommée publia oue fes ouvrages
vivoient , refpiroient , marchoient j les produc-
tions du plus beau temps de l’art n’infpirèrenr
jamais un pareil enîhoufiafme : c’eff ainfi qu©
pour avoir mis le premier quelque expreSio.n
dans les vifages , quelque mouvement dans le»
draperies & quelque variété dans les teintes,
Cimabué obtint des honneurs qui ne furent ac-
cordés ni aux Raphaël , ni aux Correge. ==>
« Les fièdes fui vans prirent à la lettre le»
exgieflions e.xagérées qifayoisnï enfantées
32f8 D E D
rance & î’étonnement : on crut que les ftatues
de Dédale étoient en effet animées , & qu'elles
fe mouvoient d'elles- memes On
lui attribue l'invention de la hache, du vülebre-
quiuj du niveau, de la colle forte, de la colle
de poîllon & de la fcie ; ainfî Dédale perfectionna
tout-à-la-foîs la fculpture , les méchaniques,
rarchitedlure J l’aflrologie & la navigation. . .
. . . Il eft étonnant qu’aucun des écrivains
anciens & modernes qui ont fait mention de
Dédale , ne fe foit avifé de former le moindre
doute fur fon cxiftence j il nous femblc cepen
dant que , fi l’on veut bien faire attention à
toutes les découvertes dont on le dit auteur,
à la variété des talens & des connoiifances qu’on
lui attribue, & au temps où il vécut, on fera
tenté de le regarder comme un perfonage pure-
ment fiétif, & qu’on ne verra dans fa vie qu une
fable relative à l’origine des arts dans la Grèce.
Pierres gravées du. Palais Royal. I. pag. 289. ).
On voir à la viila Albani deux bas reliefs fur
lefquels font rçpréfentés Dédale & Icare. Dé-
dale fabrique fur l’un, des ailes pour lui, Sr fon
fils efl: auprès , ayant les fiennes liées a fon dos
avec des bandelettes. Il fabrique fur l'autre mar-
bre la fécondé aile d’Icare. Sur les deux il fe
fert d’une petite hache ( ) j ce qui an-
nonce que ces ailes étoient de bois, & non de
plumes attachées avec de la cire , comme l’ont
dit les poètes (^éM-onurn. inediti Winkelmann.').
Les aventures de Dédale & cflcarg ont fouvent
été traitées par les graveurs de pierres. Voici
celles que nous fournit la feule colleclion de
Sto.firh. Sur une Agathe-Onyx Dédale affis fai-
fant une aile pour fon fils Icare. Quatres autres
pierms repréfentent le même fujet, & une ( T.
il. lah. XXXIX. n°. 2. ) pierre gravée dans
le Mufeum F lorentinum , offre la même idée.
Sur une pâte de verre , Dédale travaille à la
feçonde aile pour Icare , qui eft debout devant
lui , avec la première aile que fon père lui a déjà
attachée. On voit le même fujet parmi les ( T.
il. PL L ir. > pierres de Gravelle.
Sur une autre pâre de verre, Icare eft debout ;
& fon père , un genou en terre , lui attache
les ailes avec des bandelettes qu’il tient en main.
On voit auffi fur un jafpe noir Icare debout, avec
îes^ deux ailes attachées à fon dos. Sur une Sar-
doine - Dédale eft en attitude de fuppiiant à ge-
noux devant fon fils Icam , qu’il conjure de ne
pas élever fon vol trop haut. La même idée fe
voit exprimée fur une y Mas. Flor, tom. il. tab.
xyixiK,) Pierre gravée du çabi.net Vettori à Rome,
On trouve fur une pâte de verre , Icare volant
qu’il eft gravé fur une
C Getpm. tom. iv. tav. xxil. ) .Arrache
dans le îlerueil de Mafrci. Lnrin une pâte anti-
que offre Icare tomba.n: dans la mer, furfte bvord
de iaqu-i-e on voit fon père épleré, levant iss
î?<:,u'js vers le ciel.
D E D
DED.4LES, fêtes que les Platée ns, peuple
de Bcotie, célébroient depuis leur retour dins
leur patrie : c croit pour remercier les Dieux de
ce qu’ils y étoient rentrés , après en avoir été
chafi'és par les Thébains, & après avoir demeuré
foixante ans chez les Athéniens , qui donnèrent
' généreufcment afyie dans leur ville à ces infortu-
nes citoyens. D’autres difent que ces fêtes furent
inftituées au fujet d’une ftatuc de bois, qui repré-
fentoit Platéa fille d’Afopus , & dont Jupiter fe
fervit pour confondre la jaloufie de Junon. Les
Platéens, ajoutent-ils, en mémoire de cet évé-
nement, donnèrent à ces fêtes le nom de Dédales^
parce qu’anciennement toutes les ftatues de bois
étoient appelés Dédales. Paufanias ( X. rx. ê. 3. )
rapporte les cérémonies de cette fête , & il
diftingue deux fortes de ces folemnités, les grands
& les petits dédales. Les premiers auxquels tous
les Béotiens affiftoient , ne fe célébroient que
de foixante à foixante ans; ce qui revient à la
première origine que nous avons rapportée. Les
petits dédales étoient moins folemnels ; iis fe
célébroient tous les ans félon quelques écrivains,
& félon d’autres, tous les fept ans. On réfervoit
pour porter en proceffion , le jour de cette fête,
toutes les ftatues que l’on avoir faites pendant
l’année , & huit villes tiroient au fort à qui
aiiroit l’honneur de porter ces ftatues; Platée,
Coronée , Thefpie, Tanagre, Chcronée , Orcho-
mene, Lebadée & Thèbes. Cette diftinction conci-
lie la fécondé opinion fur l’origine des Dédales,
avec la première.
DEDALION , fils de Lucifer , & père de
Chione, fut fi fâché de la mort de fa fille Chione,
que de défefpoir il fe précipita du fommet da
mont Parnafte. Apollon touché de compafiîon
pour lui, !e foucint dans fa chute, & le chan.gea
en épervier. Ovide décrit fort au long cette fable.
Voyei Chîone,-
DÉDiCACE. Les anciens dédiaient aux divini-
tés des boucliers , des ftatues , des trépieds, des
places, des autels, des portiques, des temples,
des théâtres , des amphithéâtres , & d’autres
lieux publics ou privés. Les Romains qui déïfiêr
rent Ifeurs Empereurs, leur prodiguèrent ces hon-
neurs religieux. La dédicace des trépieds & des
autres moindres offrandes étoit exprimée chez les
Grecs par les mots ane0H|:e, ou iaftsato j
& chez les Romains, par leurs équivalens, nofuit
& dedïcavit. On ignore s’il faîioit chez les Grecs
une pcrmiifton pour dédier un monument pubhç
à quelque divinité , & de qui on devoir l’pbten'îr.
Quant aux cérémonies de la dédicace , elles étoient
les mêmes que celles des Romains dont on verra
plus bas la defcnption.
Les defcendans de Romuius adoptèrent rufage
religieux de dédier les monumens publics & pti'
vés de toute efpèce aux divinités. Lite fit uns
dédicace fo'emnclle du célèbre amphithéâtre ap'
' pçîs
D E D
pelé aujourd’hui Colij'ée ( Suét. c. 7. n. lî. ) -
^4j7wki:ksatro dcdicato . , . . hlanus edidit
izpparazijjimum largïfjlmuTnque. Iséron célébra la
dédicace de fa maiibn dorée par des feinns des
jeux pubdcSj & par -d’imnaerdes largefles qu’il fit:
au peuple.
On gravoit fur les fronîifpices des mcnumens
Bomains le nom de celui qui les avoir dédiés.
C’ait ainii qu’on lit encore celui d’Agnppa fur
la fiiie extérieure du • aârhéon. Sylia rebâtit ie
Capitole ; mais le feui bonheur qui manqua à
la télicité confiante de ce Diélùteur j dit Tacite
iliijî. ixl. 72, 6.) fat d’en taire la dédicace^
afin ü’y voir fon nom gravé & tranfinis à la
poftérité : Ciiram victor Sylia fufcépzt , neq-aa
tamen. dedlcavit : koc foliim ejus feUcitaii nega-
tum. Cet honneur étoit réfetvé à Lutatius Ca-
tulus dont le nom brilla long-temps fur le Capi-
tole au milieu de ceux des Empereurs. Liuatii
'Catiiili nom en , ajoute le même hiftorien , inter
tôt C^f’ruTS opéra ufoue çd V itelliam manftt.
Du temps de la Répubücue , le peuple aiïem-
blé par tribus déféroit à celui qu’ii lui plaifoit
de choifir, rhonneur àts dédicaces ; & l’on regar-
fioît ces cérémonies comme vaines & inutiles,
lorfqu’eiles n’avoicnt p. s été autorifées par un
plébîfcite J ou par un Se.natus-Confulte ( Cicer.
Attic. IV. 1. &\pro domo c, JJ.). Les Empereurs
fe réfervèrenr pour eux, ou tour leurs reprtfen-
ta's, l'honneur des dédicaces.
\oici les principales cérémonies que les anciens
ôbfervoienr dans la dédicace de ieu s temples.
D’abord on crnoit le nouveau temple de
guirlandes & de fêlions de fleurs. Les Veftales
l’entouroient, portanr à la main des branches d’oli-
vier, & elles arrofoient d’eau îufirale les dehors du
temple ; celui qui le décioit s’app-cchoit, accom-
pagné du Pontite qui i’apix:!oit poer tenir le
poteau de la porte. Il répéroit enfuite mot pour
mot , d’après le pont fe , les paroles de la dédicace :
c’eût été d’un très- mauvais , augure , que d’en
omettre ou d’en changer une feule fyîlabe. Le
ponnfe après ce'a orrroit une vidlime dans le
parvss ; en entrant dans le temple, il oignoit d’hnile
ia llatue du Dieu auque' le temple étoit dédié ,
& la mettoit fur un ‘ oreiller ( pulvinar ) auili
frotté d'huile. La cérémonie étoit confaciée à la
poftcrité par use infcriprion qui portoit l’année
de la dédicace , & le nom de celui qui l’avoit
faire. On en renouveloit tous les ans a mémoire
à pareil jour , par un Iscrilice ou par quelque
autre folemnité rarticul-ère.
On voit fur une cornaline du Baron de Stofch
(II claife 180C). J , une femme qui , de la main
droite , v'erfe quelque liqueur fur un autel , &
de la main gauche élevée rient un plat de fniits,
tandis que de l’autre côté de l’autel il y a un
homme qui joue des deux flûtes. Il fembîé qu’on
a repréfenté dans cette gravure h dédicace d’un
êiitel , que les pauvres gens faifoient en offrant
Antiquités , Tome JJ.
D É E
3-9
iîmp!e.merit un vafe plein de légum-es cuits
ÇArifiopk. Plut. K. 1198 Conf. fckol. cà S panhcm.
Noc. ad k. l 'j porté par une fenunt autour de
l’image . ou de l’autel qu’on dédioit.
DjiDTTITIUS libertus. Cajus ( §. J. InJUtct^
dejur. petfon,) & U!pie.fî (§■ II- A:, l. fragment )
appellent ainfî des affranchis fur le vifage defcuels
on voyoit encore les marques des fuppiices qu’ils
avo-.ent fouaerts pendant leur efclavage, ou les
ftigmates, témoins de leur fuite. C’étoit ia plus
vile clalïè des affranchis ; St iis ne pouvoient ja-
mais jouir des droits & privilèges des citoyens
Romains. Juftinien les délivra de cette fiétriffure ,
& il abolir la claffe des affranc’nis dedithii.
DEDVCTORES , cliens d’un citoyen diitin-
gué & puiffant dans Rome. On les appeloit ainii ,
parce qu ils l’accompagnoient au Forum 3c au
Sénat.
DÉESSES , Divinités du fexe féminin qu’ado -
roicnt les anciens. Entre les douze Divinités de ;a
première claffe, il y avoir fix Décjfit ; favoir,
Junon, Veila , Minerve , Cérès , Diane & V énus.
On diftinguoit auhi les Déeffes du Ciel , les Déejfs
de ia Terre tz les Déejfes des Enfers, il y eut des
Déelfes qui s’allièrent avec des mortels, comme
Thétis avec Pelée , Vénus avec Anchife , &c-
Mais c’étoit une croyance généralement reçue,
que les morrels favorifés ainli par les Déejfes ne
vivoient pas long-temps ; c’eff pourquoi Anchife
ay-tnt reconnu Vénus pour une Divinité, la fup-
piia d’avoir compailion de lui ; mais Lr Déejfe le
raffura fur fon fort , pourvu qu’il fût difcret,
AncHISF. , Deî.I I-DeESSE.
Les anciens ne s’étoient pas contentés de fe
créer des Dieux-femmes ou d’admettre les deux
fexes parmi les Dieux; ils en avoient au.ûî d’her-
maphrodites. Ainfl Diane, félon quelques favans,
étoit homme & femme , & s’appelait Luuus ou
Luna. Mithra chez les Perfes étoit Dieu & Déejfe,
8c le fexe de Vénus & de Vulcain étoit auffi dou-
teux. De-là vient que dans leurs inv-ocations les
Romains difoient , ii vous êtes Dieu, ou ü vous
êtes Déejfe , comme Auha-Geile nous l’apprend
( /. il. c- 28. ). Arncbe ( Adv. Gent. L irï.) fc
moque de ces différences de fexe parmi les Dieux,
& dit que Cicéron &r les plus figes d’entre Ie.s
Grecs & les Romains s'en font moqués ouver-
tement.
DÉESSES-MÈRES,}
DttÆ MATRES, f Divinités oui préli-
DEÆ MAIRÆ, }
ooient à la campagne &r aux fruits de la terre ,
puifqu’on les voit repréfentées a’vec des fleurs &
des fruits à la main , avant quelquefois la corne
d’abondance : en leur faifoit des offrandes de lait
& de miel , & on leur l'acnfioir le cochon , qui
fait beaucoup de mal aux champs. Ces Déejfes-
m'eres étoient, felcn certains Mvthoicgues cités
T t
3 -, O D E -b . . J
p'r Diodora , les nourrices de Jupiter qui 2\ &!ei!t
cris foin de lui à l'infcu de Saturrie , & ^
récomoenfe de ce bienfait, avaient etep.acees ^ns
le cief, où elles forment la conftel ation déjà
grande Ourfe, Selon d’autres Aiytho^cgues, ce-
îoientles fdles de Cadmiis, bémeie,Jno, ^gave,
Autonoé, qui furent chargées de 3 éducation oe
Bacchus. Le cuite de ces Divinités elt des pre
îïiiers temps du paganifme , & a été le plus uni-
verfelleînenr répandu. Elles avoiejiî en Sicde un
temple très-ancien dans la ville d Enguie^^ou 1 on
prétendoit qu’elles avcient apparu. _l oas les
pies des environs venoient leur oitrir des facru»-
ces tnagnifiques, & leur rendre des honneiits ex-
îraordinaires 5 les Oracles d’ ApoUon avoient meme
ordonné à plufeurs villes de les honorer , pro-
mettant en récompenfe toute forte de prolpe-
rités, & une longue vie à leurs habuans > en.orte
que le temple d’Enguie devint extrenieincnt opu-
lent , & l’on comptoir entre fes richeifes trOiS
miiie bœufs, & une grande étendue de pays. Ce
qui précède eil extrait de Diodçre de okne.^ Le
culte des paflù d’Egypte en Grece,
enfüite à Rome , & dc-là chez les ijauiois , chez
les Germains , chez les Elpagnnis ; car on trouve
par-tout des traces de leur culte : a ou on peut
conclure que chaoue nation hon-oroit fous le nom
de DéiJjls-ntfns , les iemmes qui s’éroient diftin- ^
guées chez elle par quelques vertus remarquables.
On lit dans le Recueil de Gruter . 9a i- a. )
cette infeription t deabcs IvIAirabus.
L’Abbé Banier a écrit une diiTertarion fur les
Dêiffes-meres le Vi= vol des Mém. de l’Ac.
des Belles- Lettres.
SlSiolli, } P””'
charges qui répondent à celles des défe.ifeurs. Ce-
pendant on peut, foit poifr la nature & la qualité
des charges, foit pour la manière dont les OfS-
ciers traJtoient les affaires , foit pour leurs autres
fonctions, les comparer aux Piocureurs - Géné-
raux & à leurs Subltituts, ou aux Lieutçnans-GéDé-
rauï de police & aux ComrrsiiTaîres. Il y avoir un
défenfeur de l’Empire ou du Royaume , defenfar
i-ëgni. il étoit chargé ce foutenir les droits de l’em-
pire , rautorité du Prince , la vigueur des loix. Le
défenfeur de la ville , defenfor civicads , defsnfor
flehis, ïTiaintenoit les droits, les ufages, les cou-
rûmes dé chaque, ville on pourroit peut-être le
comparer au Confeiîler- penüonnaire de chaque
ville de Hollande. Cet Officier connoiffoit de tou-
tes les caufes pécuniaires au deffous d’une fomme
aiïez forte, & des crimes légers. On faifoir par-
devant lui les îtifinuations des teâamens & des
donations, & les déportions de témoins. C’ell
pour cela qu’il avoir fon archive ou fon greffe.
( Voir la l'lcr;elle_ I y. & fenator Cajjlod. L v/r.
Epifi. II. ). Ces défenfeurs des villes ou cités, qui
4î.çi£Uî ehar|és^ des premiers foins de la police
D É G
dans les principales villes chez les Romains , ne
pouvoient fortir de ces villes , non plus que les
Prélidens des provinces ne pouvoient Ibrtir de la
province qui leur étoit confiée , fi ce n’ étoit pour
accomplir un vœu, Sc fous la condition d’y reve-
nir coucher le même jour.
II y avoir auffi dans les Gaules des déferfeurs
des villes. L’éleétion de ces Magifeats dépendoit
du Préfident de la province- La loi portoit qa’iî
les choiiiroit entre les plus nobles, les plus riches
& les plus eftimés de*s citoyens. Les Magifirats
Romains , jaloux de faurorité de ces Officiers ,
tirent tout leur poffibie pour les détruire i de forte
que l’on ne prit plus pour ces places imp.ojtantes
que des gens inconnus, fans réputation , onfeurs,
comme porte la Novelie 1 5 de Juibnien , de dtfenf.
Ci'vif. Mais cela parut d’une trop dangereufe eonfe-
quence pour le fervice du Prince & pour le bien
public. Cn les rétablit. C V oyeT^ la Novelie citee ,
& Godefroy fur cette Novelle^ii de la M.are,Tr. de-
là Fol. t. i. p. ly Le défenfeur des pauvnes ,
des pupilles & des veuves prenoit loin de
affaires. Les Diacres, au corrmencement del egli-
fe , étoieut les défe feurs des pauvres, des pupilles
•& des veuves ; m,is dans la fuite cet emploi de-
vint une charge qui fut exercée par des laïques.
Juilinien enp ’.r e dans fa qumziexse Novelie. Les
défeiif urs de i’églife étoient comme les Comniif-
faires & les Subdélégués du i'atriarche. Le pre-
mier ou le chef de ces défenfurs jugeok avec
d’autres défen feurs , fes afieiTeuxs , les aUaires de
moindre co^nféquence qui étoient du reflo.t du
Patrurehac , Sc'ii en rendoit compte enfuice au
Patriarche.
Il efl parlé dan^s le droit Romain des dejenfurs .*
e’étoient , dans les vdles qui n’étoient ni liores ni
privilégiées , des Officiers prépofés pour la répar-
tition des impôts ou tributs ; ils regloient ce que
chacun des habicans devoir payer. La, fonélion des
déferfeurs étoit femblable à celle des_ Cenfeurs de
Rome & à celle de nos élus : on ajouta dans
fuite à leur pouvoir celui de juger ks caufes .om-
maires ( Ea qulnzicme Nov- de l iLmpereur
nien, & liv. 4. de Defenf. Civit. ),
Défenseur , farnom d’Hercnle, qui svoit a
Rome un temole fous ce titre , defenfor. Les Sol-
dats & les Gladiateurs à qui l’on danneit un
congé honorahle , venoienî y fufper.die ieuiS.
armes. _ , ,
On lit dans une rofcripticn rapportée par -•»>--
ratori , ces mots {page dyS") DefensoRES_
NATUS. Étoient-ce des Officie.rs chargés du foin as
veiller aux intérêts oa aux revenus particuliers d&
Sénat ?
DÉGRADATION. On infiigeoit trois fortes de-
peines aux foldats qui avoient démérité ; favoir,
militis. mutatio , de gradu dejeBio 3 ssïT regftiau
tio , ignomîniofa mijfo. ^ f
La pre.mièrs as ess peines étoit lorfqu on.S^
D É I
D £ G
fost d'un corps dans un autre , quand de chevalier
on devenoic fantaffin . ou quand un fantaflin étoit
'transféré dans les troupes auxiliaires de frondeurs.
Ammien Marcellin ( I. xx:x. ) dit que Thécdofe
voulant punir des Chevaliers qui s'éroient révol-
tés ^ & voulant témoigner en même- temps qu’il
Ce contentoit d'une légère peine , les remit tous
au dernier grade de la miiicc. Il v en a beaucaup
d’autres exemples dans ie code Théodofien & dans
celui de Juîtinicn.
Ce qui vient d'être dit des Soldats & OlEciers
îKÜitaires, avoir auiïi lieu pour les autres Offi-
ciers qui étoient dans le même cas ; on les tranf-
féroit pareillement d'un corps dans un corps in-
férieur,
La dégradation, que les Romains appeloient de
grada dejecizo, sxu regradatlo , QUAS c rctrogra-
datio , & non degradatio , qui n’eft pas latin j avoir
lieu iorfque quelqu’un perdcit le grade ou rang
qu’il avoir dans fa compagnie , quand ^ par exem-
ple ^ de Tribun il étoit fait fimple Soldat, ex
Tribuno tyrofiebat ■ ou comme on voit dans Lam-
pnde ( in Âlexand. Scver. ) un Sénateur ayant
donné un mauvais avis être reculé à la dernière
place da Sénat, in ultimum rejiciebatar locum.
La dernière peine, qu’ils appeloient ignominlcfa
mzijïîo , ou exaucioratio , étoic une expullîon en-
tière de la perfonne à laquelle on ôtoir toutes les
marques d’honneur qu’elle pouvoir avoir méritées
précédemment. ~
_ C’eit ainfi que l’on traitoit les Soldats & Offi-
ciers militaires qui s’étoient révoltés , ou qui
avoient manqué à leur devoir dans quelque point
eiTentiei ; on leur orcit les marques d’honneur
rruiitaires , infignia milharîa.
On en ufoit de même pour les offices civils 5 les
Officiers qui s’en étoient rendus indignes, étoient
dégradés publiquement.
Plutarque ( Vie de Cicéron ) rapporte que le
Préteur Lentulus , complice de la conjuration de
Catilina , fut dégradé de fon office , & qu’on le
contraignit d’ôter en plein Sénat fa tunique or-
née de pourpre , pour en revêtir une noire.
Sidoine Apollinaire ( /iv. vu. de [es E-pîtres^,
rapporte auffi qu’un ceitain .4rnaudus , qui avoic
été Préfet de Rome pendant cinq ans , fut dé-
gradé , exauguratus , qu’il fut déclaré Plébéien ,
& de famille Plébé'fenrie , enfin condamné à une
prifon perpétuelle.
Les loix Romaines, & notamment la \oijudices ,
( au Code Se Dignit. ) veulent que les juger qui
feront convaincus de quelque crime, foient dé-
pouillés de leurs marques d’honneur , & mis au
nombre des Plébéiens.
DEGRÉ de la terre , mefure itinéraire des an- '
ciens Romains. Elle valoir , félon M. PauÜon ;
< Métrologie ) en mefure du même peuple, 7a
milliarium ,
Ou |éoca décempèdes.
Ou 72.CC-0 pajjks ,
Ou gradus ,
Ou jé^ocoo pieds Romains.
Ptolomée fait ie degré de éS milles \ arabiques ,
& ce mille arabique de 7 Rades & demi.
DÉJANIRE , fille d’Oènée, Roi de Caiydcn
fut recherchée par les plus putuans Princes de li
Grèce s mais Hercule l’emporta fur tous , après
avoir vaincu Achéloiis. Le héros s’en retouruoic
viéforieux avec Déjanire lorfqa’il fe trouva ar-
rêté fur le bord du fieuve Evenus , qui pour lors
étoit débordé. II ne fut inquiet que pour fan
époufej car pour lui, rien n’étoit capable de l’arrê-
ter. Neifus, Centaure fort robufte, qui connoif-
foit le gué, & à qui d’ailleurs Vénus avolt appris
comment Ü pourroit tromper Hercule ( Vôy:^
Adonis ) , s’offirit de pafîèr la PrinceiTe fur foix
dos ; ce qui fut accepté. Mais dès qu’il fe vit à
l’autre bord 'de la rivière , il prit fa coarfe pour
enlever Déjanire. Hercule , qui s’apperçut à i'inf-
tant da mauvais defîein du Centaure, lui décocha
une de fes flèches , qui portoient infailliblemenc
la mort. NefTus , bleflé mortellement, fut bien fe
venger , avant d’expirer , de l’un & de l’autre ; il
prit fa tunique enfanglantée , & la donna à Déja-
nire , comme un remède affuré pour fe faire tou-
jours aimer de fon mari , & pour empêcher qu’il
s’aimât d'autres femmes. Déjanire , après avoir
donné un fils à Hercule , apprit l’enlèvement d’iole
par fon mari , & craignit de fe voir répudiée :
elle eut alors recours au fatal remède du Centaure-
Elle envoya à Hercule cette tunique , qui lui fit
d’abord foufrrir d’horribles douleurs, & enfin cher-
cher la mort- L’.Amour jaloux de Déjanire , oui
caufe la mort d’Hercule , fait le fujer d’une tra-
gédie grecque, les Trackiniennes de Sophocle,
& d’une tragédie latine de Sénèque , i.ntituiée r
Hercule au Mont-(Eta. Voye^ HERCULE , HlLLüS ,
lOLE J NeSSÜS.
Déjanire ayant appris le funefte effet de foit
préfent , fe tua de douleur avec la maiTue du
héros, & de fou fang naquit la plante appelée
depuis Nympkaa & Heraclipn, ( Ovid. Met. 8. 6C
Diodor. l. J. ).
DÉJEUNER. Voyei Jentacülum.
DÉiCOON ,,fiis d’Hercule & de Mégare. Voye^
Mégare.
DÉIDAMIE, ou HIPPODAMIE, fille d’Adraf-
te , Roi d’.4rgos, époufa Pirithoiis. Leur noce
devint célèbre à caufe du combat terrible des
Centaures & des Lapithes. Les premiers ayant
voulu infulrer les PriRceffies qui affiftoienr à cette
noce, les Lapithes défendirent leur honneur. Voy.
Atrax , Centaures , Lapîthes , Piri-
THOUS.
Deid AMIE , fille de Lycomèae , Roi de Scyros,
fut aimée d’Achiile , dans le temps que ce Prince
étoic caché à la Cour de Scyros , fous l’habit de
Ttij
33^ D É I
fille ^ & fous le nom de Pyrrha. Elle en eut un
fils qu’elle nomma Pyrrhus ^ en mémoire du faux
nom de fon père. Voye^ Achille , Lycombde ^
Pyrrhus.
Sur un bas-relief {Manum. inédit, tom. i.p. lé.)
de la villa de Belvédère à Frafcati ^ on voit Déi-
damle embraffant les genoux d’Achille j, & s’effor-
çant en vain de retenir ce héros qui , ayant faili
les armes préfentées par ÜlyiTe brûle de fignaler
fcn ardeur guerrière. Le même trait de fable eh
repréfenté fur un bas-relief de la villa PanfiiL
DÉIFICATION. Voye-^ Apothéose.
DÉILÉO?!, compagnon d’Hercule dans fon
expédition contre les Amazones. Il joignit les Ar-
gonautes près de Synope ( VaUr. FLac. Argon, l,
5.V.114.).
pÉION J frère de Céixj c’eft le même que
Dédalion. Voyei^ ce mot.
DÉIONE ^ mère de Milet. VoycT^ Muet.
DÉJONÉE, fils d’EurytuSj Roi de Thefïalie ^
époufa Périgone , dont il eutJoxus. V'i.ye-^ Jo-
xu&j PÉRiGONE. il fut aui3 père de Dia^ femme
d’ixion.
pÉJOPÊE , une des quatorze Nymphes de la
fuîte de Junon , & la plu? belle de toutes ; la
Déeffe l’oifriten mariage au Dieu des. Vents, en
récômpenfe du fervîce qu’elle le prioit de lui ren-
dre , eiï excitant une tempete contre. les Troyens.
{^Æneid, l. i.v. 7I. ).
Déjop-ée , fille d’AüuSj une des Nymphes,
compagne de Cyrène , mère- d’Ariilée.
DÉIOS , air, ou nôme de flûte en ufage chez
les Grecs. '
DEIPHILE , fille d’Adrahe , Roi d’Argos ,
devoir époufer un fanglier , félon t’oracle d’Apol-
lon, qui fe vérifia encefens, quelle époufa Ty-
àée, qui portoit pour manteau une peau de fan-
gliet. Voyen^ Aerasts., Tydée,
DÉIPH-OBE , fils de Priam , époufa, apres la
E'iort de fou frère Paris , la belle Hélène mais
cette femme le- trahit. D'intellrgenee avec Ménélas
fon preiTcer mari', dont elle voulok regagner le
cœur, elle lut donna un lignai la nuit de la prife
de Troye , & l’introduifit avec Ulyiie dans i’appar-
tenaenr de Deiphobe , à. qui ils ôtèrent la vie , après
lui avoir fait fouffrir les plus indignes trai’cemens.
Énée le vit dans les enfers tout fon corps étoit
mutilé , fon vî Page paroisTcit déchiré crueli'emenr ,
il étoit fans nez, fans oreilles, fans mains 5 fés
ennemis avoient laiffé fon corps fans fépuh.ure ,
expofé fur le rivage aux injures de l'air-, & à la
voracké des oîfeaux ; Énée , à fon retour des
e-nfèrs , im él'eva. un monument.
Énée de v^aze ( in Tkeophraflo ) dit que les.
Thérapniens tie la Laconie rendoient. un culte, par--
D Ê I
tîculfer à Ménélas , à Pâtis & à DéipAoSei
Déiphobe, Sibylle de Cumes, fille de Glaucus
& Prêtreffe d’Apollon. Cvide raconte la manière
dont elle devint Sibjdle. Apollon étant devenu
amoureux de Deiphobe , offrit pour la rendre
fenfible, de lui accorder tout ce qu’elle fouhaite-
roir : elle demanda de vivre autant d’années quelle
tenoit dans la main de grains de fable qu’elle ve-
noît de ramaffer. Elle oublia malheureufement de
demander en m.ême temps de pouvoir conferver
durant tout ce îemps-là , la fraîcheur de là jeu-
neffe. Apollon la lui offrit cependant, fi elle vou-
loir répondre à fa tendrefle ; mais Déiphobe pré-
féra 1 honneur d’une chafreté inviolable au piaille
de ; jouir d’une éternelle jeuneffe 5 enforte qu’une
trifte & languiffante yieilleffe fuccéda à fes belles,
années. Au temps d’Énée, elle avoir déjà vécu
fept cents ans, dîfoît-elle; & pour remplir le nom-
bre de fes grains de fable , qui devoir être la me-
fiire de fa vie , il hii reftoit encore trois cents ans,
après lefquels fon corps confumé & dévoré par
les années, devoir être prefque réduit à rien. Oa
ne pouvoir même la connoitre qu’à la voix que le
deflm devoir lui l.aifier éternellement. Cette fable
étoit fondée fur ce qu’on croyoit que les Sibylles
vivoîent fort long-temps , & liir ce qu’ Apollon
pafloit pour le Dieu qui connotffoit le mieux l’ave-
nir. Cette Sibj'lle, infpirée d’Apollon , rendoit fes
oracles au fond d'un- antre placé dans le temple
de ce Dieu. Cet antre avoir cent portes, d’au for-
toienc autant d-e voix terribles qui fàifoienr enten-
dre les réponfes de la Prophéteife. Déipkoie étoit
auiu Prêtreffe d'Hécate , qui lui avoic co.nné îâ.
garde des bois facrés de l’Aveme-. C’eft pour cela.^
qu’Enée s’adreffe à elle pour defeendre aux en-
fers. Les Romains élevèrent un temple à cette Si-
bylle, dans le lieu même où elle avoit rendu fes
oracles , & rhonorè'rent comme une Divinité..
Foyei Sibylles.
DEIPHON étoit fils de Triptolème & de Mé-
ganire j il fur fi rendrement aimé de Cérès , que
cette Déeffe voulut l’immorralifer. La fable dm
qu’elle le jeta dans lesfiammes pour le purifier Bc
pour lui ôter tout ce qu’il avoir de mortel Mais
iVléganire , mère du jeune Prince , . alarmée d'uu
fi- étrange fpeiftacle , voulut retirer l’enfant du.
feu , & trc-iibia , par fes cris ,. les myftères^de la.
Déeiîe Celle-ci , of&nfée , remonta auifi-tot ft'-T
fon char tiré par des dragons & laiffa Déiphoa^
au milieu des flammes, qui le confamètent.
DEIS. , Muratori ( 107-. 6. Tkef. Infer.') rap-
deis pour dis ou. diis i.
p-Eis mis
AD-HÆREXTIBUS PA-RENTUM*
SACRUJi.
333
DEL
DÉÎTÉS ( fuite des ). Oue^ues Aniiqitaires
font avec leu s médailles une fuite particulière de
Déités , à caufe de 1 inftrudtion qu'elle tournic en
leur ofiFranr ;es noms différens des Déités j les lym-
boles , les temples & les autels , & les pays où
elles étoient honorées. On en peut faire une belle
fuite de bronze , par le moyen des villes Grec-
ques i où Ton en trouve une très-grande quan-
tité ; mais la plus agréable eft celle d’argent , que
fourniffent les médailles des familles. On peut
porter cette fuite très-loin dans l’un & dans Tautre
métal ^ fî Ton veut emprunter les revers des im-
périales , où les Déités font repréfentées plus
agréablement encore que fur les médailles des fa-
milles J tant parce qu’elles y ont tous leurs titres
diftérens ^ que parce qu ellesy font ordinaireme.nt
repréfentées de toute leur gran-deur; de forte que
Ton y diftingue rhabillement , les armes , les fym-
boîes & les villes où elles ont été plus particu-
lièrement honorées.
DEL ( Metall. ). Voye:^ Dalmatie.
DELATEURS j hommes qui s’avilirent fous les
Empereurs jufquà devenir les accufateurs , ou
déclarés ou fecrets, de leurs concitoyens- Les ty-
ranSj avertis par leur co-nfcience qu’il ne pouvoir
5' avoir de sûreté pour eux au milieu des peuples
qu’ils opprimoient , crurent que le feui moyen
qu'ils avoient de connoitre les périls dont ils
étoient environnés , & de s’en garantir , étoit de
s’attacher par l’intérêt & l’ambition des âmes viles
qui fe répandifiént dans les familles ^ en furprif-
fent les fecretSj & les leur déférafi'ent j ce qui fut
exécuté. Les délateurs commencèrent par facririer
leurs ennêmis. Leur haine étant iarisfaite, iis lon-
gèrent à contenter leur avarice; iis accusèrent les
particuliers les plus riches ^ dont ils partagèrent
la dépouille avec l'homme fanguinaire & cruel
qui les enaployoit. Ils confuitèient enfuîîe les
frayeurs incertaines & vagues du tyran ; & les
têtes malheureafes fur lefqueiles fes alarmes s ar-
rêcèrent un moment, furent des têtes profcrites.
Lorfque les délateurs earen.î dévallé la capitale ,
exterminé tout ce qu’il y avoir d'honnêtes gens,
& fatistait les paillons des Empereurs & les leurs ,
îis fe vendirent aux pallions des autres & celui
qui étoit embarraffé de la vie d’un homme, n’avait
qu’à acheter ’e crédit d ian délateur. On leur avoit
accordé îa huitième , & même k quatrième partie
des biens de l’accufé ; de-îà vint qu'ils tarent ap-
pelés qu.idrupiatores. Néron lès paya moins, fans
doute pour en gager un plus grand nombre. .An-
tonin-le- pieux en fit mourir plufieuts ; d’autres
furent battus de verges , envoyés en. exil , ou m.is
au rang des efclaves : ceux qui échapuère.nt à ces
châtimens, écha pèrent rarement à l’infamie. Les
bons Piiaces n’ont point eu de ûéhzretrra. i^Audeuae
Encyclopédie. )-
DÉLÉPHAT" , nom que les Chaldéens & Iss
AiTydsDS donnoient à Vénus.
DEL
DELIACUS Voyet^ DÉLi.aQUE.
pELIADE , e’cll: le nom da vaiifeau qui por-
coit les Déliaites à Déios. Voyet^ Déliés.
DELIAQUE, coquetier chez les anciens, mar-
chand qui vendoiî la volaille & les œufs , deliacus ,
deliacus galLnarius. Les déliaques chaponnoient
les coqs, engraiiToient la volaille , & on les ap-
peloit déliaques , parce que c’écoit les habitans
de i’ifle de Déios qui avoient les premiers prati-
qué cette opération. Ils vendoienc aufli les œufs,
comme il paroît par Cicéron dans fes Quefiions
Académiques (^liv- iv. n. Sj- )■ Pline (/. x.c. JO.)'
& Coiumelle ( l. vm. c. 8. ) parlent aulïl des
deliaques.
DÉLIASTES, On appeloit ainfî les Députés
d’Athènes à Déios. Voye^i Déliés.
Ils portoient auffi le nom de Théores , ©£«««( ^
ceux qui vont voir.
DELIBAMENTA.
D ELI B ARE.
}
Dans Pidiôme obleur
& affeélé des Pontifes Romains , les libations fai-
tes aux Dreux infernaux n’étoient point appelées
libamina ou libamcnta , comme les libations faites
en l’honneur des Divinités terreftres & céleftes,
mais delibamerita. L’aftion de les faire étoit
exprimée par le mot defuadere. Offrir aux Dieux
une partie des mets que l’on devoir fervir dans
un repas , s’exprimoit par celui de delibare..
DELICATE >
DELICIÆ. > Les Romains défignoient par
delictum:. 3
ces mots, des eufans Sc de jeunes garçons que les
grands & les riches cievoie.nt auprès d’eux, pour
s’amufer de leurs jeux innocens & de leur gaieté
enfantine. A l’article d’ALEXANDitiE nous avons
dit que cette ville étoit en polfeffion. de fournir
aux Romains cet amufement.
On abufa par la fuite de ces mots , oc ils défî-
gnèrent alors des maîtreires & des mignor>s. Une
infeription antique en fait foi; Triae ephrosy-
NAE rufinae V. V, BELicATAE- Suétone dît
de Vefpafien qu’H épe-ufa Domitilki , fon aneie.nne
maitreffê ^efp. c. 3. I- ) -• Flaviam Domicillam-
d’ix’t u-jcorem , ddicatum olim. Spart'sen , pariant
d’Hadrien , dit .aufS ( Adriun. c. 4. ). : Corrupijje
eum Traja.ii liberîos , curajjl délicates , d’e
opinio multa fi.-mevit t Cotydon efi appelé dans
Virgile ( Eclog. lE ). delicias domirà.
DELIES*'^ ^ 1” inllituée par Théfée,,
lorfqis’après avoir vaincu leMinotaure, il ramena
de Crète les jeunes Athéniennes qui dévoient être
facrifiees à ce moaitre , Sc plaça dans un temple à
Athènes la Ifariie de Venus q-ti’Ariadne lui avoir
donnée- Cette fête- fe célébra toujours depuis à
A^thènes en l’honneur d" .Apollon. La pnncipale
cétémcsieéteitd:’ anvey et uneainb.ilStfc à i’.Apol-
334 DEL
Ion de Délos. Tous les cinq -ans on choifiToit pour
cela un certain nombre de citoyens qu on appe-
loit Déüafies. Cette députation partoit fur un
vaiffeaii dont la potipe éroit couronnée de laurier
par la main d’un Prêtre d Apollon , & fur lequel
on portoit tout ce qui étoit néceflaire pour la fête
& pour les facriSces. Le navire étoit nommé
DéLiade , Se étoit regardé comme facré. Les Dé-
liafles portoient des couronnes de laurier. Quand
iis étoient arrivés iis offroient 'd’abord un facri-
üce à Apollon j après le facrifice ^ de jeunes filles
exécutoient autour de l’aurel une danfe appelée
Ttpaiev , dans laquelle 3 par leurs mouvea-.ens
embarraffés , & par la manière dont elles figu-
roient enfemble , elles repréfentoient les tours &
les détours du labyrinthe. Quand les Déiialtès re-
venoient à Athènes 3 le peuple aiioit au-devant
d’eux 3 & les recevoir avec des acclamations répé-
tées & de grands cris de joie, lis ne quittoient
point leur couronne que leur co.mmiiîîon ne fût
entièrement remplie 3 & alors ils la confacroient
à quelque Dieu dans fon temple. Tout le temps
que duroit le voyage de Bélos , le retour à
Athènes 3 & la cérémonie e]!e-mêiT>e3 s’appeloient
les Délies. Pendant ces jours facrés 3 les loix dé-
fèndoient d’exécuter aucun cnminel j privilège
fingulier ce cette fete d’Apollon , & que n’avoient
pas même celles de Jupiter ; car Plutarque remar-
que que ce fut dans un jour confacré à Jupiter
qa’sn fit prendre à Phocion le poifon auquel il
avoir été condamné, & qujon attendit 3 au con-
traire 3 trente jours pour le donner à Socrate ,
parce que c’étoit le temps des Délies.
Thucydide ( L ni. p. 243. de la fécondé édition
d’Henri Etienne ) dit que ce fut pendant l’hiver
de la iixième année de la guerre du Péloponêfe 3
que les Athéniens célébrèrent les Délies après
avoir expié Pille de Délos & en avoir ôté tous les
tombeaux. Ils ordonnèrent auffi que perfonne n’y
naîtroit & n’y mourroit dans la fuite ; mais que
Ton tranfporteroit tous les moribonds dans une
petite ifle appelée Rkénie , qui touche prefque à
Délos. Long-temps avant cette époque les Ioniens
& les Infalaires voifins de l’Ionie célébroient des
efpèces de Délies , c’elt-à-dire 3 des fêtes & des
jeux femblabies aux ÉphéfieS3 qu’ils célébrèrent
dans la fuite. Il y avoir des comb-ats gymnaftiques
& de poéfie ou de mufique. Thucydide 3 à l’en-
droit cité ci-deffus 3 en parle d’après Homère.
DELMATIÇUS , furnom de la famille Cæ-
CILIA.
DELMATIiJS 3 neveu de Conftantia. Flavius
Julius Dllliatius Cjesar.
Ses médailles font :
RPiRR. en or. Cette pièce eft au cabinet du
KO!.
O. en argent. Du moins on ne croit pas qu’il
en a!t3 quctque le P. Bandiiri en ait cité.
R, ea P. B.
DEL
DELOS . ifle de la mer Égée , fameufe dans
l’antiquité. Junon , furieufe de. voir Latone prête
à mettre au monde le fruit de fes amours avec
Jupiter 3 obtint de la Terre qu’elle ne lui donnât
aucun afyle pour faire fes couches. Neptune 3 à la
prière rie Jupiter, fit fortir d’un coup de trident
l’ifle de Délos , qui , pour n’appartenir en rien à
la Terre 3 demeura flotta.nte fur la mer. Latone
s’y retira , & mit au monde Apollon & Diane
qu’ede avoit eus de Jupiter A.pollon , en recon-
noiffance de ce qu’il y avoit reçu le jour 3 la rendit
immobile 3 de flottante qu’elle étoit auparavant j
& la fixa au milieu des Cyclades. La croyance où
l’on étoit qu’Apoîlon & Diane étoient nés dans
cette ifle 3 la rendit fi refpeétablcj qu’il fut dé-
fendu d’y inhumer perfonne , comme étant une
terre facrée; & les Perres3 qui ravagèrent toutes
les ifles de la Grèce 3 ayant touché à Délos avec
leur flotte de mille vailfeaux3 n’osèrent y faire le
moindre dégât. Le nom de Délos peut avoir été
donné à cette ifle 3 ou parce qn’on ne la connoif-
foit pas, fuppofé qu’elle exiftât, ou parce qu’en
elTet elle fortit de la mer, par l’effet de quelque
tremblement de terre j comme on a vu de nos
jours fc fermer dans la même mer la nouvelle ifle
de Santorin. C’efl: peut-être d’ailleurs fur fon
nom qu’efl: fondé tout ce qu’en racontent les
Poetes; veut dire apparent.
Apollon 3 difoit-on , paffoic les fix mois d’été à
Délos ^ où il avoit un Oracle célèbre; pendant les
autres mois de Vannée il habitoir Patate en Lycie.
Il y avoit à Délos un autel fait avec des cornes,
quipaffoir dans l’antiquité pour une des fept mer-
veilles- Voyei Autel.
Les Perfes témoignèrent eux - mêmes , quoi-
qu’étrangers 3 le refpeéf que cette tradition Heur
infpirok pour l’ifle de Délos. Le chef de la flotte
de Darius , fuivanr Hérodote ( lié. vi. c. 97. ) ,
rappela les habitans de, cette ifle, qui fuyoienr de-
vant lui ; il leur fit favoir qu’il n’avoir aucun def-
fein de leur nuire , & que le Roi avoit défendu
que l’on fît aucun dommage dans un pays qui
avoit donné naiffance à deux grandes Divinités.
Des médailles frappées dans fifle de Délos con-
firment l’opinion de fes habitans ; il y en a qui
repréfentent le foleil &: la lune avec la légende
AHAîOï d’un côté , & AHAiAS de l’autre ; & on
en voit avec les têtes d’Apollon & de D;ane ac-
colées 3 & la légende ©££2N AAEA>î--nN. Ceft
pour cela que les Poètes donnent à Diane l’ép!-
thète de Délia , &: celle de ^yntkia prife d’uns
montagne dé l’ifle de Delos , Sc que l’on avoir
élevé dans cette ifle un temple famçus , nomme
Artemifion.
D ÉLOS 3 ifle AH.
Les médailles autonomes de cette ville foat ?
R RR. en argent. Pellerin.
RRR. en bronze Hanter.
O. en or.
Leur type ordinaire eft une Jyrç.
DEL
DELPHES ( Temple ae II nV a perfonne ,
dit ie Cht\iijer de Jaucourr^ qui n^air oui par-
ler du Temple de Delphes , de fês richelfeSj des
révolutions qu'il a eiTuyées^ des oracles qui fe
rendoiear dans fon fancruaire , enfin du nombre
proaigieux de gens deirinés au fervice de ce
temple. Emprunrons ici les iuniiêres des favans ^
pour ralTembler avec ordre Tous un poinr-de-vue
tous ces faits célébrés par les poètes j & trop
difperfés dans i’hiuoire.
Le premier temple d’Apollon à Delphes , fi
l’on en croit les anciens , fut confiruit de bran-
ches de laurier entrelacées , qu’on apporta de
la vallée de Tempé. Ce temple avoit préciie-
ment la forme d’une cabane j & le laurier éroit
particulièrement confacré à Apollon j il fe l’ap-
propria lorfque Daphné , fes premières amours ,
tut métamorphofée en cet arbre.
Ce renipie ruùique avant été détruit , des
abeilles , félon' la tradition populaire, en for-
mèrent un autre avec leur cire 8e des plumes
d oifeaux. Quelques favans aiment mieux fuppo-
fer que ce fécond temple avoit été conltruir
d une plante appelée efpèce de fougère ;
& je prcférerois à cette opinion celle des au-
teurs qui ont écrit que ce temple avoir été
1 ouvrage d un habitant de Delphes , pommé
F tiras , qu’il avoit porté le nom de fon fonda-
teur 5 & je crois >,,ue fur l’équivoque du mot
ptera , qui fignîfie des ailes , on avoit feint que
les abeilles l’avoient confiruitayec des ailes d’oi-
fcaux.
Le troifième te-rpJe fe reiTeRt bien encore
du récit fabuleux. H étoir ^ dit-on ^ l’ouvrage de
\ ulcain qui ^ pour le rendre plus durable,
1 avoir fait d airain , & avoir placé far fon fron-
tifpice un groupe de figures d’or qui charmoienr
les oreilles par d agréables concerts. Paufa-nias fe
decla e contre cette t adition, Sc obferve que ce
ne feroit pas grande merveille qu’ApoIion eût eu
un temple _d airain , puifqu’AcÂfius , Üoi d’.Ar-
gos , fie faire une tour de ce métal pour enfer-
rner fa fille. On ne fait pas trop de quelle ma-
nière ce temple d’airain fut détruit ; les uns pré-
tendent qu il fut abîme dans un tre-mblement de
terre j d autres qii il fut confumé par le feu. Di-
fom plutôt, avec Hardion, qu’il difparut à peii-
près comme les palais enchantés de nos Nécro-
manciens.
^Le quatrième temple exîfta réellement, & fut
bâti tout de pierres la pre.mière année de la cin-
quième olympiade, par Tropho; ius & Agamè-
ÿs , excehens architectes. Apollon , an rapport
d Homère cui^ embellit tous les fujets qui! traite ,
en jeta lui-me-ms les fondemens. Ce beau tem-
ple fut brûlé dans la cinquanre-hisitième olym-
pi^ce, ^48 3ns ayant l’ere vulg ire.
Le cinquième futconftruit 513 ans avant J. C.,
environ 44 ans apres que celui de Trochonius
«CûAgamedèseut été brûlé. Les Arophyétions,
DEL 33s
ces juges fi célèbres de la Grèce, qui s’éroient
rendus les proreéteUx's de l’oracle de Dehhes , fe
chargèrent du loin de rebâtir c; cinquième tem-
pie. Iis firent marché avec l’architeâe ( c eroic
un corinthien v,o~v.md Spinzhare à 3C0 ralens.
J outes Ics^ villes de Grèce furent taxées -, 8c
.■vmafis , alors Roi d Egypte, donna pour fa
part mihe talens pefaiu d'aromates précieux. Les
Alcméonides, fanulie puiffante d’Athènes, chif-
fes de leur patrie par les Piiîftratides , vinrent à
^elphes en ce temps- la, Sc s oiîrirent de conduire
i éuifice : ils ie rend rent beaucoup plus magnifi-
que qu’on ne fe l’ctoit propolé dans le modèle-
Enrje les autres embeliifiemens qu’ils ajoutèrent,
iis ment à leurs. dépens un frontifpice de marbre
de faros. Le refie du temple étoit d’une pierre
qu îserodote appelé -mifiyos aLo? , qir. eft peut-
être 'a même que le parus de Pline, efpèce de
pierre blanche , dure comme le marbre de Paros,
mais moins l elante.
il n'cft pas poüible de détailler les offrandes
■iont les divers temples de Delphes furent fuc-
ceffivement enrichis. Ce tréfors ont été fi vantés,
que les Grecs les défignoient par l’adjeCtif Uahu-
ias-Àavrw, riche de ztute antiquité. Ces richefies
ne conlîfioient néanmoins dans le commence-
ment, qu’en un grand nombre de vafes & de
trépieds d’airai.n, fi Ion en croit Théopompe,
qui nous alfure qu’il n’y avoir alors aucune fiatue,
pas même de bronze. .Mais c tte fimplicité ne
dura guère : les métaux les plus précieux y prî-
rent_ bientôt la place de l’airain. Gygès , Roi de
Lydie^, fut le premier oui fit au temple de Del-
phes des offrandes d’une très-grande quantité de
vafes d’or & d’argent ; en quoi ce prince fut
imité par Crhus fon fucceffeur , par plufieurs
rois & princes, par plufieur- villes, & même
par plufieurs riches particuliers, qui tous comme
à l'envi les uns des autres , y accumulèrent par
monceaux trépmds , vafes, boucliers, couronnes,
& ftatues d or & d'argent de route grandeur.
Nous dirons, pour les évaluer en bloc, que dès
le temps de Xerxès on faifo t .monter les tréfors
de Delphes aiifii h.^ut que ceux de ce fouverain
des Ferfes, qui couvrit i’Keiie'pont de vaiffeaux,
. & qui envahit la Grèce avec une armée de
600 mille hommes.
Ne foyons pas .fisrpris que des t-éfors fi con-
fidérables ayant excité fucceinvement la convoitife
& la cupidité des rois & des nations. Le premier
qui tenta de s’en rendre maître, fut un fils de
Crias , roi des Eubéens : cet événement efi:
fi ancien qu’il n’eft pas pofSb’e d’en fixer l'épo-
que.-Le fécond pillage fe fit par Danaüs, roi
dArgos, qui étart entré à main armée dans la
Grèce, vola & brûla le temple de Delphes,
l an ipop avant J. C. Enfuiteies Dryopes s’empa-
rèrent des richefies du temple d’Apollon , fous la
conduire de Phylas, leur Rot. Hercule défit ce Roi,
8c k tua i an lipy ayac: J, C. Phlégias, &èxs d’Isgca
33<5 DEL
roi des Phlégiens , fut ie quatrième qui pilla
le temple de Delphes , environ lapy ans avant
J. C. Soixante & dix-htut ans après Pyrrhus ,
fils d’AchiÜe , tenta ia même entrepriiè. Les
Crifftens portèrent leurs m ins impi s fur les
richelTes de ce temple , ans avant J. C. Le
fameux .Xerxès, Pan 480 avant J. C. envoya
à Delphes un détachement de fon armée tonni-
dable, avec ordre de piller le temple dLApriion ,
& de le détruire ; mais fon entreprife ne réufat pas.
Les Phocéens , peuple voifin de Delphes ,
pillèrent le temple à trois différentes leprifeSj
dont !a première s'exécuta 36^ ans avant i’ère
chrétienne. Les Gaulois qui n'avoienc pas m ,-ins
d’avidité que les Phocéens, tenté' eut deüx fois
îe même pillage ; la première fois Tan 279 avant
J. C. fous Bre;‘;nas qui y fut tué , êc la fécondé
fois 114 ans avant J. C. , avec un fuccès plus
lieurcuXj mais non pas fans avoir perdu beaucoup
de monde à cette expédition. Trente ans ap' ès ^
c’eft-a-dire- 84 ans avant l'ère vulgaire, les fhra-
ces portèrent leurs mains ûcrüéges fur le temple
de Delphes , &c le brûlèrent Pan 6~o de Rome.
Enfin Tan 819 de h fondation de cette capi-
tale du monde, Néron voyageant en Grèce,
n’oubüa pas de viiîter le temple dApollo.n , &
y ayant trouvé à fo:i gré joo belles ft-itues de
bronze , tant d’npmmes iiluftres que de Dieux ,
il les enleva, les chargea fur fes vaiffeaux, &
les emporta avec lui à R.orrie. Gc font là les
principaux pillages au effuya le fameux temple
de Delphes , avant & même depuis la celfation
de fes oracles.
On conçoit bien qu’un temple de cet ordre
.demandoiî un grand nombre de miniitres pour
îe delïervir ; &, jamais. fon autel n’en manqua,
îl y avoit d’abord plufieurs collèges de devins;
.cinq facvificateurs perpétuels , ou chefs , immo-
loient les viiélimes , faifoient paffer la facrificature
à leurs enfans , & avoient fous eux quantité de
facrificateurs fubalternes ; un nombreux cortège
de prêtres étoienr chargés, les uns du dehors,
& les autres de l’intérieur du temple : ceux qui
paffoient pour être les mieux inffruits de fes
antiquités , les expliquoient aux étrangers, &
leur montroient foigneufement toutes les offran-
des que la piété des peuples avoit confacrées;
iis leur apprenoient par qui telle ftatue , ou tel
tableau avoit été envoyé, quel en étoit ie fea-
îuaire ou le peintre , .dans quel temps & à quelle
occafiors on l’avois envové.
A l’entrée du fancsiuaire habitoit le gardien
de l’or d’Apoilon ; emploi de confiance , mais
des plus étendus & des plus pénibles. Les pro-
phètes déjîgnés pour accompagner la Pythie dans
le fanéluaire , <&' pour être aflis autour du trépied
fâcre , tenoîcnt un des premiers rangs entre les
|niniftres d Apollon, parce' que c’étoit à eux que
I on adrefîoit les demandes , 8e qug l’on recevoit
à'm% les répoîifçs de l’oracle.
DEL
En fortant du fanclu.ûre on trouvoit les fem-
mes confacrees au lérvice du Dieu , qui lé rati-
geoieut e.n haie fur le perron , pour empêcher
que les profanes n’approch.:ffent du trépied. D’au-
tres prêcrelfes étoient occjpées a la garde & à
l’entretien du feu facré qui brûloic jour 8e nuit,
ii y avoit encore des hommes & des femmes
prépofés uniquement pour les bruns & les puri-
fica ions du temple.
Si nous ajoutons à toutes ces perfonnes confa-
crées , les joiieurs d’inilrurcens , les hérauts qui
annonçaient les feiHns publics les chœurs de
jeunes garçons & de jeunes filles , choifis pour
c.hanter les louanges & pour danfer les danfes
en ufage dans le temple d'Apollon; nous conclu-
rons fans peine , que la plus grande partie des
habîtans de Delphes croit employée a le fervic
( Anicie du. Chevalier du Jaucouît ).
Delphes ( de'). C’étoit le plus fameux
oracle du paganifme, qui devint, pour aiufi dire,
1 oracle de toute la terre; il précéda le règne de
Cadmus , Sc fiibfiftoit même avant le déluge de
Deuralion.
Diodore de Sicile , Strabon , Paufanias , Plu-
tarque , racontent que des chèvres qui paiffoient
dans le-c vallées du mont Parnaffe , s’étant avan-
cées vers une efpèce d’antre peu connu-, firent
des bonds étonnans , & pouffèrent des cris ex-
traordinaires. Bientôt les pâtres, les villageois,
& tous les habitans du lieu , éprouvèrent à leur
tour les mêmes affeélions , 8c fe perfuadèrent que
quelque dieu étoit venu fe cacher dans le fond
de l’abîme , afin d’y rendre fes crtcles. On attri-
bua d’abord l’oracle à Neptune 8c à la Terre ; de
la Terre , l’oracle paffa à Thémis fa fille ; enfuite
elle .s’ea démit en faveur d’Apollon , qu’elle ché-
riiToit paniculièrement. Enfin celui-ci demeura
par fon habileté dans la fcience de deviner, à la-
quelle il s’étoit appliqué dès fa plus tendre jeu-
ne ffe , demeura, dis-je, maître de l'oracle, &
l’éleva au plus haut point de célébrité. Ce détail
fabuleux fe trouve chez les hiftoriens comme
chez les poètes.
Apollon fut donc le dernier poffeffeur de l' Ora-
cle de Delphes , & s’y maintint avec plus ou monis
de gloire, fuivant les conjon&ires , ie degre do
fuperfiition des peuples , ou i’induftrie des ^prê-
tres , jufqu’au temps que les Thraces pillèrent
fon dernier temple , Sc le brûlèrent vers 1 an éyo
de la fondation de Rome. Pendant ce long sfp.ujS
de fiècles , le temple d’ApoÜon regorgea de pre-
fens qu’on y envoyoit de toutes les parties du
monde. Les Rois , les Potentats, les Républiques,
& les particuliers n’encreprenoient rien fans ! a-
voir confulté. Tout ce qu’il y avoit d’habitans a
Delphes travailloit à l’envi à lui procurer des^con-
fultations , & à lui attirer les étrangers , ann ce
leur vendre les oracles au prix des plus fomptueus
façrifiçes & des plus magnifiques offrandes. Tous
DEL
CCS habitafss étor’ent occupés à l'entretîgn du tem-
ple, aux facrifices, ou aux cérémonies qui concer-
noient les oracles j tous briguoient avec zèle
l'honneur d'crre les minillres d'un Dieu qui les
comfaloit chaque jour de nouveaux bienfaits
( Voyei t article précédent. ).
Parmi ces minillres fe dillinguoienî ceux qu'on
nommoit les Prophètes rat. Ils avoient fous
eux des poètes qui mettoient les oracles en vers j
car il n'y a eu que de courts intervalles de temps
pendant lefqnels on les rendit en profe. L'antre
d ou fortoient les oracles, étoit lîtué vers le mi-
mont ParnalTe, du côté qui regardoit le
imài. C’étoient les prophètes qui recevoient les
paroles de la Pythie : elle montoit fur le trépied
facré pour rendre les oracles du Dieu , quand il
vouloir bien fe communiquer aux hommes 5 mais
les oracles qu’elle prononçoit n'étoient point faits
pour le plailîr des oreilles, ni pour porter dans
I ame ce tendre intérêt qu'excitoient les poëlîes
de Sapho. La voix de la Pjahie , dit Plutarque,
atteignoit jufqu’au de-Ià de dix liècles , à caufe
du Dieu qui la faifoit parler.
C eft à l'oracle d'Apollon que la ville de Delphes
dut fa naifiance & fon agrandiffementj elle lui
dut ^fa réputation , & ce grand éclat qui la fit re-
garder comme le centre de la religion, comme le
fejour favon des Dieux. Quoique cette ville n'eût
autour d'elle que des précipices & des rochers
pour psurvoir à fes befoins , l'oracle d'Apollon
lui tenoît lieu des plus riches coteaux & des
plaines les plus fertiles 5 mais ce Dieu ne fe prê-
toit pas toujours à la eurioiué dts confultans 5
d'ailleurs il étoit très avide de facrifices, & très-
d'fficîle^ à leur égard. Si on entroit dans le
fandtuaire dû temple fans avoir facrifié , le Dieu
étoit fourd , la Pythie étoit muette ( Voye^ fur
cette matière Platarqne ; les mém. de 1‘ Acad, des
Infcript. Van Dale , de oraculis Etknicorum , &
i hiftoire des oracles de Fontenelle), J'ai parcouru
tous ces ouvrages la plume à la main ; & le faifant
dans les mêmes vues que Montagne , je pratique
fa méthode : ec Ce que je iis , je m’en dégorge ,
M Eon fans defiêin de publique inltrudion ; je
« prête attentivement l'oreille aux livres de ce
« genre , en guettant fi j'en puis fripoonner beau-
" coup de chofes pour émailîer ou étayer celui-ci
{ uârticle du Ckev. de Jaucourt.'). ,,
Delphes. Fbyej Pythie, Tb.épied.
Delphes , dans la Phocîde. AeA^’îîn.
_ M. Pellerin doute fi l’on doit attribuer à cette
ville une médaille d'argent autonom.e, fur laquelle
oji ne lit que le mot aaî4TKTio ; & il croit que
c eit vraifemblablement le nom d'un Magiftrat.
^ Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en l’honneur d'Hadrien, d'Anti-
noiis, de Facftine-mère , de Caracalla.
BELPHINIES , fêtes que les ^jbitîîLS 4'É2i3,s
A-ntiquités .Tome il, ' '*
cclébroient en l’honneur d'ApoüoR Delpkius. Ce
Dieu avoir été ainfi appelé depuis qu'il avoit pris
la forme d't:n dauphin pour conduire Caftalius &:
fa colonie de l'ifle de Crète, au Sinus C ri (feus ,
aux environs duquel os bâtit dans la fuite la ville
de Delphes , fi fameufe par l’Oracle d'Apollon.
delphinium, une des Cours de Ju Jicature
des Athéniens 5 on y éco.utoit ceux qui ne défa-
vo’JOjent point un meurtre, mais qui pre'tcndoient
1 avoir commis innocemment. On en attribue l'ini-
titiition à Égée ; & fon fils , aceufé de la mort de
Pallante, fut, à ce qu'on dit, le premier coupable
qu on y jugea. On 1 appela Delphinium , à caufe
de la proximité du lieu où elle tenoît fes iéaa-
ces , & du temple d'Apollon Delpkinius.
DELPHINIUS , nom d’un des mois de l'année
chez les Éginètes. Il étoit ainfi nommé, d’Apolloa
de Delphes , parce qu'en ce mois-là , Égine célé-
broit les Flydrophories en l’honneur de cet Apol-
lon ( Scholiafle de Pindare fur le Szs vers de la F*
Ode des Neméennes , & M. Ménage , notes fur
La'érce , p. 18. ). Dodwel ( de Cyclis , p. 114. )
dit que le mois Ddphinius répondoit au Panemus
des Macédoniens , c’eft-à-dire , à notre mois de
Juin.
DELPHUS , fils d'Apollon 8c de Thyias , Pre-
trelTe de Bacchus , donna fon nom à la ville de
Delphes. Poyei Thyias.
DELUBRUM. Quoique ce mot foit fouvenc
fynonyme de templum , il en différoit cependant
dans la langue des Augures & des Pontifes. Afeo^
nius, commentateur de Cicéron Ip. 17.) rapporte
à ce fujet deux opinions anciennes : la première
donnoit exclufivement le nom deluhrum à plufieurs
petites sdes réunies fous un même toit 5 la féconds
réfervoitee nom pour les temples dans lefqueis o*
confervoit de grands vafes d'airain {labrd) employés-
pour laver les corps des' morts : tels éroient "les
temples de Jupiter à Dodone , ou d'Apollon à
Delphes, tous deux célèbres par le granil nombre
de bafiîns & de trépieds qui y étoient dépofés,
in quorum deluhris lebetes , tripodefque vifuntur.
Servius rapporte ces deux opinions , & en ajoute
une troifième : celle-ci dérive le mot delubrut»
d’une ftatiie de Divinité confacrée fur le lieu
même, parce que les premiers Romains appelèrent
liber une ftatue groflîèrement ébauchée, un trono
à peine écorce & dégroflî, a. lihro , hoc eft , k
rafo ligna facîum , quod grece s-lani dicitur. Ma-
crobe a cité Varron (Sat.irl. <1.4.)^ qm’ appelle
deluhrum un temple fimplement confacré ( edes )
auquel étoit joint un efpace de terrein vuide de,
bâtimens, une place. Mais à cette première étymo-
logie, Varron en ajoute une fécondé qui paroît iuî
plaire davautage , & qui nous paroit auffi la plus
naturelle: deluhrum défigne alors i'endroic le plus
retiré, le plus faint, des temples, celui où étoit
piacéa h itatus dq la Divinité ; deluhrum . in qug
¥ y ' '
33? DEL
loco Jimulacrum deî dedicatum efi. Sicut ïo^m în
eao figèrent candelam , candslabram avpellatur ,
itu in quo ponerent iDeum , noTniïiütiLm deluorwTt,
Les anciens étoient dans Tufage de confacrer
aux Dieux leurs vieiiles armes ou celles qu^’ils
avoient enlevées aux ennemis , & de les fufpen-
dre aux piédeftaux des ftatues ou aux murs qui en-
touroient ces ftatues, c’eft-à-dire , aux murs de
îintérieur des temples., Or, nous voyons Horace ,
Suétone & d’autres Écrivains Romains appeler
délabra les murs auxquels on avoit fiirpendu des
armes & des dépouil'es. II eft donc évident que le
mot delubrum défignoit Tendroit le plus fecret ,
îe plus myftrérieux des temples anciens. Horace
dit des temples de Carthage ( $• i8. ) :
...... Signa ego Punicis
oéjfxa delubris , é” arma
Militibus fine cs.de j dixit ,
Direpta viài.
Et Suétone dit aufll du temple de Mars ( Vhel. c.
S. n. Z ) : Stricium divi Juiii gladium tenens , de-
traBum delubro Mianis.
Ces diftindiions le perdirent dans la fuite , &
l’on employa indifféremment les mots templam,
delubrum , l’un pour l’autre.
Le delubrum d’Apollon étoit vers ⣠portic^uc
d’Odlavie , près du cirque Fiaminius ( PHn-
XXXVI. J.}: Ad Octavia porticum Apollo Phi-
Ufci Rhodii in delubro fiuo. La ftatue étoit l’ou-
vrage de Philifcus de Rhodes.
Ce delubrum de Cn. Dotnidüs, placé dans la
neuvième région, renfermc^it plufieurs ouvrages
du célèbre Sccpas , tels que les ftatues de Neptune,
de Thétis, d’Achille, des Néréides , des Tritons
( P lin. XXXVI. 50 • maxima dignatione Cn.
JDomitii atluhro in circo Flatninio Nepmnus ipfe y
Ù Thetis & Achilles. ......
Le deliihrum de Jupiter Stator , placé dans la
région du cirque de Fiaminius , nar Macrobe
( Sat. ijI. 4. ) , étoit peut-être le meme que celui
de l’article précédent.
Le delubrum de Junon-Sofpita , placé dans la
dixième région , près du temple de la mère des
Dieux , avoit été dédié aux Calendes de Février.
Il n’exiftoit plus à l'époque où Ovide écrivek fes
Faftes ( il. 55.) ;
Principio menfis Phrygîa contermina ntatri
Sofpita delubris dicitur auBa novis.
Niinc ubi funty illis , qusris , facrata Ralendis ,
Templa Des. ï Longo procubuere die.
Rufits place le delubrum des Lares dans la hui-
tième région.
Le delubrum de Mars Qradivus. Temple.
Le delubrum de Miner ve- Capzra étoit au bas du
Jliont-Ccelius , non loin de l’emplacement qu’©c-
D E 11
eupe aujourd’hui i’églife de S. Grégoire. Payer
Minerve. t
Il y avoit un delubrum dans le palais des Céfars
(Plin. xxxYi. 5.).
Le delubrum de Y énus , placé dans la voie fa-
crée, eft compté par Marcellin entre les endroits
de Rome k s plus dignes d’admiration.
Le delubrum de Vefta étoit dans' le Capitole.
Tacit-e parle de fon incendie C Annal, xr. 41. i.
DÉLUGES de Deucalion & d’Ogygès. Poye:^
leurs articles, & de plus celui de Xixutrus..
DÊMARCHEXASIUS , c’eft-à-dire , Tribu,
nitien, nom du cinquième mois des Cypriots &
des Paphieas ( Junius L. de anno & Merifibus. ).
Dans les notes fur Bède , ü eft pris pour le
fixième mois, & onVzp^eWe Diamarplexios C’eft
une erreur , de même que le Diamarchefagius du
Darium hifitoricum Henrici PantaUonis. Le Père
Hardouin prétend qu’il faut dire Aiipiap-'ilttivus.
( Faér. Irlenol. p. 63» ).
DEMARCHIE. On appeloit aiiifi différentes
intenduices partagées feion les quartiers de la
ville d’Athènes & des bourgs de i’Actique, à la
tête defqueis étorent des Magiftrats appelés Dé-
marques , de , peuples , & ,, Princi-
pauté.
DÉMARQUE , Magiftrat, chef d’un peuple,
c’eft-à-dirc , d’une contrée de la campagne. Les
Athéniens divifoient la campagne en certaines con-
trées, qu’ils appeioient Aïfsoj , demi , c’eft-à-dire,
peuples. Ils ëtabuftoienr dans chacune de ces co.u-
trées un Magiftrat appelé , démarque, de
è'rpips, peuple, & de «a;;;!), gouvernement. Le nom,
du Magiitrat eft formé de ces deux mots.
DÉMÉNAGER. Voyei Changer de maifon.
DEMENSUM. Poyei Nourriture & RA'.
TION.
DEMETER , > jfonnoient
AHMHTHE ,5
à Cérès, & que l’on croit avoir été mis pour
Géméter , mère de la Terre. C’eft aufli le meme que
Damater..
DEMETRIAS, en Theffalie. AHMHTEIeHK,
Les médailles autonomes de cette ville font 1
RR'R. en argent.
RR. en bronze.
O. en or. ^
Leur type ordinaire eft: une proue de vanneau*
Demxtri^s , en-Affyrie. ahmhtpieûN.
M. Combe attribue à cette ville deux méaTn.eS
autonomes de bronze , avec la légende ci-defius.
DÉMÉTRIES , fêtes de _ Cerès , ^ nommées en
grec Aii.Kirfoî, félon le témoignage d’Héfychius -
de Pâliux ^Onomafi. 1. 1. c. S.). Ceux qui les
D E M
brodent fe frappoient avec des foaats compofés
d'écorces d'arbres , & qu'on appeloit .««'faÆ?. Fa-
foldus { Decad. iz. feft. 2. ) ^ citant ie 20e livre
de Dîodore de Sicile , dit que les démétries fe cé-
lé'broient le 30 du mois Muni-chion. II y avoir à
Athènes des fêtes de même nom , iniiituées en
l'honneur de Demétrius Poliorcètes ( Atkénée.^
l. 12.). C'étoient les mêmes que celles qu'on nom-
rooit auparavant Dionylîennes , auxquelles elles
avoîent fuccédé. Cette folemnité arrivoit ie trei-
zième jour du mois Munychion , qui fut dans la
fuite appelé Démétnon ( 'Plut, in Demetrio. Diod. f
Sicul. l. i§. Eufiath, Iliad. ).
^ pÉMÉTRIüS I J Poliorcètes , Roi de Macé-
Qoine. 4HMHTP10Y.
Ses médaiMes font :
R. en argent.
O. en bronze. j
Unique en or EckJul.
Demétrius II J Gonatas j, fils d'Antigone,
Roi de Macédoine.
Ses médailles font :
C. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Demétrius I, Dieu, Philopator, Soi^r : Roi
de Syrie, basiaehs ah.mhtpiot.
Ses médai lies font :
C. en argent.
C. en Bronze.
O. en or.
Demétrius II , Dieu , Fhiùdelphe , Nicacar :
Ro! de Syrie.
Ses médailles font:
C. en argent.
C. en bronze.
O. en or.
Démetriüs ÎII , Philopator, Evergetes, Cal-
îinicus J Dieu , Philometor, Soter : Roi de Syrie.
Ses médailles avec les titres de Philopator ,
Evergeus , Lallinicus , font;
RRR. en bronze.
Ses médailles avec les titres de Diru , Philo- ,
metor , Soter , font :
RRRR. en argent. *
RRR. en bronze. 1
O. en or. |
DEMI-DENIER, monnoie ancienne de l’Égypte <
& de l'Afîe. Foyep Rebute. (
^ DEMÎ-DÉEoSES. Toute la Grèce étoit rera-
pue de demi- Dieux & de temples érigés en leur !
honneur 5 niaîs dans toute Thiftoire GrecQue il »
fait mention que dune feule demi-Dhfe. .
P oye-2^ Emithée.
D1..MI-DIEÜX. On appeloir ainfï les Dieux du <
econd ordre, qui tiroient leur origine des Dieux; ,
3 5 9
tels éroieat les hommes illuffres de la Grèce Her-
cule, Caftor & PoliuXj Efculape, Énée, &c. '
DEaîI-MÉDIMNE, Trimodios , mefure Pvthi-
q^ue pour l'arpentage. Elle valoir , en mefure de
France , d'aipens, félon M. Pauâon ( Mé-
trolcgze). Elle valoir, en siefures anciennes-
3 heéies, '
Ou 6 hémiheéles .
Ou ic-ooo coudées médiocres quarrées.
1 DEMODOCüS. C'eft le nom de ce Chantre
qui, dans Homère , chante en préfence d’UlylTc
& d'Aicinoüs les amours de Mars & de Vénus.
Les Mufes, dit Homère, i'avoient privé de fa
vue , en lui donnant l'art de chanter.
On voit fur une pâte antique du cabinet de
Stofch un vieillard courbé fous le poids des an-
nées, avec une longue barbe _, jouant de la lyre.
Winckelmann croit , avec raifon , y reconnoitrè
Démodoque , le chantre du Roi Alcinoiis , dans
’ÇOdyJf. ©. y. 63. 64.) le ponrait de qui Homère
s ell peint lui-même. Démodoque étant devenu par-
la fl célébré , il aura été fans doute un des fujets
favoris des anciens ArtiRes. La même coileélion
renferme une cornaline fur laquelle un vieillard
eft affis, jouant de la lyre j derrière lui une femme
eft appuyée fur le dos de fon fîége pour i'entcn-
dre. D’après la conjedure, expofée tout-à-l'heure,
on ne peut trouver de difficultéià reconnoître fur
cette pierre le même fujet ; car tout s'accorde
avec Homère. La Mufe , dit-il , aimoit Démodoque
\’S XâîXîy r£-
Oium fupra moiam Mufa dzlexlt ^ dédit ver$
bonam maluntque.
pÉMQE.NÉTE , étoit un habitant de l’Arcadie,
qui, ayant eu un jour la témérité de goûter de
la chair d’un enfant qu’on venoit d’immo'er s
Jupiter, dans le temple de ce Dieu, bâti fur le
Mont-Lycée , fut changé en loup. II reprit fs
figure au bout de dix-ans, & remporta un prix aux
jeux Olympiques.
DÉMOGORGON , Divinité ou Génie de Is,
Terre, comme fan nom grec le fignine.^C'étoita
difoit-on, un vieillard craflèux , coiiv eîc de moufie,
pâle & défiguré , qui habitoit dans les entrailles
de la terre. Il avoir pour compagnon l’Éteraité &
le Chaos. S’ennuyant dans cette foütuèe , il fabii-
qua une petite boule fur laquelle il s’affit j & s’étant
élevé en l’air , il environna toute la ferre , & forma
auflâ le ciel. Il tira enfuire de la terre de la boue
enâammée , qu'il envoya dans le ciel pour éclairer
le monde ; ce oui forma le Soleil qu'il donna à la
Terre en mariage : de cette union fortirent là
Tartare, la Nuit , &c. On donnoit encore plu-
fieurs autres enfans a Démogorgon ; favoir, la Dif-
corde , Pan , les trois Parques, l’Èrèbe. C’eft Bo-
cace qui rapports ceçts Théogonie, comme l’ayani
34® DE M
tirée de Théodontius , ancien Auteur Grès. J5é-
tnogorgon vient de AiSi’jM»? J GeniCj & de Viee^ysev J
cui prélide la Terre.
DEMOISELLE de Numidie. Voyei Pintade,
DÉMON , ce mot chez les anciens phüofophes
Êgnifioit quelque chofe qui tient du divin ^ un
Génie, Aaïusyicy. Lcs Platoniciens donnoient Ce
nom à certains êtres moyens, rempliflant le vuide
immenie qui fe trouve entre Dieu & les hommes,
difpofés par étage, plus puiffans , plus éclairés
les uns que les autres. Ils font, difoit-on dans ce
fyfîême , pour ainfi dire , paffer de main en main
ks vœux & les prières que les hommes adrelfent
à Dieu , & rapportent aux hommes les grâces
dont Dieu les comble en échange. Ce font donc
eux qui reçoivent les prières & les facrifices j ce
font eux qui rendent les oracles. A chaque hom-
me 3 dit Ménandre , efl; donné en nailTant un Dé-
mon eu bon génie , qui lui fert pendant toute la
vie de maître & de guide. Plutarque dit de même
que ces Démons prennent quelquefois des hommes
en amitié , qu ils les avertifTent de leurs devoirs ,
les guidciut dans le chemin de la vertu , veillent à
leur sûreté , & les tiren-t des périls redoublés ou
ces hommes fe livrent par précipitation ou par
ignorance. Ces êtres intermédiaires , félonies an-
ciens phifofophes , ne font pas de limpîes intelli-
gences j ils font revêtus d’un corps fubtil & im-
perceptible à nos fens. L’Univers en eft rempli -, il
y en a dans l’air , dans la mer, fur les montagnes,
dans les forêts. Les Poètes donnent aufli le nom
de Démens aux mânes , aux ombres des morts.
V^oye:^ GÉNIE.
Démon ( Ion ). Pie IV ayant fait recommencer
des fouilles à Tivoli , a vu fon zèle récompenfé
par de belles découvertes ; mais entre-autres par
celle d’ un autel dédié au bon - génie , fur lequel
®n lit r
ATAea, AAmom
AGATHO. DAEMONÎ
SACRUM
. E, V- S.
L’Editeut du Muféum Pio - Clémentin , dit
agréablement que cette découverte femble être
un remerciement fait au Pape au nom de l’anti-
quité, qu’il prend tant de foin d’iiluftrer.
Démon de Socrate. Ce philofophe avoir ,
difoit-on , un Démon ou efprir familier , dont les
avertiiTemens ne le portoient jamais à aucune en-
treprife , mais le détoarnoient feulement d’agir
lorf^u’il lui auroit été préjudiciable de le faire.
Après la défaite de larmee commandée par Lâ-
ches, dit Cicéron {llv. i. de Divinat. ), Socrate
iuyoït avec ce Général Athénien ; Se étant arrivé
dans un heu où aboutifToient pîufîeurs chemins
ihiiéxeiïs, li iis voulut pas fuivre la même rouse
D E M
qïie les autres. Lorfqu’bn lui en demanda la rai-'
fon , il répondit que fon Démon l’en détoumoit.
L’événement jjftiSa bientôt l’avis du prétendu
génie. Tous ceux qui prirent un autre chemin oue
Socrate , furent tués ou faits prifonniers par la ca-
valerie des ennemis. A la vérité , lorfqu il alla |fe
préfenter aux juges qui dévoient le condamner,
fon Démon ne l’arrêta point, comme il faifoît
dans les occaf ons dangereufes : c’eft , dit Platon,
parce qu’il n’efiima pas que ce fût pour lui ufj
mal de monrir , fur- tout à l’âge & dans les cir-
conllances où il étoit. Ce n’éton pas feulement
pour lui qu’il recevoir ces avertiffemens intérieurs j
fes amis y avoient aufli part, lotiqu’ils alioiciit
s’engager dans quelque mauvaife affaire qu’ils lui
commimiquoient ; Sé on citoit plufieurs occafions
où iis fe trouvèrent fort mal de ne l’avoir
pas cru. Il ell vraifemblable que ce Démon, de
Socrate J dont on a parlé fi diverfement, jufqua
mettre en queilion fi c’étoit un bon ou un mau-
vais ange , n’ étoit autre chofe que la julleffe &
la force de fon jugement , qui, par les règles de
la prudence, & par le lecaiirs d’une longue tx-
périenca , foutenue de férieufes réflexions fur le
paffé & fur le préfent , lui fiifoient prévoir 1 ave-
nir , le fuccès des affaires fur lefqueUes il déhbé-
roic pour lui-même , ou fur lefquelles d étoit con-
fulré. En effet, que rifquoir-il d’infiniier au jeune
Charmide , fils de Gîaucus , de ne point aller com-
battre aux jeux Néméens ? Sans infpiration divine
il voyoit, & fon incapacité , & un certain asr de
ne point réuflîr qui trompe très-rarement. Que
rifquoit-il erxore de dire su généreux Timarque,
qu’il périroit dans la confpiratian cù il s’étoit en-
gagé ? A combien peu de confpirateurs la fortune'
eft-elle propice ! Quant au fond , Socrate n’étoit
peut-être pas fâché de laiffer croire au peuple que
c’étoit une Divinité qui rinfpiroit : cette flatteufe
opinion l’accréditoit infiniment dans i’efprit de
fes concitoyens , & le tiroir du niveau des autres
hommes t avantage dont les plus grands politiques
du paganifme ont toujours été fort jaloux.
DÉMOPHILE, c ’efi le nom delà feptième des
dix Sibylles que compte Varron ; elle étoit ne
Cumes , comme la Sibylle Déiphobe ; c’eft d’elle
qu’on a fait le conte des livres Sibyllins. Demo-
apporta à Tarquin l’ancien neuf volumes,,
pour lefquels elle demanda trois cens pièces d or.
Le Roi la rejeta avec mépris , & la regarda comme
une folia. Voyant cela', elle en jeta trois dans le
feu en préfence du Roi , & lui demanda- le meme
prix pour ceux qui reftoient: ce qui confirma lar-
quin d-ans la penfée quelle étoit folle ; mais elle
en brûla e.ncore trois autres , & perfévéra a de-
mander le même prix pour ceux qui reftoient, avec
menace de les brûler. Le Roi , frappé de cette
perfévérance , enveva chercher les Augures .
l’avis fut qu’il devoit donner pour les trois hvreî
qui reftoient, tout k prix que la Sibylle en denaart-
^!t. Ces livres furent commis à la garde des Pa-
triciens , & réputés facrés ^ comme renfermant
les deftinées de Rome. Voyer Sibylles , Sibyl-
lins.
DÉMOPHON , ou DÉMOPHOON ^ fils de
Théfée & de Phèdre , accompagna , comme un
lïmple particulier J Elphénor à ia guerre de Troye.
Après la prife de cette ville j il retrouva auprès
d’Hélène fa grand-mère, Ethra, mère de Théfée ,
& la ramena avec lui. A fon retour , il pafla à
Dauhs , chez Lycurgue , qui en étoit Roi , & fe
fit aimer de fa fille Phvllis. (On peut voir les fmtes
de cet amour à l’articie Phillis. ) En arrivant à
Athènes, il trouva le trône vacant par la mort de
Alnellhée, qui l’avoit ufurpé à fon préjudice, &
s’en mit en poffeffion fans aucune difficulté , comme
étaat le légitime héritier. Il accorda généreufe-
ment fa proteéiion aux Héraclides qu’Eurifthée
perfécutoit, & fit même périr leur ennemi. Lorf-
qu’Orefte, coupable de parricide, vint à Athènes,
Démopkon ne voulut , ni le renvoyer , ni l’admet-
tre à fa table : il s’avifa de le faire fervir féparé-
tnent ; & pour juftifier cette efpèce d’alFront , il
Voulut qu’on fervît à chaque convive une coupe
particulière , contre l’ufage. Voye^ Coupe ,
Ethra j Héraclides , Macarie.
DÉMOS, nom d’un des chevaux ou des cochers
de Mars.
DÉMOSTHÈNE. Quoique Démofikene ait été
le plus grand Orateur de fon fiècle & de tous les
âges, quoiqu’il edt une ftatue élevée dans Athè-
nes ( Paufanias , /. i.y. 19. } ; quoique fes por-
traits de bronze & de marbre fuffent expofés dans
une infinité d’endroits , nous n’aurions cependant
qu’une idée très-imparfaite de fa phyfionomie, fi
les découvertes d’Herculanum ne nous avoient
pas fourni deux petits buftesde bronze de ce grand
homme. Ces morceaux font d’une proportion plus
foible que le naturel 5 le plus petit porte le nom
du célèbre Orateur gravé en grec fur le focle. Ces
deux têtes, qui ont de la barbe, n’ont d’ailleurs
aucune reffemblance avec un bufie fans barbe ,
travaillé de grand relief, & défigné par le même !
Bom -, il faut par conféquent que ce dernier mor-
ceau , découvert en Efpagne , & publié par Ful-
vius Urfiniis , comme portrait de cet Orateur ,
repréfente quelqu’autre perfonnage.
On pouvoir croire , d’après cela , que le por-
trait de Démofikene ne s’étoit confervé que dans
les deux bufies d’Herculanum, & que les monu-
mens de Rome n’en ofrroient pas le mokidre vef-
tige. Cependant l’on vit paroître au commence-
ment de 1760 une empreinte de plâtre , moulée
fur un petit bas-relief de terre cuite , d’environ
deux palmes de hauteur ( prés de feize pouces ).
Ce morceau , dont l’original paroit perdu, offre
ia figure de Démofikene dans un âge avancé , avec
une ïeiTvOîWânce parfaitê aux deux bulks de
bronze d’HercuIanum. L’Orateur eft affis fur une
pierre cubique , le corps à moitié nud & la tête
penchée. Enfeveli dans une réflexion profonde ,
il tient dans fa main gauche , qui efi: appuyée fat
la pierre, un écrit ou rouleau, & il pafie la main
droite autour de fon genou. Son nom eit grave
fur la pierre de la manière fulvants :
AHMOS0ENHS.
Et au-defîbus du nom on lit le mot:
ehiecmî 02.
Mot qui fe trouve rarement chez les anciens Écri.»
vains , n’étant employé que pour déiigner les cho-
fes placées fur un autel. Dans Polîux , EniBGMioM
MEA02 eâ le nom d’un air chanté devant l’autel
( Poil. Onom. l. 4. Segm. 79. ). Cette pierre repré-
fente par conféquent un autel, B£2mo2, dans le
temple facré & inviolable de Neptune , de l’ifie
de Calaurée , non loin des rivages de Trézènes ,
où Démofikene avoir été chercher un afylc , lorf-
qu’il fe retira d’Athènes pour fe fouftraire aux
perfécuîions d’Antipater , gouverneur de Macé-
doine. Il mourut dans cette ifle à l’âge de foixante-
deux ans , du poifon qu’il portoit ordinaire.ment
enfermé dans le châton de fa bague, pour ne pas
tomber vivant entre las mains de fes ennemis. Le
Démofikene de cette empreinte, afllsfur an autel,
eft donc repréfenré dans le dernier période de fa
vie , & réduit à la cruelle nécelSté de terminer fa
carrière. De la forme des lettres de 1 infeription ,
comparées avec celles du nom qui fc lit fur i’un
des deux bulles d’Herculanum , il réfulteroit que.
la figure de plâtre feroit plus ancienne que les
têtes de bronze. Winckeimana , qu^nous fournit
cet article, fe propofoit de publier ( tlifi. de l’Art,
liv. 6. ch. 3 . D. ) un jour ce bas - relief j mais la
mort l’en a empêché. Au fiècle de Paufanias on
voyoit encore à Calaurée, dans le nipijSe?^^ ou
le parvis du temple de Neptune , le tombeau de
Démofikene {Paujhn. l. 2.. p. 189. /. }.}■
DAN, ou DEN , ancien Dieu des Germains.’
Cluvier affure ( Germ. Ant. l. 1. p. 224. ) que
c’eil le même que Theur , & xàs, par conféquent j
car comme , félon lui , de Theut s’eft fait zsW,
Jupiter ; de même de xil; s’eft fait Aà» , Dan ,• car
on a dit zW, zér, & en dorique , zés : de ces
obliques ztvo'î , Zisit , Scc. s’eft formé le nominatif
x>!v , 8c en dorique zdy , puis le z fe changeant,
comme il arrive fouvent en A, Aav, Dan, qui
étoit le grand Theut ou le grand Mercure Dan
& Den , en Sclaron, &, félon une autre pronon-
ciation, d:{en. & dejn , fignifîe jour, comme dies „
qui vient de , génitif de 'Çùç.
DENARIAIRE {Numéraire fi AriTK'=“
MEXIQUE des Romaias.
DENAMJUS. Foyei Denii^ & Sedesxs»
34“ D E N
DENATES, Pénates, Dieux domeftiqu23.De-
îîys-d’Halycarrîaffe(/. i.)p2tlant des Dieux Pénates,
dit que i'Kiftorien Timée a écrit que la figure ou
ftatue , l’effigiu des Dieux Dénates ou Pénates ,
îi etoit autre chofe que des bâtons de cuivre ou
de fer courbés, &un vafe Troyen de terre cuite;
& que c'eft-là tout ce qu Ênée apporta de Troye ;
mais il ajoute que pour lui il a vu un temple à
Home , près de la grande place , où ces Dieux
etoient repréfentés aCis , fous la forme de deux
jeunes hommes , ayant chacun un dard en main ;
que ce font des fymboles des Dieux tutélaires ;
que la poftured^un homme alfis marque la sûreté;
que les javelots fignifient quhls repoufient les
violences & les outrages , & que la jeuneffe dé-
ligne raccroilTement d’un état; qu’au refterinf-
cription étoit Dénates , parce que les anciens,
avant l’invention de la lettre P, fe fervoient de la
lettre D. Tel eft le récit del’Hïftorien des Antiqui-
tés Rom.aines , qui pourrolr bien s’être trompé.
Souvent la queue du P eft fi petite fur les mé-
dailles , qu’il n’y a nulle différence entre cette
lettre P & un D. Il en pourroit bien être de même
pour l’infcription qu’avoit vue Denis - d’Halycar-
nafie, où ,1a queue du P. pouvoir être rongée par
le temps,. Croire que les anciens habitans de l’Italie
n’euffent pas la lettre P , c’eft une erreur que plu-
lieurs noms propres de ce pays & de cette épo-
que fi reculée, réfutent fufSfamment ; par exemple,
Capys , Capecus , Picns , Pilumnus ^ P allas. Les
Troycns avoient auffi la même lettre : témoin les
Boms Paris , Pergama , Pkryges , Priamus , &c.
DENDR-ÎTIS , furnom que les Rhodiens don-
nèrent à la belle Hélène , après lui avoir élevé un
tem.ple dans le lieu où les femmes de la Reine Po-
îixo i’avoient pendue. Helène, Polyxo.
DENDROPHORE , fignifie proprement porte-
arbre , celui qui porte un arbre. On apneloit ainfi
chex iss anciens ceux qui , dans certains facrifices ,
portoient des arbres par la ville. Voye^ Dendro-
PHORiE. Le code Théodofien ( de Pagan. facr. &
temp. liv. 2.0. ) parle de certains lieux donnés aux
Frédiens & aux Dendrophores , pour y faire des
repas facrés , & il les confifquê. Ce mot fe trouve
fouvent dans les anciennes infcriptions.
Le Dieu Sylvain étoit appelé quelquefois Tlen-
àrophore ^ parce qu’on le repréfentoit avec des
branches d’arbres à la main ; c’eft ainfi qu’il pa-
roiftbït fur les théâtres dans les chœurs des fui-
vans de Baccbus.
DendPvOPhore. C’étoit auffi un artifaa. Il y
avoir un corps, ou , comme l’on difoit chez les
Romains, un collège de Dendrnpkores , qui fui-
voît lesarmees: on ne fait pas trop quel était leur
art ou leur fandiion. Quelques-uns difent qu’ils
fourniffoient du bois pour les tentes. D’autres
penfent que c’étoient eux qui fournifloient le bois
d ouvrage néçeflaire pour ia conftruçlion des édi-
D E N
fices & des machines de guerre. Saumaife ( vers la
fin de fes notes fur la Vie de Caracalla, par Spar-
tien ) avoue que c’étoit-là le fentiment général de
tous les favans de fon temps ; mais il n’eft pas de
leur avis, & il dit que les Dendropkor es des ar-
mées n’étoient point différens de ceux des facri-
fices don: nous avons parlé dans l'article pré-
cédent.
DENDROPHORIE. Cérémonie relîgieufe qui
confiftoit à porter un ou plufieurs arbres dans les
rues des villes à la fuite de certains facrifices, Ss
en l’honneur de quelques Dieux.
EzDendropkorit étoit d’ufage dans les facrifices
de Bacchus, de Cybèle, &: du Dieu Sylvain. Ar-
nobe ( /. V. ) parle de celle qui fe faifoit aux fa-
crifices de la mère des Dieux. Elle confiftoit à por-
ter un pin au travers des villes. On plantoir en-
fuite ce pin en mémoire de celui fous lequel Atys ,
favori de ia Déeife , s’étoit mutilé. On couronnoit
les branches de cet arbre , parce que Cybèie avoit
ainfi couronné fon favori ; on entouroit fon tronc
de laine, parce que la Déeife avoit couvert de
laine la poitrine d’Atys, pour la réchauffer ( Ané-
midori , l. il. c. 42. Commodian. litraho. l. x. ).
Ces mots Dendropkore & Dendropkorie font
grecs , & compofés de é'ùJssv , arbre , & de
,je porté.
DENICALES ferla, cérémonie qui fe faifoit
après les obsèques , pour purifier ia famille des
morts f A. Gell. 222. ).
DENIER , monnoie ancienne de l’Egjpte &
de i’Afie. Voyei Drachme.
Denier des Romains. Les Romains fe fervi-
renr pendant long -temps de monnoie d'airain,
qu’ils appeloient as au-lieu , ou Hbra , ou
pondo , parce que cette monnoie pefoit une livre ;
& des monnoies grecques d’or & d’argent. Ce
fut l’an de Rome 485' que l’on commença à battre
dans Rome de la monnoie d’argent. La première
qui parut fut le denier , denarîns , qui étoit marqué
de la lettre X, parce qu’il valoir dix as ; il étoit
divifé en deux quinaires rriàrqués d'un V , & ces
deux quinaires fe divifoient en deux fefierces ,
marqués de ces crois lettres L L S. ( deux libra &
demie) que les copiftes ont changée en celles-ci,
H S. Voyei^ Sesterce.
Ce detiier fut nommé confdlaire , à la différence
de celui qu’on frappa fous les Empereurs , & qui
fut furnommé impérial. Le denier confulaire pe-
foic une drachme jufte, ou la feptième partie d’une
once. Le denier impérial n’écoit que la huitième
partie d’une once.
Le denier confulaire portait pour empreinte
d’un côté une tête ailée de Rome, 5c de l’autre un
chariot à deux ou à quatre chevaux ; ce qui faifoit
que les deniers étoient appelés bigati 5c quadrigatz.
Dans ia faite on mit fur le revers Caftey & Rsl*
D E N
Vax, &r quelquefois une Victoire fur us char à
^eux ou quatre chevaux.
Toutes les évaluations qui fuiv'ent font tirées
de la Métrologie ce M. Pauéton.
Denier. , once d’argent , monnoie des anciens
Romains J qui valut j depuis l’an de Rome 485
jufqu’à l’an ^37 , 10 liv, monnoie actuelle de
France. Elle valoiî alors es monnoie dû même
peuple J X quinaires , '
Ou 4 fefterces ,
Ou io li\Tes ,
Ou zo fembel'esj
Ou 40 téronces.
Denier , fextule d’argent. Il valut, depuis l’an
de Rome 5-37, jufqu’à l’an 344, i liv- 10 fols,
monnoie aétue^le de France. 11 valoir alors , en
monnoie du même peuple, z quinaires.
Ou 4 fefterces ,
Ou £o as ,
Ou zo onces pefant de cuivre ,
Ou izo onces de l’as.
Denier, fextule d’argent. Il valiît, depuis l’an
de Rorne 544 iufqu’à l’an 347 , i liv. 10 fois ,
monnoie aéluelie de France. 11 valoir alors , en
monnoie du m.ême peuple , z quinaires,.
Ou 4 fefterces ,
Ou 16 as pefans de cuivre , |
Ou ic/z onces de l'as.
Denier, fextule d’argent. II valut , depuis l’an
de Rome 347, jusqu’à l'an 360, i liv. ic fols,
monnoie aétuelle de France. Il valoir alors, en
pionnoie ancienne du même peuple, z quinaires.
Ou 4 fefterces ,
Ou I é as.
Ou 19Z onces de l’as.
Denier , fextule d’argent. Il valut, depuis Tan
de Rome 360 jufqu’à 386, i liv. 10 fols, mon-
noie aéluelle de France. II valoir alors , en mon-
noie du même peuple, z quinaires.
Ou 4 fefterces.
Ou 16 as:
Ou 19Z onces de Pas.
Denier. Il valut, depuis l’an 386 jufqu’au règne
de Claude ou de Néron, i§ fols, monnoie ac-
îuelle de France. Il valoir alors, en monnoie du
même peuple , z quinaires.
Ou 4 fefterces ,
Ou 8 onces pefant de cuivre.
Ou 16 as ,
Ou 19Z onces de l'as.
Pline, qui ecrivoi&cous Vefpafien , dit que de
ÿon temps le denier Romain étoit égal à ki drachme j
Attique ( xx/. 34. ). Drackma Attica dertarii ar- I
gentei^ kahet pondus. On trouve en e^t parmi les j
médaüles d argent, oü denters deNérdn, une pièce j
de même fabrique, de même grandeur & de même, i
i>oids que les autres , fur laquelle eft écrit Apaxaih, i
D E N
' Ces pièces peitvcnt tenir d’argentRn pour la valeur
de près de 1 8 fols actuels. L’évaluation de ^
Paucton eft donc jufte.
Denier trigramme. II valut, depuis le régna
de Claude ou de Néron , jufqu’à Canftantin, ^13
fols & J , monnoie actuelle de France. Il valoir
alors, en monnoie du même peuple, z quinaires ^
Ou 4 fefterces ,
Ou ib as.
Ou ipz onces de Pas.
Denier de-Néron. Il valut, fous Confri
fes fücceiTeurs, de livre tournois,
13 fois. Il v4oir alors , en monnoie du
peuple , I 5 livre de cuivre.
Ou 13 Nummusj
Ou 60 Aftàrions.
m.tin Sc
près de
mênie
Denier d‘ argent , Mgz ^ fcripule d’argent,
monnoie de la loi faliqiie. Il valoit de la livre
tournois aétuelle, ou 3 fols & près d’un liard.
Denier , ancien poids de 1 Afte & de rEgvDt&
V ayrj DRACHME.
Denier de_ Papyrius , ancien poids des Ro-
mains. Il valoit , en poids dé France , 73 grains
& Il valoir, en poids des Romains , i ^ aerîier
de Néron,
Ou 3 fcripules.
Ou 6 fextans de Ceife ,
Ou 6 ~ fimplium ,
Ou zo 7 filiques.
Denier de Néron , ancien poids des Romain»^
n valoir, en poids de France, | grains. H yi-
ioit , en poids Romains, 5 fcripules.
Ou 3 I fextans de Ceife ,
Ou 6 llmplium ,
Ou 18 filiques.
Denier d’ôr. Four évaluer cettemonnoieréeîîe'j;
ou de compte , on multipliera la valeur du denier
d argent ou de la drachme ( monnoie d'Yale au
denier ) par le nombre qui exprimpit k proportion
de l’or à l’argent chez les anciens.
Le nomore iz exp; imoit cette proportion chez
les Afiatiques & les Egyptiens, lOchezIes Grecs,
^16 chez les Romains.
DÉNOAIBREMENT, f^oyei Cens.
DFNONCT ATFT'R >
D%NUNCÏATok } infcrîptton con.
fervée au Capitole dans le- palais des Conferva-
teurs , & puoliee par Gruter Çp. Z3©) faitmentioiî
des dénonciateu-s des différentes- régions de Rome,
^ On croit que ces Officiers fubaiternes devoienc
annoncer aux juges les crimes qui fe commettoienr
dans leurs régions , îorfou’iîne fe préfentoitpo’nr
d’aceufateur. Murarorr (604. 1. Thef. ir.fcript. ) a
puolié aulu deux iaferiptions fui iefquelks on iss-
344- D E N
DeNUNTîATOR REGIONIS RoMAE J Sc DëKÜA*-
TIATORES VICOKÜM RO-MÆ.
DENT ATA ( Ckarta ). Le papier poli avec
une dent de loup . de fanglier ou de cheval, étoit
appelé chartcL dentata. Érarroe 1 a pris pour un eciic
mordant. Mais Manuce, dans les Notes^fur la 14'=
Lettre du. fécond Livre de Cicéron, afonfrere
tiLs , a relevé cette erreur.
DENTATUS , né avec des dents. Ce fut la
raifon pour laquelle on donna le furnom Dent.:.tus
à M. Curius. Pline ( vu. 16. ) le dit expreilément:
Quofdam & cum dentibas nafci accci imus , ftcut
M. Curium , qui ob id Dentatus cognominatus efl.
DENTELÉES ( médailles ) , nummi ferrait.
On déilgne par le mot dentelées des médailles Grec-
ques & Romaines , do.nt la tranche ell dentelée ou
garnie de dents. Les premiers Ecrivains qui don-
nèrent des traités fur la Numifmatique, alTurèrent
que l’opération par laquelle on formoit avec la
lime des dents fur les bords des médailles, avoit
pour objet de prévenir les entreprifes des taux-
îiionnoyeurs. Ceux-ci ne couvrantlebronzequ’avec
une légère feuille d’or ou d’argent, vcyoient leur
fraude découverte par la dentelure. Les médailles
xionfuiaires d’argent font fouvent dentelées y mais
on n’en cohnoit point dans les impériales.
Cette opinion feroic affez vraifemblable > fi i’on
ne trouvoit pas des médailles dentelées qui appar-
tiennent aux Rois de Syrie , & qui font de bronze.
Les fatix-monnoyeurs ne contrefaifoient sûrement
pas les monnoies de bronze , parce qu’ils n’au-
■joient fait aucun profit ; dès-lors on ne dentelait
pas les médâiily de ’Dronze pour prévenir leurs
fraudes.
Comme les médailles des Rois de Syrie font du
même temps que les confulaires, on peut en eon-
fiure que la dentelure des monnoies fut une efpèce
ce mode, c’eft- à-dire , up goût particulier qui
4ura plus d’un fitcîe.
Au* refis , on doit dire ici que les médailles Ro-
maines dentelées étoient regardées du temps des
premiers Empereurs comme d’un meiCeur aloi
que les nouvelles monnoies impériales. Les Ger-
mains J dit Tacite ( Germ. c. j. n, 7. ) , recher-
ckoient les vieilles monnoies des Romains , en
particulier les deniers confiilaires , appelés higati ,
& les deniers confulaires dentelés : Peçuniam pro-
bant veterem , & diu notam , ferrâtes , bigatofque.
DENTS. Les anciens remplaçoient les dents
qu’ils avoient perdues 5 ils en faifoient d’ivoire ,
& les attachoient avec des fils d’or- La onzième
loi des XII tables, rapponée par Cicéron ( de leg.
il. 24. ) , fait mention de cet ufage Cui
nuro dentes vintli erant Et Martial dit
( I. 73. 3. ):
Sic dentata tlbi viietur Ægle
f,mptis ojfbus , Iniicoque corniM
DEP
Les habîtans des iflss Britanniques empîoyoient;
du temps de Soh.n ( c. iz. ) les dents des vaches
marines & des autres cétacees à fabriquer des poi-
gnées d’épée : Dentibas mari natantium btlluarum.
infgpJunt enfium capulos : candicant ad eburneam
claritatem.
Sur un tombeau de la villa Albani , publié au-
trefois par Fabrecti, on voit un cocher conduifanr
un char à quatre chevaux , dont le poitrail ell
orné de fonnettes & de dents de loup.
Les dents du même animal fervoient aux anciens
à polir les métaux & les ckarta , ou feuillets for-
més par la réunion de plufieurs écorces de ga,
pyrus.
DENUNTIÂTORES. Foyei Dénongia.
TEUR. •
DENYS I, tyran de Sicile.
Ses médailles font :
Unique. . , . en or Torremufz,
RR en argent.
RRR en bronze.
Dents II , tyran de Sicile.
Ses médailles font :
O en or.
O en argent.
Unique en bronze. . . Torremufa.
DÉOIS fut aimée de Jupiter , qui , pour h
tromper , fe métamorphofa en ferpent.
DÉPILER- L’ufage de fe déplier a toujours eu
Heu dans l’Orient & dans tous les pays chauds.
Il régna aufii chez les Grecs, comme on peut Je
conjeélurer d’après leurs ftatues , auxquelles on
ne voit ordinairement point de poils io4ss les
ailTelIes, ni au-deffous du nombril. Plufieurs pal-
fages des écrivains latins nous apprennent que les,
premiers Romains fe faifoient dépiler fous les aif-
felles par des efclaves appelés Alipilarii , ou Ah-
pili , & que les débauchés pratiquoiént la dépi-
lation fur toutes les parties du corps. On fe fervott
pour cela d’un emplâtre fait avec de là poix, ou
de la réfine , & de l’huile ou de la cire ; compo-
fition appelée Dropax, Juvénâl parle dans la hui-
tième fatyre ( verf 13. ) de la poix du pays des
Bructiens , que bon employoit pour fe déplier. ;
, . . . Nullus totâ nitor in cutt , qualetn .
Bruttia pr&fiabat calidi tihi fafeia vifci.
DEPONTANI. Ce mot défignoit les/exa-
;énâires que leur âge exemptoit des emplois pû-
dics. Le peuple Romain donnoit fon fufttag?
50ur les élections , en palTant fur un pont , ou
:chaffaut élevé pour cet effet devant les Cotmees-
iDepontani étoient donc ceux qui , pouvant reru-
er d’être élus pour des emplois onéreux , oe*
roient , félon quelques-uns, être
Iroit de donner letir fuffrage , c’efi-à-dire ,
rcpeuffés du pcnr-aitx-fuffrages j de fonte deji-
ciendi ( Nonitis xii. 2.1, ).
R
facrésj de les plier, de les ferrer,
ferver.
. - ^
de les con-
DEPORTATION. Cétoft chez les Romains la
peine de celui qui étoit condamné à paffer dans
les illes ; cette peine fuccéda à celle de l’inter-
diélion de l’eau & du feu, & les fuites en étoient
les mêmes que celles de la condamnation à per-
pétuité aux ouvrages publics. Les deportati
étoient morts civilement } ils perdoient l’honneut
& les droits de cité, ils ne pouvoient plus tefter,
& n’avoient point d’autre héritier que le fife j ils
confervoient cependant ce qui eli du droit des
gens , & demeuroient obligés pour la partie de
leurs biens qui n’étoit pas confifquée. Lorfqu’ils
croient rétablis c’nez eux , ils ne recouvroient
pas pour cela Tordre qu’ils renoient dans la milice,
ni l’honneur, ni les actions antérieures, excepté
C à Tégard de ces addons) dans le cas où on les
réintégroit dans tous leurs biens. Cette condam-
nation prononcée contre le mari , ne faifoit pas
révoquer de plein droit la donation faite à la
femme , mais il dépendoit du mari de la révoquer.
La déportation étoit différente de la reléga-
tion j elle avoir quelque rapport au banniiîément
perpétuel. Ülpien dit què la déportation obligeoit
à une demeure fixe pour toujours , mais que la
rélégarion pouvoir être révoquée , & qu’elle
lailToit plus de liberté. On peut en conclure que
la déportation n’étoit plus révoquée au fiècle de
ce jurifconfulte , c’eft-à-dire, vers le temps d’A-
lexandre Sévère.
DEPOUILLES. Voye^ Butin: dans le diédon.
de V Art militaire.
DEPOuiLiEs-Opimes. Voye^ Opîmes.
DEPSTICIUS panis ( Cato de re rujîicâ ). Le
pain depjlicius , c’eft-à-dire, pétri fimplement &
fans levain , fe faifoit avec de la farine & de
l’eau mêlées enfemble. On répandoit de Teau
fur la farine peu-à-peu , on pétriffoit bien cette
pâte , & on la faifoit cuire fous un couvercle
de tourtière.
DEPUT ATI. Ce mot défîgnoit ; i°. des
armuriers, ou de certains ouvriers qui travaüloient
à la fabrique des armes dans les forges. 2°. des
gens adifs qui fuivoient les armées , & qui ,
dans ies actions , étoient chargés de retirer les ■
biefiés , Sc d’en avoir foin.
Defutatus nom d’un bas-olEcier de TEglife
de Conftantinople , L-k-st-ssî-oî. Le nom de député ,
en ce fens , fignifie un emploi , & non pas une
enarge ou une dignité. Le Député étoit chargé
d appeler les perfonnes de condition à qui le Pa-
triarche vouloir parler , & d'écarter le peuple
quand ce prélat marchoit. Le Député étoit donc,
comme il paraît, une efpèce d’huiffier, ou de
bedeau. Il étoit àulTi chargé du foin des habits
Aiitiouités J Tome II,
DER AC, ancienne coudée des Eevptiens. Dover
Coüdee. "" ' ^
pizRBE , dans la Lycaonie. On a quelques mé-
dailles impériales Grecques de cette ville, feloa
le P, Hardoura.
DERCETO , grande divinité des Syriens , qui
la reprefentoient en remme de la ceinture en
haut, & terminée dans la partie inférieure de fon
corps par une queue de poiffon. Voici comment
Dtodore de Sicile & Lucien racontent fon hiftoire;
Derceto ayant offenfe \ enus , en fut punie par
un violent amour que la DéelTe lui infpira pour
un jeune facrificateur très-beau. Dercéco , après
avoir eu de lui une fille , conçut une fi grande
honte de fa foibleiïe , qu’elle fit mourir le jeune
homme ; & ayant tranfporté Tenfant dans un
heu défert, elle fe jeta dans un lac, où fou
corps fut métamorphofé en poiffon. L’enfant
qu’elle avoir mis au monde fut la fameufe Sémi-
ramis, qui , dans la fuite , plaça fa mère au rang
des divinités, & qui lui confacra un temple. Les
Syriens , z caufe de fa prétendue métamorphofe ,
s’abftenoient de manger du poiffon , & avoient
pour ces animaux une grande vénération. Ils
confacroient dans le temple de Derceto des poif-
fons d’or & d’argent , & lui en préfentoient tous
les jours de véritables en facrifice. Doye^ Atar-
GATIS , SÉMIRAMIS.
Si Ton en croit Pline, (i. c. 13 & c. 23. ),
Dercéto étoit adorée à Joppé , aujourd’hui Jafa.
Diodore de Sicile (/. i.) dit que c’étoit aux en-
virons d’Afeaion. Seldsn juge d’après Tes ftatues
{De DH s Syris Synt. il. c. 3. ), que c’étoit le
Dagon des Philiftins. C’eft auffi la même divinité
que_ Atergatis , dont on avoir fait Dercéto. Les
Syriens la faifoient mère de Sémiramis , & racon-
roient d’étranges fables fur cette femme que Ton
avoir divinifée. On peut les voir dans les auteurs
cités ci-defliis au mot Atergatis, ou Ton trou-
vera auffi Tétymologie de ce mot j & au mot
Dagon,
Selon Voflius ( De idolol. /. vil. c. 10. p. lyé.),
Dercéto étoit la Lune; Dercéto a été appelée Céto,
comme il paraît dans Pline ( Hijl. nat. l. v. c.
13. ). De ce nom quelques-uns pourroient inférer,
dit Voffius , que Dercéto étoit Andromède, parce
que le navire qui transporta Andromède, portoit
la figure du poiffon appelé Cetus , ou parce que
le prince auquel elle fut promife à’abord , étoit
feigneur d’une iSe habitée par des pirates , eue
Ton a pu comparer aux monfrres marins, norarsés
Cete , & appeler de leur nom. Mais V offius affurc
avec plus de vraifemblance que Céto a été formé
de Dercéto , en retranchant la première fyllabe,
DERCILE & ALIBION , fils de Neptune ,
enlevèrent à riercule ks bœu^ de Géryon, brf-
34^ DES
qu’il paffa par la Lvbia , & les conduîiîreat ea
Etrarie. V'oy^l Géryon.
DERTOSA , en Efpagne. C. I. A. D. Coloma
Julia Jlugujla Dertofa. ^
Cette colonie romaine a fait frapper des me-
ilailles latines en l’honneur d’Augufte:, de Tibère.
DÉS de Bade, Voyei Bade & Dés,
DÉS J monnoie 4es a'oçiens Romains. Voyei
Bessis.
DÉS , mefure linéaire des anciens Romains ,
Voye':^ Bes.
DÉS , divifion de rancienne livre Romaine de
poids. Voye[ BÉs.
DÉS, mefure de capacité pour les liqueurs des
anciens Romains. Voye-^ Bessis.
DÉS , mefure gromatique des anciens Romains.
"Voyei Bessis.
DESAN AUS. St. Jérome dit dans la chronique
c’Eusèbe, que Défanauj tü un fiirnom d’Hercule,
très-refpeclé dans la Phénicie, & que de Ton temps
encore les Cappadociens & les Eliens l’appeloient
Défancziis. Dans le texte grec d’Eufèbe il y a
Diodan. , Aias'h , au-lieu de Dcfan-aus , que S.
Jérome y a mis. Ce Défanaus étoit contemporain
de Moyfe ; quelques-uns Tappe'ent Dorfanans ,
& non pas Défanaus. Louis Vives , dans fes notes
fur le 12. chapitre du XVIII. 1. de la cité de Dieu,
note n , fera'bie avoir lu Delphina dans Eufèbe
■gourDiodan. Quoi qu’il en foit, on ne fait pas trop
ce que c’eft que ce Défanaus de S. Jérôme, ni
ce Diodan d’Eufèbe, parce que c’eft le feui en-
droit de l’antiquité où il en foit parlé. Voysg^
encore Dorsases , &- Selden , de Dus V.
fynt. ï. c. 6.
DES CENSOR-Jüglte~. Voye-^ Cataïbates.
DÉSERTION. Voyex^ le Diélion de Y Art Mili-
taire.
DESESPERES des médecins , defperatî. Les
anciens plaçoient ces malades devant les portes
de leurs miifons 5 afn que les paîTans leur indi-
quaffent quelque remède eiScace, mais peu connu
Servius y Æneid. xii. Ù Ifidor. x.').
DÉSHABILLÉ. Les Romains avoient, comme
les peuples modernes , un habillement commode
ou Emple pour le matin. Nous l’apprenons de l’é-
pitaphe fuivante citée par Pignorius (de fervîs):
AriOX- CÆSARIS. N. A. V.BSTE MATOTINA,.
DjtSlDERATU S ( Ade ) , tué fur ie champ
de bataille. On lit dans Muratori l’infcription fui-
Yante ( Tkef. infer. 789.)
D M
AUR. CRESCEK
des
TiANI. V. E '
ACIE DESID - J
qui VIXIT. AN
XXV
AUR. PISTUS
EXAR
RRATRI CAR
POSUIX
DESIDERIUS , C&far , £rhc de Magnence,
Les médailles de Defderius ne font connues
que dans Stsada, qui en rapporte une de M. B.-,
& dans Goltzius, qui en rapporte une fécondé.
DESIG. X, P. P, Defignator deeima per pro-
vincias.
DESIGN ATOR , nom de plufieurs officiers
chez les Romains. Les premiers indiqués fur les
marbres par les abréviations de l’article précédent,
fixoientla fommiC que chaque citoyen, ou poffef-
feur de, terre , dévoie payer au fife pour le dixième
de fes biens.
Dss . gîtator funerîs , celui qui ordonnoiî les
convois , qui aifignoit à chacun fa place. Il rem-
püifoit les mêmes fonctions que nos jurés-crieurs;
H m-archoit à la tête du convoi , précédé de
lifîeurs vêtus de noir , deili.nés à écarter la fouie
& à exécuter fes ordres ( Horat. Evifi. u
7.6.)
. . . . Cîim ficus prima calorque
Defignatorem décorât liBoribus atris.
La marque de diftiaélion du D efgnator fiinerïs
étoit une branche ou une baguette de figuier,,
fixas , dont il eh fait mention dans les vers précé-
dens d’Horace , & dans les vers fuivans du même
poète ( Epoi. XVI. 46. ) t
Suamque pulla ficus ornât arhorem.
Design ATOR ludorum , officier public qui ,
dans les jeux & les fpeciacles, faifoit placer chacun
^ fon^rang, y conduifoit même les perfones dif-
tiaguees , & faifoit obferver ie li’ence. Les Grecs
appeloient cet officier Airoê'uy.T-^s. Plaute en parle
dans le prologue dn Pœnulus {v. 19. ) i
N eu defignator pr&ter os ohamEulet
N eu fejTum ducat , ditm hifirio in feena filet-
DESIGNE ( Conftil ). Le peuple afîemblé en-
comités élifoit dans le mois de juillet les confuls,
n’entrqient en fonclion , au moins depuis 1 an
J qu’au premier de janvier. Les confuls élus
s’àppeloient jufqu’à cette époque , Confuls défir
grJs..
DES
DÊsrcNB ( Poiïîife ) -, Pontife élu dans les co-
nticcE-par-rnhus , :5c non encore confnné par les
Comices-par-caries , ou non encore aaopté par
certains collèges de pontifes. On en voit un cité
fur un marbre antique ( Guther. de vet. jur.
Pont. I. 5.}.
Sacrata. bomus Aügüsto.
M. Clodius pontifex desig.
DESlR. Kcyer Imexos.
DESPOTE.'),- , , ,
AEcnaTHc.f-^°^- cignite quont porte
îes derniers empereurs de Conftantinople. C’eli un
mot grec qui , dans fa première origine , pouvoir
être traduit en latin parle mot Herus , & en Fran-
çois par celui de Maître , par rapport aux fervi-
teurs. On fit de ce mot le même emploi que les
■Latins avoient fait du nom de Cafar comparé à
■celui A’Augufie j baciaetc, répondant à Augujius,
■& AEcnOTHC à Céfar. Ainfi Nicéphore ayant
fait couronner fon fïîs Stauracius, celui-ci ne vou-
lut prendre queie nom de AecîîOTHCj iaiiTant
par refpeéf à fon père celui ce baciaetc. A
la même époque les Empereurs Grecs ceirèrenc
■de mettre des infcriptions lac nés fur les mé-
dailles. Cette déiicateffe néanmoins îie dura pas
long-temps 3 les Empereurs fuivans ayant préféré
la qualité de AEcnoTHC à celle de baciaetc,
comme Conftantin & Michel Ducâs , Nicépho e
Eotoniate , Romain, Ciogènes , les Comnènes,
'& quelques autres. À f imitation des princes, les
princefTes prirent aiiffi le nom aeciîoina, comme
Théodore, femme de Theodophile.
Il faut voir ce que dit le P. Hardouin {Mé-
dailles du jTscle de Confiantin , p. Ijr. ), fur le
mot de Defpcte, & fur celui de Bafiieus 5 fes idées
font ingénieufes, mais nngulières.
L'Empereur Alexis , furnommé TAnge , créa
une dignité de Dejpote , & lui donna le oremier
rang après l’Empereur , au-deffas de l’Aiigufle ,
ou Sébaibocrator , & du Céfar. Phranzès nous
l’apprend : l. i. c. i.). Les Defpotes etoient ordi-
nairement les fils ou les gendres des Empereurs. Le
JDefpote étoit Collègue de l’Empereur, ou fon
héritier préfomptif. Le Dsfpote fils de l’Empe-
reur , avoir le pas fur le Defpote gendre de
l’Empereur. Cod'n ( p. 38.) décrit les habits
-Se les ornemens du Defpote. Sous les fuccefTeurs
du grand Conftantin , on appela Defpotes de
Spam , les Princes fils ou frères de l’Empereur,
à qui l'on avoir affigné la ville de Sparte, ou La-
cédémone pour app-anage.
Ce mot vient du Grec sVjrsr?#, & fignifie
Maître ou Seigneur.
DESSr-RT. Varron, Cicéron, Horace, Gvîde,&
•toiis^les écrivaifis fuivans , ont appelé le dejfen ,
Tnenfs. fecunde, parla raîfon que les Roma’ns chan-
■geoient de table , & que la fécondé table étoit
pour le fruit, pour les chanfons, i^s cantiques^
E S
les libations ; car ie temps du fouper , qui étoit
leur principii repas, ne s’employoit pas unique-
ment à manger & a boire.
Les dejfens des anciens n’ofifroient ni moins
de dîvernté , ni moins de magnificence que leurs
autres ferv’ices, & ils étoient bien plus brilians,
comme le dit Athénée ( xir. p. 641. c. ).
Vers le déclin de la République romaine, les
femmes fortoient de tab'e quand ce fervice arn-
voit J parce qu’il fe terminoit quelquefois par
des fpeâacles auxquels la pudeur ne permettoit
pas encore au beau fexe de prenàre part. Mais
quand les moeurs furent entièrcinent corrompues,
les femmes ne connurent pLis de devoirs, ni de
règles de décence ; tout devint égal.
D
dEuNÈE.} aveugle qui régloiî
toutes chofes par une puifTance dont on ne pou-
voir ni prévoir, ni empêcher les effets. Toutes
les autres Divinités étoient ioumifes à celle-ci:
les deux, la terre, la mer & les enters croient
fous fon empire, & rien ne pouvoir changer ce
qu’e'ie avoir réfolu j ou, pour ;’ar.er avec Es Stoï-
ciens , le Def in étoit lui-même cette fatale né-
cediré , fuivant laquelle tout arrivoit dans la
monde. Jupiter a beau vouloir fa--ivsr Patroclep
il faut qu’il examine fa deftinée , qu’il ne connoit
pas. H prend des balances,, pèie, & le cote qui
décidoit de la mort de ce héros étant le plus pe-
fant, il eft obligé de l’abandonner a ion Deftirz^
Ce D eu fe plaint, dans^ le même poète, de ne
pouvoir fléchir le Deftin pour fon fils Sarpédon,
ni le garantir de la mort. Ovid. ( ÎÆétam- lib. p. )
fait dire à Jupiter qu’ii eft fournis a la loi du
Defiin; & que s’il pouvoir la changer, Eaque,
Radamante & Minos ne'feroient pas accablés fous
le poids de Içur vieilleiTe. Diane, dans Euripide,
voulant confoler Hyppolite mourant , lui dit
qu’e; e ne fauroit à la vérité changer l’ordre
du Deftin , mais que pour le venger, elle tuera
de fa propre main un des amans oe énus. Quel-
que inévitables que’ fuilent les arrêts^ de cette
aveiîp-le Divinité , Homèr-e di; cependant qu’ils
penferent une fois erre fans exécution ; tant les
idées qu’on avoit à ce fujet étoient peu nettes. Ces
Deftinées étoient écrites de tou e éternité dans un
lieu où les Dieux alloient les confulter. Jupiter 7
alla, dit Ovide, avec Vénus , pour y voir celle
de Jules-Céfar. Ce p-oëte ajoute que celles aes
Rois étoient gravées fur le di mant. Les mi.niftres
du Deftin étoient les trois Parques , eue l’on char-
geoit du foin de 'faire exécuter les ordres de
favengle Divinité. Un mythologue moé-ernedic
qu’elles étoient les fecrétaires de fca cabinet,
& les cardes de fes archives : l’une di-doir les
ordi'es de fon maître -, l’autre les écnvoiî arec
exa-LriîU'.lef & la dernière les exécuîojt ep fdir.t
nos deftinées. Les ordres du Deftin. n etoient^ce ^
pendaot pas ïeUvinerf; fixes , qu’usine puiTent sers
34S DES
changés par un feul mor. Voyez Caienüs. Selon
Héilode, la Nuit feule engendra Taffreux D efiin.
Winckelmann a publié dans fes monumenti
inediei (-n°. 13 3 ) une patère Etrufque que pofîe-
doit à Rome le Siear Jenkins, fur laquelle font
gravées les defimées d’Achiüe & d Hedlor que
Tvlercure pèfe dans une balance. Elles font re-
préfentées par deux petites dgures pofées debout
dans les plats de la balance. Apollo.n e-xamine at-
tentivement l’aétion de Mercure , & afin 'de
mieux juger , il fait pendre un bout de fa chla-
myde , pour lui fervir d'aplomb & d’objet de
comparaifon avec la languette du fléau de la
balance. Les noms des Dieu.x & des héros font
écrits en caraélères étrufques.
DESTITUTION. A Rome , du temps de la Ré-
publique , les OiSciers étoient de leur nâture an-
nuels j mais ils ne lailToient pas d’être irrévocables
avant l'expiration de l'année. En effet , on voit
que Tarquin Coliatin le premier des confuls fut
deftivué de fon office , & Valen'us Pubiicoîa mis
à fa place; que Scipion Nafica & Caïus Martius,
aiuTi confuls J furent rappelés des provinces où
ils commandoient , fous prétexte qu'ii manquoit
quelque cérémonie à leur élection.
La deftitiLtion avoir auffi lieu dans les emplois
du facerdoce ; témoins ces deux prêtres de Rome ,
Cornélius & Céthégus , qui furent deflkués de
leur prêtrife pour n'avoir pas diffribiié par ordre
les entrailles d’une vidtime. On deftitua de même
Quintus Sulpicius , parce que fon bonnet écoit
tornlié de fa tête en facrifiant.
Caïus Flaminius fut defiitué de Toffice de maître
de la cavalerie , parce que lors de fa nomination
on avoit ouï le bruit d'une fouris.
Les cenfeurs ôtoient auffi , & dégradoient du
fénaî & de l'ordre des chevaliers, à leur volonté ,
pour des caufes fort légères.
Enfin le fénat révoquoit , quand il jugeoit à
propos , les proconfuls.
Les empereurs révoquoient auffi les prefidens &
autres gouverneurs des provinces, en leur envoyant
un fucceffeur ; de forte que fucc efforem mittere figni-
fioit , révoquer l'ancien officicier , le defiitucr.
Mais fous les empereurs , les officiers , au-lieu
d'annuels qu'ils étoient du temps de la Répu-
blique , devinrent prefque tous à vie. Ce chan-
gement fe fit infenfib'ement & fans aucune loi;
î’officier étoit obbgé de continuer fes fonctions
jafqu'à i'avénement de fon fucceffeur, & il conti-
nuoit toujours fes fondions.
Si les empereurs révoquoient quelquefois cer-
tains officiers , ils ne le faifoient jamais fans
caufe. Auffi Capitolin dans la vie d'Antonin , lui
donne cette louange , que fuccejforem vivmti bono
judicii nuUi dédit , qu’il ne voulut même defiitiier
aucun des officiers pourvus par Hadrien fon prédé-
cefTeur ; & Lampride remarque dans îa vie d'A-
lexandre Sévère, que cet empereur s'exprimoit
toujours v.nii , grattas tibi agit refpublica , lorf-
D E S
qu’il donnoit un fucceffeur à quelqu’offiLier ;
manière que l’officier étoit remercié honnête-
ment.
P y avoir aufii chez les Romains des commiffions
qui ^étoient différentes _ des offices, en ce que la
fonâion des offices étoit ordinaire, & l'autre feu-
lement extraordinaire. Ceux qui étoient charo-és
de commiffion , pouroient auffi être deftitués fans
attendre la fin de leur commiffion.
DÉSÜLTEÜR.") c • tr -L ,
DESULTOR f Sauteur qui pafle d un cheval
far un autre. Chez les Scythes, les Indiens & les
Numides , les cavaliers qui fervoient en guerre
étoient très-habiles défultears, c'eft-à-dire , qu'ils
menoient avec eux au combat au moins deux che-
vaux; & quand celui qu'ils montoient étoit las,
iiS fautoient avec beaucoup d’agilité & beaucoup
d’adreiTe fur le cheval de main qu’ils conduifoient.
Les Grecs & les Romains prirent cet ufage de
ces nations barbares , mais ils ne s’en feivirent
que dans les jeux, dans les courfes de chevaux,
& jamais ( au moins à ce qui paroîc ) à la
guerre , ni dans les combats. Iis faifoient auffi
paroître des défulteurs dans les pompes funèbres.
Ainfi c'étoit une milice chez les peuples d'Alîe
& d’Afrique dont nous avons parlé ; mais chez
les Romains ce n’étoient que des fauteurs Sc des
baladins. Quelquefois ils avoient, non pas deux,
mais quatre oufix chevaux de front, & fautoient
du premier fur le quatrième , ou fur le fixième ;
c’étoit là ce qu'il y avoit de plus difficile , dit
Euithate. Homère ( I/iad. L zv.) Hérodote. (A
vit. ) , Tite-Live ( /. xxiii. c. 29 ) , Ammiea
Marcellin ( l. xxij. ) , Varron ( De re ruft. il. c.
7. ) , Manüius ( Afiron. /. >. ) Prpperce ( /. v &
L ir. El. il. V. 35. ) , Hygin ( l. de fah. c. 80. ) ,
Suétone dans Jules Céfar \ chap. 29. ) juilifient ce
que nous venons de dire.
DESULTORîl Equî. ün cavalier conduifoà
ordinairement deux de ces chevaux dans les com-
bats, & fauîoit alternativement de l'un fur l'autre;
mais dans les jeux un feul homme conduifoit quel-
quefois quatre , lîx , douze même , & jufqu’à
vingt de ces chevaux , comme on le voit fur un
grand nombre de pierres gravées , & en parti-
edier fur celle qu’à publiée le comte de Caylus ;
où l’homrce paroît, non fur un char {Rec. d’An-
tif I . pl. 60. n. 4. ) , mais monté fur un des
vingt chevaux. Gori ( Muf Florent, il. :. b,
parlant des chevaux defultorii , cite l’époque d’un
prince Macédonien, comme un des plus andens
exemples de cette courfe ; mais Homère nous en
donne une époque plus réculée. Pour mieux pein-
dre le courage &‘raaivité avec laquelle Ajax
fautant d'un vaiffeau à l’autre, les défend tous
à-îa-fois, il le compare à un homme qui, courant
au galop avec quatre chevaux , faute de
l’autre ( lliad. O. v. 679, 684. ).
D E U
DEUCALIOX J nis de Proiriéthéej avoit épouié
ïmha J fiils de fon oncle Epiméthée. Jupiter
voyant croître la malice des hommes j dit Ovide^
réfoiüt {Met. I.) d^exterminer le genre humain,
& de renfevelir dans les eaux, enfaifant tomber
des torrens de pluie de toutes les parties du ciel.
Toute la furface de la terre en fut inondée, hors
une feule montagne de la Phocide ( Cell le mont
Parnaffe ) que les eaux épargnèrent , parce que
les deux fommets étoient au-delTus des nuages.
C'eft-là que s'arrêta la petite barque qui portoit
Deuculion & fa femme : Jupiter les avoit fauves ,
parce qifii n'y eut jamais d'homme plus juîle &
plus équitable que Deucalion , ni de femme plus
vertueufe , & qui eût plus de refped: pour les
dieux , que Pyrrha. Dès que les eaux fe furent
retirées, iis allèrent confulter la Déeffe Thémis,
qui rendoit Ces oracles au pied de la montagne,
au même lieu qui devint par la fuite fi célèbre
par l'oracle de Delphes. La Déeffe leur rendit
cette réponfe : Sortet^ du temple , vozle:^-vous le
’vifage , détache-!^ vos ceintures , & jete^ derrière
vous les os de votre grand-mere. Ils ne comprirent
pas d’abord le fens de l'oracle , & leur piété fiit
alarmée d'un ordre qui leur paroiffoit cruel. Mais
JOeucalion , après avoir'bien réfléchi, trouva que
la terre étant leur mère commune , fes os pou-
voient bien être les pierres qu'elle renfermoit dans
fon fein. Ils en prirent donc quelques-unes, & les
jetèrent derrière eux , en fermant les yeuxj auffi-
tôt ces pierres s'amollirent, devinrent flexibles,
& prirent une forme humaine. Celles que Deu-
calion avoit jetées, formèrent des hommes, êc
celles de Pyrrha , des femmes.
Le fond de *ce récit eft véritable. Sous le règne
de Deucalion , Roi de Theffalie , le cours du
fleuve Pénée fut arrêté par un tremblement de
terre , entre le mont Offa & l'Olympe , où eft
l'embouchure par où ce fleuve, groffi des eaux
de quatre autres rivières , fe décharge dans la
mer j & ij, tomba cette année-Ià une fi grande
abondance de pluie, que toute la Theffalie, qui
eft un pays plat, fut inondée. Deucalion , & ceux
de fes füjets qui purent fe garantir de l'inondation,
fe retirèrent fur Je mont Parnaffe ; & les eaux s'é-
tant enfla écoulées , ils defcendirenc dans la plai.ne.
Les enfans de ceux qui s'étoient fauves, font les
pierres myftérieufes du poète , qui repeuplèrent
dans la fuite le pays.
DEUCALION 3 fils de JAinos, fécond Roi de
Crète , régna après fon père, & donna Phèdre,
fâ fœur , en mariage à Théfée. Voye'^ Phèdre.
Il fat grand père d'Idoménée.
DEV'ERRA , Déeffe des Romains. On ne fait
de cette Divinité que ce qu'en dit S. Auguftin au
VI liv. da la cité de Dieu ( c. 9. ) ou plutôt ce
qu'il rapporte de Varron à fon fujet. Les anciens
croyoient que le Dieu Sylvain entroit la nuit dans
les maifons , fe plaçoit fur Iss corps de ceux qui 1
E) E U
cormoîeftt , & les accabloit de fon poids. Auff,
quand une femme étoit greffe , de crainte que
Sylvain ne la vînt ainlî incommoder, on la mettoit
fous la garde des trois divinités, Intercidon, ou (fé-
lon I ivez) Intercidona, Pilumne & Deverra. La
ceremonie fe faifoit en cette manière. Four défi-
gner ces trois divinités gardiennes' , trois hommes
faifoient la ronde autour de la porte de la mai-
fon pendant la nuit 5 fs frappoient le feuil de
la porte d'abord avec une coignée , enfuite avec
un pilon^, & enfin ils la nettoyoient avec un
balai , afin que le Dieu Sylvain , voyant ces trois
marques n'approchât point de la maifon qu'il
reconnoiffoit avoir été mife fous la protedion
de ces trois divinités j car, ajoute S. Auguftm,
Intercidon eft ainfi nommé , de i’incifion d'une
COîgnée , à fecuris inîerfeciione ; Pilumnus , du mot
pilum, -pilon-, & Deverra, a feopis , d’un balai avec
lequel on balaie la maifon : d’où l'on peut con-
clure que Deverra préfîdoit à la propreté des
maifons , & que fon nom avoit été formé de
deverrere , balayer.
DEVERRONA , Déeffe des Romains. Voflîus
( De idololatr. l. il. c. 61 ) appelle ainfi une
Déeffe que l'on invoquoit quand on entaffoit le
bled , parce qu’alors il falloir balayer 5 mais il
eft douteux qu’il faille la diftinguer de Deverra,
dont nous avons parlé j & peut-être Voffius s'eft-
il trompé. La différence des fonctions que l’on
attribue à ces deux Divinités , dont l’une préfi-
doit à la naiffance des enfans , & l'autre à la
récolte des bleds , fi elle étoit réelle , ne permet-
troit pas de les confondre. Cependant leurs noms
I ont une origine commune. Ces mots Deverra Sc
Deverrona , viennent de deverrere , ba}a3'’er.
DEVERRINUS. Voye^ Pilümnus.
DEVIANA , furnom que l'on donnoît à
Diane , parce que ceux qui aiment la chafle
comme cette Déefle, font fujets à s'égarer, d?
via recedere.
DEUIL. L'article Cok'voi & celui des Funé-
railles , apprendront les details du deuil que
les anciens portoient en fuivaht les morts aux
bûchers. Je ne parlerai ici que des deuils après
cette époque.
Les femmes, dit Windcelmann ( Hifi. de V Art.
liv. 4. ck. 5. ) , portoient le deuil en habits noirs
chez les Romains comme chez les Grecs ( Dionyf.
Dalic. A. R, L. 8. c. 39. p. 492. Ovid. Met.
l. 6. V. 289. }. Cette mode exiftoir déjà du temps
d'Homère , q'ui nous apprend que Thétis, plon-
gée dans la trifteffe par la mort de Patroeîe , prie
le plus noir de fes vêtemens ( Hom. 11. 10. v.
94. ). Mais fous les empereurs Romains cet ufage
éprouva un changement total , & les femmes
portèrent le deuil en habits blancs (Noris Ce-
not. Pifan.p. 357. ). Ainfi, quand Plutarque nous
parle en général des habits blancs pour le deuil
3^0 D E U
fans fixer l’epoque , ii n’eft alors queftion que .
de Tufage de fon temps ( xxTxy^. p.
482. /. 20. ). Hérodiên fait mention du deuil
en habits blancs , dans la relation des funeratiles
de f Empereur Septime-Sévère. Ii nous raconte
eue Timage de cet Empereur faite de cire^
étoit environnée d'un côté d'une troupe de fem-
mes vêtties de blanc , & de i'aiure du corps de
tous les Sénateurs habillés de noir ( Hérod. kift.
i. 4. c. P . 128, ) On peut dire cependant en
général que , chez les Romains , les honvines-
s'habilioient coaftamment de noir dans le deuil ,
comme nous l’apprenons entre autres par un traie
de Trajan qui , ayant perdu fon époufe Plotine^
porta Tes habits noirs pendant neuf jours ( Xiphil.
Hadr. p. 247. l. 27. ) 33.
Caton cité par Servius ( hi Æneid. iil ) , dit
que les femmes quittoienr pendant le deuil les
habits de pourpre , & en portoient de couleur
bleue J CAruleas veftes.
Les femmes quittoienr pendant le deuil tous
leurs ornemens , & nég’igeoient le foin de leur
parure. Les hommes hüToient croître leurs che-
veux & leur barbe ; ils quittoienr les anneaux
d’or. Les Sénateurs & les magiltrats ne portoient
point de iaticlave ni les autres marques de leurs
dignités , fine infignibus mugifiratûs ( Tacit. annal,
iil. 4. I. ). Tous étoient vêtus comme les Plé-
béiens ; les confuls eux-mêmes ne rendoient plus
la juilice aiïis fur leur tribunal & dans les chaifes
CuruleSj mats affis fur Iss fiéges des préteurs,
pu dans les bancs des tribuns du peuple ( Dio
lib. ). Lucain peint dans les mêmes termes un
deuil public (jJ. 17.):
Ferale per urhem
Jufiitiam : latuit pleheïo tedus amicm
Qmnis konos : nuilos comitata efi purpura fafees.
On fermoir pendant les deuils publics \s forum,
les cabarets , tabe^ns , les lieux publics ; c’eft
pourquoi on abrégeoit quelquefois le temps des
deuils. Feftus donne pour caufes de l’accourciife-
ment d’un deuil public, la dédicace d'une ades ,
la clôture du luître , l’accompliffement d’un vœu
pubdc j & pour celles de raccourcifiTement d’un
particulier la naiiîan.cs d’un enfant , quel-
ques ftonneurs accordés à la famille, le retour de
.captivité d un père , d'un enfant, d’un époux ou
d un frété , un mariage , la naiffance d’un parent
plus proche que celui dont on porte -le deuil, la
célébraîion^des myftères de Cérês & des çoinplt-
mens de félicitation à faire.
On peut atouter aux ciufes rapportées par Fef-
tus, la célébration des ieux folemnels & celle
ues fjturnales. Tacite parlant de la mort de Ger-
Etanicus, dit que le deuil ne prit fin qu’à cau^e
des ieux Mégaléfiens ( Annal, ni. r ) Et
qu.a ludorum Megalenfium fpeciaculum jüèrat ,
guam voiuptatc^ refumerent. Capitolin en fourni:
D E U
une fécondé preuve , lofrqu’il parle de k
mort du nis d’Antonia ( c. 'zi. ). Quant aax
faturaales , nous en voyons la preuve dans k
reiie.don de Suétone , fur ie prolongement du
deuil de Ge:mardcus pendant le temps de ces
têtes ; ce qui etoic donc infolite ( Càlig. c. g
d. 3. y : non uLLis foiatiis , non ediciis inhzber'i
luctus publicus potuu : duravitque etiam per fefios
D^cemoris me gis aies.
Ceux qui étoient dans le deuil ne fortoient
point de leur maifon. Pline dit ( Epift. ix. 13.).
ldi cto sa Adriam , rogo ut veniat , quia me recens
adhuc lucius limine contincret. Lorfqa'iîs commen-
çoienr a fortir, ils fuyoient les fellins, qui luget
abfiinere débet d convivüs ; Eaull. fentent. il. 11.),
les aiTemblées & les fêtes publiques.
Gratien, Valentinien 6c Théodofe , fixèrent à
un an le temps des grands deuils \ l fiqua 2. c.
de fec. napt. ) par exemple celui des époux porté
par leurs temmes : iis déclarèrent infâmes &
privées de la fuccefnon de l'épo x défunt, celles
qui en prendroient un autre avant l'année révo-
lue. Avant ces empereurs, les plus grands deuils
ne duroient que uix mois , ou une année de Numa,
prince qui avoit le premier fixé ce temps à une
année.
Il étoit d’ufage dans le deuil de fe faire couper
les cheveux. On voyoit fans cheveux Ethra, mère
de Théfée {Faujan. l. ïo.p. 8di. t. il. ') & une
femme âgée dans un tableau de Polygnote con-
fervé à Delphe ( Ibid. p. 804. /. 27. & Eurip.
Pheenif. v. 373. ). Cet ufage défignoit fans doute
le deuil eonlrant des veuves, comrMe celui de CL-
temaeftre & d'Hécube ( Eurip. Ipkig. Aul. v»
1438. Troad.v. 279. 480. Helen. v. IO93. il 54*
1248. ). Les enfans coupoient auSi leurs che-
veux à la mort de leur père {Eurip. EleB. v. ici,
148. 241. 33). Epigr gr. ap, Orvil. anim. in
charit. p. 361 ) ; ce que nous favons par l’exemple
d’Electre &: dOrefte , & ce que nous voyons par
leurs llacues de la Villa Ludovifî i Rome , dont
on pariera plus en détail aux articles de ce héros 6c
de fa .rœur. Foye^ Cheveux, Ceinture, Ban-
delette.
Les anciens coupoient les crins à leurs chevaux
dans le deuil univerfeî d’une ville ou d'un pays,
comme fit ( Eurip. Alcefl. v. 428. ) Acniete ,
pour marquer fa douleur à la mort de fa femme,
& comme firent les ( Pluiarck. Pelop. p. 296- c. )
Tlieflâiiens à la mort de Pélropidas.
DEVIN CTIO. ■) „, , . r,
DEVINCIRE. Ç ^
lier l’amour de quelqu’un par des charmes.
en voit une exemple dans la 8‘<, éçiogue de "V irg^s
C V. 77. ) :
Nccîe tribus nodïs ternos , Arnarylli , colores-
Necie , Arnarylli , modo , éf Vtneris ^ die ^
•vincula nedo.
D E U
DEVINS J c’étoieaî chez les Grecs des minifires
de la religion forr ref. ectés : iis aifiiloient aux fa-
crifices pour confulter les entrailles de la victime ^
& en tirer les préfages ; ils rég;oient le temps j
la forme iU la matière des facrifices , fur- tout dans
les occafions importantes : on ne manquoit pas
alors de les confulter , & de fuivre leur décifîon.
Au refte il y avoit deux fortes de Devins ; les
uns étoient infpirés par Apollon ^ répondoient par
oracles & de vive voix àceux quiles confultoient;
les autres ne s’appliqaoient qu'à expliquer les pré-
fages tirés des oifeaux , des victimes j ou les fon-
ges. y oyei Augures j Aru.spices.
DEULTON , dans la Thrace, Colonia F/avia
Pacenjis Deulton. C. F. P. D. COL. FL. PAC^
DEULT.
Cette colonie Romaine a fait frapper des mé-
dailles latines en l'honneur de Trajân , de Cara-
calla 3 de Macrin de Diaduménienj d'Alexandre
Sevère , de .Marnée , de Maximin ^ de Maxime ,
■de Gordien J de Tranquilline^ des deux Philippes^
d Gracile.
DEUNiK. Une livre de douze onces moins
une once ; onze onces de la livre Romaine , qui.
en conrenoit douze ; onze douzièmes de quelque
chofe que ce foit. Quoique ce terme foie pure-
ment latin , les antiquaires qui écrivent en fran-
çois J font obligés de s'en fervir , parce que nous
n'en avons point dans notre langue qui y réponde.
Deunx , monnoie de compte *des Romains.
Elle étoit repréfentée par ce figne Elle va-
loir Il onces.
Ou 22 femi-onces.
Ou 3 s dueiles.
Ou 44 ficiliqaes ,
Ou 66 fextules ,
Ou 264 fcripules.
Deunx, monnoie des anciens Romains. Elle
Valut, depuis la fondation de Rome jufqu'à l'an
485 . 18 fols, monnoie aduellede France, fclon
M. Pauéton. Elle valoir alors , en monnoie du
même peuple , I -V dextans.
Ou I f- dodrans.
Ou I I beflis.
Ou I f feptunx.
Ou I J femis ,
Ou Il onces.
Dsunx , mefure de capacité pour les liqueurs
des anciens Romains. Elle valoir 18 roquiiles &
de France. Elle valoir, en mefures des Ro-
mains , TJ dextans ,
Ou I f dodorans,.
Ou I I beiiis,.
Ou I ^ feptuüx,.-
Ou I J fexunx,
Oa 2 Iqaincunxjr -
Ou 2 I triens ,
Ou 3 J quadrans ,
Ou y 2 fextans ,
Ou 1 1 onces.
Deunx, mefure de capacité pour les grains des
anciens Romains. C'étoient les onze douzièmes ,
c eft- à-dire , les fl- du fetier ou de l'as F oye:(^ As.
Deunx , aivifion de l'ancienne liv're Romaine
valoir, en poids de France , 5786 grains j valoic,
en poids Romains , i dextans ,
Ou I I dodrans.
Ou T l bes ,
Ou I I fepcunx ,
Ou I I fexuns.
Ou 2 \ quincunx.
Ou 2 f triens ,
Ou 3 I quadrans >
Ou y 2 fextans ,
Ou 1 1 onces.
Deunx , mefure linéaire des ànciens Romains^
Elle valoir 10 pouces de France. Elle valoic,
en mefures du même peuple, i tj dextans.
Ou I 2 dodrans ,
Ou I I bes ,
Ou I ffeptunx.
Ou I |- fexunx ,
Ou 2 2 quincunx.
Ou 2 2 triens.
Ou 3 2. quadrans ,
Ou y 2 fextans.
Ou II onces.
Deunx , mefure gromatique des anciens
mains. Elle valoir 663 toifes quarrées & de
France. Elle valoir, en mefure du même peuple,
I 7'- dextans ,
Ou I 2 dodrans
Ou I I beilis.
Où I 2 feptunx ,
Ou I I fexunx ,
Ou 2 2 quincunx.
Ou 2 I triens ,
Ou 3 I quadrans.
Ou y 2 fextans ,
Ou II onces.
DEF OTXIS numîni majefiaûque ejus. CetKî
expreffion , qui fe lit dans pluiîeurs inferiptions
gravées en l'honneur des Empereurs , eft expri-
mée quelauefoisjaar les figlcs fuivantes D. N. M,-
Q- E.^Ceire bafls adulation rappelle la folie de ce
Rom.afn , qui offrit a Caligula de fe dévouer à la
profpérité. L'approche du momens
ou il devoir exécuter fon fatal dévouement , le Ht
trembler j mais le farouche Empereur le livra à la
cruauté de ies vaiers , qui après avoir promené
dans toutes les rues cette viefime involontaire ,
parce de bandelettes & de couronnes de verveiae ,
3îi D £ U
k précipitèrent dn haut de ^oy^X. Caia-
ho&ra‘.
Devotus étoit auffi le nom de celai qui fe con-
fac’-oit au lervice de quelque Divinité particu-
lière ou de quelque temple. On ht ces mots dans
une infcriptiôn q\n eft à Rome ( Guîker. de V et.
Jur, Pcnt, ir, 1 y.') •
decretum
ITEM. DEDICATIONE. STATEJARUM
CÆSARUM. ET. AUGUSTARUM
MULSUM. ET. CRUSTULA. PECUNIA
NOSTRA. DEVOTIS. OMNIBUS. EX
POPULO. DEBIMUS.
DÉVOUEMENT, aftion par laquelle on fai-
foit le facrince de fa vie pour le falut de la patrie ,
avec des cérémonies particulières, & dans cer-
taines conjonétures.
Lkmour de la patrie , qui étoit la bafe du ca-
raétère des anciens Romains, n’a jamais triomphe
avec plus d’éclat que dans le facrifice volontaire
de ceux qui fe font dévoués pour cette patrie, à
une mort certaine. Traçons -en l’origine, les
motifs, les effets & les cérémonies, d’après les
meilleurs auteurs qui ont traité cette matière. Je
mets à leur tête Struvius dans fes antiquités ro-
maines, & Simon dans les Mémoires de l’Aca-
démie des Belles-Lettres.
Les annales du monde fourniiïent plufieurs
exemples de cet enthoufiafrae ]!Our le bien public.
Je vois d’abord parmi les Grecs, plufieurs fiècles
avant la fondation de Rome , ceux Rois qui ré-
pandent leur fang pour l’avantage de leurs fujets.
Le premier eft Ménécée , fils de Créon , Roi de
Thèbes J de la race de Cadmus, qui vient s’im-
moler aux mânes de Dracon tué par ce PiLice.
Le fécond eft Codrus, dernier Roi d’Athènes,
lequel ayant fu que l’Oracle promettoit la vic-
toire au peuple dont le chef périroit dans la
guerre que les Athéniens foutènoient contre les
Doriens , fe déguife en payfan & va fe faire tuer
dans le camp des ennemis.
Mais les exemples de Dévouemens que nous
fournit l’Hiftoire Romaine, méritent tout autre-
ment notre attention ; car le noble mépris que
les Romains faifoient de la mort, paroît avoir
été tout enfemble un afte de l’ancienne religion
de leur pays , & l’effet d’un zèle ardent pou ; leur
patrie.
Quand les Gaulois gagnèrent la bataille d’AlIîa ,
1 an 363 de Rome , les plus confidérables du fénat
par leur âge , leurs dignités, & leurs fervices , fe
dévouèrent folemneîiement pour la république ré-
duite^ à la derniere extrémité. Plufieurs prêtres fe
^'oignirent à eux ^ Se iniitèrent ces iiiuitres YieUkrçis.
D E U
Les uns ayant pris leurs habits faints, & les auî.-*s
les robes confuiaires avec les marques de l»ur
dignité , fe placèrent à la porte de léars maifons
dans des chaifes d'ivoire , où ils attendirent *av*4
fermeté Sc l’ennemi Se. la mort. Voilà le premier
exemple de Dévouement général dont fHiftoirc
faffe mention 5 & cet exemple eft unique. ( Tin,
Livej 1. V. c. XXXII. ).
L’amour de la gloire & de la profeffion des ar-
mes , porta le jeune Curtius à imiter le généreux dé-
fefpoir de ces vénérables vieillards , en fe précipi-
tant dans un gouffre qui s’étoit ouvert au milieu
de la place de Rome , parce que les devins difoient
qu’il falloir y jeter ee que la ville avoir de plus
précieux, peur affurer la durée éternelle de fon
empire ( Tite-Live , liv. ni. c. ri.).
Les deux Décius père & fils , ne fe font pa$
rendus moins célèbres en fe dévouant dans une
occafîon bien plus importante pour le falut des
armées qu’ils commandoient , l’un dans la guerre
contre les Latins , l’autre dans celle des Gaulois
& des Samnites , tous deux de la même manière^,
& avec un pareil fuccès ( Tite-Live , Uv. vm &
X , c. IX. ), Cicéron qui convient de ces deux
faits, quoiqu’il les place dans des guerres différentes,
attribue la même gloire au Conful Décius qui
étoit fils du fécond Décius , & qui commandoit
l’armée Romaine contre Pyrrhus à la bataille
d’Afeoli. ^ ....
L’amour de la patrie ou le zèle de h religion
s’étant ralenti dans la fuite, les Décius n eurentque
peu ou point d’imitateurs , & la mémoire de ces
fortes de monumens ne fut confervéc dans l’Hif-
toire , que comme une cérémonie abfofument
hors d’ufage. Il eft vrai que fous les Empereurs il
s’eft trouvé des particuliers , qui , pour leur faire
baffement la cour , fe font dévoués pour eux.
C’étoit autrefois la coutume en_ Efpagne, que
ceux qui s’étpient attachés particulièrement au
Prince ou au Général, mouruffent avec lui , ou
fe tuafient après fa défaite. Voye:^ CalahoRRA.
La même coutumic fubfiftoir auîb dans les Gaules
du temps de Céf?r. Dion rapporte à ce fujet que
le lendemain qu’on eut donné à Octave ie furnoni
d’Augufie, Sextiis Pacuvius , Tribun du peuples
déclara en plein fénat, qu’à l’exemple des bar-
bares, il fe dévouait pour l’Empereur , ^
toit de lui obéir en toutes chofes aux dépens de
fa vie jufqu’au jour de fon dévouement. Auguim
fit femblant de s’oppofer à cette infâme flatterie ,
& ne laîffa pas d’en récompenfer l’auteur. _
L’exemple de Pacuvius fut imité. On vit ipu
les Empereurs fuivans des hommes mercenaires
qui fe dévouèrent pour eux pendant leurs malam-S i
quelques-uns même allèrent plus loin ^ ^ ^
gagèrent par un vœu folemnel à le donner
mort , ou à combattre dans l’arêne ^ entre ^
Gladiateurs, s’ils en réchappoîent. Suétone no
apprend que Caligula reco.nnut mal le zèle
vagant dêvu flatteurs ce cet
D E U
ebllgei Impkoyablement J foit par une crainte
fuperlHneufe , foit par une malice affeftéej d'ac-
compür leur promeife. Adrien fut plus recon-
noilTant: il rendit des honneurs divins à Antinous
qui s étoit, dit-on, dévoué pour lui fauver la
vie.
On pratiquoit à Marfeille , au commencement
de cette république , une coutume bien lîngu-
Iière. Celui qui , en temps de pelle , s’éroit
dévoué pour le faliit commun , étoir traité fort
delxarement aux dépens du public pendant un
au bout duquel on le conduifoit à la mort,
après l'avoir fait promener dans les rues, orné de
fêlions & de bandelettes comme une viétim.e.
Le principal motif du Dévouement des Papens,
étoit d appaifer la colère des Dieux m.alraifans &
fanguinaires , dont les malheurs & les difgraces
que I on éprotivoit , donnoient des preuves con-
vaincantes : mais c’étoit proprement les puil-
fances infernales qu’on avoir deffein de fatisfaire.
Comme elles paflbient pour impitoyables lorfque
leur fureur étoit une fois allumée, les prières, les
victimes ordinaires paroilToient trop
foiblespour la fléchir; il falloir du fang humain
pour l'éteindre.
Ainfi dans les calamités publiques , dans l’hor-
reur d une fanglante déroute, s’imaginant voir les
funes le flambeau à la main , fuivies de l’épou-
vante , ^ du defefpoir & de la m.ort , portant la
defolatian par tout , troublant le jugement de
leurs cnefs , abattant le courage des foldats ,
renverfant les bataillons, & confpirant à la ruine
de la république , ils ne rrouvoient point d'autre
remède pour arrêter ce torrent , que de s’expofer
a la rage de ces cruelles divinités, & d’atrir.T
fur eux mêmes, par une efpèce de diverfion, les
malheurs de leurs citoyens.
Aînfiils fe chargeoient d’horribles imprécations
contre eux-rr.êmes, de tout le venin de la malé-
diélion publique, qu'ils croyoient pouvoir com-
sniiniquer comme par contagion aux ennemis,
en fe jetant au milieu d'e-ux , s’imaginant que
les ennemis accomplifîbienr le facrifice Se les
vœux faits contre eux, en trempant leurs mains
dans le fang de la viélime.
^ ?rlais comme tous les aâes de religion ont leurs
cérém.onies propres à exciter la vénération des
peuples J .& à repréfenrer fes myftères ; i! y en
avoir de flnguliers dans les Dévouemens des Ro-
mains, qui faifoient une fi vive imprtffion fur
les efpnts des deux partis, qu’elles ne contri-
buoient pas peu à la révolution fubire qu’on s’en
promettoic.
Il étoit permis , non-f.u!emenî aux magifirats,
mais rneme aux particuliers, de fe dévouer pour le
lalut oe 1 état ; mais il n y avoit que le général
qui pût dévouer un foldat pour toute l’armée j
«ncore falloit-îl qu’il fût fous fes aufpices , &
enr ôle fous fes drapeaux par fon ferment militaire ,
\The-Live , l. vr^i , c. x.).
And'iquitis , Tarn 11^
D E U 3^3
Lorfqa’il fe dévouait lui-même , il étoit obligé
en qualité de m.agiitrat du peuple Romain, de
prendre les marques de fa dignité , c’e.fl-à-dire, la
toge bordée de pourpre, dont une partie rejetée
par derrière , forraoit autour du corps une ma-
niéré de ceinture ou de baudrier appelée cirrus
Gabinus , parce que la mode en était venue des
Gabiens. L’autre partie de la toge lui couvroit la
tCiC. Il eroit debout , le menton appuyé far fa
main^droite par deflbus fa robe, & un javelot'
fous les pieds. Cette attitude marquoit 1 offrande
qu il faifoit tete; & le javelot fur lequel il
marchoit , deiignoit les armes des ennemis cu’iî
confacroir aux Dieux infernaux , & qui feroient
bientôt renverfés par rerre. Dans cette fituation ,
atmé^de toutes pièces , il fe jecoit dans le fort de
la mêlée, & s’y faifoit tuer. On appeloit cette
aétion fe dévouer à la Terre 8c aux Dieux i.nfer-
naux. C’eft pourquoi Juvénal, en faifant l’éloge
des Décius , a dit :
Pro legïonibus , auxîliis & pdebe Latînâ
Suffiezunt dis infernzs , terr&quc parenti.
Le grand prêtre faifoit la cérémonie du dévoue^
! ment. La peine qu’il prononçoic alors , étoir
répétée mot pour mot par celui qui fe dévouait.
Tite-Live , ( liv. vitt , c. ix. ') nous l’a confer-
yée, Sc elle ell trop curieufe pour ne pas i’infére::
ici.
« Janns, Jupiter, Mars, Quirinus, Bellone,
== Dieux domelliques. Dieux nouvellement reçus,
" Dieux du pays; Dieux qui difpofez de “nous
« & de nos ennemis. Dieux Mânes, je vous
” adore , je vous demande grâce avec confiance ,
8c vous conjure de favorifer les efforts des
” Romains, & de leur accorder la viéloire ; de
« répandre la terreur, l’épouvante , la mort fur
” les ennemis. C’eft le vœu que je fais en dévouant
” avec moi aux Dieux Mânes & à la terre , leurs
== légions 8c celles de leurs alliés , pour la ré-
» publique Romaine. Macrobe l’exprime ( Sut.
ni , ç. ) en d’autres termes, que voici».
“ Dis Je père, ( c’etoit Pluton ) , Jupiter, Mânes,
» ou de queloue nom qu’on vous puiffe appeler,
» je vous prie de remplir cette ville ennemie ,
» 8c l’armée que nous allons combattre , de
» crainte & de terreur : faites que ceux qui per-
» teront les armes contre nos légions 8c notre
” armée , foient mis en déroute avec ceux qui
» habitent leurs villes 8c leurs campagnes : qu’ils
” foient privés de la lumière célefle ; que les
villes & les campagnes avec les habitans de
» tour âge, vous foient dévoués , félon les loix
» par lefcuelîes les plus grands ennemis font
» dévoués. Je les dévoue, fuivant l’autorité de
» ma charge , pour le peuple Romain , pour
» notre armée , pour nos légions , afin que
» vous conferviez nos commandans 8c ceux qui
-5 cosibaîtent fous leur ordre.
y y
SS4 D E V
Uooinlon que les Payens avo’.ent de îa nature
de ces Dieux incapables de faire du bien , les en-
gageoit d’cffrir à leur vengeance de perfides enne-
Kiis , qu’ils fupoofoient être les auteurs de la
guerre & mériter aufll toutes les imprécations.
Elles paiToienr toujours pour eiEcaces iorfqu’elles
croient prononcées avec toutes les foîemiiités re-
qoifes oar les miniifres de la religion j & par Es
hommes qu’on croyoit favorifés des Dieux.
On ne doit donc pas être furpris des révolutions
foudaines qui fuivoient les Dévouemens^ pour
la patrie. L’appareil extraordinaire de la cérémo-
nie l’autorité du grand Prêtre qui promettoit
une viéfoire certaine , le courage héroïque du
général qui couroit avec tant d’ardeur à une niorr
affûtée, étoiant affez capables de faire impreffion
fur l’efprit des foldars, de ranimer leur valeur,
& de relever leurs efpérances. Leur_ imagination
remplie de tous les préjugés de la religion payenne ,
Sc de toutes les fables que la fuperftition avoit
inventées, leur faifoir voir ces mêmes Dieux ,
auparavant lî animés à leur perte , changer tout
d’un coup l’objet de leur haine , & combattre
pour eux.
Leur général , en s’éloignant , leur paroiffoit
d’une forme plus qu’humaine ; ils le regardoient
comme un génie envoyé du ciel pour appaifer la
colère divine , & pour re.nvoycr fur leurs ennemis
les traits qui leur étoient lancés. Sa mort, au-lieu
de conlterner les liens , raffuroit leurs efprits :
♦’étoit la confommation de fon facrifce, & le
gage affaré de leur réconciliation avec les Dieux.
Les ennemis eux-mêmes, prévenus des mêmes
erreurs, voyant ce qui venoit de fe paffer, croy oient
s’êcre attire tous les enfers fur les bras , en
immolant la vidtime qui leur étoic confacrée. Ainlî
Pyrrhus avant été informé du projet du Dévoue-
rmrzt de Décius , employa tous fes talens &: tout
fon art pour effacer les mauvaifes impreffions que
pouvoir produire cet événement. Il écrivit même
a Décius de ne point s’amiifer à des puérilités in-
dignes d’un hoinnie de guerre, & dont la nou-
■veüe faifoit l’objet de îa raillerie de fes foldats.
Cicéron voyant les Dévouemcns avec plus de
fang-froid^, & étant encore moins crédule que
le Roi d’Epire , ne croyoit nullement que les
Dieux fuffenr affez injulfes pour pouvoir être
appaifés par la mort des grands hommes, ni que
des gens li fages prodiguaffent leur vie fur un fi
faux principe ; mais il confidéroit avec Pyrrhus
leur aftîon comme un firatagême d’un généra! qui
n’épargne point fon fang lorfqu’il s’agit du falut
de fa patrie , étant bien perfuadé qu’en fe jetant
aumiiieu des ennemis, il feroit fuivide fes foldats,
&'que ce dernier effort regagneroit la victoire ;
ce qui ne manquoit gueres d’arriver. Quand le
général qui s’érott dévoué pour l’armée périffoit
dans le combat, & que fon vœu étoit accompli ,
il ne reftoit qu’à en recueillir le fruit , & à lui
sendre les derniers devoirs avec toute la pompe
D E V
due à fon mérite , & au fervice qu’il venoit dg
rendre. Mais s’il arriçoit qu’il furvécût à fa gloire
les exécrations qu'il avoit prononcées contre
lui-même & qu’il n’avoir pas expiées , le faifoieilt
confîdérer comme une perfonne abominable êc
haïe des Dieux; ce qui le rendoit incapable de
leur offrir aucun facrifice public ou paiticulier. H
étoic obligé pour effacer cette tache, & pour fe
purifier de cette abomination, de confacrer fes
armes à Vulcain , ou à tel Dieu qu’il lui piaifbit,
en immolant une vidime, ou en lui faifantquel-
qu’autre offrande.
Si :e fcldat qui avoit été dévoué par fon général
perdoit la vie, tout paroiffoit confommé heureu-
fement ; fi au contraire il en réchappoit , on en-
terrolt une ftariie haute de fept pieds & plus ,
& l’on offroir un facrifice expiatoire. Cette figure
étoit apparamment la repréfentation de celui qui
avoi:, été confacré à la Terre ; & la cérémonie de
l’enfouir étoit l’accompüffement rayftique du vœu
qui n’avoit point été acquitté.
Il n’ étoit point permis aux Magiftrats Romains
qui y affiftoient, dedefcendre dans lafoiTe ou cette
ffatue étoit enterrée , pour ne pas fouiller la pureté
de leurminiftère par l’air infedéde ce lieu profane
& maudit, femblable à celui qu’on appeloit Si-
denîal.
Le javelot que le confui avoit fous fes pieds en
faifani fon dévouement, devoir être gardé foigneu-
fement , de peur qu’il ne tombât entre les mains
des ennemis : ç’eût été un trille préfage de leur
fupériorité fur les armes romaines. Si cependant
la chofe arrivoit malgré toutes les précautions
qu’on avoir prifes, il n’y avoir point d autre re-
mède que de faire un facrifice folemnel d’un porc,
d’un taureau, Sr d’une brebis ( appelé Suovt-
taurilia ), en l’honneur de Mars.
Les Romains ne fe contentoient pas de fe dé-
vouer à la mort pour la république , & de livrer
en miême-temps leurs ennemis à la rigueuydes
divinités malfaifantes , toujours prêtes à punir &
à détruire : ils tâchoienr encore d’enlever à ces
mêmes ennemis ,1a proredion des Dieux maîtres
de Eur fort ; ils évoquoient ces Dieux, iis les
invîtoient à abandonner leurs anciens fujets, in-
dignes par leur foibleffe de la protedion qui *ear
avoit été accordée, & à venir s’établir à Rome,
où ils trouveroient des ferviteurs plus zélés & p-ns
en état de leur rendre les honneurs qui lenr
étoient dus. C’eft ainfi qu’ils en ufoient^avant ia
prife des villes lorfqu’ils les voyoient réduites a
l’extrémité. Après ces évocations, dont Macrobe
nous a confervé la formule rapportée plus^haut^,
ils ne doutoient point de leurs vidoires &. deieUiS
fuccès. _ _ . . r WnE
Chaque citoyen aimant fa patrie, rien ne ftipn ^
pouvoir l’empêcher de facrifisr fa vie au bien
l’état , & au falut de fes concitoyens. La
blique ayant auffi un pouvoir abfoîu fur tous
particuliers qui la compofoient, il ne fane P"
D E U
s’étonner que ks Romains dévouaJfcTt: quelquefois
aux Dieux des enfers des fujcts pernicieux dont
ils ne pouvoient pas fe défaire d’une autre ma-
■ nière, & qei pouvoient ^ par ce dévouement , être
tués impunément.
Ajourons à cette pratique les enchantcmens &
ies conjurations appelés dévotioncs, que les magi-
ciens employoient contre ceux qu’ils avoient
deifein de perdre. Iis évoquoient pour cet eifet^
par des facrifices abominables , les ombres malheu-
reufes de ceux qui venoient de faire une fin tra-
gique, & prétendoient les obliger par des pro-
melîè.s encore plus aftreufes, à exécuter leur ven-
geance. On croyoit que les gens ainfi dévoués ou
cnforceiés périifoient maiheureufement , les uns
par des maladies de langueur, les autres par une
mort fubire ou violente. Mais il y a bien de l’ap-
parence que les différentes qualités des poifons
qu’ils employoient pour appuyer leurs charmes,
ctoienc la véritable caafe de ces événemens. ( Ar-
ticle du Chevalier de Jaucourt).
DEDX. Le nombre de deux étoit regardé, chez
les Romains, comme de mauvais augure & comme
le plus malheureux de tous ies nombres. Comme
tous les mauvais augures étoient confacrés à Piu-
ton , les Romains lui avoient dédié le fécond mois
de l’année & le fécond jour de chaque mois. Par la
même raifon les nombres pairs étoient funeftes,
& les Dieux n’aimoient que les nombres impaksj
comme le dit Virgile :
ciel parut les en punir féverement -, car à peine
les vai.ffeaux furent-ils en pleine mer. qu’il furvint
un calme affez long pour donner à Dexicréoxte:
le temps néceffaire pour échanger fou eau contre
les précieufes marchandifes de fes railleurs. Dexi-
créonte retourna plus riche & plus dévot que ja-
mais à Samos , où il remercia la DéeiTe de fa bonne
infpirarion , en lui élevant une ftatue ( Cxl. Rkodig.
l. 29. c. i8-).
DEXTANS, mot qui exprimoit chez les Ro-
mains les 4r d’un tout quelconque, divifible e»
12 parties appelées uncis, onces.
Dextans , monnoie de compte des Romains.
Elle étoit repréfentce par ce figne S~ jH Elle va-
loir 10 onces.
Ou 20 femi-onces.
Ou 3® duelles.
Ou 40 ficiliques ,
Ou 60 fextules ,
Ou 240 fcripules.
Dextans , monnoie des anciens Romains. Elle
valut , depuis la fondation de Rome jufqu’à l’an
485 , 16 fols 8 deniers monnoie aduelle de Fran-
ce , félon M. Pauéton ( Métrologie ). Elle valojc
alors, en monnoie du même peuple, i | dodrans.
Ou I i beffis.
Ou I feptunx.
Ou I y femis ,
Ou lO onces.
Tibère ( Tacit. Annal.
Mumero Deus impart gaudet.
DEÜX-CENTIÈME. 1
DUCENTESîMA. 5'
il. 42. 7. ) établit dans tout Fempire Romain l’im-
pôt du denier 5 mais Caligula l’abo-
lit , comme on l’apprend de fes médailles , fur lef-
quelles on lit : remife du deux-centième , remijpo
éiucentefima , R. CC,
DEXAMÈNE, Roi d’Olène , beau-père des
Molionides. ^aye:^ Molionides.
DEXICRÉONTIQÜE , fiirnom de Vénus. Elle
fur ainü appelée , félon ies uns , d’un charlatan
nommé Dexia-éonte , qui guérit par des enchan-
remens & des facrifices’ les femmes de Samos de
leur fanatifrne pour le culte de Vénus, & de la
fureur avec laquelle elles s’abandonnoient aux ac-
tions par lefquelles cette Déeffe peu chafie vouloir
être honorée. En mémoire de ce prodige, on éleva
une ftatue qu’on appela la Vénus de Dexicréonte.
D’autres penfent que le Dexîcréonte , dont
cette Vénus porta le nom , fut un commerçant
qui , ne fachant de quoi charger fon vaiffeau jeté
par les vents dans l’ifle de Chypre , confulta la
DéeHe. Elle lui confeüla de ne prendre que de
l’êau. Le pieux Dexicréonte obéit j il partit du
port avec les autres marchands , qui ne manquè-
rent pas de le plaifanter fur fa cargaifon. Mais le
Dextans , divifion de l’ancienne livre Ro-
maine , valoir, en poids de France, 3260 grains,
félon M. Pauéton ( Métrologie). II valoir en poids.
Romains, i j dodrans.
Ou I J bes ,
Ou I f feptunx ,
Ou I 7 fexunx,'
Ou 2 quincunx.
Ou 2 l-triens.
Ou 3 I quadrans.
Ou 5 fextans ,
Ou 10 onces.
Dextans, mefure de capacité pour les liqueurs
des anciens Romains. Elle valoit 17 roquilies Sc
de France. Elle valoit , en mefure du même
peuple ,17 dodrans.
Ou I ù beffis ,
Ou I I feptunx ,
Ou I 7 fexunx.
Ou 2 quincunx.
Ou 2 } triens ,
Ou 3 I quadrans ,
Ou 5 fextans ,
Ou 10 onces,
Dextans , mefure de capacité pour les folides
en ufage chez les Romainsj c’étoient les
fetier. Voyez Setier.
y y 5j
5î^ D ï A
Dextans , mefare linéaire des anciens Ro-
mains j elle valoir 9 pouces de Frpce. Elle
valoir^ en mefure du même peuple , 1 j dodrans j
Ou î I bes J
Ou 1 feptunx.
Ou I J fexunx.
Ou 2. quincunx ,
Ou 2 i triens ,
Ou 3 J quadrans ,
Ou 5 fextans ,
Ou IG onces.
Dextans , mefure gromatique des anciens
Romains. Elle valoir 603 toifes quarrées & ~ de
France, félon M. Pauclon. Elle valoir, en me-
fures du même peuple, i j dodrans.
Ou I 5 beflis.
Ou I feptunx ,
Ou I 7 fexunx.
Ou 2 quincunx.
Ou 2 I triens ,
Ou 3 f quadrans.
Ou 5 fextans.
Ou 10 onces.
DEXTRALE ( Ifid. xix, 31.), bracelet qu’on
portoit au bras droit.
DEXTRATIO , tour que l’on faifoit à droite.
Cétoir une efpèce de culte particulier que les
Hemains rendoient à leurs Divinités. Voys^^ Ado-
ration.
^DEXTROCHERIUM. Voyei Bracelet.
C’eft ainfi que Capitolin ( Maxim, e. 6. ) appelle
le bracelet de la femme de Maximin , qui ne poa-
voit lui fervir que d’anneau pour fon pouce : Pol-
lice ita vajîo , ut uxoris dextrackerio uîeretur pro
annulo.
_D. I. Muratori (71. /. Tkef. Infer.) rapporte
i’infeription fuivante , dans laquelle il croit que
ces deux iîgles ligniSent Dea Ifiii , ou Diana,
invicia^ ou Dso inyieio, c’eft-à-dire, Soli mhhra :
D. J.
AEUDIUS
HERMES
V. s. L. M.
piA^ ow DIE, otT DEA DIA , nom d’une
Divinité des anciens. La DéeiTe Dia éroit
honorée chez les Sic7oniens & chez les Philia-
fiens. Elle étoit aulfi connue & honorée des Ro-
mains , comme il paroît par le fragment des inf-
criptions des frères Arvales , qui fe voit dans
Gruter ( p. cxvn & fuiv. ) où elle di nommée
De A Dr A, cinq fcîS (p. exx & exxr. ). On r lit
que les frères Arvales lui oîFroient des facriSces
lolemneis , qù elle avoir un bois facré fur le che-
min ou dans la campagne d’Italie, Xid Campanâ,
a cinq ttades de Rome, apud lap. r y que les arbres
D î A
de ce bois ayant été frappés de la foudre , on y Sf
des lüftrations & des iacrifices pour puraer ie
lieu ; & qu’on en planta d’autres. Dans u.ne^autre
infeription rapportée par Gruter ( pag. exxr^^)
on voit aulfi qu’il y avoir près de ce bois un tem-
ple, ou une falle , ou un poriisue, foutenii de
quatre colonnes , Tetrafiylon , dans lequel les
Prêtres s’aflembioient , & où ils tenoient leurs af-
femblces-
Quelques Auteurs modernes alTurent que I3
Déefj'e Dia fut auffi honorée en Gaule 5 qu’elle le
fut fur-tout des Vocontîens , qui l’adoroient par-
ticulièrement dans leur ville principale , appelée
pour cette raifon Dia Vocontiorum , aujourd’hui
Die en Dauphiné , dont le nom s’eft formé de
Dia. Ils fondent cette opinion fur ce que l’on
trouva, il y a quelques années, à D/e, i’inferip-
tion d’un taurobole offert à la mère des Dieux:
Matri Deum magnæ ideæ. Ils ajoutent que
l’on voit à D/e, fur l’une des portes qui relient de
l’ancienne ville , une tête de bœuf fculptée fur la
clef de la voûte au-dedans de la ville 5 & qu’il y a
encore plufieurs bas-reliefs dans la même ville où
font repréfentées des têtes de bœufs & de mou-
tons avec des inftrumens pour la culture de la
terre. Tout cela rend la conjedture aflez plau-
fible.
Du relie , on ne fait qu’elle étoit la DéelTe Dia,
Quelques-uns difent que c’ étoit Kébe, DéelTe de
îa JeunelTe, fans en donner de raifons. Un Doc-
teur en Droit de Bâle , nommé Séballien Fefch ,
habile antiquaire , croyoit que Dia étoit la même
qu’Ops , ou Cybèle. Sa conjeélure étoit fondée fur
ce que Cybèle & Saturne fon mari paffoient pour
les inventeurs de la culture de la terre & des fruits ;
& que les frères Arvales étoient, comme il paroît
par le monument cité plus haut , Prêtres de la
Déeffe D/A, & que ces Prêtres, ainlî que leur nom
femble l’indiquer , étoient les faciifîcateurs & les
minillres des Dieux qui préfidoient aux biens de
la terre ou aux fruits de la terre. Mais par la même
raifon, on pourroit dire que D/A feroit Cérès à qui
l’antiquité fabuieufe croyoit devoir rÎHventicn
des blés, îl y a même plus; car les frères -Arvales,
comme nous l’avons dit en fon lieu, étoient Prê-
tres de Cérès & de Bacchus ; ils furent inllitués
pour offrir leurs facrifices , & non pour le culte
de Cybèle.
DIA , femme d’Ixion, & mère de Pirithoiis.
Xoyei IxiON , PiRITHODS.
DIABATHRA , efpèce de chaulTure des fem-
mes Grecques. Poîlux , Fellus , Nevîus , cité pat
Varron , nomment cette chauffure fans la décrire-
Plaute fait auffi mention des cordonniers appelés
diabathrarii ( Autul. ni. f. 39 ), fans en alTS
davantage. Nous femmes forcés de les imiter.
DIABLINTES, dans les Gaules. D’^omos^
Les médailles autonomes de ce peuple fosït
RRRR. en argent. . . ... Pdkriru
D I A
O. en bronze.
O. en or.
DiACRïENSj une des factions d’Athènes. lî y
avoir quelquefois tr. is raCtions dans cette villcj
& queiquefois elles éroier.t réduites à deux. Lorf-
qu d s en trouva trois , c’étoknt les ai^crü , les
peaii ^ les paralh : le nombre augmentoit fui-
vant qu il fe trouvoit des chefs. Les diacrii deman-
doîent le gouvernement andocratique ^ c’eft-à-
dire le gouvernement des nobles ou des per-
fonnes diftinguées dans la république. Telles font
aujourd hui les republiques ne Venife & de Gènes.
Les pedii inciinoient pour la démocratie ^ c’eft-
a-dire , pour le gouver.nement du peuple ^ ainfi
qud fe pratique dans quelques cantons de la
, “ f ^ comme il étoit d’ufage à Strasbourgj
or qu eue avoir le titre de v^lle impériale y car
alors il falloir pour entrer dans.la Magidrature de
ia Ville, etre né dans la roture; un noble qui au-
y entrer , étoit obligé de renoncer à la
pratique encore au-
jourd nui pour la Magiftrature de la municipalité.
DIACTORUS , furnom de Mercure, qui ex-
primera fonéiion princip.ale de ce Dieu, dvtre
le raeiTager ordinaire de Jupiter. A/axrspsf, en-
voyé.
des Rois. On a donné faufïement
ce^nom à lornement de tête propre aux Déeffes,
a aunoH en particulier, & aux Reines, qui s’élève
en pointe furie devant. Winckeîmaon ne connoif-
foit à Rome qu’une feule tête avec de la barbe, à
la vida Albani , prife pour celle de Mafliniffa, qui
portât un diadème fe.mblable. 11 feroit imnoflible
qifentre un fi grand nombre de têtes de Rois ou
d Empereurs qui nous font parvenues j on n^en
trouvât qu une avec l’ornem-ent appelé impropre-
ment diadème , s’il eût été l’attribut diltinéfif de
la royauté. Ce véritable attribut étoit le band£A¥
royal. V ayrj ce mot.
DIADUMENE, celui qui fe ceint le front avec
un bandeam En des plus beaux ouvrages du feuip-
teur Polyciete , etoit fon diadaméne. « Il eli pro-
bable , dit Winckelminn ( Hifl. de l’Art, liv. 6.
ck.x. ) , que cette llatue a été fouvent copiée, &
qu’une figure de la Villa Farnèfe a été faite au
moins d’après une copie du diadumene. C’eft une
figure nue, un peu au-deifous de la grandeur na-
turelle ; elle fe ceint le fro.nt d’une bande qui s’eft
confervee ( chofe remarquable ) ainfi que la main
qui attache cette bande. Une petite figure toute
fcmblîble , exécutée de bas-relief fur une petite
urne funéraire qu’on voyoit il y a quelques années
a la. villa bmibaldî , portoic c£tcc înTcription i
Diadu.vîen'i. Sur des bafes de marbre fervant à
porter des candélabres antiques, confervés dans
lyglife de Agnes, hors des murs de Rome,
siniî que dans la vida Bcrghèfe , on voit foitir
à’unpndceieail!age_artiitement fait, des amours
qui s’attachent des rubans autour du front.
i-'L4DLMÉNIEN , fils de Macrin. M.tRcvs
OpELias ÂXTOItlSUS DlABVMRltlAltUS C Æ-
SAR,
Ses médailles font :
RRRR. en or.
1! y en a une au cabinet du Roi , & une autre
au cabniet de S« Geneviève , que Madame, mère
de M. le Regenr, avoir achetée.
RR en argent; RRR. au revers F ides militam,
KKi.. en grand module, avec la tête radiée.
JIR. en G. B, de coin Romain.
R- en Aî. B.
RRR. en G. B. de la colonie de Beritke,
RR. en M. & P. B.
RRR. en G. B. grec.
R en M. & P. B.
11 paroît que Patin a connu une médaille grecque
de M. B., avec la tete du Diaduménien d’un côté ,
& celle de Macrin de l'autre. Vaillant a donné ut>
médaillon grec de bronze de ce Prince. La mé-
daille de G. B. , de la colonie de Laodicée, a
pour légende: m. op. antqninos. nob. cæs. ;
& au revers Romæ. fel. Elle fait voir que
le jeune Philippe nellpaSj comîTîe on le croyoîc^
le^ premier des fils d’Empereurs à qui le titre de
Nobiliffimus ait été donné. On a plufieurs mé-
dailles de ce Prince frappée dans le même module
a Sidon RR.
Le furnom de Diaduménien lui fut donné
félon Lrmpride ( c. 4.), parce que la membrane’
appelée vulgairement coiife , qui enveloppe fou-
vent la tête des enfans à leur naifiance , ferra telle-
ment la tête du fils de Macrin, qu’on ne put' la
rompre. F" jycp pour l’explication du mot Diadu-
W/zfe/z, celui de Diaduméne ^ qui a la même fioni-
fication générale. °
DIÆTA , falle à manger des Romains. Ale-
xandre-Sévère en conftruifir ( Lamprid. c. 16. )
plufieurs dans Je palais de Rome, & leur donna
le nom de fa mère Mammée , Diau Mamm.e&.
PjÆTAPdl ( Vivian, l. 2. naut/i ) y ceux
qui étoient prépofés dans les navires aux falles-a-
manger , ou plus exactement, à la diftribution des
vivres.
DIÆFARCHUS Domus Aug. , Officier pré-
pofé à la garde de la falle à manger des Augufres.
DIALIES , facrifice que faifoit chez les anciens
le Dialis. Voyelle Dr ai.! s.
Ce n’étoit pas tellement une néceffité que les
Dialies fulTent offerts par le fiamen Dialis , que
d’autres ne puffent les offrir. On voit meme dins
Tacite ( ann. hb. ni. cap. Luril. ) que s’il etoic
malade ou retenu par quelque fonélion publique,
les Pontifes prenoient fa place.
DIALIS FLAMitN ^ Prêtre de Jupiter à Rome,
jjS D l A
ï! :ciîoic Is pren’îîr nng parmi les Prêtres, & RS
ie cédoît dans les feibns qa au rontue oc
au Rci des facrifices. il avoR h chaîie d'îvoîre ,
h i-obe royale , ranneeW d’or : il pouvou faire
p^âcs aux c-îinincl^ î oenilioîC les armées , oC
è'doït les conjurations & les dévouemens contre
les ennemis. Son bonnet éroit furmonté d’une
petite brarxhe d’oiivier , pour marquer qu’il por-
toiî ia paix par-toat où il ailoit. Mais d’aiiietirsil
étok fournis à des pratiques fort gênantes ; il ne
lui étoiî pas' permis "de monter à cheval , de voir
une armee rangée en bataille , de faire divorce
avec fa femme „ d’entrer dans une maifon o,ù fe
trouvoît un mort , de forîir fans fon bonncL fa-
cerdota! , & de jurer en aucune manière, ni peur
quelque fujet que ce fât- F" oye\ Fl amen. ^
Le nom du Flamen Dialîs étoit forme de_ ài-.s ,
génitif de zès, Jupiter. Pour ne pas le confondre
svcc les autres Prêtres ne Jupiter 3 on doit fe ^er-
vir de fon nom latin , iiahs,
DIAMANT ; les anciens ont-ils connu l’art de
tailler le iAzan2(2«r. & de graver lur cette lubitance j
la plus pefante & la plus compacte de toutes ? xA.
d’Hancârville l’affure pofitivement dans le qua-
trième volume des Vafes Étrufques au Comte
Hamilton. André Cornaro , Vénitien . anno.nça
en 172-3 3 ( Mercure cie France j Mai ) une tetc
de Néron gravée en creux fur un Diamant, qu’il
affuroit être antique & qu il prifoit douze milie
fequins , 2-64.000 livres- Quelques paffi^esMe
PILne mal interprétés ont pu favonfer l’affertion
du premier ; mais l’erreur du fécond etl des plus
évidentes , puifqu’on a fu depuis, que ce Diamant
étoit celui du Prieur Vaini. annoncé par le Baron
de Stoch '<^pag. IJ , pr&f. iibr.^ gem_. ant. c&L ) 5 &
reconnu pour Touvrage de l’habile Coftanzi qui
gravoit encore à Rome vers le milieu du fiecle-
Les Romains favoient ( P hm , ~j , 4- )
poudre de Diamant entamoit toutes les autres
pierres précieufes, & ils s’en lervoient avantageufe-
înent pour les travailler. Mais ils J gnoroient 1 art
de faire agir le Diamant fur lui-même, & de tour-
ner contre lui fa dureté. Parmi la quantité éton-
nante de pierres gravées antiques queues entrailles
de la terre nous ont reltituéss, en n a jamais ap-
perçu aucun Diamant poli ou grfiVé- Comment
les anciens n’ont ils pas franchi ie court efpace
Gui féparoit les deux procédés ; &c comment
rfont-üs pas eîTayé de pratiquer fur le Diamant ce
qu’ils pratiquôient fur les pierres précieufes ? On
ne peut l’expliquer que par ie fort ordinaire des
découvertes : plus on paroit près de les faire ,
plus on s’en trouve éloigné; le hafard feul en
amène î’inftanj . & c’eif à lui qu’on dut , en 1476 ,
îa taille des Diamans.
Sortant de la mine , le Diamant eft ordinaire-
ment brut , terne , & reffemble à un fmpie
caillou. On nen rencontre point qui ait reçu
de la nature un polimeat entier > mais ayant roulé
jL,'
î A
quelquefois dans les lits de rivières rapides parmi
les fables Sc d’autres Diamans , il fe ttouve légère-
ment poli & irrégiiüèrcmen: facetté. Il fe nomme
alors Brut-Ingénu & Point t-AVive lorfque fa figure
eft pyramidale. Tels on: été les feuîs Diamans
connus des anciens , qui les regardoient dans cet
état comme deilinés uniquement aux Rois Sc
même {Péine 37, 4, ) aux plus^ puiffants. Ils
en avoient conçu une fi haute idée malgré leur
imperfeétion , que les foupçons fur ie commerce
inceftaeux d’ A grippa avec Bé rénice fa fœur. fem-
blèrent fe réalifer"à la vue d’u;i Diamant dont il
lui fit préfent (Juv. fat. 6, ifj*)- quatre
pierres qui ornent l’agraffe du manteau Royal de
S. Louis, confervé à S. Denis, ne font que des
Pozntes-Haivts , OU pyrami-dcs a quatre facvs.
En 1476 , Louis de Berquen , d’une famille
noble dé" Bruges , à peine forti des clafles , &
ignorant entièrement les procédés du lapidaire ,
s'appercut que QttMX Diamans sentamoient, s ils
érôi'ent' frottés un peu fortement !’un contre
l’autre. Ce léger apperçu fit mitre dans ce jeune
homme induftrieux & retiechi , des iaees plus
étendues. Il monte auffi-tôt fur le ciment deux
Diaanans bruts , les égrife par un frottement^ fou-
tenu, & parvient à y former des facettes régulières.
Bientôt il imagine des roues de fer , fur lefi^uelles
il répand ia poudre de Diamant qu il ayoit^obte-
niie en les égriiant , & par ce moyen ingénieux
il leur donne le dernier poliment , fous la fojrne
de Poinu-Naïve. Tels furent les premiers efforts
de l’art pour tailler & polir le Diamant : tel fut
le premier Diamant taille pour Charles le Témé-
raire , dernier duc de Bourgogne.^ Ce Prince le
fit monter au milieu de trois Rubis-Balais & de
quatre grolTes Perles, & le porta toujours aucol fuf-
pendu à une chaîne d’or. Il le perdit a ia bataille
de Granfon ; les Bernois_ qui s’en emparèrent .e
vendirent aux Fuggers , riches négocians d A-iigs-
bourg , & ceux-ci à Henri \ 111 , Roi a Angle-
terre. La Reine Marie, fille d’Henri, le porta
en dot au Roi d’Efpagnc, Philippe II ; & 4 win
ne le trouve pas à l’Efcurial avec les pierreries ne
la couronne^ il aura fans doute été recravau-e
depuis, & taillé en brillant.
On vit un fiècle s’écouler iiifqu’au Mnanois
Clément Birague, qui ola graver le premier ur
cette pierre, fymbole de la durete. Les graveu.
en pierres fines avoient peut-etre re...outv. e
peines infinies que demandoit cette gravuie, 0 ^
plutôt ie déchet fi fatal à une fubftance dont
tout le prix gît dans le poids & le volume, w
Birague appelé à Madrid en 15-64, patfhrl’ppe “ *
voulut juftifier le choix du Monarque,
fur un Diamant le portrait de l’Infant Dom v.ar o ,
que cet infortuné Prince vouloir envoj^er
un gage de fon amour à fon époufe future ,
chiduéheffe Anne , fille de l’Empereur Niaxiini
lien II. Dom Carlos lui fit encore graver 1-
armes d’Efpagne fur le Diamant qui Aormoit
D I A
cachet. Qnelcues auteurs onr fait honneur ce
cette invention à Jr.c3'jes de Treso , qui cultivoit
Je même raient à ]a Cour de Philippe il. Mais
le témoignage du lavant Botaniite Ciuûus , qui
connut ii-irague dans fon voyage d'Efpagne en
1564, & ceiui de Pau! Lomazzo fbn contem-
porain & fou compacriote, dépoL-nt en laveur de
Eirague. On ftit au reite que ce travail a été très-
peu répété J & que îa plupart des Diamcns
gravés dont on a fait mention , n'éroient que des
faphirs blancs, comme les appellent les joailliers,
c eil-à-dire , des pierres orientales fans couleur.
Diamant. Voyt:^ Celme.
DI AMASTIGOSE , fête de la fiagellation , qui
fe faifoit à Lacédémone en l'honneur de Diane.
Les jeunes enfans de la première noblefl'e fe pré-
fentoient devant i'autel de la DéeiTe, pour y
être fouettés vigourcufement , & quelquefois
avec tant de cruauté, qu’ils mouroient fous les
coups. Leurs mères, pendant ces rudes épreuves,
les embralfoient, &Ies exhortoient à fouffriravec
coriftance ; aufli ne leur a-t-on jamais vu , dit
Cicéron, ( Tufcui. quts.fi. il. ) verfer une larme,
-ni donner même le moindre ligne d’impatience.
Ceux qui étoienr les viélimes de cette cruelle céré -
monie , étoient couronnés avant la fépukure.
pans la fuite , on fe contenta de fuftiger ces
jeunes gens jufqu’au premier fang. Cela fe faifoit
apparemment pour endurcir de bonne heure la
jeunelTe aux coups, & pour l'accoutumer aux
blelfures & aux plaies , afin qu’elle les méprifât
à la guerre. Phiioltrate parle dans la vie d’Apol-
lonius de Thyane de la Diamafligofe , fête dont
le nom écoit formé du mot grec, ontyMsi^/ns ,
-fouetter.
DJANE : ce on compte plulieurs Dianes , dit
5’ Cicéron ; la pre.mière fille de .îupirer & de
* Frefeqoine , qu’on dit être mère de Cupidon
» ailé } la fécondé , qui eft la plus connue , ell
» fille de Jupiter & de Latone ; le père de la
=5 troifième Diane éceit Upis ; & fa mère, Glaucé.
» C'en; cette Diane que les Grecs nomment fou -
ï’ vent Upis, du nom de fon père.» Mais les
Poètes & la plupart des ancie.ns Auteurs l’ont
regardée comme fille de Jupiter & de Latone , &
. fœur d’Apollon : c’elt à celle-là qu’on a rendu les
honneurs divins, bâti des temples & érigé des
autels. On dit que , lorfque fa mère accoucha ,
Diane fortic la première, & qu’elle fervir à fa
mère de fage-femme pour accoucher d’Apollon
fon frère. Un talent fi précoce lui valut une place
au nombre des divinités qui préfident au mariage.
Elle fut témoin des grandes douleurs que fa mire
fouffrit en accouchant d’Apollon ; elles lui donnè-
rent une fi grande averitonpour le mariage, qu’elle
obtint de Jupiter, fon père, la grâce "de garder
une virginité perpétuelle, de même que Minerve
fa fœur -, c’eft pourquoi l’Oracle d’Apollon ap-
D I A 3,5
pela ces deux Déexies les Ykrges blanclies.
L’amour quelle eut pour la chafteté, lui fit rhoifir
pour compagnes, des ^'ierges à qui elle faifoit
obferver la chafteté avec beaucoup de régularité ;
témoin l’hiftoire de Caiiîlo & celle d’A-étéon. Ce-
pendant on a dit qu’elle avoir aimé Endrmion ,
& qu’elle avoir eu pour lui beaucoup de com-
plailance. \ irgiie raconte aufii qu’elle fe laifia
fiirprepdre par le Dieu d’Arcadie , qui , transformé
en 'bélier blanc, entraîna la Dceife dans le fond
d u.n bois J où elle ne dédaigna pas de répondre à
fas vœux. Son cœur ne fut pas infenfible
aux charmes d’Orion , qu’elle tua par jaloufie.
(, f^oyej_ O&ios. }. Et fa challeté ne l’empêchoit
pas d’agréer le facrifice que les filles lui faifoient
de leur virginité. ( Voyc^ Anotis.
Son occupation la plus ordinaire étoit la chaiTe ;
c’eit pour cela qu’on la regardoit comme la DéefiTe
de la chalfe , des forêts & des montagnes , &
qu’on îa repréfentoit ordinairement avec l’arc &
le carquois , Cii habit court pour la chalfe , ayant
un chien à fes côtes ou à fes pieds 5 quelque-
fois traînée dans un char par des cerfs blancs, ou
montée elle-même fur un cerf, & d’autres fois
courant à p:ed avec fon chien.
Comme on la prenoit aufli pour la lune , on la
voit affez fouvent avec un croiflanc fur la tête; ou
bien fans croiiTant, c.mverte d’un grand voile
tour parfemï d’étoiles.
Le refte de cet article efi extrait de la dijfierta-
f.on de M. l abbé le Blond, qui a remporté le prix
d. l' Académie des I~ifc: ipïioas & Belles-Lettres J en
lyjl, & qail a bien voulu communiquer.
Cicéron, qut a compofé un ouvrage fur la nature
des Dieux , bien loin d’apprendre quelque chofe
de certain far leur origine, ne fait tout au plus
que nous expofer fes doutes. Que pouvoit-ii dire en
effet fur ces êtres chimériques } Il a d^ftinqué trois
Apollons ( De natura Deor. llb. ni- ) , de il di-
j ftingue de même trois Dianes, La première , fille
I de Jupiter & de Profierpine , au on dit être mère de
Cupidon ailé ÿ la fécondé , qui ed la plus connue,
efi , dit-on , pille du troifième Jupiter & de Latone,
Le père de la troifième Diane étoit Upis ; fa
mère, Glaucé: c’ efi cette Diane que les Grecs
nomment fouvent Upis, dunom de fon père. PIüfieU’’S
auteurs donnent encore à Diane d’autres origines
( Varro , 6’c. ). Mais prefque tons les Poètes s’ac-
cor-dent à n’en reconnoître qu’une; elle étoit, félon
eux , fille de Jupiter & de Latone , & fœur
d’Apollon. Cette DéelTe ordonnant aux Cyclopes
de lui fabriquer des armes , leur dit qu’elle eft
fille de Latone comme A.pollon ( CalUm. kym. in
Dian. V. 83. ). C’eft ce qui a donné lieu aux
poètes latins de la défîgner quelquefois fous le
nom de Latonia ( Æn. xt. v- 334 & ry- &
alibi, fi Non - feulement Diane étoit fœur d’A-
polion ; elle étoit encore née en même temps
que lui ; circonftance d’où il devoir réfulter
une liaifon intime entre ces deux divinités.
3(?o . D î A
Les auteurs ont eu. foin de la faire remajc^uer ,
Sc il eft nécefiaire d’y avoir égard pour mteui-
gence des monumens & de quelques epitiACtes ,
eominunes à Tune & à l autre.
Ovide J pour exprimer le culte que I on ren-
doit à Diane en Scythie C
evift. 2. V, 48. ) fe fert d’une périphrafe qui mar-
Gue l’union de cette Ocelle avec fon frété .
Confortent "Phteho gens oolit iLla Deaiu,
Et Sénèque ( Hertul.far. v.joy. ) appelle Diane
& Apollon une double Divinité ;
Getninamque numen , Phcebus 8c Pkœhi foror.
De-là !e culte qui a été rendu au frere & a
la fœur dans le même pavs ; de-là aulfi les monu-
mens ( Médailles de Nacolia , de Smyrne ô’c'. ) quî
leur ont été élevés en commun, & les medaihes
qui repréfentent Apollon d’un côte & Diane ue
l’autre.
Les Grecs nommèrent Diane f'Afnftis. On donne
différentes étymologies de ce nom j les uns difent
qu’il vient du projet confiant que X)ia/ze avoit
formé de garder toujours la virginité., è'ia rà «srs-
Ts xsci sr-ç ts'apêîvias tîTsSy^siav. AlaCtobc
prenant Diane pour la lune (lié. xir. p.
dit qu’elle a été nommée Aprtpti? , ccrame fi i on
avoir dit àriparlitr, 5 iiiâis 11 aiiroît etc auffi facile
de lui donner ce dernier nom que l’autre 5 il n’au-
roit pas été plus difHcile à prononcer. Strabon,
ayant égard aux effets de la lune qu’il dit être la
même divinité que Diane , dérive le mot ” Apn-
^^5 , àTï'ù Ta çrsîgf?. Lcs latins 1 appelèrent
Diana. Mâcrobe dit que ce mot eft formé du nom
Jana , en ajoutant la lettre O, & que Janae&
la même chofe que Luna. Au relie , il n’y a rien
d’auSi conjeétural que ces étymologies.
Diane étok du nombre des grands Dieux,
ainfi qu’Apollon. Il femble qu’elle étoit jaloufe
de la pitiraiité des furnoms & des attributs, puif-
qu’elle ne vouloir point céder à cet égard à fon
Éère, & que s’adreiTant à Jupiter ( Callim. hym. in
Dian. V. 6. 7. ) , elle lui demande cette grâce.
On peut dire que fes demandes furent exaucées .
ëc que fes vœux furent accomplis. C'efl pour
cela qu’Grphée ( Orph. hymn. i. ) qualifie Diane
de Ai's xàpï J & qu Atillophane ( Jlnfio-
ph. Sncrpcotp- ) l’appelle ttoAus-.w.kï ^-/ipo^ùyî 5r«(. En
effet, fes differens emplois, les qualités qu’on lui
attribuoit, les pays où on lui rendoit un culte,
furent autant de caufes qui multiplièrent fes fur-
noms. ( Nous ne parlerons point ici des furnoms
topiques ou de pays , parce qu’ils appartiennent
à la géographie , & qu’ils ne demandent aucune
explication )
Tout le monde fait que la lune emprunte fa
lumière du foleil ; elle éclaire pendant la nuit ,
comme le foleil pendant le jour ; d’ailleurs , étant
^7 apparence i’aÜre le plus confidérable après le ,
D I A
foleil , il eft bien aifé de concevoir comment les
anciens , confondant Diane avec la Lune , en ont
lait la fœur d’Apollon , qu’ils difoient être la même
Divinité que le Soleil. Far une progreflîon d’idées
on pourroit peut-être même expliquer la raifoa
de ce qu’ils ont avancé , en difant que ces Dieux
étoient gémeaux. Mais il nous fuffitde favoir qu'ils
ont quelquefois pris Diane pour la Lune. Ho-
race , dans fon poème compofé à i’occafion des
jeux féculâires , fait adreffer fes vœux à Apollon
par les jeunes garçons , tandis que les jeunes filles
invoquent Diane en faifant chœur avec eux. Or
par les prières que les dernières adrelfent à la
Déeffe , il eft évident qu elles la regardent comme
le Lune :
Slderum Regina bicornis , audi ,
Luna , pueLlas.
Il n’ert donc pas douteux que quand les aüteurs
donnent à Diane le furnom de , de â-m
qaTÇÙfo? , de en grec , ou de luciferaen
latin , ils regardent Diane & la Lune comme la
même Divinité. Diane , honorée fous le titre de
'ZeXaa-ipésos , avoit Un autcl en Attique , félon Paa-
fanias.
Elle eft qualifiée de Ludfera fur plufieurs mo-
numens , 8e entre-autres dans une infeription pKr
bliée par Muratori ( p. xxxrt. 6. ) ;
DIANAE
tUCIFES-AS
L. LICINIÜS
VITÜLI LIE
GRATUS
V. S-
Elîe eft aulfi fumommée àujpÎTivpi; dans Sopho'
de ( Trachin. v. aiS- ). En effet, on la voit repré-
fentée fur plufieurs médailles avec le croiffant fur
la tête , & une torche allumée dans chaque main.
Le Comte de Cavlus {Rec. d'Antiq. tom. il. p.xtr.
n. 2. ) a donné le deffin d’une petite figure d’argent
qui repr.éferite Diane portant le croiifant u une
main, & relevant fon habillement de la gauche;
& l'on pourroit citer un nombre infini de monu-
mens où Diane eft ainfi figurée avec des attriDUts
qui marquent fon rapport avec la Lune. Quelque-
fois même ces attributs font compliqués; quoi-
qu’avec une torche on un croiftant, elle eft fou-
vent armée d’un arc ou de flèches , ,Sc elle porte
le carquois fur l’épaule ; ce qui , à la vérité, ûé-
figne encore plus eiairement que la Diane , Dee^e
de la chaffe , eft la même que la Lune ; &
étoit la Diane de Ségefte , qui ornoit la galerie ce
Verrès. _ - x
Le furnom de Cœleftis , qui a été donnera tant
d’autres Divinités, convenoit très-bien à uiane,
confidérée comme la Lune , & qui parmi fes trois
demeures , avoit entre-autres le ciel.
D I A
Sc la Lune étoient îa siême
Divîniré , on peur en intérer que cecre Déeiïe fur
nommee Hécate, pour la même raifon
que !e Sole?! avoir reçu le nom 'Ex-xn; , & parce
quelle refi. clulToîr fa lumière j mais je n^entends
pas les Aîyth')iogues , quand ifs difenrque la fœur
d Apollon étoir appelée la Lune dans le cielj
Diane fur la terre, & Hécate ou Proferpine dans
iss enfers. Ces memes Mythologues ont ajouté
que c étoit de-là que Diane tiroir les furnoms de
Tffsas-ninç J de rp.fioptpcs, de Tergemina & de Tri-
forrrns. Les commentateurs en ont donné des in-
terpretarions tout-a-fait forcées.
J adopterois plus volont.-ers le fentiment de
Varron , qui dit que ces épithètes faifoisnr allu-
iJonaux phafes de la Lune : Q nia eadem cfl ac Luna
•quatres vins fequitur carrenio in ahitadhiem , lati-
tuainem & lor.gitudinem. Ces trois formes de
tane font fouvent indiquées dans les auteurs,
«rini les reproches que .Médée fairà Jafon ( Ovid.
eroid. ep.^ xii. v. 79. ) ^ elle dir qudl lui avoit
cependant juré une fidélité inviolable, par diffé.
rens Dieux, & par la triple Divinité de Diane.
Per triplicis vultits , arcanaque facra Diana.
t ) J en invoquant
iâ Deeffe j lui adrelTe ainfî la parole :
Montium cuftos nemorumque , Virgo
Qua laborantes utero puellas
Ter vocata audis , adimifque letho ,
Diva triformis.
Ce font vraifemblablement les trois formes que
î on donnoiî à Diane, qui ont fait naître fidée
de placer fes fzatues dans les lieux où trois che-
mins aboutiffoient , & de lui donner les furnoms
de de & pluiieurs au-
tres femnlables chez les Grecs, & celui de Trivia
c.nez les Latins.
On connoît des monumens fur lefcuels Diane
Tergemina ou Triformis, eft reprefentée. Le
Comte de Cayius ( tom. v. pi. zxv. ) en a publié
deux Le premier , deftiné pour un Laraire' &
haut de trots pouces., préfente trois figures fépa-
rées , mais réunies en une même perfonne. Le
croiffanc , placé fur les épaules d’une des fit^ures'
ne perrnet pas de mcconnoltre la Déeffe fou^ rem-
bicme de la Lune. Les autres figures font fans at-
tnouis. Le fécond monument elt une cornaHnc
iingunere , dont fauteur a do ,né fexplicarion
( tom. va. pl. ). Il
fondre ces reprefentations de Diane avec celLs
ces parques &_des furies, gui font également com-
pofees^e trois figures, mais avec des attributs
tout differens.
Comme fon a cru long temps que la Lune agif-
foit fur les corps fublunaires , on a attribué à
Antiquité^ , Tome II,
D î A J
Diane plufieurs innuences fur le fexe féminin ,
parce qu’en e&et les femmes paroiiléac avoir cer-
tains rapporti marqués avec le cours de la Lune.
L.n conféquence Diane étoit regardée comme une
Deefle qui preficioit aux accouchemens. O.n lui
aureffoit des vœux , ainfi qa à Junon Lucina , fe-
Lncinz & DianA ejulatur^
& .UdCrobe ( //j, VII, Strah^ c. i6. ) en donne
cette ration: Q_uia propnutn ejus munus efi difleti-
de,i rimas carporis , & meatibus viam dure ; quod
pttrtuz faluiare efl. C’eft pour cela
queue eit^ furnomraee «sysrézar dans Homère
( Homer. lliad. ar. } & Théocrite , & qu’Horace
dit qu elle donne du fecoars aux femmes eu-
ceintes :
Que, laborantes utero puellas ,
T er vocata audis , adimifque letho.
En cette qualité de Déeiïe qui préfîde aux
accouchemens, Diane a reçu les mêmes épithètes
que Junon , celle cixéeui» & celle de Lucina:
Rite maturos aperire partus
Lents îlithyia tuere maires ,
Sive tu Lucina probas vocari ,
S eu Genitalis,
Les auteurs Grecs lui donnent quelquefois le
lurnorn de , qu on lit fur une irifcriptioa
latine publiée par Gruter ( p. mxi. 5 . ) :
DIANAI LOCH. S. P. C. C. D. S.
CINECRIA. P. F. RUFA POM
PONIA.
On lui avoit confacré dans la ville d’Athènes un
temple où elle étoit honorée fous le titre de
félon le Schoüafte d’Apollonius (inlib.
I. V. Z87. ). Les femmes qui accouchoient pour
la première fois, faifoient à laDéelfe une offrande
de leur ceinture.
L’inSuence que fon attribuait à Diane fur les
accouchemens & les accidens naturels des fem-
tr.es, font fait invoquer, ainfi que Jancn, fous les
dtfferens noms de -^sasi-u^ç , de EaiTépa, de Safpita
& d Opifera. D’ailleurs pouvait mériter *es
épithètes pour des grâces particulières que fo«
croyoît tenir d’elle , ou parce qu’elle étoit cots-
fidécée comme la Lune & une 'Divinité bienfsi-
fante qui co.ntribuoit avec le Soleil à donner h
vie aux hommes , aux animaux & aux plantes.
.C eft fans aoute cette coniîdération qui a multî-
phe les mamelles & tous les fv'mboles dont
Diane TEphéefe étoit chargée. Paufanûs parle de
plufieurs pays de la Grèce où la Déelfe étoit ho-
norée Ibus le titre de , & entre-autre.s ea
Laconie, en .4ttiqae & en Àrgolide. L’épithète de
eft employés par Apollonius ( lib. i. v.
Z Z
3^2 ï) ï A
31Z. >3 & celle à’Opifera fe üt fur afle InCcàp-
picn publiée par Gruter ( p- 8- ) •
BIAKAI 0?IF£K..^
NEMOKENSI
LAPULEIUS L. 5»
ANTIO.
Quoique cette infcription foit su nom à’un
^omme^ c^étoîc fur-tout pur tes Femmes que
écoit invoquée comme une DéefTe faiut-ure.
Ainfî Diane qui étoic iî recommandable par fes
bienfaits , pouvoit auiE Faire beaucoup de mal :
elle pouvoir envoyer la pefte fur la terre > niais on
crovoitque fa vertu meurtrière ne s’étendoit que
fur les femmes > ce qui faifoit mettre leurs morts
fiibites fur le compte de cette Ueeffe^ comme 1 on
aîtribuoit celle des hommes a Apollon.
Les titres fi diiferens de. mère & de vierge font
donnés à Diane fur deinc infcriptions. La prs-
Eiièrcj trouvée en Efpagne 3 eft conçue en ces
termes ;
TEMPLUM OîAMAS
5IATRI. D. D. APU
LEIUS ARCHITEC
TUS SUB-TRUXIX,
La fécondé fe trouve dans le recueil de Gruter
( Grut. p-. XX. 12. Vid. q^uoq. fpOTi. Mijssll, îLrud.
Anüq. feil. j . ) :
YIR. DIANAE SAGK.
PRO SALUTE
IMP. GAESARIS E. SEPTIMÎ
SEVERI PERTINACIS»
Ces fumoms , fi incompatibles en apparence ^
peuvent cependaiit fe concilier en difant que Diane
awit reçu le titre de mire , comme Déefie qui pré-
£doit aux accouche mens 3 & qui en cette qualité
étoit invoquée par les mères ; ce iFeîi qu un fur-
nom paffager , & employé feulement dans quel-
ques circonftances. Mais celui de vierge marquoir
fa qualité cffentielle ^ & parce qu’elle s’étoit vouée
à cet état 3 & parce quelle accordoit une protec-
tion particulière aux jeunes filles qui n’étoient pas
encore mariées, La première demande que Diane
fait à Jupiter, c’eft d’avoir la liberté de conferver
toujours fa virginité ( Callin, Hymn, in Diaa.
V. 6. y. _
On dit que ce ne fut pas tant la vertu de la csn-
tinsnce qui la détermina à ce choix, que la crainte
des douleurs de l’enfantement dont elle foupçon-
noit les violences. Quoi qu’il en foit , Diane paf-
foit dans le féjour des Dieux & chez les mortels
pour la vierge par excellence. Callimaque ( ii>id.
y. 110. ) l’appelle Af7tfu wuiHun j , feloa Eii-
D î A
ripide , elle eft la plus belle des vierges de l’Olytsy
pe (Hippolit. X. V. 71.).
L’abeille lui étoit confacrée , parce qu’elle étoir
lefymboie de la virginité. Il n etoit permis qu’aux
filles vierges d’entrer dans fon temple & fon bois
facré à’Éphlfe, & Strabon nous apprend que Tou
prenoit des précautions pour que les Prêtres de
ce temple , nommés , puiïent garder
leur virginité.
Quand de jeunes filles vouîoient fe marier,
elles rempliffeient des eorbeilles de préfens & des
plus beaux ouvrages qu’elles euiient faits à i’ai-
guille , pour les coafacrer à Diane. Elles croyoienc
appaifer par ce don la gardienne de leur virgiuité ,
lorfqu’elks étoient fur le point d’y renoncer.
C’eft pour cela que dans Théocrite , une femme
qui venoit d’être mariée s’adreffe à Diane, en la
priant de lui pardonner cette aftion.
Cette cérémonie des corbeilles fe faifoit avec
une certaine pompe } c’étoit une efpèce de fête
que l’on appeloit KANKOiOr-lA , & qui fut infti-
tuée en i’honneur de Diane,
Enfin , fi cette DéefTe étoit fi jaloufe de la chaf-
teté dans les perfonnes qui lui étoient attachées,
jufqu a chafter honteufement Califto pour avoir
violé fon ferment de garder la virginité j combien
ne devoir elle pas être fevère envers les temeraires
oui auroient ofé attenter à la fienne ? Aufli tua-
t’elle Buphagus ( Paufan. Arcad. c. xYii.) a coups
de flèches fur le Mont Pholoé , pour le punir de
fes entreprifes hardies
Le crime involontaire d’A£i:éon ( Ovîd. Metam,
lib. ul. ) qui la furprit dans le bain , coûta la vie
à ce malheureux chaffeur : la DéefTe le changea
en cerf, 8e il, fut déchiré par fes propres chiens.
Ce trait de la fable eft repréfenté fur quelques
monumens. Une médaille de Daldia , en Lydie.,
préfente trois figures dé fem.mes nues ; favoir ,
Diane 8e deux Nymphes qui fe baigneat dans un
baflin où tombe 1 eau d’une fontaine vaifine , 8c
qui eft près d’un arbre. Plus haut à droite, on voie
un temple à quatre colonnes , dans lequel une
femme afîlfe paroît tenir de la main droite une cou-
ronne. Au bas eft un cerf courant qui regarde der-
rière lui 3 êc de l’autre Aftéon nud , qui tient k
main droite étendue vers Diane dans le bain, cS.
un arc delà gauche, félon les apparences.
Malgré cette réputation de chafteté fi bien éta-
blie , Diane ne fut point exempte de tout foupçoir»
Quelques auteurs lui reprochent des liaifons in-
times avec Endymion :
Latmius-Endymion non ejl tüi , Luna-, pudoru
Et fi l’on en croit Virgile ( Géorgie. iiL v.^^P^
elle eut quelque complaifance pour le Dieu Pan -
Pan DeiLs Arcadia captam te yLuna , fefelEt 3.
In nemora altavocans i nec ta afpernata voeanteitu
On tÿouYS dans le précieux recueil du Comî®
D î A
Je Caylus le de-fin d’un bas relief de iTisrbrej re-
préfentant Diane en repos 8e qui paroit fixée par
un DieLs par un amante qui, pour lui plaire, eft
auprès d elle fous la forme de l’objet dont elle
écoit le plus occupée. Ce monument où la Déeffe
paroit nue & carefi'anr un cerf, rend au moins fa
, quelle que foit l’allégorie.
II feroit cependant poffibîe de la juftifier en re-
gardant le cerf qui ell à fors côté comme le fym-
chafle pour laquelle la Déelfe étoit en
Ciiet paffionuce. C’ étoit fon exercice favori, & il
rai.oit prefque toute fon occupation. Callimaque
commence fon hymne en l’honneur de Diane , en
la reprefentant comme une Déeflè qui fait des traits
& des filets fes plus chères délices.
_ Elle fe contente d’un habit léger qu’elle relève
jufqu au genou , afin de pourfuivre avec plus de
faedîté les bêtes faavages.
Son amour pour la chalfe eft fuffifamment défi-
par les furnoms ( Orpk, Euripid. Sophocl.
, Aaya^sTitç , xuiniycs , fur lefqucls il eft
ini^j.e d.infifter. Les Poètes Latins lui donnent
^lu 1 épithete de V enatrix , de Jaculatrix &r de
Pkaretrata. Cette dernière fe lit fur une inferip-
tJon recueillie par Reinefius (p. lo;. } , qui étoit
gravee fur le collier d’un chien :
DIANAE PHARETRATAE
SUM. SINE. REDIBO.
Les fléchés de Diane portoient toujours un
coup fur J elles éroient la terreur 8c la perte des
animaux. Ovide, en décrivant fon retour de la
chaffe, exprime ainfi le dégât qu’elle avoir fait
dans les forêts : ( Faj^. iib. ii. v. 163. ).
Mille feras Phœbe filvis venata redibat.
Cette efpèce de victoire qu’elle remportoit
foiiyent fur les animaux les plus formidables , lui
mérita les furnoms de Viürix 8c à‘Invicta.
L’épithête ipi~'i<pofrss que Phiirnutus donne à
Diane , confirme le témoignage des auteurs , fur
le choix quelle avoir fait des montagnes pour fa
demeure ; 8c celle de Nijxieix qu’on lit dans
Strabon , marque combien elle aimoit les forêts.
Le furnom de Nemorenjls , qui eft le même eft
donné à la Déefte fur une inferiptioa trouvée à
Home : ( Spon. Mifcell, erud. antiq. ).
DEANAE
:nemorensi
SACRVM
M. ACILIVS
PLARIANVS.
Apres ces témoignages & plufieurs autres que
fon pcrurroit produire , il n’eft pas étonnant que
Diane paroiflè en habit de chaffe fur prefque tous
les monumens qui la reprefement. On la voit fu-
des îiiédailies de Mytilène , d’Ephèfe, de Crete '
d’Hiérocéfarée en Lydie, fur d’autres d'Amyntast
Roi de Galatie, {Ree. de Rois pl. xix, i 8c
d Anthiocus VIII, Roi de Syrie ( ibid. pl. xii )
lur des bas-reliefs & fur des pierres gravées. Elle
eit^ ordinairement debout dans l’attitude de quel-
qu’un qui court , tenant de la main gauche un
portant la droite au carquois qu elle a.
fur 1 épaulé, comme pour en tirer une Sèche j
les cheveux font noués Sc relevés par derrière 5
on rem,3rque quelquefois le croiffant fur fa t^tc
ou fur fes épaules.^ Son habit eft relevé de manièra
que l extremite n en tombe pas jufqii^au genou,
& lui découvre même une partie des cuiffes ; ce
qui a fait qu’Ovide , en comparant l’habillemenr
de chailè de \ enus a celui de IDiane^ s^exprijilô
ainfi : ( Metam. Iib. x. v. 336 ).
Nudagenu, veftem riîu fuccinlia Diané.
Une ceinture qui arrête fon vêtement au-deffous
du fein , le laiffe à découvert ainfi que l’épaule
droite. ^
On voit fouvent au côté de Diane un chien
ou un cerfj fur un ancien monument, elle eft
même accompagnée (Afarator. incript.p. xxxvu.
n. I.) de l’un & de l’autre 5 & ce qu’il y a de
remarquable , c’eft que ie cerf qui eft un animai ,
objet de la chaffe , fcmble ici faire la même fonc-
tion que le chien , & pourfuivre avec lui d’autres
animaux. Peut-être en donnant à la Déeffe ua
cerf pour attribut , a-t-on voulu exprimer fon
agilité , 8c faire entendre qu’elle l’égâloir à la
courfe. Callimaque dit que fon char d’or eft at-
telé de cerfs auxquels elle a donné aufll des freins
d’or.
Les epithetes- de Délia 8c de Cynthia ayant
été données à Diane , ainfi que celle de Délias 8c
de Cynthius à fon frère , prouvent le culte com-
mun qui leur étoit rendu. Celle de Délia eft
employée par Virgile ( Aclog. 5. ) ;
Notior at non fit canibus jam Délia nofiris.
La Déeffe avoit dans l’îile de Délos un tempî*
de marbre nommé Artémifion', elle y étoit repre-
fentée debout, ie croiffant fur la tète, portant
de la main droite une torche, &c de la "gauche
un arc. Virgile compare élégamment Didon , en-
trant dans le temple de Carthage avec tout foa
cortège, à Diane ( Æn. i. v. 498. ) préfidint
aux chœur des Nymphes fur le Mont Cynthiea r
Qualis in Eurott ripis , autperjaga CynthP
Exsrcet Diana ckoros , quam mille fecats;
Dinc atque hinc glcmeranzur Oreades.
Il paroît que ce l'ut à Déics que le culte de
JÀ/2/fe^'Oîî333snça à s etu'oiixÿ mais il ne tarda pa-s
Z Z ij
3^4 D I A
à^ie répondra dans d.’rTc'rens pars de !a Grèca.
El'e zvoit des temples & des autels à Sycione &
dans les pays voifins de cette ville , félon Panfa-
■nias ( Corintk'iac'). En A c haïe ^ elle ctoit honorée
d'un cake particulier , fuivant le même auteur
{Ackaïc). Dans la citadelle de Patra, dit -il,
bn voit un remple'de Diane Laphria. ^oyer ce
mot. ^
Là vlhe de Patra s'appeloit auparavant Aro'é.
Les lomens-sn furent maîtres Quelque temps ainfî
que de_ deux autres villes , Ànthée & Mefïatis.
tes trois villes poffedoient en commun un cer-
tain lieu avec un temple confacré à Diane qui ,
pôm cette raifon ^ fut furnommée Tri:laria. On
CÊiéoroit tous les ans des fêtes en fon honneur.
^ ^iifanias dans fon voyage d'Elide , fait men-
tion de quelques furnoms fous lefqueis la Déelfe
«toit honorée dans cette province. ( Eiiac. ii. c.
Le plus connu eft celui Ax<pasa , dont
voie! i onginè. Aiphee é'tanc devenu amoureux
de Diane y & voyant qu'il ne pouvoit réuffir à
1 epoufer , refolut de i’enîever. On dit que Diane
eiî le fuyant toajourSj Tarara fur fes pas àLetrins
bu ii a* oit coutume d'afllfter aux jeux que les
Nymphes donüoient j que pour le tromper elle
le rendit nieconnoiffaDle en fe trottant le vifage
oe^ boue J ainli que celui de fes compagnes 5 &
qu'Alphée.ne pouvant la diliinguer des IN'ymphes,
s en retourna fans rien entreprendre. Ceft de
i-amour d Aiphee pour Diane , dit Paufanias, que
les habitans de Letrins donnèrent à Diane ce
furnom. Trilîan ( lom. 2. p. ) a publié une
médaille de Caraca'la fur laquelle il prétend que
Je type du revers repréfente Diane AJphœa. Quelle
que fon Pallégorie de cette fable , elle nous
prouve au moins que le culte de Diane étoit
érabii en Elide. Elle avoir un autel dans l'Altis ;
& Paufanias ( Pa-uf. eliac. i , c. , ihid. eliac.
2, c. 22 5? 25,,) nous apprend quelle étoit
honorée dans cette contrée fous les noms de
, Kcfêaxcs , L'hiftorîen ignore
i origine du premier nom. Le fécond vient de ce
que les compagnons de Pélops célébrant des
|eux_a rhonneur de Diane pour la remercier de
la vidoire remportée par Pélops, employèrent
une danfe de ce nom & qui étoit en ufage parmi
. , habitans du Mont Sipyle. Le troilïème lui a
ete donné d'un temple qui lui étoit confacré
près du Gymnafe dTlis.
Auhi-tôt après que les Cyclcpes eurent forgé
ies armes _de D/fi, 7£ pour la chaffe, dit Callimaque
(Hymn in Dian v. 87. ) la DéefTe vinten Arca-
bte, fepar ordinaire du Dieu Pan; & félon
Virgile (Géorgie, iii , v. 395) elle fe rendit à
i invitation de ce Dieu dé l'Arcadie ^ qui l’a voit
appelte dans fes fom&res forêts; mais’ foit que
aliufion aux
montagnes & aux forets d'Arcadie oui rendent
ce va VS tre^propre peur la ch.afTe ; feirque cette
première anegone e.n contienne auffi une fécondé
D I A
qui ait^ rapport à la lune ou à Diane , il eft cor A
tant néanmoins que le culte de cette Déeffe étok
établi dans beaucoup de cantons de la provinc»
Elle y reçut plulieurs furnoms pris des lieux o'\
on lui avoir élevé^ des temples , érigé des autefs
gc confacré des ftariies. C'ell ainfi qif eüe étoit
appelée Lycoatis , de la ville de Lycoa fîtuée aii
pied du Mont Ménale (Ptzvhz/î. Arcad. c. xxxvj.'^
où elle avoir un temple & une ftatue de bronze
Les Caphyates la nommoient Cnccalefta, parce
qu'ils céiébroient tous les ans fa fête fur le Mont
Cnacalus {ihid. c. xxiu.) Elle avoir un bois
facré & un temple à Cadylée qui n'étoit qu'à un
Itade de faphyes : elle en reçut Fépithete de
Conciyleatis. Foyei ce mot.
îl n'eil: pas é.onnant que le culte de Diane fut
11 multiplié en Arcadie; c'étoit un pays de mon-
tagnes & de forêts ; ce qui a fait dire que le Dieu
Pan l'avoit choiiî pour- fa demeure. Il y a une
quantité deiieux tels que Lycoa ,Lycs.a y Lyeafuray
Lyc&us , formé du mot grec qui lignifie icup, &
qui déf gnent que cette contrée abondok en loups,
& croit par conféquent un pays où la Déelfe de
la chaffe devoir être honorée d’une manière parti-
culière.
Le nombre des lieux ccnfacrés à Diane dans
l'Attique , prouve que la fœur n’y étoit pas moins
en honneur que le frère. Il paroît même que ce
fut un des premiers pays où fon culte s'établit;
car Paufanias {Paufan. Attic. ) nous apprend que
la Dce.Te venant de Délos, aborda enAttique,
qu’elie y chaiTa pour la première fois dans un
canton nommé Agraqtès de YlHjfas, &que ce.
fut de-ià qu'elle reçut le nom de ChafferelTe ,
Elle étoit ripréfentée dans ce lieu avec
un arc. En entrant dans l’Académie on voyoit
pluf eurs Itatues de Diane dans une enceinte alTez
conlidérable confacrée à la Déelfe. Elle y étoit
furnommée très - bonne & très - belle. Paufanias
(^Paufan. Attic. c. xxjx) croit que ces Uatues'
repréfentoient fes dilférens attributs.
Son cuite droit établi en Béotie : c'eften Aulide
que s'elt palfée la fcène fanglante du facn&e
d'Iphigénie , fi célèbre dans les poètes. ( Lucret.
lib. I.).
Auli-de quo patio Triviaz Virginxs aram
Ipkîanijfaï turparunt fanguine fædï
Duciores Danaian.
Quand ce ne feroit pas la 'fille d'Agamemnos
qui auroit été immolée à Diane , mais une autre
princefie de fon nom, il n’en feroit pas moins
vrai que la coutume barbare de lui offrir des vic-
times humaines étoit en ufage dans ce pays. Le
grand Racine qui connoiiToit fi' bien les znaetjS
&• qui favoit apprécier leur siérite s'appuie qe
l'autorité de Paufanias ( Corint/z.) pour juftifier
le dénouement de fa belle tragédie d lphigéifie»
ii rejette h fable de la hidre fubftituée par Diane ^
D I A
Sr me: a 'a place de ia fiàe fi’Agameninon une
Frinceire Siie ûriéîtne; cependant Paufanias ra-
co^te ic fait dinreremment yPauJ^zn. Beoi. c, xix.J.
" Auiiue^ dit cet auteur ^ un temple
» de Diane & deux itaïues de maibre blanc dont
” 1 une repréfente ia Déefle po: tant deux torches j
” fx î '-t repréfente avec un arc & des
” que les Grecs , fuivaut i’cracJe
” Cha'cas , étant fur le point de facridcr
Iphigénie à i’aucel de Diane , Li Déelfe elie-
» meme lui fubititua une biche. Les gens du lieu
confervent encore dans le temple une partie
" du tronc de ce platane dos: Homère fait
rnention dans l'iiiade. Ils ont auffi pour tra-
» duion que les Grecs furent long-temps airèrés
^ en Aulide ^ & que tout-à-coup les vents étant
devenus fivorabJes, chacun facrina aiilh-tôt
en adtion de grâces la première victime ou’il
» ^ hstt mâle foit femelle^ & que
“ de-Ia eft venue la coutume qui s^obferve en-
“ cote dans le pays^ d'immoler à Diane toute
== forte de vidîimes fans diiHnétion de fexe ».
Au refte cette hiiloire eft racontée avec bien des
variations paroles hilloriens & les poètes; & de
queicue manière que l’auteur François fait pré-
lentée , fon perfonnage d’Eriphiie n’en eft pas
moins heureux J & il répand beaucoup plus d’in-
toute la pièce.
Une médaillé d’Apollonie en Étoile j qui repré-
ente d un cote le bulre de Diane ( Rec. de médail.
de P tupi. & de ville, tom. I. pi. xiv, } avec le
rarqucis fur l’épaule, & de Tautre une mâchoire
de fanglier avec le fer d’un épieu ou d’une lance,
marque zStz le culte que l'on rendoit à la Déefle
d<ins cette contrée de la Grèce. La mâchoire du
fanglier furieux qui fit un lî grand dégât à Calydon ,
& GU elle avoir envoyé pour fe venger de ce
qu CEnee avoir oublis de la comprendre dans les
honneurs divins qu’il avoît rendus aux autres
«hvinit.'s; ce fut peut-être la punition exercée par
Drii/îe co.ntre ceshabitans de l’EtoIie, qui les en-
gagea depuis a lui déférer un culte en lui donnant
ie furnom àl Elle étoit honorée fous ce
titre a-Naupadie ( Paufart.Pkoc, c. xxx viir.'), GÙ j
lOn voyoit un temple élevé en fon honneur,
ainfi que fa flatue de marbre blanc qui ia repré-
fentoit dans l’attitude d’une femme tirant de l’arc.
On lit auflî cette épithète dans Strabon ( Srab.
lib. V. p. 2IJ ) qui parle d’un bois facré que la
Déefle avoir en Italie.
Diane avoît reçu le furnom de Pherœ , ville de
Theflaiie. Calümaque (^kymn.in Dian v. -j9)
i invoque fous ce nom. On le lit aufli dansLyco-
phron ÿhycophr.p. i~6) ; & il fe trouve fur une
lafcriptîon publiée par MuratOîi(rom, I.p.xxxYiii,
xi. 2. ).
APTEMIAî
-eEPAIAl KIM
TOS AfSNON,
D i A « ^
Les Argier.s félon Paufmias ( Paafan. Ccri^tî
avoient une DDne Fhéréenne ainfi cu^^ii
^icyonisns & les Athéniens; iis prètendyienAIë
la itarue de cette DéeiTe leur avoir été apportée de
Pkerœ.
La Macédoine & la Thnce étant des pays de
chafle , Uiane y étoit en grande venéranon. Ce
fut vers le Mont ( Ccilim. kymn. in. Dian.
V. 1 14. ) çu elle s’achemina auiTi-tôt après qa’eüe
eut commence ue monivr fon char arte'ié de cerfs ;
Sr jes 1 hraces la ns-mmoient B'-tSiç, félon Hefv-
chius qui parle des fêtes que l’on célébroic en fon
honneur , & que l’on appeioir H^ièiétia.
Mais aucune ville du monde ne fe flanala autant
à cet égard' que celle d’Ephéfe. ( roye-r oins bas
Diane d'Ephèse ).
Le furnom nEî-SîKH qui fe lit fur une médaille
de Hiérocéfarée publiée par Seguin {Seg-ain. feleS.
numifm. ) & par Pellerin (i2êc. lies peapl. & de
villes, îom. II , pl. Lxi , parcit d’autant plus
extraordinaire qu’il femble venir & qu’il vient en
effet des Perfes. Ces peuples avoient pour Diane
une grande vénération comme nous i’apprenong
de Diodore & de Plutarque {Platarc. in Lucullo) ;
ils !’ ’appeloient Nans.a ou Ar.aïtis.
C’éîcflt pour piller le riche temple qu’elle avoît
dans l'EIymaide ( Macc. xr , 2. Jofepk.
lib. xir. c. 13.) qu’Antioc. ^'us fe préparoit à faire
un yovags en Perfa , & qu’il mourut dans cette
expédition. Or, les Perfes fe rendirent maîtres de
la Lydie; & ce fut du long féjoiir qu’ils y firent,
que les habitans d’une partie de cette province
furent appelés Perjiques. {Paufan. Eliac. I, c.
XXV II.'). Les villes d’Hypæpa & de Hiérocéfarée
étoip.t précifément dans cette contrée. Lorfque
le fénat voulut abolir fous Tibère le droit d’afyle
dont jouîiroieiît plufieurs temples de la Grèce ,
chaque peuple fit des repréfentations qui ten-
doient à le conferver ; quelques-uns firent valoir
l’ancienneté de ce droit ; ceux de Hiérocéfarée
remontèrent plus haut que les autres, & ils fou-
tinrent ( Tadt. annaL-m ) qu’ils adi-toient
Perfique dans un temple dédié fous le règne de
Cyrus; ce qui confirme T’emploi que la ville de
Hiérocéfarée à fait de ce furnom de Diane fur fes
médailles.
Les Romains fe conformèrent à l’égard de
Diane au même plan qu’ils avoient fuivi pour
Apollon & les autres Dieux dont les Grecs leur
avoient tranfmis le culte. L’époque de celui de
Diane chez eux eft fort ancien ; il précède même
les temps de la république. Ce fut un trait de
politique , pour unir à jamais les Latins avec les
Romains , qui porta Servius à leur Êire bâtir en
commun fur le Mont Aventin un temple, de Diane
où les deux peuples dévoient s’aflembler tous
les ans pour y renouveler les fermens de leur
première confédération. Ce Roi , dit Tite-Live,
(.Lié. I.), ayant confidérablement augmenté la'ville
de RomSjSé ne vo wlant pas devoir tcujoursi’accroif^
D î A.
fement de fa puiflance aux fuccès de fes^ armes,
entreprit de donner a fon état une nouvelle force
& en mêrae-temps un nouveau luftre par des
voies de prudence/ Le temple de Diane a Epk'efe
éîoit pour lors célèbre par tout 1 univers j on
croyoit que les villes d'Afie s’étoient réunies pour le
conftruire à frais communs. Servius, à force de
faire valoir aux chefs des Latins , avec lefqueis
il sV'toit uni à defiêin, les avantages qui réfultoient
de Tunanimité de tous les peuples de la Grèce
dans le culte des mêmes Dieux, les engagea enfin
à fe joindre aux Romains pour bâtir à Rome un
tem.ple de Diane qui fût commun aux deux na-
tions. Cétoit donner évidemment à cette ville le
titre de capitale de Tltalie , qu’ils lui avoient
tan: de fois conrefté par les armes- Mais quoique
les Latins femblaiTent avoir renoncé à cette pré-
rogative , après avoir fait tant d’eflorts pour en
jouir , un Sabin crut avoir trouvé Toccafion de
la revendiquer, & de rendre à fs patrie l’empire
qu’elle avoir perdu. Il étoit né, dit-on, chez
un parîicü ier de cette nation , un bœuf d’une
taille & d’une beauté extraordinaire. Ses cornes
eonfervées pendant pliifieurs fiècles dans le vef-
tibiile du temple de Diane où elles avoient été
attachées , atteRoient ce prodige. Les devins
confuités fur cet événement , qui paroiffoit mi-
raculeux , répondire « que celui qui immoîeroit à
Diane cette viétirae, procureroit à fa nation
l’empire de l’Italie. Le prêtre de la Déeffe fut
inftruit de cette réponfe. Dès que le Sabin eut
trouvé le temps qu’il croyoit convenable pour
faire ce facrifice, il conduifit le bœuf à Rome
& le mena devant le temple de Diane. Le prêtre
Romain jugeant par la taille de la vitlime, que
c’étoit l’animal dont l'Oracle avoir parlé , & cher-
chant à tromper le Sabin : Quallei-vous faire ,
lui dit-il? garde:^-vo_us d'offrir a Diane un facrifice
impie. Q_ue n’ allf^^vous auparavant vous purifier
dans les eaux du Tibre qui coulent au bas de ce
vallon..
L’étranger touché de cette remontrance &
craignant d’ailleurs que fa négligence ne fût un
obftacle à l’événement qu’il attendoit , defcendit
far le bord du Tibre. Le prêtre profita de ce
temps pour immoler lui-même le bœuf, & il
s'acquit par ce fervice important les bonnes grâces
du Roi & de tout le peuple. Le temple de Diane
devint fi célèbre, que le Mont Aventin fur lequel il
étoiî bâti fut nommé le Mont de Diane. ( Mar~
fiai. Epigr. U b. 7 , Epigr. ~JX ).
EfiqulTiis iomas efi , domus efi tibi colle Diane,
Junon s’oppofant à la marche d’Annibaî vers
Rome, lui repréfente tous les Dieux de cette ville
fe préparant à le punir , s’il ofoit s’avancer; elle
lui peint Diane entf autres dans ces termes. ( SU.
lié. Il, V. 712. ) ;
Jf qiiù vklnis toliitfie collihus altof.
D I A
lÆolis Aventinus , viden ut Eatonia virgo
Actenfds quatiat Pblegethontis gurgite tædas.
Les Grecs , fuivant Appien ( Appian. de bell,
civ. lib. I. ) s’en fervirent comme d’une forte-
refie , & s’y retranchèrent comme dans un lieu
de défenfe pendant la guerre civile.
Il y avoir fur la même montagne un autre
temple de la lune dont parle Ovide :
Luna régit menfies ; hujas quoque tempora menfis
Finit Aveniino Luna colenda jugo.
II n’efr pas douteux que les Romains ne fe
formaiîent de cette Déeffe les mêmes idées que
les Grecs , & qu’ils ne lui ayent donné les mêmes
attributs, quoiqu’elle ait reçu de ces peuples
d’autres furnoms pour des raifons particulières.
C’efi ainfi qu’elle Fut furnommée Rsfiîana , d’une
famiile Romaine dans les terres de laquelle on
lui avoir vraiferablablement élevé un temple ou
quelqu’aurre monument. Cette épithète fe lit fur
une infcription trouvée à Rome {Spon, MificelL
erud. antiq, ) vers la voie Appienne :
DîANAE RAESIANAS
Q. RAESIVS Q. FIE. SVRDINYS
eVM RAESIA HERCVLANIOLA
SACRVM.
A quelque diftance de Rome , en faivast la
voie Appienne , on trouve une ville nommée
Aricia, & près de cette ville un bois fameux &
un lac confacrés à Diane. Strabon ( Strahon. lib.
v.p. 239 ) entre dans un détail circonftancié fur
la pofition à'Aricia , fur le bois facré de la Déeffe,
& fur les cérémonies religieufes qui y étoient en
ufage. Il dit que ces facrifices avoient quelque
chofe de barbare , & qu’ils étoient femblables à
ceux que l’on offroit à Diane Taurique.
Le culte de Diane étoit établi en Campanie:
elle avoir un temple célèbre fur le Mont Tifâte
où Sylla vint iV elleius , lib, 2, ) après fa victoire
rendre grâce à la Déeffe. Pojî vicloriam , quà.
deficendens lAor.tem Tifdta cum C. Norbano con^
currerat, Sulla grates Diane, cujus numini regio ilht
fiacrata efi , fiolvit. II n’étoit qu’à trente ftades de
Capoue , félon Paufanias (L’/iuc. 1.), qui di-
avoir vu dedans une tête d’éléphant. Une infenp-
tion trouvée fur le Mont Tifate, fait connoitre
que le furnom de Tifatenis fut donné à Diatte^
( Spon. M-ificell. Erud. antiq. )
c. VELLEIO C. F. PAL. VRBANO
MAG. fan. PIAN. TIFAT. HONORAT®
EQVO PVBLICO AB IMP. ANTONIO
CVM AGERET AESTAJIS AN. V.
C. VELLEIVS VRBANVS ET TÜLLIA
NICE PARENTES P. P. P»
D I A
Diane écoit honorée dans pIuGeurs autres lieus
d’Italie. ( Apollon. Argon, lib. iv. ). Les Mes
AbCyrtldes on Brigéides furent nommées aufG les
Mes de Diane. Horace ( lib. i. od. xi) nous ap-
prend que le Mont Algide lui étoit confacré. Sur
une médaille d’argent des Brutiens elle cft repré-
fentée de bout tenantde lamain droite un javeiotjSe
de la gauche une torche allumée avec une étoile
dans le champ & un chien à fes pieds. Selon
Thucydide 3 elle avoir un temple aux environs de
Rhège. Enfin 3 fon cu'te étoit anfTi établi en
Sicile. L’on connoïc allez la belle ftatuede Diane
de Ségefte , qui faifoit un des ornemens de la
galerie de Verrès.
=3 Diane , dit Winckelmann ( Hift. de V An. )
a plus que toutes les autres DéeiTes fiipérieures
l£s formes & l’air d’une Vierge. Douée de tous
les attraits de fon fexe3 elle paroît ignorer qu’elle
eft belle. Mais fes regards ne font point bailTés
Comme ceux de Pallas. Ses yeux pleins d’alé-
grelTe font dirigés fur l’objet de fes plaifirs 3 la
chalfe. Cette Déeffe 3 étant le plus fouvent re-
préfentée en pleine courfe 3 porte fes regards
droit en avant , &c , fans les arrêter fur les objets
contigus 3 les promène de loin devant elle. Ses
cheveux font relevés de tous côtés fur la tête 3 &
forment par derrière 3 furie cou 3 un nœud, à
la manière des Vierges j mais fon front n’eft pas
ceint du diadème > & fa tête ne porte aucun de
ces ornemens qu’on lui a donnés dans les temps
modernes : fa taille ell plus légère & plus
fveîte que celle de Junon & de Pallas. Une
Diane matilée feroit auffi aifée à reconnoïtre
parmi les autres Déeffes , qu’il eft facile , dans
Homère 3 de la diltinguer des belles Oréades fes
compagnes. La plupart du temps Diane ne porte
qu’un vêtement relevé 3 qui ne lui va quejufqu’aux
genoux 5 mais elle eft aufti repréfentée quelque-
fois avec une longue draperie : feule entre toutes
les Déefles , on la trouve fur quelques monumeas
avec le fein droit découvert».
» En ij^o , on trouva dans les fouilles d’Her-
culanum une Diane de marbre de 4 palmes de
hauteur ( environ 2 pieds 8 pouces) dont l’ouvrage
annonce les premiers temps de l’art. Cette ftatue
eft dans l’aélion de marcherj comme la plupart
des figures de Diane. Les angles de la bouche
font tirés en haut j & le menton eft d’une forme
étroite j on voit aifément que cette figure n’eft
pas un portrait , mais qu’elle eft exécutée d’après
une idee imparfaite de la beauté. Quoi qu’il en
foiE3 elle a de belles parties 3 & fes pieds font
d’une telle fineflè , qu’on n’en trouve pas de pJus
élégans aux figures véritablement grecques. Quant
aux détails, les cheveux font blonds, ceux du
fornmet de la tête defeendenr fur le front en
petites boucles , & ceux des faces tombent en
longs flocons fur les épaules j mais par derrière
ils font noués affez loin de la tête. Du refte elle
% la tête ceints d’un bandeau fut lequel font
D î A 3^7
travaillées de relief huit rofes roiiges. Ses dra-
peries font blanches ; ia tunique a des manches
larges 3 difpofées en plis toaeinés , & û ch'a-
myde eft piilfée parallèlement ainfi que la robe.
La bordure de la tunique eft formée par trois
petites bandes ; l’inférieure eft d’un jaune d’or }
celle qui la fuit immédiatement eft large & dg
couleur de laque, avec des fleurons blancs pour
indiquer de la broderie : la troiùème eft de la
même couleur. La courroie du carquoisjqui paC'e de
l’épaule droite fur le fein, eft rouge, ainfi que
celle des fandales. Cette couleur rouge domi-
nante rappelle laftatueque Corydon promet , dans
Virgile, d’érigrr à Diane , & qui devoir êrte de
marbre avec des brodequins rouges. La ftatue
d’tierculanum étoit placée dans un petit temple
dépendant d’une maifon de campagne fituée entre
Pompeii Sr Herculanurn ».
On voit dans la galerie de Verfailles une Diane
antique trouvée à Arles, dont la tête eft mioderne.
c« Dans le- petit nombre de figures entières
exécutées en albâtre, confervées à Rome, on trouve
deux Dianes au-deffous du naturel ; la plus grande
eft à la maifon Verofpi 3 & la plus petite à ia Villa
Borghèfe. Mais c’es deux figures n’ont d’antique
& d’albâtre que ia draperie; la tête, les mains,
font modernes & de bronze ; toutes deux font
de l’efpèce d’aibâtrs nommé J.gatino , parce
qu’il reffemble à l’agathe , & qu’il en a prefque
la dureté : d’ailleurs toutes deux font drapées de
la plus grande manier®. A la Villa Aibani on voit
auffi en albâtre la partie fupérieure d’une Diane
dont la partie inférieure eft refîaurée ».
Dans les hymnes d’Orphée Diane eft appelée
Tayve-iTriTrXn , à longue robe. Cette épithète trouve
fon explication dans quelques monumens antiques
fur lefquels Diane eft repréfentée avec une tunique
qui defeend jufqu’à fes pieds.
Sur une fardoine de la corieéiion de Stofeh , on
voit Diane transformée en cerf qui combat le
Géant Typhon ( IP. clajfe n°. 1x6 }.
Diane paroît ailée fur des monumens étrufques.
Tantôt elle porte des flambeaux. Sur la bafe de
Pouzzolc, elle a dans la main gauche des épis 8e
des pavots,
Diane Taurique tient une épée fur les farco-
phages du palais .4caramboni,
Diane.Vztxox étoit repréfentée à Sicione fous
la forme d’une colonne.
A Ephèfe les prêtres de Diane étoient eu-
nuques.
Les femmes faifoient à Diane une offrande de
leur ceinture après leur accouchement. On atra.-
choit des têtes de cerf aux murs de fes temples.
Di AK A reglna undarum, Gruter, (^Tkef. in~
cript. ) rapporte une infeription dans laquelle oa
donne ce farnom à Diane. Seroiî-il relatif à la
raêîsmorphpfs d’-4ftéoa i
3^8 D ! A
DIA^•E d’Athènes : c'ell la feule itattie de Diane
à lac uel e on ait mis une couronne fur la têts, dit
Eiien, qui en raconte une hiftoire lîngulière. Un
jeune enfant ayant ramafTé & emporté une lame
d’or tombée de la couronne de Diane , fut amené
aux juges, qui, le voyant dans un fî bas âge,
voulurent l’éprouver : sis lui préfentèrent des
offelets & autres chofes femblabies, propres à
amafer des enfans , avec la lame d’or. L’enfant
prenoit toujours cette lame préférablemenr à tout :
ce que voyant les juges, ils le firent mourir fans
aucun égard à fon bas âge , perfuadés que c etoit
îa cupidité qui lui avoit fait emporter cette lame
d’or. Les Athéniens étoient d’une extrême rigueur
en tour ce qui regardoit les chofes divines ; fi
: quelqu’un étoit convaincu d'avoir coupé une
branche du bois qu’on appeloit le bois facré des
Héros 3 il lui en coûtait la vie fans miféricorde.
Ün nommé Atarbe, ayant tué un moineau con-
facré à Efculape , fut condamné au dernier fup-
plice, quoiqu’il l’eût tué par mégarde, ou, félon
d’autres , qu’il l’eût fait n’étant pas dans fon bon
fens.
Diane de Lacédémone- Voye:^ Diamasti-
GOSE.
Diane à’Epkèfe , quoique toutes les villes de
l’antiquité aient bâti des temples en l’honneur de
Diane , cependant aucune ville du monde ne
fe^fignala autant à cet égard que celle SEphife
(^laciî. Annal, iii. c. lxi. ) parce que fes habi-
tans s’enorgueilliffoient de la naiffance que Diane
avoit prife dans leur pays ; quoique les habitans
de Déios leur ayeat contefté cette prérogative , il
eft certain néanmoins que le culte de la Déeffe à
Jtpkefe eii de la plus haute antiquité. On croit
que fon temple fut d’abord bâti dans le goût
Egvpden. L’origine du cuite de la Diane d’Epkefe ,
la fondation de fon temple, les différentes révo-
lutions qu’il a éprouvées, la de.ciiption de la
ftatue & de fes fymboles , fourniroient la matière
de plufieurs volumes. Les bornes d’un article de
ce diciionaire ne permettant pas de di.ûtuteren dé-
tail tous ces ob;etSj on pourra coafulter Claude
Ménétrier ( Claud. Menetr. fymbol. Dian. Epk.
Ital.^ , Poleni (de Dian, Epkef. tempL dllfen.
Joan.^ Volen. Rom. 17.^2 , & le Comte de Caylus
C Mem. Acad. tom. ÎKIEX ) qui ont épuifé en
cpuelque forte la m-Kière. Le premier a donné
i exphcat!on des d’fîcrens fymboles de la ftatue,
tuais il s'eil; écarté fouvent du vrai. Le Marquis
Poleni, daris une diiTe-tation fur le temple à^Ephiéfe,
a parlé aaifi du culte & de la ftatue de la Déeffe 5
fon ouvrage eft rempli de recherches , & recom-
mandable par la critique. Le Comte de Caylus,
que fon goût pour les arts , & la connoiiTance
qu il avoir des monu'mens antiques, ont rendu juge
p.us competent qu’aucun autre , a traité ce fujet
dans toutes Tes parties & de la manière la plus
fâtisfaiiante. Cdt d’après «es trois auteurs que
D i A
nous allons faire une mention abrégée du temn^*
le plus rameux qu’att eu la fœur d’ Apollon Seo-
la ftatue la plus fingulière qui ait exifté. ^
L’incertitude &,la variété des fentimens d^as
les auteurs fur le temps de la fondation , & fjjj
le nom des fondateurs du temple de Diane à
Ephefe ; leur filence fur la divinité qu’on y révé-
roit d’abord , & fur le culte qu’on lui réndoit
concourent à prouver l’ancienneté de cet étaWif-
fement. C’eft fans doute cette incertitude qui a
fait naître l’opinion félon laquelle la ftatue de
Diane 8c le temple même étoient tombés du ciel.
La- plupart des anciens auteurs attribuent néan-
rnoins îa fondation de ce temple aux Amazones.
Ibz Ephefus , dit Pomponius Mêla , & Dians. cU-
rijjlmum templum , [quod Amazones Ajîâ poternes
facrajfe^ traduntar. Soiin & Hy gin font à-peu-près
du même fentiment ; le' dernier attribue cette
fondation à l’Amazone Orrira , femme de Mars.
Cailimaque & Denis Periégete font aulTi mention
des Amazones en pariant d’Ephèfe & de fou
temple fameux; mais ces deux auteurs Bt s’expri-
ment pas alTez clairement à ce fujet. Paufanias eft
d an autre avis : il reprend Pindared avoir écrit que
les Amazones bâtirent le temple de Diane à Epk'efe,
lorfqu elles allèrent faire la guerre aux Athéniens
& à Théfée. Cet auteur croit qu’elles drefîèrent
feulement une ftatue à la Déeffe , dont le temple
fut bâti dans la fuite par Créfus & par Ephéfus.
Euftathe raconte que les Amazones ayant été
vaincues par Hercule , & fuyant ce héros , elles
vinrent fe réfugier dans le temple de Diane , où
elles trouvèrent leur fureté , & que cette
circonftance fît donner le nom (ï Ephefe à la ville
que l’on bâtit depuis près de là. Si l’on en croit
Pline ( Liv. il. c. 8j. ) le temple fut conftruit
fur le bord de la mer qui s’en éloigna , & l’on re-
connoiffoit à l’humidité du lieu que la mer l’avoir
baigné autrefois. Ce terrein néanmoins étant îîtué
entre le Caîftre & des montagnes d’où fortent un
grand nombre de fontaines , il ne feroit pas éton-
nant qu’il eût été de lui même marécageux. Le
meme auteur affure qu’on avoir choifi cette fitua-
t'on pour mettre le teuiDle à l’abri des trembie-
mens de terre ; mass les lieux marécageux ne font
pas moins fujets que les autres à ces accidens,
comme font très-b;en remarqué le .Marquis Po-
ieni & le comte de Caylus.
Yitruve n’entre dans a':can détail fur la con-
ftruction du temple éî Ephefe ; il dit feulement qu il
étoit d’ordre ionique, & il rapporte les noms des
architeéles qui y ont travaillé Pline eft le feul au-
teur qui no - S ait laiffé une defeription de fa forme
& de fos dimenfions. « La magnificence durem-
j-i pie èi Ephefe , dst-il , mérite l’admiration : l’A-
“ fie entiere a employé deux cent-vingt ans à
” le bâtir. On choiCt im marais pour fa fituarion,,
JJ afin d éviter le danger des tremblemens de
« terre ; & pour ne point établir dans un terrem
» peu folide des fondemens d’un fi grand poids ,
»oa
D r A
» on les pofa fur des charbons p'iés , Sc fur des
•» peaux chargées de leur laine. La longueur du
5» tempie elr de quacre cent- vingt pieds ^ la largeur
53 de deux cent-vingt ; il eft orné de cent vingt-
»3 fepc colonnes élevées aux frais d’autant de
3» nois : ieur hauteur elr de foixsnte pieds j il y
53 en a ttente-lîx de travaiilées.
Le comte de Caylus fait quelques réflexions fur
ce palTage de Pline ^ & il couvre de ridicule un
veque d Avranche J nomme Robertus C&nalis ,
qu! apres la comparaifon de l’églife éthique de
FariS:, avec le plus fuperbe tem-
ple de la Grèce J ne craint point de donner la pré-
rerence a la première.
Les richeffes immenfes que le temple de Diane
ctHîtenoit , f ment fans_ doute la caufe des diffé-
rentes révolutions qu’il éprouva. Il n’eft parlé
dans les anciens que de deux incendies de ce rem-
F ^ nG-j Amazones ^ & le fécond
par i niioftrate : cependant il paffe pour avoir été
retao.i fept fois j peut-être que par ces reftitu-
tions on ne doit entendre que des agrandilTemens
confidérables. Son entière
^itrudion arriva 1 an a6j fous l’empereur Galüen.
ün ne voit point qu’il au été enfuite réparé -, il
n en eft pas mème_ parlé depuis j fi ce n’èft dans
les voyageurs qu' difent en av’oir vu des relies.
Quant à la ftatue de Diane d'Epkife , elle eft
alfez connue par les copies multipliées qui en
cxiftenr. r ^
he corps ciC la ftatue eft ordinairement divifé
par bandes J enforte que la Déefle y paroît comme
emmaiiiorée. Elle porte fur la tête "une grande tour
a piufîeurs étages 5 fur chaque bras, des lions j fur
la poitrine & fur l’eftomac, un grand nombre de
mammeJes. Tout le bas du corps eft parfemé de
diflerens animaux , de bœufs on taureaux , de
cerfs , de fphinx , de cancres , d’abeilles , d’in-
le^es &c. On y voir même des arbres & d’au-
tres plantes 5 tous fymboles qui ne lignifient peut-
etre autre chofe que la nature elle-même, ou le
monde avec fes produdions.
Le Comte de Caylus a fait graver une ftatue de
i^iane d Ephefe, qui le porte à croire que le om-
mier culte rendu à cette Déelfe en Allé, doit avoir
ete Egyptien. 11 obferve que la vanité des Grecs
qui les conduiîoir a vouloir pafîer pour inventeurs,
& à s approprier tout œ qu’ils avoient emprunté
des autres nations , leur avoir fait désuiier en
mule m.anières & ce culte & la figure de fa
Déelfe. La fucceffion de piufieurs fièclcs favorifa
ces alterations.^ Ce font les Grecs qui ont ajouté
a ia figure primitive les cerfs, les abeilles, les
rofes, & fur-tout les repréfentations des divinités !
de la mer que les Egyptiens paroi'fent n’avoir i
m connues ni révérées , & qu’ils n’ont jamais j
placées fur leurs monumens. Le Comte de Cavlus i
reietre avec raifon le paffage de Pline , d’après le- i
quel il paroitroit que la ftatue de Diane n’avoir i
îamais éprouvé de changemens, malgré les révolu- |
Antiquités , Tome IL
D I A
[ tiens arrivées au temple i Vitigineum &
' TniLtatam»
numquant
j Plus les rnonumens de Diane font chargés d’at-
; ^louts, moins ils paroiiTent anciens au Comte de
I Cayius. La figure fimple eft félon lui la première
! idee ; les attributs font enfantés par des allégories
I qui ne naiffent qu’apiès coup. On peut croire avec
i Fixant antiquaire , que la figure originale de
I étoit à-pea-près telle qu’il l’a fait deffi-
ner( Rec r. Mém. de J- Acad. xix.j.Elle a plus
conferve *e caraélere Egyptien que tous les autres
rnonumens de cette divinité publiés jufqu’ici >
el e e-i d une extreme fimplicité , les jambes réu-
nieSjJes bras entièrement enveloppés vêtue &
dnpofee comme le principal Orus de la table Ifia-
que. La feule addition Grecque que l’on pourroit
y appercevoir , font les mammeiies multipliées
dont elle eft environnée à une certaine hauteur ,
& qu’on prendroit aifément pour des fruits. Les
Grecs chargèrent k ftatue dé Diane de quantité
d atributs , & entr’autres de beaucoup de mam-
melles qui défignent fon abondance & la faculté
qu’elle avoir de donner la vie aux hommes Se aux
animaux. C’eft ainfi quelle eft repréfentée fur des
médailles de Domitien , de Trajan , de Sabine,
de Marc-Aurèle , de Commode , de Marnée ,
d’Otacile, d’ÉrrufcilIe & de Galiien. Ces médailles
ont pour légende : apteauc eoecia, ou apte-
MIC EOECIÛN. ^
^ La Diane d’ÉpheJ'e B’étoit certainement pas dif-
férente de la Diane honorée dans k plus petite
bourgade ou fur k montagne k plus ifofée: c’étoit
toujours k Lune, k Déelfe de k chalfe, k fille
de Latone & k fœur d’Apollon. Cependant Diane,
avec tout autre furnom, ne fut jamais auffi célèbre
que Diane d'Epkéfe. La fingularité de fa ftatue,
la magnificence & les richeftes de fon temple , les
fêtes que l’on célébroit en fon honneur , le con-
cours de monde qui fe rendoic dans cecre ville ,
une des plus confidérablesde l’Afie, lui méritèrent
k vénération des peuples ; & k fuperftition peut-
être contribua encore plus que tous les autres
motifs à l’établilTement du culte de cette Divi-
nité dans différens pays. La, ville de Coiophon
étoit trop voifine de celle à'Épkefe pour ne point
admettre le culte que l’on y rendoit à Diane. Aufiî
voyons-nous que fur une médaille de Domitien où
k Déelfe eft nommée ( Vaill. Urb. numif. p. 298.}
APTEMIC KOAOCCibJiA , elle eft renréfentée dans
k même attitude & avec les mêmes attributs que
celle à’Épkefe , c’eft-à-dire , entre deux cerfs,
avec les mammeiies, & les mains appuyée' fur
des broches. Mais Apollon ayant un oracle fameux
à Claros , dans k voifînage de Coiophon, les ha-
bitans qui avoient donné le furnom de à
Apollon , voulurent par conformité donner à
Diane l’épithète de 5 elle fe lit fur une mé-
daille de Trajan ( Vaili. Ibid. ■ aftemîc k.vapia
KOAO<i>r2Nii>>j. La Déelfe y eft repréfentéecomme
fur k précédente.
A a
370 D I A
La villa de Magnéae , far le Méandre , ^avoit
une grande vénération pour Dhne ;
prirent le titre de fes Néocores
Maxime ( railL ihid. ) MArs_hT£^ neqkopû.î
AFTEMIAOS. Sur une autre de l tmperear ha
d-en, ils lui donnent le t::re de aux
b£cs-fourci!s, AKTKceprc ma^nhton ; eÿ
ed r“préfentée comme la I>iane d. . a ciiel-
q-ae différence près. Xénophon, qui fait mention
du cuite que lui rendoient les Magneuens, n ex-
plique point pour quelle raifon ils lui donnèrent
œtte épithète. StrabonC/ih 647.) dit que
fon temple étoit , à la vérité, inférieur a celui
d'iip/îè/« quant à rétendue de aux neneffes . m^s
qu il le furpalToit pour Félégance & la delic^iteffa
de rarchitedure. & qu à_ rexception du temple
d'Ép-hïfe & de celui de Didymes. it Ci-oit le p.us
grand de tous ceux d Ane. . , , j •
Lé cuire de Diane d’Ephefe avoir ete auui admis
par les habitaiis de Mécropolis en Phrygie , loit
â caufe d’une alliance entre ces dep V ^°r'^
pour quelqu autre raifon particulière. On lit fur
Le médaille d’Otacile M-iTFOnoAEiTûN apte-
KiC ( Vaill. Vrh. NeumJf. p. 298- > Dveffe
eft repréfentée avec plufîeurs rnam.rnelies . ayant
d’un côté & de l’autre le figne de la lune.
Diane & Cérès étoient regardées par _ies Grecs
D Ade comme une feule & même Divinité repre-
featée fous düFérens fymboles ; c eft pourquoi
l’une & l’autre étoient appelées EsAaxt^î . EuxAia .
’^OTi'cùia y lîâu'Trcivci»
Sur une pierre gravée du Muféum de Florence.
Diane d’Éph'efe etl repréfentée avec de grandes
ailes; Diane en portoit aulïl fur le coffre de Lyp-
•feius; & Paufanias ( lib. r.) avoue ingénuement
qu’il ne comprenoit pas la raifon ae cet attribut
extraordinaire.
Diane d’Eplièfe ( On voit la ftatue de ) fur
les médailles d’Apamée de Phrygie. ÿ Magneüa
en Ionie . de Philadelphie en Lydie; d Ephefe.
DIANIS manfuetis. Mupatori ( 38. 5. Tkef.
Infcript. ) rapporte une imeription grecque . dans
lamelle on lit ; aptemizin hpaiais , Diams
manfuetis. C’efî le feul exemple de Diane pnfe au
pluriel, comme les Fortune. 8e les Junones.
DIANIUM, lieu , bois ou temple confacré à
Diane , locus Diane facratus , dit Feftus. On lifoir
à Romel’infcripîioîî fmvante C Gutker. ds Jur. /et.
Vont. jil. 4. ) :
c. JUlïANUS
CAELÎUS ANT
E.
I A
DIANIUM. D. D.
DIANIUS. Le temple de Diane . fimé fur
Mont' Aventin . lui fit donner ce fumons
DIÂPANTON. \ ^ Tkefaur. Infir.)
WA nANTi2N. § VJ.'./
rapporte deux inferiprions grecques relatives à des
ieûx. dans iefquclles on lit le fécond mot {pag.
651. 6çl. ) & deux inferiprions latines relatives au
rdême objet , dans lefquelles en lit le premier. Cet
écrivain croit qu’ils lignifient que l’at’nlète ou l’ac-
teur dont il eil fait mention dans ces inferiptions.
avoir été couronné dans tous les jeux^. parce que
^lüTsanTcy veut dire toujours . ou Amplement qu’il
avoit été couror=né avec l’appîaudiffementdetous.
ê'iu Tteoras J cuîP. omnium vlaufu.
DIAPASMATA . poudres odorantes que les
anciens répandoient fur leurs membres après s’être
baignés. Pline le dit ( x/u. 2.) : Sucis odorüus
contant . qu& diapafmata. vocantur. C etoient auffi.
des paftillês que l’on mâchoit pour fe parfumer
l’haleine; Martial a employé dans ce fens le
ïnot diapaf ma { I. 88. I. )•
DIAS . dans la Lycie. Goltzius^feal a attribué
des médailles impériales grecques a cette ville.
DIALCHJSMA . eft dans la mufique ancienne
un intervalle faifant la moitié dufemi-ton mineur.
Le rapport en eft irrationel. & ne peut s exprimer
en nombre.
DI4SIES, fête qui fe célébroit à Athènes en
l’honneur de Jupiter. Ariftophane parle des Diaftes
dans fa comédie des nuées ( Aë. i. p. 116. de
r édition /Amfterdam in-li. 1770. ) ; fur quoi fon
Seboliafte remarque que c’étoit une fete de Ju-
piter Milichien. laquelle tomboit à la fin du mois
Anteltérion. qui répondoic à peu-pres a notre
mois de Janvier. Il ajoute que -Apo -
lonius d’Acarnanie diftmgue les Dia.fies ae la tete
de Jupiter Milichien; & qu’à ce que^ quelques-
uns difoient. cette fête étoit ainfi apperee . par ce
que les Athéniens y faifoient des pneres pour et.e
exempts des dommages qui leur pourroient arri-
ver. Enfin il rapporte encore un autre fentimem.
félon lequel les Diafies étoient une fête ou les
Athéniens faifoient <iss affemblees publ^ues - '
des murailles de la ville. & fy celebroiem. Dans
la même comédie d’Anftophane {p- 1
père dit à fou fils qu’il lui avoir ac^te un p--u
Lar pour la fête des Dlafes. U Scholiz&^ à^^
Poète fait obferver (/iir la comedie ^
p. ïiAde r édition, de Geneve ,tn- fol- J
fes Diafies étoient la grande é
cien . dans fon Chandème. & ^Jgjnt une
auffi. Héfychius a;oute que les Dffies ,
fête qui fe célébroit avec une tnfteffe fingu
DIASPHENDONÈSE , fupplice «ès-cruel. On
plioit à grande force deux arbres , a chacu ^
quels on attachoit un des pieds du
fuite onlâchoities deux arores. qui emp
D î B
tins, péih ainfî par l'ordre d'AIesaadre. Aurélien
fit pu;iîr de cttte manière un foMat qui avoir
commis un sduitère avec ia femme de fon hôte.
DIATONIQUE , /c-s ou cordes dicto~iqv.es.
Euclide diiîingue fous ce nom , parmi les ions
mobiles ^ ceux qui ne participent point du genre
epaîs , même dans !e chromatique Se l'enharmo-
mque. Ces fons^ dans chaque genre j fout au nom-
bre de cinq 5 favoir le troifième de chaque técra-
corde 5 & ce font les mêmes que d'autres appel-
lent apycnî. Voyesq_ APYCNI , GhNRE ^ TeTRA-
CORDE.
DIATRETÂRII.
DIATRETUM.
ou calices diatreti ^
Koyeqq CaLIX.
^ Les ciièleurs des vafeSj
étoient appelés diatretarii.
pi-^TRIBA , rnot latin formé du grec
qui lignifie afièmblage ou alTemblée , feélc ^ aca-
démie , &c.
DIALLE. Kircher , dans fa Mufurgie , donne
une figure du diaule des anciens. t^oyeqq_ Flûte,
On appeloit cette efpèce de flûte diaule , à çaufe
qu eJe étoit double, & par oppofition au monaule,
quj etoît une flûte fimple.
DlÂULffi. Dans quelques Auteurs on trouve
^ue dans f ancien théâtre tous les aéteurs venant
à fe taire, on entendoit un joueur de flûte qui
executoit un air dans Fintérieur du théâtre. Cet
air s appeloit diaulîe , 8c probablement on Texé-
cutoit fur le diaule ; au m.oins le nom de diaulie
le fait foupçonner ; & le grand ufage que les an-
ciens faifoient de la flûte double , ou diaule , fur
leur théâtre , femble le confirmer.
DIAüLODROMES , coureurs qui fedifpu îoient
»e prix de la yîtefle dans les j'eux publics. Ils par-
couroient un lîade en allant & un ftade en reve-
nant , fans s arrêter : ce fut de-là qu'ils prirent le
nom de dïaulodrome. Ils parurent pour la première
fois dans les jeux olympiques , à la quatorzièm.e
olympiade. On les couronnoit d’une branche d'oli-
vier fauvage & Hypenus de Pife eut le premier
cet honneur.
DIAZEUXIS. Les cordes homologues des deux
tetracordes , entre lefquels il y avoir dia:^euxis ,
fonnoient la quinte, au- lieu qu'elles fonnoient
la quarte quand ils étoient conjoints.
DIBAPHUS , N
AISA'POS J A étoflfe de pourpre d’une cou-
Aiba<!>a , 3
leur très - foncee , parce qu’elle avoit été teinte
deux fois. Ces mots font formés de A/s, deux , &c
de ySaffla ,Je teins. On vèndoit la livre de cette
pourpre, au temps de Phne , jufqu’à mille deniers,
-environ^ 900 liv. de notre monnoie aélueüe. Elle
fervoit a former les clavus des laticlaves , les bor-
jiures de ia prétexté , de la chlarnyde des généraux ,
D I C
ni
ôc le pcludarae-T'urn des Empereurs. Horace dit
qu un^ riche eft vêtu d'étoSê de pouora t-.:r.te
. fois ( il. ocL. l&. 3 J. ) • De bis Afro murice
tirutCr veftiunt
pICASTERE , tribunal de jufice, Se en parti-
cuiîer tribunal d’Athènes , où le peuple jugeoit
iu..'ir;efne fans Jvlagiürats,
piCAi ISSIMUS a dans les inferiptions le
meme.fens que Devotissimus. Vcyc^tt mot.
DICÉ , Divinité ps Grecs ; elle croit fille de
Jupiter 5c de J hemis ( idejlod. (jeera , v. a ta.
Tkeog. V. 902. ) , Sc reTpsètable à tous les Dieux
{Hefiodi Opéra, V. ayj. ). Son office étoit d’ac-
eufer les coupables au tribunal de Jupiter , ( B.e-
fiod. Op. V. 1^-. ) 8c de donner de bons fuccès
aux entreprifes des hommes ( Hef. Tkeog. v. 904 ),
Dicé étoit vierge ( Uef. Op. v. 234. ), pour'" mar-
quer que les juges doivent être d’une pai-faite inté-
grité. On la faifoit fille de Jupiter , parce qu’il eft
le roi de TUnivers , le foitverain légiflateurj & de
Thémis, parce quelle eft la Déelfe de la juflice.
DICÉLIES. 1
AiKHAiSAi. > Athenée ( /. 14- ) & Suidas ap-
AlKHAlTAI. 3
pellent de ce nom des farces ou des fcènes libres
confervées de l’ancienne comédie.
DICERATIUM . ,,
AIKEPATION , 5 doub-elxERATION T' oy.
ce mot ) , impôt mis par l’Empereur Nicéphore
fur chaque bourgeois de Conftantinopie , pour la
réconftruélion des murs de cette ville.
DICHALCON J double Chalcon. Aixaakoît.
On trouve cette monnoie parmi les médailles
de Ckio. TTyep Chalcous.
DICROTA. Cicéron ( adAttic.v. 1. & xvi. 4.)
défignepar ce mot un navire. Les interprètes font
partagés fur fon caraâère diftinftif. Les premiers
veulent qu’il eût deux gouvernails , Tua à la
pouppe & l’autre à la proue j ce qui paroît im-
praticable. Selon les autres , la dicrota avoir de
chaque côté deux rangs de rames : ê'ix-fons vou-
lant dire qui bat deux coups à la fois , cette expli-
cation eft très-vraifembiable.
DICTAMNE DE CRÈTE, plante à tête écail-
leufe , du milieu de laquelle s’élève une fleur en
gueule, 8c des fleurons avec piufieurs anneaux ,
qui forment un long épi pendant.
Il eft vraifemblabje que notre diclamne , ou ,
comme plufieurs l’écrivent , diSams de Crète , eft
le même que celui des anciens. En effet, d’habiles
critiques ont heureufement rétabli un palTage de
Dîofcoride , défiguré par quelques copiftes , au
nioyen de quoi cet Auteur ne dit pas que le die-
tamne'jiz porte point de fleurs ni dé graine 5 mais
il dit que ni G fleur ni fon fruit ne font bons à
fien. Pline qui coippare le diSamv.è au poulioï >
l-l^ D I C
ajoute qu’on ne fe fert que de fes feuilles. Theo-
phrafte eft du même avis. Damocrate , dans Ga-
lien , parle aufli des fleurs du diaamne Enfin
c étoit un fait fi commun , & fi peu révoqué en
doute J que Virgile lui-menie a décrit ra tige bc
la fleur du diciamne de Crete.
Hic Venus indigna nati coneujfa iolore ,
HiciamnuTn genitrix Creuâ carpit ab Idâ ,
Vaberihus caalem foliis , & jlore comantem
Purpureo. (Æneid. lib. xii. v. 411. )
« V éous J touchée de voir qu’une indigne tra-
» hifon avoit réduit fon fils dans un état déplo-
» rable^ va cueillir fur le Mont-Ida , dans Tifle de
» Crète , du diBamne , dont la tige eft garnie de
» feuilles velues ^ & porte à fon fommer de longs
30 bouquets de fleurs purpurines. »
Prouvons J par la defcription botanique de cette
plante^ que celle du Poète eft très-exade.
Le diBamne de Crete , qui vient naturellement
en Grèce & particulièrement en Candie dans
les fentes des rochers ^ pouffe des racines brunes
& fibreufes , des tiges dures & couvertes d’un du-
vet blanc ^ hautes de neuf pouces^ & branchues.
Les feuilles nailfent deux à deux aux nœuds des
tiges ; elles font arrondies , longues d’un pouce ,
couvertes d’un duvet épais , blanchâtre : leur
ode urfeft agreabie ^ leur faveur eft très — acre bc
brûlante. Les fleurs nailfent au fommet des bran-
ches, dans de petires têtes feuillées en forme
d’épi, & comme écailleufes, de couleur purpu-
rine en-dehors. Ces fleurs font d’une feule pièce
engueule, d’une belle couleur de pourpre, por-
tées fur un calice en cornet cannelé , dans lequel
font renfermées quatre graines arrondies très-
menues.
LeÆ(5flOT,>2e,quoiqu’originaire des pays chauds,
peut néanmoins endurer le froid de nos hivers ,
pourvu qu’on le plante dans un terrain fec & fa-
blonneux. On le multiplie de boutures , qu’on met
à l’abri du froid , & qu’on arrofe jufqu’à ce que
les rejetons ayent pris racine , après quoi on les
plante dans des pots. I! fleurit au milieu de l’été ;
mais fes graines n’acquièrent guère leur maturité
que dans un climat chaud, en Provence, en
Languedoc & en -Italie.
Nous connoifibns encore une fécondé efpèce
de diBamne , appelée par les Botaniftes , diBamnus
monv.s Sipyli , origani foliis. Flot. Bat. Origanum
montis Sipyli . H. L. 463. Cette fécondé efpèce a
été trouvée fur le .Moat-Sipyle , dans l’Afie mi-
nenre, près du Meandre,par]eCheva'!er’VVheI!er
dps fes voyages , & par lui envoyée à Oxford’
C eft une tres-johe plante qui porte de grands épis
de fleurs d une beaiite durable ; ce qui fait quelle
mente une place dms les jardins des curieux ; elle
e mu.^-p-ie z fe cuinve^ a toss égards ^ comme
la precedente. -
D I c
! Quelques étymologiftes ont dérivé aftez natù-
I rellement le nom de diBamne , de DiBea , mon
I tagne de Crète , dont Virgile parle fi fouvent; ou '
fi l'on aime mieux, de Didamo , ancienne ville de
l’ifle de Crète , territoire qui n’eft plus aujourd’hui
qu’une petite bourgade de la Canée , dans l'ifle
de Candie. Le Ledteur curieux d’érudition fur
cette matière, en trouvera dans l’ouvrage d’un
Allemand nommé Geyer , . dont voici le titre •
Geyeri ( Joh. Daniel ) Thargelus Apollirà facer.
Franco/. 1687. in-4°. ( Article de M. le Chevalier
de Jaucourt, )
DICTATEUR. On trouvera dans le Diftion-
naire à‘ Economie Politique & Diplomatique
toire de la DiBature, & les prérogatives de ce maî-
tre abfolu des Romains , dont le pouvoir exDitoit
néceffaitement au bout de fix mois. Les Fastes
Consulaires renferment la fuite des DiBateurs.
Nous ne parlerons donc ici que des m.arques dif-
tinélives de leur dignité.
Les Grecs appeloient un DiBateur
double-Conful , parce qee ce Magiftrat extraori-
naire aveit feul l’autorité des deux Confuls , &
vingt-quatre Liéleurs pour le précéder, même dans
, la ville , avec les haches & les faifeeaux , tandis
que chaque ConfuI n’en avoir que douze
Le DiBateur ne pouvoir fortir de Tltalie , ni
monter à cheval. Plutarque ( in Fab. ) donne deux
raifons de la fécondé défenfe 3 d’abord , parce
qu’on plaçoit la principale force de Rome dans
l’infanterie, & qu’on vouloir y fixer la préfence
du DiBateur ; peut-être aufti parce que le peuple
ayant accordé un pouvoir illimité à ce Magîftrar,
vouloir lui rappeler par ce tte défenfe que ce même
peuple lui étoit fupérieur. Cependant le Sénat per-
mit de monter à cheval au DiBateur Fabius Ma-
ximus Verrucolfus, qui le lui avoit demandé; les
motifs de cette conceffion furent le mérite ex-
traordinaire de Fabius , & le danger que couroit
la_ république à cette époque , qui fui voit la ba-
taille de Cannes.
DICTATOR convivii c’étoit le même que le
Roi du feftin. On le confiitiioit D2:'5Ær^ur en plaçant
une couronne fur fa tête. Plaute décrit cette élec-
tion ( Ferf. V. ) ;
Do hanc îihi forentem/orenti : tu eris fc DiBatrtis
nohis.
DICTÉEN. Voyeq^ Dictsus.
DICTERIVM ,hovL^ox\ntnts , par le moyes
defquelles les farceurs cherchoient à fixer l’atten-
tioa des fpeftateurs ( Varron apud. Non. il. M?') *
Et orthophalLica attulit pfalteria ,
Quibus fanant in Gracia dicîeria ,
Qui fab'ularum ccrllocant exordia.
DICTEUS 3 furnom de Jupiter, pris de 1 antre
D I D
de D:â:és ^ où Rh-^ , fa mère , l’avoit mis au
monde , & ou avoir été élevé. Cette antre étoit
dans rifle de Crète. Fbjc-j Abeilles.
. ^/ÇTYATsE , Nymphe de Tiflede Crète. L’an-
tiquite a attribué à la Nymphe Dicïynne Tinven-
t!on des rets ou filets propres à la chaflé ; & c'elr
de-la que fon nom lui fut donné ; car ÿix.Tv:t en
gicc fignifie un rets, rete. La Nymphe Diciynne
rut U amie de Diane , que les Poètes les confon-
dent e.n quelque forte, ou du moins qu ils don-
nent quelquefois à Diane Je nom de Dlâiy.ine.
D autres difent que DiBynne . ayant excité la paf-
lion de Miaos, & ne pouvant éviter autrement
les pourfaites, fe^ jeta du haut d’un rocher dans
J, dans un filet de pêcheur j
<1 ou lui vint fon nom ( Antonius LihtrÆs , /.
il en foitj avant qtie de s'appeler
iJiBynne , elle fe nommoit Britdmartis. ( Voyer ce
mot dans Hes ychiüs. ). Les Éginètes l’appeloient
■ÿpn.ea A’çâia. Cailimaque , dans l'hymne cu’il a
lait a l’honneur de Diane, dit que le rocher , ou
la montagne d’où Britomarr's fe précipita , étoit
le irlont Dîélé , d’où il s’enfuit que c’elî de-là que
lui vient le nom de DlElynne. Strabon {l. x. 's dit
que plufîeurs rejetoient ce fentiment de Callima-
D I D
^/T T-w A f — i(jiL cioignes au
MontDiâe. Mais Voffius répond que ce n’étoient
pas les Cydoniates feuls , mais tous les Crétois ,
qui donnoient ce nom à Briromartis 5 & quand on
dit que c’étoientles Cydoniates, c’eft une Synec-
doche , c eft a-dire , qu’on prend la partie pour le
tour. Voflius réfute encore Diodore de Sicile fur
ce que nous avons rapporté après lui de Minos.
( V.yei V ojf. de Idoi. 'l. i. c, ij. à la fin. ).
Dictynne^ en Crète. Theupolo avoir, dans
fa riche collection , une médaille de cette ville
frappée en l’honneur de Ti^jan.
DÎCTYNNIES , fêtes que l’on célébroiî à
Sparte en î honneur de DiBynne ( Paufanias In
Lacon. fi
P JDI A, famille Romaine, dont on a des mé-
daii'es :
RR. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
Goltzius en a publié quelques médailles incon-
nues depuis lui.
DIDIUS JULIANUS. Voyt^ Julien I.
piDON, fille de Beius roi de Tyr, fe nom-
moit auffi Elile. Elle faifoit remonter fon origine
jufqu a Jupûer , en cette manière ; Jiupter, Epa-
J VAtiVi
cule ( C’eft le Sichée de Virgile. ). Sitharbas, outn
373
cette dignité cm lui donnoit le premier rang après
le Roi , polfédoit de grandes richelfes ; mais fe
défiant de l’avarice du Roi , il les avoit enfouies
dans la terre. Fygmaîion qui foupçonna fon beau
frered avoir un tréfor, fans être retenu par la
double alliance qui étoit encre lui & Sicharbas,
^ ^p^pner au pied de l’autel , dans le temps
qu II faifoit un facnnce en fecret. Il cacha long-
temps ce meurtre , flattant fa fœur d'une vaine
efperance , & lui faifant accroire qu’elle re-
verroît bientôt fon époux- Mais Sicharbas
prive des honneurs de 'a fépulture , apparut en
fonge à Didon , avec un vil'age pâle & défiguré j
il Im montra l’autel au pied duquel il avoit été
immolé 5 lui découvrit fa poitrine percée d’un
coup mortel , & lui confeilîa de s’éloigner de fa
patrie , & d’emporter avec elle des tréfors cachés
depuis long- temps dans un endroit qu’il lui indi-
qua. Didon, à fon réveil , furprife & effrayée ,
prépara fa fuite , s’affura des vaiffeaux qui étoient
au port, & y embarqua tous ceux qui haïffoienc
ou craignoient le tyran , avec les richeffes de Si-
charbâs. If paroît que ce n’étoit pas à Tyr même
qu’elle faifoit fa réfidence , mais dans une ville
maritime du voifinage. Sous prétexte de quitter
un lieu que la perte de fon mari lui avoit rendu
odieux , elle demanda au Roi la permiffion d’aller
le joindre à Tyr. Elle avoit pris auparavant la
précaution de mettre dans fa confidence ceux des
Tyriens qui avoient, comme elle, des raifons
de Ce plaindre de la cruauté & de l’avarice du
Roi. Pygmalion , qui ne douta pas qu’elle n’ap-
portât avec elle fes tréfors & tout ce qu’elle
avoir de plus précieux, lui accorda fa dernande.
La nuit fuivante , elle embarqua en effet toutes
fes richeffes; mais elle mêla quelques facs pleins de
fable avec ceux qui contenoient fon or. Quand
elle fut en pleine mer, eile fit jeter fes facs pleins
de^ fab!e_ dans la mer, fous prétexte d’appaifer les
mânes de fon époux , à qui ces tréfors avoienr
coûté la vie. Elle fit entendre enfuite aux officiers
que le Roi lui avoit donnés pour l’acompagner^
& qui crurent que tout fon or étoit jeté , que l’a-
vare Pygmalion ne leur pardonneroit jamais d’a-
voir laiffé jeter ces richeffes , & qu’ils n’avoie.nr
d'autre reffource que d’aller chercher une retraite
qui les mît à couvert de fon reffentiment. Ils la
crurent & s’abandonnèrent à fa fortune. Elle Ce
fit jpindre enfuite par ceux des T vriens qui favoiens
fon fecret ; elle offrit un facrifice à Hercule , 8c
mit à la voile. Didon aborda d’abord dans l’iilede
Chypre , où ePe trouva fur le bord de la mer
quatre-vingt filles , qui y étoient allées par ordre
de leurs parens, fuivant la coutume de cette l’fle,
pour offrir leur virginité à Vénus. Elle les fit
enlever, & les fit épnufer à ceux qui l’avoienE
fuivie. Pygmalion informé de l’évafion de fa
fœur , fe mit en devoir de la pourfuivre ; mais
les larmes de fa mère , encore plus les remon-
trances des prêtres , qui le menaçoienr de la
574 D î D
colère des Dieux , renrspêchèrenî de pourfuivre
fon deiTein.
Didon continu?, fa route fans accidi^t , & arriva
en Afrique, où eile fut bien reçue. Elle propofa
aux hâbirans de la côte de lui vendre autp,r de
terre qu’en Dourroit contenir la peau d un bœur.
Quand elle l’eut obtenu, elle fit couper e.n plu-
fîcurs lanières un cuir , qui , par ce moyen , ren-
teriTia affez d’efpace pour bâtir un fort , nomme
pour cette raifon Byrfa. Encreufantles fondemens,
en trouva la tête d’un bœaf 5 ce qui marquoit
que la ville feroit un jour réduite en fervitude-
Ôn alla les pofer dans un autre endroit , où l’on
rencontra la tête d’un cheval; ce qui fut pris pour
UH bon augure. Cette nouvelle habitation ayant
attiré beaucoup de monde , la ville s agfanait
peu-à-peu, & forma dans la fuite cette redoutaole
Carthage , qui devint l’émuîe de Rome. Quand
cetétabiiiTemeat commençaà prendre une forme,
larbas. Roi de Mauritanie, voulut époufer Di-
don.; mais i’amour qu’eile confervoit pour la mé-
moire de fon premier mari , lui fit rejeter cette
alliance ; & dans la crainte d’y être forcée par
les armes de fon amant Sc par les vœux de fes
fujers , elle demanda trois mois pour fe détermi-
ner. Quand ce temps frit expiré , eile donna ordre
qu’on préparât un facrifice, pour expier les mânes
de fon époux. Elle fit élever dans un lieu fecret
du palais , un bûcher , po'ur y faire confumer
tout ce qui avoir appartenu à Sicharbas : elle y
monta elle-même fous prétexte de hâter le facri-
Êce. Telle fut la fin de cette courageufe princeffe.
Virgile, par la fi-él-ion la plus heureufe , & qui
a fait la matière d’un chef-d’œuvre de l’efprit
humain, le 4~. livre de l’Enéide, a terni toute
la gloire que la chafte & courageufe Didon avoit
méritée par fa mort. Ce poëte pour rapporter au
temps d’Enée même, le fondement de la haine des
Carthaginois pour les R.emains , a imaginé de
faire rencontrer Enée & Didon , quoiqu’il Toit
certain que la ruine de Troye a précédé la fonda-
tion de Carthage de plus d’un fiècle : il y a même
des auteurs qui érablilTeat entre ces deux événe-
mens une diflance de près de 300 ans; d’autres
la reduifent à 143 ans. Le favant Bochart a même
voulu prouver que la fameufe Jézabel , qui époufa
Achab , & qui caufa tant de troubles dans le
loyaiime d’Ifraëi, étoit nièce de Didon.
Quoi qu’il en foir j voici comment Virgile a
déguifé l’hilloire de cette princeffe. La tempête
ayant jeté Enée fur les côtes de Carthage , Vénus,
qui craignoit le caradière fourbe des Tyriens, &
ks pièges de l’implacable Junon , prit le parti de
tendre Didon amoureufe d’Ente , afin que la paf-
fion de la reine fit de fes Etats un afyle affuré
pour fon fils, tandis qu’il feroit obligé d’y relier
pour rétablir fa flotte. A cet effet, au moment
qu’Afeagne , fils d’Enée, ailoit partir pour offrir à
la Reine les préfens que fon père deflinoit à cette
pnoîslTe pour fe la rendre favorable j Venu.»
D î D
plongea cet enfant dans un profond fommeii ; 15
tranfporta fans qu’il s’en appsrçùt fur le mont Ida,
dans l’iîle de Chypre, 8c lus fubititua l’Amour. Ce
petit Dieu joua le rôle d’Afcagne fi narureiiemenr,
qu’Enée même , qui ffétoit pas inftruit de la rufe
de fa mère, y fut trompé. II préfenta les riches
dons qu’il étoit chargé d’offrir. Dido.n , charmée
de fes grâces & de fa beauté , le prit fur fes genoux,
& ne fe laffa point de le careffer : le Dieu perfide
faillt cet inftant pour infinuer fon poifon dans le
cœur de la princeffe ; il en effaça peu-à-peu le
fouvenir d’un mari mort, & le rempiit de l’atnoar
d’Enée. Elle devint fi paffionnée, quelle ne garda
plus de mefures ; & fa g!o:re qui jufqu alors lui
avoit été fi précieufe , ne fut plus^un motif affez
puiffint pour la retenir. Junon ne fut pas plus tôt
informée de cet incident , qu elle en voulut pro*'
fiter , pour empêcher la gloire que les Deuins
prometcoient à Enée, en le rendant auteur delà
nation Romaine- Eile prend les moyens les plus
propres pour fixer Enée a Carthage, en 1 uniffant
à Didon par les liens de l'hyménée : elle s’en ex-
plique avec Vénus , qui , bien inftruite que toutes
les rufes de Junon ne pouvoient rien contre les
arrêts des Deftins, s’inquiétoit peu^que Didon
fût la dupe de fon amour , pourvu qu Enée forât
de Carthage en fureté ; elle confentit donc a tout.
Quant à Junon , voici le ftratagême quelle em-
ploya : un jour que Didon & Enee etoient a la
chaffe avec leur fuite , Junon excita une furieufe
tempête , qui força tout le monae à quitter la
plaine ; toute la troupe fe difperfa , & chacun
chercha à la hâte un abri ; Didon & Enée fc
réfugièrent enfemble & feuls d-aiis une même
grotte qui fe trouva à leur portée. Didon étoit
trop amoureufe pour ne pas luccomber; & elle
prit les preuves qu’elle en donna à Enée pour un
véritable mariage. Ces deux amans , ennivres de
plaifir , ne gardèrent plus de mefures. larbas en
fut inftruit par la renommée ; il fe plaignit a
Jupiter , fon père , de l’ingratitude de Didon j,
qui n’étoit qu’une fugitive , à laquelle ü ^voit
donné afyle dans fes terres , & qui lui préferois
néanmoins un avenrurisr , tel qu’Enée. Jupiter ,
fenfible aux plaintes de fon fils , & fe rappelant
d’ailleurs que c’étoit Enée que les Deftins avoient
choifî pour être la tige de la nation Romaine,
députa Mercure vers le prince Trcyen, pour lui
ordonner de quitter un lieu fi fune'fte à la gioire
qui iui éroit refervée à lui & à fa poftérite. L 0*’“^
des Dieux arracha fur le champ le pieux Enee
à l’enchantement qui l’aveugloit 1 il prit aufli-£o
le parti de la retraite. Toutes fes précautions
purent empêcher que Didon ne pénétrât fon ue.-
fein ; mais tan4is qu’eile exhaloit fa douleur en
plaintes , Enée partit avec fa flotte- Ce fut dan
le feu des imprécations , que cette malheureu
princeffe prédit que les defeendans de fes
& ceux d’Enée , feroient toujours en gne^Ç * ^ ,
monta enfin fur un bûcher quelle avoit mt pte*
D t D
parer J & fe perça le feia de la propre épée dTnée.
Comme elle mourou , dît \ irgile, avant le temps
marqué par les Parques , & qu'elle périflbic , fans
l’avoîr mérité J par un actideat imprévu, Profer-
pine ne lui avoir pas encore coupé le cheveu
auquel fa vie étoit attachée , & n'as oit pas encore
dévoué fa tête à PJuton. Junon , pour faire cefîèr
les douleurs de cette malheureufe grinceffe , en-
voya Iris lui couper le cheveu fatal. C’elf ainS
que "Virgile , & prefque tous les poètes qui font
fuiv’i , ont métamorphofé cette victime de la foi
conjugale , en une amante furieufe & fans pudeur.
Cette princeffe fut honorée à Carthage comme
UKe DéefTe , fous le nom d'Elife , ainfi qu'on le
voit dans Juftin & dans Veileius Paterculus.
DIDORON , mefure grecque de deux coudées.
Voye'^ Coudée.
DIDRACHME, de l’Egypte & de l’Afie.
Cette monnoie valoir une livre 2e de la mcn-
noie de France aétueüe, félon M. Pauélon ( Mc-
trologïe ). Elle valoir , en monnoie du même
pays, 2 drachmes.
Ou 4 rébiites ,
Ou 10 gérah ,
Ou 12 mehah ,
Ou 24 pondion ,
Ou4Sphoîlis,
Ou 192 kodrantes ,
Ou 384 pérutah.
^ Didrachme , ancien poids de TAfie 8e de
I Egypte. Il valoir , en poids de France , 87 grains
f-, félon M. PauClon (^Métrologie ). 11 valoir en
poids des mêmes pays , 2 drachmes,
Oa 4 grammes ,
Ou 8 oboles féminités ,
Ou 12 danic ,
Ou 1 6 kikkabos ,
Ou 24 kératioH,
Ou 48 chaicoiis ,
Ou 9<S lîtarion.
Didrachme , poids 8e monnoie des Grecs..
II valoir, en poids de France , 16S grains Se j-,
& en monnoie, 2 livres, félon M. Pauétom’il
valoir , en poids & monnoie des Grecs , 2 drachmes ,
Ou 12 oboles.
Ou 72 ehaicous.
On trouve parmi les médailles de Rhodes des
médailles de bronze frappées en l’honneur de
Kerya 8e de Trajan avec leur nom 8e aiApaxmon.
Aelpaîîen ayant réduit la Judée en province
Romaine , ordonna que tous les Juifs de l'empire
payeroient au capitole le didrachme qu’ils payoient
auparavant au temple de Jérufalem, Ils îe payoient
Ænccre au temps d’Origène.
DIDYME , jumeau , furnom que Pindare donne
à Diane pour marquer qu’elle étoit fœur jumelle
d’Apollon. Didyme eft aulTi le nom d’une des jfigs
Cyclades J où Apollon avolï un Oracle,
us
D î E
dlEAKÏSTlMAA ( Pcliax. lib. 9. ) .
que nous appelons en France \cjea des barras.
DIESPJTER , nom de Jupiter. Ce no.m, félon
quelques-uns, eft la même c.hofe que Dios pâte- ^
Jupiter père ; ^car Jupiter étoit appelé en grec
Zfüî ou Adî , d’où viennent les cas obliques Ajor ,
3 ^c. D autres difent que Diefpiter eii la même
choie que Did pater , père du jour. S. Auguftin
tire ce nom de dies , jour, & àé v anus , produc-
tion, eafaiitemenr , par-ce que c'eft Juoiter qui
produit le jour. Servîus & Macrobe font du même
ftnnmenr. Le premier dit que dans la langue dés
Uiques on difoit Lucecius ^ Sc Jjiefpitsr en Jatin-
Durefte, voye^ Jupiter, c'eil la même Divi-
nite.^ Struvius ( Andq. Rom. Synt. c. iiy. )
paroît crone que Diefpiter eft Pluton. Mais fi c’eft-
ç , opinion, il fe trompe 5 car dans Cicéron,
& dans l’unfcription qu’il cite d'après Gruter
( -ve-.-. 8. ) il y a Dis pater, 8c non Diefpiter.
trouvera au mot Mythologie les
Gîiierens fyftemes fur- Tongine cosnmune des
pieux , & à l’article de chaque Divinité fon ori-
gine, fon hiftoire, fes attributs, fes fumoms, fon
culte 8e fes monumens particuliers. Je ne parlerai
ici que des dalles dans lefquelles on rangeoit les
Dieux, & de la beauté générale que les Artilres
doivent donner à leurs repré fentations.
"V'oici les titres les plus généraux fous lefquels
on comprend les Dieux. On les divife ordinaire-
ment en Dieux naturels 8c Dieux animés 5 en
grands Dieux 8c Dieux Subalternes ; en Dieux pu-
blics 8c Dieux particuliers 5 en Dieux connus 8c
Dieux inconnus 5 ou enfin , Suivant la divifion
ufitée chez les îrlythologues modernes , en Dieux
du ciel . Dieux de la terre. Dieux de la mer 8c
Dieux des enfers.
Dieux naturels : on entend fous ce nom les
aftres Sc les autres êtres phyfiques.
Dieux animés : ce font les hommes, qui , par
leurs grandes Sc belles actions, ont mérité d’être
déifiés.
Les GRA.NDS Dieux: les Grecs Scies Romains
reconnoiffoient douze grands Dieux, dont les
noms_ étoient venus d’Egypte, dit Hérodote- :
c’éteient les Dieux de la première clafie , ou ,
comme s’expriment les Mythologues , les Dieux
des grandes nations , ou les Dieux du confeil ^ ces
douze grands Dieux étoient , félon Ennius , Ju-
non, Vefta, Minerve, Cérès, Diane, "V'énus , ■
Mars, Mercure, Jupiter, Neptune , Vulcain Sc
Apollon. Une des folies d'Alexandre fat de fe pla-
cer le troifième parmi ces grands Dieux , dédai-
gnant d’être aflocié à la fouie des Divinités fub»
alternes.
Dlïüx fubalternes , ou les Dieux des moindres
nations : ce font tous les autres Dieux après les
douze grands que nous venons de nommer. Leur
37« die
foule étoit innombrable dans la Grèce &
l'empire Romain: il n'y avoir point _ e
Rome , die Tite-Live , qm ne fut p^ein
de-là vient que Quartilla uit : ^otre pays efif p
de Divinhh , qui U honorent ae leur prcjence , que
vous y trouveriei plus facihmerX un Drsu quur
homme. Non contens de cette foule de Divim.es
eue la fuperftition de leurs peres avoir introduite ,
ks Romains embraffoient le culte de toutes les
nations fubiuguées . & fe faifoient encore tous les
jours de nouveaux Dieux.
Dieux publics : c'étoient ceux dont le culte
étoit établi & autorifé par les loix^ comme les
douze grands Dieux.
Dieux particuliers: ceux que chacun chmlîf-
foit pour être l'objet de fon culte particulier.^ e s
étoient les Dieux Lares , les Pénates , Ls âmes
des ancêtres , qu'il étoit permis^ à chaque parti
culier d'honorer comme il vouloir.
Dieux connus : dans cette claffe , Varron ran-
eeoit tous les Dieux dont on favoit les noms , les
fonaions . les hiftoires , comme Jupiter , Apollon .
ie Soleil, la Lune. &c.
Dieux inconnus : dans cette féconda clalfe
étoient placés les Dieux dont on ne favoit nen
d'affuré . & auxcuels on ne laifloit pas d eiever
des autels & d'offrir des facrifices. Plufieurs Au-
teurs parlent d'autels élevés aux Dieux inconnus
en pluf.eurs endroits, mais en particulier chez .es
Athén'ens. le plus religieux peuple ae la terre ,
qui avoient confacré un autel au Dieu inconnu, de
n^u>- cu'il n'y en eik quelqu'un auquel ils n eulient
point rendu de cuite. Cet autel funliftoit encore du
temps de S. Paul : Ayant vu en pajfant . leur dit cet
Apôtre . un autel confacré au. Dieu ikcosnu ,
ây-iosZ . je viens vous prêcher celui que vous
adore fans le connoitre.
Dieux communs : Mars, la Victoire Sc Eeîlone.
Dieux asréables. géniales : la Terre . lEau .
le Feu . l'Air . le Soleil & la Lune.
Dieux du Ciel : c'etoient Celus. Saturne , .^u-
piter 5 Junon , Minerve . Mars , A ulcain . Mercutâ ,
Apollon. Diane , Bacchus. Sec.
Dieux de la Terre . Cybèie . ou la mere des
Dieux Ydîa . les Dieux Lares , les Dieux Péna-
tes. les Dieux des Jardins. Pan. les Faunes, les
Satyres . Paies , ks Divinités champêtres . ks
Nymphes . les Mufes . &c.
Dieux de la Mer : l'Océan & Thétys . Nep-
Æiine & Amphitrîte , Nérée & les Néréides,, Doris
& ks Tritons . les Napées. ks Syrènes . Foie &
les Agents , &c.
Dieux des Enfers; Fiiiton, Cérès, Proferpine.
les trois lUges d'enfer. Eaque, Minos & Rada-
eianths. Les Parques, le Defiin. ks Furies . le*
D I E
Dieux Mânes , Charon . &c. On verra i’hiftoire
de tous ces Dieux dans leur article particulier.
Il Y a plufieurs autres dénominations générales
desDieti^r.Comm.eles Cai)ires,\es Palices, les Com-
pitales . les Semones , les Dieux choifis . SeUBi
les Indigetes , les Pataïques , les Pénates . les La-
res , les Empires , les Ethérés . les Aîondaïus Sc
Supramondains , les Matériels 8c Immatériels , Sc
enfin les Dieux des fphères cékftes , & ceux qui
étoient hors des fphères. oyei tous ces mots.
Dieux des Gaulois. Le Comte de Caylus ( Rec.
d'Antiq. iil. n. 7. ph 88. n°. i. 8t p. 315.) a publié
les deiTins d'un Hercule & d'un Jupiter . monumens
Gaulois. H dit à leur fujet : « Quelques peuples
anciens ont eu la déiicateiTe de ne point donner de
fexe à leurs divinités; ils affuroient quelles étoient
à la fois mâles & femelles. Les Gaulois étoient
dans ce principe avant d'avoir été domptés par
les Romains. D. Martin ( Religion des Gaulois .
prem. vol. pag. & 55^, 55^-) rapporte pîu-
fieurs repréfentatiûHS de Mercure . qui font
traitées dans cet efprit ; ce qui mérite le plus
d'attention dans ces monumens de D. Martin,
c’ell: ie détail de la découverte qu'on fit, il y a
quelques années, fur la montagne de Framont;
c‘eil la plus haute de celles qui feparent 1 A/ace de
de la Lorraine ; les figures qu’on y a trouvées,
repréi entent ^lercute . ayant deux anneaux au
lieu de fexe ; mais quand on a refufé^ cette préro-
gative à Hercule . comme on le voit ici . on peus.
fa refufer au refle de j'Olympe ... _
« Ce Jupiter qui paroit avoir tenu quelque
corps dans la main qu on voit elevee eft encore
d’un travail très- groiTier ; cependant les propor-
tions générales ne font pas auffi mauvaifes
celles de l’Hercule du- numéro précédent. Il eft
nud . & n’a conftamjment jamais eu de fexe.
deux monumens, conformes en ce point. ^ ^
conftamment Gaulois . donnent des preuves réci-
proques du fyfiême de cette nation fur la divsr
nité ... . J
Ce que j'ai dit jufqu'à préfent . dans cet article,
fur ks Dieux , ne regarde que ks Mytboiogues,
mon plan exige que je m'adreffe aéfuellemènt aux
arciftes. Ce fera AVinckeimann qui leur pariera
ici. ^
« Les arands Artiftes de la Grece q.o poJ
voient, dït-il, ( Hifl. de t Art. iv.
fe regarder comme des créateurs, quoiquis
CVjïlilUiU v.1. J -1 *
iffent moins pour l'entendement P l
le fentiment. tâchèrent de furmonter la dure.e
de la matière. &. s'il eût été i.-
imprimer la vie. Dès la naiffance de
effort généreux des Artiites donna iieu a la ^
de Pygmalion & de fa ftatue. Leurs mains
trieufes donnèrent l'exifience aux objets
religieux qui. pour exciter la vénération.
être confidérés comme jes types des
neares. Les premiers fondateurs de la re
qui étoient Poètes, fournirent ks hautes
D î E
pour les /Imulacres de ces divines intelligences :
ces idées donnèrent des ailes à rimagination pour
eiever Ion ouvrage au-defîiis d’elle-même & de
Ja iphere ces fens. La concepuon humaine^ en
créant des divinités fenfibles, pouvoir -elle fe
figurer nen de plus digne , rien de plus attrayant
pour 1 imagination, que I état d’une jeuneffe érer-
nei._e, que le printems d’une vie inaltérable, dont
ie louvenir feul nous enchante encore dans un
âge plus avancé ? Ce tableau étoit analogue à l’idée
de i imrnutabidté d’un être divin : la belle Ifatiire
dune divinité jeune & brillante faifoit naître
J amour & la tendreffe, les feules affeétions qui
lame en une douce extafe. Et
2a , , 'î® raviffement des fens que con-
rnnj^ i^r ^ été recherchée dans
toutes les religions , bien ou mal entendues.. ?
Parmi les aivimtés du fexe féminin, on attri-
tiX." ^ perpé-
> les autres DéefTes qui l’avoient perdue
ppuvoient la recouvrer, & Junon redevenoit
erg^ toutes les fois qu’elle fc baignoit dans la
ontaine Canathus. C’eft par cette raifon que le
e.n aes Deefîès & des Amazones eft toujours
reprc.ente comme celui des jeunes filles à qui
iucine n a pas encore délié la ceinture , c’eft-à
^re que le mameilon n’ell pas encore développé.
Cette réglé eft aîTez confiante, à moins que les
iJeelTes n allaitent un enfant, comme Ifîs donnant
k fem a Apis (l?e/cr. ^es pler. ^r. du cab. de
.Sro/rA 17. -O.). Mais la fable dit que
cette Deefte avoir mis le doigt dans la bouche
d Horus , au heu du mamelon ( Plutarch. de If. &
Ojt.) : c eft ainfi qu'elle étoit repréfentée fur une
pierre gravée du cabinet de Stofeh (/.. 16. ti°. éj )
conforniément fans doute à l’idée reçue. Suivant
toutes les apparences, une ftacue di jardin du
Pape, repréfentant JuHon affife qui allaite Her-
cule, nous oftriroit les mamelons vifibles , fi
cette partie du fein n’étoit pas couverte par la
tere de 1 enfant & parla main de la Déeffe. J’ai
publie cette iiatue dans mes monumens de l’anti-
quité ( Monum. ant. n. 14 ) Dans une peinmre an-
tique au pa.ais de Barbenni , on voie une préten-
due Venus qui a les mamelons très - apparens 5
Ci, confiance^ qui me fuffit pour avancer que ce
ne peut pas être une Vénus ...
cc Les Grecs ont figuré la nature intellearuelle
par la marche légère j & Homère compare la
vitefie de Junon en marchant, à la penfée d’un
fîomme^ qui parcourt en eforit une infinité de
pays lointains qu il a vus , & qui dit dans un feul
& meme inftant ; « j’ai été ici & je fus là ... Une
image de cette vélocité eft la ccurfe d’Aralante :
elle vole fi rapidement fur le fable , qu’elle nV
laifte aiicun veftige de fes pieds. C'eft ainfi qu’on
la voit reprefentée fur une amérhvfte du cabinet
de Stolch {pag. 337). L’Apollon du Beivedèr
femoie p,aner , fans toucher la terre de la plante
4e fes pieds.^ C’eft cette manière iaieiiCljk de
Antiquités ^ Tome
D I E
-*77
msreher & de gliflèr, confacrée pour les Uw
par les Art.ftes , que Phérécide , un L plus anciens
Poeies Grecs, femoie avoir voulu exprimer par
la forme de ferpent qu’il donnoit aux Divinités '
pour décrire figurement une marche dont on n’aa-
perçoit pas facilement la trace ( mouum. ant
Gyp <^«5 Divinités de l’un &de l’autre
lexe avoir fes aegres & fes âges différens dans la
tom2T4“h‘'” s’attacha à rendre
idéaU Cette jeunefte eft une beauté
laeale empruntée en partie des beaux corps de
jeunes hommes , en partie de la nature des beaux
pnuques & relevée par une taille au-deffus
la ftature humaine. C eft ce qui fait dire à Platon
quoa n avoir pas donné aux images des B/eux
leurs véritables proportions, mais celles que l’ima-
gination avxnt jugées les plus belles ...
que l’on aperçoit dans les figures
des Divmites males les gradations des âges & les
formes de leur jeuneffe j on voit a-ufll cette jeuneffb
empmnte dans un degré conveîiable fur le vifae»
des Divinités de l’âge fait : ce degré eft compoié
de U force virile & de l’enjouement de la b“Il“
jeunefle. Cette jeuneffe fc manifefte par la fuo-
preffion des nerfs & des mafcles qui font peu
apparens dans le printems de l’âge. Mais c^ci
renferme en même-temps l’exprePfton de ce con-
tentement divin qui n’a pas befoin des parties ma-
Kriedes, deftinees a la nourriture de notre corps.
Uette aflertion explique les fentimens d’Epicure
lur la figure des Bieux ce philofophe leur donne
un corps a la vérité, mais uneefpèce particulière
de corps j du fang , mais une efpèce particulière de
langj expreftion que Cicéron trouvoit obfcurs &
ininteLfigible (De Nat. Bear. L. i. c. 18. & 23 )
« L exîftence ou la fuppreffion des nerfs & des*
mufces, diftingue Hercule obligé de déployer la
force de fon ^bras contre des monftres, des bri-
gands , & éloigné encore du terme de fes tra-
vaux;^ d liercule, dépouillé parle feu, des parties
groffieres du corps , & parvenu à la jouiffance de
la félicité des immortels. L homme eft exprimé
dans l’Hercule i arnèfe, & le Dieu dans l’Hercule
fameux Torfe. Ces traits
caracteriftiqr.es nous autorifent à juger fi des
ftatues , rendues méconnoiffabies par la perte de
la tête &: des attributs, figurent un Bien ou un
homme. Plein de ces fubîimes conceptions, l’ar-
tifte élevoit la nature du marériei à l’immatériel,
& fa main créatrice produifoit des êtres exempts
des befeins de l’humanité , formoit des figures
qui repréfentoient l’homme dans une plus haute
dignité , & qui fembloient n’être que les tvpes
ou les enveloppes des efprits penfans & des intel-
ligences céleftes"
« Par ce moyen, dit Quintilier, la ftatuç ds
Jupîter 3 de la ip.ain de Phidias^ n^avo:*^ pas
contribué à faire redoubler de zèle , & à augaier.-
terla Yénératiqn poux Is Dieu même ( Cujus puU
B b!»
37^ DIE
tkrhudo adjecijfe elioaid ttiam recepti religtoni
'jidetu.r. ( Quint, h: L. 12- c, îO. ). Cecendant
la plus haute beauté , comme Océron le fait dire
2 Coïta ( De Tint. Deor. T. i. c. 29. ) 3 ne peut
pas être donnée à tous les Dieux dans le même
degré, de même que le plus grand peintre ne
peut pjs donner la plus haute expreffion à toutes
les Heures de fon tableau. Cette demande feroit
aufil peu raifbnnible que feroit celle d’exiger d’un
poére tragique qu’il ne mit fur la feêne que des
héros
Pour rendre comp'ette l’idée toute céiefte que
doivent prendre des Dieux les Artiftes , je joindrai
à ees paflages de \yinckeimann deux autres ob-
fervations de ce Pavant antiquaire , dont les ar-
îilîes trouveront fouvent i’occaiîon de faire l’ap-
plication.
« On voit fur une pierre gravée du cabinet du
Duc de Devonshire , qui porte le nom du ( Stofeh.
pier. gr. pi. pd-x ) graveur, AiocKOPiAOY, Dio-
mède affis fur un autel, le Palladium dans la
main, & la gardienne tuée à fes pieds. Devant
lui eft Minerve fur une colonne; cette Divinité
lui tourne le dos, comme elle avoit fait, {Strab.
l. VI. p. x6j. '■ , difoit-on , pour n’être pas témoin
du facrilége- C’eft aiiifî que la ilaaie de {Athea.
Deipjf. L. XII. V. 520 ) Junon à Sybaris avoit
détourné la vue, lorfque les Sybarites, fecoaant le
joug de la tyrannie de Thélis, maifacrèrent,
jofqu’aux pieds des autels , tous ceux qui avoient
eu quelque part à fon gouvernement. Le Poujfin ,
par une licence har.lie , a employé une fiCtion
femblabie dans un deffein qui étoit dans le cabinet
du Cardinal Alexandre Albani y oii Médée tue fes
deux fils. Ce peintre ingénieux y a mis une ftatue
de Minerve qui fe couvre le vîfage arec fon bou-
clier pour ne pas voir cette exécrable fcène ».
« Sur une pâte de verre , prife d’une pierre
CTavée antique , on voit Diomède tenant avec
la main droite le Palladium qui paroît encore
pofé fur fon piédeftal , quoique le Héros foiîdans
l’attitude de marcher. La ftatue paroît inclinet fa
tête comme pour confentir à fon enlèvement.
Une femblabie inclination de tête croit réputée ,
par les ancier», un figne d’approbation des Dieux.
Jupiter ayant accordé à Tbétis fa demande, lui
dit : ( //. A. V, 14., & II. O V. 75 ) Je te ferai un
fgne de tête pour t en ajfurer
Les anciens aimoient à multiplier les Dieux;
8r Gomme c’ étoit une prérogative des Divinités
d avoir chacune plufteurs noms, de même ils
faifoient deux ou plufteurs Dieux d’une même
divinité. On voit deux Jupiters fur an médaillon
de Mpc-Aurè!e , du cabinet du Roi : ce font
les deux Jupiters nés en Arcadie de
^ ^ y auflî deux Nepîunes
{.Arifioph. Plut. 397) on comptoir, fuivant
Arnobe {lib. rv. ), jufqu’à einq. Mercures, autant
4e Baechusj de Jupiter,
D I F
Dieux Frères r Ptolémée Philadelphe , & fon
frère. ©££2î:. AAEAC>aN.
Leurs médailles avec cette légende font
RR. en or.
R. en argent.
O. en bronze.
DIFFARÉATION, e.rpèce de facrifiee qui opé-
roit le divorce entre le mari & la femme , dit
Feftus. . . . ^Erct gsnus facrifeii , quo inter virum
& mulierem fiebat dljfolutio. La glofe d’Iftdore dé-
finitenedre plusbrièvement la d-.faréation : c’ étoit,
dit-il , le divorce entre le mari 8c la femme , dif
folutio inter virum & feminam. Ces expreffions ns
laiflent aucun doute fur la nature de lu difaréation ,
qui rompoit tous les mariages ; quoique certains
écrivains ayent voulu les reftreindre à ceux des
Prêtres ou Pontifes.
DIFFUSORES , Officiers qui , dans les diftri-
burions gratuites d’huile ou d’autres liqueurs faites
au peuple, préfidoient à ces diftriburions, oudes
exécutoient. On lifoit fur une ancienne inferip-
tion : EQ. R, DIFFUS. OLEARIO. EX. BŒTICA.
DIGAMMA , double gamma fubftirué à l’Y
confonne fous le règne de Claude. Cet Empereur
employa la perfuaftoFS ( Sueton, l. 5. eap. 41. ) &
l’autorité, pour faire recevoir trois nouvelles lettres
de fon invention, fous aurant de nouvelles {Tacit.
Annal. L î I . c. 4. > formes. La première étoit un
caraâère uniquement deftiné à faire difeeraer les
V confonnes , des V voyelles qui retinrent leur
ancienne figure. Quintilien ( Irîfi. L c. 8. } ne jii-
geoit pas défavantageuferaent de ratilité du di-
gjmma de Claude. Mais quelle en fut la figure ?
Tous conviennent qu’il avoit la forme d’une F >
tous ne conviennent pas de la manière dont
elle étoit tournée.
Sans parler des fitaations obliques , notre F eft
fufceptible de huit polirions principales, horizon-
tales & perpendiculaires. Il ne s’agit icf que des
dernières. Il n’eft aucune des quatre fituations per-
pendiculaires que peut prendre l’F, qui n’ait été
attribuée au digamma de Claude. Un des premiers
contiouateursdu Journal des SavansC rem. 5. p. jé.
edit. de Plcll ) en 1677, ^^1*^ Prince inventeyir
de i’F. L’Auteur de la Bulle d‘or ( ouvrage cité
plus bas ) des enfans Romains de qualité , Fieo-
roni, rapporte une fameufe infeription de Claude,
déjà publiée par Angelo Roccha , Grurer & Fa-
bretti, depuis négligée & perdue , enfin retrouvée
& coïifervée par les foins de cet Auteur célèbre^.
L’F de Claude y paroît deux fois dans les mots
AMPLIAj[rr , TERMINAjITQ. Elle n’eft ,
comme 0x1 voit , que tournée vers la gauche,
Gori ( Mufl Etrufe. t. 2 p. 415. ) juge pourtant
cette figure préférable à celles qu’on a données
jufqu’à préfent du digamma de Claude. Mais peut-
être ce lavant homme n’aura-t’il pas fait attention
à une remarque du même Ficoroni^ portant que
D I G
ces deux F étoient doubiement renverfées {la Bollo
Doro de Faaciuli nobili Romani in Rcma
4°. p. 6c). ). Au reôe , comme dans un ouvrage
poftérieur , Gori ( Difefa éell‘ alfabeto. p. 8i. )
reprefente ies deux mêmes mots avec des on
2 lieu de croire qu’il fera revenu à l’opinion com-
mune. D. Gancelot ( Mouv. Métk. p. 724. ^ nous
donne cette figure L pour celle du digamma , in-
vente par Claude.
Les anciens marbres du temps de cet Empe-
^ ceux qui les ont ( Gruter. p. 236. Ceno-
tapk. Pif. col. 7j8. ) ccnfukésj dépofenten fâv'eur
de la figure j. Cbriftiern Frédéric Ruhe^ dans
ion Specimen PkiLologia Numifmatico - Latina
( imprimé en 170S ) , rapporte une partie des mo-
numens ou le digamma s’efi: confervé. L’on n’en a
peut-etre pas de plus célèbre & de plus avéré,
touchant la forme du digamma de l’Empereur
médailles , publiée par
I oeUcia numifmata Lutet. Paris. 1684. oP.p. lOf.)
eguin , citee auili par le ( de prsft. numifmatum.
■/%' P' ) Baron de Spanheim. Du
pied d une j ainfi difpofée , Tort une palme. C’eft
un trophée érigé au digamma, ou plutôt à fon au-
teur, acaufe de lavidoire remportée fur les Bre-
tons. On reconnoît au digamma les monumens du
temps du meme Empereur. ( Nouvelle Diploma-
tique des PP. Bénédiclins. il.p. 47.}.
DIQITALIA. Foyeq^ Gant.
ancienne folemnité d’Athènes, =
on celebroit le quatorze du mois Scirrapho-
Kon , en l’honneur de Jupiter Polien , ou tutélaire
n étoic plus en ufage du temps
d Ariftopnane ; voila pourquoi il fe fert du mot
JJiipohcae , pour marquer une chofe du vieux
temps.
Ces fêtes étoient auffl appelées Euphonies, ou
® ® caufe d’une cérémonie parti-
cuiieredesD/ipoéiM. On plaçoit des gâteaux fur
ratrepied de bronze , autour duquel on faifoit
î3sarcher des bœufs choifîs. Le premier de ces anf-
maux qui touchoit aux gâteaux , étoit immolé
farcie enamp. îl y avoir dans Athènes trois fa-
rniiies dont les membres pouvoient feuls accom-
plir ce facrifice, félon Porphyre (de Abflinent. ab
Mimalious ) La famille qui amenoic les boeufs
toit appeiee , de yJtsTpQy , aiguillon :
celle qui les chalToic autour du trépied ^""appeloic
■Zua-eaiit, frappe-bœuf, & elle defeendefit de Thau-
îon. LesAcc.rf.ï, cuifiniers, étoient les troificmes
qui maliacroîent les bœufs.
\ oici la tradition qui fervoit de bafe à cetto
ndicule ceremonie, ün Prêtre de Jupiter nommi
Thaulon, ou, félon quelques-uns, Diomus &
^ gâteau pour offrir en
lâcnnce au nf'rp ?.. __î.
D r M
379
f vengeance , ri fe fauva pour éviter les pourfu-'r^s
des Athéniens. Mais ceux-ci appelèrent en iu^;!
ment la hacne du Prêtre , &: la déclarèrent mn->-
cente, félon Pâufanias. Eüen dit aucontraire qu’on,
condamna la hache feulement, & qu’»n renvo'-^a
aoious le Prêtre & les a.filfians. Quoi qu^ en foir
on^ terminoic les Diipolies en mémone de cet
evenement bizarre, oar la fuite -d'un Prêtre &
bœuf rendu légalement fur la mort du
D Lions nom de Jupiter, qui fe trouve
dans larron { l. ir. de Ling. Lut.) & dans Aulu-
Gelle (/. 1". Ç- 12. ). Comme on appela ce Dieu
JAner üc Diefpiter, on l’appela auffi lavis &
^Ijovis. r oyey_ les Dijfertations du P. S. Jéf.
imprimées a Paris en p. 284. ' ’
^jliKAios, jufte. On trouve cette gîorieufe épi-
thète fur_ quelques^ monumens de Pertinax, qm
la méntoît à fi jufîe titre. Septime-Sévère aSèc-
rantd imiter les vertus de cet Empereur, crut de-
voir prendre le norn de Pertinax'5 de même aufïï
Pefcennms Niger prit le furnom Aikaios , qu’oa
ht fur fes médailles. Arface, Phrahate II, Roi
des Partnes , & quelques autres Souverains du
meme peuple font appelés Aikaios fur leur»
monnoîes ( Patin Tkef. Num. pag. 20^. ),
DILORIS veftis, tunique ornée de deux ban-
en^or ■’ rinceaux brodé»
entre-ailes dans les jeux & les
fpectacles qes Romains.
D. I. M. Mîiratori (71. 8. Tkef Infer.) ran-
porte une infcnption qui commence par ces fio-Ies.
L les expaque ainfi : Domina Ifidi HAagn&'l ©a
Deo Inviao Mithra. * s
’ troupes qui combattoient à
DIMACHÆ f
^ aimaxai ,
pied 8d à cheval comme nos Dragons. Pollux
( r. IG. é. ) en attribue rétabüfièment à Alexan-
dre-îe- Grand.
J..;;: f "h’'”" ^ a de 1 utilité que re-
Stou iagnpukure ds cct aonaal ). Après cesîs
DIMACdERÜS , gladiateur qui combattoit
armé d’une épée ou d’un poignard dans chaque
main. Ce mot eft compofé de Ns , deux fois, &
de pAxai^Tt., épée , deux épées. Jufte Lipfe , en Vai-
tant des différentes cîaifes de gladiateurs, dit qu’il
y en avoir qa’on nommoit dimackeri , parce qu’ils
fe fervoient de deux poignards. Il cite pour le
prouver l’autoriré d’Artémidorc , qui, dans fon
fécond Livre des Songes , promet une femme
laide, méchante, & de mauvaife humeur, à qui-
conque aura vu en fonge un glamateur combat-
tant a^deux poignards 5 ce qu’il exprime par le feuL
mot û
DLriANCHEo ( dates des ) fur les Charte*
Voyei Gioilaire csi Dates.
B b b if
3^0 D I N
DIMIXI , lampe à deux mêcnes j dont on fe
fervoit pour éclairer les thermes.
DIMÜS , \ ^ g, Vénus J
A£IMGS y f
feion Hélîode C Theogon. v. 954-/
portrait ferribîabie à celui de Mars. MitAn en grec
-iignifie terreur.
DINDYME J femme de Méon , Roi de Lydie ,
fut mère de Cybèle j félon Diodorc.
DINDYMÈVE, furnom de Cybèle j pris, ou
de Dyndime , fa mère, ou d^une montagne de Phry-
gie , appelé Dir.dymus , où elle étoit honorée.
Elle avoir auffi fous ce nom un temple à Magnéfie ,
dont la fille de Thémiiiocle avoir été Prêtreffe.
Voyei Cybèle.
A Vtat'aaat > a la renaiiTance des Lettres, les
Aeiünom. f
Philologues qui s’appliquèrent à l’étude des lan-
gues grecque & latine , & àla tradudlion des Au-
teurs anciens , furent partagés fur la quellion fui-
vante ; les anciens ont-ils eu vers le milieu du jour
un repas femblable au dz.ié des modernes , & dif-
tinéi de la Cmna, ou repas du foir ? Entre les paf-
fages que chacun d’eux rapportoit pour étayer fon
opinion, il en efl un qui, bien enrendu, les eût
conciliés tous , & que je vais employer dans
cette vue.
Cicéron dit dans fes Tufculanes ( Qa&fi. v.')
que Platon étant venu en Italie , fut étonné d’en
voir les habitans faire deux repas chaque jour.
Cette furprife du philofophe Grec nous feroit
croire que fes compatriotes n’en faifoient qu’un j
& en cela , iis fe conduifoient comme les habitans
des contrées orientales v^oifines de la Grèce. Ce re-
pas du foir étoit regardé comme unique , parce
que c’étoit le feul qui fût compofé de mets folides
éc fucculens, tandis que le déjeûner, c’eft-à-dire,
la nourriture que l’on prenoit le matin ou à midi,
étoit , chez les gens fobres , très-léger & peu fubf-
tantiel. Alexandre-le-Grand parloir dans ce fens,
lorfqu’il difoit que le meilleur apprêt pour le re-
pas du foir , éroit un déjeûné très-léger. Le fou-
per, d'oiTTov , ou repas unique des gens fobres , n’a-
voit lieu en Grèce que le foir, comme on peut le
conclure de plufieurs paffages des écrivains an-
ciens , & du 8*^ chapitre du dix-feptième Livre
d’Auiu-Gelie ; Pkilofopkus Taurus accipiebat nos
jitkenis plerumque ad id diei , ubi jam vejperaverat ,•
id enim eji tempus ifiic csnandî frequens. îl n’y étoit
donc pas queftion du dîner , hlsivoi , c’eft-à-dire ,
d’un repas fubûantiel fait dans le jour & avant le
Couper, iorlqu’il s’agilfoit de gens fobres , de
philofophes tels que Platon , ou de perfonnes opu-
lentes qui ne faifoient aucun travail fatiguant,
Uacratifme , qui étoit alors appelé âf/s-cv ( Voyei
ces mots ) ou le déjeuner , leur fuinroit pour fe
foutenir jufqu’au fouper.
J1 n’en étoit pas de memsan Grèce des foldats.
D I N
des ouvriers, des hommes de peine, &c. Les fati-
gues qu’ils éprouvoient dans l’exercice des arts
mécaniques, les obligeoient à prendre de la nour-
riture trois fois par jour. Athénée ( lib. i. c. 9
10. ) le dit expreffément. Pour le prouver, il cite
des vers d’Homère & d’Efcbyle ^ qui font mention
pour les foldats du déjeûné, du dîné & du foupé,
Aj.'css, éebrva , ê'éfTta d'' aipne-ai splra ; j’ai réglé pout
les foldats & les chefs que j’ai établis, dit Pala-
mède ( dans ce vers d’Efchyle cité par Athénée )
trois repas par jour. Athénée ajoute que le dîné fé
faifoJt vers le milieu du jour : S'iiuve)/ ^
û apiçûv ; & que lui & fes convives l’appeioient
du même nom que les déjeuners : c’étoit fans doute
parce qu’il en tenoit lieu aux gens fobres ou
opulens.
La furprife de Platon , rappoîtée au commen-
cement de cet article, annonce que les Romains
faifoient à fon arrivée en Italie deux forts repas.
Celui du foir s’appeloit cxna , le foupé , & l’au-
tre prandium ou le dîné. Le dîné tenoit lieu de
déjeûné aux gens fobres ou opulens. Sénèque dit
précifément que le lien confîftoir en pain & en
figues de l’efpèce appelée carîcA ( Epifi. 84 & 87. ),
Auifi ajoute-t il qu’il le prenoit fans table , fine
menfia prandium , & qu’il ne quittoit même pas
alors fes tablettes, nufiquam fine pugillarihus. Ho-
race dit d’un femblable dîné ( Sat. 16.) :
Pranfius non avide, quantum inîerpellet inani
Ventre item dur are.
Ceux des Romains qui éteient adonnés auxplai-
firs de la table, & qui vivoient dans la molleffe,
faifoient autant de dépenfes & d’apprêts pour le
ûz.vé que pour le foupé. . Tels étoient ces Saîiens
dont Claude, rendant la juûice dans le fiorum d’Au-
gufte , fentit le dîné ( Suet. c. \X.) ictus niaore
prandii , qu’il alla fur le champ partager fans ache-
ver l’audience. Tel étoit l’odieux Verrès , donc
Cicéron peint £ vivement les excès en tout genre
( Verr. 1. I9. ). Quid ego ifiius prandia , és cœnas
commemorem ?
Alexandre-Sévcre ( Lamprid. c. 30. ) n’obfervoit
rien de fixe pour fes repas. Souvent au fortir du
bain il buvoit du lait , du vin doux , mangeoit du
pain & des œufs ; ce déjeuné ne l’empêchoir pas
de dîner : jétque kis refietius aliquanfido prandium
inibat , aliquando cibum ufique ad cænam differebat :
fouvenr aufli il ne prenoit aucune nourriture de
toute la journée jufqu’au foupé.
Midi, ouïe commencement de la vu' heure,
étoit l’heure du dîné au temps des Empereurs.
Suétone le dit, en parlant de Caligula ( c. 58. n. i. )
JSono Kaî. Februarii horâ quafi fiepiimâ , cunUatus
an ad prandium furgeret , marceficente adkuc fioma-
cho pridiani cibi onere. L’Empereur Claude avoir
un goût fi effréné pour les combats du cirque,
qu’il y accouroit dès la pointe du jour , & qu’d 7
prenoit même fon repas à midi , brfqu’on
D I O
foyoit Jes fpedtateurs pour leur donner le temps
^ 34' }- Bejiiunis meridianifque
adeù deleciaüatar , <2 prima luce ad fpe^aculum
defcsnaeret , b meridù dimijfo ad prandium populo
perjederet.
pue portoit Cérèslorlou’elie résnoit
en SiciJe. "
DIOBOLE J monnoie grecque , valant deux
oboles. Voyei Obole.
Galilécj jadis Sepphoris.
^Pellerin a reftitué à cette ville une médaille im-
periale grecque d'Antonin , que Vaillant avoir at-
wibaee a la Diocéfarée de Cappadoce. Celle de
Galiiee en avoir fait frapper auSl en rhonneur
d Antonin , de Caracalla.
Cappadoce. AiorAi-
^ frapper une médaille impé-
nale grecque en 1 honneur d^Anfonin, félon Vail-
clilé?^’^ fa reÜituée à l^ DiocéfarU de
Diocésaree^ en Cilicie. Aiokaicapecn.
»;il f ^ médaillé impériale grecque de cette
Ville frappée en fhonneur de Philippe fils.
Diocesarée, en Phrygie. Aiokaicapeiqn
Vaillant lui attribué des médailles impérial-s
iS!"' fhonneur de Commide, de
DIOCÈSE. Le mot iloclfe efi grec, & il figni-
fioit autrefois un gouvernement , ou préfeélure
compofee de plulîeurs provinces.
TI n qui divifa l’empire en DJacèfes
en quatre, qui furent le Àd-
f d Irahe le Dwd/e d’Illyrie , celui d’Orient
& celui _d Afrique. Cependant long^temps avam
Conftantin, Strabon qui écrivoit fous
AL}rVlf'' Romains avoient
d vife I Alîe en Diocifes ; & il fe pLint de h con
fufion que cela mettoit dansia géographie na?ce
qu ils^ne divifoient point l’Afie parpeu^ples' ^mais
par Biocef.s, dans chacun defquels il v avoir un
tribunal particulier oui on rendoit la jufïice Conf
gntin fut donc feulement l’inftituteur de cesgSid^'
Diocef s qui comprenoient plufieurs métrfpolï
&. plufieurs gouvernemensj audieu que Jes D/oI
cefes ne comprenoient auparavant qu une iurif
diâion , un didna, ou le pays qui relTonUo à
prit d-abord plufcuri '& f”'
m Dioàfi comprit plolieura pro.inccï Le Pr“”t
Pitfeâures. il y en ayoit même a y , f. ro'“f"p“'
D I O
Home 5e les villes fuburBicaires. Ces
Aiv x.'roceyfj contenoient 1 20 provinces. Chaou^
province avoir un Proconfiil qui demeuroit dans
Ja capitale ou métropole , & chaque DîoeeCe un
V icaire de l’Empire , qui rélîdoit dans la princi-
pale ville de fon diilricl. ^
l'^êtes établies à Mégare par Al-
ca..hous fils de Pelops, en l’honneur de Dhcl'es ,
Koi de Megare félon le Scholiafte de Pindare
L k mn/ en eîi fait mention
dans Ineocrite ( Idyl. iz. v. 27. ) Ce ooè'e •
r£u Di Mégariens de ce qu’ils ont
reçu Diodes avec plus d honneur que les autres
^ rangers, ajoure qu’au commencement du prin-
temps, de jeunes garçons fe difpuroienr la vidoire
d^ns le combat du baifer, auprès de fôn tombeau.
Ln ancien Scholiafte de Théocrite nous apprend
1 origine de cet ufage, en difant que ee Dioc/ès
enfd jeunes garçons, s’étanc
eniui d Abhenes pour fe retirer à Mégare ^ fit des
merveiJes dans un certain combat j & ou encou-
rant de fon bouclier un de fes favoris , il le
lauva , en perdant lui-même la vie 5 que les Mé-
garips lui firent des funérailles magnifiques, l’ho-
norerent comme un héros , & infiituèrent en fon
honneur un combat où étoient admis les plus
beaux garçons pour difpiiter le prix du baifer Le
çrix csnfiltoit en uùe 'couronne que l’on donnoic
a celui qui favoit donner de meilleure grâce Je
pms doux baifer. ». ( Extrait du DiM. de Trévoux,
edit. de 1771. ).
DIOCLÉTIEN. Caius Vazxkiüs Dioclz-
TtASUS AuGUSTUS.
Ses médailles font :
HR. en or.
Celles qui ont feS Confulats font plus rares j oa
es trouve jufqu’au feptième : ii y a en outre nom
Dre de revers très- rares.
R RRR. en médaillon d’or. Il eft au cabinet du
H n argent. Il y a des revers RR.
fiR- en iTiedaiilons de bronze,
peif ra"es^‘ ^ font un
RR. en hL B. ou petits médaillons d’Ésypte.
C, en P, B. LuZti’â. &■ d^£]^ypce.
DIOCLETIEN ou DES MARTYRS.
« 7 élévation de Dioclétien à l’emoire ne fut
pas feulement l’époque de la réforme que ij
Alexandrins firent ( comme nous le difons “à
1 article de i’Er£ ecc!éfiaftiqued’^/^,va-^^«V. royer
_ e «e fut encore d une Ere nouvelle qu’ils ima-
ginerent , & a laquelle ils donnèrent le nom de
ce Prince. Celle-ci changea dans la faire de dé-
nomination,^ & fut appelée l’T.e d..
afin de perpétuer le fouvenir de la cruelle oerfé-
cutipn que Diçdétisn excita coatjre les chrétiens.
3^1 D î O
Pour bien entendre cette période & la faire
cadrer parfaitement avec notre -Ere 1 incar-
nation , il faut favoir quelle étoit la ditrerence du
calendrier égvpt:en & du notre ”•
cc 4var'- la réformation du caiendner,romain ,
faire par Jules -Céfar. rapnée des Egyptiens
droit compolee de douze mois ^ cSacun de trente
70”rs à la fin defqueis on ajoutoit cinq jours,
nommés, par cette raifon , Epagomenes , pour
faire le nombre de trois cent foixante-cinq. Mais
comme il reftoit sa bout de chaque année mviron
üx heures qu’on néÿigeoit, il arrivoit de-là que
tous les quatre ans chaque mois rétrogradoit d un
jour , de manière que dans i’efpace de quatope
cent-foixante ans , après avoir parcouru pun
après l’autre toutes les faifons , ils fe ïetfouvoient
au même point où ils étoient au commencement ,
avec la différence d’une année endere fur le total.
Le remède que les Aftronornès d’ Alexandrie ima-
sînèrent à cet inconvénient , fut d’ajouter tous
Tes quatre ans un lîxième Epagomène, comme
Jules-Céfar avoir ajouté dans le mêm.e intervalle
un vingt-neuvième jour su mois de Février. Par
ce moyen , il rendirent leur année fixe , de vague
quelle éroit , & lui donnèrent toute la confif-
tance & la régularité de l’année Julienne. Le 29
du mois d’Août de celle-ci , fut le terme auquel ils
D I O
firent répondre le premier jour de leur année
commune, & le jour fuivant commença leur
annee intercalaire. Sur quoi il eft à remarquer,
d’aurès le P. Pstau , que cette apiée intercalaire
ne 'concourt pas avec i’année_ biiTextile des ro-
mains , mais la précède immédiatement. »
( Cette réforme ne fut point parfaite ûu premier
coup Tmais elle fuivit les irrégularités du calendrier
Julien , iufqu’à i’an 749 de Rome , cinq ans après
la réforme qu’Augurte fit de ce calendrier, Sc
cinq ans avant ÏEre de J. C. ) 7.
cc C’eft fur ce calendrier amù reforme , que
pofe YEre de Dioclétien , dont le commencement
nation de l’Ere des Mntyrs Quelle porte aufli,
femb’eroit devoir la faire reculer jufqu’en 303 ,
époque de l’édit fanglant que cet Empereur
donna contre les chrétiens. Cependant lufage
contraire a prévalu jufqu’à nos jours , ou l’on
voit encore cette période ufitee parmi les Cophtes
Sc ies Ethiopiens. En la fubiHtuant dans noLte
Taè/e Chronologique à YEre d’Alexandrie,
nous avons eu foin d’en marquer ies^ années
intercalaires d’un allérifque, pour empecher de
les confondre avec celles du calendrier Ra-
main ».
Taéle qui repréfente la - eorrefpondance du. Calendrier Egyptien & du nôtre , avec les noms
que Us Égyptiens & les Éthiopiens donnent refpeaivement à leurs mois.
Mois Romains.
Aoùr
Seprembre
Ctiobre
HoT£îX:bî'e
Décembre
Janvier
Février
Xfers
Avril
Mai
Juin
Juillet
Août
19.
z8
28
27
27
tâ
î7
26
26
^5
15
^4
îS
2S
27
28
jour '
jour
jour
jour
jour
jour
jour
jour
jour
jour
jour
jour
jour
jour
joar
jour
jour
jour
MoU Égyptiens.
Thoth.
Paophi.
Atir/r.
Choéac eu Cohiac.
Tybi.
Méchir , ou Machir.
Phaménoth.
Pharmouci.
Pachon,
Payoi.
Epiphi.
Méfori.
Epagomeacj,
Intercalaire,
Mois Éthiopiens.
Somme réfultante
à la fin
de chaque mots.
Mafcaran.
TîVmitb.
Hadar.
Tacfam.
Tir.
Jacatith.
Magabith,
Miazia.
Gimbotb.
Sene.
Hamlt.
Habafe.
L’aanée qui luk l’intercalaire commence an 39 Août. Mais comme elle concourt avec une
nnée bûTexdle Romaine, elle finit le 18 Août fuivant , & edie d’après recommence le ip.
S?i
Dans notre Table Chb.onqlogique nous
faifons correfpondre la première année de l’Ére des
Martyrs à l’an 28) de j. C., mais en la coinmen-!
çant au 29 Août de l’année précédente. Les Éthio-
piens nomment les années de l’Ere des Martjrrs ,
les années de grâce. Ils ne comptent pas néanmoins.
par une fuite continue , depuis l’an 284 de J. Ç. î
mais ils fe fervent d’une période de 33^, ^”.^3
fin de laquelle ils recommencent par l’unité, fs
fuivent auffi , pour l’Ère Mondaine, le qalcul de
Jules Africain , & anticipent fur nous l’Ere Chré-
tienne de 8 ans. {^Ludolphe , /. 3 , çA. 6> §• 97 J
^L‘ Art de I^érifer Us Dates. J
O
DIODAX. l^oyei Desakcs.
DIODOTÜS , Roi àe la Ba-ilriane. Aïo, âiot.
Ses médailles font :
RRRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
DIOGÈMES. Le Comte de Cayliis a publié
dans fori \ P. Recueil d’antiquités (P/. 43. n.
■2- ) s lin monument repréfentant D iogines àa.ns
fon tonneau. Voici les obfervations dontil Ta ac-
compagné. « Le Père Pauciauni fait deux réfiex'.ons
fur cette gravure- Il y a quelques années qu’il seit
elevé une difpute affez vive entre deux hommes
de lettres d’Allemagne ( Aéi. Philofo. vol. il) ,
au fujet de l’habitation de Diogene. Chriilian Au-
gufte Heumaanus a prétendu d’après Bayle j
que_ Diogène habitoit une petite raaifon , con-
Bruite de terre , & des plus pauvres , & que
tout ce que l’on difoit de fon tonneau étoit une
fable, ou une allulîon inventée par les écrivains
poftérieurs à ce philofophe. Jacques Hareus a
réfuté cette opinion dans un petit ouvrage ( De
ioUari habitstione Diogenis Cynici , inféré dans
fon PoÉciLî, tom. I. liv. & a démontré
qu’Heumannus , niant le tonneau de Diogin e,
attaquoit les palTages les plus clairs & les plus
formels de tous les auteurs, & détruifoit toute
la tradition de l’antiquité. Le Père Pacciaudi,
fuîvant l’opinion la plus commune & la plus fen-
fee , examine de quelle matière pouvoir être ce
tonneau.
“ Tous les monumens , comme les bas-reliefs
rapportes par Spon (Mifiell. érudit, antiquit. feB.
av. ) , les pierres gravées publiées par le marquis
Walfei j celle de Leonardo AgoRini ( Imag. illuft.
viror.part. il.'), expliquées parle Beilori, repré-
fentent Diogène dans un tonneau , mais liffe &
fans aucune apparence de cercles } on peut croire
par exemple , qu’il habitoit dans un yafe de terre.
lîngulier qu’aucun auteur n’eût indiqué la
fliftérence de fa fabrique , s’il y en avoir eu. De
Boze_ a rapporté une médaille happée par les Co-
rinthiens ( Mémoires de l’Académie des Belles-
Lettres tom. XIX. pag. 476. ), en l’honneur de
Lucius V erus, au revers de laquelle on voit Diogène
affis fur le tonneau ; mais il ell repréfenté d’une ma-
nière qui ne met à portée, ni de décider, ni
de prononcer fut la matière dont ce tonneau étoit
compofé. Le fentinent le plus général ell donc
qu’il étoit de terri cuite. Une difficulté que l’on
peut oppofer a cena opinion, & qui paroït capi-
tale , conlîfte a concevoir comment Diogène pou-
Toit haoitet & fe retourner dans ce vafe fans le
rompre, principalement en le conduifantiufqii’au
temple, comme il le faifoit, pour mendier ( V^oyeir
Saint- Jerome, zonrzÆ Jovaninnum , lib. //.) ; d’ail-
leurs comment concilier la fragilité de cette urne
récit de Lucien ( Comment il faut écrire
i hiûoire ) , qui dit que Diogene, pour fe moquçr
D I O
des préparatifs que l’on faifoit à Conr^he pour
la guerre contre Philippe , roula fon tonneau
jufquau haut d’une colline, pour le laiflèr tom-
ber dans le fond. Le Père Pacciaudi lève ces
difficultés par les raifons fuivantes : les Grecs dans
le temps de Diogène, ne pavoient point encore
leurs rues 5 ce font les Romains qui ont porté cet
ufage dans la Grèce. Voyez à ce fujet Ifidore ( Lib.
X V. Originum. cap. ult. ) : par conféquent le vafe
étoit moins en danger de fe rompre j en fécond
lieu , la difficulté ell abfolument levée par un
pafTage de Juvenal ( Satyre xir. vers 308. ).
Dolia nudi
Non ardent Cynici ; Jî fregeris , altéra fiet
Cras domus , auî eadem plumbo ccmmijfa.
nehit.
Senfit Alexander tejta cum vidit in il U
Magnum kabitatorem.
» Voilà donc deux moyens donnés par le
poète , pour réparer les malheurs qui pouvoient
arriver à l’habitation du philofophe , celui d’eiï
avoir une nouvelle 5 ce qui n’étoit pas difficile j
ou celui de rejoindre les calïlires ds l’ancienne
avec du plomb. En effet, Diogène Laëcre rap-
porte dans la vie du Cynique, qu’un jeune homme
vif & emporté ayant rompu le tonneau du phi-
lofophe, les Athéniens le firent raccommoder.
Ce fait ell d’autant plus facile à croire, que la
manière de rejoindre les morceaux de terre cuire
étoit connue de tous les Grecs & de tous les
anciens. Pour achever de convaincre de la poffl-
bilité de ces faits , je renvoie le leéleur à l’exa-
men du vafe de terre rapporté dans ces recueils
( Tom. ly. Planche lviii. nP . iii. } t il verra par
le volume, lapoffibilité de contenir un homme,
ainlî que celle de la réfiilance , dans un vafe
trouvé dans la grande Grèce j d’ailleurs il n’jft
pas difficile de lui fuppofer une" forme di&é-
rente. »
« On peut donc conclure que Diogène habitoit
un vafe de terre, auquel il a été plus commode
de donner le nom de tonneau , dont l’ufage ell:
plus général en Europe , & le nom plus fami-
lier.
Cette conjeélure du favant Pacciaudi a été
réalifée par la découverte d’un bas-relief de la;
villa Albani , publié & explique dans les monu-
menti inediti de Winckelmann ( n'’. 174.). On
y voit Diogène dans fon tonneau, fur lequel eic
an chien , parlant à Alexandre. Ce tonneau dt
évidemment un grand vafe de terre rond Se
rompu. La fraclure eil raccommodée avec deux
morceaux de plomb taillé en queue d'aronde. Ü14
jeune Athénien ayant fêlé le tonneau de Diogène ^
fut réprimandé publiquemest. Ce bas-relief eft
donc parfaitement conforme à i’hiffoire. Ce plomb
qili réî^blit ies gradés vsfes de îeiîe , dl
3S4 DÎO
anîTi conforme aux ufages des anciens. On trouve
parmi les antiquités , que le cardinal Albani avcit
tiir tirer de l'ancienne AntLim , piuiieurs grarids
tonneaux de terre cuite qui font raccommodes
avec du plomb. En 1762 on en déterra un fem-
blable à Sene , canton près duquel fe recueilloit
le Tameux vin de Cécube. Le plomb qui en rac-
commodoit les fractures étoit en £ grande quan-
tité / qu’il y en avoir au moins quinze livres Ro-
maines. ' , . J
■ On donne fans beaucoup üe raiion le noin de
Diogènes à plufieurs huiles antiques , dit Winc-
kelmann (_ Pierres de Scofck , v. ^ le feul
caraélère qui les diitingue , eit la poitrine nuw,
avec une légère drapperie jetée fur l’épauie gau-
che. Oh n’en connoit cependant aqcun ^veç le
nom de Diogènes. En général on lui_ attribue les
pierres gravées fur lefc^uelles on voit un homme
prefque nud ^ ayant une beface ^ un bâton , ou
un chien près de lui. Elles font en affez grand
nombre.
DIOMÈDE, Roi des Thraces Biftons , fils de
?dars & de Cyrène , avoir des cnevaux furieux ,
qui vomiiToient le feu par la bouche ; Diomede
lesnourriflbit, dit-on, de chair humaine & leur
connoit à dévorer tous les étrangers qui avoient
le malheur' de tomber entre fes mains. Hercule,
par ordre d’Euriilhee , prit Diomede , qu il fit dé-
vorer pat fes propres chevaux 5 il les amena enfuite
à Eurillhée , & les lâcha fur le mont Olympe ,
où ils furent dévorés par les bêtes fauvages. V^oye^
Aedère.
On voit la punition de Diomede fur une pierre
gravée de Stofeh, publiée par Winckeim^nn (n'^.
68. ) , dans fès monumenti inediti.
Diomède , fils de Tydée , & petit-fils d Oénee,
Roi de Calydon , fut élevé à l’ecole du célèbre
Chiron , avec tous les héros de la Grèce , Her-
cule , Théfée, Caftor& Pollux, Achille, Hedor,
&c. Il eut pour femme Egialée, fille djAdrafle j &
comme Diomède avoir pour mère Deiphyle, fille
d’Adrafte, fa femme étoit fa tante', & il_ devint
gendre de fon aïeul. 11 commanda les Argiens au
fiége de Troye , & s’y diftingua par mille belles
aflions. Il combattit contre F.nee avec tant da-
vantage , que Vénus fut obligée , dit Homère ,
de couvrir fon fils d’un nuage , pour le dérober a
fes coups ; Diomède s’en étant apperçu , ofa atta-
quer la DéelTe elle- même, qu'il bleSa a la main.
Dans une autre rencontre , il ne craignit pas même
de fe mefurer avec Mars; il blefia dangereufenaent
avec fa lance le Dieu , à qui la dcuîéur fit jeter
Vn cri épouvantable. Poyet;^ Mars.'
Ce fut Diomède qui entra de nuit avec Ulyffe
dans la citadelle de Troye , & enleva le Palladium
qui faifoit toute la firetc des Trovens. Il avoit
enlevé auparavant les flèches d’Hercule, de i’ifle
de Lemnos , n’ayant pu emmener Philosflète qui
étoit le pofTeiTeuj. Aij retour de la guerre
D ï O
de Troye , ayant appris que V énus s’étoit vengée
par l’infidélité d’Egialée, fa femme , de l’injure
quelle avoir reçue de lui devant Troye, il ne
voulut pas revoir fa patrie , & alla chercher un
établiffement en Italie, où il fonda, dit-on, les
villes d'.'^rpi & de Bénévent. Strabon dit qu’a-
près fa mort , il fut regardé comme un Dieu
dans ce pays , & qu’il eut un temple & un bois
facré fur les bords du Timave. Quant à la fable
de fes compagnons , H” Lgialee , Oiseaux
de Diomede. _
On v-oit fes quatre principales aaions fculptées
fur un tombeau étrufque de Gori ( Infer. Etrur.
t. 3. p/. 39- )• D’abord il retourne du combat,
blefe & porté fur un char : en fuite il reçoit
les flèches de Philoélète ; fur un côté il ' eft
affis tenant le Palladium , &: fur l’autre enfin ,
un efclave lave la plaie de fa jambe.
Diomède eft toujours rcconnoifîable fur les
mooumens , à fa beaute & à fa jeunelie ; il
étoit, après Achille, le plus jeune des chefs de
l’armée Grecque {,lliad. H. 112. ). Les artifles
fe font plus à le repréfenter à l’époque ou li
e.nleva le Palladium. Il y a plus de cent pierres
gravées qui offrent ce fujet.
On le reconnoit aufli à fon bouclier , qui
ell toujours rond comme ceux des Argiens fes
fujers. D’ailleurs ce héros portoit ordinairernentun
cafqiie conique & garni quelque fois de joues,
apnelé oblon^a, Homere le dit
A.‘ V. 25-3. ).
Diomède , fut aufll le premier nom de Jafon.
Voye:^ Jason.
Le grand étymologifte & Eufta-
AiOiVîïliA- J
the ( in îliad. A.) appellent de ce nom, des
fêtes inftituées en l’honneur de Jupiter-D/omcuj;,
ou de Diomus , héros .Athénien , fils de Colyttus,
de qui les Dioméens , habitans d’un bourg a®
l’Attique, avoient pris leur nom.
DIOMüS. Voyei CynosARGès,
\ Nom Macédonien du mois d^nS
AiüN. }
lequel arrivoic l’équinoxe d’Automne.
DIONÉ, Fille de l’Océan, félon Héfiode [péog,
V. 357.), & de Thétis; félon Homèrç ( dans
fon hymne de Vénus ) de Saturne & de Cy e
étoit tante de Jupiter. Son neveu la rendit mer
de la belle V énus , furnommée Dionée , a eau
de fa mère : c’eft Homère qui rapporte ce lam ^3,
fable qui fait naître Vénus de lecume de la
n’eil donc pas aufli ancienne que ce poece , ^
elle n’a été imaginéç que par çeux qui font ven
après lui.
DIONÉE ef: la Vénus , femme de
& l’obje: des amours de Mars ; elle étoit
DIQNYSiAqUES i
D I O
DIONYSIAQUES J ou Dionysies, fêtes
célébrées dans toute ia Grèce fur -tout à
Arhenes , en Thonneur de Bacchus, furnommé
Dionyfus Elles fe divifoient en grandes Sr petites
Dionyjiaques ; il y avoir les anciennes & les nou-
velles, les Nyêtélies, & plufieurs autres. On y
voyoït des hommes travellis en lîlènes , en pans.
& en fatyres ; on y portoit des phallus attachés
a des perches. Chacune des Dionyjlcques avoir
des fingularités qui la diftinguoient ; mais dans
toutes regnoient la licence & la débauche. Voyei^
Bacchanales , Liberales, Nyctélies.
DIONYSIUS.^
aiontsos. > C’eft un des noms que les
üiON'Ysus. J Grecs donnoient à Bacchus ,
pour faire alluflon au Dieu qui étoit fonpère,
& au mont Nyfa, où il avoir été nourri. Diodore
parle d un Bacchus a deux têtes , ou à deux for-
mes ,. comme on^ repréfente Janus & Cécrops 5
il^ fe auflî plufieurs monumens où deux
tetes adofiees repréientent , Tune Bacchus barbu,
ce 1 autre Bacchus fans barbe.
Dionysius, efi: auffi le nom d’un des trois
Anaces , fils de Jupiter, f^oye^ Anaces.
V , tyran de Tripolis, en Syrie.
I ... J aobe le Blond a publié une médaille de
bronze de cet ufurpateur.
DIONYSOPOLIS, dans la Thrace. Aiony-
SOnOAEITQN.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
naies grecques en l’honneur de Sevère, de Domna,
d Alex. Severe , de Gordien.
Dionysopolis, dans la Phrygie. AroNïS.
M. Neumann a publié une médaille de broaze
autonome frappee en cette ville.
a quelques médaillés impériales arecoues
de cette ville, félon le P. Hardouin. ^
DîOPl flûte -dont il efi fait mention dans
Athenee. Dalechamp prétend avec affez de vrai-
femblance , dans fes remarques fur cet auteur
que la flûte appelîee diopi etoit ainfi nommée parce
qu eile n’avoit que deux trous j ce qui devoir four-
nir une mélodie très- bornée.
DIORPHUS. 27^^ Mithras.
^ Aios BOYZ , fêtes des Miléfiens, ainfi nommées
QU bœuf que 1 on immoloit à Jupiter pendant
leur célébration ( Hejychius ). ■
DIOSCLRES. Caftor & Pollux éroient fur-
nommes Dz^cures , A,»^ qui lignifie fils de
Jupiter ; & Tyndzutdes parce que Léda, leur mère,
etoit femme de Tyndare, roi de Sparte. Jupiter
étant devenu amoureux de Léda , fe changea en
Anaquites , Tome II,
D I O
I Ev’gne, fe fit pourfuivre parVénus , déguifée en ai-
I gie , & fe réfugia dans le feîn de la reine. Lffrayée
d abord , elle fe laiflTa charmer enfuite par les
accens mélodieux de cet oifeau ; eile en conçut
deux œpfs ; de l’un fornrent Pollux & Hélène j
Sc de 1 autre , Caitor & Clytemneltre. Les deux
premiers furent regardés comme fils de Jupiter?'
& les deux autres reconnurent lyndare peur leur
per^j^de là vint que Cafior eut le don derim-
mortaiité, dont^ Pollux fut privé. ( Sur cette
na.lTance finguiière , voyei Helène ). Iis furent
cependant tous nommes Tynàandts . du nom du
niaii de leur mere. On les appelle aufiî quelque-'
rois les Callors , Cajiores ^ du nom du premier.
Dès qu’ils furent nés. Mercure les apporta à
Pailène, pour y être nourris &; élevés, lis allè-
rent tous deux à la conquête de la Toifon d’or ;
éc ce fut dans çette expédition qu’ils fe difiin-
guerent principalement. Au retour de ce voyage ,
iis s attachèrent à donner la chafie aux corfaires
qui infeftoient l’Archipel : ce qui les fit paffer
apres leur mort pour des divinités favorables aux
Nautoniers. On dit que, dans une tempête, on
Vît deux feux voltiger autour de la tête des
Tyndarides , & un niom.ent après l’orage ceffa.
On regarda depuis ces feux , qui paroilfent fou-
vent^ fur la mer dans des temps d’orage , comme
les feux de Cafior & Pollux ; lorfqu’on en voyoic
deux , c’éîoit une marque de beau temps ; s’il
n en paroiffoit qu’un , c’étoit un figne certain
d’une prochaine tempêta, & alors on invoquoit
ces deux héros. On eft encore aujourd’hui dans
ia même opinion fur le préfage de ces feux. Les
Diofeures allèrent porter la guerre chez les Athé-
niens , pour ravoir Hélène leur fûeur , que Théféc
avoir enlevée. Voye^ Éthra , Helène.
Les deux frères ayant été invités aux noces
de Phœbé & d’Hilaire, filles d’Arfinoè & de
Leucippe, frère de Tyndare, les enlevèrent 3
leurs futurs maris , & les épousèrent eux- mêmes.
Pollux s’attacha à Phœbé, &^Caftor à Hilaire,
que l’on nomme autrement Éiaire, ouTalaïre.
Cette violence fut caufe de la mort de Caitor ,
qui fut tué quelque temps après par un des deux
époux. F'oyei J^s.
Comme Pollux étoit immortel , étant fils de
Jupiter , il pria fon père de le faire mourir lui-
même, ou de partager fon immortalité avec fon
frère. Jupiter , qui ne pouvoit changer l’ordre
du deftin , accorda la demande de Pollux 5 de
manière qu’ils paffoient alternativement fix mois
aux enfers , & fix mois fur la terre. Ils vécurent
ainfi Jiifqu’à ce que Jupiter les eût tranfportés
au ciel , où fous le titre de jumeaux, ils font
I un des fignes du Zodiaque. Les Romains renou-
velioient tous les ans , à la fête des Tyndarides ,
le fouvenir de cette fiftion, en envoyant, près
du temp!e_ des D:ofcures ^ un homme avec un
bonnet pointu fetnblable au leur , monté fur un
C c c
^S6
D î O
Sc qui en conduifoit un autre a la main j
fur'" lequel ü n"y avoir perfonne ; voulant mara^er
p?r-]à^ que de deux frères , il n en paroiffoit
jaTTÏ31S ^ fois.
Leur anothéofe fuivit de près leur mort ; &
V-s furent comptés au nombre des grands dieux
àe ’a Grèce: on leur éleva un temple a bparte,
l-ieu'de leur naiffanee , & à Athènes, qu ils avment
fauvée du pillage. Les Romains les eurent aufl» en
grande vénération , & leur eleverent un temple ,
par lequel on avoir coutume de jurer : le ferment
Lin.i« deshommes éjoj. Æ*;»-', c ,
temple de Pollux ; celui des icmmes _^caJtor ,
eu temple de Cailor. Juftin dit que, dans une
bataille des Locriens contre les Crotoniates^,
en vit deux jeunes hommes montes fur cüe-
vaux blancs, quon prit pour CaLor & Pohux.
rhiftoire fait mention de plufieurs de ces appa-
ritions : c’étoient, dit Paufanias, des jeunes gens
oui fe revêtoient de tuniques blanches , mettoiem.
iur leur tête des bonnets femblables a ceux que
porîoient les Tyndarides, & qui en impofoient
ainli aûx hommes crédules.
On repréfente ces deux héros fous la figure de
deux jeunes hommes , avec un bonnet pomru ,
ou légèrement conique, comparé par Lucien a
la '.-"oitié d’un œuf, fur le haut duquel paroit
iouvenr une étoile 5 ils font à cheval pour l ordi-
naire , ou ils ont des chevaux près d eux. CaUor
eft furnommé. le Dom.pteur de chevaux , parce
qu’il fe diftingua dans cet arc a la
Poliux étoit regardé comme le patron des Ath.e-
tes parce qu’il avoir remporté le prix aux jeux
olympiques. Fbjrj Anacee , Cabires , Feux ,
Léda., Pollux/Tyndare.
Glaucus fat le premier, dit Philcftrate, qui les
appella Diofeures , lorfqu’il apparut aux Argo-
nautes dans la Propontide. En l’an de Rome,
i'ry le Dictateur Polihumius fit bâtir un temple
aux "'deux frères , fous le titre de Diofeures ,
parce que l’on crut leur être redevable d’une
vidoire que les Romains avoient remportée contre
les Latins , & dont la nouvelle fut apportée à
Rome le jour même de
On a auffi donné le nom de Diofeures aux
Cabires, & à trois frères que Cicéron nomme
Aléon , M-élampus SiEumolus, dont le père était
Atrée , fils de Péiops ( de Natur. Déor, III. ).
Un farcophage delà villa Médicis , à Rome,
offre les Diofeures enlevant les deux filles de Lea-
cippe , roi de Sicyone. On ne peut les mécon-
noître , à caufe de leurs bonnets ronds & coniques,
fur un vafe de terre cuite du Vatican, publié
par Montfaucon & par V/inckelman ( n°. ii , des
Monuoienti antickz). Les Diofeures attachent à leurs
jambes l’armure ufitée chez les anciens, c’eft-à-
dire , les bottines ouvertes.
D I O
« Tg fie déciderai pas, dit V/inckeîman , fi les fia-
tues de Caftor & de Pollux , faites par Hégélias , &
placées jadis devant le temple de Jupiter tonnant
(PUp lih.2,A,cap.i^,^.l6.'), font les memes figures,
de arandeur coloffale , qui fe trouvent aujour-
hui au Capitole : ce qu’il y a de vrai , c efl qu’el-
les ont été trouvées fous cette coUine. Une
certaine dureté qu’on remarque aux parties anti-
ques de ces figures , & qui caraaerifoit les ou-
vrages d’Hégéfias, pourroir donner du poids à
notre conjefture ( Q.^irit. infi. orat. hb. \z ,
cav 10 ). De là il faudroit ranger ces üatues
parmi celles qui font travaillées dans l’ancien
ftyle, parce que cet artifte paroit avoir vécu
avant Phidias »•
■Winckeîmann s’efi; trompé ici fur deux objets
( félon un écrivain Italien) :i°. d dit qu’on es
a trouvé à l’endroit où ils font ; tandis que Fla-
minio Vacca alfure qu’ils l’ont ete nü Ghetto
degli Ebrei ( MemorierP 52.). x”. Il dit auffi que
ceux d’FIégéfias étoient de marbre; & iltne
( 54. 19. ) les compte parmi les ouvrages de
bronze.
Dioscures c les ) fur les médailles font le
fymbole ordinaire de Tripolis, en Phœnicie.
On voit leurs bonnets avec les étoiles^fur les
médailles de Lacédémone , de Taba , de Catane.
Ils font eux-mêmes à cheval fur les médaillés
de Rhegium.
DIOSCURI AS, en Colchîde. Aioskoypiaaoet-
Les médailles autonomes de cette ville font î
RRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
DIOSCURIES , ? fêtes en l’honneur 4éCaftor
AïosKOïPiA 5 5 , c L
& de Pollux , célébrées à Cyrène , félon le beno-
lialle de Pindare ( In Pyth. Od. v.) & fur-tout
à Lacédémone , où ces deux héros avoient -pris
naiffanee. ( Paufau. Mtjfen. ) On faifoit ce jour-
là de grandes réjouiffances ; on buvoit largement ,
& Fcn donnoit des jeux , dont l’exercice de la
lutte faifoit la meilleure partie.
DIOSHIERITÆ , en Lydie. AIOSIEPEIT^I^-
Les médailles autonomes de cette ville font t
RRRR.en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Cette ville a fait frapper, fous i’autonté de
fes préteurs, des médailles impériales grecques
en l’honneur d’Augufte , de Domna , de Lara
calla, de Geta, a Elagabale , de Fauftine jeune ,
de Marnée.
D I P
D I P
P/OSPOLIS , ou ville de Jupiter , en Éthiopie ;
il y avoit là un grand temple j où les Ethiopiens
alloient tous les ans , en certains temps , prendre
la llatue de Jupiter 8e celles des autres Dieux ,
8e les portoient en procefiion dans les campagnes
autour des villages de la Lybie , faifant de grands
feftins pendant douze jours. Théus , dans Ko-
méte J dit que Jupiter étoit abfent du ciel pour
douze jours j parce qu^’il étoit allé aux extrémités
de rOcéan , chez les Ethiopiens , qui Tavoient
prié à un feftins où tous les Dieux Tavoiest
fuivi.
Diospolis magna^ dans l’Egypte. AIOHOAITÛN
MEr.
Cette ville a fait frapper une médaille impé-
riale grecque en l’honneur d’Hadrien.
Diospolis parva^ en Égypte. AIOIIOAEITHC.
Cette ville a fait frapper une médaille impé-
riale grecque en l’honneur d’Antonin.
Diospolxs y dans la Paleftine. AïosnoAic.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en l’honneur de Domna , de Ca-
racalla , avec des années de règnes-
DIOTA. Il faut obferver que fouvent les an-
ciens ont appelle ampkora & d'wta, c'ell-à-dire
vafe à deux anfes ou à deux oreilles j le bath
afiatique, lemétrétès attique, l’amphore romaine,
&c.
D ToTA , msCarc grecque de capacité. Koyei
Amphoreus.
Dior A , mefure de capacité pour les liqueurs
des Romains. Koye:^ Amphore.
Diote , ou vafe à deux anfes fur les mé-
dailles. Voye^ Vase.
DIOXIE, ou DiAPENTE. Koye^ ce mou
DIOXIPE , l’une des fœurs de Phaëton. Voye-^
Hsspérides.
AiiiAATOS. On donnoit ce nom à un javelot
que l’on lançoit avec les deux mams.
DIPHILE. Voyei Ilione , Polydore.
DIPHTERA, 7 A J J
AKDTEPA, } vetement de peau, ou de
cuir que les efclaves grecs metroient fur leur
tunique , diâfns. On donna par la fuite fon nom
à leur tunique même , lorfqu’elle fut garnie d’un
capuchon. ( ni. IJ. )
C’étoît en particulier le nom de la peau de
la chèvre amalthée, fur laquelle on difoit que
Jupiter écrivait les aélions des mortels.
387
DIPHYE , compofé de deux natures. Ce nom
fut donné à Cécrops par aliufion à la fable qui
le faifoic moitié homme & moitié ferpenc.
DIPLE ,7 , , „
AiHAH S marque que les lecteurs anciens
traçoient à la marge des manufcrits , pour faire
diftinguer certains endroits particuliers. Cicéron
dit à Atticus ( VIII. Z. ) : Animaivertuo ilium
locum , ubi erit è'tTiXn , videbis de Cneo nojiro ipfe
yibullus quid exifiimet.
DIPLETHRUM, double Plethre. Voyei
Plethre.
DIPLOIS ,7 J Cl » 11 ' J’
AIHAOIS S manteau double , c elt-a-dire,
doublé. Neftor à caufe de fon grand âge en
portoit un pareil, félon Homère ( 11. K, 134. )
C’eft d’un manteau doublé dont parle Horace ,
lorfqu’il dit de celui de Diogène ( 1. Ep. 17. )
Quem duplici panno patientia vêlât.
Antipater appelloit Diogène, , à
caufe de ce manteau doublé.
Les commentateurs ont expliqué la Diplols
par un manteau jette de manière qu’il faifoit deux
fois le tour du corps ; mais c’ell une erreur.
Aucun m.onument antique n’offre de manteau ainfî’
agencé, c’cft donc d’un manteau de grandeur ordi-
naire , mais doublé, qu’il faut entendre la D/Wozf
des vieillards , 3c celle de Diogène 3c de fa
feéfe.
«Il efl: vrai pourtant , dit Winckelmann ( HîjL
de l'An. liv. 4. c. 3. j que la ftatue d’un philofo-
phe de cette feéte , de grandeur naturelle ,
8c de la Villa Aibani , n’a pas le manteau plié
de cette manière. Cette ftatue fe diftingue par une
grande beface , faite comme une gibecière de
chaffeur , qui defcend de l’épaule droite fuc
le côté gauche; par un bâton noueux 8c par des
rouleaux d’écrits à' fes pieds. Cependant comme
les Cyniques ne portoient point de tuniques , iis
avmient plus befoin que d’autres de doubler leur
manteau : ce qui me paroit auffi plus concevable
que tout ce qu’ont écrit les Saumaifes 8c les autres
commentateurs. Le mot double ne peut pas non
plus s’entendre de la manière de jetter le man-
teau , comme le prétendent les favans : à la ftatue
de notre Cynique, le jet du manteau ne diffère
pas de celui de la plupart des figures ajuftées
de ce vêtement”.
DlPLOMA.'i
DIPLOME. 5
Le mot latin diploma eft formé
du grec Aiîs-zo^a, vafe double, 8c depuis lettre
double. Il délignoit en général une tablette corn-
pofée de deux feuillets : telles étoient les lettres
Ccc ij
^88 DIP
de cité romsine félon Suétone ( Ner. c. 12. 4.)
Fojî editam bperam diplomuta. civitAtis Tomans, Jln-
gulzs oicidiî^
Viplomata défignoient plus expreflement des
lettres du prince délivrées à un envoyé ou Courier,
& adrelTées aux magiftrats des villes qui fetrou-
voient fur fon pafîage, pour lui faire donner des
relais prompts & vîtes. ( PHn. epifi. x. 14. Rex
Sauront aies fcripÿt mihi , fffe qu&dam , qu& deberes
quàm maturi0Trie fcire : quâ ex caufa feftinationem
tabellarii , quem ad te cum epiftolis mijtt , diplo-
mate adjuvi. Plutarque {in Galb.p. 1056. c. ).
DIPLOMATIQUE.
N. B. Cet anicle ejl extrait de la nouvelle. Di-
plomatique des favans Bénédictins.
La Diplomatique eft la fcience ou Part de juger
f.îinement des anciens titres. Elle a pour objet
les chartes dont elle fixe Page par uneconnoif-
fance exaéle de la nature des aéîes , écritures ,
& des divers ufages propres à chaque fiècle &
à chaque nation. Sa fin eft de faire- fervir toutes
ces formalités au jugement favorable ou défavan-
tageux quhl faut porter des diplômes. Elle ne fe
borne pas à fournir dss moyens sûrs pour recon-
noxtre la vérité ou la faulTeté des pièces > leur
authenticité , ou la privation de cette condition
toujours importante , mais fouvent effentielle 5
elle étend encore fes droits jufqu’à régler les dif-
férens degrés de certitude ou de fufpicion dont
elles font fufceptibles. Son utilité généralement
reconnue par les efprits fages & judicieux peut
encore être juftifiée par les témoignages des fa-
vans, & les travaux infiniment variés qu’ils ont
entrepris pour cultiver un , genre de littérature
donc le fond eft inépuifable , & ^dont les fruits
intéreflent également PEglife , PEtat & la Ré-
publique des Lettres- Lefeul détail de fes richelTes
& de fes prérogatives en fait fentir tout le prix.
Les archives en effet fur lefquelles s’étend fon
empire , renferment & les monumens les plus
authentiques, & les aftes les plus folemnels de
la puiifance exercée par les fouverains. Elles con-
fervent leurs traités d’alliance & de paix , les
inveftitures des grands fiefs, les privilèges accor-
dés aux communautés féculières & régulières ,
à la noblefie, aux corps de ville, les loix portées
dans les affemhléÆS générales de chaque peuple.
Elles font les dépofitaires des titres' qui font con-
noître les prérogatives attachées à la Couronne ,
qu! fixent les limites des états, qui conftatent
l’équité .de^ leurs prétentions , qui tranfmettent à
la poftérité la plus , réculée les marques éclatan-
tes de la libéralité de ncs monarques envers les
égüfes. Elles publient l’origine des grandes mai-
fons, leurs généalogies, leurs fuccefScns, leurs
DIP
illuftratîons , leurs alliances. Elles fcurnilfent fur
l’antiquité facrée & profane les connoifîances les
plus sûres & les plus lumineufes. Par quels enfei-
gnefnens peut-on décider avec plus de certitude
de la jurifdiéfion des prélats , de l’étendue & des
bornes qu’elle eut en certains fiècles, de l’ufage
qu’ils en firent , que par les pièces dépofées dans
les archives ? Les princes y découvrent tout à la
fois & les premières traces de la grandeur de
leurs ancêtres, & les degrés par lefquels ils font
montés au trône, & les moyens par lefquels ils
font parvenus à ce com.ble de gloire & d’éléva-
tion, dont ils leur ont tranfmis l’héritage. Les
eccléfîaftiques y trouvent des preuves auffi utiles
que magnifiques de la piété de nos pères , les
magiftrats les motifs de la plupart de leurs juge-
mens , les . nobles les titres de leur diftinéfioiT &
de leurs feigneuries , les perfonnes privées ceux
de leurs poffeflions & de leürs droits, f Mém. de
Trévoux^ lyiôj p. aSî. ) « ious les auteurs
” qui traitent des archives , conviennent entf eux
” de leur ancienneté, de leur utilité, de la foi
” due aux pièces qui y font gardées, aux copies
== & tranfumpts des mêmes pièces =3.
Toutes les nations favantes ont conçu une fi
haute eftime pour cette efpèce de monumens,
qu’elles ont, comme à l’envi, publié un nombre
infini de yrecueils de diplômes , plus propres les
uns que les autres à iiluftrer leur patrie, à éclairer
les droits des fouverains, à maintenir les inté-
rêts du public, & à mettre des bornes auxpré-
tentions des particuliers. Qui ne connoît* les
amples colleèfions de chartes des Leibnitz , des
Kettner , des Ludewig , des Schannat , des Ber-
nard Paz, des Muratori, des R.angone , des An-
derfon , des Rymers. des Duchefne, des Pérard,
des Dachery, des Mabillon , des Martenne &
Durand, des Aubert, le Myie, & de tant d’autres?
Avec quel foin & quelles recherches les auteurs
les plus exaéls n’ont- ils pas appuyé par des piè-
ces juftiScanves l’hiftoire des églifes, des ordres ,
des monaftères, des provinces , des anciennes
maifons de France, d’halie , d’Allemagne , d’An-
gleterre , &c. Et que font ces pièces juftifica-
tives, pour la plupart, linon des chartes ? On
connoît un grand" nombre d’hiftoriens qui ont
fuivi cette méthode, & qui la fuivent encore
tous les jours.
La Diplomatique a rendu & rend fans ceife à
l’hiftoire les fervices les plus fignale's. Quel éclat
ne répand-elle point fur oes lîècles obfcurs'où,
l’on n’apperçoit que. de fombres lueurs , fouvent
moins propres à nous conduire qu’à nous égarer ?
Depuis plus de mille ans , combien de fiècles
où les annales des nations , des villes & des
monaftères ne connftent tout' au plus que dans
dss chroniques sèches, & ccmmiinémênt très-
ftiperficieiles ? A peine y cécouvre-t-on cuelqt'^^
traits dss moeurs & des ufages particuliers aux
DIP
tem
mps & aux lieux qu’elles concernent. Et ce
fecours^ tout mfuffifant qu’il eil , combien de
fois ne vient-il pas à nous manquer.' Les mé-
dailles , les infcriptions & autres monumens de
ce genre font d une trop foible refiource pour
diffiper les ténèbres du moyen âge.
Les archives fuppléent à tour. Sans elles les
généalogies des plus grandes maifons ne Top’-
ordinairement que des tiffus de fables, des laby-
rinthes ou 1 on fe perd à chaque pas . où l’on
ne trouve guère ci’iffue qu’il n’en coûte à la ve-
nte J fans elles la fuite des grands afSeiers de la
couronne, ^ & prefqae tous les coramencemêns des
cours fuperieures , des jurifdiélio.ns , des feigneu-
nes titrées demeureroient enféveiis dansl’mabli-
les privilèges accordés à la noblelTe , aux villes
aux communautés fécuüères & régulières y trou-
yent leur origine , leurs accroillèmens ou leur
o.minucion. L hüioire tant ecclé.ûaliique que civile
des provinces, n’a point de fondemens plus fo-
point d’interprêtes
plus hdeles ; la Géographie ancienne tient d'elle
les p, us heureux dénouemens : la Chronologie
moderne ne peut que s’égarer en miilerencontres,
les enartes ne la guident : les fujets fur lef-
W d tellement du ref-
lort dw la Diplomatique , qu-’a peine peut-on fixer
les limites de ces deux fciences, &- qu’il eftmême
quelquefois affer difficile de ne pas les confondre-
• canonique & la Jurifprudence civile
lui foumiffent une infinité de reffources , dont
eue fait les reco.mpenfer avec ufure.
Les anciennes écritures, leur origine, leurs
. leurs changemens
de fucle en .xecle leurs variations d’un nays à
un autre , leurs ^terations,. leurs renouveiiemens
font une partie effentielle de la Diplomatique &
3nfeparab.e_ de^ la connoifTance des manuferits
Y-aiplomatiqueetenà iesvechetches furies bronzes ’
le^ marbres, les meda!nes.& les monumens anffi-
cues. Aufli dans quelle efînxie n’efi-elle pas ch^z
tcutes_ les nations favantes ? Que n’a t- on
pas fait depuis le renouvellement des Lettres
lerîrSs" ^ recueillir
les fruxts ? Combien de coJiedions d’ades publics
&pnves,deregiflres & de cartulaires , n’a-t-on
ps vu former avec des peines & des dépenfes
.ncroyaoies par les pius grands hommes d’état &
premier ordre ; Ces morceaux
(°o,L'aoiOurd’hui comptés parmiles
“ richelTes des bibliothèques. Ceft en-
celle du roi l’em-
s’é^b'-v'eif Snéd'“r’™/“- Q““dla réforme
se.ab.x. en -buede fur les ruines des
ca..nci;ques & oes monaftères, on n’eut rîen de
plus a cœur que c'en raffembier les chartes Ï
former; la chancellerie du rovauS? cJs a7
DIP
ÿ P mat, que me^^g . cependant été forcés
rabneateurs des faux adesman-
ties chofes efî'enridies &
de namre a les trahir; qu’il n’efi pas rare de
ces des" f"" dans ces pi
auffi rf tres-certams de faulTeté. ALa-x
par to ÎL4
^ La vérité a pas coutume de fe montrer avec dc^
rnarques- évidemment difiirMives ! Lifo p '
donc ainfi au moins quelquefois. La Diplomatique
a do.nc ûes moyens sûrs pour dillinguer les"n>-s
vcntables des fuppofés , quoique les uiSeï ne
foi.tm pas applicables à tous les cas. ^
Ceft, dit-on, un charlatanifme - que d’aVan
, Mabiilon^qu’iî ffieft
point de titre fabrique avec tant d’artifice nu’-!
ne puiffeetre découvert par un hfoiJe an-4an --
éefat toujours fentir par fon pro^-e
éclat , qu elle eft accompagnée de tant de cm-
conftances, que le menfon|e; quelque Iwé
qa li _Oxt , ne faiiroit les' réunir toutes à la “fois.
Attaquer des principes fi lumineux, ce n’eft
la vexitt & de } erreur. . Comme le menfonr.-
a fos caraderes, la vérité a les fiens Effin'"
tieliement une elle fe foutient d’une maffièœ
onliante & uniforme , dans toutes fes parties
dans toutes fes çirconftances. Toniours feiïbfa'
Ole a elle-meme, die ne porte nui caraeftèœ qui
ne foie marque au coin de la fi-cérité A,. ^ '
traiœ la faulTeté fe trouve à
tradidion avec die -même. Ses voies fo-it tof'
tueufes. AffirmerSe nier les mêmes objets; voilà
fon langage, fon caradère.
Lhomm.e eft né pour la vérité'; fans ce/Te un
fecret penchant l’y yappdle. S’il veut s’en écarteî
conftamment il faut qu’ü donne la tortie I
^ ’ quelque corrompue cu’elle puilTe
eue, la corruption nira pas jufqu’à détruL en
la vanité meme 1 y voit avec complaifax-ice L' eft
ilontTeftS-e T àaas une
oionte efficace de prendre en toutes chofrï
contre-pié de la vérité. Un état fi tïoIeSfffieft
pas naturel , & tout ce oui ■
fauroit fe foutenir. Le fauffiairrreviend’-ï^d
toujours à la vérité, malgré îffi & fan. n
s en apperçoive. Elle perce^ .par'ce.nt end JtV
iv-i? Dû II ne cherchera i’I
. e.Oxi...x, parce que fon cœur & fon eforitn»
œxont pas d accord , parce que l’un & i’aub-’^ ne
mnr pas raus pour le me.nfonge. D’un a-rrifi.é
comment aüortira-r-i] des diofes suffi eSSS
3S>o
DIP
que ia vérité & le menfonge, fans que leur con-
trariété le ttahilTe ? A force a accumuier faux
fur faux , rknpofteur fe décèle immanquablement.
Les chofes peuvent être confidérées fous tant de
faces qu'il ell moralement impoflible qu un ef-
prit borné pare à tout , prévienne tous les incon-
véniens, réuniife tous les caradères de vérité en
faveur du menfonee. Cependant un feul carac-
tère effentiel manqué , voilà fimpofture de'cou-
verte.
Epuifé par des efforts de tête _ employés pour
fubftituer le faux au vrai , ébloui par les appa-
rences de vérité qu'il a données a 1 impofture
fauteur d’une pièce fabriquée eft moins capable
qu’un autre d’appercevoir les endroits foifcdes ^
par lefquels elle peut être entamee. L iinpolteur
le plus artificieux ne fauroit porter les précau-
tions que jufqu’à un certain point. Les ctio-fes
envifagées fous d’autres rapports dévoileront le
myfière. En effet , de tous ces rapports combi-
nés , réfulte une feule de caractères de vente ou
de fauffeté qu’un Xeul homme ne peut fainr. Ce
fera précifément ceux auxquels n a pas penfe le
fauifaire ^ qui frapperont d’autres perfennes ,
ouoiqu’on les fuppofe moins habiles que lui en
fait', d’anciens ufages. Quelle force n a pas cette
réanion de caraâères pour décider du fort des
diplômes ! Quelles lumières n’offre-t-elle pas pour
en faire le difcemementl L’impofture peut ap-
procher du vrai, mais jamais elle n’y parvient
tout à fait. La difficulté du _ difeernement eft
quelquefois grande, mais jamais elle n’eft infur-
tnontable. Si elle l’étoit, on ne pourroit pas^plus
prononcer contre, que pour la vérité d’une
pièce. Celle-ci auroit même un grand avantage ;
c’ell qu’il eft très-permis de préfumer la vérité
d’us titre , & qu’il ne l’eft jamais d’en préfumer
la fauffeté.
Au telle, fi du premier coup d’œiI on décou-
vre très - fouvent la fauffeté des pièces fuppo-
fées, combien en refiera - t - il qui ne feront pas
convaincues de faux , lorfqu’elles auront fubi un
risoureux examen , & que cet examen aura été
faït par des antiquaires fages & confommés dans
leur art? Leur jugement guidé par une longue
expérience , fixe les bornes de chaque
Voilà , diront ils , l’écriture de ce fiècle. 1 elles
lettres n’étoient point ainfi figurées en tel temps.
Cette formalité étoit alors furannée. Ce Itple
avoir ceffé d’avoir cours. Cette manière de feelier
n’a commencé à fe faire connoître que plufieurs
ff^cles après- Au contraire, fi toutes les circonf-
tances fe réuniffent pour quelques ûhi/ûme-f , après
un férieux examen j pourquoi ne prononceroit-
on pas en faveur de la fincérité ? A la bonne
heure qu’on déclare une pièce fauffe, parce
qu’elle pèche dans un .féal caraélère dècifif, tandis
qu’on exigera le concours de toutes les circonf-
effentklles p-our rsconnoître ia vérité d’un
DIP
acle. Mais du moins ce concours étant bien conf-
taté, nul prétexte de foupcon ne fauroit fubfiller.
Enfin, puifqu’il n’efl point de titre fabriqué
avec tant d’art , qui ne puiffe être démafqué ^
il s’enfuit qu’il n’en ell point non plus de véri-
table , qui ne puiffe être reconnu pour tel.
Ainfi, de ce qu’un aéle ne fauroit être convaincu
de faux, ni même rendu fulpeâ: , il en réfulte
néceffairement qu il ell fincère.^ Nous difons
rendu fufpecl , parce que telle pièce qui n’eft pas
convaincue de faux, portera certaines apparences
de fauffeté qui ne feront pas péremtoires , mais
qui n’étant pas détruites par des réponfes foli-
des , laifferont contre elles de fâcheufes impref-:
fions. Alors en ne doit pas prendre de parti fixe ,
qu’on n’ait acquis de plus grandes lumières. La
folurion de ces difficultés peut dépendre de faits
& d’ufages locaux , que le temps feul éclaircira.
Souvent les lumières ne manquent pas, maison
manque de perfonnes affez éclairées pour en faire
l’application.
II ell abfolument néceffaire dans la^ vérifica-
tion des chartes , . d’être éclairé par des règles
sûres. Mais comment pourra-t-on y recourir au
befoin , fi l’on ignore les fources où elles doi-
vent être puifées ? C’ell donc à les découvrir
ces fources , ou plutôt à les mettre , autant qu’il
ell poffibie , à portée de tout le monde , que nous
devons donner notre principale attention.
Elles fe réduifent à fept , la matière fur la-
quelle , les inllrumens & l’encre avec lefquels les
diplômes font écrits; la figure des lettres qui y
font employées; les fceaux, le llyle, 8c les for-
mules qu’on y met en ufage. Nous nous arrê-
terons moins fur les trois premiers caraâères,
parce qu’ils font incomparablement moins féconds
que les autres. Les écritures nous offrent ^des
richeffes de toutes les efpèces , & femblent même
nous promettre des découvertes intéreffantes. Les
cfitiques qui ne font point antiquaires fe renfer-
ment exaâement dans l’examen des fceaux , du
ftyie & des formules ; . quoique les quatre _ pre-
miers caraétères , & celui des écritures ne ppiffent
être difeutés avec trop de foin. C’ell particuliè-
rement fur ce dernier caraélère diplomatique , &
fur les trois fuivans , que nous tâcherons de ré-
pandre toutes les lumières dont ils font fufcepn-
bies. Contens de traiter ce qui concerne la ma-
tière , les infirumens & ïencre dans un petit nom-
bre de chapitres , nous confacrerons des feérions
entières à îa difcuffion des écritures '^ àes finaux
& des formules.
Les fept caractères généraux, dont on vient o.s-
faire i’ér.umération , peuvent être envifagés fous
deux faces différentes. Les cinq premiers^ font
extrinsèques , & les deux autres intrinsèques.
Nous entendons par caraâères intrinsèquesceux
qui fout inhérens à chaque aéte , qui en font
D I P
inieparables , qui s’y retrouvent toujours fous
que-que terme qu il le repreduife , & qui par
conicquent ne font pas moins propres aux coviss,
qu aux originaux. Au contraire, les caractères
ex..rinséques font tellement attachés à ces der-
niers, quiis ne paffent jamais aux copies. Si
qudques-uns denir’eux femblent s’y montrer,
c eli toujours d une manière imparfaite , & qui 1
les met beaucoup au-delTous des autographes. *
Quelque efScaces que puiffent être les carac*
^res intrinsèques pour le difeemement du vrai
cc du taux , ^ les extrinsèques ont ordinairement
que.que choie qui frappe les antiquaires d’une
maniéré plus siire & plus prompte, foit en faveur,
toit au désavantagé des pièces qu’on expofe à
leur examen. ^
M. Heuman, profelTeur en Droit dans l’Uni-
verlite a ^Itorf , moins par pi-e'vention contre
les carafteres extrinsèques des chartes , qu’il n’a
pu ( ^ok. Heumanni commentarii de re diplom.
pag, ) approfondir ^ à fon grand regret ,
que par une^ceriaine prédilection pour les carac-
tères intrinsèques fur iefquels il a eu toute la
liberté poliible d’exercer fon génie , demande en
grâce que perfonne ne fe fâche contre ki , s’il
pesfe que les caradères extérieurs des chapes
( les intérieurs mis à part j peuvent en impofer
DIP
tant d’anne'es aura - 1 - on trouvé du parchem-n
de cet âge, pour forger !e faux titre?
b* 1 écriture elt imceie, fi elle elt irréorochable.
Jlrzptura re la ^ C ell-a-dire ^ non * feuiement du
caractère, & avec les traits convenables à l’an-
t.quite de fa date , mai?- encore de cette antiquité
meme ; comme.nt a -t- elle été co.ntrefaite long-
temps .^piesr Sî le monogrr.me eft véritabk,
T^nogmmma verum : c’ait- à-dire , s’il eft delà main
V enanceher, ou de quelque
officier a les craps, comment fe peut -il faire
iTérre”" • Comment peut-
il etre vrai _& faux tout à la fois? enfin, fi k
fceau n a rien de fufpe<a,7%t7i^i.
pas meme dans la ma.niere. dont il elt attaché au
comment ne la,ffe-t-ii pas d’être faux,-
fuppofemr-tout que fa fabrication fait polie'rieure
àt pmfieurs fiedesr E'dt-on adueüement le tvDe
dun fceau du Xlk fiècle , . par -quel anifiS
do..neroit-on a une cire re'cente la qualité d’un»
cire ancienne jufqu’a faire ilUifion à la fasacité
ces pius fages & des plus habiles antiquaires ?
'i r, Foii. y peuvent en impoier
plus fréquemment. Nous n’avons garde de nous
mettre eu colere contre un homme qui mérite
ces égards par le bon ufage qu’Ü fait d’une vafte
érudition , & par la modeltie dont i! l’afiaifonne.
Mais _*ous le prierons de nous dire fi par carac-
<l^artier, il entend une fimple
abltradion faite de ces caraêlères , ou s’il fup-
pole des circonftances où ils feroient peu favo-
rables a quelque titre. Dans le premier cas, nous
_ e launons foufcrire à fa propofiîion. Car ils’en-
fmvroit que les caraftères extrinsèques feroient
des_ moyens tres-peu surs entre les mains des
antiquaires , pour juger de la vérité ou de la
iauliete aes diplômes. Dans le fécond cas la
réunion de tous les caractères intrinsèques con-
tre une charte, s’ils coniîatoient «les défauts ef-
lentieis im porteroient fans doute un coup qui
ne .auroit etre paré par les caraétères extrinsè-
ques, dont il paroitroit revêtu, fans l’être véri-
îablement. _
Ce qui fpt plus de peine., c’eft que notre
auteur fem^^.e fuppofer, pour ne pas dire qu’il
fuppole en ettet qu une pièce pourroit être fa-jfTe,
quoique le parchemin, l’ecriture, le monegrame"
le fceau fullent exempts de tome fufpîdon, &
k yémeen partage. Si leparcBe-
min efi: bon & ventaole , memlranaprobaicdà.-
a- dire, ancien, par exemple de cinq ou fix
ecivs J & peut-etre davantage; comment après
Répondre que tous les âges ont produit dès
hommes fort exercés dans i’arî d imiter ; ce
n elt point fatisfaire-. On peut contrefaire les
antiques^ & z’ufqu’à un certain point en attein-
Ja vente, mais le peut-on jufqu’à ne Jai.fier fub-
liiter emre ja copie & l’original nulle différerice
qui puiffe «re laifie par les connoilfeursles piu-s
experts . Quand on y parviendroit , il n’en
feroit pas encore ainfi des anciennes écritures. Il
ne lufer pas oe rendre une lettre de tel alphabet
qu on voudra , lî eli ici quefiion de la ’roralité
des caraèleres d une pièce d’écriture ; & cette
piece dans fon tout n’elt point un modèle placé
fous les yeux du faufiaire , comme le tableau l’eft
fous ceux du peintre; car fi l’impofreur avoir en
la difpolition un charte, vraie qui remplît fon
objet dans toute fon étendue, à quoi bon en
forgeroit-il une faufie ? Il eft donc alors 'néce-f-
laire qu il travaille d’imagination. Or c’eft kf
quil eft forcé de fe déceler, malgré tous fes effortsr
air antique qu il faut de plus ajouter à la naïveté
des traits & des caraétères , met un obftacle
invinciùle a toutes les relTources de la main k
plus hardie & la mieux exercée , Dourvu que fes
productions, foient jugées au tribunal de qlielque
expérimenté, & qui foit fur fes
Si les MabiHon, les Baluze, les Martène, &
les Muratori n avoient pas été en état de porte--
ordinairement un jugement certain des originaux
qu ils ont eu fous les yeux , fur leurs caradères
extrinsèques ; mal à propos M. He-jman exhor-
teroit il fes ledeurs a s’en rapporter à leur auto-
rite , puifque chacun peut juger par foi-même des
caraèteres intrinsèques des chartes.
DIP
DIP
Notions & Principes univerfels relatifs z \z Dlplomanque : xhgit^
jïénérales de vérité, de fauffeté & de fufpicion : règles fauffes ou
rnfuiElantes : règles fur l’autorité des diplômes fur les arcnives , les
originaux, les copies, fur la matière des diplômes, fur leur ftyle ôc
leurs formules , fur les dates , les lignatures & les fceaux : régies géné-
rales du P. Mabiilon : règles particulières fur les diplômes & les autres
aües des laïques & des eccléfiaftiques.
N. B. Tout ce grand & précieux arlicle efi copié mot pour rnot de la. NOavBZL-e. DiPZoxATiquE ;
ûfin qu il pu'ijfe faire autorité dans les différends qui s'élèveront fur I authenticité des chartes^
CHAPITRE PREMIER.
-Définitions ^ axiomes, principes fuppojitions qui fervent de fondement aux réglés de Diplomaàque,
§. I. i. L en eft de h Diplomatique corïme
des autres fdences , qui ne font pas fufceptibles
de la certitude identique des démonftrations de
Géométrie. La certitude qui lui eft propre j eft
fufceptible de degrés qui l’augmentent ou la di-
minuent , à proportion des motifs de fufpicion
ou de créance & de probabilité.
I . La certitude phylîque eft un ferme acquief-
eement de l’efpnt à . une vérité confiante j par
l’expérience ou par le rapport des fens.
i. La certitude mor^e eft une forte adhéfton
de l’efprit à une vérité fondée fur la réunion des
témoignages ou des caraftères intrinsèques ^ ou
même fur un feul, qui équivaut à leur réunion
par l’impoffibilité manifefte que la chofe foit au-
trement. Ainfi la certitude Phyfico - morale eft
fondée , partie fur l’expérience & les fens ^ partie
fur l’impoffibiiké morale qu’une chofe foit vraie
ou fauffe en telles circonftances.
9. La conjeâure eft un jugement probable j I
ou- une opinion fondée fur des apparences ,
touchant une chofe incertaine. Un raifonnement
appuyé fur des indices , & qui daifie toujours
quelque lieu au doute.
4. En general j, le foupçon en matière de Di-
plomatique , eft un jugement défavantageux ,
sccpqipa^gne de quelque doute au fujet de la
vérité d’un fait ou d’une pièce. ■
5. Le finrple foupçon eft une opinion défa-
vantageufe J fondée fur de- pures poftibiiités m éta-
phyfiques. ‘ ‘ i
6. Par foupçon légitime , nous entendons celui ,
qui J fans mettre tout-à fait l’efprit en fufpens,
& fans le porter à pencher davantage pour la
fauffeté que pour la vérité d’un fait ou d’un titre,
ne laiffe pas de faire naître quelque fcrupule rai-
fonnable , plus ou moins fort l’un & l’autre. II
eft ordinairement fondé fur l’inobfervation d’ufage^
conftans au Cède dont il s’agit ; mais ufages , qui
ayant varié dans les fiècles voifins , font préfumés
n’avoir pas été fans exception dans celui ci , quoi-
que de fait les preuves en foient inconnues ; ou
bien il s’enfuit de ce que la poflibilité morale de
la vérité d’un original n’eft pas démonftrative-
me'nt prouvée.
7. Le violent foupçon eft celui qui fait pen-^
cher i’efprit, -jutant ou plus pour la fauffete
d’un fait ou d’un titre, que pour fa vérité. R
réfulte , 1°. de l’inobfervation d’un ou de plu-
fieurs ufages préfumés invariables dans tel ternps ;
parce que les fiècles voiiîns ne fourniffent a cet
égard 'nulle exception, quoiqu’elle ne foit pas
moralement impoflîble : 2.°. de la contrariété,
du moins apparente, avec des hiftoires contem-
poraines, dont l’autorité feroit fi grande , qu^elle.
ne pourroit être balancée par un titre de meme
âge : 5°. de la réunion d’un grand nombre _ de
foupçons légitimes, qu’on ne détruiroit points
4'^. vis-àv!s des pièces revêtues de marques ordi-
naires d’authenticité, ce foupçon naît de ce
qu’étant attaquées par des moyens de faux,Qyi
paroiflent convaincans , ceux-ci ne font repoulies
que par des réponfes, qui les infirment
' quelles ne le détruifent. Ainfi le foupçon vioienw
DIP
& a plus forte raifon le foupçon légitime contre
les originaux authentiques en apparence, & les
faits lufEfamment prouvés , demeurent fans effet ,
a moins que^ les réponfes aux accufations de
faux, appuyées fur des faits, aient peu ou point
de vraifemblance.
8- Le motif de fufpîcion eft la preuve fur laquelle
le loupçon eft appuyé. Le foupçon demeurant
unique , fes motifs peuvent fe multiplier. Au
contraire, les foupçons peuvent augmenter, quoi-
que chaque foupçon ne foit fondé que fur un
feul motif.
, 9* moyen fuffifant de faux eft une preuve
de taux convaincante, fondée fur fimpoffibilité
morale, _qu mie pièce fût ce qu'elle eft, lî elle
etoit vraie. Ce moyen eft applicable aux origi-
naux comme aux copies.
lo.- La fimple préfomption n'eft appuyée que
lur des principes incertains , ou déduite par des
confequences peu sures de principes inconteftables.
rrlf' préfomption fe tire par une
confequence nêceffaire d'un principe sur.
D I P
59Î
généralement de toutes les formules, des ufaees ■
des traits hiftoriques. ^ ^
19. Les caraélcres de faufleté font ceux qui
contredifent les rapports hypothétiquement né-
ceilaires , que doit avoir un diplôme avec lefîècle
auquel il a été fait, & les perfonnes qui en font
les auteurs & le fujet.
20. Le titre authentique doit être muni de
1 autorité publique , & renfermer toute la foJem-
nite convenab.e a fa nature, conformément aux
ulages du temps auquel il a été dreffé.
21. Nous entendons par les formules hiftorî-
ques , celles qui renferment les dates du ponti-
ncar, du régné , de Fincarnation , ou quelque
événement ou point d’hiftoire.
• appelions moralement poffible ou
impofflbîe , ce qui eft tel dans telles circonftan-
ces, quoique le contraire foit non-feulement pof-
iifale , mais réel dans d'autres conjonéiures. Par
exemple , il ^eft moralement impoffible qu'on ait
date les bulles des papes du port-confulat des
empereurs au XIII, ftècle j mais c'étoit un ufage
ordinaire au IX.
12. ce On appelle preuves en juftice les ma
„ loix , pour découvri
» fait “ntdSi'/
15. La pièce fâuffe eft celle qu’on a fuppoféi
ou contrefaite , ou bien dans laquelle on a inféré
Sd'eftenSlf™^ franduleufement quelque
fufpeéié légitimement,
légitimé qu on ne fauroit détruire.
IJ. La. pièce très - fufpeéle eft celle oui eft
attaquée par un ou parplufieurs violens foupçons
ïaLte 'dff toutefois^ con-
rSL'&l'irrr"'''
16. Les caraâères extrinsèques des anciens
Si* confident dans la matière, l'encre, l'écri-
tur., tes fceaux & autres qualités, dont quel-
ques-unes ne peuvent fe communiquer aux copies.
17. Les caradères intrinsèques fe réduifent au
fty.e , aux formules , aux dates & aux faits bif-
également aux origi-
naux comime aux copies. “
auSs '[érité d’un titre ne font
cSes L' I ¥.P?*étiquement né-
-idires quii a avec le fîecie auquel fa da^e
ou fes circonftances hiftoriques le fixent cfs
^ Tome II, ^ ^
2 J. Par dates ge'néraîes, nous entendons celles
qui n annoncent que la vie de quelque perfonns
connue , comme le règne de tel prince I le pon-
tmeat de' tel pape, l'épifcopat de tel évêque, fans
en fpecifier l'année.
^4* dates fpecifiques, nous avons en vue
celles qui marquent précifément le lieu , le jour ,
le mois^, 1 indiâiion , I année de J. C. du ponti-
ficat, du règne j foit que ces dates foient unies
enfemole en tout ou en partie , foit qu'elles foient
fépare'es les unes des autres.
Les dates uniques ne font accompagnées
d aucune autre dans la même charte.
16. La foufeription , le feing ou la fignatureÿ
font des formalités qui certifient, confirment ou
valident un aéte , par l'appofîtion du nom ou de
la marque de la main de celui qui confient à
l'exécution de Fade, ou de la perfonne prépofée
pour le drefîer, ou pour y rendre témoignage.
27. Une bulle eft une lettre du pape expédiée
en parchemin, & foliée en Cette défoxitioH
tiree du didionnaire de 1 academie , comprend
généralement toutes les bulles 5 celles qui font
confiftoriales , fignées , revêtues de monoarammes,
datées de Fincarnation , de l'indidion ,“du pon-
tificat, & celles qui font dépourvues de tous^
ou de la plupart de ces caractères , telles que
font les petites bulles d'Alexandre IIL
28. Les diplômes généralement pris , font les
lettres - patentes des empereurs , des rois , des
princes , des républiques , des grands feigneurs
& des pïçiaîs» Le titre fe prend pour Fade ou
Ddd
55»^ DIP
pièce authp.tique, qui fert à établir un droitou'
une qualité.
ç. 1 1. Après ces définitions , il faut faire fdvre
les axiomes qui font la bafe des principes gene-
raux de la fcience des diplômes.
1. Une chofe ne peut être & n’être pas tout
à la fois.
2. L'effence des chofes eft immuable.
3. Du feul vrai Ton ne conclut pas au faux ,
ni du faux au vrai.
4. Du fait on conclut au polfiblej mais du
poOible on ne conclut pas au fait, ou bien, on
prouve qu'une chofe à pu fe faire, parce qu elle
s'eft faite. On ne prouve pas qu'elle s'eft faite,
parce qu'elle a pu fe faire, c'eft-à-dire,
j!o0hilhé d'uns chofe ne fuffic pas pour en etabur
i’exifience.
5. De rimpolfibie , on conclut à la non-
exiitence du fait : de la non-exiftence du fait,
en ne conclut pas à rimpcffible, ou bien , on
prouve qu'une chofe ne s'eft pas faite , parce
quelle n'a pu fe faire 5 on ne prouve pas qu'elle
n'a pu fe faire , parce qu'elle n'eft pas faite.
6. De rimpoffibilité de la non-exiftence durait,
©n conclut à fon exifience ; mais de la poflibi-
lité de la non-exiftence du fait on ne conclut
pas à fon exiftence 5 ou bien , parce qu'une chofe
n'a pu ne fe pas faire , on prouve qu'elle s'eft
faite; mais on ne prouve pas qu'elle ne s'eft pas
faite, parce qu'elle a pu ne fe pas ^faire : de
même de ce qu'une chofe ne peut n'êrre pas ,
on conclut qu'elle eft ; mais on ne conclut pas
qu'e'Ie eft de ce qu'elle peut n'être pas.
7. Du non-impoflible, on conclut au poflible ,
Se du poflible au non-impoflible.
8. De l'incertain , on ne conclut pas au cer-
tain , ni qui plus eft , au ne'ceffaire.
9. Du particulier , on ne doit pas conclure au
générai.
IC. On ne preferit iamais contre la vérité;
eu bien J u l'on s’eft écarté du vrai, if eft tou-
jours temps d'y revenir.
Corollaire. On peur découvrir avec le temps
destautes , des erreurs, des fauffetés qu’on n'avoit
pas d'abord apperçues.
1 1 . On ne démontre point la vérité des prin*
cipes.
I X. Le probable eft fufceptibîe de plus & de
moins.
i;. Le plus probable doit l’emporter fur le
moins probable.
DIP
14. On ne préfume point la fauffeté.
_§, III. Voici maintenant les principes géné-
raux pour le difeernement des titres.
I. Une charte doit paffer pour vraie, lorfquil
eft moralement impoffible qu'elle foit faufie.
X. Une pièce doit pafler pour fauffe, lorfqu'il
eft moralement impoffible qu'elle foit vraie.
3. Un feul défaut effentiel, ou qui moralement
parlant n'a pu fe glifler dans un aâe vrai, prouve
la fauffeté de la pièce dans laquelle il fe trouve.
Corollaire 1. Un OU plufieurs caraéières évi-
demment incompatibles avec les temps, les lieux,
les perfonnes auxquels une charte originale fe
rapporte, la convainquent de faux.
Corollaire II. Toute faute groffière qui n'_a pu
venir dans l'efprit, ni échapper par inattention à
celui qui a dreffé un original , quelque ignorant ,
ou quelque abftrait qu'on le fuppofe , démontre
la fauffeté de la pièce.
Corollaire III. Des erreurs capitales contre
l’Hîftoire & la Chronologie conftante & indu-
bitable , fi elles ne peuvent être rejettées , ni
fur quelque événement , ou fur quelque ufage
particulier , ni fur une manière de compter plus
ou moins fuivie, ni fur l'inadvertance , la flatterie,
ou l'ignorance, elles opèrent une conviction ma-
nifefte de faux.
Corollaire IF. Une feule formule , un feu! fait
qui ne peut certainement s’allier avec un tel
fiècle , telles circonftances , telles perfonnes aux-
quelles fe rapporte un aéte, fuffit pour le con-,
vaincre de faux.
4. Une charte ne faurott être démontrés
fauffe, quand il eft moralement poffibîe qu elle
foit vraie.
Corollaire., On ne doit point réprouver, ni
même fufpeéler un titre, parce qu'il a
ractères communs à des pièces vraies & faunes.
5. Une pièce ne ftiuroit être démontrée vraie ,
quand il eft moralement poliibie qu'elle foit rauüe.
Corollaire. On ne doit point fuppofer
des chartes qui portent certainement quê^tU-
caraétère qui n'appartient qu'à une pièce faut e.
6. Conféquemment au troifième axiome, on
ne doit point fufpeéler, ou fuppofer fauffi^ ujie
charte , parce qu'elle renferme des carafteres
propres d'une pièce véritable. C'eft ce
■ arrivé à certains écrivains au fujet d'une Çh<irt
de Guillaume le Conquérant, & d'une bulle
pape Alexandre IIL
7. Les titres &: les ades font faits pour prouver,
& non pas pour être prouvés, c'eft-à-dire, qu u
prouvent par eux .mêmes & de leur propre to
D I P
Corollaire 1. On doit préfumer en faveur de
la vérité d’un diplôme, même non-auihentique
Sf original , tant que fa fauffeté n^eft point mani-
feftée par des moyens convaincans, ou du moins
fort probables, & fans réplique. Prefumitur pro
injîrumento ^ nifi ccntrarium probttur.
Corollaire 1 1, On ne doit pas lîmplement
préfumer de la vérité d’un titre authentique &
original , il doit paffer pour conftant , jufqu’à
ce que fa fauffeté foit démontrée , ou qu’on
prouve au moins qu’il doit paffer pour fufpeét-
S. On ne commet point de crime qui expofe
à des peines rigoureufes , ou à une grande in-
famie , fans prétendre en tirer quelque utilité.
9. On doit regarder un fait comme moralement
poffible , iorfque l’ufage , dont il eft une fuite ,
fubulle aélueilemênt J quoique dans des circonf-
tances différentes , ou lorfqu’on en voit des
exemples dans des temps & des pays voilîns.
10. Il ne faut jamais établir des faits fur de
lîmples conjeclures.
1 1 . Des caradères , qui du premier coup-d’œil
prefentent quelque chofe de choquant , non par
un exces d’ignorance craffe , mais par un excès
ffe fingularité , ne font point des fignesdefaux,
mais de vérité.
1 2. « Les ades fuppofés font prefque toujours
accompagnés de quelque caradère vifible de
fauffeté »,
13. Toutes chofes d’ailleurs égales, il eft
abfurde d’admettre pour vrais & authentiques les
diplômes moins folemnels , au préjudice de ceux
qui le font davantage.
14. On ne doit prononcer contre la lîncérité
des ades , qu’après y avoir reconnu des vices
intolérables , qu’on ne peut mettre fur le compte
des copiftes. ^
I y. Un critique qui a la fageffe & la politeffe
en partage, ne doit pas imputer aux chartes,
ni a ceux qui les pofsèdent , le crime de faux ,
lorfqu’ii peut les en garantir par quelque inter-
prétation favorable.
lé. Une charte fabriquée ne doit être dé-
clarée telle, que fur des preuves d’une évidence
à laquelle il fort impoffible de fe refufer.
17* Une pièce conteftéemn juftice , doit paffer
pour vraie , jufqu’à ce qu’elle ait été infcrite ,
& juridiquement convaincue de faux.
§. IV. Ajoutons à ces principes les lîx fup-
polîtions ou demandes fuivantes.
I. Quand on parle de poflîbilité , d’impoffibi-
lité , de nécefficé en fait de titres, on entend
toujours nécsflité , poffibilité, impoffibilité morale
D I P
jdu hypothétique, c’eft-à-dire, qui fuppofe les
rapports & les circonftances dans lefquels fe
trouve le diplôme dont il s’agit.
2. On fuppofe qu’on puiffe juger de la vérité
ou de la fauffeté des titres.
3. Que ce jugement foit appuyé fur leurs
caraélères, tant intrinsèques qu’extrinsèques.
4. jQue les fens puiffent faire connoître , &
l’expérience diftinguer l’écriture , l’encre , la
matière, les fceaux qui conviennent à chaque
liècle.
5 . Qu’on puiffe fixer l’âge des diplômes , &
fur-tout des véritables, par leurs caraélères non-
feulement intrinsèques , mais encore extrinsèques.
6. Qu’eu égard à la totalité des aéles dreffés
parles latins, on puiffe fuppofer que chaque
fiècle en a produit un nom.bre à peu près égal .
en admettant néanmoins toutes les déduéiions
raifonnables qu’on jugera néceffaires.
CHAPITRE II.
Règles générales fur la vérité & la faujfeté des
DivlÔjîes des autres acres.
Article premier.
Règles générales de vérité.
^i. Il n’eft point de chartes dont on puîffa
démontrer la vérité avec une certitude méta-
phyfique,
2. Il eft moralement impoffible qu’une charte
foit fauffe, lorfqu’elle eft revêtue de tous les
caraélères de vérité qui lui font propres.
3 . Pour qu’une charte foit revêtue de tous les
caractères de' vérité, il faut qu’elle n’en renferme
aucun qui ne puiffe fe rapporter au fiècle auquel
elle doit appartenir, & aux perfonnes qui doi-
vent l’avoir dreffée.
Corollaire I. Une pièce à laquelle il ne manque
aucun des caraélères du fiècle auquel elle eil
attribuée , doit paffer pour véritable.
Corollaire II, Les titres revêtus de tous les
caraélères les plus ufirés ay fiècle dont ils s’an-
noncent, tirent de là de nouveaux moyens peur
écarter les foupçons qu’on pourroit former contre
leur vérité.
Corollaire III. Les chartes qui ne renferment
que les caraélères les moins ufirés du Cède au-
quel elles fe rapportent , offrent par cet endroit
la preuve la plus évidente de leur vérité.
4. Des caraélères compatibles enfemble & avec
la charte où ils le rencontrent , prouvent fa vérité,
D d d ij
DIP
DIP
Corollaire. Contre une charte cui ne peche*
58! du côté de Thiltoire, ni da côté des carac-
tères extrinsèques , on ne tire jamais de moyens
fuiSfans de faux du ftyle & des formules j à
moins oue ces caradlères intrinsèques n^’impliquent
contradiction J ou qu’ils ne foienr incompatibles '
entr’eux ou avec ce titre.
5-. Une pièce antique, qui moralement par-
lant, a. pu recevoir tous les caraétères dont elle
ell revêtue, de la part de ceux à qui elle eft
attribuée , ne fauroit être convaincue d’impoiîure.
6. Tout moyen de pure poffibiiité, pourvu
qu’elle foi t morale, & qu’elle s’étende à tous
les caraélères d’une pièce, la jullifie de toute
accufation de faux.
Corollaire I. Une pièce revêtue de tous les
caraétères eîTentiels. de vérité qui lui convien-
nent , ü elle eîi combattue par desinconvéniens,
par des contrariétés apparentes avec d’autres
chartes, avec des hiiloriens contemporains , elt
fufEfamment iüftiSée, quant à l’accufation de
faux , par des folutions moraiement poflibles ou
vraifemblables.
Coro'-'aire II. Pour qu’un diplôme foit cenfé
véritable , il fufSt que tous fes caractères appar-
tiennent au temps dont il s’annonce , foit qu’ils
y fo’ent ordinaires , foit qu’ils y foient plus ou
moins rares. Qu’ils foient donc untés , ou du
moins qu’ils ne ioient pas contraires à l’ufage da
temps , on n’en doit pas demander davantage.
7. Etant prouvé qu'il eft moralement poffible
que tel caractère convienne à une charte , on
la lave de toute accufation de faux intentée au
fujet de ce caractère f mais on ne la met pas à
couvert des autres objeétions qu’on pourroïc for-
mer contre elle.
S. _D’un ufage non certainement connu pour
invariable , on ne peut tirer aucun moy^en de
faux.
» des contrariétés, foient poffibles &Vraifetnbîa-
« blés ; & c’eft .agir contre la raifon , que dê
w demander des preuves pofitives, parce que le
fait en foi étant fuffifamment prouvé, il n’eft
» pas jufte de demander qu’on en prouve de 'a
== même forte toutes les circonftances
Corollaire II. On ne peut - raifonnablement
attaquer par de fimples conjectures des faits bien
prouvés.
Corollaire III. Le défaut de vraifemblance eft
un moyen trop foible pour détruire des fa-'tc
accrédités.
Après avoir employé des preuves très -fortes
pour montrer combien peu vraifemblable eft la
p.’-étention de Tite-Live, cm dit que le fac de
Rome par les gau'ipis fut fuivi d’une défaite fl
complette de leur armée , qu’il n’en récbapqa
pas un feul homme: M Melot, dans fa diife'r-
tanon fur la pnfe de Rome par les gaulois, pré-
vient l’abus qu’on courroit faire de fes prin-
cipes.
“ Je n’ignore pas dit -il, que le défaut
” de vraifemblance eit un moyen trop ioible
« pour détruire des faits accrédités 5 mais c-mre
r-ur que je viens de relever dans le récit
« de Tite-Live, on y trouve encore une fauffeté
" hiftorique >■>.
^ Corollaire î V. On ne doit point s’embarraiTer
d’une objeftion qui n’eft appuyée eue fur un.
peut-être.
Corollaire V. Des préfomptions , quelque vio-
lentes qu’elles foient, ne peuvent jamais former
une pleine conviction , telle qu’il la faut pour
prononcer fans retour fur quelque affaire que ce
foit. principalement quand la condarrmation des
chofes dom, comme ici, retomber fur les per-
fonnes. Il aarou été à fouhaicer que M. Simon
c'Jt raifonné plus conféauemment à cette maxime ,
loffqifi! écrivoit fit les chartes.
Corollaire 1. Un titre qui contient des difpc-
fltions inconnues ou rares dans le flède auquel
on l’attribue, n’eft pas faux dans le premier cas
ni fufpsift dans le fécond. ^
Corollaire II. Un diplôme différent de que'cues
autres pièces vraies , peut n’être pas faux.
5. Toute ^pièce qu’on ne fauroit attaquer que
par des poffibriités , des préfomptions , des côn-
leaures, -des vraifembknces, doit être déchargée
o.e ! accrf.iticn de taux.
Cc^o..azre^ i. Q,,and ^ l’auteur de
/ Ce psrijer. cits par un habile critique, « ouard
-.ên , ciu eft d’aiücurs fuffifamment attefté
= eu comoattu par des inconvéniens & des con-
- tranetes apparentes avec d’autres hiftoires j
- aicre n fumt eue les folutions qu’on apporté
Corollaire VI. On ne doit point oppofer des
raifons de pure critique à des actes anciens ÔC
reçus de tout le monde.
Corollaire VII. Peur détruire un fait fondé
f.îr des^ titres , ,U tai;î d'autres titres , d’autres
-autorités fl preSantes & fi précifes , qu’elles
puiffent anéantir ou balancer les titres & fts
autorités contraires.
Corollaire VI IL Un fai'; cenftâté par des tlftes
ne fauroit erre détruit que par des titres con-
traires , ou par une démonftraticn de l’impoflibi-
iiré , que ce fait, ou ces titres foient véricaolfis,
Coroilaire. IX. Une charte n’eft pas convaincue
de faux par l’argument négatif, ou par le fllence
d’un ou de pliifieurs auteurs', à moins qu’l’ ne
DIP
fit impoiïïfcîe qu’ils n’en eufTene pas parlé , G
elle était véritable.
10. Üne piece ne doit point être accufée de
faux J ou d interpolation , fans que l'un ou
1 autre fait ne foit confîaté par une preuve très-
certaine , ou par le témoignage fufSfant d’un
ancien auteur.
11. Un endroit non fufpeci: raclé ne rend pas
une piece faulTe j ni vicieufe.
12. Les chartes raturées ne font point fuf-
pecies, lorfque les ratures font approuvées. Les
eÿaçures involontaires n’empêchent point que les
enÿoits où elles fe trouvent^ ne faflent foi en
jui Ke^ U elles font lifibles; mais iis doivent être
comptes pour rien ^ lî les ejfcçures fort approu-
vées j ou il elles font volontaires.
i J. C ed une iilufîon d’accafer des chartes
de .aux fous prerexre qu’eiies foient crelfées
par des notaires avant leur étabiiirement.
^4' Q.Uand on connort le ilyle & les formules
propres de chaque fiecle & de chaque pays,
on J prtitude morale que les chartes où ces
caractères ie rencontrentj .appartiennent à tel
liscle ^ a ce! pa}?s.
Gn peut juger par le llyîe & les
formules du fiecle auxquels fe rapportent les copies,
& les anciennes^ pièces faulfes originales qui fe
feroient confervées. Mais on juge encore mieux
des dernières par leurs caraclères extrinsèques.
IJ. Quand on connpît-J’écrirure , l’encre, la
m,itiere, les fceaux qui conviennent aux diplô-
mes de chaque lîècle & de chaque pays, on a
une certitude phyfique que relie pièce orieinale
appartient à tel fiècie , à tel pays.
^rv//^ire. Une charte qui fe dit d’un autre
liecie , cil d un autre pays , que celui auquel
les caraâeres extrinsèques la fixent, eft fup^ofée -
& 1 antiquaire en a une certitude phyfique'.
16. On peut fouvent prononcer avec une cer-
titude morale fur la vérité des diplômes.
17. Peu d anciens diplômes qu’on puiiTe con-
vaincre de faux ; .moins encore, lorfqu’aux carac-
D I P
2-0. Ni les caraéières propres des chartes ni
en general les chartes elles-mêmes,- orimnales^ o*
copies , ne peuvent être des ouvrages d’im-
poiteurs.
Arf croyable qu’on ait autrefois
«brique des titres, fans prétendre en tirer nul
avantage.
22. Si 1 on a prétendu tirer avantage des piè-
ces nouvellement fabriquées , on a compté s’en
lervit ou peu après leur fabrication, ou du
vivant je ceux qui les avoient fupDofées , ou
qui etoient complices de ces impôfteurs.,Sans
ce.a , les auteurs ae la fourberie ne fe feroient
pas propofes d’en tirer eux-mêmes quelque utilité
den-^ ^ huirieme principe & la règle précc-
2,. Quand les caraéferes, tant intrinsèques
qu extnnseques des diplômes , ne fourniroient à
nulle relfource- contre de faux titres
djrelles par d habiles mains, dans le temps &
.e lieu de leur date, parce que de tels aéfes
pourroient reunir toutes les circonftances , donc
e defaut dccouvnroit l’impofture , on ne man-
querou pas de moyens pour prouver que la con-
lervanon de cesaèfes, depuis bien des fiècles,
croît finon impolSble , du moins improbable.
24. Selon toutes les apparences, il ne refie
plus dans les archives des chanoines & des moines
de fauffes chartes, dont l’antiquité de l'écriture
égalé celle de la date.
S il eft pofïiDÎe, il n’eft pas du moins pro-
bable que quelque titre faux , compote par fimple
amuiement , ou par pure piaifanterie , & reçu
fans mauce & fans précaution dans des archives
p'uD.iques , ou particulières, fût parvenu jufqu’à
nous depuis une longue fuite de fiècles.
A R T 1 c L
1 1.
Rê^/es génémles de faufeté.
I. Il eft morale.ment impolTibie qu’un aAf
qui porte tous les caractères de faulfeté for
vrai. •* •
ttrts a or'gip.uux ils joignent ceux des litres
authexHnq.xs. j
^ 18. L ek ces cnartes vraies qui contiennent
Ge raiix expo.As, ô; de fauifes qui en coHrien-
nent de vcrrabies.
tç) Des caraftè.res rares' dans un fiècie ,’^mars
neanmoins conitans , loin d’être contre la charte,
qnj les renrerme , des moyens de faux , ou de
iï'vSé’ P-£^ves prTfqu-infhilhbles de
2, Une charte porte tous les caradères de
fauliete , quand elle n’en offre aucun qui puiff"
convenu- au fiècie & aux ^xerfonnes dont êiie“
s annonce.
V faufie, quand en la fuppofint
vraie, u n ell pas pofflble 'c-u’elle foir mvêtue
a un ou de piufreurs des caradères qu’elle porte.
Corollaire I. Des caradères incompatibles
ectr eux , ou avec la pièce dans lacueiie ils con-
courent J en prouvent la faulfeté, '
DIP
Corollaire IL La fuppolîtion d’une pièce eft
prouvée par l’argumenr négatif ^ lorfquii n’eft
pas poffibie qu’on en eut parle , û elle eut
exifté.
4. Il eft des caractères de vérité dans un fiè-
cle , lefquels dans un autre font des preuves
évidentes de fauftete.
J, On peut quelquefois prononcer avec une
certitude morale fur la fauifeté des diplômes fup-
pofés.
6. Les pièces faufîes font ordinairement aifées
à reconnoître.
7. Il eft impoftible même qu’une charte origi-
nale foit vraie; 1°. lorfque fon ftyle & fes for-
mules font incompatibles avec ceux des pæces
du même ou de tout autre genre ^ de la ^ même
ou de toute autre nation limitrophe , du même ou
de tout autre fiècle voifin : lorfqu’elie con-
tredit des faits d’une certitude inébranlable^
fondée non-feulement fur l’autorité des hiftoriens
contemporains , mais des monumens du temps
les plus authentiques ; 5® lorfque fon écrimre,
fon encre & fes autres caraéières extrinsèques
ne peuvent s’accorder avec fes dates indubitables.
8. On eft moralement certain de la faufleté
d’un diplôme , qui contredit fes caraébères intrin-
sèques par une date , fur la certitude de laquelle
on ne fauroit former aucun doute raifonnable.
9. Un diplôme différent de quelques pièces
fauffes , peut n’être pas vrai j comme un diplôme
différent de quelques pièces vraies , peut n’être
pas faux.
10. Le moyen de faux eft Amplement détruit^
lorfqu’on prouve que les caraftères ne font pas
incompatibles avec la pièce accufée , quand
même elle en auroit un ou plufieurs , donc on
ne trouveroit aucun exemple.
11. ün moyen de faux le'gitime & fuffifantj
du moins en apparence , ne faùroit être totale-
ment détruit J jufqu’à lever tout foupçon légitime ^
que par des faits contraires, aufti formels que
, conftans , lorfqu’il ne s’agit pas d’une pièce au-
thentique.
II. Une pièce ne doit pas toujours paffer
pour fauffe, parce qu’elle eft ainft traitée dans
les monumens anciens.
1 5 . Une charte ne doit pas être mife au rang
des pièces fuppofées, parce quelle contient des
chofês fauffes & fabuleufes.
14. On ne doit pas rejetter des diplômes,
pour cela feul qu’ils énoncent des faits uniques ,
ou extraordinaires.
DIP
ly. I! ne s’enfuit pas qu’un ancien aéle foit
faux , de ce qu’on ne fauroit rendre raifon d’un
ou de plufieurs faits qu’il contient.
16. On ne doit pas rejetter comme faux des
diplômes, parce qu’ils accordent de grands pri-
vilèges, ou quelques droits attachés à la fou-
veraineté.
ly. Toute règle qui enveloppe les vraies char-
tes dans la condamnation des fauffes , doit être
réprouvée; & toute règle qui fait grâce aux
faiix titres , eft fauffe elle- même.
18. Pour déclarer juridiquement des pièces
fauffes , il faut des preuves authentiques de trois
fortes , preuves lirtéréraks , preuves teftimonia-
les , preuves fondées fur des indices indubitables,
& plus claires que le jour.
CHAPITRE III.
Règles générales de fafpkion , & règles générales,
fauffes ou infuffifantes
Article premier.
Règles de fufpicion.
î. La conjedure eft fufceptible de plus ou de
moins de vraifemblance & de probabilité ,
fuivant que fes motifs font plus ou moins nome
breux , plus ou moins foiides.
I. Le foupçon eft fufceptible d’une infinité de
degrés , comme la conjecture dont il eft une
efpèce.
3. La conjecture doit balancer l’autonte , lorf-
que celle-là eft très- forte & très-probable, &
celle-ci peu vraifemblable & chancelante, foit
parce que l’auteur n’eft pas digne de foi, foit
parce qu’il n’eft ni contemporain ni prefque
contemporain , & queA’ailleurs il n a pas eu des
mémoires sûrs.
4. Mais .quand il arrive qu’un fait eft fuffi'
famment attefté par le témoignage d’un auteur
qui a quelque autorité , qui s’explique ^claire-
ment qui n’eft point contredit par a autres
écrivains , & qu’on ne peut^ convaincre de s erre
trompé , pour lors l’autorité doit l’emporter lur
la conjeéture.
J. Un fait devient douteux , quand il eft t:om-
battu par des conjeétures extrêmement tortue»»
qui ne peuvent être, ni détruites , ni affoibuss*
6. Un fait établi par un auteur
teraporain , ne fauroit être détruit par f ^ ,
des autres. Ilfaudroit, continue M- le
la Baftie , en trouver quelqu’un , ou
ou du même temps qui dit piécifémcnt
traire.
D I P
C’efi un excès de !a critique de traiter de
faux un fait qui n'ell que douteux, ou de don-
ner pour fuppofé un diplôme dont la foi eft
fimplement fufpedte.
Corollaire I. Un fait vrai eft quelquefois ^re-
gardé comme faux par ceux qui devroient en être
les mieux inftruits.
Corollaire 1 1, Les conjeêlures même plaufibles
ne doivent point l'emporter fur des faits atteftés.
§. En matière de faits, toutes chofes égales ,
Fauteur connu doit être préféré à l'anonyme ,
l'eccléfiaftique ou le religieux au laïque, l'homme
' en place au f inple particulier , le contemporain
2 celui qui n'a vécu qu'après les événemens
qu'il rapporte.
Règles, i. Il ne faut fufpeéler aucun livre
PU manufcrit de fuppofition ou d'impofture, fi
l'on n'eft appuyé fur un témoignage irrépréhen-
fible , ou fur une raifon légitime.
Corollaire I. On ne doit pas non plus fufpeéler
un fait contenu dans les chartes , ni les chartes
elles-mêmes, fans une autorité, ou une raifon
légitime.
Corollaire II, Les fimples foupçons n'ont au-
cune force contre les chartes, ni contre les faits
qu'elles renferment.
2. Le témoignage d'un homme digne de foi ,
défintérelfé , & d’ailleurs contemporain , qui
affureroit qu'un livre , ou qu'un titre auroit été
corrompu ou fuppofé, rendfoit ce livre ou ce
titre fufpeéi ; mais il ne le convaincroit pas tou-
jours de faux.
3. On a beau multiplier les fimples foupçons
contre un titre ou un fait bien attefté, ils ne
doivent répandre aucun doute contre la certi-
tude de ce titre, ou de ce fait.
Corollaire. Tout argument de pure poflïbilité
contre la vérité des titres , doit être rejetté
comme abfurde , & tendant au renverfsment de
la fociété.
4. Le moyen de faux prouvé , fait condamner
la pièce & fon auteur. Le foupçon violent in-
valide la première, & rend «nulle la preuve
qu'on èn tire. Le foupçon légitime donne atteinte
£ celle-là , & rend incomplette celle - ci , fup-
pofé néanmoins que ces moyens ne foient pas
détruits.
Corollaire I. Une pièce légitimement, mais non
violemment fufpeéïée, ne perd point toute fon
aurorité.
Corollaire IL On peut tirer des argumens pro-
bables d'un diplôme , contre lequel il y auroit
piufieurs foupçons qui n’iroient ‘pas jufqu à le
rendre douteux.
DIP
Corollaire III. Une pièce qui fouffriroit des
difficultés , ajoutée à des pièces , ou à des
raifons inconteftabJes , dans l'égalité des preuves ,
pourroit faire pencher la balance.
Corollaire I V". Comme dans les affaires pure-
ment civiles , au défaut des preuves évidentes ,
on s’en tient fouvent à la plus grande probabilité j
on pourroit juger quelquefois , conformément
à une pièce à laquelle on oppoferoit un ou
piufieurs foupçons légitimes, infufiifans pour la
rendre nulle & douteufe, mais qui cependant ne
pourroient pas être détruits.
y. De nouvelles preuves peuvent élever le fim-
ple foupçon à l'état de foupçon légitime, le
légitime à celui de violent, & ce dernier juf-
qu'au moyen de faux.
6. Le moyen de faux peut , par de bonnes ré-
ponfes, être réduit au foupçon violent , le vio-
lent au légitime, le légitime au fimple foupçon,
c’eft- à-dire, à rien.
7. Piufieurs foupçons légitimes fe réunifiant
contre une pièce, forment quelquefois un foup-
çon extrêmement fort , qui lui fait perdre toute
autorité.
Corollaire. Pour que le foupçon légitime foit
transformé en foupçon violent , il faut ou que
fes motifs fe fortifient & deviennent plus prefians,,
ou que de nouveaux foupçons légitimes , accu-
mulés les uns fur les autres, produifent le même
effet.
8. Le foupçon légitime ne fauroit être détruit,
fi l’on ne peut montrer d'exception formelle , &
dans l'efpace d'emdron un fiècîe, à î'ufage fur
lequel ce foupçon eft fondé , ou fi l'on ne prouve
pas démonftrgtivement vis-à-vis d'une pièce ori-
ginale & authentique la pofilbilité morale de
cette exception.
9. Le foupçon violent fubfifte , fi par des faits
ou des ufages fembiables, au moins des fiècles
voifîns, on ne fauroit prouver que tel fait, tel
ufage n'étoit point invariable au temps auquel
il fe rapporte J ou s'il regarde un original , quand
on ne juftifie que foiblement fa vraifembiance oii-
fa poffibiiité morale.
!0. Le foupçon légitime eft détruit dès qu'on-
prouve, par des faits contemporains , que I’ufage-
fur lequel on le fondoit, n'étoit pas fi confiant,
qa'ii ne fût réellement fujet à des exceptions.
î I . Un foupçon légitime contre une pièce ,
même originale , ne peut fe détruire que par des-
faits, non fimplement poffibles en eux-mêmes
mais moralement poffibles , c'eft-à-dire , dans les-
circonftances dont il eft queftion,
1 2. Le foupçon légitime non détruit, ne devîenr
pas pour cda violent, ni le violent,. moyen de faux»
^oô DIP
13. Les motifs fur lefquels fost appuyés les
foupçons violensj où pluîiîeurs foupçons violens
réunis, forment quelquefois un moyen de fauXj
ou une preuve complecte de fuppolîtion.
14. Un original exempt de tout défaut du
côté des caradères extrinsèques , ne doit pas
perdre fon autorité, quoiqu'il pût fournir ma
tière à des foupçons très-forts en apparence du
côté des caradères intrinsèques , mais non mo-
ralement incompatibles avec la vérité de la pièce.
I Le foqpçon violent eft fimplement détruit^
quand on montre quelque exception dans les fiècles
voifins à f ufage qu'on préfumeroit invariable.
Corollaire. Dès qu'un ufage eft préfumé véri-
table , le foupçon violent fait place au foupçon
légitime.
lé. Le foupçon violent ne fauroit être totale-
ment détruit que par des exceptions pofitives,
foit à tel ufage en particulier , foit à des ufages
parallèles du même temps.
17. Le moyen de faux ceflant , le foupçon
violent fubfiftera ; fi , félon la définition 7 , une
formule de charte n’eft appuyée de nul exemple,
ni du temps auquel la pièce fe rapporte , ni des
fiècles les plus voilins , le foupçon violent dé-
truit, le foupçon légitime peut fe maintenir.
18. Le foupçon légitime détruit, le foupçon
violent tombe : le foupçon violent détruit, le
moyen de faux n'eft plus.
Corollaire. Le moyen de faux, de fufpicion
véhémente & légitime détruit , la pièce celTe
d'être fufpede.
19. Une pièce a toutes les apparences de faux ,
fans en avoir la réalité ; quand elle eft fufcep-
tible des plus violens foupçons , quoiqu'il ne foit
pas moralement impoffible qu'elle foit vraie.
2,0. Une pièce qui porte toutes les apparences
de faux, ne doit point faire foi iufqu'a qu'elle
foit juftifiée.
^21. Quelque fauffe que paroiffe une pièce du
côté de l'impoffibilité morale ; queîqueVufpede
ou elle foit par^ un ou plufieurs caraélères défa-
vantageux 5 fi l'on vient à prouver par des faits
conftans que l'impoffibilité n'eft pas réelle, qu'il
y a lieu à 1 exception , eu égard aux temps , aux
perfonnes, aux circonftances , la pièce eft plei-
nement juftifiee. Il faudroit même regarder
comme defeétueufe en cela , &par fa trop grande
généralité, toute règle qui la fiétriroit, & oui
iu&roît d ailleurs pour prouver l'invalidité d'une
p-e^ , ou même fa fauffeté dans d’auîrss con-
jonctures,
DIP
Article II.
Keghs générales faujfes , ou infujfîfanteSt
1. Prétendre que toutes les anciennes chartes
font incertaines , & ne méritent guère la confiance
du public.
2. Sufpeâer d'autant plus les originaux qu'fis
font plus anciens.
3. Faire dépendre la vérité des diplômes an-
ciens d'une conformité rigoureufe , avec les mo-
dèles propofés par D. Mabilion dans fa Diplo^
matique»
4. Prétendre que les diplômes poftérieurs &
contradiéloires prouvent la fauffeté des pièces
plus anciennes. '
y. Conclure de l'ufage d'un temps à l'ufage
d'un autre temps fort éloigné.
6. Suppofer que des archives peuvent devenir
très-fufpecfes par les prétentions de ceux à qui
elles appartiennent.
7. Toute charte qui porte des caraélères vifî-
bles de fuppolîtion, foit par le défaut des dates
& des fignarures, foit parce que les temps, les
circonftances & les perfonnages qui paroiffent
comme témoins, ne quadrent pas enfembie 5 foit
parce que le contenu fe trouve démenti par des
faits certains Sc inconteftabies , doit être rejettée
comme une pièce faulTe, en quelques archives
qu'elle fe trouve.
8. Toute règle qui réprouveroît ou fufpefteroit
un très-grand nombre d'originaux tirés de diffé-
rentes archives , doit être regardée comme fauffe.
Corollaire. Telle feroit la règle qui établiroit
que les anathèmes & les malédiftions rendent
fufpeétes les chartes qui les contiennent.
9. Rejetter comme faux, ou fufpeéter les acies
ou diplômes , fous prétexte qu'ils renfermeroienr
des abus , s'ils étoient véritables , c'eft un excès
manifefte.
10. Taxer une pièce de faux, parce qu'elle en
Cite , ou qu'elle s'autorife d'une autre évidem-
ment fauffe.
11. Une réglé effentielle , efl cT examiner la date ^
au la chronologie , des actes ou des lettres.
1 2. ce Quant aux années de J. C. elles n'ont
été en ufage pour les chartes & les diplômes que
dans l'onzième fiècle ».
13. Reprouver une charte à caufe d'une date
fautive, ou d’un trait hiftorique faux ou peu
exact.
14. « Quand on trouve dans une feule pièce ,
M qui n'eft fguîenue par des gens qm
interet
DIP
M intérêt às la aéfenJre ^ plufieurs traits réunis
» qui la rendent fufpecle , elle doit paffer ou
33 pour faufle , ou au moins pour très-fufpeâe’^.
Cette réglé fe trouve dans la première encyclopé-
die, où Ton reconnoîtde vrais aétes, dès quel' iruérêt
tiy efi pas mêlé.
CHAPITRE IV.
Règles generales fur les archives , fur leur conferva-
tion , fur l'ufage de la D i F l o m atxqu e ^
l autorité des Diplômes,
Article premier.
Réglés fur les archives & leur confervation,
î. On a dû conferver les anciens diplômes,
2. On a pu les conferver du moins auffi aifé-
îîsent que_ les raanufcrits.
?• Les archives ecclefîaftiques remportent par
leur antiquité fur toutes les autres.
DIP
401
5. Il nell pas moins juile qu’aux mêmes con-
aitions & dans les mêmes circonftances les
archives eccléliaftiques confervent le même pri-
vnege, fur- tout par rapport aux charres anciennes.
4- R. eft abfurde de fuppofer toutes les char-
tes antiques , fauffes ou fufpeétes.
fuppofer fauffes,
chartes d’un ou dé
pluiicurs iiecles en particulier,
6. On diftingue les titres authentiques de ceux
qui ne le font pas par leurs caraêlères,
7- Les archives des eccléfiaftiques & des reli-
gieux, ne renferment préfentement oue peu ou
point de faunes chartes originales.
8. S’il fe trouve quelques pièces fauffes dans
les anciennes archives , il eft certain qu’il s’en
trouve up infinité qui portent les caraâères
d une authenticité certaine, & qu’on ne pourroic
attaquer, fans renoncer à toutes les lumières du
bon fens & de la raifon.
^ 4. Elles ont, pour ne rien dire de plus
égale en autorité les dépôts publics.
• y a-t-il deux cents ans, que des
jurnconfultes calyiniftes commencèrent à con-
telter aux pièces tirées des archives eccléfiaftiques
le droit de faire foi.
6. Quoique non-revêtues des formes juridiques
elles ne laiffoient pas alors d’être admifes en
jultice.
9. ^ Les archives monaftiques , dont la fincérité
a ete attaquée avec plus d’acharnement, ont
ete reconnues , ou pour les trélbrs de chartes les
plus authentiques & les plus facrées, ou du
moins pour des dépôts publics.
10. On ne doit pas fufpeéfer la foi des chartes ;
uniquement parce quelles ne fe trouvent plus
dans aucunes archives.
Article II.
. 7. ^On peut fuppofer ' des chartriers fufpeéis :
on n en connoît point dont on ait prouvé qu’il»
le devoient etre.
S. Les eccléfiaftiques léculiers&r réguliers n’ont
pu , fans etre munis de titres inconteftables
poffeffion des domaines dont ils jomT
9. Ils n avoient pas befoin de faux titres pour
fe maintenir dans leur poffeffion.
10. L ancienne nobleffe ne fe prouve que par
les chartes tirées du tréfor des anciennes abbayes.
R è g l e s. t. Toute pièce tirée des dénôts
puoiics , ne doit point être déclarée vraie &
authentique , indépendamment de tous fes carac-
tères de vente &d authenticité, foit extrinsèques,
loit intrinsèques. ^
nnki- “^'ées des dépôts
non-revêtues des formes juri-
fln?^ pourvu qu’elles
loient exemptes de vices dfentiels. ^
Antiquités, Tome 11.
Régies générales fur l'ufage de la Diplomatique
& r autorité des Diplômes,
1. On peut juger de l’âge & de la vérité ,
ou de la fauffeté des titres par leurs caradères.
2. Il n’eft pas impoflîble de trouver de bons
antiquaires , capables de juger de l’antiquité de
la vérité & de la fauffeté des diplômes.
3. II n’appartient qu’aux antiquaires de pro-
noncer en experts fur les caradères extrinsèques
des diplômes.
4. II eft moralement impoflible de fabriquer
après coup, avec tant d’art, un prétendu ori-
ginal ancien , qu’il ne puiffe être découverr ,
pour ce qu il eft, par de bons antiquaires.
L P^^ ûe faits hiftorîques finguliers que
renferme une charte prétendue ancienne, il elè
prefque impoffible qu’un fauffaire ait pu la conf-
truire avec affez d’habileté, pour ne laiffer aucune
prife aux m.eilleurs antiquaires, quand même la
pièce ne leur feroit pas préfentée en original.
CHAPITRE V,
6. La Diplomatique trouve en elîe-même une
certitude fupérieure à celle de tous les monumens
billoriques.
7. L’antiquaire peut quelquefois avoir une cer-
titude phyfico - morale de là vérité des diplômes j
mais à l’égard de leur âge & de leur faulTetéj
elle peut devenir phyfique.
8. II peut communiquer aux autres une certi-
tude morale fur tous ces points.
9. L’art de la Diplomatique eft quelquefois
réduit à de lîmples conieélures.
IC. Les diplômes foîemnels ont une autorité
fupérieure à celle de toutes les autres preuves
judiciaires.
II. L’autorité des diplômes eft fupérieure à
celle des monumens profanes. De redipiom.p. 241.
242. n. VJ.
Corollaire. Les infcripîions j médailles & autres
monumens contemporains ne prouvent pas tou-
jours la fauffeté des diplômes qui les contredirent.
II. L’autorité d’une charte , toutes chofes
égales J doit l’emporter fur celle d’un hiftprien
du temps.
13. L’autorité de l’hiftoire eft quelquefois pré-
férable à celle d’une charte.
14. Ce n’eft point un moyen fufEfant de faux ,
ou de fufpicion , d’oppofer à une charte d’ail-
leurs exempte de tout vice , de n’être pas d’accord
avec un ou plufieurs hiftoriens, fulTent-ils con-
temporains.
15. Un diplôme, où quelqu’un prend des qua-
lités qui ne lui appartiennent pas , ne doit point
pour cela être regardé comme fufpeét de fuppo-
ftrion.
îé. Des fautes évidentes contre Thiftoire ne
prouvent point la faufleté de la pièce où elles
fe rencontrent , fi elles fe rapportent à un temps
antérieur ; fi elles énoncent un fait arrivé depuis
peu dans un pays éloigné , fi elles font fafpeéies
de flatterie ; fi elles peuvent être exeufées par
quelque événement fingulier ; fi elles doivent
être imputées à l’ignorance ou à l’inattention du
notaire.
17. Un diplôme contraire à tous les hiftoriens ^
& aux ufages des temps & des lieux j feroit ;uf-
îement aceufé de faux.
18. Les papiers terriers, les livres de cens,
&c. , prouvent toujours de feigneur à vafTal, &
ce feigneur à feigneur , fuivant i’ufage des lieux,
quoiqu i-s ne foient point revêtus des formes
juridiques , ni tirés des dépôts publics ; mais ils
doivent être plus anciens que le débat fur lequel
ils fout produits.
Réglés générales fur les originaux Ci leur autorité,
pour les difeerner des copies anciennes . & poui
juger des autographes par les copies.
Article premier.
Réglés fur les originaux & leur autorité.
1. Tout titre revêtu du fceau & de fignature
& dont récriture eft d’accord avec fa date pri-
mitive , a les caraétères d’original & d’authen-
tique, & doit paflTer pour tel, jufqu’à ce que fa
fauffeté foit évidemment ou très - probablement
démontrée : ftatur feripturs, , & infirumenio , nifi
contrarium probetur.
Corollaire. Les chartes où ces conditions fe
trouvent obfervées, ne font pas moins authen-
tiques en elles-mêmes , que les ades des notaires
de nos jours.
2. Une pièce dreffée par un particulier, en
préfence de trois témoins , eft authentique au
jugement de l’auteur de la glofe fur les décré-
tales.
3. Dans le pays de droit écrit, une pièce eft
authentique lorfqu’elie eft dreffée par un homme
revêri} de l’autorité publique, ou par un juge,
avec la foufeription ou le témoignage au moins
de deux témoins.
4. Les chartes originales & authentiques juf-
tiflent ejles-mêmes leur propre vérité.
5. On ne doit pas plus exiger qu’on prouve la
vérité des titres authentiques , reconnus pour
tels , que celle des principes.
6- On prouve fuffifamment la vérité ^de tout
diplôme authentique , quand on répond folide-
ment aux objedions formées contre elle.
7. On répond folidément aux ob]eétîons_ for-
mées contre la vérité de tout diplôme authen-
tique ,‘ îorfqu’on fait voir qu’elle eft moralement
poflîble dans les circonrtances ou il fe trouve,
malgré les inconvéniens & les contrariétés hifto-
riques qui fervent de bafe à ces objeêtions.
8. La vérité d’un diplôme autheiuiqu£ eft
prouvée, quand on juftifie que, malgré ^les
objections , elle eft moralement poffibîe dans teJes
circonftances.
9. Quoique les foupçons fondés fur des ufages
fuppofés invariables , parce que les ^exceptions
en font inconnues, nepuiffent être détiuits par
une fimpie poffibilité morale, deltituée' de tout
autre appui , iis le peuvent & le doivent, lorl^
qu’elle eft appuyée fur un diplôme authentiqua
& original.
DIP
DIP
Corollaire I, Un originaî irrépréhsniîbie du côté
de 1 hïdoire , des caraitères extrinsèques , & des
formules incompatibles , n’a befoin que d’être
préfentépour détruire tout Ibupçon j foit violent,
loit légitime, fondé fur des ufages ordinaires ,
ou meme fuppofés invariables , pourvu qu’on
montre que l’exception n’eft pas moralement im-
poffible.
Corollaire II. La poiEbilité morale fuffit pour
détruire tout foupçon contre un original préfent,
lorfqu’il elï authentique.
Corollaire III. La même folution , qui détruit
pleinement le moyen de faux , diffipe tous les
foupçons , des qu’on exhibe un original authen-
tique.
Corollaire I V Lorfqu’après des réponfes in-
fufHfantes , pour détruire entièrement des moyens
de faux , il relie des doutes plus ou moins forts 5
favoir , fi certaines formules ont pu fe rencontrer
dans telles ou telles circonllances , les foupçons
légitimés ou violens peuvent fe maintenir contre
des chartes originales préfentes.
Corollaire V. Les foupçons violens ou légitimes
contre des originaux , dont on fait l’exhibition ,
fe tirent moins des formules que de Thilloire
Sc des caraélères extrinsèques.
10. On peut prouver la vérité des titres au-
thentiques.
11. On prouve la vérité des titres authenti-
ques , en les dillinguant de ceux qui ne le font
pas.
40^
Article II.
Réglés générales pour difcemer les originaux des
copies.
1 . Les originaux fe diftînguent principalement
des anciennes copies par les fignatures réelles,
& par les fceaux, foit qu’ils fubfilîent en nature,
ou qu’il en relie feulement quelque trace.
2. Toute pièce fcellée ell originale. Tout titre
fcellé ne peut donc jamais être regardé comme
une fimple copie.
5. Une pièce qui fe dit fcellée, & qui ne
montre nu! vellige de fceau , n’ell ordinairement
qu’une copie.
4. Un diplôme original peut faire mention du
rr.onogramme du prince , ou du fceau , quoiqu’il
n’y ait point été appofé.
y. Quoique la date & les fignatures manquent
à des diplômés fcellés , ils n’en font pas moins
autographes.
6. Toute pièce fîgnée par de vraies fouferip™
tions 5 ne doit point être regardée comme copie.
_ 7. Les copies peuvent être dillinguées des ori-
ginaux, pour peu qu’elles foient plus récentes:
i^. par l’écriture , 2®. par la date , par les
faits hilloriques , 4^. en comparant les copies
avec les originaux , quand on peut les recouvrer,
8. Une copie peut être figurée, même dans
les fignatures , fans nulle fufpicion de faux.
12. Ces ^diplômes authentiques & originaux ont
des caractères qui conviennent à chaque fiècle.
13. La multiplicité des originaux d’une même
piece ne doit point la rendre fufpeéle , ni leur
porter préjudice.
^14. Toute différence entre plufieurs originaux
d une meme piece , ne fuffit pas pour en faire
rejetter quelqu’une.
ly. Les originaux peuvent renfermer des fau-
tes, meme dans les uates, fans meritet d ette
tenus, pour fufpects.
_ i6._ Dans les autographes, les apolliües, les
interlignes , la rature ou canceilation, ne font fuf-
peCces de faux que dans les endroits importans.
17. Une charte originale, à demi effacée, pourrie
de yetuhe, ou rongée par les rats, neiaiflepas
ne raue ïcn , pourvu quelle foit lifibie dans'ies
enaroîts euentiels.
1,8 ■ Les notices publiques, ou
.es juges, ou feidement devant
pétant de témoins, doivent être
authentiques.
palTées devant
un nombre com-
reçues comme
9. Une copie figurée, touchant au temps de
l’ongina! qui ne fubfille plus , fi elle ell d’un
fiècle où l’on ne fceüoit pas régulièrement toutes
les chartes , & où on ne les fignoit pas exaéle-
ment , même avec des croix , fi le fceau & les
fignatures ne font point annoncés , il ell très-
difficile de difeerner une pareille copie de l’ori-
ginal.
10. Les fautes d’une copie, sortie authenti-
que , la rendroient fufpecle , s’il y paroiffoit du
deffein.
Corollaires relatifs aux copies^ '
I. I! n’y a guère d’auteurs dans lefquels l’on
ne trouve quelques altérations.
II. Quand elles ne confifle.nt que dans des
mats peu eiLentiels , ce n’ell oas une preuve de
falfification.
III. Certaines particularités , que l’auteur de
l’original ne fauroit avoir écrites , ne font pas
des marques de la fuppofition d’une copie. •
IV. Quelques circonllances ajoutées ne dé-
montrent pas qu’un aéle foit fuppofé.
^04 D I P
V , Qusiçucs cîrconi^snccs rctrcinchccs n en
prouvenr pas non plus la fuppofition.
Vî. L'addition de quelque point capital dans
une pièce, eft un moyen de faux, sü neitpas
capital, le moyen eft nui.
VII. Le nom du lieu changé n'eft point une
preuve de faux.
Vni. Le nom d'un lieu reétifié ne l’eft pas
non plus.
IX. Une date qu'on a prétendu marquer plus
exaéiement, ne prouve pas qu'une pièce loit
fuppofée.
X. On ne doit pas rejetter une pièce, parce
qu'on y aura inféré quelque circonftance hifto-
rique , qui rend la narration plus complette.
XL Des notes anciennes inférées dans le texte,
ne prouvent pas qu'il foit fallîfié.
XII. Des additions & des corredions très-
légères J qui ne tombent que fur peu d'endroits
d'une copie , ne font pas un moyen de faux fuf-
fifant.
Article III.
ICegles pour juger des originaux par les copies,
1. On peut communément juger du contenu
de l'onginai par les copies, du moins quant au
fond & à la fubftance.
2. La conformité des copies avec l'original ,
eft prouvée par leur reffemblance entr'elles ; fi
elles n'ont pas été prifes les unes fur les autres ,
mais tirées , ou fur l’original même , ou fur des
copies authentiques , ou certainement exades,
3. Quand les prétendus défauts , qu'on impute
aux copies, & conféquemment aux chartes ori-
ginales, fe trouvent dans une infinité de pièces
du même genre & du même temps, les unes &
les autres doivent être déchargées de tout foup-
çon , & reconnues à cet égard pour très-fincères.
Corollaire, On n'a pas befoin de recourir aux
titres originaux , pour s'aflTurer qu'en tel & tel
fiècie , tels & tels diplômes étoient revêtus de
certaines formalités, iorfqu'elles fe trouvent d'un
ufage commun dans toutes ou la plupart ds
leurs copies.
4. On ne doit point faire réjaillir fur l'original
les fautes des copies.
5. Un original non- repre'fenté, peut être con-
vaincu de faux fur le feul vu des copies authen-
tiques , ou certainement tranferites avec exadi
tude fur cet original, pourvu néanmoins que les
mêmes copies renferment des caradères hiftori-
ques qui ne puiiTent s'ajufter avec cet original ,
DIP
& qu'on ne puifle raifonnablement mettre fur
le compte des copiftes.
6. Une copie authentique, pleine de fautes
importantes contre l'hiftoire les ufages du
temps, rendroit fufped un original , qu'on ne
fauroit , ni repréfenter , ni jurtifier par d'autres
copies authentiques ou plus exades.
7. Sur des copies récentes non-authentiques,
ou même anciennes , dont l'exaditude n'eft pas
certaine , on ne peut décider de la vérité des
originaux.
8. On ne peut quelquefois juridiquement con-
vaincre une pièce originale de faux fur la feule
infpedion d'une copie authentique.
p. Une copie ne prouve rien contre un ori-
ginal , s'il n'eft sûr qu'elle lui foit conforme.
10. Une copie ne prouve ni pour , ni contre
un original, mais feulement contre elle-même,
s'il paroîc qu'elle n'ait pas . été tirée de bonne foi.
11. De quelques défauts que les copies foient
atteintes , ces défauts ne prouvent rien contre
un original qui en eft exempt.
12. Quelque authentique que foit une copie
contre laquelle on allègue des îbupçons légitimes,
elle ne doit pas ôter la liberté d'ai'oir recours
à l'original, s'il eft fubfiftant.
13. Il ne fufSt pas d'affeder des doutes contre
des copies authentiques; on ne peut exiger la
repréfentation des originaux que dans le cas de
droit, ou qu'on ait fourni contr’eux, ou contre
elles, des moyens valides de fufpicion.
14. Si l'on n’eft point afifiiré que les copies
ont été tirées immédiatem.ent & fans mauvaife
foi fur l'original , en ne peut rien conclure de
leurs fautes à fon défavantage.
1 3. On peut , au moyen de plufieurs copies ,
inconteftablement prifes de bonne foi fur l'origi-
nal, porter un jugement certain au fujet de cet
original , lorfqu'eîles font toutes d'accord.
16. On ne peut juger av^ec certitude de l'ori-
ginal par les copies , quand il n’eft pas sûr qu'el-
les aient été féparément prifes fur l'original.
17. Une copie, même authentique, pourroit
renfermer plufieurs. fautes , fans qu'elle , ou foa
original fuffent fuppefés.
18. On ne doit point tenir pour fufped l'origi-
nal, dont la copie a e'té vidimée peu de temps
après qu'il a été drefte.
I p. On peut plutôt juger à l’avantage qu au
défivantage des originaux fur le vu des copies.
20. Les vidimiis, Sc autres copies juridiques,
peuvent fervir à démontrer la vérité des originaux.
DIP
DIP
II, Dans toute copie qui ne prérente que des
fautes légères, fi d'ailleurs fes formules & fes
faits hiftoriques conviennent à roriginal , ils prou-
vent^ en fa faveur, & doivent faire préfumer d
fa vérité.
22. Si à ces avantages fe joint rauthenticité de
la copie , elle doit bannir tout foupçon contre
fon original.
25. Lorfque l'autographe ne fubfifte plus, on
peut juger de fa vérité fur des copies , même
non-authentiques , pourvu qu'elles foient remplies
de faits hiftoriques , 8c qu'elles foient du moins
anciennes de deux fiècles.
24. Pour vérifier la plupart des caraétères qui
conviennent à chaque fiècîe , on n'a befoin que
des feules copies imprimées.
Article IV.
Réglés fiir les cartulaires , les copies & leur
autorité.
1. Les cartuîaires, qui ne font autre chofeque
des recueils de pièces originales, méritent la
meme créance que les titres originaux.
2. Les cartulaires collationnés par l'autorité
publique fût les originaux , doivent faire foi
comme eux.
^ 3. Les copies authentiques , ou juridiques ,
égalent en autorité les originaux.
Corollaire. Les titres & les privilèges renou
veLes par les puilfances, tiennent lieu d’origi-
naux.
4- Les copies & les cartulaires anciens ont une
autorité indépendante de leur authenticité.
Une copie non-authentique, mais ancienne,
ne doit point être rejettée comme falfifiée ou
taulle , fans des preuves formelles de falfification
ou de fuppofition.
6. Des cartulaires anciens, dont on connoît
1 auteur pour incapable d impofiure , ne doivent
pas^ etre fufpeéis , quoiqu'ils ne foient point
ïê vêtus de l'autorité publique.
7- Les cartulaires en forme de chronique ,
mentent au moins la même créance que les
meilleurs hiftoriens.
8. Indépendamment des formes juridiques , les
cartiuaires ^doivent faire preuve , pourvu qu'ils
foient anterieurs, foit aux loix ou coutumes qui
ordonnent de les collationner aux originaux , foit
aux diôerends qui obligent de les produire.
Corollaire. Les cartulaires, ni originaux, ni au-
tnptiques , ni fort anciens , ne doivent pas être
îejettes comme inutiles, £ ce n'efi qu'ils fufient
,9- Qiïsîque dilTemblance entre pîufieurs cartu-
laires de la meme communauté, ne prouve ordi-
nairement, ni leur faulTeté , ni leur falfification.
10. Les cartulaires ne doivent pas étreréprou-
^ difiinaion, quand ils
renfermeroienc quelques pièces fauffes.
12. U plupart des originaux ont été tranfcritt
en enuer dans les cartulaires.
13. Les mêmes pièces, dans les cartulaires
recens , ne font point plus étendues que dans les
anciens , pourvu que ceux-ci ne foient point dis
chroniques , ou des abrégés de car-
14. Les copies authentiques peuvent n'avoir
pas une reiTemblance parfaite & rigoureufe avec
les originaux.
Toute copie dreffée par l'autorité publique ,
elt cenf^ conforme a l'original dans tous les
points elientiels.
rare que des copies authenti-
drentieilr”'^ originaux dans les chofes moins
17. Les fautes des écrivains , ou des copifies
ne font pas des motifs fuffifans pour faire rejetter
ies originaux ou les copies.
18. Il n'eft pas fort extraordinaire que des
copies foient fautives. . u «-3
Corollaire I. On ne doit pas rejetter les chartes
publiées par divers compilateurs , à câufe des
feules fautes de dates.
Corollaire U Une wpie peiit avoir des dates
fautives fins erre fauffe. Les copies manufcrites
& imprimer pedient fouvent en faifantdu nom-
bre romain XI le chifre arabe 2, & du ch-fre
arabe 2 le nombre romain XI. La raifcn en eft
que dans l'écriture le chifre ii reffemble au
nombre II.
19. Les cartulaires hiftoriques fubfiituent quel-
quefois innccemment^ des dates plus connues à
celles qui le font moins.
20. Quelque nombreufes que foient les fautes
des copiltes, elles ne font prefque jamais des
preuves de fuppofition , ni de falfification.
21. Elles ne doivent pas même rendre fufoec-
tes les copies qui en feroient remphes.
22. La corruption des copies ne doit ordinai-
rement etre attribuée qu'à l'ignorance , à la né-
giigcnce^ ou a 1 inacivertance des copiftes»
4
4o5 DIP
25. Des copies vicleufes dans ies endroits hn- ’
ponans font fufpeaes de falfification.
1-. On peut vérifier les défauts de ces pièces
rur"dê meilleures copies ^ lorfqu on n'a point Tori-
ginal.
Corollaire. La falfification des copies peut fe
prouver par roriginal ou par des copies, foit
authentiques , foit plus exaétes.
2 J. Plufieurs fautes groffières ne rendent pas
fufpedes de faux des copies non - authentiques ,
ni fort anciennes. ^
i6. Telle faute qui fuffiroit pour faire con-
damner un original , ne üiffit pas pour faire ré-
prouver une copie.
27. Les fautes des copies ne prouvent ordi-
nairement, ni leur fappofition , ni celle des ori-
ginaux.
28. Ce font des maximes conftamment reçues
par tous ceux. qui font inftruits de la Science
diplomatique : qu'on ne: fauroit conclure de
ce qu'un titre n'exiiie plus en original , que les
copies que l'on en a , foient l'ouvrage des fauf-
faires , tant que l'on n'eft pas en état de démon-
trer 5 par le fonds même des chofes, que le titre
eft fuppofé : 2°. que les erreurs de faits, qui fe
trouvent dans les copies d'aéles , dont les origi-
naux n'exiftent plus , ne font, pas des raifons
fuftifantes pour faire perdre tout crédit à ces
copies ; quand ces erreurs de faits ne vont pas
à détruire ce que ces aéles doivent établir ,
comme leur objet principal, 8c qui ne peut être
détruit que par des aéles contraires , dont l’au-
thenticité foit bien reconnue, ces erreurs de faits
n'étant le plus fouvent que des fautes de copiftes,
ainfî qu'on l’a fait voir en plufieurs occafions.
CHAPITRE VI.
Réglés générales fur la matière , l'encre &• C écriture
des Diplômes.
Article premier.
Réglés fur la madère des chartes antiques.
I. Les diplômes , dont la matière paffe parmi
les favans, pour avoir totalement cetTé d'être
en ufige environ im'fiècle avant célui auquel ils
apnartiennent, doivent être regardés comme fuf-
pecfs.
1. Les diplômes écrits far une matière qui
n'étoit pas encore en ufageau temps qu’ils furent
expédiés, 'dcivenr palfer pour très-fufpécls , &
mérae pour faux', fi cette matière n'étoit nas in-
ventée. ■ ■ . *
DIP
5. Les titres, dont la matière n'auroit été en
ufage qu'antérieurement à leur date , fi cette
antériorité eft uniquement fondée fur ce qu'on
ne connoît point de diplômes de telle matière
par exemple de papier d'écorce , auffi récens ^
ils ne doivent être réputés faux qu'un fiècle, ou
moins, depuis qu'on ne trouve plus de pièces
de cette matière, fc fufpeéls qa'à proportion
qu’ils fuivent de près ou de loin le terme connu
de leur noii-ufage.
4. Les diplômes, dont la matière, par exemple
de papier de coton , n'auroit été »etnplcyée que
poftérieurement à leur date , fi cette poftériorité
n'eft appuyée que fur ce qu'on n'a jamais vu
de pareils titres aulTi anciens , ils ne doivent
paiTer pour faux , que quand ils fe dlfent de plus
d'un fiècle avant qu’on commence à trouver des
pièces de cette matière, & fufpeéls qu'autant
qu’ils précèdent de plus ou moins loin le terme
connu du comm.encement de leur ufage.
5. Si l’on conferve le fceau ou les foufcrip-
tiens d'une charte , dont on auroit effacé l’an-
cienne écriture, fans parler .des -qualités ou ca-
raélères intrinsèques de la pièce , l’altération du
parchemin aufli-bien que la nouveauté de l’encre
& de l’écriture manifefteront la fraude.
6. Les chartes rongées par les r^, gâtées par
la pourriture, la vétufté , ou par quelque acci-
dent , ne laiffent pas de faire foi.
7. Les effaçures d’un aéte ne donnent point
atteinte à fa vérité , ni à l'autorité des chofes-
qui ne font point effacées.
8. On peut reconnoître la fauffeté ^des pièces
modernes à la marque du roi , ou même à celle
du papetier j quand il eft certain que ces mar-
ques n'étoient point encore en ufage au temps
dont ces aéles font datés. Te! fut le jugement
du parlement de Paris. Koye\ Cujas, in exvoft.
nov. 44,
Article II.
Réglés générales fur V encre & l'écriture des
Diflômes.
1. La principale preuve de l’antiquité, ou de
la nouveauté d’un diplôme , & conféquemment
de fa vérité eu de fa fauffeté , doit fe tirer do
la qualité de l’encre. & de l’écriture.
2. .Des diplômes écrits en tout ou en partie,
ou feulement fignés d’une ou plufieurs perfonnes
avec de l’encre différente de fa nôtre , en lettre
d’or , en vermillon , &c. , ne doivent point
munément paffer pour faux_ ou fufpeéls. fixais
s’ils foHt poftérieurs au Xil. fiècle, fans eue
très- folemnels, ni dofmés par de grands ieigneuts,
ni en leur nom , iis ne lont pas exempts de tou*,
foupçon légitime.
DIP
5. Des diplômes fignés en cinabre, s’ils n’é-
toient emMes , ni des empereurs , fur-tout de
ceux de C. P. ^ ni de leurs parens , feroient
nés - fufpects dans i'étendae de Tempire des
Grecs. ^
■4- Tout diplôme des empereurs de C. P. ,
^ui ne leroit pa^s ligné en cinabre par l’empereur.
Oit en y appoiant fon nom , foit en y marquant
e mois & 1 mdiéîion , devroit être réputé faux,
ou du moins très-fufpeét.
f . Plus 1 écriture des titres eîl ancienne , plus
on doit prefumer en faveur de leur vérité.
_ On ne doit pas juger faulTe une pièce ori-
gma.e , parce que l’écriture n’en reifemble pas
allez_ a j écriture repréfentée dans les modèles
imprimes & uans ceux de Dom Mabillon, ou à
ucv e quelque pièce authentique du même temps.
antiquaires eft d’une nécef-
Iiteindifpenfable, pour prononcer fur la matière,
p^ômes^"^'’ ^’^criture & l’antiquité des di-
écritures du même temps , quoique de
ttPen?s'“P une langue favante, ont
J différences, de grands
.rapports de conformité. ° '
9- Les écritures de différentes nations, quoique
du meme temps & du meme caractère, font
aifees a diftinguer.
10. D’une écriture quelconque reconnue pour
fincere , les connoiffeurs peuvent remonter aux
àTSfde'Sj'Scîr''"'”'
11. On peut communément difcerner l’écriture
ae iiecle en liecle.
12. L écriture curfîve ell tellement propre des
diplômes, qu on ne fauroit affigner aucun temps ,
aaqud on puiffe prouver qu’elle ne fût point en
^ i?^ De l’écriture romaine curfîve font nées les
écritures gothiques, m.érovingiennes, lombardi-
ques & faxones.
^ 14. Il efl impoffible de contrefaire d’anciennes
écritures , avec toutes les circonflances dont elles
lont accompagnées , piulîeurs fiècles après qu’eîîes
ont ceffe d erre en ufage.
ip. A la feule infpeétion d’un diplôme , les
antiquaires peuvent toujours prononcer avec cer-
titude/ur fon antiquité , quand on la renferme
dans 1 efpace de deux fiècles.
Corollaire. Il n’eft point de chartes fabrioutes
un temps confiderable depuis leur date, qui ne
“ ‘«x.ou
DIP
407
i<?. Lne charte, même authentique en aona^
rence, dont l’écriture aufîî-bien que celle de^es
dates, leur eÛ pefférieure de plufieurs fiècles
doit etre réputée faulfe. *
17. Si la date d’un prétendu diplôme authen-
que fctoit anterieure de plufieurs fiècles à fon
écriture, excepté celle de la date qui feroit ou
paroxtroit ou temps qu’elle annonceroit , cette
P ece ^en aevroit pas moins paflér pour fauffs.
^iiarte dont l’écriture feroitéi®!-
^needun ou de plufieurs fiècles de fa date fi
I écriture de la date ne différoit point de «fie
^iauts, elle devroit etre regardée comme vraie,
& la faute de la date rejettée fur l’inadvertance
du notaire ou de l’écrivain. uvcrtancw
19. Si l’écriture & la date d’une charte étoient
anterieures d un ou de plufieurs fiècles à l’écriture
I, iu pourroit pas conclure que
la chaire fur fauffe ; mais que la date auroit été
p“ wS" ' “
20. ^ Les dates de diplômes plus anciennes que
leur écriture, rendroient ces diplômes légitime-
ment ou violemment fufpecls, à" proportion oue
é"n--fn4f écritures feroient plus ou moinsc
eiOi£,nees les unes des autres.
fouvent juger de la vérité , oa
de la faufiete des chartes, par les petites notices
Q- aivers âges qu elles portent, fur le dos.
22. La diverfité d’écriture dans un acle
pas^un indice certain de fa faulTeté. En effet'
il n efj pas impofSble qu’un aéfe véritable foie
écrit de üeux mains.
C H A P î T R E V î I.
Fropofttions & règles générales fur les formules £«
U pyle aes Diplômes Qr> des autres aeies.
Propositions.
1. On ne doit s'attendre à trouver d’unifor-
mite dans lesformnles des ades publics, qu’autant
quv leur flyie elî nxe par les loix ou par l’ufage.
2. Très-rarement une formule devient-elle tout
d un coup generale, lorfquelie n’eft ureferite
par aucune Ici , ou que la néceffité , ou 'quelque
m.anffeftenree des conjo.ndures du temps ,
n oblige pas de i adopter.
3. Il faut quelquefcis plufieurs fiècles, pour
quun mage, déjà fort ordinaire, devienne uni-
forme.
^oî DIP
4. Plus les fiècles ont été ignorans , moins
• on doit exiger de pureté de Ityle & de régularité
de formules dans les aétes publics.
y. II ne faut point chercher d’uniformité de
ftyle dans les anciens diplômes , par rapport à
i’ufage ou à l’omiifion ce certains termes dans
le corps des aéles.
Règles générales.
î. Il ne faut pas rejetter des chartes, parce
qu’elles font en meilleur llyle que ne le com-
porte le fiècle auquel elles appartiennent.
Z. Quand un fiècle ne fournit qu’un feul exem-
ple d’un ufage devenu peu après affez ordinaire ,
il ne faudroit pas le regarder comme faux, ni
même comme fufpeél , s’il étoifluftifie par une
charte originale , ou quelqu'autre preuve équiva-
lente.
5. Une formule unique, même dans des pièces
non-authentiques & originales , n’eft ças toujours
fufpeéle } mais elle ne le doit jamais être , quand
la fingularité vient de la nature de la pièce, ou
de certaines formalités qu’on ne doit pas s’at-
tendre à voir renouveller plufieurs fois.^
4. Le petit nombre ou la rareté des chartes ,
, caraétérifées par certaines formules ou expreffions,
ne peut convaincre ces pièces de faux, ni les
rendre fufpedes.
y. Un feul mot fuffit quelquefois pour rendre
très-fufpeâie la charte où il fe trouve , quand
il eft certain qu’il n’étoit pas encore en ufage j
mais quelques mots qu’on conjeélure feulement
s’éloigner du génie du fiècle auquel la pièce fe
rapporte , ne fuffifent pas pour la foupçonner de
fuppofition.
6. On ne doit pas rejetter comme faux ou
fufpeéts les titres d’un fiècle fort éloigné , quand
ils portent des claufes , ou qu’ils ufent de for-
mules ou de termes uniques dans ces fortes de
diplômes, s’ils étoient alors employés , foitdans
d’autres ouvrages , foit dans des chartes diffé-
rentes , foit dans des pièces du même genre
chez des nations voifines.
Corollaire. On auroit tort de fufpedler des
diplômes, dont quelques formules ne fe trouvent
point dans des chartes du même temps , lorf-
qu’elles font très-communes dans d’autres pièces
du 'mêm.e fiècle.
7. Quand les formules font abandonnées au
caprice des particuliers , on ne peut rien con-
clure à cet égard au défavantage d’un titre , de
fa diffemblance avec un ou plufieurs autres actes
du même temps & de la même perfonne.
DIP
s. Une formule fingulière , & même unique
pour le temps où elle paroit , ne doit^ point du
tout être fufpeéte , fût-ce dans des pièces non-
authentiques, quand on la voir foutenue par plu-
fieurs exemples dans l’intervalle d’environ un
fiècle.
9. Des formules fingulières , deftituées'de tout
exemple , dans l’efpace d’un fiècle, dont il exirteroit
un nombre de titres fort confidérable, paroî-
troient fufpeéles , fi trois ou quatre fiècles plus
tard elles étoient devenues d’un ufage ordinaire.
10. La réunion déroutes, ou d’un grand nom-
bre de formules inufitées , chacune en particulier,
dans l’efpace de deux fiècles , mais devenues
trois oit quatre fiècles plus tard d un ufage uni-
verfel , lorfque la nature de la pièce ne femble
pas les exiger , répandroit au moins fur fa vérité
des foupçons très-vioiens.
11. Plufieurs défauts confidérabîes dans les
formalités intrinsèques , ne prouvent pas toujours
feuls invinciblement la fuppofition d un original
qui ne pécheroit par aucuns de fes caraéleres
extrinsèques.
II. Les moyens de faux ou de fufpicion , tires
du ftyle d’un diplôme , compare ave^c d autres
chartes de la même perfonne ou dumemefiecle,
font fujets à bien des méprifes.
IJ. On ne peut juger des copies non-authen-
tiques & récentes, que par les formules, le ftyle
8c les faits hiftoriques-
14. Si les formules d’une charte e'toient fi
monftrueufes , qu’elles n’euffent pas meme de
rapport avec celles du fiècle auquel la piece fe
rapporteroir, elle devroit paffer pour fuppofee.
ly. S’il fe trouvoit qu’en certain temps, ea
certain pays , les formules d’une efpece_ de di-
plôme euffent été uniformes , ceux qui appar-
ti'endroient à cette claffe , & qui neanmoins
s’écarteroient de ces formules , feroient fufpeas.
16. Les formules où l’on remarqueroit des
termes qui n’auroient pas encore été inventes ,
ou qui ne feroient plus d’ufage, mériteroient
d’être réprouvées auflî-bien que les chartes dans
lefquelles elles fe trouveroient,
17. C’eft une règle peu sûre, d’oppofera une
charte qu’elle renferme des fingularités dont la
coutume n’étoit pas encore établie , lorfqu onne
peut le prouver que parues argumens négatifs.
18. Parce que des prélats , des princes &
feigneurs fe louent eux - mêmes , ou fe laiffenc
donner de grands éloges dans leurs diplômes ,
en n’en doit rien conclure au défavantage de
ces monumens.
DIP
IJ. Il ne rautpas rufpeéter des chartes j quoi-
■cae les noms cies roîs & des reines j dont elles
prrisnt, n y Cient pas exprimés.
• "“'a f^nroit fonder un moyen de faux j
r.i meme de fufpîcion contre des diplômes ^ où
propres des mêmes perfonnes feroiént
cuicremment écrits.
Ce n eft pas une rrufon pour former des
ioupçons contre la vérité d"une lettre ou d"une
t.rarrej parce que les noms propres de ceux
qui les adi-eiTerofent. ou à qui elles feroient
hm7p“em’' défignés que par
d' ; Pes préd^éceifeurs
coi-ps ùu diplôme ,
t: ;;"e a î' Ægnatures, Sen de
lôiùr d “=“ p»« ”” ™"'f
_25- r-fcft pas rare qu’on croie avoir con-
vaincu des titres de faux ^ parce qu on les attribue
a qui ils n appartiennent pas. ataiDue
^^^^^3rtes ns doivent oas être ’-ei-’t’-éfc
comme fautes , parce qu’on a bien ou ma! rempb
xeiA.enc marques que par leur première lettre!
de^trad^-n-! de donation &
oe trad.aon , m leur diftinaion, ni la diverfiré
de la teneur de ces pièces, quoiqu’elles as! t
co™ fiuîS'/ '«
r.,KHâ ne foit point fait mention de
({% enartes de donation en faveur
d.s monalteres , cés pièces n’en font pas moins
exemptes üe furpidon, ^
D I P
409
coniui ne paroiifoient point, il y auroit de stands
inconveniens d’exiger cette for.malité des Sècks
ou Ion ne fe croyoit pas dans l’obligation ce les
oblerver.
■J-' dates générales &■ uniques ne four*
niilent nul moyen de fufpicioAn , ni par leur géné-
rante, ni par leur unité.
4. L omiffion d’une ou plulieurs des dates ,
comme du lieu , du jour , du mois , de l’année /
ne doit pas faire füfpedter tous les dioiômes où
1 on trouve ce défaut.
y. Quoique plulieurs notices fsient munies de
dates , i! n’elt point de chartes de qui on en
doive moins exiger.
6. Les notes chronologiques toutes feules,
priles féparément les unes ces autres, neproduifenc
guère de moyen de faux, ni même de fuipicion ,
lur la folidite duquel on puilTe compter.
7. Une charte feroit convaincue de faux par
une date lîngulière , s’il éroit moralement impolli-
ble que l’écrivain l’eût employée, ou fi les dates
étoient alors d’une uniformité inviolable.
8. Les dates , dont les formules n’ont nul
rapport avec ceUes qu’on obfervuit danslelîècle
auquel^ le privilège qui les renferme fut accordé,
le rendent tres-fufpect , fur-tout iorfque ces dates
conviennent parfaitement à un fiècle poftérieur.
Mais fi l’ecriture de roriginal qiiadre* avec ce
dernier fiècle, & non pas avec celui dont la
charte porte le ùom , il ne faut pas douter- de
la fuppofition de la pièce.
9. On ne peut rien conclure des dates fautives
des copies contre la vérité des chartes.
ay; L’exprelTion ts^r.c , ou ternroris em
P^oyee en parlant dune perfonne préfe.n'l
co,.co„,a„„ chartes, „e doit ph iS àir.
I-s’a'a?," P""*' -«P'S-ttsr ft
& dp ^ fokmneis, pour fervir de rède
& oe modeie a tous les autres, & prétendre
ISaS'Vjl ‘°"”= ’ P””
chapitre VIII.
Rrg-'es générales fut les dates des DiPzojf^s.
I. Le défaut total, ou l’omifUcn en-^ère- d=s
dates dans les^diplômes, n’eft pas ordinairemem
un moyen de raax , ni même de uilbicioù. ‘
romaines n’apDrcuvîfRnt
Puolics où ie jour & k nwai du
l:S y icme il.
^10. Üne erreur dans iz date des originaux
n’eft pas une raifon fuffifante pour les regarder
comme fiifpeas.. ( Voyez Mabillon , de re dlplorn.
p. 2ai , le 6 tome des œuvres de M. Cochin ,
p. iéz , 265. Défenfe des droits de l’abbaye de
S. Oaen, p. 173. )
II. II ne s’enfuit rien contre la vérité d’une
charte de la date régnante Ckrîfio.
11. Les variations dans les dates du règne des
mAnies princes, ne prouvent point la faufleté des
diplômes où elles Te trouvent.
Corollaire. Le fyltême des variations dans les
époques des règnes eil le feul véritable.
1 3 . Les dates du règne de nos rois variecUt
fouvenr entr’elles.
14. C’eil une règle très-kjstte à il’ufion que
'.e tenir une charte pour taulle,, feus prétexte
que fa date ne quadre pas avec la vr.u; éooGue
du règne d’un roi de France.
Tff
410 DIP
If. On tirera un moyen légitime de fufpieion
de la variation du règne des empereurs & des
rois I quand il paflera pour conllant que leurs
années ne furent comptées que d une feule époque. .
16. Souvent on ne fauroit concilier les années
des empereurs & des rois , qu en comptant ,
pour la première année- de leur règne , celle où
iis ont commencé à régner ; en forte que l’entrée
de l’année civile faflfe le commencement de leur
fécondé année de règne.
17. Pour concilier les dates des règnes j il faut
examiner fi les anciens parlent d’une année com-
mencée & incomplette, ou d’une année com-
piette & achevée.
18. Les argumens les plus forts contre la^verite
d’une charte , tirés de ce qu’il faudroit admettre
des variations dans les dates des princes , ne
forment ordinairement qu’une probabilité très-
légère , & fouvent même nulle.
19. II ne faut pas faire grand fonds fur les
fautes des dates .. foit de l’incarnation , foit de
l’indidlion J foit du règne, lorfque ces erreurs ne
font que d’un ou deux ans , félon notre manière
de compter.
20. On ne doit pas pofer pour principe qu’il
y ait beaucoup de chartes fauifes , dont les notes
chronologiques foient vraies : il fufnt de dire
qu’il fe trouve quelques chartes de cette efpèce.
21. S’il s’agit de copies, & fur- tout d’impri-
més , il y a beaucoup de diplômes vrais , dont
les notes chronologiques font fauifes; s’il s’agit
d’originaux , on ne doit pas avancer qu’il y. en
sit beaucoup, mais quelques-uns feulement.
22. Les additions des dates vraies ou fauffes ,
fur-tout lorfqu'elles font d’un ufage pcllérieur,
non feulement faites dans les copies, mais même
dans les originaux, ne doivent pas réduire ces
pièces au rang des- chartes fauffes ou fuppofées.
25. Une charte ne doit pas être regardée
comme fufpecie , parce que la date efi: citée
différemment par deux auteurs.
24 Une date marquée en chifre arabe dans
les imprimés, quoiqu’on ne fe fervit que des
chifres romains, lorfque la pièce, où elle fe
trouve , fut dreffée, ne peut lui porter préjudice ,
à moins que la conformité de la copie avec
l’original ne fort indubitable.
ij. Il ne faut pas rejetter des chartes pour
des dates inconnues de temps éloignés.
26. On auroit tort de s’infcrire en faux contre
des titres au même lieu , ou du même temps ,
qui varierpisnt dans ieur-s dates.
DIP
ij. K II eft ordinaire de voir de légères aité-
» rations dans ies monumens les plus authenti-
=15 ques 55. Nous ne balançons pas à faire une
rèale de ce principe. Le P. Germon conclut au
contraire de ces légères erreurs de dates , qu elles
ne peuvent venir que de fauffaires trop habiles ,
pour tomber dans des fautes énormes, & trop
peu pour ne pas fe tromper dans leurs fuppu-
tations.
28. Quand on trouve une certaine date dans
un fiècle , un royaume , on en doit conclure
qu’elle y étoit admife ; mais il n’en /aut pas
inférer qu’elle fût alors feule en vogue.
29. Si des témoignages précis d’auteurs prou-
vent qu’en cerrairis lieux & en certains temps
on commençoit l’année de l’incarnation de telle
ou de telle manière , on n’en peut pas toujours
conclure, qu’en ces lieux 8e dans ces temps tous
les aères eccléfiafiiques Se civils , de quelque
efpèce qu’ils fuffent, portaffent cette date.
30. Les dates annonçant des époques de règne
évidemment contraires à rbifloire confiante du
temps, doivent être rejettées , 8e entraîner les
pièces même dans leurs difgraces.
31. Si les dates ne contredifent pas formelle-
ment l’hiftoire 8e les monumens indubitables de
l’antiquité, elles doivent être admifes quoique
inconnues.
32. La différence des dates du règne des
princes dans differens diplômes , n’eft pas un
motif fuffifant pour les rendre fufpedes.
3 3 . B}g’e faulfe. L’erreur des dates dans une
charte originale paroît 8e paroîtra toujours une
preuve certaine de fauffeté.
34. 11 ne faut pas toujours regarder des chartes
comme fuppofées , parce que leurs datp fem-
blent fe contredire , & être contraires à cehes
de quelque auteur contemporain.
CHAPITRE IX.
Règles géînérales fur les foufcriptions ou. fignatures>
fur les f ce aux.
Article preîvîïer.
Règles fur les fgnatures.
• * '
1 . L’omiffîon des fignarures ne peur nuire , ni ^
la vérité , ni à l’authenticité des chartes , rnem£
originales, principalement quand elles
tefiées par un nom.bre de témoins , ou fcehee-
2. Les aéles publics n’en font^ ni moins vra^s,
ni moins authentiques , pour n’être fignes _qu
vec des croix par un ou plufieurs des témoins.
DIP
5 . D^s chartes fignées par des abfeas , ne font
pas pour cela fufpedies.
4. On ne doit pas rejetter les titres anciens
svoir été foufcrits par des perfonnes qui
” point encore au monde lorfquhls furent
expédies.
S- Les diplômes originaux , qui portent les
ngnatures de perfonnes certainement décédées
au temps de Jeur confeâion, doivent être re-
gardes comme faux, ou fallifiés, ou interpolés.
6. Il eft très-peu de lîgnatures précédées de
jignum, dont récriture foit de la main de celui
dont eft la ftgnature.
7. Des chartes vraies peuvent énoncer qu'el-
les font ratifiées, approuvées ou confirmées de
la main des intérefiés ou des témoins , fans qu’el-
les renferment aucunes fignarures de leur façon;
ou de qui que ce foit.
8. Les noms des perfonnes préfentes à la
confeétion des chartes , tiennent fouvent lieu
de fignatures depuis le VU. ftècle.
9. Pendant plufîeurs fiècies , la plupart des
grands, pour ne rien dire des eccléfiaftiques &
des prélats, ne favoient point écrire; ou s'ils
le favoient, iis ne vouloient pas fe donner la
peine de ligner.
lO- Une ftgnature n'eft pas toujours faulTe ,
pour n'être point de la main de celui dont elle
porte le nom.
_ I î. Les chanceliers n'ont pas ligné tous les
diplômes des rois de France de la fécondé &
îroifième race.
12. On ne peut légitimement oppoferlcs feings
ou monogrammes du même prince les uns aux
autres > à caufe de la diverftté dans leurs figures ,
ou dans leurs traits.
IJ. Les monogrammes des rois & des empe-
reurs ne font pas faux , pour n'être point faits
en forme de croix.
14. Des originaux ne font pas fuppofés ,
parce qu on n y trouve pas les monogrammes
qu'ils annoncent , ou femblent annoncer.
15. La cortiparaifon des fignatures véritables
avec celles qu'on révoque en doute, ne peut,
par rapport aux anciens diplômes , opérer un
moyen de faux, ni meme de violente fufpicion.
Les memes perfonnes écrivent quelquefois
différemment leurs noms dans leurs fignatures.
Voyez Mabillon, de re diplom. p. 1^4.
17. Souvent les mêmes perfonnages ufent de
diverfes formules en foulcrivant. De re diplom.
Ibid.
■ 18. Les fignatures des enfans ne rendent nul-
lement fufpeéies les anciennes chartes où elles
fe trouvent.
19. La diverfité des mains, qui ont fait les
fignatures d’une charte antique dans les pays où
le droit romain étoit en vigueur, ne prouve pas
qu'eile foit des mains de ceux dont elle porte
le nom.
20. _ La différence des écritures dans les feu-
feriptions prouve ordinairement depuis. le IX
lîecle , fur-tout dans les pays où l'on ne faivoit
pas le droit romain , qu'elles font véritablement
de ia main des foulngnés.
21. Des fouferiptions vicieufes par des addi-
tions , ou expiications inférées même dans les
originaux, ne doivent pas les faire rejetter.
Article II.
Règles générales fur les fceaux.
1. Tout fceau d'une forme beaucoup plus ré-
cente que la date du diplôme ne le comporte ,
doit être mis au nombre des fceaux fuppofés.
2. Un diplôme donné par un de nos rois de
la première ou fécondé race , & fceilé avec un
anneau, repréfentant ia tête de Bacchus, de Ju-
piter ou de quelque autre divinité payenne, ne
doit pas pour cela devenir fufpeét.'
J. Les images des fceaux, lorfqu’elles s'éloi-
gnent trop de la forme de celles du même ordre
& du même temps , & lorfqu'elies ont trop de
reffemblance avec de plus récentes , doivent palier
pour fufpeéies.
4. On ne doit pas traiter un diplôme de faux ,
parce que fon fceau repréfeate un prince , un
évêque, un grand feigneur, d'une autre manière
qu’on ne le trouve dans d'autres fceaux , ou mé-
dailles, ou rnonumens; ou parce qu'il ne paroît
pas relfemblant au portrait qu'en aura lailTé
quelque auteur contemporain.
5. On doit tenir pourfufpeéf un fceau , dont
la cire eft d'une couleur qui n’étoit pas en iifage
au temps du diplôme fceilé.
6. Si l'on apperçoit une cire onéfueufe, 8c
tant foit peu duéliie, mife au dos d'un ancien
fceau , ce feroit une preuve qu’on i’auroit déta-
chée d'un diplôme pour la faire fervir à un autre.
7. La tranfpofition d’un fceau d’une charte à
une autre , eft un moyen de faux légitime , mais
dont on peut s'alTurer avec un peu d'attention.
8. Si l'on tfbuve un fceau de cire pendant 3
une charte , dans le temps que l'ufage de fuf-
pendre cette forte de fceaux n'étoit pas encore
reçu 5 ou fi le fceau eft appliqué fur la charte ,
Fffij
412 DIP
lorfque Furage d^ppliquer ainfi la cire croît
abolî ^ on peut afiurer que îe fceau n’ell point
du temps dont la charte eft datée.
9. Un fceau qui fe trouverdit chargé d’armoi-
ries ayant ie XL lîècie j porteroit un caradère
évident de fauffeté.
10. Si la légende d’un fceau antique eft auftî
longue & dans le même goût de celles des bas
fiècles ; fi l’on y trouve un nom propre qui
n’ait pas encore été en ufage, on peut avec
raifon douter de la vérité du fceau.
ï I . On doit tenir pour faux , ou du moins
pour très-fufped un ancien fceau ^ dans Finfcrip- :
tion duquel fe trouveroit une formule récente,
par exemple ^ fi un évêque du XL fiècle s’y dîfo’t
évê(i^e par la grâce de Dieu & da fiege apoJîoU^ue ^
le fceau feroit vifiblement fuppo.^ç.
11. Pour 'juger de l’âge des fceaux,-i! faut
avoir égard aux lettres eniployées dans leurs lé-
gendes. Si donc l’on remarquoit dans un fceau
duX. ou XI. fiècle le caraélère gothique mo-
derne , on ne balanceroit pas à juger ce fceau
des bas temps.
13. Nulle copie non-authentique ne porte de
fceau J fans fe rendre fufpeéle de quelque mau-
vaife foi.
14. Beaucoup de chartes véritables & authen-
tiques ne font nulle mention des anneaux & des
fceaux dont elles font fceliées.
ï 3. Les fcèaux perdus , brifés & détruits , en
tout 011 en partie , foit par vétufté , foit par
quelque accident^ ne font point pour cela perdre
aux chartes leur autorité. Foye^^-Digefi. lib. 37.
ùt. II. ieg. î. §. 11.
16. Des fceaux contrefaits convainquent les
pièces de faux.
17. Le défaut de fceau dans les anciens titres,
même non-foufcrits , ne fuffit pas pour infirmqr
leur autorité.
18. Avant & depuis que les fceaux furent de-
venus communs & néceiîaires , iis ne fiippléèrent
pas -feulement au défaut de fignatures , niais ils
cinrent encore aftez fouvent lieu de témoins.
19. Des chartes antiques munies de fceaux ,
mais fans dates & fans fignatures , n’en doivent
pas moins être tenues pour authentiques.
CHAPITRE X.
Réglés gérJrales de Dom Mahillon.
1 . c' On doit être perfuadé, dit le P. Mahillon ,
que je n’ai lu, ni remarqué tout ce qui étoit
« nécelFaire pour la perfedion de mon ouvrage
D I P
,3 de la Diplomatique , & qu’au contraire bien des
chofcs m’ont échappé. C’eft pourquoi je defire
,3 Sr prie très - inftamment qu’on n’interprète
,0 point à la rigueur les règles que je donne ici
3= comme plus communes 3-.
2. « Pour faire un jufte difcernement des an-
33 çsens diplômes , il faut beaucoup de prudence,
33 d’érudition & de modération ; & quiconque
33 n’eft pas verfé dans l’étude de ces monumens ,
33 n’en doit pas entreprendre l’examen 33.
3. ce On doit toujours juger favorablement des
33 chofes , loffqu’eües font foutenues d’une longue
33 poffeifton , comme l’ordonnent les loix civiles
33 & canoniques 33.
4. ce Pour bien juger des chartes antiques, il
33 ne faut pas feulement avoir égard à l’écriture,
33 ou à une“ feule marque d’authenticité ou de
33 non authenticité , mais à la réunion de tous les
33 caractères de ces pièces 33.
f. ce Un ou deux défauts, pourvu qu’ils ne
33 foient pas eiTentiels , ne doivent pas porter
33 préjudice aux chartes originales 33.
G. ce Les témoignages des hiftoriens^ & des'
33 inferipnons ne doivent pas être préférés à
33 l’autorité des chartes véritables 33.
7. ce Les additions de l’incarnation , de l’in-
33 diction , de glofes & d’autres chofes fembk-
33 blés qui fe rencontrent, fur-rour dansles copies,
33 n’empêchent pas que les chartes ne foient
33 véritables =3.
CHAPITRE XL
Blegles particulières Jur les originaux , les copies ,
les diverfes ejpeces de C ha s.t s s ; fur U ma-
tière , rentre G' l’écriture des manufents & des
Diilômes.
Article premier.
Régies particulières fur les originaux , les copies &
les diverfes efpéces de C hartps.
1. Aux X. & XL fîècles les originaux peuvent
quelquefois être difeernés des copies par aes
courroies nouées.
2. II eft des originaux, fur-tout depuis le mi-
lieu du XL fiècle jufqu’au milieu du XIL ,_def-
titués de courroies & de fceaux , mais nvarus ce
fignatures réelles ou apparentes.
3. Une chatte de grande importance anteriewe
au X. fié le , ou poitérieure au milieu du NL
fiècle , fi elle eft dépourvue de fceau, de nesuçs
&c de toute fignature , doit palTer pour une CUpiS
ou pour un fimple projet d’aCte.
D I P
4. Avant le XIII. uècle , dans les affaires de
moindre eonféquente , des chartes originales
peuvent être privées de fceaux , de nœuds & de
fîgnatures ; mais alors la nomination des témoins
tient lieu de toutes ces marques. ^
5. Des copies renouvellées en France, par
rautoriré rovale , feroient idipecies avant le Vllî-
fiècle.
6. Les renouveîlemens des titres ne peuvent
être rufpeéts fous préteste de trop d’antiquité,
shls ne remontent au-delà du liècle de Charle-
magne.
7. Ce feroit un moven de fufpicion contre les
chartes renouvellées par les rois de France &
d’Angleterre, iî depuis le XIII. liècle -les pre-
miers ne commençoknt le corps de l’aéte par
vidimiis ^ 3c les Ciconds p2.t i/^fpexlrnus,
_ 8. On ne doit pas ordinairement fufpeâer les
vidimus ^ où les lettres ne font pas copiées telles
qu’elles font dans i’orisinal , Sc dont o.n a changé
leftyle.
q. Les vidimus même émanés de l’autorité
fouveraine , ne peiiyent pas Faire qu’une charte
fuppofee foii véritable.
10. Depuis le X. liècle des lettres oa aCles ,
fous le nom de fuggeftiones & fuggereni& ^ ne fe-
ront pas à couvert de légitimes foupçons.
11. Des indicules en forme de lettres poflé-
rieurs au X, liècle feroient fufpeâs.
12. Les pancartes royales qui énonceroienten
détail tous les noms des lieux , dont elles con-
firment la poffelTicn , feroient fufpeétes -avant le
‘commencement du IX liècle.
13. On .ne dillingue point sûrement les .notices
des autres chartes , parce que les premières com-
mencent ainli ; notum ^ noveritis , novtrint ^ nojfe
debetzs , &c.
14. Les notices des X. XL & XII. fiècles fe
dillinguenc ordinairement des autres actes, parce
que l’on y parle à la troiiième perfonne.
1 y. Une marque sûre pour diftinguer les no-
tices des VI. VIL Vlil.* & IX. iTècIes, c’eil
‘lorfqu’elies commencent par notitia qualiter^ &c.
16. Les carâêières des notices & des chartes
fe confondent fur la ên du XL liècle.
17. Des lettres qui depuis le XIII. liècle por-
teroient le titre de formées formats. , feroient
fufpecLes. Il en faut dire autant des lettres ap-
pellées tracioris ou tractatorîs.
i§. Depuis le XIII. Uècle les pièces intitulées
’commonitoria feroient fufpedteSi
DIP 413
19. Des aéles qui réuftiroient l’anathême avec
l’excommunication , non- feulement comminatoire ,
mais déjà lancée contre des perfonnes délîgnées ,
deyroient être rejettes comme fuppofés , s’ils
n’étoient poftérieurs au VIIL liècle.
2C. Avant ces temps il .ne faudroit pas rêgar-
ner comme fuipedtes des lettres cù l'on pr-anon-
ceroit en general des anathèmes , des excommu-
nic.atîDns, des^nwùeuiCîions c-ontre les ufurpateurs
des b^iens eccictiailiques, & les violateurs des
privilèges.
2t. Les fratuts portant excotnmnnicatio.n ipfo
facto , ne font guère plus anciens que le XIII.
liècle.
22. Des lettres d’interdit fur tout un royaume
p-anr le X. iîècle, feroient fufpedes ; malades
interdits fur des égîifes particulières & leurs
dépendances ne le feroient pas.
2?. En matière d’appel., des lettres antérieures
au X. fièt le , fous le nom àdapofolos , ou qui
en demanderoient J ne feroient pas exemptes de
fufpicion.
24. ^ Des lettres qualifiées patentes au XII liècle,
ne mériteroier.t pas d’être fufpeétées.
2) . L’ufage des chartes-parties , ou divifées par
cyrcgrapkum ou par quelques autres mots, re-
monte jafqu’au IX liècle.
16. Les chartes divifées par l’alphabet & par
des figures , étoient en ufage dès le XI liècle.
27. Une endenture ou charte dentelée-, por-
tant la date du X. liècle , ne devroit pas être
fufpectée.
28. L’ufage des chartes drvifées a duré jiif-
qu’à notre fiècle.
29. Les chartes-partie^ de fceaux , &
les endentures fans cyrographes , ne doivent pas
être fufpecles.
30. Les chartes de manumi.fTion ont eu cours
jufqu’au XVI. fiècle inclufivemenr.
ArticleII.
Réglés particulières fur la matière & rentre des
Diplômes.
1. Les plus anciens aâes confervés jufqu’à
préfent,^ font fur la marbre, le bronze & en
papier d’Egypte.
2. On ne connort point de diplôme en parche-
min antérieur au VI. fiècle.
3. Ü.ne charte latine, en papier d’Egypte ou
d’écorce , pcftérieate au XIII. liècle , pourrai*
être déclarée faujTe , au çoDî3ier.^aient du XIII,
très-fufpeae , pendant le cours du XII. !e foup-
çon feroit légitime î avant ce Cecle il perdroit
toute fa force.
4 Une charte de papier de coton , antérieure
au IX. fiècle, feroit fufpefte à jufte titre; plus
récente , îe foupçon n’auroit pas de fondement
par rapport à une pièce grecque.
5. Tout diplôme de papier de coton ^ expédié
en France ^ fur- tout dans les provinces fepte^
trionales , aufïl-bien que dans les royaumes du
Nord J excepté la Ruffie , feroit fufpeél ; mais
à peine le feroit- il dans les pays qui étoient en
commerce avec les grecs , & point du tout en
Grèce , & même en Italie , depuis ^e X necle.
6. Les fouDçons qu’on pourroit former contre
un ade de quelque importance fur ^ P/Uf-' “e
chiffes , depuis le commencement du XTl.îiecie,
feroient nuis, durant le XII. très-forts; aupara-
vant ils iroient jufqu a conviélion de faux.
7. Le papier & parchemin timbrés furent éta-
blis en Efpagne & en Hollande, i an i5'5'5' ; a
Bruxelles, en 1668 au plus tard, & en France
l’an 1673.
8. D’anciens titres en parchemin , après cinq
8c fix cents ans , 8c même davantage , peuvent le
trouver, & fe trouvent en eflfet_ prefque auffi
blancs 8c au0i propres que s’ils étoient récens.
9. La couleur enfumée du parchemin eft un
argument fort incertain pour ou contre 1 antiquité
des chartes.
10. Le velin des manufcrits 8c des diplômes,
jufqu’au déclin du XI fiècle ,■ eft blanc 8c très-
fin;" en forte que le plus fin dénote la plus grande
antiquité.
ïi. Depuis l’an icoo jufqu’à l’an 1400, le
parchemin eir plus épais 8c d un blanc fale. De-
puis cette dernière époque, fes feuilles font
d’une épaiffeur excelfive.
12. L’encre avec toutes fes teintes 8c fes cou-
leurs, n’eft pas d’une grande teffource pour la
vérification des manufcrits Sc des chartes.
13. Juger de l’âge de ces monumens félon
que l’encre eft plus noire , plus vive 8c plus
lüftrée, c’eft s’expofer à de grandes méprifes.
14. L’encre d’or, le rouge & le cinabre dans
les diplômes , ne les rendent point fufpeéts.
Article III.
B-égles particulières fur récriture des manufcrits G
des diplômes.
I. Il eft très-peu de manufcrits poftérieurs au
VI. fiècle , qui foient totalement écrits en lettres
capitales.
DIP
2. Au XI. on trouve quelques chartes entières
en ce caradère.
5. Le VIL fiècle fournit plufieurs diplômes
écrits en lettres majufcules onciales.
4. Cette écriture paroîtdans un grand nombre
de manufcrits , depuis le IV . fiècle jufqu’au IX.
inclufivcment.
r. La demi-onciale employée dans les manuf-
crits defcend à peine jufqu’au IX. fiècle.
G. Les lignes entières écrites fans diftindion de
mots, caradérifent les manufcrits antérieurs à
Charlemagne , 8c les diplômes plus anciens que
Pépin- ie-Bref.
7. L’écriture minufcule , en ufage chez les
Romains, & depuis chez les peuples barbares ,
qui démembrèrent l’empire , fut renouvellée !ous
Charlemagne.
8 Des diplômes écrits en ce caradère aux
Vni. 8c IX. fiècles 8c les fuivans , ne doivent
point être fufpeds. .
9. Des diplômes, dont toute ou feulement une
partie de l’écriture eft en lettres majufcules^ou
en petit romain non lie , ne aoivent pas etra-
fufpedés du côté du caradère.
10. Dès les premiers tems l’écriture curfive
romaine fut en ufage , 8c donna naiflance aux
écritures nationales du même genre.
1 1 . La curfive francogallique ou mérovingienne ,
plus compliquée 8c plus obfcure que la romaine,
fut celle des diplômes de tous nos rois de la
première race.
II. Elle va toujours en fe rapprochant de la
minufcule romaine non liée , depuis la fin du
VIII. fiècle jufqu’au commencement du Xil.
13. Des notes de Tiron dans les diplômes de
la première & fécondé race de nos rois , & dans
ceux des premiers empereurs d’Allemagne, Is-
roient des caradères favorables.
14. La fufcription ou première ligne d un di-
plôme des rois de France de la o'd
fécondé race , ou des premiers empereurs d ^
magne, ne le rendroir pas fufped, pour ne
pas écrite en lettres hautes 8c alongées.
I c. Quelques reftes du caradère mérovingien
ou carolin rendroient fort fufpeds des d^plom
poftérieurs au commencement dü XIL necle.
i6- Les manufcrits 8c les chartes du IX- 8c X.
fiècles offrent beaucoup de veftiges' de la cari .
mérovingienne.
17. Au XIL fiècle , l’écriture vifigotbique ott
gothique ancienne , cefifa ^d’être d’un ufage co 1
mim chez les efpagnols.
i8. Au même fîècle , le caractère lombardique
dans les diplômes d'Italie , ne feroi: pas un moyen
de fufpicion.
ipr L'Angleterre abandonna récriture faxone ,
& employa la françoife dans les chartes & les
livres fous le règne de Guiilaume-le-Conquérant.
20. Depuis le XII. fièclcj plus récriture ap-
proche du XVI. , plus elle dépérit & devient diüi-
cile à lire.
21. Le nouveau caraélère gothique paroît dans
les manufcrits & les chartes j dès l'entrée du
XIII. fiècle.
22. Dans ce même fiècle ^ plus qu'en aucun
autre , l'écriture de la chancellerie varie félon la
diverfité des notaires ou fecrétaires.
23. Dans les chartes du XIII. fiècle , cin-
quante ans peuvent opérer , par rapport aux écri-
tures J le même effet qu'un ou deux cents ans dans
celles des autres fiècles.
24. Les .abréviations devenant plus fréquentes
dans les manufcrits & les chartes ^ marquent une
moindre antiquité ^ à raifon de leur augmen-
tation.
25 . La' multitude exceffiv'e des abréviations
caraélérife les aétes & les manufcrits des XIII.
XIV. Sc XV. fiècles.
26. Dans les manufcrits de fix à fept cents
ans , la conjonétion &' fe trouve fouvent mar-
quée par une ligne courbe ^ ou horizontale entre
deux points •r'
27. Les diplômes où les noms propres font
marqués par les feules lettres initiales, ne doivent
point pour cela devenir fufDeâs, fur-tout depuis
k IX. fiècle.
28. Dès le X. fiècle , dans lès diplômes , on
commença à mettre des accens aigus fur les deux A
de fuite , pour les diltinguer de Vu , cancellarn.
29. Les manufcrits & les diplômes originaux ,
©ù les points font régulièrement placés fur les i
avant le XlVi. fiècle, doivent palier pour fafpeéts.
30. Les accens furent en ufage dans l'écriture
dès le tems d'Augufte , & dans l'âge d'or de la
latinité.
51. La mode de faire entrer la conjonétion &
dans les mors comme dans p & tite , ceila dans
le XII. fiècle.
32. On ne trouve point la diphtongues, mais
un fîmple e dans les manufcrits & les chartes du
XIII. fiècle & les deux fuivans , quoiqu’elle
paroifle fouvent fur les fceaux.
)
33. Plus on remonte au VII^ fiècle, & plus
on trouve de barbarie dans les figures , dont les
manufcrits font ornés, hiais leurs lettres h-ftoriées
& leurs miniatures commencèrent au XV . fiècle
à fe réconcilier avec la belle nature.
34. Les lettres r & c des chartes & des ma-
nufcnts fe confondent depuis le XIII. fiècle ,
par une trop grande reilemblance de leurs figures j
c'eft un des moyens que David Calley propofe
pour juger de l'âge des écritures.
3 J. Après le commencement du même fiècle ,
tes figures de Vn & de Vu ne furent plus ordi-
nairement diftinguées l'ur.e de l’autre 5. mais on.
mit fouvent deux accens fur Vu.
36. L’e fimple eft fréquemment mis pour la
diphtongue a dans les infcriptions & les manuf-
crits les plus anciens. Il ne, faut donc pas donner
pour règle que les fimples e caraéîérifent les mo-
numens du XII. ou XlII. fiècle.
CHAPITRE XII.
Règles particulières far le fiyle & les formules deS
diplômes & des autres actes , fur les .claufs pénales
&* les annonces des précautions prfes pour authen-
tiquer les pièces.
Article Premier.
Règles fur le ftyle des actes eccléfiafiiques .
1 . Dès le IV. fiècle , les évêques mirent à la
tête de ieurs lettres & de leurs aftes, diverfes
invocations , enveloppées fous des fymboles ,
tels que le labarum , la croix , Talpha & l'o-
méga , ou eK'primées par différentes formules.
2. L'invocation s'elt toujours maintenue en plu-
fieurs aétes eccléfiaftiques & dans les tellamenSj
les aûes de foi & d'hommage, &c.
3. On ne doit pas acculer de fuppofition les -
diplômes. & les actes les plus antiques-, parce
que les prélars s'y difent évêques ou abbés par
la grâce de Dieu.
4. Quoique dès le XII. fiècle quelques prélats
aient employé i'exprelïïon d'évêques par la mi-
féricerde ou par la grâce du faint-jiègt ^ elle n'a
paffé en formule qu’au fiècle fuivant , & fur-
tout depuis la bulle par laquelle Clément IV.
prétendit que la difpofition de tous les bénéfices
apparrencit au pontife romain.
5. Dans les quatre premiers fiècles , le titre
d'évêque & celui de prêtre font fouvent con-
fondus.
4î(?
DIP
6. Les acles & les lettres^ où les évémies
nrennent le titre de Prêtres , pendant ksfieaes
XI. XII. & XIII- , ne doivent pom.. pa.oiae
lùfpects.
7 Jüftu au milieu du VIÏÏ. Lècle, le titi^ de
Dâpê fut donné aux évêques; mais dans la fuite
si ne leur fut attribué que rarement.
8. Ofvauroit tort de tenir pour fufpeas les
aâ;es & les diplômes des VI. VIL & ViL. ne-
cles , par la raifon que le titre d archevêque y
eft donné à des primats ou à desméîropoiitai.nSj
& même à certai.ns évêques.
Q. Depuis le I\L dècie jurqu’au I|s
lettres de ferviteur de J. C. , de pec.neur, ~*e
fervrieur d’un farnt titulaire , de lerviteur des
ierviteuvs , d’évéque humble & indigne ^ oe fervi
teur du trouc*eau de J. C- , Scc. , font des titres
favorables à la fincérité des lettres & des cnar-
î£s épifcopales.
10. Pendant le X. fiècle & les deuxjuivans ,
plufieurs prélats fe donnèrent à eux-mêmes ^
reçurent des titres & des éloges magnmques, lans
que la plupart abandonnaflent les çxpreiiîons
iîifpirées par l’humiiité chrétienne.
11. Les rois carlovirigier.s traitoient les abbés ^
& à plus forte raifon les évêques ^ è:uh>-fires- &
de révérendijfmies.
r-,. Pendant le X. fiècle & ks deux fuivans ^
les titres dhiluares & d ulullriÆnies , de révé-
rends J de révérendaHmes j de n ès-renommes ,
de glorieux , de magnifiques , de nobles , de
grandeur J d’alteîfe , de ma^eâe , &c. etoient ue-
filrés aux prélats non - feuierneRt par ks notaires ,
mais encore par des perfonnes en place.
i2. Les titres de prince, de duc, de comte,
de conful, pris par' des prélats avant le XL
fiècle, feroiênt fufpeaer un diplôme.
\A. Dès le XL fiècle plufieurs évêqués mar-
quèrent dans leurs chartes' le raii^g qu iis tenoient
parmi ieius préttéceüeurs de meme nom.
1,'. Depuis k IV. uèck jufquku XII. la qua-
lité de frère donnée à des évêques par ks abbés
& les moines, ne renciroit pas un awte fuipeét.
16. Anciennement les ab&és , honorés ^du fa-
cerccce , ne recevoient &. ne preneient fouveut
que le titre de prêtres.
17. Au IV. fiècle, & dans le fui vaut, quel-
ques évêques mirent leurs nems & leurs qualités
non à la tête , mais au bas de leurs lettres,
contra l’ancien ufage.
iS. Les chartes vidimees commencèrenr , au
plus tard au XIII. fiècle , .à porter cette formule ,
Üttcrjs non cancdlatas , non. abolitas , nec h cliqua.
Jui patte vUiü'as,.
DIP
ArticleII.
Réglés particulières far les fuferiptions & le flyle des
DtPLÔitEs donnés par les princes.
I. Les invocations exprimées par des fymbcles
8c des traits raonogrammatiques , ou exprimées
tout au long , furent employées dans ks diplô-
mes originaux des rois de France delà première
race.
1. Les empereurs romains &ks rois wifigots,
Sc anglo-faxons des VI. VII. 8c V'IIL^ fiècles ,
comn-Tençoient leurs édits & leurs diplômes par
des invc'cations formelles.
On pourreit tenir pour fufpeéles les chartes
de Pépin - le - Bref, qui renfermeroient des invo-
cations écrites tout au long au commencemeRt
de la fufeription ; cependant D. Mabiilon ne veut
pas qu’on ks rejette fans examen.
A. Tous les n-plômes des empereurs d’Occi-
derit , jufqu’erîviron le commencement du XIII.
fiècle , renferment des invocations.
p. Depuis Charlemagne , Tufqu’à Pbibppe-Ie-
Bel inc'unvement , tous nos rois ont commence
leurs diplômes, au moins les plus importans ,
par dîverfes invocations formelles.
6. L’invocation de la fai.nte Trinité , ernployée
par Charks-Ie-Chauve , diftingue fes diplômes^de
ceux de Charlemagne , & fe maintient jiifqu’au
règne de Philippe - le - Bel irxlufiveme.nt.
7. Les rois de France , avant le X. ^fiècle, &
les rois ou empereurs d’Allemagne , n’ent jrar.ais
u^é dt nos dans la fufeription de leurs chartes.
Coroüair.e. De là l’abbe Godfrci conclut qu a
iufte titre, en conféquence de cette exprefl’ion,
le diplôme d’Otron , confetve à Magdebourg ,
a été'accüfé de faux par Leabéras.
8. Ouelques-uns de nos rois , au IX. fietL >
firent précéder leur nom du pronom^ ego nans
leurs fuferiptions , mais cet ufage ne devint tort
à la mode qu’aux XL & Xll. hecks.
9. Le titre d’homme illufire wt ou èq-i"
tris., a été pris par tous les rois detw-r-ance, }U.
qu’à Charlemagne inclufivement-
10. Quoiqu’on pût regarder comnfe fufp-dr ™
. diplôme où quelqu’un des rois mérovsngîens
prendroit pas dans La formule initiale le trtre ue
vir inlufier, on ne devroit pas k re}etter couîms
faux, s’il n’avoit point d’autre vice.
II. Cn doit regarder comme înduP.uabie^ L*
diplômes de Piprn - le - bref, qui , exempts ‘-i a'-
î leurs de toct autre défaut , •porterotenc ^
l fuicriptioiî vir inlujhtr ■& gracia Dec, ^
DIP
DIP
ï 1. On ne peut ordinairement décider du Tort
des diplômes par leurs formules initiales.
15. On ne doit pas exiger que toute charte,
donnée fous la première race de nos rois, foit
abfoiument conforme aux formules de Marculfe.
14. La barbarie du ftyle & Torthograp^ vi-
cieufe , loin de nuire à la vérité des plus anciennes
chartes . en deviennent la preuve depuis le VL
fiècle jufqu^au XL
If. Toute charte en original, foit qu’elle fût
donnée au nom du roi , foit qu’elle eût pour
auteurs des particuliers laïques, feroic au moins
fufpeéfe , fi fon orthographe étoit régulière ,
depuis le VL fiècle jufqu’à Charlemagae.
16. L’énumération des diverfes efpèces de
biens , renfermés dans la donation d’un fonds ou
d’un domaine , loin d’être un titre de faufieté
dans les chartes mérovingiennes & carlovingien-
nes , ell un caractère propre à prouver leur vérité.
17. Avant le VIL fiècle , des diplômes où
nos rois parloient au pluriel, ne doivent point
pafl'er, ni pour fuppofés , ni pour fufpeâs.
18. On ne doit pas rejetter les diplômes,
où Charlemagne n’étant encore que roi , eft qua-
lifié empereur , ni ceux où le titre de roi lui
eft donné , après qu’il fut parvenu à l’empire.
1 9. Jamais les rois de France n’ont marqué à
la tête de leurs diplômes, le rang qu’ils tenoient
parmi ceux de leur nom ; au lieu que les autres
îbuverains , depuis le commencement du X. fiècle,
ont fouvent pris le titre de premier , fécond ,
troifième, &c.
20. Le titre de roi donné à Eudes , avant ou
après fa mort , par Charles - le - Simple , n’eft
point un motif légitime de fufpicion contre un
diplôme.
21. Le titre d’illuftre, donné aux comtes par
les rois carlovingiens , cefia de l’être par les
premiers rois d’Allemagne.
21. On ne connoît point de plus ancien mo-
nument, qui faffe mention du droit de juftice,
accordé à des feigneurs laïques, qu’un dipiôme
donné l’an 81 f par Louis-le-Débonnaire.
23. La première fois qu’on trouve le nom de
fief feodum , c’eft dans une conltiturion de Charles-
îe Gras, reconnu roi de France i’an 8Sf.
24. Au fiècle fuivant , on confondit les fiefs
avec les véritab'es alleus, & l’on employa dans
les chartes le terme d’allet^ pris en géhéral, pour
fignifier toute forte de poffelfion.
25. Il ne faut pas regarder comme fuppofés
tous les diplômes d’empereurs , dans lefquels on
Antiquités , Tome II,
417
troureroit ces termes , curia nofira , ou caméra
nofira^ avant Oîton I.
26. Les chartes qui, avant Charîes-le-SimpIe ,
en france, & Henri - l’Oifeîeur, en Allemagne,
fuppoferoient qu’on auroit pofiédé des duchés
ou comtés en propre, & par forme d’héritage,
doivent pafîer pour faufles.
2.7- ^ Avant Henri - rOifeleur, en Allemagne,
& Robert, roi de France, les diplômes où ces
mots principes noftri Sc autres femblables feroient
employés , ne devroient pas être regardés comme
faux.
28. Le titre de principauté attribué à des fei-
gneurs avant Conrad I, en Allemagne , pourroit
rendre une charte fufpeéie.
29. Celles où des gentilshommes & des fei-
gneurs particuliers font appellés princes, fur-tout
dans le XL fiècle, ne doivent pas être rejettées
à caufe de cette qualification.
30. Sous la première race, & quelquefois fous
la fécondé & la troifième , les fils & les filles
des rois portèrent le titre de rois & de reines.
31. Les chartes où les rois de France des XI,
& XII. fiècles prennent les titres d’empereur 8c
d’augufte, ne doivent pas être fufpeélées.
32. Le titre de roi, tout court, eft tellement
propre à Conrad, premier roi d’Allemagne , qu’un
dipiôme fous fon nom , qui ajouteroit à rex les
mots Aiamanis., Germania. , Francis, orientalis , &c. ,
paroîtroit fufpecl.
33. Dans un diplôme de Conrad I, de Henri I
& d’Otton I , avant la défaite de Berenger , roi
d’Italie, ce feroit un moyen de faux des plus
forts , qu’on leur donnât le titre d’empereur.
34. Il ne faudroit pas réprouver des dip'ômes
d’Otton I, où, depuis l’an i , ilfe quaiifieroit
empereur ou auguftc.
3/. Quoique les titres de roi des François , ou
des romains, foient extraordinaires dans les di-
plômes de Conrad I, & celui de roi des romains
dans ceux des rois François ou allemands , anté-
rieurs au XL fiècle, ce ne feroit pas un motif
légitime pour fufpeéîer un diplôme , qui n’auroit
point de plus grand défaut que cette fingularité.
30. Les chartes des particuliers où Conrad I,
Otton I J avant fon premier voyage en Italie ,
& Henri I feroient qualifiés empereurs , ne fe-
roient point fufpedes.
♦
37. I! ne faudroit pas fufpefter des diplômes
où l’empereur Henri I ne prendroit que le titre
d’avocat, ou avoué des romains, ou d’A^ugufte.
38, On ne doit pas rejetter les chartes des
Ggg
5|I§
D I f
empereurs d’Allemagne, où, avant Frédéric ï,
ils ie qualifieroient femper augufius.
•’o Des diplômes qui, avant le X. fiècle ,
accordent à des églifes, ou a des pamcuuers
des terres en fouverainete , doivent pafler pour
faux ou très fufpeéls.
40 Les diplômes des rois de France de la
nr^mière & de la fécondé race, qui accordent
à des églifes & à des monaftères l'exemption ce
toute jurifûiélion des juges publics ou royaux,
ne peuvent être conteftes.
41 . Le droit de battre monnoie accordé aux
églifes & aux monaftères, avant Charles-le-birople,
en France, & Henri - l'Oifeleur , en Allemagne ,
ne prouve point la fauffeté des diplômes ou il
porte.
Articie III.
Règles particulières fur les imprécations , les claufes
pénales , dérogatoires , & les annonces de précau-
tion pour authentiquer les Difzômes.
I Les formules d'imprécation dans les actes
eccléfiaftiques , mifes en ufage dès le IV. A &
VL fiècles , n’ont fini qu apres le mmeu duAlV.
2. Les peines pécuniaires portées dans les char-
tes eccléfiaftiques , ne les rendent pas fufpeétes
depuis l'an 656 jufqu'au XIV. fiècle.
3. Depuis le bommencement du XII. fiècle,
la claufe falvo jure , dans les pièces émanées de
la puiitance eccléfiaftique , eft un caraétère favo-
rable.
4. L'excommunication ipfo facio , réellement
encourue fans autre jugement , pourroit rendre
fufpeâs les aéles antérieurs au XIII. fiècle, où
elle fe trouveroit.
5. Les adtes où les évêques n'épargnent pas
les anathèmes contre leurs fucceffeurs , qui alié-
neroient ou s'empareroient des biens donnés aux
églifes & aux monaftères , ne doivent pas être
rejettés.
6. Depuis l'établiffement de la monarchie fran-
çoife, on ne doit pas fufpeéter les anciennes
chartes de donation ou de ceffion , fous prétexte
quelles impoferoient des peines corporelles ,
pécuniaires & fpirituelles à ceux qui oferoientles
attaquer.
7. Nulle charte ne doit être rejettée comme
fufpeéte, parce qu'on ne trouve plus dans les
églifes , ààns les tréfors , dans les archives , les
fymboles d'inveftitures qu'elle annonce.
8* Des chartes confervées dans toute leurinté-
grité, annonçant des fymboles d'inveftiture com.me
y étaEî attachés, Ee**doiyent point pafler pour
D I F
erlginaîes, fi ces fymboles nV paroi'flent plus,
& s'il n'en refte pas du moins quelque trace.
9. Si une charte , annonçant une certaine ef-
pèce de bâton comme attaché au bas de cette
pièce^ en avoir un d’un autre bois , ce ne feroic
pas ime preuve certaine de faufîeté , mais qu'on
l’auroit détaché du bas de h charte , & que fe
trouvant confondu avec plufîeurs autres , on au-
roit attaché de nouveau un bâton pour un autre.
10. Un fceau de cire d'une autre couleur bien
marquée que celle qui feroit annoncée dans la
charte même, feroit un indice de faux.
11. Une charte royale , annonçant un mono-
gramme qui n'y auroit pas été tracé , n'en feroit
pas moins vraie , ni moins authentique , fi elle
étoit fcellée ou fignée.
12. Les aéles où il n’eft rien dit de i’appofi-
tion du fceau , quoiqu'ils aient été fcellés , ne
doivent point paffer pour fufpeéls.
15 . La feule annonce du fceau dans une charte,
prouve qu'elle n' eft point originale , lorfqu'on n'y
découvre pas le moindre veftige de fceau.
G H A P I T R E X I I I.
Rèoles particulières fur les dates , les fceaux , les
fignatures des Diplômes & des allés , tant des
> ecciéfiafiiques que des laïques.
Article premier.
Bée gles particulières furies dates,
1. Les dates du jour, du conful & de rindiéiion
fe montrent dans les aétes eccléfiaftiques des IV.
V. & VI. lîfclês.
2. Les évêques d'Efpagne & de France com-
mencèrent , dès le VI. fiècle , à dater leurs actes
du règne de leurs rois.
3. La date de l'incarnation, ondes années d«.
J. C. J dans quelques aûes publics , avant le VllL
fiècle , n'eft pas un moyen fuffifant de faux , u
ce n'eft qu'ils fufleiit antérieurs au commence-
ment du VI. fiècle.
4. Depuis l'an 740 , la date de l’incarnation
ne doit pas faire naître le moindre foupçon contre
ks aéies des conciles , même de France.
y, La multiplication affeftée des dates oand^
chartes, n'eft point une preuve d'impofture j
l'on ne doit pas former des foupçons défavant-^
geux aux pièces où elles fe rencontrent , '
fièrement depuis le IX. fiècle jufqu'au XI •
G. Depuis le VIII. fiècle jufqu'au XV . ks dates
de i'épifcopat , de l'ordinàtion & du pontm
DIP
ce doivent pas rendre fufpeds les adtes où elles
fc trouvent.
7. Un diplôme des rois mérovingiens feroit
faux, s^il portoit la date du confulat ou des années
des empereurs.
8. Nos rois de la première race n’ont daté
que très-rarement leurs diplômes de l’indiélion ,
quoiqu’elle fut employée alors dans les conciles.
9- Nul diplôme fincère des rois mérovingiens ,
qui foit daté des années de J. C. ou de l'incar-
nation : lî cette date y paroit, c’eft qu’elle y a
été ajoutée par une main poftérieure.
îo. La formule feliciter-ç& fréquente à la fin
des dates & dans les foufcriptions des diplômes
royaux , antérieurs au XL fiècle.
1 1 . Les dates de l’indiélion & des années de
l’incarnation , dans les diplômes des rois d’An-
gleterre du VII. fiècle, ne font nullement fuf-
peéies.
•
_ 12. Les diplômes de Charlemagne, datés de
l’indiétion Se des années de l’incarnation , avant
& depuis qu’il fut empereur, ne doivent point
être rejettes , fi d’ailleurs ils ne font pas répré-
henfibles.
13. Charlemagne & Otton I, aulfi-tôt après
leur élévation à l’empire , ont compté les années
de leur règne , comme fi elles avoient été ter-
minées à cette dernière époque , en forte qu’ils
en ont omis les mois qui refioient à compter de
leur règne , pour en rendre les années complettes.
14. Dans les chancelleries impériales & royales
de France & d’Allemagne , fur-tout pendant le
IX. fiècje, les années des règnes fe comptoient
quelquefois en marquant une nouvelle année au
commencement de chaque année civile , en forte
qu’un prince qui n’ avoir régné que pendant quel-
ques mois d’une année, com.ptoit la fécondé an-
née du règne aprèsle" premier de Janvier de l’an-
née fuivante , & ainfi des autres années du
règne.
L’indiéiion romaine fut fuivie au moins
depuis le IX. fiècle jufqu’au XIV. , quoique cet
«fage ait éprouvé bien des variations. L’indiâion
conftantmienne , employée dans le même fiècle,
devint la plus commune en France Sc en Angle-
terre au XIV. & XV. fiècles.
16. L’indiction très-rare dans les diplômes de
nos rois , avant l’empire de Charlemagne , fut
ordinairement employée par les carlovingiens &
les capétiens , jufques vers le milieu du XII.
fiècle.
^17. Avant Charles-le-Gras qui- commença à
régner en 876 , la date des années de l’incarna-
tion étoit rare dans les diplômes de nos rois 5
D I P 41^
mais depuis elle y fut fréquente , fans être néan-
moins d’un ufage ordinaire avant Hugues Capet.
iS. La formule régnante Ckrifio fut commune
dans les chartes , au plus tard depuis le VI. fiècle
jufqu’au XII. , mais ordinairement elle étoit ac-
compagnée d’autres notes chronologiques^
19. Les feules fautes de Chronologie ne font
pas une raifon fuffifante pour rejetter les diplômes
& les autres aéles où elles fe trouvent , à moins
qu’elles ne foient intolérables.
20. Les chartes dont les dates s’écartent d’une
ou deux années de notre ère vulgaire , fur-tout
au XL fiècle , ne doivent pas pour cela paroître
fufpeéles.
21. Un aéte qui feroit daté de l’an de grâce,
anno gratl& , avant le XII. fiècle , feroit fufpeét.
22. Une charte du IX. fiècle ou des fuivans ,
qui feroit feulement datée de l’année courante ,
fans ajouter les centièmes ou le millième , ne
devroit pas être rejettée.
23. Dès le XL fiècle, au plus tard, l’ufage
de commencer l’année à pâques eut cours, fans
donner l’exclufion aux autres calculs 5 mais il
ne fut le plus commun que dans le XIU. & XIV.
fiècle-
24. Les dates en chiffres arabes rendroient fuf-
peéles les chartes où elles fe trouveroient , avant le
XVI. fiècle.
2 J. D.epuis le VII. jufqu’au XIII. fiècle , on
a une multitude de titres dépourvus de toutes
dates , lefquels n’en font ni moins vrais , ni moins
valides.
2é. Des lettres royaux des XIV., XV. &
XVI, fiècles , ne doivent pas être fufpedes ,
parce qu’elles font datées d’un lieu où les rois
ne pouvoient être.
27. Les fentences des baillis & de leurs lieu-
tenans , datées de Paris, hors leur territoire , font
exemptes de fufpicion.
Article IL
' Règles particulières fur les foufcriptions C- les
fgnatures.
1 . Depuis le IV. fiècle jufqu’au XIII. , des
aâes lignés après coup par des évêques abfens ,
ou fouferits par des évêques ou des prêtres pre-
fens pour des abfens , ne doivent point être
rejettes.
2. Les fignatures d’évêques &d’abbés , qui n’ex-
priment pas leurs Cèges & leurs églifes, ne rendent
pas fafpeéts les lettres Sc les aêtes où elles font
G g g ij
contenues, depuis le IV- fiècle jufqu au XII. in-
clufivemerK.
3- Depuis le IX. fiecîe jufqu au XIV., les
Ciiâttcs où les croix tenant lieu de fignaturcs ^
£Qj-j^çes , non de la main des fourcnpteurs ,
mais de celles des notaires , doivent être admifes
fans diificulté , fi elles n'ont point d'autres dé-
fauts : la même règle à l'égard des S barrées qui
précèdent les noms fouferits.
4. L'ufage d'écrire d'une feule & même main
les noms des témoins au bas des actes, fans autre
fi^nature que celle de 1 ecriv'ain , commença au
pkTs tard dans le VIII. fiècle , & fuffit pour la
validité des chartes jufques vers le milieu du XII.
fiècle.
5. Les chartes épifcopales , fignée^s par des
monosrammes , ne doivent point etre lufpeéles ,
fut-tout depuis le IX. fiècie , jufqu au Xll. in-
clufivement.
6. Les aûes des oréiats contrefignés par leurs
fecrétaires, avant le XV. fiécle , feroient fuf-
peéts.
7. Les rois de France de la première race
mettoient ordinairement, de leur propre main,
leur nom , & quelquefois leur monogramme aux
diplômes qu'ils faifoient expédier.
8. Jamais roi mérovingien ne figna les plaids ,
les arrêts & les jugemens rendus en fa préfence
par fes principaux minlftres ; feulement illesfaifoit
vérifier par un de fes référendaires , fous la claufe
recognovit.
• 9. On peut légitimement fufpeûer un diplôme
des rois mérovingiens , poftérieur au VI. fiècle ,
où les référendaires , chanceliers ou notaires ,
prendroient ces qualités.
10. Piufîeurs diplômes des rois de France de
la première race , & un plus grand nombre de
la fécondé , font fouferits par des évêques , des
abbés & des feigneurs. Ces diplômes , revêtus
d'un nombre confidérable de fignatures , font les
plus importans.
11. Sous les quatre premiers rois de la troi-
fième race J la plupart des diplômes royaux étoient
lignés d'un grand nombre de prélats & de fei-
gneurs.
12. Dans les diplômes les plus importans du
roi Henri I. & de fes fuccefleurs , jufqu'à Phi-
lippe-le-Bel inclufivement , les noms ou titres
des principaux officiers de la couronne font mar-
qués au bas de ces actes.
13. Les premiers rois de la troifième race fouf-
crivent fouvent aux chartes des particuliers. Les
ducs de Nonaasdie en ufent de raê.Tie 5 la raifon
en eft que ces aûes îi'avoient ordinairemenî de-
force , qu'autant qu'ils étoient autorifés de ces
princes , ce qui fubfiftoit encore au XIV. fiècle.
14. Une charte qui, fous Charlemagne & fes
fuccefleurs , feroit contrefignée , avec la claufe
obtulit , feroit fufpeéte.
ly. Les chartes même royales, qui depuis la
fin du XII. fiècle portsroient la claufe recognovh^
ne devroient pas faire foi.
16. Sous la première race de nos rois, leurs
référendaires ou notaires avoient coutume de figner
les lettres royales 3 ils les fouferivoient tantôt
feuls , & tantôt après les rois.
17. Sous les rois mérovingiens , les chartes des
feigneurs ou particuliers étoient communément
fignées & atteftées par un grand nombre de té-
moins.
18. A compter depuis Charlemagne , les rois
de la fécondé race ne fignèrent que par des mo-
nograrmmes,
19. En Allemagne, tous les monogrammes de
Conrad I. , de Henri I. & d'Otton I. , ayant
l'an 960 , qui renfermeroient les lettres à'Aii-
gujîui ou d’Imperator ^ feroient faifx.
10. Avant Otton IL, tout monogramme qui
préfenteroit les mêmes lettres , le rendroit fuf-
peâ, quoiqu’on en ait des rois de France plus
anciens , qui ajoutent rex à leur nom propre.
ZI. Les lettres-patentes des rois de France ne
furent ordinairement fignées, fous les carlovîn-
giens , que par les chanceliers ou par les notaires
du palais , qui fouvent faifoient les fonétions de
la chancellerie.
22. Les rois de la troifième race ont employé
les monogrammes, les croix , les fignatures , tour
au long de leur propre main ou de celle de leurs
miniftres.
23. Les monogrammes ne paroiflent plus dans
les diplômes, même les plus importans de nos
rois , après le règne de Philippe-le-Bel.
24. Depuis Louis-Ie-Gros , perfonne ne fouferit
à la place du chancelier. S'il eflabfent, on rem-
place fa foufeription par cette formule :
cante cancellanà»
zy. On ne doit pas tenir pour fufpeéls les di-
plômes royaux des VIII. , IX. fiècles & des uii-
vans, qui non-feulement font deftitués de tou^e
foufeription ou monogramme , mais qui ne lont
pas même contrefigne's par un chancelier ou par
iui fubakerne.
26. La fignature écrite de la propre main de
nos rois capénens , dans leurs diplômes , a com-
mencé fous Philippe- !e-Long j mais depuis Jean 1 •
DIP
îîs lignèrent plus fouvent de leur propre main
qu'auparavant.
27. En i^Ilemagne, Maximilien I. abolit l’ufage
des monogrammes , & donna l’exemple des figna-
tures manuelles à fes fuccelTeurs > dans un diplôme
de Tan 148(5.
28. Les chartes privées, foufcrites par des no-
taires publics au XII & XIII. fîècles , ne doivent
point palier pour fufpeétes. ■
29. Au XL & fur-tout au^XII. lîècle , le très-
grand nombre de chartes n’étoit point certifié par
des fignatures réelles, écrites tout au long de
la propre main des témoins j mais il étoit auto-
rifé par. leur feule préfence.
30. Alors plufieurs chartes de donation étoient
doublement foufcrites ou feulement attellées, c’ell-
à-dire , en deux tems différens , lorfque l’acSe
etoit drelTé , & lorfqu’on étoit mis en polTelEon,
31. La nomination des témoins, fubllituée à
leurs fignatures , remonte jufqu’au, VII. fiècle ,
& defcend en France jufques vers le déclin du
XIII. , & en Angleterre jufqu’au XIV. inclufive-
ment.
Articlh III.
Réglés particulières fur les fceaux.
1. Les évêques fefervirent d’anneaux pour fceller
leurs aéles & leurs lettres jufqu’au IX. fiècle -,
alors ils commencèrent à employer des fceaux
propres, ou ceux de leurs églifes.
2. Depuis le IX. fiècle jufqu’au XII. , le mot
buUa fut employé de tems en tems pour marquer
les fceaux de nos rois, de quelques grands fei-
gneurs , & fur-tout des prélats & des chapitres.
Par rapport à ces derniers & aux princes d’Alle-
magne , cet ufage n’étoit point encore paffé au
XIII. & XIV. fiècle.
3. L’ufage des fceaux de plomb remonte aux
premiers fiècles de l’ère chrétienne , & defcend
jufqu’aax derniers.
4. Un diplôme de la première, de la fécondé
8c des co.mmencemens de la troifième race de
nos rois , fceilé en cire verte, porteroit une
marque évidente de faulfeté.
f. Les fceaux de cire jaune ou rouge, anté-
rieurs au _XII. fiècle , rendroient fufpeéies les
chartes qui les porteroient. ,
6. Tous les rois de France de la première race ,
à l’exception de Childéric , pere de Clovis I ,
& de Childéric ill , fe font fervis dé fceaux
ronds.
y. Tous les fceaux de la fécondé race de nos
rois , excepté ceux de Zuentebolde & de Lo-
thaire , fils de Louis d’Outremer , font de figure
ovale.
8. Zuentebolde , roi d’Auftrafie , Lothaire ,
pénultième roi de France de la fécondé race,
& Hugues Capet , chef de la troifième , & tous
fes fuccelTeurs , à l’exception du roi Robert , ont
fcellé leurs diplômes avec des fceaux de forme
ronde.
9. Le premier de tous les fceaux où paroît
la formule Vei gratia, eft celui de Charles-le-
Chauve, appofé à un diplôme de l’an S39.
10. Au XL fiècle, St. Edouard^ roi d’Angle-
terre , Henri II. , empereur d’Allemagne , &
Henri I. , roi de France , furent les premiers qui
fe firent repréfenter fur leurs fceaux aflîs dans
des trônes , à la manière des empereurs de C. P.
11. Louis-!e-Jeune ell le premier des rois de
France qui s’eft fervi de fleurs de lys au contre-
fcel de fes chartes. C’eft donc une règle certaine
qne toutes les chartes antérieures à ce prince ,
lefquelles feroient fcellées de fceaux parfemés de
fleurs de lys , doivent être réprouvées.
12. Louis-le- Jeune eft inconteftablement le pre
mier de nos rois qui ait fait ufage d’un contre- fcel ,
quoique D.Mabillon en falTe honneur à Philippe
Augufte.
13. Des fceaux fur lefquels l’écu de France
eft réduit à trois fleurs de lys, long-tems avant
le roi Charles VI, ne doivent point pour cela
être fufpeifts.
14. Les ducs , les comtes & les vicomteJ com-
mencèrent à avoir des fceaux différens des an-
neaux, lorfqu’ils rendirent leurs dignités hérédi-
taires J au commencement de la troifième race
de nos rois.
IJ. On ne voit des armoiries fur ces fceaux
qu’après le milieu du XL fiècle , Sc les ches^aux
bardés n’y paroiffent qu’au XIII.
16. Les fceaux delà noblefTe du fécond rang,
encore rares après les commcncemens du XII.
fiècle , ne devinrent communs & néceftaires en
France que vers l’an 1 1 jo, & en Allemagne qu’au
Xni. fiècle.
17. En France, les plus anciens fceaux publics
des villes ne font que du XII. fiècle.
18. Les chartes parties, les endentures & les
cirographes , fuppléèrent aux fceaux dans ks XI. ,
XII. & XIII. fiècles.
19. Depuis le X. fiècle jufqu’au XIV. indu»
fivement , nos rois n’on: pas fait de diflicalté
d’appofer leurs fceaux aux chartes de leurs
füjets.
^22 D I P
20. Au X, fièck , les <ï4ques commencèrent
à faire mettre leurs propres images fur leurs Iceaux,
à Texemple des rois.
21. Une charte, fcellée au X. fiècle. avec le
fceau d’un abbé , ne doit pas etre fufpefte :
elle le feroit à jufte titre, fi elle etoit fceJee du
fceau d'un curé avant l'an i2Co.
Z 2. Les fceaux des communautés monaftiques ,
rares dans le XI. fiècle, devinrent communs au
XII., quoiqu'alors plufieursmonafièresn’en euffent
pas.
22. L'ufage des contre-fcels remonte au X.
fiècle , & au XL en France & en Angleterre.
24. Nul roi de France, avant Louis VII,
n'a ufé de contre- fcel ; nul prélat connu n'en a
fait ufage avant Flugues d'Amiens , archevêque.:
de Rouen , en 1138.
2 J. On ne connoît point de fceaux véritables ,
portant des armoiries , avant le XL fiècle.
26. Depuis le commencement du XI. fiècle,
des fceaux de prélats avec des armoiries , ne ren-
droient point fufpectes les chartes qui en auroient
été fcellées.
27. Dès le X. fiècle , les prélats fe fervirent
quelquefois de fceaux pendans. L'ufage en devint
fréquent au XL parmi eux.
28. Dès les commencemens de ce même fiècle ,
Robert , roi de France , & Richard IL , duc de
îlormandie , usèrent de fceaux pendans. L'ufage
en eft donc plus ancien que, Philippe I. & Louis-
le-Gros.
29. Depuis le règne de ce prince , des di-
plômes de nos rois , dont le fceau feroit appliqué
& non pendant, ne devroient pas être admis.
30. Après le XII. fiècle , les chartes des évê-
ques & des abbés feroient fauffes , fi elles étoient
fcellées avec des fceaux en placard.
31. Quand le fceau n’eil point annoncé dans
une charte qui en eft munie, ce n'eft pas un
indice de faux.
32. Depuis le VIII. fiècle jufqu'après le milieu
du XII. , le défaut de fceau ne nuit ni à l'au-
thenticité ni à la validité des chartes.
33. La variation du fceau de la même perfonne
ne porte aucun préjudice à la vérité des diplômes
royaux & des chartes des feigneurs.
34. L’ancienneté des chartes & les indices
qu'elles ont été fcellées, fuppléent tellement à la
perte des fceaux , . que depuis le XL fiècle ,
nos rois & les tribunaux de la juftice n'ont pas
fait difficulté d'admetue ces pièces comme fai-^
fant foi.
DIR
35. L’annonce du fceau & du cùographe dans
les chartes parties , eft une formalité indifférente
qu'on pouvoir également exprimer & omettre.
DIPONDION , monnoie de l'Egypte , & de
l'Afie, double du Pondion. Voyei ce mot.
DIPTYQÛES , tablettes compofées^ de deux
feuilles, ou morceaux. fignifie plié en
deux. On étendit par la fuite ce nom à toute
efpèce de tablettes , quel que fût le nombre de
leurs feuilles , & il fervit à les diftinguer des
rouleaux appeliés volumina.
Nous ne ferons mention dans cet article que
des Diptyques confulaires.
CXzxxéitn (. de laudib. flilîcon. l. 3. v.- 345.*)
& la loi du code Théodofien ( /ib. 15. t. 5.
feq. I . ) exceptis confulibus ordinariis nulli prorsùs
alteri Diptycka ex ebore dunii facultas fit ^
nous apprennent que l'ivoire çtoi*^ 1^ matière
dont les con^nXs-ordinaires les faifoient fabriquer.
On voit dans Sidoine qu on les appelloit auffi
fiafles , parce qu'on y gravoit le nom ^du conful
qui dionnoit fon nom à 1 annee , & qu ils croient
diftribués au premier jour de cette annee. ( L. 8,
epift. 6. ) Confiai Afierius anni fiai fibres ape-
ruerat datique fiafii
On voit encore plufieurs de ces con-
fulaires, un entr'autres dans l'églife de b. Lambert
de Liège, qui a été publié & expliqué dans le
fiècle dernier ; & c'eft dans les anciennes eglifes
que la plupart fe font conferves, parce que I on
écrivoit au dos de ces tablettes les noms des
faints locaux & des évêques particuliers dont on
faifoit mention pendant la célébration des famts
Myftères. Il y en a un femblable dans la cathé-
drale de Bourges, en France, royaume qui ren-
ferme autant de Diptyques à lui feul que le reite
de l'Europe. On en voit en effet à Limoges , a
Saint- Junien près de Limoges , à Compiegne , a
Dijon , à Moutiers & à la bibliothèque du roi. Le
favant Gori avoir compofé un recueil de tous les
Diptyques connus , qui a été publié apres fa mor ,
par Pafferi , en 3 vol. in-fol. , où 1 on remarque
entr'autres ceux de la bibliothèque du Vatican.
DIRÆ. V'oye'^ Imprécations.
DIRCÉ, femme de Lycus , roi de Thèhes,
ayant traité avec beaucoup d'inhumanité , pen-
dant plufieurs années, Antiope,mère de
& d'Amphion, tomba enfuite entre les mains^ ^
ces deux princes, qui rattachèrent^ à Suen-
d'un taureau indompté , où elle périt rniierao
ment. Comme cette princeffe avoir ete tort
tachée au culte de Bacchus , ce dieu L 'vengea»
dit Paufanias, en faifant perdre l'ef{?nt a ^ '
tiope , & en métamorphofant le corps ûe Dire '
fontaine. Vojei Antiope.
DIS
On voit cette malheureufé, princeffe , attachée
sux cornes d’un taureau furieux par Amphion &
Zéthus , dans le beau grouppe appellé Tâ urea n
farTÙfe. Voyéi ce mot.
DIRIBITORES , officiers publics chargés de
diitribuer des bulletins, ou tablettes, pour les
fuffrages dans les comices & autres affemblées
publiques.
Diribttores. Apulée ( II. p. 55 - ) appelle de ce
nom des écuyers-tranchans , diribitores plufculi ,
fpleniidè amicii , fercala copiofa..
Vl^BITORIUM J édifice fomptueux com-
mencé & laiffé imparfait par M. Agrippa. Il
étoit fitué dans la région du cirque de Fla-
minms, & dans l’enceinte appellée fepta. On
en ignore l’ufage précis, mais on fait que les
jeux fcéniques y furent joués, comme dans un
théâtre ordinaire , & pendant les grandes cha-
leurs de l’été , à caufe de fa vafte étendue. ( Dîo.
zv, &■ ZIX. ).
DIRPHIA , furnom de Junon , tiré d’une
montagne de l’Argolide , nommée Dirphys , où
cette déeffe avôit un temple.
_ DIS ; c’eft un des noms de Pluton , il fignifie
riche : comme on croyoit que les richeffes fe
tiroient des entrailles de la terre, le dieu des
enfers étoit regardé comme le dieu des richeffes :
on dit ordinairement Dis pater. "Voyez dévouement.
Les anciens gaulois fe difoient defcendus deDA,-
& fous ce nom on croit qu’ils entendoient la
terre , à laquelle ils rendoient les honneurs divins,
t Csf. de bell. gai. l. 6, c. 4. ).
DIS ANGITIBUS Muratori ( 114. 2.) rap-
porte une infcription fur laquelle on]itI>rs Azr-
ciTiBvs ^ fans doute pour Angitibus ^ fyno-
uirne de Angitiis, Voye^ ce mot.
DISCERNICULUM , aiguille de toilette qui
fervoit aux femmes à féparer ( difcernere ) en treffes
leurs cheveux.
- DISCESSIO J manière de connoître les opi-
nions des fénateurs. Ils quittoient leurs places
& fe réuniffoient auprès de celui dont iis enibraf-
foient l’opinion j difcedebajit in panes.
DISCINCTI , fans ceinture. C’étoît chez les
rom.ains la marque de la molleffe & de la dé-
bauche dans les villes. Dans les camps c’étoit un
crime très -grave de paroître fans ceinturon , &
on le punit quelqi^efois de m.ort. (Tacit.Ann. xn
i§. 5. )
DISCOBOLE , athlète qui faifeft profçffion
DIS
42^
de l’exercice du difque , & qui en difputoit le
prix dans les jeux de la Grèce. Indiquons, à
l’exemple de Burette , & d’après fes mémoires ,
l’origine de cet exercice , fes progrès , fes règles ,
fon utilité, l’équipage des Difcoboles pour dif-
puter le prix , leur manière de jetter le difque ,
en un mot les généralités les plus curieufes fur
ce fujet. .
Les commencemens de l’exercice du difque
remontent au temps fabuleux. On y trouve Apol-
lon fe dérobant du ciel , & abandonnant le foin
de fon oracle de Delphes, pour venir à Sparte
jouer au difque avec le bel Hyacinthe. On y voit
ce jeune homme bleffé mortellement au vifage
par le difque lancé de la main du dieu , & les
autres circonftances de cette aventure qu’Ovide
raconte avec tant d’agrément dans le X livre de
fes m.étamorphofes. Mais fans recourir à une ori-
gine auffi douteiife , contentons-nous d’auribuer
avec Paufanias , l’invention du difque à Perfée ,
fils de Danaé. Nous apprendrons de cet hiftorien
grec, le malheur qu’eut ce jeune héros de tuer
involontairement d’un coup fatal de. fon palet
fon ayeul Acrife , & les fuites de cet événement.
Malgré les deux accidens dont on vient de
parler , l’exercice du difque ne laiffa pas de faire
fortune dans les fiècles fuivans j & il étoit déjà
fort en vogue du temps de la guerre de Troye ,
s’il en. faut croire Homère. C’étoit un des jeux
auquel fe divertiffoient les troupes d’Achille fur
le rivage de la m.er, pendant l’inaction où les
tenoit le relfentiment de ce héros contre le roi
d’Argos & de Mycènes. Dans les funérailles de
Patrocle, décrites ( au XIII. liv. de ! Iliade ^ )
on voit un prix propofé pour cet exercice , 8c
ce prix efi le palet même que lancent , l’un après
l’autre , quatre concurrens , 8c qui devient la
récompenfe du vainqueur. Ulyffe, dans fOdylTée,
( liv. ) trouve cette efpèce de jeu, éta-
bli à la cour d’Aicinoiis , roi des Phéaciens.
C’eil: un des combats gymniques , dont ce prince
donna le fpeclacle à fon nouvel hôte pour l’amufer,
8e auquel le roi d’Itaque voulut bien lui-même
prendre part, en montrant à fes antagoniftes
combien il leur étoit fupérieur en ce genre. Pin-
dare ( dans la I. ode des Ifimioniques ) célébrant
les viélpires remportées aux jeux publics parCaftor
8e par Jalaüs, n’oublie pas leur dextérité à lancer
un difque : ce qui fait voir que dès les temps
héroïques , cet exercice étoit du nombre de ceux
pour lefquels on diftribuoic des prix dans iss fo-
leranités de la Grèce.
Les Difcoboles jetîoient le difque en Pair de
deux manières; quelquefois perpendiculairement,
pour efiayer leurs forces, & c’étoir comme le
j prélude du combat ; d’ordinaire en avant , Ôc
i dans le delfein d’atteindre le but qu’ils fe pro-
j pofoient : mais , de quelque' façon qu’ils lancaffent
'424
DIS
cet inftrument, îls le tenoient en forte qi^
fon bord inférieur écoit engage dans !a mam , &
foutenu par les quatre doigts recourbes en devant;,
perdant que fa furface poiténeure etoit appuyee
Lntre le pouce , la paume delà mam & une partie
de favant-bras. Lorlqu ils vouloient pouffer le
difcue ils prenoient la pofture la p us prome
r^'onfc! omette impulfion , c^eft-à-dire , qffils
L4coient un de leurs pieds fur lequel iiscour-
boient tout le corps ; enfuite balançant le bras
ch-’roé du difque, ils lui faifoient faire pîufieurs
tours prefque horizontalement, pour le Æafler
avec plus de force; après quoi ilsle poufioient
de la main, du bras , & pour ainfi dire détour
le corns , qui fuivoit en quelque forte la meme
impreàion ; & le difque échappé sppprochoit de
r4rrémitéde‘!a carrière, en décrivant une ligne
plus ou moins courbe, fuivant la détermination
GU il avoir reçue en partant de la main in Dijco-
iole. Properce peint ce mouvement du diique en
Pair, quand il dit ( £%• 12,. éré. lll.}
Mijfde nunc üfci pondus in orbe rotat.
Joubîiois d’avertir que les athlètes avoîent foin
de frotter de fable ou de pouffiere le palet oc la
main oui le foutenoit, & cela en vue de le ren-
dre moins g'-iffant & de le tenir plus ferme.
Les peintres & les fculpteurs les^ plus fameux
de l’antiquité , s’étudièrent à repréfent^ au na-
turel l’attitude des Difcoboles , pour lamer a .a
poilérité divers chef-d’œuvres de l’art. Le peintre
Taurifque, au rapport de Pline, & les fculpteurs
Naucvdes & Myron fe fignalèrent par ces fortes
d’ouvrages. Quintilien II. ch. XI!I.) vznic
extrêmement l’habileté de ce dernier dans 1 exe-
cution d’une ftatue de ce genre. On connoit la
belle ilatue du lanceur de difque , qui appartient
au Grand-Duc de Tofcane; mais on ignore le
nom du ilatuaire. Au refte , on ne peut douter
qu’il n’entrât beaucoup de dextérité dans la
manière de lancer le difque , puifqu’on tournoit
en ridicule ceux qui s’en acquittaient mai , &
qu’il leur arrivoit fréquem.ment de bleffer les
fpedateurs par leur mal-adreffe.
Pindare nous a confervé le nom de l’athlète
qui le premier mérita le prix du difque dans les
jeux olympiques : ce fut Lincée. Mais dans la
faite , quand les exercices athlétiques furent ré-
tablis en Grèce dans la XVIII. olympiade on
n’y couronna plus que les athlètes qui réuniffoient
les talens néceffaires , pour fe diilinguer dans les
cinq fortes d’exercices qui compofoient ce que
les grecs appelloient le pentatkle ; favoir la lutte,
I2 coarfe , le faut, l’exercice du difque, ôc celui
du }âve:ot.
DIS
On prefcrivoitaux Difcoboles , dans les jeux pu-
blics , certaines règles auxquelles ils dévoient
s’affujettir pour gagner le prix; enfuite celui-là
le remportoit, qui jettoit^ fon difque par-delà
ceux de fes concurrens : c’eft de quoi les defcrip-
tions de ce jeu qui fe lifent dans Homère, dans
Stace , dans Lucien & ailleurs, ne nous permet-
tent pas de douter. On regardoit la portée d’un
difque, pouffé par une main robufte, comme une
mefure fuffifamment connue ; & l’on défignoit
par-là une certaine dillance, de même qu’en
françois nous en exprimons une autre par une
portée de moufquet,
Nousapprennons encore d’Homère & de Stace,
qu’on avoit foin de marquer exactement chaque
coup de difque, en y plantant un piquet, une
fléché, ou quelque chofe d’équivalent; ce qui
prouve qu’il n’y avoit qu'un feul palet pour tous
les antagoniftes , & c’ell Minerve elle même,
fous la figure d’un homnie , qui chez les Phéa-
ciens rend ce fervice à Dlyffe , dont la marque
fe trouve fort au-delà de toutes celles des autres
Difcoboles. Enfin , Stace nous fournit une autre
circonftance fingulière touchant cet exercice &
qui ne fe rencontre point ailleurs : c’eft quun
athlète à qui le difque gliffoit de la main , dans
le moment qu’il fe mettoit en devoir de le lancer,
étoit hors de combat par cet accident, & n’avoit
plus de droit au prix.
On demande fi les Difcoboles^ pour diTputer
ce prix , étoient nuds , ainii que les autres athlètes,
8c l’affirmative paroît très-vraifemb!able. En effet >
il femble d’abord que 1 on peut inferer la nudité
des Difcoboles de la. manière dont Homère ,
dans rOdyffée , s’explique à ce fujer ; car en
difant qu’Ülyffe, fans quitter fes habits, fauta
dans le ftade, prit un difque des plus pefans &
le pouffa plus loin que n’avoient fait fes anta-
goniftes ; ce poète fait affez entendre que les autres
étoient nuds , en relevant par cette circonf-
tance la force & l’adreffe de fon héros. De plus j
l’exercice du difque n’ayant lieu dans les jeux
publics que comme faifant partie du pentathle,
où les athlètes combattoient abfoiument nuds,
il eft à préfumer que pour lancer le palet üs
dem.euroient dans le même état , qui leur etoit
d’ailleurs plus commode que tout autre. Enfin ,
ils faifoient ufage des onélions ordinaires aux
autres athlètes, pour augmenter la force ^
foupleffe de leurs mufcles , d’où dépendoit leur
viéioire j or ces onétions euffent été incempa-'
tibles avec toute efpèce de vêtemens.
Ovide, qui fans doute n’ignoroit pas les cir-
conftances effenrielies des combats gymniques,
décrivant la manière dont Apollon & Hyacinthe
fe préparent à l’exercice du difque, les tait
depouili£4
*
DIS
ûépouakr Tun & l’autre de leurs habits j &r Te
frotter d'huile avant le combat.
Corpora vefie levant , & facco pingiiis olivi
SpUndefcunt , latique ineunt certamina difci.
Faber , qui n'eft pas de Favis que nous em-
braflons , & qui penfe que les Difcoboles étoient
toujours vêtus de tuniques , ou portoient du
Rioms par bienféance une eibèce de caleçon , de
tablier , ou d'écharpe ^ allègue pour preuve de
fon opinion , les Difcoboles repréfentés fur une
médaille de l’empereur Marc-Aiirèle , frappée
dans la viile d’ApolIonie ^ & produite par Mer-
curial , dans fon traité de L‘art gymmaflique } mais
1°. cette médaille eft très- fufpeéle , parce qu’on
ne la trouve dans aucun des cabinets & des re-
cueils que nous connoiffons : 2.°. quelque vraie
eu on la fuppofe , elle ne peut détruire ni la
vraifemblance, ni les autorités formelles que nous
avons rapportées en faveur àcs Difcoboles nudsj
& elle prouveroit tout au plus que dans quel-
ques occafîons particulières , dans certains lieux ,
& dans certains temps, on a pu déroger à la
coutume générale.
_ On . fe propofoit différens avantages de l’exer-
cice du difque ; il fervoit à rendre le foldat la-
borieux & robufte. Aufli lifons nous qu’ Achille
irrité contre Agamemnon, & féparé de l’ar-
mée des Grecs avec fes myrmidons , les exer-
çoit , fur le bord de la mer, à lancer le difque
& le dard , pour les empêcher de tomber dans
l’oifiveté, qui ne manque jamais de farfir pendant
la paix les perfonnes accoutumées aux travaux
de la guerre. Animés par la gloire , par l’hon-
neur ou par la récompenfe , ils fortifioient leurs
corps en s’amufant, & fe rendoient redoutables
aux ennemis. Un bras accoutumé infenfiblement
& par degrés à manier & à lancer un fardeau
auffi pefant que l’étoit le , ne rencontroit,
dans les combats , rien qui pût réfifter à fes coups ,
d’où il paroît que l’art militaire tiroir un fecours
très-important & très-férieux , de ce qui , dans
fon origine , n’étoit qu’un lîmple divertiffement ;
c’eft ce dont tous les auteurs conviennent. Enfin
Galien , Aëtius & Paul Eginete , comptoient auiS
le difque entre les exercices utiles pour la con-
îervation de la fanté. ( Article du chevalier de
Jaxicourt'). Voyec^ DïSCiUE.
^La ftatue de bronze de Miron , qui portoit la
dénomination du Difcobole , a été célébrée par
les anciens écrivains. On voit au palais MalTimî,
à Rome , une ftatue de marbre trouvée dans la
villa Palombara fur le mo.at Efquilin, que l’on a
prife d’abord pour une copié du Difcobole de
Miron. Cette opinion a été clairement prouvée
parie defiin d’une cornaline antique deM.Byres,
écoiroîs,_ publiée par M. Yifconû à h fin du
Antiquités , Tome If
DIS
42/
tome I. du Mufeum Fio-Clementin. On y voit une
figure d’un travail étrufque , qui reffemble par-
faitement à la ftatue du palais Mafiîmi, & qui
tient un grand difque de la main droite. Mais
elle ne reffemble en rien zu vrétcvAnDifcobole y
ou Gladiateur Borchèfe. V^oyer Gladiateur
Borghéfe.
On voit plufieurs Difcoboles dans la colleélion
des pierres gravées du baron de Stofeh ( claffe V.
n'’ 21 & fuivans ). Ce qui ne doit pas paroître
étonnant , puifqu’on leur érigeoit des ftatues en
Grèce -, les Athéniens C Atken. Deipn. l.p. J.)
en élevèrent une à l’honneur d’Ariftonique de
Caryfte.
DISCORDE , divinité malfaifante , à laquelle
on attribuoit non - feulement les guerres , m.aîs
auffi les querelles entre les particuliers , les brouil-
leries dans les ménages , les diffenfions dans les
familles. La difeorde , fœur & compagne de Mars*
dit Homère, dès qu’elle commence à paroître,
s’élève infenfiblement , & bientôt , quoiqu’elle
marche far la terre, elle porte fa tête orgueil-
leufe juique dans les cieux. Pétrone la dépeint
les cheveux épars & en défordre , la bouche
enfanglantée , les yeux battus & fondant en lar-
mes, grinçant des dents qu’elle avoir toutenoi-
res , diftillant de fa langue une liqueur infeétée
& puante , la tête hériffée de ferpens , portant
un habit tout déchiré , & agitant une torche de
fa main fanglante. Virgile dit auflî que fa che-
velure étoit compofée de ferpens. C’eft elle qui ,
aux noces de Pélée & de Thétis, jetta dans
l’affemblée des dieux la fatale pomme , qui occa-
fionna entre les déeffes la fameufe conteftation
dont Paris fut le juge : les dieux ayant refufé de
l’être , de crainte d’entrer eux-mêmes , par des
fentimens de partialité , dans les débats & les
altercations qui font toujours les fuites de la
difeorde. Voye^ Até, Paris.
On ne trouve fur aucun monument cette di-
vinité que les grecs appelloient ipts, 8c elle n’eft
connue que par les deferiptions poétiques.
DISCUSSEURS , officiers des empereurs i
qui recevoient les comptes des colleéleurs des
tribus. Ils jugeoient toutes les petites conteftations
relatives à cet objet : dans les grandes, on en
appelloit au gouverneur de la provi.nce.
disdiapason. Le difdiapafon eft prefque
la plus grande étendue que puiffent parcourir les
voix humaines fans fe forcer ; il y en a même
affez peu qui l’entonnent bien pleinement. C’eft
pourquoi les grecs avoient borné chacun de leurs
modes à cette étendue , & lui donnoient le nom
de fyfiême parfait. Voyei Mode, Genre, SySi
Hhh
^25’ DIS
DISJOINT. Les grecs donnoient le nom
lelatif de disjoints à deux tetracordes qui Te fui-
voient immédiatement, lorfi^e la corde la plus
grave de l'aigu, étoit au-deflus de la plus aigue
du <»rave , au-lieu d'être la même. Ainfî , les deux
tetracordes , Hypathon & Diexeugmon , étoient
disjoints, & les deux tetracordes, Synnéménon
& Hyperboléon, l’étoient auffi. Tétra-
CORDE.
On donne, parmi nous, le nom de disjoints
aux intervalles qui ne fe firivent pas immédiate-
ment , mais qui font féparés par un autre inter-
valle. Ainfi ces deux intervalles, ar mi & fol fi,
font disjoints. Les degrés qui^ ne font pas con-
joints, mais qui font compofés de deux ou plu-
fieurs degrés conjoints , s'appellent auffi degres
disjoints. Ainfi chacun des deux intervalles ,_ dont
on vient de parler , forme un degré disjoint.
DISJONCTION , c’étoit dans l'ancienne mu-
fique l'efpace qui féparoit la mèfe de la para-
mèfe, ou, en général, untétracorde dutétracôrde
voifin , lorfqu'ils n'étoient pas conjoints. Cet
efpace étoit d'un ton, & s'appelloit en grec
dia^euxis.
DISOMUM , qui peut renfermer
deux corps , ou deux perfonnes , fynonime de
Bisomum. Voye[ ce mot.
DISPENSATOR , officier de la cour des em-
pereurs chargé de toutes leurs dépenfes. On
donnoit auffi dans chaque famille ce nom à l’ef-
clave qui faifoit les achats" & les paiemens ; les
grecs l'appelloient OtxovofmT.
DISQUE , palet très-épais que lançoient les
difcoboles, & qui leurfervoit à difputer des prix
dans les jeux publics.
C’éîoit un cylindre plat à faces parallèles.
Gédoyn , qui lui a donné la forme d'une lentille,
s'eft trompé j il ell contredit par tous les monu-
D I S
On a trouvé à Herculanum un difque de bronze
dont le diamètre eft de huit pouces , & l'épaiffeuj
de deux. 11 eft percé dans le centre; & cette ou-
verture, oblongue de deux pouces de longueur, fe
rétrécit d’un côté ; elle fervoii à placer le doigt
avec plus de fermeté , quand on lançoit le difque.
On en voyoit un ferablable, & percé aii
centre , fur un vafe peint , confervé à Naples.
( Gori Muf. Etrufc. t. z tab. ly?.).
On connoît encore quelques difques qui n’étoient
point percés dans le milieu , tels que celui qu'on
voit ferré contre la cuiffe d'une ftatue qui étoit
dans la maifon de V érofpi , à Rome , & dont le
delEn étoit confervé dans le recueil du cardinal
Albani ; tel encore celui du bas-relief de fa
Villa, cité plus haut,
A Rome on l'appelle aujourd'hui cafciotto , ou
gros fromage ; en Tofcane,/ormû.On voit dans la
grande colleâion de foufres du baron de^ Stofch,
l'empreinte d'un camée, qui doit avoir été l’un des
plus exceîlens ouvrages de gravure, fur lequel ii
y a un difcobole, qui tient d'une main une corde,
fans doute pour jetter le difque ; ordinairement on
le jettoit fans corde. Lorfqu'on faifoit de grands
efforts pour le jetter , on appuyoit la main gau-
che fur le genou du même côté , en retirant la
main droite avec le difque en arrière , pour lui
donner plus de force en le lançant ; c'eft par cette
raifon qu'il eft appelle ( Hom. II. -i-. v. 431.}
xafjieficc^tss ê'iex.os, difcus ah humera jaüatus.
On voit quelques difcoboles gravés dans cette
attitude, dans les colledions de pierres anti-
ques.
DISSÉQUER. Voye^ Anatomie,
DISTATÉRE , once d'argent pur , monnok
ancienne de l'Égypte & de l’Âfîe.
Elle valoir 4 liv. % monnoie aéiuelle de France,
félon M. Pauélon dans fa Métrologie.
mens.
On diftinguoit par rapport à la matière deux
efpèces de difques , celui de bronze appellé 'Zùm;
par Homère , & celui de pierre appellé par le
même poète ^hnùas.
Les difques étoient le plus fouvent de bronzo ,
8c travaillés au tour. Celui qu'on voit fur un bas-
relief de la Villa Albani ( Monum. inediti.n°, I94.)
a trois cannelures circulaires autour de fon centre,
& fon diamètre eft du tiers de la hauteur d'une des
figures du bas-relief, c'eft-à-dire , d'environ deux
pieds huit pouces. Il y avoit auffi une elpèce de
difqne non-percé, qu'on jettoit par le moyen d'une
courroie qui y étoit attachée d'un côté an milieu,
comme les courroies des boucliers dans lefquelles
on paffoiî le bras pour s'en fervîr.
Elle valoit en monnoie des mêmes pays,
I f hexadrachme.
ou, 2 tétradrachmes.
ml¥lGUM: } latins formés du grec
hsiyUt, & qui ont la même fignification. Ilsde-
îgnent dans les épitaphes deux chambres placées
'une au-deffus de l’autre. On lifoit à
ipitaphe ( Span. Mifc. Erudit, antiq. fecl.
1. ZQi. ) :
L. Sempronius. L L Periphemus.
L. Sempronius. L L Amphioneus.
Disxigum xecerünt C. F.
D I V
DITHTRAMBUS , nom donné à Bacchus ,
& fondé fur une fable qai dit que les géans
ayant mis Bacchus en pièces j Cérès fa mère
raflembla fes membres épars j & lui redonna la
rie } ou bien de ce qu^il étoit né deux fois au
monde , & qu"il avoir franchi deux fois la porte
du monde. On donnoit auflî ce nom à des hym-
nes compofés en l’honneur de Bacchus , dont
les vers étoient pleins d'emportemens & de fureur
poétique.
^DIVALES , fêtes célébrées à Rome , le 21
décembre en l’honneur delà déeffe Angéronia.
Elles furent établies à l’occafion d’une efpèce
d’efquinancie dangereufe , dont les hommes & les
animaux furent attaqués pendant un aflez long-
temps. Voyei Angéronia.
C’étoient les mêmes fêtes que les angéronaks \
les pontifes facrifioient ce ;our-là dans le petit
temple de la déelfe Volupia.
DIVERTICULUM , endroit ou un chemin
plus étroit & moins fréquenté rejoint le grand
chemin.
DIVINATION. L’homme toujours inquiet
fur l’avenir, a cherché dans tous las temps à en
pénétrer les fecrets. La divination au commence-
ment-,ne fut peut-être qu’un art ingénieux &
fubcil, qui. à force de réflexions fur le palfé ,
tâchoit de découvrir ce qui pouvoir arriver dans
les conjonélures à peu près femblables. Mais
cet art s’accrut bientôt d’une infinité de maniè-
res . fur-tout en paflant par les mains des égyp-
tiens &c des grecs : ces deux peuples osèrent en
faire une fcience dans les formes . accompagnée
d’un long détail de règles & de préceptes ; &
pour la mettre à l’abri de l’examen, ils furent
la lier à la religion par différentes chaînes. La
divination s’exerçoit par les allrologues . par les
augures . par ceux qui jettoient les forts . qui
interprétoient les prodiges & les tonnerres . qui
confultoient les entrailles encore fumantes des
vidimes j & tous ces gens-là s’appelloient en
général devins.
Nous ne parlons ici que de la divination arti-
ficielle . renvoyant au mot théurgie ce qui regarde
la divination naturelle. La première fe pratiquoit
donc de cent manières différentes j les quatre
efpèces às.divinationiçs'çlüs générales étoient celles
dans lefquelles on empioyoit quelqu’un des quatre
élémens. l’eau, la terre, l’air & le feu. dont on
a fait les nom^ de Aéromantie , Géomantis . Hy-
dromantie Pyromantie. Il y en a une infinité
d’autres, dont voici quelques noms : Alphitho-
mantie . Arithnomantie , Aftrologie . Axinomantie ^
Bolomantie ^ Catopîromantie, Chiromantie , Clédo-
nîjmantie ^ Cofcinomantie ^ Dadylomantie , Hépa-
tofçopie , Litkomantie , hychnomantîe ^ lAécromaniie,
D I X
427
Ornîtomantie , Pégomantie , PJÿconiantie . Rabdo-
mantie . &c. , dont on trouve les noms dans
les anciens auteurs. On peut en voir ici l’expli-
cation dans leurs articles particuliers.
DIVISIONES , diftributions d’argent. d’huile,
de vin & d’autres chofes pareilles , que les ro-
mains chargeoient leurs exécuteurs teftamentaires
défaire tous les ans pour l’anniverfaire de leur
mort . foit au peuple . fbit aux décurions . foit
à des corps d’artifans . ôec.
piVlSORES. On appelloit ainfî chez les ro-
mains des citoyens qui étoient chargés par les
amis des candidats . ou ^lar les candidats eux-
mêmes . d’acheter les fuftrages des tri bus. Quoi-
que les divifores ne fuffent pas flétris par les
loix , ils l'étoient dans l’opinion publique. On
voit dans Suétone ( c. 5. i. ) que l'on re-
prochoit à Oéiavien , appellé depuis Augul’te .
d’avoir pour père un divifor.
DIVORCE. V'oyei(_ le dî^ionnaire de Jurifpnis
dence.
DIUM, dans la Macédoine.
Col. Jul. Aug. Diensis. Colonia Jiàia Au*
gufla Dienjis.
Cette colonie romaine a fait frapper des mé-
dailles latines en l’honneur d’Antonm . de Sept.
Sévère. d’Élagabale. d’Alex. Sévèi?. de Salo-
nine, de Trajan, de Gallien , de Domitien. de
Trajan . de Caracalla. deMacrin, deMaxiœin,
de Gordien , d’Aémilien.
Dium . dans la Coéîefyrie. AEiHNnN.
On a une médaille impériale grecque de cette
ville, frappée en l’honneur de Géra.
DIUS, P'oyei Fidius.
Dii/s . nom d’un mois de l’année chez les
grecs . é'ôÿ. C’étoit le premier de l’année chez
les ^macédoniens ôc les grecs de l’Afia-Mineure,
à Ephèfe . à Pergame , à 1 yr , à Sidon. en Lycie j
le fécond chez les macédoniens de Syrie, à An-
tioche. à Gaze, à Smyrne. chez les arabes Sc
autres peuples d’Alîe. Chez les premiers, il ré-
pondoit au mois d’oétobre. & chez les féconds,
à novembre , chez les tyriens , à décembre ,
chez les lyciens & les fidoniens , à janvier j chez
les bithyniens au contraire . c’étoit le fixième de
l’année . & il répondoit au mois de mars. ( Fa~
bricii Menol. 42. 44, 40, 47 , 61. )
DIXIÈME. Les babyloniens & les égyptiens
donnoient à leurs rois le dixième de leurs revenus.
( Arillote , au livre fécond de l’économie . &
Hhh ij
42S D. M. -
Diodorô deSicile, au livre ciBCuiemede fa biblio-
thèque 5 Strabon j au livre quinzième de fa Géo-
graphie. ) Les romains ex3gèrent_ des kcujens _ le
dixième des bleds qu^iîs recueilloient 5 & Appîen
dit que ceux qui defrichoient des terres 3 por-
toîent au tréfor public le dixième denier des re-
venus de ces terres. — . Les romains offroient à
leurs dieux la dixième partie des prifes qu^ils
faifoient fur leurs ennemis j d'où vint le nom
de Jupiter pr&dator. — . Les gaulois donnoient le
même dixième à leur dieu Mars 3 comme on voit
dans les commentaires de Céfar.
Caracalla impofa le dixième fur toutes les hé-
sédités , au-lieu du vingtième que les empereurs
percevoient fur ces biens ; & il accorda , par
forme de dédommagement, le drojt de cités
tous les fujets de l'empire romain. Cet impôt
fut abrogé par fon fuccefleur Macrin.
^ Diis Manihiis. De ces quatre figles
les deux latines font fynonimes des deux grec-
ques Ç aux d'cux foEterrains ).
On les trouve fréquemment fur les tombeaux ,
& leur explication ne peut être équivoque ,
lorfqu'il s'agit des romains om des grecs payens.
Mais depuis que le chriih'anifme eut acquis des
partifatis dans ces deux nations , on grava encore
fur quelques tombeaux chrétiens même ces figles,
qui femblenr cependant avoir été en horreur aux
difciples de J. C. de même que les dieux mânes
dont elles peipétuent le culte & le fouvenir.
Mabillon, Fabretti 3 Lupi3 dans fa differtation
fur l'épitaphe de Ste. Sévère , martyre j & plu-
fieurs .autres ont écrit fur ces figles payennes3
gravées quelquefois fur des tombeaux de chré-
tiens. Voici l'extrait de leurs explications.
Les uns ont admis pour règle générale de re-
connoître pour payens tous les tombeaux chargés
des figles D. M. ou 0. K.- Mais cette opinion
eft démentie par un fi grand nombre de monu-
mens véritablement chrétiens , & chargés des fi-
gles , qu'il faut abfolument la rejetter- En voici
deux des moins équivoques, tirés l'un de la biblio-
thèque Barberinepar Fabretti ( Tkefinfcr.p.^6^.) :
D I M
TVLI.IE CASTE VERE
CASTE Q VE VIXIT
ANNOS XXXVII MESES
L’autre de la Roma foterranea de Bofio j par
k même Fabretti
D. M.
I D M s
CAESONIVS.SALVIVS VOiJS
MEMORIAE INNOX QUI
VIXIT. ANNIS. XX. M, VI. ET
HO R. III. CVI. EECERVNT SVCCISSA
Mates, ii marinvs eraiik.
.Le troifième enfin tiré par Lnpi (éphaph. Severs.
p, 105.) du cimetière de S. Hermès, à Rome,
que cet écrivain aflure être un monument chrét
tien , & qu’il dit avoir vu 8c examiné.
© K
CEiESTI NA.
A la vue de ces monumens on n'ofa plus nier
qu'ils ne fuffent chrétiens,' mais on chercha une
explication chrétienne aux figles ©- K. & D. M.
Les grecques ©. K. fignifioient , difoit-on , ©e®
Kritfi, au Dieu Créateur 5 ce qu’on affuroit ce-
pendant fans aucune preuve. Quant aux figles la-
tines D. M. on étoit plus heureux, & en les
expliquant par Deo magno ( au grand Dieu )
on s'étayoit d’une infcription fur laquelle on
lifoit ( Fshreî. infer, p. 564= )
DEO MAC
NO ET ETERN
O STATIVS Dî
ODORVS QVOT
.SE PRECIBVS
C O M P O T E M
FECISSET
V. s. L. M.
Il faut avouer cependant que ces pieufes inter-
prétations fuppofent'de la part des premiers chré-
tiens une horreur puérile pour toutes les exprefiions
relatives à la Mythologie , qui efi démenne pat
les fuivantes tirées d'épitaphes reconnues par Fa-
bretti pour chrétiennes , foit aux mots in page,
foit au monogramme^ , &c: débita SACRATIS-
OFFICIA. SANCTIQUE.TUI. MANES. NOEIS.
PETENTIBUS. ADSINT ‘
AQVA.S. TAENAREAS DCMVM. AETEK*
NAM DIEI VENERIS( Epit. Severa.},Szc,
DOC
On peut donc affurer que.l’ufage des quatre
figles payennes fubfifta pendant les premiers £è-
cles du chriftianirme^ & que les chrétiens n'y
virent pendant long -temps que des expreftlons
familières , palTées en ufage , & dont l'emploi ne
pouvoir nuire à la foi des néophytes- Pour ache-
ver de porter à l'évidence cette affertion , je
vais rapporter une épitaphe chrétienne dans la-
quelle on lit les mots entiers Dis manibus. Elle
ell tirée de la dilfertation de Lupi^ citée plu-
fieurs fois dans cet article j & on la voit dans
le mufæum de Kircher au collège romain : Dis
MANIBÜS- PRINCIPIO FILIO DULCISSIMO SUO
POSUIT QUI VIXIT ANNIS VI DIES XXYII IN
PACAE.
D. M. 1. Des matri Ifîii ^ ou Deâm macrem
Id&am.
D. N. D02{INUS NOSTZR.
Les premiers Céfars avoient refufé le titre de
Dominas , Seigneur. On commença à le donner
aux empereurs fous Aurélien , à qui l'on frappa
une médaille Deo et Domino nato Aure-
lianq. Sous le bas-empire il y eut peu de mé-
dailles ou de monnoies où ces deux lettres
ne fe montralTenr au-devant du nom des empe-
reurs d Occident Se de Conftantinople. C'eft peut-
être de la qu'eft venu le titre de fèigneur roi,
donne depuis long temps aux monarques françois.
DOCIMEUM , en Phrygie. Aokimeon.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Cette ville a fait frapper des médailles impéria-
les grecques en l'honneur de Néron, de M. Aûrèle,
de Dorana.
DOCTOR, celui qui enfeigne, qai docet.
DoBor lihrarius , dans l'épitaphe fuivante , dé-
figne celui qui enfeignoit l'art de préparer le
papyrus ou le parchemin pour l’écriture. ( Reine f,
infer. claff. XI. p°. ii^. )
C N. P O M P E I U S
P H R I X U s
DOCTOR
LIBRARIÜS DE
SACRA VIA
FECîT SIEI,
DOD 42^
DoSor fagittarius étoit celui qui formoit les
foldats à l'exercice de l’arc. ( Spon. Mifc. erud^
Ant, feci. Vil. p. 256. )
i). M,
T. Flavio expsdit©
DOCTORI SAGITTAR
FLAVIA EUPHROSINE
ET ATTICA FILIAE
P A T R I B. M.
Vcyes^ Campidoctor.
DODONE, ville de l'Écire, célèbre dans le
paganifme par fon oracle, fa forêt & fa fontaine.
Voici l'origine de l’oracle, fuivant la fable : Ju-
piter avoir fait préfent à fa fille Thébé, de deux
colombes qui avoient le don de la parole. Ces
deux colombes s'eoyolêrent un jour de Thèbes
en Egypte , pour aller , l'une en Lybie , fonder
l'oracle de Jupiter Amman, & l'autre en Epire ,
dans la forêt de Dodone , où elle s'arrêta , &
apprit aux habitans du pays , que l'intention de
Jupiter étoit qu'il y eût un oracle en ce lieu-là ,
L'oracle s'y établit auffi-tôt, & il ne tarda pas
d'avoir un grand nombre de confultans.
Dans cette forêt de Dodone , il y avoir une
fontaine qui couloir avec un doux murmure aux
pûeds d'un chêne ; la prêtrefîe interprétoit ce
bruit , _ & annonçoit l'avenir fur ce murmure :
c'eft ainfi que l'oracle fe rendit dans les com-
mencemens j mais dans la fuite on pratiqua plus
de céré.monies. On s'avifa de fufpendre en l'air
des vafes d’airain , des efpèces de chaudrons ,
auprès d’une ftatue du même métal , aufll fuf-
pendue, & qui tenait à la main un fouet d'airain
à plufieurs cordes & mobiles : lorfque le vent
ébranloit cette figure, elle frappoit les chaudrons,
qui s'entrechoquoient les uns les autres, & ren-
doient un fon qui duroit affez long-temps ; &
fur les variétés de ce fon on annonçoit l’avenir }
de là vint le proverbe , V airain de Dodone , dont
on ufoit quand quelqu'un parloir trop. Enfin ce
furent les chênes mêmes de la forêt de Dodone ,
qui rendirent les oracles, félon la fable.
On difoit encore que les colombes de cettS
forêt rendoient des oracles. Mais Hérodote
nous a appris l'origine de cette fable , en faifanc
obferver , que le mot grec Tii’kua fignifioir , en
iheftalie, une prophételTe & une colombe.
DODONEL'S, furnom de Jupiter.F. Dodone.
DODONIDES , fem mes qui rendoient les ora-
j des ce Dodone , tantôt en vers , & tantôt par
I les forts. C'étoient encore les nourrices de Bac-
i chus, appelées vjfd A.dantides.
DOD
DODRANSJes i d^un tout, ou de l'as.Ce
mot eft formé de & de quadrans , c eu 1 abrégé
de deefi quadrans , il manque un quart. Le aodmns
valoir neuf onces , c’eft pourquoi il s appelloit
aUfS nonuncium.
Dovrass y nonuncium, monnoie des aflciens
romains.
Elle valut depuis k fondation de Rome jufqu à
Tan 48; :
1 5- fols , monnoie aâuelle de France , félon
M. Pamélon. ( Métrologie, )
Elle valoit alors , en monnoie du même peuple ,
I I beflis.
ou, I f feptunx.
ou, I r femis.
ou, 9 onces.
Dodraks, monnoie de compte des romains.
Elle e'toit repréfentée par cefigne, S 3*
n O I
©U, I r fexunx.
ou, I f quincunxi
ou , 2 I triens.
ou, 3 quadrans*
ou, 4! fextans.
ou, 9 onces.
VoBRASs , nonuncium , mefure linéaire des an-
ciens romains.
Elle valoit 8 pouces de France.
Dodrans , nonuncium , mefure gromatique des
anciens romains.
Elle valoit 542 toifes quarrées , & de France.
DOEAS. Voyei Acmon.
DOIGT , mefure linéaire des anciens romains.
Elle valoit de pouce de France.
Elle valoit en mefures du même peuple.
Elle valoit 9 onces.
ou, 18 ferai - onces,
ou, 27 duelles.
ou, 36 ficiliques.
ou, 54 fextules.
ou, 21 6 fcripules.
Dodrans , nonunïium yXneÇats de capacité pour
les liqueurs des anciens romains.
Elle valoit 1 5- roquiiles & de France.
Elle valoit en mefure du même peuple ,
I I beffis.
ou , I f feptunx.
eu, I 1 fexunx.
ou, I 4 quincunx.
ou, 2 I triens.
ou, 3 quadrans.
ou, 4 r fextans.
eu, 9 onces.
Dodrass, nonuncium , divifîon de l’ancienne
livre romaine, valoit en poids de France , 4734
grains 5 valoit en poids romains,
I I bés.
ou, I f feptunx.
I femi-once &r.
ou, ' 2 duelles &
ou, 3 ficiliques.
ou, 18 fcripules.
Doigt. Les doigts chez les romains étoient
fous la protection de Minerve. ( Seiv. in Æneià,
ni. ).
Les hiftoriens romains parlent de plufîeurs^ n-
toyens qui fe coupoient des doigts y afin g etre
exempts dü fervice militaire , comme devenus
incapables de tenir fermement le bouc ler ou
la lance. ( Suet. Aug. c. 14- 3’ &
FL 3. 3.)
Quand un romain mouroit fur le champ de
bataille , ou dans un pays étranger , on coupoiî
un doigt à fon cadavre avant que de le bruier.
On apportoit enfuite ce doigt à Rome , ou dans
la oatrie du mort , & on faifoit a cette re ique
des funérailles aulTi folem.nelles qu’on aurost pu
les faire au cadavre entier : membrum abfcinâi mor-
tuo dicebatur, cum digitus ejus decidebatur , a
quod fervacum jujla fièrent, reliquo torpore combuj 0.
(Feftus. )
Lorfque les anciens brûloient des parfums de-
vant les divinités, ils en formoient de
boules , eu des paftilles qu’ils prenoient du 00
des doigts dans Vacerra , pour les jetter fur le^ •
Cette manière de faifir légèrement les P
étoit une pratique religieufe , à laquelle Lacta
fait allufion ( i, 20. ) lorfqu’il dit qu d ne voy
D O I
«Jans toute la religion payenne qu’un rit borné au
bout des doigts , quam rhum ad fummos digitçs
pertineutem.
0 O i;
431
femblant tous les deux enfemble d’être vaincus ,
& ils élevèrent leurs doigts tous les deux en même-
temps :
Les enchères des impôts fe faifoient au doigt
levé chez les anciens romains , c’eft-à-dire , que
le dernier enchérilTeur élevoit la main fermee
avec un feul doigt étendu , pour annoncer fon
enchère. Un ancien commentateur d’Horace
II. 8. zé. ) le dit expreffément Publicani
autem fublato digita licitaîionemvecligalium facie-
banii
Pour appeller les efclaves & en exiger quel-
que fervice , les romains faifoient un certain bruit
avec les doigts , ce qu’ils exprimoient par ces
mots crepitare digitis. Les gens perdus de molleffe
& de luxe ne quittoient ni la table, ni le jeu,
pour fatisfaire aux befoins les plus prelTans de
la nature. Pétrone ( c. 27. ) & Martial ( III. 82.
if 8c XIV. 1 19. ) nous apprennent qu’ils faifoient
un certain bruit avec leurs doigts , & qu’à ce
bruit les efclaves apportoient le vafe ignoble dont
ils avoient befoin. Cette obéilTance, au lignai des
doigts , étoit devenue l’expreflion de la fervitude ;
&: Tibulîe le cite pour annoncer fon dévouement
parfait à fa maîtrelTe. ( i. 2. 32.):
Et vocet ad digîtî me tacimrna fonum.
Dans les combats de gladiateurs, celui qui étoit
vaincu avouoit fa défaite en élevant un doigt ,•
& par ce gefte qui pouvoir être apperçu de tous
les fpeéiateurs , il leur demandoit la vie. Ceux-
ci l’accordoient en élevant tous un pouce,
ereâo digito , ou ils la refufoient en montrant
tous au vainqueur le pouce renverfé, obverfo
pollice. Celui qui donnoit les jeux, faifoit annon-
cer au peuple le nombre & l’efpèce des combats
de gladiateurs oui feroient livrés , & en particulier
les combats à outrance , c’eft-à-dire , ceux où
le vaincu devoir être mis à mort , ad digitum. Les
fpeéiateurs dans le dernier cas demandoient quel-
quefois la grâce du vaincu , mais l’éditeur des
jeux étoit martre de la refufor. Martial raconte
que Prifeus & Vérax ayant combattu pendant
très-long- temps avec un égal fuccès. Je peuple
demanda à Domitien la grâce , mijpo , des deux
combattans ; mais tet empereur , qui avoit pro-
mis des combats d outrance , n’y voulut pas con-
fentir.
Cum traheret Vrijens , tràheret certamina Verus ,
Effet Çÿ aqualis Mars mrmfqne dm ,
MJffio fape vîris magno clamore petita efi t
SedC&far legiparuitipÇefua.
Alors les deux gladiateurs fe fervirent d’un arti-
fice ingénieux , qui leur fauva la vie : ils firent
Ttegaavêre pares , fficcubuere pares..
On leur donna à chacun une palme, & l’uB
& l’autre furent proclamés vainqueurs*
Doigt élevé. Voyeq^ Prétoriens,
DOLABELLA , furnom de la famille CoR-
NELIA.
Sur une fardoine de la colleéiion du baron de
Stofeh , on voit Diomède debout , ayant fon
bouclier à fes pieds & fon épée auprès de lui ,
tenant de la main droite la tête de Dolon qu’il
vient de couper , un javelot de la gauche & re-î
gardant tranquillement cette tête. La gravure
de cette pierre eft de la première manière , 8c
elle eft achevée avec la dernière finefle. Dans
l’explication de cette pierre & de deux fembla-
bles , Winckelmann balança d’abord entre Tydée
8c Diomède, croyant que ce pourroit être le
premier qui s’acharna tellement fur fon ennemi
mort , qu’il en mangea le cerveau j mais l’air
tranquille & contemplatif des figures , le déter-
mina à y reconnoître Diomède avec la tête de
Dolon. Le même fujet a été expliqué ( Sca/fà
lett. fopra varj Mon. Pl. LX. ) par DolabeUa ,
qui fit couper la tête a Trébonius , un des
conjurés^ contre Céfar, parce que cet auteur
vouloir^ à tort & à travers trouver par-tout des
faits d’hiftoire romaine. On fait d’ailleurs que
DolabeUa n’avoit point de barbe.
DOLICHE , dans la Syrie. AOAixAii2N.
_ Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en l’honneur de M, Aurèle , de
Maximin.
DOLICHENIUS ,
DOLICHENUS , f lumom tous lequel oa
trouve Jupiter repréfenté debout fur un taureau ,
au bas duquel eft un aigle éployé : il eft armé de
pied en cap , le cafque en tête. On adoroit Ju-*
piter fous ce nom dans la Comagène à Doly-
chené , & chez les anciens habitans de MarfeiUe.
DOUCHODROMUS. ^ ,
DOLICROS. 5 donnoit le pre-
mier nom à un courreur qui parcoureit un doli^
chos , ou 12 ftades, c’eft-à-dire, 6 en allant 8c
6 en revenant. Quelques Philologues font la lieue
gauloife égale à un dolichos.
DOLIOLA. II y avoir à -Rome deux endroits
appehés de ce nom , qui étoient confacres par
la religion, & fm lefquels U étoiî défendu de
152 D O L
cracher, ubinon llcet defpuere. Le premier ( Varr.
de ling. lat. IF. 32. ) étoit auprès de la grande
cloaque , & le refpeâ qu on lui portoit venoit
de deux traditions , 1 une de ce qu on y avoit
enterré des cadavres dans des VaTes de terre
cuite îr!- doliolis , & l’autre de ce que certains-
■objets^religieux , qui avoient appartenu à Numa,
y étoient cachés.
Le fécond endroit , appelle dollola , étoit près
de la maifon du Flamine Quirinal ; c’étoit là que
les veftaîês , obligées de quitter Rome à l’arrivée
des gaulois , avoient enfoui des chofes facrées.
DOLIUM. Au lieu de nos tonneaux, les an-
ciens. fe fervoient de vafes de terre cuite, ap-
pellés dolia , ayant à peu près la forme d’une
citrouille -, & ces dolia contenoient communé-
ment dix-huit amphore, ; cette mefure eft écrire
fur un vaiffeau de cette efpèce, confervé dans
la villa Albani. G’eft de cette forme qu’étoit
le tonneau qu’habitoit Diogène , & qu’il rouloit
de côté & d’autre pendant le liège de Corinthe.
L’orifice de ces vaiffeaux eft d’environ un palme
de diamètre , fept pouces dé France.
Foyei Amphore, Diogène & Tonneau.
Dozium , Culeus , Calleus , mefure de capacité
des anciens romains.
Elle valoir 619 pintes, & de France.
Elle valoir en mefures du même peuple ,
20 amphores,
ou 40 urnes,
ou, xdo conges,
ou J 960 fextarius,
ou, 1920 hémines,
ou, 3840 quartarius,
ou, 7680 açétabules,
Sjaqn" \ Héfjichius défigne par ce mot des
lames de poignard cachées dans des bâtons. Sué-
tone s’en fert dans le même fens ; ( Ciaud. c. 1 3.
n°. 3. ) reperti G* equeftris ordinïs duo in puhlico
cum dolom.
Tite - Live emploie deux fois le m.ot dolo
( xxxvr. 44. & Kxxvïi. 30. ) pour délîgner
une efpèce de voile , que- Suidas ( AoAav ) appelle
la plus petite yoile d’un navire. C’étoit peut-
être une de celles que l’on ajoutoit quelquefois
aux autres , pour mieux pincer le vent.
DOLON , fils du Hérault Eumédes , offre à Hec-
tor d’aller de nuit au camp des grecs examiner
DOM
leur lîtuation Sr fonder leurs deffeirts , à condi-
tion qu’on lui donnera le magnifique char & les
chevaux immortels d’Achille = avantage qu’il pré-
fère à l’alliance royale qu’Hedfor lui avoir offerte.
Dolon , pour fe déguifer, fe couvre tout le corps
d’une peau de loup 5 & quand il eft près des
retranchcmens des grecs, il imite la manière de
marcher des quadrupèdes, pour n’être point fuf-
peéi 3 mais ce déguifement ne lui fert de rien , il
eft découvert par Diomède , qui le met à miort.
DOMAINE , terres de la république romaine
prifes fur les ennemis , & dont le produit formoit
un fonds pour les befoiris de l’état. Il en eft parlé
trop fouvent dans l’hiftoire romaine pour n’en
pas faire ici un article.
Lorfque les romains avoient vaincus leurs enne-
mis , ils avoient coutume de leur ôter une partie
de leur territoire; on affermoit quelquefois ces
terres au profit de l’état , & fouvent aufii on les
partageoit entre les pauvres citoyens , qui n’en
payoient à la république qu’un léger tribut. Ce
domaine public s’accrut avec la fortune de la ré-
publique, des dépouilles de tant d’états que les
romains conquirent dans les trois parties du monde.
Rome poffédoit des terres dans les différens cantons
de l’Italie, en Sicile, & dans les îles voifines,
en Efpagne, en Afrique , dans la Grèce , dans la
Macédoine & dans toute l’Afie. En un mot ,
on incorpora dans le domaine public le domaine
particulier de tant de villes libres & de royaumes ,
dont les romains avoient fait leurs conquêtes.
On en portoit le revenu & le produit dans l’é-
pargne : c’étoit-là le fond dont on tiroir la folde
des troupes , & avec lequel on fubvenoit à
toutes les dépenfes & à toutes les néceffités '
publiques.
Céfar fut le premier qui ofa s’en emparer
pendant la guerre civile contre Pompée; il en
tira pour fon ufage quatre mille cent trente livres
d’or , & quatre-vingt mille livres d’argent. Dans
la fuite les empereurs imitèrent fon exemple , &
ne regardèrent plus le domaine public que çommq
le leur.
DOME. . .
On ne peut pas affurer que le temple bâti â
Eleufis , par Périclès , ait eu une forme^ circu?
laire ; mais il eft certain ( Plutarch. Pérrctès >
qu’il étoit couronné par une coupale 8c par une
efpèce de lanterne, quelque fût. fa forme géné-
rale. On voit- cette-.lanterfie 8c cette coupole^ fur
le tambour d’un temple quarté , _ repréfente lut
le plus grand farcophage qu’on air conferye de
l’antiquité , & qui fe trouve dans la villa Môirani ,
près la porte de Saint-Se'baftien à Rome. Le
tambour , ou dôme, n’eft donc point une inven-^
lion moderne, VOMESTICUS ,
D O M
DOMESTICUS,
DOMESTIQUE J >nom d’un ofncier de la
jüOAiESTiKos , J cour des empereurs de
Conftantmopie. Fabrot , dans fcn gloffaire fur
TneophilaiTe Simsccata , définit doméfiique en
ge'nérai , celui qu’on charge d’affaires importantes,
au foin & à la fidélité duquel on les commet :
un confeüler : cajus fidei graviores alïcujus rei cur&
committuntiir : a confiais. D’autres
uifent^que les grecs appelloient domefiifues ceux
que l’on appelloit comtes à Rome, & qu’ils fe
lervîrent du nota de domefiique ^ fur tout depuis
que Je noni de comte fut devenu un nom de
dignité , & qu’il cefla d’être un nom d’officier
fervant auprès du prince. Ainfi l’on appella do-
^^fitques tous ceux qui fervoient le Prince, qui
1 amoient dans l’adminiftration des affaires , tant
f?? ^ jufiice, que dans les affaires
ecclefiafiiques.
Dans le palais, il y avoit le grand domefiique ,
ou le megadomefiique, magnus domefiicus , me-
gaàomeflicus , que l’on appelloit aufli par excel-
lence le domefiique^ fimpiément & tout court,
domefiicus ii fervoit l’empereur à table , 8c faifoit
la charge de celui qu’on appelloit , en Occident ,
dapifer , Qc auquel a fuccédé le grand-maître de
tltt' toi , ou bien il étoit dans l’empire
d prient, ce qu’on appelloit, en Occident,
grand-fénéchal , major-iome. Il coffimandoit aufft
l’armée de terre j de même que le grand duc ,
magnus dux , commandoit celle de mer.
Le domefiique de la table , domefiicus menfis, , étoit
un officier créé depuis , qui étoit au-deffous du .
grand domefiique , & faifoit l’office 'de féné-
chal.
Le domefiiqus du revenu ou de. la maifon de
l’empereur , domefiicus rei domefiica , fut auffi créé
dans la fuite , & faifoit la fonélfon de dapifer ^
ou grand-maître de la maifon du prince.
_ Le domefiique des troupes de réferve , domef-
tlcus fickolamm , autrement domefiique des légions ,
domefiicus legionum , étoit l’officier qui comman-
dojt les troupes de réferve, appelîées écoles pa-
latines , fchoU palatins,. C’étoient en Orient huit ,.
& en Occident fix légions, qui étoient toujours
de referve pour recevoir & exécuter les ordres
de ^1 empereur. Elles obéirent d’abord à l’un ou
a 1 autre des maîtres des offices , &• enfuite au
grand domefiique , & puis au domefiique des écoies,
qu on appelle auffi domefiique des nombres, do~
mefticus numerorum. I! eft nommé quelquefois do-
ptejiique & patrice des troupes de réferve. ( Joan.
^cylityer ^ p. izy. Nicephore Callifie , /. VU. c. r8.
uni, c, 2, Niçetas d.e PapklagopÂe , vie d'I-
gnace ).
Le domefiique des rnars, domefiicus mura ram , ,
^Jitiqukés , Toms lï.
D O M ^
etoit celui qui avoit l’intendance de toutes le®
fortifications.
_ Le domefiique des régions, c’eft-à-dire , de l’O-
rient & de 1 Occident , domefiicus regionum ; c’é-
toit celui qui avoir la charge de toutes les affaires
qui concernoient^le public, dans îefquelles le pu-
blic avoir intérêt , à-peu-près comme ici un
avocat &^un procureur-général , excepté qu’il fer-
voit auprès du Prince , & non pas dans un tri-
bunal de juflice ; c étoit le miniltre pour les affaires
du dedans de l’état. Anne Comnène dit domefi
tique d Orient , domefiique d’Occident.
Le^ domefiique des icanates ou des cohortes
militaires, domefiicus icanatorum-, cette charge fut
érigée par l’empereur Nicephore, en faveur de
fon petit-fils Nicetas , fils de Michel Rhangabé ,
& de fa fille , qui fut depuis patriarche de Conf-
tantinople.
Plufieurs autres Officiers de guerre portoient
le nom de domefiique , qui ne fignifiojt rien autre
chofe que commandant- colonel, ht domefiique de
la légion que Ton nommait optimates , c’étoitleur
commandant, domefiicus optimatum. ht demeflique
des fiateurs ^ fiatorum ^ fiator eil proprement ce-
lui- qui eft de fervice auprès d’un prince , qui
eft à fes côtés. Dans Anaftafe le bibliothécaire ,
il y a domefiicus firatorum.
Le domefiique des légions d 'Orient ou d’Ocr
cident , domefiicus legionum Orientalium , Occî~
dentalium c’étoit le colonel - général de ces
légions.
Domestique , nom d’un corps de troupes
dans l’empire romain. Pancirole croit que les
mefliques font les mêmes que l’on appelloit pro-
teàores , qui étoient principalement chargés de
garder la perfonne du prince , dans un degré
élevé au-deffus des prétoriens , & qui , fous les
empereurs chrétiens, avoient le privilège de porter
le grand étendard de la croix. On prétend qu’ils
étoient au nombre de 3500 avant Juftinien , qui
y en ajouta encore zcoo- Ils étoient partagés
en diverfes bandes ou compagnies , que les latins
appelloient fckols , & dont quelques-unes ont été ,
dit-on , établies par Gordien. Les uns étoient
cavaliers & les autres fantaffins.
Il y avoit un comte des domefiiques ^ dignité
que l’on trouve marquée fousÉmilien , peut-être
pour la première fois. Elle fervit de dernier degré
à Dioclétien pour s’élever à l’empire , & elle
eft devenue enfuite fort célèbre dans le quatrième
fiècie. Les comtes ou commandans des domefliques
étoient fouvent des princes étrangers , habiles
dans la guerre, que l’on' envoyoit conduire des
armées contre les barbares.
454 DOM
Dans les tribunaux de juftice, les domejlîqaes
étoient les minirtres & les affefleurs des juges ,
tels que ceux qu^on appelloit alors chanceliers ,
les greffiers , Sic.
DOMICIUS. On invoquoit ce dieu dans le
temps des noces , pour que la femme demeurât
affiduement dans la maifon de fon mari, & qu’elle .
y vécut en paix avec lui.
DOMW^Cu's- }■ appelleeDo-
miduca , parce qu’elle préfidoit aux noces 3 & à
l’entrée de la femme dans la maifon du mari. Saint
Auguftin ( de civit, 1. VI. c. g. ) parie d’un dieu
Domiducus à qui il attribue les mêmes préro-
gatives.
DOMINA. Voyei Domiîtus.
DOMINICA , femme de Valens.
Albia Domjnica Augusta.
Ses médailles ne fe voient que dans l’ouvrage
de Goltzius.
DOMINICALES (lettres) Voyei Goncur-
RENS.
DO MINUS, f ' ^
DOMNUS. y jg fâche perfonne, dit le
DOMINA. i ^j.g Jobert jqui ait ofe pren-
DOMNA. j j^g |g
titre de Dominas avant
Æmilien , dont Goltzius cite une médaille D. N. C.
Domino nofira C&fari Æmiliano fortiffimo principi.
Mais comme il eft vrai , ainfi que le prétendoit
Morel , que cette médaille eft fauffe 3 & que c’ell
un Maximien déguifé en Æmilien , il faut rap-
porter le premier ufage de ce titre à Aurélien,
à qui l’on a frappé une médaille , Deo & Do-
mino nato Aureiiano.
Caligula avoir tenté de prendre cette qualité
Domitien fit un nouvel effort pour fe la faire
donner ; les provinces l’accordèrent à Septime
Sévère & à fes enfans, comme il paroîr fur
une médaille d’Antioche de Pifîdie : viBoria,
D D. N N.
Les Philippes eurent auffi ce même titre ; mais
jamais les romains ne le foufifrirent avant le temps
d’Aurélien.
Depuis le temps d’Aurélien , on ne trouve plus
le titre de Dominas juCqa^ à la médaille de Carus,
Deo & Domino Caro. Dans la fuite , cette qualité
eft devenue commune à tous les empereurs , juf-
qu’à la fin de l’empire ; alors les empereurs d’O-
rient prirent le nom de roi des romains, BAclAEïc
DOM
Spon , dans fes. recherches curieufes d’antiqnné,
( dilfertation douzième j s’exprime ainfi fur l’o-
rigine du mot domna : « La penfée d’Oppien ,
” qui a cru que ce mot de Domna étoit une fyncope
“ de celui de Domina , n’eft pas fon jufte; un
» auteur moderne a pourtant fait la même faute ,
& a crû que toutes les mères d’empereurs étoiém
=5 appellées domna ou domina ^ ce qui eft oppofé
” aux monumens anciens que nous en avons....
” Le nom de Domna eft particulier à Juîia, femme
” de Sévère j & quand celui de Pia eft ajouté ,
” celui de Domna n’y eft pas .... Cette impé-
=3 ratrice etoit fyrienne j & le furnom de Domna
” étoit commun dans la Syrie Le titre_ de
Domna , qu’on donne à Julie, femme de Septime
Sévère, « étoit, dit M. Bayle, un furnom de fa-
» mille; Trittan le prouve très-doéfement , &c. »
( Dîéfionnaire de Bayle, article Julie , femme de
Septime Sévère.
Domjuvs faciionum , chef d’une des quatre
faéfions du cirque. Suétone dans la vie de Néron
( c. y 72. 6. ) (^uArentibus dominis faciionum . Une
infcription citée par Panvini ( de lad. cire. i. n. )
M. Aurelio. libero. patri. et magistro,
ET SOCIO. DOMINO, et AGIT ATORI FACTIONIS
PRAXINÆ
DOMIT IA, hmilkïomzïnCf dont on a dss
médailles.
C. en argent.
R. en bronze.
O. en or.
Les furnoms de cette famille font AHENOÊi
ARBUS, CALVINUS.
Goltzius en a publié quelques médailles ,12?
connues depuis lui.
Domitia , époufe de Domitien.
D OMITIA AuGUSTA,
Ses médailles font :
RRR. en or; quelques revers font plus raie^
RR. en argent. ■
RRR. en médaillons d’argent.
RRRR..en G. B. de coin romain.
RRR. en M. B.
On n’en connoîr point de colonies.
RR. en M. B. grec , avec fa têre^ au revers dô
celle de Domitien, ou avec les mêmes tetes ea
regards.
RR. en médailles de M. & P. B. frappes® dans
la Grèce avec fa têts feule.
D O M
DOMITIEN J fHs de V efpafien.
Do-mitiasvs Augustus GbkmaSicus,
Ses médailles font :
RRRR. en me'daillons d’or j il y en a une dans
le cabinet du roi.
C. en or.
RRR. au revers de Domina.
RRRR. en or , grec , avec la tête de Rhef-
cuporide.
_C. en argent , & RRR. avec la tête de Do-
mina.
Il y a d’autres revers rares.
R. en médailles grecques d’argent.
RR. en médaillons latins & grecs d’argent.
C. en G. B. de coin romain j il y a quelques
revers R.
C. en M. B. Sc RR. au revers de Vefpafien.
C. en P. B.
RRR, en G. B. de Colonies.
C. en M. & P. B. excepte's des revers diftingués.
RR. en G. B. grec.
C. en M. & P. B.
RR. en P. B. grec , avec fa tête & celle de
Julie.
R. en G. B.
Ç. en M. & P. B.
}
d’Egypte.
« Des ouvrages de l’art, du temps de cet em-
pereur , les plus beaux feroient fans doute les fa-
meux trophées de marbre , appelles communément
les trophées de Marius , fi l’on ne vouloir pas
rejetter la Validité d-’une înfeription qui fe trou-
voit au deflbus , avant qu’ils euffent été-enlevés
de l’endroit où ils étoient, pour être tranfportés
dans le capitole. (Gruter. infer. p.iozx.n°. i . Fabret.
column.traj. p, io8. ) Cette infcription , ditWinc-
kelmann ( hifi. de Vart^ Hv. 6. ch. 6.) , indiquoit
qu’un affranchi , dont le nom prefque effacé étoit
difficile à déchiffrer , avoit fait élever ce monu-
ment à Domitien ^ qui fe tira cependant affez mal
de cette guerre , dans laquelle ces mêmes Daces,
fous la conduite de Décéballe leur roi, rem-
portèrent plufieurs viâoires fur fes généraux ;
malgré cela , Domitien ne laiffa pas de s’en glo-
rifier , & de vouloir qu’on lui décernât le triomphe.
Xiphilin nous apprend, d’après Dion Caffius,
qu’on lui érigea tant de monumens, que le monde
fe trouva rempli de fes ftatues & de fes bulles,
en qr & en argent. ( Domit. p. 217. ) Il efl
vrai que certains auteurs ont cru que ces tro-
D O M
45 >
phées avoient été élevés à l’honneur d’Augulle :
ils ont prétendu en tirer la preuve du lieu même
où iis étoient placés. C'étoit un château-d'eau
des aqueducs juliens , conftruit par Agrippa, c’ell-
à-dire, un réfervoir , d’où l’eau étoit diftnbuée
dps les différens endroits de la ville. On fait
d ailleurs qu’Agrippa aimoit à décorer d’ouvrages
de 1 art les édifices de cette nature , qu’il élevoic
a Rome (P/A. l. 36. c. 24. §. 9. ). Mais en fup-
pofant que ces aqueducs aient été réparés par
Domitien ^ conjeéture qui n’ell pas détruite par
le lüence de frontin , la vraifembiance, en
faveur de mon opinion , devient plus grande, lorf-
que je donne ces trophées pour des ouvrages de
cet empereur : je m’y trouve confirmé par la
comparaifon que j’ai faite de ces trophées avec
d’autres morceaux du même genre , découverts
à la villa Barberini de Caftel-Gandolfo , & in-
crullés dans le mur , c’eft-à-dire , dans l’endroit
où fe trouvoit la fameufe maifon de campagne
de Domitien , & par la relfemblance parfaite du
travail & du llyle de ces différens ouvrages ».
« Les ftatues & les buftes de Domitien font
très-rares , parce que le fénac , qui voulut flétrir
la mémoire de ce méchant prince , fit détruire
ces images. Auffi ne connoiflbit-on jufqu’ici à
Rome, comme portrait de cet empereur, qu’une
belle tête , qui fe voit au cabinet du capitole ,
& une ftatue du palais Giuftiniani. Mais ceux-là
fe trompent , qui citent cette ftatue comme étant
celle que Domitia fon époufe ( au rapport de
Procope ) lui fit ériger après fa mort par la per-
milfion du fénat, qui avoit fait renverfer toutes
■ fes autres images : car cette ftatue étoit de bronze ,
& fe voyoit encore du temps de cet hiftorien ,
tandis que celle qui nous eft parvenue ell de
marbre. D’ailleurs il eft faux , ainfi que l’ont
avancé plufieurs auteurs , que cette ftatue n’ait
rien fouftert. Elle a été brifée au-deftous de la
poitrine , & les bras font modernes ; i! eft même
douteux que la tête appartienne à la ftatue. J’ai
dit qu’on ne connoilToit, comme portrait de
Domitien , que cette feule ftatue , qui eft cui-
raflTée, parce qu’on n’a pas remarqué une ftatue-
fans draperie & héroique de ce prince dans la
villa Aldobrandini ».
« Au printemps de 1758 , on trouva une ftatue
héroïque , qui repréfentoit inconteftablement
Domitien , dans un endroit nommé aUe colonne ,
entre Frefcati & Paleûrine. Ce fut là qu’au fiècle
paffé on découvrit des inferiptions , qui ap-
prenoient qu’un affranchi de cet empereur y
avoit une maifon de campagne. Le^ tronc , juf-
qu’aux genoux , fans extrémités , à l’exception
d’une main qui s’ eft confervée fur les hanches ,
fut trouvé fous terre , à peu-- de profondeur &
fort endommagé. On voyoit des marques évidentes
de violences exercées contre ce monument , des
coups portés en tout fens, d’où il réfuice que
^ I i 1 JJ
43<^ D O
dans ia fiireut contre Dominer on avoit auffi
renverfé & brifé cette ftame. La tête, détachée
fut trouvée beaucoup plus avant fous terre , &
par cela même beaucoup mieux confervée. Cette
liatue , que le cardinal Alexandre Albani a fait
reftaurer J fe voit aujourd'hui avec plufieurs autres
flatues impériales ^ fous le grand portique de fa
inaifon de campagne
DOMITILLE ( Flavîe ) femme de Vefpafien.
Diva Domitilla Augusta.
Les médailles font : <
RRRR. en or. »
RRR. en argent.
Unique en médaillon d’argent fourré & latin,
dans un cabinet de Paris.
R. en G. B. fa tête n’y efl pas.
RRR. en P. B. grec d’Égypte.
, DO MJ T lus DOMITIANUS , tyran en
Égypte fous Dioclétien.
L. Domitivs Doaîitianus Augustus.
Ses médailles font :
O. en or 5 on n’eft pas afluré d’en avoir en
argent.
R.R en M. B. latin.
RRRR- en petits médaillons, ou M. B. d’E-
gypte.
Le P. Banduri en rapporte une médaille d’ar-
gent ; mais elle n’eft pas certaine.
DOMNA ( Julia ). Fbyfç JuilA.
DOMUS. Voye^ Maison.
DON AT A ^ époufe de Poftume.
DON
JüZlA Doîtata AügustaI
Ses médailles , telles qu’on, les rapporte , fontî
RRRR. en or ; elles repréfentent d’un côté
la tête de Julia Donata , & au revers les têtes
des deux Poftumes en regards , avec la légende :
SALUS PRCVINCIARUM.
On ne connoît point de véritables médailles
de cette princefle , quoique Banduri en ait parlé»
DONATÎVUM. \ t , -r ' • 1 J
DONATIF ( donatif etoit le don
qu’on faifoit aux troupes à l’armée , comme le
congiaire étoit celui qu’on faifoit au peuple. Sau-,
maife, dans fes notes fur l’endroit où Lampri-
diûs ( vie d’Elagabale ) dit qu’Elagabale fit un
donatif de trois pièces d’or par tête , c’eft à
dire , à chaque foldat , remarque que c’étcit la
fomme ordinaire & légitime du donatif. Cafaubon
C dans fes notes fur la vie de Pertinax par Ca-
pitolin ) raconte que Pertinax promit jufqu’à.
trois mille deniers en donatif à chaque foldat ;
c’eft à peu près deux mille cinq cents livres de
notre monnoie. Le même auteur écrit que le
donatif légitime montoit jufqu’à vingt mille de-
niers j qu’on n’avoit guère coutume d’en donner
moins , fur tout aux foldats prétoriens 5 que les
centurions avoient le double, & que les tribuns
& les commandans avoient deux fois autant.
Capitolin ( dans. la vie d’Antonin Pie , ) parle en
effet d’un donatif ée vingt mille deniers, promis
à chaque foldat du camp prétorien. ( Notes de
Cafaubon fur cet auteur & fur Suétone dans
Jules f
DONS militaires ( dona militaria. )
Voici une épitaphe confervée à Rome, dans
la maifon de Carlo Giorgi , & trouvé près de
Nettuno.
.... R. EQVIT. ROM. . 7 t . . 7 . . . . . . . XVIR
. . . . LITIB. IVDIC. QVAES,. . . R. PROVINCIAE
. . . . RETAE. ET. CYRENAR MP. VESPASIANÎ
.... AECARIS. AVG. LEG. X. PRETENS .... BONIS. MILIT ARIBVS.
7 . . . E. iMP. Vespasiano. Caesar T. Caisare. Avg. F.
7 . . ELLO. IVBAÏCO. CORONA. MVRALI VAILARI.AVREA. HASTIS. PVRIE.
. EXILLIS. BVOByS.TR. PL.PR. LEG.PROVINC. PON7I. Et. BlTHYNIAEi
S.-.AECINIA. A. F. LARGA VXOR. ET
V • - . RCIA. A. F. PRISCILLA. FILIA. FECERVNT.
D O R
Eüe fait rénumération de prefque tous ks
dons militaires que les généraux donnoient pour
récompenfe aux foldats qui sk'toient diftingués
par queîqukndroit. Pour les connoître rous^ il
faut joindre à ceux-ci les colliers ^ torques , les
anneaux que l’on portoit au bras, armilitt; les
pkalersL ^ & enfin la double ou triple paie.
Lorfqu’un général triomphoit , il les diftribuoit
à fes troupes dans le cirque de Flaminius.
Qn les portoit attachées à des piques devant
le cadavre du mort dans les funérailles.
DORA , ville de Phœnicie. AiiPiESiN & Aîîpa
& AQPEITON & AÛFITEîTfîN.
Ses médailles autonomes font :
RR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques , avec fon époque , en l’honneur
de Vefpafien, de Trajan, d’Hadrien.
DORCADE. La chèvre fauvage , ou la gazelle j
appellée Dorcade , étoit. révérée à Coptos.
On montroit des dorcades dans les jeux à
Rome 3 & les fpectateurs fecouant tous à la fois
leurs toges , s’amufoient à les effrayer & à les
faire courir de tout côté. Martial fait mention
de cet araufement puéril en parlant d’une Dor-
cade , dont on devoit faire préfent à un enfant
pour l’amufer. (4 13. 98 ).
Delîc'ium parvo donahis âorcada nato :
Jactatis filet kanc mittere turka togis.
DORER. Voyei Dorure.
DORIEN. On attribue l’invention du mode
dorien à Thamiris de Thrace, qui ayant eu le
malheur de défier les mufes & d’être vaincu,
ftit privé par elles de la lyre & des yeux. Pollux
( Onomaft. l. IV.ck. 10) dit que l’harmonie do-
rienne eft au nombre de celles dont fe fervent
les joueurs de flûtes. Probablement harmonie li-
gnifie ici autant que mode. Voye-;^ Mode. Peut-
être encore que Pollux entend ici par harmonie
autant que genre ; ce qui peut donner du poids à
cette conjeâure , c’efl que d^ns la même phrafe
îi parle d’une harmonie jmthonique ; qu’Ariftide
Quintilien parle de fix genres ancien? , parmi ief-
quels fe trouvent le. dorien , le phrygien , le ionien ,
éc le lydien , qui font aufli dans Pollux , & qu’il
c’y a pas eût de mode Jinthonique , au lieu qu’il
J avoir un genre Jinthonique,
D O R
437
Le mode dorien étoit un des plus anciens m.odes
de la Muiique des grecs , & c’étoit le plus grave
ou le plus bas de ceux qu’on a depuis appelles
authentiques : on pourroit repréfenter fa fonda-
mentale par notre C — fol — ut.
Le caractère de ce mode étoit férieux & grave ,
mais d une gravité tempérée , ce qui le rendoi*
propre pour la guerre & pour les fujets de re-
ligion.
^Platon regarde la majeflédu mode AbrzVn comme
tres-propre à conferver les bonnes moeurs , âc
o efl pour cela^qu’il en permet l’ufage dans fa
république. Il s’appeîloit dorien , parce que c’eft
chez les peuples de ce nom qu’il avoir d’abord
été en ufage. * ■
DORIPE , femme d’Anius. Voye^ Akius.
DORIS , fille de l’Océan & de Thétis, époufa
fon_ frère îSïérée, & fut mère <fe cinquante Né-
réides. C’ell une des divinités de la mer. Koyei
Nérée.
Doris eft aufli une des cinquante Néréides.
DORMIT. 1 ^ J
DORJrIITÎO i delignent des
épitaphes de chrétiens , qui les emplcsyoienr .à
la place de monuus & de mors. En voici quelques
exenapies tirés du recueil de Fabretti (p, 552. )
V I c T O R A
Q U A E VI
XIT ANNOS
XVIII. ET M.
VIII I. DEP. die
IDVS. OCX. DOR
MIT. IN FACE.
D O R
43^
DORON.
AI2PON.
^ Voye^ Palesth.
Ce mot AQPON , gravé fur une médaille de
Chio, défigne h monnoie d’argent qui avoit
cours dans l’ifle de Chio, de même que les
mots fuivans y accapia Aïo ^ accApia tfia ,
OBOAOc , &c. qu’on trouve fur des médailles
de cette même iüe , défignent fes autres mon-
noies.
DORSANES. C’efl: le nom que les indiens
donnoient autrefois à Hercule. ( Hefyckius. ) Sca-
liger^ & après lui Seiden, ( de dns fyr. fynt.
c. 6- p. 187.) doutent fi le nom Defanms , ou
félon d’autres J Dofanaus , que S. Jérôme j dans
la chronique d’Eufèbe, donne à l’Hercule des
Phéniciens , ne feroit point Dorfanes , parce que
Dorfanaus & Dorfanes approchent alTez. Quoi
qu’il en foit de ce point , Selden ne paroît pas
douter que le Dorfanes des Indes ne foit le même
que le Sandes dés Perfes , qui , félon Bérofe &
d'autres, f dans Agathias ) étoit l’Hercule de ces
peuples , qui fouvcnt font compris fous le nom
d’indiens.
Quoiqu’il foit difficile de donner l’étymologie
d’un ancien mot indien, Voflius ( de zdo/o/. 1,1.
c. zi. ) croit néanmoins que celui-ci peut venir
du chaldéen , dares ^ qui veut dire fouler aux pieds.
Une des principales louanges d’Hercule étoit
d’abattre les tyrans & de les fouler aux pieds. .
DORSO y furnom de Fabius.
DORSUALIA y couvertures de peaux d’ani-
maux, ou de draps que l’on mettoit fur le dos
des chevaux & des bœufs, foit pour tenir lieu
de felles, foit pour les parer. ( Treb. Poil. Gal-
lien. c. 8.) Procejferunt etiam altrinfecus centeni
albi boves , cornihus aura jugatis y Ht dprfualibus
fericis difcùlorihus pr&fUlgmUs.
DORURE. Les anciens ont pratiqué toutes
les efpèces de dorure Rétamage , de doublage en
or, argent , plomb & cuivre ( voyep^ ces différens
articles), que nous connoiffons aujourd’hui; je
le prouverai en détail dans ce diélionnaire , qui
efi: le plus vafie monument élevé à leur gloire.
N. B. Il faut appliquer à V argenture ce qui va
être dit ici de la dorure , & ne pas confondre le
doublage avec la dorure.
Dorure égyptienne.
Le comte de Caylus , ( rec. I. p. ij. ) décri-
vant un Ofiris de bronze , de treize pouces de
hauteur , fait remarquer une des plus grandes
fîngularités de cette figure , & à laquelle elle
doit fa confervation parfaite. Pour l’empêcher
d’étre altérée par le temps , l’ouvrier avoit pris
D O R
la précaution d’enduire le bronze de tous côtés
d’une couche de plâtre, épaiffe d’environ une
ligne, qu’il avoit enfuite dorée , comme on a
coutume de dorer aujourd’hui fur cette matière.
La précaution de garantir ainfi le bronze eft 1111*
nouvelle preuve des foins que les égyptiens fe
donnoient pour faire paffer à la polléritê les
plus petits ouvrages qui fortoient de leurs mains.
On comprend aifément qu’il a été néceffaire d’in-
troduire quelques corps, pour rendre la liaifon
de cet enduit plus ferme & plus folide , ûir une
matière liiïe comme le bronze, & fans tenue en
beaucoup d’endroits ; on s’eft fervi pour cet
effet, de paille de riz, & elle eft très-facile à
reconnoîrre.
On voit dans la colleéfîon d’antiques de Sainte
Genevieve , un fphinx égyptien , de bois de cy-
près , qui conferve plufieurs traces de fon an-
cienne dorure.
La dorure eft encore vifible daris plufieurs en-
droits des ruines de Perfépolis. ( Greave , defc,
des antiq. de Perfép.p. 23. )
« Pline, ditM. dePaW, C recherches fur les égypt,
tom. l.p. ZI 9.) attribue aux égyptiens une manière
particulière de peindre fur l’argent ; & fi l’on pre-
noit fes expreffions à la rigueur, ilferoit forrdiffi-
cile de les bien développer. Audi a-t-on_ cru qu’il
s’agiffoit d’une efpèce d’émail , ou bien d’une
efpèce de vernis qu’on répandoit fur les vafes
de ce métal , à peu près comme cette pâte noi-
râtre , dont eft enduite la table iuaque , où on
a enfuite incrufté des lames d’argent fur un fond
de cuivre. Mais la table ifiaque eft un ouvrage
exécuté en Italie , & qui n’eft égyptien que par
le fujet qu’il renferme «.
« On peut être certain , que la prétendue
peinture, dont Pline a voulu parler, (Æv. 53. c. 9.)
n’a jamais été qu’une dorure faite au feu. C’eft
ainfi qu’on repréientoit fur de grands plats d’ar-
gent la figure d’Anubis , dont la face devoit tou-
jours^ être de couleur d’or ou en vermeil. Et c’eft
là un fait dont il n’eft plus polfible de douter ».
cc Comme les loix , qui concernoient le fyÛème
diététique , dont j’ai tant parlé dans _ cet ou-
vrage , obligeoient les égyptiens de purifier très-
fouvent & très-fcrupuleufement les vafes, qui
fervoient au boire & au manger, ils avoientrai-
fon de n’y pas employer la cifelure , comme les
grecs & les romains ; mais feulement cette forte
de dorure dont il s’agit ici , & qui eft infiniment
plus propre en ce qu’elle ne fauroit receler au-
cune feuillure ainfi que les ouvrages cifeiés. Et
voilà pourquoi Pline ajoute ces termes pofitifs:
pingitque Ægyptus , non cœlat argentum ».
ce Le comte de Caylus {rec. d’antiqu. tôm.L p-
iç)z. ) décrivant un fragment d’émail , qui eft “n
échantillon de la magnificence des-ronjains dans 1
D O R
teneur de leurs maifonSj Faccompagne .des ré-
flexions fuivantes , qui appartiennent direélement
aux dorures égyptiennes. La couleur en eil d’un
bleu clair , extrêmement beau , & fon epaif-
feur eft d’environ fept lignes i fa plus grande hau-
teur eft de quatre pouces deux lignes , & fa plus
grande largeur de trois pouces quatre lignes ; il
faifoit partie d’une incruftation dont les murailles
croient revêtues. Ces fortes d’incruftations étbient
fouvent enrichies d’ornemens dorés , pareils à ceux
que nous voyons fur ce morceau. La figure^ eft
drapée ^ & le goût du deflein fait juger que Fou-
vrage eft romain. Elle repréfente une viéfoire, les
ailes déployées^ & tenant avec les mainsune efpèce
de banderolle. C’eft ainlî qu’elle paroît fur pîufieurs
médailles du temps de Septime Sévère : elle a
trois pouces trois lignes- de hauteur, & la tête
en eft prefqu’effacée. Cet ouvrage devoir produire
un effet magnifique. Le bleu turquin de l’émail
& les ornemens dorés , ont encore aujourd’hui
de l’éclat j ■ mais ce n’eft qu’une foibîe image de
celui dont ils ont dû briller dans le temps qu’ils
n’avoient effuyé aucun accident. Ce qui mérite
encore notre attention , c’eft que For a été mis
en feuille , & a tenu fur la furface polie de l’é-
mail, par le moyen d’un mordant, qui m’a déjà
•étonné pîufieurs fois. Il n’eft pas douteux que
la pratique de dorer ainfi à froid ne foit très-
ancienne : on la trouve exécutée en Egypte. Outre
les auteurs qui en parlent , & que j’ai cités dans
un mémoire lu à l’académie des belles- lettres,
-on peut voir ce que le P. Sicard dit de l’éclat
& de la confervation de ces dorures , mêlées avec
des couleurs rouges & bleues. (
xom. II. & KlI. )
«« On verra ici fans doute avec pîaiftr l’expli-
cation de cette pratique des anciens. J’en fuis re-
devable aux expériences & à Famitié de M. Rouelle
Faîne , de l'académie des fciences. La fimphcité
de cette opération , que l’on a tant admirée fans
la connoître , nous avertit de fufpendre notre
jugement fur les chofes que nous n’avons pas
examinées avec affez d’attention. Les mordans
font des efpèces de vernis , de gomme , de ré-
tines , qui n’étant pas encore fecs , ont |a pro-
priété de happer les corps légers qu’on leur pré-
fente. Les huiles graffes qui fe deffèchent^ à l’air ,
les refînes liquides, & celles qui ont befoin d’être
■«TifToures pour obéir au pinceau, font les matières
qui peuvent compofer les mordans. On couvre
légèrement & également Fefpace de quelques
corps folid-ss que ce foit , quand on le veut dorer
ou colorier. Lès anciens connoiftbient pîufieurs
efpèces de thérébencine , demaftic , enfin la gomme
de varni , ou le fandarak , & grand nombre de
réfînes. Tout cela pouvoit leur fervirde mordant, &
les mettoit en état d’en varier les combinaifons 5
mais les matières les plus communes fe trouvoient
fuâSfantes pour cette opérationt Ce n’eft point au
D O R 45P
mordant que Fon doit la durée des couleurs ,
c eft aux matières de ces mêmes couleurs , qui étant
une fois appliquées & établies , n’ont pu fe
détruire, puifqu’elles font d’une nature à n’êtra
pénétrées ni par l’air , ni par l’humidité ».
, hleu & le rouge font , comme js
1 ai déjà dit , les corps qui fe font confervés en
Egypte durant tant de fiècles : voyons par quelle
raifon. Rien n’eft capable de détruire For , fur-
tout quand la feuille a été employée avec une
certaine épaiffeur } on a pu d’ailleurs répandre
ces feuilles d’or pulvérifées fur le mordant li-
quide, ou bien avec un pinceau imbibe de ce
même mordant ; & For aura tenu , fi toute la
furface a été exaélement couverte mais l’or
employé de cette dernière façon, eft beaucoup
moins brillant. Le bleu a la même folidité que
For 5 c’eft une matière vitrefcible naturelle , c’eft
l’outremer ».
Le rouge'eft fait avec le cinnabre ou le minium
des anciens. Cette matière, foit minérale, foit
faélice, eft une combinaifon du fouffre & du
mercure : elle eft des plus durables ».
« La nature de ces couleurs les a donc mifes
en état de réfifter aux injures du temps , fur-tout
dans des pays auffi chauds que la haute Egypte ,
& dans l’intérieur de quelques maifons de la vilie
de Rome. L’une & l’autre Ctuation avoir les mêmes
degrés de féchereffe , ce que nous apprenons des
voyageurs , & en examinant des monumens tels
que celui-ci , refte du luxe & de la fomptuofité
des romains «.
Dorure grecque & romaine.
On dorait anciennement , comme on k fait
encore de nos jours , les figures & les panneaux
des plafonds & des voûtes 5 & l’or d’une voûte
écroulée du palais des empereurs à Rome , s eft
confervé , malgré l’humidité du lieu, auffi frais
que s’il ne venoit que d’être employé. II faut
en chercher la caufe dans Fépaiffeur de l'or battu.
des anciens ; car , pour la dorure au feu , leur or
étoit en épaiffeur aux feuilles qu’on emploie au-
jourd’hui pour cet ùfage , comme fix font à un 3
&: pour les autres dorures.^ comme vingt-deux à
un , ainfi que Buonarotti nous Fa prouvé. _( OJfer.
fopra. ail. medagl. p. ^-o — IJ^.) Foy. ci-deffus
Dorure égyptienne.
Le comte de Cayîus ( rec. III. pag. joy. ) c:te
un morceau de criftal de roche des romains , gravé
au touret , Sc doré dans la gravure qui repréfente
un poiffon.
Pîufieurs ftatues de bronze furent dorées , ainfi
que nous le voyons encore, par For qui s’eft
confervé fur la ftatue équeftre de Marc-Aurèle ,
fur les débris des quatre chevaux & du char ,
placés au fronton du théâtre d’herculanum , .tur-
4^0 D O R
tout à l’Hercuîe du capitoIe & fur les quatre
chevaux de Venife. ( Maffti.ftat.n°. lo. ) La eon-
fervarion de la dorure des ftatues, qui^ ont été
enfévehes fous terre pendant tant de fiècles , ne
peut erre attribuée qu'à répaiffeur des feuilles
d'or, dont on peut encore déterminer le nombre
& répailTéur fur le cheval de Marc-Aurèle.
On ne peut voir encore , fans admiration , les
bandes de bleu célefte , chargées de petites figures
en or , qui exifient • dans les deux chambres
fouterraines du palais des empereurs , far le mont
Palatin , dans la villa Bcrghefe , citées plus
haut.
Dorure du marhre.
On voit des traces de ce luxe ndicuie^ mis
à la mode par Néron , fur Turne d'une nymphe;,
qui forme , avec un fatyre , un des beaux grouppes
du Mufeum Pio-CIementin.
Les cheveux & les draperies de quelques ftatues
de rnarhre , otFrept encore des tr.aces d'une dorure
qui étoit très apparente , .fur-tout à la. Paiias de
Portici , lors de fa découverte. Oh trouve des
têtes ‘qui ont' été entièrement dorées , telle eil
■entr' autres 'celle de l'Ap'ollon du capitole. Quel-
■quefois ceftea'oreren'eft pas couche'e far le plâtre,
mais elle l'eft immédiatement fur le marbre. Pour
l'ordinaire , les anciens ne fe fervoient que de
blancs d'œufs pour faire tenir l’or fur le marbre : .
les modernes employent l’ai-l pour le même objet,
îis en frottent le- '772i2rire,.enfuite ils l'enduifent
d'un fiuc très-fin , fur lequel ils Couchent la
dorure. Quelques-uns fe fervent auffi du fuc lai-
teux de figues; oe fue, umdes plus acres & des
plus îxiordicans , paroît fur;, la figue .lorfqu’elle
commence à mûrir & à fe détachqr de fa tige.
La ville d’Aix en Provence a fourni un fingii- ’
Éer monument de la dorure antique furie j
on y a découvert, une infcription dé marbre, qui
fans doute a fervi à un tombeau, elle firat par .
res njots : .
IN FRONTE cï-PhYlI IN AGROyPcfXIJ.
C'cft-à-dire en face du chemin VH. pas ou
pieds , dans le champ XÎI. pas ; les caraélères
bifarrés font des .points tels qu'on les marquoit
dans les deux , trois & quatrième fiècles de notre
è-re. ■ - , :
^ Cette ligne prouve par l’indication desTnefu-
res , que le rorabeau ed antique &’ rotnain ; de ■
plus les lettres de cette dernière ligne font do-
îéés. ( Cayius 6. p. )6o, ) '
4
Dorure fauPde.
. ■f M ■ -
Les anciens ont connu la dorure, fauffe , comme
iç voit far une caille de momie. ( Caylns, ree, /.
D O U
pag. A.Q.) Les peintures do^î cette caifTe a été
ornée font prefque toutes effacées, principalement
fur le devant , où il ne refte qu'un peu de dorure
& diq bleu fur une épaule; & cette dorure na
été faite qu'avec du cuivre.
DORYL.^UM , dans la Phrygie. aopyaaegn'
Gette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques, en l'honneur de Marc - Aurèle ,
de Trajan, de Maximin , d'Hadrien.
DORYPHORES. C’éroit chez les Perfes un
corps de troupes qui efcortoient le char royal ,
lorfque le Roi alloit à la guerre. Les Doryphores
ne recevoient point de paie comme les autres
foldats ; mais iis étoient nourris des viandes que
l’on fervolt fur la table du prince. Ils étoient
vêtus de pourpre ; leurs cafaques étoient brodées
en or , uniforme , & ils les recevoient des mains
du roi.
Aoçu^opéÿ, porte-lances. On donnoit auffi ce nom
aux perfonnages muets qui formoient la fuite des
héros & des rois fur la fcène grecque ou ro-
maine.
DOS. Sur une pierre gravée du duc de Devons-
hire,qui repréfente l’enlèvement ànPalladium ^ la
ftatue de Minerve, placée fur une colonne , tourne
le dos à Diomède , comme elle fit réellement ,
dit Strabon, pour n'être p-as témoin du facri-
lège. C'eft ainfi que la ftatue de Junon .à Syba-
ris avoir détourné la vue , félon Athénée , îorf-
que les .fybarires , fecouant le joug de la ty-r
rannie deThélis, maffacrèrent aux pieds des autels
ceux qui avoient eu parc à fon gouvernernent.
Le Pouffin a employé une ficfion femblable dans
un dgffin qui étoit chez, le .cardinal Albani, où
Médée tue fes deux fils. Ce peintre ingénieux
V a mis une ftatue de Minerve , qui fe couvre
le vifage avec fon bouclier, pour ne pas voir
cette affreufe cruauté.
DOSA , en AlTyrie. A O t; E a N.
M. Co.mhe lui attribue une médaille autonome
de bron'ze , avec la légende ci-deffus & avec
l’harpé.
DQSSENUS , furnom de la famille Rubria*
DQTO, une des Néréides dont parle .Virgile
au IX. livre de l’énéïde. Valerius Flaccus ( argon,
l. 1, V. 154. ) en a fait auffi mention.
DOUBLAGE des vaifieaux.
Léon-Baptifte Alberti, dans fon. traité d'arcliif
teéiure , (/tV. y. chap. iz.) s’exprime ainfi d'a-
près une ancienne traduélion fjançoife.
ts Dans
D O U
« Dans le tems que je faifois travailler près
<ia lac de Riccia , ou découvrit le navire qu'on
appelle le Trajon. Il avoir demeuré au fond
de ce lac plus de 1300 ans. En le confidérant
avec attention , je remarquai que fes planches
de pm & de cyprès étoient encore dans leur
entier. Ce vailîeau avoir le dehors tout bâti d’ais
doubles , enduits de poix réfine de Grèce ,
calfatés de morceaux de toile , & couverts de
grandes plaques de plomb , qui étoient attachées
avec des clous de cuivre ». M. de Fougeroux ^
de l'académie des fciences , m'a communiqué
cette citation.
Doublage d’or & d'argent. Voy. Doublé.
DOUBLÉ d'or, ou d'argent. Dans quelques
pays on appelle plaquer ce procédé. Il eft très-
différent de V étamage ( voyet^ ce mot J j & de
la dorure ou argenture faites à chaud avec Vor ou
Y argent réduits en poudre, & mêlés avec des
fels , appellées par les ouvriers argent fondu. Pline
qui attribue l'invention de Y étamage aux gaulois,
•leur attribue auffi celle àt Y argenture , dont le
procédé eft analogue à celui de . ce C’eft ,
» dit-il, (4 24. c, 12.) une invention des gaules
» que de couvrir , à l'aide du feu ( incoquîtur )
« les ouvrages de cuivre avec le plomb blanc
JO ( l’étain ) fondu , iufqu'à le rendre difficile à
0* diftinguer de l’argent même ; ils les appellent
» incoctUia. Les gaulois ont auffi réuffi à couvrir
=0 d'argent de la même manière les harnoîs de
=0 chevaux & les mors des bêtes de fomme
=0 C'eft dans la ville d'Alexia ( Alife-en-Auxois)
oj qu,ii ont commencé. Les habitans du Bern
=0 ont eu la gloire de perfedionner ce procédé ;
30 car ils l'ont appliqué aux chars & aux chariots :
=0 ce vain luxe a été pouffé jufqu’à dorer même
00 Se argenter de cette manière de petites ftatues’o.
Les mots fimili modo répétés deux fois dans ce
paffage , .après le procédé de Y étamage , déter-
minent Y argenture Sê la dorure , dont il eft qiieftion ,
à Yargent fondu, ge excluent le doublé dont je
vais traiter dans cet article.
Les antiquaires ont connu de tous temps les
raédaiÜes fourrées, c'eft- à-dire, des médailles
faites d’un métal commun , & recouvertes de
deux feuilles de métal riche 0 mais iis fe font
plus occupés à découvrir leur ufage , que le pro-
cédé de leur fabrication.
On trouva dans les fouilles d’Herculanum plu-
fieiirs vafes doublés d'argent , & M. Fougeroux
les décrivit le premier ( antiquit, d'Hercul. p.^i.
1770. ) en ces termes :
“ Tous les vafes, comme cafferoîes & chau-
derons, qui fervoient pour la cuifine , étoient
garnis en dedans d’une couche d'argent. Nous,
étamons le cuivre ; les anciens l'argentoisnt. Cette
Antiqu 'tés , Tome II,
D O U
441
remarque ti'a point échappé à M. de la Con
nter'nTr»^ T-**ioa f
que
pas un métal fain , & i! ne dure que peu de
temps , lorfqa’on l'emploie à étainer les ufteii-
Ci.es de cuifine. Ceux que l'on a trouvé argentés ,
qui fe font bien confervés , & que le vert-de-
gris fembie n avoir pas attaqué, pourroient donner
des connoiflances fur les moyens plus sûrs &
plus durables que les anciens employoient pour
couvrir le cuivre & l’argenter. Il fembie que nous
les ayons perdu, ou au moins que nous ne les
poffédions pas auffi parfaitement que les romains 00.
Si cet académicien eût pu obferver ces
files & les examiner de près , il
reconnu le doublé ou plaqué. J'ai été plus he
ulten-
li y auroit fans douta
'ai été plus heu-
reux, comme on va le voir dans l’extrait d'un
rapport fait en cette année 1788, à l’académie
des inferiptions , le 17 juin , & à l’académie des
fciences ^ le y juillet.
cc MM. l’abbé Haui & Baumé, de l’académie
des fciences, s'étant adreffé à l'académie des
inferiptions & belles- lettres pour avoir des éclair-
ciffemens fur le goût du travail & le tems de la
fabrique d'un plateau trouvé en Bourbonnois ,
près l'ancien château de Chantelie, l'académie
a nommé commiffaires M. l'abbé le Blond & moi :
voici le réfultat de nos recherches 00.
« Il y a tout lieu de croire que ce monument
eft antique. On fait que les romains employoient,
même dans les plus beaux jours de leur gloire ,
des grecs , pour l'exercice des arts qui dépendent
du deftîn , tels que l'Architecture , la Peinture ,
la Sculpture , la Gravure & la Cifelure. C'eft
pourquoi il y auroit de la témérité à donner à
un artifte romain , plutôt qu'à un grec , ce mo-
nument. Les romains régnèrent long-temps dans
les Gaules ; mais les phocéens y avoient fondé
Marfeille & quelques autres villes méridionales,
avant les conquêtes de Jules Céfar oo. -
« Les médailles de Marfeille prouvent , par
leur travail , que les Phocéens tranfportèrent les
arts dans cette partie des Gaules. Ce précieux
germe y produifit des rejettons, qui s'étendirent
le long des deux rives du Rhône & dans i’Au- '
vergne même. On trouve en effet dans Pline
qu'un fculpteur éleva à Clermont une ftatue co-
lolTale de Mercure , du prix de 400,000 fefterces.
Obfervons que les romains prirent des grecs &
des rhodiens en particulier ce goût pour les
coloffes ; & que le nom du fculpteur de Cler-
mont eft un nom grec , il s'appelloit Zénodore.
La prudence nous défend donc d'attribuer ce
plateau à des romains plutôt qu’à des artiftes
grecs, ou aux derniers plutôt qu’aux ■ premiers ;
mais i'élégaiîce des ornemens en atrefte l'anti-
quité ».
Kkk
D O U
(Zcs crncmsns confident dans une bordure
chargée d animaux , de mafciues , & d attributs
des fêtes de Bacciius , traités de relief. Quatre
naafques partagent cette bordure en quatre di-
vifions , qui comprennent chacune trois animaux
& quelques fymboies’^.
« La nature des ornemens de ce plateau indique
fon ufage; il éroit deftiné à fervir des fruits ou
des raifins. Qétoit aufli la deftination d"un pla-
teau d’argent trouvé il y a peu d’années auprès
de Touloufe , & envoyé à M. Portai, de l’a-
cadémie des fciences. Ce plateau, ainfi qu’une
petite coupe trouvée dans le même endroit , étoit
orné d’une bordure, formée de même par des
mafques & des attributs bachiques. Le travail
de ces deux morceaux étoit véritablement antique
& d’un bon ftyle
« Après ces obfervations fur le goût des or-
nemens du plateau, il eil inutile de réfuter fé-
rieufement l’opinion de ceux qui ont fixé fa fa-
brique au fièclc du connétable de Bourbon , fei-
gneur de Chantelle ; c’eft- à-dire , au XVI. fiècle
de notre ère , quatorze ou quinze cents ans plus
tard que fa véritable époque
La partie méchanique de ce monument miérite
une attention particulière , parce qu’elle annonce
chez les anciens la pratique familière d’un^ art ,
ou procédé que les anglois n’ont exercé que
depuis un demi-fiècle, &: les^françois feulement
depuis douze ou quinze années. C’eft du plaqué
ou doublé que nous voulons parler. Le plateau
antique dont nous fommes occupés n’eft point
étamé , pratique dont Pline ( l. xxxir. ) attribue
PinveRtion aux gaulbis : il n’eft pas non plus
lîmplement argenté avec un amalgame d’argent
& de mercure , mais il eft de cuivre rouge ,
doublé d’argent. La feuille du m.étal riche qui
recouvre le cuivre eft auffi mince que le clin-
quant , & cependant elle s’étendoit fur toutes
les parties du cuivre, foit plates, fois traitées
de relief. Les ornemens ne font point repouffés ,
c’eft-à-dire, convexes en deffus, & concaves en
delîbus j ils ne s’annoncent par aucune déprelfion
fous le plateau ; il eft donc évident que ce plateau ,
moulé d’abord en cuivre pur , recouvert enfuite
de deux feuilles d’argent, a été frappé dans une
matrice , & par des procédés analogues à ceux
qu’employent aujourd’hui le? fleurs Tugot &
Daumy , ces ingénieux artiftes, que l’académie
des fciences a encouragés par fon approbation,
& le gouvernement par une proteftion fignaiée.
L’adhérence de la mince feuille d’argent au
cuivre eft fi forte , qu’elle a réflfté en plufieurs
endroits , & au coup de feu que les payfans
qui croyoîent le plateau d’argent maffif lui ont
do.nné dans refpoir de le fondre, & à l’acidité
du vinaigre , dans lequel fon dernier poffciTeur
l’a laiffé plongé pendant quelque temps.
D R A
Nous avons parlé du doublage de ce plateau,
parce qu’il nous a mis à m.êm.e de juger par
analogie les uftenfiles antiques de cuivre doublés
d’argént , trouvés à Herculanum , décrits en 1770
par ïvl. Fougeroux , de l’académie des fciences ,
& dans les environs de Lyon , &c. que nous
ne connoiffons que par les récits des voyageurs.
11 eft d’ailleurs bien agréable pour ceux qui font
de l’antiquité une étude conftante , de donner
une nouvelle preuve de la multiplicité des con-
noiflances que les anciens poffédoient dans les
arts méchaniques ainfi que dans les arts libé-
raux.
DOUBLE TÊTE.
Quoique Ovide ait dit à Janus î
Jane biceps araii tacite labentis origo ,
So/us de fuperis , qui tua terga vides.
On trouve cependant que Junon Patulcîa &
plufieurs hermèsj ont été repréfentés à deux vifages.
Les anciens avoienr des portes dont les battans
s’ouvroient à volonté en dedans eu èn dehors 5 iis
en avoienr auflî qui n’étoient fermées que par un
rideau; dans ces deux cas, des gaines, ^chargées
' de buftes à double tête , & placées dans l’épaiffeur
des pied - droits , faifoient un ornement ^com-
mun au dedans & au dehors. C’eft de la fans
doute qu’eft venue la multiplicité des buftes à
double tête.
DOUBLE MANTEAU. Voyei Diplois.
DOUBLES C lettres). Lojep Géminées (let-
tres ).
DOULEUR, fille de l’érèbe & de la nuit,
félon Cicéron ; ou de l’air & de la terre fuivant
Hygin.
AOYSAPIA, fêtes ou jeux inftitués en l’honneur
de Bacchus. Il en eft fait mention fur une mé-
daille de Philippe &■ de 1 rajan-Dece , frappée
à Boftra, publiée par Peilerin.
DRA^CHME , denier , ancien poids de l’Afie
St de l’Égypte.
Elle valoir en poids de France, 45 grains | ,
félon M. Paufton.
Elle valoir en poids des mêmes pays,
X grammes.
ou , 4 oboles fésninîtes.
ou, 6 dardes.
D R A
ou , 8 kikkabos.
ou, 12 kérations.
ou, 24 chaicous.
ou, 48 fitarions.
Drachme , denier , monnoie ancienne de
î'Égypte & de l’Afie.
Eüe valoir , félon M. Paudbon, en monnoie
adtuelie de France, j-^°%deliv.
Elle valoir en monnoie des mêmes pays ,
2 rébiites.
ou , 5 gérah.
ou , 6 méhah.
ou, 12 pondion.
ou, 24 phollis.
ou, 96 kodrantes.
ou, 192 pérutab.
Drachme , denier , zuz , mith - cajos , fève
d’Égypte , ancien poids de rAlîe &de l’Égypte.
Elle valoir en poids de France , raWa de livre,
félon M. Paudbon {Métrologie).
Drachme , poids & monnoie des grecs.
Elle valoir en poids de France , Elon M. Pauc-
ton , ( Métrologie ) 84 grains -/j- , & en monnoie
i livre.
Elle valoir en poids & monnoie des grecs,
G oboles,
ou, i.G chaicous.
On trouve une médaille d’argent’ de Néron,
avec le mot AFAXMH, qui prouve que le denier
romain étoit de la même valeur que la drachme.
Plusieurs anciens écrivains ont employé indif-
féremment le denier pour la drachme.
” DRAGON. Au nom de dragon, dit M. le comte
de la Cépède (^qitadrup. ovipares de l' hi^oire naturelle
de M. le comte de Bichon ) l’on conçoit toujours
une idée extraordinaire. La mémoire rappelle avec
promptitude tout ce qu’on .a lu, tout ce qu’on a
ouï dire fur ce monlire fameux ; l’imagination
s’enflamme par le fouvenir des grandes images
qu’il a préfentées au génie poétique : une forte
de frayeur faille les coeurs timides, & la curio-
lité s’empare de tous les efprits. Les anciens., les
modernes ont toujours parlé du dragon. Con-
facré par la religion des premiers peuples, de-
venu l’objet de leur Mythologie, minillre des
volontés des dieux , gardien de leurs tréfors ,
fer vaut leur amour &r leur haine, fournis au
D R A
445
pouvoir des enchanteurs, vaincu par les demi-
dieux des temps antiques , entrant même dans les
allégories facrées du plus faint des recueils , il a
été chanté par les premiers poètes , & repré-
fenté avec toutes les couleurs qui pouvoient en
embellir l’image : principal ornement des fabies
pieufes , imaginées dans des temps plus récens ,
dompté par les héros , & même par les jeunes
héroïnes , qui combattoient pour une loi divine ;
adopté par une^fecende Mythologie, qui plaça
les fées fur le trône des anciennes enchantereîTes ,
devenu l’emblème des actions éclatantes des vaiî-
lans chevaliers , il a vivifié la Poéfie moderne, airii
qu’il avoir animé l'ancienne ; proclamé par la voix
févère de l’hiltoire; par -tout décrit, par -tout
célébré, par tout redouté, montré fous toutes
les formes, toujours revêtu de la plus grande
puiffance , immolant fes viélimes par fon regard ,
fe tranfportant au milieu des nuées avec la ra-
pidité de l’éclair , frappant comme la foudre ,
diflipant l’obfcurité des nuits par l’éclat de fes
yeux étincelans , réunifiant l’agiüté de l’aigle , la
force du lion, la grandeur du ferpent ( il y a
des ferpens qui ont plus de quarante pieds de
long. Ovipares tom. I. ) préfentant même que!-,
quefois une figure humaine, doué d’une intel-
ligence prefque divine , 8c adoré de nos jours
dans de grands empires de l’Orient. Le dragen
a été tout, & s’eft trouvé par-tout, hors dans
la nature. Il vivra cependant toujours , cet être
fabuleux^ dans les heureux produits, d’une imagi-
nation féconde. Il embellira long -temps les images
hardies d’une Poéfie enchanterefle : .le récit de
fa puifianee merveiiieufe charmera les loifirs de
ceux qui ontbefoin d’être quelquefois tranfportés
-au milieu des chimères , & qui défirent de voir
la vérité parée des ornemens d’une fi(5lion agréa-
ble ; mais à la place de cet être fantaftique,
que trouvons-nous dans la re'alité ? L?n animal
auffî petit que foibîe, un lézard innocent & tran-
quille, un des moins armés de tous les quadm-
pèdes ovipares , & qui , par. une conformation
particulière , a la facilité de fe tranfporter avec
agilité , & de voltiger de branche en branche
dans les forêts qu’ifhabite. Les efpèces d’ailes
dont il a été pourvu , fon corps de lézard, &
tous fes rapports avec les ferpens , ont fait
trouver quelque forte de reflembiance éloignée
entre ce petit, animal & le rnonftre imaginaire
dont nous avons parlé , & lui ont fait donner
le nom de dragon par les naturalifies
Cet animal fabuleux tenoit beaucoup du fer-
pent quant à la forme ; au_ refte, chacyae poèt
a décrit ceux dont il parloit, ainfi qu’il a plu
fem imagination. Cet animal ne dormoit jamais ;
c’eit pourquoi on lui conSoit la garde des choies
précieufes. Il étoit confacré à Minerve , pour
marquer , dit-on, que la véritable fageffe ne s en-
dort’jamais : ii étoit suffi confacré à Bacenus ,
Kkk ij
ft.) /'rt
444 D R A
pour exprimer ies fureurs de l’Ivreffe ; & à
Mars J pour exprimer celles de la guerre. Plu-
îarcue le donne encore pour attribut aux héros.
DRAGON d’Aulide. Tandis que la flore des
grecs s'alTembloit dans le port d’Aulide , dit
Homère J & qu'on cffroit aux dieux des iacri-
fices à rombre d'un platane ^ un horrible dragon. ^
marqueté de taches de fang , envoyé par Jupiter,
fe gülTant de deffous l'autel , monta rapidement
fur le platane au haut d'une branche , où étaient
huit petits pafferaux , caches fous des feuilles
avec leur mère : il les dévora tousj & après ce
cruel repas , il fut tout d'un coup changé en
pierre. Ce prodige épouvanta tous les grecs; mais
Calchas en tira une augure favorable : comme
ce dragon^ dit-il, a dévoré les huit pafferaux Se
leur mère , nous ferons autant d'années à com-
battre contre les troyens , & la dixième année
nous nous rendrons maîtres de leur ville. Pour-
quoi , dit Cicéron ( au liv. 2. de la divination ),
conjeciurer plutôt le nombre d'années , que celui
des mois & des jours ? Quel rapport y a - t - i!
entre des oifeaux & le cours des années ?
DRAGON d'Anchife. Pendant qu'Énée faifoit
des libations aux mânes de fon père Anchife , il
foTtit du tombeau un dragon énorme , dont le
corps formoit miiîe replis tortueux , & dont le
dos étoit couvert d’écaüles jaunes & apurées. Ce
lerpent fit le tour du tombeau & des autels , fe
gliiîa entre les vafes & les coupes, goûta de
toutes les-viandes offertes, & rentra enfuite dans
le fond du fépulcre > fans faire aucun mal aux
alîiflans. Virgile dit qu'Enée prit ce dragon pour
un génie attaché au fervice d'Anchife.
DRAGON de Cadmus. Voyei Cadmus.
DRAGON de Delphes. \]n dragon gardoit l'an-
tre d'où Thémis prédifoit les chofes futures ; & ,
felon_ quelques mythologues , c'étoit le dragon
lui-même qui y prononçoit les oracles.
Apollon venant à cet antre , tua à coup de flè-
ches le dragon qui lui en fermoit l'entrée , Sc
s’empara de l'oracle. Foye^ Delphes.
DRAGONS de Cérès. Le char de cette déefle
étoit tiré par deux dragons ailés, qui latranfpor-
tèrent en peu de temps par toute la terre , lorf-
qu'elie chercha fa fille Proferpine.
DRAGONS de Médée. Cette pnneeffe étoit
portée par les airs, dans un char tiré par des
dragons ailés. Koye:^ Médée.
D3.AC0NISUS. Murotori ( îoé. 4, Tkef. înfeript.)
rapporte l'iafcnption fuivante , qui pourroit être
D B. A
relative aux ferpens que l'on adoroit à Lanavium,
( Aelian. XI, 1 <?. )
J '
C A R P U s. A U G, L.
P A L A N T I A N U s
S A N C T I S
BRACONtBüS.
B. D.
DRAGONS. V
DRAGONAIRES. V Les barbares , c elRà-
DRACONARII. } dire, tous les peuples,
excepté ies romains , portoient dans leurs armées
des enfeignes d'une forme fingulière & effrayante.
Ce furent pour l'ordinaire des dragons ou fer-
pens ailés. Curopalate ( de ofnc. Conftantini ) dit
queCyrus, ayant vaincu les aflyriens, adopta
leur tunique ou vêtement militaire , & leurs éten-
dards figurés en dragons. Suidas en attribue de
femblables aux indiens & aux feythes. Les daces,
voifîns des feythes , n'en avoient pas ^d'autres ,
comme on le voit fur le monument éternel de
leur défaite , la colonne trajane. Ce fut vers^ le
temps de cette viéloire deTrajan , ou peu après ,
que les romains prirent aufîî des dragons pour
enfeignes; & Vegèce (IL 15- ) qui écrivcit
fous l’empereur Valentinien le jeune, dit que
chaque cohorte ayoit fon dragonaire qui marchoit
au combat chargé d'un dragon : dracones per fin-
galas cohùrtcs'a drâcQnariis ferantur ad pr&liam. Les
principaux, ou les chefs des dragonaires , mar-
chpient auprès du prince ; on les reconnoiffoit à
leurs dragons faits d'étoffe de pourpre , liés an-
haut des piques dorées & ornées de poil , ouvrant
déméfurément la gueule , pour recevoir le vent
{AmmJ.in. XVI. lo. & 12.) qui faifoit jouer &
flotter leurs longues queues peintes de différentes
couleurs.
Les dragons étoient brodés fur des étoffes de
coton , in linteo depicli ( Tertullian. Apologet.
c. 16.) GU de foie & de pourpre. Leur tète était-
de métal , & le vent s'engouffrant dans leur
vafte gueule, agitoit leur langue , enfloit leur
col , & lès faifoit paroitre Cfflant comme de vé-
ritables ferpens , afin d’effrayer les ennemis. C'eil
ainfi que Sidoine peint les dragons ( Carm. V ,
n, 409. ) :
......... Testais anguis
Difeurrit per tiîra-r.qtte aciem , ad guttur adiSis
Turgefeit sLephyris.
On reconnoiffoit les dragonaires à leur collier
d'or. Prudence ( md i. 64. ) décrivant le
fupplice dss martyrs Dtnaétrius & Chelidonius ,
D R A
qui étoient: dragonaires , dit qu’on leur arracha îe
coiiier , marque de leur emploi :
Ite fignartim magifiri : ^ vos trihaai ahRJîltt.
^tîreos anferts torques «...
DR^P£ï!IE \ y'oyei Espérance , Neme-
DRAPÉeI 3 ^ Victoire.
Gr'&cû. res ejl nihil velare y at contra Rontana
ac miütaris thoracss addere, ( Pliu.)
Mariette obferve(roOT. 1. 66.') que la plupart des
ftatues que les grecs nous ont laiffées font ordinaire-
ment nues, ce S’ils emplojoient , dît-il , quelque dra-
perie , elle ne cachoit qu’une très-petite partie
de la figure. Ils regardoient les vêtemens comme
une fuite de befoins attachés à la condition hu-
maine j & fur ce fondement, ni les dieux, ni
les hommes célèbres, qui participoiènt , félon
eux , de la dît'inité, ne dévoient paroitre que
nuds De là vient que fur leurs pierres gravées,
amfi que fur leurs autres monumens , on trouve
^ Pf ^de figures entièrement vêtues ; mais lorf-
qu^ii s y en rencontre , ns faut-il pas convenir
qu elles font drapées de la plus grande manière ,
& que ces draperies ofn'ent quelque ckofe d’aufîi
parfait que le nud des plus belles Ifatues grec-
Dans toutes ces gravures , les
étoffés dont rart’fte a couvert les figures font
fîmples & légères ; elles font jettées avec grâce
& ne reçoivent d’ornement que de la façon dont
elles font agencées, il n’y paroit rien de trop
recherché dans le choix , non plus que dans
Tordre des plis; ceux ci font en petit nombre;
lans trop de fymérrie , iis marquent le nud, &
loin^de faire perdre à la figure quelque chofe
de l’élégance de fes proportions , ils contribuent
à en indiquer tous les mouvemens. On croit voir
la nature telle qu’elle s’eil offerte à l’artifte, fans
pouvoir imaginer qu’il y ait rien ajouté du
fien ».
Le drap , fur les figures antiques . fe diftingue
facilement de la toile & des autres étoffes légères.
Un artilîe françois , qui n’a remarqué fur le
marbre que des étoffes fines & tranfparentes ,
( Falconet , réft-ex.fur éaSculp. p. ji. j8. ) ne s’eft
rappeüé que la Flore -Farnèfe & quelques autres
figures habillées de drap.
Mais on peut afïurer hardiment , dit Winkel-
mann , t hift. de Part, liv, IV. ch. y. §, /. d.)
qu’îl s’efl confervé autant de ftatues de femmes
vêtues d étoffés de laine , que de ftatues ajuftées
de draperies légères. Le irap eft très-reconnoiffable
à l’ampleur de fes plis, ainfi qu’aux ruptures
qu’il contraéloit lorfqu’on le plioit dans des
prefles après l’avoir lavé & foulé.
I> Tv A
i~i >
“ Quant, ajoute, le même favant antiquaires
( §. III. ) au deftin des figures drapées
la iir.effe du ract & la délicatefîe du fentiment^
; y ont moins de part que la jiiftefle du difeerne-
ment & 1 étendue du favoir, tant pour l’obferver
& 1 enfeigner , que pour l’imiter & le pratiquer.
Lsia n empeene pas que cette partie de l’art n’offrs
encoie des objets de recherches non moins inté-
rehans pour le connoiffeur que pour i’artifte. La
draperie eft au nud , ce que i’expreflion eft à la
penice ; & nous avons fouvent moins de peine
à trouver la penfee que i’expreflion, ou la vraie
tournure de la penfée. Comme dans les premiers
temps de 1 art on faifoit plus de figures drapées
que^ de figures nues, & que cette maxime étoit
fi géneraie dans les plus beaux fiècles de la Grèce
par rapport aux figures de femmes , qu’on peut
compter cinquante figures drapées contre une
nue; il étoit naturel que les artiftes de tous les
^ aîtachaffeDt pas moins à bien rendre
1 élégance de la draperie que la beauté du aud.
On chercha le gracieux , non-feulement dans
les attitudes & les aéiions, mais aufli dans les
habits & dans les ajulremens. En effet , les grâces
les plus anciennes' étoient repréfentées vêtues. S’il
fuffit aujourd’hui à i’artifte de bien étudier quatre ou
cinq des plus belles ftatues fans draperie pour bien
faîfîr la beaute du nud , si a befoin de chercher
l’élégance de la draperie dans cent figures habil-
lées.^1! eft même très-rave de trouver une ftatue
drapee qui reffemble à une autre pour l’ajufte-
ment , tanois qu’il n’y a rien de plus ordinaire
que de trouver "des ftatues nues d’une refTemblance
parfaite : telles font en grande partie les ftatues
de Vénus. Il en eft de même des ftatues d’A-
pollon ; la plupart femblent avoir été exécutées
d’après un feul modèle , comme l’atteftent trois
ftatues femblables de ce Dieu, à la villa hfé-
dicis , & une autre au capitoie. La mêmeremarque
eft auilî applicable à la plupart des jeunes fa-
tyres. Je dirai donc que le deffin des figures
drapées peut être nommé à jufte ritre une \
effeEtieHe de l’arr. Peu d’artiftes modernes
exempts de critique par rapport à l’habille...^...
de leurs figures ; ceux du fiècle paffé ont tous
péché contre cette partie , le feui Pouffin ex-
cepté
« Les modernes , dît le comte de Caylus ,
font dans l’habitude de regarder comme des toges
toutes les draperies un peu amples , dont les
figures romaines font vêtues. Quand les monu-
mens repréfentent des hommes d’un certain âge ,
on leur accorde promptement les honneurs con-
fulaires ; & li les draperies font moins étendues ,
& qu’elles laifTent un plus grand nombre g? parties
du corps découvertes J les figures pre-unentauffi-tô:
le nom de philofophes ; telle ell l’opinion ordi-
naire ; on a tort de donner légèrement ces fortes
de déiiominatiop.s ; mais il faut convenir aufli que
DRU
4^5
DRE
tres-fouvent il eft prefque impoffible de déter-
miner l'objet de ces figures
DRAPEAU. Les anciens r/avoient pas de
irapeaux faits comme les nôtres. Les leurs étoient
faits comme des bannières des églifes , c'etl-à-
dire , que le drap où l'étoffe n'étoit point clouée
par un des côtés du quarré à la lance, mais
fufpendue par deux de fes coins : teielHe/flia-
Tum fur les médailles.
DREPANTJM , en Sicile. APE.
Les médailles autonomes de cette ville font ;
RRRR. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
DRIMAQUE, efclave fugitif, s’étant retiré
fur une montagne , ramafla d'autres gens de fa
forte , avec lelqueis il ravageoit i'ifle de Chio ,
& faifoit de grands maux aux infulaites : pour
fe délivrer d’un fi fâcheux voifin , ils mirent fa
tête à prix. Drimaque , qui étoit déjà avancé en
que ceux de la ville vouloient donner à celui
qui apporteroit fa tête , lui difoit férieufemer.t :
je fuis avancé en âge , j'ai déjà allez vécu ,
coupe moi la tête , porte-Ia à ceux de la ville ,
tu auras de quoi vivre aiiez heureufement le relie
de tes jours ; je me prive volontiers du peu de
vie qui me relie , pour rendre la tienne haureufe.
Le jeune homme s'en défendit d'abord , mais
il fut fi preffé par Drimaque , qu'il lui coupa la
tête , la porta à la ville , & en eut la récom-
penfe promife. Les infulaires , charmés de la
générofité de Drimaque, lui bâtirent un temple,
& le déifièrent fous le nom de héros pacifique.
Les, voleurs le regardoient comme leur Dieu,
iHwi apportoient les dîmes de leurs vols &
OT^ndages. C'eft Athénée qui raconte cette hîf-
îoire. Drimaque fut auffi nommé Euménés.
DRîOPE. Voyei Driope.
Droit italique. Koyei iTALiQüE.
Droit latin. Voyei Latin.
DROITE ( main ). Voye^p^ Main.
DROMÉE. C'ell le nom d’un mois des an^
ciens crétois , duquel il efl parlé dans' les marbres
è’Arondel, ?. 117, & dans les inferiptions de
Reinefius , p. 491. Prienus en parle auffi fur
l'apologie d'Apulée. ( jp. Febr. Menai, p. 49. ) ;
mais on ne fait quel mois c'étoit.
DROME US.
dromonarii.
DROMONES. I On ^ppdlokdromanes,
% dfoiioyis , ces batimens
AroMOHES. ) de tranfport, & en par-
ticulier ceux qui approvifionnoient l'Italie de
bled, du temps de Caffiodore (variar.leci. V.16):
àecrevimus mille dromones fabricandos ajfumtre : qui
Ci frumenta publica pojjînt convekere , Ci adverfis
navihus , fi neceffe fuerii, ohviare. On voit dars ce
texte que les dromones pouvoienî être mis en état
de défenfe contre les pirates. Les matelots qui
les montoient étoient appelles dromonarii. f ibid.
lU. 15.)
DRUJNTILLA Augufta , peut-être fem.me
du tyran Regahen. Kheli , dans fon fuppiement
aux empereurs de Vaillant , a publié ces mé-
dailles de cetre princeffe inconnue. La fabrique
des quatre médailles d'argent de cette femme ,
qu'a vues M. Neumann , reffemble à celle des
médailles de Gailien.
DRUIDES. C'écoient chez les anciens gaulois
les principaux miniftres de la religion , qui avoieüt
fous eux un grand nombre de miniftres fuoalternes,
tels que les bardes , \tscabages , \tsvates ,\tsfar~
ranidés. Ils menoient une vie fort retirée &c fort
auilère , du moins en apparence. Cachés dans
le fond des forêts , ils n'en fortoient que rare-
ment ; & c’étoit-là que toute la nation afioit les
coKfulter. Ils avoient plufieurs collèges répandus
dans toutes les provinces des gaules , où iis étoient
chargés ds Fcducation de la jeunelTe.^ Le
mier & le plus confidérable de ces collèges étoit
celui du pays Chartrain : c’étoit-là que réfîdoit
le chef fuprêm.e des druides : c'étoit dans les
bois de cette conîree que s offroient les grands
facrifices , & où fe faifoient tontes les grandes
cérémonies que Drefcrivoit la religion. Apres
ce collège , celui" de MarfeÜle ^étoit le plus re-
nommé, fur-tout le bois ou s affembloient les
druides. La defeription qu'en fait Lucain , ( Ho- 3,
V. 399.) lorfqu'il raconte comment Céfar le fit
abattre , infpire je ne fais quelle frayeur reÜgieufe ,
qui frappe & qui fasfit. Leurautoriteetoit u grande,
même dans le civil , qu'on n entreprenoit aucune
affaire fans les confulter auparavant. Ils prefiuoien^
aux états , réfolvoient la guerre eu la^ paix a
leur gré , dépofoient les magiftrats & memes les
rois, qua'nd ils n'obfervoient pas les oix ou
pays : la jufiiee ne fe rendoit que par leur mi-
niftère; & ceux qui refufoient de fe^ rendre a
leurs décifions , étoient frappés d'anatheme i tout
facrifice leur étoit interdit , & le refte de^ la
nation les regardoit comme des impies , q u oa
n'ofoit même fréquenter. Afin que leur dottrine
ne fût connue de perfonne , & quelle parut
plus myfiérieufe, non-feulement aux etrangers.
DRU
mais aux gauloîs mêmes , les druides n’écnroienî
rien , mais ils chargeoient leur mémoire & celle
de leurs difciples , d’un nombre prodigieux de
vers obfcurs , qui contenoient leur théologie ,
& dont ils ne donnoient Tesplication qu'avec
les plus grandes réferves. Ils s’adonnoient à l’af-
trologie , à la divination , à la magie , & à tous
les preftiges qui l'accompagnent } iisfaifoient croire
aux peuples qu'ils avoient le pouvoir de fe tranf-
, former en différentes figures , d'aller à leur gré
au milieu des airs , & de faire routes les autres
folies des magiciens les plus experts. Mais de
toutes leurs fuperltirions , la plus cruelle étoit
celle qui les portoit à immoler à leurs dieux des
v'ilimes humaines , ou de s'en fervir pour pra-
tiquer la divination. Diodore ( liv. ) dit quils
immoloient un homme , en lui perçant le corps
au deffus du diaphragme : l'homme tombé , ils
écabliffbi ent leur divination fur fa chute , fur
fa palpitation ^ fur le fang qui couloir , & fur
les mouvemens qu‘il faifoit , ayant. difoienr-i!s ,
des expériences sûres pour cela. Voy. Gui de
Ckêr.e. SaîÆOLUS , FÉLAGES j SeS-PENT , VeR-
VAINE.
Tibère ( PHn. 3 1. i. ) & Claude ( Sueton. c. z6.
14. j'firent tous leurs efforts pour détruire les
druides & leurs facrifices fanglans j le premier
les de'truifît dans Rome . où ilss'étoient introduits
depuis les conquêtes de Céfar ^ & le fécond dans
toutes les Gaules. Il efl: cependant encore fait
mention des druides dans Lampridius , fous le règne
de Sévère-Aiexaiidre ( c. do. ) ^ & dans Vopifcus
fous celui d'Aurélien ( c. 44. ),
Strabon ( IV. ) nous apprend que l'attribut
dillinclif des druides étoit un collier d'or.
DRUIDESSES. Les fem.mes des druides par-
tageoient la confidération qu on avoit pour leurs
miris, & s'ingéroient comme eux , non-feule-
ment dans les affaires politiques , mais encore dans
celles de la religion. I! y avoit des temples dans
les Gaules dont l'entrée étoit interdite aux hommes :
c'étoient les druidejfes qui y ordonnoient & y ré-
gloient tout ce qui concernoient les facrifices &
les autres cérémonies de la religion. Mais elles
avoient fur-tout h réputation de grandes devi-
nereffes ; & quoique les druides s'en mêlaffenr
quelqiiTois 3 ils en avoient prefqu'entiérement
abandonnéla fonction à leurs femmes, foit qu’elles
y fuffent plus habiles , ou qu’elles füffent mieux
tromper. On venoit de toutes parts les confultet
avec une grande confiance : des empereurs mêmes,
quand ils furent maîtres des Gaules , y eurent
quelquefois recours, au rapport des hifforiens.
Alexandre Sévère , avant de partir pour une ex-
pédition, de laquelle il ne revint point , alla
confiilrer une dmideffe , qui lui dit , en langue
gauloife , félon Lampride : alle:^ , nefpérei
point la vicioire , G* ne vo^s fier pas d vos foidats.
D P. U
447
En effet , il fut a.fiaffiné dans cette campa^rne
Dioclétien n'étant que fimple officier dans"" les
Gaules , s'amufoit à com.pter fa dépenfe , lorfque
fon hôtefie lai dit : Seigneur , vous êtes trop avare.
Hé bien , répondit Dioclétien , je Jerai libéral
quand je ferai empereur. Vous le ferei , dit bruf-
qiiennent la dmideffe , apres que vous aure'[ tué un.
fanglier , cum aprum occideris. Dioclétien entendit
le mot aprum d un fangüer , & pour cela chafîa
fouv'ent au fanglier : m.ais l'orade regardoit Aper^
beaii-pere deNumérien. Dioclétien le fit mourir
& devint empereur. Omrt \es druidejfes ^ femmes
des druides , il y en avoir qui vivoient dans le
célibat , c'étoient les veftaîes des Gaules , &
d'autres qui , quoique mariées , demeuroient ré-
gulièrement dans les temples, qu elles deffervoient,
hors un feul jour de l'année , qu'il leur étoit permis
d'avoir c(tomerce avec leurs époux.
DRUNCAIRE, ou DRUNGAIRE , nom
d'office & de dignité dans l'empire de Conftan-
tinople, irungarius. Cenomfignifie commandant,
cJîsE Le grand drungaire étoit une charge con-
fidérable. Il y en avoit deux 5 celui qu'on ap-
■pelloit drunganus bigla, , & \t drungaire de la flotte.
Le premier était le commandant des veilles eu
gardes de la nuit. Il fervoit dans les armées de
terre fous le grand domeflique ( /. i. tit. de aff.
pràfi vigil. ). Il eit marqué dans la vie de Sainte
Théodofe , impératrice , que le drungaire des
veilles étoit foa frère. ( Bo'llanL aBa fancl. feb.
tom. II. p. 555 ). Le drungaire de la flotte étoic
fous le grand duc qui commandait l’amiral, le
protocomte , les drungaires & les comtes. Meurfius
remarque que cette charge paffa de la flotte aux
armées de terre. Sous le grand drungaire de la
flotte , il y en avoit un autre qu'on appeiloit fé-
cond drungaire , & dont Anne Comnène parie.
( Alexia. l. XîII. p. 569). Voye^ Codinus , de
officiis Confe. c. 16. n°. 4 , f, 6 & 7. Le P. Goar
dans fes notes fur cet auteur. Meurfius, gloffar.
du Gange, Fabret , gloff. de Cedrenus , & de
Conftantin Manaffes.
DRUNGE. Corps de troupes ainfi appelle dans
l'empire romain 5 partie d'une armée. Drungus.Qs.
nom , comme i! paroît par V égèce , ( /. III. c. 1 6. >
ne fe dit d’abord que des troupes étrangères &
ennemies : enfuite, dans l'empire d’Orient ou de
Conftantinople , on le dit des troupes mêmes de
l'empire , & l’on fit le mot Cefyyas. Il revenoit
à peu près à ce que nous appelions régiment ou
brigade, ou quelque corps felnblable. Leunclavius
dit que le drunge n'étoit pas de moins de 1000
hommes, ni de plus de 4060. Il dit auffi que
Ajujyyoç chez les grecs modernes, fignifie le bâton,
qui eft la marque d'un office ou d'une dignité ,
comme ugla chez les turcs , & que ce nom vient
peut-être du latin tmneus , tronc, parce que ce
bâton , ce feeptre , étoit un tronc , Sc s'appelloit
44^
DRU
Truncus : mais il paroît par Vegèce que iru-ngus efr
un mot barbare Se non latin. Spelmann croit qu’il
elr faxon , parce qu’encore à préfent tkrong en
angloiS;,fisnifi£ une grande multitade , une grande
troupe d’hommes a&mblés. Saumaife croit que
ce mots’eftfaitde qui fignifie bec, d’où
le vulgaire en grec a fait pour fîgnifier
un bataillon , un grand nombre de foldats difpofés
en bec ,oude forte qu’ils fe terminoient en pointe,
& que pour cette raifcn on appelioit <J)at'yy«?,
bec , aim'i qu’on lésa appelles tUt de ^orc , comme
le témoigne V’égèce & Ammien Marcellin,
cet auteur fur Vopifcus, vie de Probiis , p. 43 j ,
& fur Solin, p. 311 & 364. Lambecius eft de
même fentiment dans fongloitaire furCodin. Mais
S. Nicephore P. C. dans fon hiiloire abrégée^,
tTrop'îci y p- 2.6 J difoît au£ c£ nom vcnoit
des romains. *
DRUSES. Winkelmann ( hifi.dcC art.l.II.c. 3.
IIÏ^ indique comme une fingularité, de petites figu-
res faites dans le goût égyptien, & chargées de ca-
raélères arabes. Il en connoiffoit trois de ce genre ;
l’nne appartenoit à Affemani , garde de la biblio-
thèque du Vatican ; l’antre eft dans la galerie du
collège romain : toutes deux, repréfentées affifes ,
font de la hauteur d’un palme, C environ huit pouces
de France. ) & la fécondé porte des caraétères
arabes fur les deux cuilfes, fur le dos 8c fur le
haut de fon bonnet applati ; la troifième , qui fe
trouvoit dans le cabinet du comte de Caylus ,
( Caylus , recueil d'antiq. tom. IV^ , p. 51. ) eil en
pied , & porte une infcription arabe fur le dos.
Les deux premières figures ont été trouvées chez
les drufes , nation qui habite le Mont Liban ,
& il eft vraifemblable que la troifième figure vient
du même endroit. Ces drufes , que l’on croit def-
cendans des francs, & qui fe font^refugiés dans
cette contrée du temps des croifades , fe difent
chrétiens 5 mais gênés dans leur culte par les turcs ,
ils adorent en fecretde certaines idoles , du nombre
defquelles font les figures en queftion. Comme ils
les tiennent très-cachées , si n’eft pas étonnant
que ce foit uns fi grande rareté c’en voir en
Europe.
DRUSILLE , fécondé fille de Germanicus.
JuLIA Drvsizla AîTGVSTA,
Ses médailles font :
O. en or & en argent.
RRR. en M. B- grec , au revers de Caligula,
frappées en mémoire de fa confécration.
Pi.RR. en P. B. au revers du même.
On n’en connoît point de latines.
DRUSÜSj furnom des familles Claudia &
Liyia,
DRY
Drusus ( Nero Claudius ) frère ce Tibère.
Nbro Claudivs Dritsus GeRZÎASZICUS
PRRATOR.
Ses médailles font ;
RR. en or.
RR. en argent.
R. plutôt que C. en G. B.
Elles ont été frappées fous le règne de Claude.
RRR. reftituées par Titus.
RR. reftituées par Domicien.
O. en M. & P. B.
Il y en a une de G. B. dans le cabinet de
Pellerm , fur laquelle ceux qui l’ont fait frapper,
lui ont donné Is qualité de Céfar. Elle n’eft pas
à la vérité de coin romain.
Dru sus , fils de Tibère.
Drusüs Cæsar.
Tiberii Augusti filius divl Augufiî nepos.
Ses médailles font :
O. en or.
RR,R. en argent, où il eft au revers de Tibère.
C. en G. B. avec fa tête ; on y voit les têtes
de fes enfans portées far des cornes d’abondance.
C. en M. B. de coin romain.
RRR. du même module au revers de Tibère.
R., reftituées par Titus & Domitien.
RR. en M. & P. B. de colonies.
RR. en M. B. g: au revers de Germanicus»
RR. en P. B. grec.
I! y en a une frappée à Sardis , du module du
M. B. fur laquelle on voit Drufus & Germanicus
afl'is fur des chaifes curules , avec la qualité de
frères.
DRYADES, nymphes des bois : c’étoient les
divinités qui préfidoient aux bois , & aux arbres
en générai. On n’entroit jamais dans une foret
qu’on ne rendit quelque hommage à ces divinités
prétendues. Leur condition étoit beaucoup plus
heureufe que celle des hamadryades, qui étoient
jointes fi intimement chacunes à leur arbre
qu’elles nailToient & mouroient avec lui; mais
les dryades avoient la liberté de fe promener &
de fe divertir ; & pouvoient futvivre à la def-
truélion des buis dont elles avoient Fintendaime.
Si nous en croyons Ovide, elles danfoient allez
fouveut autour du chêne que 4’impie Erifichthon
abattit.
DUC
abamr. avoîent îa liberté de Ce ffiarier.
I aufanias du que la femme d'Arcas j fils de Ju-
piter & de Calyîto , étoit d^ade. Virgile femble
aire qu harydice^ femme d'Orphée ^ étoit dryade.
^ J ^ ^ attention que les poètes
con ondent afîez fouvent les dryades avec les
naya es, les hamadryades, &c. Avant de couper
s Stores, il falloir que les mîniftres de la reli-
gjon d^clarauent que les nymphes qui y préfi-
aoient , s en étojsnt retirées, & les avoient aban-
donnes. V oje^ Hamadryadês.
Le mot dryade efl; formé de chêne.
r nymphe, fille de Faune--; elle étoit
II chalte que , pour éviter jufqu a la vue des
nommes , elle ne parut jamais en public. De là
vint que , dans les facrifices qu'on lui offroit
( ^ aucun homme d'y afîîfier
DtiYMO , une des nymphes que Virgile donne
pour compagne à Cyrène , mère d'Ariftée.
DUC
fii'e d'Euryte, & fœur dlole,
mme d Hercüie.
^ la renaît leniibls. Apres cette- intrigue ^ elle
epoufa Ai^rémon , dont elle eut un fils nommé
Amphire. Dry ope fe promenant un jour près d'un
J , bords e'toient plantes de myrrhes
& de lotos , eut envie d’oifer des couronnes
de Heurs aux nymphes de ce lieu. Elle tenoit
entre fes bras fon fils à qui elle donnoit à teter 5
Iprfquehe cueillir une fleur de lotos, quelle lui
donna pour 1 amufer-j mais dans le moment elle
s apperçut qu il fortoit de cette fleur quelques
gouttes de fang, & que les branches de l’arbre
marquoient, en tremblant, je ne fais quelle fe-
crette horreur. Effrayée de ce prodige , elle
voulut faire quelque pas en arrière, mais elle
fentit^ que fes pieds épient attachés u la terre
& qu elle faifoit de vains efforts pour lés dégager.
L écorce montant peu à peu, enve!opp.à -fout le
corps, & Djyope devint elle-même un arbre dé
lotos. (^_Ovid. TOcriî. 7X. V. 430. )
DSOM. Voyér Ckôn.
DUC. ^ T , , /
■ DUX. . f dignité de duc etoit
une dignité romame- fous' le bas empire ; car au-
paravant le commandement des armées étoit amo-
ViDie, & le gouvernement -des provinces n'éto’t
.conféré que pour un an. Ce nom vient à duceudo,
qui conuisit ou qu: commande. Suivant cettéidée,
les. prèmiers ducs , duces ^ étoient les duetptes
exercituum commanaans des armées 5 fous ies.der-
r.iers empereurs'' les gouvemeursedes ■.provinéêi
eursnt^ pendant la -guerre, le litre de. ducs. Dans
Antiquités ^ Tome II.
44P
la fuite on donna la même qualité aus gouver-
neurs, même en temps de paix.
Le premier gouverneur , défigné fous le nom
de duc , ell celui delà Marche Rhétique , ou du
Grifons , donc il eft fait mention dans
Cafiiodore. ( Var. VII. 4. ) On établit treize ducs
dans 1 empire d Orient, & douze dans l'empire
d Occident.
E ît OccJBseiT.
Mauritanie.
Séquanique.
Tripolitainc.
Armorique.
Pannonique fécondé,
Aquitanique.
Valérie.
Belgique fécondé.
Pannonie première.
Belgique première.
Rhétie.
Grande - Bretagne.
E ^ Orient.
Lybie.
Arabie,
Thébaïde.
Arménie.
Phénicie.
Moéfie fécondé.
Euphrate & Syrie.
Scythie.
Paleftine.
D.ice.
Ofihoène.
Moéfie première.
Méfopotamie.
La plupart de. ces ducs étoient ou des géné-
raux romains, ou des defeendans des rois du
pays , auxquels en ôtant le nom de rois , on
avoir laiiTé une partie de l'ancienne autorité,
mais fous la dépendance de l’empire.
Quand les goths & les vandales fe répandirent
dans les provinces de l'empire d'Occident, ils
abolirent les dignités romaines par tout ■ où ils
s’établirent 5 mais les francs , pour plaire aux
gaulois qui avoient été long-tems accoutumés à
cette forme de gouyernement,_fe firent un point
de politique de . n’y rien changer ; ainfi ils divi-
sèrent toutes les gaules en duchés & comtés,
& ils donnèrent quelquefois le nom de ducs, &
quelquefois celui de comtes , comités , à ceux
qu'ils en firent gouverneurs. Voye^ Comte.
DÜCAT. L’origine des ducats vient de Lon-
ginus , gouverneur d’Italie, qui fe'révolta contre
Jufiin le jeune, empereur , fe /fit. .duc de Ra-
venne_, & Ce. nommà Exarque , .ceR-i-àire ,fans
feigneur. Pour marquer forr indépendance j'- il fit
frapperi-en. fbn. nom . à fon empreinte des
monnoies d’or très-pur, &à 24 karaîs,<qui furent
nommés ducats , comme ditProcope.
DUCENARmS-, Ç officier d armee qui avoir
fous lui deux cents hçromes.Les e.mpereurs avoient
LU
4^0
DUE
au£fi des ductnaires parmi les procureurs ou ia-
tendans, quüs appelloienc procureurs-^^acMfVei ,
larm y procuTatorcs d.u,ctTioTï^ » Les ju^eS“
ducéjtüîi'cs éroient ceux qui avoient deux^ cents
fefterces de patrimoine , la moitié du patrimoine
d’un chevalier.
Dans les jeux du cirque, on appeüoic aufli
ducénaires les chevaux qu^on louoit deux cents
fefterces. Voyei Saumaise furla vie dePertinax,
par Julius Capitolinus.
Les infcriptions de Palmîre portent fouvent le
nom de ducénaire , en grec
Les ducéncdres étoient encore ceux qui étoient
prépofés à la levée du tribut Z'ççdlé dueentefima ,
le deux-centième denier.
DUCTOR vsxillL leg. Muratori (345. v >
rapporte une infcription dans laquelle un porte-
cnfeigne eft défigné par ces mots.
DUE^LP 5" ^ ^ rcmaîne ,
ou la trente -fîxième partie d'un tout.
Duslle, monnoie des romains.
Elle étoit reprcfentée par ce ligne ü ü dans
îe numéraire erariaire.
Elle valoit alors
I y ficiîiques.
ou, i fextuîes.
GU , 8 fcripules.
DuEiiE , ancien poids des romains.
Elle valoit en poids de France 175 grains & f.
Elle valoit en poids des romains ,
1 1 ficiîiques.
ou, Z fextuîes.
ou, Z J deniers de Papîrius.
ou, 2 J deniers de Néron.
©U, 8 fcripules.
ou, 14 fextans de Celfe.
ou, 16 fimplium.
ou , 48 ficiîiques.
Duelle , mefure linéaire des anciens romains.
Elle valoir —ih de pouce de France , félon
M. Pauûon.
Elle valoir en mefures du même peuplé ,
I ficilique & h
ou, 8 fcripules.
D U I
DUILIA, famille romaine, dont en n'a des
médailles que dans Goitzius.
DUILLIUS ( colonne de ). Kaye^ Coloknes
roftrées.
DUIS ou plutôt DUS , nom d’un dieu adoré
autrefois dans la Grande - Bretagne , dans le pays
d’Yorck, & dans les autres pays cirxor.voifins ,
dont les habicans étoient appelles aurrefoîs bn-
gantes.
On ne connoît le dieu Duis ou Dus , que par
l’infcription d’un autel antique trouvé à Gieî-
land.
Cambden la rapporte , p. 563.
DUI CI BRI G.
ET NUM GG.
T. AV R. AVRELIAN
VS * DD PRO SE
ET SUIS S. M. A. G. S.
Ce qui Cgnifie , félon cet auteur , Dui civhath
Brigantum & numinibus augufioriim Thus AutcUuS
Aurelianus dedicavit pro fe ëf fuis.
Sur une autre face de l’autel , on lit :
A N T O N I N O
III. ET G E T. C O S S.
Ce qui montre que cet autel fut érigé fous le
confulat d’Antonin Caracalla pour la troifième
fois , & de Géra , c’eft à-dire environ l’an zeS
de J. C. Cambden doute fi ce dieu n’eft pomt
fe dieu que les angiois appellent aujourd’hui Diw,
ou fi c’eft un dieu topique, génie des bngantes ,
& il s’arrête à ce dernier fentiment, parce que
les peuples de la Grande-Bretagne avoient alors
chacun leur dieu : Andates étoit celui de la pro-
vince d’Elfex, Bélotucadre du Cumberland ,
Vitérinus & Mogunrus du Nortumberland , &
de même Dui des brigantes.
Il paroit cependant qu’il faut dire Dus ou
Dutsy & non pas Dut ^ Dui, dans Linfcripnon
eft un datif, dont le nominatif doit être l’un aç
ces deux mots. Cela fuppofé, le Dus des bn-
gantes pourroit bien être le Dis des celtes ou
gaulois j car le nom eft le même , & il ne feroit
pas fort étonnant que les infulaires de la Bretagne
Peuffent prononcé un peu différemment de ce que
Céfar fahen parlant des gaulois. D’ailieurs ces
infulaires étoient originairement des ceites qui
DUP
avoient paffé dans cette ifle : iis avoient mêmes
mœurs , même religion , même dieu j Sec. Après
tout , Tinfcription ne laiffe pas d'avoir fa diffi-
culté J car c'eft le fécond confulat de -Géra qui
concourt avec le troifiènie de Caracaila. Il fau-
droit donc examiner s’il n’y a point IL entre
GET. & COS S. ou même j û , étant effacé
par le temps j on ne trouve pas encore la place
qu’il occupoit.
DULCIARIUS.\ , rr ■ ■■
DULCIUM ( connfeurs , duLciani
vendoient des gâteaux & d’autres confitures fai-
tes au miel , appellées dulcia.
DULOVIÜS. Muratori ( içSé. 4. y. Thef.
infer. ) rapporte les deux inferiptioas fuivantes,
trouvées à Vaifons , dans lefquelles il eft fait
mention , pour la première fois , d’un dieu Du-
lovius J adoré par les gaulois.
I — ^—p
JNO DÜLOVI VIVO S.
DUODECIES , dodratis , monnoie de compte
des romains.
Elle étoit repréfentée par ce figne X S
Elle valoit
9 onces de compte,
ou J 12 as efifedifs.
ou, 18 femt-onces de compte,
ou, 56 ficiliques de compte,
ou, 72 femi-ficiiiques de compte.
DUPLARIS,
DUPLARIUS, > foldat romain , qui rece
DUPLICARIUS, } voit double paie à caufe
de fes fervîces glorieux : duplicarii didli , quibus
ob virtuîem duplicza cibaria ut darentur , injiitutwn.
( Varr. de Ung. latin, iv. lé.)
DUR
4JI
efij nous avons befoin de nous en fervir ouel-
quefois dans notre langue , quand nous parions
des monnoies & des antiquités romaines. Comme
l’« dans les commencemens pefoit une livre
le dupoaaius alors en pefoit deux , & c’eft de là
que fon nom lui fut donné ; mais , quoique dans
la fuite l’on diminuât le poids de Vas , & que
par conféquent l’on affoiblît suffi le poids du
dupondius ^ il retint cependant toujours fon nom.
Dopondiüs , monnoie de compta
des romains.
Elle étoit repréfentée par ce figne X i. dans
le numéraire dénariaire.
Elle valoit alors
I r once de compte,
ou, 2 as effeétifs.
ou , 5 femi-onces de compte,
ou , 6 ficiliques de compte,
ou , 12 femi-ficiliques.
Dupondius , quinque libella , monnoie de
compte des romains.
Elle étoit repréfentée par ce figne H S S dans
le numéraire feftertiaire.
Elle valoit alors 2 as.
ou, 4 femis atrîs.
ou, y libella,
ou, 10 fembella.
ou, 20 téruncius.
DupondiüS, monnoie des anciens romains.
Elle valut depuis la fondation de Rome juf-
qu’à l’an qSy , deux liv. monnoie aâuelle de
France , félon M. Paufton. C Métrologie. )
DURAT UM , dans les Gaules. Dür.it.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RRR. en argent. Pellerin,
O. en or.
O en bronze.
DURMIA ^ famille ro.maine , dont on a des
médailles.
R. en or. Impériales d’Augufte.
DUPONDIUS , ')
DUPONDIUM, > poids de deux livres ,
DIPONDIUS , 3 monnoie valant deux as,
double as. Ce mot latin efl compofé de duo ,
deux , & de pondo , livre ; mais , tout latin qu’il
RR. en argent.
O. en bronze.
Goltzius en a publié quelques médailles
eonnues depuis lui.
L 1 1 ij
4^2 D U U
DUB.NACUS , dans les Gaules. Dornacos
& Durnacüs.
Les médaüies autonomes de cette ville font :
RR. en argent.
O. en or.
O. en bronze.
Le tfpe ordinaire eft un cavalier.
DUS. Fbyej Durs.
DUSiENSj nom que les gaulois donnoient à
certains démons , que les .latins nommoient incubi
onfauni, & que les démonographes appellent com-
munément inciibes, Voyei Incubes.
Saint Auguftin ^ dans fon ouvrage de la cité de
Dieu , liv. XV. ckap. XXIII. affure quhl 7 avoir
de ces fortes d'efprits j qui prenant la figure
d'homme, fe rendoîent fort importuns aux femmes^
dont ils abufoient quelquefois. Nous examine-
rons fous le mot INCUBE J ce qu'il faut pen.ier.
de leur exiftence.
’ DUUMVïR , nom générique qui fedonnoitchez
les anciens romains à plufieiirs magilïrats^ commif-
faires J officiers J lorfquhi y en avoir deux pour la
mêmefonciion. Ainfi il y a eu prefque autant de
fortes de duumvirs qu'il y a eu d'officiers chargés
deux enfemblede la même adminiftration.il y eut des
dmmvirs prépofés à la conftruction , à la répara-
tion, à la confervation des temples & des autels.
C'étoic le peuple -qui les nommoir- Tarquin en
créa pour faire des facrifices, & pour la garde
des livres des fybilles , duutnviri facrorum , & il
les tira du corps de la nobleffe , ou des patriciens.
Ceux-ci étoient perpétuels , & la charge de duum-
vir leur étoit donnée à vie. Ils étoient exempts
de fervice à la guerre , & des charges impofées
aux citoyens ; & l’on ne pouvoir fans eux conful-
ter les oracles des fybilies. Cette charge dura
jufqu'à l'an de Rome 588. Alors, à la requête
de C. Licinius &deL.Sextius, tribuns du peuple,
le peuple les changea en décemvirs, c’eft- à-dire,
qu' 'au lieu de deux perfonnes on en commit dix
pour avoir ce foin , & l'on ordonna que cette ,
compagnie feroit mi-partie des patriciens Se. des
plébéiens. Sylla augmenta leur nombre de cinq,
& ils furent appelles qumdecimvirs . Ce nombre
s'accrut encore beaucoup dans la fuite. Se alla
jufqu'a foixante , qui retinrent néanmoins le nom
de quindecimvirs. Enfin ils furent abolis fous l’em-
pire de Théodofe , avec d'autres reftes des fa-
perftitions payenaes. C'étoient donc des officiers
qui confukoient ks livres fybiilins dans le befoin.
Vopifciis, dans la vie d'Aurélien , décrit les cé-
rémonies qui s'obfervoient alors. On prioit les
du.um.virs de vouloir ouvrir ces livres , Se d'y cher-
cher les deftins de l'empire. On alloic au temple,
D Y D
on feuilletoit ces livres , on en tiroit les vers
que l’on croyoit avoir rapport aux affaires dont
il étoit queftion 5 oa faifoit des iuftraticns fur
Rome , Se des facrifices : de jeunes enfans chan-
toient des vers ; on faifoit auffi un amburbie Se
un ambarvalle, c'eft-à-dire, une proceiffion autour
d^ia ville, 8e une autre autour des campagnes
( iite-Live, liv. V. liv. VL liv. XLI. Vopifeus)
CaÜgaia ne jugea pas i.ndigne de lui d'être
nommé duumvir fur une monnoie de Carthage la
neuve. Le jeune Juba , accoutumé aux manières
des romains , prit le même titre.
Les duumvirs capitaux , capitales , furent auffi
appelles uaumvirs perdaellionis . C'étoit une ma-
giftrature extraordinaire , que l’on ne créoit qu'en
certaines circonftances pour juger les crimes de
leze majefté. Les premiers duumvhs de cette ef-
pèce fiirenr ceux que l'on nomma pour juger
Horace, qui avoir tuéfafœur , après avoir vaincu
les curiaces.
A Rome & dans les villes municipales , les
duumvis ^ furnommés capitaux, étoient les juges
criminels , juges des affaires où il alloit de la vie
& d'autres peines affiiétives. On appelloit de leur
fenter.ee au peuple, qui feul avoir droit de con-
firmer ie jugement de mort centre un citoyen.
Ils étoient tirés des décurions. Deux iiéteurs
marchoient d.evant eux avec les faifeeaux.
DUUMVIRS. municipaux. Duumviri municipa-
les. Les duumvirs tenoient dans les colonies le
miême rang , & avoient la même autorité que
les confuls à Rome, lis étoient pris du corps
des décurions. Se portoientia prétexte, ou toge
bordée de pourpre. Cette magiltrature durmt
cinq ans.
Vigenère compare les duumvirs municipaux à
nos échêvins. Ils étoient plutôt ce que font nos
baillifs & nos fénéchaux.
li y avoir auffi à Rome des duumvirs qui étoient
les commiffaires de la Marine. Ils avoient le foin
des vaifieaux & des équipages, &c. Ils furent
créés i'an 5-4^ de Rome.
■DUX. Voye?^ Dec.
DYCTÉUS, nom d'un des quatre chevaux
de Pluton. Voye^ Al.4.stor.
’DYDIME, en Icnie, lieu célèbre par un
oracle d'Apollcn. Licinius ayant deffein de re-
commencer la guerre contre CoDllantm , alla
confulter cet oracle , & en reçut pour réponfe
deux vers d’Homère, malheureux
vieillurd , ce n'efi point a toi à combattre contre les
jeunes gens , m nas point de force , & ton âge
t'uccahle. Jufien voulant remettre en honneur cet
oracle , qui étoic tout- à fait tombé, prit le tkre
de prophète de l'oraele de Dydime,
D Y s
DYMACHERUS. Muratori ( 6î^. 15. The/,
infer.') F'oyei DiMACHÆRüS.
DYNA J fille d^Evandre. Voje^ Paiias.
DY^ASiÆ , efpèce de fouverains fubalternes,
dont les hil-.onens latins font quelquefois mention
apres les rois.
DYRACHIUM ^ en Lacorde. Atp. A.-aKO.
Les médailles autonomes de cette ville font;
RRRR. en bronze. Velkrin,
O. en or.
O. en argent.
Dyrrachium , en Illyrie. Ayp.
Le fymoole de cette ville eft le double quarré ,
ou les prétendus jardins d’Alcinoüs.
Ses médailles autonomes font."
C. en argent.
R- en bronze.
O. en or.
D Y S
zance l’appelle , Doufares ; S: dit qufil y
avoit en Arabie un rocher très - haut de fo'n
nom Ass-isîy Dufera. E ajoute qu’il étoit ho-
nore des arabes & des dacharéniens , qui font
les memes que les nabaîhéniens. Car il v a une
faute dans Héfychuis ^ lorfqu’il dit que les naba-
tneniens honorent le dieu Doufares. Il faut Ere
au heu de C’eft une remar-
que de i homas de Pénédo , dans fes obfervations
fur Etienne de Byzance ( p. 245. not. c,i. ) Hé-
ychms allure que Dujares étoit le même que
üenys J ou ^acchus ^ que l’on prétend n’être
autre chofe que le foleii.
IShcolaüs Loenfis, dans fes , croit .
apres Man^le philofophe , que dans Tertullien
11^ faut hxz 1 hyanantes , ou comme Suidas,
au heu de Dj/^res. Denis Godefroy, 8c
^res lui VolTius, trouvent encore Dyfares ou
yuj^ares dans un autre endroit de Tertulüen.
V 1. II. nation, c. 8. ) Varfudmam maurorum
obodane-dujfirem arabum ; ils prétendent , avec rai-
ion J QU il ^fauc lire 3 obodan & dujfarem arabum^
La correélion eft très-heureufe. ( Vojftus, de idoî
l. II. c. i.p. 178. Selden, de dîh fyr. fynt. IL
c. 4. p. 193.294.)
On y trouve quelquefois, outre fon fymbole,
une vache qui allaite fon veau, ou un tre'pied.
Les rois de Dyrrachium , dont on a des médail-
les , font Monunius & Gentius.
On voit fur leurs tnédariles le quarré double ,
fymboie ordinaire de
DYSAR'IS ou DïSARES, dieu des ara-
bes , dît Tertullien ( aval. c. 24. Difares. ) Dans
l’édition .de cet écrivain, faite par Aide, on lit
-Diafares-, mais c’eft une faute. Etienne de By-
DYSTRE. Dyjlrus , cinquième mois fvro-
maceaqnien , qui répond à mars en commençant
quatre jours plutôt. ( Chaflelain , Eus'ébe , hijî,
ecclef. l. Elll, c. 3. fi? kiérolexicon de Macry. ) Le
Dyjtre repondoit au. mois de février chez les
macédoniens, les grecs d’Afie, à Ephèfe, à
i ergame , &c. , & au mois de mars chez les
macédoniens de Syrie, à Gaze, chez les arabes
orientaux. A Tyr il étoit aufll le cinquième mois j
mais il répondoit au mois d’avril , & de même
dans la Lycie^ auflî-bien qu’à Sidon. Chez les
acheens c etoit le troifieme mois , & il répondoit
à mars. ( Fabricii menolog. p. 42. 44. 46, 47. 48, )
E.
« & E. Il çft difficile d'établir une règle dans
la icience Nunaifinacique , fur le temps^ où i un
de ces deux E a été employé de préfersnce^_a
l’autre. Voici ce que les auteurs de la nouvciie .
Diplomatique ont dit a ce fujet.
cc e.... Ce caraftère oncial commence au
ob’S tard à fe montrer fur les médailles vers le
mHieii du IIL fiècle. Quoiqu’il ne fût pas encore
ordinaire fur la fin de ce fiècle & au commence-
ment du fuivant , il fe iaüTe voir affez fouvent.
On le trouve fur plufieurs médaillés de uadien ,
d’Aurélien , de Probus , & dans quelques autres.
Mais comme il ne s’y montre qu’en qualité de
lettre détachée , foit figie , foit nombre , & que
bien d’autres lettres grecques s y rencontrent ega-
lement , on peut douter fi cet S n eft pas une
lettre grecque. Ce qui pourroit prouver le con-
traire, c’ell i''. que parmi ces lettres ^ plufieurs
latines, qui ne fauroient fe confondre avec les
crecGues , fe produifent auffi fur les rangs égale-
ment ifolées. 2°. Ce qui paroit plus concluant,
ou du moins plus probable, c’eft que bientôt api es,
ces Ê entrèrent dans le corps meme des mots latins
fur les médailles. On en compte plus de trente
avant I)ioclétien , dans la feule colledion numif-
m.atique de Banduri. C’ell donc faute d ei^rnen ,
que le P. Lupi, iéfuite, dit que ce caradere a
été rarement employé avant le V. fiecle
L’obfervation fuivante démentira leur opinion ,
8c montrera le danger que l’on court en genera-
lifanr trop les faits paléographiques.
Un beau médaillon d’or , porte d’un côté
les têres de Ptolémée Lagus & de fa femme,
au revers celle de Ptolémée Philadelphe avec
fon époufe. On voit à la tête l’e employé, &
au revers l’E- Les deux fe voient aufli dans le
pfipkifme de Géla , une des plus anciennes inf-
criptions grecques , faite long-temps avant Aga-
thocle.
E grec & H.
Les noms grecs terminés en ? , que nous faifons
paiTer dans notre langue , changeur feulement ïr en é
fermé ou mafculin. Cette règle n’eft cependant
pas générale ; car les noms qui font d’un ufage
commun , prennent l'c muet ou féminin , comme
Hékne , Melpomène, Terpfichore. Ceux au con-
traire qui font moins ufîtés , ont ï'é fermé , tels
font Agavé , Zété , Arfinoé, Arété , Daphné ,
Até , 5cc,
E pour AE. rojei AE. On ie trouve fréquesa-
ment dans les infcriptions.
E numéral.
On trouve dans plufieurs diélionnaires , que
la lettre E étoit chez les anciens une lettre nu-
mérale , qui fignifioit 2Jo, fuivant ce vers.
£ quoque ducentos & quinquaginia tenehit.
Mais il faut remarquer que ce n’eft pas chez
les anciens que cet ufage des lettres latines numé-
rales a eu lieu. Ifidore de Séville , auteur du fep-
tième fiècle , le dit en termes exprès au premier
livre de fes origines , chap. 5. Latîni autem na~
TTicTos üd litttTüs TioTi coTTîpuîüTîtm Cct ufagc fut in-
troduit dans un temps, de barbarie & d’ignorance.
Du Cange a pris foin d’expliquer cet ufage au
commencement de chaque lettre de Ton favant
gloffaire latin-barbare. Mais les faifeurs de diétion-
naire qui l’ont fuivi & qui ne l’ont point entendu ,
ont dit qu’on trouvoit cette explication des lettres
numérales dans Valérius Probus. Du Cange ne le
dit point, mais il affure feulement qu'on trouvoit
cette explication à la page 1683 du recueil des
anciens grammairiens , entre lelquels font Valérius
Probus , & Pierre Diacre. Habetur vero illud cum
Vakrio Probo , Paulo Diacono j ( il falloit dire ,
Petro Diacono ) &• aliis qui de numeris fcripferunt ,
editum inter grammaticos anticos. Cette édition eft
de Wékel , in-4'’. de l’an léey.
E. {Diplom. des chartes.') On peut diviferles
différens é employés dans les infcriptions & dans
les chartes , en fept grandes fériés.
cc L’antiquité latine n’a rien de plus ancien que
les E de la I. grande férié ; ils font inclinés , i vers
la gauche; 2°. vers la droite; 3'^. à traverfes , fur-
tout inférieures, horizontales ; 4^’. obliques ; y®,
courbées, particuliérement vers le haut; 6 . vers
le bas • 7°. fuivant l’un & l’autre fens. La cinquième
fous-férie eft caraaérifée par les prolongations de
la hafte , foit en deffus , foit en delicus , foit
en l’une ou l’autre manière à la fois. Quelques h
de cette férié font moins anciens que les autres ,
& ils étoient fort en ufage chez les efpagnols ,
aux VIL & VIII. fiècles.
Les E de la II. férié font réguliers , ou du moins
tranchent quelques-unes de leurs traverfes. Veux
oui font à la tête des deux premières fous-ieries
paffent le fécond fiècle ; les fuivans font plus
n^odernes, prefque en raifon de leur rang, ire-
E A C
trûère fous-férie ^ terminés par des rondeurs ou
tranchées en talus ; deuxième, par des ibmmets
& des bafes ; troifîème , irréguliers , fans être
moins anciens.
La nr. diviSon donne dans les anomalies les
plus extraordinaires. Il ny en a de récentes que
dans la première fous-férie , ainfi que dans la qua-
trième : les autres doivent être au moins reculées
jufqu'au moyen âge. Première fous-férie : E en F ;
deuxième , fans traverfes intérieures & fupérieures ,
& quelquefois renverfés ; troilîème , en I ; qua-
trième , en H ou E long des grecs ; troifième j en
C quarré.
L'e oncial & Ve mînufcule, contenus dans
la IV, grande férié, peuvent être fuppofés def-
cendus de TE en forme d’/, plus ou moins courbée ;
1°. en /courbée; a°. E onciaux ou ronds des
anciens tems ; 3". continués jufqu'’au XII. tiède,
avec des courbures particulières dans la traverfe
& autres parties ; 4°. e minufcules & curfifs avant
le gothique.
La V. férié n'admet que des E femblables à
deux c , pofés Tun fur Eautre.
La VI. eft toute entière livrée au gothique ;
1°. E en forme de Bordinaire; 2®. à contre fens;
3°. E plus ou moins en O, ouverts ou non, joints
à des C J & traverfes horifontalement ; 4°. en a
curfifs , coupés par une traverfe. Plufieurs de ces
caraétères appartiennent au XI. fiècie , nouvelle
preuve contre le P. Hardouin de l'antiquité de
î'é grec fermé quarrément; 5°. fermés par une
ligne droite , ou unpeu concaveen dehors ; 6'^. en
D tranchés par le milieu ; 7°. femblables à des D
contournés, ou à des a curfifs , avec traverfe me-
née de droite à gauche, & terminée dans la panfe ;
ces deux fous- fériés font propres à rEfpagne ;
S**, coupés par une perpendiculaire unie , du
moins à la traverfe ou en ovale ; 9°. obliquement
traverfés; 10°. tenninés par une ligne doublement
courbe.
Nous ajoutons pour VIL férié , les e minuf-
cules gothiques des XIV. & XVI. fiècles. ( Nouv.
dlplomat. t. II. p. 318.) »
EACÉES , fêtes & jeux folemneîs qui fe cé-
lébroient à Egine , en l'honneur d'Eaque , ancien
roi de cette ille. Les vainqueurs dépofoient dans
fon temple les couronnes de fieurs qu'ds avoienc
obtenues. ( Pindar. fcholiafi. nem, od, VI).
EACIDE , nom qu'on donne fouvent à Achiile
& à Pyrrhus fon fils, parce qu’ils defcendoient
d'Eacas. Paufanias remarque que prefque tous les
Eacides furent tués. On donnoit aulfi ce nom à un
des fils de Pyrrhus & d'Andromaque. Voyei An-
BB.OMAQUE.
E A Q
EAKCS. Foyrj VoiLE.
4y>
EA.NLS, Janus ètoit ainfi appelle, dit Mrs-
crobe , tzh eunao , parce qu'il va toujours, étant
pfjs pour le monde , ou le ciel qui tourne perpé-
tueiiement. De-là vient , ajoute le même auteur,
que les phéniciens expriment cette disrinité par
un dragon , qui fe tourne en cercle , & qui mord
& dévore la queue , pour marquer que le monde
fe nourrit , fe loutient, & fe tourne en lui-même.
C efl aufli pour la même raifon que les romains le
repréfentoienr regardant de quatre côtés. Il y avoir
à Rome des faliens, miniftres de Janus, & qu'on
appeiioir aufli Eanis , du furnom de Janus.
EAQUE, fils de Jupiter & d'Egine, naquit
dans i’iiie d'Egine , dont il fut roi. La réputation
qu'il acquit d'être le prince le plus équitable de
fon temps , lui mérita chez les poètes une place
parmi les juges d'enfer, entre Minos & Kada-
manche. li fut chargé, dit-on , déjuger les morts
de l'Europe. Etant le fruit d’une des infidéhtés
que Jupiter faifoit fouvent à Junon, cette déefle
le perfécutâ , comme les autres entans de fon
mari. Furieufe de voir le nom d'Egine fa rivale ,
confacré par la dénomination de l'ifle , à laquelle
on l'avoit donnée , s'en vengea , en faifant périr
tous les peuples qui l'habitoient , par la pefie
la plus cruelle. Mais Jupiter répara ce mal par
le prodige dont on parlera au mot Myrmidons..
Ce qui augmenta la réputation de ce prince ,
c'eft que i'Attique étant affligée d'une grande
féchereffe , on recourut à l'oracle, qui répondit
que ce fléau cefferoit dès que Enque deviendroit
l'interceffeur de la Grèce. Ce prince offrit des
facrifices à Jupiter , & il furvint une grande abon-
dance de pluie. Les éginètes , pour conferver la
mémoire de cet évènement ,qiii faifoit tant d’hon-
neur à leur prince , élevèrent un monument nommé
Véacée , où étoient les flatues de tous les députés
de la Grèce, qui vinrent pour ce fujet dans leur
ifle. Les athéniens fe préparant à une expédition
contre Egi.ne , donc les habhans ravageoient les
côtes de l'Aittique , envoyèrent à Delphes con-
fulter l'oracle fur le fuccès de leur entreprife.
A.pollon les menaça d'une ruine entière , dit* Hé-
rodote , s’ils faifoie'Dt la guerre aux éginètes plutôt
que dans trente ans ; mais ces trente ans pafl'és ,
iis n'avoient qu'à bâtir un temple à &
entreprendre la guerre , 8c alors tout leur devo^
réufiir. Les athéniens qui brûloient d'envie de fe
venger, coupèrent l’oracle' par !a moitié: ils n'y
déférèrent qu'en cequi regardoitle tempied’Eijjf'e,
Sc ils le bâtirent fans retardement ; mais pour
les trente ans, ils s'en moquèrent; ils allèrent
aufll-tôt attaquer Egine , 8e eurent tout l'avan-
tage. Eaque eut deux femmes, premièrement En-
G^ide ouEndéis , dont il eut Pé'ée Sc Télamon.
Il la répudia pour époufer Pfammathé , Tune
des Néréides, dont ii m^Phoeus. As ope.
E A S
Egine ^ ExdéÏs , Juges des enfsrs, Mvr-
51IDONS , Pelée , Phocus , Psammothé ,
Telamon.
Le feui monument qui nous relie du culte
rendu à £aque , eir Tinfcription fuivanre. ( Mura-
torl. 897 ).
C I L I U s
C A E N O N I S
F. A P U L ü S
A E A C O
V. S. L. M.
Stace , dans deux endroits de fes pcélies , a
donné à Èaque l’urne , qu’ailleurs il avoir déjà
placée dans les mains de Minos. ( Stat. Sylv. lib.
2&3.)
hnmenfis urnam qttaïit
„ Aeacus umbris .
.5 • .1. . Si qtiis cü'/i^cius unqucim
5, Mcttrîs^ Çÿ inferna rigid’tmtimet Aeacun ttrna.
Properce l’a imité, & ne parle que à£aq-M.
{ Eleg. 20. Ub. Z. )
,, Inferno damnes , Aeact , judicio,
Juvenal de même. .
,, ....... Qtias torqueat umhras
,, Aeacus
U eft facile d’expliquer cette contradiction appa-
rente , en faifant attention à la patrie des morts dont
parlent ces trois poètes, qui étoient latins & qui écri-
voient pour des européens. Platon donne en effet
pour juge aux peup’es de cette partie du mondsEûque
fepl, Sc Rha'dam ante eft prépofé au jugement des
aüariques & des africains : dès lors il étoit na-
turel que des romains redoutaffent l’intégrité
Eaque ^ fans faire mention de RhadamanteT
EASPEPi, déeffe des anciens Taxons. Enfler.
Bochart , quî avoit entrepris de rapporter les an-
ciennes origines à la langue & à là doctrine dés
phéniciens , précendoit que cette Eafler êtoit la
même qu’Âftarté. Ses fêtes fe célébroient au com-
mencement du printemps', & de là vient eue 1rs
taxons appelloient Eafler 1^ moîs auquel on cé-
lébrait la paque. Skinnerus ne s’éloigne pas beau-
coup de ce lentiment, dans Ton étymologie de
la langue angioiie. f Huet }, Bochart, pour rau-
E A U
procher ce mot de celui d’ A flatté , dit Æflar ,
ou Eafler-, mais Bede , (i. de temporibus ) d’oùs
Bochart a tiré ceci, dit Eafler , & ne dit Eafler.
Il eli vrai que la prononciation A‘Eafler & celle
d’ÆJler , diffèrent peu aujourd’hui en angîois. C’é-
toit le mois d’avril , que les Taxons appeloient
Eafler monta -, & les anglois appellent encore
aujourd’hui les fêtes de pâques, Eafter-time , le
temps Eafler. ( Chanaan. Bochart ^ c. 41.)
Ce mot , dit-on , vient de réTurreâion , &
c’ell pour cela que les détracteurs de la religion
chrétienne lui reprochent de tenir la célébration
de la pâque des éaftrées gauloiTes, ou fêtes de
la déeffe Eafler . ou Eaflre.
EAU. Cet élément a été une des premières
divinités du paganiTme. Thaïes de Milet , après
les anciens philofophes , enfeignoit que Veau, étoit
!e principe de toutes chofes , qu’elle avoit la meil-
leure part à la production des corps , qu’eilc
rendoit la nature féconde, qu’elle nourriffoit les
plantes 8e les arbres , 8e que Tans elle , la terre
sèche, brûlée, 8e Tans aucun Tue, demeureroit
Itérile, Se ne préfenteroit qu’un défert affreux.
Les grecs avoient pris cette opinion des égyptiens.
En effet J comme les égyptiens voyant le Ni!
cauTer la fertilité de leurs terres,, pouvoient
s’imaginer très-naturellement que Veau eft le prin«
cipe de toutes chofes. Auffi avoient-iis Veau en
grande vénération , 8c ils fe diftinguoient même
dans ie cuite qu’ils rendoient à cet élément, dit
S. AthanaTe,qui étoit égyptien. Hydria,
Nil.
Les anciens perfes avoient un très-grard ref-
peCî: pour Vea-u., lui offroient des Tacrifices, 8c
pouffoient même ia Tuperftition , félon Hérodote ,
juTqu’à n’ofer cracher dans l’^aa, s’y baigner,
s’y laver les mains, y jetter ia moindre ordure,
non pas même s’en fervir pour éteindre le feu.
Les grecs Sc les romains étoient trop Tuperftitieux
pour n’avoir pas adopté le culte rendu aux eaux.
L’anuquité nous fournit mille exemples de ce
culte rendu chez eux; leurs temples renfermoient
les ftatues des fleuves & des fontaines comme
celles des autres dieux ; on leur avoit confacré
des autels , 8c on .leur y faifoit des libationsSc
des Tacrifices. En général , les anciens croioient
que les eaux de la mer 8c des fleuves avoient la
vertu d’effacer les péchés. Non , je ne pertfepas,
dit Sophocle, que toutes les eaux du Danube
du Pkafe puijjent laver toutes les horreurs àe la dé-
plorable maifon de Labdacus. Du culte tendu à Vmuu
en général, on defeendit aux eaux de la .mer,
des fleuves 8c des fontaines , ou’on voulut Tpé-
cia'ement diyinifec. Enfin, on créa un dieu.Tou-
yer.àin des eaux, 8c ie maître des autres divinités
ÊGiiatiques- Foycj' Neptune , Nymphes.
eau
EAU
EAU LUSTRALE. Ce n’étoîr autre chofe
que de Veau commune , dans laquelle on érei-
gncit un tifon ardent , tiré du foyer des facri-
fices. c..ette enu (e tenoit dans un v^afe que Ton
plaçoic à la porte , ©u dans le veifibule ties tem-
pics & ceux qui y entroient , s'en laroient eux-
memes , ou s'en faifoient laver par les prêtres ,
croyant avoir par là le cœur purifié pour paroîcre
devant les dieux. Quand il y avoir . un mort dans
une maifon, on mettoit à la porte un grand vafe
d eaa lulbrale J apporté de que'qu'autre maifon ,
ou il n y avoir point de morts : tous ceux qui ve-
noient à la maifon de deuil , s'afpergeoient de
cette eau. en fortant : on s’en fervoit encore pour
laveries corps des morts. Voyf)^ Néocores.
Dans la feptième chambre de Portici, on voit
parmi lés monumens de marbre trois vafes quar-
rés, creufés en rond ^ dont les bords font tra-
vaillés avec délicatelTe , & oui fervoient dans les
temples à mettre Veau, luflrale.
EAU chaude. Chaud (boire).
EAU enivrante. Les anciens en font foavent
mention comme d’un phénomène miraculeux &
relatif au culte de Bacchus. Nous favons au-
jourd’hui que les eaux gazeufes ont un goût
piquant, & renferment une vapeur enivrante
^mme le vin 5 telle eft l’explication des mira-
cles de Bacchus.
EAUX & forêts.
Les romains qui avoient emprunté des grecs
une partie de leurs ioix, avoient établi plufieurs
règles par rapport au droit de propriété ou
d’ufage , que chacun, pouvoir prétendre fur Veau
des fleuves & des rivières , fur leurs rivages ,
fur la pêche & fur d'autres objets qui avoient
rapport aux eaux.
La confervation & la police des forêts & des
bois paroiffenc fur-tout avoir toujours mérité une
attention particulière, tant à ca'ufé des grands
avantages que l’on en retire par les différens ufa-
ges auxquels les bois font propres , & fur-tout
pour la chaffe, qu’à caufe du long efpace de
temps qu’il faut pour produire les bois.
Axufîi voit-on que dans les temps les plus re-
culés il y avoir déjà des perfonnes prépofées
pour veiller à la confervation des bois.
Ariftote defire, dans toute république bien
ordonnée, des gardiens à&s forêts , qu’il appelle
vxàfot , fylvarum cufiodes.
Ancus Martius, quatrième roi des romains,
réunit les forêts au domaine . public , ainfi que
le remarque Suétone.
Antiquités , Tome II,
EBE
4Î7
Entre les ioix que les décemvirs apportèrent
de Grèce , il y en avoit qui traitoieiit de glcr.de ^
arboribus & pesorum paflu.
Ls établirent mê.me des magiitrats pour la garde
& la confervation des forêts , & cette cemmuTion
tut quelquefois donnée aux confu's nouvellement
créés, comme il fe pratiqua à l’égard de Bibulus
& de Juie-Céfar , lefquels étant confuls, eurent
le gouvernement général des forêts , ce que l’on
défignoit par tes termes de provinciam ad fylvam
&“ coLés ; mais Cefar en fut très-choqué, parce
que cet emploi n’étoit pas compté entre les plus
relevés. Suétone, qui raconte ce fait dans la vie de
Cefar , appelle cet emploi provincia minimi ne-
gotii.
Les romains établirent dans la fuite des gou-
verneurs particuliers dans chaque province pour
la confervation des bois , & firent plufieurs loîx
à ce fujet. Ils avoient des fcrelHers ou receveurs
établis pour le revenu & profit que la république
percevoir fur les bois & forêts , & des prépo'fés
à la conferv'ation des bois 8c forêts ne'cefiaires au
public à divers ufages. A.lexandre Sévère les
confervoit pour les thermes.
ÉBAGES. Les gaulois de certains egfltons nom-
moient ainfi leurs druides.
EBAOMAFENHS.
EBAOMH.
le feptième jour de
l’honneur d’Apollon , appeiîée e/sAo^î). Us chan-
toient des hymnes en fon honneur, en portant
des gâteaux 8c des branches de laurier. De là
vint à Apollon {Flutarc. fymp. lib. 8.) le furnom
'S.giê'ap.iiy'irrii. Héfiode ( oper. &■ dies 768. ) dit que
le feptième jour du mois étoit confacré à Apollon,
parce qu’il naquit ce jour-là.
EBENE. Pompée fut le premier qui apporta
en Italie l'ébene. Ce fut à fon retour d’Afie ,
après la défaite de Mithridate. Paufanias ( Arcad.)
dit qu’il y avoit en Grèce plufieurs ftàtues des
dieux faites Pline l’alTure d’après Mucien
de la Diane d’Éphèfe.
ÉBON.
Neptune , & principalement Bacchus , font
connus par le fymbole des têtes de taureau à
face humaine , 8c portent alors le nom d’ÉBCN-
■Macrobe ( Satum. lib. I. c. XVIII. ) en par-
lant de ce dieu , dit : liheri patris ftmulacra par-
tim puerili &tate , partim juvenili fingunt : prsterte.
harbatâ fpecie , fenili quoque uti grsci ejus quam
Bacchopaan , itemque Brifea appellant ^ Ip ut
^ Les athéniens céîébroient
s mois lunaires une fête en
(♦) Dans d’auires éditions BiZcciptiZ , Meurfius croit qu’il
font Bsjfarec au jisu de Batce^ea,
M mtR
458 EGA
în camparâa neaüolha.nî celehrant EBOÎ'îA COgno-
mlnantes . Caouccio ( Wi- I- . ) dans fon
hiftoire de Naples, rapporte cette infcription
grecque.
HBONI EniOANESTATiî
0 E 12,
Ebon^ Dieu très-iUuflre.
Le fdvant Mazocchi (//L 1. s. III, §.IV. n°.
If .J dans fes Origines P&ftan&, prétend que cette
êgure de taureau, que Ton trouve fi commnné-
menî fur ies monnoies de Naples & de la grande
Grèce, fous les noms à'Ebona & de Bacckus
Tanhenopée , repréfente Neptune, qui dans Hé-
fiode eft appelié T^afsas-, Taurinus^^ ( Caylus IF^.
■p^ i6f. ) Ft^'ei Bceuf a tête humaine.
EBBRA, dans le Portugal, ebor.
Cette ville a fait frapper des médailles latines
en rhonneur d'Augufte.
EBURARIUS. On trouve ce mot employé
pour eborarius dans une infcription. ( fpon. mifc.
erud. Ant. feS, VI. p, 222.)
Q. COKSIDIUS EUMOI.PUS
F A. B E R E B U R A R.
EBURNUS , furnom delà famille Fabia.
EBURONES ^ dans lés Gaules. Eburo.
Les médailles autonomes de ce peuple font :
RR. en argent.
O. en bronze.
O. en br.
E BUR,0 VICES ^ dznshs gaules. Ibrvix.
Les médailles autonomes de ce peuple font:
RRRR. en bronze. Pellerin.
O. en or.
O. en argent.
ECAILLE. Pline ( lii. i6.) p3,rlt écaille de
tortue, dont on -ornoit les tables, ies lits, 8cc.
■Il sjo'ùte que fous le règne de Néron , les ro-
mains teignirent^ cette écaille, & crurent ajouter
un grand prix à fa valeur primitive , en lui don-
nant la couleur & les aceidens nuancés de l'érable
( acer)^ du Cèdre ,& de rarbxe quils.appeJloxeiit
citrea.
ÉCA.RLATE. Coccus,
E C D
jEC^SrOiî, jurement que les anciens, & leurs
femmes en particulier, emplcj^oient fouvent.
C'étoît l’abrégé de per s.dem Caftcris , par le tem-
ple 4e Cafior. Quelques philologues ont voulu
établir une différence entre ce jurement qif iis at-
tribuoient exclufivement aux femmes, & Ædepol^
par le temple de Pollux. Mais on peut affurer
que cette différence eft chimérique ; car il eft
certain que les hommes & les femmes juroient
par le temple de Pollux. Ædepol, quod jusjurandum
eft per Pollucem , viro & foemina. commune eft , dit
Àulugeile ( liv. XI. ckap. é.) Il eft bien vrai que
ce même Aulugeile dit ailleurs, que le jurement
par le terme Ecaftor , étoit particulier aux fem-
mes". Mais il s’ eft alors trompé ; car un .Homme
jure Ecaftor dzns Plaute i ( Aftnar. aS. 5. fc. 2.
V 80. ). Yoyfz. mémoires de l'académie des infcrip-
tions , tome I. Ce qu’il y a de plus certain , c’eft
que ies femmes ne juroient point par Hercule :
elles ne difoient point mehercley le fcholiafte d’Au-
lugelle croit que c’étoit parce qu’une femme
avoir trompé Hercule , & par là avoir été caufe
de fa mort. Giraldi en donne une meilleure rai-
fon ; c’eft parce qii’Hercule avoir défendu qu’au-
cune femme afiîftât aux facrîftces qu’on lui offri-
roit , depuis qu’une ficilienne lui avoit refiifé à
boire lorfqu’il avoir grande foif.
SlîSiA.’ }
ECCERE , per Cererem , jurement des latins ^
analogue aux autres , tels que Ædepol, Ecaftor.
Les anciennes glofes l’appliquent à Cérès :
eccerc , xara rns AîîKîjrpüs-. Terence s’en eft fervi
dans le Rkormion, act. z. fc. 2.v. j.
G. obfecroet, FK. f rogabit. G, in îefpes, P. eccers,
ECCRITUS, roi d’CEchalie , père de la belle
Omphâle, maîtreile d’H&rcule. Vcyeq^ Omphaie.
défendre les intérêts des villes , comme nos pro-
cureurs ou fyndics modernes. Pline le jeune en
fait'mention. ( Ub 10 epijï. 3.)
ECDUSIES , fêtes inltituées en l’honneur de
Larcne, qui fe céJébroient à Phefîus , ville de
Crète. Un citoyen, de. cette ville, nommé Lam-
prus , voyant que fa fortune ne fiiffifoit pas pour
foutenii fa noblefie, ordonna à fa femme, ^qai
étoit enceinte, de faire mourir l’enfant ,, fi c’étoic
une fiüe. Après cela, il retourna vifiter fon
troupeau. Pendant fon abfence fa femme accou-
■cha d’une 'fille ; -mais la tenoreife maternelle 1 em-
portant fut i’obéhTance qu’elle devottà fon man,
elle donna à cçtte fiue Is nôm de Leucippe.! 8^
E C H
E C II
VJra à Ton aiarique c'étoitun garçon. Cepenàant
la vérité ne pouvant être long-temps cachée ,
elle alla au temple de Latone avec fa fille , &
conjura la déeffe de vouloir bien la changer en
garçon. Sa prière fut exaucée. Les phefiiens con-
facrèrent la mémoire de es miracle par une fête
qufils nommèrent tantôt pun», du verbe
naître , parce que Leucippe avoit acquis la viri-
lité ; & tantôt E’xJoVi*, du verbe ix.^suy, quitter,
parce qu'elle avoit quitté les habits de fon pre-
mier fexe , pour prendre ceux de l'autre. C -An-
ton. liberalis , metamorpk. 17. )
préfîdoit aux trê-
Tes J à la ceffation d'armes. Plutarque C tn Æiiac. )
dit qu'en entrant dans le temple de Jupiter Olym-
pien , on voyoit à droite une colonne contre la-
quelle Iphitus croit adofle avec fa femme Écé-
chirie , qui lui pofoit une couronne fur la tête.
Le nom de cette divinité étoit le même que
celui des armiftices auxquels elle préfidoit.
ÉCHANSON. Voye^ Cyatho [à], & Po-
CILLATOR.
ÉCHECS. Fréret ( mém. de l’acai. des inferip-
tîons) a démontré que les anciens n'ont pas connu
de jeu ôi échecs tel qu’on le joue aujourd'hui ,
& que les grecs modernes le reçurent vers le
fixiême lîècle, pendant le règne du grand Chof-
roës a des perfans qui le tenoient des indiens.
Ils l'appeilèrent , ^atricion.
Nous allons donc chercher uniquement dans
cet article que! rapport il y avoir entre le jeu des
anciens, appellé calcule ou latruncali , & le jeu
moderne des échecs. On fe fervoit d’un échiquier,
& de pièces blanches & noires , ou blanches &
rouges. ( Epigramma vêtus. )
Difcolor ancipiti fuh jaétts calcnlm aâfl.tt :
TSecertamque fiinul candidm atque ruhens.
Ces pièces éroient de terre cuite (Perron, c. 35.)
intérim dum ille omnium agmen teflorum inter lufum
ccmfamit , OU de verre coloré & de cnfial ( Lu-
can. ad Ptfon, n. 180. ) :
Callîodore modà tabula •varisttur aperta
Calculus a Çÿ vitreo psragtmtKr milite hella :
( Martial. XI V. 20. ) ^
lufidioforura fi ludis bella lairmium ,
Gemmeus ifie tihî miles hoflis erit.
Leur forme, paroîî avoir été la même pour tou-
tes , & ronde d'après un paffage de Pétrone 3
dans lequel il eft fait mention de deniers d'or
ou d’argent fubftitués aux pièces, ordinaires , Sc
d'un échiquierde bois de térébinthe {cap. 53 .). —
Pro calculés albis aut nigris aureos argenteofque ha-
bebat denarios. Voilà tout ce que nous pouvons
affurer de leur forme , qui étoit certainement la
même pour toutes les pièces, comme dans les dames j
car nous ne conaoiuons aucun palfage d’ancîen
écrivain qui parle de roi ou de reine. On n'en
peut citer qu’un de Vopifeus , mais qui a été mal
interprêté. Cet hiftorien latin ( Procul. c. 15. )
dit que le tyran Procuius fe fit déclarer Augufte ,
en donnant pour prétexte de cette éiettion dix
parties de /urrarzea/i qu'il avoit gagnées de fuite,
où il avoit été dix fois vainqueur , c'eft-à-dire
imperator , fuivant l'expreffion ufitée de fon temps :
nam cum in quodam convivio ad latranculos lude-
retur , atque îpfe decies imperator exijfet. On a con-
clu mal-à-propos de ce paffage qu'il y avoir dans
\ts latrunculi une pièce appeilée empereur o\x roi.
Trente pièces, dont quinze d’une couleur.
Si quinze d’une autre , compefoienr tous les
culi ou latruncali ( Cento de aléa ) :
Triginta magnos , aduerfofqtie orhibus orbes.
Quant à la manière de )ouer aux calculi ou ta~
truncuU , c'eft-à-dire , de les faire marcher , pren-
dre , de les laiffer prendre, de gagner & de
perdre, les écrivains latins ne nous ont nenjaiiie
de précis ; Si nous n'en pouvons juger que d’apres
quelques paffages ifolés-
îl falloir deux pièces de même^ couleur, pour
en prendre une feule de couleur différente ( Ovid.
Trift. II. 478. ) :
Difcolor ut reSo gràffetur limite miles ,
(2tîm médius gemtno calculus hojte perst-
( Art. amanii III. 358. )
XJntts cum gemino calculus hefie pérît ,
Bellatorque fao prenfus cum compare bellet
Æmulus , Sÿ cœptum Upe recurrat optts.
{Martial. XIM. 17. 2.):
Calculas hic gemino difcolor bofie pérît.
Poliux enfin dit ( Onomaft. IX. 7. ) qu'après
.mit féparé les calculi félon leur couleur, 1 art du
uconfiftoit à entourer avec deux pièces de m.eme
Pilleur une pièce de couîeur differente ^ potir
auvoir l'enlever.
Les joueurs mettoient une grande oifference
rtre l'aétion de prendre une_ pièce , capere Sc
>'!e de l’embarraffer ou de lui ferm.er le paffage,
Zre, Cette dernière aétion, /fg^no, ne demanuoir
^ Mmm q
4'5’© E C H
qu^’une pièce de la part de TagrelTeur, & cette
pièce agifldit feule fur deux pièces ennemies ;
de forte que captio étoit Tinverfe de ligatîo ^ &
léciproquement. ( Lucan. ai Fifon. n, 182. & 190.)
Ut nîveus nigros , nunc niger alliget albos.
-âizcipites fiièit ille moras , fimilifque ligMo
CbtigM ïpfe dms
Avancer une pièce pour commencer le jeu ,
étoit exprimé par les mots dare ^ fubire-, & Ja
retirer ^ ou faire une marche rétrograde par celui
de revocare ( Aufon. Prof. Burdigal. I. 29. ) :
Fi arr antem fids fer fingtda funda recurfa
Qha data t per longas qn& revocata moras.
Ces obfervations donneront rintelügence des
vers fuivans d'un ancien poète , qui décrit les
combats des calculi ( Lucanus ad Fifon. ) ;
Te fi forte juvat fludiormn pondéré fejfmn
Idon langiiere tamen , lufnfqtie movere per artem.
CalUdiore modo tabula variatnr aperta
Caîculus , vitreo peraguntur milite bella ,
Ut niveiis nigros , fi.c ^ niger alliget alhos.
Sed tibi qitis non terga dédit ? Qtiis te duce ceffit
Calculws 1 aut non periturus perdidit hoflem ?
iMille modis actes tua dirais at , ille petentem
Dumfiigit, ipfe rapit , longo venîî ille receffu ,
Qttifleiit in fceculis , hic fe committere rixce
Audet , Cÿ in pradam venientem decipit hoflem.
Ancipites fubit ille moras , fimilifque ligato
Obligat if Je dîtes, hic ad majora movettir
Ut chus, iS fradaprorumph in agmina mandra ,
Claufaque deJeSo populetm mtenia valh.
Inîerea JeFsis , quamvîs acerrima fur gant
Tralia , miîitibus : plenct tamen ipfe phalange ,
Aut etiarn pauco fpoliata milite -uincis
ît tibi captiva refonat manus utraque înrha.
Nous ne favons rien de plus précis^ ni de plus
certain fur Tinvemeur des calculi , que fur la na-
ture de ce jeu. Paufanias dit ( Corinth. ) qu'au-
près du_ temple de Jupiter Néméen on vo;/oit
un ternpîe de^ la forrune très-ancien^ dans lequel
Paiamede avoit dépofé les x-écot ( eCoèce â’é'hecs
appellés calculi ^htmncuU par le^ latins )qu'i]
avoit inventes* P) apres ce paiïage on fait ordi-
aairemenî honneur de leur invention à Palamède,
E C H
qui les fabriqua j dit-on, pour occuper, pendant
les loiiîrs du long fiège de Troyes , les'foldats
grecs par cette image de la guerre & des com-
bats. Mais le mot xn'fc» déiîgnant & les dés &
les calculi , il eft difficile d'accorder au fds de
Nauplius i'inveutisn des uns plutôt que celle des
autres. Quoiqu'il en foitde l'inventeur, Pyrrhus,
roi de Macédoine, acquit la réputation d'un ha-
bile joueur de calculi j ce i'en afiuroit même qu'il
eflaj/oit à ce jeu les ilratagêmes de guerre , donc
l'exécution le rendit lî fouvent viéiorieux.
ÉCHELIDES , bourg de l'Atrique, ainfi nommé
à caufe d'un certain Éckelus , qui tiroit lui-même
fon nom d'un lieu nommé iy^os , marais* On faifoit
dans ce bourg des jeux folemnels & des combats
pendant la célébration des Panathénées.
ÉCHELLES. Les grecs jaloux d’attribuer à
leur nation l'invention de tous les arts , lui attri-
buèrent même celle des échelles , inllrumenr qui
fe retrouve chez les peuples les moins civiiifés.
Ils faifoient honneur de cette invention à Capa-
née , un des fept héros qui alîîégèrent Thèbes.
Peut-être ufage à ce fiège d'une échelle dou-
ble, ou fufeeptibie d'extenfion ; ce qui lui valut
l'honneur de palTer pour l'inventeur de V échelle
même fimpie.,
ÉCHEMON , fils de Priam & d’Hécube , fut
tué par Diomède avant la prife de Troie. {l'iad.
lib. y.)
ECHETLUS. Sur deux farcophages érrufques,
publiés par Buonarorti, fur un femblable de la
bibliothèque du Vatican, & fur un autre d'al-
bâtre , confervé à la villa Albani , on voit un
homme armé d'une charrue fimple, c'eft-à-dire ,
d’un long bâton recourbé , combattant avec cette
arme groffière* V/inckelmann croit que c’eâ le
héros inconnu qui apparut aux athéniens à la
bataille de Marathon ( Paufan, lib. 1 .) , & qui s'é-
tant mis à leur tête , tua un grand nombre de
4 perfes avec le manche d'une charrue. Du nom de
la charrue, cxirM , ce héros fut appelle Ecketlus ,
& fut honoré d'un culte dans l'Attique*
ÉCHIDNA, monfire femelle produit par Chry-
faor Caliyrhoë* Cemonitre ne reffembloit ni aux
dieux , ni aux hommes , dit Héfiode , ayant la
moitié du corps d’une belle nymphe , l'autre
moitié d'ua ferpent affreux & terrible. Qtwiqiie
les dieux la tinfîent enfermée dans un antre de
la Syrie , cependant elle trouva moyen d'avoir
commerce avec iyphon, dont elle eutOrthus,
le cerbère, l'hydre de Lerne , la chimère de
BeÜéroplKin , le fphinx de Thèbes , le lion de
Nsmée , bc tous les monflrcs de la fable* Héro-
dote parle d'une fécondé Ecèidna. Elercule, dit-
1 il, étant allé chez les hyperboréens , y trouva
E C H
cette femme monlîrueufe , avec laquelle il oe-
meura quelque temps ^ & il en eut trois enfans.
En la quittant , il lui donna un arc , avec ordre
de ne iatflTer dans la contrée que celui de fes
fils qui pourroit tendre cet arc., Ces trois enfans
s appellèrent Agatyrfe , Gélon 8e Scythe. Quand
üs^turent devenus grands, Echidna. exécuta l'ordre
<1 i[derçu!e, fit fortir du pays les deux premiers ,
qui n avoient pu bander Tare, Se retint avec elle
le^trosfième, qui donna fon nom à la Scythie.
C elî: ainfi que les grecs racontoient Torigine des
fcjthes.
Il eft encore fait mention dans Paufanias ( Arcai.)
d’une Echidna ^ fille de Styx , Se femme de
Piras.
^ ECHINrIDES, ifles formées à Tembouchure
cm fleuve Achéloüs , ^dans la mer d'Ionie. Il y
avoît autrefois dans l'Éîolie, dit Ovide ( met. 8-
j’930 cinq rN’’aiades , qui, ayant fait un facrifice
dix taureaux , invitèrent à la fête toutes les
divinités champêtres , fans en prier le fieuve
dieu, piqué de cette marque de
mépris , enfia les eaux de fon' fieuve de telle forte,
qu il ravagea toute la campagne, & entraîna dans
la nier les nymphes avec le lieu ou elles célé-
broient la fête. Neptune, touché de leur fort,
les métamorphofa en ifles. Ce font les cinq Ecki-
nades. iAoye^ AlcmÉON, PÉRIMÈTE.
On les appelle aujourd’hui Cur:^olan ou ijles
curfolaires ,
ECHINUS , bracelet qui fe plaçoit au-deffous
du poignet.
ÉCHION , mari d’Agavé , 8c père du mal-
heureux Penthee , fut un des héros formés des
dents du dragon, femées par Cadmus. Vcyei
Agave , Cadmus , Penthée.
ÉcHioN J fils de Mercure & d’Antianire , un
des argonautes auxquels il fervir d’efpion pendant
le voyage de la Coichide , parce qu’il étoit fin
& rufé. C’eft peut-être à canfe de ces deux qua-
lités que Valerius Flaccus, dans fes argonauti-
ques ( lih. i v- 44Î. ) lui donne Mercure pour
père.
ÉCHIQÜIEPx , alveus. Pline dit ( XXXVII.
2. ) que Pompée apporta à P.ome un échiquier
large de trois pieds romains, 8e long de 4 , formé
de deux pierres précieufes, ègemmis duabas.On
doit fe rappeller que le mot gemms. comprenoiî ,
outre les véritables pierres precieufes, l’albâtre,
le jafpe, le jade, i'agathe , &c.
ECHO, fxlle de l’air Se de la langue , dit
Aufone , étoit une nymphe de la fuite de Junon ,
E C L
46' I
voifine du fieuve Céphife , qui fervoit quel-
quefois Jupiter dans fes amours. Lorfque ce dieu
étoit avec ^ quelqu’une de fes maitrefles , écho ^
pour empêcher Junon de s’en appercevoir ,
i amufoit par de longs difeours. La déeiTe ayant
découvert fon^ artifice, réfolut de punir cette dé-
mangeaifon de parler , & condamna la nymphe
a ne plus pjirler qu’on ne l’interrogeât ,& a ne
repondre qu en peu de mots aux queftions qu’oiî
lui feroit. Cette nymphe babillards fut aimée du
dieu Pan , 8c le méprifa.
Enfuite ayant rencontre un jour le beau Nar-
cilfe à la chaffe , elle en devint e'perdiiement
amoureufe , & le fidvit fans cependant fe laitier
voir. Après avoir éprouvé long-temps les mé-
pris de fon amant , elle fe retira dans le fond
des bois, Sc alla fe cacher dans les lieux les plus
épais. Depuis ce temps elle n’habita plus que
ks antres Sc les rochers. Là confumee par le
feu de fon amour , 8c dévorée par le chagrin ,
elle tomba dans une langueur mortelle, & devint
fi maigre 8c fi défaite, qu’il ne lui relia que les
os 8c la voix : fes os mêmes furent changés en
rochers, & elle n’eut plus que la voix, fable
phyfique inventée pour expliquer d’une manière
ingénieufe le phénomène de ïécko.
ÉCLAIR. Les arxiens avoient coutume de
rendre ur.e efpèce de cuite aux éclairs ^ eo-fai-
fant avec la bouche un bruit particulier, appellé
poppyfma. Pline le dit expreliément ( XXViil,
2. ) Fuigetras adorare poppyfmis confenfus gentium.
cji. Ariitophaae fait mention de cet ufagedans les
guêpes. Ce culte étoit adreffé fans doute chez ks
latins à la déeffe des éclairs , appeliée Fu/gora.
ÉCLIPSES. Les payens attribuoient la canfe
des éciipfes aux viütcs que Diane ou la lune
rendoit à fon amant Endymion dans ks monta-
gnes de la Carie. Mais , comme fes amours ne
durèrent pas toujours , il fallut chercher une autre
czu[e des éciipfes. On feignit que ksforeières,
fur-tout celles de Thelïalie , où ks herbes vé-
nimeufes étoient plus communes , avoient le pou-
voir par leurs enchantemens , d’attirer la lune
fur la terre , & qu’il falloir faire un grand bruit
de chaudrons 8c d'autres infirumens , pour l’em-
pêcher d’entendre ks cris de ces magiciennes.
Éuvenal fait ailufion à cet ufage , lorfqu’il dit
d’une femme babülarde , qu'eiie fait aifez de
brait pour fécourir la lune , lcrfqu'eik elt aitaquée
par ks forcières. Cec ufage a été emprunté des
éaypîiens, qui honoroient Ifis , fymbole de la lune ,
avec un bruit pareil de chaudrons , de tymbaks
8c de tambours.
Plutarque dit que de fon temps on n’ofoit
encore à Rome expliquer qu’en fecret la caufa
naturelle des éciipfes , parce que cette connoif-
fance aurcit privé ks devins de leur emplqi.
ECU
E C L'
Anaxagoraj contemporain de Pérlclès , & qui
mourut la première année de la foixante-huitième
olympiade , fut le premier qui écrivit très-clai-
rement & très hardiment fur les diverfes phafes
de la lune , & fur fes écltpfes ; félon Plutarque^
tref -hardiment , parce que le peuple ne fouffroit
pas encore volontiers les phylîciens. Auffi les
ennem.is de Socrate réuffirent-ils à le perdre ^ en
l’accufant de chercher, par une curiofité crimi-
nelle , à pénétrer ce qui fe palîe dans les cieux.
Les généraux romains fe font fervis quelquefois
des éclipfes pour contenir leurs foldats , ou pour
les encourager dans des occafîons importantes.
Tacite, dans fes annales, Hv. I. ch. XXVIII.
parle d'une éclipfe ^ dont Drufus fe fervit pour
appaifer une fédition très violente, qui s'étoit
élevée dans fon armée. Tite-Live rapporte que
Sulpiciiis Galius, lieutenant de Paul Emile dans
la guerre contre Perfée, prédit aux foldats une
éclipfe qui arriva le lendemain , & prévint par ce
moyen la frayeur qu'elle auroit caufée.
Plutarque dit que Paul Emile facrifia à cette
occahon onxe veaux à la lune , Si qu'il immola
le lendemain à Hercule vingt un bœufs , dont
il n’y eut que le dernier qui lui promit la viftoire ,
& encore fous la condition qu’il n’attaqueroit
point , mais qu’il fe défendroit feulement.
Nicias , général des athéniens , avoir réfolu de
quitter la Sicile avec fon armée ; mais une éclipfe de
une, dont fon imagination fut frappée, lui fit perdre
le moment favorable , & caufa la mort de ce
général, & la ruine de fon armée; perte lî fu-
r.efte aux athéniens , qu’elle fut l’époque de la
décadence de leur patrie. Alexandre mêm.e , avant
la bataille d’Arbelle, fut effrayé d’une éclipfe
de lune; il ordonna des facrifices au foleil, à
la lune & à la terre , comme aux divinités qui
caufoient ces éclipfes.
C’eft ainfi que l’ignorance de la caufe des
éclipfes en a fait long-temps un objet de ter-
reur pour la crédulité populaire. On vit ce-
pendant quelquefois des généraux à qui leurs
connoiffances en Aftronomie ne furent inu-
tiles. Pévicîcs conduifant la flotte des athéniens,
il* arriva une éclipfe de foleil , qui caufa une
épouvante générale ; le pilote même trembloit :
Periciès le raiTura par une comparaifon fami-
lière ; il prit 5e bout de fon manteau , & lui en
couvrant les yeux , il lui dit , « crois-tu que ce
33 que je fais là foit un figne de malheur ? Non,
33 fans doute , dit ce pilote : cependant ^ c’eft
33 auflî une éclipfe pour toi , Sc elle ne diffère de
33 celle que tu as vue, qu’en ce que la lune étant
33 plus grande que mon manteau , elle cache le
33 foleil à un plus grand nombre de perfonnes33.
Agaïhocle , roi de Syracufe , dans une guerre
d’Afrique, vit guffi dans un jour décifif la terreur
fe répandre dans fon armée au moment d’une
éclipfe-, il fe prefenta a fes foldats , leur en exp’:
qua les caufes , & diSpa ainfi leurs craintes. On
raconte encore des traits de cette efpèce à i’cc-
cafion de Sulpitius & de Dion , roi de Sicile.
JECKjCsrji, r\ Il • r
ECLOGARII. 5 appeJoit ectoga, du met
grec iy-Àoya-. , les endroits choifis dans les 'ou-
vrages des écrivains , & recueillis par des abré-
viateurs nommés eclogariz.
ECLOGIUM. Le mot eclogia défignoir chez
les latins des poèmes compofés à la louange des
morts , & que l’on attachoit à leurs portes pen-
dant les funérailles & le deuil. Cicéron- en fait
mention ( de Fin. II. 5 ) non eclogia monumen-
torum fignificant hoc velut ad ponam ? Uno ore oui
plurims, confentium gentes , populi primarium fui jjt
virum. L’on donna par extenfion le nom d’ec/o-
gium à une épitaphe & aux vers gravés fur les
tombeaux à la louange des morts , tels que ceux
d’Augurte , compofés pour Drufus.
ECLUSES. Diodore de Sicile dit ( liv. I. 2".
partie.) : « on a fait un canal de communication,
33 qui va du golfe Pélufiaque dans la mer rouge.
33 Nécos , fils de Pfamméticus , l’a commencé ;
13 Darius , roi de Perfe , en continua le travail ,
33 mais il l’interrompit enfuite fur l’avis de quel-
33 ques ingénieurs qui lui dirent , qu’en ouvrant
33 les terres il inonderoit l’Egypte , qu’ils avoient
33 trouvé plus baffe que la mer rouge. Ptolémée
33 fécond ne laiffa pas d’achever l’entreprife ;
33 mais il fit mettre dans l’endroit le plus favo-
33 table du canal , des barrières ou des éclufes très-
=3 ingénieufement conftruites, qu’on ouvre quand
.3 on veut paffer , & qu’on referme enfuite irès-
33 promptement ; c’efl: pour cela que le fleuve
33 prend le nom de Ptolémée dans ce capal qui
33 fe décharge dans la mer , à l’endroit ou eff
33 bâtie la ville d’Arfinoé 33, Il eff démontré par
ce paffage , que les .éclufes fervoient encore du
tems de Diodore. On retrouve aujourd’hui le radier
fur lequel elles éroient établies , & ce monument
a été découvert près de Suez , à ^i entree du
canal , qui exifle encore, & qu un travail
rendrait navigable fans y employer
fans menacer l’Egypte d’inondations. ( Ion
a fait par ordre du fultan Mufapha un travail parti-
culier fur cet objet important. ) Rien ne peut en
effet juftifier la crainte des ingénieurs de Darius,
lors même que leur nivellement aurait ete pnsm
moment des plus hautes marces. Il n eff pas u.o.u
important d’obferver que toute «ne pr ie C:.
riithme offre le terrem le ° 1 Jouze
excavations, dans le
qui «,>3re le fo'‘“ŸP e ÏÆ. J.nl
Nil ,u. To,:.)
la medicerranee 3 i ■necxc. i. 2
ECO
ECMAGORAS , fils a Hercule & de Phillo.
Voyei Phillo.
tCOLE de phiiolbphes. On voit à la villa
Albani , une mofaïque repréfentant une école de
philofofihes qui dillertent fur le globe terreitre.
Elle a ete trouvée dans la Romagne, autrefois
l^Ümbrie , près de l'ancienne Sarfina , la patrie
ce Plaute. Wirxkelmann en a publié le deiTin
& une explication dans fes monumenti' inediti ,
n°, 185.
EoORCE d'arbres J d’arbrififeaux & de joncs.
Les anciens J & fur-tout les indiens^ faifoient
oes étoffes pour s'habiller avec les écorces du
rr,orus papynfera, comme les othaïtiens le prati-
uent encore j c'étoit la laine des arbres , dont
efi fouvent queltion dans Strabon & dans De-
^Périégète. Hérodote { Izb. j. c. 98.) parle
o.e 1 ecorce d'un rofeau employée au même uiage j
Ts çxcjy. Les prêtres égyptiens portoient
des chaulfures faites avec Vécorce du papyrus ,
félon Hérodote. ( lib. z. c. 37jPIine c. j)
appelle ces écorces de joncs filées , linum orcho-
menium. Ils msttoient aufli en ufage pour leurs
habits le duvet de Vacanthus , la fubitance iai-
neufe de i apocinum ^ les filamens du mufa.
ECORCE D'ARBRE.
( Article extrait de la nouvelle diplomatique des
favans bénédictins },
« Nul ancien monument , nu! -texte for.mel
des auteurs nefixenr au jufte l’invention des papiers
a écorce d’arbre, mais piufieurs en confiatent i'u-
fage. On a fouvent confondu le papier d'Egypte
avec le papier à’écorce d'arbre. Pour trancher
court à tant de meprifes, un favant de ce fiècle
a trouvé un fecret , dont le fuccès ne feroit pas
douteux , il le remède n'étoit pire que le mal.
C'elt de nier qu'il ait exifié ou qu'on ait jamais
fabriqué de papier à^écorce d'arbre- Mais avant
que de nous engager dans la réfutation d'une opi-
nion fi particulière , il nous paroît important d'é-
carter tout ce qui nous détournerait du but que
cous nous propofons
« lA écorce , en tant que matière propre a
recevoir l'écriture , peut être envifagée fous trois
rapports i dans fa totalité, dans, fa partie la plus
interne ou la plus v.oifiiie du bois, & dans fa
fuoerficic. -1°.' Dans fa totalité j les anciens em-
ployoient pour écrire Vécorce ne certains arbres.
Ils ne faifoient que la polir ; ils en retranchoient
les parties e.xtérieures les plus grofficres, & la
façonnoient en forme de table. Iis détachoient
les lames ou les pellicules les plus minces de l'in-
térieur de l’écorce , liber , pour en compofet une
ECO 45j
erpèce de papier. 3°. Ils ne dépouillèrent pas tou-
jours les arbres de leur écorce interne pour s'en
fervir en guife de papier. Ils fe contentèrent quel-
quefois de Vécorce extérieure de certains arbres,
ie cérifier , le prunier & le bouleau. On
en fait encore au befoin la meme ufage en Amé-
rique ; témoin la lettre du p. Poncet, Jéfuite,
écnte du Canada en 1647 , & coniervée dans ia
bibliothèque de St.-Germain-des-Prés- Ces fortes
de pellicules extérieures n'ont fans doute rien de
commun avec le papier cV écorce. Mafféi n'en parle
pojnr J & c eir une matière abfolurrieiit étrangère
à la queition que nous allons traiter ^5.
” E). Mabilîon , dans fa diplomatique , D. Ber-
nard de Aiontfaucon , dans fa paléogiaphie & fon
fupplément de l'antiquité expliquée, reprennent
ceux quinemettent nulle diftinélion entreie papier
d Egypte & le papier à’écorce. Maftéi leur re-
proche à fon tour d'avoir donné dansl'écueü dont
ils ont averti les autres : ce pour les combattre
d une maniéré qui ne leur laiiie aucun moyen d'é-
viter fes coups , il leur oppofe trois propofitions.
La première, qu'on n'a peut-être jamais écrit
d'acte fur Vécorce : la fécondé , que fi l'on en a
écrit , nul ne s'eft confervé jufqu'à nous : la troi-
fième , que le papier à'écorce d'arbre eit une chi-
mère , & que jamais on n'en a fait ==.
_ « Nous pourrions aifément foutenir la conîra-
diétoire fur tous ces points. Mais comme il eit
d une conféquence allez médiocre de favoir fi
I on a écrit des actes fur Vécorce fans apprêt , vu
ia difficulté où ils ont été de réflfier jufqa'aujcut-
d'hu! aux injures du tem.ps, & que d'ailleurs per-
fonne ne réclame en faveur de leur exifience ac-
tuelle , nous innfierons peu fur cet article. L'efîen-
tiei eit de prouver qu'on a fait du papier d’écorce ^
& c'eir à quoi nous devons particuliérement nous
attacher. La iiaifon des autres queftions avec celle-
ci , leur procurera les éclaircifiemeiis dont elles ont
befoin ».
cî Au refie, il n'eft pas naturel de penfer que
Mafîéi ait avancé des opinions fi fîngulières, fans
être fondé fur de bonnes preuves. I! convient donc
d'examiner d'abord fi elles font fuffifantes pour
faire revenir les favans de leurs anciens préjugés.
II a eu fous les yeux une vingtaine d'anciens mo-
numens de la nature de ceux qu'on a coutums
de confondre avec le papier à’écorce. Leur ma-
tière , leur liffure , leur compofition parfaitement
uniformes le perfuadent , que tous font de papier
d'Egypte. Nous en avons vu davantage, revêtus
des mêmes caraéfères , & nous nous croyons éga-
lement en droit d'en inférer qu'ils font tous de
papier d'Egypte : mais nous n'en concluons pas
qu'il n'exifie nulle part de papier à’écorce d'arbre ».
« Les auteurs nous apprennent qu'on faifoit de
Vécorce, ainfi que dubois , des tables ou -tablettes
pour écrire. Il n’y veut pas voir que ces écorces
ECO
fervoient à drefisr des aâ-es & à la^ fabrique
d4in papier, dont on formoit des feuilles d une
étendue conSderable , même afîez épaiffes pour
être pliées & mifes en rouleaux. Mais^^ fi les aéles
n'étoienc jamais écrits far i écorce , d’où vient que
les légiflateurs permettoient d’employer, dans les
teftamens mêmes , toutes fortes de matières ? Après
cela , ne faudroit-il pas au moins que ïécorce n’eût
pas été une matière fur iaquelie on eût eu cou-
tume d’écrire, pour fuppofer qu’elle n’auroic pas
été de mife dans quelque efpèce d’aéle que ce
fût ? Pourquoi encore les gens de loi faifoient-
i's un fi grand ufage des tables, foit de bois,
foit à’ écorce ^ enduites de cire , & par cette railon
appeliées cera -, final adie ne fût jamais drefié fur
les dernières ? Les premiers peuples qui habitèrent
ritaüe n’écrivoient que far Vécorce 8c les tables
de bois. Croira - 1 - on qu’ils ne contrafloient
entr’eux nulle alliance , nul engagement , nul traité
par écrit » }
^tcEfi-ce que Caffiodore , Fortunat , Xiphilin ,
Hérodien, n’avoient pas en vue le papier d’é-
co.ye , lorfqae le premier oppofoit la rudefle de
ïécorce au poli du papier, que le fécond exhortoit
fon ami Flavus , au défaut de papier, de lui écrire
fur des tablettes de frêne , ou fur ïécorce du hêtre ,
& lorfque les deux derniers nous parlent de ta-
blettes de tilleul à l’ufagé des empereurs Domi-
îien & Commode ? Que réfulte-t-il de ces textes
êc de quelques autres allégués par Maflféi > Qu’on
faifoiî de bois & à‘écorce plufieurs tables ou ta-
blettes à écrire , fans autre apprêt que de lefpolir,
ou tout au plus de les enduire de cire; mais il ne
s’enfuit nullement que la fabrique de papier d’é-
corce foit un être de raifon ”.
« Le filence de Pline , fur le même fujet ,
n’ell pas plus décifif. S’il ne réfervoit pas à
traiter ailleurs du papier à‘écorce d’arbre, c’eft
( pourroit-on répliquer ) que la manière de le
faire , prife fur le modèle du papier d’Egypte ,
n’étoit pas encore inventée de fon temps. D’ail-
leurs , le filence d’un feul écrivain ne prouvera
pas contre des textes d’auteurs contemporains,
& moins encore contre des faits.
« Marcianus Capelîa réduit la matière de tous
les livres au papier, à la toile , au parchemin ,
à ïécorce du tîiieul. Mais outre que l’énumération
n’eft pas exaéte , & qu'il pouvoir également en-
tendre par papier , celui d'écorce 8c celui d’Egypte;
conclure du mot écorce que ce n’étoit point une
écorce transformée, en papier, c’eft un peu trop
fubtilifer , ce feaible. N’eft-ce pas un des griefs
de Mafféi contre les modernes , de ce que fouvent
ils tranfportent au papier d'Egypte , les noms de
tilleul & d’écorce? Ne pouvoit-on pas autrefois
ufer du même langage, en parU-Pt du papier d’écoree
d’arbre
ECO
« L’ilîuftre italien croit trouver un argument
fans réplique , dans ces paroles de Symmaque :
In ccîcdices aut tiliéL pugïllares transfer enda \ ne
facilis fenecins papy ri fcripta corrompat. De- là il
infère qu’autre chofe eft d'écrire fur du tilleul,
autre chofe d’écrire fur du papier : que comme
ie tilleul de Symmaque annonce des tables de
bois , fon papier fignifie du papier d’Egypte. Mais
ne pouvoit-on pas tirer du tilleul , & des tablettes
de bois , & du papier d’écorce ? Seroit-il d’ailleurs
impoffible de prouver par Mafféi lui-même , que
le papier dont parle Symmaque , étoit d’écorce
. d’arbre , & non pas de papyrus ? Jugeons-en par
les qualités qu’il attribue au papier d’Egypte. Il
n’effc-.pas, dit-il, fujet à fe corrompre par i’hu-
midité ,, fi funefte au parchemin & aux papiers
de coton & de chife. Mis en rouleau , & garanti
des accidens extérieurs , il conferve fon encre
fans altération , & fe‘ maintient dans fa confif-
tance naturelle : tandis que. notre papier , même
étant pré.fervé de l’eau , fe pourrit par la feule
humidité , fe coupe & fe déchire par les plis
qu’il contraéfe , fe confirme & par l’air & par
la pouffière. Peu à peu fa couleur s’altère, les mots
s’effacent & difparoilTent , & l’écriture fe con-
fond. Puifque Symmaque avoir tout à craindre
pour la vieillelïe de fon papier , il devoir donc
avoir des défauts affez femblables au nôtre ; dé-
fauts qui le rendoient très-différent du papier d’E-
gypte «.
« A-t-on des tablettes de tilleul , ti/IU pugilh-
res des V. , VL 8c VII. fiècles ? Nous avons ce-
pendant divers monumens de ces fiècles en papier
d’Egypte. Ainfiles écrits deSymmaque n’auroient
pas été fi en sûreté fur des tablettes de tilleul que
fur ce papier. Pourquoi donc leur donner la pré-
férence fur une matière que les feuls livres de
Numa dévoient prefque faire regarder comme in-
corruptible ? Par conféquent , le papier pour la
corruption duquel il craignoit fi fort de la fuite
des années , devoir être d’une autre matière. Or
de l’aveu de tout le monde , s’il y avoi: alors un
papier diftingué de celui d'Egypte , il ne pouvoir
être que d'écorce d’arbre. Comment après cela
Mafféi peut- il en nier i’exiltence
« Selon Suidas , le tilleul porte une écorce fem-
blable à celle du papyrus ; rien n’empêchoit donc
d’en faire le même ufage. En vain le dcéle Mar-
quis répond-il , qu’il y a des tilleuls en Italie , &
que leur écorce ne fe divife pas en pellicules minces ,
comme celles du papyrus. Qu’en faut-il conclure,
finon que notre tilleul n’eft pas celui de Suidas , ou
que fi c’eft le même , on le faifoic paffer par des
préparations qui ne nous font plus connues ? De
quelque efpèce que fût ce tilleul , la relTemblance
des couches intérieures de fon écorce avec les tu-
niques du papyrus , ne pouvek réfulter que de
quelque
ECO
quelque apprêt, ou de la narnière de cctacher les
lames corticüss, qui étoient les plus v'oiliues du
bois
“ Theophraftc parle des bandelettes d'écorce de
bois , fur lefquelles on écrivoit des noms. Pline,
apres avoir diftingué le tilleul mâle & le tilleul
renieüe , ale nettement : qu^entre le bois & Vé-
corce de ce dernier^ on trouve de minces enveloppes,
compofees de plulîeurs membranes. Quoi de plus
propre pour faire du papier èé écorce ? Cent fois
le même auteur fe fert des mots tilia , pki lyrea Sc
phiiura , pour exprimer les enveloppes ou lames
les plus déliées de IVcorce- des plantes. Un tel lan-
gage n ett-il pas vifiblernent emprunté de la nature
des pellicules , tirées de IVcorce du tilleul, dont,
fuivast Xheophrafte & Pline , on faifoit des ru-
bans & des bandelettes ? Or en augmentant leur
largeur , on ne pouvoir trouver une matière plus
analogue aux tuniques du papyrus , & plus
propre former du papier à-peu-près femblable
a celui d Egypte , dont on manquoit prefque tou-
jours dans les contrées éloignées de la mer Mé-
diterranée , & quelquefois meme dans celles qui
en étoient les plus proches. Continuons de tourner
en preuves, contre _ le fyftême de MafFéi , les
paffages fur lefquels il sVfforce de i'étayer ».
ECO
KXte d’ülpjen n’a donc p.as été bien entendu p.ir
le favant Marquis : ou bien il n’a pas fenti l’m-
convénient de rouler autour d’un cylindre des
tables dVcoccf , comme fi c’eût été du papier ou
du parchemin «.
« Il eft des arbres à la vérité dont les écorces
extérieures , telles que celles du cérifier , poiiroienc
rormer des rouleaux; mais cette propriété ne fau-
convenir à tout ce qui s’appelle phyllra ou
tilio.. Car par ces termes , oul’on entend le tilleul,
dont 1 ecorce totale, ainfi que celle que fournirok
■a fupeificie , n eft point pliable à la manière de
la peau extérieure du cénfier ; ou l’on entend l'é-
corce la plus intime , Toit du tilleul , foit de toute
autre plante. Mais l’écorce interne du tiileu! & de
tom autre arbre, envifagée feule, n’a par elle-
même nulle ccnfiltance, fi elle n’eft travaillée &:
fortifiée par 1 application de plufîeurs couches les
unes fur les autres. Il eft donc également nécef-
faire , 8c pour la rendre propre à recevoir récri-
ture , & pour pouvoir la mettre en rouleau ,
d’en faire du papier. Le tilleul d’Uî' ien n’efi cer-
tainement que du papier à'écerce ; & l’on ne peut
lui prêter une notion différente fans tomber dans
quelque abfurdité. On faifoit donc autrefois du
papier d’écorce^->.
« En voici un , dont il conclut qu’on ne fit
jamais de papier d' ecorce d’arbre , & par lequel
nous croyons pouvoir démontrer tout le contraire.
Sous le nom de livres , Ulpien comprend toutes
fortes de volumes , foit en papier , foit en par-
chemin , foit en quelque autre matière que ce
ÇuifTe être. Enfuite il mer en queftion s’ils doivent
erre remis aux légataires, à qui le teftateur a
donne fes livres , iorfqu’üs font compofés deplu-
fieurs feuilles de papier , de parchemin, d’ivoire
& de toute autre^ matière, ou qu’ils confiftent
en des tables cirées. Ici l’oppofition entre volu-
mina & coiïces ou codicilli eft frappante. Les pre-
miers lignifient certainement des rouleaux , 8c les
féconds des livres , compofés de plufîeurs feuilles ,
çomme le font aujourd’hui les nôtres. Ceux-ci
pouvoient être de la meme matière que ceux-là j
mais celle qui formoit des livres fembiables aux
nôtres, ne pouvoir pas toujours être employée dans
les rouleaux. L’ivoire, par exemple, le cuivre,
le marbre , le bois 8c Yéeorce meme du tilleul
fans aprêt , ne pourroient en former. Il n’eft pas
pluspoffible de rouler des tables de cette écorce au-
tour d’un cylindre, que d’y rouler des tables de bois
& dlivoire. MafFei fe trouve néanmoins réduit à
foutenir cette poffibilité, s’il a bien compris letexte
de l’ancien jurifeonfuke , dont il sXutorife. Afon
avis , le tilleul dont parle Ulpien , ne -doit pas
être mis au rang des papiers , mais au rang des
fimples écorces. Km contraire, le jurifeonfuke compte
les livres faits de tilleul parmi les papiers , cuirs
ou parchemins , dont on formoit des rouleaux. Le
Antiquités , Tome IL
« On peut tirer un nouvel argument , en fa-
veur de l’exiftence de ce papier, des paroles
fuivantes de S. Ifidore. Liber ejî canicis pars in-
ténor ..... Mfi autem medium quoddam inter lignsm
ii corticem. Et encore : ii'bet eft interior tunica
corticis , qu& ligna coharet , in qua antiqui fcri'be-
bant Quia ante ufum charte vel memhra-
narum , àe lîbris arborum vo'uminaftebant, il re'fu'te
de ces textes , que les livres Sc les volumes d’é-
corce des anciens n’étoient ni la totalité de l’écorce,
ni fa peau extérieure. Lear écorce , appeÜée livre,
ne fat ni l’une , ni l’autre , comme ces textes
le prouv'ent évidemment : puifqu’eüe étoir mi-
toyenne entre l'écorce 8c le bois , Sc que d’ailleurs
on ne peut faire des volumes ou rouleaux d’une
matière aufli peu flexible que V écorce des arbres ,
prife dans fa totalité».
« L’auteur de la vie de Diéfys de Crète , dit,
qu’il compofa fix volumes d'écorce de tilleul , en
lettres phéniciennes, fur la guerre de Troyc,
Nouvelle preuve de l’exiftence du tilleul. Comme
le nom de papier a été donné dans la fuite à
des fubftances qui n’ont rien de commun avec
le papyrus ; phiiura fut appliqué de même à des
papiers très-différens de ceux de l'écorce du tilleul.
On tiroir cette dénomination de tilleul ,
parce que c’étoit de fes pellicules , placées entre
i’écorcÊ 8c le bois , qu’on fabriquoit l’ancien pa-
pier èé écorce n.
« Chez les peuples feptentrionaux- , le hêtre
N n n
>^66 ECO
tenoit lieu de tilleul. Aufll dans leur langage,
le nom de livre, boo\) fe confond-il avec celui
du hêtre».
« Un écrivain du Nord a pris un fentîment entiè-
rement oppofé à celui de rüluftre italien que nous
réfutons. Il prétend nous mettre fous les yeux la ma-
nière de fabriquer le papier dVcorce d^arbre. Elle fe
réduit à celle dont on faifoit le papier d’Egypte.
Selon lui , les anciens tiroient du tilleul plufîeurs
pellicules avec le fer , ils les arrangeoient_ à
contre fens les unes far les autres, & les unif-
foient enfcmble avec de la colle ».
« Nous n’infifterons pas fur la preuve que
le P. de Montfaucon a cru pouvoir tirer, en
faveur du papier à" écorce d’arbre, de l’ét^'mo-
logie des termes %«>.aS'îis ,
employés parle fchoiiafte desBafiliques. En effet,
Euilathe applique au papier d’Egypte,
êc du Gange prouve par plus d’une autorité,
qu’on a pris ce terme pour du papier de coton ».
« Montrer du papier d’écorce -d’arbre aétuel-
letnent exiftant, ce feroit fans_ doute la preuve
la plus décifîve qu’on en auroit fait. Mais nous
ne pouvons en difeonvenir ; la plupart des an-
ciens papiers , qu’on donne pour être d’écorce
d’arbre, font réellement de papier d’Egypte. Sans
nous arrêter aux auteurs qui ont confondu ces
papiers, ceux même qui font attentifs à en faire
la diftinftion , n’ont pas laiffé de prendre l’un
pour l’autre. Si D. Mabillon a bien faifi le fens
de Lambécius , le favant abbé de Godwic non
plus que D. Légipont ne font pas exempts de
cette méprife. Ils attribuent la qualité & la na-
ture de papier d'écorce d’arbre à une charte de
pleine fécurité, gardée à Vienne en Autriche,
repréfentée au naturel fur l’original par Lambé-
cius dans fa bibliothèque impériale , & d’après
lui, par D. Mabillon, dans fa Diplomatique.
Le dernier auteur interprète ces mots de Lam-
bécius , ex cortice arbores , du papier d’Egypte ,
ajoutant que c’eft une efpèce’ d'écorce. Il ne de-
voir donc pas entendre autre chofe ; quand Brif-
fon , publiant une autre charte de pleine fécu-
lité , d’après l’autographe , confervée dans la
bibliothèque du roi, ufe de ces termes ; ex cor-
ticeo regii bihliothecs, archetypo. En effet, cette
dernière pièce, longue de fept pieds, dont
récriture efi figurée, & le texte publié dans
îe fupplément de la Diplomatique, n’eft certai-
nement pas de papier d’écorce^ mais de papier
d'Egypte ».
« Cette confufion de langage laifTe un fujet
légitime de douter, fi l’on ne doit pas tenir pour
papier d’Egypte, tout ancien monument, an-
noncé fous le nom de papier d’écorce , à moins
qu’il ne foit marqué par des caradères propres
ECO
& diftindifs. «Teleft, au jugement de D. Bernard
» de Montfaucon , un grand rouleau du fénateur
Antonio Capello , à Venife , qui contient un
» ade juridique , fait, il y a environ 8co ans,
» dans la ville de Riéti , autrefois Réate». Mais
Maffei , qui depuis a fait l’acquifition de ce pré-
cieux diplôme , n’a rien remarqué qui le dilfingue
du papier d’Egypte ».
ce Ange Roccha dit avoir vu dans la biblio-
thèque du Vatican plufieurs monumens en papier
d’Egypte. Et tout de fuite il continue de la forte :
j’ai vu auifi une autre pièce en écorce , mais plus
grolfière, de façon qu’on y reconnoît parfaitement
Yécorce d’arbre i fed rudiorem , atque itaiit arborés
CokteX ejfe omnino dignofcatur. Elle etoit con-
fervée avec beaucoup de foin chez. Aide Ma-
nuce. Le même auteur déclare avoir vu un livre
d’écorce , dont les pages étoient fi minces, qu’on
en auroit pris deux pour une. Elles n étoient
imprimées que d’un cote en caraderes indiens.
Ce livre apporté des Indes , fut offert au
Sixte V. par le général des Auguftins dechauués.
Mais ce n’eft pas fur ces fortes de livres d ecorcs
que les favans font partagés».
« S’il relie au monde quelque rnonument de
l’ancien papier d’écerce , c’eft affurément un ma-
nuferit de l’abbaye de Saint-Germain-de.s-Prés.
Nous y avons obfervé des différences fenfibles
avec les manuferits & les diplômes de la biblio-
thèque du roi & des archives de S. Denis. Mal-
à-propos rejetteroit-on ces différences fur la di-
verlîté des papiers d’Egypte , dont les uns étoient
plus épais que les autres , ou fur quelque accident
qui auroit collé enfembie plufieurs feuilles du
papier de ce manufent. i°. Le plus ou moins
d’épaiffeur du papier d’Egypte ne venoit pas de
la multiplicité de fes feuilles , collées les unes
fur les autres -, mais de la proportion avec la-
quelle les deux qu’on uniffoit enfembie, s’éloi-
gnoient du centre de la plante appeliée papyrus ,
ou de la quantité plus ou moins grande de colle
qu’on y employoit. 2°. Si l’obfervacion de Maffei
eft vraie , le papier d’Egypte n’a rien à craindre
de l’humidité. Ainfi les Veuilles ne peuvent d’el-
les-mêmes fe coller enfembie. 3®. Celles du ma-
nuferit de Saint-Germain font trop égales &fem-
blables entr’elles, pour qu’on pu ffe foupçonner
qu’eiies auroient été collées les unes contre^ les
autres par pur accident. On ne peut pas
le dire du dernier feuillet , qui paroît être double
des autres. 4°. Le papier d’Egypte , quoique tres-
mince, a de la folid'.té & de la confîllance. Le
papier d’écorce, quoique plus épais, fe rompt
aifément , & s’en va par pièces ou pellicules ,
qui , détachées de la fuperficie du papier , font
évanouir l’écriture. Voilà en quel état fe trouvent
les cinq feuillets du manuferit que nous décrivons.
5°. ils font noR-feukment plus épais, & coropo-es
ECO
de plus de tuniques que ceux du papier d'Eg>’pte ,
iis paroiflent encore plus greffiers. Or c"eft-là,
félon les làvans ^ un caradlère paKicuIier au papier
d'écorce. Du refte^ à Tégard de ce manuferit
fînguiierj nous ne faifons que fouferire au juge-
naent des anciquaires. Tous Font cru de papier
dî écorce. Nous en excepaons néanmoins D. Ma-
billon. Quand il compofa fa Diplomatique , il
ne le rangea qu’au nombre des manuferits en
papier d’Egypte. Peut-être en penfa-t- il autrement
dans la fuite. Mais D. de Montfaucon , qui avoir
approfondi la matière j foutient , fans héfiter ,
que c’eft du papier dî écorce d’arbre «.
« C’eft, fans doute, au fujet de ce manuferit
que Thomas Dempiler s’explique avec les fenti-
mens de la plus vive admiration , 8c qu’il rend
témoignage aux livres à' écorce d’arbre actuellement
exîftans dans les bibliothèques”.
“ Dempfter ajoute , qu’il a vu des fragmens
d’Hérodote & de Polybe fur du papier d’écorce 5
mais ce n’eft pas à Saint-Germain-des-Prés. Le
feul manuferit en écorce qu’on y pofsède, au moins
depuis plus d’un demi-fiècle, ne renferme pas un
feul mot grec. On pouvoir , à la vérité , lui
faire dire tout ce qu’on vouloit, après que les
Mabülon & les Montfaucon n’avoient ofé entre-
prendre d’en rien déchifrer , bien loin d’en drelfer
une notice exaCte. Sans nous croire ni auffi ha-
biles, ni plus heureux, nous allons en donner
une connoiffance fuffifante, pour ne laiffer défor-
mais à perfonne la liberté d’y fuppofer des écri-
tures qui n’y feroient point en effet. Les preuves
morales que nous avons données de l’exillence
réelle du papier d’écorcc , fondé fur ce manuferit,
feront , au moins par rapport à nous , appuyées
de preuves phyfiques, réfultantes de l’Anatomie
exacte que nous en avons faite ».
ce Des cinq feuillets, dont il eft compofé,
deux étoient jufqu’ici adhérons à la couverture
de parchemin , & les trois autres encadrés dans
des bandes de la même matière. Ainlî huit pages
feulement paroiffoient à découvert. La reliure,
& peut-être même la réunion de ces feuillets,
eft affez moderne. Il ne fe trouve jamais moins
de quatre couches dans chaque feuillet , fi ce
n’elt quelles aient été enlevées exprès ou par
accident. On en compte dans quelques-uns un
plus grand nombre».
« A peine peut-on remarquer de légers vefti-
ges d’écriture fur certains feuillets; & l’on ne
fauroit prefque en diflinguer les lettres , fans les
mouiller. Plufîeurs membranes , dont ces feuillets
font compofés , cachent des lettres, qu’on ne peut
appercevoir qu’en détachant quelqu’une de ces
pellicules. Alors diverfes fortes d’écritures fe
laanifeftenf, même d’une ligne à l’autre. L’une
ECO
efl fur une couche , l’autre fur une autre. Celle ci
appartient à l’écriture romaine courante , celle-là
eft en écriture romaine, demi-onciale pour la
grandeur, minufeuîe pour la forme, & pour le
contour tirant fur l’écriture courante. I! y a des
pages où l’on trouve des lignes difpofées en des
fans contraires. L’âge de diverfes fortes d’écri-
tures paroît quelquefois éloigné de plus d’un
fiècle. On diroit que fur des feuilles ancienne-
ment écrites , mais dont les lettres s’étoient
confondues , ou avoient été effacées , on auroit
appliqué des couches blanches , pour les faire
fervir à de nouvelles écritures. Or, fi les plus
récentes font du VI. ou VII. fiècle au plus tard ,
( ce qu’on peut démontrer par le caratfère même )
de quelle antiquité ne doivent pas être les au-
tres ? «
“ Tout le manuferit eft en lettres & en langue
latines. Nous ne doutons pas qu’il ne renferme
des aéfes publics. C’eft peut-être même une por-
tion des regiftrss murâcipaux de quelque cité.
Nous croyons y avoir obfervé des dates de ca-
lendes , de nones, d’ides & de confiais. Nous
y avons lu fort diftinéfement , au bas de la cin-
quième page , Xlin kalendas maias. Il eft vrai
que kalendas eft abrégé, ainfi que le mot confit,
libus en d’autres endroits ; mais ce font des abbré-
viations ordinaires à ces termes. Nous n’avons
pu lire nulle part le nom même des confiais , fi
ce n’eft celui de Théodofe, encore paroît-il d’une
main poftérieure à la plupart des écritures , quoi-
que vraifemblablement du temps de cet empe-
reur, & du V. fiècle. Ce qui confirme que notre
manuferit a fait partie des regiftres publics , ou ,
pour le moins, qu’il renferme des aéle^qu’on
y avoir inférés , c’eft qu’il y eft fait une mention
fréquente de teftamens , d’ades , de chartes ,
d’etirégiftremens, de procureurs chargés de les
demander, de lîgnatures , de peine du quadruple,
de prife de pofTeffion , &c. Tels font les prin-
cipaux traits des pages 6 , 7 , 8 , &c. Peu s’en
faut que nous n’y - ajoutions la page y. On y
parle en fécondé perfonne ; & fi ce n’eft pas un
ade en forme d’épître, il eft difficile de n’y pas
reconnoîîre une lettre. Quoi qu il en foie, ces
pages, & les i. & 9- font celles où l’on dé-
chifre plus de mots. Nous y en lifons quelquefois
deux ou trois de fuite. Mais , à l’exception de
la 9 page , & à plufieurs égards de la 8 , les
lacunes qui futviennent fans ceffe , otent la con-
noilTance du fujet précis qu’on y traite».
cc A juger de ce manuferit par fon écriture
extérieure ïa plus ordinaire , il ne fauroit être
plus récent que le VL fiècle. Le peu de latin
qu’on y déchifre . femble devoir le faire remon-
ter encore plus haut. Rien ne s’y écarte de la
Dureté du ftyle, ni d’une bonne orthographe ,
excepté certaines lettres fur lefqaelles on varia
ECO
de tout temps. En creufant dans ce manufcrit ,
nous avons découvert des lignes entières , ca-
chées fous une ou deux membranes, quoique
ordinairement aucune apparence de lettre n'indi-
quât cette découverte, pas même après avoir
levé la première couche. A-t-on donc collé, fur
ce papier déjà écrit, de nouvelles lames écorce ?
C’elî ce qu'on pourroit conclure de la différence
des caraéberes qui relient à la fuperficie , & de
ceux qu’on ne fauroit appercevoir qu'en portant
le fer dans le fein de ce manufcrit. Mais com-
munément ces lignes , pour ainlî dire fouterraines,
du dehors du papier ont pénétré affez avant
dans fon intérieur, & s’y font confervées, tandis
que l'air & le tems ont totalement fait difpatoître
l’encre & les lettres de la furface «•
“ Ces découvertes nous ont enhardi à détacher
les deux pages adhérentes à la couverture j mais
la première ne l'a pu être qu'en partie , parce
qu'en quelques endroits elle eft percée à jour,
& qu'en d’autres elle étoit réduite à une feule
membrane, bien qu'il y eût des portions de ce
feuillet compofées , à l’ordinaire, de plufieurs.
Le dernier , prefque double des autres par i'épaif-
fcur, après avoir été détaché de la couverture,
nous a laifle voir environ vingt-deux lignes d'é-
criture mérovingienne , & par conféquent diffé-
rente de celle du relie du manufcrit. L'antiquité
en efl au moins du VIL fiècle } mais elle pour-
roit être plus grande, puifque nos lettres méro-
vingiennes ne font autres que l'écriture cou-
rante des romains. Nous avons commencé d'abord
par diflinguer quelques mots dans cette der-
nière page. Bientôt nous y avons lu quelques
verfets des chapitres ai & 2^ de l’exode, & 6
& 18 du lévitique jL
« Depuis que nous avons pénétré dans les
entrailles de ce manufcrit, & qu’une efpèce de
diffedton nous a fait connoître plus parfaitement
la nature de la matière dont il efl compo.^é ,
nous y avons reconnu fouvent des couches d’é-
corce tout à- fait femblables à celles des écorces
d’arbres. On en peut même dillinguer de diffé-
rentes efpèces. Il eft vrai qu’on y remarque auflî
quelques membranes , en petit nombre , affez ref-
femblantes aux lames du papyrus. Si elles n’en
font pas véritablement, il falloir que certaines
pellicules èéécorce d’arbres euffent une grande
aflSnité avec elles. Mais fi elles font de papier
d’Egypte , il i enfuivra qu’on faifoit quelquefois
une forte de papier du mélange des membranes
de papyrus & à! écorce d’arbres ».
ÉCRAIN- Voye^ Dactyiiotheca.
ÉCREVISSE de mer.
v,e cruftacee etoic le fymbole de plufieurs villes
grecques Se ficibennes. 11 forme la ccèfture
Ê C R
d Amphitrire fur les médadies des brutiens dans
la grande Grèce. Peut-être étoit-il auffi le fymbole
de Mars : au moins voit-on dans la Chauffe ce
dieu fur une pierre gravée, ayant le pied droit
fur une écrevijfe de mer. L'Océan porte far les
monumens , ainfi qu'Amphitrite , des ferres d'é-
creiijfe dans fa coeffure. Foycç Amphitrite
Océan, Lerne. *
L'Ecrevisse de mer, ou le Craie ^ fert de
type aux médailles d'Acragas en Sicile, de Cos,
d'Hymère, de Cume, deTélos Sc des Brutiens.
ÉCRITURE.
Des marques ayant d’abord été tracées fans
deffein, & comme par une efpèce [de badinage î
l’homme s’en fera fervi dans la fuite, pour fe
rappeller le fouvenir de certains faits qu’il crai-
gnoit d'oublier , ou de certaines obligations qu'il
fe propofoit de remplir. Ces marques ne figni-
fioient ni des fons , ni des mots , mais une to-
talité de chofts, une aélion,un événement avec
toutes fes circonflances. La multiplication de ces
lignes donna naiffance à la première écriture. On
en fentit l'utilicé j on fe la communiqua ; on la
perfeélionna ; on en fit un art. Et bientôt chaque
caraâère , qui n'exprimoit que des chofes va-
gues, fut deftiné à rendre des penfées fpécifi-
ques , & les modifications même de ces penfées.
La plus ancienne écriture ne tranfmit donc ni
aux abfens, ni à la poftérité , les fons de la voix
par des lettres femblables aux nôtres. Elle expri-
ma par des images ou des fignes , foit naturels ,
foit arbitraires , les idées, les fentimens , lesju-
gemens : bien qu’à parler à la rigueur , ces der-
niers^ fuffent d'abord plutôt fous-entendus que
figurés.
Parmi les caraétères fymboliques, dont nous
parlons , les uns étoient les portraits greffiers des
aftres , des plantes , des animaux & de différentes
parties de la nature 5 les autres ne peuvoient
paffer que pour des figures de pur caprice. 1 eîs
furent les hiéroglyphes de l'Egypte , tels les ca-
raâères de la Chine. «Le moyen d'exprimer les
» penfées par des peintures, ou repréfentations
» des chofes dont on parle, eft celui qu'em,-
» ploient encore aujourd'hui les fauvages du Ca-
» nada, & celui dont fe fervoient les mexicains
» avant que les efpagnols euffent détruit leur
» empire».
Si tous les peuples de la terre étoient demeurés
attachés à leur écriture primitive , ils auroient
continué de s’entendre par écrit , malgré la di-
verfité de leurs langues. Les mêmes chifres ara-
bes , les fignes du Zodiaque , des Planètes & de
l'Algèbre font également entendus , quoique
E C R
différemment prononcés par ies di%'ers peuples
de "Europe. U ne feroit donc pas impôffible ,
d inventer une écriture qui pût être entendue
de toutes les nations du monde , & que chacune
prononceroit en fa propre langue.
Le projet d“une écriture unirerfelîe n’eff pas
demeure dans la pure polîibilité. Plufieurs farans
homrnes ont tenté de le réduire en pratique.
Wilkins , eveque de Chefter, & le fameux Leib-
nitz^ ont entrepris des travaux confidérables pour
1 execution de ce deffein. On peut même avancer
c)u il eft exécuté en partie ^ quoiqffil put Têtre
d’une manière beaucoup plus parfaite.
Les favans de la Chine , du Tonquin , de la
Gochinchine , de la Corée & du Japon , ont
des caraéières communs qu’ils lifent chacun
dans leurs langues , quoique très - diffemblabies
entr'elks.
U écriture fut toujours ou perpendiculaire comme
celle des chinois , ou finueufe comme les runesj
ou horizontale comme la nôtre , & celle-ci va
fixer principalement notre attention. On peut dif-
tinguer quatre fortes ÿ écritures horizontales ,
celle qui marche de gauche à droite , celle qui
va de droite à gauche ^ & une troifième , qui
les réunit en allant & revenant par des lignes
parallèles vis-à-vis du point d'où elle eft partie.
Celle-ci fe fubdivife en deux efpèces , fuivant
qu’elle commence par la droite, ou par la
gauche.
Les orientaux ont toujours écrit de droite à
gauche. Les occidentaux depuis long-temps écri-
vent de gauche à droite. Les premiers en com-
muniquant leurs lettres aux féconds , leur appri-
rent fans doute a régler , comme eux , la mar-
che de leur écriture.
Les étrufques retinrent fi bien cette mar-
che , qu’ils ne l’abandonnèrent que très - rare-
ment, pour fuivre celle des occidentaux, ou
pour réunir l’une & l’autre à la fois. Prefque
tous leurs monumens , dont on a formé des
recueils de plufieurs volumes , renferment des""
earaélères tournés conftamrnsnt de droite à gau-
che , & des lignes gardant la même direélion.
Les grecs ( au moins le préfume-t-on ) em-
brafsèrent auffi d’abord cette manière d' écrire ,
foit que, comme Pélalges venant de l’Orient,
ils l’euffent apportée avec eux, foit que, comme
déjà établis dans ces contrées, que nous appel-
ions Turquie en Europe, ils l’euflent reçue de
Cécrops ou de Cadmus. On n’y a pourtant point
encore déterré d’infcription , qui conftate qu’ils
aient obfervé de former toutes leurs lignes à
l’erientale.
E CR
46'p
Ce n’eft pas qu’on n’ait découvert des écritures
commençant de droite à gauche ; mais aufS tôt
elles reviennent de gauche à droite , lorfqu’elks
font compofées de plufieurs lignes.
Les huiis qui défolèrent l'empire romain, fous
la conduite d’Attila , écrivoient de droite à gau-
che. Leur alphabet conlîftant en trente - quatre
caraéteres, a été publié par Hickes , à la page
8 de fa préface. On prérend que les reftes de
ces huns portent aujourd hui le nons de zikules.
Ils occupent une partie de la Tranfilvanie. Mol-
nar , dans la préface de fa grammaire hongroife ,
parlé de leur écriture comme d’une chofe aélueile-
ment exiftante.
Écriture des égyptiens. Nous entendons
parler ici feulement d'une écriture courante , &
non hiéroglyphique , dont nous traiterons à leur
article. Les reftes de cette écrfrâze courante font
fi rares , que nous avons de grandes obligations
au comte de Caylus, qui les a recueillis avec
foia. C’eft lui qui va parler dans cet article.
Les cinq planches publiées par le comte de
Caylus, dans fon recueil {tom.I.p. éy.), j-g,
préfentent un morceau de toile , qui lui a appar-
tenu autrefois, & qui fe trouve aujourd’hui au
cabinet de Ste.-Geneviève. Sa longueur eft de
deux pieds quatre pouces fix lignes, de fa hauteur
de fax pouces fept lignes ou environ j car les bords
font effiles , & par conféquent inégaux. Il eft d'"-
vifé en plufieurs colonnes parallèles , formées par
des caraftères égyptiens. Il n’eft écrit que d’un
cote J I ecnîure en eft noire , à la réferve des pre-
miers mots de chaque colonne , qui fur l’original
font tracés en lettres rouges , ( & qui dans la co-
pie fe trouvent fouügnés ) ; le caraflère en eft
ferme , & n’a pas^ été fait au pinceau : les lignes
de divifion & de réparation ont été tirées à vue &
fans règle. Les figures fimplement deflînées au
trait ne font réhauflees par aucune couleur ; mais
on peut affurer qu’elles font touchées avec un ef-
prit & une légéreté que ne défavoueroient pas
des nations plus vives que les égyptiens.
Cette bande de toile eft terminée par une ef-
pèce de compartiment, qui , outre plufieurs mots,
contient des vafes & des quarrés peints en rouge,
couleur qui a été placée fans aucun foin , & qui
défignoit peut-être que ces corps étoient de terre
cuite.
Les figures deflînées au deffus des colonnes vont
de gauche à droite , tandis que Récriture va en
un fens contraire. Ceux qui defireront de plus
grands détails fur ce monument , pourront con-
fulter le II. tome ( planche LIV.) du fupplément
de X antiquité expliquée ^ où il eft gravé ; mais on
ne doit pas fe fier entièrement à la copie que
470 Ê C R
l’auteur en a donnée. En l’exainînant avec atten-
tion, on s’apperçoit qu il s y eu glnie bien des
fautes I & cette raifon a^ engage le cofnte de
Caylus à le publier de nouveau, &le plus exacte-
ment qu’il a été poflîble. Il a fallu pour cela l’é-
tudier avec foîn i déîarçher routes les lettres bien
marquées, les arranger dans un certaîh ordre , &
s’en fervir pour difcerner celles qui fie font pas li-
libles. Quand des efforts réitérés n’ont pu refti-
tuer des mots dont il ne reftoit plus que de foibles
traces, il a mieux aimé lés négliger &,Ies rem-
placer "par des points,' que de les préfenter fou's
une forme étrangère; c’eft ce qui a augrnehté
dans la copie le nombre dés lacunes que l’on voit
dans l’original ; mais il a tâché de rapporter les
différentes fortes de Jettres que l’on y voir , &
c’eft ce qui doit fûffife.
Suivant lé P. de Montfaucon, ce morceau de
toile fervbit à ^ couvrit une momie. L’on voit en
effet qu’il avoît 'été éndüît dé bitume. La cou-
leur brune que cette préparation lui avoit donnée ,
paroît moins aufoürd’hùi qu’elle ne pâroîffoit
quand il appartenoit au favant comte , parce que
dans la vue de le conferver on l’a collé depuis
fur une toile ; mais fans la première préparation
il ne feroit pas vraifemblablement venu jufqu’à
nous.
Les égyptiens traçoient quelquefois fur les
bandelettes des momies , des hiéroglyphes ou des
lettres proprement dites. Kirckher a fait graver
plufteurs morceaux de toile , chargés de fymboles ,
qu’il a expliqués avec le même fuccès que ceux
des obélifqnes; & au commencement de ce fîècle.
Maillet, conlul de France au Caire, dit avoir vu
une momie , autour d'eiaquelle on trouva une bande
de toile ornée défigurés & de caraélèrps. Cette
bande ayant été mife en lambeaux. Maillet en
ramaffa fix ou fept aunes en huit pièces , qu’il en-
voya en France' au chancelier de Pbntchàrtrain :
elles ont enfuite été difperfées ; mais il ÿ a appa-
rence que le morceau gravé dans ces planches en
faifoit partie. ( Caylus. I.,p.p. 6$ ). .
Le même comte a publié ( ^.pl. 2(5. ) un autre
morceau èC écriture égyptienne. Les caraélères dont
cette toile eft chargée, font écrits de droite à gau-
che : ils occupent pat une feule ligne le tiers de
fa largeur, qui peut être<^£ deux pouces.^ V écriture
eft formée par une très-belle main , qui doit avoir
fait ufage du pinceau. La canne & toutes les ef-
pèces de rofeau ne pourroient former des contours
àéliés &: renflés avec autant de fineffe & de pré-
cifion que. ces caraétères en préfentent ; ce qu’il
va d'afliiré, & ce qui eft fondé fur l’expérience
que ce favant en a faite , c’eft qu’on ne peut les
bien imiter que par le moyen du pinceau. Il eft bon
d’obferver que cette pratique eft celle que les chi-
E C R
noU emploient encore aujourd’hui pour leur écrl.
ture , dont on ne peut s’empêcher d’admirer la
netteté.
Voici les rarfonnemeiis du favant comte fur ces
reftes précieux Sc prefque uniques de {"écriture
égyptienne noîi hiéroglyphique ( rec.l.pag. 70.
a Tous ces monumens donnent une première
forte èd écriture affez uniforme. En les rapprochant
les uns des autres , on formem une lifte de carac-
tères errufage parmi les égyptiens ; mais afin de ne
pas trop groffir cette lifte, il faut obferyer que
dans {"écriture dont trous parlons , on plaçoit quel-
quefois plufieurs lettres au delfus l’une de l’autre ,
& que d’autres fois certaines lettres ne paroiffent
diftinguées entr’elles que par des efpèces d’accens
& de points. Il faut avoir égard à ces fingulariîés,
& l’on trouvera qu’après les réduftions qu’elles
donnent occafion de faire , la lifte des caraélères
égyptiens eft encore très-nombreiife ; ce qui vient
peut-être de ce que la même lettre fe configurok
diverfement , fui.vant laplace qu’elle occupoit dans
un mot. Mais comme il s’agit bien moins ici de
découvrir l’alphabet de la langue égyptienne
que de s’affurer qu’il émanoit des hiéroglyphes ,
il fuffira d’avoir une affez grande quantité de lettres
ifolées, & de les comparer avec les figures re-
préfentées fur les monumens égyptiens. Or je puis
affurer que l’on appercevra entr’elles la liaifon la
plus intime , & les rapports les plus fenfibles ; &
pour s’en convaincre, on n’a qu’à jetter les yeux fur
le n°. I. de la XXVI^. planche. J’y ai fait graver
fur une première colonne une fuite d’hiéroglyphes,
tirés la plupart des obélifques , & dans une co-
lonne correfpondante , les lettres égyptiennes qui
viennent de ces hiéroglyphes. On trouvera , par
exemple , quele premier hiéroglyphe ,repréfentant
une barque , a produit un élément Récriture , dont
la valeur a pu varier , fuivant les points ou les traits
dont il étoit affeélé ; que le troifième hiéroglyphe,
qu’on croit être l’image d’une porte , en perdant
fon arrondiffement , a formé la lettre qui lui eft
parallèle; que la figure d’homme ou d’animal ac-
croupie, âun®. IV. , eft devenue une lettre qui
ne conferve que les linéamens du fymbole ori-
ginal ; enfin que le ferpent , figure fi fouvent fur
les monumens égyptiens , ,n°. XIX. , s .eft change
en un caraétère qui retrace encore aux yeux le»
finuofités -de ce reptile. On trouvera aufti que
d’autres hiéroglyphes , tels que le 2,^ le 5, leé,
le 1 1 > le I ; 5 &c. ont paffé dans {"écriture cou-
rante , fans éprouver le moindre changement. Au
refte , ce n’eft ici que le I^er effai d’une ope-
ration qui pourroit être pouuée plus loin, '6c dans
laquelle' on appercevroit peut-être des rapports
différens de ceux que j’ai établis entre certaines
lettres & certains hiéroglyphes ; mais en Saperai ,
l’examen des lettrés égyptierines prouve, viüblsp
471
E C K
ment leur origine ; & plus il eft approfondi;, plus
il ferc à confirmer le fendment de Warbur-
ton
« Ce n'efl; pas feulement à cette efpèce de
lettre que le principe de cet auteur s'applique.
On doit rétendre encore à une forte a écriture
égyptienne que les monumens nous préfentent ,
& dont on trouvera un modèle au n°. II. de la
planche XXVI. C'eft u.ne infcription publiée allez
peu correétement par M. Rigord , ( mém. de Tré-
voux , juin , 1704 ) & par le P. de Monifaucon ^
Cantiq. expi. t. II. pl. Liy.')8c dont je donne une
copie plus exaéte, d'après l'original que j'avois vu
dans le cabinet du préfîdent de Mazaugues.il s'en
trouve de femblables & en grande quantité fur les
rochers du montSinaï,& Pocock en a rapporté plus
de quatre- vingt dans la relation de fon voyage; mais
il auroit dû nous avertir que quelques-unes de ces
infcriptions font en arabe , & que d'autres fois
on voit des mots de cette langue mêlés confu-
fément avec des mots égyptiens. Cependant , quoi-
que Pocock ait tout copié fans choix & fans dif-
tinélion , fa copie même prouve le fentimenc que
j'avance. Uécriture y eft difpofée dans un ordre
naturel ; on u'y voit pas ces efpèces de points ,
d'accens & de traits qui font fur nctre bande de
toile j en un mot , elle eft affez reflemblante à
celle de Pinfcription que je produis ».
« En admettant cette double efpèce de lettre j
on eft d’accord avec les anciens qui reconnoiffent
deux fortes èî écritures égyptiennes celle qu'ils ap-
pelloient facerdotale, 8c celle qui étoit connue
fous le nom de vulgaire. La première , confa-
crée à des ufages religieux , & propre à voiler
les myftères de la théologie , Étoit fans doute
îrès-difEcile à lire , 6c c'eft peut-être celle des
bandelettes des momies ; la fécondé devoir erre
plus fimple 8c plus familière. C'eft, à mon avis,
celle de la plupart desinfcnpnons du mont Sinai,
êc de l’infcription gravée-'dans la planche XXVI.
J'ignore fi ces deux fortes Récritures ont été for-
mées l’une de l’autre ; mais il me paroit qu elles
avoîent quelques lettres qui leur étoient com-
munes ; & ce qui eft plus effentiel à mon objet ,
qu'elles tiroient également leur origine des hié-
roglyphes. Cette dernière propofition a été prou-
vée plus haut par rapport à la première efpece
de lettres égyptiennes , & elle le fera , je crois,
quant à la fécondé , fi l’on veut faire attention au
n®. III. de la planche XXVI. , où 1 on a repré-
fenté dans une colonne quelques lettres égyptien-
nes , tirées de l'infcription gravée au n°. IL , &
dans une colonne relative les h; '/oglyphes qui
ont produit ces lettres. Ainfi , fous quelque af-
peét qu'on envifageles catadlères égyptiens , tout
concourt à prouver qu'ils viennent des hiérogly-
phes , & à donner uae forte d'évidence au prin-
cipe de Warbuton ».
E C R
ÉbR.iTü5.E des phéniciens.
( Cet article fe lie immédiatement avec le précédent
nous efi fouirà par le même favant corme
« Ce point une fois établi » îffàudroit examiner
fi les lettres égyptiennes ont forméles phéniciennes.
Cette queftion eft d'autant plus difficile à ré-
foudre, que les monumens phéniciens font encore
plus rares que ceux des égyptiens. Nous ne con-
noiflbns^ qu’une de leurs infcriptions , qui n’a pas
meme été trouvée en Phénicie. Nous avons quel-
ques médailles frappées à Tyr,àSidon, en Si-
cile, à Carthage , à Malthe, &c. avec des ca-
raélères qui, relativensent à ces divers pays ,
femblent avoir éprouvé quelqu’altération. Ce-
pendant il paroît en général qu’ils ont une très-
grande affinité avec les égyptiens ; & j’en donnerai
pour preuve les monumens donc j'ai parlé, &
fur-tout l'infcription de la planche XXVI. L’é-
criture reffemble fi fort à la phénicienne, que
Rigord (^mém. de Trévoux , juin 1704. ) n'a pas
craint de lui donner ce nom. Mais le P. de Mont-
faucon & le P. Calmer en ont mieux jugé, en la
déclarant égyptienne. En effet , elle eft gravée
au deffpus d'un bas-relief égyptien ; 8c de plus ,
elle ne préfente point de lettre qui ne foit dans
notre bande de toile , & dans les infcriptions du
mont Sinaï. Qu'il me foit donc pçrmis d'avancer
comme un principe prefque démontré , que les
lettres égyptiennes doivent leur origine aux hié-
roglyphes, & comme une très-forte conjecture
quelles ont , à leur tour , donné naiffance aux
phéniciennes : les grecques viennent des unes ou
des autres. Les lettres femblent donc avoir pafle
des égyptiens aux phéniciens , aux grecs, aux
latins , &c. »
«Il fuit de là, que rien ne facilireroit plus
l'intelligence de Y écriture égyptienne que celle
des caractères phéniciens , dont on nous a donné
quelques alphabets , avec lefquels on ne peur rien
expliquer. On fera peut-être plus heureux dans
la fuite , Sc j'ofe le préfager fur deux raifons
également fortes ; 1°. parce que le phénicien ref-
fembloit extrêmement au fàmaritain , tant par
rapport au fond de la langue , que par rapport
à la forme des lettres 5 2". parce que fur des
médailles frappées en Phénicie on croit voir le
nom de quelques villes exprimé dans la langue
du pays. Si ces monumens fe multiplient, s'il
s'en découvre de plufieurs villes différentes qui
donnent lieu à des interprétations également fui-
vies , également certaines , on pourra fe flatter
d'avoir un véritable alphabet phénicien ; & c'eft
alors qu'on devra s'exercer fur égyptienne,
dont on voir un fragment au n°. IL de la planche.
Je doute cependant que le fuccès réponde pleine-
ment aux efforts qu’on fera. Pour retrouver l’al-
phâbsc d'une langue qu'on ne parle plus , il faut
472 E C R
favoir au fficins qüe cètte langue a bien des rap-
ports avec quelqu'une de celles que Ton connoît;
comment pourrciit-on autrement faire des analyfes
& des combinaifons ? Comment fixer la quantité
de lettres qu'on doit réunir pour en corapofer
un mot ? Or il paroit que la langue égyptienne
dont il s'ell confervé bien des mots dans les an-
ciens auteurs & dans la langue cophte, différoit
effentiellement de la phénicienne ; & par une con-
féquence nécefiaire , que nous manquons de points
d'appui pour nous élever jufqu'à elle ^ & parve-
nir à l’intelligence des caraétères qu'elle em-
ployoit ».
« Màis fi cela paroît vrai quant à Y écriture rap-
portée au n®. II. de la planche XXVI. ^ la chofe eft
encore plus certaine à l'égard dés lettres tracées
fur notre bande de toile. Comme elles ont en-
core moins de conformité que les phe'niciennes ,
& que les abbféviations y font très-fréquentes ,
elles feront mille fois plus difficiles à pénétrer ^
& je ne fais fi l'on ne pourroit pas dire qu'elles
feront à jamais inaccelEbles aux efforts desfavans.
Mais je ne prétends pas fixer le terme de leurs
recherches & de leurs efpérances ; & quels que
foient les progrès que l'on fera dans ce point de
critique ^ je ferai content fi les obftacles que je
viens de détailler fommairement fervent d’excufe
à ceux dont les efforts feront inutiles , & relèvent
k gloire St le mérite de ceux qui auront réuifi.
( C&ylas. 1. JO ) »,
Écriture en clous j ou de Perfépolis. Vbyei
PSRSÉPOIIS.
Ecriture des manufcrits trouvés à Hercula-
num, & des manufcrits grecs en particulier.
« Tous les mots, fans aucune exception , font
écrits en lettres unciales, & ne font féparés ni
par des points , ni par des virgules ; rien n'in-
dique k divifion des mots , lorfqu’il s’en trouve
quelques-uns de divifés à la fin d'une ligné ; on
ne rencontre aucun figne d'interrogation, ni autres
qui puiffent aider à la prononciation , ou nsarquer
les endroits qui demandent qu’on élève la voix. Les
fignes de ponâuation ne devinrent plus fréquens
qu’à l’époque où k connsiffance de la langue grec-
Cfue reperdit. Mais il y a fur quelques mots d’autres
fignes inconnus , & dont on parlera plus bas.
Quant à la grandeur & à k beauté des lettres ,
on peut hardiment les comparer à celles des édi-
tions rares de quelques auteurs grecs de Lafcaris ,
& à celles du PLndare d’Oxfort. Ceux qui font
à portée de voir le fameux & ancien manufcrit des
fcptante dans la bibliothèque du Vatican, peuvent
prendre une idée encore plus claire de k forme
& de k grandeur de ces lettres , qui dans le
manufcrit fir les vertus & les vices font un peu
plus grandes. Il faut cependant remarquer que dès
E C R
le temps où la ville d’HercuIanum fubSfioît, le
caraélère italique étoit en ufage, commele fait voit
un vers d’Euripide , écrit fur un mur ».
« La forme des lettres eft différente de l’idée
que l’on fe fait ordinairement de Y écriture de ces’
temps anciens; car les caraéfères avec des jambages
qui s’avancent , tels que dans le eL, ont été placés
dans les fiècles poftérieurs par ceux qui croient avoir
examiné avec le plus de foin Y écriture des anciens
grecs. Baudelot (i ) dit fur cela très-hardiment & fans
exception, que les lettres grecques, formées de cette
manière , font des temps pofiérieurs ; c’eft-à-dire ,
fuivant l’idée qu’on a attachée à cette expreffion,
des derniers temps des empereurs romains. Toutes
les tables où font figurés les anciens caradères
grecs, fuivant les différens âges, & qui ont été
mifes au jour jufqu’à préfent, font fautives: on
peut le prouver , fur-tout par les médailles. Par
exemple , l’oméga écrit mêlé parmi des lettres
unciales , le P. Montfaucon le donne au temps
de Domitien , tandis qu’on le trouve employé
deux fiècles auparavant , fur des médailles des rois
de Syrie ; & on le voit dans k même forme
italique dans l’infcription gravée fur le bord du
grand vafe de bronze , confervé dans le capitole,
dont Mithridate Eiipator , le dernier prince fa-
meux de fa branche parmi les rois de Pont, avoir
fait préfent à un gymnafe qu’il avoir fondé.
Cette efpèce de chronologie eft , comme l’on voit,
fujette à l’erreur , & peut nous faire prendre des
idées très-fauffes des chofes. Si quelqu’un , par
exemple , vouloir déterminer l’antiquité de ce
fameux fragment de ftatue d’un Hercule qui eft
placé au belvédère , & qu’on nomme le torfe
de Michel Ange , & que pour en fixer l’époque
il eût recours à l’infcription qui s’y trouve, & qui
donne le nom de l’artifte ainfi écrit Ar°AAâ)Ni“s :
faudroit-ii , parce que des antiquaires ont avancé
que l'oméga ainfi formé avoir pris naiffance fort
tard , qu’il plaçât l’auteur de cette admirable
ftatue dans des fiècles où l’oH ne trouvera point
de fculpteur capable de produire un fi beau tra-
vail J Et que deviendroient alors les idées qu’il
eft jufte d’avoir fur les progrès & l’état de l’art (i)î
Les caradères qui fe diftinguent par une forme
particulière font ceux que voici,^, X > ® > ' j >
dX , P , i le figma eft toujours rond. Ces letses
(i) {Utilité des voyages , tom. Il, p. 117. )
{^) On ne peut pas contefter que les plus beaux
jours de la Sculpture n’aient été les mêmes qui ont
éclasré dans la Grèce le règne du grand Alexandre ,
& qu'à mefure que l’empire romain a perdu de fa
fplendeur , les arts fe font éclipfés. Mais il eâ pour-
tant vrai que fous Adrien ils reprirent une iiouveHe
vigueur , & que rien n’eft çemparable pour la finefle
du trait , à la ftatue du bel Antinoüs , qui fut faite
alors,
font
E C R
font employées plus fréquemment fur des iufcrip-
îions grecques du fécond fiècle des empereurs &
des fècles faivans , que dans les précédens ; Sc
qusiquefo:s un jambage s’avance vers la direction
oppoiée, comme on le voie fur une lampe de terre,
rapportée parPafferiCi) A lOK/^HT ( Wi.i-
keiman ^ lettres fur Hercule.ninn').
Echit ure des gaulois.
rnonument de ce genre qui fublirte ,
£)x\z pierre écrite de Saulieu en Bourgogne. Le
petit nombre de caraélères gaulois que l’on y
apperçoit, a exerce la lagacité de piuiîeurs écri-
vains 5 pms qu’on puiffe avoir aucune certitude
de la réuiTite. On trouve cette pierre & fes carac-
teres graves dans le VI. volume de l’hiltoire de
Bourgogne , par l’abbé Courtépée.
Ecriture des runes. Voye^ Runes.
Écriture des latins.
f écriture latine de la plus haute antiquité , com-
parée a celle d’Augufte, en étoit non-feulement
dîllinguée par des'' qualités accidentelles, mais
auffi par la forme effentielle des caraélè.-es, des pro-
portions &delafymmétne. Sur l’an 568 avant J.C.
dite Live rappelle une vieille loi, écrite en lettres
antiques, qui, félon Quintilien , ne refferribloient
pas à celles de fon temps. Voilà donc dès le com-
mencement de Rome au moins deux fortes d’é-
critures latines bien caraéiéri fées. Des témoignages
certains en conftatent l’exilfence , & ne iaiîTent
aucune reffource au doute. On n’en doit pourtant
pas conclure que l’ufage de \‘ écriture antique fût
alors totalement aboli, mais qu’il n’étoit plus à
la mode.
Pourroit-on fe flatter de voir reproduire fous nos
yeux cette ancienne écr/wre , d’après des originaux
inconîeftables i C’ait fur quoi nous ne croyons pas
qu’on puiife héflrer un moment; relie à favoir juf-
qu’à quel degré d’antiquité il faudra les reculer.
Peut-être ne fauroit-on produire aucun monument
dont h date précife dévance de plus de 300 ans
la naiffance du Sauveur : il efr cependant très- pro-
bable qu’il en exiile encore de plus anciens au
moins de deux ftècles.
Si deux des tables de Gubio égaloient par leur
antiquité celle des pélafges , à qui l’on en attribue
la compofition , i! ns feroit pas poffibîe de mon-
trer un plus ancien modèle des lettres latines :
mais leur conformité avec les caraftères d’environ
zoo ans avant J. C. , les a fait regarder par plu-
fleurs favans plutôt comme des copies ou pièces
(i) Paferi Luc. t. I. tué. 14.
Antiquités , Tome II.
Ü C R y
renouvelkes , que comme de véritables proto-
types. Elles ne feront donc mifes qu’au niveau
des loix romaines agraires, du fenatus-confulte
contre les bacchanales, de quelques médailles
confulaires, ou tout au plus de i’infeription dreiTée
en 1 honneur de i ucius-Barbatus. Au défaut d une
antiquité prodigieufe que fembloient alTurer à notre
écriture ces taoles eugubines, eftiraées de plus de
3000 ans, les inferiptionsde la fécondé & troifiètr.e
efpèce ou premier genre des éoïtures lapidaires
& métalliques , publiées dans la nouvelle diploma-~
tique des favans bénédiélins , quoique de beaucoup
poftérieures à cette époque , répondront fuffi-
famment aux caraétères qu’atmient en vue Quin-
tilien , Tire- Live & les autres anciens. C’eft
tout dire, qu’elles font tirées d’après ce que
ritaiie a déterré de plus antique depuis trois ûècles.
Avant leur découverte , les tabks eugubines mifes
à part , le monument érigé à Lucius-Barbatus
ne cédoit le premier rang à nul autre , lî ce n’eîl
peut-être à quelques médailles- La colonne rof-
trale de Duiiiius eil, à la vérité , d’une date plus
ancienne : les antiquaires toutefois paroiffe.nr moins
difpofés à la croire originale que rétablie. Ne
pouffons pas ici plus loin ie dénombrement des
inferiptions antiques ; il fuffit de jetter les yeux
fur les quatre premières efpèces du premier genre
àts écritures lapidaires & métalliques , pour y voir
raffemblé tout ce qu’à cet égard l'antiquité nous
a tranfmis de plus précieux. Ces morceaux peu-
vent fe partager en trois âges. Les plus récens
précèdent l’ère chrétienne de près de deux cents
ans : plufîeurs des genres fuivans renferment en-
core quelques pièces , qui ne remontent pas moins
haut.
Déjà rinfcrîption de Lucius - Barbatus , les
épitaphes des furius , les loix agraires & ro-
maines , & autres monumens encore olus antiques ,
avoient perdu quelque chofe de l’ancienne ru-
deffe des écritures latines, lorfqu’on vit paroîîre ,
fi même on ne doit pas la faire remonter plus
haut , une fécondé branche de vieille écriture ,
mais plus polie & particulièrement affeélée aux
médailles. Touche-t-elie à l’origine des caraélères
latins Eft-eî!e émanée de cette écriture rude &
groffière , eftimée la plus antique ? Seroit-elle
née jdu commerce des romains avec les grecs,
long-temps avant que les derniers euffent fubi le
joug de l’empire ? C’eft fur quoi nous ne voyons
pas qu’on puiffe aifément fe décider. Pour l’or-
dinaire on’fe contente de la reculer jufqu'à la
première guerre punique ; mais on a des As d’une
écriture à-peu-près femblable, de beaucoup anté-
rieurs à cette époque. II fembleroit donc que dès
la plus haute antiquité les romains auroient eu
deux fortes Récritures capitales , l’une impo-
lie & qu’on peut traiter de ruftique , l’autre plus
régulière & dont on ufoit fur-tout dans les fa-
briques des monnoies. C Nouvelle diplomatique ).
O O O
474 E C R
Écriture romaine- Quoique la figure des let-
tres fe foutienne affez bien pendant les trois
premiers fiècles de notre ère , elle ne laine pas
de perdre infenfiblement quelque ehofe de fes
belles proportions , &-fur-rout de cette élégance
qui caraétérife fi bien l’empire d*Augufte & de
fes üiccefleurs immédiats. Les déclins de Vécri-
ture Airent d’abord prefque imperceptibles. Mais ,
dès le III. fiècle , elle fe dégrada trop fenfîbie-
ment , pour qu’il foit pofllble de fe diflimuler
fa décadence. La forme des lettres ne fut pas
moins altérée fur la monnoie que leurs propor-
tions. On quatra les lettres anguleufes j on arrondit
les carrées. Les orneme.ns fuperflus , déjà, trop
fréquens , le dévinrent encore davantage fur les
marbres & les tables de bronze. On vu éclore
de nouveaux genres èi écritures , qui fouv'ent expo-
fés à des variations promptes & fuivies , fe mul-
tiplièrent en tant d’efpèces , qui! eft difficile
d’en fixer le nombre. Les monumens métalliques
& lapidaires , fans donner l’exclufion aux carac-
tères irréguliers & ruftiques^, & fans fe réduire
aux plus parfaits , continuèrent , il eft vrai , juf-
qu’au V. fiècle , de repréfenter ï écriture réfor-
mée , telle à peu près qu’elle fe montra , lorf-
Qu’on' la vit toucher à l’apogée de Ton élégance.
Elle n’eut pas un fort auffi favorable fur les
^médailles. Ses pertes & fes déchets n’y furent
l?ourtant pas d’abord bien marqués. Les premiè-
res atteintes portées à fa beauté s’y font fentir ,
mais bien foiblement dès la fin du premier fiècle.
Durant toute l’étendue du II. fa décadence
n’avance J pour ainfi dire, que pas à pas. Au con-
traire J depuis le milieu du III. elle fe manifefte
fur les médailles & les monnoies aux ycux les
moins attentifs , & femble m,enacer \‘ écriture
d’une ruine totale & précipitée. L’excès du mal
en fut le remède. Dès le commencement du IV.
fiècle J dn corrigea cette écriture métallique; &
fi fon ancienne élégance ne fut pas tout à fait
rappellée^ on s’en rapprocha beaucoup. La ré-
forme ne s’étendit pourtant qu’aux fabriques de
monnoies ^ & même ne s’y foutint pas plus d’un
fiècle. Le mai gagnoir cependant fur les marbres
& autres matières dures de toutes parts.
Mais pourquoi , comment & par quels degrés
X écriture romaine fe corrompit-elle i Le plus ou
le moins d’ufage qu’on fit de la manière d’écrire
la plus élégante . & la mieux proportionnée^ peut
également fixer & fon état le plus floriffant , &
le premier degré de fa décadence. Le caraétère
écrafé, avec les applatiflemens des angles en
furent le fécond. L’introduélion de quelques let-
tres de différentes cfpèces J avec celles du même
genre , doit être regardée comme le troifième.
Tant qu’on fe renferma dans ces altérations lé-
gères j^fi l’élégance de ï écriture fouffiit un peu ^
fa forme effentielle ne fur pas corrompue. Mais
tout fut perdu , qaatui oa eut commencé
E C R
d’ajouter la confufion des divers genres iXécraure
aux premières atteintes données à la beauté de
fes traits. Ce fut donc là le quatrième degré
de fa décadence. Une autre forte de corrupnon
ne tarda pas à fuivre. Elle confiftok à mêler
ou réunir dans la même infcription des caraélères
de divers ordres j par exemple , le minnfcule ou
le curfif avec le capital. Nous en voyons les
préludes dès le commencement du IV. fiècle ^
& même dès la fin du ilL Le mal ne fit qu’aug-
menter dans la fuite.
Au V. le dépériffemeni de X écriture devint fi
commun , &c quelquefois fi énorme , qu’on a cru^,
depuis le renouvellement des belles-lettres ^ de-
voir en faire un crime aux goths & aux wifigots.
Oh les a même voulu charger de l’horrible in-
vention de X écriture curfîve , trop difficile à lire
aujourd’hui , pour être l’ouvrage des romains ,
& néanmoins trop ordinaire dans leurs tribunaux
avant l’établiffement des goths en Italie , peur
être Celui de ces barbares. Après cela^ comment
n’aur©it-on pas mis fur le compte des francs,
des lombards & des anglo-faxons les écritures
franco-gailiques ou mérovingiennes, lombardiques
& faxones ? Sur qui rejetteroit-on la dépravation
de toutes les fortes Récritures aux VI & VII
lîèdes, s’ils n’en étoient pas coupables î Voilà
donc les caraéières latins changés & corrompus
par les wifigots , les francs , les lombards , les
Taxons , en Efpagne, dans les Gaules, en Italie ,
dans la Grande-Bretagne. Ces vaines accufations
feront diffipées ailleurs ; mais les difcuffions , ou
elles nous jetteroient , détourneroient trop long-
temps nos regards , qui ne doivent être îci_ fixés
que fur les continuelles révolutions des écritures.
Arrive le glorieux règne de Charlemagne :
X écriture fe renouvelle, les belles capitales ro-
maines font remifes en honneur , ou cultivées
avec plus de foin. Tous les caraétères acquiè-
rent quelques degrés de politefîe ou de fimph-
cité. L’on fixe la minufcule, on la perfeérionne,
on l’accrédite , & fi on ne lui fait pas encore
tenir lieu de routes les autres écritures , du moins
l'emp!oie-t on dans prefque toutes les fortes de
pièces, où l’on fc fervoit auparavant delà capi-
tale, de l’on.ciale & de la curfive. Elle fouffre
peu de déchet jufqu’au XÏI. fiècle ? auquel elle
fe transferme en gothique par le changement de
fes rondeurs , foit en angles , foit en carrés. Le
gothique l’avoit déjà foumife à fa tyrannie , qu il
n’avoît alors livré que de légères attaques à la
majufcule.
Jufqu’au IX. fiècle , l’ufage le plus autorifé par
1 pratique , ne penr-etroit guère de confondre
;s divers or.dres Récriture. Il étoit rare de trani-
orter les lettres d une ciaffie à ure autre : fi
ueiqaefois on franchiffoit dette ligne de féparatioBi
E C R
las lettres empruntées fa trouvolent prefque tou-
jours en petit nombre ; mais depuis le X com-
mencé, la licence n^’eut plus de bornes. Tou-
jours elle alla croiffant , jufqu’à ce qu'elle eût
enfanté cet affreux gothique, ^ont le renouvelle-
ment des lettres , après trois fiécles de ^combats,
n'a pas encore totalement délivré l'Europe. La
tendance des é<.ntures à ce gothique moderne fe
fait fentir aux perfonnes attentives , dès que le
mélange de différentes fortes à! écriture commence
à fe montrer. Quoique du IV au IX fiècle il fe
fût gliué dans V écriture bien des bizarreries , que
des traits & des lettres, qui plus eft , tout à fait
barbares , en euffent fouvent défiguré la beauté j
néanmoins il eft vrai de dire qu'elle s'avançoit
d'un pas très-lent vers ce nouveau gothique.
Le goût du beau , & fiir-tout d'une écriture
affez propre , qui s'étoit paffablement maintenu
durant le IX fiècle , dégénéra par degrés en af-
feétarion puérile. Aux ornemens recherchés hors
du fein de la belle nature , fuccéda la manie ,
d'abord pour l'extraordinaire , enfuire pour le ri-
dicule Sc le grotefque. Le mal ne fît qu'empirer
jufqu'au XIII fiècle , vraie époque du gothique
régnant. Au XIV fiècle fes excès, pour ne pas
dire fes extravagances , furent portés à leur
comble en écriture , comme en architeélure. L’une
& l'autre parurent alors plus furchargées de co’ifi-
chets , plus hériffées de pointes , & conféquem-
ment plus affreufes. Le gothique majufcule fondé
fur le mélange de la capitale , de la minufcule
& de l’onciale , eut pour effence & marque
caradériftique les coupes , les bafes & les fom-
mets transformés en parties intégrantes de fes
lettres. Il faut pourtant avouer qu’au milieu de
fes plus épaiffes ténèbres, on ne laiffe pas de
rencontrer quelques infcriptions fort courtes,
telles que celles des monnoies & des fceaux , qui
ne fe fenten: que peu ou point de fa corruption.
La curfive, en tant que bien différenciée de
la minufcule, fe tint plus long-temps qu'elle ,
& que la majufcule même, à couvert de la dé-
pravation du gothique. Mais au XIII. fiècle, il
pénétra par- tout; & fi quelque pièce en parti-
culier en fut privée , en généra! nulle forte à'écri-
ture n’en fut exempte. Ses fuccès fe multiplioient
de jour en jour ; à vue d’œil il fembloit gagner
du terrain. Rarement toutefois parvint -il dans
la majufcule à furpaffer en nombre routes les
autres lettres avant le XIV. fiècle. Quelque étendue
que fût au XV. fa domination , il ceffa dès-
lors de jouir tranquillement de fes conquêtes. Si
quelque monnoie , fi quelque fceau fut aupara-
vant fouflrait à fes atteintes, ce fut comme par
hazârd & fans confequence. Le gothique alloit
toujours fon train & ne pouvoir manquer, fé-
lonie cours ordinaire deschofes, de tout envahir.
E C R
fans que rien pût mettre des
prifes.
47?
bornes a fes entre-
Cependant il fe répandit en Italie un goût
pour les beües-Iettres & pour les antiquités ro-
maines, qu! ne tarda pas à rappelier celui des
anciens caraétères. Ses ccmmencemens furent foi-
bles , & fmvirent au moins de près ceux du
XV. fiècle. Ses progrès étoient déjà confidéra-
bles avant fon milieu ; mais depuis ils devinrent
rapides, & causèrent une grande révolution dans
tous les genres èi écriture. Aufii , dès que l'art
de l’imprimerie parut en Italie, y reçut - il un
nouveau degré de perfeéiion , par l'ufage que
plufieurs y firent du caractère romain, au préjudice
du gothique, employé par -tout ailleurs. Sur le
déclin du même fiècle, Y écriture fomaine reffufeitée
paffa les Alpes ; mais quoique reçue pour toujours
fur le fceau de l'empereur , elle n’eut cours que
dans la haute Allemagne. Le reÛe fut pour elle
un pays impénétrable, où l'empire du gothique
ne pouvant plus s'étendre, fe changea dans la
plus horrible tyrannie. Les fiècles fui vans eurent
beaucoup de peine à fecouer en partie le joug
d'une coutume trop invétérée. Depuis que le
gothique s’eft vu chaffé des imprimeries latines
d'Allemagne, il a confervé affez de crédit, pour
maintenir fes droits fur tout ce qui s'écrit en
allemand , & même fur toutes les écritures cur-
fives. Un de nos meilleurs écrivains le voyant
fi enraciné dans ce pays, a cru qu'on auroitdû
l’appeller plutôt allemand que gothique. Mais fi
les allemands y font demeurés plus long-temps
attachés que prefque toutes les nations de l’Eu-
rope , il ne feroit pas difficile de prouver , que
loin d'en être les auteurs , ils s'en préfervoient
encore, ou que du moins iis n’en étoient pas
totalement infeéfés, tandis qu'il dominoit paifi-
blement chez leurs voifins. Il ne feroit donc pas
jufte de leur imputer en particulier une écriture
odieufe , qui leur fut long-temps commune avec
tant d'autres peuples.
Dès, avant la moitié du XVI. fiècle, la France
l'avoit prefque totalement exclue de fes infcrip-
tions lapidaires & métalliques, pffi-bien que de
fes imprimeries , elle ceffa entièrement fur le»
monnoies fous Henri IL Notre curfive ne fit
pas le mêm.e accueil à la romaine, elle lui donna
néanmoins entrée avant la fin du_ XVI. fiecle.
Celle-ci put bien y produire infenfiblement quel-
que réforme ; mais elle ne prit le deffus que de-
puis le milieu du XVII. fiècle. Il faut même
l'avouer, le gothique s’y eft ménagé bien des
réferves.Nous ne pouvons pas eiKore nous glo-
rifier d'avoir épuré toutes nos écritures courantes
de cette lèpre. Heureux même fi nous ne voyons
pas un jour les relies du gothique, qui la désho-
norent, reprendre le deffus&caufer une révolution,
O O O ij
475’ E C R
dont nous crovons appercevoir les préludes. ( Nou-
veile Diplomatique. )
Ecriture palmyrénienne. Fcyei Palmyre.
- Écriture. ( Diplomatique des chartes. ) Voyei
les différens articles , Lombarde, Mérovin-
gienne , Onciale , &c.
écriture examinée avec foin fcur.nir des carac-
tères excluSfs de certains fiècles , & convenables
à d^autres, Ces caraiftères feront à quelques égards
dccififs. Sous u.ne face différente , iis n’offriront
féparément que des degrés de probabilité , qu’il
faudra réunir & calculer ; c’eft à-dire , qu’i's ap-
partiendront au même ordre de preuves tyae celles
qui naiffent des indices tirés du parchemin , du
fceaa, de l’encre, &c. Le réfuîtat des uns &
des autres opère fouvent la certitude ; quelquefois
on ne fauroit les tirer du cercle de la vraifem-
blance ; mais !e plus fouvent cela n’arrive que
parce qu’on n’a pas fu failîr ou faire valoir tour
ce qui pouvoir concourir à fixer l’âge d’un an-
cien monument, ou parce qu’on a prétendu fe
renfermer dans un efpace de temps trop étroit.
En étendant cette durée on parvient à la ctj-
îirude.
Quoique le même fiècle & la même province
ne fuffenr pas bornés à un feul genre , il ne s’en-
fuit pas qu’on ne puiife difeerner celle qui
convient à chaque âge, & même quelquefois à
chaque pays. Les goûts, les manières & les modes
changent pour l’ordinaire infenfiblement ; m.iis
quand on les réunir fous un coup d’œil & qu’on
les compare , au bout d’un ou deux fiècles , on
y découvre bien de la différence.
A ne confîdérer les diverfes fortes d’écritures
que par leurs claffes ou leurs genres , elles ne
laifferont pas de concourir à manifsfier leur âge.
Des manuferits totalement écrits en capitales , en
tant que difiinguées des onciales , ne feront pas
portérieurs au VIIL fiècle. Ceux mêmes qui font
en onciale , s’ils ne font point partie de Y écriture
fainte , s’ils ne font point à l’ufage des offices di-
vins , s’ils n’ont point été faits pour quelque
prince, feront au moins du VIÎI. fiècle. Mais
quelque livre que ce foit , entièrement en onciale ,
fera jugé antérieur à la fin du X. fiècle. Cette
règle eft applicable même aux grecs.
Un manuferit en onciale , dont- les titres des
livres répétés au haut de chaque page , & ceux
des livres placés tant à la fin qu’au commence-
ment de chaquè traité , & les lettres initiales des
alinéa paroiffent fans ornemens , appartient à la
plus haute antiquité. Les manufcrits néanmoins
dont les titres des traités feroient en capitale 5
ruftique ou négügécj pourroieot être du* même
âge.
E C R
Lorfque la capitale commence à fe mêler avec
l’onciale dans les titres , & que les initiales des
alinéa font fouvent en capitales , quoique Mafféi
nous donne ce caraélère pour un figne de la plus
grande antiquité , hous le regardons an contraire
comme un indice d’un âge plus récent. H eft
ordinaire au ÎX. fièck , dans les manufcrits même
en îrdnufcule , & fréquent dès le VIII. îskus ne
p>ourriofîS néanmoins regarder cet indice comme
abfoiument incompatible avec quelques-uns des
lus anciens manufcrits, fans les rabaiiTer cen-
de'rabiement au deffous de i’âge que leur ont
afiigné les plus favans hommes ; mais nous jugeons
beaucoup plus favorablement du mélange de ces
quatre minufcules e, % , W, ‘Z , avec l’onciale.
Nous ne les avons jamais rencontrées à la fois dans
des manufcrits en onciale , qu’ils ne fuffent anté-
rieurs au VIL fiècle.
L’onciale à jambages tortus , à traits brifés
ou détachés, & d’ailleurs foutenue du concert
des autres indices , égale.ment avantageux , fe
fera pour l’ordinaire déclarer du V. fiècle. Seule ,
elle n’exciueroir pas le VL ni peut-être même to-
talement le VIL , mais fa fin & les fuivans.
La petite onciale, d’une élégante fimpüciré^
fans bafe ni fommets , anguieufe dans fes con-
tours , à queues plutôt terminées par les demi-
pleins que par des déliés , s’annonce , au coup
d’ceii , pour tout ce qu’on peut imaginer de plus
ancien en fait de manufcrits.
L’onciale demi- tranchée fent le VIL fiècle , ob
le commencement du VIII. fans exclufion des
précédens. Elle efi: déjà quelquefois pleinement
tranchée au V. & VI. Alors fes traies font fou-
vent fimaiTifs , qu’ils fernblent doubles ou triples;
C’eft apparemment fur leur modèle qu'on ré-
forme l’onciale aux VIÎI. & IX. fiècles. L’air
de celle-ci eft pourtant plus vif, le tour plus
recherché & la coupe plus nette. Faute d’avoir
bien ftîfi cette difparité fur les rapports généraux
de reifemblance , peut être feroit-on quelquefois
tenté de rabaiiTer quelquefois aa IX. fiècle ces
écritures du VL ; mais le plus léger examen des
autres caracières remcîira fur les voies.
La -minufcule des V. & VI. fiècles eft com-
munément plus large & que la nôtre, &; que
celle des temps poftérieurs. Elle conferve ordi-
nairement plufieurs lettres majuicules , comme
i'N & I R. Quand la dernière eft minufcule ,
elle prend quelquefois la forme de ïu , ou du
moins le jambage gauche defcend-il beaucoup pTs
qu’il ne tait dans nos petites r romaines. La
groTc minufcule n’a pas l’air de la nôtre avant
fe VIII. fiècle. La conformité ne fut jamais plus
grande que fur le déclin du IX. & le commen-
cement du X. fiècle. Au VII. elle préfente quel-
ECU
477
E C T
ne diofe de niitoyen entre la dernière & celle
U VI. Au XL les rondeurs de la minufcule com-
me.'icent à fe perdre. Les angles y fuccèdent &
bientôt les pointes , qui confomment enfin le
gothique.
Une autre forte de minufcule romaine^ fou-
vent très pente, approchoit de notre plus belle
curfive. Quoique d'un affez grand ufage aux V. &
VL lîècles , elle ne fervoit dans les manufcrits
que pour appofer des notes ou des fommaires ,
ou pour repréfenter d'anciennes foufcriptions; Peut-
etre étoit-elle propre à plufieurs de ceux qui n'a-
voient pas exercé leur main à l'écriture des aâes
publics.
La curfive romaine, telle qu’elle étoit employée
dans ks tribunaux , change fenfiblement de forme
de fiecle en fiècle : ce changement devient plus
remarquable depuis le VL Alors elle femble dé-
générer en 'mérovingienne & lombardique. Celle-
ci depuis le X. fiècle , contraéte une tournure
qui mène droit au gothique.
^ La Franco-Gallique J curfive bien caraâérifée ,
s’annonce au moins du VIII. fiècle. Si elle eh très-
liée & compliquée, elle remonte au VIL La faxonne,
à ce feul titre , quoique rare au XL fiècle , fur-
tout dans les . manufcrits ,.11 l'on en excepte ceux
d Irlande , pourroit abfelument n'être pas plus
moderne ; mais les diverfes formes qu'elle prend
décideront plus précifément de fon âge. C Nouvelle
diplomatique ).
Écriture repaffée.
Les grecs du bas-empire adoptèrent un moyen
finguiier pour faire revivre les anciennes écritures ^
qui commençoient à s’effacer, & peut-être auffi
pour apprendreà écrire. Ce futderepalferlaplume
fur tous les caractères de certains manufcrits. Ils
s'approprioient en effet par cette méthode tous
les traits du cataélère antique. La différence de
l’encre découvre ces nouvelles écritures aux per-
fonues attentives : les lettrines non renouvellées
!e font encore plus infailliblement ; mais rien n’eft
plus décifif que les lettres ou les lignes non re-
touchées. On voit plufieurs pages de cette forte
dans le manufcrit grec 220. de la bibliothèque
coifline , maintenant de Sc.-Germain-des-Prés.
Cette obfervation a échappé à plufieurs diplo-
matiftes.
ECTION J père d’Andrcmaque.
ECTOXIuJS , i un de ces hommes qui naquirent
des dents du dragon, femées par Cadmus. Voye^
Cabmus.
ÉCUEILS.
Comme l'on dépeignoit les êtres malfaifans fous
une forme redoutable ou effrayante , on repré-
lente les écueils dangereux fous des figures de
geans ou de monftres. C'cfi ainlî que Y écueil ai.
cyonius , fitué dans i'illhme de Corinthe , avoir
ete autrefois un géant. Il voulut enlever les bœufs
d Hercule , car on trouve Hercule car-tout ;
mais le héros le tua.
Voici u.n autre roc perfonnifié 5 &: fon hifioire
donne une idée de la manière de conter les faits
phyfiques dans le génie allégorique des anciens
temps.
Il y avoir un chemin qui conduifoit de l’ifthme
^ Mégare ; comiiue tout ce pays
efl^ nerifïe de rochers ^ la route etoit Fort mau-
vaife Sc remplie de précipices. Il y avoir en par-
ticulier un paffage étroit fur les rochers de Sciroa
( c'ell-à-dire, les rocs taillés de , Jdndo ). Le
voyageur, menacé d'un côté par des rocs qui
pendoient fur fa tête, & de l’autre par la nier
qui mugifio-it à fes pieds, n’y pafToit qu'en trem-
bjant 5 il^n’y avcit aucun hofpice fur la route pour
s y rafraîchir :on la changea depuis. Voilà l’hilloire
phyfique ^telle que la rapporte Strabon {Strab.
geogr. lib. p. ) : la voici contée dans le langage
primitif.
n y avoir un géant nommé Sciron , qui fe te-
noit à ce paffage': ce brigand faifoit jeûner les
pafïans, puis il leur mettoit du pain à terre, ou
il les engageoh à lui laver les pieds , & comme
ceux-ci ^fe baiffoient, il les prenoir par le pied
& les Jettoit dans, la mer. Tkéfée ^ qui purgea
cette route de brigands de la même ’efpècerie
jetta dans le précipice. La terre & la mer , dit
Ovide ( métamorph. lib. 7. ) , refufoient également
de recevoir fes os ,• long-temps le jouet des ondes
ils ^ durcirent enfin, & iis devinrent ces rochers
qui portent encore le nom de Sciron. Un des
plus fameux travaux de Théfée eft un fait pure-
ment phyfique; & on lui attribua un grand nombre
d’aéfions pareilles , qui ne peuvent être faites
par un feul homme , & qui font l’effet de la ci-
vilifation & de l'indullrie.
Citons encore quelques écueils perfonnifiés: tout
le monde connoît les écueils de Ckarybde & de
Scylla , beaucoup plus dangereux autrefois qu’ils
ne le font aujourd’hui. Ckarybde eft à droite ,
& Scylla à gauche 5 Ckarybde fur la côte de Sicile,
& Scylla Çi\r celle d'Italie. Dans le langage figuré
des premiers temps , Charybde ( noni’ féminin )
étoit une belle femme , voleufe ir.figne , & qui
comme Alcyoneus , comme Cacus & d’autresmon -
tagnes, voulut enlever les bœufs d'HercuIe ; mais.
Jupiter la foudroya 3 & comme cet écueil avoic
478 ECU
le pied dans l’eau , on peignoit cette femme avec
uae énorme queue de poiffon.
V écueil de Scylia. fut perfonnifié de même :
fon nom eft féminin ; Ton en fit une femme. Les
flots venoient s’7 brifer avec brait contre les ro-
chers ; on dit qu elle étoit entourée à la ceinture
de chiens & de loups ^ qui hurloient & aboyoient
fans cefle.
Ceci eft regardé fans doute comme une fable
toute pure ; mais il eft utile d’obferver comment
elle entre dans l’hiftoire. Scylia n’avoit pas tou-
jours été difforme : jeune & belle , elle avoir été
aimée de Claufus -, Circéen fut jaloufe, elle em-
poifonna la fontaine où Scylia alloit fe baigner ;
celle-ci devint hideufe ^ & de défefpoir elle fe
jetta dans la mer ^ où elle devint skyll , skull ,
efcueil ^ écueil. Mais fi la cruelle Circé ( qui n’eft
pas la Circé du Pont ) n’eft autre chofe que la
montagne volcanique j voifine de Scylia , & con-
nue aujourd’hui fous le nom de monte Circelle ,
comment fera-t-on entrer cette magicienne dans
l’hiftoire ? Comment a-t-elle donné un ou deux
fils à Ulyffe? Et comment recevoir fans allégorie
cette fameufe aventure du héros grec ? oye^
Circé. ( Article de M. Rabaud de Saint-Étienne ).
ÉCUREUIL.
Le comte de Caylus a publié ( rec. V. pl.
XXIII. ) le deffin d’un écureuil. Ce petit éca-
reuil ^ mangeant & dreffé fur fes pattes de der-
rière ^ ou plutôt affis félon le mouvement natu-
rel de cet animal , prouve que les romains ne
cherchoient que la feule repréfentation des ani-
maux J car on ne voit pas que Y écureuil -néiX été con-
facré à aucune divinité, ni qu’il ait fervi d’image
ou de corps à aucun fymbole. Il ne préfente à
i’efprit que l’adreffe & l’agilité dont la nature
a pourvu ce petit animal. Celui-ci eft d’un affez
bon travail.
ECUYERS , qui aîdoient à monter à cheval
avant l’ufage des étriers. Voye[ anaboaeis.
Ecuyers , armîgeri J fcutigeri , ferviteurs des
guerriers. Homère , en parlant des héros de la
guerre deXroye, fait fouvent mention de ces
écuyers dont la naiffance & la condition étoient
fouvent relevées. C’étoient alors des jeunes gens
qui fe formoient au métier des armes , fous la
conduite des guerriers célèbres. Les écuyers ne
furent fouvent que des ferviteurs à gages.
pCUYERS, armîgeri équités.
Les écuyers romains étoient des compagnies de
|ens de guerre armés d’un éçu & d’un javelot.
ECU
Ils étoient fort eftimés , mais néanmoins inférieurs
pour le rang à d’autres gens de guerre , qu’on
appelloit gentils , gentiles. Ceux-ci formoient des
cohortes ou compagnies de foldats prétoriens
c’eft-à-dire , deftinés à la garde & à la défenfe
du prétoire ou palais de l’empereur. Le maître
des offices avoir fous lui deux écoles, fckoU diffé-
rentes , l'une pour les gentils j l’autre pour les
écuyers. -
II eft parlé des uns & des autres avec diftinc-
tion dans Ammien Marcellin , ( lih. XIV. XVI.
XVII. XX. & XXVIII. & in notitia imperii
romani ).
Pafquier , dans fes recherches (;tom. 1. lîv, II.
chap. XVI. ) , remarque que fur le déclin de l’em-
pire romain il y eut deux fortes de gens de guerre,
qui furent fur tous les autres en réputation de
bravoure ; favoir , les gentils & les écuyers , dont
Julien l’apoftat faifoit grand cas, lorfqu’il féjournoit
dans les Gaules j c’eft pourquoi Ammien Marcellin
( liv. XVII. ) rapporte que ce prince fut affiégé
dans la ville de Sens par les ficambres , parce
qu’ils favoient fcutarios non adejfe nec gentiles , ees
troupes ayant été répandues en divers lieux pour les
faire fubfifter plus commodément.
Scintule , cornes [labuli , comte de l’étable de
Julien, eut ordre de choifir les plus alertes d’entre
les écuyers & les gentils , ce qui fait voir que
c’étoit l’élite des tr.'upes ; & Pafquier obferve
que les écuyers n’étoient point fournis ordinaire-
ment au comte de l’étable , qu’ils avoient leur
capitaine particulier , appellé fcutarierum reâor ,
& que ce fut alors une commiffion extraordinaire
donnée à Scintille.
Procope rapporte que vingt-deux de ces écuyers
défirent trois cents vandales.
Les empereurs faifant confifterla meilleurè par-
tie de leurs forces dans les gentils & les écuyers,
& voulant les récompenfer avec diftinétion ,
leur donnèrent la meilleure part de la diftribution
qui fe faifoit aux foldats des terres à titre de
bénéfice.
Les princes qui vinrent de Germanie établir
dans les Gaules la monarchie françoife , imitèrent
lesromains pour la diftribution des terres conquifes
à leurs principaux capitaines ; & les gaulois ayant
vu fous l’empire des romains les gentils & les
écuyers tenir le premier rang entre les militaires
& pofféder les meilleurs bénéfices , appellèrent
du même nom ceux qui fuccédèrent aux mêmes
emplois & bénéfices fous les rois français.
Ecuyers - tranchans. Les romains créèrent ,
fous les empereurs , une efpçce de luxe , que
EDI
Pon a peine à croire. Ils faifoient apprendre à
leurs écuyers tranchans à couper, à fervir les vian-
des en cadence & au fon des inllrumens , & avec
des geftes étudiés comme ceux des pantomimes.
Pétrone le dit expreffément ( c. ) prccejjltfcijfor,
ù' ad fymphoniam ita gefliculaîus laceravh obfonium,
lU pur ares Dariam hydraule cantante pugnare.
EDEMUS ^ habitant de Cythnus, auquel fes
compatriotes rendirent un cühc.i^CUrtiens Alexan-
drin. Protrept. )
EDESSA, dans la Macédoine. EAEccESîN
& EAECCAIÜN.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en Thonneur de M. Aurèle de
Carjcalia, de Macrin, de Diaduménien , de
Philippe-père , de Maxime , de Gordien- Pie ; de
Livic , de Tranquilhne, de Marnée.
EDESSE & OSRHOENE. Les rois à’EàeJfe &
d'Ofrhoene, dont on a des médailles font Abgare
& Mannus fon fils. VoyeT^ leurs articles.
QKCS , c étoit pour encourager & faciliter le
commerce. Voilà le motif principal de ces mo-
numens , toujours grands par leur objet, & dont
les ruines témoignent encore une fi grande magni-
L admiration qu'elle nous caufe , efi: d'au-
tant mieux tondée, que ces bâtimens étoient
places a des diilances très-voifines , & qu'ils font
répétés , toujours félon la même intention , dans
les trois parues du monde. ( Caylus z. p. 364.)
EDILE. , \ „
EDILITE. 3 confultera les dictionnaires
de Jurifprudence, d'Hiftoire & d'Économie-Di-
piomatique , pour connoître l'hiftorique de VédUité
& les ronftions des eailes. Nous ne parlerons ici
que de leur habillement. Seuls entre les édiles de
toutes les clalTes, les éà7«-curu]es rendoient la
jultîce comme les Gcnfuls.& les préteurs, c'eft-à-
dire , aflis fur des chaifes curuies , & vêtus de la
prétexté. Les autres ne portoient aucun habillement
diftinclîf, & l'on ne pouvoir les reconnortre qu'aux
ferviteursouhuifiiers qui les acrompagnoient. Ils
rendoient la juftice aflis far des bancs , comme les
tribuns & les quefteurs.
Edesse , en Syrie , félon d'autres en Méfo-
potamie- EAEcca&eaeccAIQN, & quel-
quefois MAF. ATF. ANTO. P, A E c C A. Marcia
Aurélia Antoniana Edejfa. Devenue colonie ro-
maine, cette ville afait frapper des médailles impé-
riales grecques en l’honneur d'Augufte, de Tibère,
d'Hadrien , de Sévère , de Caracalla, de Macrin,
de Marnée^ de Gordien-Pie, de Domna, de
Maefa, d’Élagabale, de Maximin, de Tranquii-
line , de Dèce , &c.
ÉDEUS, ouUdéus, frère d'Eétonias. Le de-
vin Tiréfias. rapportoir fon origine à ce compa--
■gnon de Cadmus.
ÉDIFICES.
Ce feroit mal juger les romains, que d’attri-
buer ce grand nombre édifices , dont ils ont
rempli toutes les provinces conquifes , à une fri-
vole ofientation , ou à une fimple envie de bâtir.
La plaifanterie que fit le muficien Stratpnicus
( Athénée , Hb. VIII. c. aux habitâns de
Myleua , ville de Carie , ne peut convenir à un
peuple , dont le gouvernement étoit aufîî fage
que celai des romains. Il entroit beaucoup de
politique dans le projet de leurs bâtimens ; c'etoit
pour entretenir leurs troupes dans l’habitude du
travail , pour occuper leurs efdaves , pour cap-
tiver leurs nouveaux fujets, que les romains or-
noient les villes & les pap fournis, en y faifant
ékver des temples , des théâtres &■ des portiques.
S'ils formoient des ports, des chemins, des aque-
EDICTVM. ■)
EDITIONES. > Edition chez les latins fe
EDITOR. y difoit de ces fpeétacies que
le peuple exigeoît de certains magiftrats , &
qu’ils donnoient à leurs frais ; on les défi-
gnoit par munus eütam 5 edere munus , d’où ils
e'toient appelles les éditeurs, editores. Ces fpec-
tacles en ruinèrent un grand nombre. Les quef-
teurs, les préteurs, &c., étoient particuliére-
ment obligés à eette dépenfe. S'il arrivoit à un
magiftrat de s’abfenter , le fife la faifoit pour
lui , & en pourfuivoit le rembourfement à fon
retour. Ceux qui s’y foumettoient de bonne
grâce , indiquoient par des affiches , ediBum lu-
dorum , le jour , le nombre & i'elpèce des gla-
diateurs , le détail des autres jeux , & cela s'ap-
peüoit munus oftendere ^prsenuntiare. Cette largefîe
donnoit ce jour-là le droit de porter la prétexte ,
de fe faire précéder de liâeurs, de traverfer
le cirque fur un char à deux chevaux, & quel-
quefois l’honneur de manger à la table de l’em-
pereur. Si les fpeétacies étoient pouffes fort
avant dans la nuit, on étoit obligé de faire
éclairer le peuple avec des flambeaux.
Fefius eft témoin que V éditeur jeux pour les
funérailles portoit une prétexte noire : pr&texta
pulla nulli alii licebat , quant ei qui funus faciebat.
Symmaque fait fouvent mention des diptyques ,
ou doubles tablettes d’ivoire peintes, que \ éditeur
envoyoit avec d’autres préfens à fes amis après
la célébration des jeux : ( epift. II. 80. ) filr‘^'
nofier Symmachus , peraêto munere canaidato , offert
E G s
480 E D U
îibi lona. ..... Qut.fo ut ejus nomine dlptycka &
apopkoreta fufcipere di^smipd y q^ui apparatui ejus
pliira & pr&clari tribuiftïs. Domino , & principi nofiro
euro circumdetiiin diptychum mijl^ C&teros atrneos
ebiimds pugillaribus (y caniftellis argenteis kono-
favi (F. 54. ) diptychum candi datz ,
& apookoreticum librarum argenti duarum mifimus ,
cpvrobare cupientes çditiord nofirs. te non anime
defuife.
ÉDONE. Voyet^^ Ædo.
D. M.
M. T E R E N T I PATER
NI EX K. R. C I T E R I O R £
AESONENSI AN. XVI II
LICINI~US POLYTIMUS
LIBERT. ET EDUCAXOR,
Cette princefle fut changée ^ félon Bocace,
en chardonneret J qui déplore encore fon infor-
tune par un chant ^ qui j tout agréable quhl eft ,
a pourtant toujours quelque chofe de lugubre.
On a raconté fa métamorphofe autrement au mot
Ædo ^ & elle diffère encore au mot Pandarée.
Les variations des poètes & des auteurs mytho-
logues permettent rarem.eFst de rapporter j d'une
façon uniforme , deux fois Fhiftoire du même
perfonnage.
ÉDONIDES. On appelloit ainfi les bacchantes
qui célébroient les myftères de Bacchus fur le
mont Édon > aux confins de la Thrace & de la
Macédoine. Voje:^ Bacchantes.
ÉDUCA J divinité qui préfidoit à Téducation
de la jeuneffe.
ÉDUCATION de deux enfans. Winckelmann
a publié dans fes monumenti inedhi ( n°. 184) le
deffin d'un ancien bas-relief, fur lequel eft repré-
fentée l’éducation de deux enfans d’une naiffance
diftinguée. L’un âgé de dix à douze ans, tient
un diptyque , cot/ief/Zz, ou une tablette double,
longue & affemblée par une charnière. Un pé-
dagogue, demi-nud comme les anciens philofo-
phes , tient un rouleau , voiumen , & parle à cet
enfant. Un homme portant un mafque tragique
à longue chevelure le montre au même difeipie.
Plus loin une femme couverte d’amples drape-
ries & aiSfe , regarde un enfant nud de quatre
ou cinq ans, qu’une vieille femme, la nourrice-
fans doute i lui amène. A côté de cette dame eft
placé fur un cippe hexagone un globe que deux
femmes touchent , & dont elles femblent expli-
quer ie méchanifme au petit enfant.
tcDUCATGR. Ce mot délîgnoit chez les ro-
naams un précepteur ou pédagogue. O.n le trouve
gravé fur un marbre, qui eft confervé à la viiia
Albani. ( Muratori Tkef. infcrîpt, lozi. i.)
ÉDIJLA, E'dulia ou Edujia ^ déeffe qui préfi-
doit aux viandes. C’étoit aufù une des déefles
proteétrices de l’enfance : lorfqu’on févroit les
enfans , & qu’on commençoit à leur faire prendre
de la ncmrriture foüde , on faifoit de leurs nou-
veaux mets un lacrifice à Édule. ( d erent. Phorm,
Donat. in i. feen. i. ac}. & Nonnius Marcellus &
S. Augufl, de civitate Del. IF'. IL )
M^FATA’’ 5“ Termes particuliers dont les au-
gures fe fervoient pour défigner l’aélion de ren-
fermer le templum , ou lieu d’obfervation , dans
cerraines limites. C F^arr. de lins. Lat.V . 7. )
EFFERRI 8c ferri , expreffion des augures
pour défigner la confecration d un arore , laite par
ia chute du tonnerre fur fon feuillage.
ÉGÉE, roi d’Athènes, fut père de'Théfée. Lorf-
qu’i! envoya ce jeune prince combattre le mi-
notaure , il lui commanda expreffément d’arborer,
à fon retour , le pavillon blanc : ayant vu
de deffus un rocher , où fon impatience l’avoir
conduit , revenir le vaifleau de fon fils^ fans ce
pavillon blanc ( car Théfée avoir oublié l’ordre
de fon père ) crut que fon fils étoit mort ; & ,
fans attendre d’autres éclairciffemens , n’écoutanr
que fon défefpoir, il fe jetta dans la mer. Les
Athéniens, pour confoler leur libérateur de la
perte de fon père , élevèrent celui-ci au rang
des dieux de la mer, ie déclarèrent fils de Nep-
tune , & donnèrent fon nom à toute la mer , qui
s’appelle aujourd’hui l’Archipel. Voyei Andro-
GÉE , Médée, Thésée.
Esée de Cilicie. Voyet^ Ægæ.
ÉGÉON , c’eft le nom que les hommes_ don-
nent au géant que les dieux appellent Briaree,
dit Homère ; il étoit fils du ciel & de la terre,
& fut un de ceux qui firent la guerre aux dieux.
Il avoir , félon Virgile , cent bras & cent mains,
cinquante bouches & cinquante poitrines, il vo-
mifloit des torrens de fiammes , & oppofoit aux
foudres de Jupiter autant d’épées &c de boücliers.
Neptune ,
E G E
Neptune , apres ^ Î'avoîr vaincu , le précipita dans
la mer -, mais s étant enfuite reconcilié avec lui ,
il 1 admit au rang des divinités marines. C^ell
du fem de la mer qu'il fecourut les titans contre
Jupiter.
E G I
48 1
phofe de la nymphe en fontaine. Cette force
ayant été depuis appellée /iicar camcenizni^ ^ \)Qi^
des mufes , quelques romains difert qu Égérie
Cioit une des mufes & non une nymphe.
} nymphe de la forêt d'Aricie , qui ,
leion Ovide, époufa Numa Pompilius , & qui
a ' ' de fes confeils dans le gouvernement.
Apres la mort du roi , elle quitta le féjour de
Kome, retourna dans fa première retraite, où,
ail^e au pied d'une montagne , elle verfoic fans
celle des pleurs ; lorfqu’enfin Diane , couchée
de 1 affliéiion d’uné époufe li tendre, la changea
^ une fontaine , dont les eaux ne tarilTent jamais.
Ovide feul a fait f met. ij. J47. ) à‘Egérie la
femme de Numa ; les autres poètes, & mèmè
les hiftoriens de Rome, racontent que Numa,
pour faire croire que les loix qu'il dounoit aux
romains^ avoient quelque chofe de, divin, fei-
gnent d aller confulter la nymphe Ègérie dans la
foret d Aride, & fe vantoit d'avoir de fréquens
^tretiens avec cette divinité fur le gouvernement.
Denys d'Halicarnaffe ( lih. i . ) ajoute “ que Numa
« prévoyant qu'on ne l'en croiroit pas fur fa parole,
=♦ voulut en donner des preuves lî évidentes ,
que les plus incrédules ne puffent révoquer en
M doute fes converfations réglées avec Égérie. Il
yj fit un jour appelle!' au palais plulîeurs romains ,
” la lîinplicité de fes appartemens,
yy où l'on ne remarquoit rien , ni de riche dans
les meubles , ni d'affeété dans les ornemens ,
î, où l’on manquoit même des chofes les plus né-
» ceffaires pour donner fur le champ un grand
3, repas. Enfuite il les congédia , & les invita à
3, revenir le foir fouper chez lui. Les conviés
3, rendus au palais à l'heure afEgnée, il Jesre-
33 çoit fur de fuperbes lits; les buffets fe trouvent
33 garnis de vafes précieux , la table couverte
yy de toutes fortes de mers les plus délicats &
33 les plus exquis , que nu! homme , dans ce temps-
33 là, n'eût pu préparer dans un intervalle li
33 court. La compagnie , furprife de l'abondance
33 & de la richeife de tou: l'appareil , ne douta
» plus qu’il n’y eût en effet une déeffe qui l’aidât
33 de fes avis, & dont il fuivît les confeils dans
33 la manière de gouverner L’hifloriea qui ra-
conte ce prodige , n’en garantit pas la vérité ;
car il ajoute tout de fuite , « que ceux qui ne
33 mêlent rien de fabuleux dans Thiftoire , difent
33 que ce fut un trait de la fageffe de Numa ,
33 de feindre qu’il avoir des entretiens avec la
33 nymphe , pour faire refpeéler fes loix , comme
33 a elles fuflent émanées de la part des dieux =3,
Quoi qu’il en foit , les romains étoient fi perfua-
dés que Numa converfoit avec Ègérie , qu’ils
allèrent, après fa mort, dans la forêt d'Aricie,
hors, la porte Capène, pour la chercher; mais
n’ayant trouvé qu’une fontaine dans le lieu où
fe rendoir ce prince ils publièrent la métamor-
Antîquités ^ Tome 71,
Egerie, une des nymphes qui préûdoient aux
accouenemens , félon Feflus, &que les femmes
enceintes invoquoient dans leur grofTcfTe, afin
queLe leur procurât une heureufe délivrance. On
croît que ce n’eft qu'un furnom de Juuon, qui
exprimoit fa fonclion.
EvjbRSîS y chanfon des grecs pour le lever
des nouvelles marjees. Byepi^'is' figniHe révcH,
/ — —
EGESTA , en Sicile, ou 5ej^£/a.ErEZTAiaN.
Les médaillés autonomes de cette ville font i
RRRR. en bronze. VelUrin,
O. en or.
O. en argent.
^ Quelques auteurs lui attribuent les médailles
d Afpendus , avec fa légende extraordinaire.
Cette ville a fait frapper une médaille impé-
riale grecque en l’honneur d’Augufle.
ÉGESTEjfiiîe de Hippotas, noble Troyen ,
fut envoyée en Sicile par fon père, de peur
qu'elle ne fût expofée au monllre que Neptune
avoit fufeité pour punir Laomédon. Criniûis ,
fleuve de Sicile, en devint amoureux, & fe
changea en ours , pour la féduire. Égefte dtvinz
mère d;i fameux Acefte , qui régnoit en Sicile
lorfqu’Énée y paffa , après la ruine de Trofe.
T^oyei AcESTE , CrINISUS.
ÉGÎALE J une des trois grâces , félon quel-
ques anciens écrivains. Voye^ Grâces,
ÉGIALÉE, fille d'Adrafte, roi d'Argos, étoît
femme de Diomède , qui , étant fils de Tydée &
de Déïpile ,, fille d'Adralle , devint auflî gendre
à‘ Aàrz&s. Égialée fut fi déréglée dajis fes mœurs ,
que l’une des imprécations d’Ovide contre Ibis ,
fut de lui fouhaiter une femme_ -fembiabie à
Egialée , bru de Tydée. On dit que ce goût
pour la proftitution lui fur infpiré. par_ Vénus,
en punition de la bleffure que Diomède avoir
faite au bras de cette ' déeffe. Elle s'attacha
entre autres à Çyllabarus , que ^ d'autres nom-
micnt Comète, fils de Sthélénus:, auquel ce roi
avoir laiffé l'intendance de fa maifon, & le
gouvernement de^on royaume, pendant qu'il
feroit au ïiège de 1 roye. Non contente de désho-
norer fon mari , elle attenta à fa vie, dès: qu’il
^Sa E G I
fut de retour à Argos. Il ne put fauver fa vie
eju^en fe réfugiant dans le temple de J unon^ a ou
il fe retira en Iralie. il y a c]uî difentj qu ayant
appris la mauvaife conduire de fâ femrne^ilne
voulut pas rentrer chez lui 5 & alla droit en
Italie. Diomèee.
Égialée. Voyei Apollcnies , Pitho.
Égialse. (médailles d" ) Poyf^ÆGiAïus.
ÉGIBOLE , ou égobole J facrifice qu"on faifoiî
à la grand'mèreCybèle, en immolant une chèvre.
C^eft aufll un furnom deBacchus. V- Ægoeole.
ÉGIDE. Les poètes donnent le nom dVgrVe
à tous les boucliers des dieux. Agamemnon ,
dans Homère , menace les troj'ens de la colere
de Jupiter : ce dieu ébranlera contreux , dit - il ^
fa redoutable égide. Cette égide de Jupiter étoit
couverte de la peau de la chèvre Amalthée. Le
même poète dit Apollon couvrit le corps
d’Hector de fon égide d’or ^ pour le garantir de
la corruption. Mais depuis la viélore de Minerve
fur le monllre égide , le nom en fut donné parti-
culiérement au bouclier de cette déeffe. Dans
riliade J Minerve couvre fes épaules de la redou-
table , de rinvincible & de Timmortelle égide ,
de laquelle pendent cent rangs de franges d’or ,
merveilleufement travaillées & d’un prix infini.
Autour de cette étoient la terreur , la que-
relle , la force , h guerre 5 &: au milieu paroiifoir
la tête de Gorgone , environnée de ferpens.
fe prend aufll quelquefois pour la cuiraffe
de Minerve. fuivant i’étymologie grecque,
eii une peau de chèvre , dont on couvroit les
boucliers du temps d’Homère.
Apollonius ( Argon, l. 4. v. 1 349. ) introduit
une des trois héroïnes de laLybie,qui apparu-
rent à Jafon, vêtue à"&gis ou de peau de brebis,
üne épigrarame fur ces trois héroïnes parle des
courroies qui pendoient de Vegis ^ Jorfque les
peaux n’étoient pas attachées. Ces courroies ont
par la fuite été transformées en ferpens par les
poètes.
Une pre-ave cérame qas Y égide n’étok point pn
bouclier , c’eft que fur une pierre gravée du cabinet
du duc d’Orl^ns > cité plus bas, la même figure,
dont le bras gauche eft enveloppé dans Yégfk ,
a fbn bouclier pofé à terre auprès de fes pieds.
' Dans la collsékion des pierres du baron de
Stofeh- , :o.n. -Yok f c/ajfe IL n°. 48. ) une pâte
avec, le mot N eue 0-ï,t nom du graveur. Jupiter
y paroît de’aout-,' fans barbe, tenant la foudre
de la main droice ; 8è il’ a fon bras gauche enve-
loppé dans c’eft-à-djrej dans une peau
de- ïbevre^ -comme il- k- ferok tos «n celle fort
E G I
long. Cette pâte peut autorifer CêlTJ qui dérivent
àeVégide le furnom , Aiylo^o; , de Jupiter, quoi-
que ■ Spanheim ( obf. in calLim. kjrt^ . in Jov. v. 49. )
trouve cette opinion deftituée de' fondement.
Pellerin a publié une médaille de Domitien,
au revers ( klel. de Med. tom.. 1. pl. ÿ. ) de
laquelle on voit une femme , la tête cafquée ,
tenant de la main gauche un bouclier. Si lan-
çant de la main droite un trait. Sur fes épaules
hotte un petit manteau , aux bords duquel font
attachés des ornemens pour indiquer la Minerve
Tritonia , ainli nommée du fleuve Triton, près
duquel on i’honorok. Hérodote qui en fait men-
tion 3 rapporte la fingu'tarité de fon vêtement ;
mais en iifant avec attention le texte de 1 hifto-
rien, ( Hb. JV. edit. TVeffeiing, p. 364. ) on
verra que l’habillement des femmes de Lybie ,
auquel il compare celui de Minerve Tritonu ^
étoit fait de peaux , & que les extrémités de ces
peaux de chèvre , ou égides , étoient terminées
en aiguillettes j il ajoute que les lybiennes met-
toient par-deiïus leurs robes ces jieaiix de chè-
vres , fans poil , après les avoir préparées & paf-
fées à une teinture rouge ; & que les grecs , qui
, avoient emprunté des lybiens cet habillement dé
Minerve , l’avoient nommé du mot grec «4 5
qui lignifie chèvre. li parok donc que 1 egide de
Minerve n’étoit originairement que fon cerfet
fait de peau de chèvre, que l’on orna par là
fuite de la tête de Médufe. Cela s’accorde affez
bien avec l’expreffion dont fe fercHomere ( Itiaa,
£. V. 7 5 S. ) lorfqu’il peint la déefie endoffant la
redoutable égide , 8c fe préparant au combat
contre Mars. Or, Yégide pouvant être regardée
comme une efpèce d’arme défenfive , on^ tran.-
porta depuis, par extenlion , cette dénomination
au bouclier de la déefie , lur lequel en repré-
fenta la tête de Médufe , d’après la fable par
laquelle on fuppofoit que Minerve avoir offert
fon bouclier à Perfée, pour qu’il y pût voir,
comme dans un miroir, la tête de Médufe, &
la toucher , fans s’expofer à être pétrifié. C Pterres
du due d‘Gs.LiANs ^ tom, J.p. 53.)
On voit à Portici une Pallas de grandeur na-
turelle, & qui furpafiè en beauté toutes ks
autres fiatues de marbre : félon toutes les appa-
rences elle n’a pas été faite en Italie. Winckel-
mann k croyois plus ancienne, & prefque au
temps des premiers grecs ; il dotinok pour preuve
que le vifage de cette figure a un certain
tête de rudefie , & que les plis de fon babule-
‘ ment font roides , & forment comme des tùyaux
paraÜèlés. L’attribut le plus remarquable eit fon
égide attachée au cou , & enfuite ' jettée fur k
bras pour' tenir lieu de bouclier , peut- erre dans
le combat contre les titans , d’autant quePàfias
eft ici repréfentée en aétien de courir , & levant
^lle bras droit comme pour lancer un javeioî*
E G I
Les empereurs paroilTent quelquefois avec
Végide fur les médailles & les llatues.
Egide.^ On voit cet attribut de Minerve fur
les médailles de Comana, de Cabiraj de Sy-
racufe.
Egide , monftre qui vomifToit du feu par la
bouche, & qui fit de grands ravages dans la
Fhrygie , dans la Phénicie , PEgypce & la Lybie.
Minerve combattit ce monilre par ordre de fon
père ; & , après l'avoir vaincu , en porta la peau
fur fon bouclier. Et de ià le boucher de la
dé-efle fut lui-même nommé égide.
ÉGILIE, Voye;^ Égialée , femme de Dio-
mède»
ÉGINE, fille du fleuve Afope, fut aimée de
Jupiter , qui , pour la tromper , fe changea en
feu. Se elle devint mère d'Eaque. Le dieu,
pour dérober fa maitrelTe à la vengeance du père,
qui la cherchoit de tous côtés pour la faire mou-
rir , la métamorphofa en ifle , qui fut depuis
Pîfle àéigine. D’autres difent qu’après avoir mis
Battue au monde , elle fe retira en ThelTalie ,
<«i elle époufa Aétor, donc elle^ eut plufieurs
enfans. Fbyfj Actor, Asope , Eaque.
Égine ( talent d’ ). Voyc^ Talent.
■ Élien dit que les éginetes avoient inventé la
monnoie. ( Kar. kifi.lib. n. c. lo. ) Le même
peuple célébroit tous les ans, pendant feize jours,
en l’honneur de Neptune , des fêtes dont Plu-
tarque parle fort au long dans fes queftions P
grecques. Les hommes libres étoient admis feuls
à ces fêtes & à ces repas : les efclaves man-
geoient alors feuls & retirés , d’où leur vint le
furnom Elles étoient terminées par un
facrifice offert à Vénus.
Égine ( médailles d’ ). V. Ægina.
ÉGIPANS. V. Ægipans.
ÉGIRE , l’une des huit Hamadryades, filles
d’Oxilus. V. Hamadryades.
ÉGISTHE naquit de l’incefte de Thyefie avec
fa fille Pélopée. K. Atrée. Il tua Âtrée fon
oncle. Agamemnon , fils d’ Atrée , en partant
pour la guerre de Troye , fe réconcilia de bonne
foi avec Égifihe , lui pardonna publiquement la
mort de fon père, & lui confia fa femme & fes
enfans , avec le foin de fon royaume. Sa con-
fiance fut auffi rnal récompenfée, qu’elle avoir
été imprudente*. Égifihe devint amoureux de Cly-
temneftre ; mais il ne put triompher de fa pudeur ,
qu’après atsoir écarté un muficien-poète, qu’Aga-
E G N
merrmon avoit laifie auprès d’eîie , & qui b fou-
tenoit dans la vertu par fes chants. Ce furveiilant
incommode étsnc écarté , Égifihe fe fait aimer
de Clytemneftre; Sf , malgré l’avis que les dieux
lui donnèrent par îe rr.iniilère de Mercure, de
s abftenir de l’adultère qu’il méaitoit , il en-
traîna la reine, perfécura & éloigna les entans,
fit périr le père , s’empara du trône , dont il
jouit fept ans. Mais le jeune Orefte vint venger
la mort de fon père & de fon ayeiil , Se tua le
tyran dans fon propre palais, félon Sophocle &
Éfchyle; ou dans le temple d’Apollon,^ félon
Euripide, qui raconte ainfi fa mort : Égfihe ,
accompagné d’Orelle , qu’il ne connoît pas ,
veut offrir un facrifice aux dieux. Après avoir
immolé une geniffe , il en examine les entrailles ,
& paroît tout d’un coup effrayé , comme s’i ly eût
lu fa deflinée. Greffe, le voyant occupé à con-
fidérer le cœur palpitant du taureau immolé , le
frappe à mort fur l’autel même. V. Clytem-
NESTRE , OrESTE , ThYESTE.
ÉGLÉ, la plus belle des Nayades, dit Vir-
gile. V. Nayades.
Elle fut aimée du foîeil ou Apollon, qui la
rendit mère des trois Grâces. V. Grâces.
Ce nom eft grec , & fignifie lumière ,
fplendeur.
Églé, fille d'Efculape & d’Epione, & fœur
du fameux Machaon.
Églé, une des Grâces. V. Grâces.
Églé, la plus jeune des trois fœurs de Phaëton.
V. Héxiades.
Eglé , l’une des trois Hefpérides.
EGNATIA, famille romaine, dont on a des
médailles.
R. en argent.
RRR. en bronze, d’Augufte.
O. ea or.
Les fumoms de cette famille, (ont M axi m vs ^
Rvfvs,
Goltzius en a publié quelques médailles , in-
connues depuis lui.
Egkàtja , ville. E" . Gnati A.
EGNATULEIAj famille romaine, dont on a
des médailles.
RRR. en argent.
O en bronze.
O. en or.
Ppp îf
E G Y
E G Y
ErXYTPîXTPiAl , ■) filles & femrnes grecqueSj
ErXTTi-IAI, 3 , .
qui portoient Teau iuftrale aux funérailles , & qui
alloient faire des libations de cette eau ^ ou de
vin J furies tombeaux.
Leur nom éroit formé du mot , va/e ••
& i'eau verfée fur k tombeau skppelloir âyrovifMa,
ou ou /C'^-rXct. Sur les farcophages des gar-
çons , ce font de jeunes hommes qui font repré-
fentés répandant Teau des libations ; ce font des
filles qui rendent les mêmes honneurs aux mânes
des jeunes perfonnes de leur fexe. Mais ceux
qui avoient perdu la vie avant d'être forris de
l’enfa.nce.j n'avoient point de part aux libations
religieufes.
ÉGOPHAGE, furnom de Junon.^ Hercule ^
après s'être vengé de fes ennemis ^ bâtit un tem-
ple à Junon , dans Lacédémone ^ parce qu'il ne
La voit pas trouvée contraire à fa vengeance ,
& lui immola une chèvre, d'où elle prit le fur-
nom aEgopkage , c'ell-à-î re , mange - chèvre.
V. Hipocoon.
ÉGOPHORE. Quelques auteurs donnent ce
nom à la Junon Égopkage.
ÉGOS POTAMOS (médailles de ). F. Ægos.
ÉGOUT. V. Cloaqüe.
EGREGIATUS.X c
EGREGII. r
le bas-empire on ap-
pelloit egregii des officiers du prince, que ce
nom , ou plutôt la dignité appellée egregiams ,
plaçoit au-deiTous des ^erfectijfimi. Il en eft fait
mention plulîeurs fois dans le code ihéodofien,
dans Caffiodore ( Var. 1.4.) &c. Les privilèges
des egregii étoient ( /. 11. C. de qu&fiion. ) de ne
pouvoir être appliqués à la queftion, ni punis
des mêmes fuppiices que les plébéiens. Uegre-
giatus étoit ordinairement accordé à ceux qui
avoient eu l'adminiilration des grandes provinces ,
qui avoient exercé les charges & les emplois du
palais impérial , & aux c&fariani.
EGYPTE,
te Le Delta , qui eft prefque toujours ce que
les anciens ont entendu par le mot Egypte, peut
être confidéré comme un fedeur de cercle de
quinze cents ftades nautiques de rayon , & fous-
tendu par un arc de feize cents ftades , en forte
que fa fuperficie s’évalue à 1,199,45-0 ftades quar-
rés , faifant 6,5-37,000 arpens de France, à raifon
d-e 5 ife arpens pour un 'ftade ; mais parce que les
deux branches du fieuve , appellées l'une àgathos
dœmon, & l'autre atribiticos , qui font les côtés du
fedeur , Sc interceptent k Delta , font cojifidéra-
blement arquées & rentrantes , que le Delta ren-
ferme p'u.fears grands lacs , & eft entrecoupé d’une
infinité de canaux , on peut déduire de l’étendue
précédente un bon tiers , & ne compter que
4, 2 39,000 arpens, égaux à 28,000,000 de nickebi ,
pnaàanos ou aroures , que Hancélida, géographe
ancien , affigne à la baffe Egypte. L'Heptanome
& la Thébaïde forment une longue lifière de ter-
rein refferré entre des montagnes & des plaines
de fable furies deux rivages du Nil- Sa largeur
la plus étroite eft , félon Hérodote, entre les mon-
tagnes d’A.rabie & de Lybie , où elle n'a pas plus
de 200 ftades : ailleurs cette largeur paffe rarem.ent
300 ftades , félon Strabon. Prenant une largeur
moyenne de 250 ftades, & admettant avec Hé-
rodote que la longueur de cette lifière, depuis
le fommet du Delta jufqu'à Syène foit de 4200
ftades, nous aurons fa fuperficie de 1,050,000
ftades quarrés , qui valent 5,712,500 arpens ,
en forte que la baffe Egypte , l'Heptanome & la
Thébaïde contiendront enfemble 9,961,500 ar-
pens
“ Sérofiris divifa autrefois tout ce pays entre
les habitans ; il donna à chacun une égale por-
tion de terre , ne s'en réfervant rien pour lui :
il chargea chaque poffeffeur de lui payer tous
les ans un certain tribut qu'il régla. Et fi l'héri-
tage de quelqu'un étoit endommagé ou diminué
par le débordement du fieuve, on alloit trouver
le roi , on lui expofoit ce qui étoit arrivé , & auffi-
tôt il envoyoit fur les lieux des experts qui ar-
pentoienr le terrein , afin de reconnoître de com-
bien il étoit diminué , & de ne faire payer le
tribut qu'à proportion de ce qui en étoit refté
II n'y a point de peuple fur la terre à qui
les bleds & les fruits coûtent moins de travail
qu'aux égyptiens. Ils n'ont point la peine de
mener une charrue , de fillonner la terre ,
ni de lui donner aucune des façons qu'exige
ailleurs la culture. Mais quand le fieuve s’eft de
!ui-inême répandu fur les campagnes, & qu'il s'en
eft retiré après les avoir engraiffées de fon limon ,
alors chacun enfemence fon champ ; & pour re-
couvrir le grain , on lâche des pourceaux , qui
foulent la terre en y marchant. Ainfi ils attendent
en repos le temps de la moiffon ; & quand ce
temps eft venu , il fe fervent de même de ces
animaux pour fouler le grain & le faire fortir
des épis J de forte qu'ils n'ont d'autre peine que
de le nettoyer & dé le ferrer. Les égyptiens cul-
tivent I’ol}'ra , qui eft la zea ( le riz ) , 8c ils en
font du- pain ou des gâteaux. Ils ufent d'une boiffon
qui eft faite avec de l'orge , car il n'y a point
de vignes en Egypte. Voilà ce que nous apprend
Hérodote de la culture en Egypte , dont quel-
ques-uns des procédés ne parmffent ni raifon-
nables , ni croyables
E G Y
K Le Nil J qui tient lieu de laboureur eft ^êyp‘^
( Plin. Lib. Xb'Iil. , cap. xriii. ) , commence
à fe déborder vers le folftice d'été , ou vers la
pleine lune , qui en eft le plus proche. La crue
des eaux fe fait d’abord avec lenteur; eàe eli
véhémente & impétueufe durant le temps que
le foleil eft dans le ligne du lion ; elle fe rallentît
au paft'age du foleil dans la vierge; elle cefi'e en-
tièrement lorfque le loleil eft dans la balance. Si
Lafcenlion des eaux n'excède pas douze coudées
( vingt pieds de roi & demi ) ^ la famine eft cer-
taine ; il en eft de même lî elle excède feize coudées
( 27 pkds y ). Les eaux mettent d’autant plus de
tômps à fe retirer que l’inondation a été plus
conîidérable j ce qui oblige à différer le temps
des femaiiles. On croyoit communément que i'u-
fage du pays étoit de répandre la iémence auffi-
tôt après la retraite des eaux, & de lâcher en
fuite des porcs qui l’enfouifloientenla foulant avec
les pieds ; & Pline ne répugne pas à croire que
dans les temps les plus reculés cette méthode ait
été pratiquée dans les terres très - humides &
boueufes. Il n’en coûte encore guère plus de
trrvail aujourd’hui pour enfemencer ces terres;
mais au moins eft-il certain qu’on les laboure lé-
gèrement après avoir répandu la Iémence dans le
limon que le fleuve a dépofé. Cetre opération
fe fait vers le commencement de novembre ( dé-
cembre ). Sienfuire quelques laboureurs le donnent
la peine d’extirper les mauvaifes herbes du bled
en le fardant , la plupart au moins négligeant
cette pratique , ne vont revoir leurs champs que
la faucille à la main , ce qui fe fait vers la fin de
mars ( d’avril). La moilTon eft entièrement faite
avant le mois de mai ( de juin ). Comme le fond
du terrein n’eft que du gravier, & que le grain
n’eft enterre que dans le limon, le chaume ne
s’élève jamais à la hauteur d’une coudée (20 pouces
8c demi }. La récolte eft par-teut abondante ;
le bled qui croît dans les marais à‘ Egypte^ c’eft-à-
dire, dans le Delta 8e les lieux voifins, eft d’une
qualité inférieure à celui qui vient dans la Thé-
baïde ».
« Le récit de Strabon diffère par. quelques cir-
conftances de celui de Pline. XJ Egypte eft, dit-il, .
très- fertile de fa nature ; les eaux du Nil y dé-
pofent un limon qui la fertilifent merveilleufe-
ment , & lui fait produire une prodigieufe quan-
tité de bleds & de toutes fortes de fruits. Plus
le débordement des eaux de ce fleuve eft con-
fidérable , plus il y a de terres arrofées ; mais au
défaut de crues naturelles , les habitans ont trouvé
le moyen de faire arrofer autant de terres dans
les moindres débordemens que dans les plus grands,
ce qu’ils obtiennent par le moyen des réfervoirs
8c des digues. Avant le temps où Pétronius fût
gouverneur a Egypte pour les romains , la plus :
grande fertilité avoir hea fi les crues étoient de
quatorze coudées ; fi elles n’étoient que de huit
E G Y 48;
coudées, la difette 8c la famine fe faiibieat fen-
tir ; mais par les foins de Pétronius , lorfque les
eaux s’éievoient à douze coudées feulement , il
y avoir une grande abondance de bleds 8c de
fruits; & iorfqu’elles ne s’élevoienr qu’à huit
coudées, perfonne n’étoic incommodé de la fa-
mine. Lorfque le Nil fe déborde , toutes les
campagnes font inondées ; il ne telle que les ha-
bitations qui font placées fur des collines, ou
fur des terralfesconftrüiîespcur cela. Les grandes
villes, les villages 8c les hameaux femblent alors
comme des illes éparfes fur la fuperficie des eaux.
L’inondation arrive i’éié 8c dure quarante jours.
Après ce temps les eaux bailfant peu à peu , les
terres fe découvrent 8c fe fèchent dans l’inter-
valle de foixante jours ; 8c plus l’émerfion fe fait
avec célérité , plutôt on laboure 8c l’on enfe-
mence les terres, principalement dans les cantons
les plus hauts 8c les plus expofés aux ardeurs du
foleil. Les rives du Nil , au midi du Delta , font
fubmergées de la même manière ; cependant , il
y a un efpace de quatre mille ftades où le NU
ne fort point de fon baflin. Au relie , il n’y a
de terres inondées que celles qui font fituées fur
les deux bords du fleuve , 8c dont l’étendue eft
rarement de trois cents ftades de part 8c d’autre
de fon lit. Cette longue lifière, qui borde le
Ni! des deux côtés , avec le Delta , font pro-
prement la partie habitable de V Egypte ».
« Les terres en Egypte rendent cent pour un ,
félon Pline ( lib. XVIII. cap. X. ). Ammien Mar-
cellin ( lib. XXll. ) dit que dans les années
où le Nil monte à feîze coudées , les terres rap-
portent près de foixante-dix pour un : jacii femen-
tes in loco pinguis cefpitis cum augmenta fere fep-
tuagefimo renafeuntur. Ces deux obfervations peu-
vent être également exaéles. Dans certains lieux ,
les terres produifent cent, 8c dans d’autres foixante-
dix pour un. Le même canton peut aufli pro-
duire une année cent pour un , tandis que l’année
fuivante il ne produira que foixante-dix. Prenons
le moindre produit pour le courant, 8c fuppo-
fons que la terre rende foixante-dix pour un, un
arpent de France rendra fur ce pied plus de trente-
fix feptiers de bled , femence prélevée , 8c pourra
nourrir au moins quinze perfonnes dans ces cli-
mats chauds, où l’on confomme moins de pain
que dans les pays froids. Les terres font renou-
vellées 8c en quelque -forte rajeunies tous les ans-
par le limon gras qu’y dépofent les eaux ; ces
terres font donc reftibles. Je fuppofe qu’on en
mette la moitié en bled , Sc le relie en autres pro-
duisions 8c pâturages , Y Egypte à ce compte pour-
toit avoir une population de près de trente-deu»
millions d’habitans ^ 8c je n’entends par Y Egypte
que le Delta
« On peut fuppofer ces terres, foit qu’on les
çmploiç à produire du bled , foit qu’on les em-
E G y
ploie à d’autres uCages, de meme valeur & de
meme produit que ii elles étoient toutes enfe-
mencées en bled. Nous pourrions ainfi évaluer
toutes les richeffes annuelles de la baffe
à ifi,6c4jCco feptiers de bled qui, à raifon de
,o livres le feprier , feroient 3,052^080,000 liv.
je notre monnoie. Nous lifons dans le quarante-
fvptième chapitre delà genèfe , que leség>'?Ke^,
pQur obtenir du patriarche Jofeph , devenu pre-
mier miniffre de Pharaon , du bled pour leur
durant un long temps de famine ,
avoient été obligés , non feulement de donner
tout ce qu’ils poffédoient d’argent & d’or , mais
encore qu’ils avoient été forcés de vendre leurs
rroupe^'-ix, leurs terres & leurs perfonnes, &
que pour être rachetés de cette fervitude , on
lés avoir affujettis , en leur rendant leurs terres,
a payer tous les ans au roi la cinquième partie
de tous les fruits qu’elles preduiroient : tribut
accablant qui paffa en loi, & fe percevoir encore
au tqmps de Moïfe. De ceci & du calcul pré-
cédent, on pourroit inférer que les rois de la
baffe Egypte avoient un revenu annuel de la
valeur de plus de fix cents millions de notre mon-
noie. Mais on rabattra beaucoup de cette pro-
digieufe fomme , lî l’on confidère , 1°. qu’il y
a ifans doute des terres en Egypte de qualité bien
inferieure à celle dont nous venons de parler ; 2°. que
les terres des Prêtres, qui dévoient être d’une
grande étendue , étoient exemptes de toute im-
polîtion; 3°. que les foldats j'ouiffoient dans ce
pays de la prérogative fingulière de pofféder
chacun douze aroures de terres, que le prince
leur donnoit , en les exemptant de toute charge
publique autre que le fervice militaire. Or douze
aroures valent i. 817, c’eft-à-dire , un peu plus
d’un arpent & quatre cinquièmes. VE^pte en-
tretenoit annuellement quatre cents mille hommes
de troupes , comme Hérodote le témoigne ( iib.
Il^ ) S cef objet feul faifoit donc un produit'
de 762,700 ârpens francs de toute taxe j mais
les armées égyptiennes ont été beaucoup plus
nombreufes à d’autres époques. Strabon (jtttg. 561.)
dit qu’au deffous de Memnoniori on voyoit en-
core de fon temps les tombeaux des anciens rois
de Thèbes , près defquels étoient des obéiifques
& des inferiptions , qui faifoient connoître les '
richeffes de ces rois , leur puiffance , l’étendue
de leur empire, leurs revenus , & le nombre de
leurs troupes , qui fe montoient à un million
d’hommes- Au refte , le tribut onéreux du cia- ^
quième des fraits dé la terre fut réduit & dimi-
nué de beaucoup dans la fuite ; car , au rapport
de Strabon ( lib. XVII. p. 54g. ) , Cicéron , dans
quelqu'une de fes harangues , ne faifoit monter
le revenu d’Auiete , père de Cléopâtre , qu’à
douze mille cinq cents talens , qui ne font guère
plus de foixante-dix-huit mil'üons de notre mon-
fioie. V Egypte , & par ce mot il faut toujours ,
entendre le Delta, payoic encore moins fous la
E G y
domination des arabes, puifque, fuivanî le rap.
port du géographe Hancehda , elle ne payoït que
douze militons de deniers d'or, qui valent douze
mille talens , ou foixante-quinze millions de la
monnoie de France ; & tout cet impôt étoit ré-
parti fur une étendue de vingt-huit nnllions d’a-
roures , qui font tout le terreiu de la baffe Egypte,
Cette impofidon revient à dix-fept livres quatorze
fous par arpent de France
cc La pêche du lac Méris , dans l’Heptanome ,
étoit encore d’un produit conlidérable pour les
rois Egypte. Ce lac étoit fitué près du labyrinthe ,
dans les plaines fablonneufes du côté de la Lybie.
Il avoir de tour trois mille fix cents ftades , ou
foixante fchènes , & s’étendoit en longueur du
nord au midi. Cette courte defeription ne don-
nant pas précifément la forme du lac Méris , ne
peut fervir à en déterminer l’étendue j il paroît
que c’étoir un long canal , où le travail des hommes
avoir fécondé U nature du local. Le Nil lui com-
niuniquoit fes eaux , qui defeendoient durant
lïx mois , Si qui durant fix autres mois s’en re-
tiroient. Pendant leffix mois que l’eau s’écouloit,
la pêche rendoit au roi chaque jour un talent
d’argeitt j & pendant les fix mois qu’elle y rentroit ,
la pêche ne valoir plus que vingt mines ». ( Ar~
ticle extrait de la Mi:TRoi.oGis de M. Paublon ).
Égypte.
Les médailles autonomes de ce pa^'s font
RRRR. en or. Pellerin.
RRR. en bronze.
O. en argent.
Les rois d’Egypre, dont on a des médaifles,
font :
Ptolémée I. Soter.
Bérénice , femme de Ptolémée,
Ptolémée II. Philaàelphe.
Dieux frères, ©Ei2N. AAEA^UK.
Arfinoé.
Ptolémée III. Éverghes.
Ptolémée IV. Pkilopator,
Ptolémée V. Epiphanes.
Ptolémée VI. Philometor,
Ptolémée VII. Évergltes II,
Ptolémée VIII. Soter II.
Cléopâtre , mere de Ptolémée VIII & IX.
Ptolémée IX. Alexandre.
E G Y
SélènCj femme de Ptoiéméa VIîI.
Bérénice , femme de Ptoiémée X.
Ptolémée X. Alexandre II.
Ptoiémée XII. Dyonifîus.
Ptolémée XIIL
Cléopâtre , dernière.
Médailles incertaines.
Le fymbole ordinaire de V Egypte , fous ces rois ,
ell un aigle pofé fur un foudre ; il y en a deux ,
lorfque la fouveraineté efi: partagée.
En général j les fymboles de VÉgypte fur les
monumens , font Thippopotame , la figure du
Nil 5 affife ou couchée , le bulle de’ Sérapis , la
fleur de lotus, le buûe d'Ilîs, le SÜlre , &c.
Les villes , ou les nomes de VEgypte, Alexan-
drie exceptée, ont fait frapper des médailles
impériales grecques en l’honneur d’Hadrien ,
quelques-unes pour Antonin & une ou deux
pour M. Aurèle , trois pour Etrufcilîe, une pour
Commode, une pour Vefpafien ,une pour Vérus.
Cés médailles égyptiennes annoncent ordinaire-
ment l’année où elles ont été frappées.
On a un nombre prodigieux de médailles im-
périales grecques , frappées dans la feule ville
d’Alexandrie. Quelques curieux, & Theupolo
entr’autres , les ont raffemblées pour en former
une fuite particulière.
ÉGYPTIEN-.... ENNE ( calendrier
année ) Ti ère de Dioclétien.
ÉGYPTIENS. CoftamÊS des égyptiens.
Les anciens naturels de VEgypte , fuivant Dio-
dore de Sicile , ( tom. I. fol o-, ) , fe couvroient
de peaux d’animaux. Celles-ci furent remplacées
dans la fuite par la tunique , c’étoit l’habillement
qui fe portoit immédiatement fur le corps j la plu-
part des nations anciennes s’en font iervi ; mais
les uns portoknt la tunique fans manches , d’autres
avec des, manches , d’autres la portoient plus am-
ple ou plus étroite, comme ou le dira à fon ar-
ticle La tunique éioit ordinairement com-
pofée de deux pièces , à peu près de la forme
d’un quarré long , couvrant la poitrine & le dos ,
fe réunifiant par les angles fupe'rienrs fur les épau-
les , laiflant une ouverture au milieu pour paîTer
la tête. Les pièces fe rapprochoient enfuite fous
les aiflelles , toujours en s’élargiffant vers le bas,
avec une- différence marquée dans la longueur
pour les femmes. La tunique croit afîujenie par
E G Y ^87
une ceinture , afin de laiffer au corps la liberté
du mouvement.
Habillement des femmes, Hérodote ( liv. II. fol.
i2i. ) obferve que les femmes égyptiennes ne por-
toient qu’un feabit. On trouve efleétivement des
ftatues , qui font vêtues d’une fe?ule tunique , fi
bien appliquée au corps , que fans les bords pro-
noncés légèrement aux pieds ou à la moitié des
jambes, qui décèlent la tunique , on croiroit ces
figures nues. On en trouve cependant avec de
petits plis fins, qui indiquent une étoffe très-
légère j d’autres, placées au mufeum du capitoie,
font drapées comme les femmes grecques, mais
fans ceinture. On dira fans doute que ces dernières
ont été travaillées dans le ftyle imité des anciennes
figures égyptiennes : l’empereur Hadrien avoit fait
fculpter par des arttftes grecs différentes figures
dans le flyle & le coflumie égyptien ; mais il fuffit
que l’imitation ait été fidelle. Au refie, cette ac-
cord d’Hérodote avec quelques m.onumens, fe
trouve balancé par d’autres llatues & bas-reliefs
en grand nombre, ou l’on diflingue clairement
au delius de la tunique un fécond vêtement &
le manteau.
Winckelman , dans fon hifloire de l’art chez les
anciens { tom. l. fol. 88- ), croit qu’Hérodote,
par ces mots un féal habit , n’a voulu défigner que
l’habit de deffus , fans parler du manteau ni de
la tunique. Ne feroit-il pas plus probable que
rhsflorien grec eût défigné feulement les femmes
du commun ! Car la belle llatue d’Ifis , ( ou
ë’une de fes prêtreffes ) , de la galerie du capi-
toîe , outre la tunique longue à manches pro-
longées jufqa’aux poignets , porte encore l’habit
de deffus & le manteau. Cet ouvrage n’efl pas
égyptien , mais fait par un arrifle grec fur le Coi-
rume égyptien. Une figure de femme , d’un petit
bas - reiief,^ du palais Mattéi, repréfentant une
procefiion égyptienne ( apuleus metamorphofeon
Lib. 11. ) a ia tunique fans manches , avec les
bords fupérieurs joints fur les épaules : elle porte
deux ceintures, une fous le fein, à l’ordinaire,
& l’autre fur les hanches : fa tunique paroît ou-
verte des deux côtés , depuis le bas jufqu’à une
certaine hauteur. La tunique que l’on voit fur les
monumens égyptiens ne diffère tfe celle des grecs
que par la roideur du ftyle. En générai on ob-
ferve dans les ouvrages des artiiles égyptiens eue
pour montrer le niid , ou pour exprimer la fineffe
de l’étoffe , ou enfin pour firifre certaines règles
preferites aux ar.tifles j iiscolloient au corps, non-
feulement la tunique , mais encore l’habit àe
deffus. {_Muf capitol, tom. x.fig. 78 , 75 , 84 ). La
flatue d’Ifis a cet, habit de deffus lié avec ié man-
teau par un gros lioefid fur ia poitrine; il eft d'une
étoffe moins' fine que la tunique , & ne dèfcend
pas jufqu aux- pieds. On voit Is même agencement
4S8 E g y
a une figure du même bas-reiiei- du palais ^dai.-
tei- L’habit de deffus entoure le corps , mais il
V a c^ueioue légère différence dans la, ^mam\,re
dont ;1 etl attaché fur la poitrine ^ de même que
celui d’une figure d’homme du même monument ^
dont le lefte du corps ell nud.
Le manteau fe plaçoit au deilus.de l’habit j
& couvroic le dos & les épaules. Il eli bordé de
franges à la ftarue d’Ifis du capitoie , & parcic
beaucoup plus étroit du haut que du bas. Bot-
ta.n {AIiif/capûoL tom.-}.foL 140.) appelle ce
manteau palla , pour fe rapprocher ue la del-
cription d’indore , laquelle cependant convient
mieux au pallium. U croit auffi que ce que nous
avons défigné comme habit de delïus & comme
manteau, ^ne forme qu’une feule pièce ; cepen-
dant la dirtinêtion des oièces eit très-vifibie ^ tant
à la belle Ihtue d’Ifis ‘ qu’à une autre ilacue de
la même déeffe , confervée aufll dans le mufeum
du Capitole ; celle-ci a le pan du manteau , qui , à
la belle Ilîs^ defeend du bras droit „ ramœé devant
le corps far le bras gauche. Quant à la forme
du manteau, on peut croire quil reffembloir,
ainfi que l’habit de deffus, à la chJamyde des
grecs , mais avec une plus grande ampleur. Sur
un autel de granit , confervé dans la villa. Me-
dicis ^ un des plus anciens monumens en relief,
confervé jufqu’à nous , & reprefentant une pro-
cefiion égyptienne dans le genre de celles dont
Apulée a parlé (^métamorph. lib. II.) , on voir
une femme qui porte une petite ftatue d Harpo-
crate ; elle eft enveloppée dans un manteau fem-
blable au pallium des grecs ; ce qui prouve de
nouveau que les femmes égypiiennes , excepté
peut-être celles du commun , ne fe bornoient
pas à la fimple tunique. Leur habillement , & fur-
tout la tunique, étoient en général d’une étoffe
très-fine & très-légère ; les fcuîpteurs l’ont quel-
quefois exprimée par des plis étroits & parallèles j
aufli de la Chauffe ( grand cabinet rom. fol. é? ,
fig. 36.) les a-t-il pris pour des étoffes rayées,
très-communes en Egypte , félon Caylus ( recueil
d’antiq. tom. 5. fol. 52. ) ; & Bottari ( Muf.
capitol, tom. t^-fol. 14?-) pour des feuilles de pal-
mier. On peut croire cependant que c’eft l’effet
du ftyle égyptien. Pietro délia Valle {reyfe invele
voomaeme gevyefien des werelts 1. àeel. fol. 110}
aflure que les figures , peintes fur les caifies qui
renferment les momies , font vêtues de fin Im ,
matière dont les égyptiens fabriquoient principa-
lement leurs étoffes.
Les femmes égyptiennes fe coèffoient avec les
cheveux feuls, comme on le voit à plufieurs figures,
ou les enveloppoient dans des bonnets de diffé-
rentes formes. Cette coëffure eft celle de la ■
plupart des ^tètes égyptiennes , qui fubfiftent au-
jourd huî. L’étotte encoure le front, puis defeend ;
E G Y
de deux côtés fur la poitrine , formant deux ban-
delettes , avec des plis égaux & parallèles. C’eft
ainfi que font fculptées les cailles des momies }
& les antiquaires donnent en général à cette cou-
verture de tête le nom de mitre. Quelques ftatues
confervées au capitole, & fculptées par ordre
de l’empereur Hadrien, (. Muf. cap, tom. 3.j%. 78,
80 , 84 ) , ont des mitres , dont les bandes qui
pendent fur la poitrine font plates , & de la lar-
geur de deux doigts 5 ce ne font proprement que
les extrémités de la bande qui bordent le bonnet fur
le front , & qui fe détachant de la tête derrière
les oreilles, defeendent de chaque côté fur la
poitrine. Une figure d’homme porte (
tom. ^.fig. 89. ) un bonnet de la même forme.
Il paroît de là que ce bonnet étoit commun aux
deux fexes , quoique plus commun parmi les
femmes. V. Cheveux.
Plutarque rapporte ( opufe. moral.) que les fem-
mes égyptiennes ne portoient point de chauffure ,
afin , dit-il , qu’elles s’éloignaffent moins fouvent
de leurs demeures. Winckelmann ( hift. de 1 art.
liv. IL c. I. ) a obfervé auffi qu’aucune figure
égyptienne , excepté une feule , ne portoit ni Ibu-
lierSj ni fandales ; fi par figure il défignoit une
ftatue , la réflexion luivante devient inutile à fon
égard , mais il n’a pas fait attention à l’autel de
granit de la villa Medicis , ouvrage incontefta-
blement égyptien , où une des figures a les pieds
enveloppés dans des bandelettes. On ne fauroit
douter que ce ne foit une chauffure , quoique la
nature du granit & la groffièreté du bas-relief
empêchent de bien diftinguer les formes. Pietro
deila Valle ( reyfe in vele voomaeme geweften , deel ^
fol. 1x3.) affure d’ailleurs avoir vu une momie
chauffée de fandales liées avec des bandelettes ,
comme en porte la belle ftatue d’Ifis. Il ne faut
donc pas prendre à la lettre le texte de Plutarque ;
ou peut-être fon obfervation ne tombe-t-elle que
fur les femmes du commun.
Hibillement des hommes. Les égyptiens coupoient
les cheveux à leurs enfans , & les laiffoient , tête
nue , expofés à toute la chaleur du climat. ( Eléro-
dot. lib. 3. ) Delà cette dureté fingulière du crâne,
dont parle Hérodote , qui remarque auffi que les
égyptiens devenoient rarement chauves. Cependant
à l’âge de puberté ( ïdem , lib. 2. , cap. 9. ) , on
leur couvroit la tête d’une efpèce de bonnet ,
décrit plus haut , que l’on appelle mitre. Elle différé
de cette coëffure des femmes fur une belle ftatue
de la galerie du capitole, en ce que les deux
bouts qui pendent fur la poitrine , font plats ,
forment plufieurs plis exprimés par des lignes
horifontales & parallèles.
Entre toutes les variétés qu’on remarque dans
les coëffures égyptiennes , les plus fimples fe rap-
prochent
E G Y
E G Y 4^^
prochent de la forme des bonnets fcuîptés fur
les csiiTes de momies. On en trouve d'autres
qui J par leur bizarrerie ^ femblent appartenir aux
fymbofes. Dans le deuil , ilsfe coupoient la barbe j
& laiSbient croître leurs cheveux.
Suivant Hérodote , les hommes portoient deux
babits ; fuiv'aiit Apulée ( mêtamorph. lib. z. ) ce
pouvoient etre deux tuniques ; car c» dernier nous
rapporte qu étant redevenu homme , un de ceux
qui compofoient la troupe facrée d’ifis , le cou-
vrit de fa tunique fupérieure > Hérodote aura donc
voulu parler de tuniques au heu d'habits de delTus ,
comme 1 entendWinckelmann. Il eft eâêélivemenc
plus naturel de porter deux tuniques que deux
habîcs de^ de/Tus , d'après la forme de cet habit
& d apres fon nom. Hérodote appelle calajiris
i habit des égyptiens , qui defeendoit jufqu'à la
moitié des jambes , avec une bordure au bas.
Ferrarius ( de re vefiiariâ. , pars fecitnda , lib. IV ,
cap. iz. ) prend cet habillement pour une tunique ^
avec des galons ou des franges. Une ftatue d'A-
nubis ( muf. cap. tom. fig. 8y. ) du mufeum ca-
pitolin , porte une tunique courte , avec des man-
ches prolongées jufqifau coude : elle eft ceinte fur
les rems, à la manière des romains.
Sur la aalafiris , les égyptiens portoient , fuivant
Hérodote ( Herodot. lib. II ^ cap. é. ) , un habit
de lame blanche ; ou fuivant la traduéiion de Fer-
rarius { de re vefiiaria ^ pars 2. lib, IV, cap. iz.’) ^
un pallium de laine blanche 5 ou enfin celle de
Beger (îkefâSr. Brandenb. part, l, fol, 221.), Va-
miculum ; cetîe variété prouveroit que la déno-
mination d Hérodote eft générique. Il eft pro-
bable qu outre le palBum , les égyptiens fe fervoient
aufll de la .cklamyde ou du fagum , manteau de
guerre & de voyage.
Des rois.^ Les rois égyptiens , fuivant Hérodote
{ Hérod. lib. II. cap. 12.), portoient un cafque
xi airain au lieu de diadème. Bianchini ( iftoria
409' ) prend pour des rois les figures
bonnets , qui font fcuîptés fur les
obélîfques 5 ce _ bonnet eft peut-être un cafque
royal. Diodoredit que pour exprimer la force & la
puifîance, ces rois portoient farlatêtela dépouille
d^ un lion , d'un taureau , d'un dragon , des bran-
cnes d arbres , du feu ^ & quelquefois même
des parfums exquis.
• ^ royal étoit , autant qu'on peut le con-
jecturer , une tunique longue & à longues mancheS)
ou flola , tumqiie femblable à celle d'Ifis. C’étoit
la fans doute i'aabiî de cérémonie ; car la ftatue'
c Anubis uu capitole ne porte quhine tunique
courte , amü que les figures des obéfifques , que
diancnmi prend pour des rois ; d'où nous pouvons
Ihabir des monarques égyi'tiens ne
ditteroiî pas de celui des rois de ia Grèce , au
4^.!^iiuités , Tome II.
moins quant à la Jlola & au pallium, en temps
de paix , à la tunique courte Sî à îa chlamyde et»
temps de guerre ou en voyage.
L'anneau qu'ilsportoient e'toitune marque d’au-
torité; il fervoit probablement de fceau ou de
cachet. Cependant Pline remarque ( Hb.'XXXlU,
cap. I . ) qu’en Egypte & dans tout l'orient on fe
contentoit des feules lettres. Baudelot ( rutilité
des voyages qui concerne la connoifiance des mé-
dailles, &c. tom. I. fol. 3,16. ) interprète ce paf-
fâge de Pline , des lettres qu'on gravoit fur les
cachets au heu de figures ou d'autres objets , em-
ployés pat les grecs.
Nous ne connoiflbns pas exaètement la forme
qu'avoient les colliers d'or des rois à" Egypte ; ils
pouvoient reffembler à celui qui prend fur la poi-
trine d'un chat , dieu égyptien. Il eft compofé de
petits grains longs & fendus; ils reffemblent beau-
coup à de petites coquilles blanches , appellées
cauris : ce collier foutient une amulette à tête de
coq ( Caylus J recueil d'antiquités , tom- V , pl.
IJ.). Pietro délia Valle ( Reyfe. ... I. deel, fol.
1 13 ) dit avoir vu une chaîne d'or pendue au cou
de la momie d’un jeune homme, avec une mé-
daille qui defeendoit fur la poitrine, fur laquelle
étoit empreinte une figure d'oifeau & plufieurs
caraSères inconnus. Peut-être que les juges por-
toîÆt ainfî la petite ftatue de la juftice ou de la
vérité , laquelle , félon Elien ( hiftoires diverfes *
liv. IV, ch. 54), était gravée fur un faphir.
Le feeptre des rois d'Egypte & d'Ethiopie eft
décrit par Diodore ( Diodore , liv. 5.) fous ia
forme d'une charrue. V. le mot Charrue. C'eft-
là tout ce que les anciens nous ont laifte fur
les habillemens des monarques égyptiens ; il faut
y ajouter que leurs habits étoienr de couleur
pourpre ( Jofeph , antiquités judaïques , tom. ï ,
fol. ÿ6 ).
Les prêtres. Iis avoient la tête & mêmie tout-le
corps rafé, félon Hérodote. Ils étoîent aulïi delà plus
grande propreté. Iis portoient , fuivant Diodore ,
f Diod. de Sicile, !. lit) des feeprres comme les rois.
Le manteau qu'ils portoient fur la tunique , & la
tunique, étoient èe lin blanc , ou de coton , feule
étoffe dont les prêtres, félon Hérodote, pouvoiert
ufer. L. Pignorius croit reconnoître fur la
table ifiaque ( menfa ifiaca , fig. S. ) des prêtres
avec des bonnets , qui leur environnent les oreilles,
& couvrent un peu le cou, ayant la forme de 'a
partie inférieure du cafque royal des obéiifques. Ci-s
prêtres portent des tuniques longues, avec des man-
ches prolongées jüfqu'au coude , & une ckauffure
femblable à celle qu'a déngnée Hérodote. Ce
font des fandales ou fouüers faits de bandes de
papyrus. Ces bandes étoient, félon Appien, {liv. .
V. ) , de couleur blanche à Alexandrie. Apu-
lée ( métamorphof. lib. II/) leur donne des ceiiusiss
Qqq
E G Y
de lin blanc, nlacées fur la poitrine. Ils la por-
toient, fuîvant Diodore , dans le aeuu pour l.s
rois ; mais ni i’un ni l’autre n ont ait s i.s avoient
d’autres habiüemeus.
L-s femmes , félon Hérodote , ne pouvoient
fa^re les fondions des prêtres ; ainfi celles que
nous vovons fur les bas reliefs devroient être ex-
c>u“sdu facerdoce. Cependant Strabon
fol ^9,- ) parle de prêtreiTes ; & BanmerCMy-
"thologie , îom. IL fol. 599.) leur donne la che-
velure des prêtres. Ce dernier place fur la tete
<ks uns & des autres des couronnes ne neurs,
CO nme on en voit aux figures du bas-relief du
palais Mattéi , qui portent les inftrumens des ia-
crifices & les emblèmes des divinités. Il fe pour-
rok au refte , que l’inftitution des pretrefies
fût poftérieure à Hérodote , ou que cet hiiio-
rien parlât feulement des femmes mariées, comme
le penle le comte de Caylus. ( Recueil d anti-
quités , tom. 7 , fol. )
Ues armes. Il feroît difficile d’indiquer quelles
ont été les armes défenfives des égyptiens. Hé-
rodote ( liv. 7. c. 7. ) dit , à la vérité, qu’lis por-
toient des cafques } mais cela n apprend pas la
forme qu’avoient ces cafques , qui diôeroient fans
doute du cafque royal. Une figure du bas-relief
€<Trptien du palais Mattéi ^ elt la feule qui pour-
roit nous donner une idée de cette armure 5 elle
porte un bonnet lié âutour.de la tête, & orné
de deux plumes , forme alfez femblable à quel-
ques cafques grecs ^^quoique , fuivant Hérodote,
fa forme égyptienne étoit plus coupée & moins
fimple. La cuiralTe étoit ordinairement de lin
( ilerôdote lih. il, c. il), comme celle qu'Amafis
envoya à Lacédémone, & qui étoit tiffue de
fils, dont chacun, malgré fa fineiTe , étoit com-
pofé de trois cents foixante autres fils. Elle étoit
enrichie "de broderies en or , en laine & en coton,
femÜiables à celles que l’on remarque fur les
.cairafles grecques. Cüikasse.
Les boucliers égyptiens étoient grands & très-
convexes. Les amies ofi'enfives étoient ( Héro-
dote) une épée dont on ignore la forme, la
pique , le poignard & la hache.
L’ufage des enfeignes, ou étendards , a corn-
mencé de bonne heure chez les égyptiens. C’é-
îûient des figures d’animaux , portés par les chefs
au bout d’une pique, qui faifoient reconnoître à
chaque füldat fa compagnie , & empêchoient le
défordre. ( Diodore de Sicile. ) Cette invention
ayant procuré des viétoires, le peuple crut les de-
voir à ces animaux; & ceil:, félon Diodore,
ce qui en a occafionné le culte.
La cavalerie Se les chariots de guerre étoient
corûîus en Egypte da temps de Séfoltris. C De
Ê G Y
Torigine des loix, arts & fciences , tom. 2 ;
fol. éiS. ) Séibftris ( Diodore ) fe faifoit tramer
dans un char à quatre chevaux attelés de front.
Il n’efi pas polfible de décrire la forme de ces
chars , parce qu’on n’en retrouve fur aucun mo-
nument égyptien. Cependant un au-.eur moderne
affure feul , que l’on voit des chars fur quelques
monumens de la Thébaïde. (Recherches pktlofo-
fkiqu.es fur les égyptieas & chinois , tom. z , jo/,
SSO-)
Des faerifices & de quelques ufages particiâisrs
des égyptiens.
Les égyptiens adoroîent plufieurs animaux j
mais ils croient bornés par leur culte ,
dans le choix des viaimes. Cétoient des bœuts
ou des veaux qu’ils iramoloient le plus fouvenr.
Hérodote ( Hhro fecundo ) détaille quelques par-
ticularités de ces faerifices. Un des prêtres exa-
minoit la vidirae ; elle ne pouvoir avoir aucuns-
poiîs noirs , ni ceux de la queue henfles ou iné-
gaux. il faiioit trouver fur la langue de 1 animal
les marques qui,, félon les principes des pretres
proavoient fa pureté. Apres ce rigoureux examen,
on lui appliquoit par le moyen d une terre
argilleufe , une marque imprimée fur du papyrus^
Enfuite il éto-it conduit près de l’aute! , on aliumoit
le bois , puis on confacroit l’animal en faifant fur
fa tête des libations de vin , enfin on l’immoloit.
La tête étoit jettée au loin, avec des impréca-
tions , comme étant chargée des maux ou des
malheurs , dont pouvoient fe voir menacés ceux
qui offroient, le Yacrifice, & même l’Egypte en-
tîère. « Lorrau^’ils facrifient un bœui a lUS
( c’eft encore Hérodote qui pane ) hs en vuident
Is ventre, y laiflant feulement la graiCTe; abattent
enfuite toutes les extrémités de la bête , pins
rempliffent le corps de farine, ^de miel, de fi-
gues, de myrrhe, d’encens & d autres aromates.
Ainfîpréparé, on place ce corps fur!efeu,&on 1 ar-
rofe d’huile & de vin==. Ces cérémonies dévoient
pratiquer à jeun; & pendant tout^le temps que
la viétime étoit fur le ' feu , on fe frappoit la
poitrine ; mais après le facrifice , on mangeoit
l’es refies des victimes.
Quant à la forme des autels des égyptiens
elle eft décrite à l’article Autel. Ce peuple avoir,
comme les grecs , l’ufage des^.arche-pieds pour
les perfonnes difiinguées.
Des repas. Suivant Diodore, les égyptiens ovx
connu de bonne heure l’uUge de manger couchés
fur des lits. 11 dit , en parlant du tombeau d’Ofi-
mandias , Se des édifices qui l’accompagnoient ,
un des plus beaux palais , contenant vingt tables:
entourées de leurs lits, fur lefquelles étoient li&
images de Jupiter , de Junon k du roi mîinz,.
En égypf^ il étoît à la Sti des repss
de voir entrer dans la falle un ferviteur portant
la repréfentadon d’une momie, ou corps mort
embaumé , de la grandeur d’une ou de deux
coudées, qu’il naontroit à tout le monde, en
difant *: buve:^ & divertiffé^-vous , vous dtviendrt^
femblables k ceci. Quelques auteurs difent que
c’étoit nnfqueUtts; mais on fait que la religion
égyptienne défendoit la diffeétion d’un corps bu*
main. On ne doit pas s’étonner de trouver cette
bifarrerie chez un peuple , qui différoit prefqu’en
toutes chofes des autres nations. En effet , les
égyptiens écrivoient de la droite à la gauche ;
les femmes en Egypte portoient les fardeaux fur
les épaules, & les hommes les portoient fur la
tète , &c. On peut voir d’autres Angularités de
cette efpèce dans Hérodote ( Ub, 2. ).
II ne faut pas , dit M. André Lens , peintre
de Bruxelles , auteur du cofiume des peuples an-
ciens , que la roideur du fîyle . égyptien em-
pêche les artiftes de retracer leurs, habits ,
ou leurs ornemens. On peut leur conferver la
forme caradérilfique , en évitant cette roideur ;
il ne faut jamais s’éloigner du bon goût , mais
imiter- les grecs , qui ont toujours écarté de leurs
compofitions ce qui pouvoir ternir la nobleffe dans
les figures principales. Ils ont' fait renaître dans
leurs ouvrages les diverfes nations , en pronon-
çant leur caradériftique fur quelques figures de
moindre conféquence ; tel eft , par exemple , le
beau bas-relief de la villa Borgèfe , fur lequel
Priam eft repréfenté au pied d’Achille fans le
bonnet phrygien. Il eft fâcheux que les anciens
écrivains ne nous aient pas tranfmis des détails
plus diftinéls fur les habillemens des égyptiens ,
parce les monumens qui nous relient de ce peu-
ple , paroiffent pour la plupart être exagérés. Il
paroît vraifemblable que ce ftyle fingulier , ayant
été une fois admis par le gouvernement, étoit
devenu une loi pour l’artifte, à qui il étoit dé-
fendu très-expreffément de s’en écarter, félon
Platon.
Les ^arts & les fciences ayant été tranfportés
de V Égypte dans la Grèce , dont les fages
d’ailleurs voyageoient continuellement en Egyp-
te-, il eftaftez probable, que la différence dans
i’habillement n’étoit pas auffi grande que les
monumens paroiffent l’indiquer. La plupart de
ceux-ci , qui étoient fymboliques, ou des co-
pies ferviles & maniérées des plus anciennes
fculptures, ne reiTembioient peut-être en rien à
l’ufage ordinaire. Cette conjecture a eiigagé M.
Lens à ne faire ufage(dans fon coflume que nous
citons fouvent avec plaifir ) que des monumens
les moins bifarres & les moins éloignés du goût
des grecs. On peut fe conformer à ce goût , quand
on n’a pas des preuves pofitives d’ufagss con-
traires i 3c on peut le faire avec d’autant mains
de fcrupuie , que la Grèce fut , à diverfes repri-
fcs , peuplé/, pir fies égyptiens 8c des Phéniciens,
tels que Danaüs Sc Gaumus.
Monumens & flyle des égyptiens-.
Winckelmann va parler ici. Les égyptiens.,
dit -il ( kift. de l’art , liv. 2.), fe font peu
écartés de leur premier ftyle ; auffi n’ont-iîs ja-
mais atteint dans l’art ce degré- de perfection
auquel font parvenus les grecs. Plufieurs caufes
les en ont empêché : la forme de leurs corps ,
leurs opinions, leurs coutumes, leurs loix civiles
& religieufes , le peu d’eftime qu’ils avoient pour
les artiftes , & fans doute un défaut de talent Ôc
d’élévation de la part de ceux-ci.
La première caufe du caraélère particulier de
l’art des égyptiens , fe trouve dans leur configu»
ration , qui n’ avoir pas l’avantage d’exalter l’ame
de leurs artiftes, & d’éleyer leur imagination à
la beauté idéale. La nature qui avoir tant favorifé
les femmes égyptiennes du côté de la fécondité
( Plin. l. 7. c 5c. Seneca , nat. qu. l. 3. c. 25.),
les avoir fingulièrement négligées à l’égard de la
figure. Avare de fes dons pour les femmes de'
V Égypte, elle les prodiguoit à celles AtYÉtrurie
8c de la Grèce. Cette obfervation porte fur une
forme chinoife qui caradérife les égyptiens , &que
l’on remarque conftamment à leurs ftatues, aux
figures de leurs obélifques & de leurs pierres
gravées ( on ne fauroit fe former une idée plus
nette de la forme des têtes égyptiennes , qu’en
confuitant le deffin d’une momie dans Beger.
Tkef. Brand. t. g. p. 402. & celui de la momie
décrite par Gordon ; Ejfay toward explaning tke
kieroglypkica figures on tke cojfin of an antient
mummy , London , lyn. fol. ) Elle n’auroit pas
dû échapper à ceux qui de nos jours ont tant
écrit fur la refferoblance des chinois avec les
anciens égyptiens. Efchyîe dit pofîtivement que
ce peuple différoit des grecs par la configuration.
(^Æfch. fuppl. V. 506. ) Ses- artiftes ne pouvoient-
donc pas chercher la variété, puifqu’elle ne fe
trouvoit pas dans la nature qu’ils avoient fous
les yeux. La température conftamment égale du
pays , fâifoit que la nature toujours une dans fes
operations , 3c toujours plus uniforme aux extré-
m'ités qu’au centre, ne s’écartoit guère de fes
formes "exagérées. La conformation particulière
aux têtes des ftatues égyptiennes , fe retrouve auffi,
dans les têtes des perfonnes peintes fur les momies.
On fait d.e plus que les égyptiens avoiept le
teint bafané ( Heredot. liv. 1. Propert. liv. i.
El. 24. V. 13. fufeis Ægypîi alumnis ) , couleur
qu’on donne aux têtes repréfentées fur les mo-
mies peintes {problem.feS. 14. p. 114. /. i. ed.
Sylbourg ) de là vient que le mot Af/us-rtafn
gnifioit halé, brûlé par le fole.il ( Euflath. ad
E G Y
Odyjf. Ap. 1484. 4 aé.yli eft de fait que I«
viiagas peints fur les caiffes des î T”* ‘T!
U uonc a tort qu Alexandre
Gordon avance qu’ils ont etc difierens j félon les
provinces.
Qaand Martial parle d’un beau garçon d’£-
fyfte { Martial, l. 4. ep. 4Z. ),, il entend par-
là un jeune homme né en Égypte de parens
grecs : les écrivains latins ont fouvent parlé de
l’extrême licence de la jeunefle de ce pays , fur-
tout de celle d’Alexandrie ( Jüvena/.yâr. 1 5 ^.4^.
Quint. Jufi. lih. i. c. i. p. 19. ). C’étoit un grec,
cet Apoiauftus de Memphis en Égypte , ce cé-
«bre pantomime que Lucius Vérus amena à Rome^
8c dont la mémoire s’cft confervéc Air plufieurs
infcriptions.
On s’autorife d’une remarque d’Ariftote ( pco-
bltm. fech. 14. p. II5. ed. Sylbourgii.') pour dire
que les égyptiens avoient l’os de la jambe tourné
en dehors. ( Pignor. tab. If. p. 55 O Elle ne re-
garde peut-être que ceux qui étoient voifîns des
éthiopiens , & qui avoient , comme ces derniers ,
( conf. Bochart . hiero^. P. 1- P- 9^9")
écraféj les figures de femmes égyptiennes , avec
une taille affez déhée, ont lefein d’une extreme
greffe ur. Comme les artiftes égyptiens , félon le
témoignage d’un père de l’églife , imitoient la
nature telle qu’ils la trouvoient C Tkeodoret. fir-
mones 3 . ) nous pouvons juger de la conforma-
tion du fexe, par leur manière de traiter les
llatues. Cette forme particulière n’avoit rien qui
empêchât les égyptiens de jouir d’une parfaite
fanté > fur-tout ceux de la Haute-Ægyprr , à qui
■Hérodote {l. p. 74. /. 2.7. ) attribué cet avan-
tage par-deffus tous les autres peuples. _ Cette
affertion ell encore appuyée fur l’obfervation fui-
▼ante : c’eft que parmi la grande quantité de têtes
de momies égyptiennes , examinées par le prince
de Radzivil j il ne s’en n’eft pas trouvée une
feule à laquelle il manquât une dent, ou même
qui en eût de gâtées. ( RadsfviL peregrin. p. 190.)
La momie, confervée à i’inftitut de Bologne,
lert encore de preuve à une remarque de Pau-
ianias , qui dit qu’on voyoit en Égypte des hom-
mes d’une taille extraordinaire ( Pauf. l. \. ) :
car le corps de cette momie a onze palmes de
longueur ( fept pieds quatre pouces , s’il s’agit
ici de palmes romains ).
Les égyptiens furent de tous temps de rigides
obfervateurs des anciens réglemens qui concer-
Boient leurs coutumes & leur culte, iis y furent
encore très-attachés fous les empereurs romains
( V/alton ad Polyglot. Proleg. 2. §. 18., & non-
fealement dans la Wamt-Égypte , mais aufiî à
Alexandrie : car, fous le régné d’Hadrien, 2I
s’éleva une émeute dans cette ville , parce qu’on
ft’f trouva pas de bœuf qui eût les qualités
E G Y
requifes pour repréfenter le dieu Apis. ( SpartiktSf
p. 6. ) L’inimitié d’une vide contre une
autre, relative au culte d’un de leurs dieux,
fubfiftoit encore alors. ( Plutarch de If & Ofir. )
Quelques écrivains modernes ont affuré, fur les
témoignages prétendus d’Hérodote 8e de Diodore,
que Cambyfe avoit totalement aboli le culte des
égyptiens, & leur ufage d’embaumer les morts»
Rien de plus faux que cette aflértion , puifqu’a-
près cette époque, les grecs eux-mêmes firent
embaumer leurs morts à la manière des égyptiens ,
commeWinckelmann l’a prouvé dans fes penfées fur
limitation des omrages grecs ( gedanken ilber die
nackakmung der grieckifchen werke , p. 90. ) , en
parlant d’une momie qui portoir Air fa poitrine
cette iafcription grecque , £ v-l-v x î. ( Par rap-
port aux lettres de cette infcription , il, faut
favoir'lque le tau avoir chez les grecs à'Égypt&
la figure d’une croix , comme on peut le voir
dans un ancien & précieux m.anufcrit du. nou-
veau teftament fyriaque , écrit fur du vélin. , &
confervé dans la bibliothèque des Augulïins de
Rome. Ce manufcrit in-folio eft de l’an 616 ,8c
a des apoftiiles grecques : on y lit entre autres
mots , celui-ci l -+- d i q £ pour H T A i p E. A
l’égard de la momie qui a donné lieu à cette
digreffion , on la voyoit autrefois, à Rome, dans
la maifon délia Valle, & elle fe trouve mainte-
nant parmi les antiquités éleélorales de Drefde. >
Les égyptiens fe révoltèrent plus d’une fois fous
les fucceffeurs de Cambyfe , & ils eurent depuis
lui des rois de leur nation , qui fe foutinrent
pendant quelque temps avec le fecours des grecs ;
il y a grande apparence qu’ils reprirent alors
leurs anciens ufages. ( Hereiot. L é. >
Les égyptiens confervoient certainement encore
leur culte antique fous les empereurs, comme
on le voit par les ftatues d’Antinous , les deux
de Tivoli & celle du Capitole. ( Muf. Capitol,
t. ni. t. 75. ) Ces ftatues font exécutées fur le
modèle de celles des égyptiens, 8c conformes â
la figure de l’Antinoüs Égypte , tel qu’il étoit
révéré dans ce pays , particulièrement dans la ville
qui confervoit fon tombeau , ( Eufeb, pr&p. ev,
l. 2.. ) 8c qui prit de lui le nom d’Antinoée.
( Paufaa. l. 8. Pocock’s defcr. of the eafi.t. i,
p. 73.) Dans les jardins du palais Barberini, on
voit encore une ftatue de marbre, femblable à
celle du Capitole , & même un peu plus grande
que le naturel, mais fans la tête originale. Dans
la villa Borghèfe, on en trouve une troifiême de
la grandeur d’environ trois palmes (deux pieds.)
Toutes ces ftatues ont une pofition roide , les
bras pendans perpendiculairement , dans le goût
des anciennes égyptiennes. On voit donc que
l’empereur Hadrien, pour engager les égyptiens à
rendre un culte à la ftatue de fon favori , fut
obligé de lui donner une forme adoptée encore
par ce peuple exclulîvement à tout autre»
E G Y
Ce fait nous prouve encore que les égyp-
tiens ne laifsèrenc pas ci^’innover dans leurs
anciennes coutumes rcligieufes , & de prendre
quelque chofe des grecs relativement à la forme
des llatueSj objets de leur vénération.
l. 1. c. 78. 91. ) Rien n'“égaloit au refte l'averfion
de ce peuple pour tous les ufages étrangers , &
principalement pour ceux des grecs, avant qu'ils
en euiïent fubi le joug. Cette averfion a dû mfpi-
rer à leurs artiltes une grande indifférence pour
les fuccès des_ autres nations dans fart, par
conféquent arrêter chaz les égypnenj les progrès des
fciences & des arts. Comme il étoit prei'crit à
leurs médecins de ne pas employer d'autres re-
cettes que celles qui fe trouvoient confignées dans
les livres facrés j de même il n'étoit pas permis
à leurs artiftes de s'écarter de l'ancien ilyle. C'eft
ainfi que les loix bornoient l'efprit de chaque
génération à imiter fervilement la manière des
générations précédentes , & profcnvoient route
innovation. Platon nous dit ( leg. L. z. ) que les
llatues exécutées de fon temps en Egypte , ne
difiéroient ni par la forme, ni par aucun autre
point de celles qui y avoient été faites mille ans
auparavant ; ce qu'il faut entendre feulement des
ouvrages exécutés par des artiftes originaires de
V Egypte^ avant que ce pays pafsât fous la domi-
nation des grecs. L'obfervation de cette loi fut
inviolable , parce qu’elle avoir fon principe dans
la religion, aînfi que tolfce la conftitution du
gouvernement de VEgypte.
A l'exception des fculptiires exécutées fur les
édifices , il paroît que les égyptiens ne firent de
Itatues J avec des formes humaines, que pour leurs
dieux , leurs rois , leurs princes , leurs prêtres.
De là vint qu'ils ne connurent , point de variété
de formes. Car les dieux de VEgypte étoient des
rois qui avoient jadis gouverné ce royaume , eu
du moins ces dieux étoient regardés comme
les anciens monarques { Diod. Sic. l. i. L 46.
l- 5. & /. 21. ) & les anciens rois étoient prê-
tres. ( Plat. Polit. ) C'eft du moins ce qu'on peut
croire de plus raifonnable, puifqu'aucun écrivain
ne nous apprend fi l'on a érigé en Égypte des
ftatues à d'autres perfonaes.
Winkeîmann a prouvé que les anciens ouvrages
égyptiens àécèïtm deux manières OU ftyles , aux-
quels il faut afliMer deux différentes époques. La
première aura duré vraifemblablement jufqu'à la
conquête de VEgypte par Camby fe j la fécondé aura
continué tout le temps que les naturels du pays
cultivèrent l'art de la Sculpture , fous la déno-
mination des perfes , & enfuite fous celle des
grecs. II a prouvé auffi que les imitations des
ouvrages égyptiens ont été faites en grande partie
fous l'empereur Hadrien. Ses preuves ont deux
oojets principaux pour bafe j le defiîn du nud &
le deffin des figures drapées.
E G Y
4P 3
Dans l’ancien ftyle des égyptiens , le deffin du
nud a des qualités fenfibies & caraétérilliques qui
le ciiftinguent, non -feulement de celui des autr«
nations , mais ««core du ftyle poftérieur du même
peuple. Les caraélères de leur defiin font pris de
l'enfertibîe de la figure , Se de chaque p^artie
confidérée féparcment.
Le caraélère générai & principal de ce ftyle
dans le deffin du nud , eft le contour de la figure
forrné par des lignes droites & peu failiantes Tca-
raélère qui eft auffi propre à l'Architeéture & aux
ornemens de ce peuple. De là vient que Stra-
bon {geog. l. 17. ] , en portant fon jugement fur
un temple de Memphis , reproche deux défauts
confidérables aux figures égyptiennes : en premier
lieu , de manquer de grâces , ( divinités auxquelles
les égyptiens ne facrifièrent jamais ( Hérodot. /. 2 ).
En fécond lieu , d'être dénuées de ces formes
pitîorefques qui charment : la pofition des figures
eft roide Se gênée- Quelques auteurs anciens ont
de plus affuré qu'un des caraélères généraux des
figures égyptiennes, étoit d’avoir les pieds ferrés
parallèlement, comme on les voit aux anciennes
ftatues de bronze étrufques 5 mais c'eft à tort, &
cette pofition des pieds ne fe trouve qu'aux figures
affifes. Dans les figures debout , les pieds ne font
pas placés fur une ligne parallèle , & l'un avance
toujours plus que l’autre..On voit à la villa Aibanî
une figure d'homme de quatorze palmes de hau-
teur ( environ huit pieds & demi ; , dont un pied
eft à trois palmes ( environ vingt-un pouces ) de
diftanee de l'autre. Aux figures d'hommes en.
général les bras font pendans le long des côtés ,
auxquels ils font adhéréns j par conféquent, ces
fortes de figures ne dénotent aucune aétion qui
doive être exprimée par le mouvement des bras
& des mains. Cette immobilité confiante prouve
non l'ignorance des artiftes , mais une règle
invariable , adoptée pour fervir de modèle à
l'exécution de toutes les ftatues. D'ailleurss^I'acrion
que les égyptiens donnoient à leurs figures fe mon-
trent fur les obélifques & fur d'autres ouvrages ;
& peut-être même ont-ils fait des ftatues avec
les mains libres , comme le feroit croire celle
qui repréfentoit un roi, tenant une fouris dans une
de fes mains ( Hérodot. l. z. ) , fi cette ftatue ,
au lieu d'être une figure affife, avoir été debout.
Aux figures de femmes , il n'y a que le bras
droit d'adhérent au côté ; le bras gauche eft plié
fous le fein. Pour les figures placées debout fur
le devant du liège de la îiatue de Memnos, elles
ont les deux bras pendans. On en voit auffi plu-
Ikurs qui font accroupies ou affifes fur leurs jambes
pliées; d'autres font agenouillées. Telle étoit l'at-
titude des trois divinités, appellées Eli nixi ,
( feft. dii^ nlxi ) , & placées à Rome devant le
temple^ de Jupiter olympien. Outre cette unité
de deffin , les os & les mufcles ne font que foi-
bkment indiqués : les nerfs Se les veines ne le
E G r
font point du tout. Les genoux , les chevilles des
Die^s‘& le tour du coude paroiffent avec les faillies
du na^iurel. Le dos n^eü pas vifible, la ftatue
étant ordinairement appuyée contre une colonne ^
fau» du même bloc. Cependant 1 Antinous dont
nous avons parlé plus haut a le dos libre. Les
contours peu ondoyans de ces figuresjont caufes
Gue la forme en eft étroite & ramaüée : forme
pat laquelle Pétrone cherche à caradérifer le
llyle de cette nation. C c. z. p. i?. edft.
Burman-n.. ). Les figures égyptiennes fe diftinguent •
auffi par le refferrement du tronc au-deffus des
hanches.
Ces caradères diltinaifs du ftyle egypuen ,
foir les contours & la forme en lignes prefqae
droites, foit la foible indication des os & des
mufcles, foulirent une exception par- rapport
à la manière dont les animaux font traites. Lntre
les ouvrages d’une execution remarquable ^ en ce
genre, Winckelmann cite un grand fphinx de
bafalte , confer^^é dans la villa Borghefe ( Kircheri
(Edip. Æg. tom. t,.p. 469. ) , un autre de granit ,
qu’on voyoït jadis au palais de Chili à Rorne,
& qu’on trouve aujourd’hui parmi^ les antiquités
d“ Drefde , deux lio.ns de la montée du capitole,
& deux autres de la fontaine , àkt fontane felice
( Kircker. 1. cit. p. 463 }. Ces animaux font traites
avec beaucoup d intelligence , avec des travaux
très-variés & des contours coulans & amenés de
loin. Les grands attachemens des épaules & des
Sancs, qui ne font point indiqués dans les figures
humaines , font très - apparens dans celles
des animaux : ces parties , conjointement avec
les veines des cuiffes 8c des autres membres,
font d’une exécution vigoureufe & élégante. On
ne peut douier que ce ne foient des ouvrages
égyptiens , puifque les lions de la fontaine font
caraélérifés par des hiéroglyphes qui ne fe trou-
vent pas aux animaux égyptA-’î.r de fabrique pofie-
rieure. Il en eif de même du fphinx de Drefde ,
dont la bafe porte auffi des caradères hiérogly-
phiques. Les fphinx de l’obélifque du foieil au
champ de Mars font du même ilyle , & les têtes
font d’une favante exécution. Cette diverfîté de
ilyle, qui fe trouve entre les figures humaines
& celles des animaux , fert de preuve à ce qui
a été dit plus baut. Les premières devant re-
préfenter des divinités ou des perfonnages con-
fhcrés aux dieux , parmi lefquels on range auffi
les rois, avoient leur pofition & leurs attitudes
déterminées. L’artifte , afl'eivi à des règles gé-
nérales , fixées pat la religion même , n’ofoit ja-
mais s’en écarter dans larepréfentation des figures
humaines ; mais en fculptant des animaux il avoir
plus de liberté de montrer fcn adrèffe. Repréfen-
tons-nous le fyftême de l’ancienne manière des
égyptiens , par rapport aux figures humaines feules ,
comme le fyftême du gouvernement de Crète
fe de Sparte , oûil n’étoitpas permis de s’écarter
E G y
le moins du monde des anciennes maximes de
leurs légiflateuTS. Les animaux feuîs n’étoient pas
compris dans ce cercle religieux.
Nous ajouterons que pour bien faifir le carac-
tère du ftyle dans le deffin du nud , il faut fur-
toui^examiner les extrémités , la' tete , les mains
& les pieds. Les têtes égyptiennes ont les yeux
plats & tirés obliquement : ils ne font point en-
foncés comme on les voit aux Itatues grecques ,
ma's prefqu’à fleur de tete , de forte que 1 os
de l’œil , fur lequel les fourcüs font indiqués par
une faillie tranchante , paroît tout aplati. Dans
les fi^'ures égyptiennes , dont les formes ont quel--
que chofe d’idéal , fans avoir cependant une beauté
idéale entièrement déterminée, on ne voit pas
que les artiftes foient parvenus a donner de la
grandeur à cette partie du vifage , tandis que
les grecs ont fu imprim.er cette qualité à leurs
airs de tête , en cherchant & en parvenant a
donner au globe de l’œil une lîtuation plus en-
foncée J artifice par lequel ils cherchoient à pro-
duire des effets de lumière fe de couleur.
Les fourcils , les paupières & le bord des lèvres
font ordinairement indiqués par des lignes gravées
en cr£ux. Une tête de fcrntiie tres-sncienne ^ plus
grande que le naturel , de bafalte verdâtre , &
confervée à la villa Albani , a les yeux creux , &
les fourcils marqués par une raie convexe, aplatie ,
de la largeur du petit doigt : cette raie monte
jufqu’aux tempes , où elle finit par un angle fail-
lant ; de l’os inférieur de l’œil part une raie fem-
blable , qui va fe terminer aux tempes par une
femblablefeaion. hes égyptiens n’ avoient pasméme
l’idée de ces doux profils des têtes grecques ; le
contour du nez de leurs figures eft tracé comme
dans la nature commune. L’os de la joue eft fail-
lanr & fortement indiqué 5 le menton toujours ra-
petiffé & tiré : tout cela donne à l’ovale du vifage
un air d’imperfeélion fe de mauvaife grâce. La
feiffion de la bouche, ou la clôture des lèvres,
qui, dans la nature ( du moins celle des grecs fe
des europe'ens , ) defeend un peu vers les angles
de la bouche , fe trouve tirée en haut chez les
égyptiens. La bouche de leurs figures elr toujours
fermée, de manière que les lèvres ne fontfeparees
que par unefimple incifion , tandis que la" piupart
des divinités fur les marbres grecs ont les lèvres
ouvertes. Ce qu’il y auroit de plus extraordinaire
dans la configuration des égyptiens , feroient les
oreilles , £ elles avoient été placées effeéliyernent
auffi haut dans le naturel qu’on les voit à la
plupart de leurs figures. Les oreilles y font pl-acees
fingulîérement haut , & de manière que le bout
de roreüle fe trouve être prefque parallèle aux
yeux : on peut s’en affurer par l’examen des
caiffes de momie, d’une tête avec des yeux^rap-
portés , confervée dans la vigne Akieri , d uns
E G X
Sgure aflire ^ placée à la pointe de Tcbélirque
Barberini-
La forme des mains chez les égyptiens ell: celle
que Ton obferveroit dans les mains d"un homme
qui ne les a pas mai faites naturellement maîS
qui n'en a pas pris foin , ou qui les a négligées.
Les pieds de leurs ftatues fe dillinguent de ceux
des figures grecques ^ en ce qu'ils font plus piats
& pius larges ; de plus , les orteils , qui_ font
tout aplatis & qui n'offrent pas plus d'articula-
tion que les autres doigts ^ ont une foible di-
minution dans leur longueur , le petit doigt du
pied n'eft pas non plus courbé ni ramalTé en
dedans , comme aux pieds grecs. Il eft vrai que
les enfans en Egypte avoient les pieds nuds (
Sic, l.I.) , & que leurs doigts n'étoient pas gênés
par des chauffures ; mais ce n'ell: pas à cette caufe
feule que l'on doit rapporter la forme particulière
de leurs pieds , c'eft aufîi à la forme reçue des
l'âge des premières figures- Les ongles -ne font
indiqués que par des incifions angulaires, fans
aucun arrondiffement.
Les égyptiennes du capitoîe, dont les
extrémités fe font confervées , ont les pieds d'une
longueur inégale , & ont cela, de commun avec
la plupart des ftatues grecques , même celles de
l'Apoiîon du belvédère , & du Laocoon. L'une
de ces figures a le pied droit , qui porte le corps ,
de trois pouces d'un palme romain ( deux pouces
françois ), plus long que- l'autre. Cette inégalité
eft fondée fur la perfpeélive. On a voulu donner
au pied , placé en arrière , ce que la vue pour-
roit lui faire perdre par les fuyans. Le nombril
des figures égyptiennes d'hommes & de femmes
eft finguüérement creux & profond.
Winckelmann recommande foigneufement à
fes leéleurs de ne pas juger les ouvrages égyptiens
d'après les planches gravées qu'on a données
avant lui , & de prendre garde aux parties ref-
taurées. Parmi les figures qui fe trouvent dans Boif-
far-d , Kircher & Montfaucon , il n'y en a pas
une qui ait les caraftères du ftyle égyptien tels
qu'on vient de les décrire. La partie inférieure
du vifagede la prétendue lus du capitoie ( Mont-
faucon , ant. expi. fuppl. i. pl. 36. muf. Cap. f. 3^
tav. ) , la feule des quatre grandes ftatues
de cette coUeé?cion qui foit de granit noir,
n'eft pas antique , elle eft reftaurée. Les bras &c
les jambes de cette même ftatue, ainfi que des
deux autres de granit rouge , font aufli réparés ,
mais ces réparations ne frappent pas aifément les
yeux. Nous paffons fous filence tant d’autres
reftau ratio ns de figures égyptiennes , très-faciles
à remarquer: de. ce. nombre eft la tête moderne
d'une figure de femme du palais Barbe'rini , por-
tant devant elle , dans une caffette , un petit
anubis , ainfi que celle d’une figure d’homme
E G Y
4P?
fembîable , que Ton voit dans Kircher. Il en eft
de même des jambes d'une petite figure debout
de la villa Borghèfe.
Après avoir difcuté le deffin du nud du pre-
mier ftyle , il feroir à propos de parler de la
configuration particulière des divinités égyptiennes
& de leurs caraélères : on lès trouvera aux ar-
ticles particuliers de ces divinités répandus dans
ce dictionnaire. Quant au deffin des draperies
de ce même ftyle , il a été expofé plus haut
dans les habillemens des égyptiens. Nous allons
donc paffer au ftyle poftérieur , ou au fécond
ftyle des artiftes égyptiens. Nous examinerons
comme dans l'article précédent le deffin du nud
feulem.ent , parce que nous avons affez décrit l'a-
juftement des figures.
Le cabinet du capitoie nous offre deux ftaîues
de bafalte , & la villa Albani une figure faite de
la même pierre , qui peuvent nous fervir de point
de comparaifon , & nous donner une idée des
deux manières. Il faut obferver que la tête de
cette dernière figure eft reftaurée.
Le vifage de l'une des deux premières ftatues
( muf. Capit. l. c. tav. -9. ) femble s'écarter un
peu de la forme égyptienne ordinaire, quoique la
bouche foit encore tirée en haut, & que la
menton foit trop court , deux caraélères qui
diftinguent les anciennes têtes égyptiennes. Les
yeux font creux , & il y a apparence que dans
l'origine ils ont été remplis d’une.^ autre manière.
Le vifage de la fecoisde ftatue ( muf. Cap. l. c.
tav. 80.) approche encore plus de la formegrecque ,
mais i'enfemble de la figure eft mal deffiné , &
elle eft trop courte de proportion : les mains font
d'un deffin pius élégant que dans les figures de
l'ancien ftyle, & les pieds font fculptés de la
manière or-dinaire , excepté que l'artifte les a tenus
un peu plus écartés. La pofition & l'attitude
delà première &de la troifième figures rdremblent
parfaitement à c.^Iles des anciennes figures égyp-
tiennes : elles ont les bras pendans perpendicu-
lairement, & à l'exception d'une ouverture faite
avec i’oütii à la première figure , elles les ont
entièrement adhérens aux côtés. D'ailleurs, elles
font toutes deux adoffées contre une colonne
quadranguiaire , félon la manière égyptienne. La
fécondé figure a les bras plus libres fans être
féparés du corps : elle tient d'une main une corne
d’abondance^ remplie de fruits. Contre l’ufage
ordinaire , le dos de cette ftatue eft dégagé Sc
n'a point de colonne pour appui.
Ces figures ont été faites , félon la conjeciure
de Winckelmann , par des mslttes égyptiens ^ mais
fous^a domination des grecs , qui introduifirenc
en Egypte leurs dieux, ainfi que leur manière de
txavailler , & q lâ de leur côté adoptèrent tme
49*^ E G Y
partie des ufages de ce pays. Comme les egyptzens
du temps de Platon , c'elt à- dire du temps ou
ils s'cfForçoient de fecouer le joug des perfesj
faifoier.t encore des ftatues , ainfi que nous avons
vu ci-delfus par le récit du difciple de Socrate;
il eiltrès-probable que fous les Ptolomées la Sculp-
ture a été encore pratiquée par des maîtres de
leur nation : ce qui donne un nouveau degré de
■ probabilité à cette conjeélure , c'eft Pobfervation
.coallante de l'ancien culte. Une chofe dillingue
encore fouvent Us figures du dernier ftyle , c'ert
qu elles n'ont point d'hiéroglyphes ^ tandis que
la plupart des anciennes llatues font chargées
de fes caraéières ^ tant fur leur bafe quq fur la
colonne à laquelle elles font adoffées ; mais en
général la marque caraâériffique c'elt le ftyle ,
te non les hiéroglyphes ; car quoiqu'il ne s'en
trouve point dans les imitations des figures égyp-
tlemies , dont il fera queftion dans l'article lüi-
vant J il ne s'en fuit pas que les ftatues des temps
reculés en portent toujours ; on en voir même
beaucoup qui n'ont pas la moindre trace de ces
figures fy^mboüques. Tels font deux obélifques de
ï\:îTnc , celui qui eft devant S. Pierre & celui qui
eft près de fainte Marie-Majeure. Pline a fait la
même remarque fur deux autres obélifques f ^.36.) ;
de plus , le lion de la montée du capitole n'a
puint d'hiéroglyphes j & l'Oârîs du palais Bar-
berini n'en a pas.
Nous allons enfin, à l’aide de Winckelman ,
parler des figures égyptiennes qui ont plus de
reffemblance avec les anciennes que n'en ont celles
du fty’.e pofténeur, & qui cependant n’ont point
é«é faites en Egypte , ni par des maîtres égyptiens.
Ce font des imitations des ouvrages antiques ,
adoptés par les romains, lorfqu’ils introduifirent
çhez eux le culte de cette nation. Les plus an-
ciennes productions faites dans cette manière
iont ( félon Winrkelman), deux figures d’Ifis ,
fuAleux bas-reliefs de plâtre, légèrement fàülans,
qui étoient placés dans une petite ^des , au parvis
du temple d’ïfis, découvert dans les fouilles de
Pgmpéia. Le défaftre de cette viile étant arrivé
fous le règiue de Titus , il eft évident que ces
figures font plus anciennes que celles qu’on a dé-
terre'es dans la villa Adriana , près de Tivoli.
Sous ce dernier empereur, qui étoit fîngulièrement
luperftitieux , malgré toutes fes connoiffances,
la vénération pour les divinités égyptiennes paroît
s'être plus répandue que jamais. Séduit par l'exem-
ple , le peuple aura fans doute fuivi les pratiques
luperftiîieufes de fon maître. Ce prince fit bâtir
à fa maifon de campagne de Tibitr un temple qu'il
nomma Canopus , & qu'il décora des ftatues de
divinités égyptiennes: La plupart des ouvrages
imitée ont été trouvés dans les fouilles des palais
d’Hadnen. Dans les unes, il fit copier exaéèe-
fîienc les figures anciennes : dans les autres , il
Æ G Y
combina l'art des égyptiens avec celui des grecs f
de forte que l’on voit de ces monumens qui ^
par leur pofe & par leur contours, reifembler.c
parfaitement aux anciennes figures ésy-.îi:nr.:s ;
c'eft-à-dire, que ces ftatues font poLcs dvoi.cs,
fans aélion , les bras pendans perpendicuidremenc
& attachés aux côtés ; les pieds pôles parallèle-
ment, & le dos appuyé contre une colonne an-
gulaire- D’autres placées à la vérité dans la même
pofition J ont cependant les bras libres , avec
lefquels elles portent ou montrent quelque chofe.
Il eft fâcheux que ces figures n'aient pus toutes
leurs têtes antiques ; car la tête fournit toujours
les principaux indices du ftyle. C'eft ce qu'il elt
bien eflentiel de remarquer, parce qu'il paroît
que ceux qui ont écrit fur les ftatues égyptienptes
n'en ont pas toujours été inftruits , & Bottarî
lui même s’eft arrêté long- temps à décrire la tete
de la belle Ifis du capitole , fans remarquer la
partie reftaurée ( muf. Capit, tom, 3. fig. 8î,
pag.1^2.).
Parmi les ftatues du ftyle égyptien imité , on en
remarque particuliérement deux de granit rou-
geâtre ( Maffei raccolta di Jlatues fol. 148. ) , pla-
cées contre le palais épifcopal de Tivoli, & l'An-
tinoüs égyptien , confervé au cabinet du capitole.
Cette dernière figure eft un peu plus grande que
le naturel : les deux premières font prefque use
fois plus grandes, ont la pofe des plus ancienries
figures égyptiennes , font comme elles adofiees
contre une colonne angulaire , & de plus elles
portent des hiéroglyphes. Elles ont les hanches
& la partie inférieure du corps couvertes d’un ta-
blier, la tête coëffée d'un b'onnet avec deux bandes
unies qui defeendenten avant. De plus , ces figures
portent fur ia tête une corbeille , à la manière
des caryatides ; & la corbeille & la figure font
faites du même morceau. Or comme ces ftatues
en général relfemblent parfaitement aux ouvrages
égyptiens du premier ftyle , foit pour l'attitude ,
foie pour la forme , il ne faut pas s'étonner fi pref-
qiie tous ceux qui ont traité de l’art leur ont
affigné la plus haute antiquité. On s'en eft tenu
à la forme apparente , fans examiner avec atten-
tion les différentes parties, feules capables d_e
démontrer le contraire, ta poitrine, qu'on .voit
aplatie aux anciennes figures d’hommes, le trouve
haute & impofante à celle-ci. Les côtes au def-
fous de la poitrine , qui ne font point du tout
apparentes aux premières , font indiquées forte-
ment aux dernières. Là , le corps au-defius des
hanches , eft extrêmement refterré , ici ii paraît
dans toute fa plénitude. Dans celles-ci , les arti-
culations des genoux font plus diftinétes que dans
cel'es-ià ; lesmufcles des bras & des autres parties
y frapoent d’abord les yeux. Les omoplates , qui
font à peine indiquées dans les premières figures
s'élèvent aux dernières avec un fort arrondiffemecr,
& Iss
E G Y
pieds approc-fiîit de bien près d*k forme grecque.
Mais la plus grande diférence le trouve dans e
viiagCj dont \s.fa.irs n^cll nullement dans le goût
égypcien , & donc les airs de tête ne reiremblenc
pomt à ceux de cette nation. Les yeux ne font
pas aâ-ur de tête comme dans la nature & les plus
anciennes têtes égyptiennes ; on les a très enfonces,
d'après le fyllême grec , peur relever l’os de l'œ:! ,
& pour ménager un effet de lumière & d'ombre.
Outre ces formes grecques , on y voit une con-
figuration entièrement reffembiante à la ph}diono-
miede f Antinoiis du ftyle grec : ce qui a fait croire
à Winckelmann que ces.ftatiies offroient vérita.bie-
raent une repréfentation égyptienne de ce beau
jeune homme. L' Antinous égyptien^ du cabinet
du Capitole , décèle encore mieux le ftyle mixte
de l'Egypte de la Grèce , la Iratue étant libre
de tous côtés fans être adolTe'e contre une colonne.
A ces ûatues , on peut joindre dittérens fphinx. h
la villa Albani , on en voit quatre de granit noir ,
dont les têtes ont une forme qui n'a pu être conçue
ni exécutée par des maîtres égyptiens. Les ftatues
d'iüs en marbre ne doivent pas être rangées dans
cette clalTe : faites entièrement dans le ifyle grec ,
elles n'ont été exécutées que fous les empereurs ;
car du temps de Cicéron , le culte de cette di-
vinité n'étoit pas encore reçu à Rome ( de nat. deor.
i.î.c. IC) ).
Entre les bas-reliefs reconnus pour des imita-
tions, il faut fur-tout diftinguer un morceau de
bafaite vert, expofé dans la cour du palais Mattéi,
& repréfentant la proceffion d’un facrifice C R.
Sartholi admit. ).
Winckelmann a relevé uneméprifede Warbur-
ton ( effais fur les hiéroglypk. p. 294. ), qui çroyoit
que la fameufe table ifiaqiie étoit un ouvrage fait
à Rome. Cette opinion eft tout à fait deftituée de
fondement, & il paroiffoit ne l’avoir adop'ée
que parce qu'elle cadroit avec fon fvifême. Quoi
qu'il en foit , ce monument a tous les caraéières de
l'ancien ftyle. Les hiéroglyphes qui s'y trouvent
& qui ne fe rencontrent fur aucuns des ouvrages
imités par les romains , fourniiTent des raifons pour
foutenir fon antiquité & pour réfuter l'opinion
de Warburton.
Outre les ftatues & les bas-reliefs conlîdérés
comme des imitations 3 il faut encore mettre dans
cette clafte les canopes , exécutés ordinairement
en bafaite , Se les pierres gravées , travaillées du
temps des empereurs, mais chargées de figures
& de fymboles dans le goût égyptien,.
^ Parmi les pierres gravées , tous les fearabées ,
c'eft-à-dire, toutes- les pierres dont la partie
convexe repréfenre un efearbot gravé en relief,
& dont le côté uni offre uns divinité égyptienne ,
travaillée en creux, font des temps poftérieurs.
Antiguités , Tome 11.
E G Y
457
Les écrivains qui tiennent ces pierres pour
très-antiques ( Kaicer , pier. gr. /. 3.) n'allèguent
point d'autre preuve qui conftitue cette haute
antiquité, que la médiocrité du travail : mais ils
ne connoilfent point de caraéfères qui indiquent
la manière des anciens égyptiens. Toutes les pier-
res gravées ordinaires, repréfèntant des figures
ou des têtes de Sérapis ou d'Auubis, font du
temps des romains.
Sur ces monumens, en effet, Sérapis n'a rie»
égyptien., c'eft le Pluton des grecs ; 8c Ma-
crobe affure que le culte de cette divinité^vient
de la Thrace , & qu'il ne fut introduit en Egypte
que fous le premier des Ptoléraée. {Macroh. Saturn.
l. I. c. 7. p, 179. Huet. Dem. evang. prop. 4.
e. 7. p. 100. ) Le cabinet de Stofeh renfermok
quinze pierres gravées avec l'image d’Anubis, Sc
elles étoient toutes des temps poftérieurs. Lés
pierres nommées abraxas font généralement re-
connues aujourd'hui pour des fymboles myfti-
ques des gnoftiques & des baftiidiens y hérétiques
des premiers fîècies du chriftianifme , & leur travail
eft il mauvais , qu'il ne mérite aucune confidé-
ration.
Voici encore une obfervatlon qui fervira à
caraétérifer les monumens égyptiens. Les artiftes
de cette nation creufoient quelquefois les yeux,
pour y inférer des prunelles d’une matière diffé-
rente , ainfi qu'on le voit à une tête de la villa
Aibani , & à l’Ifis du fécond ftyle égyptien du
Capitole. A une autre tête de la villa Albani,
faite du plus beau granit à petits grains , on re-
marque que lès prunelles font terminées avec un
outil pointtK, & non pas polies comme la^ête.
Les . autres produélions de la Sculpture égyp-
tienne, confiftent en figures taillées dans la pierre
de travaillées de relief, c'eft-à-dire, que les
figures y font de reliefs quant à elles-mêmes,
üt qu'elles ne le font pas, quant à l'ouvrage
dans lequel on les a travaillées, étant arafées avec
la furface de la table. Les artiftes de cette na-;
tion, fe!onWiKckelmann,ne faifoient des ouvrages,
appelles aujourd'hui de relief ^ qu'en bronze : la
forme 8e la fonte donnoient les faillies requifes
aux objets.
Quand il a écfk que les bas-reliefs proprement
dits n'étoient exécutés qu'en bronze , il favoit
très- bien qu'il y a des pierres à' Egypte qui offrent
des ouvrages de relief, tels que les canopes de
bafaite vert. Mais on doit fe rappeller qu'il a
placé les canopes au rang des imitations pofté-
ricures, faites du temps des romains. Une tête
de femme en marbre blanc , faire dans l'ancien
ftyle ég-,ptien , 8e enclavée dans les murs du capi-
tole , près de la demeure du fénateur, fembleroit
dépofer ici contre ce favant , parce qu'elle n'eft
Rrr
E I D
pas exécutée dans le goùr égyptun , mais dans
le <^oût srec , & parce qu'elle a beaucoup de
linllie. Toutefois fi'l'on examine ct’.K zcte avec
une lunette, on arpercoit qu e.!e efi e reUe d un
ouvrage plus conilJérabie & qu e.ie a ete rap-
ponée dans les temps modernes iur une table de
marbre. On voit très-bien que cette tere a etc
travaillée de relief en-dedans du premier marbre
d'où on l’avoit tirée.
ÉGYPTUS , frère de Danaüs , donna fon nom
à i'Égypte, où il régna. II fur père de cinquante
fi's , qu: épousèrent les cinquante filles de Danaüs.
Voje^ Danaides j Danaüs.
El a été fouvent employé par les grecs pour
l’i fimple.
Dans les titres des tragédies d'Euripide , qui
accompagnent la ilatue a la vibe Albani, on Ia
fouvent El pour I, par exemple eicOKPATHc
pour ICOICFATHC. Réciproquement on lit fur
la table iliaque Tîxos pour teixos. Les romains
adoptèrent cette locution dans les premiers temps
de leur république : on lit dans les anciens pié-
bifcites &' dans les anciennes formules de loix ,
leïhertas , eidus , preimus , ferveilius , opeimius ,
plebd, au lieu de lilertas , idus , primas ^ fervi-
iius , opimius , pkbl.
EiAZixJsGruter (ai- 2. ) rapporte deux
infcriptions , fur iefquelles on lit Jovi EiAzio
pour JoYi Jazio. Vojei Jaziüs.
EIKÎIÎT. Ce mot défigne , dans les infcriptions
grecques , le portrait ou la itatue de quelque
citoyen qu'une ville ou une confédération faifoit
placer dans un endroit public, pour récompenfer
fes fervices , ou reconnoitre fes largeiTes.
E L A
célefte , furmonta bientôt celle des veaux marins.
On verra la fuite de cette fable aux articles de
MÉKÉLAS £- de pRQTEE.
Eidothée , fille d'Eurythiis_, roi de Carie ,
mère de Biblis & de Caunus. Milet.
EIONE , une des cinquante Néréides.
ÉJONÉE, beau-père d'Ixion , perdit la vie par
la malice de fdn gendre. Feyep Ixion.
EIRÈNE, déeile de la paix. Voyei Irène.
ÈISÉTÉRIES , fêtes d' Athènes , dans lefquel-
les on facrifioit à Jupiter & à Minerve, pour
le falut de la république.^ Leur jour étoit le
premier de l'an, & celui ou les magiftrats en-
troienc en charge. (Saiüaf.)
Jupiter &' Minerve étoient honorés cejour-là
d'un culte particulier fous les noms ue /3s;Aei7ar&
de g,isxala, de bon confeii.
ELÆA , en Æolie. EAAiTûN-
Les médailles autonomes de cette ville font ;
RRRR. en argent. Peilerin,
RR. en bronze.
O. en or.
Cette ville a fait frapper , fous l'autorité de
fes prêteurs , des médailles impériales grecques
en L'honneur d’Hadrien , de Sabine , d'Antonin ,
de Commode , de Sévère, de Domna , de Piau-
tille , d'Hérennius , de Lucius Cæfar , de Fauf*
rine jeune , de Caracalla , d'Hérennius.
EICTON. FeyeîCNEPrï.
EIDOMÊNE, mère de Mélampas. Voye^
Mélampas.
ELÆU&A , sue fur la côte de CÜicie, appellée
poftérieurement Sébafie eaaiotsicn.
Les médailles au-tonomes de cette ille font:
EIDOTHÉE , fille de Protée , dieu marin. Mé-
néias,au retour de Troye , ayant - été jetté par
la tempête dans une :fle deferte , près deLEgypte ,
& y étant retenu long-temps par les vents con-
traires . Eidothée , touchée du malheureux état
où elle" le voyoir , fortit de la mer pourle fecou-
rir, & lui apprendre de quelle façon il pourroit
fe rendre Protée favorable. Elle plaça en embuf-
cade Ménéias avec trois de fes compagnons^ fur
k bord de la mer, dans des peaux de moaftres
marins , afin qu'lis parulTent faire partie du trou-
peau du dieu; mais comme ces peaux rendoient
nne odeur infupportable , qui les fuffoquoit ,
Eidothée leur mit à chacun dans ks narines une
goutte d'aœbroilîej oui répandant une odeur
RRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
ELÆOTEESîUM ^ partie des Gymnafes &
des Paiertes , où l'on frjnttoit d'hiiiie ceux qui
dévoient lutter & combattre. Vitruve en fait
mention. C’étoit fans doute ia même pièce que
l'on appcilait encore Alypteriam & Unctuarium.
ÉLAGABALE , mal nommé Eéliogahale^ dieu
qu’on adoroit à Émèfe , ville de la Haute-Syne,
& qu'oH croit être le foleil. Ce dieu etoit repre-
fenté fous la figure d'une grande pierre taillée
E L A
E L A
i
en forme cône. L’emDereur Antonin , fur-
Dominé E.LagabaU, OU ïiéiiogzkaîe. ^ ayant été
prêtre de ce dieu dans fa jeuneflcj réfolut
d'érabür fon culte dans tout l’empire^ au préju-
dice de tous ks autres dieux. Il fit apporter d^ii-
ir.èfe à Rome^ la ftatue èLS.lagabalus ^ lui bâtit
un temple magnifique 5 tranfporta dans ce temple
tout ce que la religion des romains avoit de plus
facré ; le feu de V efta , la ftatue de Cybèle ,
les boucliers de Mars ^ &c. , & enfin il voulut
qu'on ne reconnût point d’autre divinité dans
tout l’empire que fon dieu. Il fit apporter de
Carthage la ftatue de Célefte, & la maria avec
ELtigabalus : les noces, par fon ordre , en furent
célébrées à Rome & dans toute l’Italie j & tous
les fajecs de l’empire furent obligés de lui faire
les préfens de noces. Le règne de ce dieu ne
dura pas plus long-temps que celui de fon pro-
tedeur. L’empereur Alexandre, fuccefteur ÿtla.-
gibale ^ renvoya ELjgababus àEmèfe., & fupprima
fon cuite i Rome. Voyei Céleste.
Le dieu Elagabalus eft appelle dans quelques
infcriptions Sol A lag as a l u s. \^s. dernier des
Antonin eft appellé fur fes médailles sacsrdos
j)Ei Elagasazi. On lit fur une autre mé-
daille de cet empereur sakct. deo solx Elaga-
BALo. Peut. on douter après cela oyî Eiagahahs
ne fût le foieil des phéniciens , & qu’il ne faidc
appeller fon prêtre, le dernier des Antonin,
Eiûgabale , félon la langue phénicienne , plutôt
qu Réiiagabale , traduction grecque du mot phé-
nicien.
ÉlAgabalb , furnom du rfernier des Antonin ,
fous lequel il eft connu , quoiqu’on ne le iife
pas fur fes médailles.
Marcus Aurelius An ton inus
A U G U s T ü E.
Ses .médailles font :
R. en or 5 il y a plufieurs revers RR.
C. en argent; il y a quelques revers R.
Il y a dans le cabinet du roi d’Efpagne une
médaille d’argent à.’Eiagahalz , fur laquelle en
lit , dans la' légende du côté de la tête,
ANTONINUS V.
R. en G. B. de coin romain ; quelques revers
font RR.
C. en M. B.
RR. en G. B. de colonies , excepté d’Anticche.
'R. en M. & P. B.
R. en G. B. grec.
C- en M. & P. B.
C.en médailles, de M. B. frappées en Égypte.
Les médaillons latins de bronze de ce prince,
font très- rares; ils le font moins en grec : on
en a un fameux latin , formé de deux cuivres
fur lequel ©n voit au revers de la tête de ce
prince le triomphe de fon dieu Elagabalus , repre-
fenté en forme de cône, fur un char traîné par
quatre chevaux ; il a été publié par le rnarquis’
Caponi , & eft à préfent au cabinet du roi.
Il eft très - aifé de confondre les médailles
des Antonin , parce qu’ils ont été plufieurs qui
ont porté le même nom; les deux plus difficiles
à diftinguer , font Caracalia & Æiagabale , tous
deux fe nomment M. Aurel. Antoninus. Les favans
experts dans la connoiffance des médailles ,_recon-
ncüFent aifément la différence des deux vifages,
& la greffe lèvre à’ Élagabale , & la mine fa-
rouche de Caracalia ; mais il faut que les moins
habiles aient recours à l’étoile qui diitingue
gabale., & au titre de GermarJeus , que l'on ne
trouve qu’à Caracalia ; quoique ces deux carac-
tères ne fe trouvent pas fur toutes les médaillés
latines de ces deux princes. Quant aux grecques,
dont la tête eft moins ^diftinéte , les favans y
font toujours embarraffés , parce qu elles n ont
précilément- que la même légende. M- ATF.
ANTS2NEINOC.
El-agdbale, qui monta fur le trône à l’âge de
quatorze ans , & qui mérita par fes défordres
le furnom de Sardanapale romain , ne^ pouvoit
taire fervir les arts qu’à fatisfaire fes goûts extra-
vagans & bifarres. On regarde cepencantf^oirime
un ouvrage de fon temps une ftatue de remme
de grandeur naturelle, confervée à la viLaAlbani.
Elle repréfente une femme déjà fur le retour ,
avec un vifage fi mâle, que la draperie feule
en indiqae le fexe : fes cheveux font tout lîmpie-
ment peignés par-deffus la tête , relevés & atta-
chés par-derrière. Elle tient dans fa main gauche
un rouleau écrit ; ce qui elt extraordinaire dans
les fleures de femmes. De la on croit que c eft
Mæfa, fa grande-mère, qu’il menoit toujours
au fénat, ou Soëmias, fa mère , qui ayoït accès
au confeil privé de l’empereur , & qui pré.fidoit
à un fénat de femmes , dans lequel on rendoi:
des arrêts fur les habits, fur. les_modes & furies
galanteries des femmes. ( Lampred. Héliogab. )
ÉLAÏRE , ou Talaïre , eft la même que Hi-
laire. Roy Hilaire.
ÉLAÏS, êlle d’Anbs. Rojrij Anius.
ÉLAN A. Voyei Æla,
B, r r ij
ELAPHEB O LIA. On donnoit ce nom à Diane,
parce qu'elle tuoit des cerfs. De sa«?<>s , cerf ^ 5e
Ûe , je lance,
ÉLAPHÉBOLIES, fêtes d’Athènes, où l’on
îmmoloit des cerfs à Diane , parce qu’elle avoit
beaucoup aimé la chaffe du cerf. Et comme cette
fête fe célébroit dans le mois de mars , on donna
à ce mois le nom à’Elaphébolion.
Les éphaholies des phocéens e'toient aufll célè-
bres. Réduits aux dernières extrémités pat les
theffaliens, les phocéens réfolurent de fuivrele
eonfeil de Daiphantus. Pour cela ils drefsèrent
un grand bûcher, fur lequel ils placèrent leurs
femmes , leurs enfans & leurs richeffes , avec
des citoyens chargés d’y mettre le feu s’ils étoient
vaincus dans le combat. Mais ils furent vain-
queurs, & ils inllituèrent en mémoire de cette
terrible reffource la fête des éphaholies , où ils
offroient à Diane un cerf de pâte. C Aithen. Deipk.
hb. XIV. )
ÉLAPHÉBOLION , mois chez les grecs^ qui
répond à nos m.ois de février & de mars. Il étoit
confacré aux chaffeurs , & tiroir fon nom de ce
qu’on y immoloit des cerfs à Diane. C’eR pen-
dant ce mois que fe célébroient les troifèmes
Dionyfaoues. ( Libanius 3Z. orat. & Eullath. in
XVI. Ub. lliad.)
ÉLARE , nymphe , fille d’Orchomène , fut
aimée de Jupiter , dont elle eut le géant Tityus.
Voye:^ Tityus.
ELATEA , dans la Phocide. EAATEîllN.
Les médailles autonomes de cette ville font:
RRRR. en bronze. Bellerin.
O. en or.
O. en argent.
EAKESinEiiAOS. Homère donne aux troyennes
eette épithète, pour défigner les longues tuni-
ques traînantes dont elles étoient vêtues.
ÉLECTRE. Ce nom a été donné chez les
grecs à pîuaeurs filles & femmes des temps hé-
roïques , & même à des nymphes. Quelques
interprètes ont dérivé ce nom de fans - mari ^
«AïX'3-ça!-, à caufe delà fille d’Agamemnon. Mais
cette étymologie ne peut convenir aux autres
femmes , ou filles du même nom. II eit donc
plus vraifemblable de le dériver de la couleur
blonde que* les poètes grecs fe pîaifoient à don-
ner aux cheveux des femmes, qu’ilschantoient.Dans
ce cas 3 élecire vient de eleHram ^ or pâli
E L E
par fon mélange avec l’argent. Voici les plus
célèbres élecires des grecs.
Electre, fille de l’Océan, époufa Thaumas ,
dont elle eut Iris & les Harpyes , félon Hé-
fiode. Voyei ThaüMAS.
Électre j fille d’Atlas , une des Pléiades , fut
aimée de Jupiter, qui la rendit mère de Jafioa
& de Dardanus, un des auteurs de la nation
troyenne. On dit que-, depuis la ruine de Troye,
de chagrin elle ne voulut plus paroître, parce
qu’en effet cette étoile des Pléiades eit fore
obfcure. Voye^ Pleïades.
Électre , fille d’Œdipe, & fœur d’Antigone.
Électre, fille d’Agamemnon & de Clytem-
neftre. Homère , en parlant des filles de ce
prince , ne fait aucune mention d’Eleclre. Madame
Dacier prétend qn Elecire n’eft pas un nom propre,
mais un furnom , qui fut donné à Laodice.pour
marquer qu’elle n’avoit été mariée que fort tard ,
& qu’elle étoit demeurée long-temps fille. Au
refie, ce furnom a Elecire lui a été donné que
par les poètes tragiques. Electre fauva le jeune
Orefte fon frère de la fureur d’Égifihe , qui vou-
loir le faire périr : elle fut long-temps elle-même
la viélime de la cruauté de fes tyrans, toute oc-
cupée à fe garantir de leurs em,buçhes ; car on
n’ofoit l’attaquer ouvertement , dans la crainte du
peuple. Pendant qu’Orefte étoit dans laTauride,
Electre ayant reçu la faufîe nouvelle de la mort de
fon frère & de Pylade , fe rendit auffi-tôt dans ce
pays , pour éclaircir davantage un fait qui l’inté-
relibit lî Tort ; & la première chofe qu’elle y
apprit , fut que c^étoit Iphigénie elle-même qui
avoit immolé fon frère. Tranfportée de rage &c
de défefpoir, E le ci re prit fur Faute! un tifon en-
flammé , & elle aüoit crever les yeux à fa fœur,
lorfque heureufement Orefie parut. Après que
la reconnoiffaace fut faire, ils s’en revinrent tous
trois à Mycènes; là, pour trom.per leurs perfé-
cuteurs , ils confirmèrent le faux bruit de la mort
d’Orefte , qiii fe tint caché jufqu’au moment qu’l!
trouva propre à fatisfaire fa vengeance. Egifthe
& Clytemnefire périrent de fa main 5 mais Electre
fut complice du crime , & Sophocle lui fait dire
un mot affreux, tandis qu’on égorge fa mère :
frappez , redoublez^ , j’i/ efl pojjible. Cette mort a
fait le fujet de piufieurs tragédies de Sophocle &
d’Euripide. Efchyle a traité le même fujet , fous
le titre des Coépkores , Sec.
Egifthe avoit forcé Electre d’époufer un homme
noble à la vérité , dit Euripide , mais dont la
nobleffe étott éclipfée par l’indigence. Afin de
n’avoir rien à craindre de fon relTentimeni , ce
mycénien , homme de bien , devint fon piotec-
E L E
teur plutôt que fon mari , & ne la regarda que
comme un dépôt facré que les dieux lui avoient
confié , & dont ii fe démit dès qu’Orelre fut
remonté fur le trône. 'EleSrc époufa alors Pylade ,
dont elle eut deux enfans , Strophius & Médon.
Ou voit à la villa Pamfiîi une ftatue SRUBn ,
qui a toujours été appellée ftatue de Clodius
( Voye^ Clodius ) ^ mais à tort ^ félon Winc-
îcelmann.
On voit C Winckelmann , hifi. de Fart. l. y. c. 6. }
un autre grouppe dans la même villa, qui mérite
également d'être rangé dans la clalTe des ouvrages
fupérieurs. Ce grouppe eft de Menelaiis , difciple
de Stéphanus, comme nous l'apprend i'infcription
grecque ; & ce Scéphanus eft , fuivant toutes les
apparences , le même que celui qui s'étoit rendu
célèbre par fes hippiades, ou fes amazones à
cheval j il eft connu fous la dénomination du jeune
Papyrius & de fa mère , dont Aulugelle a raconté
l'aventure ( noùt. att, l. i. c. Cette dé-
nomination a été généralement reçue , parce qu'on
étoit accoutumé jufqu'ici à chercher prefque tou-
jours des hiftoires romaines dans l’antique , tandis
qu'on auroit dû recourir à Homère ou au temps
héroïques, pour expliquer les fujets traités par
les artiftes anciens =3.
« Cela fuppofé , & en faifant réflexion que
c'eft ici un ouvrage d’un artifte grec , qui n'aura
pas choifi un trait peu important de i’hittoire
romaine , lorfqu’il pouvoir fe fignaler par des
figures héroïques du haut ftyle, nous parvenons
à démontrer la fauflété de la dénomination reçue.
Je penfe aufll qu'on pourroit fort bien révoquer
en doute l'hiftoire du jeune Papyrius , qu'Auiu-
geile avoir extraite d'un difcours de Caton l’an-
cien , & qu’il avoir écrite de mémoire , comme
il le marque lui-même, fans avoir l’original fous
-les yeux. Catotüs verba haie prorfus commeata-
rio indidijfem , fi libri copia fuijfet id temporis ciim
hic dicîizvi. On pourroic , dis-je , révoquer en
doute cette hiftoire , d’après ce que le grammai-
rien latin y ajouta, favoir, que les fénateurs
avoient coutume d’amener au fénat leurs fils,
lorfqu'ils avoient pris la prétexte, c'eft- à-dire ,
lorfqu'ils avoient atteint l'âge de dix-fept ans.
Pour appuyer ce douce , on pourroit s'aucorifer
du témoignage de Polybe. Cet hiftorien judicieux
réfute deux écrivains grecs, qui avoient avancé
que les romains menoient leurs fils dans le fénat
dès l'âge de douze ans , ce qui n'eft , dit-il , ni
croyable , ni vrai, à moins , ajoute-t-il ironique-
ment , que la fortune n'eût aufli donné en partage
aux romains d’être fages dès leur naiflance. Ce-
pendant quoique Polybe , comme beaucoup plus
ancien, mérite qu'on ajoure plus foi à fon témoi-
gnage; je ne veux pasinfifterfurla réfutation -d'Au-
lugeüe, pareequ'enSn ce qui n'étoir pas convenable j
E L E yoi
pour un enfant de douze ans pouvoir l’être pour un
jeune homme de dix-fept ans. Quoi qu’il en foit,
Aulugelle eft le féal écrivain qui faffe mention de
cet ufage ».
« La| figure du prétendu Papyrius me fournit
la principale raifon pour faire rejetter tout fujet
de l’hiftoire romaine. D'abord elle eft nue , &
par conféquent héroïque, c'eft-à-dire , elle eft
telle que les grecs figurent leurs héros, au lieu que
les romains avoient coutume , non-feulement de
vêtir leurs hommes iliuftres, mais encore de les
couvrir de la cuiraffe. Qu'on me permette de citer
encore une fois le paftage de Pline : Gr&ca qmdem
res efi ^ nihil velare ; at contra romana , ac militatis
thoraces addere ».
Après m'être convaincu que ce fujet ne pou-
voir pas répréfenter l'aventure de Papirius , J’ai
cru y trouver Phèdre déclarant fa paffion à Hip-
polyte, parce que rexprefllon dans la phyfiono-
mie du jeune homme , dénoteroit l'horreur que
lui infpire une pareille déclaration : tel étoit mon
fentiment dans la première édition de mon hdloire.
“ Ce qu'il y a de certain, c’eft que l’expreffion
dû jeune hommje n'indique pas la' moindre trace
d'un fourire malin , ni d’un air fournois , que quel-
ques écrivains modernes ont prétendu y trouver ,
& cela parce qu'ils s’en font repofés fur la dé-
nomination établie. Mon efprit étoit tombé fur ce
fujet, fachantque les anciens i'avoient, non-feii-
lernent repréfenté très-fouvent, mais qu'il fe trou-
voit encore aujourd'hui répété fur divers bas-
reliefs , dont il fe trouve deux à la villa Aibani ,
& un à celle de Pamfiü. Ce qui me fit naître
ueiques douces contre ma découverte , c'eft que
e cette m.anière Phèdre découvriroit elle-même
fa p.ifiion à Hlppolyte , ce qui feroit contraire à
la fable de la tragédie d’Euripide. Je ne pouvois
pas non plus lever les difficultés que m’oppofoîent
les cheveux courts , tant de Phèdre que d’Hippo-
lyte , qui les porte ici auffi courts que Mercure.
Les adoiefeens de cet âge portoient des cheveux
plus longs , par conféquent ceux de cette figure dé-
notent quelque chofe d’extraordinaire ».
« Plein de ce doute, je confidérois de nouveau
cet ouvrage , lorfque je fus tout à coup frappé
d’un trait de lumière qui m'éclaira , & cela par
la circonftance qui m'avoit paru iaexplicabie juf-
qu'aiors ; favoir les cheveux coupés. Je crois donc
voir dans ce grouppe le premier entretien qu'£-
AiSre eut avec fon frère Orefte,qui étoit plus jeune
qu'elle : tous deux ne .pouvoient être repréfentés
qu'avec des cheveux renaüTans. Sophocle nous
apprend q'SEieBre voulut fe faire couper la cheve-
lure par fa fœur Chryfothémis ( ce qu'il faut re-
garder comme fait ) , pour la dépofer avec celle
de cette fœur fur la tombe de leur père Agamem-
f02 E L E
r.on , en de la durée de leur aSîiélîon ( So-
pkocl. Liici-. V. fl. 4(0. ). Et c'étoit ce qu'Orefte
avoir déjà fait , & même avant qudi fe tût décou-
vert à ÈleSre. Ces cheveux , que Chryfothémis
trouva fur la tombe de fon père , lui firent con-
icéfurer l'arrivée de ce frère chéri à Argos ( ibid.
V. oof j.Orelie s'étant entièrement fait coniioittej
Eiecîre le prit par la main & lui dit:'; Je te tiens
par U main ( ioid. v. 1 25^8 ) ■' Action qui fe trouve
figurée dans ce grouppe ; car Elecire tient fa main
droite fur le bras du jeune homme , & pofe la
main gauche fur-^bn épaule. En général ^ on peut
ie repréfenter ici la fcène touchante de VEieSre
du tragique giec j où on lit leur entretien. Il paroît
d'aiilears que le fiatuaire s’eft plus attaché à faivre
la tragédie de Sophocle que les coëphores d'Ef-
chyle. Le caraâère du premier entretien d'Orefte
avec Elecire eft ciiEnctement rendu dans les airs
de tète des deux figures. Vous voyez les yeux
d’Orelle inondés, peur aiidl dire, de larmes,
& fes paupières gonfiées à force d'avoir pleuré ;
il en eit de même ÿlE.ieSre , vous lifez fur fa phv-
fionomie la joie & la îriiteffe, l’atrenuniiemcnt &
rabattement ==.
« Comme je crois qu'Oreile & 'Elecire font
les vrais perfonnages de ce grouppe, je dirai que
je les ai reconnus au même ligne qu'Efehyle rait
connoître Orefie & tLledtre 1 c'eil-à-dire , aux
cneveux {_Æfchyl. coïpk. v, léé. 178.): car il
les montra à fa fœur pour lever tous fes doutes
( ihii, V. 224 ). Quoique cette voie d’amener
la reconnoiiTancs de deux perfonnes dans le pian
d’une tragédie foit, fuivant Ariltote, la moins
heureufe des quatre fortes de reccnnoiiTances
dramatiques, on peut dire néanmoins que ce ligne
concourt ici plus qu'aucun autre au dénouement
d’une repréfentation vraifemblabîe ( Eoct. c. 13 ).
ÉLECTRroES, ifle que les anciens fuppo-
foienc être à l'embeuchure du Fô. Phaëton,
ayant été frappé de la foudre , tomba dans une
de ces iües, où ii fe forma un lac dont les eaux
devinrent brûlantes, & d’une odeur 11 forte,
queies oifeanxqui paffeient par-delTus, tomboient
morts. On dttqae depuis ce temps là on y trouva
beaucoup d’ambre, appelîé en grec , d’où
ell venu le nom à^éUàriàes.
ÉLECTR.ION, fils de Perfée & d’A.nGro-
mè-ie, régna à Mycènes j ii époufa fa nièce Anaxo,
& de leur mariage naquit Alcmène. Dans la
gserre qu’il eut centra les téléboëns, ayant été
obligé de fortir de fes états , il en confia le gou-
vernement à xAmphitrion fon neveu. Après avoir
heurenfement terminé cette guerre , il revenoit
victorieux chez lui , ramenant de grands trou-
peaux de vaches qu’il avoir enlevés aux ennemis.
Arnphitrion alla au-orvanr de lui , & voulant
arrêter une vache qui s'îtoit échappée , il jetca
E L E
après elfe fa maffue, qui tomba fur Elecirion^
& l’étendit mort. Fojeç éliiPHiTRiON.
ÉLECTfilONR , fille du foleiî & de la nym-
phe Rhotié, eut peur feeurs les Héliades : étant
morte vierge, elle reçut, chez les rhodiens les
honneurs héroïques.
ELECTRUM J ambre jaune , ou fuccin.
Ambre.
flSJS. & les romains dé-
fignèrent par le mênie mot l’ambre jaune & un
alliage d’or' &- d’argent,, dont la couleur appro-
choic de celle de l’ambre. C’eit de ce dernier
electTuni dont nous allons parler dans cet article.
Pline le décrit en ces termes ( i'iv. 23. ch. 4.).
« Il y a toujours de i’a'gent mêlé à l'or 5 iorfque
l’argent forme la cinquième partie de l’alliage ,
on l’appelle elecirum ; cet alliage ell le produit
de l’art , & fe fait en mêlant l’argent^ à- l’or ;
s’il ell plus fort que d’un cinquième d’argent ,
Lalliage devient aigre & ne s’étend plus fur l'en-
clume Eekeirum étoit donc de l’or au titre
de 19 karats ■=% , & un peu plus. Serviiis^ ( cd
Æneid. lib. 8. v. 402. ) porte l’argent jufqu’à un
uart dans l’alliage appellé eiea’um. On ne peut
outer après ces témoignages de la nature de
V elecirum : c’ell pourquoi les ar.dens enfaifoiert
un troifîème métal , ou alliage précieux , qu’ils
plaçoient immédiatement après l’or & l’argent.
Iis attribuoient aux coupes faites de YeUctrum^
la prétendue vertu de décéler les poifons qui y
étoient verfés ; & Pline indique à l’endroit cité
plus haut , les deux lignes auxquels on recon-
noîlfoit cette vertu, premièrement aux iris qui fe
formoient alors fur les parois des coupes d’e(fc-
trum , fecondement à 'un pétillement , pareil à
celui des fubfiances enflammées , qui fortoit de
ces coupes.
Ce que dit le même écrrvain de l’éclat dont
brilloit aux lumières YeleBram., & qui étoit plus
agréable à l'œil que celui de l'or pur , nous
paroît plus vraifemblabîe.
ÉLÉEN, furnom donné à Jupiter, à caufe
d’un riche temple qu’il avoir dans la ville d'Ê’/tb
fur le Pénée , dans lequel on lui avoir confacré
■ une ftatue d’or , & une ilatue d’ivoire d’une
grandeur énorme, feiteparle célèbre Phidias.
ÉLÉGIAQUE, nôme pour les fiûtes trille '&
plaintif, inventé par Sacadas , argien.
ÉLÉLÉEN • - ,
ELELEUS f c elr-a dire, qui cne beau-
coup, qui /air beaucoup de bruit : on donna le
furac-ci d"Eléuen à Eacchus, pour marquer que
E L E
E L E
ts culte «le ce dieu étoit fort bruyant. Les Bac-
chantes font auffi cueîquefois appelléâs Éléléïdts ,
pour ia irième raifon.
ELEKCHI, boucles d'oreilles ^ d’où pendoient
des perles eblongues & terminées en poires ren-
verfées. Les dames romaines attachoient un grand
prix aux biioux de cette efpèce , comme on le
voit dans ce poiTags de Pline. ( IX. îy. ) Eienckos
bznos ù' ternos atiribus (^fiLfper.dere)fem.i-
narum gioria efi : & dans ces vers de Juvenal ( fat.
FJ. 4jfo):
Nil non. permittit mulier Jlii , turps putat nit,
Cum viüdas germaas coUq clrcurndedit , & cum
Autibus extenüs magnos eornmif.t eUnchos.
ÉLÉNOPHORIES.. Foye^ Hélénopkosies.
ÉLÉPHANT.
Sur une pâte antique du cabinet de Stofoh , on
voit Cérès aliîfe fur un char traîné par deux
étéphans. Les éLéphans rendent celte pâte très-
remarquable. On trouve en effet des empereurs
fur des chars attelés de deux & de quatre élé-
pk&ns ; Fauiiine eit traînée de même_par des élé~
phans ; Bacchus entra triomphant à Phèbes j fur
un chanraîné par les mêmes animaux^ Sé ils
étoient confacrés à Plutcn, félon Artémidore.
( Cuper., de éléph. ex. j . c. 2. ) Mais on n'avoit
jamais obfervé de divinité autre que Bacchus ,
traînée par des éLéphans. Peut-être faïu-il recon-
noître fur la pâte de Stofch quelque impératrice
déifiée fous l’emblême de Cérès : telles furent
Statiiia , femme de Néron ^ Sabine , époufe d'Ha-
drien j & quelques autres.
Les têtes S éLéphans , qui font gravées fur la
cuiraffe da prérendu Pyrrhus ^ qui ell au Capi-
tole, ont fait , fans autre fondement, donnera
cette ftarue le nom du roi d'Épire , parce qu'il
fut le premier qui conciuifit des élépkans en Italie ,
& parce qu’on avoir repréfenté des éLéphans fur
fon tombeau, à Argos. Mais cette dénomination
eiL ma! fondée , comme on le verra à l'articie de
Pyrrhus.
II n'eft point fait mention chez les hifioriens
grecs a éLéphans employés dans les armées avant
!e fiécle d'Alexandre. Ses généraux en prirent
i’üiage des indiens , & ils en ramenèrent en Ea,-
rope. On les plaçoit à la tête de l'armée , afin
que leur cri effrayât les foldats ennemis. Ils por-
toient des tours de bois , dans lefquelks dix ,
quinze, & même, félon quelques .écrivains,
trente foldats accabloient l'armée ennemie de
traits & de flèches. Lorfqus les armées fe mê-
Soient , les éLéphans fouloie'nt aux pieds & écra-
foient tout ce qui fe trouvoit fur leur paffage.
501
Mais îi arrivoit quelquefois que les blefîures les
faifoient entrer en fureur, & qu'ils écrafoient
indiitindtement amis & ennemis. Ce danger con-
tribua cependant moins à l'abandon de cette
efpèce de machines de guerre, que la cherté de
leur entretien. Un éléphant mange jufqu'à cent
livres de riz par jour.
Agatarchides dir ( Ehatîas Cad. 2 y©, c- 2 y. )
que les nomades ri'Afie , les égyptiens & les
numides s'éroienr nourris de chair èLéLéphant.
Les romains virent des éLéphans pour la
première fois l'an 472 de^ Rome, dans les
armées de Pyrrhus , roi d'Epire , qui étoit venu
en Italie au fecours des tarentins. Ce fut dans
la Lücanie que les éLéphans parurent à la fuite de
fon armés ; de là vint que les romains les appei-
loient des bœufs de Lucanie, ioves Lucas. Sept
ans après , les confuis, M.'Carius Dentatus & L.
Corneiüs Lentulus , conduifirent les éLéphans de
Pyrrhus dans le triomphe qui fuivit la défaite
de ce prince & de fes alliés , les famnites & les
Iticaniens. On en vit plulieurs fois depuis orner
les pompes triomphales.
L’an .yoz de Rome , on fit entrer dans les
jeux publics des éLéphans y ils y combatcbent
entr'eiix , ou contre d'autres animaux , & contré
des gladiateurs qui les immoloient au plaifir des
romains. Sous le règne de Néron , un éléphant.,
monté par un chevalier, defcendit de l'étage le
plus élevé d’un amphithéâtre dans l'arène, en
marchant fur une corde. ( Suet. lier, c. ti.n. y.
& Xiphil. LXI. ) On dreffait las éLéphans à porter
des lumières peur éclairer les empereurs dans des
fêtes noéturnes. ( Suet. J. C. c. 37. n. 3. &.
Dio. XLlll. )
Apollonius ( Phîlofirat. de vit. 11. 6. ) parla
cErxvr éléphant qu'A,lexandre avoir confacré au fo-
leil. Ses dents étoient ornées de colliers d'or fur
lefquels on lifoit : Alexandre , fils de Jupiter ,
offre au foleii Ajax ( c'étoit le nom de l'animai. )
Le fenat fit élever en l'honneur de Balbin , de
Maxime & de Gordien des flatues placées dans
des chars attelés de quatre élépkans, Caffiodore
parle dé éLéphans de bronze , qui étoient dans la
voiefacrée. ( Var. X. 30.)
Viéler place dans la huitième région VéLépkann
aux-kerbes. C'étoit peut-être celui qu'AugulIe
avoir fait fondre, 8r que l’on àppe’Ioit ainli, à
caufe du marché aux herbes qui n'en étoit pas
éloigné.
L'éternité eit défignée dans une médaille de
l’empereur Philippe , par un éléphant , far le-
quel .eiV monté un enfant qui tient des fièthes.
S'ai E L E
Plus lourent néanmoins, cet anstnai pîace far
les médailles i défigne des jeux publics.
En effet , en y faifoir fouvent paroître des
iiépkans , & les médailles ont fouvent marqué
cette magnificence, comme robferve Spanheim
(,pag. 163. 164. ) ; on y voyoit m.ême quelque-
fois des é éçhaas drelTcs à danfer , ou du moins
à marcher fur la corde, ou à jouer à la paume.
( Id. pag. i6ç). ) Sur les médail-es de Ju'es
Cstfar, frappées au temps de la république , où
il n’écoit pas permis de mettre la tête des
triumvirs fur les monnoies , on grava pour type
un é.'éphant , parce qu'en langue punique , Céfar
fignifia é.épkant. On mit enfuite un éléphant fous
les pieds de ce héros , pour marquer la viétoire
qu'il remporta en Afrique fur Juba. ( Jo'strt. )
T riftan explique autrement cette médaille , &
dit que Y éléphant y paroît , parce que cet animal
étoit en Italie le fymbole de la puiffance royale ,
ou fouvcraine , ainfi qu’Artémidore nous l’apprend.
(Z,. II. c. iz. Triflan. I. p. 30-) Eeger ( dans
le Tkefaurus Brandeburgrcus ,tom. l.pag. 241. ) dit
que Yélêpkant étoit aufiî le fymbole de la piété
envers les dieux , parce qu'on croyoit qu'il ado-
roit le foleil. Il étoit particuliérement confacré à
Bacchus ( ib. pag. i6o. ) , & il accompagne quel-
quefois les myftères de ce dieu , pour défîgner
fon voyage & fes conquêtes dans les Indes.
Éléphant. Cet animal fert de type aux mé-
dailles d'Apamée de Syrie.
ELÉPHANTINE , efpèce de flûte inventée
par les phéniciens , au rapport d’ Athénée. On
peut conjeclurer avec raifon que les flûtes étoient
d’ivoire , & leur nom vint de cette matière.
ELEVATION ( 1' ) de la main ou du pied,
en battant la mefure, appellée levé, marquoit
chez les anciens le temps fort. C’elt le contraire
aujourd’hui.
ÉLÈVES , alumnî & difceraes.
Les éPeves des ouvriers s'appelloient alumni ou
dîfcentes. On trouve fur les infcriptians ; alumni
argent ani , &c.
On appelloit élèves des princes, ceux qu'ils
avoient élevés & nourris dès l'enfance : alumnus
Ilruji Cafaris, Faujîine,, &C.
ÉLEUSîNE, mère de Triptolême, félon ies
argiens.
ELEUSINIES , myflères de la déeffe Cérès,
cérémonies qui fe pratiquoient en fon honneur.
On fait ces fortes de noms féminins , parce qu’on
fous-entend fêtes, ou cérémonies. Les éleufnies
E L E
étoient , chez les grecs , les cérémonies les plus
fâcr-cs, d où vient qu on leur donna , par excel-
lence J ie nom de myftetes . On préccnUoit que
Ocrés ene-méme les avoient initicuées à LUujis ,
en mémoire de i'aîfcction avec laquelle Es athé-
niens la reçurent. C eit ainfi. qu'Ilocratc en parie
dans fen panégyrique 5 mais Diodore de Siciie dit
au contraire 1 1- Vi.) que ce turent les athéniens
qui liuîituèrcnî les euùji.nes , par rcconnoùiancc
de ce que Oérès leur avoir appris à mener une
vie moins ruuique & moins barbare. Le même
auteur , auprem.er livre de fa bibliothèque, avoir
raconté cette infiiiucion d'une au:re manière. Il
y raconte, qu'une grande lècherciî'e ayant caufé
une dilétte aifreulé dans la Grèce , i'Égypte , qui
avoir eu cette année là même une récolte très-
abondante , fit part de fes richeflè« aux athéniens.
Erechthée leur apporta du bled j en recoanoillance
de ce bien , il fut créé roi d’Athènes , & ii
apprit aux athéniens les myflères & la manière
dont l’Egypte les céiébroit. Ce récit s'accorde
av'cc ceux d'Hérodote ( 1. I. ) & de Paufanias,
qui aflureiit que les grecs avoient pris leurs dieux
des égyptiens. 1 héodoret ( 1. I- gT&canicar. affec-
tion. ) écrit que ce fut Orphée , &: non pas Erech-
thée qui fit cet établifiément , & qui inflitua pour
Cérès ce que les égyptiens pratiquoient pour
Ifis. Le fchoiiafte d'Euripide ( fur l'aicefle ) fait
auiTi honneur de cette invention à Orphée.
Ces myftères fe célébroient à EUujts , & cette
ville étoit fi jaloufe de cette gloire, que réduite
aux dernières extrémités par les athéniens , elle
fe rendît à eux à cette feule condition , qu'on
ne lui ôteroit pas les éleujînies, car elles étoient
regardées non co.mme des fêtes particulières à
cette ville , mais communes à tous les grecs.
On fait en général que ces myftères confiitoient
à imiter ce que les tables enfeignoient de Cérès ,
ainfi qu’Arnobe , La dance & piufieurs autres écri-
vai.ns l'ont aiîuré. I! y avoir de grandes & de
petites éleufinics. Celles dont nous venons de rap-
porter l'étabiilfement font les grandes. Les pe-
tites furent inftituées en faveur d'Hercule 5 car
ce héros ayant fouhaité d’être initié aux premières
éleujînies , Se les athéniens ne pouvant lui accorder
fa demande , parce que la loi défendoit d’y ad-
mette les étrangers , ne voulant cependant pas lui
faire efluyer un refus , ils inflituèrent de nouvelles
éleujînies , auxquelles ils lui donnèrent part : &
ceiles-ci turent appellées petites éleujînies. Les
grandes fe célébroient dans le mois boédromioa ,
qui répondoit à-peu près à notre mois d'août ; &
les petites au mois anrheftérion, qui répondoit au
mois de janvier.
On ne participoit à ces myftères que par degré ;
d'abord on fe punfioit , enfuite on étoit reçu aux
petites éleujînies , & enfin l’on étoit admis &
initié aux grandes. Ceux qui n'écoient encore
que
E L E
que des petites , s’appelloient my^es , & ceux
qui avoienr part aux grandes, ou éphores ,
c’eH à-dire , infpecteu.rs . II y avoir ordinairement
cinq ans d'épreuve pour pailer des petits myftères
aux grands j quelquefois on fe contentoit d'un
an. Après cela , on étoit admis à voir ce qu'il y
avoit de plus fecret, tous les rits & les céré-
monies les plus cachées. C' étoit le roi , quand
il y en eut à Athènes, qui avoit foin de faire
célébrer les éleufinies , avec quatre adjoints qu'on
lui donnoit. La fête duroit plufieurs jours ; on y
couroit avec des torches ardentes en .main j on y
facrifioit plufieurs vidtimes , non-feulement à Gé-
rés , mais aulfi à Jupiter. On faifoit des libations,
& on répandoit deux vafks , l'un placé à l'Orient,
& l'autre du côté de l'Occident : on alloit en
pompe , & , s'il èft permis de parler ainfi , en
proceffion à Eleufis, en faifant de temps en temps
des paufes ,, où l'on chantoit- des hymnes , & l'on
immoloit des viélimes : ce qui fe pratiquoit tant
en allant d'Athènes à Eleufis , qu'en revenant
d’Eleufis à Athènes. Tertullien décrit dans fon
livre contre les Valentiniens , la figure ou fymbole
que l'on voyoit, & qu'il éroit fi exprelfément
défendu de divulguer. Théodoret, Arnobe &
Clément Alexandrin en parlent auffi. Ceux-ci
difent que c'étoit la repréfentation des parties
fexiielles de la femme ; & Tertullien celle des par-
ties fexuelles de l'homme. Le lendemain de la fête,
le fénat s’alfembloit à Eleufis, apparemment pour
examiner fi tout s'étoit paffé dans l'ordre. Meur-
fius a fait un traité fur les ékufinhs , où l'on trouve
de plus grands détails fur ces fêtes. Le feholiafie
de Pindare ( olymp. od. 9 ) dit que les éleujïnies .
fe célébroient à l'honneur de Cérès & de Pro-
ferpine , & que le prix étoient de l'orge. L'empe-
reur Hadrien fit célébrer à Rome les éleufinies^ 8c
leur célébration ne cefiTa que fous l'empire de
Théodofe l’ancien.
Comme les initiés étoient obligés de garder un
fecret inviolable, & que la loi condamnoit à mort
quiconque auroit ofé publier les myftères , on eft
peu inftruit fur leur véritable objet. Les premiers
chrétiens afluroient qu’il y régnoit une grande
licence ; mais ce préjugé eft contraire à la loi
de ces fêtes , qui exigeoit beaucoup de retenue
& même une shafteté allez févère de la part de
ceux qui fe difpofolentà y être admis , des femmes
mêmes qui y préfidoient j & de plus aux purifi-
cations &■ aux ablutions qu'on y pratiquoit. Peut-
être que les défordres qu'on leur a reprochés n’é-
toient pas de la première inftitution , & ne s'y
gliffèrent que dans la fuite. Quelques auteurs mo-
dernes croient , avec fondement , que le fecret
des myftères n’étoit fi fort recommandé que parce
qu'on y découvroit aux initiés b véritable hif-
toire de Cérès & de fa fille , qu'il étoit impor-
tant de cacher au public ; on craignoit que le
peuple venant à favoir que ces deux prétendues
Antiquités , Tome II.
E L E joÿ
déeffes n’avoîent été que deux femmes mortelles,
ne méprifât leur culte. Cicéron infinue cette opi-
nion dans fon premier livre des Tufeuianes. Toy,
Mystère.
ELEUSIS , dans l'Attique. eAetsi.
Les médailles autonomes de cette ville font:
RR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Leurs types ordinaires font :
Cérès dans un char tiré par des ferpens ailés.
Un fanglier.
ÉLEUSIUS. F'ojei Hyonne.
ÉLEÜTHÊRE, ville que Bacchus fît bâtir,
dit-on J en mémoire de la liberté qu'il rendit à
toutes les villes de Béotie, avant de partir pour
les Indes.
ÉLEUTHÉRIE , déelTe de la liberté , que
les grecs honoroient fous ce nom. Quelquefois
ils difoient au pluriel, ëim , dieux libres,
ou dieux de la liberté. F'oye^ Liberté,
ÉLEUTHÉRIES , fête en l’honneur de Jupi-
ter , furnommé EUutherius , ou le libérateur,
qui avoit un temple , fous ce nom , proche de
Platée, ville de Béotie. Elle fut inftituée en
mémoire d'une célèbre victoire que les grecs
gagnèrent fur les perles , qui y perdirent trois
cents mille hommes , commandés par Mardonius.
Cette fête fc célébroit tous les cinq ans, par
des courfes de chariots, & des combats gym-
niques.
Le fchoüafte de Pindare ( Olymp. od. 7. ) die
que les éleutkérles étoient célébrées à Platée.
Les députés de toutes les villes de la Grèce s'y
raflembloient. Et là, après avoir fait des libations
fur les monumens des grecs morts dans le combat,
le magiftrat invitoit à haute voix leurs mânes au
repas facré. On célébroit encore ces éleutkéries
au temps de Plutarque.
Les famiens célébroient aufîî des éleutkéries en
l'honneur de l’Amour. (.Atk. deipn. lîl. )
On appelloit encore éleuthéries les fêtes que
célébroient les nouveaux affranchis, le jour où
ils recevoient la liberté , b.i-jéifin.
ÉLEUTHÉRIÜS , furnom de Bacchus chez
les grecs j c'eft le même que le liber pater des
Sff
505 ELI
latins. C'étoit aufïi un furnom de Jupiter. Voye^
Eleuthbries.
ÉLEÜTHERNAj en Crète. eaey©e?naiqn.
E L P
Pellerin en a publié une médaiîle de bronze
autonome , avec la légende eaeiaiqx.
ÉLISE. Koyei Dieox.
Les médailles autonomes de cette ville font :
R. en argent.
RR. en bronze.
O. en or.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en fhonneur de Tibère.
ÉLEÜTHÉROPOLIS , dans la Paleftine,
EAEreEFOnOAITCN.
On a une médaille impériale grecque de cette
■ville , frappée en l'honneur de Julîa Domna.
ÉLEUTHO, nom de Lucine, déeffe qui
préiîdoit aux accouchemens Eleutho , Ihahyia ^
Lucina. Ce nom ne fe trouve que dans PindarSj
i O^ymp. od. VI. ) où le fcholiafte de ce poète
lui donne pour fynonime ieAnS-uia, llllthyia -, ce
qui montre quE/eutko eft la même chofe que la
déeffe Iliithyie ou Lucine. Aufli Pindare n'en
parle-t-ii que pour marquer qu'elle préfdoit aux
couches. Ç'eil Apollon, félon lui , qui l’envoie
à celle d'Evane, avec les parques. Le fcholiafte
remarque que ce ne fut pas feulement pour pro-
curer à ia mère un heureux enfantement , mais
encore pour donner à l’enfant de nobles incli-
nations , de belles qualités.
Ce mot vient ou verbe
inuiité , qui fignifie je viens , parce que cette déelfe
etoit cenfee venir à propos pour fecourir les fem-
anes en couche.. C'eft peut - être la m_^ure du
vers qui a forcé le poè_:e à créer ce mot, &
à l'employer au lieu à’iEukyia: car on ne voit
point qu il tiit en ufage , & qu ii fe trouvât
aiiieurs. ( Dicîion. Trévoux, )
ÉLISÉE.
ÉLISIEN.
}
Foyeç Élysien.
ÉLISS A , divinité des carthaginois , qui hono-
roient fous ce nom leur fondatrice Didon. Voyc^
Dxdon.
ELLOTIDE.
ELLOTIES
F'oyei ^
HelloTIDE.
Helloties.
ELOÉIM, Sanchoniaton, cité par Eufèbe, met
cette divinité au rang des grandes & des prin-
cipales. ( Erspar. evs.ngel. }
VT Q^jTJ?yJ_
‘ r Les latins donnoient au mot
elogium une fîgniScation beaucoup plus étendue,
& fouvenr très- différente de celle que noos y
avons attachée : ce mot lignifie quelquefois caufe ,
motif d'un arrêt , chef d'accufation , mention
injurieufe. C'eft ainfi que , dans le droit écrit ,
la raifon que le père apporte dans fon teftament ,
pour exhéréder fon fils , eft appellée elogium. Si
un fils fait dans fon teftament un éloge infamant
& injurieux de fon père, pour i'exhéréder , le
teftament eft nul & invalide.
- De plus , elogium étoit prefque fynonime à VAü-
/u^, quand on parloir des monumens; & alors
il répondoir à notre mot générique , infcription.
Suetonè ( Calig. c. 24. ) l'emploie dans ce fens :
très gladios , in necem fuam pr¶tos Marti ultorî,
addito elogio , confecravit. Sous les ftatues des
cochers du cirque, devenus célèbres , on gravoic
un elogium , qui apprenoit le nombre & l'efpèce
de leurs viéloires. Elogium eft quelquefois une
épitaphe. ( virgil Cul, n. 410. )
Elle AT ORES. \ . ...
ELICES f latins appeüoient eltees
les grandes conduites d'eau, & élicatores les
înfpectîons de ces conduites.
ELICIUS ^ furnom latin de Jupiter. Voyer
Jupiter,
ELINn , nom que les grecs donnoient à la
chanfon ou à i'air particulier aux tifferands.
ELIS , dans le Péîopon.nèfe. haeiiin.
médailles impériales grecques de cette
i honneur d'Hadrien , de M.
Aareie^ de Sc-vere, de Caracaila.
Jlis tumulus fnper inferitur ; tum fronte locatut
Elogium...
Lorfqu’un écrivain parle des femmes publiques»
elogium eft i'afîîche.qui contenoit leurs noms &
le prix de leur proftitiition. ( Tertull. de fpeS. c.
17. ) S'il parle de l'appel des juges aux empe-
reurs, elogium étoit Faceufation renfermée dans
l’écrit qu'on leur préfentoit.
ELFE, fille du Cyclope Polyphème , fut en-
levée, félon Diodere , par Ulv'ffe. Les îeftrigons,
alliés de Polyphè.me , l’arrachèrent à Ülyffe, &
la rendirent à fon père. Fbjeç Polyphème.
ELPHENOR, fils de Chaicodon, de la race
E L Y
de Mars , C Homer. Oiyf. lo. ) commandoiî au
fiège de Troye les beliiqueax Abances d'Eubée ^
qu’il avoir amenés fur quarante vaiffeaux. Les
fiis de Théfée ïy accompagnèrent comme de fim-
ples particuliers.
ELPIS J famien , bâtit dans Samos un temple
à Bacchus , qu'on appelia Bacckus à gueule béante ,
par allufion à un événement fingulier que Pîme
raconte en ces termes : « Elpls ayant abordé
en Afrique J & étant defcendu à terre, trouva
« un lion qui , la gueule béante , fembloit le
» lUHiacer : il grimpa fur un arbre en invoquant
Baccbus ; ( car on a ordinairement recours aux
« vœux quand l'efpérance s’’évanouic.)Le lion qui
3» auroit pu facilement atteindre E/pis , ne courut
M pas après lui j mais il vint à pas lents fe cou-
5= cher au pied de Tarbre, ouvrant toujours fa
» grande gueule, non pour Feffrayer, mais plutôt
^ pour l'exciter à compaffion. En voici la caufe :
M mangeant avec trop d’avidité , un os s'étoit
» fiché entre fes dents , rempêchoit de manger,
« & il étoit fort tourmenté de la faim. Cet ani-
» ma! regardoit Elpis, qui demeuroit expofé à
» fa fureur, s'il avoit voulu lui nuire, & il
M fembloit le fupplier de lui tendre une main
“ ofScieufe. Elpis ^ retenu par la peur, & plus
” encore par l'étonnement, fut quelque tems
“ fans fe mouvoir ; mais il defcendit enfin ; alors
“ le lion s'approchant de lui , lui préfentant fa
“ gueule ouverte, il arracha l'os. On raconte,
“ ajoute Pline , que , pendant tout le temps que
== le vailfeau à’Elpis demeura fur la côte , le lion
M reconnoiffant ne manqua pas de lui' apporter
» fouvent quelque pièce de gibier-j:>.
Elpîs , nom grec de l'efpérance. Voye[ Es-
pérance.
ÉLUE , fîxième mois des hébreux. Il répondoit
en partie au mois d'août, & en partie au mois
de feptembre.
ÉLYME. Athénée penfe que la flûte appeüée
de ce nom , n'étoit pas différente de la flûte
phrygienne. Il rapporte encore que' Xélyme in-
ventée par les phrygiens, fuivant Juba, avoir
été furnommée Sditalienne , à caufe de fa grof-
feur qui égaloit celle des fcytaks des laconiens.
Voye^ SCYTALE.
Héfychius appelle élymt la partie de la flûte
à laquelle tenoit la glotte.
Polîux dit que Xélyme étoit de buis.
ÉLYPxUS, en Crète. eAypion.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RR. en argent.
E L Y j07
RRR. en bronze. Hanter.
O. en or.
' Leurs types ordinaires font :
Une abeille.
Une tête de bélier.
Une chèvre.
ELISÉE , ou champs élyfées ; c’éroit , dans
la Théologie des ancfens, la demeure des âmes
juftcs après la mort. Là, dit Llomère ( Qdyjf. e^. )
les hommes mènent une vie douce & tranquille :
les neiges , les pluyes , les frimats n'y défolent
jamais les campagnes : en tour temps on y refpire
un air tempéré ; d'aimables zephirs qu; s elevent
de l’Océan, rafraîchhient continuellement cette-
délicieufe contrée. La , dit Virgiie , ( ^6. )
règne un air pur, & une douce lumiere eit ré-
pandue fur les campagnes : les haoitans de ces lieux
ont leur folei! & leurs affres. Kélîode & Pindare
ajoutent que Saturne eff le fouveram des champs
élyfées , qii'il y régné avec fa femme Khca , &
qu’il y fait régner le fiecie dor, qui a ece u
court fur la terre. P^mère & Virgile n'y admet-
tent que des jeux innocens , & des occupations
dignes des héros qui les habitent. Dans le poète
grec , l’ombre d'Achille fait la guerre-aux bêtes
féroces; & dans le poète latin , les héros moyens
s'y exercent à manier des cnevaux, a laire des
armes , au combat de la lutte ; les uns oanfent ,
les autres récitent des vers. Mais les poètes vo-
luptueux y font trouver des occupations & des
plaifirs plus conformes à leurs inclinations.- En
quel endroit du monde étoit cette demeure for-
tunée? Sur cet objet les anciens n'étoient point
du tout d’accord. Les uns placent les champs
élyfées au milieu des airs ; d'autres dans la ^lune
ou dans le foleii; d’autres dans le centre de la
terre; Platon dit qu’ils font fous la terre , c'eft-
à-dire , dans l'hémifphère de la terre diamétrale-
ment oppofé au nôtre, ou aux antipodes. Ho-
mère les‘ établit à l’extrémité de la terre d'au-
tres veulent que ce foit dans les liles de i Océan,
qu'ils appelloient fortunées , & que nous croyons
être les Canaries , peu connues alors ; enfin chez
quelques-uns c' étoit le charmant pat'S de la Bé-
tlque C aujourd'hui la Grenade ) où ies_ phéni-
ciens avoient fouvent voyagé, & qu'ils treu-
voient un pays admirable, arrofé de fleuves , de
ruifieaux & de fontaines , entrecoupé de^ plaines
charmantes, de bois & de bocages ^enchantés ;
les montagnes enfermant des mines d'or & d'ar-
eent , Scia terre fourniffant abondamment t-t ut
ce oui eff néceffaire à la vie. Comme ils ne con-
noiffoient rien de plus beau , ils fouhaitèrent d'y
faire un éternel féjour, & fournirent peut-être
aux grecs la première idée de leurs champs éiy-
fées s^on dit peut-être^ car des favans prétendeni;
S f f ij
508 E M A
E M B
que cetîê idée a été priie ti'une coutume des
égyptiens , qui enrerroicnt les cojps de ceux
qu’ils vouloient honorer , dans un bocage déli-
cieux au-delà du lac Querron.
Si le récit contenu dans le pafiage fuivant de
Diodore ell vrai , il a pu fervir de bafe à la
ficifon des champs élyfées. Diodore de Sicile dit
que la fépultnre commune des égyptiens, étoit
au-delà d’un lac nommé Aehérufii ; que le mort
étoit apporté fur le bord de ce lac , au pied d'un
tribunal compofé depiulicurs juges qa: informoier.t
de fes vie & mœurs. S’il n’avoic pas été ticéie
aux loix, on jettoit le corps dans une folle eu
efpèce de voierie qu’en nomrncitîi:''ri2«. S’il avoir
été vertueux, un batelier conduifoit Je corps
au-de!idu!ac dans une plaine embeilie de prai-
ries , de ruiffeaux , de bofquets & de tous les
agrémens champêtres. Ce heu fenommoit écy/ont
ou les champs élyfées , c’eft-à dire , pleine fatif-
fiaion , féjour de repos ou de joie.
Au reite , h les poètes ont varié fur la lîriie-
îion des champs élyfées , ils ne font pas plus
d’accord. fur le temps que les âmes y ^ doivent
demeurer. Anchife fem.ble inlînuer à Énée fon
fils, qu’après une révolution de milie. ans, les
âmes buvoient de l’eau du fleuve Léthé , & ve-
noient dans d’autres corps ; en quoi Virgile adopte
en quelque manière la fameufe opinion de la
MécempÇcofe, qui a eu tant de partifans , &
qui devoir encore fon origine aux égyptiens.
ÉMACÜRîES. Voyci AÎMAKOyPIA.
à cet effet , & qui probablement étoient des
flûtes emhatériennes . Voye:^ Embater1£NK£.
li'emhaterie fervoit régler les pas des foldats,
quand ils marchoient à l’ennemi. Tel avoir été.
peut-être l’air fur lequel Tyrtée avoir chanté fes
vers.
Cette marche étoit certainement à deux temps,
& ne changoit point de rr.efure , comme, tous
ics autres airs des grecs, qui ch-angeoient de me-
fure fuivant que le rythme des paroles i’exigeoit.
Car ce n’ell: qu’avec beaucoup de peine qu’on
peut parvenir à marcher régulièrement, en réglant
les pas fur un air d’un mouvement à trois temps ;
8c il eli impoffible que pluiieurs hommes puiflent
marcher unifcrmémer.î en changeant de pas,
comme il le faut quand la rflefure change.
Cette marche étoit encore d’un mouvement
grave & pofé 5 car l’on fait que les lacédémo-
niens- étoient de tous les peuples ceux qui mar-
choient avec Je plus de gravité à l’ennemi.
EMB ATÉRîENNE , efpèce de flûte des grecs,
dont , au rapport de Pollux , iis fe fervoient en
voyageant , apparemment pour rendre le chemin
moins pénible & moins ennuyeux.
Cette flûte , furnommée embatérier.ne , propre
à la marche, pourroit bien être celle fur laquelle
les lacédémoniens exécutoient leur marche ap-
pellée embatexie.
ÉMAIL. L’émail n’étant qu’un verre opaque,
on renvoie au mot Verre.
EMANSIO. j -r
EAIANSOR % Les romains appelloient cOTÆra-
_/or, le foldar qui s’étoit éloigné de fa cohorte
pendant un temps aire'/, court no.mmé emanfio.
Le nom de déferteur , ne lui étoit donné
qu’après un temps d’abfence beacoup plus long
& réglé par les loix militaires. {'Cujac. obf VÎ.
16.)
EMBAUMEMENS. De tous les peuples an-
ciens , il .n’y en a aucun chez lequel l’ufage d’em-
baumer les corps ait été plus commun que cher
les égyptiens j ils le tenoient fans doute des éthio-
piens , chez qui les réiînes & les gommes font
très-abondantes. Les éthiopiens en employoient
pour les embaumemer.s , qui éîoient tranfparentes ,
telles que celles de Copal , & que des grecs
après les avoir examinées très rapidement, prirent
pour du verre. Les égyptiens employoient les
bitumes au même uflige.
ÉMATHION , fils de Tithone , étoit un tyran
de l’Arabie, dont Hercule purgea la terre. ( Dio-
dore de Sicile. )
ÉMA.TURIbS , c’étoit une fête du Pélopon-
nèfe, où les jeunes garçons fe fouettoient au
tombeau de Pélops , jufqu’à ce Que'lefang dé-
coulât fur ce même tombeau. Le nom de ces
fêtes' étoit forme du mot Al/iaroa, jenfanglante.
iailess’appeüoientauSl ém.acuries^A.jiax.isjtix. Vpye:^
ces mots.
EMB.ATERIE, nom d,’une marche des lacédé-
moniens, qui s’exécutoit fur des flûtes propres
• Nous allons rapporter ce qn’Hérodote nous
en a tranfmis, & nous y joindrons les obferva-
tions du favant chymifle Roüeile ( mém. de Aacad.
des feienc. ).
Dans l’Egypte, dit Hérodote, il y a des hommes
qui font métier éC emhaumer les corps. Quand on
leur apporte un mort , ils montrent aux porteurs
des modèles de morts peints fur da bois. On
prétend eue la peinture ou figure la plus recher-
chée, reprc'fente le pli.-dius facré; iis en mon-
trent enfuire une fécondé , qui étant inférieure
à la première , ne coûte pas fi cher , & une
troi fième qui ell au plus bas prix : ils demandent
E M B
enfuite fuivant laquelle de ces trois peintures en 1
veut que le mort foie accommodé. Après qu on
eft convenu du modèie 8c du prix ^ les porteurs
fe retirent 5 les emi^umeurs travaident s & voîc;
comment ils exécutent l’embaumement ie plus re-
cherche.
Premièrement ils tirent avec un fer oblique h
cervelle par les narines ; iis I.i font fortir en partie
de cette manière , & en partie par le moyen des
drogues qu'ils introdaiient dans- la tête: eniinre
ils font une incifion dans ie flanc avec une pierre
d'Ethiopie aigaifée ; ils tirent par cette ouverture
les vifeères , iis les nettoient , les pafTent au v:n
de palmier , & dans des aromates broyés ; enilute
ils rempliuent ie ventre de myrrhe pare broyée ,
de canelle & d'autres parfums ( excepté l'en-
cens ) , & ils le recoufent. Cela fait ^ ils faient
le corps, en le couvrant de narrum_ pendant
foixante- dix jours. Ce terme expiré, iis lavent
le mort , Tenveloppent avec des bandes de toile
de lin coupées, & enduites d’une gomme dont
on fe fert en Egypte en guife de colle. Les parens
le -reprennent en cet état , font faire un étui
de bois de form.e humalneq y placent ie mort,
le tranfportent dans un appartement deftmé a ces
fortes de caiffes , le drefient contre le mur &
l’y laiffent. Voilà la manière la pins chère & la
plus magnifique dont ils embaument les morts.
Ceux qui ne veulent point de cts'embaumemens
fomprueux choifîiTent la fécondé manière , Sc voici
commient leurs morts font embaumés.
On remplit des feringues d'une liqueur onc-
tueufe , qu’on a tirée du cèdre , appeüée cédria ,
on injedte le ventre du mort de ceite liqueur ,
fans, lui faire aucune incilion, & fans en tirer les
entrailles. Quand on a introduit l’extrait du cèdre
par le fondement , on le bouche , pour empêcher
l’injeélionde fortir.On faie enfuite le corps pendant
le temps preferit ; au dernier jour en tire du ventre
la liqueur du cèdre. Cette liqueur a tant de force,
qu'elle entraîne avec elle le ventricule & les en- -
rrailles confumés ; car le nitre difiout les chairs ,
& il ne relie du corps mort que la peau & les
os. Quand cela ell achevé , les embaumeurs ren-
dent le corps fans y faire autre chofe.
La troifième manière ^ embaumer vî employée
que pour les moins riches. Après les injeclions
par le fondement , on mer le corps dans ie nitre
pendant foixante-dix jours , & on le rend à ceux
qui l’ont apporté.
A la leélure de ce palTage , qui ell peut-être
pîusexacl & plus étendu qu’on n’étoit en droit de
l’attendre d’un fimple hillorien, on obferve ce-
pendant qu’il n’elt ni affez précis , ni affez cir-
conftancié, pour l’employer à faire i’expofitioa
’ E M B 50^
! d’un art. Il fal’cit cu’on pratiquât des incifions
- a i.i -coitrine , au bas ventre, 5cc. fans qu:.i toute
la capacité intérieure du corps n’aurou point été
injeétée , ôc les vifeères n’auroient point été con-
furaés. Il ell à préfumer qu’on iavotc avec loin
ie corps avant que de le faier : c’étoiî encore
ainfi qu’ea le débarraffoit des reftes du naurm &
des liqueurs quand il aveit été lalé. On ne peut
douter qu'on ne finit par le faire fécher à l'air
ou dans une étuve.
On appliqiioit enfuite fur tous les corps Sc fur
les membres féparément , des bandes de toile ,
enduites de gomme j mais en l’emmailietoit de
plus avec un nouveau bandage également gommé,
les bras croifés fur la poitrine, & les jambes
réunies.
Dans \' emiaum,ement véritable , la tête, le ventre
& la poinins étoient pleins de matières réfineufes
& bitumineufes , & le relie du corps en était
couvert. On retenoit ces matières par un grand
nombre de tours de toile. Après une couche de
bande , on appliquoit apparemment une couche
à’ embaumement fondu & chaud , avec une efpèce
de brolTe , puis on couchoir de nouveaux tours
de bandes , & fur ces nouveaux tours une nou-
velle couche de matière fondue , & ainfi de fuite ,
jufqu’à ce que le tout eût une épaiffeur conve-
nable.
Il eft difficile de décider fi Y embaumement de
la dernière efpèce étoit un mélange de bituma
de Judée feul. La momie de fainte Geneviève ,
fur laquelle Ko u elle fit ces obfervations , ell em-
baumée avec le piirafphalre j mais elle a des bandes
de toile fine de coton , & elles font en plus grand
nombre qu’aux autres m.omies. Cependant , ie plus
grand nombre des momies étant apprêtées avec
le mélange du bitume de Judée & de cédria,
ca’on peut appelier le piffafphaite , on peut croire
que cet emhaumemera eft de la fécondé efpèce.
La dépenfe ce la caille qu’on donnoic à la mo- -
mie étoit confidéra’Dle ; elle étoit de fycomore ,
ou de cyprès d'Orient, d’une feule pièce , crea-
fée rl’outii, & ce ne pouvoir être queie tronc
d’an arbre fort gros.
Il y avoir , félon toute vraifemblance , des fortes
à’ embaàmemens relatifs à la différence des bandes
qu’on trouve fur les momies , greffes ou fines.
Le dernier bandage étoit chargé de <;araélères
hiéroglyphiques , peints eu écrits. On y entre-
mêloit auffi de petites flatues de divinités , des
amulettes , &c. &c.
La matière de Y embaumement le plus précieux
étoit une compofition balfamique , femblable à
celle qu’on a trouvée dans ies chambres des mo-
510 E M B
E M B
mies , confen'ée dans un vafe , & il eft évident |
que cet emh^umeme-t avoir auffi fes variétés. On j
2 trouvé des momies dont les ongles étoient j
dorés J d'autres avoient des caiffes de granit ou
de porphyre : quelques-unes étoieat renfermées
- dans des tombeaux magnifiques.
Il fembleque le travail des embaumeurs pouvoir
fe diitribuer en deux parties; lâ première , qui
confiitoit à enlever aux corps les liqueurs, les
graiiles & autres caufes de corruption, & aies
delTécher ; la fécondé , à défendre ces corps
defféchés de Inumidité & du contaét de i'air. -
Les fondemens de ce travail font renfermés en
partie dans la defcription d'Hérodote ; mais il
fâiîoit les y déconvrir , corriger ce qui y eft
mal préfenré , jaftifier ce qui eft bien décrit ,
tenter quelques expériences fut les matières bal-
famiques & bitomineufes des momies , imiter
les embaumemens égyptiens, & voir s'il n'y auroit
pas quelques moyens d'iinitarion fondés fur
les principes chimiques qui dirigent aujour-
d'hui les anatomiftes dans la préparation de leurs
pièces.
On peut réduire à deux fentimens tout ce qu’on
a écrit fur cet objet. Quelques écrivains ont pré-
tendu que le corps entier faié étoit embaumé d'une
manière telle que les matières balfamiques , ré-
fineufes & bitumineufes s’étoient unies avec les
chairs, lesgraiffes, les liqueurs, & qu’elles avoient
formé enfemble une maffe égale ; les autres ont
afi'aré qu'on faloit le corps, qu'on le deiîechoit',
& qu'on lui appliquoit enfiiite les matières bal-
famiques. Quant au deffèchement , comme l'hu-
midité eft une puiffante caufe de corruption , ils
ont ajouté qu'on féchoit le corps à la fumé.e ,
ou qu’on le faifoir bouillir dans le piffafphalte ,
pour en confumer les chairs , graiffes , Scc.
On peut objeérer contre le fentiment des pre-
miers, l’expérience connue de certains corps qui
tombent en pourriture dans des maladies parti-
culières , où il eft abfolument i.'npoffibled'abforber
les fluides par des matières réfiiieufes & balfa-
miques ; matières qui ne s’uniffent point avec l’eau.
D’ailleurs , les momies font parfaitement fèches ,
& l'on n'y remarque pas la moindre trace d’hu-
midité.
Le fentiment des féconds eft plus conforme
à la raifoa. Il eft certain qu'on trouve des momies
dont les os font entièrement décharnés ; c'eft
l’état où fe trouvoit la momie décrite par Sryph ;
mais il y en a d’autres où les chairs' font con-
fonoues avec îe bitume, fans être enlevées r on
en a vu même dont le vifage étoit confervé & re-
connoiflable 5 tells eft la momie de fainte Gene-
vieveî
Le natrum des anciens étoit un aîkali fixe , puIG
qu'ils s'en fervoient pour nettoyer, dégraifler
blanchir les étoffes , les toiles, ’& pour faire le
verre. Notre nitre ou faîpêtre eft au contraire
un fel moyen qui ne dégraiffe point les étoffes
qui conferve les chairs , qui les fale comme le
fei marin, &'qui conferve leurs fucs. 'L^natrum
des anciens agilToit fur les chairs d'une manière
tout oppsfée à notre nitre ; il s'uniffoit aux
liqueurs lymphatiques , huileufes , gralfes , les
féparoit du relie , faifoit l'effet de la chaux des
'tanneurs & autres ouvriers en cuir , & épargnoit
les mufcles , les^ tendons , les os.
Hérodote dit dans la première façon à'emlau-^
mer ^ qu'on lavoit le corps avant que de l'enve-
lopper de bandes. C'eft ainfi qu'on enlevok les
relies des matières limphatiques. & du natrum ,
fources d'humidité. Les embaumeurs ne faloîenc
donc le corps que pour le delTécher ; mais le
natrurp^^ en reliant, eût retenu & même attiré
l’humidité, comme c'eft la propriété des fels
alkaiis.
natrum agilfant fur les corps commela chaux,
il n'étoit point permis de faler pendant plus de
foixante-dixjours. En effet , comme il arrive aux
durs enchaujfenés , le natrum auroit attaqué les fo-
lîdes. Un fel neutre n’opère pas en fi peu de
temps , comme il paroît à nos viandes féchées.
Mais, dira-t-on , fi îe natrum étoit un aîkali,
pourquoi ne détruifoit-i! pas î C'eft qu’il eft
foible J qu il ne rcffemble point à la pierre à cau-
tère , mais au fei de la foude & au fel marin.
II eft à préfumer qae de nos jours Bils pré-
paroit fes pièces anatomiques en falant le corps
avec un fel alkali , à la manière des égyptiens ;
méthode qu'une odeur aromatique ne fervoit qu'à
déguifer. Ciauderus en étoit perfuadé , mais il
fe trompok fur les effets du fel alkali ; il croyoit
que l'alkali volatil s’uniiToit aux parties putrides,
& qu'il étoit retenu dans les chairs du cadavre.
On pourroit demander fur le premier embau-
mement dont parle Hérodote , à quoi bon rem-
plir le corps de myrrhe & d’aromates avant que
de le faier ? En le falant on emporte en partie
ces aromates ; car le natrum agit pmffamme'nt fut
les balfamiques, en formant avec leurs huiles
une matière favoneufe , foluble , & facile à em-
porter pas les lotions. îi femble qu'il faudroit
placer la falaifon & les lotions avant l'emploi des
aromates.
Il y a tres-peu de momies enveloppées de toiles
gommees , appliquées fans réfine immédiatement
fur le corps deiféché ; elles ont communément
deux bandages. Le corps & les membres fonï
E M B
chacun féparénaent entortillés de bandes de toile
rélîneüfe ou bitnsnineufe : telle eft la première
enveloppe. La fécondé efl: formée d'autres bandes
de toile, fans réfîne ou bitume, qui prennent
le tout & retnmaillorent comme les enfans. Celles-
ci ont pu être enduites de gomme.
Les momies nous parviennent rarement avec
le fécond bandage ; les arabes le détachent pour
enlever les petites ilatues. Les momies ne font
pas toutes renfermées dans des caifles ; c'eft pour
les garantir du contaét de l’air qu’on y a employé
la rélîne.
Une fécondé critique qu’on peut faire d’Ké-
rodote eft relative à fon fécond, embaumew.ent.
Sans incifîon , l’injeétion par le fondement ne
remplira point le ventre , elle ne parcourra qu’une
petite étendue d’inteftins. D’ailleurs , la liqueur
de cèdre eliun baume ou une réiine fans force,
fans aclion corrofive. Si donc l’on employoit le
cédria , c’étoit comme aromate , mais î’injeétion
étoit de natrum. Le cédria n’a pu avoir lieu dans
X embaumement qu’après la falaifon & les lotions.
La cervelle fe tiroit par un trou fait artificielle-
ment aux narines , dit Hérodote ; mais ce fait
eft nié par M. Lech , qui a trouvé dans une momie
d’Egypte l’os cribreux fain & entier.
II n’eft pas concevable qu’on embaumât tous
les égyptiens. Le peuple fe contentoit d’é-
tendre fur des lits de charbons fes morts , em-
maillotés de linges , & couverts d’une natte fur
laquelle on amaffoit fept à huit pieds de fable.
’ Quelle durée X embaumement ne donnoit-i! pas
aux corps ? Il y en a oui fe confervent depuis
plus de deux milie ans. On a trouvé dans la
poitrine d’un de ces cadavres une branche, de
romarin à peine defféchée.
La matière' de la- tête' d’une momie , encore
affez molle pour que l’ongle y pût entrer dans un
temps chaud, & peu altérée, érant mife dans
une cornue fur un feu modéré , a donné d’abord
an peu d’eau infipide , qui, dans la progreffio.n
de !a diftillation , eft devenue acide. I! a paiTé i
£n même temps une huile limpide, peu colorée,
ayant l’odeur de fuccin. Cette huile s’eft enfuits
épaiffie 3c colorée ; elle s’eft fi.gée en fe refroi-
diffant , fans perdre l’odeur de fuccin. Sa liqueur
acide n’a pu cryftallifer , à caufe de fa trop petite
quantité.
On peut voir dans le mémoire de Rouelle les
expériences qu’il a faites fur les matières dont il
préfumoit qu’éîoient compofés les embaumemens ,
Une réflexion générale qui réfulte de ces expé-
riences, c’elt qu’en y e.mpIoyant la, poudre de
EMB 5îi
cannelle & d’autres ingrédiens qui attirent l’hu-
midité , on confulte plutôt le nez que l’art. Enfin
elles démontrent trois fortes à’ emhaumemens , un
avec le bitume de Judée feu!, un fécond avec
le mélange de bitume & de la liqueur de cèdre
ou cedna , & un troifième avec le même mé-
lange & une addition de matières réfineufes &
aromatiques.
Le D. Grevv , auteur du Mufœum - regalis-
focietatis , dit que les égyptiens, pour embaumer
ies^ corps , les faifoient bouillir dans une chau-
dière avec une certaine efpèce de baume liquide,
parce que dans les momies qu’on conferve dans
ia^ collection de la fociété royale , le baume à
pénétré non-feulement les chairs Se les parties
molles, mais même les os, au point qu’fis font
tout noirs, comme s’ils avoient été brûlés. Coyrp
Egyptiens & Moüies.
EMBLA. Vcyei Asküs.
EMBLEMA. Ce mot eft purement grec,
formé du verbe jetter dedans,
inférer. Suétone rapporte que Tibère le fit rayer
d’un décret du fénat, parce qu’il e'toit tiré d’une
autre langue. Les grecs donnoient le nom
aux ouvrages de m.arqueterie , & à tous
les ornemens des vafes, des meubles, deshabits.
Les latins fe font Xctvisaemblema dans le même
fens. Quarsd Cicéron reproc'ne à Verrès les lar-
cins des ftatues , & des autres pièces bien tra-
vaillées qu’il avoir volées aux ficüiens, il appelle
emblemata les ornemens qui y étoient attachés ,
& qu’on en pouvoir féparer. Les latins ont fouvent
comparé les figures, les ornemens d’un difcours à
ces emblemata. Lucillius, ancien poète latin, vou-
lant louer ( Cicer. orat. c. 44. alibi ) un ora-
teur, dit que tous fes mots étoient arrangés
comme des pièces de marqueterie i
Quam lepide compoftA , let îeJferulA cmnes^
Ariepavimenti ^ atque emblemate vermiculats.
Nous ne nous fervons point du mot èl emblème
en ce fens j mais les jurifconfultes fe font tou-
jours feivis du mot latin emblemata, pour expri-
mer ces forces d’omemens , parce que le grec,
fignifîe tout ce qui eft inféré, appliqué,
ajouté à une autre chofe , pour lui fervir d’orne-
ment.
EMBOLIARIA muller Muratori ( Tkef. 660.
4. ) rapporte une infcription fur laquelle on lit
ces mots : Poüux ( Us, U. cap. 4, ) appelle
EfctoKia'., de petits filets, qui fervoierit à la chafle
des petits animaux. Seroit-ce un fens détourné
de ce mot, qui atiîoit fait donner le furnora
512 E M B
E M B
d'’É’OT^o//ar/Æ aux femme s ds thsàtrs J qui tendoient
des pièges aux hommes comme les courcifanes ?
EMBOLISME , intercallation.
Emholifmus. Les grecs fe fervoienr de "année
lunaire , qui ell de 3 34 jours 5 mais pour l'ap-
procher de l'année folaire, qui eft de fans
compter quelques heures de part Sc d'autre, ils
ajoutoient, tous les deux ou tous les trois ans ,
un treizième mois lunaire , qui s’appelloit emlo-
limœiLs , parce qu'il étoit inféré & intercalé. Em-
iolifme vient du grec , formé de
inférer.
EMBOLUM, 1 , J . ,
EMBOAON, f
vires anciens, ou plutôt toute la partie baiTe de
la proue, où l'on plaçoic l'éperon , rofimm ^ au-
devant de laquelle on attachoit l'animal qui fer-
voit d’enfeigne particulière au navire , & aux
côtés de laquelle on peignoit deux yeux , pour
lui donner une reflemblance avec une tête d'hom-
me , ou d'animal. Winckelmann a publié , dans
fes monumenti inediti , un vafe étrufque du Vatican ,
fur lequel un navire eft repréfenté fous la forme
d'un poiflbn , dont la proue eft figurée par la
tête de l’animal. Ce favant l’a cependant prife
pour la poupe, peut-être à caufe deîbn élévation.
EMBRASSEMENT. Les romains mettoient
ordinairement une diffe'rence entre ces trois mots,
cfculum , bafium ^ ^ fuavium. Le premier apparte-
noit à l'étiquette ou à l'ufage , le fécond à l’ami-
tié , & le troifième à l'amour : ofcula o^ciorum
fiLîit , bafia padicorum aÿ'eciuum. , ftiavia libidirMm ,
■vel amorum, dit Donatus , interprête de Térence
( in Eun. III. Z. 3. ). Quoique cette diftinction
n'ait pas éfé fuivie conftamment par les écrivains
de Rome, elle eft cependant effentielie à rap-
porter ici, pour l’intelligence de plufieurs pafla-
ges latins.
Les romains baifoient îenr main, & l'éten-
doienr enfuite vers les ftatues des dieux ou des
empereurs , & vers les pèrfonnes qu'ils vou-
ioient honorer. Cette aétion étoit exprimée par
ces mots , à fade jaBare mamis , par ceux-ci ,
jaSare bafia, ou ofcula. Les joueurs de âûte,Ies
chanteurs , les pantomimes , &c. qui paroiflbient
fur les théâtres de Rome , faiuoient le peuple
de cette manière, ■& en pliant le genou gauche
pour s'incliner. Tacite raconte de Néron , que
parolffant fur le théâtre , il fa fournit à cette
humiliation ( annal. XVI. 4. 3. ) : pofiremo genu-
fiexus , &* ccetum ilium manu vemratus efi. Dans
le cirque , les cochers qui entroient dans la car-
rière ,__faîuoient auffi'le peuple en baifant la main
donc ilstenoient leur fouet , ou le fouet même :
Xiphilin l'affure de Caracalia, ( LXXIX.)
j Lorfque deux romains, qui fe connolffoient ;
fe rencontroient , ils s embmjfoient au front Sc
même fur la bouche. Martial fe plaint Ibuvent ,
dans fes épigrammes, de cet ufage fatiguant 8c
incommode. Les parens , même ceux de différent
fexe , s'embrafibient auffi lorfqu'iîs fe rencon-
troient j & Properce reproche à fon amie les
embrajfemens qu'elle recevoir de plufieurs hommes
fes prétendus parens ( II. y. 7> ) :
Quinetiam falfos fingis tibi fapè propinquos ,
Ofcula. nec défunt qui tibi jureferant.
On blâmoic Tibère de ce qu'il embrajfoit rare-
ment ceux qui fortoient de fes audiences
c. to. ) j Néron de ce qu'il ne les embrafibit ni
en les abordant , ni en les congédiant ( Suet.
c. 37. ) j Caligula de ce qu'il étoit avare d'c.'n-
braffemens ( Diod. LIX. ). i rajan au contraire fut
loué de ce qu’il embrajfoit les fénateiirs , en les
abordant 8c en les congédiant ( P/in. paneg. c. 14.),
tandis que fes prédécefl'eurs leur donnoient leurs
pieds à baifer, ou leur rendoient leur faiut de la
main feulement : non tu dvium amplexas ad peats
tuos deprimis, nec ofculum manu reddis.
Nous ne parlerons point des autres embrajfe^
mens ; nous ajouterons feulement que les anciens
embrajfoient quelquefois leurs amis ou les enfans
en tenant les deux oreilles. Cette manière d’c«-
brajfer s’appelloit TjuVpav , ou. ofculum , le
baifer de la cruche , parce que l'on prenoit la
tête de celui qu'on vouloir par les deux
oreilles, comme on foulevoit une cruche à deux
anfes, appellée xlnfo.. Théoerîte ( Idylhv. i 31-)
en fait mention. Plaute en parle fouvent. (
UT. 3.78.)
Prehende auriculis , compara labella cum labellis. ,
Et dans le Pcenus ( i . 1. 165.):
Sine te exorem ,fine teprendam auriculis , fias dem favîum.
Les motifs de cette maniée A' embrajferlcs en-
fans en particulier, ont été fi bifarement imaginés
8c expofés par Clément d’Alexandrie , {Jîromat.
V.') & par Plutarque, '( de auditu. ) que nous
nous abftiendrons de les rapporter. Au refte,
on fait que l'oreilie étoit chez les anciens le
fymbole de la mémoire 5 on fait de plus que les
romains touchoient l'oreille de ceux qu’ils ap-
pelloient en témoignage ; c'eft fur ces deux faits
que les interprètes ont fondé une manière parti-
culière à’embrajfer les enfans , qui n’avoit proba-
blement d'autres motifs qu’un ufage vague Sc in-
fignifiant, comme on en voit tant d'autres chez
toutes les nations. , ,
EMERAUDES,
E Aî E
É‘vjERAUDE 3 fmaragàiis ,
: ButFon ( pas
Ê'M E
5'«5
“ Les anciens
. de La èAinériIogie
: yop : ton-
m.IIL
d'où cet article eil ex-
, J «wa-fc -w-v
ftüt } J an rapport deXhéophrat’te ( lagid, ii gemm,
• 44 ) J i£ piauoient à porter V émeraude en
bague 3^ aSn de s'égarer la vue par fon éclat &
fa coUienr iaave ; ils la taiiloierit , foit en ca-
bochon ^ pour faire flotter la lumière, foit en
tjo.e pour ja réfléchir , com ne un miroir, foit
en creux regalier , dans lequel , fur un fond
ami de 1 œu , yenoit fe peindre les objets en ra-
‘ij!l ^ eit^aînfl que l’on peut, entendre ce q-ae
dit I line ( A ero princeps glapatoran pugtias fi>ec-
tuf^ac fmaragdo. lib. XXX Hî. rP. i6. ) d’un em-
pereur qui voyoit^dans une émeraude les combats
dvS gladiateurs: vcicïvxüt Vemera^de ces ufages^
ajoute^ le natuplifte romain , & refpectanc fes
beaiues natureiies , on fembloic être convenu de
ne point 1 eutanaer par le.burin , cependant il re-
connoit liü-même ailleurs que les grecs avoient
CUCiqueiois grave fur cette pierre , dont la dureté
n efl eu à-peu-près égale à celle du criflal de
roche & des belles agathes ( lV. XXX'/ll , ,-2°. 5 ;
Il parie de àmiéTâcraides , fur chacune defquelks
etoit gravée ^Aniymone , rune des Dabaides.;
& -dans îè meme livre de fon hifloire natareliè ,
n°. 4 il. rapporte la gravure des à une
epoqae répond en Grèce au règne du der-
nier des 1 arquins. Selon Clément- Alexandrin, le
fameux cachet de Polycrate étoit une émeraude
gravee par Théodore de Satnos CR. Clem. A/ex.
piiag. lib. III. ), Lorfque Lucullus , ce rornain fi
célébré par_ les richeffes & par fon luxe, 'aborda
Alexandrie, Ptolémée, occupé du foin de lui
plaûe , ne trouve rien de plus précieux à lui offrir
qu une emeraude, fur laquelle étoit gravé le por-
trait du monarque égyptien ( Vlut. in. Lucul. ) «.
«Je ne conçois pas , continue le comte- de
Biifîon 3 comment on a pu de nos jours révoquer
en doute lexiftence-de cette pierre dans l’ancien
condnent , & nier que l’antiquité en eût jamais
eu connoiffance ; c’eft ceoendânt l’aflertion d’un
auteur ..recent ( M. Datens ), qui prétend que les
anciens n’avoient pas connu Y émeraude , fous pré-
texte que dans le nombre des pierres auxquelles
lis ont donné le nom de fmaragdus , plufieurs
ne font pas des émeraudey, mais il n’a pas penfé
cz mot fmaragdus étoit une- dénomination gé-
nérique pour toutes les pierres "vertes , puifque
une conyprend fous ce nom des pierresmpaques3
qm -embient n ette que des prafes ou même des
jaipes verts ; mais cela n’empêche pas que la vé-
ritablene foit du nombre de ces fma.
ragdes des anciens : il. eft meme affez. étonnant
Z , i -- -..-i it*- uanc
^ bnllans , & aux caraéfères très-
Qilnnéhrs fous iefquels
.t pourquoi chercher à
aéitiquités^ Tome II.
moîgnagès , en je les rapportant pas exa'âement ?
far exemple 3 fauteur dre Théophraile comme
ayant parle d’une é.Tzc.Tjace -de cuacre coudées de
longueur, -& d’un obéiifqiie iY émeraude de qua-
rante coudées ; mais il n'ajanre pas que le natu-
raiirte grec témoigne fur ces faits un doute très-
niarqué.i ce qui prouve qu’il connoiffoit alfez
là vérkahle émeraude pour être bien perfuadé qu’oa
n en avoir jamais vu de cette grandeur. En effet ,
Xneopnmite dit en propres termes : que Y émeraude
efi rare tj' ne fe trouve jamais en grand volume . -
E51 h tr~aeia, y.di ré à p-eyàAit (^de lapid.y
à rnoins , ajoute-t-il , qu’on ne croie aux mé-
“ moues égyptiens, qui parlent à' émeraude de
quatre & de‘ quarante coudées Mais ce font
chofes 3 continue-t-ii , q\iil faut laijfèr fur leur bonne
foi i & à fégard de la colonne tronquée ou du-
cippe AJmeraude du temple -d’Hercule à Tyr ,
dont Hérodote fait auffi mention , il dit oue c’eft
fans doute une ià'Æz émeraude. Nous conviendrons
avec M. Dutens, que des dix om douze fortes
de fmaragdes , dont Pline fait 1 énumération ,
la plupart ne_ font en effet que de fauffes éme-
raudes / mais- il a dû voir comme noiK, que Pline
en diftingué trois comme Tupérieures à toutes les'
autres. La première eft- l’éiKeruade -nommée'- par
les anciens , pierre de fc-ythie , & qu’ils ont dit
être la plus belle ^de routes. La fécondé , qui '
nous paroit être auffi une émeraude véritable , eft la
é^zérrfa/ze , à laquelle Pline attribue la même dureté
& le même éclat qu’à X émeraude feythique, mais qui,
ajoure-t-il , 611 toujours fort petite. La troilîème^
qû'ii Kàomxfxe émerauie de Coptos , & qu’fl dit
être en' morceaux affez gros , mais qui eft moins
parfaite , moins tranfparente , & n’ayant pas ïe
vif éclat d-es deux premières. Les neufs autres
fortes étoient celles de Chypre , AY Ethiopie , à’Her-
minie, de Perfe , de Médïe , de YAttique ^ de
Lacédémone , de Carthage^ & celle d’Arabie , nom-
mée Ckolus La plupart de^ celles-ci , difent
les anciens eux-mêmes, ne méritoient pas le noln
A" émeraudes , & n’étoient , fuivant l’expreffioh
de Théôphrafte, que de faulTes émeraudes , pfeu^
dofmaragdi. On les trouveit communément- dans ^
les environs des mines de cuivre , circonftance qui
peut nous les faire regarder comme Ats fluors verts
(ou, peut-être même des malachites ). Il eft donc
évident que dans ce grand nombre de pierres
auxquelles les anciens donnoient le nom géné-
ri_qu-g de fmaragdes , ils avoient néanmoins très-
bien fu diftinguerSe connoîtrel’é/72eri2z^df véritable
qu’ils caraéiérifent, à ne pas s’y méprendre,
par fa couleur , fa tranfparencç & fon éclat ( Voy,
ihéophrafte, n°. 44; & Pline, liv. XXX VIL,
n°. 16 ). L’on doit en effet la féparer & la pla-
cer à une grande diftance de toutes les autres
pierres vertes , telles que les prafes , les fluors
verts 3 les malachites , 8c les autres' pierres vertes
opaques de la claffe du jafpe-, auxquelles les an-
ciens appliquoient impropi^menr ^ génerique--
i tt
\
514 E M B
ment ie nom de fnzsrag-iis. Ce n etoïc donc^pas
d'éwerÆiiie , mais de quelques-uns de ces laux
& erands fmaragdes , qu'étoient faites les colonnes
& les ftatues prétendues d emerauae oont P^t'-e
rantiquité (telle étoit encore la Itatue üe Mi-
jjgjyi. faite iî émeraude ^ ouvrage fameux üe L>i-
pœnus & Scyliis. de Fia. verr. ) , de meme
que les très- grands vaîesou morceaux d emerauaes
que Ton montre encore aujqurd hui dans quel-
ques endroits , tels que la grande jatte du trefor
de Gênes , appellée \tfaini-graai. La Con^mine ^
cüi trouvé à Gcncs uy£c los princes Corlini j
petits neveux du pape Clément XII , a eu j p^r
leur ntoyen , occalion o examiner attentivement
ce vafe a la. lueur d"un flambeau. La- couleur lui
parut d^un vert très-foncé ; il n y apper^ut pas
ia moindre trace de ces glaces , pailles , nuages
& autres défauts detranfparence fl communs dans
les émeraudes & dans toutes les pierres précieufes
un peu groffes , meme dans le criftal de roche ;
mais il y d;fling«a très-bien plufleurs petits vides
femblables à des bulles d’air , de forme ronde ou
obiongue , telles qu il s’en trouve commucément
•dans les criftaux ou verres fondus , foit Lianes ,
doit colorés. Le doute de la Condamine fur ce
,va.fe:foit difantd’éOTeraade, n’eft pas nouveau- Il
eli , dit-il , clairement indiqué par les expreflions
qaemployok Guillaume , archevêque de Tyr , il
y a quatre flècks, en difant , <10- à la prife de Ce-
farée , ce vafe échut pour une grande fomme dl argent
MX génois , qui le crurent a émeraude , &* qui le
TTïOîitrent encore comme tel ê? comme miraculeux auX
*i^oyûgcurs . Au rçite# continue i auteur j li ne tucnt
qu’à ceux à qui ces foupçons peuvem déplaire,
de les détruire s’ils ne font pas fondes ( ue
tacad. des fciences , année 1757 , p. ^4Q,& fuiv.)
tels que la oierre verte , pefant vingt-neuf livres ,
donnée par'Charlemagne au couvent de Reiche-
mau près Confiance'', que M. Coxe ( lettres,
iul- la Süiffe , page 21. ) foupçonne_ être un
Ipath fluor vert , traniparent , ^ne lont que
des primes ou- des prafes, ou meme ues v^erres
faélices. On voit dans le cabinet de iainta Ge-
neviève deux gros fragmens de verre teint en
couleur d’émeraude , trouvés dans un ancien tom-
beau égyptien. Or comme ces émeraudes fuppo-
fées ne prouvent rien aujourd'hui contre l’exif
tence de la véritable émeraude ces mêmes erreurs
dans l’antiquité ne prouvent pas davantage-®..
cc D’après tous ces faits j comment peut-qn dou-
ter de î’exifience de ï émeraude en Italie, en
Grèce & dans les autres parties de l’ancien con-
tinent , avant la découverte du nouveau r Com-
ment d’ailleurs fe prêter à la fuppoflnon forcée
que la nature- ait réfervé exciufivement à l’ Amé-
rique .cette production qui peut fe trouver dans
tous les lie.üX-où. elle a formé des crifiaux ? Et
r.e- devons- nous pas êîre .circonfpects , lorfqij’il
5 agit d’àiinettjedes.faics exuâQràtnairesSe ifolés^
E M E
comme le feroit celui-ci ? Mais indépendamment
de la multitude des témoignages anciens, qui
prouvent que les émeraudes étoient connues &
communes dans l’ancien Continent avant la dé-
couverte du nouveau , on fait, par des obferva-
tions récentes, qu’il fe trouve aujourd’hui des
émeraudes en Allemagne, en Angleterre, en Italie ?
& il feroit bien étrange , quoi qu’en difent CyÇl-
qaes voyageurs , qu’il n’y en eut point en nüe.
Taverniêr"& Chardin ont écrit que les terres de
l’Orient ne -produifoient point d’émeraudes-, &
néanmoins Chardin , relateur véridique , convient
qu’avant ia découverte du nouveau jnonde les
perfans tiroient des émeraudes de 1 Egypte , &C
que leurs anciens poètes en ont fait mention ;
que de fdn temps on connoiffoit en Perfe trorS
fortes de ces pierres ; favoir , l’émeraude d Egypte ,
qui eft la plus belle, enfuite les émeraudes vieilles
&■ les émeraudes nouvelles : il dit m'ême avoir vu
plufleurs de ces pierres , mais il n’en indique pas
la différence, & il fe contente d ajouter, que
quoiqu’elles foient d’une tres-belle couleqr , Se
d’un poli vif, il croit en avoir vu d’amTi bellès ,
qui venoierit des Indes occidentales ; ceci prou-
veroit ce que l’on doit préfumet avec raifon,
c’êft que l’émeraude fe trouve dans 1 ancien Con-
tinent auffi bien que dans le nouveau , & qu ede
efi de même nature en tous lieux ; mais comme
l’on n’en cenncît plusdes mines en Egypte ni dans
l’Inde , & que néanmoins il y avoir beaucoup
d’émeraudes en Orient avant la découverte du
Nouveau- Monde, ces voyageurs ont imaginé que
ces anciennes émeraudes avoient été apportées^ ûu
Pérou aux Philippines, & de là aux Indes oneu-
tales & en Egypte. Selon Tavernier , les anciens
péruviens en faifoient commerce avec les hahi-
tans des îles orientales de l’A.fle- ; & Chardin ,
en adoptant cette opinion , dit que les émerauaes
qui , de fon temps fe trouvoient aux Indes orîen-
t'ales, en Perfe & en Egypte, .venoient proba-
blement de ce commerce des péruviens, qui avoi.ent
traverfé la mer du . Sud long- temps avant que-
les efpagnols enflent fait la conquête de leur
pays ; mais étoit-il néceflaire de recourir à- une
rappofîtion auffi. peu fondée pour expliquer pour^
quof l’on a cru ne voir aux Indes orientales,
en Égypte & en Perfe , que des émeraudes des
Indes occidentales. La raifôn en eft bien Ample,
c’eit qüe^:lg.s émeraudes _Çoxït les mêmes par-tout,
& que comme les anciens péruviens en avoient
ramaffé une très-grande quantité, les efpagnols
en ont tant apporté aux Indes orientales, qu'elles,
ont fait difparoître le nom & l’origine de celles
qui s’y trouvoient auparavant, & que par leur
entière & parfaite renemblance , ces émeraudes
de l’Afie ont été & font encore aujourd’hui coa-
fondues avec les émeraudes de l’Amérique «•
« Cette opinion que nous réfutons pafoitnlêffs
que le produis o’uiie eueur de iiomendature 5
E M E
E M I
les naturatiftss técens out donné ^ avec les joail-
liers , la dénomination de pierres orientales à celles
qui ont une belle tranfparence j & qui en ntême
temps font affez dures pour recevoir un poli vif ;
& ils appellent pierres occidentales celles qu ils
croient être du même genre , & qui ont moins
-d'éclat & de dureté. Et comme V émeraude
n’eil pas plus dure en Orient qu'en Occident ,
ils en ont conclu qu’il n'y avoir point dé émeraudes
orientales , tandis qu'ils auroient dû penfer que
cette pjerre étant par-tout la même , comme le
crylhl , l'améthylle , &c. elle ne pouvoit pas être
reconnue ni dénommée par la différence de fon
éclat & de fa dureté ».
Ce font J dit M. PaW , les arabes qui ont pro-
bablement imaginé la table fmaragdine, ou cette
prodigieufe lame dî émeraude , fur laquelle Her-
mès ( perfonnage qui n'a jamais exifté ) grava à
la pointe du diamant le fecret du grand-œuvre.
Il y a aujourd'hui des Bédouins affez enfans ou
affez imbécilles , pour croire que cette table
eft cachée dans le harem ^ ou la plus grande des
pyramides de Gifeh ; mais il a lî peu été queftion
d'y enfévelir quelque fecret , qu'on n y a pas
ttouvé une feule infcription , ni dans la falîe d’en
haut , ni dans celle d'en bas ; & s'il y a eu des
caractères hiéroglyphiques gravés fur les faces ex-
térieures de ce monument , il faut que le tems
les ait effacés , car il n'en refte plus de tmce.
Je fais bien ce qui a donné lieu à cette tradition
des arabes : ils ont manifeftement confondu^ la
table Jmaragiine avec ce coloffe à" émeraude , qu A-
pion , cité par Pline , difoit encore être de fon
temps J renfermé dans le labyrinthe , quoique
ce ne puiffe avoir été qu'un ouvrage de verre colo-
ré, comme les égyptiens en faifoient déjà du temps
de Séfoftris ; car il faut rejetter l'opinio^n de ceux
qui difent qu’ils y employoient le prême d éme-
raude, mot barbare, corrompu de celui de prafe.
Cette fubftance n'enveloppe pas la vraie éme-
raude , au moins dans les mines de l'Egypte ,^ou
î'on en connoîî deux : l'une à l’Occident du Nil ,
au pied de la côte Lybique , entre Ipjon 8c Tkata ;
& l'autre vers le bord du Golfe Arabique , un
peu au-delà du vingt-cinquième degré. Cette der-
nière ne paroît pas dans l'antiquité avoir appar-
tenu aux rois d’Egypte , comme on feroit tenté
de le penfer , mais aux rois de l’Ethiopie, qui
foutinrent à cette occafion une guerre , où l’on
voit qu'ils réclamèrent , comme une partie de
leur domaine, & la ville de Phylé, & la mine
a émeraude ( I ). L'arabe Abderrahman , qui l’avoit
(i) Héliodor. Æthtopic. lié. IX.
On voit par îa narration de cet auteur que les
perfans, en conquérant l’Égypte, s’étoient auffi ein-
parés de la mine Sémeraude , Sc qu’ils furent obligés
de reftituer aux éthiopiens , d’où ie conclus eue cette
mine leur avoir appartenu long temps avant l’époque
de la conquête.
vîfîté, dît qu’on y trouve ces pierres enveloppées
dans une matière blanchâtre; qu'il y en a de trois
efpèces , dont aucune n'eff ni prême , ni prafe,
& qu'on les rend toutes ^us tranfpàrentes en les
plongeant dans l'huile chaude.
Le comte de Cayîus parlant d’une mofaïque
qui avoir appartenu à Ficoroui , & qui avoir été
trouvée à Ronie , dit C d'iânt. lïl.pl. je;.
n°, I.) qu'on voyoit des émeraudes communes,
mêlées aux morceaux de -marbre de différentes
couleurs, dont fes cubes étolent formés.
EMERITA, dans le Portugal.
Col, Emerit-a AriotLSTA. Coîonîa Emerîta
Augufia.
Cette colonie romaine a fait frapper des mé-<
dailles latines ên l'honneur d'Aiigulïe , deLivie,
de Tibère.
EMERITUM. 1 ^ ... ■ ,
EMERITUS s On appeaoit chez
les romains, la récompenfe accordée à un foi-
dat qui avoit bien fervi pendant un certain nom-
Les favans ne peuvent pas affurer avec certi-
tude fi elle confifioic ou en argent, ou en terre,
ou dans l'une & l'autre à la fois, & s'il n'y
avoit aucune différence entre Yemeritum 8c le præ-
mium. L'hiftoire nousapprend qu'Augufte accorda
( Dion. LV.) aux prétoriens foco drachmes , &
aux autres foldats 300 ; qu'il avoir réglé le terme
de X émérite , & les récompenfes des différentes
fortes démérites ; que parmi ces émérites les unS
dévoient avoir fervi feize ans, d’autres vingt,
Caligula réduifit à la moitié la récompenfe de
Xéméritat prétorien. émérite ou vétéran , de
quelque rang qu'il fûf, étoit très-eftimé , & il
ne lui étoit point permis de s'abaifier au. vil emploi
de délateur. ( Martian. l. dejferri ff. de jure fifei. )
ÉMILîEN.
C. ou M. Julius Æmilius Æmilianus
Augüstus.
Ses médailles font :
RRRR. en or ; on en connoît plafieurs revers.
R. en argent.
Le revers qui a pour légende Concordia
Aug. , ert fort rare ; mais il n’appartient poins
à Emiiien,
RRR. en G, B. de coin romain.
T tt-ü
E M M
RRR. en M. B.
RRR. en P. B.
RRRR. en G. B. de colonies.
RRR. en M. B.
RRRR.. en G. B. grec;
Peut - être n"en exifte - t - il point en M. &
P. B.
Émilien ( Alexandre ) tyran' en Égypte ,
fous Galiien. •
Tiberiüs Cestiüs Alexander Æmilianüs
Augustus.
■ ■ E 'M” P
fc.vlivliiLiii , oanfe inventee, difoi:-orr na-
un des fuivans de Bacchus, dans la conquête
des Indes, bile reçut le nom de fon inventeur
cc Vemmélie étoit une danfe tragique , & c'é’-oit
la feule J parmi les danfes pacifiques /à iaqudie
» Piaton accordât fon fuffrage =>3. ( Mémoires de
ï académie des injcri^z. îom, I. )
Emméiie.
Meurfius dit pofirivement j dans fon traité de
/a danfe , que ce mot éloit non-feuiement le nom
d'une danfe J mais encore celui de Pair; & il
prouve cette alTerticn par un paiTage d'Euftathius.
Pollux ( Onomafi. cap. 7. §. i.âe po'étis
1 emméiie au nombre des chants ou airs.
Ses médailles font î
. O. en or & argent ; celles d'argent âr de bronaCj
avec des légendes latines j rapportées dans le
catalogue de Mézabarba , font fufpeétes,
RRRR. en M. B. grec, ou approchant de cette
forme. Émilien eft _repréfenté en bufte, ayant
la tête ornée d'un diadème , & tournée de la
droite à la gauche. Il tient un bouclier, fur le-
quel paroît un animal qui s'élaece 5 il y a au
revers un aigle qui a les ailes déployées. Il étoit
de cette manière dans le cabinet de Beauvais.
EMISA , dans la Syrie.
On a quelques médailles impériales grecques
de cette ville, félon le P. Havdomn.
Emisa, dans la Phœnide.
EMIcQN. ECOAONIAc. Emifena colonie.
Cette colonie romaine a fait frapper des mé-
dailles en l’honneur d'Antonin, de Caracalla,
d'Elagabale, d'Alex. Sévère, deDomna.
EMÎSSTONES equorum in circo ^ courfes de
chevaux dans le cirque.
ÉMITHEE. Voyeq_ Émîthée.
EMMAILLOTER. Voye^ Berceau.
'e m o' n e I o I.
Mafques ayant la barbe taillée en pointe , ou
en -forme de coin, ccmme celle des* pantalons
du théâtre italien.
EMMÊLES. Les Tons emmeles étoîent chezTes
grecs ceux de la voix dilLLae , chantante & ap-
préciable q-ai peuvent donner une mélodie.
EA4FEREÜR C' Agathe de 1‘ }. Voyer Apo-
théose aAvguJîe.
Empereurs romains. On cherchera dans, le
iiclion. d économie politique , ce qui conjiituoit lent
dignité?
Les empereurs romains _paroilTerit toujours fur
les monumens publics fans aucun attribut de
monarque, mais comme les premiers de leurs
concitoyens & comme joui/Tant de privilèges
egalement dillribues , tnyûiiùi. Les figures qui les
accompagnent, parojlTent être égales à leur maître j
& celui-ci n eil diftingue des autres que parl'ac-
tion principale que 1 artifte lui a donnée. Jamais
une figure qui préfente quelque chofe à un em-
pereur ( Winckd. kifi. de l’art. IV. r. 5. ) ne plie
le genou, fi Ton excepte les captifs; & aucun
perfqnnage ne leur parle la tête inclinée. Quoi-
que la flatterie allât tres-Ioin à Rome, fous les
empereurs tyrans, puifque nous favons que le fénat
fe profteriia aux pieds de Tïhère { .Sueton. Tiber^
c- 24. ) , nous dirons cependant à la gloire des
artifles , qu iis^ ont comervé long-temps fur leurs
ouvrages la dignité de l'homme dans‘la capitale
du monde, comme ils avoient fait à Athènes,
dans le temps de fa fplendeur. Obfervez que
I on a excepte les captifs, en parlant des monu-
mens parvenus ju.fqu'à nous nous favons de
plus J que des rois ont donné v'oiontairemenc
cette marque de foumifflon aux généraux romains.
I iursTQi.s nous spprçnci JPottzp^i , ^ ouc X'v2r3.’’£‘>
roi d’A ménie , ve.noit de fon plein gré voir
1 ompée. Eîàrit i-arrive a la porte du camp des
ce cheval , détacha fon épée
de d'. .ius fon épaulé , & la remit aux deux lic-
teurs qui étoient ailés à fa rencontre : iorfqu’il
parut devant Pomp; e , il 'dépofa la tiare à les
pieds, & s'y proifetna lui-même.
Piufieurs ouvrages modernes nous font voir
combien peu on a été attentif à Tobrervation du
coftame far ce: objet. Entre plufieurs exemples.
E M P
j] fufSra d’en rapporter un feul : c^efl: un bas-
reiief qui a été exécuté dans ce fiècle , à Rome ^
pour la fontaine de Trévi ^ & qui repréfente
l'architeéie offrant le plan de cet aqueduc à
Marcus Agrippa. Le feuipteur moderne j non
content d^avoir donné une longue barbe à cet
iliuftre romain , contre la vérité des médailles &
des marbres ^ a placé rarcHiteéte ancien avec un
genou en terre.
Les empereurs ^ fous ce nom impofant , qui ,
dans fon origine , ne fîgnifioir qu'un général,
s'étant rendus maîtres de la république , reunirent
dans leurs perfonnes toutes les charges les plus
conlîderabîes de I état, & toutes les prééminences
affectées aux différentes dignités : ils portèrent
la chlamyde couleur de pourpre, qui, fuivant
Eutrope 5 ( Irb. p. ) défignoiî l’empire j d’autres
veulent cependant qu’elle ait été donnée aufli aux
généraux, h’empereur feul avoir les faifeeaux,
qu'on portoit devant lui entourés de lauriers
( Herodien , liv. j. ) 8c lui feul avoir ( Ti/Ie-
mont^ hifi. des emp. tom. III. part. I. foi 180.)
dans fa chambre une petite ftatue de la viéloire,
en or. Muratori (^annali dltalia , tom. I. foi 594.)
dit que c'étoit une liatue de la fortune. Héro-
dien nous apprend encore , qu'on portoit du feu
devant les empereurs & les impératrices ( Hérod.
liv. I. Liv. 2. liv. 7. ); dfffinéiion que l'on ne
trouve point fur les monumehs.
Com.me les autres citoyens , les empereurs
n’employèrent pour leurs habits que la laine , le
coton, ^ le lin, & plus tard cette efpèce de foie
dont Pline fait mention. La véritable foie étoit
fî rare & n chère du temps même des empe-
reurs ^ que Marc-Aurèle ne voulut pas garder, & •
fit vendre publiquement un habillement fabriqué
de cette matière. Auréiien ne voulut point que
fa fenme achetât au poids de i'or, un habit de
foie. Eiagabale fut le premier des qu'on
Vit paroître en public, revêtu d'un habillement
tiffu^de foie, fans mélange. Ce ne fut que fous
le règne de Julhnien qu'on commença à cultiver
les vers à feie en Italie, ou, pour mieux dire ,
en Europe.
^ Dès la fin de la république , les habiîiemens
oes citovens romains & de leurs chefs, avoænt
aeja . bemcoup perdu de leur fîmpliciié. Ün fiècie
çpies , Caliguia afrecta de ne porter aucun ha-
m!,ement de_ fo ancêtres, m civil, ni militaire.
le Yoyoït foutent vêtu d’une pœnvla de pour-
pre ornée ^'de pierres précieufes 5 ü portoit auffi
ces hapits a manches., des habits de foie , ou
A femme , & des bracelets.
<->0 erost cnoque de voir Néron ( Suetonias )
couvert d'une chlamyde à étoiles d'or, cu'i!
portoit fur une tunique de pourpre. Qu'auroit-
on c't alors du iafts de Dioclétien , qui porta
E M P
517
des perles jufques fur la chaulTure ( Eutroph ^
-lib.^ 9- ) j qui exigea, comme les rois de Perfe,
qu on fe profternàt devant lui ? On blâma ouver-
tement Conlîantin , d’avoir ajouté des perles à
I habit impérial : auffi ces ornemens étrangers
ne manquèrent pas d'altérer les formes. On vit
ces habiîiemens , fi nobles & fi élégans dans leur
première limpücité, prendre un air bifarre Scune
roideur, qui les rendirent bientôt méconnoilîable.s.
V'^oyez les médailles des empereurs de Conftanti-
nople. Plufieurs auteurs ont prétendu que Conftan-
tin, le premier , a toujours porté le diadème j il
eft au moins certain qu'il en changea la forme,
en y ajoutant des bandes qui croifent fur la
tête.
_ En un mot, les bons avant Dioclé-
tien, n eurent dans leurs habületnens civils ou
militaires , d’autre dilîinétion que la couleur de
pourpre ; & le nombre & la forme en étoienc
les mêmes que pour ceux des citoyens aifés. Iis
ne portoient dans Rome que la tunique avec
la toge ^ 8c ils ne prenoient l'habit m.ilitaire ,
c eft-a-dire , la cuiraiTe fur la tunique, les bot-
tines ouvertes, le paludamentum ^ le cafque, le
boucher, la lance, &c., que hors des murs de
Rome. Céfar étoit revêtu de la toge , lorfqu'il
fut afîafline dans le fénat. Aiigulîe portoit une
epee cachee fous fa toge le jour qu'il régla
la réforme des fénateurs. Sévère s'étant préfenré
aux portes de Rome , en habit m.ilitaire, fuivî
de toutes fes troupes , defeendit de cheval , &
s’étant revêtu de la toge, il entra dans la villa
en habit civil.
Les généraux & les empereurs font communé-
ment reprefentes armes comme les grecs , ayant
le paludamentum pour manteau.
Empereurs. Les noms de roi & ài empereur
ont été employés, l'un pour l'autre, dans le moyen
âge. On a desunonumens fur lefquels Dioclé-
tien , Conftantin & Charlemagne étant empereurs^
ne portent que îe titre de rois. On a donné fou-
yent^ le. titre d’augufte ou ^empereur à Clovis ,
à Pépin , plufieurs autres rois de la fécondé
race , & même ce la troifième. Dans une charte
de Eecton, évêque de Langres , datée de la 25 ‘•
année du règne de Charlemagne , c'eft-à-diie ,
de l'an 791 , ce monarque eft appelle empereur.
Or, on fait qu’il ne parvint à la dignité impé-
riale que huit ou neuf ans après-
EmpePvEurs ( mecatiles des ). Veye:^ Impé-
riales.
EMPIRES. Ciî ccnnoirdansi'hiiloire ancienne
Quatre granues monarchies, eu quatre grands
empires J cenn des ’oa’oylor.iens, chaldéens & a-ffi-
rrens j celui des medes ou des perfes 5 ïempi's
J, s EMP
des çrecs , qui commence & finit a Alexandre ,
puifc^u'à la mort fes conquêtes furent divifees
entre fes capitaines , & celui des romains. Les
deux premiers ifont fubfifte que dans 1 Unent }
le troiûême en Oncnc Sc partie en ^Occiücnt >
l’erTjp/re romain dans prefque tout 1 Occident ,
connu pour lors, une partie de TOrient, &
dans quelques cantons de TAfrique.
des aflyriens, depuis Ninus, fils de
Bélus, qui le fonda l’an du monde 1757 J félon
le calcul d'UifériuSj a fubfîfté jufqua Sardana-
pale, leur dernier roi, en 52f7 , & a par confé-
quent duré plus de cinq cents vingt ans.
U empire des mèdes , commence 'par Arbace
i’an du monde ? 2 ^7 , efi réuni , fous Cyrus , ^vec
celui des babyloniens & des perfes, l’an 3408.
Ceft à cette époque que commence proprement
Y empire des perfeSj qui finit deux cents foixante
ans après, à la mort de Darius Codomanj ian
du monde 3674-
empire des grecs , à ne le prendre que pour
la durée du règne d’Alexandre, commença Tan
du monde 3674, & finit a la mort de ce con-
quérant, arrivée en 3681. Si par empire des grecs
on entend non-feulement la monarchie d’Alexan-
dre, mais encore celle des grands états que fes
fucceffeurs formèrent des^ débris de fon empire ,
tels que les royaumes d’Égypte , de Syrie , de
Macédoine , de Thrace & de Bithynie , il faut
dire que Y empire des grecs s’eft éteint fucceffîve-
ment & par parties; le royaume de Syrie. ayant
fini l’an du monde 3939; celui de Bithynie onze
ans plutôt, en 5928; celui de Macédoine, en
3836; & celui d’Égypte, qui fe foutint le plus
long-temps de tous , ayant fini fous Cléopâtre , l’an
du monde 3974 : ce qui donneront précifément
trois cents ans 'de durée à Yempire des grecs ,
à commencer depuis Alexandre jufqu’à la deftruc-
tion du royaume d’Égypte , fondé par fes fuc-
ceffeurs.
L’empire romain commence à Jules- Céfar ,
lorfque vidorieux de tous fes ennemis , il eft re-
connu dans Rome didateur perpétue! l’an 708 de
■la fondation de cette ville , quarante - huit ans
avant Jéfus-Chrift, & du monde l’an 3950. Le
liège de Yempire eft tranfporté à Byfance par
Confiantin , l’an 3 34 de Jéfus-Chrift , onze cents
quatre-vingt-dix ans après la fondation de Rome.
L’Occident & l’Orient fe trouvent toujours
réunis fous le titre iY empire romain^ & fous un
feul ou deux princes , jufqu à ce que , fous le règne
de Conftantin & d’Irène , les romains proclament
Charlemagne empereur , vers l’an 800 de Jéfus-
Chrift. Depuis cette époque l’Orient & l’Occi-
dent ont formé deux rmprrMféparés; celui d’Orient,
gouverné par les empereurs grecs, a commencé '
E M P
en Sot de Jéfus-Chrift ; & après s’être affciblî
par degrés , il a fini dans la perfonne de Conftantin-
Paléologue, l’an 14^5.
EMPLOCIES , fêtes d’Athènes , pendant lef-
quelles les femmes paroiffoient avec leurs cheveux
treffés : ce que lignifie emplocîes , ifiTrx'oxict ^ trelTe
de cheveux.
EMPORIÆ, en Efpagne, EMnopiTiîN,
EMHOF.
Les. médailles autonomes de cette ville fonts
C- en argent.
C. en bronze.
O. en or.
Leur tj^pe ordinaire eft Pégafe volant-
Emporiæ , en Sicile, emiiop.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RRR. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
EMPORITJM, c’étoit à Rome un lieu oé
s’affembloient des marchands de mie! , de fruits
& d’autres pareilles denrées. Il y en avoit un
dans la troifième région près de la Métafudante
il tenoit tous les neuf jours. Il y en avoir un autre
hors de la porte 2 rigemina , près du campus na-
valis ; les bateaux y abordoient : il étoit fitue
dans la treizième région , pavé & entouré de pa-
lilTades. Ce fut Aurélien qui Penferma dans Rome,
lorfqu’il en étendit l’enceinte.
A Athènes, les emporii curât ores., ou épimitetes
du marché , étoient chargés de veiller à ce qu’on
ne diftribuât aucune mauvaife denrée dans les
marchés; à ce qu’on y vendît à bon poids & à
bonne mefure , & à ce qu’aucun particulier n’en-
leyât plus de vin & de blé qu’il ne lui en faüoit
pour fa confommation dom.eftique : ce qui reltoit
étoit acheté par l’état, porté dans des magaüns,
& donné aux pauvres à un prix modéré.
EMPOUSE, F'oyei Empuse.
EMPREINTE. On tire des empreintes des mé-
dailles, des monnoies , de cachets, des pierres
gravées , c’eft-à-dire, on en prend artiftement la
repréfentati&n fembîabîe à l’original , çar le moyen
d’un corps mou. Comme d’un côte on ny
fauroit réuflir fins en favoir la manœuvre Sc
que de l’autre il eft auffi utile que fatisrauant
pour un vrai curieux d'avoir en fa pofTefTion le
plus grand nombre qu'il eft poffible Semprdntts
urées fur les plus belles pierres gravées & les
autres ouvrages de l'art, on fera bien aile de ià-
voir la manière de les faire. Nous allons 1 ap-
prendre aux lefteurs d'après Mariette.
Cette pratique n'a rien de difEcile dans les gra-
vures en'creux; toute perfonne, pour çeu quelle
ait d'adrelfe , en eil capable ; les matières qu'on
emploie le plus ordinairement pour cette opéra-
ration font la cire d'Efpagne, le foufre & le
plâtre.
La pre.mière a cet avantage , que les empreintes
fe font fur le champ fans beaucoup de préparation,
& que la matière encore liquide s'infinuant exacte-
ment dans toutes les cavités de la gravure , le
relief qui fort eft prefque toujours très-complet
& très-net j il s'agit feulement d’avoir de la
meilleure cire de graveur.
Au lieu de cartes à jouer , il faut fe fervir
d’une limple feuille de papier bien uni , pour y
appliquer la cire ; mais pour le faire avec foin
& avec propreté , on aura une aftiette d’argerjt ,
qu'on mettra fur un réchaud rempli de feu ; &
lorfqu'elle fera fufEfamment échauffée , l’on y po-
fera dans le fond un morceau de papier bien
feCj fur lequel on répandra la cire qu’on aura
fait fondre en Fexpofant au feu , & non en la
préfenrant à la flamme d'une bougie ; on évite
par ce moyen que la fumée ne s'attache , comme
il eft ordinaire , au bâton de cire & n'en altère
la couleur. On tiendra pendant quelque temps la
cire en fufion , on la remuera ; & quand on verra
qu'elle eft bien unie & bien liée , on y imprimera
le cachet , & il eft comme indubitable qu'il en
fortira une bonne empreintre.
Mais commetouces les précautions n’empêchent
point la cire d’être une matière caftante, qui
fe fend aifément , Mariette étoit d’avrs qu'on
renonçât aux empreintes de cette efpèce , à moins
qu'une néceftité n'y obligeât 5 c'eft-a dire , qu’il
n'y eût aucune efpérance de retrouver i’occafion
de cirer autrement l'empreinte d'une belle pierre
gravée qui fe préfente , de qu’il fallût abfoiument
le faire fur le champ. ■
On trouv'e encore un autre défaut aux empreintes
en cire d'Eipagne ; elles ont un luifant qui ne
permet pas de jouir de la gravure , & ôte le repos
qui doit y régner ; c'eft pourquoi les connoifteurs
préfèrent les empreintes qui fe font avec le plâtre :
Ja difticulté eft de trouver du plâtre affez fin ,
Sc peut-être vaudroit-il mieux prendre des mor-
ceaux de talc ( gypfe fin , ainfi nommé par les ou-
vriers ) , les faire calciner foi-même dans un feu
ardent , & quand ils feroient refroidis , les broyer
dans un mortier en poudre le plus fin qu'il feroit
poflibîe. Enfuite on palfera piufieurs fois cette
pouffière au tamis, & on l'emploiera comme on
fait le plâtre , en la coulant un peu claire fur la
furface de la pierre gravée , qu'on a eu la pré-
caution d’entourer d'une carte ou d’une petite
lame de plomb , pour contenir le plâtre & em-
pêcher qu’il ne fe répande au dehors.
Mais les ew.premtes qui Te font au foufre mé-
ritent encore la préférence , parce qu'il eft plus-
aifé d'y réufllr , & que la diverlîté des cou'eurs
qu'on leur peut donner, en rend î’afpeél plus agréa-
ble. Voici comme il faut y procéder.
On fera fondre dans une cuillère de fer , fur
un feu modéré , autant de foufre qu’on aura
deffein d’en employer , & îorfque ce foufre fera
liquéfié, on le jettera dans la couleur dont on
le voudra colorier. Sur u.ne once de foufre, on
ne peut mettre moins d'une demi-once de cou-
leur , autrement les foufres feroient trop pâles.
Lecinnabreou le vermillon, la terre verte, Tochre
jaune, le mafticet, ainfi que le noir de fumée,
font de toutes les couleurs celles qui s’incorporenc
le mieux avec le foufre ; mais fi la jonéfion de
ce dernier minéral fe faifoit moins difficilement
avec la mine de plomb pulvérifée très fin , ce
feroit une des teintes les plus flateufes à la vue.
Celle que donne le vermillon eft aufli fort bon.ne j
& quand on veut qu’il ait plus de brillant , on
frotte à fec avec un pinceau & un peu de carmin'
la furface de- l’empreinte.
La couleur jettée dans le foufre, on aura. at-
tention de tenir la cuillère dans une agitation con-
tinuelle, tant afin que le foufre ne s'attache point'
à la cuillère & ne fe brûle point , que pour fa-_
cilicer l'incorporation de la couleur. Pendant
ce temps-là, il fe forme fur la furface du foufre
une efpèce de craiTe ou d'écume, qu’il en faut
réparer & enlever avec une fpatule ou le tran-
chant d'un couteau. Au bout d'un demi-quart-^'
d'heure, la cuillère étant toujours reftée fur le'
feu, pour empêcher le foufre de figer, on verfe
le foufre par inclinaifon , ou fur une feuiile de
papier huilée , ou fur une feuille de fer-blanc
bien placée , & on l'y laine refroidir : le foufre
en fort ayant la forme d'un gâteau. Cette pre-
mière préparation eft pour le colorier & le pu-
rifier de fes ordures les plus groflières.
Veut-on faire empreintes , on coupe un
morceau de ce gâteau de foufre , on le fait fondre
une faconde fois dans la cuillère de fer, toujours
fur un feu modéré ; on la remue pour l'empê-
cher de brûler; on 'en enlève encore la crafte ,
en cas qu'il en paroift'e , & l'on en verfe dou-
cement fur la pierre gravée, qu'on a préparée pour
recevoir ce foufre liquéfié. On l’a enveloppée.
s 20 E M ?
Cl! plutôt on Ta environnée d/un morceau as carte
fine ou d'un papier tort , qui étant alFujerti avec
un fi! de laiton , Sc repüé tous la pierre , de façon
que le foufre ne puùTe échapper par aucune
ouverture J prend ia figure d'un petit godet : ou
bien l'on y met autour une petite lame de plomb
mince , qui embratTe exactement ia pierre. Ces
difrerens moyens réuÆiTent également^ on choi-
lîra ceiui qui conviendra le mieux.
A peine le foufre aura-t-il été verfé dans cette
efpèce de petit moule , qu'il commencera à fe
figer; mais fans lui en donner le temps , & lerf-
qu'on jugera qu'il fe fera déjà formé fur ia fur-
face de la pierre une légère couche de foufre
figé. Gui, -comme une peau, s'y fera étendu &
Lt couvrira toute entière , on furvidera prompte-
ment dans ia cuillère le foufre encore liquide ,
pour le verfer tout de fuite & en remplir le même
moule, jufqu'à ce qu’ii y en ait affez pour don-
ner du corps à ï empreinte. C'eft ainfi qu'on évite
les fouffiures.
^ Quelque temps après le foufre étant figé, on
rètera de defius la pierre gravée , qui s'en dé-
tachera aifément & fans la moindre' effort; &
il ne faut point douter, fi l'on a ufé de toutes
les précautions qu'on vient d'indiquer, que Vem-
preinte ne fok exaéie & parfaite ; mais pour peu
qu'elle manque en quelqu'endroit , on ne doit pas
balancer d’en recommencer une fécondé ; le même ■
foufre fervira , & l’opération n’efi ni afléz coû-
teufe , ni aiTez fatiguante pour craindre de la
répéter.
Telles font les différentes pratiques qu'il faut
obferver toutes les fois qu'on fera des empreintes
pec les pierres gravées en creux ; & rien comme
l’on voit n'eft plus fimple. Il n'en eft pas de même
des gravures en relief, dont on voudra pareille-
ment avoir des empreintes ; celles-ci exigent une
double opération , car ia première empreinte on
en feroit ne donneroit qu’un creux, & il s’agit
d'avoir un relief femblable à l'original.
Il faut donc commencer par mouler le relief,
& en tirer un creux qui fervira à faire V empreinte
de relief ; & c'eft ce qui eft prefque toujours
accompagné de grandes difficultés , & qui devient
même impraticable dans certains cas. Si le relief
eft.plat ou de très-baffe taille , le moule fe fera ai-
fément avec du plâtre fin ; mais pour peu que
les objets aient de la faillie, & qu'il y ait des
parties éminentes , travaillées & fouillées en-
deffous , ce qui ne peut guère rnanquer de fe ren-
contrer dans un relief, le plâtre dont on fe fert
pour faire le moule fe loge dans les cavités ; &
quant on veut le féparer de la pierre gravée, -non-
içukment il ^en reire dans ces petits creux où il
Sifto-.t inunue, mais ces arrachemens en sntrauieut -
E M P
louvent d'autres plus confidérabies encore • Je
moule demeure imparrait & ne peut point .Servir.
Après avoir fakplufieurs tentatives, l'on n'a
rien trouvé de mieux pour faire ces moules que
la mie de pain Sc la colle forte. Voici la mamere
de procéder.
Il faut avoir de la mie de pain très-tendre ,
■ d'un pain _ qui foit peu cuit, ce qu'on appelle
du pain cuit gras. On la prend entre fes doigts,
on^la manie & remanie à plufieurs reprifesj juf-
qu à ce qu'elle commence à devenir pàteufe : on
y mele alors tant foit peu de vermillon ou de
carmin : on ia repétrit encore j & quand on
eft parvenu à ia rendre bien molle & bien
fouple , on y imprime le relief, qu'on retire
fur le champ, & le moule fe trouve fait &
affez bien formé ; car cette pâte a une efpèce
de reffo'rt naturel , qui fait qu'eSle fe prête fans
fe déchirer ; & comme' elle embraffe affez exac-
tement un relief dans toutes fes parties , elle s'en
iépare aufli fans former aucune réuftance.
Si en fe détachant de la gravure quelques por-
tions de la pâte qui étoient entrées dans des ca-
vités ont^eté obligées de céder à des parties fail-
iantes ^qu'elles ont rencontrées dans leur chemin
& de s écarter , elles ont bientôt repris leur place.
En peu de temps cette pâte fe durcit , & elle
acquiert affez de confiftance pour devenir un
rnoule capable de recevoir le plâtre ou le foufre
liquide qu'on y veut couler ; mais elle a un dé-
faut effentiel , quelque bien .pétrie qu'elle foit,
elle ne s inlîüue jamais affez parfaitement dans .
tous les petits traits de la gravure , elle demeure
toujours grade & pâteufe ; de forte que les reliefs
qui fortent de ces fortes de moules , n’ont aucune
'fineffe, & font privés de tous ces détails qui
donnent i’ame & i'efprit à un ouvrage.
C’eft eequi a fait imaginera un curieux, homme-
adroit , d'employer plutôt la colle forte. Il eft
un inftant ou fortant d'être mife en fufion , elle
a la rneme foiipieffe , le même reffort que ia mie
de pain réduite en pâte ; & rendue à fon premier
^ même dureté que celle-ci étant
féchée.^ Ce cürieux ayant fait fondre de la colle
forte dont fe fervent les ménuiCers , la verfe
encore toute chaude fur le relief qu'il veut mou-
ler , en ufant des mêmes précautions qu'on prend
pour les empreintes 'de foufre ; & quand la colle
entièrement prife, eft encore molle , il retire
légèrement fa gravure , qui refte imprimée dans
ia maffe ae la colle. Celle-ci fe durcit prompte-
menu, & produit un moule auffi net & aufli exaél
qii il eft pofllble , dans lequel on peut couler du
plâtre ou du foufre, & l'oa en tire un relief'
affez jufte.
Mais
E M P
Mais f- !s trop de failire d^une gravure a rendu
l’opérarion du moule difficiie , les empreintes qu'on
doit faire dans ce même moule , rencontreront
encore plus d'obftacles, & il ne faut pas même
efpérerqu elles féuffilTent jamais. Quelques moyens
qu'on emploie , il y aura toujours quelque par-
tie du relief qui ne pouvant fe dépouiller , reliera
dans le creux du moule. Il faut renoncer à faire
des empreintes de ees fortes de gravures trop faii-
lantes & trop e'vidées.
E N C
52t
EMPÜSE. C'étoit un fpedtre horrible que la
terrible Hécate faifoic voir aux infortunés. Ce
pbantôme changeoft à tout moment de forme.
L'un de fes pieds étoit d'airain, & l'autre étoit
celui d'un âne , d’où lui tinrent les furnoms
ovoxba? & dyss-xeAiî, c’eif-à-d:re , qui à la jambe
d un âne. Le' portrait qu'en fait AiiftophanCj,
dans les grenouilles ( aci. I, fc. 4. ) eil fort plai-
fant. La manière de conjurer ce fpectre, étoit
de lui dire des injures.
Les empreintes faites, on en abat les balèvres ;
on les logne^ on les bme 5 on leur donne une
forme régulière. Pour dernière façon, on les en-
vironne de petits morceaux de carton doré fur
îa tranche , où elles fe trouvent renfermées comme
dans une bordure, & qui, outre cette propreté
qu ils y mettent , leur fervent encore de rempart
contre le choc , & les rendent plus durables. Si
I on a beaucoup de ces empreintes , on leur donne
un ordre ; & pour les pouvoir conlidérer com-
modenaent, on les colle fur des cartons ou fur
des planches , qui , comme autant de layettes ,
fe rangent dans une petite armoire, ainll qu'il
eil d’ufage pour les médailles.
Suidas , Hefychius , Euftathe ( Oiyjf. A. ) ,
Denys Périégète ( v. 724. ) en parlent auffi.Ce
monftre prétendu , dont on ne croyoiî ordinai-
rsment voir que la partie fupérieure , & rarement
les pieds , ou le pied unique , fit naître le pro-
verbe, changeant comme Empufe.
_ EN eft fouvent mis pour IN dans les inferip-
tions latines les plus anciennes. On lit fur la
colonne roftrale au capitole : en Siceliad. &
ENQUE EODEM MACESTRATOD pour in Sidlia ,
&c. Dans le calendrier delà bibliothèque Farnèfe ,
qui eft gravé fur du marbre , on lit à côté de
certains jours EN pour /iV, abrégé de istercifos
dies.
Il eft encore une autre façon de faire des em-
preintes des pierres gravées ; mais qui ne pou-
vant pas être de longue dure'e, n'eft que pour
le moment où l'on eft bien aife de juger du tra-
vail d'une gravure en creux. Ce font les emprein-
qui fc font avec la cire molle. L'on ne voit
guère de curieux qui ne veuille avoir à la main
de quoi faire de ces empreintes , &qui ne porte
pour cela de la cire fur lui. On en fait remplir
de petites boctes qui fe ferment à vfs, & aux-
quelles on donne a.ftez volontiers la fieure d'un
petit ^ceut. La compoficion de cette cire eft par-
ticulière , & l'on nous faura même gré d’en
donner ici la recette de Mariette.
Sur une once de cire vierge qu'on a fait fondre
doucement dans un vaiffeaa de terre verniffé ,
fans la trop échauffer , & dans laquelle on a mis
un gros de fucre candi broyé très - fin , . qui
en accélère la fufion, on jette ( la cire e'tant
tout à fait liquide ) une demi-once de noir de
fumée qu’on aura fait recuire pour achever de
le dégraiffer , & une goutte de térébentine ; on
remue le tout , fe fervant d’une fpatule , jufqu’à
ce que toutes les drogues foient parfaitement in-
corporées j & apres 1 avoir tenue un peu fur le
feu, pn retire la cire, onlalaiffe refroidir, &on
en fait un pain.
Pour ce qui eft des pâtes ou empreintes de
verre , qui imitent parfaitement les pierres fines,
& qui moulées deffus , en font des copies fideües ;
Vqyeç Pate.
Antiquités , Tome II,
ENCADDIRES , prêtres des carthaginois ,
confacrés au culte des dieux Abaddires. Toye^
Abaddir,.
ENCAUSTIQUE ( peinture ). Voyei le
diélion. de Peinture ,& l'article Cire punique
dans celui-ci.
ENCAUSTUM ^ encre pourpre dont fe fer-
voient les empereurs grecs pour leurs fignatures ,
& dont l'empereur Léon ( /. 6. C. ) défendit
l'ufage à toute autre perfonne. Uqyej Encre.
ENCELADE , un des plus redoutables géans
qui firent la guerre à Jupiter, fils de Titan &
de la terre , voyant les dieux viélorieux , il pre-
noit la fuite lorfque Minerve l'arrêta en lui op-
pofanr i'ifle de Sicile , & Jupiter le couvrit du
mont Etna. C’eft - là qu'accablé fous le poids
énorme de cette montagne , & à demi-brulé de
la foudre , il s'eft ouvert un foapirail : c'eft lui
dont i'haleineembrâfée exhale les feux du volcan i
lorfqu'il effaie de fe retourner, il fait. /trembler
la Sicile , & une épailTe fumée obfcurcit l'air,
d'alentour. Nojeq_ Géans.
ENCENIES , fête qu'on célébroit à la dédi-
cace de chaque temple , àîa reconflruélion d'une
maifon , enfin quand on commençait quelque entre-
prise , comme le dit Suidas.
ENCENS. Pline ( XIII. i. ) affûte quel'f^-
cens u'a été admis par les grecs, dans les facrifices,
V YV
E N G
522 E N G
que depuis la guerre de Troye; & que Ton
employoic encore , à cette époque , les arbres
& arbriffeaax odcians^ pour donner un goût
agréable à .'a fumée des victimes que Ton brûloir,
ou aux fumigations religieufes. Les grecs , tou-
jours avides de merveilles , difoient que cet ufage
datoit du moment où un jeune homme très-
pieux , appelle hlbar^us , avoir été métamorphofé
dans Tarbre d’où diflÜle X encens. Cette fable avo it
pour fondement le nom grec de X encens ^ Ailavus.
Encens (coffret à ).F'cyei Acerra.
Le grain d'encens que i’on jettoit dans le feu
facré , e'toit rond : Pline le dit . en terme exprès
Çhifi. nat. lib. XII. c. 14. ) en pariant de Parbre
qiii porte Xencens : guod ex eo rotanihate gutt&
pependit mircXum vocamus ; & il ajoute que cette
cfpèce à' encens étoit confacrée à la religion , reli-
giopJ tributum , ne fexuS aller ufurparetur ; on le
tenoit avec deux ou trois doigts. Laélance ( V.
19. ) dit : tkura tribus digitis ccrnprekenfa in focam
jaâare; & S. Jérôme écrit dans fon épître à
Idéliodore : non efl in co tantiim Jervitns idoii ^
(i quis duobus digitiilis tkuriz comprelfa in bufium ars,
jaciaî. Telle eit précifément rattitude exprimée
dans le monument que préiente le rP. i. de la
pî. 6(>. du IV. vol. des recueils d’anriquft. du
C. de Caylus. Le volume ouïe rouleau que cette
figure tient dans fa main, n’eft peut- être que l’en-
veloppe qui renfermoit Xencens avant le facrifice.
Juvenal parle de Xencens , & de Ion enveloppe ,
dans ce vers, où il dit: {fat, Xîîl. v. iij.)
uiut cur
In carbone tuo charta pia tkure foluta
Ponimus ? .
Ce que Rutgers ( Xar. Cric. l. V. c, q. ) prend ,
fans vraifemblance , pour un rouleau , fur lequel
étoient écrits les vœux que l’on adreffoit au dieu
dans le facrifice.
ENCHANTEMENS.^ Charmes ,
Hécate , & tomes les efpèces de Divination.
ENGLYSEÜS. Muratori ( Tbef 1048. 5. )
rapporte une infcription fur laqu.elle Enclyjeas ell
appelle le dieu particulier de Gaza en Paleftine.
C’eft ]-a- feule fois qu’il en eil fait mention dans
l’antiquité.
ENCOMBOMA, \ .
EFROîAEGMA, | pctit mantcau olanc quc
portoient les efclaves grecs par-deffus leur tu-
nique ( Pollux ) comme habit de deifus ; il étoit
commun aux efclaves des deux faxes : de là vient
k fynonimfê des taotS f)x.ou.g,ck-a(Arits &
EFKfl.MIOrFACOC EÏC TON ATTOKPATOPA,
ENCOMIOGRAPHUS imperatoris. Muratcri
( Tkef. 6jo. I . ) rapporte une infcnption grecque ,
trouvée à Thèbes en Eéotie , fur laqueile on lit
ce furnom donné à un thébain , appeiié Zofme.
ENCRE. ïXencre des anciens n’étoit pas fî
fluide que la notre; il n’y entroit^pas devitno!.
C’eil ce que que i’on peut juger à i''ortici , par la
couleur des lettres qui font encore plus noires
que les manufcrits, quoique ceux-ci foient prefque
convertis en charbon. Cette couleur en facilite
beaucoup la lecture ; car , 11 on eût employé de
X encre faite avec du vitriol , elle aurolt changé
de couleur , fur-tout ayant été expofée à la cha-
leur du feu, & elle feroir devenue jaune comme
X encre de tous les vieux manufcrits écrits fur du
parchemin. De plus , une encre de cette qualité
auroit corrodé les pellicules délicates du
comme il efl arrivé dans les manufcrits écrits
fur des peaux : car, dans le plus ancien Virgile
& le Térence , manufcrits de la bibliothèque du
Vatican, les lettres font enfoncées dans Je parche-
min ; quelques-unes même y ont fait des trous ,
. causes par l’acide corrofif du vitriol.
, Ce qui prouve que Xep.rre des manufcrits d’Her-
culanum n’a pas été fluide, c’ell la faillie des
lettres ; ce qui s’apperçoit lcrfqa’on regarde à la
lumière une feuille , & qu’on la tient horizon-
talement, toutes les lettres paroiflent en relief
fur le papier , par conféquenr cette encre reifem-
ble plutôt à celle de la Chine qu’à la notre ,
& n’eft qu’une efpèce de couleur épaiffe. A cela
fe rapporte un paffage de Démoilhène (1),
où cet orateur reproche à Efc.hine, que la pau-
vreté l’avoit réduit dans fa jeuneffe à balayer les
écoles, à elTuyer des bancs avec une éponge , &
à broyer Xencre , ( rs pAxav Tel/Sas ) J ce qui montre
que Xencre demandoit les mêmes préparations que
les couleurs des peintres , & qa’eiie n’étoit point
fluide. C’eft auffi ce que fait voir celle qu’on a
trouvée dans un encrier découvert à Hercuianum ;
elle paroît comme une huile graffe avec laqueile
on pourroit encore écrire aujourd’hui.
Un favant de Naples a dit que Xencre des an-
ciens pouvoir êtie le fuc noir du poiftbn , connu
fous le nom de s'eche ^ qui pour cela, en Italie,
s’appelle aujourd’hui calamaro. Cette liqueur étoit
nommée chez les grecs , qui , fuivant le com-
mentaire d’Héfychîus , n’étoit autre chofe qu?
le /Ks'xas tA c-zinriag, U'^noir de la fepia. Peifonns
n’ignore que cette liqueur fert de défenfe à ee
(l) Orat. srtPJ s*?- fil 4t- ‘i. fin. 4. edtt.
Aid. IJJ4.
E N C
oohTon contre d’autres grands poiffons qui le pour-
fiiivent } il lâche alors ce luc de fa veille >
ce qui rend Teau trouble & noire , & le dérobe
à la vue de fes ennemis. C’eft ainiî que le renard ^
pourfuivi par les chiens , lâche fon urine j guîj
par la force de fon odeur , détourne les crdens
de la voiej & facilite au renard le moyen de
s’échapper. Mais il ne paroît par aucun paüage ,
dit Wtnckelniann , que les anciens aient fait
uiâge de ce fuc de la seche. Nous favons cepen-
dant que les peuples feptentrisnaux préparent
ànjourd’bui leur encre avec le fuc de "la sèche
& Talun. Dans les fîècles de l’antiquité, les afri-
cains compofoienr leur encre avec la sèche & le
jus des pavots.
Aliatias dit avoir vu de Yencre compofée de
poils de chèvre brûlés 5 cette encre éroit un peu
rougeâtre , luifante , & elle s’unilfoit fi bien au
parchemin qu’on ne pouvoir l’en détacher , Se
qu’elle ne changeoit jamais de couleur.
Y'encre des anciens , dit la nouvelle Diploma-
tique 3 n’avoit de commun avec la nôtre que la
gomme Se h couleur. On l’appelioit atramentum
fcriptorium ou librarium , pour la diîiinguer de
Y atramentnm futorium ou calckantnm. Au lieu que
Yencre d’aujourd’hui efl compofée de vitriol , de
noix de galle Se de gomme j le noir de fumée ,
ou la fuie de la réfine , de la poix, des torches
Se des fourneaux, étoit la bafe de celle des an-
ciens. A la fuie on fubfh'tuoit quelquefois le tartre
ou la lie de vin , l’ivoire brûlée , les charbons
pilés. Y’ encre, dont on fe fervoit pour écrire,
quelles que fuiTent les drogues dont elle étoit
compofée, fe faifoit toujours au foleil, Sc ne
paiïbit peut-être jamais au feu. i elle étoit Y encre
du temps de Diofcoride & de Pline le naturalille.
Elle n’étoiî pas encore différente au VII. fiècle ,
comme le prouvent les origines de S. Ifidorede
Séville.
E N C
>2?
leurs celle qui s’y reproduit le plus eonltammei'.t.
L’ufage en étoit fi général dès le fiècle d'Au-
güfte, qu’on regardoit comme un figne d’une grande
afSiétion , que les titres d’un livre n’eu fùfTent
pas formés.
AVc tltalas minio nec cedrj ckarta notetar.
^ II ne s’en trouve pourtant plus où elle règne
d’un bout à l’autre. Mais dans un afTez grand
nombre , elle fcmble partager avec \encre noire
toute l’étendue des volumes. Telles étoient ces
anciennes rubriques, qui occupoient quelquefois
des pages entières : elles reviennent fans celle
dans les euchologes & les pontificaux. Cette cou-
leur n’éroit pas feulement deftinée à récriture
des titres & des lettres initiales , elle étoit en-
core placée à la marge , pour faire obferver au
lefteur , foit par des notes diverfement figurées ,
foit par de courtes remarques , les traits du texte ,
dont l’excellence , la finguiarité ou l’excès dé-
voient attirer fon attention. A la fin d’un livre ,
l’écrivain vouloit-i! énoncer fon nom , en quel
lieu , en quel temps il l’avoît écrit, pour qui &
par quel ordre il l’avoit fait , tout ce détail étok
fouvent exprimé en carnétères d’une couleur diffé-
renre_ du corps de l’ouvrage, ordinairement ea
vermillon.
Y‘ encre pourpre ell: beaucoup plus rare dans
les diplômes que dans les manufcrits. Jamais on
n’a -vu des chartes totalement écrites d’une autre
encre^ que la noire. Cependant Hgumann dit ,
d’après Baldus, que ce Jurifconfulte avoit vu un
certain privilège entièrement écrit .avec de Yencre
pourpre, mais peint avec tant d’art, qii’!l pa-
roiflbit tantôt rouge , tantôt noir , tantôt de cou-
leur d’or , fuivant que fes différentes pofitions
faifoient réfléchir la lumière. Cette merveille eft
commune à tous les manufcrits & diplômes de
vélin pourpré.
Le noir eft tellement la couleur de Yencre,
qu’on ne conçoit pas communément que ces
deux idées puiifent être féparées. Cependant y
il y a eu & il y a encore des encres ronges ,
bleues , vertes & même jaunes. Les unes & les
autres , à la dernière près, furent employées plus
fréquemment par les écrivains des manufcrits que
celles d’or & d’argent. Iis en formoient les titres
& les premjères lettres des livres , des chapitres,
des paragraphes. Malgré la diverfîté des drogues
& le plus ou le moins de vivacité des différens
rouges, rien de plus ordinaire aux auteurs du
moyen âge que de confondre leurs noms , &
fur-tout ceux de cinabre St de pourpre. Le ver-
millon minium , avec lequel on écrivoit les titres
des livres , étoit d’un rouge incomparablement
plus éclatant que celui dont on teignoit les feuilles
de certains manufcnts. C’eft de toutes les cou-
Y’encre rouge parut élevée au deiTus de toutes
les autres par le choix qu’en firent les empereurs
d’Orîent, pour foufcrire les lettres, aéfes, di-
plômes, dreffe's en leur nom, ou émanés de
eur autorité. Elle étoit d’abord compofée du fang
de la pourpre , coquillage dont on peut v’oir une
defcription fort étendue dans Pline le naturalifte.
C’eft avec la pourpre cuite au feu & avec fes
écailles réduites en poudre qu’on faifoit cette
encre facrée ,fccrum encauftum , qu’il étoit défendu,
fous peine de la vie, d’avoir, de rechercher eu
de tâcher d’obtenir des ofSeiers qui en avoient
la garde. Agir autrement , c’étoit fe rendre fuf-
peà d’afpirer à la tyrannie , s’expofer à la perte
de tous fes biens & même au dernier fupplice.
D’un autre côté, la loi qui impofoit des peines
fi rigoureufes ne permettoit pas de reconnoître
pour raferits impériaux ceux où la fignarare du
V v V ij
S2-i E N C
prince J en forme d^’allocution , ne feroitpas faite
ou enluminée avec V encre pourpre. Les foufcrip-
tions des empereurs, depuis ce refcrit de fan
470 , changèrent plufieurs fois de formules ,
jufqu'à ne pas avoir entr'elies le plus léger rap-
port de reiiemblance : mais la couleur rouge s'y
Icutint aulfi long-temps que dura rempire des
grecs.
On ne fait point au julle quand les empereurs
commencèrent à ligner de la forte. Si l'on pou-
voit s'en rapporter à Conftanrin Manafsès , on
eroiroit que Théodore le jeune étoit dans i'ufage
de foufcrire en lettres rouges ; ce qui pourroit
fuppofer une coutume encore plus ancienne. Au
moins , la loi de Léon I. ne renferme- t-ei!e
aucune exprefflon , d’où Ton puilTe inférer Tintro-
duéiion de quelque pratique nouvelle dans les
lîgnatures impériales. Juilinien , au VU*, fiècle ,
foufcrivit en cinabre les aétes du concile , fur-
nommé in trullo. Les lettres de Léon ITfaurien,
adreffe'es à Grégoire II. auiîècle fuivant, étoient
munies, à l'ordi-naire, de fa fignature en cinabre.
Les conciles généraux des VIII. & IX'. fiècles
furent foufcrits de la même façon par les empe-
reurs. Léon-le-Grammairien rapporte que Léon-
ie-Philofophe aiuorifa , par fa fignature en cina-
bre , xmaSapsas, une perfonue qu’ii avoir
fait partir pour la Syrie. On pourroit raffembler
plufieurs autres témoignages femblabies du même
temps. Les loix & les auteurs qui ont parlé des
foufcriptions impériales , durant les X. XI. XII.
XIII. XIV. ^ XV'. fiècles, conviennent quTi-
les étoient peintes en rouge , en lettres rouges ,
en cinabre. Les diplômes exiiians des empereurs
de Conftanrinople , foit grecs , fort François ,
conllatent prefque uniformément le même ufage.
Le décret d'union , conclue entre les grecs Se
les latins au concile de Florence , fut foufcrit par
l'empereur Jean Paléologue , en lettres rouges ,
fur plufieurs exe.mplaires.
Nous ne favons ce que veut dire le P. AI-
phonfe Coftadau, lorfqu'ii s'exprime ainfi dans
fon craité des figrzes de nos penjées. ce Les mêmes
empereurs s'approprièrent une certaine liqueur
=3 d'or & d’argent , avec laquelle ils écrivoient
fur un fond de couleur de pourpre , afin que
» cette ’iiqueur eut plus d’éclat & de beauté
N'auroit-i! point confondu avec cette liqueur la
taxe que l'empereur faifoit lever fur l'indufirie
tous les cinq ans, & qui s'zppe’lok chryfjrgyre ,
c'efî-à-dire, or & argent, parce qu'apparemment
cette iiT.poâtion pouvoir être payée en argent
comme en or, au lieu que les autres ne pou-
vorent hêtre qu'en ce dernier métal ? S’il avoir
prétendu que les empereurs grecs donnoient des
drplémes e.n caractères d'or & d’argent fur un
fond de pourpre, c'dl un fa;t dont nous con-
viendïior.s fans peine. Ivîais dans ce cas , fl n'aa-
E N G
roit pas dû dire que les empereurs écrivoient
avec cette liqueur , puifqu'iis le faifoient avec la
pourpre, le vermillon ou le cinabre, & qu'on ne
trouve nulle part de fignatures faites avec une
liqueur qui foit tout à la fois d’or & d'argent.
Ce droit de ligner en cinabre , dont les empe-
reurs avoient été long-temps fi jaloux , ils com-
mencèrent au XIF. fiècle à le communiquer à
leurs proches parens , & même, félon du Gange ,
dans fes noces fur Anne Comnène 25 j. J
à leurs grands officiers. Ifaac Lange l'accorda 3
fon oncle 1 béodore Caltramonite 5 Michel l'an-
cien permit à fon fils Ardronic de jouir du même
privilège. Celui - ci fignoit donc de fa main ,
comme le rapporte Pachymère ( lib. 6. ch. 29. )
Andronic par la gra,,e ae Dieu , roi des^omains ,
Mais Michel s’étou réfervé de fouferire , avec
les rr.êmes caraétères , ie mois & l'indiclion ,
ufage particulier aux empereurs grecs des XIL
& XIIF. fiècles. C'eft ce qui mettoit alors une
diftinéîion fufnfance entr’eux bc leurs parens,
à qui ils donnoient la permifiion de ugner en
lettres rouges. '
Montfaacon demande fi le cinabre ou la cou-
leur pourpre , employée dans les fignatures des
empereurs, différoir du 'vermillon, dont les titres
des livrés manuferits , même chez les grecs ,
étoient communément décorés. I! conclut qu'il
faut une grande expérience pour diiiingner des
matières fi relTembl antes. Il ne paroît pas même
trop convaincu qu'elles fufîenr réellement di^é-
rentes. C'eft ce qui lui fait croire , ou qu’on ne
tenoit plus fi rigouieufemeRt la main à l'obfer-
vation de la loi, ou qu'elle ne s'étendoit qu'aux
fignatures des lettres & des chartes. Mais comme
avant & depuis la défenfe de l'empereur Léon-lax
Grand, les grecs n'ont jamais cefTé d'orner leurs
livres de lettres rouges , & que la loi ne per-
mettoic pas même de faire , ou de garder chez
foi, Y encre pourpre, il nous femb’e que , dans
les premiers temps, la difl'méîion ne devoit pas
être difficile. Les empereurs n'ayant pas confervé
fcrupuleufement l'ulage de la pourpre j mais s'é-
tant contentés de fouferire en lettres rouges, il
ne fut plus depuis interdit aux particuliers d'en
ufer , fi ce n'eft dans les épïtres , les aéles ou
les diplômes. Auffi Pachymère dit-il , en termes
formels, que les empereurs firent fuccéder dans
leurs fignatures ie cinabre à la pourpre.
Si la liberté de fouferire avec cette encre facrée
fut refireinte aux empereurs , ©u aux princes de
leur fang, dans toute l'étendue delà domination
des grecs, les fouverains & ies feigneurs qui. ne
leur étoient pas fournis, affectère.nt quelquefois
de s'arroger la meme prérogative. On voit des
diplômes de Charles-le-Chauve , avant & après
qu'il fut parvenu à la dignité impériale^ eu fen
tnohogramtnfi & la fignature de fon chancelier
font en rouge. Les princes & les archevêques de
Capoue , foufcrivoient auüi leurs chartes avec
le vermillon.
A régard des chartes des particuliers, il y en
eut dont les lettres initiales étoier.t rouges , ver-
tes ou bleues. D. Mabiilon n'en avoit rencontré
qu'une delà première efpèce. Celles où les autres
couleurs paroiffent, ne font pas moins rares.
Hickes , dans fa differtation épiftoiaire , fait men-
tion d'une charte , intitulée placitum , du temps
de Güîllaume-le-Conque'rant , &dont l’infcriprion
eft en lettres rouger. Il y parie encore d'un titre ,
dont deux croix font en vermiücn. L'acre rouge
& Yencre bleue fervoient prefque indifféremment
aux grecs pour les titres & les lettres initiales
de^ leurs livres. Mais la bleue n'y paroit guère
ou entremêlée avec la rouge , & queiqueiois même
alternativement. La couleur verte eft bien plus
fréquente dans les manufcrits des latins que dans
ceux des grecs. Encore y paroit-elie plus parti-
culiérement reléguée aux derniers temps. Lorfque
les empereurs de Confiantinople fe refervoient à
eux feuls la puiffance de foufcrire en cinabre ,
ayatu leur majorité , leurs tuteurs ne fignolent les
diplômes & autres expéditions qu'en encre verre.
La jaune a été peu employée dans les manufcrits
depuis éoo ânsj & par-tout où elle i'a été, elle
fe trouve fouvent prefque effacée. « On fe fert
« auffi à la Chine A’&ncre rouge j mais ce n'eft
« guère qu’aux titres & aux infcriptions des
" livres
Obfervons ici, que la diverfité de couleur ,
dans récriture des manufcrits & des chartes an-
ciennes, vient, non-feulement de la diverfité des
encres , mais encore de la difpofition du vélin ,
ou de ce que la plume aura été plus ou moins
chargée de liqueur , ou de ce que l'écrivain aura
plus ou moins appuyé fa main en écrivant j ou
enfin de ce que Yencre aura été plus ou moins
Suide.
Les bretons & les anglo-faxons n’employoient
pas few, ement Yencre dor dans leurs manufcrits,
ils faifoient éclater la même magnificence dans
leurs diplômes. Ceci regarde particuliérement les
rois anglo-faxons. Albcric en fa chronique , fait
mention d un privilège en lettres d'or , accordé
a 1 abbaye de Glafton par S. tdmond , roi d'An-
gleterre. Peu de temps après, le roi Edgar es
donna un ou 1 or ne fut pas plus éparané. Ces
roîs fe conte.nîoient neanmoins pour l'ordinaire ,
d'écrire ou de faire marquer à la tête de leurs
diplômes , ou de leurs fignatures, des croix d’or :
en quoi ils etceut fouvent imités par les nréîats
& les grands tie- leur royaume, qui foufcrivoient
aufli avec des croix en or diverfement figurées.
Quant à la compofition de notre encre, elfe
etoit inconnue aux anciens, ou du moins n'en
ufoient-ils que pour teindre en noir leurs cuirs.
Avec quelques-unes de nos encres , on n'écrit
pas commodément fur Tivoire, ce qui fe faifoit
lans peine avec celle des anciens. Ils avoient des
tab.ettes & des livres , non-feulement couverts
d ivoire , mais dont tous les feuillets étoient de
cette matière. Scaliger a été repris par Voflius ,
pour avoir nié qu'on pût écrire fur l'ivoire ,
comme s d étoit permis d'argumenter de notre
encre a ceue des anciens. On peut donc faifir des
différences pien caraéîerifées entre ces deux encres ,
quoîQu apres tout on ne laifle pas d'écrire far
i'iyoiie avec de Yencre commune, pourvu qu'elle
foit un peu forte.
Des chartes, dont on feroit remonter l’âge fort
haut , fi elles fe trouvoient écrites d'une encre
entièrement femblable à celle dent on fait main-
te.nanr ufage , pourroient pardà devèhir fufpeftes.
Mais il n'appartient qu'a des antiquaires très-
habiles & très-exercés , de porter des jugemens
fi délicats. Car , quoique bien des encres antiques
fe terniffent & s'effacent , que quelques - unes
deviennent rougeâtres , jaunâtres ou pâles , ces
defauts font rares dans les diplômes antérieurs
ap X®. fiècie. On en trouve des exemples plus
fréquens dans les manufcrits. Cependant Gafley .
qui 3 en 1734 , a puDlié le catalogue de ceux du
roi d'Angleterre attefle que les couleurs des
encres font auffi vives fur des manufcrirs de mille
ans, que fi elles avoient été appliquées depuis
un fiècie. Il infifte, à la vérité, particuliére-
ment fur les lettres en or. Mais on peut porter
le même jugement fur Yencre d’un nombre con-
fidérable d'anciens manufcrirs latins. Ceux des
grecs, en écriture courante, tire.nf fouvent un
peu fur le rouge, quand ils appartiennent au IX^'.
QU XL fiècie.
Quand les livres étoient décorés de lettres
initiales , formées de figures ce poiffons , d'oi-
feaux, de quadrupèdes, de fleurs & autres orne-
mens , l'enlumineur étoit- dilfinguç po.ur l'ordi-
nairè de l'écrivain. Dé là tant de manufcrirs ,
fur-touc depuis le XIIF- fiècie, font dépourvus
de ces lettres qui ont été iailTees en blanc.
La qualité de Yencre encore plus que le temps ,
& divers accidens auxquels les chartes & les
manufcrits font expofés, les r'endênf quelquefois
indéchiffrables. I! ne reite alors point d'antre
reffourcé , que de faire revivre les- écritures dônf
les traits échappent aux yeux lès plus, perçans.
Quand on prend' cette réfolutién fl- né ftiit ja-
mais employer des fécret's' dé'Hàfùré-'à fournir"
prétexte à la mauvaifê foi. Etfi l’rin eri veut faire
ufage , fiir-tout par rapport -à des ehofês qifi
END
peuvent être àe quelque conféquence , on coït
toujours obferver les précautions prefcrites par
ies loix. Par-là ^ non-feule;nent on fatisfait à la
probité , mais on ne court pas les rifques de voir
les actes qu"on produit ^ rejettes par la juitice ^
pour avoir été abbiés fans le concours de l’au-
torité publique. Au relie ^ les perfonnes^ fans hon-
neur & fans religion , ne doivent pas fe flatter
d'en impofer aux tribunaux. Si Ton lb:t pas
toujours les fecrets qu'on aura employés , pour
faire revivre Vencre , on s’appercevra "du moins
aifément qu'on en a employé quelqu'un. D’un
autre côté , l’on auroit tort d'interdire des fecrets
utiles J pourvu qu'on en fafle un ufage légitime,
& avec fubordination dans tout ce qui eil de la
conapétence de la juftice-
EKCYTUM ^ ( Caîo. de re ruftlca.) pâtiiTene
des romains.
« U encytum fe fait de la même manière que
les gjohi. i Voyei ce mot. ) La feule différence
coniîile à faire palfer la pâte, dont il ell com-
pofé, dans un moule creux & troué, qui lui
donne une forme élégante. On le met dans de
l'huile chaude, & on le retourne lorfqu'il eft tiède.
On le frotte d'huile , pour lui donner de la cou-
leur } & on le fert avec du miel , ou avec du vin
mêlé de miei«.
ENDÉIDE , ou Endeis , fille du centaure
Chiron & de- la iwmphe CJiarido , époufa Éa-
que , dont elle eut Pelée & i élamon ; ayant été
enfuite répudiée pour Pfammathe, une des Né-
réides , elle engagea fes enfans à tuer le fils de
fa rivale.
Éaque ayant découvert fes mauvais deffeins ,
chaffa de l'ifle d'Égine la mère & les enfans , 8c
les condamna à un exil perpétuel. Pbjej Pelée,
Telamon.
_ ENDAMATIE , air d'une forte de danfe par-
ticulière aux argiens. On n'en fait pas davantage.
ENDENTURÈS. Les fa vans Bénédidins,
auteurs de la nouvelle Diplomatique , ont confacré
le mot Cirographe ( Vcye^ ce mot dans ce Dic-
tionnaire ) pour exprimer les figures , les fymboles
& les mots tracés fur-des chartes-parties, ou
pancles, & deftinés à être coupés en deux ou
plufîeurs parties. Ils ont donné aulfi au mot en-
dentures l'acception particulière , qui défigne des
chartes - parties dont les fedions ne font point
faites en ligne- droite , mais en zig-zag, pour for-
mer des de-nts de fcie. Nous fuivrons leur exem-
ple dans cet article , qui èft le complément du
mot Cirographe, & que nous avons extrait
en entier de leur grand ouvrage.
È N D
Lss tr.dentures confervèrent les cirograpkes jaf-
ues vers le déclin du XIV. fiècle. Ce* fut pes-
ant le mê.me fiècie que les chographes alphabé-
tiques eurent !e plus de cours dans les chartes
ûf.erAAs d’élngleterre. Bientôt on y panagea par
la moitié ceux-ci : charta cyrographata , ckarta in-
dentita. Enfin indentura prit faveur , & fervit fi-é-
que-mment d'infcription diviïee. On y employa
même ks.c indentura J ou feulement une partie du
denner mot. Comme alors les endentures en lan-
gage normand & même anglais devinrent à la
mode , elles portèrent fouvent pour cirographe
endenture ou indenture , mot quelquefois précédé
du pronom démonfiratif cefl ou this j mais il ell
unguher qu’on rencontre ceft endent. fervant de
cirographe à une charte toute latine. Peut- être
avoit-on voulu d'abord la faire françoife, peuî-
etre elt-ce une méprife de l’écrivain. Mais il
n etoit pas rare de ne divifer que le commence-
ment du mot endenture ou inienture dans leschartes
écrites en normand ou en anglois.
Quand on eut une fois inventé les endentures ,
il fem’ple qu’il y avoir un excès de précaution à
les divifer encore par des lettres coupées en diffé-
rens fens & en portions inégales. Cependant ce
ne fur qu' environ au bout de deux fiècles qu'on
commença à négliger ces czrograpkes en Angle-
terre , & lurtout dans les chartes françoifes. Mais
en quelque langue qu'elles fuifent écrites , le par-
tage des lettres ou des mots étoit réellement inu-
tile. En effet, quelle nécefliré de les divifer par
le mot cyrographum ; ou quelque chofe d’équi-
valent : Rapprochées les unes des autres , elles
ne perrnettoient pas de douter qu'elles n'eiilfent
fait partie de la même feuille de parchemin. Ce-
pendant en ne laifia pas d'y marquer alTez long-
te.ms des lettres maj’ufcules , pour être partagées
à l'ordinaire. Kickes cite une endenture où le
mot ’Y'fograpkum fe trouve coupé par la moitié f
mais il avoue qu'enfin l'Angleterre fe difpenfa
d'ufer d'une précaution dont l’inutilité étoit re-
connue. C'ell ce qu'il prouve par un diplôme
d’Edouard III. , de l’an 1373. Auffi n'eft-ce que
fur le déclin du XIV. fiècle qu'on commença à
donner cours aux endentures fans interfeâion de
ettres. Mais l'ancien ufage ne laiffa pas de fe fou-
tenir long- temps après. Quoique de jour en jour
il tombât endéfuétude, il n'avoît pas totalement
celTé en 1402, même dans les chartes en langage an-
glois, où quelquefois iMen paroifioit. On ne voit
plus à préfent de lettres coupées fur les enden-
tures d'Angleterre.
Quoique la dénomination de cyrographa fut
particuliérement affedée aux chartes parties , &
tnême -aux er^dentu-es dans les premiers temps,
ejles en acmettoient encore d'autres. Mais avec
le fecours ïi-es peiipArafes, ce mot prenoit cent
END
formes différentes. Si les chartes étoisnt civifées
par des lecîres de raiphabec j on les appelloit
j-£r a^ph-dhctum. divîja 3 chü.ft& per al~
^'■.aoeîu^i aivijd- ou pürtiî& ^ charts, ce pacio per
apkabetum fcript& & 'çartitA. Si elies étaient par-
tagées par le mot cyrograpkam. , elles fe qualifioient :
char ta, per cyrograpkum interfecta , fcrîpta per cy-
rographiim divija. , paetiones per cyrographum divi-
fum roDorata ^ ckanula chirographo ai-vij& ^ chirta
in modum cyrographi, charta chirograpJiata , feripia
ckirographi^ata ^ pagina fub cyrsgrapko àivifs, ^ &c.
h)3!S bien plus rrequemmenc chirographa, ckyro-
grapha , ou piUtOt cirograpka , cyrograpka ^ 8c même
nyrographi.
Les en.ientu.res donnèrent naiflance à de nou-
veaux noms. Chez les Anglois , elles étoîent ap-
pellées chartes communes , parce que chacun des
contraétans en erriporîo.'t une part , qui renfer-
moit, comme on fait, la totalité du contenu de
la piece. Cette dénomination pouvoir également
convenir aux chartes-parties. Les endentures re-
prefentant les dents d^une feie ^ tirèrent de leur
figure des noms incommunicables à toute autre
efpece de chartes : tels étoient ceux de charta
indentata & dtindentura. Ils ne leur ont point été
appliqués après coup. Souvent , depuis le XIII.
fiecle revoia, les en.dentu.res fe Qualifient ainfî.
Rien alors de plus commun en A.ngieterre , où
elles croient & font encore ordinaires , que de
voir des chartes commencer par cès mots" ; hac
indent ur a ; ceft indenture : ikis endenture : tkis in-
denture.
END
T27
Le Viotn Ae pfallia n’eit pas aufiî eFentiellement
propre aux enâentures ; il peut convenir aux chartes-
parties, & même aux diplômes en général; ce-
pendant, il fembie plus fpécialement attribué à
ces deux efpèces de titres. On le trouve ufîté
a îsapîes en ce fens. Les normands peu-
voient avoir apporté de leur pays Fufaae de
partager les chartes d'une même teneur ; mais
pour le nom , il le trouvèrent fur les lieux. Le
gioflaire de Ducange a été enrichi de ce terme
comme de ^beaucoup d'autres, par fes derniers
éditeurs. Aiais ils n'ont pas cru devoir indiquer
I origine d'un mot qui paroît fort extraerdinafire.
II faut, ce fembie, le chercher dans ou dans
Le premier fignifie des cifeaux, dont on
fe fervoit pour couper le parchemin , & parta-
ger les originaux doubles avec les infcnptions
intermediaires , foir en lignes droites , foit en
forme de dents de feie. Le fécond vent dire un
frein : on regardoit les énderaures comme le fi-e-n
le plus puiiTant pour arréte-r les fuperchenes.On
grec a ete fore en uiage au royaume
ne ^sapies , & qu'un grand nombre de locutions
de ^ cette langue ont pafle dans celle qu'on y
pane encore aujourd'hui.
Spelman n'a point connu de chartes dentelées
cnez les anglois avant l’an I2i<?, ni George Hickes
avant leoS, ni Rymer avant ii9j , ni Madox
enfin avant l'an ii8f. L'ufage des enâentures ne
devint générai que fous Henri IIL ; mais ob ne
peut mer qu'il ne fut bien établi fous Henri II.
examinoit avec foin les archives des
egnfcs ü' Angleterre, on en découvriroit fans doute
encore de plus anciennes.
rn France , le P. Mabülon n’en avoir point
vu d anterieures a 1 an icé. Malgré ccitte date ,
qui fembie donner a nos enâentures près d'un
liècle d'antiquité fur celles des anglois , loin
ne leur envier I invention d'un ufage qui leur a
paru fi be.au ^ & fi utile , qu'ils l'ont régulière-
ment obfervé dans la plupart de leurs contrats -,
penaant cinq à fix fiècies ; il leur en fait hon-
neur & fondent qu'ils le pratiqiioient dès le
fiècle. Il avance ce fait fur un texte d'In-
guife , lequel eft fufceptibîe de deux fens ; mais
il fufEt pour prouver que les endentures avoient
cours en Angleterre dès le XL fiècle.
Speiman parle d’une charte divifée en .fept
endentures : elle avoit été donnée par Henri Vli.
roi d'Angleterre, au.fujet de fa chapelle. Cette
pièce appartenoit conféquemment au XV, ou
Xyi- fiècle. Madox en rapporte plufieurs de la
fin du règne de Fîenri VIII ; au lieu que la dernière,
qui ayoït paiTé par les mains de D. Mabillon ,
n étcit que de i an 1 344. D. Lobineau a publié
uiye charte de 1 an i39'j , laquelle fe qualifie elle*
w.etxie endenture . Le premier de ces deux favans
bénéditiins fembie confondre les chartes dentelée
avec les cv.zties parties ; & celle-ci avec les di-
plômes d'une même teneur , iorfau’il dit que l'u-
fage des cmiies paricles fut en vigueur jufqua
ce que celui des dentelées eût pris ledeffus.'
Ces dernières , & celles qui étoient partagées
en ligne droite , fe maintinrent, long-temps en-
femble. Pendant le XL & XII. fiècle , en An-
gleterre même , les chartes dentelées n’étoient pas
fi communes que celles qu'on divifoir en ligne
droite.
Les endentures écrites en deux langues font fort
rares.
L’ufage des chartes divifées s’eft mieux con-
ftrvé en ^Angleterre que chez les nations voifines.
1 bornas Madox & Ry'rner nous apprennent qu'il
a duré jufqu'à notre fiècle ; la "figure en a pour-
tant un peu change. Autrefois on les faconnoit
en forme de dents de feje , & quelquefoi's" même
on les ^decoupoit en d'autres dents plus petites ;
aujourn hui la pratique la plus commune eü de
les partager en lignes ondées & fans interfefîion
de lettres.
Les cnartvS-parties fe divifoient par le hautî
yaS END
par le bas & par ies cotés. On choiliiToit i’une
de ces manières , ou Ton en pratiquoit pluSsisrs
à la fois , feicn ie nombre des exemplaires qu^on
prétendoit rirer.
Les divifions par le haut & par les côtés font
les plus communes , celles par le bas paroiffent
un peu plus rares. La difficulté de ies ajufter avec
les iceaux a fans doute beaucoup contribué à leur
rareté. Le peu d^’ufage que les angio-faxons fai-
foient des fceaux ne mettpit point ie même obfta-
cle aux réparations par ie bas de leurs cirographes.
Audi y étoient-elles aflez communes. Quand en
France la divilion fe faifoit par le bas , on n'y re-
piioit pas ie parchemin : alors on attachoit quel-
quefois ies fceaux au haut de la pièce. U y a une
charte dans les archives de Jumièges , qui porte
deux fceaux dans fa partie fupérieuro. Elle eft
du XIF. iîècle. On trouve au même endroit une
endzntiLre dé l'an 1 28a, dont les i ettres font parta-
gées par ie bas.
Les lettres & les infcriptions^ placées à î'inter-
feétion des exemplaires de la même charte , font
en lignes horizontales ou perpendiculaires ^ dans
Fordre naturel eu renverfé. Elles font perpendi-
culaires aux chartes qui les ont à leurs côtés;
horizontales à celles qui les portent à leur marge
fupérieure ou inférieure. Lorfqu'elles font per-
pendiculaires , elles vont en montant ou en def
Cendant 3 . & leurs moitiés de caraélères fe mon-
trent au côté gauche , ou bien au côté droit ,
ou à tous les deux à la fois. Si elles font hori-
zontales, l'ordre des lettres elt naturel, pourvu
que la moitié fupérieure du cirograpke foit au
pié d'un exemplaire , & que l’inférieure fe trouve
à la tête de l'autre. Mais fi le cirograpke ou l’inf-
cription étoit en même-temps au haut de toutes
les deux , l'une des moitiés d'infcription avoit
fes- lettres dans un ordre renverfé , & de plus
elles marchaient de droite à gauche.
Le même renverfement étoit immanquable tou-
tesles fois que ie bas des deux charresfe touchoit,
au moyen du cirograpke qu'elles partageoient
cntr'elles. Il pouvoir encore avoir lieu par rapport
aux chartes , dont le haut ou le bas étoit appliqué
au côté de celles donc elles dévoient être ré-
parées.
Si les chartes , divifées par le haut , ne peu-
vent manquer de -renverfer l’ordre des lettres
d’une des moitiés de leur cirograpke, lorfqueles
deux exemplaires le partagent dans leur partie
fupérieure , celles qui font toutes les deux éga-
lement coupées par le bas , ne fauroient non plus
éviter le même accident; mais néanmoins dans
un fens contraire. La pièce qui çort&Y interfeciion
du haut des lettres , les montre dans leur fens
END
naturel; & celle qui n'a que le bas de ces lettres,
ies préfente dans un ordre renverfé.
Mais, fi de deux chartes-parties, ou derJe-
lées, l'une avoit fa moitié de cirograpke
& l'autre en bas , les lettres , dont il feroit com-
pofé , n'éprouveroient nui dérangement , ni dans
l'une , ni dans l'autre. Air, fi , la partie fiipérieiire
du cirograpke feroit toujours au bas de l’une , &
la partie inférieure au haut de l'autre de ces
pièces. Il eft au furplus affez inutile de favoir ,
fi la charte-partie , parallèle à celle qu’on a entre
les mains, porte fon cirograpke en haut, en bas,
de côté & à quel coté. On peut affurer néan-
moins qu'on trouvera rarement des chartes divi-
fées par le bas de Tune & l'autre manière que
nous venons d’expofer. En voici la raifon. Les
cirographes ne donnèrent pas long-temps exclufion
aux fceaux; & ceux qui en précédèrent l’ufage,
ne fe trouvent pas en fort grand nombre. Il étoit
aftez difficile d'unir l'appofiîion du fceau , avec
celle du cirograpke , au bas d'une charte.
Dans un temps où l’on n’appliquoit plus les
fceaux fur le parchemin , il étoit ordinaire de
le replier par le bas , pour y fufpendre plus
commodément le fceau de cire , ou de toute
autre matière. Une charte, munie de fceau &
de cirograpke par le bas, ne pouvoir admettre ce-
pii. Et fans ce pli , ie fceau couroit rifque d'être
emporté avec fon attache , fi le parchemin n'étoit
très-fort.
Les lettres majufcules qui compofoient les ciro-
graphes , étoient quelquefois d'une encre rouge ,
ou d'une autre couleur également frappante. Mais
ordinairement elles ne fe diftinguoienr de récri-
ture des pièces mêmes , que par la grandeur &
la force dé- leurs traits, ou par les ornemens
gothiques, dont elles étoient plutôt furchargéss
qu'embellies,
D. Mabillon avoit lu dans le gloffaire de
Spelman , qu’on ne partageoit pas feulement les
endentures en deux & en trois exemplaires origi-
naux , mais en fept , 8e quelquefois même juf-
qu'en onze. Il falloir donc que le texte de ces
pièces annonçât un fi grand nombre de divifions.
En effet , du feul cirograpke qu'on trouve marqué
fur quelqu’un des exemplaires d’un titre divifé ,
jamais on ne pourra conclure que le parrage en
ait été fait entre plus de cinq. Encore n’y a-t-ii
que les exemplaires du milieu qui puiffent pré-
fenter autant de cirographes que de bords. Ainfi ,
lorfqu’une charte-partie , ou dentelée , n’étoit répa-
rée qu’entre quatre ou cinq contraâans , une feuie
des pièces pourroit réunir trois ou quatre des
irjicnptions divifées.
Souvent
Souvent elles n^’étoient autres qiie le tnoî
cyrographum plufieurs fois répété. On ne laiffoit
pourtant pas de varier les cirograpkes. Mais très-
îréqueniment en Angleterre, quand les endentures
E^écoient coupées qu'en trois ou quatre; i°. le
terme cyrograpkum fe trouvoit au haut des exem-
plaires ; Z®, au lieu d'être encore marqué tout au
long fur leurs côtés , ou d'y faire place à un
autre mot, on paroiffoit feulement en répéter le
commencement ou la fin , comme graphum , ou
, ou graphum , &c. Cette pratique qui paroît
d'abord un peu bifarre , étoic fondée fur le nom-
bre des contraélans qui dévoient emporter chacun
leur part de la charte.
Suppofons , pour mieux nous faire entendre ,
qu'une pièce dût être partagée en quatre, on
écrivoit au milieu du parchemin deux fois cyro-
grapkum tout de fuite, de forte que ce mot
répondoit précîfément à la largeur de chaque
paire de ces chartes. Après quoi le même mot
croit écrit , toujours avant leur réparation , une
troifième fois au milieu des quatre côtés de ces
quatre pièces , c'eft-à-dire, fuivant leur longueur,
de manière que la dernière infeription coupoit
les deux autres à angles droits. On conçoit que
la pièce de parchemin , divifée en quatre par le
milieu de chaque cirographe , donnoit à chacun
des contra élans une moitié de ce mot en ligne
horizontale, plus un quart de la troifième inferip-
tion en ligne perpendiculaire. Il n'eft donc pas
étonnant , quand on n'a fous les yeux qu'un des
quatre exemplaires , qu'outre le cyrograpkum placé
au haut, on life fur l’un des côtés, tznibtcyrogr.
tantôt aphjim, &c. fuivant que le dernier czro-
grapke occupe plus ou moins de place fur les
endentures fupérieures ou inférieures. Par ce moyen
on rendoit une feule infeription commune aux
quatre parties contraélantes. On pouvoit même
la partager entre un plus grand nombre.
Les anglo-faxons ne faifant prefqu’aucun ufage
des fceaux, il ferable que pour y fuppléer,
ils inventèrent la manière de dreffer des chartes ,
dont la vérité pût être conllatée par le rapport
jufte qu’auroient enfemble les traits des lettres .
d'un ou plufieurs mots coupés par la moitié fur
différentes chartes, & qu’on rapprochoit au befoin.
C'étoit , fans doute , le principal caraélère d'au-
thenticité dont les chartes anglc-faxones puffent
être revêtues. La plupart de leurs fignatures étoient
de la main de l'écrivain de l'aéle. Dépourvues
de fceaux Sc de fouferiptions , par quelle autre
formalité pcuyoient- elles devenir authentiques,
que par des cirograpkes ?
Les François les empruntèrent des anglois , félon
les apparences , & les mirent en ufage long-
temps avant qu'ils euffent des règles fixes de
la manière dont ils dévoient dreffer leurs chartes.
Antiquités , Tome 21.
Aufli cette unique formalité tenoit-elle lieu chez
eux , comme chez les anglois , de fceaux , de
fouferiptions & de témoins. Ils les dreffoient
même fimplement en forme de notices , &
comptoient tellement fur la force & l’autorité
de leurs cirograpkes , qu’ils faifoient quelquefois
dépendre la confervation des terres cédées , de
celle de la pièce où étoient marqués ces «ce-
graphes.
Le premier degré d’authenticité ajouté au
cirographe , ce fut de dreffer la charte-partie ea
préfence des témoins. Le fécond fut d'y appofet
. un ou plufieurs fceaux.
Jufqu’au XII'. fiède les fceaux furent affez
rares, même en France. Il n'y avoir en effet
auparavant guère que des princes , cm des fei-
gneurs titrés qui en fiffent ufage. Les prélats
& les communautés s’en fervoient auffi'; niais
cela n’étoit ni générai , ni invariable. Les ciro-
graphes étoient déjà fort à la mode en France ;
& cependant une abbaye , auffi célèbre que
celle de Corbie , n’avoit pas encore de fceau ,
s’il en faut croire du Gange. Il l’avance fur l’au-
torité d’un ancien manuferit, qui parle d’un
temps où , faute de fceau, cette églife ne pou-
voir traiter que par la voie des yhartes -parties.
An refte, ce défaut de fceau à pu ne durer
qu'un temps limité, & n’être arrivé que parce
qu’on auroit perdu ou renouvelle le fceau de ce
monaftère. En un mot, le texte cité en preuve,
ne dit point que l’abbaye de Çorbie n'eût encore
jamais eu de fceau.
Quoi qu'il en foît , on ne doit pas être plus
furpris de rencontrer des chartes-parties privées
de fceaux , que des endentures fans cirograpkes.
Les plus anciennes chartes divifées , non-feule-
ment d’Angleterre , mais encore de France , n’en
avoient point ; & leur première inftitution étoit
de s’en paffer. Cependant ils ns- tardèrent ms à
s’y introduire. Du Gange & D. Mabillon obfer-
vent , que les chartes-parties , ou dentelées , étoient
fcellées du fceau, non de la perfonne qui les
devoir garder dans fes archives, mais' de celle
avec qui elle avoir contrarié. Affurément on ne
peut révoquer le fait en ffoiite , pourvu qu on
ne fuppofe pas que ce fût un ufage confiant.
Car il n’étoit point du toitt rare , que l’une &
l’autre pièce fuflent fcellées tout à la fois des deux
fceaux des parties contraélantes. Nous n’en cite-
rons ( hifl, de Paris, V. p. 6oo. ) qu’un feul
exemple ; mais il eft péremptoire pour la France.
C’étoit auffi une pratique ordinaire en Angleterre,
jufque vers la fin du XIIF. fiècîe, de fufpendre
les fceaux de tous les intéreffés , Sc des juges ou
arbitres , même aux endentures.
A la vérité , une nouvelle mode s’établit , Sc
Xxx
S30 END
devint dominante , parmi îes anglois j au ficcîe
fuivant , par rapport aux C^eft d edes
dont ont voulu parler , fans doute , les favans
hommes que nous venons de citer. Dans les
temps antérieurs , Tufage de ne pas réunir tous
les fceaux des contraélans 8c des juges , fur les
mêmes charîts-parths ou endentures , ne fut point
nniverfel. Mais quand on fut convenu de fuivre
la pratique annoncée par ces auteurs j les juges
ou arbitres mirent encore ^ du moins pendant un
remps , leurs fceaux fur toutes les endentures qu’ils
faifoient dre fier.
ENDOSIMON ■■ji^mufiqne des anc. ') ainfî s’ap-
pelloit chez les grecs ce que le maître-chantre j
ou_ le conduéleur des chœurs , donnoit à ceux
qui les chantoient , pour leur fervir de règles
comme le rapporte Bulknger dans fon traité de
theatro.
ENDOVtLLKUS,
Endovellcus , Endovollicus. Nous ne çonnoiffons
ce dieu que par douze infcriptions , que Gruter
a mifes dans fon recueil , pages LXXXVII. &
LXXXVIII. Ces infcriptions ont toutes été trou-
vées à Villa- Viciofa , bourg de TAlenrejos, ou
les rois de Portugal ont un château : ce qui
montre que c’étoit un dieu particulier de ce pays.
Elles renferment des vœux faits à ce dieu ^ lequel ,
outre les trois noms qui font écrits plus haut ,
porte dans la dixième inlcription celui de ENO-
BOLICÜS:; mais apparemment qu’il manque un
D, ou dans Gruter s ou dans l’infcription. Les
épithètes qu’on lui donne , font : DEO ENDO-
VELLICO, DEO SANTO ENDOVELLICO.
La première le qualifie de dieu d’une puiffance s
ou d’une divinité très-excellente , très-efficace ,
DEO ENDOYELICO PRÆSTANTISSIMI
ET PRÆSENTISSIMI NUMINIS. C’eft tout
ce qu’elles nous apprennent»
Les èfpagnols joignoient à Hercule ce dieu,
fous le titre de dieux tute'laires. On croit que
c’efl le même que Mars.
ENDROMIS , nom que les grecs donnoîent ,
félon Pollux le grammairien , à la chauifure de
Diane , qui , en qualité de ckajferejfe , devoir en
porter une fort légère j aufïï donnoit-on le même
Bom à celle que portoient les coureurs dans les
jeux publics. On croit que c’étoit une efpèce
de bottine, ou de cothurne, qui couvroit le
pied & une partie de la jambe, & qui laiflbit
à l’un 8c à l’autre toute la liberté de leurs mou-
vemens.
Les latins avoîent attaché à ce mof une figni-
fication toute différente, puifqu’ils défignoient
pax-fà une forte de manteau épais & greffier ,
END
dont les athlètes fe couvroient après la lutte J
le pugilat , lacourfe, la paume & les autres exer-
cices violerrs, pour fe garantir du fioidj au moins
Martial , dans un e'pigraojme , attribue-t-il toutes
ces propriétés au vêtement qu’il nomme enèicmis.
Le poète latin appelle Vendromîsnn habillement
greffier , fabriqué par les gaulois - féquanois ,
defliné à garantir du froid comme de la pluie,
8c il l’oppofe aux toiles fines de lin ou de coton,
fabriquées dans l’Orient , comme l’extrême de
lapefameur & de l’épaiffeur (^Martial. IK. 19, i.)î
Hane tibi feqttanicis pir.guem textricis dlumnam^
Qurs Lacedismonium barharn nomen hahet ?
Sordida ; fed gelido non afpernanda decembn
Dona , peregfinam nûttimps endramida.
EideMs ventos hoc munere. teSus & imbres.
Non Jic in tyria Jindone teSus eris-
Uendromis était fâns doute un manteau de
même nature que le gnufape , excepté que ce der-
nier étoit garni de longs poils.
ENDYMATIES. Les endymades étorent des
danfes vêtues , qu’on cxécutoit dans l’Argolide
au fon de certains airs compbfés pour la flûte.
Plutarque en parle dans fon traité de la Mufique,
mais fi laconiquement, que l’on ignore fi ces danfes
entroient dans le culte religieux , fi elles étoient
militaires, ou fi elles n’avoient lieu que dans les
divertilTesnens , foit publics , foit parrieaiiers.
Quelle qu’en ail pu être fa deflination, il eft
toujours certain , que les danfeurs y étoient vêtus;
au lieu que leslacédémoniens , voifins des argiens,
& leurs maîtres dans l’art militaire , danfoient
tout nuds dans leurs gymnopédies. Leür nom
étoit formé du grec ■vêtements
ENDYMION , fils d’Æthlius Sr de Chaijee ,
félon Apollodore, régna dans l’Eiide. II ctoiî
d’une fi grande beauté, que la Lune en devint
amoureufe. Jupiter lui ayant permis de efemander
ce qu’il aimeroit le mieux , il choifit de dormir
toujours & d’être immortel , fans vieillir jamais
en cet état. C’étoit fur une montagne de Carie ,
appellée Lathmos , qu’il dormok , & la Lune
l’honoroit de fréquentes vifîtes. Lucien s’eâ
moqué de cette fable dans un dialogue entier.
Paafanias parle plus férieufement de ce prince.
« La fable , dit-il , raconte qu’Endymion fut
» aimé de la Lune , & qu’il en eut cinquante
»:> filles : mais une opinion, plus probable , c’eft
M qu’il époufa Allérodia; d’autres difent Chre-*,
= mie , fille d’Ithomus, 8c petite fille d’Amphic-
îî tyon; d’autres Hypéripné, fille, d’ Areas, §5
35
E N E
qu’il eut trots EîSj Péon^ Épéas & Étolus,
sr avec une fille nommée Eurydice Les
M éléens & les héiacléotes ne s’accordent pas
JJ fut la mort à‘ E/tdymion ; car les éléens mon-
» trent fon tombeau dans la vnlle d’Olympie , fie
JJ les héracléotes , qui font voifins de Milet j
» difent qa EndyTrùon fe retira fur le mont Lath-
« mos. En effet, il y a un endroit de cette
» montagne, que l’on nomme encore aujourd’hui
JJ la grotte £ Eniymzon ■»,
Les dernières paroles de Paufanlas , font croire
qu’il y a eu deux Endymions , i’un roi d’ÉIide ,
& l’autre ce beau berger de Carie.
Pline { /. 2.. c. 9. ) en nous apprennant qu’En-
dymion paffoit pour avoir obfervé le premier les
msuvemens de la lune , indique le fondement
fur lequel on a élevé la fable de fes amours
avec cette planète. Cette origine confirme l’opi-
nion très-vraifemblable des favans, qui placent
dans le ciel étoilé le berceau de la Mythologie.
PÏufieurs monumens antiques repréfentent les
amours de Diane & ddEndymion j mais aucun
n’offre , dans un jour auffi favorable , la rare
beauté de ce jeune chafleur, que le bas-relief du
capitoie , fur lequel il paroît avec fon chien ,
feul, affis fur un rocher, & plongé dans un pro-
fond fommeil-
Sur un farcophage du capito’.e, on voit Endy-
tnion endormi dans les bras du dieu du fommeii j
& Diane., qui a quitté fon char, vient le voir,
précédée d’unamour portantune torche. La même
fable efi repréfentée fur un autre farcophage du
même mufeum. Morphée y paroît endormi avec
des ailes de papillon au dos , & de petites aîies
d’oifeaux à la tête.
ÉNEE, fils de Vénus 8c d’Anchife, étoit du
fang royal de Troye par AfTafacus, fils cadet de
Tros , fondateur de Troye. Vénus avoit eu ce
êis d’Anchife , lorfqu’i! paiffair les troupeaux
de fon père fur le mont Ida. Pendant le fiège
de Troye, Eoée fe battit contre Diomède, &
aliok fuccomber , iorfque Vénus le déroba à la
vue de fon ennemi , & le mit entre les mains d'A-
poHon. Ce dieu l’emporta au haut de la citadelle ,
où il avoit un temple , panfa lui-même fes plaies;
Sc après lui avoir rendu toutes fes forces, &
jnfpiré une valeur extraordinaire, il le fit repa-
roître à la tête des troyens. Enéc fe battit encore
contre Achille. Le combat, dit Homère , fur long
&■ douteux : à la fin le prince troyen al'.oit fuc-
comber, Iorfque Neptune , foiUcité par Vénus ,
l'enleva du combat. La nuit delà prife de Troye ,
E-nie entra dans la citadelle d’IÜum, & la dé-
fendit jufqu’à l’extrémité; enfin ne pouvant la
isdivpx, il fortit par une fauffe porte , avec tojjt
Ë N E 531
ce qu’ri y avoit de troyens renfermés dans cette
citadelle, & fe battit 'en retraite jafqu’âu mont
Ida. Là , s’étant joint à ceux des troyens qui
avoient échappé à l’embrafement , il rafiernbla
une flotte de vingt vaiffeaux , fur laquelle il s eia-
barqua pour fe tranfporter avec fa colonie eo
Italie.
Le poème de Virgile a rétabli la réputatîbfi
d‘Er,ée , que pluficurs des anciens éîorer.t fort
éloignés auparavant d’hono-rer comme un héros;
CD le regardoit , au contraire, ainfiqu’Anténor,
comme un malheureux qui , avoit livré fa patrie
aux grecs. En effet, étoit il poffible que fans
quelque inteliigeuce avec les grecs , maîtres du
pays , ces deux hommes euffent pu équtper fans
obilacle des vaiffeaux fous leurs yeux , pour fe
retirer en Italie. D’ailleurs , on reconnoît que
l’on avoit pofé des gardes dans les maifons de
ces deux traîtres , qui ne furent point pillees i
déplus, qu’en partageant les dépouilles, on leur
avoit rendu tout ce qui leur appartenoit , fie que
ce fut alors feulement qaEnéc fe vit poffeffeur
du palladium , qu’i! apporta en Italie. d’ail-
leurs étoit niéprifé de Fi tam , quoiqu’il fut fon
gendre, fie ce fut un des motit de fiitrahTon;
il voulut fe venger de ce mépris. Quor qa il en
fait , il arriva en Italie , après fept ans de nar
vigation, 8c fut bien reçu de Latinus, roi des
aborigènes , qui s’allia avec lui 8e en fi-t fon
gendre 8e ida fuccelleur.
Après la mort de Latines , Enie régna fur les
troyens 8e fur les aborigènes , qui ne firent plus
qu’un même peuple , fous le nom de latins. î!
eut des guerres à foutenir contre fes voifins ; &
dans un Tombât contré les étruriens, il perdit la
vie, âgé feulement de trente- huit ans. Comme
on ne trouva point fon corps, on dit que Vénus,
après l’avoir purifié dans les eaux du fleuve Nu-
micus , où il s’étoit noyé, l’avoit mis au rang
des dieux. On lui éleva un tombeau fur les bords
du fleuve, & on lut rendit dans la fuite les hon-
neurs divins , fous lé nom de Jupiter Indigète.
Virgile raconte qu Enée , en arrivant en Italie .
alla confulter la Sibylle deCumes, qui le con-
duifit dans les enfers & dans les champs éiyfées,
où il vit tous les héros troyens , Sc fon père, qui
lui apprit ce qui devoir arriver à toute fa poftérité :
épifôde de l’invention du poète. Mais les hif-
toriens rapportent un autre fait auffi mervedieux ;
Enée avoit eu ordre de l’oracle de s’arrêter en
Italie , à l’endroit où une truie blatxhe mettroit
bas fes petits. Lorfqu’il y fut arrivé , comme JÎ
fe préparoit à offrir une truie en facrifice, la
bête s’échappa des mains des facrificateurs , 8c
s’enfuit du côté de la mer. Enée fe fouvena.nt
de i’oracie la fuivit, jufqu’à ce qu’elle s’arrêta
dans un lieu fort élevé , où il entendit une voix
foitant d’un bois voüîn , qui lui dit que c’éîoit
là qii^il deyoit bàt'r une ville j & qu’après y avoir
demeuré autant d’années que la truie auroit fait
de petits , les deftins lui donneroient un éta-
blilTement plus confidérabîe. Enée obéit, & bâtît
la viüe de Lavirdum. Quant aux vaiffeaux à" Enée
changés en nymphes , voy. Vaisseaux.
Il y a fur Enée une autre tradition , appuyée
fur d’affez fortes conjeélures, & fur le témoi-
gnage de plufieurs hilloriens ; c’eft que la ville
de 1 roye ne fut point détruite j qxiEnée la ga-
rantît du pillage & du feu , qu’il ne la livra
pas lui-même aux grecs , & qu'il y régna fort
long-tems. C’eft ce que Homère , ionien d’ori-
gine, & voifin des troyens J fait prédire à Nep-
tune dans l’iliade , parce que , du temps de ce
poète, la poftérité à'Enée régnoit peut-être en-
core fur cette ville , & qu’il vouloit lui être
agréabk , en faifant prédire au dieu de la mer
ce qu’il voyoit de fes propres yeux. Voy. An-
cHisE , Anius , a scagne , Chevaux , Creuse,
Didon, Lavinie, Troye.
Plufieurs médailles & pierres gravées repre-
fentent Æn/e, portant fon père Anchife, &con-
duifant fon fils Afcagne par la main. Sur une
cornaline de la colleâion de Stofeh , qui offre
le meme fujet , Anchife tient un panier dans le-
quel font renfermés les dieux Pénates. Cet aéle
de piété filiale a été tourné en ridicule dans une
caricature trouvée à Herculanum. Voye^ Cari-
cature.
ENFANS des dieux : on donnoit fouvent le
nom d’enfans des dieux, i'^. à plufieurs perfon-
nages poétiques ; c’eft ainfi que l’Acheron étoit
fijs de Cérès ; les nymphes filles d’Acheloüs j
l’Amour fils de la Pauvreté; Écho fille de l’Air,
& une infinité d’autres ; 2°. à ceux qui étant
les imitateurs des belles adions des dieux, &
qui excellant dans les mêmes arts , paffèrent
pour leurs fils , comme Efculape , Orphée , Li-
nus ; ceux qui s’étant rendus fameux fur
la mer , éroient regardés comme les enfans de
Neptune ; 4°, à ceux qui fe dittinguant dans la
guerre , étoient fils de Mars; 5°. à ceux dont
le caraéière reffembJant à celui de quelques
dieux, les faifoit paffer pour leurs fils. Étoit-
on éloquent , on avoir Apollon pour père ; •
fin & rufé , on étoit fils de Mercure ; 6®. à ceux
dont l’origine étoit obfcure ; ils étoient réputés
enfans de la terre, comme les géans qui firent la
guerre aux dieux, comme Tagès, inventeur de
la divination étrufquey 7°. à ceux qu’on trouvoit
çxpofes dans les temples ou dans les bois facrés ;
ils croient enfans des dieux à qui ces lieux étoient
confacres ; teHur Erichtonius.'S®. Quelque prince
avoit eu intérêt de cacher un commerce fcancia-
leux, on ne manquoit pas desdonner un dieu
pour pere a I enfant qui en nailToit •' ainfi Perfée
r paffa pour fils de Jupiter & de Danaé ; ainfi
t Romulus pour fils de îvlars & de Rhéa; Her-
- cule fils de Jupiter & d’Alcmène. 9°. Ceux qui
t étoient nés du commerce des prêtres avec les
s femmes , fqu’ils fubornoient dans les temples ,
étoient cenfésen/ana des dieux , dont ces fcélérats
étoient miniftres. 10®. Enfin la plupart des princes
: & des héros qui ont été déifiés , avoient des dieux
- pour ancêtres , & paffoient toujours pour en
; être les fils ou les petits-fils.
i Chez les grecs, un enfant étoit légitime & .
: mis au nombre des citoyens, lorfqu’il étoit né
d’une citoyenne , excepté chez les Athéniens ,
ou le père & la mère dévoient être citoyens Sc
: légitimes. On pouvoitcéler lanaiffance des filles,
mais non celle des garçons. A Lacédémone , on
; ; préfentoit les enfans aux anciens & aux magif-
trats , qui faifoient jetter dans l’Apothète ceux
en qui ils remarquoient quelque défaut de con-
, formation. Il étoit défendu , fous peine de mort,
chez les thébains , de celer un enfant. S’il arrivoit
qu’un père fût trop pauvre pour nourrir fon en-
■ s portoit au magiftrat, qui le faifoit éle-
ver , & dont il devenoit l’efclave ou le domef-
tique. Cependant la loi enjoiguoit à tous indif-
; tinélement de fe marier : elle puniffoit à Sparte,
& ceux qui gardoient trop long-temps le céli-
bat , & ceux qui ie gardoient toujours. On ho-
noroit ceux qui avoient beaucoup d’enfans. Les
' mères nourriffoient, à moins qu’elles ne devinffent
enceintes avant le temps de févrer ; alors on pre-
noit deux nourrices.
Lorfqu’un enfant mâle étoit mé dans une mai-
fon , on mettoit fur la porte une couronne d’o-
livier , on y attachoit de la laine fi c’étoit une fille.
A Athèaes, aufîl-tôt que l’enfant étoit né, on
l’alloit déclarer au magiftrar , 6e il étoit inferit
fur des regiftres deftinés à cet ufage. Le hui-
tième jour , on le promenoir autour des foyers î
le dixième , on le nommoit, & l’on régaloitles
amis, conviés à certe cérémonie. Lorfqu’il avançoit
en âge, on l’appliquoit à quelque chofe d’utile. On
refferroit les filles , on les affujetriffoit à une
diette auftère ; on leur donnoit des corps très-
étroits J pour leur faire une taiile mince & lé-
gère ; on leur apprenoit à filer & à chanter. Les
' garçons avoient des pédagogues qui leur mon-
troient les beaux arts, la Morale, la Mu tique,
les exercices des armes , la Danfe , le Deffin ,
la Peinture , &c. Il y avoir un âge avant lequel
ils ne pouvoient fe marier; il leur falloit alors
le confentement de leurs parens ; ils en étoient
les héritiers Eb intefiat.
Les romains accordoient au père trente jours
pour déclarer la naiffance de fon enfant , on l’an-
nonçoit de la province par des mefl'agers. Dans
- les commencemens , on nfinferiveit fur les rer
E N F
giftres publics , que ies enfans ôes familles dil-
tinguées. L'ufage de faire un préient au temple
de Junon-Luciae éîoic très-ancien 5 on le trouve
inftitué fous Servius Tullius. Les bonnes mères
élevoient elles- mêmes leurs filles : on confioit
les garçons à des pédagogues , qui les condui-
foient aux écoles & ies ramenoient à la maifon ;
ils paffoient des écoles dans les gymnafes , où
ils fe troiîvoient dès le lever du foleil , pour s'exer-
cer à la courfe ^ à la lutte , &c. Ils mangeoient
à la table de leurs parens j ils étoient feulement
aiTis &non couchés 3 ils fe baignoient féparément.
Il étoit honorable à un père d'avoir beaucoup
À'enfans : celui qui en avoit trois vivans dans
Rome , ou quatre vivans dans l'enceinte de l'I-
talie, ou cinq dans les provinces, étoit difpenfé
de tutelle. II faiioit le confentement des parens
pour fe marier; & les enfans n'en étoient dif-
penfés que dans certains cas. Ils pouvoient être
déshérités. Les centum-virs furent chargés d'exa-
miner les caufes d'exhérédation; & ces affaires
étoient portées devant les préteurs , qui ies dé-
cidoient. L'exhérédation ne difpenfoit point V en-
fant de porter le deuil. Si la conduite de Ven-
fant étoit mauvaife, le père étoit en droit de
le chalTer de fa maifon , ou de l'enfermer dans
une de fes terres , ou de le vendre , ou de le
tuer ; ce qui toutefois ne pouvoir pas avoir lieu
d'une manière defpotique.
Chez les germains , à peine V enfant étoit-il
né, qu'on le portoit à la rivière la plus voifine;
on le lavoir dans l'eau froide 5 la mère le nour-
riffoit ; quand on le févroit , ce qui fe faifoit
affez tard , on î’accoutumoit à une diette dure
& fimple ; on le lailfoit en toute faifon nud
fuivre les beftiaux ; il n’étoit aucunement diltin-
guê des domeftiques , ni par conféquent eux de
lui : on ne l'en féparoit que quand il commençoit
à avancer en âge ; l'éducation continuoit toujours
d’être auftère ; on le nourriffoit de fruits cruds ,
de fromage mou, d’animaux fraîchement tués, &c.
On l’exerçoit à fauter nud parmi des épées &
des javelots. Pendant tout le temps qu'il avoit
paffé à garder les troupeaux , une chemife de
lin étoit tout fon vêtement, & du pain grofîîer
toute fa nourriture-
Les grecs & les romains ernmaillotoient les en-
fans avec des bandelettes , comme on le pra-
tique aujou-rd’hui. On le voit fur une médaille
d'Antonin, publiée par Seguin, au revers de la-
quelle eft placé l’accouchement de Rhea. Phi-
loftrate ( lih. i. n°. z6. ) dit que Mercure fut
enveloppé de bandelettes par les Heures. An-
toine Liberalis fait un récit bien étrange fur les
langes de Jupiter. Il dit qu'ils étoient confervés _
par les créîois ; mais de manière que perfonne
ne pouvoir les voir. Quatre téméraires en étant
E N F
venus à bout, furent, ajoute-t-il , changés en'
oifeaux.
Les enfans des grecs étoient habillés comme
leurs pères & mères , & leurs vêtemens avoienc
la même forme. Leur chevelure feule en dîfteroit.
Celle des garçons étoit fouvent longue & flot-
tante , parce qu'ils ne la coupoient que dans
l'adolefcence. Quelquefois ils la portoient longue
& frifée , comme celle des jeunes filles : c eft
ainfi qu’on voit fur des médailles de iarente,
tous les cheveux du petit Taras, liés derrière
& vers le haut de la tête, c'eft-à-dire , qu'ils
les portoient trelfés en forme de natte ronde ,
appellée corilU.
Les enfans des romains portoient ordinairement la
tunique, & par delTus la toge, jufqu'à l'âge de douze
ans. On en voit un habillé de cette manière fur un
bas-relief de la villa Médicis {adm. rom. ant.fol. 41
fur d'autres monumens , ies enfans lont vêtus de
la chlamyde. 1 arquin l'ancien ( P lin. 4 53. c. i. )
donna à fon fils la toge prétexte & la bulle,
à l'occafion d'un triomphe. Plutarque ( vie des
hommes , iliuft. tom. I. , fol. 161. ) veut ce-
pendant que cet ufage foit plus ancien , Sc qu'ii
étoit établi en confidération des Sabines , à la paix
des romains arme cette nation. Les garçons por-
toient la toge prétexte depuis l’âge de douze
ans ( velUius paterculus ) jufqu'à dix-fept , ou fui-
vant d’autres ( Ferrarius^ de re vejt. lih. 2. cap, i ) ,
jufqu'à quinze feulement. Les filles la portoient
jufqu'au moment de leur mariage.
La huila étoit une petite boule d'or C grand
cabinet rom. fol. 102.) , ou même de cuir pour
le peuple ( Pline , lib. 33, ch. 1. ), que les
fans portoient attachée à un ruban , ou à un filet
autour du cou , & qui leur pendoit fur la poi-
trine. Quant à la tunique , appellée alicula , qu'on
leur attribue , elle ne différoit de la tunique or-
dinaire que par fa petiteife.
Il y avoit chez les romains un grand nombre
de divinités chargées de veiller à la naiffance &
à la confervation des enfans. Voici les noms de
la plupart : quant à leurs fonétions, on les verra
dans leurs articles particuliers. Carnea, Cunina,
Deverra , Edula , les dieux Epidotes , Fabuiinus,
Intercidona, Juventa, Levana , Nafcio, ou Na-
tio, Nondina , Orbona , OlTiIago , Paventia, Pi-
cumnus , Pilumnus , Flumia , Statilinus , Vagi-
tanus.
Les grecs mettoîent, à la vérité, leurs enfans fous
laproteélion de quelque dieu , mais ils n’en avoient
pas créé de particulier pour remplir ces fondions.
La mère de Platon { otympiodor vita Platon. ) porta
"fon fils fur le mont Hymette , & l’y recommanda
534 E N F
à Pau , aux Nymphes , & à Apollon -Bercer.
Winckelmann conclut de ce paflage & du grand
nombre de monumens , fur lefquels on trouve des
Faunes jouant avec des enfans ou portant des
enfiiTis , que ceux-ci étoient fous la protedlion
partiedière des Faunes & des autres divinités
champêtres.
Lors môme, dit Winckelmann ( Iiiil. de l’art,
i. ÎV . ch. 6- ) , que le haut ftyle ne feroit pas
defeendu jufqu’à la conformation des enfans , ces
êtres d’une conformation imparfaite, lors même
que les martres de ce ftyle , donc les principales
penfees tendoient à rendre des corps d’un dé-
veloppement parfait , n’auroient jamais effayé de
repréfenter des formes chargées de chairs fu-
perflues, fur quoi cependant nous n’avons au-
cune ceicitudc ; toujours eft-il sûr que les artiltes
du beau ftyle , en cherchant le tendre & le gra-
cieux , fe font aufij prepofés pour but d’expri-
mer !a nature naïve des enfans, Ariftide , qui
peignit une mère expirante avec fon nourriflon
attaché à la mammeiie ( Pline ,1. 5 j. c, 56. n°’.
) , aura fans doute repréfenté un enfant nourri
de lait. Sur les pierres gravées les plus an-
ciennes, l’Amour n'eft pas figuré comme un petit
enfant , mais comme un adoiefeent , ayant de
grandes aiies d’aigle , telles que la plus haute an-
tiquité' en donnoit à prefque tous les dieux.
Les artiltes du fécond âge , tels que Solon &
Tryphon, donnèrent à l’Amour une nature plus
enfantine & des ailes plus courtes : c’eft dans cette
forme & dans la manière des enfans de Flamand
qu’on voit ce dieu fur une infinité de pierres
gravées. C’eft ainfi encojre que font figurés les
enfans des peintures d’HercuIanum , particuliére-
ment ceux qui font peints fur un fond noir dans
des tableaux de la même grandeur que ceux qui
repréfentent les belles danfeufes. Nous citerons,
comme les plus beaux qui foitnt à Piome,
à la villa A!b ani un cupidon endormi , au ca |
pitoie un enfant qui joue avec un cigne ( maf.
ç.apit. t, J. tav. 64. ) ; à la villa Negroni un autre
enfant^ monté fur u.n tigre, .avec deux Amours,
dont l’un cherche à effrayer i’autre par un mafque :
ces morceaux fufSfcut pour prouver combien les
anciens artiftes réufîiffoient dans l’imitation de
la nature enfantine. Mais le plus bel enfant que
rantiquité nous ait tranfmis , quoiqu’un peu mu-
tilé , eft un petit faîyre d’environ un an , de gran-
deur naturelle, & confervé à la viiia AJbani :
c’eft un bas-reiief , mais d’un faillant fi marqué ,
que prefque toute la figure eft de ronde-boffe.
Cet enfant , couronné de lierre, boit probable-
ment à un outre qui manque , avec tant d’avjdité
& de volupté, que les prunelles des yeux font
tout-a-fait tournées e.u haut , 8c qu’on ne voit
qu une trace^ du point de l’œil Ces monumens
euvenî fervir à détruire un yiçux préjugé , de-
E N F
venu, on ne fait pourquoi, une vérité qu’on
ne conteftoit plus, favoir que les anciens artiftes
font fort inferieuis aux modernes dans la confi-
guration des enfans.
Enfans ( Athlètes. )
Les athlètes , fuivant Platon (i) , étoient divifés
en trois claiïes, des enfans, nAiAiKSiN, des
jeunes gens, ArENEiQN, & des hommes,
ANAFQN.
Les athlètes en/aer étoient admis aux feux pu-
blics, depuis douze ans jufqu’à dix- fept5*les
jeunes gens, depuis dix-fept ans jufqu'à vingt ;Ics
hommes, depuis vingt & au-defius. Deux marbres
de Cyzique,confervés dans le cabinet de i’académie
des inferiptions , nous préfentent des athlètes de
tontes ces trois ciaftes, ( Caylus Rec. i.p.zu.)
Cet ordre n’étoit pas le même dans toutes les
villes. A Athènes, les enfans ne paftbient dans
la claffe des Éphèbes qu’à l’âge de dix huit ans
accomplis; les Éphèbes, à vingt ans accomplis,
étoient inferits fur le rôle des hommes.
Enfans fur les médailles.
Les dieux marins , Méiicerte , Palemon &
Portumne , foit qu’ils ne faffent que la même déité
fous trois noms différens, foit qu’on les ait re-
gardés comme trois dieux, n’ont que le même
fymboie ; car ils font repréfentés par un enfant
aflls fur un dauphin , 8c ils défignent les yeux
de î’Ifthme , qui furent inftitués par Sifyphe , en
l’honneur du premier de ces dieux.
Sur les médailles de Tarente, cet enfant eft
Taras.
Enfans nés de père Sr de mère libres &
vivans. On exigeoit ces qualités dans les enfans
qui rideient les facrificateurs dans leurs for, étions.
Sur les monumens qui repréfentent des facrifices ,
on les voit portant le coffret à l'encens , ou les
patères, pour les libations, quelquefois jouant
de la fiûte double. Dans une infçription rap-^
portée par Muratori ( pag. 5 1 z. ra. i . Thefinfeript. )
ils font défignés par ces mots ? pueri ingenui pa-,
tremi Û? m&tremi fenatorum filii referentes ad aram
in pateris ad facrificia.
ENFEP^S , nom général pris pour fignifier les
lieux dellinés à la demeure des âmes après la
mort. Selon les philofophes , Y enfer étoit égale-
ment éloigné de tous les endroits de la terre;
8c Cicéron , pour marquer qu’il importe peu de
mourir en un lieu plutôt qu’en un autre, dit;
en quelque lieu que l’on foit , on a autant de
chemin à faire pour aller en enfer. Les poètes
(i) Vlatv de Upius , l. Vif,
E N F
ont fixé certains lieux comme l’entrée des enfers ;
tel cjueleSeuve Lé:hé- du côté des Scythes;
en Épire , la caverne Achérufia , la bouche de
Piuton J près de Laodicée ; & la caverne du Te-
nare , auprès de Lacédémone. Uiyffe, pour def-
cendre aux enfers , alla , dit Hçmère , par
rOcéan au pays des cimmériens : Énée y entra
par l’antre du lac Averne. Xénophon dit qu’Her-
eule entra aux enfers par la péninfule , nommee
AckénifiaAe , près d’Héraclée du Pont. A Lier'
mione j il y avoir , félon Strabon , un chemin
fort court J pour aller aux enfers \ c’elt pour cela
que ceux du pays ne mettoient pas dans la bouche
du mort le prix du paflage pour Charcn
La demeure des enfers ell décrite diverfement
par les anciens. Apulée fait paffer Piyché par
)a caverne du Ténarc , pour aller jufqu’au trône
de Pluîon : au bout de la caverne elle trouve
le fleuve Achéron , ovi elle pafle la barque de
Charon, & va delà droit au trône, _ gardé par
le cerbère. Voici e» abrégé la defcription que
Virgile fait des enfers : au milieu d'une tenc-
breufe forêt, & fous d’affreux rochers, eft un
antre profond , environné des noffes eaux du
lac.... .... A l’entrée de ce gouifre infernal ,
font couchés le chagrin & les remords vengeurs.
Là réfîdent les pâles maladies , la trille vitiilefle ,
la peur , la faim , l’indigence , le travail, la
mort , le fommeil fon frère , & les joies funelles^
Enfuite on voit la guerre meurtrière , les eumé-
nides & la difcorde infenfée. Là font encore
pliifieurs autres monftres, tels que les centaures,
les deux fcyila , le géant Briarée , l'hydre de
Lerne, la chimère, les gorgones, les harpyes
& le géant Géryon. Après cela commence le
chemin qui conduit à i’ Achéron , fur lequel
règne le redoutable Charon, nocher des enfers.
Le' fleuve pafle, on entre dans le féjour des
ombres, que le poète divife en fept demeures :
la première eft celle des enfans morts en naiflant,
qui gémiflent de n’avoir fait qu’entrevoir la lu- ;
mière du jour ; la fécondé étoit occupée par ks
viélimes d’un faux jugement , qui les a condam-
ses à une mort injufte ; dans la troifième étoient
ceux qui, fans être coupables, mais vaincus par
le chagrin & les misères de la vie , ont attenté ,
à leurs jours ; la quatrième , appellée le champ
des larmes , étoit le féjour de ceux qui avoienr
éprouvé les rigueurs de l’amour , Phèdre , Procris,
Didon , &c. ; la cinquième , le: quartier des fa-
meux guerriers qui avoienr péri dans les combats t
l’affreux tartare , prifon des fcélérats , faifoit la
fixième demeure, environnée du bourbeux Co-
cyte , & du brûlant Phlégéton ; là régnoient les
parques & les furies. Enfin , la feptième demeure
étoit le féjour des bien - heureux , les champs
élyfées On plaçoit dans l’enfer cinq fleu-
ves, le Cocyte, l’Âchéron, le Stjx, le Pyri-
phlégéton , ou Phlégéton, & le Léthé ; leurs
propriétés font détaillées dans leurs articles .....
E N N 55^
Les divinités qui prt'fidoienr aux enfers , étoient
Pluîon , qui avoir la fuprême puifiance , & Pro-
ferpine, fon époufe; les trois juges, Éaque, Mmes
& Radamante ; les parques , les furies , Sc les
dieux mânes. Voyer^toas ces articles.
ENGASTRIMYTE. Voyei Ventriloque.
ENGUIE, Tille de la Sicile, célèbre par fon
temple des déciles - mères. Voye-^ Déesses-
Mères.
ENHODîA, Muratori ( 99. 2. Jhef. ) rap-
porte une infeription gravée fur un cippe , où
il eft fait mention de la déeffe Enkodia , comme
de la déelTe des chemins , viarum prsfes , die
Feftus. De là on peut conclure qu'elle étoit la
même divinité que Dhne-Enhodia,
ÉNIPÉE, ou Éniphée, flenve du Péloponèfe,
qui tombe dans l’Aiphée. Vcyei Tyro.
ENMONiAEIA, jeux qui étoient particuliers aux
villes qui les donnoient en leur nom & à leurs
frais. Il en eft fait mention fur des médailles de
Sévère - Alexandre & de Gallien , frappées à
Alagnéfîe en Lydie.
ENNA, lieu où Cérès faifoit fa demeure or-
dinaire, en Sicile ; il y avoit de belles prairies ,
arrofées de fontaines d’eau vive ; C’eft-là que
Proferpine fe promenoir lorfqu’eile fut enlevée.
ENNA & HENNA , en Sicile. EHNAmK.
Les médailles autonomes de cette ville font r
R. en bronze.
O. en argent.
O. en or.
Leurs types ordinaires font une charrue traînée
par deux ferpens, un fanglier.
Devenue municipe, elle a fait frapper des
médailles de familles.
ENNEADÉCATERIDE eft un cycle ou une
période de dix-neuf ans, années foiaires. Feje-j^
Cycle. Ce mot eft grec, formé tieuf^
de é'î**, dix, 6c d’fri»? , année.
Tel eft le cycle lunaife Inventé par Méthon ,
à la fin duquel la lune revient à peu près atj
même point d’où elle eft partie; c’efl pour cette
raifon que les athéniens, les juifs, & d autres
peuples qui ont voulu accommoder les mo!s lu-
naires avec l’année folaire, fe font fervis de Vennéa-
décacé'ide , en faifant , pendant dix-neuf ans,
fept ans de treize mois lunaires , & les autres dé
douze.
535 ENS
]Jennéudécatér:ie des juifs eft proprement un
cycle de dix-neuf années lunaires, qui commen-
cent à molad toku , c'eft- à-dire , à la nouvelle
lune , que les juifs fuppofent être arrivée un an
avant la création. Chacune des 3“, 6', 8', 11%
14', 17% 19% &c. années de ce cycle, font
embolifmiqaes , ou de 383 jours 21 heures , &
les autres communes , ou de 3 34 jours 8 heures.
Uennéndécatéride des juifs eft donc de 6939
jours 16 heures. D*où il s^enfuit que {‘ennéadé-
caiéride des juifs diffère de V ennéadécatéride ju-
lienne , ou de dix-neuf années juliennes , d’envi-
ron deux heures ; car dix-neuf années juliennes
font 6939 jours 18 heures.
ENNOMUS , le plus favant des augures de
l’Alie , commandoit les myiîens , auxiliaires de
Troyejmais, avec tout fon art, il ne put éviter
la mort fur les bords du Xanthe , où Achille
le tua.
ÉNOBOLICO ( Gruter 88. 6. ). C’eftEN-
DOYELICÜS.
ENÔPTROMANTIE , forte de divination,
qui fe pratiquoir par le moyen d’un miroir. Les
enchantemens , par un miroir, fe faifoient, félon
Spartien, de telle forte, qu’un jeune garçon qui
avoir les yeux bandés, ne lailïoit pas d’y voir
dedans. Les magiciennes deThenaiie fe fervoient.
pour deviner, d’un miroir, où elles écrivoient
avec du fang ce qu’elles vouloient répondre.
Ceux qui les avoientconfultées , lifoient leurs ré-
ponfes, non pas dans le miroir, mais dans la
lune , à ce qu’elles prérendoienr ; car leurs en-
chantemens avoient la force de faire defcendre
la lune. Ce mot eft formé de E'yaîvrpa» , miroir ,
& dé y.cr.'iTiia , divination.
ENRAYER. Vcye[ Suffi amen.
ENROLLEMENT. Voyf^ le diélion. de l’an
militaire.
ENSEIGNES militaires.
L’ufage des eufeignes ou étendards a commencé
de bonne heure chez les égyptiens. Des figures
d’animaux , portées par les chefs , au bout d’une
pique , faifoient connoître à chacun fa compa-
gnie , & empêchoient le défordre (Diodore de
Sicile ). Cette invention ayant procuré des vic-
toires, le peuple s’en crut redevable à ces ani-
maux. Diodore penfoit que de là dérivoit leur
culte.
^Chez les grecs, dans les temps héroïques,
c’étoit un bouclier, un cafque çu une cuirafte ,
-fixée au haut d’une lance, qui fervoit d'en/tignes
militaires. Cependant Hcmere nous apprend qu’au
Ê N S
liège de Troye, Agamemnon prit un voile de
pourpre, & l’éleva en haut avec la main, pour
le taire remarquer aux foldats, & les rallier
à ce fignaî. Ce ne fut que peu à peu que s’in-
trodiiiHt^ l’ufage des enfeignes avec les devifek
Celles des athéniens étoient Minerve , l’olivier
& la chouette ; les autres peuples de la Grèce
avoient aulfi pour enfeignes ou les figures de leurs
dieux tutélaires , ou des fymboles particuliers ,
élevés au bout d’une pique. Les corinthiens por-
toienr un pégafe ou cheval ailé ; les Meffenieus
la lettre grecque M, & les lacédémoniens le A,
qui étoit la lettre initiale de leur nom.
Les perfes avoient pour enjeigne principale un
aigle d’or , au bout d’une pique , placé fur un
chariot , & la garde en étoit confiée à deux offi-
ciers de la première diftinâion, comme on le voit
à la bataille de Thymbrée , fous Cyrus. Xéno-
phon , dans la cyropédie , dit que cette enfeîgtie
fut en ufage fous tous les rois de Perfe. Les
anciens gaulois avoient auffi leurs enfeignes , &
juroient par elles dans les ligues & les expéditions
militaires ; on croit qu elles repréfentoient des
figures d’animaux , & principalement le taureau ,
le lion & Tours.
Les romains n’eurent d’abord pour enfeigne
qu’une poignée de foin ( Plut. Hom. il/. Ovidii.
fafi. lib. 5. ), élevée au bout d’une pique: mais
cette fimplicité ne dura guère , Taigle devint ,
bientôt i’enfeigne diftindive des légions : chacune
( Lipfus , de militia romana ^ lib. 4. dial. J. ) avoir
la lienne , qui étoit portée au haut d’une pique ,
& pofée fur une bafe fculptée ( cabinet rom. pan.
^. fig. If. ) ; cette aigle étoit le plus fouve.nt
d’or , quelquefois d’argent. Pline obferve qu’a-
vant le fécond confulat de Marius , ( Ub. 10 ,
cijp. 4. ) on portoit pour enfeigne différens ani-
maux, comme fangiiers, chevaux, minotaures,
louves, mais que ce général conferva Taigle feuî.
Du temps des empereurs, c’étoit fouvent une
main (.colonna traj. fol. 5.) par allulîon au nom
des manipules , ou comme Temblême de la con-
corde. On voit auffi fur la même colonne une
aigle {ibid. fol ^6.) , avec le portrait de Tem-
pereur au deftous.
Les enfeignes font communément ornées de cou-
ronnes fur les monumens, & chargées de petits
boucliers , clupei , fur lefqueîs il y avoir probable-
ment des portraits , ou d’autres emblèmes rela-
tifs aux événemens particuliers de chaque légion.
On y remarque auffi <îes créneaux , comme tro-
phées des villes prifes, ou des becs de galères.
Ces trophées , que les foldats avoient continuelle-
ment devant les yeux , & qui leur rappelloient
leurs anciens exploits , étoient bien propres ,
fans doute , à ranirner leur courage dans les
combats.
H
ENS
I! paroît par Tacite ( annal, lih. 5. ) , qu’après
la mort de Germanicus ^ les légions , en ligne de
triftelTe , fupprimèrent pour un temps 3 tous les
ornemens des enfeignes. Ils en agifldient proba-
blement ainfî dans les autres démonftrations
de deuil ou dans les calamités publiques. Sur
une enfeigne de la colonne trajane» on voit
au deffus de Taigle un petit étendard , vexillum ,
su milieu duquel étoic écrit le nom des cohortes
6 des centuries 3 afin que chaque foldat pût re-
connoitre la lîenne. C’eft Vegèce ( de re milit.
lih. X. cap. 13.) qui nous inftruit de cette circonf-
tance ; mais cet auteur écrivoit du temps du
Bas-Empire. Dans les liècles antérieurs , le's ma-
nipuli feuls avoient leurs fignes (^Lipfius de milU
îia fomana , /zi, 4 , dial, y ), & ils compofoient
les cohortes qui n’en avoit pas en propre. Quel-
quefois on attachoit limplement le ■vexillum au
haut d’une pique , fans autre ornement. Ceux
de l’infanterie étoient rouges ( Servius far le
V. I. lib. 8. Enéid. Polybe 3 liv. 63 ch. 7 ) 3
excepté celui du conful 3 qui étoit blanc : la cou-
leur bleue diftinguoit ceux de la cavalerie ( Ser-
vius ibidem') ; ils étoient fixés au haut d’une
pique , à cette efpèce de foutien ( cap. rom, part.
f. fig. ij. ) 3 qu’on voit quelquefois furmonté
d’un aigle 3 & ils avoient des franges & des ru-
bans ( adm'ir. rom. antiq, fol. 16,).
Le laharum 3 cet étendard au milieu duquel
Conftantin fit placer le monogramme de Jefus-
Chrift ( Anton. Agofiin. dial, fopra le medaglie , dial.
7 ^ med. 14. ) 3 différoit du vexillum. en ce qu’il
étoit tendu & confervoit fa forme quarrée 3 comme
on le voit fur une médaille de Théodofe j en
quoi il différoit auftl du vexillum , qui fe ren-
contre fréquemment fur la colonne trajane 3
& qui n’étoit attaché qu’au bord fupérieur. Peut-
être ces étendards n’étoient-ils point alors appelés
labamm. PluEeurs prétendent, en effet 3 que ce
mot eft du bas-empire. Vegèce ( de re milit. lih.
2. 3 cap. 13.) attribue aux romains de fon tefiips 3
ces étendards en forme de dragon 3 qui fervoient
^'enfeigne aux nations barbares : celles-ci étant
devenues dans la fuite auxiliaires des romains 3
elles confervèrent probablement leurs fignes 3 &
les mêlèrent parmi les aigles des légions. C’eft
fans doute dans ce fens que Vegèce parle 3 de
même que quelques modernes après lui , puif-
qu’on ne trouve rien de femblable dans les Eccîes
qui précédèrent la décadence de l’empire. Voy.
Aigle 3 Dragon , Draconnaire 3 Laba-
RüM, &c.
On trouve dans les coîleérions d’antiques plu-
fieurs repréfentations d’animaux pofés fur des
plinthes. Les trous qui traverfent ordinairement
ces plinthes, paroiffent avoir fervi aies fixer au
haut des piques, & les font reconnoître pour
des enfeignes. Le comte de Caylas en a publié
Antiquités ^ Tome H.
E N T
plufieurs, & entr’autres deux léopards mâle 8c
femelle. ( Rec. 111. pl. 64. )
Enseignes militaires fur les médailles de colo-
nies. Peyeç Colonies.
Enseignes, ou pone-enfeignes. On voit plu-
fieurs de ces officiers fur les médailles d’allocution,
rangés autour de l’empereur qui harangue les
troupes. Ils paroiffent d’une manière plus dif-
tinde fur la colonne trajane, où l’on voit que
leur caradère dillindif eft conftamment une dé-
pouille d’ours eu de lion , attachée fur leur cafque
& flottant fur les épaules.
Enseignes. Dans les fouilles de Pompeia ,
on a trouvé un phallus de grandeur déméfurée,
peint fur le m.ur d’une maifon , où il fervoit
à‘ enfeigne. On en voit le deffin dans le recueil
des antiquités d’KercuIanum.
ENTELLA , en Sicile, enteaainûn.
Les médailles autonomes de cette ville font :
O. en oir.
RRR. en bronze.
RRR. en argent.
Leur type ordinaire eft Pégafe volant.
ENTERRER. Les différens peuples de ranti-
qüité ont pratiqué différens ufages pour la def-
trudion des corps. Les uns les ont brûlés, d’autres
les ont enterrés ^ quelques-uns les ont brûlés ou
enterrés à différentes époques, & plufieurs enfin
ont pratiqué aux mêmes époques ces deux ufa-
ges.
Les Égyptiens enterroîent les morts, ou ils les
embaumoient. Le cercueil qui exifte encore dans
la chambre qui occupe le centre de la grande
pyramide , attefte le premier ufage. Ils avoient
même une loi , confervée par le divin Platon ,
qui défendoit èé enterrer un homm.e dans un en-
droit où un arbre auroit pu croître. Les rois &
les grands de Memphis , obfervèrent fcrupuleu-
fement cette loi 5 car le terrein fur lequel font
bâties les pyramides, & placées les fépultures
royales de la Thébaïde , n’eft qu’un rocher fté-
rile. Plutarque dit qu’il y avoit en Egypte , deux
er droits où l’on vouîoit être enterré de préfé-
rence à tous autres , c’étoient les environs de
Memphis , où fe trouvent encore aujourd’hui
les momies, & les environs d’Abydus.
On voit 3 dans Xénophon , Cyrus ordonner
que fon corps foit c/zterré. Les mages , fes fujets,'
ne brûloient pas les corps ; mais ils les laiffoient
dévorof aux qifeaux de proie. Les autres per.^es
Yy y
E N T
5-38 E N T
Iss enîerrolinî. ( XeTiopk. Cyrop. JLerodct, lib. y.
cap. 9.)
QusI<5uss auteurs ont dit les grecs n enfs-
velirent jamais aucun mort dans leurs temples
& dans leurs villes; mais c'efl: une erreur. On
voyoit en Laconie , dans le temple d'Amyclée ^
le tombeau d'Hyacinthe , fils d'Amyclèsj fous
une ftatue d'Apollon. C Paufarâas^ 3.1.) Cet
exemple étoit fréquemment répété , comme an
peut le voir par les livres de Paufanias^ & des
écrivains grecs.
Ces témoignages nous apprennent que l'ufage de
brûler les corps , n'étoit p5s général chez les
grecs. D'ailleurs les lacédémoniens enterraient leurs
morts. Lycurgue avoit ordonné que ceux qui
auroient perdu la vie dans les combats, feroient
enterrés avec des branches d olivier , & que
ceux dont la valeur avoit été la plus diftinguée ,
feroienc enveloppés dans un drap rouge , défen-
dant de placer'autre chofe près de leur cadavre.
A Athènes, Solon n'avoit permis d'OTreccer avec
les corps que trois habits.
Les étrufques n'étoient pas dans l'ufage de
brûler les corps. Les tombeaux de marbre, rap-
portés par Demfier, Gori, &c. ne permettent
pas de douter qu'ils ne les enterrajfent.
Un philologue célèbre {AL ab Alexandra dier.
génial. Lib. 3. cap. 2. ) a écrit que les romains
ne brûloient pas les corps dans les premiers lîè-
cles de leur ville , & qu'ils les enterraient mais
qu'ils avoîent réglé depuis par un décret , décréta
fanxerunt ^ qu'on les brûleroit , parce que les en-
nemis déterroient leurs cadavres & les infultoient.
Cette opinion eft dénuée de fondement , car on
ne peut trouver aucune trace de ce prétendu
décret. De plus il eft démenti par le grand nombre
de tombeaux quiexiftent encore, dans lefquelson
voit que des cadavres ont été dépofés , & du
temps de la république, & fous le règne des
empereurs. Gruter rapporte auffi pîufîeurs inferip-
îions qui parlent de corps entiers renfermés dans
le fein de la terre.
D. M.
1. IVLI. EPIGONI
VI X I T. ANN I S. X XVI. M. V. E>. XII.
eORPUS. INTEGRUM. CONBITÜM
E, IVEIVS GAMVS-.
PATER. FILIO. PIISSIMO. .
Pag. x>cixxxrJii. le, édition, prima.
I. IVLIVS. GA MTS
DIS. MANIBDS
L, IVEI. MARCEIEI
NEPOTIS SVI
VIXIT. ANN. V
DIEBVS. XXXXI
eORPVS. INTEGRVM
CONDITVM
SARCOPHAGO.
Pag. D c X X X I X. 8.
Fabretti ( infeript. pag. 17. ) cite encore à ce
fujet l'infcription fuivante :
O s s A. F A E
SUE. F V N D.
TRIBVNALIS
TERRA. TECTA
Et celle-ci qui eft accompagnée de deux fque»
lettes gravés à fes deux côtés :
CRITONIA. Q. L. PHILENIA
POP A. DE. INSVLA.
Q. C R I T O N I. P. L. D A S s I
SCALPTORIS. VILARI
SIBI. SVÎSQVE. POSTER
E O R.
Il eft donc certain que dès les commencemens
de Rome , on brûla & on enterra les corps , que
le fécond ufage fut d'abord plus fréquent que
le premier ; mais que par la fuite le premier de-
vint le plus ordinaire par la force de^ la mode
feule , & fans aucune loi. Pline ( hifi. lib. III-
cap. i. ) le dit , & il obferve que plufieurs fa-
milles, & entr'autres la famille Cornelia , jufqu'au
diélateur Syüa , confervèrent l'ufage 6.‘ enterrer les
corps. Ce patTage de Pline a paru obfcur à quel-
ques philologues ; mais il devient clair & exprelftf,
lorfqu'ii eft rapproché de celai ( lib. VII. cap.
XVI.^ où il dit que l'on ne brûioit les corps
humains qu'après qu'ils avoient acquis des dents ,
non hominem prias quam genito dente cremari. De
là vient que Juvenal déiigne un enfant par ces
mots ( fat. XV. ) minor igné rogi , trop jeune
pour être brûlé- De là eft venue aufli la diftinc-
tion établie par les anciens jurifconfultes, entre
les mots corpus & ofa, qui eft exprimée d^s
YinCctiptioa fuivante , rapportée par Fabretti
( ibiiem. )
IN. LA T. P. II. L. P. III I.
HVIC. LOC&. ITVS. AMBITVS. DEBETVR
ET. SI. CORPVS. INFERRE. VOLIT. SIVE OSSA
L I C E A T.
L’ufige a enterrer les corps , qui avoir été
moins pratiqué depuis Sylia^ que celui de les
brûler, commença , fous les empereurs chrér'ens ,
à régner feul. Macrobe qui florilfoic fous le règne
de Théodofe le jeune ( Saturnal. iib. Vil. c. n. )
dit expreffément que de fon temps on ne brûloir
plus les corps : bicet urendi corpora defiinctorum
ufus nojlro f&culo nuUus fa.
Les gaulois brûloient les corps dû temps de
Jules- Céfar , ( ûe belle gaüico , lib. 6. ) de forte
que Ton ne p^eut attribuer qu’aux francs , leurs
vainqueurs dans les IIP. IV'. & V.' fiècles , fa
quantité prodigieû|e d’anciens cercueils que Ton
déterre tous les jours en France.
ENTHEA. Cybèle eft appellée , dans Martial ,
îa mère Entkéa , qui veut dire la divine , ou la
fanatique , ou la déefîe aux enthoufiafmes. E fÔE»;,
divin.
ENTRAILLES des viélîmes. C’étoit la fonc-
tion des arufpices d’examiner les entrailles , pour '
en tirer des préfages. Cicéron , dans fes livres
de la divination , après avoir fait voir affez vi-
vement quelle extrême folie c’étoit de confukerdes
entrailles d’animaux, réduit les partifans des Aruf-
pices, à répondre que les dieux changent les en-
trailles dans le moment du facrifice , afin de mar-
quer par elles leur volonté & l’avenir } fur
quoi il fe récrie ainfi : « ahl que dites-vous ? 11
=> n’y a point de vieilles lî crédules que vous.
M Croyez-vous que le même veau ait le foie bien
» difpofé, s’il eft choifi pour le facrifice par
M une certaine perfonne , & mal difpofé , s’il eft
choifi par un autre ? Cette difpofition de foie
55 peut-elle changer en un inftant, pour s’accom-
.55 moder à la fortune de ceux qui facrifient ;
55 ne voyez-vous pas que c’eft le hazard qm fait
»5‘ le choix des viélimes ; l’expérience même ne
55 vous l’apprend-elle pas? Car fouvent les en-
j5 brailles d’une viêlitae font tout- à-fait funeftes j
5» & celles de la viftime qu’on immole immé-
55 diatement après, font les plus heureufes du
55 monde. Que deviennent les menaces de ces
>5 premières entrailles^ Ou comment les dieux
55 îe font-ils appaifés fi promptement ? mais vous
=5 dites qu’un jour il ne fe trouva point de cœur
55 à un bœuf que Céfar facrifioit ; & que , comme
5’ cet animal ne pouvoit cependant pas vivre fans
55 ea avoir un , il a fallu nécelfairement qu’il fe
55 foit retiré dans le mome.nt du facrifice. Eft-il
55 poflîbic que vous ayez affez d’efprit pour voir
55 qu’un bœuf n’a pu vivre fins cœur, & que
’5 vous n’en ayez pas affez , pour voir que ce
55 cœur n’a pu en un moment s’e;ivoIer je
55 ne fais où ? Cicéron ajoute un peu plus bas.
55 C’eft un ancien mot de Caton , & qui eft
55 connu de tout le monde , qu’ii s’étonnoir qu’un
55 arufpice qui rencontroit un autre arufpice , ne
55 fe mît pas à rire ; car de toutes les chofes
55 qu’iis ont prédites, combien peu font arrivées?
55 Et lorfqu’îl en eft arrivé quelqu’une , que peut-
55 on alléguer pour fah-e voir qu’elle ne foit pas
55 arrivée par hazard ? Lorfqu’Apnibal , réfugié
55 auprès du roi Prufîas , lai confeüloit de com-
5’ battre , & que ce roi lui eut répondu qu’il ne
55 i’cfoit, parce que les entrailles des viélimes
55 n’éroient pas favorables. Quoi , lui répliqua
55 Annibal , v'ous aimez mieux vous en rapporter
55 aux entrailles d’un boeuf, qu’à l’avis d’un vieux
55 général 55?
ENTREES ( grandes & petites). Fbyq Ad-
MISSIONIS.
ENTRE - R.OI. V.oyet^ Interrex.
ENVIE. Les poètes , tant grecs que latins ,
ont déifié V envie , avec cette différence , que
comme chez les grecs le mot eft mafculin ,
ils en ont fait un dieu j & , au contraire , les
latins en ont fait une déeffe , parce cfainvidia
eft féminin. Il ne paroît pas qu’on ait jamais
érigé des autels , ni des ftatues à X envie. Lucien
& Ovide en ont fait des defcriptions poétiques,
prifes fur les envieux même. V’oici comme parle
Ovide : « Une trifte pâleur eft peinte fur fon
55 vifage, elle a le corps entièrement décharné,
55 le regard fombre & égaré , les dents noires
55 & mal-propres , le cœur abreuvé de fiel , &
55 la langue couverte de venin. Toujours üvnée
55 à des fouhaits inquiets & chagrins, jamais elle
55 n’a ri qu’à la vue de quelques maux ; jamais
55 le fommei! ne ferma fes paupières. Tout ce
55 qui arrive d’heureux dans le monde , l’afflige
55 & redouble fa fureur ; elle met toute fa joie
55 à fe tourmenter , à tourmenter les autres , &
55 elle eft elle-même fon trifte bourreau
ENYALIUS. Hiftiarus de Milet , ancien
auteur grec , qui avoir écrit i’hiftoire de la Phé-
nicie , difoit, au rapport de Josèphe , que cèr-
tains prêtres avoient porté les fâcrifices de Ju-
piter Enyalius dans la camp,igne de Sennaar ,
c’eft-à-dire, dans la partie de la Méfopotamie,
qui eft la plus proche du cor.fluer.t de l’Eu-
phrate & du Tigre. Voftius ( de idol. orig. &
prog. l. I. c. i6. ) croit que Jnpkcr Er.yaiiu: eft
Mars, & que ce Mars des afl'yriens , ou baby'-
loniens , n’eft autre que Nemrod. On convient
E O L
feulement Enyalins efi: un furnom de ^ Jvîars.
Macrobe le dit politivement , & Iss poetes ^ a
Texemple d'Homère j, lui donnent cette épithète.
D'autres difent cnEnyalw eft le fils d'Enyo ou
de Bellone , Ejusî o’ioj. Cependant Denis dHa-
licarnalTe , qui dans fon fécond livre dit quEnya.-
liiis chez les fabins ctoit le même que Quinnus ,
ajoute qu'on ne fait pas bien au vrai fi Er.yalius
eli Mars, ou quelqu'autre divinité égale à Mars
en puiifance & en h- nneur; qu’à la vérité, il
en eft qui difent cyi r nyaiius elt ie dieu qui pré-
fide à la guerre & aux armes ; mais que d’autres
les diftingueat. Voye:^ Enyo , d’où ce mot vient.
ENYO. Quelques auteurs difent que le dieu
Mars portoit le nom a Enyalius ^ parce qu'd étoit
fils de Jupiter & à‘Enyo , déeffe de la guerre.
Stace dit qn'Enyo préparoit les armes , les che-
Taux & le char de fon fi!s_, lorfqu'il alloit au
combat. Phurnutus > dans fon traité de navara
deorum, rapporte que les auteurs varient fur l'ori-
gine & les fonélions a Enyo : les uns difent qu’elle
étoit mère ^ les autres foutiennent qu'elle étoit
fille , d'autres enfin attellent qu'elle étoit fimple
nourrice du dieu Mars ; mais il ajoute que tous
les mythologiltes s'accordent à dire qu Enyo,
en grec , fignifie qui donne’, qui excite le cou-
rage J la valeur & la fureur dans le cœur des
combattans. L'interprête de Lycophron dit
quEnyo , fœur des Gorgones , étoit une épithète
que Ton donnoit à Junon. Héfiode , dans fa '
Théogonie , attefte cyoEnyo étoit fille de Phorcynos
fc de Ceto , & par conféquent qu'elle étoit fœur
des Phorcinides. Gn lit dans Paufanias , quEnyo,
ainfî .que Pailas , préfidoit à la guerre, & la
dirigeoit.
ÉOLE , fils d’Hipotbès , defcendant de Deu-
calion 5 ou fils d'Helien, fils de Jupiter j ou fils
de Jupiter même , fut le dieu ou le roi des
vents. “ Dans un antre vafre & profond Eole
tient tous les vents enchaînés , dit "Yirgile ,
M tandis que les montagnes qui les renferment,
» retendirent au loin de leurs mugiiTsmens. Ce
» dieu qui les gouverne, alGs fur la plus élevée
5D de ces montagnes , appaife leur furie & s'op-
pofe à leurs efforts j s'il ceffoit un moment de
5D veiller fur eux, le del , la terre, la mer,
=0 tous les élémens feroient. confondus. La fagelfc
33 de Jupiter, qui a prévu ce danger, les a em-
33 prifonnés dans, des cavernes obfcures, & les a
» chargés du poids des plus hautes montagnes.
33 1! leur a en même-temps donné un roi, qui :
33 sût à propos, fuivanr les loix qui lui fe.'-oient
33 prefcrites, les retenir dans leurs prifons, ou
53 les mettre en liberté 33. Junon voulant éloigner
Énée de J''Itaîie , pria Eole d'exciter une fem-
pêts. AuSi-tôt il enfonça fa lance dans le fianc
de la montagne l’cntr'cuvrit. Tous les vents,
à l’inftanî , fortirent impétueufement de leurs
E O U
cavernes, fe répandirent fur la terre, fur la mer,:
& excitèrent la pj,usafïi-eure tempête. Ülylfe étant
venu confulter Eole^fur fon voyage, & lui ae-
mander les moyens de faire une heureufe navi-
gation , Eole lui donna les vents enfermés dans
une peau de bouc , 8c lia lui-même cet outre
dans fon vaiffeau avec un cordon d'argent , afin
qu’il n’en échappât pas la moindre haleine : il
laiiTa feulement en liberté le zéphir, auquel il
donna ordre de conduire les vaiûeaux. Mais les
compagnons d'ülyffe s'imaginant que cet outre
renirsrmoit des tréfors, dont Ülyffe ne vouloir pas
leur faire part, prirent le temps qu'il étoit en-
dormi pour ouvrir l'outre. Dans ie moment les
vents fortirent avec fureur , & excitèrent une
horrible tempête , qui les fit prefque tous périr.
Homère ajoute qu Éo/e voyant revenir Ulyfîè
après la tempête , le renvoya avec indignation,
comme un homme chargé de la colère des dieux.
On donne à Eole douze enfans , lix filles & fix
garçons, qui s'étoientrhanés enfemble, les frères
avec les foeurs. On dit qu’une de ces filles fut
féduite par Neptune changé en taureau. Ce font
apparemment les douze vents principaux , qui fe
‘ mêlent fouvent dans les orages. li eut pour fils
Créthéus, Salmonée & Sifypjie. J^oye^pÉLiAs.
Le feu! monument fur lequel en voie le nom
de ce dieu, eft une infeription rapportée par
Muraîori. TAe/. infer. 1979. 4.
A E O L. C O N T I N U. A T O R I
CAE. FAUSTINIANXJS
■ MIE
E E G. ,I I
V. S. £. M.
Sur un tombeau antique ( Antiq. hort&. lih. 5.
P; 8. ) Fontanini a reconnu Bacchus appuyé fur
Eole. Ce dernier eft repréfenté avec de la barbe
& des allés. Bacchus eft conduit à Ariadne par
Eole , dont elle avoir imploré le fecours.
EOLIENNES ; ^ ce font fept petites iflés ,
placées entre fltaiie & la Sîcik , appellées au-
jourd’hui les ifts ,de Lipari , dont la principale-
eft remplie de volcans : ce qui fit placer dans
cette ifle les forges de Vulcain, d’où elle prit^
nom de Vulcanie ; enfuite étant gouvernées par
To/e, elles en portèrent aufiî le nom. Homère ne
parle que d'une ifle éolienne , qu'il dit être fiot-
tante, ceinte tout autour d'une forte muraille
d’airain , & bordée en dehors de rochers %f-
carpés.
EORIES. F'oyei Aeïtides.
EOUS , un des chevaux du foîeil, qui défigne
l’Orient, h», Oriem.
EPA
^ACHTÉES J fêtes que les athéniens céîé--
broient en Thonneur de Cérès, & en mémoire
de la douleur qu'elle reffentit en arprennant
l'enlévement de fa fille. Ce mot eft compofé de
sVl sûr^ & de douleur.
EPACRIUS ( Jupiter ) , Es-sxpiss- , ou des
montagnes , eft placé fur piuiîeurs médailles , & '
fur des pierres gravées. On le voit auiïi fur un
médailion très-rare, avec Neptune & Pluton,
& Tinfeription ©so; AICFAOI , dû montarà.
EPACTES. L'année folaire commune contient
30) jours, & l'année lunaire commune 5f4. Il y
a donc dans la première onze jours de plus que dans
la fécondé. Ainfi pour égaler l'année lunahe à
la folaire, il faut ajouter .onze jours à la pre-
ffiière , & ces onze jours font ce qu’on appelle
épacies. Elles augmentent d'un pareil nombre cha-
que année commune , parce que le cours de la
lune avance d'autant fur celui du foleil. Les années
bifTextües étant de 366 jours, la, lune avance
de 12 '"jours fur le foleil ces années-!à. Mais les
calendriers, tant l'ancien que le' nouveau, font
arrangés de manière qu'on n'y fait aucune atten-
tion aux années biffextiles , & qu'on fe contente
d'augmenter les épacies. du nombre onze comme
dans les années communes. Il n'y a que l'année
du cycle de dix-neuf ans , précédée de Yépacîe
29 , jufqu’à k réformation du calendrier, & celle
qui a I pour nombre d'or, depuis 1 596 jufqu'en
1900 exclulivement, queles compiitifles augmen-
tent \ts épaSes de 12 au lieu de ii, & cela
afin qu'au bout de 19 ans les comme les nou-
velles lunes, recommencent à marcher dans le
même ordre que le cycle précédent. On peut
remarquer cet ordre dans notre Table Cns.o-
KOLOGiQVE , en edtaparant un cycle avec l'autre.
On y verra auffi que les épacies augmentent de
Il au lieu de ii dans les années que nous venons
de nommer.
Pour y découvrir cet ufa^e plus aifément , il
faut favoir comment les cc^putilles font leur
addition à'épades chaque année. S'ils en comp-
tent Il cette année, iis en compteront 22 l'année
prochaine , en y ajoutant 1 1 ; l'année fuivante ,
en ajoutant encore ri , ils en compteront 33 ,
ou plutôt ils en compteront 3 , parce qu'étant
arrivés, par leur addition, à un nombre audefTiis
de 30, ils retranchent le nombre de 30, & cc
qui relie eft Vépacie qu'ils cherchent. Cela fuppofé ,
il eft aifé de comprendre qu'au lieu de 1 1 , ils
ajoutent 12 pour l'année qui fuit l'é/JiiCTe 29 , de-
puis J. C. jufqu'en 1582; pour l'année qui fuit
Vépacie 19, depuis 1 396 jufqu’en 1700, & encore
pour l'année qui {akïépacie 18, depuis l'an 1700
jufqu'à l'an 1900 exclüiîvemetit. Si l'année qui
fuit VépaSe îp ^ on n'ajoutoit que 1 1 , on ne
compteroiï cette année que lo Tépaüe ; 29 &
EPA
5*4 1
Il font 4c; retranchez 50, refte lo, & par
conféquent en n'ajourant que 11 , il ne faudroic
compter que lo dTpacies. Cependant en en
compte 1 1 après 29 , comme en le voir dans
notre Table Ckrootologique , depuis J.C. ]'üf-
qu'en 1 382. II faut donc que les compuîiftes
ajoutent 12 à 29, pour l'année qui fuit celle qui
eft marquée de ïépaeie 29. Il en eft de même
depuis 1700, pour l’année qui fuit Vépacie
Cette année eft ainfi marquée * dans notre Table
Chronozogtque , ou cet aftérifque tient lieu de
30. Or, 18 & Il ne font que 29 ; il faut donc
ajouter ii.<T épacies au lieu de ii , pour les an-
nées qui font marquées de cette petite étoile,
que nous nommons aftérifque. On voit que les
anciens & les nouveaux computiftes s'accordent
parfairemenr , en ajoutant 12 T épacies au lieu de
Il J pour une certaine année du cycle de 19
ans. Mais il s'en faut bien que les uns & les
autres conviennent fur la manière de compter
les épacii's.
Les nouveaux computiftes comptent autant
T épacies chaque année , que la lune avoir de
jours le dernier décembre qui a précédé. Par
exemple, on comptoir en l'année. 1760 , I2d’/-
pacies , parce que, félon le comput eccléfîaftique ,
le 31 décembre 1759, lune.
Cependant il y a une exception , qui eft que
depuis 1596, la première année du cycle de 19
ans, on ajoute une unité au nombre des jours que
la lune avoir le dernier décembre précédent-
Exemple} en 1784, la lune a eu 29 jours le 31;
décembre, & néanmoins le premier janvier fui-
vant, on a compté 30, ou * Tépaâie^ parce
que l'an 1786 concourroit avec la première année
du cycle de 19 ans, ou avoir i pour nombre
d’or. C'eft au fond la même raifon pourquoi
l’on ajoute 12 aux épaéîes 18, 19 & 29. lî n'en
eft point ainfi des anciens computiftes. Ils comp-
toient autant T épacies , chaque année , que la lune
avoir de jours le 22 mars ; omni anno, dit le
vénérable Bede , auota luna in undecimo calenda-
mm aprilis evenerit , tota eoàem anno epaHa erit.
Ce font ces épacÜes anciennes , dont les chartes
font datées, que nous marquons dans notre Tahle
C11S.0NOZOGJQUE, depuis la première année de
notre ère chrétienne jufqu'à la réformation du
calendrier , faite en 1 382 } fur quoi nous remar-
querons que les anciens computiftes ne donnoienr
pas tous le même commencement à leurs épaBes.
Quelques-uns en effet commençoient aies compter
dès le mois de feptembre, avec les égyptiens ,
quatre mois pleins avant ceux qui , fuivant l'ufage
des romains, ne commençoient à les compter
qu'avec le mois de janvier. EpaBst , dit encore
le vénérable Bede, incipîunt fecundiim- agyrtios
a. calenàis feptemhris , fecundiim romanes a caiendis
januarii. Nous trouvons dans les chartes des no-
taires, qui ont fuiyi l'ufage des égyptiens, &
5’42 EPA
d’auîres qui ont fuivi celui des romains. Com-
mençons par les premiers. Dans ie t-ome des
Anecdotes de D. Martenne , coJ. 264, on voit
une charte ainfi datée : ccia fu.nt k&c anno
S.O încamaîione Domini jMXCIlI , indiciione I,
epacla I , parce que cette charte n’a point été
donnée avant le- mois de feptembre , epacia 1 ell
bon , fuivant i’afaga des égyptiens. Si elle avoir
été donnée avant le mois de feptembre, ou fi
celui qui l’a écrite , avoir fuivi î’ufage des ro-
mains J il i’auroit datée epacia XX, comme on
la voit marquée , en 1093 > dans notre Table
Chroxologiqd:e , où nous fuivons les romains
dans notre manière de compter les , fans
aucun égard à celle des égyptiens, parce qu’il
n’eft pas pofTible de tout marquer dans une table,
qui doit être claire & fans confufion. Le même
tome des Anecdotes qui vient d’être ciré, pré-
lente, col. 346, une charte de Louis- le-Gros ,
ainfi datée : anno Domini MCXKII. . . . epacia
XXXI, concurrentibus XIL Cette date epacia
XX XI eft bonne , en fuivant la manière de
compter des égyptiens ; mais en fuivant celle
des romains , il faudroit epado- X X, comme elle
eft indiquée dans notre Table CrrsorroiOG/çErs
pour l’an 1117. II en eft encore de même d’une
autre charte, rapportée par D. VahTette , ,tom.
II, fol. 3 II, de fes preuves de l’hiftoire de
Languedoc. Telles font les dates de cet aéle : ‘
f&cia charta ijîa menfe novembris , feria XII, '■
epacia XI , luna XI , anno videlicet ab incarna.- \
tione Domini MCXLIIÎI. II faut lire MCXLV, 1
félon D. Vaiffette. En effet, toutes les dates de
cette charte conviennent à l’an 1143; &le/èr/a
V^II , menfe novembris réuni avec lana VI , prouve
qu’elle a été donnée cette année 1143, le 24
novembre , qui étoit un famedi , comme on peut
le voir dans nos deux Calbudriers lunaire &
folaire. Pour Yépacie XI, au lieu de XXV, elle
ne peut plus faire de difficulté, après que nous
avons prouvé qu’il y avok des notaires qui chan-
geoient les épades , dès le mois de feptembre ,
avec les égyptiens. En voici une preuve bien
claire , tirée de celles de la dernière hiftoire de
Bretagne , tom. î, col. éi2 : h&c . confirmatio |
fada efi anno ab incamaùone Domini MCLIl
menfe feptembris , in exaltatione fandA Crucis
luna II, feria I, cyclus folaris XIII epada
XXIIÎ, concurrentes II, claves terminorum XIV I
indidione X X. Selon les romains , il faudroit
epada XII p mais epadn XXllI eft bon , fuivant
les égyptiens , dans une charte , donnée comme
eft celle-ci , au mois de feptembre. Donc toutes
les dates font exades, à l’exception de luna. II,
qui paroît être une faute de copifte , pour
luna XL
. cet ufage des égvptiens
aïe été très-fuivi par nos anciens > mass pour le
prouver, il faudroit un- grand nombre de chartes
EPA
qui euffent été faites dans les quatre derniers
mois de l’année ; & c’eft ce qui nous manque.
A l’égard de celles qui ont été données dans le
mois de janvier , & les fept mois fuivans, quoi-
que les épades y foier.t fouvent marquées^, elles
ne peuvent être rapportées en preuve , ^ ni de
i’ufage des romains , ni de celui des égt^ptiens.
La raifon en eft bien fenfible 5 ce font les mêmes
épades dans les huit premiers mois de l’année,
félon l’un & l’autre ufage. Amfi, en rappor-
tant , comme nous allons faire , un certain
nornbrede ces chartes, données depuis le-mois
; de janvier jufqu’au mois d’août inclufivement,
notre but eft moins de démontrer l’ufage parti-
culier des romains^ que de prouver l’ufage gé-
néral de nos ancierjs. En effet, la manière dont
ceux-ci com.ptoîent les épades , eft fi différente
de la nôtre , qu’elle m.érite d’être atteftée par
des autorités affez nombreufes, pour ne iaifftr
aucun doute fur ce que nous avons dit.
Le premier exemple que nous trouvons des
épades ajoutées aux dates des lettres , «u des
chartes, eft tiré d’une lettre inférée dans la
vie de S. Benoît d’Aniane , où les moines de
l’abbaye d’Inde , rapportent la mort de ce faint
Abbé en ces termes : obiit autem feptuagenarius ,
tertio idus februarii , anno ab incarnatione Domini
odingenteftmo vigefimo primo , indidione XIX,
concurrente I , epada décima quarta.
Un autre exemple du même fiècle , eft de Ro-
dyade-, prêtre de la ville d’Amiens , qui date
ainfi fon ordination : ego Rodradus IIIl
nouas mardi , facerdotalis miniflerii trepidus fufeepi
oficium anne incamationis dominicA DCCCLIII ,
indidione I , epada XI î, concurrente XI, L.
VU, ( il faut luna XIX J ) termina pafckalilX,
bal. aprilis, .
Le Fl tome des Anecdotes de D. Martenne,
va_ nous fournir d’autres exemples pour les fiècles
fuivans. Une charte d’Hubert , évêque de Té-
rouenne, pour l’abbaye deFécamp, ( col. 214,)
eft ainfi datée : aduih Fifcanni in capitula , anno
ab incarnatione Domini MLXXX , epada XXVI,
indidione III. Et col. 260 , charté de l’-empereur
Henri III , data II idus augufli. . . ... anno domi-
nicA incamationis M.XCII , indidione X X, epada
/X. Col. 584, charte de Berthe, ducheffe de
Lorraine , ainfi datée ; ada fait hoc anno ah
incarn. Dom. MCLXXXI , indid. IX, epaSa
VII, concurr. IV.
Dans ces chartes de différens 'çzys,\es épades
font toujours marquées fuivant le calcul de nos
anciens computiftes, qui comptoient, ainfi qu’on
l’a dit , autant -aépades chaque année , que la
lune avoir de jours le 22 mars. Il n’y a qu’à
jetter les yçux ftjr notre Table Chronologique
& notre Calendrier lunaire , pour fe convaincre
de la vérité de ce que nous î fons. Il n’y a point
EPA
ici de variété dans nos chartes : elles s’accor-
dent toutes fur cet article , & toiles les épactes
f font marquées de la même manière, excepté
celle qui répond à la première année du cycle
de 19 ans, qui eit tantôt epacia XXIX, tantôt
epaEla nulla. Il eft bon de fe fouvenir de ces
deux manières de marquer une même épaSe ^
pour n’y être point embarraffé, quand on ren-
contrera epacia nulla , que nous n’avons point
marquée dans notre Table Cjironozogiqup.
Mais pourquoi les anciens computifles romp-
toient-ils autant Sépacles chaque année, que la
lune avoir de jours le za mars ? Et quel ufage
pouvoient-ils faire de ces épaBes ? Le voici. La
pâque ne pouvant arriver plutôt que le zz mars,
il importoit de favoir quel étoit le quantième de
la lune de ce zz'. jour , parce qu’en étant inftruir ,
on favoit en même-temps fî cette lune qui couroit
le zz mars , étoit la lune pafcale , ou ne l’étoit
point ; & voici comment on le favoit. Si le nom-
bre des épacles étoit audeffus de lé, ce nombre
audeffus marquoit que la lune qui couroit le zz
mars, n’étoit point la lune pafcale, mais que
c’étoit la lune fuivante. Au contraire, fi le nom-
bre des étoit au-deffbus de 16, il marquoit
que la lune qui, cette année-là, couroit le zz
mars , étoit la lune pafcale , & qu’il n’en falloit
point chercher d’autre.
Ceci deviendra clair par l’application de cette
règle aux deux premières années du nombre d’or,
ou cycle de 19 ans. La première année de ce
cycle, nos anciens comptoient zp d’épaBes. Ce
nombre eft audeffus de lô , par conféquent la
lune, qui couroit le zz mars cette année -là ,
n’étoit point la lune pafcale, c’étoit la fuivante,
dont Je premier jour tomboit le Z3 du même
mois. Voyons maintenant la fécondé année du
même cycle. Nos anciens , cette année , comp-
toient onze épaties.- Onze eft audeffous de 16 ,
donc la z'. année du cycle de 19 ans, la lune
qui couroit le zz mars, étoit la lune pafcale.
Tout cela peut fe vérifier fur notre Table Chro-
NoLoGtQ^üE- & notre Caibnorier. lunaire. Tel
eft l’ufage que les anciens faifoient de ituxsépaBes^
outre celui dont nous avons parlé plus haut.
Obfervons encore qu’il n’étoit pas rare dans le
onzième fiècle, de dater les chartes de deux
épaBes différentes , la majeure & la mineure. La
première eft la foiaire , qm fe confond avec les
cqncurrens j la fécondé eft la lunaire , dont on
vient de -traiter.
Nous nous fervons aujourd’hui de nos épaBes ,
pour connoître les nouvelles lunes de chaque
mois pendant tout le cours de l’année , comme
nous 1 expliquons d’une manière plus étendue
dans l’avertiffement qui eft à la tête de notre
CALErroRiER lunaire , où nos nouvelles épaBes
font marquées comme dans îoiis Iss calendriers.
P A
Nous remarquerons feulement Ici , que ces nou-
velles épaBes ^ comme il a été déjà dit plus haut ,
quoique plus exaétes que les anciennes, n’indi-
quent pas néanmoins, avec toute k précificwi
aftronomique , le commencement de la Bouvelle
lune, que fouvent elles l’anticipent d’un jour , de
deux & même de trois, & que rarement elles
l’indiquent au jour qui lui eft propre. Ainfi l’on
cliftingue le commencement de la lune , fuivant
l’ufage ordinaire, de ce même commencement,
fuivant l’exadtitude aftronomique. (Article extrait
de 1‘ Ab-T SB VÉB.JB1BR ZBS SATBS.)
EnA,K.TIQc. ( Mercure. ),
Mercure étoit adoré parles famiens, feus le
nom d’fVéxT;!)? , fur le bord de la mer, parce qu’il
préfidoit à la navigation. On le repréfenroir alors
affis fur un promontoire , comme on le voit fur
des médailles de Tibère.
ÉPAGOMÈNES, fubft. & adj. pl- terme de
Chronologie. Epagomènes. Les égypderfs , les
chaldéens, q-ui fe régloient par l’année de Na-
bonaffar , la partageoient en douze mois égaux ,
de 30 jours chacun 5 mais parce que iz fois 50
ne font que 360, & que le foleii emploie 363
jours à parcourir fon orbite , après leur douzième
mois, ils ajoutoient 5 jours, qu’ils appelloient
épagomenes.
Ce mot nous eft venu des aftronomes grecs ,
qui ont appeilé ces y jours épagomenes ^ c’eft-
à-dire , ajoutés, fur-ajoutés , de tsrffuper , & «yâ!,-
duco.
ÉPALIÜS. PGyrj Hylius.
ÉPAPHUS , fils de Jupiter & d’Io , fut en-
levé , après fa naiffance, par la jaloufe Junon,
&• donné à garder aux Curètesj ce qui étant
venu à la^connoiffance de Jupiter , il les fit tous
mourir. Épaÿkus devenu gr-and, eut un différend
avec Phaëton , & lui reprocha qu’il n’étoit point
fils du Soleil , comm.e il s’en vantoit ; il ajouta
que Ciymène , fa mère , n’en avoir fait courir
le bruit , que pour couvrir fes galanteries. Ce
reproche engagea Phaëton à aller trouver le So-
leil dans fon palais. V '>ye[ Phaëton.
fut père de Lybie, ou de Lyfiaiaffe,
mhe deBufris. Foye^ BusiRis, le.
Hérodote ( l. /. & l^ IL ) dit cnÉpipkus eft
l’Apis des égyptiens ; que c’eft le nom que les
grecs donnoient à Apis. Eüen dit la même çhofe
(1. XI. des animaux, c. 10. ). Mais il ajoute que
les égyptiens s’inferivoient en faux contre cette
opinion, & qu’ils affuroient cpxEpaphus n’avoit
exifté que plufieurs fiècles après A.pis. Voflîui
( de idol. L I. c. 29.^ ) croit que les égyptiens
avoient raifon : c^Épapkus étoit aïeul d’Agenor,
£
^44 EPA
Sc bîfaïauî de Cadîr.us ; mais les grecs avoient
rambition de, paiTer pour avoir donne les dieux
à l’Égypte. Evaphus etoit fils de Jupiter & d’Io ^
& par' conséquent petit-fils d’Inachus, qui avoir
jette les fonnemens du royaume d’Argos.^Fbyej
les métamorphofes d'Ovide J 1. I. v. 749. Eusèbe
dans fa chronique, Servius fur le 3'. 1. de FÉnéide,
Macrobe, 1. III. des fatarnales, c. G.
ÉPAULES. Les anciens tiroient divers pré-
fages des treffaillemens fortufts que Ton reffentoit
dans ks épaules. Si c'étoit dans la droite , Lar-
tifasY devoir en conclure qu'il lui furviendroit
quelque profit, Eefclave devoir augurer un profit ,
Sc la mort de fon maître, la fille un bon ma-
riage, la veuve quelque gain, le marchand des
profits, le pilote un heureux voyage , l'époufe
de la joie. Le ireffaillement de ïépaule gauche
préfageoit des pièges rendus par quelque femme î
mais des pièges qui ne dévoient pas être nuifîbles.
( Nympkus de augur, 1. c). )
EPAULIERES, l . , , . ^
ÉPAULETTES, !a cuiraffe, ou
armure particulière, qui défend les épaules du
foldat , & le haut de fon bras. On en trouve
fur plufîeurs monumens antiques. Elles font très-
apparentes à une petite ftatue de bronze , con-
fervée dans la galerie du collège de S- Ignace ,
à Rome, & qui repréfpnte un foldat farde. Ce
foldat tient de la main gauche un bouclier rond
devant fon corps ; mais à une certaine dillance ,
& fous ce bouclier trois flèches , dont on ap-
perçoit les bouts empennés qui excèdent le bou-
clier ; de la main droite il porte l’arc. Il a la poitrine
couverte d'un corcele* court, & les épaules
garnies à’ épadlUres . Cette armure fe voit auffi
fur un vafe de la colleélion du comte de. Maf-
îriHi , formée à Noie ; & fur un autre morceau
de ce genre de la bibliothèque du Vatican
^ Dempfi.- etrur. Dans un monument,
publié par, Winckelmann dans fes monumenti
inedhi n°. 197, on voit un gladiateur, avec une
pareille armure fur les épaules. 'Vépadiere de
cette figure, ainfi que celles des figures cirées
plus haut , eft de forme quarrée; mais fur la figure
farde, elle a la forme des épaulettes qu’on voit
fut les uniformes de nos tambours. Au relie ,
cet ufage de défendre les épaules, avoir été
en ufage chez les grecs des temps les plus
reculés. Héfiode entr’autres armures, donne' Vépau-
It'ere à Hercule ( Scut.Herc. v. 128.), & le fcho-
liafte de ce poète la nomme Saravjoy, mot formé
de préferver.
E P E
' que de ce jour. On dornoit le même nom aux
préfens, fur-tout aux met oies que le mari re-e
voit de fcn beau-père. Ces préfens fe t'anfpo”-
toient publiquement & e;. cérémonie j un i-une
homme vêtu de blanc, & enant à la mam un
flambeau allumé, précédoit a marche.
ÉPÉE. Les anciens attribuoient l’invention des
épées aux curètes ; & Claadien leur donne cette
arme comme un caradère diftinétif ( Rapt. Pr&.
ferpin. II. zGç). ) ;
Seu tu fanguineis uhilanùa Dindyma galUs
Incolis , & JîriSos Cutetum refpicis enfes.
Épée des grecs.
Les grecs portoient Vépée fous l’ailTelle gauche
( d’où lui venoit le nom d’ l’xaMyio;') , de manière
que le pommeau touchoit à la mammelle gauche.
IJépée étoit prefque horizontale , & faifoit à peine
un angle de trente degrés avec l'horizon. Le cein-
turon , ou baudrier , qui confiftoit en une fimple
courroie , étoit lié autour du fourreau vers le
haut, pafibit fur la poitrine, de là fur l'épaule
droite, & defcendant enfuiteûir les reins, alloir
s’attacher vers la pointe du fourreau. On voit
difiinciement ce détail à une belle ftatue héroïque
de la villa Albani, où l’on diliingue même les
franges qui terminent les deux bouts du ceinturon.
Il faut obferver que cette’ manière de porter
Yépée , eft propre non-feulement aux ftatues hé-
roïques & aux guerriers nuds , mais encore aux
empereurs romains , lorfou’^ls font repréfentés à
V héroïque^ Lors même qu’ils n’ont pas Yépée , on
en voit le ceinturon dans cette pofition , comme
à la ftatae de Domitien de la villa Albani. La
pointe du fourreau , qui alloit en s'élargilTant
depuis la garde, portoit le nom du champignon^
Mvx.ris , dont elle avoir la forme.
Le fourreau étoit orné de clous d’argenf.
(Ihad, B. 45’.) La garde étoit ordinairement
très-riche. Sur celle du roi Paufanias ( Fa/er.
Maxim.') on voyoiî un quadrige artiitement fculpté.
Les héros du liège de Troye, avoiènr fouvent ,
comme Agamemnon ( Iliad. r, v. 272. ) , un
poignard ou couteau lié au fourreau de Yépée»
Quant à la matière de Yépée des anciens grecs ,
Héfiode parle Cépées d’airain. ( Seat. Herc. v.
^2.1. ) Sa formé paroît dans ces premiers temps
aVoir^ été droite , s’élargilTant depuis la garde
jufqu’au dernier quart de la longueur', où la
pointe fe fbrmo-t afifez brufqueménr.
EPAULIES; c’eft ainfi que les grecs appelioient
îe lendemain des noces. Ce jour les parens &
les convies faifoient des préfens aux nouveaux
rnaries. On l appelloit épaulie., parce que l’époufe
îiHabitoit pas la maifon , de fon^épouz
Les lacedémoniens fe fervoient d’une épée £
courte, qu’un plaifant difoît que les charlatans
pouvoient l’avaler. ( Tlutarc. in Lyaurgo £- Age-
fiiao. ) Elle étoit courbée comme une faux
c elt-à-dire , comme les cimetères , ou fabres ,
& s'appelloit
Épées
r P E
Épées diS perfes & des barbares.
On peut affûter en général , que les barbares
portent fur les monumefis anuques des épees
courbées, ou des fabres. Les perfes en faifoient
auffi ufage. ( Quint. Cure, ) Sur la colonne tra-
jane cette obfervation eft confirmée relativement
aux barbares, daces, fartnates & autres; il y a
quelques exceptions peu nombreufes.
Épée de Perfée. Koye:^ HarpÉ.
Épées des étrufques.
Elles étoient femblables à celles des grecs j
& s’élargiffoient depuis la garde prefque jufqffà
la pointe.
Epées des romains.
Les romains fe fervirent probablement des mê-
mes épées que les grecs & les étrufques , juf-
qff aux guerres d'Annibal , temps où ils adoptèrent
Yépée des celtibériens. Voye::^ plus bas Tarticle
des épées des celtibériens.
Les romains ne portoient jamais Yépée qu’avec
î’habit militaire ; & perfonne n’auroit ofé le parer
de ces deux attributs de la milice , fi fon nom
n’y eût pas été inferit. Il paroît par le paffage
fuivant de Pétrone , que les véritables militaires
avoient, ou s’arrogeoient le droit de défarmer
les ufurpateurs de leurs attributs , & même de
les maltraiter de paroles 8c d’aâions( cap. 12. ):
hs,c locutus gladio cingor latus , mûx in publicum
profiUo , furentifque more omnes circumeo porticus.
Notavit me miles: &, quid tu, inquit ,
eommillto , ex qua legione es , aux cujus centuria, ?
Cum conflanti0mè, & centurionem , & legionem ejfem
ementitus ; âge ergo , inqüit ille , in exercitu vefiro
pkacajiati milites ambulant ? Cum deinde vultu ,
a.tque ipfa trépidations mendacium prodidijfem ,
ponere jujjit arma y & malo cavere.
Chez les romains on quittoit Yépée lorfqu’on
fe rendoit prifonnier , ou même lorfqu’on fe re-
connoiffoit vaffal d’un perfonnage illuffre. C’efi:
ainfi que Tigrane , roi d’Arménie ( Plutarck. in
Pompeio ) , fut averti par les foldats de Pompée ,
de leur remettre fon épée avant d’aborder leur
général. Les liéfeurs étoient chargés de prendre
les épées de ceux qui abordoient les confiais. Sous
les empereurs ce fut un crime capital de s’appro-
cher d’eux avec une épée nue^ même par oubli.
Uépée & la hafte étoient les attributs des pré-
teurs, 8c on les plantoit devant leur Cège :
( Cyprian. epifi. II. ) hafia illic , iS gladius
ciraifix , prefio efi. Mais Yépée étoit encore plus
particuliérement la marque de la dignité des pré-
fets du prétoire : enfem gefiabat , dit Hérodien ,
( lib. III, 2. 3. ) c&teraque omnia fuprems, dignitaîis
injignîa.
Antiquités , Tome II,
E P E ^4;,
De quel côté les romains portoient-ils Yépée >
Cette queftion a fort occupé les philologues des
deux derniers fiècles. Le réfultat de leurs recher-
ches eft qu’ils l’ont portée des deux côtés alter-
nativement, à différentes époques, 8c quelquefois
à la même éppque , fuivant les grades militaires.
Poîybe J qui vivoit du temps de Scipion 8c de
Lælius, place Yépée du côté droit ( VI. 21. ).
Josèphe ( III. ) dit que les foldats piétons de
Titus , portoient une épée du côté gauche , 8c du
côté droit un poignard d’environ un pied Fran-
çois de longueur. Selon Jean d’Antioche (
eéf)ea,ioX<>Y. 8c épifi. Dionif. ) cité pat Saumaife
( not. in Spartian. p. i ^y. 1 36. ) , les foldats
prétoriens portoient toujours Yépée du côté droit;
ce qui les diftinguoit des autres foldats.
Sur la colonne trajane , les épées des foldats ,
des enfeignes 8c des fimples prétoriens, font
toujours du côté droit. Celles de l’empereur ,
des officiers prétoriens , des tribuns Sc des cen-.
turions, font toujours du côté gauche. Toutes
font larges 8c très-larges par le bout, avec de
grandes 8c fortes poignées.
On y voit un poignard court 8c large à un foldat
qui travaille aux retranchemens.
Épées des germains.
Les épées des germains étoient communé-^
ment recourbées , comme on le voit dans les
trophées de la colonne trajane. Elles y paroiffent
quelquefois droites. Les germains les portoient
attachées à un baudrier. Ces peuples fe fervoienc
auffi de la maffue , de l’arc 8c de la hache :
celle-ci eft repréfentée femblable à la hache des
amazones.
'Év'k'ES des gaulois , des celtibériens qm efpagnols.
Les épées des gaulois , du temps de Brennus ,
étoient longues C Tite-Live, décad. 4,1.8.
ben. 1. 4. ) , fans pointe, 8c reîomboient ( Polybe,
1.2. c. 6.) fur la cuiffe droite, fufpendues à
des chaînes de fer, ou d’airain; quelques-uns,
en petit nombre , avoient des baudriers d’or eu
d’argenr. Athénée ( Deipn. l. XIV.) cite Poffi-
donius , qui difoit que les anciens gaulois joi-
gnoient un poignard à leurs épées , comme les
héros du fiège de Troye, cités plus haut.
Les. efpagnols avoient des épées fort courtes
(Tite-Live, décad. 3. 1. 2.), pointues 8c tran-
chantes de deux côtés; ils fe fervoïent aul5
d’un poignard d’un pied de long. La médaille
d’Augufte , avec la légende , Hifpama recepta ,
publiée par Goltzius , repréfente une pique dont
le fer eft très-alofigé , 8c félon Morel , un bau-
drier replié, que Vaillant a pris pour xiVA épée
d’une forme très-fingulière , qui étoit en ufage
chez ces peuples. Ilsfe fet voient aufii de dards
54'<^ E P E
ejatiérement de fer , & à plufîeurs crochets.
( Appian. Alexand. l. )
A Veiuj terri de M. le comte de Coronel ,
près de Bapaume en Artois , on a trouvé depuis
peu d'années, fous un monticule, plus de cent
iquelettes de gaulois , ayant à le?ür droite des
fers de lance, & des épées à leur gauche.
Les épées trouvées à Velu, font de fer &
droites. Elles ont deux pouces de largeur fur
quatorze à quinze de longueur , non compris la
foie. Ces lames font termirées par une pointe
de trois à quatre pouces de largeur. Elles n’onf,
comme nos fabres, qu'un taillant, quieft d’acier;
leur dos plat Ôc quatre , fabriqué en fer doux ,
eft épais de trois lignes.
L'épailTeur de ces épéte Ec leur pointe les ren-
dent bien différentes de celles que portoient les
gaulois qui fuivirent Brennus. Polybe ( éiè. IL
eap. dit qu'elles n'avoient pas de pointe,
8c qu'on ne pouvoir s'en fervir que pour tailler;
il ajoute qu’au premier coup elles fe faulToient ,
Sc fe repüoient comme les inllrum.ens appeliés
firigites. Les foldais gaulois étoient obligés , pour
s'en fervir encore , de les redrelfer en les pref-
fant contre terre avec leurs pieds ; pratique in-
compatible avec l’épaiffeur des épées de Velu.
Suidas, au mot rapporte le paflage
fuivant, que Cafaubon , Jufte Lipfe & Valois
attribuent de concert à Polybe. « Les celtibériens
« (peuple qui habitoit la province, appellée au-
« jcurd'hui Bîfaaye^ excellent dans la fabrique
» des épées : car celles qui forcent de leurs atte-
M liers, font très-avantageufes pour frapper d'eftoc
& de taille. C'eft pour cela que vers le temps
des guerres d'Annibal , les romains renoncèrent
« à leurs anciennes épées, & adoptèrent celles
» des efpagnols. Ils les imitèrent pour la form,e
& pour la fahrication ; mais jamais ils ne purent
» amener le fer au même degré de pureté & de
perfeétion ».
En effet , il paroît impoffible de fabriquer des
évées meilleures que celles des tombeaux de
Velu.
L'acier qui en forme le taillant eft..fî bon,
que malgré douze fiècles de vétulfé , & une rouille
épaîffe d'une ligne en quelques endroits , qui auroit
dû en affoiblir la force , il coupe encore même
le fer trempé. La foie qui fervoit à fixer la
grande épée dans fa poignée , eft d'un fer lî bon
& fi pur , qu'elle a fouffert d'être pliée & re-
pliée fix fois avant que de rompre. Sa rupture a
feit voir un grain argentin & clair, tandis que
nos fers doux du commerce ont toujours un
grmn plus cendreux & plus grisâtre. L'habile
attifte ( M. Daumy , fabricant de doublé ) avec
qui j'en ai fait l'examen, le compare, pour la
douceur & pour l'aptitude à recevoir le poli.
E P E
' au meilleur fer d’Efpagne , à celui que les bif-
cayens obtiennent par_ le procédé appelle forges
' catalanes. On peut croire qtîe c'eft à ce procédé ,
employé de tous temps dans les Pyrénées & dans
les provinces adjacentes , que les celtibériens
. dévoient la bonté de leurs épées. Les romains ne
fe fervoient probablement, pour fondre le fer,
que de hauts fourneaux de différente forme ; car
Pline les défigne par le mot fomaces ( lîb. 5^.
c. i.^.) qui ne peut indiquer les forges catalanes ,
où l'on travaille dans un grand creufet de ma-
çonnerie, & fans fourneaux proprement dits. De
là vint peut-être la difficulté infurmontable qu'ils
trouvèrent toujours à imiter la bonté des épées
celtibériennes , lorfqu'ils en eurent adopté les
dimenfîons & la forme.
Il ne refte pas affez èé épées antiques de fer,
pour les comparer avec les épées trouvées à V élu.
Je n'en connois que cinq, celle d'Hstculanum,
deux qui étoient à Lyon, dans la colleétion d'an-
tiques du collège occupé par les Jéfuites , &
deux autres trouvées dans les fouilles du Châtelet,
faites par M. Grignon. Le cabinet du roi ne
renferme qu'un poignard de fer , dont la lame
ayant à peine neuf pouces de longueur , ne peut
être citée, de même qu'un poignard de fer d'un
pied de longueur, trouvé dans les fouilles du
Châtelet. Quant à 'éépée d'Herculanum , voici
les feuls renfeignemens qui nous foient parvenus
àfon fujet.Winckelmann nous les fournit. ( Dé-r
couverte d'Herculanum , pag. 115. Paris, 1784.)
« Il y a, dit-il, à Portici, une épée avec une
3:> lame de fer d'un peu plus de trois palmes
« romains de long ( 24 pouces de France) dont
le fourreau eft garni de gros clous plats ; elle
relTemble à Xépée d'Agamemnon , & à celle
« qu'Ajax reçut d'Heélor ( II. A. v. 29 , &
” H. V. J03. Cette defcription eft trop con-
cife pour fervir de bafe à une comparaifon.
Le comte de Caylas ( rec. I. pag. 241. ) qui
a parlé des épées du collège de Lyon , dit fîm-
p'ement que l'une des deux étoit entière , fans
taire mention de leur ferme; c'eft pourquoi j'ai
demandé des éclaircilTemens au bibliothécaire
aâuel de ce collège. En voici le réfultat. L’épée
entière a difparu ; celle qui refte n'eft pas entière ,
& cependant fa longueur eft de vingt-cinq pou-
ces fix lignes, prefque doubles des épées deVéa.
Quant à la largeur elle eft de 29 lignes au com-
mencement du tronçon , & de vingt-un à la pointe.
La rouille l'a tellement défigurée , qu'elle paroît
d'une épaiffeur égale dans le milieu & dans les
bouts ; de forte qu'il feroit téméraire d'aflurer
qu'elle ait eu deux tranchans , ou un feul. Cette
longueur de vingt-cinq pouces & demi , moin-
dre encore que celle de ï’épée entière , fait con-
jecturer que c'eft une arme du moyen âge , &
non une épée antique. Elle ne peut donc être
comparée à celles de V élu.
E P E
L’abbé de Terfan pofsède les Atvct épces ,
le poignard & un tronçon d’épée , tous de fer ^
trouvés dans les fouilles de la ville gauloife ,
lîtuée fur la montagne du Châtelet. Le tronçon
ÿépée, ou plutôt de fabre, qui a encore huit
à neuf pouces de longueur ^ reffemble {aarfÿte-
rnentâux deux épées àc Veluj tant par l’épaineur
du dos, que par la largeur de la lame; inars les
relies de fon tranchant n’ont pas conferve autant
de force. Quant aux deux épées , elles ont cha-
cune deux tranchans, la plus grande a environ
vingt-trois pouces de longueur , non compris la
foie qui en a près de quatre. La plus petite n ell
large que d’environ vingt pouces , & fa foie en
a près de cinq.
Les. défauts de la fabrication ferotent-ils la
caufepour laquelle les épées romaines de fer ont
toutes été détruites par le temps & par la rouide,
tandis que nous voyons ici deux épées gauloifes
prefqu’entières ? L’aveu que fait Polybe de la
fupériorité des fabriques celtibériennes fur les
romaines, autorife cette conjeélure. Quoi qu il
en foit , nous ne pourrions aujourd hui fa-
briquer de meilleures armes que les epées de
Velu, qui font dépofées dans le cabinet de Ste.
Geneviève.
Épée. Les feythes, dit Hérodote, adoroient
une épée à& fer, qui repréfentoit le dieu Mars,
ou le dieu de la guerre. On a dit de Mercure,
qu’il avoir volé Y épée de Mars , pour dire qu’il ;
fut un grand guerrier.
Épée. ( Nouvelle Diplomatique . J <
"L’épée qu’on voit fi fouvent fur les fceaip ,
eft le plus ancien fymbole de l’autorité. L epee
nue paroît aux contre-fcels & ûir fceaux équef-
tres des rois , des ducs , des comtes anciens.
Elle étoit particuliérement la marque de la fou-
veraineté de ces derniers , comme le feeptre
l’eftde celle des rois. Les ducs de Normandie
étoient extrêmement jaloux du droit de 1 epée. •
A peine dans toute la province trouveroit - on
une douzaine de hautes -’uftices feigneuriales ,
qu’on appelloit alors placita fpau , établies de
leur temps. Arnoal de Lifieux , ^ dans 1 epitaphe
de Henri I, dit qu’il porta l^ÿée en Normandie,
Je le feeptre eu Angleterre. Hie gladium , feeptra
gerebat ibi. Les épées furent plus courtes & plus
aiguës dans les commencemens; mais dans la fuite
elles devinrent fi pefantes, qu’on les attacha par
une chaîne au bouclier , ou à la cuirafle. A l’exem-
ple des grands feigneurs du royaume , Bernard
d’Andufe avoir, en 1175, un fceau particulier ,
qui marquoit tout le luftre de fa maifon. Il re-
préfentoit des deux cotés le feigneur d’Andufe
à cheval , le cafque en tête, & Y épée à Iama.ki,
“ fymbole de la fouveraineté , ou d’une domina-
» tion fupérieure
E P E SYÎ
ÉPÉMÉNIDÉS. Voyex^ Épiménides.
ÉPÉRASTE , fameux devin , qui defeendoit
de Clytius , fils d’Alcméon. Il gagna le pr^ aux
jeux olympiques : & l’on voyoit fa itatue a vjlym-
pie. ( taufan. Æliac. ) -
ÉPERON. î! n’eft pas douteux que les anciens
n’euffent des éperons , & qu’ils n'en fiiTent ufage.
Les grecs les appelloient 3» , pofnre. Virgile,
ainfi^ue Silius Italicus, nous les défignent par
cette expreffion ,fenatâ calce ( Ænéid- XI. 714- ) •
Quadrupedemque citumferratâ calce fatigat ,
dit le premier ;
St le fécond ( VII. 6<)6. ) :
Ferratâ calce , atque effasâ largus habenâ
CujiBantem impellehat equum.
Térence en fait aulfi mention , contra flymulum
ut cakes. Cicéron caradérife cet inftrument par
le mot cû.W,- il l’emploie même dans un_ fens
métaphorique, tel que celui dans lequel Anilotc
parloit de Caliifihène & de Théophrafte , lorf- .
qu’il difoit que le premier avoir bêfoin d’aiguülon
pour être excité , & l’autre d un frein pour !e
retenir. Il paroît donc que l’ufage des éperons.^.
pris danslefens naturel, étoit ancienneme.nt très- .
fréquent. Nous n’en voyons cependant aucune
trace dans les monumens qui nous refient, &
■fiir lefque's le temps n’a point eu de prife ; mais
on doit croire , après les autorités que nous ve-
nons de rapporter, que cette armure ne confiilant
alors que dans une petite pointe de fer , fortant
en arrière du talon , on a négligé de la marquer
& de la repréienter fur les marbres & fur les
bronzes.
Le père de Montfaucon eil de ce fentim.ent.
Nous trouvons dans fon ouvrage une gravure
qui nous offre l’image d’un ancien éperou.^ Ce
n’eil autre chofe qu’une pointe attachée à un
demi-cercle , qui s’ajufioit dans la caliga , ou dans
le campagus , ou dans Y ocre.t , chiuffures en ufage
dans ces temps , & qui tantôt éto’ient fermées ,
& tantôt ouvertes. A une des extrémités ^ du
demi-cercle , étoit une forte de crochet qui s’in-
féroit d’un côté. Le moyen de cette infertion ne
nous eft pas néanmoins connu. L’autre bout etoic
terminé par une tete d homme.
Les antiquaires, dit le comte de Cay'u { ree.
III. pl- 9. Î-) qui doutoit peut-être de l’an-
tiquité de Yéperon cité par Montfaucon , n’ont
point encore, que je fâche, rapporté à’éperca.
à l’ufage des anciens. Cet inilrument de fervice
n’ell même marqué fur aucun monr.mer.t qui re-
préfeate des hommes à cheval. ^Celui-ci eft de
us
E P E
cuivre j c^eft an témoignage de plus, pour Tufage
confiant de ce métal , chez les anciens : du refte ,
cet éperon n^a point de rholette roulante & mo-
bile comme les nôtres y il n^eft compofé que
d'une pointe fixe & fohde , car elle eft fondue
avec la pièce , & cette pointe étort certainement
dangereufe^pour les chevaux j c'efi la feule re-
marque qu'on puifle faire fur ce petit monument,
dont la confervation eft complette , Sc la patine
aflez belle.
P
JtPERON dé navire. Voyt-:^ Rostrum.
ÉPERVIER , oifeau qui étoit én grande véné
ration chez les anciens égyptiens , parce qu'il
reprefentoit le Soleil , ou leur grand dieu Ofiris.
^ Plutarch. de IJ. iy Ojif.'j Si quelqu'un avoit tué
nn de ces animaux , foit volontairement , ou par
megardê , il efoit irremifiîbîemeht puni de mort ,
qomme pour Yliis. Il y avoir dans la Haute-
Egypte un temple confacré à ces oifeaux , fitué
dans une ville appellee la ville des Éperviers ^
Les prêtres de ce temple étoient
charges de nourrir un grand nombre éperviers ^
d ou ris furent appelles i , nourriciers
d’éperriers.^ Chez les grecs, Yépen^ier étok con-
facre au Soleil , ou a Apollon , dont il étoit !e
prompt & fidèle meffager. ( Odyf. XF. 525. )
Il fervoit pour les préfages. Il étoit auffi un des
^mboies de Junon , parce qu'il avoit la vue fixe
& perçante, eortime cette déefie , quand la jaloufie
ia raiiort ggrr. Strabon parle en particulier d'un
epenier à Eûiiopis, auquel on avoit dédié un
temp^ dans Lille de Phyléj il étoit fort grand
& difterent des nôtres, & même de ceuxd'É-
que cet animal mouroit, on lui
en fublhtuoit un autre de même efpèce, &
a Ethiopie : de là il étoit apnellé k roi du.
“n Sui étoit près de mourir.
Le comté de Caylas , parlant d'un épervier
■qui tient aans fon bec un ferpent, dit que les
égyptiens, tourmentés par les ferpens, furent
conduits par la reconneiffance à révérer les ani-
maux qui les delivroient de ce fiéau. Cependant
Il lui paroit qu ils ne regardoient point LeW-vicr
comme une divinité , & que fa figure n'étoit ordi-
namement employée que comme un fymbole.
iCaylus IV. p. ^
A,?" au palais Barberini, une
ayant une tête épervier , qui
defî^ne Ofins , ou 1 Apollon des grecs. Il v a
^ans le^cabinet Rciandin dé la même ville ^up
haut de 21 pouces Te
le haï" & applatipar
le haut, & attache fous la tête avec deux iiem.
Gori , dans fes injriptiones EtrurU ( tom. III
pi. ô. ) a publie ie de^n d'un éperykrd, ma^b/e;
E P H
tenant une fonris dans fes ferres, couvert d’une
efpecede chaperon fait avec des plumes, &
laiflant lès yeux découverts. On lit fur la baf-
qui le porte. Le nom à’Arckath ^ nrêtre df. ret
oifeau de proie , à Afforus en Sicile.^
EPÉUS fiu fils d Endymioft & d'Hypéripné
&frere de Peon & dEtolus. Endymion pro-
pofa dans Olympie, dit Paufanias-, un prix de
là coarfe aux trois princes fes enfans; ce prix
etoit la fucceffion à fon royaume. É/’éai remporta
la vidoire , & régna , après fon père , fur les
eleens , qui furent appellés , de fon nom , épéens.
Etolus fe retira chez les curètes, qui fe nom-
de fon nom j & Péon, incon-
folaole d avoir été vaincu dans une occaficn de
cette importance , alla chercher fortune hors de
G patrie. S étant arreté fur les bords du fleuve
Axius J il donna fon nom à cette contrée , qui
lut depuis appéllée /a Péonie.
_ Pline ( lib. V. c. 6.') attribue à Èpéus l’inven-
non du bélier & d'autres machines de guerre.
Cette opinion a autorifé Virgile à nommer ÉpAx
pour le conftrudeur du cheval de Troye ( Æn^ii^
II- 264. ) :
• Er ipfe doli fabricator Epeus,
, > Batk , Artaba , niefure de capacité
de 1 Afie & de l'Egypte.
Elle valoir en mefures de France 53 pintes
Elle valoit en mefures anciennes des mêmes
3 1 1 mécrétès.
ou, 2 fépheî.
ou , 3 modios.
ou , 72 log.
{ Métrologie de M. Pauélon. )
■ 3 Hypbi , mefures dé capa-
cité de 1 Afie & de l'Egypte.
p, valoit en mefures de France 2 boifieaux
Elle valoit en mefures anciennes du riiême pays,
I I métrétès.
ou , 2 féphel.
ou, 3 modios.
( Métrologie de M. PauBon. ) '
E^ABTis , écharpe rouge. Les foldàts & les
cnalleurs i entortilloient autour de leurs bras,
que la brievete des manches de la tunique laiffoit
a découvert. { Pollux IV. iZ. }
E P H
t^ÈBARQUE.
ï4>HBAPXOrNTOS.
ïnE4>HBAPXOïNT02.
ephebeum.
Éphébarque, fous - éphébarque ^ 8tC. On
conllruifoit dans les grandes villes des gymnafeS ,
pour inftruire & perfectionner les athlètes dans
les exercices. Parmi les différentes pièces qui
compofoient ces grands édifices, celle où les
jeunes gens , les épkebes^ apprennoient leurs exer-
'cices en particulier, s^’appelloit £'<piî/!'. Vitruve
j( Theophtift. in caraü. V'itruv. l. Pi c. il.) qui
a décrit la Itruéture de ces gymnafes , a placé
Y ephebeum au milieu des deux portiques extérieurs.
Un officier particulier préfidoit aux exercices &
à rinitruélion des épkèées ( Aman, in epiB.
l. III. c.y.) 8c s'appelloit épkébarque ,
Suivant un marbre de Cyziqne, cet officier aVoit
à Cyzique unaide, ou fous-éphébarque,
^ Caylus 2. pag. 2l6. )
EPHÈDRE J nom que Ton donne à un ath-
lète. Les athlètes tir'oient au fort , pour connoître
ceux qui combattroient enfembie. On. apparioit
ceux qui avoient des lettres femblabies. Mais fi
le nombre des athlètes étoit impair, celui qui
leftoit fans antagonifte , étoit mis en réferve
pour fe battre contre le vainqueur ;& cef athlète
impair s'appelloit îçib'fos , Ephedre.
Plutarque fait une application heureufe de ce
mot à Craffus -, il dit quh'l étoit YEphedre du
combat , & comm^ un athlète de réferve , qui
tenoit en refpeél Céfar & Pompée.
EPHEMERIDE ( Ab ). AB ephemerîde.
ÉPHESE , ville d'Ionie dans TAfie rhineure,
célèbre par fon temple de Diane , une des fépt
merveilles du monde. Voje[ Dîaïîe.
hoïiqa’ Eph'èfe fut affiégée par Créfus , les habi-
tans, dit Hérodote, lièrent, avec unê corde,
les murs de la ville à la lîatue de Diane, pour
confacrer leur ville à la déejfe , lui en faire un
préfent , & l'engager à la défendre. On difoit
que cétte^ville avoir pris fon nom d'une femme
îiommée Ephefe , mère d' Amazo , dont les ama-
zones ont tiré leur nom & leur origine. En effet ,
ce font les amazones qui , félon Pline , ont bâti
cette ville. ( XXV. c. Z9. ) Mais Eusèbe rap-
porte qu'Androcus, un des fils de Codrus, roi
d'Athènes, la bâtit autrefois du temps de David,
& y établit le fiège de fon empire.- Syncellè
appelle Andronic le fondateur à’ Ephefe.
Ephefe fut réduite en province romaine l'an de
Rome 624, & 130 avant l'ère vulgaire. Les pro-
confids d'Afis , ne dévoient aboîdel dans leur
E P H ^4^
province -que par Ephefe. C’eft 'pourquoi cette
ville prcBoit le titre de la première d'Afie.
Éphèse , en Ionie. E^ESiûN.
Les médailles autonomes de cette ville font:
G. en argent. Ce font des Cittophores.
R. en bronze.
Unique en or Pellerîn.
Leurs types ordinaires font :
Une abeille.
Un cerf à mi-corps , ou entier.
Diane avec des cerfs , ou avec fes foutiens.
_ Cette ville a fait frapper dés médailles impé^.
riales grecques en l'honneur de la plupart des
Auguftes , depuis le fucceiTeur de Céfar , jufqii'à
Velérien le jeune. M. l'abbé le Blond , de l'acadé-
mie des Infcriptions & Belles-Lettres , a prouvé
que les époques gravées fur ces médailles , ont
pour ère i'aU 130 avant J. C. 624 de Rome.
EPHESIENNES ( lettres ) , litter& ephefîà,.
Lettres magiques auxquelles on attribuoit cette
propriété, que quiconque les prononçoit avoir
auffi-rôt tout ce qu'il defiroit- Elles étoient écri-
tes fur la couronne , la ceinturé & les pieds de
la ftatue de Diane à‘Épkefe; 8ç c'éft pour cela
qu'on les appelloit lettres d" Ephefe, ou lettre!^
éphéfennes. Elles avoient aüffi la vertu de chaffer
les mauvais efprits des corps des poffédés à qui
on les faifoit prononcer. ( Plut, fympof l. ‘7.
qaejî. 5.) ^
EPHESIES , fêtes qu’on célébroît à Épkèfe en
i'iionneur de Diane. De toutes les circoofiances
de cette folemnité , nous ne connoilTons que
celle-ci ; c'eft que les hommes s'enivroièht pieu-
fement, & pafî’oient la nuit à mettre la ville,
& fur-tout les marchés, en tumulte.
ÉPHESTIA ou ÉPHESTIE, ville de l'ille
de Lemnos. Epheflia. Elle étoit fituée au pied
d'une montagne, célèbre par la chûce de Vul-
Cain. Les habitans rappellent aüj’ourd'hui Cockyno,
C'eft de la montagne, dont on vient de parler,
que l'on tiroit autrefois, comme on fait encore
aujourd'hui , la tërre figillée àvéc beaucoup de
cérémonie.
ÉPHESTIES , fêtes en l'honneur de V ülcaîn ,
dans léfquelles trois j’eunês garçons, portant des
torches allumées , couroient dé toutes leurs for-
ces 5 celui qui avoir atteint le but le premier,
fans avoir éteint fa-torche , gagnoit le prix deftinè
à cette conrfe. Cé mot eft forme dé
Vdeain,
E P H
ÉPHSSTION, favori Alexandre , fut mis ,
après fa mort , au rang des dieux par ordre de
ce prince , qui prétendit fe confoier par là de
la perte d'un ami. On lui bâtit auffi-tôt des tem-
ples ; on inilitua des fèces en fon honneur j on
lui fit des facrifices 5 on lui attribua des guérifons
miraculeufes ; afin qu'il n'y manquât rien , on
lui fit rendre des oracles. Lucien dit qu'Alexan-
dre , étonné d'abord de voir la divinité d'A^A^/
tion s'établir fi facilement , la crut enfin vraie
îui-même , & fe fut bJn gré de n'être pas feu-
lement dieu , mais d’avoir encore le pouvoir de
faire des dieux.
ÉPKESTRIES J fêtes établies à Thèbes ,
dans lefqueiles on habilîoit en femme la llatue
du devin Tiréfias , & on la promenoir ainfi par-
la vilie. Au retour de la promenade , on la
déshabüloit pour lui remettre un habit d'homme :
on prétendoit défigner par là le changement de
fexe que la fable lui attribue. Le mot éphefirie
fignifie une forte d'habit grec. F". Tirésias.
ÉPHESTRIE, •> U- «
ÉPHESTRIDÊ r Helychms &
Artémidore difent exprefîement être le même
habillement que la chlamyde.
ÉPHÈTE J magiilrat chez les athéniens. Epke:a,
épketes. Les épketes furent inlHtués par le roi
Démophon , pour connoître des meurtres commis
par accident. Ils étoient cent; cinquante athé-
niens y & cinquante argiens. Dracon étendit en-
fuite leur jurifdiâion. fis n'étoient mis dans ce
polie qu'à cinquante ans j & dévoient être d'une
réputation bien faine, voyei Smdas , Pollux ,
Samuel , Petit , comment, in kg. L. VIII. tît. I.
Franc. Roffæus , Archocal. au. E, III. c. 5 . Ubo
Emmius , de rep. athen. où il dit , pag. 20 , que
Dracen tranfporta aux épketes uns partie de l'au-
torité de l'aréopage.
ÉPHIALTE > uH des deux Aloïdes. Voyei
Aloïdes.
ÉPHIALTES , ou Hyphialtes , ce que les latins
appelloient incubesSzfaccubes.Q'ttoxtnt desefpèces
de fonges , dont on a fait des divinités ruitiques.
Voyei^ Incubes.
EPHIPPIA. Voyei Sell&i
EPHOD. Voye:^ HÉBREUX.
ÉPHORES , magiftrars qui étoient établis à
Sparte , pour bala^ncer & réprimer l'autorité des
roiS;, & pour en être les infpeéteurs} ainfi les ro-
mams établirent a Rome les tribuns du peuple,
pour arrêter & modérer la puiffance des confuîs.
Lçs q>kores ont quelquefois çkaffé & fait mourir
Ê P r
.les rois. Ils abolifloient la puilTance des autre®
magiftratS j & faifoienc rendre compte de fa con-
duite à qui bon leur fembloit. Lycurgue av.oit
bien compris que l'intelligence parfaite entre le
peuple & le fouverain , efl la bafe & le fondei-
ment de leur félicité récipisique. Pour maintenir
cette intdligence , il avoit établi les épkores , ou
infpeéteurs , qui n'obfervoient pas moins la con-
duite du roi, que celle du peuple , & te noient
fi bien dans l'éqUilibre l'im & l'autre , que l’au-
torité royale ne penchoit jamais vers la dureté,
ou la tyrannie, ni la liberté populaire vers la
licence & la révolte. Les épkores , dans les con-
jonéiures importantes , faifoient agréer au peuple
tout ce qu’on avoit réfolu. Agéfilas, au milieu
de fes conquêtes , qui faifoient déjà trembler
le grand roi , s'arrêta & retourna fur fes pas ,
par déférence pour les épkores , qui le rappel-
loient ; tant la modératioir avoit pour lui de
charmes , elle lui paroifToit plus glorieufe que les
conquêtes. Tous les auteurs ne conviennent pas
que les épkores aient été établis par Lycurgue.
Ce mot vient du grec eipo^âv, examiner,
ÿ ÉPHYDR.IADES, nymphes qui préfidoîent
aux eaux ; quelquefois on les nomme fimplement
Hydriades. Le mot ell formé de
& de èVi, yàr. Parthenius , dans fes Erotiqiies
( c. 14. ) parle des Épkydriades.
ÉPHYRÉi nom d'une rrymphe. Hérodote en
parle fur le témoignage d Eumélus, fils d’Em-
phylfte , qui , dans fon hiftoire de Corinthe ,
difoit quEphyré avoit la première habité le ter-
ritoire de Corinthe.
La nymphe Éphyrè n'eft connue que pour a^îr
donné fon nom à Corinthe. ,Elle étoit fille de
rOcéan 8c de Thétys. Car Éphy-e eft aufli un
nom de cette ville du Péloponèfe, comme oh
le voit dans Ovide, Mét. hv. IL v. 259. dans
la Pharfale de Lucain, 1. VI. v. fy. De là vient
que le même Lucain appelle les murs de Durazzo,
les murs épkyriens , zu vaèms. .Ephyreaque
meenîa fervat , parce que Durazzo avoit été fondé
par un Corinthien, nommé Virgile {Georg.
II. V. 464.) dit de l’airain épkyréen , pour de l'ai-
rain de Corinthe : & Claudien, ( de bello Gu.
V. 619. ) les filles épky tiennes , pour corinthiennes.
EPIS de bled. Les égyptiens ( Diodor. Itb. I,
p. 9. ) ayant fini les moiffons , ofFroient à Ifis
des épes de bled. Les grecs 8c les romains coi^
ronnoient d’épis Cérès & fes temples. Les épis
dans la main des ftatues & fur les médailles ^
annoncent les foins qu'un prince s'étoit donne
pour approvifionner fa ville., ou fimplement la
fertilité d'un pays. C'eft pour la dernière raifon
que les médailles d'Alexandrie , de Carmo > en
Efpagne , de l'ifle de Cbio , des Abêtira , peuple
EPI
ie TAttiquc, d’ÉréfuSj.dans l'ifle de Lesbôsj'
des Léontins, peuple de Sicile ^ &c. offrent des ,
épis.
U épi de bled étojt auffi un attribut d"” Apollon.
( IfUcrob. Saturn. î. I. 23. ) Sur les pierres
gravées un ou plufieurs épis de bled , font le
fymbole du mariage ^ célébré par ConfarrÉA-
TiON ( voye^ ce mot ) chez les romains.
ÉPIBATERIUS J furnom d’Apollon. ^ Dio-
mède , à fon retour de Troye , fitbâtir j à Tré-
zène J un temple à Apollon , fous le nom
ééÉpibatérius , ou dé bon retour^ parce que ce
dieu Tavoit fauvé de la jempête ^ qui fit périr
une partie des grecs dans leur retour.^En grec ^
je reviens , eft exprimé par le mot nnZatia.
ÉPïCASTE, eft la même que Jocafte , mère
d’CEdipe. Uiyfïe dit, dans Homère , qu’il a vu
aux enfers k belle Evicafte , qui auffi-tôt qu’elle
avoic eu connoiffance de fon incefte avec CEdjpe ,
s’étoit pendue de défefpoir. V'éye^ Jocaste.
Épicaste , fille d’Égée , fut une des femmes
d'Hercule, qui la rendit mère de Theflala.
ÉPICÊDE. Servius ( Ecl. F. lo.) nous ap-
prend que Xepicedium différoit de ï epitaphium.
U epicedium étoit une pièce de vers, ou un dif-
cours, que l’on récitoit en l’honneur d’un mort,
au moment qui précédoit la fépulture de fon
corps, comme dans ce vers de Virgile;
ExtinBum nymphe, crudeli funere Dapknîm.
\J epitaphinm ne fe récitoit qu’après la fépûl-
ture , & fe gravoit fur le tombeau.
ÉPICLIDIES , fêtes que les athéniens avaient
inftituées en l’honneur de Gérés. Héfychius , qui
nous a tranfmis leur nom , ne nous en dit pas
davantage,
ÉPICNÉMIDIENS. Foyei Locriens-Épic-
NÉMIDIENS.
ÉPICOMBES , bouquets enrichis de mon-
noies, ou pièces d’or, d’argent & de cuivre,
qu’un fénaCeur iettoit au peuple , lorfque l’empe-
reur de Conftantinople fortoft de l’églife. Il y
avoit ordinairement dix mille de ces bouquets ,
& chaque bouquet renfermoit au moins trois
pièces d’or & trois pièces d’argent.
ÉPICRÈNE , fêtes que les lacéde'moniens
célébroient, & qu’ils»appelloient fon-
taines : c’eiî tout ce que nous en favons.
ÉPICTECTÜS, contrc'e de la Phrygie. xniK-
fTHT.
E P I yji
Les médailles autonomes de cette contrée fon»;
RR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Leur type ordinaire eft un -cheval debout.
ÉPIDAURE , ville du Péloponnèiè , célèbre
parie temple d’Efculape, qui étoit , dit Strabon ,
toujours plein de malades, 8e de tablettes , où
e'toient décrites les guérifons obtenues dans ce
temple. Foyei Esculafe.
Épidaure , dans l’Argolide. En. en mono-
gramme, &EniAAYPOT.
Les médailles autonomes de cette ville fcnfî,
R. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Cette ville a fait frapper une médaille impé-
riale grecque en l’honneur d’Antonin.
ÉPIDAURIES, fêtes en l’honneur d’Efcufape;
elles avoîent commencé à Epidaure , 8c elles fu-
rent établies enfuite à Athènes. Foye[ Escuxape.
-ÉPIDELIUS , furnom d’Apollon. Ménophanès,
qui commandoit la flotte de Mithridate , ayant
faccagél’ifle de Délos , pilla le temple d’ Apollon,
8e un barbare jettadans lamerlaftatue du dieuî
mais elle fut rapportée par les flots de la mer ,
qui la poufsèrent fur la côte de la Laconie,
près du promontoire de Malée. Les lacédémo-
nîens la reçurent avec refpeéi, & bâtirent, au
même endroit, un temple, qu’ils confacrèrent
à Apollon Epidéiius , comme pour marquer qu’il
étoit venu de Délos.
ÉPIDÉMIES > fêtes que les argiens célébroient
en l’honneur de Junon , 8e les habitans de Délos
& de Milet, en l’honneur d’Apollon , lorfqu’ils
avoient évoqué les dieux tutélaires de ces lieux ,
& qu’ils les croyoient préfens dans leur ville.
Foye:^ Évocation.
ÉPIDOTES 5 c’étoientles dieux qui préfidoient
à la croifiTance des enfâns , comme l’annonce le
mot irrté'iéisfti , j’augmente.
ÉPIDROMUS , voile de la fécondé grandeur ,
placée à la pouppe. ( Héfychius 3c If doras.)
ÉPIEU. Foyei CONTÜS.
ÉPIGAMIE, faculté de contrafter des maria-
ges entre les citoyens de deux villes grecques ,
exprimée dans leur traité d’alliance. Xéaophon
en parle dans la Cyropédi-ê.
S^2 E P I
EPI
ÉPIGÉE, ÊIs d’Hfpfiflus^ fut dans la fuite
appelle Uranus , & fa fœur Gé ; c’eft le nom
des deux enfanSi dit Sanchoniaton ^ que les^recs
ont donné au ciel & à la terre. Le mot Epigée
fignifie en grec ^ au- dejfus de la terre.
ÉPîG'ES, nymphes de la terre ^ par oppolî-
tîon aux nymphes uranies ^ ou nymphes du ciel.
Épigies J ou terrefires , ont la même fignification.
ÉPIGONES. La guerre des épigones ; c’eft
la guerre que firent les fils ou les defcendans de
ceux qui avoient péri dans la première guerre
de i hèbes, dix ans auparavant. Cette fécondé
guerre fut plus heureufe pour les argiens j ils ne
perdirent perfonne de marqué qu’Egialée^ fils
d’Adraftej au lieu que dans la première, tous
les chefs , excepté Adrafte , y étoient morts.
Laodamas , fils d’EtéocIes , fut chaffé du trône j &
Therfandre J fils de Polynice, y monta. F^oye:^
Adraste. eViVovos- , né apres.
la tragédie, ceft-à-dire, la quatrième Se der-
nière, qui renfermoit la eataftrophe ou le dénoue-
ment de Pintrigue, & répondoit à notre cin-
quième aéte ; au lieu que l épilogue étoit un
hors-d’œuvre , qui n’avoit tout au plus que des
rapports arbitraires & fort éloignés avec la traw
gédie. JFoyeiExGDE. "
ÉPIMÉLÊTES C les) étoient chargés d’entre-
tenir 8c de réparer les temples. ( Arifiot. Pdhic.
F7. c. 8. ) Ces officiers font nommés fur les
médailles d’ Antioche en Carie, & fur une mé-
daille de Stratonicée , publiée par M. Neumann.
A Athènes, Es épiméPetes étoient les dix infpecd
teurs des ports, chargés de v’eiHer à l’emploi
du bled apporté fur les vaiffeaux.
ÉPIMÉLETTES ; c’étoient les miniftres du
culte de Gérés, qui ferv oient principalement la
roi des facrifices dans fes fonâions.
ÉPILÉNÉES,! . -c r CT- '
EPILENÆA % iacnhces que Ion raifort a
Bacchus. Ils étoient accompagnés de danfes pan-
tomimes , où l'on imitpit les vendangeurs qui
foulent les railîns.
EPILEPSIE. Les romains rompoient les affem-
blées des comices, lorfqu’un des affiftans étoit
attaqué fur le champ à’épilepfie. De là vint le
nom latin de eette maladie, morhus comhialis.
Caton, cité par Feftus, nous apprend ce fait,
qui eft auffi configné dans les vers fuivans de
Serenus Sammonicus :
P-Jl fuViti fpecies morit , oui nomen ah iUo efl ,
Quod fieri nohis fiiffragia jujia recufat.
Srspe etenim memhris acri languore caducia
Concilium popvli lahes horrenda diremit.
ÉPILER. Voyei Dépiler.
ÉPILOGUE , dans la Poéfie dramatique des
anciens , etoit les paroles qu un des ptincioaux
aéteurs adreffok aux- fpeélateurs, lorfque la pièce
étoit finie, qui contenoient ordinairement quel-
ques réflexions relatives à cette même pièce, 8c
au rôle qu’y avoir -joué cet afteur.
Lypilogue n’a pas topjours été d’ufage fur le
théâtre des anciens , & ne date pas du même
temps que le prologue. Il eft vrai que ’plufieurs
auteurs ont confondu dans le drame grec, V épi-
logue avec ce qu’on nommoit exode ^ tromoés
parce qu'Ariftote a défini celui-ci : une partie
quart récité, lorfqâe le chæur a chanté pour la der-
mére /ow. Mais ces deux chofes étoient en effet
auffi difte-rentes que le font nos grandes 8c nos
petites pièces, r exode étant uns des parties de
ÉPIMÉNIDE, grand prophète des CrétoisJ
vivoit du temps de Solon. Dans fa jeunefie ,
ayant été envoyé par fon père pour garder les
troupeaux dans la campagne , il s’égara au milieu
du jour, 8c entra dans une caverne, ou il fut
furpris d’un fommeil qui dura cînquante-fept ans.
Ayant été éveillé par du bruit , il chercha encore
fon troupeau , croyant n’avoir dormi que peu
de temps, 8c ne l’ayant pas trouvé, il s’en re-
tourna a fon village , où il vit que tout avoit
changé de face : il voulut entrer dans fa maifon ,
où on lui demanda qui il étoit : enfin, fon cadet ,
qui croit déjà vieux, l’ayant à peine reconnu ,
il lui conta fon hiftoire. Le bruit s’en étant rée
pandu par toute la Grèce , on le regarda depuis
comme un hcmme favorifé des dieux, & on
l’aüoit confulter comme un oracle. Diogène
Laèrce , qui a pris la peine de nous conferver
cette tradition populaire, ajoute qu’il y a des
gens qui ne peuvent croire qu’il ait tant dormi j
mais feulement qu’il fut quelque temps errant ,
pour acquérir la connoiflance des fimples. Il dit
encore qu’il devint vieux en autant de jours qu’il
avoir dormi d’années. Ce fommeil Épiménide
donna heu à un proverbe que cite Lucien d;ins
fon Timon ; un fommeil plus long que celui d’Épi^
ménide. Êpiménide ayant été confuké par les athé-
niens, pour favoir comment ils pourroient ap-
paifer les dieux , 8c faire ceffer la pefte oui
ravageoit leur pays, répondit qu’il falloir laîffer
aller dans les champs des brebis noires, 8c les
faire fuivre par des prêtres, pour les immoler
dans les lieux où elles s’arrêteroient , en l'hon-
neur des dieux inconnus j •& par ce moyen la
pefte tefla entièrement. Depuis ce temps, dit
D:og_ene Laèrce , on trouve dans les champs de
TAtrique , plufieurs autels élevés aux dieux incon-
nus. On rapporte plufieurs prédiétions qu’il fit aus
* athénieas
EPI
EPI
athéniens & auxiacéde'moniensj &on lui attribuoit
un grand nombre d^ouvrages qui ne fublîitoient
plus. Enfin , il mourut âgé de deux cens quatre-
vingt-neuf ans ^ feion la tradition des crétois ^
qui lui offrirent des facrifices après fa mort,
comme à un dieu. Les lacédémoniens, qui fe van-
toient aufS d'avoir fon corps , lui élevèrent ^ dans
leur ville, des monumens he'roïques.
EniMHNION, 1 ri • r . - 1
EPIMENIJJM î faiaire & nourriture des
efclaves pendant un mois ( Juvenal. Sat. VU.
tio.'j :
...... Aut veteres maurorum epimenîa , hulbî.
ÉPIMÉTHÉE, fils de Japet ge de la belle
Oymène , époufa la célèbre Pandore , dont il
eut Pyrrha , femme de Deucalion. Hefiode lui
donne répithète d’infenfé, fans doute à caufe
de fa curiolîté. Voye:^ Pandore.
La fable ajoute qu’il fut métamorphofé en
finge. V :yei Pithécuse.
Dans la coîleâion des pierres gravées de Stofch,
on voit une cornaline , ( IIP. clajfe n». 14. ) fur
laquelle fzioitEpimhhée ouvrant la cafTette fatale
de Pandore, d'où fortirent les maux qui inon-
dèrent la terre. Il ell: nud jufqu'à la ceinture,
ayant un cafque en tête, & devant lui un bâton
avec un fsr crochu , ou un croc femblable à la
fauîx de Saturne, & à la fourche dé Plutpn.
Lcjcroc marque apparemment la généalogie à‘Epz-
.• car s’il étoit fils de Japet , qui éroit fils
d’üranus & frère de Saturne, le graveur a pu
lui donner un attribut diftindlif de Saturne.
EPIMÉTRUM , partie de la cargaifon totale
d’un vaifTeau , qu’on accordoit aux pilotes, &
dont ils pouvoient difpofer à leur profit. C’écoic
une forte d’indemnité ou de récompenfe par la-
quelle on fe propofoit de les encourager à leurs
devoirs. Quand on regardoic Y épimétrum comme
une indemnité , il défignoit le déchet d’une mar-
chandife pendant le voyage : alors ce droit étoit
d’autant plus confîdérable que le voyage avoir
été plus grand. lY épimétrum ou déchet accordé
aux pilotes pour les vaiffeaux de la flotte d’Alexan-
drie, étoit de quatre livres pefant fur cent livres
de froment, ou d’un boilTeau fur vingt- cinq.
L eÿimetTum etoit aufïl la fomme que les empe-
reurs permettoient aux receveurs publics de lever
au-delà de l’impôt, pour les indèmnifer de leur
travail, ou des frais detranfport, ou. à\x déchet
fur les impôts levés en nature.
EPINE - BLANCHE , ou aubépine. Les ro-
îua'a yportoient dans les mariages des torches de
ÂJiti^uités f Tome II,
sn
branches ^aubépine , parce que cet arbriffeau
avoir , difoit on , la propriété d’écarter les ma-
léfices. On en atrachoit auffi des branches aux
fenêtres des chambres où étoient les enfans
nouveaux-nés , pour les mêmes raifons. Ovide
les a chantées dans les faftes ( VL 2.9. ) :
Sic futus fpir.am , qtiâ. trijtes pellere pojjet
A foribus noxas , hcec erat alba. , dédit.
( V- I7L)
Virgaqae Janalis de Jpina ponitur dlhâ ,
Qua lumen thalumo pana fentjira dabat,
Eoji ïLlud neque àves cunas violà£e feruntar ;
Et reâiit puero , fuifuit ante , color.
EniNIKIA , J , , . „
EPINICIA f Victoire , & feres qua
l’on célébroit après la viéioire : fequenti dieiSatt,
. Ner. c. 43. n°. 4. ) l/ttum inter l&tos cantaturum
epinicia , qua jam nunc Jibi componi oporteret. On
en attribuoit l’origine à Apollon , qui voyant
Jupiter vainqueur de Saturne, fe couronna de
laurier, prit un manteau de pourpre , & fit rendre
à fa lyre des fons harmonieux , pour amufér lés
divinités pendant le feftin. ( TiW/, U. 5. 7. ).
ÉPIONE, femme d’Efculape, fut mère de
Machaon,, de Podalirius , & de quatre filles ,
Hygiéa, Eglé , Panacée & Info. Fbyeç ESCDLAPE.
ÉPIPHANÉA , -en Syrie- Eni<ï)ÀNE£2N.'
Les médailles autonomes, de cette ville font:
RRRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
_ Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en l’honneur d’ÉIagab'ale , de
Tibère. L , 4 f \
Épiphanéa , dans la Cilicie. EnpfANEaN.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques , avec fon e'poque , en l’honneur
de GofdiemPfe, de Sévère, de' Caràcalla.’
ÉPIPHANÉS J furnpm donné à Jupiter : il
fignifie , qui ' eft' préfent , qui -apparoit , pour
marquer que ce dieu faifoit fouvent fentir fa pré-
fence fur la terre, ou par le bruit du tonnerre &
des éclairs, ou par de véritables apparitions,
pour y voir fes inaîtreiTes. Voyet;_ Cat aieâtès.,
ÉPIPHANÉS & Cailiniçus , rois de Con34
magène. B^^siAEfiiS ïioi,
ji- A 33% -
5^^
EPI
EPîSEME 9 J ou xoVîî-a 5 fur !es îr,éc!aiiles.
On je trouve à Ja place de Tfi fur quelques mé-
da liles de Lipari ; fur une médaille d^Acmonia ,
.en Phrygie, frappée en Phonneur de Néron.
( ^Jeumann. )
ÉPISODE. Voye[ ie dictionnaire de lîttéraîure.
EFiSTATEj commandant, celui qui com-
mande, qui a le gouvernepient.
Evlfiate. Ce mot eft en ufage , quand on parle
de Pancien gouvernement d'Athènes.
\Jé-piflate étoîî un fénateur d’Athènes en jour de
pi-éiider. Les dix tribus d’Athènes, élifoient cha-
cune au fort, par an, cinquante fénateurs, qui
ccmpofoient ie fénat des cinq cents. Chaque
tribu 5 tour à tour , avoir la préféance , & la
cédoit fuccefTivement aux autres. Les cinquante
fénateurs , en fonctions , fe ncmmoient prytanes -,
le lieu particulier ou ils s’aiTembloient , prytanée ;
& le temps de leur exercice , ou de la prytanie ,
ciuroit trente-cinq jours. Pendant les tre;ïte-cinq
jours , dix des cinquante prytanes préfîJoient , par
femaine, fous ie nom de proëdres -, 8c celui des
proëdres , qui dans le cours de la femaine étoit
-en jour de prélîder , s’appelioit épïfiate. On ne
pouvoir l’être qu’une fois en fa vie , de peur
qu’on ne prît trop de goût à commander. Les
fénateurs des autres tribus ne lailToientpas d’opi-
ner , félon le rang que le fort leur avoit donné,
mais les prytanes convoquoient l’aflemblée , les
proëdres en expofoient le fujet, Yépiflate de-
mandoit les, avis. Il faut remarquer que de dix
proëdres de chaque femaiae , il n’y en avoit que
fept qui préfidoient chacun Ton jour, & trois qui
ne le faifo-ent point , & n’étoient point épiflates.
Les dix p-'ëdres élifoient les isçx épiftates. Voyei
pRYTANE.
Ce non» , qui eft grec , vient d’sV/ , fuper^ &
de IWitw , fto. Un épïfiate étoit celui qui étoit fur
Jes autres,- le chef des autres.
EV/sTaTjfjreâ MatTEi». Muratori( 2025. 2. Téhefé)
rapporte une infcriprion drefîée en l’honneur
d’un b blochécaire d’Hadrien , qui prend le titre
de préftdent du muféiim d’Alexandrie.
E’msTioS, domeftîque. Surnom de Jupiter.
EPISTOMlUiM. Voye^ Rosinet.
EPISTULIS {ab). On trouve dans Muratori
€ib epîfiulis aug. ^ laîinis aug, ^ C&faris aug, ^
iatinis auguftomm, gr&cL gmcis 8^ latinis , &c.
EniTA<i'roN. ■>
EPIT APHIÜM. Ç Ly :iîrgue C Plutarch. in lycé)
s’avoit permis de graver des épitaphes ^ quç Puy j
E PI
les tombeaux des citoyens morts à îa guerre Sj
oes temmes mortes en couche.
L« recueils d’infbrîptions antiques fbnt rem-
p.is d e.itapkes aont les unes étoient gravées fur
les tombeaux a autres fur des cippes ou petites
colonnes , rondes ou carrées, placées fur les fé-
puitures, d autres enfin etoient fimplement écrites
en lettres rouges- fur les tombeaux , ou fur les
murs du columbarium au-deffus des urnes. Cette
ecnture rouge parcit fouvent dans les catacom-
bes uC fur les urnes de terre cuite qui renferment
les cendres de quelques éîrufques.
On aonnoit aufïi le nom àé épitaphe aux vers
que 1 on chantoit en l’honneur des morts lejour
de Içurs obsèques, 8c que l’on répétoit tous les
ans à pareil_ jour. On l’a pris depuis généralement
pour i infcriprion qu’on met fur les tombeaux,
tantôt en vers , tantôt en profe , pour conferver
la mémoire des défunts.
Les. grecs mettoient ^fimplement le nom de celui
qui étoit mort , avec l’épithète éo/z /lomOTe , bonne
femme; d ou vient i exprelEon jruiEÔi, faire
bon, pour dire , faire mourir. Les athéniens met-
toient feulement ie nom du mort, celui de fon
pere , & celui de fa tribu. Les romains ajou-
wient au haut de leurs épitaphes ; aiis manibus.
Quelquefois les épitaphes étoient remplies de mo-
ralités, accompagnées de p'èces de Sculpture 8c
d Architeéture , qui ne fêrvoient pas feulement
a ornement aux tombeaux, mais encore d’inftruc-
tion à la poftéîité,par les aétions illuftres qu’elles
repréfentoient , & par les penfées morales qu’el-
les exprimoienti
ÉPITHALAME , poëme compofé à l’occa-
iion d un mariage j chant de noce , pour félicitef
des epoux.
Le mot ephhülame vient du grec ,
& ce dernier , en ajoutant fignifie chant
nuptial: en elt la véritabic ét> mclogie.
_ Or les grecs nommèrent ainfi leur chant nup-
tîsî J psrcc QU ïls sppcliojîînt ^ l^spparcc*
Pépoux ; & qu’après la folemhité du
re..;n ; 8c lorfque les nouveaux mariés s’éroient
retires, iis chantoient Pépithalame à la porte de
cet appartement.
EPIl HRICADIES. Héfÿchius ne nous a con-
ferve de ces fetes d’Apollon, que leur noiii
feul.
ÊPITRAGlia, furnom donné à Vénus, parce
qu elle fe changea en chèvre.
Thefée étant près d’aller ea Crète, pour tuer
le minoraure fit des facnfices à Apollon & à
Venus; & 1 oracle de Delphes lui ordonna ck
prer.cire Venus pour guide , §e de lui immolef
E P O
une chèvre fur le bord de la mer , hauelle fut
changée en bouc , dVjù vient le furnom Ëphragia,
de r:»yo; , hircus ; auiîî-tôt la déelTe lui apparut
fous la figure d’une chèvre.
ÉPITROPEj forte de juge, ou plutôt d’ar-
bitre que les chrétiens grecs , qui vivent fous
la domination des turcs, choififfent dans plufieurs
vihes , pour terminer les différends qui s’élèvent
entr eux , & pour éviter de porter ces différends
devant les magiftrars turcs.
II 7 a dans chaque ville divers épitropes, Spon
remarque dans_ fes v'oy'ages , qu’à Athènes il y
en a huit , qui font pris des differentes paroiffes
& appelles vecckiardi ^ c’eft-à-dire , vieillards.
Mais Athènes n’eft pas le feul endroit où il y
ait des epuropes : on en trouve dans toutes les
jfles de 1 Archipel. Quelques auteurs latins du V'.
fîècle appellent epitropi ^ ceux qu’on appelloit plus
anciennement villici, & qu’on a dans la fuite
appelles vidâmes.
Dans des temps encore plus réculés , les grecs
empjoyoient le terme iTTfr^û-ms dans le même fens
que les latins employoienr celui de procarator ^
ceft-à-dire que ce mot déiîgnoit chez eux un
commiffionnaire , ou l’intendant. Voye? Procu-
rât or.
Ainfi les commiffionnaires des proviflons , dans
les armees des perfes , font appelles çpérropi dans
Hérodote & Xénophon.
EiioRij facrebat^, faifoit. Ce mot accompagne
fouvear le nom d’un fculpteur , gravé fur des
monumens antiques. Il nous apprend ordinaire
ment que le fculpteur nommé a imaginé & exécuté
Ce morceau de Sculpture. Cependant ils’efi trouvé
gravé fur des copies.
Deux flarues àt fetyres , trouvées près de Gen-
, fous le inoDticuie appelle drlonte Cagnolo ,
étant^ de meme grandeur, de même forme enfin
fembiaRcs en tout; toutes deux font donc copiées
d un rneme original , ou l’une , au moins , eff
la copie de 1 autre i Dans ces deux cas, leurs
infcriptions nous montrent qu’on employoit l’ex-
preffion EHOISI, f a cimb a pour marquer
que J on avo't copie des ftatues : ainfî cette ex-
prefiion n indique pas toujours dans le fculpteur
l'auteur original de la ihnje
<3u il dit avoir faite.
E P O N A , deeffe qui éîoit chargée du foin
des chevaux. Il y en a qui la nomment Hippona,
Elle préfidoit aux haras & aux 'écuries. G'uter
{§7. 6.) rapporte une infcriptio.n gravée à l’hon-
neur à^Epona,
JÉPONGES. Les grecs & les fomains » qui
E P O ^^7
ne couvroient pas de linge leurs tables à manger ,
les lavoient & les effuyoient avec des éponges.
I! y avoit dans les amphithéâtres un endroit
retiré , deftiné aux befoins fecrets des gladiateurs.
Senèque ( epf. 70. } raconte qu’un germain, con-
damné à combattre jufqu’à la mort centre les
bêtes, fe retira dans cet endroit, & enfonça
dans fon gofier un bâton garni d’une éponge, def-
tiné aux befoins des gladiateurs. Il ne trouva
que ce moyen d’échapper par une mort prompte
aux longs fupplices quii’atrendoient fur l’arène.
ÉPONYîvŒS, furnom des archontes d’A-
thènes.
On trouve fur les médailles des femmes qui
ont exercé cette charge. ( Neumann. )
L’ Archonte-Eponyme donnoit fon nom 3 l’aa-
née j ce que fignifie le furnom Éponyme.
' EPOPEE, mère de Marathon.
ÉPOPÉE, père de Nyâiimène.
ÉPOPTES. E'oyei Mystères.
EPOPTES , furnom de Neptune. Ce dieu
avoit près de Mégalopolis , en Arcadie , un tem-
ple , avec une flatue fous la dénomination d’oè-
fervateur^ eVojî-Çüf.
Du temps de^ Paufanias , il ne reftoit de cette
flaitue que la tête feule. ( Arcadie. )
ÉPOQUE des médailles.
Les époques font les dates des années du règne
des princes ; ou de la durée des villes, foit depuis
leur fondation , foie depuis quelque événement
remarquable , d’où elles ont commencé de compter
leurs années. Ces époques donnent un grand mérite
aux médailles , à caufe qu’elles règlent sj|rement
!a chronologie ; ce qui fert beaucoup à éclaircir
les faits hifiariques C’eff avec leur fecours que
Vaillant a fi bien débrouillé toute l’hiftoire des
rois de Syrie, où les noms femblables des prmees
font une grande confufion ; & c’ell par-là que
le cardinal Noris, célèbre antiquaire du grand-
duc , a fait tant de découvertes utiles dans fon
livre de épo.his Syro-Macedonum.
II efi: vrai que fur ce point les grecs ont été
plus foigneux que les romains, & les derniers
fiècles plus exacts que les premiers ; en effets
les médai'Ies romaines ont rarement marqué d’an-
tre époque que Celle du confalat de l’empereur
dont elles repréfeutent la tête, & de la puiiîânce
de Tribun. Or, ni l’une, ni l’autre ne font affû-
tées , parce qu’elles ne fuivent pas toujours
l’année du règne de ce même prince, Sc qus
55 s E P O
difScilement Tannée de la puiflance de Tribun
répond à celle du confulat. La raifon en eft » cjue
la puilTance de Tribun fe prenoit régulièrement
d'année en année ; au üeu que Tempereur n’étanr
pas toujours Confal ^ Tintervalle de l'un à Tautre
confuiatj qui fouvenr étoit de pluueurs années^
gardoit toujours Vépoque du dernier. Par exem-
ple J Hadrien eft dit , durant plufieurs années ,
Cos. ÎIIj de forte que Ton ne fauroit par- là
faire aucun ordre alluré pour les différentes mé-
dailles qui ont été frappées depuis Pan de Rome
872, que ce prince entra dans fon troifième
confulat J jufqu'à fa mort, qui n'arriva que vingt
ans après.
Les grecs au contraire ont eu foin de marquer
exaétement les années du règne de chaque prince ,
Se cela |ufques dans le plus bas empire, où les
revers ne font prefque chargés que de ces fortes
ài époques , fur-tout après Juftiriien.
On ne parle ici que des médailles impériales j
car à l'exception de certaines villes , toutes les
autres que Goltzius nous a données, n'ont point
à’ époques y & c'eft ce qui embarraffe extrêmement
la chronologie. Pour les rois , Ton y trouve plus
fouvent les époques de leur règne ; le père Har-
douin , dans fon Antirrhétique , a publié des
îTiédailies du roi Juba , dont Tune marque l'an
32, d'autres Fan 36, 40, 42 & 45.
Quelques colonies marquoient auffi leur époque,
comme nous voyons dans les médailles de Vi-
minacîum , en Msefîe , qui, fous Gordien qu'elle
commença , marque un. I. IL &c. fous Philippe,
an. Vil. &c. fous Décius, an. XI.
Or le commencement de ces époques doit fe
prendre , tantôt du temps que la colonie a été
envoyée , tantôt du règne du prince à qui elle
étoit foumife alors ; tantôt du règne de quelque
autre prince qui lui avoir fait quelque nouvelle
grâce j d'où il eft arrivé quelquefois que la même
ville, telle, par exemple, qu' Antioche, s'eft
fervi de différentes époques, à quoi il faut faire
«ne attention férieufe, pour ne pas confondre
les faits dont les médailles nous ont confervé le
fouvenir.
Les villes grecques, foumifes à l'empire, étoient
jaloufes d'une épojae particulière, c'étoit de l'hon-
neur qu'elles avoient eu d'être Néocores , c’eft- à-
dire, d’avoir eu des temples , où s'étoient faits
les facrifices folemnels de toute une province en
l'honneur des princes ; & d'avoir fait repréfenter
des jeux publics , avec la permilïîon du prince ,
ou du fénat.
Les villes demandoient cette permiffion avec
inftances , & elles croyoient être fort honsrées
quand elles- pouvoient i'obtènir plus d'une fois 5
E P O
aufîi voyons nous quelles étoient atfondves à
conferver la mémoire fur les médailles.
Elles marquoient auffi quelquefois le nombre
des années du règne de leurs archontes , foù le
premier archonrat , foitle fécond, &c. On trouve
fur une médaille de Philippe, frappée à Hadria-
noteros , AFX. A , premier archonrat d’un ma-
giftrat appelié Socrate.
Les époques des empereurs, c’eft-à-dîre, îeç
années de leur règne, font marqnées prefque
toujours fur le revers , en une de ces deux ina-
n ères. Quelquefois en exprimant les moty
entiers, ETOïc Aekatot, &c. Plus fouvent
par les fimples chifres , & le mot abrégé E. ou
ET. A. B. prefque toujours par le lambda antique
L , qui fignifie , félon la tradition des antiquaires,
Auy-atayTùç , motpcëtique, & inufité danslelan-
gage ordinaire , mais qui veut dire anno, & qui
probablement étoit plus commun en Egypte que
dans la Grèce , puifque c'eft fur les médailles,
de ce pays qu'il fe trouve toujours. Nous avons
cependant un Canope au revers d'Antonin , avec
ETO r c. B. , comme nous avons du même empe-
reur , fur un revers, l. enatot, & plufieurs
autres ( Patin. ) avec les limples chifres L. z. l.
H. L. I r, chargés de la figure de l'équité , de
la tête de Sérapis , & d'un dauphin entortillé
autour d’un trident.
Les époques des villes font communément ex-
primées par le fimple chifre, fans e. ni l., &
le nombre le plus fcible eft ordinairement pofé
le premier ; ainfi dans les médailles d’Antioche ,
44 eft marqué AM, & non MA. Dans une' mé-
daille de Pompeio - polis, qui a d'un côté la
tête d’Aratus, & de î’autre celle de Chryfippe ,
©. K. c. au lieu de c. K. e. 225, &c.
Dans le bas-empire grec, les époques font mar-
quées en latin , anno 111. V. &' VII. &c. Depuis
Jaftin jufqu'à Théophile, elles occupoiént le
champ de la médaille, fur deux lignes du haut
en bas , comme dans Juftin :
Dans Juftinien ,
A
4-
N
N
1 ^
0
J-IIL
Ainfi dans les
autres. Il y en
Kyu. 1 ufiéiu cjLi ccTu iur iC nauL uu
hamp de la m^ailîe , comme dans Focas 8c
[ps Héraclius. Depuis Théophile l’on ne trouve
nus â époques , ni grecques , ni latines.
La plupart des années de rois , marquées fur
es œédaÙies , ne commencent pas à courir du
E P O
jour où les princes font montés fur le trône }
f année dans laquelle cet événement eft arrivé,
eft ordinairement comptée pour la première du
règne, quand même le prince n^avoit régné que
pendant un ou deux mois de cette année. On
compte une fécondé année au premier mois de
Tannée qui la fuit, &c.
Le cardinal de Ncris , dans fa lettre fur une
médaille d’Hérode Antipas, fait remarquer,
d’après Kepler & Pérau, que les juifs comp-
toient les années de leurs fouverains du mois de
Nifan, qui précédoit Tavénement de ces princes
au trône 5 de forte qu’ils comptoient une fécondé
année au i. de Nifan fuivant, quelque peu de
tciiips qu’ils cu-T^nt régné auparavant. Il le prouve
par, un paffage de Jofephe, qui ne fouffre point
de difhculcé.. LeTalmud eii formel fur cet ufage;
■prima aies Nifan , y efl-il dit , ejl novus annus
regum. Annus iUe -efl à qüo rrj.m.zrars £r f-ppuîare
irpcipiehant annos regum fuorum in contraciihus ,
ckirograpkis publicis omnibus iufirumentis & di-
piomatibus qui ad annos Ù menfes regis regnantis
compombantur. On voit auffi par le même livre
& par d’autres monumens J comme le prouve
Samuel Petit, que les juifs comptoient les années
des empereurs & des autres princes étrangers ,
du mois Tifri, qui avoir précédé leur avènement,
quand même il ne fe feroit. écoulé que quelques
mois & même un feul jour. C’eft à î’aide de ces
principes qu’on peut expliquer les dates d’années
des princes juifs , qui fe trouvent fur les médail-
les de Philippe le Tétrarque, d’He'rode, rai.de
Calcide , d’Hérode Antipas, d’ Agrippa. I. &
d’Agrippa le jeune.
Les égyptiens , dit Tabbé Bellei , qui nous fert
ici de guide, fuivoient aufli Tufage particulier de
compter une nouvelle année de^ègne au Thoth ,
ou premier jour de leur année civile ( 29 août ) ;
en forte qu’ils comptoient une fécondé année au
Thoth , qui oavroit une année nouvelle, quand
le prince n’avoir régné que peu de tems aupara-
vant. Le P. Pagi {ad an. 6^. n. 3. ) a obfervé
que, fans cette méthode, on ne peut expliquer
la date d’une fecorî,de année de Galba, ni la
cinquièine année d’Elagabaîe, gravées fur des
médailles égyptiennes. C’eft par la même mé-
thode que le baron de laB.'.ftie expîique la huitième
année , L h , dé ' l’empereur Probus , far des
médailles frappées en Egypte.
Le cardinal de Noris a prouvé que les habitans ‘
-d’Antioche & de Laodicée, en Syrie , comptoient
de même une nouvelle année de règne au com-
mencement de leur année civile. Amenfe^àquo
annum ordiebantur, n-amerârunt , quod & de annis
imperii Juin Cafaris Antrockenfes ac Laodicenfes
fecïfe in volumlne de annis Syro-Macedonum de-
monjîravi.
E P O
$S9
Tel étoit auflî Tufage de la ville deTyr. Trajan
fut adopté par Nerva , créé Céfar , & revêtu
de la puiflance tribanitienne le 18 de feptembre
de Tan 97 de J. C. Le 1 9 oétobre du mois fui-
vant, premier jour de Tannée civile de Tyr, les
habitans comptèrent la deuxième
du règne de ce prince ; & le 19 octobre de
; Tan 116 J ils comptèrent la 21'. année, KA.
Sans cette connoiffance , on ne pourroit concilier
les monumens avec la durée du règne de Irajan ,
qui ne fut pas de 20 ans complets.
Ajoutons Tufage particulier de la ville de Sé-
ieucie, près des bouches de TOrente. Nous
avons vu, dit Tabbé Bellei, dans le cabinet de
Tabbé de Rotheiin , un beau médaillon , frappé
par les habitans de cette ville , en Thonneur de
Galba , la 2'. année de fon règne , E T o T s,
NEOï lEEOï B. Galba ii’avoit régné que neuf
mois & treize jours , à compter reême du 3 avril
de l’an é8 , jour auquel il fut proclamé Augulle,
en Efpagne, du vivant de Néron, ou fept mois
fept jours , fi Ton compte de la mort de Néron ,
vers le 12 juin de la même année 68. Galba fut
tué à Rome le ly janvier 69. Les habitans de
Séleucie comptèrent donc une 2^. année du règne
de ce prince , au commencement de leur année
civile, c’ell-à-dire , à l’automne qui fuivit fan avè-
nement au trône, Voye^ Année , Ere.
EPOTIDES. C’étoient deux poutres fixées à
la proue des vaifieaux aux deux côtés de Tépe-
ron, pour défendre le bâtiment du choc des
vaiffeaux ennemis.
ÉPOUSES grecques.
On voit fur un bas-relief de la villa Borghèfe ,
encaltré dans la façade au-deffous de la corniche,
les noces de Licus &'de JJkcé.Uépoufe z la tête
voilée d’un pan de fon manteau {pallium'), ou
■d’un voile que les romains appeilo!ent._^ÆOT;?i£a;?î.
Apulée ( Métamorpk. ) & Piaute ( Cafina. aB, 4,
feena 2. ) donnent aux époux & aux époufes des
couronnes de fleurs, Vépoufe, en Béotie ( Plu-
tarch. ) mettoit une couronne de feuilles d’afperges
iau-deffus de fon voile : on ne diftingue pas clai-
rement de quelle forme eft i’efpèce .d’habit ou
:de manteau que porte Y époux, à caufe de Téioî-
qnement du petit bas-relief. La vieille femme
iplacée à côté, eft probablement la nourrice,
pdEqu’anciennement les filles en'étoient toujours
accompagnées. Au refte, les habiliemens 8c les
cérémonies ont du varier chez les différens
peuples de la Grées. P.tr exemple , chez les béo-
tiens & les lociiens, les fiancées { PLutarch. )
offroient des facrifices fur un autel d’Encléa ou
Diane, placé fur la grande place j & àDeiphes
oh préfe.htoit une coupe remplie de vin , dans
S6o E P T
laquelle l’époux & Yépoufe buvoient après avoir
fai: des libations. Il peut y avoir eu ailleurs
d’autres formalités , fcit avant ^ foit après le ma-
riage. On accompagnoit Vépoafe avec ries torches 5
elles étoient au nombre de cinq chez, les romains.
La torche nuptiale étoit portée par la mère de
Yépoufe, ou par une de fes proches à fon défaut.
Les parens & les amis la conduifoienr, au fon des
inftrumens ^ à la maifon de fon époux. La maifon
étoit ornée de branches de lauriers & de feftons.
Epouses romaines.
Uépoufe (^Vetronlus & Taciti annales lib. I j )
avoir la tête couverte d’un voile zçy)t\\é fiammeum.
( Voye:^ un bas-relief du palais Jaftiniani. ) La
forme de ce voile eft douteufe, le mot velamcn
étant générique. Pline ( Ub. ii. cap. 8.) dit
qu’anciennement le fiammeum étoit de couleur
jaune ; par le mot anciennement , il faut entendre
que cet Ufage d’employer la couleur jaune n’exif-
toit plus du temps de Pline.
Selon SoîériuSj cette couleur fut remplacée
par le blanc & par le pourpre. ( de'pileo,
c&terifque capitis tegminibus , ^c. fol. 10 y.)
Les cheveux de la nouvelle mariée étoient par-
mgés ( Plutarchus) ce jour-là avec la pointe d’un
javelot , en mémoire des combats livrés lors de
1 enlevement des fabînes. léépoufe portoît une
couronne (Valère-Maxiras) de verveine^ & étoit
conduite chez Y époux , précédée de cinq torches
de bois, félon Pline ( lïb. j6. cap. 18.), une
defquelles étoit diftinguée comme la principale.
La maifon étoit ornée en dehors de guirlandes
êc de feftons.
EPPJA , famille romaine dont on a des mé-
dailles.
RRR. en aident.
RRR. en bronze»
O. en or.
EPRIA, famille romaine dont on a des mé-
dailles.
HRRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.'
EP A APHONE, nom d’nnportique delà ville
a Ulympie dans lequel on avoit ménagé un
écho , qui repétoiî la voix fept fois de fuite. II
y a grande apparence que l’écho fe trouva là
pr hafard & qu’enfuite les grecs, grands char-
tatans , en firent honneur à l’art de i’architeaie.
E Q ü
ÈPTONÏE , mère de Tmolus. V. Tmolus.
Ees romains donnoient ce nom
aux citoyens que 1 on invitoit au repas facré,
ÉPÜLONS, miniftresfacrés, établis chez les
romains, pour préparer les feftins facrés dans les
jours folemnels ; ces feftins n’étoient que pour
les dieux. Les épulons avoient le privilège déporter
la robe bordée de pourpre, comme les pontifes,
& d etre exempts de donner leurs filles pour
être veftales. Iis furent établis l’an de Rome yyS.
{Liv.lih. Leur nombre varia. Ils furent
d’abord trois, puis fept, enfuite dix.
EPULUM , repas facré des romains. Voye:^
Repas.
ÉPYTüS , fils d’Hippothoüs. Fbyeç Ogoa.
Épytus , fille - de Msrope , fuivant Paufanîas..
Épytus, pète de Lyncée. Hippius.
ÉQUESTRE ( l’ordre ) étoit l’ordre des che-
valiers. yoyei Cheyaliers.
f
Equestre. I! y avoir à Rome une ftatue
équefre de la Fortune ; ce qui la fit appeller la
Fortune équeftre. Sut les bords de l’Altis, à Olym-
pie, on voyoit les autels de Junon équeftre, is,
Neptune équefire , de Mars équeflre , & de Mi-
nerye équefire. ( Paufan. Lib. y. ) Muraton ( Thef.
infcr. 6xC. 1 ) rapporte une infeription dans la-
quelle il eft fait mention d’un jeu ,‘agon , célébré
en l’honneur de Jupiter équefire.
EQUESTRIA. On défignoit par ce mot les
quatorze gradins de l’amphithéâtre , affeétés à
l’ordre équefire par Rofcius Otho. Les écrivains
latins ont défigné quelquefois par le feul mot
quatuordecim , ces gradins qui diftinguoient les
chevaliers du fénat & du peuple. ( Senec. benefic.
l. y. c. 9.)
ÉQUIRIES , nom d’une fête de l’ancienne
Rome.
Eqairta. Les équirles étoient la fête des che-
valiers. Elle fe célébroit par des courfes de che-
vaux. "Varron & Ovide en parlent, celui-ci dans
fes faites, L. IL y. Sfy; & celui-là dans fon
L. de lingu.Y. Varron dit qu’on la célébroit
dans le champ de Mars, & Ovide- marque que
c etoit le 27'. jour de février. Feftus ajoute qu’elle
fut inftuuée par Romulus à l’honneur de Mars. ,
Les equiries S appello.’ent autrement jeux curules,
ludi curules. Ovide, dans fes faftes, L. IIÎ-
517, parle encore d’autres équirles, qui fe célé-
brokns
E Q ü
broienr quinze jours plus tard , la veille des ides
de mars j cVit-à-dire, le 14 de ce mois , far le
bord du Tibre ^ à Tendroit où eil: aujourd'hui
la place Navone, & non dans un cirque parti-
culier, comme quelques auteurs r ont imaginé.
Lorfque le Tibre inondok le champ de Mars ^
on cé'ébroit les équiries fur le mont Coé.ms.
Ovide ( Faji. III. 521.) ;
Qui t amen ejeSa Ji farte tensiitur unda ,
Co’élius esciviet puLyerulentus ecuos.
ÉQUITATION. Uhiitorique de cet article
fe trouve dans le dictionnaire hülorique.
Sur une pierre gravée du baron de Stofch ^
en voit un cheval qui porte en avant les deux
jambes du même côté. C'eft ainfî que marchent
les chevaux de Caftor & de PoHux au capitole;
les quatre chevaux antiques de bronze , qui font
fur le portail de Téglife de S. -Marc à VenifCj
te le cheval de la flariie équeilre de Nonsus Balbus
à Portici. On a donné la même allure aux che-
vaux dans quelques ouvrages faits vers le temps
de la renaill’ancc des arts ; tels font entf autres
les figures équeilres de deux capitaines de la
république de Florence, qui font peintes au dôme
de cette ville.
Ce netoit pourtant pas la manière confiante de
faire marcher les chevaux des anciens. Le cheval
de bronze de Marc-Aurèle^ le cheval du même
empereur, en bas-relief, à l'arc de triomphe qui
porte fon nom , tous ces chevaux portent en avant
une jambe de devant & une jambe de derrière
des côtés oppofés, comme les loix de la Mé-
chanique y obligent tous les animaux , afin qu'ils
marchent avec fermeté & sûreté.
On trouve fur plufieurs pierres gravées des
cavaliers qui mentent à cheval du côté droit :
ainfî ce ne feroit point une faute que feroit un
arrifte , û dans un fujet des temps héroïques ii
plaçoît des cavaliers vers le côté bas du montoir.
Les cavaliers, dans les jeux publics , fe ferroient
Je corps avec des bandelettes , pour foutenir la
vîteiTe de la courfe. On voit diilinélement ces
bandelettes fur une calcédoine de Stofch.
On favoit que les anciens ne fe fervoient pas
d’étrier j mais on ignoroit comment iis y fup-
pléoient. Winckelmann nous l’a montré d’après
une pierre gravée du baron de Stofch , fur laquelle
on voit un cavalier qui monte à cheval , mettant
fon pied droit fur un crampon , placé à une
certaine hauteur de terre vers le bas de fa pique.
Cette pierre éclaircit en même-temps un pafTage
de Xénophon ( de equitam c. 7. §. i. ) qui
avoir toujours été mal interprêté. Il dit que
le cavalier voulant montçr à cheval , doit
Antiquités J Tame 11.
E R A J (7 1
empoigner de la main gauche les branches du mors ;
mais qj’ii doit obferver de ne pas les faifir
” avec trop de roideur, de peur qu’ccanc obligé,
ou de fe prendre aux crins pour s’élever, ou
” de s’élancer de la pique pour monter, il ne
faffe remuer le cheval».
Monter à cheval à l’aide de la pique , fe dit
en grec és-o' dmrrr.o&t , cu’d ne faut pas
confondre avec irri S'iou. Cette phrafe étoir une
' expreffion c ii aire 5 r,>.l<ns irri éopo fiqnifioit un
moinement à ia droite, que l’on appelioit ainfî
à caufe de la pique tenue de cette main. KAjAî
trrl fîgni.fioit la manœuvre à la gauche ;
car on portoit le bouclier de cette main.
ÉQUITÉ, nom d'une divinité.
Æquitas. Martianus Capeila, L. IL n’en fait
qu’une de Thémis & î’* VEqurié. Confeülère &
miniftre de Jupiter , elle porte une balance en
main , & des épis de blé en l’autre. Pindare ,
ode 13, des olympioniques, dit cu’Eunomie ,
Dicé & la Paix font filles de '{Equité. Et Germa-
rdeus Céfar , dans fa traduction du poème d’A-
ratus , dît qu’Héfxode la fait fille de Jupiter &
de Thémis; qu’elle s’appeÜoir piemiérement Jujîa,
puis Jujiitia , &r que Nigidius l'appelle v'irgimm
jufiam,five^ aqu'uatem ^ qui n’eft autre,
ue cette Érigone , qui eft placée dans le zo*
iàque entre le lion & la balance.
EQUULEUS. Voyei Chevalet,
ERADÆ J dans l’Attique. e?aa.
Les médailles autonomes de cette ville font î
RRRR. eft bronze.
O. en or.
O. en argent.
KPAIA , fêtes qui étoîént infrituées en l’honneur
de Junon. Il en eft fait mention fur une mé-
daille de Philippe , père , frappée à Tyr, publiée
par Pellerin.
ÉRANARQUE , nom d’office chez les grecs :
celui qui préfidoit aux aumônes des pauvres.
Eranarcha. Quand quelqu'un chez les grecs étoit
réduit à l'indigence, qu’il érc'it captif, ou qu'il
avoit une fille nubile q à laquelle il ne pouvoir
trouver d'établiffement , faute de ’oien , il y avoit
un magiftrat , ou officier public , qui faifoit une
affemblée d’amis, & les taxcit chacun fes fa-
cultés , pour fubvenir à la néceffité de celui qu’on
en vouloir tirer. Csc officier s’appelloît Eranarque,
du mot grec £P*v«î , aumône ^ contrihtaion ; Sc
commandement , intendance . C’eft ce que^ nous
apprend Cornélius Nepos,. dans la vie d’Epami'
noadâs, c. y.
B b b b
S6z ERE
ÉRARIAîRE ( nu^iéralre.) As-ITHMÉ-
TiquH des romains.
ÉRATO. La mufe É:^:o préïldoit aux pR'ürs
des noces. {Sckoliafi. ApoUorz. Argonaut/Hb. 5.
V. I . ) Elle efr figurée fur les rriédailles de ia fa-
ï-aiüe FoiTiponia , par une tête couronnée de lau-
rier , derrière laquelle eft placé le archet
de la lyre. Ou voit au revers h lyre pofée fur
une colonne.
Dans les peintures d’Herculanum > elle tient
une lyre^ fur le marbre de rapothéofe d’Homère,
elle danfe. Elle feule porte une lyre fur le fir-
cophige du Capitole J où font repréfentées les
îT.ufes.
Érato préiîdcît à la FEilofophie , & Phurnutus
rapporte les étymologies les plus frivoles de fon
nom , pour faire aüufî >r. à cette fcience. Peut-
être qu’une ailufion auffi légère i’a fait préüder
à la Poéfie érotique, en dérivant fon nom ^tto
tS isairù; , de l’amour.
Érato eft auüî une des cinquante Néréides.
Érato , dryade , femme d’Arcas , fils de Jupiter
& de Caliilo. Elle en eut trois fils.
ERCEUS ( Jupiter ). F'oyei Herceus.
ÈRE. Voye:^ à leurs articles particuliers. Vire
eccléfiafiique d^Alexandrie , Vire eccîéuaiiique
d’Antioche, Vère de Confîantinople , Vire des
féleucides ou des grecs , Vire céfarienne d’Antio-
che J Vère d’Efpagne , Vére de Dioclétien ou des
martyrs. Vire de l’Hégire, Vère d’Abraham, Vère
de Nabonaffar , Vère de Tyr , Vère de Jales-
Céfar ou julienne, Vère aciiaque , Vére de.i’aP
cenfion , Vère des arméniens , Vère gélaléenne ,
ou Vère d’Ifdégerde , Si Vère de’ Malek-Schah-
Dgélaleddin, l’èri. mQndaine.des juifs modernes.
Eres gravées, fur les, médailles :
Ere d’xAbila, en Syrie, date de Père de Pompée,
commençant l’an 690 de Pioine. ( BelUy. )
Adada V'oyei Pa-MPHylie', &c.
Ère d’Adana , en ’Cilicie, appeîlée auffi An-
tioche far le s aras -J date de Pan 755- de Rorne.
( Belky.) ■ ■ y —
Ere d’Æges, en Cilicie-, commence Pan 707
de Rome. ( Pellerin.l)
Ère d’AIexandre-!e-Grand , date de ia défaite
ce Darius, Pan 421 de Ro'me.'
^Ere d’A.Iexandne:i.près d’iiTus.eh Cilicie ^pror
cède de Pan^s87 ‘is Rome.. ( Vèaiilant.)
Ère d’Amafie,'-dàre‘ de Pa^'*de Rome' Tir?;
{BelUy.).
ERE
Ère. d’Amuffis du Pont, commence à Pan 7^
de Home, ( rfàcnn,) , ^
Ère d’Anazarbe, date de Pan -5,- de Rome.
( BcLcy. )
.... .Année facjée des peuplés d’Orient , étoi:
leur année civiie, a caufe de la folemnkédes facri-
fices qu: en confacroient le commencement
( Bdley. )
Année nouvelle facrée des peuples d’Orient,
étoiî la^folemnitéanniverfaire de PaVénement des
princes à l’empire. ( Ibid. )
A^nnie nouvelle première àts romains , étoit
le jour de Pavénement des princes , en quelque
mois de l’année qu’il arrivât. ( Ihid. )
Ère I-'’. d’Antioche fur l’Oronte , en Syrie ,
eft Père de Céfar; & la IF. eft Père d’Ausefie.
( PelUrin. )
Èie d’A.ntioche près de PHippus, procède de
Pan 690 de Rome.
Ère d’Apamée , en Syrie , eft celle des féleu-
cides.
Ère d’Aradus, en Phœnicie , procède , fuivant
Noris & Vaillant, de Pan de Rome 495.
Ère d’Aréthufe 5 en Syrie, procède de l’an
68) de Rome. ■( Noris. )
Argos, frontière de Pamph3die & de Cilicie - • • .
Foyei Pamphylie , &c.
Ère double d’A,fcalon , commence la I-'. à
Pan 5)0 de Rome, 8c la IF. à Pan 696 de
Rome. ( Pellerin. )
Aifpendus Pa?.îphylie , &c.
Attaiia. . . .'. Vàyei Pampkyx'ie , &-c.
Ère d’Augufta, en, Cilicie, com.mence à Pan
de Rome 77).
Ère d’Augufte , date de la vicfoire éiAcîium ,
l’an de Rome 723.
Dates fur des médailles de Marc - A.urèle ,
partent du règne _d’Antonin-Pie , fon père adoptif.
Ère de Bâlanée^ Syrie , date de l’an de Rome
630. ( BelUy.)
. Ère de Bcryte , procède, de Pan 1 15 des féleu-
cides , 297 avant J. C. ( Lièhe. )
Ère de Bkhynie , commence à l’année 472 de
Ptome ( Beiley)-, à Pan 474 de Rome, feion
Haym, qui paroît moins bien fondé.
, Ère des xo:'s-:du.Bofphore.,;daîe de Pan 4,) 7
de;Rpme. .0' - .i ' ; ■ . .• '
Eré'd.e-Éoftr'ÿ]' en Arabie, daté de- Pan 8)95
’ itr'}, C.- icf. ’
ERE
Ère de Botr>'S, procède de Tan de Rome 705.
( Non s.)
ÈredeByb'aSj procède de Tan 754 de Rome.
(■ No ris. )
Ere de Canathaj dans la Céiéfyrie , date de
Tan de Rome 690.
. Ère de Capïtoüas, en Céléfyriej procède de
Tan de Rome 838. ( Noris. )
Dates fur des médaiües de Caracalla, partent
du temps où il fut déclaré Augufte, ou du com-
meccement du rèane de Sept. Sévère , fon nère.
( Pellerin. ) . , _
Ère de Carthage , finit ia.6 ans avant J. C.
Ère de Céfar, date de yoS de Rome.
Ère de Céfarée du Liban j ell celle des féleu-
cides. ( Pdlerin. )
Ère de Céfarée de Philippe, en Phœnicie,
eft celle d"A!exandre-le-Grand , & procédé de
Tan 42.1 de Rome. ( PeUerin.)
Ère de Chalcis, en Çéiéfy rie procède de Fan
845’ de Rome. (Noris.)
Ère de Cibyre de Pbrygie, date de Fan de
R.ome 770.
ColybrafTüs ESy-q Pamphylie , Src. '
Ère de Gommagène , en Syrie, • procède -de ^
l’an 824 de Piome. ( JV'or;h. ), y
Dates fur des médail'es de Commode , .partent
du règne de Marc-Aurèle , fon père. ( Pelierin.)
Coracefium p"oyei Pampkylie , &c.
Ère de Corinthe , devenue colonie romaine ,
procède de Fan 710 de Rome. ( Vaillant.)
Dates fur des médailles de Crifpine , partent
du commencement du règne de Sept. Sévère.
( Pelltrin. ) ,
Ère de Cyrrhus, efi: celle des féleucides. .
Dates fur les médailles de la Dace , font les
années de Philippe.
Ère de Damas fefl: celle des féleucides. ( AWA.) ■
Ère de Diofpolis , en Paleftine , procède, de
l’an de Rome 846. ( Vaillant. ) .
Ère de Dium, dans la Céléfyrie,. date de Fan
de Rome 690. ( Belüy. )
Ère de Dora , en Phcenicie, procède de Fan de
Rome 690, ère de pompée.
Ere d’Edeffe , eft' celle des féküciâeL (Nôrisl) ■
Dates fur les médailles des rois d’Egypre, font ,
des années de règne. ( Pdkrir.)- • •
ERE
Ère d’Emèfe , eft celle des féleucides. ( Noris.)
Ère d’Éphèfe, procède de Fan 130 avant Fère
vulgaire , 624 de Rome , où elle fut réduite en
province romaine. ( Le Blond. )
Ère d'Epiphanée de Syrie , date de Fan de
Rome, 690. ( Bdley.)
Ère dlÉpiphanée, en Cilicie, date de l’an de
Rome 790. ( Belley. )
Ère de Fîavio-polis , en Ciücie , procède dé
Fan de Rome 817- ( Pellerin. )
Ère de Gaba , en Phœnicie , procédé de Fan
ce Rome 693.
Ère de Ga'bala, en St'^rie, eft celle de Jules4
Céfar. ( Noris. )
Ère de Gadara de Paleftîne , eft celle de
Pompée.
Ère de Gadara de Pérée , eft celle de Pompée.
Ère -de. Gaza, procède d.e. Fan 693 de Rome.
( Noris. )
Ere de Germanîeoplolis f en.&phlagoçiej date
de Fan 747 de Rome. ( Bddey. )
Èré des grecs , qui diftère d’une . année de
Celle des féleucides, date de Fan '311 avantJ.C.
441 de Rome.
Ère d’Hadtianopolis., en, Thrace, procède de
Fan 885 de.-Jlome. ( Vaillant. )
- Ère dèHiéndcéfarée.» en Lt'die > procède de
Fan de Rome 779. ( Vaillant. )
Ère d’H'yrcaîée , en Phfygie, date de Fan de
Rome 365. ( Beiley. )
J. c. eft né en 734 de Romej & c’eft de là
que procède Fère vulgaire.
' Ere dTliunj procède de l’an de Rome 67.3 i
"( Vaillant. )
Ère,.dlrénopolis , eu Güeie , procède de Fan
de Rome S03. ( Vaillant, )
Ère de Juba ,1 , eft celle de fon règne, Sc date
de Fan de Rome ééS. .
_■ JI, éft celle de, fon règne, &
date' de ‘Fàhnee de. Èo-ms ,724.
.. Laërtes. . . pA.MPfîYiiE , Sic.
Ère de Laodicée de" Carie , .pj-bcèdè de Fan
âs-yRomt..^ Veillât,)
Ère de Laodicée du Liban, eft celle des fèleu-
cidss. ( V^illam-t). - ... - . .
Ere de Laodiséèr-JuSa de Syrie', • procède de
Fan 706 de Rome. ,-^- . .
Ère r‘.'dè Leücaée, en Céléiyrie , date de
B b b b ij
ERE
ERE
i’an it Rome 717 j & la IF- de Tan 80 1 ds
Blsme. ( Belky. )
Lyrbé Foyei Pamphylie, &c-
Ère de Magnéfîe , dt celle d’Alexandre. ( Pel-
lenn. )
Ère de la Mauritanie j date de 795 de Rome ,
époque de fa réduéiion en province romaine^
Ère de Mopfueife de Cilicie . procède de l’an
épô de Rome. ( Vaillant.')
Ère de Néapolis de Samarle , procède de l’an
■de Rome 823. ( hioris. )
Ère de Néocéfarée de Cappadocej procède
ce l’an 815 de Rome. ( Vaillant. )
Ere de Néoclaudicpolis ^ en Paphlagonie j
date de i’an de Rome 747. ( BAlty, )
Ère de Nisopolis , en PalrRine , date de l’an
71 de J. C. ( Beéhy.)
Ère d’Orthoiiade , en Phœnicie j eft celle des
féleucides.
Ère de Palmure , êft celle des féleucides.
Pampkylie & de PiJIdie ( époques de pluiîeurs
villes de ) fous Valérien le père, fous Gallien ,
fous Saionine, fous Salonin & fous Valérien le
jeune, marquent le nombre de folemnités & de
facrifires particuliers , célébrés' par chacune ■ de
ces viiies, pour le mrême objet.' QBeiley.)
' Ère de Panéas. Fdyeç Ère de Céfarée de Phi-
lippe. , _ - - 2 , ^
Ère des rois Parthes , ou Arfaeides , éil la
îaeme quel’ère des grecs. {Barîkelemi 5)cPeUerin.')
Ère de Pella, dans la Céléf/rie, date ce l’an
de Rome 690. ( Belùy. )
Ère de Ph-Hadelphie de Palefline, eff celle de ,,
Pompée. {Pellerin. )
Ère de Philadelphie, oa Rabatb , efl celle de
Pompée. ( Noris. )
Ère de Pompée, fuivie pendant quelque temps
à Séieucie de Syrie , date de i’an de Rome 690'.
Ère de Pompéiopolis , en Cilicie , .procède de '
l’an éSy de Rome. (Vaillant. ) -
Ère des rois de Pont, date de l’an 707 de
Rome. ( Belûy. ) _ -c
Ère de Ptolémaïs, procède de l’an de Rome
706- ( Noris. ) , - . .
Ère de la reine de Pont Pythodorîs , date de
i’an 47 avant J. C. ( Belley. )
Ère de Rabathmoma , dans l’Arabie Pétrée
procède de Pan 81 1 de Rome. ( Vaillant, f
1 Erede Ramatha, en Paleftine, procède de
' i an 640 de Rome. ( Vaillant. )
Ere de Raphia, procède de l’an de Rome 693.
(x\ons.)
Ere de Rhéfena, en Méfopotamie, procède
de l’an de Elome 885. ( Bions. )
Ere Ph de Rhofos, en Syrie , date de Pan
706 de Rome j & la IF. de l’an de Romeva;.
(Bdley.) 7 ^
SagalalTus Fqyq Pamphylie, &c.
^ Ere de Samofate de Comagène, procède de
l’an de Rome 824. ( Nons. )
Ere de Scythopolis de Paleftine, date de i’an
706 de Rome. ( Belley.')
Ere de Sébafte, en Syrie , procède de l’an
729 de Rome. ( Noris. )
Ere de Sébafte , en Cilicie , date de Pan 73 ç
de Rome. ( Belley. )
Ere des féleucides, qui diffère d’un an de Père
des grecs , date de Pan a 1 2 avant J. C. ; tiAz
de Rome.
Ere de Séieucie , en Syrie , date pendant quel-
que temps de Pan 690 de Rome, ère de Pompée j
enfuite de Père d’A.ugufte.
Side Pamphylie, &c.
Ere de Sidon , procède de Pan (>43 de Rome j
& quelquefois eile^.elt la même que celle des
féleucides.
Erede Sinope, devenus colonie ro.maine, pro-
cède de Pan 706 de Rome. ( Vaillant. )
Syedra Eoyrç Pamphylie, &c.
Ere de Syrie , eft la même que Père des fé-
leucides.
Ere de Taba, en Paleftine, procède de Pan
650 de Rome. { Pellerin. )
Ere de iibériade, en Galilée, procède de i’an
770 de Rome. ( Vaillant. )
Ere de Tial'es, en Carie , procède de l’an
698 de Rome. ( Vaillant. )
Ere de Trapézus , procède de Pan Si 6 de
R-Ome. ( Frœiich.)
‘Ere F', de ir;pol!s, en Phcenicîe, eft celle
des féleucides; & la ÎF. celle de Pompée.
Ere F', de Tyr , eft celle des féleucides. ; IF.
procède de l’an 628 de Rome ; IIF. Père de
Septime Sévère , l’an ici de J. C.
x^ates fur les médaillés de Viminacîum, font
les années 'de Philippe & de Gordien.
ERE
Ere de Zéla fur le Pont - Euxîn , procède de,
l’an de Rome 707. ( Vaillant. ) ^ (
ÉRÈBE étoit fils de Chaos ( Tkeog. y. 12.5.)
félon Héfiode :,de fon union avec la Nuit , na-
quit le jour. Érehe eft un mot phénicien j qui
fignifie les ténèbres de la nuit : on fait^ naître
le jour de VÉrebe Sc de la nuit, c’eft- à-dire 5
des ténèbres , parce qu’elles précédèrent la lu-
mière qui fait le jour. Voye^ Amour.
Ér'eée fe prend auifi dans un autre feus chez
les anciens J pour une partie de Tenter; c’eft
proprement , dit Servius , cette partie de Tenfer ,
où demeurent ceux qui ont bien vécu ; car pour^
les champs élyfées ^ dit-il , il n’y a que ceux
qui font purifiés qui y aillent ; fuivant le paffage
de Virgile J il y a peu d’habitans de cet heu-
reux féjour. II y avoir un facerdoqe particulier '
pour les âmes qui étoient dans l’Érèbej comme
ilparoîtpar Tinfcription fuivante trouvée à Metz :
M. A N T O N I U s. MARTIAL.
P O N T I F. C U R. lui V I R.
S A C R O R. PJt E B I.
ÉREBEA3 dans la Bithynie. EFEBOIûn.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en Thonneur de Commode.
ÉRECTHÉE , fixième roi d’Athènes : la terre ,
dit Homère, ayant enfanté le généreux Érecihée ,
Minerve prit foin de Tallaiter elle-même, Je le
plaça dans fon magnifique temple d’Athènes.^ Jatant
en guerre avec les eieufiens, il apprit de l oracle
qu’il feroit viétorieux, s’il vouloir iuimoler à
Proferpine une de fes fiües. I! en avoir quatre
qui s’a’imo'ient fi étroitement, qu’elles promirent
avec ferment de ne pas furvivre ks unes aux
autres ; de, s’ôter la vie quand Tune d’elles^ la
perdroit. ÉreBhée ayant fait immoler Othonée,
fa fille aînée, les autres furent fidelles à leur
ferment. Les athéniens, en reconnoiflànce ^du
facrifice que le 101 avoir fait pour leurs intérêts,
le mirent au nombre des dieux , apres fa mort ,
& lui bâtirent un temple dans la citaddle d’A-
thènes. Euripide, dans ,fa tragédie dion, dit
que Neptune précipita ErecihJe tout vivant dans
le fein de la terre, qu’il entr’ouvnt d'un coup,
de fon trident; & que , dans le même lieu où il
fut englouti , fa fille Creüfe fut féduite quelque
temps après par Apollon. Voye^ C R E ü S E ,
Othonée.
, Érecthée , fils de Pandion , fils du précédent
ÉrsciAée, fuccéda à fes pères au trône d’Athènes.
Il eut quatre fils & quatre filles. Deux de ces
filles font célèbres chez les poètes ; favoir ,
ERG
Procris 8c Orithye.. Fcye^ORiTHYE, Proçris.
Vbyei aujjt EuMOLPF.
JLRECTORES ovorumSf delphînorum. C’écoient
des gens prépofés dans les cirques , pour mar-
quer les courfes , en plaçant fous les yeux des
fpeétateurs un certain nombre de dauphins fculptés,
& de corps arrondis en forme d’œufs.
ÉRÉOLE, ancien poids de TAfie & de TÉ-
gypte. Vcyei Chalcoüs.
ÈRES des Médailles. Voyei Ère.
ÉRÈSE,
ERES US
.}
ville dansTifle de Lesbos. L’orge'
qui croiffüit dans fon territoire, donnoit une fa,-
rine fi blanche, que Mercure y ailoit, difoit-on,
en acheter , pour faire du pain aux dieux.
On lit fur les médailles iV E refus ^ les mots abrér
gés EPESi & EiP & EP en monogramme.
Ses médailles autonomes font.*
RRR. en argent.
RRR. en bronze.
O. en or.
Leurs types ordinaires font des épis, -des rai-
fins J des couronnes d’épis.
ERETRIA, dans TEuboée. epetpieiin.
Les médailles de cette ville font :
R. en argent.
RRR. en bronze.
O. en or.
Leurs types ordinaires font :
Un taureau couché.
Deux raifins.
ERG ANE , furnom de Minerve, déejfe des ans ^
’lji'/a , les arts. On lui aitnbuoit en effet l’inven-
tion de plufîeurs arts , tels que Tart de la guerre ,
l^art de Tarch'teélure , Tart de filer , de faire
de la toile, de la tapifferie, & des étoffes de fo;e
& de laine. On la fait encore l’inventrice des
chariots, & de Tufage des trompettes & de la
flûte. Enfin, on croyoit qu’elle avoir la première
enfeigné à planter & à cultiver Tolivier. Eüe
avoir un autel à Athènes , fous le nom à’Ergane ;
& les defeendans de Phidias y facrifioient, dit
Paufanias. Le coq étoit confacré à Minerve.
( Paufan. 6. )
ERGASTULE, lieu fouterrein, ou cachot
qui ne recevoit le jour que par des foupiraux
étroits , où les romains resiermoient à leurs
S66 E R I
campagnes les efclaves condamnes pour quelques
forfaits aux travaux les plus pénibles. Un ergaf
vAe pouvoir contenir jufqu'à quinze hommes :
ceux qui y étoienc confinés , s’appelloient ergaf-
tules , & leur geôlier ^ ergaftulaire. On y précipita
dans la fuite d’honnêtes gens j qu'on enlevoic &
qui difparoilToient de la fociété, fans qu'on sût
ce qu’ils croient devenus. Ce défordre détermina
Hadrien à faire détruire ces lieux. Théodofe
ordonna la même chofe par une autre conlîdéra-
tion 5 à caufe du défordre caufé dans la fociété
par les ergaf aies ^ lorfqu'iis étoient mis en li-
berté par des faftieux qui brifoient leurs fers, &
qui fe les affocioient.
On imprimoît fur le vifage des ergaf aies des
notes ou des lettres 5 ou on leur rafoit la moitié
de la tête, afin de les rendre reconnoilTables , s'ils
chercîaoient à fuir.
ERGATIES , fêtes d’Hercule à Sparte. Elles
étoient relatives à fes travaux, appelles sfya.
ERGAV^ICA, en Efpagne.
Mun. ErgAVICA. Municiplum Ergavica.
Cemunicipe a fait frapper des médailles latines
en i'henneur d'AuguÛe , de Tibère , de Caligula.
ERGINUS, roi des minyens , étant arrivé à
un âge fort avancé , voulut fe marier. Il demanda
à l'oracle s’il auroit des enfans : l’oracle lui ré-
' pondit qu’il en auroit d’une jeune femme. Il fe
confornaa à cet-te réponfe, & fa femme donna le
jour àTrophonius & à Agamède. Uojcç ces deux
mors. li fit la guerre aux thébains ; Créon, leur
roi , implora le fecoars d'Hercule , qui tua Er-
ginus à2.m un^combat, défit toutes fes troupes,
prit Orchomène, faccagea la ville des minyens,
& brûla le palais du roi. Voye^ Mégare.
Erginus , un des argonautes, fils de Neptune,
étoit fort habile dans la navigation , il partageoit
la fonétion de pilote avec Tiphis.
ÉRIBÉE, belle-mère des Aioïdes. Ces redou-
tables géans eurent la témérité, dit Homère,
de charger de chaînes le terrible Mars , & de
le garder, en cet état, treize mois dans une prifon
d’airainTLe dku, qui ne refpire que les allarmes,
y feroit^peut-être relié, fi la charmante Éribée ,
belle-mère des Aioïdes, ne l'eût fait favoir à
Mercure. Celui-ci vint, fans qu'ils s'en apper-
çuffent, délivrer Mars, que la trifteffe & la pe-
fanteur de fes fers avoient déjà prefqu'entiére-
ment abattu.
Eullathe explique aliégoricuerrent cette fable ;
Oius, l'un des deux Aioïdes, c’ell rinfouélion
qui vient par l'ouïe : Éphialte , Pautre Aloïde,
c’eft le bon naturel , qui fe meut par lui-même ,
E R I
tous deux ils chargent de chaînes Mars , c’eft-i-
dme, la paffion brutale & infenfée. le.m
belle mère, c'eft la difcorde, la fédkion, vraie
marâtre de rmllruétion & du bon naturel : elle
fe ferr de îviercure, c'ell-à-dire , de la perfuâ-
fion & de la fraude , pour délivrer ce fufeuy
Quelle allégorie forcée ! ^
ERIBÉE. Voye-^ Péribée.
ERICHTONIUS , quatrième roi d'Athènes,
etoit fils de Vulcain. Jupiter , pour dédommager
ce^ dieu du malheur qu'il avoir d'être boîîeux ,
lui-permît d’époufer Minerve. La déelTe refufa
cette alliance j & Vulcain ayant voulu lui
faire violence , elle défendit la virginité , à la-
quelle elle s'étoit vouée , avec une vigueur qui
rendit inutiles tous les efforts du dieu , dont
l'amour s'exhala dans les airs. Minerve en ramafia
les traces dans du coton , qu’elle jetta du ciel en
terre. De là naquit Erichtonius j mais au lieu de
jambes , il fe trouva avoir deux ferpens qui lui
en tenoient heu. Minerve l'enferma dans une
corbeille, dont elle confia la garde aux filles de
Cecrops. Voyei le refte de la fable, au mot
Aglaura.
Erichtonius , pour cacher la difformité de fes
jambes , imagina i'ufage des chariots , dont il
fut, dit-on, l’inventeur. II régna cinquante ans,
& mérita , après fa mort , d'être placé dans le
ciel, où il forme la confteüation é’Auriga, ou
du charretier. Virgile ( Géorgie. III. 113. ) parle
de fon invention :
Frimus Erichtonius currus & quatuor aufus
Jungere equos , rapidifque rôtis infft&re viSor.
Érichtoniüs, père de Tros , fuccéda à
Dardanus dans le royaume des phrygiens, &
régna quarante-fix ans. Voye^ Ganymède.
ÉRICINE. Fbyfç Érycine.
ERICIUS. Voyei Cheval de Frife.
ERIDAN , aujourd’hui le Pô , fleuve d’Italie.
Il y a une conftellation ne ce nom.
L‘Eridan, le Rkeidan de la Prufle, le Rhodan
des Gaules, efl un nom générique des fleuves,
du primitif R , rhé , rouler , couler , courir ;
& '«oiià pourquoi il y a plufîeurs Eridans chez
les anciens. Le A’// fur-tout, des bords duquel
font venues les hiltoires aflronomiques , portoit
le nom àiEridan. Dionyfius dit que VEridan prend
fa fource dans les Pyrénées : ce fleuve céleile efi
encore appelié Kelùs , Gyon ^ Océan. Le fleuve
du ciel fur , pour chaque pays qui reçut cetre
fable , le principal fleuve de ce pays 5 & voilà
encore la raifon pourquoi la fable aflronomique
E R 1
E R I
is trouve {ÿrcharg;;e d'une fable gt'ograpbiqne.
Ici c'eit ïjLris.j.a de Prude , qui a fut la Pble
dei'amb'.ej des cygnes & des peupliers , parce
cu'tl y avoit beaucoup de cygnes fur fes eaux ,
que fes rivages étoient bordés de peupliers, &
que la goîTime qiu en découloit, fe figeoit ea lar-
,mes- On trouve encore aujourd’hui T'tvtéce , IV-
Uaron des- grecs, les larmes d é/eÆ-t? fur les bords
de la mer bahique. ( M. Rabaud de St. Ejîienne. )
ÊRIGONb:. , fille d'Égyfthe Se de Clytem-
neftre, époufa Orefte, quoiqu'il ük Ton frère de
mère, & en eut un fiis , nomme Pentkile, qui
faccéda au trône de fon père : Érigone , après
la mort d'Orefte , fe confacra au fervice de Diane.
Ej.îgons , fille cPïcarius, fur aimée de Bac-
chus , qui , pour la féduire , fe changea en grappe
de raifin. Eories.
C'eft elle qui forme dans le ciel le figne de
la vierge. Voyez Icare.
ERINNihS ; c'efi !e nom que les grecs don-
noient aux furies. Elles avoient un temple à Athè-
nes, proche de i'A,réopage feus ce nom. Veye^
Furies.
ÉRINNîS étoit une des trois furies , qui voloit
fans ceîfe dans les airs, pour répandre fur la terre
le mai à pleines mains. Les poètes donnent ce
nom en général à une méchante femme qui a
caufé beaucoup de maux. Ainfi Virgile ditqu'Hé-
lène fut YÉrinnys de fa patrie ; & Lucam , que
Cie'opâtre ïm YErinnys de Lltalie. Voye^ Furies.
Érinnis. Les arcadiens contoient que, pen-
dant que Gérés cherchoic fa fille , Neptune qui
la rencontra J en devint amoureux , & la féduifit,
qu'elle en conçut un fi grand déplaifir , qu après
s'être lavée dans Je fleuve LadoE , elle alla fe
cacher dans une caverne. Cependant la ilérilité &
la pefte commençant à ravager toute la terre ,
pendant l’abfence de la déeffe , les dieux k firent
chercher de tous cotés , fans qu'on en pût ap-
prendre aucunes nouvelles, jufqu'à ce que Pan,
en gardant fes troupeaux , la découvrit & en
avertit Jupiter. Ce dieu envoya les parques ,
qui, par leurs prières, lui firent quitter fa re-
traite. La caverne étoit en Arcadie , & on y
voyoit une fiatue de Céres , vêtue de noir , avec
une tête de cheval , tenant une colombe d'une
mam , & un dauphin de l’autre. Les arcadiens
l'appeilèrent Céres la noire ou Érynnys , parce
que l'outrage que lui avoit fait Neptune , l’avoit
rendue furieufe. Dans leur idiome, expri-
moit la, fureur. ( Paufan. Arcad. )
ERIPHILE étoit fœur n'Adrafie , feirurie
d’Amphiaraüs , & mère d’Alcméon, qui la fit
mourir. Quand il fallut marcher contre ks
S67
thebains, A.rrçhiaraüs, à qui fonefprit prophéticue
avoit appris qu’i! y périroit , fe cacha pour n'r
point aller. Polvnice, plus intérefie que qui que
ce fût à groflir i'yrmée qui devoir aller attaquer
1 hèbes , gagna Â.-ffAi/e , en lui faifanî préfent
du Lmeux collier dont on parlera à k fin de cet
article. A ce prix elle découvrit le iieu cù Son
rnary s'étpit caché , & on l'en fit fortir. li re-
lufoit cependant toujours de marcher , & détour-
noit même les autres chefs de s'engager dans
cette expédition, leur afiuranc qu’ils y périroient
tous. Mais , en époufant Eriphiie , il étoit con-
venu de s’en rapporter à fa déciiîon , dans tous
les différends qu'il auroit avec Adrafte. Eriphiie
décida en faveur de fon frère. Amphiaraiis fat
donc obligé de partir 5 alors il donna- ordre à fes
fils de le venger , en faifant mourir leur mère ,
dès qu'lis feroient en âge de le pouvoir fa=re.
Ampiuaraiis périt, comme il l'avoit prédit, avec
les autr« chefs de l'armée, à l’exception ri'A.-
dralte. 1 herfindre , Jiis de Polynice , fengea à
une féconde expédition contre Thèbes. I! gagna
encore Eriphiie, en lui donnant le péplum dont
on va bientôt parler. Elle fut engager Ailcméon
à ,fe mettre à la tête de l’entrepriLe , qui fut
heureufej Thèbes fur pillée & ruinée. AUeméon,
à qui il avoit répugné jufqu'alors de tremper fts
mains dans le fang de fa mère, s'y détermina,
en apprenant qu'elle s'étoit encore iaüré gagner ,
pour l’expofer iui-mê.me à une expédition dan-
gereufe. Quelques auteurs feutiennent que fon
frère Amphiiocus l’aida dans ce parricide ; mais
le plus grand nombre attellent le contraire. Feyaj
Au.raste , A-LCMÉon . Ampkiara,üs & Cal-
LYRHOé.
’VTici rhilloire de ce fameux collier & au pé-
plum , qui tentèrent fi fort Eriphiie. Les poètes
ne font pas d'accord fur l’origine du collier. Il
étoit d'or ; & , félon quelques-uns , Vénus en avoit
fait prélent à Hermione fa fille, quand elle fe
maria à Cadrons. D’autres ont dit qu'il vencit
originairement de Jupiter , qui l'avoit donné à
Europe; que celle-ci le donna à Cadmus qui
en fie préfent à Hermione. D'autres enfin difenî
ue Vuicain en fut l’ouvrier : il eu fit une efpèce ,
e talifiman , qui devoit être funelce à toutes
celles qui le porreroient. Il choifit des matières
& des figures malfaifantes ; il y mêla entr'autres
chofes les cendres qui étoient refiées fur fon en-
clume, après avoir fabriqué les foudres. Four fe
venger de l'affrcnt que lui avoit fait Vénus, fon
époufe , Vuicain donna ce fatal collier à Her-
mione , fortie de l’adultère de cette déefie avec
Mars. Hermione en fit don à Semèle fa fille,
d'où il parvint à Jocafte, mère de Polynice, qui
le donna à Eriphiie. Toutes ces femmes eut
effiéiivemenî péri malheureufement. Cen'efrprs
tout ; il fut ccnfacré , comme on Fa dit à l'ar-
ticle de Caiiyrhcéj dans îe temple de Delphes.
^<58 E R I
Quand ce tsri'ple fut pi'Ié par les phocéens ,
une femme ofa s’en faire une parure : fon fi's
aîné fut furie champ fa:â parles furies , & brûla
fa mère avec fa maifon. Quand il fut porté à Del-
phes , il fut jette dans une fontaine , où il refta
jafqu’au fac du temple. On ne pouvoit ie toucher
fans ofrenfer le Soleil , qui, fur le champ, élevok
des tempiêces. .
•Quant au peplam , c’étoit une efpèce de robe
rnagioue, qui fut donnée à Hermione par Vul-
c-iîii J il avoit la même vertu que le collier, &
âl paffa fucceffivement dans les mêmes mains.
Voyei Hermione.
■ ÉRISîCHTHON étoit fils de Triopas, fils de
Neptune & de Canace , & un des aïeux maternels
d’Ülyifejil paffoit pour un de ces impies qui
méprifent les dieux, & ne leur offrent jamais de
facrifîces. Il eut un jour la témérité de profaner,
à coups de hache , une de ces antiques forêts que
la religion rendoit refpedtables ; celle-ci étoit
fi Icialement confacrée à Cérès. Au milieu de
te bois étoit un vieux chêne extrêrriement haut,
dont les branches étoienr ornées de guirlandes ,
de fubans & de tableaux , qui repféfentoient
rhiftoire des prodiges qu’avoir opérés la divinité
de ce lieu. Les dryades aîloient fouvent danfer
fous ce chêne, donc le tronc avoir quinze cou-
dées de circonférence. Erifichthon ordonn* à fes
gens d.e le couper ; comme il s’apperçut qu’ils
héfitoient , il prit la coignée , & le frappa lui-
même. On vit auffi - tôt l’arbre trembler , les
feuilles, les branches & les glands changer de
couleur; oa entendit même l’arbre pouffer des
gémiffemens , & l’on vit le fang eouler en abon-
dance. On entendit une voix fortir du creux du
chêne, qui dit qu’elle étoit une nymphe chérie
de Cérès , qui vengeroit bientôt fa mort. Rien
ne put arrêter l’impie Erificktkon , l'arbre fut
abattu. Les dryades de la forêt, craignant pour
elles & pour les bois qu’elles habitoient, allèrent
prier la déefïe qui les protégeoit, de les venger
de cet impie. Cérès le punit d’une majiière bien
cruelle; elle lui envoya la faim , qui pénétra juf-
qu’au fond des entrailles de ce malheureux; pen- '
dant qu’il dormoit , elle répandit fon venin dans
fa bouche, dans fon gofier, dans fa poitrine,
& le fit couler dans fes veines. Erificktkon, à fon
réveil, fe fentit dévoré delà faim la plus vio-
lente : plus il mangea , moins il fe rafTafia; &,
après avoir e'puifé toutes les reffources lui
put procurer l’induftrie de fa fiüe, il fe dévora
lui --même pour fe nourrir. Voyei^ Métra.
Ovide a chanté cette métamorphofe. ( LU. S.
V. 70f. )
Sur une cornaline gravée du baron de Stofch ,
on voit un homme, avec de la barbe, ayant une
eomoiiae fur la tête, tenant des deux mains une
E R O
. hache avec^ ü coupe im arbre, La figure
eit nue & à l’héroïque ; ce qui a fait croire à
Winckeîmane , que ce^ fujet fe rapportoit à quel-
que trait ce la fable , d’autant plusqu’il eft fouvent
répété. II lui fembie qu’on- peut y voir Erifch-
tkon, qui coupe une forêt confacrée à Diane.
LabefaSaqtie tandem
IStbus inraimtris , adduSaque funibus arbor.
Corruit , & multam projiravzt pondéré fylvam.
Attonitcs dryades damno nemorifque fuoque
Omnss germanœ , Cererem cum vejlibus atris
Marenîes adeunt , pcen-arr-que Eryf.chthonh orant.
f Ovid, Métam. Vîll. fab. xi. )
On peu* confulter les obfervations de Grono-
vius ( Gorlii iacHl. p. ii.n. 174. ) fur un fujet
femblable. Selon ( Mrjf Florent, t. XCILL n. 9.)
Goti , c’eil: Lycurgue, ruinant les vignes enThrate,
oùHrégnoit. Ce pourroit auffi être Halyrrhotius ,
filsdeî'^fptune , {Schol.Arijloph. Nub. V. looi. )
qui , voulant couper les oliviers produits par
Minerve, fe blelîa grièvement , & mourut de fa
blcffure.
\ ERIZA, en Carie. EPf.
' Les médailles autonomes de cette ville font:
’ RRRR. en bronze. BclUrin.
O. en or.
O. en argent.
ERMENSUL. Voyet^ Irminsttl.-
ERMINETTE, hache recourbée. V. As cia.
ERNE UM. ( Cato de re ruflica. )
cc Vous ferez l’etTzeüTn de la même manière que lé
placenta, ( voye:^ ce mot) en y mettant les mê-
mes ingrédiens. Après les avoir bien mêlés dans
une auge de bois , on les met dans une kirnea
de terre , que l’on plonge dans une marmite de
cuivre pleine d’eau chaude, dans laquelle on les
laiffe cuire auprès du feu. Quand Yerneum eft cuit,
on caffe Yhimea pour le fervir.
EROGATOR étoit dans les armées romaines
un officier chargé de diftribuer aux foldats les
vivres & le prêt. On l’appelloit Erogator annon&
militarls , pour le diftinguer de Y erogator obfo-
niorum, officier chargé par les empereurs de dif-
tribuer des vivres au peuple.
ÉROMANTIE. Fbyey Aéromantie.
ÉROPE, fille d’Éurifthée , roi d’Argos , ayaBt
E R Y
époufé Atîéc, fe laifTa féduire par Tîij-ene fon
beau-frère J dont elle eur deux fils, qui furent
la fource d'une infinité de crimes & de malheurs.
Atrée ayant découvert l'infidélité de fa femme,
la chafia de fa cour, & fe vengea horriblement
fur les en fans nés de l’adultère. -Erese avoir trahi
fan mari déplus d'une façon ; Atrée , fon mari ,
avoir, dît-on, un bélier à toiforî d'cr , don: la
confervation devoir faire tou: le bonheur de fa
famiiie. Ercpe facilita à Thyelle les moyens de
le dérober 5 premier fuietdeia ditifion qui régna
depuis entre les deux frères. Aby«:jATRE2,
T k Y E s T E .
ÉROS ; c'efî le nom grec de V -Amour ^ ou de
Cupidon. Fojej Iméros Sc Amour.
^ ÉROSTRATE , ou Eraftoftrate , éphéfien ;
ccÜ lui qui ^s'avifa de briller le fameux temple
de Diane à Éphèfe , pour faire parler de lui.
Diane d'Epkefe.
ERGTIDES , ou Erotidies , fêtes en l’honneur
à'Eros , ou Cupidon. Les thefpiens les cclébroienr
de cinq en cinq ans avec grande foleninité & beau-
coup de magnificence. Il y avoir auffi des jeux de
même nom , & des combats de muüciens. C
Utr. Erotlc. Paufan. Eéoîic. )
ERYCE , ville de Sicile, ^oye^ Palyces.
ERYGINE , furnom de Vénus. L es poètes
appellent quelquefois cette déeffe, Erydne tout
court. Elle a pris ce nom ^du mont Èryx , en
Sîcile, au fommst duquel Enée lui bâtit un tem-
ple , lorfqu’il aborda dans cette ifle. Ce temple
croit rempli de riches ornemens , de coupes ,
de vafes , de caffolettes d’argent, que la dévo-
tion des égelîans y avoir accumulés , dit Thu-
cydide. Dédale avoir confacré à Vénus Erycine
une vache d’or , qui imitoit parfaitement la na-
ture. Il fit plufieurs autres ouvrages pour la dé-
coration de ce temple. Élien en fait une bien
plus magnifique defeription. « Il ell riche, dit-
“ il , en or ; l’argent s’y trouve en une quantité
« predigieufe j tout y brille en joyaux & bagues
» de grand prix. Ce temple, pourfuit-il, avoir
» toujours été en grande vénération : on avoir
» eu dans tous les temps tant de relpeâ: pour
5= la déeffe , que perfonne n’avoit jamais ofe' tou-
M cher à fes tréfors. Amücar , carthaginois , le
== pilla enfin , & en tira une groife fomme d’or
» & d'argent, qu’il diftribua aux foldats yen.pu- :
» nition de ce facrilêge, la pefie fe mit d'ans
M fon armée ; il fut lui-même arrêté par fes con-
« citoyens ; & après avoir fouffert tous les tour-
» mens imaginables, il fut pendu. Sa patrie
» même, qui jufqu’alors avoir été fioriffance,
“ tomba dans la fervitude». Après cela Élien,
% fon ordinaire , rapporte plufiêurs tBStVsilies qui
Jmiiidiés ^ Tgmt
E R Y 5^9
s’epéroient à ce temple. «Le grand autel, dit-il ,
== eft en plein air; on y fafi plufieurs facrifices;
55 on y voit perpétuellement, mut & jour, le
55 feu Sc la Éamme , fans qu’il y pa »- *^“5.
35 charbons , ni cendres , ni tifons à demi brüie's.
55 Le lieu elt toujours plein de rofee & d'neibts'
3, vertes , qui peu/ïent toutes les nuits. Lesvic-
35 rimes fe détachent elles-rnêïTies des troupeaux,
5, & s’approchent de l’autel , pour erre offertes en
5, facrifice : c’efi un mouvement que leur infpire ,
35 tant la déeffe , que la volonté de ceux qui onc
35 la dévotion de facrifier. Si vous voulez facr:-
53 fier , le mouton s’approche d’abord de l'autel ;
33 le vafe pour le ficrifice s’y trouve aufi’. ; la
35 chèvre & le cabri font de même. Si vos fa-
■ 3, cultes vous permettent de faire un ficrifice plus
35 confidérable , & fi vous voulez acheter une
3, ou plufieurs vaches pourviétimes , le bouvier ne
33 vous furfera jamais ; vous concluerez amiable--
33 ment votre marché; &la déeffe qui aime l’équirc,
3, vous fera propice. Si, au contraire , vous de-
35 mandez un trop bon marché , en vain depo-
' 53 ferez-vousvotre argent, car la bête s’enfuira, &
33 vcusn’aurez rien pour facrifier 33. Le même aitreur
trop crédule , nous rapporte une autre^ merveillle*
non moindreQue!aprécédente33..Ceux d’Eryx fons
33 une fête, qu’ils appellent \ anagogic ^om le départ,
33 parce que, difent-ils, Vénus part en ce^remps-
33 là pour aller en Lybie ; & la raifen qu’ils ont
33 de le croire eft telle : les pigeons , qui font ici
33 en grand nombre , difparciffent alors , pour
53 efeorter la déeffe à laquelle ils font co.nfacrés.
33 Après neuf jours d’abfence , une colombe ,
33 plus belle que toutes les autres, paroît la pre-
33 mière fur la mer, venant de l’Afrique elle ne
33 reffemble pas aux autres , mais elle eftdecou-
33 leur pourpre, & telle qu’ Anacréon décrit Vé-
33 nus ,'femblable à la pourpre & à l’or, telle
33 aiilïi que la chante Homère. Une nuée de pigeons-
33 la fuit; Se après leur arrivée, ceux d’Eryx célè-
>3 brent les catagogies, ou la fête du retour 33..
Il y avoit auffi à Rome un temple de Vénus £.ry-
cine au Capitole , & un autre hors la porte Col-
latine. Le premier fut dédié par Fabius Maximus,
l’an de Rome 557 ; & le fécond par L. Portius ,
l’an de Rome 571.
ÉRYMANTHE , montagne d’Arcadie, cf^èbre
paris fangiier énorme- oui fe tenoît oans fes environs,
d’off il ravageoit tout' le pays d’alentour. Hercule
le prit vivant, 1 apporta aEurifihee, qui, en
le voyant, penfa mourir de frayeur. C’efi un des
douze travaux de ce héros.
M. Rabaud de Saint - Ellienne a d-onné de ce
travail d’Hercule une explication mytho-afirono-
mique fatisfaifante ; la voici :
Vers le pôle ant.arélique , & fous le figue d-a
feor-pion , elt une confteîlation qui repré.Qmte
uns bête féroce ; nous l’appelions le ^oup ; mais
C Ç c c.
570 E R Y
en vok dans les anciens qu’elle eut divers noms
fucceffifs. ( Bayer J qui a recueilli les divers noms
des confteliaticiis 5 appelle celle-ci ^ befiia, therioTi,
hofliola , ^era , qucdrupes , -pcnthera , equus ma feu-
las, h&na. { Bayeri UranoTnetria^ 5;. B'rès de l’autC',
dit Arariis j on voir une bêîe iéroce ( Tiiêrion ) 5
e’eir le nom que lui donnèrent les anciens. Cette
lÊcf elt voisine gu cemaure , & dansles peintures ^
d’apr-ès Hygir. j le centaure la lailît 5 c’elt ^ d.foit-
ouj une vicîiiT.e qu’il immole fur i’autei. Ger-
manicus-Céfar dit à peu près la meme chofe.
C’ell cette bête farouche qui va être l’objet du
travail d’Hercule. La réunion des circonltances
prouvera qu’elle eft le fanglier.
cc Les deux centaures tien.nenr au milieu d’eux
la bête fétoce & i’aurel ; l’un elî le fagittaire,
l’autre le centaure Chiron=>.
Le fagitîaire porte avec lui des circonftances
remarquables : lorfque l’épaule du centaure , dit
Aratus J fera également éloignée de t Orient 6? de.
l’Occident ( dans le Méridien )j elle fera couverte
d’une petite nuée , d’une Néphélé. Il dit encore :
fous les pieds de devant du fagittaire , 0:1 voit
tourner deux couronnes circulaires. Nos planifphè-
resn’en mettent qu’une. J’obferverai, en pafl’ant,
que cette couronne ell nommée par quelques-
uns Ixion y en forte que Je centaure a fur fa tête
Népkélé , & à fes pieds Ixion ^ qui tourne j ce
qui rappelle fur le champ ^ que la fable raconte
que les centaures étoienc nés à’ Ixion & de Nè-
phélé 33.
« Nos globes ne dépeignerÆ point une fiche ,
qui etoit defônée par les anciens -au pied du cen-
taure. Germanicus-Céfar dit qu’elle eit compofée
de quatre étoiles j & qu’elle fut msfe dans les
aih'es à la place que je viens de d're. Enfin j ce
centaure elt nommé Ckîron , Crotus ^ ou Crown,
Buménés , Semzvir , Hippotes
« L’autre centaure eft nommé anfli Chiron ;
fes autres noms principaux font Pholus , Fer,
Semifer , Minotaurus. Il efi peint armé d’une hnee
entourée de pampres j dont il fe fert pour immo-
ler l’animal qui ravage les vignes : il a un baril
pendu au bras j & iî porte du gibier fur fon
épaule 33.
Seu prœdam à fylvis portât, feu dor.a propinqua
Flacatura deos, cultor Jovis admovet arcs.
Hic erit ille pius Ckiro , mtifmus omnes
Inter puhigenas, Cmagni do3or AchiUis.
( Ara tus Germ. )
" tableau aflronomique font peints
ufie bête féroce > le centauro Fholus avec fa
lance 3 fon baril & fon gibier y le fegktairej ou Chi-
ron J avec fo.u arc tendu , fa nuée fur Lépauie ^
E R Y
& la Sèche pofée près de fon pied. II n’y ^
pas une de ces eirconftances qui ne foit eflen-
ti elle 33.
« Hercule reçoit ordre d’Euryfthée d’aller
cort'bartre k fanglier. ( Ce combat allégorique
d’Hercule lui eit preferit en automne , dans la
faii'on des vendanges : & voilà pourquoi le
fanglier ^ qui ravage les vignes j étoit auiii la
victime facrifiée fur Laurel par le centaure ^ qui
la perce de fa lance. Hercule, pour obéir à Eu-
ryiihée , alla defeendre chez Fholus le centaure :
celui-ci le reçut fort bien j & voulut d’abord lui
préparer du gibier , mais Hercule preffé mangea
les viandes toutes crues. Ayant er.fuite demandé
_ à boire^ le centaure ouvrit un dont l’odeur
exqiiifs attira les autres centaures. Il s’éleva un
grand combat , durant lequel Nuée, mère de
Fholus , fit tomber une groüé pluie pour iecourir
fon fils. Hercule battit les centaures ^ & les pour-
fuivic jufqu’au cap Malée ( jufqu’à la mer cù les
aftres fe couchent. ) Mais une fiche du héros
ayant atteint Chiron au genou, celui - ci gnêve-
ment bleiTé , fat fe cacher dans la grotte. Hercule
vainqueur, étonné que fa fiêehe air bieflé Chiron,
veut la manier, elle lomüs fur le piedà.tFkoiüf}
& cette avanture a fait placer la flèche parmi les
aftres 33.
♦
ÉRYMANTHE, fils d’Apollon. Vénus le
rendit aveugle, pour l’avoir vue entrer nue au
bain, fortant des bras d'Adonis. Adonis.
ÉRYNNIS. Voyep^ Érinnys.
ÉRYTHIE, u.ne des quatre Hefpérides.
ERYTHPeÆ , Ionie. ErTQPAlQN & EPï.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RR. en bronze.
R. en argent. .
O. en or.
On y voit ordinaireméîit la tête d’Hercule &
une chouette.
Cette ville a fait frapper, fous l’autorité de
fes préteurs , des médailles impériales . grecques
en l’honneur d’Auguîle, de Ttajan , d'EIagabale,
dAlix.-Sévêre , de iViamée , d’Octacile, de Va-
léncn, de TranquHiine fans nom, de Claude.
Erytkræ, en Crète. 3 P.
M. Combe attribue une médaille autonome
de bronze, du cabinet à’Hunter, avec les deux
lettres ci-dcüus, & un raifin, à EçyrÂra de Crète-
Erythræ, en Béotie.
On avoir attribué mai à propos à cette ville des
E R Y
médjiiies sutonomes ^ que Pellerin a rertkuces à
Erytkrd. d'Ionîe. Il s^’ett appu^/é fur les types de
la tête fi’Hercule ^ & des chouettes que i'on r
voit conllammear.
ERYTHRÉE 3 OU Ervîhrtcnne ; c’eft la pre-
mière des quatre fibvi'es d'Eiien , & ia c'.nqiitèiire
des dix citees par V^arron. Apoliodore d’E'V-
tkrée rapporte qu'elle et oit fa compatriote (c’elir-
à-dire, d’une ville d’Ionie ) qu’elle prédit aux
grecs J lorfqu’ds alloient affièrer Troye, que cette
vi le périroit . & qu’Homère écriroit des faafle-
tés. Voye:^ EIÉROPHILE , SiBYLLES.
ÉRYTHRSEN , furnoi-n donné à Hercule ,
d’un temple qu’il avoir à Érytkrce, en Achaïe.
La llatue du dieu éroit placée fur une efpèce de
radeau, à caufe d’une tradition des érythéens ,
qui difoient qu’elle fut ainfi apportée de Tyr par
mer. Ils ajoutent, dit paufanias, ( Ackaic. ) que
le radeau entré dans la mer Ionienne , s’arrêta au
promontoire de Janon , à moitié chemin^ d’E/y-
thrée , à Chio. D’aufli loin que ceux A' Erythrée
&c de Chio apperçurent la ftatue de ce dieu ,
tous voulurent avoir l’honneur de la tirer à bord ,
& s’y employèrent de toutes leurs forces. Un
pêcheur d’Eryr^A , nommé Fkormion, qui avoir
perdu la vue, fur averti en fonge que, fi les
femmes érytkréennes vouloient couper leurs che-
veux & en faire une corde , elles ameneroîent
le radeau fans peine. Aucune des femmes A’ Ery-
thrée , ne voulut déférer au fonge ; mais des
femmes thraciennes , qui fervoient à Erythrée ,
quoique nées libres , fâcrifièrent leur chevelure ;
par ce moyen, les érytkréer^ eurent la ftatue du*
dieu en leur poffeiTion; & pour récompenfer le
zèle de ces thraciennes , ils ordonnèrent qu’elles
feroient les feules femmes qui auroîent la Vberté
d’entrer dans le temple d’Hercule. Ceux de cette
ville, continue paufanias , montrent encore au-
jourd’hui cette corde faite de cheveux , & la
confervent foieneufemenr. A l’égard du pêcheur,
ils afiurent qu’il recouvra la vue, 8c en jouit le
relie de fes jours.
ÉRYTHRÉUS ; c’eft le nom d’un des chevaux
du foleil , félon Fulgence le mythologue. Ery-
tkréas , ou le Rouee , dit-il , fon nî>m vient du
lever du foleil, où les rayons font rougeâtres.
Voyz^ Actécn, Lampos & Philggéus.
ÉRYX , en Sicile. EFTKEinN.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RR.RR. en bronze.
O. en or.
RP,, en argent.
Értx , fils de Buîès & de Vénus, fut roi
ESB
571
d/an canton de la Sicile, appelé de fon nom
Erycie , ou étoit la ville de Drepar.e. Se croyat t
invincible au pugilat , ou combat du celte , il
défioit tout le roiondc à cet exercice , & tuoit
toujours le vaincu. Il o.'a s’attaquer à Hercuie,
qui venoit d’arriver en Sicile avec les bœufs ce
Gérion. Les conditions du combat furent que ,
fi Hercule ét.oit rerraffé, fes bœufs apparrieii-
droient à Eryx; & fi celui-ci étoit vaincu , Her--
cule devoir relier maître du paj's- Fryx fut tué
dans le combat. On ne fait à quel t t:e Virgile
lui donne le nom de dieu , & lui fait oifnt aes
facrifices. ( Æneli. lib. y. )
ÉSAQUE étoit fils de Pria m & d’Alexirhoè ,
une des nymphes Aa mont Ida , fille du fleuve
Cédrène , félon Ovide ; ou , fuivant queiques
manuferits de ce poète , du fleuve Granique.
Ce jeune prince, fans ambition , hr.iifoit le fi jour
des villes & de la cour, & ne fe pladoïc eu à
la campagne & dans les forêts. 1 ouche des
charmes de la belle Hefpérie, il fnupirost pour
elle & la cherchoit par - tout : l’ayant un jour
rencontrée fur les bords du fleuve Cédrène, ^il
voulut l’approcher, mais la nymphe prit aujïi-tot
la fuite j & fe fentant pourfuivie , elle hâta fa
courfe : maiheureufement un ferpent l’ayant pi-
quée au pied , elle peffa en même - temps de
courir & de vivre. Eyâçae défefpéré de cet acci-
dent , fe précipita du haut d’un rocher dans la
mer. Thétis , touchée de fon malheur , le feutinc
dans fa chute , & le changea en plongeon.
Apoliodore raconte autrement I hifloire à’Efa-
que : il lui donne pour mère ’Aris-ba , fiùe du
devin Métope , & première femme de Priam ,
&: lui fait époufer Stérope , qu’il eut le malheur
de perdre fore jeune ; il fut fi afflige de cette
perte, que, de défefpoir, il fe précipita dans
la mer. Priam ayant répudié Arisba , pour époufe-r
Hécube , Éfaque voyant fa beüe-mêre grofle de
fon fécond fils, prédit à fon père, que cet en-
fant cauferoit un jour la ruine de fa famille &
de fa panie ; ce fut fur cette prédiction que
Paris fut expofé au mont Ida. O.n ajoute qu’E/â-
que avoir dit à fon père, qu’il falloh faire .mourir
la mère & l’enfanr qui venoit de naître ce jour-là ;
& que Priam , informé que Cilla , femme de T hi-
mætos , étoit ce jour-là accouchée d’un fi's , la
' fit mourir avec fon enfant , croyant rar- là pou-
voir éviter l’effet de la prédiétion. Efaqtie avoir
appris de fon grand-père Métope, à connoîrre
l’avenir, dit le même auteur, & laifia dans fa
famille les principes de fon art , do.nt Hélènus
& Caffandre, fes frère & fœùr, proficèrent dans
la fuite.
ESB AA , dadyle , travers de doigt.
Mefure linéaire Sc itinéraire de i’Aue Sc de
l’Égypte,
C c c c ij
572 ESC
EÜe valoir «e pouces, snefure tie France.
ES3US, dans r Arabie. ScBOTc&ÊcsoT.
Certe ville a fait frapper des médailks grecques
en rh'j.nneur de Caracaila.
ESCAMOTEUPtS. Foye^ Acetas-blakii.
ESCAE.BOT. Foy«;f Scarabée.
ESCHYLE.
Une pare antique de Sîofch , rapportée au
167. des 7.vo;îa/'72£/îri de VVinckeimafiH J ie re-
préiéute buvant, pendant qu^an aigle laiile ton ber
fur fa tête chauve , quViie prend pour un rocher,
une roitue qu’elle veut brifer.
esclaves. On confultera far leur fort ie
DiciicK. de Ju.rifjpruden.ce.
Esclaves grecs.
Les auteurs font partagés fur la CGeffure des
efclaves grecs; i’nt-bé Gédoyn ( .notes fur i^aufa-
îii.ts, tom. IL fol. 373. ; , '& Dacier ( notes fur
Plutarque, vie de 1 héfée ) prétendent qu’on leur
coiipoit les cheveux; félon V/inckebnann ( hilto-ire
de l’art, tom. I. fol. ajj ), Se d’autres auteurs,
la tète rafre étoit fimpkment un ligite de deuil;
or, ces deux ûntimens ne font pas abfolument
contrad.’âoircs : on pet;t fuppo.kr que drais des
circonfiances malheureufes , dans des calamités
publiques , ou '.nême dans des adiiélions particu- '
lières, les grecs, comme beaucoup d’autres na-
tions , auront pu prendre les lignes extérieurs de
Yefcluvage. Au refte, quoiqu’on Üfe dans diffé-
rens pafiages d’EIomère , qu'on ne rafoit pas in-
diftinclenient tous les efclaves , il parcît cepen-
dant que cela fe pratiquoic d’ordinaire. Cette
Kianière groffière de couper leurs cheveux, s’an-
pelloit avS'iUTrocpJi’s , palfque PoÜgnote ( Pau-
fanias ) peignant Etra , mère de Théfée, l’avoit
repréfentée avec les cher eux coupés , pour dé-
£gner Létar iJtfcUve, que Diodore lui attribue
politivement. D'autres veulent cependant qu’il
y ait eu deux Êtra ,, &qae Vefclave ne fut point
la mère de l'Kéfée.
Les efclaves grecs avoient pour tout vêtement '
une tunique courte, & dépourvue démanchés,
appellée eIæwjc, quds ferrpient avec une ceinture.
Ils s’enveloppoient enfuîte dans un tnanteau très-
court, fait de peaux d’animaux, garnies de laine
ou de poil, ayant une efpèce de capuchon ; ce
manteau étoit appelle Aipés'ja. Le nom A(pé£{«fut
i^onne par la fuite a îa tunique même, quand
elle fut garnie du capuchon, pour tenir lieu de
manteau. ( Pollux VU. 1 3 . )
Le meme Poiiux Sc Suidas donnent aufEaux
ESC
efclaves une tunique garnie d’une feule manch-
appeiléc Foyrç ce mot.
Es CIA. VE s roTnains..
-Les des romains, félon Juvena! (f.-tyré
3. -v. 230. }, avoic-nt h tête rafée , & portôient
ane_ tmuque pour tout habiileme.nr. La termaiicé
de raffi-anchilTement fe laifoit devant le préteur
'lii rcuchûit Yefclave d’une baguette, Sc qui lui
nnnoit un bonnet de laine blanche, appelle
pihus , & de la forme de celui qu’on apperçoit
lur les médailles de Brutus. 11 n’étoit pas dé-
fendu aux maîtres de donner aux efclaves d’autres
habJle.T! ens, ou de leur lailler les cheveux. Voyer
Bonnet, Cheveux.
Les femmes ou f.lies efclaves étoient habillées
à peu de chofe près comme les autres citoyennes,
c’eit-à-dne, qu'eiles portoient une ou deux tuni-
ques courtes , mais fans manteau. On obferv’a
long-temos de ne p.,s donner aux efclaves les ha-
b:li ernens auxquels étoit attachée la Giitindion de
citoyen romain ; favoir , la toga pour les hom-
mes, & la fiola pour les femmes, Aluratori {An-
naù d‘ lîcLia , tom. II. fol. 22.) cbferve qu’en
l'année 229 de l'ère chrétienne, les habillemens
étoient teilrmenr confondus, qu'on ne diftinguoit
plus les perfonnes libres des efclaves^ & comme
ces derniers étoient en plus grand norr.bre, Ul-
pien , c'éièbrejurifconfulte-, confeilla à l’empereur
Alexandre , de ne point récubiirla diitinciion dans
les haoEemens , de crainte qu’elle n’eût fervi à
faire connoître Z'à'S. efclaves leur fupériorité en
nombre.
Les efclaves romains portoient au IV^. fîètie
de cette ère, des tuniques rayées & d'étoftes à
fleurs. Ailc‘nus(/zo,’7Z27. uà. ), pariaiiî d'une .femm.e
qui fe deguifa en efeiave , pour fuivre fon mari
rofent & fugitif , dit qu’ede coupa fes cheveux
_ cet ertet, & qa'elie prit une tunique d’homme,
faite d une etofle à Êturs. Ils mettoient fur la
tunique ces manteaux aufîî courts que cet habil-
iemeat , faits d’étoffes groflières , velues, de
couîeurs fombres ; iis étoient aopeilés lacerna ,
pœnula , btrrus & garnis ordinairement de capu-
chons.
Lorfqu’on expofoic en vente les efclaves , on
fufpendoît à leur col un éenteau , fur lequel étoit
énoncé l’art ou la profeffion qu’exerçoient ces
efclaves. Prcperce ( iv. j-.yi. );
Aut quorum, titulus per harhara colla pepeitdit.
On frottoir avec de la craie les pieds dos
efclaves amenés d’Ahe à Rome ; c’étoir dans les
marchés leur caractère diitir.ûif. Pline en fait
mention ( XXXV. 17. } creta pedes venaliu-in
transmare adveüorum. denotare infituerunt majores*
ESC
ESC n3
Quand le tHarchand A'efdaves ne voulcît pas
engaranrir qu'.-lqacs-ans/il ue ies expofoit pas en
vente ^ la rc:e nue comme les autres ; mais il les
ccetfok d'un bjnnet pour avertir les acheteurs.
Nous allons donner que’ques aeperçts des
fouîmes que coûcoienr les efciaves aux tontains.
Ü.i obferv'era que les monnoicSj foie d’or ^ loir
d’argentj n’ayant qu'une valeur précrire , qui
dépend abrolument du prix des denrées de pre-
ir.ière néceflitéj l’on fe croit obligé de fure les
calculs & les appréciations en bled, parce que
cette denrée eft !a plus précieufe & la plus né-
ceflaire.
« Au rapport de Pline ( lia. XVIII. cup. III. ) ,
vers l’an f02 de Rome , c’elî-a-dùe , environ 90
ans aV-int Carofi, un modius de b'ed , un con_e
de vin, tieiite livres de figues sèches, d;x livres
ou dix hémines d’hjile d'od-.es, douze livres de
viande j toutes ces chofes étoient de même valeur ,
& coûcoient un as chacune
« Si les prix de ces diofts gardoient _ encore
la même proportion au temps de Caton, ils s’en-
fuivra qu’il donnoit à chacun de les ejUaves ji
modius de bled ea nature , 2 f mod us e.a n.î-
tdte d’huile, & 80 modius en nature de vin :
ces trois objets feuls fe montent à la va eut repré-
fentative de 133? modius de bl:d , qui ient
103 boiiteaux, ou 8 |- feticts mciurede Paris,
pour la confoiTi.mition annuelle d un efeiave chez
les romains, fans y comprendre les oiiv'v s, dont
la quantité n’eù pas déterminée , le vinaigre , le
poiilon, le fel, le petit vm qu’ii buvoit durant
un quart de l’année 1 interet de i argent qii i-
avoir coûté à fou ciaître, les vêre.r.ens, ion lo-
gement, fes outils, &c. , a 20 livres ie fecierde
bled, les 8f fstieis feroienc déjà 172 liv.».
“ Nous avons dit que l’on devoiî ajouter à
la fomme précédente ce à quoi revsnoir, par an,
un efùave aux romains , à raifon de l’intérêt de
la fomme qu’il ktir coûtoiî d’achat. Un efdave
vigneron s’achetoit huit miiie felterces , félon
Columelle { de re riifl. lih. III. cap. III. ;; il
fuffifoit pour cultiver feptjugères de vigne ; cha-
que jugère pouvo’iî rendre au moins un culléus
de vin, qui fe vendoit alors , année co.mmune ,
trois cents fîfterces. Les romains, dans le teums
dont nous parlons, plaçoienc leur argent a ir.terer,
à raifon de fix peur cent de bénéfice par an ,
luiyant ie m-é r.e écrivain, d’où il iuir que les
huit mille fefterces dévoient produire quatre cents
quatre-vingts fcfterces par année , tomme répon-
dant au prix de I y culléus, çji ou 3 f muids
de via, mefure de Paris. Nous avons parlé d’une
époque où un conge de vin valoit un modius de
bled*j aujourd’hui le conge de vin vaudroit plus
que le modius de bled : mais fuppofons l’égalité
parfaite, le ciiîiéas contenoic 160 conges, en
forte qiî’un cuUéas & f font 236 conges de vin.
correfpondans à 2 yd modius de bled. Cette quan-
tité de bled revient à 198 boiffcaux, ou i<S| fctiers
mefure de Pans, .ùioutons à cette Quantité les
8 y fetiers ce l'aune part. Se nous trouverons
qu’un efciuve vigneron coùîoit aux romains 2y^'jV
fetiers de bied par an, oour fa nourriture feule-
ment , S; lêintérèt de la fomme qu’il avoir coûté^à
Ton maître. En n’e'ùirr.ant le ferier de bled qu à
20 liv. tournois , cet nomme coûtoit co2 Iv. , &
cependant il ne cuitivoir eue fepi jugères, c’cll-
à d-re , trois arpens & A,y : on peut rcirurquer
que dans ce temps-là, qui étoit le iiècie d’Au-
guile , un efcla-ve qii’cn achetoiî 8coo Icuerces ,
coùroit 1803 iiv. de notre monneie ; que le niuid
de Paris de vin valoit 31 liv. 8 f. , à railon de
3CX3 felierces ie culléus j & qu’à radon de icco
fefterces , ie jugère de vigne , I rupent de France ,
auroit valu 418 liv. 14 f. >5. ( Métrologie ae
M. PauBon. )
L’entretien c’un efclaye étoit fous le règne de
Néron, de Go modius de bled, & de 60 deniers
d’argent. Évaluai;! ie modius à environ f du boii-
feau de Paris , & le denier à 18 fois, nous aurons
e.n argent 34 liv. , & en bled 48 boilTeaux , ou
quatre fetiers valant 80 liv., iorfque le feticr
n’eft qu’à 20 liv- L’entretien annuel d’un enclave
n’ércit donc en tout que de 134 üv.
Sénèque voulant peindre les airs affeétés d’un
efclave , à qui fon maître faifoit jouer dans une
tragédie le rôle d’Atrée , {^eprfi. 8c). ) dit :
qui in feenâ laxius Ir.cedii ^ & h&c r.j j.piniis dieu-:
S'Jperius Argi régna mi HcpAt Telops ;
Qzsâ ponio ab Hclles atque ab lonio rniari
Urgetur ijthmos
Serviis efi , quiaque modios acelpit , & quinqne
denarios.
Pour complettsr ces rapproehemens , on ob-
fervera qu’un journalier doit aujourd'hui g.tgner
chaque jour la valeur d'un boifTeau de bled ,
plus ou moins, félon la nature de fes travaux,
pour pouvoir élever fa famille.
Esclaves. Hercule étoit le dieu tutélaire des
efciaves , dit Hérodote au livre fécond , où il
raconte , qu’on éleva en Égypte un temple à
Hercule, pour être l’afyle des efciaves.
ESCL^LAFE, appelié ASCLEPIIJS par iss
StecSjétoit, {Homer.kymn. i y. ) fuivant l’opi-
nion commune, fiis d’Aipoilon & de Coronis ; il
fut tiré du fein de fa mère, que ie dieu avoir
tuée à caufe de fon infidélité , & allaité par une
c’hèvre. Comme le nom de Coronis fignifie Cor-
neille, quelques mythologues ont cru , au rapport'
de Lucien , qa Efcidape étoit forti d’un œuF de
Corneille , fous la figure d’un ferpent. II fat élevé
^74 ESC
ptr le centaure Chiron éz qui ?! apprit la
Â'Iédeeine fx' !a connoiffance des plantes ; iî y de-
vint iî habile J, que non feulement ii gucriîToitîes
malades , mais encore relTufcitoit les morts, ( E^-
rivid. Aie. ilf. Piitdar. Pith. j. ) Hippolyte ,
fiîs de Théfée , & Glaiicus , fils d'Hippolyte.
Voyc:^ GlAUCUS , HiPPOLYTE.
Flüton fe plaignit à Jupiter , que Tempire des
morts diminuoit confidérablement par l'art A'Ef-
culaye , & couroit même rifque de fe voir en-
tièrement defert. Jupiter, par complaifance pour
fon frère , tua Efculape d'un coup de foudre.
Apollon pleura beaucoup la mort de fon fils , fe
vengea fur les Cyclopes , qui avoient fabriqué
la foudre, Sc ne îe confola qu’après que Jupiter
lui eut accordé pour Efcdlare une place dans le
ciel , où il forme la conilellation du ferpentaire.
Voye^ Cyclopes.
Son culte fut d'abord établi à ÉpidAURE ,
lieu de fa naiffance , & de là il fe répandit dans
toute la Grèce. On le repre'fentoit quelquefois
fous la figure d'un ferpent ; quelquefois auffi avec
une figure humaine , tenant un bâton, autour
duquel un ferpent eft entortillé. Le ferpent eft le
fymbola de la fanté , parce que, dit Pline, cet
animal fert à plufieurs remèdes , ou parce que
le ferpent eft le fymbole de la prudence , vertu
& néceffaire aux médecins} ou peut-être enfin,
parce que , comme le ferpent fe renouvelle en
changeart de_peau, l'homme auffi eft renouvellé
par la médecine , qui lui donne comme un corps
nouveau par la force des remèdes. Le coq eft
auffi un des f^nnbo'es ô.’Efculape, à caufe de fa
vigilance. Ce coq fait fouvenir des dernières
paroles de Socrate, lorfqu'il aüoit rendre l'arne:
nous devons un coq a Efculape , donne-^ - le fans
délai. Tous les habiles médecins de l’antiquité
ont paffé^pour Tes fils. Il eut pour femme Épione
ou Lampécie , dont il eut entr'autres enfans deux
fils. Machaon & Podaürius; & quatre filles,
Eglé , Panacée , Jafo & Higiée. Cette dernière ,
fiûvant Orphée, étoit fa femme. Tous les tem.ples
Efculape e'toient hors des villes , parce qu'on
croyoit la demeure des champs plus faine que
celle des villes. Il y en avoir plufieurs où il
rendoit des oracles, comme ïEpîdaure zV^r-
game. Lucien dit qu'on plaçoit des ftatuesd'A/
culape dans les bains ; appardmment parce qu'ils
fervent à conferver & à rétablir la fanté ‘
qu'ils font du reffort du dieu de la Âlédecine.
Ou a trouvé une table de cuivre , gravée
en caraéière grecs , qui rapporte quatre guérifons
miracu'eufes opérées pOiX Efeidape', 8c qui ne font
que l'effet de la fourberie des prêtres de ce faux
dieu , qui apoftoient , fans doute (îes gens pour
feindre des maladies & des guérifons miracu-
îeufes. Gaius.
On donnoît auffi pour fils à Efculape le petit
ESC
Telelphcre, quj l’acMmpagne quelquefois fur
les monumens. Koyep i élesfhore.
Le p'us^ fameux des te.mples de cette divinité,
étoit àEpidaure, lieu de fa naiffance : G ftamè
étoit d'or & d'yvoire , & portoit une srinde
bar’oed’or. Denis- le- tyran enleva cette barbe d'or
( Ciesro^natur. deor. z. z f. ) difant pour fon exeufe,
cu'i! nTtoit pas féant de voir le fils b. rbu *
tandis qii'Apollon, fon père , étoit fans barbe!
Il etoit repréfenté affis fur un trône, ayant un
bâton à une main , & tenant l'autre m.’in fur la
tête d'un ferpent , avec un chien couché à fes
pieds. ValèrC; Maxime raconte la manière dont
Ÿ Efculape d’Epidaure fut tranfporté à Rorr.e,
fous la figure d'un ferpent, i’an de la fon-
dation. « Rome ayant été trois ans de fu’te affli-
’!> géê de la pefte , de telle forte qu'i! ify avoit
” plus aucun fecours, ni divin , ni humain , les
” prêtres allèrent confulter les livres fibyîlins , &
” ils y trouvèrent qu'il ne falloit pas efpérer de
re.mède.s, à moins qu'on ne fît venir le dieu d'Épi-
” daure. Onyenvoyades ambaffadeurs , qui Airent
” introduits dans le temple , & trouvèrent le dieu
” propice à leurs prières. Le ferpent que les épi-
” dauriens honoroient comme Efculape, & qui
ne paroiffoit que rarement , fonic de lui-même,
” & alla pendant trois jours dans les lieux les plus
” fréquentés de la ville , témoignant par fes doux
” regards qu’il quittoit volontiers fa demeure.
Il fe rendit enfin au vaiffeau des romains , &
” monta à la chambre même de l'ambaffadeur ,
” où il roula fon corps en plis & replis , comme
” un peloton , témoignant qu'il vouloir y demeurer
” & s'y repofer. Les envoyés partirent avec le
” ferpent , pour retourner à Rome , & abordè-
” rent à Antium. Le ferpent fortit alors du vaif-
” feau, Sc s'en alla droit au temple à" Efculape,
où ii s'entortilla à une palme ; ce qui fit craindre
” aux romains qu'il ne voulut établir-!à fa de-
meure. Mais il diffipa bientôt leur crainte, &
” leur fit voir qu’il n'y étoit ailé que pour prendre
” un gîte convenable. Il retourna donc au vaif-
” feau ; les amb.afladeurs arrivèrent enfin à Rome,
” Sc abordèrent à l'une des rives du Tibre,
vis-à-vis de l'ifle. Alors le ferpent fe jetta
dans la rivière, aborda à l'ifle, & s'arrêta à l’eü-
” droit où l'on bâtit depuis le temple di Efculape,
Ii fit cefter la pefie, pour laquelle on l’avoit
” fait venir”. Depuis ce temps-là on eut recours
1 toutes les fois que ia pelle parut
dans Rome.
^Les mythologues trouvent des motifs à toutes les
fables qu'on a débitées fur ce dieu. Pairfan’as
(znAcka'lcis) croit cm Efculape n'eft autre chofe
que l'air , parce que la bonté de cet élément con-
tribue beaucoup à !.a fanté. On le dit fils d'A-
pollon , parce que c'eft le foIeO qui purifie l'air ,
& le rend falutaire. On a dit auâ'i qu'il reffufeitoit
ESC
les morts , parce qu’il avoit guéri des malades
défefpérés , Scc.
Les grecs donnèrent !e nom à'Efculape ^ à des
divinités égyptiennes , dont les fonctions ctoient
les mêmes que celles du dieu de la Médecme.
S. Clément d’Alexandrie ( Stromat. I. ) parle de
YEfcu/ape de Memphis./Ammien Marceliin ( àè.
XXII. ) dit que Memphis étoit célèbre par la
prélence ü.‘ Efculape. C’elt ce dieu que Ton doit
reconnoïcie avec Jablonski ( Pantk. Ægypti liv.
V. cap. 6. ) fur une médaille de Memphis ,
publiée par VaiUant ( Ægypt.Namif. p.ioç).),
où Ton voit un homme debout j ayant de la
barbe , & fur la tête un coq , oifeau confacré à
Efculape. Il tient une hafte & un fiilre.
Efmunus ( voye:[ cc mot ) était auffi un Ef
(iilape. Les livres herméciques des égyptiens- font
Efculape tantôt n;s de Pan^ tantôt ïe meme que
Pan. Mais la divinité égyptienne ^ qui rehembloit
le plus à VEfculape des grecs , éto't le Sérapis
moderne qui opéroit des guénions. Deum ipfum
Serapim , dit Tacite ( hifl. lih. IV . cap. 64. )
multi Æfculapium , quod. medeatur &gris corporî-
hus y conjecîant. Cette identité eii annoncée par
un grand nombre de monumens , fur lefquels on
voit la tête ài Efculape , chargée du boiileau ,
Gomme l'étoit celle de Sérapis. D’ailleurs on
révéroit un grand ferpent dans le temple d‘Efcu-
Iqpe y à Alexandrie , fous le règne de Ptolémée
Évergète j or ^ c’étoit le même temple que les
lagides avoient éfevé à Sérapis. ( Ælian. de animal,
lib. XVI. cap. 39. ) D’ailleurs les malades paf-
foient les nuits dans les temples de Sérapis ( hifi.
Taciti lib. IK. cap. 8i.)s y apprendre en
fonge les recettes qui pouvoient feu'ager leurs
maux; ce qui fe praù-'.uoit aulh dans les temples
^Efculape. Macrobe aiïuie que les égyptiens pla-
çoient toujours hors des valks les temples de
Sérapis ( Saturnal. I. c. 7. ) ; ce que nous avons
vu plus haut être obfervé par les grecs pour le
temple à’ Efculape.
Efculape eft ordinairement repréfenté vieux ,
avec une barbe forte , la poitrine nue , & avec
une chauffure grecque j appeiiee par Lertullian
crepids, cretats,.
On trouve à la vérité quelquefois j mais rare-
ment, ce dieu repréfenté fans- barbe. C eii ainii
que le moncrent une médaille de Pergame » frap-
pée en l’honneur de Caracaila & de Geta , une
pietre gravée du mufeum florentin; & c’eft ainfi
que Pauianias l’avoit vu repréfenté à Phlius &
à Sicyone.
Ses cheveux s’élèvent au-deffus du front d’une
manière affe^ approchante de celle de Jupiter.
De forte aue„ pour !a chevelure , il n’y a pas
une grande üîâetence entre le père des dieux
& fes petits-fils > ce qui nous eft prouvé par la
ESC J7J
plus belle tête ài Efculape y d’une des fiatues , plus
grande qae nature , de la villa Albani, & par une
infinité d’autres figures de cette divinité , entre
autres par ceile qui efl en terre cuite au cabinet
d’Herculanum. Cette grande reflemblance du
petit-fils avec le grand-père, pourroit bien avoir
pour principe la remarque faite jadis par les an-
ciens, que le fils reffembie fouvent moins au
père qu’au grand-père.
Efculape n’eft pas toujours couronné de laurier.
Il porte un diadème fur quelques liatues, & fur
un bas-relief de l’inftitut de Bologne.
Sur une cornaline de la colleclion de Stofeh
( lE. clajfe. 240. ) , on voit Minerve debout ,
appuyée contre une colonne, donnant à Efcu-
lape y qui efi aifis devant elle, le bâton autour
duquel le ferpent eil entornÜé. Cette gravure
rappelle l’identité de Hygie , fille à’Efculape ,
déeffe de la famé , & de Miv.eïye-medica.
Mgr- Borgia pofsède, à Rome, une lame de
bronze votive , fur laquelle on lit :
ESCÜLAPIO
DICTA ET FACTA
ISGCHRISUS.
Dicia & facia eft mis là pour diElum & faSum
fur le champ.
Le P. Lupi a publié l’amulette fuivant de
bronze , reconnoiflable par la bélière pratiquée à
l’angle fupérieur.
C2
Escuiafe , ou quelqu’un de fes attributs ,
fert de type aux médailles d’Hiérapolis en
Phrygie, de* Menre, de Pergame, de Philadelphie
en Lydie , de Sala.
Esculape, fils d’Alcippe & d’Arfinoë.
Cicéron compte trois Efculapes : le premier, fils
d’Apollon, dont nous venons^ de parler. « Le
fécond, fi's de Mercure, c’eft celui qui fut
» Âappe de la foudre ; il fut enterré à Cynofure.
01 Le troiuème eft le füs d’A.lcippe & d'ATwoë :
11 c’eft lui qui avoir trouvé le fecret de purger
« le ventre '& d’arracher les dents. On montre
11 en Arcadie, aftex près du fleuve Lufius, fon
» fépuicre & fon bois facré«=
Sl6 E S O
ESMUKUS , IcHMix, IscHEMtrs, Smin,
Smcn , Chemmis. Jabionski ( Panthéon Agyptiac-
' lie. II. cap. 7. ) a différens noms
déilgnoient la même divinité phénicienne , ap-
pellés ie pins ÇanvtwzEfmunus. Damafeius , dans
la vie d^Ili.iore , ( Pkotii biblioth. cod. 242. )
dit que l’Efculspe ^ adoré à Bérpte , en Phénicie ^
u'étoit ni grec ^ ni égyptien ; mais que c’étoit
un phénicien. Sanucus fut d’abord père des Diof-
cures & des Cabires j enfuite il engendra un
kiiitieme enfant 3 Efmunus , nom que l'on traduit
par celui d’Efeu’ape. D’autres le traduifent par
huitième. Lejeune Efmunus fut aimé ardemment,
& recherché par Aftronoë ( Afiarte') ; mais vou-
lant, à l’aide d’une faulx, fe mettre dans l'im-
poffibiüîé de fatisfaire des defirs qu’il ne parta-
geoir pas , il s’ôta la vie. Aflronoè’ appella Pan
à fon aide , rechauffa le jeune Efmanus , & le
mit enfuite au nombre des dieux. Son nom
phénicien , Efmunus , étoit relatif à la chaleur
vitale.
Malgré ce récit de Damafeius , on ne peut
douter qaEfmunus nq fût d’origine égyptienne.
Il y avoir même en Égypte deux villes qui por-
toienf fon nom, & que les grecs appelIèrentPa-
nopolis Se Hermopolis. Son nom dans la langue
phénicienne lîgnifioit huitième , d’où on peut
conclure que ce fût une huitième divinité,
ajoutée aux fept primitives , les fept planètes.
Les grecs voyant rendre à Efmunus , dans Chem-
mis 3 ville de la Thebaïde , un culte femblable
à celui qu’ils rendoienr à Pan , confondirent ces
deux divinités , & appellèrent la ville Panopolis.
Ayant aulfi vu rendre au même Efmunus y dans
l’Égypte moyenne, un culte femblable à celui
qu’ils rendoient à Mercure , ou Hermès , con-
fondirent de nouveau Efmunus avec Mercure,
& appellèrent la ville Hermopolis.
ÉSON, fils de Créthéus, roi d’iolchos , en
ThefTalie, &: de Tyro , fdle de Salmonée. Voyei^
Ai'IPHIARAÜS 3 PeLIAS.
Éfoji fut détrôné par fon frère Pélias , &
obligé de vivre en fimple particulier dans fa
capitale. Il fut père de Jafon , & eut bien de
îa peine à faever ce jeune prince des mains du
tyran. La fable dit que Jafon , au retour de l’ex-
pédition des Argonautes , touché de voir fon père
Efon accablé de vieiileffe , & déjà fur le bord :
du tombeau, pria Médée , fa nouvelle époufe,
djernpioyer quelques-uns des fecrets qu’elle pof- ^
fédoit , pour rajeunir fon père, ou pour pro- ■
longer fa vie. Médée auffi-tôt fait defeendre du
ciel un char , traîné par des dragons ailés , dit
Ovide , & y étant montée , elle parcourt di-
verfcs régions , y recueille des herbes de toutes
fortes d’elpèces , en cpmpofc un breuvage, puis
fait fortir aes veines d Éfan , le fang qui y couloir,.
ESP
& y fait entrer en fa place b liqueur qu’elle venoît
de préparer. A peine le breuvage s’eft - 9 inlinué
dans le corps du vieillard , que fa barbe Se fes
cheveux commencent à noircir , les rides drfpi-
roiifent de fon vifage, & U reprend fon embon-
point & fa force.
Il y a des mythologir's qui expliquent cette
fable par la transfuiîon du fang, remède qui a
été tenté quelquefois , mais qui a toujours très-
mal réufii. D’autres difent que Médée , ayant
appris de fa mère la connoiffance des fimples , en
avoir compofé un remède qui avoir donné des
forces à fon beau-père. Mais ces explications ne
font pas d’accord avec les traditions hlftoriques ;
car il eft certain qaÉfon avoir été obligé pat Pé-
lias, de boire du fang de taureau, & -étoit mort
avant l’arrivée de Jafon , ainfi que fa femme, qui
s’étoit pendue de defefpoir; & que Jafon , à fon
retour , ayant appris la mort de fon père, fit célé-
brer des jeux funèbres en fon honneur par les
Argonautes.
ESPAGNE f Ê-re d’ ).
Augulle ayant achevé , l’an 715- de Rome,
39®. avant Père vulgaire, la conquête de l’Ef-
pagne , cet événement donna naifTance à une ère
nouvelle, fondée fur le calendrier Julien, la-
quelle commença au janvier de l’année fui-
vante. Elle eut lieu non-feuieraent dans l’Efpa-
gne , mais auffi dans l’Afrique (i), & dans nos
provinces méridionales de France, qui furent
foumifes aux vifigoths(2) : maisdepuis le IX.fiècle,
elle n’étoit pas feule dans la date de l’année, &
on lui joignoit affez communément celle de l’in-
carnation. L’ufage de Fère d’Efpagne fut aboli
dans b Catalogne j^I’an 1180, en vèrtu d’un
canon du concile de iarragone , tenu cette année,
par lequel il étoit ordonné de fe fervir de 1 ere
de Lincarnation. On fit un femblable règlement
dans le royaume de Valence, en 1358, dans
celui d’Arragon , en 130, dans celui de Caftille,
en 1383, & enfin en Portugal, l’an 1422, ou,
félon d’autres, en 1415-. Dans notre Table Ckrc-
NozoGiQUE , nous faifons concourir l’an 59 ce
cette période avec l’an premier de J. C. Tous
deux commencent au premier janvier, parce que
lere à’EJpagne devance de -38 ans pleins l’ère
chrétienne. ( Art de vérifier les dates. )
Espagne. ( Métrologie de M. PauBon.')
“ L ancienne Ejpagne pouvoit être comparée
aux pays les plus délicieux de la terre, & aucun
ne lus étoit préférable pour l’abondance des
(i) La plupart des conciles de Carthage font datés
de l’ère d’Efpagne.
(1) Le concile^ d’Arles, célébré l’an S13 de J. C.
porte la date ds l’èie d’Jifpagne , Sjr,
^.éceltsa
ESP
récoltes en bîeds , en vins & es fruits de toute
forte. On y tfouvoit toutes les chofes néceiTaires
a h v:e ^ comme celles qui ne font recherchées
que pour le iuxe. II y avoir des mines d’or Se
d argent j de grands vignob'es , de valles plants
d oliviers. L’on n y voyoit point de terres incultes,
point de iîériles j car les cantons où le bled ne
rémlilToit pas, fournifîbienc d’excellens pâtura-
ges; & s’il y en avoir quelques-uns qui ne fuflent
propres à aucune de ces productions, on y re-
cueilloit des joncs marins , qui fervoient à faire
des cordages pour les vaiifeaux, des nattes &
d autres ouvrages utiles. Tel eft le témoignage
que Solin rend de la bonté des terres a Efpagne.
Pomponius Mêla dit que YEfpagne abonde telle-
ment en hommes, en chevaux , en fer, en plomb,
en argent & en or ^ que lî dans quelques en- .
«droits la difette d’eau la rend dilTemblable d’elle-
meme,il y croît cepejidant du lin & du jonc
avec quoi on fait des cordes & des nattes. Juiiin
( lib. XLIV . ) dit que YEfpagne eft plus fertile
que la Gaule, & même que l’Afrique; car, dit-il,
cette région n’eft point brûlée par les ardeurs du
foleil , comme l’Afrique, ni fatiguée par des vents
violens & continuels, comme la Gaule; mais.»
placée ensre ces deux pays , elle eft vivifiée &
fécondée par des chaleurs bienfaifantes , & des
pluies modérées, au point qu’elle procure abon-
damment tous les fruits & toutes les chofes né-
ceflaires à ia_ fubfîftance , non-feulement de fes
habitans , mais encore des citoyens de la ville
de Rome& de toute l’Italie, auxquels elle payoit
en tribut le vingtième de tout fon bled. Elle ne
produit pas feulement une prodigieufe quantité
de froment, elle eft également fertile en vins
délicieux , en miel & en huile. Elle abonde en .
chevaux , en lins , en joncs. Les entrailles de la
terre y font remplies de mines d’or , d’argent ,
de fer & de vermillon».
_ « Le montOrolpeda abonde en mines d’argent,
ainfi que les environs de la ville d’Ilipa fur le
Bétis, & de Sifapo , à préfent Sirnéia , plus au
nord, près des bords duTage & duGuadalquivir. ,
Dans la Galice , fouvent les laboureurs enlè-
vent des blocs d’or avec leur charrue. Il y en a.
également des mines dans les Afturies. Mais la
mine d’argent la plus abondante étoit ficuée à
deux tiers de lieue de Carthagène. Quarante
mille hommes étoient employés à l’exploiter , &
ils fournifldient au peuple romain la valeur de
vingt-cinq mille deniers, ce qui revient à i8,<5i2
livres par jour, & par an à 6,793,^62 livres.
L’Afturie , la Galice & la Lufitanie rendoient
aux romains 12,300,000 livres par an. Dans un
endroit , appelle Bebelo , qu’on croit avoir été
fitué près de la ville d’Ofca , dans le pays des
ilergeces , d y avoir un puits , commencé par
Anniba! , qui rendoit au propriétaire trois cents
poids d’argent par jour , ce qui revient à 8,212,300
Antiquités , Tom, II.
ESP y-ry
par an. Enfin l’agent étoit fi commun ea Efpct-
, qu’on en faifoit des ancres pour les navires ^
des tonneaux pour mettre y les liqueurs, & des
lambris dans les appartemens. Enfofte que cette
contrée autrefois fur pour les carthaginois, &
pour les romains, ce qu’eft aujourd’hui
l’Amérique pour les efpagnols».
^ « II y a en Efpagne des mines de fel , des pierres
d une bonne qualité & d’une grande beauté pour
la conftruétîon des maifons ; il a auffi des pier-
res^ a chaux , & û autres dont on tire un ciment
qui fert à donner une grande folidité aux murs
des édifices J.?,
« Là, les troupeaux de bœufs, de chevaux,
de mourons font innombrables ; les bois , les fo-
rêts, les ptairies & les plaines retentiffent par-
tout des miigifi'emens & des bêlemens de- ces
animaux. Les chevaux de ce pays font très-efti-
més. Varron rapporte qu’on a vu en Lufitanie
des porcs fi gras qu’ils avoient un pied de lard.
Les forêts & les montagnes font remplies de
daims, de cerfs, de fangliers, de lièvres & de
lapins; d’aigles, de hérons, d’éperviers , defai-
fans & de francolins».
« Les mers procurent de grands poiflbns , des
^baleines, des congres, des murènes , des thons ,
des lamproies 8e d’autres ; des huîtres , Se toutes
fortes de poiftons à coquille. Les fleuves n’y fonc
pas moins poilfonneux».
«En faifant l’énumération des produéiionsde
l’Efpagne, on fe perfuaderoit volontiers çu'on fait
la defcription de ces champs fortunés où les an-
ciens avoient imaginé que les âmes de leurs hères
alloient pour jouir de la féiicité , qui étoit le
prix & la récompenfe de leurs vertus. En effet ,
c’étoit dans la Bétique , partie méridionale à'Ef-
pagne y 8c dont l’Andalouîie fait à préfent la meil-
leure partie, que' les mythologues 8e les poètes
plaçoient leurs champs élyfèes , parce que ce
pays avoir la réputation autrefois , comme il l’a
encore aujourd’hui , d’être le plus délicieux &
le plus heureux du monde ; prééminence qu’il
tient autant de la fertilité de fon fol, que de
la bonté & de la délicateffe de fes fruits Regio
efi , dit Mérula, parlant de l’Andaioufie , qu&
infigni rerum omnium fertUitate luxuriat , cuncias
univerfi terrarum orhis provincias eo nomine facile
fuperans. Ce géographe moderne n’eft que l’écha
des éloges que les géographes de l’antiquité ont
faits de la Bétique. On lit dans Pline ( lib. III.
cap. I. ) : Bsitica a flumine eam mediam fecante
cognominata ; cuncias provincias diviti cultu, &
quodam fertili ac ptculiari nitore prsxedit . Le même
auteur afture {.lib. XVIII. cap. X. ) que les terres
dans toute la Bétique rendoient cent pour un :
càm centefmo quidem & Leontini Sicilia campé
funiunt, aliique, & iota B&tica & imprimis Ægyptus.
Sur ce pied, il ne faudroic que 432381 arpens
D ddd
57S ESP
par an en cuî'nre «àe bieci , peur nourrir toute la
pupu'aîicn » cui eft actireuement en t^jpagne Sc
en Portugal , '& qui fe monte à 9,300^000 âmes ;
car un arpent qui oreduie cent pour un , peut
fournir à la lubiîftance de vingt-ane perfonnes ,
en fuppofant la femence de fix bo;fleaux & demi'
par arpent. Auffi ^ dit-on , que PAndaloufie eft
le grenier , la ca?e & récurie de YEfpagne =:>. '
cc Dans le Lexicon-biftorique-géographique &
poétique de Charles Étienne , la Bétique forme
le tiers de YEfpagne ; mais fur Yorbis romanus de
d'Anvüle, ia Bétique contiendroit feuîement
dix-neuf raillions d’arpens : or, enaèrCj
conjointement avec le Portugal, comprendroic
plus de cent treize millions d'arpens fur la meme
carte ; par conféqiient la Bétique ne feroit guere
plus que la lîxième partie de YEfpagne antique ,
c’elt-à-dire , YEfpagr.e afoueile & du Portugal
Ênfemble. Un pays dhine îi petite étendue ( s'il
étoiî encore aîsfli fertile qu’il étoit autrefois_,
félon Pline ) pourroit nourrir cent millions d habi-
îahs, en ne mettant en culture de bled chaque
anne'e que 4,750,000 arpens, qui font le quart de ,
la Bétique. Et fi les terres avo-.ent été de^ cette
qualité dans toute l’étendue de YEfpagne ancienne,
îa cinquième partie de fes terres auroit procuré
la fub'fiftance à une population de 474,600,^0
âmes. Mais YEfpagne n’a jamais été par-tout éga-
lement fertile : en général , ce pays eft rempli
de montagnes, & très-aride en beaucoup d’en-
droits. Strabon ( lib. III. cap.^ I. ) dit que la
Turdétanie & les bords du Bétis , ou Guadal-
quivir, font très-fertiles pour le froment, les vins,
îes huiles de la meilleure qualité , les laines , les
min.es, d’or & d’argent. Ce canton fait partie de
la Bétique , & nous l’y avons compris. La Lu-
fitanie aujourd’hui le Portugal & l’Eltrémadure,
étoit également très-fertile 5 mais elle étoit mal
cultivée. Les ifles Baléares produifoient une pro-
digieufe quantité de bleds. Mais ce gét^raphe
obferve que la partie feptentrionale de YEfpagne
eil: sèche, montueufe & maigre. La Bifcaye, par
exemple, la Galice, la- Navarre, l’Arragon, la
Caftille vieille., la province de Murcie , celle de
Valence, celle d’entre le Doaero & le Minho,
celle de Traies - Montes, le Béira SePAlgarve,
ne jouiflént pas de la réputation de produire
beaucoup de bled ; mais les Afeuries en produi-
fent : l’Efîrémadure, tant efpagnole que portu-
gaife, eil très-fertile. Ob en peut dire autant
de-la Caftille nouvelle, fur-tout du royaume de
Léon , de celui de Grenade , de la Catalogne ,
de Mayorque & d’Ivice , & de l’AIentéjo , qa’on
appelle le grenier du Portugal”.
ESPAGNOLES ( médailles ) avec des carac-
tères inconnus.
*
On en a un grand nombre. Laftanofa a cherché
à les expliquer ; mais fans un fuccès évident. Le
ESP
P. Fierez a été moins malheureux. Pellerin en %
publié plufieurs dans le premier volume de fon
recueil de peuples Sc de villes.
Le Ijmbole de YEfpagne fur les médailles eîl
un lapin, foit parce que cette contrée, appellce
Cuniculofa par Catulle , en nourrit beaucoup ,
foit parce que les romains appelloient du même
mot cuniculus & un lapin, Sc les fouterreins des
mines dont YEfpagne étoit remplie.
L’Afpugne eft quelquefois repréfentée far les mé-
dailles en habit militaire , avec un petit bouclier
& deux javelots. Quelquefois elle tient des épies,
fymboles de ia fertilité.
ESPAGNOLS. Les celtes s’établirent dans la
partie d'Efpagne, voifine de Èbre ; de là vint
aux efpagnols le nom de celtibériens . Les habitans
des ifles Baléares éteient fouvent confondus avec
les efpagnols.
Les efpagâols (Tit . Liv. decad. III. lib. II. ) por-
toient des tuniques blanches , bordées ou rayées
de pourpre, diftinélion remarquable fi on pou-
voir l’appliquer à toute*ia nation ; mais le pays ,
qui comprend l’Efpagne, ippellée Iberia à caufe
de TEbre , Iberus ( Plin. lib. III. cap. III. ) ,
étoit habité par différens peuples , dont on trouve
les noms dans Srrabon (lib. III. ), & qui'prc-
bablement différoient entre eux dans la manière
de s’habiller. Diodore de Sicile dit que les ceiti-
bériens portoient un fagum noir & velu , d une
efpèce de laine qui reiXembloit fort au poil de
chèvre. Valère- Maxime ( lib. K. cap. J. ) , en
i’appellant fagulum efpagnol , paroît iediltinguer du
fagulum romain , la différence confiftoit fans doute
dans la matière ou dans la couleur. A l’occafion
de quelques foldats de la colonne trajane, qui por-
tent le fagum avec une efpèce.de capuchon, cucul-
lus , pour s’en couvrir la tête , Ciaconius ( not.
243 , fur la colonne trajane. ) a remarqué que
les manteaux avec des capuchons étoienc efpa-
gnols ou iufitaniens. Quelques figures de l’arc de
Septime-Sévère ( veteres arcus auguftorum , tab. C.}
en portent de pareils. Bellori ( Colon. Anton,
fol. 56. ) i’appeüe lacerna cucullata y cependant
des monumens égyptiens , étrufques , '6c autres
rapportés par le comte de Caylus ( Recueil
d’Ântiq. tom. V. pl. lé. 49. ) prouvent que l'ufage
des capuchons étoit trop ancien & trop général
pour l’attribuer aux feuls efpagnols ; d’ailleurs,
félon Juvejia! ( fatyra , 8.) , les gaulois - aquita-
niens en faifoienr auffi ufage. Il eft vrai que Je
capuchon fe trouve communément attaché à la
tunique , & que les figures , dont parle Oaco-
nius , le portent at'aché non pas au pallium ,
ou à la P alla , comme il s’explique, mais zn fagum
ou à la lacerna{no\xs prouverons à l’article des
romains , que la lacerna avoir la même forme que
ESP
ESP
le 8c ia chhmyde. ; Attaché de cette façon ,
le capuchon pourroit dii'tinguer ies efpagnoU.
Juvenal {fztyra j , ÿ'. 146. ) attribue le cucullus
aux maries 6c aux fabins , peuples auftères , Ôc
vivant coritinuellem,ent expoics aux ii;;ures de
Tair; mais ici la peniee du poète n'eic point que
Je Jagum cu.cu.LLs.tujn a;: été tellement partscuiier
aux marfes & aux fabins , que dans d'autres parties
de ritalie les matelots , les laboureurs ^ 8c autres
gens du peuple vivant durement ^ ne s'ea toient
auflî fervi. Il cite feulement ies marfes & les
fabins 3 parce qu'ils étoient les peuples les moins
efféminés de i'Itaiie. Pour cette raifon il leur fup-
pofe un habdiement aulTi éloigné du luxe générai ,
que le fagum cacullatum pouvoir dift'érer des ha-
biüemens ufités , non- feulement à Rome , mais
encore dans ies autres villes les plus opulentes
de l'Italie. L'utilité de ce capuchon en a perpétué
l'ufage dans les pays orientaux de i-'Lurope. Les
ordres religieux i ont pris comme fymbole de ia
vie humble & laborieufe à iaqueile ils fe confa-
croient. Cet habijlement ^ qui paroit linguher de
nos jours , ne i’étoit point alors ; tous ies ma-
nœuvres ou arcifans le portoienr habituellement-
Sur une médaille qui a pour exergue le mot
Jlifpania , - on trouve la repréfentation d'une
femme dont ia tête eil couverte d'un bonnet ;
elle eft vêtue d’une tunique ferrée par des cein-
tures fous le fein & fur ies hanches 5 elle eit
chauffée de brodequins; elle tient- d'une main
deux épis , & de l'autre un bouclier rond avec
-deux javelots.
Les efpagnoLs fe fervoient de barques faites
d’un féal tronc d'arbre.
Les faabitans des ifles Baléares ( Straho ^ lih. lit.
fol. 69. ) , célébrés dans l'antiquité pour leur
adreffe à fe fervir de la fronde, font ies premiers
qui fe foient vêtus du latklave. ( Voye^ cet
article. ) Ils combattoient fans ceinture , ayant
trois frondes à l’entour de la tête , & le bau-
ciier attaché au bras. Ils tenoient auffi à la main
un dard, dont la pointe étoit durcie au feu.
Les efpagnols , félon Diodore , fe fervoient de
cafqacs de fer , ornés de panaches de couleur
pourpre. Les boucliers de ces peuples étoient
auffi longs & auffi légers que ceux d^ gaulois ,
au moins quant aux provinces limitrophes des
Gaules. Dans les autres c'’étoient des boifcliers
creux & arrondis', comme ceux des romains ou
des africains. ( Lipfius de militia romana , lih. III.
dial. I. analeBit. ) On ignore la forme particulière
qu’avoient les cafques «èrféérzenx ; mais iine_ mé-
daillé d’Auguffe, avec l’infcription Hifparàa re-
cepta, offre un-e lance & des efpagnols ,
qui étoient des feuta. Ces peuples pqrtoient atifii
des bottines tiffues de poil , chauliure qui les
diftinguoit des autres nations barbares.
S19
^es efpagnoLs avoient des épées fort courtes
( lite-Live, decad. III. liv. II- ), pointues &
tranchantes des deux côtés ; ils fe feivoient auffi
d’un poignard d'im pied de long. Ils fe fen'oient
de dards faits entièrement de fer , & à plulîcurs
crochets ( Appian. Adexani. lib. V. f : ce font
autant de détails qu'il ne faut pas rejetter comme
minutieux, puifqu’iis appartiennent à une nation
plutôt qu’à une autre , & fervent à caraétérifer
celles qui n’ont pas laiffé d’autres moHumens.
Les luCtaniens ( Strab. Lib. III. fol. 64. ) avoient
des boucliers de deux pieds de largeur , concaves
en dehors, quelquefois revêtus de nerfs, qu’ils
attachoient par une courroie , probablem.ent à
l’entour du coi , puifque cette arme n'avoit ni
anfe , ni poignée. Leurs cuiraffes étoient de lin ;
ils portoient des calques furmontés de hauts
panaches; ils s’armoient tantôt d’un poignard,
tantôt d’une pique garnie d’une pointe de cuivre ;
en général iis portoient plusieurs dards. Les mon-
tagnards de la partie feptentricnale de YEfpagnc,
tels que les afturiens ; ies cantabres , A'c. fe
couvroient d’un fagum noir. Les tuniques des
■femmes , fuivant Artémidore , cité par Strabon
Lib. III. fol. 68. ) , étoient faites d’étoffes à
■eurs; d'autres port-cient des ernemens barbares ,
favoir, des colliers de fer, avec des branches qui
s’élevoient des deux côtés en avant du front
au -deffus de la tête, 8c qui fervoient foiivent à
rnpportér una efpèce de voile, avec lequel on
faîfoiî ombre au vifage ; d’autres s’attachoient à
l’entour du cou un collier ou une bande, qui,
remontant jufqu’à ia hauteur des oreilles , s’éle-
voit enfuite en s’élargilTant, 8c fe recourboit en
dehors. -Il y en aveit qui fe déracinoient les
cheveux fur Se front ; d’autres ies faifoient monter
autour d’une 'épingle d’un pied de long, qu’elles
attachoient fur la tête, & les recouvrojent en-
fuite d’un voile noir. On croit reconncître dans
tous ces ajuftemens bifarres l’origine de pluffeurs
modes qui ont eu lieu dans des temps poftérieurs.
On ne fait rien de particulier fur la religion
des efpagnoLs, & l’on croit qu’ils adoroient les
mêmes divirdtés que ies gaulois , 8c de plus quel-
ques divinités topiques.
ESPÉRANCE, divinité que les grecs appel-
loient la déeffe Elpis , & les romain-s Spes. Elle
avoir un temple à Rome , au marené aux nerbes ;
elle en avoir un autre dans la fepuème région
de la ville. Le premier fut frappé dé la foudre ,
dit Tite-Live ( Lib. XXL ) , & fut encore ruiné
depuis par un incendie. Il y a des poètes qui
font VEfpérance fœur du fommeii & de la mort .,
parce que l’un & l’autre font refpoir des ir.al-
heureux. Pindare l’appelle rufavpi'çcs-, nourrice
des vieillards.
Elle eft ordinairement repréfentée fur les mé-
dailles romaices fous la forme d’une jeune filk
D d d d ij
r 8o
ESP
tiebour, relevant d’une main fa robej Sc de
l’autre tenant une âeur. II exiite un bas-relfef
où cette divinité, debout Si couronnée de fleurs ,
a dans îa main gauche des pavots & des épis ,
îk s’appuie de la droite fur une colonne ( Bolffard.
Antia. rom. ) 5 devant elle on voit une ruche d’où
fortent des épis Si des fleurs. Tous ces emblèmes
nous fcmbient très - ingénieux ; car l’homme
efpère ou des biens , ou des plaifirs , & Vefpé-
rance lui fait oublier fes maux ; or les biens
pouvotent-ils mieux être défîgnés que par un épi ?
les plaiflrs que par une fleur '? & l’oubli des peines
que par un pavot? La ruche, cachant les
tréfors qu’eüe renferme , tréfors qui ne font point
le produit du travail de l’homme, ne nous paroît
pas moins heureufement imaginée.
IVotjs apprenons de L'ampride ( in Anton. He-
liogahal.y qu’on diflinguoit à Rome îa Spes an-
cienne d’avec la moderne. Celle que l’on voit,
pi. 88 des p er. grav. du palais royal , réunit dgs
dîtes a fes attributs ordinaires ; & il faut avouer
que les ulos conviennent parfaitement à VEfpé-
rance j cependant, comme cet attribut fe ren-
contre très rarement , Si fur les pierres & fur les
médailles, on pourroit, à l’exemple de Boze,
prendre cette figure pour une vicloire , conftam-
ment repréfentée avec des ailes , & dans les mains
de laquelle on voit auffi des épis & des pavots ;
mais le Calatus ou îe Modms ^ dont la tête de
ce camee efl ornée , & qu’on retrouve fur une
figure de VEfsérance , oui efl au revers d’une
médaillé de P efeennius Niger , détruit le fentiment
de Boze , & ne iaifle aucun doute fur i’explica
tion de M. l’abbé le Blond.
On voit fur vint prime £ émeraude de la col-
leélion de Stofeh , V Efpér an.ee àPoom , tenant de
la main droite une fleur , fon fymbole ordinaire.
Sur d’autres ( Gruter. infer. p. CII. ) monumens
elle porte auffi des épis de bled & des têtes de
pavot.
Cette figure, de même que les trois autres
EJpérances de cette col leélion , font habillées à
la manière des figures étrufques , quoique les trois
gravures en total ne foient point de la manière
de cette nation. I! fe pourroit bien que le genre
de draperie qu’on leur voit , & qui efl caraélérifé
par des plis parallèles, eût été particulier à
l’Eféranee. En effet, on obferve le même goût
dans les vêtemens de cette déeffe fur une mé-
daü'e de Claudius & de Philippe l’Arabe , auflî
bien oue dans fa ftat je à la Rome.
Certe itatue , haute de deux pieds , méconnue
autrefois pour une ftatuq de VEfpéranee , parce
que 1 infeription , gravee fur fa bafe , étoit cou
verte par une croûte épaiffe de terre endurcie
& de moufle j la voici ;
E S Q
Q. AQVILIVS. DiONYSIVS. ET.
NONIA. FAVSTINA. SPEM. RES
TITYERVNT.
ESPRIT. Les platoniciens difoîent qu’ilyavoît
un efprit répandu dans l’univers, qui animoit tour,
qui éroit le principe de toute génération , qui
donnoit la fécondité à tous les êtres } que c'étoit
une flamme pure, vive Si toujours aélive, à
laquelle ils donnoient le nom dè dieu. Voyez
Génies. ^
Esprits. On trouve fur quelques médailles
grecques ces caraétères H , 1- j le premier eil
Vefprit doux, le fécond Vefprit fort.
ESQTJILIN (le moht)j'ï , ^
Esqüilies , ^ ^ une des fept collines
de la ville de Rome ; c’efl ce qu’on appelle
aujourd’hui la montagne Ste. Marie Majeure,
On écrit auffi en latin exquili&i & l’on croit que
ce nom s’efl: formé, par corruprion, èéexeubia,^
Si qu’il fut donné à cette hauteur , à caufe des
fentinelles que Romulus y mit , de crainte d’être
furpris par Tatius, duquel il fe méfioit. D’autres
veulent qu’il ait été formé de quifquilia..^ parce
que c’étoit là que ceux qui prenoient des oifeaux ,
tendoient leurs filets , & qu’ils jettoient des ordu-
res, quifquilias pour les attirer Sc leur fervir
d appas. ID’autres enfin prétendent qu’il vient
àexeolo ; qu’on le donna à cet endroit lorfqu’il
fut cultivé J de même que nous avons appeilé
eultures , coutures^ des endroits nouvellement
aiitiyés , & que ce nom leur efl enfaite relié.
Quoi qu’il en foit, Servius Tullus l’enferma dans
Rome , & s y fit un palais & des jardins. Le
mont Efquilin avoir à l’Orient les murailles de
ville , au Midi , la voie lavicane , à l’Occident,
la vallée qui étoit entre le mont Coelius & le
mont Palatin, & au Septentrion, lemontVimi-
nal. I! formoit la cinquième région ( quartier )
Rome , a laquelle il donnoit fon nom , Sc
qu’on nommoit région , Efquiline.
La^ porte Efquiline étoit une porte de Rome ,
qui etoit du côté du mont Efquilin.. La tribu
efquiiine étoit la fécondé des quatre tribus de la
cité de Rome.
On cxécutoit les criminels hors de la porte
Efquiline. {Taek. annal. IJ. 32. y.) C’étoit là
auffi que 1 on brû'oit ou eafévelifîoit les corps
des efclaves. ?vlecène planta des jardins fur le
mont Efquilin. L empereur Gaiiien en aimoit le
féjour, & il y fit bâtir un arc de triomphe
qui porte fon nom.
ESSAYEUR. li y avcit dans chaqoe riüe p’u-
fieurs , ou au moins un efftzyeur des monnoies j
appeüé chez les grecs iuyoiànis , Se chez les
romains libripcus.
ESSEDARU. ■) T. ^ _
ESSED UM. 5 ^ ^jJ^dun etoit une efpece
de chanot en uface chez les belges & chez d^’aii-
tres peuples des Gaules j il étoic a deux roueSj
& tire par deux chevaux ou deux mulets j mar-
chant i un à la queue de l'autre. On s^en lervoit
à la guerre. Les combattans , appelles ejfedarîi ,
etoient debout dans leur ejfedu.m. Les gens du
peuple & les perfonnes dillinguées voyageoient
dans cette voiture ; on y mettoit indiftindtement
& des hommes & des bagages ; on en conduifoit
dans les triomphes j on en fît courir dans les
cirques j on en fit même monter par des gladia-
teurs ^ qui combattoient fur Vejfedum, & qui
furent appelles efedarii.
ESTIAIA. Héfychius donne ce nom à des fa-
crifices folemnels offerts à Velîaj appellée par
les grecs EsU. Il n’étoit permis à perfonne autre
que les ficrificateurs , d'emporter quelque partie
des vidiimes.
ESUS ou TIESUS , grande divinité des gau-
lois J que l’on croit être leur dieu de la guerre.
Lorfqu'ils étoient fur le point de donner bataillie,
ils faifoient vœu de lui confacrer toutes les dé-
pouilles ^ & de lui imm.oler non - feulement les
chevaux qu'ils prendroient fur l'ennemi , mais
encore tous les captifs : ce qu'ils n'exécutoient
que trop fidellenient. C'eft par l'effufion du fang
humain , dit Lucain , qu'ils appaifent leur dieu
Efus. Ils portoient même quelquefois leur inhu- i
maine fuperllition , jiifqu'à lui immoler leurs
propres enfans , & leurs femmes , pour fe le
rendre L?wrable.
On lit Héfus dans Lucain ( /. I. v. 445. ),
Efus dans Ladlance , & même dans les manufcrits
de Lucain, à ce que dit Grotius. Bochart, dans
fon Chanaan l. I. c. 41 , croit que Héfus lignifie
proprement fort, qu'il vient de l'hébreu, ou
phénicien , Hinui y que les phéniciens donnè-
rent ce nom à Aiars , & l'appellèrent
comme Julien l'apollat l'afiTure , d'après Jambîi-
que , dans fon oraifon fur le foleil , & ailleurs
encore} il dit que Héfus, o\i A^jd^us , étoit ho-
noré par ceux d’Edefle , en Syrie } qu'il fe joignoit
au foleil ; qu'il étoit le précurfeur du Ibl^l.
Il aioute que Héfus , ou le Mars des gaulois
{ C&f. bell. gallic. lib. HL ) & des germains,
n'étoit point comme chez les romains l'allre de
Mars , mais Jupiter ou Apollon. De l'érymologie
rapportée ci-delTus, il s'enfuit que l'Éfus des
manufcrits eil mieux que Héfus. Sur l'un des
monumens qui ont été trouvés dans les fondemens 1
du nouvel aiiîe! de Notre-Dame de Paris , ü. y
a une figure dé Efus- Il elt fans barbe, couronné
de_ laurier , vêtu d’une fimple tunique qui n'a
point de manches , & qui depuis le cou iufqu'à
la ceinture , ne lui couvre que l'épaule & le côté
gauche 5 la partie qui devroit couvrir le côté
droit , parcît ramaffée autour de la ceinture. II
a le bras droit nu, pour pouvoir agir plus libre-
ment. La tunique ne defeend que jufqu'aux ge-
noux. Il appuie la main gauche fur un arbre tron-
qué ; de la droite il tient une hache élevée,
& dans la pofture d'un homme qui en décharge
un coup fur quelque chofe. Au refte , fon Hom
fur ce monument ell écrit Esus. On trouve dans
les mémoires de l'Académie des Infcriptions Iss
delEns de ces monumens gaulois.
ÉSYMNETE ,
Le verbe A’rimpvâii fjgnifioit dans les anciens
temps régner , gouverner. ( Héfychius. ) Lorfqu'on
élifoit un prince, pour gouverner une ville, on
l'appelloit éfymnétey on tyran, £jwca«»» A’iï-j^vîmi»
9 rupavsiav, parce que le prince rendoit la lulfice,
& la faifoit obferver, r«é â/nat , « hi, r« è'iKsùse,
tip-ü on -Tiifét, d'où il étoit appellé AiFug-n-JiTiis y
ou Atcr’jy.v>!rrif. ( Iliad. L XXIH. V. 347. ) Ho-
: mère fait mention de Yéfymnete. Ce fouverain ,
magiilrat créé par éleâion , étoit à vie, ou feu-
lement pour un temps. Arîfiot. polit, l. HI. c.
XIH. ) Un marbre de Téos, en Ionie , d'une
grande antiquité , prouve que cette ville étoic
gouvernée par un éfymnete , {Ckiskull. ant. afiutic.
P- 98. ) & qu'il commandoit dans la ville & dans
fon territoire ; AlSïMNiil EN têûi k thi thi
THIHI.
Dans la fuite des temps on donna le nom à’éfym-
netes aux prélîdens des jeux publics , ou à leurs
miniftreS ,. AtTvp.ytflv.t o't rev A’ysîyei TTfoisarts ç
La ville de Chalcédoine , fuivant un
marbre , publié par le comte de Caylus ( Rec. z.
p. 175. ) étoit gouvernée par un fénat j mais
elle avoir lîx magillrats fouverains, appelles
nhes , qui changeoient tous les mois.
Denys d'Halicarnaffe appelle en %ttc éfymiàtes ,
les dictateurs romains.
ÉsYMNETE, furnom donné à Bacchus, à caufe
d'une de fes ftatues, faite de la main de Vulcain,
& donnée à Dardanus par Jupiter même. Hoye^
Eurypile.
Ce furnom Alavfiu'AjTiis pouvoir venir du mot
a!sri<iyifiiiT>!s , de bon augure.
ET. La particule &, ainfi formée, ne fe
trouve ordinairement que dans les écritures cur-
lîves 8c minufcules anciennes. Elle y eft non-
feulement féparée, mais elle entre encore dans
la compofition des mots , comme dans RSciNdc ,
582 E T A
&IAM , P&îTE , pour retinet , eticBn , petite. Les
manufcrirs & les diplonies rdurniirent beaucoup
d’exemples de cette manière d’écrire, qui cefla
au XIP. fîècle. Ainfï j lorfqù’on rencontre ia
conjonction & ^ faifant partie d’un mot , c elt
une marque que !e manufcrit a plus de cinq
cens cinquante ans d’antiquité. On ne dira pas
avec Cafley , plus de fîx cens ans , parce qu’on
a des preuves que cet ufage n’e'toit point encore
aboli , du moins dans les chartes en 1197. iNou-
velle Diplouiaîiaae. )
ETA J ou ÎTA J nom d'une voyelle de la lan-
gue grecque j qui a cette forme H , 7. -La pro-
nonciation de cette lettre a varié 5 on l’a pro-
noncée comme un e 8c comme un i. Térencien
nia. que la première prononciation 5 mais les grecs ,
depuis pliiiieurs ficelés j ne lui donnent plus que
la fécondé. Cette lettre , auflî bien que Vm , fut
ajoutée à l’alphabet ^ & n’y étoit point dans ie
commencement. On en voir encore des preuves
fur d’anciens monumens ^ tels que font les colonnes
des farnèfes , apportées à Rome de la voie ap-
pienne, où l’on voit i’E pour l’H , AEMETPOS,
koFSS , pour AHMHTFÔS & KOFKS. On dit'
que c’elt Simonide qui l’ajeuta. ( Bihliand. de
ratione communi ■ linguarum , p. 40. ) Les latins
rendent cette lettre par un e. Car pour
3y,Ta, , &-/j(rîùs, Qyjtyiîaoôs ^ &C. , &C. , ÜS
ont dît -Demetrius ^ Beta , Hemera Tkefeus ,
Thefaurus , &c.
ETALÏDES. Voye^ Ætalides.
ÉTAGES. Les maifons de Rome avoient plu-
lîeurs étages. F^oye^ Cœnaculum.
Josephe c Bell, judaic. V^II. 2^. ) dit qu’au
triomphe deVefpahen, on portoit des ma'chines
qui s’éievoient jufqu’au Iroifième étage. Augufte
voulant arrêter cette hauteur extraordinaire des ■
maifons» que l’avidité des propriétaires portoit
hors ^ de toute proportion , le fixa à 70 pieds i
romains , environ 66 1 pieds de France. Néron
rappella ce réglement après l’incendie de Rome 5
mais Trajan réduifit encore la hauteur des mai-
fons à 60 pieds romains» environ 57 pieds.
Le feul bâtiment à deux étages qu’on ait trouvé,
depuis qu’on travaille aux fouilles près de Na-
ples , eft à Pompeii , & on peut le voir à dé- ■
couvert. En général, les bâtîmens de la maïfon
de campagne d’Herculanum , ainfi que ceux de
plufieurs habitations de particuliers, du même
canton & des environs , n’ont jamais eu qu’un
etage^
Le marquis Çaliani de Naples ^ dît dans fa
traduéiion de Vitruve ( pag. -6. tB’. i. ) que
les maifons des perfonnes riches , de même que
les palais a la campagne , aiiùi qu’il a fans
ETE
doute voulu dire, car on fait que îe coHtra^^.
avoir heu dans les villes) n’étoient, en génér-i
que d^n feul étage , fans avoir aucune chamCi
au-delTus du rez-de-chauffée. Il a raifon nou-rl
qui regarde la defeription des maifons de câi^
î^agne ds Pline 5 mais quant a la villa Hadrienn-'
Il paroit vifiblement qu’il y a eu des appartemens^
les uns au-defTus des autres; on le voyoit auflî
■ aux bains d’Antonin & de Dioclétien , tels qu%
' étoient encore i!_ y a deux cens ans. Quefeues
parties de ces édifices furprenans avoient jafqu’à
trois galeries ou corridors d’appartemens l’ünau-
deffus de l’autre. Dans les ruines d’une très-
grande^^y/7/a , fous Fancien Tufculum, où eft
aujourd’hui la villa des Jéfiiites , appellée la
Rujfinella , il y avoir des chambres aù-deffus des
appartemens ordinaires : ces chambres néanirroins
étoient baffes & vilaines , & femblent n’avoir
été deitinées que pour les domeftiques.
ETALON. Les grecs notnmoient Y étalon des
•mefures jKETCffly c’eft-à-dire , /e prorotyye
des me farts. £"
Les romains le nommoîent fimplement mtn-
fura , par excellence , comime étant la mefure à
laquelle toutes les autres doivent être conformes.
Les étalons des poids 8c mefures ont toujours
été gardés avec grande attention. Les hébreux
les dépofoient dans le temple , d’où viennent
ces termes fi fréquens dans les livres faints : le
poids du farMuaire , la mefure du fanBuaire.
Les athéniens établirent une compagnie de
quinze officiers, appellée menfurarum
curatores , qui avoir la garde des étalons : e’é-
toient eux auflî qui régloien't les poids & les
mefures.
Les romains les gardoient dans îe||^p!e de
Jupiter au capitole, comme une choie facrée&
inviolable; c’eft pourquoi la mefure originale
était furnommée capitolina.
Il eft fait mention au mot Cokge , d’un de
ces étalons.
^ Les empereurs chrétiens ordonnèrent que les
étalons des poids Se mefures feroient gardés par
le gouverneur ou premier magiftrar des provin-
ces. Hononus chargea le préfet du prétoire de
Y étalon àas mefures. Se confia celui des poids
au magiltrat , appellé cornes facrarum largitionum,
qui étoit alors ce qu’eft aujourd’hui chez nous
le controleur général des finances.
Juftinien rétablit l’ufage de conferver les étalons
dans les lieux faints ; il ordonna que l’on veri-
fieroit tous les poids Se toutes les mefures , &
que les étalons en feroient gardés dans la prin-
cipale églife de Conftaatinople ; il en envoya de
ETE
femblables à Rome , & les adrefla au féuat comme
un (iép8t digne de fon atcention.
La novelle ii8®. dit auflî que Ton en gardoit
dans chaque églife j on y confervoi: à cer effer
des boifleaux d^airain ou de pierre , & d'autres
mefures.
ÉTA^^AGE. 1
ÉTAMER. I Double
ÉTAPIER. Les romains appeîloient Copiarzus
celui qui ét&ir chargé de fournir la nourriture ,
du fel & du bois à ceux qui voyageoient pour
le fervice public.
ETC. & c&tera. Voye:^ ABRÉVIATIONS.
ÉTJÉ perfonnifié chez les poètes & dans les
anciens. C^'eft un génie à demi-nud , couronné
d'épis J & qu! en touche d'antres enraffés dans
fa corne d'abondance : il tient de plus une faucille
à la main J pour marquer la faifon des moüTons.
ÉTENDARD.
Etendard à la main des princes , elî le fym-
bole du fouverain domaine. On le voit fur les
fceaux de Charles - le - Gros , de Conrard I de
Henri I, d'Otton III, empereur, & fur celui
dont Louis-le-Gros fe fervit , iorfqu'ii eut été
défigné roi de France , du vivant de fon père.
Aux XIP. & XIIP. lîècles plufîeurs feigneurs
s'attribuèrent '^étendard, dont on peut voir les
figures daasHeineccius. ( Nouvelle Diplomatique.
Étendards des anciens. Fbyeç Enseignes.
ÉTENNÂ, dans la Pamphyüe. etenneon.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RP.R. en bronze. Pelkrin.
O. en or.
O. en argent.
On a des médailles impériales grecques de cette
ville , frappées en l'honneur de Géra , de Sévère
Alexandre.
ETEOBUTADES, famille facerdotale parmi
les athéniens, confac’rée à Minerve. Le droit de
porter le dais » ou umbella , dans la procefllon
qu'on faifoit au Scirrophories , appartenoit aux
Etéobutades . Ces prêtres tiroient leur nom de
Butes , fameux facrificateur.
ÉTÉOCLE , fils aîné d'GEdipe & de Jocafte,
après la mort ou la retraite de fon père, con-
vint avec fon frère Polynice, qu'ils régneroient
alternativement chacun leur année j & que pour
ETE 5§5
éviter toutes contelîations , celui oui ne feroit
point fur le trône, s'abfenteroit de Thèbes. Cette
convention fut la fource de leur haine, & d'une
des "plus fâcheufes guerres qu'il y ait eues parmi
les grecs dans les temps héroïques. Éréoc/e régna
le premier, comme l'aîné 5 mais ébloui par l'éclat *
d'une couronne, il ne voulut plus la quitter.
« Le trône eft un bien fi cher à mes yeux , dif-
“ il, dans Euripide, que je ne puis le céder à
« autrui. Quelle lâcheté feroit -ce de devenir
« fujet, quand on s'eft vu roi r Équité tant
“ qu'on voudra, je la refpecle en toutes chofes;
» mais, fl l'on peut jamais être injuile, i! eft
» beau de l'être pour régner Polynice , fruftré
de fes efpéranees , eut recours aux argiens , dont
Adrafte , fon beau - frère , était roi : il revînt avec
lui à Thèbes, à la tête d'une armée, pourredem-an-
der le fceptre. Les deux frères ennemis , voulant
épargner le fang des peuples, demandèrent à fe
battre en combat fingulier , en prefence des deux
armées 5 & s'entretuèrent l'-un l'autre. On ajoute
que leur divifio.n avoir été fi grande pendant
leur vie , & leur haine fi irréconciliable , qu'elle
dura après leur mort ; & l'on crut avoir remarqué
que les âa.mmes du bûcher , fur lequel on faifoit
brûler leurs corps , fe féparèrent, & que la même
chofe arrivoit dans les facrifices qu'on leur offroit
en commun. Car, tout méchans qu'avoient été
ces deux frères , on ne laifTa pas de leur décerner
les honneurs héroïques dans la Grèce. Mais Vir-
gile leur rend plus dejuftice en les plaçant dans
le tartare avec Àtré'e jÉgifte , Syfiphe , Tantale ,
Thvefte , & tous les fameux fcélérats de l’anti-
quité. Créon , qui leur fuccéda , fit rençire les
honneurs de la fépuhure aux cendres à’Étéocle ,
comme ayant combattu contre les ennemis de la
patrie j & ordonna que celles de Polynice fe-
roient jettées au vent, pour avoir attiré fur fa
patrie une armée étrangère. Noye^ Créon ,
Polynice, Thébaïde.
Étéocle*, roi d'Orchomène , dans i'Andréïde,
en Béotie , fut appellé le père des Grâces , parce
qu'il fut le premier, dit Paufanias, qui éleva
un temple & des autels aux Grâces , & qui
régla les cérémonies de leur culte. V. Andréus,.
ÉTEOCLÉES , furnom des Grâces , parce
qu’on difcit quelles étoient filles à’Etéocle^ roi
d’Orchomène.
ÉTEOCLUS , fils dTphîs, & frère d'Évadne,
fut un des fept chefs de l'armée des argiens
contre Thèbes. Ce jeune héros , dit Euripide ,
peu favorifé des biens de la fortune, mais comblé
d’honneur dans l'ArgoIide, tellement défintéreffé
dans les fervices qu'il rendoit à fa patrie, que
jamais il ne pur fe réfoudre à recevoir rien de
fes amis même , dans la crainte de corrompre
tant foit peu fon intègre équité, & de fe voir
5S4' ETE
lié par les préfens. II haïfioit les méchans^ non
l'étar & il dillinguoit la république de ceux
qui la rendoient odieufe', en la gouvernant mal.
Etéoclus périt devant Thèbes. Vcye:^ Iphis.
ÉTERNITÉ, nom d'une déeffe chez les
anciens.
Ætemitas. Mart. Capella, j. I, dit que YÈter-
nké étoit fille de Jupiter. Trilmégifte Platon
dirent que le temps eii l’image de V Éternué.
Claudien , dans fon fécond livre de iaudibus Stî-
liconis ( fur la fin vers 424. ) nous a donné une
defcription de Y Eternité , ou plutôt de l'antre
de l Eternité. Il dit qu'il efi dans un lieu in-
connu, ou notre efprit ne peut pénétrer, &oû
à peine les dieux ont accès. Il appelle cette
caverne la mere des années , toute hideufe de
vieiîeirej une caverne d'une durée infinie, qui
tait partir de fon vafle fein tous les temps , &
qui les ymappeîle ; il dit que cet antre comprend
tout ce qae lignifie un ferpent recourbé en rond ,
qui mord fa queue, fans jamais la ronger, ni
la confumer, & qui efi toujours auflîvif&auffi
»err. La nature , cette vieille dont le vifage eft
toujours plein de grâces , fait la garde à l'entrée
du vellibule. De tous fes membres il pend des
âmes, qui voltigent autour d'elle. Un vieil-
lard vénérable préfide dans l'antre , & y donne
des îoix qui durent éternellement : c'eft lui qui
règle le nombre , le cours & le repos des aftres ,
par qui tout vit & tout périt félon des loix
irnmuables. C efi lui qui détermine ce que la
lévolution incertaine de l'aftre de Mars, & la
révolution certairie de celui de Jupiter doit caufer
dans le monde 5 & les effets de la lune , qui
achève fi vite fa carrière ; ou du pareffeux Sa- '
turne , fi lent a fournir la fienne , ceux que oro-
duit Venus , toujours féreine , & Mercure
compagnon du foleil. Dans l'antre font tous les
fiècles difîmgués chacun par fon métal, & tous
en différentes places. On y voit les fiècles d'airain
ramaffés enfemble. Les fiècles de fer y^aroiffent
ûuîs & roides. La blancheur de ceux d'argent
y jette un éclat merveilleux ; mais ce qui y
brille le plus, c'efl le troupeau des fiècles d'or,
placés dans le plus bel endroit & le plus dif-
tingiié de ce palais , & qui portent un caraéière
qui les rend d'un commerce difficile avec la terre.
Telle efi à peu près la defcription que Claudien
fait de la demeure de YEternité. Elle a dans le
hdn des beautés , auxquelles , félon le favant
barthius ( dans fes notes fur Claudien ) , Rome ,
toute féconde qu'elle eft en génies éloquens,
n'a pu rien produire d'égal depîiis ce poète.
égyptiens defignoient Y Éternité parle foleil
dit Horus- Apollon dans les hiéroglyphes, & par
la ^lune. Les grecs & les romains en ufoient de
meme, aux fentimens de quelques auteurs. I! y
a une médaillé d Antiochus Épiphanès , au revers
ETE
de laquelle, pour marquer YEternité & l'apothéofé
du prince, on a mis une figure d'homme* qui
tient le foleil dans fa main droite , & qm a ^
lune fur la tète. De même on voit fur les mé-
dailles de Vefpafien , de Dqmitien, deTraian
d'Hadrien, &c., la déeffe Érernffé, vêtue d'une
robe longue , qui tient dans fes mains les têt«
rayonnantes du foleil & de la lune. C'eft le type
ou l'effigie ordinaire de cette divinité , fur les
médaillés latines. Une infcriptioîi rapportée dans
Gruter,page ^2, réunit de même le foleil &
la lune avec 1 Éternité. La voici ;
æt-ernitati
s A c R V M
SOLI ET LVNÆ
P. NOVELLIVS P. F.
PAL. V E R V S DD,
XVIII. K A L. 1 V L.
SER SCIPIONE ORFITO ET
<2- NONIO PRISCO COS S.
Sur une médaillé d'Hadrien , rapportée par
Occo (_ pag. i^j. ), & expliquée par Triftan
{ tom. L pag. 47 j-, ), YEternité efl renfermée
dans un cercle, & tient un globe, fur lequel il
y a un aigle arrêté : la légende eft, pm. t r.
P. C O s. 1 1 1. s Æ c. A V R. -On la repré-
fenteit auffi élevant la main vers le ciel. On dé-
fignoit encore YEternité par un ferpent qui mord
la queue, & fajt un cercle. Martianus Capeila ,
I.-l , dit que I Eternité eft fille de Jupiter , parce
que dieu n'a ni commencement , ni fin. Quel-
quefois elle eft repréfentée comme une déeffe, '
debout, 'tenant un globe fur lequel il y a un
oifeau arrêté j & de l'autre main elle fouiève Je
pan de fa robe. Au refte, cette déeffe-, placée
fur les médailles des empereurs , ne défigne fou-
vent que la perpétuité de‘ l'empire , & n'on YÉter-
Tîfre, laquelle 5 à proprement parler, & auffi félon
le fens auquel les empereurs l'ufurpèrent en leurs
titres & qualités , n'étoit qu'une longue & heu-
reufe fuite d'années.
L oifeau , pofé fur un globe , & porté par
\ Eternité., eft le phénix , animal fabuleux qui
cendre. L'éiéphant, dont la longue
vie faifoit an proverbe , étoit encore un fymbole
de YEternité.- '
On doit obferver que l'on n’a point élevé dans
l'antiquité de templesTii d'autels à Y Éternité.
. aliegoriftes modernes ont regardé les em-
nlemes de 1 Éternité , rapportés ci-deffus , comme
trop fimples. Ils leur ont fubftitué une imaae auffi
effrayante que la penfée de YEternité l'eft elle-
memç pour la plupart des mortels. C'eft un
monftre
ETE
rtionftre ( Rha iconoiogia pan. I. n°.' ^3 ) , avsnt
un bulle de femme , qui tient un giobe ians
chaque main ; le relie du corps ell une queue
de ferpent, parfemée d’étoiles & le repliant en
cercle.
Étîrnité , titre de grandeur que Ton donnoit
à l’empereur Conllantius ^ qui fe faifoit aufli ap-
peüer Eternel..
Æternitas. Un des officiers de l’empereur
Conftar.tius , demandant à Lucifer de Cagüari ,
fi le livre qu’on avoit envoyé à l’empereur étoit
delai, ajouta, vous devez donc écrire ce qui
en _ ell , & nous renvoyer Je livre , afin qu’on le
puilfe préfenter à fon Éternité , c’efi-à-dire , à
Conftaatius. Les catholiques tournoient en ridi-
cule les ariens, qui refufoient de donner au verbe
la qm\hé ÉterneJ , &qui la donnoientàConftan-
tîus. C’eft peut-être le fens qu’a le mot uternitas,
au revers de quelques médailles, comme imp.
CÆs. VESPAsiANVS AVG. & au revers Æter-
NITAS DIVA FAVSTINA , au revers ÆTERNITAS.'
ÉTERNUEMENS. Les anciens adreffoient
une pnere à Jupiter, lorfqu’üs éternuoient. On la
trouve dans l’Anthologie ( Ub.IÎ. cap. II. epig. II.) ;
& c’étoit Z'-i , Jupiter , fauvez-moi. Ceux
. qui entendoient éternuer quelqu’un, lui difoient
chez les grecs, vivez j & chez les romains,
falve , je vous falue.
Les rornains faifoient de ce compliment , du
temps de Pline le naturalifte , un des devoirs de
la vie civile; c’ell lui qui nous l’apprend.
Chacun , dit-il , falue ( 28. z. ) , quand quelqu’un
éternue , ftemutamentis falutamur ,- & il ajoute
comme une chofe fingulière, que l’empereur
Tibère exigeoit cette marque d’attention & de
refpect de tous ceux de fa fuite , même en voyage !
& dans fa litière : ce qui femble fuppofer que la ’
vie libre de la campagne, ou les embarras du
voyage , les difpenfoient ordinairement de cer-
taines formalités attachées à la vie citadine.
Dans Pétrone 3 Giton qui s’étoit caché fous
un lit , s’étant découvert per . un éternuement ,
Eumolpus lui adreiTe auffi-tôt fon complim.ent
C c<zp. j8. ')-.falvere Gitona juhet. De même dans
Apulée ( Met. IX. ) , femblable contre - temps
étant arrivé plufieurs fois au galant d’une femme, qui
avoit été obligé de fe cacher fous un mannequin
plein de vapeurs fulphureufes , le mari , dans fa
fimphcicé , fuppofant que c’étoit fa femme , Jô/Lo
fermone falutem ei precatus e/?, fit des vœux'
pour fa fiinré fuivant l’ufage.
La luperftiticn qui fe gliffe par-tout, ne man-
qua pas de s emparer de ce phénomène naturel,
& d y faire trouver de grands myftères. C’étoit
chez les égyptiens, chez les grecs, chez les
xoniatns uu.e efpèce de divinité familière, un
Antiquités , Terne II.
ETE
oracle ambulant, qui, dans leur prévention, les
dit a la re.'rre fa mere , qu’un étranger lui appnr-
toit aes nouvelles d’LTyîîe , « éternua auffi-tôc
” après d’une fi grande force , que tout le palais en
“ retentit; la reine en marqua fa joie : allez donc,
" E^umee , dit-eile, fattes-moi venir cet étranger,
n’entendez-vous pas que mon fils a éternué
fur ce que j’ai dtt ? Ce figne ne fera pas vain j
== la mort menace fans doure la tête des pour-
" fuivans”. Sur cela, madame Dacier fait cette
remarque : « nous voyons par ce .paflage que la
” fupedbtion venoit de ce que la tète étant la
« partie la plus facrée du corps , comme le fiège
” de la raifon & du fentiment , Y éternuement
” venant de la tête , on le prencit pour un
figne d’approbation j & non-feulement on ref-
peéloit ce figne , mais on le regardoit comme
envoyé par Jupiter même , & on l’adorolt. En
” voici une preuve bien remarquable , dans le
” IIP. liv. de Xénophon , de l’expédition de
« Cyrus. Xénophon ayant fini un peth difcours
" par ces paroles : nous avons plufieurs rayons
” d’efpérances pour notre fialut : W ziontt : fur cela
33 quelquun éternua, & tous les foldats ! ayant
33 entendu , fe mirent d adorer le dieu par un mou~
>3 vem.ent aujfi général que fiuhit ; & alors Xérw--
33 pkon , reprenant la parole , leur dit : compagnons,
33 puifquen parlant d’efipérance de fialut , cet augure
33 de Jupiter - fduveur nous efl apparu , <&c. Cela
33 explique fort bien l’idée que l’on avoit des
33 éternuemensu.
^ JJ éternuement pafToit pour être particuliérement
decifif dans le commerce des amans. Nouslifons
dans Arifténète ( epifi:. V. lib. II. ) , que Parthé-
nis ,_ jeune folle entêtée de l’objet de fa paffion,
fe détermine enfin à expliquer fes fentimens,
par écrit , à fon cher Sarpédon : elle éternue
dans l’endroit de fa lettre le plus vif & le plus
tendre ; c’en efl affez pour elle ; cet incident
luDient lieu de réponfe, & lui fait juger qu’au
même inflant fon cher amant répondoit à fes
vœux : com.me fi cette opération de la nature ,
en concours avec l’idée des defirs , étoit une
marque certaine de l’union que la fympathic
établit entre les cœurs. Par !a même raifon les
poètes grecs & latins difoient des jolies perfonnes,
que les amours avaient éternué à leur naiffance.
D’après cela on avoit fait des obfervations qui
diftinguoient les bons éterrmemens d’avec les
mauvais ; quand la lune étoit dans les fignes du
taureau , du lion , de la balance , du capricorne
ou des poîffons , \' éternuement paffoit pour être
de bon augure; dan^ les autres confteliations,
pour un mauvais^ préfage. Le matin , depuis mi-
nuit iafqiTà midi , fâcheux proncftic ; favorable
au contraire, depuis midi jufqu’à minuit : pernicieux
■ Eeee
SSS ETE
E T H
en fortant du lit ou de Ta table ; iî fallo!t_ s’y
reniemej & tacher ou de dormîr^ ou de boire ^
ou de manger quelque chofe ^ pour rompre les
Isix du mauvais quart d’heure.
On tiroir aufli de fembiables induélions des
ittmuemens fîmples OU redoublés , de ceux qui
fe faifoient à droite ou à gauche , au commen-
cement ou au milieu de l’ouvrage , Si de plufîeurs
autres circonftances qui exerçoient la crédulité
populaire, & dont les gens fenfés fe moquoient,
cornme on le peut voir dans Cicéron ( de divin.
H. 40. ) , dans Se'nèque , & dans les pièces des
auteurs comiques.
ITEP0J4A2XAA02. y ^ .
Eteromascala. I L
mologique, Poilux & Suidas difent que les efcla-
ves portoient une tunique avec une feule manche,
appellée, à caufe de cela, Khunius,
dhns fes notes fur Poilux , affure que cette manche
couvroit le bras gauche jiifqu’au coude, & laiffoit
nud le bras droit. Mais Üranie, fur le farco-
phage des mufes au mufcum- capitolin, feinbie
porter une pareille tunique , qui ne couvre au
contraire que le bras droit. On obferve cette
manche unique à PUranie de l'apothéofe d’Ho-
mère, & à une figure dont Cuper donne le delTin
dans fon explication de ce marbre précieux.
ÉTÉSIENS ( Vents).
Les anciens donnoient le nom è^étéfiens , du
terme grec ïVéïnos-, quifignifie anniverfaire ^ à des
vents , dont le fouffie fe faifoit fenur régulière-
ment chaque année, & rafraîchifioit l’air pen-
dant fix femaines , depuis le folfiice d’été jufque
dans la canicule. Le règne des vents étéfiens , étoit
annoncé par ceux que l’on nomanoir prodômes ,
oü précurjeurs ^ durant quelques jours.
& de Tacite. Arifrote, ou l’auteur grec, çu'“l
quil füit, du traité intitulé, /e monde, dit for-
mellement que les etefiens tiennent également du
vent com.me de 1 Et Diodore de
Sicile ( liv. I. cap. XXXIX. ) étend la bande
des vents étéfiens jufqu’au couchant d’été On
«ouye inême dans Pline & dansStrabon , d’après
Pofudonius, que^des vents foiifnants de rÊft
font appelles étéfiens-, mais il eft confiant qu’en
ceia ils s’écartent de Pidée la plus générale
qu‘o_n doit avoir des vents étéfiens. Cette com-
munication du nom A’étéfiens à des vents étran-
gers à la_ région ordinaire des étéfiens , ne peut
être admife, ou autonfée, qu’autant que la dé-
nomination en eile-même deviendra propre à tout
vent qui fouillera régulièrement. Il en feroit de
mêm.e du nom de vento/zfié, quoiqu’il foit fpé-
cialement employé à défigner le vent qui règne
fur les mers renfermées entre les tropiques , &:
qui, dans la mer du Sud particulièrement, con-
duit les navigateurs d’Orient en Occident. ( Cet
article efl de d AnvilLe , de 1‘ Académie royale des
Irficriptions , &c. )
ÉTÉSIPE , fils d’Hercuie & d’Aftydamie Voye?
Astydamie.
E TES lus lapis.
Pline dit que l’on préféroit ( 3C c. xi. ) à
toutes les pierres la pierre étéfienne , pour faire
des mortiers à piler les fubltances médicinales :
etefinmque lapidem in kis pr&îulere c&teri , mox &
Tkebaicum. Saumaife croit d’après ce'a , que
c’étoit une efpèce de porphyre. ( In fioHnum. )
É 1 HÉRIE , l’une des Héxiades.
ÉTHILIE , fille de Jupiter 8c de Protoféüe
Ces vents portant de la fraîcheur dans Path-
mofphère pendant la faifon des chaleurs, la plus
commune opirdon veut qu’ils fouffient de la bande
du Nord ; & c’eft ainfi que le vent du Nord
étant le traverfier des bouches du Nil , dont le
cours en générai eft du Midi au Septentrion ,
Les anciens attribuoient aux vents étéfiens , -ptn-
fiant juin & juillet , le refoulement des eaux du
■fleuve , qui pouvoir contribuer à fon déborde-
ment régulier dans la même fai fcn. Lerhiirobde
ce vent n’efi pas néanmoins tellement fixé à cette
r-égion du monde , qu’il ne participe deplufieurs
autres i & le nom dC étéfiens , eil appliquée des
vents venant du Couchant comme du Septentrion.
C’eft par cette raifon que dans plufieurs auteurs
anciens , les étéfiens font déclarés favorables fur
la Méditerranée , à ceux qui font jroute d’Occi-
dept en Orient ; & aceufés d’être contraires pour
Ja route oppofée. C’eft atnfî qu’on peut entendre
les vents étéfiens dans quelques endroits de Cicéron i
ÉTHIOPIENS.
Les anciens connoiffoient deux fortes d'éthio-
piens, ceux d’Afie & ceux d’Afrique. Hérodote
les diftingue en termes formels -, & voilà pourquoi,
dans les écrits de l’antiquité , le luom Ethiopie
eft commun à divers pays d’Afie & d’Afrique -,
voilà pourquoi ils ont donné fi fouvent le nom
d'indiens aux éthiopiens , 8c le nom d'éthiopiens
aux ve'rjtabies indiens. Dans Procope, par exem-
ple , VÉthiopie eft spptilée Y Inde. Voye-pen les
raifions dans les obfervations de M. Frcrcr.
Les grecs appelloient éthiopiens tous les peu-
ples qui avoient la peau noire ou bafanée :
c’eft pour cela qu’ils appelloient les Colches
éthiopiens , & la Colchide Ethiopie.
Quelles qu’aient été les prétentions des éthio-
piens fur leur origine , on ne peut les regarder
que comme une colonie d’égyptiens 5 iis ont eu ,
comme ceux-ci, l’ufage de la circoncifion & des
E T H
embaumemens ; îes mêmes vêteraens , !es mêmes
coutumes civiles Sc religieufesj les memes dieux,
Hammon , Pan , Hercule , Ifis 5 les mêmes tor-
îTies d'idoies , les mêmes hiéroglyphes , les mê-
mes principes , la diftinélion du bien & du mal
moral, rimmurtalite de Tame, & les métempfy-
cofes, le même facerdoce , le fceptre eu forme
de foc , 8cc.
M. Pav fait obferver que tous les monumens
anciens qu^on découvre vers le Sud, en allant à
plus de deux cens lieues au-delà des cataradles du
ÏNbl , font fculptés dans le goût égyptien , &
chargés de fymboles égyptiens , comme les ruines
de la ville royale d’Axume, qui gifîent un peu
au-delà du quinzième -degré dans la latitude fep-
tentnonale- Quand un jour on parsdendra à avoir
une connoiffance précife des excavations qu'on
trouve en différens endroits de V Éthiopie , enverra
que leurs caraiflères hiéroglyphiques relîemblent
à ceux des grottes de la Thébaide 5 car les thé-
bains & les éthiopiens , quoique gouvernés par des
fouverainstiifférens , n'étoient dans ie fond qu'un
même peuple, adonné à la même religion.
I! faut excepter ici le monument qu'on dit
avoir exiité à Adulis j mais dont l'exillenCe paroît
fort douteufe.
Diodore de Sicile a fu que les ftatues éthio-
piennes relfembîoienr exaélement aux llatues de
l'Egypte; car il s'explique à cet égard en termes
fort clairs , comme Bochart l'avoir déjà obfervé.
( In Pkaleg. lib. IV. cap. XXVI. )
Dès le temps d'Homère , ces peuples étoient
connus & refpeélés des grecs , pour l'innocence
& la fïmplicicé de leurs mœurs. Les dieux triême,
félon leur poète , fe plaifoient à demeurer au
milieu d’eux.
Jupiter s’en était allé cke:^ les peuples znnocens
de r Éthiopie, & avec lui tous les dieux. {Iliade. )
hes éthiopiens , félon Strabon, revêtus de peaux
de lion & de léopard, portoient des arcs de côtes
de palmiers fort longs , 8c qui n'avoient pas
moins de quatre coudées. -Les flèches de cannes
fort longues à proportion , avoient au lieu
de fer des pierres pointues, dont ils fe fervoient
pour graver leurs fceaux à fceller : ils portoient
auffi des lances, au bout defquéües croit une
pointe de corne de chevreuil , faite comme un
fer de lance, & de maiTiies ferrées. Lorfqa’ils ai-
loient au combat , ils fe frottoient la moitié du
corps avec du plâtre mou ,& l’autre mofiéavec
du vermiiion. Les éthiopiens , quoique divifés en
orientaux & en occidentaux , ne différoienr en-
tr'eux que par la chevelure & la langue. Les
orientaux avoient les cheveux plats ; & les occi-
dentaux de la Lybie , les avoient naturellement
plus frifés que tout le relie des hommes; (ce
font des nègres. ) Les éthiopiens orientaux, ou de
E T H
5^7
l'Alîe, étoient vêtus & armés prefque comme
les indiens ; ils portoient pour calque des peaux
de tête de cheval, avec les oreilles h cri-
nière ; en forte que la crinière fervoit d'aigrette ,
& que les oreilles étoient toutes drelTées. Au lieu
de boucliers ils fe fervoient de peaux de grue.
La Némé/îs de Phidias tenoit d’une main , au-
delfas d’une patère , quelques figures à’ éthio-
piens. Paufanias avQuoir qu'il en ignoroit la caufe.
Winckelmann croit qu'elles faifoient aliulîon au fur-
nom A’^ti^av, irréprochables y que donne Homère
aux éthiopiens,^ qui les devoir rendre chers à
la redoutable Néméifis.
Leur caraélère dillinétif étoit un nez épaté.
ETHNARQUE , le gouverneur d'une nation.
Ce mot eft formé du grec , nation ,
commandement. II y a piufieurs médailles d'Hé-
rode, appelle le Grand, fur un côté defquelies
on trouve HPQAOt , & de l'autre côté ÉeNAPKOY,
c’eft-à-dire , Vérode V éthnarque. Après la bataille
de Philippe , Antoine pafTant par la Syrie , éta-
blit Hérode & Phafaël fôn frère, térrarques ,
& en cette qualité leur confia l'adminillration
des affaires de la Judée. ( Jofeph. Ant. liv. XIV.
ckap. XX!!/. ) Hérode eut donc le gouverne-
ment de cette province avant que les parthes
entrafTent en Syrie, ou avant l'irivafion d'Anti-
gone , qni arriva environ cinq ou fîx ans après
^ qu'Hérodefuf fait commandant en Galilée. C/oE
liv. XIV. ckap. XXIV. AXV. ) Conféquem-
ment Hérode étoit alors viaimcm ethnarque , car
on ne pouvoir pas le nommer autrement ; de
façon qu'il faut que ce foît dans cet efpace de
temps que les médailles , qui lui donnent ce titre,
aient été frappées. Ces médailles font -une con-
firmation de ce que nous lifons dans l'hifioire,
que ce prince fut chargé de ce gouvernement
avant d'être élevé à la dignité de roi.
C'efl Hérode Antipas , & non pas Hérode-
le-Grand , que Joséphe a appellé Tétrarque ,
parce qu’Antipas ne poffédoit que la quatrième
■partie du royaume de fon père. Les termes d'AA-
j}arqtLe & de tétrarque né font peint fynonimes pour
ceux qui connoiifent le partage du royaume
d'Hérode, fait par Augulle- I! déclara Arché-
laüs , non héritier de tout le royaume de fon
père, mais feulement etknarque , ou prince de
la nation dés juifs ; & il lui donna fous ce titre
!a Judée , l’ïdumée & la Samarie , ce qui com-
pofoit la moitié du royaume d’Hérode le-Grand.
Augufle partagea en deux l'autre moitié ; i! donna
à AntipîS la Galilée & la Pérée, oiî les pays
au-delà du Jourdain ; & à Philippe l'Iturée , la
Traconite & la Batanée. Ces deux princes n’ayant
chacun que la quatrième partie du royaume de
leur père, furent nommés tétrarques , Sc leur
poïtvontétrarchie. Ceux qui ont entendu autrement
E e e e ij
ÎT SS E T O
ET a
ces termes , fe font e'îofgnés de leur Vraie fîgni-
fication.
ÊTHOSÉA J une des fept filles de Niobc, qui
périrent par les flèches de Diane. Voye:^ NioôÉ.
^ÉTHRA , fille du fage Pithéus, roi de Tré-
zène , fut mariée fecreîtement par fon père à
Egée J dont elle eut Théfée. Pendant fa grofieflej
Pithéus, qui avoit des raifons^pour cacher Tal-
diance qufii avoit faite avec Égée , publia que
Neptune, la grande divinité de Trézène , étoit
devenu amoareux de fa fille j ce qui fit palTer ,
dans la fuite , Théfée pour fils de ce dieu. La
fam^feHélène ayant été enlevée dans fon enfance
par Ihéfée, fut laifiéc fous la garde dTthra,
dans^la ville d'Aphidnès. Cafior & Pollux , irrités
de Tenlévement de leur fœur , coururent aux
armes, fe rendirent maîtres d^’Aphidnes, en Tab-
fence de Théfée, & en ramenèrent Hélène, &
avec elle Ethra, qifils lui donnèrent pour efcîave.
Ethra fui vit fa maîtrelfe dans fes diverfes aven-
tures , jufqa’à la prife de Troyes , eù elle fut
reconnue par fon petit-fils Démophoon , & dé-
Dvrée de Tefclavage. Voye-^ Démophoon,
I H É SÉE.
Éthra , femme d’Atlas, mère des Hyades,
étoit fille de Téthys & de l’Océan.
ÉTIENNE, fils de Romain 1.
S TEFHANUS AUGUS TUS.
Les médailles à’Étienne manquent.
ETNA , montagne de Sicile , fameufe par les
forges que Vulcain y avoit établies, & d’où Ton
appelloit ce dieu Etknéus. Voye:^ Paiices.
Etna ( médailles d’ Voye^ Ætna.
ÉTOFFES de poil. Uoye:^ Feutre.
Etoffes de foie. Voye:^ Soie.
Étoffes de laine. Voye^ Draperies,
Feutre.
& ?es eitemines. C etoient le plus fouvenr nVs
toiles de coton. Mais les orientaux en faifoient
un ufage general , ^ en particulier les perfes^Se
les indiens. Étoffes changeantes.
. EiOFFES rayées. Les -barbares portoient feuls
des tuniques ou des manteaux étoffes rayées. Les
eunuques & ks efclaves e'tant pour la pluoam
barbares d’origine , confervoient îes ^tofes rayées
comme leur caradère difiinftif. C’eft ainfi que
paroit vêtu , dans les peintures de Térence
confervées au Vatican, un grec déguifé en eu-
nuque.
/
Etoffes changeantes.
Au fujet des étoffes changeantes , M. Lens
(Cojîumes) remarque que les anciens n’en ont
pas généralement atteint l’effet , comme on l’ap-
perçoit fur différentes peintures encore exiftantes ,
cù la partie éclairée d’une étoffe eft exprimée
par une couleur , & la partie ornbrée entière-
ment par une autre 5 ce qui eft contre la vérité;
car une étoffe changeante ne prend cette couleur
que fur les tcurnans des plis, félon Lincidence
& la réflexion de la lumière , ou fur des parties
les plus éclairées & les mieux difpofées à réflé-
chir les rayons. Cependant il eft vifible qu’on a
voulu reprefenter des étoffés de couleur changeante ^
tiftues de fils de diverfes couleurs. Comme les
monumens atteftent i’exiftence des étoffes chan-
geantes avant la connoiffance de la foie , on peut
donner ce nom aux tuniques grecoues, défîgnées
Dar le mot w-sMao.;, fans prétendre qu’elles aient
été de foie , ou mêlées de foie, comme V/inckel-
man ( hiftome de l’Art, tom. I. fol. 32. ) l’af-
fiire , en difant qu’il n’y a point de couleur chan-
geante fans un mélange, de foie. Car il eft certain
que le poil de chèvre, le coton même, & le fin
hn ayant du^luifant, produiront des couleurs
changeantes , fuifent-elles d’ailleurs moins vives
que le changeant de la foie.
ElOILES (les) fur les anciens mcniimens
font^des fymboles de la félicité , quelquefois auifi
de 1 ét-ern!té. XJ étoile qu’on voit fur les médajiies
de Tiles-Céfar, eft X étoile de Vénus, dent il fe
difoit iiTu ; ou bien c’eft le fymbole de la déifi-
cation. Voye-^ Astres , Nuit.
Étoffes
{de coton. ")
de ByfTus. 3
Étoffes de lin. Toile.
Byssus.
EiOF?€s a fleurs, de différentes couleurs.
Les mots grecs peuvent être
traduits de ces deux manières. Les étoffes à fleurs ,
ou de differentes couleurs , n etoient employées
chez les grecs Se les romams que par les femmes
Sur deux ciftes de bronze, trouvées à Palef-
trjne, Bacchus ( de Stofch^IE. claffe ,
1399. ) porte une longue tunique parfemée
d Étoiles , fymbole des orgies , fes fêtes noctur-
nes , nocturni trieteria Baccki. Les tuniques des
femmes, gravées fur les monumens antiques ,
font quelquefois chargées étoiles enferme d’or-
nemens.
Junon porte une draperie flottante, femée
étoiles i fur une médaille de Samos. ( Spanhâm,
E T R
cif. in calllmdck. hymit. Dian. v. 2.04. ) Sur une
«;^éthvile de ia coliedion de Stofch , Efculape
a une éwice placée à fes cotés , pour défîgner
cu':l écoic fiis d'Apoilon ou du Solcii. Cette pla-
nète efi: ordinairement repréfentée furies médailles
i'b’is la forme d^une étoile rayonnante.
h' étoile fert de type aux médailles de Corcyre ,
des Opunriens ^ de Pitané.
Elle y déiîgne communément Thorofcope de
la ville qui les a fait frapper, exprimé par
la planète , le ligne du zodiaque , ou par la conüei-
iadon i laquelle elle eft jointe.
Elle repréfente fur les médailles d’Élagabale,
le foleil dont cet empereur étoit prêtre.
ÉTOLIENS. Fbyey Ætoliens.
ÉTOLUS , troifième fils d'Endymion fe retira
chez les curètes;, & donna à leur pays le nom
àl Etoile, F^oye^ ÉpÉUS.
ETRANGLER. Ce fupplice étoit chez les an-
ciens le plus honteux de tous. Les grecs le mirent
ra’'ement en ufage. Cependant UlylTe, dans 1^0-
dylfée , fit étrangler les femmes de Pénélope ,
qui avoient mene une vie impudique pendant fon
abfence. On i\ étranglait jamais en public les cri-
minels à Rome 5 c^étoit .toujours dans la prifon ,
& dans fendroic de cette prifon ^ appellé tullia-
num. ( Salluji. bell. Caîil. de morte Lentiili. )
ÉTRENNES.
On rapporte Porigine des étrennes au temps
de Romulus, & de Tatius, roi des fabins , qui
régnèrent enfemble dans la ville de Rome. On
dit que Tatius, ayant reçu comme un bon augure ,
des branches coupées dans un bois confacré à la
déeffe Stren.ua , déefle de la force , & qCon lui
préfeir.a le premier jour de Fan, aatorifa cette
coutume dans la fuite , & donna le nom de ftren&
à ces préfens, à caufe de cette déeiîè , qui
préfida depuis à la cérém.onle des étrenne*. Les
romains firent de ce jour un jour de fête,
qûhls dédièrent au dieu Janus , qu’on repréfentcit
avec deux vifages, comme regardant Pannée paiiée
8c celle où Pon entroit. Ce jour-là on fe fouhaitoit
une heureufe année les uns aux autres. Les pré-
fens ordinaires étoient des figues , des dattes de
palmier , & du miel 5 & chaern envoyoit ces dou-
ceurs à fes amis J, pour leur témoigner qiPon leur
fouhaitoit une vie douce 8c agréable. Les figues
& les dattes étoient ordinairement couvertes de
feuilles d’or; ce qui n’étoit pourtant que le pré-
fent des perfonnes moins riches. Les cliens, c’eft-
3-dire , ceux qui étoient fous la proteét’on des
grands ^ portoienc ces fortes à’ étrennes à leurs
patrons , 8c y joignoient quelque pièce d’argent,
oous Auguttsj le peuple, les chevaliers & les
fénateurs lui préfenfoienc des étrennes ; & lorf-
qu’i! étoit abfent, ils les portoient danslecapi-
toie. L’argent des étrennes éroit emplové à acheter
des fiatues de quelques divinités. T’ibère défendit
par i«ri édit les étrennes , paffé le premier jour
de Pan , parce que le peuple s’occupoit de cette
cérémonie pendant huit jours. Caligula déclara
au peuple qu’il accepteroit celles qu’on lui pré-
Claude , fon fucceffeur , défendit qu’on
J importunât de ces préfens; mais cette coutume
fe conferva toujours parmi le peuple. Les grecs
empruntèrent des ro.mains Pufage de donner des
étrennes.
Fabriles Marceelæ æternam
FELICITATE.
Cette înlcription, peinte en rouge fur une am-
phore, deitinée à mettre des liqueurs , renferme
une acclamation 8c un fouirait , que font les
ouvriers en poterie à Marceîla , ieur parrone ou
leur proteârice, en lui ofeant ce vafe de terre
cuire. Dans le dernier mot Pm efi fupprimée.
On a une infinité d’exemples du retranchement
de cette lettre à ia fin des mots.
Ces fortes de preTens, ou à' étrennes , auxquels
on joignoit des vœux-, fe faifoient aufll aux fêtes
faturnales 8c dans les fêtes publiques. Le mot
fahEiles ÇigXi'Eeici vafcularii , ficliliarii , urnamen-
tafii. On ne trouve point/aéri/fa- dans les bons au-
teurs : il fent le flyle peu élégant du bas âge.
Le fouhaiî d’un bonheur éternel nous por-
-.CiOit a croire, que les voeux de ces srtifans en
yafes de terre cuite, s’adreifent à une dame chré-
tienne. Ainu il faut les rapporter zu lV-. ou V«.
fiècle.
c=Ce petit monument de terre cuite, dit le comte
de Caylus {IV.pl. 87. n°. 3.), prouve Pufage
de ce complùment, 8c certifie que la manière de
s’en acquitter, e'toit accompagnée d’un préfent,
fans que perfonne en fût exempt ; puifqu’en effet
Ies_ pauvres rempldfoient ce devoir, 8c s’en ac-
quittoient d’une manière proportionnée à leur
fortune : on ht fur cette terre cuite, dont la
forme 8c la grandeur font exadement rapportées
fur la planche :
ANNVM NOÜVM FAVSTVM
FELICEM TIBI.
Je crois pouvoir avancer qu’on n’a point en-
core rapporté de monumient de cette efgèce :
celui ci doit cependant avoir été très-muTtîpIié
par Pufage du peupla , 8c par l’opération facile
de la terre cuite Sc du moule.
Depuis que cette planche eft gravée, j’ai reçu
de Ro-me un monument du nrême genre, 8c delà
E T R
mèir.2 matière; il eii un peu plus grand , Scduicre
non - feuleirent dans la diltnbution des lîgr.es ,
mais dans le travail des lettres , car elles font
de relief 5 dans celui de ce 11°. j on lit en lettres
msiulcuies :
ânnVm nouvm favstvm
felicem mihi et FîLIO.
Cet ufage étoit donc S étendu , que l'on fe
donnoit à foi-rr.ênie des étrennes , 8ê que i on
failbit . des ibuhaits communs à foi-mêine ^ mais
encore à foji fils »•
ÉTRîERS.
L’empereur Maurice, mort l’an ooi, eit auteur
d’un traité de tactique , dans lequel il eft fait
mention des étriers pour la première fois. On
n’en trouve aucune trace avant le VF. fîècle
chez les grecs , ni chez les romains. C’eft mal-
à-propos que plulîeurs commentateurs ont cru les
reconnoitre dans quelques paffages de Xénophon ,
de Lucien & de St. Jérôme, fuppofés ou mal
interprétés. Le dernier, faufîemenc cité par Ma-
gias, a induit en erreur Saumaife, Voffius, .
Cuper, Ménage & pluiîeurs autres , qui placent
d’invention des étriers au fîècle. Les anciens
en Tgnoroientabfo'umentl’ufagej car Kippcciate,
dans fon traité de l’air , de l’eau & des lieux,
attribue plulîeurs incommodités dent les Scythes
croient affectés , à l’ufage fréquent qu’ils faifoient
du cheval. Galien fait remarquer auffi dans plu-
lieurs endroits de Tes ouvrages, que les cavaliers
romains étoient également fujets à plulîeurs ma-
ladies des hanches & des jambes , parce qu’ils
n’avoient pas les pieds foutenus à cheval.
On fuppléoit aux étriers , en fautant fur le che-
val , même i’épée nue ou la pique à la main.
C’étoit un exercice des plus ordi.naires de la
jeimeffe romaine. Un jafpe , expliqué par le favant
Winckelmann , nous montre cependant un foidat
qui monte à cheval , mettant le pied droit fur
un crampon place' à une certaine hauteur au bas
de fa pique. Les chevaux d’ailleurs étoienr quel-
quefois dreffés à plier les jarrets , & à fe baiffer,
pour la commodité des cavaliers. Les perfonnes
diiîinguées & les vieillards avoient des ferviteurs ,
ma/Bo'hûs, qui Ics mettoicnt à cheval. On vit des
rois vaincus être contraints de prêter leur dos
aux viélorieux, lorfqu’üs montoient fur leurs che-
vaux ou dans leur char ; & Athénée parle de
certaines femmes qui faifoientferviiement leur cour
aux femmes des farrapes , en leur rendant volon-
tairement Je même fervice. C’eft pourquoi Plu- !
tarque , dans hv vie des gracques, n’oubüe pas
de dire, que C. Gracchus fit, à l’exemple des
grecs , placer de diftance en diftance des pierres,
méhaHa, ie long des grands cheiriins , pour aider
E T R
les cavaliers à monter à cheval , fans avoir befoin
de perfo.'tne. Ce tribun cherchoit oar un etn-
prefTement marqué de foulager tous fes concitoyens
à mériter leur bienveillance , & à gagner leurs
uinrages.
Les modernes font étonnés de voir l’ufage des
étriers fi long-temps ignoré ; mais üs doivent
•penier que cette privation venoit de la manière
dont les chevaux étoient autrefois enharnachés.
Une hoüfîe de drap fîmpie,ou double , les cou-
vroit jufqu’endérement , & étoit attachée avec
trois fangles , au poitrail , à la queue & au-ventre
du cheval.
Les colonnes Trajane & Antonine , l’arc de
Conftantin , & les autres monumens antérieurs
aux empereurs- Honorius & Arcade, nous offrent
un grand nombre de chevaux ainfi caparaçonnés.
Quelques interprètes ont rendu par le mot étriers,
les mots & afiraha. Mais Suidas décrit
Vafiraba , de manière à le faire prendre pour un
arçon de la feile; c’eff, dit-i! , un morceau de
bois qui tient à la feÜe, & qui eft fiifî parle
cavalier. Les gloffes dTfidore appellent afiraha ,
une planche fur laquelle repofoient les pieds
des cavaliers : afiraha tabella , in qïia pedes requief-
cunt. Il veut parier d’un marche-pied qui fervoit
à monter à cheval. V'oye^ AyasoAdr , AyâSrJfce.
La felle formée par des arçons fqlides , telle
que nous remployons , fut inconnue jufqu’au
règne de The'cdofe , qui en parle ie premier
dans une loi j & le premier monument où elle
paroilTe, efl la colonne d’Arcadius à Conffanti-
nople. Devenu plus folide , le harnois put fup-
porter les étriers , qui n’auroient pas trouvé un
point de fufpenfion fixe dans une pièce de drap ,
ou une peau de bête.
/
Etriers, f Diplomatique . )
Dans un aéle de pafTé entre le comité
de Beaumont-fur-Oyfe & Fabbé de St. Martin
de Pontoife, on voit ie fceau du comte, qui le
reprélênte fur un cheval courant à bride abattue.
I! a des étriers en forme de courroie , qui def-
cendent du deffus de la felle. Inconnus aux anciens,
difent les auteurs de la nouvelle Diplomatique,
iis commencent V ers ie XF. fîècle. Au XIF. leur
uf^ge , quoique ordinaire , n’etoit pas encore
général.
ÉTRILLE. Doye^ Strigix,
ÉTRUSCILLE, époufe de Trajan-Déce.
HrnBNKIA Cupl:EîtKIA E T KV SCJhI--A
A U G U s T A.
E T R
Le nom de Cupiennia n’eft que fur les médailles
grecques.
Ses médailles font :
R RR., en or.
C. en argent : le revers fceculum /zovavîeftR.
RR. en médaillons d'argent bas frappés en
Syrie.
C. en G. B. de coin romain.
C. en M. B. 8c RR. au revers
avec trois figures.
RR. en G. B. de colonies.
R. en M. & P . B.
RR. en G. B. grec j exceprté celles de Samos.
Les autres RRR. 8c principalement celles où
elle eft app eSlée Annia.
R. en M. B.
RR. en P. B.
RR. en médailles de B. d’Egypte j p?.rticiîlié-
rement celles qui lui donnent le nom de Cu-
piennia.
Les médaillons latins de bronze de cette prin-
ceffe . font très-rares, excepté celui au revers
duquel eft la figure de la pudicité affife.
ETRtiSQÜES. ( Hifiozre des Arts. ) Nous
allons donner un extrait des favantes obfervatfons
que le comte de Caylus a inférées dans les deux
premiers volumes, in -4®., de fes Recueils des
Antiquités égyptiennes , étrufques , grecques &
romaines. I! convient d'abord qu'il elt très-diffi-
cile de trouver des.fecours, pour connoître l'origine
des étrufques OU rofcans , parce qu'aucun de leurs
hiftoriens n'eft parvenu jafqu'à nous. Quoique
ce peuple fameux fe fût rendu maître deprefque
toute ritalie, avant la fondation de Rome, la
jaloufie des romains a laifté à peine fubfifter quel-
ques infcriptions , que nous ne pouvons pas tou-
jours expliquer, parce que nous ignorons non-
feulement le fond de leur langue , mais encore
la plupart des lettres de leur alphabet : i! paroît
même que les hiftoriens romains ont affedté de
ne point parler des étrufques j & nous ne pou-
vons découvrir leur goût 8c quelques-uns des
ufages de cet ancien peuple, que par le moyen
des peintures 8c des gravures qui ont échappé
aux romains.
Nous fivons en général parles hiftoriens étran-
gers , que pendant plufteurs fiècles les étrufques
furent très-puiiXans fur terre 8c fur mer fie com-
merce les enrichit ; dans la fuite ie luxe les énerva,
ou les rendit affez foibles pour fe voir fubju-
gués par les gaulois & par les romains , après
E T R
avoir cependant fcutenu , pendant deux ftèdes
des guerres continuelles.
Les étrufques infpirèrent à leurs vainqueurs leu.
fuperftition extrême 8c leur goût pour les fpcdta-
cles. Les petites notions que les étrufques avcient
fur la Fhyfique , les engagèrent à croire qu ils
ét-ient affez "favans peur pénétrer dans les myf-
tères des caufes premières; en conféquence ils
s'occupèrent fins ceffe à tacher de lire dans l'ave-
' nir 8c dans le livre des deftinées, en obfervant
le vol 8c le chant des oifeaux ; 8c à confuiter la
volonté des dieux , en obfervant les aftres ou ks
entrailles des viélimes. Comme ce peuple aimoit
excefiivement les jeux , la mufique àc les fpefia-
cles , il introdiiilit ces amufemens dans les
cérémonies de la religion ; 8c le préjugé popu-
laire les fit enfuite confidérer comme des parties
effentielles du culte extérieur. Ce même préjugé
fubfifte encore dans une p?.rtie de l'Italie.
Les étrufques aimèrent les arts , ils les culti-
vèrent avec fuccès : on préfume qu'ils emprun-
tèrent des égyptiens la théorie 8c la pratique de
leurs ufages : par exemple , les figures allégori-
ques ou hiéroglyphiques , telles que font les gtif-
fons , les fphynx, les lions allés, les pyramides,
les infcriptions fur les ftâtues , 8c la forme roide
des figures , qui paroiffent emmaillottées. Cepen-
dant, comme l'on ne trouve chez les étrufques
aucune momie ou animal embaumé , les auteurs
préfument que ce peuple n'eft pas une colonie
égyptienne. II paroit par les monumens que,
dans les fiècles fuivans , k-s étrufques prirent des
ufages particuliers , qui ne confervèrent pref-
qu'aucun trait de la manière ou du ftyle des an-
ciens égyptiens : on vo'.t dans les ouvragés de
leurs fculpteurs , cifcleurs 8c peintres , ie déve-
loppement & la gradation fenfibies du génie des
étrufques.
Les auteurs obfervent que les femmes furent
admifes dans les collèges des prêtres étrufques^ a peu
près comme les femmes font aujourd’hui afiocices
ou dépofitaires des myftères les plus fecrets de
la religion fingulière du peuple drufe , qui habite
les plaines enveloppées par la chaîne des mon-
tagnes du Liban.
L’on fait que les étrufques inv'entèrent l’ordre
tofean, dans le même teinpsqueles grecs imaginèrent
l'ordre dorique & l'ordre corint.hien : ce fait
démontre le goût particulier que ce peuple avoit
pour l'Architeéture.
On voit i'’. dans l’ouvrage qui a pour titre,
Thome, Dempfteri de etruria regali Uhri C/J. prr
miim ediîi d i homas Coke , 2 vol. in-fol. Flo-
rentin 1725 ; 2°. dans les Recueils deBuonarotti;
dans ceux de Gori ; 4°. dars les Mémoires
de r Académie de Cortone , quantité de monuraens
qui démontrent le goût que les étrufques avoient
ypi E T R
pour la Sculpture , TArchiteâure , la Peinture ^
& pour la dravure. Pline le riaturalifre convient
cu’ii y avoit deux mille Ibtues dans la ville étraf-
que, nommée Bclfena , & que Ton y voyoitune
ftatue coIoiTa’e , qui avoit cinquante pieds deliaur.
Paulânias rapporte qu'Arimnus J roi de Tofcane^
fut le premier des fouverains étrangers qui en-
voya fcn magnifique trône, pour le dépcfer dans
le rnerveilienx temple élevé à Olympie en i'hon-
i;eur de Jupiter.
Le comte de Caylus obferve que les auteurs ,
dont nous venons dé parler , auroient dû nous
donner des détails far les belles formes & fur
les ornemens agréables des vafes mais
il y fupplée en mettant fous les yeux du ieéleur
fes obfervations , & les pians exacis de plufieurs
monumens qu’il a defïinés & gravés en partie de
fa main , av-ec toute Pexaéiitude que Ton peut
raifonnablementefpérer. Ce philofophe artille fait
adirdrer, dans les vafes étrufques , la précifion
dans la forme, la juflefié dans le contour, &
dans la pofition des anfes; fart de groupper les
figures, & de leur donner de rexpreffion, &c.
Il prouve que les anciens tofcans abondoîent en
fculpteurs ; il dit qu’il eft à préfumer qu’ils avoient
grand nombre de bons peintres; il obferve que
malgré leur fragilité, il eft étonnant qu’il nous
refte une fi grande quantité de vafes étrufques,
qui conftate la multiplicité des manufasTtures de
VEtrurie. Ce favant convient que nous confondons,
à la vérité , feuvent les vafes étrufques avec ceux
de fabrique égyptienne , ou plutôt avec ceux de
la fameufe fabrique grecque établie dans l’iSe de
Samos : mais i! ajoute que l’on peut cependant
diftinguer les vafes étrufques par leur lé'géreté ,
par la délicatefle de leurs ornemens, & par plu-
fieurs autres circoaftances que nous indiquerons
plus bas.
Nous ajoutons que , pour ne point s’y mé-
prendre, il faut mettre en parallèle les .vafes , -
eu du moins confuîrer les fidelles gravures de
Caylus & d’Hamilton,
L’hiftoire nous apprend que , pendant plufieurs
fiècles , les manufadlures de poterie étrufque o.nt
joui dans l’univers d’une réputation égale à celle
que nous accordons à la porcelaine de la Chine. ;
L’on a trouvé à Vo'laterra , à Rome, Sec. , plu-
fieurs petites montagnes, formées par les débris
de rebuts des manufaiftures de poterie étrufque.
Le comte de Caylus obferve que fouvent l’on y
voit les mêmes formes & les mêmes ornemens
répétés dans les compofitions ; mais cependant, en
les confidérant, l’on voit en même - temps que
les étrufques favoient bien varier leurs inventions,
lorfqu’ils vouloienr. L’on y reconnoit même les
époques des |>rogrès de la perfection dans chaque
fiècle. Il paroît que les étrufques , dans leurs def-
fi.ns, ont été quelquefois imitateurs ; mais jamais
E T R
ils n’ont été de- ferviles copiftes des égyptiens
& des grecs : ils ont profité de leurs lumières,
fans jamais s’affujettir à leur goût.
Le comte de Caylus préfume , qu'à force de
recherches & d’obfervations fur les monum'ens
étrufques , on pourra peut-être un jour parvenir
à éclaircir la plupart des ufages civils, militaires
& religieux des tofcans , fur-tout fi l’on compare
les monumens avec les anecdotes hiftofiques de
ce peuple fingulier.
Les tofcans, je veux dire les étrufques , cher-
, choient dans leurs tableaux , ainfi que les fauvages
de i’A.mérique , à fe procurer un afpeél Se une
attitude terrible ; iis ajoutoient à leurs cafques de
grandes oreilles, ils en hériffoient le fommet par
de longues pointes de fer , ou par le moyen de
grandes crêtes ou panaches : ils réuffiflbient à fe
procurer un air féroce en crifpant leurs mouftaches.
Le goût & le caraftère particulier des étrufques ^
eft plus frappant , plus varié dans les pierres
gravées qui leur fervoient de cachet , que dans
leurs autres ouvrages. Comme ils aimoient à la
folie Ylliade d’Homèrè, ils gravoient prefque
toujours des fujets tirés de ce poëme ; & ils
repréfentoient très - fouvent Achille, Heéior,
Hercule, les fatyres , les centaures, desaftrolc-
gues & des génies ailés. Il paroît par leurs monu-
mens qu’ils aimoient exceflîvement les combats
& la chaffe à la courfe & au faucon. Les hifte-
riens nous apprennent qu’ils regardoierit la mii-
fique comme un préfent divin ; c’eft pourquoi
dans leurs compofitions on voit ordinairement
des chaifeurs , des combattans , des muficiens &
des guerriers couverts de cafques , de cuiraffes
& de bottes de fer. L’on aiTure que les étrufques
inventèrent , i°. les com’&ats fanglans des gladia-
teurs; 2°. la danfe ; 3®. les têtes à double face,
telle que celle de Janus , pour défigner allégo-
riquement le pafte & le préfent , ou les diffcrens
âges & les différentes connoiffances de l’homme;
l’on croit auffi qu’ils inventèrent les cérémonies
d’expiation & de purification , fur-tout cehe^qui
étoit en ufage pour fe laver des crimes horribles
de beftialité, Src. , qui étoient affez communs
parmi eux. Ce m.ême peuple repréfentoit prefque
toutes les divinités avec des aîies , pour marquer
leur aétivité. Les tofcans ornoient leurs cruches,
leurs foucoupes , 8c les cornes qui leur fervoient ,
ainfi qu’à tous les peuples , de taffes pour boire,
en y gravant l’image des dieux , des héros , &c..
Le comte de Caylus obferve que l’on voit très-
rarement des joueurs de flûtes peints fur les
monumens des étrufques. Dans les commencerr.ens
ils repréfentoient leurs figures i peu près comme
celles des égyptiens , c’eft-à-dire , roides , avec
les bras & les jambes accollées , prefque fans .
mouvement. Leurs draperies étoient fans plis,
ou du moins elles en avoient peu. Leurs figures •
avoiens
E T R
E T R
S93
«voient les cheveux rrefîes ; mais dans la fuite
i‘S détachèrent les bras & les jambes de leurs
figures fondues en bronze , peintes on fculptées j
en un mot , ils donnèrent du mouvement , de
la force & de la grâce à leurs comportions.
Les vafes des étrufques ont pour l'ordinaire
le fond de leur couleur uniforme ^ noire ou roufîe ;
ils font modelés à peu près avec autant de foin
que nos porcelaines des Indes. Les n'em-
ployoient , pour peindre leurs vafes , que trois
ou quatre couleurs îerreufeSj mifbs à plat comme
ce. les des chinois , fans dégradation de coloris :
ils favoient compofer des émaux de différentes
couleurs , pour embellir leurs vafes de terre cuite.
Souvent ils emportoient certaines parties du ver-
ris ^ ou de Temail , avec des inürumens particu-
liers,, & iis ajoutoient enfuite le blanc j le rouge
ou le noir , pour tracer le contour , ou pour
diflinguer leurs figures & pour former des orne-
mens. Ordinairement le vafe efî d'une couleur
noire, & routes les figures & tous les ornemens
font ou totalement rouges,, ou de quelqu’autre
couleur , rehaufle avec de la craie blanche. Quel-
quefois la tête, les mains, les pieds font incar-
nats; & les vaftes manteaux des figures de leurs
aftrologues font ou blancs , ou de quelqu'autre
couleur. Au centre du vafe, ils inaprimoient une
rofe, ou une marque de la fabrique. L'on a
trouvé dans Herculanum quantité de grands &
de petits tableaux de cette efpèce, peints en
monochromes, c'eft-à-dire, en camayeux , d'une
feule couleur, ou peints avec deux ou trois
couleurs : mais ces camayeux d'Herculaniim ont
été peints par des grecs. L'on y a encore trouvé
plufieurs beaux vafes étrufques ^ & une grande
table de marbre , pour les libations que dévoient
faire les juges avant que d'examiner les procès.
Cette table porte une infcription étrufque^ dont
on trouvera le détail & l'explication dans les lettres
que M. Sci.gneiix de Correvon a fait imprimer à
Yverdon , fur les découvertes d'Herculanum.
Nous croyons que les perfonnes qui aiment
les beaux arts , liront encore avec plailîr, au fujet
des étrufques , les obfervations fuivantes, que nous
avons extraites du très-favant ouvrage , qui a pour
titre , Hifloire de l’Art chettq les anciens , par
Winckelmann. Cet auteur a confacré le livre IIP.
de fon ouvrage, à nous démontrer par des faits
ce qu’étoit Y art chez les étrufques & chez leurs
vosfîns. Il divife ce livre en trois feélions : dans
la première, il détaille les connoiffances nécef-
faires pour bien apprécier l'art des étrufques-
Dans la fécondé feftion , il traite de Y art chez
ce peuple : il détaille fes caraétères , leurs lignes,
& les différentes époques de cet art. La troilîème
Pâ:on ne rappelle que les faits oui intérelîent
a-t des peuples voifins des étrufques.
Dans la première feéfion , qui concerne les
Antiquités ^ Tome 11,
I connoifTances néceiTaires pour bien apprécier l'a-t
j des étrufques , Y/inckelmann examine d abord
les circonilances extérieures , & les caufes des
caractères particuliers de l’art étrufque ; il traite
enfuite des images des dieux & des héros étmf-
ques ,- enfin , cet auteur indique les ouvrages les
plus remarquables de ce peuple fingulier.
Dans l'article premier, qui concerne les caufes
extérieures qui ont contribué ou nui aux progrès
de l'art étrufque , \'/inckehT!ann admet , pour la
première caufe qui ait favoriié l'art de ce peuple,
1°. la liberté : il o'oferve très-judicieufemer.t, que
la forme du gouvernement influe elTentieüemenc
fur les arts & fur les fciences de tous les peuples :
par exemple, la liberté dont jouiffoient ïts étruf-
ques , en vivant même fous leurs rois , permit à
l’art & aux arnftes de s'élever à la perfeciion ,
parce que les rois tofcans n'étoient pas des def-
potes ; le titre de roi ne défignoit chez eux qu’un
Ample général d’armée , ou bien un gouverneur
particulier qui étoit élu annuellement par les
états généraux. Toute YÉtrurie étoit dîviiée en
douze provinces : c'étoit par conféquent un état
ariftocratique , régi par douze chefs, ayant au-
deffus d'eux un furveillant, ou un cenfeur amo-
vible, qui étoit auffi élu par le corps total de la
nation. Les étrufques étoient fi jaloux de leur li-
berté , & fi ennemis de la puiflànce royale def-
potique & inamovible , qu'ils méprisèrent & de-
vinrent les ennemis des véïens , lorfqu’au lieu
d'un chef annuel ceux-ci eurent élu un roi. Dans
le IV‘. fiècle de la fondation de Rome , ils étoient
par la même raifon naturellement ennemis des
premiers habitans de Rome; & le peuple romain
ne put empêcher les étrufques de s'allier avec fesL
voifins , dans la guerre marfique , qu’en accor-
dant aux tofcans le droit de citoyen romain.
Le fécondé caufe des progrès des arts chez
les étrufques înt le commerce fur terre & fur mer ,
Paufanias dit que ce peuple s'allia d'abord avec
les phéniciens , qui éroient pour lors le peuple le
plus ingénieux. Les étrufques leur fournirent une
flotte pour combattre les phocéens. Hérodote
dit que les étrufques eurent plus d'intimité avec
les carthaginois qu'avec les grecs ; ils_ fournirent
- aux carthaginois une armée navale , qui fut battue
par Hiéron , devant la ville de Syracufe.
Les étrufques eurent peu d’affinité avec les égyp-
tiens, peuple exceffîvement fombre & mélanco-
lique, ennemi de la mufique & de la poèfîe , que
les étrufques aimoient avec fureur, parce qu'elles
les guériîfoient en partie de la petite portion de
trifteffe ou d'atrophie qui leur e'toit naturelle.
L’étendue du commerce des étrufques réforma les
mœurs , & par la comparaifon des objets , il per-
fedionna leurs talens naturels pour les arts. La
troifiè.me caufe extérieure des progrès des arts ,
chez les étrufques^ futla gloire &!es récompenfês
W
^^4 E T R
'qui font néceffairement affectées dans les républi-
ques aux perfonnes qui le diftinguent dans leur
état par leurs talens ou par leur vertu.
La caufe intérieure des progrès des étrufques
dans les arts j fe trouve dans leur génie ,
ou dans leur tempérament; il fut la fource du
caraétère diltinétif de leurs ouvrages. V/inckei-
mann obferve que les étrufques n^atteigniient ce-
pendant jamais dans les arts le point de perfec-
tion où parvinrent les grecs ^ parce que les grecs
étoient narureiiement moins bilieux que les éeruf-
ques. Ardtote cbferve que les perfonnes mélan-
coliques font ordinairement rêveufes , propres aux
fortes médications & aux recherches profondes;
mais de tels homnres ont toujours eu & auront
éterrellcment des fenrimens outrés & exceliifs.
Le beau, c’elt-à-dire , les douces émotions que
caufent les formes les plus naturelles fur des âmes
délicates & fenlibles, ell pour eux fadeur j inlî-
pidité J ba.iinage d'enfant; leur cœur ne peut
•êtie agité que par explofion générale ; ils mé-
prifent le beau , ils ne recherchent que le fu-
blime. \JEtrurie ignorante fut bientôt aufli éclai-
rée que les peuples qu elle f équentoit; mais comme
la maffe des lumières étoit alors très-peu confi-
dérabk , l'Errurie donna dans la fuperîb'tion ou
plutôt dans le moment où elle devint pieufe ,
elle mérita d'être appellée la mere de la fuperfti-
îion. ^Les étrufques fe livrèrent enfuite avec fureur
à l'AUroio gie judiciaire, aux évocations desef-
prits , &c. L'on ne doit donc point être furpris ,
lorfqu'on voit dans Denis d'Haücarnaffe , que
l'an de la fondation de Rome, ^95), les prêtres
étrufques, qui protégeoient les tarquins détrônés, :
allèreiit attaquer Rome , arme's de ferpens vivans
& de torches ardentes. Les étrufques inventèrent
les combats fanglans des gladiateurs ; ils les ad-
mirent, non-feulement dans les amphithéâtres,
mais encore à la fuite des enterremens.
Le caraCière des étrufques ell peu altéré. Dans
les fiècles derniers , la fede des flagellans euro-
péens a pris naiffance dans la Tofcane : lè vul-
gaire ne s'y plaît encore qu'à lire les poèmes
pleins de magie , de pofTeliîons du diable , de
gigantomachie , de méramorphofes & de prei-
tiges de charlatans de place; il n'écoute avec tranf-
port que la mufique qui peint les tempêtes , l'é-
clair , le tonnerre , la foudre & le fabat. Enfin
l'on ne doit point être furpris de ce que les an-
ciennes urnes fépulcrales de la Tofcane , ne font ’
chargées que de bas-reliefs,' qui repréfentent avec
énergie des combats fanglans , ou des devins en
méditation ; & de ce qu'au contraire , les urnes
fépulcrales romaines , travaillées par les grecs ,
ne repréfentent que des objets agréables, qui font
aliulîon à la vie humaine ; tels font les papillons,
les colombes, les lièvres. Iis guirlandes de fleurs
& de fruifs , les nayades qui'enièvent le char-
mant Hj'las , &c. Les roiïiaiBS , plus gais que les
E T R
êtrufquej , eurent, au fujetdela mort, des idées
finguhères. Scipion l'africain exigea que fes amis
allalfent boire fur fon tombeau. A Rome , l'on
danfüit ordinairement devant le corps du mort
, que l'on portoit au bûcher ; par ce moyen , on
diffrayoit les fpeétateurs du bruit déiàgréabie des
pleureufes que l'on gageoit pour hurler harmo-
niquement au fon de la flûte. V/inckelmannobferve
enfin que les guerres perpétuelles ôc malheureufes
des contre les romains , & fur-tout ia dé-
cadence de leur conflitiiticn politique , arrêtèrent
les progrès de l'art , & le détruifirtnt clans la fuite.
Après la mort d'Alexandre-le- Grand , toute i'E-
trurie fut fubjuguée par la république rornaine , Se
la langue étrufque fut transformée e.i langue la-
tine ; en un mot , la langue étrufque fe perdit en-
tièrement. Cet évènement arriva quelque temps
après la mort d’Æiius Vulturinus , dernier roi des
étrufques , qui fut tué dans la bataille donnée
près du iac Lucumo. L'Etrurie fut alors changée
en pro’.ince romaine. L'an 489 de la fondation
de Rome , Marcus Elavius , général romam , fe
rendit maître de ia ville de Volfinium, que l'ca
nomme aujourd'hui i! fit tranfporter de
cette feule ville dans celle de Rome , deux mi'Ie
Ifatues , à ce que rapporte Pline ( dans leXXXlVL
livre ). L'on croît que peu-à-peu toutes les autres
villes delà Tofcane fubirent le même fort. Daiis
l'infla.nt de ces révolutions , les arts commen-
cèrent à tomber & à s'avilir , par le joug que les
romains impofoient aux artifies. Nous neconnoif-
fons le no.m d'aucun des fameux anciens artifies
étrufques , û ce n'efi celui de Mnefarchus , fculp-
1 teur en pierre , que l'on dit père du grand phi-
lofophe , nommé Pythagore.
Dans le fécond paragraphe , qui traite des ima-
ges des dieux & des héros 'étrufques, Winckelmann
fe borne à publier quelques obfervations utiles ,
& qui n'ont point encore été faites. 1°. II dit
que les étrufques adoroient la plupart des divinités
qui étoient honorées d'un culte dans la Grèce,;
parce que les grecs & lès étrufques étoient une
colonie des pélafges, à ce que croient quelques
auteurs : il y eut par conféquent une certaine
affinité entre ces deux peuples. 2°. Les étrufques ,
amfi que les grecs , adoroient des figures bifarres ,
& qui étoient particulières à chacun de ces peu-
ples. Paufanias décrit les figures divines extraor-
dinaires , qui furent repréfentées par les grecs ,
furie coffre de Cypfelus. A.vant Homère, le poète
Pampho imagina un Jupiter , couvert de fiente
de cheval. Les grecs inventèrent encore un Jü-
plttr^pomyos , c'eft à-dire, Jupiter feus la fonr^
d'une mouche ; la tête de la mouche formoit ie
crâne & les cheveux de Jupiter: le corps de la
mouche étoit le vilage , & les ailes formoient la
barbe.
5®. A l'égard des divinités particulières As®
étrufques , Winckelmann, dans ce fécond
E T R
gfapha î obferve encore que les étrufques s’étoient
fait des idées fublimes & majeilueufes des dieux fu-
périeurs : iis donnoient des ailes à Jupiter, à Diane ,
à fes compagnes & à Vénus ; mais ils repré-
fenteient Minerve avec des ailes aux épaules &
aux pieds. Iis peignoient TAraour, Proferpine &
les autres furies , avec des ailes à la tête : ds
repréfentoient auffi des chariots avec des ailes.
Les grecs fuivoient le même ufage allégorique
fur les médailles : Cérès étoit repréfentée traînée .
par deux ferpens attelés à un char ailé.
4°. Pline nous dit que les étrufques armoient
delà foudre la main de neuf divinités, qui font
Apollon, Mars, Bacchus, Vulcain, Hercule,
Pan , Cybèle , Pallas & PA-mour.
Les payfans étrufques portoient des chapeaux
blancs , abattus fur les épaules ; & lorfqu’ils vou-
loient défîgner Apollon gardant les troupeaux
du roi Admette , ils le repré.fentoient avec ce grand ‘
•cliapeaii. Les grecs repréfentoient de la même
manière Ariftée, fils d'Apollon. ;
Les premiers^ portoient une longue
barbe , large, pointue & recourbée en avant. Ce
peuple repréfenta Mercure avec une barbe de '
cette efpèce : dans la fuite , les étrufques le ra-
sèrent la barbe; fouvent ils armèrent Mercure
d’une épée recourbée en faucille' , ou fabre , fem-
blable à celui que tient Saturne ou Pluton , ref-
femblant à celui que portaient les lyciens & les
cariens , dans Parmée de Xercès. On voit fur un
camée Ara/jae un Mercure qui a la tête couverte
d’une tortue entière, qui lui fert de chapeau.
Dans les premiers temps , les étrufques marquoîent
îes cheveux de leurs ftatues en écailles de poiffon ,
ou tournés en coquilles de limaçon. Ils rangeoient ’
les plis des habillemens en ligne droite , paral-
lèles , comme cannelés l’un fur l’autre. Les étruf
ques 8c les grecs repréfentoient quelquefois Junon
Martiale, tenant entre fes mains une tenaille ,
qui faifoit allulîon à l’ordre de bataille en tenaille.
Cet ordre confiftoità ouvrir le centre de la ligne
pour engager l’ennemià y entrer ; enfuite les deux
corps féparés ferroient l’ennemi des deux côtés.
Les étrufques & les grecs repréfentoient Venus :
drapée , tenant une colombe ou une fleur à la .
main. Ils repréfentoient auffi les trois Grâces dra- .
pées ^ elles paroifTent danfer dans le même goût
que les ftatues des premiers grecs.
Les artiftes étrufques repréfentoient peu dehéros,
mais tous de nation grecque, tels font les cinq chefs
qui marchèrent contre Thèbes , je veux dire
Adrafte, Tydée, Polynice, Parthénope & Am-
phiaraüs. Les dieux de ce peuple ont confervé
leur nom étrufque ; mais les héros confervèrent
chez ce peuple leur nom grec, tiré de Yiliaie,
qyi leur fervoit de guide.
Dans le troifième paragraphe qui traits des pn'o- : .
E T R
cipaux monumens de l’art étrufque , notre auteur
indique flmplerr.ent les objets , & décrit hiftori-
quemsnt leur exécution , leur matière & le temps
de leur produélion. Dans la feclion fuivante , il
les examine en critique ferupuieux ; il fait voir
combien il eft difficile de diftinguer les anciens
ouvrages grecs des anciens ouvrages étrufques ^ &
les monumens faits en Tofeane dans le bon temps,,
de ceux dn fiècle éclairé , où vivoient les plus
fameux artiftes grecs. L’auteur indique, i°. les
petites figures étrufques de marbre , de bronze ,
qui repréfentent des animaux , des chimères
2°. Les ftatues de bronze , de grandeur naturelle ,
ou un peu moins grande, &c. Il fait à ce fujet
plufieurs obfervations utiles : par exemple , il dit
que les étrufques , dans une ftatue qui repréfente
un pontife , ont rangé les cheveux fur le front ,
en petites boucles , en forme de limaçon , tels
qu’lis font ordinairement fur les ftatues égyp-
tiennes d’Hermès ; quatre longues treffes de che-
veux tombent en ferpentant fur le devant de
chaque épaule 3 les cheveux font noués par
derrière à une diftance médiocre de la tête ,
au deffous du ruban qui les attache ; cinq bou-
cles jointes enfemble prennent en quelque
forte la forme d’une bourfe à cheveux ; ces che-
veux paroifTent coupés à leur extrémité. La fta-
tue , qui eft antique , eft droite 8c roide comme
celle des ftatues égyptiennes. Sur la tête d’une
Diane étrufque antique , on voit que l’ouver-
ture de la bouche a fes angles relevés , le men-
ton eft rétréci , les cheveux font comme à la pré-
cédente ftatue , bouclés , treffe's & attachés par
derrière , affez loin de la tête : elle porte un
diadème, en forme de cercle, il eft furmonté
de huit rofes rouges & rehauffées , qui couronnent
les cheveux ; la draperie eft peinte en blanc ; la
tunique ou le vêtement de deffous , a de larges
manches arrangées en plis frifés ; le manteau court,
a des plis apjflatis Sc parallèles, il en eft de même
de la longue tunique : le bord du manteau eft
orné d’une petite bande, rouge - doré , qui eft
furmontée immédiatement d une autre bande de
couleur de lacque; au-deiTus de celle-ci eft une
troifième bande , de- même couleur & largeur ,
chargée d’un lacis blanc qui repréfente de la
broderie. Le bord de^Thabit.eft travalhé de la
même façon : la courroie qui tient fur l’épaide
le carquois de la déeffe, eft rouge, de même
que fa chauffure.
Winckelmann donne enfuite des détails fur
in bas-relief de forme ronde, qui a pu éervir^à
irner le bord d’un puits : l’on y voit, amliqu’â
V.hènes , les figure.s des douze grands dieux ;
/'ukain, Jupiter &Efcu!ape font rei-réfintés fans
larbe fur ce monument AraJjtte del’ancien temps.
Vinckelmann dit , que dans la faite on b ucla
a barbe en anneaux courts, on recourba l’extre-
nité en pointe, & qu’enfin les artîfles étrufjaes
S$6 E T K
ne firent plus de barbe pointue, mars ils la frisè-
rent d"une manière plus large.
A rég.3rd des . pierres gravées des étrufques,
VVinckeimann obferve que la plupart font en
relief, taillées en efcarbot , ou fcarabée , per-
forées parle milieu, pour les porter en amulettes.
Sur les anciennes gravures , les figures humaines
n"ont quelquefois que fix têtes de longueur; &
dans les plus anciennes pierres gravées , les pieds,
les mains font très-finis , & les infcriptions qui
font autour des figures, paroilfent être pélafgien-
nes , c'ell-à-dire , approcher plus de TaHcienne
écriture grecque que de Vétrufque. Dans la fuite
les étrufques marquèrent exaétement les os & les
mufcles de leurs figures gravées ; mais Ton y vit
toujours la dureté du ftyle étrufque.
Notre favant dit qufi! n’a pu découvrir que
deux médailles étrufques : elles paroilTent être
les premiers effais de ces peuples dans l'art numif-
matique. D’un côté Ton voit un animal, qui paroît
être un cerf; de Tautre côté on voit deux fi-
gures qui tiennent un bâton; les jambes y font
indiquées par deux lignes terminées par un point
arrondi , qui marque chaque pied ; le bras qui
ne tient rien , ell une ligne à plomb un peu
courbée depuis l'épaule , il defcend prefque juf-
qu’aux pieds : les parties naturelles font un peu
plus courtes qu’elles ne le font ordinairement fur
les pierres, & fur les médailles étrufques , où elles
font monftrueufem.ent allongées, tant aux hom-
naes qu’aux animaux; le vifage de ces deux fi-
gures eft gravé comme la tête d’une mouche. La
fécondé médaille ^ d’un côté une tête, & de
l’autre un cheval, hn comparant par ordre les gra-
vîmes, & fur-tout les modèles des monumens
étrufques qu’indique Winckelmann , on pourra
fe former une idée claire des époques de la per-
feétion de l’art chez les étrufques.
Dans la fécondé feétion , qui traite du ftyle ,
c’éft-à-dire, de la manière de defliner, graver ,
Sec. , des artiftes étrufques , Winckelmann examine
en particulier les caradtères de l’art étrufque , le
degré de perfeétion de fes produdions, & ce
qui conftitue le ftyle étru^ue,
Winckelmann obferve d’abord en général fur
le ftyle étrufque , qu’il ne faut pas croire qu’un
monument foit étrufque , parce que l’on v a
repréfenté certaines coutumes, ou parce que'^ies
figures ont tel habillement , ou un cafque de telle
efpèce : le cafque grec, l’arc grec, &*les petites
chofes de cette efpèce , ne décident pas que le
monument ioit grec ou étrufque. Souvent les
étrufques ont mis fur leurs figures des cafques
grecs , ou des armes grecques ; c’eft la forme
des figures principales, jointe aux acceffoires de
la figure , qui diftingue le ftyle grec du ftyle
étrufque.
E T R
Dans le fécond paragraphe , Winckelmann fait
fouvenir que le ftyle a beaucoup varié chez les
étrufques , en paffant du ftyle groffier au parfait :
■ i! dit que plus les caradères des infcriptions
reftemblent à l’écriture & à la langue romaine ,
plus les figures font mal deffinées , & travaillées
fans goûr. Il obferve enfin que la décadence de
l’art ne forme point alors un ftyle particulier.
Notre illuftre auteur ajoute que l’on ne doit re-
connoître que trois efpèces de ftyle parmi les
étrufques , ainfi que parmi les égyptiens, ôrc.;
favoir le ftyle ancien , le ftyle moyen , le ftyle
d’imitation , formé fur celui des grecs , &c. Dans
chaque ftyle on doit remarquer , i°. lenud; 2°.
la draperie des figures ; mais comme la draperie
des artiftes étrufques ne diffère pas beaucoup de
celle des artiftes grecs, il fe borne à terminer
chaque article par de courtes obfervations fur
la draperie & fur les monumens de chaque efpèce
de ftyle.
Dans l’article premier, qui concerne le ftyle
ancien ou antique des étrufques , Winckelmann
, dit que l’on reconnoît le premier caradère du
ftyle antique , en ce que le deffin eft tracé en
lignes droites ; l’attitude des figures eft roide ,
leur adion eft gênée. Le contour des figures ne
s’élève & ne s’abaifle point dans la proportion &
avec l’ondulation requifes , de forte qu’il ne donne
aucune idée de chair , ni de mufcles ; ce qui eft
caufe que les figures font minces , parallèles , fem-
blables à une quenouille. Ce ftyle manque donc
de variété & de foupleffe. Les anciens étrufques
étoient greffiers : iis ignoroient la forme , la poli-
tion , & le jeu des m.ufcles & des membres ; ils ne
purent acquérir la liberté du deffin que par une
longue expérience.
L’on reconnoît le fécond caradère du ftyfe
antique , c’eft-à-dire, du premier ftyle, en ce que
la touche imparfaite des traits & de la beauté
du vifage diftinguent les premiers ouvrages fortis
des mains des étrufques , comme elle diftingue les
premiers ouvrages qui ont été travaillés par les
mains des grecs. La forme des premières têtes
des étrufques eft un ovale oblong , qui paroît ré-
tréci , parce que le menton eft terminé à l’égyp-
tienne, c’eft-à-dire, en pointe : les yeux font
tout plats, ou tirés en haut, c’eft-à-dire , tou-
jours obliquement à l’os des yeux. Toutes les
parties du corps étoient des lignes droites qui
portoient à plomb fur la bafe. Tous ces caradères
paroiffent imités des figures faites par les égyp-
tiens de la haute antiquité.^ Le premier quideffina
une figure de divinité en Égypte , la fit comme
on vient de dire ; fes fucceffeurs le copièrent t
les étrufques l’imitèrent aveuglement & fcrupuleu-
fement , de crainte de pafler pour novateurs.
On trouve pîufieurs petites iîatues du premier
ftyle étrufque , ou l’on voit les bras pendaas fuï
E T R
les côtés J les jambes liées, ferrées; u5e longue
draperie , dont les plis paroiffent faits avec un
peigne de fer ; les pieds font droits j les yeux
creux , platement ouverts & tirés en haut ; le
deiîin y eil plat, fans diftinciion de parties.
On diftingue le commencement du changement
du premier lîyîe , en ce que la draperie couvre
moins le corps des figures : les étrufques s'appli-
quent à deCfiner le nud , à l'exception des parties
naturelles , qui furent renfermées dans une bourfe,
attachée avec des rubans fur les hanches de la
figure.
Les premiers graveurs étrufques ne fachant pas
travailler avec le fer pointu en crochet, ne fe
fervant que du rouet, pour creufer leurs pierres ,
iis les drapèrent amplement ; ils arrondiifoient au
contraire tous les traits de leurs figures , ils les
formoient en boules , ne fachant pas les faire
en ligne droite, comme leurs fculpteurs.
Winckelmann croît que les ftatuaires & les pein-
tres grecs corrigèrent leur mauvais llyle du temps
de Phidias ; que la révolution ^de l'art fut auifi
fubite dans la Grèce & dans VEtrurie , que celle
qui arriva fous Augufte , fous Léon X , & fous
Louis XIV. On peut à ce fujet confuiter les
fages réflexions critiques fur la Poéjïe & fur la
Peinture, par M. l'abbé du Bos.
Le fécond ftyle de l'art chez les étrufques , a
pour marque caradérifiique , i°. une expreffion
forte dans les traits des figures & dans les diffé-
rentes parties du corps : z°. cette expreffion
forte doit être jointe à une attitude & à une
aéfion gênées , & même quelquefois finguliére-
ment contournées , forcées & outrées. A l'égard
de la première qualité , nous obfervons que les
mufcles font tellement gonflés fur quelques figures
étrufques, qu'ils s'élèvent comme des monticules ,
lès os percent les chairs avec tant de force , que
ce ftyle en devient d'une dureté infoutenable ;
les figures paroiffent écorchées. Cependant cette
expreffion trop forte des mufcles , des os , ne fe
trouve pas dans tous les ouvrages de ce ftyle;
au moins, quant à la première partie , qui con-
cerne les mufcles, ils ne font prefque pas indi-
qués fur les figures divines des étrufques, qui
font les feules ftatues de marbre qui foient par-
venues jufqu'à nous : il faut néanmoins en excep-
ter la coupe dure des mufcles au gras de la
jambe, qui eft très-fubtile fur toute forte d'ou-
vrages. On peut pofer pour règle générale , que
les grecs s’attachèrent plus à i'expreffion des
mufcles , & les étrufques à celle des os ; par
conféquent, fi une pierre fine 8c bien gravée
repréfente une figure fur laquelle quelques os
paroiffent trop marqués, on doit être tenté de
la confidérer comme une pierre étrufque , quoi-
qu’au refte elle pût faire honneur à un aitifte
grec.
E T R 5P7
Nous avons dit que le fécond caraélère du
ftyle étrufque , eft; de joindre à une expreffion forte
de traits, une attitude & une aéfion génées, force'es
& outrées. Nous obfervons que la force ne re-
garde pas feulement l’attitude , l'aclion , l'expref-,
fion , mais encore le mouvement & le jeu de
toutes les parties. Le terme gêné fe dit de
l'attitude & de l'aélion les plus contraintes : le
gêné eft le contraire du naturel ; le forcé eft
i'oppofé de l’aifé, du gracieux & du moelleux.
Le gêné caraétérife le plus ancien ftyle; & le
forcé caraélérife plus particuliérement le fécond
ftyle étrufque. Pour éviter l'un de ces deux dé-
fauts, l’on tomba dans l'autre; 8c pour donner
une forte expreffion aux parties , on donna aux
figures des attitudes & des aérions qui favorifent
ce goût outré. Auffi l'on préféra une pofition-
forcée au repos doux & tranquille des parties;
l’on exalta la fenfation à l'extrême , & l’on pouffa
le gonflement des mufcles jufou'où il pouvoir
être porté. Le fécond ftyle étrufque peut donc
être comparé à un jeune homme mal éduqué ,
livré à la fougue de fes defirs , au libertinage de
fon efprit, & à ces emportemens dejeuneffe, qui
le déterminent à des aérions forcées. Le ftyle
grec du meilleur temps au contraire , peut être-
comparé à un adolefcent bien fait, dont les
paffions ont été domptées par les foins d’une
heureufe éducation , & dans qui l’infiruérion &
la culture ont donné une plus belle for.me aux
qualités naturelles.
Le fécond ftyle des étrufques a un grand dé-
faut ; les fujets différens n'y font point caraété-
rffés en particulier ; il n'a qu'un ton & une
manière univerfelle pour toutes les figures ; il eft
maniéré: Apollon, Mars, Vénus, Hercule,
V ulcain , fe reffemblent tous fur les ouvrages
étrufques fûs n'ont aucune différence dans les def-
fins , qui peut fervir à les diftinguer. Les tofcans
d'aujourd'hui ont confervé même dans la littéra-
ture le ton maniéré ; leur ftyle eft recherché , ap-
prêté , il paroît maigre & fec , lorfqu'on le met
en parallèle avec la grande pureté & la clarté
de la diérion. Le ton maniéré eft encoreplus fen-
fible dans les peintres tofcans les plus fameux :
que l’on jette les yeux fur les contorfions des
anges qui plantent dans le ciel les inftrumens de
lapaffion, & dans les autres figures du jugement
univerfel de Michel Ange Buonarotti, & l’on
conviendra que l'on a eu raifon de dire de ce
peintre , que celui qui a vu une de ces figures
les a toutes vues. Que l'on examine les mouve-
mens violens de toutes les figures employées dans
la defcente de croix de Daniel Volterre : en un
mot , que l'on réuniffe tous les ouvrages des
peintres de l'école tofcane, & qu'on les mette
en parallèle avec les meilleurs artiftes de l’école
romaine, Raphaël, &c. , qui ont puifé leuns
connoiffances dans les mêmes fources, & î’on
E T R
fe convaincra que Técole romaine approche beau-
coup du beau llyle des grecs par raifance &
par ie ton gracieux quelle a donnés à fes figures.
Winckelmann rapporte enfuîte les preuves par
des fiionumenSj qui démontrent que le fécond liyle
éîrufque efi: forcé & maniéré : i?. il dit que le Mer-
cure barba de la villa - Borghèfe ^ eft mufcié
comme un Hercule : 2°. que dans les figures qui
repréfentent Tydée & Pelée les clavicules du
coi J les côtés J les cartilages du coude & des
genoux, les articulations des mains & les che-
villes des pieds, font indique's avec autant de
faillant & de force que les gros os des bras
& des jambes : toutes les figures fouffrenc une
contraétion égalenienr violente dans les muf-
cles, malgré Tâge , le fexe , &c. L'attitude forcée
fe montre fur Pautel rond du capitole; les pieds
des dieux , placés en face , font ferrés parallè-
lement 5 les pieds de ceux qui font deffinés de
profil , font en ligne droite , Pun derrière Pautre j
les mains font mal deffinées & contraintes ; quand
une figure tient quelque chofe avec les deux
premiers doigts,, les autres doigts fe drefient dure-
ment en avant : les têtes font deffinées d'après
la nature la plus, commune.
Tfoifihne fiyle des êtrufques , ou ftyle d’imita-
tion. Pour diilinguer avec le plus grand détail,
dans les figures des êtrufques , le troifième ftyle ,
ceft-à-dire, ce qui a été copié ou imité des
belles figures du troifième ftyle des arecs , il
faudroit faire un traité en particulier. Winckel-
fe borne à dire qu’il fuffit de citer pour
troifième ftyle des êtrufques^ c’eft-à-dire, pour
ftyle d imitation des grecs , les trois fiatues de
bronze êtrufques , qui font dans la galerie de Flo-
rence , & les quatre urnes d’albâtre de Volla-
terra , qui font dans la villa Aibani , &c.
Notre auteur termine cette fécondé fedion,
en faifant quelques obfervations particulières fur
la draperie étrùfque ; il dit que le manteau des
figures en marbre n’eft: point jetté librement;
mais il eft ferré & toujours rangé en plis parallèles,
quHombeht à plomb, ou qui s’étendent à travers
la figure qui le porte.
_ Les manches des vêtemens de femmes , c’eft-à-
dire, les tuniques ou les vêtemens de defîbus,
font quelquefois très - finement plifiées, comme '
celles des rochers des prêtres italiens , ou comme
le papier de nos lanternes qui font rondes &
pliantes.
Les cheveux de la plupart des figures , tant ■
d hommes que de femmes, font, comme nous
I avons dît , partages , de manière que ceux qui
defeendent du fommet de la tête , font noués
par derrière : ies autres tombent par treffes en >
devant lur ies epauiss ^ fuivant ia coutume antique
E T R
de pluîieurs nations 5 telles que les égyptiens les
grecs, &c. ‘
Comme la troifième fedion de "Winckelmann
traire uniquement de Part pùtini les nations li-
mitrophes des êtrufques , tels que les famnites
les volfques & les tampaniens , nous renvoyons
le ledeur aux articles particuliers de cet ouvrage
qui concernent ces mêmes peuples. °
Nous devons feulement obferverque notre au-
teur nous apprend dans cette fedion , 1°. que les
êtrufques fubjuguèrent dans un temps toute l’I-
talie, &fur-touî la Campanie ; î°.que les beaux
vafes antiques êtrufques étoient ceux d’Arezzo ;
3°. que le royaume de Naples, la Campanie,
& fur-tout Noie, ont fourni abondamment des
vafes êtrufques à la plupart des cabinets : il ajoute
cependant qu’en bonne règle onde\roit tâcher,
s’il étoit poffible , de diftingueries vafes vraimeHt
êtrufques ^ des vafes travaillés par les'eampaniens.
4°. Il ajoute que ces vafes ont depuis un pouce juf-
qu’à la hauteur de trois ou quatre palmes; la
plupart des vafes de Noie ont été trouvés dans
des fépulcres ; quelques-uns ont fervi dans les fa-
crifices , dans les bains ; quelques autres ont pu
être la récompenfe ou le prix dans ies jeux publics ;
les autres enfin ne fervoient que d’ornement : ce
fait fe démontre en ce qu’ils n’ont jamais eu de
fonds.
Winckelmann ajoute qu’un connoiffeur qui fait
juger de l’élégance du deffin , & apprécier les
compofitions des mains de maître , & qui de plus
fait comment on couche les couleurs fur les
ouvrages de terre cuite , trouvera dans ies déli-
catefies & dans le fini de ces vafes , une excel-
lente preuve de la grande habileté des artiftes
êtrufques , qui les ont produits. Il n’eft point de
deffin plus difficile à exécuter, parce qu’il faut
une promptitude extrême & une juftefle éton-
nante , car l’on ne peut pas corriger les défauts.
Les vafes de terre peints font la rnérveille de l’art
des anciens. Des têtes, & quelquefois des figures
entières efquiflees d’un trait de plume dans les
premières études de Raphaël , décèlent aux yeux
des connoifteurs la main d’un grand maître , au-
tant ou plus que fes tableaux achevés. Les an-
ciens êtrufques connoiflbient , à ce que ditCaylus ,
l’ufage desponfifs, ou deffins piqués, & les deffins
découpés fur une feuille de cuivre.
Winckelmann ajoute que nous avons grand
nombre de pierres gravées , allez de petites figures
êtrufques; mais que nous n’avons pas aflez de
grandes ftatues de cette nation pour fervir de fon-»
dement à un fyftême raifonné de leur art. Les
êtrufques avoient leur carrière de marbre près de
Luna , que nous nommons à préfent Carrara •• elle
étoit une de leurs douze villes capitales- Les fam-
nites , ies volfques & les campaniens n'ayant point
de marbre bleu dans leur pays , furent obligés
E T R
E T R
de fa?re leurs vafes en terre cufte ou en bronze ;
les premiers te font caffes , Ton a fondu Ip fé-
conds 5 c'eft 1.1 caufs de la rareté des vaies de
cette nation. Comme le itvie étrufque refTemble a
Tancien fty'e grec, le iecfeur fera bien de re!:re
cet article avant que d'examiner fart chez les
grecs. Notre auteur prouve dans te livre V ou
il traite de l'art chez les romains , qif ü y a appa-
rence que dans les temps les plus reculés , les grecs
iiTiitèrrnt l'att des étrufqiies , qu'ils en adoptèrent
beaucoup-, de chofes , & en particulier les rites
facrés ; mïls dans les temps poÜérieurs , lorfque
l'art fleurilToit chez les grecs, on peut croire que
les artihes étrufque s , peu nombreux, furent uif-
ciples Se imitateurs des grecs.
Les étrufques peignoient toujours les faunes avec
une queue de cheval , quelquefois avec les pieds
de cheval, d'autres fois avec les pieds humains.
La Tofcane , c’eft-à-d!re , le pays paniculier
habité pat les anciens étrufques , a produit abon-
damment dans tous les temps de vrais grands
hommes dans tous les genres. On peut , à ce
fujet , confulter les vies des grands hommes tof-
cans , & les mémoires des différentes académies
qui font établies dans la Tofcane. Nous ne de-
vons pas oublier dans ce petit recueil d anec-
dotes , concernant les étrufques ^ que Plutarque
nous apprend que les tofcans envoyèrent des co-
lonies , qui formèrent des étabiiffemens dans les
ifles de Lemnos , d'Imbros , & fut le promon-
toire de Thtnarus , où ils rendirent de ü grands
ferVices aux fpartiates , dans la guerre qu'ils fou-
tenoient contre les ilotes 3 que les lacedemoniens
leur accordèrent le droit de bourgeon'ie dans leur
ville: mais enfuite, fur un foupçon d infidélité ,
les fpartiates les firent tous emprifonner. Les fem-
mes de ces malheureux allèrent les voir dans leurs
cachots, changèrent d'habits avec eux , & s ex-
posèrent toutes à la mort pour fauver leurs maris :
Les tofcans , en forçant de prifon , allèrent fe
mettre à la tête des troupes des ilotes 5 mais les
fpartiates craignant leur reffentiment , leur ren-
dirent leurs femmes & leurs biens.
M. Eckel craint avec raifon que l'on n’aie voulu
trop fcrupiileufe.ment établir des caraélères diftinc-
tifs entre les premiers ouvrages des grecs & ceux
des étrufques j tejs ont été Gori , Caylus , Winc-
kelmann & tant d’autres , qui fe font efforcé de
diftinguer le ftyle de chaque nation ancienne. Pour
ne parler que des pierres gravées , le véritable
caraftère d'un ouvrage étrufque, feîon eux, fe
fait connoître aux mouvemens forcés des figures,
aux mufcles trop prononcés , aux ailes ajoutées
à prefque toutes les divinités : dans les draperies,
ce font des plis droits & parallèles 5 enfin c'efi
le grénetis oui fert de bordure , & des lettres ré-
putées étrufques auffi bien que des inflexions des
mots grecs. Malgré ce caractère , M. Eckel ell
S99,
perfnadé qu’on ne fait paffer que trop fouvent
des ouvrages tout- à-fait grecs , mais d’un âge
fort reculé, pour des ouvrages étrufques. Si les
favans, nommés plus haut , .avoienc confiilté les
médailles les plus anciennes de^illes de la grande
Grèce & de Sicile , celles de Tarente , de Cro-
tone , de Sybaris , de Caalon, de Syracu.G , d'Hi-
miera , de Camarine & d’autres ; ils auroienc re-
connu Tans doute que ces pièces , tout grecques
qu'elles font, portent' cependant les mêmes ca-
raéières que nous venons d’expofer , & qu'ils ont
eu la prévention d’attribuer excluiîvementaiixpro-
duéiions étrufques. Mais ce n'efl: pas le feul tore
qu'ils aient fait aux grecs 5 ils ont encore méconnu
leur langue. Séduits par ces marques difti.mSiives.,
ils ont hardiment qualifié èé étrufques les inferip-
tiors qu'on trouve quelquefois à côté, quoique
les mots en foient évidemment grecs, ainfi que
les lettres , telles qu’on les voit fur les médailles
déjà citées, fur les tables amycléennes, fur
^ celle de Sigée & fur tant d'autres monumens de
la plus haute antiquité. Tout récemment encore,
avec quel fondement a î-on pu appeller étrufque
une pierre qui repréfente Paris dans un ityle grec
très- ancien, quand Ton nom.n'y eit altéré en rien ,
& qu'il s'y trouve écrit en lettres qu'on rencontre
fi fouvent fur les médailles les plus anciennes de
la grande Grèce ? ( Nod-qie fille antichita di .Roma.
per r anno 17S5 ,p. 89).
On pourroit encore alléguer d’autres exemples ;
maisilfuffira d'obfefver qu'en attribuant aux étruf'
ques ce qui appartient effesilivement aux grecs ,
on tire très-fouvent de fauffes conclufions pour-,
l'hiiloire de l'art : c'eft ainfi que V/inckelmann ,
fe fondant fur de femblabics monumens , prétend
que ceux des étrufques l'emportent fur les monii-
mens des grecs. Quant à l'antiquité, ( kifi. de
tan. ) M. Eckel penfe que fans recourir aux étruf
ques, il ell bien plus naturel d'attribuer aux grecs
les monumens dont le ftyle, la langue & les
lettres leur étoient propres , ainfi que le prouvent
leurs médailles. Quant à la pierre du cabinet im-
périal , décrite par ce Lavant , fur laquelle on lit
le mot EAINA , quoiqu’il s'é-loigne un peu du
grec EAENH , quoique les formes de toutes les
lettres fe rencontrent dans le plus ancien alphabet
grec , il fe peut bien quelle ait été gravée chez
une des nations indigènes de l'intérieur de l’ïtà-
lie, iefquelles, en imitant les grecs, leurs voi-
fins, dans les produâions de l'art, fe fervoient
de leurs lettres , & ne lailfoient pas de faire quel-
quefois de petites, violences aux mots grecs , pour
les plier à la prononciation de leur langue vul-
’gaire. Toutefois il ne faudroit pas en , conclure
que tousdes monumens de ce genre doivent être
rapportes exciufivementaux étrufques q tant d'au-
tres nations de l'Italie pouvant également les ré-
clamer. Voyei CxviTA - Turchino , pATÉRES 3
Pierres gravées.
6oo E T R
• Êtküsquîs ( cofîume des).
Habits des femmes. Les femmes étrufques , re-
prefentées fur les monumens , font ordinairement
vetues de tuniques & d"un pal'ium j telles font
les figures d'un autel triangulaire de la villa
Borghèfe;, de celai déformé ronde de la galerie
du capîtole; de même que plufieurs autres figures
fculptées fur différens fépulchres ( V'oy. le re-
cueil ce M. de Caylus , le monumenti antichi ine-
fabbé Winckelmann, & \e. fepolcri antkki
di P.^ S. Bartoli ) , habillées toutes à la manière
des femmes grecques j ces figures font le plus
fouvent exécutées d'une manière monotone , avec
r^pctition continuelle des mêmes plis. La
csëffure efi: diftinguée parues treffes qui pendent
de cote 8c d'autre, même pour lés hommes.
Les fandales fe font aufîî remarquer par des rubans
en plus grpid nombre , & qui ordinairefîient font
moins croifés les uns fur les autres.
Habillemens des hommes. Aux figures d'hommes^
on remarque une variété infinie par rapport aux
J dui font tantôt longs, tantôt courts,
meme trelfés, fuivant le caraâèredes perfonnes ;
1 habillement efî: compofé en général du pallium
ou de là chlamyde leule , comme on le voit fur
un autel de la villa Albani ( monumenti antichi
inediti , tom, i , fig. 6} j cependant la toge étoit
en ufage chez les étrufques ( Diodore ). On la re-
connoit fur une belle llatue étrufque y confervée
dans la galerie du grand duc ,.à Florence. L'abbé
Winckelmann (hift. de l'art, chez lesanc. r. i. fol,
p8. ) a pris cette fiatue pourun arufpice j mais fon
port ,. fon gefte, l'anneau qu'il porte au doigt, tout
annonce un fénateur. Il a les cheveux courts,
la barbe rafée;^du refte, fa tunique, fa toge,
fa chlamyde même , touteft femblable au cofiume
romain , la toge feulement ett plus courte.
Des armes. Les figures qui repréfentent des
dieux portent des armes' femblables à celles des
^recs ; telle eft une figure de Mars fur l’autel
étrufque ( monumenti antichi inediti y tom. i ,
fig- f)y de forme ronde, de la galerie du Ca-
pitole. D'aitfres monumens des étrufques. nous
montrent der variétés infinies , dont il feroit mu-
tile de rapporter les détails. Il eif certain que les ro-
mains ont adopté la plupart de leurs ufages : plu-
fieurs figures étrufques ( recueil d‘ant. par M. CayluSy
tom. 1 y pl. ^ ï y tam. 6. pl, y. . 2.6. ) , prouvent
l'origine de rarmure romaine, à quelque légère
différence près. Une urne fépulchtale (antichi fe-
polcri romani & etrufchi y fol. 92.), portant une
mfcription étrufque , eft ornée d'un bas-relief, fur
lequel il y a deux combattans, dont l'un efi: armé
a un cafque afîez fernblable à celui des grecs 5
parcit d une forme différente ,
fes cuiliards font à double rangs , ce qu'on trouve
meme aux figures de leurs divinités. Sur fon ar^
miire , il pofcç la chlamyde ou iç paludamentum'i la
E V A
^ chaulTure couvre le pied entièrement. L’an^r.
figure efi armee exactement à la manière des orées ■
les boucliers étrufques font géne'ra’eœent dê forme
ronde i Caylus y rec. d’ant. tomA,,pl.2% 30 )
& très-fouvent la crête de leurs cafques eft d’unê
grandeur démefurée.
Les tyrhéniens, que les latins appelloîent étruf-
ques y avoienr, fuivant Diodore , inventé une ef-
pèce de trompette excellence. Leurs lirs étoient
ornes d'étoffes à fleurs. Iis ont inventé les portiques
au devant des maifons ; & ce font eux, félon toute
probabilité, qui ont porté les ordres grecs en
Italie. Ce fut Démarate qui , du temps des Tar-
quins , amena avec lui beaucoup de corinthiens
en Tofeane , & leur procura des artiftes de cette
école célèbre jc'eft pourquoi on remarque fur leurs
bas-reliefs, l'ordre corinthien: ils auront aulfi
fans doute caradérifé l'Architedure par cet ef-
prit finguHer qui diiiingue encore les beaux édi-
fices de Florence.
/
Etrusques (médailles).
^ On a plufieurs médailles inconnues avec des
légendes étrufques,
ÉTUVE. Hoyei^ Cheminée. .
ETYMOLOGIE. H. le Diciionnaire de Gram-^
maire , 6’.
ÉVA, en Arcadie. ETA.
Les m.édailles autonomes de cette ville font i
RRR. en argent.
O. en or.
O. en argent-
Pelierin les croit delà Cyrénaïque , en les ;u-;
géant par leur fabrique,
ÉVADNE, fille dTphis, argien , & femme
de Capanée, ayantappris la mort de fon mari,
s'enfuit d'Argos à Éleufîne , où on devoir rendre
à fon époux les honneurs funèbres. Après s'être
paree de fes plus beaux habits, comme fi elle
alloit célébrer un nouvel hyménée , elle monta
fur un rocher , au pied duquel on alloit brûler
le corps de Capanée , d'où elle fe précipita elle-
même au milieu du bûcher, à la vue de fon père
& des argiens , pour mêler, difoit-eiie, fes cen-
dres avec celles d'un époux qui lui avoit toujours
été cher.
ÉVAGES. Voyetq. Eubaces.
EVAGORE, une des cinquante Néréides.
EVAN , furnom de Bacchus , pris du cri que
fâifoient ks bacchantes , en célébrant les orgies:
elles '
E V A
elles crioient Évm ^ Evan , d’où elles furent aufli
nommées évantes.
ÉVANDRE fut le chef de la colonie des
arcadiens ^ qui vint s’établir dans l’Italie , aux
environs du mont Aventin. Ce prince 7 apporta
avecl’Agnculturel’ufage des lettres ^ qui y avoient
été jufques-là inconnues; & s’attira par-là, &
plus encore par fa fagelfe , l’eftime & le refpeâ
des aborigènes, qui, fans l’avoir pris pour leur
roi , lui , obéirent comme à un homme ami des
dieux. Evandre reçut chez lui Hercule ; & quand
il fut informé que c’étoit un fils de Jupiter, &
que fes grandes aérions répondoient à cette haute
nailTance , il voulut être le premier a l’honorer
comme une divinité, même de fon vivant; on
éleva à la hâte un autel devant Hercule, Evandre
immola en fon honneur un jeune taureau. Dans
la fuite ce facrifice fut renouvellé tous les ans
furie mont- Aventin. On prétend qatc t&Évandre
qui apporta en Italie le culte de la plupart des
divinités des grecs , qui infiitua les premiers faliens,
les Luperques & les Lupercales. Il bâtit le pre-
mier temple de Gérés fur le mont Palatin. Vir-
gile fuppofe qu’il vivoit encore du temps d’Enée ,
avec qui il fit alliance , & qu’il aida de fes trou-
pes. Après fa mort, ces peuples reconnoiffans le
placèrent au rang des immortels , & lui rendirent
tous les honneurs divins. Quelques mythologues
font perfuadés que c’étoit Evandre qu’on honoroit
dans Saturne, en Italie; 8c que fon règne fut
l’âge d’or pour cette contrée.
ÉVANGÉLIDE. L’oracle des êvangélides.
Evangelidarum oraculum. Il y avoir à Milet , au-
jourd’hui Mileto, un oracle qui palToit pour le
jneilleur de toute la Grèce après celui de Del-
phes. Le chef & le préfident du lieu où étoit cet
oracle , ayant d’abord été un certain Branchus ,
qn appella alors cet oracle X oracle des branchldes.
Évangéle , ou Evangelus , ayant fuccédé à Bran-
chus , il prit fon nom , 8c fut nommé V oracle des
évangélldes. PhotiUS , bihliotk. cod. i8<5.
ÉvANGEUES \ éphéjîens célébroient
ces fêtes en l’honneur d’un berger, qui leur avoir
indiqué les carrières d’où l’on tira les marbres
qui furent employés à la conftruéiion du temple
de Diane; ce berger s’appelloit Pixodore. On
changea Con nom en celui de Yévangélijîe, por-
teur de bonnes nouvelles ; on lui faifoit tous les
mois des facrifices ; on alloit en proceflion à la
carrière. On dit que ce fût le combat de deux
béliers qui donna heu à la découverte de Pixôdore:
l’un de ces deux béliers ayant évité la rencontre
de fon adverfaire , celui-ci alla fi rudement don-
ner de la tête contre une pointe de rocher qui
fortoit de terre , que cette pointe en fut brifée ;
le berger ayant confidéré l’éclat du rocher , trouva
Amiqui$és , Tome II,
EUE (foi
que c’étoit un marbre. Au refte , on appeJoit ail-
leurs ou toutes lesté esqa’on
célébroit à l’occafîon de quelqu. bom.e lu uve-le ;
dans ces fêtes, on faifoit des facrifices aux .'•■eux;
on donnoit des repas à fes amis , 8c l’on réUiiUloit
toutes les fortes de divertiffemens.
ÉVANTES. Voyei ÉVAN.
EVARNE , une des cinquante Néréides , félon
Héfiode.
EUB AGES , prêtres , doéleurs des anciens
celtes , ou gaulois.
Eubages. Chorier ( dans fon Hift. du Dauphiné^
1. II. n°. 3 . ) fuppofe que ies cubages forit les mêmes
que les druides 8c que les faronides de Diodore.
Quelques-uns croient que les eubages font ceux
que Strabon ( 1. IV. p. 197. de l’Édit de Paris,
1620. ) appelle iaariis , vates. Peut-être m.ême
s’eft-on perfuadé qu’il falloic lire oufs7j 5 étant aifé
de prendre r pour un x. Quoiqu’il en foit, il
paroît que les eubages étoient différens des drui-
des. Ammien Marcellin parle des eubages dans
fon XV'. 1. c. IX , 8c parce qu’il ne s’agit là
que de l’ifle britannique, quelques auteurs ont cru
que les eubages n’exiftoient que dans cette ifle ,
& qu’ils y rempliffoient les mêmes fondrions que
les druides dans la Gaule. Mais les anciens, 8c
fur-tout Strabon 8c Ammien lui-même , dans ce
paflage , ne lailTent aucun lieu de douter que les
eubages ne fuffent différens des druides, ou au
moins une efpèce particulière de druides , 8c qu’il
n’y en eût dans les Gaules. Ammien fait entendre
que c’étoient les philofophes de ces contrées ,
8c que leur occupation principale étoit l’étude de
la nature. Bouche , dans fon Hifl. de Provence
( 1. II. c. IL Tom. 1. p. 68. ) diftingue les vates
de Strabon des tubages d’Ammien Marcellin.
« Les vates , dit- il , étoient ceux qui avoient
foin de faire des facrifices ; eubages, ceux qui
s’occupoient des raifons des plus hauts fecrets de
la nature ».
EUBÉA , fille du fleuve Aftérion , fut une
des nourrices de Junon, avec fes fœurs Por-
fymna 8c Acréa. Fbyep JuNON.
EUBÉE , ifle. EïBOiEi2N & et.
Les médailles autonomes de cette ifle font :
R. ea argent.
R. en bronze.
O. en or.
Leurs types ordinaires font : un bœuf ou fa
tête.— Un raifin. — Un oifeau volant. — Ua
dauphin.— Un trident.
Gggg
<?02 E U D
EubéEj une des maîtrefles de Mercure ^ dont
elle eut un fiis, noramé P olybe , pere deGlauciiSj
dieu marin. D autres la font femme de Polybe^,
donc elle eucGIaucus. Voye:^ Glaucus.
EUBOüLIE , ou la déeffe du bon confei! ,
avoir un temple à Rome , félon Flucarque. Son
norq. eft grec^ & compoféds £«_, de oouAÿ,
conjeil.
EUBULEUS ^ un des trois Diofcures^ dit
Cicéron , de ceux qu'on furnommoit Anaces ,
fils de Jupiter & de Proferpine : ils étoienc nés
à Athènes. Koye:^ Dioscures.
EÜCARPîAj en Phrygie. EYKAPHEÎ2N &
iEYKAPnEIA.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Cette ville a fait frapper des-médailIes impé-
riales grecques en l’honneur de Domna j de Ma-
crin j de Maximin J de Gallus, d'Antinous.
EUCHECRATESj jeune theffaiien, étant venu
à Delphes , pour confulter la Pythie ^ la trouva
fi belle , qu'il en devint amoureux ^ & l’enleva.
Depuis ce temps pour prévenir de pareils acci-
dens J on fit une loi ^ qu'à l’avenir la Pythie
feroît toujours choifie d’un âge au-delfus de cin-
quante ans. Koye^i Pythie.
E UCLABRIS , nom que les prêtres des romains
donnoient à la table fur laquelle on plaçoit la
victime égorgée j pour examiner fes entrailles.
EUCR ATE J une des cinquante Ne'réïdes ,
félon Héiiode. '
ÉÜCRATIDES le fils, roi de Baétriane.
XYKPATIAOÏ. ;
Ses médailles font :
RRRR. en argent. \
O. en or. ]
O. en arcent. <
2
EUDEMONIE , en grec ’S-u-hul^onm. , déefle
4e la félicité. FoyÊj Félicité. ,
EÜDOCIE J époufe d'Arcadius, *
Æ.IIA Eusocja Augüsta. '
EVE
Ses médailles font :
RRR. en or.
RRR. en argent.
R. en P. B.
EUDORE , une des Océanides , fille de l’Océan
& de Téthis
Eudore, une des feptHyades^ fille d’Atlas.
EUElOXIE, époufe de Théodofe IL
Ælia Eudoxia Aügusta,
Ses médailles font t
RRR. en or.
RRR. en argent.
R. en P. B.
Eudoxie il femme de Valentinien îIL
Licinia Euboxia Augusta,
Ses médailles font i
RRR. en or.
O. en argent & en B.
EVECTIONS, evecliones ; c'étolt une per»
miffion écrite de l’empereur, ou des gouverneurs,
ou des premiers officiers, fur laquelle on pouvoir
courir la pofte , fans bourfe délier. On préfentoit
cette permiffion à toutes les fbtions. Si le chemin
conduifoit an lieu de la réfidence d’un gouver-
neur, il falloir avoir l’attention d'aller chez cet
officier faire ratifier fa permiffion , qui marquoit
& la durée du voyage , & le nombre des chevaux
accordés au voyageur. Il y eut an. temps où les
gQuver.neurs même avoient befoin d'un billet de
franchife, figné de l'empereur, ou du préfet du
prétoire , ou de l’officier appeilé dans le palais
magifler afficioriim^
E VEMÉRION , un des dieux de la Médecine
chez les ficyoniens, qui rinvoquoient tous les
jours après le foleil couché. Son nom fignifie celui
qui vit heureufement ; mais il efi pris ici dans
une Êgnification aélive , & marque l’auteur même
du bonheur, celui qui porte bonheur , celui qui
fait vivre heureufement. j^oye;j;TÉLESPHORE. Sca
nom eft formé de A & de , jour heureux,
EVENEMENT ( bon). Voye? Bonüs-
E V E N T U s.
ÉVENTAIL , ftabellum.
EVE E U G
C’efl: le fioni qu^’on donne ordinairement à des
efpèces de feuilles qu'on voir dans la main de plu-
fieurs figures iurles monumens antiques. Les chinois
fe fervent encore à’ éventails cui ont la forme d une
feuille ( Lamhec, comment. hiôL Vîni. ).
Il ell confiant que les anciens connoiffoienî
l’ufage de \ éventail : Athénée (^lib. G , cap, lé. )
& le poëce Nonnus ( Dionyfiac. lib. il , pag. 345- )
en font mention. Dans une comédie de 1. érence ,
Ch&rea raconte à Antiphon comment , apres s être
déguifé en eunuque , pour pouvoir entrer dans
l'appartement de Thaïs , les femmes de cette cour-
tifanne lui ordonnèrent de prendre un éventail pour
agiter l'air , lorfqu'elle fe mit au bain ( Eunnuck.
a3. ^ je. Ovide , en parlant des foins & des
attendons néceflaires pour plaire aux femmes , dit
qu’on a fbuvent obtenu leurs bonnes grâces pour
les avoir rafraîchies avec un éventail. Il eft en-
core parlé de X éventail dans Plaute ,
tial J dans Properce & dans Claudien. L éventail
des anciens était fait de feuilles d’arbres ou de
plumes de paon. On voit dans les peintures d Her-
culanum tom. 3. tav. 29.) un jeune homme qui
en porte un de cette dernière efpèce ; & dans
le calendrier de Lambeedus le mois d Août , re-
préfenté fous la forme d'un jeune homme qui boit ,
tient auïfi un éventail de plumes de éventail
fervoit à fe donner de l'air , à chafîer les mouches ,
8e peut-être à fe garantir du foleil- Il ne faut pas
cependant le confondre avec l’inftrument nommé
par les grecs , & TJmbella par les latins.
Ce dernier avoit la forme de nos parafoîs. U éven-
tailéioit regardé en général comme un inftrument
de molleffe; il devenoit néanmoins utile pour écar-
ter les infeéles , quand on dormoit l’après-midi
dans, les pays chauds fur des lits expofés à l'air.
II y a beaucoup d’apparence que c'eft un éventail
qu’on voit dans la main de celui des Amours ,
qui efi le plus voifin de l’hermaphrodite , fur un
beau camée du palais royal ; la forme en eft affez
femblabîe à use feuille de lierre : cependant ,
il ne faut pas toujours prendre pour des éventails
ces fortes de feuilles qu’on voit dans la main de
plufieurs figures fur les moxwimtus. { pierres gra-
vées du duc £ Orléans. I. p. 112 ).
ÉVÉNÜS. Voyei Idas & Marpesse.
ÉVÊREj père de Tiréfias.
ÉVERGÈTE , furnom qui fignifie bienfaiteur
ou bienfaifant , & qui a été donné à plufieurs
princes. Les anciens donnèrent d’abord cette_ épi-
thète à leurs rois , pour quelques bienfaits infignes
par lefquels ces princes avoient marqué ou leur
bienveillance pour leurs fu^ts , ou leur rcfpecl
envers les dieux. Dans la fuite quelques princes
prirent ce furnom pour fe diftinguer des autres
princes qui poïtoient le même nom qu eux. Les
rois d’Egypte J par exemple, fuccefieurs d’A-
lexandre , ont prefque tous porté le nom de Pto-
lémée , ce fut le troifième d’enrr'eux qui prit le fur-
nom ^éverg'ete^ pour fe diftinguer de fon père & de
fon ayeul, & cela, dit S. Jérôme, parce qu'ayant
fait une expédition militaire dans la Babyionie, il
reprit les vafes que Cambyfe avoit autrefois en-
levés des temples d'Egypte , & les leur rendit.
Son petit-fils Ptolémée Phifeon , prince cruel &
méchant , aft'eéta auffi le furnom ééévergéte ;
mais fes fujets lui donnèrent le nom àtcakerg'ete ,
c'eft-à-dire, malfaifant. Quelques rois de Syrie,
quelques empereurs romains , après la conquête
l'Egypte , & quelques fouverains, ont été aufii
furnommés évergétes , comme il paroît par des mé-
dailles & d’autres monumens.
ÉVERRIATEUR; c’eft ainfi qu’on appelloit
rhéritier d’un homme mort; ce nom lui venoit
d’une cérémonie qu’il étoit obligé de faire après
les funérailles , & qui confiftoit à balayer la mai-
fon, s’il ne vouloir pas y être tourmenté par
des lémures. Ce balaiement religieux s’appelloit
everr&, mot compofé de la prépofition ex 8c du
ytiht verra, je balaie.
EUFÉMIE , époufe de Juftin I.
Ælia Marciaica Euirmia Acre us T Ai
Ses médailles font :
RRRR. en or.
O. en argent & en B.
Quoique tes antiquaires aient attribué à Eu-
fémie, femme de Juftin , les médailies d’or qui
nous font parvenues avec les noms à’Ælia Mar-
\ ciana Eufemia , il n’eft pas abfolument certain
qu’elles foient de la femme ce ce prince. On peut
les donner av^ec quelque fondement à Eufémie ou
Eupkémie , fille de l’empereur Marcien , & femme
d’Anthémius, empereur d’Occident, laquelle a
porté la qualité d’Augufte, & à qui on a fans
doute frappé des médailLs. Le nom àt.Marciana
peut même faire fixer l’opinion en fa faveur.
EÏFAMIA , fêtes ou jeux confacrés à Pluton ,
en mémoire de fon mariage avec Proferpine. It
en eft fait mention fur une m.édaiile de Vefpa-
fien , frappée en Égypte.
EUGÈNE, tyran fous Théedofe ï.
Eugenxus Augustus,
Ses médailles font :
RR. en or.
R. en argent.
RRR. en P. B.
Ggss n
EUGÉNIE; c’eft le nom que les grecs don-
nent à la noblefle. On ne trouve pas qu ils aient
jamais déifié la nohlejfe , non plus^que les rornams ;
mais il eil certain , par les pedaüles , qu ils lui
ont donné une forme humaine : car on la trouve
déiîgnée d’une manière uniforme fur plulxeurs de
ces anciens monumens C’eiî une femme debout ,
qui tient de la main gauche une pique, & qui
a fur la droite une petite ftatue de Minerve. Il
n’y a point de fymbole plus propre à défigner
la noblclfe , que Minerve , puifqa’elîc eft née
du cerveau de Jupiter.
Eugénie en grec veut dire bien née; ce mot eft
formé de î» , bien , & de ylnofeou , naître. ( DiQion.
de Trévoux. )
ÉVID, mefure de capacité de l’Afie & de
l’Égypte. Toye^ Log.
ÉVITERNE. Ce n’eft point le nom d’une
divinité, mais une épithète qui fe donnoit aux
grands dieux , & qui fignifie éternel , dont la
durée n’a point de fin. Eviternus. Ennius avoit
donné cette épithète à Jupiter. Servius femble
dire néanmoins qu’Ennius fe fervoit non pas du
mot éiéviterne , mais du mot déévintegre ; ou
plutôt qu’il avoit employé l’un & l’autre. Les
dieux éviternes étoient , au fentiment d’Apulée ,
& félon les platoniciens, ceux qui n’avoientrien
de matériel , ni d’humain , qui étoient placés au
plus haut du ciel, qui avoient toujours été , &
dévoient toujours être dieux. Pline dit que l’on
facnfioit des bœufs roux aux dieux éviternes ,
c’eft-à-dire , aux dieux conildérés & honorés
comme éviternes , & fous cette qualité. Gyraldi
cire , dans fon hiflor. deorum ( fynt. I. ) ^ une
ancienne infcription, qui n’eft point dans Gruter,
& qui porte D. pot. et gen. ævit. d. t que
Crinitus & Cϟus lifent ainfi , deis potentibus
& Genio sviterno dicatum ; mais deo potenti feroit
peut-être mieux.
Cet auteur dit au même endroit , que les dieux
furent appelles éviternes , quod sxo fempîtemo
permaneant; par où il femble vouloir infinuer que
ce mot éviteme vient à" &vumS^ âé sternum^ duree
éternelle; mais s’il eft vrai, comme d’autres le
difent, q\i Aternus s t‘à Aviternus , on ne peut
fe tirer à’ Ævum sternum ^ c\\xi paroîtroit cependant
fournir une origine très-vraifemblabîe.
£ïiiA,Fis. On appeiloit ainfi un manteau fait
d’une peau de cerf. Paufanias dit qu’on en voyoit
un pareil .fiir une ftatue d’Apollon à Delphes.
Ulyffe en eft couvert fur un vafe de terre cuite
du célèbre Mengs , publié par Wincfcelmann au
iî°. 1 59 de fes monumenti.
EUMEDON , fils de Bacchus & d’Ariane ,
fut un des Argonautes.
E U M
EUMEE, ce fidèle ferviteur d’Ulyfîe, dont
il eft tant parlé dans l’odylfée , étoit fils du roi
de l’ifle de Syros , dans la mer Egée , à quelques
journées de Délos. Ayant été enlevé dans fon en-
fance par des pirates de Phénicie , il fut porté
à Ithaque , & vendu comme efclave à Laerte ,
père d’UlylTe, qui, après l’avoir fait élever dans
fon palais , le deftina à la garde de fes troupeaux.
Ce fut chez Eumée qu’UIyfle alla defcendre , lorf-
qu’il revint à Ithaque, après vingt ans d’abfence ,
& ce fut avec le fecours de ce ferviteur fidèle,
qu’il vint à bout d’exterminer tous les amans de
Pénélope. Toye^ Ulysse.
Eumée paroît fur un bas-relief, publié par Wir>c-
kelmann ( n°. i6j des monumenti ) , où Ulyffe eft
reconnu par fa nourrice.
EUMÉLUS , fils d’Admète & d’Alcefte , qui
commandoiî les troupes de Phéres au liège de
Troye , avoit, dit Homère ,.ks deux plus belles
cavales de toute l’armée ; elles étoient vîtes comme
des oifeaux. Apollon lui-même avoit pris foin de
les nourrir fur les montagnes de Pièric.
EUMENÉS , ou le héros pacifique , étoit ho-
noré comme un dieu par les habitans de Chio.
Ckft le même que Drimaqae, dont nous avons
raconté l’hiftoire. Fby. Drimaque
EUMENIA , en Phrygie. eïaîenecn.
Les médailles autonomes de cette ville font:
RR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Eumenia , dans la Lydie, eymenesh
AXAIfîN.
Cette ville a fait frapper , fous l’autorité de
fon pontife , des médailles impériales grecques en
l’honneur de Marc-Autèle , de Philippe père „
d'Otacile, d’Hadrien.
EUMÉNIDÉES, fêtes qu'^Dn céîébrcît à
Athènes , en l’honneur des furies furnommées
Euménidées. On y immoloit des brebis pleines ;
on y offroit des gâteaux pétris par des jeunes gens
de la première naiffance, du mielbe du vin. Les
ciicye.ns feuls, & ceux là feuls qui jeuiflbient
d’une bonne réputation , pouvoient aflifter auX-
facrifices des Euménidées.
EUMENUTHIS. Toye^ Mekuthis.
EUMOLFEj fils d’Or[.hée , félon les uns,
ou du poète Mufe'e, félon d’autres , étoit égyp-
tien d’origine. Il fut une des quatre perfonnes
que Cérès établit pour préfider à fes mj ftères.
E O N
Voulant enlever le rorsume d'Athènes à Erecthée ,
il lui fit la guerre. Les deux chefs furent rués dans
Je combat. Les, Athéniens adjugèrent la royauté
à la famille d'Ereéthée ^ & à celle à’ Eumolve ,
la dignité d'hiérophante^ ou de grand-prêtre des
myftères d'Éleufis. On dit qu'il apprit la mufique
à Hercule. Koyei Boédromies.
Il y eut un autre Eumolpe , roi de Thrace,
qui combattit contre les athéniens en faveur des
cicufiens. Son fils perdit la vie dans ce combat.
EUMOLPIDES J premiers miniftres des myftè-
res de Gérés : ce facerdoce dura douze cens ans
dans leur famille. Ils tiroient leur nom d'Ea-
molpe , roi de Thrace j ou de VEumolpe , dont il
eft parlé dans l'article précédent.
EUMOLUSj fils d'Atrée, & fes deux frères ^
Aléon & Mélampus , font appelles par Cicéron ,
Diofcures. Voyep^^ DiOSCURES.
EUNÉE , fils de Jafon & d’Hypfiphüe ^ dut
fa nailTance au voyage que Jafon fit à LemnoSj
GÙ il devint amoureux de la fille de Thoas , roi
de Thrace. Eunée régna fur l'ifle de LemnoS;,
après fon grand - père , & envoya des chevaux
chargés de vins en préfent aux atrides ( Iliad.
VII. ) pendant le fiègede Troye. Voye:^ Hyp-
StPHILE.
ÉONICE , nymphe de la mer. Eunîce. Kéfiode,
dans fa théogonie , vers Z47 , dit (yaEunice aux
bras vermeils ( c'eft l’épithète qu'il fui donne ) ^
fcS'à'Tiri^as , étoit fille de Nérée & de Doride , ou
Doris,
Eonice eft encore une nymphe du fleuve M-
canius ^ qui eft aujourd'hui l'Acfu dans l’Afie mi-
neure. Eunice , Eunica. Celle-ci, au rapport de
Théocrite , idylle treizième , aidée de deux autres
nymphes, ravit Hylas , favori d'EIercule, qui
îavoit envoyé puifer de l'eau au fleuve Afca-
nius. Ce qui a donné occafion à cetre fable,
e’eft qu'Hercule , en allant à l'expédition de la
toifon d'or , ayant rompu fa raine , mit pied à terre
fur les côtes d’Afîe , aux environs du fleuve Af-
canius , pour en couper une autre dans les bois.
Preffé de la foif & de la chaleur, il envoya Hylas
puifer de l'eau à la rivière voifine , dans laquelle
le jeune homme tomba & fe noya ; ■ ou , comme
le raconte Théocrite , les argonautes s'éta;.t ar-
rêtés dans la Propontide , fur la côte d'Afie , au
port deCyane, & s'étant affis dans des prairies
fort agréables, pour y faire un repas , Hylas prit
an vafe d'airain , &: alla puifer, de l'eau pour Her-
cule & pour i élamon ; mais le poids du vafe
l'emporta & il fe noya.
Au refie, il ne faut point confondre.ces nym-
phes i car fans parler du scfte » leurs noms tous
E U N Çc;
femblabies en notre langue , font fort différensea
grec ; la première s'appelle qui eft compoi'é
de SB bien , & de Vuccs , querelle , difpure, diffé-
rend , débat, de forte que ce nom fignifie que-
relleufe, opiniâtre j & en fe fervantd'un mot po-
pulaire qui l'exprime fort bien , kargneufe. La fé-
condé fe nomme e’uj/x? , ou , comme parle Théc-
crite dans fon_ dialedte dorique mot
compofé de s» , bien , & de , ou v/k» ,
victoire,
EUNOMIE,, fille de Jupiter 6e de l’Equité ,
ou Thémis. C'étoit une des faifons. V. Heures.
EüNOjfiE , fille de l'Océan , fut aimée de
Jupiter, 8e devint mère des Grâces. C'eft la
même qu'Eurynome. Voyei^ ce mot.
EUNOMUS , muficien de Locris , étant allé
à Delphes avec Arifton , muficien de Régium >
pour difputer le prix de leur art, il arriva en
chemin qu'une corde de la lyre aEunomus sé-
tant calTée , on vit dans l'inttant voler une cigale ,
qui fe pofa fur fa lyre. Elle fuppléa fi bien au
défaut de la corde pat fon chant, cyiEunomus
remporta la viâoire. On ajoute que , quoique
les deux villes de Locris & de Régium ne fuflent
féparées que par le fleuve Alex , les cigales chan-
toient du côté de Locris , & reftoient muettes du
côté de Régium. Strabon, qui raconte cette fable ,
en rend une raifon plaufible; c'eft , dit-il, parce
que Régium eft un pays couvert & humide, ce
qui rend l’infecle engourdi , pendant que du coté
de Locris le terrein eft fec & à découvert. Les
habitans de Locris , pour faire croire l'aventure ,
élevèrent une lîatue à Eunomus , avec une cigale
fur fa lyre.
EÜNOSTUS, divinité des habitans de Ta-
nagra , dans l'Achaïe, fur le fleuve Afopus. L'en-
trée de fon temple étoit fi expreffément défendue
aux femmes , que quand il arrivoit quelque malheur
à la ville , on en attribuoît toujours la caufe à la
viciation de cette loi. On faifoit alors des re-
cherches très-exades , pour découvrir 's'il ne fe-
roit point entré dans le temple quelque femme ,
ou exprès, ou même par mégarde & par dif-
tradion j & en ce cas , elle étoit punie de mort
irrémifllblement.
Ce dieu fe nommok auffi Nofius. Héfychius
dorme ce nom à une ftatue que l’on plaçoit dans
les moulins , & que l’on croyoit veiller fur la me-
fure de farine appellée No'poî , nofius , d'où ve-
noit le nom de la divinité.
EUNUQUES. Pour entendre les paffages des
anciens écrivains , relatifs aux eunuques , il en
faut diftinguer deux efpèces ; les uns que la jaloufie
exceflive des époux priyoît de toutes les parties
6o6 E U N
EU N
extérieures de h génération ; les autres j que la
lubricité des femmes rendoitj par l'amputation
des tefôcules feuis^, incapables. d'êcre pères, laaîs
Bon de fervir à leurs plaiiirs déréglés.
Sémiramis , fi Ton en croit le poète Claudien
& Ammieii-Marce îin ( 14. 6. ), fit, ia première
de l'univers , exécuter cette cruelle opération.
(^Claiidian. in. Eiurop. i. 339- )
Seu prima, Semiramis_ afin
Affyr'is mentit a vîrum, ne voeis acuta;
Mollities , levefve gente fe prodêrepojfent,
Hos jibi conjunxit Jlmiles : fmperjlca ferra
Luxuries vernit nafci lanuginis umbram,
Servatoque diu puerili fi.ore coegit
Arte retardatam veneri fervare juventam.
Les orientaux, exceffivement jaloux , firent tou-
jours un grand cas des eunuques. Les princes non
contens de leur confier la garde de leurs époufes,
les chargèrent de celle de leurs petfonnes, ils en
firent leurs chambellans. Tels furent les reisper-
fes , détrônés par Alexandre 5 tels furent depuis
îes iuccefleurs de Confiantin. On vit alors les
eunuques jouir de la plus grande faveur , comman-
der les armées, ainli que Narfés, devenir même
coafuls , ainfi qu'eutrcpe, fous Tempereur Arcade.
Les grecs eurent long-temps en horreur les
eunuques. Le poète Phocylide ( n«jé« vahr^vers
17).) défend de pratiquer cette barbare opéra-
tion. Phdoftrate ( Apoll. Tkyan. I. cap. ai. )
attelle la haine des grecs, & la paflion des orien-
taux pour les eunuques- Cependant ils s'introdui-
Crent dans la Grèce & dans l'Italie fous les em- :
pereurs , & ils y firent partie du luxe & de Fat- 1
tinail voluptueux des femmes riches.
Et ûUOd ChoT^ivO ÎIOTI c(l
j^Tgofpectatos , <zc jujjbs crefcerepnmum
Tepcuîos, pojlquam cceperunt eje hilibres ,
Tonforis damno tantàm tapit Heliodorus.
Andramitus , roi de Lydie , dégrada encore
plus i'e;pece humaine j il rendit des xèmmes eu.-
, nuques pour garder fes concubines 5 8c leur fit
arracher à ce Gciieii; ie viicère qui peut feul
nourrir & conferver Feniant jufqu'a la nailiance.
Ce ne fut pas toujours avec l’acier que les
romains ouiragcrcnt ia nature. Ils cherchèrent
à lufpendie dans leurs jeunes favoris les mar-
ques de ia vu-dité, en leur Cifant boire des dé-
coctions de certaines plantes, & enicurliottant
ie menton & les parties fexueiics avec ie fuc des
racines de jacinthe , iniufécs dans le vin doux.
( F lin. lib, XAi. cap,
C etoit un mauvais augure que de rencontrer
un eunuque en fortant de fa maiion -, §c dès qu'oQ
, Fa voit apperçu, on retournoic fur Tes pas.
1 Claudien le dit dans fes vers :
Cùm pallida nudis
i OJp-bus horrorem dominis prashtret imago,
Decolor & macies occurfu Icederet omnes,
I Aut pueris latura me tus , aut teedia menjîs,
’ Aut crimenfamuîîs , aut procedentihus omen.
Des eunuques jouoient ordinairement fur leî
théâtres des romains les rôles de femmes.
Les grecs de FAfîe mineure confacroient les
jeunes ecreaçncj au fer vice de Cy bêle & de Diane
d’Ephèfe. ( Strah. lib. XIV. )
l's veiiloient auprès de leurs lits , les pei-
gnoient, leur préfentoient Feaii pour fe laver,
les accompagnoient dans les promenades, chargés
d'éventails & de parafols. Claudien voulant hu-
milier Y eunuque euîrope , parvenu au confulat ,
lui reproche les fonihons aviliflanres auxquelles
il avoir été condamné autrefois à caufe de fon
infirmité ( XVTII. 412. );
Militîa eurjicti nunquam prægrefa cubile,
&Î' 1C5 Canfulque futunts
TeSebaî domina crmes , Sr feepe Iqvarat
Nudus in argenta lympkam gejîcibat alumnee.
Les dames romaines , fi l'on en croît JuvemI ,
leur faifoient fouvent partager leur couche. ( Sat.
}
Sunî quos eutiuchi îmheîles j cc TTioUia Jemp£r
OfcüU dekclmt J & defperapio parb<^ ;
Quelques figures de prêtres de Cybèle, peu
remarquées jufqu'à préfent, attellent que les an-
ciens artiftes indiquoient la taille des eunuques
par des hanches de femme. Dans une ftacue de
grandeur naturelle, qui a pafTé en Angleterre,
cette ampleur des hanches elt fênfible, même
fous la drapere. Elle repréfente un jeune garçon
d environ douze ans : la tunique courre & le
bonnet phrygien ont fait croire que cette figure
repréfentoit un jeune Paris , &c pour ia mieux
caraéténfer, on lui a mis une pomme dans ia
main droite. Un flambeau renverfé 3c appuyé
contre un arbre au pied de la figure , flambeau
du nombre de ceux qui étoient en ufage dans
les lacrifices & dans les cérérnonies religieufes,
parcît en indiquer la vraie fignification. A un
autre prêtre de Cybèle fur un bas-relief, on voit
des hanches fi nourries de chair , que pour cela
ce prêtre a été jugé une figure de femme par
ie plus habùe ilatuaire de Rome. Mais le fouet
dans fa main j & fa pofition d«yant un trépied.
E V O
E V O
5o7
dcvoilerit un prê:re de C^'bèle ; on fait que ces
eunuqu.es écoknî dans rufage de le flageller.
ÉVOCATiCN^ cpc.acion reiigieuie pour ap-
pelisr les dieux ou les n.ttnes des morts, il y avoir
trois fortes a évoeutiens ; la première écoir celle
qui étoïc employée pour évoquer les dieux , qua.nd
on croyoit avoir befoiii de leur préience fpecia'e
dans un lieu ^ (parce que c'étoit Topiraon des
anciens , que les dieux ne pouvoient pas exifler
pat-rout en mèirie-te.mps- Ün avoic compoi'é des
nymnes propres à cette opération ; tels font la
pîupair ce ceux qu'on attribue à Orphée ^ ceux
du poète f rociüs ; ces hymnes contenoient la priere
par laquelle on s’efForçoit d'attirer les dieux ^ &c
de les faire venir dans les lieux où leur préfence
étoit nécelTaire j lorfque le danger pour lequel
en les avoit évoqués écoir paffé , on leur permet-
toit de s'enaller ailleurs. 11 y avoic aulil des hymnes
pour célébrer leur départ. Les etrufques évoquoient
la foudre , dit Pline ^ quand iis croyoient pou-
voir fe défaire de quelque monftre ou de quel-
qu'ennemi. A leur imitation ^ le roi Numa '{évoqua
l’ouver.t ; mais Tuilus Holtiüusj continue-t-iî ^
Payant évoqué fans fe fervir des rits néceffaires ,
fut lui- même frappé de la foudre & en mourut.
Évocation des dieux tutélaires Les romainsj
eutr'autres peuples ^ ne manquèrent pas de pra-
tiquer cette opération religieafe & pclitiquej
avant la pnfe des villes ^ & lorfqu'ils les voyoie.nt
réduites à l'extrémité , ne croyant pas qu'ii fut
poliible de s'en rendre les maîtres ^ tant que leurs
dieux tutélaires leur feroient favorables , 8c re-
gardant comme une impiété dangereufe de les
prendre, pour ainfi dire, prifonniers, en s'em-
parant de leurs temples, & de leurs Itatues, &
des lieux qui leur qtoient confacrés. Ils évoquaient
les dieux de leurs ennemis , c'eft-à-dire , qu'ils
les invitoient , par une formule religieufe , à venir
s'établir à Rome , où ils trouveroient de^ fervi-
teurs plus empreflés à leur rendre les honneurs
qui leur étoient dûs-
Tite-Live, livre V. décad. j. rapporte {évoca-
tion que fit Camille des dieux véïnes, en ces mots :
« C'eft fous votre conduite , ô Apollon Pythien ,
^ & par l'inftigation de votre divinité, que je
== vais détruire la ville de Veïes; je vous offre
” la dixième partie du butin que j'y ferai ; je
■» vous ofee aufîi , Junon, qui demeurez pré-
” fentement à Veïes, de nous fuivre dans notre
« ville , où l'on vous bâtira un temple digne de
“ vous =3.
Mais le nom facré des divinités tutélaires de
chaque ville, étoit prefque toujours inconnu ati
peuple, & .révélé feulement aux prêtres, qui ,
pour éviter ces évocations , en faifoie.Uî un grand
myftère , & ne les proféroient qu'en fecret dans
les prières foiemnelles , aùffi ne les évoquoit-ou
cifen terres généraux , Sa avec ademarve de
l'un ou l'autre fexe, ce peur de as üi»..'.cr •_ .r:
un titre peii convenable.
Macrobe nous a confervé ( csaturn. ho. III.
c. jx. la craiide formule de ces évocations , tirée
duiivre aesekofes fecr'etes deSammonîcus-Sersnus,
qui prétendoit l'avoir prife dans un aureur pius
ancien. Elle avoic été faite pour Cartilage j
mais en changeant le nom , elle peut avoir fervi
dans la fuite à piufieurs autres villes , tant de
l'Italie que de la Grèce & des Gaules , de^ 1 Ef-
pagne & de l'Afrique , dont les romains ont évoque
les dieux avant de faire la conquête de ces pays ià.
Voici cette formule curisufe.
« Dieu ou déeffe tutélaire du peuple & de la
M ville de Carthage, divinités qui les avez pris
fous votre proteétion , je vous fupplie , avec une
» vénération profonde, & vous demande la faveur
de vouloir bien abandonner ce peuple & cette
î' cité, dequitter leurslieux faints, leurs temples,
” leurs cérémonies facrées , leurs villes ; de
== vous éloigner d'eux ; de répandre l'épouvante ,
la confuflon , la négligence parmi ce peuple &
« dans cette ville -, 8c puifqu'ils vous tra.niiient ,
» de vous rendre à Rome auprès de nous 5 d’ai-
« mer & d'avoir pour agréables nos lieux faints ,
=:> nos temples , nos facrés myftères , & de me
" donner à moi, au peuple romain , & à mes
M foldats , des marques évidentes 8c fenfibles de
« votre proteélion. Si vous m'accordez cette
» grâce , je fais vœu de vous bâtir des temples ,
« 8e de célébrer des jeux en votre honneur «.
Après cette évocation , ils ne doutoient point
de la perte de leurs ennemis , perfuadés que les
dieux qui les avoient foutenus jafqu'aijors , aiioient
les abandonner , 8c transférer leur empire ailleurs.
C'eif ainfi que Virgile parle de la défercion des
dieux tutélaires de 'Iroye , lors de fon embrâfe-
ment.
Exiàjsêre omn.es , adytis , arifque retiSis ,
Di quihus imperium hoc feeterat
{ Æne'id. lib. II. }
Cette opinion des grecs , des romains , & ds
quelques autres peuples , paroit encore conformé
à ce*que rapporte jofeph , ïiv. VI, àe. La guerre
des juifs , ch. XXX., que l'on entendit dans le
temple de Jérufalem, avant fa défi rudion , un
grand bruit, & une voix qui difoit fartons d’ici,
ce eue l'on, prît pour la retraite des anges qui
gardoient ce faint fieu , & comme un préfage de
fa ruine prochaine ; car les juifs reconnoiffoient
.des anges protséieurs de leurs temples & de leurs
villes.
Voici un trait blfarre rapporté par Quinte-
Curce, liv. IV, & relatif aux évocations. Les ty-
rie.ns , dit-il , vivsfflent prelfés par Alexandre ,qui
^oS E V O
È V O
ks aflîégeok j s’avisèrent d’un moyen affez bi-
farre pour empêcher Apollon ^ auquel ils avoient
une dévotion particulière , de les abandonner. Un
de leurs citoyens ayant déclaré en pleine aflfem-
falée qu’il avoir vu en fonge ce dieu qui fe retiroit
de leur ville , ils lièrent fa llatue avec une chaîne
d’or J qu’ils arrachèrent à l’autel d’Hercule , leur
dieu tutélaire ^ afin qu’il retînt Apollon.
les mémoires de F acad. des inferip. tom, V. {^article
xiu chevalier de Jaucourt }.
Evocation des mânes. C’étoit la plus an-
cienne , la plus folemnelle des évocations , & en
même-temps celle qui fut le plus fouvent prati-
quée.
Cette pratique pafla de l’Orient dans la Grèce ^
ou on la voit établie du temps d’Homère. Loin
que les payens aient regardé 1 évocation des ombres
comme odieufe & criminelle j elle étoit exercée
par les miniftres des chofes faintes. Il y avoir
des temples confacrés aux mânes, où on alloit
confulter les morts : il y en avoir qui étoient
deftinés pour la cérémonie de Y évocation. Paufa-
nias alla lui-même à Héraclée , enfuite à Phyga-
lia, pour évoquer dans un de ces temples une
ombre , dont il étoit perfécuté. Périandre , tyran
de Corinthe, fc rendit dans un pareil temple, qui
étoit chez les thefprotes, pour confulter les mânes
de MéliflTe.
Les voyages que les poètes font faire à leurs
héros dans les enfers , n’ont peut-être d’autre
fondement que les évocations , auxquelles eurent
autrefois recours de grands hommes , pour s’é-
claircir de leur.deftinée. Par exemple, lefameux
voyage d UiyflTe au pays des cymmériens , où il
alla peur confulter l’ombre de Tyréfias j ce fa-
yoyags , d:s-}e , qu’Homère a décrit dans
1 odylfee , a^ tout l’air d’une femblable évocation.
Enfin Orphée , qui avoir été dans la Thefprotie
pour évoquer le phantôme de fa femme Euridice ,
nous en parle comme d’un voyage d’enfér , &
prend de-la occafion de nous débiter tous les
dogmes de la théologie payenne fur cet article j
exemple que les autres poètes ont fuivi.
Mais il faut remarquer ici que cette manière
de parler, évoquer une ame ^ n’eft pas exadej
car ce que les prêtres des temples des mânes ,
& enfuite les magiciens évoquaient , n’étoit ni
le corps , ni 1 ame , mais quelque,chofe qui tenoi '
le milieu entre le corps & i’âme , que les grecs
appelloient ùtaMo , les \zt\n%fimulacrum , imago ,
timbra tenais. Quand Patrocle prie Achille de le
taire enterrer , c’eft afin que les images légères
des morts, ne l’empêchent pas de paffer le fleuve
fatal.
Ce n étoit ni l'ame , ni le corps qui defeen-
doit dans les champs élyfées, mais ces idoles.
UiyflTe voit 1 omore d’Hçrcule dansces demeures
fortanees, pendant que ce héros eft lui-même
avec les dieux immortels dans les cieux , où il »
Hebe pour époufe. C’étoient donc ces ombres
ces fpeâres ou ces mânes , comme on voudra
les appeller , qui étoient évoqués.
Savoir maintenant fi ces ombres , ces fpeélres
ou ces mânes ainfi évoqués apparoilToient , ou fi
les gens trop crédules fe laifîbîent tromper par
l’artifice des prêtres, qui avoient en main des
fourbes, pour les fervir dans i’occafionj c’eft ce
qu’il n’eft pas difficile de décider.
Ces évocations , fi communes dans le paganifme
fe pratiquoient à deux fins principales , ou pour
confoler les parens & les amis, en leur faifant
apparoître les ombres de ceux qu’ils regrettoient ,
ou pour leur fahe connoître l’avenir. Enfuite pa-
rurent fur la fcène les magiciens , qui fe vantèrent
auffi de tirer , par leurs enchantemens, ces âmes,
ces fpeélres, ou cesphantômes , de leurs demeures
fombres.
Ces derniers , miniftres d’un art frivole & fu-
nefte , vinrent bientôt à employer dans leurs évo-
cations les pratiques les plus folies & les plus
abominables; ils alloient ordinairement fur le tom-
beau de ceux dont ils vouloient les mânes ,
ou plutôt , _ félon Suidas , ils s’y laiflToient conduire
par un bélier, qu’ils tenoient par les cornes, &
qui ne manquoit pas , dit cet auteur , de fe prof-
terner dès qu’il y étoit arrivé. On faifoitlà plufieurs
cérémonies , que Lucain nous a décrites en parlant
de la fameufe^ magicienne , nommée Hermonide
on fait ce qu’il en dit î
Pour des charmes pareils elle garde en tous lieux
Tout ce que la nature enfante cF odieux,
plie mêle à dufang qu’elle puife en fes veines ,
les entrailles d’un lynx, &c.
Dans les évocations de cette efpèce , on ornoît
les autels de bandelettes noires & de branches
de cyprès ; on y facrifioit des brebis noires j &
comrne cet art fatal s’exerçoit la nuit, on im-
moloit un coq , dont le chant annonce la lumière
du jour , fi contraire aux enchantemens. On finif-
foit ce lugubre appareil par des vers magiques &
par des prières^, qu’on récitoit avec beaucoup de
contorfions. C’eft ainfi qu’on vint à bout de per-
fuader au vulgaire ignorant & ftupide , que cette
magie avoit un pouvoir abfolu, non-feulement
fur les hommes, mais fur les dieux même, fut
les afires, fur le foleil , fur la lune, en un mot,
fur toute la nature. ( Article du chevalier de
Jaucourt ).
}
Le nom èéevocatus étoit nou*
ÉVOCATS.
AVOCATI.
veau fous^ les ernpereurs ; la chofe ne l’étoit point.
Ceux qu’on nomma ainfi , étoient les mêmes
qu’on
E U P
qu'on appelîoit auparavant •volorves vivcluntanl ,
voiontài;esj rom. LIV. i. V. c. VII. exempts
de fervir , à raifon de leur âge , ou parce que
* leur temps étoit fini, ils continaoient cependant
de fervir. Augufte les Invita à reprendre le l'ervlce,
en leur promettant une plus ample récorr.penfe.
Saumaife croit que c'etoient les mêmes que Ton
zppelloit -princes , & qu'on nomma enfuice ordi-
naires, parce qu’iis faifoient Tavant-garde , ou la
première ligne de l’armée , & qu’ils conduifoient
les autres corps j alios or Unes.
I! y eut plus d’une forte de ces evocati ou
exempts , comme il a plu à Tillemont de les ap-
peîier. Galba donna ce nom à de jeunes cheva-
liers romains J qu’il choifit pour faire, à la place
des foijats , la garde autour de fa chambre i il
leur conferva le droit de porter l’anneau d’or ,
c'efl-à-dire, qu’il voulut que cette fonélion ne
les dégradât point. On trouve fouvent dans les
infcnptions anciennes E V o c. A u Gr evocati
augufii, que Cafaubon croit être les mêmes que
ceux qui furent inftitués par Galba.
ÉVOHÉ, cri d’acclamation que faifoient les
bacchantes aux fêtes de Bacclius. Evohé , Baccke.
EUPATOR , roi de Bofphore. easia. ethat-
oroc.
Ses médailles font :
R. en or.
RRR, en bronze.
O. en argent.
EUPATRIA , dans la Lydie.
Goltzius feu! a attribué des médailles impé-
riales grecques à cette ville.
EüPI V ME , nourrice des mufes, & mère
de Crocus , qui , félon quelques-uns, devint dans
la fuite le %ne du Sagittaire^
EUPHÉMUS , fils de Neptune & de Macio-
nifle , fut un des argonautes. C’eit lui qui prit
le gouvernail du navire après la mort du pilote
Tiphis.
EUPHOLME» Héfychius donne ce nom à la
partie des flûtes, qui étoit au-defibus de la glotte,
& à la glotte même.
EUPHORBE, fils de Penthée, ou Panthis ,
étoit un des principaux chefs des troyens. C’efl
lui qui blefla Patrocie par derrièr» : il fut tué
enfuite par Ménélas. Pythagore , fuivant fon
fyifémedela Métempfycofe, précendoit que l’ame
A’ Euphorbe étoit pafiee dans fon propre corps;
ou , ce qui eft la même chofe , il fe fouvenoit
Antiquités , Tome II,
EUR
û’avoîf été Euphorbe. Voici la preuve qu’il en
= appcrtoic; c’efl que voyant à Argos le bouciier
ài cet Euphorbe , l'-icnéhs y avoir fufpen du
dans le temple de Junon , li s’étoit , difo.t il ,
fouvenu de l’avoir déjà vu, quoique ce fût la
première fois qu’il fut venu à Argos , Sc que
ce boucher n’en fût pas fort:. L’ame A’ Euphorbe
n’étoic pas venue immédiatement dans le corps
du philofophe ; elle avoir eu bien d’autres tranf-
migrations, felen fon opinion. ( Ovia. Met. 15'.
léo. )
EUPHORîON , fils d’Achille & d’EIéiène.
Voye^ Achille.
ÉUPHRADE , génie ou divinité qui préfidoit
aux feftins ; on mettoit fa ftatue fur les tables,
lorfqu’on vouloir fe livrer à la joie 2c aux piaifirs
de la table- {Héfychius. ) Son. nom exprimoitfes
fonétions j ivtp^alyofiai ^ je -me réjouis..
EUPHRONE, déefîe de la nuit.
Comme ce nom figisfie bon confeil , on l’a
donné à la nuit , parce que la nuit rend fage,
fait penfer mûrement aux chofcs , fuivant le pro-
verbe J que la nuit porte confeil- { Epickarm. )
EÜPHROSINE, l’une des trois Grâces , celle
^ qui défigne layoze, comme fon nom grec l’exprime.
I Voyei^ Grâces.
EUPHYRUS , un des fept fils de Niobé ,
félon Tzetzès , qui périt par les flèches d’ApoI-
: Ion. Voyej^ NiOEÉ
EUPLOEA , furnom de Vénus , formé de
deux mots grecs, qui fignifient à' keureufe navi-
gation, & fous lequel on l’in voqu oit en s’em-
barquant. Les Gnidiens lui avoient élevé un temple
fous ce nom ; elle en avoir un autre dans uaeifle
aufîi nommée Azz/'/oéz: , aujourd’hui Gaz'^/zz, dans
le golfe de Pouzol , près de Naples.
EUPOMPE, une des cinquante Néréides.
EURIGONÉE, fécondé femme d’fSdipe.
EURîPE , nom qu’on donnoit aux canaux
pleins d’eau , qui ceignoient les anciens cirques.
Tous ceux de la Grèce avoient leurs euripes ;
mais celui Cu cirque de Sparte, formé par un bras
de i’Eurotas, acquit ce nom par excellence.
C’étoit-là que tous les ans les ép'nèbes , c’efl-
i-dire, les jeunes fpartiares qui fortoient de leur
feizième année, fe parrageoient en deux troupes,
l’une fous le nom d’-Herezz/e, l’autre fous le nom
de Lycurgue ; & que chacune entrant dans le
cirque par deux ponts oppofés , elles venoient
fe livrer fans armes un combat , où l’amour de la
Hhhh
€iq EUR
gloire exciîolt dans ce moment entre les deux ;
partis J une animoiîté qui ne différoit guère de la
fureur. L'acharnement y étoit lï grand , qu'à la
force des mains ils ajoutoient celle des ongles
& des dents , iufqu'à Ce mordre, pour décider la
viâoire; jamais ce combat ne fe terminoit qu'un
des deux partis n eût jetté l'autre dans Veuripe.
Les cirques anciens avoient leurs eu-ipes, qm
étoient des foifés creufés fur les deux côtés de
l'arène, dans lefquels il étoit dangereux de tom-
ber en conduifant les chars. Les romains don- ,
noient en particulier ce nom à trois canaux ou
foifés , qui ceignoient le cirque de trois côtés ,
& que l'on rempIilToit d'eau, quand on voulpit
y reprélenter un combat naval. Ils appelloient auffi
euripes les aqueducs qui fervent à conduire l'eau
d'un lieu dans un autre. Spartien dit qu'Élaga-
bale remplit par magnificence des euripes devin,
pour donner au peuple le fpeéiacle d'un combat
naval.
On appelloit Nils ces canaux , lorfqu'ils étoient
fort larges.
EURIPIDE. On lit le nom de ce poète fur
la bafe d'une petite llatue de la ville Albani,
publiée par \VînckeImann , dans fes monumenti ,
n®. ié8.
Euripide , coup de dés qui valoir quarante.
Cette dénomination vient ou à' Euripide , qui
fut un des quarante magifirats qui fuccédèrent
aux trente tyrans, & qui le fit conncître; ou de
fes collègues , qui , par afreélion pour lui , don-
nèrent fon nom à ce coup de dés victorieux.
EURïSES , divinité gauloife.
EUROME, dans la Carie. EYraMEiîN.
Cette ville a fait frapper des médailles impé-
riales grecques en l'honneur de Caracalla.
EUROPE, fille d'Agéaor, roi de Phénicie,
relevoit fa beauté par une fi grande blancheur ,
que l’on dit qii'eüe avoir dérobé le fard de Junon.
Voyes^ Angelo.
Jupiter, épris d’amour pour elle, & la voyant
un jour jouer fur le bord de la mer avec fes
compagnes, fe changea en taureau, s'approcha
de la nymphe d'un air qui n'avoit rien de farou-
che, mangea dans fa main. Se l’enhardit de telle
forte , qu'elle ofa monter fur fon dos. Mais à
peine y fut-eile affife , que le taureau prit fa_
courfe vers la mer , fe jetta dans les Hors , &
fe mit à nager. Europe étonnée , faifit de la main
gauche la corne du taureau, & de la droite elle
retint fon voile que le vent emportoir. « La mer
SJ devint tranquille ^ dit Lucien , les Cupiderss
EUR
35 qui voloient tout autour avec des fiambeaux J
55 chantoient Ihymenée ; les Néréides, montées
55 fur des dauphins comme fur des courfiers
55 caracoloient & donnoient des marques de ré-
55 jouiffance; les Tritons danfoient autour de
55 cette nymphe 55. Europe fut-ainfi tranfportée,
en peu de temps, de la côte de Phénicie dans
l'ifle de Crète. Elle arriva dans l'ifle par l’embou-
chure du fleuve Léthé , qui palToit à Gortyne.
Les grecs voyant fur cette rivière des platanes
toujours yerds , publièrent qu’un de ces arbres
fut témoin des premières amours de Jupiter avec
Europe. Auffi a-t-on repréfenté Europe trille ,
affife fous un platane, au pied duquel ell un
aigle, à qui elle tourne le dos. L’eau dans la-
quelle eiie fe lava , quand Jupiter l'eut quittée ,
acquit une vertu extraordinaire; ceux qui y en-
troienr pendant la pluie, n’étoient mouillés , ni
de l'eau qui les recevoir , ni de celle quitomboit.
Europe eut de Jupiter quatre fils, Minos, Rha-
damanthé, Sarpédon & Camus. La compagnie
d'un dieu ne déshonoroic pas une mortelle. Af-
térius , roi de Crète , é^ouCz Europe. N'en ayant
point d'enfans , il adopta les quatre fils de Jupiter,
& laifla fon royaume à Minos. Europe , devenue
mère de ces quatre princes, s'attira l'eftime 8c
l’amitié de tous les crétois , qui l'honorèrent,
après fa mort, comme une divinité; iis inftitiiè-
rent meme une fête en fon honneur , nommée
heüotia , d'où on appella Europe , Nellotes. Flu-
fieurs ont cru que cette princeffe , dont le nom
exprime la blancheur, avoir donné fon nom à
Y Europe, dont les habitans font blancs.
Au bruit de l'enlèvement dY Europe , Agénor,
fon père, la fit chercher de tous côtés , & ordonna
à fes enfans de s'embarquer , & de ne point
revenir fans elle. Les amours iîEurope 8c de Ju-
piter excitèrent dans le cœur de la jaloufe Jiinoa
un courroux fi implacable , qu'eble pourfuivit avec
acharnement toute la famille de Cad-rus, frère
de cette princeffe. Voye-^ Ca-dmus , Hellotès.
La fable de l'eidévement YY Europe , efi racontée
de plufieurs manières par les écrivains.
Licophron appelle fon raviffeur Aftérus , Dio-
dore ( lih. V. ') Aftérius , St. Auguftin ( Civit.
Dei, lib XVllL cap. XIl. ) Xanthus, & d'au-
tres Xuîhus. Pour confoler Agénor de la perte
à" Europe, on mit fa fille au nombre des divinités.
Le raviffement ^Europe a beaucoup exercé les
mythologues. Les uns difent qu'un Jupiter , roi
de Crète , ayant fait une defeente en Phénicie ,
enleva plufieurs perfonnes , & entr'autres la fiüs
du roi du pays, nommée Europe , qu'il la tranf-
porta en Crète fur un vaiffeau nommé le tuureait.
Paléphate de Paros a écrit qu’elle fut enievee
par un gnoffien , nommé Taurus , dans une guerr»
qu’il eut. avec les phéniciens.
EUR
Europe fut honorée par les phéniciens j avec
Altarce ou Aîlharoth , c’eft-à-dire, avec la lune
& fous fon nom. Lucien, dans fon Traité de la
déeffe fyrienne, dit qu'Aftarte étoit la lune, &
il ajoute que les prêtres phéniciens cropoient
qu’Allarte étoit Europe , 8c que lui même il le
leur avoir ouï alfurer, cTll-à-dire , répond Vof-
fius ( idolat. lib.. VIL cap. X.) , qu'Aftarte,
phyfiquement parlant, & de fait, étoit la lune,
que c'étoit à elle que ce culte fc rendoit dans
fon origine, & que depuis d'Aftarte, onenavoit
fait Europe.
Les fydoniens mirent Europe au revers des mé-
dailles qu’ils frappèrent pour Élagabale, pour
Annia Fauftina, & pour Alexandre Sévère. Les
os à’ Europe étoient chez les thefpiens , & iis les
portoient en cérémonie aux hellocies. Voye^
Helloties.
On trouve fur les médailles une Europe fur un
taureau, & pour infcrîption , ©EA SIAÛNOS.
{ Triftan, tom, IIL p. zié. 227.)
Une autre Europe eil; une nymphe, fille de
rOcéan & de Téthys, comme on peut le voir
dans la Théogonie d'Héfiode, v- 3 5’7. Lambert
Barlée , qui prétend que les noms des filles de
LOcéan , rapportés par Hélîode en cet endroit j
ne font que des qualités ou des propriétés de
l’eau, ou de la mer, dit que E’og»s-»i, Europe,
ell dit pour , qui voit fort loin, parce
que la vue s’étend fort loin fur les eaux.
Enfin , Europe eft le nom de la XI°. fybille.
EUROPS, fils d’Égialée, régna à Sycione,
& donna fon nom à \‘ Europe , félon Apoiiodore
& Paufanias. ( Corinth. )
EUROTAS , fleuve du Péloponnèfe , quitta
le nom d’Himère à cette occafion. Les lacédé-
moniens étant en guerre contre les athéniens ,
attendoient pour combattre la pleine lune. Eu-
rotus , leur général , traitant cela de fuperftition ,
dit Plutarque le géographe , n’y voulut avoir
aucun égard , rangea fon armée en bataille mal-
gré la foudre & les éclairs ; mais il perdit fon
armée, &, de chagrin, il fe jetta dans le fleuve
Himère, qui depuis ce tems-Ià fut nommé Eu-
rotas. Les iacédémoniers honoroient ce fleuve ,
dit Maxime de Tyr, par une loi expreffe qui le
leur ordonnoit. C’étoit peut-être à caufe de l’uti-
lité qu’ils en retiroient , ce fleuve arrofant le ter-
ritoire de Sparte. Voye^ HiMÈRE.
Les lacédémoniennes difoientque Vénus, après
avoir pafie Y Eurotas , y avoit jette fes bracelets
& tous les ornemens des femmes ; qu’elle avoit
pris enfuke la lance, le bouclier , pour fe mon-
trer à Lycurgue, & pour imiter le courage des
îacédémoniens. L’ailégoris contenue dans es récit
ett frappante.
EUR
Eurotas, fleuve de ThefTalie , entre dans îe
Pénée , qui femble refufer de le recevoir. L’eau
de YEuroras fumage d’abord comme de 1 huile
fur celle du Pénée, qui la rejette enfeite comme
uae eau maudite , & engendrée par les furies
infernales. < FEn. lih. IV. cap. VIII. )
EURUS , nom d’un vsnt qui fouffle entre
l’Orient 8c le Midi , & que nous appelions yenc
du fud-eft. Ptine dit (lib. II. cap. XLVII.')
que ce nom ell: celui que les grecs lui donnoient,
que les lacins l’appelloient vultarne , vuhurnus.
Les latins confondent fouvent ces deux vents ,
parce qu’ils foufflent tons deux du côté d’Orient ,
l’un à droite & l’autre à gauche de l’Orient équi-
noxial. Andronique de Cyrre avoit bâti à A.the-
nes une tour oétogone , où les huit vents que
l’on diftinguoit alors , étoient marqués. Elle fub-
fîfte encore, 8cY±.urus parcît fous la forme d’un
jeune homme. Sur l’Océan, nos pilotes appellent
ce vent fud-eff: ; & firoco fur la Méditerranée.
EURYALÉ , une des trois Gorgones, fille de
Phorcys, & fœur de Médufe. Elle n’étoit fu-
jette, ni à la vieiilefle , ni à^la mort, dit Hé-
fiode. Voyei Gorgones. ( Tkéogon. v. 1-6. )
Eury ALÉ , reine des Amazones , fecourut
Aètès , roi de Colcbide , contre Jafon. ( Valer.
Flacc. Argon, lib. V . )
Eury ALÉ , fille de Minos , fe laifla féaume par
Neptune, 8c mit au monde Orion. V . Orion.
EURYALE, femblable aux dieux , dit Homère,
commandoit les argiens au fiège de Troye, avec
Diomède & Sténélus. I! étoit fils de Méciftée ,
8c petit-fils du roi Talaüs.
Eury ALE , le plus beau des troyens qui por-
toient les armes, dit Virgile ( Æneid. IX. ),
aimoit tendrement Nifus, autre jeune troyen :
ils ne fe quiîtoicnt jamais dans les comnats. S étant
ex-pofés ‘tous deux à un grand péril, pour la
gloire de leur nation , Nifus s’en nra heureufe-
ment 5 mais Euryale eut le malheur de fe laifTer
furprendre par les ennemis. Dès que Nifus vit
fon ami entre leurs maïus , fans efperancede 1 en
pouvoir tirer , il le livra iui-meme a eux_, en
; offrant fa vie, pour fauver celle de fon amij ils
y périrent tous deux.
i EURYBATE, un des argonautes, fe rendit
célè’ore au jeu du palet, auffi-bien que dans Part
de guérir les plaies : c’eft lui qui guérit celle
qu’Oilée 3,voit reçue, en donnant la ctiafTe avec
Hercule aux oifeaux du lac Stymphaic.
EURYBIE, fille de Pontus & de la Terre,
époufa Créïus , & funmère d’Aftréus , de lAifé
Si de Pallas , félon Héfiode.
Hhhh ^
^12 EUR
EUPxYCLÉE, nourrice d’Uîyffe j fut la pre-
mière qui reconnut ce pnnce à fcn retour , à
une bielTure qifil ' avoir reçue autrefois d"un
fanglier, & qifeüe remarqua en lui lavant les
pieds. Laëi'te/ père d’UlilTc, avoir acheté cette
femme fort jeune , dit Homère , pour le prix
de vingt bœufs. J^oye^ Ulysse.
EUR.YCLÈS , furnommé TEngaRrimythe ^
parce que l'on croyoit qu’il avoir un démon dans
les entrailles , qui lui révéloit l’avenir. Il fut
fameux à Athènes ; & les devins furent appelles
de ce nom Eurydides.
EURYDICE étdit une nymphe qu’Orphée
epoufa. Fuyant les pourfuites d’Ariilée le long
d’an fleuve J eüe n’apperçut point un ferpent
redoutable cathé fous l’heibe 5 elle en fut piquée
au talon ^ & perdit la vie peu de jours après fon
mariage. Orphée fuyant le commerce des hommes ^
tâchoir , par le fon de fa lyre ^ de foulager fa
douleur. Nuit & jour^ fur un rivage défert ^ il
déploroit fi perte. Enfin , ne pouvant plus fuppor-
ter fon abfence,, il ofa , dit Virgile ^ pénétrer
dans le fombre royaume de Platon , traverfer
fes forêts rénébrgufes , où règne un éternel effroi j
s’approcher du terrible monarque des morts , &
aborder les lugubres divinités , que les prières des
mortels n’ont jamais fléchies.
Les fons de fa lyre pénétrèrent dans les plus
profondes demeures du Tartare , & en furprirent
tous les pâles habitans. Les oreilles même des
Furies , dont les têtes font armées de ferpens ,
en furent charmées. Le Cerbère ferm.ant fes trois
gueules i ceffa d'aboyer ^ & le mouveme.nt delà
roue d’ixion fut fufpendu. Profcrpine & Piumn ,
lui-même en furent attendris : ils ordonnèrent
iya Eurydice lui feroit rendue , à condition toute-
fois qu'il ne rourneroit la tere pour la voir , qu’a- .
près qu’il feroit forti des enfers j & que ^ s’il
contrevenoit à cetordre^ elle lui ftroit ravie pour
toujours. Orphée revenoit donc fur la terre, fuivi
de fa chère Eurydice , qui marchoic après lui
vers le féjoar des morts, iorfque l'impatience de
revoir fon époufe, ou un mouvement fubit ,
dont il ne fur point le maître , lui fit oublier
la loi : il tourna la tête pour voir fa chère époufe ,
& à l’inft.ant elle difparut. Il lui tendit les bras ,
mais il n’embraffa qu’une vapeur légère. Eurydice
foumife encore une fois à l’empire de la mort,
ne fit aucune plainte contre fon époux 5 elle n’au-
roit eu à fe plaindre que d’avoir été trop aimée.
Orphée courut après elle pour la joindre, mais
il ne la revit plus. -Le malheureux époux , de
retour fur la terre, pafTa fept mois entiers au
pied d’un rocher , fur les rives déferres du Srry-
mon , à pleurer fans ceffe , & à faire retentir les
antres de fes gémiflemens.
Les hiûoriens difent ■ -^a-Orphée ayant perdu
E U R
fa femme , a. la dans un lieu de la Thefprotîe,
nommé Aornos , où un ancien oracle rendoit fes
réponfes en évoquant les morts. Il revit fa chère
Eurydice; & croyant l’avoir véritablement re-
trouvée , il fe flatta qu’elle le fuivroit ; m.ais ayant
regardé derrière lui , & ne la voyant plus, il
en fut fl affligé, qu’il fe tua dedéfefpoir. D’autres
difent qu’il guérit fa femme de la morfure du
ferpent ; mais comme elle mourut peu de temps
après, de queîqu’autre accident , & peut-être par
la faute d'Orphée , on publia qu’il l’avoit retirée
des enfers , & qu’elle y éroit retombée. Voyez
Aristée, Orfhee.
Eurydice , fille d’Endyraion & d’Aércdie.
Voye^ Endymion.
EURYDICïüM , dans l’ÉIide. etpïAikeîiîî.
Les médailles autonomes de cette ville font :
RRRR. en bronze. Pellerin.
O. en or. ^ .
O. en argent.
EURYMÉDON , géant dont Junon étoît de-
venue amoureufe avant d’avoir époufe Jupiter ,
' fut le père de Prométhée : il eut part à la guerre
des géans contre les dieux, & fur précipité dans
les enfers. Jupiter perfécuta fon fils Prométhée ,
pour avoir volé le feu céielle j mais c’étoit peut-
être un prétexte, & fanaiflance fut la véritable
caufede la haine du dieu contre le père & iefJs.
Veye^ JuNON.
EURYNOivIE , un des dieux infernaux, félon
Paufanias , fe nourriffoit , difoit-on , de la chair
des morts , ne laiifant que les os- Le célèbre Po-,
lighore avoir peint un tableau des enfers , qui
éroit dans le temple de Delphes. Paufanias, qui
avoit vu ce tableau , die q\x Eurynome y étoic re-
préfenté avec un vifage de couleur entre .noire
& bleue, comme celle des grofles mouches, qui
font attirées par l'odeur de la viande ; il grinçoit
des dents , & éroit affis fur une peau ne vair-our.
Paufanias ( Pkocic. ) ajoute qu’aucun ancien écri-
vain , tel qu’Homère , oud’auteur du roynias ,
poème J n' avoit parlé dEuryname , & qu’cji ne le
yoyoit far aucun autre monument.
tUR'ÏNOME, fille de l’Océan , éroit d’un?
fi grande ’oeauré que Jupiter en devint amou-
reux,- l’époufa St la rendit mère des trois Grâces.
Voyei Jupiter., Grâces.
Elleentsn temple dans l’Arcadie, près dePhyga-
!if, dans lequel fa îiatue êtoit'iiée avec des chaînes
d’or; elle avoit la figure d’une ferime jufcu’à
la ceinture , & tout le bas reiTembioit a un poifbr!.
Son temple ne s’euvroit cu’iine fois ra.n; & à
un certain jour on y faifoit des facriôces pu-*
EUR
Wics & particuliers ; c’eft la même qu'Eunomie.
( Hejîod. theogon. 907. Paufan. Arcadie. )
EÜRYPILE J loî de cette partie de la Lybie ,
qu^on appelle Cyrénaïque ^ ayant reçu chez lui
les argonautes , qu'une tempête avoir jettes fur
fes côtes J leur donna de bons avis pour éviter
les bancs de fable qui fe rencontrent dans les
Syrtes & dans les environs , & leur prêta même
un vai-Teau léger qui leur fervit de' guide : ce fait
a été ainli habillé en fable. Un vent de nord
ayant jetté les argonautes furies côtesde la Lybie^
ils fe trouvèient engagés dans le lac Tritonide ^
avant de pouvoir prendre terre. Alors un i riton
leur apparut fous une forme humaine ( c'étoic
Euripyle ) ^ & leur dit que moyennant une ré-
compenfe, il leur montreroit un chemin pour fe
dégager fans danger du lieu où ils éroient. Jafon
lui fît préfent d'un beau trépied de cuivre ^ que
le Triton plaça dans fon temple , en leur pré-
difant que quand quelqu'un de leurs defeendans
auroir enlevé le trépied , il étoit réglé par les
defîins qu'il y auroit cent villes grecques bâties
fur le lac i ritonide. Les argonautes étant près
de partir , Eurypile détela un des chevaux ailés
du char de Neptune, qu'il envoya devant eux ,
en leur ordonnant de fuivre exaéiement fes traces
pour ne point s'égarer.
Eurypile , fils d'Évémon , un ces capitaines
grecs qui étoient aufiègedeTroye. Dans le partage
des dépouilles de cette ville, il eut dans fon lot
un coffre, qui renfermoit une fiatuede Bacchus ,
faite, difoit-on, par Vulcain, & dont Jupiter
avoir fait préfent à Dardanus. Eurypile ouvrit le
coffre, regarda la ftatue, & en dépit de fa cu-
riofîté devint furieux. Le mal continua , les longs
accès de folie ne lui laiffoient que de petits in-
tervalles , où le bon fens revenoic. Il prit un
de ces bons raomens pour aller à Delphes, con-
fulter l'oracle d'Apollon , qui lui répondit qu'il
devoir continuer fa route, & s'arrêter au lieu
où il trouveroit des gens qui alloient faire un
facrifice barbare i que c’étoit-là qu'il devoir dé-
pofer le coffre & établir fon domicile. Eurypile
fe rembarqua, & alla, avec fa petite flotte, au
gré des vents , qui le portèrent à la cote de Fa-
tras, Il y defeendit à terre dans le temps qu'on
ahoit immoler un jeune garçon une jeune fille
vierge à Diane Triciariaj il fe fouvint alors de
i'oracie. Ceux de Fatras voyant arriver chez eux
un roi inconnu avec ce coffre , crurent d’abord
qu'il y avoit quelque dieu dedans. Cette aventure
guérit Eurypile de fa folie , & fauva la vie aux
deux innocentes viétimes. Depuis ce temps, ceux
de Fatras , après la fête de Bacchus, célébroient
tous les ans les funérailles à’ Eurypile : ils rendoient
auffi de grands honneurs au dieu renfermé dans
le coffre , qu’ils appeiièrenr EJymnete. Neuf des
orincipaux de la ville, élus par le peuple , & au-
E U R
tant de femmes , préfidoient à la cérémonie. Au
premier jour de la fête, un prêtre portoit ce coffr<
en grande pompe. Cette hifioire eft tirée d«
Paufanias.
Eurypile, petit-fils d'Hercule , du côté de
fon pere Télèphe , & de Pnam, par fa mère
Aftioché, fut un des plus tliufires alliés des
troyens , autant par fa valeur que par fa naiii'ance.
B n’arriva au fiège de Troyé qu'à la fin de la
d.xième année ; c'ell lui qai tua , après un rude
combat , Machaon , fils d'Efculape. Homère
nous apprend qu'tléto.'t un des plus beaux princes
ùe fe^ temps : il n’y avoit , dit-i! , que Memnon
qui fay plus beau que lu:. Il avoit conduit à
Iroye les céthéens, peuple deMylIe: Pyrrhus,
fils d' Achille J ayant tué Eurypile , fes fujers ,
de déiefpoir , fe firent tous tuer autour de fon
corps.
tURYPiLE, roi de Cos, père de Calciopé ,
l'une des maîtreffes d'Hercule, de qui elle eut
Theffalus. Koye:^ Cos, Hercule.
EURYSACE, fils d'A jax téîamonien, & de
Tecmeffe , fille de Theuthrantès , prince phry-
gien. V oy'. Tecmesse. ^ryface régna «ians Sa-
lamine après la mort de lélamon, père d’Ajax.
Les athéniens l'honorèrênt, ainfi qu'Ajax fon père,
d'un culte particulier ; Paufanias témoigne que
les honneurs qu’oa leur avoir décernés , fubfif-
toienr encore de fon temps , & qu'on voyoit à
Athènes un autel à’Euryface. Il eut un fils nommé
Fhiiceus , qui échangea le royaume de Salaming
contre la bourgeoifie d’Athènes. Miidade def-
cendoit de ce Philœus.
EURYSTERNE , furnom de la terre , ou de
la déeffe Tellus , ainfi appellée à caufe de fa large
poitrine. Elle avoit un temple fous ce nom auprès
d’Ægé , dans l'Achaïe , un des plus anciens de
la Grèce. La prêtrefle qu'on élifoit pour le def-
fervir , devoir n'avoir eu qu'un mari , & garder
le célibat tout le refte de fa vie. Voy. Tellus.
Ce furnom efl: formé a lu As , large , & de
A.ivoy , poitrine.
EURYSTHEE, roi deMycènes. yoye^ Lhif-
toire de fa naiiTance au mot Alcmene. Ce prince
politique , jaloux de la réputation d'Hercule , &
craignant d’etre un jour détrôné p.-r ce héros ,
le perfécuta fans relâche ; il eut foin de lui donner
afi'ez c'occupatici; hors de fes e'rats , pour lui
ôter le moyen de troubler fon geuvernemenr. Il
exerça fon grand courage dans des enireprifes
également délicates & dangereufes : c'eft ce que
nous appelions les travaux d'Hercule. On dit même
qu’Hercüle devint fi redoutable à Euryflhée, que
malgré i'empire qu’il avoit fur ce héros , il n'o-
EUR’
foit paraître c!e\?ant lui, & qu’il avoir préparé ira '
tonneau d'airain pour s’y aller cacher en cas de
befoin. II ne laiffoit point entrer Hercule dans fa
ville ; les monftres qu’il apportoit étoient laiffés
hors des murs , & Eur^'flkée lui envoyoit fes
ordres par un héraut. Non content de voir Her-
cule mort J il voulut exterminer les relies d’un
nom odieux pour lui : il pourfuivit les enfans
de ce héros de climats en climats j & jufques
dans le fein de la Grèce. Ceux-ci s’étoient réfugiés
à Athènes J auprès d’un autel de Jupiter, dit
Eurypide, pour contrebalancer Junon , qui ani-
moit Euryfikée. Tbéfée , dont ils avoient imploré
la proteâion, prit leur défenfe, refufa de les '
livrer à leur ennemi , qui étoit venu les rede-
mander les armes à la main , & qui périt avec
toute fa famille dans le combat. II fut tué par
Hillus , fils d’HercuIe , qui lui coupa la tête, & ■
l’envoya à Alcmène ; elle lui arrachales yeux.Fby. j
Hercule , Ipkiclus.
EURYSTHÉE, roi d’Argos, beau-père d’A-
trée. Voye^ Atrée.
EURYTE, roi d’Oéchalie, enTheffaiie, fe
vantoit d’une fi grande adreffe à tirer de l’arc,
qu’il déficit tout le monde. Voulant marier fa
fille Joie , il fit propofer un combat, promettant
de la donner à celui qui le vaincroit dans cet
exercice. Il ofa même entrer en lice contre les
dieux ; voilà pourquoi , dit Homère, il ne par-
vint pas à une fi grande vieilleffe ; car Apollon,
irrité de ce qu’il avoir ofé le défier , lui ôta la
vie. Hercule , qui avoit appris à'Euryte à tirer
de l’arc, le tua & enleva fa fille. Cet enlèvement
fut caufe de la mort d’HercuIe. Voysr^^ Déjanire,
Hercule , Jqle.
Euryte fut auffi pèredeDryope. On lui rendoît
un culte dans TOéchalie ; & la fête que l’on
célébrait en fon honneur, fut iriflituée par Spbotas.
ÉuRYxy^ , un des géans qui firent la guerre
à Jupiter. Hercule étant venu au fecoursdefon
père , s’attacha à combattre Euryte ^ & l’affomma
avec une branche de chêne.
EURYTHE , ou Eürythiok, centaure, oc-
cafionne la guerre des centaures contre les lapy-
thes. Il étoit aux noces de Pytithoüs. Suivant
Homère , le vin lui ayant troublé le cerveau , il
devint furieux , & commit des infoîences contre
les lapithes. Ceux-ci fe jettèrent fur lui , le traî^
fièrent hors de la falîe du feflin , & lui coupée
rent Iç nez &• les oreilles : ainfi il porta le pre-
mier la peine de fon ivrognerie. Ovide dit que
ce centaure donna 'occafion à la guerre, par i’our.
trage qu’il voulut faire à Hippodamie. Il fut tué
par Théfée. Euryte àvoit été un des Argonautes.
Voye:^ Çe.NTAUKEI,
E X
' Eurythe, mère d'Oënée, roi de Calydotti
Voyet;^ OÉNEE. ’
EURYTHION , miniflre des cruautés de Gé-
ryon, fut mis à mort, avec fon maître, na»
Hercule.
' EURYTION. Voye:^ Hellotés^
EURYTüS. E^oye7[^ Molionides.
EUSÉBIA , en Cappadoce-i depuis Cæfarée»
EÏSEBEIAS.
Les médftilles autonomes de cette ville font ;
RRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
Leur type ordinaire eft un aigle éployé.
EUSÉBîE , époufe de Confiance IL
F L A n A E U s s B I A A U G U s T A.
Ses médailles ne font connues que dans Ig
recueil de Gohzius.
EUSEBIE j c’efl le nom que les grecs don-
noient à la Piété, qu’ils avoisnt déifiée. V'oy&i^
Piété. E’acEfôa, Piétés
^EUTERPE. Aufone la fait inventrice de la
flûte. Elle tient des flûtes fur le farcophage du
Capitole, où les neuf Mufes font repréfentéesi
ainfi que fur le marbre de l’apothéofe d’Homère;
de même que fur un beau farcophage de la villa
Mattéi.—^ Cette mufe porte ordinairement l’habit
des adeurs tragiques, parce qu’ils étoient toujours
accompagnés par des flûtes.——
EUTHENIE. Les grecs appelloient ainfi
î’A.bondance, qu’ils avoientperfonnifiée, mais fans
aucun temple, ni autel. Abondance.
EUTHYME, fameux athlète. Lybas.
, ÉVYUS eft un nom fort ordinaire de Bacchus,
il ell pris de ce qu’ayant une fois tué un géant,
Jupiter, fon père, s’écria : en grec, io âUs, »
mon fils !
ELZARTES fcutum. Mtmatori ( Tkef. 6A%- r-)
rapporte une infcription greÆue, trouvée à Mégare
par Wheler , dans laquelle il efl fait mention de
ce jeu ou combat ( EYZAPTHS Asnis ) , inconnii
d’ailleurs.
E'K confale , ex prêtore , &c., ancien confaîj
ancien préteur.
E X A
EXACTEUR } c^étoit , i®. On doifieftique
chargé de pourfuivre le rembourfement des dettes
de fon maître. z°. Un autre domcftique qui avoir
Tceil fur les ouvriers. 3'*. Un ofBcier de l'empe-
reur, qui bâtoit le recouvrement des droits ap-
pelles vecuniarium fifcalium. On le nommcit auflî
(ompulfor. 4°. Un autre oÆcier qui fuivoit les
patiens au fupplice , & qui veilloit à ce que
î’éxécucion fe fît, ainfi qu’elle avoir été ordon-
née par les juges. Celui-ci s’appelloi: cxactor
fupplicU.
EXAGIUM , poids romain. Le mot grec ré-
pond au mot latin fextula , fixième partie de l’once
romaine. Il eft dit dans une infciiprion , rapportée
à l’article BoüCHERitS : fub exagio potias ven-
dere , quàm digitis concludentibus tradere.
On voit dans le cabinet de Ste. Géneviève un
petit flan carré de bronze, du poids d’un gros
& fix grains & demi , qui porte pour légende
au revers d’Honorius, Exagivm solidi. C'étoit
une pièce de trébucher, faire pour donner le
poids jufle du fou d’or. M. de Romé de i’Ifie
penfe qu’elle a perdu par l’aCtion du temps , cinq
gia'ns & demi du poids qu’elle avoir , lorfqu’elle
pefoit autant que le fou d'or
EXAMILION , f. m. Muraille célèbre que
l’empereur Emrr;anael fit élever fur Tlfthme ,
de Corinthe , l’an 1413 , & qui fut ainfi nommée
de ii , fix , & de p-lxm , qui , en grec vulgaire,
lignifie un mille , du latin mille. Cette muraille
avoir fix milles , c’eft-à-dire , deux lieues de long.
Uexamilion fut bâti pour garantir le Péloponèfe
de l’incurfion des barbares j il commençoit au port
Xechée , à feize ftades de Corinthe , & finilfoit
au port Cenchrée, vers le golfe Saronique- Amu-
sât IL ayant levé le liège de Conllantinople en
Ï424, fit àémoWxYexamilion, quoiqu’il eût conclu
!a paix avec l’empereur grec. Les vénitiens le
firent rétablir l’an 1463. En quinze jours l’ouvrage
fut achévé par trente mille ouvriers , couverts
par l’armée commandée par Bertoldo d’Eft , gé-
néral des troupes de terre , & par Louis Lorédo ,
général de la mer. Les infidèles firent de vains
efforts pour détruire ce rempart ; ils furent re-
poulfés & contraints de fe retrancher aux en-
virons ; mais Berth’oldo ayant été tué au liège
de Corinthe , qu’on fit enfuite , Bertino de Cal-
tinato ayant pris le commandement de l’armée ,
abandonna , à l’approche du Begierbey , le liège
& la défenfe de la muraille pour laquelle on avoir
fait tant de dépenfe.
EXARQUE , vicaire de l’empereur d’Orient ,
eu préfet qu’il envoyoit en Italie , pour la dé-
fendre contre les lombards , qui avoient conquis
toute cette contrée, à la réferve de Rome &
de Ravenne^ U exarque faifoit fâ réfidence ordir
E X C
naire dans cette dernière ville. Le'premier exarque
furie Patrice Longin , envoyé par Jullin le jeune ,
en yéS.
Les fubliftèrent environ 183 ansjjuf-
qu’à cc qu’AltoIphe , roi des lombards , prit
Ravenne par force , l’an 752. Eutychius étoît
pour lors exarque de Ravenne , &ce fur le dernier.
EXAUCTORATIO , licenciement des trou-
pes romaines, foit qu’il fur fait avec honneur,
foit qu’il fût accompagné d’infamie- Lampride
( in Alex. c. XII. ) nous en a confervé la for-
mule : quirites , dificedite , atque arma deponite.
EXAUGURARE , terme du langage des prêtres
romains. Il vouloir dire , rendre profane un en-
droit confacré ci-devant à quelque divinité.
EXCEDERE , éviter l’attaque d’un adverfaire ,
terme de gladiateur.
EXCEP TORES , greffiers - abréviateurs , qiw
écrivoient en notes les aâes des tribunaux.
EXCITARI y être renvoyé d’une place que
l’on ne devoir pas occuper , terme d’amphithéâtre.
EXCOMMUNICATION Çkifi. anc. ) , ré-
paration de communication ou de commerce. En
ce fens , tout homme exclus d’une fociété ou
d’un corps , & avec lequel les membres de ce
corps n’ont plus de communication , peut être
appellé excommunié ; c’étoit une peine ufitée en cer-
tams cas chez les anciens , & quiétoit infligée par
les prêtres. On défendoit à ceux qu’on excommu-
nioit , d’affifter aux facrifices , d’entrer dans les
temples ; on les livroit aux démons & aux eumé-
nides avec des imprécations terribles ; c’eft ce
qu’on appelloit fiacris interdicere , diris devovere ,
execrari. La prêtreffe Théano , fille de Menon ,
fut louée de n’avoir pas voulu dévouer Alcibiade
aux Furies , quoique les athéniens l’euffent or-
donné ; & leseumolpides , qui en ce point obéirent
au peuple , furent très-blâmés , parce qu’on n’en
devoir venir à cette peins qu’aux dernières ex-
trémités.
excommunication palfa chez les romains , mais
avec la même réferve ; & nous n’en voyons guère
d’exemples que celui du tribun Afcius , qui n'ayant
pu empêcher Craffus de porter la guerre chez
les parthes , courut vers la porte de la \il!e par
laquelle ce général devoir fortir pour fe mettre
à la tête des troupes 5 & là jettant certaines herbes
fur un brâfier , î! prononça des imprécations contre
Craffus. La plus rigoureufe punition qu’infligeafTent
les druides chez les gaulois , c’étoit , dit Céfar ,
liv. y'I . d’interdire la communion de leurs myf-
tères à ceux qui ne vouloient point acquiefeeï
<riî? EXE
à leur juge'.r.ent. CeuXj dit-il, qm font frappes
de cette foudre , paifent pour fcéiérats & pour
inipîes ^ chacun ru't leur rencontre Sc leur en-
tretien» S^iis ont quelqu affaire , on ne leur fait
point juftice 5 ils font exclus des charges & des
dignités, ils ineurent fans honneur & fans
crédit. On pouvoit pourtant , par le repentir &
après quelques épreuves , être rétabli dans fon
premier état 5 cependant , lî Ton mouroit fans
avoir été réhabilité, les druides ne îaiffoient pas
d'offrir un facrifice pour l’ame du défunt. ( Article
du chevalier de Jaiicourt ; .
EXCUBIÆ. Voyet^ Gardes.
EXCUBITORES , cohortes qui formoientla
garde extérieure du palais des empereurs.
EXCULCATORES , troupes légères de fan-
taffins , armées d’arcs & de flèches.
EXCUNEATL Voyei Cuneus.
EXÉCESTUS , tyran desphociens , avoir deux
bagues enchantées , dit Clément Alexandrin ,
dont il fe fervoit pour conaoître l'avenir, en les
frappant l'une contre l'autre : i! prétendoit de- .
viner par le fon ce qu'il avoir à faire , & ce
qui lui devoir arriver. Il fat pourtant tué en tra-
hifon 5 les bagues admirables qui lui avoient mar-
qué, difoit-on, le temps de fa mort , ne lui four-
nirent point le moyen de l'éviter ( StroKi. i. ).
EXÉCUTEUR, bourreau.
Chez les grecs , cet office n’étoit point mé-
prifé , puifqu'Ariffote ( liv. FJ. de fes politiques , ,
chap. dernier. ) le met au nombre des offices dts
magiftrars. Il dit même que pat rapport à fa
néceffité , on doit le tenir pour un des princi-
pau.x offices.
Les magiflrats romains avoient des miniftres
011 fatellites, appellés , lidieurs, qui furent
inflitués par Romulus , ou même, félon d’autres ,
par Janus j ils marchoient devant les magiflrats ,
portant des haches enveloppées dans des faifeeaux
de verges ou de baguettes. Les confuls en avoient
douze ; les proconfuls , préteurs & autres ma-
giilrats , en avoient feulement fix; ils faifoient
tout à la fois l’office de fergent & de bourreau.
Ils furent nommés licteurs , parce qu'ils lioient
lesoieds & les mains des criminels avant l’exécution;
ils délioient leurs faifeeaux de verges , foit pour ‘
fouetter les criminels , foit pour tranciaer la tête. :
On fe fervoit auffi quelquefois d'autres per-
fonnes pour les exécutions ; car Cicéron , dans
la feptième de fes verrines ^ parle du portier
de la prifoH , qui faifok l’cffice de bourreau ,
pour exécuter les jugemens du préteur ; aderat ,
EXE
dit-il , janltor carceris , carnifex pntoris , mors
terrorque fociorum , & civium licior. On fe fervoit
même quelquefois du minifière des foldats pour
V exécution des criminels, non-feulement à l'armée ,
mais dans la ville même , fans que cela les désho-
norât en aucune manière.
Plulîeurs pafl'ages de Cicéron prouvent que
Yexécuteur qui mettoit en croix, c’eit-à-dire , qui
exécutoit les criminels les plus vils, non-feule-
ment n'étoit pas citoyen, mais qu’il ne pouvoit
pas même habirer dans l'enceinte de Rome, de
peur qu’il ne fouillât par fa préfence la dignité
; & les alfemblées du peuple romain. ( Cicer. pro
Rabir. c. y. c. 4. )
EXÈDRES. C'étoient chez les'anciens des lieux
où difputoient les philofophes , les rhétori-
ciens , &c. com.me aujourd’hui les clafles & les
collèges. Perrault dît que c’étoient de pentes aca-
démies , où les gens de lettres confcrcient en-
femble.
Ce mot eft tout grec, élsfhpo!. Budee croit que
ce que les anciens appelloient exedres , convient
affez avec ce que nous appelions chapitres dans
les cloîtres des moines ou des chanoines. Xoy,
Vitruve , liv. V., ch. 11 & ailleurs.
EXÉGÈTE, f. m. Exégéte , ce mot flgnific
proprement , qui explique , du grec ,
) explique. On appelloit exégetes à Athènes des
gens habiles dans les loix , des jurifconfultes , que
les juges avoient coutume de confulter dans les
caufes capitales.
Les exégetes étoient encore chez les athéniens
des prêtres inférieurs à î’hiérophante , aufli bien
que ceux qu’ih appelloient prophètes.
EXERCICES militaires des anciens. X. le
Diclion. de l’Art militaire.
EXERCITA.TOR. Muratorîf TA/ 85. y- )
rapporte rinfersption fuivante, où il croit cu'il
eft fait mention d’un exercitator faciionis , le meme
que Vexercitor faBionis ;
PRO SALUTE
C. OPIMII EXERC. FAC
FORTUNÆ PUGNATOR
<OPIMIA NEME
V O T. V.
EXERCITOR, maître d'exercices.
EXERGUE, f. m. fîgnifie un mot,une devife,
une date , &c. qu’on trouve quelquefois dans
les médailles au-deffous des figures qui ^ y font
reprefentees.
EXE
rêpréfentées. Ce mot eft dérivé des mots grecs
1%. de,'iz , «Livre y c’efti’.n hors d^œuvre rela-
tiveaient aj type & à U légende.
Lettres placées à C exergue des médailles , pour
indiquer dans quelles villes elles ont été frappées,
expliquées par quelques antiquaires.
ALE. Alexandrie, ou ALE^. idem.
A. M. B. Antiockis moneta B. fecunda o0cina.
Second hôtel des monnoies, ou marque du mo-
nétaire.
AiNT. ou ANT. B. Antiochi& fecunda officine.
ANT. P. Antiockis percujfa.
ANT. S. Antiochis f gneta.
AQ. Aquileis. AQyi''.ét.
AQ. OB. Aquileis obfignata,
A.Q. P. Aquileis percujfa.
AQ. P. S. Aquiltie, pecunia fignata.
AQ. S. Aquileiâ fignata.
A. SC. A. marque du monétaire. Scifch. Scifda,
ville de Croatie, à préfent , Sifleg.
A. TR. marque du monétaire. Treviris ,
Trêves.
AvR. Arelate. Arles.
ARL. îdem.
B. TR. marque du monétaire. Treviris,
C. L. C. Cufa Lugduni. C. marque du mo-
nétaire.
C- L. A. Idem. A. marque du monétaire.
C. ©. ©. marque du monétaire.
CO. M,. Confantinopolitana moneta.
CO. M. O B. Conftantinopoli moneta ohf gneta.
CON. Conjlantinopoli.
CON. 03. Conflantin. ohfignata
CON. M. Conftantinopoli moneta,
CON- S. Conftantinopoli fignata.
CON. S. P. T . Conftantin. fignata pecunia.’Y .
marque du monétaire.
CON. S. P. Conftantin. fignata pecunia.
CO. R. N. OB. Conftantinopoli Roms novs
oifignata.
K. ou KART. Kartagine.
K. ou KONST. Conftantinopolis.
L. eu LUC. ou LUG. Lueduni eu Lugduni,
Antiquités , Tom. II.
EXE 6n
L. P. S. Lugduni pecunia fignata.
LÜG. P. S. Idem,
MET. DAL. Metallum Dalmatîcum.
METALL. ULPLAN. PAN. MetaUum Uf
pianum Pannonicum. De la Pannonie.
MET. NOR. Metallum Noricum.
M. K- U. T. Moneta Carthaginis uriis, T.
marque du monétaire.
M. L. Moneta Lagdunenfis.
M. LL. Moneta Lugdunenjium.
MON. Moneta.
MO. S. T. Moneta fignata Treviris.
îvlD. P. S. Mediolani pecunia fignata.
N. C. A. P. R. Nummus eufus auBoritate
populi romani.
OFF. III. CONST. Officine tertia Conftanti-
nopoli.
PAR. ou PARL. Percujfa arelate.
P. AQ. percujfa Aquileis.
P. CON. Percujfa Conftantinopoli.
PE. R. P. Pecunia Roms percujfa.
P. K. Percujfa Kartkagine.
P. L. Percujfa Lugduni.
P. L. O. N. Percujfa Lugduni officine nova J
OU nona.
P. R. ou P. ROM. Percujfa Roms,,
P. S. Percujfa Scifeis.
P. T, OU P. TR. Pereufa Treviris,
R. eu RO. ou ROM. Roms.
RA. Ravenns.
RO. P. S. Roms pecunia fignata,
R. P. P.oms percujfa.
R. S. Roms fignata.
RV. P. S. Revenus pecunia fignata,
S. Scifeis.
S. A. Signala Antiockis.
S. M. A. eu S. M. ANT, Sîgnata moneta
Antiockis.
S. CONST. Signala Conftantinopoli.
S. M. K. B. Sacra ou fignata moneta Kartka-
gine , offi.cina fecunda.
S M. A. Q. V. Sacra moneta Aquileispereufid,
liii
<^18 E X I
SIR. ou SIRM. Sirmii.
sise, ou sise. P. ScifciA percujfa.
S. M. R. ou s. M. R. P. Sacra moneta Rom&
pêrcuffa.
S. M. sise. Signala moneta ScifciA,
S. M. ÎSÎ. Signala moneta NicomediA^ ou
'Narhone.
S. M. TR. Signala moneta Treviris.
S. M. T. S. B. Sacra moneta Treviris fgnata.
B. marque du monétaire.
S. T. Signala Treviris.
THbV. ou THEV. P. TkenvoH percujfa. C^efl
Antioche de Syrie.
TR. ou TR. OBS. Treviris ohjtgnata,
TR. P. Treviris percujfa.
TT. Treverorum.
EXIL, eiiez les romains, le mot exil, exi-
lium, lîgnifioit proprement une interdiâion , ou
exclufionde Veau & du feu, dont la conféquence
, naturelle étoir que la perfonne ainlî condamnée
étoit obligée d'aller vivre dans un autre pays ,
ne pouvant fe paffer de ces deux élemens. Auffi
eicéron , ai lïeren. ( fuppofé q'Til foit l’auteur
de_ cet ouvrage ) obferve que la fentence ne por-
toit point précifément le mot à’exil, mais feu-
lement èV interdiction de Veau & du feu.
Le même auteur remarque que Vexil n^étoit
pas , à proprement parler un châtiment , mais une
efpèce de refuge & d'abri contre des cbâtimens
plus ngonrenx : exilium non ejfe fupplicium ,fed per-
fugium portufque fupplicii {pro CAcin.'). 11 ajoute
qu'il n'y avoit point chez les romains de crimes
qu'on punît par Y exil , comme chez les autres na-
tions ;'mais que Y exil étoit une efpèce d’abri fous
lequel on fe mettoit volontairement pouréviterles
chaînes , l’ignominie , la faim , &c.
Les athéniens envoyoîe'nt fouvent en exilicnrs
généraux & leurs grands hommes , foit par ja-
loulîe de leur mente , feit par la crainte qu'ils
ne prilTent trop d’autorité-. Voye^ Ostracisme.
Exil fe dit auffi quelquefois de la relégation
d'une perfonne dans un lieu , d’où il ne peut
fortir fans congé. Toy. Relégatign.
Ce m.ot eft dérivé du m-ot latin exilium , ou
de ex fui , qui fgnilie exilé : & les mots exilium
ou exul, font formés probablement é’extrafolum ,
hors de fon pats natal.
Dans le ilyie figuré , on appelle honorable exil
une charge ou emploi qui obligé quelqu'un de
demeurer dans un pays éloigné- & peu agréable.
Soas le règne- de Tibère , les emplois dans les
E X O
pays éloignés étaient des efpèces a exils myfté-
rieux. ' .
EXIRE , éviter les coups d’un adverfaire j terme
de gladiateur.
EXI 1 ERIES J fêtes où l’on offroit aux-djeux
des préfens avant le départ, ou avant quelqu’ex-
pédition , afin de fe les rendre favorables.
EXÜDIAIRE. ancienne tragédie, f.m.
C’eft l’une des quatre parties de l’ancienne tra-
gédie , exoiium. Atiftote appelle exode ce qu'on
difüit après que le chœur avoir ce (Té de chanter
p'our ne plus reprendre. Ainfi , Yexode dans la tra-
gédie grecque, & félon le fentiment d'Ariitote ,
ne peut être pris pour Y épilogue , comme bien
des gens l'ont cru. ÎI exode eft tout ce qui ren-
ferme le dénouement & la cataftrophede la pièce:
ce dénouement , dans- les pièces bien compolé-es ,
commence toujours après le dernier chant du
chœur, & cela répond exaélement à notre dernier
& cinquième adte. R'ey. M.Dacier, p. i-ééde fon.
coinmentaire fur la poétique d'Anfiote. Chez
les latins , Yexode a été pris dans un autre fens 5
c’éîoit parmi eux à-peu piès ce que la farce eft'
parmi nous. Après qu'on avoir joué la tragédie ,
on faifoit venir le farçeur, qu'on appelloit exo-
diaire , qui par fes grimaces, fes plaifanteries ,
fes bons mots , divertiflbit le peuple , féchoit
les larmes que le fpeéiacle tragique avoit fait
verfer. C’eft ce que dit le feholiatte de Juvénal ,
ut quidquii lacrymarum ac triJiitiA cepijfenî ex tra-
gicis affeciibus , kujus fpeciaculi rifus detergeret.
W exode c'toit auffi compofé de vers bouffons,
que la jeuneffe récitoit à la fin des comédies ate-
lannes , & qui répondoient à nos farces.
EXODIARIUS . Gruîer ( ^37- i- Thef. ) rap-
porte la célèbre épitaphe d'Urfus Togatus, le
premier qui ait joué à Rome avec une balle de
verre- On y trouve le mot Exodiari'us , relatif
fans doute à celui àé txodium , exode.
EXOMIDE , tunique , vêtement des grecs,
qui ferroit étroitement le corps , & laiiToir les
épaules découvertes. Les efclaves, les domefti-
ques , & lé peuple portèrent Y exomidé chez les
romains; ils y ajoutèrent feulement un manteau;
elle fut auffi à l’ufage du théâtre. A Lacédé-
mone J les hommes , les femmes ailleurs , pot"
toient Yexomide.
Poîlux ( IV. 18. ) définit Yexomide , « un habit
d’aélcur comique , une tunique blanche , fans
ornemens , fans couture fur -le-côté gauche». Cs
dernier caractère a fait croire Q}ke.Y exomide n’avoit
qu'uns manche, ou plutôt qu’une_ aile fort large.
E X P
dont on s’enveîoppoit comme d’un manteau.
Pollux die en effet ailleurs ( VII. 13. ) quer«a:o-
miie éroit une tunique garnie d’une feule man-
che. Mais ces deux paffages pourroient s’expliquer
d’une manière fort lîmple , en difant que 1
mide étoit une tunique , ou fac carré , ayant
deux ouvertures pour lailTer fortir les bras ; que
l’une de ces ouvertures étoit pratiquée dans
le côté gauche , où l’étoffe étoit entière & fans
couture j que celle du côté droit étoit pratiquée
dans la couture unique qui réuniffoit les deux
bouts de l'étoffe repliée , pour ferrer une tuni-
que , ou facj fans manches.
EXONERATOR Calcariarius . Gruter ( III7.
y. Thef. infer. ) rapporte une infcription , dans
laquelle il eil fait mention de cet officier pre-
pofé au fervice des fours à chaux.
EXOPRJLSIA , impôt mis fur les marchan-
difïs vendues à l’étranger.
EXOSTRA , machine de théâtre chargée d’un
liège fur lequel fe plaçoiî un adeur , pour ap-
prendre aux fpedateurs les chofes qui fe paffoient
dans l’intérieur des maifons.
Uexofira étoit le nom. du pont volant que l’on
abattoir du haut d’une tour fur les muis des
afliégés. ( IX. 21.)
EXPEDITI, troupes légères ^ telles que les
vélitcs.
EXPlATORÿ on donnoit ce nom aux dieux
en général; mais particuliérement à Jupiter , parce
qu’il étoit cenfé expier les hommes des crimes
qu’ils avoient commis.
EXPIATION , ade de religion ^ établi pour
purifier les coupables & les lieux qu’on croyoït
fouillés. Quoique cette cérémonie ne dût etre
employée que pour les crimes, cependant on en
faifoit ufage dans plufieurs autres occafions.^ La
crainte de calamités publiques , l’efpérance d ap-
paifer les dieux irrités , firent établir plufieurs for-
tes éî expiations t ainfi ces mots , fi fouvent em-
ployés chex les anciens ; expiare , luflrare , purgare^
februare, fignifioient faire des actions de religion,
à deffein d’effacer quelque faute , ou d’éloigner
les malheurs dont on étoit menacé. Il y avoir
donc plufieurs fortes èt expiations , dont les prin-
cipales étoient celles qui fe faifoîent pour les
prodiges , pour l’homicide, pour les villes, pour
les armées , pour les temples.
Expiation pour les prodiges : c’étoit une des
plus foîemnelies chez les romains. A l’apppition
de quelque prodige , le fénat , après avoir fait
confiilter les livres fibyllins , ordonnoit des jours
E X P 6
de jeûne, des fêtes, des ledifiernes, jeux ,
des prières publiques , des facnfices. Toute la
ville étoit alors dans le deuil & dans la conffer-
nation ; les temples ornés, les leét.’fternes pré-
parés dans les places publiques , les lacrinces
expiatoires réitérés, pour détourner les raaiheuts
dont on fe croyoit menacé. Xoye:^ Lectisternes.
Expiation [homicide. Cette forte d
piation étoit accompagnée dès les fiècles héroï-
ques , de cérémonies foîemnelies & fatigantes ;
& lorfque le coupable étoit d’un haut rang , les
rois eux-mêmes ne dédaignoient pas d en faire
!a cérémonie. Ainii Copréus , qui avoir tue îphife,
fut expié par Euryfthée , roi de Ivlycène ; Adrafle
par Créfus , roi de Lydie 5 Hercule par Céix,
roi de Trachine; Greffe par Démophoon , roi
d’Athènes; Jafon par Circé. On pourra juger de
la cérémonie de cette forte d expiation , par ceu.-
qui fe fit à i’occa.fion du meurtre Q’Abfyne,
frère de Médée, tué par Jafon. Apollonius de
Rhodes la décrie dans le plus grand détail. « Ce
« prince, dit-il, étant arrivé avec Médée dans
.. l’iüe d’Aéa , fit prier Circé , de vouloir raire
3^ pour eux la ceremonie de 1 expiation ,* 8c ai ant
” reçu la permiffion d’aller au palais de cette
» princeffe, ils s’avancèrent l’un & l’autre , les
» veux baiffés, félon la coutume des fuppaans,
=3 jufqu’au foyer, ou Jafon fi-rha en te.re lepee
avec laquelle il avoir tué fon beau-lrère. Leur
” filence & leur fituation firent aifément con-
„ noître à Circe qu ils croient fugitifs, & cou-
» pables de quelque homicide , & elle fe prépara
à \qs expier. Elle fit d abord apporter un cochon
» qui terroir encore ; & l’ayant égorgé , e..^e frotta
» de fon fang les mains de Jafon & de Meaee.
« Hile fit enfuite des libations en l’honneur de
« Jupiter expiateur. Apres quoi , ayant faitjetter
« hors de la falle les relies du^ facrifice , elle
» brûla fur l’autel des gâteaux pêtns de farine,
» de fel 8r d’eau, & accompagna ces ceremonies
.. de prières propres à fléchir la colère des eu-
méhides , qui pourfuivent ordinairement les
» coupables. La cérémonie finie, eJe regan
» magnifiquement fes hôtes ”.
Tontes les expiations pour meurtre ne fe fai-.
fient pas avec tant de cérémonie. Il y en avoir
ui , pour fe purifier d’un meurtre , fe conter^-
fient de fe laver dans de 1 eau courante : c eit
infi ou’ Achille fut purifié apres avoir tue .e roi
esLeièges. Enée, dans Virgile, n ofe toucher
»s dieux Pénates qu’il veut emporter , )mqu a
e cu’il fe foit purifié dans quelque fleuve. Gvide
nrle de plufieurs héros qui avoient ete purifies
ie cette manière t mais il ajoute ( Faft. 2. 45. )
nffiffe qu’il faut être bien crédule pour fe per-^
uader qu’on piüffe , à fi peu de frais , etre purge
i'un homicide. Les. romains avoient pour i
nation du msurîrs des cérémonies differentes de
<^20 E X P
E X P
dvs grecs. Denys ri'HalicârnafTa raconte
fOiT.menî Horace fut expié , pour avoir tué fa
lœur. « Après qtf Horace fur abfous <iu crime de
’’ parricide, !e roi , qui ne crut pas que, dans
=’ une viüe qui fafî'oit profeflïon de craindre les
== dieux , le j'ügemcU't des hommes futîlr pour
abfoiidre un crimnoel, fit venir les pontifes,
== & voulut qu'ils appaifaslént les dieux fie les
K> genres , & que le coupable pafaât par toutes
” les epreuves qui étoient en ufage pour expier
33 ]q5 crimes où la volonté iriavoit point eu de
” part. Les pontifes élevèrent donc deux autels;
l’un à Junon, proîeélrice des fœurs ; l’autre
” au génie du pays ; on offrit fur ces autels plu-
” heurs facrifices à’ expiation , après lefquels on
» fît palTer le coupable fous le joug ».
Expiation pour les villes pour les lieux par-
ticuliers. Il y avoir , dans le calendrier romain ,
des jours marqués pour l'expiation de la ville de
Rome J c’étoit le cinq de février , où l’on im-
moîoit pour cela les viélimes amburbiaks. Outi®
cette fête annuelle , il y en avoir une qui reve-
noit tous les cinq ans ; & c’efl du mot lufirare,
expier , qu on donnoïc le nom de luflre à un
efpace de cinq ans. A îæ b a R y a l e s ,
CoiîPITALES.
Expiation des armées. Foyep Armilustres.
ExpiAîION pour les temples d? pour les lieux
/acres. Si quelque crinnnel entroit dans un lieu
profané; il falloir Vexpier.
t^di^pe , exilé de Ton pays , alla par hafardVers
Athènes , _& s’arrêta à Colone, près du temple
ces euménides , dans un bois facré ; les habitans
Tachant qu’il étoit criminel, l’obligèrent défaire
les expiations néceffaires. Ces expiations confif-
roient à faire d:s libations d’eau tirée de trois
fburces, à couronner des coupes facrées de ban-
delettes de laine récemment enlevée de la toifon
d une jeune .brebis , à répandre de l’eau pure ,
& non du vm à verfer entièrement & d’un
feul jet la dernière libation , le tout en tournant
levifage vers le foleil ; enfin, il falloit offrir trois
fois neuf branches d’olivier (nombre myflérieux } ,
en prononçant une prière aux euménides. Œdipe^
que fon^ état rendoit incapable de faire une pa-
reille cérémonie, e.n chargea Ifmène fa fille.
Outre ces expiations , il y en avoir encore
pour, être initiés aux grands & petits myltères
d’Eleufis, à ceux deM.vthra, aux Orgies , Scc.
H y en avoir pour toutes les aélions'de la vie
un peu importantes : les'noces, les funérailles,
les vc^ages étoient précédés ou fuivis à’exvià-
rzo.’z.- Tout ce qui étoit réputé de mauvais augure,
la rencontre d’une belette, .d’un corbeau oa^^d’un
lievre, un orage imprévu, un fonge, & mille
autres accidens obligeoien: .de recourir aux cx-o/a-
tions., , . .
i lOH des monumens. îî exifte beau,
coup de morceaux antiques , en marbre même
qu’on ne peut expliquer d’une manière fatisfail
fante,. ou parce qu’ds font le fruit de i’im'aX
nation bifarre de quelque artifie , ou parce que
les faits & les traditions auxquels ils étoient re-
latifs , font entièrement oubliés. Chez les anciens
pecs , la^ figüification de plufieurs figures fym-
’poiiques étoit déjà perdue. Paufanias avoue qu’il
ignore ce que vouloient dire les éthiopiens placés
fur la coupe de Néméfis , cifelée par Phidias;
& pour quelle raifon Théognète portoit en main
une grenade & une pomme de pin. Ces exem-
ples doivent rendre très-réfervés dans l’explica-
tion des anciens monumens , les modernes qui
manquent plus certainement de lumière fur cet
objet que Paufanias.
EXPLICIT de Pfalmo LXXX. Irrcipin- àe
Pfaimo LXXXI. Ces formules en pleine capi-
tale , & qui annoncent la fin d’une pièce ou d’un
livre , & le commencement d’un autre , font
fréquentes dans les anc-'ens inanufcrits. Le mot
explicit, placé à la fin d’un ouvrage , eil peu
latin : ce n’cfl: que l’abrégé explicitas , pour dire
ferma , ou liber abfolutus. Martird a dit en ce
fen.s : verfibus explicitum efi omne duobus opus. Le
même poète dit encore : explicitum nobis ufque
ad fua cornua lihrum , & qUaf perleclum , fep-
ticiane , refers. C’étoit un ufage ordinaire au
temps de St. Jérôme, d’employer les mots e^i-
plicit onfeliciter , ou quelqu’autre mot fembiable,
pour marquer la fin d’un ouvrage, & pour le
diftioguer du fuivant. On trouve dans les jurif-
confultes : explicitas efi articulas. Cette formule
qui convenoit aux livres en forme de rouleaux ,
a paffé en ufage pour les livres cempofés de cahiers
reliés enfemble.
EXéPLGDERE, frapper le théâtre avec les
pieds , pour marquer la mefure du rythme.
EXPOSITION des enfans. Cette coutu.me
barbare étoit répandue dafis toure la Grèce,
excepté à ihèbes , où une loi très-expreffe l’ avoir
abolie. Les grecs expofoient les enfans qu’ils ne
vouloient pas nourrir, avec des marques, habits,
joyaux, &c. , qui fervoient à les faire connoître
dans la fuite. C’eit ordinairement le nœud de
leurs comédies.
Les grecs expofoient leurs enfans dan.s les car-
refours. Les romains- fur le- rivage des fleuves,
à l’entrée des cloaqaes , ou près de la colonne
laâaria , ou du baflln creufé dans le Vélabre.
Les empereurs chrétiens défendirent fous des pei*
nés très-graves, d’e-ypti/Jr les enfans.
EXSERTUS , expreiîîon qui défignoit chez les
romains un homme fans tunique, têtu de la toge
feule , & ayant l’épaule droite ce le bras droit
dégagés de la toge.
EXT
E X V
EXSUPIRANTISSIMUS ( Jupiter ).
On conçoit une infcnption dans laquelle Jupiter
porte ce nom.
I. O. M.
s V M il O
BX 'SVPERAN
T I S S I M O.
Cette épithète a été imaginée pour rendre toute
la force du grec 55-«vuîî-£pï-oit«5-. Ce Jupiter eft re-
préfenté fur une pierre gravée du duc d’Orléans ,
avec de la barbe, une robe longue , le modius
fur la tête , une corne d’abondance à la main
gauche , & tenant de la droite une patère , fur
laquelle ell pafé un papillon. La Chauffe a pris
cet emblème pour un facrince offert à l’ame d'un
mort. Mais il faut y reconnoître Jupiter fjç/Lpe-
rantijfimus. I! étoit repréfenté fur un bas-relief
du commandeur dd Poi-^o , avec les mêmes attri-
buts 5 mais'fans modius , & avec un diadème qui
s elevoit en pointer Spanheim , dans les Céfars
de Julien., a fait d'utiles remarques fur l’épi-
thète à' exfiiperantijfimus . II eft très-rare aurefte,
de voir Jupiter avec la corne d'abondance.
EXTISPICES; on donnoit aux arufpices ce
nom, qui ell compofé de deux mots latins, exta^
entrailles, & infpicera, confidérer. Il y avoir en
Grèce deux familles cé/èbres dans V 2xt àti Extif-
pices , lesjamid.es & les Clytydes. Les étrufques
reçurent cet art des pélafges.ou anciens grecs,
& ils le tranfmirent aux romains.
On en voit un repréfenté fur un bas -relief
de la ville Borghèiè , publie par Winckelmann ,
dans monuTTienti , n°. 83.
extraordinaire, f. m. Les romains
avoient un corps de troupes , compofé de cava-
lerie & d infanterie, qu'on appeüoit les extraor-
d:nci'-es. Ils campoient communément près de la
tente du général, pour être plus à portée d'exé-
cuter fes ordres. On les nommoit ainfî, parce
QU ils campoient extra ordinem du refte des trou-
pes. C'elt de la que vinrent les prétoriens. Il y
avoir auffi dans le camp des romains une porte ap-
pellée la. porte extraordinaire. On croit qu’elle fe
nommoit ainfî , parce qu’elle étcit près de l’en-
droit où campoient \t% extraordinaires Se qu’elle
étoit la même que la prétorienne , voifine du
prétoire , ou de la tente du général-
EXVERRÆ. Voye^ ÉVERRIATEUR.
EX-VOTO; on appelle les offrandes pro-
mifes par un voeu ,,des ex-voto', expreùSon latine
que Lufage a fait paffer dans .notre langue. Les an-
ciens^ nous ont en Te point fervi d’exemple : ils
ornoient leurs temples de tableaux , qu’ils appel-
loient tahelU. votîvs,.'. Ces tableaux étoient
àuffi nommés parce que la plupart étoient
accompagnés d’une infeription qui finiffoit par
ces mots , ex - voto , pour marquer ou que le do-
nateur s’acquittoit de la promeffe qu’il avoir faite
à quelque divinité dans un extrême danger,' ou
pour rendre public un bienfait reçu de la bonté
des dieux i en ^néral ou en particulier. Jacques
Philippe ThoriaâfSn a fait un traité i>s. Ta-bvlis
roTivis. ■ > -
622
F.
_ » Les auteurs de la nouvelle Diplomatique
dïvifent toutes les Fj recueillies des monumens &
des chartes J en huit grandes fériés ( tom. II.
p. 519. ).
Les r r C î forment la première grande férié
de FF. La preraièr.é des fous-féries qu’elle ren-
ferme j remonte aa-deffus de. i'ère chrétienne,
& fe ..diftinghe. par un trait droit , ordinairement
détache aè ïâ Hafté jhi®. même trait defc'endant
fans défunîdn ; 3 ®. mênié trait , fimplement eu
doublemend courb£. Eri' fuppofant celle-ci fub-
divifée eh deux , la fécondé partie feroit renvoyée
au moyen âge, ou même au bas temps; 4*. F
en, r; ys. eù,C. ([.) carrés; .f renver-
fées , contournées. .depuis Jarhaute antiquité }uf-
qu au moyen âge. Ou entend, ici par la haute
antiquité cel'e.'.qüi précède. Fétabliflement de la
do.minatîQn: fpcçoife , par moyen .dgeyles fiècles
fuivans jufqu au XI , par bas temps , la durée
fübféquente antérieure à la renaiffance des lettres.
La II=. férié réunît diverfes formes & pofitions
deiFélément primitif . incliné, 1°. vers la droite;
z°. verslagauche.; 3°. à halle prolongée par leiraut;
4°. a traÿerfe fupérieure en T ; y®, dépourvue
de cette traverfe. Lés trois premières appartien-
nent à Ja haute antiquité; les deux amMs au
moyen âge.
Dans la IIP. grande ferie de FF font comprifes
fes figures les plus communes : i®. terminées par
des rondeurs , ou en talus , &c. 2®. Par des
bafes & fommets quelquefois avancés vers le côté,
gauche. r
La IV*. eft compofée d’F un peu irrégulières ,
mais prefque toutes à lignes droites. Quelques-
unes defcendent à peine aux derniers temps du
moyen âge. Les trois grandes fériés fuivantes
font à peu près du même temps, fous-férie :
une traverfe abailTée ; 2^ toutes horizontales non
tranchées; 3^. en parties obliques ; 4*.! à/ trois
traverfes, avec une extenfion inférieure de la
halle. '■ y : ..y
La V®. ne renferme pas des F moins irrégu-
lières; elles font toujours courbées par leur queue
ou par Fune de leurs traverfes. 1°, Traverfe
fupérieure , confillant dans la continuation de la
halle 2°. débordant vers la gauche; 3“. courbée
en s’élevant; 4°. eh S couchée; y°. F cour-
bées feulement dans la queue en dehors ; 6°. en
dedans ; 7°. traverfe détachée, &c. 8°. F à bafe i
en griffe étendue, du moyen âge; 9'’./minur-
cules & curfîves; 10®. préfqu’en e ronds.
Celles de la VT. fçrie reffemblent à certains-
E majufcu’es ou curfifs; 1°. à plufieurs traverfes
eh S couchées ; 2°. traverfe fnpérieure droite
brifée; 3®. traver.fes , prefque toujours s’élèvent;
4°. defcendent ; y®, fe courbent intérieurement,
au moins en partie. *
Si l’antiquité des F de la VF. férié ell incon-
tellable , fur-tout dans fes trois premières fous-
féries, elle Fell encore plus conllamment daos
la VIT. féne J qui contient des F prefqu’en forme
de K; 1°. angle ouvert du côté droit ; 2®. tra-
verfes courbées; 3°. bafe obliquement élevée;
4®. abailfée en forme de troilîème traverfe , &c.-
La VIII'. férié ell réfervée aux F gothiques ,
1°. prefqu’en R; 2°. en P; 3°. en H. La IV'.
fous-iérie ell caraélérifée par fon irrégularité , &
par la multitude de fes angles & de fes éperons.
L’F pour le ^ fe montre fur les médailles des
Fàhfques, peuple de la grande Grèce, voifîn
du Latium.
Spanheim reconnoît dans cette F le digamraa
éolrque , ayant la force de l’H , & peut-être de
FV. Poyep Digamma.
Les romains, à l’exemple des grecs, fubllituè-
renr fouvent FF au PH; comme les médailles le
prouvent. On lit Triümfus quad. fur celles
deNumérien, Trivmfator. gent. barbar.
fur celles d’Honorius , Isis faria. fur celles
d’Hélène, femme du Céfar Julien. Dn. Focas
fîir la plupart des médailles de l’empereur Phocas,
&e. écc.
L’F chez les romains 8c le O chez les grecs ,
étoient les caraélères que les maîtres iraprimoient
fur le front de leurs efclaves, lorfqu’ils avoient
pris la fuite. C’étoient les lettres initiales des
mots /ù^a 8c çtvyv, fuite.
FABARIA i facrifice qui fe faifoit a Rome
fur le mont Caslius , avec de la farine de fèves
& du lard , le premier jour de juin , en l’honneur
de la deelfe Carna; d’où vient que les calendes
de juin s’appelloient fabarU. ( Macrob. Saturti.
lib. I. cap. 12.) Voye^ CarnA.
FABARIUS. Les anciens , au rapport de Bou'-
lenger , appelloient fabarius un chanteur , pto"
F A B
bablemsTit par'e que leurs chanteurs mangeoient
beaucoup de fèves, qui, à ce qu'on prétend,
fuTcifient la voix.
F A B
62^
quon lit dans Platon, fur Porus & Génie, ou
fur les Richeffes & la Pauvreté, qui engendrè-
rent TAmour. ' * '
FA3ATAR1UM , vafe dans lequel on offroir
aux dieux Lares la bouillie de farine de fèves.
FABATUS , furnom de & famille Rcscia.
FABIA , famille romaine, dorit on a des mé-
dailles.
C. en argent.
R. en bronze.
O- en or.
Les furnoms de cette famille font:
Ambvstvs,Bvteo, Ebvrnvs, Hispanien-
sis, LabeOj Licinvs, Maximvs , Pictor,
Servilianvs, Verrvcosvs.
Goltzius en a publié quelques médailles incon-
nues depuis lui.
FABIENS. Les luperces, ou prêtres de Pan,
étoient divifés à Rome en trois collèges , celui
des Fahiens , celui des Quintillier^ , & celui des
Juliens. 'Foyei Luperces.
Fables morales 5 ce fort celles qu'on a in-
ventées pour envelopper quelques préceptes pro-
pres à régler les moeurs, tels font tous les apo-
logues , tCiie eit celle ou Jupiter envoie pendant
»c jour les etoiies fur la terro, peur s inforrner
des aérions des hommes.
Fables mixtes , c elt-a-dire , méiees d'anégorie
Sc de mora.e , 3c qui n ont rien d'hîitorique,
ou qui , a\ ec un fond hiüorique , font cependa.nt
des alludons manifeftes , .ou à la Morale ou a
la Phyfique. . J , -
Fables agronomiques , c'eR-à-dire , qui font
fondées fur les levers , les couchers , ou les divers
afpeéts des alires. Al. L/upins , de l'académie des
Infcriptions , s'occupe, avec le plusbriüant fuccès,
de leur recherche 5 & ce dictionnaire renferme
plulieurs de les travaux.. . _
Fables inventées à plaiCr; ce.font celles qui n'ont
d'autre but que d'amufer , comme celle de Ffiché,
& cenes qu’on rïommoît miléjiennes 3c fybaritides .
FABRICENCES. / Fabriques.
FABIUS , fils d’Hefcule & d’une fille d’Évan-
dre, étoit regardé comme la tige de i'iiluilre
famille des Fabius à Rome.
FABLE, ce mot, qui lignifie en généra! une
narration , s'applique en particulier aux narra-
tions feintes ou ornées de fiéiions. Ce diéfion-
naire offre un recueil de toutes les fables qui ont
rapport à la religion des anciens , à fes myfières,
à fes fêtes ,à fes cérémonies, au culte dont elle
honoroit fes dieux & fes héros. Les fables font
de plufieurs fortes ; il y en a d'hifîoriques, de
phyfiques , d'allégoriques , de morales , de mix-
tes ; il y en a enfin , qui ont été inventées pour
amufer, & qui n’ont pas d'autre but.
FABRICJA, famille romaine , dont on a des
médailles.
O. en or.
O. en argent,
RRRR. en bronze.
Le furnom de cette famille eft pATniacvs.
, famille romaine, dont on a des
médailles.
.0. en or.
O. en argent.
RRR. en bronze.
Fables, hiftoriques; ce font d'anciennes hif-
toires mêlées avec plufieurs fictions y 3c ces fables
font en aifez grand nombre.
Fables philofophiques 5 ce font celles que les
■poètes ont inventées , comme des paraboles pro-
pres à envelopper les myfières de la Philofophie':
par exemple , lorfqu'on dit que l'Océan efi le
père des fleuves ; que la Lune époufa l'Air , &
devint mère de la Rofée.
Fables aUég-crlques j c'étoit une efpèce de para-
bole qui cachoit 'ûri fens myftique , co.mme celle
FABRIQUES d'armes , fabric&. ( Csfar de Bell,
civil. I. 94. ) La de l'empire nous apprend
G.e les empereurs en avoient établi cinq dans
l’Orient , trois dans Je Pont , une dans l'Afie ,
deux en Thrace, fix dans l'Italie, quatre dans
la partie de l'Illyrie, qui appartenoit à l'empire
d’Orient, cinq dans le refte de l'Illyrie, compris
dans l'empire d'Occident , & huit dans les Gau-
les. C :s fabriques étoient éta’DÜes dans des villes
fituées près des chemins militaires , & des fron-
tières de i'empire. Les ouvriers , fabricenfes , qui
y travailloie-at , étoient enrôlés & attachés à
chacune d'elles fous l'infpection des comtes.
^24
F A G
J^A3i/LIIS^US , dieu de la parole , qui étx)!t
honoré chez les rôrnairis.'dit Varron. On l^invo-
Cuo:t f(ir les enfans , & on lui faifoit des facri-
fices pour eux , lorfqu'ils commençoienc à parier
Sr a bégayer quelques mors. C’étoit un des dieux
qui préfiJore:;t à l'éducation des enfans. ( Non-
n:us irlarcellus c. XII. n° . pd. ) Le nom de Fa-
huhniLs etoit dérivé "ue fabulari ^ converfer.
FACTIONS; O ,
FACTIONES • f ^ Jes romains
don.noient aux d.fFérentes troupes-, ou quadrilles
de combattans qui couroient fur des chars dans
les- jeux du cirque. li y en avoir quatre princi-
pales d’ft-nguées par autant decouleurs différentes,
le verd, le bleu, le rouge & le blanc, doù on
les, appelloît la faction bleue, la faction, rouge , &c.
L empereur Domitien y en ajouta deux autres ,
la p.-nirpre & la dorée; dénomination prife de
i etoiiC ou oe^ rornement des tuniques qu'’e]Ies
portoient : mais elles ne fiiblîficrent pas plus d’un
iiecle. Le nombre des factions fut réduit enfuite
aux quatre anciennes. Dans les fpecfacles ia fa-
veur des empereurs Se celié-' du peuple fe parta-
geo’t eritre Jes faBions ^ chacune avoit fes parti-
fans. Caügula- fut pour Iil faction vcrtè , & Vi-
îedius pour la bleue. I! ré'fufta quelquefois de
grands defojrdres de rintérêt trop vif que lesfpec-
tateuis prirent a leurs faâions. Sous Juftinien ,
une guerre fanglante n’eut pas plus fait de ravage ;
il y eut quarante mille hommes de tués pour les
factions vertes & bleues. Ce terrible événement
Et iUppritmer le nom é^ faSion dans les 'jeux du
ctrque.
li eir fai! fouvent mention dans les infcriptions
romaines de ces factions , de leurs chefs , domini
faciwnum, des cochers qui les compofoient, agi-
tatores, des chevaux qui les avoient fait'triompher ,
&c. &c. On trouve dans. Gruter un éloge empha-
tique ce ces cochers, F^ctioicari us primus
SUI T^MPORIS ET SOLUS. ( Thef ihfcr. 338.' 3. )
Faction , roi de LyrnefTe. Xoye:^ BmsÉïs,
FACTORES ^ au jeu de balle , étoient les joueurs
qui !a renvoyo-ienr ; & les datores, ceux qui la
lançoient, qui fen’oient. Plaute ( CurcuL II. 5.18.) :
Et datons , & faBores omnes fubdarn fub foluni.
FADIA , famille romaine , dont on a des .me- j
dailles. .
RRR. en bronze.
O. en or.
O. en argent.
^ FAG UTAL , un temple de Jupiter , qui fut
ainlî nommé de l’arbre que les anciens appelloient
F A I
fagus y hetre ; cet arbre étoit confacré à Jup'te-
& le hafard voulut qu’il s’en produilît un da?.s
fon temple , qui en prit le furnora de fagutal
P autres prétendent que h fagutal fut un temple
de Jupiter , élevé dans le voiiinage d’une forêt
de hêtres. Ils en apportoient pour preuve qu-
ia partie du mont Efquilin , qu’on appelloît au-
paravant mons Appius y s’appeîla dans la fuite
fagutalis. Par la même raifon, il y en a qui
cor.jeâurent que Fagutal eit le même que
Jupiter de Dodone, dont la forêt , difent-iis
étoit plantée de hêtres , fagi. ^
FAIM, nom d’une déeffe chez les an-
ciens. Ils la plaçoient aux portes de l'enfer
avec ia vieilieffe , les foins , ks chagrins , les
pleurs, les maladies, la crainte, la pauvreté &
les autres divinités raaifaifantes. ( Vojfius de idol.
lib. V ill. cap. V. d la fin. ) Les lacédétuo-
niens avoient un tableau de la Faim dans le temple
de Minerve Chalcioëqae. Elle étoit repréfentée
fous la figure d’une femme hâve & pâle, d’une -
maigreur affi-eufe, & qui avoit les mains liées
derrière je dos. ( Polyænus , 1. IL, dans Hippo-
damas.) Si les anciens n’en faifoient pas une déelfe,
les poètes au moins la perfonnifioient. Ovide ( Mé-
tam. liv. V. ) la repréfente fous la figure d’une
femme. sèche , qui a le vifage pâle & hâve, les
yeux enfoncés, le corps maigre & décharné. Vir-
gile l'appelle une maavaife confei Hère , malefuada
famés , & la place à l’entrée de i’enfer, xomme
on l’a dit plus haut.
- FAISAN. Ifidore feul ( XII. 7. ) a dit que
cet oiCau.-étoît originaire d’une ifle de la Grèce,
appellée Fhafis. Toute l’antiquité l’a fait venir
des bords du Phafe y de la Colchide, &a répété
qu’il en avoit été apporté par les Argonautes.
Martial & Manilius ont chanté cette tradition.
Martial. ( XllI. 72. ) :
Argiva pnmum. fum tranfportata. catina.
Ante mini notum nïl nifi Thafis erat,
Mahil. V. 370 : Numida-rum pafeimur oris ,
Fhafidos & damnis ; arcejjitur indé macellum ,
■ Undè auratanevo conveSa ejt cequorepellis.
Ce que Manilius dit ici de rAfnque , rappelle
le foin avec lequel Prolémée Phyfeon confervoit
les fdifans'cn Egypte. Il alTurBir , dit Athénée-
( XIV . ) , qu’il n’en avoit jamais fait fervir fur fa .
table, mais qu'il les confervoit comme un tréfor.
Capitolin dit
que i. empereur Fertinax ne
fi:
jamais fervir de faifan dans fes repas ordinaires,
& qu’il n’en fitiamaisdeprêfent. Alexandre Sévère
ks réfervoit atifli pour les jours folemnels , tek
que les. calendes de janvier, les hilaires, les fêtes
de Cvbèle, les jeux d’Apollon., ie repas de Ju-
P'.te-, & les fati'.rnales. {lamprid. cap. XXXJ^II.}
Mais i’infenfé Caiiguia, qui s’ècoit fait adorer du
peuple
FAI
peuple^ romain j voulut qu*on immola tous les
jours a fa ftatue , entr'autres vifiimes rares &
chères J des faifans. (Suecon. Calig. )
FAISCEAUX J f. m. pl. faîfceaux é toient
compofes de branches d'ormes, au milieu def-
queiies ilyavoit une hache ; ie tout attaché & lié
enfemble par des courroies. Plutarque, dans Tes pro-
blèmes^ , donne des raifons de cet arrangement ,
qu il n'ell pas nécelTaire de tranfcrire ici.
Florus J Silius Italiens, & la plupart des
fiiltoriens nous apprennent que le vieux Tarquin
apporta îe premier de Tofeane à Rome^ Tufage
cts fazfceaux ^ avec celui des- anneaux, des chaifes
d ivoire, des habits de pourpre^ & des autres
fymboles de la grandeur de l'empire.
Quelques autres écrivains prétendent néanmoins
que Romulus fut l’auteur de cette inllitution ;
qu il 1 emprunt^ des étiuriens ; & que le nombre
de douze faifeeaux qu’il faifoit porter devant lui ,
répondo't au nombre des oifeaux qui lui pre-
noftiquèrent fon règne ; ou des douze peuples
d. Étrurie, qui, en le créant roi, lui donnèrent
chacun un officier pour lui fervir de porte-
faifeeaux.
Quoi qu'il en foît , cet ufage fubfifta non- feu-
lement fous les rois , maïs auffi fous les confu's
& fous les premiers empereuis. Horace appelle
les faifeeaux , faperbos , parce qu'ils étoient les
marques de la fouveraine dignité. Les çonfuls fe
les arrogèrent après l’expuinon des rois ; de là
vient Gfit fumere fafees , prendre les faifeeaux,
Szpoaerefafces y quitter les faifeeaux , font les ter-
mes dont on fe fervoit quand on étoit reçu dans
la charge de conful , ou quand on en fortoit.
Vingt- quatre faifeeaux , portés par autant d’hiiif-
fiers , précédoienr le dictateur , & douze feulement ,
précédoient les confuîs : les préteurs des provinces
& les proconfuls en avoient fix , & les préteurs
de villes deux ; mais les décemvirs , peu de temps
après être entrés en exercices , prirent chacun
douze faifeeaux &c douze lideurs. Voye^ DÉ-
.CEMVIR.
Des deux confuîs un feul faifoit porter les faif-
eeaux devant lui pendant un mois; l'autre mar-
choit pendant cete.mps pre'cédé d’un üenl^ceenfus ,
& fuivi de Iréleurs armés defimples bâtons. ( Dioayf
lib. V. ) Le plus âgé des confuîs étoit préce'dé
des faifeeaux pendant le premier mois du con-
fulat, le plus jeune pendant le fécond; & ainfi
alternativement de mois en mois. ( Cafarem ,
dit Suetone de Jules Célàr , antiquum retulijfe mo-
rem, ut quo menfe fafees non haheret y aceenfus ante
■eum iret y liêiores pane fequerentur.
Dans Rome , les faifeeaux étoient dégarnis de
ïîaehes; on ne las y reolaçoii qu’après être forti
Antiquités , T^me II,
F A Ij Va 5"
des portes de cette ville. Valerius Poplicola éta-
blit cette diftinélion par refpecl pour le peuple
romain. fDionyf ^.) Lorfqne le magiftrat, qui
avoit le droit de fe faire précéder par des lic-
teurs charges de faifeeaux , étoit dans fa n>aTon ,
les î.étèurs attachoient les faifeeaux à fa porte.
Petrone C cap. XXX. ) in poftibus triclinii fafees
erant cum fecuribus fixi.
Les faifeeaux etOient appeUés laureati , à caule
des feuilles de laurier que l’on placoit à leur extré-
mité fupérieure, comme on les voit fur l’arc de
Titus , & fur d’autres monumens.
On a cru mal-à-propos que l’on y attachoit
toujours une couronne de laurier. Cette couronne
paroît quelquefois fur les médailles. ( Spankeim.
de preji. num. tom. 2. pag. 88. )
Sut les monumens, l’a colonne trajane en particu-
lier , les haches des faifeeaux font ordinairement J
un feul tranchant , placé vers le milieu de leur
hauteur, & non au fom.met. Les haches font
enveloppées dans un fourreau, qui eil très-fen-
lible ; car les grecs & les rom.ains renfermoient
tontes leurs armes dans des fourreaux , & ne Ses
en tiroient qu’au moment du combat. Wmcktl-
mann a cru reconnoître le ffiurreaa des haches
fur un bas-reitef, nubije dans fes monumenti anti-
eki 178. Sous ie^ empereurs ces haches étoient
d’argent. {Anthol. üb. IV. cap. XLII. pag. 578.)
FAISULA , en Italie. Fai. en lettres étrufques.
M. Combe attribue une médaille autonome
de bronze du cabinet de iiffi«er, avec les lettres
ci-delTus , à la ville de Faifula.
FALACER y dieu des romains.
On ne fait pas trop quelle étoit la fonélion de
ce dieu. Il y en a qui croient qu’il préfîdoit aux
colonnes du cirque , nommées fal& , & dont il
eft parlé dans la fixième fatyre de Juvena!. D’au-
tres ont dit, d’après Varron ( /iir. /. VI.') y
que Falacer étoit le dieu des pommiers ; mais il
y a des critiques qui prétendent que cet jendroit
de Varron a été mal entendu. Ce qu'il y a de
certain , c’eft qu’entre lesTlamines , il y en avoir
un nommé Flamine Falacer.
FALACRIÆ de& Pomons.
Muratori ( 100. é. Tkef. ) rapporte une înfetip-
tion, dans- laquelle on lit : Fajtacr. deæ pom.
Si Pom n’eft pas mal lu pour Pont ^ on peut croire
que ce furnom de Po.mone ell relatif à la divinité
apnellée Falacer par Varron. ( de Uns. latin.
lib. VL)
FALÆ, Veye^ PhAL.Æ.
Kkkk
^2$ F A Ïj
FALARIQUE, f. f • , nom J’mè ancienne
arîBe ^ fal^rlca. Grégoire û£ i ouïs eo
Hifier. francor. lîh. JX* cc^- ), & U
fçmbie que ce foit une efpèce de iance & d hal
lebarde^ ou de pertuifane- Au moîns, Grégoire
de Tours , ea cet endroit ^ fait falarica , lyno
nyme de larxea , îance. li paroît encore par cet
auteur que cTtoit une arme affez longue pour
percer un homrne d'outre en outre. Nonius
Ilî-dorê difer.t .en effet-, que c'etoit un^arme très-
grande j-& Ifidcre, qu’elle fe faifoit au tour; que
le fer dont elle étok armée , étoit d’une coudee
de long 5 qu’elle avoit à l'autre -bout une boule
de plomb. Suipitius, dans fes notes fur Lucaiuj
dit ’qu elle reffembloit à une lance ou pique ,
■kafta, armée d’un puiffant fer; que l’on enduifoit
fou bois de foufre , de réfine , de bitume ; &
qu’on l’entouroit d’étoupes, fur lefquelles on verfoit
del’huile, qu’on appelloit incendiaire , oleo^
quod incendiarium vocant ^ & qu’on la décochoit
avec une balitle. D’un autre côté , i! femble que
c’étoit plutôt une flèche que l’on lançoit contre
les tours de bois > qu’une arme avec laquelle on
les défendoit ; car Tite - Live , iiv. XXXIVj
chap. XlV, dit que le trait , appelle falarique,
étoit terrible J quand même i! ne feroit entré que
dans le bouclier , fans toucher l’homme. La raifon
qu’il en apporte eft qu’on le lançoit demi-
enflammé ,*& que le feu s’augmentant^ en l'air
par le mouvement ^ on étoit obligé de jetter fes
armes pour ia’.être pas brûlé, & de demeurer
ainfi défarmé & à découvert, expolé aux coups
que l’ennemi voudroit porter. On lit dansVégèce
( liv. IV, chap. XVIII.) que fouvent on mettoit
le feu aux machines faites en forme de tours,
par le moyen des falarlques. Tite - Live , à
l’endroit cité plus-haut, parie des des
faguntins : ainfi on peut conclure des paroles de
cet auteur & de Grégoire de lours , que c’étoit
une arme propre aux celtes ou gaulois, & aux
efpagnols; peut être, ceux-ci i’avoient-ils reçue
des celtes qui s’établirent le long de l’Ebre.
On écrit auffi pkalarlque , phalanca , & quel-
ques uns difent que c’étoirune arme luifante , &
que ce nom vencdt de çaho; , ou qui vient
de Çciîü, Liceo ,fflendeo. Dans ce cas, il feroit
plus raifounab'e de dire qu’on lui donna ce nom,
parce que c’etoit une arme enflammée. Feftus va
encore plus loin : il écrit que les tours s’appel-
loient fah à raiidn de leur hauteur , & à c.aufe
du mot falendum , qui en langue étrufque figni-
fioit le ciel. Ruinart , dans fa note fur Grégoire
de Tours , dit quç la falarique étoit proprement
une flèche qui fe lançoit , & dont fe fervoient
ceux qui défcndoient des tours; que ce mot
■vient de pkala , qui fignifie une tour. Il a pris
cette note de Dadin de Hauteferre , dans fes
©bfervafions fur Grégoire de Tours. Selon Ser-
vius, fur le IXL livre de l’Énéïde, y. 705,
F A L
cVtoit une arme avec laquelle on combattait de
deiîus les tours. Ftflus ajo-.ite même que c’étûit
une arme de jet, telum mzjJîU.
Le vers de Virgile, expliqué par Servius, &
un d’Enif us , rapporté par Nonius, montrent
qu’on lançoit en effet la falarique ; & Ifidore
conclut auiîi du même vers de Virgile, qu’on
la lançoit avec la main. Mais un vers deLucain,
lib Vï. V. 198 , montre que c’étoit auffi une arme
fort grande & fort groffe , qu’on lançoit par le
moyen des baiifles, &il l’oppofe aux flèches qui
fe lanç'oient avec la main. Détour ceci ilréfulte
que ie mot falarique étoit un mot générique qui
convenoit à pluiîeufs fortes d’arm.es , ou qu’il y
avoit des falariques de plufieurs efpèces.
FALCAIRE, Falcariüs. Les anciens appel-
\é,tXiX. falcaires ceux qui avoierit des épées cour-
bées comme les cimetères ou fabies. Ce mot
vient de faix , falds , une faux», parce que ces
épées avoienr la forme d’une faux.
FALERIA , dans l’Etrurie. Fa.
Eckel attribue à cette ville une médaille d’ar-
gent autonome , avec un aigle déchirant un lièvre,
& les lettres ci-deffus.
FALERNE.
Fakrne étoit entre Sinueffe & Galène. lî y
avoit de trois fortes de vins de Fakme , de dur ,
ne doux- & de délicat. Quelques - uns n’appei-
ioient vin de Fakme , que celui qui croiifoit
dans la partie la plus baffe de ces colhnes. Iis
appelloient vin de Gaure, celui qui venoit au
haut de ces mêmes collines ; & vin de Fauflia-
num , celui des vignes du milieu. Le vin de Fa-
kme étoit le fécond des bons vins d’Italie ; &
parmi ceux de Fakrne, le plus eftimé étoit celui
de Fauftianum. Tbyeç PlinE_, liv. XIV, chap. VL
FALISCI , efpèce d’andouil'es, ou d’inteflfns
farcis (5rar. Sylv. IV. 9. 35'.):
Non lucanîca , non graves falifci.
Falisci , en Italie. Paaeion.
Les médailles autonomes de ce peuple font :
R. en argent.
RR. en bronze.
Or en or.
Leurs types ordinaires font ;
Un aigle qui déchire un lièvre. — Un rrépiec.-v
Un foudre allé. —
FALLUS, Noye^ PHALLUS.
F A M
' FALTO , furnom de la famille ValeriA.
FAMILIARES ( dri J. Voye^ Lares.
FAMILLE ( médailles de ) Voye^ Consu-
laires ( médailles ).
Famille. ( Hifi. anc. ) Le mot latin familla
ne répondoit pas toujours à notre mot famille.
Fàmilia étoît dérivé de famula ^ & il embrafToit
dans fon acception tous les domeftiques d’une
maifon, lorfqu’il y en avoir au moins quinze.
On entendoit encore.par familia , un corps d’ou-
vriers conduits & commandés par le préfet des
eaux. Il y avoir deux de ces corps j l’un public j
qu’ Agrippa avoir inftitué ; & l’autre privé ^ qui
fut formé fous Claude. La t^upe des gladiateurs,
qui faifoient leurs exercices fous un chef com-
mun , s’appel'oit auffi familia : leur chef portoit
le nom de Lanifia.
Les familles romaines , familis. , étoient des
divilîons de ce qu’on appellcit gens , elles avoient
un ayeul commun ; c’étoient les différences bran-
ches de ce que nous appelions en françcis une
famille. Ainii Cæculus fut le chef qui donna le
nom à la gens C&cHia ; & la gens Cs.ciHa com-
prit les familles des Balearici , Calvi , Caprarii ,
Celeres , Cretici , Dalmatici , Dentrices , Mace-
donici , NLetelli , Nepotes , Numidici , Pii , Sci-
piones , Silani & Vittati. Il y avoît des familles
patriciennes & des plébéiennes, de même qu’il
y avoir des gentes patricis, , & Atygenies plebeïéL ;
il y en avoir même qui étoient'en partie patri-
ciennes , & en partie plébéiennes , panim no-
hiles , partimnovA, félon qu’elles avoient eu de
tout temps le jus imaginum , ou qu’elles l’avoient
nouvellement acquis. On pouvoir fortir d’une
famille patricienne, tomber dans une plébéienne
par dégénération, & monter d’une famille plé-
béienne dans une patricienne , fur-tout par adop-
tion. De là cette confufion qui règne «dans les
généalogies romaines ; confufion qui eft encore
augmentée par l’identité des noms dans les patri-
ciennes & dans les plébéiennes; ainfi quand le
patricien Q. Cœpio adopta le plébéien M. Brutiis,
ce M. Brutus & fes defcendans devinrent patri-
ciens , & le refte de la famille des Brutus de-
meura plébéien. Au contraire , lorfque le plébéien
Q. Metellus adopta le patricien P. Scipio, celui ci
& tous fes defcendans devinrent plébéiens ; mais
le telle des Scipions demeura patricien. Les af-
franchis prirent les norns de leurs maîtres, &
reftèrent plébéiens ; autre fource d’obfciirité.
Ajoutez à cela , que les auteurs ont fouvent
employé indiftinélement les mors gens & familia ,-
les uns défianant par gens ce que d’autres dé-
fignenr par familia , & réciproquement. Mais ce
que nous venons d’obferver, fuffit pour prévenir
FAN 527
k lefteur contre des erreurs dans lefquelles il
feroit facile de tomber.
FAMULA Baccki Cymbalifiria. Gruter (318.
î 2. Tkef. infer. ) rapporte l’épitaphe d’une femme
qui psend les titres de fervante de Bacchus, 8e ce
joueufe de cymbales dans fes fêtes.
FANATIQUES;
FANATICIj
^ c’étoient des gens qui fe
tenoient^dans les temyles , 8e qui, entrant dans
une efpèce d’enthoufiafme , comme animés 8e
mfpirés par la divinité qu’ils feryoient , faifoient
des geites extraordinaires , & prononçoien.t des
oracles. Les fanatiques fe tenoient plus ordinai-
rement au temple de Bellone. Juvenal dit que
le fanatique eft piqué de l’aiguillon de Belione :
ces malheureux .fe tailladoient les bras avec des
poignards , 8e faifoient ainfi à la déefl'e un/acri-
fice de leur fang. Lampride , dans la vie d’ÉIaga-
bale , dit que cet empereur , qui aveit renoncé
à toute forte de pudeur 8e de honte , poufta fa
folie jufqu’à fe joindre à ces fanatiques tailladés,
8e à fecoaer la tête comme eux. Cette cérémonie
de fecouer la têfe’leur étoit ordinaire: elle leur
étoic auffi Cemmune avec les galles 8e les agyrtes,
gens de mêmie efpèce. Les fanatiques de Belione
étoient furnommés Bellpnaires. Mais il y avoit,
encore des fanatiques d’Ifis , de Sérapis , de Bac-
chus Se Je Sylvain : peut-être y en avoît-il encore
dans les temples d’autres dieux. Le nom de/àra^z-
tique fe trouve pris en m.auvaife part dans les
meilleurs auteurs , 8e dans le même fens que nous
le prenons aujourd’hui. Cicéron l’entend ainfi ,
quand il dit, au liv. Il de la divination , parlant
de certains phiiofephes, qu’ils font fuperftitieux
8e prefque fanatiques.
Le nom de fanatiques étoit formé de fanum y
temple.
FANNIA , famille romaine dont on a des
médailles.
RRR. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
FANON de la mitre ou de la tiare , ojfenditt
chez les latins. On voit ces liens ou couvertures
des joues , exprimées fur les médailles des rois
perfes de la dynaflie des faffanides , fur les monu'
mens où eft gravé le bonnet du Flamine de Jupiter
à Rome , &c. Sec.
FANUM étoit un terrein confacré à quelque
divinité par les augures , 8e fur lequel onbatiifoitun
temple àcette même divinité. Confacrer ce terrein,
effari templo locum y le fitappeller fanum, a fando.
Tite-Live explique ( lib. X. ) avec précifion , la
Kkkk ij
Fa r
différence des mots fanum & templum , quand il
dit du temple de Jupiter - fiator : in ea pugna
J^vzs fiatoris â,dcm vozam , uî Romulus voverat.
t’anum tantum , id efs , locus tempio effatus ^ jam
fücratus fuerat.
Sifiere fana ; cette expreffion relative à la
fondation des villes / exprimoi: la délignation des
Jreux réfervés pour les temples.
Les h.'ffbîiens latins n'ont pas toujours employé
le mot fanum dans fon acception rigoureufe 5 ils
J ont fouvent mis indiftinétementpour celui êi&des
ou àt templum.
Cicéron , inccnfolable de la mort de fa fille
1 udia , refolut de lui bâtir un temple j un tem-
ple , & non pas un tombeau , parce qa'il vou-
loir que le monument qu'il lai érigeoit , s'ap-
^éi\zt fanum dénomination confacrce aux temples
& depuis aüxfeuls monumens qu'on éîevoitaux em-
pereurs après leur apothéofe. Ses lettres que nous
aiions cxtrairê nous apprennent ce fait fingulier-
Quelque magnifique qu'un tombeau pût être,
i! ne paroiffoit point à Cicéron digne d'une per-
fonne telle que Xulha , & croyoit mérîter
des honneurs divins. C elt pourquoi , après avoir
fait marche pour aes colonnes de marbre de Chio.
un d»-s plus œaux marbres de la Grèce, il iniinue
bûe l'emploi qu'il en vouloit faire pour fa fille ,
etoit quelque chofe d'extraordinaire. Il parle en
meme temps de fon delTein comme d’une foi-
blefife qu il faut que fes amis lui pardonnent;
mais il conclut que les grecs , de qui les romains
tenoient leurs loix , ayant mis «des hommes au
nombre des dieux , il pouvoît bien fuivre leur
exemple , & que fon admirable fille ne mériroit
pas moins cet honneur, que les enfaiis de Cadmus,
d'Amphion & deTyndare. En un mot , il compte
que les dieux la recevront avec plailîr au milieu
d eux , 8e: ^qu'ils approuveront d'autant plus vc-
iontieiS fon apotheofe, quelle n'étoit point une
nouveauté.
Il eft vrai qu'on trouve plufieurs exemples de
ces apotheofes ou confécrations domeftiques dans
les infcripcions fépulcrales grecques , où les parens
ou mort ueciarent que c’eft de leur propre autorité
qu il a e:e mis au nombre des dieux. Spon infcrip.
cxjv. p. 368. Reinefms, infirip. cxl. claffiq.
On a lieu de ^oire cependant que Cicéron n'exé-
cuta pas le deffein dont il avoir paru fi fort oc-
cupé , parce qu'il n'en parie plus dans fes ou-
vrages , 8c que les auteurs qui j'ont fuivi n'en
ont fait aucune mention. La mort de Céfa/ qui
arriva dans cette conjonélure , jetta Cicéron dans
d autres a&aires , qui vraifembiablement ne lui
îanserent pas le loifir de fonger à ce fanum. Peut-
etre auffi que lorfque le temps eut diminué fa
Qou.eor,,!! ouvrit les yeux, & reconnut que fi
far
DÎsméde s'yetre trop abandonné on U
condamneroit encore davantage d'enl ailTer ùn ” ^
numentaufi! extraordinaire. Averfurlo f T
luU„, 1-abbé Mo„tg.„l, darSS.£l:i'
lettres , g.. Middleton , dans la vie de Cicé ^
( Article du chevalier de Jauccun ). *
FANUS. V Eanüs.
Ce dernier mot, mal lu, a produit le premier.
FARREUM.I T
FARRATA. f farreum étoit un gâteau ,
félon Feilus , fait avec du bled. Le bled, far rôti *
entroit dans les cérémonies religieufes des romains*
C eton aéie de religion de rôtir le fTl;,
fetès des rornacaha , eu ! on offroit des facrifices
a la deelTe Fornax ; on le fai.^oit rôtir dans 1 eni
meme.
Les nouvelles marie'es offroient à leurs époux
ce gateau farreum ^ St c'eft de là que vint le mot
de co.^arreatio , pour exprimer un mariage fait
félon la religion & les loix.
FARCE ( dramatiq. ), Voye:^ Atelianes., '
FARD.
f. fard, , étoit plus étendu autre-
fois qu il ne ldi aujourd'hui, & faifoit un art
^ appella Commotique , KauuoTirA,
celt-a-aire, \‘art de farder , qui comprenoit non-
leulement toutes les efpèces dejferd.maisencore tous
les medicamçns qui fervoient à Ôter, à cacher , à
reélifier les difformités corporelles ; & c'eft cette-
derniere partie de l’ancienne Commotique que nous
nommons Orthopédie Voy. Orthopesi£,
Comme ^ns LOrient les yeux noirs, grands
& tendus paffoient, ainfi qu’ils paffent dans l'Eu-
rope aujourd'hui, pour les plus beaux, les femmes
qui avoienr envie de plaire fe frottoient le tour
de 1 œil avec une aiguille trempée dans àufari
d antimoine , pour etendre fa paupière , ou plutôt
^uria replier^ afin quel œil en parât plus grand.
Auffi iiaie ( en. III. V. 22. > faifant le dénom-
brement des parures des filles de Sion , n'eublie
pas les aiguilles dont elles fe fervoient pour peindre
eurs yeux Sc leurs paupières. La mode en étoit
il généralement établie ( liv. des rois , IV. ch. XL
X" A ayant appris i^’arrivée de-
J chu a bamarie , fe mit tes yeux dans t ami moine ^
oii les plongea dans le fard, comme s'exprime l’é-
criture , pour parler à cet ufiirpateur, & pour
fe montrer a lui.
à Hercuîaniim. des pots de rouge
en erniaî de roche , femblables à ceux des tei-
iettes mo.4ernes , avec le vermillon, fucus, qui y
elt encore en fan entier.
FAR
Nous toyons queTertulien & S. Cypnen dé-
clamèrent a leur tour très-vivement contre cette
coutume ufitee de leurs temps en Afrique , de
fe peindre ies^ yeux & les fourcils avec du fard
d antimoine : înunge oculos tuos , non fiibio iiaholi ,
fei coUyrio Ckrifil ^ S ecrioit S. Cyprien.
Les femmes fyriénnes , babyloniennes Scarabes,
je noirciffent encore du même fard le tour de
1 œil J & les hommes en font autant dans le
defert de 1 Arabie , pour fe cohi'crver les yeux
contre 1 ardeur du foleil. ( f^oyîr Taveriiisr j
voyage de Perfe , liv. IL c. Vil Gabriel Sio-
îîita , de moribus orient, ch. XI. ). D’Arvieux
f dans fes voyages imprimés a Paris en \~jl~j , liv.
XII. P . 27. ) dit > en parlant des femmes arabes j
qu Ciies bordent leurs yeux d’une couleur noire ,
compofeeavec de la tuthie j & qu’elles tirent une
ligne de ce noir en dehors du coin de l’œi! j
pour le faire paroître plus fendu.
le voyage de d’Arvieux , le favant
Al. Shaw a rapporté dans ceux qu’il a faits en
Barbarie , à Toccafion des femmes de ces con-
trées , qu il manqueroitj à leur avis , quelque chofe
d effentie! a leur parure ^ fi elles n'a voient pas teiurt
le poil de leurs paupières & leurs yeux de ce
qu on nomme al-co-kof qui cft la poudre de mine
de plomb. Cette opération fe fait en trempant
dans , cette poudre > un petit poinçon de bois
de la grofieur d une plume , &en le paffantenfufe
entre les paupières : elles fe perfuadent que la
couleur fombre , que l’on parvient de cette façon
3 donner aux yeux j ajoute ub grand agrcînent
2u vilage de toutes fortes de perfonnes. :
_ Entr autres colifichets des femmes d’Égypte ,
ajoute le voyageur anglois , j’ai vu tirer des’ ca-
tacombes de Sakara j un bout de rofeau ordi-
naire , renfermant un poinçon de la même efpèce
de^ ceux des barbarefques ^ & une once de la
même poudre dont on fe fert encore aéiuelie-
ment ( 1740) dans ce pays -là pour le même
«fage.
^ Les femmes grecques & romaines , emprun-
tèrent des afiatiques , la coutume de fe peindre
les yeux avec de l’antimoine ; mais pour étendre
encore plus loin l’empire de la beauté , & ré-
parer les couleurs fl . -mes , elles ’maginèrent deux
nouveaux fards , inconnus auparavant dans le
monde , &■ oui ont pafle jufqu’à nous ^ 1; blanc
& le rouge. De-'à vient que les pnëtes feignirent
que la blancheur d’Europe ne lui venoit que parce
qu une ces fii'es de Junon avoir dérobé le petit
pot àe fard blanc de cette déefle , & en avoir
fait préfent^a la îiile d’Agénor. Quand les ri-
cheffes affluèrent dans Rome , elles y portèrent
un luxe affreux ; la galanterie iptroduifit les re-
cherches les plus ra.finées dans ce genre j de la
corrupaon générale y mit le fceau.
FAR
Ce que Jüvénal dit des baptes d’Athènes ,
de ces^ prêtres efféminés 3 qu’il admet aux myf-
teres de la toilette , fe doit entendre des dames
ro.maines, à l’exemple defqueiles 3 ceux dont ie
poète veut parl«r3 mettoient du blanc Se du rouge ,
piioient leurs longs cheveux avec une lame d’or,
& le notrciilüient le fourcil j en le tournant eu
demi-rang avec une aiguille de tête.
Fdefupertdi'um madidâ fuliginefaSum ,
Obliqua producit acu , pingitque trememes.,
Attollens oculos {Juven.fat.
Nos dames, dit Pline le naturaîifte, fe fardent
par air julqu’aux yeux , tanta efi decoris afeciatio^
ut tingantur oculi qtioque y mais ce n’étoit là qu’un
léger crayon de leur moilelfe.
Elies palToient de leurs lits dans ^des bains ma-
gnifiques j la 3 elles fe fervorent de pierres ponces
pour polir & adoucir leur peau j & elles avoient
vingt fortes d’efclaves en titre pour cet ufage.
A ceîre propreté de luxe , fuceédèrent les par-
fums d Affyne : enfin le vifage ne reçut pas moins
! de façons & d’ornemens que le refte du corps.
Nous avons dans Ovide des recettes détaillées
de fards , qu’il confeilloit de fon temps aux dames
romaines j car le fard du blanc & du rouge étoic
réfervé aux femmes de qualité, fous ie règne d’Au-
gufte; & les courtifànes , ainfi que les affran-
chies, n’ofoient point encore en mettre. Prenez-
donc 3 leur difoit-ii , de l’orge qu’envoient ici
les laboureurs de Lybie ; ôtez-en la paille & la
robe ; prenez une 'quantité d’ers ou d’orobe, &
détrempez l’un & l’autre dans des œufs avec pro-
portion j faites fécher & broyez le tout, jettez-y de
la poudre de corne de cerf., ajoutez-y quelques
oignons deNarciffe, pilez le tout dans ie mortier j
vousy joindrez enfin la gomme &Ia farine de fro-
ment de Tofeane J que le tout foit lié par une
quantité de miel convenable : celle qui fe fervira
de ce fard^ ajoute- t-il , aura le teint plus net que
la glace de fon miroir. •
Quæcumque eficiet taîi medicamine vultum^
Futgehit fpeculo Iceyior ipfa fuo.
Mais on im'enta bientôt unerecette plusUmple
qiK celle d’Qv'ide & qui eut la plus grande vogue :
c’étoit un fard compofé de la terre de Ch‘o ,
ou de Samos , que l’on faifoit difioudre dans du
vinaigre. Horace l’appelle creta. Pline nous
apprend que les dames s’en fervoient pour blan-
chir leur peau , de même que de la terre de Sé-
linufe , qui efl: , dit-il, d’un blanc de lait , & qui
fe diffoüt promptement dans l’eau. Fabula , félon
Martial, craignoit la pluie, à caufe de la erde
qui étoit fur fon vifage j c’étHt une des terres donc
nous venons de parler. Et Pétrone, en ueigrar.t
un effémme , s exprime ainfi '. cerf uebant per f'or.~
j tem fadantis acacie rivi , ô" inter rugas malaTam y.
6^q far
tantîvn erat crzts, , ' ut put ares deîr atlum parietetn
nimbo lahorare. « Des- raiffeaux de-gomme couloient
” fur fon front avec- fa fueur , & la craie étoit
» fiépaiffe dans les ri'iésde-fes'joiies , qu'on fau-
» roic pris pour urf mur que !a pluie auroit dé-
M pouillé de fqn enduit ».
Poppée , cette céfièbre couftifane, douée de
tous les avantages de fon fexe,horsde la chaf-
teté , ufoit pour fon vifage d'une efpèce de fard
onélueux -j-qui formoit une croûte durable ^ & qui
ne tomb oit qir' après avoir .éré lavée avee une
grande quantité de lait , lequel en détachoit les
parties & découvroit une extrême blancheur. Elle
mit ce nouveau fard à la mode , lui donna fon
tiOvn^ pop&dndflnguid ; elle s'en fe’roit fervi même
dans un exil, dit Juvénal, ou elle auroit fait
mener avec e^e un troupeau d'âneffes , & elle
fe feroit montrée avec ce cortège jufqu'au pôle
hyperborée.
Cette pâte , de l’invention de Poppée , qui
couvroit tout le vifage, formoit un mafque, que les
femmes portoient toujours dans l'intérieur de leur
maifon ; c'étoit-ià , pour ainfi dire , le vifage do-
meftique, & le feul qui étoit connu du mari.
Ses lèvres, fî nous ; écoutons Juvénal, s’y atta-
choient comme les oifeaux à la glu.
VLinc miferi vifcantur labra mariti.
Le teint tout neuf , la fleur de peau n'étoit
faite que pour les amans; & fur ce pied-là,
ajoute l'abbé Nada! , la nature ne donnoit rien ni
aux uns , ni aux autres.
Les dames romaines fe fervoient pour rouge ,
au rapport de Pline, d'une efpèce de /àcM,qui
étoit une racine de Syrie , avec laquelle on teignoit
les laines. Mais Théophrafte eft ici plus exaét
que le naturalifte romain : les grecs, félon lui,
appelloient fucus , Çums, tout ce- qui pouvoir
peindre la chair; tandis que la fubftance parti-
culière , dont les femmes Æ fervoient pour peindre
leurs joues en rouge , étoit diftinguée par le nom
de riizon, racine qu’on apportoit de Syrie en
Grèce , pour cet ufage. Les latins appellèrent cette
plante radicula ; & Pline l’a confondue avec la
racine employée pour la teinture des laines.
il eft fi vrai que le mot fucus étôît un terme
général pour défigner le fard^ que les grecs &
les romains avoient \m fucus métallique qu'ils em-
ployoient pour le blanc, & qui n'étoit autre
chofe que la cérufe ou le blanc de plomb de nos
parfumeurs. 'L&m fucus rouge fe tiroit de la racine
ri[ion , & étoit uniquement deftiné pour rougir-les
joues : ils fe fervirent auffi dans la fuite pour le
blanc d üx\ fucus , compofe d'une efpèce de craie
argentine , appellée cràk de Venife & pour le
rouge du purpurifum, préparation qu'ils faifoienc
F A. S
avec l'écume de la pourpre , lotfqaelle étoit
encore toute chaude.
PARIA, ifle. pAPiAm.
Les me'dailles autonomes de cette ifle font ;
RRRR. en argent., Pellerin.-
O. en or.
O. en argent.
FARRÉATION. Poye^CoNFERRÉATioN.
FARSULELâ i famille romaine dont on a des
médailles.
C. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
PARLEURS, ^
FARTORES , > valets chargés d’en-
ou Engraisseurs, j
grailTer de la volaille. Il y en avoir auffi d’em-
ployés dans la cuifine fous le même nom ; c'é-
roient ceux qui faifoient les boudins , les fiiuffices
& autres mets de la même forte. On appelioic
encore faneurs , fartores , ceux qui mieux connus
fous le nom de nomenckteurs , nomenclatores ,
diraient à l'oreille de leurs-msîtres , les noms des
citoyens qu'ils rencontroient dans les rues , lorf-
que leurs maîtres briguoient quelque place im-
oor'ante , à la nomination du peuple. Ces or-
gueilleux patriciens étoient alors obligés de lui
faire leur cour , & ils s’en acquitteient afîez com-
* munément de la manière la plus honteufe & la
plus vile. On peut en donner pour preuve l'infti-
tution de ces faneurs , qui indiquoient à l’afpirant
à quelque dignité , le nom & la qualité d'im
inconnu qui fe trouvoit fur fa route , & qu'il
alloit familièrement appellcr par fon nom , &
cajoler baffement, comme s'il eût été fon pro-
tedieur de tout temips. On donnoit à ces do-
meftiques le nom de fartores , farteurs , parce que
velut infercîrent nomina in aurem candidati : on les
comparoir par cette dénomination aux farteurs
de cuifine ; ceux-ci rempüiToient des boudins ,
&■ ceux-là fembloient être gagés pour remplir SC
farcir de noms l'oreille de leur maître. ( Chevalier
de Jaucourt. )
FAS , nom d'une deefle des anciens romains.
C'éroit un nom qu'ils dennoient à la juilice ,
ou à Thémis , parce qu'elle apprenoit aux hom-
mes à demander ce qui eft licite & permis. Fas
en latin , comme en grec Qî/sis, lignifie ce qui eft
permis. Voye:^ pESTUS au mot Thémis. Aufone ,
Technop&gn. Idyll. XII. dediis. Le vieux Gloffaire,
grec & latin ,, traduit , fas , jufiitia.
1
F A s
FASCIÆ. Voyei Bandelettes & Bordure.,
fascination.
Les romains crurent qTil falloir cppofer des
dieux à ces puflanccs malfai fantes qci fifcment
les hommes : ils créèrent le dieu Fûfcinus , & la
déeffe Cunlna. Nous apprenons de Varron^ que
les fymboies du dieu Fafdnus étoieut infarr^es ,
& qu'on les lufpendoit au cou des enfans ^ ce
qui tft confirmé par Pline. ( Hift. nat. L XXFIII.
c. IF. J Le p. riardoüi.i ( tom. II. pag. 451.
col. I . ) a qfé foutenir feu! ^ que les amuletres des
enfans, dont parle Pime, n’avo.ent rien d’obicène,
il a même reproché aux commentateurs de s'être
trompés iur cet objet. Foye:^ Fascinüs.
Le culte que les grecs rendoient à Priape , :
étoit fans doute honteux; mais ce culte naquit
peut-être de réflexions profondes. lis.ravoknt'
reçu des égyptiens, dont on fii: que les-hiéro-
g'iyph-S prélciitcnt foavent les attributs de ce
dieu. l;s- étoienf une image feniible tie la fécon-
dité, & apprenoient au peuple gtoilier, que la
nature n'eit qu'une fuite de générations. Unis
lur les moaumens égyptiens , avec i'œ;l, fymboie
de la prudence ( voyez Pignorius , menf. ifiac.
pag. 32.;, iiS inünuoient aux hommes, qu'une
intelligence fuprême reproduit fans xeffe l'univers.
Ces allégories furent perdues pour les grecs , -
les étrufqucs & les romains ; ils continuèrenc
néanmoins à regarder l'image de Priape comme
un puilfant préfervatif. Iis n'y virent plus qu'un
objet riairuie qui défarmeroit les envieux , & qui
en partageant leur attention , atfoiblircit leurs
regards tuneftes. Gori , dans fon Mufeum. etrcfc.
p. 145 , nous atîure que les cabinets des curieux ,
en Tcfcare , renferment plufieurs de ces amu’et-
teSj que les femmes étrufques porroienrSc atta-
choient au cou dé leurs enfans. Thomas Bartholin
de pixerperio vet. p. lél.) a publié un de ces
infâmes amulettes , après ceux que Pignorius avoir
déjà donnés. Ceux-ci repréfentent feulement une ‘
main fermée, donc le pouce eit ic.féré entre le
doigt index & le doigt du milieu. Deirio, Val-
lefius & Gutierrius, cités par Fromann ( 1. c-
p. 66. ) , aüurent que Fufage de cette main fermée
s'eil confervé en Efpagne : 00 en fait, de jayet ,
d'argent , d’ivoire , qu'on fufpend au cou des
enfans , & les femmes efpagnoles obligent à tou-
cher cette main , ceux dont elles craignent les
yeux malins. Foye^ les mémoires du chevalier
d'Arvieux , tom. III. pag, 249.
Dom Ramirez de Prado , dans fon Pentecon-
tarche , c. XXXI. p. 247. 8. ajoute que l'on
appelle cette main higa, & il en dre l'origine du
grec kyl, qui fait à i'areufarif léyfa. Il doit cette
•étymologie au doéieur françois Penna Cailellon ;
mais ce médecin dit dans fes vers , que l'iynx eft
un oifeau qui garantit de la fafeination , que c'eü
. ié ' A..S
le motacdla ou-koçhc^qaeue. f on opinion fur le mot
higa ^ n'a point de iondementsmais elle a quelque
rapport avec.ee qü'oh lit dans Suidas, que riuyl
ett une petite machine, ofyajiA tî, dont les ma-
giciennes fe fervent pour rapp’eiler leurs amans.
Bifet a tranrcrit te palTage de Suidas , dans fes
notes grecques fur le vers 1112 de la lyf.firate
d'Ariitophaue. pfeilus , dans fes fcholles' fur les
oracles ckaldaïques.. p. 74, -donne la defeription
de ces naachinés elle cit affez vague, & l'on
pourroit fort bien fcupçonner qu'il y avoir dans
ces machines des névropaftes, oupantins dont
ont parlé Hérodote, Lucien, &c. ( Chevalier
de Jaucourt.)
FASClNUS , divinité adorée chez les romains.
Ils en fufpendoiçnt l'image au cou-de leurs enfans,
peur lés garantir du maléfice qu'ils appe.ioient
fafemum. Cé dieu , fuipendu au. cou des petiiS
enfans , étoit repTefenté fous la forme du membre
viril. Le don de l'amulette préfervative , éteie
accompagné de quelques cérémonies, dont une
des plus bifarres coniiiloit à cracher trois fois
fur là poitrine de l'enfanr. Quoique le fymboie
du dieu FafeirLus ne fût pas fort honnête é c'éioi:
cependa.nt les veilaies qui lui facrifioient. ’
FASTES-, f.- m. pL , calendrier des romains.,
dans lequel étoient marqués , jour par joéir , leurs
fêtes, leu.-s je-Lix , leurs cérémonies, &c. fous
la divifion générale des jours faftes & néfaftes ,
permis & défendus, c'eit-à-dire, de jours delii-
nés aux affaires , & de jours deftinés au repos.
■Var ron, dans un' endroit, dérive le nom de
fafîes, àtfarî , parler, quia jus fari ücebàtÿU
dans un autre endroit il le fait venir de fas\
terme qui figiifie proprement la loi aivine , ôc
eft différent de Jus ^ qui lignifie feulement loiAu-^
màlnc^
Mais Its fafles ^ quelle qu'en foit l'étymologie ,
& dans que-ique fignification qu'on les prenne
n' étoient point connus des romains fous Romulusî!
Les jours leur étoient tous injifferens , & leur
année compofée de dix mois , félon quelques-
uns , ou de douze, félon d'autres, bien loin
d'avoir aucune diftindion certaine pour les jours,
n'en .aveit pas même- pour les faifons, pmfqu'il
devoir arrrvernéceffairement,plustôt ou plus tard,
que les grandes chaleurs fe fiffent fentir au milieu
de mars , & qu'il gêiar à glace au milieu de juin ;
en un mot, Romu.us écoir mieux inftruit dans
le métier de la guerre , que dans la fcience des
affres.
1 out changea^ fous Numa : ce prince établit un
ordre confta.nt oans les chofes. Apres s'être con-
cilié l'autorité , que la grandeur de fon mérite ,
& la fiéfion de fon commerce avec les dieux
pouvoient lui attirer , il fitp lufieurs réglemsns,
6^2
F A s
tant poiïr la religion, que pour la politique j mais
avant tout , il a;uita fon annt'e de douze mois
au cours & aux phafes de la lune; & des jours
qui campr foient chaque mois ^ il deiîina les uns
aux affaires, & les autres aux repos. Les premiers
furent appelles dksfifli , les derniers dUs uefafii ,
comnic qu! d roit jours permis , Sr jours défendus.
.Voilà la première origine des fajtes.
Il paroit que le delTeîn de Numa fut ieulemer.t
dempecher qu on^ ne pût ^ quand on voudrcit,
convoquer les tribus & les curies, pour établir
ce nouvelles !o;x , ou pour fasre de nouveaux ma-
g'ihaîs^: ma'S par une pratique conftamment ob-
ferv’ee tîepiiis ce prince Tufqifà fempereur Augulle,
c elt-a-dire , pendant Tefpace d'environ d6o ans,
Ct^jours permis^ & défendus , fafli & nefafll , furent
Ciitenaus des romams , aufli-bien pour radminif-
tratîon de la juftice entre les particuliers, que
pour se mahiemeîK des affaires entre les magiflrats.
Quoi qu îl en fo;t, Numa voulut faire fentir à
fes- peuples, due Lobfervation régulière de ces
jours permis & n.on permis , étoit pour eux un
point de religion , qu'ils ne pouvoient néglis’er
fans cnme : de là^ vient que fas & nef as , dins
les bons auteurs, îîgnine ce qui eft conforme ou
Contraire a la volonté des dieux.
^ On nt donc un livre où tous les mois de l’année,
a commencer par janvier , furent placés dans leur
ordre , ain.fl eue les jours , avec la qualité que
^uma leur avoir aflignée. Ce livre fur appellé/^r/i,
du nom des principaux jours qu'il contenoic.Dans
le meme livre fe trouvoit une autre divifion des
^urs nommes ftfti , perfefti , intercîfî , auxquels
isrcnt ajoutes dsiis îs ruits dzes Jhantoni ^ dits
comitiales , aies prœliares , dîes faufti , dïcs àtri ,
c'eil-i-dire , des jours deftinés au culte religieux
des divinités , au travail manuel des hommes ,
des jours partage's entre les uns & les autres ^
des jours indiqués pour les affçmbiées du fénat
des jours pour i'éleérion des magillrats , des jours
propres à livrer bataille , des jours marqués par
quelque heureux événement, ou par quelque ca-
Jamité publique. Mais toutes ces différentes efpèces
fe trouvoienr dans la prernière fub^ivifion de dw
fafii Sr nefafil,
. Cette^dîviiïon des jours étant un. point de reli-
gion , Lxurna en dépofa le livre entre les mains
ces pontifes , lefquels jouiffant d'une autorité
fouveraine dans ses chofes qui n'avoient peint
été regiees par le monarque , pouvoient aiouter
^üx fetes ce qu'ils jugeoienr à propos x mais quand
lis voumient apporter quelque changement à ce
qui avoir été une fols établi & confirmé par un
^ong uiage , ii faiLpit que leur projet fût autonfé
par un^decret du fénat : par. exemple , le ijde
devant les ça^enaes d.u mois fextüis , c'eft-à-dire ,
le de juiuec, etoit un jour de fête & de
/•noiiiliance dans Rome | mais la perte dépiorabk
fas
des trois cens Fabius auprès du fleuve de Créme'-i
an de Rome 276 & la défaire honteuf/d'
larmee rcmaine auprès du fleuve Allia, par u!
gaumis, lan. jéj > fi^nt convertir ce jour de
fete en jour de tnflefle. '
Lis pontirks furent déclarés ks dépofi-.lres
unique & perpétuels des jdfles ^ & ce pr^l
de pofleuer le Ivre de3/^/«, à l'exclufic-n d-
toutes autres perfonnes , leur donna une autorité
lingulere. Ils pouvoient , fous- prétexte dsfa'f.s
ou nefafes , avancer ou reculer le jugement dès
aflatres les plus importantes , & traverferlesdef-
leins les mieux concertés des magiflrats & des
particuliers. Enfin , comme il y avoir parmi les
romains des fêtes & des fériés fixées â certains
jours , il y en avoir auifi donc le jour dépendoit
uniquement de la volonté des pontifes.
S il eft vrai que le contenu du livre des fafles
étoit -fort refferré, lorfqu'il fut dépofé entre'lcs
mains des prêtres de la religion , il n'eft pas .moins
vrai que d^e jour en jour Izs faftes devinrent plus
étendus. Ce ne fut plus dans la mite des temps
un fim-ple calendrier, ce fut un journal immenfe
de divers événemens >,ue le hafard ou le cours
ordinaire des chofes produifoit. S’il s’élevoir u.ne
nouvelle guerre, fi le peuple romain gagnoit ou
perdoïc une bataiiie ; fi quelque magiiîrat recevoit
un honneur extraordinaire , comme le triomphe
ou le privilège de faire la dédicace d'un temple ;
fi I on inftituoit quelque fête ; en un mot , quel-
que nouveauté, quelque fingulariîé qu'il pût arri-
ver dans l'état en matière de politique & de reli-
gion, tout s'écrivit dans les faftes', qui par-là
devinrent les mémoires les plus fidèles, fur lef-
quels on compofa rhiiloire de Rome. Voyer dans
les Mém. de l’J.çad. des Belles -Lettres , le^ Mé-
nicire de M. l'abbé Sallier , fur les Monumens
hifiorïques des romains,
Mais les pontifes qui dirpofoient des fafies „
ne_ les communiquoient pas à tout le monde; ce
qui afiîigeost ceux qui n'ètoient pas de leurs amis,
ou_ pontifes eux -mêmes , & qui travaüîoient à
l'hiftojre du peuple romain. Cette autorité des
pontires dum environ 400 ans, pendant lefquels
ils triomphèrent de la patience des particuliers ,
des magiftrats , & fur-tout des préteurs , qui ne
pouvoient que fous leur bon plaifir, marquer aux
parties les jours qu'ils pourroient leur faire droit.
Enfin , l an de Rome 45^0, fous le confuîat de
Publias Su pitius Averrion , & de Publius Sem-
pronus Sophus, les pontifes eurent le déplaifir
de^ fe voir enlever ce précieux tréfer , qui juf-
,qu alors les avoir rendu fi fiers. Un certain Cnéius
Eiavius trouva le moyen de tranferire de leurs
livres la partie des fafiss qui concernoit la jurif-
prudence romaine, & de* s'en faire un mérire
auprès du peuple , qui le réesmpenfa par l'emploi
d'Edile Çurule : alors , pour donaer un nouveau
luilîS
F A s
îuftre à fon premier bienfaic , il fit grarer, pen-
dant fon éai.ire , ces mêmes fifies fur une colonne
d airain , dans la place même où la juiHce fe
rsndoit.
Des que les faftes de Nama furent rendus pu-
bucs J on y joignit de nouveaux détails fur les
dieux J la religion & les magiftrats, enfaite on
y mit les empereurs ^ le jour de leur nailTance ^
leurs dignités , les jours qui leur écoient confacrés ^
les fetes & les facrifices établis en leur honneur ,
ou pour leur profpénté : c'’eft,ainfi que la flatterie
changea & corrompit les faftes de l'état. On alla
meme juîqu a nommer ces àttn'zis grands faftes ,
pour les Giltinguer àtsfaftes purement calendaires,
qu on appeila petits faftes.
Pour ce qui regarde les faftes mftiques-, on
fait qu’ils ne marquoient que les fêtes des gens
de la campagne , qui étoient en m.oindre nombre
que celles des habitans des villes; les cérémoifes
des calendes , des nones & des ides ; les figues du
Zodiaque , les dieux tutélaires de chaque mois ,
1 accroÆement ou le décroiflement des jours , &c.
ainfî c’étoient proprement des efpèces d’alma-
naens ruftiques , aifez ferriblables à ceux que nous
appelions altnanacks du berger , du laboureur. Sec.
Enfin , il arriva qu’on donna le nom de faftes
à des regifires de moindre importance.
1°. A de fimples éphémérides , où Tannée étoit
diftribuée en diverfes parties , fuivant le cours du
foleil & des planètes : ainfi , ce que les grecs ap-
pelloienr , fut appellé par les latins
■calendarlum & fafti. C’efl pour cetre raifon qa’O-
vide nomme faftes , fon ouvrage qui contient les
caufes hîftoriques , ou fabuleufes , de toutes 4es
fêtes qu’il attribue à chaque^ mois , le lever &
le coucher de chaque conftellafion, &C.-I1 a trouvé
îe moyen de répandre fur ce fujet aride des fleurs
li belles , qu’il fait regretter aux favans I.t perte
des lîx derniers livres qu’il avoir compofés pour
completter fon année.
2°. Toutes les hiiloires faccinéles , où les faits
étoient rangés fuivant Tordre des temps , s’ap-
peiièrent auffi faftes , fafti ; c’eft pourquoi Servius
'& Porphyrion difent q\is fafti funt annales dierum,
<£■ rerum indices
On nommz faftes des regîftres publics , où
chaque année Ton marqiioît tout ce qui concer-
noit la police particulière de Rome ; & ces années
étoient diilinguées parles noms des ccnîuîs. C’eft
pour cela qu’Horace dit à Lycé : « vous vieüliifez ,
» Lycé ; la richeffe des habits & des pierreries
» ne fauroit ramener pour vous ces rapides années
» qui fe font écoulées depuis le jour de votre
" naiffance , dont la date n’eft oas inconnue. ( Od.
xiii. lih. ir. )
Tempora
Koftris coridita faftis.
Jlruiquitis , Tome II,
FAT
En effet , dès qu’on favoit fous quel conful
Lyce étoit née , il étoit faci’e de connoître
fon âge , parce que l'on avoir coutume d’inf-
crire , dans les regiftres publics , ceux qui
nailToient & ceux qui mourroient : coutume fort
ancienne , puifque nous voyons Platon ordonner
qu elle fok exécutée dans les petits temples de
chaque tribu. ( Liv. VI. de la république. )
_ Mais au lieu de pourfuivre les abus d’un mot,
je dois confeiller au ledreur de s’inftruire des faits ,
c eft-à-dire , d’étudier les meilleurs ouvrages qu’on
a donnes fur les faftes des romains ; car de tant
de chofes curieufes qu’ils contiennent, je n’ai pu
jetter ici que quelques parcelles, écrivant dans
une langue étrangère à l’érudition. On trouvera
de grands details dans les Mémoires de V Académie
des Belles - Lettres , le corpus ant. de Rofinus ,
Ultraj. ijoi , fre-4°. ; celui de Pitifeus, in-folio.
& dans quelques auteurs hoUandois, tels que Ju-
n.ius , Siccama , & fur-tout Pighius, qui méritent
d’être nommés préférablement à d’autres.
Jumus { Adrianus), né à Hoorn en lyii , &
rnort eii t yy y , de la douleur du . pillage de fa
bibliothèque par les eipagnols , a publié un livre
fur les faftes, fous le titre de Faftorum calenda-
rium , Bdfde& , i yyy ,
Siccama ( Sibrand Têtard _), frifon d’origine,
a traité le même fujet en deux livres, imprimés
à Bt-ifvvert en 1599, in-ef.
Mais Pighius (Étienne Vinant), néàCam-
pen en irip, & mort en 1604, ett un auteur
tour autrement diftingué dans ces matières. Après
s’êrre inftruit complettement des antiquités romai-
nes , par un long féjour fur les Leux, il fe fit la
plus haute réputation en publiant fes annales de
la ville de Rome , & accrut fa célébrité par fes
commentaires fur Its faftes. ( Article de M, le
chevalier de Jaucourt. ")
Fastes consulaires. Fbyeç Consulaires.
FATALITÉ du deftin; c’étoitlanéceffité d’un
événement dont on ignoroit la caufe, & qu’on
attribucit à la deftinée. Les anciens donnoient tout
à la fatalité i & les ftoïciens foumettoient même
la providence à Xzfatalité du deftin. Voye^^ Destin.
Fatalités de Troye; c’etoit une opinion
répandue parmi les grecs & les troyens, que la
ruine de Troye étoit attachée à fat alités
qui dévoient être accomplies. D'abord la ville ne
pouvoir être prife fans les cefeendans d’Eaque.
C’ étoit fondé fur ce qu’Apoiren & Neptune,
employés à bâtir les murs de Troye, avoienî
prié ce piince de les aider, afin eue Toavrage
d’un homme mortel venant à être mêlé avec celai
des dieux, la ville , qui , fans cela, auroit été
imprenable, pût un jour être prife, fi c’étoit la
F A T
vcionîé du deftin. Delà vint curies gr£cs
tous ieuïs efrorts pour arrncner Acii;iie petit'hls
d^Éaaue , d"’entr§ Iss bras ds DeidaiïiiSj ou fa
mère 'i’ayoiî caché 5 & qu après fa mort on en-
voya chsrcber fon fiiS Pyrrhas y c^uoIqu il tut
fort jeune. Il faliok en fécond lieu avoir les Sè-
ches d’Hercuie. qui étoient entre les mains de
Phiioftète , abandonné par les grecs dans l’ifle
de Lemnes. Le befoin qu’on crut avoir de ces
fièches J obligea les grecs à députer Üi) lie , pour
aller chercher Phiîoctète; & le mfé prince d itha-
*■ que réulTit dans fon enîreprïfe. La troifième &
la plus importante fatalité , etoit d enlever le
palladium que les troyens gardoient foigneufe-
ment dans le temple de Minerve. Diomede &
Uiyfle trouvèrent le moyen d’entrer de nuit dans
la atadeile & d’enlever ce précieux gage de la
sûreté des troyens. Il falloir , en quatrième lieu ^
empêcher que les chevaux de Rhéfus, roi de
Thrace , ne buffent de l’eau du Xanthe , & ne
mangeallent de l’herbe des champs de Troye ;
mais" Ulyffe & Diomède vinrent furprendre ce
prince dans fon camp près de la ville, le tuèrent ,
& emmenèrent fes chevaux. En cinquième heu ,
il étoit néceffaire avant que de presdre la viüe ,
de faire mourir Troïle , fils de Priam , & de dé-
truire !é tombeau de Laornédon, qui étoit fur la
porte Scéa. Achille tua ce jeune prince ; & les
troyens eux mêmes abattirent le tombeau de Lao-
médon , lorfque , pour faire entrer le cheval de
bois dans la ville, ils ouvrirent une brèche dans
leurs murailles. Enfin, Troye ne pouvoir être
prife , fans que les grecs n’eaffent dans leur armée
Téléphe , fils d’Hercule & d’Augé : mais ce
Téléphe étoit allié des troyens , & avoir époufé
Ailiochéj fille de Priam. Cependant, après un
combat contre les grecs , dans lequel il avoir été
bleffé, il quitta les troyens, & fe jetta dans le
parti des grecs. A.:nfi furent exécutées toutes les
fatalités de Troye ; & cette ville fe foutint juf-
qu’à ce que fes deftinées furent entièrement ac-
complies. Ces fatalités étoient fondées , dit-on ,
fur quelques oracles obfcurs qu’on avoit ainfiin-
îerprétés ; aulfi les grecs ne s’attachèrent férieu-
fement au liège de la ville , que lorfqu’ils eurent
vu l’exécution de tous ces points. Voye^ Achille,
Laomédon, Palladium, Fhiloctète,
Rhésus Téléphe , Troïle.
FATIDIQUE , celle qui annonce les arrêts du
dellin, une devinerelTe. Fauna fut appelléeFbn-
dique , pari e qu’elle préfidoit l’avenir par le vol
des oifeaiix. Fauna.
FATUAîv^nl^s la même chofe que fatidique ,
2e a la même origine. On doiiuoit ce furnom prin-
eipaleiTient aux femmes des faunes &t des fylvains j
d’où quelques-uns ont prétendu que les fées de nos
ïcmans avoient pris leur origine.
F A V
Fama eîl auffi un furnom de la bonne déeffe"'
on l’appeiioit Fataa de fatum-^ parce qu’elle pa»!
loir & renioit des oracles.
FATüEL. 1 F . r
^ riiune lUt aî.nii noînrnej^
dit Servius , prirce qu’il préfidoit l’avenir , ou
parce qu’il parloir par fes oracles beaucoup plus
fouvent que les autres divinités. ( Inv. 47',
Ænelios. )
FAÜCIlLf. Voyet^ Faux.
FA F ERE. Cette expreiîlon avoit plulïeurs
fens dans le langage des pontifes. 1°. Elieexpri-
moit le flience abfolu requis pour les facrifices,
& commandé aux affiilans par ces mots : faveu
linguis. 1°. Le mot feul favere exprimoit le choix
des paroles faintes ou de bonne augure ; favert
enim y dit Feüus, eft bona fari.
FAVEUR , divinité dont il n’eft fait aucune
mention direéle dans les anciens auteurs 5 mais
que l’on croiroit un dieu chez les latins , à caufe
du genre grammatical de Ion nom, Apelie
l’a voit peint, & l’écrivain qui a parlé de ce tableau,
dit que les uns le font fils de la Beaiué , &
d’autres de la Fortune; qu’il naît par hafard,.
félon les uns, Sr qu’il ell, félon d’autres, une
production de l’efprit ; on place à fes côtés la
flatterie; il eft fuivi de l’envie, & entouré de
l’opulence, du fafte, des honneurs, des ]o;x&
de la volupté , mère des crimes. 11 a des aîles,'
parce qu’il fe tient toujours fort haut élevé en
î’air, & qu'il ne fauroit s’abaiifer. II eit aveugle,
&m.éconnîot fes amis, quand il s’élève. De .même
que la Fortune , ce dieu eft appuyé fur une roue ,
& îl fuit cette déeffe par-tout où elle vole. Enfin ,
il craint tou|our3, quoiqu'à l’extérieur il aff'eéle
une contenance alFurée, & de grands airs : l’allé-
gorie de cette fable fe découvre d’elle-mëme.
FAVIENS ; c’étoieht des jeunes gens de Rome ^
qui dans les iêtes & les facrifices offerts au dieu
Faune , couroient par les rues d’une manière
indécente , prefque nuds , & n’ayanr qu’une cein-
ture de peau. Ils étoient d’une inftitution très-
ancienne J puifqu’on nomme Rémus & Romulus
pour les auteurs cle cette inftitution,.
FAVISSÆ y foffe , ou plutôt chambre, voûte
fouterraine , dans laquelle on garde quelque chofe
de précieux. C’ctoîr à peu près ce que nous
appello.ns aujourd’hui le tréfor de nos éghfes, &
ce que les grecs & les romains appelloieiit auffi
©jo-aapaj, thefaurus y tréfor. Les favijfes du capi-
tale étoient des lieux fouterrains, murés &voû:és,
qui n’avoient d’entrée. & de jour que par uji
trou percé dans le haut, & que l’on bouchoiî
F A U
avec une grande pierre. El'.cs éroient ainfî prati-
quées , pour y couierver ies vieilles ilatues ui’ees
qui to-'i’.boient en ruine. Ci' les autres vieux meu-
bles & uft craies facrés , qui avoient fervt à i’ufage
de ce teirp.e, ^a.it ics romains reipecloient 8c
confervoient rdigieufement ce qudis croyoïenc
facré.
Catuîns voulut abailTer le rez-de-chauffée du
capito'e J mais les favijfes Ten empêchèrent. Fef-
îu.s cioine des favijfes une autre idée; il dit que
c’éîoit un lieu vo.-lin des temples, dans lequel
il y avoir de l’eau. Il rappoite aufli ce que nous
en a.lons dire avec Vairon & Au!u - Geiie. On
voyoït quelque chofe de femblable à un des côtés
du temple de Delphes. ( Varron de ling. lat.
/. VI.) Les grecs i’appe!loiento^ip«Aos, nombrü,
parce que c’étoit un trou rond; 8c Varron dit
que ce lieu relTembloit à un tréior. Aulu-Gelîe
( /. II. c. X. ) décrit ces favijfes. Il les appelle
citernes , comme Feftus , apparemment parce
qu’elles en avoient la figure. Le tréfor dans les
temples des grecs étoit auffi_ une efpèce de ci-
terne , de réfervoir d’eau , de bain , de faile voifine
du temple , dans laquelle il y avoir un réfervoir
d’eau, ou ceux qui entroient alloienc fe purifier.
Quelques favans croient que favijfa s’eft dit
çout flavijfa, parce qu’on ferroic dans les/àvi/Tfi
l’argent monnoyé, flata fîgnataque pecunia .'hi'izis
flatus à flavijfa eil un mauvais rapport , une mau-
vaife convenance; & l’ufage des favijfes n’étoit
point tel , comme il paroîc par Aulu-Geile. Aînfi ,
il y a plus d’apparence que favijfa s’eft dit pour
fovijfa, petite fofle.
FAULA, une des maîtrêfiTes d’HercuIe, que
Ladance compte parmi les divinités de Rome.
I
FAüLX. Voyei Faux.
FAUNA, femme de Faunus, pouffa , dit-on,
la pudeur & la retenue à tel point , qu’elle ne
voulut jamais regarder d’autre homme que fon
mari. Llle prédifoit l’avenir aux femmes feule-
ment. Ses vertus , 8c principalement fa modef-
tie, la firent mettre, apres fa mort, au rang
des divinités , fous le nom de bonne déeffe. Les
femmes lui offroient des facrifices dans des lieux
où il n’étoit pas permis aux hommes d’entrer , &
fes oracles étoient muets j non-feulement lorfque
quelqu’ homme alioit les confuiter, mais encore
lorfque des femmes même les confultoient'pour
des. hommes. Voyei^ Bonne Déesse.
FAUNALES, fêtes qui fe célébroient dans
l’Italie en l’honneur de Faune deux fois l’année ,
en décembre, en février. Dans l’une on fa-
crifioit au dieu un chevreuil , & dans l’autre une
eune brebis ou un bouc. On y faifoir des liba-
eons de vin , & on y brûioit de l’encens; c’étoient ,
F A U
des fêtes de campagne qui fe paffoisnt dans les
prairies J Sc tous les villages étoient dans la joie.
faune eto't un de ce« dieux qui paffoient
i niver en un lieu , 8c l’été dans autre. Les ro-
mains croy'oient eu il venoit d’Arcadie en Italie
au commencement de février , 8c en conféquence
on le fêtoit Ie_ ii , le i; & le 15 de ce' mois
dans t île du libre, Coanïie on nroîc alors les
troupeaux des étables où iis avoient été enfermés
pendant ! hiver , on faifoit des facrifices a ce
dieu nouvellement débarqué, pour l’intércffer à
leur confervation. On croyoït qu’il s’en retour-
noit au p de décembre, où fuivant Sruvius,
le 9 de novembre, on lai répétoir alors ies mêmes
facnfices, pour o’otenir la continuation de fa
bienveillance. Les troupeaux avoient dans cette
faifon plus befüin que jamais de la faveur du
dieu , à caufe de l’approche de l’hiver , qui eft
toujours fort à craindre pour le bétail né dans
I automne. Dailieurs, toutes les fois cu’un dieu
quittoit une terre , une ville , une maÙb'n , c’étoit
une coutume de le prier de ne point laiffer de
marques de fa colère ou de fa haine dans les
lieux qu’il abandonnoît. Horace , s’eft prêté à
toutes ces fotifes populaires. , -
Faune nympharum fugientâm amators
Per meos fines , & aprica rusa
Feras incedas , abeafque parvis
Æquus alumrds. .
» Faur^ , dont la tendreffe caufe les alarmes des
» timides nymphes, je vous demande en grâce
« de traverfer mes terres avec un efprit de"dou-
ceur , 8c de ne pas les quitter fans répandre
» vos bienfaits fur mes troupeaux ». C’eft le
commencement de l’hymne fi connu au dieu
Faune, qui contient les prières du poète, les
bienfaits du dieu , 8c les rejcaiffances du village.
FAUNE étoit fils de Mars , félon Ovide
ou , félon les hiftoriens, de Ficus, roi des Latins,
8c il fuccéda à fon père -• c’eft lui qui introduifit
dans l’Italie la religion 8c le cuire des dieux
de la Grèce; c’eft pourquoi il eft appellé quel-
quefois le père des dieux , 8c confondu avec
Saturne. Comme il s’appliqua, penéanc fon règne,
à faire fleurir i’agricuiture , on le mit, après
fa mort , au rang des divinités champêtres , 8c
on le repréfenta avec tous les attributs des fa-
tyres. On lui attribua aufu des onacLs qu’il ren-
doit dans une vafte forêt , près de la fontaine
Albunée. C’eft à cet oracle, dit Virgile, que les
peuples d’Italie, 8c tout le pays d’Oénotrie avoient
recours dans leurs doutes. Lorfque le prêtre
avoir immmolé ces victimes auprès de la fon-
taine , il en étendoi: les peaux par terre , fe cou-
LUI ij
^3^ F A U
choit deffiis pendant la nuit , & s’y encormolt.
Alors J il voyoit mille phrntômes voltiger
autour de !ui/ii entendoit dilférentes vo;x , &
s’encretenoic avec les dieux. A fon réveil i! dé-
b'îjitj avec enthoufiafirie & fins aucune fuite ^
■tout ce qu’il iui venoit dans refpii: , comme
autant d’infpiration de Faune, & chacun des affif-
îans s’appüquoit à foi-même , ce qu i! cçoyoït
lui convenir- Dès les premiers temps de Pvome,
Faune eut, fur le mont Cælius ^ un temple qui
étoit rond & entouré de colonnades. Les ro-
mains rendoient à Faune le même culte que les
grecs à Pan. Bonne Déesse & Marica.
FAUNES, dieux ruftiques qui habitoienr dans
les campagnes , dans _ les forêts ; leur père &
Fauteur de leur race étoit Faunes, fils de Fi-
cus. Quoique félon les poètes les Faunes , comme
les fatyres , euffent les cornes 8e les pieds de
chèvre ou de bouc ( car Ovide les nomme Fauni
bicornes ) la coutume s’eîl introduite parmi les
modernes , de prendre pour Faunes ceux que les
anciens monumens repréfenrent fans cornes 8e
fans pieds de chèvres. Se avec toute la for.me
humaine, hors la queue 8c les oreilles pointues.
Quoique les faunes pafîaiTent pour des demi-
dieux , on croyoit cependant quhls mourroient
après une longue vie. Le pin Se Tolivier fauvage
leur étoient co.nfacrés , & ces arbres les ac-
compagnent quelquefois fur les monumens. Le
ftoïcien Balbus , dans Cicéron , {de natur. decr.
îib. 5), voulant prouver l’exiiience des dieux,
difoit qu’on avoir fouvent entendu la voix des
Faunes-, mais Cotta l’épicurien lui répond qu’il
ne fait ce que c’eft que Faunes , Se il nie qu’on
ait jamais entendu leur voix. Koyei Ægypans,
Incubes , Satyres.
D ’où vient que les poètes ont dépeint les
Faunes aiafi que les fatyres, avec des cornes 8e
des pieds de chèvre , Se que tous les artiftes ont
prefque toujours repréfentés les premiers avec
des formes entièrement humaines ? Quelques an-
tiquaires ont voulu nous perfaader que les fculp-
îeiirs étoient partis de l’opinion où l’on éteit,
que les Faunes defeendoient d’un roi des abo-
rigènes, appellé Faunes ÿ mais étoit- ce là une
raifon pour leur donner des oreilles pointues &
une queue î Ne feroit-ce pas plus raifonnable
d’avancer que les artiftes ne clafsèrent & ne ca-
raélérisèrent plus particulièrement les branches
de cette monftrueufe & grotefque famille , que
pour varier les repréfentation? des perfonnages,
oui dans les draines fatyriques occupoient pref-
que toujours la fcène.
Quoi qifil en foit , les Faunes , dans les monu- i
mens qui nous relient, loin d’avoir les parties
inférieures de la chèvre, comme Pan, le front
vbauve Se nez applati coname Sîtene ; des traits
hfiçus & bizarres comme ies fatyres ^ fts ibnt .
F A ü
Goues d une forte de beaut-é qui leur eft partC
cuiierej leurs puis beiies lîatues nous les offrent
d.ins 1 âge üe la jcunelTe, mus d’ure ieuneffe
nuire, dans cet âge ou le corps hiim.ûn eft enfin
parvenu au dernier terme de foà dét eIoppement«.
« Le ptofii de leur tête n’eft pas d’un grand
c?.i5.ctere ^ & la bouche eft le plus fouvent un
peu relp’ée aux extrémités, ce qui leur donne
ce fourire doux , cet air gracieux & enfantin qui
nous enchante dans les têtes du Corrège ».
_ “L’arnfte grec qui avoir à fculpter
s'occupo't fur-tout .de l’agil'té des formes & de
\z fyeltcjfe dc la figure; ces demi-dieux étoient
toujours en mouvement. On aimoit auffi à les repré-
fenter ivres : il en eft un aujourd’hui à Portici,
dont toutes les parties, le vifage , le dos, le
ventre, les jambes, portent le caraèlèrederivrefîe;
plus on examine ce moniiment, plus on admire
le profond favoir des anciens dans la partie de
Pexpreftion. Le Fcü/îc formant du palais Barberini
eft beau , mais noa d’une beauté idéale ; c’eft la
repréfenration fidelle de la limple nature abandon-
née à elle -même».
« On trouve d,zn%\tmufeum- ca-pitolinum , dans
la galerie îuitinienne , dans le mufeum fiorentinum ,
dans le recueil d’antiquités a Herculanum , un grand
.nombre de très-belles ftatues de Faunes gravées.
Iis ont- ordinairement des oreilles pointues , une
queue au bas ces reins , quelquefois des cornes
naiflantes, mais toujours des pieds d’hommes.
Les étrufques cepen.ianr leur donnoient tantôt
des pieds humains , tantôt des pieds de .cheval ,
& toujours une queue de cheval. On les voit ainft
1 repréfentés fur des vafes étrufques dans VEtrurJa
regalis de Dempfter ( tab. ii. 12. 15. 14- 15.
17.) ; & parmi les bronzes du collège de S. Ignace
à Rome ». ( Fier, grav- du Palais royal. I. page
^-5S- )
On voit fouvent des Faunes qui jouent avec'
des enfans , ou qui en portent fur les épaules ,
furies genoux , &c. Ces repréfentations font rela-
tives à la proteétion des divinités champêtres,
fouslaqueiie les mères plaçoient leurs enfans. La .
mère de Platon ( Olympiod. vita Plat. ) recom-
manda fon. fils fur le mont Hymète, au dieu Pan,
aux nymphes Se à Apollon-pafteur.
G’eft en qualité de divinités ruftiques, ou cham-
pêtres , que les Faunes ont fouvent les jambes
croifées y attitude regardée par les anciens comme
; la marque de la ^uftidté ou de la molleffe. •
Les Faunes font ordinairement repréfentés jeu-
nes ; & on les appelle Silènes quand ils fbnc
vieux.
Souvent les artiftes anciens ont mis au vifage
& au col des Faurus , des verrues , qui s’appellent
en latin verucdj ou fà, d’où eft venue l’cpithèt*;
F AU
F A ü
ficarii , qa’on dcnr.oit aux Faunes. La plus belle
îére^ d un ;süne J^aum , en marbre , qui nous foit
rciît'e toute 1 antiouuré , & qu: efi: dans le
caoinet ou cardinal jllexandre jllùani , a de ces
verrues ; & des deux cotés du etm fous la ma-
choîre, on y en voir uns plus longue , comme
celles GUI font propres aux vieux Fau?ies. Telles
en voit -on fouvent aux boucs 5 entre ces animaux ^
ceux qui en étoier.t chargés , e'toienc eitimés de
la meiLeare race ( de re rufl. l. c. F'I. ) félon
Columeiie. ^
. bas-relief du capitole deux
jeunes faunes fernehes , reconnoiffabies unique-
ment à leurs queues. Elles font conduites par un
jeune Faune mâle.
V
JL 517 J Vitigès ^ roi des geths, e'tant venu
ameger Romej fit donner un alTaut au château
St. Ange J nommé alors Moles Hadriani j les
romains s y défendirent vigoureufemer.t , & écar-
tèrent les barbares en leur lançant des ilatues du
haut des murailles. gotk.l.I. p. 102. edit.
Grotiid)
Le taune^ endormi ^ figure célèbre de l’antiquité ,
& conlervée au paiais Barberinij eft ; félon tou-
tes les apparences une de ces Ibtues : car elle
fut trouv'ée fans cuifiej fans jambe & fans bras
gauche , lorfqu’en fit l’excavation du foffé de ce
chateau fous le pontificat d’Urbain VIÎI. Ainfi ^
Brévai fe trompe, lorfqu’il dit que cette antique
fut trouvée dans les foffés de cafid Gandolfo.
( Remarks. )
FAVONIUS , vent qui fouffie de l’Occident
équinoxial, c’ell-à-dire , de i’endroit oulefoleil
fe couche dans le temps des équinoxes. Ce vent
a été nommé favonius , ou de f avéré , favorifer,
ou de fovere ^ nourrir , parce qu’il favorife la naif- '
fance de toutes les plantes , qu’il les anime &
leur donne de la vigueur. - Pour la même raifoh ,
les grecs l’appellent zéphyre, c’eft-à- dire , porte- ,
vie J parce qu’il vivifie & renouvelle toute la na-
ture au printemps. C’ell auffi. pour cela que les
latins le coniondent avec le vent zéphyre , qui
lui efi; voiiîn , & qui produit les mêmes effets.
FAUSTE , première femme de Confrantln.
F L A Y I A M A X I JM A Fa U s T a A U G » S T A.
Ses médailles font :
RRRR. en or.
^ On a de cette princeffe un fameux médaillon
d’or, trouvé dans l’Efeaut ; il ell décrit dans le
P. Banduri. Il a pafle chez le roi d’Efpagne,
avec le cabinet de M. Pabbé Rotheiin.
RRR. en argent.
RRR. en médaillons de bronze.
557
O. en M. B.
C. en P. B.
Fauste, II. du nom.
F A ü s T A O B I Z I s S T JA A J£ J-: I JT A,
Ses médailles font :
O. en or & en argent.
RR. en P. B. qui font les feules que Ton trouve-^
F AUSTINE , la mère , femme d’Antonin.
G A Z s R I A F A U S T I 17 A A U C U S T A.
Ses médailles font :
C. en or; quelques revers font R. & RR.
C. en argent; quelques revers font R. & RR.
Celui gÛ Pon lit Puell& Faufiimane ett RRR.
P;., en quinaires d’argent.
RR. en médaillons de Potin ; au revers d’An-
tonfn.
On trouve la figure de Faufline dthont au revers
du même prince.
C. en G. B. de coin romain. Celle où i’on voit
au revers la tête d’-Antonin , eft R. ; d’autres revets
Font auffi R.
C. en M. B. à quelques revers près. '
RRR. en G. B. de Colonies.
^ RRR._ en M.- B; où l’on voit fa tête & celle
d’Antonin.
Les deux têtes d’Antonin & de Faufline £e
trouvent également en G. B. de Colonies.
RP.R. en G. B. grec. ^
RR. en M. & P. B.
R. en médailles de bronze d’Égypt-e.
Il y A des médaillons latins de bronze de cettg
princeffe.
On dillingue ordinairement les médailles de
mère . de • celles de fa fille, au bourrelet
de cheveux qui eff fixé fur le fommet de fa tête;
tandis qu’il eff fixé derrière la tête far les mé-
dailles de Faufline
On connoîc une médaille très-rare de Fauflinsf
mère , avec cette infeription :
PVELLÆ FAVSTINIANÆ.
On y voit cette impératrice , qui , conforme-
ment à une de fes fondations, diffribue des fecours
à de jeunes fiUes. ( Sparûi, de prtfl, num. t, IX,
p. 289. )
F A U
Cette rnédaiüe, lorfQu^e! le fe trouve d une beüe
cenien/ation , fe paie à Rome juiou a cinquante
écuSj ifo liv. de France. Wirckelm.-.n i ' a c’tee
dans fon hift. de Fart ( ùv. VI. chap ^ f^/1. ) ,
pour décrire à fon occafion un bas-re.iet de la
villa Albani, où il a cru voir repréfante'e cette
même libéralité de Fauftine : on y remaraue une
femme qu^une fécondé accompagne, placée fur
une ellrade élevée , diftribuant d’une main éten-
due quelque chofe à de jeunes filles , rangées
au-deiTous àda fuite l’une de l'autre. C’ell: à ce
foin, pour l'entret'.ea des jeunes garç.ms & des
jeunes filles pauvres , que fe rapporte i’:nfcnption
faivante, dans laquelle' les habitans de Ficuîneum,
bourg non loin de Rome , témoignèrent .leur recon-
lîoiflance à i’empereer Marc-Aurèle. 11 rapporte
cette infcription , parce qu’elle n'^âvoit pas encore
été publiée. On la découvrit au mois de iuüiet
1767, dans l’éndroit où elle avoit étédrelFée, &
elle fe trouve maintenant à la villa Albani :
I M P. C Æ s A E. I
131 VI ANTONINI. PII
FILIO. DI VI. HA DR IA NI
ÎÎEPOTI. DIVI. TRAIANI
PARTHICI. PRONEPOTî.
DIVI. NERVÆ. ABNEPOTI.
M. A V E. E E I O. A V G V S T O. P. M.
TR. POT. XVI. CO S. III. OPTIMO. ET
IN DULG ENTI S SIMO. PRINCIPI
?VERI. ET. PVEELÆ. ALIMENTARI.
FICOLNENSIVM.
Faüstine, la jeune, femme d’Antohin.
A s I A Fa trSTINA-AuGtrSTAt
C. en or.
RRR. en médailles grecques d’or.
C. en argent. Il y a quelques revers rares,
tels que fa confécration & matri Cafirorum^
RR. en médailles grecques d’argent.
C. en^ G. B. de coin romain. Il y a'plufieurs
revers rares, entr’autres parmi ceux qui repréfen-
tent fa confécration. ‘
C. en M. B.
RRR. en P. B, de Colonies»
R. en G- B, grec. - . .
R. en M. & P- B.
Les médailles grecques en bronze, avec le
prénom d’ANNiA,ne font pas moins rares que
Eelies fabriquées eu Égypte.
F A U
On trouve des méd ' v r' -ç bronze da
Favfiine j on en co’ir.- , ; irecs.
Gcyep FAE^STiNH-mè"j , ; a ciftinctiondes
médadies oui appvutiennent aux à-t\x'aFs.iifiincs.
Voyer^ CoLLYRA.
Faüstine {Anrûa) , troifième femme d’Éla-
'gabale.
A N N I A FaUSTIKA a U g V s T a,
. Ses médailles font :
O. en or.
Unique en argent jufqu’à préfent dans le cabinet
du roi d’Efpagne.
RRRR. en G. B. Vaillant en a fait graver une;
mais on ne la connoîî pas.
O. en M. B. II y a un coin faux , où. on voit
deux figures au revers.
O. en G. B. de Colonies.
PvRR. en M. & P. B.
RRR. en M. B. grec.
RR. en M. & P. B. d’Égypte.
La médaille de G. B. des Rhaphaniens , fut
laquelle le P. Chamillart a fait une differtatron ,
efi fauffe , & eft de la fabrique de Cogornier.
FAUSTULUS , intendant des troupeaux de
Numitor , roi d'Albe, ayant vu, dit -on, un
pivert portant à fon bec de quoi manger , & vo-
lant continuellement vers une caverne , eut !a
cuiiolué de le fuivre. Il vit cet oifeau donner la
becquée à deux enfans , qu’une louve aliaitoitj
frappé d’un prodige fi étonnant , il ne douta
point qu’il n’y eût quelque chofe de divin dans
ces deux enfans, les emporta dans fa bergerie,
■ & les remit à fa femme Acca Larentia , pour les
nourrir j e’étoient Rémus & Romuius. Fauftulus ,
comme nourricier de Romuius , avoit une ilatue
dans le temple de ce dieu 5 il y étoir repréfenté
tenant fon bâton courbé par le bout, en forme
de bâton augurai, & obfervant le vol des oifeaux,
' pour en tirer des préfages. Voye^ Acca La-
RE'NTIA.
FAUX. Les anciens en avoient de toute ef-
. pèce ;* les unes s’appelloient arboraris. , & fet-
voient à émonder les arbres ; les zMXte.s lumaris, ,
& c’étoit avec celle-ci qu’on farcloît les chardons
. & les buifibns dans les champs j ruÿaria. , avec
lefqueFes en défrichoit ; firpicuU , ferpette^^ du
vigneron 5 firameTitafia , qu’on employoit. ap'£*
moifîbn pour couper le chaume, ivinitori^ ,
lefquelles on tailloit la vigne , ou i’on ébranchoit
le fauie & i’olîer -, murales , inilrumenî de guerre ,
F E B
compoFé d’une longue poutre j armée à Ton estré-
inrte d’an crochet de f;r , qu’on dxoic fur le
haut des murailles pour les renverfer. On fe défen-
doit de cette machine avec de^cordes dans ief-
quelles on chercboit à embarraüer ie crochet
pour l’enlever enfuire. Î1 y avoir aard les fclccs
navales i c’étoient de longues faux emmanchées
avec des perches ^ & dont on fe fervoit fur les
vaiiîesux pour couper les cordages des bâtsmens
ennemis. ;
La faux étoiî l’attribut dePriape.j de Sylvain
&: de Saturne. Mais celle du dernier reifembie
fouvent à une faucille , &: taillée à dents j comme
i’inllrument qiiî fert encore à fcier les bîeds dans
certains pays. C’ell ainlî qu’on la voit fur des
médailles confulaires j & fur une lampe antique
de PaiTéri.
La faux eft l’attribut ce Saturne , parce qu il
avoir enfeigné aux hommes de fon temps à couper ^
avec une faux , les bleds Sc l’herbe des prairies ;
ou peut-être déugne-t-eüe ie crime qu il commit
envers Céius fon père, f^oy e^^C'BLV s ■
La/aax eib quelquefois olacée dans la main
d’ Atys 3c des prêtres de Cybèie ; & alors ede eh
relative à l’opérarion qui les avoit dépomiiés des
marques de la virilité. Quorque ces prêtres em-
plovaifent pour cette cruelle opérâiicn une pierre
de Samos j cependant ia faux eft fur les monu-
mens le fymboie de leur infirmité.
Faux ('chars armés de). Voye:^ Char.
FÉBRUA, ou FÉBPjjATAjfurnom qu’oh don-
noit à Juncn , comrne à la -déeife des purifica-
tions J ou qu! avoïc le foin particulier de délivrer
les mères de i’arrière-faix après l’enfantement.
On hoiioroii Junon-Féirua d’un culte particulier
au mois de février, d’où ce mois a pris fon nom.
( Cedrenus lib. J. )
FÉBRUALES , ou Fébrues, fête que les
romains célèbroient au mois de février , pour
les mânes des morts. «On y faifoit des facrificés,
& on rendoit les derniers devmirs aux mânes des
défunts , dit Macrobe ( fatum. I c. XIiI. ) 5 &
e’eft de cette fête que le mois de février a pris fo'n
nom. On peut croire que ces facrificés fe faifoient
pour rendre les dieux infernaux propices aux mort-,
comme Pline lecrit , plutôt que pour appaifer
les mânes. Ces fêtes & facrificés duroient douze
jours ; & l’on prenoit ordinairement ce te.mps-là
pou- faire les expiations , tant publiques que par-
ticulières. Voyei Expiation.
Tout ce qui fervoit dans les facrificés d’expia-
tion , étoit com.pris fous le nom génenque, Fébrua
( Ovid. fafi, lî. i9. ) :
Fébrua romani dixer'e piamina patres :
Nunc quocpue dant verho plurima figna fidem.
F Ê G
Varron ( de Urg. lat. l. V.) nout apprend qu’-l
venoit des Coins. Ovide enjiu’ü. étoit rornie
de l’ancien nom de la jaine , l corua i & que ce
nom fut don.'.é aux facnriêcs d’expiaticn , parce
qu’on Y eniployoit des bandelettes de Lune.
FÉBRUUS, d ieuqci pr-éfîdoit aux purificiuons,
dit Macrobe. Servius {in Géorgie. I. v 9;.) croit
que c’eft le même, q'is Dis, ou plutoh, parce
que les facrificés februcks s’ofiroicnt à Piuton.
(hedrenus affure que Fèbruus , en iangue étru-
rienne , lignifie, qu' cft da-is. les enrers : ce quv
convient à Plucon. ( Cedren. lib. 1, )
Fébruus étoit peut ême la même divinité que
Fébrua , mais d’un fexe d fférenî, ainfi qu’il étoit
ordinaire chez les anciens.
FÉCIAEDf ^ ^ religion, qui
tenoieiit iieu de nos hérauts d’armes, pour
aller'déchrer la guerre ou la paix : leurs perfonnes
étoient faciées,& leurs charges éroient regardées
comme un facerdoce. C’eft Numa qui les inftitua
au nombre de, vingt. {Plut, in Nums. vit. EzDio- -
nifius. ) On les choiiiftbit dans les meilleurs fa-
miiies ; & ils compofoient un collège fort confi-
dérable à Rome. Leur principale foncron étoit
d’empêcher que la république n’entreprir aucune
guerre iniufte' 5 c’étoit à eux que s’adreflbient les
pla'ntes des peuples qui prétendoient avoir été
léfés par les romains 5 & fi les plaintes étoient
juftes, les féciales étoient en droit de pinir les
auteurs de l’injudice. Quand il falloir déclarer
la euerre , un d’entr’eux , qu’ils éfifoient à la
pluralité des voix , s’en alioit en habit de laine,
Sc couronné de verveine ( Æneid. XII. 120. )
à la ville , ou vers le peuple qui avoit violé la
paix : là il prenoit à témoin Jupiter & lés au' res
dieux , comme il deœandoit réparation de l’injure
faîte au peuple romain ; i! faifoit des imnrécat o's
fur lui- même & fur la ville de Rome, s’il difoic
rien contre la vérité. Après trente jours , fi l’on
ne faifoit pas raifon aux romains , il fe retiroit ,
après avoir invoqué les dieux du ciel & les mânes
contre les ennemis , & après avoir lancé un ja-
velot dans leurs champ s.
Dans un traité de paix, conclu félon l’ancienne
coutame , ie féaal ( Polybe , hv. Iil. en. V. ),
apiès avoir juré fur la foi publicue , prercîr uns
pierre entre fes mains, prononçant des impréca-
îio.ns contre lui même , au cas que_ fa pe.nfée ne
fût pas conforme à fon fe-meut : il les finifibit
par ces mots : que moi feul je vérijfe , & tombe
comme mainten-ant cette pierre ; 6C en même-temps
il la iaiftoit tomber de fes mains.
Pline ( lia. XXII. cap. XXIL ) fait menrion
d’une perfonne qu’on apptLoit Verkenanus, à
caufe oii’il poxteit de i'herbe eu ce la 'verveins
6^0 F E C
à îa main. Sa foniftion étoiï d’accompagner ceux
Cil! alloisnt réclamer les chofes oui avoisntete
enievées eu fouftraites aux romains & à leurs
aüiés , réclamant auflî les perfonnes qui avoient
commis i’;n}ulhce-
On voit par la formule confacrée ^ confervée .
dans les écrits de Tite-Live , que ie roi n’y eft
point nommé;, & que tout fe faifoit au nom &
par Tautoiité du peuple J c’eft-à-dire, de tout
Je corps de la nation.
Les hiftoriens ne s’accordent point fur l’ir.ft;-
tution des féciaux ; m.ais foit qu'on la donne à
'Numaj comme le prétendent Denys d’Halîcar-
naffe & Plutarque , foie qu'on aime mieux l'at-
tribuer à Ancus Marrius , conformément à l'opi- ;
nion deTîte-LiveSc d'Aulugelie , ii eft toujours
îrès-vraifesnblable que ’i'un ou l'autre de ces deux
princes ont tiré l'idée de cet établiffement des
anciens. peuples du Latium^, ou de ceux d'A.rdce ;
& i’on ne peut guère douter qu'il n'ait été porté
en Italie par les pélafges, dont lés armées étoient ;
précédées par des hommes facrés , qui n'avoient
pour arme qu'un caducée avec des bandelettes.
Au refte, Varron remarque que de fon temps
les fonctions des féciaux étoient entièrement abo-
lies , comme celles des hérauts d'armes le font
parmi nous.
Feftus'tire ce nom de ferio , parce c\xt ferire
fœdus fignife faire un traité; de forte qu'il faut ,
félon lui J qu’on ait dit/ctia/ej pour/erA/«. D’au-
tres le dérivent de fsedus , qui s’écrivoit ancien-
aemént fedus , ou fdes, foi J d’où l'on aura fait
fcdalis , en changeant le d en t. C'eft l’opinion
de Varron. D’autres veulent qu'il vienne At facio ,
ftei , faire , d'où s'eft formé fecialis , parce qu’i.s
îuifoient 1-a guerre & la paix. Voffius aime mieux
le faire defeendre àefatu , du verbe fari , parler
en forte que faciales foit la même chofe qüoraw-
rss. II appuie fon opinion fur l'autorité de Varron,
qui dit qu'on les appelloit également/àc/Æ/ej sé
-oratores. { De vita populi , Rom. lib. II. y
On voit fur des médailles de la famille Vemria ,
S-c fur une pâte antique de la collection de Stofeh
( claîTe IV. n°. i6o. ) un /ec/iz/ agenouillé , te-
nant une truie , que touchent avec leurs bâtons
un romain , & un homme qui , à fon coilume ,
piroît étranger. Ainfî fe faifoient les alliances du
peuple romain ; îorfque les deux députés touchoient
la truie , le fécial prioir Jupiter de traiter avec
autant de rigueur les infraéleurs du traité que lui,
fécial, alloit traiter cet animal. Alors ii l’affom-
moit avec un caillou.
FECOxNDITÉ, divinité romaine , qui n'étoit |
autre que Junon ; les femmes l'invoquoient pour
avoir des enfans, & fe foumettoient , pour en
obtenir , à une pratique également ridicule &
F E L
oofeene. Lorfqu’elies allo’ent pour cela dans le
temple de cette déelTe, les prêtres les faifoient
deshab.lier , & les irappoknt d'un fouet qui étoit
fait de lanières de peau de bouc. Les romains
poufsèrent la flatterie, à l'égard de Néron, juf-
qu’ù ériger un. temple à la fécondité de Poppée.
Quelquefois on confond cette divinité avec la
déelfe Tellus , ou la Terre ; & alors elle eft re-
préfentée nue jufqu'à la ceinture, & à demi-
couchée par terre, s'appuyant du bras gauche
fur un panier plein d'épis 8r d’autres fruits , au-
près d'un arbre , ou fep de vigne , qui l'ombrage ;
& de fon bras dreit, elle embraffe un globe : far
les médailles ; c'eft une femme afllfe , qui tient
de la main gauche une corne d'abondance , 8c
tend la droite à un enfant qui eft à fes genciix.
Suc'les médail'es de Juiia Domna , la/écorri/té eft
une femme qui a quatre enfans , deux entre fes
bras , & deux debout à fes côtés. Voilà le véri-
table fymbole de la fécondité.
FEES, divinités modernes de nos romans, qui
ont fuccédé aux nymphes des anciens : ce font
des femmes à qui l’on attribue le fecret de faire
des chofes furprenantes , & de prédire l’avenir ;
ce font d'honnêtes magiciennes, dont le nom
moderne a été formé de celui des anciennes di-
vinités appeliées Fatus.
FELICE ( zzjzrc ). Fbyeij; Félix \aqua'y,
FÉLICITÉ ; c’étoit unedéefle chez les romains
auffi-bien que chez les grecs, qui la nommoient
Eudémonie. Pline ( 8 f. 12. ) dit que Lucullus,
au retour de la guerre contre Mithridate, voulut
f.iire fculpter une flatue de la Félicité par Arché-
filas ; -mais que tous deux moururent avant qu’elle
fût achevée. Jules Céfar voulut élever un temple
à cette d-seife dans la place du palais, devant
la curie Hoftilia , comme à une divinité à laquelle
il croit beaucoup redevable; mais fa mort -pré-
maturée empêcha fon deffein, qui fut exécuté par
Lépidiis, fon général de ’ia cavalerie. Sous l’em-
pire de Claude , il y eut un temple de la Félicité
qui fut brûlé. La Félicité eft fouvent repréfentéc
fur les médailles , quelquefois avec une figure hu-
maine, 8c d’autrefois par des fynrboles. C'eft une
femme qui tient la corne d'abondance de la main
gauche , 8c le caducée de la droite. Sesf/mboies
ordinaires font deux cornes d'abondance qui fs
croifent, 8c un épi qui s'élève entre deux. Ün
facrificaceur de Cérès, promettant wv^.e. félicité fans
pareille après la mort, à ceux qui fe faifoient ini-
tier dans les myftères de la déelfe Félicité , on lui
répondit : que ne te laifle -tu donc mourir , pour
aller jouir de \z félicité que tu promets aux autres, j
Voffius féal ( de idol. lib. F'III. cap. IKVIII.')^
croit que la déelTe Félicité étoit !a même divinité
que Saius , le falut public. Le culte rendu à la
^ ' Félicité.
F E L
F E M
Téücité , eft prouvé par les deux tempics qu'on
lui avoir élevés à Rome , 8c par un marbre con-
fervé à la villa Albanie fur lenuelon lie : Felici-
TATi IN cAPiTOLio j à la FéHcité don: le tem-
ple elt placé fur le capirole. ( Muratori 305- :
ICO. )
FELICITER. Les romains exprimoient la joie ,
les heureux fouhaics, parce mot; c’eft pourquoi
il retentilfoit dans les amphithéâtres l^Florus
J. ) & dans les cérémonies des mariages. (
pian. Dell, civil. V^. 8c Suet. Domic. c. 15. n°. 2.)
La formule féliciter eft très-ancienne dans les
mataifcritSj d'où elle a paffé dans les dip’ômes
& autres ades publics. On la trouve à la fin de
la première conftitution des célèbres Pand^dees
de Florence. Le copilte ignorant fa fignification j
a fubftitué lege féliciter. Selon quelques favans,
elle lignifie que le prince, ou même Téenvaîn, a
écrit le livre, la pièce , le diplôme dans un temps
favorable, jouiflant de la fanté ,& dans une heu-
reufe & floriflànte fituation. Peut-être feroit - il
plus naturel de penfer , que c'efi une efpèce
d’âcclatnation , qui marque la jo-e qu'on a
de terminer ou de commencer un ouvrage ,
un diplôme , un traité , comme une entreprife
defirée. Dans le manuferit du rot , en écri-
ture lombardique de l'an 81Ô, nous avons remar-
qué, fol. 5, qu'on met féliciter pour exp:Hcit.
(, Nouvelle Diplomatique. )
FELIX,
FELICISSIMUS , > en François , heureux , très-
FELICITAS, 5 ‘
heureux, &c. titres fréquens dans les monumens
publics des romains , adoptés d’abord par Spîia ,
prodigués enfuite aux empereurs 5 titres enfin que
les villes, les provinces & les colonies les plus
malheureufes, dépendantes de l'empire, eurent la
baffeffe de^'appîiquer , dans la crainte de déplaire
au fouveram de Rome.
Ajoutons même , qu'entre les différens titres
qui fe lifent fur les monumens antiques , celui
àz felix , on félicitas , ell un de ceux qui s'y
trouvent le plus fouvent. Syîla , le barbare Sylla,
que la fortune combla de bienfaits jufqu a la
mort, quoique fa cruauté l'en eût rendu tres-
iadigne, fut le premier des romains qui prit le
nom de fdix , heureux.
"Vlais à qui, ou à quoi ne ptodigua-t-onpas
depuis ce glorieux titre de felix ou de félicitas i
Il fut attribué au trille temps préfent , félicitas
temporis , felix temporum reparatio ,• au fiècle in-
fortuné , ficuli félicitas : au fenat abattu , au
peuple romain aïretv' ; félicitas populi romani y a
Rome malheureufe , Roms, felici à l’empire
conftemé fous Macrin, ce vil gladiateur, ce chaf-
feur des bçtes fauvages , félicitas imperii y à toute
Antiquités , Tome II.
la ferre gémiflante, félicitas arôis ; pus
aux plus infâmes emnereurs , depuis que Com-
mode, pii.’.ce deteftable , & déiefce détour i u.u-
vers , fe le fut approprié.
On donna même à fes fuccelTeurs le titre de
felicifîmus , dans le bas empire y la mode s etoii.
alors introduite de porter au fuperiatir la piU'
part des titres, à proportion qu’ils etoient .e
moins mérités , heatiffimus , nohilifimus , piijamas.
A l’exemple de l'empire romain & des empe-
reurs , les colonies furent afïez viles pour fe oire
heureufes fur leurs monnoies , pair adulation pour
les princes régnans , dont elles vouloient tacher
de gagner les bonnes grâces , en fe vantant de
jouir d’une féhcité'qu’elles étoient bien éloignées
de pofTéder. I! fuffit , pour s'en convaincre , de
fe rappeljer qu’entre les colonies qui prirent le
titre de felix , les médailles nomment Carthage 6e
Jéruflikra.
Les provinces , à' l’imitation des villes , affec-
tèrent auffi fur leurs monumens publies , de fe
protlamer heureufes. La Dace publie qu'elle eft
keureufe fous Marc- Jules - Philippe : Daciafebx
fe trouve fur les médailles frappées fous le regns
de cet arabe, qui parvint au trône par le brigan-
dage & le poifon.
Enfin, pour abréger , l'on pouffa îa^bafieffe,
fous Commode , jufcu'à faire graver fur les mé-
dailles de ce monftre , dont j'ai deia parlé , que
le monde étoit heureux d’être fous fon empire.
C’en eft aflez pour qu'on puiffe apprécier dans
l’occafion les monumens de ce genre àleur juite
valeur; car les excès de la flatterie font Scieront
toujours entaifon de la fervitude. Cicéron a bien
connu cette vérité , quand il noiisa peint les afia-
tiques par ces mots : diuturnâ fervitute ad nimiart
afentationem erudiu. ( Article du chevalier de
Jaucourt. )
FELIX ^aqua ) , fontaine conftriiite fur le mont
Quirinal par le pape Sixte V. Elle eft appelles
felix ou fdice du nom que portoît ce pape aseint
fon exaltation au pontificat. BacciusX de Tkermis
c. V. ) affûte que ceme eau eft une portion de
l'ancienne eau Appia , qui depuis le v. liage rie
Colonne , eft amenée par un trajet de cinq lieues
à la porte St. Laurent fur le mont Efquilin , d’où
elle coule fur le mont Quirinal.
femmes. Voyei ÉPOUSES, Cheveux,
ChaUSSUITE, FIabitS des femmes.
Femmes d'Égypte. Voici les réflexions deM.
Paw fur les femmes. Elles font tirées de fes Re-
cherches philofop. fur les égyptiens Ci les chinois ,
tom. 1. pag. 44. 45',
« C’«ft pour n'avoir pas diftingué des chofe*
M m m m
^2 F E M
<5uil ne faut jamais confondre, je veux dire îes
mœurs du pedt peuple avec les mœurs des per-
fonnes élevées au-deffus du peuple par leur for-
tune ou leur nailTance , qu on a tire^ des confe-
quenees fi ridicules d^m paffage d Hérodote ,
répété prefquê mot pour mot dans la Géographie
de Mé.a ( lib. J* cap. IX. ). En Egypte , dit-il,
Es hommes rtftent dans l'intérieur du logis , &
travaillent à faire des toiles, tandis que ]es_/^OT«
fortentj vendent, achètent & font les affaires
de dehors. Comment eft-il pcfiibie qu^’on ne fe
foit pas apperçu qffil n’eâ qneftion ici que des
tifferands & desbas ouvriers, qui, attachés comme
eux à des métiers fédentaires , ne pouvoient fe
charger des affaires de cehois ; & qiîi ne ren-
ferment leurs femmes ni en Turquie , ni en Perfe,
ni à la Chine , oii la clôture eft neanmoins plus
révère eju^en aucun pays du monde ? Ces gens-
rû font trop pauvres pour avoir des efclaves, &
iis ne font f>as alfez riches pour être polygames.
En Egypte, ils envoyoient \ç.\xxs femmes échan-
ger des toiles contre de la colocale : car tout ce
négoce fe bornoit aux fruits & aux étoffes, comme
les auteurs arabes , qui ont parlé de cet ancien
ufage , en conviennent généralement. A mefure
que le mauvais gouvernement des mameiucs ,
& le gouvernement encore plus mauvais des turcs,
y ont ruiné les fabriques , on a vu ce trafic ceffer
par degré & enfin finira.
« Quant aux femmes dhin rang plus relevé , Plu-
tarque dit que les égyptiens ( P'r&cept. Comuh. )
ne permettoient pas à leurs femmes de porter des
fouiiers : enfuite ils avoient im.aginé que c'étoit
une indécence pour elles de paroître en public
à pieds nuds j de forte quelles avoient garde
d"y paroître. Le kalife Hakim , troifième des Fa-
thimires, & fondateur de la religion des drufes ,
remit cette ancienne coutume en vigueur, & dé-
fendit, fous peine de mort, aux cordonniers de
PÉgypte, de faire des fouiiers ou d’autres chauf-
fiires pour les femmes } Sc c’étoit bien connoître
le génie des orientaux, que de fomenir un ufage
par une loi. Si je n’a vois pas trouvé cette même
loi dans le Kital-al-Machaid , bible des drufes ,
j'aurois pu douter de ce que Plutarque rappone}
mais ces deux faits fe confirment tellement l’un
Pautre, qabl n’eft pointpeffible d’en douter^.
« Ce foriî \ts- femmes de la îie‘ cTe lu nation , qui
ont commis anciennement en Égypte tous ces
excès, dont il efftant parlé dans Phiftoire : elles
danfcient dans - fes orgies , portoient le phalhts
d’une manière prefqueincroyable ; fe îraveftiiïbieht
en Chérabs , en s’appliquant aux épaules deux
grandes paires d’aîies , comme on les voit dé-
peintes fur les langes dèsrmcmîes ( Gorêort Mu-
miathec.') 5 ft Ism.entoient auX portes des tem-
ples difis, ou pleuroient dans le deiril dés parti-
culie» pour de ratgent, tout comme cefa fe pra-
tique encore de nos jours : elles fe fignaloient à
F E M
la fête de Bubafte, à la proceffion de Canope,
infultoient les paffans fur le Nil , fe rendoient
furieufes en prenant de fones dofes iècrpiten, gj
c’eft vraifemblablement pendant ces accès de fu-
reur qu’elles fe proftituoient en public à des boucs
au canton de Mendès ; & c’eit-ià un fait qu’on
peut, croire > mais quand Plutarque a attefté de la
manière la plus pofitive , qu’on en avoir vu qui
couchoient avec des crocodiles apprivoifés dans
la ville d’Antée , on n’a pu le croire. Là deffus
il faut obferver que le favant Jablonski s’tft ima-
giné que le bouc de Mendès reprefentoit le même
dieu, qu’on nommoit Entes ou Araes dans la ville
d’Antée j & fi cela étoit vrai , on pourroit foup-
çonner qu’un de ces excès avoit été copié fur
l’autre à caufe de la conformité du culte mais
on ne me perfuadera pas qu’il foit fi facile d avoit
commerce avec des crocodiles. On a cru que tout
le fecret des égyptiens, pour fe préferver de ces
lézards , confifioir à fe frotter d une infufion de
fafran , comme l’on fe frotte de couperofe & de
mufe contre les ours & de certains ferpens ; mais,
fuivant Strabon, il y avoit en Égypte des cro-
codiles véritablement apprivoifés , dont li n eft plus
parlé dans Thiitoire après le quatrième fiecle^de
notre ère, & encore la dernière mention ne s en
trouve-t-elle que dans les légendes des anachorè-
tes de la Thébaïde
« Quoi qu’il en foit , ce font à&s femmes perdues
de mœurs, qui , après s’être dépouillées , allaient,
pendant les premiers jours de i inftallation, fepre-
fenter au bœuf Apis , auquel elles decouvroiert
les parties de leur corps, que la pudeur devoit
fur-tout leur faire voiler ».
trOn a tiré des ruines d’Herculanum , de petits
tableaux qui repréfentent des cérémonies êgyp*
tiennes , cùj’on voit des perfonnages nuds danfer
autour d’un autel. La fupertîition eft une choie
étrange : on vouloit être pur dans la piefence
: des dieux , & comme les _vêtemensî*pouvoîent
être fouillés, on s’en dépouiiloit & on ^le raio.t
‘ tout le corps , comme le faÜoieat auffi les
ficateurs, qui confervoient néanmoins iearshabus
r dans les temples 5 car les monumens qui prouve^
; un de ces faits, les prouvent tous deux. Il a lUffl-
à des grecs qui, ^fuivant la véritable expre.ian
des prêtres de l’Égypte, étoient toujours eman^
de voir ces excès, pour s’imaginer hbert
du fexe n’y avoit point de bornes : g èft
fi l’on jugeoir des mœurs des chinoifss &
indiennes par la licence des Bonzeffes , ^ E
filles publiques qui parcourent les fauxoourg
toutes les villes de la Chine , ou par vn-
de Surate , dont les relations des indes 00
taies ne ceffent de parier ». ^
« Accorder, comme avoient fait les égypt'®”*.’
dit Montefquieu , le gouvernement de « ^
fon aux femmes , c’étoit choquei-à la fois ia 0*
F E M
F E M <5’45
& h rdfon ; mais , eo -difanr cela , il ne téfléchil-
ü?ic point aü pouvoir des eunuQues <^uî en ^uit'-nt
fouvent : s'il y avott jamais eu dans ce pays-ia
une telle forme de gouvernement , les eunuques
n'y euflent pas mêoie été tolérés. Or,- dans de
iêcnblabies c':S, les faits prouvent infiniment plus
^ue les oblërvations vicieufes de quelques voya-
geurs grecs J. qui nous ont dépeint les rnœurs de
la plus vile populace , comme cela eft indubita-
ble- Les femmes d’Égypte n'ont jamais pu d;f-
purer le prix de la beauté à perfonne : car_ du
côté des facultés corporelles, les égyptiens etoient '
un peuple mai cooftitué : aufli les coptes , qui en
defeendent, en ont-ils hér.té cette laideur, qui
perce , comme dit M. Pococke , au travers des
plus riches vêremens dont ils fè couvrent : de
forte qu'il ne faut pas être étonné fi quelques
auteurs de l’antiouité , comme Élien ( ‘sni-
Ttial. lib. IV^. cap. ^IV. ) , ont mis en fait qu il |
n'étoit pas poflible de leur temps de trouver de
belles perfonnes en Égypte parmi les indigènes :
car iLn'eft pas queftion ici des familles européen-
nes, étables à Alexandrie & à Naucrate ‘.outre
que les femmes indigènes y étoiert bafanees ,
& fuiettes à la même excrefeente que les caf-
reffes ; un défaut dans les yeux., produit vra>
fembliblernent par cette ophtalmie , fi com-
mune en Égvpte, les défigurait beaucoup , & on
foupçonne ou'elles avoient alors, comme aujour-
d’hui, le même penchant à ufer de pâtes & de
drogues pour fe faire engraiffer d une maniéré
prefoüe monftiueufe; ce quelles regardent comme
le plus haut degré de la beauté ; je crois bien
que les racines du faux hermodaâyle , nomine
en Arabe ghamir , 8c dont elles ufent continuel-
kment , y contribuent beaucoup , comme Prof-
per Alpin l’affure ( bib. III. cap. XIV. ) ;
fe cîim.at & fur-tout les eaux y contribuent auffi :
car les anciens ont cbferve la meme chofe dans
cette partie de J' Ethiopie, qui eft immédiatement
au-deffus de l'Égypte. Qui a jamais ete furptJS,
dit Juvenal, de voir dans le Méroë , le fein de la
mère plus grand que le corps de 1 enfant ?
In Meroe craffo majorem infante mamillam y>.
Femmes des grecs. Chez les grecs Xz^femm'-s
vivoient dans la retraite la plus auftère. Les rna.-
fons en Grèce étoient diviftes en deux parues ,
les hommes habiteient le devant , la portion au
bâtiment qui étoit près de la porte , & que 1 on
àppeüoit pour cela ou «ycfÆvtnî- La parue
dés bâtimens qui éteit la plusèLugnée de 1 ’
fervoit de logement femmes , & s'a^pelloit le
gynécée. On voit dans Homère ( lhad. ^ ^4^-/ ^
ks fils de Priam habiter une partie de fpn palais,
& fes filles loger dans une partie oppofee &i dans
ks étages fupérieurs.
Uberté , li leurs maris p etoicnt
d'un ’earadère jaloux ; car ils avoient fur leurs
femmes un empire abfolu. Elles portcient hors de
e'ur maifon des voiles légers , qui ne les^mpe-
choient pas de voir ( Euripid. Ipbig. in l auric.
^72. ) ; mais d'être vues.
Les femmes grecques s'occupoient .dans leur
naifon à filer , à coudre, à broder , à faire de la
:oiie, &c.
Femmes des romains. Les romains donnoicnî
à leurs femmes plus de liberté que les grecs. Elles
afiiftoient aux repas , aux facrifices , aux ttiéàtres ,
&c. ; mais elles ne pouvoient fe troav-er dans
les afiemblées )\i.A\cïzv.cs i Aala-Gelh.
dans les comices , ni prendre part aux delibera-
tions publiques, ni voir combattre les athlètes
( SaetL Augufi. cap.XLIV. f. 8. ) , ni fe baigner,
dans les bains que fréquentoient les hommes.
Dans les premier^s temps de la république , les
romaines m.angeoient affifes. Elles imitèrent cepu.-s
les hommes , & prirent leurs mpas a demi-cou-
chées à côté de Lurs maris. Dans les premiers
jours dè Rome, les femmes ne buvoient point de
vin fermenté , vinum ; on ne leur permettoit^ que
le vin doux , temetum. De là vint eue tous leurs
narens les embraffoient fur la bouche en les
dant , pour favair fi elles obfervoient cette dt-
i&nte {Atken. X.).
Les femmes des romains , loin d'être evclms
du faeerdoce, occupoient feules, à rexciulion
des hommes, le faeerdoce de la bonne neene, de
Vefta &c. ' Dans Ls calamites pUDiiques eues
fafioient des fupplications foîemneHes à la perte
des temples, & en balaycient les feusls avec kuis
cheveux ( Liiciia. n“. 3®)*
JiiS peSora dura
Affixere folo : lacerafque in limine faero
jlttonitiS fudere cornus.
Auaufte défendit aux femmes d'affifter aux fpcc-
ta-les dans les mêmes gradins que les hommes.
Il leur alEgna le lieu le
tiques ( 5i£er. in Aug.cap. XIAV. n - d. ;. M- is ,
fous Domitien , .elles s'cubherent juiqu a defeen-
dre dans rarènq, pour am.uier la mUiiitu- e^par
des combats. Tacite le dit expreilement cies./e.vi-
mes de fénateurs & du rang le plus tltve^ Arm.
XV. 32. )• Alexandre - Sévere derendit ce
défordre.
C’ Sal - itius Gallis fit divorce avec Ton épo.ufe.,
i parce paru eu piütiic
I ^ ^ - Mmmm :j
F E IVÎ
fans voile ( Fa/. Maxim. F7. )’ d’où Ton
peut conclure , que les femmes des patriciens
étoient toujours voilées hors de leur maifon. C«
n'étoit pas fans doute avec un voile , partie dé-
rachée de rhabjllemer.t ^ co'iime en portent nos
teligieufes j & tel qu'on n'en voit jamais fur les
anciens monumensj mais avec une partie du man-
teau même ramené fur la tête , couvrant le vifage 3
& tel qu’on en trouve cent exemples fur les
marbres & les médailles.
Femmes ( Wîneke/mann ). On les voir rare-
ment fur les monumens antiques exerçant des
cruautés , ou placées dans' des attitudes révol-
tantes. Les aniftes fe confonnoient fur leur fujet
au précepte d’Ariito-Cj qui ne veut pas que le
poète dramatique leur fafle commettre des crimes
fous les yeux des fpeétateurs.
Dans le deuil & l’affliction on les repréfentoit
fans ceinture 3 avec des tuniques fiottantes.
On en trouve trois fur les monumens antiques
avec un chapeau 3 te! qu'on voit ( dans l’Œdipe
à Colonne de Sophocle )3 que le portoit Ifitiène 3
fille d'Œdipe j dans le ‘trajet de Thèbes à
Athènes.
Femme 3 ayant la tête tourelée , affife fur des
roches , tenant une branche de palmier j eft un
type ordinaire d'Antioche en Syrie.
— Affife fur la proue d'un vailTeau, d'Iftiæa.
— Trois femmes fe tenant par la main , &
tarifant 3 fur les méd- d'Apoilonie en Tbrace.
— Femme debout j tenant une patère & on
rameaUj fur les méd. de Myrina.
FENESTRALIS porta. J^oye;^ Porte.
FENETRES. ( Wlnckelmann ArckiteB. )
« Les temples quartés n’avoient en généra!
point àt. fenêtres y & ne recevoient de jour que
par la porte , & cela pour leur donner un air plus
augufie enjes éclairant par des lampes. Lucien
( de domo ) dit 3 d'uae manière exprelfe , que les
temples n'étoient éclairés que par la porte. Les
plus anciennes églifes chrétiennes foiu de même
très-foiblement éclairées; &3 dans celle de Saint-
Miniato 3 à Florence 3 il y a 3 au lieu de vitrages,
des tables d'albâtre de diffiérente* couleurs 3 à
travers duquel paffe une foible lumière. Quelques
temples ronds 3 tels que le Panthéon 3 à Rome 3
recevoient le jour d'en haut par une ouverture
circulaire 3 laquelle n’y a pas été percée par les
chrétiens,- coname le prétendent quelques écri-
vains ignorans ; car le contraire ell prouvé par
le rebord 3 ou l'enchaffure curieiife de métal
qu’on y voit encore aétuellement , & qui n’eft
FEN
point un ouvrage des tihnps barbares. Lorfque ’
fous le pape Urbain VIU, on pratiqua une
grande cloaque pour l’écoulement des immon-
dices jufqu'au Tibre, on trouva, à quinze pal-
mes ( dix pieds de France ) au-deffeus du pavé
intérieur de la rotonde, une grande ouverture
circulaire pour l’écouiemer-t des eaux qui pou-
voient fe raffembler dans le temp e par l'ouver-
ture du comble j il y avoir cepenoant des temples
ronds qui n'avoient pas cette ouverture ».
» Si l'on peut en juger par lés anciens édifices
qui nous retient , & particuliéreinent par ceux
de la villa Hadrienne , à Tivoli , il eft à croire
que les anciens préféroient les ténèbres à la lu-
mière ; car on n'y trouve aucune voûte , ni au-
cune chambre qui ait des ouvertures pour fetvir
de fenêtres ; & il paroît que le jour y entroit
de même par une ouverture pratiquée en haut
de la voûte : mais comme les voûtes fe font
écroulées vers l’endroit de la clef , ou du point
central, il n’eÛ pas poffible àc s’en convaincre
clairement. Quoi qu’il en foît , il eft certâîn du
moins que de très -longs corridors, ou de longues
galrries 3 à moitié fous terres & qu on appehoit
çrypîoperticiis , de plus de cent pas ae long ,
ne tiroienî le jour qu’aux deux bouts , par des
efpèces d'embrâfures ou de créneaux , par lefquels
la lumière tomboit d'en haut. On a place , à ! exte-
' rieur 3 devant ces ouvertures, un morceau de
marbre avec plufieurs fentes , par lefquelles le
jour palfe maintenant. C’eft dans une^ pareille
galerie C Appîan. bell. civ. F . ) , très- peu éclairée,
quefe teno:t , dans fa maifon, M- Livius Drufus,
& qu'il écoutoit 3 comme tribun , le peuple de
Rome, & décidolt fes différends. Les galeries
de cette efpèce du Laurentum de Pline ( ûL IJ-
epift. 17. ) 3 avoient des fenêtres des deux côtés,
La moilefle des romains, du temps des empe-
reurs 3 étoit devenue fi grande , que , pendant la
guerre , on formoii de femblabîes galeries fou-
terraines dans les camps ; ce que l’empereur
Hadrien fit défendre ( Spart. Madr.')^.
« Dans les bains 3 ainfi que dans-les appatte-
mens , les fenêtres étoient toutes placées fmt
haut 3 comme elles le font dans les atteüers de
nos peintres & de nos fculptears , ainfi qu on 1 a
fur-tout remarqué aux maifons des villes enfe-
velies parle Véfuve. On peut s'en convaincre
auffi par quelques bas - reliefs , & quelques ta-
bleaux d'Fderculanum {tom. I. pag. iji. Etrg.
Katic. n°. 19.). Les. maifons n’avoient aucune
fenêtre qui donnât fur la rue. Cette manière de
bâtir n'étoit fans doute pas propre à contenter
la curiofité & l'oifiveté ; mais elle procuroit un
bien meilleur jour aux appartemens , c'elt-a dire,
le jour d'en haut. Qu’on fe figure combien cette
lumière eft favorable à la beauté , puifque L*
jeunes files de Rome , qui ont étépromifes en
î
FEN
mariage, ne fe font voir, dit- on, pour la pre- .
mière fois en public, à leurs époux, que dans •
la rotonde. Les hautes fcrJtres de cette efpèce -
metîoîent aufli les appartemens à ILbri du vent
& del air; voilà pourquoi :es anciens ne fermoient
les ouvertures de leurs frnétres qu^’avec un rideau.
Ces fenéz-rs ifétoieiit p^as , conrme les nôtres ,
garnies ae barre..ux ce fer, mais feulenient d’un
treüHs -ppeiL ùzL-.hrum-, fait de barreaux de fonte,
di_fpc;>.: c- cr-eix, & fufpendus à ces gonds,
Siin de po.: o ;r I ouvidr Sc 1; lermer à volante.
O "oit de treifhs à plufeurs anciens ou-
vrages ( Fin. a ; - pag. 219. i6i. ); & il s'en
eu ïroüYc un e. lérer-itnt coiiferve à Hercula-
Büm A : des ;eiîip:es des bas-reliefs de la
vilia iNegruid, doac nous avons parlé , il y a des
barre oux au .leu de jenétres aux deux cotés de
la fi -vre . deopis la corniche jufqu'à terre , de
la même manière que cela fe tr ouve vers le haut ,
à an autre temple oebas-reliet dans Montlaucon ».
Il y avoir auiTi chez les anciens quelques bâti-
mens , en petit nombre , dont les fenêtres , gtan-
des & h utes , defeendoient du plafond juiqa à
terre ( Vkruv. lib. VI. cap. VL).
ce Les maifor.s d’HercuIanum n'avoient point
de fenêtres du côté de la rue ; mais elles regar-
doknt toutes vers la mer 5 de manière qu on
pouvoic parcourir la ville entière fans voir per-
fonne aux fenêtres. C’eft dans ce même goût que
font bâties les maifons d’Alep , ainfî que 1 a dit
un miflionnaire. Ce qu’il y avoir encore de pius
défagréable , c’eft que . ces fenêtres étoisnt faites
dans le goût de celles des atteiiers de nos pein-
tres 8c de nos fcu pieiirs, dont le travail demiande
que la lum.ière y tombe d'en haut».
cc Flts fenêtres placées à une fi grande hauteur,
se permetîoient guère de fatisfaire la cmiofîtéj
( mais d’où vient que je parle ici iss fenêtres au
nombre pluriel, puirqifil ny en avoir qu une
dans chaque chimbre ? ) & lorfqu on vo-uieit voir
ce qui fe palToit au dehors , il faüoû grimper
comme les chats contre le mur. D ailleurs ces
fenêtres avoient plutôt une forme carrée que lon-
gugj comme on peut s en convaincre par d an-
ciens tableaux , principalement aux temp'.es & aux
palais. Les anciens avoient , ea généra! , plus
en vue l'atüe & le néceffaire , que le commode
& l’agréable. Le peu de lumière qui par ces
fenêtres tomboit dans les chambres , n’y donnoit
encore qu’un bien foible reflet , les murs des ap-
Îartemens étant peints d’un gris ••eux ou rembruni.
l n’eft cependant pas vraifemblabîe que les mai- ;
fons des grandes vdles n’aient pas eu As fenêtres
fur la rue. Piulîeurs paffages des poètes indiquent
même le contraire, tei, par exemple, ceiUi-ci. :
Et fienti domines patefiunt noâefenejirep.
FEN
Si toutes les fenêtres avoienc été anciennement
à Rome de cette forme carrée , & placées à une
pareille hauteur , la jeune fille dont parle i ibuüe
( lib. IJ. eleg. 7. } , ne fitroic pas tombés d.irrs
la rue , en regardant par la fenêtre :
Qualis àb excelsâ presceps deîapfa fenefirà ,
Ventt ad infemos fangainolenta lacus.
Cet ancien archirefte , qui propofa à un romaia
j de marque, de lui oâtir une maifon de manière
que p^iibn '.e ne pourroit regarder de dehors ,
voulüit fai. s doute la c.- -ilniire dans le goût'dc
celles d’Alep Se d Heicaianum».
« Les chambres de Pompeii à la ville Se à la
campagne n’avcicnt point de fenêtres. Je ne parle
ici que des maifons de Pompéii ; car nous avons
de preuves certaines que les autres maifons des an-
ciens étoient éclairés par des fenêtres. Nous voyons
par une lettre de Cicéron (^Atticus IL 1. ) que ce
romain n’étoit pas du même fentimenc qa’Atdcus
.fur la largeur des /èTzcrrei , qu’un architeéte , ap-
pelé Cyrus, avoit faite à une maifon de campagne,
qui appartenoit probablement à Cicéron meme.
Mais il parcîc que les anciens n’ont pas connu les
volets ou contre-vents pour exclure le jour des
chambres , qui font aujourd’hui généralement en
ulage en Italie ; puifque , fuivant Suétone , ( Aug.
LXXVIIL ) A-ugulIe avoit coutume de fe tenir la
main devant les yeux , lorfqu’ii vouloit prendre
du repos dans l’après midi; ce qui auroit été inutile
fi les fenêtres avoient été garnies à l’intérieur de
volets. Une plus forte preuve encore en faveur de
ce fentiment , c’eft , je penfe , l’ufage des chaffe-
mouches dont fe feryoient ceux qui en avoient le
moyen , pour écarter IcS mouches quand fs vou-
ioient dormir pendant le jour : car on fait que ces
infeâies fe tiennent tranquilles dans i’obfcurité.
Certe conjtéhire femble néanmoins- être détruite
par une defcnprio.n que fait Ovide de la lumière
de fa chambre , brfque Corine vint pour le voir :
Pars adaperta futt ,pars altéra claufafenefiræ.
& c’eft fans doute d’un rideau à moitié tiré qu’il
a voulu parler. Ce paffagc d’üvide ne détruit pas
les -preuves que nous avons citées j Juvénal paik
expreffément des rideaux de fenêtres.
Claude fenefiras ,
vêla tegant rimas , junge oftia , tollite lumen.
( Satyr. IX. v. 10 y. )
« Tout cela peut fervir à éclaircir un paflage
d’Apoî.onius de Rhode , fur lequel perfonne n’a
encore fongé à former le rrioindre doute. Da-.s la
delcriprion que ce poète fait au trouble 8c d®
I agitation de îviédée , épri-le d’amour iiour Jafon ,
il dît , que la nuit avant le jour fixé pour leur
premier entretien , elle fe lève plufieurs fois de
F E N
îôn !rt püar vok û i’aurore ne commençoit pas à
poîîidre ( Argonaut. /. III. v. 821. ).
« C'efi-à-dire qu’elle étoit obligée d’ouvrir la
porte de fa chambre pour appercevoir le jour,
parce qu’il n’y avoir point de fenêtres , non plus
qu’aux maifons de Pompéii. L’endroit. où cou-
ch;>ient fes femmes , ne pouvoir par cenfe'quent pas
erre une anti- chambre , ainlî qu’ou pourroic le
croire j mais devoit être placé à côté de celle
qu’occupoit Me'dée même
« I' n’eù pas poffible de déterminer exaéte-
ment d’après aucun tcrivJn , h les anciens ont
fait ufage de carreaux de verre pour leurs fenêtres.
ii y a des écrivains qui prête. rdent qu’i! eit quef-
rion de carreaux de verre dans le paiTaae fuivant
de Piine Hf. Üb. XXXVI. cap. 'XXVI.
où , après avoir p^rié de !a viiie de Sidnn, célè-
bre par fcs fabriques de verre , il ajoute ; f qià-
dem etlam fpccula .excogitaverat. Ssumaifs lui-
même (^Exerc. P lin. in. folinum. tom. II. p. 1095'.),
eir dans ia perruahon que le mot fpecnlaris eil
génériqi e , & que par ron-'équent il peu; UgniSer
routes fortes de fertêtres , hc entr’autres cédés de
pkengite , ou de toute autre matière diaphane ,
ropre à laifTer un libre pdTage à la lumière,
luiieuts p.ifiages d’anciens auteuss prouvent
que h pkengite , lapis fpecularis ^ a été 'anci.nne-
ment en ufige. Suétone ( cap. XIV. ) , di:, en
par'.int de Domitien •.porticum , in. quibus fpatiari
confutverat , parûtes pher.gite Lapide diftinxh , êcujus
fplendore per imagines quicquidatergo fieret provide-
ret. hhne dit aufli {lih. XXÏ. cap. XIV. ) , que pour
mieux pouvoir obferver le travail des abtÜies,
on faifoit des rûch .s de pareille pierre fpéculaire».
« Tous ceux qui ont quelque connoiffance de
l’antiquité, forrt pour la négative. J’ai va cepen-
dant , entr’autres à Portici , de grands morceaux
de verre en feuilles , ou lames, qui, peut-être,
le (ont vitiiiiées 33.
.. “Il y a une lettre latine imprimée D.A. Nixiorâ .
An.gli , ad Rodulphmum Ver.uti , &c. , laquelle eli
un extrait de fa diiTertation , de laminis quibnf-
dam candidi vitri e ruderibus Herculaneis effoffis .
qui fe trouve dans les mémoires de la fociété :
des antiquaires de Londres. Cette lettre fut écrite !
le 31 juillet 1/5-9 , Sr celle de M. Winckelmann
e'toir déjà écrite le 16 août 1758. En 1771, on
découvrit, dans une muraille expofée au Midi,
une fenêtre avec un beau vitrage de trois palmes
en carré , laquelle contenoit un pareil nombre de
carreaux de verre, en tous fens, dont chaque
carreau étoit d’environ un palme en carré. Il v
a tout lieu de croire que le verre de ces carreaux
avoir été fait à la manière angioife, c’eil -à -dire,
fan^ plomb j car ii étoit^alfez épais & aulTi tranf-
parent que du criitaî. i ous ces carreaux étoient
entiers à l’exceprion de deux ; ce qu'il faut fans
doute attribuer à la direüioa perpendieukire dans
F E R
! îacfselie etoit tombée la pluie dés pierres «m
etoient fort petites , & qui par conféquent n's-
voient pas pu caurer un grand dommaî^e. Oeft
au célèbre abbé dom Mattia Zari lo meirire
de I académie d’Herculanum, que nous devo.ns
le récit de tous ces faits ( Note de M. Dafdof. ) ».
II paroît par un grand nombre de bouteilles
propres à différens ufages , que i art de la verrerie
a été fort commun chez les romains, St que
le verre étoit chez eux à un prix modique. Leurs
flacons d’huüe étoient faits de la même manière
que ceux dont on fe fert pour le tranfport de*
huiles de Provence.
« Un favart de Tome me montra un jour un
paffage de Phiion , qui preuvoit, difoic-il, que
le verre a été en ufage chez les anciens 5 Ôrj’en
ai lu un autre , qui parolffoit mieux le conftater
encore , dans le livre , .de legatione ad Caium
( Pkilon. oper. tom. III. pag. 599. lib. VI. edit.
Mangey ) , cû je trouvai exaéiement le contraire
de ce que j’attendois. Phiion y parle d’une des
chambres dans lefquelles on introduifit le député
juif d’Alexandrie chez Caliguia, & dit ;
5r|«5îiirijï( T«sf e» x.-ix.Xf
Tûis vàxf XiVKy, ê)ct(pa^iin mtgcfsrX'eAat xl(sis. Obam-
bulanfque jujfît circumqimque feneflras ohduci ( ou ,
ce qui vaut mieux , lever & tirer de bas enhaut )
lapidibus kaud minus pellucidis quamvitro candiioy>.
Suivant le témoignage de Ladance, les car-
reaux de vitre pour fenêtre, étoient connus à la
fin du troiflème fiècle j voici ce qu’il dit à ce
fujet : ( Opif. deis , cap. V.) , Manifeftus efi ,
mentem ejfe , qus, per oculos ea , qus. funt appofta,
tranfpiciat , quafi par feneflras lucente vitro , axut
fpecularl lapide obduüas. ( Note de M. Dafdorf. )
FENRIS. Voye^ Obin.
FER , l’âge de fer , le dernier 'des quatre âges
que les poètes ont iTia.rqués : « ce fut dans cet
» àee , dit Ovide , qu’on vit un débordement
33 général de tous les vices. La pudeur , ia bonne
33 foi Se la vérité bannies delà terre, firent p ace
•3 à la fraude , à ia trahifon , à la violence & à
=3 une avarice infatiable on ne vécut que
>3 de rapines : l’hofpitalité ne fut plus un afyie
33 aflùré ; le beau-père commença à redoi t r fon
=3 gendre , & la paix ne régna que rarement entre
33 les frères. Le mari attenta fur la vie de fa femme,
=3 la femme fur celle de fon mari. La cruelle ma-
’3 râtre employa le poifon ; les enfans abrégèrent
33 les jours de leurs pères. La piété fut méprifee
33 & abandonnée de tout le monde ; '& de toutes
33 les divinités , Aftrée quitta la dernière le féjour
33 de la terre , qu’elle vit couverte de fang33.
La fufïon du fer efi: attribuée aux habitanS
de l’ifle de Ctète , qui les premiers parvinrent a
forger le fer dans les cavernes du mont Ida , qua-
FER
torz-e cents ans environ avant Tère chrétienne.
( Héfîode cité par Pline, lib. V'U , cap. LVI.
— Strabon, lib.X. — Diodore de Sicile , bib.
KV'. cap. V, — Clément d'Alexandrie , lib. I.
pag. 307. Euiebe , préparation évangélique ).
Enfin , dans les marbres d'Oxford , l'invention
du fer eft rapportée à l'année I45-2- avant l'ére
ehrédenne.
Le comte de Caylus fait les réftexions fuivantes
furie fer , à l'occafion d'une hache & d’une ilatue
de ce métal. « Cette efpèce de hache , ou cec
inllrument, qui peut avoir fervi dans les faenfi-
ces , elî: fingulier , parce qu'il eft de/èr: la rareté
de ce métal empêchoit les anciens de l’employer ;
mais comme on a trouvé ce petit couperet dans
une fouille , faite au palais Borghèfe , avec un
autel confacré au dieu Mars ; peut-être en faveur
de cette divinité , a-t-on cherché une diftinêtion ,
qui devoir être alors une magnificence. »
« Le travail de cet infiniment ne peut-être plus
groflîer , & cette groffièreté me confirmeroit
d'autant plus dans l'idée de rareté , & de fingu-
lanté , qu'elle prouve une médiocre pratique , &
que les inftrumens de bronze , fabriqués par les
Romains , font ordinairement travaillés , & ter-
néinés avec tout le foin & toute la propreté pof-
fible. D’un autre côté , cette négligence , occa-
lionnée par le peu d’habitude d'employer ce mé-
tal -, eft devenue dans cette circontlance , un
avantage , puifqu’en effet on n'a point épargné
la matière , pour la fabrique de cet inftt uméne ;
elle a même été employée avec une épaüTeur fi
confidérable , que la rouille n'a pu achever fa
deftrudion. La forme & la difpofirion de cet
inllrument, perfuadent qu’il n'a jamais eu d'autre
deftination , que ceîie de dépecer les vidimes.
« ( Rec. d‘Aruiq. 3 pages Zl8. ) »
“ Hercule (Rec. 3 pag. 9(5. ) eft fouvént re-
préfenté fur les monumens étruiques , & la dif-
férence de ces repréfentations eft fi légère^ que je
n'aurois point fait graver ce morceau , où toutes
les parties de l'art de la convenance font très-
nég’ligées , fi la ungularité de fa matière ne méri-
toit pas une exception. Cet Hercule eft de fer
fondu , & par conféquent très-mal confervé. Nous
fommes encore heureux , que la rouille, dont il
eft rongé depuis tant de iiecles , permette de
diftinguer fa forme & fes attributs ; car les
antiquités de ce métal font d'autant plus r^es ,
que le tems les a plus facilement détruites. D'ail-
leurs J je n'avüis point encore poffédé de monu-
ment'’de ce genre 5 mais quand les figures de /er
ferotent plus communes , ]ê verrois celui-ci avec
étonnement : en effet, il eft fingulier de rencon-
trer une figure àefer, & d'une fabrique aufli an-
cienne chez les étruiques, c'eft-à-dire, dans un
tems où ce métal étoit fi peu connu dans la Grece
ët^^àuis i'Afie. Il eft vraifembiable que les gau-
F E R (?47
lois ont connu le fer , & la manière de le prépa-
rer , plutôt que les autres nations ; du moins on
peut l'inférer ’de l’abondance que la nature
en a répandue dans les Gaules j & qu’ils ont
dû faire part de cette découverte aux étruf-
ques leurs voifins. Il fe peur même que cec ou-
vrage , ridicule aujourd'hui , conCdéré fous toute
autre face que celle de fa matière , ait été admiré
anciennement par la raifon de fa rareté : on le
croira fans peine , fi l’on fe rappelle les impref-
fions que les hommes reçoivent de ce qu'ils n’ont
point encore vu,» V. Épee des gaulois. Sec.
Bronze
Fer ( médailles de ). Je ne compte point le
fer , dit le père Jobert , parmi les métaux dont
on trouve des médailles. Ce n’cft pas que j’ignore
qu'on lit dans Céfar , que certains peuples de la
Grande-Bretagne fe fervoient de monnoie de fer.
Je fais auffî que le même chofeeft arrivée dans
quelques villes de la Grece. De plus, Savot rap-
porte qu’il s'eft’ trouvé des monneies romaines
que l'aimant attiroit ; mais il eft aifé de voir que
ce n'étoit'que des médailles fourrées, telles qu’il
nous en relient encore plufieurs , & du temps de
la république , & du temps des empereurs . c’efl*
à-dire , du fer ou du cuivre couvert d'une feuil-
le d'argent , à qui l’adrefte des faux-monnoyeiirs
de ce fiècle , donnoit cours comme à la bonne
monnaie.
Fer de lance ( On voit un ) fur les médaillé
de Polyrrheniiim , de Tuder, des Ecoliens , de
Cume, des Oetati.
Fer de cheval. Toyei Ferrer.
Fer à ftifer , xaxaftç , calamiflrum. Les grecs
& les romains fiifoient ufage de cet inllrument
de toilene. Varron, qui en parle, le diftingue
foigneufement de l’aiguille, ou poinçon, avec
laquelle les femmes partageoienc leurs chevemC
entreffes, & qui s'appeüoit (J^arr.
de lïng. latir..îV . 29. )
FÉRALES , fêtes que les anciens Romains
céiébroienr le 21 février en l'honneur des morts.
Macrobe ( Satur. liv. i. cA. 13 . ) en rapporte l'o-
rigine à Nurr.a Pompilius , & Ovide ( Fa fi. 2,
V. 253.) la fait remonter jufqu'à Enée , qui fai-
foit, dit-il, tous les ans des cft'randes au génie de
fon père : c'eft de-là que les peuples d'Italie ont
pris*la pieufe couruine d'appaifer les mânes de
leurs pères par des offrandes qu’on apporroit fur
leurs tombeaux. Pendant ces fêtes, qui duroient
onze jours , les temples n’éroient point fréquen-
tés , on n'ofrroic point de facrifices aux dieux , il
étoit défendu de célébrer des noces , 8e les gens
mariés dévoient vivre dans la continence. Le
poët's ajoute que cetK fête ayant été dif-
F E ?v
(Î4-3 F E H.
continués dans ie défordre des guerres civiles ,
les morts fortîrent de leurs tombeaux > & pen-
dant ie filence de la nuit > firent entendre leurs
pUintes , & des hurlemcns dans les rues de Rome
tk les campagnes j ce qui effraya fi fort les Ro-
mains , .qu'lis rétablirent promptement les
& toutes les cérémonies funèbres ; 8c, après ceia>
on n’entendit plus parler de prodiges. On dérive
le mot ftrales de fera , porter, parce qu on por-
toit un lepas au fépulcre des morts j d autres le
dérivent de fera , cruelle, furnom que les latins
donnoient a la mort.
FERCULUM. Toye^ Services. 1
FÉREN'TAIRE , ou Ferekdaire. Féren-
TARIUS : les férentaires étoient chci les ro-
mains des troupes auxiliaires armees à la légère.
Leurs armes étoient i’épée , les fléchés , la fronde;
armes plus légères & moins embari-afTantes que le
bouclier , la îrache , la pique , &c. Us n’avaient
ni cafques ni cuiraifes.
Le noni de férendaires vient de ce que ces fol-
dats étoient troupes auxiliaires , a ferendo^ auxdio.
Varron dit que ce nom leur fut donne , parce
que la fronde & Us pierres ne s’empoignent pas;
feriintar, non tenentur. Il y avoir une autre efpece
déférent aires, dont l’emploi étoit de porter des ar-
mes à la fuite des armées , afin d’en fournir aux
foldats dans les combats. Jean Lydius appelle
férentaires des cavaliers armés de pied-en-cap ,
armés pelamment ; cataphraBi équités,
FERETRIUS , furnom donné à Jupiter chez,
les romains , ou parce qu’il Us avoir fecourus
dans un combat, du latin ferre opetn; ou parce
qu’on portoit dans fon temple Us dépouilles des
vaincus , de ferendo y ou enfin , parce qu il avoit
vaincu leurs ennemis en les frappant de terreur
du mot ferire , frapper.
FERETRUM , nom comtnun qui renfermoît,
fous fon acception , la leclica & la fandapïla ,
deux efpèces différentes de brancards ou de lits ,
dont on fe fervoit pour porter Us corps morts
au lieu de leurs fcpultures. Feretrum défigHeauSl
Us brancards fur lefquels des hommes qui aecom-
pagnoient Us triomphateurs , portoient par often-
tation, & pour ajouter à l’éclat de la pompe,
des vafes d’or & d’argent, des réchauds ardens,
'des ornemens fomptueux, les images des rois, Src.
Feretra dicebantur ea quibus fercula & fpolia in
triumphis & pompis ferebantur , On a quelquefois
étendu l'aCception de ce mot à toute pompe en
général ; & l’oQ a dit f , pour être conduit
en pompe.
FERI, frappe. Les romains , dans les combats,
.s’exhortoient l’un & l’autre pw ce mot répété fiau-
vem. Oa le trouve aufîi gravé fur les balles de
plomb que Us frondeurs hnçoient aux ennemis.
Voye:^ Balles de plomb.
FERIES ; c’étok.nt chez les romains des jours
pendant lefquels on s’abftenok de travailler.
Le mot feri& eft ordinairement déiivé a. ferett-
dis vienmis , parce que l’on tuoit deS vittimes
ce jour-L. Martinius air que les férics , ferit,
font aiiili appeiiées , veluti hpxt , dies facri,
jours de fêtes. D'autres obfetvent que Us ,ours
en général, 81 quoiqu'ils ne fuffent point jouis de
fêtes , ont été autrefois appeilés/c/î^y ou, comme
Voiujs vent qu’on \Fe, fefi&, d'où s ell forme,
fuivant cet auteur , U mot feris,.
Ces jours-là étoient principalement marqués
par le repos ; au lieu que Us jours de iètes étoient;
célébrés par des facrifices où des jeux , aufft-
bien que par la ccilation du trav il. H y a ce-
pendant des auteurs qui confon.iem Us jours de
fêtés avec l s fériés , feris,. D’autres confondent
Us férus , feris , avec Us jours de vacation, dits
nefafli. Vcye[ FasTES.
Les romains avoient plufieurs efpèces de fériesé
Voici leurs noms , au moins ceux des principa-
les : , on fériés d’été; anniverfaris , Us
fériés anniverfaires ; compitalitis, les compicalices,
ou fêtes 8c fériés des rues , ou des carrefours ; con~
ceptivs, les /?r/« votives que les magiihatspro-
mettoient chaque annéé ; dcnicales , pour i ex-
piation des familles polluées par un mort ;
imperativs OU indiclivs, celles que U iTiagiftmt
ordonnoit ; latins , les fériés latines , inltituees
par Tarquin - le - Superbe , pour tous les peuples.
Vgyer FÉRIÉS LATINES. Mejfts fens , les férus
de la moiffon ; Us paganaUs , paganales fens , ou
paganalia. V^yet^ PagANALES, FrsCidarus, oyA
étoit proprement ce que nous appelions la vigile
déune fête i les fériés particulières ou propres ,
vats on propris, celles qui étoient propres a
diverfes familles , comme à la famille Claudienne,
Æmilienne, Julienne, &c. ; Us publiques, pn-
blics, cettes que tout le monde gard ut, ou que
l’on obfervoit pour U bien & U falut puoiici-
femerains , cellês que l’on eélébroit pour Us te-
mailles; ftativs , les fériés fixes, & qui fe céje-
broient toiilours au même ]ont -, fatumaUs , les
faturnales. Voyei ce mot. Stultorum féru , oa
: quirinalia, les fériés des fous & des fois, qui le
célébroient ie 17 de février , & qu’on nommoit
aufii quirinales ; viBoris feris , celles de la victoire ,
au mois d’août ; vindemiales , celles des vendan-
ges , qui duroient depuis le lo août jufqu au i >
d’edobre; les fériés de Vnlcain , feris Vulcani ,
qui tomboient U 2Z de mai ; Us fines mobiles ,
feris conceptivs ; Us férics de commandemens ,
imperativs.
. Feris fe difoi: auflû chez les romains pour un
F E Pv
jour de foire parce qif en tenoit les foires les
jours de fériés , ou jours de fetes.
FERIES LATINES J félon Horace, ir.diciz
latin& , tète publique fole;r,nel!e des peup'es
du Latium , imagine'e politiquement par 1 ar-
quin, & que les confuls de Rome qui y pre-
lîdoient de droit , ne dévoient pas manquer de
fêter fur le mont d’ Albe un jour de c'naqae année à
leur choix. Développons , d"après Tabbé Cou-
ture ( mémoire des belles lettres , tom. V^III ) , Fart
de rinflituîion de cette fête, & la fctupuleufe
exaélitüde que les romains portèrent à l.i célé-
brer religieufement , & quelquefois même extra-
oidinairement.
Tarquin-le-Suoerbe , que Denis d’Haùcarnaue
reprefente comme un adroit politique , après avoir ,
pat la plus inSgne de toutes les impolfures, op-
primé Turnus, chef des latins, projetta d'affu-
jettir infenîîblement tous les peuples du voiinnage,
en les accoutumant peu-à-peu à reconnoitre la
fuperiotité des romains. Il commença par leur
envoyer des ambaffadeurs , pour demander leur
albance & leur amitié. Il n'y eut que quelques
villes des voîfques qui s'y refusèrent ; la propo-
rtion fut agré-ibieinent reçue de toutes les autres;
a.ftn que cette confédération fût durable , Tarquin
ia fceiîa , pour ainfi dire , du fceau de la reii-
gion. Il imagina une fête commune à tous ceux
qui feroient entrés dans l’alhance. Ils dévoient
tous les ans fe trouver au même lieu , aflifter
aux mêmes facrifices , & manger enfemble , en
-témoignage d'une union parfaite. La chofe ayant
été approuvée, il afiigna pour cette affemblée,
ia haute montagne , aujourd'hui Monte-Calvo ,
qui étoit au milieu du pays , & qui comman-
doit la ville d’Aibe.
La première condition de ce traité fut, que
quelque guerre qui put îTialheureurement arriver
à ces peuples aifociés, i! y aufoir une fufpen-
fion d'armes tant que dureroit la ceremonie de
la fête. La deuxième condition , que chaque ville
contribueroit à la dépenfe, que les unes fourni-
roient des agneaux, les sütres du lait , au fro-
mage , & de femblables efpèces de libation , in-
dépendamment de ia liberté qu’auroit_ chacun
des a.dîfîans d'y porter fon offrande particulière
mais la principale vidime devoir être un bœuf
dont chaque ville auroit fa part. La troifième con-
dition , que le dieu, en l'honneur duquel on csiC-
broir la fête, feroit principalement Japker Losiaris',
c'eil- à-dire Jupiter du Latium; & c'eil ep partie
pour cela que les fériés furent appellées latines ; on
demandercit à ce dieu la confervation & la çrof-
périté de tous les peuples confédérés en général ,
& celle de cliacun en particulier ; toutes ces claufo
parurent juftes, & il fut pour ^cet effet drene
une efpèce de rituel qui devoir etre icrupuleufe-
ment obfervé.
.Antiquités , Tome H.
FER
6ty
Quarante-fepî peuples, di: Denis d'Kaücarr.affe,
fe trouvèrent par leurs dépurés à la eé;ébrat:on
des premières/?Aej latines , & tour fut égal entre
eux, e.xcepté que le prélîdent éîoit romain, Sc
le fut toujours depuis.
Tzs fériés latines étoient ordinaires ou extraordi-
naires ; les fériés ordinaires étoient arnueiles »
fins néanmoins être fixées à certains jours. Le
conful romain pouvoir les pubiier pour tel jour
qu'il jugeroit à propos ; mais en même temps il
ne pouvoir y naancuer fans qu'on attribuât à fa
négligence tous les malheurs qui arrivoient dans
fon armée ; c’eft ainfi qu’après la céiahe des ro-
mains au lac de Tralimène, l’an de Rome 5'5(S,
le prodiétateur remontra que cen'étoit point par
l'incapacité de Flarmniiis que la république avoir
reçu cette grande plaie , mass feulement par le
mépris qu'il avoir eu de la religion , n'ayant fait
ni les fériés latines fur le mont Albain , ni les
vœux accoutumés fur le capitale ; le prodiâia-
teur ajouta qu'il falloir confulter les dieu:; .mêmes
par l’infpeétion des livres fybiilins , pour favoir
quelle réparation ils exigeoient. En conféquence
il fut arrêté qu'on doubleroit la dépe.nfe pour rem-
plir avec plus ds folemnité ce qui avoit été omis
par Flaminius ; favoir, des facrifices, des tem-
ples, des leRifiernes, & par-deffuS tour cela un
printemps facré , c’eft-à-dice qu'on immoleroit tout
ce qui naîcroit dans les troupeaux, depuis le pre- ,
mier mars jufqu’au dernier jour d'avnl. Il eft aifç
de juger par ce feul trait, jufqu'à quel point alloit
le ferupuie des romains fur l'omiflion des féries-
latines.
Je dis plus , le moindre défaut dans les cir-
coîillances étoit capable de troubler la fête. Tite-
Livenoi’.s apprend que, parce qu'on avoit reconnu
que pendant le facrifice d'une des_ vidimes le
magilirat de Lanuvium n'avoit point prie Ju-
piter pour le peuple romain , on en fut fi fean-
daüfé, que ia chofe ayant été mife en délibération
dans le fénat, & par le fénat renvoyée au ju-
gement des pontifes , ceux-ci ordonnèrent que
Tes fériés feroient recommencées tout de nouveau,
& que les lanuviens feuls en feroier^_ les frais.
On fait qu'on immoloit plufieurs viciim'es dans
les fériés & qu’il y avoir plufieurs autels fur lef-
quels on immoloit fucceflîvement.
Au relie , fi l’exacfitude devoir être infinie pour
l’exécution, le ferupuie n’aüa pas fi loin pour
le nombre des jours , ou pour mieux dire , on
les augmenta par de nouveaux fcrupules; on crut
qu'au lieu d’ôffenfer les dieux en redoublant les
offrandes qu'on leur faifoit , on fe les rendroit
par ce moyen encore plus favorables. Les férus
'latines dans leurs infiitutions n'étoitnt que djun
feul jour ; on y en ajouta un fécond après l'ex-
pulfion de Tarquin. & un troifième après la^ re-*
coHciliation des plébéiens avec les patnetens : deus
Nnnn
•r
«JO FER
événemens trop intéreffans pour ne pas mériter
les aérions de grâces les plus foleranei.es.
Enfin , long-temps après on ks prolongea juf-
cu’a Quatre jours 5 mais à pailer )uiie, ce qua-
î'rième'journ’étoitqu une addition étrangère, puif-
eue la cérémonie de ce jour ne fe fadoit point
dans le lieu marqué par la loi, & que c'étcit
au capitole & non fur le moi-.t Albain ; cette
fêt' du qu.trieme jour confliroit en courfes de
culdriaes , à la nn defquels le vainqueur rece-
voir'un prix aiîez lingulier 5 on lui donnoit ou
jus aVofinthe à boire; les anciens étant perfuadés,
dit Pline", que la fr.nté eft une des p,lus honora-
bles récor.ipen. JS uU mérite.
Les finis latines , extraordinaires impératives,
étidjiu li rares, que dans toute rhifloire romaine
o’i irien V" uvc que deux exemples; i£ premier
fous la dicl-.tuie de Valérius Publicola, & le fé-
cond fous Q. Oguimus GaiUis , 1 an de
Rome 690 : encore ce fécond exemple nous fj-
roit-ü abfolument inconnu, fi la mémoire ne s’en
étoit confervée d-ns tes tables capitolnscs . Cc
îi'^fl: pas qu’il n arriv ât de temps en temps dans
Pair & dans les autres élémens , cent prodiges
GU! réveiiloient la luperflition , & pour leiqueis
prodiges on faifoit des fupplications extraordi-
naires qui étoient de 'itx'Xt^ies fines ; mais comme
elles fe paffoienr dans Rome, nous ne les comp-
tons point parmi les latines , ou les peuples^voi-
fins s’étoient obligés de fe trouver, & ou ils
«voient droit de participer aux facrifices. Le temps
queduroieut les expiations des autres prodiges étoit
affez borné; un jour fuififoit, & on y employa
rarement un deuxième ou un troifième : cepen-
dant , dans des cas extraordinaires oU- les aruf-
pices jugeoient qu’il étoit b e foin de grandes fup-
plicarons pour dét.'urner le fléau dont on étoit
menacé; alors, foit que les facrifices & les fup-
plications fe fiffent feulement dans la ville & emie
les citoyens , foit qu’il fallût aller fur le mem
d’ Albe & V aopelkr les peuples qui étoient com-
pris dansl’ancien traité, \ts firies étoient im-
inuablement de neuf jours.
On voir préientement que les fériés latines or-
diuairesétoientdunombre de celles qu onnonamoit
indiBs. eu conceptivs., c’eft-à-dire mobiles , parce
qu’on ne les célébroit qu’au jour marqué par ie
conful. On voit aufli qu’on pouffa au plus haut
point le ferubuie fur leur omiffion & leur riiuel,
& eus ce fut même par principe de religion
qu’on étendit leur durée. Nous ajouterons feule-
ment que lorfque ces fêtes vinrent à fe célé-
brer pendant trois ou quatre jours , Rome étoit
prefque défe; te : c’^ll pourquoi , de peur que les
voifins n’entrepnffem alors quÿque choie contre
elle • on créoit un gouverneur dans^ cette ville ,
i'^ileroent pour le temps de la célébration des
fériés ; nous en avons la preuve dans les paroles
FER
d’une lettre qu’Augufte écrivoit à Livïe , aufuîet
de fou fils le jeune libéré, qui fut enfuite em-
pereur. In albanum montem ire eum non ;placet
nobis , aut ejfe Rom& laünarum diebus : cur enim
non prefichur nrbi , fi potefi fratrem fiium fequi
in montem ? Nous ne trouvons pas à propos
» qu’il aille au mont d’Albe, ni qu’il foit à Rome
» pendant les fêtes latines ; car pourquoi ne le
5’ fait-on pas gouverneur de Rome , s’il ell: ca-
5= pable de fuivre fon frère au mont d’Albe pour
33 cette folemnité
On trouvera tous ces faits dans Tite-Live ,
liv. X, dec. V. Denis d’Haücarnaffe Uv IV.
Auiugelle, liv. IX & X. Macrobe , futur . liv. 7,
ck. XV^I. ( Article du chevalier de Jaucourt ).
FERMIER des revenus publics. V . Publicain.
FÉRONIE, Servius (in Æneid VIII, 564)
& d’après fui grand nombre de mythologilles
aifurent que féronie étoit un furnom de Junon ,
& ce fentiment paroît autonfé par une infenp-
tion que Fabr^tti nous a confervée, conçue en
ces termes : Junoni FÉRONIÆ, &c. b^c. d’au-
tres ont penfé que Féror.ie eff la même que Flore;
d’autres enfin difent que ce n’ètoit ni Junon
ni Flore, mais une divinité des latins & des
fabins, qui préfidoit aux fleurs, aux parterres,
aux bois, aux vergers, & qui étoit la pattone
des affranchis.
Si l’on n’efl pas d’accord fur la perfonne de
cette divinité , on ne i’eft pas davantage fur
fon culte, & les anciens même ne font qu’em-
brouiikr les idées fur un fait qui , de leur temps ,
devoir être de notoriété publique. Au pied du
mont Soraéte , dans l’Etrune , étoit un temple
fameux qui, félon Virlile ( Æn. lib. 1 1 , v. 785 ,
& Si!, irai. Iib. 5 ) , étoit confacré à Apollon
dans le bois facré dé ce temple , on faifoit fous
les ans , difent ces poètes , un facrifice folem*
nel à ce dieu pendant lequel certaines perfonnes
marchoient pieds nuds fur des charbons impuné-
ment. Fcyer Hirpes. Mais Strabon nous aflure
que ce temple étoit confacré à la déeffe Féronie ÿ
bt que ceux qü’'el!e infpirpit de fon efprit , pou-
voient marcher pieds nuds, fur des charbons ar-
dens , fans fe brûler & fans rcffcntir aucune
K ccmmodité. Florace dit qu’il a rendu fes hom-
mages. {Sat.lib. I. V.) à Feronîa, près d’Anxur,
aujourd’hui Terracine , en fe lavant le vifage^dc
les mains dans la fontaine facrée qui couloir à cote
de fon temple. Ovide raconte qu'un bois facre
de cette déeffe ayant été confumé par le feu , on
vou'ut tranfporter ailleurs la flarue de la deeffe ;
niais le bois ayant paru aufTi-iôr c .uverr de feuilles ,
on changea de deffein, & on laifia la ftatue ou
elle étoit. Virgile dit que Féronie prend plaint
à demeurer dans des bois agréables , & qu elle
eut un fils appeilé Hérilus. ( Voye^ ce mot )«
T
FER
Denys d’Halicarnaffe , parlant du roi Tujlus
HolliHüs J & de fes guerres contre les fabtns,
d:c que les grecs appetioient Féronie anthépore,
ou porte fleurs , 8c philoitéphane , ou qui aime
les couronnes.
FERRER les bêtes de fomme.
Un paffige qui fe trouve dans le traite de
Xénophon , de re equeflri , & qui enfe'gne les
sr.oyens de donner à l'ongle du cheval une con-
fillance dure & compacte a fait conclure que
la ferrure des bêtes de fomme n’étoit point en
ufage chez les grecs. Appien parle cependart
d’un fer à che-. al dans fon livre de bello mithn-
datico. La conféquence que l’on a tirée du texte
de Xénophon , paroît donc très-hafardée. On
pourroit dbe en effet que Zénophon ne prefcrit
une recette pour durcir & refferrer le fabot^
que dans le cas où les chevaux auroient les
pieds extrêmement mous 8e foioles. Des-iors
celte opmion que les chevaux n’étoient pas/érres-
de fon temps , s’évanouit avec d autant plus oe
raifon 5 que, quoique nous nous fervions nous-
mêmes de topiques aftringens dans de lempiabies
circonftances , il n’en eit pas moins certain que
la ferrure etl en ufaie parmi nous. On ne fait fi
l’ufaae de ferrer httts de fomiyie etoir gc-ne-
ra! chez les romains. Fabie.ti , qui prétend avoir
examiné tous les chevaux repréfentés fur les an-
ciens monumens, fur les colonnes 8t fur les mar-
bres , déclare n’en avoir jamais vu qu un qui
foit ferré. Quant aux mules & aux mulets, nous
ne pouvons avoir aucun doute à cet égard. Sue-
tone. ( 2/2 Nerone , cap. XXX), affure que le
luxe de Néron étoit tel , qu’il ne voyageoit ja-
mais fans avoir à fa fuite mille voitures au rnmns ,
dont les mules etoient ferrées d’argent. Pline
dit que les fers de celles de Poppee , femme de
cet empereur , étoient d or ; 8t CatuUe compare
un homme indoUnt & pareffeux , a une^
dont les fers font retenus dans une boue épaiil^
Br profonde , en forte qu’elle ne peut en fortir.
Or , fi l’ufage de ferrer étoit ordinaire pour^ les
mules, pourquoi ne rauroic-il pas ete relative-
ment aux chevaux, & pourquoi s’élévercit-on
contre ceux qui feroient remorter cette opera-
tion jufqu’à des fiecîes tres-recules ?
Fabretti a cru ant-què le pied ferre d un che-
val que l’on voit au palais Mattel à Rome fur
un bas-relief qui repréfente une chaffe de I em-
pereur Gallien. Mais Winckelmann foutient que
cette jambe de cheval eft une reftauration mo-_
derne. Scaliger fe fondant fur le mot folea , qui
exprime dans' Catulle les /ers- des mulets , & fur
celai d’oVo'hî^o» qui exprime les fers des che-
vaux dans Appien , croit qu’on lioit ces fers aux
pieds 3 8t C|U^on ne les ciouoit pss coniîRC le piâ"
tiquent les modernes-
FER J
FERTILITÉ des terres comiues des aticiens.
Cet article efi; tiré delà Métrologie de M- PauCton.
=3 Si la Béotie ne produifoit pas de bled en
grande quantité, au moins avoit-elle i aiantage
( Phne XVIII, c. VII.l de pro iir.re le plus beau,
le plus péfant qui fût connu des anciens =>■
3, La Thrace étoit un pays très-iencmmé pour
l’abondance du bled. La Cherfonnefe en pro-
duifoit beaucoup. Démoliher.e r.O'.s apprend
( in orat. cont. Icpt. p. yqé , id. in Pkorm. p.c)j^6\
que la ville d’Athènes tnoit tous les ans de By-
zance feule , quatre cents mille med mnes de blea
qui valent 1 1 éyoo fetiers , mefure de Pans ; c é-
toit la fubfiftarxe annueile pour 46680 hommes ,
à trente boiîTeaux par tète. Mais les Athéniens
n’étoient pas les feuls fans doute qui tir.'iTcnt des
bleds de ce pays. Varron {de re rujl. lib. i , c.
XLVII) écrit, furie témoignage d’autrui, que
les terres de la ville d’Olyntne font retbiblcs , Se
qu’on les enfemence tous les ans , en ob&rvant
cependant qu’on ne les mettoit en bied que de
trois ans en trois ans; les deux années fuivantes
on ne leur faifoit produire que de menus grains.
Je ne ferois -pas même éloigne de croire ^que le
mot de Sithorùe , qui étoit le nom du lérntoire
d’OIynrbe, ne dût s'écrire Sitozitr , comme venant
du m.ot grec fitos , qui fignihe^ du froment , quoi-
que des étvmoiogilbes le dérivent du uom du
mont Sithon , qui peut avoir aull'i la mente ori-
gine. Philippe Ciuvier , dans Ion iniroduéfion
à la géographie , prétend que les^ grecs & les
romains ont appelles grenier de Ceres , la N œfie,
aujourd’hui la’ Servie, fituée entre lalhra<.e 8c
le Danube, mais il fe trompe j ces arciens ont
prétendu appliquer cet éloge à la Mifie, pr^
vînee ds KAïÎc rnineure y qui comprenoit cufli
la Troade 8c i’Eolide. Les vabées de la Myfie,
au pied du mont Ida , dont la face qui regar-
doit les plaines vers le midi, s’appelloit Gargara,
étoient très- fertiles , comme ces deux vers de
Virgile ( Géorg. I. ) en font foi ;
jpiuUo tantum fe Myfa cultu
JaSat , & tpfafuas mitanmr Gargara mejfes^
Tout ce pays produ foi: d’abondantes récoltes,
auffi bien que les plaines de Sardes , des b< rds
de i'Hermus St du Caïftre en Lydie, comme
on le voit dans Strabon ho. XTlî , p. 43^
Les moifTons étoient fi prodigieuf s , que Icrf-
qu’on vouloic défignerun nombre infiniment grand,
les poètes tiroient leur con paraiibn des grains
de bled qui naiffoient dans la M . fie , &: des
grains de raifin qui croiffoient cirrs 1 ifle de Lef-
bos , qui en elï voifine , St où eft la v lie de
Méthymne ; c’eft ce qu’on voit dans Ovide, ^ho. I,
de Arte amandi).
Gargara quot fegetes , quoi habet Methymnaracemos f
Æauore quot pifees , fronde tegumur ares.
N an n
6'5'2 FER
jLe vin ds Lesbos étoît fort célébré parmi
les anciens , ce qui iai.t dire à Sdius Itancus ,
( iiè. VU).
Ac Methymna. ferax îatlis ccjfere faternis.
5j> L’ifle de Cy pre éà fertile en raifins & en olives ;
« elle ne tire point de froment d^aülcurs
Les grecs ont beaucoup vanté les bleds de
la province du Pont; mais j ditpbne ( lib. VIII ^
c. VII), ils ne furent pas connus en Italie j
c'eft de la ville de Cérafonte que nous font venues
les cetifes ; c'eiL LueuÜus qui les apporta en
Italie. La Méfopotamie eil Cin’xutiérsrr.cntfirtiiifée
par l’Euphrate J qui, fe débordant ^ y charrie
tous les ans un limon gras, qu! en couvre les plaines
■ & en fait comme des terres neuves ».
L'Aiménie produit des aromates , & prin-
cipalement de l'amome j c’eft de ce pays que
les abricotiers, appeüés en latin anmniaeœ , ont
été tranfpiantés en Europe ».
L’Hyrcanie , fuivar.t le témoignage de Stra-
bon , étoît très-peuplée. Sa fertilité pafToit pour
un prodige. Un féal pied de vigne y rendoit un
métrétès de vin, c’eii- à-dire, trente-cinq pintes ,
mefure de Paris ; un figuier produifoit foixante
ώdimnes de figues , ou deux cents dix boiffeaux
deParis. Les terres s’y trouvcîentenfemencéesdes
grains qui tombeient des épis lors de la récolte. Les
abeilles y étabiiffent leurs magafins fur les arbres,
& y dépofent leurs rayons & leur miel qui y
découle far les feuilles. La mê.me chofe arrive
dans la Matiane de Médie, dans la Sacafene &
PAraxene en Arménie 33.
33 L’Afie produit d’excellent vin, qui fe garde
durant trois générations , quoiqu’on le ferre dans
des vafes non enduits de poix 33.
33 Anîiochus Soter ayant vu les terres de la
Margiane, tut fi étonné de leur fertilité , qu’il
les fit cirtonferire d’un mur circulaire de oriinze
cens fis des , au milieu duquel il fit bâtir une
'ville qu’il appellî A.ntîoche de fo3 nom. Ce pays
abonde également en 'tms. On y rencontre fouvent
des pied.s de vignes dont le tronc ’eft -fi gros,
que deux hommes ont de h peine à l’embraifer.
Pline parle aufTi .avec éloge ( lib. VI cap. XVI)
de la beauté & de la bonté des terres de la
Margiane , & des autres cantons voifins des
portes Cafpiennes. La -Baéîtisne eîi également
fertile en tout, excepté en olives 33.
33 Dans l’Albanie , aip’ouri’hui le Chirvan &
Dageftan , près & à l’occident de la mer Cal-
pienne , les ..rbres font toujours verds ; la terre
y ptf duit fa.ns eufiure tout ce qui eft néce'Taire
à la vie. La femence du bled rend cinquante
j)our un, &J’cn fait ia récoke jufq-a’à deux ou
trois fois. Le terrein eft tendre & 'meuble , 6e
Pw E R
01? le laboure avec -une charrue de bois far.s
Il y a d’exceliens pâturages. On n’v bêche ja-
mais la Vigne, Se on ne_ la taille tous les
Cinq ans ; les nouvelles vignes portent du fruit
des la fcconde année ».
_ 33 Le Bofphore cimmérien eft environné à l’o-
rient .& à l’occident de rerreins fertiles ; mais
quoiqu’il ne foit firué eue par quarante-cî.nq de-
grés de ianfude; "hiver y eft rigoureux ; & Srra-
Don nous apprend que les habitans couvrent de
terre ies vignes , durant cette .faifon . pour les
garantir de la gelée. On lit dans Quinte-Curce
( lib. VU. cap. III. ) que les paropamilladiens ,
peu-ples fitiîés entre ia Baétriane & l’Arachofie ,
par environ trente-cinq degrés de latitude , pra-
tiqiioient la même méthode 33.
« Les terres de la Cherfonnèfe Taurique, au-
jourd'hui laCnmte, produiroient ( Strab. ïib. VII,
pag. ZI f. ) trente pour un de femence ; e;ies font
égaiemenc fertiles ëc faciles à cultiver par-tout ;
U n’e;] fiat excepter que la chaîne des monta-
gnes , qui s’étend depuis le promontoire de Crin-
Métopon, jufqu’à ia ville de Théedofie. Cette
: prefqu’iile peut contenir cinq millions d’arpens.
Ayant égard à la laiitude du pais, on trouve
hui: boiiieaux de .'err.ence par arpent ; sinfi un
arpent de bled fournira la fub'Mance à 8 hommes:
enferte que fuppo.^ant un million d’arpens feule-
ment de l’étendue totak en culture de froment,
la population de la Taurique pourra être de huit
millions d’hommes. Les habitans de ce pays ayant
été obligés de fecouer le joug des barbares ,
qui vouloient leur impofer un tribut exorbitant,
fe mirent fous la proteétion de Mithridate Eupa-
ter-, a qui ils payoie.nt , chaque année, deux
ce.nts talens d’argent ( i,2CO,coo Jiv. ) & cent
miiie fept cents médimnes de bled (29,380 fétiers ).
Les grecs en tiro eut beaucoup de falaifons de
poîlfon & du bled. Leucon envoya une fois de
rhéodoiîe aux athéniens jufcu’à cent cinquante'
mihe médimnes ce froment ( 45,760 fétie'S ) 33.
33 L’Illyrie eft _/èm/e en grains; les vignes & les
oliviers y réuftdîent parfaitement bien , iî on
excepte quelques cantons tout-â-fait impropres
à la culture33.
, 33 Héron d’Alexandrie nous apprend qu’en
Egypte on enfemençoit un modios , ou une aroure
de terre, avec un modios de bled. Dans ce pays
& dans rA-.fie , les mefares de fuperfiefés , autre-
ment les mefures géodttiques , ou grorratiques ,
étoient appropriées à des mefures folides , ou de
capacité, qui régloient Ja quantité de femence,
fuit de bled , foit n’orge , qu’il étoit ccnvenable
de leur confier- Chez les juifs , l’étendue de ter-
rein, zppt'lé betkcor , confommoit un cor ou coros
de bled ou d’orge; le bethiethec-, un lethec de
.bled ; le modios de terre ou l’aroure, un modios
oa faton de bled, 6ec. Les peuples de la Grèce
FER
lîîcîto’ent us médimne de fenience par méÆmne .
di Terre
■« On sème quatre modius de fèves par jugère ,
dit Varron ( de re rnftic. lïh. I. ccp. XlJV^
cinq de froment ^ fix d'orge ^ dix ce riz ; ma;s
dans quelques îieux , on en met tentô: pies ;
tantôt moins : fi. le terroir eit graSj on en mer ;
plus ; s'il eft maigre , on en met moins ( )e penie
que c’cft le contraire ) ; c'elî pourquoi vous obfer-
veiez quelle eli la quantité de femence cu'ot: a
coutume d'employer dans le pays que vous habitez,
afin de vous y conforrnein Dans quelques endroits
la terre rend dix pour un en d'autres quinze ,
comme en Étrurie( enTofcane), & en quelques
cantons de riralie. On dit que d-ans !e territoire
de Sybaiis ( partie delà Calabre, fituée au rond
du golfe de Tarente ), ’a terre rend ordinaire-
ment cent pour un ; que dans la Syrie aux envi-
rons de Garada ( ou peut-être Gadara , ^ians i an-
cienne Baranée, au midi du larde Généfaret),
& dans les camp.ignes de Bj'zacium en Âtrique
■( au fond de la pet'te Syrte , ou goite des Cabes,
dins le royaume de Tunis), la terre produit
egalement cent pour un de lemence. Les diffe-
• rences dans la nature des terres eu apportent
auflî dans la quantité de la femence. Il y a des
terres neuves , ou qui n'ont pas encore été en
culture; il y en a de reftibles, ou qa'on enfe-
mence tous ies ans; il y en a d'autres qu'on
laiiTe en jachères , pour les faire repofer une ou
deux années. Les terres font refiibles dans le
territoire d'Oîynthe ( aujourd’hui Agiomama ,
au fond du golfe dé Caiiandre , & près de celui
de Salonique , dans le R.omüii ) ; mais de manière
que la première année on leur fait produire du
froment , & des menus grains les deux autres
fuivantes. Il faut, ajoute Varron, piailler repofer
les terres de deux"aniiées une , ou les-enfemencer
la fécondé année de quelques menus grains , qui
les épuifent moins que le froment».
et Un jugère de terre gra.fie, dit Cclumelle
( üb. II. cap. IX.:) , doit être enfemencé pour
l’ordinaire de quatre modius de b!eJ ; dans une
terre médiocre , il en faut cinq. Dans une Donne
terre, il faut neuf modius de riz , & dix dans
une terre médiocre ; car , quoique^ les auteurs ne
Dient point d’accord fur la quantité de la fe.mence,
c-epeiKiant i’ufage &l'expérience nous ont appris
que ceüe-c! étmt la plus convenabje. S'il fe ren-
controit quelqu’un qui balançât à s'y conformer ,
il pourroit fuivre la coutume de ceux qui sèment
cinq modius de bled & huit de riz dans un jugère
de bonne terre , & qui penfent qa'ii en faut la
même cuaiifté dans ies fonds de médiocre qua-
lité. D’ailleurs , nous ne nous fommes pas pro-
pofe d'ebrerver firidlement la règle que nous ve-
nons d'établir, d’autant que la quantité de la
femence doit varier comme la ccnlîituuo.n des
îiéux J la température des faifons , & la difpo.fi-
F E R 5^3
tien du ciel. La ccniiitunon des iieux , comn e
IciiGu’i! s'agit ü’enfemencer u.ne plaine ou une
colline, dans ces deux cas ies terres peuvent
être graues , ou rrédiocres , ou maigres. La tem-
péraîare des laifor-s, comme ji.nqu’ii s’agit de
femer dans rautom.ne ou au corrauencement cia
printemps : dans l'automne il faut moins de fc-
menc'-e , il en faut davantage au printemps. La
difpofition du ciel, comme lorfqii’ii tait de la
pluie, ou qu'il fait fec ; car, quand le temps
efi pluvieux , il faut femer p'us clair ; S: quand
ii efl fec, il taut.femer plus dru. Tcb: bled baibu
fe plaît far-îoat dans une terre c.i plaine décou-
verte, expoféeaux rayons dufoleil, & bien'ameu-
blie : car, quoique les collines produifenc fouvent
un grain vigoureux , elles rendent cependant moins
de bled. Une tcrie forte, crayeufe & humide'
de fa nature , efi: propre à recevoir le bled nort'
barbu &: ie riz ; il faut pour c-es gr?.ins une terre
très - fertile , bien iabo'orée , & lepoiee de
deux années une : ces grains ne craignent ni les
pluies continues , ni les beux humides & maré-
cageux. L'orge , au contraii'e , ne vient que dans
im terroir meuble , fec & de médiocre qiia ité :
fi la terre elt très-grafie , ou fi elieefr très-mugre., j
il y périt également; il ne réuilit pas mie-ux dans
un e.ndroit ha.Tiide Se marécageux. Or , par rap-
port aux ceux fortes de bleds, le barbu &: le
non-barbu , fi la tene efi un peu crayeufe &
naturellemenr humiie , ii faut plus de cinq modiirs
de femence; mais ii elle eft sèche & meuble,
foit qu'elle foit graife , foit qu'elle foit maigre^
il ne faut que quatre modius ; car dans ce cas la
terre maigre veut autant de femence que la terre
graife ; fans cela , l'épi feroiî mince & infécond-i;
mais lorfqiie le grain s'elt multiplié en _pouîTanc
plufieurs tiges , alors le bled fe trouve afiez garnL
Nous ne devons pas ignorer encore, qu un champ
planté d'arbrilfeaux , doit confommer une ciit-
qaième partie de femence de plus qu'un champ
ciécouvirc & en plein air. Se nous entendo'is
toujours parler de la femence d automne , car
c’eft celle que nous eftimons la meilleure. Mais
i! V en a une autre occafionnée par la cécefilté;;
c'elf celleque lès laboureurs appellent des trlmejires-t
elle eft de reffource dans les pays froids Se fujets
à iaheiae, eù l'été eft hurrdde & faas chaleurs-
II eft tres-rare que ia récolte de ces grains fqit
abondante. Cette femail^e doit être achevée de
bonne heure, & toujours avant l'équinoxe du
printemps ; & a-otant que la conftitution des lieux
& ia température de l'air peuverit le permettre,,
il faudra -l'avancer : de cette manière elle réulfira
mieux; car il ne faut pas s'imaginer cu’ii y arc
aiicune femence qui foit trimeftre de .fa nature,
(^ojxrme pl'iiiieurs 1 ont cru. fL.out grain feme en
automne vient toujours mieux; cependaiit ii va
certaines fortes de grains qu: réfiftent mieux a'Oic
chaleurs du printem'ps , comme ie bled fans baroe,
l'orge Galàïique , le riz ordinaire , & la ieve
FER
Marfique ; car , pour les autres frotnens d une
complexion plus forte ^ ils do;venî toujours être
femés avant Thiver dans les régions tempérées».
cc II fuiSt , dit P'me ( lih. XF'III. cap. XXIX .
de fetner par jugère, dans un climat tempéré,
cinq modios de bled barbu , ou fans barbe , dix
mo jios de riz d'hiver , ou de nz trimeftre , lix
modios d'orge ou d'oroba , fix modios de fèves,
douze de vefce, trois de po:s chiches, de geffe,
de pois communs ou de lentilles , dix de lupins ,
fîx de fénu grec , quatre de haricots ou févetoles,
^ngt de foin, quatre fétiers de rriiilet ou de
panis. li faut plus de femence dans une terre
gralfe ; il en faut moins durs une terre maigre.
On fait encore une autre d'ftir.ction : dans une
terre forte, crayeufe Sc d'une nature humide, il
faut fix modios de bled , fait barbu , foit fans
barbe ; il n'en faut que quatre dans une terre
mcubie & légère, découverte, sèche & fertile.
Lorfque le bled n'elf pas femé clair dans une
terre maigre , l'épi ell mince & fans grain; mais
dans une terre gralfe, le bled talle, & d'un feul
grain, il pouffe plulîeurs tiges, d'où il arrive ,
que d'une petite quantité de fcmence on récolte
une abondante modfon ; c'efi pour cela qu'il y
a des perfonnes qui veulent que pour enfemencer
un iugère , on emploie entre quatre & fix modios
de bled J fuivant la qualité du terroir; d'autres,
en plus grand nombre, prefcrivent qu'on n'en
sème pas moins de cinq modios, foit que la terre
foit gralfe ou maigre, foit qu'elle foit en plaine ,
eu fur le penchant d'un côtesu».
cc Dans le pays des léontins en Sicile, on sème
ordinairement , dit Cicéron ^ in frumentaria ) ,
environ un médimne de bled par jugère. Lorfque
la terre rend huit pour un , on fe trouve bien
partagé : fi elle rend dix qutlguefo’is , c’eft q>ar
une faveur fpéciale des dieux ». Xoye:^ Aprique ,
Athènes, Babylonie, Egypte, Gaules,
Grèce , Italie, Judée, Laconie, Sicile.
FERTORIUM , ou fertoria Jc/èz , chaife por-
tative, fauteuil garni de brancards.
FERTUM ou Fsrctum , efpècç de gâteau que
l'on olfroit à Jupiter dans les facrifices. ( Cato
de re rnfiie. c. ijy- )
FERULE. Proméîhée vola le feu du ciel , '
l'emporta dans une férule , & apprit aux hommes
à le conferver dans les tiges de cette plante. La
tige de Is. férule , que les grecs nommo^ent Nartex,
eft haute de cinq à fix pieds, fon écorce eft aifez
dure , 8c le dedans eft rempli d’une efpèce de
moë'îe, que le feu neconfumeque très-lentemer.r.
Dio jore dit que Bacchus , l’un des plus grands
lég llareurs de l’antiquité, ordonna aux premiers
hommes qui burent du vin, de fe feivir de cannes
ào férule , parce que fcuveiit J dans la chaleur du
F E S
rtn , ils fe caflbient la tète avec des bâtons ord-'-
naires, au-!ieu que les tiges ic férulè font alfc'z
fortes pour fervir d’appui, mais trop légères
pour bieffer ceux que l'on en frapperoit.
Fiine dit que les ânes aiment fort Rs férules •
mats qu elles font un puifon pour toute autre
bète de charge; & que pour cette rarfon des ânes
furent confatrés à Bacchus, à qui \os férules éout
dédiées. Comme !e boiS de ia férule eit trèc-ieger
&; néanmoins ferme, L ine oit { lih. XUl"cap\
XXIl. ) , que les vieillards s’en fervoisnt ordt-
nairtment pour bâton. On en faifoit un attribut
de P.uton , apparem ment dit Triftan , parce qu’il
co'îduit les morts, ou parce qu'd étoit toujours
repréfenté fous la figuie d'un vieillard.
Ce mot ferula vient, à ce rue l’cn prétend,
de ferire , frapper : car anciennement on châtioic
les enfans avec les tiges de ces .ortes de plantes.
La férule , dans le bas-empire, étoit le feeptre
des empereurs ; comme on peut le remarquer
fur les médailles. C'eft une tige alfez haute, dont
le haut eft plat & carré- L'ufage en eft fort
ancien parmiies grecs , qui appelioient leurs princes
c'eft-à-dire, porte-férules.
FESCENNINS (verj) fefcennlnî verfus , vers
libres & grolîiers qu'on cha.itoit à Rome dans les
fêtes , dans les divertilfemens ordinaires , Seprin-
cipaiement dans les noces.
Les vers fefeenins ou fatumins ( car on leur a
donné cette fécondé épithète ) , étoient rudes ,
fans aucune mefure jufte , & tenoient plus de R
prr.fe cadencée que des vers , comme étant nés
fur le champ 8c faits pour un peuple encore fau-
vage , qui ne connoiflbit d’autres maîtres que la
jjie 8c les vapeurs du vin. Ces vers e'roient fou-
vent remplis de railleries grolfières , & accompa-
gnés de poftures libres & de danfes deshonnê-
:es. On n'a qu'à fe repréfenter des payfans qui
danfent lourdement , qui fe raillent par des im-
promptus ruftiques ; 8c dans ces momens , où
ai ec une malignité naturelle à l’homme &de plus
aiguifée par le vin , on les voit fe reprocher tour-
à-toiir tout ce qu’ils favent les uns des autres :
c’eft ce qu 'Horace nous apprend dans une épître
qu'il adrelfe à Augufte :
Fefcennina per hune inventa licentia morem
Verjlbus altemis, opprohria rujiica fudit.
(^Epifl. I. lih. 11. V. 14 J- )
Les vers libres & obfcènes prirent le nom de
fefeennins , parce cu'ils furent inventés par les ha-
bitans de Fefcennie , ville de Tofeane , dont les
ruines fe voyoienc encore à un bon quart de lieue-
de Galèfe.
F E s
Les peuples de Fefcennie accompagnoient leurs
fêtes & leurs réjouiifa.xês publiques, de repré-
fe rtations champêtres où des baladins déclamoier.t
des efpèces de vers fort groflîers , & faifoietrt
mille boafibnneries dans le même goHt. Ls gar-
doient encore moins de raefures dans la célébra-
tion des noces , où ils ne rougiîfoient point de
falir leurs poélies par la licence des expreîfions :
c'ait delà que les îacins ont Ht , fefcennina licen-
tia , & fifcennina locutio , pour marquer princi-
palement les vers fales & deshonnêtes que l'on
chancoit aux noces.
Ces fortes de vers parurent fur le théâtre , &
tinrent -l eu aux Romains de drame régulier pen-
dant près c’e hx vingt ans. La fatvre mordante à
laquelle on les employa , les décrédita encore plus
que leur groiriéreté primitive ; & pour lors ils
devinrent vraiment redoutables. On rapporte
qii'Auguile , pendant le triumvirat , ht des vers
fifcenrâns contre Poilion , mais que celui ci , avec
tout l'efprit propre pour y bien répondre, eut
la prudente de n'en rien ra re ; parce que difoit
il , il y avoir trop à rifquer d écrire contre un
homme qui pouvoir profciire. »
Enfin Catulle voyant eue les vers fefeennins
employés pour la fatyre croient proferits par
l'autorité publique, & que leur groffiéreté dans
les épithalames n'étoit plus du goût de fon fiècle ,
les perfeêfionna , & les châtia, en apparence
du côté de l'expreffion : mais s'il les rend t plus
chaftes par le ftyle, en proferi vain les termes grof-
Sers , iis ne furent, pas moins obfcènes pour le
fens , & bien plus dangereux pour les mœurs.
( Chevalier de Jeauc&urt. )
FESSONIA , ou FESSORiA, Déefle qui pré-
fidoit au repos que procuroit l'éloignement des
ennemis , après les farigues qu’ils avoient don-
nées. Les gers de guerre l'invoquoient fouvent
dans les travaux de leur metier. Son nom vient
du mot latin fejfas , las. St. Auguftin en parle
dans la cité de Dieu. ( liv. iv. ch. zx.)
FESTINS facrés, ou feftins de religion. C'é-
toient des feftins qui n'étoient que pour les dieux ,
& fur- tout pour Jupiter , Apollon , Latone ,
Diane, Hercule, Mercure & Neptune. On fer-
voit à ces dieux un repas magnifique dans leurs
temoles en certaines occafions , aux dépens du
public , Sc leurs prêtres en profitoient. Koye:^
Lectisterkes- Il y avoir un Dieu pour préfi-
der aux feîlins. f^-oyei CoMUS.
F.ES TUCA , baguette du préteur, avec laquelle
il fiifoi'' toucher, par fon liéteur , l'efclave qu'il
voaioit affrinchir. Les grecs l’appe'loient x.âfÇos.
{Fluut. Mil. IK. 1 15. )
£an’ ingenua, an ftfmca faSa è ferva libéra eftl
F E T 6$^
FÊTES : les Grecs , ies P^omains , les Egvp-
tiens & les autres peuples , avoient un très-
grand nombre fèces qui faifoient partie de
leur religion.
Nous ne ferons ici que les nommer j on en
trouvera l’explication dans leurs articles parti-
culiers.
Numa partagea les jours de l'année en fcfd
profefti , & inzercifi : les premiers étoient confa-
cres aux dieux ; les féconds étoieiit accordés aux
hommes pour s'acuer à leurs atraires , & les der-
niers étoient partagés entre ies uieux & les hox-
mes.
Les jours de fêtes, aies fefti , étoient encore
divifés , fuivant Macrobe , ( Saturn. c. X'v'I. )
en facnfices , epula ou banquets , ludi ou jeux,
& feris. , fériés. Voye'^ Feries. Les dits pro-
fefti étoient partagés en fafti , comitiales , com-
perendini , fafti , & pr&liares. Voyez^ AnNAlES ,
Fastes , tk.c.
Les jours de fêtes on ne rendort point la jüf-
tice , c’eil-à-dire que les tribunaux étoient fer-
més ; ii négoce & le travail des mains cefloit,
& ie peuple ies paffoit en réjouiflance. On of-
froit des facrifices ; on faifoit des feftins , &
l’on célébroit des jeux. Il y avoir des fêtes fixes ,
appellées annales ou ftativi , & de mobiles. Les
premières fêtes chez les grecs avoient été ces
afiemblées folemnelles de toute la nation où l'on
célébroit des jeux , comme les olympiques , les
pythiens , les ifthmiens , & les néméens. A l'imi-
tation des grecs les romains donnoient les jours
de fêtes des jeux , ou dans le cirque , ludi cir-
cenfes, ou des fpeftacles fur le théâtre, ludi feenini;
c'étoit aux dépens de i'etat pour l'ordiiiah-'c , &
le foin en rouloit fur les principaux magiftrats ,
qui dans certaines occafions en faifoient eux-mê-
rnes ies frais. Parmi les fêtes , ii y en avoir de
fixes çui revenoient tous les mois comme ies
néoménies chez 'es grecs , c’eft-â-dire , les jours
de ia nouvelle lune ; c'étoient chez ies latins les
calendes , ou le premier jour du mois. Les nones
fe célébroient le 5 ou le 7 du mois , & les ides
le î 3 ou le I f. Ces fêtes étoient ccnfacrées à Ju-
piter & à Junon.
Sans entrer ici dans un détail inutile du nom
& des cérémonies propres à chacune des fêtes
qu’on trouvera dans ce diclionnaire chacunes à
' leur article , qu’il nous fuffife de remarquer que
ces fêtes paroifta-.t à la vérité occuper h plus con-
fidéraÿe partie de l'année , il ne faut cependant
pas s'imaginer que tous les jours fuffent employés
en folemnités qui empêchaffent perfonne de tra-
vailler , ou de vaquer à fes affaires. De ces fêtes
un très-petit nombre obiigeoit généralet^nt tout
le monde ; la plupart des autres n'étoient , s’il
eft permis de s’exprimer ainiî , que des dévo-
F E T
îions- pattictiiîèi'eî affectées à certaines comsnii-
na-cés ou fociétés ^ tantôt aux prêtres de Jupiter ,
îautôt à ceux de Mars , un jour aux facrifica-
teurs de Minerve , un autre aux veilaies ; ainfî
le public n'y étoit pas régul èreminc obligé ; dans
la plupart , on ne s'abstenôit m de travailler ni
<ie rendre la julbce dans les tribunaux; S: Jules
Capitolin remarque que l'empereur Antonin régla
qu'ii-y auroit trois cents trente jours dans l'année
où l'on pourroit vaquer librement à fes affaires :
en forte qu'il n'en reftoit plus que trente-cinq
qui fuiïent univerfelknient fêtés.
II y avoir outre cela des fétss qui ne revenoient
qu' après un certain nombre d'armées révolues ,
comme les jeux capitolins qui ne fe cclébroient
que tous les cinq ans , les jeux féculaires qu'on
ne renouveiloit qu'au bout de cent ans ^ & d'au-
tres_/?rcà qui recommençoienttous leseix;, vingt,
ou trente ans , & qui étoient généraiement ob-
fervées. f Ckevalhr de Jaucourt. )
FÊTES des Egyptiens : ils avoient pluiieurs
grandes fêtes qui les afîembioient. Les hifeoriens
en ont remarqué fix principales ; la première célé-
brée à Bubaite , en l’honneur «le Diane ; la fécon-
dé à Buiîris , en l'honneur d'Iîîs ; la troifième à
Sais , en l'honneur de Minerve ; la quatrième à
Héliopolis, c'étoit la fête du foieil ; la cinquième
à Butis , droit pour Latone ; & la fixième à Pa-
prémis , en l'honneur de Mars.
Ces fêtes étoient fixées au renouvellement de
chaque farfon pour honorer le foieil , aux pleines
St aux nouvelies lunes pour honorer Ifis.
FETES des Grecs ; les noms des principales
font , Achilées , Aciiaques , Adonies , Agra-
nies, Agraulies, Agraunies , Agrianies , Agrc-
tères, Ajaxties, Alchathées, Alces, Aiies, Aioés,
Ambrofies J Amphiatées, Anacalypréries , Ana-
cées , Anaclétéries , Anagogtes , Androgénies ,
Anthephories , Antinoïes , Apaturies , Aphro-
difies, Apobomies, Apoiîonies, Ararées, Adria-
nées , Arréphories , Arthémifies , ATclépies , Af-
colies , Bendidies , Boëdromies , Boréafmes , Bra-
fidées J Buphor.ies , Cabiries , Calaoidies , Cal-
lyntéries, Caüyftes, Carnées , Caria , Cérami-
eia, Chalcies , Chaiciæcies , Chaonies, Charües,
Charifies, Gharmofines -Chiroponies , Chitonies,
Chloies , Chtonies , Ciiïbromies , Choës , ou
Choü , Chytras , Cladeuréries , Connidies ,
Corées , Corybantiques , Cotyties , Cronies ,
Cybernéiies , Cynophontis , Daidies , Dédales ,
Dauh's , Daphnéphories , Delphinies , Délies ,
Demétries, DiamaRigofe , Diafies , Diftynnies ,
Diipolies , Diociies , Dionyfies , ou.Dionyfiaques,
Dryopies , Eife^éries , Eedufies , Eiaphéboües , .
Elénophories , Eleufinies , Eleuthéries , Ematu-
ries, Emploeies, Encénies, Epries , Epheftriss ,
F E T
Epidauries > Epithricadies , Epiciidies , Epicré-
nts , Epifcaphits , EpUcciîes , Ergaties , Èroti-
dies^, Euuiéiîîdies, Exîihéries , Galaxies, Galin-
thiadies , Gamehes , Gér-tfuts , Géroarries , Hé-
caleîîcs , Hécatéfies , Hécatombées , Hccatotn-
phonies , Héraclées , Ht rccs ^ i-i£tmc£s , Fierti-
ces , Hépbeities , Horces , Hyacinthées , Hy-
brùt.'qaes , Eiydraphories , Hvitéries , Ithomées,
Inadues, Idées, lichémies, Ifée.s, Lagénophories ,
fêtes des Lmpes, Lampcéries, Lapfcnes , Lénées,
Léonidées , Léotitiques , Lernées , Limnatidies ,
Ltnées , Lithebolies , Ly'cées , Lyciirgies , Mé-
mactérics , Ménalipp'es , Ménélates , Métagit-
nies , Myniées , îilynichiées , Matées , Myfies ,
Néiéidies , Nécifies , Néméfées , Néoprolémée^,
Nephilies J Neftées, iNéoménies ,oü Numénies ,
OèVidtérie , Olyrapies , Gmopagies , Oncefiies ,
Ofehophories , Panathénée«, Pambéethes, Pam-
b:es , Panheliénies , Panionies , Paufanies , Pé-
lopies , Péiories , Phagéfies , ou Phagéiipofies ,
Phamaftries , l'hétéphalties , Phofphories, Plyn-
téries , Poiiées , Pofidonies , Proarofîes , Pro-
méthées , Proréiiolées , Protigées , Pyanepfîes ,
Pythies , Sabafies , Saronies , Scieries , Scues ,
Sifachtinies , Sporties , Sténies , Srophies , Stym-
phaües , Syrmées , Syftéiies , Tauries , l'au-
ropol.'es , Thalyfies , Thargélies , Théænies ,
Théogamies , Théophanîes, 'Ihéoxénies^ Térap-
natidies, Therteries, Tefmophorjes , Ihéfées,
Thyes , Thylles, Tynnées , Trtanies , iithé-
nsdies , Tiépolémies, Tonies , Toxartdies , Tri-
claties , Triéte'riques Tmeyes , Triopies , Tti-
topatériés, Trophanies , iyrbe.
FÊTES des Romains. Les noms des principa-
les font Agonales , Angé'ronales , Apollinaires,
Armilurtre , Bacchanaks , Cariflhies , Carmenta-
les , Céréales , Compitales , Confualcs , Crapo-
tines , Eqiiiries , Faunales , Férales , Fontinaîes ,
Fordicales , ou Fordicidies , Fornacales j Furi-
nales , Hilaries , Latines , ou I atiar , Laitrea-
tales , ou Larentales , Lémurales , eu Lému-
ries , Libérales , Lucaries Luperca'es , Maju-
mes , "Matrales , Matronaies , Lléridinanaies
Mégaléfies , Opalies , PoürPs , PopuliEg'-fis ,,
Quinquatries , ou Quinquatres , Quirinales , Ré-
gifüges , Robigaies , Rornanenfes , Suturnajes ,
Septimontium , Terminales, Tubiiuftres , Vina-
!es , Vortumnaies , ou Vertumnales , & Vulca-
naies.
FEU , le culte du feu. fuivir de près celui qu on
rendit au foieil , par qui i’idolatrie a commence
dans le monde : comme le feu paffoir pour le
plus noble des élémens , & une vive image du
foieil , toutes les nations fe font accordées à 1 a-
dorer. Chez les chaîdéens la ville d’Ür fut ainu
appellée à caufe qu'on y adoroit le feu. Mais le lieu
du monde où i’on révéroit davantage cet éiC-
naeîK , étoit la Perfe. Il y avoir des enclos fer-
I
F Ê Ü
Sîés àti murailles & fans toit , où t^dn faifoit ,
aflidument du feu . & où le peuple dévot veno:t |
en foule a certaines) heures pour prier. Les per- j
ibnnes qualifiées fe rainoienr , en y jettant avec
profufio.i des elTences précieufes , & des fleurs
odorirérantes , ce qu'elles regardoient comme un
des plus beaux droits de la nobleffe. Ces enclos.
Ou ces temples découverts , ont été connus des
Grecs, fous le nom deFyrem , ou Pyrateïa. ,• les
voyageurs modernes en parient auflî comme des
plus anciens monumens de f idolâtrie du feu. Quand
les Perfes favoient un de leurs rois près de mou-
rir , ils éteignoient le feu dans toutes les villes
principales; Se ^pour le rallumer , il falloir que
fon fuccefîeur fût couronné. On s'ima^inoit que
ie feu avoir été apporté du ciel , Se rais fur
premier temple que Zoroaftre avoir
bâti dans l.i ville de Xis , en îvlédie. On n'y
jettoir rien de gras ni d'impur , on n’ofo.t pas
pas même le regarder fixement. Pour en impo-
fer davantage , les prêtres toujours fourb s &
impofteu s , entretenoient ce feu fecrettemeat ,
& failoient accroire au peuple qu'il étoic inalté-
jrabie, & fe nourrilToit de lui-même.
Cette erreur avoir aulTi lieu à Athènes , dans
le temple de Minerve , à Delphes dans celui d'A-
pollon , & à Rome dans celui de Vefta. Car
les Romains , qui adoptèrent les idolâtries les
plus groflîères , n'oublièrent pas cellesîii feu.
V'. Vesta. Pourquoi ne voyoit-onjautrefoîs aucun
facnfice , ni aucune cérémonie religieufe dans
lefquels il n'entrât du feu , & pourquoi celui qui
fervoit à parer les autels & à confumer les" victi-
mes , étoit-l traité avec refped: ; fi ce n'étoit
pas une fuite du premier culte qu’on a tendu/à
cet élément ? PiLUieurs temples & plufieurs villes
ont été célèbres par le feu miraculeux qui s'y
formoit , quand on en avoir befoin pour les fa-
crifices. Outre celui dont on a parlé à l'article
Gnatia-, il y avoir, dans la Sicile, proche Agri-
gente , une colhne ; fur cette coiLne étoit un
autel, fur lequel il étoic inutile d’apporter du
feu : quand le facrifice étoit agréable au D;eu à
qui on vouloir l'offrir, il fuffifoit d’y allumer dvs
farmens ; quelque verds qu'ijs fuffcnt, la flim-
me y prenoit d'elle même. Elle s'écarcoit de part
& d’autre , comme pour fe jetter fur ceux qu;
faifoient le repas du facrifice , 8e n’incommcdoK
nullement ceux qu'e’le touclioit. Paufantas ra-
conte , comme témoin oculaire , une choie allez
furprenante. Deux villes de Lydie avoient cha-
cune un temple,; ( Puufan. Aeüa , c. I. in fine. )
Sur l’autel de ce temple , étoient d:s cendres
d'une odeur toute particul’ère. Un magicien la
tiare fur la tête , meîtoit du bois fec fur le foyer,
récitoît quelques prières qu'il lifoit dans un livre;
& du fover , l’on voyoit fur le champ fornr un.e
flamme très-briilante , fans qu'on eût mîs le feu
fU bois.
Araïquités , Torn. Il,
F Ê Ü
^57
Le feu allumé fubitement fur un autel ^ étoit
quelquefois unheureux préfage. Suétone rapporte
que ce fut un de ceux qui annoncèrent la grar-
deur de Tibère ; Séléucus connut à un pareil
figne fa future élévation. Le confulat de Cicérca
fut précédé d’un femblable préfage.
Ce fut Proméfnée , dit-on, qui déroba le feu du
ciel, &en fit préfentaux hommes : ce n’eftpas à djre
qu'il leur en ait appris i'ufage ; car y a-t-ii appa-
rence que cet ufage ait été ignoré , jufqu’au temps
de Prométhée. L'ufage du feu eft fans doute auflt
ancien que le monde , foit que la foudre l'ait porté
fur la terre , foit qu'on ait fait du feu par ha-
fard , en frappant des cailloux. Mais ce que Pro-
méthée a pu apprendre aux hommes ; c'eft à
combien d'uiages devoir s’appliquer le feu , pour
les opérations des ans ; c’eil peut-être l’art de
rendre lès métaux ductiles 8c malléables , par le
moyen du feu. DIodore attribue l'invention &
les progrès de cet art , non à Prométhée , mais
à V ulcain , Roi d'Egypte , qui , pour ces heu-
reufes inventions , fut appelé ie dieu du feu , &
le dieu des arts. Voyez Vukain.
Feu. Le comte de Caylus annonce dans plu-
fieurs endroits de fes recueils d’antiquités, l’éton-
nement dont il étoit faifi en voyant les petites
Üatues de porce'aine groffière b'eue , ou verte ,
qui ont été fabriquées ,par les égyptiens. Ce favant
n'ignoroit pas que l’Egypte & l’Arabie n'étant
pas des pays hoifés , on n’y employoit d’autres
combufiibles que la fiente defféche'e des bœufs ,
des chevaux , des chameaux 8c des bruyères. Dans
l’Europe , au contraire , les fours à cuire la por-
celaine , font chauffés avec du gros bois ; 8c iis
en confemment une quantité énorme.
L'étonnement du comte de Caylus aurolt cefle j
s'il eût pu connoître les expériences qu'a faites
M. le baron de la Tour d’Aigues, préfident au
parlement d’Aix, pour cuire des briques Sc des
tuiles avec de la paille, des bruyères Sc des fago-
tins. Une fournée de ces poteries , cuites dans
un four chaiiffé avec du gros bris, a coûté au
village de la i our d' Aigues, près d'Aix en Pro-
vence, la fomme de liv, lé fols; 8c le feu a
duré viuEî-quatre heures. Cette même fournée ,
échauffée avec de la paille, des fago-tins , ou des
arbriffeaux , n’a coûté que ïi üv. y fois; Sf le
feu n'a duré que douze 'heures. Que l’on ju^ge par
cette comparaLbon des connoiffaiiccs étendues que
ncÈédoîeat les anciens fur l’art de conduire le/èa
8c de le graduer!
Feu de joie , illumination noéiurne donnée
au peuple pour fpeéfacle public dans des occa>
fions de réjcuiffances rcelLs ou fuppofées.
C’en une queftion encore indécife , de favoir
fi les anciens , dans les fêtes publiques , a!!u-
moient des feux par un autre motif que par efprû;
de religion. Ün membre de l'académie des bclts*
Oooo
É-jS FEU
lettres de Paris , Mâîiudel a foutenu îà negativei
ce n’eit pas qu’il nie que les anciens ne fiffent
comme nous des re]ouïiTances de publication de
paix , aux nouvelles des viétoires remportées fur
les ennemis , aux jours de naiiTance de procla-
mation de mariage de leurs princes , & dans leur
convaîefcence- après des maladies dangereufes ;
mais , félon Mahudel ^ le feu dans toutes ces
occafîons ne fervoit qu’à brûler les victimes ou
i’eacens 5 & comme la plupart de ces facnfices
fe faifoient la nuit , les illuminations n’étoient
emp'ove'es que pour éclairer la cérémonie & non
pour divertir le peuple.
Quant aux bûchers qu’on élevoît apres la mort
des eraper-.uîs , quelque magnmcues qu ils fuf-
fent , on conçoit bien que ce fpectacle ^lugubre
n’a'oit aucun rapport avec des frux de joie ; d un
aut''e côté , eu nique la pompe de la marche des
triomph-.s fe terminât toujours par un facrifice au
cap’toie , où un feu .allumé pour la confecration
de la vi(5l:rne i’attenCqrt >. ce feu ne peut point
paffer pour un feu de joie : enfin par rapport aux
feux d'avifices qui écoisnt en ufage parmi les an-
ciens , & qu’on pourroit pvéfumer avoir fait par-
tie des réjoüîffances publiques , ?>'iahudeî pretena
c'i’on n’en voit d’autre emploi que dans les ieules
machines de guerre , propres à porter 1 incendie
dans les villes & dans les bâtimens ennemis.
Mais toutes ces raifons ne prouvent point que
les anciens îi’aiiu.maflcnt au3l àts feux de joie en
ligne de réjouiflances publiques. En effet ,
diScile de fe perfuader que dans toutes les lêces
des grecs & des romains , & dans toutes les célé-
brations de leurs jeux ; les feux & les liluminations
publiques fe rappcrtaiîenr toujours uniquement à la
eÜgion , fans que le peuple n y prit part à-peu-
près comme parmi nous.
Dans les 'ampadophones des grecs , eu I on fe
fervoit des lampes pour les facrifîces, on y celebioit
pour le peuple diiférens jeux à la lueur des lampes;
fv comme ces jeux étoient accomp-ignes de dai fes
8c de divertifiemens ; on voicqiie ces lortes d ii.u-
Riinatiôns étoient en meme temps provih.rnes & na-
crées. L’aonareil d’une autre fête no.nmee hurptc-
ries -, qui fe faifoit à Pallene , & qin étoit dediée à
BacchuSj confiffoit en une grande illuminuion noc-
turne & dans une profuiîon de vin qu’on ver-oit
aux palTans.
Il faut dire h même chofe des ilhiminanons qui
eniroient dans If folemnicé de .plniiiiirs fêtes des
romains , Se entr’auires dans celle d-.s -eux l'écu-
laires qid duroient trois niiiis , pend in: Dêqueles
i\ ftmôloh que les empereurs de les édiles cui eu
fa foient la de'penfe, voululfent par un excès de
fomptuonté , dédommager le peup'e de la rareté
de 'eur célébration. C.apito!in obferve.que rillLirtv-
'nation doanéâ par Philippe, dans les jeux qu’il cé-
f Ê V
lébra à ce fiijet , fut fi magnifique , que ces trois
nuits n’eurent point d’obfcurité.
On n’a pas d’exemp’e èiz fende joie plus remar-
quable que celui que Paul Emile j après la con-
quête de la Macédoine , alluma lui-même à Am-
phipolis , en préience de tous les princes de la
Grèce qu’il y avoir invités- La décoration lui coûta
une année entière de préparatifs ; & quoique l’ap-
pareil en eût été compofé pour rendre hommage aux
dieux qui préfîdoient à la viétoire , cette fête fut
accompagnée de tous les fpeâacles auxquels le peu-
ple elt fenfibk ( chevalier de Jaucourt. )
FEVES. Les Egyptiens s’abftenoient de manger
àts fèves-, ils n’en femoient poiRt ^ & s’ils en
trouvoient qui fuifent crues fans avoir été femées,
iis n’y touchoient- pas. Leurs prêtres pouiloient
plus loin la fuperltnion : iis n’ofoient pas même
jetter les yeux fur ce légume ; ils le tehoient pour
immonde , & ils eulfeni plutôt mangé la chair de
leurs pères Pythagore , qui avoit été inftruit par
les Egyptiens , défendoit auffi à fes difciples de
manger des fèves ; & l’on dit qu’d aima mieux fe
iailier tuer par ceux qui le pourfuivoient , que de
fe fauver à' travers un champ de fèves. Cicéron
'rfînue au premier livre de la divinanon , ( ckap.
XXX. ) que l’interdiaion des fèves- étoit fondée
far ce qa’elîes empêcheient de faire des fonges
divinatoires , car elles eçhauffent trop ; & par cette
irrit^P^deS efprits , "el'.es ne permettent pas à
l’ame^ pofféder la quiétude qui ert néctiTairê
pour la recherche de la vérité- Ariftote donne
p'ufietes belles raifons de cette défenfe , dont la
moins mauvaile eft que c etoit un precepte moral.,
oar lequel le phdofophe défendoit à fes difciples
de fe mêler du gouvernement ; ce qui eft fondé
fur ce qu’en certaines villes on donnoit fon fut-
frage avec àe fèves pour l’éleftion des magiftrats.
Un autre raueur a prétendu qu’elles furent inter-
dites par un crincipe de chattete , comme fi ce
légume y étoit contraire. D’autres ûifent^enfin,
eue ce fut pour des raifons faintes & myfténeu-
fes , que les Pyth.agoriciens ne difoienr à per-
fjnne.’ Quelques-uns d’eux aimèrent mieux mou-
rir , dit Jambüqae , que de récëler un fi grand
f-'crrî. Une Pythagoricienne fe conpa la langue
■OUI- n’avoir aucun fujet de craindre que h li-
gueur des îourmens ne la fit parler. L’éco.e de
balerne a dépendu dans les tempsmoderr.es de man-
ger des fèves ; mais elle en donne une raifon dié-
tétique ; c’eft qu’elles caufert h goutte ; manducare^
fabam caveas fscit , ilia vodegram : ce qui porte r
"croire que '; i défenfe de manger âè s fèves , n étoit
autre chofe chez les anciers qu’un precepte cie
fanré, dans lidée, où Von étoit alors, que ce
légume ercit malfain.
Le chevalier de Jaucourt ( Xicydop.^
pEVhs) a cherché un autre mouf à la üeien.e ae
Pythagore. Le :
F E V
Pvthagore enfelgnoit que la flve étoît née en
mêrne - temps que rhamme ; & formée de la
même corruption : or comme il trouvoic dans la
fève , je ne fais quelle relfemblance avec les corps
animés 3 il ne doutoit pas qu^’efe n'eut auÿi uiie
âme fujette comme les autres aux viciflitudes oe
la tranfmigradon , par conféquent que quelques-
uns de fes parens ne fuffent devenus ; de-
là le refpeà: qu’il avoir pour ce légume , & 1 m-
diâron de fon ufage à tous fes difciples.
Cette opinion de Pythagd^e que nous venons
d’expofer , n’eii: point un fentiment qu on lui
prête J elle fe trouve détaillée dans la vie de ce
philofophe que Porphyre a écrite. Auflà Horace,
qui long-temps avant Porphyre ne doutoit point
que cette idée de tranfmigration ne fût celle dePy-
thagore , s’en eft moqué plaifamment dans une de
fes fatyres ;
O quandofaba Tythagorce cognata , fimulque
Un3a fatis pingui ponentur olufcula. lardo ?
( Sat. VI. lih. IL V. 63. )
» Quand pourrai-je , dit-i! , dans mes repas rufti-
« ques , en dépit de Pythagdre^, me régaler d’un
M plat de fèves , & manger à difcrétion de mes
»> légumes, nourris de petit lard. ”
■ Çts recherches philo fophiques furies égyptiens
& les Chinois , M. de PaW affure que l'odeur des
fèves étoit la véritable caafe de l’averlîon des
pythagoriciens pour ce légume. ( Tome I.pag. )
cc II eil bien étonnant qu après tant d’opinions
propotées avec un fi grand appareil de favoir , &
par des favans fi célébrés , fur le ventaole motif
de rav-rfios! qu’avoienc les Egyptiens & fur-tout
les prêtres pour les fèves , on foit encore fi peu
inftruit. Mi;s il n’y a qu’à bien réfléchir a une
avenrure qu’on prête à Pytnagore , ce ferviie
imitateur des philofophes orientaux , pour fe
convaincre que c’eft la forte exhalaifon , que ré-
pand h fiba vulgaris , Icrfqmede eu en fleur ,
qui a paru pernicieufe aux Egyptiens. Et voila
pourquoi ils ne la cultivoient dans aucun canton
de leur pays : quoique rejettee de la table des
hommes , elle eût pu fervir a nourrir les betes ; n
eft radicule de dire qu’ils ne pouvoient en loutenir
la vue , au lieu de dire qu’ils ne pouvoient en fou-
tenir l’odeur , qui eft extrême pendant la Aorai-
fon de ce légume , qu’on feme aujourd hui en
Egypte fans fe foucier des effets qui peuvent en
résulter , & oui tendent à produire une^ efpece
d’ivreffe , fuivant l’opinion populaire , répandue
même en Europe parmi les gens de là campagne ,
qui n’ont jamais ouï parler de la diverfite des cu-
F E V*
qui
mats
=c Théophrafte, auquel on doit reprocher dV
voir embrouillé d’une manière inconcevab.e i nii
toire des plantes de l’Egypte , rapporte entre
autres choies . que , dans ce pays-là , toutes les
fleurs font fans odeur , fi l’on en excepte celles
du myrrhe. ( kift. Plantarum lih. VI. cap. 7. De
caiif. plantarum lih. VI. cap. 27. } IciaiS il n’y a
point , & i! n’y a jamais eu la moindre vérité
dans cette affertion £ frivole ; puifque les neps des
Arabes ou les violettes du Caire , & les rofes
pâles du Féium font les plus odorantes qu’il y
ai: au monde , & toute l’eau de rofe , qu’on con-
funie dans les ferrails de l’Orient & dans une.
grande partie de l’Italie , vient de l’Egypte : auffi
Maillet parle-t-il comme d’une chofe extraordi-
naire , de i’exhaîaifon qui s’élève le long du Nil ,
des champs enfemencés de cette efpèce de fève ,
dont la Reur efi mille fois plus odoriférante , dit-il ,
quen Europe. ( Defcription de l'Egypte, partie II.
pag. 13. de rédition in-q®. ) Ce font ces champs-
là que Pytbagore n’eût jamais traverfés, dès qu’il
fut circoncis. C’étoit faute d’avoir acquis des
connoiftances affez exaéles fur l’Egypte & l'In-
douftan , que les auteurs anciens ont tant varié
en parlant de la diete des Pythagoriciens , & on
voit par ce qu’en difent Auîugelle ( IV. ii. } &
Athénée , qu’ils ne favoient pas eux-mêmes ce
qu’il falioit *en penfer. Au refte poür qu’on ne
forme point de doute fur 1 eipece ae legume
dont il peut être ici queftion , je dirai qu elle eft
déterminée par un paffage de Varron, qui affure
que les Flamines de Rome ne pouvojent manger
des fèves -, parce que leurs fleurs contiennent des
lettres infernales. Or ces lettres infernales font
les deux taches noires , peintes fur les ailes qui
enveloppem immédiatement la caréné dans la
fève de marais , dont le caractère fe trouve par-
la auffi-bien fixé , que fi le botanifte l’eût défini.
Et il en réfulte toujours que c ctcit dans la
fleur qu’exiltoii la première caufe de l’averflon
que les Prêtres avoient poui" cette plante , dont
i’s connoiflbie.nt d’ailleurs très-bien le fruit , qui
de tous les farineux eft le plus contraire aux
tempéramens mélancoliques , & il n y eut ja-
mais au monde une nation plus portée vers la
f'fteffe que les Egyptiens 5 on les egayoit bien
de temps en temps par des fêtes ; mais ils reve-
noient toujours à leur caractère fombre , qui les
rendoit encore opiniâtres- & emportes , ad fngu-
los motus excandefetntes , d:t ^immien Marcel-
lin qui me patoit avoir allez exactement connu
leu’ ccmplexion. ( Vomiras Ægypfii , iù'i-'R. ^p.en-
que fubfufculi funt & atrati , magzfque mceft-ojrcs ,
arac'lentiid aridi , ad fir.gulos motus excanaejeen-
us. Lib. XXII. vers “la fin)
M. Paufton s’eft fort étendu fur l’efpéce 8c
la culture des fèves chez les anciens. Voici ce
aue nous avons extrait fur ce fujet'de fon ou-
vrage précieux , intitulé Métrologie.
ce Après la culture des bleds , celle des légu-
mes eft la plus néceffaire à Fi^mn-ie y & entre
CojO I]
F Ë V!
les légüffiss , les anciens donnoîent lé premier
rang à la fève , faba , Kaatio;. Cette prééminence
étoit fondée fur ce qu’on avoir trouvé le moyen
de faire avec fa pulpe une farine qu’on appeioit
lomentum , & qu’on poavoit employer pour faire
ûu pain. Cette farine J il eft vrai , îorfqu’eile étoit
employée feule j produifoit un pain pefant ,
comme^ celui qu’on feroit de la farine de tout
autre légume ; mais on corrigeoit ce défaut en y
rfiêiant de la fanne de froment, fur-tout du pa-
nis, & plüfieurs peuples fe nourrifibient de cette
forte de pain. Il paroit cependant que la plus
grande confommation de ce légume ne fe faifoit
pas de cette manière ; on le préparoit à la cui-
Sne ; & en l’afTaifonnant diverfement , on en
faifoit pour l’homme un mets agréable & fain.
L avantage que l’on trouvoit à cultiver Ats fèves
ne fe bornoit pas-là encore j on en nourriffbit
les Bell laux , qui en mangeoient également , &
les coffes & les fabales pu pailles. «
” La/èvêefl celui deslégumes que l’on metle pre-
mier en terre.On la feme (en Italie} avant le coucher
des Pleiades & avant l’hiver. Cependant l’opi-
nion de Virgile eft qu’on la feme au printemps,
comme cela fe pratique aux environs du Pô.
Mais les fèves fgmées de bonne-heure , c’eft-à-
dire , en automne , réulïiffent toujours mieux
que celles qu on ne féme qu’au printemps j le
bétail en mange plus volontiers les coffes & les
tiges. Il ell nécenaiFe d’arrofer cette plante lorf-
qu’eile eil en fleur ; elle a mcâns befoin d’eau
après la floraifon. On eff dans la perCafion
cii^file amélioré !a terre où on I^’a femee ^ &
qu’elle lui tient lieu d’engrais. C’eit par cette
raifon qu’en Macédoine & en Thelfalie , lorfque
la fève étoit en fleur , on retournoit la terre ,
& qn l’enfouilfoit fous les mottes pour feryir de
fumier. »
« La demeure quinze ou vingt jours en
terré fans Jever. Elle commence par pouffer des
feuilles^, d’oiï il s’élève enfuite une tige ou un
îu}”aa far« nœuds ; cette tige eft feule & unique
dans la fève , comme dans le lupin. Tous les au-
tres légumes produifent pîufîeurs tiges , & quel-
ques- uns comme le cicer , Yervum & la lentille ,
ont leur tige rameafe & branchue : la fève feule
jette un bouquet de racines. Les autres légumes ,
fans en excepter le lupin qui a le .plus de rapport
avec !a fève , ne produifent qu’une radnè fuf-
culeufe en forme d'un long pivot , -Se c’eft dans
le cicer que cette racine eft la plus profonde.
La fève eft en fleur durant ouatante joifrs , &
beaiieoup plus long-temps qu’aucun autre légume.
La gouffe de la fève eft greffe & charnue , & de
plus les lobes de la femence font enfermées dans
une membrane forte & épaiffe , ce qui eft. caufe
qu elles s ecuauffent faciiement. =:x
Lorfque la fevs & les autres légumes fe fcm
Fl^
élevés de terre à la hauteur de quatre doigts
eft temps den extirper les mauvaifes herbes av»c
le ürc loK._ On excepte le iupm auquel cette ml!
niere^de larc.er eft nuifible , parce que n’ayant
^ racine , la plante meurt aufli-tât
quon la coupee^, ou qu’on l’a feulement offen-
ee; & quand meme cet accident n’arriveroit pas
le larclage ne feroit pas moins inutile au lupin *
parce qu'il eft le feul d’entre les légumes qui ‘
oin d etre incommodé des mauvaifes herbes
ks raîc périr- Beaucoup de perfonnes penfent qu'il
ne ne faut pas farder les /eW, parce que- quand'
elles font parvenues à leur maturité , on les ar-
nche avec la main , & que de cette manière ou
les fépare facilement des mavaifes herbes que l’on
^upe enfuite pour faire du foin. Pour moi , dit
Cqiumelle , je penfe qu’un laboureur eft îrès-
blâraabie de fouffrir que les herbes nuifibles croif-
fent dans fes grains ; je fuis donc d’avis qu’il far-
cie les fèves , & même jufqu’à trois fois j, car
l’expénence nous a appris que traitées de cette-
manière , elles produifent beaucoup plus de grai-
nes , que les coffes font plus maigres & plus min-
ces , & le fruit plus nourri , & qu’enfin un rno-
dius de fèves écoffées rempüffent encore prefque
le modius après qu’on les a dérobées & dé,-
barraffées de leurs peaux» «
“ Virgile veut quTvant que de femer Xtsfèvesl
on les faffe tremper dans de la lie d’hmle
imprégnée de nicre ; il prétend que cette prépa-
ration fait grandir la plante & groflîr le fruit j
d autres , pour le meme effet , preferivent de les
faire tremper durant trois jours dans de l’urine;
C’eft vers ie foiftice d’été qu’on fait la récolté
àts fèves. Ce légume eft très-fécond j on en »
vu une tige chargée de cent graines. Le modius
àt fèves pefe io livres ( 15 ) hvres le boiffeau ) ,,
Sc rend trois motiius de farine» On dit que les
fèves & les autres légumes enfermés avec de la
cendre dans des vafes de l’efpèce de ceux qui fer-
vent à mettre de l’huile , fe confervent très-long-
tensps. On a garde àesfeves de cette manière’ du-
rant cent vingt ans , qui étoient très bonnes. ’On
prétend au flî que ft Lon introduit dans là palpe des
fèves des graines de poireau , de roquette , de'
laitue , de perfti , de chicorée ou de nafitor
& qu’on les sème en cet état dans le fumier de
chevre , ces plantes, en fenourriffant de la fubC- '
t^ce de h fève , viennent d’une grandeur pro-
digieufe. Nous abandonnons à l’expérience la
vérification de toutes ees irrerveilles vantées
par les anciens as fujet de h. fève, & nous
ne psrlezoïis point des ufages myliiques & fu-
perftitieax qu on en faifoit dans quelques cé-
rémonies de la^ religion payenne. Nous ne nous
fommes propiofés ici que de faire voir que lî‘
fava des Romains , eft la fèbe commune que l’on
connoit fous cette dénomination fimple' dans la
plupart despïo.ïin€es,, & qu’en appelle à Park^
FEU
de marais. Ge n"eft pas Topinion du père
Hardouin ^ ni de !a plupart des critiques ; ies
raiforis qudis en apportent font, i°. que, fui-
vant ie témoignage de quelques anciens écrivains ,
îa fève des Romains étoit ronde & très-petite ,
au iieu que la nôtre eft un peu longue &
groffe j 1°. que les anciens procédoient aux fuf-
frages avec la fève grecque ; que cette fève étoit
naturellement blancHe ou noire ; que la blanche
fervoît pour approuver ou pour abfoudre , &
la noire pour exclure ou pour condamner. »
_ “ Quant a la forme de la fève des anciens ^
je n en dirai rien , n’ayant pas vu lès autorités
fur lefqueües on fe fonde. A l’égard de îa cou-
leur , il ne faut que voir faire une récolte de
feves-it-maxzis pour s’affurcr qu’il y en a de
blanches & de purpurines ou violettes , & que
ce font ces dernières que les anciens ont pu ap-
peiler noires- La grolfeur de ces fèves antiques
eft une queftion un peu plus embaraffante. J’ai
eu occafion , en traitant des poids , d’obferver
que la fève grecque pefoit un fcrupule ou vingt-
quatre grains de bled , ôc par conféquent environ
21 grains du poids de Pans- Mais qu’eft-ce que
la fève grecque î Pline ( lib. XVI, cap. 50 ; &
iîb. XXlV , cap. 2. ) appelle faha grs.ca le lotos ,
dont le fruit à noyau , femblabie a la cerife , &
délicieux à manger , eft aftringent. Nous avons
également obfervé que la fève d'Egypte & de
Syrie étoit égale en poids à la drachme Afia-
tique J c’eft- à-dire ^ à environ 44 grains du
poids de Paris , & que notre fève de marais
fans être choifie ^ étoit de 41 grains. Ces deux
poids diffèrent peu l’un de l’autre. Mais par
fève d’Egypte & de Syrie on entend une autre
produâion : voyons ce que c’eft. Pline ( îib.
XIII, cap. 17. y S} lia. XVIII , cap. î2. ) dit
que l’Egypte produit une efpèce de feve qui a îa
tige -molle , groffe & épineufe , fans noeuds ,
haute de quatre coudées j elle eft furmontée d’un
fruit de couleur de rofe , femblabie à celui du
pavot J mais découpé différemment , dans leq'uel
il y a au plus trente grains fembiables à des
grains de millet. L’auteur dit d’abord qu’on fait
pourrir ces fèves par monceaux , ëc qu’enfuite
on en fépare par des lotions , les graines dont
en fait du pain , puis il dit ailleurs que ce fruit
eft amer , même à l’odeur , & femble infinuer que
fes graines ne font point bonnes à manger j mais
que fa racine , qui reffembie à celle du refeau ,
eft fort bonne , crue , & encore meilleure, cuite.
Peut-on croire que les Médecins anciens ayant
choifi cette efpèce de putamen petur régler leurs
poids ? N’auroient-ife pas dû préférer les graines
eu’iis contenoit , &qui devoieat être plus égales?
Au refte , je parle d’une chofe que je ne connois
que fur le rapport d’autrui , & je puis me trom-
per ; mais la deferiptioa de la fève commune des
ancieivs , telis que je l’ai expoféç d’après leurs
feu ssi
témoignages , me paroît fuîSfante pour prouver
que c’étoic notre Jéve ie marais. »
Fivr d'Egypte , ancien poids de l’Afîe & de
® Egypte. Voyez ci-dtffus & l’article sRyscujcs „
& l'article lotus.
: , FEUILLE à la main de quelques figures. Voyeur
Eventail. ^
Feuille ( donner la ) aux pierres précieufes.
Winckelmann parle dans fa defeription des pier-
: res gravées de Stofeh, d’une belle tête de Pom-
pée , gravée fur une cornaline. La tranfparence
& le feu de cette pierre la faifoient prendre pour
un rubis. Elle étoit montée dans un anneau d’or ;
& ronobftant fa beauté on y avoir mis la feuilla
qui étoit d or pur. Les anciens mettoient \a.feuilLe
à plufieurs pierres, comme ledit Pline : Funda.
includuntur perfpicu&j cateris fubjicitur aurickalcum-
( lib. XXXVII, CUp. 12.)
Feuille ( Numifm ). On voit pour type une
feuille fur les médailles de Maronée du Pélopoa-
néfe.
Feuilles ( diplomatiques ).
Qu’on ait autrefois écrit fur les feuilles de
palmier , & meme de certaines mauves ; nous
en avons pour garans Pline Thiftorien & faine
Ifidore de Seville , qui uonne à fon tour pour le
ften , Ciana , dont il rapporte ces deux vers ;
Levis in ariduîo malvcs deferipta libella
Trufiacâ vexi munera naviculd.
Tout le monde fait en quels termes Virgile
parle des feuilles , fur lefquelles L Sybille arran-
geoit fes vers. Les Syraeufains & les Athéniens
remarquoient-ils parmi leurs concitoyens quel-
qu’un , dont la puiffance pouveit alarmer leur
liberté , iis ne baiançoient pas à la facrifier à leur
jaloufie : ils condamnoier.t à l’exil , en mettant fon
nom par écrit , les p-i-emiers fur des feuilles d’o-
livier , 8c les féconds fur des écailles d’huirre.
De là rOftracifme lî fameux dans Thiftoue. Les
feuilles d’arbres , dont les anciens fe fervoienr
pour écrire , n’ont rien de conaparable avec cel-
les du Macarequeau , dent on ufe en guife de
papier , dans quelques contrées des Indes Orien-
tales. Celles ci ont plus d’une toife de long , fur
un pied de large.
« L’examen attentif des recueils de Reinafios
33 & de Fabretti a convaincu l’abbé Lebeuf, eue
r> les feuilles ( qui fe voie.nt à côré desügnes dans
» les anciennes épitaphes), doivent être pufes^
33 pour (les omemens employés par les graveurs.
33 c’étoient les feuilles de quelque arbriffeau , qva
«
■662 F E V
» avoit rapport à la fépulture. Fabrefti a donné
« des coDies d’infcnptions , ou 1 on voit cl^ire-
ment lîn branche oe palm'.er ou cl oiivier avec
« le fruit & les fiuUles , lynibole de 1 immorta-
» iité que les chrétiens attendent. Grégoire ue
» Tours obferve que queiqueîois on couvroit
M de feuilles de lauriers ie fond des cercueils.
» Celles des autres arbriffeaux ^ qui conleiverit
» auflî leur verdure , comme les palmiers , i o-
« Ibier, !e cvDrès, ie iièreontpu fervir.au me-
« me ufage , & dès-iors être repreientees a 1 ex-
35 téi-i^ ur du tombeau. ” L lafcription iepulcraie
ce Gordien , mort pour la for , eit renmnee
par une branche de palmier , fymboie ce la vic-
toire se de la faiiireté. Ün commençoir a: i oa
termrnoit afléz fouvent les épirapnes par des
croix, en mémoire de J. C. crutiiié pour notre
faiut. Si toutes ces marques font des ornemens ;
ce -font auiil de véritables points employés par
les artiites pour termine: U difcom^s. Dans la
tapiiietie deBayeux ^ où la conquête d Angleterre
par le Duc de Normandie eit repiélentee ,
cc une partie elt feparée de la fuivante p^r de
33, grandes branches. , qui s’élèvent du .bas juf-
33 qu'en haut , & qui marquent qu’une aCcion va
33 commencer. Cela* s’obferve aufü dans les co-
33 lones Trajane & Anconine , Ôc dans c autres
33 grands bas-reüefs ou quand une action a fini ,
•3 & qu'on en va recommencer une autre , un
33 arbre qui s'élève au milieu fait la feparation
5» des deux. » ( Nouvelle Diplomatique. )
FÉVPJER. Les anciens, qui perfonniSoient tout,
ont auffi perfonnifié les mois, thner eft repréfenté
dans Tancien calendrier , publie par Lamoecius ,
par une femme vêtue d'une feule tunique ,
relevée par une ceinture. Elle rient entre fes
mains une canne : cet oifeau aquatique mar-
que que c'eft un mois pluvieux j ce ^qui eft
aulïi défigné par une urne repréfemée en l'air au-
près d'elle , qui verfe de l’eau en abondance. Aux
pieds de la femme elf d'an côté un héron^, oi-
feaa qui aime les eaux & 'es marais ; &'de l'autre
un poifibn. Tout-cela revient au même- ^C.’eil: le
mois des pluies , fur-tout à Pmme , où l'hiver ell
plus court qU'en nos climats. Aufonne a fait 1er
cette image quatre vers , dont le fens efi: tel :
c'eil: ce mois vêtu de bleu, dont l’habit elt relevé
par une ceinture , où l'on prend ces oifeaax qui
aiment les lacs & les lieux marécageux , où la
p>iuie tombe en abondance , & ou 1 on fiait les
expiations qu'on appelle fehrua. L'abondance des
eaux qui tombent pendant ce mois , l'avoit fait
confacrer à Neptune.
En ce mois, on célébroit les jeux génialiques,
le II ; les lupercales , le ly ; les quirinaîes , le
ly ; les fornacales & les céréales , le i8 & le
ZI ; les carifiies, le z'z ; les terminales, le Z3 ;
i-es fugales , Is 2,4 j & les équiries , le zy. Mais
PEU
on n’ofoit célébrer les noces pendant le mois dç
février, ce peur de les rendre malheurcules ; cat
ce mois etoit remarquable par le facritice d'ex-
oiation februalia que l'on oftroit aux maires. Ovide
a chanté cette opinio.n dans fes taftes (II. yj;.)
& il ajoute :
Conde tuas hymenæe faces , & at igrâhus atris
Aufer , habent alias mœftafep niera facest
FEUTRE. Pline le naturaldle tious apprend
( dans le livre Yiil T chap. 48. ) que ks anciens
favüient préparer le feutre , pour en faire divers
meubles ; ils y erapioyoïenr la lame courte : il
ajoute que dans la fabrication 1 ouvrier imbiba
fes feutres de vinaigre , pour lors iis devien-
nent très -dors ' & impénétrables, aux coups
d’épée. Dans les peintures d'Hérculanum , on
voit des hommes qui portent fur la tête des cha-
peaux qui paroiflent être de feutre , & fembiabies
aux nôtres.
Céfar ( Bell, civil. III.M- ) manteaux
dt feutre, ex fuécoaciis ^ que portoient ks fo.dats
pour fe garantir des traits, & il. ks joint aux
manteaux 'de'" cuir & d autre lubftance p.us dure
que les étoftts’ ordinaires. Les tartares portent
encore des manteaux de feutre impénétrables a
Leau ; ils enveloppent leurs tentes ou cabanes
avec des couvertures de lemblabie matière.
Les romains appelloient les manteaux dt feutre ,
coaciilia. Il eft fait mention dans Capitolin ( P ertin.
c. 3. ), d'une manufacture de feutre , taberna
coaéhiliaria. Les ouvriers de ces manuiaûtures
étoient appelles coachliarii , & les ancieiines^inf-
criptions nous ont confetvé le nom d’un d'en-,
tr'euxj M. L Lariscüs lanarius coacti-
LIARIUS.
Ferrari ( de re vefî. anal. cap. XIII. ) penfe que
la tunique fans couture, dont il eft parlé dans les
évangéiiftes , étoic de /eiiz-re.— -Cafaubon ( exerc.
ai annal. Baron. XVI. 84. ) croit que le des
grecs doit être toujours traduit par bonnet ou
chapeau de feutre 5 les ouvriers qui les fabri-
quoient en avoiear pris leur nom, 'nixordti..
FEUX de Caftor & Pollux. On appeîlort amfî
mtrefois ces/^ex électriques qui paroiflent fou-
lent fur la mer dans les temps d'orage. On dit
me les Argonautes , dans leur voyage en Loi-
;hide , effuyèrent une tempête , penaapt^la.
nielle on vit deax feux vokig.er autour de la tere
les deux diofeures un moment apres '“if"
-elfa. On resarda depuis ces feux , comme -s
viiv- de Cafto^r & Pollux. Lorfqu'ou en voyoi
ieux à la fois , c'étoit une marque ck beau t ■ u •
Lorfau'il n'en paroifiott qu'un ,
termin d'une prochaine tempete ; & amr
voquûk le recours de ces deux héros. Les ma...
I B
lots or.t encore la même opln'oa fur îe préfage
de ces deux feux ; & tout ce qu"on a fait en
faveur de la religion chrétienne , c’elt- qu’on a
changé leurs noms , & nu’ on les aopelle auiour-
d’hui les feux de faine Èlme & de faint jSicolas.
FEUX de joie. Voyeii^ Feu.
FIANÇAILLES , promeffe réciproque de ma-
riage futur.
Les latins ont employé ces mots^ fpondeo ,
fponfalia. Plaute s’en eft fervi plufieurs t^is. Cn
lit dans l'aululaire :
M. Quid nunc etiam defpondes miki filiam ?
E. mis legzbus J cum ilia dote quam tibi dixi.
M. Spondere ergo.
£. Spondeo.
De même, Térence , dans fa première fcène
de l’ Ahdrienne :
Hâc famâ impulfus chremes
TJltro ad me venu , unîcam gnatam fuam
Cum dote fimmâ filio uxorem ut daret :
Vlacuit , defpondi , hic nuptiis diSus efl dits.
■ FIBULE. Les antiquaires ont fait pafTer ce mot
dans notre langue , pour défigner un bouton ,
une boucle , ou une agraffe. On en trouve dans
les colkétions des miJiers qui font prefque toutes
travaillées fur un deflin différent. Ces deffins ,
comme ceux de tous les meubles ou uilenfiles des
anciens , repréfentent toujours quelques animaux ,
ou quelques parties du corps des animaux , ou des
lyres ou enfin quelque objet étranger à la def-
tination àss fibules.
* La plupart des fibules ont fervi à agraffer les
chlamydes , les paiudamentiim , les ceintures &
les baudriers des hommes, ou les tuniques des
femmes , les palla des femmes , des comédiens
& des mufîciens. Ce font les propres paroles
\ XXIX. p.) d’Hîdore Quod pecias
feminarum ornât , vel pallium, virorum in kumeris ,
chigulam in lumbis firmat. I! y avoir Aca fibules
d’un ufage p'us ordinaire que les autres j c’étoisnt
celles avec lefque'ies les femmes ho.ent rnn à
r.iutre , fur les épaules auprès du ccL le devant
8e 1; derrière de leur tunique. Lerfque les deux
fibules ou boutons affujettiiToient les deux parties
de la tunique , le fein éroit entièrement couvert ;
& l’on n’en pouvoit lailTer appercevo r une partie
qu’en n’atti^hant qu’une feule fijul:. On peut
s’en convaincre en ietrant un coup d’œil fur les
ftatues de femmes habillées ,& en' particaher fur
la Flore Farnèfe, fur les amazones du caoitole,
fur la orétendue Ciêopatre -ue la 'viüa Aiattéi»
Fie
^c. Lorfque les côtés de la tunique , ou de
l’habit de defîus , defeendent fur les braS, fans
former <Ls manches proprement dires, ces côtés
font ( Jtlian. Var. ï i8. ) affemblés fur le bras
par pluùeurs boutons , ou fibules , comme on peut
le voir à la Flore du capitole.
Il n eft plus étonnant après cela, de voir un lî
grand r.ombre àtf.suhs At route force de m..inè-
rcs. Les plus ordinaires font de bronze. Il ei't rare
d en voir d argent. Le cabinet des médaiiirs du
roi renferme la fibule trouvée dans le tombeau
deChilpéric à Tournai ; elle eft d’or, & fa gran-
deur (de fix à fept pouces ) prouve qu’elle fervoit
à agraffer le manteau du prince. Cette /da/e d’oc
rappelle celles du même métal que portoiejit des
chevaliers, des tribuns, & qui éroient des lé-
compenfes militaires accordées par les généraux
(LA. 17. 19. & 59. 31. ScPlin. 33, 3"'.)
La Chlamyde d’un Mercure , que l’on voit à
Rome chez Jenkins , eft attachée avec nnt fibule,
fur laquelle paroît une tete de bélier gravée.
Cet ufage de porter Aes fibules, ornées de pierres
gravées , peut fervir à expliquer le grand nombre
de ces pierres que l'on trouve dans les colleétions
d’antiques.
_ Le comte de Caylus a publié les defîlns de
plufieurs fabules dans fes recueils d’a.nt-quités. On
en voit qui font ornées de m.édaiilons, ou deoor-
traits en relief d’empereur & d’impératrices. Ç’é-
toient fans doute des préfens faits par ces r^r-
fonnages auguftes,- & dont on tiroir vanité. — Dans-
fon IV'. Recueil (7/. iio. n°. 4. T, il en a publié
une gauloife extraordinaire , à l’occafion de la-
quelle il dit, ce malgré la quantité At fibules que l’on
trouve dans les Gaules, & dans les pays habités
par les romains , j’en ai peu rencontré qui fuftent
defiinées , comme celle de ce numéro , à un
double, ufage ; elle fervoit à la fois de fibule Sc
de clef. Les deux afpeéfs de ce petit monument
rendent ces vérités fer.fibles : ce. meuble n’en érôic
pas plus lourd j & la pecitefte de fon volume
augmente lé mérite de fa confervation »,
FIBULES des chanteurs-. Imeibuxer,
Ÿm'uS Ç Quelques éci-ivains ne faifant pas
réflexion que le mot fie ne caraciérife aucun genre,
ni aucune efpèce parcicidîère de rumeur, & que
c’eft fimplement un nom de fimiiitude, ont cru
trouver dans une épigramœe de Mania! , une
preuve oue h maladie vénérienne exifteit dans
l’ancienne Rome :
Cùm dixi fiieus , rides quaf. Barbara reria^
Ht dici ficos, Cæciliar.e , piles.
Tdictrmis ficus quas feimus in arbore ruifcl ;
Jùitemusjicos, Cædlianej tuos.
îî y a apparence que ce Cadlianus avoît îe ,
vifage défiguré pat de greffes verrues ; car il n y
ruroit eu aucun lieu à la plaifanterie fi ces tuber-
cules, euffent été dans une partie cachée.
FICARII. Foyei Faunes,
FICTOR, ouvrier qui fabrique des ftatues &
des bas-reliefs en terre cuite , en grec îî-Acsrw. On
donna par extenficn le même nom à des boulan-
gers &c à des pâriffiers qui faifoient avec des pâtes
ou des gâteaux des repréfentations d'animaux j
bœufs J moutons J &c, Varron ( de ling. latin.
FI. î.) dit exprefféaient, que les faifeurs de
gâteaux étoient auiïl appelles ficlores , dicii a fin-
gendis libls. Çette explication a fervn au dodtc
Gouthières , ou GutheriuSj à expliquer ( devet.
jur '. Pontif. 1 1 . 14. ) p'.ufieurs inferiptians^ dans
iefquejies il eft fait mention des Fi c.tores
PoNTiFi eu M. Il y reconnoît ces pâtififiers
qui fourniffoient des vi.climes fiétives aux pauvres.
Ne pouvant offrir aux dieux un taureau , les ci-
toyens de la dernière ciaffé leur offroient un
gâteaiirepréfentant cet animal. Servius., expliquant
jcç vers du IV°. liv. de i'Enéïde^
Spa'fsrat &. latices fimulatos fontfs Avemi.
ditque dans les facrifices & dans le jargon ( bizarre )
des pontifes ^ .on donnoit à des repréfentations
les noms des' objets réels. C'efi ainfi qu'on lit
dans Fcftus , tauri ver.bens,qu.e in çommentario
pacrorum fignificantfida farinacea.'hAzis Jufte Lipfe
■( II. lift. cap. X. ) de Grævius penfent, que CeS
ficlores étoient ceux qui ornoient les ftatues deS
dieux les mêmes peut-être que les exornatqres.
FIDEj femme d'Orion. Foye-^ Orion.
FIDELIA , vafe de la fabrique de Samos ( Plaut.
'AuIllL If. X. I fi) •.
Mulfi conpalern plenam tihi façiam fideliam.
FIDÉLITÉ, Fides, déeffe des romains, qui
prëfidpi.t à' la bonne foi dans le commerce delà
vie, & à la 'sûreté dans les promeffes. Le fer-
ment qu'pn faifoit par' eÜp , en la prenant à té-
moin des engagemens qu'on contracloit , étoit
le plus inviolable de tous les 'fermens. C'eft Numa
qui le premier bâtit un temple & des autels à
îa Fidélité. On ne répandoit point du fang -, oa
pe tuoit point d'animaux dans fès ficiifices. Les
prêtres qui les célébroient , étoient en habits
blancs, & on les conduToit avec beaucoup de
pompe au lie^ du faciiSce, dans un char rond ,
ayant tout le corps & les mains enveloppés dans
îeatsvaftes manteaux. On repréfentoirlaPidé/irépar
deux mains qui fe joignoienr, telles qu’on les voit
fur pîulleurs médaiiks , par exemple , dans Antpine^
dans Vitellius, dans Vefpafien ,• Sfc. avecFzBri-
EXEB.CITUUM , daiis Antoine avec Fides præto-
' RiAXoRuja , & dans Hoftilie.n , avec Fiozs
sEtt-iTus. On la repréfentoit encore par une
figure debout , tenant de la main une patère , &
quelquefois de l'autre une corne d’abondance;
comme dans V^efpafien, avec Fin es public a;
quelquefois un caducée , fouvent une ou pîufieurs
aigles romaines , &ç pîufieurs autres fymboles ou
attributs, comme on peut voir fur un nombre
infini dç médailles , qui ont pour infcriptionfiDz^,
ou fidei Aug. mutua , publica , ou eautt. exerciti ,
exercitus , exercitum , militum , prs-torianorum ^
cohortium , legionam. Quelquefois avec ces inf-
criptions , on trouve deux figures qui joignent la
. main enfemble,
La Fidélité étoit une divinité différente du diea
Fidius. La Fidélité avoir un temple furie capitole,
près de celui de Jupiter. Silius Italiçus dit quelle
étoit au monde avant Jupiter. Denys d'FIalicar-
naffe (Hb. II. ), Tite Live & Pliitarque.difenc
que ce fut Numa qui lui érigea le temple dont
nous avons parlé : mais, Cicéron au IP. liv,
. de nat. deor. affure qu'il lui fut dédié par Atti-
lius Calatinus , c'eil-à-dire qu'il le rétablît. Mais
l’hiftorien de Cyfique, Agathocle , remontoit
plus haut, & prétepdoit au rapport de ^Fefius
Pompéius , que c'étoit Roma , fi. le d’Enée , qui
la première bâtit un temple à la Fidélité ^
l'établiffement de fon père en Italie.
FIDES , dea. Foyei FïCÉLîtÉ.
Fihes , & au génitifErn.’-^, étoit , fuivant Fefius,.
une efpcce de cithare , ainfi nommée , parce que
tantum inter fe chqrds. ejus , quantum inter fides
homines , conçordabant. S tl faut juger ess temps
reculés par les nôtres , cet inftrament devoir être
( bien difeordant.
•
EIDICUEÆ, nom générique de l'infirument
‘ de fupphce appelle autrement equuleus , & nom
particulier des cordes qui fervoient à y tourmenter
la criminel, en lui étendant les membres avec
violenc.e, comme font tendues les cordes, &'
fidiculd., d'un inftr.um.ent.
FIDIUS , dieu dg la bonne- foi , ou de la fide-
lité, par lequel on juroit chez, les romains, en
difanî me deus Fidius , & e'n fous-entgndant edr
juvet : que le dieu Fidus me foit fayorable.
L’abbé Maffieu ( Mém. de ï Acad, des Belles-^
Fettres , tpm. I, ) a recueil!’! des détails inftrue-
tifs fur' le dieu Fidius, que nous allons extraire
ici. Tout ce eu' oH fait de plus certa;;! [px Fidius ,
c'eft qu'il préfidoit à la religion des contrats &
des fermens : du refte on lencre fa véritable ^gé-
néalogie , la force de ces différens noms , &: meme
S mmiés fe doi.M.
F î D
FIE
â^Halfcarnsffe femble confondre le dieu F:dius
avec Jupiter ; car en plufieurs endroits où il eir
obligé de traduire le dieu Fidius des romains , li
îe rend par le ^vjs des grecs. Mais il ell
abandonné fur ce point par tout ce qubl y a de
meilleurs critiques,
La plupart croient que ce dieu étoit le même
qu'Hercu'.e, & que ces deux mots, dius Fidius,
ne lignifient autre chofe que Jovis films. Nos an-
ciens , dit Feftus , fe fervoient fcuvent de la let-
tre d au lieu de la lettre /, & difoient Fidzus au
lieu dejî/faj c'étoit auflî le fentiment d’Élius,
au rapport de Varron.
Quelques-uns prennent ce dieu pour Janus,
d'autres pour Sylvain , dieu des forêts : ceux^qui
prétendent avoir le plus approfondi cette matière,
foutiennent après Laétance , que c'étott un dieu
étranger, & que les romains l’avoient emprunté
des fabins. Ils lui donnent une naiffance miracu- ‘
leufe, qui, dès ce temps même de fuperftiîion ,
parut fort équivoque & fort fufpeâie.
Les fentimens ne font pas moins partages fur
les noms de ce dieu que fur fon origine. Les
trois noms qu'on lui donnoit le plus commu-
nément J étoient ceux de Sancus , de Filius , &
de Fidius , & de femi-vater.
C’til: encore un nouveau fujet de difpute entre
les favans, que de déterminer la manière dont
en doit lire ces trois noms ; car ils ne s'accor-
dent que touchant Fidius , & font très - divifés
au fujet de Sancus & de [emi-pater. En effet , à
l’égard du premier nom , les uns tiennent pour
Sancus , les autres pour Sangus , & d’autres pour
SanBus , & ceux ci concluent que ce dieu étoit
le même qu’Hercule. Quant au dernier^ nom ,
les uns lifent femi-pater , & par ce mot n enten-
dent autre chofe que demi-dieu j les autres femi-
caper , dans la perfuafion où ils font que dius
droit le même que Sylvain, qui, comme tou-
tes les divinités champêtres, avoir des p'^eds de chè-
vre : enfin, la plupart \'&x\Kfiemo-pater, c eft-a-dire,
dieu mitoyen , dieu qui faifoit fon féjour dans
l’air, n’étant pas affez éminent pour être dieu du
ciel , & l’étant trop pour être fimple dieu de la
terre.
Mais ce qui rend le choix difficile entre tant
d’opinions, c’eft que chacun des auteurs qui les
foutiennent a fes autorités, & que dans ce grand
nombre de diverfes leçons, il n’y en a point qui
ne foit fondée fur de vieux manuferits , fur d’an-
ciennes inferiptions.
Au refte, fi nous en croyons des critiques dignes
de foi , la reffembiance qui fe trouve entre les mots
femo & fimo , fît tomber S. Juftin ie martyr dans
une grande erreur; ce père grec, mal irftruit de
ce qui regardoit la langue & les nfages ces ro-.
îaains, s’imagina fur quelques infcnpticns deyr/stt-
Aniiquïtés , Tome 11»
fancus , qu’il s’agiiToit dans c?s fo'tes ae monu-
mens de Simon ïe magicien : de forte que , dans
cette idée , il aceufa les romains de n avo-r point
ce honte d’admett-e narnu leurs dieux un impof-
teur avéré ; & cette méprife de Jullin, martyr,
paffa dans les écrits de plufieurs autres peres de
i’égiife, dit l abbé Maffieu.
Si jamais un dieu mérita des temp'es , c efi; .e
dieu Fidius fi-aXiSi en avoit-il plufieurs à Rome :
i’un dans la treizième région de la ville ; un autre
qui étoit appeîié sdes dii Fidn fponfons , temp.e
du dieu Fidius fponfor , c’eÜ-a-dire , garant des
promejfes ; & un troilieme fitue fur le mort Qu.-
rinal , où l’on célébroit la fête de ce dieu , le
P Juin dî chaque année. Ovide du au imet ue
ce dentier temple , qu’il étoit l’ouvrage dc-sfibit^.
CFaft lib. IV. v.ziy.) Denys d'Halvcamaffe
atTure au contraire pofitiveir.ent , que^ J arquin-
le-Superbe l’avoit bâti ; & qu’enyiron quarante
ans après la mort de ce roi , SpuriusEoü-numius
étant conful , en fit la dédicace.
Mais , fans examiner cui a raifon du poete ou
de l’hiftorien , & fans chercher à les concilier,
il eft toujours certain que quel que fût le dieu
Fidius , ou Jupiter , vengeur des faux fermées ,
ou Hercule fon fils , ou tout autre , & de que eue
manière qu’on l’appeliât, ce dieu préfi doit a la
fainteté des engagemens. Cn kii dennotr par
cette raifon , pour compagnie I hrnneur & la
vérité. Un ancien marbre, qui ex-fle encore a
Rome , en fait foi; il repréfente d’un cote , fous
une efpèce de pavillon , un homme vetu a la
romaine, auprès duquel eft écrit ^honor, de
l’autre côté une femme couronnée de Luner ,
avec cette inferiptien , veritas ; ces deux figures
fe touchent dans la main; au milieu dclks eft
repréfenté un jeune garçon d’une belle figure
au-deffous on lit, dius Fidius. \ oila une idee
bien noble & bien jufte ! ne feroit-elle gravee
que fur le marbre?
Au refte , la Fidélité étoit une divinité diffe'-
rente du dieu Fidius , ou , pour mieux dire ,,
les romains avoient un dieu & une cleefie cm
oréfidoient à la bonne Roi , à b surete ces enpa-
gemens & des promtiTïS. V oye^ Fii^blite. {Art.
du chevalier de Jaucourt.')
FIEL. Plutarque ( de vrscept. conjug. ) nov.%
apprend eue dans les facrifices offerts par les
nouveaux époux à 3 -ancrx P ronuha , on arracoO;,
lejîc/.dcs viélimes, & qu’on le jettoit loin dna
temple , pour apprendre aux jeunes epeux ou il
ne devoir y avoir jamais de colère , ni d’aigreur
entr’eux.
VRE , Febris. Les romains firent de h
jne dlelTe , & l’honorèrent pour l’engager
L'gili iGOÛiS , cc-ouiiv dit Valère-L, -xime.
666
FIG
(I 11 c V n.^ 6-) Il y avoit à Rome pîufieurs tem- '
p'es dédiéU & au temps de cet auteur ,
c’eil-à-diie. fous Auguite & Tsuere . troîs .ubff-
îoient encore A'un fur le mont Paiatm, l autre d^<
la olace des monumens deivlarius, & le troifieii.e
au haut de la rue longue. On y portoit les reme-
des qui dévoient être appliqués lur ;es corps -
malades. Au relie, cela 1er voir plus fclon la
remarque de Va^ère lui 'tr.ême . à guenr 1 e.put
& rinquiétude. quà guénr le corps; & ces an-
ciens romains , qui mirent Ufievre entre les dieux,
durent leur fanté bien plus à leur frugajite . qu a
îa protection de la déelTe Fâvre. Cicéron ( de
nJura aeor. L III. p. 63.) parle du premier de
pes temples. & trouve une erreur intoierau.e_ a
'mettre 'des chofes pernicieiues su nombre oes
d'eux. Voyez encore fur ce fu;et lune. 1. üi-
c -VIT. Él en , 1. XII. c. XI. St. Auguftin de la
cité de Disu.i.IV. c.XXIII.pn htdans Gruter
une infcription trouvée en Traniylvanie. qui dt>nne
à la fievre les noms de déeffe . de fainte & de
grande :
PEBRI I>IV Æ. F E B B. I
SANCTÆ. îEBRI MAGKÆ
cakii^ba amata pro
FIEIO K A LE AFPE CTO P.
Les anciens difoient que la Fievre quarte étoit
fille de Saturne . parce que la planète de Saturne
paffoiî pour être fro!de_ & seche ; parce qu us
croyoient quelle dominoit fur la bile & la mélan-
colie , quils regardoient comme les cauies de
cette fievre.
FIGUES . caries.. Voyei ÉtreNNSS.
FIGUIER. Paufanias rapporte que Gérés vou-
lant récompenfer Ph-, talus, athénien > de ce qu il
avoit exercé envers elle Ihofpûalité . Im fit prefenr
d’un dont on fe Servit pour faire toutes
les plantations de Tx^ttique. Les anciens gre^-s
difoient par piété : « la jigue etl chez nous un
préfenï des dieux , l’on ne don pas etre^torne
quelle y Gît excellente , & quelle y puuie tenir
lieu de toute autre efpcce d’aliment ». Les anciens
îiourrilToier;t leurs aih'èies avec da figues seches.
Le figuier étsît confacré à Mercure. Les cyre-
neeus . pendant les jours de fête, couronnoient
de figues nnchts les ftatues des dieux, fur-tcut
celle de Saturne , parce qu’il leur avoir enleigne
rAarirulture . i’art de greffer , en un mot . tous
Ls arts qui faifoient la richeiie de leur pays. Le^
îaeédémoniens feutenoient que Bacchus
planté le ptemhi figuier de \tnt territoire. Lai S
P fie de Naxos , on faifoiî les ftatues oe Bacchus
d’un fep de vigne, ou d’un tronc de figuier :
il paroît cependant par deux vers d’Horace , que
FIL
le bols de figuier étoit méprifé de fon temps . &
que l’on ne s’en lsrv,it que pour fane des bancs
ou des ftatues de Pnape. Il eil peu de perfonnes
qui ignoieut l’allégorie fatyrique des vers fuivans;
Clim trancus eram ficulnus inutile lignum , ^
Cutn fû-her incertuftie deurn. Jacerettio Pviapuîïi
Horus Apollo. prêtre égyptien. & Piénus
Vslérian , dans fes hiéroglyphes, nous donnent de
longs détails fur l’ufage allégorique du figuier
parmi les anciens : par exemple , lorfeue Ton fe
prép«roit à ua voyage on mettoit au devant uS
fa porte des branciies de figuier ^ on les regar-
doi’- même comme un préfage de l'heureux retour.
Dans les myllèves dlfis & ûOfivis. Gs perfonnes
qui dévoient porter fur leur tete les vaies p.euiS
d'eau , ou les corbeilles facrées . croient obligées
de fe faire une couronne de feuilles de f-guzer ,
entortillées pour fupporter ks vates- Les teudles
du fi.guier éto’lenc î'embiême des termes aeA? ioG
qui cachent & couvrent le îruit . c eit-a dire ,
l’eu rit : elles étoient également 1 hierogiypne .
ou l’emblème de la génération prompte & abon-
dante : elles défignoient uu roi , eu le cumat
mindiorral, ou le pôle arctique . ou là volupté,
& ia vie douce & oifive. Les etrufques difoient
que voir en fonge un figuier . c’étoit un préfage
des biens qui devoient arriver.
On en portoit dans' des corbeilles aux fêtes ds
Bacchus.
- Elis étoient offertes en facrifice d’expiation par
les villes affligées de la pefte . ou d autres
maladies épidémiques.
Figuier de Natius; jîguier que Téarquin-
le-Vieux fit planter à Rome dans ie comice , ou
1 augure Accius Navius avoit coupe en deux une
P erre à aiguifer avec un rafoir- U v avoir un
préjugé populaire . que le deftin de Rome etoïc
attaché à cet arbre. & que la vihe durero t
autant que le figuier. Quelques-uns confonaeju le
f^cus l^vii . on figuier d'Accius iNavms. avec le
ficus ruminalis, oü figuier ruminai ; mais celu
étoit l’arbre fous lequel on d^ouvm ^ \ .
allaitoit Rémus X’ Romulus. Cet arbre fut fac e ,
il dura très-long-temps . & ion prit fa cbui
pour un mauvais augure.
FIGULINA. Voyei Potier ( l’art du).
FIGULUS J furnom de la famille MarciA.
FILÉPIQUE Sardanes.
Fizepicus Aucustüs Bardanss,
Ses médailles font :
RR. en or.
O. en argent . X en B.
F I L
On Ht fur fes médailles le nom de Filepicus ,
Zc non pas Pkilzppicus ^ comme les auteurs mo-
dernes rappellent.
FILER. Tertu'Hen ( depallio , cap. III. ) femble
attribuer à Mercure [ invention de l’art de filer
la laine.
FILET, coëffure.
Cette coëffure, la rite en italien, & le réfil en
efpagnol, eft encore en ufage en Italie, en Ef-
pagne , en Provence. On la trouve fur des mé-
dailles de Syracufe, ou de Corinthe, fur celles
de Lesbos , Sec. Les grecs rappejloienr u'paaios-.
Ce mot veut dire proprement le fac , on le fond
àn filet, qui ctoit une partie de la coëffure , &
qui renfermoit les cheveux de derrière , comme
dans une bourfe.
Le filet dans lequel eft enveloppé , ou plutôt
emmanloté ITiarpocrate d’une pierre gravée de
Stofch ( clajf. I. n°. 8i.), défigne la délicateffe
de Ton âge , de l’enfance , félon Plutarque. Après
ce monument , la table Iliaque eft le feul fur le-
quel on voie ce dieu égyptien ainfî repréfentéj
& Kircher l’y a pris pour lô dieu Orus.
Winckelmann fait cbferver comme une lîngu-
larité remarquable, le torfe d’une ftatue de la
vdla du comte de Fede , où étoit la fameufe
villa Adriana de Tibur, qui a par-deftùs fon
manteau, attaché fur la poitrine, de même qu’à
rifîs du Capitole , une efpèce de voile tiffu comme
un réfeâu. Ce réfeau eft apparemment la forte de
voile qui s’appeEoit C’étoit une mode que
fuivoient les perfonnes qui célébroîen.t les orgies
de Bacchus ( Héfiyckius ) , & c’étoit aufîî un
aiuftetnent des figures de Tiréfias & des autres
devins. ( Poil. Onom. L IV. feg. iié. )
Filet. Voyei Bride.
FILLES. Fbyep Cheveux , Femmes.
Un paffage de Calümaque (. kymn. in Dian.
13. ) a fait conjeclurer que les fJles grecaues
ne potîoient point de ceinture avant que d’être
nubiles ; il les appelle âfiirpsss. Elles s’engageoierst
à les dépofer aorès leur mariage dans le temple
de Diane , en la priant de leur faire trouver des
époux. Agdth. fcholiafi. VIII.') ATrezenes,
c’étoît Pallas qui recevoir sette offrande. ( Paufan.)
'Les filles zioleCcemes confacroîent à. Vénus les
jouets de leur enfance ( Vcrr. fefquîal. ) :
; Veneri.
Ilarinas puas, reticula , at Jîropkiola.
Ovide nous apprend dans fes faftes ( JV . 147. )
que les fi.lks de Rome allaient fe préfsnter nues
FIS <s^7
à la fortune-virile, pour obtenir d’eîîe , que leurs
marîs futurs ignoraflent toujours les défeéraofités
qui pouvoient fe trouver dans leurs perfonnes :
Aceipii Ole locus pofito velamine cun3as ,
Et yitiiiw. nudi corporis omne videt.
Ut légat hoc , ceîelûue yiros fortuna. ririlis ,
Prcefiat hoc , & parvo tkure Togatafacit.
FILS des dieux. Voye^ Enfa ns des dieux.
FIMBRIA, furnom de la famille Flavia.
FIMBRIÆ. Voye^ Bordures & Franges.
FÏRMIÜS {Marcus).
Marcus Firmivs Augustup.
Il ne paroît pas qu’il y ait des médailles de
ce tyran.
FISC, tréfor public, en latin fifcus , ararium.
Le premier mot fe dit proprement du tréfor du
prince, parce qu’on le inetcoit autrefois dans des
paniers d’ofier ou de jonc , fifcus -, Se le fécond
du tréfor de l’état.
A Rome , fous les premiers empereurs , on
appelîoit étrarium , les revenus publics, ceux de
l’épargne deftinés aux befoins & aux charges de
i’écac ; Se on nommoit fifcus , ceux qui ne regar-
doient que l’entretien du prince en particulier;
mais bientôt après, ces deux mots furent con-
fondus chez les romains, 8e nous avons fuivi
leur exemple.
Du mot fifc , on a fait confifquer, èona fifco
addicere , par la raifon que tous les biens que les
empereurs confifquoient , appartenoient à ^ leur
fifc\ Se non point au publx. Les biens de Se'jar ,
dit Tacite ( annal. L V. ) furent iranfportés du
tréfor public dans le fifc de l’empereur. L’ufage
des confifcations devint^ fi fréquent', qu’on eft
fatigué de lire dans l’huroire de ce temps -là,
la lifte du nombre infini de gens dont les fuc-
ceffeurs de Tibère confifquèrenc F’S biens.
Le fifc des pontifes s’appe’îyit area; 8c celui
eu! en avoit la game j^eU-it nonore- du titre
aarcarius , comme il paroît parplafieurs infcrip-
tions du Tkefaurus de Gruter.
Liscvs judaicus , tribut eue payeient îfs juifs
aux romains dans toute 1 étencu;. ce.eUi er.pit...
Suétone (Don-h. c.'XII. tF. 5.) , Appien (dyr.)
Scplufieurs autres écrivains en prt fan mennon ;
mais D’on feul nous en a appris la quonté : elle
étoit d’une double dmehme, eu d’un didraebme
par tete. ( Lié. XVI. )
PpFP ij
^<^8' F t S
F L A
FISSICULATIO , terme de Tidiome particuL’er
des pontifes rcrrainr. II dédgiicit réparpiliement
des eniraiiies des victimes.
FISSUM , terme de Tidième particulier des
pontifes romains, ii déngnoit deux lobes du foie
réunis en un feul, réunion que ion difoit offrir
oeux moyens contraires d'augurer, mais à laquelle
Cicérc-n ne err-yoit pas. ( de nat. deor. III. 6. )
QAs invtnit fijfum jecoris ?
FISTUCA. Voye^ î^IoUTON.
FiS i ULA, fiiîte. V ayej Flûte.
FIo i ÜLiC lacrymale,
^ La maniéré de traiter la fiftule lacrymale , dont
va cure eft délicate & dirScile , empioye'e de tïos
jours , eft préciiement celle des anciens j à l exctp-
tion de la canule que Lbériciitj y a ajouté, pour
favenfer le cautère.
FLACCUS , furnom des familles Fvl7ia_,
NoRSASA ^ FojiîFONlA , TaLBRIA.
FLACIi-LE, femme de THéedofe I.
JElia Flacilla Augusta,
Ses médailks font ;
pim Pline rapporte que de fon temps en emplor^o?*-
aufli a c« ulage le ciiene , & le co^dde:*
bans je kptieme livre de rEneide , ii eit oark
dü^jiamicau de pin; & Servusr marque fb ce
paiiage , que i on en raüoit auffi de corne-uilk'-
^oyei CltRGE, CANDELABRE.
autres fiambeaux étoient formés par de lonçs
tuDes cyfnâriques , ou conicues, remplis de m--
tieres combultibles. Les coniques paroifTtnt îe
plus fouvent furies monumens J cû leur nauceat
excède fouvent telle des hommes & des femmes
qui les portent.
Les romains conduifoient les nouvelles mariées
à leurs époux , en portant cinq fiambeaux faits
du bois d'aubépine. V^oye:^ Épine - blanche.
On portoit aux funérailles une grande quantité
de/u;7zô£4a^,commc on le voitfurpluueurs marbres.
FLAMEN auguflahs. On trouve dans les mar-
bres un fiaraen en l’honneur de l'empereur Au-
gufte ; & il lui fut donné, de fon vivant même ,
lorfqu on lui éleva des temples & des autels.
^ Fj-aj4bs Falacer. Il prenoiî le nom de l’ancien
dieu Falacer, dont on ne connoifloit déjà plus
que le nom au tem.ps de Varron.
HRR. en or.
RRR. en argent.
E. en M. & P. B.
FLAGELLATION. La flagellation fut cou
mime aux grecs & aux romains. C'eccic un fup
ÿçe^ plus cruel que la fuftigation. On flagdlôi
d abord ceux qui dévoient être crucifiés 5 mai
ne crucifiojt pas tous ceux qui ézàtnt jiagdlés
yn attachoit^à une colonne dans les palais de 1;
jutticc', ou l’on promenoit dans les cirques , lé,
patiens qui étoient condamnés à la fl.ar^ellation
Il etoit pIus__ honteux d’être fl.agdlé que*" battu d(
verges. Les fouets étoient queiquefois armés d'o'
de pieds^ de mouton ; alcrs le patient expiroii
communément feus ks coups. On appellou ce'
fouets flagella talaria.
FLAMBEAU. Dans les anciens mohumens.
un flambeait qu’on élève , eft k marque du fole!^
levant j &uü/Weurrquon éteint, eftiamarcue
eu folîil couenant. Sur les tombeaux, un üîm-
l’embiême de la mort. Voye^
I.Ç. flambeau eft le fymbole de Diane, d’Hé-
cate , de 1 Amour , &c.
étoient üifférens des
i bois fechésau feu ou au
fo.eil . ils y ,en empuiyoïent de différentes fortes ;
celui dont on fe fetvost ordiniirc-mert, étoitle
Flambn dialis ce prêtre de Jupiter jeuif-
, foit d’une^ grande confideration à Rome ,
étoit révéré de tout le monde , de fufer à certai-
nes loix qui le diftmguoient des autres j^rêtres ,
& qu Aulugelle_ ( Ub. X. c. ly. ) nous a confer-
vees. 1°. ce XI lui etoit défendu d'aher a cheval;
» z°. de voir une armée hors de k ville , ou
” une armée range'e en bataille. C’eft pour cette
’’ raifon qu il n etoïc jamais élu confu! , au temps
“ ou les confuls commandoient les armées y 3®. il'
» ne lui étoit jamais permis de faire un ferment ;
» 4°. ii ne pouvoir fe fervir que d’une forte d’an- '
'>2 neau , percé d’une certaine manière ; y®, il
n étoi^t permis à perfonne d’emporter du feu de
” ia maifbn de ce Flamine , hors le feu facré y
6°. fi quelque homme lié ou garroté entroit
» dans fa maifon , ii falloir d’abord lui ôter ks
» lie.ns J les faire porter par k cour intérieure de
« k maifon jufques fur les tuiles , ks jetter du
toit dans les rues, & renvoyer libre le prifon-
« nier ; 7°. il ne po'uvoit avoir aucun nœud , ni à
» fon bonnet facerdotal , ni à fa ceinture , ni au-
» tre part ; 8°. fi l’on con-duifoic un criminel pour
» le fouetter , & qui fe jettât à fes pieds pour de-
” mander grâce , c’eût été un crime de le fciiet-
« ter ce jour- là ; 9®. ii n’étoit permis qu’à un
” homme libre de couper ks cheveux de ce
» Flamine ; 10°. il ne lui étoit pas permis de
» toucher ni chèvre , ni chair crue , nijièvre ,
>■> ni fève , ni iTi-eme de [ roférer le nom -d aii-
» cime de ces chofes ; 11°. il lui étoit défenau
» de couper les branches de vigne qui s’ékvcient
F L A
^ trop hîutj T2*. îes pieds du lit où H couchoit;
de voient être enduits d'une boue liquide ; il
SJ ne pouvoit coucher -dans une autre I;t trois nuits
JJ ue -.uite J & i! n éto;t pernds à aucun autre de
JJ co-ucr.er dans ce ht ^ au pied duquel il ne fidioit
=j mettre r.i coffre ^ ni hardes , ri fer j 15®. ce
j-j qu on coupait de fes ongles ou de fcs cheveux ^
üevcit être enterré fous' un chêne verd j 14°.
» tous Ics jours éî-oien: des jours de fête pour
JJ ie Flamen d:alis : il ne lui étoit pas permis de
35 fortir a i air , fans fon bonnet facerclocal ; mais
« il pouvoir le quitter dans fa mrifon , pour fa
JJ commodité ; cela lui avoir été accordé depu:s
» peu J d.t Sabinus ^ par les pontifes , qui lai
» avoient encore fait grâce fur d'autres points ^
” & 1^ avoient difpenfe de quelqu'autre cérémonies
JJ 15 il ne lui étoit pas permis de toucher de
JJ la fanne levée 5 i<5°. il ne pouvoir ôter fa tuiii-
JJ que intérieure qu'en un heu couvert , de peur
JJ qu il ne parut nui fous le ciel ^ & comme fous
“ les ^yeux de Jupiter 5- 17°. dans les feftins j
JJ penonne n avoit féance devant ie tLamine
« DzaU ^ excepté ie roi facridcateur 5 î.8°. fi fa
JJ femede yenoit à mourir , il perdoit fa dignité
» de fiamine s 19°. il ne pouvûit faire divorce
j° avec Ci femme s il n'y avoir que l'a moit qui
» les feparà: ; 20°. il lui étoit défendu ri'en
JJ trer dins un heu où il y eut un bucher-
jj a-brûler les morts 5 21°. il ne lui étoit pas
JJ permis de toucher un mort : il pouvoit cepen-
jj dant airifter à ua convoi. . . . Voici les paroles
JJ du prêteur qui coniiennent un édit perpé-
JJ tuel ; Je nohli gérai jamais h jurer ^ dans ma
^ jurifs.i3i.on le jîamine Diale. Varron^ dans fon
JJ deuxieme livre des chofes divines ^ parie du
« flamine Uiale , en ces termes. Lui feui doit
porter l'aroogalérus , ou le bonnet blanc s foit
JJ parce qu'i. eft le plus grand de tous , foie parce
JJ qu ii faut immoler à Jupiter une viétirae bian-
Jj cne. JJ
F E A
leur étoit pas permis ^ comme à d’autres prêtres,
ne terdr pluüeurs lacerdoces à ii îois. Leurs
hh-s éto-.ent exemptes d’étre choilies pour vef-
rales. L c.ection c^s uns de des autres fe fa foit
P<ii. le peuple aiiembie par curies , 1 inaiiEura-
tio.i par le focv’erain poutife 5 1 inauguration veut
di.-e xi ceré.monie de certains augures , qu'on pré-
nom loriqa'ea les mertoit e.i p^iieidoiLde cette
digni:£._ Quoiqu'ils futfent p-erpetuels , iis pou-
voient être depofés pour des cai.fes psrncaiières 5
& cela s'appe;ioîr/û/72fLo ahire ^ depofer le mi-
niiière àe famine.
. f-ds font nommes, avec la denomint-*
non du dieu qu'iis fervoient. Les veid ; FLimen
DiaLs . Martial s , Quirinaiis , AugrdLlis, Car-
mer.tahs, Falacer ^ f Icralis , Furmai's, Hadiiar.a-
hs J Fiamen Jiiîi Cæfaris, Laurentahs , Lucina-
us, PdJatualis, Pomonahs, Virbiaiis, Voicana-
hs , & Voiturna’is- L'empereur Commode avoir
Ciée un fiamine , fous le t.tre de famen tlercu-
luneus Ccmzmodianus ; mais ce prl.ee étoit trop
hai pourquece facerdoce fubfiftât après fa niorr.
x\ous ne parlerons ici que du flffmen Aiîgdtaie,
viU flamen Liiads , ôc du flamen faiacer i le^ autres
font placés à leur rang.
Les munic’pes qui imi. oient tous les étabüfTe-
mens de la viiie de Rome, fe errèrent aufli des
jiamines. Il en eft fait iouve.nt n.ertion dans jes
inicnptions trouvées dans les municipes. Cicero.'i
( lÆilon. ch. JH, } parle d'un famine de Laau-
Vium.
Les famines portoient des br/nners , que les
Grecs appelloienr Fùos ( flutarque , vie de Luima,
hommes ihuitres ); comme fuivanc l'uiage , ces
prêtres ne paroiiioient jamais tête nue , bdtus &
Varron fubftituent au bonnet un filet de i.aine.
Denis d Fiaiicarnafre fuppofe eue ies famines ont
pr, s leurs noms du bonnet ou vofe nom.mé Flsm-
Le famine Diale portoit la robe prétexte ,
& avoitdroit de s afieoir dans la chaife curule.
( liv. XVII. }
en latin famen , c'étoir le nom ■
O une certaine clafife de pierres chez les Romains,
cm avoir e'té inftituée par Romuius , feionfLlur
tarque_, & par Numa Porapilius , félon Tite-
Lîve. Les flammes n'éroient que trois au corh-
niencement : ceiui de jurnzev i famen Diahs : ce-
hli de Mars , famen Martialis : & celui ce Ou;-
rmus , famen Quîrinalis . Dans la fuite , ils fu-
rent multipliés jufqu'à quinze ; dont les trois pre-
miers, qui.ètoienr tirés du féiut , étoienr auffi
Q un rang 8c d'une confl it ration d'flinguée des
sutres -, c'eft peur cela qu'on les appelioir fami-
nes majeurs j & les douze autres nommés fami-
nes mineurs , ctT'ent choifis d’ertrre le peuple.
Q '-^e;ae famine v> i-Kijit qU'» p 'ur un diéu : :I ;ie i
meum J iite-Live ( decad. III, lih, 7. ^ i'appci.e
flaminium , nom qui , feion Dacier ( L.r Fiùiar-
que , tora.^I, fol. ^21 ), défigr.e le bonnet donc
_ la pointe étoit environnée d'une houppe de Liite.
Mais ce bonnet eit nommé Apex par Servies
( inverf lyo , lià. X. ÆrXdos ). Midi -1- Ange
de la CnauITe ( grand cabinet romain , art. II. pan:,
ùg; L ) appelle le .bonnet àn famen.
Dzalis , qu'on trouve fur i.n mrrceau de frite
du temple de Jaeirer cq/fuv.-: Ce bonn t ne diffe-
roit probablement que par fes ornemens de celui
des autres famines. Ii étort de couleur blanche
( Appien a Alexandrie , guerres civiles ) , & is
Diaiis avoir feui le droit de le porter en t ut
temps ;-Ies autres étant retlreints à ne pouvoir
s’en couvrir que da,“s les mome.vs où ils rempirf-
ibienties fonctions dedeitr miniilère { Tite-Live ,
decaa. L i:v. i. ). Le Diahs jouiiîvtt fed du
dro r de porter la prétexte d’ttfcrdé ,a t: ame
eurUxC. Les autres ferrânes Cnt gcnerjrcnrenj
6jii F;L A
F LA
rcpréfentJs habîüés de la toge , comme Tur ane
médaille de Lentulus , avec la légende fiamen
Martialis. Au lieu du bonnet, ce prêtre a Lm-
plem.ent la tête couverte de la toge ; il tieut de-
vant lui un bouclier , & derrière lui parcit un
augure. On trouve fur un beau bas-relief de
la ViWd. Js'léûicis Admir. Rom. antiq. f. 42. ) des
figures habillées de la toge ; elles portent des
bonnets faits en forme de cafque plat , garni de
lîens , Sr d^une longue pointe. BeJiori les a pris
pour des prêtres Saîiens ; mais il efi plus proba-
ble que ce font des fiamines. On les voit fur ce
bas-reltef , fuivis d^une troupe d'hommes , de
femmes & d'enfans , qui paroiflent m.archer vers
le lieu' de quelque facrifîce. Pietro Sanélo-Bar-
tolî GU! a vu ce monument moins endommagé j
fans doute , qu’il ne l’efi: à préfent repréfente
lês hommes qui portent les bonnets tenant à la
main, l’un une baguette, & l’autre une haci:e.
ne refie rien de tout cela j mais 'on n’en a
pas beloin pour caraâérifer ces figures , ou pour
réfuter Bellori , qui n’a pas fait attention que les
pretres Sa'iers font toujours caradcérifés par la
cuîrafTe & le bouelier. Les prêtres du bas-re--
liefs font donc des fiamînts , que les monumens
offrent confiamment vêtus de la toge , fans que
nous puifïions cependant rendre raîfon de i’omif-
fion prefque générale de leur bonnet.
FLAMINIA, famille romaine dont on a des
médaillés.
R. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
Le furnom de cette famille eft Cizo.
Goltzias en a publié quelques me'dailies , in-
connues depuis lui,
F L A M I N I IN i/S J furnom de la famiî'e
Quinctia.
ir LAMINIQUE , FLAMTKic.^ 5'c’efi ainfî ou’on
^pelloit la femme û'unfi^mzne. Celle du fiaW.e
Claie s nabiiîoit de couleur de fiamme , & por-
to'.t fur fes habits l’image de la foudre , de mê-
me co'ulear. _Ii étoit défendu à li flaminique d’a-
voir ^des fouliers faits du cuir d’une bête qui n’eût
ptiS et.. îuec. ^11 ne rui Cioit pas permis de mon-
ter des eche.ies, plus haut que trois échellons,
Lorfqu'eiie alloit aux argées , elle ne devoit ni
orner fa tête .ni peigner fes cheveux. Voye:>
4\?-geSs. Lie portoit dans fa ccêfture un rameau
de cnene verd. Le divorce lui étoit interdit, &
fan iacerdoce_ cefioit par la mort de fbn mari ;
t.udn, e^ue etoit a-fireinte, dit ilulugelle , aux mê-
mes obiervances que for. mari AulaeeUe
IJ, ~'^a.crob, Satiirn, i, 1^.^
On trouve dans les Recueils de Gniter & d»
-Oti 5 pamimca de^gnata .... facerdc-s muni-
civii. ..... Div& Flotin&.
FLA.MMANT, oifeau remarquable qar Lj
plumes rouges de fes ailes . qui l’ont fait appellër
en latin pkœnicop:erus,mx-?i\s<;pourptts.Cet:iccu.
leur .flambante l’avoir déjà fait confacrer au foleil
par les romains, ils en mangeoiert la chair. Mais
ce qui le rendit plus précieux peur les riches
gourm.-nds, ce. fer fa l'.ngut à lacuelle ils trou-
voient un merveilleux goût. Marrial nous apprend
ces détails fur le jlammant. ( XIlî. 66. ) :
Dat mihi pennzi miens nomen : fed lingua gulojîs
TSoJina fapit
Pline d^t que ce rafinement de luxe 8e de
geurmandife avoir pour auteur l’infâm.e .Apicius.
( X. 4S. ) Id hœnzcopteri Iznguam prs,cîpA faporis
ejfe Apicius docuit , nepoîum omnmm altijpmus
gurges. On trouve dans le traité de la cuifine
( de re coquin, FJ. 7. ) d’un Apicius l’affaifonne-
ment des langues de jlammants.
^ Cz ragoût étoit fort cher , parce que l’oifeau
l’étoir lui-même en Italie. Sa cherté le fit choifir
par Caligula , pour une des victimes qu’il vouloir
, être offertes à fes images. ( Suéton. in Caii vita. )
FLAMME. Dans la milice grecque , du temps
du bas-empire , c’étoit un ornement & une marque
' oui fervoiî à difiinguer les compagnies , les ba-
taillons , &*c. flamala , en grec La
flamme fe meîtoît quelquefois fur le cafaue , quel-
quefois fur la cuiraffe, quelquefois au bout d’une
pique. Quand la flamme n’étoit qu’un ornement,
les foidats la quirtoient ayantlecom.bat, de peur
qu elle ne les embarrafiat. L’empereur Maurice
avoir ordonne que les flammes de chaque divifion
fiiffent d’une couleur particulière qui les diftin-
guat d’un autre bataillon ou des autres brigades.
Les cavaliers mettoient aufîi fur leurs chevaux
des flammes qui fervoieiit à difeinsuer de quel
corps de troupes étoient ces cavaliers.
Fla2cmearius , teinturier en pourpre-orangée,
ou en couleur de flammes. Flammearii , dit Fef-
ras , infeciores fiammei coloris.
Fl A JA 7,îEu jü .vQii Z de couleur de pourpre-orangef
que perte, it ordinairement la fiaminiciie diale ,
& que porcoient le jenr du mariage feulement
les nouvelles époiifées. Cette pretreue ne pouvoir
pas fe ieparer de fot> mari .par le divorce ; c’efi
pourquoi on cenvroit de fon voile les épeufes ,
comme pour "rendre un bon nuciire. I! paroir d a-
pi'ès un pafage de Pline ( XXI. 8- ) que le/^æ-
meum tdst autrefois en pourpre-orangé , ne l’é-
F L A
toit 'plus qu'en pourpre de fon temps ; Lutei co-
Ijris' honorem £ruiqui;jlmum in nitpti‘:iiihus flammeis
totum femims conc&Jfum,
Lucain dit qa'on coavroit la tête
des jeunes fîLes le jour de leur noce ^ pour dé-
rober aux fpeCtateurs les tnouvemens de joie
qu'un prochain changement d'état pouvoit occa-
{ionner dans leurs yeux 6ë fur leur vilage. ( Tharfal.
IL ^6i.)\
Von timetidum nuptis teinter teSura pudorem
Luiea demijfos velarunt flummea vuhus.
Le fcholialte de Juvenal ^ qui vivoit au plutôt
vers !e temps de Pline j cité plus haut^ dit
( SchoL Jwven. PT. 22 f. ) j que \q fiammtum étolt
de couleur rouge , ou de lang ^ par analogie au
colons de la pudeur : efi erdm fanguineum , propter
ruborem eufiodiendum.
Nsnnius (XIV. 3 1 ) nous donne à entendre^, que
le fiaw-meum toit ^ non un voile proprement dit ,
mais un habit que l'on ramenoit fur la tête , Ôc
que la couleur feule caraderifoit : c'étoit le
pallium des femmes , leur manteau : flammeum
vejiis J vcl tegmen , quo capzta matron& tegunî.
On voit en effet fur le bas-relief du palais Jufli-
niani ^ que l'on croit repréfenter un mariage ^
i'époufe ayant ia tête couverte du manteau ordi-
naire, qui efi ramené fur fa tète, comme il étoit
d'ufage dans les cérémonies de religion.
FLAMMEIS ( iz). Muratori { 951. 8- Tkef. )
ïapporte i'infeription fuiyante, où i'efeiave 3 dont
ia profeiTion efi défignée par ces mots , eii fans
doute le même que Je flammearius , i'artifan j
faifeur àtfiummeum 5 dont il eif parlé plus haut :
EULYCHXJS VIX.IC
A P L U M B O
EVAGOGUS A FBAM
EECERÜNT SIBI ET SUIS.
IL^mÀRIUS, } fondeur de^m.étaux, Se
en particulier fondeur des monnoies. On lit fur
les anciens marbres : fiaturarlus auri & argenti
monetar fiaturarius JigUuarius ( fondeur de
ftatues) &c.
I LATIA LIDA. Matraies.
F L AV IA 3 famille romaine dont en a des
me'daiîles.
RRR- en argent.
RRR. en bronze.
O. en or.
F L E 571
Les furnoms de cette famille font Fiiabkza,
Hemictczvs , Sævjizvs.
Gokzias en a publié quelques médailles ^ in-
connues depuis lui.
F LA VIOPOLIS , dans la Cilicie. a>AAoTlo-
nOAEITÛN.
Cette vif e a fait frapper des méda'lles impé-
riales greccues , avec fon époque , en l'honneur
de Trajan J d'Ànî'''r.in , de Marc-AurèlCj de
Commode^ de Diadumérrrenj d'Llagabale, d'Alex.
Sévère 3 de Valérieii l'ancien, de Domitien 3 de
Domna.
Fzaviopozis , dans la Blthynie.
On a quelques médailles impériales grecques
de cette ville, félon le P. Hafdouin.
FLÈCHES d'Hercuie. Ce héros trempa fes
flèches da.ns le fang de l'hydre de Lerne , & les
empoifonna ; en forte que toutes les bleffures
qu'elles faifoienr , etoient incurables. C'efi avec
ces flèches quM tua le centaure Nefîus. En mou-
rant , i! les laifTa à fon ami Phiiodete , comme
ce qu'il avoir de plus précieux fur la teire. Elles
furent fatales' à Philodtète 5 car ayant voulu en
faire ufage dans l'ifle de Lemnos, il iaiffa tomber
par mégarde une flAcke fur fon pied , & fe fit
une horrible blelTure, dont il fut dix ans à guérir.
Une des fatalités de Troye, étoit que les grecs
ne pouvoient prendre ia ville fans avoir \e.sflJckes
d'Hercuie : après bien des difÉculrés , Philodfète
vint au fiège , & y apporta ces redoutabIes_/ecA«.
Toye^ Pkiloctète.
Flèche fur les médailles.
Elle fert de type aux médailles de Cæfarée ea
Bithynie.
FLEUR. Sur plufîeurs monumens Vénus tient
une. fleur i la main, & n'a pas d'autre attribut.
Teye:i VÉNUS.
L'Efpérance tient aufû une fleur fur plafieurs
monumens.
Fleurs. Les Grecs aimoient beaucoup les
flleurs ; fouvent c'étoient des guirlandes de rofes
qu'on mettoit autour de ia poitrine ou de la tête 5
à défaut de fleurs , on prenoit des feuilles : des
couronnes de lierre autour des tempes , étoient
regardées comme un fpe'cifîque contre les fumées
du vin. L'ufage de fe couronner de fl-curs étoit fî
généra! , que dans les fêtes ou réjouiiTances pu-
blicues , au défaut de fleurs ou de feuilles verres
( Xénophon, retraite des dix mil'e, ; on fe cou-
ronnoit d’herbes fèches ; celui qui portoit quelque
bonne nouvelle étoit couronné de fl.eurs ( So-
phocle dans les Trachiniennes , ade L ) Cela sVp»
<^72 F L E
eUoir porfer cîes chapeaux de ( Pîutatijue , l
ommes : î;-.ft. ) On des jïeitrs liir le padage
des pe-fonnes q»jr. vouloic honorer. Ariih-mè.'e j
gér.éral des MeîTé: iens j de retour à Aiadanie,
fü: riçi.i avec des acciamitions repérées ; les ftm-
inrs jetto enr ces guir.ances de f.eurs fur fon'
paiî'îge. Les amans orneient de Vêlions & de
couronnes Ics-maifons de leurs mnîrreffes. Si les
fleurs fe d^achoient de la couror.ne qu’on por-
toît J lÊS ictrecs en tiroient un indice d’amour.
L ui.ige general etort de couvrir de fleurs les
coips que 1 on portoir au bûcher, d’en orner les
tombeaux. On pratiquoît cet ufage tous les ans
au jour annivenaire des funérailles du mort, qui
fouvent légiioit une fomme delinée à l’achat de
CSS fleurs , & exprimée dans fon épitaphe. On
ht a Ravenne ces mots fur un marbre fcpulchral ;
Ut. QiUOTANNIS. R_OSAS. AD, MONIMENTüM.
EJUS. DEFERANT. ET. IBI. EPULENTUR.
DUNTAXATi IN. .V. ID. JULIAS.
Fleurs ( étolFes à ). F'oye:^ Etoffes.
FLEUVES. Ils eurent part aux honneurs de
la divinité : les temples des Grecs & des Ro-
imains rcnfermoîent les ftafues de Isnrsfleuves :
il y avoit^peu de rivières, fur- tout dans la Grèce
& dans l’Italie,, auprès defquelles on ne trouvât
des ftatues & des autels confacrés au dieu du
fïeune , on n’allât faire des libations , & ofFdr
meme des facrilices. ce Les egvptiens, dît Aiaxime
de Tyr, honorent le Nil, à caufe de fa beauté ;
>3 les feythes , le Danube, pour la vaffe étendue
=5 de fes eaux ; les étoüens , l’Achélofs , à caufe
de fon cojnbat avec Hercule; les iace'démo-
« niens, l’Eurotas, par une Ici exnreGe qui le
leur ordonnoiî ; les athéniens , rilhTi s . par
=:> un fratat de religi-cn ’u A ce détail ncus^pôu-
vons ajourer le Gange, pour lequel les indiens
avoîent une vénéraii-on tonte partfcul'ère: le Rhin,
qu’on trouve repréfenté fur les médailles, avec
ces mots, dsus Rheaus ; le lybre, qui e'toit la
divinité^protecirice de Rome ; le Panufe, à qui
les meiféniens ofrroient tous les ans des facrif ces :
^ enfin, le Cütomne , fleuve d’Ombrie , qui non-
feUiement pal.oit pour meu, mais ■ même tendoit
des oracles. C’eft le feu! des fleuves qui ait eu
ce privilège ( fi ce n’eiii pas plutôt Jupiter - Cü-
tomne ) ; car la îvcytlioiogie , ni rhiiloire ancienne
_e parlent d-’aucun autre oracle de fleuve ou de
rivière. _ Voici comme Fhne le jeune parle de ce
dieu Ciitomne.- « A la fource de ce ieuve eii un
” ^ refpeaé. Clitomne efl
romaine. Les forts marquent
»? la prefence & le pouvoir de La divinité. II y
s> a a lenteur plufieurs petites chapelles, dont
» QueiQues-uues ont des fontaines & des fources :
F L E
car Chtomne eft comme le père de plufieart
petits Leuves, qui viennent fd joindre à luj
il y a un po.nt qui fait la réparation de la
par ie fterte de fes eau.x d’avec la profane!
Au-deiius de ce pent, on ne peut aller ou’en
bateau; au-deffous ü eft permis Vie fe baigner!?.
Héfio Je dit que les fleuves font enfans de l’Océan
8f de Thrt.s, pour nous marquer qu’ils viennert
de la mer , comme ils y rentrent. li ajoute qu’H
y en a trois mille fur la terre.
On confacro t chez les grecs aux fleuves la
première chevelure des adoïefeens : Orefte con-
fiera la fienne au fleuve Inachiis , Leucippe , fils
d’Eumaiis , à Aiphée , Pélée celle de fon fils
Achille au même Aiphée, &c.
" Les fleuves , dit M. Rabaud de S. Étienne
pères & fouverains des pays fur lefquels fis
étendoient leur empire , & qu’ils fécondoient ce
leurs eaux , ayant été peints fous des ernblêmes
relatifs à leur puilTance, furent regardés depuis
comme des rois réels. Il y a plufieurs de ces
rois dans les annales grecques , je va‘s en citer
quelques-uns. En Béotie , Veux des plus anciens
ro.'s du pays font le mont Cythéron , & J flore ,
principal fleuve de la contrée. On donne à Jflo^\
deux nymphes pour filles , Tkébé & Ckalcïs ,
qui fondèrent Ckalcls & Thehes. Un des premiers
rois de Laconie fut Eurotas , qui étoit aufli un
f.euve du V'Zys., Augzas en tXiàs ,Jnackus Pko~
• reliée en Argolide , Ackéloüs en Etoiie , Alfoiz en
Ihefîaiie; tous ces rois, fils de Jupiter ou de
Neptune, étoîent Ass fleuves dans chacune de
ces contrées. Pour donner à ces fables un air
de vérité , on raconta que ces fleuves avoient pris
leurs noms des rois qui s’y étoient nove's , qui
y m/oient été-a.ftafflnés , ou qui avoient fubi cette
métamorphofe merveiileufe ??.
On .^ait qu’à toute rigueur , un roi peut donnef
fon nom à un fleuve ; & fi je n’avo-ls que cette
preuve des métamorphofes de ftyle , oui font h
clef des métamorphofes mythologiques , je ne
perdrois pas mon temps à m’occuper de ces
objets. Je ne me borne pas à cette obfervction,
qui feroît inutile lî elle e'toit ifolée ; mais fe fais
remarquer quM y eut des princes qui pafsèrent
pour avoir donné leur nom à des plantes , crimme
un certain Ajax, comme Narcljfc , Hyacinthe,
Amaraus , Acanthe , Cypariffe ; à des oifeaux,
comme Terée, roi de THrace ; Pkilomele & Progné,
fdles d’t?n ro! d’Athènes; Alédon, qui époufa
Zétus , frère à' Ampkion , fameux m.uficien , &
qui fut changée en chardonneret ; comme Aleàor,
Afcalaphe , NyBimene , qui furent changés ea
coq, en hibou, & chouette. Je remarque que
ces changemens de figures en perfonnages rem-
pliffent toutes la Mythologie , qu’on ne peut en
féparer quelques-uns fans ébranler i’exiftencede
leurs pères , de leurs mères , de leurs femmes,
«k
F L E
lesfs marfs , & que toutes ces hiHoires font
écrites du même ftyle. Je conviens qu"un_ roi
peut avoir donné fon nom à un fieuve, quoique
ce ne foit plus i'ufage; mais que prefque tous
ies rois en aient fait autant, eue leurs fi:s aient
donné leurs noms aux montagnes voiîines , d'au-
tres aux plantes de leurs jardins , ou aux arbres
de leurs forêts , d'autres aux oifeaux du pays;
que leurs filles ruent donné les leurs à des fleuves^
à des oifeaux , à des infeSes , à des fonçâmes ,
à des rivières , à des prairies, à des viil«, à
des ifles ; franchement , c'cil ce qu'il m'elt im-
poifible de croire. Mais j'ai indiqué la caufe de
l'erreur, & je vais en accumuler les preuves,
afin de n'être plus obligé d'y revenir «.
« Pour fe bien convaincre que ces tois-f.euves
n'ont point exifté , il ne faut que ^détailler
rhiiloire de quelques-uns d^eux, & l'on verra
que ce n’eu; que de la Géographie & de la Phy-
fique. L'Argolide eft un pays aifez aride , & la
plupart de ces fieuves fameux, Sr dont le nom
Ibnore remplit li-bien la Poéfîe harmonieufs des
grecs , ne font que des ruilfeaux qui reftent pref-
que à fec dans feté. Les quatre plus confidéra-
bles font VInackas , le Pkoronée , le Céphijfc Si
VAftérion. Voici cette circonflance phyiique ra-
contée dans le ftyle du temps, fieru , onJunon,
Ja principale divinité des argiens , difputoit a
Neptune la poffeirion du pays. Ils prirent pour
arbitre de leur différend le roi Pkoronée , qui,
dans cette grande affaire, s’aiTocia Ajîé-
rion & Cépkîjfe. Ils jugèrent en faveur de Héra,
ce qui étoit naturel ; car ils ne dévoient pas fouf-
frir que Neptune s'emparât du pays. Le dieu en
fut fi irrité, qu'il priva fes juges du tribut de fes
eaux. J'obferverai’ en paffant, que cet Afiénon ,
dont il eft ici queftion , eut trois filles très-
confidérées dans la contrée , nommées _ Euiœa ,
Porjymna 8c Heræa ; 8i que ces trois fides font
trois montagnes voifines. Qui pourra croire à ces
généalogies
» C'étoit fi bien Pufage de ces temps de
transformer les fleuves en rois , que nous trouvons
les mêmes origines dans les pays fitués ^rs de
la Grèce. Scamander fut le premier roi de i roye :
Æfopus & Pedufus, deux des fleuves de la Troade,
étoient deux des cinquante fils de Priam ; le
dernier eut le malheur d'être changé en plongeon.
Le fleuve Abfyrtke en Colchide , étoit un jeune
prince, fils <p(Eetas^ fils du Soleil. Æfls , fleuve
d'Ombrie , prit fon nom du roi ÆJis. UAnio ,
rivière d'Italie , prit le fien du roi Anius , qui ,
pourfuivant le raviffeur de fa fille , fe jetta dans
cette rivière , & s'y noya. Le Tibre lui - même
dut fon nom au roi Tiberinus , qui s'y noya , ■
ou bien au tyran Tibris , qui fut tué fur fes
bords. Le PAizyè, qui csuloit en Colciûde , dans
îe pays d'Æa, étoit un roi, fils du Soleil &de 1
k nymphe Ocyrrhoé ( courant rapide ) > il devint J
Jbstiÿuîtés , Terne II,
f L iüi 6^75
I amoufetix à'Æd , fa propre fille , 8c la pourfui-
vant à travers les champs , il l’enveloppa de fes
ondes. Les indiens font encore pms emphatiques
dans leurs origines : ils dhbicnt , félon Bérofe ,
que le Gange étoit un géant qui avoir dix coudées
de haut, &qui, par fes vertus, avo.'t ménté d'être
roi de l’Inde. ( Af. Kahaud de St. Etienne, } »»
Comment les anciens tepréfentoient - ils les
fleuves ? Nous conncifîbns la nature & le cours
des fleuves , dit Éîien , 8c cependant parmi ceux -
qui leur rendent un culte , & qui leur confacrent
desftatues, les uns les repréfentent fous la figure
d'un homme , les autres fous celle d'un bœuf.
C’eft de cette dernière manière, ajoute l’auteur,
que les ftymphaliens figurent ŸÈrafme & la Mé-
tope ; les lacédémoniens V Eurotas ,• ies ficyoniens
8c les phlafiens ŸAfope , & les argrens le Céphlfe.
UÉrimanthe chez les pfophidiens , a la figure
d’un homme , ainfî que VAiphée chez ies héréens
Scies cherronéfiens de Cnide. Les athéniens re-
préfentent aufti le Céphife ious la forme d us
homme, mais avec des cornes.
D'après le paffage d'Élîen, il .y avoit donc au
moins deux manières de repréfenter les fleuves.
Les auteurs 8c ies monumens font d’accord fur
la première , dont voici quelques détails. On les
voit ordinairement à moitié couchés, le coude
appuyé fur une urne , avec des cheveux ondés ,
8c la tête couronnée de rofeaux , quelquefois ils
en tiennent un à la main; c'eft ainfi que le pré-
fentent le Danube 8c le Rhin au revers de deux
médailles de Trajan ; c'eft ainfi que Virgile dé-
peint le Tibre, 8c Ovide Ackéloüs. Acecoftume
général Si qui convenoit à tous ies fleuves, on
joignoit fouvent certains attributs qui fervoîent à
les défigner. Ainfi, par exemple, l'Hippopotame,
ou l’Ibis, indique le Nié; on ne peut mécon-
noître le Tibre au fymbole de la louve allaitant
deux enfans. D’autres fleuves étoient encore dé-
fignés par les plantes qui croiftbient fur leurs'
bords ; à. la plante d'Ache , on reconnoiffoic
YHimhe en Sicile, ou le Sélinus en Troade.
Enfin , fous quelques-uns leur nom eft écrit.
Quant à l'autre manière de repréfenter les fieu-c
ves , les auteurs n'en parlent^ pas'aufli clairemient
que de la première. LorfGu'Elien nous dit que
certains peuples les figuroient comme des bœufs ;
lorfque nous lifons dans Srrabon, qu'on leu-
donnoit quelquefois une tête de taureau; enfif,
quand les auteurs donnent aux fl.euves des épi-
thètes relatives aux cornes qu'on leur fupypfoir,-
cela veut-il dire, ou qu'ils étoient -tou'~ a-- fait
reoréfentés feus la forme qu'il»
F L E
F L O
on reconnu que c^’étoit là des fleuves f Voye^
Boeuî à face humaine.
Les cornes font un attribut des fl-euves , 8z ctA
pour cela que plufieurs d’entr'eux ont reçu f épi-
thète de comigeri & de tauriflormes , tels que le
UiL, le BJiin, le Tibre, VEridan, le Numicius ,
VAufidus & la Moflelle elle-même -, mais pourquoi
leur a-t-on donné cet attribut fingulier ? Prefque
tous ceux qui ont approfondi cette queftion , ont
prétendu que c'étoit parce que le bruit de leurs
eaux imite le mugiffement des taureaux , & fur-
tout à caufe des finuolîtés de leur cours , ou
plutôt des différentes branches de leur embouchure-
Homère dit , en parlant du Xanth'e , qu^il mugit
comme un taureau; &celafeul, dit Eufthate ,
engagea les anciens à immoler des taureaux à la
mer & aux fleuves. Ailleurs le même commenta-
teur donne le nom de cornes aux lits àtsfl.euves.
Ils portent quelquefois des ferres d^écrevilfe fur
les tempes J comme les deux bouts d’une cou-
ronne : l’Océan & Amphitrite portent cet attribut
fingulier. On en trouvera Texplication à Tarticle
Amphitrite.
Lorfque les fleuves font couverts de draperies ,
elles font ordinairement de couleur verte. ( Ovid.
de arte Am. lib. I. 2Z4. ')
Quelques écrivains avoicnt avancé que les an-
ciens artides établiffoient une diftinétion entre les
proprement dits, c’eft- à-dire, ceux qui
portent leurs eaux à la mer , & les rivières. Ils
plaçoient l’attribut diftinélif dans la barbe, qu’ils
refufoient aux fleuves qui ne portent pas immédia-
tement leurs eaux à l’Océan. Mais cette remar-
que eft fauffe; car on voit le Pô fans barbe
fur le bas-relief de Phaëton à la villa Borghèfe.
Le fleuve d’Agrigente étoit repréfenté de même ;
ainn qu’un grand nombre d’autres fleuves propre-
ment dits.
Lorfqu’on les repréfentoit fous des formes hu-
maines, ils regardoient ordinairement du côté vers
lequel couloient leurs eaux. C’eft ainfî que fur la
colonne Trajane le Danube tourne le vifage du
côté droit, & étend le bras droit dans les ondes,
pour marquer qu’il prenoit fon cours vers l’Orient.
Car ce point de l’horizon étoit exprimé par le
côté droit, de même que le gauche défignoit
l’Occident.
Vaillant affuroit que \ts fleuves ne. {ont xtpté
leués couchés , que quand iis en reçoivent d ai
treS'sui les grofliflent, & qu’alors le fleuve qt
porte «es eaux dans un autre , eft repréfenté de
'mut. (-..tte remarque4e Vaillant eft détruite pa
puneurs li^dailles. jiqus nous contenterons d’e
cit^ deux, .a premit..^ j p-
a eteq:appee les faitiCl; , , y
on y vot au reve.- jeux figui- ^
■ ■ " ’ y-Qj^ouchees, avei
•X rivières
XJXi J » U 441.* * —
4es joncs & des ut^gs. Ce
dont l’une qui eft le Padole , ou THylîus , fe jeta
dans 1 Hermus. Sur la fécondé médaille, qui eft
d’Apamée , on voit le Méandre & le Marfyas,
tous deux couches , quoique le IMarfyas fe jette
dans le Méandre. Ces deux médailles' font citées
par Spanheim dans une de fes lettres à Morel.
(SpaTzkeim. epift. IV. ad Morel, p. 2^7. 2j8. )
Le P. Jobert en donne d’autres exemples dans
fa onzième inftruétion.
Fleuves d’enfer. Toutes les eaux qui avoienî
quelque mauvaife qualité, étoient regardées comme
des fleuves d’enfer : tels étoient l’Achéron , le
Cocyte , le Phlégeton , le Pyriphlegeton , le Styx ,
le Léthé, le lac d’Averne. leurs articles.
FLïNTZ étoit une idole des anciens vandales
obedrites. Elle repréfentoit Vifilaüs , ancien roi
des ©bodrites , appellés par fucceffion de temps,
Vlitzaüs & Viintz , que les écrivains ont changé
en Elint:^. Ce Vifilaüs étoit repréfenté fous la
forme de la mort , en long manteau , avec un
bâton 8c une velïie de cochon à la main , & le
côté gauche appuyé fur un lion. La ftatue étoit
pofée fur un caillou.
FLOCON de cheveux d’Harpocrate. Voye^
Harpocrate.
FLORALES , fêtes qui fe célébroient à Rome,
en l’honneur de la déefîe flore ÿ on les appelioit
autrement Antkiftefles : elles duroient fix jours , &
fe terminoient aux calendes de mai, félon Ovide.
C’eft durant cette fête que les jeux floraux avoknt
lieu. Voye^ Flore , Floraux.
FLORAUX. Les jeux floraux furent inftitués
en l’honneur de la déefle des fleurs. Iis commen-
cèrent du temps de Romuîus, félon Varron ,
( ling. lat. 4. 10.) & furent fouvent interrompus :
on ne les renouvelloit que lorfque l’intempérie de
l’air annonçoit , ou faifoit crairidre la ftérilité, ou
que les livres |des fibylles les ordonnoient. Ce ne
fut que l’an de Rome 580 , que ces jeux devinrent
annuels , à l’occafîon d’une ftérilité qui dura plu-
fieurs années , & qui avoir été annoncée par des
printemps froids & pluvieux. Le fénat , pour
fléchir la déefîe Flore , & pour obtenir de meil-
leures récoltes , ordonna que les jeux floraux fe-
roient célébrés tous les ans régulièrement à .'afin
d’avril; ce qui s’exécuta jufqu’au temps où ils
furent entièrement proferits. On les célébroit la
nuit aux flambeaux, dans la rue Patricienne , où
étoit un cirque aflez vafte. Il s’y commettoit
des débauches effroyables : on ne fe contentoît
pas des difeours les plus difîolus ; on aflembloit
au fon d’une trompette , dit Juvenal ( VJE v,
249. ) les court.’fanes qui donnoient au peuple des
fpeêtacles abominables , & qui y paroilToienî
dépouillées de tout, vêtement. Cette fête étois
F L O
proprement ceHe des courtifanes. Caton s’étant
trouvé un jour à la célébration des itux floraux ,
le peuple plein de confidératipn & de refpeél pour
un homiTie ( V^aler. Max. U. lo. 8. ) ^
& fi févèîe , eut honte de demander, en fa pre-
fence , que les femmes , félon la coutume , fe
proftituaflent publiquement. Favonius , fon ami ,
l'ayant averti des égards qu'on avoit pour lui, il
prit le parti de fe retirer , pour ne point troubler
la fête , & ne point fouiller fes regards par la
vue des défordres qui fe commettoient à ce fpec-
tacie : le peuple, qui s'apperçut de cette com-
piaifance , donna mille louanges à Caton. Sur
quoi Martial dit, en s'adreffant au fage Romain,
« pourquoi paroiffiez-vous aux jeux , puifque vous
» en connoifliez la licence ? ou n'étiez-vous venu
» au théâtre que pour en fortir ” ? Il ne voulut
pas priver le peuple d'un plaifîr ordinaire.
FLORE étoît une nymphe des illes fortunées,
dit Ovide ( faft. V. 105. ) , dont le nom grec
étoit Ckloris , que les latins changèrent en celui
de Sa beauté lui ayant attiré les regards de
Zéphyre , elle en fut auffi-tôt aimée ; elle voulut
éviter fes pourfuites ; mais Zéphyre, plus léger
qu'elle , l'atteignit , & l'enleva pour en faire fon
époufe. Il lui donna pour douaire l'empire fur
toutes les fleurs , & la fit jouir d'un éternel prin-
temps. Le culte de cette déeffe étoit établi chez
les fabins , & on lui confacra un temple à Rome.
Juftin nous apprend que les phocéens, qui bâti-
rent Marfeiüe, honoroient la même déeiTe ; &
Pline parle d'une ftatue de cette déeffe de la main
de Praxitèle : ce qui prouve que fon culte avoir
été auffi célèbre dans la Grèce , d'où il avoir paffé
dans lltaüe. Dans la fuite , une courrifane du
nom ieFlore , ou^ félon quelques auteurs, appel-
lée Larentia , qui avoit gagné beaucoup de bien ,
ayant inflitué le peuple romain fon héritier , fut
mife , par reconnoiffance , au rang des divinités
de Rome , & fon culte fut confondu avec celui
de l'ancienne Flore, On célébra en fon honneur
des jeux floraux, & l'on joignit aux jeux inno-
cens de l'ancienne fête, des infamies dignes de
la nouvelle Flore. La dépenfe de ces jeux fut
prife , dans les commencemens, fur le bien qu avoit
laiffé la courrifane ; & dans la fuite on y employa
les amendes & les confifcations auxquelles on
condamnoit ceux qui étoient convaincus de pé-
c\Àzt. Flore eut un temple à Rome, vis-à-vis le
capitoîe, ou du moins fur le mont Aventin. Cicé-
ron & Ovide l'appellent la Mère-F/ore. On la
repréfente couronnée de fleurs, tenant de la
main gauche une corne d'abondance pleine de
fleurs de toute efpèce. F'oye^ Acca, Larentia.
Winckeîmann {Hifl. de l’Art, liv. IV, ckap.
IL B. ) ^dit «que le caraélère & l’attitude^ ordi-
naire d'Erato & de Terpfichore auroient dû don-
ner d'autres idées à ceux qui ont fait une déeffe
F L O
61S
des fleurs de la fameufe ftatue qui eft dans la cour
du palais Farnèfe , & qui relève de la mam droite
fon vêtement de deffous a la maniéré des jeunes
danfcufes : induits en erreur par I addition mo-
derne d'une guirlande de fleurs qu elle tient dans
fa main gauche , ils en ont fait une Flore , &
elle n'efl connue que fous ce nom. Sans ^utre
examen, cette dénomination a fervi enfuite a
faire donner le nom de Flore à toute figure de
femme dont la tête eft couronnée de fleurs. Je
fais bien que les romains avoient une déeffeF/ore,*
mais cette divinité étoit inconnue aux grecs,
de qui nous admirons Fart dans ces fortes de
ftatues. Or , com.me il fe trouve plufieurs Mufes
beaucoup plus grandes que le naturel , parmi lef-
quelles une qui a été métamorphofée en Uranie ,
fe voit aufll au Palais Farnefe, je fuis auure
que cette prétendue Flore repréfente ou Erato,
ou Terofichore. Pour ce qui regarde la F/ore du
Capitole, dont la tête eft couronnée de fleurs,
je n'y trouve pas le caraélère d une beaute ideale }
je penfe donc que cette figure défigne l'image
d'une belle perfonne , qui nous offre par cette
xouronne une des déeffes des faifons , fans doute
celle du printemps. Dans la defcriprion des ftatues
du cabinet du Capitole, on n'auroit pas du dire,
au fujet de cette figure , qu'elle tient un bou-
quet à la main , attendu que la main & le bouquet
font des additions modernes ».
FLORIDUS color. Pline ( XXXV. 6. ) dé-
figne par cette épithète une couleur éclatante,
par oppofition aux couleurs fombres & foncées :
colores funt aufleri , aut floridi.
FLORIEN, frère de Tacite.
Marcus Assias Floriasus Aügust¥s.
Ses médailles font :
RRR. en or.
O. en argent.
R. en médaillons de bronze.
R. en M- B.
C. en P. B.
O. de la fabrique d’Égypte.
FLORUS , furnom de la famille Aquilia.
-FLOTES des Romains. Il y en avoit qui
étoient conftamment deftinées aux mêmes ufages,
aux mêmes tranfports , ou à defendre les memes
parages.— Lr flore d'Afrique tranfportoit a Rome
les bleds de l'Afrique. Plutarque ( m Csfare )
eftime ce tranfport à 800 medimnes de bied, &
à a 0,000,000 liv. d'huile.— Lz flote d Alexan-
drie tranfportoit à Rome les bleds & les lep-
mes d’Egypte. Amelius Viaor { epift. i. 6. )
A / Cl Ci U « I
F LU
F L Ü
eftimoitce coTivoïau temps d'Augufte à îOjOOC^Ceo
boiffeaux de bleJ. Conftandn avant rranfporté le
Cège de i'empire à Conftantinopkjafieda àcette
ville la flore & les bleds dAAlexandrie 5 ne iailTant
pins à Rome que la fore d’Afrique. — Lzfore
des Gaules, eLablie par AuguÜe, protégeoit les
côtes des Gaules, de rEfpagae , & fe tenoic à
Fréjus.' — La fore de Misène , dans la Campanie,
garJo t la mer Thvrrénienne, & awit été établie
par A^iigufte. — Le même empereur ttabIitla_/?o£e
de Ravenne, pour protéger la mer Hadriatique. —
L’entrée de la Méditerranée pax Byzance , étoi:
gardée par in fore du'î^ont. ( Tacit. kiji. 1 1. 83. )
ï mentien dans quelques autea<-3
de hfiure hermiope, quAnacrécrr appelle rendre ^
de la lybade, de ra cytharlftrie; its flûtes pré-
centonennes , coryntlnennes , éRvptiennes vir-
ginales, milvines, & de tant d'autres don/ nous
ne pouvons nous former d’idée iaÜe, & ' qu’il
faudroit avoir vues pour en parler pertinemnrentv
On fait que le favant Lefevre defefpérant de
pouvoir débrouillerce cahos, couronna fes veilles
pénibles fur cette matière, en f-iifant des vers
latins, pour louer Minerve de ce qu’elle avoir
jetté. k fiûre dans l’eau , & pour maudire ceux
qui l’en avoient retirée.
II y avoir enfin dans les grands fleuv'es des
fares.^ pour en affurer l'entrée aux romains. La
1“’. étoit dans le Rhin, la 2*. dans le Danube,
& la 3'. dans l’Euphrate. ( Lips. de Magn. Rom.
I. 5.;
FLU ONIA , furnom que l’on donnoit à Junon,
par rapport au ftrvice que les femmes atten-
doient d elle dans leurs accouchemensj comme
jü.Hî pour arrêter le faag, foit dans la concep-
tion , foie dans les écoulemens ordinaires. ( Arnob.
Ub. IL)
FLUlE- L’inventîon de la^i^re, que les poètes
attribuent à Apollon , à Pailas, à Mercure, à
Pan, a Minerve, fa.t aflez voir que On ufage
eft de la plus haute antiquité. Alexandre Po-
lihyftor afîure que Kyagnis fat le plus ancien
joueur de fiûre , & qu’il rut remplacé dans cet
ÿt par Marfyas , ic par Oiympe , leqtt;! apprit
aufli aux grecs l’art de toucheY les iniirumens à
cordes. Selon Athénée, un certain Seiritès,
numide , inventa la fiûre à une feule tige , Silène
celle qui en a piufieurs , & Mar.^yas la fAte de
icfeau, qui s’u.nit avec la lyre.
Quoiqu’il en foit, la paffion pour la mufîque,
innée chez tous les peuples, fut caufe qu’on
goûra beaucoup le jeu de la fiûre, -Sc de plus
qu'on en multiplia fingulitrement la forme. Il y
en avoir de courbes, de longues, de petites, de
moyennes, de fimplts, dédoublés, de gauches,
de'droite_s, d’égales , d inégales, &c. On en fit
de foute forte de bois & de toute matière. Rnfin,
les mêmes fiâtes eurent difréreas noms chez divers
[peuples. Par exemple, la fiûre courbe de Phrygie
croît la même que le tityrlon des grecs d’Italie,
ou que îe pheutwn des égyptiens , qu’on appel-
Icit anfil mor.aule.
Lesfii-tes courbes font au rang des plus anciennes ;
telles font celles de la table d liîs : la gyngrine
lugubre , eu la phénicienne , longue d’une palme
me.furée dans toute fon étendue, étoic encore
de ce ge.are. Parmi les fiûres moyennes , Ariftide
le muficK.n met la pythique & ksfiûtes de chœur
Paufanias parle des fûtes argknns Se béoîie.ane.
^ Mais , loin d’imiter Lefevre, on doit au moins
tâcher d’expliquer ce que les anciens entendoient
par les fAtes égales & inégales, les /érea droites
& gauclies , _ks fûtes farranes , pbr) giennes , ly-
diennes , tibzA j.ares & irrperes , tibia dextra <S
finifira , tibia farrana , phrygia , /ydka , Sec. dont
il eft fouvent fait mention dans les auteurs comi-
ques 3 parce que la co.nnoifîance de ce point de
littératiue tft néceiTaire pour entendre les titres
des pièces dramatiques qui fe jouoient à Roms.
Voici donc ce cu’or. a dit peut être de plus
vraifemblable & de plus ingénieux pour éclaircir
ce point d’antiquité.
Dans les comédies romaines qu’on repréfentoit
■fur le théâcie public, les joueurs dejfére jouoient
totijouis de àtux fûtes à la fois. Celle qu’ils
tcuchoient de la main droite , étoit appeliée
droite par cette raifon ÿ & celle qu’ils touchoient
de la ga^uche , croit appeilée gauche par la même
raifon. La première n’avoit que peu de trous ,
&rendoit un fon grave; la gauche en avoir plu-
fieurs, & rendoit un fon plus clair & plus aigu.
Quand les muficiers jouoient.de ces âtux fûtes
cle d fférent fen , en difoit que la pièce avoir été
jouée tibiis imparibus , avec les fAtes inégales-,
ou tibiis dextris b finifitis , avec its fAtes droites
& g-auches : & quand ils jouoient de àz\ix fAtes
de même fon-, de deux droites ou de deux gau-
ches , comme cela arrivoit fouvent , on difoit que
la pièce avoir été jouée tibiis paribus dextris
avec des fûtes égales droiies, fi c’étoit avec
celles du ion grave ; ou tibiis paribus finifirls y
avec des fiâtes égales gauches, üc’etoit avec des
fiâtes de fon aigu.
Une meme pièce n’étoit pas toujours jouée
avec les Tv,èn\cs flûtes , ni avec les mêmes modes;,
cela ch.tr.geoit fort fouvent. Il arrivoit peut-être
aufl'i que ce changement fe faifoit quelquefois dans
la n eme repréientation , & qu’à chaque inter-
mède on changeoit de fiûte; qu’à l’un on pre-
noit les fûtes droites, & à l’autre les gauche»
fucceffiveir.ent. Donat prétend que quand le fujet
de la pièce étoit grave Se férieux, on ne fe ferveit
que^ des flûtes égales droites , que l’on appelloit
auüi lydiennes , & qui avoiect le fon grave qtie
F L ü
^uand le fujet éteit fort enjouée on ne fe ferv’olt
que des fûtes égales gauches^ qui étoient appel-
!ées tyriennes o'i farranes , qui avoient !e fon aigu^
& par conféqueat plus propre à la joie -, enfin ,
quand le fujet étoit mêlé de Teajoué & du furieux ,
qu"on prenoit les fûtes inégales ^ c°eit-à-dire , la
droite & -la gauche ^ appellées phrygiennes.
Madame Dacier eft au contraire perfuadée
que ce n^’étoit point du tout le fujet des pièces
qui régloit la mufique , mais Toccafion où elles
étoient repréfentées. En effet ^ lî auroit été im-
pertinent qu'une pièce faite pour honorer des
funérailles , eût* eu une mufique enrouée ; c’cff
pourquoi J quand les adelphes de Térènce furent
joués la première fois J ifS le î'dizt'X tlhiis liàUs ,
avec les lydiennes , c'eft-à- dire , avec deux
fûtes droites; & quand iis furent joués pour des
occafions de joie & de divertilfement, ce fut
îihiis [arranïs , avec les deux flûtes gauches. Ainfij
quand une pièce éroit jouée pendant les grandes
fêtes , comme la joie & la religion s‘y trouvqient
mêlées J c’étoir ordinairement avec \ts flûtes \né-
gaieSj ou une fois avec deux droites, & enfuite
avec deux gauches , ou bien en les prenant aher-
native.ment à chaque intermède.
Au refte ^ ceux qui jouoient de la flûte pour le
théâtre, fe mettoient autour de la bouche une
efpèce de ligature ou bandage compofé de p!u-
fieurs courroies qu'ils lioient derrière la tète,
afin que leurs joues ne paruffent pas enfiées , &
qu'ils pufTent mieux gouverner leur haleine &
li rendre plus douce. C'eff cette ligature que les
grecs appelioienc pofos.-s? & s-^utor. Sophocle en
parle, quand il dit:
“ Il ne foufle plus dans de petjtes/drf^,mais
» dans des fouflets épouvantables, & fans ban-
a, dage». Ce que Cicéron appliquoit heureufe-
ment à Pompée, pour marquer qu'il ne gardoit
plus de mefures , & qu'il ne fongeoit plus à mo- ■
dérer fon ambition. Il eft p.tïlé du b.indage dans
Plutarque, dans le fcholiafte d' Ariltcphane &
ailleurs; & l'on en voit la figure* fur quelques
anciens monumens.
L'ufage de la flûte n'étoit pas borné au théâtre
feul : elle faifoit partie de la plupart des fpec-
tacles & des cérémonies publiques grecques &
romaines ; des noces , des expiations , des facri-
fices , 8e: fur-tour des funérailles. Accouipagnée ■
des finglots de ces femmes gagées , qui poflé-
doient l'art de pleurer fans aïfiiélion, la,^r«ne
pouvoir m.inquer de former la principale mufique
d,es pompes funèbres. A celle du jeune Arché-
more , fils de Lycurgue , c'étoit h flûte qui don-
noit le fignal , & le ton des lamentations. '
Dan_$ les fêtes d'Adonis, on fe fervoir aufli de
la flûte , Sc l'on y ajoutoic ces mois lugubres :
hélas , hélas , Adonis 1 mots qui conveuoient par-
faitement à la triiîeffs de ces fêtes.
F . L ü . d’77
Les renîatns , én vertu d’une loi très-ancienne,
& que Cice'ron nous a confervée , emplorèrent la
flûte au même ufage. Elle fe faifoit "entendre
dans les pompes funèbres des empereurs, des
grands, & des particuliers de quelque âge & de
quelque qualité qu'ils fullent ; car dans toutes
leuis funérailles on chantoic des poèmes lugut-
bres , appelles nœni& , qui demandoienr néceÇ
fairement l'accompagnement des flûtes j c'eft en-
core par la même raifon qu’on difoit en proverbe,
jum lltet ad tibidnes rrdttas , envoyez chercher
les joueurs dt f.ûte, pour marquer qu’un malade
éto;t 4é:''efpéré, & quLI n’aveit pîï^ qu’un mo-
ment à vivre ; expreiiîon proverbiale que Circé
emploie dans Pétrone, aflez plaifamment dans les
reproches qu'elle fait à Polyénos fur fen hî>-
paiûance. ' ^
La flûte fervant à des cérémonies 'de différentes
fortes , il faiîoïc bien qu'on eût trouvé l’art d'en
ajufier les ’fons à ces diverfes cérémonies, &
cet art fut imaginé de très-bonne heure. Nous
iifcns dans Plutarque , que Clonas étoit le pre^
mier auteur des nomes ou des airs de flûte. Les
principaux qu’il inventa , & qui furent extrême-
ment perfeélionnés après lui , étoient l’apothétos ,
le fchoénion , le trimélès , Léiégiaque , le comar-
chics , le cépionien & le déios. Expliquons
brièvement ces mots , qu’on trouve fi fouveot
dans les anciens auteurs-
L'air apothétos étoit un air majeftueux , re-
fervé pour les grandes fêtes & les cérémonies
d'éclat.
U 3.ÏT fchoénion , dont Pollux & Eléfych.'us par-
lent beaucoup , devoir ce nom au caractère* de
mufique & de poéfie, dans lequel il étoit com-
pefé ; caradtère qui , félon Cafaubon , avoir
quelque çhofe de mou , de fiexible , & , pour
ainfi dire , d'effeminé.
■ L'air trimélès étoît partagé en trois ftrophes
ou couplets : la prem'ère ftrorhe fe jouoit fur
le mode dorien; la fécondé, fur le phrygien y
la troifième , fur le lymien , & c'eft de ces trois
changemens de modes que cit air droit fon nom,
comme qui diroit air a trois modes : c’eft à quoi
répondroit prccifément dans notre mufique un
air à trois couplets, dont le premier feroic com-
pofé en c fùl uîf\e feco.nd en d la re , le trot-
fième en e fl mi.
L’air élégiaque ou pl.iintif fe comprend aSfez.
L'air comarckios ou bacchique vqo\t le premier
rang parmi ceux que l’on jouoit dans les fefiins,
& dans les affemblées de débauches auxquelles
prélîdoit le dieu Cornus.
L'air cépion empruntoit fbn- nom de fon au-
teur, élève de ^Terpandre , qui s'éîoit fignalé
dans les airs pour h flûte & pour la cithassy
' F'LV
mais on ignore quel étoit îe caraSèrr diflinâif
de i'air cépion;en-
L'air déios femble lignifier un air craintif &
umide.
Outre les airs àsjlûte que nous venons de citer,
■Olympe , phrygien d'origine , compofa fur cet
inftramentjà l'honneur d'Apoilon, l'air appelle
yàl'Jifhale ou z -plufieurs têtes. Pindare en fait
Paflas rinventnce pour imiter ks gémiffemens
des fœurs de Médufe, qui étoient cenfées liffler
fur dsfférens tons ; ia fàu imitoit cette variété
de fifflemens.
Les auteurs parlent auffi de l'air harmatios ,
c'eft-à-dire du. char. Héfychius prétend que cet
air prit fon nom de fon jeu, qui lui faifoit imiter
la rapidité , ou le fon aigu du mouvement des
roues d’un char.
U z\r orthien célèbre dans Homère , dans
Arifiophane , dans Hérodote, dans Plutarque &
autres-- La modulation en étoit élevée, & le
rythme plein de vivacité , ce qui le rendoit d'un
grand ufage dans la guerre pour encourager les
troupes. C’ell fur ce haut ton que crie la Dif-
côrde- dans Homère, pour exciter les grecs au
combat. G’étoit, comme nousledirons bientôt,
en jouant ce même air fur la flûte , , que Timo-
thée le t’nébain faifoit courir Alexandre aux ar-
mes. C'étoit , au rapport d’Hérodote , le nome
orthien que cbantoit Arion fur la poupe du vaif-
fcau , d’où il fe précipita dans ia mer.
Enfin , l'en met au nombre des principaux airs
flûte le cradias , c’eft-à-dire , V air du figuier ,
qu'on jouoit -pendant la marche des victimes
expiatoires dans les thargélies d'Athènes ; il y
avoit dans ces fêtes deux viâimes expiatoires
qu'on frappoit pendant ia marche avec des bran-
ches de figuier fauvage. Ainfi, le nom de cradias
,€tî tirù du mot grec qui figriifie branche de figuier.
Comme il n’étoit plus permis de rien changer
au jeu des airs de flAte , foit pour l'harmonie,
foit pour la cadence', & que les muficiens avoient
grand foin de conferver à chacun de ces airs
le ton qui lui étoit propre j de là vint qu’on
appella leurs chants nomes ^ c’eft-à-dire , en grec,
/or, modèle, parce qu’ils avoient tous différens
tons , qui leur étoient affeéiés , & qui fervoient
de règles invariables , dont on ne devoir point
s'écarter.
On eut d'autant plus de foin de s'y confor-
mer , qu’on ne manqua pas d'attribuer à l’excel-
lence de quelques-uns de ces airs 4es effets fur-
prenans, pour animer ou calmer les paffions des
hommes. L'hiftoire nous en fournit quelques
«xgmpks , dont nous difeuterons la valeur.
F L ü
Pythagore, félon le témoignage de Beè'ce '
voyant un jeune étranger , échauffé dès vapeurs
du vm, iranfporté de colère, & fur le point de
mettre Je feu à la majfon defamaîtreffe, àcaufe
d^un rival préféré, animé de plus par le fon
d une flûte , dont on jouoit fur le mode phry-
gien ; Pythagore , dis- je , rendit à ce jeu.ne homme
ia tranquillité & fon bon fens , en ordonnant
feulement au mufîcien de changer de mode , &
de jouer gravem.ent, fuivant la cadence marquée
par le p:ed, z^çtWé fp ondée , comme qui diroit
aujourd'hui fur la mefure dont on compofe dans
nos opéra les fymphonies connue? fous le nom de
fommeils , fi propies à tranquiilifer & à endormir.
Galien raconte une hiftoire prefque toute pa-
reille , à l'honneur d'un muficien de Mikt i
nommé Damon. Ce font de jeunes gens ivres i
qu'une joueufe de flûte a rendus furieux en
jouant fur le mode phrygien , & qu’elle radoucit
par l’avis de ce Damon , en paffant du mode
phrygien au mode dorien.
Nous apprenons de St. Chryfoftôme, que
Timothée jouant un jour de la flûte devant
Alexandre - le - Grand , fur le modî orthien, ce
prince courut aux armes aufli-tôt. Plutarque dit
prefque la même chofe du joueur àc flAte Anti”
génide , qui , dans un repas , agita de telle ma-
nière ce même prince, que s’étant levé de tab'e
comme un forcené , il fe jetta fur fes armes ,
& mêlant leur cliquetis, au fon de la flûte , peu
s’en fallut lju’il ne chargeât les convives.
Voilà ce que l’hiftoire nous a confervé de plus
mémorable e.n faveur de ia flAte des anciens,;
mais J fans vouloir ternir fa gioire , comme ce
n’eft que fur des gens agités par les fumées de
vin que roulent prefque tous les exemples qu'on
allègue deXes effets, ils fcmblent par-!à déroger
beaucoup au merveilleux qu'on voudroit y trou-
ver. Il ne faut aujourd’hui que le fon aigu & la
cadence animée d'un mauvais hautbois, foutenu
d’un tambour de bafque, pour achever de rendre
furieux des gens ivres, & qui commencent à fe
harceler. Cependant , lorfque leur premier feu eft
paffé , pour peu que les hautbois jouent fur un
ton plus grave , & raîentiffent la mefure , on les
verra tomber infenfiblement dans le fommei! ,
auquel les vapeurs du vin ne les ont que trop
difpofés. Quelqu’un s’aviferoit-i! , polir un fem-
blable effet , de fe récrier fur le charme & fut
la perfection d'une telle mufique ? On nous per*
mettra de ne concevoir pas une idée beaucoup
plus avantageufe de la flûte , ou , fi l’on veut ,
du hautbois , dont Pythagore & Danton fe fet"
virent en pareils cas.
Les effets de la flûte de Timothée, ou de
celle d'Antigénide , fur Alexandre , qu ont-i ^
de fi furprenant k N'eft - il pas ■'^^turel quun
prince jeune & belliqueux, extrêmement fenfible
à l'harmonie , Sc que le vin commence à échauf-
fer, fe lève brufquement de table, entendant
fonner un bruit de guerre, prenne fes armes &
fe mette à danferla pyrrhique, quiétoitune danfe
impétueufe, où Ton faifoit tous les mouvemens
militaires, foit pour l'attaque, foit pour la dé-
fenfe ? Elî-il néceffaire pour cela de fuppofer dans
ces mulîciens un art extraordinaire , ou dansJeur
fû:e un fi haut degré de perfection ? On voit
dans le feflin de Seuthe, prince de Thrace ,
décrit par Xénophon , des cérafontins fonner la
charge avec des fiâtes & des trompettes de cuir
de bœuf crud ; & Seuthe lui-même fortir de
table en pouffant un cri de guerre, & danfer
avec autant de vîteffe & de légéreté, que s'il
eût été queftion d'éviter un dard. Jugera-t on
de là que les céfarontins étoient d’exccllens maî-
tres en mufique ?
L'hiftoire parle d'un joueur de harpe , qui vivoit
fous Ëric II, roi de Danemarck, &c qui, au
rapport de Saxon le Grammairien , conduifoit fes
auditeurs par degré jufqu'à la fureur. Il s'agit
dans ce trait d'an fiècle d’ignorance & de bar-
barie , où la mufique extrêmement dégénérée ,
ne laiffoit pas néanmoins, tout imparfaite qu'elle
ctoit, d'exciter les pallions avec la même viva-
cité que dans le fiècle d’Alexandre. Concluons
que les effets attribués à la fiâte des anciens , ne
prouvent point feuîs l’extrême fu'périoritë de fon
jeu, parce- que la mufique la plus fimpk , la plus
intorme & la plus barbare, comme la plus com-
pofée, la plus régulière & la mieux concertée,
peut opérer dans certaines conjeélures les pré-
tendues merveilles dont il s'agit ici. ( Article du
chevalier de Jaucourt,')
Joignons ici les favantes ohfervations que nous
fournit le fupplémenî de V encyclopédie.
Pour qu'une fiûte produire un fon , il faut
qu'elle ait une embouchure comme nosfAtes tra-
verfières, un bocal comme nos cornets, un bi-
lèau comme nos fiâtes douces, ou enfin une
anche comme nos hautbois. De tous ceux qui fe
font occupés des fiâtes des anciens , aucun , que
je fâche, n’a recherché s'il avoient toutes ces
différentes efpèces de fiâtes ^ ou s'ils n'en con-
iioiffoient que quelques unes, de lefquelles ? Il
eft vrai que d'habiles antiquaires modernes rap-
fortent que quelques-unes des fiâtes trouvées à
lerculanum , ont des anches , & que les anciens
érigèrent une ftatue à Pronome le thébain , parce
<}u'il avoit_ inventé cette partie de la fiâte.,- mais
iis ne nous apprenne?. t rien de plus. II eft vrai
encore , que l'anche eft manifefte dans lesdeffins
de quelques fiâtes anciennes; mais il y en a d’au-
tres qui fe terminent en haut par une efpèce de
bocal ; on en trouve même une à bifeau. Enfin ,
le P . Hardouin , dans les notes Si les correéÜons
qu’il a jointes à là belle édition de Pline , parle
bien des anches des anciens ; mais il n’explique
pas pofitivement fi les anciens avoient uniquement
des fiâtes à anches , ou s'ils en avoient aufll
d'autres; il me femble cependant que cette ma-
tière mérite d'être éclaircie. Je vais tâcher de le
faire, & je me flatte de pouvoir montrer que
les anciens n'avoient que des fiâtes à anches ,
mais qu'elles étoient de deux fortes ; l’une ayant
l’anche à de'couvert comme nos hautbois ; l’autre
ayant l’anche cachée à peu près comnae les trom-
pettes d'enfans.
Avant d’entrer en matière , il ne fera pas hors
de propos de remarquer que, fuivant le témoi-
gnage de tous les auteurs grecs & latins , les
anciens appellorent fiâte un tuyau percé de plu-
fleurs trous latéraux , qu’on bouchoit avec les
doigts, ou autrement, & qui ferv oient à pro-
duire les différens tons ; les autres inftfumens à
vent s’appelloient cor , trompette , buccine, lituus i
je ne connois qu’une feule exception à cette règle,
c'eft la fyringe , ou le fiffletde Pan, inftrument
compofé de plufieurs- tuyaux inégaux , & dont
chacun donne un ton différent ; encore peat-on
dire avec raifon , que les tuyaux inégaux de la
fyringe tenoient lieu des trous latéraux des autres
fiâtes.
La flûte traverfière ne paroît pas avoir été con-
nue des anciens; au moins aueun auteur n’en
parle- Ils avoient , à la vérité , une fiâte furnom-
. mée plagiaule , c'eft- à-dire , oblique j mais Servius,
dans fes remarques fur Virgile, dit à l’occafion
de ce vers :
Aut tihi curva chorus indixit tibia Sàccki ,
Uanc tïbiam gr&ci vacant 5rXstyi«'jXa» ,
Les grecs appellent cette flûte ( curva tibia )
plagiaule : or, les anciens ajoutoient au bout de
leurs fiâtes une corne de veau pour en augmenter
le fon ; cette corne étoit naturellement recourbée,
Screndoît par conféquent la;^K« même courbe,
& voilà la curva tibia de Virgile, fie \z plagiaule
des grecs. On voit de ces courbes fur plii-
; fleurs monumens anciens.
La vérité m’oblige d'ajouter, que j’ai trouvé
des efpèces de fiâtes traverfières, eu plutôt de
vrais fifres , fur deux bas-reliefs qui fe trouvent
l’un & l'autre dans V antiquité expliquée de Mont-
faucon; le premier Se ces bas-reliefs repréfente,
fuivant le fiyanr Bénédiéiin , l’Amour & Pfyché ;
tous deux font portés par des centaures. L’Amour
tient à fa bouche un bâton qui femble être un
fifre , & il éft dans l'attitude de quelqu’un qui
joué de cet infiniment : entre les deux ceiitaures
eft un Cupiden , ou génie aîlé debout , josant
auffi du fifre. Je foupçonne ce bas ®«lief d'être
mal copié. _ . '
5So F L U
î'*. Pârca que Montfaucon dii ^/ofitivetnerit ,
que le Cupidon debout , entre les centaures ,
tient un vale : or , rinftrument que tient TAmour
à cheval , reflembie exactement au premier , &
fi l’un eft un vafe ^ l’autre auS'i eu elt un.
Parce que je n’ai vu fur aucun monument
l’Amour jouant d’aucune efpèce de flûtes l’on
trouve bien des génies ailés jouant de cetinftru-
ment , nuis non l’Amour. i
Le {ëcond de ces bas-reliefs , que Montfau-
con a tirés de Boiffardj refiemblE beaucoup au
premier ^ & je le foupçonne de n’étre que le
premier altéré par les deflinateurs. ; au moins fi
ce foupçon n’eit pas fondé , il eft très-probable
que ces centaures & ces Cupidons font une al-
légorie i & que l’un de ces bas-reliefs eft imité
de l’autre.
Au relie qu’on ne foit pas étonné fi j’accufe
fi facilement^ ici & ailleurs > ceux qui ont copié
les bas-reliefs antiques j de les avoir altérés:
j'ai des preuves indubitables qu’ils fe font tromï
pés en plulkurs occafions, & j’en rapporterai
deux des plus fortes.
L’on trouve dans le tome I , de l’antiquité
expliquée de Montfaucon , une fyringe compofée
de huit tuyaux à bifeau. Chaque tuyau eft percé
de trous latéraux ; les deux premiers en ont cha-
cun quatre 5 les quatre fuivans en ont chacun
trois ; l’avant-dernier deux j & le dernier un. Je :
ne ferai point remarquer que jamais on ne trouve
de fyringe dont les tuyaux foient à bifeau , &
percé de trous latéraux ; je demanderai feulement
comment avec huit doigts on jouera d’un inftru-
menrà vingt-trois trous? Me répondra - 1 - on
qu’on ne joue que d’un tuyau à ia fois , &
qu’alors il ne faut au plus que quatre doigts.
Je demande alors comment un- muficien tranf-
portera dans le même inllant fon infirument d’un
coté à l’autre J & fes doigts d’un tuyau i l’autre
fans fe tromper ?
On trouve djns le traité de tihüs veterumàc
Barthoiiit, pl. II, fig. i , un joueur de flûte,
tenant deux flûtes- , dont chacune a deux trous
latéraux , 8c à côté deux petites éminences cubi-
ques J ou chevilles j cette même figure fe trouve
dans Boiffard, mais les flûtes n’ont ni trous laté-
raux , ni chevilles ; bien loin de là^ elles font
entourées d’anneaux. Que ce foit Barrholin, ou
que ce foit BoilTard qui ait repréfenté l’antique ,
l’un des deux s’eft trompé dans cette occafîon:
on peut avoir de même mal copié le bas-relief
ou^font les fifres , & je fuis fondé à dire que
les anciens n'avoient point àz flûtes traverfières ^
jufqu a ce que j’aie de bonnes preuves du con-
traire.
Les flutes 'ï bocal , où les cornets font diffi-
ciles à emboucher, êe il eft prefqu’impoffibie de
F LU
jouer de deux de ces jlûtes à la fois ; cfeft
pendant ce que faifoient les anciens habltuefe-
menr. D ailleurs, une flûte à bocal n’a rien cuî
reiTembla à une glotre . ou languette ( c’cit-à-dîre
à une anche, comme nous le verrons); cepen-
dant il paroît par quantité' de palîages des auteurs
anciens, que la glotte ou languette étoit indsf-
' penfable à Iz flûte. Voici quelques-uns de ces
pafTages.
Porphyre . dans fes Commentaires fur le ckap.
’ J^III du livre premier des Harmoniques de Pto-
lomée . édition de Walîs . dit. ^ fi l’on prend deux
; » flûtes . foit de rofeau, foit d’airain
■ » & qu’on fouffle dans ces flûtes par les lan-
^ ” guettes qui s’y rtcuveat ( per cas que, funt in
: » illis lingulas ».
i St. Chryfoftome dit . Homélie 45 . « fi vous
» ôtez la languette ( Unguia ) à une jlûte, l’inf-
« trament devient inurue». II eft cîa!r que ni
Porphyre, ni Sr. Chryfoftome ne parlent d’une
feule efpèce de fl.âte j ils parlent des flûtes eu
général.
Suivant Pollux , chap. IX. liv. IH. de fon^
Onomaflicon , une mauvaife fl.ûte , Sc fans lan-
guette ( glotta ) , enfin . fans fon , n’eft bonne
à rien ( inepta ). Le meme auteur mer un peu
plus haut Tanche ( glotta ) au nombre des parties
de ]z flûte.. Au refte. tout ce que Ton vient de
dire par rapport aux flûtes à bocal, ou cornets,
peut a U {fi très - bien s’appliquer aux flûtes tra-
verfières.
Les flûtes à bifeau , ou douces . parlent aifé-
mentj & plus elles font longues, plus il faut
y fouâîer doucement j à quoi ben alors le phor-
béïon, ou bandage, dont les anciens muficiens
s’entouroient la tête, pour mieux gouverner leur
haleine ? Quand on n’eft pas obligé de fouffier
avec véhémence, on en- eft toujours le maître.
Si les flûtes des anciens étoient des jfarej douces,
pourquoi les ftatues , qui repréfenrent des mufî-
ciens en adion , ont-elles toutes les joues en-
flées ? Comment Ovide auroit-il pu faire dire à
' Minerve, à qui il attribue l’invention de la flûte ,
Vidi virgineas- iatumuiffe gênas.
Fafl. lib. ir.
Je vis mes joues vierges enflées ? Comment
Plutarque auroit-il pu rapporter dans la vie d’Al-
cibiade , que ce jeune grec ne voulut pas ap-
prendre à jouer de la flûte, alléguant entr’autres
raîfons , qu’à peine ceux qui étoient indmément
liés avec un homme pouvoient-ils le reconnoitm
» quand il jouoit de De pins. Anfo
tote . dans le ekap. HL du liv. HHL de fla. Fo.
I litique , nous apprend que « h flûte eft plus propre,
i w à snjfoer les efprits, êc à les porœf a la coiere
F L U
» qu’à les concilier » -, ce qui certainement ne
convient pas plus eue tour ce que nous venons
de dire, ni zmx flûtes douces, ni aux jlûtes tra-
YsrUères.
Puifque donc !es flûtes des anciens n’éroient
point des cornets , ni des flûtes traverfières , ni
des fliûtes douces , ii faut néceffairement qu’elles
aient été des hautbois , ou que leurs glottes en
languettes fufient de véritables anches. Confirmons
cette idée par quelques paffages de plufieurs au-
teurs. Hffychius dit que la glotte écs flûtes n’ert
autre chofe, qu’une languette agitée par le foufïle
du joueur , ce qui convient parfaitement à l’an-
che d'un hautbois -, d’ailleurs le mot glotte même
conftrme cette opinion , la partie du corps hu-
main, aopsllée glotte J ayant de l’affinité avec une
anche. Pcolomée, dans le ckap. III. du liv. I.
des Harmoniques , dit ; « la trachée artère eft une
»5 fl,ûte naturelle ; mais la trachée-artère, comme
l’on fait, fe termine par i’épiglotte, efpèce de
fsupape qui s’ouvre & fe ferme à peu près com-
me la languette d’un chalumeau. Pollux , dans
le chapitre déjà cité de fon Onomafticon , rap-
porte qu’on peut dire en parlant d’un joueur de
f.âte , «qu’il a les joues pleines, gonflées , bouf-
» fies , élevées , étendues , adhérentes , pleines
» de vent, les yeux irrités fanguinolens^s
il dit encore plus bas : « les anciens difent des
M glottes ufées par le chant ». I! nous eft relié
iin traité, prefque entier d’Ariftote, fur les objets
qui font du reflbrr de l’ouie ( de audibilihus ) 5 on
trouve ce traité dans les Commentaires de Por-
phyre , fur le cha-p. III. du liv. I. des Harmoniques
de Ptolomée, & entr’aiitres paffages , il renferme
les trois fuivans. “ Si quelqu’un ferre les lèvres
« & comprime'la glotte d’une/ére, le fon devient
» plus dur, plus défagréable & plus éclatant «.
» Si l’on mouille le fommet de la -glotte, ou
» qu’on l’imbibe de falive , l’inlirument raifonne
» mieux; & au contraire, quand la glotte eft
» sèche». Si l’on comprime la glotte, le fon de-
» vient plus aigu & plus clair». Tout cela con-
vient parfaitement aux fliûtes à anches , auffi-
bien que ce que dit Apollonius de Thyane ( eh.
XXL liv. V'. de fa vie , par Philoftrate ) , « qu’une
» des qualités néceffaires à un muficien, eftcelle
» de bien embraffer la glotte de fa f.ûte avec les
» lèvres , fans cependant y employer affez de
» force pour en devenir rouge ».
Pline , dans le ckap. XXK. du liv. XVI. de
fon Hijioire naturelle , rapporte « qu’avant le mu-
» ficien Antigénide , on coupoit dans le mois de
>•> feptembre les rofeaux dont on vouloir faire des
» fiâtes , & qu’on ne commençoit à s’en fervîr i
» qu’après quelques années ; qu’alors même le
>■> muficien étoit obligé , pour ainfi dire , de domp-
» ter fon infiniment, & d’apprendre à fa flûte \
» même à chanter , les languettes étant trop peu
» ouvertes»; c’eft-à-dire, probable.ment , q'ue
Antiquités. Tome II,
F L U crsi
! Comme oft avoir cueilli le rcfeau quand il étoit
déjà trop mûr , les languettes étoient dures ,
fe comprimoient réciproqueme.nt ; car il dit ,
comprimentibus fle lingulis , & ne fe laiffoietît pas
gouverner à la volonté du joueur. « Mais après ,
» continue Pline , on les coupa ava.nt le folitice
» ( au mois de juin ) , & on s’en fervit au bout
» de trois ans, les languettes étant plus ouvertes
» pour fléchir les fons, c’eft-à-dire, qu’on cou-
» poit les rofeaux avant leur pleine maturité ,
» qu’alors ils étoient plus fouples , que les lan-
» guettes ne fe comprimoient plus il fort réci-
» proquement, & que par conféquent les fons
» étoient plus faciles à varier ». On trouve dans
les notes d’Hardouin , fur les endroits ■. de Pline
. que nous venons de citer , un paffage de 1 héo-
phrafte, où il eft dit ,« que les anciens faifoiert
» d’abord leurs flûtes toutes de rofeaux , & qu’ils
» croyoient que les anches ( glottes) devoient-
» être prifes dans l’entre-deux des nœuds de h
» même plante dont on avoir fait !aj?ére, parce
» que fans cela l’inftrument ne raiionnoit pas
» bien». Ce paffage feul prouve que les f.ites
des anciens étoient à anches ; encore aujourd'hui
00 préfère celles de rofeau à toutes les autres.
Je crois avoir fuffifamment prouvé que les an-
ciens n’avoient que des flûtes à anches. De ces
flûtes les unes avoient l’anche à découvert comme
nos hautbois; les trois paffages d’ Al iftote , cités
ci-deffus, le prouvent fans réplique. Les autres
avoient l’anche cachée comme les trompettes
d’enfans. Voici ce qui me femble l’indiquer.
D’abord on voit fur des bas-reliefs des /érej fans
l’apparence de bifeau, ni d'anche ; ces font
ordinairement terminées en haut par un bocal ;
donc leur anche eft cachée dans le corps de l'inf-
trument ; car nous avons déjà vu que l’anche
eft indifpenfable aux fl.ûtes des anciens. \.t%f.ûtes
terminées par un bocal en haut , font ordinaire-
ment les plus grandes , & quelques joueurs de
flûte, qui tiennent des inftrumens de cette efpèce ,
n’ont point de phorbéion , ou de bandage , v.
Phorbeïok ; parce qu’on ne pouvoir paffer qu’un
petit corps mince , tel qu'une anche au travers de
la fente du phorbéïon ; parce qu’encore le phor-
béïon étoit très-utile au muficien; un des plus
grands défauts qu’ont même aujourd’hui nos
joueurs d’inftrumenS à anches , c’eft de laiffer
échapper le vent , ce qui provient de la tenfion
continuelle des joues , & qui caufe un fifflement
très-défagréable , au lieu que celui qui fouffle
dans un bocal, ne peut guère laiffer échapper
le vent.
Pollux, dans le chap. IX. du liv. IV. de fon
Onomafticon , dit que la flûte , appellée bombyx ,
a deux parties outre la glotte , & les trous laté-
raux, l’une appellée ( olmos ) , l’autre,
aquxuiùs {eupkolmion)-, l’olmos peut, je crois,
très-bien indiquer ici un pavillon femblable à
Rr rr
<?82 F L Ü
celui des cors- de-chaffe & des trompettes, &
eupholmion une embouchure taire comme un
bocai j & à quoi bon cette efpèce d'embou.hure ,
fi ia fiûte avoir une anche placée comme ceile
de nos hautbois? Ariltore, dans fon traité de
audihilibus , que nous avons déjà cité , dit c' qubi
=3 eiî difficiie de jouer de la j?ére , appeÜée bom-
» byx ^ à caufe de la longueur, ce qui joint à
:>3 ce nous venons de dire , femble prouver ef-
== feciivement ^ que les fiâtes les plus grandes
des anciens avoient un bocai, une anche ren-
fermée dans le corps de Finilrument qu’on
en jouoit fans phorbéion 3:1. Cette dernière
chofe eit conbrmée par un pasTage de Sophocle ,
qu’il explique en même-temps; le voici. « Il
» ne fouâîe plus dans de petites fûtes , mais
^ dans des foutSers épouvantables fans ban-
dage ( phorbéion ) Enfin ^ je rapporterai encore
ce que dit Feùus, en donnant une étymologie
GU mot Unguia ( languette'),^ lingula per diminu-
tionem lingus, dicia , alias à Jimilitudme lingue,
exerte ut in calceis inferte , id efl infra, dentes
coerciîe , ut in. tibiis. ce Languette , diminutif de
=5 langue ^ tantôt à cauie de ïk reffemblaiice avec
une langue expofee ( ou tirée^ , comme dans
” les caauflüies, tantôt à caille de fa reifem-
” blance avec une langue cachée , ou retenue
defious les dents ; ce qui ne fembie convenir
qu’à une anche cachée dans finflrumeiit.
' nulle envie d’imiter les gens
a fylïême , qui écartent de ia meilleure foi du
monde tout ce qui peut endommager leurs édi-
fices J je vais rapporter ce que je crois qu’on
peut m oppofer raifonnablemenr, au moins je
rapporterai ce que j’ai trouvé de rufpeét dans le
œurs de mon travail. Bartholin, dans le ckap.
V^. du liv. I. de fon traité de tib. veter. raconte
comme un miracle ^ d’après le fcholiafîe de Piiir ■
dare^ que les languettes, glottes, ou anches,
étant tombées dans un combat ou concours de
rnuiique, le joueur de continua fa pièce avec
^nfyaux feuls. Cette hiltoire peut fournir trois
objtélions 1°. Si \d.fûte n’avoic d'autre principe
de fon que l’anche, comment le muiici-n a-t-il
pu continuer à jouer après que celle - ci étoit
probable que fa fûte étoit en
même^- temps a bifeau & à anche, c’efl-à-dire ,
que c’étoit une fiûte douce , à laquelle on avoir
adapte une anche. 2°. Eft-il probable que l’anche
d un nautbois puiiTe tomber fans la volonté de
celui qui tient imrrrume.nt ? Et n’eft-il pif plus
naturel^ de fuppofer que c’etoie une charlatanerie
Q.U muiicien, qui, s étant apperçu qu’on pouveit
jouer iefz flûte fans anche, vouloit s’en faire
honneur r 3 . Enfin , quoi qui! eh foit „ ptjifqiîé
je muuaen pu _ jouer une fois fans anche, ne
peut-ii pas l’avoir fait plufîears fois , gc meme
s en etre faiL une coutume , Sc l’avoir enfeisné
a d autres ? Quant à la première objsûion 7 je
F L U
réponds que fi la flûte avoir un autre principe de
fon que l'anche , Je feholiafte de Pindaren’auroit
pas rapporté ce fait comme un prodige ; déplus
elt-il vraifemblabie que les anciens aient com-
biné enfemble le bifeau & 1-anche , & qu'aucun
de leurs auteurs ne parie du bifeau, tandis que'
tous parlent de 1 anche non équivoque; Quant
à la fécondé objeéli.on , je réponds qu’elie ne
prouve rien autre, finen que la fiûte en queflion
étoit à bocai, & avoir fon anche cachée; alors
celle-ci pouvoir très bien tomber pr.r accident,
& le .muficien pou, oit continuer fa pièce, en
embouchant fa flûte comme un cornet, La troi-
fième objection clt certainement la pius forte,
èi je n'y peux répondre autre chofe , finon qu’il
me fembie très-peu probable que, fi cette aven-
ture avo!t donné lieu d’inventer une nouvelle
• forte de flûte , le feholiafte de Pindare, ni aucun
autre auteur n’eu enflent dit mot ; ma réponfc
deviendra plus forte , fi l'on fait attention que
l’aventure étoit réellement fingulière , & devoir
natureHement intérefîer tous les fpeétateurs.
J'ajeuterai de plus que Pollux diilingue fort bien
ia flûte de ia f> ringe , dont le fon a un principe
différent , & qu’ainfi il auroit bien parlé d’une
autre forte àt flûte , fi elle avoir exifié. Koye^
Poil. Onom. lib. I. chap. IX.
Ordinairement l’on dérive le nom latin de la
fiûte { tibia ) de tibia , l’os de la jambe , parce-
que J dit-on , les premières flûtes étoient faites
d’os , matière peu propre à faire des anches ,
d’où l'on conclut qu’elles n’en avoient point. A
cela je réponds : i". qu’on peut très-bien faire
une anche d’os , en le choififfant & l’aminciffanî
convenablement ; Pollux parlant delà trompette,
dit qu’on ia faifoit d’airain ou de fer , & fon
anche ( glotta') d’os, ckap. II. liv. IV^. Ono-
maflicon. z°. Barthoün , ckap. II. liv. I. de tib.
veter. afiiirc qu’un auteur , nommé Coldingus ,
donne d’après d'anciens gîcffaires une autre
'étymologie au mot tibia ^ & le fait venir de
tybin , c’eft- à-dire , 7072c ou rofeau , matière dont
on a fut les premières flûtes, fuivant la plus
grande partie des auteurs 5 loin donc que tihia
(flûte ) vienne de tibia ( os de la jambe ) , c’efl
peut-être ce dernier qui vient de l’autre à caufe
; de fa refîembhnce.
Remarquons encore, qu’aucune des flûtes qui
• fe trouvent dans les Antiquités romaines de Boif*
fard, & dans les deffins des peintures anneues
. d‘ Herculanum , n’ont de bifeau. On voit dans
le Mufeum romanum de la.Chaufie , tome II. mt
flûte faite d’os, à ce que prétend l’auteur,
.comme elle le parpît effeétiVement ; ceitt flûte,,
cnii ell auffi dans le liv. XIII. du tom. III- du
j'upplément à 1 antiquité expliquée I^ioi'tT&üCOn ,
a le bifeau bie.n marq-aé. Ce dernier auteur ait
qu elle a été copiée d’un bas-relief qui eit a
F L U
Naples J le palais du prince Diomède Cz-
latts. Ce bas-relief J s'il exifte tel qu'on le rap-
porte , femble renve.fer de fonds en comble
mon édifice ; mais je demande à tout leéteui impar-
tial, fi une feule figure peut détruire le témoi-
gnage unanime de tant d'écrivains, fur-tout lorf-
qu'on n'indique pas de quelle antiquité eft le bas-
relief dont on fa tiré , & iorfqu'on a des preu-
ves convaincantes que fouvent les deffinateurs
copient mal les antiquités. Ne fe peut -il pas
même qu'un auteur voyant un inltrumenc p-u
différent des nôtres, mais manquant d'une partie
effentieüe , à fon avis , y ait ajouté cette partie
de fon chef? Cette conjecture paroîtra plus que
probable à ceux qui conr.oilTant la fa(5£ure des
iriftrumens de mufique , auront lu quelque traité
des modernes à ce fujet, ils y auront fans douce
trouvé , comme moi, une quantité de bévues ,
provenant uniquement du peu de connoiffance
pratique de la mufique. Je terminerai cet article
en tâchant d'éclaircir quelques difficultés qui
regardent les fûtes des anciens.
On voit far la plus grande partie de ces inftru-
mens de petites éminences folides, les unes de
figure cubique , les autres de figure cylindrique ,
& même terminées par un bouton. Barrholin
( ckap. V. liv. I. de tib. veter. ) rapporte que ,
fuivant l'avis de plufieurs auteurs, ces elpèces
de chevilles tiennent lieu de clef, & fervent à
fermer les trous latéraux. Je crois la même
chofe; j'ajouterai feulement que , comme les airs
ou nomes de fAte éteienr réglés , on bou-
choit avec des chevillés les trous latéraux qui
n'enrroient pour rien dans le nome qu'on alloit
exécuter, parce qu'il auroit été fort incommode
de tenir un ou deux trous bouchés pendant tout
un airs cette idée fe fonde , i°. fin» ce que les
anciens avoient d'abord wtfiûte particulière pour
chaque nome , & que Pronome le thébain fut le
premier à faire des fiâtes fur lefquelks on pou-
voir exécuter plufieurs nomes, comme le rap-
porte Paufsnias au lîv. IX de fa defeription de
la Grece. z°. Sur ce que les fiâtes qui ont plu-
fieurs de ces chevilles en ont ordinairement deux
ou trois petites , & trois ou quatre plus grandes ,
diflférence qui me paroît faîte exprès pour que
le muficien ne fe trompât pas, &: pour qu'il
débouchât fulement les trous qui appartenoient
au même nome ; trous qui font indiqués par les
chevilles de même figure.
Un tableau qui fe trouve dans le tome III.
des peintures antiques d’ Herculanum , pag. lOI ,
femble nous indiquer en même-rems, & que les
chevilles fervoient cffectîvement à boucher les
trous latéraux, & que les anciens commençoient
par enfeigner à leurs élèves à donner d'abord le
ton fur une ftâte , tous les trous étant bouchés 5
puis fur deux ; puis enfin à pofer les doigts fur
les trous après avoir enlevé les chevilles. Ce
F LU 6%^
- même tableau femble encore confirmer* que les
fiâtes étoient à anches ; car on n'a guère plus de
peine à taire raifonner àcnx fiâtes douces , qu une 5
mais il en eft tout autrement de deux hautbois. Le
tableau dont je parle , repréfente Marfyas don-
nant leçon à Olympe encore enfant. Le difciple
tient deux fiâtes qui paroiflent égales ; celle de
la main gauche il la porte à la bouche , 8e Mar-
f;as l'aide en lui tenant le bras ; quant à la
flûte de là main droite, l'enfant paroît vouloir
la porter auffi à la bouche j mais fon maître l'ett
empêche. Ces deux fiâtes ont chacune deux che-
villes , & point d'autres trous latéraux.
On trouve encore àcs fiâtes entourées d an-
neaux fur les :anciens monumeas , Se alors en
n’y apperçoit point de trous latéraux : comme
cts fiâtes font toutes coniques , iî m'étoitvenu
dans refprit que ces anneaux couvroient chacun
fon trou , 8c tenoient par conféquent lieu des
chevilles 5 la figure de l'inftrument les obligeant
-à fe pofer toujours au même endroit; mais en
comparant la diftance des anneaux à la longueur
de \zfiute , 8c celle ci à la hauteur du muficien ,
il m'a paru que ces anneaux étoient trop écartés
les uns des autres, pour que les doigts d un
homme puffent couvrir les trous que je fiippc-
fois deffous , en forte que mon idée ne me paroît
vraifemblable qu'en fuppofant qu'on air mal
obfervé les proportions en copiant les flûtes.
Dans le Mufmm romanum de la Chauffe , on
rapporte qu'on déterra , il y a plufieurs années ,
à Rome J des morceaux de jÆare d'ivoire , revêtus
d’une plaque d'argent ; cela explique clairement
ce morceau de l'art poétique d'Horace , que
les commentateurs ont tant tourné 8c retourné.
Tibia non ut nunc orichàlco vinSa, tubtgque
' Æmula , &e.
Car effeéfivement un hautbois qu’on garnîroît
de cuivre, approcheroit beaucoup du fon delà
trompette : il en approcheroit davantage encore
fî on le doubloit de ce métal.
On eft auifi très-embaraffé du grand nombre
de fiâtes des anciens , je crois que cela vient uni-
quement de ce qu'on a pris pour des noms, ce
qui n'éîoit que des épithètes données par les
auteurs : ainfi , par exemple , on parle d'une/zîre ,
appellée plagiaule , d'une fécondé , ncmmée/;Ao-
tinge , èc d’une troifième, défignée par le mot
latine ; toutes trois ne font qu'une feule 8c même
fiâte , appellée photinge , furnomimée plagiaule
( oblique ) , parce qu'elle fe teiminoit par une
corne de veau recourbée , comme nous l'avons
déjà di: ; 8c lotine , parce qu'on la faifoit de
bois de lotos ; de même encore on a fait de i'élé-
phantine une f.âte pardeuimre , & ce n’eft pro-
1 bablement qu'un épithète donné aux fiâtes d'ivoire.
Rrrr 4
F L ü
FOI
Enfin Ton fegarde la monaule comme une forte
à& f.âte ^ & c eil le nom général des flûtes fim-
ples^ ou d’une feule tige, comme dzizaZe eft celui
des fiâtes doublas.
Au refte, je ne crois pas impoffible qu’un bon
littérateur, vcrfé dans la faétiire des inlîrumens
à vent, ne pût retrouver entièrement les flûtes
des anciens, en comparant continuediment les
difFérens auteurs entr’eux, avec les monumens
& avec la nature des initrumens à vent. Mais,
vu le peu de fond qu’on peut faire fur les copies ,
il faudroit qu’il pût lui-même examiner les anti-
quités. ( Article du fupplément de V Encyclopédie ^
figné F. D. C.
Les flûtes des anciens, comme nous l’avons
déjà dit , étoient faites d’os, d’ivoire, & même de
métal , & elles étoient compofées , ainli que les
nôtres, de plufîeurs pièces j mais avec cette dif-
tcrence , que ces pièces féparées qui ne s’alTem-
bloient point à ramures ou à entailles, recou-
vroient un tuyau intérieur, qui étoit ordinaire-
ment de bois , & délicatement creufé auteur,
comme ©n le voit à Porcici , par deux pièces de :
fAte de métal', dans lefquelles le bois eft demeuré
en dedans, mais pétrifié. On voit auffi dans le
cabinet de l’académie de Cortone , une flûte
d ivoire, établie fur un tuyau d’argent.
voyoit dans une peinture des Thermes
de litus, publiée par Winckelmann ( Monam.
zned. ^ n°.^ I ) , Minerve jettant les flûtes qu’elle
venoit d’inventer, parce qu’elle fe trouvoit défi-
gurée par 1 enflure des joues qu’occafionne leur
jeu. On y voyou auffi le fatyre Marlyas qui les
ramaffoit pour fon ufage.
Flûte traverflere.
^ Le comte de Cayliis ( Rec. IIÎ. pi. 88. n°. y. )
dit : « ce petit bronze paroît repréfenter un joueur
de flûte i mais cet inftrument éft ici très-différent
de celui dont les romains faifoient un fi grand
ufage. La parure & la coéifare de plumes que
1 on voit fur cette figure , ne font pas ordinaires
aux monumens romains. Il ell vrai que les égyp-
tieni^n ont fait un grand ufage : le genre "du
travail eft très-médiocre j & je dois convenir que
la dirpofition de la draperie a beaucoup de rap-
port avec celle de quelques-uns des baladins de
î ancienne Rome. Je crois ce monument gaulois
& fort poftérieur aux monumens précédens j ce-
pendant je fuis bien éloigné de le garantir pour
tel ». ^
Flûte tyrrkénienne.
“ ( que pour la fyringe 1 -, mais le fon en efl
- fort a çaufe de l’eau qu’il fait bouilioimer
== f,ette flûte donne plufieurs fons, & le métal
» en augmente la force Les mots en paren-
thefe ont été ajoutés pour éclaircir cette deferip-
tîon, qui paroît convenir très-bien à l’efpèced.e
flûte d’enfant qu’en nomme rojpgnol, Merfenne
femble auffi être de cet avis.
FOCALE , efpècc de mouchoir de cou , dont
fe fervoient chez les romains les malades 6c les
efféminés. Quintilien nous l’apprend ( HL XL
c. LIL. ) : Palliolum peut fafe ias quibus cruraveflïun-
tuT & focalia & aurium ligamenta fola excujare
poteft valemdo.
FOCASaUS , 5 cuifiniere, cuifinier.
FOCULUS. Voyei Réchaud.
FOCUS. Voyei Cheminée.
F(ENERATOR.ES , urgentarii.
C’étoient à Rome des efpèces d’ufuriers qui
prêtoient fur gages & à un gros intérêt. Ils s’af-
fembloient autour de la liatne de Janus, aux
environs de l’arc Fabien 8c du putéal de Libon.
Ce commerce odieux fut défendu ; mais on ne
tarda pas à fentir la néceffite des emprunts &
l’impoffibilité de trouver des gens qui prêtaiTenî
fans avoir des sûretés. On réduifit donc l’intérêt
de l’argent à une fomme modique, & on en per-
mit le trafic fous la forme ordinaire. F. Intérêt
& Usure.
FOI, divîhité romaine. Foye^ Fidélité.
FOIE. Les anciens pîaçoient Je liège des par-
lions dans ce vifeère. C’eft pourquoi Anacréon
dit : l’Amour tendit fon arc, & me frappa as
milieu du foie.
L’infpeâion du foie des viélimes faifoit une'
granc'e partie de la fcience des arufpices. Foye^
Fîepatoscopie.
Pline ( FLII. yi. ) dit qu’Apicius inventa l’art
d’engrailTerles volailles, & fur-tout les oies, avec
des figues , pour faire acquérir à leur foie une
grofleur monfirueufe , qui llattoit les riches goar-
mands de Rome. Cette grolfeur égaloir prefque
celle du relie du corps de l’animal, félon l’expref-
fion de Martial. ( XIIL y8. ) :
- Pollux C Onomaft. liv. LF. ckap. IX. ) décrit
ainli flûte tyrrkénienne : « elle ell femblable à
» unq fyringe de Pan) renverfée ; mais fon
uyau ell de métal j on fouffle par en bas dans
» celte flûte ^ & on y emploie moins de vent
Afpice , quam tutneat, magtio jecur anfere majus
ISliratus dices , hoc , rogo , crevit ubi ?
FOIN. Les romains avoient coutume d attacher
du fom aux cornes des boeufs méchans j afin
F O N
qu^’on pût les reconnoîrre de loin. Horace fait .
^ilullon à cette pratique. ( Sat. i. 4. 54. ) :
Fanum hahet in cornu : longumfuge.
FOLLIS J mdnnoie des empereurs grecs. Voyeri^
pHOLLIS.
FONDATEUR , ktisths.
On trouve affez fouvent des médailles grecques,
fur lefquelles le titre de K7-(s->!r , ou de fondateur,
eft donné à des empereurs & à d’autres princes
par des villes qu’ils ne fondirent pas ; car on a
des preuves très-certaines qu’elles exiftoient avant
eux. Pellerin a publié, par exemple, une mé-
daille frappée à Clazomènes , en l’honneur de
Liv:e & d’Augufte , fur laquelle cet empereur
cIl appellé Knrîfr , quoique Clazomène cxiftât
plulieurs fècles avant Augufte.
Cette coutume irrégulière ne fut pas un effet .
de la flatterie des grecs j mais on doit la regarder
comme la fuite de l’ufage ancien, qui faifoit don-
ner le nom de fondateurs à ceux qui conduifoient
de nouvelles colonies dans des villes ancienne-
ment habitées, où les nouveaux colons fe mêloient
quelquefois avec les habitans primitifs , foie que
les auteurs de ces colonies augmentaflent les vil
les anciennes, pour les placer plus commodé-
ment j foit que par quelqu’autre bienfait on pût
îes confidérer comme les refiltuteurs , ou les bien-
faiteurs de ces villes , celles-ci leur donnèrent le
titre àe. fondateurs , pour témoigner la reconnoif-
fance qu’elles confervoient de leurs bienfaits.
FONDATEURS. «Dansleftyle allégorique,
dit M. Rabaud de Saint-Étienne, les villes elles-
mêmes étoient perfonnifiées , & nous avons con-
fervé cet ufage dans nos médailles & dans nos
tableaux allégoriques. On affocioit une figure de
héros ou d’héroïne, aux armoiries de cette ville;
dès-lors, nommer la ville, eu nommer le héros ,
étoit la même chofe. De cette habitude de lier
la ville au héros , & du génie allégorique qui
Gonnoit de i’ame & de la vie à celui-ci; naquit
l’erreur, qui porta les peuples poftérieurs à lai
fuppofer une exiftence réelle. Ils ne firent pas
attention que les villes ne fe fondent point ainfi ;
qu’elles ne doivent pas leur exiftence à des prin-
ces & à des princefles ; que toutes les villes ,
dans les premiers tems, ent commencé par n’être
que des cabanes ou des hameaux ; que comme
ils faifoient remonter la naiftance des villes &
de leurs fondateurs aux tems voi/îns de Deucalion
& FOgyges i c’eft à dire, du déluge, ü étoit
împoffible qu’il y eût, à cette époque , un li grand
nombre d’habitans pour les peupler, & tant 'tle
princes pour les bâtir. Les premiers hiftoriens
de l’âge alphabétique trouvèrent ces noms; ilâ
F O N 6%s
les gardèrent & les enregiftrèrent dans leurs an-
nales
« Mais ils furent fi fidèles à retenir tout ce
qu’on leur avoir rranfmis , qu’ils alFocièrent à ces
perfonnages ceux dont ils étoient entourés, leurs
pères , leurs mères , leurs parens ; & ils nous ont
ainfi laififé les moyens de reconnoîrre la non-
exittence de ces princes divers. Tous ces fon-
dateurs prétendus des villes , defquelles l’origine
eft nécefiairement inconnue , font fils, ou d’un
fleuve, ou d’une fontaine, ou d’une conftella-
tion, ou d’un dieu, ou d’une amazone , ou pour
le moins d’un roi. Quelques-uns ent plufieurs
pères , parce que réellement ils n’en avoient au-
cun. Ainfi , Tkebes f. z fondée par Thébé ; Argos ,
par Argus i Sicyone , Sicyon^ & fous le nom
Æglalée par Ægîalus-, Corinthe par Corlntkus ^
Coronée , par Coronus, &c. &c.
Je ne finirois pas, fi je citois toutes les villes
qui fe difoient fondées par ces princes imaginaires.
J’ajoute qu’en général , celles qui font du genre
mafculin ont été fondées par un prince , comme
celles du genre féminin l’ont été par des prin-
ceffes; erreur fondée fur le fexe .du perfonnage
allégorique, qui avoir fervi à figurer la ville «,
« Il feroît aufil aifé de prouver que la plupart
des villes de la Grèce durent leur nom à des cir-
conftances purement phyfiques, plutôt qu’à des
fondateurs chimériques j mais il faudroit entrer
dans un détail d’étymologies qui feroient ou faf-
tidieufes ou fufpecles; & la vérité, que j’expofe
ici , n’a pas befoin de ces preuves auxiliaires. Il
y auroît cependant des étymologies qu’il feroit
impoffible de nier : Si je difois , par exemple ,
qn Aflypal&a , fignifie vieux fort ; Ægyalée , ri-
vage ; Aciiké , rivage encore, on penferoir que
ces villes ont pris leur nom de leur pofirion , plu-
tôt que de croire au héros Aftypal&us , au roi
Ægyalus , à 1,3 princefie Aéiiké, ou bien à. Ac-
teeus , premier roi de l’ Aérique. Ainfi, quand je
iis dans Strabon, que la ville de Câline en Afie
mineure a pris fon nom de la pierre noire &
brûlée, dont elle eft bâtie; étymologie que je
trouve dans le mot cal, qui fignifie feu , cha-
leur, & qui m’eft confirmée par les volcans qu’il
y avoir dans le voilinage de çette ville ; & quand
je lis dans les mythologues , qu’elle dut fon nom
à Kalénus , fils de Neptune & de Kéléno, je pré-
fère l’étymologie phyfique , & je raie le héros
Caîénus de mon catalogue. De même , perfonne
n’ignore que la ville en Languedoc, eft
bâtie avec une pierre pareille, & qu’il y a des
volcans éteints dans fon voifinage ».
- œ Mais , fi en examinant de plus près ces fon-
dateurs prétendus de villes , je trouve qu’ils font
fils d’un père ou d’une mère chimérique ; s’ils
font nés d’une fontaine voifine , ou d’une mon-
S8S F O N
tagne, ou d’un port de mer, j’en conclurai que
c’eii encore ici ce que je difois , & que cette
parenté imaginaire n’eft autre chofe que la re-
lation phyfique de cette ville avec la montagne ,
avec la fontaine, avec ia mer, & je me rappel-
lerai tout ce que j’ai vu du génie allégorique,
qui perfonnifioit ces objets ’v
« Les exemples de ces rapports phyfiques,
convertis en hilloire, ne feroieac pas difEciles
a trouver : obligé d’en citer quelques-uns, pour
appuyer mon alfertion , je le ferai avec briè-
veté 33,
“ Le royaume de Corinthe ayoit pour villes
principales, Corinthe, capitale ; jÉpojjce , fa cita-
delle ;_Crom/o;z & Léchés, près de la mer, & le
port de Cenchrées : on y voyoit auffi la fontaine
Pirene o?.
3» On raconta que Corinthe avoit été bâtie '
par Corintkiis Epopée par Epopvs ; Cromion par
Cromus ; Leckes par Léchés & Cenchrées , par Cen-
ckreus ; avec cette méthode on avoit bientôt
fait des annales. Cromion étoit près de la nier :
on dit que Cromus , fon fondateur , était fils de
Neptune & delà belle Pirène j elle eut encoÏÏ
de_ Neptune un autre fils, ce même Cenckréus
qui avoit bâti Cenchrées. Diane ayant tué ce jeune
homme a la chaffe , Pirène , fa mère , en verfa
tant de pleurs , qu’elle devint fontaine. On voit
aifément que la Géographie de ces lieux en fait
toute 1 hilîoire, & dévoile l’origine des fondateurs ‘
chimériques >3.
FONDATION des villes. Voye^ Villes.
FONDS ( vafe à deux ). Voyet^ Amphicu-
EELLUM.
FONIONI. Muratori t loi, 2. Thef. ) rap-
porte l’infcription fuivante , où Mars peur être
défigné fous le nom Fonio , dérivé de Çaycs ,
carnage. Peut-être auffi Fonio eft la Renommée^
ainlî appelle’e de (pa?, bruit :
F O N I O N I
S A C R
SEIA. lONIS
MAC
D. D.
FONTAINES. Chez les anciens les fontaines ,
les fources des rivières étoient facrées , & des
efpèces de divinités que l’on honoroit d’un culte
particulier. C Sénèque, dans fa lettre 41.) Cicéron
dit ( hb. 111. de natura deor. cap. XK. ) que les
dans leur priere , invoquoient les noms
du libre & des autres rlyieres voifines de Roüie.
fon
La feptièmc infcriptiondelap.XCIV.deGrut-p
porte : .
Font! divino et geniq
' NUMINIS FONTIS.
, , On fe faifoit un fcrupule de troubler leurs eaux
; en s’y baignant ou en s’y lavant. Tacite en rap-
porte pour exemple un traie de Néron. ( Annal
lib. IF. cap. XXII. )
On voit fur les monumens les fontaines repré-
fontées par des gueules de lion , par des coqmîles,
& par des vafes renverfés pofés fur des cippes.
On croyoit que chaque fontaine avoit fa divi-
nité ou fa nymphe particulière , que l’on repré-
fentoit appuyée fur une urne d’eau courante.
Fontaine d'ÉGÉRiE. Égérie.
Fontaine de Mercure à Rome. /^.Aqueducs.
FONTE Ç art de la ). Foye:^ Bronze ,
Colosse.
Pour rendre complettes les connoiffance's que
nous avons de la fonte des anciens, j’ajouterai
ici le paflage fuivant de Winckelmann.
t « Les ftatues & les buftes de bronze d’Her-
: culanum , font pour la plupart médiocres , ou
mauvais j de cette dernière efpèce font entr’autres
les ftatues des empereurs , de grandeur plus que
naturelle , qui nous prouvent que les anciens
artiftes n’étoient pas auffi habiles à travailler le
bronze que le marbre. Les deux plus grands ou-
vrages de bronze qu’il y ait à Rome, font la
ftatue équeftre de Marc- Aarèle , fur la place du
Capitole, & la ftatue pédeftre de Septime-
Sévère , dans la galerie du palais Barberini. La
première a plufieurs défauts, qu’on doit peut-
être attribuer- aux injures du temps, & à ce
qu’elle a fouffert fous les ruines. Il fe peut auffi
qu’au fiècle où elle a été faite , l’art n’eût pas
encore atteint un certain degré de perfedion. La
fécondé ftatue nous prouve la décadence de l’art
du temps de Sévère , quoique cependant le tra-
vail en foit beaucoup meilleur que celui des por-
tes triomphales de ce même empereur, au pied
du Capitole. Pline dit que l’art de jetter des fta-
tuesen bronze, s’ étoit tout- à- fait perdu du temps
de Néron. Il doit donc avoir repris naiffance
fous le règne d’Hadrien. Paufanias ( liv. II. chap.
XVII. où il eft parlé de l’artifte Léarque ) , en
parlant d’une ftatue de bronze de Jupiter, exé-
cutée par un difcîple de Dipænus & de Scylüs ,
les plus anciens & les plus célèbres ftatuaires
dcÿït il foit fait mention , dit qu’elle étoft faite
de plufieurs pièces fi bien enchalTées, n bien
jointes enfemble avec des clous , qu’elles for-
moient un tout folide. 'Toutes les ftatues de
FOR
bronze a’Herculanum ^ font^ au refie, faites
ainfi de pièces rapportées, quoiqu’on ne puiffe
plus en appercevoir les foudures depuis qu’elles
ont été reltaurées. Les pièces ne font pas fou-
dées esfembiej mais à certaines marques on pour-
roit foupçonntr Qu’eiles ont été réunies par ie
moyen d'un métal fondu. Le grand nombre de
pièces enchàiTées après coup , qu’il eit faci e de
remarquer à ces ftatues , & qui n’ont pas encore
été polies , fervcient à remplir les vuides qui
reftoient après que les différentes parties de la
fiatne avoient été jointes enfemble- Il efi néan-
moins néceffaire de faire de nouvelles recherches
& de nouvelles obfervations , avant de pouvoir
prononcer avec quelque certitude , fi les Itaruaires
grecs ont toujours fuivi le même procède' dans
leur travail , ou fi cette réunion des parties des
ftatues de bronze n’a été que la pratique des pre-
miers artiltes ayant la célèbre époque de l’art, ou la
méthode des artiftes fuivans, c’eft-à-dire, lorfque
l’art fut déjà déchu. Les uftenfiles dèménage_& les
vafes de bronze font d’un travail très-fini ; les
vafes facrés font fur-tout précieufcment exécutés
au tour.
Un artifte a renouvellé à Drefde , vers le milieu
de notre fiècle , les procédés des anciens , & a
fait de piufieurs pièces de fonce une ftatue équeftre
aufti grande que nature.
FONTEIA , famille romaine dont on a des
médailles.
C. en argent.
RR. en bronze.
O. en or.
Le furnom de cette famille eft
Goltzius en a publié quelques médailles , in-
connues depuis lui.
FONTINALES , fêtes que les romains céié-
broient à l’honneur des nymphes qui préncfoient
fontaines & aux fources. Fontinalia , fonta-
nalia. Voye\ Festus & Varron ( de llng. lat.
lib. V. ). Ce dernier dit qu’on avoir ceiuume
de couronner les puits ce jour-là, & de jetter
des couronnes dans les fontaines- Scaliger , dans
fes conjectures fur Vairon, croît que ce n eft
point la fête des fontaines , comme dit reftus,
mais de la fontaine qui avoir un temple à Rome ,
proche de la porte Capène , appellée f cauie
de cela potte fontinale ,* 5e que c eft de cette
fontaine dont parle Cicéron au Hv. II- des loix.
Les fominaks fe célébroienc le 13 octobre, qui
étoit le troifième jour de devant les ides.
FORARIA , femme de campagne , qui venoit
vendre à la ville les productions de la terre.
FOR ^87
FORCE , divinité qu’on difoit être fille de
Thémis, foear de la Tempérance & de la
Juftice j mais en ce fens elle fe prend pour cou-
rage 3 vertu.
FORCEPS Sz forfex , dans Aulugelle ( X. ÿ-L
bataillon difpcfé en tenaille, pour embrafter un
bataillon ennemi difpofe en coin.
FORCIPES de Vitruve. i^oye^ Louve.
FORCULUS ; c’eft un des dieux qui prefi-
doient à la garde des portes, avec Cardéa 5e
Limentinizs : le département particulier de Forcu-
Ills étoit Ics batrans des portes qui s’appeiioiert
proprement Fores. ( Augujï. de civit. Dei, Lib.
IV. cap. VIII. 5e Tertull. de idol. c. XV.
FORDICIDIES , nom d’une fête des romains.
Fordicidia. Elle fe célébroit le ly^des calendes
de mai , c’ell-à dire , le 15 d’avril, -bile s’appelioit
fordicidies , du mot latin forda , vache pieme, 5e
de c&do , j'immole, parce qu’on nnmoioir ce jeur-
là des vaches pleines à la Terre. Forda, vache
pleine , vient de fera je porte , félon Ovide
{fall. lib. IV. V éiq. ), ou,. comme ont penfé
Scaliger 5c Saumaife, du grec, qui
lignifie la même chofe- Varron dit qu’ormmmoioit
pluifieurs vaches pleines dans les curies. 1 ite-Live
5e Denis d’Fîahcarnaffe écrivent qu’on en immo-
loit une dans chaque curie , & par ccnféqiient
trente , comme le dit en effet Ovide. ( Faflor lib.
IV. V. 635. ) C’eft Numa qui, dans le temps
d’une ftéiiüté commune aux campagnes & ^aux
beftiaux, inftitua les fordicidies. Ovide les décrit
à l’endroit que l’on a cité. Il dit qu’on immoloit
aufS ce jour-ià une partie de ces vaches pleines
dans le temple de Jupiter, c’eft-^-dire, au Ca-
pitole.
FORENSIA veflimenta , habits que les
romains prenoient lorfqu’ils fortoient de leurs
maifons, & qu’ils alloient à la place publi-
que, ad forum ; telle étoit la toge dontNonnius
Marcellus dit ( i. 3.) : toga , feut in confuetudine
habetur y vefiimentum efi quo in foro utimur. Les
habits forenfia étoient oppofés aux domefiica ,
vêtemens que l’on portoit dans les maifons.
FORÊTS. Voye^ Eaux & forêts.
FORI , gradins ou bancs fur lefquels fe pla-
çoient les fpeclateurs dans le cirque. V. Cirque.
^ R y avoitdans le forum & dans
FOR-ICARII. 5 ^ .
les autres endroits publics de Rome , des lieux
d’aifance , forica , où l’on pouvoir entrer en
payant, petite fomme , appellée elle -même
^8 s
FOR
forica. Les empereurs fe rendirent propriétaires
de cette modtque rétribution , & ils chargè-
rent !esyôrze/2m da foin de fexiger. Juvenal peint
ces fermiers publics avec toute l’énergie de fon
mâle pinceau (/âr. III. 38. ):
Con.ducv.nt foricas , & curnonomnia ? cùm Jînt
Quales ex hutnili magnv a.dfajlî^ii rerutn
MxtoUît ) quoties voluit fottunu jocuri.
FORICÜLUS , la même divinité que Forcu
lus. Koye:^ ce mot.
FORINA. On lit dans une infeription recueillie
par GruterC^û^. 333.^2°. i. ):
■A D. A R. F O R I N. ad aram Forintt,
C efl la .même divinité que Purina. V. ce mot.
FORMA Trajana , aqueduc de Traian.
^ar/Tza croît le nom d’un canal en briques^ deüiné
a conduire des eaux.
FORMIDO , inftrument de chaiTeur. Cétoit
une corde teinte en rouge, ou chargée de plu-
mes deaifferentes couleurs, dellinée à effrayer les
fang^ers les loups , &c. Virgile en parle dans
fes Georgiques (III. 37a.):
Fumceesve agitant timidos fürmîdine pennte.
Cet inftrument eft appellé lima dans Némefîus.
C Cineg, 303. )
Lima quin eliam magnos circumdare fAtus
Quæ poffet , volucrefque mttu concludere preedas
HtgCiUt innexas non jino ex alite pinnas..,,
FORNACALES, ou Fornicales, fê'-»>-o-
mame en l’honneur de la déelfe Fornax ; on
taifoit alors des facnfices devant le four, où on
avoir coutume de rôtir le bled & de cuire le pain.
Nuîm avoir inftitué les fornacales , & le
grand Curion indiquoit tous les ans le 17 de
février pour leur célébration. Les Quirinaks {voyez
ce mot ) etoient inftituées en faveur de ceux qui
n avoient pas célébré les fornacales. ( V'arron
hng. lat. V. Ovid. Faft. 6. v. 314. Feftus . <S>c.)
FORNAX, mot latin qui fignifie /car ou four-
naije On perfonniha ce four, on en fît une
deelle, a laquelle on avoir confacré un jour de
calendes de mars. Cette
la cuiffon du pain J & le jour
d.. fa fete,_on jettoit dans le four de la farine
qu en iaiffoit confumer en l’honneur da
îsama elU mftituteur de la fête, & peut-être
F O R
auiTi Fauteur de cerne divin, vx ■ j
«„= origine (fe/ il'
FaSadea ef fornax : Iccti Fomace coloni
Orant , ut fruges temperet illafuas.
FORNICARIA.'i ,
FORNIX. f courtifanes de Roi*c
habitoient des chambres baffes, voûtées & obfcu-
res, appe!lées/or;2forj,- d’eù leur vint le furnom
dtjormeanA,
FORSETE. Voye'^ Oein.
fors FORTUNA, dénomination particulière
de la Fortune, fous laquelle Servius Tullius lui
bâtit un temple au bord du Tibre hors de Rome.
Fors etoit alors fynonime de fortis. Ceux qui
n exerçoient aucune profeflion dans Rome, hono-
Fortune fous cette dénomination par-
ticulière, qui fip.e arte aliqua vivant , dit Donat
fur le Phormioa de Térence ( V. 6. i. ) Ovide
en parle dans fes Fartes ( VI. 773. ) :
Quàm cito vénérant Fortunes , fortis honores l
P ojifeptem luces Junius aSus erit.
Ite , dcam lætè Fortem celebrate , quirites :
In Tiberis ripa munera regis habet.
FORTUNE; cette divinité. Elle de Jupiter,
ou , félon Homère , dans fon hymne à Cérès
cite par Paufanias ( in Meffen. ) fille de l’Océan
accompagnée ce fes fœurs , jouoit avec Pro-
ferpine dans de belles prairies. Il n’y avoit point
de divinité plus célébré que la Fortum , ni qui eut
^ honorée fous tant de
diftérentes formes. Les grecs eurent des idées par-
ticulières fur la Fortune. Pindare difoit qu’elle
croît une des Parques, plus puiffante que fes
fœurs. Paufanias dit qu’il y avoir à Égine une
itatue de la Fortune, qui portoit la corne d’Amal-
thee; & qu auprès d’elle étoit un Cupidon ailé,
pour fignifier , ajoute- t-il , qu’en amour la Fortune
reuffit mieux que la bonne mine. Les Phréates,
dit le meme auteur, avoient un temple & une
ftatue antique de la Fortune , qui fourenoit le
pôle fur fa tete. A Ihèbes, la Fortune étoit
reprefentée portant Plutus enfant, pour fignifier
qu elle etoit comme la mère Sr la nourrice du
dieu des richeifes. On trouve encore la Fortune
repréfentée avec un foleil & un croiffant fur la ^
tete, pour exprimer qu’elle préfide , comme ces
deux aftres, à tout ce qui fe parte fur la terre,
nlie porte du bras gauche deux cornes d’abon-
dance, pour marquer qu’elle eft la di.fpenfatrice
des biens de ce monde : le gouvernail qu’elle tient
de l’autre main , veut dire que c’elt elle qui gou-
verne tout l’univers. Quelquefois, au lieu de
gouvernail , elle a un pied fur une proue de
navire ,
FOR
naTire, parce qu’elle pre'fide également fur la
mer Scfur b terre ; elle rient quelquefois une roue
à fa main 3 comme Néméfis 3 avec qui on l’a con-
fondue fouvent.
Les romains reçurent des grecs le culte de la
Fortune J fous le règne de Servies Tullius, qui
lui bâtit le premier temple au marché romain,
dont la ftatue de bois relia entière , dit - on ,
apres un incendiequi conlumatout Tédifice. Dans
inite , la Fortune devint la divinité la plus
fetée a Rome : elle eut à elle feule, fous diffé-
rens noms , plus de temples que toutes les autres
divinités enfemble j tels ètoient ceux de la For-
tune favorable , de la Fortune féminine , de la
Fortune^ Virile, &c. Tous les ans, le premier
filles romaines prêtes à marier,
ofrroient un facrifice à la Fortune vTile , avec un
peu de parfums & d’encens. Elles fe déshabil-
ioient & ofFroient aux regards de la déeflè tous
les defauts de leur corps , ia priant d’en dérober
b connoilTance aux maris qu’elles dévoient avoir,
^lativement à ces vœux , elle étoit nommée
Viriplaca. On lui donnoit encore les noms de
fortune publique , & Fortune privée, Fortune de j
, redux , Fortune- hhrt t Fortune affermie,
Tci«a;î«equefire, Fortune aux mam.elles, mammofa ,
bonne ^ Fortune , Fortune appellée primigenia ,
feia , vifcofa , obfequens , refpiciens , manens , For-
tune nouvelle, grande & Fortune , Fortune
douteufe , & jufqu’à la mauvaife Fortune. Il ne
faut pas s’étonner de ce grand nombre de tem-
ples dédiés à b Fortune , fous différens attributs ,
chez un peuple qui ia regardoit comme la dif-
penfatrice des biens & des grâces. Chacun defîroit
fe la rendre propice 5 on lui érigeoit des autels ,
& on lui élevoit des temples fous différons noms,
félon les différens befoins de ceux qui î’invo-
quoient. Néron lui fit bâtir un temple magni-
fique. Mais un des temples de b Fortune le plus
renommé de l’antiquité, fut celui de Prénefle,
qui n’avoit rien de commun avec les autres
temples j car ce bâtiment avoic plutôt l’air d’un
théâtre que d’un édifice facré. Ce n’étoit peut-
être pas fans deffein j ia Fortune , en effet , n’eft-
elle pas un théâtre ou un fpeéfacle perpétuel ?
Et n’eft-ce pas fur les divers événemens de la
Fortune que font fondées toutes les fcènes qu’on
repréfente fur les théâtres. Il p avoit encore un '
célèbre temple de la Fortune à Anrium , fur le
bord de b mer : on l’appelloit même le temple
des Fortunes , ou des Sœurs Antiatines.
L’abbé Bellep a prouvé que la Fortune étoit
regardée comme la divinité tutélaire de plufîeurs
villes ; & il s’eft borné à deux exemples , l’an
lui a été fourni par une médaille de la ville
à'Attéui en Phrygie : au revers paroit une tête de
femme, couronnée de tours, avec l’infcripdon,
ttxh noAEûS. Le fécond eft une médaille de
Tarfe, au revers de laquelle une famme , la
Antit^uités , Tom. II.
FOR «g,
tête ornée de tours , eft aflîfe fur des rochers ,
tenant de b main droite des épis, & ayant àfes
pieds l’image d’un fleuve, avec l’infcription ,
TTXH MHTPOnOAECS.
Dion Cferm. 34. ) a fait voT que la Fortune &
Neméfis n’étoient qu’une feule & même divi-
nité. C’eft pourquoi elle paroît fur un jafpe de
Stofch ( IF. clajfe, n°. 1819. ) avec les aî'ôs &
la roue , attributs ordinaires de Némélîs.
Les étrufques donnoîent auifi des ailes à la
Fortune, mais des aî’es de papillon ; comme il
paroît par une pâte antique de Stofch ( ibid.
rc°. 1820. ), qui eft de travail étrufque. Cette
divini'é y porte un caducée j de la main droite
elle foulève , comme Néméfis , la draperie qui
lui couvre le fein. Le cafque en tête , elle eft
debout fur un globe , qu’elle touche à peine ce
la pointe des pieds , fufpenjîs pedihus.
Sur une cornaline de la même cclleélion, oa
voit deux Viéloires préfenter chacune une cou-
ronne à la Fortune.
La Fortune feie. V^oye^ SeiA.
Les Fortunes antiates. Voye-:^ ANTItfM.
La Fortune barbue. Voye-r^ BarbATA.
La Fortune équeftre. Voye^ EqUESTRE.
La Fortune de Prenefte. Voye^^ PAEESTE.INE.
La Fortune virîplaca. Voye-^ ViRIPEACA.
La Fortune d’or, ou royale, étoit une ftatue d’or
de cetre divinité , que les empereurs pîaçoient
dans but chambre , & que l’on remettoit à leur
fucceffeur , lorfque la maladie du prince étoit
déclarée mortelle. C’eft ainfî qu’Antonin ( Capî-
tolm. c. XII. ) , fe voyant près de mourir , remit
à fon fucceffeur Marc-Aurèle la Fortune d’or,
ou royale , comme l’appelle Spartien. C Sever.
c. XXIII. )
La bonne Fortune, en grec 'Évri-gpi ou àyaii
5 avoir dans le Capitole fa ftatue , ouvrage
de Praxitèle. ( Pim. XXXVI. 5.)
La Fortune chauve étoit fans doute repréfentée
de ia forte par analogie avec l’Occafion.
La Fortune qui tourne , ou qui renverfe , en grec
gyp/^05’.
La Fortune douteufe avoit donné fon nom à
une rue de Rome , placée fur le mont Aveaiin ,
dans la 15'. région. ( P. Victor. )
La Fortune de ce jour avoit un petit temple
dans la 10*. région. ( P. Victor. ) Pline en fait
mention (34- 8- ) Plutarque ( in Mario ) dit que
Q. Catulus facrifia le premier à la , fous
cette dénomination, dans la guerre contre les
ambrons.
S f ff
6po FOR
La rnaavaire Fortune éto:t honores d un cu;te
particulier fur les Efquîlies. \_Plir.. II. 7. )
La Fortune aux groffes mammelhs, mammofu j
avoir donné Ion nom à une rue de la i z . ré-
gion de Rome ; où éto:r placée fa Itatue ( P .
Victor') y qui reflembiok probablement à celles de
Diane d'Éphèfe.
La Fortune des femmes avoir un temple place
dans rendroir où Corician s^’étcit laiaé fléchir
par fa mère & fa femme. ( Fit. Uv. II. 40. )
On Y ofrroit tous les ans des facriflces à pareil
jour; & une dams romaine, choifie parles autres
dames, préfidoir à la cérémonie.
La Fortune itable , manens , parolt fur une
médr-iile de Commode , où elle tient un cheval
par la bride.
L a Fortune obéiffante , ohfequens , eft honorée
fur pliiiîeurs monumens.
La Fortune primigenia , c’elt-à-dire , première
divinité honorée d"un culte public dans R.ome.
Il en efl fait mention fur piulîeurs monumens.
La Fortune des particuliers, privata, étoit ho-
norée dans le palais des empereurs. ( Plutarck.
73. qus.jf. rom, )
La Fortune publique étoit honorée d’un culte ■
parïicuher dans ia vallée de Quitinus, entre les "
Efquîlies & le mont Quirinal. ( Ovid. faft. IV. \
375= )
Qui dîcet , qnondam fa-erata ejl colle quirint
KacFortuna diepublica , veruserit.
La Fortune redux , qui préfide au retour des
voyageurs, Fortuna redux vzatorum confervatrix ,
parok fouvent fur les monumens.
La Fortune propice , refpiciens , avoit-une ftatue
dans une rue de la lo*". région, à laquelle elle
donnoit fon nom. ( P. Victor. )
La Fortune virile; fes fêtes fe cé'ébfoient aux
calendes d’avnî. ( IV. 14 j.) Fbjep Virile.
La Fortune fixée avec de la glu , vifeata ,
Plutarch. qu&fi, rom. c. 73.)
Fortune Çh) fert de type aux médailles de
Smyme.
FORULI, armoires ou tablettes à placer des
livres. ( Suet. Eug. c. XXXI. n°. i.jHoscon-
didic duobus forulis auratis.
FORULVS, le même dieu que Forcolus.
Voye^ ce mot.
FORUS 8c Fort , baftÎBguçs en ufage dansJes
ïauîeaux non pontés.
F O S
POPL'M. Ce mot, très-commun dansipsa'-.
teurs, défigne plufieurs chofss qu’il eft bon de
' diftinguer il fignifie , 1°. les places publiques ^
dans lefqueiles fe tenoient les divers marchés à
Rome pour la fubfiftan.ce de cette ville ,• z°. les
places ou le peuple s’affembloit pour les affaires ,
pour les éleélions , 8:c. 3°. les places où l’on
plaidoit , & qui étoient au nombre de trois prÎR-
cipales; 4'’. enfin, une ville delà dépendance
de l’empire romain, & dans laquelle l’on tenoit
des foires : tels étoient , forum Livii , forum
lulii , &c. Comme il fe trouvoit un grand con-
cours de négocians qui venoient perpétuellement
à ces foires , on fut obligé d’y conftruire plu-
lieurs maifons & bâtimens , pour la commodité
du public ; & dans la fuite des tems , ces lieux
s’agrandirent, fe peuplèrent & devinrent des villes
affez confîdérabies.
FOSSÆ y canaux navigables ^ ou d’irrigation.
Voye^i Canaux.
FOSSETTE.
« Les artiftes Grecs, dit Wînckelmann, (Az}?.
de [Art. Uv. IV y ch. 4 , üf . ) dans leurs figures
du beau ftyle , n’interrompoient pas le menton
par ce creux qu’on nomme fojfette. La beauté
du menton confîfte dans la plénitude de fa forme
arrondie. La fojfette , étant individuelle & accef-
foire dans la nature , ne' fut jamais regardée
comme une qualité de la beauté univerfelie par
les artiftes anciens , ainfi qu’elle l’a été par les
' écrivains modernes. C Franco , dial, délia Relief
p. 1. p. 24. Rolli Rime. p. 13.) C’eft pourquoi
on ne voit point la fojfette , ni à Niobé , ni à
fes filles, ni à la Pallas de la villa Albani, ni
: à Cérès fur les médailles de Métaponte , ni 3
Proferpine fur celles de Syrâcufe , qui font les
figures de femmes de la plus haute beauté. II
en eft de même des plus belles fiâmes d’hom-
.mes : la fojfette n’eft vifible ni à l’Apollon diî
Vatican , ni au Méléagre ( Antinoiis ) du Bel-
védère, ni au Bacc^us de la vigne Méciieis , nî
aux autres belles têtes idéales, parvenues iufcu’à
nous. La feule tête d’un Apollon de bionze, de
grandeur naturelle, confervée au cabinet du col-
lège romain, & la Vêtus de Florence ont cette
fojfette , plutôt comme un agrément particulier ,
que comme un charme appartenant à la beauté
de la conformation; & Varron ne dit rien de
contraire à mon opinion, lorfqu’il appefle cette
fojfette un agrément imprimé avec le doigt de
l’amour. Comnîc la grandeur completrc d.u men-
ton eft un caraétère de fa beauté, reconnu géné-
ralement & imprimé à toutes les figures antiques
du premier rang , on feut conclure avec affu-
rance , lorfque -e deffin d’une figure nous offre
le menton creufé en fojfette ,■ que ce creux eft
une preuve de l’ignoxanee du deâînateur. Ainfi a
FOU ^
toutes le? fois que nous trouvons des têtes idéa-
ks, antiques, avec un menton ainlî interrompu,
nous pouvons conjedurer , avec raifon , que c'eft
un raffinement d'une main ignorante, moderne.
D'après cela, je doute que le beau Mercure
de bronze , du cabinet d'Herculanum , ait eu
eriginairement une pareille fojfette au menton ;
d'autant plus que l'on affure que la tête de
cette figure a été trouvée brifée en pluflenrs
morceaux =>3.
FOSS OR , efclave condamné aux travaux de
la campagne , qu'il exécuto'it chargé de chaînes
( Jiiven. fatir, XI. 75. ) :
Ipfe focis irevihus ponebat olufcula , qum PMnc
Squalidus in magna fajiidit compede fojjbr.
FOU. Nous voyons dans un pafTage de Sénè-
que { epifi. yo ) , que les romains fe pkifoient
a avoir auprès d eux des fous , pour las amufer,
comme des boufrons. Cet écrivain dit qu'Han-
pafté,/o/k de fa femme , étoit demeurée dans fa
maifon comme une charge d'héritier, Harpafien
uxoris mes. fatuam foie hsrediiariiLm onus in domo
mea remanf jfe.
FOUDRfc , fubft. fém. en phylique , & mafc,
dans les arts & les antiquités. Célus, père de
Saturne, ayant été délivré par Jupiter, foupet;t-
fi!s, de la prifon où le tenoit Saturne, & vou-
lant récom.penfer fon libérateur, lui fit préfent
ét Iz. foudre ^ qui le rendit maître des dieux &
des hommes. Ce font les cyclopes qui foraent
les foudres que le père des dieux lance fouvent
far la terre, dît' Virgile : (. Æneid. VIII. 4.
31. ) Chaque foudre renferme trois rayons de
grêle , trois de pl^iie, trois de feu & trois de
vent. Dans la trempe des foudres , ils mêlent
les terribles éclairs , le bruit affreux, les traî-
nées de flammes , la colère de Jupiter , & la
frayeur des mortels. La foudre étoit la marque
de la fouveraine puiffance : c'eil pourquoi Apelies
peignit autrefois Alexandre dans le temple de
Diane d'Ephèfe , tenant la foudre à la main ,
pour défîgner une puiffance à laquelle on ne pou-
voir réfîiler.
Le foudre de Jupiter eft figuré en deux ma-
Hières; l'un eft une efpèce de tifon flamboyant
par les deux bouts, qui, en certaines images ,
ne montre qu’une flamme 5 l'autre une machine
pointue des deux#)ats, armée de deux flèches.
Lucien, qui dit que le foudre de Jupher avoir
dix 'pieds de long , femble auffi lui donner cette
forme , lorfqa'il nous repréfente fort plaifamment
Jupiter fe plaignant de ce qu'ayant depuis peu
lancé fon foudre contre Anaxagore , qui nioit
i'exiftence des dieux, Périclès avoir détourné le
coup, qui avoir porté fur le temple de Cailor
F O U
6^ î
& PoHux, lequel en avoir été réduit en cendres;
\c foudre s'étoit prefque brifé contre la pierre ,
& fes deux principales pointes émouffées , en
forte qu'il ne pouvoir plus s’en fervir fans le
raccommoder.
La principale divinité de Séléucie en Syuie ,
étoi: la foudre qu'on honoroit avec des hymnes
& des cérémonies toutes particulières ; on la
voit fur fes médailles : peut-être étoit-ce Jupiter
même qu'on vculoit honorer fous le fymbole de
la foudre. Servms affure , fur l’autorité des livres
étrufques , où tout le cérémonial des dieux étoit
réglé, qu'il n'y avoir que Jupiter, Vulcain Sc
Minerve , qui puffeBt la lancer; mais Servius s’eft;
trompé; car, Pline dit ( Lib. IL cap. 52. ) que,
fuivant les livres des Etrufques, il y avoir neuf
dieux qui étoient en pofleiÊon de lancer la fou-
dre, Sc qu'il 7 avoir onze fortes de foudres, donc
trois étoient propres à Jupiter. II y a plus, Pon-
tahiis, & les auteurs qu’il cire, fur le vers 4<S
du livre premier de rEnéids , atrefient que cha-
que dieu & chaque déeffe avoir io'ô foudre , mats
différent de celui de Jupiter, en couleur , e.n
poids, en forme, &c. Auffi Stace, en parlant
de Junon , d'Argos , dit qu'eiie lançoit le
tonnerre ; & fi Paiias emprunta le foudre de
Jupiter pour foudroyer Ajax-Oilée, c'efi que le
fiea n'étoit pas affez. fort pour exécuter fon
proisî.
Les Etrufques armotent du foudre neuf divi-
nités , ainfi que Pline, nous l'apprend ; ( kifi. nat.
l. 2. c. y 5 j mais ni Pline , ni aucun auteur,
ne nous dit quelles étoient ces divinités. Cepets-
dant , lorfque nous faifons des recherches fur
les dieux de la Grèce ainfi figurés, nous y trou-
vons le même nombre. Parmi les dieux , fans 7
comprendre Jupiter , on donna cet attribut â
Apollon, révéré à Héüopoîis eh Affyrie; {Ma-
crob. Saturn. L i. c. 24. ) 8e ce dieu eft
rspréfenté de la même manière fur une mé-
daille de la ville de Thyrria en Arcadie. ( Go/y.
Grsc. tab. éi.) Mars, combattant les Titans,
eft armé de même fur une pâte de verre ,
( Defeript. des pzerr. gr. du cabinet de Stock.
p. yi , n°. 116 ) ainfi que Bacchus fur une
pierre gravée C p.- 234. n°. i4y9. ), toutes
les deux antiques & du cabinet de Stofeh. On
voit auffi Bacchus armé du foudre fur un patère
étrufque. ( Demfi. etrur. tab. 3. ) Vuicam ( Serv.
ad Æn. I. p. 177. Jî. ) & Ikn , deux pentes
figures de bronze , confervées au cabinet du col-
lège romain , 8c Hercule fur une iT;éd..ille de la
ville de Naxos, font repréfentés avec le même
attribut. Parmi les déeffes aimées du foudre , on
connoît Cybèle ( Bellori imag. & du Choul-dclla
relig. deRom. p. 92.) & P allas ( Apollon. Argon.
L IV. V. 671. Servius l. c. ) , comme on les
voit fur les médailles de Pyrrhus & fur d'autres.
{ Go/y. gr&c. tab, 36. n°. y. Conf. Span. deFr&ft,
S f 1 f ij
é^2 FOU
Num. t. L 43i. ) Ofi prurroît encore citer TAmour
tenant le foudre , reprcienté fnr le bouclier d'Al-
cibiade. {_Atken. Deip. l. XII. )
On voit aufil fur une calcédoine du baron de
■ Stofch , Anubis debout tenant de la main droite
un foudre fSc un fceptre de la gauche. Lt foudre
eft gravé à la manière des grecs , & cet attribut
aura été donné à Anubis par les romains ; car
les égyptiens ayant un ciel toujours ferein, n'étant
par conféquent pas expofés au tonnerre & aux
éclairs j n'en avoient peut - être aucune idée ; &
l'on fait que leurs attributs étoient toujours tracés
d'après des objets réels & fenfibles. ( I‘. claffe,
71°. 111.)
Le foudre dans la main d’une figure , ou à côté,
ou àu-delfous d'un bufte , lorfque ce ii'eft pas
la tête d'un empereur , marque la tête du Xe-
Jove, c'eft-à-dire , àelufitex-jvudroyantdi irrité;
car î y a quelques empereurs que l'on a flattés
jufcu'à leur m.ettre le foudre dans la main ^ comme
à Jupiter. ■ ~
Le comte de Caylus a publié ( Hec. d'ant. 3. :
p. 1 57. } un foudre de bronze ^ très-bien confervé^
& tel que les modernes font dans l'habitude de
le repréfenter. Il ne doutoît pas qu'il n'e.ûc été
î’attrLut de quelqu'anciénne îlatue.
Sur les monumens J plufieurs boucliers portent
peur ornement un foudre aîlé ; c'étoit de-là qu'é-
îoic venu à la XII‘=. légion le furuom à.e fulmi-
nante. { Dio LV. ) Valerics Flaccus décrit une
phalange grecque , armée de femblables boucliers.
(VI. 33 . )
CunBa phdtanx, infigne Jovis , ccelataque gefat
Tegmlna, difperfos trifidis ardoribus ignés %
TSec prirp.us radios, miles romane , corufei
Fulminis , & rutilas feutis diffuderis alas.
Foudre. Les furprenans effets que produit la
foudre , ont fourni de tout temps une am-
ple matière à la fupeiibtion des peuples. Les ro-
mains diftinguoient deux fortes de foudre , ceJts
du jour & celles de la nu:t ; ils donnoier.t les
premières à Jupiter ^ & les fécondés au d'eu Sum-
mar.us ou Pkicon ; & û ia foudre grondoit entre
le jour & la nuit , iis l'appc-Hoient fulgur pro-
vorfum , & i'attribuoitnt conjointement à Jupiter
& à Suiritnanus.
Non contens de cette diilLniftion générale j
î’s tiroient toutes furies de préfa^^e de la
QuancN par eiemple^ elle éroit partie
de L wr-CUi 3 5c eue n ayam . ait ou. triîeurerquel-
GU-.n ,_ciL retcurnuu cil! n-è;;ie'ccréj c'étoitle
flgae d’un bor-heur parf.4it , fmmafUcitads pra-
fagfm, comme i-jine k rac.mtc a l occafion de
bcjlia. Les foudres quifaifoieut plus de bruit qe
FOU
de mal celles qui ne fignifioient r’en ^ étoient
nommées vana & bruta fulmina y & la plupart des
foudres ce cette efpece^ étoient prifes pour'ure
marque de la colère des dieux ; telle fut foudre
qui tomba dans le camp de CralTus ^ elle fut
■ regardée comme un avant-coureur de fa défaite;
& telle encore J félon Ammien Marcellin,, fut
; celle qui précéda la mort de l'empereur Valen-
tinien. De ces foudres de mauvaife augure, il y
en avoir dont en ne pouvoir éviter le préfage par
aucune expiation , inexpiabile filmen j 8c d'autres
dont le malheur pouvoir être détourné par des
cérémonies religieufès , piabile fulmen.
La langue latine s'enrichit de la fotte con-
fiance qu'on donnoit aux augures tirés ées foudres.
On appella conciliaria fulmma celles qui arrivoient,
lorfqu'on délibéroit pour quelque affaire publique 5
autorativa fulmina , celles qui tomboient après les
délibérations prifes , comm.e pour les autorifer j
monitoria fulmina , celles qui avertiffoient de ce
‘ qu'il falloir éviter ; deprecanea fulmina , celles qui
avoient apparence de danger, fans qu'il y en eût
pourtant effeétivement ; pofiulatoria fulmina , cel-
les qui demandoientle rétabliffement desfacrifices
interrompus, fantlliaria fulmina , ce&es qui pré-
fageoient le mal qui devoir arriver à quelque fa-
mille; publica fulmina., celles dont on tiroitdes
préd’i étions générales pour trois cents ans ; & pri-
’ vata fulmina, celles dont les prédiétiens parti-
culières ne s’étendoient qu’au terme de dix années.
Ainfî les romains portèrent au plus haut comble
d'exrravagance ces folies ; ils vinrent jufqu'à croire
que le tonnerre étoit un bon augure, quand on
l'entendoit du côté droit , & qu'il étoit au con-
traire un ligne fatal, quand on l'entendoit du côté
gauche ; il n’étoit pas même permis , fuivant le
rapport de Cicéron, de teni*des afTemb’ées pu->
bfiques lorfquil tonnoit, love tordante, fulgu-
rante , comitia populi habere nefas.
Les endroits frappés de la foudre , étoient ré-
putés facrés; & comme fi Jupiter eût voulu fe
les approprier, il n'éroit plus permis d'en faire
des ufages profanes. On y élevoiî des autels au
dieu tonnant, avec cette infeription :
Deo fulminatori.
_ Les arufpices purifîoient tout lieu fans excep-
tion, fur leqütlli foudre étoit tombée, & le con-
facrpient par le facnfice d'une brebis appeîlée
bidens , c'efl-à- dire , à qui leï^ients avoiertpeuffé
en haut & en bas ; ce lieu , féparé de tout autre,
s'appeiloic bidental, du nom de l.i brebis qu’on
avoir immolée ; & on tenoit p.cui impies & pont
facnièges ceux qui le profanoien- ou en remuoient
les bornes ; c’til -la ce qr.’Horace a; pelle œovcrç
bidental. Tout ce qui avoir été b.i'i é ou no rci
par la foudre, étoit placé fous un autel couvcitj
F O Ü
& les augures étoient chargés de ce foin. On
emp'oyoir en particulier certains prêtres, nommés
par Fettus ftufertarii , pour purifier les arbres fou-
droyés. Ils laifoient à ce .^ujet un facrifice avec
de la pâte cuite fia^s la cendre , comme nous Fap-
prend Finfcription tirée d’une table de bronze
antique, trouvée à Rome, & citée par Gruter
& d’autres antiquaires.
Avant cette purification , les arbres frappés de
\z foudre paîfoient pour être funeftes, & perfonne
s’ofoit en approcher. Aulïî dans le Trinummus
de- Plaute ( aci. II. fc. IV. ) , un efclave vou-
lant détourner un vieillard d’aller à une maifon
de campagne , lui du : gardez-vous en bien 5 car
les arbres y ont été frappés de \ifoudre ,■ les pour-
ceaux y meurent ; les brebis y deviennent gaieu-
fes, &c.
Pline rapporte qu’il n’étoit pas permis de brûler
le corps de ceux que h foudre avoir tués, & qu’il
falloir fimplement les inhumer , fuiyant l’ordon-
nance ce Numa. En effet, Feftus, zn mot occifum,
cite deux loix à ce fujet : homofi fulmine occifus
tf , ei jufla nulla fieri oportet ; l’autre efi: conçue
en ces termes : fi hominem fulminihus occifit , ne
fuprà genua toilito ; au lieu que Fufage contraire
fe pratiquoit dans les funérailles ordinaires , ou
l’on raettoit les corps fur les genoux, pour les
bai fer & les laver, comme il paroît par ces vers
d’Albinovanus :
77izjera.nda parens Jupremaneque ojculajïxit ,
Frigzda nec movit membra 3 t remente Jznu,
Il faut que ce point de religion n’en fut pas un
chez les grecs, puifque Capanée, après avoir
été frappé du feu de Jupiter, reçut les honneurs
du bûch-r , & qu’Evadné, fa femime , s’élança
dans les flammes , pour confondre fes cendres
avec cel'es oe fon cher époux. Mais les romains
s’éloignèrent de cette idée, & en prirent une
autre , dans la pen'uafion que les perfonnes mortes
d’un coup de foudre, avoient été fufEfamment
purifiées par le feu , qui les avoir privées de la vie.
E^fin , on regardoit généralement tous ceux
qui avosent eu le malheur de périr par la foudre
comme des fcélérats & des impies , qui avoient
reçu leur châtiment du ciel ; & c’eft par cette
raubn que l’empereur Carus, qui fut plein de
courage & de vertus , eft mis au rang des mau-
vais princes par quelques auteurs.
Ce détail fuffit, fans doute, pour faire con-
noïtre les égaremens de la fvperftition des anciens
?ar laquelle Sénèque obferve judicieafement ,
que c’eif une rriarque d'un efprit foible que d’ajou-
ter fc- à de pareilles fottifss , & de s’imaginer
que Jupiter lance les foudres-^ qu’il renverfe les
FOU
colonnes, les arbres, les fiatues, & même les
images ; ou que laiifant les lacrüèges impunis ,
il s’amufe à brûler fes propres autels, & à fou-
droyer des animaux innccens. ( Art. du chevalier,
de Jaucourt. )
Foudre fur les médailles de la Cyrénaïque i
de Carane , de Centuripæ, des Fajifques, de
Lacédérr.one , des locriens d’Italie , des macédo-
niens , de Myndus , d’Grra , de Panormus , de
Paros , de Philadelphie en Lydie , de Pracfus,
de Séleucie en Syrie , de Séieucie dans la Pam-
philie , AAEAOCN AHMQN ; de Syracufe , des
Locriens- ozoles.
•Foudre dans une couronne de chêne , fur les
médailles d’^JJaraOT eh Myfie 5 d’Epire.— Dans
une couronne de laurier , far les médailles à.’A~
mantes en l'lyrie.
FOUET. Horaère donne un fouet à Jupiter
en deux endroits de l’Iiiade. Mars porte deux:
fouets , félon Efchyle ( Agamem. v. 6^1 ). Vir-
gile & Lucain peignent Belipne armée fouet.
Les Furies, le Soleil portent fouvent un fouet.
Ce dernier paroît fouvent fur les médailles avec
\t fouet, qui rappelle fon char & fes couifiers.
Sur une pâte antique du baron de Stofch ( II".
[ clajfe n°. 510. ), on voit à côté de Cérèsaffife,
Diane debout entre deux bœufs , tenant de la
main gauche deux épis de bled , & un fouet de
la main droite. On y reconnoît Diane Taurique.
Le fouet tfl relatif aux coups que l’on donnoit
aux jeunes lacédémonie.ns devant les autels de
Diane 5 car fon culte demandoit du fang.
Ofiris porte un prétendu fouet , dont on trou-
vera l’explication au mot Charrue.
Les prêtres de Cibèle fe Frappoient, en invo-
quant leur divinité, avec un /ùaer de courroie ,
auxquelles étoient enfilés des aflragales , c’eft-à-
dire, des oflelets de chevreau. Apulée" fait men-
tion de ce cruel ialLument ( Meta. lib. VIII, pag.
léi- ) 5 & on le voit fcolpté aux côtés de l Archi-
Gaiie fur un bas - relief, publié par Wi.uckel-
mann. ( Monum. inédit. n°. 7. )
Le comte de C.iylus ( B.zc. t. pi. 94. r°. 4. )
a publié le deSa d’un morceau de bronze, qui
formoit un fouet terrible , lorfqu’î! étoit placé à
l’extrémité d’une torde; il fervoit à la punition
des efeiaves.
il y en a un pareil dans le cabinet de Ste.
i Geneviève.
FOULER aux pieds. Chez les anciens, comme
aujourd hai chez iss orientaux , les rois vain-
6s^4 fou
FOU
qus'dzs fou/ozent aux pieds les rois vaincus. Ceî
ulage ell chanté dans FÉnéide ( X. 489. ) :
Et terram hcfiilem rr.onens petit ore cniento.
Quem Tumiis fuper ajpjîens
& V. 756
Tum fuper aijeaum poftopede : nixus & haflu.
Claudien Ta chanté auiE ( Honor, Confulat.
Colla triumphati proculeat Eonorius IJîri.
Ils les foulozent en appuyant le pied droit fur
le col du vaincu profterné.
apres 1 on creufa des bancs d’araille , BcVoz
Y Et Ats fours à une feule pièce. Cet ufagefubfîfte
encore aans quelques provinces de la France.
L en i.pagma dans la fuite les fours totalement
comtruits en briques cuites 5 on tenta d y fubfti-
tuer des pierres meuheres ou fableufes , telles
que le grès , le granit ^ & Ton en fit la voûte
& rentableinent. Dans des temps poftérieurs
Fon a imaginé de conftruire ia voûte àt& fours e.-î
' riques crues ^ durcies au foieil ^ Sc liées avec de
la terre g
;laife qui fert de rriortier.
Les anciens connoiffoient autemps de St- Jérôme
les fours de c?.mpagne ( in Orat. Hierem. ) , comme
on I apprend de ces paroles : Clibanus efi coquendis
panibus snei vsfculi cbzduclarotunditas , qzis, fub ar-
dent ibus flammis ardet intrinfecus.
^ FOULON. Les anciens n’employant pas le
linge J 8c s’habillant ordinairement d’étofres de
laine , occupoient un grand nombre de foulons.
Les travaux de ces artifans fixèrent les yeux des
légiflareurs romains, eom.me on le voit par la
loi Metelia de fullonibus. Nous trouvons dans
Nonius ( IV. 34. ) trois vers qui rerifer.ment tou-
tes les pratiques des fouLoriS :
Terra hcsc ejl , non aqua,
Ubi tu foîitus argutarier pedibus ,
Cretam dum compefeis ,yejlimentaque lavas.
On y trouve le lavage dans une eau courante ,
\t foulage avec les pieds pour dégraiffer, & le
mélange d’argile bla.nche ou de terre bolaire, ap-
pellée ici improprement creta ^ pour donner de
l’éclat Sc un plus haut' degré de blancheur. Les
foulons employoient auffi le foufre pour obtenir
ce dernier citer.
_ Pline ( VIL ^6. & XXXV. 17. ) attribue
rinyentton de l’art des foulons à Nicias , fils
« iriÊrîiiiss*
FOUR à cuire le pain.
Dans les premiers âges du monde, on faifoît
nfloler les épis du froment, & l’on en mangeoit
e^fuite le grain pur : quelque temps après on
pila le grain, demele avec de leau, on le fit
cuire 3 on le luangea en bouillie. Quelques oer-
fonnes imaginèrent de piler le grain avec très-
peu d’eau , 8c d’en faire cuire la pâte fur la cendre
chaude : on rafina fur cette découverte j on elLaya
de faire cuire la pâte fur des pierres échauffées :
on creufa ks pierres, & l’on y fit cuire des gâ-
teaux. “
Four à chaux. On condamnoit fous les em-
pereurs certains criminels au fervice dangereux
des fours à chaux : in calcariam quoque vel Julphu-
riam damnari f oient. ( Ulpian. leg. 8. §. 10 f,
de P oenis. )
FOURCHE. Pluton tient quelquefois une
fourche au lieu de feeptre.
Les mirmîllons com.battant contre les rétiaires,
[ portoient une fourche à deux pointes pour fe dé-
I fendre.
; Les/oarc&j caudines font célèbres dans rhifioire
: romaine; c’é^it une lance mife en travers fur
deux lances droites ^ formant une efpèce d’arc
de triomphe , ou de joug, fous lequel on faifoit
pailer les vair.cus.
On voit amTi dans plufieurs écrivains latins ,
qu il etoit d ufage à Rome d’attacher aux bras
d’une fourche les efelayes que l’on battoir de
verges, 8c que l’on traînoit dans les rues 8c les
marchés.
FOURCHETTE. Dans les ruines d’Hercu-
lanum^ on a trouvé quantité de cuîlüers ; mais
^n n a point encore pu découvrir de fourchettes.
On préfume^que les anciens romains nes’enfer-
'^ojent pas : I ufage Atsfourckettes parole moderne,
même en Europe. Les chinois , au lieu de four-
chettes , emploient dans leurs repas deux petits
bâtons ronds , dont les bouts font recouverts
d’une lame d’argent. Les européens font prefque
eacore les feuls qui fe fervent de fourchettes dans
leurs repas.
Le comte de Caylus ( Rec. d’Ant . 3. pl. 84.
S- f être plus heureux, 8c il a publié
deffin d’une fourchette antique , accompagné
ces réflexions.
de
_ Smdas dit qii un égyptien, nomme' Annos ,
imagina de faire de petits}èa/-^ .• on préfume qu’ils
etoicnt quarres , apparem.ment parce que le*: egvn-
ttens ont ignore pendant plufieurs fiècks A'uY y-s-*- '-t- ‘-7-
faire des voûtes il v a ^ confervation j mais plus encore
a.s vou.es. ii j a grande apparence que | k beauté de fon travail Le pied de biche
« Cette fourchette d’argent efi: recom
Oï* 'r'i /-s m Æ
tmanda]
encore i
FOU
la termine J Bc les filets dont elle eft ornée ^ font
agréablement difpofe's & de la plus belle exé-
cution. Je voudrois avoir le fervice complet de
la même main , non certainement pour la ma-
tière ^ n^s pour le bon goût de Torfèvre qui a
travailléWberre vaiffeile , & pour fatisfaire non-
feulement ma curiofité fur les différentes parties
du fervice romain ; mais pour jouir de la variété
& de la beauté des formes que préfentoit la
multiplicité des plats 8e des vafes. Cette four-
ckette , qui n'a que deux pointes ^ a été trouvée ^
avec plufieurs autres petits meubles , dans une
ruine fur la Via Appia. Elle a de longueur cinq
pouces fix lignes
FOURMIS. Les theffaliens bonoroient ces
infeétes ^ dont ils croyoient tirer leur origine -,
& tous les grecs en général ne faîfoient pas dif-
ficulté de rapporter leur origine aux fourmis de
la forêt d'Egine, plutôt que de fe reconnoître
pour des colonies des peuples étrangers. Voye^
Myrmidons.
Fourmis. Ces infeéles fournifibient matière
d'obfervation à ceux qui prenoient des augures.
Un facrificateur prédit à Ciraon l'athénien fa
mort prochaine j parce qu'une troupe de fourmis
étoienr venues boire le fang des vidfimes. Elles
donnèrent un meilleur augure en faveur de Midas^
roi de Phrygie. On rapporte que des fourmis
s’étant raffembiées en grand nombre autour de
lui s remplirent fa bouche de bled 5 ce qui fit pré-
dire au devin , que ce prince auroit un jour des
richeffes immenfes. ( Cic. de divin. I, 36. )
La fourmi eft fur les monumens un attribut de
Cérès. On la voit placée auprès de cette déeffe
fur deux pierres gravées de Stofch. ( //<=. claffe ,
nos. 227. 2z8. )
FOURREAU des armes.
Les grecs & les romains en mettoient à toutes
leurs armes. Le cafque lui-même en avoir ua ap-
pelle Celui de l'épéé étoit nommé
Les haches desliéleurs, qui étoient placées à la
moitié de la hauteur des faifceaux, avoienc auffi
un fourreau , dans lequel elles étoient ordinaire-
ment renfermées. Car les anciens ne portoient des
ar.mes nues , qu'au moment de la charge.
FOURRÉES C médailles ).
Les médailles d'or & d'argent qu’on appelle
fourrées , paroiffent devoir être hors de Pour foup-
çon de conrrefaéiion moderne ; ce font des pièces
de fauflcs monnoies que i'on qontrefaifoit chez
les anciens , & qu'on fa;foit paffer pour de la
Hionnoie légitime. On n'aura pas de peine à croire
qu'il y ait eu de faux monnoyeurs. auffi-tôt qu'o'n
a établi chez les peuples policés l'afage de la
FOU
îr.onr.oie d’or & d'argent. Cette fourberie s'cft
multipliée jufqu'à notre temps & ne finira vra:-
femblablement qu'avec le m.onde ; mais il faut
convenir eue chez les romains les faux momoyeurs
étoient d’nabiles fourbes ^ Sc fur-tout d'exctikns
graveurs. Comme les monnoies de l'empire ^ foit
d'or J foit d'argent, étoient d'une fabrique par-
faites il falloit de néceffité les imiter , pour faire
pafler dans le public les pièces contrefaites ; aufii
le font-elles à un point, que nous fomimes obligés
de les piquer, quand elles ne font point enta-
mées, peur reconnoître fi elles font fourrées ^
c'eft-à-ùire, fi elles font de cuivre en dedans.
La fabiique des médailles contrefaites, éroiî
extrêmement difficile à pratiquer; il ne s’agiffeit
pas, comme aujourd'hui , d'allier un peir d’or
avec du cuivre , ou de blanchir fimplemenr une
pièce de bilion. Les faux monnoyeurs romains
couvroient leurs pièces' d'une feuille d’or ou d'ar-
gent, affez épaifie pour ne fe découvrir qu’après
un grand ufage dans le commerce , & qui îé com-
primoit tellement avec le cuivre du dedans , quand
on les fabriquoit, qu’il étoit impoflibie de lesap-
percevoir, à moins de les entamer avec le burin
ou un autre inftrumenr. Voye^ Doublé .
Cette circonftance nous fait bien connoître
que l'argent étoit rare dans l'empire romain ,
puiiqu’un ouvrier rifquoit d’être puni pour contre-
faire une médaille d’argent , qui vaut à peine
quinze fols. Se qui étoit alors d'un prix bien
plus bas.
On doit donc être affuré qu’une médaille eft in-
dubitablement antique & frappée, dès qu’elle eft
fourrée. Comme ces pièces fe fabnquoient à la
hâte , & toujours dans des lieux fouterrains,,
elles font fujettes à avoir des défauts dans les
légendes / qui les rendent pour la plupart fingu-
lières , foit par la tranfpofition des lettres , ou
par d’autres défauts. Il faut les examiner avec
attention, 8c i’on en trouvera peu , fur-tout sa
argent , qui n’entrent dans une fuite.
L’épaifteur 8c le relief des médailles d’or &
d’argent , ayant donné lieu aux faux monnoyeurs
de les /barrer plus aifémenr, il s’en trouva à la
fin un fi grand nombre, que lorfqu’on rétablir,
fous le règne des enfans de Conftantin, uns
fabrique de m.onnoies d’argent pur ; qu: n’avoic
été prefque que de bilion depuis le règne de
Caracalla). 'On prit pour la sûreté pubbque, le
parti de la diminuer de la mo.tié du poids , ou
environ, 8c de la faire fi mince, qn’il ne fut
pas pofiible de la falfificr ; cftft ce. qu’on ju?ea
de plus efficace pour empêcher la foi rhe.
On a cependant vu un Valentinien d’or fourré
dans le cabinet de Mahadel. ( Le duc Carufr.Is àa
de Naples pofsède une mcdeiH- d'-.r fourrée ^
avec la tête & le nom d’AIexândrê'le-Gra,.d.)
6^6 F R A
Les médii'Ies d'argent fourrées font donc sûre-
ment antiques s on ne peut en refaire les lettres
comme for celles qui font de bon aloi , parce ouïe
la médaille n'étant couverte que d'une feuille
d’argent;, elle ne peut foutenir d'être travaillée j
on s'elf cependant avifé^ pour pouffer le dégui-
fement jufqu'où i; pouvoir a'ier ^ de percer des
médailles d'argent fauffes^ mais bien contre
faites 5 avec une aiguille de fer rougie, & dont
le fen noircit & rougit la médaille en-dedans j
pour la faire croire fourrée à ceux qui n'exami-
nent pas la chcfe de près. I! faut y quand on voit
ces fortes de médailles ainlî percées , & qu'on
croit fourrées , fi on n'eft pas affez habile pour
reconnoîrre la fauffeté de la médaille ^ la piquer ^
ou dans le champ , ou aux rebords , & s'affurer
par-là fi elle eft efreétivement /barrée, & par
confëquent antique. ( Art. de Beauvais. )
FRAMEA, efpèce de javelot ou d’épieu,
dont fe fervoient autrefois les germains. Il étoit
fi court & fi aiguifé , qu'ils s'en fervoient de loin
comme d'une arme de jet, & de près comme
d'une arme de haft. Tacite nous apprend ces
détails ( de morib. German. cap. FI. ) ; rarlgladiis ,
eut majoribus lanceis utuntur. Haflas , vel ipforum
vocabulo y frameas gerunt , angufio & hrevi ferroÿ
fsd ita acri & ad ufum hahili ut eodem telo ,
prout ratio pofcit , vel cominus , vel eminus pugnent.
C'étoit le même javelot, armé d'une pointe de
fer courte & aigue , que les romains appelloienî
contas; car Dion ( XXXVIII. ), décrivant le
combat de Céfar co.ntre Ariovilïe, défigne les
framea des marcomans par le mot r.o'/rig.
FRANCION , ou Francus , eft un nom
■qu'un impofteur donne à Allyanax, fils d'Heélor,
dans un morceau qu'il a ajouté à Manéthon. Il
dit que Francus s'étant retiré dans les Gaules,
après la ruine de Troye, s’y fit tellementaimer
du roi, qu'il en épouf.i la fille, & fuccéda à fa
couronne ; & que de-là font defcendus les rois
de France. D'autres ont d t qu'Heélor eut deux
fils , Aîlyanax, qui périt à Troye, & Lardamas ,
ou Francion, qui s’enfuit, avec nombre de troyens,
en la Pannonie. Il s'arrêta fur les frontières de
Scythie , & y bâtit la ville de Sicambrk , & lui ■
& fa poftérité régnèrent jufqu'au temps du roi
Anténor , cui fut tué par les goths , 410 ans
avant Jefus-Chnfi. Les goths forcè>-ent les troyens,
ou iicambriens, à fe retirer en Allemagne; ils
fe divisèrent e.n deux branches, dont ’l'ifeie fonda
en -fin la monarchie françoifei &r l'autre relia en"
Allemagne, & y fonda la Franconie,ou la FraEce
onentaie.
franges. Les habits des femmes gre-'-quea,
dit VV'inckelmann ( Blf. de l’Art., liv. Iv. ckap.
F. ) ne font jamais garnis de franges , ni à la
PGraure d en bas , ni ailleursi es. que j'obferve
F R E
I ici , pour fèrvir d explication à ce que CV'-
maciue, en parlant de h robe de Diane, appelle
Myværoy Les intei.-rêtes anciens & modernes fe
foDi. egaLment trompes en rendant ce terme pat
ee\\i\ dt franges ; le feul Spanheim a r^icontré
plus juîle , en l’expliquant par le mot c^^andes
brochées dans leur longueur. Callimaque intro-
duit ceite déefle, qui fupplie Jupiter de lui ac-
corder entr’autres chofes la permiffion de porter
fa robe retrouflee jufqu'aux genoux. ( Hymn.
Dian. V. II. »a: es ysiiu
XiyVâùTO'J, )
Les peintures & les fculptures antiques ne nous
offrent nulle part la robe de Diane , garnie de
bandes ou de franges dirigées de haut en bas ;
tout ce qu'on y voit , c'ell que la bordure eft
indiquée par une large garniture brochée, qui
ne fe remarque nulle part plus diftin élément qu'à
la ftatue de cette déeffe, confervée au cabinet
d'FIerculanum , & décrite au fécond chapitre de
l’art des étrufques. Je fuis donc d'opinion que le
mot Asyyfflrov défigne la bordure garnie , ou l'or-
nement de la robe , & non des franges.
On peut affurer que fur les monumens les fran~
ges y bien differentes des bordures fohdes , carac-
térifent ks nations barbares. C'eft pourquoi ©n
en voit aux deux rois captifs du Capitole , au
gaufapum ( ou manteau noué fur la poitrine ) des
Ifis grecques du Capitole , divinités étrangères
aux grecs & aux romains J &c. Foye[ Arxe &
CiRRATÆ.
FRAUDE ; elle eft mife par Bocace au rang
des divinités romaines, quoiqu'aucun auteur an-
cien n’en faffe mention. Fléfiode feul la compte
parmi les nombreux enfans de la nuit & des
ténèbres. Voici le portrait allégorique que fait
Bocace de cette divinité malfaifante. Elle a la
phyfionomie d'un homme de bien, le corps d'un
ferpent, dont la peau laiffe voir différences cou-
leurs agréables , pendant que la partie inférieure
fe termine en queue de poiffon ; elle nage dans
les eaux du Cocyte , dont elle tire tout fon venin ,
8c ne laiffe appercevoir que fa tête.
FRÉE , ou Frey , ouFréa , nom d’une deeffe
des faxons. C'eft de Paulin Warneftidus , ou
Paul Diacre, chancelier du roi Didier ( de geftis
Longobard. lib. 7.) de Mathieu de Weftminlîer,
de Guillaume de Maimesbiry, du grammairien
faxon( lib. I. & F. ) y ëx. d'Odericus Vitaüs ( lib.
IF . ) que nous apprenons le peu que nous favons
de cette divinité. Frée, ou Trqy étoit femme de
Wo dan, c'eft- à-dire , du fouverain des dieux chez
les faxons. Quelques auteurs veulent cependant
que Wodan fut le Mercure des romains & des
grecs ; mais ce featiment n'a rien de vraifembla-
ble. D’autres difenc que c'étoit Mars j & en ce
cas, Frée feroît Vénus.
F R O
En effet ^frau , encore aujourd'hui en allemand,
fîgnifie femme. Quoi qu’i! en foie, on avoir donné
fon nom au fixième jour de la femaine , que les
allemands nomment encore freytag , le jour de Frey,
comme les romains le nomm ient jour de Venus 5
ce qui pourroit confirmer le fentiment que Ton
a embraffé. Brynolf & Sréphrnus , qui croient
que Frée étoic îa Vénus du Septentrion , rappor-
tent qu'il en penfa coûter la vie à un poète ,
pour Bavoir comparée à une chienne, ou à un
renard, tant ces peuples avoient de vénération
pour cette divinité. Ils prétendent aufïî, que c'eft
de fon nom que les dames, ou les femmes de
condition, s'appellent/fiter en danois, & que fryd,
voluptas , & fro , femen , viennent encore du nom
de cette déeffe. Voyer Wormius Fafli Daniel ,
lib. I. cap. XV.
FREIN. Voyei^ Bride, Lüpata.
FRÈRE 5 ce nom étoit donné à des empereurs
collègues. C'ell ainfi que Marc-Aurèle & Lucius
Aureüus Verus font appelles /fèrej , dîvi fratres ,
& qu'ils font repréfentés dans leurs médailles, fe
donnant la main pour marque de leur union fra-
ternelle . dans l'adminiftration de Fempire. C’efr
ainfi que Dioclctien, Maximien & Hercule qui
ont régné enfembie, font nommés /fèr« par Lac-
tance. Cette coutume fe pranquoit de tous temps
entre des rois de divers royaumes, comme on peut
le confirmer par les auteurs facrés & profanes -,
elle avoir lieu en particülier entre les empereurs
romains & les rois de Eerfe , témoins les lettres de
Confiance à Sapor dans Eusèbe, & du même
Sapor à Confiance.
Les empereurs defeendus de Conftantin,appel-
loient frère , /rerrer, les comtes & gouverneurs
de province , dans les loix & les referits.
Frères ( les dieux ) ; cVtoient les diofeures
que l'on défignoic par ces mots ( Ovid. Faft. i.
707. ; :
Fratribiis ilia deis fratres de gente deorum
Circajutumee compofuere latus.
Frères (les deux) emportant leur père &leur
mère furies médailles deCatane. Cat ane.
Frères Arvales. Voye^ Arvale5.
FRIGGA. Voyet^ Frée.
FRIGIDARIUM, falle des bains où Ion fe
baignoit dans de l'eau froide , après s'être baigné
dans une eau tiède.
FR,0 , nom d’un dieu des anciens peuples du
Nord. Le Grammairien Saxon ( Hifi. Danic^ ,
Antiquités , Tome II,
Fro gpj
lib. I. pag. 16., de l’édition de Stephanius à
Coppenhague, 1644.) d.tqueHadingue, huitième
roi nés danois, ayant été battu d'u.:e tuneuie
tempête, & ayant fait des pertes conhdérabks ,
ne trous a point de remède à de fi grands maux,
qu'après qu’il eut offert un facrifice au dieu Fro ,
dans lequel il lui i.nmola des viâimes noires î
que dans la fuite cela paffa en coutume, Sê que
tous les ans on offroit un facrifice rembiable ,
appelle par les fuéons ou fuédois Froblotk. Ce
Fro , dit Stephanius dans fes notes, éto'îtledieu
des tempêtes & de l'air. Il en tire la preuve de
fon nom j car fro , en allemand , fignîfie ie matin ,
& freiren , avoir froid , d'où s’efi formé en da-
nois frijfe & froft , qui fignifie froid. C'eft pour
cela que Hadingue lui offroir un facrifice après
une tempête , pour l'appaifer. Froblotk fignifie
facrifice à l'honneur de Fro ; car, dit Stephanius,
en ancien danois , fignifie facrifice, obla-
tion, & b Iota , facrifier. Le Grammairien Saxon
( l- III. p. 42.) l'appelle le Satrape des dieux,
Fro deorum Satrapa , fur quoi Stephanius obferve
qu'il étoit encore dieu lui-même , & le dieu des
tempêtes. L'hifiorien danois raconte que Fro avoir
un temple près d'Upfal , où on lui offrit long-
temps le facrifice dont nous avons parlé ; mais
que fous le règne de Hothérus , Baldérus le
changea en un facrifice abominable , & lui facrifia
des hommes. I! ne fut pas cependant l'auteur de
cette cruauté. Othin l'avoit infticuée avant lui
dans le Septentrion, comme le penfe Stepha-
nius. Voye^ les notes de cet auteur , pag. 9Z.
FROMAGE des anciens.
Ceux de l’ifle de Cythnus étoient très-célèbres
chez les grecs : aufli les habitans en ont-ils fait
graver fur leurs médailles.
Le fromage étoit la nourriture ordinaire des
bergers : hoc pulmentarium , dit V arron ( de ling.
lat. IV^ 22. ), primam debuit pefioribus cafeus.
La nourriture des foldats romains n'étoit compo-
fée que de lard , de fromage , & d'un mélange
d'eau & de vinaigre. Sparden dit qu’Hadrien s'en
contentoit ; cibis caftrenfîbus in propatulo libenter
utens , hoc efi larido , cafeo & pofea.
FROMENT des égyptiens.
On pourroit foupçonner que les anciens égyp-
tiens ne faifoient pas beaucoup d'ufage de leur
froment indigène, parce qu’il n'étoit pas de la
meilleure efpèce ; ils n'en ont eu d’une bonne
efpèce que fous le règne de Ptole'mée, fils de
Lagus , qui en fit venir de l’ifle de Calymus ,
qu'on fait être une des Sporades. C'eft ce bled-
là 5 indiqué dans Théophrafte fous ie nom de
bled alexandrin, que les grecs ont cultivé fous la
dynaftie des Lagides , & dont ils ont fait diffé-
I rentes préparations qui ont joui de beaucoup de
Tttt
F R O
célébrité dans le commerce ces^nciens. Le fro-
ment qa’on sème de nos jours^eniigyptej provient
encore de celui qui fut donne z cette contrée psr
le premier desPtoléméeSj roi ( dît M. Paw ) qui
aima ceux que les autres rois if aiment ordinai-
rement pas ^ je veux dire fes fujets. Des hom-
mes dignes du dernier fupplice j^lui avoient con-
feillé de mettre beaucoup d’impôts fur le peuple -,
Sc ce qu’il y eut d’admirable ^ il ne fuivit pas leur
avis.
Froment des grecs , des romains ^ des Gaulois ,
des efpagnols J &c. Koye:^ Bled.
FRONdIÙRS. }, rinvention
de la fronde a> X phéniciens ( lih. VIL cap. LVI. ).
Véaèce ( ae re milit. lib. I. cap. XVI. ) 1 attribue
aux habitans des ifles Baléares.
Florus & Strabon difent qu’ils avoient trois
fortes de frondes , les unes grandes, & les
autres courtes, dontils fe fervoient fuivant qu’ils
ctoient proches ou éloignés de leurs ennemis.
Diodore ajoute que la première leur fervoit de
bandeau ; la fécondé de ceinture , & qu’ils por-
toient à la main la troifième. Les mières ne don-
noient à m.inger à leurs enfans que du gibier
qu’ils avoient abattu avec leur fronde.
Ovide {Met. II 717. ) parle de leur habileté
à lancer des balles de plomb avec la fronde.
Non fecùs exarjlt, qnàm cum Balearica plomtum
’Funda jacit : volât illud, & incandefcit eundà.
^l'xncktimzv.'n (. Hift. de C Art. liv. IV. ckap.I. •
B. ) fait mention d'une belle ftatue nue, mais
mutilée , repréfentant un frondeur , comme l’in-
dique la fronde, avec une pierre qui defcend le
long de la cuilTe droite. 11 n’eft pas aifé de dire
pour quelle raifon on a érigé une ftatue à un
pareil perfonnage : les poètes n’ont jamais donné
àe: fronde à aucun héros , <èc\cs frondeurs étoient
très-rares dans les armées grecques. Les écrivains
en font rarement mention ( Tkucyd. lib. IV. pag.
153. VI. pag. 133. lib. XLII. Eurip. Phcenijf.
V. 1149. ); c’étoient les moindres foidats, 8c
ils ne portoient point d’armes détenfives de même
que les archers. Il en étoit de même chez les
romains J quand on vouloir punir & dégradrr un
foldat qui fervoit dans la cavalerie ou dans L--.
légions , on le mettoit parmi les frondeurs. ( Val.
Max. lib. II. cap. II. n°^. 8 b£ 1 3 - ) Mais comme
la ftatue en queftion ferrible figurer un perfonnage
de l’antiquité , & non un fimple frondeur , i-n [
pourroit conjeéturer qu’elle repréfente 1 Éndita
Fyrethmès , qui , au retour des hérachdes dans
le Péloponèfe, fe chargea d’un combat f nguHer,
pour décider la poffeffion de i’Elide. T outei’a'dreiié |
F R O
de ce guerrier con.fiftoit dans \z fronde,
ê'sê'icd'yp.îÿiis. ( Paufan. lib. V. )
La fronde étoit un des attributs de Néméfis ,
pour exprimer que la juftice des dieux atteint les
coupables de loin comme de près. Sur un jafpe
rouge de Stofeh ( IP. clajfe n°. 1814. ) on voit
deux Némélîs , dont l’une tient un bâton de la
main droite, un poignard de la gauche, une roue
eft à fes pieds j l’autre tient une/roTz^e déployée.
Winckelmann cblerve qu’une pierre montée
en bague , eft nomme'e par Euripide & par Platon,
, une fronde. ( Eurip. Hippol. p. S6z Plat.
Republ. l. IL p. 382.. XLIII. edit. Bafil. ) Il ne
connoiffeit perfonne qui eût encore remarqué le
principe de cette dénomination , ni la relfem-
i blance qui fe trouve entre une bague & unt fronde.
C’eft que le cercle de la bague reffembie au cuir
: : qui renferme la pierre de la fronde , & aux deux
cordes qui l’aifujettiffenî , & qui fervent à lancer
la pierre. De là vient que les romains nommèrent
à leur tour, une bague montée, fonda, une fronde.
{Pline, lih. 37. cap. 37. 42. ) PoyÊ^^S^ENAONH,
Frondosiæ (Deo). Muratori (107. p. Tkef. )
rapporte l’infcription fuivante , gravée en l’hon-
neur de Pan ou de Silvaln :
DEO PRONDOSIÆ
EX VOTO FELICITER.
■ FRONT. Il rélîde, dit Winckelmann C if/jf.
de P Art. lib. IV. chap. IV. B.) dans le font
un des principaux caraétères d’une belle confor-
mation. Les recherches que nous avons faites fur
cet objet & celles qui nous viennent des anciens
écrivains , nous apprennent que le front , pour
être beau , doit être court C Lucian. Amor. ) :
de forte qu’un font très-découvert paftbit chez
les anciens pour une difformité. {Id. Dial, meretr. L}
Comme dans la fleur de la jeûneffe le front eft
ordinairement court , & qu’il refte te! jufqu’à ce
qu’il foit dégarni par la chute des cheveux , il
ferrib'e que la nature ait imprimé elle-même à
l’âge de la beauté ce caratière , dont la privation
ne peut être que préjudiciable à la beauté.
Peur fe convaincre de la jufteffe de cette obfer-
vaticn, on n’a qu'à faire l’expérience f> ivante fur
ima perfonne qui zh le front petit. En lui couvrant
les cheveux du toupet avec les doigts, on fe
figurera le /'(/«r d’autant plus découvert j aès lors
on fera frappé d’une certaine difconvenance de
proportioî: , Sc on fentira combien un font trop
découvert peut être préjudiciable à la beauté.
C’eft d’apîés cette maxime que les circaffiennes,
pour faire prroitre lent front plus petit, ramènent
les ch-:, eux .lu tcupei en avant; de manière^que
leurs cheveux defce.ndenc prefque jufqw aux
fourciis.
F Pv O
FRONTAIL. Veysi Casques.
FrontAil , partie du harnois d’un cheval.
Pline C 37- 4a. ) dit en parlant d’une pierre pré-
c.^ufe appeiiée eoclys , que les rois de l’Orient
en failoient quelquefois des frontails pour leurs
chevaux : quandoque tanta, magnztadinis fecere ut
equis regum in Oriente frontalia ^ atque pro pha-
leris pen.fdia facerent.
FRONTE( in ')veies dscem^ &c. Ces mots gra-
vés fur les pierres fépulcrales des romams, expri-
moientia largeur qu’ avoir , le long d’un chemin,
le terrein confacré à la fépukure du défunt , &
qui ne devoir jamais être remué , de même que
les mots in agrum en défignoient la longueur.
FRONTON égyptien.
Sur les frontons des temples égyptiens on voit
fouvent un globe avec des ailes &,deux ferpens qui
Cil fortent. Ce fymboie, qu’on ne peut e.xpliquer
aujourd’hui, ef| placé auili fur des monumens de
fculpture égyptienne,qui repréfentent des temples.
C’eft peut-être de ces aîles qu’ÉIien a voulu parler,
lorfqu’il a dit que les égyptiens ornoient de plu-
mes les façades de leurs portiques. On voit auffi
cet ancien fymboie fur les monumens de Perfé-
polis, & ce n’eÜ pas une des moindres preuves
du goût égyptien qui les a fait élever.
« Dès les plus anciens temps , dit Winckel-
mann, on plaçait, & dans Rome même, des
ftatues fur le fronton des temples ; & Tarquin
l’ancien ( P lin. lib. XXXIIL cap. XLV. ) fit
couronner le fronton Am. temple de Jupiter Olym-
pien, à Rome, par un quadrige de terre cuite,
à la place duquel on en mit enfuite un d’or ( id.
lib. XXIX. cap. XXXKIII. ) , ou peut-être doré
feulement. Sur le haut du fronton du temple de
Jupiter Olympien , à Élis { Paufan. lib. V.p. 398.
l. y. ) , il y avoir une Vidtoire dorée j & de
chaque côté, c’eft-à-dire, fur les acrotères ou
amortiiTemens du fronton , étoit placé un vafe
pareillement doré. Macrobe ( Saturn. lib. I. cap.
pag. 184. edit. Lugd. ijgy. ) parle d’un
temple de Saturne, fur le comble duquel il y
avoir des Tritons qui fonnoient d’une conque
marine. Sur les acrotères du fronton du temple
de Jupiter Capitolin, on avoir placé des Vic-
toires volantes {Rick de Capit.cap. V.p éo. )».
« Les corniches des toits qui s’amortiffent en
pointe , étoient décorées de petits ornemens qui
reflemblent aux boucliers des amazones , comme
on le voit à un temple dans le Virgile (n°. 44. )
du Vatican ; & fouvent d’une efpèce de feuillage
avec des fruits , ainfi que nous en préfentent des
bas-reliefs. Ces ornemens étoient communément
de terre cuite j ©n en a confervé quelques mor-
F R U 6-ci?
ceaux ; quelquefois le comble éto’t CL-ré. ( PLf.
Irijcript. fol. '6. n°. 7.)
« Les combles même étoient déjà , dès les pre-
miers temps de Rome , ornés d’ouvrages en bas-
relief (Plin. lib. cit. cap.-XLP^I. & lié. XXXV.
cap. XII. ) , pareillement de terre cuite. Aux
temples grecs & aux édifices publics , il y avoit
des _ ouvrages riches en figures. Au temple de
Jupiter , à Élis , dont nous venons de parler , on
voyoït la courfedes chevaux de Pélops & d’CE-no-
maus ( Lucian. de domo , pag. igy. ■ . Paufan.
lib. cit. pag. 399. l. 10.'). Le fronton de la façade
du temple de Pallas ( Paufan. lib. I.vag. jy. l. 28.),
à Athènes, étoit orné de la naiîîance de cette
déeffe j & fur celui de derrière étoit repréfentée
la difpute de cette même déeife avec Neptune.
Sur le fronton du tréfor de la ville de Me'gare ,
en Eiide , en voyoit le combat des dieux contre
les géans ( id. lib. VI. pag. 500. /. 22. ) , & fa
pointe étoit couroniiée par un bouclier. Les plus
grands artiltes ont cherché à fe diftinguer par
cette efpèce d’ouvrage, & Praxitèle ( faf /A. IX.
pag. 732. /. 31.) repréfenta les douze travaux
d'Hercule fur le fronton d’un temple de ce dieu ,
à Thèbes. C’èlî: ce que n’ont compris , ni le
traducteur latin , ni le tradudleur français de Pau-
fanias 5 car ils ont penfé que cet ouvrage en bas-
relief, ornoit une coupole qu’ils ont imaginé de
placer fur ce jemple. Cependant , Paufanias dit
exprefîement h toi; ân ois, fur h fronton. Swv mu.
tenmle d’Athènes , probablement confacré à Cafter
&■ Pollux , il y avoit des vafes ( Callim. Fragm.
CXXII. edit. Spankem. pag. 366. ), iefquels
avoieat fans doute pour objet les athlètes; car,
dans les premiers temps , le prix qu’on aCcordoit
à Athènes aux athlètes, vainqueurs au pugilat
( defeript. des pierres gravées du cabinet deStofeh ,
pag. 460. ) , confiftoit en des vafes remplis de
l’huile facrée qu’on recueiîloit des oliviers plantés
dans l’Acropole d’Athènes; de même qu’on voit
ces vafes , comme un emblème de la latte ( Span~
hem. deprafi. num. t. I. p. 1 34. ) , fur les médailles
& les pierres gravées , où font repréfentés des
lutteurs 35. Voye:^ Comble.
FRUCTÉSÉE, ou Fructusée, déeffe qui
préfidoit aux. fruits; on l’invoquoit pour avoir
d’abondantes récoltes. ( S. Augufi. de civit. Dei,
lib. IV. cap. XXI, ) j
FRUGI, furnom de la famille Calpurnia.
Il avoit été denné pour la première fois à L.
Calpurnius Pifo , à caufs de la pureté de fes
mœurs.
FRUGINAL , ou Frutinal , étoit un temple
dédié à Vénus fruta , ou frugi , c’eft-à-dire ^
Vénus la pudique. Les opinions font partagées fui:
cet objet. Vcyeqytn. l’expofition au mot FrvxïS»
T 1 1 1 ij
yco
F R U
F U F
FRUITS. Dans la temps que les hommes ne
fe nourrilToienc que des fruits de la terre , ris
n'ciFroient aux dieux que des fruits en facrifice ,
îk le facrifice fanglant leur ctoi: inconnu. Numa
PotTipilius ( Plin. i8. 2. peur rappeller les hom-
mes à cet ancien ufage , ordonna que \ts fruits
delà terre feroiei'.t la feule m-ttière des facriheesj
mais les romains n’eurent pas long temps e'garJ
à cette loi.
Fruits artificiels.
Le comte de Cayir.s
( Ili. 162. ) K Je me contente de dire que !a
grenade de terre ciute ^ que je tfat point faif
deiSnar (la forme de ce fruit étant fi connue)
eit de gr.mdeur natureüe , qu’elle peut avoir été
m''ulée fur le fruit rrême , dont elle efi: une par-
faire imitation , & qu’enfin elle me rappelle les
fruits aitficiels do'.t P^-ne fait merui n. Voici
fes paro'es ( Ub XXXV. car. XII ) : Varro
tradit fibi cogattum Koms, Pofm nom 'ne , à quo
faoha foma & uvas , ut non pojfes afpecia difeer-
ne^e a veris Varro dit qu il a connu à
Rome un nommé Pofis , eu: faifoit des fruits
, & des radins dans une fi grande perfection,
qu’on ne pouvoir ies diftingucr des véritables. ....
En effet , il ne manque à cette grenade que la
couleur, pour être confondue avec la nature ».
FRUMENTANTES.lj ■ .
FRUMENTATIO. romains appelloient
frumentatlones , es diftributions de bled que les
édiles faifeent aux pauvres citoyens, appellés par
cette raifon frumentantes . Voyeq^ Bled.
FRUMENTAIRES ,
FRUMENTARII,
elpèce de milice dé-
truire par Dioclétien , & remplacée par les
CuRiosi. Voyei ce mot.
I! y avoir des frumentaires dès le temps d’Fîa-
drien. Spartien dit, dans la vie de cet empereur,
qu’il s’en fervon pour s’inftruiie curieufement de
tout. C’eil la première fois qu’il eft fait mention
de ces officiers ; car , avant ce temps , frumen-
taires ne fe difoit que des marchands de bled ,
ou des mefureurs de bled. Les frumentaires ,
dont nous parlons , ne faifoient point un coros
dift ngué des autres troupes ; mais il y en avoir
un certain nombre dans chaque légion , comme
nous avons une compagnie de grenadiers dans
chaque régiment. Ainfi, dans les anciennes inferip-
t.'ons on trouve les frumentaires d’une telle ou
d’une telle lég-on. On çro't que ce furent d’abord
des jeunes hommes , difpofés par Augufte da.ns
les pro-ipces fur tous 'es grands chemins, pour
ave ur lenperenr t ès-vîte de tout ce qui fe
Çaffoit. Pour cela , ils avoient une efpèce d’inten-
dance fur toutes les voitures j c’elt pourquoi ils
croient charges de fane porter \th\tii,frumenv,m
aux armées ,_ & c’eft de là que leur vint le non^
de frumentaires. Enfuue on les incorpora dans
les troupes , où iis retinrent toaiours leur nom
àt frumentaires ; & leur fonction' de donner aux
princes avis cie tout ; comire ceux qu’on nommoit
carieux, curiof, & auxquels on les joint cuel-
quelois.
FRUSTE 5 ceil un terme des antiquaire-;. Ils
appellent une médaille frufte , celle qui et: telle-
ment effacée qu’on n’en peut lire la légende.
On appelle zn&frufle une pierre antique ufée,
ou gâtée par le temps j de forte qu’on n’en peut
conncîrre ies figures, ni lire les inferiptions.
FRUTIS , furnom que les anciens donnqienî
à Vénus Fruîis. Solin ( cap. II. < dit qu’Énée
arrivant de Sicile, confacra, dans le territoire de
Laurent.ium , à Vénus, furnommée Frutis , une
llacue qu’il avoir apportée. Quelques-uns la con-
fond nt avec la déelfe fruchéfée , dont St. Au-^
guftm parie dans fon IV% livre de la Cité de
Dieu, chap. XXL Dans l’abréviateur deFellus,
ie temple de la déefle Frutis efi: nommée
frutinal.
Scaüger croît que Frutis a été fait par corrup-
tion du grec nom de Vénus. Mais Sau-
maife renyêife toutes ces conjeâures. Il prétend
qu’on n’a jamais donné le nom de Frutis à Vénus ;
que ckft celui a’ErarA^qu’on lit furies médailles :
Eruc; qu’au lieu à’ Erutis , on a lu mal-à-
propos Frutis dans Solin, & Frutinal àznh Feftus,
au lieu de Erucinal ; 8c que dans St. Auguftin,
au lieu de Fruâefea , il faut lire Frugifec^.'^ Voyer
cet auteur fur Solin, pag. 69 Qc 70.
FUeiXO. Muratori ( 88. y. Tkef. ) rapporte
l’infcription fuivanre, gravée en l’honneur de la
divinité du lac Fucin :
C. , G A V î U s M. F.
C. V E R E D U S. C. nF.
M E S S A L A
r U C I N O. V. S- 1. M.
FUCUS. Voye[ Varech.
F UFIA , famille romaine dont on a des
médailles.
RRRR. en or.
RRR. en argent.
RRR. en bronze.
Le furnom de cette famille eft Calssus.
F U G
Goîtzms en a publié quelques médailles , in-
eonnues depuis lui.
FUGALES 5 nom d’une fere qui fe célébroit
c. nez les romains. Fugaiia. Hoffinan croit que les
fugales font la même chofe que le regifugium ,
têtes qui fe célébroient au mois de févner, acres
les terminales , en mémoire de ce que les rois
ayoient été chaffés & le gouvernement monar-
chique abaii. Celles-ci fe célébroient le 6 des
kale.ides de mars, c'eft-i-dire , le 24 de févr'et.
C’ell Fefrus qui nous l’apprend. Mais cet auteur
d. itmgue [ts fugales àn regifugium , & doute même
fi le regifugium fe célébroit à caufe ries rois c.haAés,
ou parce que le roi des ch'ofes facrées , rex facro-
raw, après avoir fait le facrifîce , ’ s’er.fuyoit de
la place publique & des comices. qn’il en
foitj il n’y a que St. Auguftin qui parle àts fu-
gales au liv. Il 'de la Cité de Dieu, chap. VI.
félon la remarque de Vives fur cet endroit. Cet
auteur pencheroit même fort à coin^te fugalia ^
fi St. Augudin n’ajoutoit que ces fetes étoient
de vrajes fugales , qui chalToient la pudeur &
l’honnêteté , pour marquer les infamies qui s’y
faifoient.
Ce favant homme conjeélure que les fuga-
les font la même cho.^e que les populifuges,
populifugia, c’eft-à-dire, la fête de la déeffe
F ugia , qui étoit la déelTe de la joie caufée par
une déroute d’ernemis -, & que c’ell pour cela
que le peupje s’y abandonnoit à toutes fortes de
çlaifirs , même les plus honteux ; que cette fête
fut inttituée à l'ocCafiofi de !â vîéloiie remportée
fur Jes ficulnéares, les fidenates & les peuples
voiiins, iorfqu’ils voulurent s’emparer de Rome, le
lendemain que le peuple s’en fut retiré, amfi que
V.mron le rapporte. ( lil V. ling. lat. ) Mais
Varron dit que les populifugia , qui tomboientau
irio's de juin, fe célébroient en mémoire de la
fuite ou retraite du peuple dans la fédition qu’il
excita : i! ell vrai qu'il ajoute , que ce jour
fuiv t de près la retraite des gaulois , & l’époque
où. les peuples voifins conjurèrent contre Rome 5
celi ne par ît point avoir, félon lui, de rapport
^m-kpopulifugia, mais marquer feulement le tcm;. s
où arriva cette fédition & certe fuite du peuple i
romain. I! ajoute qu’il y a dms les cérémonies
des populifugia des vefliges de cette fuite du
peuple. Au relie, quoique les populifugia fuffent
établis pour la fuite du peuple & non pour cebe
des ennemis, cela n’empêche point que les fugales
de St. Auguftin ne puiffent être les populifugia
de Varron, fuivant la conjeclure de Vivès.
FUGITIFS. ■)
FVGITIVARIUS. termes de droit, on
appellnit un cfclave fugitif, celui qui étoit fujet
à s’enfuir de la maifon de fon maître. Quand on
Ycndoit un efclave , il falloir déclarer s’il étoit
F U G
70 1
fugitif, c’eff-â-dire, s’il étoit fujet à s’enfuir, Sc
s’il avoir été repris par les fugitivarii. .
Lorfqu’un efclave avoir fui une première fois
on lai metcoît un collier fur lequel on gravoit!
demeure , ou le nom. de fon maître , afin qu’on
pût le ramener , s’il fuyoit encore. On trouve
dans les recueils d’Antiquitésplufieurs infcriptions
de colliers deflinés aux efdaves fugitifs. En voici
quelques-unes :
Fahretti irfcrht. pag. j22.
Mahîllon, itin, Ital. II
TENE ME QUIA FUGIO
ET REVOCA ME IN VIAM LATAM
Ad FLAVIVM D. M. Dominum tneum,
Pignorius de fervis.
TENE ME QUIA EVGI
ET REBOCA ME IN BASILICA
PAVLIAD LEONE.
Barherinîs ex fckedis.
TENE ME NE FVGIAM[
ET REVOCA ME INFORO T RA I A N I
IN PVRPVRETICA AD PASCA
5 I V M D O M I N V M M E V M.
^ rj
702 F U G
Fènis Claudium Menetriuml
TE NE ME QVIA FVGI ET
T-EVOCA ME DOMINO ME
O BONIFATIO LINARIO
SERVVS. SVM
LEONTIS. SCRINI
TENE. ME. NE FVGIA
ET REVOCA. INCLIV
0 TRIARIO
Penès Achillem Majfeum.
lANVARlVS DIC
OR. SERVVS. SVM. DEX
TRI. BXCEPTORIS. SENA
T VS. QVI. MANET. IN. RE
GIONE. QVI N TA IN. A
R E A. M A C A R I.
TENE M E. Q
VIA FVG. ET REB
OCA ME VIC TOR
I A C O L I T
O A D O M I N
1 C V C I, E M
E NT I S P
X
Aû revers.
FVGI EVPL
O G I O EX
P R F. V R B
In Mufeo Bellori.
'pTRONlA TENE ME QViA FVGI
BIS ET REVOCA ME AD DOMV
A TH EODOTENIS
AD DOMINVM MEVM VITALIONE
Ex Sponio.
TENE ME NE FVGI AM
ET REVOCA ME AD DOMINVM
EVVrVENTIVM IN ARA CALISTI.
T. M. Q. F. E. REV. ME. P. RVBRIO
L A T. DOM. M E O.
F U M
_ FUITE ; cene déeffe^ étoit coœpagne de la
Terreur. On n en connoit ni defcription, ni mo-
nument.
FUITES. F'oye^ Fugaees.
FULCRA. Voye:^ Pieds.
FULGORA^ divinité qui prélîdoit aux éclairs,'
aux foudres & aux tonnerres. Sénèque en fait une
déeffe veuve , fans nous en apprendre davan-
tage. On croit pourtant qudl ne faut pas diftln-
guer cette divinité de Jupiter, qu^’on invoquoit
fous !e nom de Fuigur, pour préferver du ton-
nerre. ( St. Aug. de civit, Dei. FI. lo. )
FULGURAL, nom d’un temple dédié à Ja-
' piterj ce mot vient à& fulgur , écWn -.le. foudre
du maître des dieux produit les éclairs.
' FULGURATEÜR- Parmi les devins étruG
ques, les plus eîiimés étoient ceux qui expü-
quoient pourquoi la foudre étoit tombée en tel
endroit, & qui prefcrivoient ce qu’il falloit faire
pour prévenir les fuites. Selon une ancienne inf-
cription , ces devins s’appelloient fulgurauurs , &
le dieu qui préfidoit à la foudre, eil appelié dans
une autre infcription , dieu fulgurateur. ( Dijfert.
de lAcad. de Cortone. )
FULGURITUM. On appelloit ainfî chez les
romains un lieu , ou un objet frappé de la foudre :
quajî fulgure zBum. Ces lieux & ces objets deve-
noient facrés; il n’éroit plus permis d’en faire
des ufages profanes. On y élevoit un autel , Sc
on y offroit en facrifice une brebis de deux ans j
ce qui faifoit appeiler ces lieux bidentales , blden-
talia. Les grecs plaçoient fous cet autel une urne
couverte, dans laquelle ils mettoient les relies
des chofes qui avoient été brûlées , ou noircies
par le tonnerre : ce que les romains imitèrent.
Les Augures étoient chargés de cette fondios.
F FL FIA , famille romaine dont on a des
médailles.
RRR. en argent.
R. en bronze.
O. en or.
Les furnoms de cette famille font Centv-
MAEvs, Flaccvs, Nobilior, Pætinvs,
Pætvs.
Goltzius en a publié quelques médailles, in-
connues depuis lui.
FUMEE; il y avoit une forte de divination
qui confidéroit l’épailTeur, les évolutions & tous
les accidens de la fumée, Homère fait mention
F U N
des devins qui prédifoient Tavenir par h fumée
de Tencens. F'oyei Capnomantie.
Ovide décrit cette ‘divination dans les Triites.
i V.6. )
FUNAMBULES. J^oyei Danseurs de corde.
FUKDA, défigne dans Macrobe ( Saturnal.
JI. 4. ) une bourfe qui renferme des pièces de
monnoie ^ fans doute à caufe de fa reffemblance
avec la fronde funda , fortifiée d’une poche de
cuir, pour mieux alfujettir la pierre à lancer.
FFNDANIA , famille romaine dont on a des
siédailles.
R. en argent.
O. en bronze.
O. en or.
FUNÈBRES. La coutume de faire des oraifons
funèbres eft très-ancienne ; les romains Tavoîent
adoptée , & c'étoit un des plus proches parens
du mort qui la prononçoit. Augufte fit Loraifon
funèbre de fon aïeule Julia à l’âge de douze ans.
( Suet. Aug. c. VIII. ) Cette coutume commença
prefque avec la république; au m.oins la pre-
mière harangue funèbre qu’on fâche avoir été faite
à Rome, fut celle de Brutus, celui qui chaffa
les rois, qui fut !e premier conful, & qui ayant
été tué dans un combat contre les étrufques,
fut loué dans la place publique par 'V^alerius Pu-
biicola fon collègue ; ainfî que le racontent
Poiybe & Plutarque dans la vie de Publicola.
Quelques auteurs prétendent que cet ufage étoît
plus ancien chez les grecs ; oue Solon , légiflrteur
( félon Aulu-Gelle, liv. XVIÎI. chap. XXL )
des athéniens au temps que Tarqum l’ancien
régnoit à Rome , en fut l’auteur , ce que l’ora-
teur Anaximénès a affuré dans fes écrits. ( Po-
lydore V irgiie , de Invent, rer. iib. III. chap. X.)
Les jeux funèbres étoient une cérémonie des
funérailles chez les anciens. C’etoient des com-
bats de gladiateurs ; & cette coutume étoit très-
ancienne, quoiqu’elle n’eût pas toujours été la'
même; car d’abord on égorgeoit des captifs de-
vant le bûcher , comme des viélimes , pour ap-
pa'ifer les mânes. Achille le pratique dans Homère
Plliad Ijv. XXI ) pour les funérailles ce Patrocle ;
Enée (^Énéide , liv. XI. ) , pour celles de Palias ,
fils d’Évandre. Céfar rapporte dans fes commen-
taires ; liv. VIF. de la guerre des Gaules) que
les gaulois avoienc le mê.me ufage. Dans la fuite
il parut barbare d’égorger des hommes ; & pour :
s'épargner l’horreur de ce fpeétscle, fans que ,
les morts y perdilfent rien , on fit combattre
entre elles les miiérables viétimes , qui pou-
voient ainfi défendre & conferver leur vie , fi elles
F U N
J J
- étoient vainqueurs. Cette coutume paffa des
grecs aux ro.mains , chez qui ce cruel jeu fe
; nomma un préfent , rhunus. Le premier qui in-
troduifiî à Rome ce barbare exercice , fut Junius
5 Brutus aux obsèques de fon père , ou ,
félon d’autres , Appius Claudius & M. Fulvius
f pendant leur confulat. Les magiltrats & les par-
ticuliers donnoient des jeux/I';:è^fef ils étoient
quelquefois joints à des pièces de théâtre. L’em-
pereur Claude ordonna qiie l’on céiébreroit ces
iriftes jeux à des jours fixés tous les ans aux frais
i de l’état, & que les édiles en prendroient foin.
Mais il en eut horreur lui-même ; & peu de temps
après il les abolit. Il fat néanmoins toujours
permis aux particuliers d’en faire repréfenter,
pourvu qu’ils euiTent quarante mille fefterces de
rente. Ce ne fut que Théodoric, roidesgoths,
qui les abolit à la fin du "V'. fiècle.
FUNERA. Voye^ Funère.
FUNÉRAILLES des égyptiens. Les égyptiens
font les premiers de tous les peuples qui aient
montré un grand refpeéi: pour les morts, en
leur érigeant des moaumens facrés , propres à
porter aux fiècles futurs la mémoire des vertus
qu’ils avoient cultivées pendant leur vie. "Voici
le détail àts funérailles pour les particuliers.
Quand quelqu’un étoit mort dans une famille ,
les parens & les amis commençoient par prendre
des habits lugubres , s’abftenoient du bain, & fe
privoient de tous les plaifirs de la bonne chère. Ce
deuil duroit jufqu’à quarante & foixante-dix jouis.
Pendant ce temps-là on embaumoit le corps avec
plus ou moins de dépenfe. Dès que le corps étoit
embaumé , on le rendoit aux parens qui i'enfer-
moient dans une efpèce d’armoire ouverte , où
ils le plaçoient debout & droit contre la muraille,
foit dans leurs maifons, foit dans les tom.beaux
de la famille. C’eit par ce moyen que la recon»
noilïance des égyptiens envers leurs parens fe
perpétuoit d’âge en âge. Les enfans , en voyant
le corps de leurs ancêtres , fe fouvenoient de leurs
vertus que le public avoit reconnues, & s’exci-
toient à aimer les préceptes qu’ils leur avoient
lailfés. On dit des vertus que le public avoit re-
connues , parce que les morts avant d’être admis
dans l’afyfe facré des tombeaux , dévoient fubir
un jugement foiemnel ; & cette circonitance des
funérailles chez les égyptiens , offre un fait des
plus remarquables de i’hiftoire de ce peuple.
C’eft une confolation en mourant de laiffer un
nom qui foit en eftime ; & de tous les biens
humains , c’eft le feiil que le trépas ne peut ravir ;
mais il falloit en Égypte mériter cet honneur par
la décifion des juges : car aufn-rot qu’un heinme
étoit privé du jour , on l’amenoit en jugement ,
8c tout aceufateur pu’nlic étoit écouté. Sal prou-
voi: que la' conduite du mor: avîitété mauvaifej
704 F ü N
F U N
on en condamnoîr la mémoire ^ & il étoit privé
de la fcpukure ; iî le more n^étoîr convaincu d'au-
cune faute capitale ^ on renfeveliffbit ^honora-
biement.
Les rois n'étolent pas exempts du jugement
qu'il fallok fubir après la mort j & en confé-
cuence d’un jugement défavorable, quelques-uns
ont été privés de la fépalture.
Lorfque le jugement qu! avoit été prononcé
fe troüvo't à l'avantage du mort , on procédoit
aux cérémonies de l’inhumation ; enfuite on faifoit
fon panégvnque, Sc l’on ne comptoit pour objets
de vraies louanges J que ceux qui émanoient du
mente perfonnel du mort. Les titres, la grandeur,
la naiilance, les biens , les dignités n’y entroient
pour rien, parce que ce font des préfens du
hafard & de la fortune : mais on louoit le mort
de ce qu’il avoit cultivé la piété à l’égard des
dieux , la juftice envers fes égaux , & toutes les
vertus qui font l'homme de bien ; alors l'affem-
blée prioit les d:eux de recevoir le mort dans la
compagnie des julles , & de l’afTocier à leur
bonheur.
On gardoit quelquefois les corps dans les mai-
fons; il étoit cependant ordinaire de les dépofer
dans des fépuicres fouterrains , faits en forme
de petites chambres ( voye^ Pietro délia Valle ) ,
dans lefquelles on defeendoit par des ouvertures
quarrées, fermées par une pierre.taii!ée en forme
de colonne. Muret ( cérémonies funèbres de
toutes les nations ) dit que ces chambres étoient
voutees. Il e!t vrai que quelques voyageurs en
ont vu qu! l’étoient ; mais cet ufage n'étoir pas
général. Il feroit fuperflu de rappelier ce que
Diodore & d’autres auteurs ont écrit fur la rnagnî-
ficence des fépultures égyptiennes. Oh fait que
les pyramides ont été conliruites pour fervir de
tombeaux & dé mq.numens éternels de la fomptuo-
fité des rois de l’Egypte. Fojc’; Pyramides,
Funérailles des grecs.
On trouve dans Homère une defeription ma-
gnifique de h cérémonie des funérailles : ce le bois
déchargé à l’endroit qu’ Achille avoit indiqué ,
Achille fait ligne à fes troupes de prendre les
armes , & de monter fur leurs chars. Dans île mo-
ment les chars marchent à la tête du convoi,
ils Jont fuivis d’une nombreufe infanterie , & au
milieu le corps de Patrocle ell porté par fes com-
pagnons , tout couvert de cheveux , qu’ils fe font
coupés pour marque de lenr deuil. Achille mar-
che imm.édiatement après, il eft triilement penche
fur le corps de fon ami , dont il foutient la tête ,
& pouffe de longs foupirs; car il conduit au
tombeau le plus cher de fes compagnons. En
arrivant auprès du bûcher , ils depo.fent le corps
furlenvage, & Achille s’éloignant un peu, coupe
fes beaux cheveux blonds , qu’il avoiî iailTé croîcVë
pour les oftrir un jour au fleuve Sperchius j & les
yeux attacnes fur la mer, il prononce à haure
VOIX fes paroles : divin Sperchius , c’eft en vain
que mon père vous a promis , par un vœu fo_
lemnel , que lorfque je feiois de retour dans ma
patrie, je vous confacrerois mes cheveux , & que
cette offrande feroit accompagnée d’un hécatombe
facré. C’étoit là le vœu de mon père, il eft vrai}
mais vous n’avez pas accompli fes defirs , puifque
je ne dois jamais revoir ma patrie : j’effrirai donc
mes cheveux à Patrocle , afin qu’il les emporte
au bûcher. En finiffant ces paroles, il met fes
cheveux entre les bras de fon cher ami, & fond
de nouveau en larmes
" On entaffele bois, & on élève un prodigieux
bûcher de cent pieïs en quarré j on place le corps
au plus haut étage; on égorge un nombre infini
de moutons & de taureaux ; & Achille frotte de
leur graiffe tout le corps de Patrocle, depuis les
pieds jufqu’à la tête ; il place enfuite aux deux
côtés des urnes pleines d’huile & de miel, & en
pouffant de grands foupirs , il jette fur les bords
quatre de fes plus beaux chevaux : il avoit neuf
chiens domefliques qu’il nourrilfcit pour la garde
de fon camp ; il choific les deux meilleurs , les
égorge & les jette avec fes chevaux : enfin , pour
appaifer l’ombre de fon ami , il immole douze
jeunes troyens des plus vailians & des meilleurs
familles ; car l’excès de fa douleur , & un defir
outré de vengeance, ne lui permèttoient pas de
garder aucune modération. Les facri.fices finis ,
il met le feu au bûcher , & en pouffant de grands
cris, il appelle plufieurs fois Ibn ami
Pendant que le bâcher brûloir , Achille puifant
du' vin dans une urne d’or, avec une double
coupe , le verfe continuellement , & en arrofe la
terre, appellant à haute voix l’ame du malheureux
Patrocle Cependant tous les chefs s’af-
fembleac autour d’Agamemnon , & le bruit qu’ils
font en marchant, réveille Achille, accablé dç
fommeil & de lafiitude, qui fe leva auffi-tôt , &
leur dit : fils d’Atrée, & vous , généreux chefs
dss troupes grecques, éteignez le bûcher avec
du vin , dans tous les endroits où vous remar-
querez des vefiiges de fiammes ; nous recueille-
rons enfuite les os de Patrocle fans les confondre;
ils feront très-reconnoiffables , car il étoit au mi-
lieu du bûcher Quand nous aurons
recueilli fes os , nous les mettrons dans une urne
d’or avec une double enveloppe de graiffe
Iis dépofent cette urne dans la tente d’Achille,
& la couvrent d’an voile précieux ; ils marquent
enfuite l’enceinte du tombeau, ils en jettent les
fondemens autour du bûcher, & y élèvent un
monceau de terre «.
Am funérailles de Misène, que Virgile a tra-
cées conformément aux ufages des grecs , Cor-
méus , pour purifier fes compagnons , afpergea
d’eau pure avec une branche d’olivier C Enéide,
liv.
F U N
F U N
70;
ÎIv. VI. ) , ufage qui s'étoit peut-être introduit
depuis le fiècie d'Homère. Pour honorer hsfuné-
railles de Paîrocie ^ Achi'ie propofe des prix. Les
rois & les capitaines grecs ne dédaignèrent pas de
fe mettre fur les rangs pour les difputer. « Le
premier prix de la courfe des chars , fut une
belle captive bien élevée , qui travailloit admira-
blement à toutes fortes de beaux ouvrages &
un trépied d’or à deux anfes ; pour le fécond
prix J u.ne cavale de fix ans j pour le troilième
une belle cuvette qui tenoit quatre siefures j &
qui n'étoit point faire pour être mife fur le feu ^
mais paur orner un palais magnifiques le qua-
trième étoit deux ralens d'or -, le cinquième , une
coupe à deux fonds admirablement travaillée.
Pour le combat du celle il propofe une mule,
& pour le vaincu une coupe à deux fonds. Le
vaillant Diomède arme lui-même Euriale ; d’abord,
pour couvrir là nudité , il lui met un voile au-
tour des reins, & arme fes bras de deux gantelets
de cuir rie bœuf fauvage , plus dur que le fer.
Pour le troifième combat, qui étoit la lutte,
un trépied propre à mettre fur le feu, & que les
grecs ellimoienc la valeur de douze boeufs j
pour le vaincu une belle captive, habile en beaux
ouvrages. Pour la courfe , Achille donna une
urne d'argent admirablement bien travaillée, elle
tenoit fix mefurss , elle étoit d'une beauté fi
parfaite , qu’il n’y en avoir point fur la terre qui
pût l’égaler. Le fécond prix étoit un taureau
fauvage qui avoir été engraififé, & qui étoit d’une
beauté furprenaate. Le troilîeme prix étoit un
talent d’or. Alors Achille propofe, pour un com-
bat fingulier, à celui qui auroit le premier teinr
les armes de fon adverfaire de fon fang , une
belle épée de Thrace , 8c à partager les armes
de Sarpédoii, que Patrocle avoir enlevées. Ce
combat fini, Achille- fit porter au milieu de l’af-
femble'e une prodigieufe maîTe de fer , ronde ,
rude^ & groffière , dont le roi Eéiion avoir accou-
tumé de fe fervir dans fes exercices , & qu’il
lançoic comme un difque; elle étoit deftinée à
celui qui la lanceroit le plus loin. Achille invite
auffi à tirer de l’arc, 8r met pour prix dix haches
8c dix demi haches j il fait dreffer un mât , il
attache une colombe par les pieds au bout d’un
long cordon, la pend au haut du mât , & l’affigne
pour but à ceux qui fe préfentoient pour don-
ner des preuves de leur adrelTe. Achille propofe
aufll de lancer le javelot , pour prix d’une belle
lance & d'un trépied».
On a cru devoir rapporter le texte même ,
d’après la tradud^ion de madame Dacier. Ces fu-
nérailles de Patrocle offrent aux peintres des dé-
tails précieux, Sc un champ valle d’images 8r de
tableaux. Rien, à la vérité, n'eîl plus inhumain
que d’immoler des captifs aux mânes d’un héros ;
mais Homère nous prévient que ce fut un cas
extraordinaire , un abus de vengeance immodérée
Antiqidtés , Tonu II,
(l’Achiüe : auffi l’hiftoire des grecs ne renfenne-
t-elle aucun trait de cette efpèce.
V'ers la4(S=. olympiade, dans laquelle Solo.n
donna des loix à Athènes , le luxe des tombeaux
&c des fzinéraiUes y étoit porté à un fi haut degré ,
qu’il crut néceifaire rie l’arrêter. Il refireignit à
trois habits ceux cu’on pouvoir enteAer avec
les morts : cette reitiicfion fait voir qu’avant
ce temps les grecs comme les peuples du'Norci ,
avoient coutume d’enterrer avec*eux la plupart
des effets que de leur vivant ils avoient poffédés.
Avant les loix de Solon , en faifoit de grandes
dépenfes pour les tombeaux ; c’étoient des efpè-
ces de nia^fons , qu’il défendit expreffément , en
ftstuant qu’on n’y confiruiroit plus de voûtes ,
& qu’on n’y employeroit que le travail dont dix
hommes étoient capables en trois jours. Dès lors
les fculptures des pierres fépulcrales, auxquclies-
un feul homme pouvoir travailler pendant trois
jours feulement, ne peuvent être que des ouvra-
ges faits à la hâte par des artiiîes très-communs.
Par les vœux en marbre qui nous relient , 8c qui
font à peu près du même travail que la piupart-
de ces tombeaux , on juge qu'ils furent exécutes
par des artiûes du même genre. Ceci nous donne
la raifon pour laquelle les ouvrages des uns 8e des
autres femblent montrer infiniment moins de con-
noiffance & de pratique de l’art , que ne le font
ces bas-reliefs qui fe voient dans les frifes & le
fronton des temples du Parthenon & deThéfée,
faits à Athènes à peu près vers la même époque.
Cette obfervation très-importante à l’hiûoire de
l'art , détruit ce que des auteurs modernes ont
avancé fur l’état de la Sculpture des temps où
furent faits ces tombeaux ic ces vœux ; ils ont
jugé de l’art de Phidias & de Polyéfète fur des
morceaux exécutés par des artilles très-communs.
Ces derniers, même avec beaucoup plus de fa-
voir qu'ils n'en avoient , n'eulTent jamais rien pu
faire de bon, dans le court efpace de temps
où la loi les contraignoit à terminer leurs ouvra-
ges. ( M. d’Hancarville. ) Voye[ ChARON, éi
Funérailles des Romains.
Nous paffons aux funérailles des grecs, c'eft-
à-dire de ceux qui fuivirent l'ufage de la répu-
blique d'Athènes. Ce fut la première année de
la guerre du Péloponèfe, que les athéniens firent
des funérailles publiques à ceux qui avoient été
tués dans cette campagne , Se ils pratiquèrent
depuis cette cérémonie , tant que la guerre fub-^
fifla. Pour cela on dreffeit, trois jours aupara-
vant, une tente où l'on expofoitles ofTemens des
morts , & chacun jettoir fur les cfTemens des
fleurs, de l’encens, des parfums & autres chofes
femblables 5 puis on les mettoit fur des chariors
dans des cercueils de cyprès, chaque tribu .ayant
fon cercueil 8e fon chariot féparé 5 mais il y avoir
un chariot qui portoit un grand cercueil vuide,
pour ceux dont onn’avoitpu trouver les corps:
70^ F U N
c’eft ce qu’on appelioit ccKota-phe. La marche fe
faifoic avec une pompe grave & religieufe 5
un grand nombre d’habitans , citoyens Se étran-
gers afïîftoient avec les parens à cette lugubre
cérémonie. On portoît ces olTemens dans un mo-
nument public, au plus beau fauxbourg de la
ville , appellé le céramique , où l'on renfertnoit de
tout temps ceux qui étoient morts à la guerre,
excepté ceux de Marathon, qui , pour leur rare
valeur, furent enterrés fur le champ de bataille.
Enfuite on les couvroit de terre, & Tun des
citoyens des. plus conlîdérab'es de la ville faifoit
l’oraifon funèbre.
Après qu’on avoit ainfl payé foiemnellement
ce double tribut de pleurs & de louanges, à la
mémoire des braves gens qui avoient facrifié leur
vie pour la défenfe de la liberté commune , le
public qui ne bornoit pas fa reconnoiffance à
des cérémonies , ni à des larmes ftériies , prenoit
foin de la fublillance de leurs veuves & des or-
phelins qui étoi.nt reliés en bas âge : puilTant
aiguillon , dit Thucydide , pour exciter la vertu
parmi les hommes ; car elle fe trouve toujours
où le mérite ell le mieux récompenfé.
Les grecs ne connurent la magnificence des
funérailles q'àc par celles d’Alexandre le - Grand ,
dont Diodore de Sicile nous a la ifé la defcrip-
tion ; & comme de toutes les pompes funèbres
mentionnées dans l’hîiloire, aucune n’eil: compa-
rable à celles de ce prince, nous en joindrons ici le
précis, on verra jufqu’où la vanité porta le luxe
de cet appareil lugubre.
Aridée, frère naturel d'Alexandre , ayant été
chargé du foin de ce convoi, employa deux ans
pour difpofer tout ce oui pouvoit le rendre le
plus riche & le plus éclata it qu’on eût encore
vu. La marche fut précédée par un grand nom-
bre de pionniers , afin de rendre praticab’es les
chemins par cù l’on devoir paiTer. Après qu’ils
eurent été applanis , on vit partir de Baby'ooe le
magnifique chariot fur lequel éto;t le corps d’A-
lexandre. L’invention Se le deffin de ce chariot
fe faifoient autant adnsi.'cr , que les richeffes im-
menfes dont il étoit décore'. Le corps de la
machine pertoit fur deux efneux qui e.ntroient
dans quatre roues , dont les moyeux & les rayons
étoient dorés , & les jantes revêtues de fer.
Les extrémités des effieux étoient d’or , repré-
fentant des mufles de lions q^ui mordoient u.n
dard. Le chariot avoir quatre rimons , à chaque
timon étoient attelés feize mulets , qui formoient
quatrera.ngs : c’étolten tour feize rangs & foixante-
quatre mulets. On avoir choîfi les plus forts &
de la plus haute taille j ils avoient des couronnes
d'or , & des colliers enrichis de pierres précieufts ,
avec aes fonnettes d’or. Sur ce chariot s’élevoic
un pavillon d’or maftif , qui avoit douze pieds
de largj. fur dix-huit de long, fouteKu par des
F U N
colonnes d or mnique, embellies ce feuilles d’a-
canthe. Il etoit^ orné au dedans de pierres pré-
cieufes, aifpoiees en forme d écailks. Tout au-
tour regnoit une frange d’or à refeau , dont les
filets avoient un doigt d’épaiiTur, où étoient
attachées de grofies fonneites, qui fe faifoient
entendre de tort loin.
Dans la décoration du dehors on voyoit quatre
bas-reliefs. Le premier reprélentoit Alexandre
affis dans un char, tenant un feeptre, environné
d un côté dune troupe de macédoniîïis, & de
l’autre d’une pareille troupe de perfans , tous ar-
més à leur manière. Devant eux marchoient les
écuyers du roi. Dans le fécond bas-relief on
voyoit des éléphars enharnachés de toutes pièces ,
portant fur le devant des indiens , & fur ie der-
rière des macédoniens armés cemme dans un jour
d’aèlion. Dans le troifième étoient repréfentés
des efeadrons de cavilerie en ordre de bataflie.
Le quatrième montroit des vaiffeaux tout prêts à
combattre. A l’entrée du pavillon étoient ces lions
d’or, qui fembloient le garder. Aux quatre coins
étoient pofées des flatues d’or rr.aüîf, repré-
fentant des viéloires portant des- trophées d’armes.
Sous ce dernier pavillon on avoit placé un trône
d’or d’une figure quarrée , orné de têtes d’ani-
maux J qui avoient i'ous leur cou des cercles d’or
d’un pied & demi de largeur, d’où pendqient des
couronnes brillantes des plus vives couleurs , telles
qu’on en portoit dans les pompes facrées.
Au pied de ce trône étoit pofé le cercueil
d’Alexandre, tout d'or & travaillé au marteau.
On l’avoit rempli à demi d’aromates & de par-
fums, tant afin qu’il exha'ât une bonne odeur,
que pour la conLrvarion du cadavre. Il y avoit
fur ce cercueil une étoffe de pourpre brochée
d’or : entre le trône & le cercueil étoient les
armes du prince , telles qu’ii les portoit pendant
fa vie. Le pavillon en dehors étoit aiiffî couvert
d’une étoffe de pourpre à fleurs d’or ; le haut
étoit terminé par une très grande couronne d or ,
formée de branches d’oliviers. ■
On conçoit aifément que dans une longue
marche le mouvement d’un chariot aufiî lourd que
celui-ci , devoi; être fujet à de grands inconvé-
niens. Afin donc que le pavillon & tous les ac-
compagnemefis , foit que le chariot defeendît ou
montât , demeuraffenc toujours dans la même
fituation J malgré l’inégalité des lieux & les vio-
lentes fecouifes qui en étoient inféparables, du
milieu de chacun des deux eiTieux s’ékvoit
un axe qui foutenoit le milieu du pavillon. Se
tenoit toute la machine en état.
Le corps d’Alexandre , fuivant les dernières
difpofitions de ce prince , devoir être porté au
temple de .Jupiter- Ammon ; mais Ptoléinée , gou-
verneur d’Égypte, le fit conduire à Alexandrie,
où il fut inhumé. Ce prince lui érigea un tempie
F U N
ma^^niSque , & îui reaàit tous les honneurs que
l'on avoir coutume de rendre aux demi-dieux.
On ne voit plus aujourd'hui que les ruines de ce
temple.
Funéraixles des germains. Les germains brû-
loient les corps C Tacit. German. ) des perfonnes
d'un rang élevé > Ü y avoir une efpèce de bois
confacré fpécialement à cet ufage. On n'offrok
dans ct% funérailles ni parfums j ni victimes ; mais
on jetroît dans le bdcher les armes du mort^
& quelquefois fon cheval.
Funéraiiles des gaulois. Les gaulois brû-
loientdu temps de Céiar {de bello gallico lib. Vld)
les morts avec leurs effets les plus précieux. Us
célébroienr les funérailles de leurs chefs avec une
grande pompe.
Funérailles des hébreux. Hébreux.
Funérailles des romains. Les romains ont
e'téj fans contredit , un des peuples les plus reli-
gieux & les plus exadls à rendre les derniers
devoirs à leurs parens & à leurs amis. On fait
ou'ils n’oublioient rien de ce qui pouvoir mar-
quer combien la mémoire leur en étoit chère ,
& de ce qui pouvoir en même-temps contribuer
à la rendre précieufe. C'étoit aufll un hommage
qu'on accordoit à la vertu, pour exciter dans
les citoyens la noble paffionde mériter un jour de
pareils honneurs. En un mot , Pline dit que les
funérailles chez, les romains étoientune cérémonie
facrée : les détails en font fort étendus.
Elle commençoit cette cérémonie facrée dès
le moment que la mort approchoic. Il falloir dans
cet inftant que le plus proche parent , & pour des
gens mariés , que le furvivant du mari ou de la
femme donnât au mourant le dernier baifet ,
comme pour en recevoir lame , & qu'il lui fer-
mât les yeux. On les lui ouvroit lorfqu'il étoit
fur le bûcher , afin qu'il parût regarder le ciel.
On obfervoit en lui fermant les yeux de fermer
fa bouche , pour le rendre moins effrayant , &
le faire paroître comme une perfonne dormante.
On ôtoit l'anneau du doigt du défunt, qu'on lui
remettoit lorfqu’on portoit le corps fur le bûcher.
On l’appelloit plufieurs fois par fon nom à haute
voix , pour connoître s’il étoit véritablement
mort , ou feulement tombé en léthargie. On nom-
moit cet ufage conclamatio , conclamation 5 & fui-
vant l'explication qu’un célèbre antiquaire a donnée
d’un b as-reiief ( il croit y reconnoître un mou-
rant; mais d’autres y reconnoiffent un mort &
les joueurs de flûte des convois) qui eft au Louvre
dans la falle des antiques ; on ne fe csntentoit
pas de la Ample voix pour les perfonnes de qua-
lité , on y employoit le fon des buccines & des
trompettes, ainiî qu’on peut juger par ce bas-
F U N 707
relief. L’on y voit des gens qui Tonnent de la
trompette près du corps d’une perfonne qui pa-
roît vern'r de rendre les derniers ioupirs , & que
félon qu’on peut conjecturer par les apprêts qui
y font repréfentés , on va mettre entre les mams
desibitinaires ; les fons bruyans de ces inûrumens
frappant les organes d’une manière beaucoup plus
éclatante que !a voix, dounoient des preuves p.as
certaines que la perfonne étoit yéruablcmcnt
morte.
Enfuite on s'adrelToit aux îibitinaires pour pro-
céder znx funéraiiles fuivant la volonté du défunt,
s’il en avoir ordonné, ou celle des parens & des
héritiers, avec le plus eu le moins de dépenfe
qu’on y vouloit faire. Ces Iibitinaires étoient des
gens qui vendoienr&fcurnifloient tout ce qui étoit
néceffaire pour la cérémonie des convois : on les
appeüoit a'infi, parce qu'ils avoient leur magafin
au temp'e de Vénus- Libitine. On gardait dans
ce tempie les regiftres qu'on tenon à Rome de ceux
qui mouroient ; & c’efl de ces regiftres qu'-nn avoir
tiré le nombre des perfonnes que la pelle y enleva
pendant un automne du temps de Néron.
Les Iibitinaires avoient fous eux des gens qu'on
nommeit pollincîores , polüncteurs : c'étoit entré
leurs mains qu’on mectoit d'abord le cadavre ;
ils le lavoieiit dans l'eau chaude , & i’embau-
moient avec des parfums. Il paroît qu'ils poiîé-
doient la manière d'embaumer les corps à un plus
haut degré de perffcébon que ne faifoientles égyp-
tiens, fi l'on en croit les rélations de quelques
découvertes ( faites à Rome depuis deux cens ans)
de tombeaux , où l’on a trouvé des corps fi bien
confervés, qu’on les auroit pris peur des perfon-
nes plutôt dormantes que mortes ; l’cdeur qui for-
toit de ces tombeaux, étoit encore fi forte qu’elle
étourdiffoit.
Après que le corps étoit ainfi embaumé , on
le révêtoit d'un habit blanc ordinaire, c’eft-à-
dire , de la toge. Si c'étoit une perfonne qui eût
paffé par les charges de la république, on lui
mettoit l'habit diftinélif de la plus haute dignité
qu'il eût poiTédée, & on le gardoit ainfi fept jours,
pendant lefquels en préparoit tout ce qm étoit
néceflaire pour la pompe àts funérailles. On l'expci-
foit fous le vellibule , ou à l'entrée de fa maifon,
couché fur un lit de parade, les pieds tournés
vers la porte , où l'on mettoit un rameau de cyprès
pour les riches , & peuples autres feulement des
branches de pin, qui marquoîent également qu'il
y avoir là un mort dans la maifon. Il reftoit
toujours un homme auprès au corps, pour em-
pêcher qu'on ne vo'ât quelque chofe de ce qui
étoit autour de lui : mais lorfque c'étoit une per-
fonne du premier rang , il y avoir à i'entour de
jeunes garçons occupés à chaffer les mouches.
Les fept jours étant expirés , un héraut publie
annonçoit le convoi, en criant ; exequias L. (tel )
Vyvv IJ
7û8 F U N
L. fini J qiiihiLS eft commoium ire , tempus eft j
eUus ( c^eil- à dire ille ) ex e.dihus efferturÿ ceux
cui voudront ajfifier aux ohs'eques d’un tel, fils
d’un tel, font avertis qu’il efi temps d’y aller pre-
fentement , on emporte le corps de la maifon. Il n^’y
avoir néanmoins que les parens ou les amis qui y
affiftaffent ^ à moins que le défunt n^eûc rendu
des fervrces confidérables à la république j alors
le peuple s^y trouvoit ; & s^il avoir commandé
les armées ^ les foldats rendoienr auflî j por-
tant leurs armes renverfées.Les iiéieurs renverfoient
pareillement leurs faifceaux.
Le corps étoic porté fur un petit lit, qu^’on
nommoit exaphore , quand il n'y avoit que fix
porteurs; & oSophore , s'il s'en trouvoit huit.
C'étoient ordinairement les parens qui , par hon-
neur , en faifoienc l’office, ou les fils du défunt.
Pour un empereur , le lit étoit porté par des fé-
nateurs ; pour un général d'armée, par des officiers
Sx. des foldâis. A l'égard des gens de condition
commune, c’étoit dans une efpèce de bierre
découverte , qu'ils étoient portés par quatre hom-
mes , de ceuxqui gagnoieiu leur vie à ce métier.
On les appelloit vefpilones , parce que , pendant
un très-long temps , on obferva de ne faire les
convois que vers le foir > mais dans la fuite on
les fit autant de jour que de nuit. Le défunt
paroiflbit ayant fur la tête une couronne de fleurs ,
& le vifage découvert, à moins que la maladie
ne l'eût entièrement défiguré ; dans ce cas , on
avoit foin de le couvrir.
Après que les maîtres de cérémonies du convoi
avoient marqué à chacun fon rang , la marche
commençait par un trempette & par les joueurs
de flûte, qui jouoier.t d'une manière lugubre. Ils
étoient fuivis de plus eu de moins de gens, qui
porîoient des torches allumées. Proche du lit
étoit un archiinine qui contrefaifoit toutes les
manières du défunt ; & Ton portoit devant le lit
couvert de pourpre , toutes les marques des
dignités dont il avoir été revêtu ; s'il s'étoit
fignalé à la guerre , on y faifoit paroître les
préfens & les couronnes qu'il avoir reçus pour
les belles actions , les étendards & les dépouilles
qu'il avoir enlevés aux ennemis. On y portoit en
particulier fon ’oufte en cire , avec ceux de fes
ayeux & de fes parens, montés fur des bois de
javelines , ou place's dans des chariots ; mais on
n'accordoit point cette diftinction à ceux qu’on
nommoit novi hommes , c'eft- à-dire , gens qui com-
mençoient leur nobieffe , & dont les ayeux n'au-
xoient pu leur faire honneur. Cn obfervoit aufii
de ne pcinr porter les buftes de ceux qui avoient
été condamnés pour crimes quoiqu'ils euiTent
pofiédé des dignités ; la loi le défendoit. Toutes
ces figures fe replaçoient enfuite dans le lieu où
elles étoient gardées. A.u convoi des empereurs ,
en faifoit encore porter fer des eharîoîs ks images
- F U N
& les fymboles des provinces & des villes fub-
juguees.
Les affranchis du défunt fuivoîent cette
pompe , portant le pileus , bonnet , qui étoit la
marque de leur liberté : enfuite marchoient les
enfans , les parens & les amis atrati , c'eft-à-dire,
en deuil, vêtus de noir; les fils du défunt avoient
un voile fur la tête : les filles vêtues de blanc ,
avoient les cheveux épars fans coëffure , & mar-
chant nuds pieds. Après ce cortège venoient les
pleureufes , pr&fice. : c’étoient des femmes dont le
métier étoit de faire des lamentations fur la
mort du défunt; & en pleurant elles chaatoient
fes louanges fur des airs lugubres , & donnoient
le ton à tous les autres.-
Lorfque le défunt étoit une perfonne illuftre ,
on portoit fon corps air roftra dans le forum , ou
la place romaine, où la pompe s'arrêtoir, pendant
que quelqu'un de fes enfans , ou des plus pro-
ches parens , faifoit fon oraifon funèbre ; &
c'étoit ce qu'on appelloû laudare pro rofiris : cela
ne fe pratiquoit pas feulement pour les hommes
qui s’étoient difiingués dans les emplois, mais
encore pour les femmes d'une condition relevée j
la république avoit permis de les louer publique-
ment , depuis que For ayant manqué dans le trqfor
public , pour acquitter le vœu que Camille avoit
: fait de donner une coupe d'or à Apollon -Del-
I phien, après la prife de la ville de Veïes, les
; dames romaines y avoient volontairement contri-
bué par le facrifice de leurs bagues & de leurs
; bijoux.
' Du forum on alloit au lieu où l'on devoir en-
terrer le corps , ou le brûler ÿ on fe rendoit donc
au champ de Mars , qui étoit le lieu où fe faifoit
ordinairement cette cérémonie : car on ne brûloit
point les corps dans la ville. On avoit eu foin
d'avance de drefler un bûcher d'if, de pin, de
melèze, on d'autres pièces de bois aifé à s’en-
fiamaner, arrangées les unes fur les autres en
forme d’autel , fur lequel on pofoit le corps vêtu
de fa robe ; on l'anoCoit de liqueurs propres à
répandre une bonne odeur ; on lui coupoit un
doigt pour l’enterrer; on lui tournoit le vifage
vers le ciel; on lui mettoit dans la bouche une
pièce d'argent, qui étoit ordinairement une obole,
pour payer le droit de paffage à Charon.
Tout le bûcher étoit environné de cyprès ;
alors le plus proche parent tournant le dos pen-
dant que le feu s'allumoit, jettoit dans le
bûcher les habits, iesannes, & quelques autres
effets du défunt , quelquefois meme de l'or &
de l’argent; mais cela fut défendu par la loi des
douze tables. A'ax funérailles ce Jules- Céfar,
les foldats vétérans jettèrent leurs armes fur fop
bûcher , pour lui faire hoaneur. On immoloit
aafiî des bœufs , des taureaux & des moutons ,
qu'on jettoit fer le bûcher»
F U N
On donnoit tout aùprès des combafs de gla-
diateurs pour appaifer les mânes du défunt j cet
ufa-ae s'étoit introduit pour fuppléer à la barbare
coutume anciennement pratiquée à la guerre ^
d'immoler les prifonniers auprès du bûcher de
ceux qui ttoient morts en combattant , comme
pour les venger. Le combat des gladiateurs
n'étoit pas le feu! fpecfacle qu’on y donnoit;
on faifok aufu quelquefois des courfes de chariots
autour du bûcher ; on y repréfentoit même des
pièces de théâtre , & par un excès de fomptuofitéj
on y a vu donner des fellins aux affiilans & au
peuple.
Dès que !e corps étoit brûlé , on en ramalToît
les cendres avec les os que le feu n’avoit pas en-
tièrement confumés. C'étoient les plus proches
parens ou les héritiers qui en prenoient foin.
Afin que les cendres du mort ne fafferst pas con-
fondues avec celles du bûcher ^ on avoir quel-
quefois la précaution en mettant fur le bûcher
le corps du défunt , de l’envelopper d’une totle
d’amianthej fubftance incombuîtible ; on lavott
enfuite ces cendres & ces os avec du lait & du
vin J & pour les placer dans le tombeau de la
famille J on les enfermoic dans une urne d’une '
matière plus ou moins précieufe, félon l’opu-
lence ou la qualité du défunt 5 les plus com-
munes étoient de terre cuite.
F ü N 70?
Lon Qonnoit aux parens & aux amis 5 quelquefois
même on diflribuoit de la viande au peuple ; 82
neuf jours après on faifoit un autre feftin qu’on
appeiloit le grand fouper , la novendiale , c’eft-à-
dire ^ la neuvaine j on obfervoit dans ce deruier
repas ^ de quitter les habits noirs 5 & d’en pren^
dre de blancs.
C’en eft affez fur ce fujet, ou l’on n’a em-
ployé que les traits hilioriques qui pouvoienc
convenir ici , en élaguant toutes les citations
fans nombre qui auroient mené trop loin j mais
le leéceur curieux de plus grands détails , & d’une
érudition recherchée , peut confulter l’ouvrage
latin de funeribus romanorum , publié par Jean
Kirchman , dont la première édition parut à
Lubec en 1Û04. Cet ouvrage acquit de la célé-
brité à fon auteur ^ & contribua à lui procurer
un bon mariage. ( Article du chevalier de Jaucowtd)
Dans Xts funérailles des magiftrats , eu des gens
de guerre j les romains avoienr coutume de porter-
ies faifeeaux & les armes renverfées.
Servius expliquant ces vers de l’Énéide ( XI.
92. ) :
Varfis ducunt infignibus ipjî
Graj agents reges
Enfuite le facrificateur qui avoir affidé à la
cérémonie, jettoit par trois fois fur les affifians ,
pour les purifier , de l’eau avec un afperfoir fait
avec une branche d’ol vier. Enfuite une pleureufe
congédioit la compagnie par ces mots: I ,licet ,
e’ell-à-dire , vous pouveg_ vous en aller 5 alors les
parens & amis du défunt lai difoient par trois
fois , en l’appeüant par fon nom , & à haute
voix : vale , vale , vais : nos te ordine quo natura
voluerit ftquemur ; adieu, adieu, adieu, nous te
fuivrons quand notre rang marqué par la nature
arrivera. On portoit Lurne où étoient les cendres
dans fépulcre , devant leqmel il y avait un
petit autel où l’on brûloir de l’encens & d’autres
parfums : cérémonie qui éto:t rcnonveiiée de
temps en temps , de même que celle de jetter
des fleurs fur la ronjbe.
A l’égard de ceux dont on ne brûloir point
les corps, on les mettoit ordinairement dans les
bières de terre cuite ; ou fi c’ étoient des per-
fennes de d'ftincrion , dans un tombeau de mar-
bre ; on plaçoit dans ce tombeau une lampe ,
mal-â-nropos nommée ,& quelquefois
de petites figures de divinités , avec des fioles
appeilées depuis lacrimatoires. On a trouvé tlans
quelques tombeaux des bijoux qu’on y avoit mis
avec le corps, parce qu’aoparemment le défunt
les avoit chéris d’une manière affectée.
La cérémonie des funérailles fe terrainoît par
an feftin , qui ésoiî ordinairement un fouper que
où 'Virgile parle de l’ufage qu’avoient les grecs
de porter aux funérailles les enfeignes renverfées,
dit : Lugentium more mucronem , non cufpidem kafitt,
contra terram tenentes : feuta etiam invertentes ,
propter numina illic depicla , ne eorum fimulacra
cadaveris polluerentur adjpeciu. Servius attefie isi ,
que les romains avoient auffi l’ufage de porter aux
funérailles , non-feulemenî les lances avec la pointe
inférieure en l’air ; mais encore de préfenter le
côté intérieur de leurs boucliers, de crainte de
fouiller, parla vue d’un cadavre , les images des
divinités qui y étoient tracées. Stace fait mention
du même ufage dans la Thébaïde ( VI. 214. ) :
Tum mafia phalanx, Teucrique fequuntttr
Thyrreni duces , & verjîs arcades amüs.
Non-feulement on portoit dans les funérailles
militaires les enfe-gnes renverfées , mais on les
dépouilioit encore de tous les ornemens qui pou-
voient en être détachés, tels que flammes , ban-
dero'les , couronnes, &c., & alors on les ap-
pelloit figna incomtta. TaCîte dit ces funérailles
de Germanietîs f Annal. III. 2. 2. ) Tribu-
norum centurionumque kumeris cineres Germmici
portas antur , pr&cedebant incompta figna.
Les romatns fe difpenfotent quelquefois d’em-
ployer le miîiiùère des prêtres, pour accomplir
les cérémoîv’es des funérailles : & aloi'; ils en
foîlicitoient la penniffiondes empereurs qui éteienî
■lO
F ü N
fouveruins pondres. Nous apprenons ce fait de
Fepitaphe fui van te :
Dûs manibas, Tito Ælio Augufii liherto, Tiiiano
Froxzmo , à libris facerdotalibiis , defuniio Car-
nunîi annos XLII. menfes III. dies XIX. narito
virgirà dulcijîimo & incomvarabili benequs merito :
quem faneravit Fiavia Ampelis conjux cariqima ^ &
reliquias ejus permijfu. imperatoris ipfa pertulit con.-
fecravitque. Cum quo vixit annos XII. menfes III.
dûs XXI. fine ullâ querellâ. Dans cette belle épi-
taphe du premier fiècie^ publiée par Papenbroc,
les extrémités de quelques lettres Sont terminées
en croiffantj & les E & les L un peu courbées.
Nous "expliquons arnli en notre langue « aux
=3 dieux Mânes. A Titus Ælius , affranchi d'Au-
» gufte , 8c farnommé Titianus Proximus. I! eut
” la garde des livres facerdotaux^ & mourut à
Carnonte J après quarante-deux ans trois mois^
=» dix-neuf jours de vie. Ce fut un mari incompa-
>5 rable & d'une extrême douceur envers fa jeune
« & très-chère époufe Flavia Ampelis. Après
» l’avoir enfeveli , elle a conduit fa pompe funè-
’’ bre : elle a porté elle-même fes es & fts cendres^
V avec la permiflîon de l’empereur , & les a con-
“ facrés aux mânes. Elle a vécu avec Ton digne
« époux douze ans , trois mois 8e vingt 8e un
“ jours J fans aucun fujet de plainte ». Depuis
§ue les empereurs romains eurent emporté par
rigues le fouverain pontificat; ils eurent à leur
difpofition les livres facerdotaux , où étoient ren-
fermés les myllères du paganifme. Augulle , en
qualité de fouverain pontife , permet à Ampelis
de faire elle-même ^ & fans le miniitère des prê-
tres 5 la confécration des os de fon mari j quoi-
que ce fût une cérémonie religieufe. On peut
voir fur cette infeription Papenbroc , les mélanges
de d’Oryiile ( T. III. p. izo. ) 8e la 4^. difTert.
d’Adrien Relandj de numm. famarit. ( pag. 131. )
Voyei Funus j Apothéose , Sarcophages ^
Sec. J Sec.
FUNERAIRE ( facrifice ). Les romains avolent
coutume d’offrir aux dieux des facrifices à la
mort de leurs parens êe de leurs amis ; rhiftoire
en fait mention ^ 8e les raonumens de Scuipu’.re
©U de Gravure, qui repréfentent ces marques de
la piété 8e de la tendrelFe des vivans envers les
morts, ne font pas rares dans les cabinets des
curieux. Le roi de France pofsède une agathe
Onyx , dont la Gravure peut en augmenter le
nombre : on y voit fous le toit d’un bâtiment
ruftique , 8e tel qu’on les confrruifoit dans l’en-
fance de i’Architedure , une femme nue vis-à-
vis d’un autel , fur lequel eft allumé le feu facré.
Elle paroîc occupée d’un facrifice qu’elle offre
.-.ux dieux infernaux , avant que de placer dans
h tombe l’urne qu’elle porte, 8e qui , fans doute ,
e_ù remplie des cendres de cuelqu’un qu’elle a
^>tne. Derrière elle , eil pofe fur une colonne
F U N
un vafe rempli de fleurs ; car c’étoit une pratique
ufîtee & meme une pratique religieufe, efeu
répandre fur les tomoeaux ; parpureos fpargam.
pores, dit Va-gik au fujet de La mort de àW
CCiiUS 5 w f(2lt€îTi jiiîzgar ificzui muTicrc,
FUNERE ; r , ,
FUNERAi; ^ quelques critiques , c’étoit
le nom que les romains donnoient dans les céré-
monies tunebres à la pius proche parente du mort.
Ceik-ci renfermée dans la maifbn avec les autres
pare.ntes , faifoit les lamentations & les autres
regrets^ ufitels en pareille occanon j une autre ,
appellée Prœfica, qui n’éroit pas parente, mais
pleareufe à gage, s’acquittoit du même devoir
dans la rue.
^L’explication qu’on donna ici du mot fanera,
d’après quelques dictionnaires latins , eft très-
douteiîfe ; e:le n’eft fondée que fur ces mots de
Virgile, au IX'. livre de l’Enéide :
Nec te tuafunera mater
Freduxi.
Servîus afliire que fanera eft au nominatif fîn-
gulier; mais d’autres philologues croient avec
plus de raiion que c’eft l’aceufatif plurier de
finits.
FUNUS. Voye^^ Funérailles.
Funus acerbum fe difoit des funérailles de ceux
qui mouroient avant d’avoir pris la robe virile.
( Juvenal. fat. XI. 44, ) ;
Non prtsmaturi cineres , non funus seerbum
LuxurieP"; fed morte mugis metuenda feneSus.
Funus cenforium , funérailles ordonnées par les
cenfeurs pour ceux qui avoient bien mérité du
peuple romain.
Funus coUativum , ou funus publtcum , funérail-
les faites aux frais de chaque particulier, telles
que celles de Valerius Poplicola, de Menenius
Agrippa, ou aux frais du public, par l’ordre du
fénat.
Funus commune , ou îranflatitîum , ou îaekutn ,
ou plebeium , ou vulgare , funérailles fimples èc
dépourvues de toute fplendeur.
Funus familiare, convoi funèbre compofé de
la feule famille du mort,
Funus imaginarium , convoi orné des images
de tous les ancêtres du mort.
Funus indiaivum , convoi auquel on étoit ap-
pellé par un cneur, 8e qui étoit ordinaire.ment
accomptgpé de jeux funèbres, 8e des cavaiiers-
défultcurs.
FUR
FUR
Funus laeerum . ou tumultuarlum , funérailles
faites à la hâte 3è fans pompes.
F anus larvatum, funérad'.es de perfonnes écra-
fées par la chute de quelque bâtimentj & dont
on couvroic les vifages meurtris avec des maf-
ques- I: en eft fait mention dans l'épitaphe de
deux nouveaux mariés qui éprouvèrent ce cruel
fort la première nuit de leurs noces ; cari -parentes ,
y ed-ii dit J iuBu nec lacrimis mi fera ac larvata
nofira de^eatis fanera ^ ne rtddatis infeliciora. On
voit ce moaunient à Rome ( Camerar. oper.
fubeis. I. Ç)6.)
Funus militare. V. FUNÉRAILLES des romains.
Funus phheiam. V^. FüNüS commune.
Funus publicum. V.Y'V'ÜVsindiéiivum.
Ftmus fimpludiareum étoit diftîngué An funus in-
diciivum , eh ce qu’il n’y avoir que des jeux dans
le fimpludiareum y d'où venoit fori nom, comme
fi l'on eût dit fimpliludiarium.
Funus tacitum.
Funus tranfiatiîium.
FUREUR , divinité allégorique , que Virgile
( Æneid. I. 598. ) repréfente la tête teinte de
fâng, le vifage déchiré de mille plaies , & couverte
d'un cafque tout fanglant 5 elle eft enchaînée pen-
dant la paix J les mains liées derrière le dos ,
affife fur un amas d'armes , frémiftant de rage :
& pendant la guerre , elle ravage tout après avoir
rompu fes chaînes. Pétrone ( c. 84. ) a décrit
auflî cette divinité, à laquelle les latins don-
Hoient le genre mafeulin , à caufe da mot furor.
FURIA , famille romaine dont on a des mé-
dailles.
R. en argent.
RR. en bronze.
O. en or.
Les furnoms de cette famille font Camizlus ,
CrA-SSIPES , PbILVS y PuRFUR-EOy BrOCCHUS,
Goitzius en a publié quelques médailles, in-
connues depuis lai.
FURIES. îl n'y a eu dans la Mythologie au-
cune di iniîé auffi redouteeque les déeiTes appel-
lées ( I/kig. in Tauris. ) par Orelte anrAa^ss ,
divinités fjiisnom. Telle étoit l’idée affieufeque
les grecs s'en étoien; formée. On n'ofoir mê.-ne
prononcer ieur nom à" Euménides , malgré fon
origine douce & confolante. Nous devons ce-
pendant reftrein he cerre ouGhanimité au vulgaire
feul & aux crirnir eis p.-rérutés par les reoiords.
Car Komère , Sopiiocie, Ei ripide, Efchyle &
les autres poètes en ont parié ouvertement &
V. Funus commune.
dans le plus grand détail. L'auteur des hymnes
d'Orphée n'a pas été plus craintif, comme on
va l’apprendre des deux poèmes qu'il a confa-
crés aux louanges àt% furies.
Hymne I. « Prêtez une oreüle attentive à mes
« chants : Tift phone, Aleéton divine Mégèrejdéef-
” fes honorées dans tous les climats , occupées de
^ travaux perpétuels , & redoutables par vos
=>= rugjfTemens terribles. Vous habitez une retraite
” fombre fur les bords facrés du Styx. Tantôt
” vous n'exaucez qu'avec lenteur les vœux des
» humains; tantôt vous faites éclater fubitement
« votre pouvoir dans les entreprifes les plus
>? dangereufes : fouvenc couve-rres de peaux
” de bêtes , animées par la fureur , vous
” faites fubir aux coupables les plus affieux tour-
" mens. Vierges terribles, invifîbles comme l'air,
plus légères que le v^ent, & auffi promptes que
» la penfée, vous portez la terreur fur la terre
» & dans les enfers. En vain les mortels p'ace-
5= roient-ils leur félicité dans la jouiffance des
=3 jours purs & des nuits paiftbles, dans la pratique
» de quelques vertus , dans les exploits belli-
=3 queux , ou même dans les grâces de la jeuneffe
M & de la beauté : ces plaiftrs ne feront parfaits
» que de votre aveu. Car vous êtes établies de
» tous les temps pour juger les humains , & rien
» n'échappe à vos regards perçants. Arbitres du
» fort , divinités redoutables par les ferpens qui
3= flottent dans votre chevelure, & par les formes
3.' terribles fous lefqueües vous pourfuivez les
33 criminels, écoutez les prières de votre poète,
33 & ne permettez pas que les envieux de fa gloire
33 puiffent troubler fa vie tranquille =3.
Hymne îl. « Écoutez-moi favorablement, 6
vous Euménides! célèbres dans tout l'univers,
chaftes filles de Jupiter - terrefire & de l'aima-
ble Perféphone aux beaux cheveux; cette
déeffe qui examine fans ceffe les aébons des
mortels coupables. Douées de l'immortalité,
dépofitaire du poinmir de Perféphone , bril-
lantes de l'éclat quelle répand fur tout ce qui
l’environne , vous exécutez fous fes yeux ,
toujours ouverts, les arrêts du fort , & veus pu-
niffez les impies. Le feu que lancent vos re*
gards , embrâfe & dévore les ombres facrüèges,
dans la nuit épsiiîe où vous exercez de tant
de manières différentes vos fureurs vengereiïès.
Je vous adreffie des vœux ardens, divinités
redoutables par les ténèbres qui vous envi-
ronnent, S: les ferpens qui fifflent dans vos
cheveux , je vous en conjure , exaucez votre
poète >=.
La muîtituce d'épirhètes & d'idées acceftbires
dont chaque phrafe de ces poèmes eft furchargée ,
y fait reconnoïtre îe génie orientai. Cette fécon-
dité n'a été reftreinte que par le goût Sc le difeer-
nemeiît des bons auteurs de la Crète. Hafarderoit-
FUR
FUR
on beaucoup d'avancer que ces hymnes étolent
chantés dans les myitères & les initiations ?
L'ufage des cérémonies fecrettes avoir été apporté
d'Egypte en Occident ; fans doute qu'une partie
des chants facrés avoit la même origine. Ces
conjeétures nous font regarder les hymnes du
prétendu Orphée comme une production des
premiers grecs, & une imitation des chants égyp-
tiens. Cette idée avcit déjà été préfentée par le
favant & le laborieux Jablonski.
Les deux hymnes que nous avons traduits ci-
deffus, éno.ncent clairement l’origine des Eumé-
nides. Ils leur donnent pour père Pluton ( kymn.
in Perfephon.) , & Proferpine pour mère. Ils
appellent encore dans un autre endroit cette déeffe
mère des Euménides. Cependant aucun poète r/a
fuiv! cette ancienne tradition. Héiîode qui paroît
ü verfé dans la Théologie ancienne , a varié
( Tkeogon. V. i8f. dies , v. 42. ) fur ce point,
î! raconte dans fa Théogonie ^ que les furies
naquirent des gouttes de fang répandues par
Cœius, lors de fa mutilation; & dans (tsjours ,
il leur donne pour mère la Difpute, pour
former fans doute Pétymologie aE/ynnis. Lyco-
phron ( dans Caffdndre') les dit filles de la Is'uit ,
tradition qt/ii avoit puifée dans Euripide ( Jîe/--
cules furens ,v. 854. ), & dans Efchyle {ÆfckyL
Eumenides.) D’autres auteurs donnent à la Nuit
tin coopérateur ( Servius in Virgil. ) ; & c'eft
PAchéron : Saturne & Evonyme les engendrè-
rent , félon Epiménides , poète crétois. Dans
Œdipe à Colone enfin, Sophocle afiiire que
les/üri£^ étoient filles de la Terre & des Ténèbres ;
& Hygin a fubftitué FAir aux Ténèbres. Il eft
difficile de prendre un parti dans une li grande
wariété d’opinions.
Le jour de leur naififance a été fixé pîusuna-
ninaement chez les grecs & les romains. Héfiode
( dies V. 59. ) défend à l’agriculteur d’entreprendre
quelque ouvrage le cinquième jour des lunes,
parce qu’il étoit confacré aux Euménides. Virgile
i Géorgie. I. v. 278. ) qui a imité le vieillard
d’Afcra , explique ainfi fa penfée ;
dans Suidas. De-Ià naît la difficulté que trouv-
Servius a expliquer ce vers de Virgile :
.... Ferreique Ewnenidum thalami. . . .furis., d'^-il
numquam nupferunt. Apollon , dans EfchyL {Eu-
ménides V. 82. ) , leur reproche cette iterilité
corrime un vice; il les appelle vierges abomi-
nables , vieilles ^filles. Il alfure qu’aucun dieu
aucun mortel même, aucun être animé n’avoit
recherché les faveurs des Euménides , parce
qu’elles avoient toujours été un objet d’horreur
pour les immortels & pour les hommes. Ovide
( Metam. X.}, & Sîaee ( Théhaïd. 8. ) cepen-
dant les ont traitées avec moins de rigueur. Ils
avouent tous les deux que les^ fons de la lyre
leur avoient arraché des larmes , lorfque le mal-
heureux Orphée pé.nétra dans les enfers pour
demander fon époufe à Pluton.
,, Teilia âicentem, nervofquead verhamoventem,
„ Exangues fleiant animes
Vidiegomet Uanda inter ‘•armifiafarpes
,, Eumenidumlaprymas ) iterataque penfafoTorum
Photius a confervé un fragment de Ménandre,
qui ne s’accorde pas mieux avec l’inflexibilité
qu’on leur fuppofe. Il nous apprend que le cœur
: de Tifiphone ne fut pas à l’abri des traits de
i amour. Ayant vu dans fes courfes le jeune
Cythéron endormi auprès du mont A ftère , cette
Furie en devint amoureufe. Elle lui déclara fa
palîion , mais fans fuccès. Irritée d’un refus auffi
humiliant, Tifiphone détacha un ferpent de fa
chevelure , & le jetta à la tête de l’infortuné
Cythéron. Ce reptile s’entortilla au cou de la
viâime , & 1 étrangla. Les dieux n’approuvèrent
pas la vengeance de la Furie ; mais ils ne relTuf-
citèrent pas Cythéron. Ils fe contentèrent de don-
ner fon nom à la montagne voifine.
« Ménandre , ajoute froidement l’abbé Banier
» ( Mém. acad. infiript. IX. Fioué. ) auroît pu
M épargner aux dieux les frais de cette méta-
“ morphofe, puifque la vue feule de Tifiphone
« auroit fuffi pour pétrifier l’homme le plus paf-
» fionné».
,, Ipfa. dies alios alio dédit ordine luna
„ Felices operum. Quint amfuge : paUidus Orcus,
,, Eumenidefque fatis ; tum partu terra nefando
,, Cceumque , japeiumque créât , fcevumqüe Typhaa ,
„ Et coniuratos cœlum dfeinderefratrès
Le nombre cinq, félon Servius , étant confacré
à Minerve qui n’avoit point engendré, on avoit
placé au cinquiè.Tie jour des lunes la naüTance
des erres itérües , tels que les géants, les furies , &c.
_ On conçoit en effet qu’elles étoient toujours
vierges, teiixusihfss ^ comme elles font appeHéss
Tifiphone relTentît feule le pouvoir de l’amour,
quoiqu’elle eût plufieurs fœurs. On en compte
ordinairement trois, Tifiphone, Aleétori, Mé-
gère. Les hymnes d’Orphée n’en leconnpifiTent
pas un plus grand nombre, & ils ont été fuivîs
en cela par tous les écrivains. Sophocle feul
( Hercules furens ) ai nomme une quatrième. C’eft
ABSTTis, qui fignifie rage , ou colère. Cette licence
poétique ne peut être jufiifiée que par les pri-
vilèges des allégoriftes. Platon ( De ferâ numiais
vïndiBâ ) a befoin d’une femblable juftificatîon ,
lorfqu’i! réduit les trois furies à une feule, Adraftia,
fille de Jupiter & de la Nécefiité. Il don.ne^ à
elle feule ie pouvoir de paurfuivre Sc de raffembler
les
t? TT 13
r U il
les âmes erranîesSc vagabondes, & de les entraîner
dans les fonabres prifons du i r.rnre. Adrafiia
n’étoit cependant qi'iin furnom dcnne a iMé;; -..iis,
après h conllruclion du temple élevé par i^drails
à" cette redoutabie di--inité. Quelques auteurs
enùn en petit nombre n^en ont compte eue deux ,
à caufe des deux dacucs d'Euméindis , qu’avoir
fait à Athènes le célèbre Scepas. Elles étoient
d’une pierre tranfparente , appeüee xav;-,!-;;?,
qui eîi le gppfe derni-tranfparent , ou ï alaoafintes
des romains.
La première place eft toujours accordée a Ti-
fiphone J peut-être à caufe de l’étymoiogie du
nom qa’eile Dorte ; itcnç & ipas>fî , ultio c&Hs.
On la croyoit prépofée en particulier à la puni-
tien des meurtriers , dont le enme a toujours
été regardé comme le plus grand de ceux eue
les hommes commettent. Lorfqii’EunDide(ipA/^.
in Taur. v. 963.) parie de l’aînée àts furies, un com-
mentateur l’entend de Tiiîphone. Servius {Æneid.
6. 60 3.} a expliqué de même le vers de Virgile,
où elle .eu: appeliée fnriarum maxima. Fulgence
le mythologue ( Mythol. lih. I. furia.. ) a rapporté
une autre étymologie du nom de Tifiphone ,
quajl TisTm , zd efl ifiarum vox. Des explica-
: rions auilî maiheureufes font très-propres à e'tein-
dre le g.oût pour les recherches érymclcgiques.
Cet éenvaia a fait plus fagement , de rapporter
l’ancienne étymologie d’Akéton : a privatif &
, quiefeo ; ennemie du repos , c’ett en effet
un nom bien expreîEf pour une furie. Mais nous
doutons qa’ii ait été aufli heureux pour célui de
Megère , quaf [Uiyâxy, , id ejî , magna con-
tentzo : voici la liaiion extraordinaire qu’il do.nne
à ces trois racines ; vrimum efl ergo non paufando
furiam concipere y fecundurri efl , iit vocem erumpere y
tertio , jurgium proteïare.
Avec plus de' retenue que Fulgence , nous
aurons de la peine à découvrir pourquoi Orphée
& l’auteur- des Argonautes ont appelle Mégère ,
A7«, déeffe, ou divine j quoique fes fœurs puffent
jevendiquer ce titre avec le même droit. Ce n’eft
fans doute qu’une fîmple épithète , & l’on per-
drott à y chercher un fens propre , un temps
que des recherches plus importantes doivent
remplir.
Ee nom d’Epo^uV , furiofa , eft le plus ancien
a’ aient porté les furies : il fut changé en celui
’E'j«£yiihs paries athéniens, lorfque ces divinités
eurent pardonné au malheureux Orefte. EupîEnTs-,
bienveillant , propice , exprima la reconnoilTance
des athéniens. ( Suidas. ) Mais les grammairiens
cnr trouvé cette origine trop fimple , & ont eu
recours a l antîphrafe , figure qui ne peut être
d ufage que dans le farcafme , ou dans l’ironie.
L euphemifme qu’ils ont encore appliqué au mot
d Euménides , n’eft pas mieux employé. On cher-
choit difoient-iis, à fe les rendre propices en les
Antiquités , Tome II,
FUR 71?
appeilant divinités douces & bienfaifantes. Le
changement de nom fait par les athéniens, après
l’expiation du meurtre de Clytemneftre, n’ofrroit-
il pas une étymologie fîmpie & naturelle ? Ces
deux qualités ne devroient-elles pas fixer les éty-
mologîftes , fl leur fcience vaine & futile mé-
ritoit d’avoir des principes ! Au refte , quelque
redoutable que fût le nom d’Euménides , il a '
fourni un jeu de mots au poète Aufoue fur la-
morc d’Hylas. ( Eprgram. 93. )
,, Afpice quamhlandcB neds amhiüone fruatzir ,
,, Lethifern expeiiens gaudia pulcher Hyîas.
„ Of Cilla, ù infejîos inter moritzims amores ,
„ Ar.cipltespathuT'tiaiada.3 'Eumtnidas.
Plus refpeéîueux, les athéniens ( Suidas. ) n’o-
foient encore prononcer ce nom , malgré l’euphé-
mifme prétendu qui i’evoit fait naître 5 iis don-
nèrent aux furies le nom de déefies févères ou
vénérables, SqKïcJi. Phiiémon , auteur comique,
a cru que ce nom convenoit à d’autres divinités,
mais fans aucun fondement, & il n’a étéfuivide
perfonne. Ariftophane {Ran&, v. 471 . ) les appelle
les chiens du Cocyte^ Sophocle, les chiens inévi-
tables{Elearû, v. 1405-.) , & Apollonius , les chiens
de Jupiter. ( Argonaut. ) Ce mot de chiens étoit
générique chez les grecs , & fervoit à exprimer
tout ce qui étoit redoutable. Lucain , à leur exem-
ple , !’a employé dans le même fens , en parlant
des Euménides : Stygiafque canes in lace fupernâ
defihuem. Servius ( Æneid. Ub. III. de harpiis-')
dit à ce fujet , que ces divinités vengerefTes
portoient des noms différens, félon les diverfes
contrées qui étoient fouinifes à leur puiiTar.ee.
On les appelloit dans l’air dira & aves y harpia
fur la terre , & dans Içs enfers canes Se furi&.
• Quelques grammairiens font venir ce dernier nom
du mot furva., qui défigne les couleurs fembres
avec lefquelles on les peignoir ordinairement.
N’ofant pas articuler le nom des furies , les
grecs y fuppléoient, comme nous I avons vu, par
des épithètes honorables, eu relatives à leur
culte & à leur forme. Tantôt on les appelloit
«5501, abftèmes, parce que le vin étoit proferiî
de leurs facritices ; ( Sopkocl. EleBr. Euripid.
Oreffi. ) ovoZuîTK? , -noXnyp-t^ , multipedes , multi-
manus , TtrtçoÇosdt , -x-iaya-nis , alas gefiantes , cœ-
ruleo afpectu, à caufe des traits fous iefqaels on
les repréfenroit : tantôt enfin xajoôwîfî-fî, îiAj^iOK-ooss-,
Q'jfioeùfcs ^ maiefuada , fontes punientes , animum
votantes & xaXr-ùTrohs , areis pedibus , parce
que telles étoient leurs redoutables fonctions , &
que la lenteur avec laquelle la juftice divine punit
les coupVoles, lui a faitfuppofer des pieds d’airain.
Les anciens grecs ne donnoient pas aux furies
une forme aufli hideufe. Paufanias ( Aiuca j en
eft téiïivia. Il nous affure que les ftatues des
Xxxx
divinités infernales , & des Eumenides^en parti-
culier , élevées daxns l'aréopage , _ n'cffroienr
r-en de repoinTant ^ & que le poète Efchyie
imagina le premier d'enrrelafler des ferpens dans
ieu's cneveiîx. Uae ancienne tradition nous a
confervé le fouvenir de l’eftet étonnant que pro-
duilît far le peuple > & même fur les rnagiftrats
d'AîhèneSj Tapparition fubite des furies intro-
duites dans les trage'dies de ce poète. Quelques
femmes moururent de frayeur j 2c d'autres accou-
chèrent avant terme.
Quoi -de plus alfreux en que les portraits
drs/ttr/cj tirés des poètes. Tous ( Virgilius, Tibul.
Eleg. III. lib. I. Stat Theb. lib. I. Rapt. Prof,
lis, I. ) s’accordent à leur donner des ferpens
pour coèffüre j ou au moins a les mêler a leurs
cheveux.
,, Ctstuleofque amplexes crînihus angues.
,, TifiphoneqTie irapexa feras pro crinibus argues.
,y Centum illi famés ohumbrant ora ceraflee.
,, Crinitaquefomibushydris.
Le vifage que ces animaux ombrageoiens étoit
Eoir avec des yeux enflammés.
,, Sedet ititus abaais
,i Ferrea luz oculis ; quaUs pat nuhila, Phœbes
,, A Thracia rubet arte labor. Suffit fa venen.o
,, Teriditur , ac fanie glif ch cutis ; igneus atro
,, Ore vapor quo longa fitis , morhique , famefque,
,, Et populis mors una venit
Un collier formé par des couleuvres ferroit '
leurs coHS , & pendoit fur leur fein livide &
décharné. Torquata colubris ^ dit Ovide ( i epift. \
119. ) C'ètoic ainfi que les repréfentoit le mafque ,
tragique, appellé ropyévsj^?.
Virgile ( Æneid. 7. fdi.) a donné des ailes
de dragon aux furies. « Aleââs ftridentes anguibus
«/£«, 8î c'étoit l'opinion de quelques anciens
poèt.s. Mais Efchyie , dans les Euménides , ■
n'eft pas du même avis. 11 fait dire à la Pythie
quelle a ma!-à-prop;s confondu ces divinités avec
les Gorgones qui étoient repréfentées avec des
aîlesè On n'ell pas plus d'accord fur le nombre; ,
ce leurs mains & de leurs pieds , que tes pein-
tres ont fagemenî réduits à deux. Cependant nous
avons vu plus haut que Sophocle , dans Eleétre
< V. 490. ) , leur en donne un grand nombre ,
& qu'il chante leurs pieds d'airain. Ces mains
redoutables étoient armées de ferpens & de tor-
chas enflammées. C'étoit ainfi qu'elles étoient
repréfentées ( Suidas Tpainfia, ) dans le's tra^^é-
ches , & dans Electre ( EleSra 1345') en parti-
culier. La pâleur Sc la maigreur d’une vieille la .
font prendre dans Ariftophane ( Plutus ^zz.)
pouf une furie de tragédie , & Ion n'eft de'-
trompe qu en n<w lui voyant point de tcrch^'
Cl.rpdien {Rapt. Prof. lib. I. 49.) en parle ûml
fa deicnption de l ifiphone, quatkus infcfio Lumivet
pinum, de dans fon poeme contre Rutha , drJlci
facibus atris.
Rien d’auffi connu chez les poètes grecs &
iatms, que la robe des Euménides. Eiie croit
Kofr^e, ou roufle , c'eft-à-dire, de couleur fombre^
& faifok proverbe dans la Grèce. La robe des
furies dit Lycophron , pour exprimer un vête-
ment noir & lugubre. Des taches de fang étoient
femées !ur cette tunique, & des ferpens en for-
moient la ceinture P alla fuccinEta:
cruenta , dans Virgile ; & dans Stace riget korrida
' tergo palla , & cœrulei redeunt in. petlora p.odi..
; ( Thebaid. lib. I. )
* Voilà les traits affreux fous lefquelsles anciens
• ont peint les Euménides. Ils ont quelquefois
abufé de leurs mafques pour commettre des en-
i mes. Paafanias {Laconica pag. 199. ) nous a cen-
i fervé la mémoire de l'un d'eux , en racontant
la mort de la fameufe Elélène. Cette femme que
fa beauté & la guerre de Troye ont rendu fi cé-
; lèbre, fe retira après la rrort de Ménéias, à
Rhodes, oùcommandoit Polixo fa parente. Ceile-
ci voulant alTouvir une vengea.nce perfonnelie ,
fit déguifer fes efclaves en furies , Sê les envoya
pour tuer la veuve de Ménéias. Elle étoit dans
le bain lorfquc cet ordre crue! lut exécuié. Elle
en fut arrachée' & pendue à un arbre. Le diCla-
teur Camille fe tira plus heureufement d'uns
pareille embufeade. Les femmes des Fidénates
affiégées par ce général , voyant que leur vidé
alicit paner fous la domination d.-s romains ,
eflayèrent de jetter la terreur dans leur armée en
fe déguifant en furies. Elles parurent armées de
torches , & entourées de bandelettes de divers
couleurs. Mais , dit Fiorus ( de geftis roman, l. I,
c. XII. ) , e.n rapportant ce ftraîagême , habitus ille
fcralis everfonis omen fuit.
Diogène Laërce raconte du einique Ménédème,
qu'il fe plauoit à paroître fous l'h-ibiliement des
.Furies, c'eft-à-dire , avec une robe traînante &
d’une couleur obfçure. Si nous en croyons Stra-
. bon {lib. II.), une nation entière poitoit le
même habillement, c'étoient les habitans des îles
Cafiltérides. Nous omettons plufîeurs pafTages des
anciens, relatifs a la robe des Furies , ma!S nous
devons citer au moins les trônes' que leur donne
Efchyie ( Eumen. ). Il eft le feul écrivarn
qui en ait parlé, à moins qu’on e.ntende de ces
trônes les Tkaianii Eumenidum. Nous croyons ,
Tans vouloir déprimer Servius & fon interpréta-
tion , qu’on î'expliqueroit ai fli bien des fiéges ou
demeures afflétées aux Euménides. Dbdieurs le
fer qui en fa't L matière, annonce affez par fa
copieur fombre, des divinités ledouiai^i^®*
FUR
FUR 11$
Les médailles offrent fouvent les
diierens collâmes, M. Pelle ûn en a C
luTÆdt Gordien Pie. On y voit trois femmes
groacpées debout, ayant chacune un boifleau .ut
fa tête . & tenant, dans leurs mains des Oipens
avec dés torche^umées. Une fécondé d Æza-
n's en Phrvgie, eil conforme au texte ü Efchyie ,
qui appelle les/tcrici En efiet la figure qui
y eft gravée II pi 8 rto. 7.) a fix br s
Lnt Quatre tiennent des torches allumées; le cm-
cuièmé tient une patère, & le fixieme un ferpait.
Cette fkr-ie eft debout, vêtue d une longue robe ,
bordés de lerpens. Sa chevelure en eil rempli...
Les trois Euménides adoffées debout, coeffées
des voiles & des boiffeaux , paroiilent fur
avec ac5 vuiit.3 wt w-v.-*-- J r r
une médaille du jeune {^Spanheim. Cefars de Julien.
H.) Gordien, deLyrba, dans PAfie mineure, de
Lr une autre de Phiiipps frappee a Antioche de
5yrie. Elles font accompagnées^ de deux chiens
qui aboient. Sur b première medau!e, i une des
furies rient des TerpenSj 1 iuîite des poignards &
il troifième des torches. On voit fur k fécondé
inédailie , des torches dans les mains de 1 une ,
un poignard & un fouet dans les mains de 1 au-
tre , & la troifième tient une clef & un ferpent.
Dans le même ouvrage de Spanheim, on trouve
une médaille de Mallaura en Licte , fur laquelle
\t$ furies font debout, vêtues de longues robes,
fans voiles ; mais coiffées avec le lotus. La pre-
mière tient des torches, la fécondé des poignards,
& la troifième une clef & un ferpent. Une mé-
ciaille d'Otacille Sevère, publiée par Séguin , &
depuis par Haym {tom. IL tah. XXI\. n°. i.) ,
frappée à Liodicée , nous montre les Euménides
debout, vêtues de longues robes, adoflées, voi-
lées , portant des boiffeaux & tenant des torches.
:>5 Une médaille de Sabine, dit le comte de Cay-
5’ lus (rom. IV. p. 205.) , inconnue à Vaillant,
M offre les trois furies repréfentées par trois têtes
« pofées fur un feuî corps , d"où fortent de chaque
» tête trois bras armes de flambeaux. Ce corps
33 eft terminé en gaîne , & chacune de ces trois
33 têtes efl ornée du boiffeau. La légende porte
s» APFEION , & les Euménides d'Efchyie appren-
33 nent que ces redoutables divinités étoient parti-
33 culiè'çement adorées à Argos. « Cet antiquaire
décrit enfuite une plaque d'or trouvée dans un
tombeau hors de Rome, fut laquelle efl gravée
une feule tête , avec trois vifages , portée par un
corps drapé , dont fortent trois jambes & fix bras.
Chaque bras tient un flambeau, & la tête ellcbu-
ronne'e par un boiffeau. On ne peut méconnoître
les Euménides dans cette defeription, & encore
moins dans deux abraxas publiés par Macarius
( Tah. XIV. n°. ïj. ). Ils portent chacun une
furie, l'une ceinte deux fois avec la robe relevée
aux genoux , l'autre une feule fois avec une lon-
gue i^pbe üétroaîTée Elle a trois vifages, trois boif-
feaux & fix bras. Quatre de ces bras , da.ns le
premier abraxas, tiennent des torches , les deux
autres des ferpens. Mais les deux derniers bras
de la fécondé figure font armés de fouets. Eber-
mayer ( Gemma,, pag. 210. ) , donne le nom d Eie-
cate à une femblabie figure , dont la robe efl dé-
trouffée, & les fix bras armés deux à deux de tor-
ches , de poignards & de fouets.
ChiîHet attribue wx furies trois têtes coiffées de
ferpens, qui font pendues à un arbre, fur un
abraxas. On pourroit les donner aux Gorgones
avec autant de vraifemblance , pu'fqu’elies ne por-
tent point de boiUeaa; car cet .attribut efl pref-
cue toujours placé fur les têtes ces Eumenuies.
Il nous apprend que ces divinités etoient foumiles
à Plutonj & qu'elles exécutoient fes ordres. On
fah en effet que le boiiTeau devenu pat la fuite
commun à tous les dieux, appartint dans le corr:-
mencement à Sérapis feul , le Pluton des Egyp-
tiens.
Les Etrufques , dont les monumens tiennent aux
premiers temps de la Grèce , & des-lois a 1 épo-
que de fes communications avec i Egypte , ont
confervé relig’eufement cet attribut de Serapis-
Pluton aux Euménides. Nous en vovons une pu
plutôt la réunion des trois dans la déefTe Furina
(Mus. Etrufe. Gori. pug. Ips* ptil
; le poire fur la tête. Elle a des ailes , un collier
‘ avec des bracelets, & elle tient des deux mains
; une torche allumée qu'elle eft près de lancer'. Les
: Etrufques out fouvent repréfenté les furies dans
leurs monuir.ens , mais leurs peintures varient à
l’infini. Tantôt elles portent des lampes, des flam-
beaux , des lances , des épées , des haches , des
marteaux même. Tantôt elles tiennent la lance
armée d'un croc, (ihid. tah. 84. n°. 2-),
. qu'ils attri’ouoient à Peifee. Souvent ils leur don-
nent des habits courts ou retrouiTés avec des cein-
tures & fans manches ; fouvent auffi une longue
robe bariolée de différentes couleurs^, telle que
l'a obfervée & dépeinte Bu^narotei. Les Eume-
' nides paroiffent encore fur les monumens étruf-
quesj-ies cheveux épars ou liés, avec un dia-
dème, portant des ailes aux épaulés ou a latete.
. Elles ont enfin quelquefois les pieds nuds comme
. chez les Grecs ; quelquefois auffi , elles portent
' des fouliers & même des cothurnes.
Les fondions des Euménides étoient auffi va-
riées que les traits fous lefquels eut les peignoir.
Leur pouvoir s^’écendoît fur tout l^Univers? ie:cn
Efchvle (Euménides 0.3. ) , dans 1 oiytnpe, fur -.3.
terre & dans les enfos- C'étoit \c,funes -qui
femoient la difeorde parmi les humains , .p qui
allumoient dans le cœur des princes la foii de
la guerre & des vengeances. Dans Virgne ( £.neid.
üb. F'II. )Junon charge Aleclon de repand_^ -e
trouble & l'effroi dans le pala-s d Ama'e, lîi-
phoae .eft 'employée par la meme E^eefte a C--
^ Xxxxjj
7i6 F U R
abominable ufage dans les îiiétamorphofes & la
Thébaide ( Metam. lia. IK. lia. I. ). i'^îon-
nus dans les Dionyfiaqüss {Hb. XXXII. v. loo.
lib. CXLiy'. V. 255-. ) les mec deux fois fur la
fcène, &les repréfente occupées tantôt à traver-
fcr les deîTeins de Baccbus , tantôt à allumer la
rage & la fureur dans le cœur d’Agave'. Cet
emplçi les a fouv'ent fait confondre avec Bel-
lone -, car on croyolt que les Euménides préf-
doienr aux . combats ^ comme Tapprend ce vers
d’un poète latin.
« Dant alios fiiri& torvo fpeélaciila marti. »
Long-temps avant lui Pindare avoit attribué la
îpôrc des d’ux fils d’CEdipe z-sx furies vengereiTes
f \ Ùlymp. II. V. 72.).
Minerve, dans Efchyie (Euménides 805.) j 'es
prie de ne point fe courroucer contre jes Athé-
niens & l'Attique, & fur-tout de ne point aiüi-
ger cette contrée par la difette & la ftérüité.
Une furie ajfiîile au facrifice de Polyxène { Mus.
Etrus. Gori. tab. 141.) fur un tombeau Etrufquej
mais elle détourne les yeux peur ne pas voir
une fi horrible offrande. Efchyie , dans Agamem-
non ( V. 465. ) , dit que les d’sux veillent .^ur
les meurtriers; mais que \tt furies font plus atten-
tives encore à précipiter dans l’obrcurité les mor-
tels préfomptaeux ^ que les caprices de la fortune
ont élevés contre toute vraifemblance. C^efl
pourquoi ceux qui mouroient inruftement, eu
avant le terme preferit par la nature, leur adref
foient des vœux , & leur remettoîe.ni le foin c’e
venger leurs mânes. Nous voyons dans Piliade
( IHad. lib. 'X. ) , le père de Phænix invoquer
les furies contre fon fils, fouhaiter qu’il ne puifîe
jamais avoir de profpérité, & les divinités Tn-
ferna!e_^ exaucer fon vœu. Dans TOdylTée ( lib.
il. ) , Télé.maque refufe de renvoyer Pénélope
chez fes pare.ns , de crainte qif Ulyife ne l’ên
puniffe un jour, & que les /hricj invoquées par
fa mère, ne le tourmentent impitoyablement.
Aiax près de fe donner la mort , dans Sophocle
( Aiax flagel. v. 84Ô. ) , & dans Quintus de
Srr.yr.ne ( Faralip. lib. X. v. 470. ) , aJreffe fes
derniers vœux aux Euménides; ii implore Lut
vengeance contre les Atrides , le fils de Laërre,
& rout le camp des grecs. La mal.heureufe Didon
termine fes imprécations contre Énée , en ap-
piellanc les /itriex & les mânes à fon aide : & dira,
ultrices , & dii moriehtis Elifa. ( Æneid. lib. IX. )
C’efl: 'ainfi que s’exprime la mère de Méléasre,
su moment où elle va plonger dans le feu le
tifon fatal.
» Anre fepulchrales infelix afiitit aras ,
» P œr.arumque dea triplices furîalihus , inquit ,
« tsamenides , facris vultus adverîite veflros ,
FUR
Cicéron dit deTrebelnus, nam ouidde TrekelHo
dicam ( III. Pkilipp. 7:0. 25.9. ) , çiem ulta -videraur
furia dehitorum ?
Les parricides étoient de tous les crimi.ntls
ceux que les Euménides pourtuivoie.-it avec je
plus d’atharnement. Les théâtres grecs, romains
ik françois ont retenti mille fois du récit de leurs
vengeances. C’eif pourquoi Tibulle les appelle
trajica Erinnyes. ( Eleg. XX. lib. II. ) Le fifs
d’Agamemr.op. eff celui dont les malheurs ont
été chantés le plus fouvent. Ayant vengé h mort
de fon père par la moit de Clytemneftre , les
furies le pourfuivirent en tout lieu. Il croyoit les
voir fécouer .^ur fa tête leurs ferpens & leurs
flambeaux. Il méconnoiffoit tout ce qui lui
avo t été cher. Inanem. mentis Oreftem
( Tkebaid. I. ) oppofito rahidem Pylade vitcjfe Me-
geram. Un préjugé favorable à 1 humanité Lifoit
croire aux grecs , que le fang répandu ne pou-
vc it être expié que par du fang. Car , dit Efchyie
' ( Ckæphora 598. ) , furies menacent la vie du
meurtrier, 8c vengent le crime par fa mort. Ortfte,
pour mettre fin à fes tourmens , réfbiut de fe
pun.fier par l’expiation. Ai.niî l’avoient pratiqué
les héros de la Grèce, Amphytrion , Heicule,
CSdipe, Pelée 3c Télamcn; Les pontifes n’avoient
p.îs le pouvoir de purifier les meurtriers ; en ne le
croyoit accordé qu’à des princes renommes par
leur jiùtiçe. Ce .^ut de Ihéfee , le Séau des bri-
gands & dès pirates, qu’Orefte implora ra.fiüfance.
Il commença par fe couper un doigt , afin d’offrif
du fang aux redoutables /cries. Depuis cet initant
ii l-'s Vit encore d-rns fes fonges, mais ayant
quitté leurs habits lugubres pour en revêtir de
blancs ; ii continua fa route & vint à Athènes.
Là Théiée le purifia par des ablutions & des
facrifices multipliés. . ,
Les poèmes des anciens font prefque les feuls
monumens qui nous aient conferve' la mémoire de
cette expiation. Cependant o.n voit dans la col-
lection de îvl. Hamilton’v vol. II. pi. & 41.)
deux vafes étrufques; donfles deflins font relatifs
aux fureurs d’OrelIe. Il eft à genoux dans le
premier fur une pierre tirant une épée du fourreau,
peux furies , avec des coèffures de ferpens & de
tongufS robes , fecouent fur ce malheureux prince ,
lune un grand flambeau, & l’autre deux petites
torches. Le fécond defiln nous l’offre afîis fur un
autel, les mains derrière le dos, & dans une
attitude fort extraordinaire. Une furie vêtue de .
noir , avec d^es ailes 8é des ferpens dans fa che-
velure, paroît à mi-corps au bas de raiitel. Elle
regarde îz viélime , & la menace avec un ferpent
qu e.le tient de la main droite. On voit devant
1 auKl un diofcure, un roi tenant un feeptre Sc
une jeune fille. Ce n’eff pas ici le lieu de chet-
cher fi ces deux perfonnes font Éieélre 8c
neias , parce que cette clifcufïic-rj arpartient aits
commentaires iur i’Orefte d'Eujipick.
TT
U
R
T 4’cméon ne fur pas moins célébré
s'-’cs. C'^eft pourcüoi ies roriKims con-
nèrenvto L„ 'moias & l-’S
loifflu’a CTI tn= fa rr.m- La ti
craintes de 1 empereur ^egaiereOL i-s^ r
fils d’Amplrtaraus & û
Néron.) ainfi que les a cecrit SuetOxaC . t ?
« tamenfcekris confcientiam . quanquamf miUt ■
« &renatus popuHque gfatulatiomhus conprmare^r
53 autftatim, aut unqiiam ferre potait ^f&peconfejf
53 exaUtari fe maternâ fpeâe , verheribus furiarum,
=3 ac udis ardendhus: Quin & fado per Magos^
53 facro , evocare mânes & exorare
» grinatione quidem Gr&as. , Eleufinns jacr.s ,
55 quorum imhatione impii &fcelerati ■voce^pr^onis
53 fuhmoverentur , interejfe non uufus^ linhardi,
par rinnocence de fa vie , Antonm le pieux le
préfenta à ces redoutables myftères 5 Sr ’
Capitolin , il entra feul dans le temple de Ceres.
Pour la confolation de 1 humanité cutragee par
les parricides J ajourons au récitée Suétone quel-
ques traits de Xiphilin. ( Epitome Dionif.) « Eero
55 noclurno tempore tanto metuconturbabutur ^ ut dt-
35 leBo repente profiliret j interdiu perterrefaciehant
sr eum tihicitits auditi hcllicum cdîterc ciltti tnûxiTno
53 tumuliu, quo in loco Agrippine, ojfa fepulta crant ;
53 quamobrem alio migrahat^^.
Axinfi les ombres de Septime - Sévère ( Xipkil.
epitome Dionif.) & de Tinfortuné Géra , armées
de poignards, pourfuivoient le farouche Caracalla,
meuitrier de fon frère , lorlqudî offroit en vain
des fâcrifices aux mânes de fen père & de Com-
mode. Aind , GalJus, frère de Tempereur Julien
( Amm. Marcel. 14. ) voyoit dans les intervalles
que lui lailfoit une maladie aiguë , les ombres
de ceux qu’il avoir fait périr en fi grand nombre,
lefaifir & le livrer au fouet des Euménides. Pline
l’ancien ( tib. XIN. cap. XXXIII. ) a comparé
le fommeil troublé que Tivrognerie occafionne ,
à ces fonges effroyables des crimLnels ; il l’appelle
éiégaimment/f^.'-w/ca fammi. Un volume entier ne
füfnroit pas pour rapporter tous les traits de i’hif-
to’.re ancienne ( Dion. Haly. lih. V. & VUE )
dans laquelle on voit ies vengereffes pour-
fuivre les coupables fur la terre , ou empêcher
des attentats & de* trahifons par des appatitiens
fübkes, & des menaces effrayantes.
Quelque terribles que fulTent cependant Ier
• fonélions fur la terre, elles en exerçaient da
les enfers déplus redoutables encore. Elles étoîe
chargées de purifier les âmes des mortels
l’infiant où par l’ordre de Proferpine elles qc
toie.nt leur pn fon. Stace, parlant d’Amohiara
qu! etoit defeendu vivant fur les fombres^bord
dit de ce devin célébré ( Tkebaid. lib. VUE
53 Necium illum aut trur.ca lufiraverat obvia taxa
53 Eumenis, aut ferra Proferpina pojie notarat
» Coetibus ad famptum funciis a.
FUR 717
Gori nous en donne un exemple daps fonikfrr-
feum etrujeum. ( Tab. lyj. ) On voit lut un mar-
bre des furies qui tiennent des torches, & ont
un regard menaçant. D’autres portent des
lampes & les élèvent au-deffus des tombeaux ,
pour purifier les âmes des corps qui y étoieut
renfermés.
Les âmes leur étoient enfuite remsfes par Mer-
cure après le jugement irrévocable , s’d n’avoit
pas été favorable à ces ombres. ( Muf. etruf
pag. jqi. tab. 81.) Elles les préc;pitoîent fur-le-
champ dans les gouffres du Tartare, où elles
employoient , pour les tourmenter, les plus durs
& les plus cruels fuppiiees. L’imag:r.acif>n des.
poètes s’eil èpuifée à les décrire ; mais ûs lout fi
connus, que nous n’ofons leste'ptrer.
Théfée & Pirithoüs furent livrés à .leur ref-
fentiment , & elles ies tourmemèreni jtirqu’à
l’arrivée d’Hercule. L’une d’el es eft fans ceife
occupée à effrayer Tantale. Par fes ens & fes
menaces eüe l’empêche de toucher aux mets qui
font placés devant kd. ( Æneid. 6- )
35 Furianim maxima fxta
» Accubat & manibus prokibet'contingere mer.faSj
>5 Exurgitque facem atîollens arque hitonat ore.
Si l’on étudie les monumens étrufques , on verra
les dieux Gabires fe joindre aux/ùAes pour tour-
menter les criminels, ©empiler nous a confervé
le defiîn d’un tombeau ( Etruria regalis tab. 88. )
fait da.ns l’Étrurie , fur lequel on voit pluf eurs
coupables déchirés & brûlés par les Euménides.
Auprès d’elles eft placé un Cabire armé d’un
couteau & d’un crochet à plufieurs branches. Il
s’approche avec ces terribles inilrumens d’un
malheureux qui eft pendu par ies mains.
Chargées de purifier les morts, & de les con-
duire au féjour qui leur étoic deffiné , \es furies
dévoient natureHement conduire les chars d'flm-
phiaraüs defeendant aux enfers, & de Piuron
enlevant Proferpine. C’eft pourquoi Claudien a
remis à Aiecten le foin de fane paître les che-
vaux de ce dieu , de les atteler à fon char 8c
de les guider dans leur courfe. {Rapt. Prof. LL)
33 Jamque viamP lato fuperas molitus ad aras ,
,53 Germani mopitu : torvos invifa jugales
35 Alecîo temone ligat , qui pafeua mandunt
55 Cocyti ,pratifque Ertbi nigrantïbus errant,
33 Stagnaque tranquille patentes marcida Lethss ,
33 Ægra foporatis fpumant ohlivia linguis.
Elle paro'it fur des vafes étrufques, tantôt en
conduifant les chevaux du raviffeur de Profe.ypine ;
Mfltôtceux d'Amphiataiis , dent efte entraîneies
7iS FUR
courners. ( Muf. Guarnacd , tah. III. n^. i , &
tab. Xil.) Or. ne peut méconnoîcre dans ie fécond
deffin une Euménide, car elle eft repréfentée
avec une torche & des ailes étendues.
Les habitans de i’Etrurie gravoient encore fur
leurs monuinens ces divinités devant les chevaux
qui trainorent ( Muf. etrufc. pag. & 192.)
les nouveaux marrés, & la pompe nuptiale. Ils
croyoïent que les Euménides aflllloient à la célé-
brsinsn du mariage, pour punir celui des deux
ép>oux qui briferoit ces nœuds facrés. C’efi: pour-
quoi ils les plaçoient à la tête du cortège, ar-
mées de torches , de poignards , &c. On en voit
une dans Dempfter tenant Tharpé & debout, pré-
Edant à des noces qui fe célèbrent ( Etrur. Reg.
tab. LXXXIP^. n° 2. ) devant la porte d'un mai-
fon , fuivant l'ufage desétrufques.Iis avoientpuifé
cette tradition dans les mêmes fources que les
premiers grecs. Car nous en trouvons des traces ;
dans Efchtde & dans Sophocle. Le premier attri-
bue aux/an-es ( Eumenid. 83 é. ) une in.^pection
fpéciaie fur les noces & les enfans qui en font les
fruits. Eliélre dans le fécond implorant le fecours
des divinités infernales , pour aider Orefte à punir
le meurtre Q'Agamemnon& l'adultère d'Égyfte ,
affurc que les Euménides veillent fur les alialTins,
& fur ceux qui foudlent la couche nuptiale.
Quir.tas de Smyrne ( Raralip. lib. XII. ^.‘539. )
fait dire à CalTandre , dans fes lamentations fur
la pr;fe de Troye , qu'elle voit courir dans cette
ville livrée au pillage , les furies irritées du ma-
riage criminel d'Eîêlène. Ovide & Juvenal, chez
les latins , ont fui^i cette tradition. Le premier
dit des noces de 1 crée & de Progné ( Metam.
lib. VU.)-.
” Non pronuba Juno
yy Non hymen&us adefc , illi non gratia lecîo, ,
>3 Eumtnides tevMerefaçes de funere raptas.
33 Eumenides firavere torum. ,
_ Et le fatyrique fe déchaînant contre les ma.-
riages qui de fon temps étoient prefque tous
malheureux. ( Satyr. 6. )
” Uxorem pojikume, 4^uçis ?
33 Die quâ Tif phone , quibns exagitare colabris ?
_ Lesmonumens desétrufaiieg que nous venons de
citer, nous obligent d'expofer ici en détail, d'après
le fayant Goù{Muf. etrufc. 190.) , leur opinion fur
les furies , parce qu'elle nous aidera à découvrir la
véritable origine de ces divinités. Les Euménides, :
félon eux , prélîdoient à toutes les aftions des
hommes, bonnes ou mauvaifes, pour récom-
penfer les premières & punir les fécondes, Nous
les voyons fur les monumens de l'Étrurie , pré-
fenter des paiines aux combatcans ^ étendre les
FUR
mains fur leurs fêtes , les exhorter Sc ks encots-
rager. Elles fe préfenrent avec un afpeét me-
naçant à Ceux qui font près de comrii;.ttte des
aûions criminelles , & leur lancent des flambeaux
allumes. El.es afiikent aux expiations-, aux noces
& aux jeux. Ces^ divinités enfin etoient aux or^
dres de Jupiter, étoient les miniftres de fa colère,
les auteurs des bonnes actions , les vengeurs des
mauvaifes.^ Les égyptiens croyoier.t de même,
que ûes génies cékftes veiiioient fur les âmes des
hommes, ne ceffosent d'exciter leur volonté par
de douces infpirations , ou de les effrayer par la
crainte des fupplices.
Les étrufques & les anciens grecs reçurent ces
notions par le moyen des colonies & des voya-
geurs. Mais les premiers les confervèrent dans
leur-fimplicité primitive. Les iccoiids les furchar-
ge.mt d'ornemens fabuleux , fruits de leur bril-
: lante im.agination , remplacèrent les gériies par les
Euménides. Ce n'eft donc pas aux grecs qu'il
^ faut recour.r pour découvrir les fources de la
Mythologie , mais aux étrufques ât aux égyptiens.,
Thémillius, orateur grec du IV‘. fiècle, nous
i a confervé cette prérieufe tradition dans fa ha-
' tangue àj'empereur Valens. ( Orat.-j.)
33 Ce que je vais vous raconter, dit-il, eft
» de la plus grande véiité ; il eft extrait de la
33 doétrine des anciens Philofophes
33 A des temps marqués par les deftins , des fubf-
33 tances divines & éternelles, defeenuirent fur
33 la terre pour futilité des hommes. Revêtues
>3 de corps fembiables aux nôtres, & non en-
33 veloppées de ténèbres , comme dit Héfiode ,
33 elles fe rabaifsèrent au-deffous de leur dignité ,
>3 pour fe rapprocher de nous & de 'notre fociété,
33 Au même inftant des êtres d'une nature fem-
33 blable, mais d’un caracière lâche 8e méchant,
33 engendrés & formés par le Cocyte & les
33 furies , pour le malheur des mortels , fe ré-
33 pandirent fur la terre. Ces génies malfaifans
33 ne fe plaifent que dans les fanglots & la dé-
33 folation , ne fe raffafient jamais de foupirs,
33 & fe nourriffent de larmes. Iis font esnti-
33 nueliement occupés à produire les tempêtes ,
>3 la pefte & les inondations , mutes les fois que
33 la fertilité & l'abondance enriçhiffent les hu-
3» mains 33.
Ne reconnoît-on pas dans ce paffage de l'ora-
teur grec la docirine des égyptiens furies génies ?
Ne poffédant aucun écrit de cette nation, nous
ne pouvons confulter que d«s témoins muets ,
les ftatues. Noys les voyons fouvent armées de
fo’aets & d'inftruavens de fupplice. Harpocrate ,
c'eft-à-dire , le foleil du printemps , s'eri fert
pour c’naffer le redoutable Typhon , 011 le génie
malfaifant. C'eft ce que nous apprenons d'un mor-
ceau de Proclus , que Fabriciiis( vol. %.p- i ^o. )a
inféré dans fa bibliothèque grecqite. S'adreffant au
FUR
Soleil jil dit que j fi le feue: , dont il eft armé ^ peut
menacer quelqu'un J les mauvais génies, ces en-
nemis occupés fans ceuc à nous nuire, peuvent
Sc doivent feuls le redouter. Iis adoroient d'ail-
leurs Hécate, pu î'emblême d'Ilîs irritée, fous
une figure à trois vifages, armée de fouet 5 teile
enfin que les gnolliqucs font fait revivre dans
les Abraxas. Les grecs ne s’attachèrent qu'au
fym’noie de cette divinité emblématique, & des
génies. Ils ignorèrent -oü. firent difparoïcre , feus
une mulritade de fidiions irjgénieufes , le vrai
fens & la doctrine fecretre des ég|'ptien5. De là
fsrtit le culte des Euménides , qui devint un des
premiers dogmes de la Théologie grecque , après
avoir fait une partie de la fcience facrée des ha-
bicans de Thêbes & de Memphis. De là enfin
découle naturellement l'explication de la médaille
de Maftaura en Lycie , rapportée plus haut , fur
laquelle les Euménides font coëSfées avec le
lotus.
Quoique cette origine des furies ait été pré-
fencée par Gori , elle n’a jamais éié développée
avec autant d* foin & d’evidence que dans cet
article. On ne l’avoit cherchée jui^u’ici que dans
des êtres moraux & intellectuels. C'*eir air.fi qu’ont
agi les latins & les écrivains pofiérieurs. Voici les
paroles de Cicéron ( de kg'îhus llb. 1. 29. ) :
33 Scclerum in komines , atque impietatum nulla
j3 expiatio eft. Itaque pœnes luunt non tam judicii
=3 qu£, quondam nufquam erant ^ kodie multifuriam
>3 nuUa funt , ut fini tamen , perfspè fulfa funt :
» ut eos agitent , infeclenturque furie, , non. arden-
» tibus t&dis , ficut in fabulis , fed angore confeien-
»3 tie , fraud'rfque cruciatun. %
Ladtance s’exprime ainfî fur !e même fujet
(^divini inftltut. lih. IX. cap. XIX.) : (tlTres funt
=3 igitur affecîus qui komines in omnia facinora
33 pr&cipitos agant } ira ^ cupiditas , libido. Prop-
33 terea poets très furias ejfe dixerunt , que mentes
33 kominum exagitant : ita ultionem defderat , cu-
33 piditas , opes , libido , voluptates 33. ( Ifdorr
iih. VIII. orig. cap. de furiis. ) Ifidcre n’a fait
que commenter ce texte de Ladtance , & il a
été Cl pié partons les mythologues fuivans,fans
en excepter l’abbé Barder.
Ils ont mieux îéuiu à rafTembler tout ce que
l’antiquité noirs' a iailTé fur le cirlte àss furies.
Ces divinités avoient des temples, des facrifices ,
des vidtimes , des prêtres & des rires particuliers.
Le plus célèbre de leurs temples, étoir celui
qu’on avoir bâti dans l’enceinte de l’aréopage,
( Paufan. Attic. ) &: dans lequel on obiigeoit de
facrifier tous ceux qui étoient renvoyés a'bfcus
après avoir été aceufés de crimes dignes^demort.
Dans cet édmee étoient placées les fiarues des
Eurnénides, dont Paufardas dit que leur afped
n’avoit rien de repoufl'anc. Il offroic an contraire
aux coupables & aux malheureux un afyle facré
FUR
dont i's ne pouveient être arrachés. Les lacédé-
moniens , qui avoient pénétré dans Athènes ,
efpérant furprendre cette ville, furent trop heu-
reux de pouvoir s’y réfugier , après que le dé-
vouement de Godrus eut erdevé la vidtoire aux
fpardates.
On trouvoit un fécond temple & un bois
dédiés aux mê.mes divinités dans les environs
d’Athènes. CEiipe & fa fille- Antigone les onc
rendu affez célèbres par leur facrilège ignoratvee.
( Paufan. Attic. pug. J9. Œdip. Colon.'iz<j.l ^2.
Eumenides 505. 'éoz. Panfan. Corintk. pag.io^.
Paufan. Achaica^ P‘^g- 447- ) Les ficyoniens leur
en avoient confacré un autre fur les bords du
fleuve Afopus. Dans la ville de Céryné en Ac’naie ,
Orefte avoit élevé aux Euménides un mopu.mens
de fa reconnoiffiince. Le facerdoce de ce temple
étoi: confié à des femmes 5 & l’on avoit placé
dans le veiEbule des iratues de marbre faites avec
beai-coup d’art. Les habitans les prenoient porir
les llatues des prêcreffes. ün redouîoit l’entrée
de ce temple, parce que, félon l’opmion com-
mune-, la fureur & la crainte s’emparoient de
ceux qui , étant coupables de meurtre , d’incefte,
ou d’autres crimes , ofoient y enrrer , même par
curiofité. Les Euménides étoient honorées parti-
culiérement en Épire , cette région dans laquelle
on plaçoit les portes & les fleuves de I enfer.
Ovide fait menticn de ce tennple dans un vers
qui a donné affez long-temps la torture aux com-
mentateurs.
K Sepe Palefiinas jurât adejfe deas. 33
Il étoît bâti à Palefts, & non dans laPa'eftîne.
( Eafi. lib. IV. ') Lucain a parié de cette ville
( Pkarfal. 5. J , lorfqn’il dit que Céfar marchar.C
contre Pompée , aborda en Epire. 33 Palefiinas
uncis corfxiî arenas. 33
L’Arcadie o^roit encore^ aux voyageurs reli-
gieux deux temples confacrés aux furies. Orefie
les avoit rendus fameux. Le premier étoit bâti
auprès de Mrgalopolis , & étoit entorré d’un
champ confacré aux mêmes divinités. On croyoïc
qu’Orefle avoit reffenti dans cet endroit les pre-
mières atteintes de fes fureurs après le meurtre
de Clytenmeftre ; U c’ étoit dans le voifinage qu’on
voyoït fur un tertre , appelle Ace , un doigt de
nierre , monument de l’expiation du héros. Près
d’Acé, un feco.nd temple d’Euménides rappeUoic
cette rigoureufe purification, & la vifiondufi's
d’Asamemnon , où elles lui ap-parurent vêtues de
blanc. Ce temple portoit un nem analogue à
l’aéfion d’Orefle, lorfcu’il y coupa fa chevelure,
& roffrit aux dieux. Les habitins de l’Arcadie
confervoient encore treize fiècles après, du temps
de Paufanias C Arc'ad. pag. 509. ) le culte des
Euménides, & faciificienî aux diejfes blanches,
& aux Grâces,
720 FUR
A Tüphoufe^ cans la meme contrée , des
prêtres , appelles Héfychides , éroient chargés du
culte des Euménides. Leur temple ^ bâti dans
i'Aréopagej étoiî auflî deffervi par des prêtres
dont oneitimoit la nailTince & les vertus. Nous
î'apurenons de Demofthene. Cet orateur ( Oratio
ia Med. )j faifantfon apologie^ trouve fort extraor-
dinrü-rre qu’on ofe intenter une aceufation contre
un homme à qui la république avoir co.nfié une
fonction fi redoutable & fi importante. Car
Efcliyk voulant flatter fa ^\vàç.{,Eu.menides 103 pE
chante dans les Euménides les malheurs d’Orefte ,
la ùinteté des prêtres > & la célébrité du temple
qu elle devoir confacrer au culte des furies.
( (Sdip. Colon, ija. ) Sophocle parle d’un bois
facre qui en éteit voifin^ &qu’arroidit un ruiiTeau
pur & limpide.
Ce temple & ce bois étoient fi refpeélés ,
qu’on n’ofoit en approcher, ni les regarder en
pifianr. Qn fe gardoit même de penfer aux re-
doutables divinités, & de les nommer. A peine
fe permettoir-on de prononcer à leur occafion
quelques paroles de favorable augure. De là vint
l’horreur quinfpira aux habitans du bourg de
Colcne, dans l’Attique, la vue du malheureux
GS -i pe , affis dans le bois des Euménides avec
fa fiiie Antigone. Ils ne fe crurent en sûreté ,
qu’ap-ès lui avoir fait expier ce facriiège par un
ficrifice fo'emnel. ( (Edip. Colon. qSL jcf. )
« Allez ^ lui difent-lls, apportez de l’eâu de cette
fource intarriiTable , puifez-la dans des vafes
=3 précieux , dont vous ornerez les anfes de ban-
53 delettes de laine
» Tournez vers l’Orient 3 faites en trois libations.
« Mêiez-y auparavant du miel 5
M niais gardez-vous de toucher au fruit de la
=3 vigne._. Tenant enfuite un rameau
:>:> d’olivier 3 adreffez vos vœux aux redoutables
» déefies ^ Suppliez-les vous-même , ou
55 employez i’organe d’un autre fuppliant ; don-
5-> nez -leur Je nom confolant d’Euménides, &
rendez vous-îes favorables par des prières cour-
» tes, prononcées à bafie voix . Pourfuivez après
cela votre route fans aucune crainte». Sénèque
2 décrit dans fon CEd;pe , un facrifice offert aux
memes divinités. Il femble être copié littérale-
ment du poeme des Argonautes , où Médée fait
des vœux & des offrandes pour Ja profpérité de
Jafon fon amant.
M Kle ut facerdos intuüî fenior gradum .
» Haud efi moralus , pr&Jliiit nociem locus ^
» Tune fojf a ttllus , 6? fuper rapti rogis
» Jaciuntur ignés , ipfe funefto inîegit
Toutes ujTiiclu corpus y ^ frondem (^uutit ,*
» Luguhris imos palla perfundit pedes.
FUR
M coquakente cuitu moeftu: ■‘■.gredltur fenex,
» Mortifera canam ta;..,, ufringit comam :
Nigro hidentes ■vilkre , ataue airs, hoves
». Rétro trahuntur
Tout etoit noir & lugubre dans les facriiîces
furies. On choiiifioit le temps de la nuit Se
des lieux fouterrains ( Eumenides IC3 f. 1028.),
pour les offrir, parce qu’on croyoit que ces divi-
nités aimoient les flambeaux. On gardoit un pro-
rond filence ; on ne fe ' permettoit qu’un chant
trille & plaintif ( Euménides 329, ) , appelle
l'hymne des furies , qui portoit la t.-rreur dans les
âmes : maïs on rejettoit avec fêvérité les inûru-
mens & la lyre. Le vin étoir proferit de ces trilles
cérémonies, qui en avoientpr:s le nom de
ainfi que les furies celui de asivs;, abftèmes ,
ou fobres. Elles n’agréoient pour libations que
le miel , le lait & Teau. Lesfacrificateurs {Suidas,')
étoient vêtus de robes noires. Les licyoniens leur
offroienr des brébis pleines & noires , & des fleurs
au lieu de couronnes. ( Paufin. Corintk. icf.)
Dans les fêtes appeliées ’Etip.ivioict , j< urs confacrés
aux Euménides, on n’admettoit pour les cérémo-
nies que d-as hommes & des femmes libres ^ &
d’une vie fans reproche. Des jeunes gens, dit
Ehilon , des familles les plus diilinyuées diltri-
buoient au peuple des friandifes, r^uyy,p,u.ra.
Les feules viéllmes agréables aux Eumé; ides ,
étoient les brébis noires , &, fekn Elicn ( de
animal, lih. X. cap. XXXIII. ) , Ls tourterelles
blanches. Nous n’avons pu tromrer la r lif n p.our
laquelle ces oifeaux leur étoient cct faaéSj ainfi
que la plante appellée Conyze (Pzi/iWic ). Mais
l’ufage où étoient les anciens , de .taire des tor-
ches avec des branches d’arbres réfineux, aura
fait confacrer aux furies le cèd' e & le genévrier
( Juniperus ) , comparé au cèdre parF!;ne. (Plin.
lié. XXlK. cap. VIII. ) La liènlité prétendue
de l’aulne, dont Arillote dit faufiement, 'que la
Crète feule en avoir vu produire des fruits , lui
aura mérité le même honneur. ( Ruellius de fiirp.
natur. pag. 1 6 y. ) Infelices , dit Pline ( P Uni.
lib. XVI. cap. XXVI. ), en parlant de l’aulne,
du peu plier, &C. , exiflimanîur J damnat&que relV
gioîie , qu& neque feruntur unquam , neque frucium
afferunt. Le chardon-béni , la buglofe, iefafran,
1 le nerprun & le narciffe étoient auiîi confacrés
aux redoutables déelTes. Eufthate nous apprend ,
dans fon commentaire fur le premier livre de
l’Iliade , que le nom de narciffe dérivé , a-xo txc
d torpore , étoit analogue à la ftupeur
^ dans laquelle étoient plongés les coupables à la
vue des Euménides. C’eft pourquoi on couron-r
. noir de narciffe ceux qui leur offroient des
' facrifices. Le fafran ne trouvoit fa place que dans
ces
P U K
èeâ ’tïlêmSS cérémonies. Infa^n j ^it de cetfé
plante ( fag. 389. ) Ruellius , d'après tous les
anciens , facris omnibus & coronis ^ quoniam fit
iuguhris propter Croci métamorpkofim. Le fang que
Semblent répandre à Tinilant où on les brife j le
chardon béni ( enicus ) , & la buglofe ( anchufa )
des z'voit {ibid. pag. 13. ) peut-être fait joindre
au fafran. Quant au nerprun rhamnus) , fon
autre nom de Perfepkonia , analogue à la Junon
des enfers i a pu le faire confacrer aux divinités
infernales. Peut-être auflî ne leur a-t-il été ccn-
facré ( Ruellius pag. 322. ) qu’à caufe de l’ufage
où étoient les anciens d’en attacher des branches
aux portes 8e aux fenêtres ^ pour empêcher reiFet
des enchantemens : rien n’eit auffj confus & auflî
fabuleux que les connoiffances botaniques des
grecs 8e des romains : c’eil: pourquoi aucune
partie de cet article n’a demandé autant de re-
cherches 8e de travail.
Les latins rendirent des hommages iL'iX furies ,
jnais fous le nom de la déefle furina. ( Cicero de
jiatur. deor. lib. III. n°. 32. — Feftus. — Varro
de linguâ latinâ. ) Cette divinité étoit d’origine
-étrufquej 8e repréfentoit les trois ^ Euménides
îéunies en un feul emblème. Les étrtifques lui
donnoient encore le nom A’ Ancharia. Fondés par
les premiers habitans de Fltahe, les romains en
confervèrent le culte. Ils confacrèrent à Furina
iin temple Se un bois dans la quatorzième région
■au-delà du Tybre. Ceboisneput fervir d’afyleau
jeune Gracchus. Ils’y retira (Rlutar. vita Graechi)
pour éviter la fureur du peuple qui venoit d’immo-
ler fon frère j mais il en fuL arraché 8e facrifié au
xelfentiment de fes concitoyens. Nous voyons par
ce trait combien le culte de Furina étoit affoibh dès
le temps de ces malheureux tribuns. Elle avo.'t eu
cependant des fêtes 8e des facrifices^ appeiïés
furinalia , qui fe célébroient dans le mois d’août ,
comme nous l’apprenons d’un calendrier gravé
ié'ur les anciens marbres. Un des quinze Flamines
avoir même été attaché à fon temple, Seportoit
ie nom de Flam.cn furinalis. Mais^ dit Varron
( qui écrivoit fur la fin de la répubitque ) 8e la
décile Se le prêtre étoient iî négligés , que peu
de perfonaes en connoiffoient même lenoni_, nmc
vite nomen notum paucis.
On trouve dans le Mufeumetrufcum ( pag. 40. )
piufieurs infcriprions latines , 8e plufîeurs autels
qui font mention des déeffes Furina 8e Anckaria.
La divinité adorée fous ces deux noms , Se fans
doute auiîi fous celui de Bellone , voyoit couler
le fang humain fur fes autels chez les étrufques.
On trouve fur les marbres de cette ninon
\ibid. 194. ) des prêtres furieux, appeiïés
narii, qui fe battent, fe bleffent Se s'égorgent
au pied des autels 8e des liatues àAAmckana.
Piuiieurs anciens écriva'us ^ S-srvs'.ss f JEudà, 8.
FUS 72%
§■5 9.) & Arnobe en particulier , parlent des facri-^
fices fanglants offerts par les étrufques aux Eu-
ménides 8e aux mânes. Ils les appelloient yàcrÆ
Acheruntia , 8e rapportoient leur inftitution à
Tagès, qu’ds faifoient auteur de la fcience des
Arufpices. C’eft des étrufques que les romaifsS
avoient appris cette fcience. Elle fuivit fans doute
leurs armes viélorieufes dans fout Funivers , car
Mithridate ayant brûlé le bois confacré zva furies
près d’Athènes, confuita les Arufpices fur ce fa-
crilège. Ils lui ordonnèrent d’immoler une vierge
aux divinités cffenfées. ( Julius okfequens de pro^
digiis.') Cet adroit politique leur obéit avec 1»
foumiflion d’un prince religieux.
Tels furent chez les grecs , les étrufques
les romains Forigine , le culte & les attributs des
Euménides. La fiqjerftition des égyptiens leur
donria la naiflànce 5 leur divinité fut reconnue
enfuite de proche en proche , 8c adorée par touC^^
l’univets.
FURINA J divinité des voleurs chez les ro-
mains, qui avoient établi en fon honneur une
fête nommée les furmales , furinalia , dont la
célébration étoit marquée au fixième jour avant les
calendes de feptem'ore. , c’eft-à-dire, le 26 août :■
quelques ' uns cependant les placent au huit des
calendes d’août, c’eft--à-dire , le zy juillet. Cette
déeffe avoir un temple dans la quatorzième ré-'
gion de Rome ,• 8c pour ie deffervir , un prêtre
garticulier qui étoit un des quinze Flamines de
.ome ; c’étôit le Flamen furinalis. Près du tem-
ple étoit un bois facré , dans lequel Caius
Gracchus fut tué. Son nom vient du mot latin
fur, un voleur. Cicéron ( de natur.- deor. iir^
18.) croit pourtant que cette divinité efl la même
que les furies ; d’aatant plus qu’il eft parlé quel-
quefois des Furincs au pluriel.
D’ailleurs , le bois où fut tué Cs'i’as GTacchiis,
eft appelle par Cicéron , cité plus haut , lucus
Furina. , bois de Furina ; & par Plutarque , dans-
la vie des Gracches , le bois des furies , a'azs/
E’çiyvy*». Veye^ FïJRIES.
FURINALES. Voyei Fûrina.
FURINALIS Flamen. Noye^ FURINA.
FURNIA , famille romaine, dont on n’a dêS
médailles que dans Goltzius-
FUSTIBALE.
Le fuflibale étoit un bâton long de^ quatre
pieds, au naiheu duquel étoit attachée
fronde de cuir : on s’en fervoit avec les deux
mains , 8c il iüîsoit les pierres prefque comme
i’enagre.
jïS FUS
FUSTUâRIUM. Voye^ BatOîT.'
FUTILE; c'étoit un vafe fai* en forme de
cône renverfé , très - large par en haut ^ & fè
terminant en pointe par en bas , dans lequel on
tnettoit l’eau qui devoir fervir aux facrifices_ de
yeik= Çooims c’écoiî une irréligion de iâifîer l
F Y E
toucher ce^Vafe â terre, on favoit fait de telk
façon, qail ne pouvoir s> pofer , fans oui
1 eau ne fut renverfee. ( Serviusad Æn, U!,,
V. 55S. )
FYLLA» Foyei OcinJ
F'ii du
* V ;
V-.
t